AVIS SUR LES EPILATEURS LASER : que penser des « epilateurs laser » en vente pour la maison

Epilateurs « laser » en vente libre pour la maison

Des jambes de rêve toute l’année?

Il suffit de taper ‘épilation laser’ sur un moteur de recherche : on débouche sur un grand nombre de produits et il est difficile de s’y retrouver

Epilateur laser??

Eh non, c’est un mésusage terminologique : les machines vendues sont des lampes flash ou lumières pulsées ou  Intense Pulsed Light (IPL) et non des laser... : le laser est d’usage strictement médical (voir épilation laser)

Cliquez ici pour voir ce qu’est une épilation à la lumière pulsée et sa différence avec un laser

Le terme épilateur laser est donc impropre, il faudrait dire épilateur à lumière pulsée

Il ne s’agit donc pas à proprement parler de lasers mais de lampes flash, notamment en France, qu’on trouve autour de 1000 euros pour les plus « professionnels »

Quelle efficacité?

Ces appareils ont

  • des puissances bien inférieures aux lasers des médecins (voir épilation laser): le nombre de séance est donc augmenté et ils n’épilent que les plus gros poils
  • ils ne possèdent pas de systeme anti douleur (refroidissement, aspiration… )
  • leur surface d’impact est très petite de l’ordre de quelques cm², il faut donc beaucoup d’impacts et ils sont lents donc cela dure longtemps

Ils sont donc d’utilisation lente et un peu fastidieuse (donc plutot réservés à des petites zones comme les aisselles)

Cependant, les lasers médicaux donnent de meilleurs résultats et plus rapidement.

Selon le Dr Hugues Cartier, dermatologue à Arras, à la question « que penser des IPL en vente libre sur Internet? »
« Deux poids, deux mesures ! On a d’un coté des machines sans sécurité, qui délivrent des rayonnements instables dans le temps car elles n’ont que des petits condensateurs qui déchargent mal le courant électrique. En effet la plupart de ces types d’appareils viennent d’Asie et celui qui l’achète en sera entièrement responsable. Car quel est l’assureur français qui prendra le risque de protéger un utilisateur d’un appareil sans garantie et qui ne répond pas aux normes CE même non médicales. Néanmoins, certains sont efficaces…Car c’est assez facile de copier une LPP basique. Maintenant, le coût des lasers et des LPP est toujours trop important et avec une crise économique, il est normal d’être tente. Une LPP doit être entretenue car les lampes cassent et les filtres s’abiment. Il faut donc être sur de la pérennité de la société. Sont-ils aussi efficaces que ceux qui sont utilisés par les professionnels? On est surpris que les certaines LPP basiques fonctionnent bien mais est-ce suffisant pour un médecin ? En fait tout le monde peut acheter une LPP… CE-non médicale mais on n’a légalement pas le droit de l’utiliser sur un patient. La LPP est inscrite à la nomenclature des actes dermatologiques au même titre que les lasers épilatoires, vasculaires et pigmentaires. Il y a donc acte médical si on utilise une LLP et surtout une perte de chance pour le patient lambda. De plus, les « home device », ces micro-lasers diodes ou mini-lampe flash font leur apparition en France. Mais quand on sait qu’il y a même des dermatologues américains qui vendent les petits appareils entre deux séances lasers, il n’y a plus de raison de s’étonner mais de s’alarmer. Les études contrôles, notamment de l’Anglais G. Town, sont édifiantes: les rayons effectivement émis ne correspondent en rien aux caractéristiques inscrites sur l’emballage. »

Quels risques?

Comme tout appareil de ce type, il y a un risque de brulure de la peau

De même, il faut impérativement éviter tout impact laser dans les yeux, les épilateurs vendus sur Internet nécessitent de bien protéger ses yeux et ceux des personnes qui sont autour

Il y a aussi un risque d’appliquer un impact sur une lésion qui ne devrait pas en recevoir (grain de beauté par exemple)

Toujours selon le Dr Hugues Cartier, dermatologue à Arras, à la question « n’y a-t-il pas un risque important d’effets secondaires? » :
« Le principal risque est de traiter une non-indication: confondre un lentigo avec un mélanome de Dubreuilh, tenter d’effacer une rosacée qui est un lupus. La brûlure est classique comme avec les sources lasers. La sensation de brûlure est atténuée par les pièces à main refroidies mais elles ne sont en rien un gage de sécurité, c’est surtout pour le confort. La délégation de l’acte est possible, et est déjà effective y compris chez les dermatologues. Si elle est peut être envisageable sur le plan technique, rien ne pourra remplacer le diagnostic dermatologique y compris avec un diplôme de laseriste en poche. Il faut l’expérience du diagnostic clinique, l’expérience du médecin et du choix de l’appareil. A la vue de la réduction démographique des dermatologues, je pense que le dermatologue peut déléguer pour des indications sélectionnées mais il doit rester présent dans le centre… Mais c’est juste un avis personnel. »

De même, il semble exister un risque de repousse paradoxale puisque dans une étude randomisée effectuée sur 28 femmes, si après huit séances hebdomadaires, le nombre de poils avait diminué de presque 60 % du côté traité, trois mois après l’arrêt du traitement, il y avait une repousse paradoxale et le nombre de poils avait augmenté de 29 % par rapport à
l’état initial…

 

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