Botox® dans les rides horizontales du front : technique et précautions
Mis à jour le 26 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : Les rides horizontales du front se traitent par toxine botulique (Botox®), avec un effet visible en 3 à 7 jours et une durée de 3 à 6 mois. Contrairement aux autres zones du visage, cette localisation nécessite un examen préalable spécifique – repérer si le patient utilise son muscle frontal pour compenser une paupière tombante, ce qui contre-indique ou limite fortement l’injection. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Les rides horizontales du front sont parmi les premières à traiter par toxine botulique (Botox®). Contrairement aux autres localisations, leur traitement nécessite un examen préalable rigoureux – une mauvaise sélection du patient peut aggraver une paupière tombante ou un sourcil bas. Cette page détaille la technique d’injection et les précautions spécifiques au front.
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À quoi sont dues les rides horizontales du front ?
Facteur
Mécanisme
Conformation osseuse
La morphologie du front influence la répartition des rides – certains profils y sont plus prédisposés
Hypertonie du muscle frontal
Le muscle frontal relève les sourcils et plisse la peau horizontalement – son activité excessive creuse des rides permanentes
Examen préalable – sélection du patient
Le traitement par Botox® du front est indiqué uniquement en l’absence de surplus de peau palpébrale supérieure ou de sourcils bas. La paralysie du muscle frontal par la toxine botulique pourrait aggraver ces caractéristiques anatomiques en supprimant le mécanisme compensatoire de relèvement sourcilier.
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Manœuvre d’examen
Objectif
Demander au patient d’ouvrir grand les yeux en fronçant le front
Évaluer si le patient utilise le frontal pour compenser une ptose palpébrale – si c’est le cas, paralyser ce muscle provoquerait une aggravation visible
Observer le niveau des sourcils au repos
Des sourcils bas contre-indiquent ou limitent les doses injectables dans le front
Techniques d’injection du Botox® dans le front
Deux techniques sont habituellement employées :
Technique
Description
Technique à mi-hauteur
Tracé d’une ligne imaginaire horizontale à mi-distance entre la ligne des sourcils et la ligne de naissance des cheveux. Injection à l’intersection de ce trait avec la ligne médio-pupillaire de chaque côté, puis deux injections supplémentaires entre ces deux sites. Massage des sites d’injection vers le haut et latéralement après injection.
Technique sur la ride basse
Placement des quatre sites d’injection juste au-dessus de la ride horizontale la plus basse. Ajout de deux injections à mi-distance entre cette ride basse et la ligne de naissance des cheveux.
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Précautions après les injections dans le front
Précaution
Durée
Pourquoi
Éviter toute activité obligeant à pencher la tête en avant et en bas
Plusieurs heures
Risque de migration de la toxine vers les paupières – ptose iatrogène
Éviter tout massage de la zone traitée
Plusieurs heures
Le massage favorise la diffusion de la toxine hors de la zone cible
Ne pas s’allonger ni faire de sport intense
4 heures
Même risque de diffusion par pression et chaleur
Éviter le soleil et la chaleur intense
24–48 heures
Vasodilatation pouvant favoriser la diffusion et l’œdème local
⚠ Consultez sans attendre si : vous ressentez après l’injection une chute de la paupière (ptose), une vision floue ou double, une difficulté à parler ou à avaler, ou une faiblesse musculaire inhabituelle. Ces signes peuvent traduire une diffusion excessive de la toxine ou, exceptionnellement, un botulisme – en particulier en cas d’injection réalisée hors d’un cadre médical sécurisé. L’ANSM rappelle que ces injections doivent être réalisées exclusivement par un médecin spécialiste habilité.
Questions fréquentes
Le Botox® du front peut-il faire tomber les paupières ?
Oui – c’est la complication la plus redoutée du traitement du front. Elle survient quand la toxine migre vers le muscle releveur de la paupière supérieure, ou quand le patient utilise son muscle frontal pour compenser une ptose palpébrale préexistante. C’est pourquoi l’examen préalable (ouverture des yeux en fronçant) est indispensable avant toute injection dans cette zone. La ptose iatrogène est temporaire – elle dure quelques semaines – mais très gênante.
Combien de temps dure l’effet du Botox® sur les rides du front ?
L’effet apparaît 3 à 7 jours après l’injection et est maximal entre 15 jours et 1 mois. La durée d’action est de 3 à 6 mois selon les patients, la dose injectée et l’activité musculaire individuelle. Les patients très sportifs ou qui font beaucoup de sport d’endurance ont souvent une durée d’effet plus courte.
Peut-on traiter le front et la ride du lion en même temps ?
Oui – les deux zones sont fréquemment traitées lors d’une même séance. Le traitement combiné front + glabelle (ride du lion) + pattes d’oie constitue le traitement standard du haut du visage. Le dermatologue ajuste les doses selon les zones – les doses dans le front sont généralement plus faibles pour éviter le ptosis.
À quel âge commencer le Botox® du front ?
Il n’y a pas d’âge minimum réglementaire – la décision se prend sur critères cliniques. Certains patients commencent à 30 ans en traitement préventif (« baby botox » à faible dose avant que les rides s’installent), d’autres attendent que les rides soient visibles au repos. Le traitement préventif précoce à petites doses semble plus efficace que le traitement tardif de rides déjà profondes.
Quelles sont les contre-indications au Botox® du front ?
Grossesse et allaitement, maladies neuromusculaires (myasthénie, syndrome de Lambert-Eaton), allergie connue à la toxine botulique et infection cutanée active sur la zone à traiter sont des contre-indications. Une paupière déjà tombante ou des sourcils très bas au repos limitent aussi fortement les doses utilisables dans le front, d’où l’importance de l’examen préalable.
Jabbour SF et al. «The Impact of Upper Face Botulinum Toxin Injections on Eyebrow Height and Forehead Lines: A Randomized Controlled Trial and an Algorithmic Approach to Forehead Injection.» Plast Reconstr Surg, 2018;142(5):1212-1217. PMID 30102667
Yi KH et al. «Anatomical Proposal for Botulinum Neurotoxin Injection for Horizontal Forehead Lines.» Plast Reconstr Surg, 2023;153(2):322e-325e. PMID 36988646
Ozsoy Z et al. «A new technique applying botulinum toxin in narrow and wide foreheads.» Aesthetic Plast Surg, 2005;29(5):368-372. PMID 16151661
Cernes et poches sous les yeux : causes et traitements
« Un regard fatigué donne 10 ans »
Cernes et poches s’aggravent avec l’âge et la fatigue, mais leurs mécanismes sont différents – et leurs traitements aussi. Bien les distinguer est la première étape pour choisir la solution adaptée.
En bref : Les cernes (creux pigmentés) et les poches (bourrelets graisseux) ont des mécanismes différents et ne se traitent pas de la même façon. Les cernes bleus répondent bien à l’acide hyaluronique, les cernes pigmentés au laser picosecondes, tandis que les poches constituées nécessitent le plus souvent une blépharoplastie chirurgicale. Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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La peau des paupières est 4 fois plus fine que la peau du reste du corps – elle gonfle, se froisse et se cerne plus facilement que partout ailleurs.
Problème
Mécanisme
Aspect
Traitement de référence
Cernes bleus / violets
Mauvaise circulation veinolymphatique sous les paupières → aspect cyanosé
Creux coloré bleu-violacé sous l’œil
Acide hyaluronique (comblement du creux)
Cernes noirs / marrons
Hyperpigmentation – souvent héréditaire, fréquente phototypes foncés
Teinte sombre de toute la paupière inférieure
Laser picosecondes Alexandrite
Poches
Excès de graisse (parfois liquide lymphatique) sous la paupière inférieure
Renflement saillant sous l’œil
Blépharoplastie chirurgicale
Consultez si les poches ou le gonflement autour des yeux :
Apparaissent brutalement, de façon unilatérale ou très asymétrique
S’accompagnent d’une rougeur, d’une douleur ou d’une chaleur locale
Persistent le matin et le soir sans lien avec la fatigue ou le sommeil
S’associent à un gonflement des jambes, une prise de poids ou une fatigue inhabituelle
Un œdème périorbitaire persistant peut, plus rarement, évoquer une cause thyroïdienne, rénale ou allergique (angio-œdème) : ces signes justifient un avis médical, au-delà du seul traitement esthétique.
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Les mesures qui font une différence réelle : sommeil suffisant et régulier, régime méditerranéen riche en antioxydants, arrêt du tabac, réduction de l’alcool, hydratation correcte.
Soins quotidiens
Douceur obligatoire : ne jamais frotter les paupières – nettoyer uniquement à l’eau claire, eau thermale ou produit spécifique contour des yeux. En cas de sécheresse des paupières, appliquer un soin hydratant contour des yeux.
Froid contre cernes bleus et poches : la vasoconstriction induite par le froid resserre les vaisseaux et réduit l’aspect gonflé et bleuté. Méthodes : eau froide, cuillères refroidies au réfrigérateur, compresses froides. La plupart des remèdes « naturels » (concombre, camomille, thé vert, tilleul en compresses) agissent principalement par leur température froide – c’est leur principe actif réel.
Protection solaire : le soleil aggrave l’hyperpigmentation des cernes noirs et accélère le vieillissement des paupières. Lunettes solaires couvrantes, chapeau et crème solaire sur les paupières en cas d’exposition.
Traitements médicaux
Cernes bleus / violets – acide hyaluronique
Le creux orbital accentue l’effet de cerne en créant une ombre. L’acide hyaluronique injectable comble ce creux et restaure le galbe de la paupière inférieure. L’injection est réalisée en cabinet de dermatologie sous anesthésie locale. Petits hématomes ou gonflements possibles, résorbés en une semaine. Durée du résultat : environ 2 ans. Voir aussi comment se passe l’injection d’acide hyaluronique.
Cernes noirs / marrons – laser picosecondes
L’hyperpigmentation des cernes peut être atténuée par des séances de laser. Le laser picosecondes Alexandrite est le plus utilisé – une étude de 2017 (PubMed) confirme son efficacité et son innocuité sur les cernes foncés. Résultat en 2 à 3 séances. Voir laser contre les taches brunes.
Poches – blépharoplastie
Les poches sont dues à un excès de graisse sous la paupière inférieure – seule la chirurgie (blépharoplastie) les traite efficacement.
Situation
Voie d’abord
Cicatrice
Peu de graisse – généralement avant 40 ans
Endo-conjonctivale (incision à l’intérieur de la paupière)
Aucune cicatrice cutanée visible, pas de pansement
Suites opératoires : gonflement environ une semaine, hématome possible. Si un creux résiduel apparaît après ablation de la graisse, un lipofilling (injection de graisse du patient) peut compléter le lissage lors de la même intervention.
Rides du contour des yeux associées
Cernes et poches s’accompagnent souvent de rides de la patte d’oie. Le dermatologue ou le chirurgien peut les traiter simultanément par injections de toxine botulique (Botox) et/ou un peeling du contour des yeux.
Questions fréquentes
Les cernes sont-ils définitifs ?
Les cernes noirs héréditaires et les cernes bleus liés à une mauvaise circulation ne disparaissent pas spontanément – mais ils peuvent être atténués. Le laser picosecondes est efficace sur les cernes pigmentés en 2 à 3 séances. L’acide hyaluronique corrige le creux qui accentue les cernes bleus avec un résultat naturel d’environ 2 ans. Un traitement ne supprime pas les cernes définitivement – il les atténue de façon durable.
Les crèmes contour des yeux sont-elles efficaces contre les cernes ?
Les crèmes peuvent améliorer l’hydratation et l’aspect de la peau fine des paupières, réduire légèrement le gonflement matinal, et à long terme ralentir le vieillissement cutané local. En revanche, aucune crème ne peut combler un creux orbital, corriger une hyperpigmentation profonde ou éliminer un excès de graisse. Leur efficacité sur les cernes constitués est donc limitée – elles sont utiles en prévention et en entretien, pas en traitement curatif.
Peut-on traiter les poches sans chirurgie ?
Les options non chirurgicales (radiofréquence, ultrasons focalisés) peuvent améliorer la tonicité cutanée et réduire très légèrement les poches débutantes – mais elles ne traitent pas l’excès de graisse lui-même. Pour des poches constituées, la blépharoplastie reste le seul traitement efficace. La bonne nouvelle : la voie endo-conjonctivale (avant 40 ans, peu de graisse) ne laisse aucune cicatrice visible.
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Faut-il dormir avec la tête surélevée contre les cernes ?
Oui, cela limite l’accumulation de liquide dans les tissus périorbitaires pendant la nuit. Un ou deux oreillers supplémentaires suffisent. C’est un geste simple et gratuit, particulièrement utile contre les poches matinales, mais il ne corrige pas les cernes pigmentés ou héréditaires.
Le manque de sommeil cause-t-il vraiment les cernes ?
Il aggrave surtout leur aspect : la fatigue favorise la dilatation des vaisseaux sanguins sous une peau déjà fine, ce qui accentue la teinte bleutée, et retient l’eau dans les tissus, ce qui gonfle les poches. Un cerne pigmenté héréditaire, en revanche, reste visible même après une nuit complète.
Existe-t-il un lien entre allergies et cernes ?
Oui. Les allergies (rhinite allergique, eczéma des paupières) provoquent des démangeaisons qui poussent à se frotter les yeux, ce qui fragilise la peau fine du contour de l’œil et accentue la pigmentation. Traiter l’allergie sous-jacente améliore souvent l’aspect des cernes associés.
Le froid ou les patchs sous les yeux sont-ils efficaces ?
Le froid resserre temporairement les vaisseaux et réduit le gonflement matinal des poches en quelques minutes, mais l’effet dure rarement plus d’une heure. Les patchs hydratants ou à la caféine ont un effet similaire, cosmétique et transitoire, sans action sur la cause des cernes pigmentés.
Barbie Botox (Trap Tox) : ce que la tendance ne dit pas – avis d’un dermatologue
Le Barbie Botox, ou Trap Tox, consiste à injecter de la toxine botulique dans les muscles trapèzes pour affiner la jonction cou-épaules et allonger visuellement le cou. Popularisé par le film Barbie (2023) et les réseaux sociaux, ce geste est réalisé depuis des années en médecine pour traiter les douleurs cervicales et les migraines – son détournement esthétique soulève des questions biomécaniques que tout patient devrait connaître avant de consulter.
En bref : Le Barbie Botox (Trap Tox) injecte de la toxine botulique dans les trapèzes pour affiner visuellement le cou. L’effet est réversible en 3 à 6 mois mais réduit temporairement la force des épaules, un point rarement mentionné sur les réseaux sociaux. Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Qu’est-ce que le Botox dans les trapèzes – et pourquoi en parle-t-on autant ?
Le Botox est le nom de marque le plus connu de la toxine botulique (botulinum toxin type A), une neurotoxine produite par Clostridium botulinum. Injectée à très faible dose, elle bloque temporairement la jonction neuromusculaire, empêchant le muscle ciblé de se contracter normalement.
Sur le visage, cet effet est recherché depuis des décennies pour atténuer les rides d’expression. Sur les trapèzes, il est utilisé en médecine depuis les années 2000 – notamment pour soulager les douleurs cervicales chroniques, les contractures musculaires et certaines formes de migraines. Ce que le film Barbie (2023) et les hashtags TikTok ont changé, c’est l’indication : des milliers de jeunes femmes demandent désormais ces injections non pour souffrir moins, mais pour ressembler davantage à la silhouette longiligne de la poupée iconique.
Botox dans les rides du front
Le muscle trapèze est un muscle plat et triangulaire qui s’étend de la base du crâne jusqu’au milieu du dos et vers l’épaule. Son rôle principal est de stabiliser et de mobiliser l’omoplate, d’élever l’épaule et de participer aux mouvements de rotation de la tête. Chez certaines personnes – notamment celles qui portent des charges ou pratiquent des sports de force – ce muscle peut être particulièrement développé ou hypertrophié, donnant une impression de cou court et d’épaules larges.
Comment fonctionne le Trap Tox concrètement ?
La technique consiste à injecter la toxine botulique en plusieurs points du trapèze supérieur, de part et d’autre de la colonne cervicale. Le nombre de points d’injection varie selon les praticiens et les protocoles : certains utilisent un protocole en cinq points guidé par l’échographie pour plus de précision.
Paramètre
Données habituelles
Unités injectées
30 à 50 unités par côté (60 à 100 unités au total)
Délai d’apparition des effets
4 à 6 semaines pour l’effet esthétique complet
Durée de l’effet
4 à 6 mois selon le métabolisme individuel
Durée de la séance
15 à 30 minutes
Douleur ressentie
Minime (très fine aiguille, zone peu sensible)
Éviction sociale
Nulle à quelques heures
La toxine agit en inhibant la libération d’acétylcholine dans la jonction neuromusculaire. Le muscle se relâche progressivement, puis s’atrophie légèrement par disuse. C’est cette atrophie – et non un simple relâchement – qui crée l’effet visuel d’affinement de la zone cou-épaules.
Les résultats sont réels, mais doivent être mis en perspective pour éviter des attentes irréalistes :
Un cou visuellement plus long et plus dégagé, particulièrement notable dans les tenues décolletées ou sans bretelles.
Une ligne d’épaules adoucie, moins saillante, avec une transition plus progressive entre le cou et l’épaule.
Un soulagement des tensions cervicales et des douleurs d’origine musculaire, souvent très appréciable chez les patients souffrant de contractures chroniques liées au stress ou au travail sur écran.
Une réduction possible de la fréquence des céphalées de tension dont le point gâchette se situe dans le trapèze.
À noter : L’effet esthétique est d’autant plus marqué que le muscle est initialement hypertrophié ou saillant. Chez une personne dont les trapèzes sont de volume normal, le résultat visuel sera plus discret. L’évaluation préalable par un praticien expérimenté est indispensable pour estimer le bénéfice attendu.
Risques et limites biomécaniques – ce que les réseaux sociaux ne montrent pas
C’est ici que la prudence médicale s’impose face à l’enthousiasme des influenceurs. Le trapèze n’est pas un muscle accessoire : c’est un stabilisateur majeur de la ceinture scapulaire.
Risque potentiel
Mécanisme
Probabilité
Douleurs cervicales compensatoires
Report de charge sur les muscles élévateurs de la scapula ou le sterno-cléido-mastoïdien
Modérée si forte dose
Faiblesse à l’élévation des bras
Réduction de la force d’élévation active de l’épaule
Faible à modérée
Difficulté lors du port de charges
Atrophie fonctionnelle temporaire du trapèze supérieur
Faible en dosage prudent
Résultat asymétrique
Diffusion inégale de la toxine
Faible avec praticien expérimenté
Hématome local
Ponction vasculaire mineure
Rare
Résultat insuffisant
Sous-dosage, muscle peu hypertrophié au départ
Fréquente si indication mal posée
Point de vigilance sportif : Si vous pratiquez la musculation, l’escalade, la natation ou tout sport sollicitant fortement la ceinture scapulaire, le Trap Tox va temporairement réduire votre force dans ces muscles. Il est indispensable d’adapter votre entraînement pendant toute la durée d’action de la toxine (3 à 6 mois). Un praticien sérieux vous posera systématiquement cette question avant d’injecter.
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Qui peut en bénéficier – et qui doit s’abstenir ?
Bons candidats
Personnes présentant une hypertrophie réelle des trapèzes supérieurs (génétique ou acquise par la musculation).
Patients souffrant de douleurs cervicales chroniques ou de céphalées de tension d’origine musculaire.
Personnes dont la morphologie crée un cou visuellement très court, et qui souhaitent une correction non chirurgicale.
Contre-indications absolues
Allergie connue à la toxine botulique ou aux excipients.
Grossesse et allaitement.
Maladies neuromusculaires (myasthénie, syndrome de Lambert-Eaton, sclérose latérale amyotrophique).
Troubles de la coagulation ou traitement anticoagulant sans avis médical.
Antécédents chirurgicaux ou traumatiques récents au niveau des épaules, du cou ou des bras.
Injection de toxine botulique datant de moins de trois mois.
Situations nécessitant une évaluation approfondie
Sportifs pratiquant des activités de force ou d’endurance musculaire intense.
Professions manuelles nécessitant de porter des charges régulièrement.
Personnes dont les trapèzes sont de volume normal : le bénéfice visuel sera minimal.
Comment se déroule une séance de Trap Tox ?
La séance commence toujours par une consultation de bilan pendant laquelle le praticien évalue le volume musculaire, pose les questions sur vos activités physiques et votre état de santé général. C’est un moment crucial que certaines cliniques bâclent : n’acceptez pas une injection sans évaluation préalable sérieuse.
Le patient est installé assis ou allongé sur le ventre. Le praticien palpe et identifie le chef supérieur du trapèze, puis injecte la toxine en plusieurs points espacés à l’aide d’une aiguille très fine. La séance dure en général de 15 à 30 minutes, avec une douleur très modérée – comparable à de légères picûres. Des rougeurs ou un léger œdème au point d’injection peuvent apparaître et disparaître en quelques heures. Les résultats esthétiques se manifestent progressivement sur 2 à 6 semaines, le temps que le muscle s’atrophie par manque de stimulation nerveuse.
Un phénomène ancré dans une esthétique sociale – regard critique
Le Barbie Botox ne se comprend pas sans son contexte culturel. Il s’inscrit dans une quête de silhouette que l’on pourrait qualifier de « gracile de luxe » : cou allongé, épaules étroites, port de tête dégagé – une esthétique associée dans l’imaginaire collectif à une vie sans effort physique, sans stress, sans labeur manuel. C’est l’application au corps humain de l’esthétique du Quiet Luxury, une tendance de fond qui valorise la discrétion et la légèreté.
Cette tendance est aussi le prolongement de l’Instagram Face – cette uniformisation des visages par les filtres et les injections – désormais étendue à la silhouette. Le chiffre est éloquent : selon les données des plateformes, les recherches pour le terme « Trap Tox » ont augmenté de plus de 250 % en un an après la sortie du film Barbie. Et une revue systématique publiée dans le Journal of Plastic, Reconstructive and Aesthetic Surgery (2024) confirme que l’usage esthétique représente désormais la grande majorité des indications, loin devant les indications médicales qui ont pourtant initié cette pratique.
Regard de dermatologue : En consultation, je rencontre de plus en plus de patientes qui envisagent cette procédure après l’avoir vue sur TikTok. Ma démarche est toujours la même : évaluer si l’indication est médicalement fondée (hypertrophie réelle ? douleurs associées ?), informer honnêtement sur ce qu’on peut et ne peut pas attendre, et ne jamais injecter si la morphologie ne s’y prête pas. Une injection chez une patiente aux trapèzes normaux ne donnera aucun résultat visible – et c’est malhonnête de ne pas le dire.
Bilan neurologique, Botox thérapeutique (protocole PREEMPT)
Protocole validé, pris en charge en partie
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Questions fréquentes sur le Barbie Botox
Le Barbie Botox est-il douloureux ?
La séance est en général très bien tolérée. Le praticien utilise une aiguille très fine et la zone trapézienne est peu sensible comparée au visage. La plupart des patients décrivent de légères picûres, sans besoin d’anesthésie locale. Un peu de rougeur ou de sensibilité au point d’injection peut persister quelques heures, mais il n’y a pas de période d’éviction sociale.
Combien de temps durent les effets du Trap Tox ?
Les effets durent en moyenne 4 à 6 mois, avec une variabilité individuelle liée au métabolisme, à l’activité physique et au volume initial du muscle. Les sportifs, dont les muscles sont plus actifs, peuvent constater un retour plus rapide à l’état initial. Des séances d’entretien sont nécessaires pour maintenir le résultat.
Le Trap Tox est-il dangereux pour les sportifs ?
C’est la question centrale à poser avant toute injection. Le trapèze supérieur joue un rôle clé dans l’élévation de l’épaule et la stabilisation de la nuque. Une injection réduira temporairement la force dans ce groupe musculaire. Pour les activités de force, d’escalade, de natation ou de port de charge, il est indispensable d’adapter l’entraînement pendant toute la durée d’action. Un praticien sérieux aborde ce point systématiquement en consultation.
Le Barbie Botox donne-t-il le même résultat pour tout le monde ?
Non, et c’est un point capital souvent passé sous silence sur les réseaux sociaux. L’effet esthétique est directement proportionnel au volume initial du muscle. Chez une personne dont les trapèzes sont de taille normale, le résultat visuel sera très modeste, voire imperceptible. L’évaluation préalable par palpation – et idéalement par échographie – permet d’estimer honnêtement le bénéfice attendu avant d’injecter.
Le Trap Tox peut-il vraiment soulager les maux de tête ?
Oui, lorsque les céphalées sont d’origine musculo-tensionnelle et que le point gâchette se situe dans le trapèze. La littérature médicale documente depuis longtemps l’efficacité de la toxine botulique dans les migraines chroniques (protocole PREEMPT) et les céphalées de tension. Le Trap Tox esthétique peut donc avoir un bénéfice antalgique réel et bienvenu, en particulier chez les patients qui travaillent sur écran de nombreuses heures par jour.
Quelle est la différence entre Trap Tox et Barbie Botox ?
Aucune sur le plan médical : les deux termes désignent exactement la même procédure – des injections de toxine botulique dans les muscles trapèzes. « Barbie Botox » est le nom viral né sur les réseaux sociaux après le film de 2023 ; « Trap Tox » est le terme clinique utilisé par les praticiens. Mécanisme, dosage, effets et profil de sécurité sont identiques.
Diaddigo SE, LaValley MN, Asadourian PA, Rohde CH. « Barbie botox »: The systematic review of a popular trend. J Plast Reconstr Aesthet Surg. 2024;88:45-46. PMID 37952434
Zhou RR, Wu HL, Zhang XD, et al. Efficacy and Safety of Botulinum Toxin Type A Injection in Patients with Bilateral Trapezius Hypertrophy. Aesthetic Plast Surg. 2018;42(6):1664-1671. PMID 30206648
Chen W, Zhang X, Xu Y, et al. Ultrasound-guided five-point injection of botulinum toxin for patients with trapezius hypertrophy. J Orthop Surg Res. 2021;16(1):634. PMID 34686203
ANSM. Injections illégales de toxine botulinique : ne mettez pas en danger votre santé. ansm.sante.fr
Mis à jour le 7 septembre 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
Risques du Botox® : contre-indications et effets secondaires
Les injections de toxine botulique (Botox®, Vistabel®, Azzalure®…) sont parmi les actes de médecine esthétique les plus pratiqués dans le monde. Leur profil de sécurité est globalement excellent lorsqu’elles sont réalisées par un médecin formé, avec des produits disposant d’une autorisation de mise sur le marché (AMM). Pour autant, elles ne sont pas anodines : il existe des contre-indications absolues à respecter impérativement, des interactions médicamenteuses à signaler au médecin, et des effets secondaires dont tout patient doit être informé avant de consentir à l’acte.
En bref : La toxine botulique (Botox®) est le traitement injectables le plus pratiqué au monde, avec plus de 7 millions de séances réalisées chaque année en France. Injectée dans le muscle, elle bloque la contraction et atténue les rides d’expression en 3 à 7 jours. L’effet dure 4 à 6 mois. Son profil de sécurité est excellent lorsqu’elle est réalisée par un médecin formé. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Contre-indications aux injections de toxine botulique
Avant toute injection, le médecin doit réaliser un bilan complet des antécédents médicaux et chirurgicaux du patient. Certaines situations rendent l’injection formellement contre-indiquée.
Contre-indications absolues
Les contre-indications absolues suivantes imposent de ne pas réaliser l’injection :
Grossesse et allaitement : aucune donnée de sécurité disponible ; le risque pour l’embryon ou le nourrisson ne peut être exclu
Myasthénie grave et tout autre trouble de la jonction neuromusculaire : syndrome de Lambert-Eaton, sclérose latérale amyotrophique (SLA). La toxine agissant précisément sur cette jonction, son utilisation dans ces pathologies expose à une aggravation sévère pouvant mettre en jeu le pronostic vital
Hypersensibilité connue à la toxine botulique, à l’albumine humaine ou à tout excipient du produit
Infection cutanée active ou inflammation au site d’injection prévu
Moins de 18 ans pour les indications esthétiques
Contre-indications relatives (à évaluer au cas par cas)
Troubles sévères de la coagulation ou traitement anticoagulant (warfarine, héparine, AOD) : risque d’hématome étendu ; une fenêtre thérapeutique peut parfois être discutée avec le médecin prescripteur
Antécédents de dysphagie ou de fausses routes : particulièrement pertinent pour les injections cervicales (platysma, cordons du cou)
Ptose palpébrale préexistante : toute injection dans la région péri-oculaire doit être précédée d’un examen attentif de la position au repos des paupières
Cicatrices récentes ou chirurgie récente dans la zone à traiter
Interactions médicamenteuses : ce qu’il faut signaler à votre médecin
La toxine botulique ne doit pas être utilisée en même temps que certains médicaments qui interfèrent avec la transmission neuromusculaire, au risque de potentialiser son effet de façon imprévisible et de provoquer une paralysie excessive ou des complications systémiques.
Potentialisation forte de l’effet de la toxine par blocage complémentaire de la libération d’acétylcholine
Attendre la fin du traitement antibiotique et un délai suffisant avant l’injection
Polymyxines
Effet synergique sur le blocage neuromusculaire
Contre-indication relative ; signaler au médecin
Tétracyclines, lincomycine
Interaction plus modérée mais documentée
Signaler au médecin ; décaler l’injection si possible
Ciclosporine
Potentialisation du blocage neuromusculaire
Précaution particulière ; avis médical requis
D-pénicillamine
Risque de syndrome myasthénique
Contre-indication relative
Chloroquine et dérivés (hydroxychloroquine)
Réduction potentielle de l’efficacité de la toxine et interaction neuromusculaire
Signaler au médecin
Relaxants musculaires curarisants
Risque de paralysie excessive, interaction directe
Contre-indication formelle en utilisation simultanée
Aspirine et AINS
Augmentation du risque d’hématomes au point d’injection (action anti-agrégante plaquettaire)
Arrêter 8 jours avant et 8 jours après l’injection si possible
À communiquer systématiquement à votre médecin : toute prise de médicament (y compris automédication, compléments alimentaires et phytothérapie), tout traitement antibiotique en cours ou récent, et toute maladie chronique – même si elle semble sans lien avec l’injection.
Effets secondaires fréquents et transitoires
Ces effets sont habituels, régressent spontanément et ne nécessitent pas de traitement particulier. Le patient doit en être informé avant l’injection.
Hématomes aux points d’injection : surviennent chez environ 1 patient sur 4, disparaissent en 5 à 10 jours. Le risque est majoré par la prise d’aspirine ou d’anticoagulants.
Céphalées (maux de tête) : dans les 24 à 48 heures suivant l’injection, fréquentes lors des premières séances, généralement modérées et traitables par paracétamol.
Gonflements et rougeurs transitoires des paupières ou au niveau des points d’injection : régressent en quelques heures.
Sensation de lourdeur du front ou des sourcils : peut durer 2 à 3 semaines, liée à la réduction de la tonicité musculaire. Régressive sans traitement.
Légère asymétrie transitoire : le temps que l’effet s’installe uniformément dans tous les points injectés (les premières semaines).
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Complications plus rares : diffusion de la toxine
Le principal mécanisme des complications rares est la diffusion de la toxine au-delà de la zone musculaire cible. Ce risque est minimisé par l’utilisation de doses adaptées, d’une technique précise et d’aiguilles fines. Il justifie que les injections soient réalisées exclusivement par un médecin formé.
Complication
Zone concernée
Délai de récupération
Prise en charge
Ptose palpébrale (chute de la paupière supérieure)
Diffusion vers le muscle releveur de la paupière supérieure (lors d’injections glabellaires ou frontales)
4 à 8 semaines
Collyres alpha-adrénergiques (apraclonidine 0,5 %) qui contractent le muscle de Müller et compensent partiellement la ptose
Chute du sourcil
Affaiblissement excessif du muscle frontal (élévateur du sourcil) sans équilibre des muscles abaisseurs
4 à 10 semaines
Régression spontanée ; prévention par technique d’injection adaptée (zones hautes du front épargnées)
Effet Méphisto (remontée pointue de la queue des sourcils)
Déséquilibre de la balance musculaire péri-sourcilière
Quelques semaines
Correction possible par injection complémentaire ciblée à la queue du sourcil
Asymétrie du sourire
Diffusion vers les muscles élévateurs de la lèvre supérieure ou les zygomatiques (injections péri-buccales)
4 à 8 semaines
Régression spontanée
Sécheresse oculaire ou troubles de l’accommodation
Diffusion vers l’orbiculaire ou les muscles extrinsèques de l’œil
Variable
Larmes artificielles ; consultation ophtalmologique si persistance
Dysphagie (difficulté à avaler)
Diffusion vers les muscles constricteurs du pharynx (injections cervicales à risque)
Quelques semaines
Surveillance ; éviter les injections cervicales à fortes doses chez les patients à risque
Sécurité systémique et danger des produits non contrôlés
Les doses utilisées en esthétique (20 à 50 unités Allergan par séance) sont au moins 1000 fois inférieures aux doses responsables de botulisme alimentaire. Aucun cas de toxicité systémique n’a jamais été rapporté aux doses esthétiques habituelles, avec des produits disposant d’une AMM et injectés par un praticien formé.
Danger absolu – produits vendus sur internet : des fausses toxines ou des produits fabriqués sans contrôle qualité circulent sur internet, notamment en provenance d’Asie. Leur composition, leur dosage et leur stérilité ne sont pas garantis. Leur utilisation expose à des complications graves, voire mortelles, incluant de véritables tableaux de botulisme généralisé. Seuls des produits ayant une AMM en France, injectés par un médecin, garantissent une sécurité acceptable.
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⚠️ Effets indésirables nécessitant une consultation rapide : Ptosis palpébral (chute de paupière), diplopie, difficultés à avaler ou à parler dans les 2 semaines suivant l’injection doivent conduire à consulter le médecin injecteur en urgence. Ces effets sont rares mais réels et régressent spontanément en 2 à 6 semaines.
Questions fréquentes sur les risques du Botox
Le Botox peut-il être dangereux si on prend des antibiotiques en même temps ?
Oui, certains antibiotiques – notamment les aminoglycosides (gentamicine, tobramycine) – potentialisent l’action de la toxine botulique sur la jonction neuromusculaire. Leur association peut provoquer une paralysie musculaire excessive et imprévisible. Il est impératif de signaler tout traitement antibiotique en cours ou récent à votre médecin avant toute injection.
La ptose (chute de la paupière) après Botox est-elle définitive ?
Non. La ptose palpébrale après injection de toxine botulique est toujours réversible : elle régresse spontanément en 4 à 8 semaines, le temps que la jonction neuromusculaire se régénère. Elle peut être partiellement atténuée dans l’intervalle par des collyres alpha-adrénergiques (apraclonidine) qui stimulent le muscle de Müller, accessoire de l’élévation de la paupière.
Peut-on faire du Botox sous anticoagulants ?
La prise d’anticoagulants (warfarine, héparine, AOD) ou d’antiagrégants plaquettaires (aspirine) constitue une contre-indication relative. Elle augmente le risque d’hématomes au site d’injection. L’aspirine et les AINS doivent être arrêtés si possible 8 jours avant l’injection. Pour les anticoagulants à visée curative, la décision d’injecter doit être prise en concertation entre le dermatologue et le médecin prescripteur de l’anticoagulant.
Le Botox peut-il provoquer un botulisme ?
Avec des produits AMM injectés aux doses esthétiques habituelles (20 à 50 unités Allergan), le risque de botulisme est nul : les doses utilisées sont au moins 1000 fois inférieures aux doses responsables d’intoxication botulique. En revanche, l’utilisation de produits non contrôlés achetés sur internet expose à un risque réel de botulisme grave. Il ne faut jamais s’injecter de toxine botulique hors cadre médical.
Quels signes doivent amener à reconsulter après une injection ?
Consultez rapidement votre médecin en cas de : chute d’une paupière, difficulté à avaler ou à parler, vision double, faiblesse musculaire inhabituelle à distance du site d’injection, ou tout signe général (fièvre, malaise). Ces signes peuvent indiquer une diffusion anormale de la toxine nécessitant une surveillance médicale.
Naumann M, Jankovic J. Safety of botulinum toxin type A: a systematic review and meta-analysis. Curr Med Res Opin. 2004;20(7):981-990. PubMed 15262015
Dressler D, Adib Saberi F. Botulinum toxin: mechanisms of action. Eur Neurol. 2005;53(1):3-9. PubMed 15650306
Cavallini M, Cirillo P, Fundarò SP, et al. Safety of botulinum toxin A in aesthetic treatments: a systematic review of clinical studies. Dermatol Surg. 2014;40(5):525-536. PubMed 24677160
ANSM. Résumé des caractéristiques du produit – Vistabel 4 Unités Allergan/0,1 mL, poudre pour solution injectable. Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr
Société Française de Dermatologie (SFD). Fiche d’information – Botox anti-rides. Accéder au document PDF
Mis à jour le 24 avril 2025 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS)., Bordeaux.
Botox® (toxine botulique) : injections anti-rides, indications et effets secondaires Mis à jour le 24 avril 2025 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS)., Bordeaux.
En bref : La toxine botulique (Botox®) est le soin injectable le plus pratiqué au monde avec plus de 9 millions d’injections annuelles aux États-Unis. Elle bloque temporairement la contraction musculaire à l’origine des rides. L’effet s’installe en 3 à 14 jours et dure 3 à 6 mois selon la zone traitée. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Le Botox® est le nom commercial le plus connu d’un traitement par injection de toxine botulique de type A, une protéine purifiée dérivée de la bactérie Clostridium botulinum. Utilisée à des doses infimes et localisées, elle provoque une paralysie musculaire temporaire et réversible permettant d’effacer les rides d’expression, de remonter l’arcade sourcilière et de traiter certaines pathologies médicales comme la transpiration excessive.
Le terme « botox » est passé dans le langage courant pour désigner toute injection de toxine botulique, quelle que soit la marque commerciale utilisée (Vistabel®, Azzalure®, Dysport®, Bocouture®). Son niveau de sécurité est élevé lorsque l’injection est réalisée par un médecin formé : les doses utilisées en esthétique sont 1000 fois inférieures aux doses responsables de botulisme alimentaire. L’effet est temporaire (3 à 6 mois), ce qui en fait un traitement aux résultats ajustables et réversibles.
Injection de toxine botulique pour le traitement des rides d’expression
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Haute Autorité de Santé (HAS). Médecine esthétique – recommandations de bonne pratique. has-sante.fr
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Comment fonctionne la toxine botulique ?
Clostridium botulinum produit huit toxines sérologiquement distinctes (A à H). Seule la toxine de type A est utilisée en médecine esthétique et thérapeutique. Son mécanisme d’action cible la jonction neuromusculaire :
La toxine est captée par les terminaisons nerveuses motrices du muscle injecté
Elle clive irréversiblement les protéines SNARE (SNAP-25 notamment), empêchant la fusion des vésicules synaptiques avec la membrane présynaptique
La libération d’acétylcholine dans la fente synaptique est bloquée
Le muscle est dans l’impossibilité de se contracter : paralysie flaccide localisée
La récupération musculaire survient spontanément par bourgeonnement de nouvelles jonctions neuromusculaires en 3 à 6 mois
Chronologie pratique de l’effet :
Début de l’effet : 48 à 72 heures après l’injection
Effet complet : 10 à 15 jours – ne pas juger le résultat avant ce délai
Durée : 3 à 6 mois en moyenne (jusqu’à 12 mois après plusieurs années de traitement régulier, les muscles s’atrophiant progressivement)
Intervalle minimum entre deux séances : 3 mois (risque de résistance immunologique en cas d’injections trop rapprochées)
Remontée de l’arcade sourcilière (chemical brow lift)
Rides du lapin (faces latérales du nez)
Pli d’amertume (muscle dépresseur de l’angle de la bouche)
Affinement du bas du visage (réduction du masséter hypertrophié)
Rides du menton (muscle mentonnier)
Necklace lines (rides horizontales du cou)
Lip flip (légère éversion de la lèvre supérieure)
Cordons du platysma (bandes verticales du cou)
Indications médicales thérapeutiques
Hyperhidrose axillaire (transpiration excessive) : partiellement remboursée par l’Assurance Maladie dans certaines conditions
Bruxisme (serrement nocturne des dents, injection dans les masséters)
Migraines chroniques (protocole ONABOTOX)
Spasticité musculaire neurologique
Strabisme, blépharospasme, hémispasme facial
Hyperactivité vésicale
Anatomie des rides d’expression : comprendre avant d’injecter
Les rides d’expression résultent de la contraction répétée des muscles mimiques sur la peau sus-jacente. La compréhension de la balance musculaire faciale est fondamentale pour obtenir un résultat naturel.
Muscle
Action
Ride correspondante
Frontal
Élévateur du sourcil
Rides horizontales du front
Procerus
Abaisseur de la glabelle
Ride horizontale à la racine du nez
Corrugateurs
Muscles fronceurs
Rides verticales du lion
Orbiculaire
Abaisseur et rétracteur du sourcil
Pattes d’oie péri-oculaires
En affaiblissant sélectivement ces muscles antagonistes, le praticien peut à la fois effacer les rides et moduler la position du sourcil. C’est ce jeu sur les balances musculaires qui permet d’éviter les fronts figés – défaut caractéristique des premières années d’utilisation de la toxine.
Protocole d’injection classique :
Rides du lion : 5 points (1 pour le procerus, 4 pour les corrugateurs au bord interne de l’orbite)
Rides du front : 4 points à la partie haute, en épargnant les fibres sus-sourcilières pour éviter la ptose
Pattes d’oie : 2 à 3 points très superficiels en dehors de l’orbite
Queue du sourcil (femme) : 1 point pour un léger effet de remontée du regard (tail lift)
Les différents produits : Botox, Vistabel, Azzalure, Dysport
Tous ces produits contiennent de la toxine botulique de type A mais diffèrent par leur procédé de fabrication, leurs protéines accessoires et leur système d’unités propre – les unités ne sont pas interchangeables entre les marques.
Produit
Laboratoire
Particularités
Botox® / Vistabel®
Allergan
Référence mondiale. Botox® 100 U (médical) ; Vistabel® 50 U (esthétique), AMM France 2003
Dysport® / Azzalure®
Ipsen / Galderma
Dosé en unités Speywood. Diffusion légèrement supérieure, efficacité un peu prolongée selon certaines études. Dysport® 500 U (médical) ; Azzalure® 125 U (esthétique)
Bocouture® / Xeomin®
Merz
Toxine purifiée sans protéines complexantes – réduit théoriquement le risque d’anticorps neutralisants. Efficacité équivalente au Vistabel®
Danger – produits vendus sur internet : De fausses toxines ou des produits non contrôlés (notamment en provenance d’Asie) circulent sur internet. Leur utilisation peut être dangereuse, voire mortelle. Les injections de toxine botulique doivent être réalisées exclusivement par un médecin avec des produits disposant d’une AMM en France.
Contre-indications
Contre-indications absolues
Grossesse et allaitement
Myasthénie et autres maladies de la jonction neuromusculaire (syndrome de Lambert-Eaton, SLA)
Hypersensibilité connue à la toxine botulique ou aux excipients
Infection ou inflammation active au site d’injection
Moins de 18 ans pour les indications esthétiques
Contre-indications relatives
Troubles sévères de la coagulation ou traitement anticoagulant
Antécédents de dysphagie ou de fausses routes (pour les injections cervicales)
Maladies auto-immunes évolutives
Associations médicamenteuses à signaler
Aminosides (gentamicine, tobramycine) : potentialisent l’effet de la toxine par inhibition complémentaire de la transmission neuromusculaire – attendre la fin du traitement antibiotique
Tétracyclines et quinolones : interaction moindre, à signaler au médecin
Aspirine et AINS : augmentent le risque d’hématome – arrêter 8 jours avant et 8 jours après l’injection
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Comment se déroule une séance d’injection de Botox ?
Première consultation (distincte de la séance d’injection)
Analyse de la dynamique musculaire faciale en contraction et au repos
Identification des asymétries préexistantes (photographies statiques et dynamiques)
Information complète sur les effets attendus, les effets indésirables et les alternatives
Remise d’un consentement éclairé signé et d’un devis
Jour de l’injection
Aucune anesthésie locale nécessaire : aiguilles très fines (30 à 32 G)
Repérage des points d’injection au crayon dermographique
Injection de micro-quantités de toxine dans chaque point musculaire cible
Durée de la séance : 15 à 30 minutes
Venir sans maquillage (ou le retirer avant la séance)
Suites immédiates et consignes après injection
Consignes à respecter après l’injection :
Ne pas masser les zones injectées pendant 12 à 24 heures (risque de migration du produit)
Ne pas s’allonger pendant 4 heures après l’injection
Éviter le sport intensif, le sauna, le hammam et l’exposition à la chaleur dans les 24 heures
En revanche : contracter activement les muscles traités dans les heures suivant l’injection (froncer les sourcils, faire la moue) pour favoriser la captation de la toxine par les terminaisons nerveuses
Petites rougeurs et gonflements ponctuels aux points d’injection : normaux, régressent en quelques heures
Hématomes possibles : disparaissent en 5 à 10 jours
Effets indésirables et complications
Effets fréquents et transitoires
Hématomes aux points d’injection (environ 1 patient sur 4)
Maux de tête dans les 24 à 48 heures suivant l’injection
Sensation de lourdeur du front ou des sourcils (2 à 3 semaines, régressive)
Légère asymétrie transitoire le temps que l’effet s’installe uniformément
Complications plus rares mais à connaître
Complication
Mécanisme
Évolution
Ptose palpébrale
Diffusion accidentelle vers le muscle releveur de la paupière
Réversible en 4 à 8 semaines. Atténuable par collyres alpha-adrénergiques (apraclonidine)
Chute du sourcil
Affaiblissement excessif du frontal sans compensation des muscles abaisseurs
Aspect « sourcil en accent grave », régresse spontanément
Effet Méphisto
Remontée excessive et pointue des queues de sourcils par déséquilibre de la balance musculaire
Corrigeable par injection complémentaire ciblée
Asymétrie du sourire
Diffusion vers les muscles de la joue ou de la lèvre supérieure
Régression spontanée en quelques semaines
Sécheresse oculaire
Rarissime, diffusion vers l’orbiculaire
Réversible
Sécurité systémique : Les doses utilisées en esthétique (20 à 50 unités Allergan par séance) sont au moins 1000 fois inférieures aux doses responsables de botulisme. Aucun cas de toxicité systémique n’a été rapporté aux doses esthétiques. La marge de sécurité de la toxine botulique en esthétique est bien supérieure à celle de l’aspirine.
Botox et acide hyaluronique : une association synergique
Le botox relâche les muscles responsables des rides dynamiques (rides d’expression en mouvement)
L’acide hyaluronique comble les rides statiques profondes (rides présentes au repos, non créées par les muscles)
Leur association prolonge mutuellement leur efficacité : la toxine réduit la sollicitation mécanique du filler, et le filler complète ce que la toxine ne peut pas corriger seule
Séquence recommandée : injecter la toxine botulique en premier, attendre 2 à 3 semaines (effet maximal installé), puis injecter l’acide hyaluronique. Ne jamais réaliser les deux dans la même séance.
Rythme des injections et coût
Première année : 2 à 3 séances espacées de 4 à 6 mois
Années suivantes : 1 à 2 séances par an suffisent, les muscles s’atrophiant progressivement
Intervalle minimum entre deux séances : 3 mois (risque de résistance immunologique par production d’anticorps neutralisants)
Coût moyen : 300 à 500 € par séance selon les zones traitées et le praticien
Non remboursé par l’Assurance Maladie pour les indications esthétiques. Remboursement possible pour l’hyperhidrose axillaire primaire sévère et les indications neurologiques (blépharospasme, spasticité, hyperactivité vésicale)
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⚠️ Complications à signaler immédiatement Consultez en urgence si vous présentez après une injection : ptose palpébrale (paupière tombante), vision double, difficultés à avaler ou troubles respiratoires – ces signes indiquent une diffusion de la toxine nécessitant une prise en charge médicale immédiate.
Questions fréquentes sur le Botox
Le botox peut-il donner un visage figé et sans expression ?
Le visage figé est un défaut des premières années de pratique, lié à des doses excessives et un manque de subtilité dans la balance musculaire. La tendance actuelle est d’utiliser des doses plus faibles, injectées plus précisément, pour conserver l’expressivité tout en atténuant les rides. Un praticien expérimenté obtient un résultat naturel : l’entourage remarque que le patient a l’air reposé sans pouvoir identifier ce qui a changé.
Le botox est-il douloureux ?
Les injections sont réalisées avec des aiguilles très fines (30-32 G), rendant la douleur minime à modérée selon les zones et la sensibilité du patient. Aucune anesthésie locale n’est nécessaire. La zone des pattes d’oie est généralement moins douloureuse que le front.
À quel âge peut-on commencer le botox préventif ?
Il n’existe pas d’âge légal minimum (les moins de 18 ans sont contre-indiqués). En pratique, certains patients débutent dès 25-30 ans à visée préventive, avant que les rides ne soient installées au repos. Ce traitement précoce est scientifiquement cohérent : en limitant les contractions répétées, il réduit l’approfondissement progressif des rides d’expression.
Le botox peut-il traiter la transpiration excessive ?
Oui. L’injection dans le derme des aisselles bloque la sécrétion des glandes sudoripares eccrines par inhibition de la libération d’acétylcholine au niveau de la jonction neuro-glandulaire. L’efficacité est de 80 à 95 % avec une durée d’action de 6 à 9 mois. Cette indication est partiellement remboursée par l’Assurance Maladie en cas d’hyperhidrose axillaire primaire sévère résistante aux antiperspirants.
Quelle est la différence entre Botox et acide hyaluronique ?
Le botox agit sur les rides dynamiques en paralysant temporairement les muscles responsables des contractions répétées. L’acide hyaluronique est un comblement qui restaure le volume et lisse les rides statiques déjà creusées au repos. Les deux produits sont complémentaires et peuvent être associés lors d’un même plan de traitement anti-âge.
Botox® dans les rides entre les sourcils : la ride du lion
Mis à jour le 26 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : La ride du lion (rides verticales entre les sourcils) se traite par toxine botulique, injectée en 3 points de la glabelle. L’effet apparaît en 3 à 7 jours et dure 3 à 6 mois. L’injection vers le haut est la règle de sécurité essentielle pour éviter la ptose palpébrale, complication réversible mais gênante. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Les rides verticales intersourcilières – dites « rides du lion » – donnent un air dur voire courroucé au regard. Elles se traitent par toxine botulique (Botox®), traitement de référence supérieur à tous les autres soins anti-rides pour cette localisation. La technique d’injection dans la glabelle est précise – l’injection vers le haut est une règle de sécurité pour réduire le risque de ptose palpébrale.
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Air dur, courroucé, concentré – vieillissement prématuré du regard
Muscles responsables
Muscles intersourciliers de la glabelle : corrugateur, procérus (pyramidal du nez), dépresseur du sourcil
Traitement de référence
Toxine botulique – résultat supérieur à toute autre technique anti-ride pour cette localisation
Muscles en cause – hypertonie de la glabelle
Les rides du lion sont dues à l’hypertonie des muscles intersourciliers de la glabelle – principalement le corrugateur du sourcil et le procérus (muscle pyramidal du nez). Ces muscles tirent les sourcils vers le bas et vers l’intérieur, créant les plis verticaux caractéristiques. La toxine botulique les paralyse partiellement, effaçant les rides et redonnant au regard une expression détendue.
Technique d’injection de la glabelle
Le médecin dilue la toxine botulique puis injecte selon trois repères anatomiques précis :
Site
Repère anatomique précis
Site 1 – rebord orbitaire supérieur
Au-dessus du rebord supérieur de l’orbite, sur une ligne tirée verticalement à partir du canthus interne (coin interne de l’œil)
Site 2 – pyramidal du nez
Dans l’insertion nasale du muscle pyramidal du nez (procérus)
Site 3 – ligne médio-pupillaire
À 1 cm au moins au-dessus du rebord orbitaire, juste en dedans de la ligne médio-pupillaire
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Règles de sécurité spécifiques à la glabelle
Règle
Complication évitée
Injecter vers le haut
Ptose palpébrale par diffusion vers le releveur de la paupière – généralement réversible en 2 à 6 semaines, mais très gênante
Respecter la limite de 1 cm au-dessus du rebord orbitaire
Migration de la toxine vers la loge orbitaire
Repère canthus interne pour le site 1
Évite une injection trop médiane ou trop latérale par rapport au muscle cible
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Précautions après les injections de la glabelle
Comme pour toutes les injections du haut du visage, il faut éviter pendant plusieurs heures :
Toute activité obligeant à pencher la tête en avant et en bas – risque de migration de la toxine vers les paupières
Tout massage de la zone traitée – favorise la diffusion hors de la zone cible
⚠ Consultez sans attendre si : vous ressentez une chute de la paupière (ptose), une vision floue ou double, une difficulté à parler ou avaler, ou toute faiblesse musculaire après une injection. Ces signes peuvent évoquer un botulisme, notamment en cas d’injection réalisée hors d’un cadre médical sécurisé. L’ANSM rappelle que ces injections doivent être réalisées exclusivement par un médecin spécialiste habilité.
Questions fréquentes
Combien de temps dure l’effet du Botox® sur la ride du lion ?
L’effet apparaît en 3 à 7 jours et est maximal entre 15 jours et 1 mois. La durée est de 3 à 6 mois – généralement plus longue pour la glabelle que pour le front, car les muscles intersourciliers sont moins actifs que le frontal. Avec des injections répétées, l’intervalle s’allonge souvent progressivement.
La ride du lion peut-elle être traitée par autre chose que le Botox® ?
Les autres techniques (peeling, laser, comblement à l’acide hyaluronique) peuvent améliorer les rides de la glabelle mais avec une efficacité nettement inférieure au Botox® pour cette localisation spécifique. La ride du lion est une ride dynamique – liée à la contraction musculaire – ce qui en fait la cible idéale de la toxine botulique. Le comblement peut être utilisé en complément pour les rides très profondes, résiduelles après Botox®.
Qu’est-ce que la ptose palpébrale et comment l’éviter ?
La ptose palpébrale est la chute de la paupière supérieure par diffusion de la toxine vers le muscle releveur de la paupière. Elle est généralement réversible en 2 à 6 semaines. Pour l’éviter : injecter vers le haut, respecter la limite de 1 cm au-dessus du rebord orbitaire, ne pas masser vers le bas après injection et éviter de pencher la tête plusieurs heures après la séance.
Peut-on combiner Botox® de la glabelle et injections d’acide hyaluronique ?
Oui – les deux sont souvent complémentaires. Le Botox® supprime les contractions musculaires et efface les rides dynamiques. L’acide hyaluronique peut combler le creux résiduel d’une ride profonde qui reste visible au repos même après Botox®. L’ordre habituel est de réaliser d’abord le Botox®, puis d’évaluer 2 à 3 semaines plus tard si un comblement complémentaire est nécessaire.
Wu Y et al. «Efficacy and Safety of AbobotulinumtoxinA for the Treatment of Glabellar Lines in Chinese Patients: A Pivotal, Phase 3, Randomized, Double-Blind and Open-Label Phase Study.» Aesthetic Plast Surg, 2022;47(1):351-364. PMID 36536093
Joseph JH et al. «Safety, Pharmacodynamic Response, and Treatment Satisfaction With OnabotulinumtoxinA 40 U, 60 U, and 80 U in Subjects With Moderate to Severe Dynamic Glabellar Lines.» Aesthet Surg J, 2022;42(11):1318-1327. PMID 35704394
Kawashima M et al. «Safety, Efficacy, and Patient Satisfaction With OnabotulinumtoxinA for the Treatment of Upper Facial Lines in Japanese Subjects.» Dermatol Surg, 2020;46(4):483-490. PMID 31517663
Rides de la patte d’oie au Botox® (coins des yeux)
Mis à jour le 26 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : Les rides de la patte d’oie se traitent par toxine botulique (Botox®) injectée dans le muscle orbiculaire des paupières, en 3 sites par côté situés à au moins 1 cm du rebord orbitaire. L’effet dure 3 à 6 mois. Le risque principal – une diffusion vers les muscles zygomatiques pouvant affecter le sourire – est évité en respectant une distance d’au moins 1 cm au-dessus de l’os malaire. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Rides des yeux et cernes
Les rides de la patte d’oie sont des rides permanentes situées à la commissure externe des paupières. Elles se traitent par injections de toxine botulique (Botox®) ciblant le muscle orbiculaire des paupières. La technique est précise – les repères anatomiques sont stricts pour éviter de paralyser accidentellement les muscles du sourire.
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Partie externe de la commissure des paupières – coin externe de l’œil
Nature
Rides permanentes liées au plissement répété des yeux – accentuées lors du sourire
Muscle responsable
Orbiculaire des paupières – muscle circulaire entourant l’œil, responsable de la fermeture palpébrale
Traitement
Toxine botulique – paralysie partielle de l’orbiculaire des paupières
Anatomie – pourquoi l’injection doit être superficielle
L’orbiculaire des paupières s’insère directement dans la peau – contrairement à d’autres muscles faciaux qui s’insèrent sur l’os. Les injections doivent donc être réalisées aussi superficiellement que possible pour atteindre le muscle sans diffusion vers les structures profondes.
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Technique d’injection des pattes d’oie
Trois sites d’injection sont utilisés de chaque côté :
Site
Localisation précise
Site médian (central)
À au moins 1 cm latéralement au rebord orbitaire, au niveau de l’épicanthus latéral
Site supérieur
1 à 1,5 cm au-dessus du site médian – à au moins 1 cm du rebord orbitaire
Site inférieur
1 à 1,5 cm au-dessous du site médian – à au moins 1 cm du rebord orbitaire
Après injection, le médecin masse les sites d’injection latéralement en s’éloignant des yeux – jamais en direction du globe oculaire.
Repères anatomiques de sécurité
Règle de sécurité
Risque évité
Tous les sites à au moins 1 cm du rebord orbitaire
Diffusion de la toxine vers les muscles oculomoteurs – risque de diplopie (vision double)
Sites inférieurs à au moins 1 cm au-dessus de l’os malaire
Paralysie des muscles zygomatiques – asymétrie du sourire
Injection aussi superficielle que possible
Diffusion en profondeur vers muscles non cibles
Massage latéral, en s’éloignant des yeux
Migration de la toxine vers la région orbitaire
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⚠ Consultez sans attendre si : vous ressentez après l’injection une asymétrie marquée du sourire, une vision floue ou double, une difficulté à parler ou à avaler, ou une faiblesse musculaire inhabituelle. Ces signes peuvent traduire une diffusion excessive de la toxine ou, exceptionnellement, un botulisme – en particulier en cas d’injection réalisée hors d’un cadre médical sécurisé. L’ANSM rappelle que ces injections doivent être réalisées exclusivement par un médecin spécialiste habilité.
Questions fréquentes
Le Botox® des pattes d’oie peut-il affecter le sourire ?
Oui – si les injections sont trop basses ou trop profondes, la toxine peut diffuser vers les muscles zygomatiques (muscles du sourire) situés à proximité. C’est pourquoi tous les sites inférieurs doivent être placés à au moins 1 cm au-dessus de l’os malaire. Cette complication est temporaire – elle dure quelques semaines – mais peut provoquer une asymétrie du sourire durant cet intervalle.
Combien de temps dure le Botox® des pattes d’oie ?
L’effet dure en général 3 à 4 mois dans la région des pattes d’oie – légèrement moins que dans d’autres zones car l’orbiculaire est un muscle très actif (clignements, expression). Après plusieurs séances répétées, l’intervalle entre les injections s’allonge souvent.
Le Botox® des pattes d’oie peut-il agrandir l’œil ?
Oui – c’est un effet secondaire recherché par certains patients. La paralysie partielle de la portion latérale de l’orbiculaire réduit le plissement de l’œil et peut donner une impression d’œil légèrement plus ouvert et plus lumineux. Cet effet est dosable selon la quantité injectée.
Peut-on traiter les pattes d’oie et le front lors d’une même séance ?
Oui – c’est le cas le plus fréquent. Le traitement combiné front + glabelle (ride du lion) + pattes d’oie constitue le traitement standard du haut du visage lors d’une même séance. Le dermatologue planifie les zones et les doses en tenant compte des interactions entre les différentes zones traitées.
Yi KH et al. «Novel Anatomical Proposal for Botulinum Neurotoxin Injection Targeting Lateral Canthal Rhytids.» Toxins (Basel), 2022;14(7):462. PMID 35878200
Yi KH, Wan J. «Anatomical considerations of medial eye wrinkles: Guidelines for botulinum neurotoxin injections.» J Cosmet Dermatol, 2024;23(11):3503-3507. PMID 39017034
Carruthers A et al. «OnabotulinumtoxinA for Treatment of Moderate to Severe Crow’s Feet Lines: A Review.» Aesthet Surg J, 2016;36(5):591-597. PMID 26979457
En bref : Les injections de toxine botulique de type A réduisent la transpiration de 80 à 90 % en bloquant la libération d’acétylcholine aux jonctions neuromusculaires des glandes sudoripares. L’effet dure 6 à 12 mois selon les patients. Le traitement est réalisé en cabinet dermatologue, sans anesthésie générale. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Mis à jour le 19 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
Qu’est-ce que le botox anti-transpiration ?
Le botox anti-transpiration consiste à injecter de la toxine botulique de type A dans le derme des zones qui transpirent excessivement. Cette technique traite l’hyperhidrose focale, c’est-à-dire une transpiration abondante localisée aux aisselles, aux paumes ou aux plantes des pieds, indépendamment de la chaleur ou de l’effort.
La toxine botulique bloque les terminaisons nerveuses cholinergiques qui innervent les glandes sudoripares eccrines, réduisant ainsi la sécrétion de sueur de 80 à 90 % dans la zone traitée. L’effet est local et temporaire, sans conséquence sur la régulation thermique globale du corps.
ℹ️ Information
L’hyperhidrose touche environ 1 à 3 % de la population française. Elle retentit souvent sur la qualité de vie (professionnelle, sociale, affective) et justifie une prise en charge spécialisée.
Mécanisme d’action de la toxine botulique sur les glandes sudoripares
Les glandes sudoripares eccrines sont contrôlées par le système nerveux sympathique, mais via des neurotransmetteurs cholinergiques (acétylcholine). La toxine botulique empêche la libération d’acétylcholine dans la fente synaptique, paralysant ainsi temporairement les glandes.
Contrairement à d’autres indications (rides, spasticité), la toxine agit ici sur des glandes et non sur des muscles, ce qui explique que l’effet esthétique (peau lisse) n’est pas recherché dans cette indication.
Indications : quand proposer le botox contre la transpiration ?
Le traitement par toxine botulique est indiqué en cas d’hyperhidrose focale primaire résistant aux traitements de première ligne :
Hyperhidrose axillaire (aisselles) – indication principale, remboursée sous conditions
Hyperhidrose palmaire (paumes) – très efficace mais plus douloureuse à injecter
Hyperhidrose plantaire (plantes des pieds)
Hyperhidrose frontale ou crânienne – cas plus rares
⚠️ Attention
Avant de proposer le botox, un bilan élimine une cause secondaire d’hyperhidrose : hyperthyroïdie, ménopause, diabète, infection ou prise médicamenteuse. L’hyperhidrose généralisée ne relève pas de ce traitement.
Déroulement de la séance d’injection
La consultation préalable permet de confirmer le diagnostic, d’évaluer la sévérité (test de Minor à la poudre d’amidon et iode pour cartographier les zones actives) et d’informer le patient sur le traitement.
La séance dure 20 à 30 minutes :
Aisselles : 20 à 25 injections intradermiques par aisselle, espacées de 1 à 2 cm, avec une dose totale de 50 à 100 unités Botox® par côté. Une crème anesthésiante topique est appliquée 1 heure avant.
Paumes : 30 à 40 injections par main. En raison de la sensibilité locale, un bloc nerveux ou une vibration anesthésiante (Buzzy®) peut être utilisé.
Plantes : technique similaire aux paumes, avec anesthésie locale recommandée.
Résultats attendus et durée d’efficacité
Zone traitée
Réduction de la sueur
Durée d’efficacité
Aisselles
80–90 %
6 à 9 mois
Paumes
70–85 %
4 à 6 mois
Plantes
70–80 %
3 à 5 mois
Les premiers effets apparaissent dans les 3 à 7 jours. L’effet maximum est atteint à 2 semaines. Des séances de rappel sont nécessaires pour maintenir le résultat.
Remboursement par l’Assurance maladie
Depuis 2019, le botox pour l’hyperhidrose axillaire sévère est remboursé par l’Assurance maladie en France sous les conditions suivantes :
Échec des traitements topiques à l’aluminium (au moins 1 mois d’utilisation correcte)
Attestation d’un retentissement sur la qualité de vie (score HDSS ≥ 3)
Prescription par un dermatologue
Le traitement palmaire et plantaire n’est pas remboursé.
💡 Conseil
Entre les séances, les antitranspirants à base de chlorure d’aluminium (20–30 %) appliqués la nuit sur peau sèche peuvent prolonger l’efficacité du botox. Ils sont disponibles sans ordonnance.
Contre-indications et précautions
Les contre-indications au botox anti-transpiration sont les mêmes que pour toute injection de toxine botulique :
Grossesse et allaitement
Maladies neuromusculaires (myasthénie, syndrome de Lambert-Eaton)
Prise de médicaments interférant avec la jonction neuromusculaire (aminoglycosides)
Allergie à la toxine botulique ou à l’albumine humaine
Infection active dans la zone à traiter
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Précautions : Les injections de Botox anti-transpiration ne doivent être réalisées que par un médecin formé. En cas de réaction allergique (gonflement, difficulté à respirer) dans les 24h suivant l’injection, consultez en urgence. Un bilan préalable est nécessaire pour éliminer une cause sous-jacente.
Combien de temps dure l’effet du botox contre la transpiration ?
L’effet dure en moyenne 6 à 9 mois pour les aisselles et 4 à 6 mois pour les paumes. Des séances de rappel sont nécessaires pour maintenir le résultat dans la durée.
Le botox anti-transpiration est-il remboursé par la Sécurité sociale ?
Oui, pour l’hyperhidrose axillaire sévère, sous conditions : échec des traitements topiques, score HDSS ≥ 3 et prescription par un dermatologue. Le traitement palmaire n’est pas remboursé.
Le botox contre la transpiration est-il douloureux ?
Les injections aux aisselles sont peu douloureuses avec une crème anesthésiante. Aux paumes, la sensibilité est plus élevée ; un bloc nerveux local peut être proposé pour améliorer le confort.
Quels sont les effets secondaires du botox anti-transpiration ?
Les effets secondaires sont rares : légère douleur au point d’injection, hématomes transitoires. Aux mains, une faiblesse musculaire temporaire est possible mais rare si la technique est précise.
Prendre rendez-vous en téléconsultation
Vous souffrez d’une transpiration excessive ? Le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, peut vous évaluer et vous proposer une prise en charge adaptée (prescription d’antitranspirant, indication au botox, orientation vers un centre spécialisé).
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Références scientifiques
Naumann M, et al. Botulinum toxin in the treatment of hyperhidrosis. Br J Dermatol. 2013;168(3):501-7. PMID: 23013260
Atkins JL, Butler PE. Hyperhidrosis: a review of current management. Plast Reconstr Surg. 2002;110(1):222-8. PMID: 12087255
Wollina U, Karamfilov T. Botulinum toxin A for palmar hyperhidrosis. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2001;15(6):555-8. PMID: 11843215