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Dernière mise à jour : 7 mars 2026
Pseudo-pelade de Brocq : alopécie cicatricielle — diagnostic et traitement
La pseudo-pelade de Brocq, décrite pour la première fois en 1885, est une forme d’alopécie cicatricielle progressive du cuir chevelu. Son statut nosologique reste débattu : pour de nombreux dermatologues, elle représente un stade cicatriciel terminal du lupus érythémateux ou, surtout, du lichen plan pilaire plutôt qu’une entité autonome. La biopsie cutanée est indispensable pour trancher.
Plaques sans cheveux progressives sur le cuir chevelu ?
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Sommaire :
Diagnostic |
Diagnostic différentiel |
Traitement |
Questions fréquentes
Diagnostic
Aspect clinique caractéristique : petites aires alopéciques multiples, légèrement atrophiques, à peau lisse et blanchâtre, parfois faiblement érythémateuses en périphérie. Elles sont disséminées sur le cuir chevelu — surtout au vertex — et évoluent de façon centrifuge avec tendance à la confluence, décrite classiquement comme « des empreintes de pas sur la neige ».
Évolution : lente et progressive sur des années. Contrairement à la pelade, il n’y a pas de repousse possible dans les zones atteintes — la destruction folliculaire est définitive (alopécie cicatricielle).
Confirmation diagnostique : la biopsie cutanée est indispensable — elle permet de distinguer la pseudo-pelade d’une pelade, d’un lichen plan pilaire actif, d’un lupus ou d’une autre alopécie cicatricielle, et de guider le traitement. Le dermatologue réalise la biopsie en bordure de plaque active, là où les follicules sont encore présents.
| Critère | Pseudo-pelade de Brocq | Pelade | Lichen plan pilaire |
|---|---|---|---|
| Type d’alopécie | Cicatricielle — irréversible | Non cicatricielle — réversible | Cicatricielle — irréversible |
| Aspect de la peau | Lisse, atrophique, ivoire | Lisse, normale | Érythème péri-folliculaire, squames |
| Distribution | Vertex, confluente « pas sur la neige » | Rondes, bien délimitées, partout | Vertex, frontale |
| Évolution | Lente, progressive sur années | Par poussées, repousse possible | Progressive, parfois rapide |
| Biopsie | Fibrose péri-folliculaire tardive, infiltrat lymphocytaire | Infiltrat lymphocytaire péri-bulbaire | Infiltrat lichénoïde péri-folliculaire |
Diagnostic différentiel
L’enjeu diagnostique est majeur car certaines alopécies cicatricielles sont liées à une maladie systémique traitable — ne pas les identifier expose à une aggravation évitable.
Lichen plan pilaire : première cause à éliminer. Érythème et squames péri-folliculaires visibles en dermoscopie en bordure active des plaques. La biopsie montre un infiltrat lichénoïde caractéristique. Des lésions de lichen plan cutané ou buccal associées orientent le diagnostic. Traitable — justifie un traitement actif précoce pour freiner la progression.
Lupus érythémateux discoïde : plaques atrophiques avec érythème, bouchons cornés folliculaires, dyschromie. Biopsie avec immunofluorescence directe positive (dépôts à la jonction dermo-épidermique). Bilan systémique (AAN, anti-ADN) si suspicion de lupus systémique.
Pelade : non cicatricielle — repousse possible. Peau d’aspect normal dans les zones alopéciques, sans atrophie. Dermoscopie différente (poils en point d’exclamation).
Folliculite décalvante : alopécie cicatricielle avec pustules actives péri-folliculaires, croûtes, touffes de poils. Bactériologie positive à staphylocoque.
Traitement
Le traitement est mal codifié en raison de la rareté de la maladie et de l’absence d’essais contrôlés. L’objectif est de stopper ou ralentir la progression — les zones déjà cicatrisées ne récupèrent pas. Un traitement précoce, avant l’extension des plaques, donne de meilleurs résultats.
Dermocorticoïdes topiques
Dermocorticoïdes de classe I (clobétasol propionate) en application sur les bordures actives des plaques. Essai sur 2 mois avec évaluation de la réponse. Efficacité inconstante mais généralement proposée en première intention pour les formes peu étendues.
Injections intralésionnelles de corticoïdes
Injections d’acétonide de triamcinolone dilué à 10 mg/mL dans du sérum physiologique ou de la xylocaïne adrénalinée à 1 %, administrées en intradermique à la périphérie des plaques actives. Répétables toutes les 4 à 12 semaines selon l’évolution. Traitement de choix pour les formes localisées avec activité inflammatoire en bordure.
Antipaludéens de synthèse
Traitement systémique à visée anti-inflammatoire et immunomodulatrice, en particulier si la biopsie oriente vers un lupus ou un lichen plan pilaire :
— Hydroxychloroquine (Plaquenil®) : 400 mg/j pendant plusieurs mois
— Chloroquine : 200 mg/j pendant plusieurs mois
Surveillance ophtalmologique obligatoire (toxicité rétinienne cumulative) — examen de référence avant traitement puis annuellement.
Corticothérapie orale
Réservée aux formes évolutives rapides ou en cas d’échec des traitements locaux. Rapport bénéfice/risque à évaluer au cas par cas — effets secondaires de la corticothérapie prolongée. Courte durée avec dégression progressive.
Questions fréquentes
La pseudo-pelade est-elle la même chose que la pelade ?
Non — malgré la similitude de nom, ce sont deux maladies fondamentalement différentes. La pelade est une alopécie non cicatricielle auto-immune où les follicules pileux sont préservés et la repousse possible (80 % de repousse spontanée dans les formes localisées). La pseudo-pelade est une alopécie cicatricielle où les follicules sont détruits définitivement — il n’y a pas de repousse possible dans les zones atteintes. Le traitement et le pronostic sont radicalement différents.
Pourquoi une biopsie est-elle indispensable ?
Parce que plusieurs maladies différentes peuvent donner un aspect clinique similaire — lichen plan pilaire, lupus discoïde, folliculite décalvante — avec des traitements et des implications systémiques différentes. Certaines (lupus notamment) peuvent être la manifestation cutanée d’une maladie générale nécessitant un bilan complémentaire. La biopsie en bordure de plaque active est le seul moyen de trancher et de guider le traitement.
Peut-on stopper la progression de la pseudo-pelade ?
Oui, dans certains cas — c’est l’objectif du traitement. Les zones déjà cicatrisées ne récupèrent pas, mais un traitement précoce (dermocorticoïdes, injections de triamcinolone, antipaludéens) peut stabiliser l’évolution et préserver les follicules encore sains. La rapidité de prise en charge conditionne directement la surface de perte capillaire finale.
Faut-il un bilan général devant une pseudo-pelade ?
Cela dépend du résultat de la biopsie. Si elle oriente vers un lupus, un bilan systémique est nécessaire (anticorps antinucléaires, anti-ADN natif, bilan rénal, NFS). Si elle conclut à un lichen plan pilaire isolé, un bilan systémique étendu n’est généralement pas justifié mais une recherche de lésions de lichen plan cutané et muqueux est recommandée.
Voir aussi :
Pelade de la barbe |
Lichen plan pilaire |
Lupus érythémateux |
Dermocorticoïdes
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