Brulure : soigner une brulure de la peau

Dernière mise à jour : 10 juin 2026

Dernière mise à jour : 4 mai 2026

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Mis à jour le 6 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Les brûlures cutanées se classent en 3 degrés : premier degré (rougeur simple, comme un coup de soleil), deuxième degré superficiel (phlyctènes/cloques), deuxième degré profond et troisième degré (destruction du derme). En France, 400 000 personnes consultent chaque année pour une brûlure. Les brûlures du 2ème degré profond et au-delà nécessitent une prise en charge spécialisée. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Brulure : que faire, comment soigner?
La brûlure est une destruction plus ou moins profonde de la peau, suite au contact avec une substance caustique, de l’électricité, de la chaleur… Que faire en cas de brulure ? :

  1. Définir le type de brûlure : il y a 4 grands types de brûlures en fonction de l’agent en cause déterminant pour la gravité de la brulure : chaleur, électrique, chimique, radiations…
  2. Classer la brulure en degrés
    1. 1er degré : rougeur
    2. 2ème degré superficiel: derme rouge / 2ème degré profond : derme blanc
    3. 3ème degré
  3. En fonction de ces éléments, puis-je soigner une brulure?

En cas de brulure chimique ou électrique il faut toujours demander un avis médical
La seule brulure qu’on peut prendre en charge à la maison est le 1er degré de petite étendue, toutes les autres nécessitent un avis médical : rincer la brulure à l’eau froide pour la refroidir. Paracétamol pour la douleur et pansements gras (Jelonet®, Adaptic®, Tulle gras…) sous une bande. Le pansement est enlevé au bout de 2-3j et on constate une guérison avec desquamation, sinon, consultation du médecin.

Brulure du 1er degré peu étendue, la seule qu’on peut soigner à la maison

1/ Définir le type de brûlure

Il y a 4 grands types de brûlures en fonction de l’agent en cause. Le type de brulure détermine déjà en partie la conduite à tenir et la gravité de la brulure

Brulure à la chaleur

Ce sont les brulures les plus fréquentes, pouvant être superficielles ou profondes, suite au contact de la peau avec une flamme, un liquide chaud ou un métal brûlant. Dans ces deux derniers cas, le liquide et le métal tendent à coller à la peau et provoquer donc des brulures plus graves.

Brulure par l’électricité

On distingue deux types de brulures électriques :

Brûlures par arc électrique: CATENAIRE…

L’exemple le plus fréquent est une personne montant sur des wagons de train : il existe une différence de potentiel extrêmement importante entre les wagons et la caténaire entre lesquels la personne se place, déclenchant un arc électrique (sorte d’éclair entre les 2 points) qui passe par le corps de cette personne, en cheminant par la peau. Elles correspondent en fait à des brûlures thermiques de la peau.

Brûlures électriques vraies : PRISE ELECTRIQUE…

Passage intra-corporel d’un courant électrique qui chemine pour des raisons de conduction électrique prioritairement le long des vaisseaux et des nerfs, en passant toujours par le coeur : risques de trouble du rythme (fibrillation ventriculaire), de destruction nerveuse ou de thrombose vasculaire souvent responsables de d’amputations…

Brulures chimiques

Elles sont souvent graves car le produit chimique peut pénétrer dans le corps, y être rémanent et y créer des dégâts.

Les acides (acide sulfurique, chlorhydrique…)

Brûlures extrêmement douloureuses / destruction se propageant rapidement de la superficie de la peau vers la profondeur .

Les bases (soude caustique…)

Souvent moins douloureuses mais plus sournoises : destruction décalée dans le temps car les lésions superficielles n’apparaissent que secondairement, parfois après la destruction profonde.

Radiations : coup de soleil, radiodermites après radiothérapie.

 

2/ Classification en degrés

Les trois degrés correspondent au niveau de destruction du tissu cutané.

1er degré : rougeur

Brulure du 1er degré

Plaque rouge, chaude et douloureuse, type « coup de soleil« , guérissant en 2 à 3 jours. Brulure grave que si elles est étendue, chez le petit enfant notamment (risque de déshydratation).

2ème degré : phlyctène ou bulle.

 

2ème degré superficiel: derme rouge

Le derme sous la phlyctène est rouge car il reste vascularisé

Elle guérit le plus souvent spontanément en une semaine à 10jours

Brulure du 2eme degre

 

2ème degré profond : derme blanc

 

Le derme est dévascularisé (mort) et nécessite une détersion chirurgicale.

3ème degré

Plaques dures et indolores. Plaies plus ou moins profondes

Brulure du 3eme degre

3/ En fonction de ces éléments, puis-je soigner une brulure?

En cas de brulure chimique ou électrique il faut toujours demander un avis médical

1er degré de petite étendue

Retrait des bagues, montres, bracelets

Rincer la brulure à l’eau froide pour la refroidir : règle des 15, laver dans les 15 minutes, avec de l’eau à 15 degrés, à 15 cm de la peau, pendant au moins 15 minutes.

Paracétamol pour la douleur et pansements gras (Jelonet®, Adaptic®, Tulle gras…) sous une bande. Le pansement est enlevé au bout de 2-3j et on constate une guérison avec desquamation, sinon, consultation du médecin.

De nombreuses personnes recourent aux « magnétiseurs » et autres « coupeurs de feu » ou « barreurs de feu », sensés soulager rapidement les douleurs du zona et des brulures

On utilise parfois en physiothérapie, la magnétothérapie, consistant à placer des aimants au sein desquels on fait passer un courant électrique, notamment en rééducation fonctionnelle pour soulager les douleurs de l’appareil locomoteur. Ce traitement est basé sur l’hypothèse que les ions des tissus et le fer contenu dans le sang réagissent au champ magnétique, mais l’effet sur la douleur n’est pas clairement expliqué à notre connaissance. Nous avons trouvé une étude de petite ampleur (40 patients), sans étude contre placébo, d’origine cubaine, trouvant une efficacité de la magnétothérapie basse fréquence dans les brulures liées au zona

Par ailleurs, nous n’avons trouvé aucune étude scientifique étayant l’efficacité de traitements par « magnétisme humain ». Tout au plus une thèse en Médecine de 2007 relate leur recourt dans le cadre des brulures en milieu hospitalier sans étudier véritablement leur efficacité en les testant contre placébo ou contre traitement médical.

Il semble donc ne pas y avoir de fondement scientifique à ce jour pour la pratique du magnétisme des coupeurs de feu dans la prise en charge des brulures. On ne peut donc scientifiquement recommander ce type de pratique pour prendre en charge des brulures du 1er degré peu étendues et encore moins pour des brulures de plus grande étendue ou gravité.

1er degré étendue ou mal supportée

En cas de brulure du 1er degré étendue, notamment chez un enfant, de sensations de malaise, de maux de tête, consulter un médecin sans tarder

2ème degré : avis médicochirurgical

Le médecin procède à l’excision de la phlyctène et un rinçage au sérum physiologique ou aux antiseptiques non alcooliques (Chlorexidine…)

Il applique un pansement gras (Jelonet®, Adaptic®, Tulle gras…) sous une bande, à renouveler toutes les 48 à 72 heures

Toute brûlure n’ayant pas cicatrisé au delà du 21ème jour doit être prise en charge de façon chirurgicale.

3ème degré : urgence chirurgicale

La prise en charge est chirurgicale : détersion suivie de greffes de peau saine prélevée chez le brulé en zone non touchée.

Questions fréquentes

Comment reconnaître le degré d’une brûlure ?

1er degré : rougeur (érythème) sans cloque, douloureuse, comme un coup de soleil – guérit en 3 à 5 jours. 2ème degré superficiel : cloques (phlyctènes) intactes ou rompues, surface rose et humide, très douloureuse – guérit en 10 à 15 jours. 2ème degré profond : surface rouge foncé ou blanchâtre, moins douloureuse (nerfs atteints) – nécessite soins spécialisés, risque de cicatrice. 3ème degré : peau cartonnée, blanche ou noire, insensible – greffe nécessaire.

Que faire en premiers secours pour une brûlure ?

La règle universelle : refroidir immédiatement avec de l’eau tempérée (15 à 25°C) pendant 15 minutes. Cela réduit la profondeur de la brûlure si fait dans les 30 minutes. Ne jamais utiliser de glace (aggrave), de beurre/huile (infecte), de dentifrice ou de tomate. Couvrir avec un pansement non adhérent ou un film alimentaire propre. Pour les brûlures chimiques, rincer abondamment à l’eau 20 à 30 minutes minimum avant tout autre soin.

Faut-il percer une cloque de brûlure ?

Non, il ne faut jamais percer soi-même une cloque. La cloque est une protection naturelle contre l’infection. Si elle se rompt spontanément, couvrir avec un pansement non adhérent (Urgotul, Mepitel, Adaptic) et nettoyer délicatement avec du sérum physiologique. Si la cloque est très volumineuse (> 2 cm) et gêne, un médecin peut la drainer stérilement mais ne doit pas retirer le toit de la cloque.

Quelle crème utiliser sur une brûlure du 1er ou 2ème degré superficiel ?

Pour le 1er degré : aloe vera pur, crème à l’eau ou crème hydratante légère. Pour le 2ème degré superficiel avec cloque intacte : pansement gras non adhérent (Urgotul, Mepitel One) renouvelé tous les 2 à 3 jours. La sulfadiazine argentique (Flammazine) est prescrite pour les brûlures de plus de 2ème degré. Les antihistaminiques oraux soulagent les démangeaisons en phase de cicatrisation.

Combien de temps pour guérir une brûlure ?

1er degré : 3 à 7 jours, sans cicatrice. 2ème degré superficiel : 10 à 15 jours, pigmentation résiduelle possible quelques mois. 2ème degré profond : 3 à 5 semaines avec risque de cicatrice hypertrophique. 3ème degré : greffe chirurgicale obligatoire, cicatrisation très longue (mois à années). Une brûlure du 2ème degré qui n’est pas cicatrisée après 21 jours doit être évaluée par un chirurgien des brûlés.

Une brûlure peut-elle s’infecter, et comment le reconnaître ?

Oui, l’infection secondaire est la complication principale. Signes d’alerte : rougeur qui s’étend autour de la brûlure, chaleur, pus jaunâtre ou verdâtre, odeur désagréable, fièvre, douleur croissante après amélioration initiale. En cas d’infection, une consultation médicale urgente s’impose pour antibiothérapie (et éventuellement prélèvement bactériologique). Une brûlure surinfectée peut évoluer vers une septicémie.

Peut-on prévenir les cicatrices après une brûlure ?

Oui, dès la cicatrisation complète : massage quotidien avec crème silicone ou aloe vera pour assouplir la cicatrice ; port d’un vêtement compressif (comprés) si brûlure étendue (réduit l’hypertrophie de 70 % selon les études) ; photoprotection totale de la cicatrice pendant 1 an (SPF 50+, car la néo-peau ne bronze pas et bronze inégalement) ; éviter traction sur la cicatrice pendant la phase de maturation (6 à 18 mois).

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Auteur/autrice : Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

Dr Ludovic Rousseau — Dermatologue & Vénérologue Docteur en médecine depuis 1999, le Dr Ludovic Rousseau est spécialiste en Dermatologie et Vénéréologie (Diplôme d'État de Spécialiste, thèse soutenue avec la mention Très Honorable). Depuis plus de 25 ans, il exerce avec la conviction que chaque patient mérite une prise en charge claire, bienveillante et fondée sur les données actuelles de la science. Auteur et fondateur de Dermatonet.com depuis 2000, il met son expertise au service du grand public à travers des articles médicaux rigoureux sur les maladies de peau, les traitements et les avancées en dermatologie. Il intervient régulièrement lors de congrès et journées de formation médicale, et a publié dans des revues scientifiques spécialisées dont les Annales de Dermatologie et Vénéréologie. Convaincu que l'accès aux soins dermatologiques doit être simplifié, le Dr Rousseau propose des consultations en cabinet lors de ses remplacements ainsi que des téléconsultations, permettant à chacun d'obtenir un avis médical spécialisé rapidement, où qu'il se trouve.