Ce que les dermatologues vous disent rarement (faute de temps). Un dermatologue ayant +25 ans d'expérience vous livre ses secrets
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Pour chaque pathologie vous découvrirez :
Les erreurs du quotidien qui aggravent les symptômes sans qu'on le sache
Les routines recommandées par les spécialistes
Les facteurs de vie quotidienne à améliorer (alimentation, stress, sommeil, soleil…)
Les mécanismes, les causes, les traitements, et j'espère les réponses à toutes les questions que vous vous posez et que parfois vous n'osez pas poser au médecin
Des guides pratiques, directs, et accessibles — pour reprendre le contrôle sur votre problème dermatologique
Dernière mise à jour : 11 avril 2026
Soigner et se débarrasser du staphylocoque doré
Infections cutanées à répétition, furoncles récidivants, folliculites ? Le Dr Rousseau vous propose une prise en charge complète incluant la décolonisation des gîtes à Bordeaux.
Comprendre le portage chronique du staphylocoque doré
Le Staphylococcus aureus (staphylocoque doré) est une bactérie très fréquente qui colonise la peau par l’intermédiaire des doigts et des vêtements, à partir de gîtes périorificiel : narines (en premier lieu), conduits auditifs externes, marge anale. Environ 30 % de la population est porteuse chronique nasale du staphylocoque doré sans le savoir.
Dans les formes récidivantes d’infections cutanées (folliculites, furoncles, impétigo), un portage chronique staphylococcique de ces gîtes est presque toujours en cause. En réduisant ce portage — notamment narinaire — on diminue la charge bactérienne sur la peau et donc la fréquence des infections.
La prévention des récurrences repose donc sur le traitement efficace des gîtes de portage, en complément des règles d’hygiène et de l’éviction des facteurs favorisants.
Gîte narinaire → transfert digital → peau → lésion → recontamination du gîte. Rompre ce cycle par la décolonisation nasale est la clé pour réduire les récidives.
Traitement des gîtes de portage du staphylocoque doré
Narines
Le traitement de référence des narines est l’application intranasale de mupirocine (Mupiderm®), 3 fois par jour pendant 5 à 7 jours, dans le premier centimètre de chaque narine. Ce protocole supprime le portage nasal chez environ 70 % des patients pour une durée d’environ 3 mois.
Pour les patients à infections récidivantes, le médecin prescrit généralement la mupirocine 5 jours par mois pendant 12 mois. Un traitement prolongé au-delà de cette durée est déconseillé en raison du risque d’apparition de résistances à la mupirocine.
Ne pas utiliser la mupirocine en continu ou au-delà des schémas prescrits. En cas de résistance documentée, l’acide fusidique intranasal ou la décolonisation par désinfectant (Betadine® nasal) peut être envisagée sur avis médical.
Visage et corps
Les douches avec un savon antiseptique moussant (Septivon®, Plurexid®, Cyteal®) réduisent la charge bactérienne cutanée. Protocole recommandé :
- Laver soigneusement la peau du visage et du cuir chevelu (shampooing antiseptique si nécessaire) et l’ensemble du corps en faisant bien mousser
- Insister sur les zones de gîtes secondaires : aisselles, périnée, pubis, plis inguinaux, pli inter-fessier
- Laisser agir 3 minutes avant de rincer
- Rincer abondamment (les antiseptiques peuvent être irritants en cas de contact prolongé)
- Ne pas utiliser de gant de toilette (vecteur de contamination)
Règles d’hygiène et éviction des facteurs favorisants
Mesures d’hygiène quotidiennes
| Mesure | Détail pratique |
|---|---|
| Lavage des mains | Fréquent, avec solution antiseptique moussante (Septivon®, Cyteal®, Plurexid®) ; rinçage abondant |
| Vêtements | Éviter les textiles synthétiques serrés sur les zones d’appui (fesses, dos) ; préférer le coton |
| Sous-vêtements | Changement quotidien ; lavage à haute température (≥ 60 °C) |
| Linge de toilette | Usage strictement personnel ; lavage à haute température après chaque utilisation |
| Ongles | Couper ras pour limiter le réservoir digital |
| Macération | Éviter l’humidité dans les plis (séchage soigneux, vêtements non occlusifs) ; lutter contre l’hypersudation |
Ne pas manipuler les lésions
Ne jamais presser, percer ou manipuler un furoncle, une folliculite ou un abcès. Cela favorise la dissémination locale et la bactériémie. Consulter un médecin pour tout drainage chirurgical si nécessaire.
Folliculite de la barbe
En cas de folliculite sur zone rasée, utiliser une mousse à raser antiseptique (Nobacter®) et changer régulièrement de lames de rasoir. La tonte de la barbe est préférable au rasage à lame chez les patients à récidives fréquentes. Pour en savoir plus : boutons après le rasage.
Contre-indication des crèmes à la cortisone
Les dermocorticoïdes sont formellement contre-indiqués sur les lésions infectées par le staphylocoque. Ils favorisent la prolifération bactérienne, masquent les signes cliniques et peuvent aggraver l’infection.
Facteurs généraux à corriger
Certaines pathologies systémiques augmentent le risque d’infections cutanées récidivantes à staphylocoque. Leur contrôle est indispensable :
- Obésité : favorise la macération dans les plis, réduit l’immunité locale
- Diabète : hyperglycémie chronique altère les défenses immunitaires cutanées
- Déficit immunitaire : corticothérapie générale prolongée, traitements immunosuppresseurs, infection par le VIH
- Dermatite atopique : la peau lésée et dysmicrobiotique est un terrain de colonisation staphylococcique majeur
Le Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) est une souche multirésistante aux antibiotiques courants. En cas d’infection récidivante ou de contexte hospitalier récent, un antibiogramme est indispensable avant tout traitement antibiotique.
Infections à staphylocoque récidivantes malgré les traitements habituels ? Un bilan dermatologique complet (antibiogramme, recherche de gîtes, facteurs favorisants) s’impose.
Désinfection locale des lésions
En complément des mesures d’hygiène générale, les lésions actives (folliculites, furoncles débutants, plaies surinfectées) sont traitées par application locale d’antiseptique, 2 à 4 fois par jour pendant 10 jours :
| Produit | Principe actif | Présentation |
|---|---|---|
| Diaseptyl 0,5 % | Digluconate de chlorhexidine | Solution cutanée |
| Hexaseptine 0,1 % | Hexamidine | Solution locale en flacon |
| Mercryl / MercrylSpray | Chlorhexidine + Benzalkonium | Solution cutanée / spray pressurisé |
| SeptivonSpray 0,05 % | Chlorhexidine | Spray cutané pressurisé |
| Éosine Cooper 2 % | Éosine disodique | Unidoses, action asséchante |
Ne pas associer deux antiseptiques de familles différentes (inactivation mutuelle possible). Rincer abondamment en cas d’application sur de grandes surfaces pour éviter l’irritation. L’éosine est utile sur les lésions suintantes pour son effet asséchant.
Traitement antibiotique
Le traitement antibiotique est indiqué en cas d’infection cutanée constituée (furoncle compliqué, anthrax, impétigo étendu, cellulite). Il est prescrit par voie orale et/ou en crème, toujours guidé par l’antibiogramme réalisé à partir du prélèvement bactériologique des lésions ou des gîtes, afin d’adapter le traitement aux résistances de la souche en cause.
Les antibiotiques utilisables dépendent du profil de sensibilité du staphylocoque isolé. Pour plus d’informations : antibiotiques en dermatologie.
L’utilisation d’antibiotiques sans antibiogramme favorise l’émergence de résistances, notamment le SARM. Tout traitement antibiotique doit être prescrit et suivi par un médecin.
Infection nosocomiale (contractée à l’hôpital)
En milieu hospitalier, certaines souches de staphylocoque doré deviennent multirésistantes aux antibiotiques (SARM — Staphylococcus aureus résistant à la méticilline). Elles constituent un problème majeur de santé publique. La prise en charge repose sur :
- Mesures d’isolement du patient porteur (chambre seule, précautions contact)
- Hygiène stricte des mains du personnel soignant (friction hydro-alcoolique)
- Décolonisation ciblée (mupirocine nasale, douches à la chlorhexidine) selon protocoles institutionnels
- Antibiothérapie adaptée à l’antibiogramme (glycopeptides, linézolide selon les cas)
Questions fréquentes (FAQ)
Pourquoi mes furoncles reviennent-ils sans cesse ?
Les récidives sont presque toujours liées à un portage chronique dans les narines ou d’autres gîtes. Sans traitement de décolonisation des gîtes (mupirocine nasale, douches antiseptiques), les lésions cutanées récidivent car la source bactérienne n’est pas tarie.
La mupirocine nasale est-elle en vente libre ?
Non, le Mupiderm® (mupirocine) est un médicament sur ordonnance. Son utilisation doit être encadrée par un médecin pour éviter le développement de résistances.
Le staphylocoque doré est-il contagieux dans l’entourage familial ?
Oui. Le staphylocoque doré peut se transmettre par contact direct ou indirect (partage de serviettes, vêtements, literie). En cas de récidives familiales, l’examen et la décolonisation de l’entourage proche peuvent être recommandés par le médecin.
Peut-on utiliser de la Bétadine® sur un furoncle ?
La Bétadine® (povidone iodée) a un spectre antiseptique large mais est irritante sur les muqueuses et les peau lésées. Les antiseptiques à base de chlorhexidine (Diaseptyl®, Mercryl®) sont généralement mieux tolérés pour un usage cutané régulier.
Combien de temps dure le traitement de décolonisation ?
Le protocole classique est de 5 jours de mupirocine nasale par mois pendant 12 mois, associé à des douches antiseptiques régulières. La durée est adaptée par le médecin selon la fréquence des récidives et la réponse au traitement.
Le staphylocoque doré résiste-t-il aux antiseptiques ?
Les résistances aux antiseptiques (notamment à la chlorhexidine) existent mais restent rares en dehors du milieu hospitalier. En ville, les antiseptiques recommandés gardent une bonne efficacité sur le staphylocoque doré communautaire.
Voir aussi : Le staphylocoque doré est la bactérie la plus fréquemment impliquée dans les infections cutanées. Sa gestion optimale repose sur une approche globale : traitement des gîtes de portage, règles d’hygiène rigoureuses, antibiothérapie guidée par l’antibiogramme et correction des facteurs favorisants. En cas de portage chronique familial ou de SARM, une prise en charge spécialisée avec un dermatologue ou un infectiologue est recommandée.
Références scientifiques
- Kaplan SL. Staphylococcus aureus infections in children: the role of decolonization. Curr Opin Infect Dis. 2014;27(3):243-247. PMID 24694748
- van Rijen MM, Bonten M, Wenzel R, Kluytmans J. Mupirocin ointment for preventing Staphylococcus aureus infections in nasal carriers. Cochrane Database Syst Rev. 2008;(4):CD006216. PMID 18843717
- Creech CB, Al-Zubeidi DN, Fritz SA. Prevention of recurrent staphylococcal skin infections. Infect Dis Clin North Am. 2015;29(3):429-481. PMID 26311356
- Société Française de Dermatologie (SFD). Recommandations pour la prise en charge des infections cutanées bactériennes. sfdermato.org
Portage chronique de staphylocoque, récidives malgré les traitements ? Consultez le Dr Rousseau à Bordeaux pour un bilan complet et un protocole de décolonisation adapté.
Mis à jour le 11 avril 2025 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.
Ce que les dermatologues vous disent rarement (faute de temps). Un dermatologue ayant +25 ans d'expérience vous livre ses secrets
Collection "Secrets de dermatologue"
Plus de 60 ebooks pratiques à télécharger sur les grandes pathologies (acné, eczéma, psoriasis...) et sujets (microbiome, protection solaire, ingrédients cosmétiques actifs, peau et sport...) dermatologiques
Pour chaque pathologie vous découvrirez :
Les erreurs du quotidien qui aggravent les symptômes sans qu'on le sache
Les routines recommandées par les spécialistes
Les facteurs de vie quotidienne à améliorer (alimentation, stress, sommeil, soleil…)
Les mécanismes, les causes, les traitements, et j'espère les réponses à toutes les questions que vous vous posez et que parfois vous n'osez pas poser au médecin
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mon petit fils souffre d’une pelade : la dermatologue a demandé une culture de staphylo dorés (dans le nez) cette culture s’avère positive. la dermato est injoignable cette semaine, la consultation et le traitement peuvent ils attendre une semaine ou bien faut il consulter le médecin généraliste afin de mettre en place un traitement?? merci de votre réponse
Mieux vaut effectivement revoir votre généraliste pour avoir la conduite a tenir
Bonjour j’ai soigné une folliculite au niveau des jambes avec un antibiotique orale prescit par mon dermatologue pendant 10 jours, mais il n’y a pas eu d’amélioration, dois je le prolonger encore plus? Dois je m’inquiéter ? Je vis dans un climat tropical ou la sueur est omniprésente.
Merci
Je suis désolé mais je ne peux donner d’avis médical en dehors du cadre d’une téléconsultation telle que
https://www.consulib.com/home?showSearch=true&specialties_doctor=Ludovic%20Rousseau&doctor=5ec3d7d407f46e765f9e45c1
Bonjour,
Je traîne depuis presque 8 ans de l’acné autour de la bouche et par moment entre les sourcils. J’ai essayé de pas trop laver la peau, la laver normalement, rééquilibrer mon alimentation, prendre des soins du visage (niacinamide et acide salicylique)… rien n’a supprimé les boutons. Des fois les boutons étaient bien rouges et gros comme enkystés, douloureux, laissant des traces longtemps voir des cicatrices.
On m’a fait faire des tests au staphylocoque dorée ou aureus et j’étais positif sur plusieurs endroits. Et c’est là qu’on m’a prescrit Mupiderm. Je l’ai utilisé 4 jours et ça a beaucoup diminué mes boutons et leur nombre d’apparition pendant des mois. Mais j’ai pas réussi à l’utiliser jusqu’à 5 ou 6 jours car les picotements sur les zones traitées devenaient très gênant (pour moi). Toujours envie de se gratter et le pire c’est le soir où ça m’empêchait de dormir… des nuits atroces. J’ai donc arrêté malgré l’efficacité.
Et la en 2022 je reprends le traitement car il me reste toujours des boutons autour de la bouche. C’est terriblement efficace ; dès le lendemain les boutons et rougeurs diminuent. J’espère juste supporter la pommade Mupiderm… jusqu’au moins 5 jours comme recommandé généralement voir 7 jours pour achever cet acné qui traîne.
En lisant votre article j’ai tout de même des questions :
– d’après mon interprétation, vous indiquez qu’il faut appliquer Mupiderm sur l’entrée des narines. Comment traiter cette zone permettrait de supprimer les boutons ailleurs sur le visage ?
– je crois, sûrement à tort, que le Staphylocoque Aureus se « balade ». Du coup j’applique Mupiderm sur les boutons et aussi autour des boutons pour faire une zone dans laquelle je suis sur d’éliminer la bactérie si « elle s’échappe ». Par ailleurs je mets la pommade là où j’ai des rougeurs/boutons : autour de la bouche, le menton, un peu les joues, entre le sourcils et un peu le front. Questions : est-ce nécessaire ? En mets-je trop où sur de trop grosses zones ?
Je pose ces questions car s’il n’y a pas besoin de traiter plusieurs zones, je m’en réjouirais car je n’aurai plus de picotements qui aujourd’hui m’irritent beaucoup et me donne pas envie de continuer le traitement.
En vous remerciant pour votre lecture.
Bien cordialement.
Bonjour, pour répondre à vos questions :
– d’après mon interprétation, vous indiquez qu’il faut appliquer Mupiderm sur l’entrée des narines. Comment traiter cette zone permettrait de supprimer les boutons ailleurs sur le visage ? Il s’agit d’une zone de portage staphylococcique dans laquelle on se recontamine souvent en y mettant les doigts… et après on touche ses boutons
– je crois, sûrement à tort, que le Staphylocoque Aureus se « balade ». Du coup j’applique Mupiderm sur les boutons et aussi autour des boutons pour faire une zone dans laquelle je suis sur d’éliminer la bactérie si « elle s’échappe ». Par ailleurs je mets la pommade là où j’ai des rougeurs/boutons : autour de la bouche, le menton, un peu les joues, entre le sourcils et un peu le front. Questions : est-ce nécessaire ? En mets-je trop où sur de trop grosses zones ? Je pense que vous ne faites pas d’erreur en appliquant de la creme sur les zones plutot que sur les boutons, mais l’idéal face à une staphylococcie récidivante est souvent de faire un traitement par voie orale sur prescription médicale
Je vous remercie beaucoup pour vos réponses et votre réactivité. Les picotements que je ressens sont comme de petits coups d’aiguilles, et cela pendant de longs moments. Je vais demander à mon médecin si un traitement par voie orale m’est possible. Encore merci.
Je vous en prie
Bonjour,
Depuis 3 ans je souffre d’une folliculite du cuir chevelu.
Récemment j’ai eu un traitement d’une semaine de comprimés d’Amoxiciline. J’ai également appliqué du Mupiricoine dans les narines et me suis douché 2 fois avec de la bétadine Scrub.
Les boutons ont disparu pendant la durée du traitement antibiotique mais sont revenus immédiatement.
Le dermatologue à qui j’ai eu affaire m’a conseillé d’applique des produits à base de peroxide de benzoyle sans grande conviction, en m’expliquant qu’au pire cela n’était que quelques boutons à supporter pour une durée plus ou moins indéterminée.
Il semblait ne pas vouloir aller plus loin (Roaccutane).
Que pensez vous de cette situation ?
Le traitement Amoxiciline a durée une semaine, est ce trop peu ?
Nous avions également essayé la Tolexine sur une plus longue durée, sans effet perceptible.
Je suis désolé mais je ne peux donner d’avis médical personnalisé en dehors du cadre d’une téléconsultation