ERYSIPELE : erysipele ou eresipele

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Dernière mise à jour : 2 mars 2026

Érysipèle : symptômes, traitement et antibiotiques

L’érysipèle — aussi orthographié érésipèle et appelé médicalement dermo-hypodermite bactérienne non nécrosante (DHBNN) — est une infection profonde de la peau due le plus souvent au streptocoque β-hémolytique du groupe A. Elle se manifeste par une plaque rouge, chaude, douloureuse et fébrile, le plus souvent sur une jambe, succédant à une porte d’entrée cutanée (piqûre, plaie, mycose entre les orteils). Elle survient principalement chez l’adulte mais peut aussi toucher l’enfant, notamment en cas de varicelle surinfectée.

⚠️ L’érysipèle est une urgence médicale. Ne pas prendre d’anti-inflammatoires (ibuprofène, aspirine, cortisone) — ils masquent les signes d’aggravation et favorisent l’évolution vers la fasciite nécrosante. Consultez sans délai.

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Érysipèle de la jambe — plaque rouge chaude et douloureuse

Sommaire :
Symptômes |
Facteurs de risque |
Complications |
Traitement et antibiotiques |
Prévention des récidives |
Questions fréquentes

Symptômes de l’érysipèle

L’érysipèle se présente sous deux formes classiques.

La forme aiguë typique débute brutalement par une plaque rouge, chaude, douloureuse, à limites nettes et bien circonscrites. Ce placard inflammatoire est associé à une fièvre souvent élevée (38,5–40°C) et à des frissons. La surface de la plaque peut être lisse ou présenter des décollements bulleux (phlyctènes). Le médecin délimite au feutre ou photographie les contours du placard pour surveiller l’évolution.

La forme subaiguë est la plus fréquente au niveau des jambes, notamment en cas d’insuffisance veineuse ou d’ulcère de jambe surinfecté. Les manifestations sont moins brutales, la fièvre plus modérée, mais la gravité potentielle est identique.

Dans les deux formes, le médecin recherche systématiquement une porte d’entrée cutanée locorégionale : pied d’athlète (mycose interdigitale), plaie, piqûre, ulcère, fissure.

📚 Érysipèle et dermo-hypodermites bactériennes : diagnostic et prise en charge — PubMed

Facteurs de risque de l’érysipèle

Certains terrains favorisent la survenue et la récidive de l’érysipèle. Les principaux sont le diabète, l’obésité (IMC > 30), l’immunodépression, la malnutrition, l’insuffisance veineuse chronique, l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI), un âge supérieur à 60 ans, la toxicomanie intraveineuse et la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Chez l’enfant, la varicelle représente le facteur favorisant le plus fréquent.

💡 Porte d’entrée la plus fréquente : la mycose interdigitale (pied d’athlète) est responsable de la majorité des érysipèles de jambe. Son traitement systématique est indispensable pour éviter les récidives.

Complications de l’érysipèle

L’érysipèle peut évoluer vers des formes graves nécessitant une hospitalisation en urgence. Les signes d’alarme locaux comprennent une extension rapide en quelques heures, des lividités, des taches cyaniques (bleutées), une crépitation sous-cutanée, une hypo- ou anesthésie locale, une induration dépassant l’érythème, des nécroses ou de larges phlyctènes (érysipèle phlycténulaire). Les signes généraux de gravité sont une altération de l’état général, un sepsis ou un choc toxinique.

La complication la plus redoutée est la fasciite nécrosante — infection nécrosante profonde dépassant le plan de la peau, se manifestant par une plaque inflammatoire grave accompagnée de zones de nécrose et d’hypoesthésie. Elle nécessite un parage chirurgical en urgence et une prise en charge en réanimation.

En dehors de ces formes graves, les principales complications sont la récidive (20 à 30 % des cas), l’abcédation, la décompensation des comorbidités (diabète notamment) et, très rarement, un sepsis ou une bactériémie.

Une hospitalisation secondaire s’impose en cas d’évolution défavorable dans les 24 à 48 heures malgré une antibiothérapie adaptée.

Traitement de l’érysipèle : antibiotiques et mesures associées

La prise en charge de l’érysipèle fait l’objet de recommandations officielles publiées en 2019. Le traitement repose sur une antibiothérapie systémique pendant 7 jours.

Ce qu’il ne faut jamais faire

L’antibiothérapie locale (pommades antibiotiques) est inutile et ne doit pas remplacer le traitement général. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et les corticoïdes sont formellement contre-indiqués — ils masquent les signes d’aggravation et favorisent l’évolution silencieuse vers une fasciite nécrosante. Au mieux, on peut appliquer de la fluorescéine pour assécher les lésions suintantes.

Critères d’hospitalisation en urgence

Une hospitalisation immédiate est indiquée en cas de signes de gravité locaux ou généraux (décrits ci-dessus), de risque de décompensation d’une comorbidité, d’obésité morbide (IMC > 40), d’âge supérieur à 75 ans avec polypathologie, ou d’âge inférieur à 1 an.

Antibiothérapie en cas d’hospitalisation

La référence est la pénicilline G intraveineuse (10 à 20 millions d’unités par jour), réservée aux formes graves hospitalisées. Un relais par voie orale est instauré dès l’obtention d’une apyrexie et d’une amélioration clinique.

Antibiothérapie ambulatoire (forme non grave, sans hospitalisation)

En première intention : amoxicilline orale, 50 mg/kg/jour en 3 prises, maximum 6 g/jour. En cas d’allergie aux pénicillines, on utilise la pristinamycine (1 g × 3/jour) ou la clindamycine (1,8 g/jour en 3 prises, jusqu’à 2,4 g/jour si poids > 100 kg).

Chez l’enfant : amoxicilline-acide clavulanique, 80 mg/kg/jour d’amoxicilline en 3 prises (maximum 3 g/jour). En cas d’allergie aux pénicillines : clindamycine 40 mg/kg/jour en 3 prises (enfants > 6 ans) ou sulfaméthoxazole-triméthoprime 30 mg/kg/jour en 3 prises (enfants < 6 ans, forme suspension buvable).

En cas d’érysipèle après morsure : amoxicilline-acide clavulanique, 50 mg/kg/jour d’amoxicilline (maximum 6 g/jour) et maximum 375 mg/jour d’acide clavulanique.

Mesures d’accompagnement

En cas d’atteinte d’un membre : repos avec surélévation du membre atteint, contention veineuse dès l’amélioration de la douleur. La mise à jour de la vaccination antitétanique est vérifiée. Un traitement anticoagulant sous-cutané peut être prescrit dans les formes graves ou avec immobilisation prolongée. Le traitement de la porte d’entrée est indispensable et souvent négligé : mycose interdigitale, ulcère, fissure.

📚 Antibiothérapie des dermo-hypodermites bactériennes : recommandations et niveaux de preuve — PubMed

Prévention des récidives d’érysipèle

Le risque de récidive est de 20 à 30 %. La prévention repose d’abord sur la prise en charge des facteurs de risque : traitement du lymphœdème, correction de la porte d’entrée (mycose, ulcère), perte de poids en cas d’obésité.

Une antibioprophylaxie (effet suspensif uniquement, chez l’adulte) est indiquée après deux épisodes dans l’année en cas de facteurs de risque non contrôlables. Les options sont la benzathine-benzylpénicilline G (2,4 MUI IM toutes les 2 à 4 semaines), la pénicilline V (1 à 2 millions UI/jour selon le poids en 2 prises), ou en cas d’allergie aux pénicillines : l’azithromycine (250 mg/jour). La durée est adaptée à l’évolution des facteurs de risque.

📚 Antibioprophylaxie des récidives d’érysipèle — méta-analyse PubMed

Questions fréquentes sur l’érysipèle

Comment reconnaître un érysipèle d’une simple rougeur ?
L’érysipèle se distingue par la triade : plaque rouge à bords nets et élevés, chaleur locale intense, et fièvre. Une simple rougeur sans fièvre ni chaleur locale évoque plutôt une dermite de contact, une phlébite superficielle ou une lipodermato-sclérose. L’apparition brutale en quelques heures est caractéristique. En cas de doute, consultez sans attendre — le diagnostic précoce est capital.

Peut-on prendre de l’ibuprofène pour la douleur d’un érysipèle ?
Non — c’est formellement contre-indiqué. Les AINS (ibuprofène, kétoprofène, naproxène) et l’aspirine à dose anti-inflammatoire masquent les signes d’aggravation et peuvent favoriser l’extension silencieuse vers une fasciite nécrosante. Pour la douleur, le paracétamol est l’antalgique de référence.

Faut-il obligatoirement être hospitalisé pour un érysipèle ?
Non, la majorité des érysipèles non compliqués peuvent être traités à domicile par antibiotiques oraux (amoxicilline). L’hospitalisation est réservée aux formes graves, aux terrains à risque (obésité morbide, grand âge, immunodépression) et aux échecs du traitement ambulatoire. Une réévaluation médicale à 48–72 heures est indispensable dans tous les cas.

Combien de temps dure la guérison d’un érysipèle ?
Sous antibiothérapie adaptée, la fièvre cède généralement en 48–72 heures. La rougeur et le gonflement s’améliorent progressivement en 1 à 2 semaines. La durée totale de l’antibiothérapie est de 7 jours selon les recommandations 2019. La persistance ou l’aggravation à 48 heures malgré le traitement impose une réévaluation urgente.

Mon érysipèle a récidivé — est-ce normal ?
Oui, les récidives concernent 20 à 30 % des patients, surtout quand les facteurs favorisants (mycose interdigitale, insuffisance veineuse, lymphœdème, obésité) ne sont pas corrigés. Le traitement de la porte d’entrée est souvent négligé mais essentiel. En cas de deux récidives ou plus dans l’année, une antibioprophylaxie au long cours peut être discutée avec votre médecin.

L’érysipèle est-il contagieux ?
Non. L’érysipèle est une infection de la peau par des bactéries du patient lui-même (notamment le streptocoque présent sur la peau ou les muqueuses) à travers une porte d’entrée. Il ne se transmet pas d’une personne à l’autre par contact direct.


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Auteur/autrice : Dermatologue Téléconsultation

Dr Ludovic Rousseau — Dermatologue & Vénérologue Docteur en médecine depuis 1999, le Dr Ludovic Rousseau est spécialiste en Dermatologie et Vénéréologie (Diplôme d'État de Spécialiste, thèse soutenue avec la mention Très Honorable). Depuis plus de 25 ans, il exerce avec la conviction que chaque patient mérite une prise en charge claire, bienveillante et fondée sur les données actuelles de la science. Auteur et fondateur de Dermatonet.com depuis 2000, il met son expertise au service du grand public à travers des articles médicaux rigoureux sur les maladies de peau, les traitements et les avancées en dermatologie. Il intervient régulièrement lors de congrès et journées de formation médicale, et a publié dans des revues scientifiques spécialisées dont les Annales de Dermatologie et Vénéréologie. Convaincu que l'accès aux soins dermatologiques doit être simplifié, le Dr Rousseau propose des consultations en cabinet lors de ses remplacements ainsi que des téléconsultations, permettant à chacun d'obtenir un avis médical spécialisé rapidement, où qu'il se trouve.

14 réflexions sur « ERYSIPELE : erysipele ou eresipele »

  1. Bonjour on m’a diagnostiqué un eresypele au pied droit. Tout se concentre autour des 3 derniers orteils. Je suis sous amoxicilline 3 G par jour depuis 4 jours. J’ai des démangeaisons fortes depuis le début. Je me lève la nuit pour un bain d’eau froide. Je désinfecte et met du cicaplast régulièrement.
    Les 1ers jours je ne pouvais pas poser le pied par terre donc j’ai l’impression que ça va mieux. Toutefois je suis inquiéte par les démangeaisons et je me suis grattée cette nuit et du coup c’est rouge sur le coup de pied.
    J’ai aussi une blessure sur le pied gauche suite à une piqure de moustique que j’ai beaucoup gratté et du coup la « croute » est partie et maintenant c’est rouge et ça démange.
    Bref je suis inquiète je dois retourner au travail lundi (et j’ai beaucoup de travail donc je veux y retourner). Dois je revoir mon médecin ou consulter plutôt un dermatologue?
    Y a t il d’autres choses à faire? Je suis en croc en permanence, y a t il une hygiène avec des produits spécifiques à utiliser? Des plantes?
    Merci pour votre aide.
    Sandra

  2. bonsoir j’ai eu un erisypel au mois de septembre 2015 j’ai pris des antibiotiques mais ma jambe est restée rouge quelle pommade me conseiller vous merci pour votre réponse jocelyne

  3. Il vaut mieux reconsulter votre médecin pour déterminer l’origine de cette rougeur persistante (insuffisance veineuse, infection récidivante, eczema variqueux…)

  4. BONJOUR
    J ai mon fils de 9 ans qui ont des petit boutons noir sur le torse et des petits boutons blanc comme des verrues .je suis allez chez un dermato mais il a dit qui a pas de medoc pour ce genre de boutons il faut laisser passer mais le problème,c est que ca grossir .Quel remede a prendre ?

  5. Je suis désolé mais le Code de Déontologie médicale m’interdit de poser un diagnostic sans examen clinique du patient. Je ne peux que vous suggérer de consulter un médecin.

  6. Bonjour docteur
    Voilà Maman a un érysipèle depuis 15 jours antibiotiques
    Mais maintenant ça gratte beaucoup donc la nuit impossible de dormir
    Et depuis ce matin il coule.
    Que dois-je faire et est-ce cela est normal
    Merci d avance
    Cordialement Fabio

  7. Il faut consulter le médecin qui la suit pour déterminer la cause de ses problemes (eczema aux pansements, résurgence de l’érysipèle sous forme bulleuse…)

  8. j’ai un érysipèle sur le dessus de ma jambe depuis 4 jours, dois-je voir plutot un dermatologue que mon médecin?

  9. Le parcours de soins implique de voir son médecin traitant dans un premier temps. Qui plus est l’erysipèle est une pathologie qu’un médecin généraliste prend en charge et il demande généralement une consultation spécialisée en l’absence d’amélioration sous traitement

  10. Les plaies qu’elles provoquent sont effectivement des portes d’entrées potentielles pour les bactéries responsables d’erysipele. Mais la contamination la plus fréquente passe par le pied d’athlete (mycose du pied), souvent méconnue ou négligée

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