Pellicules ou psoriasis du cuir chevelu : comment savoir ce qui gratte sur votre tête ?

Psoriasis ou pellicules du cuir chevelu

Psoriasis du cuir chevelu
Psoriasis du cuir chevelu



Des flocons blancs sur les épaules et un cuir chevelu qui gratte : simples pellicules ou début de psoriasis ? La question revient souvent en consultation, d’autant que le premier réflexe, le shampoing antipelliculaire du supermarché, ne fonctionne pas toujours pour la même raison.

Mis à jour le 28 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : les pellicules donnent des squames fines, blanches, plutôt grasses, limitées au cuir chevelu. Le psoriasis donne des plaques bien délimitées, rouges, couvertes de squames épaisses et blanc argenté, qui débordent souvent au-delà de la lisière des cheveux, sur le front, la nuque ou derrière les oreilles. Un shampoing antipelliculaire seul ne suffit généralement pas sur un psoriasis.
Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Les deux affections démangent, donnent des squames visibles sur les vêtements sombres, et touchent le cuir chevelu sans distinction d’âge. Mais leur mécanisme, leur étendue et leur réponse au traitement sont différents, ce qui explique pourquoi le même shampoing peut marcher pour l’une et échouer pour l’autre.

Pellicules ou psoriasis du cuir chevelu : le tableau comparatif

Signe Pellicules / dermite séborrhéique Psoriasis du cuir chevelu
Aspect des squames Fines, blanches, souvent grasses Épaisses, sèches, blanc argenté, bien accrochées
Rougeur sous-jacente Discrète à modérée Nette, plaques bien délimitées
Étendue Limitée au cuir chevelu Déborde souvent sur le front, la nuque, derrière les oreilles
Cause Prolifération du Malassezia, une levure cutanée Maladie inflammatoire immunitaire chronique
Démangeaisons Présentes, modérées Peuvent être intenses
Facteurs favorisants Stress, hiver, cheveux gras, sudation Terrain génétique, stress, parfois déclencheurs infectieux
Réponse au shampoing antipelliculaire Généralement bonne Insuffisante seule, traitement dermatologique nécessaire

Le débordement au-delà du cuir chevelu, un signe qui oriente vers le psoriasis

Quand les plaques squameuses dépassent nettement la ligne d’implantation des cheveux, en particulier sur le front ou derrière les oreilles, avec des bords bien nets qui tranchent avec la peau saine, l’hypothèse du psoriasis devient plus probable qu’une simple dermite séborrhéique. Les pellicules classiques restent, elles, cantonnées au cuir chevelu.

psoriasis plaques rouges squames photo

Pellicules et dermite séborrhéique : une levure impliquée

Le Malassezia est une levure présente naturellement sur toutes les peaux, mais sa prolifération excessive chez certaines personnes déclenche une inflammation légère et une desquamation accélérée du cuir chevelu. C’est ce mécanisme qui explique l’efficacité des shampoings antifongiques comme le kétoconazole, qui réduisent la population de levures.

Rougeur, pellicules et démangeaisons du cuir chevelu

Conseil pratique : testez un shampoing au kétoconazole ou au zinc pyrithione deux à trois fois par semaine pendant un mois. Une amélioration nette oriente vers de simples pellicules ; une absence totale de résultat doit faire consulter pour envisager un psoriasis.

En attendant votre rendez-vous

Évitez de gratter ou d’arracher les squames épaisses, surtout en cas de psoriasis, ce qui peut provoquer de petits saignements et retarder la guérison. Espacez les shampoings trop fréquents qui irritent le cuir chevelu, préférez une eau tiède, et limitez les produits coiffants à base d’alcool qui assèchent davantage la peau déjà fragilisée.

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Consultez sans attendre si :

  • Les squames sont si épaisses qu’elles agglutinent les cheveux en plaques compactes
  • Des plaques rouges apparaissent aussi sur les coudes, les genoux ou le bas du dos
  • Le cuir chevelu saigne après grattage ou devient douloureux au toucher
  • Une chute de cheveux inhabituelle accompagne les squames
  • Aucune amélioration n’est visible après un mois de shampoing antipelliculaire bien utilisé

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Questions fréquentes

Comment savoir si mes pellicules sont en fait du psoriasis ?

Si les squames sont épaisses, blanc argenté, bien accrochées au cheveu, et si les plaques dépassent la lisière du cuir chevelu sur le front, derrière les oreilles ou sur la nuque, il s’agit plus probablement de psoriasis que de simples pellicules.

Les pellicules sont-elles une maladie ?

Les pellicules et la dermite séborrhéique du cuir chevelu sont liées à une levure naturellement présente sur la peau, le Malassezia, dont la prolifération excessive irrite le cuir chevelu. Ce n’est pas une maladie grave, mais une affection chronique qui nécessite un entretien régulier.

Pourquoi mon shampoing antipelliculaire ne fonctionne plus ?

Si un shampoing au kétoconazole ou au zinc pyrithione, bien utilisé pendant plusieurs semaines, n’améliore pas la situation, le diagnostic doit être reconsidéré : un psoriasis du cuir chevelu ne répond généralement pas à un traitement antipelliculaire simple.

Le psoriasis du cuir chevelu fait-il perdre les cheveux ?

Le psoriasis lui-même n’entraîne pas de chute de cheveux définitive, mais le grattage répété et l’arrachage des squames épaisses peuvent fragiliser temporairement la tige du cheveu. Les cheveux repoussent normalement une fois les plaques calmées.

Est-ce que ça se voit si j’ai du psoriasis ailleurs sur le corps ?

Le psoriasis du cuir chevelu peut exister seul pendant des années, ou s’associer à des plaques sur les coudes, les genoux ou le bas du dos. Ce n’est pas systématique, et l’absence de plaques ailleurs n’exclut pas le diagnostic.

Les pellicules sont-elles contagieuses ?

Non, ni les pellicules ni le psoriasis ne sont contagieux. On peut partager un peigne ou un bonnet sans aucun risque de transmission, contrairement par exemple aux poux ou à certaines mycoses du cuir chevelu.

Quel shampoing choisir en attendant la consultation ?

Un shampoing doux, sans sulfates agressifs, utilisé deux à trois fois par semaine, convient dans les deux cas en attendant le diagnostic. Un shampoing au kétoconazole peut être testé sur des pellicules simples, mais n’a pas d’intérêt en cas de psoriasis confirmé.

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À lire aussi sur le cuir chevelu

Références

  • « Histopathological Differential Diagnosis of Psoriasis and Seborrheic Dermatitis of the Scalp. » PMID 27489423
  • « Dermoscopy can be useful in differentiating scalp psoriasis from seborrhoeic dermatitis. » PMID 21155753
  • « Malassezia, dandruff and seborrhoeic dermatitis: an overview. » PMID 21919896
  • ANSM, notice patient kétoconazole 2 % gel en sachet-dose (traitement de la dermite séborrhéique du cuir chevelu) : ansm.sante.fr

Pomad et l’eczéma ou le psoriasis : que disent les preuves scientifiques ?

Pomad et l’eczéma ou le psoriasis : que disent les preuves scientifiques ?

Vous avez entendu parler de Pomad, cette marque française passée à la télévision, et vous vous demandez si elle peut vraiment soulager votre eczéma ou votre psoriasis. C’est une question légitime, et je vais y répondre avec ce que je sais réellement, ni plus ni moins.

Mis à jour le 24 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Pomad est une marque de cosmétiques française destinée aux peaux à eczéma et à psoriasis, médiatisée en janvier 2026 dans l’émission « Qui veut être mon associé ? » sur M6. À ce jour (août 2026), aucune étude clinique n’a été publiée sur PubMed évaluant son efficacité sur l’eczéma ou le psoriasis. Comme tout cosmétique, elle ne peut légalement revendiquer d’effet thérapeutique.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Ce qu’est Pomad, factuellement : une marque de cosmétiques créée par Saskia Slama, elle-même atteinte d’eczéma depuis l’enfance, autour d’une approche combinant soins topiques et compléments alimentaires (« in & out »), avec des produits annoncés sans parfum, sans huile essentielle, sans alcool et composés à 99-100 % d’ingrédients d’origine naturelle. La marque a été présentée le 15 janvier 2026 dans « Qui veut être mon associé ? » (M6, saison 6, épisode 2), où l’investisseur Jean-Michel Karam a annoncé investir dans le projet.

Pomad est-elle un médicament ou un cosmétique ?

C’est la question la plus importante, et elle a une réponse réglementaire claire. En France, un produit cosmétique ne peut pas revendiquer de propriétés curatives ou préventives à l’égard d’une maladie : s’il le faisait, il basculerait dans la catégorie de « médicament par présomption » et serait soumis à une autorisation de mise sur le marché (AMM), avec toutes les études cliniques que cela implique. L’ANSM rappelle explicitement cette frontière dans ses recommandations sur les produits cosmétiques.

À retenir : Pomad est enregistrée et commercialisée comme un cosmétique, pas comme un médicament ni comme un dispositif médical. Cela ne veut pas dire que ses ingrédients sont sans intérêt, mais cela signifie qu’aucune autorité sanitaire n’a évalué son efficacité clinique sur l’eczéma ou le psoriasis, contrairement aux traitements validés que je détaille plus bas.

Ce que disent les études sur les traitements validés de l’eczéma et du psoriasis

Les recommandations européennes de dermatologie (EuroGuiDerm) sur la dermatite atopique reposent sur des décennies d’essais cliniques : émollients quotidiens en traitement de fond, dermocorticoïdes et inhibiteurs de la calcineurine (tacrolimus) en traitement des poussées, photothérapie et traitements systémiques (biothérapies, inhibiteurs de JAK) dans les formes sévères (Wollenberg A et al., J Eur Acad Dermatol Venereol, 2018, PMID 29676534 ; Wollenberg A et al., 2022, PMID 36056736).

Pour le psoriasis, les traitements topiques validés (dermocorticoïdes, analogues de la vitamine D, association calcipotriol-bétaméthasone) restent la première ligne dans les formes limitées, avec un passage aux biothérapies dans les formes modérées à sévères en cas d’échec (Laws PM, Young HS, Expert Opin Pharmacother, 2010, PMID 20569091).

Vous retrouverez le détail de ces traitements, avec leurs indications précises, sur nos fiches Eczéma : causes, types, symptômes et traitements, Dermocorticoïdes et Traitement du psoriasis.

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Mon conseil de dermatologue : un soin émollient bien formulé (naturel ou non) peut légitimement faire partie de votre routine, en complément du traitement de fond prescrit, jamais à sa place. Si vous voulez essayer un nouveau produit, faites-le sans interrompre votre traitement en cours, et parlez-en à votre dermatologue lors de la prochaine consultation.

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Questions fréquentes sur Pomad

Pomad est-elle efficace contre l’eczéma ou le psoriasis ?

On ne peut pas répondre avec certitude : aucune étude clinique publiée et indexée sur PubMed n’a évalué son efficacité à ce jour (août 2026). L’absence de preuve n’est pas une preuve d’inefficacité, mais elle empêche toute affirmation médicale sérieuse dans un sens comme dans l’autre.

Pomad peut-elle remplacer mon dermocorticoïde ou mon traitement systémique ?

Non. Aucun cosmétique ne peut se substituer à un traitement prescrit pour une poussée d’eczéma ou de psoriasis modéré à sévère. Un arrêt non encadré d’un traitement de fond expose à une rechute, parfois plus sévère (effet rebond documenté avec les dermocorticoïdes en particulier).

Pourquoi un dermatologue ne peut-il pas se prononcer clairement sur un produit sans étude publiée ?

Parce que l’expérience clinique individuelle, aussi sincère soit-elle, ne remplace pas un essai contrôlé. Un produit peut sembler efficace chez une personne pour des raisons multiples (évolution naturelle de la maladie par poussées, effet des autres soins associés, effet placebo) sans que cela prouve son efficacité en général.

Où trouver des informations fiables sur les traitements de l’eczéma et du psoriasis ?

Sur les recommandations des sociétés savantes de dermatologie, les avis de la Haute Autorité de Santé sur les traitements systémiques, et les fiches de ce site régulièrement mises à jour et sourcées. Voir notre fiche eczéma et notre fiche psoriasis.

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À lire aussi sur l’eczéma et le psoriasis

Références

  • Wollenberg A, et al. Consensus-based European guidelines for treatment of atopic eczema (atopic dermatitis) in adults and children: part I. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2018. PMID 29676534
  • Wollenberg A, et al. European guideline (EuroGuiDerm) on atopic eczema – part II. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2022. PMID 36056736
  • Laws PM, Young HS. Topical treatment of psoriasis. Expert Opin Pharmacother. 2010. PMID 20569091
  • ANSM. Recommandations pour les produits cosmétiques (statut réglementaire, interdiction des allégations thérapeutiques). ansm.sante.fr
  • HAS. Avis sur le baricitinib (Olumiant) dans la dermatite atopique modérée à sévère de l’adulte, à titre d’exemple de traitement systémique évalué par les autorités sanitaires. has-sante.fr

Eczema ou psoriasis? Différences

Mis à jour le 24 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : L’eczéma et le psoriasis sont les deux maladies de peau inflammatoires les plus fréquentes en France – ensemble, elles touchent près de 6 millions de personnes. Pourtant, elles se confondent souvent : rougeurs, plaques, démangeaisons… Les différencier change radicalement la prise en charge. Cinq critères clés – localisation, aspect des squames, intensité des démangeaisons, âge d’apparition et contexte allergique – permettent au dermatologue de les distinguer dans la très grande majorité des cas, parfois en quelques secondes de dermoscopie.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Eczéma ou psoriasis : comment ne pas confondre ces deux maladies ?

C’est une des questions les plus fréquentes en consultation dermatologique : « Docteur, est-ce de l’eczéma ou du psoriasis ? » La confusion est compréhensible. Les deux maladies provoquent des plaques rouges qui démangent, elles évoluent par poussées, elles résistent parfois aux traitements locaux et elles ont un impact réel sur la qualité de vie. Pourtant, il s’agit de deux maladies bien distinctes, avec des mécanismes immunologiques différents, des localisations préférentielles différentes, des traitements différents – et une signification clinique différente.

Comprendre la différence, c’est non seulement mieux comprendre sa propre peau, mais aussi mieux dialoguer avec son médecin et éviter des années d’errance thérapeutique.

Deux maladies inflammatoires, deux mécanismes immunologiques distincts

L’eczéma atopique (ou dermatite atopique) résulte d’une réponse immunitaire de type Th2 : les cytokines IL-4, IL-13 et IL-31 provoquent une inflammation cutanée et une rupture de la barrière cutanée. La peau laisse alors entrer plus facilement les allergènes et les irritants, ce qui entretient le cercle vicieux de l’inflammation. C’est pourquoi l’eczéma est souvent associé à l’asthme, à la rhinite allergique et à des antécédents familiaux d’atopie.

Le psoriasis, lui, est principalement médié par la voie Th1/Th17 : les cytokines IL-17, IL-22 et IL-23 provoquent une prolifération accélérée des kératinocytes (cellules de la peau) et une inflammation dermique. La peau se renouvelle en 3 à 5 jours au lieu de 28, formant des plaques épaisses recouvertes de squames. Des facteurs génétiques forts sont en jeu : si les deux parents ont du psoriasis, le risque pour un enfant dépasse 40 %.

À retenir : Eczéma = barrière cutanée défaillante + allergie + voie Th2. Psoriasis = prolifération cellulaire accélérée + auto-immunité + voie Th17. Ces mécanismes distincts expliquent pourquoi les biothérapies ciblent des cytokines différentes selon la maladie.

Les 5 critères cliniques pour différencier eczéma et psoriasis

Critère Eczéma atopique Psoriasis
Localisation préférentielle Plis (coudes, creux des genoux), visage, cou, poignets Surfaces d’extension (coudes, genoux), cuir chevelu, bas du dos, ongles
Aspect des squames Fines, pelliculaires, croûtes jaunâtres en phase aiguë Épaisses, argentées, sèches – le signe de la bougie (grattage facile)
Démangeaisons Intenses, souvent nocturnes, parfois insomniogènes Variables, souvent modérées sauf formes du cuir chevelu ou des plis
Bords des plaques Mal définis, flous, lésions eczématisées peuvent suinter Bien délimités, nets comme tracés au compas
Âge de début En général avant 5 ans ; peut débuter à tout âge Le plus souvent entre 20 et 40 ans, ou après 60 ans
Contexte associé Terrain atopique (asthme, rhinite), allergies alimentaires Rhumatisme psoriasique (1 patient sur 3), ongles ponctués

La localisation : le premier coup d’œil du dermatologue

La topographie des lésions est souvent le premier argument diagnostique. L’eczéma atopique de l’enfant touche typiquement les joues, le front et les surfaces d’extension des membres avant 2 ans, puis migre vers les plis de flexion (creux du coude, creux du genou, cou, poignets) après 2 ans. Chez l’adulte, il prédomine souvent sur les mains, le visage, le cou et les paupières.

 

Le psoriasis, à l’inverse, privilégie les surfaces convexes soumises aux microtraumatismes : coudes, genoux, cuir chevelu, région lombo-sacrée. Le phénomène de Köbner – apparition de nouvelles plaques aux zones de frottement ou de cicatrice – est très évocateur du psoriasis. Une atteinte des ongles (ponctuations, décollement sous-unguéal, onycholyse) oriente fortement vers le psoriasis, de même que des douleurs articulaires associées, qui suggèrent un rhumatisme psoriasique.

Conseil pratique : Photographiez vos lésions dans différentes zones du corps avant votre consultation. Une photo du cuir chevelu, des mains, des ongles et du tronc aidera le dermatologue à poser le diagnostic, surtout lors d’une téléconsultation.

L’aspect des squames : le signe de la bougie et les croûtes jaunâtres

Le grattage des lésions est révélateur. Dans le psoriasis, les squames sont épaisses, stratifiées et blanchâtres, comme de la paraffine – c’est le « signe de la bougie ». Après avoir détaché ces squames, on observe parfois de petites gouttes de sang qui perlent à la surface cutanée : c’est le « signe d’Auspitz », pathognomonique du psoriasis.

Dans l’eczéma, les squames sont beaucoup plus fines et pelliculaires. En phase aiguë, les lésions vésiculeuses (petites bulles) peuvent suinter, puis former des croûtes jaunâtres (croûtes séreuses). À la dermoscopie, des vaisseaux en points disposés en groupes irréguliers et des croûtes orangées signent l’eczéma, tandis que des vaisseaux en points disposés régulièrement sur fond rose caractérisent le psoriasis – un signe utilisé quotidiennement par les dermatologues pour trancher les cas douteux.

Quand eczéma et psoriasis coexistent : le tableau mixte

Longtemps considérées comme des maladies mutuellement exclusives, l’eczéma et le psoriasis peuvent en réalité coexister chez un même patient. Ce tableau mixte, parfois appelé « eczéma in psoriatico », a été décrit notamment aux mains et aux pieds, où les deux maladies partagent une présentation clinique proche. Des études récentes ont également mis en évidence des chevauchements immunologiques – une signature Th17 peut être retrouvée dans certains eczémas pédiatriques ou asiatiques, et une composante Th2 dans certains psoriasis.

Ce phénomène de chevauchement est devenu cliniquement pertinent avec l’essor des biothérapies : certains patients traités par anticorps anti-IL-17 pour un psoriasis développent des lésions eczématiformes (réactions paradoxales), et inversement. Cela confirme que les deux maladies forment davantage un spectre immuno-inflammatoire qu’une dichotomie stricte.

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Mains et pieds : le terrain de toutes les confusions

C’est aux paumes et aux plantes que la confusion est la plus fréquente – et la plus difficile à résoudre. Le psoriasis palmoplantaire et l’eczéma chronique des mains ou des pieds peuvent produire des lésions presque identiques : rougeur, épaississement, fissures douloureuses, desquamation. Une étude dermoscopique (Errichetti et Stinco, 2016 – PMID 26460228) a montré que la présence de squames blanches diffuses et de vaisseaux en points réguliers oriente vers le psoriasis, tandis que les croûtes jaunâtres-orangées et les vaisseaux en distribution irrégulière sont caractéristiques de l’eczéma.

En cas de doute persistant aux mains ou aux pieds, une biopsie cutanée reste l’examen de référence. L’histologie permet de distinguer la spongiose (œdème intercellulaire épidermique, caractéristique de l’eczéma) de la parakératose avec allongement des crêtes épidermiques et microabcès de Munro (caractéristiques du psoriasis).

Attention : Un eczéma des mains peut simuler un psoriasis et vice versa. Évitez l’automédication prolongée avec des dermocorticoïdes non prescrits – si les lésions persistent ou s’aggravent malgré 3 semaines de traitement, consultez un dermatologue. Une erreur de diagnostic peut retarder un traitement adapté de plusieurs années.

Les traitements : biothérapies différentes pour des cibles différentes

Le traitement de première intention est commun : les dermocorticoïdes (corticoïdes topiques) constituent le pivot thérapeutique pour les deux maladies, associés aux émollients dans l’eczéma. Mais dès que l’on passe aux formes modérées à sévères, les traitements divergent radicalement.

Dans l’eczéma atopique modéré à sévère, le dupilumab (Dupixent®), anticorps anti-récepteur IL-4/IL-13, a révolutionné la prise en charge depuis 2017. Il est aujourd’hui rejoint par le tralokinumab (Adtralza®), l’abrocitinib (Cibinqo®) et l’upadacitinib (Rinvoq®) pour les formes réfractaires. Dans le psoriasis modéré à sévère, les biothérapies ciblent principalement IL-17A (secukinumab, ixekizumab, bimekizumab) ou IL-23 (guselkumab, risankizumab, tildrakizumab). Ces traitements ont des cibles et des profils de sécurité très différents, ce qui rend le diagnostic précis indispensable avant toute prescription.

Pour les deux maladies, la prise en charge est globale : elle intègre l’éducation thérapeutique, la gestion du stress, l’identification des facteurs déclenchants (allergènes pour l’eczéma, infections, médicaments, alcool pour le psoriasis) et un suivi dermatologique régulier. Pour en savoir plus sur le psoriasis et ses traitements, consultez notre fiche complète sur le psoriasis. Pour l’eczéma et ses différentes formes, notre guide complet de l’eczéma fait le point sur les causes, types et traitements.

Eczéma et psoriasis aux mains : deux fiches spécialisées

Les mains méritent une attention particulière, car c’est là que la confusion est la plus fréquente et que le retentissement professionnel est le plus important. Si vous avez des lésions aux mains qui persistent, nos articles dédiés vous aideront à mieux comprendre votre situation : eczéma des mains (causes, traitements, formes chroniques) et psoriasis des paumes et des plantes. Si des démangeaisons généralisées s’y ajoutent, notre article sur les démangeaisons de la peau explore toutes les causes possibles, bien au-delà des deux maladies évoquées ici.

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Consultez en urgence ou rapidement si :

  • Éruption généralisée rouge vif avec fièvre, frissons ou malaise général – suspicion d’érythrodermie (complication grave du psoriasis ou de l’eczéma)
  • Lésions pustuleuses diffuses sur fond rouge – psoriasis pustuleux généralisé, une urgence médicale
  • Surinfection cutanée : suintements purulents, croûtes dorées, fièvre – impétiginisation d’un eczéma
  • Gonflement des paupières, des lèvres ou de la gorge associé à une éruption – allergie sévère à différencier de l’eczéma
  • Diagnostic incertain malgré 3 à 4 semaines de traitement local bien conduit

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Questions fréquentes sur l’eczéma et le psoriasis

Comment savoir si j’ai de l’eczéma ou du psoriasis ?

L’eczéma provoque des démangeaisons intenses avec des lésions mal délimitées, souvent aux plis (coudes, genoux, cou). Le psoriasis donne des plaques épaisses, bien délimitées, recouvertes de squames argentées, principalement sur les coudes, genoux et cuir chevelu. Un dermatologue peut trancher en quelques minutes, parfois avec un dermoscope, rarement par biopsie.

Quelle est la différence entre les squames de l’eczéma et du psoriasis ?

Dans le psoriasis, les squames sont épaisses, argentées et sèches – le signe de la bougie : on les détache facilement en les grattant. Dans l’eczéma, la desquamation est fine, pelliculaire, associée à des croûtes jaunâtres en phase aiguë. À la dermoscopie, le psoriasis montre des vaisseaux en points réguliers ; l’eczéma, des croûtes orange-brunes caractéristiques.

L’eczéma gratte-t-il plus que le psoriasis ?

Dans la plupart des cas, oui. Le prurit est le symptôme cardinal de l’eczéma atopique, souvent si intense qu’il perturbe le sommeil. Le psoriasis démange aussi, mais de façon généralement moins sévère – sauf pour les formes du cuir chevelu et des plis génitaux, qui peuvent être très prurigineuses. La sévérité des démangeaisons ne suffit pas à elle seule pour différencier les deux maladies.

Peut-on avoir eczéma et psoriasis en même temps ?

Oui. Des études récentes (Tsai et Tsai, Int J Mol Sci, 2022) montrent que les deux maladies peuvent coexister, avec des mécanismes immunologiques chevauchants impliquant les voies Th2 (eczéma) et Th17 (psoriasis). Ce tableau mixte concerne environ 1 à 2 % des patients atteints de l’une ou l’autre maladie, et il représente un défi diagnostique et thérapeutique particulier.

Eczéma ou psoriasis : quelle maladie est la plus fréquente en France ?

L’eczéma atopique touche 15 à 20 % des enfants et 5 à 10 % des adultes en France, soit environ 4 millions de personnes. Le psoriasis affecte 2 à 3 % de la population, soit près de 2 millions de personnes. Les deux maladies sont chroniques et récidivantes, mais leurs traitements diffèrent fondamentalement au-delà des soins locaux de base.

Le stress aggrave-t-il l’eczéma et le psoriasis de la même façon ?

Le stress est un facteur déclenchant reconnu dans les deux maladies, mais les mécanismes diffèrent. Dans l’eczéma, il exacerbe le prurit et la réponse Th2 pro-inflammatoire, fragilisant la barrière cutanée. Dans le psoriasis, il active l’axe neuro-immun et la sécrétion d’IL-17. La gestion du stress fait partie intégrante du traitement global dans les deux cas.

Eczéma ou psoriasis : les traitements sont-ils les mêmes ?

Non, pas au-delà des soins locaux de base. Les deux maladies utilisent des dermocorticoïdes en première intention. Mais les biothérapies ciblent des cytokines différentes : l’eczéma sévère répond aux anti-IL-4/13 (dupilumab), le psoriasis aux anti-IL-17 (secukinumab) ou anti-IL-23 (guselkumab). Un diagnostic précis est indispensable avant tout traitement systémique.

Peut-on distinguer eczéma et psoriasis sans consultation médicale ?

Un auto-diagnostic est déconseillé, car les deux maladies peuvent être très similaires, notamment aux mains et aux pieds. Des critères orientent la suspicion : localisation, âge, antécédents familiaux, terrain allergique. Mais seul un dermatologue, avec dermoscope et parfois biopsie, peut poser un diagnostic fiable et adapter le traitement – une erreur diagnostique retarde en moyenne de 2 à 7 ans une prise en charge optimale.

Références scientifiques

  1. Tsai YC, Tsai TF. Overlapping Features of Psoriasis and Atopic Dermatitis: From Genetics to Immunopathogenesis to Phenotypes. Int J Mol Sci. 2022 May 15;23(10):5518. PMID 35628327
  2. Errichetti E, Stinco G. Dermoscopy in differential diagnosis of palmar psoriasis and chronic hand eczema. J Dermatol. 2016 Apr;43(4):423-5. PMID 26460228
  3. Bozek A, Zajac M, Krupka M. Atopic Dermatitis and Psoriasis as Overlapping Syndromes. Mediators Inflamm. 2020;2020:7527859. PMID 33354161

Source : HAS – Dermatite atopique de l’enfant

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Mis à jour juin 2026 – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

Tapinarof (Vtama®) : psoriasis et dermatite atopique

Tapinarof (Vtama®) : nouveau traitement topique du psoriasis et de la dermatite atopique

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Le tapinarof représente une avancée thérapeutique significative dans la dermatologie topique : il s’agit du premier agoniste du récepteur des hydrocarbures aryliques (AhR) approuvé en dermatologie, une classe mécanistique entièrement nouvelle. Commercialisé sous le nom Vtama® aux États-Unis, il a obtenu l’approbation de la FDA pour le psoriasis en plaque de l’adulte en 2022, puis pour la dermatite atopique en 2024. Son statut en Europe reste à suivre.

Qu’est-ce que le tapinarof ?

Le tapinarof est une petite molécule d’origine naturelle dérivée d’un composé bactérien, administrée sous forme de crème topique à 1 %, appliquée une fois par jour. Il n’appartient à aucune des classes thérapeutiques topiques existantes en dermatologie (ni corticostéroïde, ni inhibiteur de PDE4, ni inhibiteur de JAK).

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Mécanisme d’action

Le tapinarof active le récepteur AhR (aryl hydrocarbon receptor), un facteur de transcription intracellulaire présent dans les kératinocytes et les cellules immunitaires cutanées. Cette activation déclenche deux effets complémentaires :

  • Activation de la voie Nrf2 : réduit le stress oxydatif et l’inflammation via la régulation à la hausse de gènes antioxydants (HO-1, NQO1)
  • Inhibition des voies Th2 et Th17 : diminution des cytokines pro-inflammatoires IL-4, IL-13 (DA) et IL-17 (psoriasis)
  • Restauration de la barrière cutanée : augmentation de l’expression des protéines de jonction (filaggrine, loricrine)

Contrairement aux corticostéroïdes, le tapinarof ne provoque pas d’atrophie cutanée et n’entraîne pas de suppression de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA), même en application prolongée sur de grandes surfaces.

Indications approuvées (FDA)

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Indication Population Approbation FDA
Psoriasis en plaques modéré à sévère Adultes Mai 2022
Dermatite atopique modérée à sévère Adultes et enfants ≥ 2 ans Septembre 2024

Efficacité clinique

Psoriasis – Essais PSOARING 1 & 2

Les deux essais de phase 3 PSOARING, menés chez des adultes atteints de psoriasis en plaques modéré à sévère, ont démontré une efficacité supérieure au placebo à 12 semaines (Lebwohl M et al., N Engl J Med 2022 ; PMID : 35803329) :

Critère PSOARING 1 (tapinarof) PSOARING 2 (tapinarof) Placebo
PGA 0/1 (peau claire/quasi-claire) à S12 35,4 % 40,2 % 6,0 %
Réduction PASI ≥ 75 (PASI-75) 36,1 % 47,6 % 10 %
Amélioration prurit (NRS) Significative Significative Non significative

Un effet de « rémission durable » a été observé : après arrêt du traitement, certains patients maintiennent l’amélioration plusieurs semaines, suggérant un effet modificateur de la maladie.

Dermatite atopique – Essais ADORING 1 & 2

Les essais ADORING ont évalué le tapinarof 1 % crème chez des adultes et enfants (≥ 2 ans) atteints de DA modérée à sévère sur 8 semaines :

Critère à S8 ADORING 1 (tapinarof) ADORING 2 (tapinarof) Placebo
IGA 0/1 (réponse complète/quasi-complète) 45,4 % 46,4 % 13,9–16,1 %
EASI-75 (réduction ≥ 75 % du score) 55,8 % 59,1 % 22,9–25,0 %
Amélioration prurit (PP-NRS ≥ 4 points) ~40 % ~42 % ~18 %

Tolérance et effets indésirables

Le profil de tolérance du tapinarof est globalement favorable. L’effet indésirable le plus fréquent est la folliculite, survenant chez 20 à 23 % des patients traités :

  • Folliculite (20–23 %) : légère à modérée dans la grande majorité des cas, réversible
  • Irritation locale au site d’application (5–10 %) : érythème, prurit transitoire
  • Aucune atrophie cutanée détectée même après usage prolongé
  • Aucune suppression de l’axe HPA observée dans les études pharmacologiques
  • Pas d’effet tératogène démontré dans les études animales

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Avantages par rapport aux traitements topiques existants

Caractéristique Tapinarof Corticostéroïdes topiques Inhibiteurs de PDE4 (crisaborole)
Risque d’atrophie cutanée Non Oui (usage prolongé) Non
Suppression HPA Non Possible (grandes surfaces) Non
Applicabilité visage/plis Oui Limitée Oui
Effet de rémission post-traitement Possible Non Non
Fréquence d’application 1×/jour 1–2×/jour 2×/jour

Statut en France et en Europe

À ce jour, le tapinarof n’est pas disponible en France. L’AMM européenne (EMA) n’a pas encore été accordée, et l’ANSM n’a émis aucune autorisation temporaire d’utilisation (ATU/AAP) pour cette molécule. Les patients français atteints de psoriasis ou de dermatite atopique résistants aux traitements conventionnels disposent cependant de nombreuses alternatives efficaces, notamment les biothérapies (dupilumab, lébrikizumab, ustekinumab, bimékirimab…) et les inhibiteurs de JAK (abrocitinib, baricitinib, upadacitinib).

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Questions fréquemment posées

Le tapinarof est-il disponible en France ?

Non. Au 30 avril 2026, le tapinarof (Vtama®) n’a pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) en Europe. Il est uniquement approuvé aux États-Unis par la FDA pour le psoriasis (2022) et la dermatite atopique (2024). Aucune demande d’AMM européenne n’est encore confirmée.

Le tapinarof est-il un corticoïde ?

Non. Le tapinarof est une molécule de classe entièrement nouvelle (agoniste AhR). Il ne contient aucun corticoïde et ne provoque pas d’atrophie cutanée ni de suppression hormonale, même utilisé sur de grandes surfaces ou pendant une durée prolongée.

Quelle est la différence entre tapinarof et dupilumab ?

Le dupilumab est un traitement systémique (injection sous-cutanée) qui bloque les interleukines IL-4 et IL-13 par voie générale. Le tapinarof est un traitement topique (crème appliquée sur la peau) agissant localement via l’activation du récepteur AhR. Ils n’ont pas le même niveau d’indication : le dupilumab est réservé aux formes modérées à sévères, le tapinarof pourrait couvrir un spectre plus large de sévérité.

Peut-on commander du tapinarof depuis la France ?

Non. L’importation personnelle de médicaments non-AMM en France est encadrée par des règles strictes et déconseillée. Il est indispensable de consulter un dermatologue pour explorer les alternatives disponibles et remboursées en France.

Références médicales

Articles PubMed :

  • Lebwohl MG, et al. Phase 3 Trials of Tapinarof Cream for Plaque Psoriasis. N Engl J Med. 2022;386(18):1723-1732. PMID : 35803329. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35803329/
  • Silverberg JI, et al. Tapinarof Cream 1% Once Daily in Patients with Atopic Dermatitis (ADORING 1 and ADORING 2): 8-Week Results from Two Randomized Phase 3 Trials. J Am Acad Dermatol. 2024;90(5):979-987. PMID : 38246431. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38246431/
  • Smith SH, et al. Tapinarof is a natural AhR agonist that resolves skin inflammation in mice and humans. J Invest Dermatol. 2017;137(10):2110-2119. PMID : 28595998. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28595998/

Source institutionnelle :

  • FDA Drug Label – Vtama® (tapinarof) cream 1%. U.S. Food & Drug Administration, 2024. Accéder au label FDA

Voir aussi

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Psoriasis : causes, symptômes et traitements – guide complet

Mis à jour le 20 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique de la peau touchant 2 à 3 % de la population mondiale (environ 1,5 million de personnes en France). Il se manifeste par des plaques rouges recouvertes de squames blanches, localisées préférentiellement aux coudes, genoux, cuir chevelu et bas du dos. 30 % des patients développent un rhumatisme psoriasique.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Psoriasis : symptômes, causes, photos et traitements
Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique de la peau touchant plus de 1 million de Français (2 à 5% de la population). Il se manifeste par des plaques rouges recouvertes de squames blanches, localisées sur les coudes, les genoux, le cuir chevelu ou d’autres zones. Non contagieux, il évolue par poussées et rémissions. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ses causes, ses formes, ses complications et ses traitements.

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psoriasis plaques rouges squames photo
Psoriasis – plaques rouges avec squames blanches

Cet article en vidéo


Qu’est-ce que le psoriasis ?

Le psoriasis est une maladie inflammatoire plurifactorielle – génétique, immunitaire et environnementale. Au niveau cutané, il se caractérise par une prolifération excessive et accélérée des kératinocytes (cellules de l’épiderme) : la peau se renouvelle trop rapidement, provoquant l’accumulation de squames.

Deux mécanismes principaux sont impliqués :

  • Une prolifération épidermique excessive
  • Une inflammation chronique médiée par les lymphocytes T et les cytokines qu’ils produisent (TNFα, interleukine 17 notamment)

On considère de plus en plus que le psoriasis est une maladie globale de l’organisme dont la peau n’est que la « fenêtre » – avec des répercussions cardiovasculaires, métaboliques et articulaires importantes.

plaque de psoriasis rouge squames blanches photo
Plaque de psoriasis typique – bords nets, squames blanches adhérentes

Causes et facteurs déclencheurs des poussées

Le psoriasis évolue par poussées dont la chronologie est souvent imprévisible. Les principaux facteurs déclencheurs sont :

  • Stress et fatigue – impliqués dans 30 à 40% des poussées, surtout quand le psoriasis a débuté tôt dans la vie
  • Infections ORL – une angine peut déclencher une poussée, notamment un psoriasis en gouttes chez l’adulte comme chez l’enfant
  • Traumatismes cutanés – phénomène de Köbner : les plaques apparaissent ou s’aggravent sur les zones de frottement chronique (coudes, genoux, cicatrices récentes). Il faut être doux avec ses plaques et éviter de les gratter
  • Médicaments – bêtabloquants, IEC, lithium, interféron, imiquimod, anti-TNF (paradoxalement), AINS, antipaludéens. Toujours signaler son psoriasis à son médecin
  • Alcool – aggrave les poussées et rend le psoriasis plus difficile à traiter. Certains patients font une poussée dès le lendemain d’une consommation même modérée
  • Tabac – aggrave l’inflammation sans déclencher de poussée directement
  • Cycle féminin – les règles peuvent être un moment de poussée chez certaines femmes
  • Soleil à fortes doses – bénéfique à petites doses, un coup de soleil peut déclencher une poussée

💡 Le psoriasis est non contagieux. Il existe des formes familiales mais ce n’est pas une maladie héréditaire à proprement parler – des facteurs environnementaux sont nécessaires pour déclencher la maladie sur un terrain génétique prédisposé.

Les différentes formes de psoriasis

Forme Fréquence Aspect et localisation
Psoriasis en plaques 80% des cas Plaques rouges squameuses aux coudes, genoux, haut des fesses
Psoriasis inversé Fréquent Plis (interfessier, inguinal, sous-mammaire) – rouge brillant et lisse sans squames
Psoriasis du cuir chevelu Très fréquent Squames épaisses, plaques rouges, souvent confondu avec les pellicules
Psoriasis du visage Moins fréquent Sébopsoriasis – forme grave de dermite séborrhéique
Psoriasis des ongles Fréquent Ongles piqués, décollés, épaissis, jaunâtres
Psoriasis des mains et pieds Fréquent Paumes et plantes – plaques épaisses ou pustules
Psoriasis en gouttes Moins fréquent Petites plaques disséminées sur le corps après une infection ORL
Psoriasis pustuleux Rare Pustules sur paumes/plantes ou forme généralisée grave

Psoriasis en plaques – photos

psoriasis en plaques coudes genoux photo
Psoriasis en plaques – la forme la plus fréquente
dermatoscopie psoriasis vaisseaux points squames blanches
Dermatoscopie d’une plaque de psoriasis – vaisseaux en points et squames blanches

Le rhumatisme psoriasique

Le psoriasis peut s’accompagner de douleurs articulaires inflammatoires dans 20 à 40% des cas selon les études. Ce rhumatisme psoriasique touche préférentiellement les mains, les pieds, le bas du dos et les tendons. Les signes évocateurs sont :

  • Douleurs articulaires prédominant la nuit
  • Raideur matinale des doigts pendant plus de 30 minutes
  • Gonflement d’un doigt pendant plus de 3 jours (« doigt en saucisse »)
  • Douleur du tendon d’Achille ou des pieds
  • Douleurs du bas du dos de tonalité inflammatoire

Ces symptômes doivent être signalés au médecin – le rhumatisme psoriasique nécessite un traitement spécifique et peut être traité efficacement par biothérapies.

Psoriasis et maladies associées (comorbidités)

On considère de plus en plus le psoriasis comme une maladie systémique dépassant la seule atteinte cutanée. Des examens biologiques (glycémie, bilan lipidique, bilan hépatique) et une surveillance tensionnelle sont recommandés, surtout en cas de surpoids.

Les principales comorbidités associées :

  • Syndrome métabolique – diabète de type 2, dyslipidémie (cholestérol, triglycérides), hypertension artérielle, obésité
  • Maladies cardiovasculaires – infarctus, AVC (risque augmenté, surtout dans les formes sévères)
  • Maladies digestives – maladie de Crohn, stéatose hépatique
  • Troubles de l’humeur – dépression et anxiété (environ 90% des patients craignent le rejet social)
  • Apnées du sommeil, troubles respiratoires

Une étude de 2019 montre que les patients psoriasiques ont une mortalité plus élevée que la population générale, notamment cardiovasculaire, hépatique et rénale en cas de psoriasis sévère.

Retentissement psychologique

Le psoriasis est une maladie affichante (plaques visibles, pellicules, ongles atteints) qui provoque une souffrance psychologique réelle. Environ la moitié de la population générale craint à tort la contagion, ce qui expose les patients à un rejet social difficile à vivre. Le psoriasis est fréquemment associé à des troubles anxieux et dépressifs – cet aspect doit être pris en charge au même titre que les lésions cutanées.

Régime et hygiène de vie

Si la science ne valide pas un « régime anti-psoriasis » universel, certaines mesures sont clairement bénéfiques :

  • Éviter l’alcool – aggrave les poussées et réduit l’efficacité des traitements
  • Arrêter le tabac – aggrave l’inflammation
  • Maintenir un poids normal – l’obésité aggrave le psoriasis et réduit la réponse aux biothérapies
  • Être doux avec ses plaques – ne pas gratter, hydrater régulièrement, éviter les frottements (phénomène de Köbner)
  • Expositions solaires modérées – bénéfiques à petite dose, nocives en cas de coup de soleil

Voir l’article : régime psoriasis.

Traitement du psoriasis

Le traitement varie selon l’étendue des lésions, le retentissement sur la qualité de vie et la résistance aux traitements antérieurs. Il est souvent suspensif – il blanchit les lésions mais ne guérit pas définitivement la maladie.

Les principales options disponibles :

  • Traitements locaux – dermocorticoïdes, analogues de la vitamine D (calcipotriol), rétinoïdes topiques, nouveaux gels combinant 2 principes actifs
  • Photothérapie – UVB à spectre étroit, PUVA-thérapie
  • Traitements systémiques classiques – méthotrexate, acitrétine, ciclosporine
  • Biothérapies – anti-TNFα, anti-IL17, anti-IL23, anti-IL12/23. Elles ont transformé la prise en charge des formes sévères, permettant des rémissions complètes chez des patients réfractaires aux traitements classiques

Voir l’article détaillé : traitement du psoriasis.

Articles par localisation

Sources

⚠ Consultez rapidement si :

  • Psoriasis érythrodermique : rougeur généralisée à plus de 90 % du corps avec fièvre
  • Psoriasis pustuleux généralisé : pustules étendues avec altération de l’état général
  • Douleurs articulaires persistantes associées (rhumatisme psoriasique)
  • Échec de 2 traitements locaux bien conduits pendant 8 semaines

Questions fréquentes sur le psoriasis

La marque Pomad est-elle efficace contre le psoriasis ?

Pomad est un cosmétique, pas un médicament : aucune étude clinique publiée ne démontre son efficacité sur le psoriasis à ce jour. Les traitements validés restent les dermocorticoïdes, les analogues de la vitamine D et, dans les formes sévères, les biothérapies. Voir notre analyse complète.

Le psoriasis est-il contagieux ?

Non. Le psoriasis n’est absolument pas contagieux. C’est une maladie inflammatoire d’origine génétique et immunitaire – il est impossible de l’attraper par contact avec une personne atteinte. Cette idée reçue cause beaucoup de souffrance sociale aux patients.

J’ai des croûtes dans les cheveux, est-ce du psoriasis ?

Les croûtes dans les cheveux sont le plus souvent dues à une dermite séborrhéique (pellicules). Cependant, si vous présentez des croûtes épaisses, coalescentes sur des plaques rouges bien délimitées, il peut s’agir d’un psoriasis du cuir chevelu. Seul un dermatologue peut faire la distinction avec certitude.

Existe-t-il un traitement qui guérit définitivement le psoriasis ?

Non. Les traitements actuels permettent de « blanchir » les lésions (les faire disparaître) mais le psoriasis peut récidiver à l’arrêt. Les biothérapies modernes permettent d’obtenir des rémissions très longues chez les patients atteints de formes sévères. Le psoriasis peut aussi disparaître spontanément pendant des années.

Le psoriasis va-t-il se transmettre à mes enfants ?

Pas inéluctablement. On retrouve des antécédents familiaux de psoriasis dans environ un tiers des cas, mais la transmission est complexe. Le psoriasis nécessite à la fois un terrain génétique prédisposé et des facteurs environnementaux déclencheurs. Avoir un parent psoriasique augmente le risque sans le rendre certain.

Le stress peut-il déclencher une poussée de psoriasis ?

Oui, c’est l’un des facteurs déclencheurs les mieux documentés, impliqué dans 30 à 40% des poussées. Le stress perturbe le système immunitaire et peut activer les cascades inflammatoires responsables du psoriasis. Une prise en charge du stress (relaxation, thérapie cognitivo-comportementale) peut aider à espacer les poussées.

Comment distinguer l’eczema du psoriasis ?

Il est parfois très difficile de faire la différence entre eczema et psoriasis notamment au niveau des mains, le dermatologue est alors parfois obligé de faire une biopsie.

Faut-il faire des analyses de sang quand on a du psoriasis ?

Pas systématiquement, mais c’est recommandé en cas de surpoids ou de formes sévères. Le médecin peut prescrire une glycémie à jeun, un bilan lipidique et un bilan hépatique pour dépister un syndrome métabolique associé. Une surveillance de la tension artérielle est également conseillée.
La crème Dermora est-elle fiable contre le psoriasis ?

Non, la prudence s’impose. Cette crème vendue en ligne (mydermora.shop) affiche des témoignages élogieux sur son propre site, mais les avis indépendants sur Trustpilot signalent des pratiques commerciales problématiques : facturation abusive, absence de suivi de commande, et un client ayant reçu un produit différent contenant des parabènes malgré des allégations contraires. Aucune étude clinique publiée ne valide son efficacité sur le psoriasis ou la dermite séborrhéique. Mieux vaut s’en tenir aux traitements dont l’efficacité est démontrée et en parler à son dermatologue avant tout achat en ligne.

Existe-t-il un nouveau traitement du psoriasis en comprimé en 2026 ?

Un comprimé ciblant l’interleukine 23 par voie orale (icotrokinra) a obtenu une autorisation de la FDA aux États-Unis en 2026 pour le psoriasis en plaques modéré à sévère. Il s’agit d’une avancée notable, car les traitements ciblant l’IL-23 étaient jusqu’ici uniquement injectables. Ce médicament n’est pas encore autorisé en France ni dans l’Union européenne à ce jour : son arrivée dépendra d’une évaluation par l’Agence européenne des médicaments et, en France, par la Haute Autorité de Santé. Parlez-en à votre dermatologue si vous souhaitez faire le point sur les options orales déjà disponibles.

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Références

Causes psoriasis : pourquoi ai-je du psoriasis

Causes du psoriasis

Le psoriasis résulte de la rencontre entre un terrain génétique prédisposant et des facteurs déclenchants environnementaux (stress, infections, certains médicaments, traumatismes cutanés). C’est une maladie inflammatoire chronique et non contagieuse, dans laquelle le système immunitaire accélère anormalement le renouvellement des cellules de la peau.

Mis à jour le 7 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Le psoriasis résulte d’un terrain génétique (allèle HLA-C*06:02) associé à un dérèglement immunitaire (voie IL-17/IL-23) déclenché par des facteurs environnementaux (stress, infection ORL, tabac, certains médicaments). Il n’est pas contagieux.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Que se passe-t-il dans une plaque de psoriasis?

Le psoriasis est une maladie inflammatoire

La physiopathologie du psoriasis fait intervenir des mécanismes inflammatoires (inflammation chronique de la peau), dont on ne connaît pas bien l’origine.

Cette inflammation provoque une accélération du renouvellement des kératinocytes, les cellules de l’épiderme : ils se renouvellent en 3-4j au lieu de 28 normalement!

Les kératinocytes produits n’ont donc pas eu le temps de faire leur maturation et la peau est produite en excès, constituée de kératinocytes immatures. L’ensemble de ces phénomènes (inflammation donc rougeur, et kératinocytes immatures donc présence de squames épaisses qui se détachent) génère le plaque de psoriasis typique.

plaque de psoriasis
Plaque de psoriasis typique, rouge (inflammatoire) et squameuse épaisse (blanche)

Le psoriasis est une maladie auto immune

L’auto immunité est un état dans lequel les cellules immunitaires qui sont sensées nous protéger, se mettent à nous attaquer dans certains organes.

Certaines cellules immunitaires, les lymphocytes T, ont un role prépondérant dans la génèse de l’inflammation responsable des plaques de psoriasis

Le psoriasis est déclenché par une réaction immunitaire excessive.

Tout commence au niveau des cellules dendritiques activées sous l’influence du stress, de traumatismes cutanés, après l’infection par certains pathogènes ou la prise de certains médicaments, par des substances pro inflammatoires, le TNF (Tumor Necrosis Factor) et la les interleukines IL-1b et IL-36 qui activent les cellules dendritiques.

Celle-ci subit une maturation, exprime des molécules de costimulation du lymphocyte T et sécrète de l’IL-23. L’IL-23, en association à d’autres cytokines telles que le TGF (transforming growth factor)-β et l’IL-6, contribue à la différenciation des lymphocytes T CD4 en Th17 qui prolifèrent et migrent dans l’épiderme ou elles produisent aussi des interleukines (IL-17 et IL-22), provoquant elles aussi une inflammation dans l’épiderme, la prolifération des kératinocytes et la production de peptides antimicrobiens en association à l’IL-17.

L’IL-17, cytokine majeure produite par les Th17, stimule avec le TNF-α la production des chimiokines CXCL (chemokine [C-X-C motif] ligand) 1 et CXCL8 par les kératinocytes.

Ces chimiokines recrutent des polynucléaires neutrophiles dans la peau.

Ainsi, le rôle prépondérant des lymphocytes T CD4 de type Th17 dans la maladie a conduit au développement d’inhibiteurs spécifiques de cette voie, tels que les anticorps anti-IL(interleukine)-23 (cytokine favorisant la différenciation des lymphocytes en Th17), anti-IL-17, anti-IL-17RA (récepteur de l’IL-17) et IL-22 (cytokine produite notamment par les lymphocytes Th17) mais aussi des anticorps anti-TNF (étanercept, infliximab, adalimumab), anti-p40 (IL-12/IL-23, ustekinumab) et anti-IL-17A (sécukinumab)

Le psoriasis, une maladie génétique

Cette tendance à présenter dans la peau des cellules dendritiques activées et des Lymphocytes T activés serait influencé par la présence de gènes prédisposant donc au psoriasis

L’hérédité joue donc un rôle prédisposant au risque de psoriasis : on trouve environ 1 fois sur trois des antécédents de psoriasis dans la famille.

Cet antécédent familial de psoriasis est plus fréquent lorsque le psoriasis commence tot dans la vie:

Le psoriasis peut commencer à tout âge, mais il existe deux périodes plus à risque de voir apparaître un psoriasis :
– la puberté : il s’agit alors le plus souvent d’un psoriasis avec antécédents familiaux de psoriasis
– vers 40-50 ans : ce psoriasis est moins souvent associé à des antécédents familiaux de psoriasis

On connait encore mal la responsabilité intrinsèque des gènes dans le développement de la maladie mais on peut considérer que le psoriasis est une maladie provoquée par l’action de l’environnement sur un terrain génétique déterminé.

Voyons quels sont les facteurs environnementaux :

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Facteurs intervenant dans le début (déclenchement) d’un psoriasis :

Le psoriasis est-il déclenché par le stress?

Un traumatisme psychologique est souvent retrouvé avant le déclenchement d’une poussée de psoriasis (stress, choc émotionnel… ).

J’ai fait du psoriasis après une angine ou une rhinopharyngite, est-ce lié?

Une infection ORL (en particulier a Streptocoque) peut déclencher un psoriasis, surtout chez l’enfant, et surtout pour la forme dite  » psoriasis en goutte  »

Le psoriasis est-il contagieux?

Le psoriasis n’est donc pas à proprement parler contagieux (mais il est possible de transmettre le terrain à ses descendants ou une infection ORL… qui déclenchera une poussée chez plusieurs membres d’une même famille)

⚠ Consultez rapidement si :

  • extension très rapide des plaques sur tout le corps (érythrodermie)
  • pustules généralisées avec fièvre (psoriasis pustuleux généralisé, urgence)
  • douleurs et gonflements articulaires associés (rhumatisme psoriasique)
  • fort retentissement psychologique (anxiété, isolement social)

Questions fréquentes

Le psoriasis est-il héréditaire ?

Il existe une prédisposition génétique, en particulier liée à l’allèle HLA-C*06:02, plus fréquente dans les formes débutant avant 40 ans avec antécédents familiaux. Mais avoir ce terrain génétique ne suffit pas à déclencher la maladie : il faut aussi des facteurs environnementaux déclenchants.

Le psoriasis est-il contagieux ?

Non, le psoriasis n’est pas contagieux. On ne peut pas l’attraper au contact d’une personne atteinte. En revanche, le terrain génétique prédisposant peut se transmettre aux descendants, et une même infection (ORL par exemple) peut déclencher une poussée chez plusieurs membres d’une même famille.

Une angine peut-elle déclencher un psoriasis ?

Oui, une infection à streptocoque, notamment une angine, peut déclencher un psoriasis, surtout chez l’enfant et l’adolescent, sous une forme particulière appelée psoriasis en gouttes (petites plaques disséminées apparaissant 1 à 3 semaines après l’infection).

Le stress peut-il déclencher une poussée de psoriasis ?

Oui, le stress est l’un des facteurs déclenchants ou aggravants les plus fréquemment rapportés par les patients, au même titre que le tabac, l’alcool, l’obésité ou certains médicaments (bêtabloquants, lithium, antipaludéens). Il agit sur un terrain immunitaire et génétique déjà prédisposé.

À lire aussi sur le psoriasis

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Références médicales

Psoriasis du cuir chevelu

Psoriasis du cuir chevelu

Psoriasis du cuir chevelu
Psoriasis du cuir chevelu

Mis à jour le 7 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Le psoriasis du cuir chevelu touche environ 50% des patients atteints de psoriasis en plaques. Il se manifeste par des plaques épaisses squameuses, souvent difficiles à distinguer d’une dermite séborrhéique sévère. Les traitements de référence sont les dermocorticoïdes en lotion ou mousse, seuls ou associés au calcipotriol.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Comment se manifeste le psoriasis du cuir chevelu?

Le psoriasis du cuir chevelu se manifeste le plus souvent par des plaques de la nuque, du pourtour des oreilles, du sommet du crane, du cuir chevelu

Les plaques sont blanches le plus souvent, il ne faut pas les confondre avec les simples pellicules

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Soigner le psoriasis du cuir chevelu

On utilise souvent l’association corticoïdes/calcipotriol en lotion (Daivobet* une à deux heures avant le shampoing) et/ou les mousses aux corticoïdes de classe1 (Clarelux*15 minutes avant le shampoing de façon dégressive jusqu’à une fois par semaine).

Il est parfois nécessaire de réduire l’infection apportée par le grattage du du cuir chevelu par un traitement antibiotique local voire oral.

En deuxième intention et en cas de résistance aux traitements locaux, on peut prescrire des médicaments (Soriatane… )

⚠ Consultez rapidement si :

  • Plaques du cuir chevelu associées à une chute de cheveux progressive (lichen plan pilaire à éliminer)
  • Extension au visage ou au cou – réévaluation thérapeutique
  • Surinfection du cuir chevelu : croûtes purulentes, fièvre

Questions fréquentes

Quand consulter un dermatologue pour un psoriasis ?

Consultez si les plaques s’étendent rapidement, si les traitements locaux sont insuffisants après 4 semaines, ou si des douleurs articulaires apparaissent.

Comment différencier psoriasis du cuir chevelu et pellicules ?

Les pellicules simples donnent de fines squames blanches sans rougeur ni relief. Le psoriasis forme des plaques épaisses, bien délimitées, surélevées, souvent au niveau de la lisière du cuir chevelu, de la nuque et derrière les oreilles – un dermatologue peut trancher en cas de doute.

Le psoriasis du cuir chevelu peut-il faire tomber les cheveux ?

Le psoriasis du cuir chevelu, seul, n’entraîne pas de chute de cheveux définitive : les follicules ne sont pas détruits. Une chute réactionnelle temporaire liée au grattage ou à l’inflammation est possible, réversible après contrôle des plaques.

Les shampoings antipelliculaires suffisent-ils contre le psoriasis du cuir chevelu ?

Les shampoings au kétoconazole ou à l’acide salicylique peuvent aider à décaper les squames mais ne traitent pas l’inflammation. Un traitement dermocorticoïde ou associant calcipotriol est nécessaire pour contrôler durablement les plaques.

À lire aussi sur le psoriasis

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Références médicales

Méthotrexate dans le psoriasis

Méthotrexate en dermatologie : psoriasis et rhumatisme psoriasique
Le méthotrexate (MTX) est un antimétabolite antifolique utilisé en dermatologie depuis plus de 50 ans dans le traitement du psoriasis sévère résistant aux traitements conventionnels et du rhumatisme psoriasique.

Mis à jour le 7 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Le méthotrexate est un traitement systémique du psoriasis modéré à sévère, utilisé en dermatologie depuis plus de 50 ans. Il se prend en une seule fois par semaine – jamais quotidiennement, sous peine de toxicité grave – et nécessite une surveillance biologique régulière ainsi qu’une contraception efficace.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Il agit en inhibant la dihydrofolate réductase, enzyme indispensable à la synthèse des bases puriques et donc à la prolifération cellulaire, réduisant ainsi l’hyperprolifération des kératinocytes caractéristique du psoriasis et modulant la réponse immunitaire inflammatoire.
Contrairement aux traitements quotidiens, le méthotrexate est administré une seule fois par semaine, ce qui le distingue de la plupart des médicaments et impose une vigilance particulière pour éviter les erreurs de prise.
Il est disponible par voie orale (comprimés à 2,5 mg) ou par injection sous-cutanée ou intramusculaire, cette dernière voie étant préférée en cas de nausées importantes ou de doses élevées pour une meilleure biodisponibilité.
Le méthotrexate est un traitement de référence dans les traitements systémiques du psoriasis, avant le recours aux biothérapies.

Indications en dermatologie

Psoriasis en plaques modéré à sévère résistant aux traitements topiques et à la photothérapie.
Rhumatisme psoriasique : le méthotrexate est un traitement de fond de référence, notamment pour les atteintes articulaires périphériques.
Psoriasis érythrodermique et pustuleux généralisé : en urgence dermatologique, en association.
Dermatite atopique sévère de l’adulte et de l’enfant : hors AMM mais largement utilisé en pratique avant les biothérapies.
Lymphomes cutanés T (mycosis fongoïde) à faibles doses.
Morphée et sclérodermie localisée : hors AMM, pour les formes étendues ou en progression.

Bilan avant instauration du traitement

Un examen clinique complet est indispensable pour s’assurer de l’absence de foyer infectieux chronique, de maladie hépatique ou hématologique sous-jacente, avant toute prescription.

Bilan biologique initial obligatoire :
– NFS-plaquettes (recherche d’anomalie hématologique préexistante),
– créatininémie et clairance de la créatinine (fonction rénale),
– bilan hépatique complet : ASAT, ALAT, GGT, phosphatases alcalines, bilirubine,
– sérologies hépatites B et C (le méthotrexate est formellement contre-indiqué en cas d’hépatite active),
– sérologie VIH si contexte à risque,
– bêta-hCG chez toute femme en âge de procréer (tératogénicité majeure).

Bilan morphologique hépatique :
Fibroscan (élastométrie hépatique) avant initiation : évalue la fibrose hépatique basale, particulièrement importante chez les patients psoriasiques présentant des comorbidités métaboliques (obésité, diabète, stéatose hépatique non alcoolique),
Fibrotest en complément selon le profil du patient.

Bilan pulmonaire :
– Radiographie thoracique de référence avant traitement (dépistage d’une pathologie pulmonaire préexistante pouvant favoriser la pneumopathie immuno-allergique).

Modalités d’administration et initiation du traitement

Principe fondamental : une prise par semaine, jamais quotidienne.
Les erreurs de prise quotidienne du méthotrexate sont une cause de toxicité grave et parfois mortelle. Il est recommandé de noter le jour de prise sur le calendrier et d’en informer tous les professionnels de santé impliqués.

Voie orale : comprimés à 2,5 mg, de préférence fractionnés en trois prises à 12 heures d’intervalle le même jour hebdomadaire pour améliorer la tolérance digestive.

Voie injectable (sous-cutanée ou intramusculaire) : préférée en cas de nausées importantes sous forme orale, de doses supérieures à 15 mg/semaine, ou pour améliorer la biodisponibilité.

Schéma d’initiation progressif :
– dose initiale : 5 à 7,5 mg/semaine,
– augmentation progressive de 5 mg toutes les 4 semaines selon la tolérance clinique et biologique,
– dose efficace habituelle : 15 à 20 mg/semaine,
– dose maximale rarement dépassée : 25 mg/semaine en dermatologie.

Acide folique obligatoire : prescrire systématiquement de l’acide folique 5 mg/semaine, à prendre le lendemain de la prise de méthotrexate (jamais le même jour, sous peine d’en annuler l’effet thérapeutique). L’acide folique réduit significativement les nausées, la stomatite et la toxicité hématologique sans diminuer l’efficacité anti-psoriasique.

Surveillance sous traitement

Surveillance hématologique et hépatique :
– NFS-plaquettes : toutes les semaines pendant les 2 premiers mois, puis tous les mois,
– ASAT, ALAT (transaminases) : tous les mois,
– créatininémie : tous les 3 mois.

Surveillance hépatique morphologique :
– Fibroscan (et si possible Fibrotest) après chaque dose cumulative de 3 g de méthotrexate : seuil à partir duquel le risque de fibrose hépatique augmente significativement,
– à noter : chez les patients psoriasiques, la fibrose hépatique est avant tout liée aux comorbidités métaboliques (obésité, diabète, stéatose, alcool) plutôt qu’au méthotrexate lui-même. L’évaluation du risque doit tenir compte de l’ensemble de ces facteurs.

Surveillance pulmonaire :
– En cas d’apparition d’une toux sèche, d’une dyspnée ou d’une fièvre inexpliquée : arrêt immédiat du méthotrexate et consultation en urgence (suspicion de pneumopathie immuno-allergique).

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Contre-indications

Contre-indications absolues :
– Grossesse et allaitement (tératogène majeur de catégorie X),
– maladies hépatiques évolutives et cirrhoses,
– consommation excessive d’alcool,
– infection sévère évolutive (tuberculose, sepsis, infection opportuniste),
– maladie hématologique préexistante ou macrocytose inexpliquée,
– insuffisance rénale sévère (clairance < 30 mL/min),
– patient incapable d’assumer le suivi clinique et biologique régulier,
– prescription concomitante de médicaments antifoliques, notamment le triméthoprime-sulfaméthoxazole (Bactrim®) : risque de toxicité hématologique majeure par addition des effets antifoliques.

Contre-indications relatives (nécessitant une évaluation bénéfice/risque) :
– Fonction rénale modérément diminuée : le méthotrexate est éliminé par voie rénale ; toute réduction de la clairance augmente le risque de toxicité systémique,
– déficit immunitaire,
– prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ou d’aspirine à fortes doses : risque de déplacement du méthotrexate de sa liaison à l’albumine, augmentant la fraction libre pharmacologiquement active et donc la toxicité (les faibles doses d’aspirine à visée antiagrégante restent compatibles),
– médicaments modifiant l’absorption digestive, la liaison à l’albumine ou l’excrétion rénale du méthotrexate,
– médicaments à activité antifolique légère (certains antibiotiques, antiépileptiques).

Effets indésirables

Toxicité hématologique :
– Anémie macrocytaire, leucopénie, thrombopénie : liées à l’effet antifolique du méthotrexate, prévenues en grande partie par l’acide folique hebdomadaire.
– En cas de chute brutale des globules blancs ou des plaquettes : arrêt immédiat et consultation en urgence.

Toxicité hépatique :
– Cytolyse hépatique (élévation des transaminases) : fréquente, justifiant la surveillance mensuelle,
– fibrose hépatique : risque cumulatif augmentant avec la dose totale, surtout en cas de comorbidités métaboliques associées.

Toxicité digestive :
– Nausées, vomissements, stomatite aphtiforme : effets les plus fréquents, réduits par le fractionnement des doses, la voie injectable et l’acide folique.

Toxicité pulmonaire :
– Pneumopathie immuno-allergique : rare mais grave, pouvant survenir à tout moment du traitement, indépendamment de la dose. Se manifeste par une toux sèche, une dyspnée et une fièvre. Impose l’arrêt immédiat du traitement.
– Fibrose pulmonaire : exceptionnelle aux doses utilisées en dermatologie.

Autres effets :
– Chute de cheveux (effluvium télogène), le plus souvent transitoire et modérée,
– photosensibilisation : éviter l’exposition solaire intense et les séances de bronzage artificiel pendant le traitement,
– ulcérations cutanées en cas de surdosage ou d’interactions médicamenteuses.

Méthotrexate et grossesse : point de vigilance majeur

Le méthotrexate est un tératogène majeur de catégorie X : il est formellement contre-indiqué pendant la grossesse et l’allaitement.
Chez la femme en âge de procréer, une contraception efficace est obligatoire pendant toute la durée du traitement et pendant les 3 mois suivant l’arrêt (délai nécessaire à l’élimination complète du méthotrexate et à la restauration d’une gamétogenèse normale).
Chez l’homme, une contraception est également recommandée pendant le traitement et durant les 3 mois suivant l’arrêt, en raison d’un effet potentiel sur la spermatogenèse.
Toute grossesse survenant sous méthotrexate doit être signalée immédiatement au médecin prescripteur.

Place du méthotrexate dans la stratégie thérapeutique

Le méthotrexate s’inscrit dans la séquence thérapeutique du psoriasis modéré à sévère après échec des traitements topiques et de la photothérapie UVB, avant le recours aux biothérapies (anti-TNF, anti-IL-17, anti-IL-23).
Ses atouts par rapport aux biothérapies restent son coût très faible, sa longue expérience d’utilisation, son efficacité sur le rhumatisme psoriasique articulaire, et la possibilité de l’utiliser en association avec certaines biothérapies pour en améliorer l’efficacité et réduire l’immunogénicité.
Ses limites sont la nécessité d’une surveillance biologique régulière, les interactions médicamenteuses nombreuses, la contre-indication en cas de projet de grossesse et le risque d’hépatotoxicité cumulative.

En savoir plus sur le traitement du psoriasis,
les biothérapies du psoriasis
et la fiche d’information de la Société Française de Dermatologie sur le méthotrexate.
Télécharger un guide complet au format PDF :

⚠ Consultez rapidement si :

  • vous avez pris du méthotrexate plusieurs jours de suite par erreur (surdosage potentiellement grave)
  • fièvre, angine, aphtes multiples ou saignements inhabituels (toxicité hématologique)
  • essoufflement ou toux persistante (rare pneumopathie au méthotrexate)
  • douleurs abdominales, jaunisse (atteinte hépatique)
  • suspicion de grossesse pendant le traitement

Questions fréquentes

Pourquoi le méthotrexate se prend-il une seule fois par semaine ?

Parce que le méthotrexate oral est dosé pour un usage hebdomadaire : le prendre tous les jours par erreur peut provoquer une toxicité grave, parfois mortelle. L’ANSM recommande de noter le jour de prise sur un calendrier et d’en informer tous les professionnels de santé impliqués.

Le méthotrexate est-il compatible avec une grossesse ?

Non, le méthotrexate est formellement contre-indiqué en cas de grossesse ou de désir de grossesse en raison de son effet tératogène. Une contraception efficace est nécessaire chez la femme comme chez l’homme, et un délai après l’arrêt du traitement doit être respecté avant toute conception.

Quelle surveillance biologique sous méthotrexate ?

Un bilan hépatique, rénal et une numération formule sanguine sont réalisés avant traitement puis régulièrement pendant le suivi, en raison du risque d’hépatotoxicité cumulative et de toxicité hématologique du méthotrexate.

Faut-il prendre de l’acide folique avec le méthotrexate ?

Oui, une supplémentation en acide folique est généralement prescrite en dehors du jour de prise du méthotrexate, pour réduire certains effets indésirables digestifs et biologiques sans diminuer l’efficacité du traitement.

À lire aussi sur le psoriasis

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Références médicales

Psoriasis des mains et pieds : le psoriasis des paumes et plantes

Psoriasis des mains, psoriasis des pieds

Le psoriasis des mains et des pieds (psoriasis palmoplantaire) touche les paumes et les plantes, débordant parfois sur les poignets et les chevilles. Il peut prendre la forme de plaques squameuses épaisses ou de pustules stériles (pustulose palmoplantaire), et se confond souvent avec un eczéma des mains. Sa localisation le rend particulièrement gênant au quotidien : il peut freiner la marche, le travail manuel et les gestes de la vie courante.

Mis à jour le 07/08/2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Le psoriasis palmoplantaire (paumes et plantes) représente 3 à 4 % des psoriasis et est l’une des formes les plus invalidantes : il gêne la marche et le travail manuel. Il peut être pustuleux (pustules stériles jaunes) ou en plaques épaisses hyperkératosiques. La réponse aux traitements locaux est souvent partielle – les biothérapies sont fréquemment nécessaires.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Diagnostic

Le psoriasis forme généralement des plaques bien limitées recouvertes de squames sur les mains et les pieds, débordant souvent sur les poignets et les chevilles

Il peut être difficile à distinguer d’un eczéma des mains

En dermatoscopie, le psoriasis de la main comporte des éléments évocateurs:

  • vaisseaux en points
  • squames blanches
Plaque de psoriasis : vaisseaux en points et squames blanches

Alors que l’eczéma de la main comporte plutôt des croutes jaunes
Le psoriasis des paumes et des plantes peut prendre d’autres formes :

  • être très profus et squameux, voire former une véritable carapace et de larges crevasses, des talons notamment
  • provoquer des fissures du bout des doigts (pulpite fissuraire)…
  • donner des pustules (pustulose palmoplantaire) :
Atteinte pustuleuse d'un psoriasis du pied
Atteinte pustuleuse d’un psoriasis du pied

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Soigner le psoriasis des mains et des pieds

Psoriasis sec des mains et pieds (croutes blanches, fissures… )

Hydratation cutanée toutes les heures et après chaque lavage de mains avec une crème en tube ou plus pratique, avec stick pour les lèvres contenant si possible du beurre de karité et en mettre le moins possible, pour ne pas être gênés dans la vie quotidienne et pouvoir ainsi faire le traitement avec une réelle efficacité.

Kératolytiques le soir et le matin peuvent être très utiles.

Dermocorticoïdes de classe 1 sous forme de pommade matin et soir (au début sous occlusion) puis décroissance progressive rapidement car les corticoïdes empêchent la réparation de la barrière cutanée d’où des rechutes fréquentes en cas de traitement prolongé.

Daivobet* en pommade

Tacrolimus à 0,1%, hors AMM tout en continuant l’hydratation toutes les heures.

UV sur les mains et pieds (photothérapie)

Acitrétine à petites doses (Soriatane®)

Le méthotrexate, la ciclosporine….

Tandis que les anti-TNF peuvent donner des réactions paradoxales, l’apremilast a montré son intérêt de même que le secukinumab semble doté d’une efficacité assez spectaculaire.

Fissures et crevasses des talons

En plus des traitements sus visés, le médecin peut prescrire des pansements pour talons en cas de crevasses de pieds

Pustuloses palmo-plantaires

Arrêt du tabac car il est souvent corrélé avec la pustulose palmo plantaire.

Dermocorticoïdes locaux de classe 1.

Kératolytiques (la vaseline salicylée à 10 ou 15 p. 100, les pommades à l’urée). Ce traitement peut être fait au niveau des pieds sous occlusion, en utilisant les feuilles de plastique alimentaire juste sous les chaussettes ou des sacs plastiques la nuit.

PUVAthérapie mais rechute habituellement très rapidement dès l’arrêt du traitement.

Les rétinoïdes (Soriatane*) peuvent être efficaces en diminuant le nombre de pustules et en améliorant la qualité de vie, mais ne permettent qu’exceptionnellement un blanchiment complet des lésions.

Le méthotrexate peut être partiellement efficace.

La ciclosporine est souvent remarquablement efficace à petites doses, mais elle est non dénuée d’effets secondaires et est-il raisonnable de donner un immunosuppresseur au long cours chez des patients ayant fumé durant de nombreuses années?

Les anti-TNF n’ont pas été étudiés.  L’ustékinumab, le guselkumab et secukinumab n’ont été évalués que sur des petites séries avec des réponses variables.

⚠ Consultez rapidement si :

  • Fissures profondes saignantes ou infection bactérienne des lésions
  • Impossibilité de marcher ou d’utiliser les mains
  • Extension rapide des pustules avec fièvre (psoriasis pustuleux palmoplantaire)

Questions fréquentes

Comment distinguer l’eczéma du psoriasis sur les mains ?
Il est parfois très difficile de faire la différence entre eczéma et psoriasis, notamment au niveau des mains ; le dermatologue est alors parfois obligé de faire une biopsie pour trancher.

Quand consulter un dermatologue pour un psoriasis des mains ou des pieds ?
Consultez si les lésions s’étendent, résistent aux traitements locaux après 4 semaines, ou si une atteinte articulaire apparaît.

Le psoriasis des mains peut-il gêner le travail manuel ?
Oui – les fissures, crevasses et l’épaississement cutané peuvent rendre douloureuses la préhension et la marche. C’est l’une des formes de psoriasis les plus invalidantes au quotidien, ce qui justifie parfois le recours à des traitements systémiques ou biologiques même sur une petite surface corporelle.

Pourquoi arrêter de fumer en cas de pustulose palmoplantaire ?
Le tabac est un facteur fortement associé à la pustulose palmoplantaire, une forme particulière de psoriasis des mains et des pieds avec pustules stériles jaunâtres. L’arrêt du tabac fait partie intégrante de la prise en charge et peut améliorer l’évolution de la maladie.

À lire aussi sur le psoriasis

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Références

  • Bissonnette R, et al. Apremilast for the treatment of moderate-to-severe palmoplantar psoriasis. J Eur Acad Dermatol Venereol, 2018;32(3):403-410, PMID 29055155
  • Terui T, et al. Efficacy and Safety of Guselkumab for Palmoplantar Pustulosis: A Randomized Clinical Trial. JAMA Dermatol, 2018;154(3):309-316, PMID 29417135
  • Kolesnik M, et al. Eczema in Psoriatico: An Important Differential Diagnosis Between Chronic Allergic Contact Dermatitis and Psoriasis in Palmoplantar Localization. Acta Derm Venereol, 2018;98(1):50-58, PMID 28853491
  • Merola JF, et al. Underdiagnosed and undertreated psoriasis: nuances of treating psoriasis affecting the scalp, face, intertriginous areas, genitals, hands, feet, and nails. Dermatol Ther, 2018;31(3):e12589, PMID 29512290
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Réévaluation des traitements systémiques du psoriasis – Synthèse, 2022. has-sante.fr

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Psoriasis des ongles (psoriasis unguéal)

Psoriasis des ongles
Le psoriasis est une maladie inflammatoire auto-immune courante qui affecte principalement la peau, mais il peut également toucher les ongles. Le psoriasis des ongles, également connu sous le nom de psoriasis unguéal, peut entraîner divers symptômes et une détérioration esthétique importante. Dans cet article, nous examinerons les symptômes caractéristiques du psoriasis des ongles, les méthodes de diagnostic et les options de traitement efficaces.
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Mis à jour le 07/08/2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Le psoriasis unguéal touche 50 % des patients psoriasiques et peut être isolé, sans atteinte cutanée. Il se manifeste par des ponctuations en dé à coudre (pitting), une onycholyse (décollement de l’ongle), une leuconychie et une hyperkératose sous-unguéale. L’atteinte unguéale est un facteur prédictif de rhumatisme psoriasique dans 80 % des cas.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Diagnostic

Psoriasis des ongles, avec atteinte de la peau et des articulations (rhumatisme psoriasique)
Psoriasis des ongles, avec atteinte de la peau et des articulations (rhumatisme psoriasique)

Le psoriasis des ongles est très fréquent et souvent confondu avec une mycose des ongles qui peuvent par ailleurs surinfecter des lésions psoriasiques.

Le psoriasis des ongles peut se manifester de différentes manières. Les symptômes les plus courants incluent :

  1. Pitting des ongles : formation de petits trous ou d’indentations sur la surface des ongles, appelées dépressions punctiformes, pouvant donner un aspect d’ongles en dé à coudre.
  2. Décoloration : les ongles peuvent prendre une teinte jaunâtre ou orange (souvent jaune orangé, « saumon »), blanchâtre ou brune.
  3. Épaississement de l’ongle : l’ongle peut devenir plus épais et plus difficile à couper.
  4. Dystrophie de l’ongle : l’ongle peut se déformer, se fissurer, prendre une texture anormale telles une rugosité et une perte de transparence avec perte de solidité
  5. Leuconychie : présence de taches blanches sur l’ongle.
  6. Onycholyse : décollement de l’ongle du lit de l’ongle.

Le diagnostic précis du psoriasis des ongles nécessite souvent une évaluation clinique par un dermatologue expérimenté. Le médecin examinera attentivement les symptômes et peut réaliser des tests complémentaires tels qu’une biopsie de l’ongle pour confirmer le diagnostic.
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Qui est touché par le psoriasis des ongles?

Le psoriasis des ongles concerne 50 à 80 % des patients psoriasiques, mais ils ne constituent une atteinte isolée, sans autre lésions cutanées, que dans 5 à 10 % des cas. Il faut donc chercher une atteinte cutanée de psoriasis.

Est-ce grave?

Le psoriasis des ongles est gênant et souvent mal vécu par les patients mais il n’est pas grave en soi. En revanche le psoriasis des ongles est présent dans plus de 80 % des cas au cours du rhumatisme psoriasique.

Il faut donc chercher un rhumatisme psoriasique en cas de découverte d’un psoriasis des ongles : douleurs nocturnes du dos, des mains, des pieds…

Comment soigner le psoriasis des ongles

1 Lutte contre les facteurs aggravants

Le psoriasis est sensible au phénomène de Köbner : il s’aggrave quand il subit des traumatismes.

Il faut donc éviter les microtraumatismes en coupant les ongles courts et de lutter contre les auto-manipulations : éviter de refouler les cuticules, de mettre du vernis à ongle, des faux ongles, de passer un instrument sous l’ongle pour le nettoyer…

2 Soins locaux

Vernis contre le psoriasis des ongles type Psoriatec*

Dans les décollements très distaux de la tablette unguéale : application d’un dermocorticoïde de classe 1 matin et soir, en le faisant pénétrer sous l’ongle

Méthotrexate : il a fait l’objet de quelques petites études sur des patients atteints de psoriasis matriciel unguéal en injections intralésionnelles

Corticoides : en injections intralésionnelles aussi

Un espoir viendrait du laser NdYAG à longues impulsions (long pulse), ayant une activité sur les vaisseaux, en effet on constate souvent une hypervascularisation et une angiogénèse accrue de la matrice. Le traitement consiste à effectuer des séances de laser NdYAG sur les ongles une fois par mois et permettrait de réduire le psoriasis des ongles

3 Traitements généraux

Méthotrexate : il peut être proposé dans le psoriasis unguéal à la dose de 15 à 25 mg par semaine en prise orale (passage à la forme sous-cutanée en cas d’effets gastro-intestinaux) avec administration d’acide folique 24 h après la prise

Rétinoïdes (Soriatane*) : ils agissent très lentement et ne peuvent être employés qu’à très faibles doses

Ciclosporine : traitement le plus spectaculaire en cure de quelques mois mais non dénuée d’effets secondaires

Petites molécules ciblées : l’aprémilast (inhibiteur de la PDE4) peut être proposé en cas d’atteinte unguéale associée à un psoriasis cutané ou articulaire.

Le psoriasis des ongles est une manifestation fréquente du psoriasis, qui peut causer des symptômes gênants et altérer la qualité de vie des patients. Heureusement, grâce à une évaluation précise et à un traitement approprié, il est possible de gérer efficacement cette affection. Si vous pensez souffrir de psoriasis des ongles, il est recommandé de consulter un dermatologue pour un diagnostic précis et un plan de traitement adapté à votre cas particulier.

Un doute sur votre psoriasis des ongles ou besoin d’un avis rapide ?

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⚠ Consultez rapidement si :

  • Douleurs articulaires des doigts ou orteils associées à l’atteinte unguéale (rhumatisme psoriasique)
  • Ongle complètement décollé ou surinfecté
  • Résistance après 6 mois de traitement local bien conduit

Questions fréquentes

Quand consulter un dermatologue ?

Consultez si les lésions s’étendent, résistent aux traitements locaux après 4 semaines, ou si une atteinte articulaire apparaît.

Le psoriasis des ongles est-il grave ?

Non, il n’est pas grave en lui-même, mais il est gênant au quotidien. Il est surtout un signal d’alerte : il est présent dans plus de 80 % des cas de rhumatisme psoriasique, ce qui justifie une surveillance des articulations.

Comment différencier un psoriasis des ongles d’une mycose ?

Les deux se ressemblent beaucoup. Le psoriasis touche souvent plusieurs ongles de façon symétrique avec un piqueté typique, alors que la mycose démarre en général sur un seul ongle. Seul un dermatologue, parfois avec un prélèvement mycologique, peut trancher avec certitude.

Le psoriasis des ongles peut-il exister sans psoriasis de la peau ?

Oui, c’est possible mais rare : dans 5 à 10 % des cas seulement, l’atteinte unguéale est isolée, sans aucune lésion cutanée visible ailleurs sur le corps.

À lire aussi sur le psoriasis

Références médicales

  • Jiaravuthisan MM, Sasseville D, Vender RB, Murphy F, Muhn CY, Psoriasis of the nail: anatomy, pathology, clinical presentation, and a review of the literature on therapy, J Am Acad Dermatol, 2007. PMID 17572277
  • Ventura A et al., New insight into the pathogenesis of nail psoriasis and overview of treatment strategies, Drug Des Devel Ther, 2017. PMID 28919705
  • Wilson FC et al., Incidence and clinical predictors of psoriatic arthritis in patients with psoriasis: a population-based study, Arthritis Rheum, 2009. PMID 19177544
  • Haute Autorité de Santé – has-sante.fr

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Psoriasis du visage

Psoriasis du visage
Le psoriasis du visage est encore appelé sébopsoriasis. Il s’agit d’une forme souvent retorse de dermite du visage, avec laquelle il peut être confondu ou associé (dermite mixte).

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Mis à jour le 07/08/2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information conforme aux données acquises de la science.

En bref : Le psoriasis du visage touche 17 à 46 % des patients psoriasiques et impacte fortement la qualité de vie. Il atteint préférentiellement le front, les sourcils, les ailes du nez et les sillons naso-labiaux. Les dermocorticoïdes de classe I (hydrocortisone) sont à privilégier sur le visage pour éviter l’atrophie – les classes fortes y sont contre-indiquées.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Diagnostic

Le psoriasis du visage est une dermatose chronique qui évolue par poussées, donnant à la peau un aspect rouge et squameux (grosses squames grasses), dans les zones séborrhéiques (riches en glandes sébacées et donc naturellement grasse : sillons nasogéniens, sourcils et zone inter sourcilière, oreille externe, gouttière sternale), et le cuir chevelu.

eczema seborrheique du visage
Psoriasis du visage

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Soigner le psoriasis du visage

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Articles sur la dermite séborrhéique du visage et soigner le psoriasis

Traitement par le médecin du psoriasis du visage

Hydratation cutanée

Antifongiques quotidiens
Daivobet

Gluconate de lithium (Lithioderm*)

Tacrolimus ou pimecrolimus hors AMM. Le tacrolimus, très gras, doit être appliqué sur la peau humide en très petite quantité. Il est souvent mal supporté au début du traitement et le mieux est de commencer son application après une semaine de corticothérapie locale.

Petites doses d’ isotretinoïne (Roaccutane*) hors AMM : 5 à 10 mg tous les jours ou même 5 mg trois fois par semaine.

⚠ Consultez rapidement si :

  • Extension aux paupières ou risque oculaire (psoriasis palpébral)
  • Résistance après 6 semaines de dermocorticoïde de classe I
  • Retentissement psychologique sévère sur la qualité de vie

Questions fréquentes

Quand consulter un dermatologue ?

Consultez si les lésions s’étendent, résistent aux traitements locaux après 4 semaines, ou si une atteinte articulaire apparaît.

Peut-on confondre le psoriasis du visage avec de la dermite séborrhéique ?

Oui, très facilement : les deux touchent les mêmes zones grasses (sillons nasogéniens, sourcils) et peuvent coexister chez le même patient sous le nom de « sébopsoriasis ». Seul un dermatologue peut affiner le diagnostic.

Peut-on utiliser une cortisone forte sur le visage ?

Non. Sur le visage, seuls les dermocorticoïdes de classe I (faible, comme l’hydrocortisone) sont recommandés, car les classes fortes exposent à un risque d’atrophie cutanée et de rougeurs permanentes (dermite cortico-induite).

Le psoriasis du visage peut-il toucher les yeux ?

Oui : les patients psoriasiques ont un risque accru de troubles de la surface oculaire (sécheresse, anomalies du bord des paupières), en particulier en cas d’atteinte proche des paupières. Un avis ophtalmologique est recommandé si l’atteinte s’étend près de l’œil.

À lire aussi sur le psoriasis

Références médicales

  • van de Kerkhof PC et al., Psoriasis of the face and flexures, J Dermatolog Treat, 2007. PMID 17907013
  • Amiri D, Schwarz CW, Gether L, Skov L, Safety and Efficacy of Topical Calcineurin Inhibitors in the Treatment of Facial and Genital Psoriasis: A Systematic Review, Acta Derm Venereol, 2023. PMID 36916954
  • Goh Y et al., Ocular surface disease in psoriatic patients in a developing country, Int Ophthalmol, 2021. PMID 33788072
  • Haute Autorité de Santé – has-sante.fr

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Traitement du psoriasis : crèmes, photothérapie et biothérapies selon la sévérité

Comment soigner le psoriasis? Traitement du psoriasis, des crèmes aux biothérapies

psoriasis
Psoriasis-image générée par IA

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Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique touchant 2 à 5 % de la population française. Son traitement n’est pas curatif mais les options disponibles en 2026 permettent d’obtenir une peau quasi-nette chez la très grande majorité des patients, y compris dans les formes sévères. Le choix dépend de la sévérité, de la localisation, du retentissement sur la qualité de vie (score DLQI) et des comorbidités.

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Sommaire :
Stratégie par sévérité |
Traitements locaux |
Photothérapie |
Traitements généraux |
Biothérapies |
Selon la localisation |
Questions fréquentes

Stratégie thérapeutique par sévérité

L’évaluation repose sur deux scores complémentaires : le PASI (surface et intensité des lésions) et le DLQI (impact sur la qualité de vie). Un psoriasis peu étendu mais touchant les mains, le visage ou les ongles peut justifier un traitement systémique même si la surface atteinte est faible.

Sévérité Critères Traitement de référence
Légère PASI < 10, DLQI < 10, surface < 10 % Topiques seuls (dermocorticoïdes ± analogues vitamine D)
Modérée à sévère PASI ≥ 10 ou DLQI ≥ 10 ou surface ≥ 10 % Photothérapie, méthotrexate, ciclosporine
Sévère réfractaire Échec ou CI des traitements conventionnels Biothérapies anti-IL17, anti-IL23, anti-TNF
Localisations difficiles Mains, ongles, cuir chevelu, visage, plis Traitement spécifique selon siège (voir section 6)

Traitements locaux (topiques)

Les topiques sont la base du traitement dans les formes légères à modérées et le complément indispensable des traitements généraux. Ils agissent directement sur la plaque sans effets systémiques significatifs aux doses habituelles.

Classe Exemples Précautions
Dermocorticoïdes Betnéval®, Diprosone®, Dermoval® Éviter visage et plis en traitement prolongé. Risque d’atrophie cutanée.
Analogues vitamine D Daivonex® (calcipotriol), Silkis® (calcitriol) Irritants sur visage et plis. Ne pas dépasser 100 g/semaine.
Association DC + vit. D ⭐ Daivobet® gel, Enstilar® mousse Référence actuelle pour les plaques du corps. Gel crânien pour le cuir chevelu.
Inhibiteurs calcineurine Tacrolimus (Protopic®) – hors AMM Réservé au visage et aux plis. Voir : page Protopic.
Tazarotène Zorac® gel 0,05 % et 0,1 % Irritant fréquent. Associer un émollient. Contre-indiqué grossesse.

💡 Règle des 2 semaines (proactive therapy) : pour les dermocorticoïdes puissants, un schéma d’entretien de 2 applications par semaine sur les zones habituellement atteintes réduit significativement la fréquence des poussées sans augmenter le risque d’effets secondaires.

Photothérapie UVB et PUVA

La photothérapie reproduit l’effet bénéfique du soleil de façon contrôlée. Elle est proposée en cas de psoriasis modéré à sévère étendu, avant d’envisager un traitement systémique.

Modalité Efficacité Contraintes
UVB spectre étroit (TL01) Blanchiment chez 70–80 % après 30 séances (3×/semaine) Déplacements en centre équipé. Capital solaire limité.
PUVA thérapie Blanchiment chez 85–90 % – plus carcinogène que UVB Max 150–200 séances à vie. Protection oculaire 24 h après prise.
Balnéo-PUVA Équivalent PUVA oral, moins d’effets digestifs Indiqué notamment dans le psoriasis palmoplantaire.

Traitements généraux classiques

Indiqués en cas de PASI ≥ 10 ou DLQI ≥ 10, ou de résistance aux topiques et à la photothérapie. Ils nécessitent un bilan préthérapeutique et une surveillance biologique régulière.

Molécule Posologie habituelle Surveillance Contre-indications principales
Méthotrexate (Imeth®, Novatrex®) 5 à 25 mg/semaine PO ou SC NFS, TGO/TGP mensuels. Fibroscan à 3 g cumulés. Grossesse, alcoolisme, hépatopathie, insuffisance rénale
Ciclosporine (Néoral®) 2,5 à 5 mg/kg/j en 2 prises PA, créatinine tous les 15 j puis mensuels HTA non contrôlée, insuffisance rénale, immunodépression
Acitrétine (Soriatane®) 25 à 50 mg/j Bilan lipidique, transaminases mensuels Grossesse absolue (tératogène 3 ans après arrêt)
Aprémilast (Otezla®) 30 mg × 2/j après titration Poids (risque perte pondérale), humeur Peu de CI absolues. Option sans injection.

💡 Méthotrexate – voie SC préférable au-delà de 15 mg/semaine : meilleure biodisponibilité, moins d’effets digestifs. Supplémenter systématiquement en acide folique 5 mg/semaine (la veille ou le lendemain de la prise) pour réduire les effets secondaires hématologiques sans diminuer l’efficacité.

Biothérapies et petites molécules

Les biothérapies ciblent les cytokines clés de l’inflammation psoriasique. Réservées aux formes modérées à sévères en échec des traitements conventionnels. En 2026, les anti-IL23 représentent le standard thérapeutique dans les formes sévères – efficacité supérieure avec une injection toutes les 8 à 12 semaines après induction.

Cible DCI Spécialité Efficacité / rythme
Anti-TNF-α Étanercept, adalimumab, infliximab Enbrel®, Humira®, Remicade® Hebdomadaire à trimestriel. PASI 75 chez 50–60 %.
Anti-IL17A Sécukinumab, ixékizumab, bimékizumab Cosentyx®, Taltz®, Bimzelx® Mensuel après induction. PASI 90 chez 60–70 %.
Anti-IL23 ⭐ standard 2026 Guselkumab, risankizumab, tildrakizumab Tremfya®, Skyrizi®, Ilumetri® Toutes les 8–12 sem. PASI 90 chez 70–80 %.
Anti-IL12/23 Ustékinumab Stelara® + biosimilaires 2024 Toutes les 12 semaines.
Inhibiteur TYK2 Déucravacitinib Sotyktu® (AMM 2023) Comprimé oral 1×/j. Option sans injection.

⚠️ Rhumatisme psoriasique associé : en cas d’atteinte articulaire (présente chez 20–30 % des patients), les anti-IL17 et anti-TNF sont préférés aux anti-IL23. Décision en collaboration dermatologie-rhumatologie. Voir : inhibiteurs JAK en dermatologie.

Nouveauté 2026 : une biothérapie ciblant l’IL-23 en comprimé. L’icotrokinra, un peptide oral inhibiteur de l’IL-23, a obtenu une autorisation de la FDA aux États-Unis en 2026 pour le psoriasis en plaques modéré à sévère. Jusqu’ici, tous les anti-IL23 nécessitaient une injection : cette molécule ouvre la voie à une biothérapie efficace sans piqûre. Elle n’est pas encore disponible en France ni dans l’Union européenne : son autorisation dépendra de l’évaluation de l’Agence européenne des médicaments, puis de la Haute Autorité de Santé. Parlez-en à votre dermatologue si vous souhaitez faire le point sur les options actuellement disponibles.

Traitements selon la localisation

Localisation Traitement de choix Particularité
Cuir chevelu Daivobet® gel crânien, shampoings kératolytiques Décroûtage préalable huile salicylée si squames épaisses. Voir : croûtes cuir chevelu.
Visage DC classe I-II courte durée, tacrolimus hors AMM Éviter DC puissants. Sebopsoriasis fréquent.
Plis DC classe I-II, tacrolimus Psoriasis inversé – rouge luisant sans squames.
Paumes / plantes DC classe IV en occlusion, balnéo-PUVA, acitrétine Très invalidant, résistant aux topiques seuls.
Ongles DC en occlusion, tacrolimus, biothérapie si sévère Réponse lente (6–12 mois). Associé rhumatisme dans 80 % des cas.
Muqueuses génitales DC classe I, tacrolimus Zone très sensible – dermocorticoïdes faibles uniquement.

Pages spécialisées du cluster psoriasis

Traitements détaillés
Méthotrexate dans le psoriasis – posologie, surveillance, effets secondaires
Inhibiteurs JAK en dermatologie – baricitinib, upadacitinib, ruxolitinib
Alimentation et psoriasis – régime anti-inflammatoire, microbiome

Formes, localisations et contexte
Psoriasis du visage – traitement spécifique
Psoriasis – causes, symptômes, types (page générale)
Stress et maladies de peau – axe neuro-immun
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⚠ Consultez rapidement si :

  • Réaction cutanée sévère à un traitement (corticoïdes per os en sortie de traitement)
  • Psoriasis qui s’aggrave brutalement sous biothérapie – décision médicale urgente
  • Signes infectieux sous méthotrexate ou biothérapie : fièvre, toux, frissons

Vous verrez parfois des cosmétiques présentés comme des alternatives aux traitements du psoriasis, comme la marque Pomad, médiatisée en 2026. Un soin bien formulé peut compléter votre routine, mais ne remplace pas les traitements topiques ou systémiques validés listés ci-dessus : voir notre analyse de Pomad et du psoriasis.

Questions fréquentes

La marque Pomad est-elle efficace contre le psoriasis ?

Pomad est un cosmétique, pas un médicament : aucune étude clinique publiée ne démontre son efficacité sur le psoriasis à ce jour. Les traitements validés restent les dermocorticoïdes, les analogues de la vitamine D et, dans les formes sévères, les biothérapies. Voir notre analyse complète.

Peut-on guérir définitivement du psoriasis ?

Non, il n’existe pas de traitement curatif du psoriasis. Les traitements actuels contrôlent la maladie – parfois avec une peau totalement nette – mais le psoriasis tend à récidiver à l’arrêt. L’objectif thérapeutique est d’obtenir un PASI 90 (peau nette à 90 %) durablement.

À partir de quand faut-il envisager une biothérapie ?

En cas de PASI ≥ 10 ou DLQI ≥ 10 après échec ou contre-indication à au moins deux traitements conventionnels (méthotrexate, ciclosporine, acitrétine) ou à la photothérapie. Elle peut être proposée en première ligne si les traitements conventionnels sont contre-indiqués.

Les biothérapies contre le psoriasis sont-elles remboursées en France ?

Oui, à 100 % dans le cadre d’une ALD 30 (affection longue durée). La prescription initiale est réservée aux dermatologues. Le suivi peut ensuite être partagé avec le médecin traitant.

Quels médicaments peuvent aggraver le psoriasis ?

Les bêtabloquants, le lithium, les antipaludéens (chloroquine, hydroxychloroquine), les AINS, l’interféron et les inhibiteurs de l’ECA peuvent déclencher ou aggraver un psoriasis. Signalez toute aggravation à votre dermatologue sans jamais arrêter un traitement sans avis médical.

Le soleil améliore-t-il le psoriasis ?

Oui chez 70–80 % des patients – c’est le principe de la photothérapie UVB. Cependant, un coup de soleil peut déclencher une poussée par phénomène de Koebner. L’exposition solaire raisonnée est bénéfique sans remplacer le traitement prescrit.

Faut-il arrêter la biothérapie en cas de chirurgie ou d’infection ?

Oui en général. Les biothérapies doivent être interrompues avant une intervention chirurgicale programmée (délai variable selon la molécule) et en cas d’infection active. Votre dermatologue vous indiquera le délai précis selon la biothérapie concernée.

Références scientifiques

Voir aussi :
Psoriasis – causes et symptômes |
Alimentation et psoriasis |
Inhibiteurs JAK |
Stress et maladies de peau |
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En bref : Le traitement du psoriasis dépend de sa sévérité : pour les formes légères à modérées, les dermocorticoïdes et les analogues de la vitamine D (calcipotriol) constituent la base. Les formes modérées à sévères justifient une photothérapie UVB, du méthotrexate ou des biothérapies (anti-TNF, anti-IL-17, anti-IL-23) dont l’efficacité atteint 80 à 90 % de réduction des lésions.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

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Références médicales

  • Sbidian E et al., Biologics for chronic plaque psoriasis, Cochrane Database Syst Rev, 2022. PMID 35609099
  • Haute Autorité de Santé – has-sante.fr
  • Haute Autorité de Santé – has-sante.fr

Psoriasis entre les fesses : symptômes, traitements et soins

Le psoriasis du sillon interfessier – ou psoriasis entre les fesses – est une forme de psoriasis inversé (flexural), caractérisée par des plaques érythémateuses localisées dans le pli fessier et la région péri-anale. Contrairement au psoriasis classique des plaques (plaques squameuses épaisses sur les coudes, genoux, cuir chevelu), le psoriasis des plis présente un aspect atypique qui retarde souvent le diagnostic : la macération dans les zones de frottement fait disparaître les squames, laissant place à des plaques rouges lisses, vernissées et bien délimitées. Cette localisation, souvent gênante et difficile à aborder, nécessite une approche thérapeutique adaptée aux zones de plis.

ℹ️ Psoriasis inversé – On parle de « psoriasis inversé » ou « flexural » lorsque le psoriasis touche les plis cutanés : sillon interfessier, plis inguinaux, aisselles, sous les seins, nombril, creux poplités. Ces localisations partagent les mêmes mécanismes et la même approche thérapeutique, adaptée à la fragilité de la peau des plis.

Mis à jour le 07/08/2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Le psoriasis inversé des plis (fesses, aine, aisselles) touche 2 à 6 % des patients psoriasiques. Il se présente sous forme de plaques rouges lisses, sans squames (les frottements les éliminent), facilement confondues avec une candidose ou une dermite de contact. Le diagnostic différentiel avec un intertrigo mycosique est essentiel avant traitement.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Épidémiologie

Le psoriasis touche environ 2 à 3 % de la population française. Parmi les patients psoriasiques, le sillon interfessier et la région péri-anale sont impliqués dans 5 à 15 % des cas – soit environ 300 000 personnes en France. Cette localisation est souvent sous-diagnostiquée : les patients consultent rarement spontanément pour une lésion dans cette zone, et les médecins non dermatologues la confondent souvent avec une mycose ou une dermite irritative.

Particularités cliniques du psoriasis des plis

Aspect atypique sans squames

Dans les zones de plis, la friction et la macération liée à la transpiration éliminent la squame caractéristique du psoriasis classique. On observe donc :

  • Plaques érythémateuses rouge vif, à surface lisse ou légèrement vernissée
  • Bords nets et réguliers, bien délimités – signe très évocateur
  • Absence de squamation épaisse (contrairement au psoriasis en plaques)
  • Fissures au fond du pli, parfois douloureuses
  • Prurit modéré à intense, aggravé par la chaleur et la transpiration
  • Aspect parfois « laqué » ou brillant

Localisation précise

Le psoriasis interfessier siège typiquement dans le sillon interfessier (raie des fesses), pouvant s’étendre vers :

  • La région péri-anale (pourtour de l’anus) – source de prurit anal chronique
  • Les faces internes des fesses et les plis inguino-cruraux
  • Le sillon sous-fessier

Contexte psoriasique

Dans la grande majorité des cas, le psoriasis du sillon interfessier n’est pas isolé : il s’inscrit dans un tableau de psoriasis général. La recherche systématique d’autres localisations (cuir chevelu, coudes, genoux, ongles, ombilic) et d’un psoriasis articulaire (douleurs articulaires) est indispensable à l’interrogatoire et à l’examen clinique.

Diagnostic différentiel

Affection Caractéristiques distinctives
Intertrigo à Candida Bords irréguliers, pustules satellites, prurit intense, fond de pli macéré blanc, prélèvement mycologique positif
Dermite séborrhéique Squames grasses jaunâtres, atteinte fréquente du visage (nasogénien), cuir chevelu
Lichen simplex chronique Plaques lichénifiées (épaississement cutané), prurit intense, liché au grattage répété
Eczéma de contact Vésicules, suintement, lien avec un allergène (papier WC parfumé, lingettes, savon), patch-tests
Maladie de Verneuil (hidrosadénite) Nodules douloureux, abcès, fistules récurrentes – atteinte des follicules pileux
Érythrasma Plaque brune finement squameuse, fluorescence corail en lumière de Wood, due à Corynebacterium

Facteurs aggravants

Certains facteurs entretiennent ou exacerbent le psoriasis du sillon interfessier :

  • Surpoids et obésité – augmentent la friction et la macération dans les plis
  • Transpiration excessive – chaleur, activité physique, vêtements synthétiques non respirants
  • Papier WC parfumé ou coloré, lingettes avec alcool ou parfums
  • Savons agressifs, gels douche parfumés, antiseptiques répétés
  • Surinfection à Candida – fréquente dans les plis, peut entretenir l’inflammation
  • Stress – facteur déclenchant général du psoriasis

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Traitement

Règles hygiéniques essentielles

Avant tout traitement médicamenteux, quelques mesures simples améliorent considérablement le confort :

  • Toilette douce avec un pain ou gel surgras (Dove®, Avène Pain dermatologique, Mustela Dermo-Soin®) – pas de savon ordinaire
  • Séchage soigneux du pli après la toilette (tamponnement sans friction)
  • Port de sous-vêtements en coton pur, éviter le synthétique
  • Éviter les lingettes parfumées et le papier WC coloré
  • Application d’un émollient (cold cream, Dexeryl®) entre les traitements pour prévenir les fissures

Dermocorticoïdes – traitement de première intention

Dans les plis, seuls les dermocorticoïdes de classe II à III sont utilisés (désonide, bétaméthasone valérate, hydrocortisone butyrate) – jamais les classe IV (clobétasol) qui provoquent une atrophie cutanée accélérée dans les zones de plis. L’application est réalisée en couche fine, une fois par jour le soir, pour une durée maximale de 4 semaines. Les dermocorticoïdes en crème sont préférés aux pommades dans les plis (moins occlusifs).

Association calcipotriol-bétaméthasone

Le gel Enstilar® (calcipotriol 50 µg/g + dipropionate de bétaméthasone 0,5 mg/g) a une AMM dans le psoriasis des plis en France. Il combine l’effet anti-inflammatoire du corticoïde et l’action antiproliférative de l’analogue de la vitamine D3. Application une fois par jour, 4 semaines maximum dans les plis.

Inhibiteurs de calcineurine – alternative non stéroïdienne

Le tacrolimus 0,1 % pommade (Protopic®) est une excellente alternative aux dermocorticoïdes dans le psoriasis des plis, en particulier pour les traitements prolongés ou en cas d’atrophie cutanée préexistante. Il n’entraîne pas d’atrophie cutanée, ce qui en fait un traitement de choix dans les zones de plis pour les rechutes fréquentes. Application biquotidienne.

⚠️ Attention aux dermocorticoïdes forts dans les plis – L’utilisation prolongée de dermocorticoïdes de classe IV (propionate de clobétasol – Dermoval®, Clarelux®) dans le sillon interfessier provoque une atrophie cutanée, des vergetures, une fragilité vasculaire et un rebond à l’arrêt. Ces produits sont formellement déconseillés dans les zones de plis. Préférez les classes II-III ou le tacrolimus pour les traitements d’entretien.

Traitement systémique

En cas de psoriasis inversé étendu, résistant aux traitements locaux, ou associé à un psoriasis cutané ou articulaire sévère nécessitant un traitement général (méthotrexate, acitrétine, biothérapies anti-IL-17, anti-IL-23), le dermatologue évaluera l’indication d’un traitement systémique qui traitera l’ensemble des localisations.

Suivi et prévention des rechutes

Le psoriasis du sillon interfessier est une affection chronique, évoluant par poussées. La prévention des rechutes repose sur le maintien des mesures hygiéniques, l’application régulière d’émollients et l’utilisation d’un traitement d’entretien (tacrolimus 2 à 3 fois par semaine en application préventive). Un suivi dermatologique régulier permet d’ajuster le traitement et de dépister un psoriasis articulaire associé.

⚠ Consultez rapidement si :

  • Lésions suintantes ou odorantes évocatrices d’une surinfection
  • Résistance au traitement après 3 semaines
  • Association à des douleurs anales ou rectales (maladie de Crohn à éliminer)

Questions fréquentes

Le psoriasis entre les fesses est-il contagieux ?

Non. Le psoriasis est une maladie auto-immune, non infectieuse et non contagieuse. Vous ne pouvez pas le transmettre à votre entourage par contact physique. Cette localisation, bien qu’intime, obéit aux mêmes règles que toutes les autres formes de psoriasis : maladie constitutionnelle, non transmissible, chronique.

Le psoriasis du sillon interfessier peut-il se compliquer ?

Les principales complications sont la surinfection bactérienne (pyodermite) ou fongique (candidose) des fissures, favorisée par la macération. Les fissures profondes peuvent être très douloureuses et saigner. Un traitement antifongique ou antibiotique associé est parfois nécessaire en cas de surinfection avérée. Par ailleurs, le psoriasis inversé est associé à un risque accru de psoriasis articulaire (rhumatisme psoriasique) – tout patient avec du psoriasis doit être interrogé sur les douleurs articulaires.

Peut-on pratiquer une activité sportive avec un psoriasis du sillon interfessier ?

Oui, le sport n’est pas contre-indiqué. Il faut cependant prendre quelques précautions : choisir des sous-vêtements de sport en coton ou en matières respirantes à coutures plates (sans couture centrale), douche immédiatement après l’effort avec nettoyant doux, séchage soigneux, application de l’émollient. Les pommades trop grasses appliquées avant l’effort peuvent favoriser la macération – préférer les crèmes ou les gels dans ce contexte.

Comment différencier un psoriasis inversé d’une mycose (candidose) dans le pli interfessier ?

Le psoriasis inversé forme des plaques rouge vif, lisses et bien limitées, sans les pustules satellites ni les bords émiettés typiques de la candidose. En cas de doute, un prélèvement mycologique tranche en quelques jours. Les deux affections peuvent d’ailleurs coexister, ce qui complique parfois le diagnostic.

Peut-on utiliser un dermocorticoïde au long cours dans le pli interfessier ?

Non – la peau des plis est fine et absorbe davantage les corticoïdes, ce qui expose à un risque d’atrophie cutanée en cas d’usage prolongé. Les cures sont généralement limitées à 2 à 4 semaines, avec relais par le tacrolimus ou un émollient en traitement d’entretien.

À lire aussi sur le psoriasis

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Références

  • Omland SH, Gniadecki R. Psoriasis inversa: a separate identity or a variant of psoriasis vulgaris? Clin Dermatol, 2015;33(4):456-461, PMID 26051061
  • Czuczwar P, et al. Genital psoriasis: a hidden multidisciplinary problem – a review of literature. Ginekol Pol, 2016;87(10):717-721, PMID 27958625
  • Merola JF, et al. Underdiagnosed and undertreated psoriasis: nuances of treating psoriasis affecting the scalp, face, intertriginous areas, genitals, hands, feet, and nails. Dermatol Ther, 2018;31(3):e12589, PMID 29512290
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Réévaluation des traitements systémiques du psoriasis – Synthèse, 2022. has-sante.fr

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Régime psoriasis : les aliments qui améliorent ou aggravent les plaques

Régime et psoriasis : alimentation, poids et microbiote – ce que dit la science

Plaque de psoriasis

Le « régime psoriasis » est-il une réalité ou un mythe ? La réponse est nuancée : il n’existe pas de régime spécifique guérissant le psoriasis, mais les liens entre alimentation, métabolisme et inflammation cutanée sont désormais bien documentés. Comprendre ces liens permet d’agir concrètement sur l’évolution de la maladie – en complément, jamais à la place, des traitements prescrits.

Mis à jour le 23 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : L’alimentation joue un rôle modulateur dans le psoriasis : le régime méditerranéen réduit les marqueurs inflammatoires et peut diminuer l’indice PASI de 30 à 50 % selon des études récentes. L’alcool, le tabac et l’obésité (IMC > 30) aggravent significativement les poussées. La perte de poids améliore l’efficacité des biothérapies.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Sommaire :
Psoriasis et syndrome métabolique |
Ce que disent les études |
4 règles alimentaires |
Microbiote et psoriasis |
Questions fréquentes

Psoriasis et syndrome métabolique – pourquoi l’alimentation compte

Le psoriasis n’est pas uniquement une maladie de peau – c’est une maladie inflammatoire systémique dont la peau n’est que la fenêtre visible. Cette inflammation de fond explique les associations bien établies entre psoriasis et troubles métaboliques :

Comorbidité associée au psoriasis Implication pour l’alimentation
Diabète de type 2 Réduire les sucres rapides et aliments ultra-transformés
Dyslipidémie (cholestérol et triglycérides élevés) Régime méditerranéen, oméga-3, réduction graisses saturées
Obésité et stéatose hépatique (foie gras) Perte de poids – améliore directement la sévérité du psoriasis
Maladies cardiovasculaires Alimentation anti-inflammatoire, exercice physique
Maladies inflammatoires de l’intestin (MICI) Équilibre du microbiote intestinal, fibres, probiotiques

Le médecin peut demander un bilan biologique à jeun (glycémie, bilan lipidique, bilan hépatique) pour évaluer ces comorbidités. Agir sur elles via l’alimentation améliore à la fois la santé générale et, indirectement, le psoriasis.

Ce que disent les études sur alimentation et psoriasis

Les études dédiées restent peu nombreuses – les médecins considèrent classiquement que le régime améliore surtout les anomalies métaboliques associées, plutôt que le psoriasis directement. Deux études importantes permettent néanmoins de dégager des tendances.

Étude US National Psoriasis Foundation – 1200 patients (2017)

Une grande étude sur plus de 1200 patients psoriasiques a exploré les habitudes alimentaires et leur impact perçu sur la maladie. Près de 9 patients sur 10 avaient tenté un régime. Les améliorations des lésions cutanées observées :

Modification alimentaire % de patients améliorés
Réduction de l’alcool 53,8 %
Réduction du gluten 53,4 %
Augmentation des oméga-3 (poissons gras) 44,6 %
Augmentation des légumes 42,5 %

Ces données sont issues de questionnaires patients (perception subjective) et non d’essais cliniques contrôlés – elles sont indicatives, pas conclusives. Elles convergent néanmoins avec d’autres données biologiques.

Essai randomisé MEDIPSO – régime méditerranéen (2025)

L’étude MEDIPSO, essai randomisé monocentrique avec évaluateur en aveugle, a inclus 38 adultes atteints de psoriasis léger à modéré sous traitement local. Le bras intervention recevait des conseils de régime méditerranéen et de l’huile d’olive extra-vierge hebdomadaire. Résultat à 16 semaines : amélioration nette chez 47,4 % des patients du bras méditerranéen contre 0 % dans le groupe contrôle. Première preuve randomisée directe d’un bénéfice cutané du régime méditerranéen sur le psoriasis.

4 règles alimentaires recommandées

Position de la Société française de rhumatologie : les mesures diététiques sont un complément dont le niveau de preuve reste faible. Elles ne remplacent jamais un traitement de fond. Le patient s’implique ainsi activement dans le contrôle de sa maladie, en parallèle avec une activité physique régulière.

1. Éviter l’alcool et le tabac

La consommation régulière d’alcool aggrave le psoriasis : poussées plus fréquentes et plus difficiles à traiter. C’est la modification comportementale ayant le plus fort impact documenté. Le tabac est également considéré comme facteur aggravant. C’est la première règle d’hygiène de vie – avant tout régime alimentaire. Voir aussi traitement du psoriasis.

2. Adopter un régime de type méditerranéen

Ce n’est pas un régime restrictif – c’est une habitude alimentaire : riche en fruits, légumes, poissons gras, huile d’olive, légumineuses et fibres ; pauvre en viandes rouges, sucres et aliments ultra-transformés.

Ses bénéfices documentés sur les comorbidités du psoriasis : réduction du risque cardiovasculaire, amélioration des dyslipidémies, prévention du diabète de type 2, réduction du poids. L’essai MEDIPSO 2025 y ajoute désormais un bénéfice cutané direct. Les oméga-3 (saumon, maquereau, sardine, huiles de lin, colza, noix) sont le composant le plus actif sur l’inflammation.

3. Perdre le poids excédentaire

Depuis 2014, un IMC élevé est associé à un risque plus élevé de déclencher ou d’aggraver le psoriasis chez les personnes génétiquement prédisposées. La perte de poids améliore directement la sévérité des lésions et augmente l’efficacité des traitements systémiques (les biothérapies notamment sont dosées au poids). L’exercice physique a un effet propre sur l’inflammation, indépendant de la perte de poids. En cas de surpoids, consulter son médecin traitant pour des règles hygiéno-diététiques adaptées.

4. La question du gluten

La réduction du gluten arrive en deuxième position dans l’étude NPF (53,4 % d’améliorés), juste derrière l’alcool. Cela interpelle, mais des études complémentaires sont nécessaires avant de conclure.

Points à connaître : l’allergie vraie au gluten (maladie cœliaque) est responsable sur le plan cutané de la dermatite herpétiforme – dans ce cas précis, le régime sans gluten est indispensable. Pour les psoriasiques sans maladie cœliaque confirmée, le régime sans gluten strict n’est pas recommandé en routine : il est deux fois plus cher, entraîne des carences nutritionnelles multiples, dégrade la qualité de vie et la vie sociale. Si vous souhaitez tester une réduction du gluten, faites-le de façon progressive et encadrée médicalement.

⚠️ Régimes d’exclusion drastiques : la Société française de rhumatologie déconseille les régimes d’exclusion non justifiés biologiquement. Ils entraînent des carences, diminuent la qualité de vie et leur bénéfice sur le psoriasis n’est pas prouvé. Ne jamais arrêter un traitement de fond pour les remplacer par un régime.

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Microbiote intestinal et psoriasis

La recherche des dernières années a mis en évidence un déséquilibre du microbiote intestinal chez les patients psoriasiques, similaire à celui observé dans l’obésité, le diabète et les maladies cardio-métaboliques :

– Diminution d’Akkermansia muciniphila (bactérie protectrice de la paroi intestinale)
– Augmentation des Firmicutes et Actinobacteria
– Diminution de Faecalibacterium prausnitzii, qui produit du butyrate – un inhibiteur de la voie inflammatoire NF-κB

Ces dysbioses intestinale et cutanée favoriseraient la translocation bactérienne de lipopolysaccharides (LPS) dans le sang, entretenant une inflammation systémique de bas grade qui aggrave le psoriasis. C’est un des mécanismes qui explique pourquoi les aliments fermentés, les fibres et les oméga-3 – qui nourrissent un microbiote sain – ont un intérêt théorique dans le psoriasis.

Par ailleurs, l’association fréquente entre psoriasis et maladies inflammatoires de l’intestin (MICI : Crohn, rectocolite hémorragique) confirme le lien étroit entre inflammation intestinale et cutanée – ce qu’on appelle l’axe intestin-peau.

⚠ Consultez rapidement si :

  • Poussée sévère malgré une alimentation anti-inflammatoire stricte – réévaluation médicale
  • Perte de poids involontaire associée au psoriasis – bilan métabolique nécessaire

Questions fréquentes

Le régime peut-il remplacer le traitement médicamenteux du psoriasis ?

Non – c’est un complément, jamais un substitut. Les traitements de fond (dermocorticoïdes, immunosuppresseurs, biothérapies) restent indispensables dans les formes modérées à sévères. Le régime agit sur l’inflammation de fond et les comorbidités, ce qui peut améliorer la réponse aux traitements et réduire les poussées – mais il ne contrôle pas la maladie seul. Ne jamais arrêter un traitement de fond pour le remplacer par un régime.

Faut-il faire un bilan sanguin avant de modifier son alimentation ?

C’est recommandé, surtout si vous n’avez pas eu de bilan récent. Le médecin peut rechercher un diabète de type 2, une dyslipidémie ou une stéatose hépatique – comorbidités fréquentes dans le psoriasis – et adapter les conseils diététiques en conséquence. Un bilan à jeun (glycémie, bilan lipidique, bilan hépatique) suffit dans la plupart des cas.

Les compléments alimentaires oméga-3 sont-ils utiles dans le psoriasis ?

Les oméga-3 ont un effet anti-inflammatoire documenté et figurent parmi les modifications alimentaires les plus associées à une amélioration dans les études. L’apport via l’alimentation (poissons gras 2 à 3 fois par semaine, huiles de lin, colza, noix) est préférable à la supplémentation isolée. Si la complémentation est envisagée, elle doit être discutée avec le médecin – les doses élevées peuvent interagir avec certains traitements anticoagulants.

Le gluten doit-il être évité en cas de psoriasis ?

Seulement en cas de maladie coeliaque ou de sensibilité au gluten confirmée par un bilan (recherche d’anticorps anti-transglutaminase). Hors de ce contexte, l’éviction systématique du gluten n’a pas montré de bénéfice supérieur à un régime équilibré et expose à des carences inutiles.

Perdre du poids améliore-t-il vraiment le psoriasis ?

Oui, chez les patients en surpoids ou obèses. Le tissu adipeux entretient une inflammation systémique de bas grade qui aggrave le psoriasis, et plusieurs études montrent une réduction du score de sévérité (PASI) après une perte de poids significative, en complément du traitement dermatologique habituel.

Voir aussi :
Psoriasis – causes et mécanismes /
Traitements du psoriasis /
Causes du psoriasis /
Dermatite herpétiforme

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Références médicales

  • Afifi L et al., Dietary Behaviors in Psoriasis: Patient-Reported Outcomes from a U.S. National Survey. Dermatol Ther (Heidelb). 2017. PMID 28526915
  • Perez-Bootello J et al., Mediterranean Diet and Patients With Psoriasis: The MEDIPSO Randomized Clinical Trial. JAMA Dermatol. 2025. PMID 40991259
  • Barrea L et al., Very low-calorie ketogenic diet (VLCKD) in patients with psoriasis and obesity: an update for dermatologists and nutritionists. Crit Rev Food Sci Nutr. 2020. PMID 32969257
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Psoriasis : prise en charge diagnostique et thérapeutique. has-sante.fr