Carcinome basocellulaire : diagnostic, formes et traitement
Le carcinome basocellulaire (ou « baso ») est le cancer humain le plus fréquent — 70 nouveaux cas pour 100 000 habitants en France chaque année. Sa mortalité est très faible car il ne donne presque jamais de métastases. Son risque évolutif est principalement local : augmentation de taille (il double environ tous les ans), ulcération, destruction des tissus environnants. Plus il est pris en charge tôt, plus le traitement est simple.
Lésion suspecte, plaie qui ne cicatrise pas ou bouton translucide sur le visage ?
Ne tardez pas — le diagnostic précoce change radicalement la prise en charge.
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« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Cet article en vidéo

Sommaire :
Causes et facteurs de risque |
Formes cliniques |
Diagnostic |
Traitement |
Pages spécialisées |
Questions fréquentes
Causes et facteurs de risque
| Facteur | Détail |
|---|---|
| Exposition solaire (principal) | 80 % des basocellulaires surviennent sur les zones exposées au soleil (tête, cou). Plus fréquent sur les peaux claires et dans les régions très ensoleillées (400 cas/100 000 en Australie). Les expositions intermittentes semblent plus impliquées que l’exposition chronique. |
| Naevus de Jadassohn | Hamartome véruco-sébacé pouvant évoluer en basocellulaire. |
| Xeroderma pigmentosum | Déficit autosomique récessif de la réparation de l’ADN — prédisposition majeure. |
| Syndrome de Gorlin (naevomatose basocellulaire) | Mutations de la voie de signalisation Sonic Hedgehog — basocellulaires multiples dès le jeune âge. |
| Radiothérapie ancienne | Concentration de basocellulaires sur d’anciennes zones de radiodermite. |

→ Voir : effets du soleil sur la peau
Formes cliniques du carcinome basocellulaire
Le basocellulaire survient en général sur peau saine, le plus souvent sur le visage et le cou. Il peut être difficile à diagnostiquer en début d’évolution.



| Forme | Aspect clinique | Localisation typique |
|---|---|---|
| Nodulaire | Perle translucide et rougeâtre posée sur la peau, vaisseaux arborescents | Visage, nez |
| Plan cicatriciel | Groupement de petites perles autour d’une zone centrale blanchâtre atrophique avec télangiectasies | Visage |
| Ulcéreux (ulcus rodens) | Ulcération chronique ne cicatrisant pas, entourée d’un bourrelet de perles | Visage, nez |
| Pigmenté (« tatoué ») | Contient du pigment mélanique — aspect brun ou noir pouvant ressembler au mélanome | Visage, cou |
| Sclérodermiforme | Plaque indurée, parfois peu visible — forme infiltrante à risque élevé de récidive | Visage |
| Superficiel | Plaque rougeâtre progressivement extensive | Tronc surtout |








⚠️ Consultez devant l’apparition de toute tache ou bouton sur la peau, a fortiori s’ils se modifient. Une petite plaie du visage qui ne cicatrise pas en 3 semaines doit être montrée à un médecin.
Diagnostic du carcinome basocellulaire
Le diagnostic est un acte médical nécessitant une consultation. Le dermatologue utilisera la dermatoscopie pour objectiver son impression clinique, puis pratiquera une biopsie sous anesthésie locale.
| Forme | Critères dermatoscopiques |
|---|---|
| Nodulaire / sclérodermiforme | Vaisseaux arborescents — très évocateurs de basocellulaire |
| Superficiel | Micro-vaisseaux arborescents dans un « désert » rouge-blanc brillant, multiples petites érosions |
| Pigmenté | Absence de signes de mélanocytes. Présence de : clods bleus, nids ovoïdes, structures en feuilles d’érable, vaisseaux arborescents |


La biopsie est essentielle : elle prouve qu’il s’agit bien d’un basocellulaire (et non d’un trichoblastome bénin, d’une maladie de Bowen ou d’un spinocellulaire) et détermine le type histologique — ce qui oriente directement le traitement.
Un bouton translucide, une perle sur la peau, une plaie qui ne guérit pas ?
La biopsie se réalise facilement en consultation — la téléconsultation permet une première évaluation et l’orientation vers le bon niveau de prise en charge.
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Traitement du carcinome basocellulaire
Il est important de traiter rapidement — un basocellulaire évolué devient térébrant et destructeur.


| Traitement | Indication principale |
|---|---|
| Chirurgie d’exérèse | Traitement de référence pour la majorité des formes — marges adaptées au type histologique |
| Chirurgie de Mohs | Formes sclérodermiformes, récidivantes ou localisations à risque (nez, oreilles, paupières) |
| Imiquimod (Aldara®) topique | Basocellulaires superficiels uniquement — application locale 5 jours/7 |
| Photothérapie dynamique (PDT) | Basocellulaires superficiels minces — alternative à l’imiquimod |
| Radiothérapie | Patients âgés, contre-indication à la chirurgie ou formes inopérables |
| Vismodégib (Erivedge®) Inhibiteur de la voie Hedgehog |
Formes localement avancées inopérables ou métastatiques (exceptionnelles) |
→ Voir la fiche consacrée au traitement du carcinome basocellulaire
En savoir plus sur le traitement des cancers de la peau
Pages spécialisées — cancers cutanés
Carcinome basocellulaire
→ Traitement du carcinome basocellulaire — chirurgie, imiquimod, PDT
→ Dermatoscopie — lecture des lésions pigmentées
→ Effets du soleil sur la peau — prévention
Autres cancers cutanés et diagnostics différentiels
→ Mélanome — diagnostic, stades, traitement
→ Maladie de Bowen — carcinome in situ
→ Kératose séborrhéique — diagnostic différentiel
→ Téléconsultation dermatologue
Questions fréquentes sur le carcinome basocellulaire
Le carcinome basocellulaire est-il mortel ?
La mortalité du basocellulaire est très faible — il ne donne quasiment jamais de métastases. Son danger est local : augmentation de taille, ulcération, destruction des structures anatomiques adjacentes (nez, paupière, oreille). Diagnostiqué tôt, il se traite simplement par chirurgie.
Comment reconnaître un basocellulaire ?
Les signes d’alerte : un bouton translucide ou nacré sur le visage, une petite plaie qui ne cicatrise pas en 3 semaines, une plaque rougeâtre qui s’étend lentement. Aucun signe n’est spécifique — seule la dermatoscopie et la biopsie permettent le diagnostic certain.
Le basocellulaire peut-il récidiver après traitement ?
Oui, surtout les formes sclérodermiformes et les basocellulaires récidivants. Une surveillance dermatologique annuelle est recommandée après traitement. La chirurgie de Mohs offre les meilleurs taux de guérison pour les formes à risque.
Faut-il arrêter le soleil après un basocellulaire ?
Il n’est pas nécessaire d’arrêter toute exposition, mais une photoprotection rigoureuse (SPF 50+, vêtements couvrants, éviction des heures chaudes) est indispensable à vie pour prévenir les récidives et l’apparition de nouveaux cancers cutanés. Les patients ayant eu un basocellulaire ont un risque accru d’en développer d’autres.
Quelle est la différence entre basocellulaire et mélanome ?
Le basocellulaire est le plus fréquent et le moins dangereux — il ne métastase quasiment jamais. Le mélanome est plus rare mais nettement plus grave car il peut métastaser. Certains basocellulaires pigmentés peuvent ressembler à un mélanome — seule la dermatoscopie et la biopsie permettent de trancher.
Voir aussi :
Traitement du baso |
Mélanome |
Maladie de Bowen |
Dermatoscopie |
Soleil et peau |
Téléconsultation dermatologue
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Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
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