Les livres du Dr Rousseau
Trois guides écrits par un dermatologue ayant + de 25 ans de pratique
Collection Secrets de Dermatologue
Découvrez trois livres pour prendre soin de votre peau sans attendre le prochain rendez-vous.
1
Peau Noire et Mate
Le guide complet pour sublimer, protéger et prendre soin de ma peau foncée et de mes cheveux
Vingt-cinq ans de pratique clinique sur les peaux noires, métissées, méditerranéennes et asiatiques, avec les remplacements aux Antilles et en Polynésie en toile de fond. Taches, boutons sur peau foncée, cheveux crépus, cicatrices... : ce que la consultation de sept minutes n'a jamais le temps de vous expliquer.
2
Longévitalité
La peau ne ment pas, le programme de longévité et vitalité d'un dermatologue
Après 40 ans, la peau vieillit à la vitesse de votre biologie interne, pas de votre âge civil. Le programme en 90 jours, qui agit sur le sommeil, l'alimentation et l'inflammation, pas seulement sur ce que vous appliquez dessus.
3
La Peau de l'Intérieur
Eczéma, psoriasis, acné, rosacée, vieillissement, cheveux, ongles : règles d'or pour soigner sa peau de l'intérieur
Des dizaines de crèmes testées et une peau qui résiste encore ? C'est peut-être que votre peau se soigne aussi de l'intérieur par l'intestin, le sommeil et le stress. L'heure de conversation que la consultation ne permet jamais d'avoir.
Dr Ludovic Rousseau, dermatologue et vénérologue, dermatonet.com
Mis à jour le 25 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Sommaire :
Zones qui répondent bien |
Traitements locaux |
Corticothérapie mini-pulse |
Photothérapie UVB |
Lasers |
Ruxolitinib (Opzelura®) |
Inhibiteurs JAK oraux |
Greffe de mélanocytes |
Micro-aiguilles |
Maquillage et camouflage |
Consensus et stratégie |
Tableau récapitulatif |
Questions fréquentes
Traitement du vitiligo : repigmentation, photothérapie, ruxolitinib et nouvelles options
Le vitiligo reste une maladie difficile à contrôler dans son évolution – l’apparition de nouvelles plaques peut survenir malgré le traitement – mais la repigmentation d’une grande partie des lésions existantes est aujourd’hui possible grâce à un arsenal thérapeutique en pleine expansion. La clé réside dans la persistance des cellules souches mélanocytaires dans les follicules pileux, qui peuvent être stimulées pour reconstituer le pigment. Deux impératifs à retenir : la patience – il faut souvent 6 mois à 2 ans pour des résultats satisfaisants – et la précocité – traiter tôt, avant que les lésions ne s’installent durablement.
Besoin de l'avis d'un dermatologue en visio ? Délais de RDV trop longs en cabinet ?
Téléconsultation dermatologue : rdv généralement en - de 24h.
Avis patients vérifiés : 5,0★ (28 avis)

Toutes les zones ne répondent pas de la même façon
Avant d’initier un traitement, il est important de connaître les zones qui répondent bien – et celles qui résistent :
- Visage – zone de meilleure réponse au traitement, repigmentation souvent satisfaisante
- Tronc et membres proximaux – réponse intermédiaire
- Mains et pieds – zones les plus résistantes, repigmentation souvent partielle ou absente
- Vitiligo segmentaire (un seul côté du corps) – bonne indication pour la greffe de mélanocytes, notamment sur le visage
- Vitiligo avec cheveux blancs dans la plaque – signe de destruction des follicules, pronostic de repigmentation plus réservé
Traitements locaux – crèmes et topiques
Dermocorticoïdes
Les crèmes à la cortisone appliquées sur le pourtour des plaques peuvent freiner l’extension du vitiligo et favoriser la repigmentation. Elles restent un traitement de première intention, notamment en association avec la photothérapie. Leur utilisation prolongée sur le visage est limitée par le risque d’atrophie cutanée – la limite est rarement supérieure à 45 % de repigmentation après plusieurs mois. Des fenêtres thérapeutiques régulières sont indispensables.
Tacrolimus topique (hors AMM)
Le tacrolimus en crème (Protopic®) est utilisé hors AMM dans le vitiligo, à raison de 2 applications par jour jusqu’à obtention d’une repigmentation (minimum 6 mois). Cet immunosuppresseur topique agit en inhibant la calcineurine, bloquant l’activation des lymphocytes T. Son avantage majeur est de pouvoir être utilisé sur le visage et le cou sans risque d’atrophie cutanée – des études ont montré une efficacité comparable voire supérieure aux dermocorticoïdes de classe III pour les lésions faciales, avec un meilleur profil de sécurité à long terme. Une légère sensation de brûlure initiale est possible. Une application deux fois par semaine peut ensuite maintenir la repigmentation obtenue.
Vitamine D topique (hors AMM)
Les analogues de la vitamine D (Daivonex®, calcipotriol) peuvent être utilisés en association, notamment avec la photothérapie UVB, pour potentialiser la repigmentation.
⚠️ Tous ces traitements locaux nécessitent une prescription médicale. L’application sur les lésions actives en bordure de plaque – plutôt que sur les zones déjà totalement dépigmentées – optimise les résultats.
Corticothérapie orale mini-pulse – stopper les formes actives
Lorsque le vitiligo est en phase active – nouvelles plaques apparaissant rapidement, extension des lésions documentée sur 3 à 6 mois, ou signe de dépigmentation en confettis en périphérie des plages – une réponse thérapeutique plus ferme s’impose. C’est l’indication de la corticothérapie orale mini-pulse, option trop souvent méconnue des patients pourtant validée depuis plusieurs décennies.
Le protocole le plus couramment utilisé consiste en l’administration de dexaméthasone 2,5 mg par jour pendant 2 jours consécutifs par semaine, généralement le matin après le petit-déjeuner, pendant 3 à 6 mois. Des variantes existent avec des doses plus élevées (5 mg) selon les études. L’efficacité sur le contrôle de la progression est remarquable : un taux d’arrêt de l’extension d’environ 87 % des patients traités a été documenté dans les études de référence (Pasricha & Khaitan 1993, Radakovic-Fijan 2001). Le risque d’insuffisance corticotrope est très réduit par le caractère intermittent.
Cette option peut être associée aux traitements topiques ou à la photothérapie UVB pour optimiser les résultats – l’association est particulièrement logique puisqu’elle combine contrôle de l’activité (mini-pulse) et stimulation de la repigmentation (photothérapie).
Photothérapie UVB – traitement de référence
Un traitement par UV repigmente environ 45 à 60 % des personnes atteintes de vitiligo – estimation issue de la méta-analyse de Bae et al. publiée dans JAMA Dermatology en 2017, la plus solide disponible sur le sujet. La photothérapie est le traitement systémique de référence pour les formes étendues, en association avec les traitements locaux.
UVB à spectre étroit (TL01) – traitement de choix
Les UVB à spectre étroit sont désormais préférés aux UVA (PUVAthérapie) en raison d’un meilleur profil de sécurité. Le traitement est réalisé en cabine chez le dermatologue, 2 à 3 séances par semaine. Les résultats sont évalués après 3 à 4 mois – le traitement est arrêté en cas d’inefficacité à ce stade. L’efficacité varie selon la localisation : meilleure au visage et au tronc, plus décevante aux extrémités.
UVB à domicile
Une étude a montré que les UV à domicile peuvent être aussi efficaces que les UVB à spectre étroit réalisés chez le dermatologue 3 fois par semaine – une option pratique pour les patients éloignés des centres ou dont les contraintes d’agenda limitent les séances en cabinet.
PUVAthérapie (UVA + psoralènes)
La PUVAthérapie (psoralènes pris 2 heures avant l’exposition aux UVA) est moins utilisée aujourd’hui. Si votre médecin vous a prescrit un psoralène, des lunettes noires couvrant les côtés des yeux sont obligatoires pendant les 8 heures suivant la prise, et toute exposition solaire doit être évitée pendant cette période.
Limites et précautions de la photothérapie
Les UV jouant un rôle important dans le déclenchement des cancers cutanés, des limites strictes sont recommandées :
- Maximum 30 séances par an
- Maximum 150 à 200 séances au total dans une vie
- Le mélanome contre-indique définitivement les UV
- Signaler tout antécédent de cancer cutané, grain de beauté atypique, maladie liée au soleil, ou traitement photosensibilisant
- Lunettes protectrices obligatoires pendant les séances
- Les hommes doivent garder leur slip pendant les séances
Besoin de l'avis d'un dermatologue en visio ? Délais de RDV trop longs en cabinet ?
Téléconsultation dermatologue : rdv généralement en - de 24h.
Avis patients vérifiés : 5,0★ (28 avis)

Lasers dans le vitiligo
Laser excimer et laser Hélium-Néon
Le laser excimer (308 nm) délivre des UVB monochromatiques à haute intensité directement sur les plaques de vitiligo, en épargnant la peau saine environnante. Il est particulièrement efficace sur le visage et peut remplacer ou compléter la photothérapie en cabine pour les lésions localisées.
Laser CO2 ablatif fractionné
Les lasers fractionnés présentent un intérêt dans le vitiligo non-segmentaire stable, pour lequel les traitements conventionnels sont parfois insuffisants. Le laser CO2 ablatif est particulièrement étudié, surtout en association avec un dermocorticoïde en crème et/ou des UVB.
Laser picoseconde
Une étude pilote publiée dans JAMA Dermatology (Lee, 2017) est en faveur de l’efficacité du laser picoseconde Sapphire titanium 311 nm, avec des résultats prometteurs à confirmer sur de plus larges cohortes.
Dépigmentation laser pour vitiligos quasi-généralisés
Pour les vitiligos touchant plus de 50 à 80 % de la surface corporelle, une approche inverse peut être discutée : dépigmenter la peau saine restante par laser dépigmentant pour homogénéiser le teint. Cette décision, lourde de conséquences définitives, nécessite une concertation approfondie.
Ruxolitinib (Opzelura®) – la nouveauté majeure
Le ruxolitinib crème (Opzelura®) représente l’avancée thérapeutique la plus significative de ces dernières années dans le vitiligo. C’est un inhibiteur sélectif de JAK1 et JAK2 topique qui bloque la signalisation de l’interféron-gamma (IFN-γ) – cytokine centrale de la destruction des mélanocytes par les lymphocytes T CD8+. En réduisant la production de CXCL9 et CXCL10, il coupe le recrutement des cellules cytotoxiques vers les lésions.
Ce que montrent vraiment les études
Les études pivots TRuE-V1 et TRuE-V2 (phase III, versus placebo, 24 semaines, patients de 12 ans et plus atteints de vitiligo non-segmentaire avec atteinte faciale) ont montré qu’une amélioration d’au moins 75 % de la repigmentation faciale (F-VASI75) était atteinte par environ 30 % des patients traités par ruxolitinib à 24 semaines – contre 7,4 % dans le groupe placebo. L’efficacité continue de s’améliorer avec la durée du traitement : certains patients atteignent 90 % de repigmentation après un an, et plus de 50 % des patients atteignent le critère F-VASI75 à 52 semaines dans les analyses poolées. Ces résultats s’améliore encore en association avec les UVB à spectre étroit.
Disponibilité en France
Opzelura® est disponible en pharmacie de ville en France depuis juillet 2024. Avant cette date, il fallait se le procurer en pharmacie hospitalière, ce qui en limitait considérablement l’accès. Cette disponibilité élargie constitue un changement majeur dans la prise en charge pratique du vitiligo. La HAS a évalué positivement ce médicament dans l’avis d’octobre 2023.
Utilisation pratique
- Crème à 1,5 % – 2 applications par jour sur les plaques
- Indiqué dans le vitiligo non-segmentaire avec atteinte faciale chez les patients de 12 ans et plus
- Surface maximale traitée : 10 % de la surface corporelle
- Peut être associé à la photothérapie UVB pour potentialiser l’effet
- Prescription dermatologique initiale requise – remboursé à 65 % par l’Assurance Maladie
Inhibiteurs JAK oraux – la prochaine révolution thérapeutique
L’avantage décisif des traitements oraux par rapport au ruxolitinib topique : ils peuvent traiter l’ensemble des lésions simultanément, y compris les formes étendues ou généralisées, sans la contrainte des 10 % de surface corporelle maximum. Trois molécules sont en développement avancé.
Baricitinib (inhibiteur JAK1/JAK2) – l’essai le plus avancé
Une étude randomisée en double aveugle publiée dans JAMA Dermatology en 2025 a évalué le baricitinib 4 mg/jour associé à la photothérapie UVB chez 49 adultes atteints de vitiligo étendu et actif. Le baricitinib présente l’originalité de combiner l’inhibition de la voie JAK-STAT et une stimulation de l’activité de la tyrosinase, enzyme clé de la mélanogenèse. Les résultats sont éloquents : réduction du score VASI de 44,8 % dans le groupe baricitinib contre 9,2 % dans le groupe placebo à 36 semaines (p = 0,02). La photothérapie UVB a été ajoutée à partir de la 12e semaine dans les deux groupes. La tolérance était bonne, avec un profil de sécurité similaire entre les deux groupes. Le baricitinib est déjà commercialisé pour d’autres indications auto-immunes (polyarthrite rhumatoïde), ce qui pourrait accélérer son développement dans le vitiligo.
Ritlécitinib (inhibiteur JAK3/TEC)
Le ritlécitinib cible spécifiquement les voies de signalisation impliquées dans la pathogenèse du vitiligo. L’étude de phase IIb a inclus 300 patients atteints de vitiligo non-segmentaire actif. À la semaine 24, 30 % des patients traités par ritlécitinib 50 mg ont atteint une amélioration d’au moins 50 % du score facial (F-VASI50) contre 8 % dans le groupe placebo. Les essais de phase III sont en cours.
Upadacitinib (inhibiteur sélectif JAK1)
L’upadacitinib, inhibiteur sélectif de JAK1, offre une inhibition ciblée de la signalisation de l’IFN-γ tout en préservant partiellement les autres voies JAK-STAT importantes pour l’homéostasie cellulaire. Les études de phase II montrent une efficacité prometteuse, particulièrement au niveau facial. Sa sélectivité pourrait offrir un meilleur profil de sécurité. Il est déjà commercialisé pour la dermatite atopique, ce qui représente un atout pour son développement futur dans le vitiligo.
Greffe de mélanocytes
La greffe de mélanocytes est une option chirurgicale pour les formes sélectionnées de vitiligo stable. Elle consiste à prélever des mélanocytes sur une zone saine, les mettre en suspension, abraser les plaques de vitiligo, puis appliquer la suspension sur les zones traitées.
Indications strictes
Cette technique est réservée aux vitiligos présentant toutes ces caractéristiques :
- Petite taille des lésions
- Stable depuis au moins un an (pas d’extension récente)
- Bien délimité et bien blanc
- Non soumis aux microtraumatismes répétés
- Le vitiligo segmentaire (unilatéral) est une excellente indication, notamment au niveau du visage
Résultats
La repigmentation est progressive, maximale après 3 à 6 mois. Des études montrent des résultats durables avec un suivi de plus de 72 mois, avec une amélioration significative et stable de la pigmentation. Ces résultats durables distinguent la greffe des traitements médicaux, qui nécessitent souvent un entretien au long cours.
Micro-aiguilles (needling)
Le needling consiste à passer un rouleau de micro-aiguilles chirurgicales en acier inoxydable (1 à 2,5 mm) sur la peau, créant des microcanaux qui stimulent le collagène et améliorent la pénétration des actifs topiques.
Dans le vitiligo, une étude publiée dans le JAAD (2017) a montré son efficacité en faisant pénétrer un dermocorticoïde (triamcinolone) par micro-aiguilles dans les plaques de vitiligo, en association avec les UVB à spectre étroit, chez 60 patients – avec des résultats supérieurs à la photothérapie seule.
La technique est sûre, sans risque de cicatrices, utilisable sur les peaux mates selon une revue de littérature de 2016, et peut être combinée avec le tacrolimus topique.
Maquillage et camouflage
En attendant l’effet des traitements – ou pour les zones résistantes – plusieurs solutions de camouflage permettent de masquer les plaques au quotidien :
- Maquillage correcteur couvrant (fond de teint haute couvrance, maquillage médical type Dermablend®) – solution immédiate, efficace, sans risque
- Autobronzant – application sur les plaques pour rapprocher leur teint de la peau environnante. Résultat temporaire (3 à 5 jours), à renouveler.
Ces solutions ne traitent pas le vitiligo mais améliorent significativement la qualité de vie et l’impact psychologique, notamment pendant les mois d’attente des résultats thérapeutiques.
Consensus et stratégie de traitement personnalisée
Les recommandations internationales de 2023 (mises à jour du consensus EDF 2016) définissent une approche adaptée à l’activité et à l’étendue de la maladie :
- Vitiligo localisé, visage : ruxolitinib topique en première intention (avec ou sans UVB), ou tacrolimus si contre-indication
- Vitiligo étendu, stable : photothérapie UVB à spectre étroit 2 à 3 fois par semaine, associée aux topiques
- Vitiligo actif, extensif : corticothérapie mini-pulse pour stabiliser, puis photothérapie et ruxolitinib pour repigmenter
- Vitiligo stable, segmentaire, localisé : discussion de la greffe de mélanocytes
Tableau récapitulatif – traitements du vitiligo en 2026
| Traitement | Indication préférentielle | Délai de résultats | Points clés |
|---|---|---|---|
| Dermocorticoïdes | Plaques localisées – corps | 3 à 6 mois | Éviter visage – risque atrophie |
| Tacrolimus crème | Visage et cou | 6 mois minimum | Hors AMM – pas d’atrophie cutanée |
| Corticothérapie mini-pulse | Vitiligo actif extensif | 1 à 3 mois (stabilisation) | Arrêt progression chez ~87 % des patients – dexaméthasone 2,5 mg ×2j/sem |
| Ruxolitinib (Opzelura®) | Vitiligo non-segmentaire avec atteinte faciale | 16 à 24 semaines | 30 % atteignent F-VASI75 à 24 sem. – en pharmacie depuis juillet 2024 |
| UVB TL01 | Vitiligo étendu – toutes zones | 3 à 4 mois (évaluation) | Max 30 séances/an – 150-200/vie – efficace chez 45-60 % des patients |
| Laser excimer | Lésions localisées – visage | 3 à 6 mois | Alternative à la photothérapie en cabine |
| Greffe de mélanocytes | Vitiligo stable, segmentaire, visage | 3 à 6 mois | Résultats durables > 6 ans – forme stable obligatoire |
| Baricitinib + UVB (essai) | Vitiligo étendu actif | 12 à 36 semaines | –44,8 % de VASI vs –9,2 % placebo (JAMA Derm 2025) – pas encore AMM |
| Maquillage / autobronzant | Toutes zones – en attente ou résistantes | Immédiat | Camouflage – ne traite pas – améliore la qualité de vie |
Téléchargez un guide complet au format PDF :
Questions fréquentes sur le traitement du vitiligo
Le vitiligo peut-il guérir complètement ?
Une repigmentation complète est possible – notamment sur le visage – mais reste l’exception plutôt que la règle. La grande majorité des patients obtient une repigmentation partielle significative avec les traitements actuels. Le vitiligo reste une maladie chronique qui peut récidiver même après une bonne réponse thérapeutique. L’objectif réaliste est une repigmentation satisfaisante des zones à fort impact esthétique et une stabilisation durable de la maladie.
Qu’est-ce que le ruxolitinib (Opzelura®) et comment agit-il différemment des autres crèmes ?
Le ruxolitinib est le premier inhibiteur de JAK topique approuvé dans le vitiligo. Contrairement aux dermocorticoïdes (action anti-inflammatoire non spécifique) ou au tacrolimus (immunosuppresseur local), il bloque précisément la voie JAK-STAT activée par l’interféron-gamma – mécanisme central de la destruction des mélanocytes. Les études TRuE-V montrent qu’environ 30 % des patients atteignent 75 % de repigmentation faciale à 24 semaines, résultat qui continue de s’améliorer jusqu’à un an de traitement. Disponible en pharmacie de ville depuis juillet 2024, remboursé à 65 % par l’Assurance Maladie.
Qu’est-ce que la corticothérapie mini-pulse et dans quels cas est-elle prescrite ?
C’est une prise de dexaméthasone à faible dose (2,5 mg) pendant 2 jours consécutifs par semaine, pendant 3 à 6 mois. Cette immunosuppression intermittente est indiquée lorsque le vitiligo est en phase active : nouvelles lésions apparaissant rapidement, extension documentée sur 3 à 6 mois, ou dépigmentation en confettis en périphérie des plaques. Les études de référence montrent un arrêt de la progression chez environ 87 % des patients. Elle peut être associée à la photothérapie pour stabiliser puis repigmenter.
Combien de temps faut-il avant de voir les résultats d’un traitement du vitiligo ?
La patience est une condition indispensable. Les premiers signes de repigmentation – petits points pigmentés autour des follicules – apparaissent rarement avant 3 à 4 mois. Un traitement complet demande souvent 6 mois à 2 ans pour des résultats satisfaisants. La photothérapie est évaluée après 3 à 4 mois et arrêtée en cas d’inefficacité avérée. Le ruxolitinib peut montrer des résultats dès 16 semaines, avec une amélioration progressive jusqu’à 12 mois.
La photothérapie UV est-elle sans danger pour la peau ?
Les UV à long terme augmentent le risque de cancers cutanés. C’est pourquoi des limites strictes sont recommandées : 30 séances maximum par an et 150 à 200 séances au total dans une vie. Le mélanome contre-indique définitivement les UV. Il est impératif d’informer son dermatologue de tout antécédent de cancer cutané, de traitement photosensibilisant, ou d’exposition UV antérieure importante pour adapter le suivi.
Quels nouveaux traitements oraux du vitiligo arrivent prochainement ?
Trois inhibiteurs JAK oraux sont en développement avancé : le baricitinib, le ritlécitinib et l’upadacitinib. L’essai clinique publié dans JAMA Dermatology en 2025 a montré, avec le baricitinib associé à la photothérapie, une réduction de 44,8 % du score VASI versus 9,2 % pour le placebo chez 49 patients avec vitiligo étendu actif. Ces molécules orales peuvent traiter l’ensemble des lésions simultanément – avantage décisif pour les formes étendues – contrairement au ruxolitinib topique limité à 10 % de la surface corporelle.
La greffe de mélanocytes est-elle douloureuse et quels résultats attendre ?
La greffe est réalisée sous anesthésie locale et peu douloureuse. Un prélèvement de peau saine est effectué (petite zone, généralement sur la cuisse) et les mélanocytes sont appliqués sur les plaques préalablement abrasées. La repigmentation est progressive sur 3 à 6 mois. Des études montrent une efficacité maintenue au-delà de 6 ans. Elle est strictement réservée aux vitiligos stables depuis au moins un an – les formes actives en cours d’extension sont une contre-indication formelle.
Comment masquer les plaques de vitiligo en attendant les résultats du traitement ?
Plusieurs solutions de camouflage existent : le maquillage correcteur haute couvrance (Dermablend® ou équivalent médical), l’autobronzant appliqué directement sur les plaques pour harmoniser le teint avec la peau saine (résultat de 3 à 5 jours), ou les produits de camouflage waterproof pour les zones exposées. Ces solutions n’ont aucun effet thérapeutique mais améliorent significativement la qualité de vie et le vécu psychologique, ce qui n’est pas négligeable pendant les longs mois d’attente des résultats.
→ Le vitiligo – causes et diagnostic |
→ Conseils et soins en cas de vitiligo |
→ Micro-aiguilles (needling) |
→ Taches blanches – autres causes
Références scientifiques
- Rosmarin D, Passeron T, Pandya AG et al. Two Phase 3, Randomized, Controlled Trials of Ruxolitinib Cream for Vitiligo. N Engl J Med. 2022;387:1445-1455. PMID 36260792
- Seneschal J, Guyon M, Merhi R et al. Combination of Baricitinib and Phototherapy in Adults With Active Vitiligo: A Randomized Clinical Trial. JAMA Dermatol. 2025;161:375-382. PMID 39841460
- Bae JM, Jung HM, Hong BY et al. Phototherapy for Vitiligo: A Systematic Review and Meta-Analysis. JAMA Dermatol. 2017;153:666-674. PMID 28319235
- Pasricha JS, Khaitan BK. Oral Mini-Pulse Therapy with Betamethasone in Vitiligo Patients Having Extensive or Fast-Spreading Disease. Int J Dermatol. 1993;32:753-757. PMID 8225724
- Radakovic-Fijan S, Fürnsinn-Friedl AM, Hönigsmann H et al. Oral Dexamethasone Pulse Treatment for Vitiligo. J Am Acad Dermatol. 2001;44:814-817. PMID 11312430
Source : HAS – Avis sur Opzelura (ruxolitinib) dans le vitiligo, octobre 2023
Les livres du Dr Rousseau
Trois guides écrits par un dermatologue ayant + de 25 ans de pratique
Collection Secrets de Dermatologue
Découvrez trois livres pour prendre soin de votre peau sans attendre le prochain rendez-vous.
1
Peau Noire et Mate
Le guide complet pour sublimer, protéger et prendre soin de ma peau foncée et de mes cheveux
Vingt-cinq ans de pratique clinique sur les peaux noires, métissées, méditerranéennes et asiatiques, avec les remplacements aux Antilles et en Polynésie en toile de fond. Taches, boutons sur peau foncée, cheveux crépus, cicatrices... : ce que la consultation de sept minutes n'a jamais le temps de vous expliquer.
2
Longévitalité
La peau ne ment pas, le programme de longévité et vitalité d'un dermatologue
Après 40 ans, la peau vieillit à la vitesse de votre biologie interne, pas de votre âge civil. Le programme en 90 jours, qui agit sur le sommeil, l'alimentation et l'inflammation, pas seulement sur ce que vous appliquez dessus.
3
La Peau de l'Intérieur
Eczéma, psoriasis, acné, rosacée, vieillissement, cheveux, ongles : règles d'or pour soigner sa peau de l'intérieur
Des dizaines de crèmes testées et une peau qui résiste encore ? C'est peut-être que votre peau se soigne aussi de l'intérieur par l'intestin, le sommeil et le stress. L'heure de conversation que la consultation ne permet jamais d'avoir.
Dr Ludovic Rousseau, dermatologue et vénérologue, dermatonet.com



c’est très bien tout ça,!! mais pour aider les personnes à être à l’aise avec leur corps , on pourrait peut être trouver « un truc » » pour que le bleu des veines soit moins visible sur des bras ou des jambes tellement blancs .. un blanc qui n’est pas très « chouette » et qui peut complexer énormément les personnes .. la dépigmentation a commencé vers l’age de 14 ans chez moi , ainsi que vous l’indiquez .. à 40 ans toute blanche les jambes minces avec des veines bleues sur du blanc .. et les bras !! puisque ce n’est pas soignable réellement .. on peut trouver un produit esthétique qui masque, en attendant ..ce serait une avancée quelque part .. moi par exemple , j’avais tellement de complexes que je n’ai pas vécu une vraie vie ..c’est grave !!
bonjour,
y’a t’il un traitement contre les démangeaisons du au vitiligo, si oui lequel!!!
Merci de votre aide
Généralement les cremes cortisonées prescrites par le médecin pour aider la repigmentation du vitiligo ont un effet anti demangeaison
Il n’est cependant pas classique qu’un vitiligo démange : avez-vous eu un diagnostic de vitiligo par un médecin? Sinon, il faut consulter pour être sur que les taches blanches sont du vitiligo
Bonsoir docteur, ma question est la suivante:l’épilation à l’aide d’un épilateur électrique type Braun par exemple est elle contre indiquée. Si oui quel autre moyen peut on utiliser?
Il faut effectivement se méfier de tout traumatisme sur la peau. Mieux vaut essayer une creme dépilatoire par exemple ou le rasage doux
le patient qui atteint le vitiligo peut exposer au soleil?certaines personnes disent que le soleil pourra repandre plus vite les taches blanches.
Merci
Les dermatologues recommandent une exposition modérée ou en cabine UV pour stimuler la repigmentation. Il faut par contre éviter à tout prix la rougeur voire le coup de soleil car ils sont assimilés à des phénomènes de Kobner susceptibles d’aggraver le vitiligo.
Une légère exposition au soleil es-ce possible?et le traitement avec le protocole que pensez-vous?
On recommande généralement une exposition modérée de 10 15 minutes en dehors des horaires les plus chauds (10h-16h en été) pour stimuler la pigmentation des plaques. On appelle cela l’héliothérapie : exposition modérée destinée à stimuler sans bruler les zones dépourvues de pigment donc sans défense face au soleil
le vitiligo est-il héréditaire?
C’est une question délicate : environ 30% des personnes ayant un vitiligo ont un ascendant ou un descendant ayant développé un vitiligo. Il y a donc parfois un contexte familial, mais ce n’est pas parce qu’on a du vitiligo qu’on va le transmettre obligatoirement à ses enfants. Le vitiligo est une maladie auto immune avec une prédisposition personnelle et/ou familiale.
Les gommages sur le visage s’est risqué ?
Oui cela est traumatisant et risque d’attiser le vitiligo sur le visage; il vaut mieux éviter les gommages, les frottements, les manipulations…