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Dernière mise à jour : 9 mars 2026
Crèmes à la cortisone (dermocorticoïdes) : classes, effets secondaires et précautions
Les dermocorticoïdes — couramment appelés crèmes à la cortisone — sont les médicaments les plus prescrits en dermatologie. Ils agissent en réduisant l’inflammation cutanée et le prurit. Leur efficacité est indéniable, mais leur utilisation prolongée ou inappropriée expose à des effets secondaires locaux parfois sévères. Ce guide présente les classes disponibles, les indications, les effets indésirables et les règles d’utilisation.
Sommaire :
Classes et molécules |
Indications |
Effets secondaires |
Contre-indications |
Précautions d’emploi |
Pages associées |
Questions fréquentes
Classes des dermocorticoïdes disponibles en France
Les dermocorticoïdes sont classés en 4 niveaux d’activité selon leur puissance anti-inflammatoire. Le choix de la classe dépend de la localisation, de la pathologie et de l’âge du patient.
| Classe | Exemples de spécialités | Localisation recommandée |
|---|---|---|
| Classe I — Très forte activité | Dermoval®, Diprolène® | Paumes, plantes, lésions épaisses résistantes — jamais sur le visage ni les plis |
| Classe II — Forte activité | Betneval®, Diprosone®, Locatop®, Locoid®, Nerisone® | Corps — à éviter sur visage, plis et chez le nourrisson |
| Classe III — Activité modérée | Locapred®, Tridesonit® | Visage (hors paupières), plis, nourrisson sous surveillance |
| Classe IV — Faible activité | Hydracort® | Visage, paupières, nourrisson, zones sensibles |
Indications des dermocorticoïdes
| Indication | Classe habituelle | Remarques |
|---|---|---|
| Eczéma / dermatite atopique | II à III selon localisation | Traitement des poussées — émollient entre les poussées |
| Psoriasis | I à II | Souvent associés aux analogues de la vitamine D |
| Lichen plan | I à II | Lésions épaisses — classe forte souvent nécessaire |
| Granulome annulaire | II | Parfois injection intralésionnelle selon l’étendue |
| Piqûres d’insectes, prurigo | II à III | Application courte durée |
| Lichen scléro-atrophique génital | I (classe forte en 1re intention) | Traitement de référence selon les recommandations |
Effets secondaires des crèmes à la cortisone
Les effets secondaires surviennent principalement en cas d’utilisation prolongée, sur de grandes surfaces, sous occlusion ou sur des zones à peau fine.
| Effet indésirable | Mécanisme | Zones à risque |
|---|---|---|
| Atrophie cutanée | Réduction du collagène dermique | Visage, plis, zones d’application prolongée |
| Télangiectasies | Dilatation vasculaire permanente | Visage surtout — souvent irréversibles |
| Vergetures | Rupture des fibres élastiques | Adolescents, plis, zones d’application prolongée |
| Purpura ecchymotique | Fragilité vasculaire secondaire à l’atrophie | Membres, personnes âgées |
| Dermite péri-orale | Réaction spécifique aux corticoïdes faciaux | Visage — contour de la bouche et des yeux |
| Aggravation d’une rosacée | Vasodilatation induite | Visage |
| Éruptions acnéiformes ou folliculites | Obstruction folliculaire | Visage, tronc |
| Infections secondaires | Immunosuppression locale | Plis, zones sous pansement occlusif |
| Retard de cicatrisation | Inhibition de la prolifération cellulaire | Plaies, ulcères de jambe, escarres |
| Allergie de contact | Sensibilisation à l’excipient ou au corticoïde (2,5 % des patients) | Toutes zones |
| Dépigmentation | Inhibition des mélanocytes | Peaux mates et noires — risque accru |
Contre-indications des crèmes à la cortisone
| Contre-indication | Explication |
|---|---|
| Allergie à un constituant | Allergie à l’excipient ou au corticoïde lui-même — possible chez 2,5 % des patients. Un patch-test permet de l’identifier. |
| Lésions ulcérées, plaies ouvertes | Retard de cicatrisation et risque infectieux majoré |
| Acné | Les dermocorticoïdes aggravent l’acné (éruptions acnéiformes, comédogénèse) |
| Rosacée | Aggravation certaine — les corticoïdes faciaux sont une cause fréquente de rosacée cortisonique |
| Infections cutanées actives | Infections bactériennes, virales (herpès, zona), fongiques (mycoses), parasitaires (gale) — les dermocorticoïdes masquent les signes infectieux et aggravent l’infection (tinea incognita) |
Précautions d’emploi — les règles à respecter
| Règle | Pourquoi |
|---|---|
| Ne pas appliquer sur le visage sans avis médical | Risque de télangiectasies, atrophie, dermite péri-orale irréversibles |
| Ne pas traiter de grandes surfaces | Risque de passage systémique et de freination de l’axe corticosurrénalien |
| Ne pas appliquer sous pansement occlusif | L’occlusion multiplie par 10 l’absorption transcutanée |
| Ne pas mélanger avec d’autres crèmes sur la même zone | Dilution, interaction ou occlusion involontaire |
| Ne pas augmenter la fréquence d’application sans avis médical | Une application par jour suffit pour la plupart des spécialités |
| Arrêter et reconsulter en cas de signes d’infection ou d’intolérance | Surinfection possible, allergie de contact à identifier |
| Utiliser en cures courtes et les espacer progressivement (décroissance) | Éviter l’effet rebond à l’arrêt brutal, notamment dans l’eczéma et le psoriasis |
Pages associées
→ Eczéma — traitement par dermocorticoïdes
→ Dermatite atopique de l’enfant
→ Traitement du psoriasis — topiques, biothérapies
→ Rosacée — pourquoi éviter les corticoïdes
→ Dermite péri-orale — complication des corticoïdes faciaux
→ Isotrétinoïne — acné sévère
→ Antifongiques topiques et oraux
→ Inhibiteurs JAK en dermatologie
→ Dr Ludovic Rousseau — dermatologue auteur de cette page
Voir aussi :
Eczéma |
Psoriasis |
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Questions fréquentes
Peut-on utiliser une crème à la cortisone sur le visage ?
Uniquement avec un avis médical et en choisissant une classe faible (III ou IV). Les dermocorticoïdes de classe I ou II appliqués régulièrement sur le visage exposent à des télangiectasies et une atrophie souvent irréversibles. Sur les paupières, seule la classe IV est acceptable, en cure très courte.
Combien de temps peut-on utiliser une crème à la cortisone ?
La durée dépend de la pathologie, de la localisation et de la classe utilisée. En règle générale, les cures doivent être les plus courtes possibles — quelques jours à quelques semaines selon l’indication. Un arrêt brutal après utilisation prolongée peut provoquer un effet rebond (réapparition de la maladie de façon majorée). La décroissance progressive est recommandée.
Une crème à la cortisone peut-elle aggraver une infection ?
Oui — les dermocorticoïdes suppriment l’immunité locale et masquent les signes d’infection. Appliqués sur une mycose non diagnostiquée, ils donnent le tableau de « tinea incognita » : mycose atypique difficile à reconnaître. Ils aggravent également l’herpès, la gale et toutes les infections bactériennes de peau.
Peut-on être allergique à une crème à la cortisone ?
Oui — environ 2,5 % des patients développent une allergie de contact, soit au corticoïde lui-même, soit à un excipient (conservateur, parfum, émulsifiant). Le paradoxe est que la crème censée traiter l’eczéma peut être responsable d’un eczéma de contact. Un bilan allergologique par patch-tests permet de l’identifier.
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madame je désire savoir si la mésothérapie traîte une cicatrice chéloide au menton qui gêne quotidiennement merci de me répondre aurevoir
On peut piquer une cicatrice chéloide pour y injecter de la cortisone sans que ce soit par mésothérapie
Je souffre de nodules douloureux aux deux oreilles . Mon dermatologue a effectué un traitement à l’azote qui n’a pas donné de résultats et par la suite des injections de cortisone qui 3 semaines plus tard ne semblent pas avoir diminué la douleur. Il est au courant que les traitements actuels ont été inefficaces et veut me revoir seulement en avril ou mai. Entretemps j’éprouve toujours de la difficulté à dormir.
Auriez-vous des conseils à me donner. J’apprécierais toute forme d’aide pour résoudre ce désagrément.
Merci
Parfois les pansements siliconés donnent de bons résultats, voir l’article traitement du nodule douloureux de l’oreille
Bonjour,
Bonjour Peut-on soigner une kératose actinique avec de la pommade locoid ?
Non les dermocorticoides ne sont pas un traitement de la kératose actinique
Bonjour
J’ai, depuis plusieurs années déjà, quelques petits boutons de type cheloïdes au niveau de ma nuque, au ras des cheveux.
J’hésite entre plusieurs traitements
:
– savons naturels
– corticoïdes
– crèmes
Quebme recommandez-vous?
Je suis désolé mais je ne peux donner d’avis médical personnalisé en dehors du cadre d’une téléconsultation