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Dernière mise à jour : 4 mai 2026
Mis à jour le 29 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
Sécheresse vaginale : causes, traitements et conseils du dermatologue

La sécheresse vaginale est un symptôme fréquent qui touche les femmes à tous les âges de la vie, mais particulièrement après la ménopause. Mal vécue et souvent tue par pudeur, elle altère significativement la qualité de vie, la sexualité et le bien-être intime. Ses causes sont multiples — hormonales, infectieuses, comportementales, psychologiques — et ses traitements, nombreux et efficaces, méritent d’être connus.
En tant que dermatologue, le Dr Rousseau prend en charge les manifestations cutanéo-muqueuses de la sécheresse vaginale : lichen scléreux, atrophie vulvo-vaginale, dermites de contact, infections récidivantes. Ce guide vous présente l’essentiel pour comprendre et agir.
📋 Sommaire
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Physiologie vaginale et rôle des œstrogènes
La muqueuse vaginale est un épithélium squameux stratifié dont l’intégrité dépend étroitement des œstrogènes. Ces hormones favorisent :
- La prolifération et la maturation des cellules épithéliales vaginales ;
- La production de glycogène, qui nourrit les lactobacilles de la flore de Döderlein ;
- La lubrification réflexe via la transsudation vasculaire lors de l’excitation sexuelle ;
- Le maintien d’un pH acide (3,8–4,5) protecteur contre les infections.
Lorsque le taux d’œstrogènes chute (ménopause, post-partum, chimiothérapie…), l’épithélium s’amincit, se dessèche et devient plus vulnérable aux micro-traumatismes, aux infections et aux irritations. Ce tableau clinique, longtemps désigné sous le terme d’« atrophie vaginale », est aujourd’hui réuni sous le concept de Syndrome Génito-Urinaire de la Ménopause (GSM), qui englobe l’ensemble des manifestations vulvaires, vaginales et urinaires liées à l’hypœstrogénie.
⚠️ Prévalence
La sécheresse vaginale touche 50 à 60 % des femmes ménopausées et jusqu’à 90 % d’entre elles après 70 ans. À la différence des bouffées de chaleur, elle ne régresse pas spontanément avec le temps et a tendance à s’aggraver progressivement sans traitement.
Causes de la sécheresse vaginale
La sécheresse vaginale n’est pas l’apanage de la ménopause. Voici les principales causes à connaître :
| Cause | Mécanisme | Population concernée |
|---|---|---|
| Ménopause | Chute des œstrogènes ovariaux | Femmes ≥ 50 ans |
| Post-partum et allaitement | Hypœstrogénie par hyperprolactinémie | Femmes qui allaitent |
| Contraception hormonale | Pilules progestatives, DIU hormonal, anneau… | Femmes en âge de procréer |
| Chimiothérapie / radiothérapie pelvienne | Castration chimique ou lésion directe des muqueuses | Femmes en traitement cancer |
| Facteurs psychologiques | Stress, anxiété, absence de désir — inhibition de la lubrification réflexe | Tout âge |
| Toilette intime inadaptée | Douches vaginales, savons agressifs, perturbation de la flore | Tout âge |
| Tabac | Effet anti-œstrogénique, altère la vascularisation muqueuse | Fumeuses |
Symptômes et diagnostic
La sécheresse vaginale se manifeste par un spectre de symptômes qui peut varier d’une simple gêne à une altération majeure de la qualité de vie :
- Sensation de sécheresse et de tension vulvo-vaginale permanente ;
- Brûlures et irritations, spontanées ou provoquées par le contact des vêtements ;
- Démangeaisons vulvaires (prurit vulvaire), souvent moins intenses que dans le lichen scléreux ;
- Dyspareunie (rapports sexuels douloureux), présente dans environ 50 % des cas ;
- Saignements post-coïtaux minimes ;
- Symptômes urinaires associés (brûlures mictionnelles, pollakiurie, infections urinaires récidivantes).
À l’examen dermatologique, la muqueuse vulvo-vaginale post-ménopausique présente des signes caractéristiques : pâleur, amincissement de l’épithélium, effacement des reliefs anatomiques (petites lèvres), rétraction du capuchon clitoridien, rétrécissement progressif de l’orifice vaginal avec parfois une bride postérieure. En cas de doute avec un lichen scléreux (aspect blanchâtre nacré, purpura, atrophie), une biopsie cutanée peut être nécessaire.
🚨 Quand consulter en urgence ?
Consultez rapidement si vous observez : une ulcération vulvaire, une leucoplasie (plaque blanche), un saignement inexpliqué ou des lésions persistantes ne répondant pas aux traitements habituels. Ces signes peuvent nécessiter une biopsie pour éliminer une pathologie prémaligne ou maligne.
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Traitements disponibles
Le traitement de la sécheresse vaginale dépend de sa cause, de son intensité et du profil de la patiente. Il existe aujourd’hui un large éventail de solutions efficaces.
Traitements hormonaux locaux
Les œstrogènes locaux (ovules, crèmes, anneaux vaginaux dosés en œstradiol ou en promestriène) représentent le traitement de référence du GSM. Appliqués directement sur la muqueuse vaginale, ils restaurent l’épaisseur de l’épithélium, l’hydratation muqueuse et le pH acide protecteur. Leur absorption systémique est très faible, ce qui les rend utilisables même chez des femmes ayant eu un cancer du sein, après évaluation oncologique.
| Traitement | Forme | Spécificité |
|---|---|---|
| Œstradiol local | Ovule, crème, anneau vaginal | Traitement de référence — faible absorption systémique |
| Promestriène (Colpotrophine®) | Crème ou capsule vaginale | Absorption systémique quasi nulle — souvent utilisé chez les patientes avec antécédent de cancer |
| DHEA vaginale (Intrarosa®) | Ovule quotidien | Précurseur transformé localement en œstrogènes et androgènes — améliore également la libido |
| Ospémifène (Senshio®) | Comprimé oral 60 mg/j | SERM (modulateur sélectif des récepteurs aux œstrogènes) — option orale non hormonale |
Solutions non hormonales
Lorsqu’un traitement hormonal est contre-indiqué ou refusé, plusieurs options non hormonales permettent d’améliorer significativement le confort :
- Hydratants vaginaux à l’acide hyaluronique : application 2 à 3 fois par semaine — réhydratent la muqueuse en profondeur et peuvent être utilisés au long cours sans risque ;
- Lubrifiants à base d’eau ou de silicone : à utiliser lors des rapports sexuels pour réduire les micro-traumatismes ;
- Préservers de la flore vaginale : probiotiques vaginaux à base de lactobacilles pour restaurer l’équilibre microbiologique ;
- Laser vaginal fractionné (CO₂ ou Er:YAG) : technique récente stimulant la production de collagène et de glycogène — résultats prometteurs, encore en évaluation à long terme ;
- Radiofréquence vaginale : même principe de stimulation tissulaire, réalisée en cabinet.
💡 Conseil du dermatologue
La vaseline et les huiles végétales sont à éviter si vous utilisez des préservatifs car elles peuvent les fragiliser et favoriser leur rupture. Privilégiez les lubrifiants à base d’eau compatibles avec le latex pour la contraception mécanique.
Hygiène intime et conseils pratiques
Une hygiène intime adaptée est fondamentale dans la prise en charge de la sécheresse vaginale :
ℹ️ Bons gestes au quotidien
- Nettoyer uniquement la vulve (zones externes) avec un gel intime doux à pH physiologique (4–5).
- Éviter absolument les douches vaginales : elles détruisent la flore protectrice de Döderlein.
- Porter des sous-vêtements en coton, éviter les matières synthétiques serrées.
- Éviter les serviettes parfumées, lingettes alcoolisées et déodorants intimes.
- Maintenir une activité sexuelle régulière ou une autostimulation : la stimulation vaginale maintient la vascularisation muqueuse et la production de sécrétions.
- Arrêter le tabac : le tabagisme accélère la déplétion estrogénique et aggrave l’atrophie muqueuse.
Pour en savoir plus sur la toilette intime : guide complet de la toilette intime sur Dermatonet.com.
Questions fréquentes sur la sécheresse vaginale
La sécheresse vaginale disparaît-elle toute seule ?
Non. Contrairement aux bouffées de chaleur qui tendent à diminuer avec le temps, la sécheresse vaginale liée à la ménopause s’aggrave progressivement en l’absence de traitement. Une prise en charge précoce améliore considérablement le confort et prévient les complications (infections récidivantes, dyspareunie sévère).
Peut-on utiliser des œstrogènes locaux après un cancer du sein ?
La question doit être posée à votre oncologue et à votre gynécologue. Dans de nombreux cas, les œstrogènes locaux à très faible absorption (promestriène, anneau à très faible dose) peuvent être autorisés, notamment pour les cancers du sein hormono-indépendants. Le rapport bénéfice/risque doit être évalué individuellement.
Quelle est la différence entre lubrifiant et hydratant vaginal ?
Le lubrifiant est utilisé ponctuellement, lors des rapports sexuels, pour réduire les frottements. L’hydratant vaginal est appliqué régulièrement (2 à 3 fois par semaine), indépendamment des rapports, pour réhydrater la muqueuse durablement. En cas de sécheresse sévère, les deux peuvent être combinés.
La sécheresse vaginale peut-elle toucher une jeune femme ?
Oui. Une sécheresse vaginale chez une femme en période d’activité génitale peut être liée à la contraception hormonale (pilule fortement progestative), au post-partum avec allaitement, au stress chronique, ou à un traitement (antihistaminiques sédatifs, antidépresseurs). Une consultation médicale permet d’identifier la cause et d’adapter le traitement.
Le lichen scléreux peut-il être confondu avec une sécheresse vaginale ?
Oui, en début d’évolution. Le lichen scléreux vulvaire peut se manifester par un prurit, une sécheresse et un inconfort intime similaires à ceux du GSM. À l’examen, on retrouve des plaques blanches nacrées caractéristiques, parfois du purpura et une atrophie. Une biopsie est nécessaire pour confirmer le diagnostic, car le lichen scléreux nécessite un traitement spécifique (dermocorticoïde fort) et un suivi à long terme.
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Références scientifiques
- Portman DJ, Gass ML; Vulvovaginal Atrophy Terminology Consensus Conference Panel. Genitourinary syndrome of menopause: new terminology for vulvovaginal atrophy. Menopause. 2014;21(10):1063-8. PMID 25160739
- Nappi RE, Kokot-Kierepa M. Vaginal Health: Insights, Views & Attitudes (VIVA) — results from an international survey. Climacteric. 2012;15(1):36-44. PMID 22168244
- Stika CS. Atrophic vaginitis. Dermatol Ther. 2010;23(5):514-22. PMID 20868403
- Source institutionnelle : HAS — Traitement hormonal de la ménopause, recommandations 2014.
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Bonjour,
Je souffre actuellement et depuis plusieurs semaines de grosses demangeaisons au niveau des plis entre mes jambes et de mon pubis. Je me suis rendue à la pharmacie qui m’a donné une crème contre la mycose.
Après avoir essayé ce traitement pendant 2 ou 3 jours, je me suis aperçue qu’il ne faisait aucun effet et pire : il me brûlait un peu la peau. De quoi pensez vous qu’il s’agisse ?
Sur ma peau rien de tres visible à part des rougeurs et des boutons duent au grattage. La seule chose qui me soulage actuellement c’est après avoir prit une douche car la secheresse empire les demangeaisons.
Dernière chose : je ne sais pas si ça a un rapport mais j’ai eu quelques croutes au niveau du bas du ventre et à d’autres endroits après y avoir gratté.
En espérant que vous pourrez faire quelque chose pour m’aider.
Cordialement
Je suis desole mais je ne peux etablir de diagnosti en ligne, je en peux que vous conseiller de consulter un médecin