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Les erreurs du quotidien qui aggravent les symptômes sans qu'on le sache
Les routines recommandées par les spécialistes
Les facteurs de vie quotidienne à améliorer (alimentation, stress, sommeil, soleil…)
Les mécanismes, les causes, les traitements, et j'espère les réponses à toutes les questions que vous vous posez et que parfois vous n'osez pas poser au médecin
Des guides pratiques, directs, et accessibles — pour reprendre le contrôle sur votre problème dermatologique
Dernière mise à jour : 18 avril 2026
Dysfonctions sexuelles, paraphilies et troubles de l’identité sexuelle : lien avec la peau

Article rédigé d’après les critères du DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux).
Psycho-dermatologie : sexualité, identité et peau
La psycho-dermatologie étudie les interactions entre la psyché et la peau. Les troubles de la sexualité et de l’identité de genre génèrent des manifestations cutanées directes et des modes de consultation spécifiques que le dermatologue rencontre régulièrement — souvent sans que le contexte soit spontanément évoqué par le patient.
- Maladies sexuellement transmissibles : les dysfonctions et paraphilies peuvent s’associer à des comportements sexuels à risque (multiplicité des partenaires, absence de protection, prostitution dans le contexte du trouble de l’identité sexuelle). Le dermatologue identifie les signes cutanés des IST : roséole syphilitique, condylomes acuminés, lésions herpétiques, exanthème VIH primaire.
- Lésions cutanées liées au masochisme sexuel : les pratiques masochistes (liens, fessées, brûlures, coupures, infibulation) génèrent des lésions cutanées spécifiques — contusions, hématomes, brûlures circulaires, cicatrices de ligatures, plaies incisées — présentées parfois en consultation dermatologique ou aux urgences. Le dermatologue doit adopter une attitude non jugeante et identifier si les lésions résultent d’actes consentis ou non consentis.
- Hypoxyphilie et lésions cervicales : le masochisme par privation d’oxygène (strangulation érotique, sac plastique) peut laisser des ecchymoses cervicales, des pétéchies oculaires et des marques de ligature sur le cou. Ces signes sont potentiellement mortels et doivent faire l’objet d’une attention particulière.
- Épilation et transition de genre : le DSM mentionne explicitement que les personnes présentant un trouble de l’identité sexuelle ont recours à l’épilation laser pour effacer les caractères sexuels secondaires (pilosité masculine). Le dermatologue laser est donc un interlocuteur direct et récurrent dans le parcours de transition. Une approche bienveillante, informée et non stigmatisante est indispensable.
- Complications cutanées de la réassignation hormonale : le traitement hormonal de la dysphorie de genre (œstrogènes chez les personnes trans féminines, testostérone chez les personnes trans masculines) génère des modifications cutanées importantes — acné sous testostérone, modifications de la texture cutanée, redistribution du tissu adipeux — relevant d’un suivi dermatologique.
- Cicatrices chirurgicales : les chirurgies de réassignation de genre (mastectomie, phalloplastie, vaginoplastie) peuvent laisser des cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes nécessitant une prise en charge dermatologique spécialisée.
- Automédication hormonale et complications cutanées : le DSM signale que certaines personnes trans s’automédiquent avec des hormones sans suivi médical. Cela peut entraîner des effets cutanés non surveillés (acné sévère, érythrocytose visible, modifications des mélanomes existants).
- Stigmatisation et souffrance psychologique : les personnes présentant ces troubles sont fréquemment exposées à l’ostracisme, aux moqueries et au rejet social, sources de dépression et d’anxiété chronique — deux facteurs aggravants des maladies cutanées inflammatoires (psoriasis, eczéma) déjà documentés dans les pages précédentes.
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1/ Dysfonctions sexuelles
Les dysfonctions sexuelles sont caractérisées par une perturbation du désir sexuel et des modifications psychophysiologiques qui caractérisent le déroulement de la réponse sexuelle, à l’origine d’une souffrance marquée et de difficultés interpersonnelles. Voir aussi les articles dédiés : baisse du désir sexuel et éjaculation précoce.
Le cycle de la réponse sexuelle
- Phase 1 — Désir : fantaisies imaginatives et désir d’accomplir un acte sexuel.
- Phase 2 — Excitation : plaisir subjectif + érection (homme) / congestion pelvienne, lubrification et intumescence vaginale (femme).
- Phase 3 — Orgasme : acmé du plaisir + contractions périnéales + éjaculation (homme).
- Phase 4 — Résolution : détente musculaire et bien-être ; période réfractaire chez l’homme, réponse quasi immédiate possible chez la femme.
Les dysfonctions peuvent concerner l’une ou plusieurs de ces phases. Elles sont classées selon leur mode de début (de tout temps / acquis), le contexte (généralisé / situationnel) et les facteurs étiologiques (facteurs psychologiques seuls / combinaison de facteurs).
Trouble de l’excitation sexuelle chez la femme
La caractéristique essentielle est une incapacité persistante ou répétée à atteindre ou à maintenir une réactivité sexuelle adéquate (lubrification, intumescence) jusqu’à l’accomplissement de l’acte sexuel. Ce trouble s’accompagne souvent d’une absence de sensation subjective d’excitation, de rapports douloureux, d’un évitement sexuel et de difficultés relationnelles.
Prévalence des dysfonctions sexuelles
| Dysfonction | Prévalence estimée |
|---|---|
| Baisse du désir sexuel (femme) | 33 % |
| Éjaculation précoce | 27 % |
| Troubles de l’orgasme (femme) | 25 % |
| Troubles de l’excitation sexuelle (femme) | 20 % |
| Dyspareunie féminine | 15 % |
| Troubles de l’orgasme (homme) | 10 % |
| Difficultés d’érection | 10 % (augmente après 50 ans) |
2/ Paraphilies
Les paraphilies sont caractérisées par des impulsions sexuelles, des fantaisies ou des comportements répétés et intenses impliquant des objets, activités ou situations inhabituels, pendant au moins 6 mois, à l’origine d’une souffrance significative ou d’une altération du fonctionnement.
Fétichisme
La focalisation paraphilique implique l’utilisation d’objets inanimés (sous-vêtements, chaussures, bas, bottes) pour déclencher l’excitation sexuelle. L’objet fétiche peut être requis pour obtenir l’érection. Le trouble débute généralement dans l’adolescence et tend à être chronique.
Masochisme sexuel
Implique l’acte (réel, non simulé) d’être humilié, battu, attaché ou livré à la souffrance. Peut inclure des liens, bandage des yeux, fouet, coupures, chocs électriques, brûlures ou humiliation. La forme la plus dangereuse est l’hypoxyphilie (excitation par privation d’oxygène par strangulation ou ligature) — responsable de 1 à 2 décès par million d’habitants chaque année dans les pays documentés.
Sadisme sexuel
Implique une excitation sexuelle déclenchée par la souffrance psychologique ou physique de la victime. Peut se pratiquer avec un partenaire consentant (masochiste) ou sur des victimes non consentantes — dans ce dernier cas, il constitue une infraction pénale grave. Associé à une personnalité antisociale, il peut conduire à des blessures sévères ou à l’homicide.
Exhibitionnisme, Frotteurisme, Transvestisme fétichiste, Voyeurisme
- Exhibitionnisme : exposition des organes génitaux à une personne non consentante pour déclencher l’excitation.
- Frotteurisme : toucher ou se frotter contre une personne non consentante (transports en commun). Début dans l’adolescence, fréquence maximale entre 15 et 25 ans.
- Transvestisme fétichiste : travestissement masculin avec vêtements féminins à visée sexuelle chez des hommes hétérosexuels. Peut s’accompagner d’une dysphorie concernant l’identité sexuelle.
- Voyeurisme : observation de personnes nues ou en train d’avoir des rapports à leur insu. Évolution chronique.
3/ Troubles de l’identité sexuelle
Les troubles de l’identité sexuelle (aujourd’hui désignés sous les termes de dysphorie de genre dans les classifications plus récentes) sont caractérisés par une identification franche et persistante à l’autre sexe accompagnée d’un sentiment persistant d’inconfort par rapport au sexe déclaré.
Le tableau clinique varie selon l’âge — chez l’enfant, par des jeux et préférences vestimentaires du sexe opposé ; chez l’adolescent et l’adulte, par un désir de vivre et d’être traité comme le sexe opposé, et un désir de réassignation hormonale ou chirurgicale.
- Épilation laser : traitement de la pilosité faciale et corporelle masculine est une étape centrale du parcours de transition des femmes trans. Le DSM le mentionne explicitement. Le dermatologue laser est un acteur de soin important et direct.
- Acné sous testostérone : les hommes trans sous traitement androgénique développent fréquemment une acné, parfois sévère, relevant d’un traitement dermatologique (rétinoïdes topiques, isotrétinoïne si nécessaire).
- Modifications cutanées hormonales : redistribution du tissu adipeux, modifications de la texture cutanée et de la pilosité nécessitant un suivi dermatologique régulier.
- Cicatrices de chirurgie de réassignation : mastectomie (homme trans), vaginoplastie (femme trans) — risque de cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes relevant de la dermatologie chirurgicale.
- Approche bienveillante et non stigmatisante : l’ostracisme et les moqueries sont des facteurs de souffrance majeurs pour ces patients. La consultation dermatologique doit être un espace de soin sécurisé, respectueux de l’identité de genre autoproclamée.
Le Dr Rousseau assure un suivi dermatologique bienveillant et adapté dans le cadre des transitions de genre.
Questions fréquentes
Quel est le rôle du dermatologue dans le parcours de transition de genre ?
Le dermatologue intervient à plusieurs étapes du parcours de transition : épilation laser de la pilosité faciale et corporelle (étape explicitement mentionnée dans la littérature médicale pour les femmes trans), prise en charge de l’acné androgénique sous testostérone chez les hommes trans, suivi des modifications cutanées hormonales, et traitement des cicatrices de chirurgie de réassignation (hypertrophiques, chéloïdes). Une approche bienveillante et non stigmatisante est indispensable.
Les lésions liées au masochisme sexuel consenti sont-elles à traiter différemment des violences ?
Oui. Les pratiques BDSM consenties entre adultes sont légales en France — les lésions qui en résultent (ecchymoses, contusions, petites coupures) relèvent d’une prise en charge dermatologique standard sans signalement. En revanche, si le dermatologue a des raisons de douter du caractère consenti (discours incohérent, peur du patient, lésions disproportionnées), une orientation médico-légale ou un signalement peuvent s’imposer. Les marques d’hypoxyphilie (strangulation érotique) sur le cou constituent une situation particulièrement sérieuse à évaluer.
Les antihistaminiques prescrits en dermatologie peuvent-ils provoquer une dysfonction sexuelle ?
Oui. Les antihistaminiques (notamment de première génération) et certains antihypertenseurs réduisent la lubrification vaginale par leur effet anticholinergique. Cette dysfonction sexuelle induite par une substance est réversible à l’arrêt ou au changement de traitement. Le dermatologue doit l’anticiper lors de prescriptions prolongées et en informer ses patientes.
L’acné induite par la testostérone chez les hommes trans se traite-t-elle comme une acné habituelle ?
Oui, les principes de traitement sont les mêmes. L’acné androgénique sous testostérone peut être sévère et nodulaire. Elle répond aux traitements habituels (rétinoïdes topiques, antibiotiques locaux ou oraux, isotrétinoïne dans les formes sévères). Le suivi dermatologique régulier est recommandé dès le début du traitement hormonal.
La paraphilie constitue-t-elle toujours un trouble psychiatrique ?
Non. Une fantaisie ou une pratique sexuelle inhabituelle n’est paraphilique (au sens pathologique) que lorsqu’elle est à l’origine d’une souffrance cliniquement significative, d’une altération du fonctionnement, ou implique des personnes non consentantes. De nombreuses personnes ont des fantaisies non conventionnelles sans que cela constitue un trouble psychiatrique.
Quel que soit votre parcours ou votre situation, le Dr Rousseau assure une prise en charge dermatologique bienveillante, respectueuse et spécialisée.
Mis à jour le 15 janvier 2025 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.
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