La
peau est constituée de cellules (kératinocytes,
mélanocytes...), ayant toutes un rôle précis. Ces cellules se
renouvellent, se différencient harmonieusement mais ce processus peut
les rendre plus sensible à des modifications de leur ADN (mutations),
sous l'effet notamment des rayons solaires. Habituellement, ces
mutations sont réparées par l’organisme (processus de
réparation de l'ADN par exemple). Lorsque la cellule cutanée devient cancéreuse,
elle perd ses capacités de réparation. Elle se met alors à se multiplier
de façon anarchique et à aboutir à une masse de cellules appelée tumeur
maligne.
Il
existe de nombreux types de cancer de la peau. Les plus fréquents
sont ceux qui sont issus de la cancérisation des kératinocytes (les
carcinomes) et des mélanocytes (mélanomes) :
Le
cancer basocellulaire est un carcinome (cancer des
kératinocytes), ainsi nommé car il est issu de la
cancérisation des kératinocytes de la base de l'épiderme.
Le cancer basocellulaire est le cancer le plus
fréquent chez l'homme, tous types de cancers et tous organes
confondus : on estime que sont dépistés en France environ 80 nouveaux cas
/ 100 000 habitants / an, soit environ 50000 nouveaux cancers
basocellulaires/an en France. Il s'agit d'un cancer de la peau de malignité locale
(il ne donne presque jamais de métastases ou de ganglions à
distance)
Le cancer
spinocellulaire, un autre
carcinome (cancer des kératinocytes), ainsi nommé
car il est issu de couches plus superficielles de l'épiderme, où les
jonctions entre les cellules ressemblent à des épines.
Le cancer spinocellulaire peut
avoir pour précurseur la kératose actinique.
La
frontière entre la kératose actinique et le cancer de la
peau de type spinocellulaire est difficile à définir et certains auteurs
considèrent la kératose actinique comme un pré- cancer de
la peau, alors que d'autres, notamment les anglo-saxons,
tendent à la considérer comme un cancer de la peau limité
à l'épiderme. Quoi qu'il en soit, la tendance de la
kératose actinique est l'évolution vers un cancer de la peau
invasif, le carcinome spinocellulaire ou cancer épidermoide.
Une infiltration (induration) de la base, située dans
la peau ou des érosions sont des signes d'évolution en
cancer de la peau et le médecin pourra alors pratiquer
une biopsie pour distinguer la kératose actinique du
cancer de la peau débutant (carcinome spinocellulaire micro
infiltrant par exemple).
Le mélanome,
qui est un cancer de la peau issu des mélanocytes, les
cellules pigmentaires. Dans les pays occidentaux, la fréquence
du mélanome double tous les dix ans depuis 50 ans et il
touche des personnes de plus en plus jeunes (heureusement le mélanome est exceptionnel avant l'âge de 15
ans)! soit environ 5 000 nouveaux cas / an en France. Le
mélanome est souvent ressemblant à un grain
de beauté . Vingt mille
personnes meurent chaque année d'un mélanome en Europe. La
mortalité du mélanome est corrélée avec son épaisseur. Il
est donc tres important de dépister les mélanomes à un
stade précoce.
Il y a de nombreuses
causes possibles au développement du cancer de la peau, mais il faut
connaître le rôle du soleil (en particulier pour le cancer
spinocellulaire et le melanome). La majorité des cancers de la peau surviennent d’ailleurs
sur les zones exposées au soleil (visage, cou…). La protection
solaire est donc un des seuls
éléments préventifs efficaces contre le cancer de la peau.
Le
vieillissement de la population et les habitudes solaires excessives
sont autant de facteurs entrant en ligne de compte dans l'augmentation
du nombre de cancer de la peau depuis plusieurs années.
Parmi les
autres facteurs favorisants du cancer de la peau, on peut citer :
- le phototype
clair : les personnes ayant le plus de risques d'être atteintes par
le cancer de la peau ont la peau claire, les yeux clairs et les cheveux
roux ou blonds. Ils ont des difficultés à bronzer et prennent facilement des coups de soleil.
Les cancers spinocellulaires se développent généralement chez les personnes qui ont été exposées au soleil de façon chronique et prolongée tout au long de leur
vie (personnes travaillant à l'extérieur…).
Les carcinomes basocellulaires, se développent quant à eux
plutot en cas d' expositions solaires brutales et répétées,
notamment dans l'enfance (voyages dans des pays chauds...)
La protection solaire est donc le meilleur moyen de prévenir les
cancers de la peau.
Les
mélanomes quant à eux ont une relation avec les expositions
solaires plus complexe mais globalement il semble que le facteur
solaire soit surtout constitué comme pour le cancer
basocellulaire par les expositions intermittentes et brutales
(vacances et coups de soleil). Le risque de mélanome est 10 fois
moins important chez un noir que chez un blanc. Et au sein des
blancs, les roux-bloncs sont le plus à risque.
- la
présence de Grains
de beauté
en grand nombre (on estime qu'avoir plus de 50 grains de beauté
augmente le risque de mélanome
). Le nombre de grains de beauté dépend de l'exposition solaire
notamment dans l'enfance et de caractéristiques génétiques
(tendance aux grains de beauté dans la famille).
De même les antécédents familiaux de mélanomes sont un facteur de
risque (on estime qu'environ 10% des mélanomes sont liés à une prédisposition génétique).
Les cancers
de la peau présentent une malignité très variable en
fonction de plusieurs éléments tels que :
La
nature même du cancer de la peau (le
cancer basocellulaire a par exemple une malignité
principalement locale, c'est-à-dire qu'il n'a tendance à se
développer qu'à l'endroit de la tumeur et qu'il n'a pas tendance
à essaimer dans les ganglions ou les autres organes)
La
rapidité de diagnostic du cancer de la peau : plus le cancer
de la peau est traité tôt, meilleur est son pronostic
La
localisation du cancer de la peau : par exemple, un cancer de
la peau situé sur l'oreille ou le nez sera plus difficile à
retirer. Certaines zones zont aussi plus à risque de récidive,
notamment pour le cancer de la peau de type baso ou spino
cellulaire : nez, et zones périorificielles (bouche, oreilles...)
- Je
voudrais faire des séances d’UV, que me conseillez-vous ?
Un cancer sur trois dans le monde est un cancer de la peau et le nombre de cancers de la peau est en augmentation depuis 30 ans, à tel point que l’Organisation Mondiale de la Santé a recommandé récemment d’éviter les UV artificiels, arguant que « l'utilisation croissante des lits de bronzage associée au désir d'être bronzé parce que c'est à la mode seraient les principales raisons de cette augmentation rapide du nombre de cancers cutanés ». De plus, deux études récentes ont mis en évidence une augmentation de 25 à 30% du risque de mélanome chez les personnes ayant reçu des UV en cabine !
Ne faites donc pas de séances d’UV. Ils ne font que s’ajouter aux UV naturels que vous recevez déjà.
- J'ai une peau très claire, les yeux clairs et des cheveux
blonds, que me conseillez-vous ?
Le soleil expose au risque de cancers cutanés et de vieillissement précoce de la peau. Les phototypes clairs (peau, yeux et cheveux clairs, présence de tâches de rousseur, propension aux coups de soleil…) sont particulièrement sensibles au soleil et doivent faire l’objet d’une protection rigoureuse lors de la période estivale (éviter le soleil autant que possible, notamment entre 11h et 16 heures, porter des vêtements couvrants et appliquer des crèmes solaires sur les zones exposées d’indice 30 au minimum toutes les deux heures).
- Quelle est l’influence du soleil sur la peau ?
Le rayonnement ayant le plus d’effet sur la peau est le rayonnement Ultra-Violet (UV). On distingue trois type d’UV dans l’ordre de leur " force " : les UVA, B et C. Les UVC sont arrêtés par l’atmosphère et nous recevons surtout des UVA et B, même par temps nuageux (un voile nuageux d’altitude ne bloque que 10% des UV).
Ces UV peuvent avoir des effets positifs sur la peau à faible dose comme par exemple la production de vitamine D (action antirachitique), l’action antidépressive chez certaines personnes ou guérir certaines maladies de la peau.
Mais les UV délivrés par le soleil abîment aussi la peau et la font vieillir prématurément. Nous avons des systèmes de défense luttant contre ces effets néfastes, mais ils sont débordés par une exposition trop intense ou fréquente. On voit ainsi augmenter les rides et les risques de cancers de la peau.
Il faut donc savoir modérer ses expositions solaires et savoir que la vie courante (travailler, faire des courses…) dans un pays ensoleillé est déjà considérée comme une forte exposition.
- Faut-il protéger les enfants? Le soleil leur fait synthétiser
de la vitamine D qui leur est bénéfique...
La peau des enfants est particulièrement sensible au soleil et la peau des
enfants "garde en mémoire" les expositions solaires et les coups de soleils reçus pendant l'enfance.
Il est donc impératif de protéger les enfants du soleil. Certains parents pensent que le soleil est bon pour leur enfant et qu'il fait synthétiser de la vitamine D, nécessaire au développement staturo-pondéral de leur enfant. S'il est vrai que le soleil fait synthétiser de la vitamine D, en
revanche :
- seuls les
UVB, prédominant en milieu de journée, sont responsables de la
synthèse de vitamine D, et il suffit de 5 à 10 minutes
d'ensoleillement en milieu de journée pour synthétiser son
stock quotidien de vitamine D
-
en fait l'enfant n'a pas besoin du soleil pour assurer ses stocks de vitamine D : l'alimentation et la supplémentation en vitamine D effectuée par les médecins y suffit
Protéger
les enfants du soleil
:
Les conseils de protection solaire classiques sont bien évidemment recommandés pour les enfants, mais il est important de renforcer la protection solaire des enfants par rapport aux adultes :
- Eviter l'exposition directe de la peau des enfants et des bébés au soleil
Il est important d'éviter autant que possible toute exposition au soleil pour les enfants et pour les bébés. La peau d'un bébé n'a jamais vu le soleil et elle devrait le voir le pus tard possible! La peau de l'enfant est particulièrement fragile au soleil et il convient donc de l'exposer le moins possible, notamment entre 11 et 16h l'été
- Mettez les à l'ombre !
Essayez de privilégier les zones ombragées pour laisser jouer les enfants et placez votre bébé à l'ombre.
Il faut savoir que l'ombre d'un mur protège mieux que l'ombre d'un arbre ou d'un parasol.
Il existe dorénavant des tentes constituées de tissu "anti-UV" ayant un indice de protection SPF 50 +
et des vêtements couvrants anti UV en fibres textiles séchant facilement et s'écartant peu lorsqu'elles sont mouillées. Un T-Shirt classique en coton voit ses mailles s'élargir lorsqu'il est mouillé et protège beaucoup moins du soleil).
N'oubliez pas le
chapeau à large bord et les
lunettes de soleil adaptées aux enfants...
- Que faire en cas de coup de soleil ?
Le coup de soleil est une véritable brûlure de la peau par le soleil. Cette brûlure est le plus souvent du premier degré (rougeur de la peau) voire du second degré (apparition de bulles par décollement de l'épiderme). On ne devrait idéalement jamais avoir de coup de soleil car la brûlure et les mutations génétiques qu'il engendre sur les cellules de la peau sont irrémédiables. Or le cancer de la peau est, entre autres, la résultante d'une série de mutations génétiques sur les cellules de la peau. Il est donc prépondérant d'éviter les situations pouvant mener à un coup de soleil : exposition entre 12 et 16h l'été, absence de protection vestimentaire et d'application de crème solaire d'indice supérieur à 30 une
demi- heure avant l'exposition, une demi heure après le début de l'exposition, ensuite en moyenne toutes les deux heures et après chaque bain. Lorsque les dégâts sont faits et que le coup de soleil est apparu, il faut tout d'abord évaluer sa gravité : touche-t-il un enfant, un adulte fragilisé (malade, fatigué...) ou une personne agée? concerne-t-il une grande surface corporelle ou simplement une zone limitée (seulement les jambes par exemple)?
s'accompagne-t-il d'un gonflement important de la peau, voire de bulles? de fièvre, d'un malaise général? Dans ces conditions, il faut consulter un médecin en urgence afin de traiter le coup de soleil de façon adéquate.
Si le coup de soleil touche un adulte en bonne santé, qu'il est limité en surface et en intensité (simple rougeur), il faut tout d'abord éviter le soleil jusqu'à amélioration complète de l'état cutané, et ceci pour au moins deux raisons : tout d'abord, ceci permet à la peau de se réparer sans avoir à affronter à nouveau l'agression solaire, et ceci réduit le risque d'apparition de tâches solaires. Ensuite, il faut refroidir la peau au moyen par exemple de linges mouillés. Et il faut appliquer plusieurs fois par jour de la crème hydratante afin d'aider la peau à renouveler ses cellules mortes et à recréer une barrière cutanée. Le mieux est de consulter un médecin car ce dernier évaluera la gravité de votre coup de soleil et vous prescrira le plus souvent en cas de coup de soleil modéré des crèmes à base de cortisone permettant d'accélérer la disparition de l'inflammation cutanée.
- Je travaille en plein air? comment me protéger?
La lumière solaire voyage à 300 000 km/sec. Que vous soyez
allongé au soleil ou actif, l'ensoleillement est donc le même!
Je vous recommande de travailler si possible à l'ombre, jamais
torse-nu et toujours avec un chapeau+lunettes. Couvrez les zones
découvertes (mains, visage...) avec une creme solaire d'indice
supérieur ou égal à 30 avant de travailler et pendant les
pauses
- Qu’est ce que le capital soleil exactement ?
Le capital soleil est une notion un peu abstraite qui tente d'imager la quantité de rayons ultra-violets que la peau peut recevoir sans trop de dégâts (vieillissement prématuré, cancer de la peau...). Cette notion est très variable d'un individu à l'autre en fonction de son type de peau (peau claire ou mate), de ses habitudes solaires (protection solaire, expositions aux heures les plus chaudes, dans des pays tropicaux...) et de ses antécédents (coups de soleil ou exposition durant l'enfance, antécédents familiaux ou personnels de cancers de la peau...). Elle correspond globalement aux capacités de réparation de la peau (réparation de l'ADN des cellules cutanées lors des mutations engendrées par les ultra-violets). On ne peut aujourd'hui quantifier ce capital précisément pour un individu, mais on peut prévenir les patients à peau claire, par exemple, qu'ils ont un capital beaucoup plus faible qu'un patient à peau noire, ou un patient ayant de nombreux grains de beauté, voire un antécédent familial de mélanome (cancer de la peau) que son capital soleil est extrêmement faible. Malheureusement, aujourd'hui, on en est réduit le plus souvent à constater après coup qu'un patient a considérablement entamé ou dépassé son « capital soleil » car apparaissent sur sa peau des taches brunes ou blanches, voire des précancers ou de véritables cancers de la peau. Et l'on constate souvent cela de plus en plus tôt dans la vie!
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