Boutons blancs sur la peau : causes, types et traitement

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Mis à jour le 4 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

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En bref : Un bouton blanc sur la peau peut correspondre à une quinzaine de causes différentes. Les deux grandes familles sont les boutons blancs durs (grain de milium, microkyste d’acné, kyste sébacé…) et les boutons blancs avec du pus (pustule de folliculite, d’acné inflammatoire…). Le grain de milium est le plus fréquent des boutons blancs durs chez l’adulte : bénin, il touche surtout les paupières et les joues. Une pustule entourée de rougeur et douloureuse au toucher signale une infection du follicule pileux. En cas de doute ou de persistance au-delà de 3 semaines, une consultation dermatologique permet un diagnostic précis et un traitement ciblé.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Cet article en vidéo

La première question à se poser face à un bouton blanc est simple : est-il dur ou contient-il du pus ? Cette distinction oriente immédiatement vers les bons diagnostics et les bons traitements.

boutons blancs peau
Boutons blancs

Tableau récapitulatif : quel type de bouton blanc ai-je ?

Type Consistance Localisation typique Douleur Évolution sans traitement
Grain de milium Dur, ferme Paupières, joues, nez Indolore Persiste (adulte) / régresse (nourrisson)
Microkyste d’acné Dur, légèrement mobile Visage, dos, épaules Indolore ou légèrement sensible Peut s’enflammer
Kyste sébacé Mou à ferme, mobile Partout (cuir chevelu, dos) Indolore, douloureux si infecté Grossit progressivement
Kératose pilaire Dur, rugueux Bras, cuisses, fesses Indolore Chronique, s’améliore l’été
Molluscum contagiosum Ferme, ombiliqué Tronc, visage (enfant) Indolore Régresse en 6–18 mois
Folliculite (pustule) Molle, fluctuante Partout (barbe, jambes…) Sensible à douloureuse Régresse en 5–10 jours
Adénome sébacé Ferme, ombiliqué central Front, tempes Indolore Stable ou grossit lentement
Carcinome basocellulaire Dur, nacreux Zones photo-exposées Indolore (saigne parfois) Grossit, ne cicatrise pas. ATTENTION CANCER!

1/ Bouton blanc dur (sans pus)

Un bouton blanc dur, sans pus ni rougeur franche, peut correspondre à de nombreuses affections cutanées, la plupart bénignes. La clé du diagnostic repose sur la localisation, la taille, le contexte (âge, antécédents) et l’aspect précis de la lésion.

1.0/ Grain de milium vs microkyste d’acné : le différentiel essentiel

C’est la confusion la plus fréquente en consultation, et elle a des conséquences directes sur le traitement. Ces deux lésions se ressemblent au premier coup d’œil – petite papule blanche dure, indolore – mais leur origine est radicalement différente.

Grain de milium : kyste kératinique superficiel, situé juste sous l’épiderme, sans relation avec un follicule pilo-sébacé. Il se forme à partir de cellules épidermiques qui n’ont pas pu s’exfolier normalement et se retrouvent piégées sous la peau. Il est indépendant de la production de sébum.
Microkyste d’acné (comédon fermé) : bouchon de kératine et de sébum dans le canal folliculaire d’une unité pilo-sébacée. Il est directement lié à la production excessive de sébum et à l’hyperkératinisation folliculaire. Sans traitement, il peut évoluer vers une papule ou une pustule inflammatoire.
Critère Grain de milium Microkyste d’acné
Origine Kyste épidermique kératinique Bouchon folliculaire sébacé
Localisation Paupières, joues, nez, contour des yeux Visage (front, menton), dos, épaules
Taille 1–2 mm, très superficiel 1–4 mm, légèrement en relief
Consistance Ferme, nacré, blanc-ivoire Légèrement mou, blanc-jaunâtre
Poil central Absent Parfois visible sous loupe
Réponse aux rétinoïdes Modeste, lente Bonne (adapalène, trétinoïne)
Traitement de référence Extraction à l’aiguille par le dermatologue Rétinoïdes topiques ± extraction
Risque d’évolution inflammatoire Quasi nul Oui, possible

En consultation, la dermoscopie aide à visualiser l’absence d’ostium folliculaire dans le milium (contrairement au comédon fermé) et confirme le diagnostic en quelques secondes. Voir l’article microkyste (point blanc) et l’article milium

1.1/ Acné – comédon fermé (microkyste)

L’acné sous sa forme rétentionnelle produit des microkystes et des comédons fermés : ce sont les fameuses « têtes blanches » de l’acné. Ces lésions résultent d’une hyperkératinisation folliculaire et d’une sécrétion sébacée excessive, avec colonisation du follicule par Cutibacterium acnes. Les recherches récentes montrent qu’une inflammation subclinique précède même la formation du microcomédon, ce qui explique que l’acné est aujourd’hui considéré comme une maladie inflammatoire dès ses premières lésions.

Les comédons fermés peuvent évoluer vers des papules ou des pustules inflammatoires, d’où l’importance d’un traitement précoce. Voir notre dossier complet sur l’acné.

1.2/ Adénome sébacé

adénome sébacé bouton blanc
Adénome sébacé

Petite formation blanche ou jaunâtre, fréquente sur le front et les tempes après 40–50 ans. Son aspect caractéristique est une papule arrondie avec une dépression centrale (ombilic), souvent légèrement translucide. Bénigne, l’hyperplasie sébacée résulte d’une glande sébacée hypertrophiée. Elle peut ressembler à un carcinome basocellulaire – raison pour laquelle un avis dermatologique est recommandé si le diagnostic est incertain. Voir notre article sur l’adénome sébacé.

1.3/ Cor ou durillon

durillon cor bouton blanc pied
Durillon

Fréquent sur les mains et surtout les pieds, le cor est une hyperkératose localisée avec un noyau central douloureux. Le durillon est une hyperkératose diffuse sans noyau. Voir notre article sur le cor au pied et le durillon. Attention : des boutons blancs sur les pieds qui démangent peuvent aussi correspondre à des cloques d’eau (dyshidrose), une forme d’eczéma palmo-plantaire.

1.4/ Grain de milium

grain de milium bouton blanc paupière
Grain de milium

Petit bouton blanc dur, nacré, de 1 à 2 mm, très fréquent sur les paupières supérieures, les joues et le contour des yeux. Le grain de milium est un kyste kératinique épidermique superficiel, sans rapport avec une glande sébacée. Il survient de façon primaire (spontanée) ou secondaire, après un traumatisme cutané, une brûlure, une dermatose bulleuse ou une utilisation prolongée de dermocorticoïdes.

Les principales formes cliniques du milium :

  • Milium néonatal : très fréquent (environ 40–50 % des nouveau-nés), disparaît spontanément en 4 à 6 semaines sans traitement.
  • Milium primaire de l’adulte : apparition spontanée, persiste sans traitement, prédilection pour les paupières et les joues.
  • Milium secondaire : survient après traumatisme, brûlure, dermatose bulleuse (porphyrie cutanée tardive, pemphigoïde bulleuse, lichen plan bulleux) ou corticothérapie locale prolongée.
  • Milia en plaque : forme rare, plaque érythémateuse portant de nombreux miliums, souvent périorbitaire, parfois associée à une discoid lupus ou à un lichen plan.
  • Miliums éruptifs multiples : apparition rapide de très nombreuses lésions, peut signaler une génodermatose ou une réaction médicamenteuse.

Voir notre article complet sur le grain de milium : causes, localisation et traitement.

1.5/ Kyste sébacé (kyste épidermique)

kyste sébacé boule blanche sous peau
Kyste sébacé

Le kyste épidermique (communément appelé kyste sébacé) forme une boule blanche ou chair sous la peau, mobile et indolore à l’état quiescent. On reconnaît souvent un petit point noir à sa surface (le punctum), qui correspond à l’ostium folliculaire obstrué. Il peut grossir progressivement sur plusieurs années et s’infecter, devenant alors douloureux, rouge et fluctuant.

Attention : Un kyste sébacé infecté ne doit pas être percé à domicile. Une incision-drainage et parfois une antibiothérapie par un médecin sont nécessaires. L’exérèse chirurgicale complète est le seul traitement définitif pour éviter les récidives.

Voir notre article sur le kyste sébacé de la peau.

1.6/ Kératose pilaire

Petits boutons blancs ou rosés, rugueux au toucher, très caractéristiques sur la face externe des bras, des cuisses et des fesses. La kératose pilaire (ou « peau de poulet ») est une affection bénigne extrêmement fréquente, souvent héréditaire, liée à une hyperkératinisation du follicule pileux. Elle tend à s’améliorer spontanément à l’âge adulte et lors des saisons chaudes. Les crèmes à base d’urée (10–20 %) ou d’acide lactique améliorent l’aspect. Voir notre article sur la kératose pilaire.

1.7/ Lichen nitidus

Petits boutons blancs ou chair brillants (nitidus signifie « brillant » en latin), de 1 à 2 mm, groupés en dizaines d’éléments en têtes d’épingle. Maladie assez rare, touchant préférentiellement les enfants, adolescents et jeunes adultes, habituellement sur le tronc, les membres et les organes génitaux. Le phénomène de Koebner (apparition de lésions sur les zones de frottement) est souvent présent. La maladie régresse spontanément en 1 à 2 ans dans la majorité des cas, sans traitement nécessaire.

1.8/ Molluscum contagiosum

Molluscum contagiosum bouton blanc enfant
Molluscum contagiosum

Petites tuméfactions blanches ou rosées, ombiliquées (dépression centrale caractéristique), très fréquentes chez l’enfant entre 2 et 10 ans. Causées par un poxvirus, elles sont contagieuses par contact direct. Elles régressent spontanément en 6 à 18 mois, mais peuvent être traitées (curetage, cryothérapie) si elles sont nombreuses, gênantes ou situées dans des zones à risque de transmission. Voir notre article sur le molluscum contagiosum.

1.9/ Tophus goutteux

Localisation cutanée de la goutte donnant des tuméfactions blanches, dures, parfois craquelées, s’ouvrant parfois spontanément et laissant sourdre un matériel crayeux blanchâtre riche en cristaux d’urate de sodium. Souvent situés au niveau des articulations (coudes, orteils, pavillon des oreilles). Le traitement repose avant tout sur la prise en charge de l’hyperuricémie.

1.10/ Verrue

verrue bouton blanc

Une verrue peut prendre un aspect blanchâtre ou kératosique, surtout sur les zones de pression (plante des pieds) ou de frottement. Elle est causée par le virus HPV. Voir notre dossier sur la verrue.

1.11/ Cancer de la peau – quand le bouton blanc doit alerter

carcinome cancer peau bouton blanc
Cancer de la peau

⚠️ Tout bouton blanc qui grossit progressivement, saigne spontanément ou au moindre contact, ne cicatrise pas ou présente un bord perlé doit faire évoquer un carcinome basocellulaire – la forme la plus fréquente de cancer cutané. Ce type de tumeur apparaît préférentiellement sur les zones photo-exposées (visage, oreilles, cou, décolleté). Consultez rapidement un dermatologue dans ce cas. Voir notre article sur les cancers de la peau.

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2/ Bouton blanc avec du pus (pustule)

Un bouton blanc mou contenant du pus est appelé pustule. Il est entouré d’une rougeur et peut être douloureux au toucher. La distinction essentielle : est-il centré par un poil ?

2.1/ Centré par un poil : pustule folliculaire

La folliculite est une inflammation du follicule pileux donnant un bouton blanc centré par un poil, entouré d’une couronne érythémateuse. Elle est le plus souvent d’origine bactérienne (Staphylococcus aureus dans la majorité des cas), mais peut aussi être fongique (Malassezia folliculitis, souvent méconnu) ou parasitaire.

folliculite bouton blanc centré poil
Folliculite

Les principaux types de pustules folliculaires :

  • Folliculite bactérienne superficielle : la plus fréquente, due à S. aureus. Survient après épilation, rasage ou macération. Traitement : antiseptiques locaux, parfois antibiotique topique (acide fusidique).
  • Folliculite de Pityrosporum (Malassezia) : souvent confondue avec l’acné. Pustules monomorphes sur le tronc (dos, poitrine), aggravées par la chaleur et les dermocorticoïdes. Traitement : antifongiques topiques ou oraux (kétoconazole, itraconazole).
  • Folliculite du bain à remous (hot tub folliculitis) : due à Pseudomonas aeruginosa, 1 à 3 jours après bain en eau chaude contaminée.
  • Furoncle : folliculite profonde et nécrotique, très douloureuse, avec un placard inflammatoire rouge. Voir notre article sur la folliculite et le furoncle.
abcès cutané bouton blanc pus
Abcès cutané

Voir aussi notre article sur l’abcès cutané.

2.2/ Pustule non folliculaire

Certaines pustules ne sont pas centrées par un poil et répondent à des mécanismes distincts :

  • Acné pustuleuse : le microcomédon d’acné peut évoluer en pustule inflammatoire par activation immunitaire contre Cutibacterium acnes. La pustule d’acné est entourée d’une papule rouge et siège aux zones séborrhéiques (visage, dos, épaules). Voir notre dossier acné.
  • Pustulose à éosinophiles (maladie d’Ofuji) : papulo-pustules folliculaires récidivantes, prurigineuses, souvent sur le visage. Maladie rare, plus fréquente au Japon et chez les sujets immunodéprimés (VIH). Traitement par indométacine ou corticoïdes topiques.
  • Psoriasis pustuleux : pustules stériles sur fond érythémateux, pouvant être localisées (paumes, plantes) ou généralisées. Forme particulièrement grave nécessitant une prise en charge spécialisée urgente.
  • Impétigo bulleux : bulles et pustules croûteuses, contagieuses, dues le plus souvent à S. aureus, fréquentes chez l’enfant. Voir notre article sur l’impétigo.

3/ Options thérapeutiques selon le type de bouton blanc

Traitement du grain de milium :

  • Extraction à l’aiguille : geste de référence réalisé par le dermatologue après légère désinfection. Une micro-incision de l’épiderme libère le contenu kératinique. Rapide, peu douloureux, sans cicatrice si bien réalisé.
  • Laser CO2 fractionné : traitement de choix pour les miliums multiples (paupières, joues), détruisant le kyste couche par couche sans incision.
  • Rétinoïdes topiques : trétinoïne 0,025–0,05 % ou adapalène 0,1 % accélèrent le renouvellement épidermique et facilitent l’élimination des kystes en 8 à 12 semaines. Utile pour la prévention des récidives.
  • AHA / BHA : acide glycolique (8–12 %) ou acide salicylique (2 %) en application régulière – alternative douce, sans ordonnance, efficace surtout en prévention.

Traitement du microkyste d’acné :

  • Rétinoïdes topiques : adapalène 0,1 % gel (disponible sans ordonnance) ou trétinoïne sur prescription – traitement de première ligne, normalise le renouvellement kératinocytaire folliculaire.
  • Peroxyde de benzoyle : efficace si composante inflammatoire associée, action antibactérienne sur C. acnes.
  • Extraction par le dermatologue : extraction des comédons fermés après ramollissement, évitant l’évolution vers des lésions inflammatoires.
  • Isotrétinoïne orale : réservée aux acnés sévères ou résistantes, prescrite et surveillée par le dermatologue. Voir notre article sur l’isotrétinoïne.

Traitement des pustules (folliculite, acné inflammatoire) :

  • Antiseptiques locaux (chlorhexidine, hexamidine) : en première intention pour les folliculites superficielles bactériennes.
  • Antibiotiques topiques (acide fusidique, clindamycine) : si folliculite bactérienne confirmée ou suspectée.
  • Antifongiques topiques ou oraux si folliculite à Malassezia (kétoconazole shampooing ou gel, itraconazole per os).
  • Antibiothérapie systémique : réservée aux folliculites profondes, furoncles ou folliculites récidivantes.
  • Ne jamais percer soi-même une pustule : risque de surinfection, de cicatrice et de dissémination bactérienne.

Quand faut-il consulter un dermatologue pour un bouton blanc ?

La majorité des boutons blancs sont bénins. Cependant, certains signes justifient une consultation rapide ou semi-urgente :

  • Le bouton grossit progressivement sans raison apparente depuis plusieurs semaines
  • Il saigne spontanément ou au moindre contact
  • Il est présent depuis plus de 3 semaines sans évoluer ni disparaître
  • Il s’accompagne de douleur, rougeur extensive ou fièvre
  • Il réapparaît systématiquement au même endroit
  • De nombreux miliums apparaissent soudainement (peut indiquer une dermatose bulleuse sous-jacente)
  • Un bouton blanc sur les muqueuses (intérieur des lèvres, gencives) persiste plus de 2–3 semaines

En cas de doute, une consultation avec le dermatologue permet d’obtenir un diagnostic précis et un traitement adapté.

Consultez rapidement si votre bouton blanc :

  • Grossit rapidement, saigne ou ne cicatrise pas – évoquer un carcinome basocellulaire
  • S’accompagne de fièvre, de frissons ou d’une rougeur qui s’étend – évoquer une cellulite infectieuse
  • Apparaît en grand nombre subitement (miliums éruptifs, dermatose bulleuse)
  • Siège sur une muqueuse et ne disparaît pas en 2–3 semaines
  • Est douloureux, très gonflé avec une chaleur locale intense (abcès à drainer)


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Questions fréquentes sur les boutons blancs

Quelle est la différence entre un grain de milium et un microkyste d’acné ?

Le grain de milium est un kyste kératinique superficiel, sans lien avec la glande sébacée, qui se forme autour des yeux, sur les paupières et les joues. Il ne répond pas aux traitements habituels de l’acné. Le microkyste d’acné (comédon fermé) est un bouchon de kératine et de sébum dans un follicule pilo-sébacé, qui peut évoluer vers une pustule inflammatoire. Les rétinoïdes topiques traitent efficacement le microkyste, mais le milium nécessite une extraction manuelle par le dermatologue.

Comment distinguer un bouton blanc avec pus d’un grain de milium ?

Le grain de milium est dur, ferme, nacré, sans rougeur autour et impossible à percer aisément : il contient de la kératine, pas du pus. La pustule est molle, fluctuante, entourée d’une auréole érythémateuse, sensible au toucher et contient du pus blanchâtre ou jaunâtre. Elle disparaît généralement en 5 à 10 jours alors que le milium persiste des semaines à des mois. En cas de doute, le dermatologue tranche le diagnostic en moins d’une minute.

Le grain de milium disparaît-il spontanément ?

Chez le nouveau-né, les miliums régressent spontanément en 4 à 6 semaines sans aucun traitement. Chez l’adulte, ils tendent à persister indéfiniment sans intervention. Les rétinoïdes topiques (adapalène 0,1 %) peuvent accélérer la résolution en 8 à 12 semaines. L’extraction à l’aiguille par un dermatologue reste la méthode la plus rapide et efficace pour un résultat immédiat sans cicatrice.

Un bouton blanc sur les paupières ou autour des yeux est-il grave ?

Non, dans la quasi-totalité des cas, un bouton blanc perlé sur les paupières est un grain de milium : bénin, indolore, sans danger. Il se traite facilement par extraction à l’aiguille ou au laser CO2 en consultation de dermatologie. Cependant, l’apparition soudaine de nombreux miliums autour des yeux peut, plus rarement, signaler une porphyrie cutanée tardive ou une dermatose bulleuse – une consultation s’impose dans ce cas.

Boutons blancs sur le visage : acné, milium ou autre chose ?

Sur le visage, les boutons blancs durs sans inflammation correspondent le plus souvent à des microkystes d’acné (visage entier, surtout front et menton) ou des grains de milium (autour des yeux et des joues). Après 40–50 ans, les adénomes sébacés donnent des petits boutons blancs ombiliqués sur le front. Chez l’enfant, le molluscum contagiosum produit des petites perles ombiliquées. Un dermatologue pose le diagnostic précis en quelques minutes.

Faut-il percer soi-même un bouton blanc ?

Non, il est fortement déconseillé de percer soi-même un bouton blanc, quelle que soit sa nature. Pour un grain de milium, percer à domicile laisse le contenu kératinique en place, risque de provoquer une cicatrice ou une infection locale. Pour une pustule d’acné, l’extraction manuelle maison favorise la surinfection bactérienne et les cicatrices post-acné, parfois définitives. Le dermatologue dispose des instruments et des conditions stériles pour réaliser ces gestes sans complications.

Quelle crème est efficace contre les boutons blancs ?

La réponse dépend du type de bouton blanc. Pour les microkystes d’acné : l’adapalène 0,1 % gel (Différine, sans ordonnance) est le traitement de première ligne, efficace en 8 à 12 semaines. L’acide salicylique à 2 % et la niacinamide à 5–10 % améliorent la texture et réduisent la taille des pores. Pour les grains de milium vrais, les crèmes ont un effet limité : l’extraction manuelle par le dermatologue reste la méthode de référence.

Un bouton blanc dur sous la peau est-il dangereux ?

Dans la grande majorité des cas, non : kyste sébacé, grain de milium, molluscum ou kératose pilaire sont des lésions bénignes. Cependant, tout bouton blanc dur qui grossit progressivement, saigne au contact ou ne cicatrise pas doit être examiné par un dermatologue afin d’éliminer un carcinome basocellulaire, tumeur cutanée maligne mais de très bon pronostic si prise en charge précocement. Après 50 ans ou en cas de forte exposition solaire ancienne, la vigilance est renforcée.

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Références scientifiques

  1. Berk DR, Bayliss SJ. Milia: a review and classification. J Am Acad Dermatol. 2008 Dec;59(6):1050–63. PMID 18819726
  2. Del Rosso JQ, Kircik LH. The sequence of inflammation, relevant biomarkers, and the pathogenesis of acne vulgaris: what does recent research show and what does it mean to the clinician? J Drugs Dermatol. 2013 Aug;12(8 Suppl):s109–15. PMID 23986176
  3. Tanghetti EA. The role of inflammation in the pathology of acne. J Clin Aesthet Dermatol. 2013;6(9):27–35. PMID 26741394

Source : HAS – Stratégie de prise en charge de l’acné et des dermatoses cutanées fréquentes

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Auteur/autrice : Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

Dr Ludovic Rousseau — Dermatologue & Vénérologue Docteur en médecine depuis 1999, le Dr Ludovic Rousseau est spécialiste en Dermatologie et Vénéréologie (Diplôme d'État de Spécialiste, thèse soutenue avec la mention Très Honorable). Depuis plus de 25 ans, il exerce avec la conviction que chaque patient mérite une prise en charge claire, bienveillante et fondée sur les données actuelles de la science. Auteur et fondateur de Dermatonet.com depuis 2000, il met son expertise au service du grand public à travers des articles médicaux rigoureux sur les maladies de peau, les traitements et les avancées en dermatologie. Il intervient régulièrement lors de congrès et journées de formation médicale, et a publié dans des revues scientifiques spécialisées dont les Annales de Dermatologie et Vénéréologie. Convaincu que l'accès aux soins dermatologiques doit être simplifié, le Dr Rousseau propose des consultations en cabinet lors de ses remplacements ainsi que des téléconsultations, permettant à chacun d'obtenir un avis médical spécialisé rapidement, où qu'il se trouve.

4 réflexions sur « Boutons blancs sur la peau : causes, types et traitement »

  1. J’ai des petits bouton blanc qui sont apparus sur le pied sa ne ressemble pas encore à des verus sa fais une ligne de 5 bouton blanc sa ne pique pas sa ne le gratte pas.
    Comment faire pour les enlever merci beaucoup

  2. J’ai des bouton blanc qui sont apparus sur la jambe sa ne ressemble pas encore à des verus sa fais de 3 bouton blanc qui reviennent sa ne pique pas sa ne le gratte pas.
    Comment faire pour les enlever merci beaucoup

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