SOIGNER UN FURONCLE : se débarrasser d’un furoncle

Furoncle, quoi faire?

Le furoncle est une infection profonde et nécrosante du follicule pilo-sébacé due à Staphylococcus aureus (Staphylocoque doré). Il se caractérise par une lésion papulo-nodulaire très inflammatoire évoluant en 5 à 10 jours vers la nécrose folliculaire avec l’élimination du follicule pileux (bourbillon).

En cas de

  • Furoncle isolé : on ne fait  pas de prélèvement bactériologique ni de traitement antibiotique local ou général, juste des soins locaux.
  • Furoncle compliqué : prélèvement bactériologique du pus avant antibiothérapie.
Furoncles au début (folliculite)

Qu’est-ce qu’un furoncle?

Le furoncle est une folliculite profonde s’accompagnant d’une destruction du poil.

Il commence soit par une folliculite soit par une boule rouge, chaude et douloureuse de 1 à 2 cm de diamètre

Il évolue généralement en donnant une lesion ” à tête blanche ” en quelques jours, qui résulte de la destruction du poil, c’est le bourbillon, qu’il faut éliminer ou qui peut se résorber spontanément sans émission de pus.

Furoncle

Consultez un médecin

La consultation du médecin est indispensable pour limiter le risque d’évolution grave du furoncle (anthrax, abcès, septicémie… )

Ce dernier va vous prescrire des antibiotiques par voie orale et/ou en crème le plus souvent au vu de l’antibiogramme réalisé au laboratoire afin de l’adapter aux résistances éventuelles du germe (souvent un Staphylocoque doré)

Le médecin réalise un prélèvement bactériologique en cas de furoncle compliqué ou nombreux à la recherche notamment de staphylocoque doré résistant à la méticilline (SARM, qui sécrètent pour la plupart une toxine appelée leucocidine de Panton et Valentine et sont principalement responsables d’infections cutanées à type de furoncles nécrosants : ils débutent par une boule rouge, chaude et douloureuse, aboutissant en quelques jours à une suppuration éliminant le follicule nécrotique sous forme d’un gros bourbillon jaune et laissant place à une cicatrice déprimée définitive.

Leur prise en charge a fait l’objet de recommandations en 2019

Formes particulières de furoncles

Le furoncle du visage

doivent faire l’objet d’une attention toute particulière et ne pas être ” tripotés ” car leur manipulation peut entraîner une staphylococcie maligne de la face.

L’anthrax

c’est un agglomérat de furoncles, réalisant une boule rouge profonde, volumineuse, inflammatoire d’aspect cratériforme, parfois fébrile et pouvant s’accompagner de fusées purulentes qui les rejoignent sous la peau.

La furonculose

C’est la répétition des furoncles, qui doit faire chercher

une immunodépression

diabète, maladies, déficit immunitaire, carence en fer..

un réservoir cutané de staphylocoque doré

chez le patient ou dans son entourage.

Ces furoncles répétées peuvent laisser des cicatrices importantes et avoir un retentissement psychologique important, d’autant qu’ils touchent principalement des adolescents. Dans la majorité des cas, les récurrences cessent après 2 ans

Soigner un furoncle

Furoncle non compliqué, isolé : soins locaux.

● pas de manipulation du furoncle (limite le risque de complications) ;
● soins de toilette quotidiens (lavage à l’eau et au savon) ;
● incision de l’extrémité pour évacuer le bourbillon (furoncle volumineux) ;
● protection de la lésion avec un pansement ;
● pas d’antibiothérapie (locale ou générale).

Furoncle compliqué ou furonculose : antibiotiques oraux pendant 5 jours

Outre le traitement prescrit par le médecin (antibiotiques par voie orale pendant 5 jours : Clindamycine : 1,8 g/jour en 3 prises et jusqu’à 2,4 g/jour si poids > 100 kg ou Pristinamycine : 1 g x 3 /jour ), celui-ci peut procéder à :

  • L’application de compresses humides et tièdes ou de pansements gras pour faire mûrir le furoncle
  • Une fois que le furoncle est mûr, l’incision sur quelques milimètres et le drainage ou l’ablation du bourbillon à la pince sauf au niveau médio-facial en raison des risques de dissémination (staphylococcie maligne de la face, thrombophlébite cérébrale… )

Il ne faut jamais appuyer ou cureter le furoncle après l’ouverture par risque de dissémination de l’infection

Furonculose

Il s’agit de la répétition de furoncles pendant plusieurs mois, voire des années.

Le staphylocoque doré colonise la peau le plus souvent par l’intermédiaire des doigts et des vêtements, à partir d’un gîte souvent périorificiel (narines+++, anus, oreilles… ). Un portage chronique staphylococcique au niveau de ces gîtes est souvent en cause dans les formes récidivantes de pathologies cutanées à staphylocoque. En réduisant le portage chronique narinaire de staphylocoque doré, on dimine le portage chronique sur la peau et donc le nombre d’infections à staphylocoque doré.

La prévention des récurrences nécessite donc un traitement efficace des gîtes.

1/ Prélèvement bactériologique d’un furoncle avant traitement.

2/ Traitement des gites de portage du staphylocoque doré

Le traitement local narines (premier centimètre) réduit le portage nasal du staphylocoque doré le plus souvent par application intranasale de mupirocine (Mupiderm*) 4 fois par j pendant 5 jours (ceci supprime le portage nasal chez 70% des gens pour une durée de 3 mois environ). Ainsi le médecin tend à prescrire la mupirocine 5 jours par mois pendant 1 an, mais pas plus par crainte de l’apparition de résistances.

Le protocole de désinfection est le suivant :

  • Application nasale de pommade de mupirocine deux fois par jour pendant 7 jours.
  • Utilisation une fois par jour pendant 7 jours d’une solution moussante de chlorhexidine comme savon et comme shampoing tels Cyteal®, Septivon®, Plurexid®… en insistant sur les gîtes de portage (aisselles, périnée, pubis, cicatrices de furoncles) et en rinçant abondamment après la toilette car ces produits peuvent etre irritants. Le protocole est généralement des douches antiseptiques avec une solution moussante de chlorhexidine comme savon et comme shampoing (une fois par jour pendant 7 jours).
  • Mesures d’hygiène corporelle, porter des vêtements propres, changer fréquemment le linge de toilette.
  • Mesures d’hygiène de l’environnement (linge, vaisselle, entretien des locaux).
  • Bains de bouche biquotidiens à la chlorhexidine (adulte et enfant à partir de 6 ans).

3/ Antibiotiques par voie orale pendant 7 jours

Le médecin prescrit souvent les mêmes antibiotiques que dans le furoncle mais pendant 7 jours au lieu de 5 :

Clindamycine : 1,8 g/jour en 3 prises et jusqu’à 2,4 g/jour si poids > 100 kg ou Pristinamycine : 1 g x 3 /jour .

4/ Éviction des facteurs favorisants

Règles d’hygiène :

  • lavage fréquent des mains

afin de prévenir la diffusion et la récidive des lésions, les zones atteintes et les mains seront lavées avec une solution antiseptique moussante (Septivon®, Plurexid®, Cyteal®) et rincées abondamment.

  • Eviter le port de vêtements trop serrés et synthétiques, en particulier sur les zones d’appui (fesses, dos)
  • Eviter la macération (défaut d’hygiène, obésité, plis) et l’hypersudation
  • la coupe des ongles ras
  • lavage fréquent à haute température des vêtements, sous-vêtements (en coton de préférence) et linges de toilette
  • utilisation de linge de toilette personnel
  • Contre indication des cremes a la cortisone

Essayer de limiter les facteurs favorisants généraux (obésité, diabète, déficit immunitaire (corticothérapie générale, traitement immunosuppresseur, infection par le VIH)…

Ne pas manipuler les furoncles

Les recouvrir d’un pansement

5/ Après guérison de la poussée

Il faut alors procéder à décolonisation des gîtes bactériens du patient et de son entourage (personnes vivant sous le même toit, et personnes en contact proche).

Les conseils du dermatologue :

  • Les infections de la peau et les infections des poils peuvent s’aggraver en l’absence de traitement adéquat (lymphangite, ” ganglions “, voire septicémie…). Lors de la survenue dune lésion inflammatoire, il faut donc consulter et ne pas toucher ses lésions : la majorité de ces complications surviennent en effet à cause dune consultation trop tardive ou de la manipulation des lésions.
  • Ne pas utiliser les anti-inflammatoires (cortisone ou non stéroidiens) pour les infections cutanées car ceux-ci laissent les infections s’aggraver sans que lon puisse sen rendre compte.
  • Il ne faut pas oublier dêtre à jour pour le vaccin antitétanique car une plaie cutanée peut être la porte d’entrée du tetanos

Posez une question au dermatologue (pas d'avis médical)

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