Eczema chronique des main : soigner l’eczéma des mains qui ne guérit pas

Mis à jour le 28 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Eczéma des mains qui ne guérit pas : causes, formes cliniques, traitements – dont Anzupgo® (delgocitinib), remboursé en 2026

En bref : L’eczéma des mains touche environ 10 % de la population générale et jusqu’à 30 % dans certaines professions exposées – soignants, coiffeurs, boulangers. Quand il ne guérit pas malgré les dermocorticoïdes, la cause est souvent une allergie non identifiée, une irritation chronique entretenue ou un terrain atopique sévère. Depuis février 2026, Anzupgo® (delgocitinib), premier inhibiteur pan-JAK topique, est remboursé à 65 % en France pour les formes modérées à sévères résistantes aux corticoïdes – une avancée concrète pour les patients en impasse thérapeutique.

– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénéréologue

Mains abîmées : eczéma ?
Mains abîmées : eczéma ? La palpation oriente souvent vers le diagnostic avant la vue.

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Sommaire :
Causes et mécanismes |
Allergènes fréquents |
Eczéma chronique et nouveaux traitements |
Anzupgo® remboursé 2026 |
Soins au quotidien |
Pages liées |
Questions fréquentes

Pourquoi l’eczéma des mains ne guérit-il pas ? Causes et mécanismes

La main est exposée en permanence aux agressions mécaniques, chimiques et biologiques du quotidien et du travail. L’eczéma des mains est la première cause de consultation en dermato-allergologie, avec une chronicité qui s’explique par l’intrication presque toujours présente entre plusieurs mécanismes. Identifier leur hiérarchie, c’est déjà une grande partie du traitement.

Mécanisme Caractéristiques Facteurs aggravants
Allergie de contact Hypersensibilité retardée de type IV – réaction en 24 à 72 h après contact avec l’allergène Sensibilisation silencieuse pouvant survenir après des années d’exposition sans problème apparent
Irritation chronique Eau, détergents, solvants, froid, air sec – altèrent la barrière cutanée sans mécanisme immunitaire Les lavages de mains répétés seuls peuvent entretenir un eczéma chronique, même en l’absence d’allergie
Terrain atopique Barrière cutanée structurellement fragilisée chez les personnes ayant un antécédent d’eczéma atopique, d’asthme ou de rhinite allergique Vulnérabilité accrue aux irritants et aux sensibilisants – les mains sèches aggravent le cercle vicieux
Le point clé : Dans la majorité des cas d’eczéma chronique résistant, c’est l’association des trois mécanismes qui explique la résistance au traitement – et non un seul facteur isolé. C’est pourquoi le simple recours aux dermocorticoïdes, sans éviction des irritants ni identification des allergènes, reste souvent insuffisant.
Autre point clé : Il est souvent difficile de distinguer l’eczema du psoriasis sur les mains, voir l’article dédié Eczema ou psoriasis, différences

Les allergènes les plus fréquemment en cause

Famille d’allergènes Molécules / Sources Professions / Contextes à risque
Caoutchoucs Thiuram-mix, mercapto-mix, carbamates, mercaptobenzothiazole – agents de vulcanisation Soignants, restauration, industrie agroalimentaire (gants en caoutchouc naturel ou synthétique)
Métaux Nickel (allergie au nickel), chrome, cobalt Métallurgie, ciment (eczéma au ciment), colorants textiles, tannage des cuirs
Biocides Isothiazolinones, formaldéhyde, quaternium, glutaraldéhyde – antiseptiques et conservateurs Peintres, agents de nettoyage, soignants – risque accentué lors de l’utilisation intensive de gels hydroalcooliques
Produits de coiffure PPD (teintures), thioglycolates (permanentes), persulfate d’ammonium (décoloration), acrylates (onglerie) Coiffeurs – aboutit souvent à un reclassement professionnel sans bilan allergologique adapté
Végétaux Colophane, lactones sesquiterpéniques, baume du Pérou Fleuristes, jardiniers, horticulteurs, agriculteurs, travailleurs du bois
Cosmétiques Parfums (fragrance mix), conservateurs (isothiazolinones, phénoxyéthanol), tensioactifs Usage grand public – les produits « naturels » ne sont pas sans risque allergisant
Protéines alimentaires Fruits, légumes, poissons, laitages, viandes Professionnels de l’alimentation – réaction urticariforme immédiate puis eczéma à 24-48 h

Eczéma chronique des mains : quand les corticoïdes ne suffisent plus

On parle d’eczéma chronique des mains lorsque la dermatose évolue depuis plus de 3 mois consécutifs ou récidive à raison d’au moins 2 épisodes par an malgré un traitement bien conduit. En phase aiguë, les lésions sont vésiculeuses, suintantes, prurigineuses. En dehors des poussées, la peau reste épaissie, fissurée – les douleurs nocturnes peuvent sérieusement altérer le sommeil et la qualité de vie professionnelle.

Les formes chroniques à connaître

  • Dermite irritative des mains : peau sèche, squameuse, épaissie et fissurée, prédominant sur le dos des mains
  • Dyshidrose chronique : voir cloques récidivantes sur les mains
  • Eczéma hyperkératosique et fissuré des paumes : souvent confondu avec un psoriasis des mains
  • Eczéma lichénifié : épaississement du dos des mains et des doigts, peau grisâtre quadrillée par le grattage chronique
  • Pulpite fissuraire chronique : voir fissures douloureuses des doigts

Alitrétinoïne (Toctino®) – le premier recours systémique

L’alitrétinoïne (Toctino®) est un rétinoïde oral disposant d’une AMM spécifique dans l’eczéma chronique sévère des mains résistant aux dermocorticoïdes chez l’adulte. Posologie habituelle : 30 mg/j pendant 12 à 24 semaines. Contraception obligatoire chez la femme en âge de procréer (tératogène). Surveillance lipidique et hépatique régulière. Reste une option utile, notamment lorsque le delgocitinib n’est pas disponible ou contre-indiqué.

Anzupgo® (delgocitinib) : premier inhibiteur pan-JAK topique remboursé en France depuis février 2026

Actualité 2026 : Depuis le 8 février 2026, Anzupgo® 20 mg/g crème (delgocitinib) est remboursé à 65 % par l’Assurance Maladie en pharmacie de ville, au prix de 547,82 € pour le tube de 60 g (soit environ 1 mois de traitement). Il s’agit du premier médicament topique de cette classe à être accessible en officine pour l’eczéma chronique des mains en France. La prescription est réservée aux dermatologues et allergologues.

Mécanisme d’action : comment agit le delgocitinib ?

Le delgocitinib est un inhibiteur pan-JAK (Janus kinase) topique qui cible simultanément les quatre membres de cette famille d’enzymes – JAK1, JAK2, JAK3 et TYK2. En bloquant ces voies de signalisation intracellulaire, il réduit la production de cytokines pro-inflammatoires impliquées dans les différents sous-types d’eczéma chronique des mains. Contrairement aux corticoïdes, il n’entraîne pas d’atrophie cutanée.

Qui peut en bénéficier ?

Anzupgo® est indiqué dans le traitement de l’eczéma chronique des mains modéré à sévère chez les adultes pour lesquels les dermocorticoïdes sont inadéquats ou inappropriés. Il s’agit d’un traitement de 2e ligne. La crème s’applique en fine couche 2 fois par jour sur les zones atteintes des mains et des poignets, en respectant un intervalle d’au moins 8 heures entre deux applications, jusqu’à disparition des lésions.

Les données cliniques qui ont convaincu la HAS

L’approbation du delgocitinib repose sur quatre études de phase III :

  • DELTA 1 et DELTA 2 (960 patients) : supériorité du delgocitinib vs placebo sur l’ensemble des critères – disparition des lésions, amélioration du prurit et de la douleur – dès la 4e semaine
  • DELTA 3 : étude d’extension confirmant la tolérance à long terme. L’effet indésirable le plus fréquent est une légère sensation de picotement ou de brûlure au site d’application, rapportée chez environ 1 % des patients
  • DELTA FORCE (513 patients, Lancet 2025) : premier essai de phase 3 en face-à-face comparant le delgocitinib topique à l’alitrétinoïne per os chez des patients atteints d’eczéma sévère – résultat favorable au delgocitinib sur tous les critères, avec une tolérance nettement meilleure (céphalées : 4 % vs 32 % sous alitrétinoïne)
Ce que cela change en pratique : Pour un patient en impasse thérapeutique avec les dermocorticoïdes, le delgocitinib offre désormais une alternative non stéroïdienne efficace, topique (sans les contraintes des traitements systémiques), et remboursée. Il n’est pas recommandé pendant la grossesse – une contraception n’est pas formellement requise mais la discussion avec le médecin avant tout désir de grossesse est indispensable.

📚 Giménez-Arnau AM et al. – DELTA FORCE : delgocitinib vs alitrétinoïne, phase 3, 513 patients – Lancet 2025

📚 Bissonnette R et al. – DELTA 1 & DELTA 2 : delgocitinib vs véhicule, phase 3 – Lancet 2024

Traitement de l’eczéma des mains : les quatre axes

Quelle que soit la forme clinique, la prise en charge repose sur des principes complémentaires dont aucun ne peut être négligé.

Axe thérapeutique Modalités pratiques
Éviction de l’allergène ou de l’irritant Mesure la plus efficace et incontournable. Port de gants en coton sous les gants de protection. Substitution professionnelle si nécessaire. Sans éviction, aucun traitement ne peut assurer une guérison durable.
Dermocorticoïdes Classe I (propionate de clobétasol) sur les paumes et les plantes. Classe II-III sur le dos des mains. Cure courte sur poussée aiguë. Sous occlusion nocturne pour les formes hyperkératosiques épaisses.
Antihistaminiques Cétirizine ou loratadine pour le prurit diurne. Hydroxyzine (Atarax®) le soir pour les formes prurigineuses nocturnes. Soulagent les démangeaisons sans traiter l’inflammation sous-jacente.
Émollients Plusieurs applications quotidiennes, notamment après chaque lavage sur peau encore légèrement humide. Crèmes sans parfum ni conservateurs allergisants. Restaurent la barrière cutanée entre les poussées.

Conseils pratiques au quotidien

  • Limiter les lavages des mains au strict nécessaire – un rinçage à l’eau claire suffit dans de nombreuses situations courantes
  • Utiliser un savon surgras sans parfum ni conservateur
  • Sécher par tamponnement, jamais par friction
  • Éviter les gants en latex (caoutchouc) – préférer les gants en nitrile ou vinyl avec sous-gant en coton si le port prolongé est nécessaire
  • Appliquer un émollient immédiatement après le lavage, sur peau encore légèrement humide
  • Informer le médecin du travail en cas d’eczéma d’origine professionnelle avérée – la reconnaissance en maladie professionnelle (tableaux 65 et 66 du régime général) ouvre des droits spécifiques

Consultez rapidement si :

  • Les lésions s’étendent rapidement au dos de la main, au poignet ou à l’avant-bras
  • Des signes de surinfection apparaissent : croûtes jaunes, pus, fièvre, ganglions douloureux
  • L’eczéma s’accompagne d’un œdème important ou de difficultés à fermer la main
  • Les démangeaisons deviennent insupportables malgré le traitement et altèrent le sommeil
  • Aucune amélioration n’est obtenue après 3 à 4 semaines de dermocorticoïdes bien appliqués
  • L’eczéma reprend dès l’arrêt du traitement, de façon systématique


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Pages liées – eczéma et dermatologie des mains

Questions fréquentes sur l’eczéma des mains

Pourquoi mon eczéma des mains ne guérit-il pas malgré les cortisones ?

Un eczéma qui résiste aux dermocorticoïdes correctement appliqués évoque dans la plupart des cas soit un allergène non encore identifié (des patch tests sont alors indispensables), soit une irritation chronique entretenue par des lavages trop fréquents ou des contacts répétés, soit un terrain atopique sévère. Des traitements de 2e ligne existent désormais – alitrétinoïne (Toctino®) ou delgocitinib (Anzupgo®, remboursé depuis février 2026) – à discuter avec un dermatologue.

Anzupgo® (delgocitinib) est-il remboursé en France en 2026 ?

Oui. Depuis le 8 février 2026, Anzupgo® 20 mg/g crème (delgocitinib) est remboursé à 65 % en pharmacie de ville, au prix de 547,82 € le tube de 60 g, soit environ un mois de traitement. Il est prescrit par un dermatologue ou un allergologue pour l’eczéma chronique des mains modéré à sévère résistant aux dermocorticoïdes. Il s’agit du premier inhibiteur pan-JAK topique disponible en officine pour cette indication en France.

Mon eczéma des mains disparaît en vacances et revient au travail – est-ce forcément professionnel ?

L’amélioration systématique pendant les congés est l’argument le plus fort pour une origine professionnelle, qu’il s’agisse d’une allergie avérée ou d’une irritation chronique liée aux conditions de travail. Ce constat justifie une consultation avec patch tests incluant les produits professionnels manipulés. Un eczéma professionnel reconnu peut être déclaré en maladie professionnelle (tableaux 65 et 66 du régime général), avec prise en charge spécifique.

Quelle différence entre eczéma et psoriasis des mains ?

L’eczéma est généralement plus prurigineux, vésiculeux en phase aiguë, avec une desquamation fine en pellicules. Le psoriasis des mains donne des plaques bien délimitées avec squames blanches sèches, souvent associées à des ongles ponctués ou dystrophiques et à d’autres localisations psoriasiques. La dermoscopie – vaisseaux en points groupés sur fond rouge pour l’eczéma – et la biopsie cutanée permettent de trancher dans les cas douteux.

Qu’est-ce que la dyshidrose et comment la traiter ?

La dyshidrose est une forme vésiculeuse caractéristique de l’eczéma des mains : des vésicules profondes, translucides, très prurigineuses, apparaissent sur les bords des doigts et les paumes par poussées souvent déclenchées par la chaleur, le stress ou l’ingestion de nickel ou de cobalt alimentaires. Le traitement repose sur les dermocorticoïdes forts, l’éviction des allergènes identifiés et, pour les formes sévères récidivantes, les mêmes options de 2e ligne que l’eczéma chronique.

Quand faut-il faire des patch tests pour un eczéma des mains ?

Les patch tests sont recommandés dès que l’eczéma dépasse 6 à 8 semaines sans cause évidente, ou dès le premier épisode s’il existe un contexte professionnel évocateur. Ils explorent la batterie standard européenne ainsi que des batteries complémentaires ciblées (coiffure, acrylates, végétaux, cosmétiques) selon le contexte. Certains allergènes comme les corticoïdes ou la néomycine ne positivent qu’à 7 jours – une relecture tardive est parfois indispensable.

Peut-on utiliser Anzupgo® (delgocitinib) pendant la grossesse ?

Anzupgo® n’est pas recommandé pendant la grossesse. En cas de désir de grossesse, une discussion approfondie avec le dermatologue est nécessaire avant toute prescription. L’alitrétinoïne (Toctino®) est quant à elle formellement contre-indiquée chez la femme enceinte ou susceptible de l’être (tératogène avéré avec contraception obligatoire). Des alternatives adaptées existent pour traiter les formes sévères chez la femme enceinte – leur identification relève d’une consultation spécialisée.

Références scientifiques

  1. Giménez-Arnau AM, Bauer A, Bissonnette R, et al. Efficacy and safety of topical delgocitinib cream versus oral alitretinoin capsules in adults with severe chronic hand eczema (DELTA FORCE): a 24-week, randomised, head-to-head, phase 3 trial. Lancet. 2025. PMID 40252681
  2. Bissonnette R, Warren RB, Pinter A, et al. Efficacy and safety of delgocitinib cream in adults with moderate to severe chronic hand eczema (DELTA 1 and DELTA 2): results from multicentre, randomised, controlled, double-blind, phase 3 trials. Lancet. 2024. PMID 39033766
  3. Raja S, Raja A, Shuja MH, Ali A. Clinical benefits of delgocitinib cream for chronic hand eczema: a systematic review and meta-analysis. Arch Dermatol Res. 2024;316(10):734. PMID 39485511

Source institutionnelle : HAS – Avis de remboursement Anzupgo® (delgocitinib) – eczéma chronique des mains, mars 2025

Données de remboursement : ANSM – Anzupgo® 20 mg/g crème (delgocitinib) – base publique du médicament

Causes de l’eczéma : facteurs déclenchants et prise en charge

Dernière mise à jour : 4 mai 2026

En bref : L’eczéma (dermatite atopique) résulte de la combinaison de trois facteurs : une prédisposition génétique (mutations du gène FLG codant la filaggrine dans 30 à 50 % des cas), une altération de la barrière cutanée, et une réponse immunitaire Th2 exagérée. En France, 15 à 20 % des enfants et 2 à 10 % des adultes sont touchés. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Causes d’eczéma : comprendre pourquoi on en a et quel type on a – Guide complet du dermatologue

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« Pourquoi j’ai de l’eczéma ? » – c’est la question que posent presque tous les patients lors de leur première consultation. Et c’est une excellente question, parce qu’en dermatologie, l’eczéma n’est pas une maladie unique mais un syndrome cutané inflammatoire pouvant avoir des causes très différentes. Confondre un eczéma atopique et un eczéma de contact, c’est risquer de traiter la conséquence sans jamais s’attaquer à la cause – et de voir les poussées se répéter indéfiniment.

Cette page vous donne une vue d’ensemble structurée de tous les types d’eczéma, de leurs mécanismes, de leurs aspects distinctifs et des clés pour les identifier. Pour le traitement de l’eczéma, consultez notre article dédié : traitement de l’eczéma.

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Sommaire

L’eczéma, un syndrome et non une maladie unique

Le mot « eczéma » vient du grec ekzema, qui signifie « sortir en bouillonnant » – une image évocatrice des vésicules qui caractérisent les poussées aiguës. En dermatologie, l’eczéma désigne un pattern inflammatoire de la peau – caractérisé histologiquement par une spongiose (accumulation de liquide entre les kératinocytes) – qui peut résulter de mécanismes très différents.

C’est pourquoi on dit qu’il n’y a pas un eczéma mais des eczémas. Chaque type a sa cause propre, son profil de patient, sa topographie préférentielle, son évolution et son traitement de fond spécifique. Un dermocorticoïde soulage la poussée de tous les types d’eczéma – mais seule l’identification de la cause permet d’éviter la récidive.

ℹ Ce que tous les eczémas ont en commun
Quelle qu’en soit la cause, tous les eczémas partagent les mêmes lésions élémentaires : érythème (rougeur), œdème, vésicules (petites cloques), suintement en phase aiguë, puis croûtes, desquamation et lichénification (épaississement de la peau) en cas de grattage chronique. Ce point commun histologique et clinique explique que les dermocorticoïdes soient efficaces dans tous les types – mais il ne faut pas s’y limiter.

Tableau comparatif de tous les types d’eczéma

Type d’eczéma Mécanisme principal Profil typique Localisation préférentielle Patch-tests
Atopique Dysfonction barrière cutanée + inflammation Th2 Enfant / adulte jeune, terrain atopique Visage, plis des coudes et genoux Négatifs (pas d’allergie de contact)
Contact allergique Hypersensibilité retardée de type IV Tout âge, contact répété avec allergène Zone de contact avec l’allergène Positifs à l’allergène en cause
Contact irritatif Agression physico-chimique de la barrière Mains exposées à l’eau, détergents, solvants Mains, avant-bras Négatifs
Nummulaire Mal connue – possible rôle bactérien Adulte, souvent homme d’âge moyen Jambes, dos des mains, tronc Le plus souvent négatifs
Microbien Pullulation bactérienne (staphylocoque doré) Tout âge, zones de macération Plis, orifices naturels, péri-lésionnel Négatifs
Stase (variqueux) Hyperpression veineuse chronique Adulte, insuffisance veineuse Jambes, chevilles À réaliser (souvent sensibilisé)
Craquelé (astéatotique) Xérose cutanée sévère Personne âgée, hiver Jambes (tibias), membres Non indiqués
Dyshidrose Multifactoriel – stress, mycose à distance, atopie Adulte jeune, souvent atopique Paumes, bords des doigts, plantes Si allergie au nickel suspectée
Séborrhéique Malassezia + séborrhée Adulte, homme souvent Cuir chevelu, sillon naso-génien, sternum Non indiqués
Induit par médicament Toxique direct ou immunologique Patient sous biothérapie, inhibiteur de checkpoints Variable, souvent diffus Selon contexte

Eczéma atopique (dermatite atopique)

La dermatite atopique est la cause la plus fréquente d’eczéma, touchant 10 à 20 % des enfants et 2 à 3 % des adultes dans les pays industrialisés. C’est une maladie chronique inflammatoire qui débute le plus souvent dans la petite enfance (avant 2 ans dans 60 % des cas) et évolue par poussées entrecoupées de rémissions.

Mécanisme : la dermatite atopique résulte de deux anomalies intriquées – une dysfonction de la barrière cutanée (liée notamment à des mutations du gène de la filaggrine, protéine essentielle à l’intégrité de la couche cornée) et une réponse immunitaire aberrante de type Th2 avec production excessive d’IL-4, IL-13 et IgE. Cette barrière défectueuse laisse pénétrer les allergènes environnementaux et les agents infectieux, déclenchant l’inflammation. La colonisation par Staphylococcus aureus aggrave les poussées en libérant des superantigènes.

Aspect clinique : en phase aiguë, plaques érythémateuses vésiculeuses suintantes ; en phase chronique, plaques sèches, rugueuses, lichénifiées. La topographie varie avec l’âge : joues et convexités chez le nourrisson, plis des coudes et genoux chez l’enfant, visage et cou chez l’adolescent et l’adulte. Le prurit est intense et souvent nocturne.

Pour aller plus loin : eczéma atopique – fiche complète.

Eczéma de contact allergique

L’eczéma de contact allergique est la deuxième grande cause d’eczéma. Il résulte d’une hypersensibilité retardée de type IV (ou réaction immunologique à médiation cellulaire) à un allergène appliqué sur la peau. Contrairement à l’allergie immédiate de type I (urticaire, anaphylaxie), la réaction n’est pas immédiate : elle survient 24 à 72 heures après le contact avec l’allergène, chez une personne préalablement sensibilisée.

La sensibilisation est une étape silencieuse qui peut prendre des mois ou des années – ce qui explique pourquoi on peut développer une allergie à un produit utilisé depuis des années sans problème. Une fois sensibilisé, le moindre contact suffit à déclencher la réaction.

Les allergènes les plus fréquents en France :

Catégorie d’allergène Exemples Localisation typique de l’eczéma
Métaux Nickel (boutons de jean, bijoux), chrome (ciment, cuir), cobalt Nombril, oreilles, poignets (nickel) ; mains (chrome)
Parfums Fragrance mix I et II, huile de mousse de chêne, baume du Pérou Visage, cou, mains, aisselles
Conservateurs Méthylisothiazolinone (MI/MCI), formaldéhyde, chlorphénésine Visage, mains – partout où des cosmétiques sont appliqués
Caoutchouc / latex Thiurames, carbamates, mercaptobenzothiazole Mains (gants), pieds (chaussures), visage (masques)
Produits capillaires PPD (paraphénylènediamine des teintures), thioglycolates (permanentes) Cuir chevelu, nuque, visage, mains des coiffeurs
Végétaux Colophane, lactones sesquiterpéniques, primevère Mains et avant-bras chez les jardiniers, fleuristes
Médicaments topiques Néomycine, lanoline, corticoïdes topiques eux-mêmes Zone d’application
Pansements et dispositifs médicaux Acrylates (capteurs de glycémie, prothèses), colophane des sparadraps Allergie au pansement

Diagnostic : les patch-tests (tests épicutanés) sont indispensables pour identifier l’allergène en cause. Ils consistent à appliquer dans le dos des chambres contenant des allergènes standardisés, à les retirer à 48 h et à lire la réaction à 48 et 96 h. Un eczéma localisé à la chambre témoigne d’une allergie à la substance correspondante. Pour en savoir plus sur l’eczéma de contact selon la localisation : eczéma des mains, eczéma du visage, eczéma des paupières.

Allergie de contact au pansement
Allergie de contact au pansement

Eczéma de contact irritatif

L’eczéma irritatif n’est pas une allergie – il ne met pas en jeu le système immunitaire adaptatif. C’est une réaction directe de la peau à des agents qui altèrent physiquement ou chimiquement la barrière cutanée : eau répétée (mains lavées de nombreuses fois par jour), détergents, solvants, acides ou bases, air froid et sec, frottements mécaniques. Il n’existe pas de période de sensibilisation préalable – n’importe qui peut en développer si l’exposition est suffisamment intense ou prolongée.

Les mains des professionnels exposés (coiffeurs, soignants, cuisiniers, mécaniciens) sont la localisation de prédilection. Le tableau clinique est variable selon l’agent et la durée d’exposition : rougeur et desquamation des paumes dans les formes chroniques, vésicules et suintement dans les formes aiguës. Il se distingue de l’eczéma allergique par l’absence de positivité aux patch-tests – bien que les deux puissent coexister, l’irritation facilitant la sensibilisation.

Eczéma nummulaire (discoïde)

La numismatique est la collection des pièces de monnaie – c’est de là que vient le nom de cet eczéma. L’eczéma nummulaire se caractérise par des plaques d’eczéma rondes ou ovalaires, bien délimitées, de 2 à 5 cm de diamètre, ressemblant à des pièces de monnaie. C’est une forme clinique bien reconnaissable mais dont la cause reste imparfaitement élucidée.

L’eczéma nummulaire commence le plus souvent sur les jambes puis s’étend sur le dos des mains et des pieds, voire le tronc. Il s’épaissit et se lichénifie à force de grattage. Le prurit est souvent intense. Les tests allergologiques épicutanés sont le plus souvent négatifs, ce qui oriente vers une cause endogène.

Des pistes causales sont évoquées dans la littérature :

  • Un foyer infectieux à distance (infectieux dentaire, ORL, amygdales) – hypothèse ancienne mais non formellement prouvée, qui justifie néanmoins un bilan de recherche de foyer infectieux ;
  • La xérose cutanée (peau sèche) comme facteur favorisant, surtout en hiver ;
  • L’alcool et le tabac comme facteurs aggravants possibles ;
  • Une sensibilité métallique sous-jacente, parfois révélée par des patch-tests étendus.

En dermatoscopie, la plaque d’eczéma nummulaire présente des éléments évocateurs :

  • Vaisseaux en points, le plus souvent regroupés en amas, sur fond rouge ;
  • Squames jaunes.
Eczema nummulaire 'en pièces de monnaie'
Eczema nummulaire en pièces de monnaie
Eczema nummulaire chronique
Eczema nummulaire chronique
Dermatoscopie de l'eczema nummulaire
Plaque d’eczema : vaisseaux en points et squames jaunes

Eczéma microbien

L’eczéma dit « microbien » est provoqué ou entretenu par une pullulation bactérienne locale, principalement à Staphylococcus aureus. Il siège donc préférentiellement dans les zones de macération et de pullulation bactérienne : les plis (inguinaux, axillaires, sous-mammaires, interdigitaux), les orifices naturels (conduit auditif externe, narines, région anale), et au pourtour de plaies chroniques (ulcère de jambe, stomies, fistules). Il peut aussi se développer en péri-ombilical ou dans la zone péri-génitale.

L’eczéma microbien est souvent suintant, macéré, parfois croûteux. La macération aggrave elle-même l’eczéma en altérant la barrière cutanée – un cercle vicieux qu’il faut absolument rompre. Le traitement nécessite donc en parallèle :

  • Un traitement antibactérien local (antiseptiques, antibiotiques topiques) ou parfois systémique ;
  • Des mesures asséchantes : pâtes à l’eau, lotions asséchantes, soins de drainage des zones macérées ;
  • Les dermocorticoïdes pour contrôler l’inflammation – mais seulement après assainissement bactériologique.

Eczéma de stase (eczéma variqueux)

L’eczéma de stase (ou eczéma variqueux) résulte d’une insuffisance veineuse chronique des membres inférieurs : l’hyperpression veineuse locale provoque une extravasation de liquide et d’hémosidérine dans le derme, un œdème chronique, et une inflammation cutanée qui aboutit à l’eczéma. Il siège sur les jambes et les chevilles, souvent dans un contexte de varices, de syndrome post-thrombotique ou d’œdème chronique.

L’eczéma de stase se distingue des autres types par son contexte vasculaire, la présence fréquente d’une dermite ocre (pigmentation brune par les dépôts d’hémosidérine), et son association avec un risque d’ulcère de jambe. Il constitue également un facteur de risque de sensibilisation aux topiques appliqués sur les jambes (antibiotiques, antiseptiques, pansements) – d’où l’importance de réaliser des patch-tests chez ces patients.

Eczéma craquelé (astéatotique)

L’eczéma craquelé – aussi appelé eczéma astéatotique ou winter eczema – est un eczéma sec, fissuré, en réseau caractéristique comparé à une « porcelaine fissurée » ou à un « lit de rivière asséché ». Il survient sur fond de xérose cutanée sévère (peau très sèche), principalement sur les faces antérieures des jambes (tibias), et touche surtout les personnes âgées en hiver.

Eczema craquelé de la jambe
Eczema craquelé de la jambe

Plusieurs facteurs peuvent favoriser ou déclencher un eczéma craquelé :

  • La xérose sénile – la peau des personnes âgées produit moins de sébum et retient moins bien l’eau ;
  • Des médicaments : diurétiques (aggravent la xérose), hypolipémiants (statines, fibrates – altèrent la synthèse des lipides épidermiques), cimétidine (action antiandrogénique et sébostatique), isotrétinoïne (peut induire un eczéma craquelé nummulaire) ;
  • Les bains chauds fréquents et les savons détergents agressifs ;
  • Les vêtements en laine irritants au contact direct de la peau.

Le traitement est avant tout la correction de la xérose : produits de toilette doux ou sans rinçage, émollients riches appliqués sur peau humide, préférence pour le coton, température du logement modérée. Les dermocorticoïdes sont utiles en poussée mais ne suffisent pas sans hydratation de fond.

Dyshidrose (eczéma vésiculeux des mains et des pieds)

La dyshidrose est une forme d’eczéma très caractéristique, reconnaissable à ses vésicules profondes, prurigineuses, siégeant sur les bords des doigts, les paumes et les plantes. Les vésicules ne s’ouvrent pas spontanément – elles restent intactes plusieurs jours puis se dessèchent et desquament. La douleur à la pression peut être vive.

La dyshidrose est multifactorielle – plusieurs mécanismes peuvent y contribuer :

  • Le stress : les poussées de dyshidrose surviennent souvent dans des périodes de tension émotionnelle ;
  • Une mycose à distance (tinea pedis, onychomycose) : la réaction « ide » aux antigènes fongiques peut déclencher des vésicules aux mains ;
  • Une allergie au nickel ou à d’autres métaux chez les sujets sensibilisés ;
  • Le terrain atopique : la dyshidrose est plus fréquente chez les atopiques ;
  • La chaleur et la transpiration : fréquemment des poussées au printemps et en été.

Pour en savoir plus sur l’eczéma des mains incluant la dyshidrose : eczéma des mains.

Dermatite séborrhéique : un eczéma à part entière

La dermatite séborrhéique est souvent présentée séparément de l’eczéma, mais ses lésions – plaques érythémateuses recouvertes de squames grasses jaunâtres, prurigineuses – appartiennent bien au spectre des dermatoses eczématiformes. Elle résulte d’une réaction inflammatoire à la levure Malassezia (anciennement Pityrosporum), naturellement présente sur les zones riches en glandes sébacées.

Elle touche préférentiellement le cuir chevelu, les sourcils, les sillons naso-géniens, la zone pré-sternale et les plis. Elle est plus fréquente chez les hommes, les patients immunodéprimés (surtout VIH) et dans certaines maladies neurologiques (maladie de Parkinson). Son traitement repose sur les antifongiques azolés en topique, et non sur les seuls dermocorticoïdes.

Eczéma induit par un médicament ou une biothérapie

Avec l’essor des biothérapies en oncologie (inhibiteurs de checkpoints immunitaires – pembrolizumab, nivolumab, ipilimumab) et en dermatologie (inhibiteurs de JAK), une catégorie croissante d’eczémas iatrogènes est observée. Les inhibiteurs de checkpoints en particulier peuvent déclencher des dermatites eczématiformes diffuses sévères, classées parmi les effets indésirables immuno-médiés (irAE).

D’autres médicaments systémiques peuvent induire ou aggraver un eczéma :

  • Bêtabloquants : peuvent déclencher ou aggraver une dermatite atopique et un psoriasis ;
  • Inhibiteurs de l’ECA : parfois associés à des éruptions eczématiformes ;
  • Statines : eczéma craquelé par altération des lipides cutanés (voir ci-dessus) ;
  • Or injectable, pénicillines : allergie médicamenteuse de type eczéma.

⚠ Toujours informer le dermatologue de ses traitements en cours
Certains médicaments peuvent déclencher ou aggraver un eczéma, parfois des mois après le début du traitement. Informez systématiquement votre dermatologue de tous vos médicaments (ordonnance, automédication, phytothérapie, compléments alimentaires) lors de la consultation.

Comment s’orienter vers la bonne cause ?

Face à un eczéma dont la cause est incertaine, le dermatologue procède méthodiquement en s’appuyant sur plusieurs éléments :

Question clé Orientation
L’eczéma a-t-il débuté dans l’enfance avec des antécédents d’asthme ou de rhinite ? Terrain atopique – dermatite atopique
L’eczéma est-il apparu après le contact avec un nouveau produit (cosmétique, professionnel) ? Eczéma de contact allergique – patch-tests indiqués
Les mains sont-elles exposées à l’eau, aux détergents ou aux solvants au travail ? Eczéma irritatif des mains
Les lésions sont-elles rondes, bien délimitées, sur les jambes ? Eczéma nummulaire – chercher foyer infectieux
L’eczéma est-il localisé aux plis avec macération ? Eczéma microbien – traitement asséchant + antibactérien
Y a-t-il des varices, un œdème chronique des jambes, une pigmentation ocre ? Eczéma de stase – bilan veineux
L’eczéma est-il sec, craquelé, chez une personne âgée en hiver ? Eczéma craquelé – xérose – vérifier les médicaments
Des vésicules profondes sur les bords des doigts, prurigineuses, récidivantes ? Dyshidrose – bilan allergologique + recherche mycose
Squames grasses sur cuir chevelu, sillons naso-géniens, zone pré-sternale ? Dermatite séborrhéique – traitement antifongique

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Articles liés – Pour aller plus loin

⚠️ Quand consulter en urgence :
Consultez rapidement si : eczéma généralisé couvrant plus de 30 % de la surface corporelle, poussée sévère ne répondant pas aux dermocorticoïdes habituels, suspicion de surinfection (croûtes jaunes, fièvre, adénopathies). Ces formes nécessitent un traitement dermatologique spécialisé (immunosuppresseurs, biothérapies).

FAQ – Questions fréquentes sur les causes de l’eczéma

Comment savoir si mon eczéma est allergique ou atopique ?

La distinction repose sur l’interrogatoire et les patch-tests. Un eczéma atopique débute dans l’enfance, est associé à un terrain familial d’atopie (asthme, rhinite, conjonctivite), et n’est pas déclenché par un produit particulier. Un eczéma de contact allergique apparaît après le contact avec un allergène spécifique, souvent nouveau, et les patch-tests identifient la substance en cause. Les deux peuvent coexister : un atopique a une barrière cutanée fragilisée qui le rend plus susceptible de se sensibiliser aux allergènes de contact.

Est-ce que le stress peut provoquer de l’eczéma ?

Le stress ne provoque pas l’eczéma au sens strict – il ne suffit pas à lui seul à déclencher la maladie. En revanche, il est un facteur aggravant ou déclenchant reconnu dans plusieurs types d’eczéma : dermatite atopique, dyshidrose, eczéma nummulaire. Le stress agit via l’axe neuroendocrinien en modifiant la réponse immunitaire cutanée et en aggravant la dysfonction de la barrière. Une prise en charge globale incluant la gestion du stress (techniques de relaxation, psychothérapie si nécessaire) fait partie des recommandations pour les formes récidivantes.

Peut-on développer une allergie à un produit utilisé depuis des années ?

Oui – c’est même une caractéristique essentielle de l’eczéma de contact allergique qui déroute souvent les patients. La sensibilisation est un processus progressif, parfois silencieux pendant des années. Une fois le seuil de sensibilisation atteint, le moindre contact suffit à déclencher la réaction en 24 à 72 heures. C’est pourquoi l’absence d’allergie passée à un produit ne garantit pas qu’on ne peut pas y devenir allergique.

Mon eczéma peut-il être dû à mon alimentation ?

La relation entre alimentation et eczéma est nuancée. Dans la dermatite atopique du nourrisson, certains aliments (lait de vache, œuf, arachide) peuvent effectivement aggraver l’eczéma chez les bébés ayant une allergie alimentaire IgE-médiée associée. Chez l’adulte, l’implication des aliments dans la dermatite atopique est beaucoup plus limitée et souvent surestimée. Pour la dyshidrose, une alimentation pauvre en nickel peut bénéficier aux patients ayant une sensibilisation au nickel démontrée aux patch-tests. En dehors de ces cas précis, les régimes d’éviction alimentaire non guidés ne sont pas recommandés et peuvent être délétères.

Quand faire des patch-tests pour chercher la cause de mon eczéma ?

Les patch-tests sont indiqués lorsqu’un eczéma de contact allergique est suspecté – c’est-à-dire si l’eczéma est localisé dans une zone de contact avec des produits (mains, visage, cuir chevelu, zone péri-ombilicale), s’il coïncide avec l’introduction d’un nouveau produit, ou s’il résiste malgré un traitement bien conduit. Ils sont réalisés à distance de la poussée, en dehors de tout dermocorticoïde systémique, et sont interprétés par un dermatologue allergologue. En cas de doute, n’hésitez pas à consulter.

Voir aussi :
Eczéma – fiche générale
Dermatite atopique
Eczéma de contact
Traitement de l’eczéma
Allergies de peau
Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

Télécharger un guide complet au format PDF :

Questions fréquentes

Qu’est-ce qui cause l’eczéma exactement ?

L’eczéma atopique est multifactoriel. La cause fondamentale est une mutation ou déficience du gène FLG (filaggrine), présente chez 30 à 50 % des patients atteints. Cette protéine est essentielle à l’intégrité de la barrière cutanée. Sa déficience laisse pénétrer allergènes, irritants et micro-organismes, déclenchant une réponse inflammatoire de type Th2. La génétique et l’environnement interagissent pour exprimer la maladie.

Peut-on développer un eczéma à l’âge adulte sans en avoir eu enfant ?

Oui, l’eczéma peut apparaître pour la première fois à l’âge adulte, notamment sous forme de dermatite atopique tardive (onset > 18 ans, représente 15 à 30 % des formes adultes) ou de dermites de contact allergiques acquises (nickel, parfums, conservateurs cosmétiques). Une allergie professionnelle (coiffeurs, soignants, boulangers) est une cause fréquente d’eczéma de novo chez l’adulte.

Le stress peut-il déclencher une poussée d’eczéma ?

Oui, le stress est un facteur déclenchant reconnu. Il stimule l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, augmente les neuropeptides pro-inflammatoires et altère la fonction barrière cutanée. Des études montrent que les patients atopiques ont des niveaux de cortisol réactif significativement plus élevés en période de stress, corrélés à une aggravation clinique. La gestion du stress (cohérence cardiaque, TCC, pleine conscience) améliore le contrôle de l’eczéma.

L’alimentation est-elle une cause d’eczéma ?

Chez l’adulte, l’alimentation est rarement une cause directe de dermatite atopique (sauf allergie alimentaire vraie documentée). Chez l’enfant de moins de 2 ans avec eczéma sévère, les allergies alimentaires (lait, œuf, arachide) sont impliquées dans 30 à 40 % des cas. Les régimes d’exclusion non guidés par un allergologue sont souvent inefficaces et peuvent induire des carences.

La pollution et l’environnement urbain favorisent-ils l’eczéma ?

Oui, l’exposition aux particules fines (PM2.5) et aux polluants atmosphériques (NO₂, ozone) est associée à une aggravation de la dermatite atopique. Une méta-analyse (PMID 28359795) montre une augmentation de 11 % des poussées d’eczéma pour chaque augmentation de 10 µg/m³ de PM2.5. L’hypothèse hygiéniste explique en partie l’augmentation de la prévalence de l’atopie dans les pays industrialisés.

Les animaux domestiques déclenchent-ils l’eczéma ?

Oui, les allergènes de chat (Fel d 1) et de chien (Can f 1) sont des facteurs aggravants fréquents chez les patients atopiques déjà sensibilisés. La sensibilisation aux phanères d’animaux est retrouvée dans 30 à 60 % des atopiques adultes en contact avec des animaux. L’éviction de l’animal améliore l’eczéma mais la réduction des allergènes ambiants prend plusieurs mois même après retrait de l’animal.

Peut-on prévenir l’eczéma chez un bébé à risque (parents atopiques) ?

Oui, des mesures préventives ont montré une efficacité modeste : application d’émollients dès la naissance (réduit le risque de 32 % dans une étude de référence, PMID 25411020), éviter les savons parfumés, privilégier l’allaitement maternel au moins 4 à 6 mois, et diversification alimentaire précoce (introduction des allergènes entre 4 et 6 mois selon les recommandations actuelles).

Références scientifiques (PubMed)

  • Weidinger S, Beck LA, Bieber T, Kabashima K, Irvine AD. Atopic dermatitis. Nat Rev Dis Primers. 2018;4(1):1. PMID 30091301
  • Fonacier L, Bernstein DI, Pacheco K, et al. Contact Dermatitis: A Practice Parameter – Update 2015. J Allergy Clin Immunol Pract. 2015;3(3 Suppl):S1–39. PMID 25965874
  • Drucker AM, Wang AR, Li WQ, et al. The Burden of Atopic Dermatitis: Summary of a Report for the National Eczema Association. J Invest Dermatol. 2017;137(1):26–30. PMID 27417014
  • Bonamonte D, Foti C, Vestita M, Ranieri LD, Angelini G. Nummular eczema and contact allergy: a retrospective study. Dermatitis. 2012;23(4):153–157. PMID 22653070
  • Molin S, Diepgen TL, Ruzicka T, Prinz JC. Diagnosing chronic hand eczema by an algorithm: a tool for classification in clinical practice. Clin Exp Dermatol. 2011;36(6):595–601. PMID 21707720

Mis à jour le 26 mars 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

Traitement naturel des verrues


Traitement naturel de verrue

En bref : Les traitements naturels des verrues peuvent compléter les soins médicaux, mais aucun n’a prouvé une efficacité supérieure à l’acide salicylique. L’huile essentielle de tea tree, le vinaigre de cidre et l’ail ont des propriétés antivirales documentées in vitro, mais les preuves cliniques restent limitées. Ils peuvent être essayés en première intention pour les verrues peu évolutives, sous surveillance médicale.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Avoir une verrue est souvent vécu comme une contamination, on se sent sale et on veut en guérir vite. Il y a donc plusieurs traitements de verrues. Mais les verrues guérissent-elles parfois toutes seules?

 

Soigner une verrue du doigt
Soigner une verrue du doigt avec un verrucide

Mis à jour le 18 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

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Faut-il soigner les verrues pour en guérir?

Les verrues sont des tumeurs bénignes d’origine virale, dues à des virus appelés papillomavirus.

Le traitement des verrues n’est pas systématique car les verrues sont des tumeurs bénignes régressant le plus souvent spontanément en quelques années.

Il n’est donc pas étonnant de voir disparaître spontanément une verrue.

De nombreux traitements naturels consistent à pratiquer de l’auto suggestion :

  • penser à la verrue et lui intimer l’ordre de partir
  • faire dessiner la verrue à un enfant et détruire le dessin,
  • et toutes sortes de procédés « magiques » plus ou moins originaux (frotter la verrue avec un bout de lard qu’on enterre à la pleine Lune, tenir un marron dans la main gauche en serrant plusieurs minutes…)

La décision de traitement des verrues est prise entre le patient et le médecin en fonction de différents facteurs :

  • localisation de la verrue

une verrue du visage est plus genante et affichante qu’une verrue plantaire, mais pas question d’y appliquer le moindre traitement même naturel, au risque de vous faire une cicatrice.

soigner les verrues du visage
Papillome verruqueux de la paupière : le genre de verrues qu’on doit soigner
    • le nombre de verrues,

Guerir les verrues
Nombreuses verrues plantaires, il faut les soigner

Devant d’aussi nombreuses verrues, de grandes tailles, il est peu probable qu’un traitement naturel soit efficace

  • l’évolution des verrues

deviennent-elles douloureuses au niveau des zones d’appui du pied (verrues plantaires)? grossissent-elles ou se multiplient-elles… ? il y a alors une indication claire à les soigner. Dans ce cas, mieux vaut éviter de risquer de perdre du temps avec un traitement naturel et se faire traiter par le médecin

Comment le médecin soigne-t-il les verrues?

La diversité des traitements qui ont été essayés pour enlever les verrues est à elle seule un constat d’échec.

Dans les etudes scientifiques concernant le traitement des verrues, deux traitements semblent plus efficaces : la cryothérapie par application d’azote liquide voire de neige carbonique et l’application de préparations à base d’’acide salicylique voire d’acide lactique.


Ces deux traitements des verrues sont souvent associés. Leur principe est le même : décaper et détruire la verrue jusqu’à la base, pour essayer d’enlever toutes les cellules infectées par le papillomavirus.

Le médecin peut aussi utiliser du laser, un décapage sous anesthésie locale, des crèmes…

Pour en savoir plus, voir l’article traitement des verrues

 

Traitement naturel des verrues

Les délais de rendez-vous chez les dermatologues s’allongent d’année en année.

Cependant, ne vous improvisez surtout pas médecin! Consultez votre médecin traitant avant toute chose. Il faut en effet vous assurer que la lésion que vous constatez est bien une verrue. Cela peut etre un durillon, voire un terrible melanome achromique. Enfin, ne traitez pas seul des verrues mal localisées, sur une peau fragile (paupière, dos de la main, cou, verrues génitales…)

Il faut être très prudent avant d’utiliser des produits même naturels et bien demander conseil à son pharmacien seulement apres avoir consulté un médecin pour s’assurer du diagnostic de verrue.

Consulter un médecin avant tout

La consultation du médecin pour diagnostiquer le type de verrue et le traitement approprié

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Sparadrap

Souvent les traitements médicaux consistent en l’application de produits kératolytiques sous un pansement, notamment pour augmenter le taux de pénétration transcutanée du produit. Il semble que le fait de recouvrir constamment la verrue joue aussi un rôle, provoquant une macération de la verrue (elle devient blanche et plus molle), ce qui peut permettre de freiner sa croissance, voire de la faire tomber.

On ne peut pas dire que le sparadrap ou le scotch soient des substances naturelles, mais ils font partie des remedes des verrues de petite taille, notamment sur les doigts.

L’opération consiste à  recouvrir la verrue d’un bout de sparadrap ou mieux si possible de l’enrouler (par exemple pour une petite verrue du doigt) autour de la verrue et de laisser le sparadrap 24h/24 pendant au moins une semaine.

Dans la même logique d’application de substance occlusive, on peut appliquer sur la verrue du doigt de la colle, de l’aloe vera, du beurre de karité…

Les sèves de plantes contre les verrues

Certaines plantes comportent probablement une sève caustique, capable de bloquer la croissance, voire de décaper progressivement les petites verrues, il s’agit de

  • La chélidoine

    Chelidoine dont la sève peut être utilisée pour traiter les verrues

    La chélidoine ou grande Eclaire est une  « mauvaise herbe » qui pousse à l’état sauvage, souvent le long des murs. On la reconnaît à sa fleur jaune et ses feuilles dentelées. Lorsqu’on casse sa tige en deux, un suc jaune-orangé apparaît et peut être appliqué directement sur la petite verrue du doigt par exemple, et uniquement sur elle sans déborder, puis on la recouvre d’un sparadrap, tous les jours sauf si une irritation apparait. Il faut alors suspendre les applications jusqu’au retour d’une peau normale, non irritée.

Ce suc contiendrait un alcaloïde, la coptisine, ayant des propriétés antimitotiques (il bloque la réplication du virus papillomavirus responsable des verrues)

  • Le pissenlit

    Pissenlit, dont on utilise la sève blanche pour les verrues

    Là encore on utilise le lait blanc qui s’écoule lorsqu’on casse la tige du pissenlit (voir chelidoine)

  • Le lait de figue

    Figuier, dont on utilise la sève blanche

On utilise la sève blanche qui s’écoule des petites tiges de l’arbuste, comme pour la chélidoine et le pissenlit.

Teinture mère de thuya

Thuya contre les verrues

On applique sur la verrue à l’aide d’un coton tige une goutte de teinture mère de Thuya une fois par jour.

Aliments contre les verrues

De nombreux aliments, notamment en raison probablement de leur effet rubéfiant et irritant, peuvent être utilisés dans le traitement des verrues

  • Ecorce de citron macérée dans du vinaigre blanc

    Ecorce de citron contre les verrues

    On applique la décoction ail-vinaigre sur la verrue avec un coton tige et on peut recouvrir d’un sparadrap

Certains utilisent uniquement du jus de citron appliqué au coton tige sur la verrue.

  • peau de banane

    Peau de banane contre les verrues

    on découpe une petite pastille de la taille de la verrue dans la partie blanche interne de la peau de banane et on l’applique sous un sparadrap sur la verrue

  • ail ou oignon cru

avec lesquels on frotte doucement les verrues

Ail contre les verrues

Certains les utilisent aussi en purée appliquée sous un pansement mais ceci est très agressif pour la peau alentour qu’il faut protéger avec un pansement percé tel que ceux qu’on utilise pour les cors aux pieds ou du vernis. Mieux vaut éviter cette technique au risque de se bruler la peau

On peut aussi citer la chair d’aubergine appliquée sous un pansement ou la pomme de terre dont on frotte la chair sur la verrue…

Faut-il gratter les verrues ?

Mieux vaut ne pas gratter les verrues. En effet, les irritations tendent parfois à stimuler la réplication du virus et à provoquer la croissance de la verrue. De plus on risque de faire saigner la verrue et il y a alors un risque d’infection bactérienne de la verrue et d’autocontamination par le sang qui transporte des papillomavirus sur la peau.

Ne pas traiter soi-même si : la lésion saigne spontanément, change rapidement d’aspect ou de couleur, est irrégulière ou douloureuse sans raison, ou si vous n’êtes pas certain qu’il s’agit d’une verrue. Consultez un dermatologue : certaines lésions peuvent mimer une verrue tout en étant un mélanome acral ou un carcinome débutant.

Et si ça ne fonctionne pas?

En cas de verrue résistante au traitement bien conduit plus de 15 jours, il faut consulter son médecin.

Télécharger un guide complet au format PDF :

Références

  • Kwok CS, et al. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev. 2012. PMID 22336830
  • Bruggink SC, et al. Cryotherapy with liquid nitrogen versus salicylic acid for cutaneous warts. CMAJ. 2010;182(15):1624-30. PMID 20837698
  • Sterling JC, et al. Guidelines for the management of cutaneous warts. Br J Dermatol. 2014;171(4):696-712. PMID 25196223
  • Haute Autorité de Santé. Verrues cutanées – Recommandations HAS

Coronavirus : se protéger de la covid19 et protéger ses mains

Coronavirus, l’éviter et protéger ses mains

Le coronavirus SARS Cov2 responsable de la covid19 est apparu en Chine en 2019. Il a provoqué une pandémie mondiale et la covid19  a une forme grave dans 15% des cas. La mortalité peut atteindre 10-15% notamment chez les plus de 70 ans.

On sait que la désinfection est un geste essentiel pour limiter la transmission du coronavirus SARS Cov2, tant la désinfection des objets que des mains. Elle est peut etre meme plus importante que le port du masque, dont l’intéret semble réisder surtout en cas d’atmosphère confinée, de pièce fermée ou de « bain de foule ». Le manuportage du virus semble en effet être son mode de transmission privilégié. La désinfection des mains peut être la source de désagréments pour le patient, et provoquer notamment un eczema des mains. Comment limiter l’irritation liée aux Solutions Hydro Alcooliques et au lavage des mains?

Mains abimées : eczema?
Eczema des mains

Quels sont les symptômes de la covid19 ?

De nombreuses personnes ne ressentent aucun symptôme ou très peu,  notamment les enfants, souvent porteurs sains.

Les symptômes de la covid19 sont proches de la grippe mais avec moins souvent de courbatures :

Les 3 symptomes clés

  • toux (avec (33,4%) ou sans glaires (67,7%)),
  • fièvre (87,9%),
  • difficulté à respirer (essouflement (18,6%)).

Ces trois symptômes majeurs sont les plus fréquents, mais certains malades n’ont pas de fièvre, ou toussent plusieurs jours avant qu’elle n’apparaisse.

Les autres symptomes

  • courbatures, douleurs articulaires (14,8%)
  • fatigue (38,1%),
  • mal de gorge ( 13,9%),
  • maux de tête (13,6%),
  • rhume,
  • manque d’appétit,
  • douleurs du ventre voire diarrhée.

Signes cutanés de la Covid19

Les dermatologues décrivent des signes cutanés variés lors de la Covid19

1 – Engelures

Engelures

Les engelures, taches violacées et douloureuses des doigts, peuvent comporter des cloques sur les mains et les pieds. Mais elles sont bien à distinguer de la dishidrose.

Les engelures, avec ou sans cloques sur les mains et les pieds, peuvent être un signe de COVID19

En savoir plus sur les engelures

2 – Eruptions

  • Eruptions maculopapuleuses, notamment du tronc chez l’adulte, pouvant ressembler à un pityriasis rosé,
pityriasis rose de gibert
Pityriasis rosé

et du visage chez l’enfant, assez semblabe à l’érythème souffleté des joues du mégalérythème épidémique

Joues rouges et fièvre chez l'enfant : mégalérythème épidémique?
Erythème souffleté des joues du mégalérythème épidémique, donnant l’impression que l’enfant vient de recevoir une gifle
  • urticaire notamment des membres inférieurs
Urticaire, dont le mot a la même origine que « ortie »
  • pseudo-varicelle avec des vésicules sur le tronc.
varicelle
Vésicule de varicelle, comme une goutte de rosée sur une zone de peau rouge

Incubation du coronavirus

La période d’incubation du Sars Cov2 est très variable. Ce délai pourrait varier de 0 à 28 jours, on parle généralement de 5 à 14 j en moyenne.

Traitement de la covid19 chez soi (sans essouflement)

Le traitement comporte

  • le repos,
  • les boissons chaudes pour la toux : eau chaude + citron + miel +/- gingembre,
  • le paracétamol pour les courbatures et la fièvre. Il ne faut pas utiliser d’anti-inflammatoires non stéroïdien (non dérivés de la cortisone) comme l’ibuprofène ou l’aspirine à forte dose

Contamination par le coronavirus

Les deux modes de contamination classiques sont l’inhalation de gouttelettes d’eau ou aérosols, émises par la toux des malades (contamination aérienne), et la contamination par contact, qui semble être de loin la plus importante : en dehors des espaces confinés, la contamination par inhalation semble nettement plus rare que celle par contact.

Il n’existe aucune preuve de transmission par les animaux de compagnie (chien, chats, oiseaux etc.)

Contamination aérienne

A moins qu’un malade tousse dans votre direction, la transmission est peu probable par voie aérienne : on ne peut par exemple pas être contaminé en respirant dans la rue (sauf si elle est bondée). Les gouttelettes d’eau porteuses du virus sont trop peu nombreuses car diluées dans l’air, et surtout elles retombent rapidement au sol. Cependant, on considère qu’il faut se méfier des endroits fermés (magasin, ascenceur…) où l’air est peu renouvelé et peut contenir des aérosols de virus.

Les masques ont donc surtout pour but de protéger les gens qui soignent les malades ou les personnes en contact étroit avec le public (commerçants…). De même, il est recommandé de porter un masque lorsqu’on fait ses courses, qu’on rentre dans un immeuble etc.

Il est aussi recommandé de garder un distance d’un mètre et de s’éloigner des gens qui toussent pour éviter la contamination par voie respiratoire.

Contamination par contact

La contamination par contact peut être

  • directe, entre un malade et un sujet sain (poignéee de mains…)
  • et surtout indirecte, pas l’intermédiaire d’un objet contaminé : poignée de porte, monnaie, carte de crédit, barre de métro, courrier, colis, denrée alimentaire, clavier d’odinateur, téléphone portable etc. : le virus peut survivre plusieurs heures sur un objet, et d’autant plus longtemps que le support est humide.

Le virus ne traverse pas la peau, mais l’infection par le coronavirus survient lorsque la main contaminée est mise au contact des zones du corps qui permettent sa pénétration dans l’organisme : la bouche, le nez ou les yeux.

Pour la désinfection du mobilier, télécommandes, interrupteurs, téléphones portables, poignées de portes… l’alcool ménager et les détergents courants permettent de tuer le virus.

Voici les objets les plus à risque de transmission du virus, qu’il faut nettoyer régulièrement :

1. Les interrupteurs.

2. Les poignées de portes.

3. Les clefs de voiture et de maison.

4. Le téléphone.

5. Les écouteurs.

6. La poignée du réfrigérateur.

7. Le bouton des toilettes.

8. La brosse à dents.

9. Le clavier.

10. Le volant.

La survie du virus sur différentes surfaces, à 21°C et 40% d’humidité (situation actuelle en intérieur) varie en fonction des supports :

  • Inox, acier (boîte de conserve, poignée de porte) : présence très faible du virus (probablement non contaminante) après 24 heures, disparition en 48 heures.
  • Carton, emballages cartonnés, papier : présence très faible après 8h, disparition en 24h
  • Plastiques : présence très faible après 48h, disparition en 72h.

Cependant, ces durées de vie du virus obtenues en laboratoire sont probablement peu utilisables dans la vie courante car il faut une grande charge virale pour infecter une personne, probablement pas quelques virus sur une poignée de porte. En pratique on considère qu’il suffit de 4 h pour que cette charge virale soit trop faible pour infecter quelqu’un , ainsi, il suffirait de ne pas toucher ses courses ou tout objet acheté à l’extérieur pendant 4 heures pour considérer que le nombre de virus à leur surface devient peu infectant.

Les mains sont les principales responsables de la contamination par contact , elles doivent être protégées et désinfectées régulièrement, notamment après contact avec une personne ou un objet potentiellement contaminé.

Désinfection des mains

Deux méthodes sont efficaces :

  • Le lavage à l’eau et au savon

  • La friction avec de l’alcool (éthanol) entre 70 et 85°

L’alcool étant agressif pour la peau, on lui ajoute une petite quantité de glycérine (glycérol), il s’agit de la SHA (Solution Hydro Alcoolique).

En cas de pénurie, on peut acheter du bio-éthanol à 96° : diluer 1 litre d’alcool à 96° avec 200 ml d’eau pauvre en calcaire (Volvic*, eau déminéralisée) pui ajouter ensuite 50 ml de glycérine.

Avec tout cela on peut avoir de l’ eczema des main

L’eczema est une dermatose ayant le plus souvent une origine allergique

Certaines personnes ont constitutionnellement une peau seche et ont donc plus facilement tendance a avoir un exema des mains sèches

Enfin, de nombreux produits irritants ainsi que le froid, l’eau et l’air sec aggravent la tendance a avoir la peau seche

L’eczema des mains lié à la désinfection des mains peut se présenter sous la forme de fissures des mains et un épaississement de la peau des mains

  • la dermatose hyperkératosique des mains

Il s’agit d’une forme d’eczema des mains touchant généralement les hommes entre 40 et 60 ans, formée de plaques rouges et épaisses qui démangent et se fissurent au centre des paumes. Elle est généralement de cause multiple : allergie de contact + irritation et traumatismes chroniques (bricolage…)

Elle est parfois difficile à distinguer d’un psoriasis des mains.

En dermatoscopie, la plaque d’eczema chronique ou lichenifié des mains comporte des éléments évocateurs:

  • vaisseaux en points, le plus souvent regroupés en groupes et fond assez rouge
  • squames jaunes
Plaque d’eczema : vaisseaux en points et squames jaunes
  • la pulpite fissuraire :

fissures de la pulpe des doigts

Pulpite
Pulpite

Voir l’article fissures des mains

Le traitement de l’eczéma des mains requiert généralement des crèmes cortisonées voire des antihistaminiques (traitement de l’allergie).
Il convient par ailleurs d’éviter le contact avec la substance allergisante en cause ou de s’en protéger (port de gants en coton)
Enfin, on recommande souvent l’application d’une creme hydratante plusieurs fois par jours sur les mains

Ainsi, après désinfection des mains, on peut appliquer une creme hyratante pour mieux la tolérer

Chloroquine : chloroquine et hydroxychloroquine

Chloroquine et hydroxychloroquine : effets, contre-indications et effets indésirables en dermatologie (2026)

En bref : La chloroquine et l’hydroxychloroquine sont des antipaludéens de synthèse dérivés de la quinine, utilisés en dermatologie principalement dans le lupus et les dermatoses photosensibles. L’hydroxychloroquine (Plaquenil®) est préférée à la chloroquine en raison d’un profil de tolérance plus favorable. Leur principal risque à long terme est la rétinopathie irréversible, qui impose une surveillance ophtalmologique régulière. Plusieurs contre-indications absolues existent, dont la rétinopathie préexistante, le déficit en G6PD et le psoriasis. Dr Rousseau, dermatologue – mis à jour mai 2026.

Chloroquine et hydroxychloroquine en dermatologie

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Origine et pharmacologie : de l’écorce de quinquina à la synthèse

La chloroquine et l’hydroxychloroquine appartiennent à la famille des 4-aminoquinoléines, dérivés synthétiques de la quinine – un alcaloïde naturel extrait de l’écorce du quinquina (Cinchona spp.), arbre originaire d’Amérique du Sud et cultivé notamment à Java. Les infusions d’écorce de quinquina sont utilisées pour traiter le paludisme depuis le XVIIe siècle ; la synthèse de la chloroquine date des années 1930 et celle de l’hydroxychloroquine des années 1950.

Les deux molécules partagent un mécanisme d’action proche mais présentent des différences pharmacologiques importantes :

Caractéristique Chloroquine (Nivaquine®) Hydroxychloroquine (Plaquenil®)
Structure 4-aminoquinoléine 4-aminoquinoléine hydroxylée
Toxicité relative Plus élevée Plus faible – préférée en pratique
Demi-vie Longue (plusieurs semaines) Longue (40–50 jours)
Indications dermato principales Lupus, lucite (usage limité) Lupus, connectivites, lucite
Risque rétinien Plus élevé à doses équivalentes Présent mais moindre – surveillance identique

Effets biologiques

La chloroquine et l’hydroxychloroquine agissent sur plusieurs processus biologiques simultanément, ce qui explique la diversité de leurs indications :

Action sur les dermatoses photosensibles

Ces molécules inhibent les réactions cutanées induites par les ultraviolets, en partie par absorption des UV et en partie par modulation des voies inflammatoires activées par la lumière. Cet effet est utilisé dans le traitement du lupus cutané et de la lucite estivale bénigne.

Action anti-inflammatoire et immunomodulatrice

Ces médicaments inhibent la présentation antigénique par les cellules dendritiques, réduisent la production de cytokines pro-inflammatoires (TNF-α, IL-1, IL-6) et interfèrent avec l’activation des toll-like receptors (TLR7, TLR9). C’est sur ce mécanisme que repose leur efficacité dans le lupus systémique et la polyarthrite rhumatoïde.

Effet antiviral

La chloroquine et l’hydroxychloroquine modifient le pH intracellulaire des lysosomes, perturbant ainsi la réplication de certains virus. Elles peuvent abaisser modestement la charge virale du VIH dans certaines études. Leur efficacité potentielle contre le SARS-CoV-2 a fait l’objet d’intenses débats pendant la pandémie de Covid-19 ; les essais cliniques randomisés de grande envergure n’ont pas confirmé de bénéfice clinique dans le traitement de la Covid-19.

ℹ️ Chloroquine et Covid-19

Malgré un intérêt médiatique et scientifique intense en 2020, les essais cliniques randomisés – notamment les essais RECOVERY et Solidarity de l’OMS – n’ont pas mis en évidence de bénéfice de l’hydroxychloroquine dans le traitement de la Covid-19, ni en phase précoce ni en phase sévère. Son usage est désormais réservé à ses indications validées (lupus, rhumatologie).

Indications dermatologiques principales

En dermatologie, l’hydroxychloroquine est prescrite dans plusieurs situations cliniques :

  • Lupus érythémateux cutané et systémique – indication de référence, avec un effet démontré sur les lésions cutanées, les arthralgies et la prévention des poussées systémiques. Le traitement est souvent prolongé sur plusieurs années.
  • Connectivites – syndrome de Sjögren, connectivite mixte, dermatomyosite dans certaines formes
  • Lucite estivale bénigne – en prévention saisonnière des éruptions solaires récidivantes
  • Porphyrie cutanée tardive – à faibles doses, l’hydroxychloroquine favorise l’excrétion des porphyrines hépatiques
  • Sarcoïdose cutanée – notamment pour les formes chroniques résistantes aux dermocorticoïdes

✅ Lupus et hydroxychloroquine : un traitement de fond essentiel

Dans le lupus, l’hydroxychloroquine réduit le risque de poussées, améliore la survie à long terme et diminue le risque de complications thrombotiques et rénales. Elle est recommandée chez la quasi-totalité des patients atteints de lupus, sauf contre-indication formelle.

Contre-indications

🚨 Contre-indications à connaître avant toute prescription

  • Hypersensibilité à la chloroquine, l’hydroxychloroquine ou à l’un des excipients
  • Rétinopathie préexistante – contre-indication absolue ; un examen ophtalmologique avant instauration du traitement est indispensable
  • Grossesse – à peser au cas par cas ; dans le lupus, le bénéfice peut l’emporter sur le risque sous surveillance spécialisée
  • Allaitement – passage dans le lait maternel, à évaluer avec le prescripteur
  • Troubles neurologiques sévères – épilepsie notamment
  • Déficit en G6PD (glucose-6-phosphate déshydrogénase) – risque d’hémolyse aiguë
  • Insuffisance rénale ou hépatique sévère – accumulation possible ; adaptation posologique nécessaire
  • Psoriasis – risque d’induction ou d’aggravation sévère d’une poussée psoriasique

La grossesse mérite une mention particulière : si la chloroquine est classiquement contre-indiquée, l’hydroxychloroquine est parfois maintenue dans le lupus systémique en cours de grossesse sous surveillance rapprochée, car l’arrêt du traitement expose à un risque de poussée lupique potentiellement délétère pour la mère et le fœtus. Cette décision relève d’une concertation spécialisée.

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Effets indésirables

La chloroquine est considérée comme plus toxique que l’hydroxychloroquine à doses équivalentes, ce qui explique que cette dernière soit préférée dans la pratique dermatologique et rhumatologique actuelle. Les effets indésirables se classent selon leur réversibilité et leur système d’organe concerné.

Effets irréversibles

🚨 Rétinopathie – effet indésirable majeur à surveiller

La rétinopathie aux antipaludéens est l’effet indésirable le plus redouté : elle peut évoluer de façon irréversible et conduire à une atteinte définitive de la vision centrale. Elle survient généralement après plusieurs années d’utilisation et est dose-dépendante. Une surveillance ophtalmologique annuelle – OCT maculaire et champ visuel automatisé – est indispensable dès la cinquième année de traitement, voire dès la première année en cas de facteur de risque (insuffisance rénale, dose cumulée élevée).

Effets réversibles à l’arrêt du traitement

Effets ophtalmologiques (réversibles)

  • Dépôts cornéens (keratopathie en vortex) – habituellement asymptomatiques, régressent à l’arrêt
  • Trouble de l’accommodation

Effets gastro-intestinaux

Nausées, vomissements, diarrhées, douleurs abdominales – en particulier en début de traitement. La prise pendant les repas réduit souvent ces effets.

Effets hématologiques

Une diminution des cellules sanguines (leucopénie, thrombopénie, anémie) est rapportée de façon rare. Une hémolyse aiguë peut survenir chez les patients porteurs d’un déficit en G6PD – dépistage recommandé avant instauration.

Effets neuromusculaires

  • Irritabilité, nervosité, sautes d’humeur, étourdissements
  • Céphalées
  • Convulsions (rare)
  • Vertiges, acouphènes
  • Faiblesse des muscles squelettiques, préférentiellement au niveau des cuisses (myopathie)

Effets dermatologiques

⚠️ Effets cutanés et unguéaux à connaître

  • Hyperpigmentation gris-bleu – en particulier au niveau des tibias, du visage et du palais ; peut persister après arrêt du traitement
  • Dépigmentation pilaire et chute de cheveux – généralement réversible
  • Éruption cutanée, urticaire
  • Psoriasis : induction d’une première poussée ou aggravation d’un psoriasis préexistant – raison pour laquelle le psoriasis est une contre-indication
  • Ongles : bandes transversales pigmentées (mélanonychie transversale)

Surveillance sous traitement : ce que le patient doit savoir

Un traitement par hydroxychloroquine au long cours impose une surveillance structurée, dont le patient doit être informé dès l’instauration :

Examen Fréquence recommandée Objectif
Bilan ophtalmologique (OCT + champ visuel) Avant traitement, puis annuellement dès l’an 5 (an 1 si facteur de risque) Dépistage précoce rétinopathie
NFS (numération formule sanguine) Périodique (selon prescription) Dépistage cytopénie
Bilan rénal et hépatique Selon l’indication et les comorbidités Adapter la posologie si nécessaire
Dépistage G6PD Avant instauration Prévenir le risque d’hémolyse

Le patient doit signaler rapidement tout trouble visuel (vision floue, scotome, difficulté à lire), toute faiblesse musculaire inhabituelle ou toute modification cutanée survenant sous traitement.

Questions fréquentes

Quelle différence entre chloroquine et hydroxychloroquine ?

Les deux molécules ont des mécanismes d’action proches, mais l’hydroxychloroquine (Plaquenil®) est considérée comme moins toxique que la chloroquine (Nivaquine®) à doses équivalentes, notamment pour la rétine. Elle est devenue la molécule de référence dans les indications dermatologiques et rhumatologiques au long cours.

Peut-on prendre de l’hydroxychloroquine pendant la grossesse ?

La situation dépend de l’indication. Dans le lupus systémique, l’arrêt de l’hydroxychloroquine pendant la grossesse expose à un risque de poussée pouvant être délétère pour la mère et le fœtus. Certaines équipes spécialisées maintiennent le traitement sous surveillance étroite. Cette décision doit être discutée au cas par cas avec le médecin prescripteur, en médecine interne ou en rhumatologie.

Combien de temps dure le traitement dans le lupus ?

Dans le lupus, le traitement par hydroxychloroquine est habituellement prescrit au long cours – parfois pendant de nombreuses années – en raison de ses effets préventifs sur les poussées et les complications systémiques. La durée est évaluée régulièrement en fonction de l’évolution de la maladie et de la tolérance.

L’hyperpigmentation cutanée due à l’hydroxychloroquine est-elle réversible ?

L’hyperpigmentation gris-bleu touchant les tibias, le visage ou le palais peut persister plusieurs mois à quelques années après l’arrêt du traitement. Elle régresse dans la plupart des cas mais peut être très lente à disparaître. Il est important de ne pas confondre cette pigmentation avec une lésion mélanocytaire suspecte – un examen dermatologique permet de trancher.

La surveillance ophtalmologique est-elle obligatoire ?

Elle est fortement recommandée. Les recommandations de l’Académie américaine d’ophtalmologie (2016) et les sociétés françaises préconisent un examen ophtalmologique de référence avant le début du traitement, puis une surveillance annuelle à partir de la 5e année – ou plus précocement en cas de facteur de risque (insuffisance rénale, dose élevée, âge avancé). La détection précoce d’une rétinopathie débutante permet d’arrêter le traitement avant que les lésions ne deviennent irréversibles.

Le psoriasis est-il vraiment aggravé par l’hydroxychloroquine ?

Oui, c’est un effet indésirable documenté : les antipaludéens de synthèse peuvent induire une première poussée de psoriasis chez des patients prédisposés, ou aggraver significativement un psoriasis préexistant – parfois sous forme érythrodermique. C’est pourquoi le psoriasis figure parmi les contre-indications de ces médicaments.

Références médicales

  • PMID 26751949 – Marmor MF et al. Recommendations on screening for chloroquine and hydroxychloroquine retinopathy (2016 revision). Ophthalmology. 2016.
  • PMID 31356105 – Fanouriakis A et al. 2019 update of the EULAR recommendations for the management of systemic lupus erythematosus. Ann Rheum Dis. 2019.
  • PMID 32758418 – RECOVERY Collaborative Group. Effect of hydroxychloroquine in hospitalized patients with Covid-19. N Engl J Med. 2020.
  • PMID 28294256 – Francès C. Hydroxychloroquine or chloroquine for systemic lupus erythematosus and other autoimmune diseases. Joint Bone Spine. 2017.

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Mis à jour mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS)., fondateur de Dermatonet.com. Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale individuelle.


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Mécanisme - pourquoi devient-on allergique au nickel ?

L’allergie au nickel est une hypersensibilité retardée de type IV (classification de Gell et Coombs), à médiation cellulaire - par opposition aux allergies immédiates comme l’urticaire qui surviennent en quelques minutes. Elle se développe en deux phases :

  • Phase de sensibilisation - lors d’un premier contact prolongé avec le nickel (port de boucles d’oreilles, perçage, bracelet de montre), les ions nickel pénètrent la peau, se lient à des protéines porteuses et sont présentés au système immunitaire. Des lymphocytes T spécifiques du nickel sont générés et mémorisés - sans symptômes apparents
  • Phase de déclenchement - lors d’un contact ultérieur avec le nickel, même en petite quantité, les lymphocytes T sensibilisés s’activent et déclenchent une réaction inflammatoire locale - l’eczéma de contact. Cette réaction apparaît 24 à 72 heures après le contact, parfois jusqu’à 7 jours

💡 On peut devenir allergique au nickel à tout âge, même après des années de port sans réaction. La sensibilisation peut prendre des mois ou des années à s’établir - puis l’allergie devient définitive et s’aggrave souvent avec le temps.

Comment reconnaître l’eczéma au nickel ?

L’eczéma au nickel est caractéristique : il siège exactement sous la zone de contact avec l’objet contenant du nickel.

eczéma allergie nickel boucle d'oreille lobe oreille rouge
Allergie au nickel d’une boucle d’oreille - eczéma du lobe
allergie nickel bouton jean peau rouge ombilicale eczéma contact
Allergie au nickel du bouton de jean - eczéma péri-ombilical

Les signes : peau rouge, suintante, vésiculeuse en phase aiguë, puis squameuse et épaissie en phase chronique. Le prurit est souvent intense.

Questions fréquentes

Comment savoir si on est allergique au nickel ?

Le test de référence est le patch-test (test épicutané), réalisé par le dermatologue : une solution de sulfate de nickel est appliquée sur le dos sous occlusion pendant 48 heures, puis lue à 48 h et 72–96 h. Une réaction positive (plaque d'eczéma au site d'application) confirme la sensibilisation au nickel. Les patch-tests standard font partie de la batterie standard européenne. Résultat positif chez 15 à 20 % des femmes testées en Europe. Test non remboursé seul mais remboursé dans le bilan d'un eczéma.

Quels bijoux peut-on porter quand on est allergique au nickel ?

Matériaux sûrs : or 18 carats ou plus (attention - l'or 9 carats contient plus de 30 % de nickel), platine 950, titane, niobium, acier chirurgical 316L, argent 925. Matériaux à risque : laiton (60 % cuivre + 40 % zinc + traces de nickel), métal blanc doré (plaqué nickel), bijoux fantaisie. En pratique : vernir les bijoux suspects avec vernis à ongles transparent côté peau = protection partielle. La directive européenne REACH limite le relargage de nickel à 0,5 µg/cm²/semaine pour les bijoux en contact cutané.

L'alimentation peut-elle aggraver une allergie au nickel ?

Oui : 10 à 20 % des patients allergiques au nickel ont une forme systémique sensible au nickel alimentaire. Les aliments riches en nickel : légumineuses (lentilles, pois chiches, soja), noix et graines, cacao et chocolat, avoine, farine complète, fruits de mer. Une diète pauvre en nickel (< 150 µg/j) peut réduire les poussées chez ces patients. En pratique, la restriction alimentaire est réservée aux cas d'eczéma généralisé chronique résistant aux autres mesures.

Combien de temps dure un épisode d'eczéma au nickel ?

Un épisode d'eczéma de contact au nickel, une fois le contact supprimé, régresse en 2 à 3 semaines avec traitement approprié. Sans traitement ni éviction : peut persister des mois et se chroniciser (lichénification). Traitement : corticoïde topique de classe II-III 2 fois/j pendant 10 à 14 jours, émollient ensuite. Si extension importante : corticoïde systémique court (prednisone 0,5 mg/kg × 5 jours). L'éviction totale de la source de nickel est le seul traitement préventif efficace.

Peut-on désensibiliser une allergie au nickel ?

Il n'existe pas encore de désensibilisation reconnue pour l'allergie au nickel (contrairement aux allergies respiratoires). Des protocoles de tolérance orale au nickel (administration de doses croissantes de nickel oral) sont en cours d'étude, avec des résultats prometteurs dans des essais contrôlés. En pratique actuelle : l'éviction est la seule prévention. Des kits de test de détection du nickel (gouttelettes de diméthylglyoxime + ammoniaque) permettent de tester ses objets à la maison.

Les piercings peuvent-ils provoquer une allergie au nickel ?

Oui, c'est souvent le premier contact sensibilisant. Les bijoux de piercing bon marché contiennent fréquemment du nickel (même s'ils sont dorés en surface). Le perçage crée une lésion cutanée qui facilite le passage des ions nickel dans le derme - déclenchant la sensibilisation en quelques semaines. Pour les piercings : utiliser impérativement de l'or 18 carats, du titane ou de l'acier chirurgical 316L pour la cicatrisation. Une fois sensibilisé(e), tout contact avec du nickel déclenche l'eczéma.

L'allergie au nickel peut-elle se développer à tout âge ?

Oui. La sensibilisation au nickel peut survenir à n'importe quel âge, mais est plus fréquente chez les jeunes femmes (port de bijoux fantaisie dès l'adolescence). Elle est permanente une fois établie. L'aggravation au fil des années est possible si l'exposition est répétée. À l'inverse, une exposition prolongée à faibles doses peut parfois induire une tolérance relative (phénomène de désensibilisation naturelle observé chez les travailleurs en contact professionnel avec le nickel). Le terrain atopique (eczéma atopique) multiplie par 2 le risque de développer une allergie au nickel.

Sources de nickel - objets et situations à risque

Catégorie Objets contenant du nickel Zone d’eczéma typique
Bijoux et perçages Boucles d’oreilles fantaisie, bagues, bracelets, piercings, colliers, montres (fermoir, bracelet) Lobes, poignets, doigts, cou, zones piercées
Vêtements et accessoires Bouton de jean, fermetures éclair, agrafes de soutien-gorge, boucles de ceinture, pressions métalliques Zone péri-ombilicale, dos, taille
Lunettes Montures métalliques (branches, plaquettes nasales) Tempes, arête du nez, zones de contact
Téléphones portables Certains smartphones contiennent du nickel dans leurs composants extérieurs Joues, oreilles (zone de contact lors des appels)
Pièces de monnaie Pièces d’euro (notamment 1€ et 2€), autres monnaies Mains - contact prolongé
Milieu professionnel Outils métalliques, caisses enregistreuses, instruments de coiffure, certains matériaux de construction Mains, avant-bras

⚠️ L’or blanc peut contenir du nickel. L’or jaune pur (18 carats) ne contient généralement pas de nickel, mais l’or blanc est souvent allié avec du nickel pour obtenir sa couleur - y compris dans la bijouterie de qualité. En cas d’allergie au nickel documentée, préférer les bijoux en or jaune 18 carats, en titane, en acier chirurgical (316L) ou en platine.

Diagnostic - le patch test (test épicutané)

Le patch test (ou test allergologique épicutané) est l’examen de référence pour confirmer l’allergie au nickel et identifier d’éventuels autres allergènes associés. Il est réalisé par un dermatologue allergologue.

Étape Description
Application Des sparadraps contenant différents allergènes (batterie standard européenne de 28 à 80 allergènes selon le contexte) sont appliqués dans le dos
Lecture à J2 Les patchs sont retirés à 48 heures - première lecture des réactions cutanées
Lecture à J4 Deuxième lecture à 96 heures - certaines réactions sont retardées
Lecture tardive possible Des positivations jusqu’à 7 jours après la pose sont possibles - reconsulter si une zone devient rouge après la lecture initiale
Interprétation Une réaction positive (érythème, vésicules sous le patch) confirme l’allergie à l’allergène concerné

Précautions avant le patch test : ne pas appliquer de dermocorticoïdes sur le dos dans les 7 à 10 jours précédents, éviter l’exposition solaire du dos, ne pas prendre de corticoïdes oraux.

Nickel systémique et alimentation

Chez certains patients très sensibilisés, l’ingestion d’aliments riches en nickel peut déclencher une dermatite systémique au nickel - eczéma diffus des mains, vespertilio facial. Les aliments les plus riches en nickel sont :

  • Chocolat et cacao, noix et oléagineux (noix de cajou, noix, amandes)
  • Légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs)
  • Céréales complètes (surtout son d’avoine, blé complet)
  • Fruits de mer (huîtres, moules)
  • Épinards, tomates, asperges

Un régime pauvre en nickel peut être proposé aux patients présentant des formes sévères résistantes - toujours sous supervision médicale.

Traitement

Traitement de la crise

  • Dermocorticoïdes - en application sur les zones eczémateuses, classe adaptée à la zone (classe I sur le visage, classe II-III sur le corps), durée limitée
  • Antihistaminiques - pour contrôler le prurit, surtout la nuit
  • Crème émolliente - plusieurs fois par jour pour restaurer la barrière cutanée et limiter la sécheresse

Traitement de fond - éviction

L’éviction du nickel est le seul traitement de fond efficace. Aucune désensibilisation n’est validée pour l’allergie de contact au nickel.

Situation Alternative recommandée
Bijoux Titane, acier chirurgical 316L, or jaune 18 carats, platine, or 24 carats, résine
Piercings Titane grade 23 (ASTM F136) ou acier chirurgical implanté - jamais de bijoux fantaisie pour la cicatrisation initiale
Bouton de jean Interposer un adhésif, choisir des jeans avec bouton recouvert de tissu ou en plastique, ou couvrir avec un sparadrap
Monture de lunettes Montures en titane, acétate, plastique ou résine
Test d’un bijou suspect Kit de détection du nickel (diméthylglyoxime) - coloration rose en présence de nickel. Disponible en pharmacie.

Réglementation européenne sur le nickel

La directive européenne 94/27/CE, renforcée par le règlement REACH, limite la teneur en nickel des bijoux en contact avec la peau à 0,5 µg/cm²/semaine pour les bijoux portés en permanence (piercings) et à 0,2 µg/cm²/semaine pour les autres bijoux. Ces seuils réduisent mais n’éliminent pas le risque chez les personnes déjà sensibilisées.

Sources

Questions fréquentes sur l’allergie au nickel

Peut-on guérir d’une allergie au nickel ?

Non - l’allergie au nickel est définitive une fois établie. Il n’existe pas de désensibilisation validée pour l’allergie de contact au nickel. Le seul « traitement » est l’éviction stricte du nickel. Cependant, avec une éviction rigoureuse prolongée, certains patients voient leur seuil de réactivité augmenter - ils supportent de très faibles doses sans réaction. Mais la sensibilisation ne disparaît jamais complètement.

L’or est-il sans risque pour les personnes allergiques au nickel ?

Pas toujours. L’or jaune 18 carats (750‰) est généralement sans nickel et bien toléré. En revanche, l’or blanc est presque toujours allié avec du nickel pour obtenir sa couleur - même dans la bijouterie de qualité. Le placage or (doublé or, gold-filled) sur métal de base contient du nickel dans la couche sous-jacente qui s’expose à l’usure. Le titane et le platine sont les métaux les plus sûrs pour les personnes allergiques.

Comment savoir si un bijou contient du nickel avant de le porter ?

Le kit de détection à la diméthylglyoxime (DMG) est une solution pratique : deux gouttes de réactif sur le bijou - une coloration rose ou rouge indique la présence de nickel libérable. Ces kits sont disponibles en pharmacie ou sur internet. Pour les bijoux professionnels, demander un certificat de conformité REACH attestant la conformité aux seuils européens de libération de nickel.

L’allergie au nickel peut-elle déclencher un eczéma des mains sans contact direct ?

Oui - c’est la dermatite systémique au nickel. Chez les patients très sensibilisés, l’ingestion de nickel via l’alimentation (chocolat, légumineuses, céréales complètes) peut déclencher un eczéma des mains, des paupières ou un tableau d’eczéma diffus sans contact cutané direct avec du nickel. Ce mécanisme concerne une minorité de patients très sensibilisés - un régime pauvre en nickel peut être proposé dans ces cas par un dermatologue.

Voir aussi : Eczéma de contact allergique / Dermatite atopique / Allergies cutanées / Piercings et allergies

Télécharger un guide complet au format PDF :

COVID-19 et peau

Mis à jour le 6 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

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Eruption cutanée en cas de COVID19

Le coronavirus SARS Cov2 responsable de la covid19 est apparu en Chine en 2019. Il a provoqué une pandémie mondiale et la covid19 a une forme grave dans 15% des cas. La mortalité peut atteindre 10-15% notamment chez les plus de 70 ans. Voyons quels sont les signes cutanés de la COVID19 : covid 19 et peau

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Quels sont les symptômes de la covid19 ?

De nombreuses personnes ne ressentent aucun symptôme ou très peu, notamment les enfants, souvent porteurs sains.

Les symptômes de la covid19 sont proches de la grippe mais avec moins souvent de courbatures :

Les 3 symptomes clés

  • toux (avec (33,4%) ou sans glaires (67,7%)),
  • fièvre (87,9%),
  • difficulté à respirer (essouflement (18,6%)).

Ces trois symptômes majeurs sont les plus fréquents, mais certains malades n’ont pas de fièvre, ou toussent plusieurs jours avant qu’elle n’apparaisse.

Les autres symptomes

  • courbatures, douleurs articulaires (14,8%)
  • fatigue (38,1%),
  • mal de gorge ( 13,9%),
  • maux de tête (13,6%),
  • rhume,
  • manque d’appétit,
  • douleurs du ventre voire diarrhée.

Signes cutanés de la Covid19

La prévalence des manifestations cutanées liées à la COVID-19 varie de 0,2% à 20%
selon les études ! Ce faible taux de 0.2% peut s’epliquer par le fait que les
manifestations cutanées aient été négligées au début de l’épidémie, et que les patients COVID-19 étaient pris en charge par des non-dermatologues, et que les signes cutanés passaient au second plan au début de l’épidémie. Les dermatologues décrivent des signes cutanés variés lors de la Covid19 :

1 – Engelures

Engelures

Les engelures, taches violacées et douloureuses des doigts, peuvent comporter des cloques sur les mains et les pieds. Mais elles sont bien à distinguer de la dishidrose.

Les engelures, avec ou sans cloques sur les mains et les pieds, peuvent être un signe de COVID19

Cette éruption à type d’engelures se caractérise par des lésions douloureuses/qui démangent. Elle affecte bien plus les orteils que les autres sites acraux : on parle d’orteils COVID ou « Covid toes » en anglais. Elle affecte les jeunes patients, plus tard au cours de la maladie (12 à 14 jours) et peut récidiver, même s’il n’y a pas de nouvelle infection.

Leur prévalence parmi les manifestations cutanées de la COVID-19 varie entre 10%
et 50% selon les études.

En savoir plus sur les engelures

2 – Eruptions

  • Eruptions maculopapuleuses, notamment du tronc chez l’adulte, pouvant ressembler à un pityriasis rosé, ou surtout à une rougeole

L’eruption maculo-papuleuse est la manifestation cutanée la
plus fréquente et elle peut survenir de façon précoce dans l’évolution de la
maladie, comme de façon retardée, dans les 2 à 4 semaines suivant
l’infection initiale. Il s’agit d’une éruption faite de macules et/ou de papules
rouges, parfois rosées, atteignant le tronc et les membres, qui peut beaucoup démanger. Elle guérit le plus souvent en quelques jours.

Elle peut prendre plusieurs formes.

On peut observer une eruption pytiriasis rosé like. Elle est caractérisée par l’apparition d’un médaillon dit héraldique ou initial puis les jours suivants par
de multiples petites taches roses sur le tronc et les membres. Son traitement est symptomatique en cas de démangeaisons et elle peut mettre plusieurs mois avant de disparaître.

pityriasis rose de gibert
Pityriasis rosé

L’éruption morbiliforme (ressemblant à la rougeole, est caractérisée par un début derrière les oreilles, puis qui descend sur le corps.

Elle existe souvent en même temps que d’autres symptômes (bénins) dans la maladie active. Elle survient généralement chez les femmes d’âge moyen et dure en moyenne 7 jours.

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Chez l’enfant, l’éruption est assez semblabe à l’érythème souffleté des joues du mégalérythème épidémique

Joues rouges et fièvre chez l'enfant : mégalérythème épidémique?
Erythème souffleté des joues du mégalérythème épidémique, donnant l’impression que l’enfant vient de recevoir une gifle
  • urticaire notamment des membres inférieurs
Urticaire, dont le mot a la même origine que « ortie »

L’éruption urticarienne apparaît précocement, au cours de la maladie active, est de courte durée (4 à 5 jours) et elle se voit généralement chez les femmes d’âge moyen. Elle semble plus fréquente et plus profuse avec Omicron qu’avec les variants antérieurs. Elle démange souvent beaucoup et touche parfois tout le corps (urticaire géante).

Sa prévalence varie de 7% à 20%. L’origine peut être secondaire à l’infection virale ou
d’origine médicamenteuse

Cette éruption urticarienne apparaît le plus souvent après des symptômes systémiques de gravité modérée et ressemble à la maladie de Grover.

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  • pseudo-varicelle avec des vésicules sur le tronc.
varicelle
Vésicule de varicelle, comme une goutte de rosée sur une zone de peau rouge

Les éruptions vésiculeuses peuvent être polymorphes et diffuses, ou à l’inverse,
monomorphes et localisées, ressemblant à l’éruption de la Varicelle. Elle représente 10% à 15% des lésions cutanées. Elle concerne le plus souvent le tronc, parfois la le visage et le cou. Elles surviennent tôt dans l’évolution de la maladie , et sont de bon
pronostic.

Des récurrences herpétiques (herpes) ont également été décrites lors de l’infection au SARS-CoV-2

Cette éruption de livedo affecte préférentiellement les hommes âgés avec une maladie plus grave et un pronostic moins favorable.

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Questions fréquentes

Quelles éruptions cutanées peut provoquer le COVID-19 ?

Cinq types d’éruptions ont été décrits : (1) urticaire aiguë (20 % des cas cutanés), (2) éruption maculo-papuleuse morbiliforme (47 %), (3) pérnio/engelures des orteils ‘COVID toes’ (19 %), (4) livedo réticulaire vasculaire (6 %), (5) éruption vésiculaire disséminée (9 %). Les formes légères (urticaire, engelures) ne corrèlent pas avec la sévérité de l’infection.

Que sont les ‘engelures COVID’ (COVID toes) ?

Les engelures COVID, ou pérnio associé au SARS-CoV-2, se manifestent par des plaques violacées douloureuses ou prurigineuses sur les orteils et parfois les doigts. Elles sont surtout décrites chez les jeunes adultes et les enfants, souvent dans les formes pauci-symptomatiques ou asymptomatiques. Elles disparaissent spontanément en 4 à 8 semaines dans la majorité des cas.

Les éruptions cutanées COVID peuvent-elles précéder les autres symptômes ?

Oui, l’urticaire et les engelures COVID peuvent apparaître avant les symptômes respiratoires (dans 4 à 7 jours précédant la fièvre), simultanément, ou après la phase aiguë. Chez certains patients, l’éruption cutanée est le seul signe clinique du COVID-19. Un test PCR ou sérologique est recommandé si l’éruption est suspecte.

Les symptômes cutanés persistent-ils après le COVID (long COVID) ?

Oui, des manifestations cutanées peuvent s’inscrire dans le ‘long COVID’ : urticaire chronique, alopécie (chute de cheveux diffuse 2 à 3 mois après l’infection, touchant 20 à 30 % des patients), prurit persistant et pérnio récidivants. L’alopécie post-COVID est de type télogène effluvium et régresse généralement en 6 à 9 mois sans traitement spécifique.

Faut-il traiter les éruptions cutanées liées au COVID-19 ?

Les éruptions légères (urticaire, engelures) sont le plus souvent auto-limitées. L’urticaire peut être soulagée par antihistaminiques oraux. Les engelures bénéficient de soins locaux (crème hydratante, parfois nifédipine en cas de douleur importante). Les livedo et lésions vasculaires sévères nécessitent une prise en charge hospitalière spécialisée.

Comment distinguer une éruption due au vaccin COVID d’une éruption infectieuse ?

Les réactions cutanées aux vaccins COVID (ARNm et adénoviraux) incluent : érythème au site d’injection (60 %), urticaire ou éruption maculo-papuleuse transitoire (1 à 3 %), réaction retardée dite ‘bras COVID’ (érythème inflammatoire au site d’injection après 7 à 10 jours). Ces réactions sont bénignes, ne contre-indiquent pas la seconde dose, et régressent spontanément en 3 à 5 jours.

Les enfants présentent-ils des manifestations cutanées COVID spécifiques ?

Oui, le PIMS-TS (syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique associé au SARS-CoV-2) peut se manifester par une éruption polymorphe, une conjonctivite, un œdème des extrémités et un érythème des paumes et plantes, évoquant un syndrome de Kawasaki. Cette présentation rare (2 à 10 cas/100 000 enfants infectés) est une urgence pédiatrique nécessitant une hospitalisation.

Monkeypox : la variole du singe : causes, symptômes et traitement

Mpox (variole du singe) : symptômes cutanés, contagion, traitement et vaccination (2026)

En bref : Le mpox (anciennement variole du singe) est une infection virale due au virus Monkeypox, un orthopoxvirus. Il provoque de la fièvre, des ganglions et une éruption cutanée caractéristique évoluant par stades uniformes – tache, papule, vésicule, pustule, croûte – touchant souvent le visage, les paumes et la région génitale. En France, le clade IIb circule à bas bruit depuis 2022 (215 cas en 2024) et le clade Ib, plus récent et potentiellement plus sévère, a été détecté pour la première fois en janvier 2025 ; une résurgence est notée début 2026. La prise en charge est principalement symptomatique avec isolement à domicile ; la vaccination par IMVANEX® est recommandée pour les contacts à risque. Dr Rousseau, dermatologue – mis à jour mai 2026.

vésicule de mpox variole du singe

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Situation épidémique actuelle en France et en Europe (2026)

Le mpox existe sous deux clades (lignées virales) aux comportements épidémiologiques distincts :

Clade Situation en France Niveau de risque (ECDC)
Clade IIb Circulation à bas bruit depuis 2022 – 215 cas déclarés en 2024 (∼3/semaine fin 2024) Faible pour la population générale
Clade Ib Premier cas autochtone détecté en Bretagne (janvier 2025) ; résurgence début 2026 en France métropolitaine et à La Réunion Modéré pour les HSH* ; faible pour la population générale

*HSH : hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes

ℹ️ Clade Ib : nouveau mode de transmission en Europe

Depuis l’automne 2025, plusieurs pays européens (Suède, Allemagne, Belgique, Royaume-Uni, France, Espagne, Italie…) ont rapporté des cas de clade Ib chez des personnes sans antécédent de voyage récent, principalement parmi des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Des transmissions intrafamiliales secondaires restent possibles mais ont été peu nombreuses à ce jour.

Symptômes du mpox : de la fièvre à l’éruption cutanée

La période d’incubation dure en moyenne une à deux semaines, avec des extrêmes de 5 à 21 jours selon les données épidémiologiques disponibles.

La maladie débute par une phase prodromique de 1 à 5 jours associant :

  • Fièvre – souvent élevée (38,5–40°C)
  • Céphalées et douleurs musculaires (myalgies)
  • Fatigue intense
  • Adénopathies (ganglions) – notamment cervicales, axillaires ou inguinales, souvent volumineuses ; c’est un signe distinctif par rapport à la varicelle et à la variole classique

Le patient est contagieux dès l’apparition des premiers symptômes et cesse de l’être lorsque toutes les croûtes sont tombées et que les lésions sont entièrement cicatrisées.

Dans les premiers jours suivant la fièvre apparaît l’éruption cutanée, qui débute fréquemment sur le visage avant de s’étendre à d’autres zones, dont les paumes des mains, les plantes des pieds et la région génitale. Les muqueuses (buccale, oculaire, génitale) peuvent également être atteintes. La maladie dure généralement 2 à 4 semaines au total.

Les stades successifs de l’éruption : une évolution uniforme

C’est l’une des caractéristiques cliniques les plus utiles pour le diagnostic : les lésions du mpox évoluent de façon synchrone et uniforme – toutes les lésions d’une même zone sont au même stade au même moment, contrairement à la varicelle où différents stades coexistent simultanément.

Stade Aspect Durée approximative
Macule Tache rouge plane 1–2 jours
Papule Relief ferme, non liquide 1–2 jours
Vésicule Cloque translucide remplie de liquide clair 1–2 jours
Pustule Liquide trouble ou purulent, ombilication centrale fréquente 5–7 jours
Croûte puis cicatrice Dessèchement, chute de la croûte, parfois cicatrice déprimée résiduelle 7–14 jours
vésicule de mpox variole du singe
Vésicule (« cloque d’eau ») caractéristique du mpox
boutons de la variole du singe stades
Tableau des phases de l’éruption du mpox (source COREB)

✅ Signe distinctif clé : prurit faible et évolution uniforme

Les lésions de mpox démangent peu (contrairement à la varicelle qui est très prurigineuse) et évoluent de façon synchrone. Ce double critère est un élément d’orientation diagnostique utile en consultation.

Diagnostic différentiel : ne pas confondre avec…

Plusieurs éruptions cutanées peuvent ressembler au mpox, notamment avant l’apparition des vésicules caractéristiques :

Varicelle

varicelle vésicule
Vésicule de varicelle, comme « une goutte de rosée sur peau rouge »

La varicelle est l’éruption vésiculeuse la plus fréquente en France. Elle se distingue du mpox par plusieurs critères : elle touche rarement les paumes et les plantes, évolue en plusieurs poussées successives (lésions à stades différents coexistant), démange intensément et ne s’accompagne pas d’adénopathies volumineuses.

Mégalérythème épidémique (5e maladie)

mégalérythème épidémique joues rouges enfant
Érythème souffleté des joues du mégalérythème épidémique

Chez l’enfant, l’érythème souffleté des joues (aspect de « gifle ») du mégalérythème épidémique (parvovirus B19) peut ressembler à la phase initiale du mpox, mais il n’est pas accompagné de vésicules ni de ganglions importants.

Urticaire

Urticaire – plaques gonflées fugaces sans vésicules

L’urticaire, notamment des membres inférieurs, peut être évoquée avant l’apparition des vésicules, mais ses plaques sont fugaces (disparaissant en moins de 24h), sans fièvre ni ganglions.

Autres diagnostics à évoquer

  • Rougeole – éruption débutant derrière les oreilles et dans le cou, sans vésicules
  • Variole vraie – éradiquée par la vaccination depuis 1979 et ne comportant pas d’adénopathies
  • Impétigo bulleux – lésions bactériennes sans fièvre d’emblée ni ganglions diffus
  • Gale de l’enfant avec vésicules des mains et des pieds – mais sans fièvre ni adénopathies
  • Syndrome pieds-mains-bouche – vésicules périorales et palmoplantaires chez l’enfant
  • Toxidermie médicamenteuse – à évoquer en cas de prise médicamenteuse récente

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Comment se contamine-t-on au virus mpox ?

La transmission du virus mpox emprunte plusieurs voies :

Transmission animal → humain (zoonose)

En Afrique, les réservoirs animaux sont des rongeurs (écureuils, rats, loirs) et certaines espèces de singes. La contamination se fait par morsure, griffure, contact avec des fluides biologiques animaux ou préparation de viande de brousse. En Europe, il n’existe pas de réservoir animal autochtone connu.

Transmission interhumaine

  • Contact cutané direct avec les lésions ou les fluides biologiques d’une personne infectée – principal mode lors des épidémies récentes en Europe, incluant les rapports sexuels
  • Gouttelettes respiratoires – nécessite un contact prolongé face à face (à moins de quelques mètres) ; moins efficace que pour la Covid-19 ou la rougeole
  • Contact indirect avec du linge, des vêtements ou de la literie contaminés par les lésions
  • Transmission mère-enfant pendant la grossesse (voie transplacentaire possible) ou au moment de l’accouchement

⚠️ Maladie à déclaration obligatoire

Le mpox est une maladie à déclaration obligatoire en France. Tout cas suspect doit être signalé sans délai à l’Agence régionale de santé (ARS). Les cas confirmés et probables font l’objet d’une déclaration obligatoire via le formulaire dédié.

Formes graves et populations à risque

Dans la majorité des cas, le mpox est une maladie résolutive en 2 à 4 semaines sans séquelle. Cependant, certaines populations présentent un risque de forme sévère :

🚨 Populations nécessitant une vigilance particulière

  • Personnes immunodéprimées (VIH non contrôlé, traitements immunosuppresseurs, hémopathies)
  • Femmes enceintes – risque de transmission fœtale et de formes graves
  • Nourrissons et très jeunes enfants
  • Patients présentant une éruption majeure (plus de 100 vésicules)

Les complications possibles incluent la surinfection bactérienne des lésions cutanées, les atteintes respiratoires, digestives, ophtalmologiques (kératite) et neurologiques (encéphalite – rare). Le taux de mortalité est inférieur à 0,5 % pour le clade Ib dans les données disponibles hors Afrique ; il est plus élevé pour le clade Ia dans les contextes à ressources limitées.

Hormis ces populations vulnérables, les cas de mpox ne nécessitent généralement pas d’hospitalisation et font l’objet d’une recommandation d’isolement à domicile. Un arrêt de travail ou une mise en télétravail peuvent être délivrés pour respecter cet isolement pendant 3 semaines à compter du début des signes.

Que faire en cas de suspicion de mpox ?

✅ Conduite à tenir pratique

  1. Appeler le SAMU – Centre 15 pour être orienté vers la filière adaptée
  2. Éviter les transports en commun ; préférer un véhicule personnel ou une ambulance pour se rendre au lieu de prélèvement
  3. Si les transports en commun sont inévitables : porter un masque, couvrir les lésions, friction régulière avec solution hydroalcoolique
  4. Le diagnostic est confirmé par prélèvement d’une vésicule pour PCR, réalisé idéalement dans un établissement de santé de référence (ESR) ou en ville si l’ESR est éloigné
  5. S’isoler à domicile en attendant les résultats et pendant toute la durée de contagiosité

Traitement du mpox

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique validé en traitement systématique de première ligne. La prise en charge repose principalement sur un traitement symptomatique :

  • Antalgiques/antipyrétiques (paracétamol) pour la fièvre et la douleur
  • Antihistaminiques si prurit marqué
  • Désinfection locale des lésions pour prévenir la surinfection bactérienne

Dans les formes sévères ou chez les patients à risque, un traitement spécifique peut être discuté au cas par cas en milieu spécialisé :

  • Tecovirimat (SIGA) – antiviral spécifique des orthopoxvirus, disponible en ATU en France pour les formes graves
  • Brincidofovir ou cidofovir – alternatives antivirales à envisager selon l’expertise infectiologique
  • Immunoglobulines antivarioliques – en cas d’immunodépression sévère

Vaccination contre le mpox

Les personnes nées avant 1977 ont été vaccinées contre la variole et bénéficient d’une protection croisée partielle contre le mpox, dont le niveau exact reste difficile à quantifier à cette distance temporelle.

Le vaccin disponible en France est IMVANEX® (vaccin antivariolique de 3e génération, non réplicatif), recommandé dans les situations suivantes :

Population Indication Délai optimal
Contacts à risque d’un cas confirmé Vaccination réactive post-exposition Préférentiellement dans les 4 jours (jusqu’à 14 jours max)
HSH à partenaires multiples Vaccination préventive recommandée Dès que possible
Travailleurs du sexe Vaccination préventive recommandée Dès que possible
Professionnels de santé exposés sans protection Vaccination réactive post-exposition Dans les 4 jours suivant l’exposition

L’orientation vers la vaccination se fait via l’ARS, après une consultation ou téléconsultation avec un infectiologue permettant d’évaluer la balance bénéfice-risque individuelle et de recueillir le consentement. La vaccination est gratuite pour les publics cibles.

Téléchargez un guide complet au format PDF :

Questions fréquentes sur le mpox

Comment distinguer le mpox de la varicelle ?

Plusieurs critères orientent vers le mpox plutôt que la varicelle : les lésions évoluent de façon uniforme (même stade au même moment), touchent les paumes et les plantes, s’accompagnent d’adénopathies volumineuses et démangent peu. La varicelle présente des lésions à stades multiples coexistants, épargne généralement les paumes et les plantes, et provoque un prurit intense. La confirmation est virologique dans les deux cas si nécessaire.

Le mpox est-il une infection sexuellement transmissible ?

Le contact sexuel (incluant les contacts cutanéo-muqueux étroits) est le principal mode de transmission lors des épidémies récentes en Europe, notamment parmi les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Il ne s’agit cependant pas d’une IST au sens strict : le virus peut se transmettre par tout contact peau à peau avec une lésion active, quelle que soit la nature du contact. Des transmissions intrafamiliales non sexuelles ont été documentées.

Le mpox est-il dangereux pour les enfants ?

Les très jeunes enfants et les nourrissons font partie des populations à surveiller de plus près en raison d’un risque de forme sévère plus élevé. Des cas de transmission intrafamiliale avec atteinte pédiatrique ont été rapportés en Europe (notamment en Allemagne). En pratique, tout enfant présentant une éruption vésiculeuse avec fièvre et ganglions doit être évalué médicalement rapidement.

Quelle est la différence entre le clade Ib et le clade IIb ?

Le clade IIb est à l’origine de l’épidémie mondiale de 2022 et continue de circuler à bas bruit en France. Le clade Ib, plus récent en Europe, provient d’Afrique centrale ; il présente potentiellement des caractéristiques de transmission légèrement différentes et concerne des publics plus larges incluant des cas sans voyage récent. Les deux clades se préviennent et se traitent de la même façon.

Peut-on se faire vacciner si on n’a pas été en contact avec un cas ?

La vaccination préventive (avant exposition) est recommandée pour certains groupes à risque élevé : hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes à partenaires multiples et travailleurs du sexe. Pour la population générale sans facteur de risque identifié, la vaccination n’est pas recommandée en routine à ce stade. Contactez votre médecin ou l’ARS pour évaluer votre situation personnelle.

Peut-on consulter un dermatologue par téléconsultation pour une suspicion de mpox ?

Une téléconsultation permet d’évaluer rapidement l’éruption sur photographies et d’orienter vers la filière adaptée (SAMU, ESR, PCR). Elle ne se substitue pas au prélèvement virologique nécessaire pour confirmer le diagnostic, mais constitue un premier triage utile, en particulier pour éviter des déplacements inutiles en transports en commun.

🔬 Éruptions vésiculeuses à différencier

🌡️ Maladies infectieuses avec éruption

Références médicales

  • PMID 35866633 – Thornhill JP et al. Monkeypox virus infection in humans across 16 countries. N Engl J Med. 2022.
  • PMID 36223152 – Mitjà O et al. Mpox in people with advanced HIV infection. Lancet. 2023.
  • PMID 39488814 – Kibungu EM et al. Clade I–associated mpox cases in the Democratic Republic of the Congo. N Engl J Med. 2024.
  • PMID 36198642 – Siegrist EA, Sassine J. Antivirals with activity against mpox: a clinically oriented review. Clin Infect Dis. 2023.

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Mis à jour mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS)., fondateur de Dermatonet.com. Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale individuelle.


Eczéma atopique (dermatite atopique) : soins et traitements – Dr Rousseau

Mis à jour le 25 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Traitement de l’eczéma atopique : dermocorticoïdes, biothérapies et recommandations 2026

En bref : Le traitement de la dermatite atopique repose sur plusieurs niveaux, de la crème émolliente quotidienne aux biothérapies pour les formes sévères. En France, plus de 3,5 millions de personnes souffrent d’eczéma atopique : environ 15 à 20 % des enfants et 2 à 3 % des adultes. Depuis 2022, le dupilumab est autorisé dès l’âge de 6 mois. Les inhibiteurs de JAK (upadacitinib, abrocitinib, baricitinib) offrent désormais une alternative orale performante, validée par l’étude de phase 3 Level Up publiée fin 2024.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénéréologue
Sur cette page : soins de la peau sèche · dermocorticoïdes · tacrolimus · probiotiques · formes sévères (ciclosporine, biothérapies, inhibiteurs de JAK) · situations particulières (mains, grossesse, sujet âgé) · allègement thérapeutique · FAQ · références scientifiques 2024-2026.

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Vue d’ensemble – paliers de traitement

Le choix du traitement dépend avant tout de la sévérité évaluée par le dermatologue (scores EASI, SCORAD, IGA) et de l’âge du patient. Le tableau ci-dessous présente la stratégie par paliers, conforme aux recommandations françaises et européennes 2025-2026.

Sévérité Traitement de référence Dès quel âge
Légère Émollients + dermocorticoïdes en cure courte Tous âges
Modérée Dermocorticoïdes + tacrolimus (Protopic®) en relais ≥ 2 ans
Sévère – 1re ligne systémique Ciclosporine (adulte ≥ 16 ans) ≥ 16 ans
Sévère – 2e ligne biothérapies Dupilumab, tralokinumab, lébrikizumab, némolizumab ≥ 6 mois (dupilumab)
Sévère – 2e ligne JAKi Baricitinib, abrocitinib, upadacitinib ≥ 2 ans (baricitinib), ≥ 12 ans (autres)

1. Lutter contre la peau sèche – le traitement de fond incontournable

La sécheresse cutanée est le terrain de l’eczéma atopique. La corriger réduit non seulement la fréquence des poussées, mais aussi leur intensité. Cette étape est souvent sous-estimée par les patients, alors qu’elle constitue le vrai socle de toute prise en charge.

  • Bain ou douche à l’eau tiède, pas chaude, avec une huile de bain ou syndet doux – durée idéale 5 à 10 minutes maximum
  • Sécher en tamponnant délicatement (ne pas frotter) puis appliquer l’émollient sur peau encore légèrement humide, sans attendre
  • Émollient quotidien sur l’ensemble du corps, même en dehors des poussées – c’est la mesure la plus efficace pour réduire la consommation de dermocorticoïdes
  • Vêtements en coton – éviter la laine directement sur la peau et les fibres synthétiques
  • Cosmétiques et produits d’hygiène sans parfum
  • Ongles coupés courts pour limiter les lésions de grattage et le risque de surinfection
  • Éviter la chaleur excessive, la transpiration prolongée et les brusques changements de température
Conseil du Dr Rousseau : L’émollient appliqué deux fois par jour – matin et soir – sur tout le corps réduit de 50 % environ la consommation de dermocorticoïdes dans les formes modérées. Ce n’est pas un luxe cosmétique, c’est un traitement médical à part entière.

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2. Dermocorticoïdes – le traitement de référence des poussées

Les crèmes à la cortisone sont le traitement de référence des poussées d’eczéma. La corticophobie est compréhensible – mais elle conduit trop souvent à sous-traiter, prolongeant les souffrances de l’enfant et favorisant les surinfections bactériennes.

Comment bien les utiliser :

  • Appliquer uniquement sur les zones d’eczéma actif, sur peau propre et légèrement humidifiée
  • Choisir une force adaptée à la localisation : dermocorticoïde faible sur le visage et les plis, modéré à fort sur le tronc et les membres
  • Durée par poussée : 4 à 7 jours, puis décroissance progressive si nécessaire
  • Règle de l’unité phalanx (fingertip unit) : 1 FTU ≈ 0,5 g couvre environ 2 paumes de main d’adulte
  • Antihistaminiques sédatifs en complément le soir pour réduire le grattage nocturne
Stratégie proactive : chez les patients avec rechutes fréquentes aux mêmes endroits, l’application de dermocorticoïde 2 fois par semaine sur les zones habituellement touchées (même en peau apparemment saine) réduit significativement la fréquence des poussées. Cette stratégie est validée par plusieurs essais cliniques.

3. Tacrolimus (Protopic®) – l’alternative précieuse sur le visage

Le tacrolimus est un immunosuppresseur local indiqué lorsque les dermocorticoïdes sont insuffisants ou contre-indiqués – en particulier sur le visage, les paupières et les grands plis où le risque d’atrophie cutanée est plus élevé. Il agit en inhibant la calcineurine et la libération des médiateurs inflammatoires par les lymphocytes T.

  • Protopic® 0,03 % – enfant de 2 à 15 ans (2 applications/jour, max 3 semaines, puis 1/jour)
  • Protopic® 0,1 % – adulte et adolescent ≥ 16 ans
  • Application en couche mince sur toutes les zones atteintes, y compris visage et plis – éviter les muqueuses
  • Sensation de brûlure initiale possible les premiers jours – elle disparaît généralement en 1 à 2 semaines

4. Probiotiques – une piste complémentaire

Des altérations du microbiote intestinal ont été observées chez les enfants atopiques. Des souches comme Bifidobacterium lactis, B. longum et Lactobacillus casei semblent réduire la sévérité de la dermatite atopique dans certaines études et diminuer le recours aux dermocorticoïdes chez les enfants de plus d’un an. Les données restent préliminaires : le rapport bénéfice/risque est favorable, mais les probiotiques ne remplacent pas les traitements validés.

5. Formes sévères – recommandations françaises et données 2025-2026

Ces recommandations sont issues des groupes de travail GREAT (Groupe de Recherche sur l’Eczéma ATopique) et de la HAS. Tout traitement systémique nécessite une prescription initiale hospitalière ou spécialisée et un suivi régulier.

1re ligne systémique – Ciclosporine (≥ 16 ans)

La ciclosporine reste le traitement systémique de première intention selon la HAS pour l’adulte en échec des traitements topiques et de la photothérapie. Elle agit rapidement (effet visible en 2 à 4 semaines) et peut être envisagée pendant la grossesse et l’allaitement.

  • Dose : 4 à 5 mg/kg/j, à diviser en 2 prises quotidiennes
  • Durée idéale : moins de 12 mois en cure courte pour limiter la néphrotoxicité
  • Bilan préthérapeutique obligatoire : créatinine, tension artérielle, bilan hépatique, acide urique
  • Le groupe GREAT estime qu’un accès remboursé en première ligne aux biothérapies serait souhaitable compte tenu de leur rapport bénéfice/risque favorable

2e ligne – Biothérapies : données récentes 2024-2025

Vaccins vivants contre-indiqués pendant le traitement par biothérapies. Mettre à jour le calendrier vaccinal avant d’initier le traitement. Pour le dupilumab et le lébrikizumab, aucun contrôle biologique régulier n’est formellement requis.
Biothérapie Cible Âge minimum Posologie adulte
Dupilumab (Dupixent®) Anti-IL4/IL13 ≥ 6 mois 600 mg puis 300 mg/14j SC
Tralokinumab (Adtralza®) Anti-IL13 ≥ 12 ans 600 mg puis 300 mg/14j SC
Lébrikizumab (Ebglyss®) Anti-IL13 ≥ 12 ans 500 mg S0+S2 puis 250 mg/14j SC
Némolizumab Anti-récepteur IL31 Adulte Selon AMM – aussi indiqué dans le prurigo nodulaire

Ce que les études récentes nous apprennent sur le dupilumab :

L’étude LIBERTY AD OLE publiée en 2024 dans JAMA Dermatology, portant sur 2 677 adultes suivis pendant 5 ans, confirme la sécurité et l’efficacité soutenues du dupilumab sur le long terme. À la semaine 260, environ 67 % des patients atteignaient un score IGA de 0 ou 1. Les effets indésirables les plus courants restaient la rhinopharyngite, la conjonctivite et les réactions au site d’injection – sans signal de sécurité nouveau. Une étude hollandaise multicentrique (registre BioDay, 1 286 patients) confirme le maintien de la réponse clinique jusqu’à 5 ans en vie réelle, avec un taux d’arrêt pour inefficacité de seulement 6,6 %.

Effet secondaire à connaître : une dermatite faciale rouge (head and neck dermatitis) est observée chez environ 10 à 20 % des patients sous dupilumab. En cas d’atteinte oculaire ou faciale persistante, un switch vers le tralokinumab ou un inhibiteur de JAK peut être envisagé. Une étude française multicentrique (106 patients) montre que les JAKi donnent de meilleurs résultats que le tralokinumab dans cette situation, avec 92 % de résolution ou amélioration des effets indésirables graves.

2e ligne – Inhibiteurs de JAK (JAKi) : données 2024

Populations à risque : selon les recommandations ANSM/EMA, les JAKi doivent être utilisés avec prudence chez les patients ≥ 65 ans, fumeurs actifs ou anciens, ou présentant des antécédents cardiovasculaires, de tumeur maligne ou de thrombose. Un bilan préthérapeutique complet est obligatoire (NFS, bilan hépatique et rénal, lipides, sérologies hépatites, radio pulmonaire).
JAKi Cible Âge minimum Posologie
Baricitinib Anti-JAK1/2 ≥ 2 ans (non remb. enfant) 4 mg/j ou 2 mg/j (populations à risque)
Abrocitinib Anti-JAK1 ≥ 12 ans 200 mg/j ou 100 mg/j
Upadacitinib Anti-JAK1 ≥ 12 ans 30 mg/j ou 15 mg/j (dose initiale)

Upadacitinib vs dupilumab – l’étude Level Up (2024) :

L’étude de phase IIIb/IV Level Up, publiée dans le British Journal of Dermatology fin 2024, a comparé l’upadacitinib (initié à 15 mg, escaladé à 30 mg selon la réponse) au dupilumab chez des adolescents et adultes atteints de DA modérée à sévère. À la semaine 16, davantage de patients du groupe upadacitinib atteignaient le critère principal combinant EASI-90 et prurit NRS 0/1 (19,9 % contre 8,9 %), avec des différences observables dès la semaine 4. L’upadacitinib était aussi associé à un moindre recours aux dermocorticoïdes topiques de secours (9,6 % contre 25,1 %). Les deux traitements ont été bien tolérés, mais l’acné était plus fréquente sous upadacitinib (12 % contre 1,5 % sous dupilumab) – un effet qualifié de « JAKné » par certains auteurs.

JAKné : une acné induite par les inhibiteurs de JAK, en particulier l’upadacitinib 30 mg, survient chez environ 16 % des patients selon une étude italienne multicentrique. Elle apparaît dans les 6 premiers mois de traitement dans 77 % des cas, est généralement légère à modérée (grade I-II), traitable par voie topique, et n’impose l’arrêt du traitement que dans une minorité de cas.

6. Nouveaux horizons thérapeutiques – amlitelimab et radémikibart

La voie OX40L-OX40 représente une cible prometteuse. L’amlitelimab, anticorps anti-OX40L, a démontré dans une étude de phase IIb un maintien de la réponse clinique jusqu’à 32 semaines après la dernière injection, ce qui pourrait ouvrir la voie à des traitements moins fréquents. Le radémikibart, un nouvel anticorps ciblant l’IL-4Rα de nouvelle génération, montre également des résultats préliminaires encourageants dans la DA modérée à sévère. Ces molécules ne sont pas encore disponibles en routine.

7. Situations particulières

Eczéma chronique des mains

  • Alitrétinoïne – AMM uniquement chez l’adulte pour les formes sévères prédominant sur les mains (comprimé oral)
  • Delgocitinib topique (inhibiteur pan-JAK topique) – disponible pour l’eczéma chronique des mains modéré à sévère chez l’adulte en accès hospitalier (2 applications/jour)

Femme enceinte

  • Autorisés : ciclosporine, photothérapie UVB à spectre étroit
  • À discuter au cas par cas avec le spécialiste : dupilumab (données rassurantes mais limitées – une cohorte de 29 grossesses non programmées n’a pas mis en évidence de risque significatif)
  • Contre-indiqués : inhibiteurs de JAK (contraception efficace obligatoire jusqu’à 1 mois après l’arrêt)

Sujet âgé (≥ 65 ans)

La dermatite atopique du sujet âgé est une entité de plus en plus reconnue. Une étude rétrospective sur 181 patients ≥ 65 ans traités par dupilumab montre qu’environ 44 % atteignent une rémission complète à 24 semaines, avec un profil de tolérance comparable à celui des sujets plus jeunes. L’obtention d’un score EASI-50 à la semaine 2 est un indicateur précoce de bonne réponse.

Allègement thérapeutique en cas de rémission (recommandations 2025)

Traitement Modalité d’allègement Délai avant allègement
Ciclosporine Réduction progressive des doses Dès rémission, max 12 mois au total
Méthotrexate Réduction par paliers Après 6 mois de rémission
Dupilumab Espacement des injections (toutes les 4 semaines) Après 6 mois de rémission complète
Lébrikizumab / Tralokinumab Espacement à 1 injection/4 semaines Après 16 semaines de traitement efficace
JAKi Réduction à dose minimale efficace Après 6 mois de rémission

Consultez en urgence si :

  • Fièvre associée à des lésions d’eczéma cutané étendu (suspicion d’infection bactérienne ou d’eczéma herpéticum)
  • Vésicules groupées, douleur intense, éruption brutale sur eczéma connu – penser à l’eczéma herpéticum (urgence dermatologique)
  • Détresse respiratoire ou œdème du visage après introduction d’un nouveau médicament
  • Aggravation très rapide et étendue sous traitement en cours
  • Surinfection cutanée étendue (suintement purulent, croûtes mellicriques, fièvre)

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Références scientifiques

  1. Boesjes CM, Kamphuis E, de Graaf M et al. Long-term effectiveness and reasons for discontinuation of dupilumab in patients with atopic dermatitis. JAMA Dermatol. 2024;160(10):1044-1055. PMID 39110432
  2. Silverberg JI, Bunick CG, Hong HC et al. Efficacy and safety of upadacitinib versus dupilumab in adults and adolescents with moderate-to-severe atopic dermatitis: week 16 results of the Level Up study. Br J Dermatol. 2024;192(1):36-45. PMID 39438067
  3. Paller AS, Simpson EL, Siegfried EC et al. Dupilumab in children aged 6 months to younger than 6 years with uncontrolled atopic dermatitis: a randomised, double-blind, placebo-controlled, phase 3 trial. Lancet. 2022;400(10356):908-919. PMID 36116481

Source : HAS – Dupilumab dans la dermatite atopique : recommandations de la Commission de la Transparence

Questions fréquentes sur le traitement de l’eczéma atopique

Quel est le meilleur traitement pour l’eczéma atopique de l’adulte en 2026 ?

Les dermocorticoïdes restent le traitement de référence des poussées. Pour les formes modérées à sévères résistant aux traitements topiques, le dupilumab est le traitement systémique le plus prescrit, avec des données d’efficacité confirmées jusqu’à 5 ans en vie réelle. Les inhibiteurs de JAK (upadacitinib, abrocitinib, baricitinib) constituent une alternative orale efficace, particulièrement rapide dans les 2 premières semaines de traitement.

L’eczéma atopique guérit-il définitivement ?

L’eczéma atopique s’améliore souvent avec l’âge : environ 60 % des enfants atteints voient leurs symptômes s’atténuer à l’adolescence. Chez l’adulte, des rechutes restent fréquentes. Aucun traitement actuel ne guérit définitivement la maladie, mais les traitements disponibles en 2026 permettent d’obtenir une rémission prolongée et une qualité de vie très satisfaisante pour la grande majorité des patients.

Les crèmes à la cortisone sont-elles dangereuses pour un enfant ?

Non, utilisées correctement, elles sont sûres et indispensables. Les risques (atrophie cutanée, vergetures) n’apparaissent qu’en cas d’utilisation excessive, prolongée ou sur des zones inappropriées. En cure courte de 4 à 7 jours, à la concentration adaptée à l’âge et à la localisation, elles ne présentent pas de danger. Sous-traiter une poussée est souvent plus préjudiciable que de traiter correctement : un enfant qui se gratte nuit après nuit souffre, et les lésions de grattage favorisent les surinfections.

Quelle est la différence entre dupilumab et les inhibiteurs de JAK ?

Le dupilumab est une injection sous-cutanée bimensuelle qui cible spécifiquement l’IL-4 et l’IL-13. Les inhibiteurs de JAK sont des comprimés quotidiens agissant sur une voie inflammatoire plus large. L’étude Level Up 2024 montre que l’upadacitinib est plus rapidement efficace à court terme, mais les deux classes ont des profils de tolérance différents. Le choix dépend du profil du patient, de ses comorbidités et de ses préférences.

Le dupilumab peut-il être utilisé chez un nourrisson ?

Oui. Le dupilumab (Dupixent®) est autorisé dès 6 mois pour les formes sévères de dermatite atopique nécessitant un traitement systémique. C’est la seule biothérapie disponible pour cette tranche d’âge en France. L’essai de phase 3 Lancet 2022 a confirmé son efficacité et sa sécurité chez les enfants de 6 mois à 5 ans, avec 89,5 % d’amélioration IGA 0/1 à la semaine 16.

Comment prévenir les poussées d’eczéma atopique ?

L’émollient quotidien appliqué après la douche sur tout le corps, même en peau saine, est la mesure la plus efficace. Il faut aussi éviter les savons détergents, la laine directement sur la peau, les variations thermiques brutales et les situations de stress. La stratégie proactive – dermocorticoïde 2 fois par semaine sur les zones habituellement touchées – réduit significativement la fréquence des rechutes.

Peut-on arrêter le dupilumab quand l’eczéma est bien contrôlé ?

L’eczéma atopique sévère est une maladie chronique : le dupilumab contrôle la maladie mais ne la guérit pas. En cas de rémission prolongée (6 mois), les recommandations 2025 préconisent d’espacer les injections plutôt qu’un arrêt brutal. L’arrêt complet est possible dans certains cas, mais les rechutes surviennent fréquemment. La décision doit être prise avec le dermatologue en fonction de l’évolution individuelle.

La photothérapie est-elle efficace dans l’eczéma sévère ?

Oui. La photothérapie UVB à spectre étroit est une option thérapeutique reconnue pour les formes modérées à sévères, réalisée en 2 à 3 séances par semaine. Elle est autorisée pendant la grossesse et peut être proposée avant d’initier une biothérapie. Son principal inconvénient est la contrainte logistique des déplacements fréquents au cabinet ou à l’hôpital.

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Red skin syndrome : syndrome de la peau rouge après abus de corticoïdes

Red Skin Syndrome
Le syndrome de la peau rouge est une dermatose dont l’entité est controversée, lié à une utilisation anormale des cremes à la cortisone de façon abusive ou inappropriée. On l’appelle aussi  « syndrome de la peau brûlante » ou de la « peau en feu » et de « dermatite due à la cortisone ». Il touche surtout les femmes et il est observé à l’arrêt des dermocorticoïdes appliqués sur une très longue période (plusieurs mois d’utilisation quotidienne).

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Symptomes

Les symptômes les plus fréquents du syndrome de la peau rouge sont :

  • Comme son nom l’indique, une rougeur…
  • des papules dans cette nappe rouge (« boutons dans la plaque rouge»)
  • sensations de brûlures, de picotements, de démangeaisons voire de douleurs…
  • épisodes de gonflements de la plaque rouge
  • peau sèche

Un syndrome controversé

argile

Le syndrome de la peau rouge ressemble à l’eczéma craquelé et fissuraire. On l’observe surtout chez les femmes (jusqu’à 80% des cas décrits sont des femmes).  Sur un fond rouge, la peau est fissurée.

Il ressemble aussi sur le visage à la rosacée, dont la peau est irritable et brûle. Or la rosacée est parfois aggravée par l’application de dermocorticoides, le Red Skin Syndrome est donc controversé, certains pensent qu’il s’agit d’une forme proche de la rosacée sur le visage

Par ailleurs on connait la propension des dermocorticoides à créer des rougeurs au long cours et on connait depuis longtemps leur effet rebond à l’arrêt.

Ainsi, ce syndrome d’arrêt des dermocorticoïdes après application abusive et inappropriée ne fait pas encore consensus dans la communauté scientifique. S’agit-il d’une entité à part entiere ou d’une forme de rosacée agravée par les dermocorticoides? D’un rebond ou de rougeurs secondaires à une utilisation trop prolongée de dermocorticoides?

Les causes

Si son individualité est contestée (s’agit-il de rougeurs post corticoides, d’une forme de rosacée, d’eczema sec, de rebond à l’arret…), on connait bien sa cause. Il résulte d’une utilisation anormale des dermocorticoides :

  • Abusive : trop de dermocorticoides et/ ou trop souvent
  • Inappropriée : utilisation trop longue (plusieurs mois quotidiennement) et/ou sur d’autres dermatoses inflammatoires comme l’acné ou la rosacée

Que faire?

Il faut consulter un dermatologue, qui tentera un sevrage progressif des dermocorticoides et utilisera des traitements spécifiques des pathologies associées (tacrolimus en cas d’eczema, metronidazole en cas de rosacée…)

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Soins quotidiens de l’eczéma atopique : guide du dermatologue

Soins quotidiens de l’eczéma atopique : le guide complet du dermatologue

L’eczéma atopique est une maladie chronique. Elle n’est pas guérissable dans le sens strict du terme, mais elle est contrôlable – et très bien contrôlable pour la majorité des patients, à condition d’adopter des soins quotidiens rigoureux et adaptés. C’est précisément ce que les dermatologues appellent le traitement de fond ou traitement d’entretien : l’ensemble des gestes et habitudes qui, pratiqués tous les jours même en dehors des poussées, permettent de réduire leur fréquence, leur intensité et leur impact sur la qualité de vie.

En bref : Soins quotidiens de l’eczéma atopique : guide du dermatologue – une affection cutanée fréquente. Le diagnostic repose sur l’examen clinique par un dermatologue. Une prise en charge adaptée permet dans la grande majorité des cas une amélioration significative.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Ce traitement de fond repose sur deux piliers complémentaires et inséparables : lutter contre la sécheresse cutanée, qui fragilise la barrière cutanée et abaisse le seuil de déclenchement des poussées, et réduire l’exposition aux facteurs irritants et allergènes qui constituent les déclencheurs les plus fréquents. Les recommandations les plus récentes de l’American Academy of Dermatology (2023) placent ces deux axes au cœur de toute prise en charge, avec un niveau de preuve fort pour l’utilisation des émollients.

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Haute Autorité de Santé (HAS) – recommandations en dermatologie

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⚠️ Consultez sans attendre si :

  • Les symptômes s’aggravent rapidement ou s’étendent sur une large zone
  • Apparition de fièvre, frissons ou altération de l’état général
  • Lésions très douloureuses ou qui ne cèdent pas au traitement en 48 h
  • Doute sur une cause sérieuse : infection, allergie grave, lésion suspecte

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Sommaire

Comprendre la barrière cutanée atopique

L’eczéma atopique n’est pas simplement une allergie : c’est avant tout une maladie de la barrière cutanée. La peau des personnes atopiques présente des anomalies structurelles et fonctionnelles du stratum corneum – la couche superficielle de l’épiderme – liées en grande partie à des mutations ou variants du gène de la filaggrine, une protéine essentielle à la formation des facteurs naturels d’hydratation. Cette barrière défectueuse laisse passer les allergènes, les irritants et les micro-organismes plus facilement, et perd de l’eau plus rapidement – c’est la perte insensible en eau transépidermique (TEWL) augmentée, mesurable et documentée dans toutes les études sur l’atopie.

C’est pourquoi l’hydratation quotidienne n’est pas un luxe : c’est une thérapeutique à part entière, documentée par les guidelines internationaux (AAD 2023, EuroGuiDerm 2022) avec un niveau de preuve fort et une recommandation systématique.

La règle des deux minutes
Le moment le plus efficace pour appliquer un émollient est dans les deux minutes suivant le séchage après le bain ou la douche. L’épiderme encore légèrement humide est plus perméable : l’émollient pénètre mieux et capte l’humidité résiduelle dans le stratum corneum. Passé ce délai, l’eau s’évapore et la fenêtre d’efficacité optimale se referme. Ce geste simple, appliqué chaque jour, est l’un des plus rentables de tout le traitement de fond.

Lutter contre la sécheresse cutanée

Les règles du bain et de la douche

L’eau – et particulièrement l’eau chaude – est paradoxalement un facteur d’aggravation de la sécheresse cutanée chez l’atopique si le bain ou la douche est trop chaud, trop long, ou non suivi d’une application immédiate d’émollient. La chaleur dilate les vaisseaux et provoque une vasodilatation qui aggrave le prurit ; l’eau chaude dissout par ailleurs les lipides du film hydrolipidique naturel de la peau.

Règle Pourquoi c’est important
Eau tiède, jamais chaude (max. 37°C) L’eau chaude aggrade le prurit, dilate les vaisseaux et désorganise le film lipidique cutané
Durée courte : 5 à 10 minutes maximum Au-delà, la macération altère la barrière cutanée même avec de l’eau tempérée
Savon surgras sans parfum, ou syndet (pain sans savon) Le savon classique à pH alcalin altère les enzymes de la barrière cutanée et le microbiote ; les syndets à pH acide respectent mieux l’enveloppe cutanée
Se sécher en tamponnant, sans frotter Le frottement crée une irritation mécanique et stimule la libération de cytokines prurigènes
Appliquer l’émollient dans les 2 minutes après séchage, sur peau encore légèrement humide Fenêtre d’efficacité maximale pour l’hydratation transépidermique

Concernant les additifs de bain (huiles, avoine colloïdale, amidon), les recommandations internationales restent prudentes. Les données cliniques disponibles ne permettent pas de conclure à un bénéfice démontré des additifs de bain par rapport à l’eau seule suivie d’un émollient directement appliqué – la quantité de produit déposée sur la peau par un additif est bien inférieure à celle d’une application directe. Ces produits peuvent néanmoins améliorer le confort subjectif du bain et constituent des options douces sans risque particulier.

Les bains de Dakin dilué ou d’eau de Javel diluée (bleach baths) à très faible concentration (0,005 % de chlore actif, soit environ 2 cuillères à soupe d’eau de Javel à 2,6 % pour une baignoire de 150 L) peuvent être utilisés en cas de colonisation bactérienne récurrente à Staphylococcus aureus, qui aggrave fréquemment les poussées d’eczéma. Ils réduisent la charge bactérienne cutanée sans altérer la barrière. Leur usage doit rester ponctuel (1 à 2 fois par semaine) et se faire sur prescription médicale.

L’émollient : la clé de voûte du traitement de fond

L’émollient doit être appliqué au moins une fois par jour – idéalement deux fois – sur l’ensemble du corps, y compris les zones qui ne présentent pas de lésions actives. Il ne s’agit pas de traiter les plaques mais de restaurer et maintenir la barrière cutanée en continu, pour abaisser le seuil de déclenchement des poussées. Les lignes directrices canadiennes recommandent une application quotidienne, les recommandations internationales au moins deux fois par jour.

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Le choix de l’émollient repose sur la tolérance personnelle, la saison, et la localisation. La règle générale est : plus la peau est sèche, plus le produit doit être occlusif.

Forme galénique Texture Indications préférentielles
Lotion / lait émollient Légère, aqueuse Peaux modérément sèches, été, zones peu atteintes, grands enfants
Crème émolliente Intermédiaire Usage quotidien universel, toutes saisons ; meilleur compromis tolérance/efficacité
Pommade / cold-cream Grasse, très occlusive Peaux très sèches, hiver, zones d’hyperkératose ; nourrissons
Beurre, huile végétale (tournesol, onagre) Variable selon usage Complément, massage ; pas d’ingrédients potentiellement sensibilisants

Ce qu’il faut éviter dans un émollient pour peau atopique : les parfums (première cause d’allergie de contact chez l’atopique), les conservateurs potentiellement sensibilisants (méthylisothiazolinone, parabènes à titre de précaution), et les protéines végétales susceptibles d’induire une sensibilisation croisée (arachide, avoine chez les enfants allergiques). Les émollients dits « sans parfum ni conservateur » sont préférables.

Quantité : ne pas lésiner
Une erreur fréquente est d’appliquer des quantités trop faibles d’émollient. Les dermatologues recommandent des quantités généreuses – pour un adulte, l’équivalent de 250 à 500 g d’émollient par semaine n’est pas excessif pour une application corps entier deux fois par jour. Les familles d’enfants atopiques doivent savoir qu’un pot de crème doit être renouvelé fréquemment, et non ménagé. La prescription ou la recommandation d’un grand conditionnement économique est un geste médical important.

Réduire les contacts avec les allergènes et irritants

Cadre de vie et environnement intérieur

L’environnement intérieur constitue la principale source d’exposition aux acariens de la poussière de maison (Dermatophagoides pteronyssinus et D. farinae), qui sont les pneumallergènes les plus fréquemment sensibilisants dans l’eczéma atopique de l’enfant. Quelques mesures simples permettent de réduire significativement cette exposition :

  • Suppression du tabagisme dans toutes les pièces fréquentées par l’enfant et dans la voiture. La fumée de tabac est un irritant direct de la barrière cutanée et un aggravant documenté de l’atopie ;
  • Réduire au maximum les sources d’accumulation de poussière : moquettes, tentures, peluches (laver régulièrement ces dernières à 60°C pour éliminer les acariens) ;
  • Ne pas surchauffer les pièces (idéalement max. 19°C) et aérer et aspirer fréquemment – les acariens prolifèrent dans la chaleur et l’humidité ;
  • Éviter les pièces humides avec des moisissures, qui peuvent être une source d’allergènes fongiques ;
  • Animaux de compagnie : les poils d’animaux sont des allergènes potentiels majeurs (chats en particulier). En cas de sensibilisation prouvée, l’éviction est nécessaire – mais le conseil est nuancé si aucune sensibilisation n’est documentée, car l’exposition précoce avant 1 an pourrait être protectrice selon certaines données récentes.
Allergène / irritant Source principale Mesure recommandée
Acariens de la poussière (D. pteronyssinus) Moquettes, literie, peluches, canapés Housse anti-acariens sur matelas et oreillers ; lavage à 60°C de la literie ; aspiration fréquente
Tabac Fumée active et passive Suppression totale dans les pièces et la voiture
Allergènes animaux (chat, chien, rongeurs) Poils, squames, salive Éviction en cas de sensibilisation documentée ; ne pas introduire un animal chez un enfant atopique sans bilan préalable
Moisissures Salles de bain humides, sous-sols Traiter les infiltrations, ventiler, éviter les pièces contaminées
Parfums et conservateurs Produits cosmétiques, détergents, lingettes Produits « sans parfum » ; tester les nouveaux produits sur une petite zone
Chlore (piscine) Eau traitée Rinçage immédiat après la baignade et application d’émollient

Vêtements et lessive

Le contact direct des textiles avec la peau est une source permanente d’irritation mécanique et chimique chez l’atopique. Les recommandations pratiques sont :

  • Préférer le coton (et la soie) à la laine et aux fibres synthétiques – plus douces, mieux tolérées, évitant l’électricité statique aggravante ;
  • Laver les vêtements avec une lessive sans parfum, sans assouplissant, sans phosphates – les résidus de lessive et d’assouplissant restent dans les fibres du tissu et sont en contact continu avec la peau ;
  • Bien rincer le linge – un cycle de rinçage supplémentaire est souvent utile ;
  • Couper les étiquettes des vêtements et s’assurer que les coutures ne sont pas en relief contre la peau ;
  • Lors des poussées, préférer des vêtements amples qui ne compriment pas les zones atteintes.

Alimentation et diversification chez le nourrisson

Le rôle des allergènes alimentaires dans l’eczéma atopique est réel mais souvent surestimé par les familles. Chez le nourrisson, les allergènes alimentaires les plus fréquemment impliqués sont le lait de vache, l’œuf, l’arachide, le blé et le soja. Cependant, tous les eczémas ne sont pas alimentaires, et les évictions alimentaires larges non justifiées par un bilan allergologique sérieux peuvent être délétères pour la croissance et générer des carences.

Les recommandations actuelles pour la diversification alimentaire de l’enfant à risque atopique soulignent l’importance :

  • De commencer la diversification vers 4 à 6 mois (ni trop tôt ni trop tard) ;
  • D’introduire un aliment nouveau par semaine pour identifier un éventuel allergène déclenchant ;
  • D’éviter les œufs et l’arachide avant un an chez les enfants à haut risque atopique, ou de les introduire progressivement sous surveillance selon le profil de risque ;
  • Chez les enfants déjà sensibilisés à un aliment (test cutané positif), toute éviction alimentaire stricte doit être prescrite et suivie par un allergologue.
L’allaitement maternel protège-t-il de l’eczéma ?
Les données scientifiques récentes suggèrent que l’allaitement maternel exclusif pendant les 4 à 6 premiers mois est associé à une réduction modeste du risque de développer un eczéma atopique chez les enfants à haut risque génétique. L’allaitement reste conseillé pour de nombreuses autres raisons, mais ne garantit pas l’absence d’eczéma – et n’interdit pas d’introduire d’autres aliments selon les recommandations de l’OMS.

Vaccination de l’enfant atopique

Les vaccinations ne sont pas contre-indiquées chez l’enfant atopique. Elles doivent être réalisées selon le calendrier vaccinal habituel, sans restriction liée à l’atopie. Une seule précaution pratique s’impose : éviter de vacciner lors d’une poussée d’eczéma active – non par risque de complication grave, mais parce que la réponse immunitaire en phase inflammatoire peut être modifiée et que la poussée risque d’être imputée à tort au vaccin, générant une méfiance injustifiée. On attend donc le retour en phase calme pour programmer l’injection.

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Vigilance infectieuse : l’herpès et le syndrome de Kaposi-Juliusberg

La peau atopique, fragilisée dans sa barrière, est beaucoup plus vulnérable aux infections. Les deux infections bactériennes les plus fréquentes sont la surinfection à Staphylococcus aureus (impetiginisation des plaques d’eczéma) et les infections streptococciques. Mais la complication la plus redoutable est virale.

Pour les jeunes enfants atopiques, le contact avec une personne ayant un « bouton de fièvre » (herpès labial à HSV-1) représente un danger réel. Le virus herpès simplex peut en effet se disséminer sur la peau eczémateuse – dont la barrière défectueuse offre de multiples portes d’entrée – et provoquer un tableau grave appelé syndrome de Kaposi-Juliusberg (ou eczéma herpeticum).

Syndrome de Kaposi-Juliusberg : reconnaître une urgence dermatologique
Ce syndrome se manifeste par une éruption brutale et extensive de vésicules à empreinte centrale ombiliquée, souvent groupées, accompagnées de fièvre, d’altération de l’état général, et parfois d’adénopathies. Il s’agit d’une urgence médicale nécessitant un traitement antiviral systémique (aciclovir intraveineux en milieu hospitalier pour les formes sévères, oral pour les formes modérées) sans délai. Le risque est la dissémination viscérale du virus. Les parents d’enfants atopiques doivent être informés de cette complication et alertés sur la nécessité d’éviter tout contact entre leur enfant et une personne présentant un herpès labial actif.
Kaposi Juliusberg chez un enfant atopique
Kaposi Juliusberg chez un enfant atopique

Gérer les poussées : rappel des principes

Le traitement de fond décrit ici vise à espacer les poussées et à en réduire l’intensité. Mais les poussées surviennent malgré tout, et leur traitement curatif repose sur d’autres outils :

  • Les dermocorticoïdes topiques – pilier du traitement des poussées depuis des décennies, efficaces et bien tolérés en usage discontinu – restent la référence selon les recommandations AAD 2023 (forte recommandation) ;
  • Les inhibiteurs de la calcineurine topiques (tacrolimus, pimécrolimus) – alternatives aux dermocorticoïdes, particulièrement utiles sur le visage, les paupières et les plis ;
  • Les inhibiteurs de PDE-4 (crisaborole) et les inhibiteurs de JAK topiques (ruxolitinib, delgocitinib) – molécules plus récentes disponibles pour les formes modérées ;
  • Pour les formes modérées à sévères de l’adulte et de l’enfant : le dupilumab (biothérapie anti-IL-4/IL-13), approuvé dès 6 mois, ou les inhibiteurs de JAK systémiques (abrocitinib, baricitinib, upadacitinib) – à discuter en consultation spécialisée.

La règle d’or en cas de poussée reste la même depuis toujours : ne pas tarder à traiter. Plus le traitement anti-inflammatoire est appliqué tôt lors d’une poussée débutante, plus il est efficace et plus les quantités nécessaires sont faibles.

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Questions fréquentes sur les soins de l’eczéma atopique

Faut-il baigner un enfant atopique tous les jours ?

Oui, un bain ou une douche quotidien(ne) est recommandé(e), à condition de respecter les règles : eau tiède (max. 37°C), durée courte (5 à 10 minutes), savon surgras sans parfum, séchage par tamponnement et application immédiate d’émollient dans les deux minutes qui suivent. Sans l’application d’émollient juste après, le bain peut paradoxalement aggraver la sécheresse cutanée par évaporation.

Quelle crème hydratante choisir pour une peau atopique ?

Il n’existe pas de produit universellement supérieur – les recommandations AAD 2023 confirment qu’aucun émollient ni ingrédient unique ne peut être recommandé sur la base des preuves disponibles. Ce qui compte davantage que la composition exacte, c’est la régularité de l’application, la quantité utilisée (généreuse) et l’absence de parfum et de conservateurs potentiellement sensibilisants. Une crème bien tolérée et appliquée deux fois par jour est bien supérieure à une crème « spécialisée » appliquée de façon irrégulière.

Les animaux de compagnie aggravent-ils l’eczéma ?

Pas systématiquement. Seules les personnes ayant une sensibilisation démontrée (test cutané ou IgE spécifiques positifs) aux squames ou poils de cet animal bénéficieront d’une éviction. En l’absence de sensibilisation documentée, l’éviction n’est pas médicalement justifiée. Certaines données suggèrent même qu’une exposition précoce aux animaux avant l’âge d’un an pourrait être protectrice – question encore débattue. Le bilan allergologique est indispensable avant toute décision d’éviction.

Peut-on faire vacciner un enfant atopique ?

Oui. Les vaccinations sont fortement recommandées et ne sont pas contre-indiquées par l’eczéma atopique. La seule précaution pratique est d’éviter de vacciner pendant une poussée active et de préférer une période de stabilité cutanée pour éviter toute confusion entre réaction post-vaccinale et aggravation de l’eczéma.

Qu’est-ce que le syndrome de Kaposi-Juliusberg et comment l’éviter ?

C’est une dissémination du virus herpès simplex sur la peau atopique, provoquant une éruption brutale de vésicules ombiliquées avec fièvre – une urgence médicale. On l’évite en empêchant tout contact entre l’enfant atopique et une personne ayant un herpès labial actif (« bouton de fièvre »). Si des lésions vésiculeuses inhabituelles, groupées, avec fièvre apparaissent, il faut consulter en urgence sans délai.

Voir aussi :
Herpès labial
Crèmes à la cortisone
La peau : structure et fonctions

Télécharger un guide complet au format PDF :

Références scientifiques

  • Sidbury R, Alikhan A, Bercovitch L, et al. Guidelines of care for the management of atopic dermatitis in adults with topical therapies. J Am Acad Dermatol. 2023;89(1):e1-e20. doi:10.1016/j.jaad.2022.12.029. PubMed 36641009
  • Wollenberg A, Kinberger M, Arents B, et al. European guideline (EuroGuiDerm) on atopic eczema – part II: non-systemic treatments and treatment recommendations for special AE patient populations. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2022;36(11):1904-1926. doi:10.1111/jdv.18429. PubMed 36056736
  • Chu DK, Schneider L, Asiniwasis RN, et al. Atopic dermatitis (eczema) guidelines: 2023 AAAAI/ACAAI Joint Task Force on Practice Parameters. J Allergy Clin Immunol. 2024;153(6):1456-1498. doi:10.1016/j.jaci.2024.01.023. PubMed 38551683
  • Chiang C, Eichenfield LF. Quantitative assessment of combination bathing and moisturizing regimens on skin hydration in atopic dermatitis. Pediatr Dermatol. 2009;26(3):273-278. doi:10.1111/j.1525-1470.2009.00911.x. PMC 2762386
  • Pileta Frometa A et al. Should emollients be recommended for the prevention of atopic dermatitis? New evidence and current state of knowledge. Int J Environ Res Public Health. 2024;21(2):199. doi:10.3390/ijerph21020199. PMC 10856443
  • Maarouf M, Hendricks AJ, Shi VY. Bathing and associated treatments in atopic dermatitis. Am J Clin Dermatol. 2019;20(1):45-57. doi:10.1007/s40257-018-0392-z. PubMed 27913962
  • Brough HA, Nadeau KC, Sindher SB, et al. Epicutaneous sensitization in the development of food allergy: what is the evidence and how can this be prevented? Allergy. 2020;75(9):2185-2205. doi:10.1111/all.14322. PubMed 32249416
  • Leung DY. Why is eczema herpeticum unexpectedly rare? Antiviral Res. 2013;98(2):153-157. doi:10.1016/j.antiviral.2013.02.010. PubMed 23435053

Mis à jour le 24 avril 2026 par Dr Ludovic Rousseau

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Red scrotum syndrome : érythème persistant des bourses – causes et traitement

Red Scrotum Syndrome ou « peau des couilles rouge »

Le syndrome du scrotum rouge ou dysesthésie génitale masculine, est une affection chronique affectant avec prédilection les hommes d’origine caucasienne âgés de plus de 50 ans. Il se caractérise par une rougeur du scrotum (vulgairement, la « peau des couilles ») voire de la base ventrale du pénis associé à une sensation de brûlure

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Symptomes

Le syndrome du scrotum rouge peut être retenu sur trois critères principaux :

  • rougeur persistante du scrotum à bords nets, de couleur rouge vif
  • douleur et sensation de brûlure soulagée par le froid / peu ou pas de démangeaisons
  • absence de réponse aux traitements par crèmes antifongiques, dermocorticoides

Diagnostic différentiel

Il existe de nombreuses causes possibles de rougeurs chroniques et persistantes du scrotum :

Cause

La cause est mal connue, il est possible que les dermocorticoides appliqués en excès puissent jouer un role comme dans le red skin syndrome, une dermatose dont l’entité est controversée, lié à une utilisation anormale des cremes à la cortisone de façon abusive ou inappropriée. On l’appelle aussi  « syndrome de la peau brûlante » ou de la « peau en feu » et de « dermatite due à la cortisone ». Il touche surtout les femmes et il est observé à l’arrêt des dermocorticoïdes appliqués sur une très longue période (plusieurs mois d’utilisation quotidienne).

Il pourrait être en rapport avec une atteinte neuropathique périphérique des petites fibres d’un ou plusieurs nerfs de la région urogénitale : branche génitale du nerf génito-fémoral, branches scrotales postérieures du nerf périnéal, branche du nerf pudendal…

Le syndrome du scrotum rouge présente certaines similitudes avec :

  • l’érythromélalgie : rouge vif, sensation associée de brûlure, soulagement par le froid et absence d’efficacité des dermocorticoïdes et du tacrolimus ;
  • les “dynies” ou syndromes de douleurs régionales chroniques qui tendent à toucher les régions orocervicales et urogénitales (glossodynies, vulvodynies, orchidynies, coccygodynies, proctodynies et scrotodynies).

Traitement

Le traitement repose sur l’arrêt des dermocorticoïdes, des soins d’hygiène doux et les traitements sont surtout par voie orale : doxycycline (100 mg/j durant 2 à 3 mois), gabapentine ou prégabaline à doses progressivement croissantes, association doxycycline et amitriptyline.

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Article en anglais sur le Red Scrotum Syndrome, avec des photos plus éloquentes que dans cet article…

Eczéma : causes, types, symptômes et traitements – guide complet du dermatologue

Mis à jour le 21 juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : L’eczéma touche 15 à 20 % des enfants et 2 à 5 % des adultes en France. Ce n’est pas une seule maladie mais un syndrome regroupant plusieurs formes – dermatite atopique, eczéma de contact allergique, eczéma variqueux, dyshidrose – chacune avec ses mécanismes, ses déclencheurs et sa prise en charge propre. Le point commun : une inflammation cutanée avec démangeaisons et altération de la barrière épidermique.

– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Eczéma - différentes formes et localisations
Eczéma – image générée par IA

L’eczéma – parfois orthographié « exéma » – est l’une des affections dermatologiques les plus répandues dans les pays industrialisés. Le mot vient du grec ekzein, « sortir en bouillonnant », une image qui décrit bien l’aspect des vésicules caractéristiques. Derrière ce terme générique se cachent en réalité plusieurs entités cliniques distinctes, qu’il est essentiel de différencier pour proposer le bon traitement.

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Eczéma - aspect clinique typique
Eczéma – aspect clinique typique

Cet article en vidéo

Vidéo : l'eczéma expliqué par le dermatologue

Sommaire :
Symptômes |
Formes d’eczéma |
Causes et mécanismes |
Localisations |
Eczéma de l’enfant |
Diagnostic différentiel |
Points clés |
Toutes les pages du cluster |
Questions fréquentes

Symptômes de l’eczéma : comment le reconnaître

L’eczéma se présente différemment selon sa phase évolutive. Reconnaître ces stades est utile pour adapter le traitement au bon moment.

Phase aiguë : rougeur, vésicules et suintement

La poussée aiguë s’installe rapidement : la peau rougit, gonfle légèrement, et des vésicules millimétriques apparaissent sur fond érythémateux. Ces petites bulles contenant un liquide clair éclatent spontanément ou au grattage, laissant place à un suintement séreux qui inquiète parfois les patients – à tort, car il ne témoigne pas d’une infection mais d’un simple phénomène inflammatoire. Les bords de la plaque sont émiettés, mal délimités, contrairement au psoriasis.

Eczéma vésiculeux aigu typique du dos de la main
Eczéma vésiculeux aigu typique du dos de la main

Eczéma aigu vésiculeux de la main
Eczéma aigu vésiculeux de la main – allergie de contact possible

À savoir : Le suintement d’un eczéma aigu est séreux (liquide clair). Dès qu’il devient épais, jaunâtre ou purulent, il faut suspecter une surinfection bactérienne – le plus souvent à Staphylococcus aureus – et consulter rapidement.

Phase subaiguë : croûtes et desquamation

Après quelques jours, le suintement sèche et forme des croûtes plus ou moins épaisses. La peau desquame, restant rouge et prurigineuse. C’est la phase où les dermocorticoïdes sont les plus efficaces.

Phase chronique : lichénification

Lorsque l’eczéma se répète ou persiste, le grattage chronique entraîne un épaississement progressif de la peau : c’est la lichénification. Les plaques deviennent roses à violacées, indurées, parcourues de sillons blanchâtres. La peau prend un aspect quadrillé caractéristique.

Eczéma des mains lichénifié - peau épaissie
Eczéma des mains lichénifié (peau épaissie)

Il est fréquent d’observer simultanément plusieurs plaques à des stades différents chez un même patient – certaines aiguës, d’autres déjà lichénifiées, rendant difficile la distinction avec une mycose, voir l’article eczema ou mycoses? faire la différence.

Vidéo : eczéma chronique et lichénification

Les différentes formes d’eczéma

Parler « d’eczéma » sans préciser sa forme, c’est comme parler « d’infection » sans dire laquelle. Chaque sous-type répond à des mécanismes distincts et impose une stratégie thérapeutique adaptée.

Dermatite atopique

La dermatite atopique (DA) est la forme la plus fréquente, surtout chez l’enfant. Elle résulte d’une anomalie génétique de la barrière cutanée – déficit en filaggrine, protéine structurelle de l’épiderme – combinée à une réponse immunitaire de type Th2 exacerbée. La peau devient perméable, les allergènes environnementaux pénètrent plus facilement, et l’inflammation s’emballe.

Ses localisations varient selon l’âge : joues et front chez le nourrisson, plis du coude et du genou chez l’enfant, mains et visage chez l’adulte. Elle s’intègre souvent dans la triade atopique avec la rhinite allergique et l’asthme.

Eczéma de contact allergique

L’eczéma de contact allergique est une réaction d’hypersensibilité retardée de type IV, médiée par les lymphocytes T. Au premier contact avec l’allergène, le système immunitaire se sensibilise sans symptôme. Au second contact, la réaction explose en 12 à 72 heures : rougeur, vésicules, prurit intense, strictement localisés à la zone de contact.

Les allergènes les plus fréquents en France : nickel (bijoux, boucles de ceinture), parfums et conservateurs (cosmétiques), caoutchouc (gants, chaussures), paraphénylènediamine (teintures capillaires). Le diagnostic repose sur les patch tests.

Attention : Un eczéma de contact peut toucher des zones éloignées du site de contact initial – on parle d’eczéma à distance. Par exemple, une allergie au vernis à ongles peut se manifester sur les paupières ou le cou.

Eczéma de contact irritatif

Contrairement à la forme allergique, l’eczéma irritatif n’implique pas de mécanisme immunologique. C’est une agression directe et répétée de la barrière cutanée par des substances irritantes : savons, détergents, eau chaude, solvants, frottements. Il est très fréquent chez les professionnels en contact prolongé avec l’eau (coiffeurs, soignants, cuisiniers). Il n’existe pas de test pour le diagnostiquer – le diagnostic est clinique et circonstanciel.

Dyshidrose (eczéma vésiculeux des paumes)

La dyshidrose est une forme particulière d’eczéma vésiculeux touchant les paumes, les bords des doigts et les plantes des pieds. Elle se manifeste par des vésicules profondes, très prurigineuses, qui évoluent par poussées. Son nom est trompeur : elle n’est pas liée à la sudation (les glandes sudoripares ne sont pas en cause). Le stress, la chaleur, le nickel alimentaire et les mycoses à distance peuvent la déclencher.

Eczéma nummulaire

L’eczéma nummulaire (« en pièce de monnaie ») se présente sous forme de plaques circulaires bien délimitées, à distinguer du psoriasis en plaques et de la teigne. Il touche préférentiellement les membres chez l’adulte. Il est souvent associé à une peau sèche et au stress.

Eczéma variqueux

Forme particulière survenant sur les jambes en cas d’insuffisance veineuse chronique : rougeur, démangeaisons et squames autour des varices ou des zones d’œdème. Voir : eczéma variqueux – causes et traitement.

Eczéma astéatotique (craquelé)

L’eczéma craquelé – eczéma craquelé ou winter itch – survient sur peau très sèche, surtout en hiver chez les personnes âgées. La peau fissurée ressemble à un « dallage », surtout sur les membres inférieurs. Un eczéma astéatotique atypique, diffus ou résistant aux dermocorticoïdes, peut masquer une hémopathie ou une néoplasie interne – un bilan est justifié.

Eczéma infecté (impétiginisé)

L’eczéma peut se surinfecte, notamment par un staphylocoque doré : le suintement devient épais et jaunâtre, les croûtes prennent une teinte miel caractéristique (croûtes mélicériques). La fièvre peut apparaître dans les formes étendues. Un traitement antibiotique devient nécessaire.

Eczéma surinfecté du visage
Eczéma surinfecté du visage

Eczéma et stress

Le stress est un facteur déclenchant reconnu des poussées d’eczéma via l’axe neuro-immun : le cortisol et les neuropeptides libérés en situation de stress agissent directement sur les mastocytes cutanés, amplifiant la réponse inflammatoire. Voir : eczéma et stress – mécanismes et gestion.

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Causes et mécanismes : tableau comparatif

Type d’eczéma Mécanisme principal Facteurs déclenchants
Dermatite atopique Déficit filaggrine + réponse Th2 Acariens, stress, infections, sécheresse cutanée
Eczéma de contact allergique Hypersensibilité retardée type IV Nickel, parfums, latex, conservateurs, colorants
Eczéma irritatif Agression directe barrière cutanée Savons, eau, solvants, frottements répétés
Eczéma variqueux Stase veineuse → inflammation Insuffisance veineuse, œdèmes des membres inférieurs
Dyshidrose Mécanisme mixte (immunologique + irritatif) Stress, chaleur, nickel alimentaire, mycoses
Eczéma astéatotique Sécheresse extrême + inflammation Âge, hiver, médicaments (isotrétinoïne, diurétiques)

Formes selon leur localisation

Localisation Caractéristiques cliniques Page dédiée
Mains Vésicules palmaires (dyshidrose), fissures, contexte professionnel Eczéma des mains
Visage Atopique (enfant), cosmétiques (adulte), paupières Eczéma du visage
Jambes Variqueux, eczéma de contact (bas, topiques) Eczéma des jambes

Eczéma de l’enfant – dermatite atopique

La dermatite atopique représente la forme d’eczéma de l’enfant par excellence. Elle concerne 15 à 20 % des moins de 15 ans en France. Elle débute souvent avant 2 ans, avec des plaques sur les joues et le cuir chevelu du nourrisson, puis migre vers les plis (coude, genou, poignet) chez l’enfant plus grand. Dans 60 à 70 % des cas, elle s’améliore spontanément à l’adolescence – mais peut persister ou récidiver à l’âge adulte.

Le retentissement sur la qualité de vie est important : troubles du sommeil par le prurit nocturne, absentéisme scolaire, anxiété des parents. Un suivi régulier chez le dermatologue permet d’adapter le traitement aux fluctuations de la maladie.

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Diagnostic différentiel : et si ce n’était pas de l’eczéma ?

Plusieurs affections cutanées peuvent ressembler à un eczéma et conduire à des erreurs de traitement si elles ne sont pas correctement identifiées.

Affection Signes distinctifs Comment différencier
Psoriasis Plaques épaisses, bords nets, squames argentées Localisation coudes, genoux, cuir chevelu ; signe d’Auspitz

Voir l’article Eczema ou psoriasis, différences

Teigne du cuir chevelu Plaques squameuses avec alopécie Examen mycologique, lampe de Wood
Gale Sillons, topographie caractéristique, prurit nocturne intense Espaces inter-digitaux, poignets, aréoles
Zona débutant Vésicules unilatérales, douleur avant l’éruption Distribution métamérique strictement unilatérale
Dermite séborrhéique Squames grasses, zones séborrhéiques (sourcils, sillons naso-labiaux) Réponse aux antifongiques topiques
Conseil : Un eczéma résistant à 2 semaines de dermocorticoïdes bien conduits doit faire remettre en question le diagnostic. Consultez un dermatologue – une biopsie peut être nécessaire dans certains cas pour éliminer une dermatose rare ou un lymphome cutané.

Points clés à retenir

  • Il n’existe pas un mais des eczémas – identifier la forme conditionne le traitement
  • La cause la plus fréquente toutes formes confondues est la dermatite atopique, puis l’eczéma de contact
  • En cas d’allergie de contact confirmée, l’éviction de l’allergène est le seul traitement curatif
  • Le traitement de l’eczéma repose sur les dermocorticoïdes en poussée et les émollients au quotidien
  • Pour les formes sévères, les biothérapies comme le dupilumab (Dupixent®) ont révolutionné la prise en charge depuis 2018
  • Certains eczémas ne se déclenchent qu’à la lumière solaire : c’est le photoeczéma – un diagnostic à ne pas manquer

>>> Suite : Traitement de l’eczéma – dermocorticoïdes, immunosuppresseurs, biothérapies

Toutes les pages du cluster eczéma

Pour aller plus loin

Vidéo eczéma - Dermatoinfo

En attendant votre dermatologue : que faire ce soir ?

Vous avez de l’eczéma et votre prochain rendez-vous est dans plusieurs semaines ? Voici ce que vous pouvez faire dès maintenant, sans ordonnance, pour calmer les démangeaisons et éviter que la situation s’aggrave.

6 gestes efficaces pour passer la nuit

  1. Appliquez un émollient sans parfum sur peau légèrement humide, juste après la douche. Les marques accessibles sans ordonnance : Dexeryl®, Cérat de Galien, Cold Cream Avène. Au moins 2 fois par jour.
  2. Douche tiède, pas chaude. La chaleur aggrave le prurit. Température idéale : ≤ 35°C. Durée : 5 minutes maximum. Séchez par tamponnement, sans frotter.
  3. Coupez vos ongles courts. Le grattage nocturne peut provoquer une surinfection bactérienne (impétigo) sans que vous vous en rendiez compte.
  4. Antihistaminique si les démangeaisons empêchent de dormir. Cétirizine 10 mg (Zyrtec® ou générique, en vente libre) peut atténuer le prurit nocturne. Attention à la somnolence.
  5. Vêtements 100 % coton directement contre la peau. Évitez la laine, les matières synthétiques. Lavez votre linge sans assouplissant, avec une lessive sans parfum.
  6. Identifiez et supprimez les irritants évidents : savon parfumé, gel douche, lessive parfumée, bijoux en nickel, gants en latex. Passez au savon surgras (Pain de Marseille, Avène Xeracalm).

Ce qu’il ne faut pas faire : ne jamais appliquer de dermocorticoïde (cortisone) sans diagnostic – si la cause est une gale ou une mycose, la cortisone aggravera la situation. Si vous avez une ordonnance ancienne pour un eczéma similaire, vous pouvez la réutiliser ponctuellement – mais en cas de doute, attendez la consultation.

Pour les enfants : les mêmes règles s’appliquent. N’utilisez pas les dermocorticoïdes des parents sur un nourrisson sans avis médical – les dosages et les formulations sont différents.

⚠ Consultez en urgence si :

  • Eczéma suintant avec croûtes dorées et fièvre – surinfection à staphylocoque (impétiginisation)
  • Poussée étendue à plus de 30 % de la surface corporelle
  • Eczéma résistant à 2 semaines de dermocorticoïdes bien conduits – remettre en question le diagnostic
  • Vésicules douloureuses, strictement unilatérales – évoquer un zona
  • Eczéma inaugural chez un adulte de plus de 50 ans – bilan allergologique et hémopathique nécessaire
  • Apparition de plaques érosives sur les muqueuses associées à des bulles cutanées – éliminer une pemphigoïde ou un pemphigus

Téléchargez un guide complet au format PDF :

Questions fréquentes sur l’eczéma

Quelle est la différence entre eczéma atopique et eczéma de contact ?

L’eczéma atopique est constitutionnel : il résulte d’une anomalie de la barrière cutanée (déficit en filaggrine) associée à une réponse immunitaire Th2 excessive. Il débute souvent dans l’enfance et évolue par poussées. L’eczéma de contact est une allergie de type IV à une substance précise – nickel, parfums, conservateurs – que l’on identifie par des patch tests. Les deux peuvent coexister chez un même patient : environ 30 % des patients atopiques développent également une allergie de contact.

L’eczéma est-il contagieux ?

Non. L’eczéma est une maladie inflammatoire d’origine immunitaire et génétique, non transmissible. En revanche, un eczéma surinfecté par un staphylocoque ou un herpèsvirus (eczéma herpéticum) nécessite un traitement spécifique et une hygiène renforcée. L’herpès sur eczéma atopique est une urgence dermatologique.

Mon enfant a de l’eczéma depuis la naissance, est-ce grave ?

La dermatite atopique est la forme d’eczéma la plus fréquente chez l’enfant, touchant 15 à 20 % des moins de 15 ans. Elle débute souvent avant 2 ans. Dans 60 à 70 % des cas, elle s’améliore spontanément à l’adolescence. Un suivi dermatologique permet d’adapter le traitement à chaque poussée et de préserver la qualité de vie de l’enfant et de sa famille.

Quels signaux d’alarme doivent faire consulter en urgence ?

Consultez rapidement si : l’eczéma suinte avec des croûtes dorées et de la fièvre (surinfection bactérienne), si la poussée dépasse 30 % de la surface corporelle, si des vésicules douloureuses apparaissent d’un seul côté du corps (évoquer un zona), ou si un adulte de plus de 50 ans présente un eczéma inaugural sans cause identifiable – un bilan est alors indispensable.

Comment savoir si mon eczéma vient d’une allergie de contact ?

Si votre eczéma apparaît après contact avec un bijou, un cosmétique, un gant ou un topique médicamenteux, une allergie de contact est probable. Le diagnostic repose sur les patch tests, réalisés en cabinet de dermatologie. L’identification et l’éviction stricte de l’allergène sont souvent suffisantes pour obtenir une guérison durable – sans médicament.

Peut-on traiter l’eczéma sans cortisone ?

Des alternatives existent. Les inhibiteurs de la calcineurine topiques (tacrolimus, pimécrolimus) sont efficaces sur le visage et les plis et évitent les effets atrophiants des corticoïdes. Pour les formes sévères de dermatite atopique, les biothérapies – dupilumab (Dupixent®), tralokinumab – et les JAK-inhibiteurs représentent aujourd’hui une révolution thérapeutique, avec des taux de réponse supérieurs à 50 %.

L’eczéma et l’asthme sont-ils liés ?

Oui. L’eczéma atopique, la rhinite allergique et l’asthme forment la triade atopique, expression d’un même terrain immunologique hyperréactif. Environ 30 % des enfants atteints de dermatite atopique sévère développeront un asthme au cours de leur vie. Cette progression est appelée « marche atopique » – une raison supplémentaire de bien prendre en charge l’eczéma dès le jeune âge.

Quel est le rôle des émollients dans l’eczéma ?

Les émollients sont la pierre angulaire du traitement de fond. Appliqués quotidiennement, même hors poussée, ils restaurent la barrière cutanée altérée et réduisent la fréquence des poussées de 30 à 50 % selon les études. Ils s’appliquent généreusement après le bain, sur peau encore légèrement humide. Leur usage régulier permet de réduire significativement le recours aux dermocorticoïdes.

Voir aussi :
Traitement de l’eczéma |
Eczéma de contact |
Dermatite atopique |
Eczéma et stress |
Démangeaisons cutanées

Filtre de douche pour eau calcaire

Comment savoir si c’est de l’eczéma ou du psoriasis ?

L’eczéma forme des plaques rouges aux bords flous, très prurigineuses, localisées dans les plis des coudes et des genoux, parfois avec de petites vésicules. Le psoriasis produit des plaques épaisses, bien délimitées, recouvertes de squames blanches argentées, typiquement sur les coudes, les genoux et le cuir chevelu. L’eczéma touche 1 enfant sur 5 et débute souvent avant 5 ans. En cas de doute, seul un dermatologue peut trancher.

Références scientifiques

  1. Wollenberg A, Kinberger M, Arents B, et al. European guideline (EuroGuiDerm) on atopic eczema: part I – systemic therapy. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2022;36(9):1409–1431. PMID 35717417
  2. Thyssen JP, Schuttelaar MLA, Alfonso JH, et al. Guidelines for diagnosis, prevention and treatment of hand eczema. Contact Dermatitis. 2022;86(5):357–378. PMID 35243660
  3. Silverberg JI, Hanifin JM. Adult eczema prevalence and associations with asthma and other health and demographic factors: a US population-based study. J Allergy Clin Immunol. 2013;132(5):1132–1138. PMID 24184149

Source institutionnelle : HAS – Dermatite atopique de l’enfant : prise en charge en médecine générale

Dermatose annulaire : des anneaux ou des ronds sur la peau

Dermatoses annulaires : lésions en anneaux sur la peau

La présence de lésions annulaires ou d’anneaux ronds sur la peau est fréquente et il est parfois difficile d’en faire le diagnostic. Il est important de consulter devant l’apparition d’anneaux sur la peau

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Symptomes

Les anneaux peuvent être nombreux ou pas, démanger, rester stables ou s’étendre progressivement, avoir une bordure infiltrée, guérir ou desquamer au centre… tous ces éléments sont importants pour en faire le diagnostic par le médecin

Diagnostics

Il existe de nombreuses causes possibles de lésions annulaires sur la peau, voici une liste non exhaustive :

  • mycose, c’est probablement la cause la plus fréquente, encore appelée dermatophytie  ou herpes circiné. Elle est fréquemment transmise par les animaux (chats++, hamster…). Elle se présente souvent sous la forme d’une lésion annulaire avec une bordure rougeâtre souvent squameuse et une peau guérie à l’intérieur, voir l’article eczema ou mycoses? faire la différence
mycose de la peau
Plaque de mycose sur la peau : herpes circiné
Pityriasis rosé de Gibert
  • Mycose fongoïde au stade précoce : une forme de lymphome cutané  caractérisée par l’apparition de lésions cutanées initiales sous forme de plaques annulaires ou arciformes.
  • psoriasis annulaire, forme de psoriasis caractérisée par des lésions cutanées annulaires, souvent avec une bordure épaissie et une peau squameuse à l’intérieur de l’anneau
  • urticaire annulaire : éruption papuleuse qui démange beaucoup en général
Urticaire en anneaux
  • Erythème annulaire centrifuge de Darier, caractérisée par des lésions annulaires rouges qui s’étendent progressivement vers l’extérieur. Sa cause n’est pas bien connue et son traitement est mal codifié.
  • Érythème migrant de la maladie de Lyme : c’est la manifestation cutanée initiale de la maladie de Lyme, une infection bactérienne transmise par les tiques. La lésion est généralement une plaque rouge annulaire qui s’élargit progressivement, avec une zone centrale plus pâle.
  • Lupus érythémateux cutané : maladie auto-immune
  • Érythème polymorphe : réaction cutanée inflammatoire aiguë caractérisée par des lésions en forme d’anneau ou de cible. Elle peut être déclenchée par des infections virales, des médicaments, des réactions allergiques ou des facteurs environnementaux.
  • Granulome annulaire : caractérisé par la présence de papules ou de nodules annulaires indolores, souvent avec une surface lisse.
  • Sarcoïdose : maladie inflammatoire granulomateuse qui peut affecter différents organes, y compris la peau. La sarcoïdose cutanée peut se présenter avec des lésions annulaires.
  • Infection à mycobactéries atypiques (ex. : Mycobacterium marinum donnant le nodule des aquariophiles) : infection causée par des mycobactéries atypiques qui peuvent entraîner des lésions cutanées annulaires.
  • Érythème noueux : réaction inflammatoire cutanée qui se manifeste par l’apparition de nodules sous-cutanés douloureux, parfois en forme d’anneau.
  • Cancer de la peau prenant une forme annulaire
  • Mastocytose cutanée : prolifération anormale des mastocytes dans la peau, pouvant entraîner des lésions cutanées, y compris des lésions annulaires.
  • Maladie de Buerger (thromboangéite oblitérante) : vascularite ou maladie inflammatoire des vaisseaux sanguins qui peut entraîner une occlusion des vaisseaux, provoquant des lésions cutanées, y compris des lésions annulaires.

Conduite à tenir

Devant une dermatose annulaire, vu l’étendue des diagnostics possibles, il faut consulter et souvent effectuer une biopsie de peau.

Traitement

Le traitement est celui de la cause : antifongiques en cas de mycose, antihistaminiques en cas d’urticaire…

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Traitement de l’eczéma du bébé


Soins de l’eczéma du bébé et du nourrisson : guide pratique
L’eczéma atopique du nourrisson nécessite des soins quotidiens rigoureux, même en dehors des poussées. La peau du bébé atopique est sèche, fragilisée et laisse pénétrer les allergènes – bien la soigner réduit la fréquence et la sévérité des crises. Voici le guide complet des soins au quotidien.

Mis à jour le 18 juillet 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Les soins quotidiens (émollients, bain court à l’eau tiède, dermocorticoïdes bien dosés lors des poussées) réduisent la fréquence et la sévérité des crises d’eczéma du bébé. Une étude randomisée a montré une réduction de 19 points du score SCORAD sous probiotiques oraux associés au traitement standard, avec une baisse du recours aux dermocorticoïdes.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Voir aussi les articles associés : reconnaître l’eczéma de l’enfantcauses de l’eczéma du nourrissontraitement médical de l’eczéma

Pourquoi les soins quotidiens sont indispensables

La peau du bébé atopique présente un défaut de barrière cutanée lié à une mutation du gène de la filaggrine – une protéine essentielle à l’imperméabilité de la peau. Résultat : la peau perd de l’eau plus vite (sécheresse), et laisse pénétrer les allergènes et les irritants plus facilement (sensibilisation).

Soigner la peau sèche tous les jours – même quand il n’y a pas de plaques visibles – est la mesure la plus efficace pour espacer les poussées et réduire le recours aux dermocorticoïdes.

Le bain du bébé atopique

✅ À faire ❌ À éviter
Eau tiède (34–36°C) Eau chaude – dilate les vaisseaux et aggrave les démangeaisons
Durée courte : 5–10 minutes Bain prolongé – macère et fragilise la peau
Huile de bain ou syndet surgras sans parfum Savon ordinaire, gel douche parfumé – décapants
Sécher en tamponnant doucement avec une serviette douce Frotter – crée des micro-lésions et stimule le grattage
Appliquer l’émollient immédiatement après, sur peau encore légèrement humide Attendre que la peau soit sèche pour appliquer la crème

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Les émollients – pilier du traitement de fond

L’émollient est la crème hydratante spécifiquement formulée pour la peau atopique. Il reconstitue la barrière cutanée, réduit la perte en eau et assouplit la peau. Son application quotidienne, même en l’absence de plaques, est indispensable.

Comment choisir l’émollient de son bébé ?

Type Texture Quand l’utiliser Exemples
Crème émolliente légère Fluide, non grasse Été, peau peu sèche, visage Cetaphil, Dexeryl, Atoderm
Crème émolliente riche Épaisse, occlusive Hiver, peau très sèche, corps Lipikar Baume, Aveeno, Excipial
Huile corps Liquide Après le bain, peau modérément sèche Huile de bain Mustela, Balneum
💡 Règle pratique : l’émollient doit être appliqué au minimum 1 fois par jour – idéalement après chaque bain. En hiver ou en cas de peau très sèche, 2 applications par jour sont recommandées. La quantité ne doit pas être avare : on parle d’une noisette par membre, une noisette pour le ventre et le dos.

Traitement des poussées d’eczéma

Les dermocorticoïdes (crèmes à la cortisone)

Ce sont les médicaments de référence des poussées. Les parents craignent souvent leur utilisation – cette crainte est compréhensible mais ne doit pas conduire à sous-traiter. Un nourrisson qui se gratte la nuit souffre, et les lésions de grattage favorisent les surinfections.

Mode d’emploi chez le bébé :

  • Appliquer uniquement sur les zones rouges, jamais sur peau saine
  • Utiliser la force adaptée à l’âge et à la localisation – dermocorticoïde faible sur visage et plis, modéré sur le corps
  • Durée : 4 à 7 jours par poussée maximum
  • Application 1 fois par jour suffit dans la plupart des cas
  • Continuer l’émollient en parallèle sur les zones saines
  • Ne jamais arrêter brutalement – décroître progressivement

Voir l’article détaillé : crèmes à la cortisone en dermatologie

Les antihistaminiques

Les antihistaminiques réduisent les démangeaisons et améliorent le sommeil pendant les poussées. Ils ne traitent pas les plaques mais améliorent grandement le confort de l’enfant. Prescription médicale recommandée pour les nourrissons.

En cas de surinfection

Si les plaques se recouvrent de croûtes dorées ou de pus (impétigo), une antibiothérapie locale voire orale est nécessaire – consultez rapidement.

Consultez rapidement si :

  • Les plaques deviennent suintantes, croûteuses jaunâtres (miel) ou pustuleuses : signe possible de surinfection bactérienne ;
  • De la fièvre accompagne une poussée d’eczéma ;
  • Des vésicules groupées ou une altération brutale de l’état général apparaissent (risque de surinfection herpétique, syndrome de Kaposi-Juliusberg) ;
  • L’eczéma ne s’améliore pas malgré un traitement bien conduit pendant plus d’une semaine.

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Autres traitements selon l’âge et la sévérité

  • Tacrolimus (Protopic® 0,03%) – dès 2 ans, alternative aux dermocorticoïdes sur visage et plis
  • Photothérapie UVB – à partir de 8 ans, pour les formes modérées résistantes
  • Probiotiques (Bifidobacterium lactis, Lactobacillus casei) – peuvent réduire la sévérité chez les enfants de plus d’un an
  • Dupilumab (Dupixent®) – biothérapie autorisée dès 6 mois pour les formes sévères résistant aux traitements locaux

Voir l’article complet : traitement médical de l’eczéma atopique

Vêtements et environnement

  • Habiller le bébé en coton uniquement – éviter laine, polyester et fibres synthétiques
  • Laver les vêtements neufs avant la première utilisation
  • Utiliser une lessive sans parfum ni adoucissant
  • Maintenir une température modérée dans la chambre (18–20°C) – la chaleur aggrave les démangeaisons
  • Garder les ongles coupés courts pour limiter les lésions de grattage
  • Éviter les peluches, moquettes et rideaux dans la chambre (réservoirs d’acariens)
  • Pas d’animal domestique à poils dans la maison si possible

Alimentation et eczéma du nourrisson

Une allergie alimentaire peut aggraver ou déclencher des poussées chez certains nourrissons – mais ce n’est pas systématique. Les aliments les plus fréquemment en cause : lait de vache, œuf, arachide, blé, soja.

⚠️ Ne jamais supprimer un aliment sans bilan allergologique ni avis médical préalable – une éviction non justifiée peut entraîner des carences et paradoxalement augmenter le risque d’allergie alimentaire vraie. Consultez un allergologue avant toute éviction.

Voir l’article : allergies et eczéma de l’enfant

Questions fréquentes sur les soins de l’eczéma du bébé

Faut-il donner le bain tous les jours à un bébé atopique ?

Oui, contrairement aux idées reçues, le bain quotidien est recommandé pour les bébés atopiques – à condition de respecter les règles : eau tiède, courte durée, produit lavant doux sans parfum, et application immédiate de l’émollient après séchage. C’est cette routine post-bain qui hydrate efficacement la peau. Mais parfois le dermatologue recommande moins de bains par semaine.

Quelle crème hydratante choisir pour un bébé atopique ?

Il faut choisir un émollient spécifiquement formulé pour peau atopique – sans parfum, sans conservateurs agressifs, testé dermatologiquement. Les gammes Cetaphil, Lipikar (La Roche-Posay), Atoderm (Bioderma), Mustela Stelatopia ou Aveeno sont les plus connues. La texture doit être adaptée à la saison : plus légère en été, plus riche en hiver. Évitez les crèmes « bébé » classiques du commerce qui peuvent contenir des parfums irritants.

Mon bébé se gratte la nuit – que faire ?

Les démangeaisons nocturnes sont très fréquentes et épuisantes pour toute la famille. En plus du traitement de la poussée (dermocorticoïde si plaques actives), plusieurs mesures aident : chambre fraîche (18-20°C), pyjama en coton léger, ongles coupés courts, antihistaminique sédatif sur avis médical. Si les nuits sont systématiquement perturbées, c’est un signe que l’eczéma n’est pas bien contrôlé – consultez. Il peut aussi avoir la gale.

Peut-on utiliser la même crème émolliente sur le visage et le corps ?

Pas forcément. La peau du visage est plus fine et réactive – une texture plus légère est souvent préférable. Sur le corps, notamment en hiver, une crème plus riche ou un baume est plus efficace. Certaines familles utilisent un émollient léger pour le visage et un baume pour le corps – c’est tout à fait approprié.

L’eczéma du bébé est-il lié à l’allaitement ?

L’allaitement maternel exclusif pendant les 4 à 6 premiers mois est recommandé et semble avoir un effet protecteur modéré contre le développement de l’eczéma atopique. Cependant, l’eczéma peut apparaître chez des bébés allaités comme chez des bébés nourris au lait artificiel. L’allaitement ne suffit pas à prévenir la maladie chez les enfants à fort terrain atopique.

À lire aussi sur l’eczéma

Sources

  • Ameli.fr – Eczéma atopique
  • Société Française de Dermatologie
  • Navarro-López V, et al. Effect of Oral Administration of a Mixture of Probiotic Strains on SCORAD Index and Use of Topical Steroids in Young Patients With Moderate Atopic Dermatitis. JAMA Dermatol. 2018;154(1):37-43. PMID 29117309
  • Stacey SK, McEleney M. Topical Corticosteroids: Choice and Application. Am Fam Physician. 2021;103(6):337-343. PMID 33719380
  • Kelleher MM, et al. Skin care interventions in infants for preventing eczema and food allergy. Cochrane Database Syst Rev. 2022;11(11):CD013534. PMID 36373988

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Traitement naturel de l’eczéma : ce qui aide vraiment selon la dermatologie

Traitement naturel de l’eczéma : soins sans cortisone et approches complémentaires

Le médecin utilise des crèmes à la cortisone dans le traitement de l’eczéma. Ces crèmes ont des effets secondaires en cas d’utilisation prolongée et nécessitent un contrôle médical strict. Il est donc légitime de chercher des approches naturelles complémentaires pour réduire leur usage ou accompagner le traitement – à condition d’avoir préalablement établi un diagnostic précis avec un dermatologue.

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Cortisone : des effets secondaires qui justifient une recherche d’alternatives

Les dermocorticoïdes (crèmes à la cortisone) restent le traitement de référence des poussées d’eczéma. Utilisés correctement sous contrôle médical, leurs bénéfices l’emportent largement sur les risques. En revanche, une utilisation prolongée, non contrôlée ou inadaptée au site d’application expose à des effets indésirables réels.

Effet secondaire Contexte de survenue
Atrophie cutanée Application prolongée, peau fine (paupières, plis)
Télangiectasies Surtout sur le visage – petits vaisseaux visibles
Vergetures Adolescents – zones de tension (aines, aisselles)
Fragilité cutanée, retard de cicatrisation Usage chronique étendu
Infections cutanées Immunosuppression locale
Dépigmentation Peaux pigmentées – application prolongée
Dermite péri-orale Application sur le visage
Aggravation d’une rosacée Application sur le visage
ℹ️ Ces effets surviennent principalement en cas d’automédication prolongée. Les dermocorticoïdes prescrits et suivis par un médecin restent sûrs et efficaces. Le recours aux soins naturels en complément – ou pour les formes légères – permet de réduire le recours aux corticoïdes sans renoncer à l’efficacité.

Consulter un médecin avant tout traitement naturel

L’eczéma n’est pas une maladie unique : c’est un groupe de dermatoses distinctes dont les causes sont différentes et dont les traitements – naturels comme médicamenteux – varient en conséquence. Avant d’engager tout traitement naturel, la consultation du dermatologue est indispensable pour :

  • Confirmer qu’il s’agit bien d’un eczéma (et non d’un psoriasis, d’une teigne, d’un herpès…)
  • Déterminer le type d’eczéma (allergique, atopique, variqueux, microbien…)
  • Identifier la cause pour agir à la racine du problème
  • Définir les soins naturels compatibles avec la forme en cause

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Lutter contre la cause selon le type d’eczéma

Le premier geste « naturel » – et le plus efficace – est de traiter la cause. Voici les approches recommandées selon le type d’eczéma.

Eczéma allergique de contact

Éviter le contact avec la substance allergène identifiée par le médecin lors de patch-tests (tests épicutanés). L’allergène est le plus souvent un métal (nickel), un parfum, un conservateur cosmétique, un caoutchouc ou un produit ménager. L’éviction stricte est souvent suffisante pour faire disparaître les lésions sans aucun médicament.

Eczéma atopique (dermatite atopique)

La dermatite atopique est souvent associée à un déséquilibre du microbiote cutané et à une barrière cutanée défaillante. Les actions naturelles prioritaires sont la lutte contre la peau sèche par des émollients quotidiens et l’identification des facteurs déclenchants (acariens, poils d’animaux, certains aliments chez l’enfant). Voir aussi : soins de l’eczéma atopique de l’enfant.

Eczéma nummulaire

S’il existe un foyer infectieux dentaire ou sinusien, il convient de le traiter en priorité, généralement par antibiotiques prescrits par le médecin. La résolution du foyer infectieux peut suffire à faire disparaître les plaques nummulaires.

Eczéma microbien

L’approche naturelle repose sur la lutte contre la macération des zones atteintes : pâtes à l’eau, lotions asséchantes, et hygiène rigoureuse pour limiter la prolifération du staphylocoque doré.

Eczéma variqueux

Traitement des varices et de l’insuffisance veineuse sous-jacente : port d’une contention élastique (bas ou chaussettes de compression), drainage lymphatique, marche régulière – et éviction des allergènes identifiés par les patch-tests, car les jambes présentent souvent des sensibilisations de contact associées.

Eczéma craquelé (astéatotique)

Formes typiques de la personne âgée ou du grand froid. Approche naturelle : savons et gels douche doux sans détergent, émollients appliqués après chaque douche, éviction des vêtements en laine en contact direct avec la peau, préférence au coton, limitation des bains chauds prolongés.

Produits cosmétiques naturels pour l’eczéma

De nombreux actifs naturels sont présents dans les émollients référencés au Vidal et dans les préparations dermatologiques. Voici les principaux validés en dermatologie.

Avoine colloïdale

L’avoine est utilisée en poudre dans les bains thérapeutiques et dans de nombreux cosmétiques dermatologiques. Elle exerce un effet anti-inflammatoire et émollient documenté, en partie grâce à ses avenanthramides – des polyphénols spécifiques qui inhibent certaines cytokines pro-inflammatoires. Elle est particulièrement bien tolérée dans la dermatite atopique de l’enfant.

Calendula (Souci) et Centella asiatica

Le calendula officinal (Souci) et la centella asiatica sont présents dans de nombreuses crèmes dermatologiques pour leurs propriétés dermoréparatrices, anti-inflammatoires et cicatrisantes. Ils restaurent le film hydrolipidique cutané, soutiennent la synthèse de collagène et réduisent l’érythème. Le calendula est notamment utilisé dans les peaux irritées en période néonatale.

Acides gras essentiels (oméga-3 et oméga-6)

Les acides gras essentiels jouent un rôle structural dans la barrière cutanée et exercent un effet anti-inflammatoire local. Les oméga-6 (issus de l’huile d’onagre, de bourrache, de tournesol) et les oméga-3 (huiles de poissons, lin, chanvre) sont intégrés dans de nombreux émollients et peuvent également être pris par voie orale en complément alimentaire pour soutenir la fonction barrière de la peau.

Vitamines cutanées

Les vitamines A, PP (niacine) et la provitamine B5 (panthénol) sont présentes dans de nombreux cosmétiques protecteurs pour leur effet émollient, régénérant et anti-inflammatoire. La vitamine E (tocophérol) agit comme antioxydant et renforce la barrière lipidique cutanée.

Cuivre et zinc

Le zinc et le cuivre sont intégrés dans de nombreuses préparations dermatologiques pour leur effet antibactérien et assainissant. Le zinc oxyde possède de plus un effet anti-inflammatoire local et entre dans la composition de nombreuses pâtes à l’eau utilisées dans l’eczéma suintant.

Gel d’aloès vera

L’aloès vera produit un gel aux propriétés émollientes, apaisantes et cicatrisantes documentées. Il contient des polysaccharides (acemannan), des enzymes anti-inflammatoires et des composés phénoliques qui réduisent le prurit et favorisent la réparation épidermique.

Mode d’utilisation

On applique directement le gel translucide issu des feuilles fraîches sur les plaques d’eczéma. Une technique pratique consiste à congeler une feuille d’aloès : après décongélation, il suffit d’ôter la partie verte externe pour ne conserver que le cœur transparent gélatineux, que l’on frotte doucement sur les lésions. Les préparations standardisées en pharmacie (gel d’aloès à 99 %) sont une alternative fiable garantissant la concentration en actifs.

Avantage : le gel d’aloès vera est bien toléré, sans risque d’atrophie cutanée contrairement aux dermocorticoïdes. Il convient comme soin d’entretien entre les poussées et pour hydrater les plaques sèches légères.
⚠️ Limite : le gel d’aloès ne remplace pas un dermocorticoïde lors des poussées inflammatoires importantes. Il est à considérer comme un soin complémentaire, non comme un traitement de crise.

Aromathérapie et huiles essentielles

Plusieurs huiles essentielles sont utilisées en aromathérapie pour leurs propriétés anti-inflammatoires, apaisantes et cicatrisantes dans l’eczéma :

Huile essentielle Propriétés principales Précautions
Camomille allemande (Matricaria) Anti-inflammatoire puissant – chamazulène Diluer à 1–2 % dans huile végétale – éviter chez l’enfant < 3 ans
Camomille romaine (Chamaemelum nobile) Apaisante, anti-prurigineuse Diluer – possible allergie croisée avec les composées
Lavande vraie (Lavandula angustifolia) Cicatrisante, anti-inflammatoire, sédative La moins irritante des HE – diluer néanmoins à 2–3 %
Géranium rosat (Pelargonium graveolens) Équilibrante, régulatrice sébum, antibactérienne Diluer – déconseillée pendant la grossesse
Palmarosa (Cymbopogon martinii) Régénérante, antibactérienne, hydratante Diluer – bonne tolérance cutanée
Huile de rose musquée (huile végétale) Régénérante, riche en acides gras essentiels Peut s’utiliser pure – s’oxyde rapidement, conserver au frais
Huile d’onagre (huile végétale) Riche en GLA (oméga-6) – restauratrice de la barrière Peut s’utiliser pure – support idéal pour HE
🚫 Règle absolue : ne jamais appliquer d’huile essentielle pure sur la peau – toujours diluer dans une huile végétale support (onagre, bourrache, jojoba, amande douce) à une concentration de 1 à 3 % selon la zone et la sensibilité cutanée. Certaines huiles essentielles peuvent elles-mêmes déclencher une allergie de contact – à surveiller particulièrement chez les patients atopiques déjà sensibilisés.

Questions fréquentes sur le traitement naturel de l’eczéma

Peut-on traiter l’eczéma sans cortisone ?

Oui, dans certaines formes légères ou en complément d’un traitement médical. Les soins naturels (émollients, gel d’aloès, avoine colloïdale, huiles essentielles diluées) peuvent atténuer les symptômes et renforcer la barrière cutanée. Mais ils ne remplacent pas le diagnostic médical : il est indispensable de consulter un dermatologue pour identifier le type d’eczéma et traiter la cause.

Quels produits naturels aident contre l’eczéma ?

Les principaux actifs naturels documentés en dermatologie sont : l’avoine colloïdale (anti-inflammatoire, émolliente), le calendula officinal et la centella asiatica (cicatrisants, restaurateurs du film cutané), les acides gras essentiels oméga-3 et oméga-6 (onagre, poisson, tournesol), le gel d’aloès vera (apaisant, hydratant) et certaines huiles essentielles diluées (camomille, lavande, géranium).

Le gel d’aloès vera est-il efficace contre l’eczéma ?

Le gel d’aloès vera possède des propriétés émollientes, apaisantes et cicatrisantes documentées. Il peut soulager les démangeaisons et hydrater les plaques légères. C’est un soin d’appoint intéressant, à utiliser entre les poussées ou sur les formes très légères, mais il ne remplace pas un dermocorticoïde lors des poussées inflammatoires importantes.

Comment identifier la cause de son eczéma ?

Seul un dermatologue peut identifier précisément la cause de l’eczéma. Pour l’eczéma allergique de contact, des patch-tests sont réalisés. Pour la dermatite atopique, un bilan clinique et parfois des tests allergologiques sont nécessaires. L’eczéma variqueux nécessite un bilan veineux. Sans diagnostic précis, aucun traitement naturel ne peut être pleinement efficace.

Peut-on utiliser des huiles essentielles sur l’eczéma ?

Certaines huiles essentielles (camomille, lavande, géranium, palmarosa) ont des propriétés anti-inflammatoires et apaisantes utiles dans l’eczéma. Cependant, elles ne doivent jamais être appliquées pures – toujours diluées dans une huile végétale. Certaines peuvent elles-mêmes provoquer une allergie de contact. Leur usage est à discuter avec un professionnel de santé, en particulier chez les patients atopiques déjà sensibilisés.

Références scientifiques

  1. Msika P, et al. « New emollient with topical corticosteroid-sparing effect in treatment of childhood atopic dermatitis. » Pediatr Dermatol. 2008;25(6):606-612. PubMed
  2. Sur R, et al. « Avenanthramides, polyphenols from oats, exhibit anti-inflammatory and anti-itch activity. » Arch Dermatol Res. 2008;300(10):569-574. PubMed
  3. Syed TA, et al. « Management of psoriasis with Aloe vera extract in a hydrophilic cream. » Trop Med Int Health. 1996;1(4):505-509. PubMed
  4. Thomsen BJ, et al. « The potential uses of omega-3 fatty acids in dermatology. » J Cutan Med Surg. 2020;24(5):481-493. PubMed

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Article rédigé par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).à Bordeaux. Dernière mise à jour : avril 2026.

Ressources pédagogiques en dermatologie et sciences de la santé

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SVT

Génétique

Mitose et meiose, comment les retenir

Le pdf à imprimer : mitose et meiose

Allèle, gene, quelle différence?

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Physique Chimie

Atome

Qu’est-ce qu’un isotope?

Le pdf à imprimer : atome-isotope

Maths

Pi, π

Pi, π, qu’est ce que c’est? a quoi ca sert?

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Moyens mnémotechiques aire, surface et volume de cercle, disque, sphère, boule… à partir de Pi, π

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Retenir les aires du rectangle, carré, losange, triangle et parallélogramme

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Retenir et comprendre le théorème de Thalès

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Retenir ET COMPRENDRE LE THEOREME DE PYTHAGORE

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Retenir ET COMPRENDRE LE cosinus, le sinus et la tangente : trigonométrie

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Traitement de l’eczéma


Traitement de l’eczéma : dermocorticoïdes, immunosuppresseurs et biothérapies
Crème dermocorticoïde pour le traitement de l'eczéma

Le traitement de l’eczéma – et notamment de la dermatite atopique – repose sur une stratégie en escalade thérapeutique : des soins de base quotidiens aux biothérapies les plus récentes, selon la sévérité et l’âge du patient. L’objectif est de contrôler les poussées, réduire leur fréquence et restaurer la qualité de vie. Pour comprendre les formes et causes d’eczéma, voir : eczéma – symptômes, formes et causes.

Références scientifiques

  1. Wollenberg A et al., J Eur Acad Dermatol Venereol, 2022. PMID 35582793
  2. Silverberg JI et al., JAMA Dermatol, 2021. PMID 33656519
  3. Bieber T et al., N Engl J Med, 2021. PMID 34496175

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Sommaire :
Soins de base |
Dermocorticoïdes |
Inhibiteurs calcineurine |
Traitements systémiques |
Biothérapies et JAK |
Selon l’âge |
Traitements naturels |
Cluster eczéma |
Questions fréquentes

En bref : Le traitement de l’eczéma (dermatite atopique) suit une stratégie en escalade : émollients quotidiens + dermocorticoïdes lors des poussées, puis immunosuppresseurs locaux (tacrolimus), puis biothérapies ciblées pour les formes sévères. 80 % des eczémas modérés répondent aux dermocorticoïdes. Le dupilumab (Dupixent®) est désormais le traitement de référence des formes sévères résistantes, avec un profil de sécurité validé sur 5 ans.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Soins de base quotidiens – la base indispensable

Quel que soit le stade, les soins de base sont non négociables. Ils reconstituent la barrière cutanée défaillante (déficit en filaggrine, céramides réduites) et réduisent la fréquence et l’intensité des poussées même sans traitement médicamenteux associé.

Soin Recommandation Pourquoi
Émollients 1 à 2 applications/j sur tout le corps, toute l’année – même en période calme Restaurent les lipides intercornéocytaires, réduisent la perte hydrique (TEWL)
Douche tiède courte ≤ 5 minutes, eau à 34–36°C, savon surgras ou pain dermatologique L’eau chaude et les savons détergents aggravent la sécheresse cutanée
Application post-douche Dans les 3 minutes après la douche, sur peau encore légèrement humide Occlusion de l’eau résiduelle – efficacité maximale
Vêtements Coton ou soie – éviter laine et synthétiques au contact direct Réduction des frottements irritants et de la macération
Température ambiante 19–20°C, humidificateur si air sec La chaleur et la transpiration déclenchent le prurit

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Dermocorticoïdes – traitement de référence des poussées

Les dermocorticoïdes (DC) restent le traitement de première ligne des poussées à tout âge. Leur mauvaise réputation est souvent injustifiée – correctement utilisés, ils sont sûrs et efficaces. La classe est choisie selon la localisation et l’âge.

Classe Puissance Exemples Indications principales
Classe I Faible Hydrocortisone 1 % (Dermacort®) Visage, plis, nourrisson – usage prolongé possible
Classe II Modérée Locapred®, Tridésonit® Visage enfant, plis adulte
Classe III Forte Betamethasone (Betnéval®, Diprosone®), Efficort® Corps adulte – référence pour les poussées
Classe IV Très forte Dermoval®, Clarelux® mousse Paumes, plantes, cuir chevelu, formes lichénifiées

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Inhibiteurs de calcineurine topiques

Alternative aux DC pour les zones sensibles (visage, paupières, plis) où les DC sont contre-indiqués au long cours. Ils n’entraînent pas d’atrophie cutanée. Principal inconvénient : sensation de brûlure initiale les premiers jours.

Molécule Spécialité Âge minimum Indication
Tacrolimus 0,03 % Protopic® 0,03 % 2 ans Eczéma modéré à sévère – visage, plis, paupières
Tacrolimus 0,1 % Protopic® 0,1 % 16 ans Adulte – poussées modérées à sévères zones sensibles
Pimécrolimus 1 % Elidel® 2 ans Eczéma léger à modéré – entretien zones sensibles

→ Voir : Tacrolimus (Protopic®) – mode d’emploi, effets secondaires, précautions

Traitements systémiques classiques

Réservés aux formes sévères résistantes aux traitements locaux bien conduits. De moins en moins prescrits depuis l’arrivée des biothérapies, mais utiles dans certaines situations.

Molécule Posologie Surveillance Limites
Ciclosporine (Néoral®) 2,5 à 5 mg/kg/j en 2 prises PA, créatinine tous les 15 j puis mensuels Max 2 ans continus. Rechute à l’arrêt fréquente.
Méthotrexate (Imeth®) 10 à 25 mg/semaine SC ou PO NFS, transaminases mensuels. Acide folique obligatoire. Efficacité modeste dans l’eczéma vs ciclosporine.
Azathioprine (Imurel®) 1 à 3 mg/kg/j NFS mensuels. Dosage TPMT avant prescription. Hors AMM eczéma. Option si CI ciclosporine.
Corticothérapie orale 0,5 mg/kg/j prednisone – cure courte uniquement Glycémie, PA Sauvetage uniquement – rebond fréquent. Jamais au long cours.

Biothérapies et inhibiteurs JAK

Depuis 2017, les biothérapies ciblant l’axe IL-4/IL-13 et les inhibiteurs JAK ont transformé la prise en charge des formes sévères. En 2026, le dupilumab (Dupixent®) reste la référence – efficacité et tolérance confirmées sur plus de 7 ans de recul.

Molécule Cible Spécialité Âge / rythme
Dupilumab ⭐ référence Anti-IL-4Rα (bloque IL-4 + IL-13) Dupixent® Dès 6 mois. Injection SC toutes les 2 semaines.
Tralokinumab Anti-IL-13 Adtralza® Adulte. Toutes les 2 sem. puis toutes les 4 sem.
Lebrikizumab Anti-IL-13 Ebglyss® (AMM 2023) Adulte. Toutes les 2 sem. puis 4 sem.
Abrocitinib Inhibiteur JAK1 Cibinqo® ≥ 12 ans. Comprimé oral 1×/j. Réponse rapide.
Upadacitinib Inhibiteur JAK1 Rinvoq® ≥ 12 ans. Comprimé oral 1×/j. Efficacité supérieure.
Baricitinib Inhibiteur JAK1/2 Olumiant® Adulte. Comprimé oral 1×/j. Aussi indiqué pelade.

⚠️ Consultez sans attendre si :
• L’eczéma couvre plus de 30 % de la surface corporelle – risque d’érythrodermie
• Une fièvre apparaît avec aggravation cutanée – surinfection à Staphylococcus aureus possible
• Des croûtes dorées et du suintement s’étendent rapidement – impétigo sur eczéma, urgence
• Le traitement dermocorticoïde n’améliore pas après 2 semaines – réévaluation nécessaire

Stratégie thérapeutique selon l’âge

Âge Traitement de base Escalade si insuffisant
Nourrisson (0–2 ans) Émollients intensifs, DC classe I-II Tacrolimus 0,03 % dès 2 ans. Pas de systémique.
Enfant (2–12 ans) Émollients, DC classe II-III, tacrolimus 0,03 % Dupilumab dès 6 mois (AMM), ciclosporine si nécessaire
Adolescent (12–18 ans) DC classe III, tacrolimus 0,1 %, émollients Dupilumab, abrocitinib, upadacitinib (AMM ≥ 12 ans)
Adulte DC classe III-IV selon localisation, TCI zones sensibles Dupilumab en 1re intention systémique. JAK si réponse rapide souhaitée.
Personne âgée Émollients ++, DC avec prudence (peau fragile) Dupilumab bien toléré. Prudence JAK (interactions médicamenteuses).

Traitements naturels et complémentaires

En complément du traitement médical, certaines approches peuvent aider à réduire la fréquence des poussées : émollients à base d’huile de tournesol ou de beurre de karité, probiotiques (en prévention chez le nourrisson atopique), eau thermale, gestion du stress. Ces approches ne remplacent pas les traitements médicaux validés mais peuvent améliorer le confort au quotidien.

Traitements naturels de l’eczéma – ce qui marche, ce qui ne marche pas

Cluster eczéma – toutes les pages

Questions fréquentes sur le traitement de l’eczéma

Les dermocorticoïdes sont-ils dangereux pour les enfants ?

Non, utilisés correctement selon la classe et la localisation. La corticiphobie – peur irrationnelle des DC – conduit à des eczémas mal contrôlés, eux-mêmes délétères pour le développement cutané de l’enfant.

Le Dupixent® est-il remboursé en France ?

Oui, à 100 % dans le cadre d’une ALD pour les formes modérées à sévères chez l’adulte et l’enfant dès 6 mois, en échec des traitements conventionnels. La prescription initiale est hospitalière (dermatologue ou pédiatre).

Peut-on guérir définitivement de l’eczéma ?

L’eczéma de l’enfant s’améliore spontanément dans 60 à 70 % des cas à l’adolescence. Chez l’adulte, les traitements permettent un contrôle excellent voire une rémission prolongée, mais pas une guérison définitive au sens strict.

Les aliments déclenchent-ils des poussées d’eczéma ?

Chez le nourrisson, les allergies alimentaires (lait, œuf, arachide) peuvent aggraver l’eczéma dans 30 à 40 % des cas sévères. Chez l’adulte, le rôle de l’alimentation est beaucoup plus limité. Un régime d’éviction ne doit jamais être entrepris sans bilan allergologique préalable.

Faut-il éviter la natation en cas d’eczéma ?

Non, mais avec précautions. Douche douce et émollient immédiatement après la baignade en piscine chlorée. La natation en eau de mer est souvent bénéfique (effet anti-inflammatoire du sel). L’activité physique ne doit pas être sacrifiée à cause de l’eczéma.

Quelle est la différence entre les JAK inhibiteurs et le Dupixent® ?

Les JAK inhibiteurs (abrocitinib, upadacitinib, baricitinib) sont des comprimés oraux avec une action plus rapide sur le prurit (24–48 h) mais nécessitent une surveillance biologique. Le dupilumab (Dupixent®) est une injection sous-cutanée bimensuelle avec un profil de sécurité mieux documenté sur le long terme. Le choix dépend du profil du patient et des comorbidités.

Questions fréquentes sur le traitement de l’eczéma

Combien de temps faut-il appliquer les dermocorticoïdes ?

Les dermocorticoïdes s’appliquent en cure courte de 5 à 15 jours lors des poussées aiguës, puis en traitement proactif 2 fois par semaine sur les zones habituellement touchées pour prévenir les rechutes. L’efficacité est maximale les premiers jours. Après 2 semaines sans amélioration, une réévaluation diagnostique est nécessaire.

Le dupilumab (Dupixent®) est-il dangereux ?

Le dupilumab est globalement bien toléré. L’effet indésirable le plus fréquent est une conjonctivite (20 à 30 % des patients), généralement modérée. Il n’induit pas d’immunosuppression systémique, contrairement aux corticoïdes oraux. Son profil de sécurité est validé sur 5 ans d’études de suivi à long terme.

Peut-on guérir définitivement de l’eczéma atopique ?

L’eczéma atopique s’améliore spontanément dans 60 à 70 % des cas à l’adolescence. Chez l’adulte, il peut entrer en rémission prolongée, mais pas de guérison définitive à ce jour. Un traitement adapté et un entretien régulier de la barrière cutanée permettent un contrôle durable des symptômes.

Les dermocorticoïdes amincissent-ils la peau ?

L’atrophie cutanée est possible en cas d’utilisation prolongée sur peau fine (visage, plis) avec des corticoïdes forts. Avec une utilisation correcte en cure courte ou traitement proactif 2 fois par semaine, ce risque est minimal. Les dermocorticoïdes de classe modérée (II) sont adaptés au visage chez l’adulte.

Faut-il éviter le gluten ou le lactose en cas d’eczéma ?

Sauf allergie alimentaire documentée par bilan allergologique, aucune éviction n’est recommandée. Les régimes d’exclusion non justifiés risquent de provoquer des carences, particulièrement chez l’enfant, et n’améliorent pas l’eczéma non allergique.

Quand passer aux inhibiteurs JAK dans l’eczéma sévère ?

Les inhibiteurs JAK (baricitinib, upadacitinib, abrocitinib) sont réservés aux eczémas sévères de l’adulte en échec de dupilumab. Ils nécessitent un bilan préalable et un suivi biologique régulier. Leur efficacité est rapide avec une amélioration significative en 2 semaines pour 60 à 70 % des patients.

Le tacrolimus (Protopic®) peut-il être utilisé chez l’enfant ?

Oui, le tacrolimus 0,03 % est autorisé dès 2 ans pour les eczémas modérés à sévères résistants aux dermocorticoïdes. Il évite le risque d’atrophie cutanée et est particulièrement utile sur le visage et les plis. Les données à 20 ans ne confirment pas le risque de cancer mentionné en précaution sur la notice.

Références scientifiques

Voir aussi :
Eczéma – symptômes et causes |
Protopic® (tacrolimus) |
Inhibiteurs JAK |
Stress et eczéma |
Téléconsultation dermatologue

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Télécharger un guide complet au format PDF :

Vaccin ARN et peau : effets cutanés, risques et avis du dermatologue

Éruption cutanée après vaccin ARNm (Pfizer®, Moderna®) : ce que le dermatologue observe

Les vaccins à ARNm contre la COVID-19, développés à une vitesse inédite, ont démontré leur efficacité contre les formes graves de la maladie. Comme tout médicament ou vaccin, ils peuvent provoquer des réactions cutanées – en général bénignes et transitoires. Connaître leur nature exacte, leur fréquence et leur mécanisme permet de ne pas les confondre avec d’autres pathologies dermatologiques et de rassurer les patients qui s’interrogent. Cet article fait le point sur les données scientifiques disponibles, notamment celles du registre de l’Académie Américaine de Dermatologie (AAD) portant sur 414 cas.


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purpura vascularite réaction vaccin ARNm
Purpura – l’une des rares réactions auto-immunes post-vaccinales

Rappel : comment fonctionne un vaccin à ARNm ?

Contrairement aux vaccins classiques qui introduisent une protéine virale ou un virus atténué, les vaccins à ARNm (BNT162b2 / Pfizer-BioNTech et mRNA-1273 / Moderna) délivrent une molécule d’ARN messager encapsulée dans des nanoparticules lipidiques. Une fois injectées, les cellules musculaires du site d’injection décodent cet ARN et produisent temporairement la protéine Spike du SARS-CoV-2. Le système immunitaire reconnaît cette protéine comme étrangère, monte une réponse spécifique – anticorps et lymphocytes T – puis l’ARNm est dégradé en quelques jours sans aucune intégration dans le génome.

Ces vaccins à ARNm sont utilisés en oncologie depuis plusieurs années dans le cadre de la vaccinothérapie des cancers. Leur usage à très grande échelle contre la COVID-19 a fourni un volume de données de pharmacovigilance sans précédent, permettant de caractériser finement les réactions indésirables rares.

Quelle est la fréquence réelle des réactions cutanées après vaccin ARNm ?

Une méta-analyse publiée en 2022 dans Vaccines (Bellinato et al.), portant sur plus de 2,5 millions de personnes vaccinées dans 23 pays, a estimé l’incidence globale des réactions cutanées systémiques à environ 3,8 % – soit moins de 4 vaccinés sur 100 rapportant une réaction cutanée à distance du site d’injection. Les éruptions (rash) représentaient 3,0 % et l’urticaire 1,1 %. La grande majorité disparaissait en moins d’une semaine.

Type de réaction Fréquence estimée Délai d’apparition Résolution
« Bras COVID » (réaction locale retardée) La plus fréquente – 40 % des cas du registre AAD J2–J8 après injection 4–5 jours en moyenne
Réactions au site d’injection (rougeur immédiate) 16,5 % des cas du registre AAD Quelques heures 1–3 jours
Réactivation du zona 9,5 % des cas du registre AAD Variable, souvent J3–J14 2–4 semaines
Urticaire 9,0 % des cas du registre AAD Immédiat ou retardé Quelques heures à jours
Éruptions morbilliformes (pseudo-rougeole) Décrites, fréquence variable selon les séries J4–J14 1–2 semaines
Anaphylaxie Environ 2 à 11 cas pour 1 million de doses Dans les 15–30 minutes Traitement par adrénaline
Réactions auto-immunes (vascularite, lupus…) Rares – cas isolés Variable Variable selon le type

Source principale : McMahon et al., J Am Acad Dermatol, 2021 – registre AAD/ILDS, 414 cas.

Les 4 grands mécanismes immunologiques en jeu

Comprendre pourquoi ces réactions se produisent aide à les anticiper et à les gérer. Quatre grands types de mécanismes sont impliqués :

mecanismes-reactions-immunitaires-vaccin-covid
Proposition d’explication des mécanismes immunologiques possibles des réactions cutanées au vaccin anti-COVID (article de septembre 2021)

Hypersensibilité de type I (immédiate)

Elle survient dans les minutes à heures suivant l’injection. Elle implique les IgE et les mastocytes, et provoque des manifestations comme l’urticaire, l’angio-œdème ou, dans sa forme la plus grave, l’anaphylaxie. Le mécanisme précis reste débattu : l’hypothèse principale incrimine le polyéthylène glycol (PEG) contenu dans les nanoparticules lipidiques, ou la polysorbate 80 pour les vaccins à vecteur viral. Ces réactions sont rares mais nécessitent une surveillance de 15 à 30 minutes après injection – c’est la raison du temps d’attente obligatoire post-vaccination.

Hypersensibilité de type IV (retardée)

Elle apparaît typiquement entre 48 heures et 10 jours après l’injection. Elle implique l’activation de cellules immunitaires – monocytes, macrophages, lymphocytes T – et non les anticorps. Elle est responsable des réactions locales étendues retardées dites « bras COVID », mais aussi des éruptions morbilliformes, des réactions dans d’anciennes cicatrices de BCG ou dans des zones d’irradiation antérieure, et des tableaux proches de l’érythème polymorphe.

Réactions auto-immunes

Exceptionnelles, elles correspondent à une activation aberrante du système immunitaire qui attaque les propres tissus de l’organisme. On a décrit, de façon très rare, des cas de vascularite leucocytoclasique, de lupus cutané et de thrombocytopénie immunitaire après vaccination anti-COVID. Le lien de causalité reste difficile à établir formellement dans des pathologies qui peuvent survenir de façon spontanée.

Angiopathies fonctionnelles et réactivations virales

On peut observer des lésions ressemblant à des engelures (chilblains-like), voire une érythromélalgie, des éruptions proches du pityriasis rosé, et – de façon non exceptionnelle – une réactivation du zona. La réactivation du zona est probablement liée à une modification transitoire de l’immunité cellulaire induite par la vaccination.

« Bras COVID » : la réaction locale retardée la plus fréquente

Le terme « bras COVID » (ou COVID arm) désigne une grande plaque rouge, prurigineuse et parfois légèrement gonflée qui apparaît au site d’injection, typiquement entre le 2e et le 8e jour après la vaccination. Dans le registre AAD, il représentait 40 % de toutes les réactions cutanées rapportées et était plus fréquemment observé après le vaccin Moderna (mRNA-1273) que le vaccin Pfizer-BioNTech.

Quelle est la cause ? Le mécanisme le plus probable est une hypersensibilité retardée de type IV à l’un des excipients du vaccin – le polyéthylène glycol (PEG) est régulièrement évoqué, mais la question reste ouverte. Il ne s’agit en aucun cas d’une infection. La réaction est bénigne et se résout spontanément en 4 à 5 jours en moyenne. Une revue systématique publiée en 2023 dans BMC Infectious Diseases (Agustin et al., PMID 36609224), portant sur 18 études et 1 129 participants, confirme que le « bras COVID » survient le plus souvent après la première dose et n’est pas une contre-indication à la deuxième.

Que faire si vous avez un « bras COVID » ?

  • Pas de panique : c’est la réaction cutanée post-vaccin la plus commune et la plus bénigne.
  • Antihistaminiques oraux (comme la cétirizine) ou application locale de dermocorticoïdes faibles peuvent accélérer la résolution.
  • La deuxième dose de vaccin est recommandée malgré cette réaction – informer le vaccinateur du côté à utiliser si nécessaire.
  • La réaction peut réapparaître après la 2e dose, souvent de façon moins intense.

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Anaphylaxie post-vaccinale : rare mais à connaître

L’anaphylaxie est la réaction la plus grave, mais aussi l’une des plus rares. Elle survient dans les 15 à 30 minutes suivant l’injection, ce qui justifie le temps de surveillance obligatoire dans tous les centres de vaccination. L’incidence est estimée à environ 2 à 11 cas pour 1 million de doses administrées.

Signes d’alerte – appel du SAMU (15) en urgence :
Urticaire géant généralisé, angio-œdème facial, difficultés à avaler ou à respirer, sifflement respiratoire, hypotension, malaise intense ou perte de connaissance. Ces signes peuvent survenir rapidement et nécessitent une injection d’adrénaline en urgence – c’est pourquoi les centres de vaccination disposent d’un kit d’urgence. Les personnes ayant un antécédent d’anaphylaxie à un médicament ou vaccin doivent le signaler avant toute injection.

Les personnes ayant présenté une réaction anaphylactique à une première dose doivent consulter un allergologue avant d’envisager une deuxième injection. Un bilan allergologique ciblé (tests cutanés aux composants du vaccin) peut parfois identifier l’allergène en cause.

Éruptions à distance du site d’injection

Ces éruptions « à distance » surviennent sur d’autres zones du corps que le bras vacciné. Elles sont plus souvent observées après le vaccin Pfizer-BioNTech que Moderna selon les données du registre AAD (50,1 % vs 30,0 % des réactions distales).

Éruptions morbilliformes (pseudo-rougeole)

Il s’agit de petites plaques roses disséminées qui peuvent ressembler à une rougeole ou à un pityriasis rosé. L’éruption morbiliforme est caractérisée par un début péri-auriculaire, puis une extension descendante sur le tronc.

pityriasis rosé éruption vaccin covid
Pityriasis rosé

Urticaire

Les plaques d’urticaire post-vaccinales peuvent être d’apparition immédiate (type I) ou retardée (type IV). Dans la forme retardée, elles peuvent apparaître plusieurs jours après l’injection et nécessitent souvent un traitement antihistaminique.

Urticaire – le mot vient du latin « urtica », l’ortie

Chilblains-like (pseudo-engelures)

Des lésions ressemblant à des engelures ont été observées sur les extrémités après vaccination. Leur mécanisme est probablement vasculaire, en lien avec une activation transitoire de la voie de coagulation ou une réponse interféron-médiée.

Réactivation du zona après vaccin ARNm

La réactivation du zona (virus varicelle-zona, VZV) est l’une des réactions les plus fréquemment signalées « à distance » dans les bases de pharmacovigilance – elle représentait 9,5 % des cas dans le registre AAD. Le mécanisme probable est une perturbation transitoire de l’immunité cellulaire spécifique du VZV liée à la forte stimulation immunitaire vaccinale. Elle survient préférentiellement chez les personnes âgées ou immunodéprimées, chez qui le zona peut de toute façon réactiver spontanément.

Bon à savoir : La réactivation du zona après vaccination ne contre-indique pas les doses ultérieures. Elle doit être traitée par antiviral (valaciclovir) dès que possible, comme tout zona spontané. Si vous avez plus de 65 ans, le vaccin contre le zona (Shingrix®) est une protection efficace qui peut être envisagée avant ou après la vaccination COVID, à distance de quelques semaines.

Réaction inflammatoire sur les zones traitées à l’acide hyaluronique

Les personnes ayant bénéficié d’injections d’acide hyaluronique (comblement des rides, lèvres, pommettes…) peuvent observer une réaction inflammatoire au site de ces injections dans les 18 heures à 10 jours suivant la vaccination ARNm. Ce phénomène est lié à une activation immunitaire locale dirigée contre le produit de comblement, probablement médiée par des lymphocytes T. La disparition est en général spontanée en 24 heures à 1 semaine. En cas de persistance, le médecin peut prescrire des corticoïdes oraux ou locaux, et plus rarement de la hyaluronidase et du lisinopril.

Réactions auto-immunes : exceptionnelles mais documentées

Des cas de vascularite leucocytoclasique, de lupus cutané induit et de thrombocytopénie immunitaire ont été rapportés après vaccination anti-COVID dans la littérature médicale internationale. Ces cas sont extrêmement rares et le lien de causalité direct avec le vaccin reste difficile à prouver formellement, car ces maladies peuvent survenir spontanément. La balance bénéfice-risque reste largement favorable à la vaccination.

Conduite à tenir selon le type de réaction

Réaction observée Attitude recommandée 2e dose ?
« Bras COVID » – plaque rouge locale retardée Antihistaminique ± dermocorticoïde local ; surveillance Oui – recommandée, informer le vaccinateur
Urticaire légère à modérée Antihistaminique oral ; surveillance Oui en règle générale – avis médical
Éruption morbiliforme Antihistaminique ± dermocorticoïde systémique si étendue ; consultation Oui après évaluation médicale
Réactivation du zona Valaciclovir en urgence ; consultation dermatologique Oui à distance de l’épisode
Réaction sur acide hyaluronique Surveillance ; corticoïdes si persistance > 1 semaine Oui – informer l’injecteur
Anaphylaxie Adrénaline IM en urgence – SAMU 15 ; consultation allergologique avant 2e dose À décider avec allergologue
Vascularite ou lésion auto-immune Consultation dermatologique et bilan ; décision collégiale pour la suite Décision au cas par cas

Déclarez toute réaction grave : En France, tout effet indésirable grave ou inattendu après vaccination doit être déclaré au centre régional de pharmacovigilance (CRPV) ou via le portail signalement-sante.gouv.fr. Cette remontée d’information est essentielle pour affiner le profil de sécurité des vaccins.

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Questions fréquentes

Est-ce que les réactions cutanées au vaccin ARNm sont dangereuses ?

Dans leur grande majorité, non. Les réactions les plus fréquentes – « bras COVID », urticaire légère, éruptions morbilliformes – sont bénignes et se résolvent spontanément en quelques jours. La seule réaction potentiellement grave est l’anaphylaxie, qui survient dans les 30 minutes suivant l’injection et est traitée immédiatement sur place. C’est pourquoi un temps de surveillance de 15 à 30 minutes est maintenu dans tous les centres de vaccination.

J’ai une grande plaque rouge sur le bras 5 jours après le vaccin Moderna, dois-je m’inquiéter ?

C’est le tableau typique du « bras COVID » – une réaction locale retardée très bien documentée, plus fréquente avec le vaccin Moderna qu’avec le Pfizer. Elle n’est pas dangereuse et disparaît en général en 4 à 5 jours. Un antihistaminique oral ou un dermocorticoïde léger local peut accélérer la résolution. Cette réaction n’est pas une contre-indication à la deuxième dose de vaccin.

Le vaccin ARNm peut-il déclencher une poussée de ma maladie de peau existante ?

Dans de rares cas, oui. Des poussées de psoriasis, d’eczéma atopique ou de lupus cutané ont été rapportées après vaccination anti-COVID. Ces épisodes sont généralement transitoires et gérables avec les traitements habituels. La balance bénéfice-risque reste en faveur de la vaccination – mais si vous avez une pathologie cutanée inflammatoire, il peut être utile d’en discuter avec votre dermatologue avant la vaccination pour optimiser le traitement de fond.

Les personnes injectées à l’acide hyaluronique risquent-elles une réaction ?

Une réaction inflammatoire locale sur les zones traitées à l’acide hyaluronique est possible, mais reste peu fréquente. Elle survient en général dans les 10 jours suivant la vaccination, dure quelques jours et disparaît spontanément. Elle ne contre-indique pas la vaccination et ne nécessite pas l’arrêt des injections esthétiques – il est simplement conseillé de signaler vos antécédents d’injections au médecin vaccinateur.

Le vaccin contre la COVID peut-il déclencher un zona ?

Une réactivation du virus varicelle-zona (zona) a été rapportée après vaccination anti-COVID, plus fréquemment dans les données de pharmacovigilance que pour d’autres vaccins. Elle survient principalement chez les personnes de plus de 60 ans ou immunodéprimées – populations chez qui le zona peut aussi réactiver spontanément. Cette réactivation est traitée comme tout zona par valaciclovir et ne contre-indique pas les doses suivantes de vaccin anti-COVID.

Faut-il signaler une réaction cutanée après vaccination ?

Oui, surtout si la réaction est sévère, prolongée ou inattendue. En France, toute suspicion d’effet indésirable grave doit être déclarée via le portail signalement-sante.gouv.fr ou auprès de votre médecin, pharmacien ou du centre régional de pharmacovigilance. Ces remontées permettent d’améliorer en continu le suivi de sécurité des vaccins.

Voir aussi :
Urticaire : toutes les formes et leurs traitements
Zona : symptômes, douleurs et traitement
Vascularite cutanée
Article scientifique de référence sur les mécanismes (septembre 2021)

Sources scientifiques

  • McMahon DE, Amerson E, Rosenbach M, et al. Cutaneous reactions reported after Moderna and Pfizer COVID-19 vaccination: a registry-based study of 414 cases. J Am Acad Dermatol. 2021;85(1):46–55. PMID 33838206
  • Bellinato F, Fratton Z, Girolomoni G, Gisondi P. Cutaneous Adverse Reactions to SARS-CoV-2 Vaccines: A Systematic Review and Meta-Analysis. Vaccines. 2022;10(9):1475. PMID 36146552
  • Agustin M, Trifitriana M, Danarti R. COVID arm as a common cutaneous manifestation after mRNA-1273 vaccination: a systematic review. BMC Infect Dis. 2023;23(1):9. PMID 36609224
  • Kroumpouzos G, Paroikaki ME, Yumeen S, Bhargava S, Mylonakis E. Cutaneous Complications of mRNA and AZD1222 COVID-19 Vaccines: A Worldwide Review. Microorganisms. 2022;10(3):624. PMID 35336999
  • Blumenthal KG, Freeman EE, Saff RR, et al. Delayed large local reactions to mRNA-1273 vaccine against SARS-CoV-2. N Engl J Med. 2021;384:1273–1277. PMID 33683818

Mis à jour en mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).


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Mains abîmées : eczéma ?
Mains abîmées : eczéma ? La palpation oriente souvent vers le diagnostic avant la vue.
En bref : Eczema main est une affection cutanée dont le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, des examens complémentaires. La prise en charge dépend de la forme et de la sévérité. Consultez votre dermatologue pour un diagnostic précis et un traitement adapté.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Sommaire :
Causes et mécanismes |
Allergènes fréquents |
Par profession |
Formes cliniques |
Diagnostic et patch tests |
Eczéma chronique et nouveaux traitements |
Traitement |
Pages liées |
Questions fréquentes

Causes de l’eczéma des mains

L’eczéma des mains résulte le plus souvent de l’intrication de plusieurs mécanismes – allergie de contact, irritation chronique, terrain atopique – qui se potentialisent mutuellement. Identifier et hiérarchiser ces facteurs est l’enjeu clé de la consultation.

Mécanisme Caractéristiques Facteurs aggravants
Allergie de contact Hypersensibilité retardée de type IV – réaction en 24 à 72 h après contact avec l’allergène Sensibilisation silencieuse pouvant survenir après des années d’utilisation sans problème
Irritation chronique Eau, détergents, solvants, froid, air sec – altèrent la barrière cutanée sans mécanisme immunitaire Lavage des mains excessif peut seul entretenir un eczéma chronique
Terrain atopique Barrière cutanée structurellement fragilisée chez les personnes ayant un antécédent d’eczéma atopique, d’asthme ou de rhinite Vulnérabilité accrue aux irritants et aux sensibilisants – mains sèches

Allergènes les plus fréquents

Famille d’allergènes Molécules / Sources Professions / Contextes à risque
Caoutchoucs Thiuram-mix, mercapto-mix, carbamates, mercaptobenzothiazole – agents de vulcanisation Soignants, restauration, industrie agroalimentaire (gants en caoutchouc)
Métaux Nickel (allergie au nickel), chrome, cobalt Métallurgie, ciment (eczéma au ciment), colorants textiles, tannage des cuirs
Biocides Isothiazolinones, formaldéhyde, quaternium, glutaraldéhyde – antiseptiques et conservateurs Peintres, agents de nettoyage, soignants – risque accru lors du coronavirus
Produits de coiffure PPD (teintures), thioglycolates (permanentes), persulfate d’ammonium (décoloration), acrylates (onglerie) Coiffeurs – aboutit souvent à un reclassement professionnel
Végétaux Colophane, lactones sesquiterpéniques, baume du Pérou Fleuristes, jardiniers, horticulteurs, agriculteurs, travailleurs du bois
Cosmétiques Parfums (fragrance mix), conservateurs (isothiazolinones, phénoxyéthanol), tensioactifs Usage grand public et professionnel
Protéines alimentaires Fruits, légumes, poissons, laitages, viandes Professionnels de l’alimentation – réaction immédiate urticariforme puis eczéma 24-48 h

Allergènes les plus fréquents selon la profession

Profession Allergènes principaux
Coiffeur / coiffeuse PPD et dérivés (teintures), thioglycolates (permanentes), persulfate (décoloration), nickel des instruments, acrylates (onglerie)
Soignant (infirmier, médecin, aide-soignant) Caoutchoucs des gants, biocides (isothiazolinone, glutaraldéhyde, formaldéhyde), médicaments
Dentiste / assistante dentaire Caoutchoucs des gants, acrylates (HEMA, EGDMA), antiseptiques
BTP (maçon, carreleur, peintre) Chrome du ciment (gale du ciment), isothiazolinones des peintures, résines époxy, caoutchoucs
Vétérinaire / éleveur Caoutchoucs (gants, bottes), médicaments vétérinaires, antiseptiques, pesticides, olaquindox
Fleuriste / jardinier / horticulteur Lactones sesquiterpéniques, colophane, baume du Pérou, pesticides
Professionnel de l’alimentation Protéines alimentaires (poissons, fruits, légumes, viandes), caoutchoucs des gants, désinfectants

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Formes cliniques de l’eczéma des mains

La dyshidrose (dishidrose)

Vésicules profondes « en grain de sagou », translucides, extrêmement prurigineuses, siégeant sur les bords des doigts, les paumes et les plantes. Elles évoluent par poussées, laissant une desquamation caractéristique. Allergènes orienteurs : baume du Pérou, PPD, nickel et autres métaux (cobalt, chrome) – parfois même pris par voie orale. Voir l’article détaillé sur les cloques d’eau des mains et des pieds.

Dyshidrose profuse des mains
Dyshidrose profuse : vésicules en grain de sagou sur les bords des doigts

Le pompholyx

Éruption vésiculeuse et/ou bulleuse d’apparition rapide, sans érythème de fond, suivie d’une desquamation durant 2 à 3 semaines. Survient par poussées distinctes, déclenché par la chaleur, le stress ou l’ingestion d’allergènes (nickel alimentaire).

La dermatose hyperkératosique des paumes

Plaques rouges épaisses et fissurées au centre des paumes, touchant surtout les hommes de 40 à 60 ans. Souvent multifactorielle : allergie de contact + irritation chronique + traumatismes répétés. Diagnostic différentiel difficile avec un psoriasis des mains. En dermoscopie, la plaque d’eczéma chronique lichénifié montre des vaisseaux en points regroupés en amas sur fond rouge et des squames jaunâtres.

Dermoscopie eczéma mains
Dermoscopie : vaisseaux en points et squames jaunes – eczéma chronique lichénifié

La pulpite fissuraire

Fissures douloureuses de la pulpe des doigts, extrêmement invalidantes. Deux orientations diagnostiques importantes :

  • Pulpite de la main controlatérale chez un droitier → évoquer un eczéma à l’ail (manipulation avec la main non dominante)
  • Pulpite de la main directrice → orienter vers la manipulation d’un objet allergisant ou une allergie au nickel
Pulpite fissuraire des doigts
Pulpite fissuraire : fissures douloureuses de la pulpe des doigts

Voir l’article : fissures des mains et des doigts.

L’eczéma profus aigu

Éruption vésiculeuse explosive, comme lors d’un eczéma au ciment ou d’une allergie brutale à un antiseptique appliqué sur une plaie.

Eczéma aigu de la main
Eczéma aigu de la main
Eczéma aigu vésiculeux de la main autour d'une plaie
Eczéma aigu vésiculeux de la main autour d’une plaie : allergie de contact à un antiseptique ou un pansement ?

Diagnostic : interrogatoire, patch tests et dermoscopie

Il n’y a pas toujours d’allergie documentée dans l’eczéma des mains – c’est souvent la conjonction d’une peau sèche et de contacts répétés avec des irritants qui explique la situation. La consultation dermatologique est indispensable pour hiérarchiser les facteurs.

L’interrogatoire : les indices clés

  • Date de début et évolution – un changement de poste ou de métier coïncidant avec le début est très orienteur
  • Amélioration pendant les vacances : argument le plus fort en faveur d’une origine professionnelle
  • Localisation précise : dos des mains (gants), paumes (irritation ou psoriasis), pulpe des doigts (manipulation d’objets)
  • Loisirs, bricolage, jardinage, traitements topiques appliqués sur les mains
  • Antécédent d’allergie aux bijoux (nickel), aux teintures capillaires (PPD)
  • Atteinte conjointe des paupières → évoquer des allergènes aéroportés

Les patch tests (tests épicutanés)

En cas de poussées répétées sans cause évidente, le dermatologue propose des tests épicutanés (patch tests) : application dans le dos de sparadraps contenant différents allergènes standardisés, retirés à 48 heures. Lecture à 48 h puis à 72–96 h – certains allergènes (corticoïdes, néomycine) ne positivent qu’à 7 jours : une relecture tardive peut être nécessaire. La batterie standard européenne explore les allergènes les plus fréquents. Des batteries complémentaires (coiffure, acrylates, cosmétiques, végétaux) sont ajoutées selon le contexte professionnel.

Eczéma chronique des mains : formes et nouveaux traitements

On définit l’eczéma chronique des mains comme une dermatose évoluant depuis plus de 3 mois consécutifs ou récidivant à raison d’au moins 2 épisodes par an. En phase aiguë, l’eczéma est souvent vésiculeux, suintant, prurigineux. En dehors des poussées, la peau est épaissie, fissurée – les douleurs nocturnes peuvent altérer le sommeil.

Formes chroniques

  • Dermite irritative des mains : peau sèche, squameuse, épaissie et fissurée, prédominant sur le dos des mains
  • Dyshidrose chronique : voir cloques sur les mains
  • Eczéma hyperkératosique et fissuré des paumes : souvent confondu avec un psoriasis des mains
  • Eczéma lichénifié : épaississement du dos des mains et des doigts, peau grisâtre quadrillée par le grattage chronique
  • Pulpite fissuraire chronique : voir fissures des doigts

Nouveaux traitements de l’eczéma chronique sévère

Deux avancées thérapeutiques majeures ont enrichi l’arsenal depuis 2022 :

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Alitrétinoïne (Toctino®) : rétinoïde systémique disposant d’une AMM spécifique dans l’eczéma chronique sévère des mains résistant aux dermocorticoïdes chez l’adulte. Posologie habituelle : 30 mg/j pendant 12 à 24 semaines. Contraception obligatoire chez la femme en âge de procréer (tératogène). Surveillance lipidique et hépatique. Reste utile lorsque le delgocitinib n’est pas disponible ou contre-indiqué.

📚 Giménez-Arnau AM et al. – DELTA FORCE : delgocitinib vs alitrétinoïne, phase 3, 513 patients – Lancet 2025

📚 Bissonnette R et al. – DELTA 1 & DELTA 2 : delgocitinib vs véhicule, phase 3 – Lancet 2024

En savoir plus, article Eczema chronique des mains

Soigner l’eczéma des mains

Le traitement repose sur quatre axes complémentaires, à adapter selon la forme clinique et la sévérité.

Axe thérapeutique Modalités pratiques
Éviction de l’allergène ou de l’irritant Mesure la plus efficace et incontournable. Port de gants en coton sous les gants de protection. Substitution professionnelle si nécessaire. Sans éviction, aucun traitement ne permet une guérison durable.
Dermocorticoïdes Classe I (propionate de clobétasol) sur les paumes et les plantes. Classe II-III sur le dos des mains. Cure courte sur poussée aiguë. Sous occlusion nocturne pour les formes hyperkératosiques très épaisses.
Antihistaminiques Cétirizine ou loratadine pour le prurit diurne. Hydroxyzine (Atarax®) le soir pour les formes prurigineuses nocturnes. Soulagent les démangeaisons sans traiter l’inflammation.
Émollients Plusieurs applications quotidiennes, notamment après chaque lavage sur peau encore légèrement humide. Crèmes sans parfum ni conservateurs allergisants. Restaurent la barrière cutanée.

Conseils pratiques quotidiens

  • Limiter les lavages des mains au strict nécessaire – un rinçage à l’eau claire suffit dans de nombreux cas
  • Utiliser un savon surgras sans parfum
  • Sécher par tamponnement, jamais par friction
  • Éviter les gants en latex (caoutchouc allergisant) – préférer les gants en nitrile ou vinyl avec sous-gant en coton
  • Appliquer un émollient immédiatement après le lavage, sur peau encore légèrement humide

Pages liées

Eczema chronique des mains

⚠️ Consultez un médecin sans attendre si :

  • L’eczéma s’étend ou s’infecte (pus, croûtes jaunes, fièvre)
  • Fissures profondes empêchant tout travail manuel
  • Aucune amélioration après 2 semaines de dermocorticoïdes bien appliqués
  • Suspicion d’allergie professionnelle (patch tests nécessaires en urgence)

Questions fréquentes

J’ai de l’eczéma sur le dos des mains et les jointures, pas du tout sur la paume – que faire ?

Ce tableau oriente fortement vers une dermite irritative par lavages excessifs plutôt qu’une allergie vraie – le dos des mains étant plus exposé que les paumes. La piste à explorer : réduire les lavages au strict nécessaire, utiliser un savon surgras sans parfum, appliquer un émollient après chaque lavage. Si pas d’amélioration après 3 à 4 semaines malgré ces mesures, des patch tests s’imposent pour exclure une allergie surajoutée.

Mon eczéma des mains disparaît pendant les vacances mais revient dès la reprise du travail – est-ce forcément une allergie professionnelle ?

L’amélioration systématique pendant les congés est l’argument le plus fort en faveur d’une origine professionnelle – allergie ou irritation chronique liée aux conditions de travail. Ce constat justifie une consultation dermatologique avec patch tests incluant les produits manipulés au travail. Un eczéma professionnel reconnu peut être déclaré en maladie professionnelle (tableaux 65 et 66 du régime général) avec prise en charge spécifique.

Quelle différence entre eczéma et psoriasis des mains ?

La distinction peut être difficile cliniquement. L’eczéma est plus prurigineux, vésiculeux en phase aiguë, avec desquamation fine. Le psoriasis des mains donne des plaques bien délimitées avec squames blanches sèches, souvent associées à des ongles ponctués ou déformés et à d’autres localisations psoriasiques. La dermoscopie et la biopsie cutanée tranchent en cas de doute persistant.

Qu’est-ce que le delgocitinib (Anzupgo®) et pour qui est-il indiqué ?

Le delgocitinib (Anzupgo®) est le premier inhibiteur pan-JAK topique disponible pour l’eczéma chronique des mains modéré à sévère chez l’adulte, pour lequel les dermocorticoïdes sont inadéquats ou inappropriés. Il s’applique 2 fois par jour en crème. L’essai de phase 3 DELTA FORCE (2025, 513 patients, Lancet) a montré une efficacité supérieure à l’alitrétinoïne orale avec un profil de tolérance nettement meilleur (céphalées : 4 % vs 32 %). Il représente une alternative non stéroïdienne importante pour les formes chroniques résistantes aux corticoïdes.

L’alitrétinoïne est-elle réservée aux cas très graves ?

L’alitrétinoïne (Toctino®) est indiquée dans les eczémas chroniques sévères des mains résistant aux dermocorticoïdes avec retentissement significatif sur la vie quotidienne ou professionnelle. Elle n’est pas réservée aux cas extrêmes mais nécessite une contraception obligatoire chez la femme (tératogène), une surveillance biologique régulière et une information sur les effets secondaires habituels des rétinoïdes. Depuis l’arrivée du delgocitinib topique, le choix entre les deux options est à discuter avec votre dermatologue.

Voir aussi :
Eczéma |
Dyshidrose |
Fissures des doigts |
Eczéma allergique de contact |
Psoriasis des mains |
Dermocorticoïdes |
Eczéma au ciment

Sources scientifiques

Mis à jour le 12 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS)., Bordeaux.



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Eczema enfant : chez l’enfant : reconnaître et traiter

Mis à jour le 5 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Eczéma de l’enfant (dermatite atopique) : symptômes, causes et traitement
Votre enfant a des plaques rouges et sèches qui le démangent, survenant par poussées notamment en hiver : c’est peut-être de l’eczéma atopique. Première maladie de peau de l’enfant, elle touche 15 à 20 % des nourrissons en France. Voici comment la reconnaître, la traiter et éviter les rechutes.

En bref : L’eczéma atopique touche 15 à 20 % des nourrissons en France, avec des plaques rouges et sèches qui démangent, évoluant par poussées surtout en hiver. Il régresse spontanément chez plus de la moitié des enfants avant l’adolescence ; émollient quotidien et dermocorticoïdes lors des poussées restent le traitement de référence.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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eczéma atopique enfant nourrisson plaques rouges photo
Plaques rouges et sèches qui grattent chez l’enfant : eczéma atopique

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Qu’est-ce que l’eczéma atopique de l’enfant ?

La dermatite atopique (ou eczéma atopique) est une maladie inflammatoire chronique de la peau, évoluant par poussées. Elle débute le plus souvent avant l’âge de 1 an et fait partie du groupe des maladies allergiques – comme l’asthme, la rhinite allergique et l’urticaire. On parle d’atopie pour désigner cette prédisposition familiale aux allergies.

L’eczéma du nourrisson commence le plus souvent vers 3 mois. Les plaques prédominent sur les joues chez le jeune enfant, puis touchent préférentiellement les plis du coude, la zone derrière les genoux et derrière les oreilles (eczéma des oreilles).

Symptômes selon l’âge

Âge Localisation des plaques Aspect Évolution
0–2 ans Joues, front, cuir chevelu, convexités des membres Rougeur, suintement, croûtes 50% guérissent vers 2 ans
2–12 ans Plis des coudes et genoux, poignets, cou, derrière les oreilles Plaques sèches, lichenifiées, démangeaisons intenses Disparition possible vers 5–8 ans
Adolescent / adulte Mains, visage, cou, plis Peau épaissie, très sèche, démangeaisons chroniques Peut persister ou réapparaître à l’âge adulte

Causes de l’eczéma atopique

Ce que l’on sait avec certitude

  • Facteurs génétiques – 60% des parents d’un enfant atopique ont ou ont eu un signe d’atopie. On retrouve fréquemment des antécédents d’allergies dans la famille
  • Défaut de barrière cutanée – la peau des enfants atopiques est plus sèche et « fissurée », laissant pénétrer les allergènes et les irritants. C’est pourquoi l’hydratation régulière est un pilier du traitement
  • Hyperréactivité immunitaire – les enfants atopiques réagissent plus facilement aux substances de leur environnement (acariens, poils d’animaux, pollens…)
  • Rôle du Staphylocoque doré – la colonisation par Staphylococcus aureus sur la peau atopique aggrave l’inflammation et favorise les poussées
  • Augmentation de la prévalence – la dermatite atopique touche 15 à 20% des enfants en France contre 5% il y a 30 ans – rôle probable de l’environnement, de l’hygiène excessive et de la réduction de l’exposition aux agents infectieux

Pour en savoir plus : causes de l’eczéma de l’enfant

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Évolution par poussées

L’eczéma atopique évolue par poussées entrecoupées de phases de rémission. Pendant les poussées :

  • Les plaques rouges se couvrent parfois de minuscules cloques qui suintent
  • Les démangeaisons provoquent un grattage intense, des excoriations, parfois des insomnies
  • Les plaques peuvent se surinfecteur et se recouvrir de croûtes et de pus (impétigo)
  • Après la poussée, la peau reste sèche et rugueuse aux endroits touchés

Traitement de l’eczéma atopique

Le traitement repose sur 3 piliers indissociables :

Pilier En dehors des poussées Pendant les poussées
Hydratation Émollient quotidien sur tout le corps après le bain Continuer l’émollient en dehors des zones enflammées
Dermocorticoïdes Non utilisés en dehors des poussées Application 1x/jour sur les plaques jusqu’à disparition
Éviction des facteurs déclenchants Acariens, textiles irritants, savons agressifs, stress Idem + identifier le facteur déclenchant de la poussée

Voir l’article détaillé : traitement de l’eczéma de l’enfant

Traitements de fond pour les formes sévères (2024-2025)

Pour les formes modérées à sévères résistant aux dermocorticoïdes, de nouvelles biothérapies sont disponibles :

  • Dupilumab (Dupixent®) – anticorps monoclonal anti-IL-4/IL-13, autorisé dès 6 mois en France depuis 2023. Réduit significativement les poussées et le prurit
  • Tralokinumab (Adtralza®) – anti-IL-13, autorisé chez l’adulte et l’adolescent dès 12 ans
  • Inhibiteurs de JAK (abrocitinib, upadacitinib) – pour les adultes et adolescents en échec des biothérapies

Voir l’article sur les soins de l’eczéma de l’enfant

Quand consulter en urgence ?

⚠️ Consultez immédiatement si votre enfant présente :

  • Syndrome de Kaposi-Juliusberg – petites vésicules (cloques) qui se propagent rapidement sur tout le corps chez un enfant atopique. Urgence dermatologique. Si vous avez un bouton de fièvre (herpès labial), n’embrassez pas un enfant atopique
  • Surinfection bactérienne (impétigo) – plaques recouvertes de pus jaune, croûtes dorées, fièvre. Voir l’article impetigo vs eczema surinfecté
  • Œdème du visage – gonflement rapide, possible réaction allergique sévère
syndrome Kaposi Juliusberg eczéma atopique enfant herpès photo
Kaposi-Juliusberg chez un enfant atopique – urgence dermatologique

⚠️ Consultez rapidement si :
les plaques ne disparaissent pas après une semaine de traitement bien conduit, ou si l’eczéma retentit sur le sommeil, l’humeur ou la croissance de l’enfant.

Avis du Pr Alain Taïeb – Chef du service de Dermatologie, Hôpital Saint-André, Bordeaux

Qu’a-t-on appris de nouveau sur la dermatite atopique ?

  • L’incidence de la dermatite atopique a augmenté ces 20 dernières années avec un gradient Nord-Sud : de 5% en Espagne à 20% en Grande-Bretagne. L’environnement joue un rôle majeur – la dureté de l’eau augmente la prévalence chez le nourrisson ; la meilleure hygiène et la réduction de la taille des familles diminuent l’exposition aux agents infectieux, ce qui pourrait favoriser une dysmaturation du système immunitaire
  • Le bilan allergologique n’est pas toujours indispensable dans les formes peu sévères. Des précautions simples suffisent : éviter la diversification alimentaire trop précoce (œuf, arachide), mesures anti-acariens (pas de peluches, moquettes, aspiration régulière), éviter les moisissures et les animaux domestiques
  • En revanche, dans les formes graves (SCORAD élevé), résistantes aux traitements ou associées à des manifestations systémiques, un bilan allergologique complet est indiqué

Vidéo de la Société Française de Dermatologie :

Sources

Questions fréquentes sur l’eczéma de l’enfant

L’eczéma de l’enfant guérit-il définitivement ?

Dans environ 50% des cas, l’eczéma atopique du nourrisson disparaît vers 2 ans. Chez la majorité des enfants, les poussées s’espacent et diminuent vers 5-8 ans. Cependant, 30 à 40% des enfants atopiques gardent une peau sensible à l’âge adulte, avec des rechutes possibles en cas de stress, de changement de saison ou d’exposition à des irritants.

Peut-on utiliser la cortisone sur la peau d’un bébé ?

Oui, les dermocorticoïdes sont le traitement de référence des poussées d’eczéma, y compris chez le nourrisson. Utilisés correctement – en cure courte, sur les zones enflammées, à la bonne concentration selon l’âge et la localisation – ils sont sûrs et efficaces. Le risque d’effets secondaires est très faible avec une utilisation bien encadrée par un médecin. Ne pas traiter une poussée est souvent plus risqué que de traiter.

Faut-il faire un bilan allergologique pour un enfant avec de l’eczéma ?

Pas systématiquement. Dans les formes légères à modérées, des mesures d’éviction simples (acariens, animaux, savons agressifs) suffisent souvent. Un bilan allergologique est recommandé en cas d’eczéma sévère résistant aux traitements, de suspicion d’allergie alimentaire associée, ou de retentissement sur la croissance. C’est le dermatologue ou l’allergologue qui décide selon la sévérité.

L’alimentation influence-t-elle l’eczéma de l’enfant ?

Chez les nourrissons, une allergie alimentaire (lait de vache, œuf, arachide) peut aggraver ou déclencher des poussées d’eczéma – mais ce n’est pas systématique. Éviter une diversification trop précoce (avant 4 mois) est recommandé. Une éviction alimentaire ne doit jamais être faite sans bilan allergologique préalable – elle peut entraîner des carences et n’est efficace que si une allergie est prouvée.

L’eczéma est-il contagieux ?

Non. L’eczéma atopique n’est pas contagieux – ni par contact direct, ni par les vêtements. En revanche, une surinfection bactérienne (impétigo) ou virale (herpès) sur des plaques d’eczéma peut être transmise à l’entourage. C’est pourquoi il faut éviter d’embrasser un enfant atopique si l’on a un bouton de fièvre (herpès labial).

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Eczema du bébé et du nourrisson chez l’enfant : reconnaître

Mis à jour le 9 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : L’eczéma du nourrisson débute le plus souvent entre 2 et 6 mois et touche 15 à 20 % des bébés en France. Selon une étude publiée dans Asian Pacific Journal of Allergy and Immunology, il disparaît complètement chez près de la moitié des enfants (49,8 %) avant l’âge préscolaire. Le traitement repose sur les émollients au quotidien et les dermocorticoïdes lors des poussées, prescrits par un médecin.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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L’eczéma du bébé et du nourrisson : ce qu’il faut savoir

L’eczéma du nourrisson, aussi appelé dermatite atopique infantile, est l’une des maladies de peau les plus fréquentes chez le bébé. Elle touche environ 15 à 20 % des nourrissons en France et se manifeste par des plaques rouges, sèches et prurigineuses. Bien que bénigne dans la majorité des cas, elle peut altérer significativement le confort du bébé et le sommeil de la famille.

📋 À savoir : L’eczéma atopique est souvent associé à d’autres manifestations allergiques comme l’asthme ou la rhinite allergique. On parle de « marche atopique ».

Symptômes : comment reconnaître l’eczéma chez le nourrisson ?

L’eczéma du bébé se présente sous plusieurs formes selon l’âge :

  • Avant 2 ans : plaques rouges suintantes sur le visage (joues, front), le cuir chevelu, le tronc et les membres
  • Entre 2 et 6 ans : atteinte des plis (coudes, genoux), des poignets et des chevilles
  • Dans tous les cas : sécheresse cutanée importante, démangeaisons (prurit) souvent intenses

Causes et facteurs déclenchants

La dermatite atopique résulte d’une anomalie de la barrière cutanée associée à une prédisposition génétique. Les principaux facteurs aggravants sont :

  • Acariens, poils d’animaux, pollens
  • Savons irritants, produits parfumés
  • Vêtements en laine ou synthétiques
  • Variations de température et chaleur excessive
  • Certains aliments (œuf, lait de vache, arachide) chez les nourrissons
⚠️ Attention : Ne supprimez pas d’aliments sans avis médical. Une éviction alimentaire non justifiée peut entraîner des carences et n’améliore pas toujours l’eczéma.

Traitement de l’eczéma du bébé

La prise en charge repose sur deux axes principaux :

1. Les émollients au quotidien

Appliquer une crème émolliente une à deux fois par jour sur tout le corps permet de restaurer la barrière cutanée et de réduire la fréquence des poussées. Ce geste est indispensable même en l’absence de signes visibles.

2. Les dermocorticoïdes lors des poussées

Les dermocorticoïdes (corticoïdes en crème) restent le traitement de référence des poussées d’eczéma du nourrisson. Utilisés correctement et selon la prescription médicale, ils sont sûrs et efficaces. Ils permettent de faire régresser rapidement l’inflammation.

Traitement Indication Fréquence
Émollient Entretien quotidien 1 à 2 fois/jour
Dermocorticoïde Poussées actives 1 fois/jour jusqu’à rémission
Antihistaminique Prurit sévère nocturne Le soir si nécessaire

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Consultez sans attendre si :

  • Les plaques se couvrent de pus jaune ou de croûtes dorées (surinfection bactérienne, impétiginisation)
  • De petites vésicules (cloques) se propagent rapidement sur tout le corps – syndrome de Kaposi-Juliusberg, urgence dermatologique
  • Une fièvre accompagne l’aggravation des plaques
  • Le bébé a un contact proche avec une personne ayant un bouton de fièvre (herpès labial) – ne l’embrassez pas

Questions fréquentes sur l’eczéma du nourrisson

À quel âge l’eczéma peut-il apparaître chez le bébé ?
L’eczéma du nourrisson peut débuter dès les premières semaines de vie, le plus souvent entre 2 et 6 mois. Il touche environ 15 à 20 % des nourrissons en France.

Où se manifeste l’eczéma chez le nourrisson ?
Chez le nourrisson, les plaques d’eczéma apparaissent sur le visage (joues, front), le cuir chevelu, le tronc et les membres. Les plis sont plus souvent touchés après 2 ans.

Comment traiter l’eczéma du bébé ?
Le traitement repose sur l’application régulière d’émollients et, lors des poussées, de dermocorticoïdes adaptés à l’âge, prescrits par un médecin.

L’eczéma du nourrisson disparaît-il avec l’âge ?
Dans plus de 50 % des cas, l’eczéma du nourrisson s’améliore significativement avant l’âge de 6 ans avec une prise en charge adaptée.

Comment reconnaître un eczéma surinfecté d’un impétigo ?

La différence réside le plus souvent dans la présence de plaques d’eczéma antérieures qui changent d’aspect (croûtes jaunes), alors que l’impétigo survient souvent sur une peau antérieurement saine. La distinction est parfois difficile : on parle alors d’impétiginisation de l’eczéma.

Voir l’article impétigo vs eczéma surinfecté

Utiliser des émollients dès la naissance permet-il de prévenir l’eczéma ?
Non – un essai randomisé britannique (étude BEEP) a montré que l’application quotidienne d’émollients dès la naissance chez des nourrissons à risque ne réduisait pas le risque d’eczéma à 2 ans et était associée à davantage d’infections cutanées. Les émollients restent en revanche essentiels pour traiter et espacer les poussées d’un eczéma déjà présent, voir notre guide de traitement de l’eczéma du bébé.

Quand consulter en urgence pour l’eczéma du bébé ?
Sans attendre, si les plaques se couvrent de pus jaune ou de croûtes dorées, si de petites vésicules se propagent rapidement sur tout le corps, ou en cas de fièvre associée. Pour l’eczéma qui persiste chez l’enfant plus grand, voir aussi notre guide de l’eczéma qui gratte chez l’enfant et notre article sur l’eczéma du visage chez l’enfant.

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Références

Selon PubMed, près de la moitié des eczémas du nourrisson (49,8%) disparaissent complètement avant l’âge préscolaire, un début précoce et une forme légère étant de bon pronostic (Wananukul S et al., Asian Pac J Allergy Immunol, 2015, PMID 26141038, DOI). Un essai randomisé (étude BEEP) a montré que l’application quotidienne d’émollients dès la naissance ne prévient pas l’eczéma chez les nourrissons à risque et augmente le risque d’infections cutanées (Bradshaw LE et al., Health Technol Assess, 2024, PMID 39021147, DOI). Les complications infectieuses (surinfection bactérienne, eczéma herpeticum) sont une comorbidité reconnue de la dermatite atopique (Wang V et al., Ann Allergy Asthma Immunol, 2020, PMID 32771354, DOI).

Source institutionnelle : Haute Autorité de Santé, avis sur la dermatite atopique sévère de l’enfant (6 mois – 5 ans), 2023.

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