IMIQUIMOD : ALDARA *, comment l’utiliser, que faire

Imiquimod (Aldara *) : guide complet du dermatologue

L’imiquimod est une crème immunomodulatrice unique en dermatologie : elle ne détruit pas les lésions cutanées par action directe, mais réveille le système immunitaire local pour qu’il les élimine lui-même. Commercialisée sous le nom d’Aldara (et Zyclara ou Bascellex), cette crème est prescrite pour trois indications principales : les verrues génitales (condylomes acuminés), les kératoses actiniques et les carcinomes basocellulaires superficiels. Son maniement demande une précision particulière : trop peu, et elle est inefficace ; trop, et la réaction locale peut devenir sévère. Ce guide répond à toutes les questions pratiques que se posent les patients et les professionnels de santé.

🗓️ Consultation dermatologique à Bordeaux
Vous avez été prescrit de l’imiquimod ou vous présentez une réaction sous traitement ?

Prendre rendez-vous en ligne

Sommaire

Qu’est-ce que l’imiquimod (Aldara) ?

L’imiquimod est une aminoquinoléine synthétique classée dans les immunomodulateurs à usage dermatologique (code ATC : D06BB10). Il est disponible en France sous trois spécialités :

Spécialité Concentration Laboratoire Statut
Aldara 5 % Viatris Healthcare Liste I — remboursé SS
Zyclara 3,75 % Viatris Healthcare Liste I — remboursé SS
Bascellex 5 % Sun Pharmaceutical Europe Liste I

Chaque sachet individuel d’Aldara 5 % contient 12,5 mg d’imiquimod dans 250 mg de crème. Les sachets sont à usage unique — ils ne doivent jamais être réutilisés une fois ouverts. Aucun générique n’est disponible en France à ce jour.

La prescription d’imiquimod est soumise à ordonnance médicale obligatoire. Son utilisation ne doit jamais être improvisée à partir de restes d’une prescription antérieure ou partagée entre patients.

Mécanisme d’action : comment ça marche ?

L’imiquimod est un agoniste du récepteur Toll-like 7 (TLR-7), l’un des sentinelles du système immunitaire inné. Contrairement aux traitements qui brûlent ou gèlent les lésions, l’imiquimod n’a aucune activité antivirale ou antitumorale directe. Il agit en stimulant la réponse immune locale.

Voici ce qui se passe après application de la crème :

  1. Liaison au TLR-7 sur les monocytes, macrophages et cellules dendritiques cutanées
  2. Sécrétion massive de cytokines : interféron-α (IFN-α), TNF-α, interleukines 6, 8, 12
  3. Activation des cellules de Langerhans épidermiques, qui migrent vers les ganglions lymphatiques locaux
  4. Activation de l’immunité adaptative (lymphocytes T cytotoxiques, lymphocytes NK, lymphocytes B)
  5. Reconnaissance et destruction des cellules viralement infectées ou tumorales
💡 Pourquoi la réaction cutanée est un signe d’efficacité : La rougeur, les croûtes et l’érosion qui apparaissent sous traitement ne sont pas des « effets secondaires » à proprement parler — elles sont le reflet de la réponse immunitaire en cours. Une absence totale de réaction peut indiquer une inefficacité du traitement. C’est ce qui rend le maniement de l’imiquimod si particulier.

Cette induction des cytokines a également été démontrée in vivo : après application sur les verrues génitales, on détecte une augmentation de l’ARNm de l’IFN-α au site traité ainsi qu’une réduction significative de l’ADN du HPV.

Indications approuvées en France (AMM)

1. Verrues génitales et péri-anales externes (condylomes acuminés)

Indication principale et historique de l’imiquimod depuis 1997 chez l’adulte, et chez l’adolescent à partir de 12 ans pour les verrues génitales. Les condylomes sont causés par le papillomavirus humain (HPV), principalement les génotypes 6 et 11. L’imiquimod ne guérit pas l’infection HPV sous-jacente — il élimine les lésions visibles mais ne protège pas contre la transmission ni contre les récidives.

2. Kératoses actiniques (KA)

Indication réservée à l’adulte immunocompétent, pour les lésions cliniquement typiques, non hypertrophiques, non hyperkératosiques, situées sur le visage ou le cuir chevelu dégarni. L’imiquimod est un traitement de seconde intention dans les kératoses actiniques : il est indiqué lorsque la taille ou le nombre des lésions limite l’efficacité ou la tolérance de la cryothérapie, ou si les autres traitements topiques sont contre-indiqués ou moins appropriés. La HAS précise qu’il n’a pas démontré de supériorité par rapport au 5-FU (Efudix) ni à la cryothérapie.

⚠️ Kératoses actiniques : limites importantes
L’imiquimod n’est pas recommandé pour : les kératoses hyperkératosiques ou hypertrophiques (cornes cutanées), les lésions des paupières, de l’intérieur des narines, des oreilles, de la zone des lèvres à l’intérieur du vermillon. Les résultats sur les avant-bras et les mains ne confirment pas son efficacité dans ces localisations. Les patients avec plus de 8 lésions de KA ont moins de chances de répondre au traitement.

3. Petits carcinomes basocellulaires superficiels (CBCs)

Indication réservée à l’adulte immunocompétent, pour les lésions de type superficiel uniquement (pas les BCC nodulaires ou infiltrants), lorsque la chirurgie est contre-indiquée ou risque d’être mal tolérée. Cette indication est particulièrement utile pour les patients âgés, anticoagulés, ou présentant de nombreuses lésions. Les tumeurs de grande taille (> 7,25 cm²) ont moins de chances de répondre au traitement. Les CBC récidivants et déjà traités ne doivent pas être traités par imiquimod en raison de l’absence de données cliniques.

⚠️ Important : L’imiquimod est strictement réservé aux CBC superficiels. Son utilisation sur un CBC nodulaire ou infiltrant expose au risque de traitement incomplet avec progression tumorale. Un bilan histologique est indispensable avant toute prescription dans cette indication. Les CBC de la tête, du visage ou de la zone anogénitale sont exclus de cette indication.

Protocoles d’utilisation selon l’indication

Les protocoles sont strictement différents selon l’indication. Ne jamais transposer un protocole d’une indication à une autre.

Indication Fréquence Durée de contact Durée totale
Verrues génitales 3×/semaine (ex : lun / mer / ven) 6 à 10 heures Jusqu’à disparition ou max 16 semaines
Kératoses actiniques 3×/semaine (ex : lun / mer / ven) environ 8 heures 4 semaines — évaluation 4 sem après — max 8 sem
Carcinome basocellulaire superficiel 5×/semaine (lun → ven) environ 8 heures 6 semaines — évaluation 12 sem après fin

Dans toutes les indications, la crème s’applique avant l’heure habituelle du coucher. Elle doit rester en contact avec la peau pendant la durée prescrite puis être retirée le matin avec de l’eau et un savon doux. Aucun bain ni douche pendant la nuit d’application.

Dose maximale : 1 sachet par application

La quantité appliquée ne doit pas dépasser un sachet par séance. Une application excessive ou un temps de contact prolongé augmentent le risque de réactions locales sévères sans améliorer l’efficacité.

Dose oubliée

En cas d’oubli, le patient applique la crème dès que possible puis reprend le rythme habituel. Il ne faut pas doubler la dose lors de l’application suivante. Les jours manqués ne doivent pas être rattrapés en prolongeant le traitement au-delà de la durée maximale prévue.

Comment appliquer correctement la crème

Étape 1 — Préparation de la zone

Nettoyer soigneusement la zone à traiter avec de l’eau et un savon doux. Sécher délicatement. Laisser la peau sécher au moins 10 minutes avant l’application — une peau humide augmente la pénétration et le risque d’irritation.

Étape 2 — Application

Ouvrir un sachet, extraire la quantité nécessaire et masser doucement jusqu’à pénétration complète de la crème. Pour les kératoses actiniques et les CBC, appliquer sur la zone à traiter plus une marge de peau de 1 cm autour de la lésion. Éviter toute application sur les muqueuses internes, les yeux, les narines, la bouche.

Étape 3 — Après l’application

Se laver soigneusement les mains. Ne pas couvrir la zone avec un pansement occlusif (film plastique, pansement hermétique) — cela augmente l’absorption et le risque de réaction sévère. Un sous-vêtement en coton est acceptable pour les zones génitales. Éviter bains et douches pendant toute la durée de contact.

Étape 4 — Le lendemain matin

Laver la zone traitée à l’eau et au savon doux pour retirer la crème. Vérifier l’état de la peau. Si des croûtes ou des érosions se forment progressivement, c’est attendu — ne pas frotter.

✅ Règles d’or de l’application :
• Peau propre et sèche avant application
• Sachet à usage unique — ne jamais réutiliser
• Se laver les mains avant et après
• Pas de pansement occlusif
• Pas de bain ou douche pendant la nuit d’application
• Retrait le matin avec eau + savon doux

Réactions cutanées : ce qui est normal, ce qui ne l’est pas

Les réactions locales au site d’application sont très fréquentes — elles surviennent chez plus de 28 % des patients pour les plus courantes. Leur intensité est le signe que l’immunité locale est activée. Elles ont tendance à être plus importantes lors du premier cycle de traitement qu’au cours du second.

Réactions attendues et normales

Réaction Description Conduite à tenir
Érythème Rougeur locale, parfois intense Normal — poursuivre si supportable
Desquamation / sécheresse Peau qui pèle, squames Normal — ne pas frotter
Croûtes Formation de croûtes sèches Normal — ne pas arracher
Prurit / brûlures légères Démangeaisons, picotements Normal — émollient entre les applications
Œdème modéré Légère tuméfaction locale Souvent attendu, notamment en zone génitale
Érosion / ulcération superficielle Écorchures superficielles sur les lésions Normal sur les lésions traitées — surveiller
Induration Peau épaissie, dure au toucher Peut survenir — signaler au dermatologue
Vésicules Petites cloques Peut survenir — ne pas percer — signaler

Réactions nécessitant une interruption temporaire

Lorsque les réactions inflammatoires locales deviennent intenses (rougeur extensive, érosions profondes, douleur franche), une interruption temporaire de quelques jours est recommandée. On reprend ensuite le traitement sans prolonger la durée totale au-delà de la limite prévue.

Réactions rares à connaître

Des troubles de la pigmentation peuvent survenir après le traitement : hypopigmentation (décoloration) ou hyperpigmentation (taches brunes) au site d’application. Ces modifications sont généralement réversibles mais peuvent parfois persister. Des cas d’alopécie au site d’application (notamment sur le cuir chevelu) ont été rapportés dans 0,4 % des cas dans les études sur les kératoses actiniques.

Des cas très rares d’érythème multiforme et de syndrome de Stevens-Johnson ont été rapportés en pharmacovigilance — leur survenue impose l’arrêt immédiat et définitif du traitement.

J’ai une réaction forte : que faire ?

C’est la question la plus fréquente posée par les patients sous imiquimod. Voici une conduite à tenir structurée, mais dans tous les cas, mieux vaut consulter un médecin :

Réaction légère à modérée (rougeur, croûtes, légères brûlures)

Poursuivre le traitement. Ces réactions sont normales et attendues. Entre les applications, on peut appliquer une crème émolliente douce (sans parfum ni conservateurs irritants) pour limiter la sécheresse et le prurit. Ne pas appliquer d’émollient dans l’heure précédant l’application de la crème.

Réaction modérée à sévère (érosions étendues, douleur, œdème important)

Interrompre temporairement le traitement pendant quelques jours (généralement 3 à 7 jours) jusqu’à régression des symptômes. Cette pause est prévue dans le protocole — elle ne compromet pas l’efficacité globale. La durée totale de traitement n’est pas rallongée pour compenser les jours manqués.

⚠️ Zone génitale : vigilance particulière
En cas de gonflement vulvaire important avec difficulté à uriner, il faut arrêter immédiatement l’imiquimod et consulter en urgence. Ce signe peut indiquer un œdème muqueux sévère nécessitant une prise en charge médicale rapide. L’application à l’intérieur du vagin est une contre-indication absolue.

Que mettre sur la peau entre les applications ?

Un émollient simple (vaseline, crème à base de céramides, Dexeryl, Cold Cream) peut être appliqué en dehors des heures d’application de la crème imiquimod. Éviter les produits parfumés, l’alcool, les corticoïdes (sauf prescription médicale explicite). Ne pas appliquer de fond de teint ni de maquillage sur la zone traitée.

Puis-je laver la zone plus tôt si la réaction est trop forte ?

Oui. Si la réaction locale devient insupportable au cours de la nuit, la crème peut être retirée plus tôt que prévu en lavant simplement la zone avec de l’eau et un savon doux. Ce retrait précoce ne compromet pas l’efficacité d’une seule application, mais ne doit pas devenir systématique.

Effets systémiques et signaux d’alarme

Malgré une absorption percutanée très faible (moins de 0,9 % d’une dose appliquée localement chez des volontaires sains), des réactions systémiques peuvent survenir, notamment lors de traitements sur de grandes surfaces ou prolongés.

Effets systémiques fréquents (≥ 1 %)

  • Fatigue, asthénie
  • Fièvre modérée
  • Myalgies, céphalées
  • Nausées
  • Syndrome pseudo-grippal

Ces effets sont généralement bénins et transitoires. Ils peuvent survenir lors des premières semaines de traitement et tendent à diminuer ensuite.

Signaux d’alarme nécessitant un avis médical urgent

🚨 Arrêter le traitement et consulter rapidement si :
• Fièvre élevée persistante ou frissons intenses
• Ganglions enflés ou douloureux
• Éruption bulleuse, lésions en cible (érythème multiforme)
• Éruption généralisée, urticaire, difficultés respiratoires (allergie)
• Saignements au site d’application
• Gonflement vulvaire ou pénien avec douleur ou difficultés urinaires
• Dépression, agitation, troubles du sommeil sévères

Des cas rares mais graves ont été rapportés en pharmacovigilance post-marketing : syndrome de fuite capillaire, insuffisance cardiaque, arrhythmies, thrombopénie, leucopénie, syndrome de Stevens-Johnson. Ces effets exceptionnels surviennent préférentiellement chez des patients immunodéprimés ou lors de traitements sur de grandes surfaces cutanées.

Précautions, contre-indications et populations particulières

Contre-indications

  • Hypersensibilité à l’imiquimod ou à l’un des excipients
  • Application sur muqueuses internes (vagin, rectum, méat urétral, bouche, narines)
  • Application sur peau lésée, plaie ouverte, zone inflammée ou infectée
  • CBC de la tête, du visage ou de la zone anogénitale (pour l’indication CBC)
  • CBC nodulaire ou infiltrant

Immunodéprimés

L’utilisation de l’imiquimod chez les patients immunodéprimés (VIH, traitement immunosuppresseur, transplantés) doit être maniée avec une extrême prudence. Du fait de ses propriétés immunostimulantes, une application sur de grandes surfaces peut entraîner une réponse immune systémique imprévisible. Des diminutions des paramètres hématologiques (hémoglobine, leucocytes, plaquettes) ont été observées dans les essais cliniques.

Grossesse et allaitement

Bien que les données de cas cliniques disponibles n’aient pas identifié de risque tératogène démontré, l’utilisation pendant la grossesse ne doit être envisagée que si le bénéfice justifie le risque potentiel. La concentration systémique après application topique est faible ; le passage dans le lait maternel est probable mais à très faible dose. La décision doit être prise au cas par cas avec le dermatologue ou l’obstétricien.

Enfants et adolescents

L’imiquimod n’est pas recommandé chez l’enfant pour les kératoses actiniques et les CBC. Pour les verrues génitales, il peut être utilisé à partir de 12 ans. Attention : il ne doit pas être utilisé chez l’enfant pour le molluscum contagiosum — 4 essais randomisés contrôlés n’ont pas démontré son efficacité dans cette indication, quelle que soit la posologie testée.

Exposition solaire

La zone traitée doit être protégée de l’exposition solaire pendant toute la durée du traitement et jusqu’à cicatrisation complète. L’imiquimod rend la peau plus réactive aux UV. En pratique, traitement nocturne + vêtements couvrants ou écran solaire le jour constituent la protection standard.

Imiquimod et préservatifs : un point essentiel

Ce point est souvent méconnu des patients et mérite une information claire :

⚠️ L’imiquimod détériore le latex
La crème imiquimod peut fragiliser les préservatifs en caoutchouc (latex) et les diaphragmes, les rendant moins résistants et augmentant le risque de rupture lors des rapports sexuels. Il est impératif d’éviter tout rapport sexuel lorsque la crème est en contact avec la peau. Par ailleurs, l’imiquimod ne protège pas contre la transmission du HPV ni contre les autres infections sexuellement transmissibles.

Utilisations hors AMM documentées

L’imiquimod a été évalué dans de nombreuses autres indications en dehors de son AMM officielle. Ces utilisations ne sont pas validées par les autorités de santé françaises et nécessitent une discussion bénéfice-risque individuelle :

Indication hors AMM Niveau de preuve Notes
Lentigo malin (mélanome in situ) Études de phase II Utilisé en monothérapie ou en périopératoire
Maladie de Bowen (carcinome épidermoïde in situ) Séries de cas / études ouvertes Résultats prometteurs sur certaines localisations
Sarcome de Kaposi cutané Essais de phase I/II Étude publiée en 2008 (Schantz-Faure, JAAD)
Mycosis fongoïde (plaques résistantes) Cas cliniques Rémission complète rapportée sur plaques résistantes à PUVA
Maladie de Paget extramammaire En discussion Alternative à l’exérèse chirurgicale à l’étude

Des essais cliniques explorent également son potentiel en combinaison avec d’autres immunothérapies, dans le photovieillissement, et dans les métastases cutanées. Ces indications restent expérimentales.

Imiquimod vs autres traitements

Pour les verrues génitales (condylomes)

Traitement Mécanisme Avantages Inconvénients
Imiquimod Immunomodulation Auto-application, récidives moins fréquentes chez répondeurs complets Lent (semaines), réactions locales
Podophyllotoxine Cytotoxique Efficacité rapide, auto-applicable Contre-indiqué grossesse, taux récidive élevé
Cryothérapie Destruction physique Efficace rapidement, en cabinet Douloureux, plusieurs séances, récidives fréquentes
Laser CO₂ / électrocoagulation Ablation Efficace sur lésions étendues Anesthésie, coût, cicatrices possibles

L’imiquimod est considéré comme une option de première ligne raisonnable pour les condylomes, notamment en raison de son auto-application et du fait que les patients qui obtiennent une disparition complète tendent à rester en rémission durable — probablement grâce à la mémoire immunitaire Th1 induite.

Pour les kératoses actiniques

L’imiquimod 5 % a démontré une efficacité supérieure au placebo : environ 37–53 % de disparition complète après 1 à 2 cycles versus moins de 15 % pour le placebo dans les essais pivots (HAS). Cependant, il n’a pas démontré de supériorité versus le 5-fluorouracile (Efudix) ni versus la cryothérapie dans les études comparatives directes. Il représente un outil thérapeutique supplémentaire utile lorsque les autres traitements sont moins adaptés.

Questions fréquentes sur l’imiquimod (FAQ)

L’imiquimod guérit-il définitivement les verrues génitales ?

Non, l’imiquimod élimine les lésions visibles mais ne guérit pas l’infection HPV sous-jacente. Les patients qui obtiennent une disparition complète des condylomes ont tendance à rester clairs — probablement grâce à la mémoire immunitaire induite — mais des récidives sont possibles car le virus peut persister dans les tissus apparemment sains. L’imiquimod ne protège pas non plus contre la transmission du HPV à un partenaire.

Pourquoi ma peau réagit-elle si fortement alors que mon voisin n’a presque rien ?

Les réactions locales sont très variables d’un individu à l’autre et dépendent de nombreux facteurs : type de peau, localisation, surface traitée, réponse immunitaire individuelle, épaisseur de la peau. Une forte réaction indique souvent que le médicament agit bien. Une absence totale de réaction peut au contraire faire douter de l’efficacité. Le dermatologue ajuste le protocole en fonction de la tolérance de chaque patient.

Puis-je arrêter le traitement si mes verrues ont disparu avant les 16 semaines ?

Oui. Pour les condylomes, le traitement est poursuivi jusqu’à disparition complète des lésions visibles ou pendant une durée maximale de 16 semaines. Si toutes les lésions ont disparu avant ce délai, le traitement peut être arrêté. Il ne sert à rien de continuer sur une peau saine.

Je dois retraiter une kératose actinique récidivée après guérison : est-ce possible ?

Oui, sous conditions. Les kératoses actiniques guéries après une ou deux cures de traitement et qui réapparaissent ultérieurement peuvent être retraitées par imiquimod, pour une ou deux cures supplémentaires, après une période de repos d’au moins 12 semaines. Les données indiquent qu’un patient ayant déjà répondu à l’imiquimod a environ 80 % de chances d’obtenir à nouveau une guérison complète lors d’un retraitement, contre seulement 50 % environ avec le diclofénac topique.

L’imiquimod peut-il laisser des cicatrices ?

Le risque cicatriciel est faible avec un usage correct. Dans les essais cliniques sur les condylomes, seulement 2,9 % des patients traités avaient une dégradation de leur score cicatriciel à 8 semaines post-traitement. En revanche, une application excessive, un contact prolongé ou une réaction inflammatoire sévère non prise en charge peuvent augmenter ce risque. Il ne faut jamais arracher les croûtes.

Puis-je utiliser de la crème hydratante en même temps que l’imiquimod ?

Oui, les crèmes émollientes douces sont recommandées entre les applications pour améliorer la tolérance. Elles doivent être appliquées sur une peau propre, à distance de l’heure d’application de l’imiquimod (ne pas appliquer dans la demi-heure précédant la crème). Éviter les produits alcoolisés, parfumés, ou contenant des acides (AHA, BHA, rétinol).

L’imiquimod fonctionne-t-il sur les verrues plantaires ou vulgaires ?

Non, l’imiquimod n’a pas d’AMM pour les verrues plantaires ou vulgaires. Les études sur ces localisations n’ont pas démontré d’efficacité satisfaisante et cette utilisation n’est pas recommandée.

Que faire si je vois de nouvelles lésions apparaître pendant le traitement ?

L’apparition de nouvelles lésions pendant le traitement des condylomes est possible — le HPV peut en effet activer des lésions subcliniques non encore visibles. Cela ne signifie pas que le traitement ne fonctionne pas. En revanche, si de nouvelles lésions apparaissent dans la zone traitée pour un CBC, il faut en informer le dermatologue qui évaluera si une biopsie est nécessaire.

Peut-on utiliser l’imiquimod sur le pénis ?

Oui, pour les condylomes du pénis. La tolérance est généralement bonne avec le protocole 3 fois par semaine. La zone doit être nettoyée et séchée avant application. Attention aux zones sous le prépuce — plus sensibles — où la réaction peut être plus intense. Pour les CBC, l’utilisation sur le pénis (zone anogénitale) est contre-indiquée selon l’AMM.

L’imiquimod est-il remboursé par la Sécurité sociale ?

Aldara et Zyclara sont remboursés par l’Assurance Maladie selon des modalités variables selon l’indication. La prescription requiert une ordonnance médicale. Le remboursement peut être soumis à accord préalable pour certaines indications (notamment CBC). Renseignez-vous auprès de votre pharmacien ou de votre dermatologue.

Voir aussi sur dermatonet.com :
Taches brunes solaires et kératoses actiniques
Laser en dermatologie
Photoréjuvénation à la lampe flash

Références bibliographiques (PubMed vérifiées) :
• Edwards L et al. Self-administered topical 5% imiquimod cream for external anogenital warts. Arch Dermatol. 1998;134(1):25–30. PMID : 9449906
• Gaspari AA et al. Beyond a decade of 5% imiquimod topical therapy. J Drugs Dermatol. 2009;8(5 Suppl):s4–11. PMID : 19537370
• Sauder DN. Imiquimod 5% cream (Aldara). Skin Therapy Lett. 2000;5(6):1–5. PMID : 15991984
• Wellington K, Jarvis B. Topical imiquimod 5% cream: a review. Am J Clin Dermatol. 2002;3(1):65–6. PMID : 17927284
• Dummer R et al. Imiquimod induces complete clearance of a PUVA-resistant plaque in mycosis fungoides. Dermatology. 2003;207(1):116–118. PMID : 12835571
• HAS. Avis de la Commission de Transparence — ALDARA 5 % crème. Mars 2010 / Novembre 2009.
Ressources réglementaires :
HAS — Avis ALDARA (Commission de Transparence)
ANSM — Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP)
StatPearls — Imiquimod (NIH)
🗓️ Suivi dermatologique à Bordeaux
Vous êtes sous traitement par imiquimod ou souhaitez une évaluation de vos lésions (kératoses actiniques, condylomes, carcinome basocellulaire) ? Le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue à Bordeaux, assure le diagnostic, la prescription et le suivi de ces traitements.

Prendre rendez-vous en ligne

Mis à jour le 7 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.

VERRUE ENFANT : traitement des verrues de l’enfant

Verrues chez l’enfant : particularités, évolution et traitement

Les verrues sont particulièrement fréquentes chez l’enfant — elles constituent l’une des dermatoses virales les plus communes en pédiatrie. Si leurs causes sont identiques à celles de l’adulte (papillomavirus humains HPV), leur prise en charge diffère sur plusieurs points essentiels : tolérance au traitement, risque de contagion en collectivité, décision de traiter ou d’attendre, et terrains particuliers. Une verrue plantaire douloureuse qui empêche un enfant de marcher ne se gère pas comme un papillome discret sur la main d’un adulte.

Verrue chez votre enfant — diagnostic incertain ou résistante au traitement ?
📅 Téléconsultation pédiatrique avec le dermatologue


Téléchargez le guide complet
VERRUES – MAINS PIEDS GENITALES…
« Secrets de dermatologue » :

– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


Obtenir ce guide →

Sommaire :
Épidémiologie |
Formes cliniques |
Verrues et collectivité |
Traiter ou attendre ? |
Traitements adaptés à l’enfant |
Terrains particuliers |
Tableau récapitulatif |
Questions fréquentes

Pourquoi les verrues sont-elles si fréquentes chez l’enfant ?

Les verrues touchent 10 à 20 % des enfants en âge scolaire, contre 5 à 10 % de la population générale. Cette surreprésentation s’explique par plusieurs facteurs combinés :

  • Un système immunitaire encore immature, moins efficace pour éliminer le HPV avant qu’il ne s’exprime
  • Une vie en collectivité intense (piscine scolaire, vestiaires, sports collectifs) favorisant la contamination indirecte
  • Des microtraumatismes cutanés fréquents (genoux, pieds, mains) qui facilitent la pénétration du virus
  • Des comportements à risque : se ronger les ongles, gratter ses lésions, marcher pieds nus dans les vestiaires

Le pic de fréquence se situe entre 5 et 15 ans. Avant 2 ans, une verrue est exceptionnelle et doit faire évoquer un déficit immunitaire.

Formes cliniques les plus fréquentes chez l’enfant

Toutes les formes de verrues peuvent survenir chez l’enfant, mais certaines sont nettement prédominantes. Pour une description complète de chaque type, voir l’article général sur les verrues.

Verrues plantaires — la plainte principale

Verrues plantaires chez un enfant
Verrues plantaires

Les verrues plantaires représentent la cause la plus fréquente de consultation pour verrue chez l’enfant — surtout après la rentrée scolaire et la reprise de la piscine. La myrmécie (HPV1, profonde et douloureuse) est celle qui motive le plus souvent la consultation, pouvant gêner la marche et la pratique sportive. Les verrues en mosaïque (HPV2), moins douloureuses, sont parfois découvertes fortuitement.

Chez l’enfant, la verrue plantaire doit être distinguée d’un cor ou durillon : la verrue saigne au curetage (points noirs = capillaires thrombosés) et interrompt les dermatoglyphes, contrairement au cor.

Verrues des mains et des doigts — dissémination par morsure

Récidive de verrues des doigts en couronne chez un enfant après traitement
Récidive en couronne après traitement — fréquente chez l’enfant

Les verrues vulgaires des mains sont très fréquentes, avec une particularité pédiatrique importante : l’onychophagie (se ronger les ongles) favorise une dissémination massive autour des ongles et sur les lèvres. Les verrues péri-unguéales sont souvent multiples, récidivantes, et peuvent déformer la tablette unguéale. Il est impératif d’expliquer à l’enfant — et aux parents — que gratter ou mordre les verrues est le principal facteur d’aggravation.

Verrues du genou — liées aux chutes

Verrues du genou chez un enfant liées aux microtraumatismes
Verrues du genou chez un enfant — favorisées par les chutes et microtraumatismes

Les verrues du genou sont quasi-exclusives à l’enfant. Elles sont directement liées aux microtraumatismes répétés lors des chutes et jeux. Souvent multiples et groupées, elles régressent fréquemment d’elles-mêmes dès que les chutes deviennent moins fréquentes avec l’âge.

Verrues planes du visage — souvent méconnues

Verrues planes visage enfant
Verrues planes du visage chez l’enfant – une prise en charge délicate
Verrues planes du visage chez un enfant disséminées le long d'une ligne de grattage
Verrues planes disséminées par manuportage le long d’une strie de grattage
Verrues planes de la jambe chez une jeune fille après épilation
Verrues planes de la jambe — dissémination fréquente à l’adolescence par épilation

Les verrues planes du visage sont fréquemment non diagnostiquées chez l’enfant car très discrètes — petites papules chamois-brun à peine surélevées, souvent confondues avec de l’eczéma ou de simples taches. Elles se disséminent facilement le long des lignes de grattage ou de frottement. Leur traitement est délicat sur le visage : la cryothérapie doit être prudente pour éviter les cicatrices, et les acides sont contre-indiqués sur cette zone.

Papillomes verruqueux — attention au rasage chez l’adolescent

Papillome verruqueux de la paupière chez un enfant
Papillome verruqueux de la paupière — se dissémine par le rasage chez l’adolescent quand il est sur la barbe

Les papillomes verruqueux filiformes apparaissent surtout sur le visage et le cou. Chez l’adolescent qui commence à se raser, ils représentent un risque majeur de dissémination en plaques sur toute la zone rasée — il faut impérativement les traiter avant la première utilisation du rasoir.

Verrues et collectivité — que faire à l’école, à la piscine ?

Les verrues ne justifient aucune éviction scolaire. En revanche, certaines précautions limitent la contagion :

  • Piscine : port de chaussons de bain obligatoire dans les vestiaires et sur les plages. La piscine n’est pas contre-indiquée, mais la verrue doit être recouverte d’un pansement waterproof.
  • Sport : pas de contre-indication. Éviter les pieds nus dans les vestiaires collectifs.
  • À la maison : ne pas partager serviettes, chaussettes ni chaussures avec la fratrie. Prévoir une sortie de bain personnelle.
  • Comportement : expliquer à l’enfant de ne pas toucher, gratter ni mordre ses verrues — c’est le principal vecteur d’auto-contamination.

Traiter ou attendre ? La question clé chez l’enfant

Chez l’enfant, la question se pose différemment que chez l’adulte. La guérison spontanée est plus fréquente et plus rapide que chez l’adulte — environ 65 % des verrues disparaissent en 2 ans, et jusqu’à 80 % en 4 ans. L’immunité de l’enfant finit le plus souvent par reconnaître et éliminer le virus.

Le traitement est cependant indiqué dans les situations suivantes :

  • Verrue plantaire douloureuse gênant la marche ou le sport
  • Verrues multiples en extension rapide malgré les mesures d’hygiène
  • Verrue péri-unguéale menaçant de déformer l’ongle
  • Papillome verruqueux chez un adolescent avant la première utilisation du rasoir
  • Retentissement psychologique significatif (moqueries, refus d’aller à la piscine)
  • Enfant immunodéprimé — ne pas attendre la guérison spontanée

À l’inverse, l’abstention thérapeutique est raisonnable pour une verrue unique, non douloureuse, non évolutive chez un jeune enfant bien immunocompétent — à condition de surveiller son évolution.

Hésitation entre traiter et attendre ? Le Dr Rousseau peut vous orienter en téléconsultation :
📅 Téléconsultation avec le dermatologue

Traitements adaptés à l’enfant

Les mêmes traitements que chez l’adulte sont disponibles, mais leur utilisation doit tenir compte de la tolérance de l’enfant à la douleur et des zones à risque cicatriciel. Pour le détail complet des traitements, voir l’article sur le traitement des verrues.

Acide salicylique — première intention

Traitement de première intention chez l’enfant, indolore, applicable à domicile. Efficace sur les verrues vulgaires et plantaires non trop profondes. Nécessite une application quotidienne et régulière sur plusieurs semaines. À éviter sur le visage chez l’enfant. Le dermatologue prescrit des préparations magistrales souvent très efficaces chez l’enfant

Cryothérapie à l’azote liquide — efficace mais douloureuse

Très efficace mais douloureuse — souvent mal tolérée avant 6-7 ans. Une anesthésie topique (crème EMLA) peut être appliquée 1h avant la séance pour améliorer le confort. Nécessite plusieurs séances. À manier avec précaution sur le visage pour éviter les cicatrices hypopigmentées.

Laser CO₂ — pour les cas résistants

Réservé aux verrues multiples ou résistantes aux autres traitements. Réalisé sous anesthésie locale ou générale selon l’âge et le nombre de lésions. Résultats durables mais récidives possibles.

Dermatoscopie de contrôle

Contrôle dermatoscopique d'une verrue chez l'enfant après traitement
Contrôle dermatoscopique après traitement — permet de confirmer la guérison

La dermatoscopie est utile non seulement pour le diagnostic initial mais aussi pour confirmer la guérison après traitement — la disparition des capillaires thrombosés (points noirs) et la réapparition des dermatoglyphes signent l’éradication de la verrue.

Terrains particuliers

Enfant atopique

Les enfants souffrant de dermatite atopique présentent un risque accru de verrues multiples et disséminées — la barrière cutanée altérée facilite la pénétration du HPV. Les verrues planes y sont particulièrement fréquentes. Le traitement doit être coordonné avec la prise en charge de l’eczéma.

Enfant immunodéprimé

Chez l’enfant sous immunosuppresseurs (greffé, traitement corticoïde prolongé, chimiothérapie), les verrues peuvent être massives, résistantes et très étendues. La guérison spontanée ne doit pas être attendue. Une prise en charge dermatologique spécialisée est indispensable, en lien avec l’équipe médicale suivant l’immunodépression.

Adolescent — attention à la dissémination par rasage

L’adolescent qui commence à se raser présente un risque spécifique : un papillome verruqueux ou des verrues planes passés inaperçus peuvent se disséminer massivement en quelques semaines sur toute la zone de rasage. Un examen dermatologique avant le premier rasage est conseillé en cas de lésions suspectes sur le visage.

Tableau récapitulatif — verrues de l’enfant

Type Particularité pédiatrique Traiter ou attendre ? Traitement de choix
Plantaire (myrmécie) Douloureuse, gêne sportive Traiter si douloureuse Acide salicylique + cryothérapie
Plantaire (mosaïque) Souvent asymptomatique Attendre possible Acide salicylique
Mains / doigts Aggravée par onychophagie Traiter si multiples Acide salicylique + cryothérapie
Genou Quasi-exclusive à l’enfant Attendre souvent suffisant Acide salicylique
Planes du visage Souvent méconnues, grattage Attendre — traitement délicat Cryothérapie prudente
Papillome verruqueux Risque dissémination rasage Traiter avant premier rasage Cryothérapie / laser

Questions fréquentes

Mon enfant a une verrue plantaire douloureuse — doit-on traiter ou attendre ?
Une verrue plantaire qui gêne la marche ou la pratique sportive doit être traitée sans attendre. L’association acide salicylique à domicile et cryothérapie chez le dermatologue est le traitement de référence. Si la douleur lors de la cryothérapie est un frein, une crème anesthésiante (EMLA) appliquée 1h avant améliore nettement le confort de l’enfant.

Mon enfant se ronge les ongles et a des verrues partout autour — que faire ?
L’onychophagie est le principal facteur d’aggravation des verrues péri-unguéales. Il faut traiter les verrues existantes ET travailler sur l’arrêt de l’onychophagie (vernis amer, accompagnement comportemental). Sans cela, le traitement des verrues sera un combat sans fin — les récidives seront systématiques.

Mon enfant peut-il aller à la piscine avec ses verrues ?
Oui — les verrues ne sont pas une contre-indication à la piscine. Il faut couvrir la verrue d’un pansement waterproof, porter des chaussons de bain dans les vestiaires et sur les plages, et ne pas partager serviettes ni chaussures. Aucune éviction n’est recommandée.

À quel âge les verrues apparaissent-elles chez l’enfant ?
Le pic de fréquence se situe entre 5 et 15 ans, coïncidant avec l’entrée en collectivité et la pratique de la piscine. Une verrue avant 2 ans est exceptionnelle et doit faire évoquer un déficit immunitaire — consultez un dermatologue.

Les verrues de mon enfant peuvent-elles contaminer toute la famille ?
Oui, le risque existe — surtout pour les enfants en bas âge et les personnes immunodéprimées au sein du foyer. Les mesures simples suffisent dans la grande majorité des cas : ne pas partager serviettes et chaussettes, prévoir une sortie de bain personnelle, et expliquer à l’enfant de ne pas gratter ses verrues.


📅 Consulter le Dr Rousseau en téléconsultation

Article général sur les verrues | → Traitement des verrues


Téléchargez le guide complet
VERRUES – MAINS PIEDS GENITALES…
« Secrets de dermatologue » :

– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


Obtenir ce guide →

VERRUE VISAGE : soigner et enlever une verrue du nez, du menton, du front

Verrue sur le visage : types, photos et traitements

Une verrue sur le visage — sur le nez, le menton, le front, la paupière ou dans la barbe — est fréquente et bénigne. Elle est due au papillomavirus humain (HPV) et peut être traitée de plusieurs façons selon son type et sa localisation. Voici comment la reconnaître et s’en débarrasser efficacement.

Verrue qui résiste ou localisée près de l’œil ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
📅 Téléconsultation avec le dermatologue


Téléchargez le guide complet
VERRUES – MAINS PIEDS GENITALES…
« Secrets de dermatologue » :

– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


Obtenir ce guide →

Cet article en vidéo

Qu’est-ce qu’une verrue du visage ?

Les verrues sont dues à une infection de la peau par les papillomavirus humains (HPV). Le virus pénètre par de petites lésions cutanées et provoque une prolifération locale des cellules de la peau. Le visage est une zone fréquemment touchée car le grattage, le rasage et le contact main-visage favorisent la contamination.

Les verrues du visage sont bénignes et non dangereuses. La majorité régressent spontanément en 2 à 4 ans, mais un traitement est recommandé pour éviter leur multiplication et leur transmission à l’entourage.

Les 3 types de verrues du visage

1. Les papillomes verruqueux — verrues en tétine

Ce sont les verrues les plus reconnaissables sur le visage : elles se présentent comme de petites excroissances en relief, en forme de « tétine » ou de chou-fleur. Elles siègent le plus souvent sur le nez et les paupières.

verrue nez papillome verruqueux visage photo
Papillomes verruqueux du nez
verrue paupière papillome verruqueux photo
Papillome verruqueux de la paupière

💡 Verrue sur la paupière : la proximité de l’œil contre-indique les traitements chimiques agressifs (acide, azote liquide à fort dosage). Seule une prise en charge par le dermatologue est recommandée pour cette localisation.

2. Les verrues planes

Les verrues planes sont superficielles, souvent de couleur chair ou légèrement rosée, à peine surélevées. Elles peuvent être nombreuses et difficiles à voir à l’œil nu. Elles prédominent sur le front et le menton et se disséminent facilement par le grattage.

verrues planes menton visage photo
Verrues planes du menton
verrues planes front visage photo
Verrues planes du front
verrues planes visage multiples photo
Verrues planes multiples du visage

3. Les verrues de la barbe chez l’homme

Chez l’homme, les verrues peuvent se disséminer dans la zone de rasage (joues, cou, menton) en raison du microcoupures créées par le rasoir qui propagent le HPV d’une zone à l’autre. Elles sont particulièrement difficiles à traiter car très nombreuses. Il est recommandé d’arrêter temporairement le rasage mécanique et de passer à un rasoir électrique ou à la dépilatory le temps du traitement.

Comment distinguer une verrue d’autre chose sur le visage ?

Certaines lésions peuvent ressembler à une verrue du visage sans en être une :

Lésion Aspect Différence clé
Verrue Excroissance rugueuse ou plaque plane Surface irrégulière, points noirs visibles
Molluscum contagiosum Petite papule nacrée ombiliquée Centre creux caractéristique, souple
Kératose séborrhéique Plaque marron-beige collée Aspect « posé sur la peau », non virale
Grain de milium Petit kyste blanc dur Sous la paupière, blanc nacré
Carcinome basocellulaire Papule perlée ou ulcérée Ne régresse pas, bord perlé — consultez

⚠️ Toute lésion qui saigne, s’ulcère ou ne régresse pas en plusieurs mois doit être montrée à un dermatologue pour éliminer une lésion précancéreuse ou cancéreuse.

Traitements des verrues du visage

Le traitement dépend du type de verrue et de sa localisation. Sur le visage, les zones à risque cicatriciel (nez, paupières) imposent une prudence particulière. Tous les traitements sont réalisés ou prescrits par un médecin ou dermatologue.

Azote liquide (cryothérapie)

Le traitement de référence pour les papillomes verruqueux. Le dermatologue applique de l’azote liquide (-196°C) sur la verrue, provoquant sa nécrose. Plusieurs séances sont souvent nécessaires (toutes les 2 à 3 semaines). Sur le visage, les dosages sont adaptés pour limiter le risque de cicatrice hypopigmentée.

Trétinoïne locale (pour les verrues planes)

La crème à la trétinoïne (rétinoïde) est le traitement de choix pour les verrues planes du visage. Elle exerce une action kératolytique progressive et est bien tolérée sur peau du visage. Le traitement dure plusieurs semaines à plusieurs mois.

Laser CO₂ ou Er:YAG

Le laser est indiqué pour les verrues résistantes ou multiples, notamment dans la zone de la barbe. Il permet une destruction précise avec un risque cicatriciel maîtrisé entre les mains d’un dermatologue expérimenté.

Électrocoagulation

Utilisée pour les papillomes verruqueux isolés. Le dermatologue détruit la verrue par courant électrique sous anesthésie locale. Résultats rapides mais risque de petite cicatrice.

Imiquimod (Aldara*)

Crème immunomodulatrice qui stimule les défenses locales contre le HPV. Utilisée principalement pour les verrues planes résistantes. Peut provoquer une réaction inflammatoire locale (rougeur, croûtes) qui fait partie du mécanisme d’action.

Comment éviter de propager les verrues sur le visage ?

  • Éviter de toucher ou de gratter les verrues (les points noirs sont du virus)
  • Ne pas se mettre les doigts dans le nez ni manipuler les boutons du visage
  • Chez l’homme : passer au rasoir électrique pendant la durée du traitement pour éviter la dissémination
  • Ne pas partager les serviettes, rasoirs ou pinceaux de maquillage
  • Se laver les mains après avoir touché une verrue

Sources

Questions fréquentes sur les verrues du visage

Comment enlever une verrue sur le visage soi-même ?

Les traitements en vente libre (acide salicylique, stylos à l’azote) ne sont pas recommandés sur le visage en raison du risque de cicatrice, surtout près des yeux et du nez. Seul un dermatologue peut choisir le traitement adapté (azote liquide dosé précisément, trétinoïne, laser) à la localisation et au type de verrue.

Combien de temps faut-il pour qu’une verrue du visage disparaisse ?

Sans traitement, la majorité des verrues régressent spontanément en 2 à 4 ans. Avec un traitement bien conduit (azote liquide, trétinoïne), la guérison peut intervenir en quelques semaines à quelques mois selon le type et le nombre de verrues. Les verrues de la barbe chez l’homme sont les plus longues à traiter.

Les verrues planes du visage sont-elles contagieuses ?

Oui, toutes les verrues sont contagieuses car dues au HPV. Les verrues planes sont particulièrement faciles à disséminer par le grattage. Évitez de les toucher et ne partagez pas serviettes ou rasoirs. Le risque de transmission à l’entourage est réel mais limité si les mesures d’hygiène sont respectées.

Peut-on se faire rembourser le traitement d’une verrue du visage ?

La cryothérapie réalisée en cabinet par le dermatologue est remboursée par l’Assurance Maladie. La consultation elle-même est prise en charge selon le tarif conventionné. Les crèmes comme la trétinoïne et l’imiquimod sont prescrites sur ordonnance mais leur remboursement varie selon l’indication.

Une verrue sur le visage peut-elle être un signe de cancer ?

Les verrues communes dues au HPV sont bénignes. Cependant, toute lésion du visage qui ne régresse pas, qui saigne spontanément, qui s’ulcère ou qui a un bord perlé doit être montrée à un dermatologue — il peut s’agir d’un carcinome basocellulaire ou d’une autre lésion précancéreuse qui n’a rien à voir avec une verrue virale.


📅 Consulter le Dr Rousseau en téléconsultation


Téléchargez le guide complet
VERRUES – MAINS PIEDS GENITALES…
« Secrets de dermatologue » :

– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


Obtenir ce guide →

VERRUE MAIN : enlever une verrue de la main ou du doigt

Verrue de la main ou du doigt


Téléchargez le guide complet
VERRUES – MAINS PIEDS GENITALES…
« Secrets de dermatologue » :

– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


Obtenir ce guide →

Verrue de la main


Il est fréquent d’observer l’apparition d’une verrue sur la main ou le doigt

A quoi sont dues les verrues des mains?

Les verrues sont due a une infection par une famille de virus appelée papilloma virus humains (PVH) ou HPV pour Human Papillomavirus.

Les verrues des mains sont le plus souvent dues aux papillomavirus de type 1 et 2.

Comment reconnaitre une verrue de la main ou du doigt?

Il existe de nombreux types de verrues ; les plus frequentes sur les mains sont :

  • Verrues autour des ongles

Ce sont des verrues difficiles et douloureuses à traiter. Elles sont souvent liées à l’onychophagie (le faire de manger ses ongles) ou l’ablation d’envies (petites peaux autour des ongles)

Verrues autour de l'ongle
Verrues autour de l’ongle
Verrue sous l'ongle, difficile à traiter
Verrue sous l’ongle, difficile à traiter
Verrues du doigt
Verrues du doigt
  • Verrues planes

Ce sont des verrues superficielles, le plus souvent de couleur chair

Verrues planes de la main
Verrues planes de la main
  • Verrue de la main ou du doigt, à type de myrmécie

Grosse verrue de la paume de la main
Grosse verrue de la paume de la main

Quelle est l’évolution des verrues des mains?

La majorité des verrues régressent spontanément apres deux à 4 ans

On recommande cependant de traiter les verrues pour éviter leur propagation sur soi et chez les membres de la famille

Comment éviter d’avoir des verrues des mains?

Pour éviter les verrues, on recommande généralement :

  • éviter de manger ses ongles et tirer les peaux autour des ongles…
  • laver les petites plaies de la main qui constituent des portes d’entrée du virus
  • porter des gants dans les activités à risque (boucher, mécanicien… )

Se débarrasser des verrues des mains

Le traitement des verrues des mains peut etre effectué au moyen de divers traitements (azote liquide, laser, préparations salycilées… ) pour soigner les verrues, que le médecin prescrit en fonction du type de verrue et de la localisation des verrues (zone d’appui ou non, proximite des ongles… )

>> voir comment guérir les verrues

Besoin de l’avis d’un spécialiste ? d’un traitement ? Délais de rdv trop longs ? Vous pouvez effectuer une téléconsultation avec le dermatologue


Téléchargez le guide complet
VERRUES – MAINS PIEDS GENITALES…
« Secrets de dermatologue » :

– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


Obtenir ce guide →

VERRUE PLANTAIRE : solution contre les verrues plantaires

Verrues plantaires : reconnaître, différencier et traiter — Guide complet du dermatologue

Téléchargez le guide complet
VERRUES — MAINS PIEDS GÉNITALES…
« Secrets de dermatologue » :

– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…

Obtenir ce guide →

La verrue plantaire est l’une des dermatoses les plus fréquentes en consultation, tout âge confondu. Si son origine virale est bien connue, elle mérite pourtant qu’on s’y arrête : le diagnostic peut être trompeur, les formes cliniques sont variées, et le traitement — loin d’être anodin — doit être choisi avec soin en fonction du type de verrue, de sa localisation et du profil du patient. Cette page est le guide de référence dédié exclusivement à la verrue plantaire. Pour les verrues de la main et du doigt, du visage, les verrues génitales (condylomes), ou le traitement des verrues en général, consultez les pages dédiées du site.

Sommaire

Pourquoi a-t-on des verrues plantaires ? Le rôle des HPV

Les verrues sont dues à une infection par les papillomavirus humains (HPV), une famille de virus à ADN double brin dont on dénombre plus de 200 génotypes. Toutes les verrues ne sont pas causées par les mêmes types viraux, ce qui explique leurs différences d’aspect, de comportement clinique et de réponse au traitement.

Les verrues plantaires sont principalement causées par :

Type HPV Forme clinique induite Caractéristiques
HPV 1 Myrmécie Verrue profonde, solitaire, très douloureuse, à croissance verticale
HPV 2 Verrue en mosaïque Verrues superficielles multiples, à croissance horizontale, peu douloureuses
HPV 4 Myrmécie ou mosaïque Formes cliniques variées, parfois pédiculées
HPV 63, 65 Verrues pigmentées Rares, aspect noirâtre, parfois confondues avec un mélanome achromique

Le virus pénètre dans l’épiderme par de micro-lésions cutanées, favorisées par la macération (piscines, douches collectives, vestiaires) ou le port de chaussures étroites générant des microtraumatismes. La contagiosité est directe (contact peau à peau) ou indirecte (surfaces contaminées). Le délai entre la contamination et l’apparition de la verrue est de 1 à 6 mois.

ℹ Qui est à risque ?
Les enfants d’âge scolaire et les sportifs (natation, arts martiaux, sports de salle) sont les plus exposés. Les personnes immunodéprimées (VIH, transplantation, traitements immunosuppresseurs) développent des verrues plus nombreuses, plus résistantes, pouvant se transformer en carcinome épidermoïde à long terme — une surveillance dermatologique rapprochée est indispensable dans ce contexte.

Les deux grandes formes cliniques

La myrmécie (verrue solitaire profonde)

La myrmécie est la forme la plus douloureuse. Elle doit son nom à la fourmi (myrmex en grec), en raison de la douleur cuisante et profonde qu’elle provoque à la marche — comme une piqûre. Elle se développe verticalement en profondeur, ce qui explique pourquoi elle peut être volumineuse tout en restant discrète en surface. Elle siège volontiers sur les zones d’appui de l’avant-pied (têtes des métatarses, talon), là où la pression est maximale.

À l’examen, la surface de la myrmécie montre, après décapage doux, de petits points noirs caractéristiques — ce sont des capillaires thrombosés (vaisseaux de la verrue) qui permettent de la distinguer d’un durillon ou d’un cor. Les dermatoglyphes (lignes de la peau) sont interrompus au niveau de la verrue.

Verrues des orteils et du pied
Verrues des orteils et du pied
Grosse myrmécie plantaire
Grosse myrmécie plantaire
Verrue plantaire : les points noirs sont des vaisseaux, et ils permettent de la distinguer d'un durillon
Verrue plantaire : les points noirs sont des vaisseaux, et ils permettent de la distinguer d’un durillon
Myrmécie de l'avant pied
Myrmécie de l’avant pied
Verrue plantaire
Verrue plantaire

La verrue en mosaïque

Les verrues en mosaïque sont dues principalement à HPV 2. Elles se développent horizontalement en superficie et coalescent progressivement pour former un aspect caractéristique de « dallage » ou de mosaïque, couvrant parfois une surface importante du talon ou de l’avant-pied. Chaque verrue individuelle est peu profonde, moins douloureuse qu’une myrmécie, mais la surface atteinte rend l’ensemble très difficile à traiter — les récidives sont la règle.

Verrues en mosaique
Verrues en mosaique

Diagnostic clinique et dermatoscopique

Le diagnostic d’une verrue plantaire est le plus souvent clinique. Les deux signes cardinaux sont :

  • La présence de points noirs (capillaires thrombosés) après décapage superficiel au bistouri ou à la curette, signe pathognomonique absent dans le cor et le durillon ;
  • L’interruption des dermatoglyphes au niveau de la lésion — les lignes cutanées « sautent » la verrue, alors qu’elles la traversent dans le cor.

En cas de doute, la dermatoscopie apporte des éléments précieux. La verrue plantaire présente un aspect dermatoscopique caractéristique :

  • Vaisseaux en points rouges monomorphes de distribution régulière, entourés d’un halo blanc ;
  • Vaisseaux en épingles à cheveux dilatés, hypertrophiques, exubérants sur fond chair sans structure ;
  • Absence de structures pigmentées en réseau (ce qui permet d’écarter un mélanome achromique).
Verrue plantaire au dermatoscope
Verrue au dermatoscope

Diagnostic différentiel : ne pas confondre avec un cor ou un durillon

C’est le piège diagnostique le plus fréquent. La confusion entre verrue plantaire et cor ou durillon est source de traitements inutiles ou inadaptés. Voici les critères cliniques qui permettent de les distinguer :

Critère Verrue plantaire Cor / durillon
Points noirs après décapage Présents (capillaires thrombosés) Absents
Dermatoglyphes Interrompus au niveau de la lésion Traversent la lésion sans interruption
Douleur à la pression latérale Très douloureuse (pince) Douleur à la pression directe (axiale)
Centre de la lésion Mou, kératosique blanc nacré Noyau central translucide, dur (nucleus)
Bords Irréguliers, déchiquetés Bien définis, réguliers
Contagiosité Oui (virale) Non (mécanique)
Localisation préférentielle Partout sur la plante Zones d’appui directes (5e orteil, interdigital)

⚠ Mélanome achromique — ne pas le manquer
Une lésion plantaire noirâtre, indolore, à bords irréguliers, sans points noirs de capillaires ni interruption nette des dermatoglyphes, doit faire évoquer un mélanome achromique. Toute lésion atypique de la plante du pied nécessite une consultation dermatologique — la dermatoscopie lève le doute dans la grande majorité des cas.

Évolution naturelle : faut-il toujours traiter ?

La majorité des verrues plantaires régressent spontanément en 2 à 4 ans chez le sujet immunocompétent. À 2 ans, environ 65 % des verrues ont disparu sans traitement. Environ 10 % des verrues sont dites « rebelles » et persistent au-delà. Cette réalité biologique doit toujours entrer dans la réflexion thérapeutique, d’autant qu’aucun traitement ne garantit l’éradication complète du virus — ce qui explique la fréquence des récidives.

Cela dit, le traitement est généralement recommandé pour les raisons suivantes :

  • Limiter la contagion vis-à-vis de l’entourage et l’auto-inoculation (dissémination sur d’autres zones).
  • Soulager la douleur, notamment pour les myrmécies en zone d’appui qui peuvent gêner significativement la marche.
  • Éviter l’extension en mosaïque, plus difficile à traiter ensuite.
  • Prévenir les complications chez les sujets immunodéprimés.

En revanche, l’abstention est raisonnable pour une verrue unique, non douloureuse, non évolutive, chez un jeune enfant bien portant — à condition de surveiller son évolution.

Prévention : comment éviter d’attraper des verrues plantaires ?

Les mesures préventives visent à réduire le contact avec le virus dans les environnements à risque :

  • Porter des claquettes ou sandales dans les piscines, douches collectives, vestiaires et hammams ;
  • Ne pas partager chaussettes, chaussures, serviettes, limes ou pierres ponces ;
  • Sécher soigneusement les pieds après chaque bain ou douche, notamment les espaces interdigitaux ;
  • Traiter rapidement toute microplaie du pied (porte d’entrée virale) ;
  • En cas de verrue active, utiliser une paire de chaussettes propre à chaque séance de sport et éviter d’aller pieds nus dans les zones partagées.

Traitements des verrues plantaires : tableau comparatif

Il n’existe pas de traitement idéal universel pour les verrues plantaires. Le choix dépend du type clinique (myrmécie vs mosaïque), de la localisation (zone d’appui ou non), de l’âge du patient, du nombre de verrues, et des traitements déjà essayés. Pour la description détaillée de chaque méthode, voir notre article complet : traitement des verrues.

Traitement Mécanisme Indications préférentielles Durée / séances Inconvénients
Préparations kératolytiques (acide salicylique ± lactique) Destruction chimique de la kératine infectée 1re intention toutes verrues, mosaïques Application quotidienne, 4–12 semaines Observance rigoureuse requise, irritation possible
Cryothérapie (azote liquide) Nécrose cellulaire par congélation Myrmécies, verrues résistantes aux kératolytiques 1 séance / 2–3 semaines, 3–10 séances Douloureuse, risque de phlyctène, cicatrice hypopigmentée
Laser CO2 Vaporisation tissulaire Verrues profondes résistantes, sous anesthésie locale 1–2 séances Coût, cicatrice possible, récidives
Décapage chirurgical Exérèse mécanique sous AL Myrmécies volumineuses en zone non portante 1 séance Douleur post-opératoire, risque cicatriciel en zone d’appui
Bléomycine intralésionnelle Chimiothérapie locale (cytotoxique) Verrues plantaires résistantes à 2 lignes 1–3 injections Douloureuse, nécrose tissulaire possible, réservée au spécialiste
Immunothérapie locale (diphenylcyclopropenone, candida) Stimulation immunitaire locale Verrues multiples ou rebelles Variable Eczéma de contact, réservée au dermatologue
Podophyllotoxine / 5-FU topique Cytotoxique topique Verrues plantaires superficielles multiples Protocoles variables Prescription médicale obligatoire, irritation

📌 Stratégie recommandée selon le type
Myrmécie isolée : acide salicylique en 1re intention (préparation magistrale à 40–60 % sous occlusion), puis cryothérapie en 2e intention.
Verrues en mosaïque : acide salicylique en application large, séances de cryothérapie prudentes (risque de nécrose sur grande surface), patience requise.
Formes résistantes : bléomycine, immunothérapie locale ou laser CO2 sous anesthésie locale — à discuter avec le dermatologue.
Dans tous les cas : ne jamais traiter en zone d’appui direct par des méthodes destructrices agressives sans prendre en compte le risque de cicatrice douloureuse et permanente.

Délais de consultation trop longs ?
Le Dr Rousseau peut évaluer vos verrues plantaires en téléconsultation, orienter le diagnostic, prescrire les préparations kératolytiques adaptées et décider si une intervention en cabinet est nécessaire.

Téléconsultation — Dr Rousseau, dermatologue

Verrues plantaires résistantes et récidivantes

Environ 10 % des verrues plantaires sont rebelles aux traitements conventionnels bien conduits. Avant de parler de résistance, il faut s’assurer que le traitement a été correctement réalisé (durée suffisante, décapage régulier, concentration adéquate). Les causes les plus fréquentes d’échec sont l’observance insuffisante avec les kératolytiques, des séances de cryothérapie trop courtes ou trop espacées, et une verrue en zone d’appui favorisant la kératinisation rebelle.

En cas de résistance avérée, les options sont :

  • Association acide salicylique + cryothérapie : c’est la stratégie de référence dans les méta-analyses ;
  • Bléomycine intralésionnelle : très efficace sur les myrmécies rebelles, mais réservée au dermatologue en raison des effets secondaires locaux possibles (nécrose) ;
  • Immunothérapie topique par diphénylcyclopropénone (DPCP) : induit une réponse immunitaire locale de type retardé ; particulièrement intéressante pour les formes multiples ;
  • Injections de candida intralésionnel : stimulation immunitaire non spécifique, efficacité documentée dans plusieurs séries ;
  • Laser CO2 pulsé sous anesthésie locale : vaporisation des tissus infectés ; récidives possibles.

La récidive en couronne après traitement (verrue périphérique autour du site traité) est fréquente : elle traduit une contamination de la peau péri-lésionnelle lors du traitement, et non un échec du traitement de la verrue initiale.

Cas particulier : verrues plantaires chez l’enfant

La prise en charge des verrues chez l’enfant obéit à des règles spécifiques, notamment pour la tolérance aux traitements douloureux. Pour une information complète, consultez notre article dédié : verrues chez l’enfant. En résumé :

  • L’abstention surveillée est plus souvent justifiée que chez l’adulte pour les verrues uniques non douloureuses ;
  • Les kératolytiques sont le traitement de 1re intention, indolores et efficaces à domicile ;
  • La cryothérapie est souvent mal tolérée avant 6–7 ans ; une crème EMLA 1h avant améliore le confort ;
  • Le traitement chirurgical ou au laser peut nécessiter une anesthésie générale chez le jeune enfant pour les formes multiples.

Articles liés — Pour aller plus loin

📌 Traitement et diagnostic différentiel

FAQ — Questions fréquentes sur les verrues plantaires

Comment distinguer une verrue plantaire d’un cor ou d’un durillon ?

La verrue saigne au décapage (points noirs = capillaires thrombosés) et interrompt les dermatoglyphes. Le cor ou durillon ne saigne pas et ses lignes cutanées le traversent sans interruption. La douleur est aussi différente : la verrue est très douloureuse à la pression latérale (en pince), tandis que le cor est douloureux à la pression directe (axiale).

Faut-il absolument traiter une verrue plantaire qui ne fait pas mal ?

Pas nécessairement. Si la verrue est unique, non évolutive et non douloureuse, une surveillance attentive est raisonnable, notamment chez l’enfant. En revanche, le traitement est préférable pour éviter l’extension et la contagion à l’entourage. Un avis dermatologique permet de peser les bénéfices et les contraintes du traitement au cas par cas.

Combien de temps dure le traitement d’une verrue plantaire ?

La durée varie selon la méthode et la réponse individuelle. Avec un verrucide kératolytique quotidien, comptez 4 à 12 semaines pour une verrue superficielle. Pour une myrmécie épaisse traitée par cryothérapie bimensuelle, plusieurs mois sont souvent nécessaires. La patience est indispensable : l’arrêt prématuré est la première cause d’échec.

Peut-on aller à la piscine ou au sport avec une verrue plantaire ?

Oui, mais avec des précautions pour éviter la contagion : port de claquettes dans les espaces collectifs, chaussettes propres à chaque séance, protection de la verrue avec un pansement occlusif étanche si possible. La verrue en elle-même ne contre-indique pas la baignade.

Pourquoi ma verrue revient-elle après traitement ?

La récidive s’explique par le fait qu’aucun traitement actuel n’élimine complètement le virus HPV dans les tissus adjacents. Si la verrue réapparaît exactement au même endroit, le traitement n’a probablement pas été assez profond. Si elle apparaît en couronne autour de la zone traitée, c’est une contamination périphérique lors du traitement. Une consultation dermatologique permet d’adapter la stratégie.

Voir aussi :
Traitement des verrues
Cors et durillons
Verrues génitales
Verrues chez l’enfant
Traitements naturels
Mélanome
Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

Téléchargez le guide complet
VERRUES — MAINS PIEDS GÉNITALES…
« Secrets de dermatologue » :

– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…

Obtenir ce guide →

Besoin d’un avis spécialisé ?
Verrue résistante, diagnostic incertain, douleur importante ou verrue chez un enfant : le Dr Rousseau évalue votre situation en téléconsultation vidéo, avec ordonnance si nécessaire.

Consulter le Dr Rousseau en visio

Références scientifiques (PubMed)

  • Kwok CS, Gibbs S, Bennett C, et al. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev. 2012. PMID 22972107
  • Witchey DJ, Witchey NB, Roth-Kauffman MM, Kauffman MK. Plantar Warts: Epidemiology, Pathophysiology, and Clinical Management. J Am Osteopath Assoc. 2018. PMID 29309477
  • Sterling JC, Gibbs S, Haque Hussain SS, et al. British Association of Dermatologists’ guidelines for the management of cutaneous warts 2014. Br J Dermatol. 2014. PMID 24749441
  • Bruggink SC, Gussekloo J, Berger MY, et al. Cryotherapy with liquid nitrogen versus topical salicylic acid application for cutaneous warts in primary care. CMAJ. 2010. PMID 20682736
  • Lipke MM. An armamentarium of wart treatments. Clin Med Res. 2006. PMID 17262054

Mis à jour le 26 mars 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

VERRUE : solution contre les verrues

Verrue : causes, types, symptômes et traitements

Une verrue est une tumeur bénigne d’origine virale : un épaississement localisé de la peau causé par la pénétration d’un papillomavirus humain (HPV). Fréquentes et contagieuses, les verrues touchent entre 5 et 10 % de la population. Il en existe plusieurs types — plantaires, vulgaires, planes, génitales — chacun nécessitant une prise en charge adaptée. Une verrue plantaire douloureuse chez un enfant de 8 ans n’a pas la même signification qu’un papillome filiforme apparu sur la paupière d’un adulte après rasage.

Verrue persistante, récidivante ou diagnostic incertain ?
Le Dr Rousseau est disponible en téléconsultation rapidement, souvent le jour même ou le lendemain.
📅 Téléconsultation avec le dermatologue


Téléchargez le guide complet
VERRUES – MAINS PIEDS GENITALES…
« Secrets de dermatologue » :

– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


Obtenir ce guide →

Sommaire :
Causes |
Transmission et risques |
Types de verrues |
Évolution |
Diagnostic |
Traitement |
Tableau récapitulatif |
Pages spécialisées |
Questions fréquentes

L’article en vidéo

Pourquoi a-t-on des verrues ?

Les verrues sont causées par les papillomavirus humains (HPV), une famille de virus comptant environ 150 sous-types. Ces virus pénètrent dans la peau via de petites lésions ou microtraumatismes, et stimulent la production excessive de kératinocytes, formant la masse cornée caractéristique de la verrue.

Une fois le virus entré dans la peau, deux scénarios sont possibles : le système immunitaire l’élimine avant toute manifestation visible, ou le virus se réplique et s’exprime, provoquant l’apparition de la verrue après une période d’incubation de 1 à plusieurs mois.

Les HPV sont également responsables des condylomes (verrues génitales), l’une des infections sexuellement transmissibles les plus fréquentes.

Transmission et facteurs de risque

Comment se transmettent les verrues ?

La transmission se fait principalement par contact indirect. Les HPV peuvent survivre jusqu’à une semaine à l’air libre, ce qui explique la facilité de contamination dans les environnements humides. La pénétration est favorisée par les microtraumatismes cutanés.

Les principaux vecteurs : partage de chaussettes, chaussures ou serviettes, fréquentation de piscines, douches communes et salles de sport, et auto-contamination par grattage (manuportage) — raison pour laquelle il faut absolument éviter de gratter ses verrues.

Qui est le plus exposé ?

Population Particularité
Enfants et jeunes adultes Tranche d’âge la plus touchée
Greffés du rein Jusqu’à 40 % des patients concernés
Dermatite atopique Fréquence accrue — voir dermatite atopique
Bouchers, poissonniers, mécaniciens Microtraumatismes répétés. Les bouchers sont sujets à un type spécifique (HPV7) transmis par les animaux.
Verrues du genou chez un enfant
Verrues du genou chez un enfant
Verrues des doigts chez un boucher liées au HPV7
Verrues des doigts chez un boucher (HPV7)

Les différents types de verrues

Verrues vulgaires

Les plus courantes. Élevures rugueuses et kératosiques, de couleur chair ou grisâtre, localisées principalement sur les mains, les doigts et autour des ongles. Les verrues péri-unguéales peuvent provoquer une déformation de l’ongle et sont souvent douloureuses.

Verrues planes

Dues aux HPV de types 3, 10 et 28. Petites élevures lisses, de couleur chair rosée à brunâtre, souvent multiples et groupées. Fréquentes sur le visage, les mains et les jambes — où elles se disséminent facilement par le rasage ou l’épilation.

Verrues planes de la jambe
Verrues planes de la jambe
Verrues planes le long d'une strie de grattage par manuportage
Dissémination par manuportage le long d’une strie de grattage

Verrues plantaires

Très fréquentes, situées sous la plante du pied. On distingue deux formes :

  • Myrmécie (HPV1) : verrue profonde, très douloureuse, se développant verticalement en profondeur
  • Verrue en mosaïque (HPV2) : plaques superficielles horizontales, moins douloureuses mais plus étendues
Verrues plantaires
Verrues plantaires

Papillomes verruqueux

Aspect filiforme ou en corne cutanée, se développant verticalement. Très fréquents sur le visage et le cou, ils se disséminent facilement lors du rasage.

Papillome verruqueux filiforme
Papillome verruqueux
Papillome verruqueux de la paupière
Papillome verruqueux de la paupière

Verrues génitales (condylomes)

Également appelées condylomes acuminés, elles constituent l’IST la plus répandue. Nécessitent une prise en charge spécifique incluant le dépistage du ou des partenaires. → Voir la page dédiée aux condylomes

Évolution naturelle des verrues

La majorité (80 %) des verrues guérissent spontanément en 2 à 4 ans. À deux ans, environ 65 % des verrues de l’adulte ont disparu. Environ 10 % sont dites rebelles et persistent au-delà.

Le traitement reste conseillé pour limiter la contagiosité, les douleurs (verrues plantaires), le risque de déformation unguéale et l’inflammation des tissus environnants.

Récidive d'une verrue du doigt en couronne après traitement
Récidive en couronne après traitement

⚠️ Aucune méthode de traitement ne permet l’éradication complète du virus HPV — ce qui explique la fréquence des récidives.

Verrue rebelle ou récidivante ? Obtenez un avis spécialisé sans délai :
📅 Téléconsultation avec le dermatologue

Diagnostic des verrues

Le diagnostic est le plus souvent clinique. Le dermatologue peut s’aider de la dermatoscopie pour distinguer une verrue d’un cor ou durillon, voire d’un mélanome achromique.

Les signes dermatoscopiques caractéristiques : vaisseaux entourés de blanc, vaisseaux monomorphes en points à distribution régulière sur fond chair, vaisseaux en épingles à cheveux dilatés et hypertrophiques.

Verrue vue au dermatoscope - vaisseaux en points caractéristiques
Verrue au dermatoscope

Consultez un médecin devant toute lésion cutanée nouvelle ou qui se modifie — tout n’est pas une verrue, et certaines lésions nécessitent une biopsie.

Traitement des verrues

Le traitement des verrues dépend du type, de la localisation et du nombre de lésions :

Traitement Principe / indication
Acide salicylique (kératolytiques) Application locale — 1re intention, en automédication
Cryothérapie à l’azote liquide Destruction par le froid — plusieurs séances nécessaires
Laser CO₂ Verrues résistantes, multiples ou péri-unguéales
Imiquimod (immunomodulateur) Principalement pour les condylomes génitaux
Exérèse chirurgicale Rarement en 1re intention — risque de cicatrice

Ces traitements peuvent être combinés. La récidive reste fréquente car aucun ne détruit le virus lui-même. → Voir l’article complet sur le traitement des verrues

Tableau récapitulatif — types de verrues

Type HPV en cause Localisation typique Évolution sans traitement
Verrues vulgaires HPV 2, 4 Mains, doigts, ongles 65 % régression spontanée à 2 ans
Verrues planes HPV 3, 10, 28 Visage, mains, jambes Régression spontanée 2–4 ans
Myrmécie (plantaire) HPV 1 Plante du pied (profonde) Régression spontanée 2–4 ans
Verrue en mosaïque HPV 2 Plante du pied (superficielle) Régression spontanée 2–4 ans
Papillome verruqueux HPV 2, 7 Visage, cou, paupières Régression possible — souvent persistant
Condylomes (génitaux) HPV 6, 11 Organes génitaux, périnée Traitement recommandé — IST

Pages spécialisées du cluster verrues

Types et localisations
Verrue plantaire — myrmécie, mosaïque, traitement
Verrues des mains et des doigts
Verrues du visage — nez, paupière, menton
Condylomes (verrues génitales) — IST, traitement, dépistage

Traitement et diagnostic différentiel
Traitement des verrues — guide complet
Cor et durillon — diagnostic différentiel
Dermatoscopie — comment ça marche ?
Mélanome achromique — ne pas confondre

Questions fréquentes sur les verrues

J’ai une lésion qui ressemble à une verrue sur un orteil — que faire ?

Consultez un médecin avant tout traitement. Certaines lésions (cor, durillon, mélanome achromique) peuvent être confondues avec une verrue et nécessitent une prise en charge différente. Le dermatologue peut utiliser la dermatoscopie pour trancher facilement.

Mes verrues reviennent toujours aux mêmes endroits. Que faire ?

Les récidives sont fréquentes car aucun traitement ne détruit complètement le virus HPV. Reconsultez votre dermatologue pour envisager une combinaison de traitements (cryothérapie, kératolytiques, laser). La prise en charge peut être longue mais des solutions existent.

Les verrues sont-elles contagieuses ?

Oui. Elles se transmettent par contact indirect (piscines, douches communes, partage de chaussures) ou par auto-contamination par grattage. Portez des claquettes dans les lieux collectifs, évitez de gratter vos verrues et prenez des précautions pour ne pas contaminer votre entourage.

Les verrues guérissent-elles seules ?

Dans la majorité des cas, oui. Environ 65 % disparaissent spontanément en 2 ans. Le traitement est cependant conseillé pour limiter la contagion, prévenir les douleurs et éviter les complications (déformation unguéale, extension).

Les verrues sont-elles dangereuses ?

Les verrues cutanées courantes sont bénignes. Certains HPV impliqués dans les condylomes génitaux sont associés au cancer du col de l’utérus. La vaccination HPV est recommandée et remboursée en France pour les jeunes de 11 à 19 ans.

Voir aussi :
Traitement des verrues |
Verrue plantaire |
Condylomes |
Cor et durillon |
Dermatoscopie |
Téléconsultation dermatologue


📅 Consulter le Dr Rousseau en téléconsultation


Téléchargez le guide complet
VERRUES – MAINS PIEDS GENITALES…
« Secrets de dermatologue » :

– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


Obtenir ce guide →

TRAITEMENT VERRUE : comment enlever et soigner les verrues?

Traitement de verrue : comment enlever ou soigner une verrue ?

Les verrues sont des tumeurs bénignes d’origine virale (papillomavirus, HPV) qui régressent le plus souvent spontanément en quelques années — sans traitement. La décision de traiter dépend de la localisation, du nombre, de l’évolution et de la gêne occasionnée. Deux traitements font référence dans les études scientifiques : la cryothérapie à l’azote liquide et l’application d’acide salicylique, souvent associés.

Besoin de l’avis d’un spécialiste ? Délais de RDV trop longs ?
📅 Téléconsultation avec le dermatologue


Téléchargez le guide complet
VERRUES – MAINS PIEDS GENITALES…
« Secrets de dermatologue » :

– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


Obtenir ce guide →

Sommaire :
Faut-il toujours traiter ? |
Cryothérapie (azote liquide) |
Acide salicylique |
Autres traitements médicaux |
Traitement sans ordonnance |
Traitements naturels |
Questions fréquentes

Faut-il toujours traiter une verrue ?

Non. Le traitement n’est pas systématique. Les verrues communes guérissent spontanément dans 65% des cas en 2 ans et dans 78% des cas en 3 ans chez l’enfant. Chez l’adulte, la régression spontanée est plus lente mais reste possible.

Le traitement est indiqué lorsque :

  • La verrue est douloureuse (verrue plantaire en zone d’appui)
  • Elle grossit ou se multiplie rapidement
  • Sa localisation est gênante (visage, zone visible)
  • Le patient est immunodéprimé (verrues souvent plus résistantes)
  • Elle est source de contagion pour l’entourage

Papillome verruqueux de la paupière — verrue du visage à traiter
Papillome verruqueux de la paupière : indication claire à traiter

Verrues plantaires multiples — indication à traiter
Nombreuses verrues plantaires : indication à traiter

💡 La diversité des traitements tentés pour les verrues est en elle-même révélatrice de la difficulté à les éliminer définitivement. Aucun traitement n’est efficace à 100% et les récidives sont fréquentes. L’association cryothérapie + acide salicylique reste le traitement de référence selon les études scientifiques.

📚 Efficacité comparée des traitements des verrues cutanées — méta-analyse Cochrane — PubMed

Cryothérapie à l’azote liquide

La cryothérapie par application d’azote liquide (-196°C) ou de neige carbonique (-79°C) consiste à congeler la verrue pour provoquer une brûlure du second degré avec formation d’une bulle emportant la partie superficielle infectée. L’objectif est de détruire progressivement les cellules infectées par le HPV.

Déroulement : le dermatologue décape d’abord les verrues épaisses (plantaires notamment) au bistouri pour en réduire le relief. L’azote est appliqué avec un coton-tige (trempé dans un gobelet à usage unique, jamais directement dans le container) ou au cryojet, pendant 5 à 30 secondes selon la taille — jusqu’à l’obtention d’un halo de givrage de 1 à 2 mm autour de la lésion.

Rythme : séances répétées toutes les 2 à 3 semaines.

Précautions particulières :

  • Verrues du visage — application prudente, risque de cicatrices sur peau fine
  • Verrues des doigts près des ongles — risque de dystrophie unguéale définitive si atteinte de la matrice
  • Enfants — traitement souvent difficile (douloureux) ; les crèmes anesthésiantes (EMLA®) ont peu d’efficacité sur le froid

Produits kératolytiques à l’acide salicylique

Les préparations concentrées à base d’acide salicylique (10 à 100%), associées ou non à de l’acide lactique, sont appliquées quotidiennement sur la verrue après grattage avec une lime à ongles en carton jetable (usage unique pour éviter la contagion).

Protocole :

  • Protéger la peau saine autour de la verrue avec du vernis incolore ou un sparadrap
  • Gratter légèrement la surface de la verrue avec la lime jetable
  • Appliquer le produit uniquement sur la verrue
  • Poursuivre jusqu’à disparition complète — réapparition des dermatoglyphes (empreintes digitales) sur les verrues des mains et pieds — soit 4 à 8 semaines en moyenne
  • En cas d’irritation ou de brûlure de la peau saine, interrompre 2 à 3 jours

D’autres produits kératolytiques peuvent compléter : crayon de nitrate d’argent, trétinoïne topique, acide trichloroacétique, acide glycolique.

Traitement d'une verrue du doigt avec un verrucide kératolytique
Application d’un verrucide sur une verrue du doigt

Autres traitements médicaux des verrues

Excision chirurgicale

Au bistouri, bistouri électrique ou curette, sous anesthésie locale. Geste souvent douloureux pendant et après, avec un délai de cicatrisation de plusieurs semaines et un taux de récidive élevé. Réservée aux verrues rebelles aux autres traitements.

Laser CO2

Deux techniques : la vaporisation (ablation avec marge de 5 mm de peau saine, sous anesthésie locale — efficace mais cicatrisation longue, 30% de récidives) et la création de puits dans la verrue pour améliorer la pénétration des kératolytiques (non douloureuse).

Laser vasculaire (laser à colorant pulsé)

Les verrues comportent une composante vasculaire visible sous forme de points noirs (vaisseaux thrombosés). Le laser vasculaire coagule ces vaisseaux et « asphyxie » la verrue. Résultats : disparition complète ou quasi-complète dans 85% des cas en 6 séances (espacées de 3 à 4 semaines, fluences 12–15 J/cm²). Récidives dans 8% des cas.

Laser Nd:YAG 1064 nm

Pénétration cutanée profonde. Présente moins de risque de séquelle pigmentaire sur peaux foncées (utilisé notamment dans l’épilation laser des peaux noires). Efficacité démontrée dans une revue de la littérature.

Micro-ondes

Les micro-ondes appliquées localement chauffent les tissus par excitation des molécules d’eau. Dans une étude portant sur 54 verrues récalcitrantes, 41 (76%) avaient disparu complètement après traitement. Le mécanisme proposé est une stimulation de la présentation d’antigènes HPV aux lymphocytes T CD8+, induisant une immunité anti-HPV locale.

Chimiothérapies locales (podophyllotoxine, 5-FU)

Application de substances cytotoxiques directement sur la verrue (podophyllotoxine, 5-fluoro-uracile). Prescrites et surveillées par le médecin.

Injections de bléomycine

Injection intralésionnelle d’une chimiothérapie (bléomycine) dans la verrue, réalisée avec précaution par un médecin en raison du risque de nécrose cutanée. Plus fréquemment utilisée pour les verrues plantaires rebelles. Une technique de diffusion par microaiguilles a récemment montré des résultats intéressants.

Traitement des verrues sans ordonnance

⚠️ Consultez un médecin avant tout autotraitement. Une verrue peut être confondue avec un durillon, un cor, ou — plus grave — un mélanome achromique. Le diagnostic médical est indispensable avant d’appliquer tout verrucide.

Sprays de cryothérapie (diméthyléther propane, -57°C) disponibles sans ordonnance en pharmacie. La température obtenue est nettement moins basse que l’azote liquide médical (-196°C), ce qui limite leur efficacité sur les verrues profondes ou épaisses.

Verrucides à base d’acide salicylique disponibles en pharmacie sans ordonnance (moins concentrés que les préparations médicales) :

  • Acide salicylique seul : Coricide le Diable, Pommade M.O. Cochon, Transvercid, Sanitos…
  • Acide salicylique + acide lactique : Duofilm, Kerafilm, Verrufilm…
  • Acide salicylique + acide lactique + thuya : Verrupan…

Ces produits sont plutôt réservés aux petites verrues superficielles. Ils peuvent être irritants — blanchiment de la zone traitée est normal, mais interrompre quelques jours en cas d’irritation importante de la peau saine.

Traitements naturels des verrues

Plusieurs remèdes traditionnels sont utilisés : sparadrap occlusif, suc de chélidoine (Chelidonium majus), lait de figue, suc de pissenlit. Leur efficacité n’est pas démontrée par des études rigoureuses mais leur innocuité est généralement bonne. Voir notre article sur le traitement naturel de la verrue.

Questions fréquentes sur le traitement des verrues

Combien de temps faut-il pour guérir une verrue ?
La durée varie selon la taille, la localisation et le traitement choisi. En moyenne : 4 à 8 semaines avec un verrucide quotidien pour les petites verrues superficielles ; plusieurs mois avec des séances de cryothérapie bimensuelles pour les verrues plantaires épaisses ou les verrues multiples. La patience est indispensable — l’arrêt prématuré du traitement est la principale cause d’échec.

La cryothérapie est-elle douloureuse ?
Oui, la cryothérapie est douloureuse pendant l’application et dans les heures suivantes (sensation de brûlure puis élancement). Chez l’enfant, c’est souvent difficile à réaliser. Les crèmes anesthésiantes (EMLA®) ont peu d’effet sur la douleur liée au froid. La cryothérapie peut être précédée d’une anesthésie locale par piqûre pour les verrues très douloureuses.

Une verrue peut-elle disparaître sans traitement ?
Oui, fréquemment. Chez l’enfant, 65% des verrues régressent spontanément en 2 ans et 78% en 3 ans. Chez l’adulte, la régression est plus lente. L’abstention thérapeutique est une option légitime pour les verrues asymptomatiques, non gênantes et peu nombreuses.

Pourquoi les verrues récidivent-elles après traitement ?
Parce que les traitements destruent la verrue visible mais ne neutralisent pas toujours le virus HPV qui peut persister dans les kératinocytes sains environnants ou dans la « racine » de la verrue. Une récidive ne signifie pas un échec du traitement — elle justifie simplement de reprendre le protocole. Les traitements immunostimulants (imiquimod, bléomycine, micro-ondes) visent précisément à renforcer l’immunité locale anti-HPV pour réduire les récidives.

Comment éviter de contaminer son entourage avec une verrue ?
Ne pas partager serviettes, chaussures ou accessoires de pédicurie. Porter des claquettes dans les vestiaires et piscines. Couvrir la verrue avec un pansement. Ne jamais utiliser la même lime à ongles pour la verrue et pour les ongles sains. Se laver les mains après avoir touché la verrue.

Les verrues génitales (condylomes) se traitent-elles différemment ?
Oui. Les condylomes sont dus à des HPV spécifiques (types 6, 11, 16, 18…) et sont transmis par voie sexuelle. Leur prise en charge inclut un bilan IST, un traitement par imiquimod, podophyllotoxine, cryothérapie ou laser, et une surveillance gynécologique ou urologique en cas de types oncogènes. Voir notre article sur les condylomes.

Références scientifiques


📅 Consulter le Dr Rousseau en téléconsultation


Téléchargez le guide complet
VERRUES – MAINS PIEDS GENITALES…
« Secrets de dermatologue » :

– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


Obtenir ce guide →

CONDYLOMES : les verrues genitales ou condylomes

Condylomes (verrues génitales) : causes, symptômes et traitement

Les condylomes, aussi appelés verrues génitales, sont des lésions cutanéo-muqueuses dues aux papillomavirus humains (HPV). C’est l’une des infections sexuellement transmissibles (IST) les plus fréquentes. Certains types de HPV peuvent favoriser le développement d’un cancer du col de l’utérus — d’où l’importance du dépistage et de la vaccination.

Lésion génitale suspecte ou condylomes confirmés ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
📅 Téléconsultation avec le dermatologue


Téléchargez le guide complet
VERRUES – MAINS PIEDS GENITALES…
« Secrets de dermatologue » :

– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


Obtenir ce guide →

Cet article en vidéo

Qu’est-ce que les condylomes ?

Les condylomes sont causés par des papillomavirus humains (HPV), des virus à ADN responsables également des verrues cutanées. On distingue deux grandes catégories selon leur risque oncogène :

  • HPV à faible risque (types 6, 11, 42, 43, 44) — responsables des condylomes visibles (acuminés, papuleux), sans risque élevé de cancer
  • HPV à haut risque (types 16, 18, 31) — peuvent provoquer un cancer du col de l’utérus, de l’anus, de la vulve ou du pénis. Ce sont les types ciblés par les vaccins anti-HPV
condylomes verrues génitales HPV
Condylomes — verrues génitales

Les 3 types de condylomes

1. Condylomes acuminés (végétations vénériennes)

Forme la plus reconnaissable : petites excroissances rosées ou blanches ressemblant à de mini choux-fleurs ou grains de riz, situées sur la vulve, le pénis (appelés « crête de coq » chez l’homme), la marge anale. Facilement visibles à l’œil nu.

2. Condylomes papuleux

Petites élevures rosées ou légèrement brunes ressemblant à des verrues planes. La forme profuse se nomme papulose bowénoïde.

3. Condylomes plans

Parfois invisibles à l’œil nu ou se présentant comme de petites taches rosées. Ils peuvent coloniser l’ensemble des muqueuses anogénitales, y compris le col de l’utérus. C’est la forme la plus redoutée car les HPV à haut risque (16 et 18) peuvent y provoquer un cancer — dépistés par le frottis cervico-utérin et le test HPV.

Localisation selon le sexe

Condylomes chez la femme

Vulve, parois vaginales, col de l’utérus, périnée, marge anale et canal anal (en cas de rapports par voie anale).

condylomes acuminés vulve femme HPV
Condylomes acuminés de la vulve

Condylomes chez l’homme

Gland, urètre, frein, prépuce, marge anale et canal anal (rapports passifs).

condylomes gland homme crête de coq HPV
Condylomes du gland — « crête de coq »

Diagnostic des condylomes

Le diagnostic est le plus souvent clinique. Le médecin utilise :

  • Test à l’acide acétique — application sur les muqueuses : les condylomes blanchissent, permettant de visualiser les lésions invisibles à l’œil nu. Indolore.
  • Dermatoscopie — visualisation des vaisseaux caractéristiques (vaisseaux en points sur fond chair, vaisseaux en épingles à cheveux)
  • Frottis et test HPV (chez la femme) — pour dépister les lésions cervicales
  • Biopsie — en cas de doute diagnostique ou de lésion atypique

⚠️ Devant tout condylome, un bilan IST complet est indispensable : sérologies VIH, hépatite B, syphilis, recherche de Chlamydiae — chez le patient et son ou ses partenaires.

Traitement des condylomes

Le traitement vise la régression des lésions visibles pour réduire la contagiosité — il n’éradique pas le virus de la muqueuse. Les condylomes peuvent donc récidiver. Le choix du traitement dépend du nombre, de la taille et de la localisation des lésions.

Traitements auto-appliqués à domicile

  • Imiquimod crème 5% (Aldara *) — stimule le système immunitaire local pour détruire les condylomes. Application 1 fois/jour, 3 jours non consécutifs par semaine, jusqu’à 4-5 semaines. Peut irriter.
  • Podophyllotoxine solution 0,5% — nécrose les condylomes. Application 2 fois/jour pendant 3 jours/semaine. Très irritant — suivre scrupuleusement la prescription.

Traitements réalisés au cabinet

  • Cryothérapie à l’azote liquide — traitement de 1re intention, efficace et bien toléré
  • Électrocoagulation au bistouri électrique
  • Laser CO2 — pour les lésions multiples ou résistantes
  • Acide trichloroacétique (TCA) 30-90% — pour les condylomes réfractaires, appliqué par le médecin
  • Photothérapie dynamique (PDT) — alternative pour les lésions multiples

Cas particuliers

Condylomes multiples ou étendus (≥5 lésions ou >1 cm²) : imiquimod ou podophyllotoxine en 1re intention, réévaluation à 2-4 mois. En cas de persistance : traitement physique (électrochirurgie, laser CO2).

Condylomes volumineux / tumeur de Buschke-Löwenstein : chirurgie en 1re intention, pouvant être précédée ou suivie d’imiquimod. Surveillance au long cours indispensable (risque de transformation carcinomateuse).

Localisations spécifiques :

  • Col de l’utérus → prise en charge multidisciplinaire avec gynécologue
  • Canal anal → anuscopie initiale, collaboration gastroentérologue ou proctologue
  • Urètre → urétroscopie par urologue

Prévention : vaccination anti-HPV

La vaccination anti-HPV est le moyen le plus efficace de prévenir les infections à HPV à haut risque. En France :

  • Recommandée pour les filles et les garçons à partir de 11 ans, jusqu’à 14 ans (schéma à 2 doses)
  • Rattrapage possible jusqu’à 19 ans (schéma à 3 doses)
  • Depuis 2023, proposée jusqu’à 26 ans chez les hommes ayant des rapports avec des hommes
  • Vaccins disponibles : Gardasil 9* (couvre 9 types de HPV dont 6, 11, 16, 18)
  • La vaccination curative chez les patients ayant déjà des condylomes n’est pas recommandée

Conseils pratiques en cas de condylomes

  • Préservatif obligatoire pendant le traitement et 2-3 mois après guérison — son efficacité est partielle car le virus peut être présent sur les zones non couvertes
  • Bilan IST chez le ou les partenaires — indispensable pour éviter la réinfection
  • Frottis annuel chez la femme ayant eu des condylomes
  • Arrêt du tabac — favorise la persistance et les récidives
  • Avoir des condylomes ne signifie pas avoir été trompé — l’incubation du virus peut durer plusieurs années

Sources

Questions fréquentes sur les condylomes

Les condylomes guérissent-ils spontanément ?

Oui, dans certains cas. Le système immunitaire peut éliminer les HPV sans traitement, particulièrement chez les sujets jeunes et immunocompétents. Cela peut prendre plusieurs mois à quelques années. Cependant, traiter les lésions visibles réduit le risque de transmission au(x) partenaire(s) et prévient l’extension.

Les condylomes peuvent-ils provoquer un cancer ?

Les condylomes visibles (acuminés, papuleux) sont causés par les HPV à faible risque (6 et 11) et n’évoluent pas vers un cancer. En revanche, les HPV à haut risque (16, 18) peuvent provoquer un cancer du col de l’utérus, de l’anus, de la vulve ou du pénis — d’où l’importance du frottis régulier et de la vaccination.

Peut-on avoir des condylomes sans avoir de rapports sexuels non protégés ?

La transmission est quasi exclusivement sexuelle. Le préservatif réduit mais n’élimine pas totalement le risque, car le virus peut être présent sur les zones non protégées (pubis, scrotum). La vaccination avant le début de la vie sexuelle reste la meilleure protection.

Faut-il prévenir ses partenaires en cas de condylomes ?

Oui, c’est fortement recommandé. Vos partenaires doivent consulter pour être examinés et traités si nécessaire — sans quoi vous risquez une réinfection après traitement. Un bilan IST complet est conseillé pour tous.

La vaccination anti-HPV est-elle utile si on a déjà des condylomes ?

Les études récentes ne montrent pas de bénéfice de la vaccination à visée curative chez des patients déjà infectés. En revanche, elle peut protéger contre les types de HPV auxquels la personne n’a pas encore été exposée. La décision se prend au cas par cas avec le médecin.


📅 Consulter le Dr Rousseau en téléconsultation


Téléchargez le guide complet
VERRUES – MAINS PIEDS GENITALES…
« Secrets de dermatologue » :

– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


Obtenir ce guide →