Papillomavirus (HPV) : transmission, symptômes et traitement

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Infection à papillomavirus

Les papillomavirus sont des virus a ADN (acide desoxyribonucléique) : ils contiennent de l’ADN qu’ils integrent au sein de l’ADN de la cellule qu’ils infectent. Le but de cette infection est de faire produire d’autres virus par la cellule infectée : cette dernière produit des cellules-filles qui « fourmillent » de virus. Ce phénomène s’appelle la réplication du virus. L’ensemble de ces cellules forme unepetite tumeur bénigne, la verrue sur le plan cutané, ou le condylome sur le plan génital.

Mis à jour le 23 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Le papillomavirus humain (HPV) regroupe une centaine de virus, certains responsables de simples verrues cutanées, d’autres de condylomes génitaux ou de lésions précancéreuses. Chaque année en France, les infections à HPV entraînent environ 100 000 cas de verrues génitales, 35 000 lésions précancéreuses et 6 400 cancers, dont près de la moitié sont des cancers du col de l’utérus (HAS). La transmission se fait par contact cutané ou sexuel, souvent à l’insu du porteur. La vaccination, recommandée dès 11 ans, et le dépistage régulier restent les meilleures protections.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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verrues genitales
Verrues génitales

Cet article en vidéo:

Il existe approximativement une centaine de papilloma virus dans la nature, qu’on peut en effet classer en 2 catégories selon leur tropisme : la peau ou les muqueuses.

Les papilloma virus ayant un tropisme pour la peau :

papilloma virus 2, 4, 5, 8, 12, 14, 29, 36, 46, 47… responsables des verrues. L’infection de la peau a lieu generalement lors d’un contact entre la peau lésée (petite plaie, eczema… ) avec une autre des squames infectee par le papillomavirus.

Par exemple, la contamination par le papillomavirus sur les plantes de pieds comportant de petites plaies est fréquente dans les zones fréquentées par d’autres personnes marchant pieds nus et laissant des squames infectées (piscines, les salles de sport, vestiaires… ).

Les papillomavirus ayant un tropisme pour les muqueuses, responsables des condylomes :

On distingue parmi ceux-ci les papilloma virus à haut risque de provoquer un cancer du col de l’utérus et les condylomes à faible risque carcinologique :

papillomavirus à faible risque de cancer du col de l’utérus, de la vulve, de l’anus, du penis… :

papillomavirus 6, 11, 42, 43, 44…

papillomavirus à haut risque de provoquer un cancer du col de l’uterus, de l’anus, de la vulve, du penis… :

papillomavirus 16, 18, 31…

Atteinte du col de l’uterus par papillomavirus

Comment se contamine-t-on des papilloma virus?

L’infection de la muqueuse a généralement lieu lors d’un rapport sexuel.

La transmission de papillomavirus lors des préliminaires amoureux sans préservatif est fréquente et explique certaines contaminations. Le degré de contagiosité est élevé en casde condylomes acuminés, plus faible en cas de lésions dysplasiques ou cancéreuses.

Il existe de nombreuses formes asymptomatiques, expliquant des modes révélations retardées ou la négativité du bilan chez l’un des partenaires.

La sensibilité à ces virus varie d’un individu à l’autre et la contamination nest pas obligatoire à leur contact : on peut être en contact avec une personne infectée et ne pas être contaminé.
De même, lorsqu’il y a infection, le papillomavirus peut ne pas s’exprimer et rester à l’état latent dans la cellule. Enfin, même lorsque le virus s’exprime et donne des lésions cutanées ou génitales, une disparition spontanée est possible (on estime que 80% des verrues régressent spontanément en quelques années / il est aussi possible de voir disparaître spontanément une dysplasie cervicale du col de l’utérus d’un contrôle à l’autre). On appelle cela la clairance virale. On estime que la disparition à 1 an pur les HPV du col de l’utérus sont de  70% et de 90% à 2 ans. Malheureusement, les séroypes à risque de cancer persistent souvent plus longtemps que les autres

Les différentes formes d’atteinte par papillomavirus : verrues et condylomes

L’atteinte de la peau

peut avoir plusieurs formes. Parmi les plus fréquentes :

  • Les verrues des paumes et des plantes (Verrues plantaires ) : elles s’attrapent le plus souvent dans les collectivités ( gymnase, piscine).
  • Les papillomes verruqueux et verrues vulgaires : on les trouve principalement sur les dos des mains, le visage, le cuir chevelu, les genoux
  • Les verrues planes : comme leur nom l’indique, elles sont moins surélevées que les précédentes et réalisent de petites surélévations couleur rosé. Elles ont peuvent se trouver dans les mêmes sièges que les verrues du corps.

>>> Plus d’informations sur les verrues et le traitement des verrues

L’atteinte de la sphère génitale : les condylomes :

L’infection par condylomes est le plus souvent le fait d’une contagion sexuelle (Maladie Sexuellement Transmissible ou MST). Il faut donc devant des verrues anogénitales effectuer un bilan de MST (examen complet, sérologies).

>>> Plus d’informations sur les condylomes

L’atteinte de la sphère ORL

Le sexe oral a favorisé la dissémination du papillomavirus dans la sphere ORL. Ainsi, L’incidence du cancer de l’oropharynx est actuellement à la hausse et le risque augmente avec certaines habitudes sexuelles. Une majorité des cancers de l’amygdale et de la base de la langue est liée à l’infection à papillomavirus. Les patients concernés sont plus jeunes et souvent non fumeurs et non buveurs (alors que le tabac et l’alcool sont les facteurs « classiques » de cancers ORL).

Peut-on avoir une infection au papillomavirus sans verrues ou condylomes?

L’infection génitale par les papillomavirus est une maladie très fréquente puisqu’on estime qu’environ 30 à 50 % de la population adulte sera contaminée sur le plan génital pendant une période de leur vie par le papillomavirus Cependant, l’ensemble de la population infectée par le papilloma virus sur le plan génital n’exprime pas le virus sur le plan clinique : on estime que seuls 10 à 20% de la population adulte présente des condylomes (le pourcentage de porteurs sains varie de 20 à 30 %). Les autres personnes infectées sont appelées porteurs asymptomatiques de papillomavirus. On peut ainsi porter de façon asymptomatique le papillomavirus pendant des années et se mettre à l’exprimer sous forme de condylomes sans raison apparente ou au décours d’une fatigue, d’un stress, d’une maladie intercurrente (grippe… ). Il est important de savoir lorsqu’on consulte pour des condylomes que la contamination par le papillomavirus peut être ancienne et n’est pas nécessairement contemporaine de l’apparition des condylomes.

De même, sur le plan cutané, il est fréquent de trouver des papillomavirus sur la peau sans pour autant qu’il y ait de verrues

Consultez sans attendre si : une verrue ou un condylome saigne, grossit rapidement, s’ulcère ou devient douloureux ; vous remarquez un ganglion dur et persistant dans le cou (le HPV peut être impliqué dans certains cancers ORL) ; des saignements anormaux surviennent en dehors des règles ou après un rapport, à faire évaluer par un gynécologue ; ou une lésion cutanée résiste à plusieurs traitements bien conduits. Ces signes ne signifient pas forcément un cancer, mais justifient un avis médical rapide.

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Traitement

L’objectif d’une éradication virale étant illusoire, le traitement vise à faire disparaître les lésions visibles. Le traitement des lésions externes est le plus souvent basé sur la simple destruction locale au laser, à l’azote liquide et/ ou à l’aide d’un traitement chimique. La difficulté principale réside dansle caractère souvent multifocal des lésions et leur taux élevé de récidive. La méthode employée dépend de la localisation, du type lésionnel

Le traitement des papillomavirus dépend de leur zone d’atteinte : voir le traitement des verrues et des condylomes

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Questions fréquentes

Le papillomavirus (HPV) est-il grave ?

Dans la grande majorité des cas, non : la plupart des infections à HPV sont bénignes et guérissent spontanément en 1 à 2 ans, se traduisant tout au plus par une verrue ou un condylome. Certains types d’HPV dits « à haut risque » peuvent en revanche entraîner des lésions précancéreuses, notamment au col de l’utérus, d’où l’intérêt du dépistage régulier.

Comment savoir si j’ai un papillomavirus ?

Une verrue cutanée ou un condylome se voit à l’œil nu lors d’un examen. Sur le col de l’utérus, l’infection est le plus souvent silencieuse et se dépiste par un frottis ou un test HPV, recommandé tous les 3 à 5 ans selon l’âge. Il n’existe pas de dépistage systématique du HPV chez l’homme en dehors de lésions visibles.

Les verrues et les condylomes sont-ils la même chose ?

Non. Les verrues cutanées (mains, pieds) et les condylomes génitaux sont causés par des familles différentes de papillomavirus. Les verrues s’attrapent par contact cutané direct, par exemple dans les piscines ou les vestiaires, tandis que les condylomes se transmettent principalement lors des rapports sexuels, y compris sans pénétration.

Le HPV disparaît-il tout seul ?

Oui, dans environ 80 à 90 % des cas, le système immunitaire élimine le virus en 1 à 2 ans sans laisser de trace. Chez certaines personnes, l’infection persiste et peut alors s’exprimer sous forme de verrues, de condylomes ou, plus rarement, de lésions précancéreuses.

Le vaccin contre le papillomavirus est-il utile après le début de la vie sexuelle ?

Oui, même si son efficacité est optimale avant toute exposition au virus. La HAS recommande un rattrapage vaccinal jusqu’à 26 ans révolus, chez les femmes comme chez les hommes, car il reste protecteur contre les types de HPV non encore rencontrés.

Peut-on transmettre le HPV sans avoir de verrues ou condylomes visibles ?

Oui. De nombreuses personnes sont porteuses asymptomatiques du virus et peuvent le transmettre sans le savoir, parfois plusieurs années après la contamination initiale. C’est l’une des raisons pour lesquelles le HPV est l’infection sexuellement transmissible la plus fréquente.

Le papillomavirus peut-il causer un cancer ?

Certains types d’HPV à haut risque, en premier lieu les types 16 et 18, sont impliqués dans la quasi-totalité des cancers du col de l’utérus, ainsi que dans une partie des cancers de l’anus, du vagin, de la vulve, du pénis et de l’oropharynx. Cela représente environ 6 400 cancers par an en France selon la HAS.

Faut-il traiter le partenaire en cas de condylomes ?

Le partenaire n’a pas systématiquement besoin d’un traitement s’il ne présente aucune lésion visible, mais un dépistage des IST est recommandé pour les deux partenaires. La contamination pouvant être ancienne, l’apparition de condylomes chez l’un ne signifie pas nécessairement une infidélité récente.

À lire aussi sur les infections virales et les verrues

Références

Zhu P et al., Clinical guideline for the diagnosis and treatment of cutaneous warts (2022), Journal of Evidence-Based Medicine, 2022, PMID 36117295. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36117295/

Sindhuja T et al., Asian guidelines for condyloma acuminatum, Journal of Infection and Chemotherapy, 2022, PMID 35341674. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35341674/

Chromy D et al., Anogenital warts : an update, Dermatologie (Heidelberg), 2023, PMID 38108864. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38108864/

Nunes EM et al., Epidemiology and biology of cutaneous human papillomavirus, Clinics, 2018, PMID 30133564. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30133564/

Haute Autorité de Santé (HAS), Papillomavirus (HPV) : le rattrapage vaccinal recommandé chez les femmes et les hommes jusqu’à 26 ans révolus. has-sante.fr

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Auteur/autrice : Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

Dr Ludovic Rousseau — Dermatologue & Vénérologue Docteur en médecine depuis 1999, le Dr Ludovic Rousseau est spécialiste en Dermatologie et Vénéréologie (Diplôme d'État de Spécialiste, thèse soutenue avec la mention Très Honorable). Depuis plus de 25 ans, il exerce avec la conviction que chaque patient mérite une prise en charge claire, bienveillante et fondée sur les données actuelles de la science. Une grande partie de cette expérience s'est construite lors de remplacements réguliers dans les DOM-TOM (Martinique, Guadeloupe, Polynésie française, entre autres), au contact quotidien de milliers de patients à peau noire, mate ou asiatique. Cette pratique de terrain l'a convaincu d'une chose simple : la peau mate reste le parent pauvre de la dermatologie, une discipline dont l'iconographie et les études cliniques restent encore trop souvent construites sur peau blanche. Il consacre depuis une partie de son activité à combler cet écart, sur Dermatonet comme en consultation. Auteur et fondateur de Dermatonet.com depuis 2000, il met son expertise au service du grand public à travers des articles médicaux rigoureux sur les maladies de peau, les traitements et les avancées en dermatologie. Il intervient régulièrement lors de congrès et journées de formation médicale, et a publié dans des revues scientifiques spécialisées dont les Annales de Dermatologie et Vénéréologie. Convaincu que l'accès aux soins dermatologiques doit être simplifié, le Dr Rousseau propose des consultations en cabinet lors de ses remplacements ainsi que des téléconsultations, permettant à chacun d'obtenir un avis médical spécialisé rapidement, où qu'il se trouve.

4 réflexions sur « Papillomavirus (HPV) : transmission, symptômes et traitement »

  1. Bonsoir. Faudrait-il changer ses sous-vêtements en cas d’infection par les papillomavirus?

  2. Je suppose que par « changer » vous entendez jeter et acheter de nouveaux sous-vetements, alors non cela n’est pas utile. Le probleme est le portage du virus dans les cellules humaines plus que dans les sous vetements qui doivent par contre être remplacés quotidiennement par des sous vetements propres bien sur.

    Si vous avez besoin d’un avis médical vous pouvez réaliser une téléconsultation à cette adresse :
    https://www.consulib.com/home?showSearch=true&specialties_doctor=Ludovic%20Rousseau&doctor=5ec3d7d407f46e765f9e45c1

  3. Bonjour, est-il possible d’attraper le HPV en réalisant des danses collé-serré avec une personne atteinte et qui développer des cellules cancéreuses ?
    Désolée pour la question risible …
    Je ne trouve pas de réponses sur internet …

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