Eczema ou mycose cutanée? Faire la différence



Mis à jour le 9 juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Eczéma et mycose de la peau provoquent tous deux des plaques rouges qui démangent – et ils sont confondus dans plus de 30 % des cas en médecine générale. Pourtant, leur mécanisme est radicalement différent : l’un est une inflammation d’origine immunologique, l’autre une infection fongique contagieuse. Appliquer de la cortisone sur une mycose non diagnostiquée aggrave l’infection et masque le tableau clinique – c’est le piège du tinea incognito. Cinq critères simples permettent de les distinguer sans examens complémentaires dans la majorité des cas.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Pourquoi confond-on si souvent eczéma et mycose ?

La confusion est compréhensible, et elle arrive à tout le monde – patients comme médecins. Les deux affections partagent un tableau d’entrée très similaire : une plaque rouge, squameuse, qui démange, qui peut se localiser sur n’importe quelle zone du corps, et qui récidive volontiers. Aucun signe pathognomonique absolu ne permet à l’œil nu, dans tous les cas, de trancher avec certitude.

Ce qui aggrave la confusion, c’est la variabilité des deux pathologies. Un eczéma annulaire – en plaques rondes comme des pièces de monnaie – ressemble presque trait pour trait à une dermatophytose (champignon de la peau en forme de cercle). À l’inverse, une mycose ancienne, ou une mycose traitée partiellement avec une crème corticoïde, peut perdre sa morphologie annulaire caractéristique et devenir indiscernable d’un eczéma irritatif ou allergique.

À savoir : Une étude clinique sur le tinea incognito a montré que dans une cohorte de 90 patients atteints de mycose modifiée par les corticoïdes, 67 % avaient reçu le diagnostic initial d’eczéma, 18 % d’intertrigo et 15 % de psoriasis. La mycose était passée totalement inaperçue dans les trois quarts des cas.

Le problème est loin d’être anodin. Traiter une mycose avec un dermocorticoïde, c’est nourrir l’infection : les corticoïdes suppriment la réponse immunitaire locale, permettant au champignon de s’étendre sans résistance. La plaque s’agrandit, perd son bord actif caractéristique, et le tableau devient celui d’un tinea incognito – une mycose déguisée, souvent pendant des semaines ou des mois, au prix d’un traitement plus long et plus complexe.

Les 5 critères cliniques pour distinguer eczéma et mycose

Cinq éléments d’examen permettent dans la grande majorité des cas de s’orienter dans le bon sens, sans prélèvement ni analyse. Ils ne se substituent pas à l’avis médical, mais ils donnent des repères concrets pour guider la décision de consulter et orienter le médecin.

Critère Eczéma Mycose (dermatophytose)
Forme de la plaque Contours flous, irréguliers, parfois confluents Bord net, annulaire ou en arc, centre plus pâle
Progression Stable ou fluctuante selon les poussées Extension centrifuge progressive (la plaque grandit)
Vésicules Petites vésicules prurigineuses, souvent en nappe Squames sèches sur le bord actif, rarement vésiculaire
Peau environnante Sèche, rugueuse, souvent lichénifiée à terme Peau saine autour de la lésion
Réponse à la cortisone Amélioration nette en 3–5 jours Soulagement temporaire, puis aggravation ou extension
Contagiosité Non contagieux Contagieux (contact, linge, animaux)
Contexte favorisant Terrain atopique, allergènes, stress, irritants Transpiration, macération, piscine, contact animal

L’eczéma annulaire : la forme qui piège le plus souvent

Parmi les différentes formes d’eczéma, la forme annulaire – appelée aussi eczéma discoïde – est celle qui ressemble le plus à une mycose cutanée. Elle se présente sous forme de plaques rondes ou ovales, bien délimitées, de 1 à 10 cm de diamètre, souvent localisées sur les membres. La confusion avec un champignon de la peau de type tinea corporis (herpès circiné, ou roue de sainte-Catherine) est quasi systématique à l’examen clinique rapide.

Pourtant, quelques détails permettent de les distinguer. L’eczéma nummulaire est uniformément squameux sur toute la surface de la plaque, souvent associé à une peau globalement sèche sur l’ensemble du corps. La mycose, elle, présente un bord périphérique plus actif – plus rouge, plus squameux, plus prurigineux – tandis que le centre de la lésion tend à s’éclaircir au fil des semaines, signe de cicatrisation centripète.

Attention : L’eczéma annulaire est fréquemment associé à une allergie de contact. Si les plaques récidivent malgré un traitement bien conduit, des patch-tests sont recommandés pour identifier un allergène de contact (nickel, parfums, conservateurs). Cette démarche change complètement la stratégie thérapeutique.

Le tinea incognito : quand la cortisone fait disparaître les indices

Le tinea incognito est l’une des erreurs diagnostiques les plus fréquentes en dermatologie. Le scénario est toujours le même : une plaque rouge suspecte apparaît, le patient – ou son médecin – l’identifie comme un eczéma et applique une crème corticoïde. Dans un premier temps, les démangeaisons diminuent et la plaque semble s’améliorer. Mais quelques jours plus tard, la lésion s’étend, déborde, perd sa forme initiale, et résiste aux traitements habituels.

Ce phénomène a une explication simple : les corticoïdes topiques suppriment la réaction inflammatoire locale qui constitue précisément la défense naturelle contre le champignon. Le dermatophyte, libéré de cette pression immunitaire, se développe librement. La plaque peut alors atteindre des dimensions inhabituelles, toucher plusieurs zones, et simuler des tableaux évocateurs de lupus, de psoriasis ou de granulome annulaire.

Conseil pratique : Si une plaque s’améliore au début avec la cortisone puis reprend de plus belle à l’arrêt, ou si elle continue à s’étendre malgré le traitement, il faut systématiquement évoquer une mycose sous-jacente. Ce signal doit conduire à une consultation dermatologique – et surtout à stopper immédiatement le corticoïde avant que la situation ne se complique davantage.

Mycose et eczéma : quand les deux se superposent

Les deux pathologies ne s’excluent pas mutuellement – bien au contraire. Chez certains patients, notamment ceux qui souffrent d’eczéma atopique, une mycose peut venir aggraver ou entretenir les poussées. Le mécanisme est double.

D’une part, la barrière cutanée altérée de l’eczémateux favorise la colonisation fongique. D’autre part, certains champignons – notamment Malassezia, levure naturellement présente sur la peau – peuvent sensibiliser le système immunitaire et déclencher des réactions inflammatoires qui ressemblent à de l’eczéma atopique, en particulier sur le visage, le cou et le haut du tronc voire une allergie à Malassezia  donnant un véritable eczema de la tête et du cou (Head and Neck Dermatitis).

La relation entre mycose des pieds et dysidrose est encore plus directe. Une tinea pedis – mycose interdigitale des orteils – peut provoquer une réaction immunologique à distance appelée réaction « id » : des vésicules prurigineuses apparaissent sur les bords des doigts ou des orteils, constituant un tableau de dysidrose. Dans ce cas, traiter uniquement l’eczéma avec des dermocorticoïdes ne résout rien : c’est la mycose des pieds qu’il faut éradiquer en premier.

Les localisations qui orientent le diagnostic

La localisation de la lésion est un élément d’orientation très précieux. Certaines zones du corps sont clairement plus à risque de mycose, d’autres sont plutôt le terrain de l’eczéma.

Zone Plutôt eczéma Plutôt mycose
Plis (aines, aisselles, sous-mammaires) Eczéma allergique de contact (déodorant, tissu) Candidose ou dermatophyte (rougeur de l’aine)
Pieds / orteils Dysidrose, eczéma allergique de contact (chaussure) Tinea pedis (pied d’athlète) +++
Tronc Eczéma annulaire, eczéma atopique Pityriasis versicolor, tinea corporis (mycose de la peau glabre)
Visage Dermatite atopique, eczéma séborrhéique Tinea faciei (souvent tinea incognito)
Creux du coude / creux poplité Eczéma atopique +++ Rare (sauf si immunodépression)
Ongles Psoriasis unguéal, eczéma unguéal Onychomycose (épaississement, jaunissement)

Comment confirmer le diagnostic ? Le rôle du prélèvement mycologique

Quand le doute clinique persiste – et il persiste souvent – le prélèvement mycologique reste l’examen de référence. En consultation, ou au laboratoire, on gratte le bord actif de la plaque à l’aide d’un vaccinostyle ou du bord d’une lame, recueille quelques squames, et les examine directement au microscope après éclaircissement à l’hydroxyde de potassium (KOH). En moins de cinq minutes, la présence ou l’absence de filaments fongiques est visible.

La culture mycologique, plus sensible, permet d’identifier précisément l’espèce en cause, mais nécessite 3 à 4 semaines d’incubation. Elle est indispensable avant de prescrire un traitement antifongique systémique prolongé, et utile en cas de récidive ou de résistance aux antifongiques habituels.

À savoir : Si un traitement antifongique local bien conduit (2 applications par jour pendant 3 semaines complètes) ne donne aucun résultat, le diagnostic de mycose doit être remis en question. Un eczéma annulaire traité à tort comme une mycose pendant plusieurs semaines aggrave la sécheresse cutanée et peut conduire à une lichénification des plaques, rendant le traitement ultérieur plus difficile.

Traitements : les différences fondamentales

L’enjeu diagnostique est avant tout thérapeutique : les traitements sont non seulement différents, mais potentiellement délétères si on les applique à la mauvaise affection. Un antifongique appliqué sur un eczéma n’a aucun effet. Un dermocorticoïde appliqué sur une mycose l’aggrave.

Pour l’eczéma, le traitement de référence en poussée est le dermocorticoïde topique, associé à une émollience quotidienne intensive. En cas d’eczéma de contact, l’identification et l’éviction de l’allergène sont indispensables. Les formes modérées à sévères peuvent bénéficier de traitements systémiques (ciclosporine, dupilumab, inhibiteurs de JAK) selon les recommandations 2025 de la Société française de dermatologie.

Pour la mycose cutanée, les antifongiques locaux (éconazoleterbinafine, ciclopirox) constituent le traitement de première intention pendant 3 semaines minimum. Les formes étendues, résistantes ou avec atteinte des ongles et des cheveux nécessitent un antifongique par voie orale (terbinafine, fluconazole, itraconazole), avec surveillance hépatique préalable pour les traitements prolongés.

Conseil : En cas de mycose des plis ou des pieds, l’antifongique seul ne suffit pas. La lutte contre les facteurs favorisants est indissociable du traitement : séchage soigneux des espaces interdigitaux après la toilette, chaussettes en coton, chaussures aérées, éviction des sols de piscine pieds nus. Sans ces mesures, la récidive est quasi inévitable dans les mois suivants.

Consultez en urgence si :

  • La plaque s’étend rapidement sur plusieurs zones du corps en quelques jours
  • Des signes infectieux apparaissent : fièvre, douleur, pus, croûtes jaunâtres
  • La lésion touche le visage, surtout le pourtour des yeux ou du nez
  • Vous êtes sous traitement immunosuppresseur, corticothérapie prolongée, ou diabétique : une mycose peut devenir sévère rapidement
  • Un eczéma préalablement connu se modifie brutalement : vésicules ombiliquées, érosions confluentes (risque d’eczéma herpéticum)
  • Tout traitement bien conduit depuis plus de 3 semaines reste sans effet


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Questions fréquentes sur l’eczéma et la mycose

Pourquoi ma peau pèle entre les orteils ?

C’est le plus souvent le signe d’une mycose interdigitale (pied d’athlète), favorisée par la chaleur et l’humidité des chaussures fermées : la peau blanchit, se fissure et pèle, parfois avec des démangeaisons. Un eczéma peut donner un tableau proche, mais il touche alors souvent d’autres zones du corps. Un prélèvement mycologique permet de trancher en cas de doute.

Comment savoir si c’est une mycose ou un eczéma ?

La mycose forme typiquement une plaque annulaire à bord actif et centre plus clair, qui s’étend progressivement. L’eczéma donne des plaques diffuses, symétriques, avec de petites vésicules et une peau sèche autour. Si la plaque s’aggrave avec une crème à la cortisone, pensez à une mycose ignorée. Un dermatologue peut confirmer le diagnostic par un prélèvement mycologique en quelques minutes.

Peut-on avoir une mycose et un eczéma en même temps ?

Oui, cette association est fréquente, notamment au niveau des pieds. Une mycose des pieds peut déclencher une réaction eczémateuse à distance – la dysidrose – sous forme de vésicules prurigineuses sur les paumes ou les plantes. Traiter la mycose suffit alors à faire disparaître l’eczéma secondaire. Le dermatologue recherche systématiquement cette association quand un eczéma des pieds résiste aux traitements habituels.

La cortisone aggrave-t-elle une mycose ?

Oui, appliquer une crème corticoïde sur une mycose non diagnostiquée aggrave l’infection fongique et efface les signes cliniques caractéristiques. On parle de tinea incognito : la plaque perd son bord actif, s’élargit et devient encore plus difficile à diagnostiquer. C’est l’un des pièges les plus fréquents en dermatologie de ville, identifié depuis 1968 comme source majeure d’errance diagnostique.

L’eczéma nummulaire ressemble-t-il à une mycose ?

Très souvent, oui. L’eczéma nummulaire – en pièces de monnaie – est la forme d’eczéma la plus souvent confondue avec un champignon de peau. Les deux donnent des plaques rondes, rouges et squameuses. La différence clé : la mycose a un bord plus actif et une tendance à s’agrandir progressivement en cercle, alors que l’eczéma nummulaire reste stable et s’accompagne d’une peau globalement sèche.

Comment traiter une mycose de peau sans ordonnance ?

Les antifongiques locaux disponibles sans ordonnance (éconazole, miconazole, clotrimazole) sont efficaces sur les formes limitées. Appliquer 2 fois par jour pendant 3 semaines minimum. Si aucune amélioration après 3 semaines de traitement bien conduit, consultez : le diagnostic est peut-être erroné, ou une forme résistante nécessite un antifongique oral prescrit par le médecin.

La mycose est-elle contagieuse contrairement à l’eczéma ?

Oui, c’est une différence fondamentale. Les dermatophytoses se transmettent par contact direct ou indirect – linge partagé, sols de piscine, animaux domestiques. L’eczéma, en revanche, n’est pas contagieux : c’est une maladie inflammatoire d’origine génétique et immunologique. Cette distinction oriente aussi l’entourage : pas besoin d’éviction sociale pour un eczéma, mesures d’hygiène renforcées pour une mycose afin d’éviter la contamination familiale.

Un prélèvement est-il nécessaire pour confirmer une mycose ?

Pas toujours, mais c’est le seul moyen de certitude. Le dermatologue gratte le bord actif de la plaque et examine les squames au microscope. L’examen direct donne un résultat immédiat. La culture, plus sensible, prend 3 à 4 semaines mais identifie l’espèce fongique précisément. Ce geste simple évite des semaines de traitement inadapté, notamment avant de prescrire des corticoïdes topiques.

L’eczéma au niveau des pieds peut-il être causé par une mycose ?

Oui, et c’est très fréquent. Une mycose des pieds – tinea pedis – peut provoquer une dysidrose par réaction immunologique à distance : vésicules prurigineuses sur les bords des orteils, la plante ou les paumes. Si l’eczéma des pieds résiste aux dermocorticoïdes, il faut systématiquement chercher une mycose associée des pieds et des ongles avant de modifier le traitement.

Quels sont les signaux d’alarme qui imposent de consulter rapidement ?

Consultez sans attendre si la plaque s’aggrave malgré un traitement bien conduit, si elle touche le visage, si elle est douloureuse ou surinfectée (croûtes jaunâtres, pus), ou si vous êtes sous traitement immunosuppresseur. Une plaque qui ne guérit pas après 3 semaines de traitement adapté doit toujours être montrée à un dermatologue – l’errance diagnostique prolongée complique inutilement la prise en charge.

Références scientifiques

  1. Leung AKC, Lam JM, Leong KF, Leung AAM, Wong AHC, Hon KL. Nummular Eczema: An Updated Review. Recent Pat Inflamm Allergy Drug Discov. 2020;14(2):146-155. PMID 32778043
  2. Lim SS, Shin K, Mun JH. Dermoscopy for cutaneous fungal infections: A brief review. Health Sci Rep. 2022 Jan 6;5(1):e464. PMID 35024456
  3. Nowowiejska J, Baran A, Flisiak I. Tinea Incognito: Challenges in Diagnosis and Management. J Clin Med. 2024 May;13(11):3267. PMID 38892976

Source : HAS – Dermatite atopique de l’enfant

Sur le même sujet – Articles du Dr Rousseau

Pour approfondir votre compréhension, retrouvez les guides complets sur l’eczéma : causes, types et traitements, sur la mycose cutanée et ses différentes formes, ainsi que le guide spécialisé sur la mycose des pieds (tinea pedis). Si vous avez des démangeaisons sans diagnostic clair, consultez la page plaques qui grattent : diagnostic par zone. Enfin, pour différencier l’eczéma d’une autre dermatose inflammatoire fréquente, lisez eczéma ou psoriasis : 5 différences clés.

Mycose génitale de l’homme (candidose)

Mycose du sexe de l’homme (candidose du gland) : causes, signes et traitement

La mycose du sexe de l’homme – encore appelée candidose balanique ou balanite à Candida – est une affection très fréquente, due à la levure Candida albicans. Elle n’est pas à proprement parler une maladie sexuellement transmissible, même si elle peut se transmettre lors des rapports. Elle mérite une prise en charge sérieuse car, sans identification et correction des facteurs favorisants, les récidives sont quasi certaines. Un diabète doit être systématiquement recherché.

Mis à jour le 18 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : La mycose du sexe (candidose balanique) touche surtout les hommes non circoncis, chez qui le prépuce crée un espace chaud et humide propice à la levure Candida albicans. Ce n’est pas une IST à proprement parler mais elle peut se transmettre lors des rapports. Un diabète doit être systématiquement recherché en cas d’épisode, car il favorise nettement les récidives.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Candidose du sexe de l'homme
Candidose du sexe de l’homme

Sommaire :
Causes et mécanisme |
Facteurs favorisants spécifiques |
Signes cliniques |
Diagnostic |
Traitement |
Points clés |
Questions fréquentes

Causes et mécanisme

La mycose du sexe est due à Candida albicans, levure vivant normalement en équilibre dans le tube digestif et les muqueuses génitales. Sous l’influence de facteurs rompant cet équilibre, le Candida passe à l’état filamenteux, adhère à la muqueuse et provoque la candidose. Pour le mécanisme complet de la pathogénicité, voir le hub candidoses.

Les muqueuses génitales masculines présentent des caractéristiques anatomiques particulières qui les rendent vulnérables :

Caractéristique anatomique Pourquoi elle favorise la candidose
Gland – semi-muqueuse faiblement kératinisée Tissu fragile, surtout chez l’homme non circoncis – barrière épithéliale moins efficace
Présence d’un prépuce long Crée un espace confiné, chaud et humide – favorable à la macération et à la prolifération de Candida
Proximité de la zone anale Prédispose à une colonisation par Candida présent dans le tube digestif
Absence de séchage après la toilette Source d’humidité favorisant la prolifération des micro-organismes

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📚 Référence : Talapko J et al. – Candida albicans – The Virulence Factors and Clinical Manifestations of Infection – J Fungi 2021;7(2):79

Facteurs favorisants spécifiques

Facteur Mécanisme
Absence de circoncision / prépuce long Macération chronique sous le prépuce – environnement favorable à Candida
Diabète Glycémie élevée favorise la prolifération – toujours rechercher en cas de candidose récidivante
Partenaire avec candidose vaginale Contamination lors des rapports sexuels – même si la partenaire est asymptomatique
Antibiothérapie Dysbiose muqueuse – le Candida prolifère dans la flore déséquilibrée
Toilette insuffisante ou excessive Insuffisante → macération et irritation ; excessive → déséquilibre de la flore et irritation
Sous-vêtements synthétiques, vêtements serrés Chaleur et humidité favorisant la prolifération fongique
Immunodépression Corticothérapie, VIH, chimiothérapie – défenses immunitaires abaissées

Signes cliniques

La mycose du sexe de l’homme débute le plus souvent près du frein et du sillon situé entre le gland et le prépuce, puis s’étend progressivement au gland et au prépuce.

Candidose du sexe de l'homme
Candidose du sexe de l’homme
Candidose du gland
Candidose du gland
Candidose du penis
Candidose du penis
Candidose de l’homme
Signe clinique Description
Rougeur du gland Aspect lisse, suintant – débute au frein et au sillon balano-préputial – rougeur du sexe
Pustulettes en « tête d’épingle » Petits points blancs sur fond rouge – très évocateurs de candidose
Desquamation en périphérie Squames en bordure des plaques rouges – signe évocateur
Démangeaisons et brûlures Souvent intenses – voir aussi démangeaisons du sexe
Extension possible Prépuce, méat urinaire, puis peau avoisinante

Mycose du sexe de la femme

La mycose du sexe de la femme peut être rythmée par le cycle menstruel. La vulve est rouge, suintante et il existe des pertes blanches caillebotées. Voir l’article dédié : mycose vaginale.

Candidose vaginale
Candidose vaginale

Diagnostic

Examen Objectif
Prélèvement myco-bactériologique Présence de filaments mycéliens à l’examen direct + culture positive à Candida albicans – confirme la candidose et élimine une autre infection (bactérienne, IST)
Glycémie à jeun Éliminer un diabète méconnu – systématique en cas de candidose récidivante
Consultez avant de traiter vous-même si : la rougeur ne s’améliore pas après une semaine de crème antifongique en vente libre, les lésions sont ulcérées ou saignent, il existe une fièvre ou des ganglions inguinaux, un doute existe sur une infection sexuellement transmissible, ou le diabète n’est pas équilibré. Un avis médical (y compris en téléconsultation) permet de confirmer le diagnostic avant tout traitement, car plusieurs affections du gland se ressemblent.

Soins et traitement de la mycose du sexe

Mesures de terrain – indispensables

Mesure Détail pratique
Toilette quotidienne adaptée Savon Hydralin® ou savon surgras – une seule toilette par jour avec décalottage complet – bien sécher – éviter les antiseptiques (déséquilibrent la flore et sont irritants)
Sous-vêtements en coton Éviter les matières synthétiques et les vêtements trop serrés
Traitement de tous les foyers de Candida Traiter simultanément une mycose de l’aine, une mycose anale, une candidose buccale ou une candidose digestive associée
Éviter les microtraumatismes Vêtements trop serrés, sous-vêtements synthétiques, rapports sexuels ou masturbation répétés pendant le traitement
Partenaire(s) sexuel(s) Traitement recommandé – la présence de Candida pathogène chez la femme peut recontaminer lors des rapports, même sans symptômes
Équilibration du diabète Si diabète identifié – sans équilibration, les récidives sont quasi certaines

Traitement antifongique local

Application d’une crème antifongique deux fois par jour sur la muqueuse concernée – dérivés imidazolés, ciclopiroxolamine, selon la prescription médicale. Durée habituelle : 2 à 3 semaines.

Points clés à retenir

Point clé
La candidose du sexe n’est pas une IST à proprement parler – mais elle peut se transmettre lors des rapports sexuels
La candidose de l’homme est très rare chez le circoncis
Tout épisode de candidose doit faire rechercher systématiquement un diabète
Une seule toilette quotidienne avec un savon adapté est suffisante – les antiseptiques sont contre-productifs
Traiter le(s) partenaire(s) et tous les foyers de Candida simultanément est indispensable pour éviter les récidives

Questions fréquentes

La mycose du sexe de l’homme est-elle une maladie sexuellement transmissible ?

Non à proprement parler – le Candida fait partie de la flore normale de l’organisme. Cependant, il peut se transmettre lors des rapports sexuels, notamment si la partenaire présente une candidose vaginale (même asymptomatique). Il est donc recommandé de traiter le/les partenaire(s) et d’éviter les rapports non protégés pendant le traitement.

Pourquoi ma mycose du sexe revient-elle après chaque traitement ?

Les récidives sont le plus souvent dues à l’absence de traitement du/des partenaire(s), à un diabète méconnu ou insuffisamment équilibré, ou à un foyer persistant non traité (candidose buccale, digestive ou de l’aine). Un prélèvement myco-bactériologique permet d’identifier une éventuelle résistance. La correction de tous les facteurs favorisants est indispensable pour rompre le cycle des récidives.

Faut-il éviter les rapports sexuels pendant le traitement ?

Oui – les rapports pendant le traitement peuvent provoquer une recontamination et réduire l’efficacité du traitement local. Il est recommandé d’attendre la guérison complète, et de traiter les deux partenaires simultanément. Éviter aussi les microtraumatismes de la muqueuse le temps de la guérison.

Peut-on se soigner soi-même sans aller chez le médecin ?

La rougeur du gland peut avoir plusieurs causes – eczéma, psoriasis, infection bactérienne, infection sexuellement transmissible – qui nécessitent des traitements différents. Appliquer un antifongique sans diagnostic confirmé peut masquer une autre affection. Un avis médical, y compris en téléconsultation, est recommandé pour confirmer le diagnostic avant tout traitement, surtout si les symptômes persistent ou récidivent.

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Références scientifiques

  • Talapko J, Juzbašić M, Matijević T, Pustijanac E, Bekić S, Kotris I, Škrlec I. Candida albicans-The Virulence Factors and Clinical Manifestations of Infection. J Fungi (Basel). 2021;7(2):79. PMID 33499276
  • Nyirjesy P, Sobel JD. Genital mycotic infections in patients with diabetes. Postgrad Med. 2013;125(3):33-46. PMID 23748505
  • Aridogan IA, Izol V, Ilkit M. Superficial fungal infections of the male genitalia: a review. Crit Rev Microbiol. 2011;37(3):237-244. PMID 21668404
  • Source institutionnelle : Haute Autorité de Santé

Voir aussi :
Candidoses – hub |
Mycose vaginale |
Candidose buccale |
Antifongiques

Télécharger un guide complet au format PDF :


Mycose des pieds : traitement efficace

En bref : La mycose des pieds (tinea pedis ou pied d’athlète) touche entre 15 et 25 % de la population à un moment de la vie. Elle se manifeste par des fissures, des démangeaisons et une desquamation entre les orteils. Un antifongique topique (terbinafine, éconazole) guérit 80 à 90 % des cas en 1 à 4 semaines. Non traitée, elle peut se compliquer d’une surinfection bactérienne ou s’étendre aux ongles (onychomycose).
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Mycose des pieds : causes, symptômes et traitements

La mycose des pieds – également appelée tinea pedis ou pied d’athlète – est l’une des infections cutanées les plus fréquentes : elle touche entre 15 et 25 % de la population à un moment de la vie. Causée par des champignons microscopiques appelés dermatophytes, elle se manifeste principalement par des fissures, des démangeaisons et une desquamation entre les orteils ou sous la plante des pieds. Un traitement antifongique bien conduit et quelques mesures d’hygiène permettent dans la grande majorité des cas de s’en débarrasser durablement.

Mis à jour le 20 juillet 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

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Mycose des pieds en vidéo

Le Dr Rousseau présente la mycose des pieds en vidéo :


Vidéo : mycose des pieds par le Dr Rousseau

Causes et modes de contamination

La mycose des pieds est causée dans l’immense majorité des cas par des dermatophytes, champignons filamenteux kératinophiles qui se nourrissent de kératine – la protéine constitutive de la couche superficielle de la peau. Les espèces les plus souvent impliquées sont Trichophyton rubrum, Trichophyton interdigitale (anciennement T. mentagrophytes var. interdigitale) et Epidermophyton floccosum.

Le champignon est présent dans l’environnement sous forme de spores, structures très résistantes pouvant survivre plusieurs mois sur un sol ou un textile. Il devient pathogène lorsqu’il colonise la peau dans un contexte favorable :

Facteurs favorisant le développement d’une mycose des pieds :

  • Macération et humidité prolongées (transpiration abondante, pieds mal séchés)
  • Port de chaussures fermées en matières synthétiques
  • Marche pieds nus dans des lieux collectifs (piscines, vestiaires, saunas, tatamis)
  • Partage de serviettes, chaussettes ou chaussures contaminées
  • Terrains fragilisants : diabète, immunodépression, artériopathie, obésité
  • Âge avancé (défenses immunitaires et circulation cutanée réduites)

La contamination se fait par contact avec des squames parasitées (cellules mortes de la peau desquamant dans l’environnement). Les sols des douches communes, les tapis de bain familiaux, les revêtements de bord de piscine sont des réservoirs classiques. La contamination inter-humaine directe (contact avec la peau d’une personne infectée) est plus rare.

Mycose de pied

Symptômes et formes cliniques

La présentation clinique de la mycose des pieds varie selon la localisation et le champignon en cause. On distingue schématiquement trois grandes formes.

Mycose interdigitale (pied d’athlète)

C’est la forme la plus fréquente. Elle touche préférentiellement le quatrième espace interorteil (entre le quatrième et le cinquième orteil), d’où son nom de pied d’athlète qui reflète sa fréquence chez les sportifs.

Les signes caractéristiques sont :

  • Une fissure rosée ou rouge au fond du pli interdigital
  • Un aspect macéré, blanchâtre et humide de la peau adjacente
  • Des démangeaisons (prurit) parfois intenses, surtout à la chaleur
  • Un décollement des petites peaux en périphérie
  • Une possible extension vers le dos du pied ou la plante
mycose des pieds
Mycose des pieds à type de « pied d’athlète »
Peau blanche entre les orteils
Peau blanche entre les orteils : pied d’athlète
Peau sèche entre les orteils : mycose débutante
Peau sèche entre les orteils : mycose débutante
Macération au cours d'une mycose
Macération au cours d’une mycose
Fissure et plaie entre les orteils
Fissure et plaie entre les orteils : mycose
Pied d'athlète étendu
Pied d’athlète étendu

Mycose des autres espaces interorteils

La mycose peut toucher les autres plis interdigitaux, par extension à partir du quatrième espace ou d’emblée. Des atteintes multiples des espaces doivent faire rechercher un facteur favorisant comme le diabète. Des levures du genre Candida peuvent être impliquées, notamment chez le patient diabétique ou sous antibiothérapie prolongée.

Forme hyperkératosique plantaire

Dans cette forme, l’ensemble de la plante est atteint, parfois les deux pieds (aspect « mocassin »). La peau prend un aspect farineux, blanchâtre ou grisâtre, avec une desquamation diffuse pouvant évéquer un simple « pied sec ». Les démangeaisons sont souvent modérées. Cette forme chronique est fréquemment sous-diagnostiquée.

Mycose du pied
Mycose du pied
Tout le pied est atteint par la mycose : aspect farineux et desquamatif
Tout le pied est atteint par la mycose : aspect farineux et desquamatif

Forme vésiculeuse (dysidrosiforme)

Des vésicules (cloques) prurigineuses peuvent apparaître sur les bords du pied, les orteils ou la voûte plantaire, en réaction inflammatoire à la mycose ou en association à une dysidrose. Cette forme est souvent confondue avec un eczéma ; le traitement antifongique est indispensable.

Cloques qui démangent sur les pieds et les orteils
Cloques qui démangent sur les pieds et les orteils : mycose des pieds et dysidrose


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Complications possibles

⚠ Attention : une mycose des pieds non traitée ou mal traitée peut se compliquer de manière parfois sérieuse. Consultez rapidement si les symptômes s’aggravent ou changent de nature.

Surinfection bactérienne

La fissuration cutanée crée une porte d’entrée pour les bactéries. La mycose devient alors brutalement douloureuse, érosive, suintante, voire malodorante, avec des croûtes ou des pustules. Les germes habituellement en cause sont :

  • Pseudomonas aeruginosa : bactérie des milieux humides (terre, piscines, spas). Elle donne une teinte verdâtre aux lésions et une odeur caractéristique.
  • Staphylocoques, streptocoques, entérobactéries : plus fréquents chez les diabétiques, les obèses ou en cas d’hygiène défectueuse.

La prise en charge locale repose sur des antiseptiques doux (dérivés iodés type Bétadine® solution dermique, chlorhexidine aqueuse type Diaseptyl®) ou la sulfadiazine argentique (Flammazine®) pour assécher les lésions. Les antibiotiques oraux (ciprofloxacine Ciflox® le plus souvent) ne sont réservés qu’aux infections étendues ou résistantes.

Surinfection à bactéries gram négatif d'une mycose des pieds
Surinfection à bactéries gram négatif d’une mycose des pieds

Érysipèle

La fissure interdigitale mycosique est la principale porte d’entrée de l’érysipèle du membre inférieur, infection bactérienne profonde (streptocoque bêta-hémolytique) du derme qui nécessite une antibiothérapie urgente. Traiter une mycose des pieds, c’est aussi prévenir les récidives d’érysipèle.

Érysipèle de la jambe (infection à bactéries)
Érysipèle de la jambe (infection à bactéries)

Eczéma de contact et dysidrose

La mycose peut déclencher une réaction eczémateuse à distance (réaction « id »), sous forme de vésicules prurigineuses sur les mains ou les pieds – c’est la dysidrose. L’eczéma peut également être entretenu ou aggravé par les antifongiques topiques eux-mêmes en cas d’allergie de contact.

Mycose des ongles (onychomycose)

Par extension, les dermatophytes des pieds peuvent envahir les ongles, provoquant une onychomycose : épaississement, jaunissement et fragilisation des ongles, beaucoup plus difficile à traiter que la forme cutanée.


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Traitement médical de la mycose des pieds

Le traitement repose sur deux piliers indissociables : l’antifongique topique (ou oral) et la lutte contre les facteurs favorisants (macération, humidité, réservoirs de spores).

Antifongiques topiques

Les traitements locaux sont en première intention pour les formes peu étendues. Le médecin peut associer une crème le soir et une poudre le matin pour combiner l’effet antifongique et l’action asséchante. Les principales familles sont :

Famille Molécule Exemples de spécialités Durée habituelle
Allylamines Terbinafine Lamisil®, Fungster® 1 semaine (crème) ; 1 application (monodose)
Imidazolés Éconazole, Kétoconazole Kétoderm®, Pévaryl® 2 à 4 semaines
Ciclopirox Ciclopirox olaminate Mycoster® 3 à 4 semaines

Ces traitements sont disponibles en crème, spray, lait ou poudre. L’application se fait généralement deux fois par jour en couche mince sur la zone atteinte et un centimètre de peau saine en périphérie. Il est essentiel de ne pas arrêter le traitement prématurément, même si les symptômes ont disparu, sous peine de rechute rapide.

Antifongiques oraux

Un traitement systémique est envisagé en cas de :

  • Forme hyperkératosique plantaire étendue (inefficacité des topiques)
  • Mycose multifocale associant pied, ongles et plis
  • Échec d’au moins deux cures de traitement local bien conduit
  • Terrain immunodéprimé

La terbinafine orale (250 mg/jour pendant 2 à 6 semaines selon l’extension) est le traitement de référence pour les dermatophytoses. La griséofulvine est une alternative plus ancienne. Le kétoconazole oral est évité en raison de sa toxicité hépatique potentielle.


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Soigner la mycose des pieds sans ordonnance

Important : avant tout auto-traitement, consultez votre médecin traitant pour confirmer le diagnostic, exclure une surinfection, un diabète ou une contre-indication (grossesse, allaitement, allergie). L’automédication sans diagnostic préalable expose à des erreurs de traitement.

En attendant votre rendez-vous ou en cas de mycose interdigitale isolée bénigne, certains antifongiques sont accessibles sans ordonnance et autorisés en accès direct par l’ANSM pour cette indication. La terbinafine existe sous deux formes :

LAMISILATE 1%, crème

Réservée à l’adulte et à l’enfant de plus de 12 ans. La crème s’applique en couche mince le soir après lavage et séchage soigneux de la zone pendant une semaine. Un arrêt prématuré expose aux rechutes. En l’absence d’amélioration une semaine après la fin des applications, consultez un médecin.

LAMISILATE MONODOSE 1%, solution pour application cutanée

Réservée à l’adulte de plus de 18 ans, cette formulation permet une application unique sur les deux pieds simultanément, même si un seul semble atteint (pour éliminer les dermatophytes invisibles). Mode d’emploi :

  1. Laver et sécher soigneusement les deux pieds et les mains.
  2. Appliquer une fine couche sur les orteils (espaces interdigitaux inclus), la voûte plantaire et les bords latéraux jusqu’à 1,5 cm de hauteur.
  3. Recommencer sur l’autre pied.
  4. Laisser sécher 1 à 2 minutes jusqu’à formation d’un film. Se laver les mains.
  5. Ne pas masser la zone traitée. Ne pas laver les pieds pendant 24 heures.
  6. Jeter le tube après usage (ne pas réutiliser).

Une amélioration doit être perceptible après quelques jours. L’absence d’amélioration à une semaine impose une consultation médicale.

Prévention : comment éviter la mycose des pieds et les récidives

Conseils de prévention validés par les sociétés savantes :

  • Porter des tongs ou claquettes dans les douches collectives, les piscines, les vestiaires et les spas.
  • Sécher soigneusement les pieds après la douche, en insistant entre les orteils.
  • Privilégier des chaussettes en coton ou matières respirantes ; les laver à 60 °C si possible.
  • Alterner les paires de chaussures et saupoudrer l’intérieur d’une poudre antifongique en cours de traitement.
  • Ne pas prêter chaussures, chaussettes ou serviettes.
  • Traiter simultanément tous les foyers (plis inguinaux, ongles) pour éviter les auto-recontaminations.
  • En cas de transpiration excessive, consulter pour un traitement spécifique de l’hyperhidrose plantaire.
  • Chez le diabétique : inspecter les pieds chaque jour et consulter sans délai devant la moindre plaie.

Mycose des pieds : Vrai / Faux

Reproduction d’une interview accordée au journal Ouest France par le Dr Rousseau.

1 – Les mycoses des pieds se manifestent surtout entre les orteils.
Vrai. On distingue classiquement trois formes : le pied d’athlète (dernier espace interorteil), les mycoses des autres espaces interdigitaux (rares, à rechercher un diabète si profuses) et l’extension à la plante conférant un aspect farineux. L’ensemble peut se compliquer d’une dysidrose.

2 – On identifie facilement la mycose : fissures, rougeurs, démangeaisons, peau qui pèle.
Vrai. Ce sont les signes classiques – mais d’autres dermatoses (psoriasis plantaire, eczéma, hyperkératose) peuvent mimer ces symptômes. Une consultation s’impose pour un diagnostic certain.

3 – On attrape la mycose surtout à la piscine ou dans les salles de sport.
Vrai. La contamination via les squames parasitées est fréquente dans ces lieux. Elle est aussi possible via les linges de toilette, les chaussures partagées ou le tapis de bain familial. Tongs dans les douches publiques, hygiène rigoureuse des pieds et séchage interorteil constituent les mesures préventives essentielles.

4 – Les mycoses des pieds ne sont pas contagieuses.
Faux. Elles sont contagieuses, et les spores sont très résistantes dans l’environnement. L’auto-contamination vers les plis inguinaux (par enfilage du sous-vêtement passant par les pieds) ou les mains (grattage) est également fréquente.

5 – Les mycoses disparaissent facilement avec un antiseptique.
Faux. Les antiseptiques n’ont aucune action antifongique. Seuls les antifongiques spécifiques (topiques ou oraux) sont efficaces, et le traitement doit être mené jusqu’au bout. La lutte contre la macération est un complément indispensable.

6 – La mycose des pieds nécessite toujours une consultation médicale.
Vrai dans la grande majorité des cas. Une consultation permet de confirmer le diagnostic, d’évaluer l’extension, de dépister les complications (surinfection, onychomycose), d’écarter un diabète et d’adapter le traitement. Chez le diabétique, toute plaie au pied est une urgence relative.

⚠ Consultez rapidement si :

  • mycose du cuir chevelu (teigne) chez l’enfant – contagieuse, nécessite un traitement oral
  • mycose des ongles extensive résistant aux traitements locaux
  • récidives fréquentes malgré un traitement correct – chercher un diabète
  • mycose profonde ou disséminée chez un immunodéprimé

Questions fréquentes sur la mycose des pieds

Le stylo Orivelle, vu en publicité, est-il efficace contre la mycose de l’ongle ?

Orivelle est un cosmétique à base d’extraits végétaux, pas un antifongique pharmaceutique : aucune étude clinique publiée ne démontre son efficacité sur l’onychomycose. Les vernis antifongiques validés (amorolfine, ciclopirox) restent la référence. Voir notre analyse complète.

Combien de temps dure le traitement d’une mycose des pieds ?

La durée habituelle est de 3 à 4 semaines pour les antifongiques topiques classiques appliqués deux fois par jour. Certaines formules à base de terbinafine permettent de raccourcir cette durée à une semaine, voire à une application unique (Lamisilate Monodose®). En cas de forme étendue ou d’échec, un traitement oral peut durer plusieurs semaines.

La mycose des pieds peut-elle se transmettre à d’autres parties du corps ?

Oui, par auto-contamination. En grattant les squames avec les doigts, ou par contact des pieds avec les sous-vêtements lors du déshabillage, le champignon peut gagner les plis de l’aine, les mains ou les ongles. C’est pourquoi tous les foyers doivent être traités simultanément.

Quand faut-il s’inquiéter d’une mycose des pieds ?

Consultez sans délai si la zone devient brutalement douloureuse, suintante, malodorante ou pustuleuse (signes de surinfection bactérienne), ou si des cloques importantes apparaissent sur les pieds. Chez le diabétique, toute plaie ou fissure au pied justifie une consultation urgente.

Comment désinfecter ses chaussures pour éviter une rechute ?

Saupoudrez l’intérieur des chaussures avec une poudre antifongique pendant toute la durée du traitement et quelques semaines après. Les chaussettes en coton peuvent être lavées à 60 °C. Alternez les paires de chaussures pour qu’elles sèchent complètement entre deux ports. Exposez-les à l’air libre autant que possible.

Peut-on avoir une mycose des pieds en l’absence de tout contact avec des lieux collectifs ?

Oui. La macération chronique au sein d’une chaussure mal adaptée ou non respirante suffit à réactiver des spores déjà présentes sur la peau. L’entourage familial (tapis de bain, baignoire) est également un réservoir souvent négligé.

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La mycose des pieds est-elle contagieuse pour l’entourage ?

Oui. Les spores de dermatophytes survivent plusieurs mois sur un sol, une serviette ou un tapis de bain. Le partage de chaussures, chaussettes ou linges contaminés est un mode de transmission courant. En cas d’infestation familiale, traiter simultanément tous les foyers est recommandé.

Mycose des pieds ou eczéma plantaire : comment distinguer les deux ?

Ces deux affections partagent cloques, desquamation et démangeaisons. La mycose répond aux antifongiques, l’eczéma aux dermocorticoïdes. Un prélèvement mycologique (examen direct et culture) tranche le diagnostic en quelques jours.

Voir aussi : Champignons de la peau – dossier complet | Onychomycose | Dysidrose

Références scientifiques et institutionnelles

  1. Nenoff P, Krüger C, Ginter-Hanselmayer G, Tietz HJ. Mycology – an update. Part 1: Dermatomycoses: causative agents, epidemiology and pathogenesis. J Dtsch Dermatol Ges. 2014;12(3):188-210.
  2. Ameen M. Epidemiology of superficial fungal infections. Clin Dermatol. 2010;28(2):197-201.
  3. Bell-Syer SE, Khan SM, Torgerson DJ. Oral treatments for fungal infections of the skin of the foot. Cochrane Database Syst Rev. 2012;10:CD003584.
  4. Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM). Liste des médicaments en accès direct – antifongiques topiques.

Mis à jour le 20 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS)., Bordeaux.

Candidose buccale : la mycose de la bouche

Candidose de la bouche : muguet, glossite, langue noire – formes cliniques et traitement

La candidose buccale regroupe plusieurs formes cliniques distinctes, toutes dues à Candida albicans. Elle peut toucher la muqueuse buccale (muguet), le dos de la langue (glossite, langue noire ou blanche), les commissures labiales (perlèche) et s’étendre au pharynx et au tube digestif. Reconnaître la forme clinique conditionne directement le choix du traitement – et la recherche d’un facteur favorisant sous-jacent (diabète, immunodépression) est systématique.

En bref : Candidose buccale : la mycose de la bouche – une affection cutanée fréquente. Le diagnostic repose sur l’examen clinique par un dermatologue. Une prise en charge adaptée permet dans la grande majorité des cas une amélioration significative.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Haute Autorité de Santé (HAS) – recommandations en dermatologie

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⚠️ Consultez sans attendre si :

  • Les symptômes s’aggravent rapidement ou s’étendent sur une large zone
  • Apparition de fièvre, frissons ou altération de l’état général
  • Lésions très douloureuses ou qui ne cèdent pas au traitement en 48 h
  • Doute sur une cause sérieuse : infection, allergie grave, lésion suspecte

Questions fréquentes

Quand consulter un dermatologue pour candidose buccale : la mycose de la bouche ?

Consultez rapidement si les symptômes persistent plus de 2 semaines, s’aggravent ou s’accompagnent de fièvre. Une consultation précoce permet un diagnostic précis et un traitement adapté, limitant les complications potentielles.

Peut-on traiter candidose buccale : la mycose de la bouche sans ordonnance ?

Certaines formes légères peuvent être soulagées avec des produits en pharmacie. Cependant, un diagnostic médical est nécessaire pour éliminer les causes sérieuses et éviter les erreurs de traitement.

Combien de temps dure le traitement ?

La durée varie selon la forme clinique et la sévérité : de 1 à 4 semaines pour un traitement local, parfois plusieurs mois pour les formes chroniques. Le suivi est adapté à votre réponse au traitement.

Y a-t-il des facteurs aggravants à éviter ?

Oui, selon la pathologie : le stress, certains aliments, les frottements, l’exposition solaire sans protection ou les produits irritants peuvent aggraver les symptômes. Votre dermatologue identifiera vos facteurs déclenchants.

La téléconsultation est-elle possible ?

Oui. Le Dr Rousseau propose des téléconsultations avec prescription si nécessaire. Des photos nettes de la zone concernée permettent un avis fiable à distance, via Consulib.

Références

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Candidose profuse de la bouche et des lèvres

Sommaire :
Formes cliniques |
Extension digestive |
Facteurs favorisants |
Traitement adulte immunocompétent |
Adulte immunodéprimé |
Bébé et enfant |
Perlèche |
Pages liées |
Questions fréquentes

Formes cliniques de la candidose buccale

Forme clinique Aspect typique Terrain préférentiel
Muguet Enduit blanc crémeux sur la muqueuse buccale – dépôts blanchâtres semblables à du lait caillé – rougeur sous-jacente – brûlures, perte de goût, goût de fer Nourrisson, immunodéprimé, personne sous antibiotiques
Candidose grave de l’adulte Muguet étendu, profus – atteint l’ensemble de la muqueuse buccale Immunodépression sévère (VIH, chimiothérapie, corticothérapie prolongée)
Glossite candidosique (langue rouge) Langue rouge, lisse, dépapillée – souvent douloureuse Carences, immunodépression légère, antibiotiques
Langue blanche Dépôt blanchâtre sur le dos de la langue – aspect givré ou cotonneux Antibiotiques, sécheresse buccale, tabac
Langue noire villeuse Allongement des papilles filiformes prenant une coloration noire ou brunâtre – aspect très caractéristique Antibiotiques à large spectre, tabac, xérostomie
Perlèche Fissures aux commissures labiales – aspect rouge luisant ou croûteux selon la composante bactérienne associée Personnes âgées, nourrissons, immunodéprimés – souvent extension d’une candidose buccale

Muguet du nourrisson

Muguet
Muguet

Candidose buccale de l’adulte

Candidose de la bouche
Candidose de la bouche

Langue noire villeuse

Langue noire
Langue noire villeuse

Langue rouge – glossite

Langue rouge – glossite médiane

Langue blanche

Langue blanche – candidose

Perlèche

Perleche : peau sèche au coin des lèvres
Perlèche – fissure au coin des lèvres

Extension possible au tube digestif

La candidose buccale peut s’étendre au plan pharyngé et digestif, particulièrement chez l’immunodéprimé.

Extension Symptômes Signification
Œsophagite candidosique Douleurs à la déglutition – dysphagie Quasi pathognomonique d’une immunodépression sévère – justifie un traitement oral systémique
Gastro-entérite, colite, anite Troubles digestifs variés Nécessite un traitement oral pour désinfecter le tube digestif – les formes locales seules ne suffisent pas

Facteurs favorisants à identifier et corriger

Facteur Action correctrice
Sécheresse buccale Identifier la cause (médicaments, syndrome de Sjögren) – hydratation régulière
Anti-acides Réduction si possible – alcalinisation du tube digestif favorisant Candida
Diabète Glycémie à jeun systématique – équilibration indispensable pour éviter les récidives
Prothèses dentaires Désinfection régulière des prothèses – elles constituent un réservoir de Candida
Dyskinésie œsophagienne, colopathie Prise en charge spécifique – limiter le réservoir digestif

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Traitement chez l’adulte immunocompétent

Antifongiques locaux – 1 à 3 semaines

Médicament Forme Posologie
Nystatine (Mycostatine®) Comprimés gynécologiques 100 000 UI à sucer 4 à 6 cp/j – ne pas avaler
Amphotéricine B (Fungizone®) Suspension orale 4 cuillères à café en 2–3 prises (1,5 à 2 g/j) – ne pas avaler
Miconazole (Daktarin®) Gel buccal 2 cuillères-mesure 4 fois par jour – ne pas avaler

Traitement oral (désinfecter le tube digestif)

Médicament Posologie orale
Mycostatine® 8 à 12 cp/j en 3–4 prises
Fungizone® 6 à 8 capsules en 3–4 prises
Daktarin® 8 cp/j en 3–4 prises

Traitement chez l’adulte immunodéprimé

Un traitement antifongique par comprimés systémiques est associé au traitement local. La molécule de référence est le fluconazole (Triflucan®) – 100 à 200 mg/j en cas de candidose buccale isolée, 400 mg/j si atteinte œsophagienne associée. Des traitements préventifs des récidives sont souvent nécessaires au long cours.

Médicament systémique Indication Remarque
Fluconazole (Triflucan®) Traitement curatif et prophylaxie des récidives – demi-vie longue (30 h) Adapter la dose à la fonction rénale – interactions CYP3A4
Itraconazole (Sporanox®) Alternative en cas de résistance au fluconazole Vérifier les interactions médicamenteuses
Kétoconazole (Nizoral®) Candidoses profuses ou résistantes Surveillance hépatique obligatoire : bilan avant traitement, J15, puis toutes les 4 semaines

📚 Référence : Talapko J et al. – Candida albicans – The Virulence Factors and Clinical Manifestations of Infection – J Fungi 2021;7(2):79

Traitement du muguet chez le bébé et l’enfant

Médicament Forme Posologie nourrisson Posologie enfant
Nystatine (Mycostatine®) Suspension buvable 5 à 30 doses/j en 4 prises 10 à 40 doses/j en 4 prises
Amphotéricine B (Fungizone®) Suspension 1 cuillère à café/10 kg/24 h en 2–3 prises (50 mg/kg/j)
Miconazole (Daktarin®) Gel buccal 1 cuillère-mesure (2,5 mL) 4 fois par jour

Perlèche – fissure au coin des lèvres

La perlèche est souvent l’extension à la peau de la commissure buccale d’une candidose buccale sous-jacente. Elle peut aussi être bactérienne (Staphylocoque doré) ou mixte. Voir l’article détaillé : fissure au coin des lèvres.

Autres candidoses à connaître

Localisation Page dédiée
Atteintes génitales – rougeur muqueuse, enduit blanc, brûlures – traitement du/des partenaire(s) nécessaire → Mycose du sexe | → Mycose vaginale
Plis cutanés – rouge vernissé et luisant, pustules périphériques → Rougeurs entre les cuisses
Ongles – périonyxis puis ongle atteint → Mycose des ongles

Pages liées

Questions fréquentes

Quelle différence entre muguet du nourrisson et candidose buccale de l’adulte ?

Le muguet est la forme classique chez le nourrisson – dépôts blancs crémeux sur la muqueuse, souvent bien tolérés et faciles à traiter. La candidose buccale de l’adulte est plus souvent liée à une immunodépression significative (VIH, chimiothérapie, corticothérapie prolongée) – elle est plus étendue, plus résistante et nécessite souvent un traitement systémique par fluconazole en plus du traitement local. Chez un adulte sans facteur d’immunodépression apparent, une candidose buccale profuse doit faire rechercher un diabète méconnu.

Le Daktarin® (miconazole) est-il compatible avec les anticoagulants ?

Non sans avis médical. Le miconazole peut augmenter significativement l’effet des anticoagulants anti-vitamine K (warfarine, acénocoumarol) et des sulfamides hypoglycémiants, avec risque hémorragique ou d’hypoglycémie grave. Signalez ces traitements au médecin ou pharmacien avant tout traitement par Daktarin®. Une alternative (nystatine, amphotéricine B) est souvent préférable chez ces patients.

Comment traiter une candidose buccale chez un nourrisson allaité ?

Il faut traiter simultanément le nourrisson et les mamelons de la mère allaitante. Le muguet du nourrisson peut recontaminer les mamelons lors des tétées et vice versa – ce cercle vicieux de recontamination est une cause fréquente de récidive. Le pédiatre ou le médecin prescrit le traitement adapté à l’âge du nourrisson et un antifongique crème pour les mamelons.

La candidose buccale peut-elle se propager à d’autres organes ?

Oui chez l’immunodéprimé – la candidose peut s’étendre à l’œsophage (dysphagie douloureuse, signe quasi pathognomonique d’immunodépression), à l’estomac et au tube digestif. Cette extension justifie un traitement oral systémique pour désinfecter l’ensemble du tractus digestif. Chez un immunocompétent, la candidose reste généralement limitée à la muqueuse buccale et répond bien au traitement local seul.

Voir aussi :
Candidoses – hub |
Muguet buccal |
Perlèche |
Mycose du sexe |
Antifongiques

Mis à jour le 1er avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS)., Bordeaux.


Mycoses cutanées : causes et traitements

Mycose : causes, symptômes et traitements des infections fongiques de la peau

La mycose est une infection de la peau, des ongles ou des muqueuses causée par un champignon microscopique. Extrêmement répandue, elle peut toucher la peau glabre, les pieds, les ongles, la bouche, le vagin ou le gland. Les symptômes varient selon la localisation et le type de champignon en cause (dermatophyte, Candida, Malassezia). Le traitement repose sur des antifongiques locaux ou généraux, toujours prescrits après confirmation diagnostique médicale.e

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Mycose cutanée - champignon de la peau

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Vidéo : mycose de la peau expliquée par le dermatologue

En bref : Mycoses cutanées : causes et traitements – une affection cutanée fréquente. Le diagnostic repose sur l’examen clinique par un dermatologue. Une prise en charge adaptée permet dans la grande majorité des cas une amélioration significative.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Sommaire :
Causes |
Les 3 familles de champignons |
Mycoses à Candida |
Mycoses à dermatophytes |
Mycoses à Malassezia |
Facteurs favorisants |
Diagnostic |
Traitement |
Pages spécialisées |
Questions fréquentes

Causes des mycoses cutanées

Les champignons responsables des mycoses sont des organismes ubiquitaires, présents en permanence dans l’environnement et sur la peau à l’état saprophyte (non pathogène). Leur prolifération pathologique résulte d’une rupture de l’équilibre cutané ou immunitaire.

Origine Facteurs principaux
Causes externes Macération, humidité persistante, irritation cutanée, traumatisme, contact avec un sujet ou un animal infecté, sols collectifs (piscines, vestiaires)
Causes internes Immunodépression (VIH, hémopathies, corticothérapie au long cours), diabète, antibiotiques à large spectre, grossesse, carences nutritionnelles
Modes de transmission Interhumaine (contact direct, linge, chaussures partagées), zoophile (chats, chiens, bovins – teignes très inflammatoires), tellurique (sol)

⚠️ Une mycose profuse ou récidivante doit systématiquement faire rechercher un facteur favorisant interne : diabète, immunodépression (VIH, hémopathie, traitement immunosuppresseur). Un bilan médical est indispensable avant de se contenter d’un simple traitement antifongique.

📚 Épidémiologie des mycoses cutanées en Europe – PubMed

Les trois grandes familles de champignons pathogènes

Comprendre le type de champignon en cause est essentiel : il détermine la localisation, le tableau clinique et le choix du traitement antifongique.

Famille Localisations préférentielles Espèces principales
Dermatophytes Peau kératinisée, poils, ongles – jamais les muqueuses Trichophyton rubrum, Microsporum canis, Epidermophyton floccosum
Levures
(Candida, Malassezia)
Candida : muqueuses, plis cutanés. Malassezia : zones sébacées (cuir chevelu, tronc, visage) Candida albicans, Malassezia furfur, Malassezia globosa
Moisissures Ongles résistants aux traitements habituels (formes rares, souvent diagnostiquées par culture) Fusarium spp., Aspergillus spp., Scopulariopsis brevicaulis

Mycoses à Candida (candidoses)

Candida albicans fait partie de la flore commensale digestive et génitale normale. Il devient pathogène lorsqu’un déséquilibre local survient : antibiothérapie à large spectre, immunodépression, diabète déséquilibré, grossesse ou macération prolongée.

Forme clinique Aspect et terrain Page dédiée
Muguet (candidose buccale) Dépôts blanchâtres crémeux sur la muqueuse buccale, facilement décollables, laissant une muqueuse érythémateuse. Fréquent chez le nourrisson, la personne âgée et l’immunodéprimé. → Mycose de la bouche
Candidose génitale Première cause de balanite infectieuse chez l’homme (gland rouge, prurigineux, avec dépôts blanchâtres) et de vulvovaginite chez la femme (pertes blanches grumeleuses, prurit, brûlures). Représente 80 % des mycoses vaginales. → Mycose du sexe
→ Mycose vaginale
Candidose des grands plis Intertrigo dans les plis inguinaux, sous-mammaires ou axillaires : plaques érythémateuses suintantes, avec pustules satellites caractéristiques et collerette desquamative en périphérie. Favorisé par l’obésité, le diabète et la macération.
Onyxis candidosique Atteinte unguéale par Candida, surtout aux mains chez les personnes en contact prolongé avec l’eau (ongle décollé, périonyxis douloureux). Différent de l’onychomycose à dermatophytes. → Mycose des ongles

Muguet - candidose buccale

📚 Candidoses cutanéo-muqueuses : diagnostic et traitement – PubMed

Mycoses à dermatophytes (dermatophyties)

Les dermatophytes (Trichophyton, Microsporum, Epidermophyton) sont des champignons kératinophiles qui digèrent la kératine de la peau, des poils et des ongles. Ils n’infectent jamais les muqueuses. Leur transmission est interhumaine, zoophile ou tellurique.

Forme clinique Aspect caractéristique Page dédiée
Mycose de la peau glabre
(teigne du corps, tinea corporis)
Plaques annulaires rosées prurigineuses, à bordure active squameuse bien délimitée et centre plus clair – le classique « rond de sorcière ou de Sainte Catherine». Extension centrifuge progressive. Par fois difficle à distinguer de l’eczema, voir l’article eczema ou mycoses? faire la différence → Mycose de la peau
Mycose des pieds
(pied d’athlète, tinea pedis)
Fissures et macération dans les espaces inter-orteils (surtout 4e espace), prurit intense, desquamation plantaire diffuse à aspect farineux. Très contagieuse via les piscines et vestiaires collectifs. → Mycose des pieds
Mycose de l’aine
(tinea cruris)
Plaques érythémato-squameuses prurigineuses dans les plis inguinaux, à extension vers l’intérieur des cuisses, avec bordure active nette. Plus fréquente chez l’homme sportif.
Mycose des ongles
(onychomycose)
Ongle jauni, épaissi, friable, décollé du lit unguéal (onycholyse). Touche préférentiellement le gros orteil. Prévalence de plus de 50 % après 70 ans. Traitement prolongé (6–12 mois). → Mycose des ongles
Teignes du cuir chevelu Surtout chez l’enfant. Plaques alopéciantes squameuses avec cheveux cassés courts, ou placards inflammatoires suppurés (kérion) en cas de transmission zoophile. Traitement systémique obligatoire.

Dermatophytie de la jambe - mycose annulaire
Anneau de mycose cutanée à dermatophyte
Pied d'athlète - mycose des pieds entre les orteils
Mycose plantaire diffuse - aspect farineux et desquamatif
Mycose plantaire diffuse : aspect farineux et desquamatif caractéristique
Onychomycose du gros orteil - champignon de l'ongle

📚 Épidémiologie des dermatophyties et onychomycoses – PubMed

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Mycoses à Malassezia

Malassezia furfur (et M. globosa) est une levure lipophile naturellement présente sur la peau, particulièrement dans les zones riches en glandes sébacées. Elle devient pathogène en cas de séborrhée excessive, d’humidité ou de terrain immunodéprimé.

Forme clinique Aspect caractéristique Page dédiée
Dermite séborrhéique Plaques rouges squameuses et grasses sur zones sébacées : sillons nasogéniens, sourcils, cuir chevelu (pellicules abondantes), conduits auditifs, poitrine, entre les omoplates. Évolution chronique et récidivante, non guérissable de façon définitive. → Dermite séborrhéique
Pityriasis versicolor Taches hypo- ou hyperpigmentées finement squameuses, prédominant sur le tronc et les épaules, plus visibles après exposition solaire (les zones atteintes ne bronzent pas). Bénin, non contagieux, mais très récidivant en été. → Pityriasis versicolor
Folliculite à Malassezia Papulo-pustules folliculaires prurigineuses sur le tronc et les épaules, parfois confondues avec de l’acné. Survient surtout après antibiothérapie prolongée ou chez les sportifs (transpiration). Répond aux antifongiques et non aux antibiotiques.

Dermite séborrhéique du visage - mycose à Malassezia
Dermite séborrhéique des sillons nasogéniens et du pourtour de la bouche
Pityriasis versicolor - taches brunes et blanches sur le tronc

Facteurs favorisants à identifier et corriger

Le traitement des facteurs favorisants est aussi important que l’antifongique lui-même. Sans leur correction, les récidives sont inévitables, quelle que soit la durée du traitement.

Facteur favorisant Mesure corrective
Macération cutanée Sous-vêtements et vêtements en coton ; éviter les matières synthétiques serrées non respirantes
Humidité excessive Sécher soigneusement les plis, espaces inter-orteils et aines après la toilette ; ne pas remettre des chaussures humides
Irritation et savons agressifs Utiliser un savon surgras ou un pain dermatologique ; éviter les antiseptiques cutanés répétés qui déséquilibrent le microbiome
Lieux collectifs Porter des claquettes dans les piscines, vestiaires, douches communes et spa
Diabète Optimiser l’équilibre glycémique ; une HbA1c élevée multiplie le risque de candidose et d’onychomycose
Antibiotiques Ne pas prendre d’antibiotiques sans indication médicale ; en cas de traitement prolongé, un antifongique préventif peut être discuté avec le médecin
Immunodépression Adapter si possible le traitement immunosuppresseur ; signaler toute mycose récidivante au médecin traitant

Diagnostic : comment confirmer une mycose ?

Le diagnostic clinique peut être trompeur, car de nombreuses dermatoses imitent parfaitement une mycose. La confirmation biologique reste le standard de référence.

Examen Ce qu’il permet Délai
Examen direct mycologique Visualisation des filaments fongiques ou des levures au microscope après prélèvement des squames ou de l’ongle. Résultat rapide (quelques heures). Jour même
Culture mycologique Identification précise du champignon et de l’espèce. Indispensable en cas de teigne, d’onychomycose difficile ou de résistance au traitement. 3–4 semaines
Lampe de Wood Fluorescence verte des teignes à Microsporum (non systématique avec Trichophyton). Utile en consultation rapide. Immédiat
Dermoscopie Aide au diagnostic des onychomycoses (aspect en ruine, spicules) et au diagnostic différentiel avec psoriasis unguéal ou lichen plan. Immédiat

💡 Le diagnostic médical est indispensable avant tout traitement antifongique. Eczéma nummulaire, psoriasis, pityriasis rosé et lichen peuvent mimer parfaitement une mycose. Un antifongique inefficace après 3 semaines de traitement bien conduit doit faire reconsidérer le diagnostic.

📚 Diagnostic mycologique des dermatophyties : techniques et interprétation – PubMed

Traitement des mycoses cutanées

Type de traitement Indication – molécules Durée indicative
Antifongique topique
Crème, gel, lotion, poudre, shampooing
Mycoses superficielles limitées. Imidazolés (éconazole, kétoconazole, bifonazole, miconazole), ciclopirox, terbinafine topique 2–4 semaines (peau glabre, plis, pied d’athlète)
Vernis antifongique Onychomycoses légères à modérées (ciclopirox, amorolfine). Efficacité limitée dans les formes sévères ou matricielles. 6–12 mois (ongles)
Antifongique systémique oral Mycoses étendues, profuses, récidivantes, onyxis sévère, teignes (obligatoire). Terbinafine (Lamisil®), itraconazole (Sporanox®), fluconazole (Triflucan®), griséofulvine (teignes enfant) 3–6 mois (pieds), 6–12 mois (ongles), 6–8 semaines (teignes)
Mesures d’hygiène associées Traitement simultané des chaussures (poudres antifongiques), remplacement du linge de bain, traitement des partenaires en cas de candidose génitale récidivante Toujours en parallèle

→ Voir l’article complet sur les médicaments antifongiques cutanés.

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Pages spécialisées du cluster mycose

Mycoses par localisation
Mycose des pieds (pied d’athlète) – traitement, prévention
Mycose des ongles (onychomycose) – vernis, terbinafine
Mycose de la peau glabre – plaques annulaires
Mycose de la bouche (muguet)
Mycose vaginale – candidose, traitement
Mycose du sexe (balanite candidosique)

Mycoses à Malassezia et traitements antifongiques
Dermite séborrhéique – visage, cuir chevelu
Pityriasis versicolor – taches, traitement
Antifongiques – guide complet des médicaments
Téléconsultation dermatologue

Références scientifiques

Questions fréquentes sur les mycoses

Comment savoir si c’est une mycose ou une autre maladie de peau ?

Seul un médecin peut poser le diagnostic avec certitude. Un prélèvement mycologique (examen direct + culture) permet d’identifier le champignon. De nombreuses dermatoses imitent parfaitement une mycose : eczéma nummulaire, psoriasis, pityriasis rosé, lichen, érythrasme… Un antifongique inefficace après 3 semaines de traitement correctement conduit doit faire reconsidérer le diagnostic.

Les mycoses sont-elles contagieuses ?

Oui, la plupart des dermatophyties (peau glabre, pieds, ongles, teignes) sont contagieuses par contact direct ou indirect – linge, chaussures, sols de piscine ou de vestiaire. Les candidoses et les mycoses à Malassezia sont moins contagieuses, car elles résultent principalement d’un déséquilibre de la flore commensale propre au patient. Les partenaires sexuels doivent toutefois être traités en cas de candidose génitale récidivante.

Pourquoi les mycoses récidivent-elles malgré le traitement ?

Les principales causes de récidive sont : un traitement trop court (la cause la plus fréquente), la persistance de facteurs favorisants non corrigés (macération, diabète, immunodépression), une recontamination par les chaussures ou le tapis de bain non traités, ou une résistance au traitement. Une mycose récidivante après traitement bien conduit justifie un bilan médical complet.

Peut-on se traiter seul contre une mycose sans ordonnance ?

Certains antifongiques locaux (éconazole, bifonazole, clotrimazole) sont disponibles sans ordonnance en pharmacie. Un avis médical reste cependant recommandé pour confirmer le diagnostic, car de nombreuses autres affections cutanées peuvent ressembler à une mycose. Traiter un eczéma ou un psoriasis avec un antifongique retarde le bon diagnostic et peut aggraver les symptômes.

Combien de temps dure le traitement d’une mycose ?

Quelques semaines pour une mycose de peau glabre ou des plis ; 3 à 6 mois pour une mycose des pieds étendue ; 6 à 12 mois (voire plus) pour une mycose des ongles des orteils. Un traitement trop court est la principale cause de récidive. Le traitement des teignes du cuir chevelu nécessite toujours un antifongique oral pendant 6 à 8 semaines.

Peut-on consulter un dermatologue par téléconsultation pour une mycose ?

Oui. La téléconsultation dermatologique est parfaitement adaptée au diagnostic et au traitement de la grande majorité des mycoses cutanées, qui se diagnostiquent à l’inspection visuelle. Le Dr Rousseau peut, lors d’une téléconsultation vidéo, confirmer ou infirmer le diagnostic, prescrire un antifongique local ou oral, demander un prélèvement mycologique si nécessaire, et assurer le suivi du traitement.

⚠️ Consultez sans attendre si :

  • Les symptômes s’aggravent rapidement ou s’étendent sur une large zone
  • Apparition de fièvre, frissons ou altération de l’état général
  • Lésions très douloureuses ou qui ne cèdent pas au traitement en 48 h
  • Doute sur une cause sérieuse : infection, allergie grave, lésion suspecte

Questions fréquentes

Quand consulter un dermatologue pour mycoses cutanées : causes et traitements ?

Consultez rapidement si les symptômes persistent plus de 2 semaines, s’aggravent ou s’accompagnent de fièvre. Une consultation précoce permet un diagnostic précis et un traitement adapté, limitant les complications potentielles.

Peut-on traiter mycoses cutanées : causes et traitements sans ordonnance ?

Certaines formes légères peuvent être soulagées avec des produits en pharmacie. Cependant, un diagnostic médical est nécessaire pour éliminer les causes sérieuses et éviter les erreurs de traitement.

Combien de temps dure le traitement ?

La durée varie selon la forme clinique et la sévérité : de 1 à 4 semaines pour un traitement local, parfois plusieurs mois pour les formes chroniques. Le suivi est adapté à votre réponse au traitement.

Y a-t-il des facteurs aggravants à éviter ?

Oui, selon la pathologie : le stress, certains aliments, les frottements, l’exposition solaire sans protection ou les produits irritants peuvent aggraver les symptômes. Votre dermatologue identifiera vos facteurs déclenchants.

La téléconsultation est-elle possible ?

Oui. Le Dr Rousseau propose des téléconsultations avec prescription si nécessaire. Des photos nettes de la zone concernée permettent un avis fiable à distance, via Consulib.

Source institutionnelle : Haute Autorité de Santé (HAS) – recommandations en dermatologi

Voir aussi :
Mycose des pieds |
Mycose des ongles |
Mycose vaginale |
Dermite séborrhéique |
Pityriasis versicolor |
Téléconsultation dermatologue

Article rédigé par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue à Bordeaux – dermatonet.com. Publié le JJ/MM/AAAA. Dernière révision : JJ/MM/AAAA.

Mis à jour le 4 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Mycose vaginale

Mis à jour le 7 septembre 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Mycose vaginale : causes, symptômes, traitement et prévention

La mycose vaginale – ou candidose vulvovaginale – est l’une des infections génitales les plus fréquentes chez la femme : 3 femmes sur 4 en feront au moins un épisode au cours de leur vie. Elle est due à un champignon naturellement présent dans la flore vaginale, le Candida albicans, qui prolifère anormalement lorsque l’équilibre de la muqueuse est rompu. Démangeaisons intenses, rougeurs, pertes blanches caillebotées – ses symptômes sont caractéristiques, mais d’autres affections peuvent les mimer. Un diagnostic médical est indispensable avant tout traitement.

En bref : La mycose vaginale (candidose vulvovaginale) touche 3 femmes sur 4 au moins une fois dans leur vie. Elle se manifeste par des démangeaisons, une rougeur vulvaire et des pertes blanches caillebotées sans mauvaise odeur. D’autres infections (vaginose bactérienne, IST) peuvent donner des symptômes proches : un diagnostic médical est nécessaire avant tout traitement, surtout lors d’un premier épisode.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Sommaire :
Causes et facteurs favorisants |
Symptômes |
Signes d’alerte |
Pourquoi éviter la cortisone |
Mycose récidivante |
Traitement |
Prévention |
Tableau récapitulatif |
Questions fréquentes

Pourquoi a-t-on une mycose vaginale ?

Candidose ou mycose vaginale - aspect rouge vernissé de la vulve
Candidose ou mycose vaginale

Le Candida albicans est un champignon naturellement présent dans la flore vaginale, en équilibre avec la muqueuse vulvovaginale. C’est la rupture de cet équilibre qui le rend pathogène et provoque la mycose. Les principaux facteurs déclenchants sont :

  • Prise d’antibiotiques – détruit la flore protectrice lactobacillaire
  • Grossesse – modifications hormonales et immunitaires
  • Diabète mal équilibré – le glucose favorise la prolifération du Candida
  • Immunodépression – corticothérapie prolongée, VIH, chimiothérapie
  • Macération et chaleur – sous-vêtements synthétiques, vêtements serrés, été
  • Microtraumatismes de la muqueuse – rapports sexuels répétés, tampons internes
  • Douches vaginales – détruisent le microbiome protecteur
  • Cycle menstruel – les récidives surviennent souvent avant ou pendant les règles

Le même champignon est responsable de la mycose buccale et de la mycose du sexe chez l’homme.

Symptômes de la mycose vaginale

Le tableau clinique classique associe :

  • Un aspect rouge vernissé et luisant de la vulve – rougeur intense, parfois œdémateuse
  • Un enduit blanc et des pertes vaginales blanches dites « caillebotées » (aspect de fromage blanc grumeleux), inodores
  • Des démangeaisons vulvaires intenses – voir démangeaisons du sexe
  • Des sensations de brûlure, notamment lors des rapports sexuels et à la miction
  • Une rougeur du sexe – voir les autres causes de rougeur du sexe

Les symptômes peuvent fluctuer avec le cycle menstruel, avec une recrudescence fréquente avant ou pendant les règles, parfois accompagnée d’une sensation d’œdème des petites lèvres ou du vestibule.

Signes d’alerte – consulter sans tarder

Un avis médical est toujours nécessaire en cas de suspicion de mycose vaginale. Consulter en urgence si les symptômes s’accompagnent de l’un des signes suivants :

  • 🌡️ Fièvre, nausées, vomissements
  • 🔴 Douleurs abdominales basses
  • 🔴 Douleurs au dos ou aux épaules
  • 🔴 Sécrétions vaginales malodorantes – évoquer une vaginose bactérienne ou une IST
  • 🔴 Hémorragie vaginale en dehors des règles

Ces signes ne sont pas compatibles avec une simple mycose vaginale et peuvent indiquer une infection ascendante ou une autre pathologie nécessitant une prise en charge urgente.

⚠️ Pourquoi la cortisone est dangereuse dans la mycose vaginale

Une candidose vaginale traitée par erreur avec de la cortisone s’aggrave silencieusement. C’est l’une des erreurs les plus fréquentes – la rougeur peut sembler s’améliorer en surface alors que l’infection s’étend en profondeur et en superficie.

Les conséquences d’une corticothérapie locale sur une mycose vaginale sont :

  • La vulvite s’étend vers la marge anale, le périnée et les plis inguinaux
  • Une collerette desquamative périphérique et des érosions punctiformes (pustules à Candida) persistent
  • À long terme, la cortisone peut supprimer la rougeur centrale et provoquer une atrophie cutanée – masquant l’infection tout en l’aggravant
  • Les démangeaisons typiques sont souvent remplacées par des sensations de brûlure

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Mycose vaginale récidivante – quand la candidose devient chronique

Environ 10 % des femmes ayant fait un épisode de mycose vaginale présentent des récidives régulières. On parle de candidose vulvovaginale récidivante au-delà de 4 épisodes par an.

Les récidives sont souvent rythmées par :

  • Une antibiothérapie récente
  • Le cycle menstruel – recrudescence avant ou pendant les règles
  • Les rapports sexuels
  • La période estivale (chaleur, macération, maillot de bain)

Lorsque les poussées deviennent subintrantes (quasiment constantes), la présentation clinique évolue : la rougeur devient moins intense, la sécheresse prédomine dans la région postérieure et des fissures douloureuses apparaissent. C’est la candidose chronique.

À l’examen, il persiste toujours à la périphérie une fine collerette desquamative et des érosions de pustules à Candida – ce qui distingue la mycose d’un psoriasis (pas de desquamation blanche des zones cutanées externes) ou d’un lichen plan érosif (pas d’atrophie centrale).

Traitement de la mycose vaginale

Règles d’hygiène indispensables

  • Savon alcalin (Hydralin®) ou eau bicarbonatée (1 cuillère à soupe par cuvette) – éviter les savons à pH acide qui favorisent la multiplication du Candida
  • Pas de douches vaginales – elles détruisent la flore protectrice
  • Éviter pendant le traitement : tampons internes, spermicides, préservatifs ou diaphragmes (risque de rupture)
  • Abstinence ou rapports protégés pendant le traitement pour éviter la transmission au partenaire
  • Sous-vêtements en coton – éviter les textiles synthétiques et les vêtements serrés
  • Séchage soigneux de la vulve après la toilette – lutter contre la macération

Traitement médical de première intention

Le traitement antifongique est prescrit par le médecin. Il repose sur :

  • Antifongiques locaux (crème vaginale, ovule, capsule) en première intention chez la femme non enceinte – il est souvent utile de répéter le traitement à la fin des règles suivantes
  • Chez la femme enceinte : ovules de Fazol G®, Gyno-Daktarin®, Gyno-Pevaryl® ou Monazol® – jamais de traitement systémique
  • Antifongique local topique en crème ou poudre + émollient alcalin à raison d’1 à 2 applications par jour pendant 2 à 4 semaines

Traitement des mycoses récidivantes

Au-delà de 4 récidives par an, le traitement local est complété par un traitement systémique oral (sauf grossesse) :

  • Triflucan® (fluconazole) 150 mg en prise unique, éventuellement répétée une semaine plus tard
  • En cas de récidives très fréquentes : administration d’un ovule antifongique et/ou de Triflucan® pendant 2 à 6 mois puis diminution progressive, en ciblant le jour du cycle à risque (généralement vers le 19e jour)
  • Si la patiente porte un stérilet de plus de 2 ans : le changer – il peut constituer un réservoir à Candida
  • Probiotiques – peuvent aider à restaurer la flore vaginale protectrice
  • Kinésithérapie périnéale spécialisée – améliore la qualité des rapports et réduit les microtraumatismes favorisants
  • Traitement du partenaire uniquement s’il présente une candidose du sexe prouvée

Traitements disponibles sans ordonnance

Consultez votre médecin traitant avant toute automédication – il faut s’assurer que les symptômes correspondent bien à une mycose et non à une autre cause de rougeur du sexe. En attendant le rendez-vous, votre pharmacien peut vous orienter vers :

  • MYCOHYDRALIN crème (Clotrimazole) – application locale matin et soir après toilette, pendant 1 semaine
  • MYCOHYDRALIN 200 mg comprimé vaginal – 1 comprimé au fond du vagin 3 soirs consécutifs. Si les symptômes persistent au-delà de 7 jours, consultation médicale obligatoire
  • MYCOHYDRALIN 500 mg comprimé vaginal – 1 comprimé en prise unique le soir au coucher. Un second comprimé peut être administré si les symptômes persistent au-delà de 3 jours. Au-delà de 7 jours sans amélioration, consulter

⚠️ Ces produits peuvent provoquer des réactions allergiques (urticaire, démangeaisons, brûlures, œdème). Demandez toujours conseil à votre pharmacien, notamment en cas de grossesse, d’allaitement ou d’antécédent d’allergie cutanée.

⚠️ En cas de sécheresse vaginale, le comprimé peut ne pas se dissoudre correctement – introduire profondément en position allongée sur le dos, genoux repliés et écartés.

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Prévenir les mycoses vaginales

La prévention passe par la lutte systématique contre les facteurs favorisants :

  • Traiter tous les foyers d’infection fongique associés (plis inguinaux, mycose buccale…)
  • Éviter les microtraumatismes de la muqueuse – sous-vêtements trop serrés, rapports sexuels trop fréquents ou sans lubrification suffisante
  • Lutter contre la macération – séchage soigneux après toilette avec un savon d’hygiène intime adapté
  • Informer et si nécessaire examiner le ou les partenaires – même si la candidose n’est pas une IST à proprement parler, elle peut provoquer des rougeurs du sexe chez le partenaire
  • En cas de traitement antibiotique : prendre des probiotiques vaginaux en prévention

Tableau récapitulatif – mycose vaginale

Situation Traitement recommandé Précautions
Premier épisode Antifongique local (ovule ou crème vaginale) Confirmer le diagnostic avant traitement
Femme enceinte Ovules Fazol G®, Gyno-Daktarin®, Gyno-Pevaryl®, Monazol® Jamais de traitement systémique oral
Récidives (< 4/an) Local + Triflucan® 150 mg prise unique Répéter à J8 si nécessaire
Récidives (≥ 4/an) Triflucan® 150 mg sur 2 à 6 mois + probiotiques Changer le stérilet si > 2 ans – éliminer diabète
Sans ordonnance Mycohydralin crème ou comprimé vaginal Consulter si pas d’amélioration à J7

Questions fréquentes

Comment savoir si j’ai une mycose vaginale ou une autre infection ?
Les pertes blanches caillebotées inodores, la rougeur vernissée de la vulve et les démangeaisons intenses sont très évocatrices. Mais une vaginose bactérienne (pertes grises malodorantes), une IST ou un eczéma de contact peuvent mimer certains symptômes. Seul un examen médical – et parfois un prélèvement vaginal – permet de confirmer le diagnostic. Ne traitez pas sans consulter, surtout si c’est un premier épisode.

Ma mycose vaginale revient à chaque prise d’antibiotiques – que faire ?
C’est une situation très fréquente. Les antibiotiques détruisent la flore lactobacillaire protectrice et permettent au Candida de proliférer. La solution préventive est de prendre des probiotiques vaginaux dès le début de chaque antibiothérapie. En cas de récidives très fréquentes, votre médecin peut prescrire un traitement antifongique préventif à prendre systématiquement lors de chaque cure d’antibiotiques.

Mon partenaire doit-il être traité ?
Pas systématiquement. Le partenaire ne doit être traité que s’il présente lui-même des signes de candidose (rougeurs du sexe, démangeaisons). Pendant le traitement, les rapports sexuels sont déconseillés pour éviter les microtraumatismes et réduire le risque de transmission. Si les récidives sont déclenchées à chaque rapport, un examen du partenaire s’impose.

Puis-je utiliser un ovule vaginal pendant mes règles ?
Il vaut mieux éviter le traitement par ovule pendant les règles – les pertes menstruelles réduisent son efficacité. Il est souvent conseillé de débuter ou de répéter le traitement à la fin des règles. En cas de mycose chronique récidivante, le traitement préventif est souvent ciblé vers le 19e jour du cycle, avant la recrudescence habituelle.

Une mycose vaginale peut-elle se traiter seule avec des remèdes naturels ?
Non. Les remèdes maison (yaourt, huile de coco, bicarbonate…) n’ont pas d’efficacité prouvée sur la candidose vaginale et peuvent aggraver l’irritation. Seuls les antifongiques – locaux ou systémiques – ont une efficacité démontrée. Les probiotiques peuvent compléter le traitement médical mais ne le remplacent pas.

« Mycose vaginal » ou « mycose vaginale » : quelle est la bonne orthographe ?
La forme correcte est « mycose vaginale », l’adjectif s’accordant au féminin avec « mycose ». La forme « mycose vaginal » (sans e final) est une faute d’orthographe fréquente dans les recherches, mais il s’agit bien de la même infection : la candidose vulvovaginale due à Candida albicans.

À lire aussi sur les infections génitales

Références scientifiques

  • Sobel JD. Recurrent vulvovaginal candidiasis. Am J Obstet Gynecol. 2015;214(1):15-21. PMID 26164695
  • Cooke G, Watson C, Deckx L, Pirotta M, Smith J, van Driel ML. Treatment for recurrent vulvovaginal candidiasis (thrush). Cochrane Database Syst Rev. 2022;1(1):CD009151. PMID 35005777
  • Iavazzo C, Gkegkes ID, Zarkada IM, Falagas ME. Boric acid for recurrent vulvovaginal candidiasis: the clinical evidence. J Womens Health (Larchmt). 2011;20(8):1245-1255. PMID 21774671
  • Source institutionnelle : Haute Autorité de Santé


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Mycose des ongles (onychomycose) : traitement et durée

Mycose d’ongle (onychomycose) : symptômes, diagnostic et traitement – Guide du dermatologue

Mis à jour le 7 septembre 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : La mycose d’ongle, ou onychomycose, touche environ 10 % de la population générale en France et près d’une personne de plus de 70 ans sur deux. Dans 80 % des cas, elle est due à un dermatophyte (Trichophyton rubrum) et atteint préférentiellement l’ongle du gros orteil. Plus de la moitié des ongles abîmés ne sont pas des mycoses : un prélèvement mycologique est indispensable avant tout traitement oral. La prise en charge repose sur un vernis antifongique si la matrice est épargnée, ou sur des antifongiques oraux dans les formes étendues ou matricielles.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

La mycose d’ongle, ou onychomycose, est l’une des infections cutanées les plus fréquentes en France : elle touche environ 10 % de la population générale et près d’une personne de 70 ans sur deux. Elle est due dans 80 % des cas à un champignon microscopique appelé dermatophyte (Trichophyton rubrum principalement) et atteint préférentiellement l’ongle du gros orteil. L’aspect typique – ongle épaissi, friable, jauni ou décollé – est reconnaissable, mais plus de la moitié des anomalies unguéales ne sont pas des mycoses : un avis médical est indispensable avant tout traitement. Le traitement repose soit sur un vernis antifongique si la matrice est épargnée, soit sur des antifongiques oraux dans les formes matricielles ou étendues.

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Mycose d'ongle de pied - onychomycose
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Sommaire :
Reconnaître les symptômes |
Définition et épidémiologie |
Facteurs favorisants |
Diagnostic clinique et mycologique |
Types d’onychomycoses |
Diagnostics différentiels |
Prévention |
Traitement |
Cas particuliers |
Pages associées |
Questions fréquentes

Reconnaître une mycose de l’ongle selon son aspect

Avant de parler de traitement, la première question d’un patient est presque toujours la même : « mon ongle a changé d’aspect, est-ce une mycose ? ». La réponse dépend surtout de la couleur, de l’épaisseur et de l’état de décollement de l’ongle. Ce tableau aide à s’orienter, sans remplacer un avis médical ni un prélèvement mycologique.

Ce que vous observez Causes possibles Ce qu’il faut savoir
Ongle jaune ou brun Onychomycose (le plus souvent au bord libre, progressant vers la base), vernis à ongles laissant un dépôt, tabac, psoriasis débutant Un prélèvement mycologique reste le seul moyen fiable de confirmer une mycose avant traitement.
Ongle blanc, poudreux, qui s’effrite Onychomycose blanche superficielle (dermatophyte ou moisissure), leuconychie traumatique (petites taches blanches ponctuelles, bénignes) La forme mycosique atteint la face superficielle de l’ongle et est facilement grattable.
Ongle épaissi (hyperkératose) Onychomycose évoluée, psoriasis unguéal, onychogryphose liée à l’âge ou au chaussage L’épaississement isolé, sans décoloration ni douleur, oriente plutôt vers une cause mécanique que fongique.
Ongle décollé (onycholyse) Traumatisme (chaussures serrées, sport), onychomycose sous-unguéale distale, psoriasis, certains médicaments photosensibilisants Une onycholyse récente après un choc n’est pas une mycose ; elle guérit en quelques mois sans traitement antifongique.
Ongle noir ou strié de noir Hématome sous-unguéal (traumatisme), mélanonychie longitudinale bénigne, plus rarement mélanome unguéal Une bande noire qui s’élargit, touche la peau autour de l’ongle (signe de Hutchinson) ou apparaît sans traumatisme doit être vue en urgence par un dermatologue.
Ongle qui sent mauvais Surinfection bactérienne associée à une mycose ou une onycholyse, macération (transpiration, chaussures fermées) L’odeur seule n’est pas spécifique d’une mycose ; elle traduit surtout une prolifération bactérienne locale.
Signe à ne jamais négliger : une bande noire ou brune sur l’ongle qui s’élargit progressivement, touche la peau du pourtour de l’ongle, ou apparaît sans traumatisme évident, doit faire consulter un dermatologue rapidement pour éliminer un mélanome unguéal, une tumeur rare mais grave qui peut être confondue avec un hématome ou une mycose.

Qu’est-ce que la mycose des ongles ? Épidémiologie

L’onychomycose est une infection fongique de l’ongle pouvant atteindre la tablette unguéale (la partie dure de l’ongle), le lit unguéal (peau sous l’ongle) et/ou la matrice (zone productrice de l’ongle, située sous le repli proximal). Elle représente 50 % de toutes les pathologies unguéales vues en consultation de dermatologie.

Sa prévalence augmente nettement avec l’âge : rare avant 15 ans, elle atteint près de 50 % des personnes de plus de 70 ans. Les ongles des pieds sont touchés 4 fois plus souvent que ceux des mains. Le gros orteil et le 5e orteil sont les localisations les plus fréquentes.

Onychomycose du gros orteil - ongle jauni et épaissi
Onychomycose du gros orteil : ongle jauni et épaissi
Mycose jaune de l'ongle du gros orteil
Mycose jaune du gros orteil

Les champignons responsables se répartissent ainsi :

Champignon Fréquence Localisation préférentielle
Trichophyton rubrum (dermatophyte) ~70 % Ongles de pieds ++
Trichophyton interdigitale (dermatophyte) ~10 % Ongles de pieds, forme blanche superficielle
Candida albicans et autres levures ~10 % Ongles des mains ++ (périonyxis)
Moisissures (Fusarium, Aspergillus, Acremonium) ~5–10 % Ongle unique, souvent post-traumatique

Facteurs favorisant la mycose des ongles

Plusieurs facteurs augmentent le risque d’onychomycose :

Facteur Mécanisme
Âge avancé Ralentissement de la pousse unguéale, altération de la vascularisation périphérique, accumulation de microtraumatismes
Mycose des pieds préexistante Contamination unguéale par contiguïté depuis l’espace interdigital
Diabète Immunodépression locale, altération vasculaire, favorise les levures (Candida)
Immunodépression (VIH, immunosuppresseurs, corticothérapie prolongée) Déficit des mécanismes de défense fongique
Macération, humidité persistante Port de chaussures fermées occlusives, transpiration excessive des pieds
Fréquentation de lieux collectifs à pieds nus Piscines, vestiaires, douches collectives, hammams
Traumatismes unguéaux répétés Sports en chaussures fermées (running, foot), chaussures trop étroites
Insuffisance veineuse ou artérielle des membres inférieurs Ralentissement de la pousse unguéale et de la réponse immune locale
Antécédent familial d’onychomycose Susceptibilité génétique documentée (polymorphisme HLA)

Diagnostic clinique et mycologique

Aspect clinique typique

La forme la plus fréquente est l’onychomycose sous-unguéale disto-latérale (OSDL) : l’infection débute par le bord libre de l’ongle et progresse vers la matrice. On observe :

  • Une coloration jaunâtre à brunâtre de l’ongle, partant du bord distal
  • Un épaississement progressif de la tablette (onychauxis)
  • Une hyperkératose sous-unguéale : accumulation de kératine entre l’ongle et le lit unguéal
  • Une onycholyse : décollement de l’ongle de son lit, partant du bord libre
  • À un stade avancé : ongle friable, effrité, avec destruction partielle de la tablette
Mycose débutante de l'ongle - tache blanche
Mycose débutante de l’ongle : tache blanche distale
Tache blanche de mycose débutante sur ongle
Tache blanche de mycose débutante
Mycose des ongles de pied avec atteinte de la matrice
Mycose des ongles avec atteinte matricielle

Dermoscopie unguéale – un outil clé en consultation

La dermoscopie (examen à la loupe polarisante posée sur l’ongle) permet d’affiner le diagnostic sans prélèvement. En faveur d’une onychomycose : bords de l’onycholyse en « patte de crabe » ou « dents de scie », stries longitudinales irrégulières, coloration hétérogène jaune-orange et zones d’hyperkératose sous-unguéale « en îlots ». En faveur d’un traumatisme : bord d’onycholyse linéaire et régulier, hématome sous-unguéal en « tache d’encre ».

Le score SCIO – évaluer l’atteinte avant de traiter

Le score SCIO (Scoring Clinical Index for Onychomycosis) est utilisé pour évaluer la sévérité de l’onychomycose et guider la décision thérapeutique. Il prend en compte l’étendue de la tablette atteinte, la présence d’une atteinte matricielle (zone lunulaire), l’épaisseur de l’ongle et le nombre d’ongles touchés. Un score élevé (≥ 26 sur 35) oriente vers le traitement oral d’emblée.

Prélèvement mycologique – indispensable avant traitement oral

Le diagnostic clinique doit être confirmé par un prélèvement mycologique (rognures d’ongle et raclage du lit unguéal) avec examen direct au microscope (recherche de filaments mycéliens) et mise en culture (identification du champignon, résultats en 3 à 4 semaines). Ce prélèvement est obligatoire avant tout traitement antifongique par voie orale, car :

  • Il confirme l’origine fongique (élimine les faux diagnostics)
  • Il identifie le champignon et permet d’adapter le traitement (dermatophyte, Candida, moisissure)
  • Il est requis pour la prise en charge par l’Assurance Maladie des antifongiques oraux

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Types cliniques d’onychomycoses

Type Aspect Champignon habituel Matrice atteinte ?
Sous-unguéale disto-latérale (OSDL) – forme la plus fréquente Départ du bord libre, progression vers la lunule ; ongle jauni, épaissi, onycholyse T. rubrum, T. interdigitale Variable – atteinte tardive
Blanche superficielle (OBS) Taches blanches superficielles, poudreuses, sur la face dorsale de l’ongle – souvent grattables T. interdigitale, moisissures Non
Sous-unguéale proximale (OSP) Départ de la lunule (zone blanche à la base) – évocateur d’une immunodépression (VIH) T. rubrum Oui, dès le début
Dystrophique totale Destruction complète de la tablette – stade évolué de toute forme Tous types Oui – pronostic de guérison réservé
À Candida Périonyxis (rougeur douloureuse autour de l’ongle), décoloration irrégulière latérale jaune-verdâtre ou marron Candida albicans Variable

Diagnostics différentiels – ne pas confondre avec une mycose

À retenir : Plus de la moitié des ongles présentant une dystrophie (épaississement, décoloration, décollement) ne sont pas d’origine fongique. Avant de débuter un traitement antifongique, en particulier oral, la confirmation mycologique est indispensable.
Pathologie Aspect évocateur Élément distinctif
Traumatisme unguéal (onycholyse traumatique) Ongle décollé, parfois noirci (hématome) Bord d’onycholyse linéaire en dermoscopie ; contexte (sport, chaussure serrée)
Psoriasis unguéal Piqûres en dé à coudre, tache saumonée, hyperkératose sous-unguéale, onycholyse Plaques psoriasiques associées sur la peau ou le cuir chevelu ; prélèvement mycologique négatif. Voir psoriasis
Lichen plan unguéal Striations longitudinales, amincissement de la tablette, pterygium (fusion cuticule-tablette) Papules violacées associées ; biopsie de la matrice si doute. Voir lichen plan
Ongle en pince (pincer nail) Courbure transversale excessive de l’ongle, souvent douloureux, gros orteil Déformation mécanique ; pas d’infection fongique
Mélanome sous-unguéal Bande pigmentée longitudinale (mélanonychie) sombre à bords irréguliers Signe de Hutchinson (extension à la cuticule) – biopsie urgente. Voir mélanome
Surinfection à Pseudomonas aeruginosa Ongle vert-bleuté caractéristique Culture bactériologique positive – traitement antiseptique ciblé

Prévenir la mycose des ongles

La prévention est essentielle car la récidive est fréquente (20 à 25 % dans les 3 ans après guérison mycologique). Les mesures recommandées :

  • Couper les ongles régulièrement, à angle droit, sans trop court
  • Porter des chaussettes en coton (fil d’Écosse idéalement) changées quotidiennement ; préférer les chaussures ouvertes en été
  • Laver les pieds une fois par jour et sécher soigneusement les espaces inter-orteils (zone de contamination principale)
  • Porter des claquettes dans les lieux collectifs (piscines, vestiaires, douches, hammams)
  • Ne pas partager serviettes, chaussures ou chaussettes
  • En cas de mycoses récidivantes : pulvériser une poudre antifongique dans les chaussures en cours de traitement
  • Chez le diabétique : surveillance unguéale régulière et pédicurie podologique

Traitement de la mycose des ongles : quelle stratégie ?

La stratégie thérapeutique dépend principalement de deux questions clés : la matrice est-elle atteinte ? Combien d’ongles sont touchés ?

Tableau décisionnel : traitement local ou oral ?

Situation clinique Traitement recommandé
Atteinte distale < 50 % de la tablette, matrice non atteinte, 1–2 ongles 🟢 Vernis antifongique seul
Atteinte distale > 50 % de la tablette, ou matrice atteinte (lunule), ou > 3 ongles 🟡 Antifongique oral ± vernis associé
Tablette > 2 mm d’épaisseur ou onychomycose sous-unguéale proximale 🟡 Antifongique oral obligatoire
Dystrophique totale chez un patient sans contre-indication 🟡 Antifongique oral + avulsion chimique (urée)
Moisissure confirmée (2 prélèvements positifs) 🔴 Traitement spécialisé selon espèce (itraconazole ou avulsion)

Étape préalable dans tous les cas : amincissement mécanique ou chimique de la partie atteinte (limage soigneux, application de crème à l’urée 40 % – Onyster®, Amycor Onychoset® – sous occlusion pendant 7 à 14 jours pour ramollir et éliminer le tissu fongique avant le traitement antifongique proprement dit).

Traitement local – vernis antifongiques

Un ongle de pied poussant d’environ 1,5 mm par mois, il faut compter 6 à 9 mois de traitement pour obtenir un ongle entièrement sain depuis la base. La régularité des applications est déterminante pour l’efficacité. Certains produits cosmétiques, comme le stylo Orivelle vendu en ligne, sont présentés comme des solutions contre la mycose de l’ongle. Ils n’ont pas le niveau de preuve clinique des vernis antifongiques évoqués ici : voir notre analyse d’Orivelle et de la mycose de l’ongle.

Molécule Spécialités Posologie Prescription
Amorolfine 5 % Loceryl®, Curanail®, Locéryl Pro® (sans ordonnance) 1 à 2 applications par semaine après limage. Retirer le vernis précédent avec le dissolvant fourni avant chaque application. Sur ordonnance (remboursé) ou sans ordonnance
Ciclopirox 8 % Mycoster vernis®, Onytec®, Myconail® (sans ordonnance) 1 application par soir sur l’ongle et les 5 mm de peau adjacente. Ne pas laver les ongles dans les 6 h suivant l’application. Sur ordonnance (remboursé) ou sans ordonnance

Traitement oral – antifongiques systémiques

Molécule Spécialités Posologie et durée Champignon cible Surveillance
Terbinafine – traitement de référence Lamisil®, Fungster® 250 mg/j pendant 3 mois pour les pieds, 6 semaines pour les mains Dermatophytes (efficacité > 80 %) NFS, bilan hépatique avant et à 6 semaines. Contre-indiquée en cas d’insuffisance hépatique
Itraconazole Sporanox® Traitement « pulse » : 400 mg/j pendant 1 semaine par mois, 2 à 3 cures pour les mains, 3 à 4 pour les pieds – ou 200 mg/j en continu 3 mois Dermatophytes, Candida, certaines moisissures Bilan hépatique. Nombreuses interactions médicamenteuses (CYP3A4)
Fluconazole Triflucan® 150 à 300 mg une fois par semaine, 6 à 12 mois Candida principalement Bilan hépatique. Alternative en cas d’intolérance à la terbinafine

Laser pour les mycoses d’ongles

Les lasers Nd:YAG 1064 nm et CO₂ fractionnel ont été proposés pour l’onychomycose. Les données disponibles restent insuffisantes : les études sont majoritairement non contrôlées, avec des critères de guérison hétérogènes. La FDA américaine a approuvé ces dispositifs uniquement pour un éclaircissement temporaire de l’ongle, non comme traitement curatif de l’infection fongique. Ils ne sont pas recommandés en première intention et ne sont pas remboursés.

Consultez en urgence ou rapidement si :

  • Une bande pigmentée foncée apparaît sur un ongle (mélanonychie longitudinale), surtout si elle s’élargit ou s’étend à la cuticule – signe de Hutchinson à ne pas négliger (suspicion de mélanome sous-unguéal)
  • Un ongle présente une coloration verte ou noire associée à de la douleur ou une odeur nauséabonde (surinfection bactérienne possible)
  • Un gonflement douloureux du bourrelet entourant l’ongle s’accompagne de fièvre (périonyxis infectieux compliqué)
  • Un diabétique présente une modification rapide d’un ongle avec rougeur périunguéale et chaleur locale (risque de complication infectieuse)
  • Le traitement en cours (vernis ou oral) ne montre aucune amélioration après 3 mois

Cas particuliers : ongles verts, Candida, moisissures

Ongles verts – Pseudomonas aeruginosa

La coloration verte d’un ongle (chloronychie) est due à une surinfection par Pseudomonas aeruginosa (bactérie pyocyanique), souvent secondaire à une onycholyse préexistante (traumatique ou mycosique) créant un espace favorable à la bactérie. Ce n’est pas une mycose. Traitement : nettoyage soigneux sous l’ongle, bains de Dakin® ou de Bétadine® solution dermique, application locale d’acide acétique à 2–3 % (vinaigre blanc dilué).

Onychomycose à Candida – périonyxis

La mycose à Candida albicans se manifeste le plus souvent par un périonyxis : gonflement douloureux du repli proximal (bourrelet cutané à la base de l’ongle), qui devient rouge, œdématié, et peut exsuder. L’ongle lui-même présente une décoloration irrégulière jaune-verdâtre à marron dans ses zones latérales.

Onychomycose et périonyxis à Candida
Onychomycose et périonyxis à Candida
Candida dans l'ongle
Candida dans l’ongle
Périonyxis à Candida
Périonyxis à Candida

Le traitement associe : contrôle du diabète si présent, lutte contre l’humidité des mains, bains de doigts antiseptiques (chlorhexidine, Hexomédine®) et application d’un antifongique local en gel ou crème plusieurs fois par jour. En cas d’échec après 4 à 6 mois : fluconazole (Triflucan®) ou itraconazole (Sporanox®) oral avec surveillance hépatique. Traiter également tous les foyers de candidose associés.

Onychomycoses à moisissures – diagnostic difficile

Les moisissures (Fusarium, Aspergillus, Acremonium, Scopulariopsis brevicaulis) représentent 5 à 10 % des onychomycoses et posent deux problèmes spécifiques : le diagnostic (une moisissure doit être retrouvée à au minimum deux prélèvements pour affirmer son rôle pathogène) et le traitement (peu sensibles à la terbinafine). Les Aspergillus répondent en général à l’itraconazole ; les Fusarium sont souvent résistants aux azolés – l’avulsion chimique (urée 40 %) ou chirurgicale reste alors le traitement de choix.

Questions fréquentes sur la mycose des ongles

Pourquoi mon ongle est-il jaune alors que ce n’est pas une mycose ?

Un ongle jaune sans mycose peut venir d’un vernis laissé trop longtemps, du tabac, d’un psoriasis unguéal débutant ou simplement du vieillissement de l’ongle. Le prélèvement mycologique reste le seul moyen de trancher avec certitude avant de débuter un traitement antifongique.

Un ongle noir ou une bande noire sur l’ongle est-il forcément une mycose ?

Non : le plus souvent, c’est un hématome sous-unguéal après un choc ou une mélanonychie bénigne. Mais une bande noire qui s’élargit, touche la peau autour de l’ongle ou apparaît sans traumatisme doit être vue en urgence par un dermatologue pour écarter un mélanome unguéal.

Le stylo Orivelle, vu en publicité, est-il efficace contre la mycose de l’ongle ?

Orivelle est un cosmétique à base d’extraits végétaux, pas un antifongique pharmaceutique : aucune étude clinique publiée ne démontre son efficacité sur l’onychomycose. Les vernis antifongiques validés (amorolfine, ciclopirox) restent la référence. Voir notre analyse complète.

Comment savoir si c’est bien une mycose d’ongle et pas autre chose ?

Plus de la moitié des ongles abîmés ne sont pas mycosiques. Un ongle épaissi ou jauni peut être dû à un traumatisme répété (sport, chaussure serrée), un psoriasis unguéal, un lichen plan, une onycholyse d’origine mécanique ou une surinfection bactérienne. Seul un médecin peut poser le diagnostic, confirmé par un prélèvement mycologique en laboratoire (examen direct + culture). Ce prélèvement est indispensable avant tout traitement oral.

Combien de temps dure le traitement d’une onychomycose ?

Un ongle de pied pousse d’environ 1,5 mm par mois. Il faut en général 6 à 9 mois de traitement local (vernis) pour obtenir un ongle entièrement sain. Le traitement oral par terbinafine dure 3 mois pour les pieds, mais la repousse d’un ongle sain prend encore 6 à 9 mois. La guérison mycologique (disparition du champignon) précède toujours la guérison clinique (aspect de l’ongle normal).

Peut-on traiter une mycose d’ongle sans ordonnance ?

Des vernis à base d’amorolfine (Locéryl Pro®) ou de ciclopirox (Myconail®) sont disponibles en pharmacie sans ordonnance. Ils doivent être utilisés uniquement si la mycose touche moins des 3/4 de l’ongle et moins de 5 ongles. Au-delà, un prélèvement mycologique et un traitement oral avec prescription médicale sont nécessaires.

La mycose des ongles est-elle contagieuse ?

Oui. Elle peut se transmettre à d’autres ongles du même pied (par contiguïté depuis la peau entre les orteils), à l’entourage par partage de chaussures, chaussettes ou serviettes, et dans les lieux collectifs à pieds nus (piscines, vestiaires, hammams). Pendant le traitement, des mesures d’hygiène strictes sont indispensables pour éviter la recontamination.

Faut-il traiter une mycose d’ongle qui ne fait pas mal ?

Oui. Même indolore au début, l’onychomycose progresse lentement et peut aboutir à la destruction totale de l’ongle, atteindre d’autres ongles et se transmettre à l’entourage. Un traitement précoce (lésion < 50 % de l’ongle, matrice non atteinte) est plus efficace, plus court et évite souvent le recours aux antifongiques oraux.

Puis-je consulter en téléconsultation pour une mycose d’ongle ?

Oui, dans la grande majorité des cas. Des photos de bonne qualité (plusieurs angles : vue de dessus, de côté, et de la face plantaire pour les ongles de pieds) permettent d’orienter le diagnostic et de prescrire le traitement adapté ou de demander un prélèvement mycologique en laboratoire de ville. La téléconsultation est particulièrement utile pour adapter le traitement en cas d’échec ou de récidive.

Quelles sont les récidives après traitement d’une onychomycose ?

Le taux de récidive est estimé entre 20 et 25 % dans les 3 ans suivant la guérison mycologique en l’absence de mesures préventives. Les facteurs de risque principaux sont la persistance d’une mycose des pieds associée, le port de chaussures occlusives et la fréquentation de lieux collectifs à pieds nus. Un traitement préventif mensuel par vernis antifongique peut être envisagé en cas de récidives fréquentes.

Ongle jaune : mycose ou psoriasis unguéal ?

Les deux pathologies peuvent donner des ongles jaunes et épaissis. Le psoriasis unguéal se reconnaît classiquement aux petites dépressions en dés à coudre (piqûres), à la tache saumonée sous l’ongle et à l’absence de confirmation fongique au prélèvement mycologique. Le dermoscope en consultation permet souvent d’orienter le diagnostic avant même le prélèvement. Une mycose associée au psoriasis est possible, ce qui rend le prélèvement encore plus utile.

Pages associées – mycoses et pathologies unguéales

Pour aller plus loin sur les infections fongiques et les problèmes unguéaux, consultez :

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Références scientifiques

  1. Burzykowski T et al. High prevalence of foot diseases in Europe: results of the Achilles Project. Mycoses. 2003;46(11-12):496-505. PMID 14641622
  2. Lipner SR, Scher RK. Onychomycosis: Treatment and prevention of recurrence. J Am Acad Dermatol. 2019;80(4):853-867. PMID 29959962
  3. Ghannoum M, Isham N. Updated perspectives on the diagnosis and management of onychomycosis. Clin Cosmet Investig Dermatol. 2022;15:1933-1957. PMID 36133401

Source : HAS – CONYDIX (ciclopirox) – Onychomycoses : avis de la Commission de Transparence

Article rédigé et mis à jour par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue. Mis à jour le 7 septembre 2026.

Champignons de la peau (mycoses) : roue de sainte-catherine et autres

Mycose cutanée (champignon de la peau) : photos, symptômes et traitements
La mycose cutanée, ou champignon de la peau, est une infection fongique très fréquente qui peut toucher toutes les zones du corps : peau glabre, plis, pieds, ongles, cheveux. Elle se manifeste différemment selon l’agent responsable. Voici comment la reconnaître, la distinguer d’autres affections et la traiter efficacement.

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mycose de la peau vésiculeuse champignon cutané photo
Mycose de la peau vésiculeuse

Les 3 types de champignons responsables de mycoses cutanées

Les mycoses de la peau sont causées par trois grandes familles de champignons :

  • Dermatophytes – les plus fréquents sur la peau. Ils n’attaquent que la peau, les poils et les ongles (jamais les muqueuses). Certains sont transmis par l’homme (anthropophiles : vêtements, sols contaminés dans les collectivités), d’autres par les animaux (zoophiles : chat, chien, hamster, cheval). Il existe 4 genres : Trichophyton, Epidermophyton, Microsporum et Nannizzia.
  • Levures du genre Candida – responsables des candidoses, surtout dans les plis et sur les muqueuses
  • Malassezia – levure responsable du pityriasis versicolor et de certaines folliculites du cuir chevelu

Mycose sur peau glabre – l’herpès circiné (roue de Sainte-Catherine)

La mycose à dermatophyte sur peau glabre se présente sous forme de plaque ronde ou ovale bien limitée, avec :

  • Une bordure active légèrement surélevée, squameuse et parfois vésiculeuse
  • Un centre qui se normalise progressivement
  • Une extension centrifuge progressive donnant l’aspect en « roue de Sainte-Catherine »
  • Des démangeaisons variables, rendant parfois difficile la distinction avec un eczema, voir l’article eczema ou mycoses? faire la différence
mycose de la peau herpès circiné anneau squames dermatophyte photo
Plaque de mycose sur la peau : herpès circiné
mycose jambe anneau dermatophyte photo
Mycose de la peau – atteinte de la jambe
anneau mycose peau roue de sainte catherine photo
Anneau de mycose – roue de Sainte-Catherine
roue de sainte catherine mycose annulaire photo
Roue de Sainte-Catherine – mycose annulaire
roue de sainte catherine mycose cutanée forme typique photo
Roue de Sainte-Catherine – forme typique

Il existe aussi des formes profuses plus difficiles à diagnostiquer, donnant des plaques rouges diffuses qui grattent sur le tronc :

mycose profuse plaques rouges tronc grattent photo
Mycose profuse sur le tronc – plaques rouges qui grattent

Mycose du visage (noter la bordure active et la dépilation du sourcil) :

mycose visage bordure dépilation sourcil dermatophyte photo
Mycose du visage

Forme inflammatoire – le kérion :

kérion forme inflammatoire mycose peau photo
Kérion – forme inflammatoire de mycose

Mycose des mains :

mycose mains dermatophytie cutanée photo
Mycose des mains

Mycose dans les plis

Mycose à dermatophytes dans les plis

La dermatophytie des plis donne des rougeurs sèches et squameuses à centre rosé, le plus souvent bilatérales et symétriques, qui démangent. L’extension est centrifuge, avec une bordure nette, polycyclique, vésiculeuse et squameuse. Principales localisations :

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Mycose entre les fesses
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Mycose entre les orteils – pied d’athlète

Candidose dans les plis

La candidose des plis se distingue par un aspect rouge vernissé et luisant, humide, parfois fissuré dans le fond du pli. Les limites sont émiettées avec une collerette blanchâtre et des pustules blanches satellites caractéristiques. Elle est favorisée par la macération, l’obésité, le diabète et l’immunodépression.

candidose pli pustules blanches fond rouge luisant mycose candida photo
Candidose du pli – fond rouge luisant avec pustules blanches satellites

Voir aussi : rougeurs entre les cuisses et la candidose.

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Autres localisations

Teigne du cuir chevelu

Les teignes sont des mycoses du cuir chevelu à dermatophytes, surtout chez l’enfant, donnant des plaques alopéciques avec brisure des cheveux.

teigne cuir chevelu mycose cheveux enfant photo
Teigne du cuir chevelu

Mycose des ongles (onychomycose)

Les onychomycoses donnent des ongles épaissis, jaunâtres, friables et décollés du lit unguéal. Elles nécessitent souvent un traitement antifongique oral prolongé.

mycose ongles onychomycose ongles épaissis jaunâtres photo
Mycose des ongles – onychomycose

Tableau comparatif – dermatophyte vs Candida

Dermatophyte Candida (pli)
Aspect Anneau squameux, bordure active, centre normal Rouge luisant et humide, fond blanc crémeux
Signe clé Extension centrifuge (roue de Sainte-Catherine) Pustules blanches satellites en périphérie
Localisation typique Peau glabre, plis secs, pieds, cuir chevelu Grands plis humides, muqueuses
Facteurs favorisants Contact avec personne/animal infecté, collectivités Macération, diabète, immunodépression, antibiotiques

Diagnostic

Toute suspicion de mycose cutanée nécessite une consultation médicale. Un prélèvement mycologique (examen direct + cultures) est recommandé avant tout traitement, sauf pour l’intertrigo inter-orteils typique. Le traitement peut être prescrit dans la foulée.

Le prélèvement est positif si l’examen direct est positif, que les cultures soient positives ou négatives. Si l’examen direct est négatif et que des moisissures se développent en culture, un 2e prélèvement est nécessaire.

💡 Important : une atteinte cutanée impose aussi de rechercher une autre localisation (ongles, plis, cuir chevelu) pour éviter les réinfections croisées. Ne pas confondre avec une plaque rouge de la peau, un psoriasis ou un eczéma.

⚠ Consultez sans attendre si : la mycose ne régresse pas après 4 semaines de traitement local correct, si elle atteint le cuir chevelu avec plaques dépilatrices (teigne), si vous êtes diabétique ou immunodéprimé, ou si des plaques très inflammatoires avec fièvre apparaissent (kérion).
En bref : Les mycoses cutanées touchent 20 à 25 % de la population mondiale et représentent 10 % des consultations dermatologiques. Elles se manifestent par des plaques rondes qui grattent avec une bordure active. Un antifongique local (éconazole, terbinafine) en crème, appliqué 2 à 4 semaines, guérit la grande majorité des cas. La contagion est fréquente par contact direct ou sol mouillé.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Traitement de la mycose cutanée

Dermatophytes – traitement local (1re intention)

Antifongiques en crème, spray, lait ou poudre (éconazole, miconazole, ciclopirox, bifonazole), 2 fois/jour pendant 3 semaines, sur ordonnance. En cas de résistance ou de formes étendues : antifongiques oraux (terbinafine ou itraconazole). Le kétoconazole est évité en raison de sa toxicité hépatique.

Sans ordonnance – uniquement pour la mycose inter-orteils et la plante des pieds

LAMISILATE 1% crème – couche mince le soir après lavage et séchage, pendant 1 semaine (adulte et enfant >12 ans). Si pas d’amélioration après 1 semaine, consultez. Demandez conseil à votre pharmacien avant utilisation (risque d’allergie, contre-indications grossesse).

Candidose cutanée – traitement en 3 axes

1/ Facteurs favorisants : sécher soigneusement les plis, éviter les vêtements synthétiques, équilibrer un diabète, traiter une candidose digestive ou génitale associée.

2/ Traitement local : antifongiques en lait, poudre, gel ou lotion (formes non grasses). Savon surgras ou alcalin (Hydralin*) pour la toilette. En cas de suintement ou surinfection : chlorhexidine aqueuse (Diaseptyl*) ou Bétadine* solution dermique avant l’antifongique.

3/ Traitement oral si nécessaire : kétoconazole (Nizoral* – avec surveillance hépatique avant traitement, à J15 puis toutes les 4 semaines jusqu’à fin du traitement) ou fluconazole.

Conseils pour éviter les récidives

  • Se laver quotidiennement et bien sécher les plis et les espaces interorteils
  • Changer de sous-vêtements et de chaussettes tous les jours
  • Ne pas marcher pieds nus dans les vestiaires, piscines et douches collectives
  • Si un animal domestique perd ses poils, le faire examiner par un vétérinaire
  • Traiter simultanément toutes les localisations pour éviter les réinfections croisées

Sources

Questions fréquentes – mycoses cutanées

Comment reconnaître une mycose cutanée ?

La mycose cutanée typique forme une plaque ronde bien délimitée avec une bordure active rouge et squameuse, et un centre qui tend à se normaliser (extension centrifuge). Elle démange notamment à la chaleur. Les plis (pieds, aine, sous-seins) sont les zones les plus touchées. Un prélèvement mycologique permet la confirmation.

Quelle crème antifongique choisir sans ordonnance ?

L’éconazole (Pévaryl®) et la terbinafine (Lamisil® 1 %) sont disponibles sans ordonnance et efficaces sur dermatophytes et levures. Appliquez 1 à 2 fois par jour pendant 2 à 4 semaines. En cas d’échec au bout de 3 semaines de traitement bien conduit, consultez un dermatologue pour prélèvement mycologique.

Combien de temps dure une mycose cutanée ?

Avec un antifongique adapté, une mycose non compliquée guérit en 2 à 4 semaines. Sans traitement, elle peut persister des mois et s’étendre. Les onychomycoses nécessitent 3 à 6 mois (mains) ou 6 à 12 mois (pieds). Ne jamais arrêter le traitement à la disparition des symptômes – finir la cure complète pour éviter les récidives.

La mycose cutanée est-elle contagieuse ?

Oui : par contact direct (peau à peau) ou indirect (serviettes, chaussures, sols mouillés de piscine). La transmission par l’animal domestique est possible pour certaines teignes. Pendant le traitement, ne partagez pas vos affaires de toilette et séchez soigneusement les plis après la douche.

Comment éviter les récidives de mycose ?

Séchez bien les plis après la douche, portez des fibres naturelles, changez chaussettes et sous-vêtements chaque jour. Traitez simultanément les mycoses des ongles (réservoir de réinfection). En piscine ou vestiaire, portez des sandales. Une prophylaxie antifongique ponctuelle peut être recommandée après l’été chez les sujets à récidives fréquentes.

Mycose ou eczéma : comment ne pas confondre ?

L’eczéma a des bords moins nets, s’accompagne souvent de terrain atopique et ne répond pas aux antifongiques. La mycose a une bordure active bien définie, une extension centrifuge et un centre qui se normalise. En cas de doute, un prélèvement mycologique (gratage des squames et examen direct + culture) permet de trancher avec certitude.

Quand un antifongique oral est-il nécessaire ?

Un traitement par voie orale (griséofulvine, terbinafine, fluconazole) est requis en cas de mycose profuse ou résistante au traitement local, de teigne du cuir chevelu, d’onychomycose étendue ou de patient immunodéprimé. Il se prescrit sur ordonnance après confirmation mycologique. Un bilan hépatique est recommandé avant terbinafine orale.

Mis à jour le 10 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).


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