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LES ANGIOMES
Consultation des angiomes,
Hôpital Lariboisière à
Paris |

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1/ Qu'a-t-on appris de nouveau sur les angiomes durant
les dernières années (en dehors des traitements) ?
Un
premier progrès est issu de 25 années de réflexion au sein d’un groupe
de travail international (devenu une Société, l’ISSVA, en 1992), c’est
la classification claire des Angiomes en deux groupes aux aspects cliniques,
histologiques et radiologiques bien différents : les tumeurs
vasculaires (l’hémangiome du nourrisson est la plus fréquente) et
les malformations vasculaires (celles ci sont de nature capillaire,
veineuse ou lymphatique –et dites à flux lent, ou de nature artérielle
et artério-veineuse avec fistules entre artères et veines – et elles
sont à flux rapide).
Si
on considère les tumeurs vasculaires :
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A côté de l’aspect classique et banal (3 à 5 % des nourrissons en sont
affectés) d’ hémangiome du nourrisson poussant en quelques mois après
la naissance, puis se résorbant en quelques années, avec ou sans séquelles,
l’ hémangiome congénital pleinement développé in utero, disparaîtra
rapidement, en 1 an environ.
·
D’autres tumeurs vasculaires sont aujourd’hui bien individualisées et
différenciées de l’hémangiome infantile classique, chez le nourrisson
et l’enfant ; ainsi l’angiome en touffes et l’hémangioendothéliome
kaposiforme peuvent exister isolément ou en association aux anomalies hématologiques
(thrombopénie sévère) du syndrome de Kasabach-Merritt.
·
En matière de diagnostic des hémangiomes, les examens complémentaires sont
rarement indispensables à la reconnaissance du diagnostic, mais peuvent être
nécessaires à un bilan d’extension profonde ou de malformation associée.
Doppler couleur et IRM sont les deux examens utiles.
·
Quelques formes graves d’hémangiomes sont mieux évaluées aujourd’hui :
ainsi l’hémangiome dit « en barbe » du fait de son siège,
est à haut risque d’atteinte laryngée sous-glottique associée,
justifiant une fibroscopie ORL de dépistage car cet hémangiome laryngé
deviendra symptomatique ; l’hémangiome palpébral recouvrant peut
aussi envahir l’orbite et cela doit être évalué par IRM.
Si
on considère les malformations vasculaires :
·
Qu’elles soit capillaires, veineuses ou lymphatiques, elles sont
habituellement aisément reconnues cliniquement. Les malformations
capillaires sont rouges (« angiomes plans », « taches de
vin »), les veineuses sont bleues et gonflent en cas d’effort ou en
position déclive, les lymphatiques créent soit des nappes de vésicules
liquidiennes sur la peau ou les muqueuses, soit de grosses poches kystiques
translucides sous une peau normale.
·
Capillaires, veineuses ou lymphatiques, elles relèvent de bilans non
invasifs (IRM surtout, ou Scanner), et les angiographies ont désormais une
indication très limitée dans le cadre de ces malformations à flux lent.
Ainsi, les séquences pondérées en T2 de l’IRM mettent remarquablement
en évidence les malformations veineuses ou lymphatiques, car elles
apparaissent en hypersignal blanc, brillant, au sein des tissus qui les
abritent.
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Par contre, en matière de malformations artério-veineuses, à flux rapide,
les bilans sont encore complexes et combinent : Echo Doppler de
confirmation du diagnostic, en première intention, puis en surveillance et
évaluation des débits régionaux ; artériographie indispensable à
l’établissement de la cartographie des fistules ; IRM et ARM en
parallèle (l’ARM permettra un suivi non invasif et non irradiant ultérieur) ;
parfois scanner aussi (en particulier si on suspecte des lyses osseuses
associées). Les formes diffuses de MAV justifient aussi un bilan de leur
retentissement cardiaque éventuel.
2/ Quelles sont les
grandes avancées thérapeutiques de ces dernières années et les
perspectives d'avenir ?
Dr Odile Enjolras :
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Comment traiter les hémangiomes alarmants, graves, menaçant une
fonction, ou même la vie du nourrisson ? Les corticoïdes restent en
première intention le traitement de choix. L’interféron alpha 2a ou 2b est
utilisé dans les formes sévères après échec des corticoïdes. Les autres
approches thérapeutiques sont bien plus exceptionnelles (vincristineâ,
embolisation thérapeutique…).La chirurgie précoce est conseillée tout
particulièrement dans certains sièges tels que la région palpébrale, le
nez, la lèvre, et pour des hémangiomes pédiculés. Le laser pulsé à
colorant accélère la régression d’un hémangiome bien rouge (« tubéreux »)
et peu épais, mais reste sans effet sur une composante profonde (hémangiome
mixte)
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Angiomes plans et lasers à colorant pulsé :
l’enthousiasme du début des années 1990 est un peu tempéré aujourd’hui car
certaines localisations répondent moins bien, des résurgences sont observées
après la fin des traitements, et on bute sur des limites telles une grande
surface à traiter et le coût des traitements. Peu importerait l’ âge où
on traite, pour un bon résultat, au contraire de ce qui se disait avant, mais
traiter tôt, dès la période néonatale, reste préférable car la surface
d’ angiome plan va suivre la croissance corporelle de l’enfant.
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Malformations lymphatiques (ML) : elles relèvent selon les cas de
la chirurgie d’excision, ou de la sclérothérapie percutanée. Les ML cutanées
microkystiques étendues sont parfois excisées après expansion cutanée pour
éviter les récidives sur cicatrices.
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Malformations veineuses (MV) : les formes céphaliques nécessitent
des années de prise en charge multidisciplinaire, combinant sclérothérapie
percutanée et gestes chirurgicaux respectant la dynamique faciale. Il faut
prendre en compte non seulement les anomalies des tissus mous, déformés par
la MV, mais aussi les distorsions osseuses sous-jacentes, résultant d’un
effet de masse, et justifiant souvent une prise en charge orthodontique, et
parfois de chirurgie orthognathique. Les MV étendues des membres tendent à
infiltrer peau, muscles et articulations, et à s’associer à une
coagulopathie chronique de consommation dont les poussées sont contrôlées
par des traitements par héparines de bas poids moléculaire.
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Malformations artério-veineuses (MAV): l’approche thérapeutique
combine le plus souvent embolisation thérapeutique pré-opératoire, à visée
d’hémostase, et chirurgie d’excision totale avec reconstruction immédiate.
L’embolisation thérapeutique est rarement capable de guérir une MAV
superficielle, mais elle peut être utile pour stabiliser une évolution ou
pallier à une complication (ulcération, hémorragie). Les formes peu évolutives,
« dormantes », de MAV, si elles sont esthétiquement tolérables,
sont simplement surveillées, car le résultat d’un traitement complet est
rarement pleinement satisfaisant.
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