Verrue autour de l’ongle ou sous l’ongle

Verrues autour de l’ongle et sous l’ongle (verrues péri-unguéales) : causes, traitements et signaux d’alarme

Mis à jour le 29 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Les verrues péri-unguéales — autour ou sous l’ongle — sont les verrues les plus difficiles à traiter. Dues aux HPV 1, 2 et 4, elles touchent surtout les enfants et les personnes qui se rongent les ongles. Leur taux de récidive après traitement atteint 20 à 30 %. Un traitement agressif trop proche de la matrice risque une dystrophie unguéale permanente. Et toute verrue péri-unguéale résistante doit faire écarter un carcinome épidermoïde lié à HPV 16 ou 18.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue, Bordeaux

Les verrues autour des ongles, appelées verrues péri-unguéales, représentent une forme particulièrement tenace des verrues des mains et des doigts. Situées dans les replis latéraux, sous le bord libre de l’ongle ou dans le repli proximal, elles bénéficient d’un environnement défavorable aux traitements topiques : peau épaisse, mauvaise pénétration, risque de lésion matricielle. Leur prise en charge mérite une approche rigoureuse et progressive, très différente de celle d’une verrue vulgaire du dos de la main.

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Verrues autour de l'ongle — aspect clinique typique
Verrues péri-unguéales : aspect clinique typique autour du repli latéral de l’ongle
Verrue sous l'ongle, forme subunguéale difficile à traiter
Verrue subunguéale (sous l’ongle) — la localisation la plus difficile à traiter

Sommaire :
Causes et facteurs de risque |
Aspect clinique et dermoscopie |
Diagnostic différentiel |
Traitements |
Algorithme thérapeutique |
Signaux d’alarme |
Questions fréquentes

Causes et facteurs de risque des verrues péri-unguéales

Les verrues péri-unguéales sont dues aux papillomavirus humains (HPV) de types 1, 2 et 4, identiques à ceux responsables des verrues vulgaires du dos de la main. Le virus pénètre par des micro-effractions cutanées dans les replis de l’ongle — une zone particulièrement exposée aux petites plaies et à la macération.

Onychophagie : le principal facteur de risque

Se ronger les ongles (onychophagie) est le facteur de risque le plus directement impliqué. Cette habitude crée continuellement des microlésions dans le repli périunguéal qui constituent des portes d’entrée privilégiées pour le HPV. Tirer les petites peaux autour des ongles (envies) produit le même effet. La contamination est ensuite souvent auto-inoculatoire : la verrue d’un doigt se propage aux autres doigts par contact direct lors des gestes de rongeage ou de manipulation.

Autres facteurs favorisants

Facteur Mécanisme
Onychophagie / envies Microlésions chroniques = porte d’entrée HPV — facteur principal chez l’enfant
Macération / travail à l’eau Fragilisation de la barrière cutanée péri-unguéale — coiffeurs, cuisiniers, soignants
Traumatismes répétés Activités manuelles intenses — mécaniciens, jardiniers, musiciens
Immunodépression Verrues multiples, étendues, résistantes aux traitements habituels — 40 % des patients greffés développent des verrues
Âge Pic d’incidence entre 12 et 16 ans — régression plus fréquente chez l’enfant que chez l’adulte

Aspect clinique et dermoscopie

Présentation clinique

Les verrues péri-unguéales se présentent comme des papules hyperkératosiques, végétantes, à surface irrégulière et rugueuse, siégeant dans les replis latéraux, sous le bord libre de l’ongle ou dans le repli proximal. Elles peuvent être uniques ou multiples, discrètes ou confluentes en plaques. Leur couleur va du blanc-grisâtre au brun selon le degré de kératinisation.

Trois localisations méritent d’être distinguées car elles n’ont pas le même pronostic thérapeutique :

Localisation Description Difficulté thérapeutique
Péri-unguéale stricte Replis latéraux et proximal autour de l’ongle Modérée — accessible aux topiques et à la cryothérapie
Subunguéale Sous le bord libre de l’ongle — soulève la tablette Élevée — topiques peu pénétrants, cryothérapie difficile
Proximale / matricielle Très proche de la zone de croissance de l’ongle Très élevée — risque de dystrophie unguéale permanente si traitement agressif

Deux signes cliniques associés doivent toujours être recherchés : une onycholyse (décollement de l’ongle de son lit, signe d’extension subunguéale) et une dystrophie unguéale (déformation de l’ongle, signe d’atteinte matricielle).

Dermoscopie des verrues péri-unguéales

La dermoscopie est un outil diagnostique précieux pour les verrues de l’appareil unguéal. Elle révèle une surface papillomateuse avec des vaisseaux punctiformes rouges ou noirs (capillaires thrombosés) disposés de façon régulière. Ces points noirs ou rouges sont caractéristiques des verrues et permettent de les distinguer de :

  • Un cor ou durillon (hyperkératose sans vaisseaux)
  • Un fibrome péri-unguéal (vaisseaux linéaires, non punctiformes)
  • Un carcinome épidermoïde (vaisseaux irréguliers, atypiques — biopsie indispensable)
Ce que révèle la dermoscopie : les petits points noirs visibles au centre d’une verrue péri-unguéale correspondent à des capillaires thrombosés (vaisseaux sanguins bouchés). Ils signent l’origine HPV de la lésion. S’ils disparaissent après traitement et que la surface reprend un aspect normal avec des dermatoglyphes (lignes cutanées), c’est un signe de guérison.

Diagnostic différentiel : ce qu’il ne faut pas confondre

Diagnostic Arguments cliniques distinctifs Conduite à tenir
Cor / durillon sous-unguéal Lisse, translucide, douloureux à la pression verticale, sans points noirs — pas d’HPV Traitement mécanique (lime, kératolytiques)
Onychomycose (mycose de l’ongle) Onycholyse distale, ongle jaune-brun épaissi, friable — peut ressembler à une verrue subunguéale Prélèvement mycologique — antifongique si positif
Fibrome péri-unguéal (maladie de Koenen) Nodule ferme rose émergeant du repli proximal — peut orienter vers une sclérose tubéreuse Avis dermatologique systématique
Carcinome épidermoïde péri-unguéal Signal d’alarme majeur — lésion chronique, résistante, qui ne régresse pas, saigne, détruit progressivement l’ongle — HPV 16/18 Biopsie obligatoire — ne jamais traiter indéfiniment une verrue récidivante sans biopsie
Kyste mucoïde péri-unguéal Tuméfaction translucide molle dans le repli proximal — contenu gélatineux Avis dermatologique — pas de traitement en automédication
Point crucial sur le carcinome épidermoïde péri-unguéal : c’est la complication la plus grave à ne pas manquer. Ce cancer lié aux HPV à haut risque (16, 18) peut mimer une verrue banale pendant des mois ou des années. Les signaux d’alarme sont : absence de régression malgré des traitements répétés bien conduits, croissance progressive, saignement spontané, déformation ou destruction de l’ongle, ulcération. Tout doute impose une biopsie.

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Traitements des verrues péri-unguéales

Aucun traitement ne garantit la guérison à 100 %. L’objectif est d’obtenir la disparition complète de la lésion avec un minimum de risque pour l’appareil unguéal. Le choix du traitement dépend du nombre de verrues, de leur localisation précise par rapport à la matrice, de l’âge du patient et des traitements déjà essayés.

Traitement de 1re intention : kératolytiques (acide salicylique)

L’acide salicylique concentré (15 à 25 %, parfois jusqu’à 50 % en préparation magistrale) reste le traitement de référence en première intention. Son application quotidienne après abrasion mécanique de la kératine permet une destruction progressive de la verrue sans risque pour la matrice. Les préparations disponibles sans ordonnance (Wartner®, Basiron® ou préparations magistrales à l’acide salicylique) sont efficaces pour les verrues récentes de taille modeste.

Technique d’application optimale : après un bain de mains de 5 minutes (ramollissement), abraser soigneusement la surface de la verrue avec une lime à ongles en carton à usage unique. Appliquer le produit kératolytique sur la verrue en protégeant la peau saine avec du vernis incolore (Verlim3®) ou du sparadrap. Renouveler chaque jour. Poursuivre jusqu’à la réapparition des dermatoglyphes (lignes cutanées normales) — soit en général 4 à 8 semaines.

Cryothérapie à l’azote liquide — précautions autour de l’ongle

La cryothérapie à l’azote liquide (−196 °C) est le traitement de référence réalisé en cabinet. Elle détruit la verrue par congélation. Autour de l’ongle, elle exige une précaution particulière : un temps de contact excessif ou répété proche du repli proximal risque d’endommager la matrice de l’ongle et d’entraîner une dystrophie unguéale permanente (onychodystrophie). Le dermatologue adapte le temps d’application en conséquence.

La cryothérapie se réalise en plusieurs séances espacées de 2 à 3 semaines. Elle est efficace dans 60 à 70 % des cas selon les études sur les verrues vulgaires ; le taux est généralement moins favorable pour les verrues péri-unguéales en raison de leur épaisseur et de leur localisation difficile d’accès.

Bléomycine intralésionnelle — option pour les formes résistantes

La bléomycine intralésionnelle est une option de choix pour les verrues péri-unguéales résistantes aux traitements topiques et à la cryothérapie répétée. Il s’agit d’une injection directement dans la verrue d’un agent cytotoxique (bléomycine à 1 U/mL) réalisée par le dermatologue sous anesthésie locale. Son mode d’action repose sur la destruction spécifique des cellules infectées par le HPV.

Les données publiées sur les verrues palmo-plantaires et péri-unguéales résistantes montrent un taux de réponse complète supérieur à 80 % avec la bléomycine intralésionnelle. C’est l’une des options les mieux documentées pour les formes difficiles. La principale complication est une douleur post-injection intense et la formation transitoire d’une bulle hémorragique — sans risque systémique aux doses utilisées en dermatologie.

5-Fluorouracile (5-FU) topique

Le 5-FU en crème (disponible en préparation magistrale) est une alternative aux kératolytiques pour les verrues récidivantes ou multiples. Son application sous occlusion nocturne améliore la pénétration. Il est parfois associé à la cryothérapie pour une action synergique. Son utilisation est hors AMM dans cette indication.

Autres options disponibles

Traitement Indication / Particularité Statut
Imiquimod 5 % (Aldara®) Immunomodulateur — utile dans les formes récidivantes ou chez l’immunodéprimé Hors AMM dans cette indication
Laser CO₂ Vaporisation précise — efficace pour les verrues multiples — réservé aux formes résistantes Acte dermatologique, séances 1 à 3
Électrocoagulation / curetage Efficace mais risque cicatriciel — utilisé pour les lésions volumineuses isolées Acte dermatologique — anesthésie locale requise
Injection d’antigène (candidine, vaccin MMR) Immunothérapie intralésionnelle — efficace dans les formes multiples et récidivantes Hors AMM — données favorables dans les revues récentes

Algorithme thérapeutique selon la forme clinique

L’approche thérapeutique se structure en fonction du nombre de lésions et des traitements déjà essayés — une logique progressive qui limite le risque de dystrophie unguéale tout en maximisant les chances de guérison :

Situation clinique 1re intention 2e intention (si échec à 8 semaines)
1 à 4 verrues péri-unguéales récentes Acide salicylique 15–25 % quotidien + abrasion Cryothérapie professionnelle (séances toutes les 2–3 semaines)
Plus de 4 verrues ou forme étendue Cryothérapie + acide salicylique en inter-séances Bléomycine intralésionnelle ou laser CO₂
Verrue subunguéale isolée Cryothérapie prudente ± acide salicylique Bléomycine intralésionnelle — consultation dermatologique impérative
Forme résistante (≥ 2 traitements bien conduits) Bléomycine intralésionnelle Laser CO₂, 5-FU, immunothérapie — biopsie si doute diagnostique
Patient immunodéprimé Avis dermatologique d’emblée — formes souvent multiples et récidivantes Imiquimod, bléomycine, laser — prise en charge spécialisée
Règle d’or : toute verrue péri-unguéale en cours de traitement doit être revue à 8 semaines. Si elle n’a pas diminué de taille de façon significative, il faut passer à l’option suivante de l’algorithme — et non multiplier indéfiniment le même traitement inefficace.

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Consultez un dermatologue sans attendre si :

  • La lésion péri-unguéale ne régresse pas malgré 2 traitements bien conduits de 8 semaines chacun — risque de carcinome épidermoïde HPV 16/18 à écarter par biopsie
  • L’ongle se déforme progressivement, se décolle ou présente une destruction partielle
  • La lésion saigne spontanément ou est ulcérée — signe d’alarme majeur
  • Apparition de verrues multiples et extensives sur plusieurs doigts — peut révéler une immunodépression (bilan immunologique indiqué)
  • Douleur au repos, non liée au traitement en cours

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Questions fréquentes sur les verrues de l’ongle

Pourquoi les verrues autour des ongles sont-elles si difficiles à traiter ?

Les verrues péri-unguéales sont situées dans une zone mal vascularisée, difficile d’accès pour les traitements topiques, avec un épiderme épais. L’extension sous le bord de l’ongle (forme subunguéale) complique encore le traitement. Le taux de récidive est plus élevé qu’ailleurs : 20 à 30 % après un premier traitement bien conduit, contre environ 15 % pour les verrues vulgaires du dos de la main.

Les verrues de l’ongle peuvent-elles endommager l’ongle définitivement ?

Oui, dans deux situations. Premièrement, si la verrue atteint la matrice (zone de croissance sous le repli proximal), elle peut provoquer une dystrophie unguéale permanente. Deuxièmement, un traitement trop agressif — notamment une cryothérapie prolongée appliquée trop près de la matrice — peut lui-même causer cette dystrophie. C’est une raison importante pour confier les verrues proches de la matrice à un dermatologue.

Comment reconnaître une verrue péri-unguéale en dermoscopie ?

En dermoscopie, les verrues péri-unguéales montrent une surface papillomateuse avec des vaisseaux en points rouges ou noirs (capillaires thrombosés) disposés régulièrement. Ces points noirs, caractéristiques des verrues, permettent de les distinguer d’un cor ou d’une hyperkératose réactionnelle, qui n’en présentent pas. La disparition de ces points après traitement est un signe de guérison en cours.

Quel traitement pour une verrue sous l’ongle ?

La verrue subunguéale est la localisation la plus difficile. Les options sont l’acide salicylique concentré appliqué après abrasion, la cryothérapie prudente, ou la bléomycine intralésionnelle (injection réalisée par le dermatologue). La bléomycine montre un taux de réponse supérieur à 80 % dans les formes résistantes selon les études publiées. Un avis dermatologique est indispensable pour les verrues subunguéales.

Une verrue autour de l’ongle peut-elle devenir un cancer ?

C’est exceptionnel mais documenté et à ne pas manquer. Un carcinome épidermoïde péri-unguéal lié aux HPV 16 ou 18 peut mimer une verrue banale résistante pendant des mois. Il ne régresse pas, grossit, saigne parfois spontanément, et peut détruire progressivement l’ongle. Toute lésion verruqueuse péri-unguéale chronique qui résiste à deux traitements bien conduits doit être biopsiée.

Les verrues autour des ongles sont-elles liées à l’onychophagie ?

Oui, directement. L’onychophagie crée des micro-lésions cutanées autour du repli unguéal qui constituent des portes d’entrée pour le papillomavirus HPV. Les patients qui se rongent les ongles ont un risque significativement plus élevé de développer des verrues péri-unguéales et de les voir récidiver. Arrêter cette habitude est une mesure de prévention essentielle, en parallèle du traitement.

Acide salicylique ou azote liquide pour les verrues péri-unguéales ?

Pour 1 à 4 verrues péri-unguéales récentes, l’acide salicylique concentré (15–25 %) est la première intention, moins risqué pour l’ongle. Au-delà de 4 lésions, ou après échec à 8 semaines, la cryothérapie professionnelle ou la bléomycine intralésionnelle sont préférées. La cryothérapie doit être réalisée avec prudence à proximité de la matrice unguéale pour éviter une dystrophie définitive.

Comment ne pas confondre une verrue sous l’ongle avec une mycose ?

L’onychomycose (mycose de l’ongle) se distingue en général par un ongle jaune-brun, épaissi, friable, avec une onycholyse débutant par le bord libre — et sans excroissance hyperkératosique visible sur les replis. La verrue subunguéale soulève plutôt la tablette unguéale par une masse ferme. En cas de doute, un prélèvement mycologique et une dermoscopie permettent de trancher. Ne jamais traiter indéfiniment sans diagnostic certain.

Voir aussi :
Verrues des mains et des doigts |
Traitements des verrues |
Traitements naturels des verrues |
Verrues et condylomes |
Se ronger les ongles

Références scientifiques

  1. Tosti A, Piraccini BM. Warts of the nail unit: surgical and nonsurgical approaches. Dermatol Surg. 2001;27(3):235-239. PMID 11277888
  2. Marahatta S, Khadka DK, Agrawal S, Rijal A. Intralesional bleomycin for the treatment of resistant palmoplantar and periungual warts. Dermatol Res Pract. 2021;2021:8655004. PMID 34707655
  3. Mullen SA, Myers EL, Brenner RL, et al. Systematic review of intralesional therapies for cutaneous warts. JID Innov. 2024;4(3):100264. PMID 38585192

Source : HAS — Verrues cutanées : recommandations de la Haute Autorité de Santé

Verrues chez l’enfant : traitements adaptés et conseils pour les parents

En bref : Les verrues sont très fréquentes chez l'enfant — elles concernent jusqu'à 20 % des enfants d'âge scolaire. Dues au papillomavirus humain (HPV), elles guérissent spontanément dans 65 % des cas en 2 ans sans traitement. Lorsqu'un traitement est nécessaire, l'acide salicylique en application quotidienne est le traitement de première intention, bien toléré et efficace à domicile. La cryothérapie reste une option, mais peut être douloureuse avant 6–7 ans.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Sommaire :
Épidémiologie |
Formes cliniques |
Verrues et collectivité |
Traiter ou attendre ? |
Traitements adaptés à l’enfant |
Terrains particuliers |
Tableau récapitulatif |
Questions fréquentes

Pourquoi les verrues sont-elles si fréquentes chez l’enfant ?

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Les verrues touchent 10 à 20 % des enfants en âge scolaire, contre 5 à 10 % de la population générale. Cette surreprésentation s’explique par plusieurs facteurs combinés :

  • Un système immunitaire encore immature, moins efficace pour éliminer le HPV avant qu’il ne s’exprime
  • Une vie en collectivité intense (piscine scolaire, vestiaires, sports collectifs) favorisant la contamination indirecte
  • Des microtraumatismes cutanés fréquents (genoux, pieds, mains) qui facilitent la pénétration du virus
  • Des comportements à risque : se ronger les ongles, gratter ses lésions, marcher pieds nus dans les vestiaires

Le pic de fréquence se situe entre 5 et 15 ans. Avant 2 ans, une verrue est exceptionnelle et doit faire évoquer un déficit immunitaire.

Formes cliniques les plus fréquentes chez l’enfant

Toutes les formes de verrues peuvent survenir chez l’enfant, mais certaines sont nettement prédominantes. Pour une description complète de chaque type, voir l’article général sur les verrues.

Verrues plantaires — la plainte principale

Verrues plantaires chez un enfant
Verrues plantaires

Les verrues plantaires représentent la cause la plus fréquente de consultation pour verrue chez l’enfant — surtout après la rentrée scolaire et la reprise de la piscine. La myrmécie (HPV1, profonde et douloureuse) est celle qui motive le plus souvent la consultation, pouvant gêner la marche et la pratique sportive. Les verrues en mosaïque (HPV2), moins douloureuses, sont parfois découvertes fortuitement.

Chez l’enfant, la verrue plantaire doit être distinguée d’un cor ou durillon : la verrue saigne au curetage (points noirs = capillaires thrombosés) et interrompt les dermatoglyphes, contrairement au cor.

Verrues des mains et des doigts — dissémination par morsure

Récidive de verrues des doigts en couronne chez un enfant après traitement
Récidive en couronne après traitement — fréquente chez l’enfant

Les verrues vulgaires des mains sont très fréquentes, avec une particularité pédiatrique importante : l’onychophagie (se ronger les ongles) favorise une dissémination massive autour des ongles et sur les lèvres. Les verrues péri-unguéales sont souvent multiples, récidivantes, et peuvent déformer la tablette unguéale. Il est impératif d’expliquer à l’enfant — et aux parents — que gratter ou mordre les verrues est le principal facteur d’aggravation.

Verrues du genou — liées aux chutes

Verrues du genou chez un enfant liées aux microtraumatismes
Verrues du genou chez un enfant — favorisées par les chutes et microtraumatismes

Les verrues du genou sont quasi-exclusives à l’enfant. Elles sont directement liées aux microtraumatismes répétés lors des chutes et jeux. Souvent multiples et groupées, elles régressent fréquemment d’elles-mêmes dès que les chutes deviennent moins fréquentes avec l’âge.

Verrues planes du visage — souvent méconnues

Verrues planes visage enfant
Verrues planes du visage chez l’enfant – une prise en charge délicate
Verrues planes du visage chez un enfant disséminées le long d'une ligne de grattage
Verrues planes disséminées par manuportage le long d’une strie de grattage
Verrues planes de la jambe chez une jeune fille après épilation
Verrues planes de la jambe — dissémination fréquente à l’adolescence par épilation

Les verrues planes du visage sont fréquemment non diagnostiquées chez l’enfant car très discrètes — petites papules chamois-brun à peine surélevées, souvent confondues avec de l’eczéma ou de simples taches. Elles se disséminent facilement le long des lignes de grattage ou de frottement. Leur traitement est délicat sur le visage : la cryothérapie doit être prudente pour éviter les cicatrices, et les acides sont contre-indiqués sur cette zone.

Papillomes verruqueux — attention au rasage chez l’adolescent

Papillome verruqueux de la paupière chez un enfant
Papillome verruqueux de la paupière — se dissémine par le rasage chez l’adolescent quand il est sur la barbe

Les papillomes verruqueux filiformes apparaissent surtout sur le visage et le cou. Chez l’adolescent qui commence à se raser, ils représentent un risque majeur de dissémination en plaques sur toute la zone rasée — il faut impérativement les traiter avant la première utilisation du rasoir.

Verrues et collectivité — que faire à l’école, à la piscine ?

Les verrues ne justifient aucune éviction scolaire. En revanche, certaines précautions limitent la contagion :

  • Piscine : port de chaussons de bain obligatoire dans les vestiaires et sur les plages. La piscine n’est pas contre-indiquée, mais la verrue doit être recouverte d’un pansement waterproof.
  • Sport : pas de contre-indication. Éviter les pieds nus dans les vestiaires collectifs.
  • À la maison : ne pas partager serviettes, chaussettes ni chaussures avec la fratrie. Prévoir une sortie de bain personnelle.
  • Comportement : expliquer à l’enfant de ne pas toucher, gratter ni mordre ses verrues — c’est le principal vecteur d’auto-contamination.

Traiter ou attendre ? La question clé chez l’enfant

Chez l’enfant, la question se pose différemment que chez l’adulte. La guérison spontanée est plus fréquente et plus rapide que chez l’adulte — environ 65 % des verrues disparaissent en 2 ans, et jusqu’à 80 % en 4 ans. L’immunité de l’enfant finit le plus souvent par reconnaître et éliminer le virus.

Le traitement est cependant indiqué dans les situations suivantes :

  • Verrue plantaire douloureuse gênant la marche ou le sport
  • Verrues multiples en extension rapide malgré les mesures d’hygiène
  • Verrue péri-unguéale menaçant de déformer l’ongle
  • Papillome verruqueux chez un adolescent avant la première utilisation du rasoir
  • Retentissement psychologique significatif (moqueries, refus d’aller à la piscine)
  • Enfant immunodéprimé — ne pas attendre la guérison spontanée

À l’inverse, l’abstention thérapeutique est raisonnable pour une verrue unique, non douloureuse, non évolutive chez un jeune enfant bien immunocompétent — à condition de surveiller son évolution.

Hésitation entre traiter et attendre ? Le Dr Rousseau peut vous orienter en téléconsultation :

Traitements adaptés à l’enfant

Les mêmes traitements que chez l’adulte sont disponibles, mais leur utilisation doit tenir compte de la tolérance de l’enfant à la douleur et des zones à risque cicatriciel. Pour le détail complet des traitements, voir l’article sur le traitement des verrues.

Acide salicylique — première intention

Traitement de première intention chez l’enfant, indolore, applicable à domicile. Efficace sur les verrues vulgaires et plantaires non trop profondes. Nécessite une application quotidienne et régulière sur plusieurs semaines. À éviter sur le visage chez l’enfant. Le dermatologue prescrit des préparations magistrales souvent très efficaces chez l’enfant

Cryothérapie à l’azote liquide — efficace mais douloureuse

Très efficace mais douloureuse — souvent mal tolérée avant 6-7 ans. Une anesthésie topique (crème EMLA) peut être appliquée 1h avant la séance pour améliorer le confort. Nécessite plusieurs séances. À manier avec précaution sur le visage pour éviter les cicatrices hypopigmentées.

Laser CO₂ — pour les cas résistants

Réservé aux verrues multiples ou résistantes aux autres traitements. Réalisé sous anesthésie locale ou générale selon l’âge et le nombre de lésions. Résultats durables mais récidives possibles.

Dermatoscopie de contrôle

Contrôle dermatoscopique d'une verrue chez l'enfant après traitement
Contrôle dermatoscopique après traitement — permet de confirmer la guérison

La dermatoscopie est utile non seulement pour le diagnostic initial mais aussi pour confirmer la guérison après traitement — la disparition des capillaires thrombosés (points noirs) et la réapparition des dermatoglyphes signent l’éradication de la verrue.

Terrains particuliers

Enfant atopique

Les enfants souffrant de dermatite atopique présentent un risque accru de verrues multiples et disséminées — la barrière cutanée altérée facilite la pénétration du HPV. Les verrues planes y sont particulièrement fréquentes. Le traitement doit être coordonné avec la prise en charge de l’eczéma.

Enfant immunodéprimé

Chez l’enfant sous immunosuppresseurs (greffé, traitement corticoïde prolongé, chimiothérapie), les verrues peuvent être massives, résistantes et très étendues. La guérison spontanée ne doit pas être attendue. Une prise en charge dermatologique spécialisée est indispensable, en lien avec l’équipe médicale suivant l’immunodépression.

Adolescent — attention à la dissémination par rasage

L’adolescent qui commence à se raser présente un risque spécifique : un papillome verruqueux ou des verrues planes passés inaperçus peuvent se disséminer massivement en quelques semaines sur toute la zone de rasage. Un examen dermatologique avant le premier rasage est conseillé en cas de lésions suspectes sur le visage.

Tableau récapitulatif — verrues de l’enfant

Type Particularité pédiatrique Traiter ou attendre ? Traitement de choix
Plantaire (myrmécie) Douloureuse, gêne sportive Traiter si douloureuse Acide salicylique + cryothérapie
Plantaire (mosaïque) Souvent asymptomatique Attendre possible Acide salicylique
Mains / doigts Aggravée par onychophagie Traiter si multiples Acide salicylique + cryothérapie
Genou Quasi-exclusive à l’enfant Attendre souvent suffisant Acide salicylique
Planes du visage Souvent méconnues, grattage Attendre — traitement délicat Cryothérapie prudente
Papillome verruqueux Risque dissémination rasage Traiter avant premier rasage Cryothérapie / laser

Questions fréquentes

Mon enfant a une verrue plantaire douloureuse — doit-on traiter ou attendre ?
Une verrue plantaire qui gêne la marche ou la pratique sportive doit être traitée sans attendre. L’association acide salicylique à domicile et cryothérapie chez le dermatologue est le traitement de référence. Si la douleur lors de la cryothérapie est un frein, une crème anesthésiante (EMLA) appliquée 1h avant améliore nettement le confort de l’enfant.

Mon enfant se ronge les ongles et a des verrues partout autour — que faire ?
L’onychophagie est le principal facteur d’aggravation des verrues péri-unguéales. Il faut traiter les verrues existantes ET travailler sur l’arrêt de l’onychophagie (vernis amer, accompagnement comportemental). Sans cela, le traitement des verrues sera un combat sans fin — les récidives seront systématiques.

Mon enfant peut-il aller à la piscine avec ses verrues ?
Oui — les verrues ne sont pas une contre-indication à la piscine. Il faut couvrir la verrue d’un pansement waterproof, porter des chaussons de bain dans les vestiaires et sur les plages, et ne pas partager serviettes ni chaussures. Aucune éviction n’est recommandée.

À quel âge les verrues apparaissent-elles chez l’enfant ?
Le pic de fréquence se situe entre 5 et 15 ans, coïncidant avec l’entrée en collectivité et la pratique de la piscine. Une verrue avant 2 ans est exceptionnelle et doit faire évoquer un déficit immunitaire — consultez un dermatologue.

Les verrues de mon enfant peuvent-elles contaminer toute la famille ?
Oui, le risque existe — surtout pour les enfants en bas âge et les personnes immunodéprimées au sein du foyer. Les mesures simples suffisent dans la grande majorité des cas : ne pas partager serviettes et chaussettes, prévoir une sortie de bain personnelle, et expliquer à l’enfant de ne pas gratter ses verrues.

Article général sur les verrues | → Verrues sous ou autour des ongles| → Traitement des verrues

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Consultez un dermatologue si : les verrues de votre enfant sont très nombreuses, résistantes après 3 mois de traitement bien conduit, douloureuses, ou si votre enfant est immunodéprimé. Un enfant immunocompétent avec une verrue unique non douloureuse peut être surveillé sans traitement immédiat.

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Comment reconnaître une verrue chez l'enfant ?

La verrue vulgaire se présente comme une papule ferme, rugueuse, d'aspect 'chou-fleur', de couleur chair ou légèrement grisâtre, siégeant principalement sur les mains, les doigts et les pieds. La verrue plantaire (myrmécie ou en mosaïque) est aplatie par la pression et peut être douloureuse à la marche. La verrue plane est petite, lisse, légèrement surélevée, souvent multiple sur le visage et les avant-bras.

Faut-il absolument traiter les verrues d'un enfant ?

Pas nécessairement. 65 % des verrues de l'enfant guérissent spontanément dans les 2 ans (30 % en 6 mois selon des études). La décision de traiter dépend de : la gêne fonctionnelle (douleur à la marche pour une verrue plantaire), l'aspect inesthétique (visage), le risque de propagation (verrues multiples), et la motivation de l'enfant à un traitement souvent long. L'abstention est une option valide pour les verrues non gênantes.

Quel est le traitement le plus efficace contre les verrues chez l'enfant ?

Le traitement de première ligne à domicile est l'acide salicylique 15 à 50 % (Duofilm, Verrugon) : application quotidienne après ponçage à la lime à verrue, sous occlusion (sparadrap). Efficacité : 60 à 70 % de guérison après 3 mois d'utilisation régulière. En cabinet : cryothérapie à l'azote liquide (-196°C), 1 séance toutes les 2 à 4 semaines, efficacité 70 à 80 %. La combinaison des deux est plus efficace que chaque méthode seule.

La verrue plantaire est-elle contagieuse à la piscine ?

Oui, le papillomavirus se transmet par contact direct avec la verrue et indirectement via les surfaces humides (vestiaires, bords de piscine, sol des douches). Porter des tongs dans les lieux collectifs humides réduit significativement le risque. L'infection ne survient que si la barrière cutanée est altérée (petite coupure, peau macérée). Un enfant porteur de verrues peut fréquenter la piscine avec ses verrues couvertes d'un sparadrap imperméable.

La cryothérapie à l'azote est-elle douloureuse chez l'enfant ?

La cryothérapie est douloureuse, surtout sur les verrues plantaires (brûlure froide pendant la séance et douleur pulsatile les heures suivantes). Chez les jeunes enfants (< 6 ans), elle peut être difficile à tolérer. Une crème anesthésiante EMLA appliquée 1 heure avant atténue la douleur. Pour les enfants anxieux, l'acide salicylique à domicile peut être préféré car il est indolore. Le laser CO₂ est une alternative efficace pour les verrues résistantes ou multiples.

Les verrues sont-elles toujours des HPV ? Peut-on les confondre avec autre chose ?

Les verrues cutanées sont quasi-exclusivement dues à HPV. Elles peuvent être confondues avec : un molluscum contagiosum (papule nacrée ombiliquée, plus molle), un cor ou durillon (pas de points noirs ni de saignement au rasage), un mélanome achromique ou un kératoacanthome (chez l'adulte). Le 'signe des petits points noirs' (capillaires thrombosés visibles dans la verrue) confirme le diagnostic de verrue HPV.

Peut-on prévenir les verrues chez l'enfant ?

La prévention passe par : éviter les blessures cutanées (protection des plaies), ne pas partager les serviettes et coupe-ongles, porter des tongs dans les piscines et vestiaires, éviter de gratter ou mordre les verrues existantes (auto-inoculation). Le vaccin anti-HPV (Gardasil 9, proposé en France dès 11 ans) protège contre les souches HPV 6 et 11 (verrues génitales) mais peu contre les HPV 1, 2, 4 (verrues communes). Une hygiène cutanée soignée reste la meilleure prévention.

Références scientifiques

Kwok CS, Gibbs S, Bennett C, et al. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev. 2012. PMID 22972107

Sterling JC, Gibbs S, Haque Hussain SS, et al. British Association of Dermatologists' guidelines for the management of cutaneous warts 2014. Br J Dermatol. 2014. PMID 24749441

Lipke MM. An armamentarium of wart treatments. Clin Med Res. 2006. PMID 17262054

Haute Autorité de Santé (HAS) — Verrues : prise en charge

Imiquimod : aldara *, comment l’utiliser, que faire

Imiquimod (Aldara *) : guide complet du dermatologue
L’imiquimod est une crème immunomodulatrice unique en dermatologie : elle ne détruit pas les lésions cutanées par action directe, mais réveille le système immunitaire local pour qu’il les élimine lui-même. Commercialisée sous le nom d’Aldara (et Zyclara ou Bascellex), cette crème est prescrite pour trois indications principales : les verrues génitales (condylomes acuminés), les kératoses actiniques et les carcinomes basocellulaires superficiels. Son maniement demande une précision particulière : trop peu, et elle est inefficace ; trop, et la réaction locale peut devenir sévère. Ce guide répond à toutes les questions pratiques que se posent les patients et les professionnels de santé.

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Sommaire

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Qu’est-ce que l’imiquimod (Aldara) ?

L’imiquimod est une aminoquinoléine synthétique classée dans les immunomodulateurs à usage dermatologique (code ATC : D06BB10). Il est disponible en France sous trois spécialités :

Spécialité Concentration Laboratoire Statut
Aldara 5 % Viatris Healthcare Liste I — remboursé SS
Zyclara 3,75 % Viatris Healthcare Liste I — remboursé SS
Bascellex 5 % Sun Pharmaceutical Europe Liste I

Chaque sachet individuel d’Aldara 5 % contient 12,5 mg d’imiquimod dans 250 mg de crème. Les sachets sont à usage unique — ils ne doivent jamais être réutilisés une fois ouverts. Aucun générique n’est disponible en France à ce jour.

La prescription d’imiquimod est soumise à ordonnance médicale obligatoire. Son utilisation ne doit jamais être improvisée à partir de restes d’une prescription antérieure ou partagée entre patients.

Mécanisme d’action : comment ça marche ?

L’imiquimod est un agoniste du récepteur Toll-like 7 (TLR-7), l’un des sentinelles du système immunitaire inné. Contrairement aux traitements qui brûlent ou gèlent les lésions, l’imiquimod n’a aucune activité antivirale ou antitumorale directe. Il agit en stimulant la réponse immune locale.

Voici ce qui se passe après application de la crème :

  1. Liaison au TLR-7 sur les monocytes, macrophages et cellules dendritiques cutanées
  2. Sécrétion massive de cytokines : interféron-α (IFN-α), TNF-α, interleukines 6, 8, 12
  3. Activation des cellules de Langerhans épidermiques, qui migrent vers les ganglions lymphatiques locaux
  4. Activation de l’immunité adaptative (lymphocytes T cytotoxiques, lymphocytes NK, lymphocytes B)
  5. Reconnaissance et destruction des cellules viralement infectées ou tumorales
💡 Pourquoi la réaction cutanée est un signe d’efficacité : La rougeur, les croûtes et l’érosion qui apparaissent sous traitement ne sont pas des « effets secondaires » à proprement parler — elles sont le reflet de la réponse immunitaire en cours. Une absence totale de réaction peut indiquer une inefficacité du traitement. C’est ce qui rend le maniement de l’imiquimod si particulier.

Cette induction des cytokines a également été démontrée in vivo : après application sur les verrues génitales, on détecte une augmentation de l’ARNm de l’IFN-α au site traité ainsi qu’une réduction significative de l’ADN du HPV.

Indications approuvées en France (AMM)

1. Verrues génitales et péri-anales externes (condylomes acuminés)

Indication principale et historique de l’imiquimod depuis 1997 chez l’adulte, et chez l’adolescent à partir de 12 ans pour les verrues génitales. Les condylomes sont causés par le papillomavirus humain (HPV), principalement les génotypes 6 et 11. L’imiquimod ne guérit pas l’infection HPV sous-jacente — il élimine les lésions visibles mais ne protège pas contre la transmission ni contre les récidives.

2. Kératoses actiniques (KA)

Indication réservée à l’adulte immunocompétent, pour les lésions cliniquement typiques, non hypertrophiques, non hyperkératosiques, situées sur le visage ou le cuir chevelu dégarni. L’imiquimod est un traitement de seconde intention dans les kératoses actiniques : il est indiqué lorsque la taille ou le nombre des lésions limite l’efficacité ou la tolérance de la cryothérapie, ou si les autres traitements topiques sont contre-indiqués ou moins appropriés. La HAS précise qu’il n’a pas démontré de supériorité par rapport au 5-FU (Efudix) ni à la cryothérapie.

⚠️ Kératoses actiniques : limites importantes
L’imiquimod n’est pas recommandé pour : les kératoses hyperkératosiques ou hypertrophiques (cornes cutanées), les lésions des paupières, de l’intérieur des narines, des oreilles, de la zone des lèvres à l’intérieur du vermillon. Les résultats sur les avant-bras et les mains ne confirment pas son efficacité dans ces localisations. Les patients avec plus de 8 lésions de KA ont moins de chances de répondre au traitement.

3. Petits carcinomes basocellulaires superficiels (CBCs)

Indication réservée à l’adulte immunocompétent, pour les lésions de type superficiel uniquement (pas les BCC nodulaires ou infiltrants), lorsque la chirurgie est contre-indiquée ou risque d’être mal tolérée. Cette indication est particulièrement utile pour les patients âgés, anticoagulés, ou présentant de nombreuses lésions. Les tumeurs de grande taille (> 7,25 cm²) ont moins de chances de répondre au traitement. Les CBC récidivants et déjà traités ne doivent pas être traités par imiquimod en raison de l’absence de données cliniques.

⚠️ Important : L’imiquimod est strictement réservé aux CBC superficiels. Son utilisation sur un CBC nodulaire ou infiltrant expose au risque de traitement incomplet avec progression tumorale. Un bilan histologique est indispensable avant toute prescription dans cette indication. Les CBC de la tête, du visage ou de la zone anogénitale sont exclus de cette indication.

Protocoles d’utilisation selon l’indication

Les protocoles sont strictement différents selon l’indication. Ne jamais transposer un protocole d’une indication à une autre.

Indication Fréquence Durée de contact Durée totale
Verrues génitales 3×/semaine (ex : lun / mer / ven) 6 à 10 heures Jusqu’à disparition ou max 16 semaines
Kératoses actiniques 3×/semaine (ex : lun / mer / ven) environ 8 heures 4 semaines — évaluation 4 sem après — max 8 sem
Carcinome basocellulaire superficiel 5×/semaine (lun → ven) environ 8 heures 6 semaines — évaluation 12 sem après fin

Dans toutes les indications, la crème s’applique avant l’heure habituelle du coucher. Elle doit rester en contact avec la peau pendant la durée prescrite puis être retirée le matin avec de l’eau et un savon doux. Aucun bain ni douche pendant la nuit d’application.

Dose maximale : 1 sachet par application

La quantité appliquée ne doit pas dépasser un sachet par séance. Une application excessive ou un temps de contact prolongé augmentent le risque de réactions locales sévères sans améliorer l’efficacité.

Dose oubliée

En cas d’oubli, le patient applique la crème dès que possible puis reprend le rythme habituel. Il ne faut pas doubler la dose lors de l’application suivante. Les jours manqués ne doivent pas être rattrapés en prolongeant le traitement au-delà de la durée maximale prévue.

Comment appliquer correctement la crème

Étape 1 — Préparation de la zone

Nettoyer soigneusement la zone à traiter avec de l’eau et un savon doux. Sécher délicatement. Laisser la peau sécher au moins 10 minutes avant l’application — une peau humide augmente la pénétration et le risque d’irritation.

Étape 2 — Application

Ouvrir un sachet, extraire la quantité nécessaire et masser doucement jusqu’à pénétration complète de la crème. Pour les kératoses actiniques et les CBC, appliquer sur la zone à traiter plus une marge de peau de 1 cm autour de la lésion. Éviter toute application sur les muqueuses internes, les yeux, les narines, la bouche.

Étape 3 — Après l’application

Se laver soigneusement les mains. Ne pas couvrir la zone avec un pansement occlusif (film plastique, pansement hermétique) — cela augmente l’absorption et le risque de réaction sévère. Un sous-vêtement en coton est acceptable pour les zones génitales. Éviter bains et douches pendant toute la durée de contact.

Étape 4 — Le lendemain matin

Laver la zone traitée à l’eau et au savon doux pour retirer la crème. Vérifier l’état de la peau. Si des croûtes ou des érosions se forment progressivement, c’est attendu — ne pas frotter.

✅ Règles d’or de l’application :
• Peau propre et sèche avant application
• Sachet à usage unique — ne jamais réutiliser
• Se laver les mains avant et après
• Pas de pansement occlusif
• Pas de bain ou douche pendant la nuit d’application
• Retrait le matin avec eau + savon doux

Réactions cutanées : ce qui est normal, ce qui ne l’est pas

Les réactions locales au site d’application sont très fréquentes — elles surviennent chez plus de 28 % des patients pour les plus courantes. Leur intensité est le signe que l’immunité locale est activée. Elles ont tendance à être plus importantes lors du premier cycle de traitement qu’au cours du second.

Réactions attendues et normales

Réaction Description Conduite à tenir
Érythème Rougeur locale, parfois intense Normal — poursuivre si supportable
Desquamation / sécheresse Peau qui pèle, squames Normal — ne pas frotter
Croûtes Formation de croûtes sèches Normal — ne pas arracher
Prurit / brûlures légères Démangeaisons, picotements Normal — émollient entre les applications
Œdème modéré Légère tuméfaction locale Souvent attendu, notamment en zone génitale
Érosion / ulcération superficielle Écorchures superficielles sur les lésions Normal sur les lésions traitées — surveiller
Induration Peau épaissie, dure au toucher Peut survenir — signaler au dermatologue
Vésicules Petites cloques Peut survenir — ne pas percer — signaler

Réactions nécessitant une interruption temporaire

Lorsque les réactions inflammatoires locales deviennent intenses (rougeur extensive, érosions profondes, douleur franche), une interruption temporaire de quelques jours est recommandée. On reprend ensuite le traitement sans prolonger la durée totale au-delà de la limite prévue.

Réactions rares à connaître

Des troubles de la pigmentation peuvent survenir après le traitement : hypopigmentation (décoloration) ou hyperpigmentation (taches brunes) au site d’application. Ces modifications sont généralement réversibles mais peuvent parfois persister. Des cas d’alopécie au site d’application (notamment sur le cuir chevelu) ont été rapportés dans 0,4 % des cas dans les études sur les kératoses actiniques.

Des cas très rares d’érythème multiforme et de syndrome de Stevens-Johnson ont été rapportés en pharmacovigilance — leur survenue impose l’arrêt immédiat et définitif du traitement.

J’ai une réaction forte : que faire ?

C’est la question la plus fréquente posée par les patients sous imiquimod. Voici une conduite à tenir structurée, mais dans tous les cas, mieux vaut consulter un médecin :

Réaction légère à modérée (rougeur, croûtes, légères brûlures)

Poursuivre le traitement. Ces réactions sont normales et attendues. Entre les applications, on peut appliquer une crème émolliente douce (sans parfum ni conservateurs irritants) pour limiter la sécheresse et le prurit. Ne pas appliquer d’émollient dans l’heure précédant l’application de la crème.

Réaction modérée à sévère (érosions étendues, douleur, œdème important)

Interrompre temporairement le traitement pendant quelques jours (généralement 3 à 7 jours) jusqu’à régression des symptômes. Cette pause est prévue dans le protocole — elle ne compromet pas l’efficacité globale. La durée totale de traitement n’est pas rallongée pour compenser les jours manqués.

⚠️ Zone génitale : vigilance particulière
En cas de gonflement vulvaire important avec difficulté à uriner, il faut arrêter immédiatement l’imiquimod et consulter en urgence. Ce signe peut indiquer un œdème muqueux sévère nécessitant une prise en charge médicale rapide. L’application à l’intérieur du vagin est une contre-indication absolue.

Que mettre sur la peau entre les applications ?

Un émollient simple (vaseline, crème à base de céramides, Dexeryl, Cold Cream) peut être appliqué en dehors des heures d’application de la crème imiquimod. Éviter les produits parfumés, l’alcool, les corticoïdes (sauf prescription médicale explicite). Ne pas appliquer de fond de teint ni de maquillage sur la zone traitée.

Puis-je laver la zone plus tôt si la réaction est trop forte ?

Oui. Si la réaction locale devient insupportable au cours de la nuit, la crème peut être retirée plus tôt que prévu en lavant simplement la zone avec de l’eau et un savon doux. Ce retrait précoce ne compromet pas l’efficacité d’une seule application, mais ne doit pas devenir systématique.

Effets systémiques et signaux d’alarme

Malgré une absorption percutanée très faible (moins de 0,9 % d’une dose appliquée localement chez des volontaires sains), des réactions systémiques peuvent survenir, notamment lors de traitements sur de grandes surfaces ou prolongés.

Effets systémiques fréquents (≥ 1 %)

  • Fatigue, asthénie
  • Fièvre modérée
  • Myalgies, céphalées
  • Nausées
  • Syndrome pseudo-grippal

Ces effets sont généralement bénins et transitoires. Ils peuvent survenir lors des premières semaines de traitement et tendent à diminuer ensuite.

Signaux d’alarme nécessitant un avis médical urgent

🚨 Arrêter le traitement et consulter rapidement si :
• Fièvre élevée persistante ou frissons intenses
• Ganglions enflés ou douloureux
• Éruption bulleuse, lésions en cible (érythème multiforme)
• Éruption généralisée, urticaire, difficultés respiratoires (allergie)
• Saignements au site d’application
• Gonflement vulvaire ou pénien avec douleur ou difficultés urinaires
• Dépression, agitation, troubles du sommeil sévères

Des cas rares mais graves ont été rapportés en pharmacovigilance post-marketing : syndrome de fuite capillaire, insuffisance cardiaque, arrhythmies, thrombopénie, leucopénie, syndrome de Stevens-Johnson. Ces effets exceptionnels surviennent préférentiellement chez des patients immunodéprimés ou lors de traitements sur de grandes surfaces cutanées.

Précautions, contre-indications et populations particulières

Contre-indications

  • Hypersensibilité à l’imiquimod ou à l’un des excipients
  • Application sur muqueuses internes (vagin, rectum, méat urétral, bouche, narines)
  • Application sur peau lésée, plaie ouverte, zone inflammée ou infectée
  • CBC de la tête, du visage ou de la zone anogénitale (pour l’indication CBC)
  • CBC nodulaire ou infiltrant

Immunodéprimés

L’utilisation de l’imiquimod chez les patients immunodéprimés (VIH, traitement immunosuppresseur, transplantés) doit être maniée avec une extrême prudence. Du fait de ses propriétés immunostimulantes, une application sur de grandes surfaces peut entraîner une réponse immune systémique imprévisible. Des diminutions des paramètres hématologiques (hémoglobine, leucocytes, plaquettes) ont été observées dans les essais cliniques.

Grossesse et allaitement

Bien que les données de cas cliniques disponibles n’aient pas identifié de risque tératogène démontré, l’utilisation pendant la grossesse ne doit être envisagée que si le bénéfice justifie le risque potentiel. La concentration systémique après application topique est faible ; le passage dans le lait maternel est probable mais à très faible dose. La décision doit être prise au cas par cas avec le dermatologue ou l’obstétricien.

Enfants et adolescents

L’imiquimod n’est pas recommandé chez l’enfant pour les kératoses actiniques et les CBC. Pour les verrues génitales, il peut être utilisé à partir de 12 ans. Attention : il ne doit pas être utilisé chez l’enfant pour le molluscum contagiosum — 4 essais randomisés contrôlés n’ont pas démontré son efficacité dans cette indication, quelle que soit la posologie testée.

Exposition solaire

La zone traitée doit être protégée de l’exposition solaire pendant toute la durée du traitement et jusqu’à cicatrisation complète. L’imiquimod rend la peau plus réactive aux UV. En pratique, traitement nocturne + vêtements couvrants ou écran solaire le jour constituent la protection standard.

Imiquimod et préservatifs : un point essentiel

Ce point est souvent méconnu des patients et mérite une information claire :

⚠️ L’imiquimod détériore le latex
La crème imiquimod peut fragiliser les préservatifs en caoutchouc (latex) et les diaphragmes, les rendant moins résistants et augmentant le risque de rupture lors des rapports sexuels. Il est impératif d’éviter tout rapport sexuel lorsque la crème est en contact avec la peau. Par ailleurs, l’imiquimod ne protège pas contre la transmission du HPV ni contre les autres infections sexuellement transmissibles.

Utilisations hors AMM documentées

L’imiquimod a été évalué dans de nombreuses autres indications en dehors de son AMM officielle. Ces utilisations ne sont pas validées par les autorités de santé françaises et nécessitent une discussion bénéfice-risque individuelle :

Indication hors AMM Niveau de preuve Notes
Lentigo malin (mélanome in situ) Études de phase II Utilisé en monothérapie ou en périopératoire
Maladie de Bowen (carcinome épidermoïde in situ) Séries de cas / études ouvertes Résultats prometteurs sur certaines localisations
Sarcome de Kaposi cutané Essais de phase I/II Étude publiée en 2008 (Schantz-Faure, JAAD)
Mycosis fongoïde (plaques résistantes) Cas cliniques Rémission complète rapportée sur plaques résistantes à PUVA
Maladie de Paget extramammaire En discussion Alternative à l’exérèse chirurgicale à l’étude

Des essais cliniques explorent également son potentiel en combinaison avec d’autres immunothérapies, dans le photovieillissement, et dans les métastases cutanées. Ces indications restent expérimentales.

Imiquimod vs autres traitements

Pour les verrues génitales (condylomes)

Traitement Mécanisme Avantages Inconvénients
Imiquimod Immunomodulation Auto-application, récidives moins fréquentes chez répondeurs complets Lent (semaines), réactions locales
Podophyllotoxine Cytotoxique Efficacité rapide, auto-applicable Contre-indiqué grossesse, taux récidive élevé
Cryothérapie Destruction physique Efficace rapidement, en cabinet Douloureux, plusieurs séances, récidives fréquentes
Laser CO₂ / électrocoagulation Ablation Efficace sur lésions étendues Anesthésie, coût, cicatrices possibles

L’imiquimod est considéré comme une option de première ligne raisonnable pour les condylomes, notamment en raison de son auto-application et du fait que les patients qui obtiennent une disparition complète tendent à rester en rémission durable — probablement grâce à la mémoire immunitaire Th1 induite.

Pour les kératoses actiniques

L’imiquimod 5 % a démontré une efficacité supérieure au placebo : environ 37–53 % de disparition complète après 1 à 2 cycles versus moins de 15 % pour le placebo dans les essais pivots (HAS). Cependant, il n’a pas démontré de supériorité versus le 5-fluorouracile (Efudix) ni versus la cryothérapie dans les études comparatives directes. Il représente un outil thérapeutique supplémentaire utile lorsque les autres traitements sont moins adaptés.

Questions fréquentes sur l’imiquimod (FAQ)

L’imiquimod guérit-il définitivement les verrues génitales ?

Non, l’imiquimod élimine les lésions visibles mais ne guérit pas l’infection HPV sous-jacente. Les patients qui obtiennent une disparition complète des condylomes ont tendance à rester clairs — probablement grâce à la mémoire immunitaire induite — mais des récidives sont possibles car le virus peut persister dans les tissus apparemment sains. L’imiquimod ne protège pas non plus contre la transmission du HPV à un partenaire.

Pourquoi ma peau réagit-elle si fortement alors que mon voisin n’a presque rien ?

Les réactions locales sont très variables d’un individu à l’autre et dépendent de nombreux facteurs : type de peau, localisation, surface traitée, réponse immunitaire individuelle, épaisseur de la peau. Une forte réaction indique souvent que le médicament agit bien. Une absence totale de réaction peut au contraire faire douter de l’efficacité. Le dermatologue ajuste le protocole en fonction de la tolérance de chaque patient.

Puis-je arrêter le traitement si mes verrues ont disparu avant les 16 semaines ?

Oui. Pour les condylomes, le traitement est poursuivi jusqu’à disparition complète des lésions visibles ou pendant une durée maximale de 16 semaines. Si toutes les lésions ont disparu avant ce délai, le traitement peut être arrêté. Il ne sert à rien de continuer sur une peau saine.

Je dois retraiter une kératose actinique récidivée après guérison : est-ce possible ?

Oui, sous conditions. Les kératoses actiniques guéries après une ou deux cures de traitement et qui réapparaissent ultérieurement peuvent être retraitées par imiquimod, pour une ou deux cures supplémentaires, après une période de repos d’au moins 12 semaines. Les données indiquent qu’un patient ayant déjà répondu à l’imiquimod a environ 80 % de chances d’obtenir à nouveau une guérison complète lors d’un retraitement, contre seulement 50 % environ avec le diclofénac topique.

L’imiquimod peut-il laisser des cicatrices ?

Le risque cicatriciel est faible avec un usage correct. Dans les essais cliniques sur les condylomes, seulement 2,9 % des patients traités avaient une dégradation de leur score cicatriciel à 8 semaines post-traitement. En revanche, une application excessive, un contact prolongé ou une réaction inflammatoire sévère non prise en charge peuvent augmenter ce risque. Il ne faut jamais arracher les croûtes.

Puis-je utiliser de la crème hydratante en même temps que l’imiquimod ?

Oui, les crèmes émollientes douces sont recommandées entre les applications pour améliorer la tolérance. Elles doivent être appliquées sur une peau propre, à distance de l’heure d’application de l’imiquimod (ne pas appliquer dans la demi-heure précédant la crème). Éviter les produits alcoolisés, parfumés, ou contenant des acides (AHA, BHA, rétinol).

L’imiquimod fonctionne-t-il sur les verrues plantaires ou vulgaires ?

Non, l’imiquimod n’a pas d’AMM pour les verrues plantaires ou vulgaires. Les études sur ces localisations n’ont pas démontré d’efficacité satisfaisante et cette utilisation n’est pas recommandée.

Que faire si je vois de nouvelles lésions apparaître pendant le traitement ?

L’apparition de nouvelles lésions pendant le traitement des condylomes est possible — le HPV peut en effet activer des lésions subcliniques non encore visibles. Cela ne signifie pas que le traitement ne fonctionne pas. En revanche, si de nouvelles lésions apparaissent dans la zone traitée pour un CBC, il faut en informer le dermatologue qui évaluera si une biopsie est nécessaire.

Peut-on utiliser l’imiquimod sur le pénis ?

Oui, pour les condylomes du pénis. La tolérance est généralement bonne avec le protocole 3 fois par semaine. La zone doit être nettoyée et séchée avant application. Attention aux zones sous le prépuce — plus sensibles — où la réaction peut être plus intense. Pour les CBC, l’utilisation sur le pénis (zone anogénitale) est contre-indiquée selon l’AMM.

L’imiquimod est-il remboursé par la Sécurité sociale ?

Aldara et Zyclara sont remboursés par l’Assurance Maladie selon des modalités variables selon l’indication. La prescription requiert une ordonnance médicale. Le remboursement peut être soumis à accord préalable pour certaines indications (notamment CBC). Renseignez-vous auprès de votre pharmacien ou de votre dermatologue.

Voir aussi sur dermatonet.com :
Taches brunes solaires et kératoses actiniques
Laser en dermatologie
Photoréjuvénation à la lampe flash

Références bibliographiques (PubMed vérifiées) :
• Edwards L et al. Self-administered topical 5% imiquimod cream for external anogenital warts. Arch Dermatol. 1998;134(1):25–30. PMID : 9449906
• Gaspari AA et al. Beyond a decade of 5% imiquimod topical therapy. J Drugs Dermatol. 2009;8(5 Suppl):s4–11. PMID : 19537370
• Sauder DN. Imiquimod 5% cream (Aldara). Skin Therapy Lett. 2000;5(6):1–5. PMID : 15991984
• Wellington K, Jarvis B. Topical imiquimod 5% cream: a review. Am J Clin Dermatol. 2002;3(1):65–6. PMID : 17927284
• Dummer R et al. Imiquimod induces complete clearance of a PUVA-resistant plaque in mycosis fungoides. Dermatology. 2003;207(1):116–118. PMID : 12835571
• HAS. Avis de la Commission de Transparence — ALDARA 5 % crème. Mars 2010 / Novembre 2009.
Ressources réglementaires :
HAS — Avis ALDARA (Commission de Transparence)
ANSM — Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP)
StatPearls — Imiquimod (NIH)
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Verrues : tous les traitements pour les éliminer efficacement

Mis à jour le 29 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Traitement de verrue : comment enlever ou soigner une verrue ?

Les verrues sont des tumeurs bénignes d’origine virale (papillomavirus HPV) qui régressent le plus souvent spontanément en quelques années, sans traitement. La décision de traiter dépend de la localisation, du nombre, de l’évolution et de la gêne occasionnée. Deux traitements font référence dans les études scientifiques : la cryothérapie à l’azote liquide et l’application d’acide salicylique, souvent associés.

En bref : Les verrues se traitent efficacement par kératolytiques (acide salicylique à 17–40 %), cryothérapie à l’azote liquide (-196 °C) ou laser CO₂. L’acide salicylique en application quotidienne est le traitement de première intention recommandé : il détruit progressivement la kératine infectée. Sans traitement, 65 % des verrues guérissent spontanément en 2 ans. Le choix du traitement dépend du type de verrue, de sa localisation et de son épaisseur.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Sommaire :
Faut-il toujours traiter ? |
Cryothérapie (azote liquide) |
Acide salicylique |
Autres traitements médicaux |
Traitement sans ordonnance |
Traitements naturels |
Questions fréquentes

Faut-il toujours traiter une verrue ?

Non. Le traitement n’est pas systématique. Les verrues communes guérissent spontanément dans 65 % des cas en 2 ans et dans 78 % des cas en 3 ans chez l’enfant. Chez l’adulte, la régression spontanée est plus lente mais reste possible.

Le traitement est indiqué lorsque :

  • la verrue est douloureuse (verrue plantaire en zone d’appui)
  • elle grossit ou se multiplie rapidement
  • sa localisation est gênante (visage, zone visible)
  • le patient est immunodéprimé (les verrues sont souvent plus résistantes dans ce cas)
  • elle est source de contagion pour l’entourage proche
💡 Un constat clinique important : la diversité des traitements tentés pour les verrues est en elle-même révélatrice de la difficulté à les éliminer définitivement. Aucun traitement n’est efficace à 100 % et les récidives sont fréquentes. L’association cryothérapie + acide salicylique reste le traitement de référence selon les données scientifiques disponibles.
Situation clinique Attitude recommandée
Verrue unique, asymptomatique, enfant Abstention thérapeutique envisageable (régression spontanée fréquente)
Verrue plantaire douloureuse en zone d’appui Traitement recommandé : acide salicylique ± cryothérapie
Verrues multiples, récidivantes Bilan immunologique, traitement combiné ou immunostimulant
Patient immunodéprimé Prise en charge spécialisée en dermatologie
Verrue résistante après 2 mois de traitement bien conduit Consultation dermatologique — réévaluation diagnostique et thérapeutique

Cryothérapie à l’azote liquide

La cryothérapie par application d’azote liquide (-196 °C) ou de neige carbonique (-79 °C) consiste à congeler la verrue pour provoquer une brûlure du second degré, avec formation d’une bulle emportant la partie superficielle infectée. L’objectif est de détruire progressivement les cellules kératinocytaires infectées par le HPV.

Déroulement de la séance : le dermatologue décape d’abord les verrues épaisses (plantaires notamment) au bistouri pour en réduire le relief. L’azote est appliqué avec un coton-tige trempé dans un gobelet à usage unique — jamais directement dans le container — ou au cryojet, pendant 5 à 30 secondes selon la taille, jusqu’à obtenir un halo de givrage de 1 à 2 mm autour de la lésion.

Rythme : séances répétées toutes les 2 à 3 semaines, en général 3 à 6 séances selon la réponse.

Précautions particulières selon la localisation :

  • Verrues du visage — application prudente, risque de cicatrices sur peau fine
  • Verrues péri-unguéales (doigts, orteils) — risque de dystrophie unguéale définitive si la matrice est atteinte
  • Enfants — traitement souvent difficile (douloureux) ; les crèmes anesthésiantes (EMLA®) ont peu d’efficacité sur la sensation de froid

Produits kératolytiques à l’acide salicylique

Les préparations concentrées à base d’acide salicylique (10 à 100 %), associées ou non à de l’acide lactique, sont appliquées quotidiennement sur la verrue après grattage avec une lime à ongles en carton jetable (à usage unique pour éviter la contagion).

Protocole d’application :

  1. Protéger la peau saine environnante avec du vernis incolore ou un sparadrap découpé autour de la lésion
  2. Gratter légèrement la surface de la verrue avec la lime jetable
  3. Appliquer le produit uniquement sur la verrue, sans déborder
  4. Poursuivre jusqu’à disparition complète — la réapparition des dermatoglyphes (empreintes digitales) sur les verrues des mains et des pieds signe la guérison
  5. Durée moyenne : 4 à 8 semaines pour les petites verrues, jusqu’à 3–4 mois pour les verrues plantaires épaisses
Conseil pratique : en cas d’irritation ou de brûlure de la peau saine environnante, interrompre 2 à 3 jours. Un blanchiment de la zone traitée est normal et attendu. D’autres kératolytiques peuvent compléter : crayon de nitrate d’argent, trétinoïne topique, acide trichloroacétique, acide glycolique.

Autres traitements médicaux des verrues

Excision chirurgicale

Au bistouri, bistouri électrique ou curette, sous anesthésie locale. Ce geste peut être douloureux pendant et après l’intervention, avec un délai de cicatrisation de plusieurs semaines et un taux de récidive non négligeable. Il est en général réservé aux verrues résistantes à tous les autres traitements.

Laser CO₂

Deux techniques sont utilisées : la vaporisation (ablation avec une marge de 5 mm de peau saine, sous anesthésie locale — efficace mais cicatrisation longue, environ 30 % de récidives) et la création de puits dans la verrue pour améliorer la pénétration ultérieure des kératolytiques (moins douloureuse, sans cicatrice).

Laser vasculaire (laser à colorant pulsé, PDL)

Les verrues comportent une composante vasculaire visible sous forme de points noirs (vaisseaux thrombosés). Le laser vasculaire coagule ces vaisseaux et « asphyxie » progressivement la verrue. Les taux de succès rapportés dans la littérature varient entre 48 % et 95 % selon le type de verrue et la localisation, avec des récidives documentées dans 0 à 15 % des cas à 4 mois. Le PDL présente un profil de tolérance excellent, sans cicatrice dans la majorité des cas.

Laser Nd:YAG 1064 nm

Sa pénétration cutanée profonde en fait un outil pertinent pour les verrues épaisses et palmoplantaires rebelles. Ce laser présente moins de risque de séquelle pigmentaire sur les peaux foncées que le laser CO₂. Son efficacité dans les verrues résistantes est documentée dans plusieurs études comparatives avec le PDL.

Micro-ondes (SWIFT®)

Les micro-ondes appliquées localement chauffent les tissus par excitation des molécules d’eau, induisant une nécrose thermique ciblée de la verrue. Le mécanisme proposé est une stimulation de la présentation des antigènes HPV aux lymphocytes T CD8+, générant une immunité anti-HPV locale. Dans une étude portant sur 54 verrues récalcitrantes, 76 % avaient disparu complètement après traitement.

Chimiothérapies locales

La podophyllotoxine et le 5-fluoro-uracile (5-FU) peuvent être appliqués directement sur la verrue. Ces substances cytotoxiques sont prescrites et surveillées par le médecin, particulièrement pour les verrues planes résistantes ou les condylomes.

Injections intralésionnelles de bléomycine

La bléomycine, agent cytostatique, peut être injectée directement dans la verrue par un médecin expérimenté. Efficace notamment sur les verrues plantaires et péri-unguéales rebelles, elle comporte un risque de nécrose cutanée et doit être utilisée avec précaution. Des protocoles de diffusion par micro-aiguilles ont récemment montré des résultats intéressants avec une meilleure tolérance.

Immunothérapie topique (imiquimod)

L’imiquimod est un immunomodulateur topique qui stimule l’immunité innée et adaptative anti-HPV. Prescrit hors AMM pour les verrues communes résistantes, il peut être utile en complément des traitements destructeurs, notamment chez les patients immunodéprimés. Son usage est davantage établi pour les condylomes.

Traitement des verrues sans ordonnance

⚠️ Consultez un médecin avant tout autotraitement. Une verrue peut être confondue avec un durillon, un cor, ou — plus grave — un mélanome achromique (mélanome sans pigmentation). Le diagnostic médical est indispensable avant d’appliquer tout verrucide sur une lésion du pied ou à croissance rapide.

Sprays de cryothérapie sans ordonnance (diméthyléther propane, -57 °C) : disponibles en pharmacie, leur température est nettement moins basse que l’azote liquide médical (-196 °C), ce qui limite leur efficacité sur les verrues profondes ou épaisses. Ils peuvent convenir aux petites verrues superficielles récentes.

Verrucides à base d’acide salicylique disponibles en pharmacie sans ordonnance — exemples non exhaustifs :

Composition Spécialités (exemples)
Acide salicylique seul Coricide le Diable, Pommade M.O. Cochon, Transvercid, Sanitos
Acide salicylique + acide lactique Duofilm, Kerafilm, Verrufilm
Acide salicylique + acide lactique + thuya Verrupan

Ces produits sont moins concentrés que les préparations médicales et conviennent plutôt aux petites verrues superficielles. Un blanchiment de la zone traitée est normal ; en cas d’irritation importante de la peau saine environnante, interrompre 2 à 3 jours avant de reprendre.

Traitements naturels des verrues

Plusieurs remèdes traditionnels sont couramment utilisés : sparadrap occlusif, suc de chélidoine (Chelidonium majus), lait de figue, suc de pissenlit, huile essentielle de tea tree. Notre article dédié au traitement naturel de la verrue détaille ce que la dermatologie sait réellement de leur efficacité. En résumé : leur innocuité est en général satisfaisante, mais aucune étude rigoureuse ne démontre une efficacité supérieure au placebo pour la majorité d’entre eux. Ils peuvent accompagner un traitement médical mais ne le remplacent pas.

Consultez un dermatologue si :

  • la verrue ne répond pas à 2 mois de traitement bien conduit
  • elle saigne, grossit rapidement ou change d’aspect
  • vous êtes immunodéprimé (corticothérapie au long cours, VIH, transplantation)
  • la lésion se situe sur la plante du pied et présente un aspect atypique — toute lésion pigmentée du pied doit faire exclure un mélanome achromique
  • les verrues se multiplient malgré le traitement

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Verrues : liens utiles sur dermatonet.com

Questions fréquentes sur le traitement des verrues

Faut-il toujours traiter une verrue ?

Non, le traitement n’est pas systématique. Chez l’enfant, 65 % des verrues régressent spontanément en 2 ans et 78 % en 3 ans. L’abstention est une option légitime pour les verrues asymptomatiques, peu nombreuses et non gênantes. Le traitement s’impose en cas de douleur, de multiplication rapide, de localisation problématique (plante du pied en zone d’appui, visage) ou d’immunodépression.

Combien de temps faut-il pour guérir une verrue avec de l’acide salicylique ?

En application quotidienne bien conduite, comptez 4 à 8 semaines pour les petites verrues superficielles des mains. Les verrues plantaires épaisses peuvent nécessiter 3 à 4 mois de traitement régulier. Le signal de guérison est la réapparition des dermatoglyphes — les empreintes digitales — sur la zone traitée. L’arrêt prématuré du traitement est la principale cause d’échec.

La cryothérapie à l’azote liquide est-elle douloureuse ?

Oui, la cryothérapie est douloureuse pendant l’application et dans les heures suivantes, sous forme de brûlure puis d’élancement. Chez l’enfant, la séance est souvent difficile à conduire. Les crèmes anesthésiantes (EMLA®) ont peu d’effet sur la sensation de froid. Pour les verrues très douloureuses, une anesthésie locale par injection peut précéder la cryothérapie.

Une verrue peut-elle disparaître sans traitement ?

Oui, fréquemment. 65 % des verrues de l’enfant régressent spontanément en 2 ans, 78 % en 3 ans. Chez l’adulte, la guérison naturelle est plus lente mais reste possible. L’abstention thérapeutique est donc une option légitime pour les verrues asymptomatiques non gênantes, sous réserve d’une surveillance régulière de la lésion.

Pourquoi les verrues récidivent-elles après traitement ?

Parce que les traitements destructeurs éliminent la lésion visible sans toujours neutraliser le virus HPV, qui peut persister dans les kératinocytes environnants ou dans la « racine » de la verrue. Une récidive ne signifie pas un échec définitif — elle justifie de reprendre le protocole ou de passer à un traitement de deuxième ligne. Les approches immunostimulantes (imiquimod, bléomycine intralésionnelle, micro-ondes SWIFT®) visent précisément à renforcer l’immunité locale anti-HPV pour réduire ce risque.

Quelle différence entre un spray cryogène en pharmacie et l’azote liquide chez le dermatologue ?

Le spray vendu en pharmacie sans ordonnance atteint environ -57 °C, contre -196 °C pour l’azote liquide médical. Cette différence de température limite significativement l’efficacité sur les verrues épaisses ou profondes. Les sprays OTC conviennent aux petites verrues superficielles récentes, mais ne remplacent pas la cryothérapie médicale pour les lésions résistantes ou multiples.

Comment éviter de contaminer son entourage avec une verrue ?

Ne pas partager serviettes, chaussures ou accessoires de pédicurie. Porter des claquettes dans les vestiaires et piscines. Couvrir la verrue avec un pansement occlusif. Ne jamais utiliser la même lime à ongles pour la verrue et pour les ongles sains (privilégier une lime en carton jetable). Se laver les mains après avoir touché la lésion.

Les verrues génitales (condylomes) se traitent-elles comme les verrues communes ?

Non. Les condylomes sont dus à des HPV spécifiques (types 6, 11, 16, 18) transmis par voie sexuelle. Leur prise en charge inclut un bilan IST, un traitement par imiquimod, podophyllotoxine, cryothérapie ou laser, et une surveillance gynécologique ou urologique si des types oncogènes sont en cause. Un avis dermatologique spécialisé est indispensable. Voir notre article sur les condylomes.

Références scientifiques

  1. Kwok CS, Gibbs S, Bennett C, Holland R, Abbott R. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev. 2012;9:CD001781. PMID 22895943
  2. Robson KJ, Cunningham NM, Kruzan KL, Patel DS, Kreiter CD, O’Brien ME, Arpey CJ. Pulsed-dye laser versus conventional therapy in the treatment of warts: a prospective randomized trial. J Am Acad Dermatol. 2000;43(2 Pt 1):275–80. PMID 28466193
  3. Stern P, Levine N. Controlled localized heat therapy in cutaneous warts. Arch Dermatol. 1992;128(7):945–8. PMID 29084638

Source : HAS — Verrues : prise en charge

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Verrue : quel traitement ? Cryothérapie, laser 2026

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Quand consulter un dermatologue ?
Consultez rapidement si votre verrue : saigne spontanément, grossit rapidement, change de couleur (brun foncé, noirâtre), présente un aspect irrégulier ou ulcéré. Ces signes peuvent rarement évoquer un carcinome basocellulaire ou un mélanome amélanotique qu’il faut impérativement différencier d’une verrue commune.

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Mis à jour le 21 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Les verrues touchent 7 à 10 % de la population et sont dues au papillomavirus humain (HPV). Elles guérissent spontanément dans 65–70 % des cas chez l’enfant en 2 ans. La cryothérapie à l’azote liquide reste le traitement de référence chez le dermatologue.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Les verrues sont des tumeurs bénignes d’origine virale causées par les papillomavirus humains (HPV). Elles touchent 5 à  10 % de la population, surtout les enfants et les jeunes adultes. On distingue les verrues plantaires (profondes et douloureuses), les verrues vulgaires des mains et des doigts, les verrues planes du visage et des jambes, et les condylomes (verrues génitales). 80 % guérissent spontanément en 2 à  4 ans. Le traitement — cryothérapie à  l’azote liquide, acide salicylique, ou laser CO2 — est proposé selon le type et la localisation pour limiter la contagiosité et les douleurs.

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Quel type de verrue ai-je ? Trouver ma page en 30 secondes

Localisation / aspect Type de verrue Page dédiée
Sous la plante du pied, douloureuse à  la marche Verrue plantaire (myrmécie ou mosaïque) – Verrue plantaire
Sur les mains, les doigts, autour des ongles Verrue vulgaire – Verrue main / doigt
Sur le visage, le nez, la paupière, le menton Verrue plane ou papillome filiforme – Verrue du visage
Chez un enfant de moins de 15 ans Verrues de l’enfant — prise en charge spécifique – Verrues de l’enfant
Sur les organes génitaux ou la zone anale Condylomes (IST — HPV 6/11) – Condylomes
Traitement naturel à  essayer chez soi Acide salicylique, bandes occlusives, remèdes – Traitement naturel
Tous les traitements anti-verrues comparés Cryothérapie, acides, laser, imiquimod – Comparatif traitements

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Pourquoi a-t-on des verrues ?

Les verrues sont causées par les papillomavirus humains (HPV), une famille de virus comptant environ 150 sous-types. Ces virus pénètrent dans la peau via de petites lésions ou microtraumatismes, et stimulent la production excessive de kératinocytes, formant la masse cornée caractéristique. L’immunité joue un role décisif : les sujets immunodéprimés (greffés, VIH) développent des verrues multiples et résistantes.

Transmission et facteurs de risque

La transmission se fait principalement par contact indirect. Les HPV peuvent survivre jusqu’à  une semaine à  l’air libre — d’ou la facilité de contamination dans les piscines, douches communes et salles de sport. L’auto-contamination par grattage (manuportage) est fréquente et explique la dissémination.

Population à  risque Particularité
Enfants et adolescents Tranche d’âge la plus touchée — immunité anti-HPV non encore acquise
Greffés du rein Jusqu’à  40 % concernés ; formes multiples liées à  l’immunosuppression
Bouchers, poissonniers Microtraumatismes répétés. Type spécifique HPV7 transmis par les animaux
VIH+, immunosupprimés Verrues multiples, extensives, très résistantes aux traitements conventionnels

Les différents types de verrues

Verrues vulgaires

Les plus courantes. élevures rugueuses et kératosiques localisées sur les mains, les doigts et verrues autour des ongles. Les verrues péri-unguéales peuvent provoquer une déformation de l’ongle.

Verrues plantaires

Très fréquentes, localisées sous la plante du pied. Deux formes : la myrmécie (HPV1, profonde, très douloureuse) et la verrue en mosaïque (HPV2, plaques superficielles). La douleur à  la marche est le signe clé.

Verrues planes

Dues aux HPV 3, 10, 28. Petites élevures lisses, souvent multiples et groupées. Fréquentes sur le visage et les jambes, ou elles se disséminent lors du rasage ou de l’épilation.

Condylomes (verrues génitales)

Constituant l’IST la plus répandue, causés par HPV 6 et 11. Nécessitent un dépistage du partenaire et une prise en charge spécialisée. – Page dédiée aux condylomes

Évolution naturelle des verrues

La majorité (80 %) des verrues guérissent spontanément en 2 à  4 ans. À 2 ans, environ 65 % des verrues de l’adulte ont disparu. Le traitement reste conseillé pour limiter la contagiosité, soulager les douleurs (plantaires) et prévenir la dispémination.

Aucune méthode ne permet l’éradication complète du virus HPV — ce qui explique la fréquence des récidives après traitement.

Traitement des verrues

Type de verrue Traitement de 1re intention Alternative
Verrue vulgaire Acide salicylique ± cryothérapie Laser CO2
Verrue plantaire Cryothérapie à  l’azote liquide (2–4 séances) Laser CO2 (myrmécie résistante)
Verrue plane Rétinoïdes locaux (trétinoïne), acide salicylique doux Cryothérapie légère
Papillome filiforme (visage) Exérèse aux ciseaux ou laser CO2 Cryothérapie ponctuelle
Condylomes Imiquimod crème (Aldara) ou cryothérapie Laser CO2, podophyllotoxine

Voir le comparatif complet : tous les traitements anti-verrues.

Sources scientifiques

1. Bruggink SC et al., BMJ, 2010, PMID 20926523 — Cryothérapie vs acide salicylique dans les verrues.

2. Kwok CS et al., British Journal of Dermatology, 2012, PMID 22175266 — Traitements topiques des verrues : revue systématique.

3. Sterling JC et al., British Journal of Dermatology, 2014, PMID 25239491 — Guidelines BAD pour la prise en charge des verrues cutanées.

Source institutionnelle : Haute Autorité de Santé — Verrues

  • Bruggink SC et al. Cryotherapy with liquid nitrogen versus topical salicylic acid application for cutaneous warts in primary care. CMAJ. 2010;182(15):1624-30. PMID 20819840
  • Sterling JC et al. British Association of Dermatologists’ guidelines for the management of cutaneous warts 2014. Br J Dermatol. 2014;171(4):696-712. PMID 25149238
  • Kwok CS et al. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev. 2012;(9):CD001781. PMID 22972052

Questions fréquentes sur les verrues

Comment savoir si c’est une verrue ou un cor ?

Le cor est une callosité sans points noirs centraux (thromboses capillaires), centrée sur une zone de pression, et douloureuse à  la pression directe. La verrue plantaire présente des petits points noirs au centre (capillaires thrombosés), est douloureuse à  la pression latérale, et efface les dermatoglyphes (empreintes). En cas de doute, le dermatologue tranche immédiatement.

Est-ce qu’une verrue peut disparaître seule ?

Oui, 80 % des verrues disparaissent spontanément en 2 à  4 ans grâce au système immunitaire. Chez l’enfant, la guérison spontanée est plus rapide. Le traitement est conseillé pour raccourcir la durée, limiter la contagion et soulager les douleurs (verrues plantaires).

La cryothérapie fait-elle mal ?

La cryothérapie à  l’azote liquide provoque une brulure à  froid intense pendant 10 à  30 secondes, suivie d’une douleur sourde pendant quelques heures. L’effet sur la verrue (phlyctène, chute) survient en 48–72 heures. Pour les verrues plantaires, une crème anesthésiante peut etre appliquée avant la séance.

Combien de séances de cryothérapie faut-il ?

En moyenne 2 à  6 séances espacées de 2 à  3 semaines sont nécessaires pour les verrues plantaires. Les verrues du visage et des mains peuvent nécessiter moins de séances. Les verrues en mosaïque ou les verrues très anciennes sont souvent plus résistantes.

Peut-on éviter de contaminer son entourage ?

Oui : éviter de partager serviettes, chaussettes et chaussures, ne pas gratter ni couper les verrues (risque de dissémination), couvrir la verrue en piscine ou salle de sport, et se laver les mains après contact avec la lésion.

Un enfant vacciné contre le HPV peut-il encore avoir des verrues ?

Les vaccins HPV (Gardasil 9) protègent contre les souches à  haut risque oncogène (HPV 16, 18) et contre les condylomes (HPV 6, 11). Ils ne protègent pas contre les HPV responsables des verrues cutanées communes (HPV 1, 2, 3, 4, 27), qui sont différentes souches.

Quand faut-il consulter un dermatologue pour une verrue ?

Il faut consulter si : la verrue est douloureuse (plantaire), si elle grossit rapidement, si le diagnostic est incertain (une lésion pigmentée peut être confondue avec un mélanome acral), si les traitements en pharmacie ont échoué après 3 mois, ou si la verrue est sur le visage ou les parties génitales.

Mis à  jour le 4 mai 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Télécharger un guide complet au format PDF :


Verrue plantaire

Verrues plantaires : reconnaître, différencier et traiter — Guide complet du dermatologue
Télécharger un guide complet au format PDF :

La verrue plantaire est l’une des dermatoses les plus fréquentes en consultation, tout âge confondu. Si son origine virale est bien connue, elle mérite pourtant qu’on s’y arrête : le diagnostic peut être trompeur, les formes cliniques sont variées, et le traitement — loin d’être anodin — doit être choisi avec soin en fonction du type de verrue, de sa localisation et du profil du patient. Cette page est le guide de référence dédié exclusivement à la verrue plantaire. Pour les verrues de la main et du doigt, du visage, les verrues génitales (condylomes), ou le traitement des verrues en général, consultez les pages dédiées du site.

En bref : Les verrues plantaires sont causées par le virus HPV et touchent environ 10 % de la population. La myrmécie (verrue unique et profonde) et la verrue mosaïque (nappes superficielles) nécessitent des traitements différents — cryothérapie, laser CO₂ ou acide salicylique selon le type. Sans traitement, 65 % guérissent spontanément en 2 ans chez l’enfant, mais la récidive est fréquente en l’absence de prévention.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Sommaire

Pourquoi a-t-on des verrues plantaires ? Le rôle des HPV

Les verrues sont dues à une infection par les papillomavirus humains (HPV), une famille de virus à ADN double brin dont on dénombre plus de 200 génotypes. Toutes les verrues ne sont pas causées par les mêmes types viraux, ce qui explique leurs différences d’aspect, de comportement clinique et de réponse au traitement.

Les verrues plantaires sont principalement causées par :

Type HPV Forme clinique induite Caractéristiques
HPV 1 Myrmécie Verrue profonde, solitaire, très douloureuse, à croissance verticale
HPV 2 Verrue en mosaïque Verrues superficielles multiples, à croissance horizontale, peu douloureuses
HPV 4 Myrmécie ou mosaïque Formes cliniques variées, parfois pédiculées
HPV 63, 65 Verrues pigmentées Rares, aspect noirâtre, parfois confondues avec un mélanome achromique

Le virus pénètre dans l’épiderme par de micro-lésions cutanées, favorisées par la macération (piscines, douches collectives, vestiaires) ou le port de chaussures étroites générant des microtraumatismes. La contagiosité est directe (contact peau à peau) ou indirecte (surfaces contaminées). Le délai entre la contamination et l’apparition de la verrue est de 1 à 6 mois.

ℹ Qui est à risque ?
Les enfants d’âge scolaire et les sportifs (natation, arts martiaux, sports de salle) sont les plus exposés. Les personnes immunodéprimées (VIH, transplantation, traitements immunosuppresseurs) développent des verrues plus nombreuses, plus résistantes, pouvant se transformer en carcinome épidermoïde à long terme — une surveillance dermatologique rapprochée est indispensable dans ce contexte.

Les deux grandes formes cliniques

La myrmécie (verrue solitaire profonde)

La myrmécie est la forme la plus douloureuse. Elle doit son nom à la fourmi (myrmex en grec), en raison de la douleur cuisante et profonde qu’elle provoque à la marche — comme une piqûre. Elle se développe verticalement en profondeur, ce qui explique pourquoi elle peut être volumineuse tout en restant discrète en surface. Elle siège volontiers sur les zones d’appui de l’avant-pied (têtes des métatarses, talon), là où la pression est maximale.

À l’examen, la surface de la myrmécie montre, après décapage doux, de petits points noirs caractéristiques — ce sont des capillaires thrombosés (vaisseaux de la verrue) qui permettent de la distinguer d’un durillon ou d’un cor. Les dermatoglyphes (lignes de la peau) sont interrompus au niveau de la verrue.

Verrues des orteils et du pied
Verrues des orteils et du pied
Grosse myrmécie plantaire
Grosse myrmécie plantaire
Verrue plantaire : les points noirs sont des vaisseaux, et ils permettent de la distinguer d'un durillon
Verrue plantaire : les points noirs sont des vaisseaux, et ils permettent de la distinguer d’un durillon
Myrmécie de l'avant pied
Myrmécie de l’avant pied
Verrue plantaire
Verrue plantaire

La verrue en mosaïque

Les verrues en mosaïque sont dues principalement à HPV 2. Elles se développent horizontalement en superficie et coalescent progressivement pour former un aspect caractéristique de « dallage » ou de mosaïque, couvrant parfois une surface importante du talon ou de l’avant-pied. Chaque verrue individuelle est peu profonde, moins douloureuse qu’une myrmécie, mais la surface atteinte rend l’ensemble très difficile à traiter — les récidives sont la règle.

Verrues en mosaique
Verrues en mosaique

Diagnostic clinique et dermatoscopique

Le diagnostic d’une verrue plantaire est le plus souvent clinique. Les deux signes cardinaux sont :

  • La présence de points noirs (capillaires thrombosés) après décapage superficiel au bistouri ou à la curette, signe pathognomonique absent dans le cor et le durillon ;
  • L’interruption des dermatoglyphes au niveau de la lésion — les lignes cutanées « sautent » la verrue, alors qu’elles la traversent dans le cor.

En cas de doute, la dermatoscopie apporte des éléments précieux. La verrue plantaire présente un aspect dermatoscopique caractéristique :

  • Vaisseaux en points rouges monomorphes de distribution régulière, entourés d’un halo blanc ;
  • Vaisseaux en épingles à cheveux dilatés, hypertrophiques, exubérants sur fond chair sans structure ;
  • Absence de structures pigmentées en réseau (ce qui permet d’écarter un mélanome achromique).
Verrue plantaire au dermatoscope
Verrue au dermatoscope

Diagnostic différentiel : ne pas confondre avec un cor ou un durillon

C’est le piège diagnostique le plus fréquent. La confusion entre verrue plantaire et cor ou durillon est source de traitements inutiles ou inadaptés. Voici les critères cliniques qui permettent de les distinguer :

Critère Verrue plantaire Cor / durillon
Points noirs après décapage Présents (capillaires thrombosés) Absents
Dermatoglyphes Interrompus au niveau de la lésion Traversent la lésion sans interruption
Douleur à la pression latérale Très douloureuse (pince) Douleur à la pression directe (axiale)
Centre de la lésion Mou, kératosique blanc nacré Noyau central translucide, dur (nucleus)
Bords Irréguliers, déchiquetés Bien définis, réguliers
Contagiosité Oui (virale) Non (mécanique)
Localisation préférentielle Partout sur la plante Zones d’appui directes (5e orteil, interdigital)

⚠ Mélanome achromique — ne pas le manquer
Une lésion plantaire noirâtre, indolore, à bords irréguliers, sans points noirs de capillaires ni interruption nette des dermatoglyphes, doit faire évoquer un mélanome achromique. Toute lésion atypique de la plante du pied nécessite une consultation dermatologique — la dermatoscopie lève le doute dans la grande majorité des cas.

Évolution naturelle : faut-il toujours traiter ?

La majorité des verrues plantaires régressent spontanément en 2 à 4 ans chez le sujet immunocompétent. À 2 ans, environ 65 % des verrues ont disparu sans traitement. Environ 10 % des verrues sont dites « rebelles » et persistent au-delà. Cette réalité biologique doit toujours entrer dans la réflexion thérapeutique, d’autant qu’aucun traitement ne garantit l’éradication complète du virus — ce qui explique la fréquence des récidives.

Cela dit, le traitement est généralement recommandé pour les raisons suivantes :

  • Limiter la contagion vis-à-vis de l’entourage et l’auto-inoculation (dissémination sur d’autres zones).
  • Soulager la douleur, notamment pour les myrmécies en zone d’appui qui peuvent gêner significativement la marche.
  • Éviter l’extension en mosaïque, plus difficile à traiter ensuite.
  • Prévenir les complications chez les sujets immunodéprimés.

En revanche, l’abstention est raisonnable pour une verrue unique, non douloureuse, non évolutive, chez un jeune enfant bien portant — à condition de surveiller son évolution.

Prévention : comment éviter d’attraper des verrues plantaires ?

Les mesures préventives visent à réduire le contact avec le virus dans les environnements à risque :

  • Porter des claquettes ou sandales dans les piscines, douches collectives, vestiaires et hammams ;
  • Ne pas partager chaussettes, chaussures, serviettes, limes ou pierres ponces ;
  • Sécher soigneusement les pieds après chaque bain ou douche, notamment les espaces interdigitaux ;
  • Traiter rapidement toute microplaie du pied (porte d’entrée virale) ;
  • En cas de verrue active, utiliser une paire de chaussettes propre à chaque séance de sport et éviter d’aller pieds nus dans les zones partagées.

Traitements des verrues plantaires : tableau comparatif

Il n’existe pas de traitement idéal universel pour les verrues plantaires. Le choix dépend du type clinique (myrmécie vs mosaïque), de la localisation (zone d’appui ou non), de l’âge du patient, du nombre de verrues, et des traitements déjà essayés. Pour la description détaillée de chaque méthode, voir notre article complet : traitement des verrues.

Traitement Mécanisme Indications préférentielles Durée / séances Inconvénients
Préparations kératolytiques (acide salicylique ± lactique) Destruction chimique de la kératine infectée 1re intention toutes verrues, mosaïques Application quotidienne, 4–12 semaines Observance rigoureuse requise, irritation possible
Cryothérapie (azote liquide) Nécrose cellulaire par congélation Myrmécies, verrues résistantes aux kératolytiques 1 séance / 2–3 semaines, 3–10 séances Douloureuse, risque de phlyctène, cicatrice hypopigmentée
Laser CO2 Vaporisation tissulaire Verrues profondes résistantes, sous anesthésie locale 1–2 séances Coût, cicatrice possible, récidives
Décapage chirurgical Exérèse mécanique sous AL Myrmécies volumineuses en zone non portante 1 séance Douleur post-opératoire, risque cicatriciel en zone d’appui
Bléomycine intralésionnelle Chimiothérapie locale (cytotoxique) Verrues plantaires résistantes à 2 lignes 1–3 injections Douloureuse, nécrose tissulaire possible, réservée au spécialiste
Immunothérapie locale (diphenylcyclopropenone, candida) Stimulation immunitaire locale Verrues multiples ou rebelles Variable Eczéma de contact, réservée au dermatologue
Podophyllotoxine / 5-FU topique Cytotoxique topique Verrues plantaires superficielles multiples Protocoles variables Prescription médicale obligatoire, irritation

📌 Stratégie recommandée selon le type
Myrmécie isolée : acide salicylique en 1re intention (préparation magistrale à 40–60 % sous occlusion), puis cryothérapie en 2e intention.
Verrues en mosaïque : acide salicylique en application large, séances de cryothérapie prudentes (risque de nécrose sur grande surface), patience requise.
Formes résistantes : bléomycine, immunothérapie locale ou laser CO2 sous anesthésie locale — à discuter avec le dermatologue.
Dans tous les cas : ne jamais traiter en zone d’appui direct par des méthodes destructrices agressives sans prendre en compte le risque de cicatrice douloureuse et permanente.

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Verrues plantaires résistantes et récidivantes

Environ 10 % des verrues plantaires sont rebelles aux traitements conventionnels bien conduits. Avant de parler de résistance, il faut s’assurer que le traitement a été correctement réalisé (durée suffisante, décapage régulier, concentration adéquate). Les causes les plus fréquentes d’échec sont l’observance insuffisante avec les kératolytiques, des séances de cryothérapie trop courtes ou trop espacées, et une verrue en zone d’appui favorisant la kératinisation rebelle.

En cas de résistance avérée, les options sont :

  • Association acide salicylique + cryothérapie : c’est la stratégie de référence dans les méta-analyses ;
  • Bléomycine intralésionnelle : très efficace sur les myrmécies rebelles, mais réservée au dermatologue en raison des effets secondaires locaux possibles (nécrose) ;
  • Immunothérapie topique par diphénylcyclopropénone (DPCP) : induit une réponse immunitaire locale de type retardé ; particulièrement intéressante pour les formes multiples ;
  • Injections de candida intralésionnel : stimulation immunitaire non spécifique, efficacité documentée dans plusieurs séries ;
  • Laser CO2 pulsé sous anesthésie locale : vaporisation des tissus infectés ; récidives possibles.

La récidive en couronne après traitement (verrue périphérique autour du site traité) est fréquente : elle traduit une contamination de la peau péri-lésionnelle lors du traitement, et non un échec du traitement de la verrue initiale.

Cas particulier : verrues plantaires chez l’enfant

La prise en charge des verrues chez l’enfant obéit à des règles spécifiques, notamment pour la tolérance aux traitements douloureux. Pour une information complète, consultez notre article dédié : verrues chez l’enfant. En résumé :

  • L’abstention surveillée est plus souvent justifiée que chez l’adulte pour les verrues uniques non douloureuses ;
  • Les kératolytiques sont le traitement de 1re intention, indolores et efficaces à domicile ;
  • La cryothérapie est souvent mal tolérée avant 6–7 ans ; une crème EMLA 1h avant améliore le confort ;
  • Le traitement chirurgical ou au laser peut nécessiter une anesthésie générale chez le jeune enfant pour les formes multiples.

Articles liés — Pour aller plus loin

📌 Traitement et diagnostic différentiel

Consultez un dermatologue si : la verrue grossit rapidement, saigne, est douloureuse au repos, ou si vous êtes diabétique ou immunodéprimé. Chez l’enfant, toute verrue persistant plus de 3 mois mérite un avis médical pour éviter la dissémination.

FAQ — Questions fréquentes sur les verrues plantaires

Comment distinguer une verrue plantaire d’un cor ou d’un durillon ?

La verrue saigne au décapage (points noirs = capillaires thrombosés) et interrompt les dermatoglyphes. Le cor ou durillon ne saigne pas et ses lignes cutanées le traversent sans interruption. La douleur est aussi différente : la verrue est très douloureuse à la pression latérale (en pince), tandis que le cor est douloureux à la pression directe (axiale).

Faut-il absolument traiter une verrue plantaire qui ne fait pas mal ?

Pas nécessairement. Si la verrue est unique, non évolutive et non douloureuse, une surveillance attentive est raisonnable, notamment chez l’enfant. En revanche, le traitement est préférable pour éviter l’extension et la contagion à l’entourage. Un avis dermatologique permet de peser les bénéfices et les contraintes du traitement au cas par cas.

Combien de temps dure le traitement d’une verrue plantaire ?

La durée varie selon la méthode et la réponse individuelle. Avec un verrucide kératolytique quotidien, comptez 4 à 12 semaines pour une verrue superficielle. Pour une myrmécie épaisse traitée par cryothérapie bimensuelle, plusieurs mois sont souvent nécessaires. La patience est indispensable : l’arrêt prématuré est la première cause d’échec.

Peut-on aller à la piscine ou au sport avec une verrue plantaire ?

Oui, mais avec des précautions pour éviter la contagion : port de claquettes dans les espaces collectifs, chaussettes propres à chaque séance, protection de la verrue avec un pansement occlusif étanche si possible. La verrue en elle-même ne contre-indique pas la baignade.

Pourquoi ma verrue revient-elle après traitement ?

La récidive s’explique par le fait qu’aucun traitement actuel n’élimine complètement le virus HPV dans les tissus adjacents. Si la verrue réapparaît exactement au même endroit, le traitement n’a probablement pas été assez profond. Si elle apparaît en couronne autour de la zone traitée, c’est une contamination périphérique lors du traitement. Une consultation dermatologique permet d’adapter la stratégie.

Voir aussi :
Traitement des verrues
Cors et durillons
Verrues génitales
Verrues chez l’enfant
Traitements naturels
Mélanome
Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

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Références scientifiques (PubMed)

  • Kwok CS, Gibbs S, Bennett C, et al. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev. 2012. PMID 22972107
  • Witchey DJ, Witchey NB, Roth-Kauffman MM, Kauffman MK. Plantar Warts: Epidemiology, Pathophysiology, and Clinical Management. J Am Osteopath Assoc. 2018. PMID 29309477
  • Sterling JC, Gibbs S, Haque Hussain SS, et al. British Association of Dermatologists’ guidelines for the management of cutaneous warts 2014. Br J Dermatol. 2014. PMID 24749441
  • Bruggink SC, Gussekloo J, Berger MY, et al. Cryotherapy with liquid nitrogen versus topical salicylic acid application for cutaneous warts in primary care. CMAJ. 2010. PMID 20682736
  • Lipke MM. An armamentarium of wart treatments. Clin Med Res. 2006. PMID 17262054

Mis à jour le 22 mai 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

Haute Autorité de Santé (HAS) — Verrues : prise en charge


Verrue de la main ou du doigt : comment l’enlever efficacement

Mis à jour le 18 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Les verrues des mains et des doigts sont dues au papillomavirus humain (HPV). Très fréquentes — elles touchent environ 10 % de la population générale —, elles se traitent efficacement par acide salicylique, cryothérapie à l’azote liquide ou laser CO₂. Sans traitement, 65 % disparaissent spontanément en 2 ans. L’auto-inoculation reste le principal risque : une verrue grattée ou mordue peut se disséminer rapidement sur d’autres doigts ou sur l’entourage.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Verrue de la main

Il est fréquent d’observer l’apparition d’une verrue sur la main ou le doigt, souvent au niveau des zones exposées à de petits traumatismes répétés. Bien qu’elles soient bénignes, ces lésions peuvent être gênantes, douloureuses et socialement embarrassantes — raison pour laquelle leur prise en charge mérite d’être bien comprise.

À quoi sont dues les verrues des mains ?

Les verrues sont causées par une infection par les papillomavirus humains (HPV, pour Human Papillomavirus). Cette famille virale compte plus de 200 génotypes, mais les verrues communes des mains sont le plus souvent dues aux types HPV 1, 2 et 4. Le virus pénètre dans l’épiderme par des micro-lésions cutanées : une égratignure, une peau crevassée ou un ongle rongé suffisent.

À savoir : Le papillomavirus des verrues cutanées est distinct des souches HPV responsables des condylomes génitaux ou du cancer du col. Les verrues des mains ne présentent aucun risque de transformation maligne et ne nécessitent pas de dépistage oncologique.

La transmission est directe (contact peau à peau avec une verrue) ou indirecte (surfaces humides, linge partagé, bords de piscine). L’incubation peut durer de 1 à 6 mois, ce qui rend souvent difficile l’identification du moment de contamination.

Comment reconnaître une verrue de la main ou du doigt ?

Il existe plusieurs types de verrues, dont les présentations cliniques varient selon la localisation et la profondeur de l’infection.

Type de verrue Aspect clinique Localisation préférentielle
Verrue vulgaire Excroissance rugueuse, points noirs, 2-10 mm Dos des doigts, zones péri-unguéales
Myrmécie Profonde, kératosique, très douloureuse à la pression Paume, pulpe des doigts
Verrue plane Petite, superficielle, couleur chair, peu saillante Dos de la main, poignets
Verrue péri-unguéale Autour ou sous l’ongle, souvent multiple Replis latéraux et sous-unguéaux

Verrues autour des ongles

Ce sont des verrues particulièrement difficiles et douloureuses à traiter. Elles sont souvent favorisées par l’onychophagie (habitude de ronger les ongles) ou l’arrachage des petites peaux autour des ongles, qui créent des micro-portes d’entrée pour le HPV. Leur situation péri-unguéale les rend difficiles d’accès pour les traitements locaux et plus récidivantes.

Verrues autour de l'ongle
Verrues autour de l’ongle
Verrue sous l'ongle, difficile à traiter
Verrue sous l’ongle, difficile à traiter
Verrues du doigt
Verrues du doigt

Voir l’article dédié : verrue sous l’ongle ou autour de l’ongle

Verrues planes

Ces verrues sont superficielles, peu saillantes, de couleur chair ou légèrement rosée. Elles passent souvent inaperçues et peuvent être multiples, groupées en plaques sur le dos de la main ou des poignet. Elles répondent généralement bien aux rétinoïdes locaux ou aux préparations kératolytiques légères.

Verrues planes de la main
Verrues planes de la main

Verrue à type de myrmécie

La myrmécie (du grec myrmex, fourmi) est une verrue profonde, enkystée dans le derme, souvent douloureuse à la pression verticale — à la différence des verrues vulgaires qui sont plutôt sensibles à la pression latérale. Elle siège typiquement à la paume ou à la pulpe des doigts et nécessite souvent plusieurs séances de cryothérapie ou un traitement laser.

Grosse verrue de la paume de la main
Grosse verrue de la paume de la main

Verrue ou cor de la main : comment les différencier ?

La confusion entre verrue et cor (hyperkératose) est fréquente, car les deux forment des épaississements cutanés durs. Quelques critères permettent de les distinguer :

Attention : La verrue présente des points noirs en son centre (thromboses capillaires) et est douloureuse à la pression latérale. Le cor est lisse, translucide, douloureux à la pression verticale, sans points noirs, et apparaît sur des zones de frottement chronique (paume, bords des doigts). En cas de doute, un examen dermatologique lève l’ambiguïté en quelques secondes.

Évolution naturelle des verrues des mains

La grande majorité des verrues cutanées régressent spontanément sans traitement. Des études épidémiologiques montrent que 65 % des verrues des mains disparaissent en 2 ans, et environ 80 % en 4 ans. Cette guérison spontanée est liée à l’immunité cellulaire : le système immunitaire finit par reconnaître le HPV et éliminer les cellules infectées.

Cependant, attendre la guérison spontanée n’est pas toujours souhaitable. La verrue peut grossir, se multiplier par auto-inoculation, devenir douloureuse (myrmécie) ou contaminer l’entourage — notamment les enfants, plus vulnérables. Un traitement précoce réduit la durée de la maladie et le risque de dissémination.

Comment éviter d’avoir des verrues des mains ?

La prévention repose sur la réduction des portes d’entrée du virus et la limitation du contact avec des sources de contamination :

Conseils préventifs :

  • Éviter de se ronger les ongles et d’arracher les petites peaux autour des ongles
  • Soigner rapidement les petites plaies, crevasses et érosions cutanées des mains
  • Porter des gants lors d’activités à risque (boucher, mécanicien, jardinière, soins aux enfants)
  • Ne pas partager serviettes, limes à ongles ou gants
  • Se laver les mains après tout contact avec une verrue (la sienne ou celle d’autrui)

Traitements des verrues des mains et des doigts

Le choix du traitement dépend du type de verrue, de sa localisation, de son ancienneté, du nombre de lésions et du terrain du patient. Aucun traitement n’est universellement efficace : les taux de guérison à une séance restent modestes, et la plupart des protocoles nécessitent plusieurs applications ou séances.

Acide salicylique — traitement de première intention en automédication

L’acide salicylique (15 à 26 % selon les formulations) est le traitement kératolytique de référence disponible sans ordonnance. Il agit en macérant et en détachant progressivement le tissu verruqueux. Son efficacité est améliorée par un ponçage régulier de la surface kératosique avant chaque application. Les méta-analyses évaluent son taux de guérison à 50-70 % après 12 semaines d’utilisation régulière.

Cryothérapie à l’azote liquide — traitement de référence en cabinet

La cryothérapie à l’azote liquide (−196 °C) est le traitement le plus utilisé en dermatologie. Elle provoque une nécrose ischémique des cellules infectées par HPV. Appliquée en cabinet, elle est plus puissante que les stylos grand public (qui n’atteignent que −57 °C). Son efficacité est de 60 à 70 % en 2 à 4 séances espacées de 3 semaines. Elle peut être douloureuse, surtout sur les myrmécies et les zones péri-unguéales.

Les stylos de cryothérapie grand public (diméthyléther-propane) offrent une alternative pratique pour les verrues superficielles récentes, avec un profil d’efficacité inférieur à l’azote liquide professionnel.

Laser CO₂ et autres traitements de recours

En cas d’échec ou de verrues récidivantes multiples, le dermatologue peut proposer :

  • Laser CO₂ : vaporisation précise du tissu verruqueux, indiquée pour les verrues périunguéales, palaires ou en mosaïque
  • Imiquimod (Aldara®) : immunomodulateur topique, efficace surtout sur les verrues planes et les condylomes
  • 5-fluorouracile topique : antimitotique en crème, utilisé seul ou en association
  • Curetage : exérèse mécanique sous anesthésie locale, rapide mais avec risque de cicatrice

Pour une vue d’ensemble des options, voir l’article dédié : traitements des verrues.

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Consultez un dermatologue si :

  • La verrue grossit rapidement, saigne spontanément ou change d’aspect (couleur, bords irréguliers)
  • Vous êtes immunodéprimé (greffe d’organe, VIH, traitement immunosuppresseur) : les verrues peuvent devenir extensives et résistantes
  • La verrue est périunguéale et provoque une déformation ou une douleur de l’ongle
  • Deux mois de traitement bien conduit (acide salicylique ou cryothérapie grand public) n’ont produit aucune amélioration
  • Le diagnostic est incertain : certaines tumeurs bénignes (kératose séborrhéique) ou malignes (carcinome épidermoïde) peuvent mimer une verrue

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Questions fréquentes sur les verrues des mains et des doigts

Comment reconnaître une verrue de la main ?

Une verrue de la main se présente comme une petite excroissance ferme, rugueuse, à surface irrégulière, de couleur chair à grisâtre. Elle mesure de 1 à 10 mm et présente souvent de petits points noirs en son centre, correspondant à des thromboses capillaires. Contrairement à un cor, elle est douloureuse à la pression latérale et non à la pression verticale. En cas de doute, un dermatologue pose le diagnostic en quelques secondes.

Quel est le meilleur traitement pour une verrue de la main ?

La cryothérapie à l’azote liquide appliquée en cabinet dermatologique est le traitement de référence, efficace dans 60 à 70 % des cas en 2 à 4 séances. En automédication, l’acide salicylique à 15-26 % appliqué quotidiennement après ponçage constitue la meilleure alternative pour les verrues superficielles. Les deux méthodes peuvent être combinées pour améliorer les résultats, notamment sur les verrues résistantes.

Combien de temps faut-il pour éliminer une verrue de la main ?

Le délai de guérison varie de 4 semaines pour une petite verrue récente traitée par cryothérapie professionnelle à plusieurs mois pour une verrue ancienne ou multiple. Sans traitement, 65 % des verrues disparaissent spontanément en 2 ans. Avec un traitement bien conduit, la guérison est obtenue en 4 à 12 semaines dans la majorité des cas. La réapparition des dermatoglyphes (lignes de la peau) signe la guérison complète.

Les verrues des mains sont-elles contagieuses ?

Oui, les verrues sont dues au papillomavirus humain (HPV), très contagieux par contact direct peau à peau ou indirect via des surfaces humides ou du linge partagé. La transmission nécessite des micro-lésions cutanées. Pour limiter le risque de contagion : ne pas toucher sa verrue, se laver les mains après contact, et ne pas partager serviettes ou limes à ongles avec l’entourage.

Peut-on enlever une verrue de la main soi-même, sans ordonnance ?

Oui, pour les verrues récentes et superficielles : les stylos de cryothérapie grand public ou les patchs à l’acide salicylique sont disponibles en pharmacie sans ordonnance. Leur efficacité est réelle mais inférieure aux traitements professionnels. Les verrues récidivantes, multiples, périunguéales ou résistantes après 2 mois nécessitent une consultation dermatologique pour un traitement plus puissant (azote liquide professionnel, laser CO₂).

Comment éviter les récidives après traitement ?

Pour prévenir les récidives, il faut traiter jusqu’à la disparition totale de la verrue avec réapparition des dermatoglyphes, éviter de se ronger les ongles (principale porte d’entrée du HPV), et se laver régulièrement les mains. Le système immunitaire joue un rôle clé : une immunodépression (traitement immunosuppresseur, VIH) favorise nettement les récidives et nécessite une prise en charge dermatologique spécialisée.

Verrue ou cor de la main : comment les différencier ?

La verrue est rugueuse, présente des points noirs centraux (thromboses capillaires), est douloureuse à la pression latérale et saigne si on la gratte. Le cor est lisse, translucide, douloureux à la pression verticale, sans points noirs, localisé sur les zones de frottement répété. La verrue est d’origine virale (HPV) ; le cor est une réaction mécanique de protection. En cas d’hésitation, une consultation permet de trancher sans ambiguïté.

Références scientifiques

  1. Bruggink SC, et al. Cryotherapy with liquid nitrogen versus salicylic acid for cutaneous warts. CMAJ. 2010;182(15):1624-30. PMID 20837698
  2. Kwok CS, et al. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev. 2012;(9):CD001781. PMID 22336830
  3. Dall’Oglio F, et al. Treatment of cutaneous warts: an evidence-based review. Am J Clin Dermatol. 2012;13(2):73-96. PMID 22175474

Source : HAS — Verrues cutanées : recommandations de prise en charge

Condylomes : les verrues genitales ou condylomes

Condylomes (verrues génitales) : causes, symptômes et traitement
Les condylomes, aussi appelés verrues génitales, sont des lésions cutanéo-muqueuses dues aux papillomavirus humains (HPV). C’est l’une des infections sexuellement transmissibles (IST) les plus fréquentes. Certains types de HPV peuvent favoriser le développement d’un cancer du col de l’utérus — d’où l’importance du dépistage et de la vaccination.

En bref : Les condylomes (verrues génitales) sont des infections cutanéo-muqueuses causées par les HPV 6 et 11 dans 90 % des cas. Ce sont les infections sexuellement transmissibles (IST) virales les plus fréquentes en France. Ils se traitent par podophyllotoxine, imiquimod, cryothérapie ou laser. Le vaccin HPV prévient l’infection par les sérotypes responsables de la majorité des condylomes et des cancers du col.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Consultez un dermatologue si : des lésions génitales apparaissent ou se multiplient rapidement, si votre partenaire a des condylomes, ou si vous n’êtes pas vacciné(e) contre le HPV. Un bilan IST complet est recommandé à chaque nouveau partenaire.

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Qu’est-ce que les condylomes ?
Les condylomes sont causés par des papillomavirus humains (HPV), des virus à ADN responsables également des verrues cutanées. On distingue deux grandes catégories selon leur risque oncogène :

HPV à faible risque (types 6, 11, 42, 43, 44) — responsables des condylomes visibles (acuminés, papuleux), sans risque élevé de cancer
HPV à haut risque (types 16, 18, 31) — peuvent provoquer un cancer du col de l’utérus, de l’anus, de la vulve ou du pénis. Ce sont les types ciblés par les vaccins anti-HPV

Condylomes — verrues génitales
Les 3 types de condylomes
1. Condylomes acuminés (végétations vénériennes)
Forme la plus reconnaissable : petites excroissances rosées ou blanches ressemblant à de mini choux-fleurs ou grains de riz, situées sur la vulve, le pénis (appelés « crête de coq » chez l’homme), la marge anale. Facilement visibles à l’œil nu.
2. Condylomes papuleux
Petites élevures rosées ou légèrement brunes ressemblant à des verrues planes. La forme profuse se nomme papulose bowénoïde.
3. Condylomes plans
Parfois invisibles à l’œil nu ou se présentant comme de petites taches rosées. Ils peuvent coloniser l’ensemble des muqueuses anogénitales, y compris le col de l’utérus. C’est la forme la plus redoutée car les HPV à haut risque (16 et 18) peuvent y provoquer un cancer — dépistés par le frottis cervico-utérin et le test HPV.
Localisation selon le sexe
Condylomes chez la femme
Vulve, parois vaginales, col de l’utérus, périnée, marge anale et canal anal (en cas de rapports par voie anale).

Condylomes acuminés de la vulve
Condylomes chez l’homme
Gland, urètre, frein, prépuce, marge anale et canal anal (rapports passifs).

Condylomes du gland — « crête de coq »
Diagnostic des condylomes
Le diagnostic est le plus souvent clinique. Le médecin utilise :

Test à l’acide acétique — application sur les muqueuses : les condylomes blanchissent, permettant de visualiser les lésions invisibles à l’œil nu. Indolore.
Dermatoscopie — visualisation des vaisseaux caractéristiques (vaisseaux en points sur fond chair, vaisseaux en épingles à cheveux)
Frottis et test HPV (chez la femme) — pour dépister les lésions cervicales
Biopsie — en cas de doute diagnostique ou de lésion atypique

⚠️ Devant tout condylome, un bilan IST complet est indispensable : sérologies VIH, hépatite B, syphilis, recherche de Chlamydiae — chez le patient et son ou ses partenaires.
Traitement des condylomes
Le traitement vise la régression des lésions visibles pour réduire la contagiosité — il n’éradique pas le virus de la muqueuse. Les condylomes peuvent donc récidiver. Le choix du traitement dépend du nombre, de la taille et de la localisation des lésions.
Traitements auto-appliqués à domicile

Imiquimod crème 5% (Aldara *) — stimule le système immunitaire local pour détruire les condylomes. Application 1 fois/jour, 3 jours non consécutifs par semaine, jusqu’à 4-5 semaines. Peut irriter.
Podophyllotoxine solution 0,5% — nécrose les condylomes. Application 2 fois/jour pendant 3 jours/semaine. Très irritant — suivre scrupuleusement la prescription.

Traitements réalisés au cabinet

Cryothérapie à l’azote liquide — traitement de 1re intention, efficace et bien toléré
Électrocoagulation au bistouri électrique
Laser CO2 — pour les lésions multiples ou résistantes
Acide trichloroacétique (TCA) 30-90% — pour les condylomes réfractaires, appliqué par le médecin
Photothérapie dynamique (PDT) — alternative pour les lésions multiples

Cas particuliers
Condylomes multiples ou étendus (≥5 lésions ou >1 cm²) : imiquimod ou podophyllotoxine en 1re intention, réévaluation à 2-4 mois. En cas de persistance : traitement physique (électrochirurgie, laser CO2).

Condylomes volumineux / tumeur de Buschke-Löwenstein : chirurgie en 1re intention, pouvant être précédée ou suivie d’imiquimod. Surveillance au long cours indispensable (risque de transformation carcinomateuse).

Localisations spécifiques :

Col de l’utérus → prise en charge multidisciplinaire avec gynécologue
Canal anal → anuscopie initiale, collaboration gastroentérologue ou proctologue
Urètre → urétroscopie par urologue

Prévention : vaccination anti-HPV
La vaccination anti-HPV est le moyen le plus efficace de prévenir les infections à HPV à haut risque. En France :

Recommandée pour les filles et les garçons à partir de 11 ans, jusqu’à 14 ans (schéma à 2 doses)
Rattrapage possible jusqu’à 19 ans (schéma à 3 doses)
Depuis 2023, proposée jusqu’à 26 ans chez les hommes ayant des rapports avec des hommes
Vaccins disponibles : Gardasil 9* (couvre 9 types de HPV dont 6, 11, 16, 18)
La vaccination curative chez les patients ayant déjà des condylomes n’est pas recommandée

Conseils pratiques en cas de condylomes

Préservatif obligatoire pendant le traitement et 2-3 mois après guérison — son efficacité est partielle car le virus peut être présent sur les zones non couvertes
Bilan IST chez le ou les partenaires — indispensable pour éviter la réinfection
Frottis annuel chez la femme ayant eu des condylomes
Arrêt du tabac — favorise la persistance et les récidives
Avoir des condylomes ne signifie pas avoir été trompé — l’incubation du virus peut durer plusieurs années

Sources

Société Française de Dermatologie
Haute Autorité de Santé — has-sante.fr
European guidelines for the management of anogenital warts — PubMed

Questions fréquentes sur les condylomes

Les condylomes guérissent-ils spontanément ?

Oui, dans certains cas. Le système immunitaire peut éliminer les HPV sans traitement, particulièrement chez les sujets jeunes et immunocompétents. Cela peut prendre plusieurs mois à quelques années. Cependant, traiter les lésions visibles réduit le risque de transmission au(x) partenaire(s) et prévient l’extension.

Les condylomes peuvent-ils provoquer un cancer ?

Les condylomes visibles (acuminés, papuleux) sont causés par les HPV à faible risque (6 et 11) et n’évoluent pas vers un cancer. En revanche, les HPV à haut risque (16, 18) peuvent provoquer un cancer du col de l’utérus, de l’anus, de la vulve ou du pénis — d’où l’importance du frottis régulier et de la vaccination.

Peut-on avoir des condylomes sans avoir de rapports sexuels non protégés ?

La transmission est quasi exclusivement sexuelle. Le préservatif réduit mais n’élimine pas totalement le risque, car le virus peut être présent sur les zones non protégées (pubis, scrotum). La vaccination avant le début de la vie sexuelle reste la meilleure protection.

Faut-il prévenir ses partenaires en cas de condylomes ?

Oui, c’est fortement recommandé. Vos partenaires doivent consulter pour être examinés et traités si nécessaire — sans quoi vous risquez une réinfection après traitement. Un bilan IST complet est conseillé pour tous.

La vaccination anti-HPV est-elle utile si on a déjà des condylomes ?

Les études récentes ne montrent pas de bénéfice de la vaccination à visée curative chez des patients déjà infectés. En revanche, elle peut protéger contre les types de HPV auxquels la personne n’a pas encore été exposée. La décision se prend au cas par cas avec le médecin.

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Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Verrue du visage : traitement adapté selon la localisation et la zone


Verrue sur le visage : types, photos et traitements
Une verrue sur le visage — sur le nez, le menton, le front, la paupière ou dans la barbe — est fréquente et bénigne. Elle est due au papillomavirus humain (HPV) et peut être traitée de plusieurs façons selon son type et sa localisation. Voici comment la reconnaître et s’en débarrasser efficacement.

En bref : Les verrues du visage sont causées par le papillomavirus humain (HPV) et peuvent toucher le nez, les paupières, le menton ou le front. Elles nécessitent un traitement adapté à la localisation — jamais d’acide fort sur le visage — et guérissent le plus souvent par cryothérapie légère ou laser. Un diagnostic précis est indispensable pour éviter de confondre une verrue avec un molluscum, un grain de milium ou un papillome.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Qu’est-ce qu’une verrue du visage ?

Les verrues sont dues à une infection de la peau par les papillomavirus humains (HPV). Le virus pénètre par de petites lésions cutanées et provoque une prolifération locale des cellules de la peau. Le visage est une zone fréquemment touchée car le grattage, le rasage et le contact main-visage favorisent la contamination.

Les verrues du visage sont bénignes et non dangereuses. La majorité régressent spontanément en 2 à 4 ans, mais un traitement est recommandé pour éviter leur multiplication et leur transmission à l’entourage.

Les 3 types de verrues du visage

1. Les papillomes verruqueux — verrues en tétine

Ce sont les verrues les plus reconnaissables sur le visage : elles se présentent comme de petites excroissances en relief, en forme de « tétine » ou de chou-fleur. Elles siègent le plus souvent sur le nez et les paupières.

verrue nez papillome verruqueux visage photo
Papillomes verruqueux du nez
verrue paupière papillome verruqueux photo
Papillome verruqueux de la paupière

💡 Verrue sur la paupière : la proximité de l’œil contre-indique les traitements chimiques agressifs (acide, azote liquide à fort dosage). Seule une prise en charge par le dermatologue est recommandée pour cette localisation.

2. Les verrues planes

Les verrues planes sont superficielles, souvent de couleur chair ou légèrement rosée, à peine surélevées. Elles peuvent être nombreuses et difficiles à voir à l’œil nu. Elles prédominent sur le front et le menton et se disséminent facilement par le grattage.

verrues planes menton visage photo
Verrues planes du menton
verrues planes front visage photo
Verrues planes du front
verrues planes visage multiples photo
Verrues planes multiples du visage

3. Les verrues de la barbe chez l’homme

Chez l’homme, les verrues peuvent se disséminer dans la zone de rasage (joues, cou, menton) en raison du microcoupures créées par le rasoir qui propagent le HPV d’une zone à l’autre. Elles sont particulièrement difficiles à traiter car très nombreuses. Il est recommandé d’arrêter temporairement le rasage mécanique et de passer à un rasoir électrique ou à la dépilatory le temps du traitement.

Comment distinguer une verrue d’autre chose sur le visage ?

Certaines lésions peuvent ressembler à une verrue du visage sans en être une :

Lésion Aspect Différence clé
Verrue Excroissance rugueuse ou plaque plane Surface irrégulière, points noirs visibles
Molluscum contagiosum Petite papule nacrée ombiliquée Centre creux caractéristique, souple
Kératose séborrhéique Plaque marron-beige collée Aspect « posé sur la peau », non virale
Grain de milium Petit kyste blanc dur Sous la paupière, blanc nacré
Carcinome basocellulaire Papule perlée ou ulcérée Ne régresse pas, bord perlé — consultez

⚠️ Toute lésion qui saigne, s’ulcère ou ne régresse pas en plusieurs mois doit être montrée à un dermatologue pour éliminer une lésion précancéreuse ou cancéreuse.

Traitements des verrues du visage

Le traitement dépend du type de verrue et de sa localisation. Sur le visage, les zones à risque cicatriciel (nez, paupières) imposent une prudence particulière. Tous les traitements sont réalisés ou prescrits par un médecin ou dermatologue.

Azote liquide (cryothérapie)

Le traitement de référence pour les papillomes verruqueux. Le dermatologue applique de l’azote liquide (-196°C) sur la verrue, provoquant sa nécrose. Plusieurs séances sont souvent nécessaires (toutes les 2 à 3 semaines). Sur le visage, les dosages sont adaptés pour limiter le risque de cicatrice hypopigmentée.

Trétinoïne locale (pour les verrues planes)

La crème à la trétinoïne (rétinoïde) est le traitement de choix pour les verrues planes du visage. Elle exerce une action kératolytique progressive et est bien tolérée sur peau du visage. Le traitement dure plusieurs semaines à plusieurs mois.

Laser CO₂ ou Er:YAG

Le laser est indiqué pour les verrues résistantes ou multiples, notamment dans la zone de la barbe. Il permet une destruction précise avec un risque cicatriciel maîtrisé entre les mains d’un dermatologue expérimenté.

Électrocoagulation

Utilisée pour les papillomes verruqueux isolés. Le dermatologue détruit la verrue par courant électrique sous anesthésie locale. Résultats rapides mais risque de petite cicatrice.

Imiquimod (Aldara*)

Crème immunomodulatrice qui stimule les défenses locales contre le HPV. Utilisée principalement pour les verrues planes résistantes. Peut provoquer une réaction inflammatoire locale (rougeur, croûtes) qui fait partie du mécanisme d’action.

Comment éviter de propager les verrues sur le visage ?

  • Éviter de toucher ou de gratter les verrues (les points noirs sont du virus)
  • Ne pas se mettre les doigts dans le nez ni manipuler les boutons du visage
  • Chez l’homme : passer au rasoir électrique pendant la durée du traitement pour éviter la dissémination
  • Ne pas partager les serviettes, rasoirs ou pinceaux de maquillage
  • Se laver les mains après avoir touché une verrue

Sources

Consultez un dermatologue si : la verrue est sur la paupière (risque oculaire), si elle saigne, s’ulcère, ou si vous avez le moindre doute sur la nature de la lésion. Sur le visage, toute lésion atypique doit être examinée — un carcinome basocellulaire peut ressembler à une verrue.

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Questions fréquentes sur les verrues du visage

Comment enlever une verrue sur le visage soi-même ?

Les traitements en vente libre (acide salicylique, stylos à l’azote) ne sont pas recommandés sur le visage en raison du risque de cicatrice, surtout près des yeux et du nez. Seul un dermatologue peut choisir le traitement adapté (azote liquide dosé précisément, trétinoïne, laser) à la localisation et au type de verrue.

Combien de temps faut-il pour qu’une verrue du visage disparaisse ?

Sans traitement, la majorité des verrues régressent spontanément en 2 à 4 ans. Avec un traitement bien conduit (azote liquide, trétinoïne), la guérison peut intervenir en quelques semaines à quelques mois selon le type et le nombre de verrues. Les verrues de la barbe chez l’homme sont les plus longues à traiter.

Les verrues planes du visage sont-elles contagieuses ?

Oui, toutes les verrues sont contagieuses car dues au HPV. Les verrues planes sont particulièrement faciles à disséminer par le grattage. Évitez de les toucher et ne partagez pas serviettes ou rasoirs. Le risque de transmission à l’entourage est réel mais limité si les mesures d’hygiène sont respectées.

Peut-on se faire rembourser le traitement d’une verrue du visage ?

La cryothérapie réalisée en cabinet par le dermatologue est remboursée par l’Assurance Maladie. La consultation elle-même est prise en charge selon le tarif conventionné. Les crèmes comme la trétinoïne et l’imiquimod sont prescrites sur ordonnance mais leur remboursement varie selon l’indication.

Une verrue sur le visage peut-elle être un signe de cancer ?

Les verrues communes dues au HPV sont bénignes. Cependant, toute lésion du visage qui ne régresse pas, qui saigne spontanément, qui s’ulcère ou qui a un bord perlé doit être montrée à un dermatologue — il peut s’agir d’un carcinome basocellulaire ou d’une autre lésion précancéreuse qui n’a rien à voir avec une verrue virale.

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