Zona ou herpès : comment savoir de quel virus il s’agit et si vous êtes contagieux ?



Une éruption douloureuse apparaît sur un seul côté du corps, ou de petites vésicules reviennent toujours au même endroit sur la lèvre : zona et herpès sont deux infections virales fréquentes, mais leur virus, leur évolution et leur contagiosité n’ont rien à voir.

Mis à jour le 28 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : le zona suit strictement le trajet d’un nerf, s’arrête net à la ligne médiane du corps, et est précédé d’une douleur parfois intense plusieurs jours avant l’éruption. L’herpès (labial ou génital) reste localisé à une petite zone précise, sans suivre de trajet nerveux, et récidive souvent au même endroit au fil des années. Depuis 2024, la HAS recommande la vaccination contre le zona à partir de 65 ans.
Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Les deux infections donnent des vésicules groupées sur peau rouge, ce qui explique la confusion fréquente, en particulier lors d’un premier épisode. Mais elles impliquent deux virus distincts de la même famille, avec des implications très différentes pour l’entourage et pour le suivi médical.

Zona ou herpès : le tableau comparatif

Signe Zona Herpès (labial ou génital)
Virus responsable Varicelle-zona (VZV), réactivation Herpès simplex (HSV-1 ou HSV-2)
Disposition de l’éruption Suit un trajet nerveux, unilatérale stricte Zone localisée, sans logique de trajet nerveux
Douleur avant l’éruption Fréquente, parfois intense, plusieurs jours avant Simple picotement local, quelques heures avant
Récidive Rare chez l’immunocompétent Fréquente, plusieurs fois par an possible
Âge de survenue Plus fréquent après 50 ans Tout âge, souvent dès l’enfance ou l’adolescence
Complication à surveiller Douleur post-zostérienne prolongée Récidives fréquentes, transmission au partenaire
Prévention vaccinale Oui, Shingrix recommandé après 65 ans Aucun vaccin disponible actuellement

Le trajet nerveux, la signature du zona

Le zona correspond à la réactivation du virus de la varicelle, resté endormi dans un ganglion nerveux depuis l’enfance. Lorsqu’il se réveille, souvent à la faveur d’une baisse de l’immunité liée à l’âge, au stress ou à une maladie, il suit exactement le trajet du nerf où il était logé, ce qui donne cette bande caractéristique, toujours limitée à un seul côté du corps, sans jamais franchir la ligne médiane.

Photo de zona : éruption vésiculeuse unilatérale suivant un trajet nerveux

L’herpès : une infection locale qui revient souvent au même endroit

Contrairement au zona, l’herpès simplex ne suit aucune logique de trajet nerveux visible : les vésicules restent groupées sur une petite zone, généralement la même à chaque récidive, qu’il s’agisse de la lèvre ou des organes génitaux. C’est cette tendance à la récidive fréquente, parfois plusieurs fois par an, qui distingue le plus nettement l’herpès du zona.

Herpès - lésions cutanées herpétiques

Conseil pratique : si une douleur en bande apparaît d’un seul côté du torse, du visage ou d’un membre, avant même l’apparition de boutons, consultez rapidement : un traitement antiviral débuté dans les 72 heures suivant l’éruption réduit significativement le risque de douleur post-zostérienne prolongée.

En attendant votre rendez-vous

Pour un zona suspecté, couvrez les lésions avec un pansement propre et évitez tout contact avec une femme enceinte n’ayant jamais eu la varicelle, un nouveau-né ou une personne immunodéprimée, tant que les vésicules ne sont pas asséchées. Pour un herpès, les mêmes précautions d’hygiène des mains s’appliquent, en évitant tout contact rapproché pendant la phase de vésicules actives.

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Consultez sans attendre si :

  • Le zona touche le visage, en particulier près de l’œil ou du nez (risque pour la vision)
  • Une douleur intense persiste après la disparition des lésions de zona
  • Vous êtes immunodéprimé et présentez l’une de ces deux éruptions
  • Une femme enceinte n’ayant jamais eu la varicelle est en contact avec un zona actif
  • De la fièvre ou une altération de l’état général accompagne l’éruption

Téléchargez un guide complet au format PDF :

Questions fréquentes

Le zona et l’herpès sont-ils dus au même virus ?

Non. Le zona est causé par le virus varicelle-zona (VZV), le même qui donne la varicelle dans l’enfance et qui se réactive plus tard. L’herpès labial ou génital est dû au virus herpès simplex (HSV-1 ou HSV-2), un virus différent.

Peut-on attraper la varicelle au contact d’une personne qui a un zona ?

Oui, si vous n’avez jamais eu la varicelle ni été vacciné, un contact avec les lésions actives d’un zona peut vous transmettre le virus varicelle-zona, qui donnera alors une varicelle chez vous, pas un zona.

Pourquoi j’ai mal avant même de voir les boutons ?

C’est très évocateur du zona : une douleur, une sensation de brûlure ou de décharge électrique apparaît souvent 2 à 3 jours avant l’éruption, suivant précisément le trajet du nerf concerné. L’herpès donne plutôt un picotement local juste avant les vésicules, sans cette douleur profonde.

Le zona touche-t-il toujours un seul côté du corps ?

Oui, c’est l’un des signes les plus caractéristiques : l’éruption du zona suit un trajet nerveux précis et s’arrête net à la ligne médiane du corps, sans jamais la dépasser. Une éruption qui touche les deux côtés symétriquement n’est pas un zona.

Peut-on faire plusieurs zonas dans sa vie ?

C’est possible mais rare chez une personne immunocompétente, contrairement à l’herpès qui peut récidiver de nombreuses fois au même endroit au cours d’une vie. Des zonas répétés doivent faire rechercher une cause d’affaiblissement immunitaire.

Existe-t-il un vaccin contre le zona ?

Oui, la Haute Autorité de Santé recommande depuis 2024 la vaccination par Shingrix à partir de 65 ans, ainsi que chez les personnes immunodéprimées dès 18 ans, pour réduire le risque de zona et de douleurs post-zostériennes.

Qu’est-ce que la douleur post-zostérienne ?

C’est une douleur neuropathique qui persiste dans la zone touchée par le zona après la disparition de l’éruption cutanée, parfois pendant plusieurs mois. Elle est plus fréquente et plus intense après 50 ans, ce qui justifie un traitement précoce du zona.

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À lire aussi sur le zona et l’herpès

Références

  • « Herpes Zoster and Post-Herpetic Neuralgia, Diagnosis, Treatment, and Vaccination Strategies. » PMID 39057822
  • « Herpes zoster and zosteriform herpes simplex virus infections. » PMID 3022586
  • « Simultaneous detection of and differentiation between herpes simplex and varicella-zoster viruses. » PMID 8308120
  • HAS, recommandations vaccinales contre le zona, place du vaccin Shingrix, mars 2024 : has-sante.fr

Zona de l’oreille : symptômes et traitement 2026

Une douleur profonde dans l’oreille, puis quelques vésicules dans le pavillon ou le conduit auditif, et parfois un visage qui se fige d’un seul côté : ce tableau, moins connu que le zona intercostal ou le zona ophtalmique, porte un nom, le zona de l’oreille, aussi appelé zona auriculaire ou syndrome de Ramsay Hunt lorsqu’une paralysie faciale l’accompagne.

Mis à jour le 20 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Le zona de l’oreille résulte de la réactivation du virus varicelle-zona dans le ganglion géniculé du nerf facial. Il touche environ 5 personnes sur 100 000 chaque année en France et s’accompagne d’une paralysie faciale, formant le syndrome de Ramsay Hunt, dans une part importante des cas. Un traitement antiviral débuté rapidement, dans l’idéal avant 72 heures, améliore nettement les chances de récupération du nerf facial.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Le zona de l’oreille, une forme particulière et sous-estimée du zona

Le zona classique naît de la réactivation du virus varicelle-zona, resté endormi depuis la varicelle de l’enfance dans un ganglion nerveux sensitif. Dans la grande majorité des cas, ce réveil viral touche un nerf intercostal ou le nerf trijumeau au niveau du visage. Le zona de l’oreille correspond à une localisation moins fréquente mais plus délicate : le virus se réactive dans le ganglion géniculé, une petite structure nerveuse logée dans le rocher, tout près du nerf facial. C’est cette proximité anatomique qui explique pourquoi une simple éruption de l’oreille peut s’accompagner d’une paralysie de la moitié du visage.

Quand vésicules auriculaires et paralysie faciale coexistent, les médecins parlent de syndrome de Ramsay Hunt, du nom du neurologue américain qui l’a décrit au début du vingtième siècle. Dans certaines formes, l’éruption cutanée peut manquer totalement alors que la paralysie faciale est bien présente : on parle alors de zoster sine herpete, une variante qui complique le diagnostic initial.

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Comment reconnaître le zona de l’oreille

Le tableau clinique débute le plus souvent par une otalgie profonde, intense et parfois pulsatile, ressentie au fond de l’oreille avant même l’apparition de la moindre lésion cutanée visible. Cette douleur peut irradier vers la tempe, la mâchoire ou la nuque, ce qui égare parfois le diagnostic vers une origine dentaire ou ORL banale.

Quelques jours plus tard apparaissent des vésicules groupées, souvent discrètes, localisées dans la conque de l’oreille, sur le tragus ou dans le conduit auditif externe. Elles évoluent comme n’importe quel bouton de zona, en formant des croûtes en une dizaine de jours.

Dans une proportion notable de cas, la paralysie faciale périphérique survient dans les 24 à 48 heures suivant l’éruption, du même côté que les lésions. Le patient ne peut plus fermer l’œil correctement, le pli du front s’efface, le coin de la bouche s’affaisse et la mimique disparaît sur toute la moitié du visage.

D’autres signes peuvent s’associer et orientent vers une atteinte plus étendue du paquet acoustico-facial :

  • une baisse de l’audition ou des acouphènes du côté atteint
  • des vertiges rotatoires, traduisant une atteinte du nerf vestibulaire voisin
  • une perte du goût sur les deux tiers antérieurs de la langue
  • une hypersensibilité aux sons forts, appelée hyperacousie
Bon à savoir : l’atteinte cochléo-vestibulaire, associant surdité et vertiges, concerne environ un quart des zonas de l’oreille et porte parfois le nom de syndrome de Sicard. Elle justifie un avis ORL complémentaire, en plus de l’avis dermatologique et neurologique.

Zona de l’oreille ou paralysie faciale a frigore : comment ne pas se tromper

La paralysie faciale isolée, sans cause identifiée, appelée paralysie a frigore ou paralysie de Bell, reste la cause la plus fréquente de paralysie faciale périphérique. Elle partage avec le zona de l’oreille l’atteinte du même nerf, mais son mécanisme, son pronostic et sa prise en charge diffèrent sensiblement, ce qui rend la distinction clinique essentielle dès la première consultation.

Critère Zona de l’oreille (Ramsay Hunt) Paralysie de Bell
Cause Réactivation du virus varicelle-zona Le plus souvent indéterminée, parfois virale (HSV)
Éruption cutanée Vésicules dans la conque ou le conduit auditif Absente
Douleur Otalgie souvent intense, précédant la paralysie Douleur rétro-auriculaire modérée, inconstante
Atteinte associée Surdité et vertiges possibles dans un quart des cas Plus rare
Récupération complète Environ 50 % des cas Environ 70 à 80 % des cas
Traitement Antiviral et corticoïdes, associés Corticoïdes seuls le plus souvent
Attention : une paralysie faciale qui apparaît alors qu’il n’existe encore aucune vésicule visible ne permet pas d’écarter un zona de l’oreille. Dans ces formes sans éruption, le diagnostic peut nécessiter une recherche du virus varicelle-zona par PCR dans la salive ou les larmes.

Diagnostic et bilan du zona de l’oreille

Le diagnostic reste avant tout clinique, fondé sur l’association d’une otalgie, de vésicules typiques et, le cas échéant, d’une paralysie faciale du même côté. Un examen otoscopique permet de visualiser les vésicules dans le conduit auditif et d’écarter une otite associée. Un bilan audiométrique est demandé dès qu’une baisse de l’audition est suspectée, et une exploration vestibulaire complète le bilan en cas de vertiges.

Chez le sujet jeune ou en l’absence de facteur déclenchant évident, une recherche d’immunodépression peut être proposée, le zona pouvant parfois être révélateur d’une baisse des défenses immunitaires.

Traitement du zona de l’oreille

La prise en charge repose sur deux piliers, l’antiviral et l’anti-inflammatoire, débutés le plus tôt possible.

Le traitement antiviral par voie orale, aciclovir, valaciclovir ou famciclovir, est instauré dans l’idéal avant la 72e heure suivant l’apparition de l’éruption ou de la paralysie. Il vise à limiter la réplication virale et à réduire l’inflammation au niveau du nerf facial. Une corticothérapie courte, sur une dizaine de jours, est habituellement associée pour diminuer l’œdème et la compression du nerf dans son canal osseux.

La protection de l’œil constitue un point souvent sous-estimé : quand la paupière ne se ferme plus complètement, l’application régulière de larmes artificielles et une occlusion nocturne évitent une kératite par exposition, complication évitable mais potentiellement sévère pour la cornée.

La douleur, parfois très intense, peut nécessiter des antalgiques adaptés aux douleurs neuropathiques, sur le même principe que celles utilisées dans les douleurs post-zostériennes.

Conseil du Dr Rousseau : devant toute otalgie associée à une modification, même discrète, de la mimique du visage, mieux vaut consulter rapidement plutôt que d’attendre l’apparition franche de vésicules. Le délai avant traitement antiviral influence directement les chances de récupération du nerf facial.

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Évolution et pronostic

L’éruption cutanée du zona de l’oreille guérit en général en deux à trois semaines, comme n’importe quel zona. Le pronostic de la paralysie faciale associée dépend surtout de sa sévérité initiale et de la rapidité de mise en route du traitement. Une récupération complète survient chez environ la moitié des patients traités précocement, alors qu’une récupération incomplète, avec parfois des séquelles motrices ou des syncinésies, concerne l’autre moitié.

Les facteurs associés à un pronostic moins favorable comprennent un âge avancé, une paralysie faciale complète dès le début, l’existence de vertiges ou d’une surdité associée, et un retard de mise en route du traitement antiviral.

Prévention : la place de la vaccination contre le zona

La vaccination contre le zona, avec le vaccin Shingrix, est recommandée par la Haute Autorité de Santé chez les personnes de 65 ans et plus ainsi que chez les personnes immunodéprimées dès 18 ans. Cette vaccination réduit fortement le risque de zona, quelle que soit sa localisation, et diminue par conséquent le risque de complications comme le syndrome de Ramsay Hunt. Elle ne dispense toutefois pas d’une consultation rapide en cas de symptômes évocateurs chez une personne non vaccinée.

Consultez en urgence si : apparition ou aggravation rapide d’une asymétrie du visage, impossibilité de fermer complètement l’œil du côté atteint, baisse brutale de l’audition, vertiges intenses avec chutes, fièvre élevée ou altération marquée de l’état général, ou zona survenant chez une personne immunodéprimée. Plus le traitement antiviral est débuté tôt, meilleur est le pronostic de récupération du nerf facial.

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Questions fréquentes sur le zona de l’oreille

Qu’est-ce que le zona de l’oreille ?

Le zona de l’oreille correspond à la réactivation du virus varicelle-zona dans le ganglion géniculé du nerf facial. Il associe des douleurs auriculaires et des vésicules dans la conque ou le conduit auditif, et peut toucher le nerf facial voisin. Quand une paralysie faciale s’y ajoute, on parle de syndrome de Ramsay Hunt, qui concerne environ 5 cas pour 100 000 personnes par an en France.

Quelle est la différence entre le zona de l’oreille et une paralysie faciale a frigore ?

La paralysie de Bell survient sans éruption cutanée et son pronostic de récupération est en général meilleur, autour de 70 à 80 %. Le zona de l’oreille s’accompagne de vésicules et d’une otalgie intense, avec une récupération complète de la paralysie faciale chez environ la moitié des patients, ce qui justifie un traitement plus précoce et plus soutenu.

Le zona de l’oreille est-il contagieux ?

Une personne n’ayant jamais eu la varicelle peut contracter une varicelle au contact des vésicules tant qu’elles ne sont pas sèches. Le zona lui-même ne se transmet pas d’une personne à une autre. Il convient d’éviter le contact rapproché avec les nourrissons, les femmes enceintes non immunisées et les personnes immunodéprimées jusqu’à assèchement des lésions.

Quels signes doivent alerter en urgence dans un zona de l’oreille ?

Une asymétrie du visage, une impossibilité de fermer complètement l’œil du côté atteint, une baisse brutale de l’audition ou des vertiges intenses imposent une consultation en urgence. Plus le traitement antiviral est débuté tôt, meilleures sont les chances de récupération du nerf facial.

Le zona de l’oreille guérit-il complètement ?

L’éruption cutanée guérit en général en deux à trois semaines. La récupération de la paralysie faciale dépend de sa sévérité initiale et de la précocité du traitement : elle est complète chez environ la moitié des patients traités précocement, et incomplète ou associée à des séquelles dans les autres cas.

Quel traitement pour le zona de l’oreille ?

Le traitement associe un antiviral par voie orale, aciclovir, valaciclovir ou famciclovir, débuté dans l’idéal avant 72 heures, à une corticothérapie courte destinée à réduire l’inflammation du nerf facial. Une protection oculaire est indispensable si la fermeture de la paupière est incomplète.

Peut-on prévenir le zona de l’oreille par la vaccination ?

La vaccination contre le zona avec le vaccin Shingrix, recommandée par la HAS chez les personnes de 65 ans et plus ainsi que chez les personnes immunodéprimées dès 18 ans, réduit fortement le risque de zona quelle que soit sa localisation, y compris au niveau de l’oreille.

Quelle est la durée d’évolution du zona de l’oreille ?

L’otalgie précède en général l’éruption de quelques jours. Les vésicules apparaissent puis sèchent en dix à quatorze jours. La paralysie faciale, quand elle survient, débute le plus souvent dans les 24 à 48 heures suivant l’éruption, et son évolution se juge sur plusieurs semaines à plusieurs mois.

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À lire aussi sur le zona

Références scientifiques

  1. Uscategui T, Dorée C, Chamberlain IJ, Burton MJ. Antiviral therapy for Ramsay Hunt syndrome (herpes zoster oticus with facial palsy) in adults. Cochrane Database Syst Rev. 2008;2008(4):CD006851.
    PMID 18843734
  2. Coulson S, Croxson GR, Adams R, Oey V. Prognostic factors in herpes zoster oticus (Ramsay Hunt syndrome). Otol Neurotol. 2011;32(6):1025-1030.
    PMID 21725270
  3. Uscategui T, Doree C, Chamberlain IJ, Burton MJ. Corticosteroids as adjuvant to antiviral treatment in Ramsay Hunt syndrome (herpes zoster oticus with facial palsy) in adults. Cochrane Database Syst Rev. 2008;(3):CD006852.
    PMID 18646170

Source : HAS — Recommandations vaccinales contre le zona. Place du vaccin Shingrix

Causes du zona

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Mis à jour le 7 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Le zona résulte de la réactivation du virus varicelle-zona (VZV) après une varicelle : 20 % des personnes ayant eu la varicelle développeront un zona. Son incidence augmente nettement avec l’âge (2/1000 par an entre 20 et 50 ans, 10/1000 après 80 ans) et il est plus sévère chez les personnes immunodéprimées, chez qui le risque de dissémination cutanée dépasse 40 %.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Le zona est du à la réactivation du virus de la varicelle (Virus Varicelle Zona ou VZV) que 90% des adultes dans le monde ont eu : 20% des personnes ayant eu la varicelle font un zona.

Cependant le zona n’est pas seulement du à la primo-infection unique de varicelle (dont le zona est une réactivation) car il existe au moins 4 génotypes de VZV.

En effet, l’analyse génétique des virus présents chez les individus atteints de varicelle ou de zona montrent que les cas de réinfection par un autre VZV ne sont pas rares (1 patient sur 8 aux USA), notamment chez les personnes qui ont eu la primo-infection varicelle avant l’âge d’un an et notamment lorsque cette primo-infection a été peu symptomatique (petite varicelle)

Le zona peut donc etre du aussi à une infection par un autre génotype de VZV

Par ailleurs il existe peut-être aussi des facteurs génétiques prédisposants au zona.

Il semblerait par contre que la réinfection par le VZV, même asymptomatique, aiderait à prévenir la survenue d’un zona.

Les causes du zona sont donc nombreuses et encore mal connues.

Plusieurs facteurs favorisent le zona :

L’âge

Le zona est plus fréquent après 50 ans et sa fréquence de survenue augmente avec l’âge : son incidence (nombre de nouveaux cas) est maximale après 75 ans : elle est de 2 pour 1 000
et par an entre 20 et 50 ans, de 5 pour 1 000 et par an entre 51 et
79 ans et de 10 pour 1 000 et par an au-delà de 80 ans

Une immunodépression

Une immunodépression favorise la survenue de zona, mais on observe souvent le zona chez un sujet immunocompétent.

Le zona en cas d’immunodépression (SIDA, cancer évolué… ) est souvent de forme grave (avec une nécrose de la peau, une atteinte diffuse sur plusieurs zones nerveuses, des ulcérations de la peau… ) et compliquées d’atteintes viscérales (entre 3 et 15 % des zonas de l’immunodéprimé ont des atteintes viscérales).

L’immunodépression favorise la réactivation et la dissémination du virus: le risque de dissémination cutanée (zona étendu) est supérieur à 40 % et 10 % de ces formes étendues ont un risque de complications viscérales
(pulmonaire, hépatique, neurologique).

Les personnes dont l’immunodépression expose à un zona grave sont principalement ceux atteints de leucémie aiguë, de lymphome ou cancer en traitement par chimiothérapie, de lupus érythémateux traité à la cortisone, les greffes d’organes, et les patients VIH positifs.

La survenue d’un zona chez un adulte âgé de moins de 45 ans peut ainsi être révélateur d’une séropositivité pour le virus VIH.

De même, un zona ne guérissant pas au bout de quelques semaines, récidivant en alternant des phases d’extension et de régression sans guérison complète.

Ainsi, en cas de zona chez l’adulte jeune, une sérologie VIH (SIDA) est proposée.

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Zona du jeune enfant

Avant 4 ans, le zona est rare et il ne présente pas de caractère de gravité. Il est en général indolore et de courte durée.

Seuls 3 % des zonas de l’enfant sont associés à une immunodépression
La contamination foetale dans le ventre de la maman ou une varicelle dans les premiers mois de vie peuvent tout simplement être responsables d’un zona dans les premières années de vie.

La période de latence entre le zona et la varicelle est d’autant plus courte que la varicelle a été contractée précocement au cours de la vie.

Zona chez un bébé
Zona chez un bébé
Zona facial chez un enfant
Zona facial chez un enfant

>>Suite : le traitement du zona

Consultez sans attendre si : un zona survient chez un adulte de moins de 45 ans (une sérologie VIH est alors proposée), s’il ne guérit pas au bout de plusieurs semaines ou récidive, s’il touche une personne immunodéprimée (risque de dissémination cutanée ou d’atteinte viscérale), ou s’il apparaît chez un nourrisson de moins de 4 ans.

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Questions fréquentes sur les causes du zona

Le zona est-il héréditaire ?

Non, le zona n’est pas héréditaire au sens strict, mais des facteurs génétiques prédisposants sont soupçonnés d’influencer le risque de réactivation du VZV chez certaines personnes. La cause principale reste la réactivation du virus de la varicelle contractée dans l’enfance, associée à l’âge et à l’état immunitaire.

Peut-on avoir un zona plusieurs fois ?

Oui, contrairement à une idée reçue, le zona peut récidiver, notamment chez les personnes immunodéprimées. Il existe au moins 4 génotypes de VZV, et une réinfection par un génotype différent de celui de la varicelle initiale est possible chez environ 1 patient sur 8 aux États-Unis.

Pourquoi le zona touche-t-il surtout les personnes âgées ?

L’immunité cellulaire spécifique contre le VZV diminue naturellement avec l’âge (immunosénescence), ce qui facilite la réactivation du virus resté latent dans les ganglions nerveux depuis la varicelle. L’incidence passe ainsi de 2 pour 1000 par an entre 20 et 50 ans à 10 pour 1000 par an après 80 ans.

Un zona chez un jeune adulte est-il inquiétant ?

Un zona avant 45 ans, en dehors d’un contexte de stress ou de fatigue ponctuelle, peut être révélateur d’une immunodépression sous-jacente, notamment une infection par le VIH. C’est pourquoi une sérologie VIH est systématiquement proposée dans ce contexte.

Le zona du nourrisson est-il grave ?

Non, avant 4 ans le zona est rare, généralement indolore et de courte durée, avec un caractère de gravité très faible : seuls 3 % des zonas de l’enfant sont associés à une immunodépression. Il s’explique le plus souvent par une varicelle contractée in utero ou dans les tout premiers mois de vie.

Le stress peut-il déclencher un zona ?

Le stress est classiquement évoqué par les patients comme déclencheur, mais son rôle scientifique reste débattu. Les facteurs les mieux établis restent l’âge avancé, l’immunodépression (traitements immunosuppresseurs, chimiothérapie, VIH) et, plus rarement, une réinfection par un autre génotype de VZV.

À lire aussi sur le zona

Références scientifiques

  1. Ljubojević Hadžavdić S, et al. Genital Herpes Zoster as Possible Indicator of HIV Infection. Acta Dermatovenerol Croat. 2018;26(4):337-338. PMID 30665486
  2. Komitova RT, Boykinova OB, Stoyanova NS. The Skin and the Eye – Herpes Zoster Ophthalmicus in a Healthy 18-month-old Toddler. Folia Med (Plovdiv). 2018;60(1):170-174. PMID 29668453
  3. McKay SL, Guo A, Pergam SA, Dooling K. Herpes Zoster Risk in Immunocompromised Adults in the United States: A Systematic Review. Clin Infect Dis. 2020;71(7):e125-e134. PMID 31677266

Source : Haute Autorité de Santé

Traitement du zona

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Mis à jour le 7 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Le traitement du zona associe des soins locaux (désinfection, prévention de la surinfection) et des antiviraux oraux (valaciclovir, aciclovir) débutés idéalement dans les 72 premières heures suivant l’éruption. Cette fenêtre thérapeutique réduit la durée de l’éruption, la douleur aiguë et le risque de douleurs post-zostériennes, surtout après 50 ans.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Le zona typique guérissant spontanément en quelques semaines, le traitement du zona a pour objectif principal d’éviter les complications

Il comporte des soins locaux et parfois des traitements par voie orale qui doivent être donnés dans les 3 1ers jours de l’éruption

On distingue dans le traitement du zona les soins locaux et généraux :

Les soins locaux du zona

ils sont surtout pour but d’éviter la surinfection bactérienne des lésions.

On recommande généralement

  • une douche quotidienne avec savon dermatologique,
  • l’application d’antiseptiques locaux doux,
  • voire l’application d’une crème antibiotique telle que Fucidine ® 3 fois par jour pendant une semaine lorsqu’il existe un doute de surinfection cutanée bactérienne des lésions de zona de moins de 2% de la surface corporelle (en cas de surinfection > à 2% de la surf corporelle, ou d’extension rapide de l’infection bactérienne, on utilise alors des antibiotiques par voie orale)

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    Les soins généraux du zona

  • Soins contre la douleur lors de la poussée : antalgiques par voie orale

  • Traitements antiviraux :

on prescrit le plus souvent des molécules antivirales par voie orale (la voie intraveineuse est le plus souvent réservée au patient immunodéprimé et aux formes graves de zona), telles que l’aciclovir ou le valaciclovir. Le traitement par voie orale doit idéalement être débuté dans les 72 premières heures après l’éruption du zona, et il est pris en géréral pendant une semaine à 10 j.

Le traitement zona par voie orale est indiqué notamment dans ces situations :

  • zona ophtalmologique, quel que soit l’âge du patient, voir zona opthalmique
  • En prévention des douleurs post zona, notamment de façon systématique apres 50 ans. Voir les douleurs post zona
  • patient immunodéprimé (en intraveineuse)
Consultez sans attendre si : le zona touche le visage ou l’œil (zona ophtalmique, quel que soit l’âge), si vous êtes immunodéprimé (traitement souvent nécessaire par voie intraveineuse), ou si l’éruption date de moins de 72 heures (fenêtre où l’antiviral est le plus efficace). Après 50 ans, le traitement antiviral précoce est aussi recommandé en prévention des douleurs post-zostériennes.

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Questions fréquentes sur le traitement du zona

Combien de temps dure un traitement de zona ?

Le traitement antiviral oral (aciclovir ou valaciclovir) dure généralement 7 à 10 jours. L’éruption elle-même guérit en 2 à 4 semaines. Les douleurs peuvent persister plus longtemps, notamment chez les personnes de plus de 50 ans, où elles peuvent évoluer vers des douleurs post-zostériennes chroniques.

Que se passe-t-il si on ne traite pas un zona ?

Un zona non traité guérit le plus souvent spontanément chez l’adulte jeune immunocompétent, mais le risque de complications augmente : douleurs post-zostériennes prolongées (surtout après 50 ans), surinfection bactérienne des lésions, ou atteinte oculaire en cas de zona ophtalmique. Un traitement antiviral précoce réduit significativement ces risques.

Le traitement du zona est-il efficace après 72 heures ?

L’efficacité des antiviraux est optimale s’ils sont débutés dans les 72 premières heures suivant l’apparition de l’éruption. Au-delà, le bénéfice diminue mais un traitement peut encore être proposé, notamment en cas de zona ophtalmique, de forme grave ou de terrain immunodéprimé, car de nouvelles vésicules peuvent continuer à apparaître.

Peut-on traiter un zona sans ordonnance ?

Les soins locaux (douche avec savon dermatologique, antiseptiques doux) peuvent être réalisés sans ordonnance, mais les antiviraux oraux (aciclovir, valaciclovir) et les antalgiques adaptés à la douleur neuropathique nécessitent une prescription médicale. Une consultation rapide est recommandée dès l’apparition des symptômes.

Le traitement du zona prévient-il les douleurs post-zostériennes ?

Un traitement antiviral précoce, associé si besoin à un traitement antalgique adapté (comme la gabapentine), réduit l’incidence et la sévérité des douleurs post-zostériennes sans toutefois les prévenir totalement. Le risque reste plus élevé après 50 ans, ce qui justifie une prise en charge précoce systématique dans cette tranche d’âge.

Faut-il un traitement par voie intraveineuse pour le zona ?

La voie intraveineuse est réservée aux patients immunodéprimés et aux formes graves ou disséminées de zona. Dans la grande majorité des cas, chez un patient immunocompétent, le traitement antiviral oral (valaciclovir, aciclovir) est suffisant.

À lire aussi sur le zona

Références scientifiques

  1. Pavan-Langston D. Herpes zoster antivirals and pain management. Ophthalmology. 2008;115(2 Suppl):S13-20. PMID 18243927
  2. Madkan VK, et al. Open-label study of valacyclovir 1.5 g twice daily for the treatment of uncomplicated herpes zoster in immunocompetent patients. J Cutan Med Surg. 2007;11(3):89-98. PMID 17511925
  3. Lapolla W, et al. Incidence of postherpetic neuralgia after combination treatment with gabapentin and valacyclovir in patients with acute herpes zoster. Arch Dermatol. 2011;147(8):901-7. PMID 21482862

Source : Haute Autorité de Santé

Zona intercostal : douleurs du ventre et du dos, traitement

Zona intercostal, du dos et du ventre (zona des côtes)

En bref : Le zona intercostal représente environ 50 % des zonas et touche une ou plusieurs racines nerveuses des côtes (nerfs intercostaux), provoquant des douleurs intenses en ceinture – souvent avant l’éruption visible. Un traitement antiviral (valaciclovir) doit être débuté dans les 72 heures pour réduire le risque de douleurs post-zostériennes, complication présente chez 10 à 30 % des patients.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Vidéo : zona intercostal - Dr Rousseau, dermatologue Bordeaux

▶ Voir la vidéo sur YouTube – Zona intercostal expliqué par le Dr Rousseau

Qu’est-ce que le zona intercostal ?

Le zona intercostal est la forme la plus fréquente de zona, représentant environ 50 % des cas. Il correspond à la réactivation du Virus Varicelle-Zona (VZV) au niveau d’un nerf intercostal – le nerf sensitif qui chemine entre deux côtes, de la colonne vertébrale jusqu’à la face antérieure du thorax ou de l’abdomen.

Comme toutes les formes de zona, il évolue en deux phases successives caractéristiques : une phase douloureuse précédant l’éruption, puis une phase éruptive cutanée. Ce décalage temporel entre douleur et éruption est un élément clé du diagnostic. Les symptômes restent strictement unilatéraux, confinés au territoire innervé par le nerf atteint.

💡 Signe diagnostique essentiel
Douleur thoracique ou abdominale unilatérale apparaissant 3 à 4 jours avant toute éruption cutanée visible → penser au zona intercostal. Ce tableau peut mimer une douleur cardiaque, pleurale ou abdominale et conduire à des explorations inutiles si le diagnostic n’est pas évoqué.


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Phase douloureuse

Le zona intercostal débute par une douleur thoracique unilatérale, pendant 3 à 4 jours avant l’apparition de toute lésion cutanée. Cette douleur est typiquement décrite comme :

  • Une brûlure ou sensation de cuisson le long d’une bande du thorax ou de l’abdomen
  • Des douleurs fulgurantes ou lancinantes, exacerbées au contact des vêtements
  • Parfois une simple hypersensibilité cutanée (allodynie) dans le territoire concerné

Des adénopathies axillaires (ganglions dans l’aisselle) peuvent être palpées du côté atteint. À ce stade sans éruption visible, le diagnostic est difficile et souvent évoqué à tort comme une douleur musculaire, une pleurite ou une pathologie cardiovasculaire.

Phase d’éruption du zona intercostal

L’éruption apparaît 3 à 4 jours après le début des douleurs. Elle est unilatérale, en bande, s’étendant en hémiceinture depuis la colonne vertébrale vers l’abdomen ou le thorax antérieur, en suivant le trajet du nerf intercostal concerné. Elle s’arrête strictement à la ligne médiane.

Photos de zona intercostal : les trois photos ci-dessous montrent l’aspect de l’éruption selon sa localisation (thorax, ventre, dos), toujours unilatérale et limitée au trajet du nerf atteint.

Photo de zona intercostal : éruption vésiculeuse sur le thorax
Photo : zona intercostal (thorax)

L’évolution des lésions suit une séquence caractéristique :

  1. Plaques érythémateuses (rougeurs) sur fond légèrement œdémateux
  2. Vésicules en bouquet sur fond rouge, pouvant confluer en bulles
  3. Trouble et flétrissement des vésicules en 2 à 3 jours
  4. Croûtes qui tombent en 10 à 15 jours

Quelques lésions satellites peuvent exceptionnellement apparaître du côté opposé, sans remettre en cause le caractère unilatéral dominant du tableau.

Photo de zona sur le ventre : extension antérieure du zona intercostal
Photo : zona sur le ventre
Photo de zona dans le dos : extension postérieure le long de la côte
Photo : zona du dos

Évolution et cicatrisation

La guérison survient en 2 à 4 semaines. Elle laisse parfois des cicatrices séquellaires dans le territoire concerné :

  • Hyposensibilité (zone engoourdie, insensible au toucher)
  • Hypersensibilité persistante, pouvant évoluer vers des douleurs post-zostériennes (névralgie post-zostérienne)
🚨 Névralgie post-zostérienne
C’est la complication la plus redoutée du zona intercostal : des douleurs persistantes au-delà de 3 mois après la guérison cutanée, parfois très invalidantes. Elle survient surtout chez les patients de plus de 50 ans. Le traitement antiviral précoce (dans les 72 h) en réduit significativement le risque.

Soins locaux du zona intercostal

Les soins locaux visent principalement à prévenir la surinfection bactérienne des lésions vésiculeuses et bulleuses, qui pourrait retarder la cicatrisation et aggraver les douleurs.

  • Douche quotidienne avec un savon dermatologique doux (sans frotter les lésions)
  • Application d’un antiseptique local doux (chlorhexidine aqueuse de préférence) sur les vésicules
  • En cas de doute de surinfection bactérienne (lésions purulentes, croûtes mélicériques), sur moins de 2 % de la surface corporelle : application d’une crème antibiotique locale (Fucidine®) 3 fois par jour pendant une semaine
⚠ Surinfection étendue
En cas de surinfection bactérienne touchant plus de 2 % de la surface corporelle, ou d’extension rapide des signes infectieux (rougeur, chaleur, œdème progressifs), des antibiotiques par voie orale sont nécessaires. Consultez rapidement.

Soins généraux : antalgiques et antiviraux

Le zona typique guérit spontanément en quelques semaines. Le traitement systémique a pour objectif principal de réduire la durée et l’intensité des douleurs, et surtout de prévenir la névralgie post-zostérienne. Il doit impérativement être débuté dans les 72 premières heures suivant l’éruption.

Antalgiques

Des antalgiques par voie orale sont prescrits dès la phase douloureuse pour contrôler la douleur aiguë. Selon l’intensité, ils vont du paracétamol aux antalgiques de palier 2 ou 3. Des traitements adjuvants (antiépileptiques, antidépresseurs) peuvent être ajoutés d’emblée chez les patients à haut risque de névralgie post-zostérienne.

Antiviraux par voie orale

Les antiviraux (aciclovir, valaciclovir, famciclovir) réduisent la réplication virale, accélèrent la cicatrisation et diminuent le risque de névralgie post-zostérienne. La voie orale est la règle en ambulatoire ; la voie intraveineuse est réservée aux patients immunodéprimés et aux formes graves.

Situation Molécule Posologie Durée
Plus de 50 ans
(prévention névralgie post-zostérienne)
Valaciclovir 1 g × 3/j 7 jours
Famciclovir 500 mg × 3/j 7 jours
Aciclovir 800 mg × 5/j 7 jours
Moins de 50 ans
(si facteurs prédictifs de névralgie)
Valaciclovir 1 g × 3/j 7 jours
Famciclovir 500 mg × 3/j 7 jours
🚨 Fenêtre thérapeutique critique
L’efficacité des antiviraux est maximale lorsqu’ils sont débutés dans les 72 heures suivant l’apparition des premières vésicules. Au-delà, le bénéfice sur la prévention de la névralgie post-zostérienne diminue fortement. Ne tardez pas à consulter.

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⚠️ Consultez sans attendre si :

  • La douleur est très intense et vous empêche de dormir
  • Des vésicules apparaissent sur la poitrine, le dos ou le ventre
  • Vous avez plus de 50 ans ou un système immunitaire fragilisé
  • Vous n’avez pas reçu de traitement antiviral dans les 72 h après l’éruption
  • Les douleurs persistent plus de 3 mois après cicatrisation (névralgie post-zostérienne)

Questions fréquentes (FAQ)

Comment reconnaître un zona intercostal avant l’éruption ?

Une douleur thoracique ou abdominale unilatérale à type de brûlure, sans cause cardiaque ou pulmonaire identifiée, doit faire évoquer un zona intercostal débutant. L’éruption cutanée n’apparaissant que 3 à 4 jours après la douleur, le diagnostic précoce repose sur la clinique. Consultez rapidement pour ne pas manquer la fenêtre thérapeutique antivirale.

Le zona intercostal peut-il être confondu avec une crise cardiaque ?

Oui, notamment lorsqu’il touche le côté gauche du thorax. La douleur unilatérale et brûlante du zona peut mimer une douleur angineuse. L’absence de modification électrocardiographique et l’apparition secondaire d’une éruption cutanée en bande permettent de redresser le diagnostic.

Le zona intercostal est-il dangereux ?

Dans la grande majorité des cas, il guérit sans séquelles en 2 à 4 semaines. Le principal risque est la névralgie post-zostérienne, douleur chronique persistant au-delà de 3 mois, surtout après 50 ans. Un traitement antiviral précoce en réduit significativement l’incidence.

Peut-on travailler quand on a un zona intercostal ?

Cela dépend de l’intensité des douleurs et de la nature du travail. Un arrêt de travail est souvent justifié en phase aiguë. Les lésions cutanées vésiculeuses pouvant être contagieuses pour les personnes non immunisées contre la varicelle, évitez tout contact étroit avec des personnes à risque (femmes enceintes non immunisées, nourrissons, immunodéprimés).

Faut-il couvrir les lésions de zona ?

Oui, couvrir les lésions vésiculeuses avec un pansement non adhésif propre réduit le risque de transmission du VZV à l’entourage et protège les lésions d’une irritation mécanique par les vêtements. Évitez les pansements occlusifs qui macèrent.

Combien de temps dure la phase douloureuse du zona intercostal ?

La douleur aiguë cède généralement avec la disparition des lésions en 2 à 4 semaines. Lorsqu’elle persiste au-delà de 3 mois, on parle de névralgie post-zostérienne, qui nécessite une prise en charge spécifique (antiépileptiques, antidépresseurs tricycliques, patch de lidocaïne).

À quoi ressemble le zona du dos ou du ventre en photo ?

L’éruption suit une bande unilatérale le long d’une côte : vésicules groupées en bouquet sur fond rouge, pouvant s’étendre du dos vers le ventre en suivant le trajet du nerf intercostal, sans jamais dépasser la ligne médiane. Comparez avec les photos ci-dessus selon la zone atteinte.


Télécharger un guide complet au format PDF :

Voir aussi : Le zona intercostal est une urgence thérapeutique relative : le traitement antiviral n’est efficace que s’il est débuté dans les 72 premières heures. En cas de douleur thoracique ou abdominale unilatérale inexpliquée, pensez au zona avant même l’apparition de l’éruption et consultez sans attendre.

Références scientifiques

  • Gnann JW Jr, Whitley RJ. Herpes zoster. N Engl J Med. 2002;347(5):340-346. PMID 12151472
  • Dworkin RH, Johnson RW, Breuer J, et al. Recommendations for the management of herpes zoster. Clin Infect Dis. 2007;44(Suppl 1):S1-26. PMID 17143845
  • Tyring SK, Beutner KR, Tucker BA, et al. Antiviral therapy for herpes zoster: randomized, controlled clinical trial of valacyclovir and famciclovir therapy in immunocompetent patients 50 years and older. Arch Fam Med. 2000;9(9):863-869. PMID 11031393
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Recommandations professionnelles – Prise en charge de la douleur post-zostérienne. has-sante.fr.
  • Société Française de Dermatologie (SFD). Recommandations de prise en charge du zona. sfdermato.org

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Mis à jour le 10 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS)., Bordeaux.



Douleurs post zona : les douleurs post zostériennes

Dernière mise à jour : 4 mai 2026

Mis à jour le 6 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Les douleurs post-zostériennes (DPZ) touchent 10 à 15 % des patients après un zona, mais jusqu’à 30 % des plus de 60 ans. Elles persistent au moins 3 mois après la guérison des lésions cutanées et peuvent durer des années. Le traitement précoce du zona par antiviraux réduit le risque de DPZ de 50 %. La vaccination anti-zona réduit ce risque de 66 à 90 %. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Douleurs post zona
Il s’agit de douleurs persistant plus d’un mois après l’épisode de zona.

Télécharger un guide complet au format PDF :

Il s’agit de douleurs continues et/ou survenant par poussées, souvent
intolérables, ayant un retentissement important sur la qualité de vie.
Les douleurs postzostériennes favorisent l’apparition de dépression. Les douleurs post zona sont plus fréquentes chez les sujets âgés. En effet, 50 % des cas surviennent à 50 ans et 70 % des cas au-delà de 70 ans

Les douleurs seraient liées à des séquelles sur les nerfs (démyélinisation et fibrose cicatricielle au niveau des axones).

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Facteurs de risque de douleurs post zona

  • Un âge du patient supérieur à 50 ans
  • Des douleurs intenses avant et lors de l’éruption de zona
  • Des lésions graves de zona lors de l’éruption (lésions nécrotiques, étendues… )
  • Le zona ophtalmique
  • La mise en place tardive du traitement du zona (après 72 h d’éruption)

Prevention des douleurs post zona

On prescrit le plus souvent des molécules antivirales par voie orale (la voie intraveineuse est le plus souvent réservée au patient immunodéprimé et aux formes graves de zona), telles que l’aciclovir ou le valaciclovir. Le traitement par voie orale doit idéalement être débuté dans les 72 premières heures après l’éruption du zona, et il est pris en géréral pendant une semaine à 10 j.

Le traitement zona par voie orale est indiqué notamment dans ces situations pour éviter les douleurs post zona :

  • Patient de plus de 50 ans en prévention des algies post-zostériennes :
    – soit valaciclovir, 1 g trois fois par jour per os pendant 7 jours
    – soit famciclovir, 500 mg trois fois par jour pendant 7 jours
    – soit aciclovir, 800 mg cinq fois par jour per os pendant 7 jours
  • Patient de moins de 50 ans s’il existe des facteurs prédictifs d’algies post-zostériennes :
    – soit valaciclovir, 1 g trois fois par jour per os pendant 7 jours
    – soit famciclovir, 500 mg trois fois par jour pendant 7 jours

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Traitement des douleurs post zona


Lorsque les douleurs post zona sont diagnostiquées, elles sont le plus souvent traitées par des molécules telles que l’amitriptyline ou la gabapentine. Le médecin peut aussi prescrire en première intention des préparations locales à base de capsaicine ou des emplatres de lidocaine (Versatis®).

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⚠ Consultez rapidement si :

  • douleurs intenses (EVA ≥ 7) résistant aux antalgiques de palier 2
  • dépression ou impact sévère sur le sommeil et la qualité de vie
  • zona ophtalmique avec douleurs faciales persistantes
  • zona sur fond d’immunodépression non diagnostiquée

Questions fréquentes

Pourquoi le zona laisse-t-il des douleurs persistantes ?

Le zona résulte de la réactivation du virus varicelle-zona (VZV) dans les ganglions nerveux sensoriels. L’inflammation virale lèse les fibres nerveuses, provoquant une sensibilisation centrale et périphérique. Chez certains patients, cette lésion nerveuse persiste après la guérison cutanée, entraînant des douleurs neuropathiques chroniques (allodynie, brûlures, chocs électriques). Cette brûlure qui persiste sans aucune lésion cutanée visible est caractéristique des douleurs neuropathiques ; notre article sur la peau qui brûle sans lésion détaille les autres causes possibles de ce type de sensation. L’âge avancé et la sévérité du zona aigu augmentent ce risque.

Combien de temps durent les douleurs après un zona ?

Par définition, les DPZ persistent plus de 3 mois après la guérison des lésions. Chez 50 % des patients, elles s’améliorent spontanément dans l’année. Chez 25 %, elles persistent 1 à 5 ans. Chez les patients de plus de 70 ans, elles peuvent durer indéfiniment. Sans traitement, la douleur tend à diminuer très lentement. Un traitement adapté améliore significativement la qualité de vie.

Quels médicaments traitent les douleurs post-zostériennes ?

Le traitement de première ligne combine : gabapentine (300 à 1800 mg/j) ou prégabaline (75 à 300 mg/j) pour la composante brûlante et les chocs électriques ; amitriptyline (25 à 75 mg/j, soir) pour la douleur nocturne ; lidocaïne 5 % patch (Versatis) appliqué sur la zone douloureuse (meilleure tolérance locale). En 2ème ligne : opioïdes faibles (tramadol), capsaïcine 8 % patch (Qutenza, 1 application/3 mois, très efficace sur douleur locale).

Les anti-douleurs classiques (ibuprofène, paracétamol) soulagent-ils les DPZ ?

Non, les antalgiques classiques (paracétamol, AINS) sont peu ou pas efficaces sur les douleurs neuropathiques post-zostériennes. Ces douleurs résultent d’une lésion nerveuse et non d’une inflammation tissulaire ordinaire. Elles nécessitent des médicaments spécifiques aux neuropathies : anticonvulsivants (gabapentine, prégabaline), antidépresseurs tricycliques ou IRSN (duloxétine).

Le vaccin contre le zona prévient-il les douleurs post-zostériennes ?

Oui, le vaccin Shingrix (zona recombinant adjuvanté, 2 doses) réduit le risque de zona de 90 % et le risque de DPZ de 88 à 91 % chez les plus de 50 ans, selon les essais cliniques de phase III. Il est recommandé et remboursé en France depuis 2024 pour les personnes de plus de 65 ans et les immunodéprimés dès 18 ans. Il est plus efficace que l’ancien vaccin Zostavax.

La kinésithérapie et l’acupuncture aident-elles pour les DPZ ?

La neurostimulation transcutanée (TENS) soulage 40 à 50 % des patients souffrant de DPZ dans des études randomisées. L’acupuncture montre des résultats positifs dans certaines méta-analyses (réduction de la douleur de 30 à 40 %). Ces approches non médicamenteuses peuvent être intéressantes en complément du traitement pharmacologique, en particulier chez les patients âgés qui tolèrent mal les médicaments neuropathiques.

Quelles sont les complications psychologiques des douleurs post-zostériennes ?

Les DPZ sévères entraînent dans 40 à 60 % des cas une dépression réactionnelle, des troubles du sommeil, un isolement social et une réduction des activités quotidiennes. L’impact sur la qualité de vie est comparable à celui d’une insuffisance cardiaque congestive. Une prise en charge psychologique (TCC de la douleur chronique, psychothérapie de soutien) améliore significativement les résultats globaux en association au traitement médicamenteux.

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À lire aussi sur le zona

Références médicales

Zona : traitement antiviral précoce, soulagement et vaccination

Mis à jour le 10 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Le zona résulte de la réactivation du virus varicelle-zona (VZV) latent dans les ganglions nerveux. Il touche environ 30 % des individus au cours de leur vie, principalement après 50 ans ou en cas d’immunodépression. Le vaccin réduit le risque de zona et de douleurs post-zostériennes de 50 à 90 %.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Zona : causes, symptômes, traitement et vaccin

Le zona est une maladie de peau très fréquente, touchant 20 % de la population. Il est dû à la réactivation du virus varicelle-zona (VZV), qui reste latent dans les ganglions nerveux après la varicelle. L’éruption est caractérisée par des vésicules douloureuses suivant le trajet d’un nerf, sur une seule moitié du corps. Le traitement antiviral doit être institué dans les 72 premières heures pour réduire le risque de douleurs post-zostériennes.

Photos du zona : les images ci-dessous illustrent l’aspect typique de l’éruption vésiculeuse et ses variantes selon la localisation. Pour les photos du zona intercostal (dos, ventre, côtes), voir notre article dédié.

Photo de zona : éruption vésiculeuse unilatérale suivant un trajet nerveux
Photo : zona thoracique typique

Sommaire :
Causes |
Facteurs déclenchants |
Symptômes |
Évolution |
Complications |
Vaccin |
Traitement |
Pages spécialisées |
Questions fréquentes

Causes du zona

Le zona est la manifestation clinique de la réactivation du VZV (Varicella zoster virus). Environ 90 % des adultes ont fait la varicelle dans l’enfance et sont porteurs du VZV à l’état latent. Environ 20 % d’entre eux feront un zona au cours de leur vie ; 1 % en fera plusieurs épisodes.

Après la varicelle, le virus reste latent dans les ganglions sensitifs des racines dorsales. Des années plus tard, il peut migrer le long du nerf jusqu’à la peau – d’où un zona toujours unilatéral et limité à un dermatome. Il existe au moins 4 génotypes de VZV, ce qui explique les possibilités de récidive.

→ Voir : causes du zona | contagion du zona

📚 Biologie du virus varicelle-zona et réactivation – PubMed

Facteurs déclenchants

Facteur Détail
Âge avancé Incidence annuelle : 2/1 000 entre 20–50 ans → 5/1 000 entre 51–79 ans → 10/1 000 après 80 ans. Diminution physiologique de l’immunité cellulaire anti-VZV avec l’âge.
Immunodépression VIH, hémopathies malignes, traitement immunosuppresseur, corticothérapie prolongée, chimiothérapie, stress intense, fatigue sévère, maladie intercurrente grave.
⚠️ Un zona récidivant ou survenant chez un adulte jeune sans facteur déclenchant identifié doit faire rechercher une immunodépression sous-jacente – notamment une infection VIH ou une hémopat

Symptômes du zona

Le zona évolue en deux phases caractéristiques :

Phase Durée Manifestations
Phase prodromique 2 à 4 jours avant l’éruption Douleurs unilatérales dans la zone qui sera atteinte : brûlures, décharges électriques, hyperesthésie cutanée. Pour le zona intercostal : douleurs en hémiceinture pouvant mimer une pathologie cardiaque, pleurale ou abdominale.
Phase éruptive 2 à 4 semaines Plaques érythémateuses → vésicules claires groupées en bouquets → troubles en 3–4 jours → croûtes s’éliminant en 2–3 semaines. Éruption strictement unilatérale suivant le trajet d’un nerf sensitif (dermatome).

Photo de zona de la nuque et du cou : éruption vésiculeuse unilatérale
Photo : zona de la nuque et du cou

→ Voir l’article détaillé : symptômes du zona

Évolution

L’éruption dure en moyenne 2 à 4 semaines. Les douleurs de la phase éruptive s’atténuent généralement avec la cicatrisation, mais peuvent persister plusieurs mois à plusieurs années sous forme de douleurs post-zostériennes – principale complication du zona. Il est rare de refaire un zona dans les années qui suivent, sauf en cas d’immunodépression sévère.

Complications du zona

Complication Fréquence / gravité Page dédiée
Douleurs post-zostériennes 10–20 % des patients, surtout après 60 ans. Brûlures continues, allodynie, hyperalgésie. Peuvent durer des années. → Douleurs post-zostériennes
Zona ophtalmique Atteinte branche V1 du trijumeau. Urgence médicale – kératite, uvéite, séquelles visuelles définitives possibles. → Zona ophtalmique
Surinfection bactérienne Staphylococcus aureus ou Streptococcus pyogenes. Cicatrices pigmentées ou dépigmentées possibles.
Complications neurologiques Paralysie radiculaire, troubles urinaires (zona sacré), ophtalmoplégie, paralysie faciale, méningite lymphocytaire. Encéphalite et myélite exceptionnelles.
Formes graves (immunodéprimé) Zona hémorragique, étendu, avec complications viscérales (pulmonaires, hépatiques) potentiellement mortelles.

Photo de cicatrices pigmentées après un zona
Photo : cicatrices pigmentées après zona

Photo de zona hémorragique : forme grave chez l'immunodéprimé
Photo : zona hémorragique (forme grave)

⚠️ Zona ophtalmique – urgence absolue : tout zona touchant le front, le nez ou la paupière doit être consulté en urgence. Le risque de séquelles visuelles définitives justifie un traitement hospitalier sans dé

📚 Complications du zona et facteurs de risque – PubMed

Vaccin contre le zona

Zostavax® (vivant atténué) Shingrix® (recombinant adjuvanté) ⭐
Âge recommandé ≥ 65 ans ≥ 50 ans
Schéma 1 injection 2 injections espacées de 2 à 6 mois
Efficacité Réduction du risque de zona de 50 %. Réduction des douleurs post-zostériennes de 66 %. Réduction du risque de zona de 97 % pendant au moins 3 ans, y compris après 70 ans.
Remboursement France 30 % En cours d’évaluation
Tolérance Bonne Plus d’effets locaux et généraux – surtout après la 2e injection
Co-administration grippe Possible Possible

Contre-indications communes : hypersensibilité aux composants (dont néomycine), immunodéficience primaire ou acquise, traitement immunosuppresseur incluant fortes doses de corticoïdes, tuberculose active non traitée, grossesse.

📚 Efficacité du vaccin Shingrix chez les plus de 70 ans – NEJM/PubMed

Traitement du zona

Le zona typique guérit spontanément, mais le traitement vise à accélérer la cicatrisation, limiter les douleurs et prévenir les douleurs post-zostériennes.

Traitement Modalités / indication
Antiviraux oraux
(valaciclovir, aciclovir, famciclovir)
Dans les 72 premières heures idéalement. Indiqués chez les > 50 ans, en cas de zona ophtalmique ou de facteurs de risque de complications. Efficacité réduite au-delà de 72 h.
Soins locaux Antisepsie douce des lésions, pansements non occlusifs, prévention de la surinfection bactérienne.
Antalgiques Paracétamol en 1re intention. Opioïdes si douleurs sévères. Antiépileptiques (gabapentine, prégabaline) ou antidépresseurs tricycliques pour les douleurs neuropathiques post-zostériennes.
💡 Les « coupeurs de feu » sont parfois consultés pour soulager les douleurs du zona. À ce jour, aucune étude scientifique rigoureuse n’étaye leur efficacité comparée à un traitement médical ou à un placebo. Cependant, en pratique, cela semble fonction

→ Voir l’article complet : traitement du zona

72 heures – c’est la fenêtre thérapeutique du zona.
Ne tardez pas : une téléconsultation permet d’obtenir une ordonnance antivirale rapidement, même le week-

Points clés

À retenir
Le zona est la réactivation du VZV, latent depuis la varicelle dans les ganglions nerveux sensitifs
Il touche 20 % de la population – incidence croissante avec l’âge et l’immunodépression
L’éruption est toujours unilatérale, précédée de prodromes douloureux, suivant un dermatome précis
Le traitement antiviral doit être débuté dans les 72 premières heures pour prévenir les douleurs post-zostériennes
Le zona ophtalmique est une urgence médicale – consulter immédiatement
Le vaccin Shingrix® offre une protection de 97 % chez les plus de 50 ans

⚠ Consultez rapidement si :

  • zona ophtalmique : vésicules sur le front ou le nez, baisse d’acuité visuelle – urgence ophtalmo
  • zona chez un immunodéprimé ou un patient de moins de 40 ans sans facteur déclenchant
  • douleurs intenses résistant aux antalgiques courants
  • extension des lésions malgré 72h de traitement antiviral

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Questions fréquentes

Quels sont les premiers signes d’un zona ?

Le zona débute par une phase prodromique de 2 à 4 jours : douleurs vives, brûlures ou décharges électriques unilatérales dans un territoire précis (dermatome), sans lésion cutanée visible. Puis apparaissent des rougeurs et des vésicules groupées en bouquet, strictement unilatérales, suivant le trajet d’un nerf. La localisation la plus fréquente est le thorax (intercostal, 50 %), suivi du visage (trigéminal, 20 %) et des membres.

Le zona est-il contagieux ?

Le zona lui-même ne se transmet pas d’une personne à l’autre. En revanche, les vésicules contiennent du virus varicelle-zona (VZV) vivant qui peut transmettre la varicelle (pas le zona) à une personne n’ayant jamais eu la varicelle ni été vaccinée, notamment les femmes enceintes non immunisées et les personnes immunodéprimées. La contagiosité existe du stade des vésicules jusqu’à leur croûtement complet (7 à 10 jours) ; les vésicules séchées et croûtées ne sont plus contagieuses. Les personnes ayant eu la varicelle sont immunisées contre une nouvelle contamination.

Quel traitement pour le zona en 2026 ?

Traitement antiviral : valaciclovir 1000 mg × 3/j pendant 7 jours, à débuter dans les 72 heures suivant l’apparition des vésicules. Il réduit la durée de l’éruption de 2 à 3 jours et le risque de douleurs post-zostériennes de 50 %. Antalgie : paracétamol ou tramadol pour la douleur aiguë ; gabapentine ou prégabaline si douleurs neuropathiques intenses. Les corticoïdes sont controversés et ne sont plus systématiquement recommandés.

Le zona peut-il récidiver ?

Oui, contrairement à une idée reçue, le zona peut récidiver dans 1 à 6 % des cas, surtout chez les personnes immunodéprimées ; la récidive survient généralement dans le même dermatome. La vaccination par Shingrix après un premier épisode de zona réduit le risque de récidive et de douleurs post-zostériennes. Un zona récidivant multiple doit faire rechercher une immunodépression sous-jacente (VIH, hémopathie, traitement immunosuppresseur).

Le vaccin contre le zona est-il efficace et remboursé ?

Le vaccin Shingrix (recombinant adjuvanté, 2 doses) est efficace à 90 % contre le zona et à 91 % contre les douleurs post-zostériennes chez les plus de 50 ans. En France, il est recommandé et remboursé depuis 2024 pour les personnes de 65 ans et plus et les immunodéprimés dès 18 ans. Il est plus efficace que l’ancien vaccin Zostavax (50 % d’efficacité). Les deux doses doivent être espacées de 2 à 6 mois.

Qu’est-ce que le zona ophtalmique et pourquoi est-ce une urgence ?

Le zona ophtalmique survient quand le VZV réactive dans le nerf trijumeau (branche ophtalmique V1). Il se manifeste par une éruption vésiculaire sur le front, le pourtour de l’œil et parfois la pointe du nez (signe de Hutchinson, prédictif d’atteinte cornéenne). Sans traitement antiviral urgent (valaciclovir + consultation ophtalmologique), il peut provoquer une kératite, une uvéite ou une nécrose rétinienne pouvant entraîner la cécité.

Peut-on faire du sport avec un zona ?

En dehors du zona ophtalmique ou des formes sévères, une activité physique légère à modérée est possible si la douleur le permet. Il faut éviter les piscines et vestiaires collectifs pendant la phase vésiculaire (contagiosité). La fatigue liée au zona peut décourager l’effort physique intense, ce qui est souvent bénéfique : le repos favorise la guérison immunitaire. Il est conseillé de reprendre progressivement l’activité après disparition des vésicules et des douleurs aiguës.

Comment éviter les douleurs post-zostériennes ?

Le meilleur moyen est de prendre le traitement antiviral dans les 72 premières heures suivant l’éruption : au-delà, son efficacité diminue significativement. La vaccination préventive (Shingrix®) réduit également le risque de douleurs séquellaires de deux tiers.

Quand consulter en urgence pour un zona ?

En urgence si : zona touchant le front, le nez ou la paupière (zona ophtalmique, risque de cécité) ; zona chez une personne immunodéprimée ; fièvre élevée ou altération de l’état général ; lésions hémorragiques ou nécrotiques ; suspicion d’atteinte neurologique.

Que révèle un zona sur l’état de santé général ?

Un premier zona après 50 ans est souvent simplement lié au vieillissement physiologique de l’immunité. Un zona survenant avant 50 ans, récidivant ou particulièrement sévère doit faire rechercher une immunodépression sous-jacente (VIH, hémopathie, traitement immunosuppresseur). Un bilan médical est alors recommandé.

Le zona peut-il toucher les enfants ?

Oui, bien que ce soit rare. Il peut survenir chez un enfant ayant fait la varicelle, surtout si celle-ci a eu lieu in utero ou dans les premiers mois de vie. La vaccination contre la varicelle, recommandée dans le calendrier vaccinal français, devrait réduire à terme l’incidence du zona chez les jeunes adultes.

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À lire aussi sur le zona

Références scientifiques

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Zona : symptômes, contagion, durée et traitements antiviraux – guide du dermatologue

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Symptomes du zona

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Mis à jour le 7 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Le zona évolue en deux phases : une douleur ou brûlure localisée précède de quelques jours une éruption de vésicules groupées en bouquet, limitée à un seul côté du corps le long d’un nerf (dermatome). La douleur est le symptôme le plus fréquent, présente chez 90 % des patients. Un second épisode de zona reste rare (environ 1 % des cas).
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Le zona évolue généralement en deux phases : la douleur puis l’éruption secondaire à l’apparition de la douleur. Ce signe est très important pour diagnostiquer le zona. Son diagnostic et son traitement nécessitent un avis médical

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Autre signe très important, ces douleurs et éruptions sont cantonnées à un territoire bien précis de la peau, correspondant à l’innervation du nerf concerné (voir l’article sur le zona)

Deux phases caractéristiques du zona

On observe donc deux phases :

La phase douloureuse du zona

Il s’agit de douleurs voire de brûlures localisées dans une région du corps. Elle correspond à la zone innervée par le nerfs dans lequel les virus de zona migrent vers la peau. Cette phase des prodromes est associée en général à une hypoesthésie (baisse de la sensibilité) ou une anesthésie dans la zone atteinte.

La phase éruptive du zona

Apparaissent après quelques jours dans la zone douloureuse des rougeurs voire des plaques surélevées rouges qui se couvrent au bout de 24h de vésicules (comme des gouttelettes d’eau dans la peau), groupées en
bouquet, confluant parfois en bulles.

Vésicules en bouquet
Vésicules en bouquet
Zona
Zona

Ces vésicules vont se troubler vers le 5e jour puis former des croûtes brunâtres vers le 7e jour. Ces croûtes tomberont vers le 10e jour et laisseront place à des cicatrices dépigmentées le plus souvent indélébiles.

Cicatrices pigmentées après zona
Cicatrices pigmentées après zona

L’élément caractéristique de cette éruption est sa topographie unilatérale et sa localisation à une zone d’innervation nerveuse, pouvant déborder sur les nerfs contigus. Cet élément topographique permet de poser le diagnostic vers le zona dès le début de la maladie meme avec une éruption discrète ou absente

Simplement quelques rougeurs mais une douleur caractéristique au début du zona
Simplement quelques rougeurs mais une douleur caractéristique au début du zona

Le zona typique est donc une maladie de peau éruptive marquée par des éruptions localisées le plus souvent à une zone du corps et à un coté du corps ;

On voit bien ici la distribution des lesions le long du nerf sciatique
On voit bien ici la distribution des lesions le long du nerf sciatique

L’éruption est douloureuse avec des poussées accompagnées de troubles de la sensibilité.

Il n’y a généralement pas de fièvre et d’altération de l’état général. Il arrive qu’il y ait un ganglion dans la zone de drainage.

Un second épisode de zona est rare, il concerne environ 1% des cas. En effet, on acquiert une immunité à médiation cellulaire persistant plusieurs années.

Formes typiques de zona

Les formes typiques de zona sont :

– le zona intercostal

en hémi-ceinture thoracique. Voir l’article sur le zona intercostal

– le zona ophtalmique

touchant la première branche (ou branche ophtalmique) du nerf Trijumeau, qui innerve la face. Le zona ophtalmique expose au risque de lésions ophtalmologiques, notamment lorsqu’il existe une éruption de l’aile du nez et de la narine.

Voir l’article sur le zona ophtalmique

Autres formes de zona

Il existe beaucoup de formes de zona et de complications ; les plus fréquentes sont :

Le zona trigéminé

il s’agit d’un zona touchant le nerf VII bis. L’éruption du zona touche l’ oreille et peut être associée à une atteinte de la langue du même côté, voire d’une paralysie faciale (généralement régressive). Voir l’article zona de l’oreille

Zona trigeminé de l'oreille
Zona trigeminé de l’oreille

Formes graves de zona

On peut observer des formes graves de zona, notamment chez les personnes immunodéprimées :

zona généralisé

c’est à dire touchant de nombreux nerfs. Il s’agit alors le plus souvent d’une éruption de zona très profuse, hémorragique et nécrotique. Le zona généralisé encore appelé zona-varicelle est donc caractérisé par :

  1. la présence de plus de 20 vésicules à distance de l’éruption linéaire de zona
  2. une atteinte des organes profonds (poumons, foie, cerveau) avec de possibles complications
  3. un terrain fragile : le zona varicelle survient le plus souvent sur un terrain immunodéprimé, un cancer sous jacent…

    zona viscéral

dans lequel il existe une atteinte d’organes profonds tels que les poumons, le foie, le cerveau…

Les douleurs post zostériennes (douleurs persistantes après zona)

Il s’agit de douleurs persistant un mois apres le zona

Voir l’article sur les douleurs post zona

>>Suite : le traitement du zona

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Consultez sans attendre si : l’éruption touche le nez ou le pourtour de l’œil (risque de zona ophtalmique), si plus de 20 vésicules apparaissent à distance de la zone atteinte ou si une atteinte des organes profonds est suspectée (zona généralisé, surtout sur terrain immunodéprimé), ou si de la fièvre et une altération de l’état général accompagnent l’éruption, ce qui n’est pas habituel dans un zona typique.

Questions fréquentes sur les symptômes du zona

Quel est le premier symptôme du zona ?

Le tout premier symptôme est le plus souvent une douleur ou une sensation de brûlure localisée, parfois accompagnée de picotements ou d’une perte de sensibilité, dans une zone précise du corps. Cette phase douloureuse précède l’éruption cutanée de quelques jours, ce qui peut rendre le diagnostic difficile avant l’apparition des vésicules.

Où apparaît le zona sur le corps ?

Le zona touche toujours un seul côté du corps, le long du trajet d’un nerf (dermatome). Les zones thoraciques (environ 45 % des cas) et cervicales (environ 23 % des cas) sont les plus fréquemment atteintes, mais le zona peut aussi toucher le visage, l’œil ou l’oreille selon le nerf concerné.

Comment reconnaître les vésicules du zona ?

Les vésicules du zona apparaissent après quelques jours de douleur, sous forme de petites cloques remplies de liquide clair, groupées en bouquet sur une base rouge, parfois confluentes en bulles. Elles évoluent en 7 à 10 jours vers des croûtes qui tombent en 2 à 4 semaines, sans laisser de cicatrice en l’absence de surinfection.

Le zona donne-t-il de la fièvre ?

Non, généralement le zona typique de l’adulte immunocompétent n’entraîne ni fièvre ni altération de l’état général. La présence de fièvre doit faire rechercher une forme plus étendue ou une complication, notamment chez une personne immunodéprimée.

Peut-on avoir un zona sans éruption visible ?

C’est rare mais possible : on parle alors de zona sine herpete, où la douleur dermatomale caractéristique survient sans éruption cutanée associée. Le diagnostic est alors plus difficile et repose sur la clinique et parfois des examens complémentaires spécialisés.

Comment savoir si mon zona est grave ?

Un zona est considéré comme sévère ou à risque en cas d’atteinte du visage ou de l’œil, de vésicules disséminées à distance de la zone initiale, de terrain immunodéprimé, ou de douleur très intense. Dans ces situations, une consultation rapide permet d’adapter le traitement antiviral et d’éviter les complications.

À lire aussi sur le zona

Références scientifiques

  1. Ljubojević Hadžavdić S, et al. Genital Herpes Zoster as Possible Indicator of HIV Infection. Acta Dermatovenerol Croat. 2018;26(4):337-338. PMID 30665486
  2. Goh CL, Khoo L. A retrospective study of the clinical presentation and outcome of herpes zoster in a tertiary dermatology outpatient referral clinic. Int J Dermatol. 1997;36(9):667-72. PMID 9352407
  3. Liesegang TJ. Herpes zoster ophthalmicus natural history, risk factors, clinical presentation, and morbidity. Ophthalmology. 2008;115(2 Suppl):S3-12. PMID 18243930

Source : Haute Autorité de Santé

Zona ophtalmique : urgence oculaire – symptômes, complications et traitement

Zona ophtalmique
Il s’agit d’un zona touchant la première branche (ou branche ophtalmique) du nerf Trijumeau, qui innerve la face.
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Mis à jour le 7 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Le zona ophtalmique touche la branche du nerf trijumeau qui innerve l’œil et le nez : c’est une urgence médicale. Une éruption sur la pointe du nez (signe de Hutchinson) multiplie par plus de 3 le risque d’atteinte oculaire (conjonctivite, kératite, uvéite). Le traitement antiviral oral, débuté sans délai, est indiqué systématiquement, quel que soit l’âge.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Zona ophtalmique crouteux
Zona ophtalmique crouteux

Le zona ophtalmique expose au risque de lésions ophtalmologiques, notamment lorsqu’il existe une éruption de l’aile du nez et de la narine.

Tout zona ophtalmique nécessite une consultation médicale urgente et la mise en place d’un traitement antiviral par voie orale sans tarder, quel que soit l’âge du patient. Un avis ophtalmologique est systématiquement recommandé, en particulier en cas d’atteinte de l’aile du nez, de baisse de vision, d’œil rouge ou d’œdème des paupières.

Avis ophtalmologique

Le médecin pourra demander une consultation ophtalmologique en urgence s’il existe des signes ou des doutes d’atteinte ophtalmologique :

  • si le zona intéresse l’aile du nez,
Atteinte de l'aile du nez : attention au zona ophtalmique
Zona ophtalmique
  • en cas d’oedème des paupières gênant l’ouverture de l’oeil,
  • en cas de baisse de l’acuité visuelle,
  • en cas d’oeil rouge
  • et systématiquement chez l’immunodéprimé (en Intra veineuse)

    Les complications ophtalmologiques du zona ophtalmique:

Le zona ophtalmique expose à des risques d’atteinte de l’oeil (sclérite, kératite, rétinite… ) ou de la paupière pouvant donner des séquelles telles que des rétractions ou une paralysie de la paupière supérieure (appelée « ptosis »). Tout zona ophtalmique, notamment s’il est accompagné d’atteinte de l’aile du nez et de la narine nécessite un avis ophtalmologique urgent.

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Traitement du zona ophtalmique

Les soins locaux du zona

ils sont surtout pour but d’éviter la surinfection bactérienne des lésions.

On recommande généralement

  • une toilette quotidienne avec savon dermatologique,
  • l’application d’antiseptiques locaux doux, en évitant d’en mettre dans les yeux
  • voire l’application d’une crème antibiotique telle que Fucidine ® 3 fois par jour pendant une semaine lorsqu’il existe un doute de surinfection cutanée bactérienne des lésions de zona de moins de 2% de la surface corporelle (en cas de surinfection > à 2% de la surf corporelle, ou d’extension rapide de l’infection bactérienne, on utilise alors des antibiotiques par voie orale)

    Les soins généraux du zona ophtalmique

  • Soins contre la douleur lors de la poussée : antalgiques par voie orale

  • Traitements antiviraux :

on prescrit le plus souvent des molécules antivirales par voie orale (la voie intraveineuse est le plus souvent réservée au patient immunodéprimé et aux formes graves de zona), telles que l’aciclovir ou le valaciclovir. Le traitement par voie orale doit idéalement être débuté dans les 72 premières heures après l’éruption du zona, et il est pris en géréral pendant une semaine à 10 j.

Le traitement zona par voie orale est indiqué dans le zona ophtalmologique, quel que soit l’âge :

– soit aciclovir, 800 mg cinq fois par jour per os pendant 7 jours
– soit valaciclovir, 1 g trois fois par jour per os pendant 7 jours
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Questions fréquentes sur le zona ophtalmique

Comment savoir si un zona atteint l’œil ?

Le signe d’alerte principal est l’apparition de vésicules sur la pointe ou l’aile du nez, appelé signe de Hutchinson : il multiplie par plus de 3 le risque d’atteinte oculaire. D’autres signes doivent alerter : œil rouge, baisse de la vision, douleur oculaire ou œdème des paupières. Un avis ophtalmologique s’impose dès que l’un de ces signes est présent.

Le zona ophtalmique peut-il rendre aveugle ?

Sans traitement, les complications oculaires (kératite, uvéite, atteinte du nerf optique) peuvent menacer la vision. Avec un traitement antiviral précoce et un suivi ophtalmologique adapté, l’évolution est le plus souvent favorable, mais certaines séquelles (cicatrices cornéennes, glaucome) restent possibles en l’absence de prise en charge rapide.

Quel est le traitement du zona ophtalmique ?

Le traitement associe un antiviral oral systématique, quel que soit l’âge (aciclovir 800 mg 5 fois par jour ou valaciclovir 1 g 3 fois par jour pendant 7 jours), et un avis ophtalmologique pour dépister et traiter les complications oculaires. La voie intraveineuse est réservée aux patients immunodéprimés ou aux formes graves.

Faut-il consulter un ophtalmologue même sans symptôme oculaire ?

Oui, un avis ophtalmologique est recommandé de façon systématique en cas de zona ophtalmique, même en l’absence de symptôme oculaire initial, car certaines complications (kératite, uvéite) peuvent apparaître secondairement ou rester longtemps peu symptomatiques.

Le zona ophtalmique est-il plus grave que les autres formes de zona ?

Le zona ophtalmique n’est pas systématiquement plus sévère sur le plan général, mais il expose à un risque spécifique de complications oculaires pouvant menacer la vision, ce qui justifie une prise en charge urgente et un traitement antiviral systématique, contrairement à d’autres localisations où le traitement peut parfois être différé.

À lire aussi sur le zona

Références scientifiques

  1. Zaal MJ, Völker-Dieben HJ, D’Amaro J. Prognostic value of Hutchinson’s sign in acute herpes zoster ophthalmicus. Graefes Arch Clin Exp Ophthalmol. 2003;241(3):187-91. PMID 12644941
  2. Colin J, Prisant O, Cochener B, et al. Comparison of the efficacy and safety of valaciclovir and acyclovir for the treatment of herpes zoster ophthalmicus. Ophthalmology. 2000;107(8):1507-11. PMID 10919899
  3. Liesegang TJ. Herpes zoster ophthalmicus natural history, risk factors, clinical presentation, and morbidity. Ophthalmology. 2008;115(2 Suppl):S3-12. PMID 18243930

Source : Haute Autorité de Santé

Zona : comment se transmet-il et quelles précautions prendre ?

Contagion et transmission du zona

En bref : Le zona n’est pas contagieux en tant que tel : on ne « attrape » pas un zona au contact d’un malade. En revanche, une personne n’ayant jamais eu la varicelle peut développer une varicelle au contact des vésicules d’un zona. La contagiosité dure environ 2 jours, tant que les lésions ne sont pas croûtées.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Zona et VZV : mécanisme de la récurrence

Le zona n’est pas à proprement parler une maladie contagieuse. Il s’agit de la manifestation clinique de la récurrence du virus de la varicelle, le Virus Varicelle-Zona (VZV), qui appartient à la famille des herpèsvirus.

Après une primo-infection par la varicelle (en général dans l’enfance), le VZV ne disparaît pas de l’organisme : il se réfugie dans les ganglions nerveux sensitifs (ganglions rachidiens ou crâniens) où il reste en état de latence pendant des années, voire des décennies. Lorsque les défenses immunitaires s’affaiblissent – avec l’âge, un stress, une maladie ou un traitement immunosuppresseur – le virus peut se réactiver et migrer le long d’un nerf sensitif jusqu’à la peau, provoquant le zona.

Environ 90 % des adultes dans le monde ont fait la varicelle et portent donc le VZV en latence. Parmi eux, environ 20 % développeront un zona au cours de leur vie.

💡 À retenir
On ne « contracte » pas le zona : on le développe à partir du virus que l’on porte déjà en soi depuis la varicelle. C’est pourquoi le zona ne se transmet pas d’une personne ayant un zona à une autre personne déjà immunisée contre la varicelle.


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Peut-on attraper le zona par contagion ?

On n’attrape pas le zona au contact d’une personne qui a un zona. Cependant, il existe une situation particulière : une personne n’ayant jamais fait la varicelle peut, en contact avec les lésions vésiculeuses d’un patient ayant un zona, être contaminée par le VZV et développer… une varicelle (primo-infection), et non un zona.

De même, une nouvelle exposition exogène au VZV – en côtoyant une personne faisant la varicelle ou le zona – peut théoriquement contribuer à une réactivation chez une personne déjà porteuse du virus en latence, bien que ce mécanisme soit considéré comme marginal.

📋 Schéma de transmission simplifié
Contact avec zona ou varicelle → si jamais vacciné ni immunisé → risque de varicelle (pas de zona direct)
Contact avec zona ou varicelle → si déjà immunisé → aucun risque de zona par contagion

Le zona est-il contagieux pour l’entourage ?

Oui, dans une mesure limitée. Un patient présentant un zona peut transmettre le VZV à une personne non immunisée contre la varicelle (environ 10 % des adultes n’ont pas d’immunité contre la varicelle). Cette transmission provoque alors une varicelle chez le contact, et non un zona.

La contagiosité du zona est nettement inférieure à celle de la varicelle :

Caractéristique Varicelle Zona
Mode de transmission Aérienne + contact direct Contact direct avec lésions vésiculeuses uniquement
Période de contagiosité 2 jours avant l’éruption jusqu’à croûtes complètes Environ 2 jours (phase vésiculeuse active)
Ce que le contact risque Varicelle (si non immunisé) Varicelle (si non immunisé) – jamais de zona direct
Contagiosité relative Très élevée Faible (lésions localisées, pas de transmission aérienne)

La contagiosité cesse dès que toutes les vésicules sont croûtées. Un zona couvert par un pansement occlusif est peu contagieux.

Précautions pratiques

Si vous n’avez pas eu la varicelle (ou si vous n’êtes pas certain de votre statut immunitaire) et que vous êtes en contact avec une personne ayant un zona :

  • Lavez-vous soigneusement les mains après tout contact avec la personne malade ou son environnement
  • Évitez le contact direct avec les lésions vésiculeuses (ne pas toucher les plaques de zona)
  • Consultez votre médecin si vous pensez ne pas être immunisé : une sérologie VZV peut confirmer votre statut
  • En cas de doute après exposition, une prophylaxie post-exposition (immunoglobulines spécifiques ou antiviraux) peut être envisagée chez les sujets immunodéprimés ou les femmes enceintes non immunisées
⚠ Personnes à risque particulier
Les nourrissons de moins de 1 mois, les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes non immunisées sont les populations les plus vulnérables en cas d’exposition au VZV. Une consultation médicale urgente s’impose dans ces situations.

Zona et grossesse

Si vous êtes enceinte et non immunisée contre la varicelle, évitez tout contact avec une personne présentant un zona ou une varicelle. La varicelle contractée pendant la grossesse peut entraîner des complications sévères : pneumonie varicelleuse maternelle, varicelle congénitale (avant 20 semaines d’aménorrhée) ou varicelle néonatale (en fin de grossesse). Ces situations nécessitent une prise en charge spécialisée en urgence : contactez rapidement votre médecin ou votre maternité en cas d’exposition.

Si vous avez déjà eu la varicelle, vous êtes immunisée : le contact avec un patient ayant un zona ne présente aucun risque pour votre grossesse.

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Vaccination : prévenir le zona

Le vaccin Shingrix® (vaccin recombinant sous-unitaire adjuvanté) est recommandé en France depuis 2023 pour les personnes de 65 ans et plus, et dès 50 ans pour les patients immunodéprimés. Administré en deux doses, il réduit le risque de zona d’environ 90 % et diminue significativement le risque de névralgie post-zostérienne, la complication la plus invalidante du zona.

La vaccination contre la varicelle (Varivax®, Varilrix®) est quant à elle recommandée chez les adultes séronégatifs non immunisés, notamment avant une grossesse ou une immunosuppression programmée.

Questions fréquentes (FAQ)

Mon enfant peut-il attraper la varicelle en côtoyant une personne qui a le zona ?

Oui, si votre enfant n’a pas encore eu la varicelle et n’est pas vacciné. Le contact direct avec les lésions vésiculeuses d’un zona peut transmettre le VZV et provoquer une varicelle. Évitez ce contact et consultez un médecin si une exposition a eu lieu.

Combien de temps le zona est-il contagieux ?

La période de contagiosité est courte, d’environ 2 jours, correspondant à la phase de vésicules actives. Dès que toutes les lésions sont croûtées, le risque de transmission disparaît.

Peut-on faire deux fois le zona ?

Oui, bien que moins fréquent qu’un premier épisode. Les récidives touchent surtout les personnes immunodéprimées. La vaccination par Shingrix® réduit également le risque de récidive chez les personnes ayant déjà eu un zona.

Si j’ai eu la varicelle, puis-je attraper le zona de quelqu’un d’autre ?

Non, pas par contagion directe. Si vous portez déjà le VZV en latence, le contact avec un zona ne vous fera pas développer un nouveau zona. Votre propre zona, si vous en faites un, sera une réactivation du virus que vous portez en vous depuis votre varicelle.

Le zona se transmet-il par la salive ou l’air ?

Non. Contrairement à la varicelle, le zona ne se transmet pas par voie aérienne. La transmission nécessite un contact direct avec le liquide des vésicules. Un zona bien couvert (pansement occlusif) est pratiquement non contagieux.

Que faire si je suis immunodéprimé et exposé au zona ?

Consultez votre médecin en urgence. Une prophylaxie post-exposition par immunoglobulines anti-VZV ou par antiviraux (aciclovir, valaciclovir) peut être envisagée pour prévenir une infection grave.

»»» Suite : le traitement du zona


Télécharger un guide complet au format PDF :

Voir aussi : Le zona est une maladie de la réactivation, pas de la contagion. La meilleure protection reste la vaccination : Shingrix® dès 65 ans (ou 50 ans en cas d’immunodépression) réduit d’environ 90 % le risque de zona et de ses complications douloureuses (névralgie post-zostérienne). N’attendez pas un premier épisode pour vous renseigner auprès de votre médecin.

Références scientifiques

  • Gnann JW Jr, Whitley RJ. Herpes zoster. N Engl J Med. 2002;347(5):340-346. PMID 12151472
  • Oxman MN, Levin MJ, Johnson GR, et al. A vaccine to prevent herpes zoster and postherpetic neuralgia in older adults. N Engl J Med. 2005;352(22):2271-2284. PMID 15930418
  • Lal H, Cunningham AL, Godeaux O, et al. Efficacy of an adjuvanted herpes zoster subunit vaccine in older adults. N Engl J Med. 2015;372(22):2087-2096. PMID 25916341
  • Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP). Recommandations vaccinales contre le zona – mise à jour 2023. hcsp.fr
  • Haute Autorité de Santé (HAS) – Recommandations en dermatologie

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Mis à jour le 11 avril 2025 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS)., Bordeaux.