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Les erreurs du quotidien qui aggravent les symptômes sans qu'on le sache
Les routines recommandées par les spécialistes
Les facteurs de vie quotidienne à améliorer (alimentation, stress, sommeil, soleil…)
Les mécanismes, les causes, les traitements, et j'espère les réponses à toutes les questions que vous vous posez et que parfois vous n'osez pas poser au médecin
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Dernière mise à jour : 24 avril 2026
Impétigo
Cet article en vidéo :
L’impétigo est une infection bactérienne superficielle de la peau, due au staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) ou au streptocoque du groupe A (Streptococcus pyogenes). C’est l’infection cutanée bactérienne la plus fréquente chez l’enfant, avec un pic d’incidence avant 10 ans et une prédominance estivale. La bactérie pénètre dans la peau par une « porte d’entrée » : piqûre d’insecte, eczéma, égratignure, varicelle… Elle provoque une éruption de croûtes jaunâtres dites mélicériques (ressemblant à du miel cristallisé), parfois de bulles à contenu trouble, typiquement autour de la bouche et des narines des enfants. Très contagieux, l’impétigo se propage par auto-inoculation (grattage) et peut toucher d’autres enfants dans la famille ou à l’école. Son traitement repose sur les antibiotiques locaux ou généraux selon l’étendue des lésions.
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« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
L’impétigo, qu’est-ce que c’est ?
L’impétigo est l’infection bactérienne de la peau la plus fréquente chez l’enfant. Il est dû au Staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) dans environ 90 % des cas en France, ou plus rarement au Streptocoque pyogenes (groupe A). Il est très contagieux — pour soi-même par auto-inoculation lors du grattage, et pour les autres enfants par contact direct avec les lésions ou les objets souillés (linge, jouets). Il est caractérisé par l’apparition rapide, principalement sur le visage et le corps, de vésicules évoluant vers des croûtes jaunâtres mélicériques, parfois de bulles. Il survient fréquemment sous forme épidémique dans les crèches et les écoles, notamment en été et en automne.

Symptômes : les deux formes cliniques
L’impétigo croûteux (pyodermite) — la forme la plus fréquente (70 %)

Très fréquent chez l’enfant de moins de 10 ans, sa lésion initiale est une vésicule entourée d’une auréole rouge. Celle-ci se rompt rapidement, suinte, et se forme alors une croûte jaunâtre dite mélicérique (ressemblant à du miel cristallisé). Les lésions siègent préférentiellement sur le visage — en particulier autour de la bouche et des narines — et peuvent essaimer sur le corps par grattage. Des ganglions satellites dans la zone de drainage sont fréquents. L’impétigo peut provoquer des démangeaisons. La fièvre est habituellement absente.

L’impétigo bulleux
Plus rare, l’impétigo bulleux est dû principalement au staphylocoque doré producteur de toxines exfoliantes (toxines A et B). Il est caractérisé par l’apparition de bulles à contenu trouble de 1 à 2 cm de diamètre, à paroi fragile, qui se rompent et laissent des érosions cutanées extensives à fond rosé. Il touche surtout les nourrissons et les jeunes enfants de moins de 2 ans.

Évolution, autres types d’impétigo et complications
L’impétigo peut guérir spontanément en 2 à 3 semaines, mais il n’est pas recommandé de s’abstenir de traiter : non traité, il s’étend rapidement, contamine l’entourage et peut évoluer vers des formes plus sévères ou se compliquer.
Formes évolutives particulières
- Ecthyma : forme nécrotique creusante, notamment sur les membres inférieurs chez des adultes fragilisés (diabétiques, immunodéprimés, alcooliques). La croûte devient noirâtre, s’étend et creuse la peau en profondeur, laissant une ulcération.
- Pyodermite végétante : en cas de macération prolongée, les lésions s’infiltrent et deviennent papillomateuses.
- Impétiginisation : surinfection bactérienne d’une dermatose préexistante (eczéma, gale, pédiculose, varicelle, prurigo). Le traitement de la dermatose sous-jacente est indispensable.
Complications locales et générales
- Locales : abcès, lymphangite, ostéite/ostéo-arthrite
- Générales : pneumonie, septicémie, glomérulonéphrite post-streptococcique (complication rénale rare mais grave, liée au streptocoque), rhumatisme articulaire aigu
Critères définissant un impétigo grave
- Ecthyma (forme nécrotique creusante)
- Surface cutanée atteinte > 2 % de la surface corporelle totale
- Plus de 6 sites lésionnels
- Extension rapide des lésions
- Immunodépression ou terrain fragilisé
L’impétigo s’étend vite et peut se compliquer. Consultez dès les premiers signes pour un traitement adapté.
Traitement de l’impétigo
Le traitement repose sur les recommandations HAS 2019/2024. Il vise à accélérer la guérison, éviter l’extension et limiter la contagion. Le choix entre traitement local et général dépend de l’étendue et de la sévérité des lésions.
A/ Soins d’hygiène — mesures communes à toutes les formes
- Lavage quotidien (ou biquotidien) à l’eau et au savon des lésions et des mains
- Pas d’antiseptiques locaux : leur usage n’est pas recommandé et peut irriter la peau
- Application biquotidienne de vaseline pour ramollir et décoller les croûtes sans les gratter (en cas de traitement général)
- Couper les ongles courts et se laver les mains fréquemment pour limiter l’auto-inoculation
- Percer les bulles avec une aiguille stérile si nécessaire
- Vérifier le statut vaccinal antitétanique
A.1/ Éviction scolaire
Si les lésions ne sont pas protégeables par un pansement : 3 jours d’éviction après le début du traitement (retour possible 48 h après le début d’une antibiothérapie orale). Signaler le cas à la direction de l’établissement.
B/ Traitement de l’impétigo simple (localisé ou peu étendu)
Critères : surface atteinte < 2 % de la surface corporelle, moins de 6 lésions, sans extension rapide.
- Mupirocine (Mupiderm®) — antibiotique local de première intention selon les recommandations HAS 2024 : 2 à 3 applications par jour pendant 5 jours. Préférée à l’acide fusidique en France pour préserver son usage oral/parentéral et limiter l’émergence de résistances.
- Acide fusidique (Fucidine®) : 2 à 3 applications par jour pendant 5 jours. Alternative à la mupirocine, efficacité comparable ; taux de résistance en légère augmentation en France.
C/ Traitement de l’impétigo grave
Une antibiothérapie par voie générale orale est indiquée pendant 7 jours, sans attendre les résultats du prélèvement bactériologique. En cas de traitement général, ne pas associer d’antibiothérapie locale (pas d’association local + oral) ; utiliser la vaseline seule pour les soins de plaies.
| Patient | Antibiotique de 1re intention | Alternative (allergie pénicilline) |
|---|---|---|
| Adulte | Pristinamycine 1 g × 3/j pendant 7 j ou Céfalexine 2–4 g/j pendant 7 j |
Pristinamycine 1 g × 3/j pendant 7 j |
| Enfant | Amoxicilline/acide clavulanique 80 mg/kg/j (max 3 g/j) pendant 7 j ou Céfadroxil 100 mg/kg/j pendant 7 j ou Céfadroxil : 50 mg/kg/j en 2–3 prises (max 4 g/j) [HAS 2024] |
Josamycine 50 mg/kg/j pendant 7 j ou Cotrimoxazole 30 mg/kg/j de SMX pendant 7 j [HAS 2024] |
Quand faut-il reconsulter en urgence ?
- La peau autour des lésions devient rouge, enflée et douloureuse (signe de cellulite)
- Apparition de bulles de plus de 2 cm de diamètre
- Les urines deviennent rouges ou foncées (signe de glomérulonéphrite)
- Fièvre ou altération de l’état général
- Absence d’amélioration après 48 h de traitement bien conduit
Les conseils du dermatologue
- Les infections de la peau et les infections des poils peuvent s’aggraver en l’absence de traitement adéquat (lymphangite, septicémie). Ne pas toucher ni manipuler les lésions : la majorité des complications survient en cas de consultation trop tardive ou de manipulation intempestive.
- Ne pas utiliser d’anti-inflammatoires (cortisone ou AINS) pour une infection cutanée : ils masquent les signes infectieux et favorisent l’aggravation silencieuse.
- Vérifier que le vaccin antitétanique est à jour : toute plaie cutanée peut être une porte d’entrée du tétanos.
- En cas d’eczéma sous-jacent ou de dermatose chronique (gale, pédiculose, varicelle), traiter simultanément la cause pour éviter les récidives d’impétiginisation.
Pour toute infection cutanée chez l’enfant ou l’adulte, un avis dermatologique permet un traitement rapide et adapté.
Points clés
- L’impétigo est l’infection cutanée bactérienne la plus fréquente chez l’enfant, due au staphylocoque doré (90 % en France) ou au streptocoque
- Il se présente sous deux formes : croûteuse (70 %, mélicérique) et bulleuse (plus rare, nourrisson)
- L’impétigo est très contagieux : éviction scolaire 3 jours si lésions non protégeables, lavage des mains systématique
- Le traitement des formes simples repose sur la mupirocine locale 5 jours — sans antibiotique oral ni antiseptique
- Les formes graves (ecthyma, >6 lésions, >2 % surface corporelle) nécessitent un antibiotique oral 7 jours et un prélèvement bactériologique
- Les complications (glomérulonéphrite, septicémie) sont rares mais imposent une consultation rapide en cas de signes d’alarme
Questions fréquentes
À partir de quel âge un bébé peut-il attraper un impétigo ?
Théoriquement, l’impétigo peut survenir à tout âge, mais il est plus fréquent à partir de l’entrée en collectivité (crèche, école) car il résulte le plus souvent d’une contamination par contact avec d’autres enfants. Sa fréquence diminue à l’adolescence : le système immunitaire est plus mature et les réflexes d’hygiène mieux acquis. L’éviction de la collectivité est importante pour limiter la transmission.
L’impétigo laisse-t-il des cicatrices ?
Non. Un impétigo bien traité guérit en deux semaines environ et les lésions disparaissent sans laisser de cicatrices. En revanche, l’ecthyma (forme nécrotique profonde) peut laisser une cicatrice résiduelle.
L’impétigo peut-il récidiver ?
Oui. Les récidives sont possibles, surtout si l’enfant est porteur nasal de staphylocoque (dans les narines). En cas de récidives fréquentes, un traitement décolonisant nasal par mupirocine peut être discuté, ainsi que la recherche et le traitement des porteurs dans l’entourage.
Peut-on donner un bain à un enfant avec de l’impétigo ?
Oui, le bain quotidien au savon doux est au contraire recommandé pour nettoyer les lésions. Il faut éviter le partage des serviettes, éponges et gants de toilette avec le reste de la famille pour ne pas contaminer l’entourage.
L’impétigo est-il dangereux pour un nouveau-né ou un nourrisson ?
Chez le nourrisson, les complications peuvent être plus sévères, notamment l’épidermolyse staphylococcique aiguë (décollement cutané étendu) et la septicémie. Tout impétigo chez un nourrisson de moins de 3 mois doit être évalué en urgence.
Voir aussi : Staphylocoque doré — Infections cutanées bactériennes — Eczéma
Et pour aller plus loin…
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Références scientifiques
- HAS. Choix et durées d’antibiothérapies : prise en charge de l’impétigo de l’adulte et de l’enfant. Fiche mémo. Haute Autorité de Santé, 2019, mise à jour 2024. has-sante.fr
- Koning S, van der Sande R, Verhagen AP, et al. Interventions for impetigo. Cochrane Database Syst Rev. 2012;(1):CD003261. PubMed 22258953
- Nardi NM, Schaefer TJ. Impetigo. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2024. PubMed 29630268
- Monsel G, Pourcher V, Caumes E. Infection cutanée bactérienne. EMC — AKOS (Traité de Médecine). 2017;13(1):1-7 [Article 4-0980].
- Société française de dermatologie (SFD). Recommandations pour la prise en charge des infections cutanées bactériennes courantes, 2019. Accéder au document
Mis à jour le 24 avril 2025 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.
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Quelle différence entre impétigo et impetiginisation
L’impetiginisation est une surinfection à germes pyogènes d’une dermatose préexistante, donnant des croutes méliceriques d’impetigo
Bonjour , ma fille de 3 ans aurai cela depuis plus d’1 mois , cela apparait en lésion rouge puis bulle pleine de liquide puis croute ( bras , mains , jambes , pieds , presque partout , sans cesse .
Nous attendons resultats prelevement labo , prise de sang RAS .Augmentin pdt 16 jrs , aucun résultat .
Pensez vous a autre chose ?
Merci pour votre aide .
Ps : je peux vous envoyer des photos
Il peut aussi exister des maladies bulleuses touchant l’enfant, mais ces diagnostics devront être effectués par les médecins qui la suivent
Ma fille a attrapé l’impetigo, je l’ai emmené chez un médecin qui lui a donné un antibiotique par voie orale sur une durée de 8 jours. La semaine qui suivait son frère l’a attrapé à son tour, je l’ai également emmené chez le médecin qui lui a prescrit du mupiderm et ma fille à de nouveau rattrapé l’impetigo 😔. Je lui ai donc mis cette crème antibiotique que ma prescrit le médecin mais les lésions n’arrêtent pas de sortir à droite et à gauche. Dois-je continuer le traitement et ça devrait se stopper ou bien faut il que je retourne voir le médecin pour traiter plus en profondeur ?
Il vaudrait mieux refaire le point avec votre medecin