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La présence de grains de beauté est un des facteurs prédominant pour le risque de développer un mélanome, qui est un cancer de la peau
Il faut donc montrer et faire surveiller ses grains de beauté.
Il faut aussi consulter devant toute apparition ou modification d’un grain de beauté.
Changement de grain de beauté : danger de mélanome!
Il ne faut pas oublier que les grains de beauté peuvent aussi toucher les muqueuses et les ongles et que toute lésion à ce niveau doit être montrée au médecin.
A qui monter ses grains de beauté?
Les grains de beauté doivent être surveillés par un dermatologue car ils peuvent se transformer en mélanome et à l’inverse, un mélanome débutant peut facilement être pris pour un grain de beauté. Il est donc important d’enlever tout grain de beauté suspect.
Le dermatologue peut s’aider de la dermoscopie, une technique de visualisation agrandie des grains de beauté en immersion, permettant d’objectiver la structure d’un grain de beauté, afin de le distinguer d’un mélanome
Dermatoscope à immersionAutre type de dermatoscopeVue du grain de beauté à l’oeil nuVue du grain de beauté au dermoscope
Le dermatoscope a permis d’affiner le diagnostic des grains de beauté depuis son avènement et de diagnostiquer de façon plus sure et plus précoce les mélanomes
Montrer ses grains de beauté, est-ce remboursé par la Sécurité Sociale?
La Sécurité Sociale en France a mis en place une consultation spécifique de dépistage du mélanome pris en charge sans besoin de s’inscrire dans le parcours de soin (pas besoin de passer par le médecin traitant) chez le dermatologue une fois par an pour les patients à risque de mélanome définis par les recommandations de la Haute Autorité de Santé :
antécédent personnel ou familial de mélanome ;
phototype cutané de type I (peau claire, yeux bleus, cheveux clairs) ;
nombre élevé de nævus, de nævus de grande taille, de nævus atypiques ;
antécédents ou mode de vie avec expositions solaires intenses.
Mauvais grain de beauté : comment reconnaître un grain de beauté qui change ou devient dangereux ?
Un grain de beauté qui change — qui grossit, change de couleur, de forme ou de relief — est le signal d’alarme le plus important du mélanome, le cancer de la peau le plus grave. Pourtant, tous les grains de beauté qui évoluent ne sont pas dangereux, et tous les mélanomes ne ressemblent pas à un « mauvais grain de beauté » classique. Savoir reconnaître les signes qui doivent alerter — et consulter rapidement — est le geste qui peut faire la différence entre un diagnostic précoce et une prise en charge tardive.
La règle ABCDE — reconnaître un grain de beauté suspect
La règle ABCDE est un outil de dépistage permettant d’identifier les grains de beauté présentant des caractéristiques suspectes. Elle ne s’applique pas à tous les types de lésions pigmentées — certains mélanomes dangereux n’ont pas ces caractéristiques, et certains grains de beauté atypiques ne sont pas cancéreux. Elle reste cependant le repère le plus utile pour l’autoexamen.
A — Asymétrie
Si l’on trace un trait imaginaire au milieu du grain de beauté, les deux moitiés n’ont pas la même forme. Un grain de beauté normal est symétrique. Une asymétrie notable est un signe d’alerte.
B — Bords irréguliers
Les bords d’un grain de beauté normal sont nets et réguliers. Des bords flous, dentelés, en carte de géographie ou qui s’effacent progressivement dans la peau environnante sont suspects.
C — Couleurs multiples
Un grain de beauté bénin est d’une couleur homogène (brun uniforme). La présence de plusieurs teintes au sein d’une même lésion — brun clair, brun foncé, noir, rosé, rouge, blanc, bleuté — est un signe d’alerte majeur.
D — Diamètre supérieur à 6 mm
La taille approximative d’une gomme de crayon. Tout grain de beauté dépassant 6 mm de diamètre mérite une surveillance rapprochée — même si de nombreux mélanomes débutants sont plus petits, et que certains grands grains de beauté sont bénins.
E — Évolution
C’est le critère le plus important — valable pour tout naevus, quelle que soit sa forme. Toute modification d’un grain de beauté existant doit conduire à consulter : changement de taille, de couleur, de forme, de relief, apparition de démangeaisons, saignement, croûte.
Changement de grain de beauté : danger de mélanome !
Grain de beauté qui change — quels changements doivent alerter ?
Un grain de beauté peut évoluer de plusieurs façons. Toutes ne sont pas dangereuses — mais aucune ne doit être ignorée.
Grain de beauté qui grossit
Une augmentation de taille progressive est le signe le plus fréquemment rapporté dans les mélanomes débutants. Elle peut être lente — sur plusieurs mois ou années — ou rapide sur quelques semaines. Toute croissance notable d’un grain de beauté stable jusque-là justifie une consultation sans délai. Un naevus qui double de taille en quelques semaines est une urgence dermatologique.
Grain de beauté qui change de couleur
L’apparition d’une nouvelle teinte au sein d’un grain de beauté jusque-là uniforme est particulièrement suspecte : une zone noire, une plage bleutée, une tache rosée ou une zone blanche (dépigmentation) au sein d’un grain de beauté brun sont des signes à prendre très au sérieux.
Grain de beauté qui saigne ou suinte
Un grain de beauté qui saigne spontanément ou au moindre frottement, qui forme une croûte ou qui suinte sans traumatisme apparent doit être montré en urgence à un dermatologue. Ce signe peut correspondre à un mélanome ulcéré ou à un carcinome basocellulaire.
Grain de beauté qui démange ou fait mal
Un naevus bénin est indolore et ne gratte pas. Des démangeaisons persistantes, une sensation de brûlure ou une douleur localisée sur un grain de beauté sont des signaux d’alarme à ne pas négliger.
Grain de beauté qui s’élève ou change de relief
Un grain de beauté plat qui devient surélevé, nodulaire ou qui développe une zone en relief au sein d’une lésion plane peut indiquer une transformation en mélanome nodulaire — forme particulièrement agressive à croissance rapide.
L’autoexamen cutané régulier est recommandé à tous, en complément du suivi dermatologique. Voici comment le pratiquer efficacement :
Fréquence : une fois par mois, après la douche, devant un grand miroir avec un miroir à main pour les zones difficiles d’accès
Zones à ne pas oublier : cuir chevelu (utiliser un sèche-cheveux pour écarter les cheveux), dos, plantes des pieds, espaces entre les orteils, ongles, zones génitales
Photographier ses grains de beauté avec un smartphone — une photo datée permet de détecter une évolution sur plusieurs mois
Consulter dès qu’un grain de beauté vous semble différent de ce qu’il était — même si vous n’êtes pas certain
⚠️ L’autoexamen ne remplace pas le suivi dermatologique annuel — certains mélanomes débutants sont invisibles à l’œil nu et ne sont détectables qu’à la dermoscopie.
Le rôle du dermatologue — dermoscopie et photographie
Le dermatologue dispose d’outils que l’œil nu ne peut pas remplacer :
La dermoscopie
La dermoscopie permet d’examiner les structures internes d’un grain de beauté inaccessibles à l’œil nu — réseaux pigmentaires, vaisseaux, globules, voile bleu-blanc — et de distinguer un naevus bénin d’un mélanome débutant avec une précision bien supérieure à l’examen clinique seul.
La photographie comparative
La réalisation de photographies standardisées de l’ensemble des grains de beauté permet une comparaison dans le temps — toute modification entre deux consultations est immédiatement visible, même minime. C’est particulièrement utile pour les patients porteurs de nombreux naevus atypiques.
L’exérèse
Tout grain de beauté jugé suspect à l’examen clinique et dermoscopique est enlevé chirurgicalement et analysé en anatomopathologie. C’est le seul moyen d’affirmer ou d’infirmer un mélanome avec certitude. Voir enlever un grain de beauté.
Naevus atypiques et risque de mélanome
Un naevus atypique (ou dysplasique) est un grain de beauté présentant un ou plusieurs critères ABCDE sans pour autant être un mélanome. Pris isolément, il n’est pas dangereux — mais sa présence en grand nombre augmente significativement le risque de développer un mélanome.
Les facteurs de risque cumulatifs sont :
Présence de nombreux naevus atypiques (plus de 5 à 10)
Expositions solaires intenses — coups de soleil dans l’enfance, UV artificiels
Immunodépression
En cas de naevus atypiques multiples, il est impératif de respecter scrupuleusement les règles de protection solaire et d’assurer un suivi dermatologique annuel avec photographie comparative.
Tableau récapitulatif — signes d’alerte du grain de beauté
Signe
Ce qu’il faut observer
Conduite à tenir
A — Asymétrie
Les deux moitiés ne se superposent pas
Consultation dermatologique
B — Bords
Bords flous, dentelés, irréguliers
Consultation dermatologique
C — Couleurs
Plusieurs teintes (noir, rosé, blanc, bleuté)
Consultation dermatologique
D — Diamètre
Supérieur à 6 mm
Surveillance rapprochée ou exérèse
E — Évolution
Toute modification (taille, couleur, relief, démangeaisons, saignement)
Consultation sans délai
Saignement / croûte
Spontané ou au moindre frottement
Urgence dermatologique
Questions fréquentes
Mon grain de beauté a grossi en quelques semaines — est-ce forcément un mélanome ?
Pas nécessairement — certains naevus bénins peuvent croître rapidement, notamment chez les jeunes ou pendant la grossesse. Mais une croissance rapide sur quelques semaines est un signal d’alarme qui justifie une consultation dermatologique urgente. Seul l’examen dermoscopique — et si nécessaire l’exérèse avec analyse anatomopathologique — permet de trancher avec certitude. Ne tardez pas : un mélanome diagnostiqué précocement (stade fin) est guérissable dans la grande majorité des cas.
Mon grain de beauté gratte depuis quelques jours — dois-je m’inquiéter ?
Des démangeaisons persistantes sur un grain de beauté sont un signe à ne pas ignorer. Une irritation passagère après un frottement peut expliquer une démangeaison transitoire — mais si elle persiste plusieurs jours ou si elle s’accompagne d’un changement d’aspect, consultez rapidement. Les démangeaisons figurent parmi les premiers symptômes signalés dans certains mélanomes débutants.
Quelle est la différence entre un grain de beauté atypique et un mélanome ?
Un naevus atypique (ou dysplasique) présente des irrégularités de forme, de bords ou de couleur sans pour autant être malin. Il est considéré comme un facteur de risque et non comme un cancer. Un mélanome est une tumeur maligne des cellules pigmentaires — il envahit les tissus et peut métastaser. Seule l’analyse anatomopathologique après exérèse permet de distinguer formellement un naevus atypique sévère d’un mélanome débutant.
À quelle fréquence faire contrôler ses grains de beauté ?
Pour une personne sans facteur de risque particulier, un contrôle dermatologique annuel est recommandé. En cas de naevus atypiques multiples, d’antécédents personnels ou familiaux de mélanome, ou de phototype très clair, la surveillance peut être semestrielle avec photographie comparative. Entre les consultations, l’autoexamen mensuel reste indispensable.
Un grain de beauté enlevé peut-il récidiver ?
Un naevus enlevé avec des marges saines ne récidive pas. Si l’exérèse est incomplète (berges atteintes), une ré-excision est nécessaire. Dans le cas d’un mélanome, des marges d’exérèse plus larges sont requises selon l’épaisseur de la tumeur (indice de Breslow), et un suivi oncologique est mis en place.
Le carcinome spinocellulaire ou épidermoïde représente environ 1/3 des carcinomes cutanés.
Carcinome épidermoide débutant
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CARCINOMES CUTANES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Pourquoi ai-je un carcinome épidermoide ou spinocellulaire?
Le soleil pris de façon régulière
Le cancer spinocellulaire ou epidermoide survient surtout sur les zones exposées au soleil car il résulte le plus souvent d’une irradiation solaire chronique, on l’observe donc préférentiellement sur les zones photo-exposées (visage, bras, jambes… ), chez les personnes de plus de 60 ans et dans certaines professions particulièrement exposées (agriculteurs, marins ouvriers du bâtiment…).
Les peaux claires
Les personnes ayant la peau claire (blonds, roux, yeux bleux… ) sont plus sensibles au soleil et ont donc plus de risque de développer un spino
Le papillomavirus dans certains cas
Les papillomavirus, responsables notamment des verrues génitales ou condylomes sont retrouvés dans la plupart des carcinomes epidermoides ano-génitaux et dans quelques carcinomes cutanés (du doigt en particulier), notamment chez la personne immunodéprimée
Qu’est-ce qu’un carcinome épidermoide ou spino?
Le spino peut prendre de nombreuses formes que seul un médecin pourra diagnostiquer
Il » pousse » et peut augmenter de taille, se creuser mais aussi il peut donner des métastases (localisations du cancer à distance dans les ganglions surtout, mais aussi parfois les organes… ). Ce risque métastatique est évalué à environ 0,5 à 10 % pour les carcinomes spinocellulaires classiques des zones photoexposées. La survie à 5 ans de ces formes métastatiques n’est que de 30%.
Il faut donc consulter devant toute apparition de tache ou bouton, a fortiori s’il se modifie.
Forme classique de spinocellulaire
Sa localisation en zone photo-exposée (visage, bras… ) et très souvent sur une lésion pré-existante en particulier une kératose solaire , Maladie de Bowen (ou carcinome épidermoide in situ), les cicatrices de brûlure, les radiodermites, les ulcères chroniques… et sur un fond de vieillissement de la peau sont évocateurs.
Le spinocellulaire a le plus souvent un aspect ulcéro-bourgeonnant : tumeur dure, avec aspect bourgonneant et souvent ulcéré sur le dessus.
Keratoacanthome, une forme de cancer spinocellulaire bien différenciéCarcinome epidermoide de l’oreilleCarcinome épidermoide débutant de la tempe
Formes plus rares
Corne cutanée
Corne cutanée : à considérer comme un carcinome épidermoide
Carcinome VERRUQUEUX
Il s’agit d’une forme en choux-fleur, siégeant le plus souvent sur les parties génitales ou les membres inférieurs (il est alors appelé carcinome cunniculatum et survient souvent sur des plaies chroniques de la jambe (ulcère) ou du pied.
Carcinomes épidermoides PÉRI-UNGUÉAUX
Il est souvent lié à la présence d’un papillomavirus oncogène (généralement de type HPV16), qui évoque une possible transmission sexuelle dans cette localisation. On recherche donc une localisation ano-génitale (vulve, pénis, col, anus) à type de carcinome epidermoide, de papulose bowenoide ou de maladie de Bowen.
Il ressemble le plus souvent à une verrue du doigt qui ne guérit pas sous traitement.
Formes muqueuses
Le cancer spinocellulaire peut survenir sur une muqueuse
bouche, lèvre :
souvent précédé d’une leucoplasie ou d’une kératose actinique de la lèvre
Carcinome épidermoide sur lichen scléreux chronique
Diagnostic du spinocellulaire
Le diagnostic du spinocellulaire est un acte médical qui nécessite donc impérativement une consultation médicale
Le médecin va avoir des éléments cliniques, topographiques, d’évolution évoquant un basocellulaire et le dermatologue utilisera très probablement un dermatoscope pour objectiver son impression clinique, il va regarder la lésion à travers cette sorte de loupe pour voir s’il existe des signes évocateurs de spinocellulaire :
Vaisseaux polymorphes (en points, glomérulaires, épingles à cheveux, linéaires irréguliers…) sur fond blanchâtre, avec des squames ou des croûtes de kératine vers le centre
Dermatoscope
Le médecin pratiquera ensuite une biopsie de peau : il prélève un bout du basocellulaire sous anesthésie locale et l’envoie en analyse.
Cette étape est essentielle car elle permet de prouver qu’il s’agit bien d’un spinocellulaire, pas une autre tumeur, qu’elle soit bénigne ou maligne et de quel type de spino il s’agit. Ceci déterminera la conduite à tenir pour le traitement
Traitement du cancer épidermoide
Il faut donc traiter rapidement un cancer spinocellulaire.
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En savoir plus sur le traitement des cancers de la peau
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Mélanome : symptômes, photos, diagnostic et traitement
Le mélanome est un des cancers de la peau les plus dangereux. Il se développe à partir des mélanocytes — les cellules responsables de la pigmentation — et peut ressembler à un simple grain de beauté. Détecté tôt, son taux de survie à 5 ans dépasse 90 %. Détecté tardivement avec métastases, il tombe à 20 %. Le dépistage précoce est donc l’enjeu essentiel.
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MELANOME
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Le mélanome est un cancer de la peau issu des mélanocytes. Dans plus de 90 % des cas il est cutané, mais il peut aussi se développer sur les muqueuses, sous les ongles ou dans les yeux. Il représente 3 % de l’ensemble des cancers mais c’est le cancer dont l’incidence augmente le plus vite : +10 % de nouveaux cas par an depuis 50 ans. En France, environ 10 000 nouveaux mélanomes sont diagnostiqués chaque année.
Sur le plan cutané, le mélanome peut prendre des formes très variées : tache marron, bouton, tache noire, nodule… Seul un médecin peut diagnostiquer un mélanome.
Plus de 50 grains de beauté, ou grains de beauté atypiques
🔴 Élevé
Exposition aux UV en cabine de bronzage
🟠 Très significatif
Immunodépression
🟠 Significatif
⚠️ Cabines de bronzage : une seule séance délivre 10 à 15 fois la dose d’UVA d’une exposition au soleil de midi. Commencer avant 35 ans augmente le risque de mélanome de 75 %. L’OMS a classé les appareils de bronzage parmi les cancérogènes certains.
Une étude de 2019 montre qu’avoir plus de 20 grains de beauté avant 20 ans, des cheveux clairs et une faible capacité à bronzer augmente le risque de mélanome par 3 à 4 par rapport à la population générale.
Mélanome épais — stade avancé
Comment reconnaître un mélanome ? La règle ABCDE
Le diagnostic clinique d’un mélanome repose sur la règle ABCDE — à appliquer sur tout grain de beauté suspect :
Lettre
Critère
Ce qu’il faut observer
A
Asymétrie
Les deux moitiés du grain de beauté ne se superposent pas
B
Bords irréguliers
Contours déchiquetés, en carte de géographie (non ronds ni ovales)
C
Couleurs multiples
Présence de plusieurs teintes : noir, marron, rouge, blanc dans la même lésion
D
Diamètre > 6 mm
Plus grand que la gomme d’un crayon (6 mm). Attention : certains mélanomes sont plus petits
E
Évolution
Tout changement récent de taille, forme, couleur — ou grain de beauté qui saigne, croûte, démange
💡 Le critère E (Évolution) est le plus important. Tout grain de beauté qui change doit être montré à un dermatologue sans délai.
Règle ABCDE — différencier grain de beauté et mélanomeChangement d’un grain de beauté — signe d’alerte
Les 4 types principaux de mélanome — photos
1. Mélanome à extension superficielle (SSM) — le plus fréquent
Le SSM représente environ 70 % des mélanomes. Il s’étend d’abord horizontalement pendant plusieurs mois ou années (phase intra-épidermique de bon pronostic), avant d’envahir en profondeur le derme. Il se présente comme une tache de contour irrégulier, de couleurs inhomogènes (noir, marron, rouge, blanc), d’abord non palpable puis en relief.
Le SSM peut régresser par endroits, laissant une zone blanche cicatricielle. Cette régression n’est pas un bon signe — elle témoigne de l’ancienneté du mélanome.
Régression centrale d’un mélanome SSM
2. Mélanome nodulaire
Le mélanome nodulaire évolue d’emblée en profondeur — sans phase superficielle préalable. Il se présente comme un nodule bleu-noir ou chair, qui grossit rapidement en quelques semaines à quelques mois, peut saigner ou s’ulcérer. C’est une forme de moins bon pronostic car souvent diagnostiquée tardivement.
Mélanome nodulaireMélanome nodulaire achromique — bouton rouge qui saigne
⚠️ Tout bouton rouge qui grossit rapidement doit être montré à un dermatologue — même sans pigmentation, il peut s’agir d’un mélanome nodulaire achromique.
3. Mélanome de Dubreuilh (lentigo malin)
Le mélanome de Dubreuilh se développe sur le visage des personnes âgées sous forme d’une tache brune inhomogène à plusieurs teintes. Il évolue lentement mais peut se transformer en mélanome invasif nodulaire.
Lentigo malin de Dubreuilh — tache brune du visageLentigo malin du nezMélanome de Dubreuilh évolué en nodule invasif
4. Mélanome acrolentigineux (mélanome acral)
Le mélanome acral siège sur les paumes, les plantes, les doigts et les orteils. Forme prédominante sur les peaux noires et asiatiques. Toute lésion évolutive de ces zones doit être montrée à un médecin.
Mélanome de la jambe — zone fréquente chez la femme
Mélanome vs grain de beauté — comment faire la différence ?
La différence entre un grain de beauté bénin (nævus) et un mélanome est parfois très difficile à l’œil nu — même pour un médecin expérimenté. Le dermatologue utilise la dermatoscopie pour analyser la structure interne de la lésion, invisible à l’œil nu.
La différence entre grain de beauté et mélanome est parfois difficile à voir
En cas de doute, le dermatologue pratique une ablation sous anesthésie locale avec des marges de 1 à 2 mm, suivie d’une analyse anatomopathologique. C’est le seul moyen de diagnostic certain.
Analyse anatomopathologique et classification
Indice de Breslow — épaisseur de la tumeur
C’est le principal facteur pronostique :
Épaisseur (Breslow)
Pronostic
Survie à 5 ans (approx.)
< 0,75 mm
Très favorable
> 95 %
0,75 à 2 mm
Intermédiaire
80–90 %
> 2 mm
Moins favorable — surveillance renforcée
Variable selon ulcération et ganglions
Stades de profondeur du mélanome — indice de Breslow
Classification AJCC en 4 stades
Stade
Définition
Survie relative à 5 ans
Stade I
Mélanome localisé ≤ 2 mm, sans ulcération ni ganglion
> 90 %
Stade II
Mélanome localisé > 2 mm ou ulcéré, sans ganglion
70–85 %
Stade III
Métastases ganglionnaires régionales
40–70 %
Stade IV
Métastases à distance
20–30 % (en amélioration avec immunothérapie)
💡 En cas de mélanome métastatique, une recherche de mutations BRAF, NRAS, c-Kit est réalisée pour adapter le traitement ciblé. L’immunothérapie a transformé le pronostic des stades IV ces dernières années, avec des rémissions complètes possibles.
Dépistage du mélanome
La Sécurité Sociale prend en charge une consultation annuelle chez le dermatologue sans passer par le médecin traitant pour les patients à risque (HAS) : antécédent personnel ou familial de mélanome, phototype I, nombre élevé de nævus ou nævus atypiques, expositions solaires intenses répétées.
Auto-examen cutané — méthode HAS (tous les 3 mois)
Étape
Zones à examiner
Étape 1 — examen direct
Paumes, plantes, ongles, doigts et espaces interdigitaux, face avant des bras, cuisses et jambes
Étape 2 — miroir en pied
Corps de haut en bas, puis de profil gauche et droit, bras levés
Étape 3 — miroir à main
Face interne et postérieure des jambes, dos des bras, nuque, dos, cuir chevelu, région génitale. Aide d’un proche si besoin.
Traitement du mélanome
Le traitement dépend du stade et est décidé en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP).
Traitement
Indication
Reprise chirurgicale (marges élargies selon Breslow)
Grain de beauté suspect ? Ne tardez pas.
Pour les lésions comme le mélanome, le délai de consultation est un facteur pronostique direct. Le Dr Rousseau est disponible rapidement en téléconsultation. 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Surveillance après mélanome
Point de surveillance
Détail
Risque de second mélanome
Consultez sans délai en cas de lésion nouvelle ou évolutive
Auto-examen cutané
Tous les 3 mois — méthode HAS décrite ci-dessus
Protection solaire
SPF 30 minimum en hiver, 50+ en été. Vêtements couvrants, chapeau, lunettes entre 12h et 16h. Voir protection solaire
Entourage familial
Parents, enfants, fratrie doivent se faire dépister annuellement
Rythme des consultations
Défini par votre dermatologue selon le stade — typiquement tous les 3 à 6 mois les 5 premières années
Pages spécialisées du cluster mélanome et cancers cutanés
Comment savoir si un grain de beauté est un mélanome ?
Appliquez la règle ABCDE : Asymétrie, Bords irréguliers, Couleurs multiples, Diamètre supérieur à 6 mm, Évolution récente. Le critère le plus important est l’évolution — tout grain de beauté qui change ou qui saigne doit être montré à un dermatologue sans attendre. Seul un dermatologue avec dermatoscope peut établir un diagnostic fiable.
Quelle différence entre une tache brune bénigne et un mélanome ?
Les taches brunes bénignes (lentigos solaires) sont uniformes, bien délimitées, de couleur homogène et stables dans le temps. Un mélanome est asymétrique, aux bords irréguliers, de plusieurs couleurs, et évolue. La distinction est parfois impossible à l’œil nu — c’est la dermatoscopie qui permet de trancher. En cas de doute, consultez toujours.
Peut-on guérir d’un mélanome ?
Oui, si détecté tôt. Le taux de survie relative à 5 ans dépasse 90 % pour les mélanomes de stade I. En cas de métastases au diagnostic, ce taux tombe à 20 %. L’immunothérapie a transformé le pronostic des formes avancées ces dernières années, avec des rémissions complètes possibles même à des stades métastatiques.
Les cabines de bronzage provoquent-elles le mélanome ?
Oui. Une séance en cabine délivre 10 à 15 fois la dose d’UVA d’une exposition au soleil de midi. Commencer avant 35 ans augmente le risque de mélanome de 75 %. L’OMS a classé les appareils de bronzage dans la catégorie des cancérogènes certains. Il n’existe aucune dose « sûre » d’UV artificiels.
Dois-je me faire dépister si ma famille a eu un mélanome ?
Oui. Les parents, enfants et frères et sœurs d’une personne ayant eu un mélanome doivent se faire examiner l’ensemble de la peau une fois par an chez un dermatologue. Cette consultation de dépistage est prise en charge par la Sécurité Sociale sans passer par le médecin traitant pour les patients à risque.
Comment se protéger du mélanome au quotidien ?
Appliquez une crème solaire SPF 50+ en été sur les zones exposées. Portez un chapeau à larges bords, des lunettes UV et des vêtements couvrants entre 12h et 16h. Évitez absolument les coups de soleil — un seul coup de soleil sévère double le risque de mélanome. N’utilisez jamais les cabines de bronzage. Pratiquez l’auto-examen cutané tous les 3 mois.
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Kératose actinique (kératose solaire) : reconnaître, traiter et surveiller ces lésions précancéreuses
La kératose actinique — aussi appelée kératose solaire — est la lésion cutanée précancéreuse la plus fréquente dans les pays à peau claire. Directement causée par l’accumulation des expositions aux rayons UV au fil des années, elle se présente comme une tache rosée à brunâtre, rugueuse au toucher, siégeant sur les zones photo-exposées : visage, crâne dégarni, mains, avant-bras, lèvre inférieure. Sa fréquence ne doit pas faire oublier sa gravité potentielle : il s’agit de la forme la plus précoce du carcinome épidermoïde cutané. Sans traitement, environ 10 % des kératoses actiniques multiples évoluent vers un cancer invasif, et 65 à 70 % des carcinomes épidermoïdes ont débuté sur une kératose actinique. La bonne nouvelle est réelle : diagnostiquée et traitée à temps, la kératose actinique guérit dans la grande majorité des cas.
Kératoses actiniques de la main : taches rugueuses persistantes
Tache rugueuse persistante, croûte récidivante sur une zone exposée au soleil ?
Ne tardez pas à consulter — une kératose actinique mal évaluée peut évoluer silencieusement vers un carcinome épidermoïde. Consulter le Dr Rousseau en téléconsultation →
La cause principale est l’accumulation des expositions solaires aux UV tout au long de la vie, en particulier chez les sujets à peau claire. Le mécanisme central est la formation de dimères de pyrimidine induits par les UVB, qui créent des mutations dans les gènes suppresseurs de tumeur TP53 et CDKN2A, entraînant la prolifération de kératinocytes dysplasiques au sein de l’épiderme.
Données épidémiologiques :
60 % des patients de plus de 40 ans ayant eu des expositions solaires intenses présentent des kératoses actiniques
90 % des cas surviennent après 50 ans
Les hommes sont plus touchés que les femmes (ratio 1,35 pour 1 en France)
Prévalence de 1 adulte sur 4 dans l’hémisphère Nord contre 1 adulte sur 2 en Australie
En France : environ 754 cas pour 100 000 habitants
Facteur de risque
Mécanisme / impact
Niveau de risque
Phototype I-II (peau claire, taches de rousseur, yeux clairs, cheveux blonds ou roux)
Mélanine insuffisante pour filtrer les UV — mutations UV-induites non réparées
Élevé
Expositions solaires professionnelles cumulées (agriculteurs, marins, BTP, moniteurs de ski)
Défaut de surveillance immunitaire des cellules dysplasiques
Très élevé (×50 à ×100)
Rayonnements ionisants répétés
Mutations directes de l’ADN kératinocytaire
Modéré
Tabagisme
Cofacteur pour la chéilite actinique de la lèvre inférieure
Modéré (surtout lèvre)
2. Reconnaître une kératose actinique — formes cliniques
Localisation
Les kératoses actiniques siègent exclusivement sur les zones photo-exposées :
Visage : nez, joues, front, tempes, oreilles (hélix et lobe) — 70 % des cas
Crâne dégarni (calvitie) : croûtes récidivantes sur le cuir chevelu chauve
Mains et avant-bras : face dorsale
Lèvre inférieure (chéilite actinique) : la plus exposée au soleil, risque de dégénérescence plus élevé
Phase initiale : le diagnostic se fait à la palpation
Au stade précoce, la lésion peut n’être qu’une tache rosée de quelques millimètres, à peine visible à l’œil nu. C’est la palpation qui fait le diagnostic : un aspect rugueux au toucher, comme du papier de verre, sur une zone photo-exposée d’un sujet de plus de 50 ans est très évocateur. Certaines lésions sont douloureuses ou sensibles à l’effleurement avant même d’être visibles.
La tache s’épaissit progressivement, devient squameuse, croûteuse, et peut prendre une teinte rosée, rouge vif ou brune selon le degré d’inflammation et d’hyperkératose.
Kératose actinique du nez constituée
Forme hyperkératosique — corne cutanée
Dans certains cas, la kératine s’accumule en une saillie dure et cornée. Toute corne cutanée doit être considérée comme un carcinome épidermoïde jusqu’à preuve du contraire et nécessite une biopsie systématique.
Corne cutanée : biopsiée systématiquement
Chéilite actinique
Atteinte spécifique de la lèvre inférieure : lèvre sèche, squameuse, dépigmentée, parfois érosive. Son risque de dégénérescence en carcinome épidermoïde est significativement plus élevé que pour les lésions cutanées.
Chéilite actinique de la lèvre inférieure
Atteinte du crâne dégarni
Kératoses actiniques du crâne dégarni : croûtes récidivantes
3. Trois évolutions possibles et signes d’alerte
Sans traitement, une kératose actinique peut évoluer selon trois scénarios :
Régression spontanée : rare, survenant surtout en cas d’arrêt total des expositions solaires
Persistance en l’état avec extension progressive et multiplication des lésions (champ de cancérisation)
Évolution vers un carcinome épidermoïde invasif : risque d’environ 10 % en présence de plus de 8 kératoses actiniques
⚠️ Signes devant faire suspecter une transformation en carcinome épidermoïde invasif
— Induration (durcissement palpable) : signe le plus important
— Inflammation et rougeur périlésionnelle
— Diamètre > 1 cm
— Croissance rapide en quelques semaines
— Saignement au contact
— Ulcération (perte de substance)
Tout signe d’induration ou d’ulcération impose une consultation dermatologique urgente et une biopsie.
4. Diagnostic : dermoscopie et histologie
Dermoscopie
La dermoscopie est l’outil de référence pour l’évaluation des kératoses actiniques. Au niveau du visage, l’aspect dermatoscopique caractéristique est celui d’une « fraise » : vaisseaux et rougeurs distribués en pseudo-réseau autour d’ostiums folliculaires kératinisés jaunâtres. Cet aspect est pathognomonique et permet souvent d’éviter la biopsie dans les formes typiques.
Aspect « fraise » en dermoscopie : réseau vasculaire rouge autour des ostiums folliculaires kératinisésKératose actinique en dermoscopieKératose actinique du nez : vue clinique et dermoscopiqueDermoscopie : squames blanches et nappe rouge constellée de points chair-jaune
Biopsie cutanée
Indiquée en cas de doute diagnostique, de forme hyperkératosique, d’induration ou de suspicion de transformation maligne. Le dermatologue prélève un petit fragment de peau sous anesthésie locale, adressé en anatomopathologie pour examen histologique. Trois grades histologiques sont décrits (KA I à III selon Cockerell) selon le degré d’atypies kératinocytaires, qui conditionnent en partie le choix thérapeutique.
Notion de champ de cancérisation
Au-delà des lésions visibles, toute la zone photo-endommagée environnante présente des kératinocytes porteurs de mutations UV-induites subcliniques. Ce champ de cancérisation explique pourquoi de nouvelles kératoses réapparaissent régulièrement après traitement des lésions isolées — et pourquoi les traitements de champ (crèmes, photothérapie dynamique) sont souvent préférés aux traitements lésionnels seuls (cryothérapie) lorsque les lésions sont multiples.
5. Traitements des kératoses actiniques
L’objectif du traitement est double : éliminer les lésions existantes et traiter le champ de cancérisation environnant. Le choix entre traitement lésionnel et traitement de champ dépend du nombre de lésions, de leur localisation et du profil du patient.
Cryothérapie à l’azote liquide — traitement de référence pour les lésions isolées
Cryothérapie d’une kératose actinique
L’azote liquide (-196 °C) est appliqué directement sur chaque kératose, provoquant la destruction cellulaire par formation de cristaux de glace intracellulaires.
Séance de 10 à 30 secondes par lésion selon l’épaisseur
Formation d’une cloque dans les 24 heures, cicatrisation en 1 à 3 semaines
Efficacité : 70 à 90 % de clearance complète selon la profondeur de la lésion
Effets secondaires : douleur pendant la séance, cloque, croûte, risque de tache blanche (hypopigmentation) sur peaux foncées
Traitements topiques de champ (crèmes prescrites sur ordonnance)
Ces traitements s’appliquent sur toute la zone photo-endommagée, pas uniquement sur les lésions visibles. Ils sont particulièrement adaptés aux lésions multiples et aux champs de cancérisation étendus.
Traitement
Mécanisme
Schéma
Efficacité / tolérance
5-Fluorouracile crème (Efudix® 5 %)
Cytostatique — inhibe la thymidylate synthase → blocage de la synthèse d’ADN tumoral
Application quotidienne 3 à 4 semaines
Traitement de champ le plus efficace à 12 mois dans l’essai randomisé NEJM 2019 — réaction inflammatoire locale marquée (rougeur, croûtes, érosions) = signe d’efficacité
Immunomodulateur — agoniste TLR-7 stimulant l’interféron et les cytokines antitumorales
3×/sem. pendant 4 sem. (Aldara®) ou 2 cycles de 2 sem. (Zyclara®)
Efficace mais inférieur au 5-FU en clearance à 12 mois (HR 2,03 vs 5-FU, NEJM 2019). Tolérance locale généralement bonne
Diclofénac gel (Solaraze® 3 %)
AINS topique — inhibe les COX-1 et COX-2 impliquées dans la prolifération tumorale
2 applications/j pendant 60 à 90 jours
Tolérance locale nettement meilleure que 5-FU ou imiquimod. Efficacité un peu inférieure. Traitement de choix pour les patients ne tolérant pas l’irritation des autres crèmes
Tirbanibuline crème 1 % (Klisyri®)
Inhibiteur de la polymérisation de la tubuline et de la tyrosine kinase Src → antiprolifératif
1 application/j pendant 5 jours seulement
AMM européenne mais pas encore disponible en France en 2026 –Clearance complète chez 44 à 54 % des patients dans les essais de phase III (NEJM 2021). Durée de traitement la plus courte. Récidive partielle à 1 an (47 % des répondeurs complets)
Ingenol mébutate (Picato®)
Extrait d’Euphorbia peplus — activateur de la protéine kinase C, cytotoxique direct
2 à 3 jours
Retiré du marché européen en 2020 — signal de pharmacovigilance pour un risque accru de carcinome épidermoïde dans l’essai comparatif vs imiquimod. Non recommandé
Ce que dit l’essai de référence (NEJM 2019)
L’étude néerlandaise multicentrique randomisée publiée dans le New England Journal of Medicine a comparé directement 4 traitements de champ chez 624 patients sur 12 mois : le 5-fluorouracile 5 % crème s’est avéré significativement supérieur à l’imiquimod, à la photothérapie dynamique et à l’ingenol mébutate en termes de maintien de la clearance à 12 mois après le traitement. Ce résultat a modifié les recommandations dans plusieurs pays européens, plaçant le 5-FU en première intention pour les kératoses multiples — Jansen et al., N Engl J Med 2019 (PMID 30855743).
Photothérapie dynamique (PTD)
La photothérapie dynamique consiste à appliquer un produit photosensibilisant (méthylaminolévulinate) sur les kératoses, qui s’accumule sélectivement dans les cellules tumorales, puis à irradier la zone par une source lumineuse rouge activant la destruction photo-oxydative des cellules cibles.
Indications privilégiées : kératoses multiples sur zones étendues (visage entier, cuir chevelu), formes peu hyperkératosiques, zones esthétiquement importantes
Avantages : traitement de champ, résultat esthétique souvent très satisfaisant (amélioration globale du photovieillissement), possible avec lumière du jour (PTD-daylight)
Inconvénients : douleur pendant la séance, réaction inflammatoire post-traitement, nécessite un plateau technique spécifique
6. Choisir le bon traitement selon la situation clinique
Situation
Traitement recommandé
1 à 3 kératoses isolées
Cryothérapie à l’azote liquide au cabinet — rapide et efficace
Kératoses multiples (> 5-8 lésions) sur zone étendue
Traitement de champ : 5-FU crème en première intention (efficacité supérieure à 12 mois), ou PTD, ou imiquimod
Patient ne tolérant pas l’irritation des crèmes classiques
Diclofénac gel (tolérance locale meilleure) ou tirbanibuline (durée d’application très courte = 5 jours)
Observance difficile (traitement long mal accepté)
Tirbanibuline (Klisyri®) — 5 jours seulement, ou PTD en séance unique
Forme hyperkératosique ou corne cutanée
Biopsie systématique d’abord, puis traitement adapté au résultat histologique (exérèse chirurgicale si carcinome)
Chéilite actinique
Prise en charge spécialisée (dermatologue ou chirurgien maxillo-facial) — risque de dégénérescence plus élevé
Patient immunodéprimé (transplanté, VIH)
Surveillance rapprochée + traitement systématique de toutes les lésions — consultation dermatologique spécialisée
Kératoses multiples, corne cutanée ou lésion qui s’indure ?
Un bilan dermatologique complet avec dermoscopie s’impose avant tout traitement. Prendre rendez-vous en téléconsultation →
7. Surveillance après traitement et photoprotection à vie
La surveillance après traitement est indispensable pour trois raisons : de nouvelles kératoses apparaissent fréquemment dans la même zone (champ de cancérisation persistant), une récidive locale est possible, et un carcinome épidermoïde peut survenir sur une lésion insuffisamment traitée ou adjacente.
Rythme de surveillance recommandé : consultation dermatologique tous les 6 à 12 mois selon le nombre de lésions traitées et les facteurs de risque individuels.
Photoprotection permanente : indispensable à vie pour tous les patients ayant eu des kératoses actiniques :
Réduction de l’apparition de nouvelles lésions
Ralentissement de l’évolution du champ de cancérisation
Des études montrent qu’une photoprotection régulière pendant 2 ans peut induire une régression spontanée de lésions existantes
SPF 50+ large spectre, renouvelé toutes les 2 heures en cas d’exposition, associé à des vêtements couvrants et à l’évitement des heures de forte insolation (11h-16h en été)
La kératose actinique est considérée par la plupart des auteurs comme la forme la plus précoce du carcinome épidermoïde — certains spécialistes la classent directement comme un carcinome épidermoïde in situ (non invasif). Elle n’est pas encore un cancer invasif dans la plupart des cas, mais son potentiel de transformation, notamment lorsque les lésions sont multiples ou de longue date, justifie un traitement systématique. Ce n’est pas une simple « tache due à l’âge ».
Comment distinguer une kératose actinique d’une tache de vieillesse ?
Les taches solaires (lentigos) sont des taches brunes, plates et lisses au toucher. Les kératoses actiniques sont rosées à brunâtres et rugueuses à la palpation — comme du papier de verre. C’est cette rugosité perçue au toucher sur une zone photo-exposée qui fait toute la différence. En cas de doute, la dermoscopie tranche dans la grande majorité des cas.
La cryothérapie est-elle douloureuse ?
La cryothérapie provoque une sensation de brûlure froide intense pendant quelques secondes à une minute. La douleur est généralement supportable sans anesthésie. Dans les 24 à 48 heures suivantes, une cloque peut se former, suivie d’une croûte qui tombe en 1 à 3 semaines. La zone peut rester légèrement rosée plusieurs semaines. Un traitement antalgique simple (paracétamol) peut être pris si nécessaire. La douleur tend à être plus marquée sur le visage et la lèvre que sur les extrémités.
Quelle est la crème la plus efficace contre les kératoses actiniques multiples ?
Sur la base de l’essai randomisé de référence publié dans le New England Journal of Medicine en 2019 (Jansen et al., PMID 30855743), le 5-fluorouracile 5 % crème (Efudix®) est le plus efficace sur 12 mois parmi les traitements de champ comparés. Son inconvénient est la réaction inflammatoire locale intense — souvent mal vécue — qui est pourtant le signe de son efficacité. Pour les patients ne tolérant pas cette réaction, le diclofénac gel ou la tirbanibuline (5 jours de traitement) sont des alternatives valides.
Peut-on prévenir les kératoses actiniques ?
Oui, partiellement. Les kératoses actiniques résultent de l’accumulation de mutations UV sur de nombreuses années. Adopter une photoprotection rigoureuse (SPF 50+ large spectre, vêtements couvrants, évitement des heures de forte insolation) réduit significativement le risque d’apparition de nouvelles lésions, même après 50 ans. Des études montrent qu’une photoprotection régulière sur 2 ans peut même induire la régression de kératoses préexistantes. Il n’est jamais trop tard pour commencer.
La crème solaire protège-t-elle du cancer de la peau?
Il faut appliquer de grandes quantités de creme solaire pour se protéger du cancer de la peau
L’interrogation d’un patient m’a interpelé : « dites docteur, c’est vrai que la creme solaire augmente le risque de cancer de la peau? ». J’ai décidé de me pencher sur le sujet…
Soleil et cancer de la peau
La peau est constituée de cellules (kératinocytes, mélanocytes… ), ayant toutes un rôle précis.
Ces cellules se renouvellent, se différencient harmonieusement mais ce processus peut les rendre plus sensible à des modifications de leur ADN (mutations), sous l’effet notamment des rayons solaires.
Habituellement, ces mutations sont réparées par l’organisme (processus de réparation de l’ADN par exemple). Lorsque la cellule cutanée devient cancéreuse, elle perd ses capacités de réparation. Elle se met alors à se multiplier de façon anarchique et à aboutir à une masse de cellules appelée tumeur maligne.
Pour faire simple, les kératinocytes donnent le carcinome, les mélanocytes le mélanome
Il y a de nombreuses causes possibles au développement du cancer de la peau, mais il faut connaitre le role du soleil (en particulier pour le cancer spinocellulaire et le melanome). La majorité des cancers de la peau surviennent d’ailleurs sur les zones exposées au soleil (visage, cou).
Les cancers spinocellulaires se développent généralement chez les personnes qui ont été exposées au soleil de faéon chronique et prolongée tout au long de leur vie (personnes travaillant à l’extérieuré).
Les carcinomes basocellulaires, se développent quant à eux plutot en cas d’ expositions solaires brutales et répétées, notamment dans l’enfance (voyages dans des pays chauds… )
La protection solaire est donc le meilleur moyen de prévenir les cancers de la peau. Les mélanomes quant à eux ont une relation avec les expositions solaires plus complexe mais globalement il semble que le facteur solaire soit surtout constitué comme pour le cancer basocellulaire par les expositions intermittentes et brutales (vacances et coups de soleil).
Le risque de mélanome est 10 fois moins important chez un noir que chez un blanc. Et au sein des blancs, les roux-bloncs sont le plus à risque.
La protection solaire est donc un des seuls éléments préventifs efficaces contre le cancer de la peau.
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« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Le vieillissement de la population et les habitudes solaires excessives sont autant de facteurs entrant en ligne de compte dans l’augmentation du nombre de cancer de la peau depuis plusieurs années.
Le nombre de nouveaux cas de cancers de la peau a triplé entre 1980 et 2012.
Parmi ceux ci les plus fréquents sont les carcinomes (90% des cancers de la peau) avec en tête le basocellulaire qui est le cancer humain le plus fréquentchez l’homme, tous types de cancers et tous organes confondus : on estime que sont dépistés en France environ 80 nouveaux cas / 100 000 habitants / an, soit environ 50000 nouveaux cancers basocellulaires/an en France
Le mélanome est redoutable par son risque métastatique supérieur aux carcinomes. C’est l’un un des cancers dont l’incidence comme la mortalité ont significativement augmenté sur la période 1980-2012 (source : Les cancers en France, avril 2016).
On note donc une augmentation notable des cancers de la peau depuis plusieurs décennies, probablement à cause des expositions solaires accrues notamment
Les crèmes solaires et le cancer de la peau
On dispose de crèmes, gels, sprays… solaires d’indice plus ou moins important et fonctionnant sur le modèle de la réflexion des UV (filtres minéraux) ou de leur absorption (filtres chimiques). Elles ne sont pas dénuées d’effets sur l’environnement notamment.
Les seules études sur l’application régulière de crème solaire et leur protection vis-à-vis du cancer de la peau sont australiennes, montrant une diminution significative du risque de carcinome épidermoide et de mélanome à la condition de les appliquer quotidiennement à la dose de 2mg/cm² de peau, soit les quantités appliquées par les fabriquants pour mesurer leur indice de protection
Or, ce n’est jamais fait dans la vraie vie : la quantité moyenne appliquée à la plage est de 0,5mg/cm² soit 4 fois moins que les doses recommandées. Autant dire qu’une crème solaire ayant un indice inférieur à 30 (« protection haute ») protège très peu la peau du soleil en conditions d’utilisation « normales ».
Pire, l’application d’une crème solaire tend à désinhiber les personnes qui, ne prenant plus de coup de soleil, s’exposent plus et plus longtemps au soleil!
Au total, l’utilisation de crème solaire seule, à la dose couramment utilisée, a des effets pervers
Conclusion
Nous avons vu que le nombre de cancers de la peau augmentait depuis plusieurs décennies et que la protection solaire était le meilleur moyen de les éviter
Or l’utilisation de crème solaire n’a d’effet protecteur qu’à des doses 4 fois supérieures à celles appliquées couramment par les usagers et à la condition de les utiliser tous les jours
On ne répétera donc jamais assez que dans la stratégie de protection solaire, les cremes solaires arrivent en derniere position, derriere la recherche de l’ombre, l’absence d’exposition entre 11H et 16h l’été et le port de vetements couvrants, et qu’il n’est pas recommandé d’utiliser uniquement les cremes solaires pour se protéger du soleil, en dehors des zones non couvertes par les vetements (voir un article sur la protection solaire)
Les cremes solaires n’ont vraiment d’interet que lorsqu’on respecte les autres règles de protection solaire
Revue systematique de la littérature : pas de confirmation que la crème solaire protège du cancer de la peau Protection solaire = dans l'ordre 1. Eviter le soleil notam. entre 11h et 16h 2. Vêtements couvrants 3. Crème solaire sur les zones découvertes https://t.co/vjJoWaOABA
"Bien que les données actuelles ne suggèrent aucun risque accru de cancer de la peau lié à l'utilisation d'écrans solaires, cet examen systématique ne confirme pas les bienfaits protecteurs attendus des écrans solaires contre le cancer de la peau dans la population générale"
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Le carcinome est un cancer de la peau développé à partir des kératinocytes (les cellules de la peau), contrairement a mélanome qui est développé à partir des mélanocytes (cellules pigmentaires de la peau)
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CARCINOMES CUTANES
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Il est issu des cellules basales de l’épiderme d’ou son nom de basocellulaire
C’est le cancer humain le plus fréquent chez l’homme, tous types de cancers et tous organes confondus : on estime que sont dépistés en France environ 80 nouveaux cas / 100 000 habitants / an, soit environ 50000 nouveaux cancers basocellulaires/an en France.
Il est issu de couches plus superficielles de l’épiderme, ou les jonctions entre les cellules ressemblent à des épines, d’ou son nom de spinocellulaire.
Keratoacanthome, une forme de cancer spinocellulaire bien différencié
Il y a de nombreuses causes possibles au développement du carcinome de la peau, mais il faut connaitre le rôle du soleil.
La majorité des caarcinomes de la peau surviennent d’ailleurs sur les zones exposées au soleil (visage, cou, bras… ).
Les carcinomes spinocellulaires se développent généralement chez les personnes qui ont été exposées au soleil de façon chronique et prolongée tout au long de leur vie (personnes travaillant à l’extérieur).
Les carcinomes basocellulaires, se développent quant à eux plutot en cas d’ expositions solaires brutales et répétées, notamment dans l’enfance (voyages dans des pays chauds… )
La protection solaire est donc un des seuls éléments préventifs efficaces contre le carcinome de la peau.
Parmi les autres facteurs favorisants du carcinome de la peau, on peut citer :
le phototype clair : les personnes ayant le plus de risques d’étre atteintes par le cancer de la peau ont la peau claire, les yeux clairs et les cheveux roux ou blonds. Ils ont des difficultés à bronzer et prennent facilement des coups de soleil
les papillomavirus dans certains types de carcinomes spinocellulaire
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Pour choisir une creme solaire, il faut controler plusieurs points importants qui vont déterminer la capacité de protection solaire de la crème et notamment :
IP ou SPF pour Sun Protection Factor : l’indice de protection de la creme solaire, au moins 30
L’indice de protection solaire doit etre de préférence supérieur à 30 (« protection haute »).
En effet, les tests effectués en laboratoire pour déterminer l’indice de protection d’une creme solaire, sont effectués avec des quantités de produit en général tres importantes (2mg/cm² de peau), en tout cas beaucoup plus importantes que celles que l’on s’applique habituellement sur la peau ! : on peut en pratique diviser l’indice de protection par 3 ou 4 en utilisation courante !!
Autant dire qu’une crème solaire ayant un indice inférieur à 30 (« protection haute ») protège très peu la peau du soleil en conditions d’utilisation « normales ».
Ne pas oublier les UVA
Il faut aussi savoir que cet indice de protection (IP ou SPF) concerne en général uniquement les Ultraviolets de type B (UVB), c’est-à-dire les UV qui sont responsables du coup de soleil. Or on sait que les UVA sont eux aussi néfastes pour la peau et qu’il faut aussi s’en protéger. Les UVA longs (pénétrant plus dans la peau) seraient responsables d’un tiers descancer de la peau
Vérifiez donc que la creme solaire protege aussi contre les UVA. L’idéal est que le sigle UVA soit entouré car il signifie alors que la protection UVA est conforme aux normes européennes
Creme solaire affichant le sigle UVA conforme aux normes européennes
Faites-vous plaisir!
Il existe dorénavant de nombreuse galéniques de produits solaires agréables à appliquer même dans les poils pour les hommes, non gras, ne donnant pas un aspect blanc et blafard… On peut citer parmi ceux ci les sprays, brumes sèches, laits, crèmes fluides, émulsions…
Une crème solaire quasiment invisible (photo de gauche enlumiere visible) peut quand même rendre opaque aux UV (photo de droite en ultra violet)
Attention à l’eau
Veillez à avoir un produit résistant à l’eau si vous vous baignez. Et n’omettez quand même pas d’en remettre apres chaque bain et toutes les deux heures
Il est judicieux pour les zones exposées car non protégées par les vêtements et l’ombre, de choisir des cremes solaires pour enfants car elles sont souvent moins riches en filtres chimiques et plus riches en filtres minéraux. De même, elles sont souvent exemptes de parfums pour éviter les allergies au parfum
On recommande parfois d’utiliser préférentiellement des crèmes minérales uniquement chez les enfants dans les premières années de vie pour limiter le risque d’allergie aux filtres chimiques notamment.
Il y a cependant de nombreuses controverses à ce sujet et la meilleure protection de l’enfant reste l’ombre et les vêtements couvrants. De plus un bébé de moins de 3 ans ne devrait jamais être exposé directement au soleil
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Interview du Dr Christelle COMTE, dermatologue , Paris
On ne repetera jamais assez que les produits solaires ne devraient apparaître qu’en troisieme position dans les conseils de photoprotection, apres l’absence d’exposition entre 11h et 16h et la photoprotection externe (chercher l’ombre, porter des vêtements amples et couvrants… ). Quels conseils pouvez-vous donner pour le choix d’un produit solaire, en fonction du type d’exposition, du type de peau, du phototype…
J’aurais tendance à dire qu’il faut simplifier cette question des indices, afin que la photoprotection soit mieux respectée par tous. (La législation est d’ailleurs en train de changer cela, en instaurant, à la place des indices de protection, 4 grandes catégories: très haute protection, haute protection, protection moyenne, faible protection.) Pour simplifier, et compte-tenu de la quantité réellement appliquée par les patients (nettement inférieure à celle utilisée pour calculer les indices), ainsi que de leur rythme dapplication (rarement renouvelé), je préfère toujours recommander un indice maximal (SPF 50) pour tout le monde, en dehors des phototypes foncés (que l’on pourrait qualifier de « méditerranéen » et plus) qui peuvent se contenter de faibles indices de protection. En effet, le but du dermatologue n’est pas d’aider le public à se constituer un beau bronzage, mais à limiter au maximum l’irradiation solaire. Il n’y a jamais aucun inconvénient à appliquer un indice trop fort (à l’exception d’une personne d’origine africaine qui se mettrait un écran total toute l’année et qui pourrait être déficitaire en vitamine D… )
Pour les expositions extrêmes (marins, séjours en bateau, sports d’eau), et surtout chez les hommes, une photoprotection par voie interne peut être associée. La seule association de vitamines qui a fait la preuve de son efficacité (modérée) dans une étude publiée dans une revue scientifique est l’Oenobiol° solaire (NB: pas de conflit d’intérêt). Chez les femmes, il est préférable de déconseiller cette supplémentation orale de manière prolongée en raison d’un risque augmenté de développer un mélanome (HR = 4) (1)
On recommande le plus souvent l’utilisation de filtres minéraux chez les enfants. Quelles en sont les raisons? A partir de quel age peut-on utiliser des filtres chimiques ? Ces produits pénètrent-ils dans l’organisme? Quel est leur inocuité?
Ces « filtres » minéraux sont de manière plus précise appelés « écrans minéraux », pour la raison qu’ils ne transforment ou n’absorbent pas de rayonnement, mais se contentent de le réfléchir, à la manière de petits miroirs si vous préférez. Des miroirs dont le diamètre est de l’ordre du micron. Ils sont totalement inertes (ce sont des minéraux: du titane, du zinc… ), ce qui explique leur excellente tolérance et leur utilisation chez les enfants, et évite de les sensibiliser à une molécule chimique (filtre) potentiellement allergisante. Revers de la médaille: leur côté blanc, qui limite leur utilisation chez l’adulte.
Contrairement à ces écrans qui sont des bloqueurs physiques, qui protègent aussi bien des UVA que des UVB, et ne pénètrent pas dans la peau (tant qu’ils ne sont pas trop micronisés), il y a les absorbeurs chimiques (les filtres), qui sont des molécules absorbant spécifiquement dans une longueur d’onde donnée (UVA ou UVB), et qu’il faut souvent associer pour couvrir l’intégralité du spectre solaire. Les filtres chimiques sont des cosmétiques, et à ce titre peuvent s’utiliser à tout âge, et même chez la femme enceinte a priori. Toutefois, certaines questionnements se sont faits jour (en même temps que pour certains autres composants chimiques tels que les parabènes) concernant leur passage transcutané et leur inocuité. Le primum movens en a peut-être été l’observation d’une féminisation de certains poissons par conséquence de l’effet estrogénique de certains filtres solaires qui avaient contaminé leau. Chez l’homme, Il a été montré que la plupart de ces filtres ne passent pas la barrière cutanée, à l’exception de la benzophénone-3, que l’on a pu retrouver dans les urines (2). L’absorption dépend également du vecteur utilisé (les solutions alcooliques entrainent une absorption plus importante), et du site sur lequel le produit est appliqué (absorption plus importante sur le visage) (3) .
La relation melanome-crème solaire a fait l’objet de publications diverses. Que sait-on de cette relation aujourd’hui?
Il y a eu beaucoup d’études, mais certaines comportaient des biais évidents qui ont conduit à brouiller les pistes et complexifier un sujet déjà délicat.
En résumé, la suppression, par l’usage de crèmes solaires, du coup de soleil comme « sonnette d’alarme » d’une exposition trop importante, et comme facteur limitant l’exposition ultérieure, a pu être considérée comme une mauvaise chose. Cette constatation a engendré les nouvelles normes imposant un ratio entre les protections UVA et B dans les crèmes solaires : si on protège beaucoup des UVB (coup de soleil), alors il est indispensable de protéger aussi de manière puissante contre les UVA (cancérigènes à forte dose cumulée).
La conclusion de Diffey dans une méta-analyse récente (4) résume assez bien la situation à mon sens: bien que l’on n’ait pas réussi à démontrer que l’usage de crèmes solaires protège du mélanome, il serait irresponsable de ne pas encourager leur utilisation, associée au reste de l’arsenal de photoprotection, pour combattre l’augmentation croissante de l’incidence du mélanome.
De plus en plus de patients recourent aux produits solaires bio. Y a-t-il des études fiables concernant leur efficacité?
Il y a un vrai problème là-dessus, car elles n’ont effectivement pas fait la preuve de leur efficacité. Fabriquer une crème solaire est complexe et technique: il faut trouver des filtres qui couvrent l’ensemble du spectre, y compris les UVA les plus longs, il faut qu’ils soient photostables, rémanents, résistants à l’eau, compatibles ensemble et avec le vecteur, bien tolérés… et il faut que la formulation qui en résulte soit confortable, facilement étalable, transparente… C’est souvent un vrai casse-tête pour les industriels spécialistes de ces questions. Alors quand on voit par exemple une crème solaire bio se revendiquant « très haute protection » et « adaptée aux enfants », en se vantant de ne contenir que des algues, de la myrtille, de l’huile de riz et de l’amande douce, il y a de quoi bondir !!!
Meme question pour les produits solaires qui auraient une efficacité durant toute la journée?
Le seul filtre solaire à revendiquer cette propriété est le Daylong, du laboratoire SPIRIG. Là par contre, une étude sérieuse et prospective leur permet de revendiquer leur efficacité (5). J’ai pu par ailleurs constater dans mon expérience sa fiabilité chez plusieurs de mes patients lupiques ou photosensibles qui l’ont utilisé sans poussée au rythme prescrit (NB : pas de conflit d’intérêt).
Références :
1.Hercberg S et al, Antioxidant supplementation increases the risk of skin cancers in women but not in men, J Nutr. 2007 ;137:2098-105
2.Sarveiya V, Risk S, Benson HA Liquid chromatographic assay for common sunscreen agents: application to in vivo assessment of skin penetration and systemic absorption in human volunteers.J Chromatogr B Analyt Technol Biomed Life Sci. 2004 Apr 25;803(2):225-31
3.(Benson HA, Sarveiya V, Risk S, Roberts MS, Influence of anatomical site and topical formulation on skin penetration of sunscreens.Ther Clin Risk Manag. 2005 Sep;1(3):209-18
4.(Diffey BL, Sunscreens as a preventative measure in melanoma: an evidence-based approach or the precautionary principle?Br J Dermatol. 2009 Nov;161 Suppl 3:25-7.)
5.Ulrich C, Jürgensen JS, Degen A, Hackethal M, Ulrich M, Patel MJ, Eberle J, Terhorst D, Sterry W, Stockfleth E.Prevention of non-melanoma skin cancer in organ transplant patients by regular use of a sunscreen: a 24 months, prospective, case-control study. Br J Dermatol. 2009 Nov;161 Suppl 3:78-84.2010/1/13 )
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– Les causes
– Les traitements…
Le meilleur élément pronostique du mélanome est sa découverte précoce . Le médecin va évaluer les facteurs pronostiques qui conditionneront son traitement
Pronostic du mélanome
Le pronostic du melanome est determine par plusieurs elements parmi lesquels on peut citer :
L’epaisseur, determinee par les indices de Breslow et de Clark
L’ulceration
Les signes de regression…
Voir l’article sur le mélanome pour en savoir plus sur les éléments pronostics
J’ai un mélanome, que faire ?
Enlever le mélanome
Dans la très grande majorité des cas, son diagnostic nécessite de l’enlever en totalité et ceci permet d’établir un élément essentiel : la profondeur du melanome malin.
Stades de profondeur du mélanome
En fonction de celle-ci, on décide souvent de reprendre l’ablation, cest-à-dire d’enlever plus largement la cicatrice restante.
Marges d’exérèse selon l’épaisseur de Breslow :
Mélanome in situ = 0,5 cm
0-1 mm = 1 cm
1,01-2 mm = 1-2 cm
2 mm = 2 cm
Mélanome de Dubreuilh non invasif : Marge de 1 cm recommandée. En cas d’impossibilité, une marge de 0,5 cm est acceptable (nécessité dun contrôle histologique strict des berges )
Chercher d’autres mélanomes ou des métastases
On cherche ensuite des lésions ailleurs afin de déterminer l’extension du mélanome malin:
Un autre mélanome ou des lésions secondaires par un examen attentif de tout le corps
Souvent, on pratique des examens radiologiques (radiographie, échographie , recherche de ganglion sentinelle pour les mélanomes de plus de 1mm de Breslow, à discuter en Réunion de Consultation Pluridisciplinaire)
Et les traiter
On détermine ensuite en fonction de ces données si un traitement complémentaire est nécessaire: nécessité d’enlever un autre mélanome, une lésion secondaire cutanée, ganglionnaire / décision d’immunothérapie, de chimiothérapie …
Un élément essentiel est la surveillance régulière par un médecin et par soi-même qui se fait en général à vie.
Surveillance médicale
Suivi des mélanomes stades IA (T1a) et IB (T1b et T2a)
– Un suivi clinique complet (notamment de tout le tégument et des aires ganglionnaires) seul avec 2 visites par an pendant 3 ans, puis annuel à vie.
– Auto – dépistage d’un nouveau mélanome et à l’autodétection d’une récidive.
– Un rappel des conseils de photo protection.
Suivi des mélanomes de stades IIA (moins de 2mm avec ulcération) et IIB
– Un suivi clinique complet, notamment de tout le tégument et des aires ganglionnaires avec 2 à 4 visites par an pendant 3 ans, puis annuel à vie.
– Autodépistage d’un nouveau mélanome et autodétection d’une récidive. – Le rappel des conseils de photo protection
– Une échographie ganglionnaire de l’aire de drainage tous les 3 à 6 mois pendant 3 ans. Il n’y a pas d’indication à une autre imagerie en l’absence de point d’appel clinique.
Auto surveillance à vie
Pratiquez l’auto surveillance régulière (recherche de modification de grain de beauté, d’apparition de tache, de boule sur la peau… )
Examinez votre peau une fois par trimestre selon la méthode d’auto-examen cutané suivante (source : HAS 2006) :
Étape 1 : l’examen direct Examiner à l’il nu les paumes de ses mains et pieds, ses ongles, ses doigts et ses espaces entre les doigts des mains et des pieds, la face avant de ses bras et avant-bras, ses cuisses et ses jambes.
Étape 2 : l’examen avec miroir en pied Se placer devant un miroir en pied vertical et examiner sa peau de haut en bas. Puis tourner vers le miroir le côté gauche puis le côté droit de votre corps, les bras levés à la verticale.
Étape 3 : l’examen avec miroir à main Pour les zones de peau non accessibles à la vue, s’aider d’un miroir à main. Assis sur un tabouret, élevez chaque jambe pour examiner la face interne, externe et postérieure du mollet et de la cuisse. La face postérieure des bras, de la nuque, du dos, le cuir chevelu et la région génitale seront aussi examinées à l’aide du miroir à main. Vous pouvez également demander l’aide d’une personne de son entourage.
Points clés :
Le mélanome est un cancer de la peau formé à partir des mélanocytes (cellules qui pigmentent la peau)
Le facteur pronostique le plus important d’un mélanome est sa découverte précoce
En cas de diagnostic de mélanome, le médecin procède généralement à une reprise d’ablation plus au large, un examen de tout le corps et un bilan d’extension. en fonction de ces données, un traitement secondaire peut être proposé (immunothérapie, recherche de ganglion sentinelle, curage, chimiothérapie… )
Ensuite, une surveillance régulière est proposée au patient
En savoir plus sur le traitement des cancers de la peau
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MELANOME
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Carcinome basocellulaire : diagnostic, formes et traitement
Le carcinome basocellulaire (ou « baso ») est le cancer humain le plus fréquent — 70 nouveaux cas pour 100 000 habitants en France chaque année. Sa mortalité est très faible car il ne donne presque jamais de métastases. Son risque évolutif est principalement local : augmentation de taille (il double environ tous les ans), ulcération, destruction des tissus environnants. Plus il est pris en charge tôt, plus le traitement est simple.
Lésion suspecte, plaie qui ne cicatrise pas ou bouton translucide sur le visage ?
Ne tardez pas — le diagnostic précoce change radicalement la prise en charge. 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
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CARCINOMES CUTANES
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80 % des basocellulaires surviennent sur les zones exposées au soleil (tête, cou). Plus fréquent sur les peaux claires et dans les régions très ensoleillées (400 cas/100 000 en Australie). Les expositions intermittentes semblent plus impliquées que l’exposition chronique.
Naevus de Jadassohn
Hamartome véruco-sébacé pouvant évoluer en basocellulaire.
Xeroderma pigmentosum
Déficit autosomique récessif de la réparation de l’ADN — prédisposition majeure.
Syndrome de Gorlin (naevomatose basocellulaire)
Mutations de la voie de signalisation Sonic Hedgehog — basocellulaires multiples dès le jeune âge.
Radiothérapie ancienne
Concentration de basocellulaires sur d’anciennes zones de radiodermite.
Le basocellulaire survient en général sur peau saine, le plus souvent sur le visage et le cou. Il peut être difficile à diagnostiquer en début d’évolution.
Basocellulaire débutantBasocellulaire débutant : petite plaie du nez qui ne cicatrise pasBasocellulaire débutant : petit bouton translucide
Forme
Aspect clinique
Localisation typique
Nodulaire
Perle translucide et rougeâtre posée sur la peau, vaisseaux arborescents
Visage, nez
Plan cicatriciel
Groupement de petites perles autour d’une zone centrale blanchâtre atrophique avec télangiectasies
Visage
Ulcéreux (ulcus rodens)
Ulcération chronique ne cicatrisant pas, entourée d’un bourrelet de perles
Visage, nez
Pigmenté (« tatoué »)
Contient du pigment mélanique — aspect brun ou noir pouvant ressembler au mélanome
Visage, cou
Sclérodermiforme
Plaque indurée, parfois peu visible — forme infiltrante à risque élevé de récidive
Visage
Superficiel
Plaque rougeâtre progressivement extensive
Tronc surtout
Baso nodulaire du nezBasocellulaire nodulaire typiqueCarcinome basocellulaire ulcéreux térébrant du nezBaso ulcéré — ulcus rodensBaso pigmenté ou tatouéBasocellulaire pigmentéBasocellulaire sclérodermiformeBaso superficielBasocellulaire superficielBaso superficiel au stade de l’exulcération
⚠️ Consultez devant l’apparition de toute tache ou bouton sur la peau, a fortiori s’ils se modifient. Une petite plaie du visage qui ne cicatrise pas en 3 semaines doit être montrée à un médecin.
Diagnostic du carcinome basocellulaire
Le diagnostic est un acte médical nécessitant une consultation. Le dermatologue utilisera la dermatoscopie pour objectiver son impression clinique, puis pratiquera une biopsie sous anesthésie locale.
Forme
Critères dermatoscopiques
Nodulaire / sclérodermiforme
Vaisseaux arborescents — très évocateurs de basocellulaire
Superficiel
Micro-vaisseaux arborescents dans un « désert » rouge-blanc brillant, multiples petites érosions
Pigmenté
Absence de signes de mélanocytes. Présence de : clods bleus, nids ovoïdes, structures en feuilles d’érable, vaisseaux arborescents
DermatoscopeVaisseaux arborescents — basocellulaireStructures bleues dans un basocellulaire pigmentéClods bleus — basocellulaire
La biopsie est essentielle : elle prouve qu’il s’agit bien d’un basocellulaire (et non d’un trichoblastome bénin, d’une maladie de Bowen ou d’un spinocellulaire) et détermine le type histologique — ce qui oriente directement le traitement.
Un bouton translucide, une perle sur la peau, une plaie qui ne guérit pas ?
La biopsie se réalise facilement en consultation — la téléconsultation permet une première évaluation et l’orientation vers le bon niveau de prise en charge. 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Traitement du carcinome basocellulaire
Il est important de traiter rapidement — un basocellulaire évolué devient térébrant et destructeur.
Carcinome basocellulaire évolué du nezDestruction du nez par un basocellulaire — forme négligée
Traitement
Indication principale
Chirurgie d’exérèse
Traitement de référence pour la majorité des formes — marges adaptées au type histologique
Chirurgie de Mohs
Formes sclérodermiformes, récidivantes ou localisations à risque (nez, oreilles, paupières)
Questions fréquentes sur le carcinome basocellulaire
Le carcinome basocellulaire est-il mortel ?
La mortalité du basocellulaire est très faible — il ne donne quasiment jamais de métastases. Son danger est local : augmentation de taille, ulcération, destruction des structures anatomiques adjacentes (nez, paupière, oreille). Diagnostiqué tôt, il se traite simplement par chirurgie.
Comment reconnaître un basocellulaire ?
Les signes d’alerte : un bouton translucide ou nacré sur le visage, une petite plaie qui ne cicatrise pas en 3 semaines, une plaque rougeâtre qui s’étend lentement. Aucun signe n’est spécifique — seule la dermatoscopie et la biopsie permettent le diagnostic certain.
Le basocellulaire peut-il récidiver après traitement ?
Oui, surtout les formes sclérodermiformes et les basocellulaires récidivants. Une surveillance dermatologique annuelle est recommandée après traitement. La chirurgie de Mohs offre les meilleurs taux de guérison pour les formes à risque.
Faut-il arrêter le soleil après un basocellulaire ?
Il n’est pas nécessaire d’arrêter toute exposition, mais une photoprotection rigoureuse (SPF 50+, vêtements couvrants, éviction des heures chaudes) est indispensable à vie pour prévenir les récidives et l’apparition de nouveaux cancers cutanés. Les patients ayant eu un basocellulaire ont un risque accru d’en développer d’autres.
Quelle est la différence entre basocellulaire et mélanome ?
Le basocellulaire est le plus fréquent et le moins dangereux — il ne métastase quasiment jamais. Le mélanome est plus rare mais nettement plus grave car il peut métastaser. Certains basocellulaires pigmentés peuvent ressembler à un mélanome — seule la dermatoscopie et la biopsie permettent de trancher.
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Cancer de la peau : types, symptômes, photos et traitement
Le cancer de la peau est le cancer humain le plus fréquent. Il en existe plusieurs types — les carcinomes (issus des kératinocytes) et les mélanomes (issus des mélanocytes) — dont la gravité, les symptômes et les traitements diffèrent. Détecté tôt, le cancer de la peau est dans la grande majorité des cas guérissable. La prévention solaire reste le meilleur moyen de s’en protéger.
La peau est constituée de cellules — kératinocytes, mélanocytes, cellules de Merkel — qui se renouvellent en permanence. Ce renouvellement les expose à des mutations de l’ADN, provoquées notamment par les rayons ultraviolets. Habituellement, l’organisme répare ces mutations. Lorsqu’une cellule devient cancéreuse, elle perd cette capacité de réparation et se multiplie de façon anarchique, formant une tumeur maligne.
Les principaux types de cancer de la peau
Type
Cellule d’origine
Fréquence
Agressivité
Carcinome basocellulaire
Kératinocytes basaux
50 000 cas/an en France
Locale — métastases exceptionnelles
Carcinome spinocellulaire
Kératinocytes supérieurs
Fréquent
Peut métastaser — risque ganglionnaire
Mélanome
Mélanocytes
10 000 cas/an en France
Élevée — métastases possibles
Le carcinome basocellulaire — le plus fréquent
Carcinome basocellulaire du nez
Le carcinome basocellulaire est le cancer le plus fréquent chez l’homme, tous cancers et tous organes confondus — environ 50 000 nouveaux cas par an en France. Il est issu des kératinocytes de la base de l’épiderme. Sa malignité est essentiellement locale : il ne donne quasiment jamais de métastases. Il se présente souvent comme une petite papule perlée à bord en bourrelet, qui grossit lentement, parfois ulcérée au centre.
Les zones à risque de récidive après traitement sont les zones periorificielles (nez, oreilles, lèvres, yeux).
Kératoacanthome — forme de carcinome spinocellulaire bien différencié
Le carcinome spinocellulaire est issu des couches superficielles de l’épiderme. Il est plus agressif que le basocellulaire — il peut envahir les ganglions régionaux et métastaser à distance. Il peut avoir pour précurseur la kératose actinique, considérée comme un pré-cancer cutané. Une induration (infiltration) de la base d’une kératose actinique, ou une érosion, sont des signes d’évolution vers un carcinome invasif — une biopsie s’impose alors.
Il touche surtout les personnes exposées chroniquement au soleil (travailleurs en extérieur, agriculteurs, marins).
Le mélanome — le plus grave
Le mélanome est issu des mélanocytes. Bien que moins fréquent que les carcinomes (10 000 cas/an), c’est le plus dangereux car il peut métastaser rapidement. Il ressemble souvent à un grain de beauté et se repère grâce à la règle ABCDE (Asymétrie, Bords irréguliers, Couleurs multiples, Diamètre > 6 mm, Évolution). 20 000 personnes meurent chaque année d’un mélanome en Europe.
Il existe d’autres cancers de la peau (carcinome neuro-endocrine, sarcome, lymphome cutané…) que nous n’abordons pas ici
Causes et facteurs de risque du cancer de la peau
Le soleil — cause principale
La majorité des cancers de la peau surviennent sur les zones exposées au soleil (visage, cou, mains, avant-bras). Les UV provoquent des mutations de l’ADN dans les cellules cutanées. Chaque type de cancer a une relation différente avec l’exposition solaire :
Carcinome spinocellulaire — lié à une exposition chronique et prolongée tout au long de la vie (travailleurs en extérieur)
Carcinome basocellulaire — lié plutôt aux expositions intermittentes et brutales, notamment dans l’enfance (coups de soleil, voyages en pays chauds)
Mélanome — lié aux expositions intermittentes et coups de soleil, surtout avant 20 ans
⚠️ Cabines de bronzage : l’OMS recommande d’éviter les UV artificiels. Ils augmentent le risque de mélanome de 25 à 30% et ne font que s’ajouter aux UV naturels déjà reçus.
Autres facteurs de risque
Phototype clair — peau claire, yeux clairs, cheveux roux ou blonds, tendance aux coups de soleil : risque nettement augmenté. Le risque de mélanome est 10 fois moins élevé chez les personnes à peau noire que chez les personnes à peau claire
Grains de beauté nombreux — plus de 50 nævus augmente significativement le risque de mélanome
Antécédents personnels ou familiaux de cancer de la peau — environ 10 % des mélanomes sont liés à une prédisposition génétique
Immunodépression — les patients transplantés ou sous immunosuppresseurs ont un risque accru de carcinomes
Pronostic selon le type de cancer
La gravité d’un cancer de la peau dépend de trois éléments principaux :
La nature — le carcinome basocellulaire est le moins agressif (malignité locale uniquement). Le mélanome est le plus pourvoyeur de métastases
Le stade au diagnostic — plus le cancer est diagnostiqué tôt, meilleur est le pronostic. Le mélanome détecté à moins de 1 mm d’épaisseur a un taux de survie à 5 ans supérieur à 90 %. En cas de métastases, ce taux tombe à 20 %
La localisation — certaines zones sont plus difficiles à opérer et plus à risque de récidive : nez, oreilles, zones periorificielles
Traitement du cancer de la peau
Le traitement de référence est l’ablation chirurgicale, réalisée sous anesthésie locale avec des marges de sécurité adaptées au type et à l’épaisseur de la tumeur. Selon le stade et le type, des traitements complémentaires peuvent être proposés :
Cryothérapie, laser ou photothérapie dynamique — pour les kératoses actiniques et carcinomes basocellulaires superficiels
Imiquimod, 5-fluoro-uracile — traitements topiques pour certains carcinomes superficiels
Radiothérapie — pour les carcinomes inopérables ou en complément
Immunothérapie (anti-PD1) et thérapies ciblées (anti-BRAF) — pour les mélanomes avancés ou métastatiques
Prévention du cancer de la peau
La protection solaire est le seul moyen préventif efficace contre la majorité des cancers cutanés :
Appliquer une crème solaire SPF 30 minimum sur les zones exposées, 30 minutes avant l’exposition, puis toutes les 2 heures et après chaque bain
Éviter l’exposition entre 12h et 16h en été
Porter chapeau à larges bords, vêtements couvrants et lunettes UV
Ne jamais utiliser de cabines de bronzage
Protéger particulièrement les enfants — la peau « garde en mémoire » les coups de soleil reçus dans l’enfance. Un T-shirt mouillé ne protège quasiment plus du soleil
Pratiquer l’auto-examen cutané tous les 3 mois
💡 Vitamine D et soleil : 5 à 10 minutes d’ensoleillement en milieu de journée suffisent à synthétiser le stock quotidien de vitamine D. Les enfants n’ont pas besoin de s’exposer au soleil pour leurs apports en vitamine D — l’alimentation et la supplémentation médicale suffisent.
Quand consulter un dermatologue ?
🚨 Consultez sans attendre si :
— Une lésion cutanée apparaît et grossit progressivement : tout bouton qui ne guérit pas et ne part pas spontanément doit être montré au médecin
— Un grain de beauté change de taille, de forme ou de couleur
— Une lésion saigne, croûte ou s’ulcère sans traumatisme
— Vous avez un antécédent personnel ou familial de cancer de la peau
— Vous appartenez à un groupe à risque (phototype clair, nombreux grains de beauté)
Quels sont les premiers signes d’un cancer de la peau ?
Les signes d’alerte varient selon le type. Le carcinome basocellulaire se présente souvent comme une petite papule perlée qui grossit lentement, parfois ulcérée au centre. Le mélanome ressemble à un grain de beauté irrégulier qui change (règle ABCDE). Le carcinome spinocellulaire apparaît souvent comme une plaque épaisse, rouge, croûteuse qui ne guérit pas. La règle générale : toute lésion qui apparaît, grossit ou évolue doit être montrée à un dermatologue.
Le cancer de la peau se guérit-il ?
Oui, dans la grande majorité des cas quand il est détecté tôt. Le carcinome basocellulaire est guérissable dans plus de 95 % des cas par chirurgie. Le mélanome de stade I a un taux de survie à 5 ans supérieur à 90 %. C’est pourquoi le dépistage précoce est l’enjeu essentiel — un cancer de la peau détecté à un stade avancé est beaucoup plus difficile à traiter.
Le soleil provoque-t-il vraiment le cancer de la peau ?
Oui, c’est la cause principale de la majorité des cancers cutanés. Les UV du soleil provoquent des mutations de l’ADN dans les cellules de la peau. Ces mutations s’accumulent tout au long de la vie — c’est pourquoi les cancers de la peau apparaissent souvent après 50 ans, mais résultent d’expositions accumulées depuis l’enfance. Un seul coup de soleil sévère dans l’enfance double le risque de mélanome à l’âge adulte.
Comment protéger les enfants du soleil ?
Évitez toute exposition directe entre 11h et 16h. Privilégiez l’ombre (un mur ombragé protège mieux qu’un parasol). Utilisez des vêtements anti-UV, un chapeau à larges bords et des lunettes de soleil adaptées. Appliquez une crème SPF 50+ sur les zones découvertes. Un T-shirt classique mouillé perd la majorité de sa protection solaire. Les enfants n’ont pas besoin du soleil pour synthétiser leur vitamine D — l’alimentation et la supplémentation suffisent.
Quelle est la différence entre un grain de beauté et un mélanome ?
Un grain de beauté bénin est symétrique, à bords réguliers, d’une couleur homogène et stable dans le temps. Un mélanome est asymétrique, à bords irréguliers, de plusieurs couleurs, et évolue en taille ou en forme. La règle ABCDE aide à s’orienter, mais seul un dermatologue avec dermatoscope peut établir un diagnostic certain. En cas de doute, consultez sans attendre.
Faut-il éviter totalement le soleil pour prévenir le cancer de la peau ?
Non — une exposition raisonnable et protégée est possible. Il suffit d’éviter les coups de soleil et les expositions prolongées sans protection, surtout entre 12h et 16h. Une crème SPF 30 (en hiver), 50+ en été en Métropole, appliquée correctement (toutes les 2 heures, après chaque bain) protège efficacement. L’objectif n’est pas d’éviter le soleil mais de l’exposer intelligemment — en préservant son « capital soleil ».