Bowen : la maladie de bowen : causes, symptômes et traitement

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Maladie de Bowen : carcinome épidermoïde in situ – diagnostic et traitement

La maladie de Bowen est un carcinome épidermoïde in situ – un cancer de la peau strictement limité à l’épiderme, sans franchissement de la membrane basale. À ce stade, il ne métastase pas, mais sans traitement il peut évoluer vers un carcinome invasif. Le diagnostic et le traitement précoce sont curatifs dans la grande majorité des cas.

En bref : La maladie de Bowen est un carcinome épidermoïde in situ – un cancer de la peau limité à l’épiderme, sans métastase à ce stade. Elle touche surtout les plus de 60 ans exposés au soleil. Sans traitement, 3 à 5 % des cas évoluent vers un carcinome invasif. Traitée précocement (cryothérapie, PDT, chirurgie), la guérison est obtenue dans plus de 95 % des cas.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Sommaire :
Signes cliniques |
Formes cliniques |
Causes et facteurs de risque |
Diagnostic |
Traitement |
Questions fréquentes

Signes cliniques

Maladie de Bowen - plaque rouge kératosique

La présentation typique est une plaque rouge, bien délimitée, légèrement surélevée, parfois croûteuse ou squameuse, à surface irrégulière. Elle est indolore, d’évolution très lente sur des mois à des années, et résiste aux crèmes courantes – ce dernier point est souvent le signe d’alerte qui pousse à consulter.

Localisation la plus fréquente : jambe de la femme (forme classique), zones photoexposées en général.

Maladie de Bowen de la jambe - forme classique

Formes cliniques – présentations trompeuses

Localisation Aspect caractéristique Particularité
Jambe (femme) Plaque rouge croûteuse, squameuse Forme la plus fréquente – souvent confondue avec eczéma ou psoriasis
Muqueuses génitales et anales Plaque rouge vif, lisse, luisante, indolore, bien limitée Associée aux HPV16 – voir tache rouge des organes génitaux
Verge Plaque érythémateuse lisse, bien délimitée Appelée érythroplasie de Queyrat – même histologie
Doigt / péri-unguéal Lésion kératosique péri-unguéale ou sous-unguéale Forme trompeuse – souvent confondue avec verrue ou onyxis
Forme pigmentée Plaque brunâtre ou noire, irrégulière Forme trompeuse – diagnostic différentiel avec mélanome in situ

Maladie de Bowen de la verge - érythroplasie de Queyrat
Maladie de Bowen du doigt - forme péri-unguéale
Carcinome intraépithélial - maladie de Bowen histologie

Causes et facteurs de risque

Facteur Mécanisme
Exposition solaire cumulée (UV) Principal facteur – mutations de l’ADN kératinocytaire. Zones photoexposées prédominantes.
Arsenic Arsenicisme chronique : viticulture, anciens herbicides arsenicaux, liqueur de Fowler, tannage du cuir. Forme multifocale caractéristique.
Papillomavirus (HPV16) Impliqué dans les formes muqueuses génitales et anales – et dans certaines formes péri-unguéales (condylomes)
Immunodépression Transplantés, VIH, immunosuppresseurs au long cours – risque multiplié et formes multiples

Diagnostic

Dermoscopie

La dermoscopie est l’examen de première intention. Signes caractéristiques :

Vaisseaux glomérulaires (en points) disposés en agrégats – le plus évocateur
– Vaisseaux organisés en lignes dans les formes étendues
Squames de surface
– Dans les formes pigmentées : vaisseaux en lignes entourés de pigment brun

Biopsie cutanée

Indiquée en cas de doute diagnostique clinique ou dermoscopique, et systématiquement avant tout traitement destructif pour confirmer l’absence d’invasion dermique (carcinome in situ vs carcinome invasif). La biopsie confirme la dysplasie épidermique sur toute l’épaisseur de l’épiderme avec respect de la membrane basale.

Diagnostic différentiel principal : psoriasis en plaque (squames épaisses argentées, dermoscopie différente), eczéma nummulaire (prurigineux, répond aux dermocorticoïdes), kératose actinique (plus fine, rugueuse, photoexposée), mélanome in situ pour les formes pigmentées.

Traitement

Le traitement est curatif à ce stade in situ. Le choix dépend de la taille, la localisation et l’état général du patient. Plusieurs options ont fait l’objet d’une revue Cochrane (Cochrane CD007281).

Traitement Modalité Indications préférentielles
Exérèse chirurgicale Marge de sécurité 5 mm + histologie Lésion localisée, forme pigmentée ou doute diagnostique – seul traitement permettant la confirmation histologique
Photothérapie Dynamique (PDT) Application d’acide aminolévulinique + illumination Lésions larges ou multiples, jambe – bon résultat cosmétique. Voir PDT
5-fluorouracile topique Application locale en cure Lésions superficielles étendues – réponse variable
Imiquimod topique Immunomodulateur local en application répétée Alternative aux lésions non chirurgicales, zones à risque cicatriciel
Cryochirurgie Azote liquide – cycles de congélation Lésions petites, bien délimitées
Laser CO2 Vaporisation Formes muqueuses génitales, péri-unguéales rebelles

Surveillance après traitement : suivi clinique régulier pour détecter une récidive locale ou l’apparition de nouvelles lésions – en particulier chez les patients à risque (immunodéprimés, arsenicisme, exposition solaire cumulée importante).

⚠ Consultez sans attendre si : une plaque cutanée persistante saigne spontanément ou s’ulcère (signe possible d’invasion), si une lésion de Bowen connue s’épaissit ou change rapidement, si vous êtes immunodéprimé (transplantation, VIH, traitement immunosuppresseur), ou si la lésion siège sur le visage, la main ou les organes génitaux.

Questions fréquentes

La maladie de Bowen est-elle un cancer dangereux ?

À son stade actuel – in situ – elle ne métastase pas. Traitée correctement, la guérison est la règle. Sans traitement, elle peut évoluer en carcinome épidermoïde invasif en quelques années, qui lui peut être agressif localement et métastaser dans environ 2 % des cas. L’enjeu est donc de la diagnostiquer et traiter avant cette évolution.

Comment distinguer la maladie de Bowen d’un eczéma ou d’un psoriasis ?

Trois éléments orientent : l’absence de réponse aux dermocorticoïdes après plusieurs semaines (une plaque d’eczéma ou de psoriasis répond au traitement), les bords très nets et réguliers de la lésion de Bowen, et l’aspect dermoscopique avec vaisseaux glomérulaires. En cas de doute persistant, la biopsie tranche définitivement – c’est toujours la bonne décision face à une lésion qui résiste aux traitements habituels.

La maladie de Bowen génitale est-elle contagieuse ?

Les formes génitales (verge, vulve, région anale) sont associées au HPV16 – virus sexuellement transmissible. Le partenaire doit être informé et bénéficier d’un examen par un dermatologue ou gynécologue. La vaccination anti-HPV chez les personnes non encore exposées reste protectrice contre les souches oncogènes.

Peut-on récidiver après traitement de la maladie de Bowen ?

Oui – le taux de récidive locale varie selon le traitement : il est plus faible après exérèse chirurgicale avec marges saines qu’après traitements topiques ou destructifs. De nouvelles lésions peuvent également apparaître à distance chez les patients à risque (immunodéprimés, arsenicisme). Une surveillance annuelle est recommandée.

Voir aussi :
Cancers de la peau |
Carcinome basocellulaire |
Condylomes et HPV |
Photothérapie dynamique |
Tache rouge des organes génitaux

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Références scientifiques

  • Petzold A et al., J Eur Acad Dermatol Venereol, 2025 – Revue systématique sur l’efficacité des traitements du carcinome épidermoïde in situ (maladie de Bowen). PMID 39148440
  • Namgoong S et al., J Am Acad Dermatol, 2021 – Association du papillomavirus humain et de la maladie de Bowen extra-génitale. PMID 33010321
  • Khachemoune A, JAAPA, 2024 – Kératose actinique et carcinome épidermoïde in situ : mise au point. PMID 38128142
  • Haute Autorité de Santé – Carcinomes cutanés : éléments de prise en charge

Questions fréquentes – maladie de Bowen

Qu’est-ce que la maladie de Bowen ?

La maladie de Bowen est un carcinome épidermoïde in situ : les cellules cancéreuses restent confinées à l’épiderme sans traverser la membrane basale. Elle ne provoque pas de métastases à ce stade, mais sans traitement, 3 à 5 % des cas évoluent vers un carcinome invasif sur plusieurs années. Elle touche surtout les adultes de plus de 60 ans, souvent liée aux UV chroniques ou au papillomavirus HPV.

À quoi ressemble une lésion de Bowen ?

La lésion typique est une plaque rouge rosée, bien délimitée, légèrement squameuse ou croûteuse, qui ne guérit jamais spontanément. Elle peut rester stable pendant des années. Taille variable de quelques millimètres à plusieurs centimètres. Les jambes (surtout chez la femme), le tronc et la tête sont les sites les plus fréquents. Une biopsie confirme le diagnostic.

Quel est le meilleur traitement pour la maladie de Bowen ?

Le choix dépend de la taille, localisation et du patient. La photothérapie dynamique (PDT) est très efficace pour les lésions larges avec excellent résultat cosmétique. La cryothérapie convient aux petites lésions. L’exérèse chirurgicale est préférable si le diagnostic est incertain ou si une invasion est suspectée. L’imiquimod crème est une alternative pour certaines localisations difficiles.

La maladie de Bowen peut-elle guérir seule ?

Non. La maladie de Bowen ne régresse pas spontanément. Sans traitement, elle peut rester stable pendant des années puis évoluer vers un carcinome épidermoïde invasif dans 3 à 5 % des cas. Ce risque est plus élevé chez les immunodéprimés et en cas de lésion génitale. Un traitement dermatologique adapté est toujours nécessaire.

Comment distinguer la maladie de Bowen d’une kératose actinique ?

La kératose actinique est plus petite, superficielle et souvent multiple sur les zones photoexposées. La maladie de Bowen est généralement plus grande, plus épaisse, et peut siéger sur des zones moins exposées. L’histologie (biopsie) permet de trancher formellement. Les deux lésions sont liées aux UV chroniques et doivent être traitées.

Faut-il opérer une maladie de Bowen ?

L’exérèse chirurgicale n’est pas systématique. Elle est recommandée si la lésion est petite et facilement accessible, si le diagnostic est incertain ou si d’autres traitements ont échoué. La PDT ou la cryothérapie sont souvent préférées pour les lésions larges. Le choix est discuté cas par cas avec votre dermatologue selon la localisation et l’état général.

La maladie de Bowen peut-elle récidiver ?

Oui. Le taux de récidive varie : environ 10 à 20 % avec la cryothérapie seule, moins de 10 % avec la PDT ou la chirurgie. Un suivi à 3 mois puis annuel est recommandé. Les patients avec une maladie de Bowen ont un risque accru d’autres lésions précancéreuses et de cancers cutanés, justifiant une surveillance dermatologique régulière.

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

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Auteur/autrice : Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

Dr Ludovic Rousseau — Dermatologue & Vénérologue Docteur en médecine depuis 1999, le Dr Ludovic Rousseau est spécialiste en Dermatologie et Vénéréologie (Diplôme d'État de Spécialiste, thèse soutenue avec la mention Très Honorable). Depuis plus de 25 ans, il exerce avec la conviction que chaque patient mérite une prise en charge claire, bienveillante et fondée sur les données actuelles de la science. Auteur et fondateur de Dermatonet.com depuis 2000, il met son expertise au service du grand public à travers des articles médicaux rigoureux sur les maladies de peau, les traitements et les avancées en dermatologie. Il intervient régulièrement lors de congrès et journées de formation médicale, et a publié dans des revues scientifiques spécialisées dont les Annales de Dermatologie et Vénéréologie. Convaincu que l'accès aux soins dermatologiques doit être simplifié, le Dr Rousseau propose des consultations en cabinet lors de ses remplacements ainsi que des téléconsultations, permettant à chacun d'obtenir un avis médical spécialisé rapidement, où qu'il se trouve.

2 réflexions sur « Bowen : la maladie de bowen : causes, symptômes et traitement »

  1. Bonjour
    mon dermatologue me demande une biopsie car j’ai une tache rouge quelquefois rosé sur la vulve qui ne guérit pas depuis 2 ans
    j’ai peur que ce soit un cancer
    qu’en pensez vous ?
    MERCI

Les commentaires sont fermés.