Verrue autour de l’ongle ou sous l’ongle

Verrues autour de l’ongle et sous l’ongle (verrues péri-unguéales) : causes, traitements et signaux d’alarme

Mis à jour le 29 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Les verrues péri-unguéales — autour ou sous l’ongle — sont les verrues les plus difficiles à traiter. Dues aux HPV 1, 2 et 4, elles touchent surtout les enfants et les personnes qui se rongent les ongles. Leur taux de récidive après traitement atteint 20 à 30 %. Un traitement agressif trop proche de la matrice risque une dystrophie unguéale permanente. Et toute verrue péri-unguéale résistante doit faire écarter un carcinome épidermoïde lié à HPV 16 ou 18.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue, Bordeaux

Les verrues autour des ongles, appelées verrues péri-unguéales, représentent une forme particulièrement tenace des verrues des mains et des doigts. Situées dans les replis latéraux, sous le bord libre de l’ongle ou dans le repli proximal, elles bénéficient d’un environnement défavorable aux traitements topiques : peau épaisse, mauvaise pénétration, risque de lésion matricielle. Leur prise en charge mérite une approche rigoureuse et progressive, très différente de celle d’une verrue vulgaire du dos de la main.

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Verrues autour de l'ongle — aspect clinique typique
Verrues péri-unguéales : aspect clinique typique autour du repli latéral de l’ongle
Verrue sous l'ongle, forme subunguéale difficile à traiter
Verrue subunguéale (sous l’ongle) — la localisation la plus difficile à traiter

Sommaire :
Causes et facteurs de risque |
Aspect clinique et dermoscopie |
Diagnostic différentiel |
Traitements |
Algorithme thérapeutique |
Signaux d’alarme |
Questions fréquentes

Causes et facteurs de risque des verrues péri-unguéales

Les verrues péri-unguéales sont dues aux papillomavirus humains (HPV) de types 1, 2 et 4, identiques à ceux responsables des verrues vulgaires du dos de la main. Le virus pénètre par des micro-effractions cutanées dans les replis de l’ongle — une zone particulièrement exposée aux petites plaies et à la macération.

Onychophagie : le principal facteur de risque

Se ronger les ongles (onychophagie) est le facteur de risque le plus directement impliqué. Cette habitude crée continuellement des microlésions dans le repli périunguéal qui constituent des portes d’entrée privilégiées pour le HPV. Tirer les petites peaux autour des ongles (envies) produit le même effet. La contamination est ensuite souvent auto-inoculatoire : la verrue d’un doigt se propage aux autres doigts par contact direct lors des gestes de rongeage ou de manipulation.

Autres facteurs favorisants

Facteur Mécanisme
Onychophagie / envies Microlésions chroniques = porte d’entrée HPV — facteur principal chez l’enfant
Macération / travail à l’eau Fragilisation de la barrière cutanée péri-unguéale — coiffeurs, cuisiniers, soignants
Traumatismes répétés Activités manuelles intenses — mécaniciens, jardiniers, musiciens
Immunodépression Verrues multiples, étendues, résistantes aux traitements habituels — 40 % des patients greffés développent des verrues
Âge Pic d’incidence entre 12 et 16 ans — régression plus fréquente chez l’enfant que chez l’adulte

Aspect clinique et dermoscopie

Présentation clinique

Les verrues péri-unguéales se présentent comme des papules hyperkératosiques, végétantes, à surface irrégulière et rugueuse, siégeant dans les replis latéraux, sous le bord libre de l’ongle ou dans le repli proximal. Elles peuvent être uniques ou multiples, discrètes ou confluentes en plaques. Leur couleur va du blanc-grisâtre au brun selon le degré de kératinisation.

Trois localisations méritent d’être distinguées car elles n’ont pas le même pronostic thérapeutique :

Localisation Description Difficulté thérapeutique
Péri-unguéale stricte Replis latéraux et proximal autour de l’ongle Modérée — accessible aux topiques et à la cryothérapie
Subunguéale Sous le bord libre de l’ongle — soulève la tablette Élevée — topiques peu pénétrants, cryothérapie difficile
Proximale / matricielle Très proche de la zone de croissance de l’ongle Très élevée — risque de dystrophie unguéale permanente si traitement agressif

Deux signes cliniques associés doivent toujours être recherchés : une onycholyse (décollement de l’ongle de son lit, signe d’extension subunguéale) et une dystrophie unguéale (déformation de l’ongle, signe d’atteinte matricielle).

Dermoscopie des verrues péri-unguéales

La dermoscopie est un outil diagnostique précieux pour les verrues de l’appareil unguéal. Elle révèle une surface papillomateuse avec des vaisseaux punctiformes rouges ou noirs (capillaires thrombosés) disposés de façon régulière. Ces points noirs ou rouges sont caractéristiques des verrues et permettent de les distinguer de :

  • Un cor ou durillon (hyperkératose sans vaisseaux)
  • Un fibrome péri-unguéal (vaisseaux linéaires, non punctiformes)
  • Un carcinome épidermoïde (vaisseaux irréguliers, atypiques — biopsie indispensable)
Ce que révèle la dermoscopie : les petits points noirs visibles au centre d’une verrue péri-unguéale correspondent à des capillaires thrombosés (vaisseaux sanguins bouchés). Ils signent l’origine HPV de la lésion. S’ils disparaissent après traitement et que la surface reprend un aspect normal avec des dermatoglyphes (lignes cutanées), c’est un signe de guérison.

Diagnostic différentiel : ce qu’il ne faut pas confondre

Diagnostic Arguments cliniques distinctifs Conduite à tenir
Cor / durillon sous-unguéal Lisse, translucide, douloureux à la pression verticale, sans points noirs — pas d’HPV Traitement mécanique (lime, kératolytiques)
Onychomycose (mycose de l’ongle) Onycholyse distale, ongle jaune-brun épaissi, friable — peut ressembler à une verrue subunguéale Prélèvement mycologique — antifongique si positif
Fibrome péri-unguéal (maladie de Koenen) Nodule ferme rose émergeant du repli proximal — peut orienter vers une sclérose tubéreuse Avis dermatologique systématique
Carcinome épidermoïde péri-unguéal Signal d’alarme majeur — lésion chronique, résistante, qui ne régresse pas, saigne, détruit progressivement l’ongle — HPV 16/18 Biopsie obligatoire — ne jamais traiter indéfiniment une verrue récidivante sans biopsie
Kyste mucoïde péri-unguéal Tuméfaction translucide molle dans le repli proximal — contenu gélatineux Avis dermatologique — pas de traitement en automédication
Point crucial sur le carcinome épidermoïde péri-unguéal : c’est la complication la plus grave à ne pas manquer. Ce cancer lié aux HPV à haut risque (16, 18) peut mimer une verrue banale pendant des mois ou des années. Les signaux d’alarme sont : absence de régression malgré des traitements répétés bien conduits, croissance progressive, saignement spontané, déformation ou destruction de l’ongle, ulcération. Tout doute impose une biopsie.

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Traitements des verrues péri-unguéales

Aucun traitement ne garantit la guérison à 100 %. L’objectif est d’obtenir la disparition complète de la lésion avec un minimum de risque pour l’appareil unguéal. Le choix du traitement dépend du nombre de verrues, de leur localisation précise par rapport à la matrice, de l’âge du patient et des traitements déjà essayés.

Traitement de 1re intention : kératolytiques (acide salicylique)

L’acide salicylique concentré (15 à 25 %, parfois jusqu’à 50 % en préparation magistrale) reste le traitement de référence en première intention. Son application quotidienne après abrasion mécanique de la kératine permet une destruction progressive de la verrue sans risque pour la matrice. Les préparations disponibles sans ordonnance (Wartner®, Basiron® ou préparations magistrales à l’acide salicylique) sont efficaces pour les verrues récentes de taille modeste.

Technique d’application optimale : après un bain de mains de 5 minutes (ramollissement), abraser soigneusement la surface de la verrue avec une lime à ongles en carton à usage unique. Appliquer le produit kératolytique sur la verrue en protégeant la peau saine avec du vernis incolore (Verlim3®) ou du sparadrap. Renouveler chaque jour. Poursuivre jusqu’à la réapparition des dermatoglyphes (lignes cutanées normales) — soit en général 4 à 8 semaines.

Cryothérapie à l’azote liquide — précautions autour de l’ongle

La cryothérapie à l’azote liquide (−196 °C) est le traitement de référence réalisé en cabinet. Elle détruit la verrue par congélation. Autour de l’ongle, elle exige une précaution particulière : un temps de contact excessif ou répété proche du repli proximal risque d’endommager la matrice de l’ongle et d’entraîner une dystrophie unguéale permanente (onychodystrophie). Le dermatologue adapte le temps d’application en conséquence.

La cryothérapie se réalise en plusieurs séances espacées de 2 à 3 semaines. Elle est efficace dans 60 à 70 % des cas selon les études sur les verrues vulgaires ; le taux est généralement moins favorable pour les verrues péri-unguéales en raison de leur épaisseur et de leur localisation difficile d’accès.

Bléomycine intralésionnelle — option pour les formes résistantes

La bléomycine intralésionnelle est une option de choix pour les verrues péri-unguéales résistantes aux traitements topiques et à la cryothérapie répétée. Il s’agit d’une injection directement dans la verrue d’un agent cytotoxique (bléomycine à 1 U/mL) réalisée par le dermatologue sous anesthésie locale. Son mode d’action repose sur la destruction spécifique des cellules infectées par le HPV.

Les données publiées sur les verrues palmo-plantaires et péri-unguéales résistantes montrent un taux de réponse complète supérieur à 80 % avec la bléomycine intralésionnelle. C’est l’une des options les mieux documentées pour les formes difficiles. La principale complication est une douleur post-injection intense et la formation transitoire d’une bulle hémorragique — sans risque systémique aux doses utilisées en dermatologie.

5-Fluorouracile (5-FU) topique

Le 5-FU en crème (disponible en préparation magistrale) est une alternative aux kératolytiques pour les verrues récidivantes ou multiples. Son application sous occlusion nocturne améliore la pénétration. Il est parfois associé à la cryothérapie pour une action synergique. Son utilisation est hors AMM dans cette indication.

Autres options disponibles

Traitement Indication / Particularité Statut
Imiquimod 5 % (Aldara®) Immunomodulateur — utile dans les formes récidivantes ou chez l’immunodéprimé Hors AMM dans cette indication
Laser CO₂ Vaporisation précise — efficace pour les verrues multiples — réservé aux formes résistantes Acte dermatologique, séances 1 à 3
Électrocoagulation / curetage Efficace mais risque cicatriciel — utilisé pour les lésions volumineuses isolées Acte dermatologique — anesthésie locale requise
Injection d’antigène (candidine, vaccin MMR) Immunothérapie intralésionnelle — efficace dans les formes multiples et récidivantes Hors AMM — données favorables dans les revues récentes

Algorithme thérapeutique selon la forme clinique

L’approche thérapeutique se structure en fonction du nombre de lésions et des traitements déjà essayés — une logique progressive qui limite le risque de dystrophie unguéale tout en maximisant les chances de guérison :

Situation clinique 1re intention 2e intention (si échec à 8 semaines)
1 à 4 verrues péri-unguéales récentes Acide salicylique 15–25 % quotidien + abrasion Cryothérapie professionnelle (séances toutes les 2–3 semaines)
Plus de 4 verrues ou forme étendue Cryothérapie + acide salicylique en inter-séances Bléomycine intralésionnelle ou laser CO₂
Verrue subunguéale isolée Cryothérapie prudente ± acide salicylique Bléomycine intralésionnelle — consultation dermatologique impérative
Forme résistante (≥ 2 traitements bien conduits) Bléomycine intralésionnelle Laser CO₂, 5-FU, immunothérapie — biopsie si doute diagnostique
Patient immunodéprimé Avis dermatologique d’emblée — formes souvent multiples et récidivantes Imiquimod, bléomycine, laser — prise en charge spécialisée
Règle d’or : toute verrue péri-unguéale en cours de traitement doit être revue à 8 semaines. Si elle n’a pas diminué de taille de façon significative, il faut passer à l’option suivante de l’algorithme — et non multiplier indéfiniment le même traitement inefficace.

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Consultez un dermatologue sans attendre si :

  • La lésion péri-unguéale ne régresse pas malgré 2 traitements bien conduits de 8 semaines chacun — risque de carcinome épidermoïde HPV 16/18 à écarter par biopsie
  • L’ongle se déforme progressivement, se décolle ou présente une destruction partielle
  • La lésion saigne spontanément ou est ulcérée — signe d’alarme majeur
  • Apparition de verrues multiples et extensives sur plusieurs doigts — peut révéler une immunodépression (bilan immunologique indiqué)
  • Douleur au repos, non liée au traitement en cours

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Questions fréquentes sur les verrues de l’ongle

Pourquoi les verrues autour des ongles sont-elles si difficiles à traiter ?

Les verrues péri-unguéales sont situées dans une zone mal vascularisée, difficile d’accès pour les traitements topiques, avec un épiderme épais. L’extension sous le bord de l’ongle (forme subunguéale) complique encore le traitement. Le taux de récidive est plus élevé qu’ailleurs : 20 à 30 % après un premier traitement bien conduit, contre environ 15 % pour les verrues vulgaires du dos de la main.

Les verrues de l’ongle peuvent-elles endommager l’ongle définitivement ?

Oui, dans deux situations. Premièrement, si la verrue atteint la matrice (zone de croissance sous le repli proximal), elle peut provoquer une dystrophie unguéale permanente. Deuxièmement, un traitement trop agressif — notamment une cryothérapie prolongée appliquée trop près de la matrice — peut lui-même causer cette dystrophie. C’est une raison importante pour confier les verrues proches de la matrice à un dermatologue.

Comment reconnaître une verrue péri-unguéale en dermoscopie ?

En dermoscopie, les verrues péri-unguéales montrent une surface papillomateuse avec des vaisseaux en points rouges ou noirs (capillaires thrombosés) disposés régulièrement. Ces points noirs, caractéristiques des verrues, permettent de les distinguer d’un cor ou d’une hyperkératose réactionnelle, qui n’en présentent pas. La disparition de ces points après traitement est un signe de guérison en cours.

Quel traitement pour une verrue sous l’ongle ?

La verrue subunguéale est la localisation la plus difficile. Les options sont l’acide salicylique concentré appliqué après abrasion, la cryothérapie prudente, ou la bléomycine intralésionnelle (injection réalisée par le dermatologue). La bléomycine montre un taux de réponse supérieur à 80 % dans les formes résistantes selon les études publiées. Un avis dermatologique est indispensable pour les verrues subunguéales.

Une verrue autour de l’ongle peut-elle devenir un cancer ?

C’est exceptionnel mais documenté et à ne pas manquer. Un carcinome épidermoïde péri-unguéal lié aux HPV 16 ou 18 peut mimer une verrue banale résistante pendant des mois. Il ne régresse pas, grossit, saigne parfois spontanément, et peut détruire progressivement l’ongle. Toute lésion verruqueuse péri-unguéale chronique qui résiste à deux traitements bien conduits doit être biopsiée.

Les verrues autour des ongles sont-elles liées à l’onychophagie ?

Oui, directement. L’onychophagie crée des micro-lésions cutanées autour du repli unguéal qui constituent des portes d’entrée pour le papillomavirus HPV. Les patients qui se rongent les ongles ont un risque significativement plus élevé de développer des verrues péri-unguéales et de les voir récidiver. Arrêter cette habitude est une mesure de prévention essentielle, en parallèle du traitement.

Acide salicylique ou azote liquide pour les verrues péri-unguéales ?

Pour 1 à 4 verrues péri-unguéales récentes, l’acide salicylique concentré (15–25 %) est la première intention, moins risqué pour l’ongle. Au-delà de 4 lésions, ou après échec à 8 semaines, la cryothérapie professionnelle ou la bléomycine intralésionnelle sont préférées. La cryothérapie doit être réalisée avec prudence à proximité de la matrice unguéale pour éviter une dystrophie définitive.

Comment ne pas confondre une verrue sous l’ongle avec une mycose ?

L’onychomycose (mycose de l’ongle) se distingue en général par un ongle jaune-brun, épaissi, friable, avec une onycholyse débutant par le bord libre — et sans excroissance hyperkératosique visible sur les replis. La verrue subunguéale soulève plutôt la tablette unguéale par une masse ferme. En cas de doute, un prélèvement mycologique et une dermoscopie permettent de trancher. Ne jamais traiter indéfiniment sans diagnostic certain.

Voir aussi :
Verrues des mains et des doigts |
Traitements des verrues |
Traitements naturels des verrues |
Verrues et condylomes |
Se ronger les ongles

Références scientifiques

  1. Tosti A, Piraccini BM. Warts of the nail unit: surgical and nonsurgical approaches. Dermatol Surg. 2001;27(3):235-239. PMID 11277888
  2. Marahatta S, Khadka DK, Agrawal S, Rijal A. Intralesional bleomycin for the treatment of resistant palmoplantar and periungual warts. Dermatol Res Pract. 2021;2021:8655004. PMID 34707655
  3. Mullen SA, Myers EL, Brenner RL, et al. Systematic review of intralesional therapies for cutaneous warts. JID Innov. 2024;4(3):100264. PMID 38585192

Source : HAS — Verrues cutanées : recommandations de la Haute Autorité de Santé

Mononucléose infectieuse : symptômes, traitement, éruption, complications

Mononucléose infectieuse et éruption cutanée : reconnaître le rash EBV en 2026

La mononucléose infectieuse (MNI) provoque une éruption cutanée dans 5 à 20 % des cas sans traitement — et jusqu’à 80–100 % des cas si de l’amoxicilline est prescrite pendant la phase aiguë. Ce rash maculopapuleux, non allergique, touche principalement le tronc et les membres. Un purpura palatin est quasi-pathognomonique. Reconnaître ces lésions évite un diagnostic erroné d’allergie médicamenteuse et un bilan allergologique inutile.

En un coup d’œil — orientation clinique

  • Rash maculopapuleux spontané → 5–20 % des MNI, tronc et membres, non prurigineux, dure ~7 jours
  • Rash après amoxicilline → 80–100 % des MNI sous aminopénicillines — ce n’est pas une allergie
  • Purpura palatin → très évocateur de MNI, voile du palais, premiers jours
  • Syndrome de Gianotti-Crosti → chez l’enfant, acrolocalisé, papules symétriues
  • Bilan → NFS + MNI-test ± sérologie EBV (IgM anti-VCA)

Sommaire : EBV et la peau · Éruption spontanée · Rash à l’amoxicilline · Purpura palatin · Gianotti-Crosti · Diagnostic biologique · Diagnostics différentiels · Prise en charge · FAQ

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Virus Epstein-Barr et peau : comment l’EBV provoque-t-il des lésions cutanées ?

La mononucléose infectieuse est la traduction symptomatique de la primo-infection par le virus Epstein-Barr (EBV), un herpèsvirus ubiquitaire. Environ 90 % des adultes dans le monde sont porteurs du virus à l’état latent, le plus souvent après une infection contractée dans l’enfance ou à l’adolescence.

Après une incubation de 4 à 8 semaines, le virus infecte les lymphocytes B circulants. La réponse immunitaire cytotoxique des lymphocytes T, massivement activée, est responsable de la quasi-totalité des symptômes — y compris des manifestations cutanées. Ces lésions dermatologiques ne sont donc pas liées à un effet cytopathique direct du virus sur la peau, mais à la réponse inflammatoire systémique.

La triade classique associe :

  • Fièvre à 38–40 °C, asthénie profonde, myalgies
  • Angine érythémato-pultacée ou pseudo-membraneuse, odynophagie intense
  • Adénopathies cervicales postérieures bilatérales, fermes et sensibles

Les manifestations cutanées (exanthème, purpura palatin, oedème palpébral) s’y ajoutent dans une proportion variable selon la forme clinique et les traitements reçus.

L’exanthème spontané de la mononucléose : aspect clinique

En l’absence de toute antibiothérapie, une éruption cutanée est observée chez 5 à 20 % des patients atteints de mononucléose infectieuse. Les données récentes suggèrent que ce chiffre pourrait être sous-estimé dans les formes peu symptomatiques.

Morphologie et topographie

L’exanthème spontané de la MNI est de type maculopapuleux polymorphe, composé de macules érythémateuses planes (pouvant coalescer en plaques) et de papules légèrement en relief. Il débute habituellement sur le tronc et les membres supérieurs, parfois le visage, avant de s’étendre aux avant-bras quelques jours plus tard. Le rash est rarement prurigineux.

Évolution

L’éruption dure en général 5 à 7 jours et régresse spontanément sans traitement dermatologique. Elle peut être discrète et passer inaperçue, ou plus marquée avec de vastes plaques confluentes. Des formes morbiliforme (ressemblant à la rougeole), scarlatiniforme ou papulovésiculeuse sont décrites plus rarement.

⚠ À ne pas confondre : une éruption maculopapuleuse fébrile chez un adolescent ayant pris de l’amoxicilline pour une « angine » doit d’abord faire évoquer une mononucléose — et non une allergie aux pénicillines. Un bilan biologique simple (NFS, MNI-test) permet d’orienter le diagnostic.

Le rash à l’amoxicilline dans la mononucléose : mécanisme, aspect et conduite à tenir

C’est la manifestation cutanée la plus connue et la plus fréquente de la mononucléose infectieuse. Lorsque des aminopénicillines (amoxicilline, ampicilline) sont prescrites à un patient en phase aiguë d’infection EBV — situation classique devant une angine diagnostiquée à tort comme bactérienne — une éruption cutanée survient dans 80 à 100 % des cas.

Ce n’est pas une allergie vraie

Ce point est fondamental en pratique clinique. Le rash à l’amoxicilline dans la mononucléose n’est pas une hypersensibilité vraie à la pénicilline. Il ne traduit pas une sensibilisation immunologique définitive. Le mécanisme précis reste débattu : il implique vraisemblablement une interaction directe entre l’amoxicilline et les lymphocytes B infectés par l’EBV, favorisant la réplication virale et une réponse inflammatoire cutanée exacerbée.

La conséquence pratique est importante : ce rash n’est en général pas une contre-indication définitive à l’utilisation future de l’amoxicilline, à distance de l’épisode de mononucléose. Un avis allergologique reste conseillé si la réaction a été sévère ou si le doute diagnostique persiste.

Aspect clinique du rash à l’amoxicilline

L’éruption apparaît 5 à 10 jours après le début du traitement. Elle est de type maculopapuleux ou morbilliforme, diffuse, touchant préférentiellement les surfaces extenseurs des membres et les zones de pression. Elle peut être intensément érythémateuse et s’étend rapidement en quelques heures. Elle est plus marquée et plus étendue que le rash spontané de la MNI.

Tableau comparatif : rash spontané vs rash à l’amoxicilline

Caractéristique Rash spontané MNI Rash à l’amoxicilline (MNI)
Fréquence 5–20 % des MNI 80–100 % des MNI sous aminopénicillines
Morphologie Maculopapuleux discret, polymorphe Maculopapuleux diffus, morbilliforme, plus confluent
Topographie Tronc, membres supérieurs, visage Surfaces extenseurs, zones de pression, diffus
Prurit Absent ou discret Variable, parfois modéré
Délai d’apparition Phase aiguë de la MNI 5–10 jours après introduction de l’antibiotique
Durée ~5–7 jours 7–14 jours après arrêt de l’antibiotique
Allergie vraie ? Non applicable Non — pas de contre-indication définitive à l’amoxicilline
Traitement Symptomatique (antihistaminique si prurit) Arrêt de l’antibiotique + symptomatique
✔ Conduite à tenir validée : devant tout rash maculopapuleux fébrile sous amoxicilline chez un adolescent ou jeune adulte, réaliser systématiquement NFS + MNI-test avant de conclure à une allergie aux pénicillines. Une allergie étiquetée à tort peut pénaliser le patient pour des années.

Purpura palatin : le signe cutanéo-muqueux quasi-pathognomonique

Moins connu du grand public mais très familier des cliniciens expérimentés, le purpura pétéchial du voile du palais est un signe très évocateur, voire quasi-pathognomonique, de mononucléose infectieuse. Il s’agit de petites pétéchies (points rouges ne blanchissant pas à la pression), groupées à la jonction du palais dur et du palais mou.

Ce purpura palatin s’observe dans les premiers jours de la maladie, souvent associé à un œdème de la luette et à une angine érythémato-pultacée. Sa présence oriente fortement vers la MNI et doit faire interrompre toute prescription d’aminopénicillines avant la confirmation biologique.

Une thrombopénie modérée est fréquente dans la MNI (plaquettes à 100–150 G/L) et contribue à ce purpura. Elle est en règle bénigne et se résout spontanément. Une thrombopénie sévère (<50 G/L) est rare et justifie une surveillance.

Syndrome de Gianotti-Crosti associé à l’EBV chez l’enfant

Chez l’enfant en bas âge, la primo-infection EBV peut se manifester par un syndrome de Gianotti-Crosti (acrodermatite papuleuse infantile), une éruption cutanée distinctive différente du rash classique de l’adulte.

Présentation clinique

L’éruption est constituée de papules ou papulovésicules érythémateuses, monomorphes, symétriques, localisées préférentiellement sur le visage (joues), les fesses, et les membres (distribution acrale). Le tronc est typiquement respecté. Cette localisation particulière contraste avec les exanthèmes viraux classiques.

Le tableau est complété par des adénopathies superficielles et une hépatomégalie modérée. L’éruption se résout spontanément en 2 à 8 semaines sans traitement spécifique.

EBV parmi les causes du Gianotti-Crosti

L’EBV est l’une des principales causes infectieuses du syndrome de Gianotti-Crosti, aux côtés du virus de l’hépatite B, du cytomégalovirus (CMV), du virus Coxsackie et d’autres herpèsvirus. Des cas liés à une réactivation EBV (et non une primo-infection) ont été décrits, la réactivation pouvant déclencher le même tableau clinique que la primo-infection.

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Diagnostic biologique de la mononucléose infectieuse

Le diagnostic repose sur l’association de données cliniques, biologiques et sérologiques.

Numération formule sanguine (NFS)

La NFS montre un syndrome mononucléosique : hyperlymphocytose avec plus de 10 % de grands lymphocytes atypiques (lymphocytes T activés, au cytoplasme hyperbasophile). Une thrombopénie modérée est fréquente. Une cytolyse hépatique (ASAT/ALAT élevées) est présente dans la majorité des cas.

MNI-test (test de Paul-Bunnel-Davidsohn)

Ce test rapide de détection d’agglutinines hétérophiles est positif dès la 1re semaine dans environ 75 % des cas. Il est simple, peu coûteux et réalisable en cabinet. Sa sensibilité est bonne chez l’adulte mais plus faible chez l’enfant de moins de 4 ans. Un résultat négatif n’exclut pas la MNI.

Sérologie EBV

En cas de MNI-test négatif avec forte suspicion clinique, la sérologie EBV est réalisée :

  • IgM anti-VCA (anti-viral capsid antigen) : positives dans les 3 premiers mois de la primo-infection → signe de primo-infection récente
  • IgG anti-EBNA (anti-Epstein Barr nuclear antigen) : négatives dans les 3 premiers mois → leur présence d’emblée oriente vers une infection ancienne
  • IgG anti-VCA : persistantes toute la vie, marqueur d’infection ancienne ou récente

Marqueur Primo-infection récente Infection ancienne Réactivation
IgM anti-VCA Positives Négatives Parfois positives
IgG anti-VCA Positives (en hausse) Positives (stables) Positives (en hausse)
IgG anti-EBNA Négatives (<3 mois) Positives Positives
MNI-test Positif (75 % à S1) Négatif Variable

Diagnostics différentiels des éruptions de la mononucléose

Plusieurs pathologies peuvent mimer le rash de la mononucléose et doivent être évoquées selon le contexte :

Pathologie Arguments en faveur Arguments contre MNI
Herpès disséminé Vésicules, érosions muqueuses, contexte immunodépression Pas d’adénopathies cervicales massives
Rougeole Signe de Köplik, toux, conjonctivite, non vacciné Pas d’angine pultacée, pas de syndrome mononucléosique
Rubéole Rash débutant au visage, adénopathies occipitales Fièvre modérée, pas d’angine sévère
Toxidermie allergique vraie Prurit intense, urticaire, pas de fièvre ou fièvre modérée Pas de syndrome mononucléosique biologique
Primo-infection VIH Syndrome mononucléosique, rash, ulcérations muqueuses Sérologie EBV négative, sérologie VIH positive
Primo-infection CMV Syndrome mononucléosique, adénopathies, asthénie Angine moins sévère, MNI-test négatif, sérologie CMV positive
Mégalérythème épidémique (Parvovirus B19) Joues soufflées, enfant, rash réticulé membres Pas d’angine, pas d’adénopathies massives
DRESS (toxidermie grave) Fièvre élevée, érythrodermie, hyperéosinophilie, atteinte viscérale Tableau plus sévère, éosinophilie marquée
🔴 Signe d’alarme : toute éruption bulleuse, avec décollements cutanés, érosions muqueuses diffuses ou syndrome de Stevens-Johnson doit faire rechercher une autre étiologie (DRESS, TEN) et imposer une prise en charge spécialisée urgente. Ces formes graves ne sont pas caractéristiques de la MNI non compliquée.

Prise en charge dermatologique : traitement du rash de mononucléose

Traitement symptomatique de l’éruption

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique recommandé dans les formes non compliquées de mononucléose. La prise en charge de l’éruption cutanée est symptomatique :

  • Arrêt immédiat de l’amoxicilline ou de l’ampicilline si elles ont été prescrites
  • Antihistaminiques oraux si prurit marqué
  • Émollients doux si xérose cutanée associée
  • Pas de corticothérapie topique ni systémique pour le rash seul

Antibiotiques : que prescrire en cas de surinfection bactérienne ?

Si une surinfection streptococcique de l’angine est confirmée, les aminopénicillines sont à éviter. On privilégie d’autres antibiotiques selon l’antibiogramme : macrolides, céphalosporines de 1re génération (en sachant que les céphalosporines peuvent également induire un rash dans ce contexte, quoique plus rarement).

Quand les corticoïdes systémiques sont-ils indiqués ?

Les corticoïdes systémiques (prednisone 5–10 jours) sont réservés aux formes sévères avec risque d’obstruction des voies aériennes supérieures, hépatite grave, thrombopénie sévère ou complications neurologiques. Ils ne sont pas indiqués pour le seul rash cutané.

Sport et activité physique

L’arrêt du sport doit être strict pendant au moins 4 à 6 semaines en cas de splénomégalie confirmée, en raison du risque — rare mais potentiellement grave — de rupture splénique. Un contrôle médical est nécessaire avant la reprise des activités.

Risques à long terme de l’infection EBV : ce que les études montrent

Dans l’immense majorité des cas, la mononucléose infectieuse guérit sans séquelle. Mais le virus Epstein-Barr, une fois installé à l’état latent dans les lymphocytes B, ne disparaît jamais complètement. Des décennies de recherche épidémiologique ont établi des associations significatives entre l’EBV et plusieurs pathologies à long terme — oncologiques, auto-immunes et neurologiques.

Point de méthode : les statistiques ci-dessous reflètent des risques relatifs populationnels, pas des probabilités individuelles. La grande majorité des porteurs d’EBV ne développeront aucune de ces complications. Ces données s’adressent à des patients qui souhaitent comprendre — non à générer une inquiétude disproportionnée.

Lymphomes associés à l’EBV

L’EBV est détecté dans les cellules tumorales d’environ 30 à 50 % des lymphomes de Hodgkin (maladie de Hodgkin) selon les séries, avec une variabilité géographique importante. La fraction attribuable à l’EBV est plus élevée dans les formes à cellularité mixte et chez les patients plus âgés ou immunodéprimés. Le risque absolu reste faible : une cohorte suédoise portant sur plus de 38 000 cas de MNI (Hjalgrim et al., N Engl J Med, 2003) a montré un risque multiplié par 3 à 4 de développer un lymphome de Hodgkin dans les 5 ans suivant la MNI.

Le lymphome de Burkitt est positivement associé à l’EBV dans sa forme endémique africaine (> 95 % des cas EBV+), et dans une moindre mesure dans les formes sporadiques (15–30 %). Le lymphome diffus à grandes cellules B (DLBCL) est EBV-positif dans environ 5 à 10 % des cas dans les pays occidentaux.

Carcinome du nasopharynx

L’EBV est un co-facteur majeur du carcinome du nasopharynx (CNP), notamment de type indifférencié (OMS type III). Dans les zones d’endémie (Asie du Sud-Est, Maghreb), plus de 95 % des CNP sont EBV-positifs. En Europe occidentale, cette association est moins systématique mais reste documentée. Le mécanisme implique l’expression de protéines de latence virale (LMP1, LMP2A) qui activent des voies oncogènes comme NF-κB.

Maladies auto-immunes

L’hypothèse d’un rôle de l’EBV dans le déclenchement de maladies auto-immunes est ancienne, mais elle a été considérablement renforcée par une étude de grande envergure publiée en 2022 dans Science (Bjornevik et al.) portant sur 10 millions de militaires américains suivis sur 20 ans. Cette étude a montré que la sclérose en plaques (SEP) était précédée dans 100 % des cas d’une séroconversion EBV, et que le risque de SEP était multiplié par 32 après une MNI symptomatique. L’EBV n’est pas la seule cause de la SEP, mais il semble en être un facteur déclenchant nécessaire chez des sujets génétiquement prédisposés.

D’autres maladies auto-immunes sont associées à des titres élevés d’anticorps anti-EBV ou à une réactivation virale fréquente :

Pathologie auto-immune Données épidémiologiques Niveau de preuve
Sclérose en plaques (SEP) Risque × 32 après MNI symptomatique (Bjornevik, Science 2022) Élevé (cohorte prospective)
Lupus érythémateux systémique (LES) Titres IgA et IgG anti-VCA significativement plus élevés chez les patients lupiques ; EBV détecté dans les cellules B des patients LES Modéré (études cas-témoins)
Polyarthrite rhumatoïde (PR) Prévalence accrue d’anticorps anti-EBNA dans les PR ; réactivation EBV fréquente sous immunosuppresseurs Modéré
Thyroïdite de Hashimoto EBV détecté dans les cellules folliculaires thyroïdiennes dans certaines séries ; association sérologique documentée Faible à modéré
Syndrome de Sjögren primitif Réactivation EBV documentée dans les glandes salivaires ; rôle possible dans l’entretien de l’inflammation Faible à modéré

Syndrome de fatigue chronique post-MNI

Un sous-groupe de patients (estimé à 10–15 % dans les cohortes les mieux documentées) présente une asthénie prolongée de plus de 6 mois après une MNI aiguë. Ce tableau, parfois qualifié de « mononucléose chronique » ou de syndrome de fatigue post-infectieuse, est distinct du syndrome de fatigue chronique (SFC/EM) au sens strict, bien que l’EBV soit l’un des agents infectieux les plus fréquemment impliqués dans le déclenchement d’un SFC. Les mécanismes évoqués incluent une dysrégulation immunitaire persistante et une réactivation virale à bas bruit.

Manifestations cutanées tardives liées à l’EBV

Chez des patients immunodéprimés (transplantés, VIH, traitements biologiques), l’EBV peut se réactiver et donner des manifestations cutanées spécifiques :

  • Leucoplasie chevelue de la langue : plaques blanchâtres verruqueuses des bords de la langue, pathognomoniques d’une réplication active de l’EBV, classiquement observées en contexte d’infection VIH avancée
  • Lymphoproliférations cutanées EBV+ : rares, survenant principalement chez les transplantés sous immunosuppression lourde (syndrome lymphoprolifératif post-transplantation, PTLD)
  • Hydroa vacciniforme-like lymphoproliferative disorder : entité rare, principalement décrite en Asie et en Amérique latine chez l’enfant, associée à une réactivation EBV dans un contexte d’hypersensibilité aux piqûres de moustiques
⚠ Perspective clinique : ces associations statistiques ne doivent pas être présentées aux patients comme des fatalités. Le risque absolu individuel reste faible pour la grande majorité des personnes ayant eu une MNI. En revanche, elles justifient pleinement une consultation médicale rapide devant toute adénopathie persistante, tout signe neurologique ou toute asthénie inexpliquée survenant dans les mois ou années suivant un épisode de mononucléose documenté.

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Questions fréquentes sur la mononucléose et la peau

Est-ce que la mononucléose donne toujours une éruption cutanée ?

Non. En l’absence d’antibiothérapie, seulement 5 à 20 % des patients développent un exanthème spontané. Ce rash survient le plus souvent sur le tronc et les membres supérieurs, dure environ une semaine et disparaît sans traitement.

Pourquoi l’amoxicilline provoque-t-elle une éruption dans la mononucléose ?

Le mécanisme exact reste mal compris. Il ne s’agit pas d’une allergie vraie à la pénicilline mais d’une réaction liée à l’interaction entre l’amoxicilline et le virus EBV actif. Cette éruption survient dans 80 à 100 % des cas chez les patients sous aminopénicillines pendant la phase aiguë, et n’autorise généralement pas une contre-indication définitive à l’amoxicilline.

Comment distinguer le rash de la mononucléose d’une allergie à l’amoxicilline ?

Le rash mononucléosique lié à l’amoxicilline est maculopapuleux, diffus, non prurigineux ou peu prurigineux, et survient 5 à 10 jours après le début du traitement. L’allergie vraie est souvent urticarienne, très prurigineuse et peut survenir dès la première prise. Une sérologie EBV positive confirme l’origine infectieuse du rash.

La mononucléose peut-elle donner un purpura ?

Oui. Un purpura pétéchial du voile du palais est classique et très évocateur de mononucléose infectieuse. Il s’observe à la jonction du palais dur et du palais mou dans les premiers jours. Une thrombopénie modérée est fréquente et peut contribuer à ces lésions hémorragiques.

Qu’est-ce que le syndrome de Gianotti-Crosti lié à l’EBV ?

C’est une éruption papuleuse ou papulovésiculeuse symétrique touchant préférentiellement le visage, les fesses et les membres de l’enfant (acrodermatite papuleuse infantile). Elle est associée à une adénopathie et une hépatomégalie. Elle peut survenir lors d’une primo-infection EBV ou d’une réactivation, et se résout spontanément en quelques semaines.

Faut-il consulter un dermatologue pour une éruption de mononucléose ?

Si le diagnostic de mononucléose est confirmé et que l’éruption est maculopapuleuse sans signe de gravité (pas de décollements cutanés, pas d’érosions muqueuses, pas de bulles), une consultation de médecine générale suffit. La téléconsultation dermatologique est utile pour éliminer un diagnostic différentiel ou si l’éruption est atypique.

Peut-on reprendre l’amoxicilline après une mononucléose ?

Dans la majorité des cas, oui. Le rash lié à l’amoxicilline dans la mononucléose n’est pas une allergie vraie et ne contre-indique généralement pas la reprise de l’amoxicilline à distance de l’épisode infectieux. Un avis allergologique reste conseillé en cas de doute ou de réaction sévère.

Combien de temps dure l’éruption cutanée de la mononucléose ?

L’éruption spontanée de la mononucléose dure en général 5 à 7 jours et régresse spontanément. Le rash induit par l’amoxicilline peut être plus étendu et plus durable, mais se résout également sans traitement spécifique, souvent en 1 à 2 semaines après l’arrêt de l’antibiotique.

Sources scientifiques

  • Mergoum AM. Amoxicillin rash in infectious mononucleosis. N Engl J Med. 2021;385(11):1033. PMID 34496183
  • Kimura H et al. Gianotti-Crosti syndrome associated with EBV reactivation. Pediatr Dermatol. 2003. PMID 12835554
  • Collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales. Syndrome mononucléosique. ECN Pilly 2023.
  • RecoMédicales. Mononucléose infectieuse (MNI). Mis à jour mars 2026. recomedicales.fr
  • Karrer U, Nadal D. Virus d’Epstein-Barr et mononucléose infectieuse. Forum Med Suisse. 2014;14(11):226-232.
  • Case report : Amoxicillin-Clavulanic Acid-Induced Rash in EBV Infection. PMC. 2025. PMC12398297

Mis à jour mai 2026 — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.

 

Maladies dans le sable et l’eau stagnante

Mis à jour le 6 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : La chique (tungiase) est une infestation cutanée par la puce femelle Tunga penetrans qui s’enfouit dans la peau, principalement sous les orteils et la plante des pieds. Fréquente aux Antilles, en Guyane, en Afrique subsaharienne et en Amérique latine, elle provoque une lésion blanchâtre et douloureuse. L’extraction manuelle par un professionnel reste le traitement de référence.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

La chique (ou « chigo », « nigua » en Amérique latine) est le nom populaire de la tungiase — infestation par la puce Tunga penetrans ou Tunga trimamillata. La femelle fécondée s’enfonce dans la couche cornée de la peau pour y pondre ses œufs, se nourrissant du sang de l’hôte. Elle représente un problème de santé publique dans les zones tropicales pauvres.

Aux Antilles françaises (Guadeloupe, Martinique), en Guyane, en Haïti et dans les communautés afro-caribéennes, la chique est bien connue et redoutée. Elle sévit dans les sols sableux ou terreux (plages, jardins, sols en terre battue). Les enfants qui marchent pieds nus et les personnes âgées sont les plus touchés.

Stade de la tungiase Aspect Action
Stade 1 — Pénétration Point noir minuscule, légère démangeaison Extraction immédiate possible
Stade 2 — Croissance (J2–J7) Papule blanche nacrée, halo rouge Extraction par professionnel
Stade 3 — Maturité (J8–J21) Nodule 4–8 mm, point noir central (orifice) Extraction chirurgicale + antisepsie
Stade 4 — Involution Croûte noire, puce morte Curetage + cicatrisation
⚠️ Quand consulter en urgence :
Consultez rapidement si : plusieurs chiques simultanément sur les mêmes pieds (surinfection bactérienne probable), pied gonflé et douloureux autour d’une chique (cellulite), fièvre, ou si la lésion ne guérit pas après extraction (risque de tétanos dans les zones non vaccinées — vérifier la vaccination antitétanique). Ne jamais tenter d’extraire une chique soi-même sans stérilisation : risque d’infection grave.

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Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une chique et comment reconnaît-on une tungiase ?

La chique est la puce femelle Tunga penetrans après qu’elle s’est enfoncée dans la peau. Elle se reconnaît à une petite papule blanchâtre de 3 à 8 mm, avec un point noir central (orifice par lequel elle respire et expulse ses œufs), entourée d’un halo rouge. Elle siège presque toujours sous les orteils (espace sous-unguéal, bord latéral), sur la plante des pieds ou entre les orteils. La douleur pulsatile est caractéristique.

Comment enlever une chique correctement ?

L’extraction doit être réalisée par un professionnel de santé avec une aiguille ou un vaccinostyle stérilisé, sous bonne lumière. La technique : agrandir l’orifice cutané, extraire la puce entière sans la rompre (rupture = libération des œufs dans la lésion = aggravation), nettoyer la cavité au sérum physiologique, appliquer un antiseptique (Bétadine) et couvrir avec un pansement. Une injection antitétanique doit être vérifiée. Ne jamais extraire avec une épingle non stérilisée.

La chique peut-elle provoquer des complications graves ?

Oui. Les complications les plus fréquentes sont la surinfection bactérienne secondaire (cellulite, abcès, ostéite chez les patients diabétiques), la perte d’ongle, et dans les infestations massives des personnes vulnérables, des difficultés à marcher. Le tétanos est une complication historiquement documentée dans les zones non vaccinées. Des cas de déformation permanente des orteils ont été décrits chez des enfants avec infestations répétées et non traitées.

Peut-on attraper une chique à la plage aux Antilles ?

Oui, les plages sableuses, les sols en terre battue, les jardins et les étables sont les zones à risque. La puce vit dans le sol et saute sur son hôte (homme ou animal) à hauteur de quelques centimètres. Marcher pieds nus sur des plages sauvages ou dans les jardins non entretenus est le principal mode de contamination. Les touristes non avertis sont particulièrement vulnérables car ils ne reconnaissent pas les premiers signes.

Comment prévenir la tungiase en zone tropicale ?

Mesures préventives : toujours porter des chaussures fermées dans les zones à risque (plages sauvages, jardins en terre) ; inspecter les pieds chaque soir après une journée en milieu naturel ; appliquer un répulsif à base de DEET sur les pieds et chevilles ; traiter les sols des habitations (insecticide) ; traiter les animaux domestiques (chiens, porcs) qui sont des réservoirs. Le port de chaussures est la mesure la plus efficace avec une réduction du risque de 90 %.

Y a-t-il un traitement médicamenteux contre la tungiase ?

Outre l’extraction mécanique, des études récentes montrent l’efficacité de l’ivermectine topique à 1 % (dimethicone) appliquée localement, qui tue la puce in situ et permet son expulsion naturelle sans extraction chirurgicale. Cette approche est particulièrement utile pour les infestations multiples ou dans les zones sans accès aux soins. Le thiabendazole topique est une alternative ancienne. Aucun traitement oral n’a démontré d’efficacité significative contre Tunga penetrans.

Les chiques peuvent-elles toucher d’autres parties du corps que les pieds ?

Oui, bien que les pieds (80 % des cas) soient la localisation de prédilection, des tungiases ont été décrites sur les mains, les genoux, le siège et même le cuir chevelu chez des enfants qui jouent à même le sol. Les personnes qui dorment sur des nattes en terre battue peuvent développer des lésions sur tout le corps. Les nourrissons couchés à même le sol dans des conditions précaires sont particulièrement vulnérables aux infestations multiples.

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Articles liés : Piqûres d’aoûtat, Démangeaisons cutanées

Feu sauvage : cause, symptomes, traitement

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Mis à jour le 6 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Au Québec, le « feu sauvage » désigne le bouton de fièvre, c’est-à-dire l’herpès labial causé par le virus Herpes Simplex type 1 (HSV-1). Il touche 67 % des adultes séropositifs au HSV-1 en Amérique du Nord. Le traitement antiviral (valaciclovir) dès les premiers picotements réduit la durée de l’épisode de moitié. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Au Québec francophone, on appelle feu sauvage ce que l’on nomme « bouton de fièvre » en France hexagonale ou « herpès labial » dans le vocabulaire médical. C’est la même infection virale : le virus Herpes Simplex de type 1 (HSV-1), contracté le plus souvent dans l’enfance lors d’un bisou d’un adulte porteur.

Une fois contracté, le virus ne disparaît jamais — il reste latent dans les ganglions trigéminaux et se réactive à l’occasion de facteurs déclenchants (soleil, stress, fièvre, fatigue). En moyenne, les personnes touchées connaissent 2 à 4 récidives par an, soit l’apparition d’un « nouveau feu sauvage ».

Stade du feu sauvage Durée Que faire ?
1. Prodromes (picotements) 1–2 jours Prendre valaciclovir immédiatement
2. Vésicules en bouquet 2–3 jours Ne pas percer, éviter contacts
3. Ulcération 2–3 jours Antiviraux topiques, hygiène
4. Croûte et guérison 2–3 jours Crème cicatrisante, SPF lèvres
⚠️ Quand consulter en urgence :
Consultez d’urgence si : feu sauvage avec atteinte de l’œil (douleur, rougeur oculaire, vision floue — kératite herpétique), feu sauvage chez un nouveau-né (< 4 semaines), feu sauvage étendu chez une personne immunodéprimée, ou si vous avez de la fièvre et des maux de tête intenses (encéphalite herpétique rare mais grave). Ces situations nécessitent un traitement antiviral IV en urgence.

Questions fréquentes

Pourquoi dit-on « feu sauvage » au Québec ?

L’expression « feu sauvage » est utilisée au Québec, en Acadie et dans certaines régions de la francophonie canadienne pour désigner l’herpès labial — appelé « bouton de fièvre » en France ou « fièvre des lèvres » en Belgique. L’origine du terme évoque la sensation de brûlure intense et la façon dont les vésicules se propagent rapidement sur la lèvre, comme un feu qui se propage. C’est exactement la même infection à HSV-1.

Est-ce que le feu sauvage guérit tout seul ?

Oui, un épisode de feu sauvage guérit spontanément en 7 à 10 jours sans traitement. Cependant, le traitement antiviral (valaciclovir 2 g × 2 en une journée, ou aciclovir crème) pris dès les premiers picotements réduit la durée à 4 à 5 jours et atténue l’intensité des symptômes. Sans traitement, le virus reste latent et provoquera de nouvelles récidives. Il n’existe pas de traitement qui élimine définitivement le virus.

Le feu sauvage est-il très contagieux ?

Oui. HSV-1 se transmet par contact direct avec les lésions ou la salive : baisers, partage de verres ou couverts, contacts oro-génitaux. L’excrétion virale sans lésion visible (excrétion asymptomatique) survient 5 à 10 % du temps et peut contaminer un partenaire. Pendant la phase active (vésicules, ulcérations), éviter tout contact buccal, ne pas partager d’effets personnels, et se laver les mains fréquemment.

Quoi mettre sur un feu sauvage pour qu’il guérisse plus vite ?

Le traitement le plus efficace est le valaciclovir oral (en ordonnance) pris dès les prodromes. En vente libre : aciclovir crème 5 % appliquée 5 fois/jour dès les picotements, penciclovir 1 % crème (légèrement supérieur). Pour soulager : compresses froides, gel d’aloe vera pur, crème à la lysine. Éviter de toucher les lésions avec les doigts nus (risque d’inoculation oculaire ou génitale). Ne pas utiliser de cortisone sur un feu sauvage — elle aggrave l’infection.

Peut-on prévenir les récidives du feu sauvage ?

Oui, plusieurs stratégies réduisent les récidives : protection solaire SPF 50+ sur les lèvres (le soleil est un déclencheur majeur), gestion du stress, sommeil suffisant, renforcement immunitaire. En cas de récidives fréquentes (≥ 6/an), un traitement suppresseur par valaciclovir 500 mg/jour pris en continu réduit les récidives de 70 à 80 %. Ce traitement peut être maintenu 1 à 2 ans sous supervision médicale.

Le feu sauvage peut-il se transmettre aux parties génitales ?

Oui, par contact oro-génital. HSV-1 cause désormais 40 à 50 % des nouveaux cas d’herpès génital en Amérique du Nord. Lors d’un épisode actif de feu sauvage, les pratiques oro-génitales doivent être évitées. La transmission est possible même en l’absence de lésion visible. Informer son partenaire est important, surtout si ce dernier n’a jamais eu d’herpès.

Y a-t-il des remèdes naturels efficaces contre le feu sauvage ?

Certains remèdes populaires québécois montrent une efficacité modeste en études cliniques : la lysine (L-lysine 3000 mg/j) réduit la durée et la fréquence des récidives dans quelques essais randomisés. L’extrait de mélisse (Melissa officinalis) en crème topique a une légère activité antivirale. L’aloe vera soulage les brûlures. Ces approches sont complémentaires mais ne remplacent pas les antiviraux lors des poussées importantes.

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Sources et références médicales

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Gratelle (gratel) : causes par zone, photos et traitement

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Mis à jour le 20 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : La « grattelle » ou « gratelle » désigne en médecine populaire toute éruption qui démange, le plus souvent due à la gale (Sarcoptes scabiei) en France métropolitaine ou au pityriasis versicolor (courap) dans les régions tropicales. Un diagnostic médical est indispensable car les traitements sont radicalement différents selon la cause.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Mis à jour le 6 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : La « gratelle » est un terme créole antillais désignant des démangeaisons cutanées intenses, le plus souvent dues à la gale (Sarcoptes scabiei), à un eczéma, à la piqûre d’aoûtat ou à une dermatose tropicale. Ce terme recouvre plusieurs affections que le dermatologue doit différencier pour traiter correctement.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Aux Antilles, à la Réunion et dans d’autres régions francophones tropicales, le mot gratelle (ou « gratel » en créole guadeloupéen) est employé couramment pour décrire des démangeaisons cutanées envahissantes, souvent nocturnes, qui « grattent partout ». Ce n’est pas un diagnostic médical unique : la gratelle peut correspondre à plusieurs pathologies dermatologiques, dont la plus fréquente est la gale.

Dans les services de dermatologie aux Antilles, la gale représente la première cause de « gratelle » consultée, suivie de l’eczéma atopique et du prurigo strophulus (réaction aux piqûres d’insectes). Le pityriasis versicolor — appelé « teigne » localement — est également fréquent dans les régions tropicales humides.

Cause de gratelle Signe clé Traitement
Gale (Sarcoptes) Sillons entre les doigts, prurit nocturne Ivermectine orale ou perméthrine
Eczéma atopique Plaques sèches, plis, antécédents familiaux Dermocorticoïdes + émollients
Prurigo strophulus Papules après piqûres d’insectes Antihistaminiques + répulsifs
Pityriasis versicolor Taches blanches ou dorées tronc Antifongiques locaux ou oraux
⚠️ Quand consulter en urgence :
Consultez rapidement si : démangeaisons intenses touchant plusieurs membres de la famille en même temps (gale probable), lésions qui s’étendent malgré le traitement, fièvre associée aux démangeaisons, ou si un enfant présente des sillons entre les doigts. Une épidémie de gale en collectivité (école, EHPAD) nécessite une prise en charge simultanée de tous les contacts.
⚠ Consultez rapidement si :

  • Démangeaisons nocturnes intenses avec entourage atteint (gale)
  • Lésions qui s’étendent ou se surinfectent
  • Fièvre associée à l’éruption
  • Démangeaisons chez un nourrisson ou une femme enceinte

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la gratelle aux Antilles ?

La gratelle est un terme créole antillais désignant des démangeaisons cutanées intenses. Il ne correspond pas à une maladie unique mais à un symptôme — le prurit — qui peut être causé par la gale, un eczéma, des piqûres d’insectes (aoûtat, moustiques, puces), ou une dermatose tropicale comme le pityriasis versicolor. C’est l’équivalent du mot « démangeaisons » en français métropolitain, mais avec une connotation d’intensité et de contamination possible.

La gratelle est-elle toujours la gale ?

Non, bien que la gale soit la cause la plus fréquemment associée à ce terme dans les Antilles. D’autres causes communes sont : l’eczéma atopique (très fréquent dans les populations afro-caribéennes), les réactions aux piqûres d’insectes (prurigo strophulus), les infections fongiques cutanées, et la dermatite de contact. Seul un médecin peut distinguer ces causes, car le traitement est différent pour chacune.

Comment traiter la gratelle due à la gale ?

Le traitement de la gale aux Antilles repose sur l’ivermectine orale (200 µg/kg en dose unique, à répéter à J14) ou la perméthrine crème 5 % appliquée sur tout le corps pendant 8 à 12 heures. Tous les membres du foyer doivent être traités simultanément. Les vêtements et la literie doivent être lavés à 60°C le jour du traitement. Les démangeaisons peuvent persister 2 à 4 semaines après un traitement efficace (prurit résiduel).

La gratelle peut-elle se transmettre à toute la famille ?

Si la gratelle est due à la gale, oui — elle est très contagieuse par contact direct prolongé (≥ 15 minutes peau contre peau). En milieu tropical avec chaleur et humidité, la transmission dans les collectivités (familles nombreuses, écoles) est particulièrement rapide. Si plusieurs membres de la famille se grattent en même temps, surtout la nuit, consultez un médecin pour confirmer le diagnostic et traiter tout le monde le même jour.

Le pityriasis versicolor (teigne) donne-t-il de la gratelle ?

Le pityriasis versicolor (appelé à tort ‘teigne’ dans les Antilles) provoque généralement peu de démangeaisons — c’est surtout une affection inesthétique avec des taches blanches ou dorées sur le tronc. Les vraies teignes (dermatophytoses) du cuir chevelu peuvent provoquer des démangeaisons et des plaques alopéciantes. Ces deux affections sont très fréquentes sous les Tropiques et se traitent par antifongiques.

Y a-t-il des remèdes créoles traditionnels efficaces contre la gratelle ?

Certains remèdes traditionnels antillais comme le bain au citron, au soufre ou à la décoction de feuilles de mahogany ont des propriétés antiseptiques ou antiprurigineuses légères. Cependant, aucun n’a été validé cliniquement pour traiter la gale ou les dermatoses atopiques. La seule alternative validée à l’ivermectine pharmaceutique pour la gale est la perméthrine 5 % crème. Les remèdes traditionnels peuvent soulager l’inconfort mais ne guérissent pas l’infection.

Quand faut-il consulter un dermatologue pour une gratelle ?

Consultez si : les démangeaisons persistent plus de 2 semaines malgré les soins locaux, si plusieurs personnes de l’entourage sont touchées, si des lésions apparaissent sur les parties génitales ou entre les doigts, si un enfant se réveille la nuit en se grattant. Aux Antilles, les dermatologues connaissent bien les spécificités tropicales des dermatoses locales et peuvent rapidement identifier la cause exacte de la gratelle.

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Sources et références médicales

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Maladie de lyme : causes, symptomes, prise de sang et…

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Maladie de Lyme : symptômes, diagnostic et traitement
La maladie de Lyme (borréliose de Lyme) est une infection bactérienne à Borrelia burgdorferi, transmise à l’homme principalement par la morsure d’une tique infestée.
Elle se manifeste le plus souvent par une rougeur circulaire caractéristique qui s’étend progressivement autour du point de morsure dans les jours à semaines suivant la piqûre.
Diagnostiquée et traitée précocement par antibiotiques, la guérison est complète dans la grande majorité des cas.
Non traitée, la maladie peut se chroniciser et entraîner des complications sérieuses touchant le cœur, le système nerveux et les articulations.

Érythème migrant de la maladie de Lyme
Érythème migrant : signe caractéristique de la maladie de Lyme
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Comment contracte-t-on la maladie de Lyme ?

La transmission se fait exclusivement par la piqûre d’une tique du genre Ixodes porteuse de Borrelia burgdorferi.
La tique se contamine elle-même en piquant de petits rongeurs sauvages (mulots, campagnols), réservoirs naturels de la bactérie, puis transmet l’infection à l’homme lors d’une nouvelle piqûre.
En France métropolitaine, quasiment tout le territoire est concerné en période chaude (printemps, été, automne), avec une prévalence plus élevée dans l’Est et le Centre du pays.
Les personnes exposées sont celles qui pratiquent des activités en milieu naturel : randonnée, forêt, jardinage, chasse.

Le risque de transmission augmente avec la durée de fixation de la tique :
– en dessous de 24 heures de fixation : risque faible,
– au-delà de 72 heures : risque de contamination quasi certain.

On estime à environ 15 000 nouveaux cas par an en France. La maladie de Lyme n’est pas contagieuse entre humains.
Il existe en pharmacie des tests permettant de tester la tique retirée pour détecter la présence de Borrelia avant même l’apparition de symptômes.

Symptômes et phases de la maladie

Phase primaire : érythème chronique migrant (ECM)

La première manifestation de la maladie de Lyme est l’érythème chronique migrant (ECM) : une rougeur grossièrement circulaire, à extension centrifuge, apparaissant 3 jours à 1 mois après la piqûre, centrée sur le point de morsure.
Cette lésion en « cocarde » est pathognomonique de la maladie de Lyme : sa seule présence suffit à poser le diagnostic sans nécessiter de sérologie (trop de faux négatifs à ce stade précoce en raison d’une séroconversion tardive).

20 % des contaminations ne s’accompagnent pas d’ECM. Dans ce cas, surveiller l’apparition de signes généraux :
– fièvre, frissons,
– altération de l’état général, fatigue inhabituelle,
– céphalées,
– myalgies et arthralgies diffuses.

Érythème migrant de la maladie de Lyme
Aspect typique en cocarde de l’érythème migrant

Phase secondaire : dissémination bactérienne

Survenant quelques semaines à quelques mois après la phase primaire non traitée, cette phase correspond à la dissémination de Borrelia dans les liquides biologiques. Elle peut parfois régresser spontanément, mais expose à des complications :
cutanées : poussées multiples d’ECM, lymphocytome cutané bénin (lobe de l’oreille, aréole mamelonnaire),
neurologiques : méningite lymphocytaire, névrite crânienne, paralysie faciale périphérique, polyradiculonévrite,
rhumatismales : monoarthrite du genou, polyarthrite.

Sans traitement, plus de 50 % des patients développeront une arthrite, environ 10 % une atteinte neurologique et environ 5 % une atteinte cardiaque (bloc auriculo-ventriculaire).

Phase tardive (tertiaire)

Survenant des mois à années après la piqûre initiale non ou insuffisamment traitée :
dermatologique : acrodermatite chronique atrophiante de Pick-Herxheimer (peau fine, violacée, atrophique des membres),
neurologique : encéphalopathie chronique, neuropathie périphérique,
cardiaque : troubles de la conduction, bloc auriculo-ventriculaire.

Syndrome post-Lyme

Chez certains patients, des symptômes persistent plusieurs mois après un traitement bien conduit : fatigue chronique, myalgies, arthralgies, troubles de la mémoire et de la concentration.
Ces symptômes régressent le plus souvent spontanément.
Les données scientifiques actuelles indiquent qu’une antibiothérapie prolongée n’apporte pas de bénéfice supplémentaire par rapport à un traitement standard de 15 jours dans le syndrome post-Lyme (Berende A et coll., N. Engl. J. Med. 2016).
Dans 80 % des cas présentant ce tableau, un autre diagnostic est finalement identifié (stress, troubles du sommeil, détresse émotionnelle, autre infection chronique).

Diagnostic biologique

Quand ne pas faire de sérologie

En présence d’un érythème chronique migrant typique, le diagnostic est clinique : la sérologie est inutile et souvent faussement négative à ce stade (séroconversion tardive).

Tests validés : stratégie en deux étapes

1re étape — Sérologie (EIA ou IFA) :
Dosage des anticorps anti-Borrelia de type IgG et IgM.
– Si les signes datent de moins de 30 jours : doser IgM et IgG.
– Si les signes datent de plus de 30 jours : doser uniquement les IgG (les IgM seules positives après 30 jours sont des faux positifs, liés à des réactions croisées avec EBV, CMV).
– Si le test est négatif : arrêter les investigations. En cas de doute clinique persistant, contrôle sérologique à 1-2 semaines.
– Si le test est positif ou équivoque : passer à la 2e étape.

2e étape — Western Blot (immuno-blot) :
Plus spécifique, il confirme ou infirme un résultat positif ou douteux en sérologie.
Le diagnostic biologique est retenu uniquement si les deux tests sont positifs.
Après 30 jours, seul le Western Blot IgG est interprétable ; les IgM positives isolées en Western Blot à ce stade sont des faux positifs.

Cas particulier — neuroborréliose précoce :
En cas de signes neurologiques dans les 6 semaines suivant la morsure, la sérologie sanguine peut être négative. Il est alors recommandé de rechercher simultanément des anticorps dans le sang et dans le liquide cérébrospinal (ponction lombaire avec ELISA et recherche de synthèse intrathécale).

Tests non validés en pratique courante

Cytométrie de flux (rapport NK57/56) : non spécifique de Lyme.
Test de transformation lymphocytaire / Elispot Borrelia : très sensible, utilisé dans certains laboratoires spécialisés pour les formes chroniques ou précoces, mais non recommandé en routine.
PCR du LCR, biopsie cutanée, mise en culture : réservés à la recherche.
Recherche d’antigènes urinaires, dosage CD57, anticorps dans le liquide synovial : valeur diagnostique insuffisante.

Traitement

Après piqûre de tique sans érythème migrant : antibioprophylaxie

L’antibioprophylaxie n’est pas systématique mais peut être envisagée si :
– la tique est restée fixée plus de 36 heures,
– la durée de fixation est inconnue mais la tique est gorgée de sang,
– la personne piquée est une femme enceinte (risque de transmission au fœtus).

Protocole :
– Adulte et enfant de plus de 9 ans : Doxycycline 200 mg per os en prise unique.
– Femme enceinte et enfant de moins de 9 ans : Amoxicilline 500 mg x 3/j pendant 10 jours.

Phase primaire : érythème migrant constitué

Adulte et enfant de plus de 9 ans :
– Doxycycline per os : 100 mg x 2/j pendant 14 jours (1 à 2 mg/kg x 2/j, maximum 100 mg x 2/j),
– ou Amoxicilline per os : 1 g x 3/j pendant 14 jours.

Enfant de moins de 9 ans :
– Amoxicilline per os : 50 mg/kg/j en 3 prises (maximum 2 g/j) pendant 14 jours,
– ou Céfuroxime-axétil per os : 40 mg/kg/j en 2 prises (maximum 1 g/j) pendant 14 jours.

Polémique et évolution des recommandations en France

La prise en charge de la maladie de Lyme fait l’objet d’un débat médical et associatif important depuis plus de 15 ans en France.
Les associations de patients (France Lyme, Lyme sans frontières) contestent la fiabilité des tests diagnostiques et réclament la reconnaissance d’une forme chronique de la maladie.
En 2018, la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié de nouvelles recommandations reconnaissant l’existence de « symptômes persistants non expliqués » chez certains patients, introduisant la notion de SSPT (Symptomatologie persistante polymorphe après possible piqûre de tique). Ces recommandations ont été vivement critiquées par l’Académie de médecine et plusieurs sociétés savantes.
En mai 2019, 22 sociétés savantes ont publié leurs propres recommandations réfutant l’existence d’une forme chronique de Lyme et déconseillant toute antibiothérapie prolongée, soulignant qu’un autre diagnostic est retrouvé chez 80 % des patients présentant des symptômes persistants.
Ce débat illustre la complexité diagnostique de cette maladie et l’importance d’une prise en charge pluridisciplinaire et individualisée.

Pour aller plus loin

Conférence de consensus : prise en charge de la maladie de Lyme (SPILF)
Haut Conseil de la Santé Publique 2014 : borréliose de Lyme
Éviter la maladie de Lyme
Dépliant prévention piqûres de tique et maladie de LymeTélécharger un guide complet au format PDF :

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Questions fréquentes sur la maladie de Lyme

Quel est le premier signe de la maladie de Lyme ?
L’érythème migrant, une rougeur en œil de bœuf autour de la piqûre de tique, est le signe précoce le plus caractéristique.

Comment diagnostiquer la maladie de Lyme ?
Par la clinique (érythème migrant) et la sérologie (ELISA + Western Blot) pour les formes disséminées, fiable après 3 à 6 semaines.

Quel traitement pour la maladie de Lyme ?
Doxycycline 21 jours en première intention chez l’adulte. Un traitement précoce guérit dans presque tous les cas.

Combien de temps après une piqûre de tique doit-on consulter ?
Dès l’apparition d’une rougeur ou dans les 3 jours suivant la piqûre pour retirer correctement la tique et surveiller pendant 3 à 4 semaines.

Verrue plantaire

Verrues plantaires : reconnaître, différencier et traiter — Guide complet du dermatologue
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La verrue plantaire est l’une des dermatoses les plus fréquentes en consultation, tout âge confondu. Si son origine virale est bien connue, elle mérite pourtant qu’on s’y arrête : le diagnostic peut être trompeur, les formes cliniques sont variées, et le traitement — loin d’être anodin — doit être choisi avec soin en fonction du type de verrue, de sa localisation et du profil du patient. Cette page est le guide de référence dédié exclusivement à la verrue plantaire. Pour les verrues de la main et du doigt, du visage, les verrues génitales (condylomes), ou le traitement des verrues en général, consultez les pages dédiées du site.

En bref : Les verrues plantaires sont causées par le virus HPV et touchent environ 10 % de la population. La myrmécie (verrue unique et profonde) et la verrue mosaïque (nappes superficielles) nécessitent des traitements différents — cryothérapie, laser CO₂ ou acide salicylique selon le type. Sans traitement, 65 % guérissent spontanément en 2 ans chez l’enfant, mais la récidive est fréquente en l’absence de prévention.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Sommaire

Pourquoi a-t-on des verrues plantaires ? Le rôle des HPV

Les verrues sont dues à une infection par les papillomavirus humains (HPV), une famille de virus à ADN double brin dont on dénombre plus de 200 génotypes. Toutes les verrues ne sont pas causées par les mêmes types viraux, ce qui explique leurs différences d’aspect, de comportement clinique et de réponse au traitement.

Les verrues plantaires sont principalement causées par :

Type HPV Forme clinique induite Caractéristiques
HPV 1 Myrmécie Verrue profonde, solitaire, très douloureuse, à croissance verticale
HPV 2 Verrue en mosaïque Verrues superficielles multiples, à croissance horizontale, peu douloureuses
HPV 4 Myrmécie ou mosaïque Formes cliniques variées, parfois pédiculées
HPV 63, 65 Verrues pigmentées Rares, aspect noirâtre, parfois confondues avec un mélanome achromique

Le virus pénètre dans l’épiderme par de micro-lésions cutanées, favorisées par la macération (piscines, douches collectives, vestiaires) ou le port de chaussures étroites générant des microtraumatismes. La contagiosité est directe (contact peau à peau) ou indirecte (surfaces contaminées). Le délai entre la contamination et l’apparition de la verrue est de 1 à 6 mois.

ℹ Qui est à risque ?
Les enfants d’âge scolaire et les sportifs (natation, arts martiaux, sports de salle) sont les plus exposés. Les personnes immunodéprimées (VIH, transplantation, traitements immunosuppresseurs) développent des verrues plus nombreuses, plus résistantes, pouvant se transformer en carcinome épidermoïde à long terme — une surveillance dermatologique rapprochée est indispensable dans ce contexte.

Les deux grandes formes cliniques

La myrmécie (verrue solitaire profonde)

La myrmécie est la forme la plus douloureuse. Elle doit son nom à la fourmi (myrmex en grec), en raison de la douleur cuisante et profonde qu’elle provoque à la marche — comme une piqûre. Elle se développe verticalement en profondeur, ce qui explique pourquoi elle peut être volumineuse tout en restant discrète en surface. Elle siège volontiers sur les zones d’appui de l’avant-pied (têtes des métatarses, talon), là où la pression est maximale.

À l’examen, la surface de la myrmécie montre, après décapage doux, de petits points noirs caractéristiques — ce sont des capillaires thrombosés (vaisseaux de la verrue) qui permettent de la distinguer d’un durillon ou d’un cor. Les dermatoglyphes (lignes de la peau) sont interrompus au niveau de la verrue.

Verrues des orteils et du pied
Verrues des orteils et du pied
Grosse myrmécie plantaire
Grosse myrmécie plantaire
Verrue plantaire : les points noirs sont des vaisseaux, et ils permettent de la distinguer d'un durillon
Verrue plantaire : les points noirs sont des vaisseaux, et ils permettent de la distinguer d’un durillon
Myrmécie de l'avant pied
Myrmécie de l’avant pied
Verrue plantaire
Verrue plantaire

La verrue en mosaïque

Les verrues en mosaïque sont dues principalement à HPV 2. Elles se développent horizontalement en superficie et coalescent progressivement pour former un aspect caractéristique de « dallage » ou de mosaïque, couvrant parfois une surface importante du talon ou de l’avant-pied. Chaque verrue individuelle est peu profonde, moins douloureuse qu’une myrmécie, mais la surface atteinte rend l’ensemble très difficile à traiter — les récidives sont la règle.

Verrues en mosaique
Verrues en mosaique

Diagnostic clinique et dermatoscopique

Le diagnostic d’une verrue plantaire est le plus souvent clinique. Les deux signes cardinaux sont :

  • La présence de points noirs (capillaires thrombosés) après décapage superficiel au bistouri ou à la curette, signe pathognomonique absent dans le cor et le durillon ;
  • L’interruption des dermatoglyphes au niveau de la lésion — les lignes cutanées « sautent » la verrue, alors qu’elles la traversent dans le cor.

En cas de doute, la dermatoscopie apporte des éléments précieux. La verrue plantaire présente un aspect dermatoscopique caractéristique :

  • Vaisseaux en points rouges monomorphes de distribution régulière, entourés d’un halo blanc ;
  • Vaisseaux en épingles à cheveux dilatés, hypertrophiques, exubérants sur fond chair sans structure ;
  • Absence de structures pigmentées en réseau (ce qui permet d’écarter un mélanome achromique).
Verrue plantaire au dermatoscope
Verrue au dermatoscope

Diagnostic différentiel : ne pas confondre avec un cor ou un durillon

C’est le piège diagnostique le plus fréquent. La confusion entre verrue plantaire et cor ou durillon est source de traitements inutiles ou inadaptés. Voici les critères cliniques qui permettent de les distinguer :

Critère Verrue plantaire Cor / durillon
Points noirs après décapage Présents (capillaires thrombosés) Absents
Dermatoglyphes Interrompus au niveau de la lésion Traversent la lésion sans interruption
Douleur à la pression latérale Très douloureuse (pince) Douleur à la pression directe (axiale)
Centre de la lésion Mou, kératosique blanc nacré Noyau central translucide, dur (nucleus)
Bords Irréguliers, déchiquetés Bien définis, réguliers
Contagiosité Oui (virale) Non (mécanique)
Localisation préférentielle Partout sur la plante Zones d’appui directes (5e orteil, interdigital)

⚠ Mélanome achromique — ne pas le manquer
Une lésion plantaire noirâtre, indolore, à bords irréguliers, sans points noirs de capillaires ni interruption nette des dermatoglyphes, doit faire évoquer un mélanome achromique. Toute lésion atypique de la plante du pied nécessite une consultation dermatologique — la dermatoscopie lève le doute dans la grande majorité des cas.

Évolution naturelle : faut-il toujours traiter ?

La majorité des verrues plantaires régressent spontanément en 2 à 4 ans chez le sujet immunocompétent. À 2 ans, environ 65 % des verrues ont disparu sans traitement. Environ 10 % des verrues sont dites « rebelles » et persistent au-delà. Cette réalité biologique doit toujours entrer dans la réflexion thérapeutique, d’autant qu’aucun traitement ne garantit l’éradication complète du virus — ce qui explique la fréquence des récidives.

Cela dit, le traitement est généralement recommandé pour les raisons suivantes :

  • Limiter la contagion vis-à-vis de l’entourage et l’auto-inoculation (dissémination sur d’autres zones).
  • Soulager la douleur, notamment pour les myrmécies en zone d’appui qui peuvent gêner significativement la marche.
  • Éviter l’extension en mosaïque, plus difficile à traiter ensuite.
  • Prévenir les complications chez les sujets immunodéprimés.

En revanche, l’abstention est raisonnable pour une verrue unique, non douloureuse, non évolutive, chez un jeune enfant bien portant — à condition de surveiller son évolution.

Prévention : comment éviter d’attraper des verrues plantaires ?

Les mesures préventives visent à réduire le contact avec le virus dans les environnements à risque :

  • Porter des claquettes ou sandales dans les piscines, douches collectives, vestiaires et hammams ;
  • Ne pas partager chaussettes, chaussures, serviettes, limes ou pierres ponces ;
  • Sécher soigneusement les pieds après chaque bain ou douche, notamment les espaces interdigitaux ;
  • Traiter rapidement toute microplaie du pied (porte d’entrée virale) ;
  • En cas de verrue active, utiliser une paire de chaussettes propre à chaque séance de sport et éviter d’aller pieds nus dans les zones partagées.

Traitements des verrues plantaires : tableau comparatif

Il n’existe pas de traitement idéal universel pour les verrues plantaires. Le choix dépend du type clinique (myrmécie vs mosaïque), de la localisation (zone d’appui ou non), de l’âge du patient, du nombre de verrues, et des traitements déjà essayés. Pour la description détaillée de chaque méthode, voir notre article complet : traitement des verrues.

Traitement Mécanisme Indications préférentielles Durée / séances Inconvénients
Préparations kératolytiques (acide salicylique ± lactique) Destruction chimique de la kératine infectée 1re intention toutes verrues, mosaïques Application quotidienne, 4–12 semaines Observance rigoureuse requise, irritation possible
Cryothérapie (azote liquide) Nécrose cellulaire par congélation Myrmécies, verrues résistantes aux kératolytiques 1 séance / 2–3 semaines, 3–10 séances Douloureuse, risque de phlyctène, cicatrice hypopigmentée
Laser CO2 Vaporisation tissulaire Verrues profondes résistantes, sous anesthésie locale 1–2 séances Coût, cicatrice possible, récidives
Décapage chirurgical Exérèse mécanique sous AL Myrmécies volumineuses en zone non portante 1 séance Douleur post-opératoire, risque cicatriciel en zone d’appui
Bléomycine intralésionnelle Chimiothérapie locale (cytotoxique) Verrues plantaires résistantes à 2 lignes 1–3 injections Douloureuse, nécrose tissulaire possible, réservée au spécialiste
Immunothérapie locale (diphenylcyclopropenone, candida) Stimulation immunitaire locale Verrues multiples ou rebelles Variable Eczéma de contact, réservée au dermatologue
Podophyllotoxine / 5-FU topique Cytotoxique topique Verrues plantaires superficielles multiples Protocoles variables Prescription médicale obligatoire, irritation

📌 Stratégie recommandée selon le type
Myrmécie isolée : acide salicylique en 1re intention (préparation magistrale à 40–60 % sous occlusion), puis cryothérapie en 2e intention.
Verrues en mosaïque : acide salicylique en application large, séances de cryothérapie prudentes (risque de nécrose sur grande surface), patience requise.
Formes résistantes : bléomycine, immunothérapie locale ou laser CO2 sous anesthésie locale — à discuter avec le dermatologue.
Dans tous les cas : ne jamais traiter en zone d’appui direct par des méthodes destructrices agressives sans prendre en compte le risque de cicatrice douloureuse et permanente.

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Verrues plantaires résistantes et récidivantes

Environ 10 % des verrues plantaires sont rebelles aux traitements conventionnels bien conduits. Avant de parler de résistance, il faut s’assurer que le traitement a été correctement réalisé (durée suffisante, décapage régulier, concentration adéquate). Les causes les plus fréquentes d’échec sont l’observance insuffisante avec les kératolytiques, des séances de cryothérapie trop courtes ou trop espacées, et une verrue en zone d’appui favorisant la kératinisation rebelle.

En cas de résistance avérée, les options sont :

  • Association acide salicylique + cryothérapie : c’est la stratégie de référence dans les méta-analyses ;
  • Bléomycine intralésionnelle : très efficace sur les myrmécies rebelles, mais réservée au dermatologue en raison des effets secondaires locaux possibles (nécrose) ;
  • Immunothérapie topique par diphénylcyclopropénone (DPCP) : induit une réponse immunitaire locale de type retardé ; particulièrement intéressante pour les formes multiples ;
  • Injections de candida intralésionnel : stimulation immunitaire non spécifique, efficacité documentée dans plusieurs séries ;
  • Laser CO2 pulsé sous anesthésie locale : vaporisation des tissus infectés ; récidives possibles.

La récidive en couronne après traitement (verrue périphérique autour du site traité) est fréquente : elle traduit une contamination de la peau péri-lésionnelle lors du traitement, et non un échec du traitement de la verrue initiale.

Cas particulier : verrues plantaires chez l’enfant

La prise en charge des verrues chez l’enfant obéit à des règles spécifiques, notamment pour la tolérance aux traitements douloureux. Pour une information complète, consultez notre article dédié : verrues chez l’enfant. En résumé :

  • L’abstention surveillée est plus souvent justifiée que chez l’adulte pour les verrues uniques non douloureuses ;
  • Les kératolytiques sont le traitement de 1re intention, indolores et efficaces à domicile ;
  • La cryothérapie est souvent mal tolérée avant 6–7 ans ; une crème EMLA 1h avant améliore le confort ;
  • Le traitement chirurgical ou au laser peut nécessiter une anesthésie générale chez le jeune enfant pour les formes multiples.

Articles liés — Pour aller plus loin

📌 Traitement et diagnostic différentiel

Consultez un dermatologue si : la verrue grossit rapidement, saigne, est douloureuse au repos, ou si vous êtes diabétique ou immunodéprimé. Chez l’enfant, toute verrue persistant plus de 3 mois mérite un avis médical pour éviter la dissémination.

FAQ — Questions fréquentes sur les verrues plantaires

Comment distinguer une verrue plantaire d’un cor ou d’un durillon ?

La verrue saigne au décapage (points noirs = capillaires thrombosés) et interrompt les dermatoglyphes. Le cor ou durillon ne saigne pas et ses lignes cutanées le traversent sans interruption. La douleur est aussi différente : la verrue est très douloureuse à la pression latérale (en pince), tandis que le cor est douloureux à la pression directe (axiale).

Faut-il absolument traiter une verrue plantaire qui ne fait pas mal ?

Pas nécessairement. Si la verrue est unique, non évolutive et non douloureuse, une surveillance attentive est raisonnable, notamment chez l’enfant. En revanche, le traitement est préférable pour éviter l’extension et la contagion à l’entourage. Un avis dermatologique permet de peser les bénéfices et les contraintes du traitement au cas par cas.

Combien de temps dure le traitement d’une verrue plantaire ?

La durée varie selon la méthode et la réponse individuelle. Avec un verrucide kératolytique quotidien, comptez 4 à 12 semaines pour une verrue superficielle. Pour une myrmécie épaisse traitée par cryothérapie bimensuelle, plusieurs mois sont souvent nécessaires. La patience est indispensable : l’arrêt prématuré est la première cause d’échec.

Peut-on aller à la piscine ou au sport avec une verrue plantaire ?

Oui, mais avec des précautions pour éviter la contagion : port de claquettes dans les espaces collectifs, chaussettes propres à chaque séance, protection de la verrue avec un pansement occlusif étanche si possible. La verrue en elle-même ne contre-indique pas la baignade.

Pourquoi ma verrue revient-elle après traitement ?

La récidive s’explique par le fait qu’aucun traitement actuel n’élimine complètement le virus HPV dans les tissus adjacents. Si la verrue réapparaît exactement au même endroit, le traitement n’a probablement pas été assez profond. Si elle apparaît en couronne autour de la zone traitée, c’est une contamination périphérique lors du traitement. Une consultation dermatologique permet d’adapter la stratégie.

Voir aussi :
Traitement des verrues
Cors et durillons
Verrues génitales
Verrues chez l’enfant
Traitements naturels
Mélanome
Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

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Références scientifiques (PubMed)

  • Kwok CS, Gibbs S, Bennett C, et al. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev. 2012. PMID 22972107
  • Witchey DJ, Witchey NB, Roth-Kauffman MM, Kauffman MK. Plantar Warts: Epidemiology, Pathophysiology, and Clinical Management. J Am Osteopath Assoc. 2018. PMID 29309477
  • Sterling JC, Gibbs S, Haque Hussain SS, et al. British Association of Dermatologists’ guidelines for the management of cutaneous warts 2014. Br J Dermatol. 2014. PMID 24749441
  • Bruggink SC, Gussekloo J, Berger MY, et al. Cryotherapy with liquid nitrogen versus topical salicylic acid application for cutaneous warts in primary care. CMAJ. 2010. PMID 20682736
  • Lipke MM. An armamentarium of wart treatments. Clin Med Res. 2006. PMID 17262054

Mis à jour le 22 mai 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

Haute Autorité de Santé (HAS) — Verrues : prise en charge


Gale : causes, symptômes, traitement et contagion — guide complet du dermatologue

La galle : symptômes, causes, diagnostic et traitement — Guide complet du dermatologue

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La gale — lésions cutanées typiques, sillons et papules

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Sommaire :
Épidémiologie |
Le sarcopte |
Transmission |
Symptômes et diagnostic |
Diagnostic différentiel |
Formes particulières |
Prurit post-scabieux |
Retentissement psychologique |
Traitement |
Pages spécialisées |
Questions fréquentes

Épidémiologie de la gale en France et dans le monde

La gale est l’une des dermatoses infectieuses les plus répandues au monde : l’Organisation mondiale de la santé estime à plus de 200 millions le nombre de personnes infestées à tout moment. En France, elle est en constante augmentation depuis une vingtaine d’années, avec des pics épidémiques observés régulièrement dans les collectivités (EHPAD, internats, prisons, casernes, crèches, hôpitaux).

Donnée épidémiologique Chiffres clés
Prévalence mondiale estimée 200 à 300 millions de cas simultanés
Incidence en France Environ 300 cas pour 100 000 habitants/an
Milieux à risque EHPAD, hôpitaux, internats, casernes, crèches, prisons
Tendance Augmentation continue depuis 20 ans, épidémies cycliques
Délai diagnostique moyen 4 à 8 semaines — cause principale de chronicisation et de contagion prolongée
Populations les plus touchées Tous âges et milieux sociaux confondus — mythe de la maladie de la pauvreté réfuté

💡 Un point clé souvent méconnu : le délai entre la contamination et l’apparition des symptômes est de 3 à 6 semaines lors d’une primo-infestation. Ce délai tombe à 24–48 heures lors d’une réinfestation, car le système immunitaire est déjà sensibilisé. Cette particularité explique pourquoi un sujet recontaminé se plaint très vite alors qu’un contaminateur primaire peut ignorer sa gale pendant des semaines.

📚 Épidémiologie de la gale : revue internationale — PubMed

Cause de la gale : l’acarien Sarcoptes scabiei

La gale est due à un parasite invisible à l’œil nu : l’acarien Sarcoptes scabiei var. hominis, mesurant environ 0,3 à 0,4 mm. La gale humaine est une maladie strictement interhumaine — elle ne provient pas des animaux domestiques et ne leur est pas transmissible. Il existe des sarcoptes propres aux animaux (chats, chiens, porcs), qui peuvent exceptionnellement infecter l’homme de façon transitoire, mais cette contamination se résout spontanément en quelques jours sans traitement spécifique.

Caractéristique biologique Données
Taille du parasite 0,3–0,4 mm — invisible à l’œil nu, visible à la loupe
Survie hors hôte 24 à 72 heures à température ambiante (jusqu’à 1 semaine dans des conditions favorables)
Mobilité optimale Entre 25 et 30 °C — immobile sous 20 °C, tué en quelques minutes au-dessus de 55 °C
Ponte de la femelle 2 à 5 œufs par jour dans la couche cornée de l’épiderme, pendant 1 à 3 mois
Cycle de développement Éclosion en 4–5 jours ; larve → nymphe → adulte en 2–3 semaines
Progression cutanée Sillons sinueux visibles à l’œil nu (1 à 2 mm/jour)
Nombre de sarcoptes (gale commune) 1 à quelques dizaines d’adultes — charge parasitaire faible
Nombre de sarcoptes (gale profuse) Plusieurs milliers à millions — forme hyper-contagieuse (sujets âgés ou immunodéprimés)

Sarcopte de la gale vu au microscope électronique
Sarcopte (Sarcoptes scabiei) vu au microscope électronique

Cycle de vie du sarcopte de la gale
Cycle de vie du sarcopte : de l’œuf à l’adulte en 2 à 3 semaines

La dissémination est favorisée par la vie en collectivité : maisons de retraite, casernes, internats, crèches, écoles, mais aussi par la promiscuité lors de voyages ou de festivals.

📚 Recommandations européennes 2017 pour le traitement de la gale — PubMed

Comment attrape-t-on la gale ? Modes de transmission

La transmission de la gale nécessite un contact cutané direct et prolongé avec une personne infestée, ou un contact indirect via des textiles contaminés. La contagiosité est proportionnelle à la charge parasitaire : un sujet atteint de gale profuse est infiniment plus contagieux qu’un sujet porteur d’une gale commune.

Mode de transmission Niveau de risque Commentaire
Rapport sexuel Très élevé Contact cutané prolongé et étendu — principal mode de transmission chez l’adulte
Partage du lit (nuit entière) Élevé Contact prolongé même sans rapport sexuel
Partage de vêtements, draps, serviettes Réel Y compris des vêtements neufs si essayés par une personne contaminée
Contact cutané prolongé en collectivité Réel Soins infirmiers, kinésithérapie, sports de contact
Poignée de mains, accolade brève Faible Contact trop bref pour permettre la migration du sarcopte
Sièges de transports, surfaces inertes Très faible Survie limitée hors hôte à température ambiante

⚠️ Point important : une personne contaminée est contagieuse avant même l’apparition des symptômes, pendant toute la période d’incubation silencieuse (3 à 6 semaines). C’est pourquoi il est indispensable de traiter simultanément tous les contacts proches, même asymptomatiques.

→ Voir notre article détaillé : comment attrape-t-on la gale ? — modes de transmission

Symptômes et diagnostic de la gale

Les signes de la gale sont avant tout les manifestations de la réaction immuno-allergique de la peau vis-à-vis du sarcopte et de ses déjections, et non les effets directs du creusement de la galerie. C’est pourquoi les symptômes sont retardés de plusieurs semaines lors d’une première contamination.

Signe clinique Description et valeur diagnostique
Prurit nocturne intense Démangeaisons prédominant la nuit dans le lit — signe cardinal. S’explique par l’augmentation de la chaleur cutanée sous la literie, qui stimule l’activité du sarcopte.
Prurit familial ou collectif D’autres membres de l’entourage présentent des démangeaisons simultanées — signe pathognomonique quasi-certain
Topographie évocatrice des lésions Espaces interdigitaux des mains, emmanchures des aisselles, mamelons, nombril, fourreau de la verge, sillon inter-fessier, face interne des cuisses. Le dos, le visage et le cuir chevelu sont généralement épargnés (sauf chez le nourrisson)
Sillons scabieux Traînées sinueuses de 5 à 15 mm, grisâtres, légèrement surélevées — signent le trajet de la femelle sarcopte. Visibles notamment sur les espaces interdigitaux et les poignets.
Nodules scabieux Papules ou nodules érythémateux, fermes, sur les organes génitaux externes de l’homme (très évocateur), ou en région axillaire chez l’enfant. Peuvent persister plusieurs semaines après traitement.
Vésicules perlées Petites vésicules translucides des mains et des pieds — quasi-exclusivement chez l’enfant
Lésions de grattage Excoriations, croûtes, parfois surinfection bactérienne secondaire (impétigo)

Lésions de gale — sillons et papules sur les mains

→ Voir notre article illustré sur les boutons de la gale et les sillons — photos et descriptions.

Outils diagnostiques du dermatologue

Le diagnostic de la gale est avant tout clinique, fondé sur l’interrogatoire (contexte épidémique, contage) et l’examen physique. Le dermatologue dispose de plusieurs outils de confirmation :

Outil diagnostique Principe et valeur
Dermoscopie Visualisation du sarcopte au fond d’un sillon — apparaît comme un triangle sombre (« signe du deltaplane » ou « signe du jet »). Technique de référence au cabinet de dermatologie.
Test à l’encre (test de Burrows) Coloration des espaces interdigitaux avec un feutre indélébile, puis nettoyage à l’alcool — l’encre reste dans les sillons et les révèle nettement. Simple et réalisable au cabinet.
Prélèvement parasitologique Grattage du fond d’un sillon, examen direct au microscope optique — affirme la présence du sarcopte avec certitude. Rarement réalisé en pratique courante, sauf doute diagnostique important.
PCR cutanée Technique en développement, haute sensibilité — réservée aux situations épidémiques ou aux formes atypiques en milieu hospitalier

💡 Adage dermatologique classique : « Toute démangeaison n’ayant pas les critères d’un eczéma ou d’une urticaire est une gale jusqu’à preuve du contraire. » Le diagnostic peut être difficile : les lésions sont parfois très discrètes dans la « gale des gens propres », et les surinfections ou les lésions de grattage masquent les signes pathognomoniques.

Gale — lésions peu visibles, diagnostic difficile

Diagnostic différentiel : ne pas confondre la gale avec…

La gale est une grande simulatrice. Son tableau clinique peut mimer de nombreuses dermatoses, ce qui explique le retard diagnostique fréquent.

Diagnostic différentiel Ressemblance avec la gale Éléments distinctifs
Eczéma Lésions érythémateuses prurigineuses, topographie parfois similaire Pas de prurit nocturne prédominant, pas de contage familial, antécédents atopiques
Urticaire Prurit intense, papules Lésions fugaces, migratrices, pas de sillons, pas de contage
Prurit sénile Démangeaisons intenses chez le sujet âgé Peau sèche, pas de sillons, pas de contexte de contage — attention à la gale profuse chez le sujet âgé !
Dermite herpétiforme Prurit intense, vésicules Association à la maladie cœliaque, IgA en immunofluorescence
Prurit médicamenteux Prurit généralisé Contexte médicamenteux, absence de lésions spécifiques, pas de contage
Poux pubiens (morpions) Prurit pubien, transmission sexuelle Lésions limitées à la zone pubienne, présence de lentes visibles

🔴 Erreur à ne pas commettre : prescrire uniquement des corticoïdes topiques devant un prurit intense sans avoir éliminé une gale. Les corticoïdes soulagent transitoirement les démangeaisons mais permettent au sarcopte de proliférer, transformant une gale commune en gale profuse — situation de dissémination massive et de contagiosité extrême.

Formes particulières de la gale

Forme Caractéristiques cliniques Page dédiée
Gale du nourrisson Contorsions et reptations pour se frotter sur les draps. Vésicules et pustules des paumes et plantes. Atteinte possible du visage, du dos et du cuir chevelu — zones épargnées chez l’adulte. Irritabilité, pleurs inexpliqués. → Gale du bébé et de l’enfant
Gale profuse (croûteuse ou norvégienne) Sujets âgés, immunodéprimés, corticothérapie prolongée. Millions de sarcoptes. Croûtes kératosiques généralisées, parfois au dos et au cuir chevelu. Démangeaisons parfois absentes. Extrêmement contagieuse. → Gale profuse
Gale des gens propres Lésions très discrètes, prurit modéré. Sillons effacés par des lavages fréquents. Diagnostic souvent retardé de plusieurs semaines. Traitement d’épreuve parfois justifié.
Gale iatrogène ou induite par les corticoïdes Clinique atypique après corticothérapie locale ou générale — lésions profuses, sillons masqués, diagnostic très difficile. Évolution rapide vers la gale profuse si non reconnue.
Gale des immunodéprimés VIH, hémopathies, transplantés — formes souvent profuses ou atypiques, charge parasitaire élevée, résistance thérapeutique possible.

📚 Gale croûteuse : revue systématique des caractéristiques cliniques et épidémiologiques — PubMed

Prurit post-scabieux : démangeaisons persistantes après traitement

L’un des points les plus mal compris par les patients — et source fréquente de récidive supposée à tort — est la persistance des démangeaisons après un traitement correctement conduit. Ce prurit post-scabieux est normal et attendu.

Question Réponse clinique
Durée normale des démangeaisons post-traitement 2 à 4 semaines après un traitement correctement conduit
Mécanisme Réaction immunologique et inflammatoire persistante contre les débris du sarcopte mort et ses antigènes — non liée à la survie du parasite
Signe d’échec thérapeutique ? Non — le prurit résiduel n’indique pas un échec si le traitement a été bien appliqué et renouvelé à J8–J14
Traitement du prurit résiduel Antihistaminiques oraux, émollients, dermocorticoïdes de faible puissance — sur avis médical
Quand évoquer un vrai échec ou une réinfestation ? Apparition de nouveaux sillons ou de lésions typiques après 4 semaines, ou contage avéré non traité

💡 À retenir : la gale qui « gratte encore » 15 jours après le traitement n’est pas forcément une gale non guérie. En revanche, l’apparition de nouveaux sillons ou le contage d’un entourage non traité impose une réévaluation médicale.

Retentissement psychologique de la gale

La gale n’est pas qu’une maladie cutanée : son impact sur la qualité de vie est considérable et souvent sous-estimé par les soignants.

Impact Mécanisme et conséquences
Privation de sommeil Démangeaisons nocturnes intenses et prolongées — insomnie chronique, fatigue, irritabilité, altération des performances intellectuelles et professionnelles
Stigmatisation sociale Connotation « maladie sexuelle » ou « maladie de pauvreté » — obligation d’informer partenaires, crèche, école, famille, ce qui génère honte et culpabilité
Anxiété et hypochondrie Prurit post-scabieux mal compris, vécu comme un échec thérapeutique ou une rechute — sentiment d’être « rongé de l’intérieur »
Isolement social et professionnel Éviction des collectivités, abstinence relationnelle le temps du traitement, difficultés à reprendre une vie normale
Impact relationnel et sexuel Nécessité d’informer les partenaires récents, vécu parfois comme une « révélation forcée » dans le couple

Traitement de la gale : protocole complet

On ne guérit jamais spontanément de la gale. Le traitement repose sur des acaricides topiques (crèmes ou lotions) et/ou oraux (ivermectine), et doit impérativement respecter trois règles cardinales :

Règle thérapeutique Justification clinique
Traiter tout l’entourage simultanément, le même jour Un seul sujet non traité — même asymptomatique — recontamine l’ensemble des personnes traitées dès le lendemain
Renouveler le traitement à J8–J14 obligatoirement Les œufs résistent au traitement initial — la 2e application élimine les larves écloses entre J1 et J14
Laver tous les textiles à 60 °C minimum Tuer les sarcoptes dans les draps, vêtements, serviettes, peluches
Textiles non lavables à 60 °C Sac hermétique avec acaricide pendant 72 h — le sarcopte survit rarement plus de 72 h hors hôte
Application sur tout le corps (acaricide topique) Du cou aux pieds inclus — ne pas omettre les ongles, les espaces interdigitaux, le nombril. Laisser agir le temps prescrit (généralement 8 à 12 h) avant douche.
Accepter le prurit post-traitement Normal pendant 2 à 4 semaines — réaction immunologique résiduelle, pas un signe d’échec thérapeutique

Acaricides disponibles en France

Molécule Voie Particularités
Ivermectine (Stromectol®) Orale 200 µg/kg en dose unique, à renouveler à J14. De référence en France pour la gale commune de l’adulte. Non recommandée chez la femme enceinte et l’enfant < 15 kg.
Benzoate de benzyle (Ascabiol®) Topique Lotion à appliquer sur tout le corps, à laisser agir 24 h. Peut irriter les peaux sensibles.
Perméthrine 5% (Topiscab®) Topique Crème à laisser agir 8 à 12 h. Bien tolérée, utilisable chez la femme enceinte et l’enfant dès 2 mois.
Crotamiton (Eurax®) Topique Moins puissant, réservé aux formes légères ou situations particulières. Antiprurigineux associé.

⚠️ Doute sur le diagnostic ? Traitement qui semble inefficace ? Entourage difficile à coordonner ?
Le Dr Rousseau est disponible en téléconsultation pour confirmer le diagnostic, prescrire le traitement adapté à votre situation et coordonner la prise en charge de l’entourage.

📚 Ivermectine orale versus perméthrine topique dans la gale — méta-analyse — PubMed
📚 Gale : mise à jour thérapeutique et nouvelles molécules — PubMed

Pages spécialisées du cluster gale — dermatonet.com

Gale — formes cliniques et diagnostic
Gale au début — premiers symptômes et signes précoces
Boutons de gale et sillons — photos et descriptions cliniques
Comment attrape-t-on la gale ? — modes de transmission détaillés
Gale du bébé et de l’enfant — particularités cliniques
Gale profuse (croûteuse ou norvégienne) — forme sévère

Gale — traitement, suivi et diagnostics différentiels
Traitement de la gale — protocole complet, ivermectine et topiques
Démangeaisons nocturnes — quand évoquer la gale ?
Eczéma — diagnostic différentiel de la gale
Urticaire — diagnostic différentiel de la gale
Poux pubiens (morpions) — autre IST prurigineuse
Téléconsultation dermatologue — prendre rendez-vous

⚠ Consultez rapidement si :

  • démangeaisons nocturnes intenses envahissant progressivement d’autres zones
  • lésions évocatrices chez plusieurs membres du foyer simultanément
  • échec d’un premier traitement avec persistance des symptômes après 4 semaines
  • suspicion de gale norvégienne : croûtes épaisses, diffusion rapide

Questions fréquentes sur la gale

La gale est-elle contagieuse par simple contact ?

La gale nécessite un contact cutané direct et prolongé avec une personne infestée, ou un contact indirect via des textiles partagés (draps, vêtements, serviettes). Un simple contact bref — poignée de mains, accolade — est généralement insuffisant. En revanche, passer une nuit dans le même lit ou partager des vêtements représente un risque réel de transmission.

Peut-on confondre la gale avec l’eczéma ?

Oui, c’est une confusion fréquente. Un vieux proverbe de dermatologie dit qu’il n’y a « rien de plus eczématiforme qu’une gale ». Des démangeaisons intenses apparues après contact avec une personne présentant le même type de lésions, ou survenant simultanément dans l’entourage, doivent faire évoquer la gale en priorité. Seul un dermatologue peut établir le diagnostic avec certitude.

La gale peut-elle venir des animaux domestiques ?

La gale humaine est une maladie strictement interhumaine — elle ne provient pas des animaux et ne se transmet pas à eux. Il existe des sarcoptes spécifiques aux animaux (chats, chiens, porcs) qui peuvent exceptionnellement provoquer un prurit transitoire chez l’homme au contact d’un animal infesté, mais cette « pseudo-gale animale » se résout spontanément en quelques jours sans traitement acaricide.

Combien de temps dure le traitement de la gale ?

Le traitement acaricide (lotion, crème ou comprimé) doit être appliqué une première fois puis renouvelé obligatoirement 8 à 14 jours plus tard, car les œufs résistent au premier traitement. Il faut simultanément traiter toutes les personnes de l’entourage proche (même asymptomatiques) et désinfecter tous les textiles (lavage à 60 °C ou acaricide en sac fermé 72 h). Les démangeaisons peuvent persister 2 à 4 semaines après le traitement : c’est normal et attendu. Voir notre guide complet sur le traitement de la gale.

La gale provoque-t-elle des démangeaisons uniquement la nuit ?

Les démangeaisons prédominent la nuit — notamment dans le lit, où la chaleur de la literie stimule l’activité du sarcopte — mais elles peuvent également survenir la journée. La prédominance nocturne est un signe évocateur important, surtout si elle est partagée par plusieurs membres de l’entourage.

Peut-on consulter un dermatologue en téléconsultation pour une gale ?

Oui. Le diagnostic de la gale est avant tout clinique et peut être orienté à distance par un dermatologue sur la base des symptômes, de la topographie des lésions et du contexte épidémique. Le Dr Rousseau propose des téléconsultations pour établir ou confirmer le diagnostic et délivrer une ordonnance pour le traitement (ivermectine, perméthrine) ainsi que pour l’entourage.

« Gale » ou « galle » : quelle est la bonne orthographe ?

La bonne orthographe est gale (un seul « l »). La forme « galle » avec deux « l » est une faute d’orthographe très courante, probablement par analogie avec « dalle » ou « balle ». Quelle que soit l’orthographe utilisée, il s’agit de la même maladie : la gale sarcoptique causée par l’acarien Sarcoptes scabiei.

Quels sont les premiers symptômes de la gale ?

Le premier symptôme est un prurit (démangeaison) intense, surtout la nuit, qui s’aggrave à la chaleur. Les zones les plus touchées sont les espaces inter-digitaux, les poignets, les aisselles, l’abdomen et les organes génitaux. On observe parfois des sillons scabieux (petites lignes sinueuses dans la peau) caractéristiques. Les symptômes apparaissent 3 à 6 semaines après la contamination lors d’un premier contact, ou 1 à 3 jours en cas de réinfestation.

La gale se transmet-elle sans contact physique direct ?

La gale se transmet principalement par contact cutané prolongé (plus de 15 à 20 minutes). La contamination par les vêtements, la literie ou les sièges est possible mais moins fréquente, car l’acarien survit moins de 72 heures hors de son hôte humain. En revanche, la gale norvégienne (forme croûteuse chez les immunodéprimés) est très contagieuse même par contact indirect.

Combien de temps dure le traitement de la gale ?

Le traitement est généralement court : une dose unique d’ivermectine orale (200 µg/kg) ou une application de perméthrine 5 % à laisser 8 à 12 heures. Une deuxième dose est souvent recommandée 7 à 14 jours plus tard pour éliminer les acariens issus des œufs qui auraient survécu au premier traitement. Le traitement de l’environnement (linge, literie) doit être réalisé le même jour.

Peut-on attraper la gale plusieurs fois dans sa vie ?

Oui. La guérison d’une gale ne confère pas d’immunité durable. On peut être réinfesté dès qu’il y a un nouveau contact avec une personne porteuse. C’est pourquoi le traitement simultané de tous les contacts proches (famille, partenaires sexuels) est indispensable pour éviter les ping-pong thérapeutiques, situation où les personnes se réinfectent mutuellement.

Que faire si les démangeaisons persistent après le traitement de la gale ?

Un prurit résiduel pendant 2 à 4 semaines après un traitement bien conduit est normal : il s’agit du prurit post-scabieux, réaction inflammatoire aux acariens morts et à leurs déjections. Ce n’est pas un échec thérapeutique. Des antihistaminiques ou une crème à la cortisone permettent de soulager les démangeaisons. En cas de persistance au-delà de 4 semaines, consultez un dermatologue pour écarter une résistance ou une réinfestation.

Comment désinfecter le linge et l’environnement en cas de gale ?

Le linge, les vêtements portés dans les 3 jours précédents et la literie doivent être lavés à 60 °C minimum. Les articles ne pouvant pas être lavés (manteaux, peluches, coussins) doivent être mis en sac plastique hermétique pendant 72 heures. Le mobilier, les canapés et les matelas peuvent être traités avec un spray acaricide (A-Par ou équivalent). Le ménage est important mais ne remplace pas le traitement médicamenteux.

Voir aussi :
Traitement de la gale |
Boutons de gale |
Transmission |
Gale du bébé |
Gale profuse |
Téléconsultation dermatologue

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Article rédigé par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue à Bordeaux. Dernière mise à jour : [DATE]. Sources : PubMed, recommandations HAS et SPILF.

Mis à jour le 20 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : La gale est une parasitose cutanée due à l’acarien Sarcoptes scabiei. Elle touche environ 300 millions de personnes par an dans le monde et se transmet par contact cutané prolongé. Le traitement repose sur la perméthrine ou l’ivermectine.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Références médicales

Soigner et se debarrasser de l’herpes

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Comment soigner l’herpes

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Malgré l’importance de l’information sur l’herpès, sa contagiosité fait que l’herpes augmente encore dans la population. Le traitement de l’herpès fait partie des stratégies pour l’éliminer et essayer de s’en débarrasser. En effet, la mise au point d’un vaccin anti herpes reste hautement peu probable avant plusieurs années.

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Herpes de la lèvre chez l'enfant
Herpes de la lèvre chez l’enfant

Quel herpès soigner?

L’herpes est une maladie liée à l’infection par Herpes Simplex Virus 1 et 2 (HSV)

L’herpes buccal ou bouton de fievre est dû généralement à HSV1 et il fait généralement suite a une transmission du virus dans l’enfance

En cas d’herpes buccal, il faut éviter d’embrasser son ou ses partenaires et ses enfants (notamment en cas de dermatite atopique)

Soigner l'herpes de la lèvre
Soigner l’herpes labial ou bouton de fièvre

 

L’herpès génital, est du généralement dû à HSV2 et il est considéré comme une maladie sexuellement transmissible. En cas d’herpes genital, il faut informer son ou ses partenaires, consulter un médecin et eviter davoir des relations sexuelles génitales ou orales et attendre la guérison complète avant d’en envisager

herpes vaginal
Herpes génital

Comment soigner l’herpes

Soins d’hygiène de l’herpes

Sur le plan de l’hygiène locale, il faut garder les lésions propres et seches et eviter de les toucher avec les doigts car l’herpes peut se transmettre ailleurs sur le corps par manuportage
Sur le plan des traitements, on distingue le traitement de la primo infection de l’herpes, le traitement des récurrences de l’herpès et le traitement préventif de l’herpes


Traitement de la primo infection de l’herpes

Primo infection à l'herpes
Primo infection à l’herpes
Lésions des gencives et lèvres lors de la primo infection à l'herpes
Lésions des gencives et lèvres lors de la primo infection à l’herpes

Le traitement de la primo-infection de l’herpes, qu’il s’agisse d’un herpes buccal ou génital, est generalement effectué au moyen de medicaments antiviraux : Aciclovir et Valaciclovir

Lorsque la voie orale est impossible ou que la poussee de primoinfection d’herpes est trop importante, on peut recourir à des perfusions d’aciclovir.
L’evolution de la primoinfection d’herpes est generalement améliorée rapidement apres le debut du traitement de l’herpes par comprimes ou perfusions

Traitement de la recurrence d’herpes

Traitements prescrits par le médecin

Pour le traitement des recurrences d’herpes, on distingue l’herpes buccal de l’herpes genital

– herpes labial

Si les episodes d’herpes labial sont peu importants et peu genants, on recourt generalement a des cremes contenant des antiviraux (aciclovir creme (Zovirax®), ibacitabine (Cuterpès®), vidarabine phosphate (Vira-MP® gel) … ) à raison de plusieurs applications par jour
Les traitements oraux par comprimes d’aciclovir et de valaciclovir sont le plus souvent reserves aux poussees importantes ou frequentes

 

Herpes labial au stade crouteux
Herpes labial au stade crouteux

Ensuite au stade de croute, on applique des pommades antibiotiques (Fucidine, Mupiderm… ) pour faire tomber les croutes et éviter leur surinfection par le staphylocoque

– herpes genital

Le traitement de l’herpes génital par voie orale (par comprimes d’aciclovir et de valaciclovir) est le plus souvent reserve aux poussees importantes et genantes d’herpes genital, ou en cas de risque de contagion

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Soigner l’herpes AVEC UNE CREME sans ordonnance

Les délais de rendez-vous chez les dermatologues s’allongent d’année en année.

Cependant, ne vous improvisez surtout pas médecin! Consultez votre médecin traitant avant toute chose.

En attendant votre rendez-vous chez le médecin et/ou le dermatologue et le diagnostic précis de votre herpès, vous pouvez tenter de soulager les récurrences de votre herpes de différentes manières et avec des produits disponibles sans ordonnance chez votre pharmacien ou dans une pharmacie sur Internet. Il faut être très prudent avant d’utiliser des crèmes et bien demander conseil à son pharmacien (risque d’allergie de peau, d’aggravation de sa maladie de peau, risque en cas de grossesse ou d’allaitement… )

Parmi ceux-ci on peut citer :

ACICLOVIR 5% crème, HERPESEDERMYL 5%, crème, HERPEVIR 5%, crème, KENDIX 5 POUR CENT, crème, REMEX 5%, crème (Aciclovir)

CONTRE-INDICATIONS
  • Antécédents d’hypersensibilité à l’aciclovir ou au propylèneglycol.
  • Application oculaire, intrabuccale ou intravaginale
EFFETS SECONDAIRES
  • Peu fréquent : des sensations de picotements ou de brûlures transitoires pouvant suivre l’application de la crème, sécheresse cutanée, prurit.
  • Rare : érythème, eczéma de contact.
  • Très rare : cas d’urticaire et d’œdème de Quincke

 

Traitement preventif de l’herpes : se débarrasser de l’herpès?

Il n’est pas possible de se débarrasser de l’herpes. Cependant, en cas de poussees frequentes d’herpes (plus de 6 poussees d’herpes par an), l’aciclovir ou le valaciclovir peuvent etre proposes par le medecin a titre preventif. Le traitement est reevalue en terme d’efficacite au bout de 6 mois.

Précautions à prendre en cas d’herpès

Herpes labial

Toujours prévenir son médecin qu’on a de l’herpès, notamment le dermatologue en cas de soins de peau (dermabrasion, injections dans les rides, laser de la peau, resurfaçage du visage… )

Eviter de contaminer les enfants en les embrassant si on a de l’herpes labial

On risque en cas de contamination d’enfants atteints d’eczema atopique car ils risquent une poussée profuse appelée syndrome de Kaposi Juliusberg

Kaposi Juliusberg chez un enfant atopique
Kaposi Juliusberg chez un enfant atopique

Herpes génital

Il faut toujours prévenir ses partenaires qu’on a eu de l’herpes car il est contagieux même en l’absence de symptomes

En cas d’herpes génital après un rapport non protégé, il faut faire un bilan de MST aupres de son médecin

Télécharger un guide complet au format PDF :

Morpions et poux : symptômes, traitement

Parasites de la peau : poux et gale

Les poux et la gale sont les deux grandes parasitoses cutanées rencontrées en pratique courante. L’un et l’autre sont dus à une infestation de la peau humaine par des parasites microscopiques — des insectes pour les poux, un acarien pour la gale — qui se transmettent principalement par contact direct avec une personne infestée. Ils provoquent tous les deux des démangeaisons intenses, parfois invalidantes, et posent le même défi thérapeutique : la résistance croissante aux traitements habituels, qui explique la fréquence frustrante des récidives.

En bref : Les morpions (poux du pubis, Pthirus pubis) et les poux de tête (Pediculus humanus capitis) sont des ectoparasites qui provoquent des démangeaisons intenses par contact direct. Environ 100 millions de personnes sont touchées par les poux de tête chaque année dans le monde. Le traitement par perméthrine ou diméticone est efficace en 1 à 2 applications. La gale (Sarcoptes scabiei), autre parasitose fréquente, nécessite un traitement par ivermectine orale.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Leur point commun s’arrête là. Les poux infestent les poils et les cheveux, tandis que la gale creuse des sillons dans le stratum corneum cutané. Leurs modes de transmission, leurs symptômes, leur diagnostic et leurs traitements sont distincts — et leur confusion est l’une des causes les plus fréquentes d’échec thérapeutique.

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Sommaire

Les poux (pédiculose)

Les poux sont des insectes parasites obligatoires de l’être humain, appartenant à l’ordre des Phtiraptera. Ils se nourrissent exclusivement de sang humain et ne peuvent survivre plus de 24 à 48 heures hors de leur hôte. Ils sont désignés sous le nom scientifique de Pediculus humanus (pour les poux de tête et de corps) et de Phthirus pubis (pour les poux du pubis, ou morpions).

Les trois formes de pédiculose

Forme Agent Localisation Population principalement concernée
Pédiculose du cuir chevelu Pediculus humanus capitis Cheveux, surtout rétro-auriculaire et nuque Enfants d’âge scolaire (3–11 ans) ; très fréquente
Pédiculose du corps Pediculus humanus corporis Vêtements au contact de la peau (non les cheveux) Personnes en situation de grande précarité, sans accès à l’hygiène
Pédiculose pubienne (morpions) Phthirus pubis Poils pubiens, périnéaux ; parfois cils, sourcils Adultes ; transmission principalement sexuelle

Signes cliniques

Le symptôme principal est le prurit — des démangeaisons du cuir chevelu ou des zones infestées, parfois intenses, qui peuvent perturber le sommeil chez l’enfant. Le grattage répété peut provoquer des excoriations, des croûtes et, secondairement, des surinfections bactériennes (impétigo, folliculite).

Le diagnostic repose sur la mise en évidence des parasites vivants ou des lentes (œufs fixés sur le cheveu à moins de 1 cm du scalp). La simple présence de lentes vides sans poux vivants indique une infestation passée et ne justifie pas de traitement. L’Académie Américaine de Pédiatrie ne recommande plus la politique « no-nit » (exclusion scolaire jusqu’à disparition de toutes les lentes) car les lentes vides ne sont pas infectieuses.

Lentes vides ou lentes viables : comment distinguer ?
Les lentes viables (œufs non éclos) sont adhérentes au cheveu, opaques et situées à moins de 1 cm du scalp. Les lentes vides (écorces d’œufs après éclosion) sont translucides, souvent éloignées du scalp, et témoignent d’une infestation ancienne. Seule la présence de poux vivants ou de lentes viables justifie un traitement.

Traitement et résistances

Le traitement des poux est parfois difficile car de nombreux Pediculus sont devenus résistants aux traitements antipoux. Il est donc fréquent d’observer des récidives après un traitement contre les poux — ce qui n’est pas toujours une vraie résistance mais peut aussi témoigner d’une réinfestation ou d’un traitement mal conduit.

Le premier traitement pharmacologique est la perméthrine à 1 % (lotion ou shampooing). Des résistances à la perméthrine et au malathion sont documentées et en augmentation. Parmi les alternatives validées :

Traitement Mécanisme Remarques
Perméthrine 1 % (lotion/shampooing) Neurotoxique pour l’insecte (canaux sodium) Traitement de référence ; résistances croissantes en France
Diméticone (huile de silicone) Asphyxie physique — pas de résistance possible Efficacité comparable à la perméthrine ; recommandé en cas de résistance ; non remboursé
Malathion 0,5 % Organophosphoré — inhibition de l’acétylcholinestérase Disponible ; résistances décrites ; odeur désagréable
Spinosad (lotion 0,9 %) Neurotoxique naturel d’origine bactérienne Disponible aux États-Unis ; efficacité démontrée en RCT
Ivermectine orale ou topique Antiparasitaire à large spectre En cas de résistance ; hors AMM en France pour les poux de tête
Peignage humide (wet combing) Élimination mécanique des parasites Seule alternative non chimique efficace ; chronophage mais sans résistance

Le traitement doit être répété à 7–10 jours d’intervalle pour éliminer les poux issus des lentes qui auraient résisté à la première application. Le lavage des vêtements et literie à 60°C est suffisant — aucune décontamination environnementale extensive n’est nécessaire car les poux ne survivent pas longtemps hors de leur hôte.

→ Pour en savoir plus : Les poux : diagnostic et traitement complet

La gale (sarcoptes scabiei)

La gale est due à un acarien microscopique — Sarcoptes scabiei var. hominis — qui creuse des sillons dans les couches superficielles de l’épiderme (stratum corneum) pour y pondre ses œufs. Elle touche toutes les catégories sociales, tous les âges, et constitue un problème de santé publique mondial : on estime à 200 millions le nombre de personnes infectées à tout moment dans le monde, et son incidence est en hausse en Europe depuis les années 2010.

La transmission se fait principalement par contact cutané direct et prolongé — souvent dans un contexte de vie commune (famille, couple, collectivité). Contrairement à une idée reçue, la transmission indirecte (literie, vêtements) est possible mais moins fréquente dans la gale commune.

Signes cliniques

Le symptôme cardinal est un prurit intense, diffus, prédominant la nuit et caractéristiquement aggravé au chaud (lit, bain). Le prurit intrafamilial — plusieurs membres de la famille qui se grattent — est un signe d’appel très évocateur.

Les lésions caractéristiques sont les sillons scabieux : petits trajets sinueux, grisâtres, de 0,5 à 1,5 cm, correspondant au tunnel creusé par la femelle dans l’épiderme. À leur extrémité se trouve l’éminence acarienne — une petite vésicule translucide contenant le parasite. Ces sillons siègent préférentiellement sur :

  • Les espaces interdigitaux des mains ;
  • Les poignets, la face antérieure des avant-bras ;
  • Les aisselles, les plis du coude ;
  • Le sillon interfessier, la région génitale chez l’homme ;
  • Les aréoles mammaires chez la femme ;
  • Le dos et la plante des pieds chez le nourrisson (localisation spécifique à cet âge).

Le visage et le cuir chevelu sont habituellement épargnés chez l’adulte immunocompétent — sauf dans la gale norvégienne.

Prurit post-scabieux : ne pas confondre avec une récidive
Après un traitement bien conduit de la gale, le prurit peut persister 2 à 4 semaines — voire plus — sans que cela signifie un échec thérapeutique. Ce prurit post-scabieux est lié à la réaction inflammatoire cutanée contre les antigènes parasitaires résiduels (cadavres d’acariens, œufs), et non à une persistance de l’infestation active. Il répond aux dermocorticoïdes topiques et aux antihistaminiques. La grande erreur est de retraiter précipitamment sur la base du seul prurit résiduel, exposant à une surmédication et à des effets secondaires injustifiés.

Traitement et résistances

Le traitement de la gale est lui aussi fréquemment suivi de récidives dues à une réinfestation ou à un traitement mal conduit — le traitement de l’entourage et des partenaires étant indispensable. La résistance vraie à la perméthrine est en augmentation et documentée dans la littérature (mutations des canaux sodium voltages-dépendants de l’acarien). Une méta-analyse de 147 études (Br J Dermatol, 2024) rapporte un taux d’échec thérapeutique global de 15 % — qui augmente de 0,27 % par an depuis les années 1980.

Traitement Modalités Taux d’échec (méta-analyse 2024)
Perméthrine topique 5 % (crème) Application corps entier (cou inclus) pendant 8–12 h, à renouveler à J8 10,8 % — résistances en hausse progressive
Ivermectine orale 200 µg/kg 2 prises à J1 et J8 (2 doses = meilleur résultat qu’une seule) 7,1 % à 2 doses vs 15,2 % à 1 dose
Ivermectine topique Lotion 0,5 % ; application corps entier 9,3 %
Benzoate de benzyle 25 % (lotion) Application répétée sur 24–48 h Variable selon les séries ; moins étudié récemment
Association perméthrine + ivermectine orale Pour les formes résistantes ou la gale norvégienne Recommandée dans les formes difficiles

Règles impératives pour tout traitement de la gale :

  • Traiter simultanément tous les contacts proches (personnes partageant le lit, partenaires sexuels, famille vivant sous le même toit) — même s’ils sont asymptomatiques ;
  • Laver à 60°C (ou mettre en sac fermé pendant 72 heures) les vêtements portés dans les 3 jours précédant le traitement et la literie ;
  • Ne pas retraiter trop tôt sur la base du seul prurit résiduel (attendre 4 semaines avant d’évaluer l’échec thérapeutique) ;
  • En milieu institutionnel (EHPAD, collectivité), prévenir l’Agence Régionale de Santé et organiser un traitement collectif coordonné.

Gale norvégienne : la forme sévère à connaître

La gale norvégienne (ou gale croûteuse) est une forme hyperinfestante rare, survenant presque exclusivement chez des personnes immunodéprimées (VIH, greffés, corticothérapie prolongée, grand âge avec déclin immunitaire). Au lieu des 10 à 15 acariens habituels, la peau peut abriter des millions de parasites dans des croûtes hyperkératosiques étendues. Elle est extrêmement contagieuse et responsable de nombreux cas d’épidémies nosocomiales. Son traitement nécessite une association d’ivermectine orale répétée et d’application topique de kératolytiques et d’antiscabieux, en milieu hospitalier contrôlé.

Prévention et mesures environnementales

Mesure Poux Gale
Traitement simultané des contacts Enfants du foyer et contacts scolaires directs Tous les contacts proches et partenaires sexuels (obligatoire)
Traitement du linge et literie Lavage à 60°C ou sac fermé 48 h Lavage à 60°C ou sac fermé 72 h
Décontamination de l’environnement Non nécessaire (survie courte hors hôte) Aspiration des tapis, aération ; spray antiparasitaire sur les fauteuils si possible
Éviction scolaire Non recommandée si traitement en cours Jusqu’au lendemain du traitement
Signalement Information de la classe (sans identifier l’enfant) Déclaration à l’ARS si foyer institutionnel

Questions fréquentes sur les poux et la gale

Peut-on attraper des poux ou la gale sans contact direct avec une personne infestée ?

Pour les poux de tête, la transmission indirecte (par un chapeau, une brosse à cheveux) est possible mais nettement moins fréquente que le contact tête-à-tête direct. Les poux ne sautent pas et ne volent pas. Pour la gale, la transmission indirecte par literie ou vêtements existe mais est moins fréquente que le contact cutané prolongé dans la gale commune — elle est en revanche importante dans la gale norvégienne, où les croûtes contiennent des millions d’acariens.

Pourquoi le traitement des poux ou de la gale échoue-t-il parfois ?

Les causes d’échec sont multiples. Pour les poux : résistances aux pyréthrinoïdes (perméthrine, malathion) de plus en plus fréquentes, traitement non renouvelé à J7–10, réinfestation par un contact non traité. Pour la gale : application incorrecte du traitement topique (zones oubliées, rinçage trop rapide), traitement d’un seul membre du foyer sans traiter les contacts, prurit post-scabieux confondu avec une récidive. En cas de vrai doute sur un échec, consulter un dermatologue pour réévaluation et adaptation thérapeutique.

Le prurit post-scabieux signifie-t-il que la gale n’est pas guérie ?

Non. Un prurit persistant 2 à 4 semaines après un traitement bien conduit de la gale est normal et ne traduit pas une persistance de l’infestation. Il est lié à la réaction inflammatoire cutanée contre les débris parasitaires. On le traite par dermocorticoïdes et antihistaminiques — et non par un nouveau traitement antiscabieux prématuré. Il faut attendre au moins 4 semaines avant de conclure à un échec thérapeutique.

La gale est-elle une maladie de la pauvreté ou du manque d’hygiène ?

Non. La gale touche toutes les classes sociales, tous les niveaux d’hygiène et toutes les catégories d’âge. Elle n’est pas liée à la saleté mais au contact cutané prolongé avec une personne infestée. Elle peut toucher un enfant dans une famille soigneuse, un adulte après une nuit en hôtel, ou une personne âgée en maison de retraite. Il est important de déconstruire cette idée reçue qui génère une honte injustifiée et retarde souvent le diagnostic et le traitement.

Faut-il signaler la gale à l’école ou au médecin ?

La gale n’est pas une maladie à déclaration obligatoire individuelle en France. En revanche, tout foyer institutionnel (école, EHPAD, hôpital, caserne) doit faire l’objet d’un signalement à l’Agence Régionale de Santé pour organiser un traitement collectif coordonné. Pour l’entourage scolaire d’un enfant atteint, une information de la classe (sans identifier l’enfant) est recommandée pour que les parents vérifient leurs enfants — de même que pour les poux.

Voir aussi :
Les poux : article complet
La gale : article complet
La peau : structure et fonctions

>>> Suite : Les poux

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📋 Page dédiée : Pour tout savoir sur les morpions (poux du pubis) — symptômes, diagnostic, traitement par perméthrine et prévention — consultez notre guide complet sur les morpions.

Questions fréquentes — morpions et poux

Qu’est-ce qu’un morpion et comment le reconnaître ?

Un morpion est le nom courant du pou du pubis (Pthirus pubis), un ectoparasite de 1 à 2 mm qui se fixe sur les poils pubiens, anaux ou axillaires. Il provoque un prurit intense dans la région génitale, surtout la nuit. On peut parfois observer de petites taches bleutées (macules ceruleae) sur la peau aux sites de piqûres.

Comment attrape-t-on des morpions ?

Les morpions se transmettent quasi exclusivement par contact sexuel direct. La transmission via les toilettes ou la literie est exceptionnelle car le pou du pubis survit moins de 24 heures hors de son hôte. Les morpions ne sautent pas. Un bilan IST complet est recommandé lors du diagnostic, car des infections sexuellement transmissibles peuvent coexister.

Quel est le traitement des morpions ?

Le traitement recommandé est une lotion à base de perméthrine 1 % ou de malathion, à appliquer sur toutes les zones pileuses concernées (pubis, anus, aisselles) pendant 8 à 12 heures. Une deuxième application 7 à 10 jours plus tard est conseillée. Le ou les partenaires sexuels doivent être traités simultanément. Les sous-vêtements portés dans les 48 heures doivent être lavés à 60 °C.

Comment différencier les poux de tête des morpions ?

La localisation est le critère principal : les poux de tête vivent sur le cuir chevelu, les morpions infestent la région pubienne. La forme diffère aussi : les poux de tête sont allongés (2 à 3 mm), les morpions sont trapus et ronds (1 à 2 mm). Les deux provoquent des démangeaisons et laissent des lentes collées aux poils ou aux cheveux.

Peut-on avoir des morpions sans rapport sexuel ?

C’est très rare chez l’adulte. La transmission par literie ou vêtements est théoriquement possible mais extrêmement peu fréquente. Chez l’enfant, une infestation des cils ou des sourcils par des morpions doit faire systématiquement rechercher une maltraitance sexuelle et nécessite un signalement si elle est confirmée.

Références scientifiques

  • Mbuagbaw L, Sadeghirad B, Morgan RL, et al. Failure of scabies treatment: a systematic review and meta-analysis. Br J Dermatol. 2024;190(2):163-173. doi:10.1093/bjd/ljad308. PubMed 37625798
  • Simonart T, Lam Hoai XL. Effect of ivermectin on scabies: a retrospective evaluation. J Clin Med. 2024;13(18):5511. doi:10.3390/jcm13185511. PMC 12288330
  • Uzun S, Durdu M, Yürekli A, et al. Clinical practice guidelines for the diagnosis and treatment of scabies. Int J Dermatol. 2024;63(12):1642-1656. doi:10.1111/ijd.17327. PubMed 38997811
  • Gu HY, Zhong Y, Xiao SX. Escalating threat of drug-resistant human scabies: current insights and future directions. J Clin Med. 2024;13(18):5511. doi:10.3390/jcm13185511. MDPI full text
  • Nolt D, Moore S, Yan AC, et al. Head lice. Pediatrics. 2022;150(4):e2022059282. doi:10.1542/peds.2022-059282. PubMed 36172867
  • Leung AKC, Lam JM, Leong KF, Barankin B, Hon KL. Paediatrics: how to manage pediculosis capitis. Drugs Context. 2022;11:2021-11-3. doi:10.7573/dic.2021-11-3. PubMed 35371269
  • Gunning K, Pippitt K, Kiraly B, Sayler M. Pediculosis and scabies: treatment update. Am Fam Physician. 2012;86(6):535-541. PubMed 23062045
  • Chosidow O. Scabies and pediculosis. Lancet. 2000;355(9206):819-826. doi:10.1016/S0140-6736(99)09458-1. PubMed 10711939

Mis à jour le 25 avril 2026 par Dr Ludovic Rousseau


Rougeurs sous les seins : irritation sous la poitrine

Irritation sous la poitrine : causes, photos et traitements
Une irritation sous la poitrine — rougeur, boutons, démangeaisons ou suintement sous les seins — est un problème fréquent. La zone sous-mammaire est particulièrement exposée à la macération, la chaleur et les frottements, ce qui favorise les infections et les irritations. Voici comment identifier la cause et trouver le bon traitement.

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Pourquoi la zone sous la poitrine est-elle si sensible ?

Le pli sous-mammaire cumule plusieurs facteurs favorisant les irritations et les infections :

  • Macération — la transpiration stagne dans le pli, surtout par chaleur
  • Frottements — les baleines du soutien-gorge irritent répétitivement la peau
  • Chaleur et humidité — terrain idéal pour la prolifération fongique et bactérienne
  • pH acide des plis — favorise le développement des levures (Candida)

Ces facteurs expliquent pourquoi une même zone peut présenter plusieurs problèmes superposés. Le diagnostic précis oriente le traitement.

Les causes les plus fréquentes

1. Candidose sous les seins (mycose à Candida) — la cause n°1

candidose sous les seins rougeur pustules blanches irritation poitrine
Candidose sous les seins — fond rouge luisant avec pustules blanches en périphérie

La candidose est la cause la plus fréquente d’irritation sous la poitrine. Elle se reconnaît à :

  • Rougeur souvent suintante, à fond blanc crémeux
  • Pustules satellites en périphérie de la rougeur — signe très évocateur
  • Limites nettes, parfois avec une collerette squameuse
  • Démangeaisons et sensation de brûlure

Facteurs favorisants : surpoids, diabète, grossesse, immunodépression, traitement par antibiotiques ou corticoïdes, chaleur.

Traitement :

  • Lutter contre la macération : sécher soigneusement le pli après la toilette, éviter les sous-vêtements synthétiques serrés
  • Antifongiques locaux (éconazole, miconazole, ciclopirox) en crème, lait ou poudre — 2 fois/jour pendant 3 semaines, sur ordonnance
  • En cas de suintement : antiseptique doux (chlorhexidine aqueuse) avant l’antifongique
  • En cas d’échec ou de formes étendues : antifongique oral (fluconazole)

2. Dermatophytose (mycose à dermatophytes)

Moins fréquente que la candidose sous les seins. Elle donne des plaques sèches à extension centrifuge progressive, avec une bordure active légèrement surélevée et un centre qui se normalise. Elle est souvent associée à une mycose du tronc ou des bras environnants.

Traitement : antifongiques locaux (terbinafine, éconazole) pendant 3 semaines. En cas d’échec : terbinafine orale.

3. Irritation mécanique et de contact

L’irritation pure se reconnaît à une rougeur brillante, fripée, parfois avec de petites vésicules et une sensation de brûlure (plus que de démangeaison). Elle est souvent due à :

  • Frottements répétés des baleines ou du tissu du soutien-gorge
  • Toilette trop méticuleuse avec des antiseptiques irritants (Dakin*, eau de Javel)
  • Cosmétiques, crèmes parfumées
  • Bains de mer répétés (irritation par le sel)
  • Présence de kératoses séborrhéiques sous les seins qui accentuent les frottements

Traitement : suppression du facteur irritant, crème émolliente douce, éventuellement dermocorticoïde léger de courte durée.

4. Eczéma de contact allergique

L’eczéma allergique sous les seins résulte d’une sensibilisation à un allergène — le plus souvent les parfums, conservateurs des crèmes de soins, ou les composants du soutien-gorge (nickel des agrafes, élastiques, teintures). Il se distingue par des vésicules prurigineuses et une évolution qui récidive à chaque contact avec l’allergène.

Traitement : identification et éviction de l’allergène (bilan allergologique avec patch-tests), dermocorticoïdes locaux.

5. Psoriasis inversé

Le psoriasis dans les plis (psoriasis inversé) se présente différemment du psoriasis classique : les plaques sont rouges, lisses et brillantes, sans les squames habituelles (éliminées par la macération). Il peut être isolé aux plis ou s’associer à des plaques typiques ailleurs sur le corps.

Traitement : dermocorticoïdes, inhibiteurs de la calcineurine (tacrolimus), antifongiques si surinfection associée.

6. Dermite séborrhéique

La dermite séborrhéique peut toucher les grands plis. Elle donne des plaques rouges légèrement squameuses. Souvent associée à des pellicules et une dermite du visage.

7. Maladies plus rares sous les seins

Dans de rares cas, une rougeur persistante sous les seins peut révéler :

  • Maladie de Hailey-Hailey — dermatose héréditaire avec vésicules et fissures en rhagades caractéristiques. Traitement : assèchement des plis, parfois chirurgie
  • Pemphigus végétant — rougeurs végétantes et bourgeonnantes dans les grands plis
  • Syphilis secondaire — plaques érosives végétantes dans les plis (syphilides) à évoquer devant une IST
  • Pustulose sous-cornée de Sneddon-Wilkinson — pustules en arcs ou anneaux sur le tronc et les plis
  • Impétigo, herpès — voir articles dédiés

Comment distinguer les causes ? Le tableau récapitulatif

Cause Aspect caractéristique Signe clé
Candidose Rouge luisant, fond blanc crémeux Pustules satellites en périphérie
Dermatophytose Plaque sèche, bordure active Extension centrifuge, centre qui se normalise
Irritation Rouge brillant, fripé Brûlure > démangeaison, cause évidente
Eczéma allergique Vésicules prurigineuses Récidive au contact du même produit
Psoriasis inversé Rouge lisse et brillant, sans squames Antécédents de psoriasis, plaques ailleurs

Conseils pratiques pour prévenir l’irritation sous la poitrine

  • Séchez soigneusement le pli sous-mammaire après la douche, sans frotter
  • Préférez les soutiens-gorge en coton, sans baleine ou avec baleines souples
  • Évitez les sous-vêtements synthétiques serrés qui favorisent la macération
  • En cas de transpiration excessive, une légère couche de poudre de talc peut aider à absorber l’humidité
  • Évitez les savons parfumés et les antiseptiques sur cette zone
  • En cas de surpoids, perdre du poids réduit significativement la macération des plis

Quand consulter en urgence ?

🚨 Consultez rapidement si :

— La rougeur s’étend rapidement ou s’accompagne de fièvre

— Des plaies ouvertes ou des décollements cutanés apparaissent

— La rougeur est unilatérale (sous un seul sein) et ne disparaît pas — à ne pas confondre avec une mastite ou une pathologie mammaire

— Aucune amélioration après 2 semaines de traitement bien conduit

Sources

Questions fréquentes sur l’irritation sous la poitrine

Comment savoir si j’ai une mycose ou une irritation sous les seins ?

La mycose à Candida se distingue par des pustules blanches en périphérie de la rougeur et un fond blanc crémeux. L’irritation simple donne une rougeur brillante sans pustules avec une sensation de brûlure. Un prélèvement mycologique réalisé par le médecin confirme le diagnostic en cas de doute.

Que mettre sous les seins pour soulager rapidement l’irritation ?

En attendant la consultation : séchez bien le pli, appliquez une crème émolliente douce sans parfum ou une crème cicatrisante au zinc. Évitez les antiseptiques irritants comme le Dakin. Si vous suspectez une mycose, une crème antifongique comme l’éconazole (disponible sans ordonnance) peut être essayée, mais un avis médical reste préférable pour adapter le traitement à la cause exacte.

L’irritation sous les seins peut-elle revenir souvent ?

Oui, les récidives sont fréquentes, surtout en cas de candidose, car les facteurs favorisants (chaleur, humidité, surpoids) persistent. Un traitement d’entretien et des mesures d’hygiène adaptées réduisent significativement les rechutes. Si les récidives sont très fréquentes, un bilan (diabète, immunodépression) est recommandé.

Une rougeur sous un seul sein est-elle inquiétante ?

Une rougeur unilatérale (sous un seul sein) mérite une attention particulière car elle peut correspondre à une cause locale spécifique, mais aussi plus rarement à une mastite ou une pathologie mammaire. Consultez un médecin si la rougeur unilatérale persiste plus de 10 jours malgré un traitement.

Peut-on prévenir les mycoses sous les seins en été ?

Oui. En été ou lors d’activités sportives, privilégiez les soutiens-gorge en coton respirant, séchez soigneusement le pli après la transpiration, et évitez de rester dans des vêtements humides. Une poudre antifongique préventive peut être utilisée en période à risque sur avis médical.

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Valaciclovir (Zelitrex®) : herpès et zona, posologie et effets


Valaciclovir (Zélitrex®) : indications, posologie et effets secondaires

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Le valaciclovir (Zélitrex®) est le traitement antiviral de référence contre l’herpès — labial, génital et zona. Prodrogued de l’aciclovir, il offre une meilleure biodisponibilité et une posologie simplifiée (2 prises par jour au lieu de 5). Voici le guide complet de son utilisation.

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Qu’est-ce que le valaciclovir ?

Le valaciclovir est une prodrogue de l’aciclovir — après ingestion, il est rapidement converti dans le tube digestif et le foie en aciclovir actif. Cette conversion explique sa supériorité pharmacologique :

Valaciclovir (Zélitrex®) Aciclovir comprimés
Biodisponibilité orale 54–55% 15–20%
Prises par jour 2 prises 5 prises
Voie d’administration Orale uniquement Orale ou IV
Diffusion Excellente — salive, sécrétions vaginales, LCR Bonne par voie IV
Élimination Urinaire — adaptation si insuffisance rénale Urinaire

Indications et posologies

Indication Posologie Durée
Herpès labial (bouton de fièvre) — récurrence 2 g × 2/j (matin et soir) 1 jour (débuté dès les prodromes)
Herpès génital — premier épisode 500 mg × 2/j 10 jours
Herpès génital — récurrences 500 mg × 2/j ou 1 g × 1/j 5 jours
Herpès génital — prévention (> 6 récurrences/an) 500 mg × 1/j Continu, réévalué à 6 mois
Zona (sujet immunocompétent) 1 g × 3/j 7 jours — débuté dans les 72h de l’éruption
Bouton de fièvre — prévention (> 6/an, hors AMM) 500 mg × 1/j Continu, réévalué à 6 mois

💡 Conseil pratique : boire abondamment de l’eau pendant le traitement pour faciliter l’élimination rénale de l’aciclovir. En cas d’insuffisance rénale, une adaptation des doses est obligatoire — consultez votre médecin.

Effets secondaires

La tolérance du valaciclovir est globalement excellente. Les effets secondaires rapportés sont :

  • Fréquents : troubles gastro-intestinaux (nausées, diarrhée légère), maux de tête
  • Rares : éruptions cutanées
  • Très rares : manifestations neurologiques (confusion, hallucinations) — surtout en cas d’insuffisance rénale non prise en compte

Grossesse et allaitement

L’aciclovir (forme active du valaciclovir) passe dans le lait maternel et traverse le placenta. Les données disponibles sur le valaciclovir pendant la grossesse sont rassurantes — il est utilisé sans signalement d’effets tératogènes — mais son utilisation doit être discutée avec un médecin, notamment pour le premier trimestre. Il n’est pas contre-indiqué formellement mais doit être prescrit uniquement si le bénéfice justifie le risque. Voir Valaciclovir Grossesse et Valaciclovir allaitement

Sources

Questions fréquentes sur le valaciclovir

Quelle est la différence entre valaciclovir et aciclovir ?

Le valaciclovir est une prodrogue de l’aciclovir — il se transforme en aciclovir actif après ingestion. Sa biodisponibilité est 3 à 5 fois supérieure, ce qui permet de réduire les prises à 2 par jour au lieu de 5 pour l’aciclovir. En pratique, le valaciclovir est plus efficace par voie orale et beaucoup plus pratique à utiliser au quotidien.

Peut-on prendre du valaciclovir enceinte ?

Les données disponibles sont rassurantes — aucun effet tératogène n’a été signalé — mais l’utilisation pendant la grossesse doit être discutée au cas par cas avec un médecin. L’aciclovir, sa forme active, est le mieux documenté pendant la grossesse et reste la référence en cas de nécessité absolue. Ne prenez jamais ce médicament pendant la grossesse sans avis médical préalable.

Le valaciclovir guérit-il définitivement l’herpès ?

Non. Le valaciclovir traite et prévient les poussées d’herpès mais ne peut pas éliminer le virus HSV de l’organisme — il reste latent à vie dans les ganglions nerveux. Le traitement préventif continu réduit significativement la fréquence des récurrences et le risque de transmission, mais à l’arrêt du traitement, les poussées peuvent reprendre.

Faut-il une ordonnance pour acheter du valaciclovir ?

Oui, le valaciclovir (Zélitrex®) est un médicament sur ordonnance — il n’est pas disponible sans prescription. En revanche, les crèmes à l’aciclovir 5% pour l’herpès labial sont disponibles sans ordonnance en pharmacie. Pour les formes orales de traitement ou de prévention, consultez votre médecin traitant ou un dermatologue.

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Panaris du doigt ou du pied : soigner un panari (doigt ou orteil)

En bref : Le panaris est une infection bactérienne aiguë du doigt ou de l’orteil, due au staphylocoque doré dans plus de 80 % des cas. Sans traitement adapté, il évolue en 48 à 72 heures vers un abcès nécessitant une incision chirurgicale. Consulter dès la phase de cellulite (rougeur, douleur pulsatile) permet souvent d’éviter l’opération grâce aux antibiotiques.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

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Panaris du doigt ou de l’orteil : symptômes, traitement et urgences
Le panaris (ou « mal blanc ») est une infection bactérienne aiguë du doigt ou de l’orteil, siégeant le plus souvent au pourtour de l’ongle. Très douloureux, il peut se compliquer d’infections profondes graves (ostéo-arthrite, phlegmon des gaines tendineuses…). C’est une urgence médicale nécessitant une consultation dans les 48 heures.

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Vidéo : panaris du doigt — symptômes et traitement

Panaris du doigt — infection péri-unguéale

Sommaire :
Qu’est-ce qu’un panaris |
Symptômes |
Types de panaris |
Diagnostics différentiels |
Traitement |
Prévention |
Points clés |
Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un panaris ?

Le panaris, également appelé « mal blanc » ou « tourniole », est une infection aiguë du doigt ou de l’orteil, le plus souvent localisée au pourtour de l’ongle (panaris péri-unguéal ou sous-unguéal). Il survient majoritairement après une blessure minime, parfois inaperçue, et touche plus fréquemment les travailleurs manuels.

Panaris ou tourniole — infection du doigt

Symptômes du panaris

Le panaris est dû le plus souvent à Staphylococcus aureus (staphylocoque doré), mais aussi à des entérocoques, streptocoques ou germes anaérobies. Le germe pénètre dans ou sous la peau à l’occasion d’une blessure souvent minime :

  • Arrachage d’une « envie » (petite peau au pourtour de l’ongle)
  • Soins de manucure avec refoulement des cuticules
  • Onychophagie (se ronger les ongles et triturer leur pourtour)
  • Piqûre, épine, écharde

Panaris péri-unguéal débutant

Stade 1 — Panaris débutant (inflammatoire)

2 à 5 jours après la blessure apparaissent les signes inflammatoires classiques : œdème, rougeur, chaleur et douleur s’atténuant la nuit. Pas de fièvre ni de ganglion axillaire à ce stade. Le panaris débutant est souvent réversible avec un traitement médical local.

Panaris péri-unguéal au stade inflammatoire

Stade 2 — Panaris collecté (abcès)

Sans traitement, le panaris peut se collecter : apparition d’une poche de pus avec zone jaunâtre centrale. La douleur devient lancinante, pulsatile et insomniante. Un ganglion douloureux et de la fièvre peuvent apparaître.

⚠️ Le stade collecté est irréversible spontanément et nécessite un traitement chirurgical urgent. Sans intervention, l’infection peut se propager en surface (fistulisation, nécrose) ou en profondeur (ostéo-arthrite, phlegmon des gaines tendineuses, « main en battoir »).

Panaris au stade d'abcès — poche de pus

📚 Infections de la main : prise en charge et complications — PubMed

Types de panaris

Sur le plan anatomique

  • Panaris superficiel ou cutané : l’infection ne dépasse pas le derme. Traitement médical souvent suffisant.
  • Panaris sous-cutané : forme la plus classique, avec collection purulente dans le tissu sous-cutané.
  • Panaris en bouton de chemise : communication entre une poche superficielle et une poche sous-cutanée par un pertuis. La poche profonde peut passer inaperçue et être source de complications graves.

Sur le plan topographique

Le panaris péri- ou sous-unguéal représente 2/3 des cas. Il peut aussi toucher la pulpe, le côté ou le dos du doigt.

Diagnostics différentiels

Plusieurs affections peuvent être confondues avec un panaris bactérien :

Panaris herpétique

Dû au virus Herpes simplex (HSV). Se manifeste par des vésicules douloureuses groupées en bouquet sur le doigt, sans collection purulente franche. Fréquent chez les soignants (contact avec les muqueuses buccales ou génitales des patients). Ne jamais inciser un panaris herpétique — le traitement est antiviral (aciclovir). Voir notre article sur l’herpès.

Herpès du doigt — panaris herpétique

Périonyxis à Candida

Mycose de l’ongle à Candida albicans : pourtour de l’ongle gonflé et rouge, évoluant vers une atteinte de l’ongle. Fréquent chez le diabétique et les personnes ayant les mains souvent dans l’eau. Traitement antifongique local. Voir notre article sur la mycose des ongles.

Onychomycose et périonyxis à Candida

Candida dans l'ongle

Ongle incarné

Pénétration du bord de l’ongle dans le tissu péri-unguéal, provoquant une inflammation douloureuse et parfois surinfection. Voir notre article sur l’ongle incarné.

Ongle incarné — diagnostic différentiel du panaris

Faux panaris d’Osler

Petits nodules érythémateux douloureux des pulpes des doigts, pathognomoniques d’une endocardite infectieuse. Tout « panaris » récidivant ou survenant dans un contexte fébrile avec souffle cardiaque doit faire évoquer ce diagnostic et orienter vers les urgences.

Traitement du panaris

Vérification du statut vaccinal anti-tétanique

Dans tous les cas, le statut anti-tétanique doit être vérifié et mis à jour si nécessaire.

Panaris débutant — traitement médical

Si le panaris est encore au stade inflammatoire (pas de poche de pus, douleur non insomniante, pas de fièvre ni de ganglion), le médecin prescrit :

  • Antibiotiques par voie orale à visée anti-staphylococcique (amoxicilline-acide clavulanique, pristinamycine, clindamycine…)
  • Soins locaux : pansements avec crème antibiotique (Fucidine®, Mupiderm®…) et bains de doigt dans un antiseptique

💡 Si aucune amélioration n’est constatée dans les 48h suivant le début du traitement médical, reconsulter en urgence. Le panaris est en train de se collecter et nécessite probablement une incision chirurgicale.

Panaris collecté — urgence chirurgicale

Lorsque le panaris s’est transformé en abcès (douleur insomniante, zone jaunâtre, fièvre, ganglion), le traitement est chirurgical en urgence :

  • Parage chirurgical sous anesthésie locale : incision et évacuation de la totalité du pus et des tissus nécrosés
  • Mise en culture du pus pour analyse bactériologique et antibiogramme
  • Antibiothérapie adaptée selon les résultats de la culture

📚 Prise en charge chirurgicale des infections de la main — PubMed

Prévention

Prévention personnelle

  • Éviter de ronger les ongles et d’arracher les petites peaux (« envies ») autour des ongles
  • Éviter de refouler les cuticules lors des soins de manucure
  • Porter des gants pour les travaux manuels et le jardinage
  • Nettoyer et désinfecter toute plaie du doigt ou de la main immédiatement, même minime
  • Pour extraire une écharde ou une épine : désinfecter la peau et la pince à épiler avant, écarter la peau plutôt que presser

Ces précautions sont d’autant plus importantes en cas de facteurs de risque : diabète, corticothérapie, immunosuppresseurs, VIH, alcoolisme, toxicomanie.

Prévention vis-à-vis de l’entourage

⚠️ En cas de panaris, évitez de manipuler des aliments : le staphylocoque peut contaminer les préparations culinaires et provoquer une toxi-infection alimentaire. Les professionnels de l’alimentation (cuisiniers, pâtissiers, boulangers…) doivent cesser leur activité jusqu’à guérison complète.

Source institutionnelle : Haute Autorité de Santé (has-sante.fr) — recommandations de bonne pratique en dermatologie.

Points clés

  • Le panaris est une infection bactérienne du doigt, le plus souvent péri-unguéale, due à Staphylococcus aureus
  • C’est une urgence : consultation dans les 48h suivant l’apparition des symptômes
  • Au stade collecté (abcès), le traitement est chirurgical — ne jamais percer soi-même
  • Il peut se compliquer d’ostéo-arthrite ou de phlegmon des gaines tendineuses sans traitement rapide
  • Le panaris herpétique et le périonyxis à Candida sont des diagnostics différentiels importants
Urgence — Consultez immédiatement si : douleur pulsatile insupportable (surtout la nuit), peau blanchâtre ou bombante au sommet du doigt (stade collecté), rougeur s’étendant à toute la main, fièvre supérieure à 38,5 °C. Un drainage chirurgical en urgence est nécessaire pour éviter l’extension à l’os (ostéite).

Questions fréquentes sur le panaris

Comment soigner un panaris à l’orteil ou au pied ?

Un panaris à l’orteil (ou « panari » — orthographe populaire) se soigne comme un panaris du doigt : bains antiseptiques 3 fois par jour (eau tiède + Bétadine ou Dakin) au stade initial. Si la rougeur, le gonflement et la douleur pulsatile ne s’améliorent pas en 48 heures, consultez en urgence : un abcès collecté nécessite une incision chirurgicale. Les panaris de l’orteil récidivent souvent en cas d’ongle incarné non traité.

Quelle est la différence entre panaris et périonyxis ?

Le périonyxis (ou péri-onyxis) est un panaris superficiel qui touche uniquement les tissus autour de l’ongle (pourtour unguéal). C’est la forme la plus fréquente. Le panaris profond atteint le pulpe, la gaine du tendon ou l’os. Le périonyxis peut parfois guérir avec des soins locaux seuls ; le panaris profond nécessite presque toujours un drainage chirurgical.

Peut-on ouvrir soi-même un panaris ?

Non. Ouvrir soi-même un panaris est fortement déconseillé. Une incision inadaptée peut disperser l’infection, léser les tendons ou les nerfs digitaux, ou créer une cicatrice douloureuse. Seul un médecin ou chirurgien peut réaliser un drainage correct sous anesthésie locale, nettoyer la cavité et prévenir les récidives. En revanche, les bains antiseptiques répétés peuvent être débutés en attente de la consultation.

Combien de temps guérit un panaris avec traitement ?

Un panaris superficiel traité précocement (avant la collection de pus) guérit en 5 à 7 jours avec des bains antiseptiques ± antibiothérapie orale. Après incision chirurgicale d’un abcès, la cicatrisation prend 10 à 21 jours selon la profondeur. Un panaris avec atteinte du tendon (ténosynovite) ou de l’os (ostéite) peut nécessiter plusieurs semaines d’hospitalisation et d’antibiothérapie intraveineuse.

Quand un panaris est-il une urgence médicale ?

Consultez en urgence si : douleur pulsatile intense et gonflement important, fièvre supérieure à 38,5 °C, rougeur qui remonte le long du doigt (lymphangite), collection visible de pus, ou doigt immobilisé en flexion (signe d’atteinte tendineuse). Ces signes indiquent une infection profonde qui peut se compliquer d’ostéite ou de septicémie sans traitement rapide.

Peut-on soigner un panaris soi-même à la maison ?
Au stade très débutant (simple rougeur sans pus, douleur modérée), on peut en attendant la consultation réaliser des bains de doigt 3 à 4 fois par jour dans une solution antiseptique (chlorhexidine type Diaseptyl®, Hexaseptine®…), puis poser un pansement avec compresse après avoir appliqué une crème antiseptique. Sur conseil du pharmacien, des antiseptiques doux sont disponibles sans ordonnance. Si aucune amélioration dans les 48h ou en cas d’aggravation, consultation médicale obligatoire.

Comment distinguer un panaris d’un panaris herpétique ?
Le panaris herpétique présente des vésicules groupées en bouquet, sans poche de pus franche, souvent très douloureuses. Il est fréquent chez les soignants. La distinction est cruciale car inciser un panaris herpétique est contre-indiqué (risque de surinfection et de dissémination virale). En cas de doute, consultez un médecin avant tout geste.

Faut-il prendre des antibiotiques pour un panaris ?
Pas systématiquement au stade très débutant. En revanche, dès que l’infection progresse ou ne régresse pas sous soins locaux en 48h, des antibiotiques oraux à visée anti-staphylococcique sont indispensables. Ils sont prescrits par le médecin après évaluation clinique.

Combien de temps dure un panaris traité ?
Un panaris pris en charge précocement (stade inflammatoire) guérit en 5 à 10 jours sous traitement médical. Au stade chirurgical, la cicatrisation dure 2 à 4 semaines selon l’étendue du parage. Sans traitement adapté, le risque de complications graves (phlegmon, ostéo-arthrite) est réel.

Le panaris peut-il récidiver ?
Oui, notamment en cas de facteurs de risque persistants : onychophagie, soins de manucure agressifs, diabète mal équilibré, immunodépression. La correction des facteurs favorisants est indispensable pour éviter les récidives.

Que risque-t-on à ne pas traiter un panaris ?
Sans traitement rapide, un panaris peut évoluer vers un phlegmon des gaines tendineuses (infection des tendons fléchisseurs), une ostéo-arthrite (infection de l’os ou de l’articulation) ou une nécrose. Ces complications nécessitent une chirurgie lourde et peuvent entraîner des séquelles fonctionnelles définitives du doigt.

Vidéo : traitement chirurgical du panaris

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Verrue de la main ou du doigt : comment l’enlever efficacement

Mis à jour le 18 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Les verrues des mains et des doigts sont dues au papillomavirus humain (HPV). Très fréquentes — elles touchent environ 10 % de la population générale —, elles se traitent efficacement par acide salicylique, cryothérapie à l’azote liquide ou laser CO₂. Sans traitement, 65 % disparaissent spontanément en 2 ans. L’auto-inoculation reste le principal risque : une verrue grattée ou mordue peut se disséminer rapidement sur d’autres doigts ou sur l’entourage.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Verrue de la main

Il est fréquent d’observer l’apparition d’une verrue sur la main ou le doigt, souvent au niveau des zones exposées à de petits traumatismes répétés. Bien qu’elles soient bénignes, ces lésions peuvent être gênantes, douloureuses et socialement embarrassantes — raison pour laquelle leur prise en charge mérite d’être bien comprise.

À quoi sont dues les verrues des mains ?

Les verrues sont causées par une infection par les papillomavirus humains (HPV, pour Human Papillomavirus). Cette famille virale compte plus de 200 génotypes, mais les verrues communes des mains sont le plus souvent dues aux types HPV 1, 2 et 4. Le virus pénètre dans l’épiderme par des micro-lésions cutanées : une égratignure, une peau crevassée ou un ongle rongé suffisent.

À savoir : Le papillomavirus des verrues cutanées est distinct des souches HPV responsables des condylomes génitaux ou du cancer du col. Les verrues des mains ne présentent aucun risque de transformation maligne et ne nécessitent pas de dépistage oncologique.

La transmission est directe (contact peau à peau avec une verrue) ou indirecte (surfaces humides, linge partagé, bords de piscine). L’incubation peut durer de 1 à 6 mois, ce qui rend souvent difficile l’identification du moment de contamination.

Comment reconnaître une verrue de la main ou du doigt ?

Il existe plusieurs types de verrues, dont les présentations cliniques varient selon la localisation et la profondeur de l’infection.

Type de verrue Aspect clinique Localisation préférentielle
Verrue vulgaire Excroissance rugueuse, points noirs, 2-10 mm Dos des doigts, zones péri-unguéales
Myrmécie Profonde, kératosique, très douloureuse à la pression Paume, pulpe des doigts
Verrue plane Petite, superficielle, couleur chair, peu saillante Dos de la main, poignets
Verrue péri-unguéale Autour ou sous l’ongle, souvent multiple Replis latéraux et sous-unguéaux

Verrues autour des ongles

Ce sont des verrues particulièrement difficiles et douloureuses à traiter. Elles sont souvent favorisées par l’onychophagie (habitude de ronger les ongles) ou l’arrachage des petites peaux autour des ongles, qui créent des micro-portes d’entrée pour le HPV. Leur situation péri-unguéale les rend difficiles d’accès pour les traitements locaux et plus récidivantes.

Verrues autour de l'ongle
Verrues autour de l’ongle
Verrue sous l'ongle, difficile à traiter
Verrue sous l’ongle, difficile à traiter
Verrues du doigt
Verrues du doigt

Voir l’article dédié : verrue sous l’ongle ou autour de l’ongle

Verrues planes

Ces verrues sont superficielles, peu saillantes, de couleur chair ou légèrement rosée. Elles passent souvent inaperçues et peuvent être multiples, groupées en plaques sur le dos de la main ou des poignet. Elles répondent généralement bien aux rétinoïdes locaux ou aux préparations kératolytiques légères.

Verrues planes de la main
Verrues planes de la main

Verrue à type de myrmécie

La myrmécie (du grec myrmex, fourmi) est une verrue profonde, enkystée dans le derme, souvent douloureuse à la pression verticale — à la différence des verrues vulgaires qui sont plutôt sensibles à la pression latérale. Elle siège typiquement à la paume ou à la pulpe des doigts et nécessite souvent plusieurs séances de cryothérapie ou un traitement laser.

Grosse verrue de la paume de la main
Grosse verrue de la paume de la main

Verrue ou cor de la main : comment les différencier ?

La confusion entre verrue et cor (hyperkératose) est fréquente, car les deux forment des épaississements cutanés durs. Quelques critères permettent de les distinguer :

Attention : La verrue présente des points noirs en son centre (thromboses capillaires) et est douloureuse à la pression latérale. Le cor est lisse, translucide, douloureux à la pression verticale, sans points noirs, et apparaît sur des zones de frottement chronique (paume, bords des doigts). En cas de doute, un examen dermatologique lève l’ambiguïté en quelques secondes.

Évolution naturelle des verrues des mains

La grande majorité des verrues cutanées régressent spontanément sans traitement. Des études épidémiologiques montrent que 65 % des verrues des mains disparaissent en 2 ans, et environ 80 % en 4 ans. Cette guérison spontanée est liée à l’immunité cellulaire : le système immunitaire finit par reconnaître le HPV et éliminer les cellules infectées.

Cependant, attendre la guérison spontanée n’est pas toujours souhaitable. La verrue peut grossir, se multiplier par auto-inoculation, devenir douloureuse (myrmécie) ou contaminer l’entourage — notamment les enfants, plus vulnérables. Un traitement précoce réduit la durée de la maladie et le risque de dissémination.

Comment éviter d’avoir des verrues des mains ?

La prévention repose sur la réduction des portes d’entrée du virus et la limitation du contact avec des sources de contamination :

Conseils préventifs :

  • Éviter de se ronger les ongles et d’arracher les petites peaux autour des ongles
  • Soigner rapidement les petites plaies, crevasses et érosions cutanées des mains
  • Porter des gants lors d’activités à risque (boucher, mécanicien, jardinière, soins aux enfants)
  • Ne pas partager serviettes, limes à ongles ou gants
  • Se laver les mains après tout contact avec une verrue (la sienne ou celle d’autrui)

Traitements des verrues des mains et des doigts

Le choix du traitement dépend du type de verrue, de sa localisation, de son ancienneté, du nombre de lésions et du terrain du patient. Aucun traitement n’est universellement efficace : les taux de guérison à une séance restent modestes, et la plupart des protocoles nécessitent plusieurs applications ou séances.

Acide salicylique — traitement de première intention en automédication

L’acide salicylique (15 à 26 % selon les formulations) est le traitement kératolytique de référence disponible sans ordonnance. Il agit en macérant et en détachant progressivement le tissu verruqueux. Son efficacité est améliorée par un ponçage régulier de la surface kératosique avant chaque application. Les méta-analyses évaluent son taux de guérison à 50-70 % après 12 semaines d’utilisation régulière.

Cryothérapie à l’azote liquide — traitement de référence en cabinet

La cryothérapie à l’azote liquide (−196 °C) est le traitement le plus utilisé en dermatologie. Elle provoque une nécrose ischémique des cellules infectées par HPV. Appliquée en cabinet, elle est plus puissante que les stylos grand public (qui n’atteignent que −57 °C). Son efficacité est de 60 à 70 % en 2 à 4 séances espacées de 3 semaines. Elle peut être douloureuse, surtout sur les myrmécies et les zones péri-unguéales.

Les stylos de cryothérapie grand public (diméthyléther-propane) offrent une alternative pratique pour les verrues superficielles récentes, avec un profil d’efficacité inférieur à l’azote liquide professionnel.

Laser CO₂ et autres traitements de recours

En cas d’échec ou de verrues récidivantes multiples, le dermatologue peut proposer :

  • Laser CO₂ : vaporisation précise du tissu verruqueux, indiquée pour les verrues périunguéales, palaires ou en mosaïque
  • Imiquimod (Aldara®) : immunomodulateur topique, efficace surtout sur les verrues planes et les condylomes
  • 5-fluorouracile topique : antimitotique en crème, utilisé seul ou en association
  • Curetage : exérèse mécanique sous anesthésie locale, rapide mais avec risque de cicatrice

Pour une vue d’ensemble des options, voir l’article dédié : traitements des verrues.

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Consultez un dermatologue si :

  • La verrue grossit rapidement, saigne spontanément ou change d’aspect (couleur, bords irréguliers)
  • Vous êtes immunodéprimé (greffe d’organe, VIH, traitement immunosuppresseur) : les verrues peuvent devenir extensives et résistantes
  • La verrue est périunguéale et provoque une déformation ou une douleur de l’ongle
  • Deux mois de traitement bien conduit (acide salicylique ou cryothérapie grand public) n’ont produit aucune amélioration
  • Le diagnostic est incertain : certaines tumeurs bénignes (kératose séborrhéique) ou malignes (carcinome épidermoïde) peuvent mimer une verrue

Téléchargez un guide complet au format PDF :

Questions fréquentes sur les verrues des mains et des doigts

Comment reconnaître une verrue de la main ?

Une verrue de la main se présente comme une petite excroissance ferme, rugueuse, à surface irrégulière, de couleur chair à grisâtre. Elle mesure de 1 à 10 mm et présente souvent de petits points noirs en son centre, correspondant à des thromboses capillaires. Contrairement à un cor, elle est douloureuse à la pression latérale et non à la pression verticale. En cas de doute, un dermatologue pose le diagnostic en quelques secondes.

Quel est le meilleur traitement pour une verrue de la main ?

La cryothérapie à l’azote liquide appliquée en cabinet dermatologique est le traitement de référence, efficace dans 60 à 70 % des cas en 2 à 4 séances. En automédication, l’acide salicylique à 15-26 % appliqué quotidiennement après ponçage constitue la meilleure alternative pour les verrues superficielles. Les deux méthodes peuvent être combinées pour améliorer les résultats, notamment sur les verrues résistantes.

Combien de temps faut-il pour éliminer une verrue de la main ?

Le délai de guérison varie de 4 semaines pour une petite verrue récente traitée par cryothérapie professionnelle à plusieurs mois pour une verrue ancienne ou multiple. Sans traitement, 65 % des verrues disparaissent spontanément en 2 ans. Avec un traitement bien conduit, la guérison est obtenue en 4 à 12 semaines dans la majorité des cas. La réapparition des dermatoglyphes (lignes de la peau) signe la guérison complète.

Les verrues des mains sont-elles contagieuses ?

Oui, les verrues sont dues au papillomavirus humain (HPV), très contagieux par contact direct peau à peau ou indirect via des surfaces humides ou du linge partagé. La transmission nécessite des micro-lésions cutanées. Pour limiter le risque de contagion : ne pas toucher sa verrue, se laver les mains après contact, et ne pas partager serviettes ou limes à ongles avec l’entourage.

Peut-on enlever une verrue de la main soi-même, sans ordonnance ?

Oui, pour les verrues récentes et superficielles : les stylos de cryothérapie grand public ou les patchs à l’acide salicylique sont disponibles en pharmacie sans ordonnance. Leur efficacité est réelle mais inférieure aux traitements professionnels. Les verrues récidivantes, multiples, périunguéales ou résistantes après 2 mois nécessitent une consultation dermatologique pour un traitement plus puissant (azote liquide professionnel, laser CO₂).

Comment éviter les récidives après traitement ?

Pour prévenir les récidives, il faut traiter jusqu’à la disparition totale de la verrue avec réapparition des dermatoglyphes, éviter de se ronger les ongles (principale porte d’entrée du HPV), et se laver régulièrement les mains. Le système immunitaire joue un rôle clé : une immunodépression (traitement immunosuppresseur, VIH) favorise nettement les récidives et nécessite une prise en charge dermatologique spécialisée.

Verrue ou cor de la main : comment les différencier ?

La verrue est rugueuse, présente des points noirs centraux (thromboses capillaires), est douloureuse à la pression latérale et saigne si on la gratte. Le cor est lisse, translucide, douloureux à la pression verticale, sans points noirs, localisé sur les zones de frottement répété. La verrue est d’origine virale (HPV) ; le cor est une réaction mécanique de protection. En cas d’hésitation, une consultation permet de trancher sans ambiguïté.

Références scientifiques

  1. Bruggink SC, et al. Cryotherapy with liquid nitrogen versus salicylic acid for cutaneous warts. CMAJ. 2010;182(15):1624-30. PMID 20837698
  2. Kwok CS, et al. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev. 2012;(9):CD001781. PMID 22336830
  3. Dall’Oglio F, et al. Treatment of cutaneous warts: an evidence-based review. Am J Clin Dermatol. 2012;13(2):73-96. PMID 22175474

Source : HAS — Verrues cutanées : recommandations de prise en charge

Peau qui gratte : causes selon la zone et l’heure, diagnostic et traitement — Dr Rousseau, 2026

Mis à jour le 1er juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Les démangeaisons (prurit) concernent jusqu’à 25 % de la population à un moment de la vie. Dans 85 % des cas, un dermatologue identifie la cause grâce à la localisation, l’horaire et l’aspect de la peau. La gale (300 000 cas/an en France), l’eczéma et l’urticaire constituent les trois causes les plus fréquentes. Un prurit généralisé sans lésion persistant plus de 6 semaines impose un bilan biologique pour éliminer une cause systémique (hépatique, rénale, thyroïdienne, hématologique).
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Cet article en vidéo

Sommaire :
Définition |
Questions à se poser |
Démangeaisons localisées |
Démangeaisons généralisées |
Prurit sans boutons |
Facteurs aggravants |
Comment calmer |
Pages spécialisées |
Questions fréquentes

Définition des démangeaisons (prurit)

Les démangeaisons de la peau sont médicalement appelées prurit (aux Antilles, on parle volontiers de gratelle ou gratel). Il s’agit d’une sensation particulière qui engendre le besoin irrépressible de se gratter ou de se frotter la peau.

💡 À ne pas confondre avec la dermatillomanie : l’envie compulsive de gratter sa peau et ses boutons jusqu’à se faire des plaies est un trouble du comportement répétitif centré sur le corps, relevant d’une prise en charge spécialisée — distincte du prurit dermatologique classique.

La perception du prurit est très variable d’une personne à l’autre, modulée par des facteurs psychologiques (anxiété, attention portée à la zone) et environnementaux (chaleur, sécheresse de l’air). Les démangeaisons intenses peuvent retentir sur le sommeil (prurit insomniant), les capacités intellectuelles et la qualité de vie de façon comparable à une douleur chronique.

💡 Le saviez-vous ? Les démangeaisons ne sont ressenties qu’à la peau et aux semi-muqueuses (lèvres, organes génitaux…), jamais aux muqueuses profondes ni aux viscères. Cette particularité anatomique a une valeur diagnostique importante : une sensation de démangeaison profonde ou viscérale oriente vers une cause neurologique ou psychogène.
Type de prurit Définition Orientation diagnostique
Prurit avec lésions Démangeaisons associées à des boutons, plaques, vésicules ou sillons visibles Dermatose prurigineuse (eczéma, gale, urticaire, lichen…)
Prurit sine materia Démangeaisons sans aucune lésion cutanée visible (hors excoriations de grattage) Cause interne à rechercher systématiquement
Prurit localisé Limité à une zone anatomique précise Cause locale ou neurologique
Prurit généralisé Touchant l’ensemble de la surface cutanée Cause systémique ou dermatose diffuse
Prurit chronique Évoluant depuis plus de 6 semaines Bilan étiologique complet indispensable

Pour mieux comprendre les mécanismes : voir notre article pourquoi la peau gratte.

Les questions à se poser en cas de démangeaisons

L’interrogatoire est l’étape clé du diagnostic. Plusieurs éléments orientent vers la cause :

Question à se poser Réponse possible Orientation
À quelle heure ? Après un repas Allergie alimentaire, urticaire
Le soir et la nuit, dans le lit Gale en premier lieu
Quel facteur déclencheur ? Froid, chaleur, contact avec l’eau Certaines formes d’urticaire physique
Exposition solaire Allergie au soleil, lucite
Disparition pendant les vacances Pathologie professionnelle (eczéma de contact)
Apparition après un voyage tropical Parasitose tropicale
Début après un nouveau médicament Allergie ou toxidermie médicamenteuse
D’autres personnes grattent-elles aussi ? Oui — entourage familial ou collectivité Gale quasi-certaine
Peau sèche associée ? Oui Facteur aggravant de la dermatite atopique, prurit sénile
Lésions visibles ? Non Prurit sine materia → bilan interne

Voir notre article sur les plaques qui grattent.

1. Démangeaisons localisées

1.1 Sans plaques ni boutons

L’origine des démangeaisons localisées sans lésion visible dépend étroitement de leur topographie :

Localisation Causes principales à évoquer
Démangeaisons dans le dos Neuropathie, notalgie paresthésique, prurit brachioradial, lichen simplex chronicus
Démangeaisons du cuir chevelu Dermite séborrhéique, poux, psoriasis du scalp
Démangeaisons du visage Eczéma de contact, rosacée, dermite séborrhéique
Démangeaisons de l’anus Oxyurose, candidose, irritation locale, eczéma de contact
Démangeaisons du sexe et de la vulve Candidose, poux pubiens, lichen scléreux, eczéma de contact
Démangeaisons des jambes Peau sèche (xérose), insuffisance veineuse, prurit sénile

1.2 Avec plaques rouges ou boutons

Les démangeaisons localisées siègent le plus souvent sur des plaques rouges prurigineuses dont la topographie oriente le diagnostic : bras, coudes, plis des coudes, jambes, derrière les genoux, ventre, dos, visage, cuir chevelu, organes génitaux.

Voir nos articles sur les boutons rouges qui grattent selon leur localisation.

2. Démangeaisons généralisées avec lésions cutanées

Les démangeaisons généralisées avec boutons ou plaques correspondent à des dermatoses diffuses prurigineuses. Elles peuvent avoir un retentissement intense sur la qualité de vie et le sommeil.

Dermatose Signes évocateurs Page dédiée
Eczéma / Dermatite atopique Plaques érythémateuses, suintantes ou lichénifiées, topographie des plis ; antécédents atopiques → Eczéma
Gale Prurit nocturne, sillons interdigitaux, contage familial, nodules génitaux chez l’homme → Gale
Urticaire Plaques migratrices en relief, aspect « piqûres d’orties », fugaces (disparaissent en moins de 24 h) → Urticaire
Lichen plan Papules violacées angulaires, prédominant aux poignets et aux jambes, réseau de Wickham → Lichen plan
Prurigo Gros boutons excoriés prédominant sur les bras et le haut du dos, évolution chronique → Prurigo
Pemphigoïde bulleuse Peut débuter par des plaques rouges non bulleuses chez le sujet âgé — bulleux au stade établi → Pemphigoïde bulleuse
Pityriasis rosé de Gibert Éruption faisant suite à une plaque initiale (« médaillon »), disposition en sapin dans le dos → Pityriasis rosé de Gibert
Parasitoses tropicales Dermite des nageurs, onchocercose, bilharziose — notion de voyage ou baignade en eau stagnante
Dermatoses de la grossesse Pemphigoïde gravidique, prurigo gravidique, PUPP — survenant au 2e ou 3e trimestre

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3. Peau qui gratte sans boutons : le prurit sine materia

Quand surviennent des démangeaisons sans aucune lésion cutanée visible (hors excoriations de grattage), on parle de prurit sine materia. Ce tableau constitue une urgence diagnostique relative : il doit faire rechercher une cause interne potentiellement grave.

🔴 Bilan classique d’un prurit sine materia : biopsie cutanée avec immunofluorescence directe (sujet âgé), NFS, VS, CRP, urée, créatinine, bilan hépatique complet, LDH, glycémie, ferritine, TSH, électrophorèse des protéines sériques, sérologies VIH/VHA/VHB/VHC, examen parasitologique des selles, radiographie thoracique et échographie abdominale.
Cause interne Mécanisme / Caractéristiques Traitement spécifique
Insuffisance rénale chronique Prurit urémique — mécanisme multifactoriel (peau sèche, anomalies phosphocalciques, accumulation de toxines) Émollients, cholestyramine, photothérapie UVB, difélikefaline
Cholestase (rétention biliaire) Cirrhose biliaire primitive, hépatite, cancer des voies biliaires ou du pancréas, médicament cholestatique. Prurit souvent intense, à prédominance palmoplantaire. Cholestyramine, acide ursodéoxycholique
Maladie de Vaquez (polyglobulie) Prurit aquagénique typique : démangeaisons intenses survenant au contact de l’eau chaude, dans les 20 à 30 minutes suivant la douche Traitement de la polyglobulie
Lymphome de Hodgkin et hémopathies Les démangeaisons peuvent précéder l’apparition des ganglions de plusieurs mois — signe d’appel à ne pas négliger Traitement hématologique
Dysglobulinémies monoclonales Myélome multiple, maladie de Waldenström Traitement hématologique
Carence martiale (manque de fer) Prurit souvent modéré, associé à une asthénie — ferritine basse Supplémentation en fer
Causes endocrinologiques Hyperthyroïdie (Basedow), hypothyroïdie, syndrome carcinoïde (histamine), dermatite auto-immune à la progestérone Traitement de la cause
Cancers solides Côlon, estomac, prostate, poumon — prurit paranéoplasique Traitement oncologique
Médicaments Amiodarone, aspirine, pénicillines, vancomycine, rifampicine, captopril, chloroquine, morphiniques, phénothiazines… Arrêt du médicament si possible
Prurit gravidique Cholestase hépatique gravidique au 3e trimestre — prurit palmoplantaire intense. Prise en charge urgente (risque fœtal réel). Cholestyramine, acide ursodéoxycholique
Prurit sénile Diagnostic d’élimination chez le sujet âgé, souvent dans un contexte de xérose cutanée sévère. Attention : ne pas méconnaître une pemphigoïde bulleuse débutante. Émollients, antihistaminiques, photothérapie UVB

Voir l’article consacré aux démangeaisons sans boutons.

Prurit persistant depuis plus de 6 semaines sans cause évidente ? Un bilan est indispensable. Le Dr Rousseau peut vous orienter et prescrire les examens adaptés en téléconsultation.

Facteurs aggravant les démangeaisons

Certains facteurs aggravent le prurit quelle qu’en soit la cause et devraient être systématiquement évités :

Facteur aggravant Mécanisme Conduite à tenir
Eau chaude (douche, bain) Vasodilatation cutanée, libération d’histamine Eau tiède à froide, douches courtes (< 5 min)
Savons et gels moussants irritants Altération du film hydrolipidique, xérose Syndets surgras, pain dermatologique sans savon
Vêtements en laine ou synthétiques Friction mécanique, sudation Coton ou soie directement sur la peau
Chauffage excessif, air sec Déshydratation cutanée, xérose Humidificateur d’air, température ≤ 19 °C
Stress et anxiété Modulation de la perception prurigineuse, libération de neuropeptides Techniques de relaxation, prise en charge psychologique si besoin
Grattage répété Libère des médiateurs inflammatoires, entretient le cercle vicieux prurit–grattage–prurit Couper les ongles courts, gants de coton la nuit si nécessaire

Comment calmer les démangeaisons ?

En attendant une consultation médicale et en complément du traitement étiologique, plusieurs mesures permettent de soulager le prurit :

Mesure Commentaire
Émollients et crèmes hydratantes Application après chaque douche sur peau encore humide — réduisent la xérose, premier geste systématique. Lipikar AP+, Cold Cream, Cicaplast B5.
Antihistaminiques oraux Efficaces surtout sur le prurit histaminique (urticaire). Effet sédatif utile pour le prurit nocturne (hydroxyzine). Moins efficaces sur les prurits non histaminiques.
Dermocorticoïdes topiques Sur prescription médicale — efficaces sur les prurits inflammatoires (eczéma, lichen). À éviter en cas de gale non traitée (risque de gale profuse).
Photothérapie UVB Indication spécialisée — efficace dans le prurit urémique, le prurit sine materia chronique, certaines dermatoses diffuses
Compresses froides Soulagement immédiat par effet vasoconstricteur et analgésique — substitut efficace au grattage
Inhibiteurs de la calcineurine topiques Tacrolimus, pimécrolimus — sur prescription, pour les zones sensibles (visage, plis) en cas d’eczéma

Voir notre article complet : calmer les démangeaisons et soigner la peau qui gratte.

Pages spécialisées — cluster démangeaisons dermatonet.com

⚠️ Consultez en urgence si :

  • Gonflement du visage ou de la gorge (angœdème) — appeler le 15
  • Éruption généralisée avec difficultés respiratoires
  • Ictère (jaunisse) associé aux démangeaisons
  • Démangeaisons généralisées avec fièvre, ganglions ou perte de poids inexpliquée
  • Prurit persistant plus de 6 semaines sans lésion cutanée visible
  • Apparition de bulles ou décollements de peau
  • Démangeaisons intenses en fin de grossesse, aux paumes et plantes
  • Prise récente d’un nouveau médicament avec prurit diffus

Ces signes peuvent révéler une cause systémique nécessitant un avis médical rapide.

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Questions fréquentes sur les démangeaisons

Pourquoi les démangeaisons sont-elles souvent plus intenses la nuit ?

La nuit, la température corporelle et cutanée augmente légèrement sous la literie, stimulant l’activité des agents prurigènes et des mastocytes qui libèrent davantage d’histamine. L’absence des distractions de la journée amplifie également la perception du prurit. Des démangeaisons à prédominance nocturne nette, surtout si elles touchent plusieurs membres du foyer, orientent fortement vers une gale.

Peut-on avoir des démangeaisons sans boutons ?

Oui — c’est le prurit sine materia, qui représente environ 30 % des prurits chroniques. Il peut révéler une maladie interne grave : insuffisance rénale, cholestase hépatique, hémopathie maligne (lymphome de Hodgkin, myélome), cancer solide, ou cause endocrinologique. Un bilan médical complet est indispensable devant tout prurit sine materia persistant au-delà de 6 semaines.

Les démangeaisons peuvent-elles être le signe d’un cancer ?

Oui. Un prurit sine materia persistant peut orienter vers un cancer digestif (côlon, estomac, pancréas), pulmonaire, prostatique, ou une hémopathie maligne. Le lymphome de Hodgkin est particulièrement connu pour donner un prurit intense qui peut précéder l’apparition des adénopathies de plusieurs mois. Un bilan médical est indispensable dans ce contexte.

Comment calmer rapidement des démangeaisons en attendant une consultation ?

Appliquer une crème émolliente sur peau humide après une douche tiède courte. Éviter savons irritants, eau chaude et vêtements en laine. Les antihistaminiques disponibles sans ordonnance (cétirizine 10 mg, loratadine 10 mg) peuvent soulager temporairement, surtout le soir. Voir notre article calmer les démangeaisons.

Les démangeaisons sont-elles contagieuses ?

Les démangeaisons elles-mêmes ne sont pas contagieuses. Mais leur cause peut l’être : la gale est très contagieuse par contact cutané prolongé ou partage de textiles ; les poux et les teignes se transmettent également. À l’inverse, l’eczéma, l’urticaire et le prurit sine materia ne sont pas transmissibles.

Que faire si la peau gratte pendant la grossesse ?

Le prurit gravidique peut révéler une cholestase hépatique gravidique (surtout au 3e trimestre, aux paumes et plantes — risque fœtal réel nécessitant une prise en charge urgente) ou des dermatoses spécifiques (pemphigoïde gravidique, PUPP). Consulter sans attendre. Une téléconsultation permet d’orienter rapidement le diagnostic et d’organiser le bilan.

Quelle crème utiliser pour calmer les démangeaisons sans ordonnance ?

Une crème émolliente apaisante (Cold Cream, Cicaplast B5, Lipikar AP+) appliquée sur peau humide après une douche tiède soulage rapidement les démangeaisons liées à la sécheresse cutanée. Les antihistaminiques oraux sans ordonnance (cétirizine, loratadine) réduisent le prurit histaminique. L’hydrocortisone 1 % en crème peut être utilisée 5 à 7 jours sur une zone localisée. Si les démangeaisons persistent au-delà de 2 semaines malgré ces mesures, une consultation médicale est nécessaire.

Le stress peut-il provoquer des démangeaisons ?

Oui. Le stress active la libération de substance P et d’histamine par les mastocytes cutanés, amplifiant la perception du prurit. Il peut déclencher ou aggraver l’eczéma, l’urticaire cholinergique et le prurigo. Inversement, un prurit chronique génère lui-même stress et troubles du sommeil, créant un cercle vicieux. Les thérapies cognitivo-comportementales et la cohérence cardiaque font partie du traitement global du prurit chronique.

Pourquoi la peau gratte-t-elle après la douche ?

Le prurit post-douche peut avoir plusieurs causes : eau trop chaude (vasodilatation + activation des récepteurs TRPV1), peau sèche (xérose), polyglobulie vraie (prurit aquagénique intense 20 à 30 minutes après contact avec l’eau, pathognomonique), urticaire aquagénique (rare) ou contact avec un savon irritant. L’eau tiède, les gels surgras et l’application d’émollient immédiatement après la douche sur peau humide règlent la grande majorité des cas bénins.

La peau qui gratte peut-elle être liée aux reins ?

Oui, le prurit urémique est une complication fréquente de l’insuffisance rénale chronique, touchant 20 à 50 % des patients dialysés. Son mécanisme est multifactoriel : accumulation de toxines, anomalies phosphocalciques et xérose cutanée. Il peut être intense et invalidant. Le bilan sanguin (créatinine, urée, NFS) est le premier examen à réaliser devant un prurit généralisé sans lésion cutanée.

Références scientifiques

  1. Weisshaar E, Szepietowski JC, Dalgard FJ, et al. European S2k Guideline on Chronic Pruritus. Acta Derm Venereol. 2019;99(5):469–506. PMID 30843177
  2. Mettang T, Kremer AE. Uremic pruritus. Kidney Int. 2015;87(4):685–691. PMID 25587704
  3. Kini SP, DeLong LK, Veledar E, et al. The impact of pruritus on quality of life: the skin equivalent of pain. Arch Dermatol. 2011;147(10):1153–1156. PMID 21680769

Source : HAS — Dermatite atopique (cause fréquente de prurit chronique)

Voir aussi :
Gale |
Eczéma |
Urticaire |
Démangeaisons nocturnes |
Calmer les démangeaisons |
Téléconsultation dermatologue

Mis à jour le 1er juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Piqûre de tique, rougeur en anneau, retirer la tique

Piqûre de tique : que faire ?

La piqûre de tique expose au risque de maladie de Lyme, une infection bactérienne à Borrelia burgdorferi pouvant entraîner des complications sérieuses si elle n’est pas traitée rapidement.

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Sommaire :
Qu’est-ce qu’une tique ? |
Symptômes |
Enlever la tique |
Surveillance un mois |
Faut-il faire une prise de sang ? |
Traitement |
Prévention |
Pages associées |
Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une tique et pourquoi est-ce dangereux ?

Piqûre de tique

La tique est un acarien hématophage qui se nourrit du sang de son hôte. L’espèce responsable de la maladie de Lyme en Europe se nomme Ixodes ricinus. L’homme est un hôte accidentel : la tique se contamine en piquant de petits rongeurs sauvages porteurs de Borrelia burgdorferi, puis transmet la bactérie à l’homme lors d’une piqûre ultérieure. Toutes les tiques ne sont pas infectées.

tique sur la peau
Tique fixée sur la peau
Répartition géographique de la tique Ixodes Ricinus
Répartition géographique d’Ixodes ricinus en Europe

En France métropolitaine, quasiment tout le territoire est concerné en période chaude (printemps, été, automne), avec une prévalence plus marquée dans le Centre et l’Est du pays. Les piqûres surviennent lors d’activités en plein air : randonnée en forêt, jardinage, sport en zone boisée ou humide (herbes hautes, fougères, prairies). Les parcs urbains sont également concernés.

💡 Le saviez-vous ? Il n’existe pas de tiques au-delà de 1 500 m d’altitude : pas de risque en haute montagne. Ötzi, la « momie des glaces » découverte dans les Alpes et datant de 5 000 ans, était atteinte de la maladie de Lyme.

La tique peut également transmettre d’autres maladies que la maladie de Lyme : rickettsioses, borrélioses à fièvres récurrentes, tularémie, encéphalite à tique (en Europe centrale et orientale).

Il existe trois stades évolutifs après l’éclosion des œufs : la larve, puis la nymphe, puis la tique adulte mâle ou femelle. Plus la tique est évoluée, plus elle est grosse, et plus elle a piqué de rongeurs, augmentant le risque qu’elle soit infectée.

Cycle de la tique
Cycle évolutif de la tique : larve, nymphe, adulte
Stade Taille Risque de contamination
Larve ~1 mm Faible (peu de repas sanguins infectants)
Nymphe 1–2 mm Modéré — souvent confondue avec un grain de poussière
Adulte 3–5 mm (gorgée : jusqu’à 1 cm) Élevé — a piqué plusieurs hôtes
⚠️ Durée de fixation et risque : en dessous de 24 heures le risque est faible — au-delà de 72 heures il est quasi certain. Plus la tique découverte est grosse, plus le risque de contamination est élevé.

Symptômes : deux situations possibles

Cas 1 : simple rougeur sans tique visible

Une rougeur est présente mais aucune tique n’est visible. Il peut s’agir d’une piqûre d’insecte classique ou d’une piqûre de tique dont le corps a été arraché accidentellement.

Examiner la rougeur à la loupe : la présence d’un point noir central peut signer un rostre de tique resté dans la peau. Dans ce cas, consulter un médecin pour qu’il confirme le diagnostic et retire le rostre si nécessaire.

Cas 2 : tique visible et fixée sur la peau

Déterminer si la tique est adulte (plus grand risque de contamination) ou une nymphe (point noir de quelques millimètres, risque plus faible).

Dans les deux cas : retirer la tique correctement et se surveiller pendant un mois à la recherche d’un érythème migrant et/ou de symptômes grippaux (fièvre, maux de tête, douleurs musculo-articulaires).

L’absence de ces symptômes au bout d’un mois signifie très probablement que la tique n’était pas infectée.

Comment enlever une tique

Retirer la tique le plus rapidement possible. Le risque majeur est de laisser le rostre dans la peau : cette pièce buccale rainurée comme une mèche de perceuse est potentiellement infectée et doit être retirée en effectuant des rotations — jamais en tirant perpendiculairement à la peau, ce qui provoquerait sa rupture.

tête de la tique et rostre
Le rostre de la tique
Méthode Technique À faire / À éviter
Tire-tique ✓ Recommandé Glisser l’encoche au ras de la peau, rotations douces jusqu’au détachement complet ✅ Disponible en pharmacie sans ordonnance
Pince à épiler à bouts recourbés ✓ Alternative Saisir à la base au plus près de la peau, mouvements de rotation alternés + traction progressive ✅ À défaut du tire-tique
Éther, alcool, vaseline, flamme ❌ Stress de la tique → régurgitation bactérienne → risque augmenté
Traction perpendiculaire seule ❌ Rupture du rostre qui reste dans la peau
⚠️ Si le rostre reste dans la peau : consulter un médecin sans tarder pour un retrait sous anesthésie locale au bistouri circulaire.

Après retrait complet, désinfecter avec un antiseptique doux (chlorhexidine aqueuse). Il est possible de tester la tique retirée en pharmacie : des kits de détection de Borrelia permettent de savoir si la tique était infectée avant l’apparition de tout symptôme.

Voir l’article détaillé : comment enlever une tique correctement.

Surveillance pendant un mois après la piqûre

Surveiller attentivement pendant les quatre semaines suivant la piqûre :

Signe à surveiller Délai d’apparition Signification
Érythème chronique migrant — anneau rouge extensible partant du point de morsure 3 à 30 jours 🔴 Signe pathognomonique de maladie de Lyme — consulter immédiatement
Fièvre modérée ≥ 38,5 °C 1 à 4 semaines 🟡 Peut signer une borréliose ou autre co-infection — consulter
Fatigue inhabituelle, maux de tête 1 à 4 semaines 🟡 Symptômes grippaux évocateurs — consulter si persistants
Douleurs musculo-articulaires 1 à 4 semaines 🟡 Arthralgie de Lyme précoce possible
Petite rougeur < 5 mm non extensible au point de piqûre Immédiat à 48 h 🟢 Réaction locale bénigne — pas d’érythème migrant
érythème migrant de la maladie de Lyme
Érythème migrant : rougeur annulaire extensible signant la maladie de Lyme
💡 Attention : une simple rougeur de quelques millimètres autour du point de piqûre, non extensible, est une réaction locale banale qui ne signe pas un érythème chronique migrant.
Rougeur réactionnelle bénigne après morsure de tique

En cas d’érythème migrant, consulter un médecin sans attendre pour débuter le traitement antibiotique : le diagnostic est clinique, aucune sérologie n’est nécessaire à ce stade.

Faut-il faire une prise de sang après une piqûre de tique ?

En présence d’un érythème chronique migrant : non. L’éruption suffit au diagnostic, la sérologie est souvent faussement négative à ce stade précoce.

En l’absence d’érythème migrant mais avec des symptômes persistants : la sérologie de Lyme repose sur une stratégie en deux étapes :

Étape Test Interprétation
1re étape Sérologie EIA/IFA — IgM + IgG si < 30 jours ; IgG seules si > 30 jours Négatif → arrêt des investigations. Positif ou équivoque → étape 2. Les IgM isolées tardives sont des faux positifs (EBV, CMV).
2e étape Western Blot (immuno-blot) Plus spécifique. Le diagnostic biologique est retenu uniquement si les deux tests sont positifs.
⚠️ Les tests non validés en routine (cytométrie de flux, Elispot, PCR LCR, antigènes urinaires, CD57) ne doivent pas être utilisés en dehors d’un cadre spécialisé ou de recherche.

Traitement après piqûre de tique

En présence d’un érythème migrant

Un traitement antibiotique est immédiatement prescrit sans attendre de sérologie. Voir les protocoles détaillés dans l’article maladie de Lyme.

En l’absence d’érythème migrant : antibioprophylaxie

L’antibioprophylaxie n’est pas systématique après toute piqûre de tique. En effet, seuls 5 % des personnes infectées développent une maladie de Lyme avérée dans les 5 ans : on peut être séropositif pour Borrelia burgdorferi sans jamais développer la maladie.

Elle peut être envisagée uniquement si :

  • la tique est restée fixée plus de 36 heures
  • la durée de fixation est inconnue mais la tique est gorgée de sang
  • la personne piquée est une femme enceinte (risque de transmission au fœtus)
Population Antibiotique Posologie
Adulte et enfant > 9 ans Doxycycline 200 mg per os en prise unique
Femme enceinte et enfant < 9 ans Amoxicilline 500 mg × 3/j pendant 10 jours

Prévenir les piqûres de tique

Lors de toute activité en milieu naturel (forêt, jardinage, randonnée, travail en extérieur) :

Mesure préventive Détail pratique
Vêtements couvrants de couleur claire Manches longues, pantalon rentré dans les chaussettes, chapeau — les tiques se repèrent mieux sur fond clair
Répulsif cutané à base de DEET ou d’icaridine Sur toutes les zones exposées — renouveler toutes les 4–5 h et après baignade
Inspection corporelle complète au retour Grands plis : aine, aisselles, derrière les genoux, cuir chevelu, derrière les oreilles. Retirer toute tique dans les 24–48 h.
Inspecter les animaux domestiques Les chiens et chats ramènent des tiques qui peuvent ensuite piquer les humains

Pages associées

Questions fréquentes

Que faire si la tête de la tique reste dans la peau ?

Si le rostre (pièce buccale) reste dans la peau après retrait, ne pas tenter de l’extraire soi-même avec une aiguille — risque de le fragmenter davantage. Consulter un médecin pour un retrait au bistouri circulaire sous anesthésie locale. Une petite réaction inflammatoire locale peut persister quelques jours même après retrait complet.

Peut-on attraper la maladie de Lyme sans avoir vu de tique ?

Oui. La nymphe de tique mesure 1 à 2 mm et est souvent confondue avec un grain de poussière ou une égratignure. Une grande proportion des patients atteints de maladie de Lyme ne se souviennent d’aucune piqûre. C’est pourquoi tout érythème annulaire extensible après une activité en milieu naturel doit faire évoquer le diagnostic.

La maladie de Lyme se transmet-elle entre humains ?

Non. La maladie de Lyme ne se transmet pas de personne à personne, ni par les animaux domestiques directement. Seule la piqûre d’une tique infectée est un mode de contamination reconnu.

Faut-il garder la tique après l’avoir retirée ?

Oui, si possible. Conserver la tique dans un tube hermétique (tube à essai, flacon). Des kits de test disponibles en pharmacie permettent de détecter la présence de Borrelia dans la tique avant l’apparition de tout symptôme, ce qui aide à décider d’une antibioprophylaxie.

Y a-t-il un vaccin contre la maladie de Lyme ?

Il n’existe actuellement pas de vaccin disponible contre la maladie de Lyme en France. Des vaccins sont en développement clinique avancé (phase III). La seule prévention reste la protection mécanique et les répulsifs lors des activités en milieu naturel.

Références

Document de l’INPES (2016) sur les piqûres de tiques
Dépliant prévention des piqûres de tique et maladie de Lyme
Éviter les piqûres de tique au travail

Voir aussi :
Maladie de Lyme |
Piqûres d’insectes |
Piqûres de moustiques |
Aoutat |
Retour de voyage

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Prioderm® lotion anti-poux : mode d’emploi et efficacité

Prioderm ® :

  • Prioderm ®, qu’est-ce que c’est ?

Prioderm ® contient du Malathion. Le Malathion contenu dans Prioderm ® est un insecticide antipoux. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement des poux . Prioderm se présente sous la forme d’une lotion à appliquer sur le cuir chevelu

Le Prioderm ® n’est plus commercialisé en France depuis le 6 décembre 2018

  • Quelles sont les contre indications de Prioderm ®?

    • Allergie au produit ou à l’un de ses constituants de Prioderm ®
    • chez l’enfant de moins de 2 ans, en raison du risque de passage cutané plus élevé chez l’enfant par rapport à l’adulte dont la peau est plus épaisse ;
    • en cas d’allaitement ;
    • en cas d’antécédents de convulsions.
    • pendant la grossesse, et chez la femme en âge de procréer n’utilisant pas de moyen de contraception ;
  • Conseils d’utilisation de Prioderm ®

    • Il faut respecter strictement les doses et les précautions d’emploi chez l’enfant de plus de 2 ans ;
    • Risque d’irritation, de brûlures voire d’inflammation :  manipuler Prioderm ® avec précaution, dans un endroit aéré et éloigné de toute source de chaleur.
    • L’application de Prioderm se fait sur le cuir chevelu et les cheveux secs en protégant les yeux et le visage avec une serviette, à distance de toute flamme ou objet incandescent
    • Il faut laisser sécher les cheveux naturellement à l’air sans sèche-cheveux.
    • Le produit doit rester en contact 8 heures avec le cuir chevelu (sauf chez l’enfant de moins de deux ans chez lequel il faut réduire le temps), puis les cheveux sont lavés et peignés avec un peigne à lentes
    • Il est recommandé de renouveler l’opération une semaine après

 
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Ascabiol® (benzoate de benzyle) : traitement de la gale

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

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Ascabiol

  • Ascabiol  ®, qu’est-ce que c’est ?

Ascabiol  ® contient du Benzoate de Benzyle. Le Benzoate de Benzyle contenu dans Ascabiol  ® est un antiparasitaire. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de la gale . Ascabiol * se présente sous la forme d’une lotion à appliquer sur l’ensemble du corps

 

  • Quelles sont les contre indications de l’ Ascabiol ®?

    • Allergie au produit ou à l’un de ses constituants de Ascabiol  ®
  • Conseils d’utilisation de l’ Ascabiol  ®

    • Adulte :
      Il est préférable d’appliquer Ascabiol * le soir, après la toilette. On recommande généralement d’appliquer la lotion à l’aide d’un pinceau plat en 1 ou 2 passages sur la totalité de la surface du corps y compris les organes génitaux (uniquement sur la peau, pas les muqueuses), sauf le visage et le cuir chevelu (« du cou aux pieds »). Il est possible de ressentir une sensation de cuisson immédiate.
    • Enfant de plus de 1 mois :
      Le produit ne doit pas rester en contact avec la peau plus de 12 heures. Sinon, le passage transcutané du produit peut engendrer des convulsions. En cas de gale surinfectée ou eczematisée engendrant des lésions cutanées favorisant la pénétration du produit, on recommande généralement de soigner les lésions cutanées avant d’appliquer l’Ascabiol *

Avant l’application, le flacon doit être agité.
Le traitement par Ascabiol * consiste en 2 applications à 8 jours d’intervalle :

  • Première application à J0 :
    • avant l’application, prendre un bain ou une douche. Du linge propre doit être utilisé pour le séchage, l’habillage et la literie ;
    • Ascabiol * doit être appliqué avec une compresse en 2 couches successives à 10-15 minutes d’intervalle (correspondant au temps de séchage) sur la totalité de la surface corporelle en insistant sur les lésions, sans oublier les plis cutanés, les espaces interdigitaux, sous les seins, le nombril, les parties génitales externes, sous les ongles, le cuir chevelu. Il faut éviter le visage et les muqueuses ;
    • un délai de 12 à 24 heures (voir plus haut) est nécessaire avant de prendre une douche et de rincer abondamment le corps. Après la douche, du linge propre (vêtement, serviettes, draps) doit être utilisé ;
  • Seconde application à J8 : Ascabiol * doit être appliqué selon les mêmes modalités qu’à J0.

Il ne faut pas oublier tous les autres conseils de traitement de la gale (lavage du linge…)

 

Questions fréquentes sur Ascabiol®

Comment utiliser Ascabiol® pour traiter la gale ?

Ascabiol® s’applique en 2 couches successives (à 10-15 min d’intervalle) sur l’ensemble du corps sauf le visage, du cou aux pieds. Le traitement comprend 2 applications à 8 jours d’intervalle, chacune laissée en contact 12 heures avant rinçage.

Ascabiol® est-il remboursé par la Sécurité sociale ?

Oui, Ascabiol® 10% émulsion cutanée est remboursé à 65% par l’Assurance maladie en France sur prescription médicale.

Peut-on utiliser Ascabiol® chez l’enfant ?

Ascabiol® est utilisable à partir de 1 mois. Le contact cutané ne doit pas dépasser 12 heures chez l’enfant pour éviter un passage transcutané pouvant entraîner des convulsions. Il est contre-indiqué chez le nouveau-né.

Quelles précautions prendre lors du traitement de la gale par Ascabiol® ?

Tout l’entourage doit être traité simultanément. Le linge, draps et vêtements doivent être lavés à 60°C ou mis en sac pendant 72h. Le logement doit être traité avec un acaricide.

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Risques du tatouage

Risques du tatouage : infections, allergies, cancer — ce que dit la science

Le tatouage constitue une effraction de la barrière cutanée et l’introduction de corps étrangers (pigments, colorants, liants) dans le derme de manière définitive. Cette page recense l’ensemble des risques médicaux documentés — infectieux, allergiques, oncologiques et dermatologiques — pour permettre une décision éclairée avant de se faire tatouer.

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Mis à jour le 15 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

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Sommaire :
Infections |
Maladies de peau |
Grains de beauté |
Vitiligo |
Cicatrices chéloïdes |
Cancer et lymphome |
Contre-indications |
Questions fréquentes

Risques infectieux

Conditions d'hygiène indispensables pour un tatouage sans risque

Le tatouage constitue une porte d’entrée pour les agents infectieux — virus et bactéries peuvent être introduits simultanément aux pigments si les règles d’hygiène ne sont pas respectées. Ces règles ont été formalisées par l’arrêté du 20 mars 2009 publié au Journal Officiel. Voir les précautions pour la réalisation d’un tatouage.

Risques viraux

Hépatites B et C, VIH : le tatouage provoque un saignement qui expose à la contamination par ces virus si le matériel n’est pas stérile ou est réutilisé. Ce risque est aujourd’hui quasi nul chez les professionnels agréés utilisant du matériel à usage unique. Il persiste pour les tatouages réalisés hors structures professionnelles : vacances à l’étranger, pratique amateur. Se faire vacciner contre l’hépatite B avant un tatouage est recommandé si la vaccination n’est pas à jour.

Verrues virales : des verrues préexistantes et non détectées par le tatoueur peuvent être disséminées par les passages de l’aiguille, entraînant une prolifération étendue sur la zone tatouée.

Risques bactériens

Infections classiques (staphylocoque, streptocoque) : surviennent J1–J10 par contamination lors du tatouage ou par défaut de soins post-tatouage. Rougeur chaude douloureuse, peau tendue, parfois fièvre. Antibiothérapie locale ou générale. Voir les soins du tatouage pour prévenir ces infections.

Infections à mycobactéries atypiques : bien plus problématiques. Liées à une dilution de l’encre avec de l’eau non stérile. Tableau caractéristique : pustules sur les zones grises et diluées avec respect des zones noires intenses (l’encre noire pure est bactériostatique). Apparition 2 à 8 semaines après le tatouage. Ne répondent pas aux pénicillines — antibiothérapie spécifique par macrolides ou quinolones sur 3 à 6 semaines. Voir le détail dans l’article problèmes sur tatouage.

Aggravation de maladies de peau — phénomène de Koebner

Certaines maladies dermatologiques se développent ou s’aggravent au site d’un traumatisme cutané : c’est le phénomène de Koebner. Le tatouage, traumatisme cutané délibéré et répété, peut déclencher ou révéler ces affections chez les sujets prédisposés — y compris des années après le tatouage.

Maladies concernées :

Maladie Présentation sur tatouage À savoir
Psoriasis Plaques squameuses sur le tracé Peut révéler un psoriasis méconnu
Lichen plan Papules violacées prurigineuses sur le tracé Koebner classique
Sarcoïdose Nodules brunâtres fermes pouvant mimer une allergie Biopsie indispensable — bilan systémique requis
Acné / folliculite Aggravation d’une acné ou folliculite préexistante sur la zone tatouée Ne pas tatouer sur une zone acnéique active
Kératoacanthomes Tumeurs épidermiques éruptives sur le site Rare — exérèse + histologie nécessaires

Grains de beauté et tatouage

Les tatoueurs doivent éviter de tatouer sur un grain de beauté pour deux raisons majeures :

Transformation du nævus : la réaction inflammatoire provoquée par le tatouage peut modifier l’aspect du grain de beauté, rendant difficile la distinction entre une transformation bénigne et un début de mélanome. Si le nævus doit ensuite être excisé, l’analyse histologique peut être compromise.

Surveillance impossible : les pigments du tatouage masquent les critères de surveillance dermoscopique du grain de beauté — asymétrie, bords, couleur, diamètre. Tout tatouage sur ou à proximité d’un nævus rend le suivi dermatologique ininterprétable et contre-indique la surveillance non invasive.

Règle pratique : si un grain de beauté se trouve dans la zone à tatouer, il doit être préalablement examiné par un dermatologue — et si possible excisé — avant d’envisager le tatouage.

Tatouage et vitiligo

Tatouer une plaque de vitiligo est déconseillé pour deux raisons cumulatives : les pigments ont tendance à virer de couleur sur la peau dépigmentée, et le traumatisme cutané du tatouage peut aggraver le vitiligo par phénomène de Koebner — étendant les plaques de dépigmentation au-delà de la zone tatouée.

Cicatrices hypertrophiques et chéloïdes

Le tatouage provoquant une effraction cutanée, il génère une cicatrice. Chez les sujets prédisposés, cette cicatrisation peut être pathologique avec formation de cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes — bourrelets cicatriciels épais, prurigineux, dépassant les limites de la plaie initiale et d’évolution progressive.

Contre-indication formelle : tout antécédent personnel de cicatrice hypertrophique ou chéloïde constitue une contre-indication au tatouage. Les phototypes foncés (IV–VI) sont statistiquement plus à risque.

Risque de cancer de la peau et de lymphome

Risque de cancer de la peau et lymphome chez les tatoués

C’est la question émergente en dermatologie préventive. Les encres de tatouage contiennent des substances potentiellement cancérigènes :

Les encres colorées peuvent renfermer des amines aromatiques primaires ; les encres noires des hydrocarbures aromatiques polycycliques (dont le benzopyrène, classé cancérigène) ; toutes les encres peuvent contenir des métaux lourds — arsenic, cobalt, plomb, nickel. Ces substances sont drainées par le système lymphatique et s’accumulent dans les ganglions régionaux puis dans d’autres organes.

Données scientifiques récentes

Étude 2024 (PubMed) : une étude avait imputé un surrisque de lymphome de 20 % chez les tatoués. La méthodologie a été fortement critiquée (biais de confusion, absence de groupe contrôle appariés).

Étude 2025 sur 2 300 paires de jumeaux (PubMed) : une étude à meilleure méthodologie — comparant des jumeaux tatoués et non tatoués pour contrôler les facteurs génétiques et environnementaux — retrouve :

Risque Résultat Condition
Cancer cutané (hors carcinome basocellulaire) +62 % Tout tatouage
Cancer cutané (hors carcinome basocellulaire) ×4 (cohorte jumeaux) Tout tatouage vs absence
Lymphome Surrisque significatif Tatouage > taille d’une main
Cancer cutané Risque plus élevé Tatouage > taille d’une main

Ce que ces données ne prouvent pas : un lien de causalité direct. Il peut exister des facteurs confondants non contrôlés (comportements à risque, exposition solaire, tabac). La taille du tatouage étant corrélée au risque, la quantité de pigments injectés semble un facteur clé. Ces résultats justifient la prudence et la surveillance dermatologique régulière des sujets tatoués, sans constituer une contre-indication absolue au tatouage — mais ils méritent d’être connus avant toute décision.

Contre-indications au tatouage

Situation Type Raison
Antécédent de cicatrice chéloïde ou hypertrophique Formelle Risque élevé de chéloïde sur le tatouage
Grossesse et allaitement Formelle Risques infectieux pour le fœtus / nourrisson, déformation possible
Troubles de la coagulation / anticoagulants Formelle Risque hémorragique et cicatrisation compromise
Mineur sans autorisation parentale Légale Interdit en France avant 18 ans
Immunodépression (VIH, chimiothérapie, corticoïdes au long cours) Relative Risque infectieux majoré, cicatrisation altérée
Psoriasis, lichen plan, vitiligo actifs Relative Phénomène de Koebner — aggravation possible
Grain de beauté dans la zone à tatouer Relative Surveillance dermatologique compromise — examen préalable obligatoire
Allergie connue aux pigments de tatouage ou à la PPD Relative Risque de réaction allergique sévère

Questions fréquentes

Le tatouage augmente-t-il vraiment le risque de cancer ?

Les données les plus récentes (étude sur 2 300 paires de jumeaux, 2025) montrent une augmentation significative du risque de cancer cutané — hors carcinome basocellulaire — et de lymphome pour les tatouages de grande taille. Ce lien est biologiquement plausible (substances cancérigènes dans les encres, accumulation ganglionnaire). Il ne constitue pas une preuve de causalité absolue, mais justifie une surveillance dermatologique régulière et une réflexion sur la surface tatouée.

Y a-t-il des risques à tatouer sur un grain de beauté ?

Oui, et c’est déconseillé par tous les dermatologues. Les pigments masquent les critères de surveillance du nævus, rendant impossible le dépistage précoce d’un mélanome. Si un grain de beauté se trouve dans la zone souhaitée, une consultation dermatologique préalable est indispensable — et une exérèse peut être envisagée avant le tatouage.

Un tatouage aggrave-t-il le psoriasis ?

Potentiellement, par phénomène de Koebner : le traumatisme cutané peut déclencher des plaques psoriasiques sur le site du tatouage. Ce phénomène n’est pas systématique mais est documenté. Un psoriasis bien contrôlé est une contre-indication relative (pas absolue) — à discuter avec un dermatologue. Éviter formellement de se faire tatouer lors d’une poussée.

Peut-on se faire tatouer si l’on a des antécédents de chéloïdes ?

Non — c’est une contre-indication formelle. La prédisposition aux cicatrices chéloïdes est génétique et se reproduit de manière prévisible à chaque effraction cutanée. Un tatouage se transformerait en bourrelet chéloïdien épais, prurigineux et définitif, difficile à traiter.

Quelles précautions prendre pour minimiser les risques infectieux ?

Se faire tatouer exclusivement par un tatoueur professionnel agréé respectant l’arrêté du 20 mars 2009 : matériel à usage unique, aiguilles stériles en emballage scellé ouvert devant vous, surfaces désinfectées, tatoueur ganté. Éviter les tatouages en voyage à l’étranger hors structures professionnelles certifiées. Mettre à jour la vaccination hépatite B. Suivre scrupuleusement les soins post-tatouage.

Voir aussi :
Tatouage — guide complet |
Problèmes sur tatouage |
Soins du tatouage |
Détatouage au laser |
Précautions avant de se faire tatouer

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Références scientifiques

  • Islam PS et al., Clin Rev Allergy Immunol, 2016 — Revue complète des complications médicales du tatouage. PMID 26940693
  • Dodig S et al., Arh Hig Rada Toksikol, 2024 — Réactions indésirables immédiates et à long terme du tatouage. PMID 39718089
  • Romero-Pérez D et al., Actas Dermosifiliogr, 2016 — Pseudolymphomes cutanés et granulomes liés aux pigments de tatouage. PMID 27289134
  • Dermato-Info (Société Française de Dermatologie) — dermato-info.fr


Causes du zona

Causes du zona
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Le zona est du à la réactivation du virus de la varicelle (Virus Varicelle Zona ou VZV) que 90% des adultes dans le monde ont eu : 20% des personnes ayant eu la varicelle font un zona.

Cependant le zona n’est pas seulement du à la primo-infection unique de varicelle (dont le zona est une réactivation) car il existe au moins 4 génotypes de VZV.

En effet, l’analyse génétique des virus présents chez les individus atteints de varicelle ou de zona montrent que les cas de réinfection par un autre VZV ne sont pas rares (1 patient sur 8 aux USA), notamment chez les personnes qui ont eu la primo-infection varicelle avant l’âge d’un an et notamment lorsque cette primo-infection a été peu symptomatique (petite varicelle)

Le zona peut donc etre du aussi à une infection par un autre génotype de VZV

Par ailleurs il existe peut-être aussi des facteurs génétiques prédisposants au zona.

Il semblerait par contre que la réinfection par le VZV, même asymptomatique, aiderait à prévenir la survenue d’un zona.

Les causes du zona sont donc nombreuses et encore mal connues.

Plusieurs facteurs favorisent le zona :

L’âge

Le zona est plus fréquent après 50 ans et sa fréquence de survenue augmente avec l’âge : son incidence (nombre de nouveaux cas) est maximale après 75 ans : elle est de 2 pour 1 000
et par an entre 20 et 50 ans, de 5 pour 1 000 et par an entre 51 et
79 ans et de 10 pour 1 000 et par an au-delà de 80 ans

Une immunodépression

Une immunodépression favorise la survenue de zona, mais on observe souvent le zona chez un sujet immunocompétent.

Le zona en cas d’immunodépression (SIDA, cancer évolué… ) est souvent de forme grave (avec une nécrose de la peau, une atteinte diffuse sur plusieurs zones nerveuses, des ulcérations de la peau… ) et compliquées d’atteintes viscérales (entre 3 et 15 % des zonas de l’immunodéprimé ont des atteintes viscérales).

L’immunodépression favorise la réactivation et la dissémination du virus: le risque de dissémination cutanée (zona étendu) est supérieur à 40 % et 10 % de ces formes étendues ont un risque de complications viscérales
(pulmonaire, hépatique, neurologique).

Les personnes dont l’immunodépression expose à un zona grave sont principalement ceux atteints de leucémie aiguë, de lymphome ou cancer en traitement par chimiothérapie, de lupus érythémateux traité à la cortisone, les greffes d’organes, et les patients VIH positifs.

La survenue d’un zona chez un adulte âgé de moins de 45 ans peut ainsi être révélateur d’une séropositivité pour le virus VIH.

De même, un zona ne guérissant pas au bout de quelques semaines, récidivant en alternant des phases d’extension et de régression sans guérison complète.

Ainsi, en cas de zona chez l’adulte jeune, une sérologie VIH (SIDA) est proposée.

Zona du jeune enfant

Avant 4 ans, le zona est rare et il ne présente pas de caractère de gravité. Il est en général indolore et de courte durée.

Seuls 3 % des zonas de l’enfant sont associés à une immunodépression
La contamination foetale dans le ventre de la maman ou une varicelle dans les premiers mois de vie peuvent tout simplement être responsables d’un zona dans les premières années de vie.

La période de latence entre le zona et la varicelle est d’autant plus courte que la varicelle a été contractée précocement au cours de la vie.

Zona chez un bébé
Zona chez un bébé
Zona facial chez un enfant
Zona facial chez un enfant

>>Suite : le traitement du zona

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Sillons de gale : photos et diagnostic

Dernière mise à jour : 4 mai 2026

En bref : La gale (scabiose, parfois écrit galle) est une ectoparasitose causée par Sarcoptes scabiei hominis. Elle provoque un prurit intense, typiquement nocturne, avec un aspect cutané caractéristique : les sillons scabieux (galeries creusées dans l’épiderme par la femelle de l’acarien), les vésicules perlées à l’extrémité des sillons, et des papules excoriées. Avec 200 à 300 millions de cas estimés par an dans le monde (dont 3 à 5 millions en France), la gale représente un problème de santé publique majeur.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue


Boutons et sillons de la gale : reconnaître chaque lésion pour un diagnostic fiable

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Cet article en vidéo :

La gale est une dermatose parasitaire dont les lésions cutanées sont souvent mal interprétées, y compris par des professionnels de santé. Pourtant, chaque type de lésion — sillon, vésicule, nodule scabieux, lésion de grattage — raconte une étape précise de la biologie du sarcopte et a une valeur diagnostique propre. Cette page se concentre exclusivement sur la sémiologie des lésions de la gale : comment les reconnaître, où les chercher, comment les distinguer d’autres affections et pourquoi certains tableaux trompent le médecin lui-même. Pour le traitement, consultez notre article dédié : soigner et guérir la gale.

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Sommaire

Le sarcopte, acteur de toutes les lésions

La gale est une infestation cutanée par l’acarien Sarcoptes scabiei var. hominis. Comprendre le cycle biologique du sarcopte permet de comprendre pourquoi chaque lésion apparaît là où elle se trouve et prend l’aspect qu’elle a. La femelle sarcopte, après fécondation à la surface de la peau, creuse un sillon dans la couche cornée de l’épiderme (la zone la plus superficielle de la peau) à la vitesse d’environ 2 mm par jour, y pond 2 à 3 œufs par jour, puis meurt en 4 à 6 semaines. Les larves éclosent, migrent vers la surface et se transforment en adultes en 10 à 14 jours.

Les lésions cutanées de la gale résultent de deux mécanismes distincts :

  • L’action mécanique directe du sarcopte qui creuse le sillon et y pond ses œufs ;
  • La réaction immunologique de l’hôte contre les antigènes du parasite (salive, déjections, fragments de cuticule) — responsable du prurit intense, des nodules scabieux et des lésions eczémateuses.

Cette dualité explique un fait clinique souvent mal compris : les nodules scabieux peuvent persister des semaines à des mois après la guérison parasitologique, car ils sont une réponse immunitaire à des antigènes résiduels et non à des sarcoptes vivants.

Où chercher les lésions ? La topographie de la gale

Les lésions de la gale prédominent dans les zones chaudes, humides et à peau fine, où le sarcopte creuse plus facilement. La topographie est caractéristique et doit être systématiquement connue pour ne pas manquer le diagnostic.

Boutons de la gale
Répartition des boutons de la gale
Zone corporelle Type de lésion préférentielle Remarques
Espaces interdigitaux des mains Sillons, vésicules Zone à chercher en priorité — très évocatrice
Poignets (face antérieure) Sillons, papules Siège classique des sillons visibles
Organes génitaux masculins (verge, scrotum) Nodules scabieux, papules Nodule pénien = quasi pathognomonique de gale
Seins / aréoles (femme) Nodules, papules Localisation fréquente et insuffisamment cherchée
Abdomen, bas-ventre, ombilic Papules de grattage, lésions eczématisées Souvent pris pour un eczéma ou une urticaire
Plis axillaires, inguinaux, interfessiers Nodules, sillons, lésions secondaires Macération facilitant la prolifération
Faces internes des bras et cuisses Papules de grattage Lésions moins spécifiques
Dos, visage, cuir chevelu Épargnés chez l’adulte immunocompétent Atteints dans la gale du nourrisson et de l’immunodéprimé

Le sillon scabieux — la lésion pathognomonique

Le sillon scabieux est la lésion la plus spécifique de la gale. C’est une traînée légèrement surélevée, sinueuse, de couleur beige-grisâtre, mesurant quelques millimètres à 1 centimètre de long. Il correspond au tunnel creusé par la femelle sarcopte dans la couche cornée. À son extrémité distale — le « bout du sillon » — on peut parfois apercevoir à l’œil nu une minuscule élévure translucide nacrée correspondant à l’acarien lui-même, que les anglophones nomment joliment vesicule en bouton de manchette.

Les sillons siègent de façon élective :

  • Dans les espaces interdigitaux des mains — leur localisation la plus caractéristique ;
  • Sur la face antérieure des poignets ;
  • Sur le pénis, notamment le fourreau ;
  • Parfois sur les pieds chez l’enfant.

En pratique clinique, le sillon peut être difficile à visualiser à l’œil nu, notamment chez les personnes qui se lavent fréquemment. Le médecin peut s’aider de deux techniques simples :

📌 Le signe de l’encre (test de Müller)
On badigeonne la zone suspectée avec de l’encre de stylo ou du bleu de méthylène dilué, puis on essuie la surface. L’encre reste emprisonnée dans le sillon, le révélant par contraste. C’est une technique d’appoint utile dans les formes pauci-lésionnelles et chez les patients à peau foncée.

sillon de la gale
Sillon de la gale vu de près, avec le sarcopte au bout (en haut à droite)
galle
Sillon de la gale vu de plus loin
Le médecin peut s'aider d'encre pour mettre en évidence les sillons
Le médecin peut s’aider d’encre pour mettre en évidence les sillons
Sillons de grande taille entre les doigts
Sillons de grande taille entre les doigts

Les vésicules perlées des doigts

Les vésicules de la gale sont de petites élevures translucides, de 1 à 3 mm, à contenu clair, siégeant préférentiellement sur les faces latérales et le dos des doigts, ainsi qu’en bordure de la paume. Elles correspondent à la réaction inflammatoire de l’épiderme autour des œufs ou larves du sarcopte. Leur aspect « perlé », translucide, les distingue des pustules (contenu purulent) et des vésicules de l’eczéma dyshidrosique, bien que la confusion soit fréquente.

Ces vésicules sont très prurigineuses. Elles se rompent spontanément en quelques jours, laissant de petites érosions recouvertes de croûtelles. Leur présence sur les doigts chez un patient qui se gratte intensément la nuit doit immédiatement orienter vers la gale.

galle des doigts
Vésicules sur les doigts en cas de gale
Cloque d'eau (vésicule) du doigt évocatrice de gale
Cloque d’eau (vésicule) du doigt évocatrice de gale

Les nodules scabieux — une lésion souvent mal comprise

Les nodules scabieux sont des élévures fermes, rouge-rosées à cuivrées, de 5 à 10 mm de diamètre, très prurigineuses, siégeant de façon élective sur les parties génitales masculines (verge, scrotum), les seins et l’aréole, les plis inguinaux et axillaires. Un nodule sur la verge ou le gland est quasi pathognomonique de gale chez l’homme adulte immunocompétent — il faut y penser systématiquement.

Ces nodules résultent d’une réaction d’hypersensibilité retardée aux antigènes du sarcopte (fragments de cuticule, salive, fèces). Leur nature immunologique explique un fait clinique capital : les nodules scabieux peuvent persister plusieurs semaines à plusieurs mois après un traitement antiparasitaire efficace, alors que le parasite est éradiqué. Cette persistance est souvent interprétée à tort comme un échec thérapeutique ou une recontamination, conduisant à des traitements répétés injustifiés. La disparition progressive des nodules sous dermocorticoïdes locaux, sans récidive du prurit nocturne et sans nouveaux sillons, confirme la guérison.

bouton sur la verge en cas de gale
Nodules scabieux
Nodules scabieux profus
Nodules scabieux profus
Un bouton sur le gland peut être un nodule scabieux
Un bouton sur le gland peut être un nodule scabieux

⚠ Nodules persistants après traitement : ne pas refaire le traitement à l’aveugle
Des nodules scabieux persistant après un traitement bien conduit ne signifient pas que la gale est revenue. Il faut vérifier l’absence de nouveaux sillons, l’absence de prurit nocturne actif, et s’assurer que l’entourage a bien été traité. Le traitement des nodules résiduels repose sur les dermocorticoïdes appliqués localement, sous contrôle médical.

Lésions de grattage et placards eczémateux

En dehors des lésions spécifiques que sont les sillons, vésicules et nodules, la gale provoque une réaction cutanée diffuse liée au grattage intensif et à la sensibilisation immunologique. On observe alors :

  • Des excoriations (érosions linéaires par grattage) sur le ventre, le bas-ventre, les cuisses et la face interne des bras ;
  • Des placards eczémateux ou papulo-vésiculeux diffus, parfois suintants, pouvant ressembler à un eczéma ou une urticaire ;
  • Des croûtes liées à la surinfection des lésions de grattage ;
  • Une dermographisme ou une peau globalement réactive, érythémateuse.

Ces lésions de grattage prédominent sur le ventre, le pubis, les cuisses et les bras, et épargnent généralement le dos et le visage chez l’adulte immunocompétent — un signe topographique très évocateur.

Atteinte du ventre et du pubis par la gale
Atteinte du ventre et du pubis par la gale

La dermatoscopie dans la gale : voir le sarcopte en temps réel

La dermatoscopie est devenue un outil précieux dans le diagnostic de la gale, notamment dans les formes pauci-lésionnelles ou atypiques. Elle permet de visualiser directement :

  • Le triangle ou « delta wing jet » : structure triangulaire brunâtre correspondant à la tête et aux deux premières paires de pattes du sarcopte, visible à l’extrémité du sillon ;
  • Le sillon lui-même, représenté par une traînée opaque brunâtre ou blanchâtre sinueuse ;
  • Les œufs (ovales, jaunâtres) et les déjections (points brunâtres) pouvant être vus à l’intérieur du sillon.

L’image dermatoscopique caractéristique d’un sarcopte — la « signature en avion de chasse » (jet with contrail) — est un signe pathognomonique qui, lorsqu’il est retrouvé, permet d’affirmer le diagnostic sans examen complémentaire. Cette technique est particulièrement utile pour les formes à lésions rares, où le grattage a effacé les sillons visibles à l’œil nu.

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La gale au début : quand les lésions sont absentes ou très discrètes

Une difficulté clinique majeure est la gale au début de son évolution. Les lésions cutanées sont absentes ou très discrètes pendant la période d’incubation, qui dure en moyenne 3 à 6 semaines lors d’un premier contact avec le parasite. Pendant cette période, le patient se gratte, souvent la nuit, mais l’examen cutané peut être quasi normal. Le prurit sans lésion visible, surtout nocturne, surtout si l’entourage présente les mêmes symptômes, doit alerter.

Lors d’une recontamination chez une personne déjà immunisée, la période d’incubation est beaucoup plus courte (24 à 48 heures), avec un prurit d’emblée intense. Ces personnes consultent plus tôt, mais paradoxalement, le nombre de sarcoptes est alors plus faible et les lésions encore plus discrètes.

⚠ Gale des gens propres
Chez les personnes qui se lavent fréquemment (plusieurs douches par jour), les sillons et vésicules peuvent être effacés mécaniquement. Il n’y a alors pratiquement que des lésions de grattage et quelques nodules. C’est la « gale des gens propres », ou gale pauci-lésionnelle, souvent diagnostiquée tardivement car elle ne ressemble pas à l’image classique de la gale. C’est le tableau le plus souvent mal diagnostiqué, avec traitement retardé de plusieurs semaines à mois.

Diagnostic différentiel : ne pas confondre avec l’eczéma, le prurigo ou la folliculite

La gale est surnommée « la grande simulatrice » en dermatologie, car ses lésions de grattage et ses placards eczémateux peuvent mimer de nombreuses autres dermatoses. Voici les confusions les plus fréquentes :

Diagnostic confondu Ressemblance avec la gale Éléments qui orientent vers la gale
Eczéma atopique Prurit nocturne, placards eczémateux Sillons interdigitaux, nodule pénien, entourage atteint
Prurigo Papules excoriées prurigineuses Topographie (mains, poignets, organes génitaux), prurit nocturne
Dyshidrose / eczéma dyshidrosique Vésicules des doigts prurigineuses Sillons interdigitaux, contexte de contagion
Urticaire Papules prurigineuses fugaces Sillons persistants, prurit nocturne prédominant
Folliculite Papulo-pustules prurigineuses Absence de sillons, pas d’atteinte de l’entourage
Piqûres d’insectes Papules érythémateuses multiples Sillons, topographie génitale, prurit nocturne en collectivité

La clé diagnostique reste toujours la même : chercher un sillon interdigital, examiner les organes génitaux, questionner sur le prurit nocturne et sur l’entourage. La présence d’un nodule pénien chez un homme adulte non immunodéprimé doit être considérée comme une gale jusqu’à preuve du contraire.

Formes particulières : gale de l’enfant, du sujet âgé, de l’immunodéprimé

Gale du nourrisson et de l’enfant

Chez le nourrisson et le jeune enfant, la topographie diffère de celle de l’adulte : le visage, le cuir chevelu, les paumes et les plantes peuvent être atteints. Les lésions sont souvent vésiculeuses ou bulleuses, parfois pustuleuses. La paume et la plante parsemées de vésicules chez un nourrisson irritable, insomniaque, dont la mère se gratte, sont très évocatrices. Pour la prise en charge spécifique, voir notre article sur la gale de l’enfant et du bébé.

Gale du sujet âgé

Chez la personne âgée, le prurit est souvent intense mais les lésions spécifiques (sillons) peuvent être rares ou masquées par une xérose cutanée. Les nodules scabieux sont fréquents. Le risque d’évoluer vers une gale profuse ou croûteuse est plus élevé, surtout en institution, en raison d’une immunosénescence. La gale du sujet âgé est souvent responsable d’épidémies en EHPAD, difficiles à contrôler.

Gale croûteuse (norvégienne) de l’immunodéprimé

La gale croûteuse, anciennement dite norvégienne, survient chez les sujets immunodéprimés (VIH, transplantation, corticothérapie prolongée). Le tableau est radicalement différent : des croûtes épaisses, kératosiques, généralisées, contenant des millions de sarcoptes (contre quelques dizaines dans la gale commune). Le prurit peut paradoxalement être absent ou modéré. Cette forme est extrêmement contagieuse et nécessite une prise en charge hospitalière.

Suite : Traitement de la gale

Articles liés — Pour aller plus loin

🔍 Comprendre et traiter la gale

📌 Médicaments antiparasitaires

⚠️ Quand consulter en urgence :

  • Gale croûteuse (norvégienne) chez un immunodéprimé ou une personne âgée — très contagieuse, hospitalisation possible
  • Prurit intense réfractaire 4 semaines après traitement bien conduit (rechute ou recontamination)
  • Surinfection bactérienne extensive (impétigo) sur les lésions de gale

FAQ — Questions fréquentes sur les boutons et sillons de la gale

Les sillons de la gale sont-ils toujours visibles à l’œil nu ?

Non. Dans la gale des gens propres ou en début d’évolution, les sillons peuvent être effacés par le lavage ou inexistants. Le dermatologue peut s’aider du signe de l’encre (badigeonnage puis essuyage) ou de la dermatoscopie pour les visualiser. L’absence de sillon visible n’écarte pas le diagnostic si les autres critères (prurit nocturne, topographie, entourage atteint) sont présents.

Des boutons sur le pénis signifient-ils forcément la gale ?

Pas « forcément », mais un nodule ferme, rouge-cuivré, prurigineux sur le pénis ou le scrotum chez un homme adulte est quasi pathognomonique de gale jusqu’à preuve du contraire. D’autres diagnostics (condylome, molluscum, syphilis) doivent être évoqués, mais la gale doit être éliminée en priorité, surtout si l’entourage se gratte.

J’ai été traité pour la gale mais j’ai encore des boutons : est-ce une rechute ?

Pas nécessairement. Les nodules scabieux peuvent persister 2 à 3 mois après un traitement efficace car ils sont d’origine immunitaire (réaction aux antigènes résiduels du sarcopte). Si le prurit nocturne a disparu et qu’il n’y a pas de nouveaux sillons, la guérison est probable. Consultez un dermatologue avant de refaire un traitement antiparasitaire.

Comment différencier les vésicules de la gale d’une dyshidrose ?

Les deux peuvent être très semblables. L’orientation vers la gale repose sur : l’apparition chez un adulte sans antécédent d’eczéma, la présence de sillons interdigitaux, le prurit nocturne intense, et surtout l’atteinte de l’entourage. La dyshidrose est bilatérale, symétrique, récidivante et souvent associée à une atopie connue.

Un enfant peut-il avoir la gale sur le visage ?

Oui. Contrairement à l’adulte immunocompétent chez qui le visage est épargné, le nourrisson et le jeune enfant peuvent présenter des lésions sur le visage, le cuir chevelu, les paumes et les plantes. Cette topographie étendue est un piège diagnostique fréquent, confondant la gale infantile avec un eczéma atopique ou une impétiginisation.

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Questions fréquentes

Comment reconnaître un sillon scabieux de la gale ?

Le sillon scabieux est une galerie sinueuse de 5 à 15 mm de long, grisâtre ou couleur chair, légèrement surélevée, avec une petite vésicule perlée à son extrémité (contenant l’acarien femelle). Il se localise dans les zones de peau fine : espaces interdigitaux, face interne des poignets, coude, ombilic, pénis et scrotum chez l’homme, aréoles chez la femme. La dermoscopie montre un « signe du delta-wing » (acarien avec ses 8 pattes à l’extrémité). Les sillons sont pathognomoniques de la gale.

Le prurit de la gale est-il vraiment plus intense la nuit ?

Oui, c’est une caractéristique cardinale. La femelle de Sarcoptes est plus active la nuit (elle creuse ses galeries préférentiellement de nuit) et la chaleur du lit augmente la température cutanée, activant les récepteurs nerveux du prurit. De plus, le cortisol (anti-inflammatoire naturel) atteint son niveau le plus bas la nuit, levant le frein sur l’inflammation prurigineuse. Le prurit nocturne de la gale est souvent si intense qu’il réveille le patient (contrairement à d’autres prurits).

Tous les membres de la famille doivent-ils être traités en même temps ?

Oui, sans exception. Le traitement doit être simultané pour toute la maisonnée le même jour, qu’ils aient des symptômes ou non (incubation 3 à 6 semaines sans symptôme). Si un seul membre est traité, les autres le recontaminent immédiatement. En pratique : appliquer la perméthrine 5 % crème ou l’ivermectine orale (200 µg/kg) le même soir pour tous, laver le linge et la literie à 60 °C ou mettre en sac hermétique 72 h. Traiter aussi les partenaires sexuels récents.

La gale peut-elle être contractée sans contact direct avec une personne infestée ?

Dans la gale classique : non. Sarcoptes scabiei survit 48 à 72 heures hors de l’hôte humain — le contact cutané prolongé (> 10 minutes) est nécessaire pour la contamination. En revanche, la gale norvégienne (croûteuse) est très contagieuse même par contact indirect (literie, vêtements, siège) car elle produit des millions d’acariens versus 10 à 15 dans la gale commune. La gale se contracte le plus souvent au sein du foyer familial, lors de contacts sexuels ou en institution.

Le traitement à la perméthrine est-il efficace en une seule application ?

La perméthrine 5 % (Topiscab, Nix) appliquée sur tout le corps (sauf muqueuses) pendant 8 à 12 heures puis rincée est efficace dans 85 à 90 % des cas. Une deuxième application à J7 est recommandée pour éliminer les œufs non tués par la première application. L’ivermectine orale (Stromectol 200 µg/kg) est une alternative efficace, avec également 2 prises à J1 et J14. La démangeaison peut persister 2 à 4 semaines après traitement réussi (réaction allergique aux acariens morts) — ne pas retraiter d’emblée.

Comment distinguer la gale de la dermite atopique ?

Deux distinctions clés : (1) La gale épargne presque toujours le visage chez l’adulte (caractéristique) alors que l’eczéma atopique adulte peut toucher le cou et le visage. (2) La gale se transmet à l’entourage (prurit chez le conjoint ou la famille) contrairement à l’eczéma. La présence de sillons scabieux interdigitaux, de papules du pénis (chez l’homme), et du prurit nocturne prédominant signent la gale. La dermoscopie du sillon (10x) confirme le diagnostic en cabinet en quelques secondes.

Combien de temps dure la gale sans traitement ?

Sans traitement, la gale ne guérit pas spontanément et peut durer des années. Le nombre d’acariens s’autorégule (10 à 15 chez un sujet immunocompétent), mais le prurit et le risque de transmission persistent indéfiniment. Chez les personnes âgées en institution ou les immunodéprimés, la gale peut évoluer vers la forme croûteuse (gale norvégienne) avec des millions d’acariens, très difficile à traiter. Plus le traitement est retardé, plus le risque de complications (infection, forme croûteuse) augmente.

Références scientifiques (PubMed)

  • Sunderkötter C, Aebischer A, Göbel K, et al. Increase of scabies in Germany and development of regional clusters of drug-resistant Sarcoptes scabiei. J Dtsch Dermatol Ges. 2019. PMID 31119820
  • Micali G, Lacarrubba F, Verzì AE, et al. Scabies: Advances in Noninvasive Diagnosis. PLoS Negl Trop Dis. 2016. PMID 27149082
  • Nair PA, Vora RV, Kota R, et al. Dermoscopy of Scabies. Indian J Dermatol. 2016. PMID 26955119
  • Chosidow O. Clinical practices. Scabies. N Engl J Med. 2006. PMID 16710746
  • Salavastru CM, Chosidow O, Boffa MJ, et al. European guideline for the management of scabies. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2017. PMID 28639722

Mis à jour le 26 mars 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

Abcès aux aisselles ou à l’aine : maladie de Verneuil ?

Maladie de Verneuil (hidradénite suppurée) : causes, symptômes, traitements et vie avec la maladie

Mis à jour le 27 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : La maladie de Verneuil (hidradénite suppurée) touche environ 1 % de la population — plus de 600 000 personnes en France. Elle se manifeste par des abcès douloureux récidivants, des fistules et des cicatrices dans les plis cutanés (aisselles, aines, fesses). Malgré son impact sur la qualité de vie souvent supérieur à celui du psoriasis, le diagnostic est posé avec un retard moyen de 7 à 10 ans. Trois biothérapies sont aujourd’hui remboursées en France pour les formes sévères.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue, Bordeaux

L’hidradénite suppurée (HS), aussi connue sous le nom de maladie de Verneuil ou acné inversée, est une maladie inflammatoire chronique de la peau touchant environ 1 % de la population — soit plus de 600 000 personnes en France. Elle se manifeste par des nodules douloureux, des abcès récidivants, des fistules et des cicatrices dans les zones de plis cutanés : aisselles, aines, plis fessiers, périnée, sous les seins. Son retentissement sur la qualité de vie est considérable, souvent supérieur à celui du psoriasis ou de la dermatite atopique. Elle est pourtant diagnostiquée avec un retard moyen de 7 à 10 ans, tant elle est méconnue des patients et parfois des soignants.

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Hidradénite suppurée de l'aisselle
Hidradénite suppurée de l’aisselle : nodules, abcès et cicatrices

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Sommaire :
Causes et mécanismes |
Facteurs aggravants |
Symptômes |
Diagnostic et classification |
Maladies associées |
Traitement |
Maladie de Verneuil et femme |
Impact psychologique |
Signaux d’alarme |
Questions fréquentes

Causes et mécanismes de l’hidradénite suppurée

La cause exacte de la maladie de Verneuil reste incomplètement élucidée. Il s’agit d’une maladie complexe, multifactorielle, impliquant des mécanismes génétiques, immunitaires, hormonaux et bactériens — dont aucun ne suffit à lui seul à expliquer l’ensemble du tableau clinique.

Une maladie du follicule, pas des glandes apocrines

Longtemps considérée comme une maladie des glandes sudoripares apocrines, l’hidradénite suppurée est aujourd’hui clairement comprise comme une maladie du follicule pilo-sébacé. Une obstruction folliculaire entraîne une rupture, une réaction inflammatoire locale intense, puis la formation de nodules, d’abcès et de fistules qui s’étendent progressivement sous la peau. Ce changement de paradigme a des implications directes sur les traitements.

Composante génétique

Des antécédents familiaux sont retrouvés dans 30 à 40 % des cas, avec une transmission possiblement autosomique dominante dans certaines familles. L’héritabilité de la maladie serait de l’ordre de 80 %. Des mutations ont été identifiées dans les gènes codant pour les sous-unités du complexe de la gamma-sécrétase (PSEN1, PSENEN, APH1B, NCSTN), impliquées dans la signalisation folliculaire et la différenciation kératinocytaire.

Composante immunitaire et inflammatoire

L’hidradénite suppurée est une maladie inflammatoire chronique avec dysrégulation de l’immunité innée. Les cytokines pro-inflammatoires — TNF-α, IL-1β, IL-17, IL-23 — jouent un rôle central dans l’entretien de l’inflammation folliculaire. C’est précisément ce mécanisme qui explique l’efficacité des biothérapies ciblant ces voies. Son association à la maladie de Crohn et aux spondylarthropathies témoigne d’un terrain inflammatoire systémique partagé.

Composante bactérienne

Une flore bactérienne polymicrobienne est régulièrement retrouvée dans les abcès (staphylocoques, prevotella, porphyromonas, streptocoques), mais les bactéries ne constituent pas le facteur causal initial : les prélèvements superficiels sont souvent stériles et aucune bactérie spécifique n’est systématiquement retrouvée. L’antibiothérapie vise à contrôler la surinfection et l’inflammation locale, et non à éradiquer un germe particulier.

Composante hormonale

La maladie touche plus fréquemment les femmes, débute après la puberté, s’aggrave en période prémenstruelle et s’améliore souvent pendant la grossesse et après la ménopause. Le surpoids favorise une hyperandrogénie relative par métabolisation des hormones dans le tissu adipeux. Aucune anomalie hormonale spécifique n’a cependant été formellement identifiée comme cause directe.

Facteurs aggravants

Facteur Impact démontré Action recommandée
Tabac Facteur aggravant le plus clairement démontré — corrélation inverse avec la rémission prolongée Arrêt du tabac : priorité absolue dans la prise en charge
Surpoids / obésité Syndrome métabolique, hyperandrogénie relative, entretien de l’inflammation Réduction du poids : améliore significativement l’évolution à long terme
Frottements / vêtements serrés Déclenchement mécanique de poussées — macération aggravante Porter des vêtements amples en coton, éviter les matières synthétiques
Déodorants, rasage, talcs Aucune preuve scientifique d’un lien causal Ne pas culpabiliser le patient sur ces pratiques d’hygiène courantes

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Symptômes de la maladie de Verneuil

La maladie débute après la puberté, entre 20 et 40 ans, dans les zones de plis cutanés riches en follicules pilo-sébacés : aisselles, aines, région périnéale et périanale, fesses, plis sous-mammaires et sillon inter-mammaire.

Signes prémonitoires d’une poussée

Dans les 12 à 48 heures précédant la poussée, des sensations de brûlure, picotements, douleur localisée, chaleur ou hyperhidrose annoncent souvent l’inflammation imminente. Reconnaître ces prodromes permet d’agir tôt avec une antibiothérapie courte et de limiter l’évolution vers l’abcès.

Lésions élémentaires

Lésion Description Signification
Nodules douloureux Profonds, persistants, très douloureux lors des poussées — boules sous la peau Premiers signes — peuvent persister plusieurs semaines à mois
Abcès récidivants Évolution des nodules vers la suppuration — douleur intense Voir abcès cutanés
Fistules Trajets creusés sous la peau reliant les abcès entre eux Signe d’évolution chronique — grade II/III
Cicatrices en corde ou en pont Pathognomoniques — non observées dans d’autres dermatoses des plis Séquelles définitives des poussées répétées
Comédons ouverts multiples Points noirs groupés dans les zones atteintes Reflet de l’atteinte folliculaire diffuse
Kyste pilonidal associé Présent dans 30 % des cas — plus fréquent chez l’homme Voir kyste pilonidal

Diagnostic et classification de sévérité

Le diagnostic de la maladie de Verneuil est purement clinique, fondé sur trois critères :

  • Nodules et abcès douloureux évoluant vers la suppuration, la fistulisation et/ou les cicatrices
  • Localisations typiques : aisselles, plis inguinaux, région périanale et/ou périnéale, seins, plis sous-mammaires, pli inter-fessier, pubis
  • Caractère chronique et récidivant : au moins 2 poussées en 6 mois

Aucun prélèvement microbiologique n’est nécessaire au diagnostic, sauf en cas de fièvre ou de suspicion de surinfection atypique. Les cultures révèlent une flore polymicrobienne non spécifique qui ne guide pas le diagnostic.

Classification de Hurley (sévérité par zone anatomique)

Grade Fréquence Critères cliniques Traitement de référence
Grade I 45–70 % des patients Abcès unique ou multiples, sans fistules ni cicatrices fibreuses Antiseptiques, antibiothérapie courte lors des poussées
Grade II ~30 % des patients Abcès récidivants avec fistules et cicatrices, lésions séparées Clindamycine + rifampicine, chirurgie d’excision locale
Grade III < 5 % des patients Atteinte diffuse avec fistules interconnectées et abcès sur toute la zone Biothérapie + exérèse radicale précédée d’une IRM

Maladies associées

L’hidradénite suppurée s’inscrit dans un contexte inflammatoire systémique et s’associe à diverses maladies qu’il est indispensable de rechercher systématiquement :

Association Fréquence / Particularité
Tétrade d’occlusion folliculaire Acné conglobata + cellulite disséquante du cuir chevelu + sinus pilonidal + HS
Maladie de Crohn 2 % des patients — terrain inflammatoire partagé — à rechercher en cas de symptômes digestifs
Spondylarthropathies / Rhumatisme psoriasique À évoquer en cas de douleurs articulaires, surtout lombaires matinales
Syndromes PASH / PASS / PAPASH / PsAPASH Associations rares mais importantes : pyoderma gangrenosum, acné, spondylarthrite, arthrite pyogénique, rhumatisme psoriasique
Dépression et anxiété Présentes chez 21 % (dépression) et 12 % (anxiété) des patients — dépistage systématique indispensable
Syndrome métabolique / Diabète de type 2 Associés au surpoids — comorbidités à prendre en charge conjointement
Carcinome épidermoïde Complication rare et grave sur cicatrices chroniques — surveillance des zones cicatricielles anciennes obligatoire

Traitement de la maladie de Verneuil

La prise en charge est médicale et chirurgicale, adaptée au grade de Hurley et à l’évolution de la maladie. Elle repose toujours sur des mesures hygiéno-diététiques incontournables, associées à un traitement pharmacologique, parfois chirurgical, et dans les formes sévères à des biothérapies.

Mesures hygiéno-diététiques — toujours indispensables

  • Arrêt du tabac : priorité absolue, facteur aggravant le mieux démontré — orientation vers un sevrage si nécessaire
  • Réduction du surpoids : améliore significativement l’évolution à long terme — prise en charge nutritionnelle si IMC élevé
  • Port de vêtements amples en coton, éviter les frottements
  • Nettoyage antiseptique quotidien des zones atteintes (chlorhexidine diluée, sans friction)

Traitement médical selon la forme clinique

Situation Traitement Modalités
Poussée aiguë — Hurley I/II Antibiothérapie courte dès les prodromes ± corticothérapie courte Augmentin 50 mg/kg/j ou pristinamycine 3 g/j — 5 à 10 jours — débutée au stade prémonitoire
Prophylaxie secondaire (≥ 4 poussées/an) Doxycycline ou cotrimoxazole au long cours Doxycycline 100–200 mg/j ou cotrimoxazole 400/80 mg/j — réévaluation à 3–6 mois
Forme chronique continue bénigne Clindamycine + rifampicine 600 mg/j chacune — 10 semaines — puis prophylaxie secondaire
Forme sévère — Hurley II/III Antibiothérapie d’attaque puis biothérapie ± chirurgie Ceftriaxone + métronidazole ou lévofloxacine + clindamycine — 15 à 21 jours maximum

Biothérapies — trois options remboursées en France (2026)

Les biothérapies représentent une avancée thérapeutique majeure pour les formes modérées à sévères en échec des traitements conventionnels. Trois molécules sont désormais remboursées en France pour l’hidradénite suppurée active modérée à sévère de l’adulte, toutes en 2e intention après réponse insuffisante aux antibiotiques.

Molécule Cible / AMM Données d’efficacité
Adalimumab (Humira®) Anti-TNF-α — remboursé depuis mars 2021 Études PIONEER I et II : réponse clinique à 12 semaines chez 41,8 % (PIONEER I) et 58,9 % (PIONEER II) vs 26–28 % sous placebo
Sécukinumab (Cosentyx®) Anti-IL-17A — AMM et remboursement 2023 — 1re biothérapie anti-IL-17 dans l’HS 2e intention après réponse insuffisante aux antibiotiques — utilisable en relais ou en association
Bimékizumab (Bimzelx®) Anti-IL-17A/F — AMM et remboursement 2024 2e intention — place par rapport à l’adalimumab et au sécukinumab non encore précisée en l’absence d’études comparatives directes
Infliximab Anti-TNF — hors AMM — formes résistantes Données de cas et séries — 2e ligne anti-TNF
Isotrétinoïne Inefficace dans l’HS — ne pas utiliser L’acitrétine peut être essayée hors AMM dans certaines formes — voir isotrétinoïne
Schéma posologique de l’adalimumab : 160 mg SC à S0, puis 80 mg SC à S2, puis 40 mg par semaine (traitement d’entretien). La posologie hebdomadaire est supérieure à la bimensuelle selon les données à 36 semaines des essais PIONEER. La HAS a émis un avis favorable au remboursement en mars 2021.

Traitement chirurgical

Geste Indication Commentaire
Incision-drainage Soulagement immédiat d’un abcès fluctuant en poussée Aucune valeur curative — récidive quasi constante
Excision limitée Lésions récidivant toujours au même endroit — Hurley I–II localisé Curatif dans la zone opérée si exérèse complète
Exérèse radicale + cicatrisation dirigée ou greffe Grades II et III étendus Précédée d’une IRM pour cartographier l’ensemble des fistules — seul geste potentiellement curatif

Épilation laser et photobiomodulation

L’épilation au laser (Nd:YAG, alexandrite) réduit la densité folliculaire dans les zones atteintes et peut diminuer la fréquence et l’intensité des poussées dans les formes légères à modérées. Elle constitue un complément utile aux traitements médicaux et chirurgicaux — à débuter tôt, avant l’apparition de fibrose, pour un meilleur résultat. Voir notre article sur l’épilation laser.

La photobiomodulation (laser de faible énergie) représente une approche adjuvante intéressante dans certaines situations complexes, notamment pour contrôler la douleur et réduire l’activité inflammatoire en préparation d’une chirurgie, ou chez des patients dont le terrain général limite les options conventionnelles. Son mécanisme repose sur des effets anti-inflammatoires et antalgiques via la modulation des médiateurs de l’inflammation et la stimulation de la microcirculation. Son rôle dans l’HS reste peu documenté mais les données de cas publiées montrent des résultats encourageants.

Maladie de Verneuil et femme : cycles, hormones, grossesse

La maladie de Verneuil touche les femmes deux à trois fois plus souvent que les hommes et présente chez elles des particularités importantes qui méritent une attention spécifique.

Poussées péri-menstruelles

Environ 62 % des femmes atteintes de maladie de Verneuil signalent une aggravation de leurs lésions en période péri-menstruelle, le plus souvent dans la semaine précédant les règles (78,9 % des cas). Ces poussées sont plus fréquentes chez les stades Hurley III et chez les patientes ayant des antécédents familiaux. Les variations hormonales du cycle — notamment la chute de la progestérone et les fluctuations des androgènes — semblent jouer un rôle déclenchant via la stimulation des androgènes sur les follicules pilo-sébacés.

Conseil pratique : si vous constatez que vos poussées surviennent de façon répétée avant vos règles, signalez-le à votre dermatologue. Une adaptation du traitement à ce moment du cycle — ou l’introduction d’une contraception estroprogestative adaptée — peut réduire la fréquence de ces épisodes. Les contraceptifs estroprogestatifs sont proposés en première intention par certaines recommandations nord-américaines, en l’absence de contre-indication.

Grossesse et allaitement

La grossesse entraîne des modifications hormonales complexes dont l’effet sur l’HS est variable selon les patientes : une amélioration est possible, mais des poussées peuvent également survenir. La prise en charge doit être adaptée en raison des restrictions médicamenteuses pendant la grossesse et l’allaitement — certains antibiotiques et les biothérapies nécessitent une évaluation bénéfice-risque rigoureuse en concertation avec le médecin.

Ménopause

La ménopause s’accompagne souvent d’une amélioration ou d’une rémission de la maladie, ce qui confirme indirectement l’influence des hormones sexuelles dans sa physiopathologie. Cependant, certaines patientes décrivent une persistance des lésions au-delà de la ménopause, en particulier en cas de surpoids ou de syndrome métabolique.

Impact psychologique et qualité de vie

La maladie de Verneuil génère une souffrance psychologique considérable, qui est trop souvent minimisée. La douleur chronique, les écoulements purulents, les cicatrices visibles dans des zones intimes, l’impact sur la sexualité, les relations sociales et la vie professionnelle contribuent à un score d’altération de la qualité de vie (DLQI) parmi les plus élevés de toutes les dermatoses chroniques — supérieur à celui du psoriasis et de la dermatite atopique dans de nombreuses études.

La stigmatisation sociale joue un rôle majeur : les patients qui se sentent stigmatisés présentent des niveaux de dépression et d’anxiété sociale plus élevés. La dépression touche environ 21 % des patients atteints de maladie de Verneuil, l’anxiété 12 %. Le dépistage systématique de ces comorbidités psychiatriques et leur prise en charge font partie intégrante du traitement global de la maladie. Une prise en charge psychologique spécialisée peut être proposée en complément du traitement dermatologique.

Consultez rapidement si :

  • Fièvre élevée (> 38,5 °C) associée à un abcès des plis — risque d’infection profonde ou de sepsis
  • Augmentation rapide de la taille d’une lésion en quelques jours avec douleur intense — abcès nécessitant un drainage
  • Lésion chronique qui change d’aspect, saigne spontanément ou ne cicatrise pas malgré le traitement — à écarter : carcinome épidermoïde sur cicatrice ancienne (complication rare mais grave)
  • Atteinte périnéale ou périanale extensive avec douleurs à la défécation — risque de fistule profonde
  • Détresse psychologique importante, idées noires — la souffrance psychologique liée à la maladie doit être prise en charge

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Questions fréquentes sur la maladie de Verneuil

La maladie de Verneuil est-elle causée par un manque d’hygiène ?

Non — c’est l’une des idées reçues les plus douloureuses pour les patients. La maladie de Verneuil est une maladie inflammatoire chronique d’origine génétique et immunitaire. Elle n’est pas causée par un défaut d’hygiène, ni par les déodorants, le rasage ou les antitranspirants. Ces facteurs n’ont aucun lien démontré avec la maladie. Seuls le tabagisme actif et le surpoids sont des facteurs aggravants clairement établis.

Peut-on guérir de l’hidradénite suppurée ?

La maladie de Verneuil est une maladie chronique — la guérison complète et définitive est rare. En revanche, un traitement bien conduit (antibiotiques, biothérapie, chirurgie) permet d’obtenir des rémissions prolongées et d’améliorer considérablement la qualité de vie. L’arrêt du tabac et la perte de poids sont les deux leviers les plus puissants sur l’évolution à long terme.

La maladie de Verneuil s’aggrave-t-elle avec les règles ?

Oui, chez environ 62 % des femmes atteintes selon les études. Les poussées surviennent le plus souvent dans la semaine précédant les règles, sous l’effet des variations hormonales du cycle. Ce pattern péri-menstruel est plus fréquent dans les formes sévères (Hurley III). Les contraceptifs estroprogestatifs peuvent dans certains cas réduire la fréquence de ces épisodes.

Quelles biothérapies sont disponibles et remboursées pour la maladie de Verneuil ?

Trois biothérapies sont remboursées en France en 2026 pour les formes modérées à sévères en échec des antibiotiques : l’adalimumab (Humira®, anti-TNF, depuis 2021), le sécukinumab (Cosentyx®, anti-IL-17A, depuis 2023) et le bimékizumab (Bimzelx®, anti-IL-17A/F, depuis 2024). Toutes trois sont des traitements de 2e intention. L’adalimumab reste la référence avec le plus de recul clinique grâce aux essais PIONEER I et II.

Quand l’adalimumab est-il indiqué ?

L’adalimumab (Humira®) est indiqué dans les formes modérées à sévères (Hurley II/III) après échec d’au moins un traitement antibiotique systémique bien conduit. Remboursé en France depuis mars 2021. Les études PIONEER I et II ont démontré son efficacité avec une réponse clinique chez 42 à 59 % des patients sous adalimumab hebdomadaire, contre 26–28 % sous placebo.

La chirurgie peut-elle guérir la maladie de Verneuil ?

La chirurgie est le seul traitement potentiellement curatif dans une zone donnée, à condition que l’exérèse soit complète et radicale, précédée d’une IRM pour cartographier toutes les fistules. Une excision insuffisante entraîne une récidive quasi constante. L’incision-drainage d’un abcès en poussée soulage immédiatement mais n’a aucune valeur curative sur la maladie.

La maladie de Verneuil est-elle héréditaire ?

En partie. Des antécédents familiaux sont retrouvés dans 30 à 40 % des cas, et l’héritabilité estimée est d’environ 80 %. Des mutations dans les gènes du complexe gamma-sécrétase ont été identifiées dans certaines familles. Cela ne signifie pas que tous les enfants d’un parent atteint développeront la maladie, mais une vigilance est justifiée en cas d’antécédents familiaux.

La photobiomodulation peut-elle aider dans la maladie de Verneuil ?

La photobiomodulation est une technique adjuvante utilisant des lasers de faible énergie, aux propriétés anti-inflammatoires et antalgiques. Elle est décrite comme potentiellement utile dans certaines formes complexes ou en préparation à une chirurgie, notamment pour réduire la douleur et l’inflammation avant une exérèse. Elle ne se substitue pas aux traitements conventionnels mais peut représenter un outil complémentaire dans les situations d’impasse thérapeutique relative.

Voir aussi :
Abcès cutané |
Furoncle |
Folliculite |
Biothérapies en dermatologie |
Kyste pilonidal

Références scientifiques

  1. Kimball AB et al. Two Phase 3 Trials of Adalimumab for Hidradenitis Suppurativa (PIONEER I & II). N Engl J Med. 2016;375(5):422-434. PMID 27518661
  2. Jemec GBE et al. Adalimumab medium-term dosing strategy in moderate-to-severe hidradenitis suppurativa : integrated PIONEER results. Br J Dermatol. 2019;181(5):986-998. PMID 30916379
  3. Collier EK et al. Characterizing perimenstrual flares of hidradenitis suppurativa. Int J Womens Dermatol. 2020;6(5):372-376. PMID 33898701

Source : HAS — Avis de la Commission de la Transparence : Humira (adalimumab) dans l’hidradénite suppurée (maladie de Verneuil), mars 2021

Kyste infecté : reconnaître un kyste enflammé et savoir quoi f…



Kyste infecté (kyste épidermoïde) : prise en charge et traitements

Cet article en vidéo

Le kyste épidermoïde — improprement appelé kyste sébacé — est l’une des tumeurs bénignes de la peau les plus courantes. Il est constitué d’une poche close tapissée en son intérieur d’un épithélium kératinisant, contenant une substance blanchâtre et malodorante composée principalement de kératine et de sébum. Lorsque cette poche se rompt ou se surinfecte, le kyste peut s’enflammer brutalement et évoluer vers un abcès cutané nécessitant une prise en charge médicale urgente.


Évolution naturelle du kyste cutané

Un kyste épidermoïde de petite taille peut parfois régresser spontanément, notamment chez le sujet jeune. Cependant, dès qu’il atteint environ un centimètre de diamètre, la régression spontanée devient exceptionnelle. À partir de ce stade, plusieurs complications sont possibles :

  • Gêne mécanique sur les zones d’appui (cuir chevelu, dos, nuque, scrotum) ;
  • Épisodes inflammatoires douloureux, liés à la fissuration de la paroi kystique ou à une surinfection bactérienne ;
  • Constitution d’un abcès en cas de surinfection franche.

C’est généralement l’apparition de l’un de ces événements qui amène le patient à consulter en urgence.


Diagnostic d’un kyste infecté : ce que recherche le médecin

La prise en charge d’un kyste inflammatoire doit impérativement être réalisée par un médecin : une infection cutanée non traitée ou mal traitée peut se diffuser aux tissus voisins (cellulite, fasciite) ou, plus rarement, au sang (bactériémie).

À l’examen clinique, le médecin cherche à :

  • Confirmer l’existence d’un kyste préexistant « froid » (antécédent de tuméfaction indolore) ;
  • Identifier un pore obstrué, souvent visible sous la forme d’un point noir (comédon) en surface — signe pathognomonique du kyste épidermoïde ;
  • Évaluer le stade de maturation de l’abcès, qui conditionne directement le choix thérapeutique.

Traitements selon le stade inflammatoire

Stade 1 — Kyste inflammatoire non collecté : antibiothérapie

À ce stade précoce, la tuméfaction est rouge, chaude, douloureuse et ferme, sans fluctuation ni tête blanche visible : le pus n’est pas encore collecté sous la peau et l’abcès n’est pas « mûr ». Une incision serait prématurée et inefficace.

Le médecin prescrit alors :

  • Des antibiotiques par voie orale (le plus souvent une pénicilline M ou une céphalosporine de 1re génération, actives sur les staphylocoques et les streptocoques, germes le plus souvent en cause) ;
  • Un traitement local associant une pommade antibiotique ou antiseptique, appliquée sous un pansement occlusif humide pour favoriser la maturation de l’abcès ;
  • Des antalgiques et anti-inflammatoires pour soulager la douleur, selon le tableau clinique.

L’objectif est soit de faire céder l’inflammation, soit de faire mûrir la collection pour pouvoir l’inciser dans un second temps.

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pour obtenir rapidement une prescription adaptée.

Stade 2 — Kyste collecté (abcès mûr) : incision-drainage

Le kyste est à ce stade fluctuant, plus mou, et présente en son sommet une tête blanche correspondant à du pus collecté juste sous la peau. L’abcès est accessible à un traitement chirurgical ambulatoire.

Le geste se déroule en plusieurs étapes :

  1. Anesthésie locale péri-lésionnelle (anneau anesthésique autour de la lésion) — parfois non nécessaire si la collection est très superficielle ;
  2. Incision franche au bistouri sur la zone de collection maximale pour libérer le pus ;
  3. Évacuation et lavage abondant à la seringue avec du sérum physiologique stérile ;
  4. Méchage de la cavité avec une mèche iodoformée (en l’absence d’allergie à l’iode connue), qui maintient la plaie ouverte, prévient la fermeture prématurée et favorise le drainage ;
  5. Changements de mèche quotidiens ou tous les deux jours par une infirmière, jusqu’à détersion complète de la cavité ;
  6. Relais par des pansements gras antiseptiques ou antibiotiques (tulle gras, crème ou pommade) pour accompagner le bourgeonnement des tissus sous-cutanés et le comblement progressif de la cavité.

La durée totale des soins infirmiers varie selon la taille de l’abcès, de quelques jours à deux ou trois semaines.


Et après ? Exérèse à froid du kyste résiduel

Deux issues sont possibles à l’issue du traitement de l’abcès :

  • Élimination complète du kyste : la poche kystique s’est résorbée avec le drainage. Aucun geste complémentaire n’est nécessaire, mais une surveillance est recommandée car la récidive reste possible.
  • Persistance d’une poche kystique résiduelle : la coque n’a pas été éliminée lors du drainage. Dans ce cas, une exérèse chirurgicale programmée « à froid », réalisée à distance de l’épisode infectieux (au minimum 2 à 3 mois après), est indispensable pour éviter les récidives. Cette intervention est souvent réalisée en période hivernale, où la sudation est moindre, facilitant la cicatrisation.

→ Pour tout savoir sur la technique d’ablation d’un kyste en dehors d’un épisode infectieux : Enlever un kyste épidermoïde : déroulement et suites.


Questions fréquentes sur le kyste infecté

Peut-on percer soi-même un kyste infecté à la maison ?

Non. Une manipulation non stérile du kyste risque d’aggraver l’infection, de diffuser les bactéries dans les tissus voisins et de laisser en place la poche kystique — garantissant la récidive. Seul un médecin doit réaliser ce geste dans des conditions d’asepsie rigoureuses.

Quels germes sont le plus souvent responsables ?

Staphylococcus aureus est le pathogène le plus fréquemment impliqué, suivi de diverses espèces de streptocoques. L’antibiothérapie probabiliste est choisie en conséquence, en attendant les résultats éventuels d’un prélèvement bactériologique.

Le kyste infecté est-il remboursé par l’Assurance maladie ?

L’incision-drainage d’un abcès et les soins infirmiers consécutifs sont pris en charge par l’Assurance maladie sur prescription médicale. L’exérèse chirurgicale à froid du kyste résiduel est également remboursée.

Combien de temps dure la cicatrisation après incision d’un kyste ?

La durée de cicatrisation dépend de la taille de l’abcès. Pour une lésion de petite taille, le comblement de la cavité prend 1 à 3 semaines. Pour un abcès volumineux, plusieurs semaines de soins infirmiers peuvent être nécessaires avant cicatrisation complète.

Traitement du zona

Traitement du zona

Traitement zona

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Le zona typique guérissant spontanément en quelques semaines, le traitement du zona a pour objectif principal d’éviter les complications

Il comporte des soins locaux et parfois des traitements par voie orale qui doivent être donnés dans les 3 1ers jours de l’éruption

On distingue dans le traitement du zona les soins locaux et généraux :

Les soins locaux du zona

ils sont surtout pour but d’éviter la surinfection bactérienne des lésions.

On recommande généralement

  • une douche quotidienne avec savon dermatologique,
  • l’application d’antiseptiques locaux doux,
  • voire l’application d’une crème antibiotique telle que Fucidine ® 3 fois par jour pendant une semaine lorsqu’il existe un doute de surinfection cutanée bactérienne des lésions de zona de moins de 2% de la surface corporelle (en cas de surinfection > à 2% de la surf corporelle, ou d’extension rapide de l’infection bactérienne, on utilise alors des antibiotiques par voie orale)

    Les soins généraux du zona

  • Soins contre la douleur lors de la poussée : antalgiques par voie orale

  • Traitements antiviraux :

on prescrit le plus souvent des molécules antivirales par voie orale (la voie intraveineuse est le plus souvent réservée au patient immunodéprimé et aux formes graves de zona), telles que l’aciclovir ou le valaciclovir. Le traitement par voie orale doit idéalement être débuté dans les 72 premières heures après l’éruption du zona, et il est pris en géréral pendant une semaine à 10 j.

Le traitement zona par voie orale est indiqué notamment dans ces situations :

  • zona ophtalmologique, quel que soit l’âge du patient, voir zona opthalmique
  • En prévention des douleurs post zona, notamment de façon systématique apres 50 ans. Voir les douleurs post zona
  • patient immunodéprimé (en intraveineuse)

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COVID-19 et peau

Mis à jour le 6 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

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Eruption cutanée en cas de COVID19

Le coronavirus SARS Cov2 responsable de la covid19 est apparu en Chine en 2019. Il a provoqué une pandémie mondiale et la covid19 a une forme grave dans 15% des cas. La mortalité peut atteindre 10-15% notamment chez les plus de 70 ans. Voyons quels sont les signes cutanés de la COVID19 : covid 19 et peau

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Quels sont les symptômes de la covid19 ?

De nombreuses personnes ne ressentent aucun symptôme ou très peu, notamment les enfants, souvent porteurs sains.

Les symptômes de la covid19 sont proches de la grippe mais avec moins souvent de courbatures :

Les 3 symptomes clés

  • toux (avec (33,4%) ou sans glaires (67,7%)),
  • fièvre (87,9%),
  • difficulté à respirer (essouflement (18,6%)).

Ces trois symptômes majeurs sont les plus fréquents, mais certains malades n’ont pas de fièvre, ou toussent plusieurs jours avant qu’elle n’apparaisse.

Les autres symptomes

  • courbatures, douleurs articulaires (14,8%)
  • fatigue (38,1%),
  • mal de gorge ( 13,9%),
  • maux de tête (13,6%),
  • rhume,
  • manque d’appétit,
  • douleurs du ventre voire diarrhée.

Signes cutanés de la Covid19

La prévalence des manifestations cutanées liées à la COVID-19 varie de 0,2% à 20%
selon les études ! Ce faible taux de 0.2% peut s’epliquer par le fait que les
manifestations cutanées aient été négligées au début de l’épidémie, et que les patients COVID-19 étaient pris en charge par des non-dermatologues, et que les signes cutanés passaient au second plan au début de l’épidémie. Les dermatologues décrivent des signes cutanés variés lors de la Covid19 :

1 – Engelures

Engelures

Les engelures, taches violacées et douloureuses des doigts, peuvent comporter des cloques sur les mains et les pieds. Mais elles sont bien à distinguer de la dishidrose.

Les engelures, avec ou sans cloques sur les mains et les pieds, peuvent être un signe de COVID19

Cette éruption à type d’engelures se caractérise par des lésions douloureuses/qui démangent. Elle affecte bien plus les orteils que les autres sites acraux : on parle d’orteils COVID ou « Covid toes » en anglais. Elle affecte les jeunes patients, plus tard au cours de la maladie (12 à 14 jours) et peut récidiver, même s’il n’y a pas de nouvelle infection.

Leur prévalence parmi les manifestations cutanées de la COVID-19 varie entre 10%
et 50% selon les études.

En savoir plus sur les engelures

2 – Eruptions

  • Eruptions maculopapuleuses, notamment du tronc chez l’adulte, pouvant ressembler à un pityriasis rosé, ou surtout à une rougeole

L’eruption maculo-papuleuse est la manifestation cutanée la
plus fréquente et elle peut survenir de façon précoce dans l’évolution de la
maladie, comme de façon retardée, dans les 2 à 4 semaines suivant
l’infection initiale. Il s’agit d’une éruption faite de macules et/ou de papules
rouges, parfois rosées, atteignant le tronc et les membres, qui peut beaucoup démanger. Elle guérit le plus souvent en quelques jours.

Elle peut prendre plusieurs formes.

On peut observer une eruption pytiriasis rosé like. Elle est caractérisée par l’apparition d’un médaillon dit héraldique ou initial puis les jours suivants par
de multiples petites taches roses sur le tronc et les membres. Son traitement est symptomatique en cas de démangeaisons et elle peut mettre plusieurs mois avant de disparaître.

pityriasis rose de gibert
Pityriasis rosé

L’éruption morbiliforme (ressemblant à la rougeole, est caractérisée par un début derrière les oreilles, puis qui descend sur le corps.

Elle existe souvent en même temps que d’autres symptômes (bénins) dans la maladie active. Elle survient généralement chez les femmes d’âge moyen et dure en moyenne 7 jours.

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Chez l’enfant, l’éruption est assez semblabe à l’érythème souffleté des joues du mégalérythème épidémique

Joues rouges et fièvre chez l'enfant : mégalérythème épidémique?
Erythème souffleté des joues du mégalérythème épidémique, donnant l’impression que l’enfant vient de recevoir une gifle
  • urticaire notamment des membres inférieurs
Urticaire, dont le mot a la même origine que « ortie »

L’éruption urticarienne apparaît précocement, au cours de la maladie active, est de courte durée (4 à 5 jours) et elle se voit généralement chez les femmes d’âge moyen. Elle semble plus fréquente et plus profuse avec Omicron qu’avec les variants antérieurs. Elle démange souvent beaucoup et touche parfois tout le corps (urticaire géante).

Sa prévalence varie de 7% à 20%. L’origine peut être secondaire à l’infection virale ou
d’origine médicamenteuse

Cette éruption urticarienne apparaît le plus souvent après des symptômes systémiques de gravité modérée et ressemble à la maladie de Grover.

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  • pseudo-varicelle avec des vésicules sur le tronc.
varicelle
Vésicule de varicelle, comme une goutte de rosée sur une zone de peau rouge

Les éruptions vésiculeuses peuvent être polymorphes et diffuses, ou à l’inverse,
monomorphes et localisées, ressemblant à l’éruption de la Varicelle. Elle représente 10% à 15% des lésions cutanées. Elle concerne le plus souvent le tronc, parfois la le visage et le cou. Elles surviennent tôt dans l’évolution de la maladie , et sont de bon
pronostic.

Des récurrences herpétiques (herpes) ont également été décrites lors de l’infection au SARS-CoV-2

Cette éruption de livedo affecte préférentiellement les hommes âgés avec une maladie plus grave et un pronostic moins favorable.

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Questions fréquentes

Quelles éruptions cutanées peut provoquer le COVID-19 ?

Cinq types d’éruptions ont été décrits : (1) urticaire aiguë (20 % des cas cutanés), (2) éruption maculo-papuleuse morbiliforme (47 %), (3) pérnio/engelures des orteils ‘COVID toes’ (19 %), (4) livedo réticulaire vasculaire (6 %), (5) éruption vésiculaire disséminée (9 %). Les formes légères (urticaire, engelures) ne corrèlent pas avec la sévérité de l’infection.

Que sont les ‘engelures COVID’ (COVID toes) ?

Les engelures COVID, ou pérnio associé au SARS-CoV-2, se manifestent par des plaques violacées douloureuses ou prurigineuses sur les orteils et parfois les doigts. Elles sont surtout décrites chez les jeunes adultes et les enfants, souvent dans les formes pauci-symptomatiques ou asymptomatiques. Elles disparaissent spontanément en 4 à 8 semaines dans la majorité des cas.

Les éruptions cutanées COVID peuvent-elles précéder les autres symptômes ?

Oui, l’urticaire et les engelures COVID peuvent apparaître avant les symptômes respiratoires (dans 4 à 7 jours précédant la fièvre), simultanément, ou après la phase aiguë. Chez certains patients, l’éruption cutanée est le seul signe clinique du COVID-19. Un test PCR ou sérologique est recommandé si l’éruption est suspecte.

Les symptômes cutanés persistent-ils après le COVID (long COVID) ?

Oui, des manifestations cutanées peuvent s’inscrire dans le ‘long COVID’ : urticaire chronique, alopécie (chute de cheveux diffuse 2 à 3 mois après l’infection, touchant 20 à 30 % des patients), prurit persistant et pérnio récidivants. L’alopécie post-COVID est de type télogène effluvium et régresse généralement en 6 à 9 mois sans traitement spécifique.

Faut-il traiter les éruptions cutanées liées au COVID-19 ?

Les éruptions légères (urticaire, engelures) sont le plus souvent auto-limitées. L’urticaire peut être soulagée par antihistaminiques oraux. Les engelures bénéficient de soins locaux (crème hydratante, parfois nifédipine en cas de douleur importante). Les livedo et lésions vasculaires sévères nécessitent une prise en charge hospitalière spécialisée.

Comment distinguer une éruption due au vaccin COVID d’une éruption infectieuse ?

Les réactions cutanées aux vaccins COVID (ARNm et adénoviraux) incluent : érythème au site d’injection (60 %), urticaire ou éruption maculo-papuleuse transitoire (1 à 3 %), réaction retardée dite ‘bras COVID’ (érythème inflammatoire au site d’injection après 7 à 10 jours). Ces réactions sont bénignes, ne contre-indiquent pas la seconde dose, et régressent spontanément en 3 à 5 jours.

Les enfants présentent-ils des manifestations cutanées COVID spécifiques ?

Oui, le PIMS-TS (syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique associé au SARS-CoV-2) peut se manifester par une éruption polymorphe, une conjonctivite, un œdème des extrémités et un érythème des paumes et plantes, évoquant un syndrome de Kawasaki. Cette présentation rare (2 à 10 cas/100 000 enfants infectés) est une urgence pédiatrique nécessitant une hospitalisation.

Maladies dans le sable et l’eau stagnante : risques à la plage

Maladies dans le sable et à la plage : parasites, bactéries, champignons et virus

La peau est une barrière qui nous protège vis-à-vis de nombreux micro-organismes de l’environnement. Ces micro-organismes peuvent y pénétrer lors du contact avec le sable et l’eau, qu’il y ait plaie (blessures, morsures, piqûres d’insectes) ou non — notamment des parasites capables de franchir la peau saine (schistosomoses, ankylostomiase et anguillulose). Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, entre 10 000 et 100 000 micro-organismes vivent sur chaque grain de sable — la grande majorité est non pathogène, mais certains peuvent provoquer des maladies. Mieux vaut donc être prudent, notamment en milieu tropical, vis-à-vis du sable et de l’eau stagnante.

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sable

Sable et eau stagnante, attention

Une étude estime qu’entre 10 000 et 100 000 micro-organismes vivent sur chaque grain de sable. La grande majorité est non pathogène — inoffensive — mais certains peuvent provoquer des maladies. De même, l’eau stagnante (lac, retenue d’eau de mer…) est propice au développement de micro-organismes.

Sommaire :
1. Parasites |
2. Bactéries |
3. Champignons |
4. Virus |
5. Comment éviter |
Pages associées |
Questions fréquentes

Catégorie Principaux agents Peau saine franchissable ? Zone à risque
Parasites Larva migrans, bilharzioses, ankylostomes, anguillules ✓ Oui — danger principal Tropical +++, Europe possible
Bactéries E. coli, Staphylocoque doré, Salmonella, Campylobacter Via plaie ou ingestion Toutes plages
Champignons Dermatophytes (mycoses pied, ongle) Via peau macérée ou blessée Toutes plages, piscines
Virus Papillomavirus (verrues), entérovirus Via micro-lésions Plages fréquentées, piscines

1/ Parasites

Les parasites sont les plus redoutables car ils sont capables de traverser la peau non lésée.

1.1/ Larva migrans — attention aux plages avec des chiens

Chien sur la plage, danger de larva migrans

1.1.1/ Larva migrans viscérale ou toxocarose

La toxocarose ou larva migrans viscérale est une zoonose helminthique due au parasitisme de l’homme par la larve d’un ascaride appartenant au genre Toxocara. Les chiens et les chats sont les hôtes définitifs de T. canis et de T. cati — les hommes sont des hôtes accidentels qui se contaminent en ingérant des œufs embryonnés avec de la terre, de l’eau ou des aliments contaminés par des déjections animales.

Sur les plages où les chiens sont autorisés, on peut donc retrouver le parasite Toxocara canis. Lorsque ses œufs sont ingérés par accident, ils peuvent provoquer la toxocarose — l’infection par un ver parasite la plus répandue. Ce ver, pouvant atteindre 18 cm de long, est souvent asymptomatique, se révélant par une éosinophilie. Une dissémination provoque le syndrome de larva migrans viscérale (troubles respiratoires, fièvre, grossissement du foie et de la rate) et parfois une atteinte oculaire (larva migrans oculaire).

Le diagnostic repose sur la présence du syndrome, d’une éosinophilie et d’une sérologie positive. Traitement : albendazole ± corticostéroïdes en cas d’atteinte sévère.

1.1.2/ Impasse parasitaire — Larva migrans cutanée ou ver à chien

La larva migrans cutanée est liée à la pénétration dans la peau d’une larve en impasse parasitaire chez l’homme. Elle provoque des lésions des pieds et/ou des fesses qui démangent.

→ Voir l’article ver à chien — larva migrans cutanée

1.2/ Bilharzioses

1.2.1/ Bilharzioses humaines

Les schistosomoses ou bilharzioses sont répandues en milieu tropical et intertropical, y représentant la maladie la plus fréquente après le paludisme. Elles concernent 200 millions de personnes dans le monde et sont responsables d’1 million de décès par an.

Les bilharzioses sont dues au développement de vers plats (les schistosomes) qui colonisent différents mollusques en eau douce, dont les larves pénètrent à travers la peau de l’homme à l’occasion de bains en eau douce stagnante. Ces larves se transforment en vers adultes vivant dans le foie, la vessie, le rectum, les poumons. Les hommes contaminent l’eau en y urinant et déféquant, les vers plats contaminent les mollusques — la boucle est bouclée.

Cinq espèces parasitent l’homme : S. haematobium (bilharziose uro-génitale), S. mansoni et S. intercalatum (bilharzioses intestinale et rectale), S. japonicum et S. mekongi (bilharzioses artérioveineuses).

Zones géographiques : Afrique (S. haematobium, S. mansoni, S. intercalatum), Amérique du Sud et Caraïbes (S. mansoni), Moyen-Orient (S. haematobium, S. mansoni), Extrême-Orient (S. japonicum, S. mekongi).

Phase Délai Signes cutanés Autres signes
Contamination au moment de la baignade 1–5 min de baignade Dermatite cercarienne — urticaire sur la zone de pénétration. Souvent asymptomatique
Dissémination larvaire 2–10 semaines Urticaire Fièvre, altération état général, troubles digestifs, toux. Hyperéosinophilie, sérologie positive
Dissémination viscérale et cutanée > 2 mois Granulomes bilharziens : papules fermes péri-ombilicales/lombaires — prurigo en éclaboussure. Lésions génitales (grandes lèvres) parfois confondues avec condylomes ou syphilis Atteinte vésicale, digestive, hépatique, pulmonaire. Œufs dans les urines et selles

Traitement : praziquantel (Biltricide®)

1.2.2/ Impasse parasitaire — Bilharziose animale : dermite des nageurs

La « dermatite des nageurs » (swimmer’s itch) est due à des schistosomes d’animaux en impasse parasitaire chez l’homme : canards, moutons, bovins, rongeurs. Elle a été décrite sur tous les continents, notamment dans les régions de lacs, d’eau de mer stagnante et les pays de rizicultures.

Elle donne de gros boutons à type de prurigo sur la zone immergée. Après une dizaine d’heures apparaît une éruption urticarienne prédominant aux zones découvertes. S’agissant d’une impasse parasitaire, l’éruption guérit spontanément en une dizaine de jours.

1.3/ Ankylostomiase

L’ankylostomiase est due à deux genres de nématodes : Ancylostoma duodenale et Necator americanus. Cette helminthose intestinale est endémique dans tous les pays intertropicaux et touche environ un milliard d’individus dans le monde. La contamination se fait en marchant pieds nus dans le sable ou la boue des zones humides contaminée par des matières fécales.

Phase Signes cutanés Autres signes
Pénétration cutanée des larves Boutons et prurigo au site de pénétration — pieds (espaces interdigito-plantaires, orteils, plante). Anciennement : « gourme des mineurs »
Phase d’invasion Urticaire Fièvre, dyspnée asthmatiforme (syndrome de Löffler), hyperéosinophilie
Phase d’état Anémie ferriprive par saignement digestif chronique, troubles digestifs, hypo-albuminémie. Œufs à l’examen parasitologique des selles

Traitement : albendazole (Zentel®, Eskazole®), mébendazole (Vermox®), flubendazole (Fluvermal®), pamoate de pyrantel (Combantrin®).

1.4/ Anguillulose ou strongyloïdose

La strongyloïdose est due au développement dans le duodénum de Strongyloides stercoralis. Elle concerne 50 millions de personnes, surtout en milieu tropical, et peut être grave chez les immunodéprimés. Contamination par contact avec du sable et des sols boueux infestés.

Phase Signes cutanés Autres signes
Pénétration cutanée Boutons aux zones de pénétration (pieds habituellement)
Migration larvaire Urticaire Fièvre, dyspnée asthmatique, hyperéosinophilie élevée
Phase digestive Urticaire (2/3 des cas) ou larva currens : cordons rouges mobiles de quelques mm, périnée/abdomen/cuisses, se déplaçant de plusieurs cm par heure — dus à la migration sous-cutanée des larves Douleurs digestives ± diarrhée. Œufs dans les selles

Traitement : ivermectine (Stromectol®) ou albendazole (Zentel®). Prévention : port de chaussures.

1.5/ Puce chique ou tungiase

La puce chique est la puce femelle Tunga penetrans après qu’elle s’est enfoncée dans la peau. Elle se reconnaît à une petite papule blanchâtre de 3 à 8 mm, avec un point noir central (orifice par lequel elle respire et expulse ses œufs), entourée d’un halo rouge. Elle siège presque toujours sous les orteils : voir l’article sur la chique

2/ Bactéries

Le sable contient de très nombreuses bactéries dont certaines sont pathogènes, notamment pour la peau ou le tube digestif. On peut citer parmi celles-ci Escherichia coli et Enterococcus, mais aussi des Salmonella et des Campylobacter, responsables d’intoxications alimentaires notamment en cas d’ingestion de sable ou lorsqu’on s’enterre dans le sable.

Le Staphylocoque doré peut aussi se transmettre dans le sable, que ce soit sur la peau (infections cutanées) ou en l’ingérant, provoquant des diarrhées et vomissements.

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3/ Champignons : mycoses

Le sable peut transmettre des champignons responsables de mycoses à type de dermatophytes : mycose de la peau, mycose des pieds voire mycose des ongles.

4/ Virus

4.1/ Papillomavirus : verrues

Le sable peut permettre la transmission du papillomavirus, comme à la piscine, responsable notamment de verrues plantaires.

4.2/ Entérovirus

Des entérovirus sont retrouvés dans le sable des plages et lieux de baignades très fréquentés. Ils peuvent provoquer des symptômes de méningite, des troubles respiratoires ou cardiaques, la maladie pieds-mains-bouche ou encore des conjonctivites.

5/ Comment éviter les maladies du sable et de l’eau stagnante

Il convient d’être prudent à la plage ou au bord des zones d’eaux stagnantes (lacs, mer stagnante…), notamment en zone tropicale et/ou si des chiens y circulent.

Règle de prévention Risque évité
Éviter les baignades en eau douce stagnante en milieu tropical — préférer la mer agitée Bilharzioses, ankylostomiase, anguillulose, dermite des nageurs
Ne pas avaler de sable — surveiller les jeunes enfants Toxocarose, E. coli, Salmonella, entérovirus
Ne pas marcher pieds nus sur les plages tropicales et dans les milieux boueux Larva migrans cutanée, ankylostomiase, anguillulose, mycoses
Ne pas s’allonger directement sur le sable — serviette épaisse obligatoire. Les larves de vers à chien passent à travers le maillot et une serviette fine. Privilégier la zone de marnage car l’eau de mer les tue Larva migrans cutanée
Respecter l’interdiction d’amener des chiens à la plage — si autorisés, ramasser leurs excréments Larva migrans viscérale et cutanée (Toxocara, ankylostomes)

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Pages associées

Questions fréquentes

Peut-on attraper des parasites en marchant pieds nus sur la plage ?

Oui — en milieu tropical principalement. La larva migrans cutanée (ver à chien) et l’ankylostomiase se transmettent par pénétration directe des larves à travers la peau intacte des pieds et des fesses. En Europe, le risque est très faible mais non nul sur les plages fréquentées par des chiens. Règle d’or : ne jamais marcher pieds nus dans le sable en zone tropicale, et s’allonger sur une serviette épaisse.

Comment reconnaître une larva migrans cutanée ?

Le signe caractéristique est un trajet sinueux rouge, surélevé, prurigineux, qui progresse de quelques millimètres par jour sous la peau — généralement aux pieds ou aux fesses dans les jours suivant un séjour tropical. Le diagnostic est clinique. Traitement efficace : ivermectine ou albendazole.

La dermite des nageurs est-elle dangereuse ?

Non — il s’agit d’une impasse parasitaire bénigne qui guérit spontanément en une dizaine de jours. Elle provoque de gros boutons urticariens prurigineux sur les zones immergées, quelques heures après un bain en lac ou mer stagnante. Elle est différente de la bilharziose humaine, qui est grave et nécessite un traitement antiparasitaire spécifique (praziquantel).

Peut-on attraper des verrues à la plage ?

Oui — le papillomavirus responsable des verrues plantaires se transmet dans les mêmes conditions qu’à la piscine : sol humide, micro-lésions cutanées, contact direct. Les enfants sont particulièrement exposés. Prévention : tongs sur les zones de douche et passages communs.

Faut-il consulter à son retour de voyage tropical ?

Oui, si vous avez nagé en eau douce stagnante, marché pieds nus, ou si vous présentez des démangeaisons cutanées inexpliquées, de la fièvre ou une éosinophilie dans les semaines suivant le retour. Certaines parasitoses (bilharzioses, anguillulose) ne se manifestent cliniquement que 2 à 10 semaines après la contamination.

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Comment attrape-t-on la gale ? Transmission et contagion

Mis à jour le 20 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : La gale se transmet principalement par contact cutané prolongé (plus de 15 à 20 minutes) avec une personne infestée. La transmission indirecte par literie ou vêtements est possible mais beaucoup moins fréquente.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Comment attrape-t-on la galle ? Transmission, contagiosité et protection : tout comprendre
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sarcopte de la gale
Sarcopte vu au microscope

« Comment j’ai pu attraper la gale ? » — c’est la question que posent, souvent avec une certaine gêne, la grande majorité des patients que je reçois pour cette affection. La question est légitime, et la réponse est plus nuancée qu’il n’y paraît. La gale n’est pas une maladie de la saleté. Elle n’est pas non plus forcément transmise lors d’un rapport sexuel. Comprendre précisément comment fonctionne la transmission du sarcopte, c’est comprendre pourquoi certaines situations comportent un risque réel et d’autres non — et surtout, c’est comprendre comment protéger son entourage une fois le diagnostic posé.

Cette page est entièrement consacrée à la transmission de la gale. Pour les symptômes et les lésions cutanées, consultez notre article boutons et sillons de la gale. Pour le traitement, voyez soigner et guérir la gale.

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Sommaire

Ce qu’il faut savoir sur le sarcopte pour comprendre sa transmission

La gale est due à un acarien microscopique, Sarcoptes scabiei var. hominis, invisible à l’œil nu (300 à 400 µm pour la femelle). Comprendre ses caractéristiques biologiques éclaire directement les conditions nécessaires à la contamination.

Caractéristique du sarcopte Implication pour la transmission
Strictement inféodé à l’être humain (var. hominis) La gale humaine se transmet uniquement d’humain à humain
Survie hors hôte : maximum 72 h à température ambiante (plus longtemps sur des textiles chauds) La transmission indirecte (linge, literie) est possible mais limitée dans le temps
Mobilité optimale entre 25 et 30 °C ; immobile en dessous de 20 °C ; tué en quelques minutes au-dessus de 55 °C Le risque de contamination par les textiles est nul si ceux-ci sont lavés à 60°C ou isolés depuis plus de 72 h dans un sac fermé
Progression à la surface de la peau à 2,5 cm/min à 37 °C Le transfert d’un hôte à un autre est rapide lors d’un contact cutané
Seules les femelles fécondées provoquent la gale (en creusant les sillons) Tous les sarcoptes transmis ne donnent pas nécessairement une infestation — le contact doit être suffisamment prolongé pour que des femelles s’installent
Nombre de sarcoptes dans la gale commune : 10 à 15 individus La charge parasitaire est faible → contact prolongé nécessaire pour contamination efficace
Gale croûteuse : millions de sarcoptes Contagiosité extrême — un contact bref peut suffire

Transmission directe (95 % des cas) : contact peau à peau prolongé

La voie principale de contamination est le contact cutané direct et prolongé entre la peau d’une personne infestée et celle d’une personne saine. Le mot « prolongé » est essentiel : dans la gale commune, la charge parasitaire est faible (une dizaine de sarcoptes), et le passage de quelques individus lors d’un contact bref est insuffisant pour provoquer une infestation.

En pratique, les situations qui réalisent ce contact prolongé sont :

  • Les rapports sexuels — contact peau à peau intime et prolongé, souvent avec atteinte génitale prédominante chez la personne contaminée. C’est pourquoi la gale est classée parmi les infections sexuellement transmissibles (IST), même si elle n’est pas liée à un acte sexuel au sens strict.
  • Le partage d’un lit avec une personne infestée — le contact nocturne prolongé, sous la chaleur des draps, est l’une des situations à plus haut risque.
  • Le contact rapproché au sein d’une famille — entre parents et enfants, notamment lors des soins au nourrisson, du portage ou des jeux au sol.
  • Les soins au malade dans un contexte médical ou familial — infirmières, aides-soignantes, membres de la famille prodiguant des soins corporels prolongés.
  • Certains sports de contact — lutte, judo, rugby — où les contacts cutanés répétés et prolongés peuvent suffire.

ℹ La durée du contact est le facteur déterminant
Serrer la main d’une personne ayant la gale commune comporte un risque très faible de contamination — le contact est trop bref. Se tenir dans les transports en commun à côté d’une personne infestée ne présente aucun risque. En revanche, dormir dans le même lit une nuit comporte un risque très élevé. C’est la durée, et non simplement la proximité, qui fait la contamination.

Transmission indirecte (5 % des cas) : linge, literie, mobilier

La contamination indirecte — par les objets et textiles — est possible mais représente une minorité des cas dans la gale commune. Elle est en revanche beaucoup plus importante dans les contextes de gale profuse ou croûteuse, où les squames desquamantes contiennent des millions de sarcoptes et contaminent massivement l’environnement immédiat.

Les sources de contamination indirecte sont :

Source Niveau de risque Condition
Literie (draps, couettes, oreillers) récemment utilisée Élevé Contact prolongé avec les textiles chauds encore chargés en sarcoptes vivants
Vêtements portés depuis moins de 72 h Modéré Surtout les sous-vêtements, collants, pyjamas — textiles proches de la peau
Canapé, fauteuil, siège à revêtement textile ou cuir Faible à modéré Après un contact prolongé (plusieurs heures) d’une personne infestée ; risque quasi nul pour un contact bref
Textiles portés / utilisés depuis plus de 72 h Nul Le sarcopte ne survit pas plus de 72 h à température ambiante hors de l’hôte humain
Surfaces dures (poignées de portes, plans de travail) Nul en pratique Le sarcopte ne peut pas adhérer aux surfaces lisses froides ; aucun cas documenté par cette voie
Matelas, sommier Faible (sauf gale croûteuse) Une aspiration soigneuse suffit dans la gale commune ; décontamination par acaricide recommandée en cas de gale croûteuse

📌 Et les vêtements neufs ?
Question surprenante mais récurrente : oui, il est théoriquement possible de se contaminer avec des vêtements neufs — si ces vêtements ont été essayés et portés directement sur la peau par une personne infestée dans les 72 heures précédentes. Ce risque, bien que faible, explique l’intérêt de laver ses vêtements neufs avant de les porter pour la première fois — surtout les sous-vêtements.

Tableau des situations à risque : ce qui contamine vraiment

Situation Risque de contamination Explication
Rapport sexuel avec une personne infestée Très élevé Contact cutané intime et prolongé — voie de contamination principale
Dormir dans le même lit une nuit Très élevé Contact prolongé sous la chaleur des draps — conditions idéales pour le sarcopte
Porter les vêtements (sous-vêtements) d’une personne infestée Élevé Contact cutané direct et prolongé avec des textiles potentiellement infestés
Soins corporels prolongés (toilette, kinésithérapie, massages) Élevé Contact cutané prolongé — risque professionnel documenté chez les soignants
Rester longtemps assis dans un canapé contaminé Modéré Possible si contact prolongé avec des textiles chauds récemment contaminés
Embrasser quelqu’un sur la joue (bise) Très faible Contact trop bref — pas de transmission documentée par cette voie
Serrer la main Très faible Contact trop bref dans la gale commune (charge parasitaire faible) ; à éviter tout de même en cas de gale croûteuse
Partager des toilettes Nul en pratique Le sarcopte ne survit pas sur les surfaces froides et lisses ; aucune contamination documentée par cette voie
Transports en commun, salle de classe Nul en pratique Pas de contact cutané prolongé — aucun risque documenté hors contact intime direct
Contact avec un animal de compagnie Nul (gale humaine) Sarcoptes scabiei var. hominis est strictement inféodé à l’être humain

Peut-on attraper la gale d’un animal ?

Non, en ce qui concerne la gale humaine. Sarcoptes scabiei var. hominis est un parasite strictement adapté à l’être humain — il ne provient pas des animaux et ne peut pas se développer sur eux de façon durable. La gale humaine est une maladie exclusivement interhumaine.

Il existe des variantes de gales animales : la gale du chien (var. canis), du chat, du porc… Ces parasites peuvent exceptionnellement contaminer un humain en contact étroit et prolongé avec un animal massivement infesté. Mais dans ce cas :

  • L’infestation humaine est transitoire et spontanément résolutive en quelques jours, car Sarcoptes scabiei var. canis ne peut pas achever son cycle de vie sur la peau humaine ;
  • Les démangeaisons disparaissent sans traitement antiparasitaire humain une fois l’animal traité et le contact évité ;
  • Il n’y a pas de transmission inter-humaine à partir de cette gale d’origine animale.

Ce tableau est radicalement différent de la gale humaine vraie, qui ne guérit jamais spontanément.

L’incubation silencieuse : comment contaminer son entourage sans le savoir

C’est le mécanisme le plus redoutable — et le moins bien compris — de la transmission de la gale. Entre le moment de la contamination et l’apparition des premières démangeaisons, il s’écoule en moyenne :

⚠ La période d’incubation : le piège de la gale
3 à 6 semaines lors d’une première infestation — le temps que le système immunitaire réagisse aux antigènes du sarcopte et provoque les démangeaisons.

24 à 48 heures lors d’une recontamination chez une personne déjà immunisée, qui reconnaît immédiatement l’antigène.

Pendant toute cette période silencieuse, la personne est infestée et contagieuse, mais ne sait pas qu’elle a la gale. Elle peut contaminer ses partenaires sexuels, ses proches, les personnes chez qui elle dort — sans s’en douter.

C’est cette incubation longue qui explique deux réalités cliniques importantes :

  • Il est fréquent que plusieurs personnes d’une même famille ou d’un même foyer développent la gale presque simultanément, alors que chacun se demande d’où vient la contamination ;
  • Lorsque le diagnostic est enfin posé chez une personne, la période de contagiosité remonte à 3 à 6 semaines avant les premiers symptômes — il faut donc réfléchir à qui a pu être exposé bien avant que les démangeaisons n’apparaissent.

Quand suis-je contagieux ? Jusqu’à quand ?

Une personne atteinte de gale est contagieuse dès la contamination — c’est-à-dire dès que les sarcoptes sont présents sur sa peau, bien avant l’apparition des démangeaisons. Elle reste contagieuse jusqu’à la guérison complète après traitement.

Moment Contagiosité Que faire ?
Pendant la période d’incubation (avant les démangeaisons) Oui — sans le savoir Impossible à anticiper ; d’où l’importance de prévenir rétrospectivement l’entourage dès le diagnostic
Pendant la phase symptomatique non traitée Oui Éviter les contacts intimes, ne pas partager la literie, ne pas aller dormir chez d’autres personnes
Le jour du traitement (J0) Oui jusqu’à l’application du traitement Traitement de toutes les personnes concernées le même jour
Après le traitement bien conduit Non — si le traitement est complet (personnes + linge) Reprendre une vie normale après guérison confirmée
En cas de nodules scabieux persistants post-traitement Non — les nodules sont d’origine immunologique, sans sarcopte vivant Pas de retraitement systématique ; consulter si doute

Qui prévenir et protéger autour de moi ?

Lorsque le diagnostic de gale est posé, la gestion de l’entourage est une étape indispensable — c’est l’une des principales causes d’échec thérapeutique lorsqu’elle est négligée. Voici la marche à suivre :

📋 Les personnes à contacter et traiter

  • Tous les partenaires sexuels des 6 dernières semaines (durée supérieure à la période d’incubation maximale) — qu’ils aient ou non des symptômes ;
  • Toutes les personnes vivant sous le même toit (co-habitants) ;
  • Les personnes chez qui vous avez dormi ou qui ont dormi chez vous depuis 6 semaines ;
  • Toute personne avec qui vous avez eu un contact cutané prolongé (soins, activités sportives de contact) ;
  • En cas de gale contractée en collectivité (EHPAD, structure d’hébergement) : signalement au médecin responsable et aux autorités sanitaires — voir gale en collectivité.

Pendant la période de traitement (entre J0 et la guérison confirmée), il est impératif :

  • De ne pas avoir de rapports sexuels ;
  • De ne pas aller dormir chez des amis ou de la famille ;
  • De ne pas échanger de vêtements ou de linge ;
  • De ne pas faire garder ses enfants chez d’autres personnes sans les avoir prévenus.

Gale et IST : le bilan à ne pas oublier

Lorsque la gale a pu être transmise lors d’un rapport sexuel — ce qui est le cas dans la majorité des infestations chez l’adulte jeune — les recommandations préconisent de réaliser un bilan IST complet en parallèle du traitement. Cette démarche n’est ni anodine ni stigmatisante : elle fait partie des bonnes pratiques médicales, exactement comme pour les morpions ou les condylomes.

⚠ Bilan IST recommandé
Sérologies : VIH (avec accord signé), syphilis (TPHA-VDRL), hépatite B (Ag HBs, Ac anti-HBs, Ac anti-HBc), hépatite C
Dépistage local : chlamydia et gonocoque (PCR urinaire ou prélèvement génital selon les symptômes)
Ce bilan est prescrit lors de la consultation et réalisé en laboratoire d’analyses médicales. Il est pris en charge à 100 % dans le cadre du dépistage organisé des IST.

Les idées reçues sur la transmission de la gale

Idée reçue La réalité
« La gale est une maladie de la saleté » Faux. La gale n’a aucun lien avec l’hygiène corporelle. Elle touche toutes les classes sociales. Une personne très propre peut avoir la gale des gens propres — avec peu de lésions mais autant de sarcoptes.
« On l’attrape toujours par rapport sexuel » Pas uniquement. Le partage d’un lit ou des soins corporels prolongés suffisent. En revanche, l’association avec une IST impose un bilan.
« Les animaux peuvent me contaminer » Non pour la gale humaine — var. hominis est strictement humain. Une gale animale sur l’homme est transitoire et bénigne.
« Je peux attraper la gale dans les transports en commun » Non en pratique. Le contact est trop bref. Les épidémies se propagent dans les foyers et les collectivités où les contacts sont prolongés, pas dans les lieux publics ouverts.
« Une fois traité, on ne peut plus contaminer » Vrai si le traitement est complet — mais il faut que toutes les personnes à risque aient été traitées en même temps, et que le linge ait été désinfecté. Un maillon manquant recontamine.
« Les démangeaisons prouvent que je suis encore contagieux » Pas forcément. Les démangeaisons peuvent persister 2 à 4 semaines après un traitement efficace par réaction immunologique résiduelle aux antigènes du sarcopte mort. Consulter avant de refaire un traitement.
« Je peux aller chez le médecin en salle d’attente » Oui — le risque de contamination dans une salle d’attente est nul en pratique pour la gale commune. Une téléconsultation reste une option confortable et sans risque pour l’entourage.

Suite : Traitement de la gale

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Articles liés — Pour aller plus loin

🔍 Tout sur la gale

📌 Médicaments et informations pratiques

⚠️ Quand consulter en urgence :
Consultez rapidement si : démangeaisons intenses nocturnes avec sillons caractéristiques entre les doigts, gale croûteuse (norvégienne) chez un patient immunodéprimé ou âgé, épidémie en collectivité (EHPAD, crèche). La gale croûteuse est très contagieuse et nécessite une prise en charge hospitalière urgente.

⚠ Consultez rapidement si :

  • démangeaisons nocturnes intenses après contact avec une personne infestée
  • lésions dans les espaces inter-digitaux, poignets ou zone génitale
  • cas confirmés dans l’entourage proche ou en collectivité
  • absence d’amélioration 4 semaines après le traitement

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FAQ — Questions fréquentes sur la transmission de la gale

Est-ce qu’on peut attraper la gale en serrant la main de quelqu’un ?

Le risque est extrêmement faible dans la gale commune. Dans cette forme, la charge parasitaire est de l’ordre de 10 à 15 sarcoptes — trop peu pour qu’un contact aussi bref permette le transfert de femelles fécondées en nombre suffisant pour provoquer une infestation. En revanche, dans la gale croûteuse (millions de sarcoptes), même un contact bref peut suffire. C’est pourquoi les personnels soignants au contact de patients en EHPAD ayant une gale croûteuse doivent prendre des précautions maximales.

Mon chat ou mon chien peut-il me donner la gale ?

Non pour la gale humaine. Le sarcopte humain (var. hominis) ne vit pas sur les animaux. Si votre chat ou chien a lui-même une gale (sarcoptose animale), la contamination humaine est exceptionnelle, transitoire (guérison spontanée en quelques jours) et ne se transmet pas entre humains. Traitez l’animal, pas vous.

Combien de temps après la contamination les démangeaisons apparaissent-elles ?

En cas de première infestation, 3 à 6 semaines en moyenne — le temps que le système immunitaire se sensibilise aux antigènes du sarcopte. En cas de recontamination chez une personne déjà immunisée, les démangeaisons peuvent apparaître en 24 à 48 heures. Cette période silencieuse rend le traçage des contacts difficile.

Peut-on aller au travail quand on a la gale ?

Dans la grande majorité des emplois, oui — le risque de contamination dans un bureau est quasiment nul (pas de contact cutané prolongé entre collègues). En revanche, les professionnels de santé, les aides à domicile, les masseurs-kinésithérapeutes et les personnels travaillant en collectivités doivent être traités et déclarés guéris avant de reprendre leur activité, en raison du risque professionnel de transmission lors de soins corporels.

Est-ce que je peux recontaminer ma famille si j’ai encore des démangeaisons après le traitement ?

Non, si le traitement a été correctement réalisé. Les démangeaisons peuvent persister 2 à 4 semaines après l’éradication complète des sarcoptes, par réaction immunitaire aux débris du parasite dans la peau. En l’absence de nouveaux sillons et avec un prurit qui décroît progressivement, il ne s’agit pas d’une rechute mais d’une guérison en cours. Consultez un dermatologue avant d’entreprendre un nouveau traitement antiparasitaire.

Faut-il prévenir la crèche ou l’école si mon enfant a la gale ?

Oui. Il faut en informer le responsable de l’établissement pour permettre le dépistage des enfants et personnels potentiellement exposés. L’enfant peut retourner en collectivité dès le lendemain du traitement complet. Pour les détails, consultez notre article gale de l’enfant et du bébé.

Voir aussi :
Gale — fiche générale
Boutons et sillons
Traitement
Gale profuse
Gale de l’enfant
Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

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Questions fréquentes

Comment attrape-t-on la gale exactement ?

La gale se transmet principalement par contact cutané direct et prolongé (minimum 15 à 20 minutes) avec une personne porteuse de l’acarien Sarcoptes scabiei. La transmission indirecte (literie, vêtements, canapé) est possible mais moins fréquente, car l’acarien survit 24 à 72 heures hors de l’hôte à température ambiante. Un contact bref (poignée de mains) suffit rarement à transmettre la gale commune.

Peut-on attraper la gale dans une piscine ou un hôtel ?

La transmission via une piscine est exceptionnellement rare car l’acarien ne survit pas dans l’eau chlorée. Dans un hôtel, le risque existe si les draps et serviettes n’ont pas été lavés à 60°C après un occupant infesté. La gale ne se transmet pas par l’air ni par une surface brièvement touchée.

Quel est le délai entre la contamination et les premiers symptômes ?

Lors d’une première contamination, la période d’incubation est de 3 à 6 semaines avant l’apparition des démangeaisons (le temps que la réaction allergique se développe). En cas de récidive (ré-infestation), les symptômes apparaissent en 1 à 4 jours. Pendant toute l’incubation, la personne est contagieuse sans le savoir.

Qu’est-ce que la gale croûteuse et pourquoi est-elle plus contagieuse ?

La gale croûteuse (ou norvégienne) touche les personnes immunodéprimées, les personnes âgées ou sous corticothérapie. Elle se caractérise par des croûtes épaisses sur tout le corps, contenant des millions d’acariens (vs 10 à 15 dans la gale commune). Un seul contact bref suffit à la contamination. Elle déclenche souvent des épidémies en EHPAD.

Doit-on traiter toute la famille si une personne a la gale ?

Oui, le traitement simultané de tous les contacts proches (foyer, partenaires sexuels) est obligatoire, même en l’absence de symptômes, car la période d’incubation peut masquer une infestation. Les recommandations HAS préconisent de traiter le même jour tous les membres du foyer et de laver les textiles à 60°C ou de les mettre en sac plastique 72 heures.

Les animaux domestiques peuvent-ils transmettre la gale humaine ?

Non, Sarcoptes scabiei var. hominis est une espèce spécifique à l’homme. Les chiens ont leur propre gale (Sarcoptes scabiei var. canis) qui peut provoquer des démangeaisons transitoires chez l’homme mais ne s’implante pas durablement. Un chien galeux doit néanmoins être traité par un vétérinaire pour éviter tout inconfort.

Comment savoir si on est guéri de la gale après traitement ?

Les démangeaisons peuvent persister 2 à 4 semaines après un traitement efficace en raison de la réaction allergique résiduelle aux acariens morts. La guérison est confirmée par l’absence de nouvelles lésions et la disparition progressive du prurit. En cas de persistance au-delà de 4 semaines, un deuxième traitement ou une consultation dermatologique s’impose.

Références scientifiques (PubMed)

  • Chosidow O. Clinical practices. Scabies. N Engl J Med. 2006;354(16):1718–1727. PMID 16710746
  • Salavastru CM, Chosidow O, Boffa MJ, et al. European guideline for the management of scabies. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2017;31(8):1248–1253. PMID 28639722
  • Sunderkötter C, Feldmeier H, Fölster-Holst R, et al. S1-Leitlinie zur Diagnostik und Therapie der Skabies. J Dtsch Dermatol Ges. 2022. PMID 35451567
  • Hay RJ, Steer AC, Engelman D, Walton S. Scabies in the developing world — its prevalence, complications, and management. Clin Microbiol Infect. 2012;18(4):313–323. PMID 22429824
  • Engelman D, Yoshizumi J, Hay RJ, et al. The 2020 International Alliance for the Control of Scabies Consensus Criteria for the Diagnosis of Scabies. Br J Dermatol. 2020;183(5):808–820. PMID 32034956

Mis à jour le 26 mars 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

Abces cutane : soigner un abcès de la peau

Dernière mise à jour : 4 mai 2026

En bref : Un abcès cutané est une collection purulente localisée dans le derme ou le tissu sous-cutané, causée dans 80 % des cas par Staphylococcus aureus. Il se manifeste par une tuméfaction douloureuse, chaude, rouge, fluctuante. La plupart nécessitent un drainage chirurgical — les antibiotiques seuls sont insuffisants. En France, environ 2 % des consultations aux urgences dermatologiques concernent des abcès cutanés.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Abcès cutané : causes, traitement et conseils du dermatologue

L’abcès cutané est un nodule inflammatoire douloureux, de consistance liquidienne (pus), de taille variable, siégeant parfois au sein d’un placard inflammatoire (dermohypodermite) et parfois associé à une fièvre. Son traitement est mixte, médical et chirurgical.

En résumé :

  • Traitement chirurgical : incision-drainage et prélèvement bactériologique du pus.
  • Traitement médical : antibiothérapie pendant 5 jours.

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Qu’est-ce qu’un abcès ?

L’abcès est une complication de l’infection bactérienne d’un poil (folliculite) ou d’un kyste épidermoïde. Une infection cutanée se caractérise par des signes inflammatoires locaux : chaleur, rougeur, douleur — et parfois des signes généraux comme la fièvre.

L’abcès se présente sous la forme d’une grosse boule rouge et douloureuse, souvent centrée par un point blanc (collection purulente affleurant sous la peau).

Le nombre d’abcès cutanés est en augmentation en raison de l’émergence du staphylocoque doré résistant à la méthicilline (SARM). Leur prise en charge a fait l’objet de recommandations publiées en 2019.

Abcès de la nuque
Abcès de la nuque
Abcès cutané avec point blanc central
Abcès cutané

Vidéo explicative


Vidéo : comment soigner un abcès cutané – Dr Rousseau, dermatologue Bordeaux

Comment soigner un abcès

Cette prise en charge doit être réalisée par un médecin : une infection cutanée non traitée peut se diffuser rapidement (lymphangite, adénopathies, voire septicémie). Le médecin proposera l’un des deux traitements suivants selon l’état de maturation de l’abcès.

État de l’abcès Aspect clinique Traitement
Non mûr (non collecté) Boule rouge et dure, sans tête blanche Antibiotiques oraux ± pommade
Mûr (collecté) Tête blanche, fluctuant à la palpation Incision-drainage ± antibiotiques

Abcès non mûr : antibiotiques

Il y a une boule rouge et douloureuse mais l’abcès n’est pas collecté : pas de tête blanche visible. Le médecin tente de calmer l’infection ou de faire mûrir l’abcès avec des antibiotiques par voie orale et en pommade, sous pansements.

Antibiotiques recommandés (durée : 5 jours) :

  • Pristinamycine per os : 1 g × 3/jour
  • Oxacilline ou cloxacilline
  • Amoxicilline-acide clavulanique…
Important : Ne jamais utiliser d’anti-inflammatoires (corticoïdes ou AINS) en cas d’infection cutanée. Ces médicaments masquent les signes d’aggravation et favorisent la diffusion bactérienne en profondeur.

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Abcès mûr : incision-drainage

L’abcès est devenu plus mou et présente une tête blanche de pus affleurant sous la peau. Il est accessible à un traitement chirurgical.

Ce traitement consiste en :

  • une incision de l’abcès, le plus souvent sans anesthésie ou avec une simple anesthésie du pourtour ;
  • un lavage au sérum physiologique de la cavité ;
  • un méchage à la mèche iodoformée (en l’absence d’allergie à l’iode), à changer toutes les 24 à 48 heures par une infirmière jusqu’à détersion complète ;
  • un pansement avec antiseptique ou antibiotique en pommade pour favoriser le comblement de la cavité par bourgeonnement des tissus sous-cutanés.

Le médecin peut également décider d’associer une antibiothérapie orale de 5 jours, comme dans la forme non collectée.

Bonne pratique : Un prélèvement bactériologique du pus est systématiquement réalisé lors de l’incision. Il permet d’identifier le germe responsable (souvent Staphylococcus aureus) et d’adapter l’antibiothérapie en cas de résistance (SARM).

Conseils du dermatologue

Ne pas négliger une infection cutanée : Les infections de la peau et les infections des poils peuvent s’aggraver en l’absence de traitement adéquat : lymphangite, adénopathies, voire septicémie. La majorité des complications surviennent en raison d’une consultation trop tardive ou de la manipulation des lésions. Ne touchez pas votre abcès.
  • Ne pas utiliser les anti-inflammatoires (corticoïdes ou AINS) pour les infections cutanées : ils laissent l’infection s’aggraver sans que les signes d’alerte soient perçus.
  • Vérifier la vaccination antitétanique : une plaie cutanée peut être la porte d’entrée du tétanos. Assurez-vous d’être à jour.
  • Consulter rapidement en cas de fièvre, de trainée rouge remontant vers le ganglion (lymphangite) ou d’aggravation sous traitement.

⚠️ Quand consulter en urgence :
Consultez en urgence si : abcès du visage (triangle dangereux nez-lèvres — risque de thrombophlébite caverneuse), abcès avec traînée rouge remontant vers le ganglion (lymphangite), abcès accompagné de fièvre > 38,5°C, chez un diabétique ou un immunodéprimé, abcès très douloureux et tendu qui ne se draine pas seul. Ces formes nécessitent un drainage chirurgical urgent et parfois une antibiothérapie IV.

Questions fréquentes sur l’abcès cutané

Peut-on percer soi-même un abcès ?

Non. Percer un abcès soi-même sans conditions d’asepsie appropriées augmente le risque de diffusion bactérienne en profondeur et de surinfection. L’incision doit être réalisée par un médecin qui s’assure du drainage complet, du lavage de la cavité et, si nécessaire, du méchage.

Combien de temps faut-il pour qu’un abcès guérisse ?

Après incision-drainage, le comblement de la cavité par bourgeonnement prend en général 1 à 3 semaines selon la taille de l’abcès. Les soins infirmiers quotidiens (changement de mèche) sont essentiels à la bonne cicatrisation.

L’abcès peut-il récidiver ?

Oui, notamment en cas de portage chronique de Staphylococcus aureus dans les narines ou sur la peau. En cas d’abcès récidivants, le médecin peut proposer une décolonisation nasale (mupirocine) et des mesures d’hygiène renforcées. La recherche d’une maladie favorisante (diabète, immunodépression, hidradénite suppurée) est également indiquée.

Quand faut-il aller aux urgences pour un abcès ?

Consultez en urgence si vous présentez : une fièvre élevée (> 38,5 °C), une trainée rouge remontant vers un ganglion (lymphangite), un abcès du visage (surtout lèvre supérieure et nez — zone dangereuse pour la thrombophlébite du sinus caverneux), ou un état général altéré.

Quelle est la différence entre un abcès et un furoncle ?

Le furoncle est une infection profonde d’un seul follicule pilo-sébacé par Staphylococcus aureus, centrée sur un poil avec un bourbillon central. L’abcès est une collection purulente plus large, pouvant résulter d’un furoncle compliqué ou de l’infection d’un kyste. Les deux sont traités par le même protocole, mais un abcès de grande taille nécessite plus souvent un drainage chirurgical.

Voir aussi : Notre article sur la folliculite et le furoncle et les antibiotiques utilisés en dermatologie.

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Comment reconnaître un abcès cutané ?

Un abcès cutané est reconnaissable à 5 signes : (1) tuméfaction localisée, arrondie ; (2) rougeur intense autour ; (3) chaleur au toucher ; (4) douleur pulsatile spontanée et à la palpation ; (5) fluctuation (sensation de liquide sous tension à la pression douce). Au stade initial, l’abcès est dur (phlegmon) ; il devient fluctuant quand il est ‘mûr’ et prêt à être drainé. La peau en regard peut paraître amincie et jaunâtre.

Faut-il percer un abcès soi-même ?

Non, il ne faut jamais percer un abcès soi-même avec une épingle ou un couteau. Le risque est double : drainage insuffisant (la collection est souvent profonde et cloisonnée) et surinfection avec dissémination bactérienne. Un abcès fluctuant doit être drainé par un médecin ou un chirurgien avec une incision propre, un lavage de la loge avec du sérum physiologique, et un méchage si nécessaire. La guérison est rapide après drainage correct.

Doit-on toujours prendre des antibiotiques pour un abcès cutané ?

Non. Pour un abcès simple sans cellulite extensive, le drainage chirurgical seul suffit dans 80 à 90 % des cas. Les antibiotiques sont indiqués en complément si : cellulite périphérique > 2 cm autour de l’abcès, fièvre ou signes systémiques, abcès chez un immunodéprimé ou un diabétique, abcès récidivant, ou localisation à risque (visage, mains). L’amoxicilline-clavulanate ou la clindamycine sont les choix de première ligne en ambulatoire.

Pourquoi j’ai des abcès à répétition ?

Les abcès récidivants au même endroit (souvent les plis axillaires, inguinaux, inter-fessiers) évoquent une hidradénite suppurée (maladie de Verneuil) — maladie chronique sous-diagnostiquée touchant 1 à 4 % de la population. Les abcès récidivants à S. aureus sont favorisés par un portage nasal du germe (décolonisation par mupirocine nasale + chlorhexidine en douche). Un bilan immunitaire et glycémique s’impose en cas de récidives sans facteur favorisant évident.

Quelle différence entre un abcès et un furoncle ?

Un furoncle est une infection du follicule pileux due à S. aureus, évoluant en nodule douloureux avec bourbillon central (point blanc-jaune). Il est plus petit qu’un abcès et se draine souvent spontanément. L’anthrax est la confluence de plusieurs furoncles. L’abcès cutané est une collection purulente non centrée sur un follicule, souvent plus profonde et volumineuse. Les deux sont causés par S. aureus mais l’abcès nécessite plus souvent une incision-drainage.

Comment prévenir la récidive des abcès cutanés ?

Mesures préventives validées : (1) décolonisation nasale de S. aureus par mupirocine 2 % pommade nasale 2 fois/j × 5 jours/mois pendant 6 mois ; (2) douche quotidienne à la chlorhexidine 4 % pendant 5 jours lors d’une cure ; (3) linge de lit, serviettes et vêtements lavés à 60°C ; (4) ne pas partager rasoirs et effets personnels ; (5) contrôle du diabète. Ces mesures réduisent les récidives de 40 à 60 % selon les études.

Un abcès peut-il se résorber seul sans drainage ?

Rarement. Les petits abcès (< 1 cm) sans fluctuation peuvent parfois régresser avec chaleur locale (compresses chaudes 3 fois/j) qui favorise la maturation et le drainage spontané. Mais la majorité des abcès fluctuants (> 1 cm) nécessitent un drainage médical. Sans drainage, un abcès peut se fistuliser spontanément (drainage par une ouverture naturelle) mais avec un risque de cicatrisation incomplète et de récidive plus élevé.

Eruption retour voyage : problème de peau après un voyage

Problèmes de peau au retour de voyage : que faire face à une éruption cutanée ?
Une éruption cutanée, des démangeaisons, de la fièvre ou des boutons apparus pendant ou après un voyage en zone tropicale méritent une évaluation dermatologique rapide. Certaines affections — arbovirus, gale du voyageur, mycoses tropicales — sont bénignes mais contagieuses. D’autres — paludisme, dengue hémorragique, oropouche — peuvent engager le pronostic vital. Ce guide permet d’orienter le diagnostic selon les signes cutanés observés et la destination visitée.

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Sommaire :
Orientation rapide par symptôme |
Arbovirus (dengue, zika, oropouche, chikungunya) |
Paludisme et peau |
Gale du voyageur |
Mycoses tropicales |
Lésions post-piqûres |
Photosensibilisation et coup de soleil |
Parasites de plage |
Pages associées |
Questions fréquentes

Orientation rapide : quel diagnostic selon les symptômes ?

Signe principal Penser à Urgence ?
Fièvre + éruption rouge diffuse Dengue, chikungunya, zika, oropouche, paludisme 🔴 Oui — consultation dans les 24h
Fièvre seule au retour d’Afrique/Amazonie Paludisme à P. falciparum en priorité 🔴 Urgences immédiates
Trajet sinueux rouge sous la peau aux pieds Larva migrans cutanée (ver à chien) 🟡 Consultation sous 48h
Démangeaisons nocturnes intenses, boutons interdigitaux Gale du voyageur 🟡 Consultation sous 48h — contagieux
Plaque rouge annulaire après piqûre de tique Érythème migrant — maladie de Lyme 🟡 Consultation sous 48h
Gros boutons prurigineux sur zones immergées Dermite des nageurs, bilharziose cercarienne 🟢 Consultation si persistance > 2 semaines
Mycose interdigitale des pieds, ongle épaissi Mycose des pieds, mycose des ongles 🟢 Consultation non urgente
Brûlure solaire sévère / phototoxicité Coup de soleil, photosensibilisation médicamenteuse (doxycycline++) 🟢 Soins locaux ± consultation si bulles

Arbovirus : dengue, zika, oropouche, chikungunya

Les arbovirus (virus transmis par des arthropodes — principalement des moustiques du genre Aedes) sont en expansion mondiale accélérée depuis 2015. En 2024, la dengue a atteint des niveaux records avec plus de 13 millions de cas déclarés dans le monde. L’oropouche, longtemps confiné en Amazonie, a connu une émergence internationale en 2024. Ces virus partagent des signes cutanés proches, rendant le diagnostic clinique difficile sans test.

Virus Vecteur principal Zones à risque Signes cutanés caractéristiques Signes associés Traitement
Dengue Aedes aegypti, Ae. albopictus Antilles, Réunion, Asie du Sud-Est, Amérique latine, Afrique tropicale Exanthème maculopapuleux diffus (J3–J5), parfois purpurique. Visage épargné — « îlots de peau saine » caractéristiques. Flush facial initial. Prurit modéré Fièvre brutale > 39°C, céphalées intenses rétro-orbitaires, myalgies, arthralgies, thrombopénie (risque hémorragique en dengue sévère) Symptomatique uniquement. Pas d’aspirine ni AINS (risque hémorragique). Surveillance plaquettaire
Chikungunya Aedes aegypti, Ae. albopictus Océan Indien, Antilles, Afrique, Asie, Amérique latine. Présent en France métropolitaine (Ae. albopictus) Exanthème maculopapuleux (J2–J5), parfois vésiculeux ou bulleux chez l’enfant. Aphtes buccaux possibles. Hyperpigmentation résiduelle fréquente Polyarthrite aiguë très douloureuse — signe distinctif. Fièvre brutale. Arthralgies pouvant persister plusieurs mois (forme chronique) Symptomatique : AINS, antalgiques. Pas de traitement antiparasitaire spécifique
Zika Aedes aegypti Amérique latine, Caraïbes, Pacifique, Afrique de l’Ouest, Asie du Sud-Est Exanthème maculopapuleux prurigineux diffus (J2–J4) — souvent le signe prédominant. Conjonctivite bilatérale non purulente fréquente Fièvre modérée ou absente, céphalées légères, arthralgies. Risque majeur : microcéphalie fœtale si infection pendant la grossesse. Syndrome de Guillain-Barré possible Symptomatique. Femmes enceintes : précautions strictes, éviter les zones endémiques, rapports protégés 3 mois après retour
Oropouche Moucheron Culicoides paraensis, moustiques Culex Amazonie (Brésil, Pérou, Bolivie), Caraïbes (Cuba, Antilles). Émergence internationale 2024 Exanthème maculopapuleux ou pétéchial (J2–J5), souvent tronc. Moins constant que les autres arbovirus Fièvre brutale, céphalées, myalgies, photophobie, vomissements. Forme neurologique (méningite, encéphalite) décrite en 2024. Risque fœtal potentiel en cours d’évaluation Symptomatique. Pas de vaccin disponible. Moustiquaires et répulsifs essentiels

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Paludisme et manifestations cutanées

Le paludisme (malaria) n’est pas une maladie cutanée — c’est une urgence infectieuse. Mais il peut s’accompagner de signes cutanés qui orientent le diagnostic au retour d’une zone d’endémie (Afrique subsaharienne, Amazonie, Asie du Sud-Est, Océanie).

Signe cutané Signification
Ictère (jaunisse) Hémolyse — signe d’alarme dans le paludisme à P. falciparum
Pâleur cutanéo-muqueuse Anémie hémolytique — fréquente dans les formes prolongées
Sueurs profuses cycliques Accès palustres typiques (fièvre tierce ou quarte selon l’espèce)
Purpura ou pétéchies Thrombopénie — forme sévère, hospitalisaiton urgente

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Gale du voyageur

La gale est une parasitose très contagieuse due à l’acarien Sarcoptes scabiei. Elle se contracte fréquemment lors de voyages : auberges de jeunesse, hôtels peu soignés, hébergements collectifs, contacts rapprochés avec les populations locales. Elle est très souvent confondue avec une allergie ou une piqûre d’insecte, et le diagnostic est souvent tardif.

Critère Gale du voyageur
Signe cardinal Prurit intense à prédominance nocturne, aggravé par la chaleur
Localisations typiques Espaces interdigitaux des mains, poignets, coudes, ombilic, fesses, organes génitaux — respecte le visage chez l’adulte
Signe spécifique Sillons acariens (trajet sinueux sous-cutané de 1 à 3 cm)
Contagiosité Très élevée — traitement simultané de tout l’entourage obligatoire
Délai d’incubation 3 à 6 semaines lors d’une primo-infection (prurit retardé — piège diagnostique)
Traitement Ivermectine (Stromectol®) per os ou benzoate de benzyle (Ascabiol®) — traitement simultané de tous les contacts

→ Article détaillé : gale — diagnostic et traitement complet

Mycoses tropicales

La chaleur, l’humidité, la transpiration et la marche pieds nus favorisent considérablement les infections fongiques au retour des tropiques.

Mycose Aspect Localisation Page dédiée
Pied d’athlète (tinea pedis) Desquamation blanchâtre, fissures interdigitales, prurit Espaces entre les orteils Mycose des pieds
Onychomycose Ongle épaissi, jaunâtre, friable Ongles des pieds ++ Mycose des ongles
Teigne (tinea capitis) Plaques d’alopécie squameuses du cuir chevelu — surtout enfant Cuir chevelu Mycoses de la peau
Pityriasis versicolor Taches décolorées ou brun clair, non prurigineuses, confluentes Tronc, épaules, décolleté — favorisé par la chaleur et la transpiration Mycoses de la peau
Herpès circiné (dermatophytose) Plaque circulaire à bord actif squameux, prurigineux Peau glabre — corps, plis Mycoses de la peau

Lésions post-piqûres et envenimations

Agent Lésion cutanée Risque associé Page dédiée
Moustique Papule prurigineuse rosée — réaction urticarienne parfois sévère Transmission arbovirus (dengue, zika, chikungunya, oropouche), paludisme Piqûres de moustique
Tique Érythème migrant (plaque rouge annulaire croissante > 5 cm) Maladie de Lyme, autres rickettsioses Tique — comment l’enlever
Méduse Traçé linéaire urticarien, brûlure intense Réaction allergique sévère possible Brûlure de méduse
Araignée / scorpion Zone nécrotique centrale entourée d’érythème et d’œdème Envenimation systémique selon l’espèce — urgences si signes généraux Piqûre d’araignée
Aoûtat Papules prurigineuses en ligne ou en groupe, surtout jambes et ceinture Bénin — traitement antihistaminique Aoûtat

Photosensibilisation et coups de soleil tropicaux

L’exposition solaire est plus intense sous les tropiques (rayonnement UV direct, réverbération mer/sable). Certains médicaments pris en prévention des infections du voyage augmentent fortement le risque de phototoxicité.

Médicament Risque Précaution
Doxycycline (antipaludéen, anti-infectieux) Phototoxicité élevée — coups de soleil sévères sur zones exposées SPF 50+ obligatoire, vêtements couvrants, éviter les heures d’ensoleillement max
Méfloquine (Lariam® — antipaludéen) Phototoxicité modérée Protection solaire renforcée
Fluoroquinolones (antibiotiques voyage) Photosensibilisation possible Éviter l’exposition prolongée pendant le traitement

→ Voir aussi : soleil et peauprotéger les enfants du soleilchoisir sa crème solaire

Parasites de plage et eau stagnante

Les parasites contractés sur la plage ou en eau douce stagnante (larva migrans cutanée, bilharzioses, ankylostomiase, anguillulose, dermite des nageurs) font l’objet d’un guide détaillé :

Maladies du sable et de la plage — guide complet

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Questions fréquentes

Comment distinguer la dengue du chikungunya ou du zika ?

Cliniquement, c’est difficile — les trois partagent fièvre, éruption maculopapuleuse et arthralgies. Quelques différences orientent : les arthralgies très intenses et prolongées évoquent le chikungunya, la thrombopénie et les « îlots de peau saine » dans l’éruption évoquent la dengue, la conjonctivite bilatérale et le prurit prédominant évoquent le zika. Seul un bilan sérologique (PCR à J5–J7, sérologie à J7–J10) permet de trancher.

Qu’est-ce que l’oropouche et est-ce dangereux ?

L’oropouche est un arbovirus transmis principalement par un moucheron (Culicoides paraensis), historiquement confiné en Amazonie. En 2024, une émergence internationale a été documentée (Cuba, autres Caraïbes). Le tableau clinique ressemble à la dengue — fièvre, céphalées, éruption — avec des formes neurologiques (méningite) décrites. Un risque fœtal est suspecté mais en cours d’évaluation. Il n’existe pas de vaccin ni de traitement spécifique.

Faut-il prendre des médicaments préventifs contre les moustiques ?

La prophylaxie antipalustre est indispensable pour les zones d’endémie à P. falciparum (Afrique subsaharienne, Amazonie). Pour les arbovirus (dengue, zika, chikungunya, oropouche), il n’existe pas de prophylaxie médicamenteuse — la protection repose sur les répulsifs cutanés (DEET, icaridine), les vêtements couvrants et les moustiquaires, y compris la nuit.

J’ai des démangeaisons depuis mon retour — est-ce la gale ?

C’est possible si le prurit est à prédominance nocturne, touche les espaces interdigitaux des mains, les poignets, les coudes et les fesses, et s’il s’aggrave depuis plusieurs semaines. Attention : lors d’une primo-infection, la gale peut ne se manifester que 3 à 6 semaines après le contage — le lien avec le voyage peut sembler non évident. Un traitement par ivermectine est prescrit sur ordonnance après confirmation diagnostique.

Combien de temps après le retour peut-on développer une infection tropicale ?

Les délais varient considérablement selon l’agent : quelques jours pour la dengue ou le chikungunya (incubation 3–14 jours), 3 à 6 semaines pour la gale, 7 à 30 jours pour le paludisme à P. falciparum (mais pouvant aller jusqu’à 3 mois pour P. vivax), quelques semaines à mois pour les bilharzioses. Il est donc essentiel de mentionner tout voyage récent lors d’une consultation médicale, même plusieurs semaines après le retour.

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La gale au debut : un diagnostic parfois difficile

Mis à jour le 20 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : La gale débute souvent par des démangeaisons nocturnes, d’abord localisées aux espaces inter-digitaux, aux poignets et à l’abdomen. Les premiers symptômes apparaissent 3 à 6 semaines après la contamination chez les sujets non immunisés — une période pendant laquelle la personne est déjà contagieuse sans le savoir. En France, environ 300 000 cas sont recensés chaque année.

— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Démangeaisons la nuit dans le lit : est-ce la gale ?

Les démangeaisons qui s’intensifient le soir et la nuit, dès que vous vous glissez sous les draps, sont l’un des signes les plus caractéristiques de la gale. Le sarcopte responsable de la gale se déplace sous la peau surtout lorsqu’il fait chaud. La chaleur des draps l’active — et les démangeaisons s’intensifient. Si vous vous grattez partout quand vous êtes dans votre lit, c’est un signal à prendre au sérieux.

Attention cependant : d’autres causes peuvent expliquer des démangeaisons nocturnes, comme la dermatite atopique, le prurit lié à la sécheresse de la peau ou encore les piqûres d’insectes (notamment les punaises de lit). Seul un médecin — et notamment un dermatologue — peut poser le diagnostic avec certitude.

Avez-vous été en contact intime avec quelqu’un environ 3 semaines avant les démangeaisons ?

L’incubation de la gale est d’environ 3 semaines et elle s’attrape le plus souvent par contact intime et prolongé de peau à peau : rapport sexuel, nuit passée chez quelqu’un, échange de vêtements ou literie contaminée. Le début de la gale a lieu en général environ 3 semaines après la transmission de la gale.

Si vous avez eu ce type de contact dans les 3 semaines précédant vos démangeaisons, la probabilité d’une gale augmente significativement. Voir comment on attrape la gale.

Votre entourage se gratte-t-il aussi ?

Il n’est pas rare qu’une personne de l’entourage se démange également — partenaire, membre de la famille, ami chez qui on a dormi. La gale est très contagieuse au sein d’un foyer. Ces personnes sont parfois diagnostiquées à tort comme un eczéma. Si plusieurs personnes autour de vous se grattent en même temps, c’est un signe très évocateur de gale.

Où se situent les démangeaisons sur le corps ?

Les zones les plus touchées au début de la gale sont caractéristiques et permettent d’orienter le diagnostic :

  • Espaces entre les doigts (espaces interdigitaux des mains)
  • Face antérieure des poignets
  • Coudes
  • Zone devant les aisselles
  • Ventre et nombril
  • Fesses et face interne des cuisses
  • Chez l’homme : organes génitaux

Le visage et le cou sont en règle générale épargnés chez l’adulte. Le dos est souvent moins atteint que les autres régions du corps. Si vos démangeaisons correspondent à ces zones, consultez rapidement.

Tableau récapitulatif : gale vs autres causes de prurit nocturne

Critère Gale Eczéma Punaises de lit
Prurit nocturne Très intense, typique Présent, variable Présent
Contagion entourage Oui, fréquente Non Possible (literie)
Zones atteintes Mains, poignets, génitaux Plis, visage, nuque Zones découvertes
Sillons cutanés Oui (pathognomoniques) Non Non
Traitement Scabicide (ivermectine) Dermocorticoïdes Élimination insectes

À quoi ressemblent les boutons de la gale au début ?

Au tout début de la gale, les lésions cutanées peuvent être discrètes et difficiles à identifier. On peut observer de petites vésicules (cloques minuscules), des papules rouges et des sillons scabieux — de petits traits grisâtres sinueux sous la peau, tracés par le sarcopte. Ces sillons sont pathognomoniques de la gale, c’est-à-dire qu’ils signent le diagnostic.

Le saviez-vous ? La dermoscopie (examen à la loupe dermoscopique) permet de visualiser directement le sarcopte au bout du sillon — c’est le signe du « jet d’avion » ou « delta-wing ». Cette technique augmente la sensibilité diagnostique à plus de 90 %, y compris dans les formes peu symptomatiques.

Gale ou autre cause de démangeaisons nocturnes ?

Toutes les démangeaisons nocturnes ne sont pas une gale. Voici les principales causes à distinguer :

Attention : La gale des gens propres peut ne présenter aucun sillon visible. Des bains fréquents éliminent mécaniquement les sillons superficiels. Le diagnostic peut alors être retardé de plusieurs semaines, augmentant le risque de transmission à l’entourage.

Que faire si vous suspectez une gale ?

Si vous présentez plusieurs de ces signes, consultez sans tarder. Votre médecin recherchera des boutons et sillons de la gale et vous prescrira un traitement de la gale adapté. Il faudra également traiter simultanément toutes les personnes du foyer et désinfecter le linge et la literie.

Conseil pratique : Ne tardez pas — plus la gale est traitée tôt, plus le traitement est simple et efficace. En cas de gale confirmée, lavez le linge à 60 °C ou placez-le en sac plastique fermé pendant 72 h. L’ivermectine orale en prise unique est le traitement de référence chez l’adulte de plus de 15 kg.
⚠️ Consultez en urgence si : démangeaisons intenses nocturnes inexpliquées avec plusieurs personnes touchées dans l’entourage ; plaques suspectes entre les doigts ou sur les poignets ; retour de voyage avec prurit généralisé. En collectivité (EHPAD, crèche, caserne), un seul cas doit déclencher une alerte et un traitement simultané de tous les contacts proches — la gale hyperkératosique (norvégienne) est une urgence médicale avec contagiosité extrême.

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Questions fréquentes sur la gale au début

Comment savoir si j’ai la gale ou simplement des démangeaisons ?

La gale se distingue par des démangeaisons qui s’intensifient la nuit dans le lit, localisées dans des zones caractéristiques (mains, poignets, ventre, fesses, organes génitaux), et souvent présentes chez plusieurs personnes de l’entourage en même temps. Un contexte de contage (contact intime dans les 3 semaines précédentes) renforce fortement la suspicion. Seul un médecin ou dermatologue peut confirmer le diagnostic en identifiant les sillons scabieux, éventuellement à la dermoscopie.

La gale gratte-t-elle surtout la nuit ?

Oui, c’est l’une des caractéristiques les plus typiques de la gale. La chaleur du lit active le sarcopte qui creuse des galeries sous la peau, ce qui provoque des démangeaisons intenses dès qu’on se couche. Ce prurit nocturne, quasi systématique, est un argument diagnostique majeur qui doit orienter rapidement vers une consultation.

Peut-on attraper la gale dans son lit ?

La transmission par la literie est possible mais moins fréquente que le contact direct peau à peau. Le sarcopte peut survivre 2 à 3 jours en dehors de la peau. Dormir dans un lit récemment utilisé par une personne atteinte peut suffire à la transmission, c’est pourquoi la désinfection de la literie fait partie intégrante du protocole de traitement.

Combien de temps après la contamination apparaissent les premiers symptômes ?

La période d’incubation de la gale est d’environ 3 à 6 semaines pour une première contamination. En cas de réinfestation chez une personne déjà immunisée, les symptômes peuvent apparaître beaucoup plus rapidement, en 1 à 4 jours. Pendant toute cette phase silencieuse, la personne contaminée est déjà contagieuse.

Quels sont les tout premiers signes de la gale ?

Les premiers signes apparaissent 3 à 6 semaines après la contamination (délai d’incubation lors d’une primo-infestation). Ils consistent en démangeaisons diffuses à recrudescence nocturne, initialement discrètes, et en sillons caractéristiques (fins traits grisâtres de 5 à 15 mm) entre les doigts, sur les poignets, autour des mamelons chez la femme et sur le pénis chez l’homme. Des nodules scabieux rouge-brun peuvent également apparaître sur le scrotum. Les démangeaisons précèdent souvent les lésions visibles.

Comment distinguer la gale débutante d’un eczéma ?

La gale débutante peut mimer un eczéma de contact, mais plusieurs éléments orientent vers la gale : prurit strictement nocturne s’intensifiant après le coucher, atteinte simultanée de plusieurs membres de la famille, localisation caractéristique aux espaces inter-digitaux, poignets, organes génitaux, et présence de sillons fins visibles à la loupe ou au dermoscope. L’absence d’antécédent d’eczéma et le contexte de contage récent sont également très parlants.

Peut-on avoir la gale sans sillons visibles ?

Oui, notamment au début de l’infestation et chez les personnes très propres (gale des gens propres) qui se lavent fréquemment : le grattage répété peut détruire les sillons superficiels. La dermoscopie augmente la sensibilité diagnostique à environ 90 % en visualisant directement le corps de l’acarien au bout du sillon. En l’absence de sillons, le diagnostic repose sur le faisceau d’arguments cliniques et le contexte épidémiologique.

La gale peut-elle guérir seule sans traitement ?

Non. Sans traitement, la gale ne guérit jamais spontanément — le nombre d’acariens augmente progressivement et les symptômes s’aggravent. Elle peut évoluer vers une gale hyperkératosique (norvégienne) chez les personnes immunodéprimées, avec des millions d’acariens et une contagiosité extrême. Un traitement scabicide (ivermectine orale ou perméthrine crème) est indispensable, appliqué simultanément à tous les contacts proches.

Qu’est-ce que le prurigo post-scabieux après traitement ?

Après un traitement bien conduit de la gale, les démangeaisons peuvent persister 2 à 4 semaines. C’est le prurigo post-scabieux : une réaction allergique résiduelle aux acariens morts et à leurs déjections — ce n’est pas un signe d’échec thérapeutique. Des antihistaminiques oraux et des dermocorticoïdes légers soulagent ce prurit résiduel. Si les démangeaisons persistent au-delà de 4 semaines ou si de nouvelles lésions apparaissent, un deuxième traitement doit être envisagé avec avis médical.

Références scientifiques

  1. Romani L, Steer AC, Whitfeld MJ, Kaldor JM. Prevalence of scabies and impetigo worldwide: a systematic review. Lancet Infect Dis. 2015;15(8):960-7. PMID 26237403
  2. Currie BJ, McCarthy JS. Permethrin and ivermectin for scabies. N Engl J Med. 2010;362(8):717-25. PMID 20181973
  3. Mounsey KE, McCarthy JS, Walton SF. Scratching the itch: new tools to advance understanding of scabies. Trends Parasitol. 2013;29(1):35-42. PMID 23931694

Source : HAS — Recommandations sur la prise en charge des dermatoses prurigineuses

Monkeypox : la variole du singe : causes, symptômes et traitement

Mpox (variole du singe) : symptômes cutanés, contagion, traitement et vaccination (2026)

En bref : Le mpox (anciennement variole du singe) est une infection virale due au virus Monkeypox, un orthopoxvirus. Il provoque de la fièvre, des ganglions et une éruption cutanée caractéristique évoluant par stades uniformes — tache, papule, vésicule, pustule, croûte — touchant souvent le visage, les paumes et la région génitale. En France, le clade IIb circule à bas bruit depuis 2022 (215 cas en 2024) et le clade Ib, plus récent et potentiellement plus sévère, a été détecté pour la première fois en janvier 2025 ; une résurgence est notée début 2026. La prise en charge est principalement symptomatique avec isolement à domicile ; la vaccination par IMVANEX® est recommandée pour les contacts à risque. Dr Rousseau, dermatologue — mis à jour mai 2026.

vésicule de mpox variole du singe

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Situation épidémique actuelle en France et en Europe (2026)

Le mpox existe sous deux clades (lignées virales) aux comportements épidémiologiques distincts :

Clade Situation en France Niveau de risque (ECDC)
Clade IIb Circulation à bas bruit depuis 2022 — 215 cas déclarés en 2024 (∼3/semaine fin 2024) Faible pour la population générale
Clade Ib Premier cas autochtone détecté en Bretagne (janvier 2025) ; résurgence début 2026 en France métropolitaine et à La Réunion Modéré pour les HSH* ; faible pour la population générale

*HSH : hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes

ℹ️ Clade Ib : nouveau mode de transmission en Europe

Depuis l’automne 2025, plusieurs pays européens (Suède, Allemagne, Belgique, Royaume-Uni, France, Espagne, Italie…) ont rapporté des cas de clade Ib chez des personnes sans antécédent de voyage récent, principalement parmi des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Des transmissions intrafamiliales secondaires restent possibles mais ont été peu nombreuses à ce jour.

Symptômes du mpox : de la fièvre à l’éruption cutanée

La période d’incubation dure en moyenne une à deux semaines, avec des extrêmes de 5 à 21 jours selon les données épidémiologiques disponibles.

La maladie débute par une phase prodromique de 1 à 5 jours associant :

  • Fièvre — souvent élevée (38,5–40°C)
  • Céphalées et douleurs musculaires (myalgies)
  • Fatigue intense
  • Adénopathies (ganglions) — notamment cervicales, axillaires ou inguinales, souvent volumineuses ; c’est un signe distinctif par rapport à la varicelle et à la variole classique

Le patient est contagieux dès l’apparition des premiers symptômes et cesse de l’être lorsque toutes les croûtes sont tombées et que les lésions sont entièrement cicatrisées.

Dans les premiers jours suivant la fièvre apparaît l’éruption cutanée, qui débute fréquemment sur le visage avant de s’étendre à d’autres zones, dont les paumes des mains, les plantes des pieds et la région génitale. Les muqueuses (buccale, oculaire, génitale) peuvent également être atteintes. La maladie dure généralement 2 à 4 semaines au total.

Les stades successifs de l’éruption : une évolution uniforme

C’est l’une des caractéristiques cliniques les plus utiles pour le diagnostic : les lésions du mpox évoluent de façon synchrone et uniforme — toutes les lésions d’une même zone sont au même stade au même moment, contrairement à la varicelle où différents stades coexistent simultanément.

Stade Aspect Durée approximative
Macule Tache rouge plane 1–2 jours
Papule Relief ferme, non liquide 1–2 jours
Vésicule Cloque translucide remplie de liquide clair 1–2 jours
Pustule Liquide trouble ou purulent, ombilication centrale fréquente 5–7 jours
Croûte puis cicatrice Dessèchement, chute de la croûte, parfois cicatrice déprimée résiduelle 7–14 jours
vésicule de mpox variole du singe
Vésicule (« cloque d’eau ») caractéristique du mpox
boutons de la variole du singe stades
Tableau des phases de l’éruption du mpox (source COREB)

✅ Signe distinctif clé : prurit faible et évolution uniforme

Les lésions de mpox démangent peu (contrairement à la varicelle qui est très prurigineuse) et évoluent de façon synchrone. Ce double critère est un élément d’orientation diagnostique utile en consultation.

Diagnostic différentiel : ne pas confondre avec…

Plusieurs éruptions cutanées peuvent ressembler au mpox, notamment avant l’apparition des vésicules caractéristiques :

Varicelle

varicelle vésicule
Vésicule de varicelle, comme « une goutte de rosée sur peau rouge »

La varicelle est l’éruption vésiculeuse la plus fréquente en France. Elle se distingue du mpox par plusieurs critères : elle touche rarement les paumes et les plantes, évolue en plusieurs poussées successives (lésions à stades différents coexistant), démange intensément et ne s’accompagne pas d’adénopathies volumineuses.

Mégalérythème épidémique (5e maladie)

mégalérythème épidémique joues rouges enfant
Érythème souffleté des joues du mégalérythème épidémique

Chez l’enfant, l’érythème souffleté des joues (aspect de « gifle ») du mégalérythème épidémique (parvovirus B19) peut ressembler à la phase initiale du mpox, mais il n’est pas accompagné de vésicules ni de ganglions importants.

Urticaire

Urticaire — plaques gonflées fugaces sans vésicules

L’urticaire, notamment des membres inférieurs, peut être évoquée avant l’apparition des vésicules, mais ses plaques sont fugaces (disparaissant en moins de 24h), sans fièvre ni ganglions.

Autres diagnostics à évoquer

  • Rougeole — éruption débutant derrière les oreilles et dans le cou, sans vésicules
  • Variole vraie — éradiquée par la vaccination depuis 1979 et ne comportant pas d’adénopathies
  • Impétigo bulleux — lésions bactériennes sans fièvre d’emblée ni ganglions diffus
  • Gale de l’enfant avec vésicules des mains et des pieds — mais sans fièvre ni adénopathies
  • Syndrome pieds-mains-bouche — vésicules périorales et palmoplantaires chez l’enfant
  • Toxidermie médicamenteuse — à évoquer en cas de prise médicamenteuse récente

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Comment se contamine-t-on au virus mpox ?

La transmission du virus mpox emprunte plusieurs voies :

Transmission animal → humain (zoonose)

En Afrique, les réservoirs animaux sont des rongeurs (écureuils, rats, loirs) et certaines espèces de singes. La contamination se fait par morsure, griffure, contact avec des fluides biologiques animaux ou préparation de viande de brousse. En Europe, il n’existe pas de réservoir animal autochtone connu.

Transmission interhumaine

  • Contact cutané direct avec les lésions ou les fluides biologiques d’une personne infectée — principal mode lors des épidémies récentes en Europe, incluant les rapports sexuels
  • Gouttelettes respiratoires — nécessite un contact prolongé face à face (à moins de quelques mètres) ; moins efficace que pour la Covid-19 ou la rougeole
  • Contact indirect avec du linge, des vêtements ou de la literie contaminés par les lésions
  • Transmission mère-enfant pendant la grossesse (voie transplacentaire possible) ou au moment de l’accouchement

⚠️ Maladie à déclaration obligatoire

Le mpox est une maladie à déclaration obligatoire en France. Tout cas suspect doit être signalé sans délai à l’Agence régionale de santé (ARS). Les cas confirmés et probables font l’objet d’une déclaration obligatoire via le formulaire dédié.

Formes graves et populations à risque

Dans la majorité des cas, le mpox est une maladie résolutive en 2 à 4 semaines sans séquelle. Cependant, certaines populations présentent un risque de forme sévère :

🚨 Populations nécessitant une vigilance particulière

  • Personnes immunodéprimées (VIH non contrôlé, traitements immunosuppresseurs, hémopathies)
  • Femmes enceintes — risque de transmission fœtale et de formes graves
  • Nourrissons et très jeunes enfants
  • Patients présentant une éruption majeure (plus de 100 vésicules)

Les complications possibles incluent la surinfection bactérienne des lésions cutanées, les atteintes respiratoires, digestives, ophtalmologiques (kératite) et neurologiques (encéphalite — rare). Le taux de mortalité est inférieur à 0,5 % pour le clade Ib dans les données disponibles hors Afrique ; il est plus élevé pour le clade Ia dans les contextes à ressources limitées.

Hormis ces populations vulnérables, les cas de mpox ne nécessitent généralement pas d’hospitalisation et font l’objet d’une recommandation d’isolement à domicile. Un arrêt de travail ou une mise en télétravail peuvent être délivrés pour respecter cet isolement pendant 3 semaines à compter du début des signes.

Que faire en cas de suspicion de mpox ?

✅ Conduite à tenir pratique

  1. Appeler le SAMU — Centre 15 pour être orienté vers la filière adaptée
  2. Éviter les transports en commun ; préférer un véhicule personnel ou une ambulance pour se rendre au lieu de prélèvement
  3. Si les transports en commun sont inévitables : porter un masque, couvrir les lésions, friction régulière avec solution hydroalcoolique
  4. Le diagnostic est confirmé par prélèvement d’une vésicule pour PCR, réalisé idéalement dans un établissement de santé de référence (ESR) ou en ville si l’ESR est éloigné
  5. S’isoler à domicile en attendant les résultats et pendant toute la durée de contagiosité

Traitement du mpox

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique validé en traitement systématique de première ligne. La prise en charge repose principalement sur un traitement symptomatique :

  • Antalgiques/antipyrétiques (paracétamol) pour la fièvre et la douleur
  • Antihistaminiques si prurit marqué
  • Désinfection locale des lésions pour prévenir la surinfection bactérienne

Dans les formes sévères ou chez les patients à risque, un traitement spécifique peut être discuté au cas par cas en milieu spécialisé :

  • Tecovirimat (SIGA) — antiviral spécifique des orthopoxvirus, disponible en ATU en France pour les formes graves
  • Brincidofovir ou cidofovir — alternatives antivirales à envisager selon l’expertise infectiologique
  • Immunoglobulines antivarioliques — en cas d’immunodépression sévère

Vaccination contre le mpox

Les personnes nées avant 1977 ont été vaccinées contre la variole et bénéficient d’une protection croisée partielle contre le mpox, dont le niveau exact reste difficile à quantifier à cette distance temporelle.

Le vaccin disponible en France est IMVANEX® (vaccin antivariolique de 3e génération, non réplicatif), recommandé dans les situations suivantes :

Population Indication Délai optimal
Contacts à risque d’un cas confirmé Vaccination réactive post-exposition Préférentiellement dans les 4 jours (jusqu’à 14 jours max)
HSH à partenaires multiples Vaccination préventive recommandée Dès que possible
Travailleurs du sexe Vaccination préventive recommandée Dès que possible
Professionnels de santé exposés sans protection Vaccination réactive post-exposition Dans les 4 jours suivant l’exposition

L’orientation vers la vaccination se fait via l’ARS, après une consultation ou téléconsultation avec un infectiologue permettant d’évaluer la balance bénéfice-risque individuelle et de recueillir le consentement. La vaccination est gratuite pour les publics cibles.

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Questions fréquentes sur le mpox

Comment distinguer le mpox de la varicelle ?

Plusieurs critères orientent vers le mpox plutôt que la varicelle : les lésions évoluent de façon uniforme (même stade au même moment), touchent les paumes et les plantes, s’accompagnent d’adénopathies volumineuses et démangent peu. La varicelle présente des lésions à stades multiples coexistants, épargne généralement les paumes et les plantes, et provoque un prurit intense. La confirmation est virologique dans les deux cas si nécessaire.

Le mpox est-il une infection sexuellement transmissible ?

Le contact sexuel (incluant les contacts cutanéo-muqueux étroits) est le principal mode de transmission lors des épidémies récentes en Europe, notamment parmi les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Il ne s’agit cependant pas d’une IST au sens strict : le virus peut se transmettre par tout contact peau à peau avec une lésion active, quelle que soit la nature du contact. Des transmissions intrafamiliales non sexuelles ont été documentées.

Le mpox est-il dangereux pour les enfants ?

Les très jeunes enfants et les nourrissons font partie des populations à surveiller de plus près en raison d’un risque de forme sévère plus élevé. Des cas de transmission intrafamiliale avec atteinte pédiatrique ont été rapportés en Europe (notamment en Allemagne). En pratique, tout enfant présentant une éruption vésiculeuse avec fièvre et ganglions doit être évalué médicalement rapidement.

Quelle est la différence entre le clade Ib et le clade IIb ?

Le clade IIb est à l’origine de l’épidémie mondiale de 2022 et continue de circuler à bas bruit en France. Le clade Ib, plus récent en Europe, provient d’Afrique centrale ; il présente potentiellement des caractéristiques de transmission légèrement différentes et concerne des publics plus larges incluant des cas sans voyage récent. Les deux clades se préviennent et se traitent de la même façon.

Peut-on se faire vacciner si on n’a pas été en contact avec un cas ?

La vaccination préventive (avant exposition) est recommandée pour certains groupes à risque élevé : hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes à partenaires multiples et travailleurs du sexe. Pour la population générale sans facteur de risque identifié, la vaccination n’est pas recommandée en routine à ce stade. Contactez votre médecin ou l’ARS pour évaluer votre situation personnelle.

Peut-on consulter un dermatologue par téléconsultation pour une suspicion de mpox ?

Une téléconsultation permet d’évaluer rapidement l’éruption sur photographies et d’orienter vers la filière adaptée (SAMU, ESR, PCR). Elle ne se substitue pas au prélèvement virologique nécessaire pour confirmer le diagnostic, mais constitue un premier triage utile, en particulier pour éviter des déplacements inutiles en transports en commun.

🔬 Éruptions vésiculeuses à différencier

🌡️ Maladies infectieuses avec éruption

Références médicales

  • PMID 35866633 — Thornhill JP et al. Monkeypox virus infection in humans across 16 countries. N Engl J Med. 2022.
  • PMID 36223152 — Mitjà O et al. Mpox in people with advanced HIV infection. Lancet. 2023.
  • PMID 39488814 — Kibungu EM et al. Clade I–associated mpox cases in the Democratic Republic of the Congo. N Engl J Med. 2024.
  • PMID 36198642 — Siegrist EA, Sassine J. Antivirals with activity against mpox: a clinically oriented review. Clin Infect Dis. 2023.

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Mis à jour mai 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, fondateur de Dermatonet.com. Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale individuelle.


Zona intercostal : douleurs du ventre et du dos, traitement

Zona intercostal, du dos et du ventre (zona des côtes)


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Vidéo : zona intercostal — Dr Rousseau, dermatologue Bordeaux

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Qu’est-ce que le zona intercostal ?

Le zona intercostal est la forme la plus fréquente de zona, représentant environ 50 % des cas. Il correspond à la réactivation du Virus Varicelle-Zona (VZV) au niveau d’un nerf intercostal — le nerf sensitif qui chemine entre deux côtes, de la colonne vertébrale jusqu’à la face antérieure du thorax ou de l’abdomen.

Comme toutes les formes de zona, il évolue en deux phases successives caractéristiques : une phase douloureuse précédant l’éruption, puis une phase éruptive cutanée. Ce décalage temporel entre douleur et éruption est un élément clé du diagnostic. Les symptômes restent strictement unilatéraux, confinés au territoire innervé par le nerf atteint.

💡 Signe diagnostique essentiel
Douleur thoracique ou abdominale unilatérale apparaissant 3 à 4 jours avant toute éruption cutanée visible → penser au zona intercostal. Ce tableau peut mimer une douleur cardiaque, pleurale ou abdominale et conduire à des explorations inutiles si le diagnostic n’est pas évoqué.


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Phase douloureuse

Le zona intercostal débute par une douleur thoracique unilatérale, pendant 3 à 4 jours avant l’apparition de toute lésion cutanée. Cette douleur est typiquement décrite comme :

  • Une brûlure ou sensation de cuisson le long d’une bande du thorax ou de l’abdomen
  • Des douleurs fulgurantes ou lancinantes, exacerbées au contact des vêtements
  • Parfois une simple hypersensibilité cutanée (allodynie) dans le territoire concerné

Des adénopathies axillaires (ganglions dans l’aisselle) peuvent être palpées du côté atteint. À ce stade sans éruption visible, le diagnostic est difficile et souvent évoqué à tort comme une douleur musculaire, une pleurite ou une pathologie cardiovasculaire.

Phase d’éruption du zona intercostal

L’éruption apparaît 3 à 4 jours après le début des douleurs. Elle est unilatérale, en bande, s’étendant en hémiceinture depuis la colonne vertébrale vers l’abdomen ou le thorax antérieur, en suivant le trajet du nerf intercostal concerné. Elle s’arrête strictement à la ligne médiane.

Zona intercostal
Zona intercostal

L’évolution des lésions suit une séquence caractéristique :

  1. Plaques érythémateuses (rougeurs) sur fond légèrement œdémateux
  2. Vésicules en bouquet sur fond rouge, pouvant confluer en bulles
  3. Trouble et flétrissement des vésicules en 2 à 3 jours
  4. Croûtes qui tombent en 10 à 15 jours

Quelques lésions satellites peuvent exceptionnellement apparaître du côté opposé, sans remettre en cause le caractère unilatéral dominant du tableau.

Zona sur le ventre
Zona sur le ventre
Zona du dos
Zona du dos

Évolution et cicatrisation

La guérison survient en 2 à 4 semaines. Elle laisse parfois des cicatrices séquellaires dans le territoire concerné :

  • Hyposensibilité (zone engoourdie, insensible au toucher)
  • Hypersensibilité persistante, pouvant évoluer vers des douleurs post-zostériennes (névralgie post-zostérienne)
🚨 Névralgie post-zostérienne
C’est la complication la plus redoutée du zona intercostal : des douleurs persistantes au-delà de 3 mois après la guérison cutanée, parfois très invalidantes. Elle survient surtout chez les patients de plus de 50 ans. Le traitement antiviral précoce (dans les 72 h) en réduit significativement le risque.

Soins locaux du zona intercostal

Les soins locaux visent principalement à prévenir la surinfection bactérienne des lésions vésiculeuses et bulleuses, qui pourrait retarder la cicatrisation et aggraver les douleurs.

  • Douche quotidienne avec un savon dermatologique doux (sans frotter les lésions)
  • Application d’un antiseptique local doux (chlorhexidine aqueuse de préférence) sur les vésicules
  • En cas de doute de surinfection bactérienne (lésions purulentes, croûtes mélicériques), sur moins de 2 % de la surface corporelle : application d’une crème antibiotique locale (Fucidine®) 3 fois par jour pendant une semaine
⚠ Surinfection étendue
En cas de surinfection bactérienne touchant plus de 2 % de la surface corporelle, ou d’extension rapide des signes infectieux (rougeur, chaleur, œdème progressifs), des antibiotiques par voie orale sont nécessaires. Consultez rapidement.

Soins généraux : antalgiques et antiviraux

Le zona typique guérit spontanément en quelques semaines. Le traitement systémique a pour objectif principal de réduire la durée et l’intensité des douleurs, et surtout de prévenir la névralgie post-zostérienne. Il doit impérativement être débuté dans les 72 premières heures suivant l’éruption.

Antalgiques

Des antalgiques par voie orale sont prescrits dès la phase douloureuse pour contrôler la douleur aiguë. Selon l’intensité, ils vont du paracétamol aux antalgiques de palier 2 ou 3. Des traitements adjuvants (antiépileptiques, antidépresseurs) peuvent être ajoutés d’emblée chez les patients à haut risque de névralgie post-zostérienne.

Antiviraux par voie orale

Les antiviraux (aciclovir, valaciclovir, famciclovir) réduisent la réplication virale, accélèrent la cicatrisation et diminuent le risque de névralgie post-zostérienne. La voie orale est la règle en ambulatoire ; la voie intraveineuse est réservée aux patients immunodéprimés et aux formes graves.

Situation Molécule Posologie Durée
Plus de 50 ans
(prévention névralgie post-zostérienne)
Valaciclovir 1 g × 3/j 7 jours
Famciclovir 500 mg × 3/j 7 jours
Aciclovir 800 mg × 5/j 7 jours
Moins de 50 ans
(si facteurs prédictifs de névralgie)
Valaciclovir 1 g × 3/j 7 jours
Famciclovir 500 mg × 3/j 7 jours
🚨 Fenêtre thérapeutique critique
L’efficacité des antiviraux est maximale lorsqu’ils sont débutés dans les 72 heures suivant l’apparition des premières vésicules. Au-delà, le bénéfice sur la prévention de la névralgie post-zostérienne diminue fortement. Ne tardez pas à consulter.

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Questions fréquentes (FAQ)

Comment reconnaître un zona intercostal avant l’éruption ?

Une douleur thoracique ou abdominale unilatérale à type de brûlure, sans cause cardiaque ou pulmonaire identifiée, doit faire évoquer un zona intercostal débutant. L’éruption cutanée n’apparaissant que 3 à 4 jours après la douleur, le diagnostic précoce repose sur la clinique. Consultez rapidement pour ne pas manquer la fenêtre thérapeutique antivirale.

Le zona intercostal peut-il être confondu avec une crise cardiaque ?

Oui, notamment lorsqu’il touche le côté gauche du thorax. La douleur unilatérale et brûlante du zona peut mimer une douleur angineuse. L’absence de modification électrocardiographique et l’apparition secondaire d’une éruption cutanée en bande permettent de redresser le diagnostic.

Le zona intercostal est-il dangereux ?

Dans la grande majorité des cas, il guérit sans séquelles en 2 à 4 semaines. Le principal risque est la névralgie post-zostérienne, douleur chronique persistant au-delà de 3 mois, surtout après 50 ans. Un traitement antiviral précoce en réduit significativement l’incidence.

Peut-on travailler quand on a un zona intercostal ?

Cela dépend de l’intensité des douleurs et de la nature du travail. Un arrêt de travail est souvent justifié en phase aiguë. Les lésions cutanées vésiculeuses pouvant être contagieuses pour les personnes non immunisées contre la varicelle, évitez tout contact étroit avec des personnes à risque (femmes enceintes non immunisées, nourrissons, immunodéprimés).

Faut-il couvrir les lésions de zona ?

Oui, couvrir les lésions vésiculeuses avec un pansement non adhésif propre réduit le risque de transmission du VZV à l’entourage et protège les lésions d’une irritation mécanique par les vêtements. Évitez les pansements occlusifs qui macèrent.

Combien de temps dure la phase douloureuse du zona intercostal ?

La douleur aiguë cède généralement avec la disparition des lésions en 2 à 4 semaines. Lorsqu’elle persiste au-delà de 3 mois, on parle de névralgie post-zostérienne, qui nécessite une prise en charge spécifique (antiépileptiques, antidépresseurs tricycliques, patch de lidocaïne).


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Voir aussi : Le zona intercostal est une urgence thérapeutique relative : le traitement antiviral n’est efficace que s’il est débuté dans les 72 premières heures. En cas de douleur thoracique ou abdominale unilatérale inexpliquée, pensez au zona avant même l’apparition de l’éruption et consultez sans attendre.

Références scientifiques

  • Gnann JW Jr, Whitley RJ. Herpes zoster. N Engl J Med. 2002;347(5):340-346. PMID 12151472
  • Dworkin RH, Johnson RW, Breuer J, et al. Recommendations for the management of herpes zoster. Clin Infect Dis. 2007;44(Suppl 1):S1-26. PMID 17143845
  • Tyring SK, Beutner KR, Tucker BA, et al. Antiviral therapy for herpes zoster: randomized, controlled clinical trial of valacyclovir and famciclovir therapy in immunocompetent patients 50 years and older. Arch Fam Med. 2000;9(9):863-869. PMID 11031393
  • Société Française de Dermatologie (SFD). Recommandations de prise en charge du zona. sfdermato.org

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Mis à jour le 11 avril 2025 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.



Staphylocoque doré peau : Mupiderm et traitement

Soigner et se débarrasser du staphylocoque doré

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Comprendre le portage chronique du staphylocoque doré

Le Staphylococcus aureus (staphylocoque doré) est une bactérie très fréquente qui colonise la peau par l’intermédiaire des doigts et des vêtements, à partir de gîtes périorificiel : narines (en premier lieu), conduits auditifs externes, marge anale. Environ 30 % de la population est porteuse chronique nasale du staphylocoque doré sans le savoir.

Dans les formes récidivantes d’infections cutanées (folliculites, furoncles, impétigo), un portage chronique staphylococcique de ces gîtes est presque toujours en cause. En réduisant ce portage — notamment narinaire — on diminue la charge bactérienne sur la peau et donc la fréquence des infections.

La prévention des récurrences repose donc sur le traitement efficace des gîtes de portage, en complément des règles d’hygiène et de l’éviction des facteurs favorisants.

💡 Le cycle de contamination à connaître
Gîte narinaire → transfert digital → peau → lésion → recontamination du gîte. Rompre ce cycle par la décolonisation nasale est la clé pour réduire les récidives.

Traitement des gîtes de portage du staphylocoque doré

Narines

Le traitement de référence des narines est l’application intranasale de mupirocine (Mupiderm®), 3 fois par jour pendant 5 à 7 jours, dans le premier centimètre de chaque narine. Ce protocole supprime le portage nasal chez environ 70 % des patients pour une durée d’environ 3 mois.

Pour les patients à infections récidivantes, le médecin prescrit généralement la mupirocine 5 jours par mois pendant 12 mois. Un traitement prolongé au-delà de cette durée est déconseillé en raison du risque d’apparition de résistances à la mupirocine.

⚠ Risque de résistance
Ne pas utiliser la mupirocine en continu ou au-delà des schémas prescrits. En cas de résistance documentée, l’acide fusidique intranasal ou la décolonisation par désinfectant (Betadine® nasal) peut être envisagée sur avis médical.

Visage et corps

Les douches avec un savon antiseptique moussant (Septivon®, Plurexid®, Cyteal®) réduisent la charge bactérienne cutanée. Protocole recommandé :

  1. Laver soigneusement la peau du visage et du cuir chevelu (shampooing antiseptique si nécessaire) et l’ensemble du corps en faisant bien mousser
  2. Insister sur les zones de gîtes secondaires : aisselles, périnée, pubis, plis inguinaux, pli inter-fessier
  3. Laisser agir 3 minutes avant de rincer
  4. Rincer abondamment (les antiseptiques peuvent être irritants en cas de contact prolongé)
  5. Ne pas utiliser de gant de toilette (vecteur de contamination)

Règles d’hygiène et éviction des facteurs favorisants

Mesures d’hygiène quotidiennes

Mesure Détail pratique
Lavage des mains Fréquent, avec solution antiseptique moussante (Septivon®, Cyteal®, Plurexid®) ; rinçage abondant
Vêtements Éviter les textiles synthétiques serrés sur les zones d’appui (fesses, dos) ; préférer le coton
Sous-vêtements Changement quotidien ; lavage à haute température (≥ 60 °C)
Linge de toilette Usage strictement personnel ; lavage à haute température après chaque utilisation
Ongles Couper ras pour limiter le réservoir digital
Macération Éviter l’humidité dans les plis (séchage soigneux, vêtements non occlusifs) ; lutter contre l’hypersudation

Ne pas manipuler les lésions

Ne jamais presser, percer ou manipuler un furoncle, une folliculite ou un abcès. Cela favorise la dissémination locale et la bactériémie. Consulter un médecin pour tout drainage chirurgical si nécessaire.

Folliculite de la barbe

En cas de folliculite sur zone rasée, utiliser une mousse à raser antiseptique (Nobacter®) et changer régulièrement de lames de rasoir. La tonte de la barbe est préférable au rasage à lame chez les patients à récidives fréquentes. Pour en savoir plus : boutons après le rasage.

Contre-indication des crèmes à la cortisone

Les dermocorticoïdes sont formellement contre-indiqués sur les lésions infectées par le staphylocoque. Ils favorisent la prolifération bactérienne, masquent les signes cliniques et peuvent aggraver l’infection.

Facteurs généraux à corriger

Certaines pathologies systémiques augmentent le risque d’infections cutanées récidivantes à staphylocoque. Leur contrôle est indispensable :

  • Obésité : favorise la macération dans les plis, réduit l’immunité locale
  • Diabète : hyperglycémie chronique altère les défenses immunitaires cutanées
  • Déficit immunitaire : corticothérapie générale prolongée, traitements immunosuppresseurs, infection par le VIH
  • Dermatite atopique : la peau lésée et dysmicrobiotique est un terrain de colonisation staphylococcique majeur
🚨 Attention au SARM
Le Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) est une souche multirésistante aux antibiotiques courants. En cas d’infection récidivante ou de contexte hospitalier récent, un antibiogramme est indispensable avant tout traitement antibiotique.

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Désinfection locale des lésions

En complément des mesures d’hygiène générale, les lésions actives (folliculites, furoncles débutants, plaies surinfectées) sont traitées par application locale d’antiseptique, 2 à 4 fois par jour pendant 10 jours :

Produit Principe actif Présentation
Diaseptyl 0,5 % Digluconate de chlorhexidine Solution cutanée
Hexaseptine 0,1 % Hexamidine Solution locale en flacon
Mercryl / MercrylSpray Chlorhexidine + Benzalkonium Solution cutanée / spray pressurisé
SeptivonSpray 0,05 % Chlorhexidine Spray cutané pressurisé
Éosine Cooper 2 % Éosine disodique Unidoses, action asséchante
💡 Bon usage des antiseptiques
Ne pas associer deux antiseptiques de familles différentes (inactivation mutuelle possible). Rincer abondamment en cas d’application sur de grandes surfaces pour éviter l’irritation. L’éosine est utile sur les lésions suintantes pour son effet asséchant.

Traitement antibiotique

Le traitement antibiotique est indiqué en cas d’infection cutanée constituée (furoncle compliqué, anthrax, impétigo étendu, cellulite). Il est prescrit par voie orale et/ou en crème, toujours guidé par l’antibiogramme réalisé à partir du prélèvement bactériologique des lésions ou des gîtes, afin d’adapter le traitement aux résistances de la souche en cause.

Les antibiotiques utilisables dépendent du profil de sensibilité du staphylocoque isolé. Pour plus d’informations : antibiotiques en dermatologie.

⚠ Ne jamais automédiquéer
L’utilisation d’antibiotiques sans antibiogramme favorise l’émergence de résistances, notamment le SARM. Tout traitement antibiotique doit être prescrit et suivi par un médecin.

Infection nosocomiale (contractée à l’hôpital)

En milieu hospitalier, certaines souches de staphylocoque doré deviennent multirésistantes aux antibiotiques (SARM — Staphylococcus aureus résistant à la méticilline). Elles constituent un problème majeur de santé publique. La prise en charge repose sur :

  • Mesures d’isolement du patient porteur (chambre seule, précautions contact)
  • Hygiène stricte des mains du personnel soignant (friction hydro-alcoolique)
  • Décolonisation ciblée (mupirocine nasale, douches à la chlorhexidine) selon protocoles institutionnels
  • Antibiothérapie adaptée à l’antibiogramme (glycopeptides, linézolide selon les cas)

📋 Page dédiée : Pour tout savoir sur le Mupiderm® (mupirocine) — indications, posologie, contre-indications et alternatives — consultez notre guide complet sur le Mupiderm®.

Questions fréquentes — staphylocoque et Mupiderm

À quoi sert la Mupiderm et comment l’utiliser ?

La Mupiderm (mupirocine 2 %) est une crème antibiotique topique utilisée pour traiter les infections cutanées bactériennes superficielles à staphylocoque ou streptocoque : impétigo, folliculite, surinfections de plaies. Elle s’applique 3 fois par jour sur les lésions propres et sèches pendant 5 à 10 jours. Elle est aussi utilisée pour éradiquer le portage nasal de staphylocoque doré (application dans chaque narine 2 fois par jour pendant 5 jours). Non remboursée en officine, elle est prescrite sur ordonnance.

Peut-on utiliser la Mupiderm sur le visage ou autour des yeux ?

La Mupiderm peut être utilisée sur le visage (folliculite, impétigo) mais doit être évitée au contact des yeux et des muqueuses. En cas de contact oculaire, rincer abondamment à l’eau. La crème ne doit pas être utilisée sous pansement occlusif sauf avis médical. Elle est contre-indiquée en cas d’allergie à la mupirocine ou aux excipients (polyéthylène glycol, ce qui la contre-indique en cas d’insuffisance rénale sévère).

La Mupiderm est-elle efficace contre tous les staphylocoques ?

La Mupiderm est efficace contre la majorité des souches de Staphylococcus aureus, y compris certaines souches résistantes à la méticilline (SARM) communautaires. Cependant, une résistance à la mupirocine est possible, notamment en cas d’utilisation prolongée ou répétée. En cas d’inefficacité clinique après 5 jours de traitement bien conduit, un prélèvement bactériologique avec antibiogramme est nécessaire.

Pourquoi mes furoncles reviennent-ils sans cesse ?

Les récidives sont presque toujours liées à un portage chronique dans les narines ou d’autres gîtes. Sans traitement de décolonisation des gîtes (mupirocine nasale, douches antiseptiques), les lésions cutanées récidivent car la source bactérienne n’est pas tarie.

La mupirocine nasale est-elle en vente libre ?

Non, le Mupiderm® (mupirocine) est un médicament sur ordonnance. Son utilisation doit être encadrée par un médecin pour éviter le développement de résistances.

Le staphylocoque doré est-il contagieux dans l’entourage familial ?

Oui. Le staphylocoque doré peut se transmettre par contact direct ou indirect (partage de serviettes, vêtements, literie). En cas de récidives familiales, l’examen et la décolonisation de l’entourage proche peuvent être recommandés par le médecin.

Peut-on utiliser de la Bétadine® sur un furoncle ?

La Bétadine® (povidone iodée) a un spectre antiseptique large mais est irritante sur les muqueuses et les peau lésées. Les antiseptiques à base de chlorhexidine (Diaseptyl®, Mercryl®) sont généralement mieux tolérés pour un usage cutané régulier.

Combien de temps dure le traitement de décolonisation ?

Le protocole classique est de 5 jours de mupirocine nasale par mois pendant 12 mois, associé à des douches antiseptiques régulières. La durée est adaptée par le médecin selon la fréquence des récidives et la réponse au traitement.

Le staphylocoque doré résiste-t-il aux antiseptiques ?

Les résistances aux antiseptiques (notamment à la chlorhexidine) existent mais restent rares en dehors du milieu hospitalier. En ville, les antiseptiques recommandés gardent une bonne efficacité sur le staphylocoque doré communautaire.

Voir aussi : Le staphylocoque doré est la bactérie la plus fréquemment impliquée dans les infections cutanées. Sa gestion optimale repose sur une approche globale : traitement des gîtes de portage, règles d’hygiène rigoureuses, antibiothérapie guidée par l’antibiogramme et correction des facteurs favorisants. En cas de portage chronique familial ou de SARM, une prise en charge spécialisée avec un dermatologue ou un infectiologue est recommandée.

Références scientifiques

  • Kaplan SL. Staphylococcus aureus infections in children: the role of decolonization. Curr Opin Infect Dis. 2014;27(3):243-247. PMID 24694748
  • van Rijen MM, Bonten M, Wenzel R, Kluytmans J. Mupirocin ointment for preventing Staphylococcus aureus infections in nasal carriers. Cochrane Database Syst Rev. 2008;(4):CD006216. PMID 18843717
  • Creech CB, Al-Zubeidi DN, Fritz SA. Prevention of recurrent staphylococcal skin infections. Infect Dis Clin North Am. 2015;29(3):429-481. PMID 26311356
  • Société Française de Dermatologie (SFD). Recommandations pour la prise en charge des infections cutanées bactériennes. sfdermato.org

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Mis à jour le 11 avril 2025 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.



Douleurs post zona : les douleurs post zostériennes

Dernière mise à jour : 4 mai 2026

Mis à jour le 6 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Les douleurs post-zostériennes (DPZ) touchent 10 à 15 % des patients après un zona, mais jusqu’à 30 % des plus de 60 ans. Elles persistent au moins 3 mois après la guérison des lésions cutanées et peuvent durer des années. Le traitement précoce du zona par antiviraux réduit le risque de DPZ de 50 %. La vaccination anti-zona réduit ce risque de 66 à 90 %. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Douleurs post zona
Il s’agit de douleurs persistant plus d’un mois après l’épisode de zona.

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Il s’agit de douleurs continues et/ou survenant par poussées, souvent
intolérables, ayant un retentissement important sur la qualité de vie.
Les douleurs postzostériennes favorisent l’apparition de dépression. Les douleurs post zona sont plus fréquentes chez les sujets âgés. En effet, 50 % des cas surviennent à 50 ans et 70 % des cas au-delà de 70 ans

Les douleurs seraient liées à des séquelles sur les nerfs (démyélinisation et fibrose cicatricielle au niveau des axones).

Facteurs de risque de douleurs post zona

  • Un âge du patient supérieur à 50 ans
  • Des douleurs intenses avant et lors de l’éruption de zona
  • Des lésions graves de zona lors de l’éruption (lésions nécrotiques, étendues… )
  • Le zona ophtalmique
  • La mise en place tardive du traitement du zona (après 72 h d’éruption)

Prevention des douleurs post zona

On prescrit le plus souvent des molécules antivirales par voie orale (la voie intraveineuse est le plus souvent réservée au patient immunodéprimé et aux formes graves de zona), telles que l’aciclovir ou le valaciclovir. Le traitement par voie orale doit idéalement être débuté dans les 72 premières heures après l’éruption du zona, et il est pris en géréral pendant une semaine à 10 j.

Le traitement zona par voie orale est indiqué notamment dans ces situations pour éviter les douleurs post zona :

  • Patient de plus de 50 ans en prévention des algies post-zostériennes :
    – soit valaciclovir, 1 g trois fois par jour per os pendant 7 jours
    – soit famciclovir, 500 mg trois fois par jour pendant 7 jours
    – soit aciclovir, 800 mg cinq fois par jour per os pendant 7 jours
  • Patient de moins de 50 ans s’il existe des facteurs prédictifs d’algies post-zostériennes :
    – soit valaciclovir, 1 g trois fois par jour per os pendant 7 jours
    – soit famciclovir, 500 mg trois fois par jour pendant 7 jours

Traitement des douleurs post zona


Lorsque les douleurs post zona sont diagnostiquées, elles sont le plus souvent traitées par des molécules telles que l’amitriptyline ou la gabapentine. Le médecin peut aussi prescrire en première intention des préparations locales à base de capsaicine ou des emplatres de lidocaine (Versatis®).

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⚠ Consultez rapidement si :

  • douleurs intenses (EVA ≥ 7) résistant aux antalgiques de palier 2
  • dépression ou impact sévère sur le sommeil et la qualité de vie
  • zona ophtalmique avec douleurs faciales persistantes
  • zona sur fond d’immunodépression non diagnostiquée

Questions fréquentes

Pourquoi le zona laisse-t-il des douleurs persistantes ?

Le zona résulte de la réactivation du virus varicelle-zona (VZV) dans les ganglions nerveux sensoriels. L’inflammation virale lèse les fibres nerveuses, provoquant une sensibilisation centrale et périphérique. Chez certains patients, cette lésion nerveuse persiste après la guérison cutanée, entraînant des douleurs neuropathiques chroniques (allodynie, brûlures, chocs électriques). L’âge avancé et la sévérité du zona aigu augmentent ce risque.

Combien de temps durent les douleurs après un zona ?

Par définition, les DPZ persistent plus de 3 mois après la guérison des lésions. Chez 50 % des patients, elles s’améliorent spontanément dans l’année. Chez 25 %, elles persistent 1 à 5 ans. Chez les patients de plus de 70 ans, elles peuvent durer indéfiniment. Sans traitement, la douleur tend à diminuer très lentement. Un traitement adapté améliore significativement la qualité de vie.

Quels médicaments traitent les douleurs post-zostériennes ?

Le traitement de première ligne combine : gabapentine (300 à 1800 mg/j) ou prégabaline (75 à 300 mg/j) pour la composante brûlante et les chocs électriques ; amitriptyline (25 à 75 mg/j, soir) pour la douleur nocturne ; lidocaïne 5 % patch (Versatis) appliqué sur la zone douloureuse (meilleure tolérance locale). En 2ème ligne : opioïdes faibles (tramadol), capsaïcine 8 % patch (Qutenza, 1 application/3 mois, très efficace sur douleur locale).

Les anti-douleurs classiques (ibuprofène, paracétamol) soulagent-ils les DPZ ?

Non, les antalgiques classiques (paracétamol, AINS) sont peu ou pas efficaces sur les douleurs neuropathiques post-zostériennes. Ces douleurs résultent d’une lésion nerveuse et non d’une inflammation tissulaire ordinaire. Elles nécessitent des médicaments spécifiques aux neuropathies : anticonvulsivants (gabapentine, prégabaline), antidépresseurs tricycliques ou IRSN (duloxétine).

Le vaccin contre le zona prévient-il les douleurs post-zostériennes ?

Oui, le vaccin Shingrix (zona recombinant adjuvanté, 2 doses) réduit le risque de zona de 90 % et le risque de DPZ de 88 à 91 % chez les plus de 50 ans, selon les essais cliniques de phase III. Il est recommandé et remboursé en France depuis 2024 pour les personnes de plus de 65 ans et les immunodéprimés dès 18 ans. Il est plus efficace que l’ancien vaccin Zostavax.

La kinésithérapie et l’acupuncture aident-elles pour les DPZ ?

La neurostimulation transcutanée (TENS) soulage 40 à 50 % des patients souffrant de DPZ dans des études randomisées. L’acupuncture montre des résultats positifs dans certaines méta-analyses (réduction de la douleur de 30 à 40 %). Ces approches non médicamenteuses peuvent être intéressantes en complément du traitement pharmacologique, en particulier chez les patients âgés qui tolèrent mal les médicaments neuropathiques.

Quelles sont les complications psychologiques des douleurs post-zostériennes ?

Les DPZ sévères entraînent dans 40 à 60 % des cas une dépression réactionnelle, des troubles du sommeil, un isolement social et une réduction des activités quotidiennes. L’impact sur la qualité de vie est comparable à celui d’une insuffisance cardiaque congestive. Une prise en charge psychologique (TCC de la douleur chronique, psychothérapie de soutien) améliore significativement les résultats globaux en association au traitement médicamenteux.

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Références médicales

Ivermectine : l’ivermectine dans la gale

Ivermectine

L’ivermectine contenue dans l’ivermectine est un antiparasitaire. Il est utilisé en dermatologie, notamment en traitement par voie orale dans le traitement de la gale .
Télécharger un guide complet au format PDF :

L’ivermectine se présente sous la forme de comprimés à 3 mgs

Contre indications de l’ivermectine

Allergie au produit ou à l’un de ses constituants de l’ivermectine

Enfant de moins de 15kgs

Grossesse et allaitement

Conseils d’utilisation de l’ivermectine

L’ivermectine est prise à la dose de 200 µg par kg de poids corporel en prise unique par voie orale, à distance des repas (au moins deux heures avant et apres un repas). La posologie varie donc en fonction du poids :

15 à 24 kgs 1 cp prise unique

25 à 35 kgs 2 cp prise unique

36 à 50 kgs 3 cp prise unique

51 à 65 kgs 4 cp prise unique

66 à 79 kgs 5 cp prise unique

Puis porter des vêtements propres ou traités et dormir dans des

draps propres

Il faut reprendre la meme dose unique 8 à 14j plus tard

En cas de gale profuse et crouteuse, l’association à un traitement local (Ascabiol ®, Spregal ®, Topiscab®) peuvent être proposés.

Soins d’accompagment de l’ivermectine

La prise d’ivermectine est nécessairement associée à des soins de prise en charge de la gale, pour le patient atteint de la gale et son entourage :

  • Traitement de l’environnement : procéder au nettoyage classique des locaux et à une désinfection par un acaricide tel qu’ Apar, de la literie (matelas, sommier), de la moquette et autres mobiliers adsorbants.

  • Traitement des vêtements et du linge : rassembler le linge utilisé jusqu’à ce jour (y compris serviettes de toilette, draps, taies…) et le laver en machine à laver à 60 °C ou le désinfecter avec un acaricide tel qu’ Apar

(stockage en sac plastique fermé pendant au moins trois heures) ou par mise en quarantaine de cinq jours dans un sac plastique fermé qui sera gardé à température supérieure à 20 °C.

  • Ne pas oublier de traiter les objets qui peuvent avoir été en contact avec le corps tels que : brassard de tensiomètre, chaussures, peluches, housse de siège auto…

  • Passer l’aspirateur énergiquement sur les tapis et les coussins.

  • Idéalement il faut changer de vêtements, de draps et de serviettes tous les jours et les laver à au moins 60 °C pendant une période de 14 jours

Voir le traitement de la gale
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Pityriasis versicolor : causes, symptômes et traitements antifongiques

Mis à jour le 6 juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénéréologue.

En bref : Le pityriasis versicolor est une mycose bénigne très fréquente, due à Malassezia, une levure naturellement présente sur la peau humaine. Elle provoque des taches blanches ou marron sur le tronc, les épaules et le dos, particulièrement visibles après le soleil. La maladie n’est pas contagieuse et répond bien aux antifongiques locaux. Elle récidive chez 60 à 80 % des patients sans prévention.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénéréologue

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Pityriasis versicolor — taches brunes et blanches sur le tronc

Cet article en vidéo


Vidéo : pityriasis versicolor — causes, symptômes et traitement

Qu’est-ce que le pityriasis versicolor ?

Le pityriasis versicolor — appelé lota aux Antilles et loto en Afrique — est une infection fongique superficielle de la peau causée par Malassezia, un genre de levures lipophiles qui colonisent la peau humaine dès la naissance. Cette levure est une composante normale du microbiome cutané ; elle ne devient pathogène que lorsque des conditions locales favorisent son passage d’une forme levurique saprophyte à une forme filamenteuse invasive dans les couches superficielles de l’épiderme.

Il s’agit de l’une des mycoses cutanées les plus fréquentes au monde, avec une prévalence particulièrement élevée dans les régions tropicales et subtropicales. En France tempérée, elle touche surtout les jeunes adultes entre 18 et 40 ans, période de séborrhée maximale sous influence hormonale.

Caractéristique Données
Agent responsable Malassezia furfur, M. globosa, M. sympodialis
Tranche d’âge la plus touchée 18 – 40 ans (pic hormono-sébacé)
Contagiosité Aucune — maladie opportuniste
Zones préférentielles Dos, poitrine, épaules, cou
Taux de récidive 60 % à 1 an, 80 % à 2 ans
Traitement local de référence Kétoconazole 2 % lotion (Kétoderm® unidose)

Facteurs favorisants : pourquoi Malassezia devient-elle pathogène ?

La transformation de Malassezia d’hôte inoffensif en agent infectant est conditionnée par des facteurs locaux et généraux qui modifient l’équilibre du microbiome cutané.

Peau grasse et séborrhée

La levure est strictement lipophile : elle se nourrit des acides gras du sébum. Une hyperséborrhée — qu’elle soit hormonale, constitutionnelle ou induite par des cosmétiques gras (huile de coco, monoï, crèmes corps riches) — crée les conditions idéales à sa prolifération. C’est la raison pour laquelle la maladie prédomine à l’adolescence et chez le jeune adulte, et régresse souvent après 40 ans.

Transpiration et chaleur

Tout ce qui favorise la macération et l’humidité cutanée prolongée peut déclencher une poussée : port de textiles synthétiques ou occlusifs, activité sportive intense, sauna, hammam, voyages en zone tropicale, été chaud et humide. Le pityriasis versicolor est par excellence une maladie estivale dans les pays tempérés.

Corticothérapie et états d’hypercorticisme

Des formes diffuses et particulièrement étendues sont classiquement associées à un excès de cortisol, qu’il soit endogène (syndrome de Cushing, grossesse) ou iatrogène (corticothérapie orale prolongée). La cortisone favorise la séborrhée et modifie la réponse immunitaire cutanée, créant un terrain permissif pour Malassezia.

Facteur génétique : Des cas familiaux sans cohabitation commune ont été rapportés, suggérant l’existence d’une prédisposition génétique à la colonisation pathogène par Malassezia. Si plusieurs membres de votre famille font des pityriasis versicolor, un traitement préventif saisonnier est particulièrement justifié.

Pityriasis versicolor du cou — taches rosées

Symptômes : à quoi ressemblent les taches ?

Le pityriasis versicolor se présente sous deux aspects principaux qui peuvent coexister chez le même patient. Les lésions siègent préférentiellement dans les zones séborrhéiques : entre les seins, entre les omoplates, sur les épaules, le cou, le haut du dos et les bras.

Phase initiale : taches rosées ou marron clair

La lésion élémentaire est une tache arrondie, à bords nets, de quelques millimètres à 1 cm, de teinte variant du rose chamois au brun café-au-lait. Elle naît autour d’un follicule pilo-sébacé (le réservoir naturel de Malassezia) et s’étend de façon centrifuge. La confluence de nombreuses taches donne soit un aspect en « gouttes » éparpillées, soit de grandes nappes à contours polycycliques couvrant de larges zones du tronc.

Après exposition solaire : taches blanches caractéristiques

C’est souvent le signe qui pousse à consulter. Après quelques semaines d’évolution ou suite à une exposition solaire, les taches deviennent blanches : elles ne pigmentent pas parce que Malassezia produit de l’acide azélaïque, qui inhibe la tyrosinase et bloque la fabrication de mélanine. Sur une peau bronzée, ces taches blanches sont particulièrement visibles et souvent sources d’inquiétude.

Si l’on gratte délicatement la surface des lésions, elles se révèlent finement squameuses (on parle de « squames furfuracées », comme du son fin). C’est un signe clinique utile pour orienter le diagnostic.

Taches roses en gouttes du dos — pityriasis versicolor

Pityriasis versicolor en nappes polycycliques sur les épaules

Taches blanches du dos — pityriasis versicolor

Taches blanches de pityriasis versicolor après soleil

Taches blanches de pityriasis après exposition solaire

Plaques de pityriasis versicolor entre les seins

Diagnostic : comment confirmer un pityriasis versicolor ?

Dans la grande majorité des cas, le diagnostic est clinique : l’aspect des lésions, leur topographie, la notion d’exposition solaire récente et l’interrogatoire sur les facteurs favorisants suffisent à un dermatologue expérimenté. Deux examens complémentaires permettent de confirmer en cas de doute :

Lampe de Wood : sous lumière ultraviolette, les lésions de pityriasis versicolor émettent une fluorescence jaune-verdâtre caractéristique, permettant de délimiter précisément l’étendue des zones atteintes — très utile avant de prescrire un traitement sur une grande surface.

Scotch-test : on applique un ruban adhésif transparent sur la lésion pour recueillir des squames, puis on les examine directement au microscope. On observe des filaments mycéliens courts et ramifiés et des amas de levures ovalaires (Malassezia) — aspect classiquement comparé à des « spaghettis et boulettes ».

Diagnostics différentiels à ne pas confondre

Pathologie Différence clé
Vitiligo Dépigmentation complète, bords nets, pas de squames, pas de fluorescence Wood
Pityriasis alba Enfant, visage, taches peu définies, terrain atopique
Dermite séborrhéique Squames grasses jaunes, zones pileuses (cuir chevelu, sillons nasogéniens)
Pityriasis rosé de Gibert Évolution rapide en médaillon, tache mère initiale, prurit
Eczéma nummulaire Placards ronds très prurigineux, suintants, répondant aux dermocorticoïdes

📚 Pityriasis versicolor : revue narrative — diagnostic et prise en charge (PubMed 2023)

Traitement du pityriasis versicolor

Point important : les taches blanches persistent plusieurs semaines à plusieurs mois après guérison mycologique. La disparition des squames et la négativation du scotch-test confirment la guérison, pas la normalisation de la couleur. La recoloration prend du temps — ne pas retraiter trop tôt.

Mesures générales : contrôler les facteurs favorisants

Quelle que soit la forme clinique, la maîtrise des facteurs déclenchants est indispensable — sans elle, les récidives sont quasi certaines. Concrètement : porter uniquement des sous-vêtements et vêtements en coton au contact de la peau, éviter les cosmétiques corps gras (huiles, beurres, monoï), rincer la peau après une transpiration abondante, ne pas laisser un maillot de bain mouillé en contact prolongé.

Traitement local (formes peu étendues)

C’est le traitement de première intention, efficace dans la grande majorité des cas.

Kétoconazole 2 % lotion (Kétoderm® unidose) — protocole :
Appliquer sur la peau et le cuir chevelu préalablement mouillés, masser pour faire mousser, insister sur les zones atteintes. Laisser 10 minutes en contact puis rincer soigneusement. Ce traitement unique permet de traiter tout le corps et le cuir chevelu simultanément. Il peut être répété une seconde fois une semaine plus tard.

Le sulfure de sélénium (Selsun®), non remboursé par la Sécurité sociale, constitue une alternative efficace : appliquer sur tout le corps après une douche, laisser 15 minutes puis rincer abondamment. Renouveler 2 fois par semaine pendant 2 semaines. Une étude randomisée en double aveugle publiée en 2022 a confirmé que l’efficacité mycologique du sulfure de sélénium 1,8 % est comparable à celle du kétoconazole 2 % (94 % vs 86 %, différence non significative).

Traitement systémique (formes étendues ou récidivantes)

Environ 60 % des patients récidivent la première année après un traitement local, et jusqu’à 80 % à deux ans. Pour ces formes récurrentes ou très étendues, un traitement par voie orale est justifié :

Médicament Posologie Indication
Fluconazole 150 mg 1×/semaine × 4 semaines Résistance au traitement local
Itraconazole (Sporanox®) 200 mg/j × 5–7 jours Formes étendues ou récidivantes
Itraconazole préventif 400 mg 1 fois/mois × 6 mois Récidives très fréquentes
Kétoconazole (Nizoral®) 400 mg 1 fois/mois Prévention des rechutes (surveillance hépatique obligatoire)
Important : La terbinafine par voie orale est inefficace dans le pityriasis versicolor, contrairement aux dermatophyties. Si elle vous a été prescrite, reconsultez votre médecin — il est possible qu’une autre mycose coexiste. Le kétoconazole oral (Nizoral®) nécessite une surveillance hépatique régulière (bilan à J0, J15, puis toutes les 4 semaines).

Traitement local d’entretien (prévention des récidives)

Deux protocoles sont validés en pratique :

  • Une ou deux applications hebdomadaires de kétoconazole 2 % lotion pendant plusieurs mois.
  • Un traitement préventif systématique chaque année avant l’été (lotion kétoconazole, traitement unique renouvelé une fois).
Rappel : la terbinafine est inefficace dans le pityriasis versicolor — elle n’est pas excrétée dans la sueur et n’atteint donc pas la zone de vie de Malassezia. En cas de doute sur le diagnostic ou l’efficacité du traitement, consultez un dermatologue.

Repigmentation : pourquoi les taches restent-elles après guérison ?

C’est la question la plus fréquente en consultation. La guérison mycologique (disparition de Malassezia en forme pathogène) survient en quelques semaines, mais la repigmentation des taches blanches est un processus bien plus lent. Les mélanocytes inhibés doivent reconstituer leur production de mélanine et la transférer aux kératinocytes : ce processus prend 1 à 3 mois, parfois plus selon le phototype et l’intensité de l’exposition solaire.

La lumière solaire accélère la repigmentation. Un traitement réussi cliniquement et mycologiquement ne signifie donc pas que les taches ont disparu immédiatement : c’est une source fréquente de découragement et de demandes de retraitement injustifiées.

Pour les patients à taches blanches persistantes malgré une guérison confirmée, une consultation dermatologique permet d’éliminer un vitiligo associé, dont la prise en charge est très différente.

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Consultez un dermatologue si :

  • Les taches persistent après 4 semaines de traitement bien conduit
  • Les lésions s’étendent malgré le traitement (envisager une résistance antifongique)
  • Le diagnostic n’est pas certain et les taches sont très étendues ou atypiques
  • Vous présentez des formes récidivantes malgré la prévention (recherche d’un déficit immunitaire ou d’un hypercorticisme)
  • Vous êtes enceinte ou immunodéprimé avant tout traitement systémique

Téléchargez un guide complet au format PDF :

Questions fréquentes sur le pityriasis versicolor

Le pityriasis versicolor est-il contagieux ?

Non. Malassezia est présente sur la peau de toute personne en bonne santé depuis la naissance. Ce n’est pas une maladie qui se transmet d’une personne à l’autre — les cas de co-infection dans un couple ou une famille sont très rares et relèvent de la même prédisposition individuelle aux facteurs favorisants, pas d’une contagion.

Pourquoi les taches de pityriasis ne bronzent-elles pas au soleil ?

Malassezia produit de l’acide azélaïque, qui inhibe la tyrosinase, enzyme indispensable à la fabrication de mélanine par les mélanocytes. Les zones infectées ne se pigmentent donc pas sous les UV, créant des taches blanches très visibles sur peau bronzée. Cette hypopigmentation persiste plusieurs semaines après la guérison mycologique, le temps que les mélanocytes reconstituent leur activité.

Quel est le meilleur traitement local du pityriasis versicolor ?

Le kétoconazole 2 % en lotion moussante (Kétoderm® unidose) est le traitement local de référence, avec avis favorable de la HAS au remboursement. Application unique sur tout le corps mouillé, contact de 10 minutes, rinçage. Peut être répété une semaine plus tard. Le sulfure de sélénium (Selsun®) est une alternative efficace mais non remboursée. Ces traitements locaux guérissent la majorité des cas peu étendus.

La terbinafine orale est-elle efficace contre le pityriasis versicolor ?

Non. La terbinafine par voie orale est inefficace dans le pityriasis versicolor car elle ne se diffuse pas dans la transpiration, qui est la voie par laquelle les antifongiques atteignent les couches superficielles de l’épiderme où réside Malassezia. Si votre traitement ne fonctionne pas, vérifiez qu’il ne s’agit pas d’une confusion de diagnostic.

Combien de temps les taches mettent-elles à disparaître après traitement ?

La mycose est éradiquée en quelques semaines, mais la repigmentation des taches blanches prend 1 à 3 mois. Les taches disparaissent plus vite sous exposition solaire modérée. Il ne faut pas retraiter sur la seule persistance des taches si le traitement a été bien conduit — attendre la repigmentation naturelle.

Comment prévenir les récidives de pityriasis versicolor ?

Éliminer les facteurs favorisants est la mesure la plus efficace : coton au contact de la peau, pas d’huiles corps grasses, douche après transpiration importante. Un traitement préventif annuel avant l’été (lotion kétoconazole, une application renouvelée à une semaine) est recommandé chez les patients à récidives fréquentes. 60 % des patients récidivent la première année sans prévention.

Le pityriasis versicolor peut-il toucher le visage ?

En Europe, l’atteinte faciale est rare chez l’adulte et presque exclusivement observée dans les pays tropicaux. Elle est plus fréquente chez l’enfant (front, joues). En France, des taches blanches ou marron sur le visage doivent d’abord faire évoquer un vitiligo, une dermite séborrhéique, un pityriasis alba ou un mélasma — un avis dermatologique est recommandé.

La lampe de Wood est-elle utile pour le diagnostic ?

Oui. Sous lumière ultraviolette (lampe de Wood), les lésions de pityriasis versicolor émettent une fluorescence jaune-verdâtre caractéristique, permettant d’en délimiter précisément l’étendue. C’est un examen indolore, réalisé en quelques secondes en cabinet. Le scotch-test avec examen direct au microscope confirme la présence de Malassezia sous forme filamenteuse.

Le pityriasis versicolor peut-il devenir chronique ?

Oui. Certains patients font des poussées répétées sur des années, surtout à chaque été ou retour de voyage tropical. Cette évolution chronique est favorisée par une hyperséborrhée constitutionnelle, une tendance à transpirer abondamment ou une corticothérapie au long cours. Un traitement d’entretien mensuel et la suppression des facteurs favorisants permettent généralement de contrôler la maladie.

Références scientifiques

  1. Łabędź N, Navarrete-Dechent C, Kubisiak-Rzepczyk H, Bowszyc-Dmochowska M, Pogorzelska-Antkowiak A, Pietkiewicz P. Pityriasis Versicolor — A Narrative Review on the Diagnosis and Management. Life (Basel). 2023 Oct 22;13(10):2097. PMID 37895478
  2. Lusiana, Surachmiati L, Saldi SRF, Lusianingtyas T, Bramono K. The Mycological Efficacy and Safety of Selenium Sulfide 1.8% versus Ketoconazole 2% Shampoo in Pityriasis Versicolor: A Double-Blind Randomized Controlled Trial. Dermatol Ther (Heidelb). 2022;12(4):991-1001. PMID 38021181
  3. Faergemann J, Gupta AK, Al Mofadi A, Abanami A, Shareaah AA, Marynissen G. Efficacy of itraconazole in the prophylactic treatment of pityriasis (tinea) versicolor. Arch Dermatol. 2002;138(1):69-73. PMID 11790167

Source : HAS — Kétoconazole : avis de remboursement dans le pityriasis versicolor (2026)

Ivermectine en dermatologie : gale, rosacée et parasitoses

L’ivermectine N’EST PAS qu’un MEDICAMENT POUR CHEVAUX / Ivermectine et COVID

Molécule d’ivermectine

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L’ivermectine est un antiparasitaire. Il est utilisé en dermatologie, notamment en traitement par voie orale dans le traitement de la gale .

L’ivermectine est donc un médicament bien connu des dermatologues, qui se présente sous la forme de comprimés à 3 mgs. Il s’agit en fait d’un antiparasitaire qui peut aussi être prescrit dans d’autres maladies parasitaires.

Contre indications de l’ivermectine

Allergie au produit ou à l’un de ses constituants de l’ivermectine

Enfant de moins de 15kgs

Grossesse et allaitement

Conseils d’utilisation de l’ivermectine

L’ivermectine est prise dans la gale à la dose de 200 µg par kg de poids corporel en prise unique par voie orale, à distance des repas (au moins deux heures avant et apres un repas). La posologie varie donc en fonction du poids :

15 à 24 kgs 1 cp prise unique

25 à 35 kgs 2 cp prise unique

36 à 50 kgs 3 cp prise unique

51 à 65 kgs 4 cp prise unique

66 à 79 kgs 5 cp prise unique

En savoir plus sur le traitement de la gale par ivermectine

L’ivermectine est-elle un médicament pour chevaux?

Oui! L’ivermectine en tant qu’antiparasitaire est régulièrement utilisé en médecine vétérinaire à des doses là aussi dépendantes du poids des animaux (plusieurs centaines de kilogrammes pour un cheval), donc bien supérieures à celles des hommes

La confusion sur le statut de médicament UNIQUEMENT VETERINAIRE provient de l’engouement pour l’ivermectine aux USA, où des personnes ont acheté de l’ivermectine pour chevaux et se sont surdosés et intoxiqués car ils ont pris des doses faites pour des animaux de centaines de kgs et non pas pour le poids d’un homme.
Tout produit pris en dose trop importante devient un poison!

Ivermective et COVID

En France, tout a commencé dans un Ehpad de Seine-et-Marne. Une dermatologue remarque que, alors qu’elle a traité une épidémie de gale en prescrivant à tout le personnel et aux résidents de l’ivermectine au début de la pandémie, quelques jours après, un premier cas de Covid-19 puis dix autres cas sont suspectés (sans tests PCR) et «Il n’y a eu ici aucune hospitalisation et aucun décès», selon la dermatologue.

Cette observation a été publiée dans le British Journal of Dermatology en janvier 2021, constatant que si, dans les 45 Ehpad de Seine-et-Marne ayant le même public (âge, effectif…) la mortalité a été de 4,9% parmi 3062 résidents, celle-ci a été de 0 pour 121 dans l’Ehpad observé. On sait selon une étude australienne que l’ivermectine est antivirale à haute dose in vitro (en laboratoire) mais comme le constate l’étude du BJD «Malgré les limites – caractère observationnel et absence de corrélation démontrée in vitro/in vivo —, la plausibilité est suffisante pour réaliser un essai contrôlé randomisé en cluster de prévention par ivermectine…»

Certains pays tels que le Pérou, le Mexique, l’Inde ou la Bolivie l’ont préconisée en prophylaxie (préventif).

Que sait-on? Quelles sont les études?

Deux recueils d’études récentes, datant de mars 2021, ne plaident pas en faveur de l’ivermectine dans la COVID19, et réclament des études de grande ampleur, mieux conduites que les études dont on dispose actuellement. Il s’agit d’une publication des Hopitaux Universitaires de Genève et de l’Agence Européenne du Médicament

Cette dernière signale que « des études en laboratoire ont montré que l’ivermectine pouvait bloquer la réplication du Sars-CoV-2 […], mais à des concentrations d’ivermectine beaucoup plus élevées que celles obtenues avec les doses actuellement autorisées. Les résultats des études cliniques étaient variables, certaines études ne montrant aucun bénéfice et d’autres rapportant un bénéfice potentiel » et que devant la faible valeur des études, « les preuves actuellement disponibles ne sont pas suffisantes pour soutenir l’utilisation de l’ivermectine dans Covid-19 en dehors des essais cliniques » et que de nouvelles études de meilleure valeur sont donc « nécessaires pour tirer des conclusions sur l’efficacité et l’innocuité du produit dans la prévention et le traitement du Covid-19 ».

Une méta analyse publiée en Juillet 2021 combine les données de 24 essais randomisés sur l’ivermectine – soit un total de 3328 patients – parmi lesquels 11 essais portant sur environ 2000 patients au total disposaient de données sur les décès. Leur combinaison a donné un taux de mortalité de 3 % dans le bras ivermectine et de 8,7 % dans le bras comparateur, un résultat statistiquement significatif. Cependant cette méta analyse collige parmi les études des préprints et des études non publiées, ce qui entache sa crédibilité.

Qui plus est, les deux études dans lesquelles la baisse de mortalité est le plus impactée par l’ivermectine sont deux études non relues par des pairs, issues d’Iran et d’Egypte. Sans ces études, la conclusion de la méta analyse serait moins significative.

Le 16 aout 2021, Andrew Hill, 1er auteur de l’étude déclare qu’une des études est suspectée de fraude médicale et que les résultats sans cette étude ne sont pas statistiquement significatifs en faveur de l’efficacité de l’Ivermectine dans la Covid19

Coté français, l’institut Pasteur a publié le 12 juillet 2021 un document de presse relatant une de leur publication dans laquelle l’ivermectine « appartient à une nouvelle catégorie d’agent anti-Covid-19 dans un modèle animal. Ces travaux ouvrent la voie à des axes de développement pour de meilleurs traitements contre la Covid-19 chez l’Homme » et « l’ivermectine pourrait alors être considérée comme un agent thérapeutique encourageant contre la Covid-19, sans impact sur la réplication du SARS-CoV-2 mais soulageant l’inflammation et les symptômes qui en découlent »

Mais ceci ne concerne que les animaux…

En conclusion, on manque encore d’études montrant l’efficacité de l’ivermectine dans la COVID19

ENLEVER TIQUE : retirer une tique de la peau


Mis à jour le 11 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

La tique (Ixodes ricinus principalement en France) est un acarien parasite qui se fixe sur la peau pour se nourrir de sang. Sa piqûre est indolore et souvent inaperçue. Le danger n’est pas la morsure elle-même, mais les agents pathogènes qu’elle peut transmettre — en premier lieu Borrelia burgdorferi, responsable de la maladie de Lyme. Le signe cutané d’alerte est l’érythème migrant, une lésion que tout dermatologue doit savoir reconnaître et que tout patient doit surveiller après une piqûre.

Chiffres clés
En France, on estime à 50 000 le nombre de nouveaux cas de maladie de Lyme par an (Santé publique France). Le risque de transmission est quasi nul si la tique est retirée dans les 24 premières heures. Plus de 30 espèces de tiques existent en France mais Ixodes ricinus représente la grande majorité des piqûres humaines.
Piqûre de tique sur la peau

Télécharger un guide complet au format PDF :

Comprendre la tique : stades de maturation et niveau de risque

La tique est un acarien hématophage qui se nourrit du sang de son hôte.
Elle se contamine en piquant de petits rongeurs sauvages (mulots, campagnols) porteurs de Borrelia burgdorferi, puis transmet la bactérie à l’homme lors d’une piqûre ultérieure. Toutes les tiques ne sont pas infectées.

Il existe trois stades évolutifs après éclosion des œufs :
– la larve : très petite, quasi invisible, faible risque de transmission,
– la nymphe : point noir de quelques millimètres, risque intermédiaire,
– la tique adulte (mâle ou femelle) : plus volumineuse, ayant piqué davantage de rongeurs au cours de sa vie, donc plus susceptible d’être infectée.

Plus la tique découverte est grosse, plus le risque de contamination est élevé.

Cycle de la tique
Cycle évolutif de la tique : larve, nymphe, adulte
tique sur la peau
Tique fixée sur la peau

La tique peut également transmettre d’autres maladies que la maladie de Lyme : rickettsioses, autres borrélioses responsables de fièvres récurrentes, tularémie, encéphalite à tique (dans certaines régions d’Europe centrale et orientale).

Comment enlever une tique correctement

Le risque de contamination augmentant avec la durée de fixation, il faut retirer la tique le plus rapidement possible, sans précipitation pour éviter de laisser le rostre dans la peau.

Comprendre l’anatomie du rostre

Le rostre est la pièce buccale de la tique enfoncée dans la peau. Il est rainuré comme une mèche de perceuse : tirer la tique perpendiculairement à la peau sans rotation provoque sa rupture et laisse le rostre dans le derme, ce qui peut déclencher une réaction infectieuse ou inflammatoire locale.

tête de tique et rostre
Le rostre de la tique, pièce buccale enfoncée dans la peau

Les zones à risque de piqûre de tique en France

Les tiques vivent dans les forêts, les prairies, les lisières, les herbes hautes et les buissons — jusqu’à 1 500 m d’altitude. Elles sont actives dès 4–5°C et particulièrement abondantes du printemps à l’automne (pics en mai–juin et septembre–octobre). Elles ne tombent pas des arbres : elles attendent sur les végétaux bas et se fixent lors d’un contact cutané direct.

Les zones à plus forte prévalence de tiques infectées par Borrelia en France sont : Alsace, Lorraine, Limousin, Auvergne, Rhône-Alpes, Bourgogne et Franche-Comté. Mais la maladie de Lyme est présente sur l’ensemble du territoire.

Comment retirer une tique correctement

Le matériel recommandé

Le crochet tire-tique (type O’Tom Tick Twister® ou similaire), disponible en pharmacie sans ordonnance, est l’outil de référence. Il en existe deux tailles (petite et grande selon la taille de la tique). À défaut, une pince fine à bouts effilés (pince à épiler fine, non à mors plats) peut être utilisée. Évitez absolument les pinces à mors larges qui écrasent l’abdomen de la tique.

Conseil pratique
Gardez un crochet tire-tique dans votre trousse de premiers secours, votre sac de randonnée et dans la pharmacie familiale. Leur coût est minime (1–3 €) et ils peuvent éviter une transmission de Lyme.

Technique d’extraction pas à pas

  1. Ne pas désinfecter avant : L’alcool ou les antiseptiques avant extraction stressent la tique et favorisent la régurgitation. Extrayez d’abord.
  2. Glisser le crochet : Positionnez l’encoche du crochet contre la peau, sous le corps de la tique, le plus près possible de la surface cutanée, de façon à encercler le rostre (pièce buccale d’ancrage).
  3. Tourner sans tirer : Faites des rotations douces et continues dans un seul sens (généralement antihoraire) jusqu’au détachement naturel de la tique. La rotation décroche le ciment salivaire. Ne tirez pas à la verticale.
  4. Vérifier l’intégrité : Examinez la tique retirée : est-elle entière ? Si le rostre reste dans la peau, il sera éliminé naturellement — ne grattez pas.
  5. Désinfecter après : Appliquez de la chlorhexidine ou de la povidone iodée sur la zone de piqûre.
  6. Noter la date et le lieu : Inscrivez la date de la piqûre et la zone corporelle pour surveiller l’apparition d’un érythème migrant dans les 30 jours.
  7. Éliminer la tique : Jetez-la dans les toilettes ou dans un sac fermé. Ne l’écrasez pas entre les doigts (risque de contamination cutanée).

Gestes absolument interdits
Ne jamais : brûler la tique (cigarette, allumette) · appliquer vaseline, éther, alcool, vernis à ongle ou huile sur la tique avant extraction · écraser la tique avec les doigts · tirer verticalement sans rotation. Ces gestes provoquent le stress de la tique, augmentent la régurgitation du contenu infectieux dans la plaie et majorent le risque de transmission de Lyme.

L’érythème migrant : le signe cutané clé de la maladie de Lyme

L’érythème migrant (EM) est la manifestation cutanée inaugurale de la maladie de Lyme. Il est pathognomonique : sa présence suffit à poser le diagnostic clinique sans sérologie. Il apparaît entre 3 et 30 jours après la piqûre (médiane : 7 jours), se développant à partir du point de fixation de la tique ou parfois à distance.

Aspect clinique

L’EM se présente comme une macule érythémateuse expansive dont le diamètre augmente progressivement, atteignant au moins 5 cm (critère diagnostique). La forme classique est annulaire avec une clarification centrale (aspect en « œil de bœuf »), mais des formes homogènes, en plaques ou multifocales existent. Il est généralement non prurigineux, non douloureux, et ne comporte pas de vésicule ni de croûte. Il peut s’accompagner de symptômes pseudo-grippaux (fièvre modérée, myalgies, arthralgies, fatigue).

Sans traitement, l’EM disparaît spontanément en quelques semaines mais la borréliose peut évoluer vers des atteintes neurologiques (neuroborréliose), cardiaques ou articulaires.

Important
Tout érythème qui s’étend autour ou à distance d’une piqûre de tique et atteint ou dépasse 5 cm de diamètre doit être évalué par un médecin ou un dermatologue dans les 48 h. Un traitement antibiotique précoce (doxycycline) est hautement efficace et prévient les complications systémiques.

Diagnostic différentiel cutané

L’EM peut être confondu avec : une réaction locale à la piqûre (prurigineux, < 5 cm, disparaît en 48 h), une cellulite infectieuse (bactérienne, douloureuse, chaude, parfois fébrile, sans expansion annulaire), une tinea corporis (anneau squameux avec bord actif vésiculeux), ou une piqûre d’insecte avec urticaire. Le dermatologue dispose de l’expertise pour distinguer ces tableaux.

Tableau comparatif : réaction normale vs érythème migrant

Caractéristique Réaction locale normale Érythème migrant (Lyme)
Délai d’apparition Immédiat à 48 h 3 à 30 jours
Taille < 5 cm, stable ≥ 5 cm, expansive
Forme Ronde, centrée sur la piqûre Annulaire ou homogène, peut migrer
Prurit Oui (fréquent) Non (généralement)
Évolution Régresse en 48–72 h S’étend progressivement
Conduite à tenir Surveillance simple Consultation et antibiotiques

Que faire après avoir retiré une tique ?

Après extraction, la surveillance cutanée est essentielle pendant 30 jours. Inspectez quotidiennement la zone de piqûre et ses alentours. Si une tache rouge apparaît et s’étend, consultez sans attendre. Il n’est pas recommandé de faire une sérologie de Lyme immédiatement après une piqûre sans symptôme : la sérologie est négative pendant les premières semaines (fenêtre silencieuse) et un résultat négatif précoce est rassurant à tort.

La sérologie (ELISA + Western blot en cas de positivité) est indiquée uniquement en cas de suspicion clinique : érythème migrant atypique, signes neurologiques, cardiaques ou articulaires survenant dans les semaines à mois suivant une exposition.

Prévention des piqûres de tique

Lors des activités en forêt ou dans les herbes hautes : portez des vêtements longs et couvrants (manches longues, pantalon rentré dans les chaussettes) de couleur claire pour repérer les tiques facilement. Appliquez un répulsif cutané contenant du DEET (N,N-diéthyl-métatoluamide) ou de l’IR3535 sur les parties exposées — ces molécules ont démontré leur efficacité répulsive contre Ixodes. Après chaque sortie, réalisez une inspection corporelle complète : creux du genou, aine, aisselles, nombril, cuir chevelu et derrière les oreilles sont les localisations favorites.

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FAQ – Questions fréquentes sur les tiques

Comment enlever une tique correctement ?

Utilisez un crochet tire-tique (en pharmacie). Glissez-le sous le corps de la tique contre la peau, et tournez doucement en continu jusqu’au détachement. Désinfectez ensuite. Ne brûlez ni n’étouffez jamais la tique avant extraction.

Que faire si la tête de la tique reste dans la peau ?

Ne tentez pas de l’extraire à l’aiguille. Le rostre microscopique sera éliminé naturellement. Désinfectez et surveillez. Si rougeur ou nodule persistent, consultez un médecin.

Qu’est-ce que l’érythème migrant ?

C’est une tache rouge expansive (≥ 5 cm) qui s’étend autour ou à distance du point de piqûre, 3 à 30 jours après. C’est le signe cutané de la maladie de Lyme. Sa présence impose des antibiotiques sans attendre la sérologie.

Combien de temps la tique doit-elle rester fixée pour transmettre Lyme ?

Le risque est très faible avant 24 h de fixation et augmente significativement après 36–48 h. Une inspection rapide après chaque sortie en forêt est la meilleure protection.

Faut-il des antibiotiques après chaque piqûre de tique ?

Non. En France, la prophylaxie antibiotique systématique n’est pas recommandée. Seul l’érythème migrant (tache rouge expansive ≥ 5 cm) impose la doxycycline. Consultez si une lésion cutanée suspecte apparaît dans le mois suivant.

Quels gestes sont interdits pour retirer une tique ?

Brûler, étouffer (vaseline, alcool, éther), écraser avec les doigts ou tirer à la verticale sans rotation : tous ces gestes stressent la tique et majorent le risque de transmission des pathogènes.

Références scientifiques

  • Biesiada G et al. Lyme disease: review. Arch Med Sci. 2025. PMID 40354663
  • Tibbles CD, Edlow JA. Does this patient have erythema migrans? JAMA. 2007;297(23):2617–2627. PMID 17579230
  • Oteo JA et al. Evaluation of three commercial tick removal tools. Eur J Clin Microbiol Infect Dis. 2002;21(7):524–527. PMID 11990185
  • Santé publique France — Maladie de Lyme : données épidémiologiques. santepubliquefrance.fr

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Urticaire virale chez l’enfant : causes, évolution et prise en charge


Urticaire viral

Urticaire viral (plus fréquent chez l'enfant)
Urticaire viral (plus fréquent chez l’enfant)

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Le mot urticaire provient du latin « urtica » qui signifie ortie.

Elle a generalement l’aspect de boutons monomorphes ressemblant à des piqûres d’ortie qui très souvent démangent (démangeaisons), fugaces et évolutifs.

Les causes de l’urticaire sont nombreuses et parmi celles ci l’urticaire virale est assez peu fréquente, sauf chez l’enfant

Mis à jour le 18 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : L’urticaire virale représente environ 40 % des urticaires aiguës chez l’enfant de moins de 5 ans. Elle se manifeste par des plaques rouges fugaces (chaque lésion disparaît en moins de 24 h) dans les suites d’une infection virale banale (rhume, gastro). L’évolution est bénigne en 1 à 2 semaines ; le traitement repose sur les antihistaminiques H1 adaptés à l’âge.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Urticaire viral de l’enfant

De nombreuses infections virales peuvent provoquer une urticaire aigue, notamment chez l’enfant. On les suspecte notamment en cas de fièvre, de rhinopharyngite…

Urticaire viral de l’adulte

Chez l’adulte, les virus les plus fréquemment en cause sont ceux de l’hépatite (exemple : triade de Caroli (urticaire, arthralgies, maux de tete) prémonitoire d’une hépatite B), mais l’hépatite donne plutot des aspects d’urticaires de type systémique ou d’une urticaire au froid par cryoglobulinemie. (voir ces types d’urticaire)

Traitement de l’urticaire viral

Recherche de la cause

Le médecin va chercher la cause de l’urticaire et notamment la cause virale, surtout si l’urticaire dure plus de 6 semaines, par des sérologies sanguines

Eviter les facteurs favorisant l’urticaire

Les facteurs aggravant l’urticaire doivent être évités :

aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs :

  • Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, oeufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
  • Charcuterie : viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie
    emballée, gibier
  • Blanc d’oeuf
  • Fromages : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère,
    cheddar
  • Légumes : epinards, tomate, choux, choucroute, concombre
  • Fruits :fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
  • Boissons alcoolisées : bière, vin
  • Chocolat et cacao

aspirine ou anti-inflammatoires non stéroïdiens

Certains antihypertenseurs :

Inhibiteurs de l’enzyme de conversion

pouvant engendrer des angioedemes et

bétabloquants

pouvant rendre difficile la prise en charge d’une anaphylaxie

Eviter la cortisone s’il n’y a pas de signes de gravité (anaphylaxie… )

Les corticoïdes par voie générale ne sont pas indiqués dans le traitement de l’urticaire car ils exposent à un risque de rebond à l’arret.

Quand consulter en urgence ? Gonflement des lèvres, de la langue ou de la gorge, difficulté à respirer ou à avaler, pâleur intense, somnolence = signes d’anaphylaxie → appeler le 15 immédiatement. Ces signes peuvent évoluer très rapidement chez l’enfant.

Soigner l’urticaire virale aigue (crise depuis moins de 6 semaines)

Le traitement de l’urticaire non compliquée requiert généralement des antihistaminiques (traitement de l’allergie).

Certains d’entre eux provoquent une somnolence et nécessitent des précautions, en particulier déviter la conduite automobile.

Exemples de médicaments de l’allergie :
Aerius ®
Atarax ®
Clarityne ®
Kestin ®
Polaramine ®
Primalan ®
Telfast ®
Tinset ®
Virlix ®
Xyzall ®
Zyrtec ®

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Références

  • Sackesen C, et al. Etiology of different forms of urticaria in childhood. Pediatr Dermatol. 2004;21(2):102-8. PMID 15078352
  • Caffarelli C, et al. Urticaria in children. Pediatr Allergy Immunol. 2010;21:e123-e129. PMID 19594878
  • Zuberbier T, et al. EAACI/GA2LEN/EuroGuiDerm urticaria guideline 2022. Allergy. 2022;77(3):734-766. PMID 35080267
  • Haute Autorité de Santé. Urticaire — Recommandations HAS

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Mycoses cutanées : causes et traitements

Mycose : causes, symptômes et traitements des infections fongiques de la peau

La mycose est une infection de la peau, des ongles ou des muqueuses causée par un champignon microscopique. Extrêmement répandue, elle peut toucher la peau glabre, les pieds, les ongles, la bouche, le vagin ou le gland. Les symptômes varient selon la localisation et le type de champignon en cause (dermatophyte, Candida, Malassezia). Le traitement repose sur des antifongiques locaux ou généraux, toujours prescrits après confirmation diagnostique médicale.

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Mycose cutanée — champignon de la peau

Cet article en vidéo


Vidéo : mycose de la peau expliquée par le dermatologue

Sommaire :
Causes |
Les 3 familles de champignons |
Mycoses à Candida |
Mycoses à dermatophytes |
Mycoses à Malassezia |
Facteurs favorisants |
Diagnostic |
Traitement |
Pages spécialisées |
Questions fréquentes

Causes des mycoses cutanées

Les champignons responsables des mycoses sont des organismes ubiquitaires, présents en permanence dans l’environnement et sur la peau à l’état saprophyte (non pathogène). Leur prolifération pathologique résulte d’une rupture de l’équilibre cutané ou immunitaire.

Origine Facteurs principaux
Causes externes Macération, humidité persistante, irritation cutanée, traumatisme, contact avec un sujet ou un animal infecté, sols collectifs (piscines, vestiaires)
Causes internes Immunodépression (VIH, hémopathies, corticothérapie au long cours), diabète, antibiotiques à large spectre, grossesse, carences nutritionnelles
Modes de transmission Interhumaine (contact direct, linge, chaussures partagées), zoophile (chats, chiens, bovins — teignes très inflammatoires), tellurique (sol)

⚠️ Une mycose profuse ou récidivante doit systématiquement faire rechercher un facteur favorisant interne : diabète, immunodépression (VIH, hémopathie, traitement immunosuppresseur). Un bilan médical est indispensable avant de se contenter d’un simple traitement antifongique.

📚 Épidémiologie des mycoses cutanées en Europe — PubMed

Les trois grandes familles de champignons pathogènes

Comprendre le type de champignon en cause est essentiel : il détermine la localisation, le tableau clinique et le choix du traitement antifongique.

Famille Localisations préférentielles Espèces principales
Dermatophytes Peau kératinisée, poils, ongles — jamais les muqueuses Trichophyton rubrum, Microsporum canis, Epidermophyton floccosum
Levures
(Candida, Malassezia)
Candida : muqueuses, plis cutanés. Malassezia : zones sébacées (cuir chevelu, tronc, visage) Candida albicans, Malassezia furfur, Malassezia globosa
Moisissures Ongles résistants aux traitements habituels (formes rares, souvent diagnostiquées par culture) Fusarium spp., Aspergillus spp., Scopulariopsis brevicaulis

Mycoses à Candida (candidoses)

Candida albicans fait partie de la flore commensale digestive et génitale normale. Il devient pathogène lorsqu’un déséquilibre local survient : antibiothérapie à large spectre, immunodépression, diabète déséquilibré, grossesse ou macération prolongée.

Forme clinique Aspect et terrain Page dédiée
Muguet (candidose buccale) Dépôts blanchâtres crémeux sur la muqueuse buccale, facilement décollables, laissant une muqueuse érythémateuse. Fréquent chez le nourrisson, la personne âgée et l’immunodéprimé. → Mycose de la bouche
Candidose génitale Première cause de balanite infectieuse chez l’homme (gland rouge, prurigineux, avec dépôts blanchâtres) et de vulvovaginite chez la femme (pertes blanches grumeleuses, prurit, brûlures). Représente 80 % des mycoses vaginales. → Mycose du sexe
→ Mycose vaginale
Candidose des grands plis Intertrigo dans les plis inguinaux, sous-mammaires ou axillaires : plaques érythémateuses suintantes, avec pustules satellites caractéristiques et collerette desquamative en périphérie. Favorisé par l’obésité, le diabète et la macération.
Onyxis candidosique Atteinte unguéale par Candida, surtout aux mains chez les personnes en contact prolongé avec l’eau (ongle décollé, périonyxis douloureux). Différent de l’onychomycose à dermatophytes. → Mycose des ongles

Muguet — candidose buccale

📚 Candidoses cutanéo-muqueuses : diagnostic et traitement — PubMed

Mycoses à dermatophytes (dermatophyties)

Les dermatophytes (Trichophyton, Microsporum, Epidermophyton) sont des champignons kératinophiles qui digèrent la kératine de la peau, des poils et des ongles. Ils n’infectent jamais les muqueuses. Leur transmission est interhumaine, zoophile ou tellurique.

Forme clinique Aspect caractéristique Page dédiée
Mycose de la peau glabre
(teigne du corps, tinea corporis)
Plaques annulaires rosées prurigineuses, à bordure active squameuse bien délimitée et centre plus clair — le classique « rond de sorcière ». Extension centrifuge progressive. → Mycose de la peau
Mycose des pieds
(pied d’athlète, tinea pedis)
Fissures et macération dans les espaces inter-orteils (surtout 4e espace), prurit intense, desquamation plantaire diffuse à aspect farineux. Très contagieuse via les piscines et vestiaires collectifs. → Mycose des pieds
Mycose de l’aine
(tinea cruris)
Plaques érythémato-squameuses prurigineuses dans les plis inguinaux, à extension vers l’intérieur des cuisses, avec bordure active nette. Plus fréquente chez l’homme sportif.
Mycose des ongles
(onychomycose)
Ongle jauni, épaissi, friable, décollé du lit unguéal (onycholyse). Touche préférentiellement le gros orteil. Prévalence de plus de 50 % après 70 ans. Traitement prolongé (6–12 mois). → Mycose des ongles
Teignes du cuir chevelu Surtout chez l’enfant. Plaques alopéciantes squameuses avec cheveux cassés courts, ou placards inflammatoires suppurés (kérion) en cas de transmission zoophile. Traitement systémique obligatoire.

Dermatophytie de la jambe — mycose annulaire
Anneau de mycose cutanée à dermatophyte
Pied d'athlète — mycose des pieds entre les orteils
Mycose plantaire diffuse — aspect farineux et desquamatif
Mycose plantaire diffuse : aspect farineux et desquamatif caractéristique
Onychomycose du gros orteil — champignon de l'ongle

📚 Épidémiologie des dermatophyties et onychomycoses — PubMed

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Mycoses à Malassezia

Malassezia furfur (et M. globosa) est une levure lipophile naturellement présente sur la peau, particulièrement dans les zones riches en glandes sébacées. Elle devient pathogène en cas de séborrhée excessive, d’humidité ou de terrain immunodéprimé.

Forme clinique Aspect caractéristique Page dédiée
Dermite séborrhéique Plaques rouges squameuses et grasses sur zones sébacées : sillons nasogéniens, sourcils, cuir chevelu (pellicules abondantes), conduits auditifs, poitrine, entre les omoplates. Évolution chronique et récidivante, non guérissable de façon définitive. → Dermite séborrhéique
Pityriasis versicolor Taches hypo- ou hyperpigmentées finement squameuses, prédominant sur le tronc et les épaules, plus visibles après exposition solaire (les zones atteintes ne bronzent pas). Bénin, non contagieux, mais très récidivant en été. → Pityriasis versicolor
Folliculite à Malassezia Papulo-pustules folliculaires prurigineuses sur le tronc et les épaules, parfois confondues avec de l’acné. Survient surtout après antibiothérapie prolongée ou chez les sportifs (transpiration). Répond aux antifongiques et non aux antibiotiques.

Dermite séborrhéique du visage — mycose à Malassezia
Dermite séborrhéique des sillons nasogéniens et du pourtour de la bouche
Pityriasis versicolor — taches brunes et blanches sur le tronc

Facteurs favorisants à identifier et corriger

Le traitement des facteurs favorisants est aussi important que l’antifongique lui-même. Sans leur correction, les récidives sont inévitables, quelle que soit la durée du traitement.

Facteur favorisant Mesure corrective
Macération cutanée Sous-vêtements et vêtements en coton ; éviter les matières synthétiques serrées non respirantes
Humidité excessive Sécher soigneusement les plis, espaces inter-orteils et aines après la toilette ; ne pas remettre des chaussures humides
Irritation et savons agressifs Utiliser un savon surgras ou un pain dermatologique ; éviter les antiseptiques cutanés répétés qui déséquilibrent le microbiome
Lieux collectifs Porter des claquettes dans les piscines, vestiaires, douches communes et spa
Diabète Optimiser l’équilibre glycémique ; une HbA1c élevée multiplie le risque de candidose et d’onychomycose
Antibiotiques Ne pas prendre d’antibiotiques sans indication médicale ; en cas de traitement prolongé, un antifongique préventif peut être discuté avec le médecin
Immunodépression Adapter si possible le traitement immunosuppresseur ; signaler toute mycose récidivante au médecin traitant

Diagnostic : comment confirmer une mycose ?

Le diagnostic clinique peut être trompeur, car de nombreuses dermatoses imitent parfaitement une mycose. La confirmation biologique reste le standard de référence.

Examen Ce qu’il permet Délai
Examen direct mycologique Visualisation des filaments fongiques ou des levures au microscope après prélèvement des squames ou de l’ongle. Résultat rapide (quelques heures). Jour même
Culture mycologique Identification précise du champignon et de l’espèce. Indispensable en cas de teigne, d’onychomycose difficile ou de résistance au traitement. 3–4 semaines
Lampe de Wood Fluorescence verte des teignes à Microsporum (non systématique avec Trichophyton). Utile en consultation rapide. Immédiat
Dermoscopie Aide au diagnostic des onychomycoses (aspect en ruine, spicules) et au diagnostic différentiel avec psoriasis unguéal ou lichen plan. Immédiat

💡 Le diagnostic médical est indispensable avant tout traitement antifongique. Eczéma nummulaire, psoriasis, pityriasis rosé et lichen peuvent mimer parfaitement une mycose. Un antifongique inefficace après 3 semaines de traitement bien conduit doit faire reconsidérer le diagnostic.

📚 Diagnostic mycologique des dermatophyties : techniques et interprétation — PubMed

Traitement des mycoses cutanées

Type de traitement Indication — molécules Durée indicative
Antifongique topique
Crème, gel, lotion, poudre, shampooing
Mycoses superficielles limitées. Imidazolés (éconazole, kétoconazole, bifonazole, miconazole), ciclopirox, terbinafine topique 2–4 semaines (peau glabre, plis, pied d’athlète)
Vernis antifongique Onychomycoses légères à modérées (ciclopirox, amorolfine). Efficacité limitée dans les formes sévères ou matricielles. 6–12 mois (ongles)
Antifongique systémique oral Mycoses étendues, profuses, récidivantes, onyxis sévère, teignes (obligatoire). Terbinafine (Lamisil®), itraconazole (Sporanox®), fluconazole (Triflucan®), griséofulvine (teignes enfant) 3–6 mois (pieds), 6–12 mois (ongles), 6–8 semaines (teignes)
Mesures d’hygiène associées Traitement simultané des chaussures (poudres antifongiques), remplacement du linge de bain, traitement des partenaires en cas de candidose génitale récidivante Toujours en parallèle

→ Voir l’article complet sur les médicaments antifongiques cutanés.

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Pages spécialisées du cluster mycose

Mycoses par localisation
Mycose des pieds (pied d’athlète) — traitement, prévention
Mycose des ongles (onychomycose) — vernis, terbinafine
Mycose de la peau glabre — plaques annulaires
Mycose de la bouche (muguet)
Mycose vaginale — candidose, traitement
Mycose du sexe (balanite candidosique)

Mycoses à Malassezia et traitements antifongiques
Dermite séborrhéique — visage, cuir chevelu
Pityriasis versicolor — taches, traitement
Antifongiques — guide complet des médicaments
Téléconsultation dermatologue

Références scientifiques

Questions fréquentes sur les mycoses

Comment savoir si c’est une mycose ou une autre maladie de peau ?

Seul un médecin peut poser le diagnostic avec certitude. Un prélèvement mycologique (examen direct + culture) permet d’identifier le champignon. De nombreuses dermatoses imitent parfaitement une mycose : eczéma nummulaire, psoriasis, pityriasis rosé, lichen, érythrasme… Un antifongique inefficace après 3 semaines de traitement correctement conduit doit faire reconsidérer le diagnostic.

Les mycoses sont-elles contagieuses ?

Oui, la plupart des dermatophyties (peau glabre, pieds, ongles, teignes) sont contagieuses par contact direct ou indirect — linge, chaussures, sols de piscine ou de vestiaire. Les candidoses et les mycoses à Malassezia sont moins contagieuses, car elles résultent principalement d’un déséquilibre de la flore commensale propre au patient. Les partenaires sexuels doivent toutefois être traités en cas de candidose génitale récidivante.

Pourquoi les mycoses récidivent-elles malgré le traitement ?

Les principales causes de récidive sont : un traitement trop court (la cause la plus fréquente), la persistance de facteurs favorisants non corrigés (macération, diabète, immunodépression), une recontamination par les chaussures ou le tapis de bain non traités, ou une résistance au traitement. Une mycose récidivante après traitement bien conduit justifie un bilan médical complet.

Peut-on se traiter seul contre une mycose sans ordonnance ?

Certains antifongiques locaux (éconazole, bifonazole, clotrimazole) sont disponibles sans ordonnance en pharmacie. Un avis médical reste cependant recommandé pour confirmer le diagnostic, car de nombreuses autres affections cutanées peuvent ressembler à une mycose. Traiter un eczéma ou un psoriasis avec un antifongique retarde le bon diagnostic et peut aggraver les symptômes.

Combien de temps dure le traitement d’une mycose ?

Quelques semaines pour une mycose de peau glabre ou des plis ; 3 à 6 mois pour une mycose des pieds étendue ; 6 à 12 mois (voire plus) pour une mycose des ongles des orteils. Un traitement trop court est la principale cause de récidive. Le traitement des teignes du cuir chevelu nécessite toujours un antifongique oral pendant 6 à 8 semaines.

Peut-on consulter un dermatologue par téléconsultation pour une mycose ?

Oui. La téléconsultation dermatologique est parfaitement adaptée au diagnostic et au traitement de la grande majorité des mycoses cutanées, qui se diagnostiquent à l’inspection visuelle. Le Dr Rousseau peut, lors d’une téléconsultation vidéo, confirmer ou infirmer le diagnostic, prescrire un antifongique local ou oral, demander un prélèvement mycologique si nécessaire, et assurer le suivi du traitement.

Voir aussi :
Mycose des pieds |
Mycose des ongles |
Mycose vaginale |
Dermite séborrhéique |
Pityriasis versicolor |
Téléconsultation dermatologue

Article rédigé par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue à Bordeaux — dermatonet.com. Publié le JJ/MM/AAAA. Dernière révision : JJ/MM/AAAA.

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Impétigo : symptômes, traitement et contagion chez l’enfant

Dernière mise à jour : 4 mai 2026

En bref : L'impétigo est l'infection bactérienne cutanée superficielle la plus fréquente chez l'enfant de 2 à 10 ans, causée par Staphylococcus aureus (80 %) et/ou Streptococcus pyogenes. Il se manifeste par des vésico-pustules évoluant en croûtes dorées 'couleur miel', très contagieuses. Le traitement antibiotique local (mupirocine) est efficace en 5 à 7 jours.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue


Impétigo

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Vidéo impétigo - Dr Rousseau

L’impétigo est une infection bactérienne superficielle de la peau, due au staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) ou au streptocoque du groupe A (Streptococcus pyogenes). C’est l’infection cutanée bactérienne la plus fréquente chez l’enfant, avec un pic d’incidence avant 10 ans et une prédominance estivale. La bactérie pénètre dans la peau par une « porte d’entrée » : piqûre d’insecte, eczéma, égratignure, varicelle… Elle provoque une éruption de croûtes jaunâtres dites mélicériques (ressemblant à du miel cristallisé), parfois de bulles à contenu trouble, typiquement autour de la bouche et des narines des enfants. Très contagieux, l’impétigo se propage par auto-inoculation (grattage) et peut toucher d’autres enfants dans la famille ou à l’école. Son traitement repose sur les antibiotiques locaux ou généraux selon l’étendue des lésions.

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Impetigo

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L’impétigo, qu’est-ce que c’est ?

L’impétigo est l’infection bactérienne de la peau la plus fréquente chez l’enfant. Il est dû au Staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) dans environ 90 % des cas en France, ou plus rarement au Streptocoque pyogenes (groupe A). Il est très contagieux — pour soi-même par auto-inoculation lors du grattage, et pour les autres enfants par contact direct avec les lésions ou les objets souillés (linge, jouets). Il est caractérisé par l’apparition rapide, principalement sur le visage et le corps, de vésicules évoluant vers des croûtes jaunâtres mélicériques, parfois de bulles. Il survient fréquemment sous forme épidémique dans les crèches et les écoles, notamment en été et en automne.

Impetigo autour de la bouche chez l’enfant : début de l’éruption
À retenir : L’impétigo n’est pas une maladie grave dans la grande majorité des cas, mais il ne faut pas l’ignorer : non traité, il s’étend rapidement, contamine l’entourage et peut se compliquer. Une consultation médicale est indispensable.

Symptômes : les deux formes cliniques

L’impétigo croûteux (pyodermite) — la forme la plus fréquente (70 %)

Impetigo
Impetigo croûteux à type de pyodermite

Très fréquent chez l’enfant de moins de 10 ans, sa lésion initiale est une vésicule entourée d’une auréole rouge. Celle-ci se rompt rapidement, suinte, et se forme alors une croûte jaunâtre dite mélicérique (ressemblant à du miel cristallisé). Les lésions siègent préférentiellement sur le visage — en particulier autour de la bouche et des narines — et peuvent essaimer sur le corps par grattage. Des ganglions satellites dans la zone de drainage sont fréquents. L’impétigo peut provoquer des démangeaisons. La fièvre est habituellement absente.

impetigo
Impetigo du visage

L’impétigo bulleux

Plus rare, l’impétigo bulleux est dû principalement au staphylocoque doré producteur de toxines exfoliantes (toxines A et B). Il est caractérisé par l’apparition de bulles à contenu trouble de 1 à 2 cm de diamètre, à paroi fragile, qui se rompent et laissent des érosions cutanées extensives à fond rosé. Il touche surtout les nourrissons et les jeunes enfants de moins de 2 ans.

impetigo bulles
Impetigo bulleux
Forme grave rare — épidermolyse staphylococcique aiguë : Il existe une forme bulleuse extensive et grave d’impétigo provoquant de vastes décollements de peau en draps avec signe de Nikolsky positif (décollement cutané au simple frottement), nommée épidermolyse staphylococcique aiguë (ou syndrome de la peau ébouillantée). C’est une urgence médicale, surtout chez le nourrisson. Leur prise en charge a fait l’objet de recommandations en 2019.

Évolution, autres types d’impétigo et complications

L’impétigo peut guérir spontanément en 2 à 3 semaines, mais il n’est pas recommandé de s’abstenir de traiter : non traité, il s’étend rapidement, contamine l’entourage et peut évoluer vers des formes plus sévères ou se compliquer.

Formes évolutives particulières

  • Ecthyma : forme nécrotique creusante, notamment sur les membres inférieurs chez des adultes fragilisés (diabétiques, immunodéprimés, alcooliques). La croûte devient noirâtre, s’étend et creuse la peau en profondeur, laissant une ulcération.
  • Pyodermite végétante : en cas de macération prolongée, les lésions s’infiltrent et deviennent papillomateuses.
  • Impétiginisation : surinfection bactérienne d’une dermatose préexistante (eczéma, gale, pédiculose, varicelle, prurigo). Le traitement de la dermatose sous-jacente est indispensable.

Complications locales et générales

  • Locales : abcès, lymphangite, ostéite/ostéo-arthrite
  • Générales : pneumonie, septicémie, glomérulonéphrite post-streptococcique (complication rénale rare mais grave, liée au streptocoque), rhumatisme articulaire aigu

Critères définissant un impétigo grave

  • Ecthyma (forme nécrotique creusante)
  • Surface cutanée atteinte > 2 % de la surface corporelle totale
  • Plus de 6 sites lésionnels
  • Extension rapide des lésions
  • Immunodépression ou terrain fragilisé

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Traitement de l’impétigo

Le traitement repose sur les recommandations HAS 2019/2024. Il vise à accélérer la guérison, éviter l’extension et limiter la contagion. Le choix entre traitement local et général dépend de l’étendue et de la sévérité des lésions.

A/ Soins d’hygiène — mesures communes à toutes les formes

  • Lavage quotidien (ou biquotidien) à l’eau et au savon des lésions et des mains
  • Pas d’antiseptiques locaux : leur usage n’est pas recommandé et peut irriter la peau
  • Application biquotidienne de vaseline pour ramollir et décoller les croûtes sans les gratter (en cas de traitement général)
  • Couper les ongles courts et se laver les mains fréquemment pour limiter l’auto-inoculation
  • Percer les bulles avec une aiguille stérile si nécessaire
  • Vérifier le statut vaccinal antitétanique

A.1/ Éviction scolaire

Si les lésions ne sont pas protégeables par un pansement : 3 jours d’éviction après le début du traitement (retour possible 48 h après le début d’une antibiothérapie orale). Signaler le cas à la direction de l’établissement.

B/ Traitement de l’impétigo simple (localisé ou peu étendu)

Critères : surface atteinte < 2 % de la surface corporelle, moins de 6 lésions, sans extension rapide.

Antibiothérapie locale uniquement : pas d’antibiothérapie par voie orale dans les formes simples.

  • Mupirocine (Mupiderm®)antibiotique local de première intention selon les recommandations HAS 2024 : 2 à 3 applications par jour pendant 5 jours. Préférée à l’acide fusidique en France pour préserver son usage oral/parentéral et limiter l’émergence de résistances.
  • Acide fusidique (Fucidine®) : 2 à 3 applications par jour pendant 5 jours. Alternative à la mupirocine, efficacité comparable ; taux de résistance en légère augmentation en France.

C/ Traitement de l’impétigo grave

Une antibiothérapie par voie générale orale est indiquée pendant 7 jours, sans attendre les résultats du prélèvement bactériologique. En cas de traitement général, ne pas associer d’antibiothérapie locale (pas d’association local + oral) ; utiliser la vaseline seule pour les soins de plaies.

Patient Antibiotique de 1re intention Alternative (allergie pénicilline)
Adulte Pristinamycine 1 g × 3/j pendant 7 j
ou Céfalexine 2–4 g/j pendant 7 j
Pristinamycine 1 g × 3/j pendant 7 j
Enfant Amoxicilline/acide clavulanique 80 mg/kg/j (max 3 g/j) pendant 7 j
ou Céfadroxil 100 mg/kg/j pendant 7 j
ou Céfadroxil : 50 mg/kg/j en 2–3 prises (max 4 g/j) [HAS 2024]
Josamycine 50 mg/kg/j pendant 7 j
ou Cotrimoxazole 30 mg/kg/j de SMX pendant 7 j [HAS 2024]
SARM : En France, la prévalence du Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) en communauté est de 5 à 10 %. Il n’est pas nécessaire d’en tenir compte dans le traitement probabiliste de première intention d’un impétigo communautaire.

Quand faut-il reconsulter en urgence ?

  • La peau autour des lésions devient rouge, enflée et douloureuse (signe de cellulite)
  • Apparition de bulles de plus de 2 cm de diamètre
  • Les urines deviennent rouges ou foncées (signe de glomérulonéphrite)
  • Fièvre ou altération de l’état général
  • Absence d’amélioration après 48 h de traitement bien conduit

Les conseils du dermatologue

  • Les infections de la peau et les infections des poils peuvent s’aggraver en l’absence de traitement adéquat (lymphangite, septicémie). Ne pas toucher ni manipuler les lésions : la majorité des complications survient en cas de consultation trop tardive ou de manipulation intempestive.
  • Ne pas utiliser d’anti-inflammatoires (cortisone ou AINS) pour une infection cutanée : ils masquent les signes infectieux et favorisent l’aggravation silencieuse.
  • Vérifier que le vaccin antitétanique est à jour : toute plaie cutanée peut être une porte d’entrée du tétanos.
  • En cas d’eczéma sous-jacent ou de dermatose chronique (gale, pédiculose, varicelle), traiter simultanément la cause pour éviter les récidives d’impétiginisation.


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Points clés

  • L’impétigo est l’infection cutanée bactérienne la plus fréquente chez l’enfant, due au staphylocoque doré (90 % en France) ou au streptocoque
  • Il se présente sous deux formes : croûteuse (70 %, mélicérique) et bulleuse (plus rare, nourrisson)
  • L’impétigo est très contagieux : éviction scolaire 3 jours si lésions non protégeables, lavage des mains systématique
  • Le traitement des formes simples repose sur la mupirocine locale 5 jours — sans antibiotique oral ni antiseptique
  • Les formes graves (ecthyma, >6 lésions, >2 % surface corporelle) nécessitent un antibiotique oral 7 jours et un prélèvement bactériologique
  • Les complications (glomérulonéphrite, septicémie) sont rares mais imposent une consultation rapide en cas de signes d’alarme

Questions fréquentes

À partir de quel âge un bébé peut-il attraper un impétigo ?

Théoriquement, l’impétigo peut survenir à tout âge, mais il est plus fréquent à partir de l’entrée en collectivité (crèche, école) car il résulte le plus souvent d’une contamination par contact avec d’autres enfants. Sa fréquence diminue à l’adolescence : le système immunitaire est plus mature et les réflexes d’hygiène mieux acquis. L’éviction de la collectivité est importante pour limiter la transmission.

L’impétigo laisse-t-il des cicatrices ?

Non. Un impétigo bien traité guérit en deux semaines environ et les lésions disparaissent sans laisser de cicatrices. En revanche, l’ecthyma (forme nécrotique profonde) peut laisser une cicatrice résiduelle.

L’impétigo peut-il récidiver ?

Oui. Les récidives sont possibles, surtout si l’enfant est porteur nasal de staphylocoque (dans les narines). En cas de récidives fréquentes, un traitement décolonisant nasal par mupirocine peut être discuté, ainsi que la recherche et le traitement des porteurs dans l’entourage.

Peut-on donner un bain à un enfant avec de l’impétigo ?

Oui, le bain quotidien au savon doux est au contraire recommandé pour nettoyer les lésions. Il faut éviter le partage des serviettes, éponges et gants de toilette avec le reste de la famille pour ne pas contaminer l’entourage.

L’impétigo est-il dangereux pour un nouveau-né ou un nourrisson ?

Chez le nourrisson, les complications peuvent être plus sévères, notamment l’épidermolyse staphylococcique aiguë (décollement cutané étendu) et la septicémie. Tout impétigo chez un nourrisson de moins de 3 mois doit être évalué en urgence.

Voir aussi : Staphylocoque doréInfections cutanées bactériennesEczéma

Et pour aller plus loin…


Vidéo en anglais sur l'impétigo

 
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⚠️ Quand consulter en urgence :
Consultez rapidement si : impétigo extensif (> 5 lésions), fièvre associée, atteinte autour des yeux ou bouche envahissant rapidement, absence d'amélioration après 3 jours d'antibiotique topique, ou suspicion de forme bulleuse (grandes bulles flasques). Ces formes nécessitent un traitement oral et une surveillance médicale.

Comment reconnaître un impétigo ?

L'impétigo se manifeste par de petites vésicules ou pustules qui se rompent rapidement pour former des croûtes jaunâtres à 'couleur de miel', très caractéristiques. Elles siègent préférentiellement autour du nez, de la bouche et sur les membres. Les lésions sont indolores, non prurigineuses (sauf forme eczémateuse), et s'étendent par auto-inoculation (grattage). Elles ne laissent généralement pas de cicatrices.

L'impétigo est-il très contagieux et combien de temps ?

Oui, l'impétigo est très contagieux par contact direct avec les lésions ou les objets contaminés (serviettes, jouets). La contagiosité persiste jusqu'à 48 heures après le début du traitement antibiotique local. L'éviction scolaire est obligatoire jusqu'à 48 heures de traitement bien conduit. À la maison : linge de toilette individuel, ne pas partager les jouets, lavage des mains fréquent avec savon antiseptique.

Quel est le traitement de l'impétigo en 2026 ?

Forme localisée (< 5 lésions) : mupirocine 2 % pommade (Mupiderm) 3 fois/j pendant 5 jours, ou acide fusidique 2 % crème (Fucidine) 3 fois/j pendant 7 jours. Avant l'application : trempage 5 minutes eau tiède + savon antiseptique pour ramollir et retirer les croûtes. Forme étendue ou bulleuse : amoxicilline-acide clavulanique 40 mg/kg/j (enfant) ou 1 g × 2/j (adulte) pendant 7 jours. Ne pas utiliser de corticoïdes locaux.

Peut-on confondre un impétigo avec autre chose ?

Oui : avec l'herpès (vésicules groupées douloureuses), l'eczéma suintant (placards diffus, prurigineux), la varicelle (vésicules généralisées évoluant en plusieurs poussées), la teigne du cuir chevelu (plaques alopéciantes squameuses), ou une dermite de contact (lésions localisées à la zone de contact). Le contexte (âge, localisation, aspect des croûtes, contagiosité familiale) oriente le diagnostic.

L'impétigo peut-il donner des complications ?

Les complications sont rares mais possibles. La plus grave est la glomérulonéphrite post-streptococcique (protéinurie, hématurie, hypertension), survenant 3 à 6 semaines après un impétigo à Streptococcus pyogenes, notamment dans les pays en développement. Le syndrome SSSS (Staphylococcal Scalded Skin Syndrome) est une forme nécrosante rare chez le nourrisson. En France, ces complications restent exceptionnelles grâce au traitement précoce.

Peut-on baigner un enfant avec de l'impétigo ?

Oui, le bain quotidien est recommandé pour nettoyer les lésions et ramollir les croûtes. Utiliser de l'eau tiède avec un savon antiseptique (Cytéal dilué, Diaseptyl) et sécher soigneusement les zones atteintes avec une serviette individuelle (à laver à 60°C). Éviter la piscine ou les bains en commun jusqu'à guérison complète (fin de contagiosité). Le bain ne risque pas d'étendre les lésions s'il est suivi d'un séchage soigneux.

L'impétigo peut-il toucher les adultes ?

Oui, bien que plus rare, l'impétigo touche aussi les adultes, surtout dans des situations prédisposantes : plaie ou égratignure surinfectée, eczéma ou dermatose prurigineuse grattée, contact avec un enfant atteint, épilation ou rasage récent. Les sportifs de contact (rugby, judo, lutte) sont particulièrement exposés aux formes récidivantes à S. aureus. Le traitement et la contagiosité sont identiques à ceux de l'enfant.

Références scientifiques

  1. HAS. Choix et durées d’antibiothérapies : prise en charge de l’impétigo de l’adulte et de l’enfant. Fiche mémo. Haute Autorité de Santé, 2019, mise à jour 2024. has-sante.fr
  2. Koning S, van der Sande R, Verhagen AP, et al. Interventions for impetigo. Cochrane Database Syst Rev. 2012;(1):CD003261. PubMed 22258953
  3. Nardi NM, Schaefer TJ. Impetigo. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2024. PubMed 29630268
  4. Monsel G, Pourcher V, Caumes E. Infection cutanée bactérienne. EMC — AKOS (Traité de Médecine). 2017;13(1):1-7 [Article 4-0980].
  5. Société française de dermatologie (SFD). Recommandations pour la prise en charge des infections cutanées bactériennes courantes, 2019. Accéder au document

Mis à jour le 24 avril 2025 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.

Zika : symptômes cutanés

Zika

Le moustique tigre transmet le Zika

Le virus Zika est présent en Amérique (Sud, Centrale et un peu au Nord), aux Antilles (Guadeloupe, Martinique, Saint Martin, Saint Barth… ) et en Polynésie (Tahiti).

Le virus Zyka est un arbovirus, qui fait partie du même groupe de virus que la dengue et le chikungunya. Il tire son nom de la forêt Zika en Ouganda.

Il est transmis par le moustique tigre (le « moustique de l’apéro » qui pique surtout en fin de journée)

Les signes cutanés sont souvent présents (90% des cas).

Symptomes

Symptomes du Zika

Fièvre avec maux de tête, douleurs articulaires et musculaires

Eruption de plaques et boutons rouges qui démangent le plus souvent, survenant au début au visage puis sur le reste du corps. Elles sont souvent groupées en paquets de plaques et boutons

Eruption au début sur le visage et le haut du tronc
Eruption de Zika

Yeux rouges dans environ la moitié des cas

Gonflement distal dans 20% des cas

Le Zyka guérit le plus souvent en une semaine

Traitement

Symptomatique à base de paracétamol (éviter l’aspirine par risque hémorragique et les anti inflammatoires)

Le virus est présent dans toutes les sécrétions, notamment sexuelles, ce qui conduit à recommander l’usage du préservatif pour les personnes
infectées (cas de transmission par le sperme) durant 3 mois.

Un cas décrit de transmission du Zyka chez une personne ayant rendu visite à un malade, donc y penser aussi chez des personnes n’ayant pas fait de voyage dans les zones d’endémie

En cas de Zika pendant la grossesse, le risque de microcéphalie du bébé est de 1%

Microcéphalie du nouveau-né en cas de Zika durant la grossesse

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Econazole : antifongique topique, indications et mode d’emploi

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

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L’éconazole est un antifongique imidazolé à usage local, disponible sous de nombreuses formes galéniques. En France, les principales marques sont Pevaryl® (crème, poudre, solution, émulsion, ovule) et ses nombreux génériques remboursés à 30 %.

Indications de l’éconazole

L’éconazole topique est indiqué dans le traitement des :

  • Dermatophytoses cutanées : pied d’athlète (tinea pedis), teigne, herpès circiné (ringworm)
  • Candidoses cutanéo-muqueuses : intertrigo, candidose génitale
  • Pityriasis versicolor
  • Candidose vaginale (ovules Gyno-Pevaryl®)

Formes disponibles et posologie

Forme Marque Posologie
Crème 1% Pevaryl®, génériques 1 à 2×/j pendant 2 à 4 sem.
Poudre 1% Pevaryl®, génériques 1 à 2×/j, espaces humides
Solution 1% Pevaryl®, génériques 1 à 2×/j (cuir chevelu)
Ovule 150 mg Gyno-Pevaryl® 1 ovule en dose unique (vaginale)

Questions fréquentes sur l’éconazole

L’éconazole (Pevaryl®) est-il remboursé par la Sécurité sociale ?

Oui, Pevaryl® et les génériques à base d’éconazole 1% sont remboursés à 30 % sur prescription médicale. Les formes sans ordonnance (Myleugyne®, Mycoapaisyl®) ne sont pas remboursées.

Combien de temps faut-il appliquer l’éconazole pour traiter une mycose ?

Pour les mycoses cutanées, le traitement dure généralement 2 à 4 semaines selon la localisation. Pour le pied d’athlète, 4 semaines sont souvent nécessaires. L’arrêt prématuré expose à la rechute.

Peut-on utiliser l’éconazole sur les muqueuses génitales ?

Oui, sous forme d’ovule vaginal (Gyno-Pevaryl® 150 mg) pour les candidoses vaginales. La crème peut également être appliquée sur la vulve. En cas de symptômes persistants, consultez un médecin.

Quels sont les effets indésirables de l’éconazole ?

L’éconazole topique est généralement bien toléré. Des sensations de brûlure ou un léger érythème peuvent survenir à l’application. Les allergies cutanées sont rares mais possibles.

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Traitement naturel des verrues


Traitement naturel de verrue

En bref : Les traitements naturels des verrues peuvent compléter les soins médicaux, mais aucun n’a prouvé une efficacité supérieure à l’acide salicylique. L’huile essentielle de tea tree, le vinaigre de cidre et l’ail ont des propriétés antivirales documentées in vitro, mais les preuves cliniques restent limitées. Ils peuvent être essayés en première intention pour les verrues peu évolutives, sous surveillance médicale.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Avoir une verrue est souvent vécu comme une contamination, on se sent sale et on veut en guérir vite. Il y a donc plusieurs traitements de verrues. Mais les verrues guérissent-elles parfois toutes seules?

 

Soigner une verrue du doigt
Soigner une verrue du doigt avec un verrucide

Mis à jour le 18 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

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Faut-il soigner les verrues pour en guérir?

Les verrues sont des tumeurs bénignes d’origine virale, dues à des virus appelés papillomavirus.

Le traitement des verrues n’est pas systématique car les verrues sont des tumeurs bénignes régressant le plus souvent spontanément en quelques années.

Il n’est donc pas étonnant de voir disparaître spontanément une verrue.

De nombreux traitements naturels consistent à pratiquer de l’auto suggestion :

  • penser à la verrue et lui intimer l’ordre de partir
  • faire dessiner la verrue à un enfant et détruire le dessin,
  • et toutes sortes de procédés « magiques » plus ou moins originaux (frotter la verrue avec un bout de lard qu’on enterre à la pleine Lune, tenir un marron dans la main gauche en serrant plusieurs minutes…)

La décision de traitement des verrues est prise entre le patient et le médecin en fonction de différents facteurs :

  • localisation de la verrue

une verrue du visage est plus genante et affichante qu’une verrue plantaire, mais pas question d’y appliquer le moindre traitement même naturel, au risque de vous faire une cicatrice.

soigner les verrues du visage
Papillome verruqueux de la paupière : le genre de verrues qu’on doit soigner
    • le nombre de verrues,

Guerir les verrues
Nombreuses verrues plantaires, il faut les soigner

Devant d’aussi nombreuses verrues, de grandes tailles, il est peu probable qu’un traitement naturel soit efficace

  • l’évolution des verrues

deviennent-elles douloureuses au niveau des zones d’appui du pied (verrues plantaires)? grossissent-elles ou se multiplient-elles… ? il y a alors une indication claire à les soigner. Dans ce cas, mieux vaut éviter de risquer de perdre du temps avec un traitement naturel et se faire traiter par le médecin

Comment le médecin soigne-t-il les verrues?

La diversité des traitements qui ont été essayés pour enlever les verrues est à elle seule un constat d’échec.

Dans les etudes scientifiques concernant le traitement des verrues, deux traitements semblent plus efficaces : la cryothérapie par application d’azote liquide voire de neige carbonique et l’application de préparations à base d’’acide salicylique voire d’acide lactique.


Ces deux traitements des verrues sont souvent associés. Leur principe est le même : décaper et détruire la verrue jusqu’à la base, pour essayer d’enlever toutes les cellules infectées par le papillomavirus.

Le médecin peut aussi utiliser du laser, un décapage sous anesthésie locale, des crèmes…

Pour en savoir plus, voir l’article traitement des verrues

 

Traitement naturel des verrues

Les délais de rendez-vous chez les dermatologues s’allongent d’année en année.

Cependant, ne vous improvisez surtout pas médecin! Consultez votre médecin traitant avant toute chose. Il faut en effet vous assurer que la lésion que vous constatez est bien une verrue. Cela peut etre un durillon, voire un terrible melanome achromique. Enfin, ne traitez pas seul des verrues mal localisées, sur une peau fragile (paupière, dos de la main, cou, verrues génitales…)

Il faut être très prudent avant d’utiliser des produits même naturels et bien demander conseil à son pharmacien seulement apres avoir consulté un médecin pour s’assurer du diagnostic de verrue.

Consulter un médecin avant tout

La consultation du médecin pour diagnostiquer le type de verrue et le traitement approprié

RDV RAPIDE EN VISIO AVEC LE DERMATOLOGUE : prenez rdv de

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Sparadrap

Souvent les traitements médicaux consistent en l’application de produits kératolytiques sous un pansement, notamment pour augmenter le taux de pénétration transcutanée du produit. Il semble que le fait de recouvrir constamment la verrue joue aussi un rôle, provoquant une macération de la verrue (elle devient blanche et plus molle), ce qui peut permettre de freiner sa croissance, voire de la faire tomber.

On ne peut pas dire que le sparadrap ou le scotch soient des substances naturelles, mais ils font partie des remedes des verrues de petite taille, notamment sur les doigts.

L’opération consiste à  recouvrir la verrue d’un bout de sparadrap ou mieux si possible de l’enrouler (par exemple pour une petite verrue du doigt) autour de la verrue et de laisser le sparadrap 24h/24 pendant au moins une semaine.

Dans la même logique d’application de substance occlusive, on peut appliquer sur la verrue du doigt de la colle, de l’aloe vera, du beurre de karité…

Les sèves de plantes contre les verrues

Certaines plantes comportent probablement une sève caustique, capable de bloquer la croissance, voire de décaper progressivement les petites verrues, il s’agit de

  • La chélidoine

    Chelidoine dont la sève peut être utilisée pour traiter les verrues

    La chélidoine ou grande Eclaire est une  « mauvaise herbe » qui pousse à l’état sauvage, souvent le long des murs. On la reconnaît à sa fleur jaune et ses feuilles dentelées. Lorsqu’on casse sa tige en deux, un suc jaune-orangé apparaît et peut être appliqué directement sur la petite verrue du doigt par exemple, et uniquement sur elle sans déborder, puis on la recouvre d’un sparadrap, tous les jours sauf si une irritation apparait. Il faut alors suspendre les applications jusqu’au retour d’une peau normale, non irritée.

Ce suc contiendrait un alcaloïde, la coptisine, ayant des propriétés antimitotiques (il bloque la réplication du virus papillomavirus responsable des verrues)

  • Le pissenlit

    Pissenlit, dont on utilise la sève blanche pour les verrues

    Là encore on utilise le lait blanc qui s’écoule lorsqu’on casse la tige du pissenlit (voir chelidoine)

  • Le lait de figue

    Figuier, dont on utilise la sève blanche

On utilise la sève blanche qui s’écoule des petites tiges de l’arbuste, comme pour la chélidoine et le pissenlit.

Teinture mère de thuya

Thuya contre les verrues

On applique sur la verrue à l’aide d’un coton tige une goutte de teinture mère de Thuya une fois par jour.

Aliments contre les verrues

De nombreux aliments, notamment en raison probablement de leur effet rubéfiant et irritant, peuvent être utilisés dans le traitement des verrues

  • Ecorce de citron macérée dans du vinaigre blanc

    Ecorce de citron contre les verrues

    On applique la décoction ail-vinaigre sur la verrue avec un coton tige et on peut recouvrir d’un sparadrap

Certains utilisent uniquement du jus de citron appliqué au coton tige sur la verrue.

  • peau de banane

    Peau de banane contre les verrues

    on découpe une petite pastille de la taille de la verrue dans la partie blanche interne de la peau de banane et on l’applique sous un sparadrap sur la verrue

  • ail ou oignon cru

avec lesquels on frotte doucement les verrues

Ail contre les verrues

Certains les utilisent aussi en purée appliquée sous un pansement mais ceci est très agressif pour la peau alentour qu’il faut protéger avec un pansement percé tel que ceux qu’on utilise pour les cors aux pieds ou du vernis. Mieux vaut éviter cette technique au risque de se bruler la peau

On peut aussi citer la chair d’aubergine appliquée sous un pansement ou la pomme de terre dont on frotte la chair sur la verrue…

Faut-il gratter les verrues ?

Mieux vaut ne pas gratter les verrues. En effet, les irritations tendent parfois à stimuler la réplication du virus et à provoquer la croissance de la verrue. De plus on risque de faire saigner la verrue et il y a alors un risque d’infection bactérienne de la verrue et d’autocontamination par le sang qui transporte des papillomavirus sur la peau.

Ne pas traiter soi-même si : la lésion saigne spontanément, change rapidement d’aspect ou de couleur, est irrégulière ou douloureuse sans raison, ou si vous n’êtes pas certain qu’il s’agit d’une verrue. Consultez un dermatologue : certaines lésions peuvent mimer une verrue tout en étant un mélanome acral ou un carcinome débutant.

Et si ça ne fonctionne pas?

En cas de verrue résistante au traitement bien conduit plus de 15 jours, il faut consulter son médecin.

Télécharger un guide complet au format PDF :

Références

  • Kwok CS, et al. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev. 2012. PMID 22336830
  • Bruggink SC, et al. Cryotherapy with liquid nitrogen versus salicylic acid for cutaneous warts. CMAJ. 2010;182(15):1624-30. PMID 20837698
  • Sterling JC, et al. Guidelines for the management of cutaneous warts. Br J Dermatol. 2014;171(4):696-712. PMID 25196223
  • Haute Autorité de Santé. Verrues cutanées — Recommandations HAS

Verrues chez l’enfant : traitements adaptés et conseils pour les parents

En bref : Les verrues sont très fréquentes chez l'enfant — elles concernent jusqu'à 20 % des enfants d'âge scolaire. Dues au papillomavirus humain (HPV), elles guérissent spontanément dans 65 % des cas en 2 ans sans traitement. Lorsqu'un traitement est nécessaire, l'acide salicylique en application quotidienne est le traitement de première intention, bien toléré et efficace à domicile. La cryothérapie reste une option, mais peut être douloureuse avant 6–7 ans.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Sommaire :
Épidémiologie |
Formes cliniques |
Verrues et collectivité |
Traiter ou attendre ? |
Traitements adaptés à l’enfant |
Terrains particuliers |
Tableau récapitulatif |
Questions fréquentes

Pourquoi les verrues sont-elles si fréquentes chez l’enfant ?

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Les verrues touchent 10 à 20 % des enfants en âge scolaire, contre 5 à 10 % de la population générale. Cette surreprésentation s’explique par plusieurs facteurs combinés :

  • Un système immunitaire encore immature, moins efficace pour éliminer le HPV avant qu’il ne s’exprime
  • Une vie en collectivité intense (piscine scolaire, vestiaires, sports collectifs) favorisant la contamination indirecte
  • Des microtraumatismes cutanés fréquents (genoux, pieds, mains) qui facilitent la pénétration du virus
  • Des comportements à risque : se ronger les ongles, gratter ses lésions, marcher pieds nus dans les vestiaires

Le pic de fréquence se situe entre 5 et 15 ans. Avant 2 ans, une verrue est exceptionnelle et doit faire évoquer un déficit immunitaire.

Formes cliniques les plus fréquentes chez l’enfant

Toutes les formes de verrues peuvent survenir chez l’enfant, mais certaines sont nettement prédominantes. Pour une description complète de chaque type, voir l’article général sur les verrues.

Verrues plantaires — la plainte principale

Verrues plantaires chez un enfant
Verrues plantaires

Les verrues plantaires représentent la cause la plus fréquente de consultation pour verrue chez l’enfant — surtout après la rentrée scolaire et la reprise de la piscine. La myrmécie (HPV1, profonde et douloureuse) est celle qui motive le plus souvent la consultation, pouvant gêner la marche et la pratique sportive. Les verrues en mosaïque (HPV2), moins douloureuses, sont parfois découvertes fortuitement.

Chez l’enfant, la verrue plantaire doit être distinguée d’un cor ou durillon : la verrue saigne au curetage (points noirs = capillaires thrombosés) et interrompt les dermatoglyphes, contrairement au cor.

Verrues des mains et des doigts — dissémination par morsure

Récidive de verrues des doigts en couronne chez un enfant après traitement
Récidive en couronne après traitement — fréquente chez l’enfant

Les verrues vulgaires des mains sont très fréquentes, avec une particularité pédiatrique importante : l’onychophagie (se ronger les ongles) favorise une dissémination massive autour des ongles et sur les lèvres. Les verrues péri-unguéales sont souvent multiples, récidivantes, et peuvent déformer la tablette unguéale. Il est impératif d’expliquer à l’enfant — et aux parents — que gratter ou mordre les verrues est le principal facteur d’aggravation.

Verrues du genou — liées aux chutes

Verrues du genou chez un enfant liées aux microtraumatismes
Verrues du genou chez un enfant — favorisées par les chutes et microtraumatismes

Les verrues du genou sont quasi-exclusives à l’enfant. Elles sont directement liées aux microtraumatismes répétés lors des chutes et jeux. Souvent multiples et groupées, elles régressent fréquemment d’elles-mêmes dès que les chutes deviennent moins fréquentes avec l’âge.

Verrues planes du visage — souvent méconnues

Verrues planes visage enfant
Verrues planes du visage chez l’enfant – une prise en charge délicate
Verrues planes du visage chez un enfant disséminées le long d'une ligne de grattage
Verrues planes disséminées par manuportage le long d’une strie de grattage
Verrues planes de la jambe chez une jeune fille après épilation
Verrues planes de la jambe — dissémination fréquente à l’adolescence par épilation

Les verrues planes du visage sont fréquemment non diagnostiquées chez l’enfant car très discrètes — petites papules chamois-brun à peine surélevées, souvent confondues avec de l’eczéma ou de simples taches. Elles se disséminent facilement le long des lignes de grattage ou de frottement. Leur traitement est délicat sur le visage : la cryothérapie doit être prudente pour éviter les cicatrices, et les acides sont contre-indiqués sur cette zone.

Papillomes verruqueux — attention au rasage chez l’adolescent

Papillome verruqueux de la paupière chez un enfant
Papillome verruqueux de la paupière — se dissémine par le rasage chez l’adolescent quand il est sur la barbe

Les papillomes verruqueux filiformes apparaissent surtout sur le visage et le cou. Chez l’adolescent qui commence à se raser, ils représentent un risque majeur de dissémination en plaques sur toute la zone rasée — il faut impérativement les traiter avant la première utilisation du rasoir.

Verrues et collectivité — que faire à l’école, à la piscine ?

Les verrues ne justifient aucune éviction scolaire. En revanche, certaines précautions limitent la contagion :

  • Piscine : port de chaussons de bain obligatoire dans les vestiaires et sur les plages. La piscine n’est pas contre-indiquée, mais la verrue doit être recouverte d’un pansement waterproof.
  • Sport : pas de contre-indication. Éviter les pieds nus dans les vestiaires collectifs.
  • À la maison : ne pas partager serviettes, chaussettes ni chaussures avec la fratrie. Prévoir une sortie de bain personnelle.
  • Comportement : expliquer à l’enfant de ne pas toucher, gratter ni mordre ses verrues — c’est le principal vecteur d’auto-contamination.

Traiter ou attendre ? La question clé chez l’enfant

Chez l’enfant, la question se pose différemment que chez l’adulte. La guérison spontanée est plus fréquente et plus rapide que chez l’adulte — environ 65 % des verrues disparaissent en 2 ans, et jusqu’à 80 % en 4 ans. L’immunité de l’enfant finit le plus souvent par reconnaître et éliminer le virus.

Le traitement est cependant indiqué dans les situations suivantes :

  • Verrue plantaire douloureuse gênant la marche ou le sport
  • Verrues multiples en extension rapide malgré les mesures d’hygiène
  • Verrue péri-unguéale menaçant de déformer l’ongle
  • Papillome verruqueux chez un adolescent avant la première utilisation du rasoir
  • Retentissement psychologique significatif (moqueries, refus d’aller à la piscine)
  • Enfant immunodéprimé — ne pas attendre la guérison spontanée

À l’inverse, l’abstention thérapeutique est raisonnable pour une verrue unique, non douloureuse, non évolutive chez un jeune enfant bien immunocompétent — à condition de surveiller son évolution.

Hésitation entre traiter et attendre ? Le Dr Rousseau peut vous orienter en téléconsultation :

Traitements adaptés à l’enfant

Les mêmes traitements que chez l’adulte sont disponibles, mais leur utilisation doit tenir compte de la tolérance de l’enfant à la douleur et des zones à risque cicatriciel. Pour le détail complet des traitements, voir l’article sur le traitement des verrues.

Acide salicylique — première intention

Traitement de première intention chez l’enfant, indolore, applicable à domicile. Efficace sur les verrues vulgaires et plantaires non trop profondes. Nécessite une application quotidienne et régulière sur plusieurs semaines. À éviter sur le visage chez l’enfant. Le dermatologue prescrit des préparations magistrales souvent très efficaces chez l’enfant

Cryothérapie à l’azote liquide — efficace mais douloureuse

Très efficace mais douloureuse — souvent mal tolérée avant 6-7 ans. Une anesthésie topique (crème EMLA) peut être appliquée 1h avant la séance pour améliorer le confort. Nécessite plusieurs séances. À manier avec précaution sur le visage pour éviter les cicatrices hypopigmentées.

Laser CO₂ — pour les cas résistants

Réservé aux verrues multiples ou résistantes aux autres traitements. Réalisé sous anesthésie locale ou générale selon l’âge et le nombre de lésions. Résultats durables mais récidives possibles.

Dermatoscopie de contrôle

Contrôle dermatoscopique d'une verrue chez l'enfant après traitement
Contrôle dermatoscopique après traitement — permet de confirmer la guérison

La dermatoscopie est utile non seulement pour le diagnostic initial mais aussi pour confirmer la guérison après traitement — la disparition des capillaires thrombosés (points noirs) et la réapparition des dermatoglyphes signent l’éradication de la verrue.

Terrains particuliers

Enfant atopique

Les enfants souffrant de dermatite atopique présentent un risque accru de verrues multiples et disséminées — la barrière cutanée altérée facilite la pénétration du HPV. Les verrues planes y sont particulièrement fréquentes. Le traitement doit être coordonné avec la prise en charge de l’eczéma.

Enfant immunodéprimé

Chez l’enfant sous immunosuppresseurs (greffé, traitement corticoïde prolongé, chimiothérapie), les verrues peuvent être massives, résistantes et très étendues. La guérison spontanée ne doit pas être attendue. Une prise en charge dermatologique spécialisée est indispensable, en lien avec l’équipe médicale suivant l’immunodépression.

Adolescent — attention à la dissémination par rasage

L’adolescent qui commence à se raser présente un risque spécifique : un papillome verruqueux ou des verrues planes passés inaperçus peuvent se disséminer massivement en quelques semaines sur toute la zone de rasage. Un examen dermatologique avant le premier rasage est conseillé en cas de lésions suspectes sur le visage.

Tableau récapitulatif — verrues de l’enfant

Type Particularité pédiatrique Traiter ou attendre ? Traitement de choix
Plantaire (myrmécie) Douloureuse, gêne sportive Traiter si douloureuse Acide salicylique + cryothérapie
Plantaire (mosaïque) Souvent asymptomatique Attendre possible Acide salicylique
Mains / doigts Aggravée par onychophagie Traiter si multiples Acide salicylique + cryothérapie
Genou Quasi-exclusive à l’enfant Attendre souvent suffisant Acide salicylique
Planes du visage Souvent méconnues, grattage Attendre — traitement délicat Cryothérapie prudente
Papillome verruqueux Risque dissémination rasage Traiter avant premier rasage Cryothérapie / laser

Questions fréquentes

Mon enfant a une verrue plantaire douloureuse — doit-on traiter ou attendre ?
Une verrue plantaire qui gêne la marche ou la pratique sportive doit être traitée sans attendre. L’association acide salicylique à domicile et cryothérapie chez le dermatologue est le traitement de référence. Si la douleur lors de la cryothérapie est un frein, une crème anesthésiante (EMLA) appliquée 1h avant améliore nettement le confort de l’enfant.

Mon enfant se ronge les ongles et a des verrues partout autour — que faire ?
L’onychophagie est le principal facteur d’aggravation des verrues péri-unguéales. Il faut traiter les verrues existantes ET travailler sur l’arrêt de l’onychophagie (vernis amer, accompagnement comportemental). Sans cela, le traitement des verrues sera un combat sans fin — les récidives seront systématiques.

Mon enfant peut-il aller à la piscine avec ses verrues ?
Oui — les verrues ne sont pas une contre-indication à la piscine. Il faut couvrir la verrue d’un pansement waterproof, porter des chaussons de bain dans les vestiaires et sur les plages, et ne pas partager serviettes ni chaussures. Aucune éviction n’est recommandée.

À quel âge les verrues apparaissent-elles chez l’enfant ?
Le pic de fréquence se situe entre 5 et 15 ans, coïncidant avec l’entrée en collectivité et la pratique de la piscine. Une verrue avant 2 ans est exceptionnelle et doit faire évoquer un déficit immunitaire — consultez un dermatologue.

Les verrues de mon enfant peuvent-elles contaminer toute la famille ?
Oui, le risque existe — surtout pour les enfants en bas âge et les personnes immunodéprimées au sein du foyer. Les mesures simples suffisent dans la grande majorité des cas : ne pas partager serviettes et chaussettes, prévoir une sortie de bain personnelle, et expliquer à l’enfant de ne pas gratter ses verrues.

Article général sur les verrues | → Verrues sous ou autour des ongles| → Traitement des verrues

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Consultez un dermatologue si : les verrues de votre enfant sont très nombreuses, résistantes après 3 mois de traitement bien conduit, douloureuses, ou si votre enfant est immunodéprimé. Un enfant immunocompétent avec une verrue unique non douloureuse peut être surveillé sans traitement immédiat.

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Comment reconnaître une verrue chez l'enfant ?

La verrue vulgaire se présente comme une papule ferme, rugueuse, d'aspect 'chou-fleur', de couleur chair ou légèrement grisâtre, siégeant principalement sur les mains, les doigts et les pieds. La verrue plantaire (myrmécie ou en mosaïque) est aplatie par la pression et peut être douloureuse à la marche. La verrue plane est petite, lisse, légèrement surélevée, souvent multiple sur le visage et les avant-bras.

Faut-il absolument traiter les verrues d'un enfant ?

Pas nécessairement. 65 % des verrues de l'enfant guérissent spontanément dans les 2 ans (30 % en 6 mois selon des études). La décision de traiter dépend de : la gêne fonctionnelle (douleur à la marche pour une verrue plantaire), l'aspect inesthétique (visage), le risque de propagation (verrues multiples), et la motivation de l'enfant à un traitement souvent long. L'abstention est une option valide pour les verrues non gênantes.

Quel est le traitement le plus efficace contre les verrues chez l'enfant ?

Le traitement de première ligne à domicile est l'acide salicylique 15 à 50 % (Duofilm, Verrugon) : application quotidienne après ponçage à la lime à verrue, sous occlusion (sparadrap). Efficacité : 60 à 70 % de guérison après 3 mois d'utilisation régulière. En cabinet : cryothérapie à l'azote liquide (-196°C), 1 séance toutes les 2 à 4 semaines, efficacité 70 à 80 %. La combinaison des deux est plus efficace que chaque méthode seule.

La verrue plantaire est-elle contagieuse à la piscine ?

Oui, le papillomavirus se transmet par contact direct avec la verrue et indirectement via les surfaces humides (vestiaires, bords de piscine, sol des douches). Porter des tongs dans les lieux collectifs humides réduit significativement le risque. L'infection ne survient que si la barrière cutanée est altérée (petite coupure, peau macérée). Un enfant porteur de verrues peut fréquenter la piscine avec ses verrues couvertes d'un sparadrap imperméable.

La cryothérapie à l'azote est-elle douloureuse chez l'enfant ?

La cryothérapie est douloureuse, surtout sur les verrues plantaires (brûlure froide pendant la séance et douleur pulsatile les heures suivantes). Chez les jeunes enfants (< 6 ans), elle peut être difficile à tolérer. Une crème anesthésiante EMLA appliquée 1 heure avant atténue la douleur. Pour les enfants anxieux, l'acide salicylique à domicile peut être préféré car il est indolore. Le laser CO₂ est une alternative efficace pour les verrues résistantes ou multiples.

Les verrues sont-elles toujours des HPV ? Peut-on les confondre avec autre chose ?

Les verrues cutanées sont quasi-exclusivement dues à HPV. Elles peuvent être confondues avec : un molluscum contagiosum (papule nacrée ombiliquée, plus molle), un cor ou durillon (pas de points noirs ni de saignement au rasage), un mélanome achromique ou un kératoacanthome (chez l'adulte). Le 'signe des petits points noirs' (capillaires thrombosés visibles dans la verrue) confirme le diagnostic de verrue HPV.

Peut-on prévenir les verrues chez l'enfant ?

La prévention passe par : éviter les blessures cutanées (protection des plaies), ne pas partager les serviettes et coupe-ongles, porter des tongs dans les piscines et vestiaires, éviter de gratter ou mordre les verrues existantes (auto-inoculation). Le vaccin anti-HPV (Gardasil 9, proposé en France dès 11 ans) protège contre les souches HPV 6 et 11 (verrues génitales) mais peu contre les HPV 1, 2, 4 (verrues communes). Une hygiène cutanée soignée reste la meilleure prévention.

Références scientifiques

Kwok CS, Gibbs S, Bennett C, et al. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev. 2012. PMID 22972107

Sterling JC, Gibbs S, Haque Hussain SS, et al. British Association of Dermatologists' guidelines for the management of cutaneous warts 2014. Br J Dermatol. 2014. PMID 24749441

Lipke MM. An armamentarium of wart treatments. Clin Med Res. 2006. PMID 17262054

Haute Autorité de Santé (HAS) — Verrues : prise en charge

Kétoconazole

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

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Le kétoconazole est un antifongique imidazolé disponible en France sous forme topique (Ketoderm® 2% crème ou gel) et orale (Kétoconazole Esteve® 200 mg). Les formes topiques sont remboursées à 30 %, la forme orale à 65 %, toutes sur prescription médicale (liste 1).

Indications du kétoconazole en dermatologie

  • Mycoses cutanées à dermatophytes et levures (intertrigo, pied d’athlète)
  • Dermite séborrhéique du visage et du cuir chevelu
  • Pityriasis versicolor
  • Pellicules récidivantes (usage du shampooing au kétoconazole)

Formes disponibles et posologie

Forme Marque Posologie
Crème 2% Ketoderm®, génériques 1×/j, 2 à 4 semaines
Gel 2% (sachet) Ketoderm®, génériques 1 application unique (pityriasis versicolor)
Comprimés 200 mg Kétoconazole Esteve® 200–400 mg/j selon indication (réservé aux formes sévères)
💡 Conseil : Pour la dermite séborrhéique du cuir chevelu, le gel de kétoconazole s’applique en cure courte. En entretien, d’autres shampooings antifongiques peuvent être utilisés.

Questions fréquentes sur le kétoconazole

Le kétoconazole (Ketoderm®) est-il remboursé par la Sécurité sociale ?

Oui, Ketoderm® 2% crème et gel et leurs génériques sont remboursés à 30 % sur prescription médicale (liste 1). La forme orale (Kétoconazole Esteve® 200 mg) est remboursée à 65 %.

Quelle est la différence entre Ketoderm® crème et gel ?

La crème s’utilise quotidiennement sur la peau pour traiter les mycoses et la dermite séborrhéique. Le gel en sachet est conçu pour une application unique sur le cuir chevelu et le corps dans le traitement du pityriasis versicolor.

Peut-on utiliser le kétoconazole topique sur le visage ?

Oui, la crème à 2% peut être appliquée sur le visage pour traiter la dermite séborrhéique, en évitant le contour des yeux. L’application doit être limitée aux zones concernées et validée par un dermatologue.

Le kétoconazole oral est-il dangereux pour le foie ?

La forme orale expose à un risque d’hépatotoxicité. Elle est réservée aux infections sévères sans alternative et nécessite une surveillance hépatique régulière. Elle est contre-indiquée en association avec certains médicaments (statines, antihistaminiques).

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Verrues : tous les traitements pour les éliminer efficacement

Mis à jour le 29 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Traitement de verrue : comment enlever ou soigner une verrue ?

Les verrues sont des tumeurs bénignes d’origine virale (papillomavirus HPV) qui régressent le plus souvent spontanément en quelques années, sans traitement. La décision de traiter dépend de la localisation, du nombre, de l’évolution et de la gêne occasionnée. Deux traitements font référence dans les études scientifiques : la cryothérapie à l’azote liquide et l’application d’acide salicylique, souvent associés.

En bref : Les verrues se traitent efficacement par kératolytiques (acide salicylique à 17–40 %), cryothérapie à l’azote liquide (-196 °C) ou laser CO₂. L’acide salicylique en application quotidienne est le traitement de première intention recommandé : il détruit progressivement la kératine infectée. Sans traitement, 65 % des verrues guérissent spontanément en 2 ans. Le choix du traitement dépend du type de verrue, de sa localisation et de son épaisseur.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Sommaire :
Faut-il toujours traiter ? |
Cryothérapie (azote liquide) |
Acide salicylique |
Autres traitements médicaux |
Traitement sans ordonnance |
Traitements naturels |
Questions fréquentes

Faut-il toujours traiter une verrue ?

Non. Le traitement n’est pas systématique. Les verrues communes guérissent spontanément dans 65 % des cas en 2 ans et dans 78 % des cas en 3 ans chez l’enfant. Chez l’adulte, la régression spontanée est plus lente mais reste possible.

Le traitement est indiqué lorsque :

  • la verrue est douloureuse (verrue plantaire en zone d’appui)
  • elle grossit ou se multiplie rapidement
  • sa localisation est gênante (visage, zone visible)
  • le patient est immunodéprimé (les verrues sont souvent plus résistantes dans ce cas)
  • elle est source de contagion pour l’entourage proche
💡 Un constat clinique important : la diversité des traitements tentés pour les verrues est en elle-même révélatrice de la difficulté à les éliminer définitivement. Aucun traitement n’est efficace à 100 % et les récidives sont fréquentes. L’association cryothérapie + acide salicylique reste le traitement de référence selon les données scientifiques disponibles.
Situation clinique Attitude recommandée
Verrue unique, asymptomatique, enfant Abstention thérapeutique envisageable (régression spontanée fréquente)
Verrue plantaire douloureuse en zone d’appui Traitement recommandé : acide salicylique ± cryothérapie
Verrues multiples, récidivantes Bilan immunologique, traitement combiné ou immunostimulant
Patient immunodéprimé Prise en charge spécialisée en dermatologie
Verrue résistante après 2 mois de traitement bien conduit Consultation dermatologique — réévaluation diagnostique et thérapeutique

Cryothérapie à l’azote liquide

La cryothérapie par application d’azote liquide (-196 °C) ou de neige carbonique (-79 °C) consiste à congeler la verrue pour provoquer une brûlure du second degré, avec formation d’une bulle emportant la partie superficielle infectée. L’objectif est de détruire progressivement les cellules kératinocytaires infectées par le HPV.

Déroulement de la séance : le dermatologue décape d’abord les verrues épaisses (plantaires notamment) au bistouri pour en réduire le relief. L’azote est appliqué avec un coton-tige trempé dans un gobelet à usage unique — jamais directement dans le container — ou au cryojet, pendant 5 à 30 secondes selon la taille, jusqu’à obtenir un halo de givrage de 1 à 2 mm autour de la lésion.

Rythme : séances répétées toutes les 2 à 3 semaines, en général 3 à 6 séances selon la réponse.

Précautions particulières selon la localisation :

  • Verrues du visage — application prudente, risque de cicatrices sur peau fine
  • Verrues péri-unguéales (doigts, orteils) — risque de dystrophie unguéale définitive si la matrice est atteinte
  • Enfants — traitement souvent difficile (douloureux) ; les crèmes anesthésiantes (EMLA®) ont peu d’efficacité sur la sensation de froid

Produits kératolytiques à l’acide salicylique

Les préparations concentrées à base d’acide salicylique (10 à 100 %), associées ou non à de l’acide lactique, sont appliquées quotidiennement sur la verrue après grattage avec une lime à ongles en carton jetable (à usage unique pour éviter la contagion).

Protocole d’application :

  1. Protéger la peau saine environnante avec du vernis incolore ou un sparadrap découpé autour de la lésion
  2. Gratter légèrement la surface de la verrue avec la lime jetable
  3. Appliquer le produit uniquement sur la verrue, sans déborder
  4. Poursuivre jusqu’à disparition complète — la réapparition des dermatoglyphes (empreintes digitales) sur les verrues des mains et des pieds signe la guérison
  5. Durée moyenne : 4 à 8 semaines pour les petites verrues, jusqu’à 3–4 mois pour les verrues plantaires épaisses
Conseil pratique : en cas d’irritation ou de brûlure de la peau saine environnante, interrompre 2 à 3 jours. Un blanchiment de la zone traitée est normal et attendu. D’autres kératolytiques peuvent compléter : crayon de nitrate d’argent, trétinoïne topique, acide trichloroacétique, acide glycolique.

Autres traitements médicaux des verrues

Excision chirurgicale

Au bistouri, bistouri électrique ou curette, sous anesthésie locale. Ce geste peut être douloureux pendant et après l’intervention, avec un délai de cicatrisation de plusieurs semaines et un taux de récidive non négligeable. Il est en général réservé aux verrues résistantes à tous les autres traitements.

Laser CO₂

Deux techniques sont utilisées : la vaporisation (ablation avec une marge de 5 mm de peau saine, sous anesthésie locale — efficace mais cicatrisation longue, environ 30 % de récidives) et la création de puits dans la verrue pour améliorer la pénétration ultérieure des kératolytiques (moins douloureuse, sans cicatrice).

Laser vasculaire (laser à colorant pulsé, PDL)

Les verrues comportent une composante vasculaire visible sous forme de points noirs (vaisseaux thrombosés). Le laser vasculaire coagule ces vaisseaux et « asphyxie » progressivement la verrue. Les taux de succès rapportés dans la littérature varient entre 48 % et 95 % selon le type de verrue et la localisation, avec des récidives documentées dans 0 à 15 % des cas à 4 mois. Le PDL présente un profil de tolérance excellent, sans cicatrice dans la majorité des cas.

Laser Nd:YAG 1064 nm

Sa pénétration cutanée profonde en fait un outil pertinent pour les verrues épaisses et palmoplantaires rebelles. Ce laser présente moins de risque de séquelle pigmentaire sur les peaux foncées que le laser CO₂. Son efficacité dans les verrues résistantes est documentée dans plusieurs études comparatives avec le PDL.

Micro-ondes (SWIFT®)

Les micro-ondes appliquées localement chauffent les tissus par excitation des molécules d’eau, induisant une nécrose thermique ciblée de la verrue. Le mécanisme proposé est une stimulation de la présentation des antigènes HPV aux lymphocytes T CD8+, générant une immunité anti-HPV locale. Dans une étude portant sur 54 verrues récalcitrantes, 76 % avaient disparu complètement après traitement.

Chimiothérapies locales

La podophyllotoxine et le 5-fluoro-uracile (5-FU) peuvent être appliqués directement sur la verrue. Ces substances cytotoxiques sont prescrites et surveillées par le médecin, particulièrement pour les verrues planes résistantes ou les condylomes.

Injections intralésionnelles de bléomycine

La bléomycine, agent cytostatique, peut être injectée directement dans la verrue par un médecin expérimenté. Efficace notamment sur les verrues plantaires et péri-unguéales rebelles, elle comporte un risque de nécrose cutanée et doit être utilisée avec précaution. Des protocoles de diffusion par micro-aiguilles ont récemment montré des résultats intéressants avec une meilleure tolérance.

Immunothérapie topique (imiquimod)

L’imiquimod est un immunomodulateur topique qui stimule l’immunité innée et adaptative anti-HPV. Prescrit hors AMM pour les verrues communes résistantes, il peut être utile en complément des traitements destructeurs, notamment chez les patients immunodéprimés. Son usage est davantage établi pour les condylomes.

Traitement des verrues sans ordonnance

⚠️ Consultez un médecin avant tout autotraitement. Une verrue peut être confondue avec un durillon, un cor, ou — plus grave — un mélanome achromique (mélanome sans pigmentation). Le diagnostic médical est indispensable avant d’appliquer tout verrucide sur une lésion du pied ou à croissance rapide.

Sprays de cryothérapie sans ordonnance (diméthyléther propane, -57 °C) : disponibles en pharmacie, leur température est nettement moins basse que l’azote liquide médical (-196 °C), ce qui limite leur efficacité sur les verrues profondes ou épaisses. Ils peuvent convenir aux petites verrues superficielles récentes.

Verrucides à base d’acide salicylique disponibles en pharmacie sans ordonnance — exemples non exhaustifs :

Composition Spécialités (exemples)
Acide salicylique seul Coricide le Diable, Pommade M.O. Cochon, Transvercid, Sanitos
Acide salicylique + acide lactique Duofilm, Kerafilm, Verrufilm
Acide salicylique + acide lactique + thuya Verrupan

Ces produits sont moins concentrés que les préparations médicales et conviennent plutôt aux petites verrues superficielles. Un blanchiment de la zone traitée est normal ; en cas d’irritation importante de la peau saine environnante, interrompre 2 à 3 jours avant de reprendre.

Traitements naturels des verrues

Plusieurs remèdes traditionnels sont couramment utilisés : sparadrap occlusif, suc de chélidoine (Chelidonium majus), lait de figue, suc de pissenlit, huile essentielle de tea tree. Notre article dédié au traitement naturel de la verrue détaille ce que la dermatologie sait réellement de leur efficacité. En résumé : leur innocuité est en général satisfaisante, mais aucune étude rigoureuse ne démontre une efficacité supérieure au placebo pour la majorité d’entre eux. Ils peuvent accompagner un traitement médical mais ne le remplacent pas.

Consultez un dermatologue si :

  • la verrue ne répond pas à 2 mois de traitement bien conduit
  • elle saigne, grossit rapidement ou change d’aspect
  • vous êtes immunodéprimé (corticothérapie au long cours, VIH, transplantation)
  • la lésion se situe sur la plante du pied et présente un aspect atypique — toute lésion pigmentée du pied doit faire exclure un mélanome achromique
  • les verrues se multiplient malgré le traitement

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Verrues : liens utiles sur dermatonet.com

Questions fréquentes sur le traitement des verrues

Faut-il toujours traiter une verrue ?

Non, le traitement n’est pas systématique. Chez l’enfant, 65 % des verrues régressent spontanément en 2 ans et 78 % en 3 ans. L’abstention est une option légitime pour les verrues asymptomatiques, peu nombreuses et non gênantes. Le traitement s’impose en cas de douleur, de multiplication rapide, de localisation problématique (plante du pied en zone d’appui, visage) ou d’immunodépression.

Combien de temps faut-il pour guérir une verrue avec de l’acide salicylique ?

En application quotidienne bien conduite, comptez 4 à 8 semaines pour les petites verrues superficielles des mains. Les verrues plantaires épaisses peuvent nécessiter 3 à 4 mois de traitement régulier. Le signal de guérison est la réapparition des dermatoglyphes — les empreintes digitales — sur la zone traitée. L’arrêt prématuré du traitement est la principale cause d’échec.

La cryothérapie à l’azote liquide est-elle douloureuse ?

Oui, la cryothérapie est douloureuse pendant l’application et dans les heures suivantes, sous forme de brûlure puis d’élancement. Chez l’enfant, la séance est souvent difficile à conduire. Les crèmes anesthésiantes (EMLA®) ont peu d’effet sur la sensation de froid. Pour les verrues très douloureuses, une anesthésie locale par injection peut précéder la cryothérapie.

Une verrue peut-elle disparaître sans traitement ?

Oui, fréquemment. 65 % des verrues de l’enfant régressent spontanément en 2 ans, 78 % en 3 ans. Chez l’adulte, la guérison naturelle est plus lente mais reste possible. L’abstention thérapeutique est donc une option légitime pour les verrues asymptomatiques non gênantes, sous réserve d’une surveillance régulière de la lésion.

Pourquoi les verrues récidivent-elles après traitement ?

Parce que les traitements destructeurs éliminent la lésion visible sans toujours neutraliser le virus HPV, qui peut persister dans les kératinocytes environnants ou dans la « racine » de la verrue. Une récidive ne signifie pas un échec définitif — elle justifie de reprendre le protocole ou de passer à un traitement de deuxième ligne. Les approches immunostimulantes (imiquimod, bléomycine intralésionnelle, micro-ondes SWIFT®) visent précisément à renforcer l’immunité locale anti-HPV pour réduire ce risque.

Quelle différence entre un spray cryogène en pharmacie et l’azote liquide chez le dermatologue ?

Le spray vendu en pharmacie sans ordonnance atteint environ -57 °C, contre -196 °C pour l’azote liquide médical. Cette différence de température limite significativement l’efficacité sur les verrues épaisses ou profondes. Les sprays OTC conviennent aux petites verrues superficielles récentes, mais ne remplacent pas la cryothérapie médicale pour les lésions résistantes ou multiples.

Comment éviter de contaminer son entourage avec une verrue ?

Ne pas partager serviettes, chaussures ou accessoires de pédicurie. Porter des claquettes dans les vestiaires et piscines. Couvrir la verrue avec un pansement occlusif. Ne jamais utiliser la même lime à ongles pour la verrue et pour les ongles sains (privilégier une lime en carton jetable). Se laver les mains après avoir touché la lésion.

Les verrues génitales (condylomes) se traitent-elles comme les verrues communes ?

Non. Les condylomes sont dus à des HPV spécifiques (types 6, 11, 16, 18) transmis par voie sexuelle. Leur prise en charge inclut un bilan IST, un traitement par imiquimod, podophyllotoxine, cryothérapie ou laser, et une surveillance gynécologique ou urologique si des types oncogènes sont en cause. Un avis dermatologique spécialisé est indispensable. Voir notre article sur les condylomes.

Références scientifiques

  1. Kwok CS, Gibbs S, Bennett C, Holland R, Abbott R. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev. 2012;9:CD001781. PMID 22895943
  2. Robson KJ, Cunningham NM, Kruzan KL, Patel DS, Kreiter CD, O’Brien ME, Arpey CJ. Pulsed-dye laser versus conventional therapy in the treatment of warts: a prospective randomized trial. J Am Acad Dermatol. 2000;43(2 Pt 1):275–80. PMID 28466193
  3. Stern P, Levine N. Controlled localized heat therapy in cutaneous warts. Arch Dermatol. 1992;128(7):945–8. PMID 29084638

Source : HAS — Verrues : prise en charge

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Verrue : quel traitement ? Cryothérapie, laser 2026

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Quand consulter un dermatologue ?
Consultez rapidement si votre verrue : saigne spontanément, grossit rapidement, change de couleur (brun foncé, noirâtre), présente un aspect irrégulier ou ulcéré. Ces signes peuvent rarement évoquer un carcinome basocellulaire ou un mélanome amélanotique qu’il faut impérativement différencier d’une verrue commune.

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Mis à jour le 21 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Les verrues touchent 7 à 10 % de la population et sont dues au papillomavirus humain (HPV). Elles guérissent spontanément dans 65–70 % des cas chez l’enfant en 2 ans. La cryothérapie à l’azote liquide reste le traitement de référence chez le dermatologue.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Les verrues sont des tumeurs bénignes d’origine virale causées par les papillomavirus humains (HPV). Elles touchent 5 à  10 % de la population, surtout les enfants et les jeunes adultes. On distingue les verrues plantaires (profondes et douloureuses), les verrues vulgaires des mains et des doigts, les verrues planes du visage et des jambes, et les condylomes (verrues génitales). 80 % guérissent spontanément en 2 à  4 ans. Le traitement — cryothérapie à  l’azote liquide, acide salicylique, ou laser CO2 — est proposé selon le type et la localisation pour limiter la contagiosité et les douleurs.

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Quel type de verrue ai-je ? Trouver ma page en 30 secondes

Localisation / aspect Type de verrue Page dédiée
Sous la plante du pied, douloureuse à  la marche Verrue plantaire (myrmécie ou mosaïque) – Verrue plantaire
Sur les mains, les doigts, autour des ongles Verrue vulgaire – Verrue main / doigt
Sur le visage, le nez, la paupière, le menton Verrue plane ou papillome filiforme – Verrue du visage
Chez un enfant de moins de 15 ans Verrues de l’enfant — prise en charge spécifique – Verrues de l’enfant
Sur les organes génitaux ou la zone anale Condylomes (IST — HPV 6/11) – Condylomes
Traitement naturel à  essayer chez soi Acide salicylique, bandes occlusives, remèdes – Traitement naturel
Tous les traitements anti-verrues comparés Cryothérapie, acides, laser, imiquimod – Comparatif traitements

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Pourquoi a-t-on des verrues ?

Les verrues sont causées par les papillomavirus humains (HPV), une famille de virus comptant environ 150 sous-types. Ces virus pénètrent dans la peau via de petites lésions ou microtraumatismes, et stimulent la production excessive de kératinocytes, formant la masse cornée caractéristique. L’immunité joue un role décisif : les sujets immunodéprimés (greffés, VIH) développent des verrues multiples et résistantes.

Transmission et facteurs de risque

La transmission se fait principalement par contact indirect. Les HPV peuvent survivre jusqu’à  une semaine à  l’air libre — d’ou la facilité de contamination dans les piscines, douches communes et salles de sport. L’auto-contamination par grattage (manuportage) est fréquente et explique la dissémination.

Population à  risque Particularité
Enfants et adolescents Tranche d’âge la plus touchée — immunité anti-HPV non encore acquise
Greffés du rein Jusqu’à  40 % concernés ; formes multiples liées à  l’immunosuppression
Bouchers, poissonniers Microtraumatismes répétés. Type spécifique HPV7 transmis par les animaux
VIH+, immunosupprimés Verrues multiples, extensives, très résistantes aux traitements conventionnels

Les différents types de verrues

Verrues vulgaires

Les plus courantes. élevures rugueuses et kératosiques localisées sur les mains, les doigts et verrues autour des ongles. Les verrues péri-unguéales peuvent provoquer une déformation de l’ongle.

Verrues plantaires

Très fréquentes, localisées sous la plante du pied. Deux formes : la myrmécie (HPV1, profonde, très douloureuse) et la verrue en mosaïque (HPV2, plaques superficielles). La douleur à  la marche est le signe clé.

Verrues planes

Dues aux HPV 3, 10, 28. Petites élevures lisses, souvent multiples et groupées. Fréquentes sur le visage et les jambes, ou elles se disséminent lors du rasage ou de l’épilation.

Condylomes (verrues génitales)

Constituant l’IST la plus répandue, causés par HPV 6 et 11. Nécessitent un dépistage du partenaire et une prise en charge spécialisée. – Page dédiée aux condylomes

Évolution naturelle des verrues

La majorité (80 %) des verrues guérissent spontanément en 2 à  4 ans. À 2 ans, environ 65 % des verrues de l’adulte ont disparu. Le traitement reste conseillé pour limiter la contagiosité, soulager les douleurs (plantaires) et prévenir la dispémination.

Aucune méthode ne permet l’éradication complète du virus HPV — ce qui explique la fréquence des récidives après traitement.

Traitement des verrues

Type de verrue Traitement de 1re intention Alternative
Verrue vulgaire Acide salicylique ± cryothérapie Laser CO2
Verrue plantaire Cryothérapie à  l’azote liquide (2–4 séances) Laser CO2 (myrmécie résistante)
Verrue plane Rétinoïdes locaux (trétinoïne), acide salicylique doux Cryothérapie légère
Papillome filiforme (visage) Exérèse aux ciseaux ou laser CO2 Cryothérapie ponctuelle
Condylomes Imiquimod crème (Aldara) ou cryothérapie Laser CO2, podophyllotoxine

Voir le comparatif complet : tous les traitements anti-verrues.

Sources scientifiques

1. Bruggink SC et al., BMJ, 2010, PMID 20926523 — Cryothérapie vs acide salicylique dans les verrues.

2. Kwok CS et al., British Journal of Dermatology, 2012, PMID 22175266 — Traitements topiques des verrues : revue systématique.

3. Sterling JC et al., British Journal of Dermatology, 2014, PMID 25239491 — Guidelines BAD pour la prise en charge des verrues cutanées.

Source institutionnelle : Haute Autorité de Santé — Verrues

  • Bruggink SC et al. Cryotherapy with liquid nitrogen versus topical salicylic acid application for cutaneous warts in primary care. CMAJ. 2010;182(15):1624-30. PMID 20819840
  • Sterling JC et al. British Association of Dermatologists’ guidelines for the management of cutaneous warts 2014. Br J Dermatol. 2014;171(4):696-712. PMID 25149238
  • Kwok CS et al. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev. 2012;(9):CD001781. PMID 22972052

Questions fréquentes sur les verrues

Comment savoir si c’est une verrue ou un cor ?

Le cor est une callosité sans points noirs centraux (thromboses capillaires), centrée sur une zone de pression, et douloureuse à  la pression directe. La verrue plantaire présente des petits points noirs au centre (capillaires thrombosés), est douloureuse à  la pression latérale, et efface les dermatoglyphes (empreintes). En cas de doute, le dermatologue tranche immédiatement.

Est-ce qu’une verrue peut disparaître seule ?

Oui, 80 % des verrues disparaissent spontanément en 2 à  4 ans grâce au système immunitaire. Chez l’enfant, la guérison spontanée est plus rapide. Le traitement est conseillé pour raccourcir la durée, limiter la contagion et soulager les douleurs (verrues plantaires).

La cryothérapie fait-elle mal ?

La cryothérapie à  l’azote liquide provoque une brulure à  froid intense pendant 10 à  30 secondes, suivie d’une douleur sourde pendant quelques heures. L’effet sur la verrue (phlyctène, chute) survient en 48–72 heures. Pour les verrues plantaires, une crème anesthésiante peut etre appliquée avant la séance.

Combien de séances de cryothérapie faut-il ?

En moyenne 2 à  6 séances espacées de 2 à  3 semaines sont nécessaires pour les verrues plantaires. Les verrues du visage et des mains peuvent nécessiter moins de séances. Les verrues en mosaïque ou les verrues très anciennes sont souvent plus résistantes.

Peut-on éviter de contaminer son entourage ?

Oui : éviter de partager serviettes, chaussettes et chaussures, ne pas gratter ni couper les verrues (risque de dissémination), couvrir la verrue en piscine ou salle de sport, et se laver les mains après contact avec la lésion.

Un enfant vacciné contre le HPV peut-il encore avoir des verrues ?

Les vaccins HPV (Gardasil 9) protègent contre les souches à  haut risque oncogène (HPV 16, 18) et contre les condylomes (HPV 6, 11). Ils ne protègent pas contre les HPV responsables des verrues cutanées communes (HPV 1, 2, 3, 4, 27), qui sont différentes souches.

Quand faut-il consulter un dermatologue pour une verrue ?

Il faut consulter si : la verrue est douloureuse (plantaire), si elle grossit rapidement, si le diagnostic est incertain (une lésion pigmentée peut être confondue avec un mélanome acral), si les traitements en pharmacie ont échoué après 3 mois, ou si la verrue est sur le visage ou les parties génitales.

Mis à  jour le 4 mai 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Candidose

Mis à jour le 20 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : La candidose cutanée est une infection fongique due au Candida albicans. Elle touche préférentiellement les zones chaudes et humides (plis inguinaux, aisselles, seins). Le traitement repose sur des antifongiques locaux (imidazolés) appliqués 2 à 4 semaines.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Candidoses : causes, formes cliniques, diagnostic et traitement

Les candidoses sont des mycoses de la peau et des muqueuses dues à des levures du genre Candida. Omniprésent dans notre flore naturelle, le Candida albicans devient pathogène lorsque l’équilibre du terrain est rompu — par un diabète, une antibiothérapie, une immunodépression ou une simple macération. Il peut toucher la bouche, le vagin, les plis cutanés, les ongles et les organes génitaux masculins. Reconnaître la forme clinique est indispensable pour adapter le traitement.

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Sommaire :
Mécanisme de pathogénicité |
Facteurs favorisants |
Formes cliniques |
Diagnostic |
Résistances |
Traitement |
Tableau récapitulatif |
Pages du cluster |
Questions fréquentes

Quand Candida albicans devient pathogène : le passage blastospore → filament

Candida albicans au microscope - blastospores et filaments pathogènes
Candida albicans au microscope — blastospores et filaments pathogènes

Candida albicans vit normalement (commensal) dans le tube digestif et la muqueuse vaginale sous forme de blastospores unicellulaires, en équilibre avec la flore locale. Il n’est jamais saprophyte de la peau saine. Son passage à l’état pathogène est conditionné par une transition morphologique réversible — des blastospores vers la forme filamenteuse — qui est requise pour sa virulence.

Étape Ce qui se passe Ce qu’il faut faire
1. Colonisation / multiplication Le Candida se multiplie en blastospores car les conditions locales le permettent (macération, antibiotiques, diabète…) Corriger le terrain en priorité — traiter le facteur favorisant suffit souvent
2. Candidose à proprement parler La levure passe à l’état filamenteux (hyphes ou pseudohyphes) — elle adhère et envahit les muqueuses et la peau — les symptômes apparaissent : rougeur, brûlures, démangeaisons Traiter simultanément la candidose ET le facteur favorisant

📚 Référence : Talapko J et al. — Candida albicans — The Virulence Factors and Clinical Manifestations of Infection — J Fungi 2021;7(2):79

📚 Référence mécanisme : Lopes JP, Lionakis MS. — Pathogenesis and virulence of Candida albicans — Virulence 2022;13(1):89-121

Facteurs favorisant les candidoses

Les candidoses sont des infections opportunistes — elles surviennent presque toujours sur un terrain fragilisé. Le médecin recherche systématiquement :

Facteur favorisant Mécanisme
Diabète Premier facteur à éliminer — glycémie élevée favorise la prolifération de Candida — bilan glycémique indispensable en cas de candidose profuse ou récidivante
Macération Plis (aine, interfessier, sous les seins), espaces interdigitaux — humidité chronique favorisant la prolifération
Antibiothérapie à large spectre Dysbiose de la flore locale — le Candida prend la place des bactéries éliminées
Irritation des muqueuses Rapports sexuels répétés, sécheresse buccale induite par les neuroleptiques, savons irritants
Immunodépression Corticothérapie prolongée, immunosuppresseurs, VIH, chimiothérapie, déficit en polynucléaires neutrophiles

Les différentes formes de candidoses

Candidose buccale

La candidose buccale regroupe plusieurs tableaux cliniques distincts, détaillés dans la page dédiée à la candidose de la bouche.

Muguet buccal - candidose du nourrisson
Muguet
Candidose de la bouche de l'adulte
Candidose de la bouche de l’adulte
Glossite médiane - langue rouge candidose
Glossite médiane — langue rouge
Langue blanche candidose
Langue blanche
Langue noire villeuse candidose
Langue noire villeuse
Perlèche - fissure au coin des lèvres candidose
Perlèche — fissure au coin des lèvres

La candidose buccale peut s’étendre au plan pharyngé et digestif : œsophagite, gastro-entérite, colite, anite.

Candidose génitale

Candidose ou mycose vaginale - rougeur vernissée
Candidose ou mycose vaginale
Candidose de l'homme - balanite à Candida
Candidose du sexe de l’homme (balanite)
Localisation Aspect typique Page dédiée
Vulvite et candidose vaginale Rougeur vernissée, pertes blanches caillebotées, démangeaisons intenses → Mycose vaginale
Balanite et méatite (homme) Rougeur du gland, parfois enduit blanchâtre, pustulettes en tête d’épingle → Mycose du sexe de l’homme

Candidose cutanée

La candidose cutanée touche préférentiellement les zones de macération.

Candidose du pli - pustules blanches sur fond rouge et luisant
Candidose du pli — pustules blanches sur fond rouge luisant
Candidose du siège de bébé - érythème fessier
Candidose du siège de bébé
Candidose interdigitale - fissures entre les doigts
Candidose interdigitale
Localisation Page dédiée
Rougeurs de l’aine et des plis inguinaux → Rougeurs entre les cuisses
Rougeurs entre les fesses et sur l’anus → Rougeurs anales
Rougeurs sous les seins et aux aisselles Traitement identique aux candidoses des plis
Érythème fessier du bébé → Fesses rouges bébé
Fissures entre les doigts (3e et 4e espaces interdigitaux) → Candidose interdigitale

Candidose des ongles (onychomycose à Candida)

Candida dans l'ongle - onychomycose à Candida
Onychomycose à Candida
Périonyxis à Candida - rougeur et gonflement du bourrelet unguéal
Périonyxis à Candida

Débute par un périonyxis — rougeur et gonflement douloureux du bourrelet unguéal — puis atteinte secondaire de l’ongle lui-même (mycose de l’ongle). Favorisée par les traumatismes locaux : manucurie agressive, détergents, mains constamment dans l’eau.

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Diagnostic

Le diagnostic de candidose nécessite souvent un prélèvement mycologique — grattage cutané, écouvillon muqueux ou prélèvement unguéal — permettant d’isoler le Candida sous forme filamenteuse (signe de pathogénicité). Un simple prélèvement positif en blastospores sans filaments peut correspondre à un portage saprophyte non pathogène. Le bilan minimal comprend également une glycémie à jeun pour éliminer un diabète méconnu.

Résistances aux antifongiques — une préoccupation croissante

Espèce Particularité Contexte
Candida auris Hautement résistante aux antifongiques usuels — facilement transmissible — émergence mondiale Surtout en milieu hospitalier — infections nosocomiales
Candida parapsilosis Résistance croissante au fluconazole — première ligne d’azolés parfois inefficace Plus fréquent en ambulatoire — candidoses récidivantes

Traitement des candidoses

1. Corriger les facteurs favorisants — priorité absolue

Localisation Mesures de terrain
Bucco-digestive Lutter contre la sécheresse buccale et les anti-acides — traiter le diabète — bains de bouche alcalinisants (½ cuillère à café de bicarbonate de sodium dans un verre d’eau)
Génitale Réduire l’acidité muqueuse chez la femme — limiter les irritations locales — équilibrer un diabète — traiter le(s) partenaire(s) si symptomatique(s)
Cutanée (plis) Lutter contre l’humidité et la macération — séchage soigneux des plis — sous-vêtements en coton
Unguéale Éviter la manucurie agressive et les détergents — protéger les mains au contact de l’eau

2. Traitement local

Les antifongiques locaux sont la base du traitement. La forme galénique est choisie selon la localisation : crème (plis cutanés), poudre (zones de macération), ovule ou crème vaginale, solution buccale ou gel. En cas de lésions suintantes ou surinfectées, des antiseptiques doux peuvent être associés : dérivés iodés (Bétadine®), chlorhexidine aqueuse. Les savons surgras ou alcalins (Hydralin®) ont un effet apaisant complémentaire.

3. Traitement systémique oral

Médicament Indication Surveillance
Fluconazole (Triflucan®) Traitement de référence des candidoses génitales et cutanées récidivantes — demi-vie longue (30 h) permettant des prises espacées Adapter la dose à la fonction rénale — interactions médicamenteuses (CYP3A4)
Kétoconazole (Nizoral®) Candidoses bucco-digestives, vaginales, cutanées et unguéales étendues Surveillance hépatique obligatoire : bilan avant traitement, J15, puis toutes les 4 semaines

Tableau récapitulatif — formes cliniques et traitement

Localisation Aspect clinique Facteur favorisant principal Traitement de 1re intention
Bouche (muguet) Enduit blanc crémeux Nourrisson, immunodépression, antibiotiques Antifongique local (gel, solution) + bains de bouche alcalins
Vagin / vulve Rougeur vernissée, pertes caillebotées Antibiotiques, grossesse, diabète Ovule antifongique ± fluconazole oral
Sexe de l’homme Rougeur du gland, enduit blanc, pustulettes Partenaire infectée, diabète, prépuce long Crème antifongique locale
Plis cutanés Fond rouge luisant, pustules périphériques Macération, diabète, obésité Antifongique crème/poudre + séchage
Interdigital Fissures blanchâtres entre les doigts Mains dans l’eau, travail humide Antifongique local + protection
Ongles Périonyxis puis ongle atteint Manucurie, détergents, eau Antifongique local longue durée ± oral

Pages du cluster candidoses

⚠ Consultez rapidement si :

  • candidose récidivante malgré un traitement bien conduit — chercher un diabète ou une immunodépression
  • candidose oesophagienne : douleurs à la déglutition, fièvre — urgence en immunodéprimé
  • candidose génitale sévère ou résistante au traitement habituel
  • atteinte généralisée ou fièvre associée à des lésions cutanées étendues

Questions fréquentes

Comment savoir si j’ai une candidose ou une autre mycose ?

Le Candida donne des lésions caractéristiques : fond rouge luisant avec des pustules satellites en périphérie pour les plis, pertes blanches caillebotées pour le vagin, enduit blanc crémeux pour la bouche. Mais seul un prélèvement mycologique avec identification de la forme filamenteuse permet une confirmation formelle et d’éliminer une résistance au traitement habituel.

Ma candidose revient sans cesse malgré le traitement — pourquoi ?

Une candidose récidivante doit faire rechercher un diabète méconnu, une immunodépression, un foyer persistant (candidose digestive associée, partenaire non traité) ou une résistance au fluconazole — de plus en plus fréquente avec Candida parapsilosis. Un prélèvement avec antifongigramme est indispensable avant de modifier le traitement.

La candidose est-elle contagieuse ?

La candidose n’est pas une infection sexuellement transmissible à proprement parler, mais le Candida peut se transmettre lors des rapports sexuels. Le traitement du partenaire n’est indiqué que s’il présente lui-même des signes cliniques. La transmission peut aussi se faire par contact direct avec d’autres foyers (bouche, tube digestif, plis).

La cortisone peut-elle aggraver une candidose ?

Oui — c’est l’une des erreurs les plus fréquentes. Appliquer de la cortisone sur une candidose cutanée ou vulvaire supprime la rougeur en surface tout en favorisant la prolifération profonde du Candida. La candidose remaniée par les corticoïdes est souvent plus étendue et plus difficile à traiter. Ne jamais appliquer de cortisone sur une rougeur des plis ou de la vulve sans diagnostic établi.

Peut-on traiter une candidose sans ordonnance ?

Certains antifongiques locaux sont disponibles sans ordonnance pour les formes vaginales ou cutanées bien identifiées. Mais une candidose récidivante, profuse, ou ne répondant pas au premier traitement nécessite une consultation pour confirmer le diagnostic, rechercher un facteur favorisant (diabète notamment) et adapter le traitement selon l’antifongigramme si nécessaire.

Mycose vaginale | → Mycose du sexe de l’homme | → Candidose buccale | → Mycose des ongles | → Antifongiques

Télécharger un guide complet au format PDF :

Mis à jour le 1er avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.

Comment reconnaître une candidose cutanée ?

La candidose cutanée se manifeste par un intertrigo érythémateux des plis : rougeur intense avec macération, bords décollés blanchâtres, lésions satellites (pustules périphériques caractéristiques), et parfois prurit ou brûlures. Les zones les plus touchées sont les plis inguinaux, les aisselles, les plis sous-mammaires, l’espace inter-fessier et les espaces inter-orteils. L’aspect squameux et les pustules satellites orientent vers Candida plutôt qu’un eczéma.

Quelle est la différence entre une mycose et une candidose ?

Les mycoses cutanées sont causées par des dermatophytes (Trichophyton, Microsporum) ou des levures comme Candida. La candidose est spécifiquement due à Candida albicans et prédomine dans les plis humides. Les dermatophyties touchent plutôt les zones sèches (espace inter-orteils pour le pied d’athlète, cuir chevelu pour la teigne, ongles pour l’onychomycose). Le traitement antifongique est similaire mais la candidose répond aussi aux azolés topiques simples.

Quels sont les facteurs favorisant les candidoses récidivantes ?

Les principaux facteurs favorisants sont : diabète (Candida prolifère dans les environnements sucrés), antibiothérapie large spectre (détruit la flore concurrente), grossesse (changements hormonaux et pH vaginal), corticothérapie systémique ou inhalée (candidose buccale chez les asthmatiques), immunodépression (VIH, chimiothérapie), surpoids et macération des plis. Des candidoses récidivantes sans facteur identifiable justifient un bilan (glycémie, NFS, sérologie VIH).

Comment traiter une candidose cutanée des plis ?

Traitement de première ligne : éconazole 1 % crème ou miconazole 2 % crème, 2 applications/jour pendant 2 à 4 semaines. Association à une poudre antifongique (Mycoster poudre) utile dans les plis. Mesures hygiéniques essentielles : sécher soigneusement les plis après la douche, éviter les vêtements synthétiques, utiliser du talc antifongique. En cas d’échec ou de candidose étendue : fluconazole 150 mg oral en dose unique ou 50 mg/j pendant 7 à 14 jours.

La candidose vaginale se traite-t-elle seule ou faut-il consulter ?

Une première candidose vaginale mérite toujours une consultation pour confirmer le diagnostic (exclure une IST). Les récidives espacées peuvent être traitées par automédication (ovule de clotrimazole 500 mg dose unique ou crème imidazolée). Une candidose récidivante (≥ 4 épisodes/an) nécessite une prise en charge spécialisée : fluconazole 150 mg hebdomadaire pendant 6 mois (traitement suppresseur), identification et correction des facteurs favorisants.

Les probiotiques peuvent-ils prévenir les candidoses vaginales récidivantes ?

Oui, des méta-analyses suggèrent que la supplémentation en Lactobacillus rhamnosus GR-1 et Lactobacillus reuteri RC-14 réduit le risque de récidive de candidose vaginale de 40 à 60 % chez les femmes à risque. Ces souches spécifiques colonisent le vagin et créent un environnement hostile à Candida par acidification et production de substances antimicrobiennes. Elles sont disponibles en pharmacie (Florgynal, Gynoflor).

Peut-on attraper une candidose buccale en embrassant quelqu’un ?

La transmission de Candida par baisers est théoriquement possible mais rare chez les personnes immunocompétentes, car Candida est déjà présent naturellement dans 80 % des bouches saines. La candidose buccale (muguet) survient quand les défenses locales sont affaiblies : corticoïdes inhalés (asthme), xérostomie (sécheresse buccale), antibiothérapie, prothèses dentaires mal entretenues. Un baiser ne cause pas de muguet chez une personne en bonne santé.

Références médicales

Rougeur aisselle : symptômes, traitement et prévention

Rougeur et boutons des aisselles

Cet article en vidéo :


La rougeur des aisselles et l’apparition de boutons rouge qui démangent dans l’aisselle (sous les bras) est fréquente

Allergie au déodorant sous les aisselles
Allergie au déodorant sous les aisselles

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La zone située sous les bras comporte un risque de macération, de frottement et de chaleur qui favorisant les irritations et la pullulation microbienne qu’elle soit mycosique ou bactérienne.

En cas de rougeur des aisselles, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue

Symptomes

L’aisselle est rouge, peut démanger, être douloureuse , suinter… Le médecin va s’orienter vers une ou plusieurs causes en fonction des symptomes : rougeur bilatérale et symétrique ou unilatérale, présence d’une sécheresse ou au contraire d’un suintement, extension centrifuge, limites nettes ou contours émiettés, présence de vésicules, de pustules, fissuration au fond du pli…

Il fait parfois réaliser un prélèvement mycologique (pour examen direct et mise en culture) voire bactériologique et parfois une biopsie cutanée (il prend un petit bout de peau sous anesthésie locale pour analyse au microscope).

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Ce médecin évoquera les causes possibles de rougeur sous les bras et dans les aisselles :

Causes

Mycose

Dermatophytes

La dermatophytie forme des plaques sèches à extension progressive. Elle est assez rare dans l’aisselle, sauf si elle est associée à une mycose de la peau avoisinante (tronc, bras…)

Traitement de la mycose à dermatophytes des aisselles
Lutter contre les facteurs favorisants

Le traitement des facteurs locaux favorisants de la mycose est prépondérant. Les facteurs locaux favorisants de la mycose sont entre autres :

  • la macération (éviter le port de sous vetements synthetiques et de vetements serrés)
  • l’humidité (sécher soigneusement les aisselles apres la toilette… )
  • l’irritation de la peau (traiter les symptomes irritatifs de la peau car ils peuvent constituer un facteur de développement de la mycose)
Antifongiques

Le médecin utilise des antifongiques disponibles sur ordonnance

Ils sont appliqués en crème, spray, lait, poudre… en général deux fois par jour pendant 3 semaines

En cas de résistance au traitement, le médecin peut prescrire des antifongiques par voie orale telles la terbinafine ou la grisefuline. On évite généralement le ketoconazole compte tenu de sa toxicité hépatique potentielle.

Candida : candidose de l’aisselle

L’acidité des plis, l’obésité, les déficits immunitaires, la grossesse, le diabète et certains médicaments (corticothérapie générale, antibiotiques) favorisent les candidoses des plis.

La candidose des aisselles donne une rougeur souvent suintante, rouge à fond blanc crémeux.

Candidose des aisselles
Candidose des aisselles

On observe souvent des pustules en périphérie de la rougeur

Pustules blanches dispersées sur fond rouge et luisant, évocateur de candidose du pli
Pustules blanches dispersées sur fond rouge et luisant, évocateur de candidose du pli
Traitement de la candidose de l’aisselle
A/ Lutter contre les facteurs favorisants et le terrain

Lutte contre l’humidité, la macération, les traumatismes chimiques ou mécaniques, traitement d’un diabete et soins d’une candidose muqueuse, digestive ou génitale associée.

B/ Traitement local
Savons appropriés

Les savons surgras ou alcalins (savon Hydralin®), la désacidification de l’eau (par le bicarbonate de sodium, sachets d’Hydralin®) utilisés pour la toilette de la peau ou des muqueuses ont un effet apaisant.

En cas de surinfection bactérienne ou de suintement

Si les lésions sont suintantes ou surinfectées, des antiseptiques locaux doux peuvent être utilisés : dérivés iodés (Bétadine® solution dermique), chlorexidine aqueuse…

Antifongiques

On utilise des antifongiques locaux dont les formes (lait, poudre, gel, lotion…) ne favorisent pas la macération. Il sont appliqués deux fois par j pendant 3 semaines

C/ Traitement par voie orale

Le kétoconazole (Nizoral®) peut être prescrit dans les candidoses cutanées ; il existe sous forme de gélules et de suspension orale.

La surveillance du traitement par Nizoral® comporte une surveillance régulière du bilan hépatique, en pratique avant traitement, au 15e jour, puis toutes les 4 semaines jusqu’à la fin du traitement.

Pour plus d’informations, voir l’article candidose

Eczema des aisselles

L’eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema, le plus souvent des déodorants, antitranspirants, cremes, crèmes dépilatoires, mousses à raser, parfums…

Voir l’article eczema des aisselles

Irritation

Elle est souvent le fait d’une toilette trop méticuleuse, de l’application d’antiseptiques irritants (Dakin*…), de frottements, de bains de mer répétés, de cosmétiques ou par le contact accidentel avec une substance caustique (eau de Javel…). L’irritation est souvent rouge brillant, fripé avec parfois des vésicules voire des plaies et accompagné d’ une sensation de brulure

Autres diagnostics plus rares dans les aisselles :

dermite séborrhéique

psoriasis

herpes

impetigo

Maladie de Verneuil ou hidradenite

Maladie de peau rares

La maladie de Hailey-Hailey

est une dermatose héréditaire rare autosomique dominante, provoquant de façon récurrente des vésicules voire de bulles sur le cou, les creux axillaires et l’aine groupées en placards bien limités, parcourus de fissures en rhagades parallèles très caractéristiques. Le traitement passe par unassèchement des plis pour limiter les poussées et le risque d’infections bactériennes, mycosiques et virales. L’excision chirurgicale des plis atteints suivie de greffe de peau est souvent le seul traitement efficace.

Le pemphigus végétant

forme rare de pemphigus touchant les grands plis, y donnant des rougeurs végétantes et bourgeonnantes.

Syphilis

La syphilis dans sa phase secondaire peut donner des plaques multiples, gonflées et érosives, parfois végétantes dans les plis, les syphilides.

Histiocytose langerhansienne

maladie liée à une accumulation dans la peau de cellules de Langerhans. Elle donne des surélévations de peau croûteuses et purpuriques, prédominant derrière les oreilles, voire de fesses et de l’aine.

Erythème nécrolytique migrateur

atteinte cutanée due au glucagonome, une tumeur maligne du pancréas. Il donne des plaques rouges surélevées et squameuses d’extension centrifuge dont la bordure est croûteuse ou érosive et laissant une cicatrice pigmentée.

pustulose sous cornée de Sneddon Wilkinson

est une dermatose neutrophilique, caractérisée par la présence de globules blancs appelés polynucléaires neutrophiles dans la peau. Elle donne des pustules ou des bulles superficielles, flasques pouvant comporter un niveau liquidien caractéristique appelé pustule à hypopion. Les pustules et bulles sont groupées en dessinant des arcs ou des anneaux ou circinés principalement sur le tronc, à la racine des membres et dans les aisselles, l’aine…

 

etc.

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