Virus et peau : HPV, VZV, HSV et molluscum – les virus dermatologiques

Dernière mise à jour : 22 juin 2026

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

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Références scientifiques
  1. Wollenberg A et al., J Eur Acad Dermatol Venereol, 2022. PMID 35582793
  2. Silverberg JI et al., JAMA Dermatol, 2021. PMID 33656519
  3. Bieber T et al., N Engl J Med, 2021. PMID 34496175

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La peau est une cible fréquente pour de nombreux virus. Certains y provoquent des lésions directement (verrues, herpès, molluscum), d’autres s’y manifestent lors de maladies systémiques (exanthèmes viraux, rash de mononucléose). Ce guide fait le point sur les principales infections virales cutanées rencontrées en dermatologie : HPV, HSV, VZV et molluscum contagiosum.

ℹ️ Les 4 grands virus dermatologiques
En pratique quotidienne, quatre groupes de virus dominent la dermatologie : le papillomavirus humain (HPV) responsable des verrues et condylomes, l’herpès simplex (HSV) provoquant le bouton de fièvre et l’herpès génital, le virus varicelle-zona (VZV) causant varicelle et zona, et le Molluscipoxvirus responsable du molluscum contagiosum.
⚠️ Quand consulter sans attendre ?

  • Lésions qui s’étendent rapidement ou changent d’aspect
  • Douleur intense, fièvre ou signes d’infection cutanée
  • Impact sévère sur la qualité de vie ou le sommeil
  • Échec des traitements depuis plus de 4 semaines

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Le papillomavirus humain (HPV) : verrues et condylomes

Les verrues cutanées

Les verrues sont des proliférations épidermiques bénignes causées par des HPV à bas risque (principalement types 1, 2, 4). Très contagieuses par contact direct, elles touchent surtout les enfants et les adolescents. On distingue :

  • Verrues vulgaires : papules kératosiques rugueuses, surtout sur les doigts et les mains
  • Verrues plantaires (myrmécies) : douloureuses à la pression, profondément enchâssées dans la plante du pied
  • Verrues planes : petites papules légèrement surélevées, couleur chair, sur le visage et le dos des mains
  • Condylomes acuminés (verrues génitales) : végétations en zone ano-génitale, dues aux HPV 6 et 11
Type de lésion HPV Génotypes Localisation Traitement principal
Verrue vulgaire HPV 1, 2, 4 Mains, doigts, genoux Cryothérapie, acide salicylique
Verrue plantaire HPV 1 Plante des pieds Cryothérapie, laser CO2
Verrue plane HPV 3, 10 Visage, dos des mains Rétinoïdes locaux, cryothérapie
Condylome acuminé HPV 6, 11 Zones génitales/anales Imiquimod, cryothérapie, laser
Dysplasie/carcinome HPV 16, 18 Col, vulve, anus, oropharynx Exérèse chirurgicale, laser

La vaccination anti-HPV

Le vaccin Gardasil 9 protège contre 9 génotypes de HPV (6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58). Il est recommandé en France pour toutes les filles et les garçons de 11 à 14 ans (2 doses), avec un rattrapage possible jusqu’à 19 ans (3 doses). La vaccination prévient plus de 90 % des cancers du col de l’utérus et la grande majorité des condylomes.

💡 Verrues : patience ou traitement ?
Chez l’enfant immunocompétent, 60 à 70 % des verrues disparaissent spontanément en 2 ans. Un traitement est justifié en cas de douleur, de verrues étendues, de transmission répétée à l’entourage ou de localisation gênante (plante du pied, visage).

L’herpès cutané (HSV-1 et HSV-2)

Les virus herpès simplex de type 1 et 2 sont responsables d’infections cutanéo-muqueuses récurrentes. Après la primo-infection, le virus s’installe en latence dans les ganglions sensitifs et se réactive périodiquement.

Manifestations cutanées de l’herpès

  • Herpès labial (HSV-1) : vésicules groupées, douloureuses, sur la lèvre ou la commissure labiale, précédées de picotements
  • Herpès génital (HSV-2) : érosions douloureuses sur les organes génitaux, parfois accompagnées de fièvre et d’adénopathies lors de la primo-infection
  • Panaris herpétique : atteinte des doigts, souvent professionnelle (soignants)
  • Eczéma herpéticum : dissémination herpétique sur une peau eczémateuse – urgence dermatologique
⚠️ Urgence : eczéma herpéticum
La survenue de vésicules érosives disséminées sur une peau atopique eczémateuse doit faire évoquer un eczéma herpéticum (syndrome de Kaposi-Juliusberg). C’est une urgence nécessitant une hospitalisation et un traitement par aciclovir IV. Ne pas confondre avec une poussée d’eczéma.

Le zona (VZV) : réactivation de la varicelle

Le virus varicelle-zona (VZV), après la primo-infection varicelleuse, reste latent dans les ganglions dorsaux spinaux. Sa réactivation survient surtout après 50 ans ou en cas d’immunodépression et réalise le tableau clinique du zona : éruption vésiculeuse unilatérale douloureuse suivant un dermatome.

Signes cutanés du zona

  • Phase prodromique : douleurs neuropathiques intenses dans le territoire concerné (1 à 5 jours avant l’éruption)
  • Phase éruptive : plaques érythémateuses, puis vésicules groupées en bouquet, unilatérales, suivant strictement un dermatome
  • Phase de cicatrisation : croûtes en 10 à 15 jours, parfois dépigmentation ou cicatrices résiduelles

Traitement : valacyclovir 1 g × 3/jour pendant 7 jours, à débuter impérativement dans les 72 h. La vaccination Shingrix (2 doses) est recommandée dès 65 ans.

Le molluscum contagiosum

Causé par le Molluscipoxvirus (famille des Poxviridae), le molluscum contagiosum est une infection bénigne et très contagieuse touchant surtout les enfants de 2 à 10 ans. Cliniquement, il se présente sous forme de petites papules perlées (2 à 5 mm), de couleur chair, avec une dépression centrale (ombilication) caractéristique.

Deux contextes différents

  • Chez l’enfant immunocompétent : régression spontanée habituelle en 6 à 18 mois – abstention thérapeutique souvent recommandée sauf si lésions nombreuses ou zones sensibles
  • Chez l’adulte ou l’immunodéprimé : lésions souvent génitales (IST), nombreuses, résistantes nécessitant un traitement actif

Traitements : curetage (geste rapide en cabinet), cryothérapie, imiquimod 5 % (crème immunomodulatrice), acide trichloroacétique.

En bref : Virus et peau est une affection cutanée dont le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, des examens complémentaires. La prise en charge dépend de la forme et de la sévérité. Consultez votre dermatologue pour un diagnostic précis et un traitement adapté.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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FAQ – Questions fréquentes sur les virus et la peau

Comment traiter les verrues causées par le HPV ?

La cryothérapie à l’azote liquide est le traitement de référence en cabinet. Les préparations kératolytiques à l’acide salicylique sont efficaces en application quotidienne à domicile. Chez l’enfant, la disparition spontanée en 2 ans survient dans 60 à 70 % des cas.

Qu’est-ce que le molluscum contagiosum et comment le traiter ?

C’est une infection bénigne par le Molluscipoxvirus, présentant de petites papules perlées ombiliquées. Chez l’enfant immunocompétent, la régression est spontanée en 6 à 18 mois. Le curetage, la cryothérapie ou l’imiquimod sont utilisés en cas de lésions nombreuses.

Le papillomavirus (HPV) peut-il provoquer un cancer de la peau ?

Les HPV à haut risque (16, 18) sont responsables des cancers du col de l’utérus, de l’anus et de l’oropharynx, et favorisent les carcinomes épidermoïdes cutanés chez les immunodéprimés. La vaccination Gardasil 9 protège contre les génotypes les plus oncogènes.

La varicelle est-elle dangereuse chez l’adulte ?

Oui, plus que chez l’enfant. L’adulte non immunisé risque une pneumonie varicelleuse, une encéphalite ou une dissémination hépatique. Un traitement antiviral précoce (valacyclovir) est recommandé. Le virus reste ensuite latent et peut se réactiver sous forme de zona.

Références scientifiques

  • Bzhalava D et al. « Diversity of human papillomaviruses in skin lesions. » Virology. 2013. PMID : 23578373
  • Leung AK et al. « Molluscum contagiosum: an update. » Recent Pat Inflamm Allergy Drug Discov. 2020. PMID : 32342822
  • Gnann JW, Whitley RJ. « Herpes zoster. » N Engl J Med. 2002. PMID : 12136170
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Vaccination contre les infections à HPV – Recommandations vaccinales. 2023. has-sante.fr


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Auteur/autrice : Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

Dr Ludovic Rousseau — Dermatologue & Vénérologue Docteur en médecine depuis 1999, le Dr Ludovic Rousseau est spécialiste en Dermatologie et Vénéréologie (Diplôme d'État de Spécialiste, thèse soutenue avec la mention Très Honorable). Depuis plus de 25 ans, il exerce avec la conviction que chaque patient mérite une prise en charge claire, bienveillante et fondée sur les données actuelles de la science. Auteur et fondateur de Dermatonet.com depuis 2000, il met son expertise au service du grand public à travers des articles médicaux rigoureux sur les maladies de peau, les traitements et les avancées en dermatologie. Il intervient régulièrement lors de congrès et journées de formation médicale, et a publié dans des revues scientifiques spécialisées dont les Annales de Dermatologie et Vénéréologie. Convaincu que l'accès aux soins dermatologiques doit être simplifié, le Dr Rousseau propose des consultations en cabinet lors de ses remplacements ainsi que des téléconsultations, permettant à chacun d'obtenir un avis médical spécialisé rapidement, où qu'il se trouve.