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Pour chaque pathologie vous découvrirez :
Les erreurs du quotidien qui aggravent les symptômes sans qu'on le sache
Les routines recommandées par les spécialistes
Les facteurs de vie quotidienne à améliorer (alimentation, stress, sommeil, soleil…)
Les mécanismes, les causes, les traitements, et j'espère les réponses à toutes les questions que vous vous posez et que parfois vous n'osez pas poser au médecin
Des guides pratiques, directs, et accessibles — pour reprendre le contrôle sur votre problème dermatologique
Dernière mise à jour : 7 avril 2026
Maladie de Bowen : carcinome épidermoïde in situ — diagnostic et traitement
La maladie de Bowen est un carcinome épidermoïde in situ — un cancer de la peau strictement limité à l’épiderme, sans franchissement de la membrane basale. À ce stade, il ne métastase pas, mais sans traitement il peut évoluer vers un carcinome invasif. Le diagnostic et le traitement précoce sont curatifs dans la grande majorité des cas.
⚠️ Plaque rouge persistante, résistante aux crèmes, sur la jambe, les organes génitaux ou le doigt ?
Consulter rapidement un dermatologue — la maladie de Bowen est souvent méconnue plusieurs mois avant le diagnostic.
📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Sommaire :
Signes cliniques |
Formes cliniques |
Causes et facteurs de risque |
Diagnostic |
Traitement |
Questions fréquentes
Signes cliniques

La présentation typique est une plaque rouge, bien délimitée, légèrement surélevée, parfois croûteuse ou squameuse, à surface irrégulière. Elle est indolore, d’évolution très lente sur des mois à des années, et résiste aux crèmes courantes — ce dernier point est souvent le signe d’alerte qui pousse à consulter.
Localisation la plus fréquente : jambe de la femme (forme classique), zones photoexposées en général.

Formes cliniques — présentations trompeuses
| Localisation | Aspect caractéristique | Particularité |
|---|---|---|
| Jambe (femme) | Plaque rouge croûteuse, squameuse | Forme la plus fréquente — souvent confondue avec eczéma ou psoriasis |
| Muqueuses génitales et anales | Plaque rouge vif, lisse, luisante, indolore, bien limitée | Associée aux HPV16 — voir tache rouge des organes génitaux |
| Verge | Plaque érythémateuse lisse, bien délimitée | Appelée érythroplasie de Queyrat — même histologie |
| Doigt / péri-unguéal | Lésion kératosique péri-unguéale ou sous-unguéale | Forme trompeuse — souvent confondue avec verrue ou onyxis |
| Forme pigmentée | Plaque brunâtre ou noire, irrégulière | Forme trompeuse — diagnostic différentiel avec mélanome in situ |



Causes et facteurs de risque
| Facteur | Mécanisme |
|---|---|
| Exposition solaire cumulée (UV) | Principal facteur — mutations de l’ADN kératinocytaire. Zones photoexposées prédominantes. |
| Arsenic | Arsenicisme chronique : viticulture, anciens herbicides arsenicaux, liqueur de Fowler, tannage du cuir. Forme multifocale caractéristique. |
| Papillomavirus (HPV16) | Impliqué dans les formes muqueuses génitales et anales — et dans certaines formes péri-unguéales (condylomes) |
| Immunodépression | Transplantés, VIH, immunosuppresseurs au long cours — risque multiplié et formes multiples |
Diagnostic
Dermoscopie
La dermoscopie est l’examen de première intention. Signes caractéristiques :
— Vaisseaux glomérulaires (en points) disposés en agrégats — le plus évocateur
— Vaisseaux organisés en lignes dans les formes étendues
— Squames de surface
— Dans les formes pigmentées : vaisseaux en lignes entourés de pigment brun
Biopsie cutanée
Indiquée en cas de doute diagnostique clinique ou dermoscopique, et systématiquement avant tout traitement destructif pour confirmer l’absence d’invasion dermique (carcinome in situ vs carcinome invasif). La biopsie confirme la dysplasie épidermique sur toute l’épaisseur de l’épiderme avec respect de la membrane basale.
Diagnostic différentiel principal : psoriasis en plaque (squames épaisses argentées, dermoscopie différente), eczéma nummulaire (prurigineux, répond aux dermocorticoïdes), kératose actinique (plus fine, rugueuse, photoexposée), mélanome in situ pour les formes pigmentées.
Traitement
Le traitement est curatif à ce stade in situ. Le choix dépend de la taille, la localisation et l’état général du patient. Plusieurs options ont fait l’objet d’une revue Cochrane (Cochrane CD007281).
| Traitement | Modalité | Indications préférentielles |
|---|---|---|
| Exérèse chirurgicale | Marge de sécurité 5 mm + histologie | Lésion localisée, forme pigmentée ou doute diagnostique — seul traitement permettant la confirmation histologique |
| Photothérapie Dynamique (PDT) | Application d’acide aminolévulinique + illumination | Lésions larges ou multiples, jambe — bon résultat cosmétique. Voir PDT |
| 5-fluorouracile topique | Application locale en cure | Lésions superficielles étendues — réponse variable |
| Imiquimod topique | Immunomodulateur local en application répétée | Alternative aux lésions non chirurgicales, zones à risque cicatriciel |
| Cryochirurgie | Azote liquide — cycles de congélation | Lésions petites, bien délimitées |
| Laser CO2 | Vaporisation | Formes muqueuses génitales, péri-unguéales rebelles |
Surveillance après traitement : suivi clinique régulier pour détecter une récidive locale ou l’apparition de nouvelles lésions — en particulier chez les patients à risque (immunodéprimés, arsenicisme, exposition solaire cumulée importante).
Questions fréquentes
La maladie de Bowen est-elle un cancer dangereux ?
À son stade actuel — in situ — elle ne métastase pas. Traitée correctement, la guérison est la règle. Sans traitement, elle peut évoluer en carcinome épidermoïde invasif en quelques années, qui lui peut être agressif localement et métastaser dans environ 2 % des cas. L’enjeu est donc de la diagnostiquer et traiter avant cette évolution.
Comment distinguer la maladie de Bowen d’un eczéma ou d’un psoriasis ?
Trois éléments orientent : l’absence de réponse aux dermocorticoïdes après plusieurs semaines (une plaque d’eczéma ou de psoriasis répond au traitement), les bords très nets et réguliers de la lésion de Bowen, et l’aspect dermoscopique avec vaisseaux glomérulaires. En cas de doute persistant, la biopsie tranche définitivement — c’est toujours la bonne décision face à une lésion qui résiste aux traitements habituels.
La maladie de Bowen génitale est-elle contagieuse ?
Les formes génitales (verge, vulve, région anale) sont associées au HPV16 — virus sexuellement transmissible. Le partenaire doit être informé et bénéficier d’un examen par un dermatologue ou gynécologue. La vaccination anti-HPV chez les personnes non encore exposées reste protectrice contre les souches oncogènes.
Peut-on récidiver après traitement de la maladie de Bowen ?
Oui — le taux de récidive locale varie selon le traitement : il est plus faible après exérèse chirurgicale avec marges saines qu’après traitements topiques ou destructifs. De nouvelles lésions peuvent également apparaître à distance chez les patients à risque (immunodéprimés, arsenicisme). Une surveillance annuelle est recommandée.
Voir aussi :
Cancers de la peau |
Carcinome basocellulaire |
Condylomes et HPV |
Photothérapie dynamique |
Tache rouge des organes génitaux
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Bonjour
mon dermatologue me demande une biopsie car j’ai une tache rouge quelquefois rosé sur la vulve qui ne guérit pas depuis 2 ans
j’ai peur que ce soit un cancer
qu’en pensez vous ?
MERCI
Effectivement toute tache qui ne guérit pas doit être biopsiee pour éliminer un cancer