IMIQUIMOD : ALDARA *, comment l’utiliser, que faire

Imiquimod (Aldara *) : guide complet du dermatologue

L’imiquimod est une crème immunomodulatrice unique en dermatologie : elle ne détruit pas les lésions cutanées par action directe, mais réveille le système immunitaire local pour qu’il les élimine lui-même. Commercialisée sous le nom d’Aldara (et Zyclara ou Bascellex), cette crème est prescrite pour trois indications principales : les verrues génitales (condylomes acuminés), les kératoses actiniques et les carcinomes basocellulaires superficiels. Son maniement demande une précision particulière : trop peu, et elle est inefficace ; trop, et la réaction locale peut devenir sévère. Ce guide répond à toutes les questions pratiques que se posent les patients et les professionnels de santé.

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Sommaire

Qu’est-ce que l’imiquimod (Aldara) ?

L’imiquimod est une aminoquinoléine synthétique classée dans les immunomodulateurs à usage dermatologique (code ATC : D06BB10). Il est disponible en France sous trois spécialités :

Spécialité Concentration Laboratoire Statut
Aldara 5 % Viatris Healthcare Liste I — remboursé SS
Zyclara 3,75 % Viatris Healthcare Liste I — remboursé SS
Bascellex 5 % Sun Pharmaceutical Europe Liste I

Chaque sachet individuel d’Aldara 5 % contient 12,5 mg d’imiquimod dans 250 mg de crème. Les sachets sont à usage unique — ils ne doivent jamais être réutilisés une fois ouverts. Aucun générique n’est disponible en France à ce jour.

La prescription d’imiquimod est soumise à ordonnance médicale obligatoire. Son utilisation ne doit jamais être improvisée à partir de restes d’une prescription antérieure ou partagée entre patients.

Mécanisme d’action : comment ça marche ?

L’imiquimod est un agoniste du récepteur Toll-like 7 (TLR-7), l’un des sentinelles du système immunitaire inné. Contrairement aux traitements qui brûlent ou gèlent les lésions, l’imiquimod n’a aucune activité antivirale ou antitumorale directe. Il agit en stimulant la réponse immune locale.

Voici ce qui se passe après application de la crème :

  1. Liaison au TLR-7 sur les monocytes, macrophages et cellules dendritiques cutanées
  2. Sécrétion massive de cytokines : interféron-α (IFN-α), TNF-α, interleukines 6, 8, 12
  3. Activation des cellules de Langerhans épidermiques, qui migrent vers les ganglions lymphatiques locaux
  4. Activation de l’immunité adaptative (lymphocytes T cytotoxiques, lymphocytes NK, lymphocytes B)
  5. Reconnaissance et destruction des cellules viralement infectées ou tumorales
💡 Pourquoi la réaction cutanée est un signe d’efficacité : La rougeur, les croûtes et l’érosion qui apparaissent sous traitement ne sont pas des « effets secondaires » à proprement parler — elles sont le reflet de la réponse immunitaire en cours. Une absence totale de réaction peut indiquer une inefficacité du traitement. C’est ce qui rend le maniement de l’imiquimod si particulier.

Cette induction des cytokines a également été démontrée in vivo : après application sur les verrues génitales, on détecte une augmentation de l’ARNm de l’IFN-α au site traité ainsi qu’une réduction significative de l’ADN du HPV.

Indications approuvées en France (AMM)

1. Verrues génitales et péri-anales externes (condylomes acuminés)

Indication principale et historique de l’imiquimod depuis 1997 chez l’adulte, et chez l’adolescent à partir de 12 ans pour les verrues génitales. Les condylomes sont causés par le papillomavirus humain (HPV), principalement les génotypes 6 et 11. L’imiquimod ne guérit pas l’infection HPV sous-jacente — il élimine les lésions visibles mais ne protège pas contre la transmission ni contre les récidives.

2. Kératoses actiniques (KA)

Indication réservée à l’adulte immunocompétent, pour les lésions cliniquement typiques, non hypertrophiques, non hyperkératosiques, situées sur le visage ou le cuir chevelu dégarni. L’imiquimod est un traitement de seconde intention dans les kératoses actiniques : il est indiqué lorsque la taille ou le nombre des lésions limite l’efficacité ou la tolérance de la cryothérapie, ou si les autres traitements topiques sont contre-indiqués ou moins appropriés. La HAS précise qu’il n’a pas démontré de supériorité par rapport au 5-FU (Efudix) ni à la cryothérapie.

⚠️ Kératoses actiniques : limites importantes
L’imiquimod n’est pas recommandé pour : les kératoses hyperkératosiques ou hypertrophiques (cornes cutanées), les lésions des paupières, de l’intérieur des narines, des oreilles, de la zone des lèvres à l’intérieur du vermillon. Les résultats sur les avant-bras et les mains ne confirment pas son efficacité dans ces localisations. Les patients avec plus de 8 lésions de KA ont moins de chances de répondre au traitement.

3. Petits carcinomes basocellulaires superficiels (CBCs)

Indication réservée à l’adulte immunocompétent, pour les lésions de type superficiel uniquement (pas les BCC nodulaires ou infiltrants), lorsque la chirurgie est contre-indiquée ou risque d’être mal tolérée. Cette indication est particulièrement utile pour les patients âgés, anticoagulés, ou présentant de nombreuses lésions. Les tumeurs de grande taille (> 7,25 cm²) ont moins de chances de répondre au traitement. Les CBC récidivants et déjà traités ne doivent pas être traités par imiquimod en raison de l’absence de données cliniques.

⚠️ Important : L’imiquimod est strictement réservé aux CBC superficiels. Son utilisation sur un CBC nodulaire ou infiltrant expose au risque de traitement incomplet avec progression tumorale. Un bilan histologique est indispensable avant toute prescription dans cette indication. Les CBC de la tête, du visage ou de la zone anogénitale sont exclus de cette indication.

Protocoles d’utilisation selon l’indication

Les protocoles sont strictement différents selon l’indication. Ne jamais transposer un protocole d’une indication à une autre.

Indication Fréquence Durée de contact Durée totale
Verrues génitales 3×/semaine (ex : lun / mer / ven) 6 à 10 heures Jusqu’à disparition ou max 16 semaines
Kératoses actiniques 3×/semaine (ex : lun / mer / ven) environ 8 heures 4 semaines — évaluation 4 sem après — max 8 sem
Carcinome basocellulaire superficiel 5×/semaine (lun → ven) environ 8 heures 6 semaines — évaluation 12 sem après fin

Dans toutes les indications, la crème s’applique avant l’heure habituelle du coucher. Elle doit rester en contact avec la peau pendant la durée prescrite puis être retirée le matin avec de l’eau et un savon doux. Aucun bain ni douche pendant la nuit d’application.

Dose maximale : 1 sachet par application

La quantité appliquée ne doit pas dépasser un sachet par séance. Une application excessive ou un temps de contact prolongé augmentent le risque de réactions locales sévères sans améliorer l’efficacité.

Dose oubliée

En cas d’oubli, le patient applique la crème dès que possible puis reprend le rythme habituel. Il ne faut pas doubler la dose lors de l’application suivante. Les jours manqués ne doivent pas être rattrapés en prolongeant le traitement au-delà de la durée maximale prévue.

Comment appliquer correctement la crème

Étape 1 — Préparation de la zone

Nettoyer soigneusement la zone à traiter avec de l’eau et un savon doux. Sécher délicatement. Laisser la peau sécher au moins 10 minutes avant l’application — une peau humide augmente la pénétration et le risque d’irritation.

Étape 2 — Application

Ouvrir un sachet, extraire la quantité nécessaire et masser doucement jusqu’à pénétration complète de la crème. Pour les kératoses actiniques et les CBC, appliquer sur la zone à traiter plus une marge de peau de 1 cm autour de la lésion. Éviter toute application sur les muqueuses internes, les yeux, les narines, la bouche.

Étape 3 — Après l’application

Se laver soigneusement les mains. Ne pas couvrir la zone avec un pansement occlusif (film plastique, pansement hermétique) — cela augmente l’absorption et le risque de réaction sévère. Un sous-vêtement en coton est acceptable pour les zones génitales. Éviter bains et douches pendant toute la durée de contact.

Étape 4 — Le lendemain matin

Laver la zone traitée à l’eau et au savon doux pour retirer la crème. Vérifier l’état de la peau. Si des croûtes ou des érosions se forment progressivement, c’est attendu — ne pas frotter.

✅ Règles d’or de l’application :
• Peau propre et sèche avant application
• Sachet à usage unique — ne jamais réutiliser
• Se laver les mains avant et après
• Pas de pansement occlusif
• Pas de bain ou douche pendant la nuit d’application
• Retrait le matin avec eau + savon doux

Réactions cutanées : ce qui est normal, ce qui ne l’est pas

Les réactions locales au site d’application sont très fréquentes — elles surviennent chez plus de 28 % des patients pour les plus courantes. Leur intensité est le signe que l’immunité locale est activée. Elles ont tendance à être plus importantes lors du premier cycle de traitement qu’au cours du second.

Réactions attendues et normales

Réaction Description Conduite à tenir
Érythème Rougeur locale, parfois intense Normal — poursuivre si supportable
Desquamation / sécheresse Peau qui pèle, squames Normal — ne pas frotter
Croûtes Formation de croûtes sèches Normal — ne pas arracher
Prurit / brûlures légères Démangeaisons, picotements Normal — émollient entre les applications
Œdème modéré Légère tuméfaction locale Souvent attendu, notamment en zone génitale
Érosion / ulcération superficielle Écorchures superficielles sur les lésions Normal sur les lésions traitées — surveiller
Induration Peau épaissie, dure au toucher Peut survenir — signaler au dermatologue
Vésicules Petites cloques Peut survenir — ne pas percer — signaler

Réactions nécessitant une interruption temporaire

Lorsque les réactions inflammatoires locales deviennent intenses (rougeur extensive, érosions profondes, douleur franche), une interruption temporaire de quelques jours est recommandée. On reprend ensuite le traitement sans prolonger la durée totale au-delà de la limite prévue.

Réactions rares à connaître

Des troubles de la pigmentation peuvent survenir après le traitement : hypopigmentation (décoloration) ou hyperpigmentation (taches brunes) au site d’application. Ces modifications sont généralement réversibles mais peuvent parfois persister. Des cas d’alopécie au site d’application (notamment sur le cuir chevelu) ont été rapportés dans 0,4 % des cas dans les études sur les kératoses actiniques.

Des cas très rares d’érythème multiforme et de syndrome de Stevens-Johnson ont été rapportés en pharmacovigilance — leur survenue impose l’arrêt immédiat et définitif du traitement.

J’ai une réaction forte : que faire ?

C’est la question la plus fréquente posée par les patients sous imiquimod. Voici une conduite à tenir structurée, mais dans tous les cas, mieux vaut consulter un médecin :

Réaction légère à modérée (rougeur, croûtes, légères brûlures)

Poursuivre le traitement. Ces réactions sont normales et attendues. Entre les applications, on peut appliquer une crème émolliente douce (sans parfum ni conservateurs irritants) pour limiter la sécheresse et le prurit. Ne pas appliquer d’émollient dans l’heure précédant l’application de la crème.

Réaction modérée à sévère (érosions étendues, douleur, œdème important)

Interrompre temporairement le traitement pendant quelques jours (généralement 3 à 7 jours) jusqu’à régression des symptômes. Cette pause est prévue dans le protocole — elle ne compromet pas l’efficacité globale. La durée totale de traitement n’est pas rallongée pour compenser les jours manqués.

⚠️ Zone génitale : vigilance particulière
En cas de gonflement vulvaire important avec difficulté à uriner, il faut arrêter immédiatement l’imiquimod et consulter en urgence. Ce signe peut indiquer un œdème muqueux sévère nécessitant une prise en charge médicale rapide. L’application à l’intérieur du vagin est une contre-indication absolue.

Que mettre sur la peau entre les applications ?

Un émollient simple (vaseline, crème à base de céramides, Dexeryl, Cold Cream) peut être appliqué en dehors des heures d’application de la crème imiquimod. Éviter les produits parfumés, l’alcool, les corticoïdes (sauf prescription médicale explicite). Ne pas appliquer de fond de teint ni de maquillage sur la zone traitée.

Puis-je laver la zone plus tôt si la réaction est trop forte ?

Oui. Si la réaction locale devient insupportable au cours de la nuit, la crème peut être retirée plus tôt que prévu en lavant simplement la zone avec de l’eau et un savon doux. Ce retrait précoce ne compromet pas l’efficacité d’une seule application, mais ne doit pas devenir systématique.

Effets systémiques et signaux d’alarme

Malgré une absorption percutanée très faible (moins de 0,9 % d’une dose appliquée localement chez des volontaires sains), des réactions systémiques peuvent survenir, notamment lors de traitements sur de grandes surfaces ou prolongés.

Effets systémiques fréquents (≥ 1 %)

  • Fatigue, asthénie
  • Fièvre modérée
  • Myalgies, céphalées
  • Nausées
  • Syndrome pseudo-grippal

Ces effets sont généralement bénins et transitoires. Ils peuvent survenir lors des premières semaines de traitement et tendent à diminuer ensuite.

Signaux d’alarme nécessitant un avis médical urgent

🚨 Arrêter le traitement et consulter rapidement si :
• Fièvre élevée persistante ou frissons intenses
• Ganglions enflés ou douloureux
• Éruption bulleuse, lésions en cible (érythème multiforme)
• Éruption généralisée, urticaire, difficultés respiratoires (allergie)
• Saignements au site d’application
• Gonflement vulvaire ou pénien avec douleur ou difficultés urinaires
• Dépression, agitation, troubles du sommeil sévères

Des cas rares mais graves ont été rapportés en pharmacovigilance post-marketing : syndrome de fuite capillaire, insuffisance cardiaque, arrhythmies, thrombopénie, leucopénie, syndrome de Stevens-Johnson. Ces effets exceptionnels surviennent préférentiellement chez des patients immunodéprimés ou lors de traitements sur de grandes surfaces cutanées.

Précautions, contre-indications et populations particulières

Contre-indications

  • Hypersensibilité à l’imiquimod ou à l’un des excipients
  • Application sur muqueuses internes (vagin, rectum, méat urétral, bouche, narines)
  • Application sur peau lésée, plaie ouverte, zone inflammée ou infectée
  • CBC de la tête, du visage ou de la zone anogénitale (pour l’indication CBC)
  • CBC nodulaire ou infiltrant

Immunodéprimés

L’utilisation de l’imiquimod chez les patients immunodéprimés (VIH, traitement immunosuppresseur, transplantés) doit être maniée avec une extrême prudence. Du fait de ses propriétés immunostimulantes, une application sur de grandes surfaces peut entraîner une réponse immune systémique imprévisible. Des diminutions des paramètres hématologiques (hémoglobine, leucocytes, plaquettes) ont été observées dans les essais cliniques.

Grossesse et allaitement

Bien que les données de cas cliniques disponibles n’aient pas identifié de risque tératogène démontré, l’utilisation pendant la grossesse ne doit être envisagée que si le bénéfice justifie le risque potentiel. La concentration systémique après application topique est faible ; le passage dans le lait maternel est probable mais à très faible dose. La décision doit être prise au cas par cas avec le dermatologue ou l’obstétricien.

Enfants et adolescents

L’imiquimod n’est pas recommandé chez l’enfant pour les kératoses actiniques et les CBC. Pour les verrues génitales, il peut être utilisé à partir de 12 ans. Attention : il ne doit pas être utilisé chez l’enfant pour le molluscum contagiosum — 4 essais randomisés contrôlés n’ont pas démontré son efficacité dans cette indication, quelle que soit la posologie testée.

Exposition solaire

La zone traitée doit être protégée de l’exposition solaire pendant toute la durée du traitement et jusqu’à cicatrisation complète. L’imiquimod rend la peau plus réactive aux UV. En pratique, traitement nocturne + vêtements couvrants ou écran solaire le jour constituent la protection standard.

Imiquimod et préservatifs : un point essentiel

Ce point est souvent méconnu des patients et mérite une information claire :

⚠️ L’imiquimod détériore le latex
La crème imiquimod peut fragiliser les préservatifs en caoutchouc (latex) et les diaphragmes, les rendant moins résistants et augmentant le risque de rupture lors des rapports sexuels. Il est impératif d’éviter tout rapport sexuel lorsque la crème est en contact avec la peau. Par ailleurs, l’imiquimod ne protège pas contre la transmission du HPV ni contre les autres infections sexuellement transmissibles.

Utilisations hors AMM documentées

L’imiquimod a été évalué dans de nombreuses autres indications en dehors de son AMM officielle. Ces utilisations ne sont pas validées par les autorités de santé françaises et nécessitent une discussion bénéfice-risque individuelle :

Indication hors AMM Niveau de preuve Notes
Lentigo malin (mélanome in situ) Études de phase II Utilisé en monothérapie ou en périopératoire
Maladie de Bowen (carcinome épidermoïde in situ) Séries de cas / études ouvertes Résultats prometteurs sur certaines localisations
Sarcome de Kaposi cutané Essais de phase I/II Étude publiée en 2008 (Schantz-Faure, JAAD)
Mycosis fongoïde (plaques résistantes) Cas cliniques Rémission complète rapportée sur plaques résistantes à PUVA
Maladie de Paget extramammaire En discussion Alternative à l’exérèse chirurgicale à l’étude

Des essais cliniques explorent également son potentiel en combinaison avec d’autres immunothérapies, dans le photovieillissement, et dans les métastases cutanées. Ces indications restent expérimentales.

Imiquimod vs autres traitements

Pour les verrues génitales (condylomes)

Traitement Mécanisme Avantages Inconvénients
Imiquimod Immunomodulation Auto-application, récidives moins fréquentes chez répondeurs complets Lent (semaines), réactions locales
Podophyllotoxine Cytotoxique Efficacité rapide, auto-applicable Contre-indiqué grossesse, taux récidive élevé
Cryothérapie Destruction physique Efficace rapidement, en cabinet Douloureux, plusieurs séances, récidives fréquentes
Laser CO₂ / électrocoagulation Ablation Efficace sur lésions étendues Anesthésie, coût, cicatrices possibles

L’imiquimod est considéré comme une option de première ligne raisonnable pour les condylomes, notamment en raison de son auto-application et du fait que les patients qui obtiennent une disparition complète tendent à rester en rémission durable — probablement grâce à la mémoire immunitaire Th1 induite.

Pour les kératoses actiniques

L’imiquimod 5 % a démontré une efficacité supérieure au placebo : environ 37–53 % de disparition complète après 1 à 2 cycles versus moins de 15 % pour le placebo dans les essais pivots (HAS). Cependant, il n’a pas démontré de supériorité versus le 5-fluorouracile (Efudix) ni versus la cryothérapie dans les études comparatives directes. Il représente un outil thérapeutique supplémentaire utile lorsque les autres traitements sont moins adaptés.

Questions fréquentes sur l’imiquimod (FAQ)

L’imiquimod guérit-il définitivement les verrues génitales ?

Non, l’imiquimod élimine les lésions visibles mais ne guérit pas l’infection HPV sous-jacente. Les patients qui obtiennent une disparition complète des condylomes ont tendance à rester clairs — probablement grâce à la mémoire immunitaire induite — mais des récidives sont possibles car le virus peut persister dans les tissus apparemment sains. L’imiquimod ne protège pas non plus contre la transmission du HPV à un partenaire.

Pourquoi ma peau réagit-elle si fortement alors que mon voisin n’a presque rien ?

Les réactions locales sont très variables d’un individu à l’autre et dépendent de nombreux facteurs : type de peau, localisation, surface traitée, réponse immunitaire individuelle, épaisseur de la peau. Une forte réaction indique souvent que le médicament agit bien. Une absence totale de réaction peut au contraire faire douter de l’efficacité. Le dermatologue ajuste le protocole en fonction de la tolérance de chaque patient.

Puis-je arrêter le traitement si mes verrues ont disparu avant les 16 semaines ?

Oui. Pour les condylomes, le traitement est poursuivi jusqu’à disparition complète des lésions visibles ou pendant une durée maximale de 16 semaines. Si toutes les lésions ont disparu avant ce délai, le traitement peut être arrêté. Il ne sert à rien de continuer sur une peau saine.

Je dois retraiter une kératose actinique récidivée après guérison : est-ce possible ?

Oui, sous conditions. Les kératoses actiniques guéries après une ou deux cures de traitement et qui réapparaissent ultérieurement peuvent être retraitées par imiquimod, pour une ou deux cures supplémentaires, après une période de repos d’au moins 12 semaines. Les données indiquent qu’un patient ayant déjà répondu à l’imiquimod a environ 80 % de chances d’obtenir à nouveau une guérison complète lors d’un retraitement, contre seulement 50 % environ avec le diclofénac topique.

L’imiquimod peut-il laisser des cicatrices ?

Le risque cicatriciel est faible avec un usage correct. Dans les essais cliniques sur les condylomes, seulement 2,9 % des patients traités avaient une dégradation de leur score cicatriciel à 8 semaines post-traitement. En revanche, une application excessive, un contact prolongé ou une réaction inflammatoire sévère non prise en charge peuvent augmenter ce risque. Il ne faut jamais arracher les croûtes.

Puis-je utiliser de la crème hydratante en même temps que l’imiquimod ?

Oui, les crèmes émollientes douces sont recommandées entre les applications pour améliorer la tolérance. Elles doivent être appliquées sur une peau propre, à distance de l’heure d’application de l’imiquimod (ne pas appliquer dans la demi-heure précédant la crème). Éviter les produits alcoolisés, parfumés, ou contenant des acides (AHA, BHA, rétinol).

L’imiquimod fonctionne-t-il sur les verrues plantaires ou vulgaires ?

Non, l’imiquimod n’a pas d’AMM pour les verrues plantaires ou vulgaires. Les études sur ces localisations n’ont pas démontré d’efficacité satisfaisante et cette utilisation n’est pas recommandée.

Que faire si je vois de nouvelles lésions apparaître pendant le traitement ?

L’apparition de nouvelles lésions pendant le traitement des condylomes est possible — le HPV peut en effet activer des lésions subcliniques non encore visibles. Cela ne signifie pas que le traitement ne fonctionne pas. En revanche, si de nouvelles lésions apparaissent dans la zone traitée pour un CBC, il faut en informer le dermatologue qui évaluera si une biopsie est nécessaire.

Peut-on utiliser l’imiquimod sur le pénis ?

Oui, pour les condylomes du pénis. La tolérance est généralement bonne avec le protocole 3 fois par semaine. La zone doit être nettoyée et séchée avant application. Attention aux zones sous le prépuce — plus sensibles — où la réaction peut être plus intense. Pour les CBC, l’utilisation sur le pénis (zone anogénitale) est contre-indiquée selon l’AMM.

L’imiquimod est-il remboursé par la Sécurité sociale ?

Aldara et Zyclara sont remboursés par l’Assurance Maladie selon des modalités variables selon l’indication. La prescription requiert une ordonnance médicale. Le remboursement peut être soumis à accord préalable pour certaines indications (notamment CBC). Renseignez-vous auprès de votre pharmacien ou de votre dermatologue.

Voir aussi sur dermatonet.com :
Taches brunes solaires et kératoses actiniques
Laser en dermatologie
Photoréjuvénation à la lampe flash

Références bibliographiques (PubMed vérifiées) :
• Edwards L et al. Self-administered topical 5% imiquimod cream for external anogenital warts. Arch Dermatol. 1998;134(1):25–30. PMID : 9449906
• Gaspari AA et al. Beyond a decade of 5% imiquimod topical therapy. J Drugs Dermatol. 2009;8(5 Suppl):s4–11. PMID : 19537370
• Sauder DN. Imiquimod 5% cream (Aldara). Skin Therapy Lett. 2000;5(6):1–5. PMID : 15991984
• Wellington K, Jarvis B. Topical imiquimod 5% cream: a review. Am J Clin Dermatol. 2002;3(1):65–6. PMID : 17927284
• Dummer R et al. Imiquimod induces complete clearance of a PUVA-resistant plaque in mycosis fungoides. Dermatology. 2003;207(1):116–118. PMID : 12835571
• HAS. Avis de la Commission de Transparence — ALDARA 5 % crème. Mars 2010 / Novembre 2009.
Ressources réglementaires :
HAS — Avis ALDARA (Commission de Transparence)
ANSM — Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP)
StatPearls — Imiquimod (NIH)
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Mis à jour le 7 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.

Cohérence cardiaque : guide complet — physiologie, méthode 365 et exercices pratiques pour la peau

Dermatologue fonctionnel et micronutrition

Respirer à 6 cycles par minute pendant 5 minutes — trois fois par jour. En apparence, rien de plus simple. En réalité, derrière cette instruction se cache l’un des leviers les mieux documentés de la médecine psychophysiologique moderne : la cohérence cardiaque. Pourquoi un dermatologue fait-il un article sur la cohérence cardiaque? Quel rapport avec la peau? Réponse : réduction mesurable du cortisol, amélioration de la variabilité cardiaque, baisse de la pression artérielle, renforcement immunitaire, régulation émotionnelle durable, et donc… impact sur la santé de la peau, dont l’origine embryologique est la même que le système nerveux — les données scientifiques s’accumulent depuis deux décennies. Ce guide, le plus complet en français, vous explique tout : les mécanismes, les preuves, la pratique, les erreurs à éviter et les exercices avancés.


1. Qu’est-ce que la cohérence cardiaque ? Définition précise

Le cœur ne bat pas comme un métronome. Entre deux battements, l’intervalle varie constamment — de quelques millisecondes à plusieurs dizaines de millisecondes. Cette fluctuation s’appelle la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC, ou HRV en anglais pour Heart Rate Variability). Elle est le reflet direct de l’équilibre entre le système nerveux sympathique (accélérateur) et le système nerveux parasympathique (frein), via le nerf vague.

Dans la vie ordinaire, cette variabilité est erratique, chaotique — des pics et des creux irréguliers qui traduisent les sollicitations permanentes de l’environnement sur notre système nerveux. La cohérence cardiaque est l’état dans lequel cette variabilité devient régulière et sinusoïdale : les intervalles entre les battements augmentent et diminuent de façon ordonnée, à un rythme stable, calqué sur la respiration.

Concrètement, cet état se produit lorsque la respiration est lente et régulière à environ 0,1 Hz — soit 6 cycles par minute. À cette fréquence précise, le cœur, les poumons et le système nerveux entrent en résonance cardiovasculaire, un phénomène physique de couplage qui maximise l’amplitude de la VFC et l’efficacité de la régulation autonome.

Cohérence cardiaque ≠ relaxation
La cohérence cardiaque n’est pas simplement une technique de relaxation. C’est un état physiologique mesurable et précis, défini par un pic de puissance à 0,1 Hz dans l’analyse spectrale de la VFC. Elle peut être obtenue sans détente musculaire particulière — par exemple pendant une marche lente ou en pleine activité professionnelle.

Le terme a été popularisé en France par le Dr David Servan-Schreiber dans son ouvrage Guérir (2003), puis formalisé par le Dr David O’Hare avec la méthode 365. Il trouve ses racines dans les travaux de l’Institut HeartMath (Californie) fondé en 1991, et dans les recherches de Luciano Bernardi sur la respiration lente.

2. Physiologie : nerf vague, VFC et arrhythmie sinusale respiratoire

Le système nerveux autonome et ses deux branches

Le système nerveux autonome (SNA) régule toutes les fonctions viscérales sans intervention consciente : rythme cardiaque, pression artérielle, digestion, respiration, réponse immunitaire. Il se divise en deux branches antagonistes et complémentaires :

Système sympathique Système parasympathique
Mode « action » — réponse au stress Mode « repos et récupération »
Accélère le cœur, dilate les bronches Ralentit le cœur via le nerf vague
Libère cortisol et adrénaline Favorise la digestion, la régénération
Réduit la VFC Augmente la VFC
Activé par le stress, la peur, la douleur Activé par la respiration lente, le calme

Le nerf vague : le fil conducteur de la cohérence

Le nerf vague (10e nerf crânien) est la voie principale du système parasympathique. Il relie le tronc cérébral au cœur, aux poumons, à l’intestin et à de nombreux organes viscéraux. Il est bidirectionnel : 80 % de ses fibres sont afférentes (du corps vers le cerveau), ce qui en fait le principal « informateur » du cerveau sur l’état interne de l’organisme.

Le tonus vagal — l’activité de base du nerf vague — est le principal déterminant de la VFC. Un tonus vagal élevé est associé à une meilleure santé cardiovasculaire, une résistance accrue au stress, une meilleure régulation émotionnelle et une réponse immunitaire plus adaptée. La cohérence cardiaque est précisément un entraînement du tonus vagal.

L’arrhythmie sinusale respiratoire (ASR)

À chaque inspiration, le diaphragme descend et crée une légère pression thoracique négative qui tire mécaniquement sur les oreillettes cardiaques. Cette traction inhibe transitoirement le nerf vague, ce qui accélère légèrement le cœur. À l’expiration, l’effet inverse se produit : le nerf vague reprend le dessus et ralentit le cœur. Ce phénomène s’appelle l’arrhythmie sinusale respiratoire (ASR).

L’ASR est une oscillation normale, physiologique, de la fréquence cardiaque synchronisée avec la respiration. Plus l’amplitude de cette oscillation est grande, plus le tonus vagal est élevé — et plus la capacité de régulation du système nerveux est optimale. La cohérence cardiaque maximise l’ASR en synchronisant la respiration exactement avec la fréquence de résonance du système cardio-respiratoire.

Le baroréflexe et la résonance à 0,1 Hz

Le baroréflexe est un mécanisme réflexe de régulation de la pression artérielle : des barorécepteurs dans l’aorte et les carotides détectent les variations de pression et envoient des signaux au cerveau pour ajuster le rythme cardiaque. Ce boucle de rétroaction a une fréquence naturelle propre d’environ 0,1 Hz.

Quand la respiration se synchronise sur cette même fréquence (6 cycles/min), le système entre en résonance : les oscillations de la pression artérielle, du rythme cardiaque et de la respiration s’amplifient mutuellement. L’amplitude de la VFC atteint son maximum. C’est la raison précise pour laquelle 6 respirations/minute n’est pas une convention arbitraire — c’est une fréquence physiologique de résonance déterminée par la biologie individuelle (légèrement variable selon les personnes : entre 4,5 et 7 cycles/min).


3. Effets documentés par la recherche : cortisol, DHEA, tension, immunité, effet sur la peau

La cohérence cardiaque est l’une des rares techniques psychophysiologiques dont les effets biologiques sont mesurables objectivement. Voici ce que la recherche a établi avec un niveau de preuve suffisant :

Effet Magnitude observée Délai d’apparition Niveau de preuve
Réduction du cortisol salivaire −23 % en moyenne après 4 semaines Dès 1 semaine de pratique régulière Modéré à fort
Augmentation du DHEA +100 % en 30 jours (HeartMath, 1998) 3 à 4 semaines Modéré (1 étude de référence)
Baisse de la pression artérielle systolique −6 à −10,6 mmHg en 6 semaines 3 à 6 semaines Fort (plusieurs essais)
Augmentation de la VFC (RMSSD, SDNN) Significative après quelques jours Immédiat pendant la session ; cumulatif Fort
Réduction de l’anxiété et du stress perçu Amélioration significative sur échelles validées 1 à 2 semaines Fort (méta-analyses)
Amélioration de la qualité du sommeil Endormissement plus rapide, activité vagale nocturne accrue 1 à 2 semaines Modéré
Augmentation des IgA salivaires Marqueur immunitaire amélioré 3 à 4 semaines Modéré
Amélioration cognition (mémoire, attention) Corrélée à l’augmentation des ondes alpha Variable Préliminaire à modéré
Oxytocine (hormone du lien social) Augmentation rapportée Aigu (pendant la session) Préliminaire

Sur la durée des effets
Une session de 5 minutes de cohérence cardiaque produit des effets physiologiques qui persistent 4 à 6 heures. Pratiquer 3 fois par jour — matin, midi et soir — permet donc de couvrir l’ensemble des heures d’éveil. Les effets cumulatifs (remodelage du tonus vagal basal, diminution durable du cortisol) s’observent après 3 à 4 semaines de pratique régulière.

Effets sur la santé mentale

Une méta-analyse sur le biofeedback de VFC (dont la cohérence cardiaque est la principale modalité) a montré des améliorations significatives sur la pression artérielle systolique (SMD = −0,45), sur les mesures RMSSD et SDNN. Les effets sur l’anxiété généralisée, le burn-out et le stress post-traumatique sont documentés dans des études contrôlées. L’Inserm répertorie près de 2 000 essais cliniques portant sur la VFC dans diverses pathologies enregistrés sur ClinicalTrials.gov.

Effets sur la peau

Voici un extrait de mon livre « La peau de l’intérieur » qui se focalise sur les méthodes naturelles pour soigner la peau :

« Le stress et le manque de sommeil aggravent ou déclenchent virtuellement toutes les maladies de peau — acné, eczéma, psoriasis, rosacée, chute de cheveux, vieillissement accéléré … Ce n’est pas de la psychosomatique au sens vague du terme — c’est de la neuro-immuno-dermatologie avec des mécanismes biologiques précis et des études cliniques solides.

Ce que dit la médecine

L’axe neuro-immun-cutané : la biologie du stress sur la peau

La peau n’est pas qu’un organe passif — elle est un organe neuro-immun actif. Elle est innervée par des fibres C et Aδ qui libèrent des neuropeptides (substance P, CGRP, VIP) directement dans le derme. Ces neuropeptides activent les mastocytes, les kératinocytes et les cellules dendritiques — déclenchant une cascade inflammatoire locale. C’est le mécanisme central de la neuro-dermatologie : le cerveau parle à la peau via le système nerveux périphérique, pas seulement via les hormones.

Le cortisol : ennemi silencieux de la peau

Le stress chronique active l’axe HPA (hypothalamo-hypophyso-surrénalien) et maintient le cortisol élevé en permanence. Mais la peau aussi peut produire du cortisol à partir du cholestérol, notamment sous l’effet du stress ou des UV, elle se comporte comme un organe neuro-endocrine périphérique autonome. Cette augmentation du cortisol chronique inhibe la synthèse de collagène, active les métalloprotéinases qui le dégradent, diminue la synthèse de céramides (composants de la barrière cutanée), augmente la perméabilité intestinale, supprime l’immunité anti-infectieuse tout en amplifiant l’immunité pro-inflammatoire. La peau est à la fois moins protégée et plus inflammatoire.

Axe cerveau-peau

L’axe HPA → cortisol → inflammation cutanée : le stress déclenche de l’acné, des poussées d’eczéma et de psoriasis via des voies neuro-immunes documentées.

La substance P libérée par les fibres nerveuses cutanées lors du stress active directement les mastocytes dermiques — provoquant rougeurs, prurit et inflammation dans les 30 minutes.

Les études de psycho-dermatologie montrent que 30 à 40% des patients dermatologiques ont un trouble anxieux ou dépressif associé — qui aggrave et pérennise la maladie de peau.

L’axe cerveau-intestin-peau est une boucle : le stress perturbe le microbiote intestinal (via le nerf vague), qui aggrave la perméabilité intestinale, qui amplifie l’inflammation cutanée. Trois cibles en une. […]

La règle naturelle

Cohérence cardiaque — 3-6-5 : 3 fois par jour (matin, midi, soir), pendant 5 minutes, pratiquer 6 respirations par minute ( = une inspiration de 4 à 5 secondes et une expiration de 5 à 6 secondes, sans apnée entre les 2). Cette méthode dite 365 doit idéalement être réalisée 365 jours par an, elle réduit le cortisol de 15 à 20% en quelques semaines. Applications gratuites sur votre smartphone si besoin.

La respiration « d’urgence » : abdominale — 4-7-8 : inspirez par le nez 4 secondes, retenez 7 secondes, expirez lentement par la bouche 8 secondes. Répétez 4 fois. Active le système nerveux parasympathique et réduit le cortisol en quelques minutes. Particulièrement utile lors des crises de prurit intense.

Technique STOP-RESPIRE-POSE : en cas de poussée de prurit, poser les mains à plat, 3 respirations profondes avant de céder à la tentation de se gratter — interrompt le cycle neuro-immun en 60 secondes.

La méditation de pleine conscience : 10 à 20 minutes par jour réduisent significativement les marqueurs biologiques du stress. Des études spécifiques sur l’eczéma montrent une réduction de 30 à 40% de la sévérité des poussées chez les patients pratiquant régulièrement. Applications gratuites sur votre smartphone si besoin.

Les 3 règles d’or du chapitre

Le stress cutané se manifeste avec 4 à 8 jours (parfois semaines!) de décalage — apprenez à lire votre peau comme un journal de bord.

Cohérence cardiaque 3×5 min/jour = le geste anti-inflammatoire neuro-immun le plus puissant et le moins cher.

7 à 9 heures de sommeil sur horaires réguliers = traitement anti-âge et anti-inflammatoire prouvé — et la fenêtre de nuit optimise vos actifs de soin. »

Si vous voulez en savoir plus sur les techniques de soins de la peau de l’intérieur, lisez mon livre « La peau de l’intérieur » qui se focalise sur les méthodes naturelles pour soigner la peau

4. La fréquence de résonance : pourquoi exactement 6 respirations par minute ?

La fréquence de 6 cycles/minute (soit un cycle complet inspiration+expiration toutes les 10 secondes) n’est pas un chiffre arbitraire. Elle correspond à la fréquence de résonance cardiovasculaire de la majorité des adultes — c’est-à-dire la fréquence respiratoire à laquelle le couplage entre le baroréflexe, la VFC et la respiration produit la plus grande amplitude oscillatoire.

Cette fréquence varie légèrement d’un individu à l’autre (entre 4,5 et 7 cycles/min selon la taille, l’âge et la condition physique). Les personnes de grande taille ont souvent une fréquence de résonance légèrement plus basse ; les enfants ont une fréquence plus élevée. Pour la grande majorité des adultes, 6 cycles/min est une excellente approximation.

Comparatif des rythmes respiratoires populaires

Technique Rythme Cycles/min Activation vagale Usage idéal
Cohérence cardiaque 5-5 5 s IN / 5 s EX 6 Forte Usage universel, débutants
Cohérence cardiaque 4-6 4 s IN / 6 s EX 6 Maximale (étude Marchant 2025) Anxiété, stress aigu
Respiration carrée (4-4-4-4) 4 s IN / 4 s retenue / 4 s EX / 4 s retenue ~3,75 Modérée Concentration, préparation mentale
Respiration 4-7-8 4 s IN / 7 s retenue / 8 s EX ~3,2 Modérée Endormissement
Respiration diaphragmatique simple Variable, ~4 s IN / 6 s EX Variable Modérée à forte Détente générale

Une étude universitaire récente (Marchant, 2025) a comparé ces différentes techniques et confirmé que le rythme 4-6 (inspiration 4 secondes, expiration 6 secondes) produit la plus forte activation vagale mesurée en HRV, légèrement supérieure au classique 5-5. L’expiration allongée stimule davantage le nerf vague car c’est principalement à l’expiration que le tonus parasympathique est renforcé.


5. La méthode 365 : principe, timing et pourquoi ça marche

La méthode 365, formalisée par le Dr David O’Hare, est l’approche la plus connue et la plus pratiquée en France. Son nom résume la prescription :

3 fois par jour  ·  6 respirations par minute  ·  5 minutes par session =

365 jours par an!

Les 3 moments clés de la journée

Le timing des sessions n’est pas anodin. O’Hare recommande :

  • Le matin au réveil (ou avant le petit-déjeuner) : pour réguler le pic de cortisol matinal — naturellement le plus élevé de la journée — et installer un état de calme avant de commencer les activités.
  • Avant le déjeuner : pour réduire la réponse au stress de la matinée et améliorer la qualité de la digestion (l’état parasympathique favorise la motilité intestinale).
  • En fin d’après-midi (vers 17-18 h) : pour amorcer la descente physiologique vers le soir, améliorer la transition veille-sommeil et réduire les ruminations nocturnes.

Pourquoi 5 minutes suffisent ?

Cinq minutes à 6 cycles/min représentent 30 cycles respiratoires complets. Des études ont montré qu’après 3 à 5 minutes à la fréquence de résonance, le système nerveux autonome bascule vers une prédominance parasympathique mesurable. L’effet sur la VFC est maximal dans les premières minutes et se maintient sur une durée de 4 à 6 heures post-session. Des sessions de 15 à 20 minutes prolongent cet effet et induisent un ralentissement spontané de la respiration au repos — signe d’une activation vagale durable.

6. Exercice de base pas à pas : 5 minutes de cohérence cardiaque

Préparation (1 minute)

  • Position : assis, dos droit (pas appuyé sur le dossier), pieds à plat sur le sol, jambes décroisées. Ne pas s’allonger pour les sessions diurnes — la position allongée réduit légèrement l’amplitude de la VFC.
  • Mains : posées sur les cuisses, paumes ouvertes vers le haut ou vers le bas selon votre préférence.
  • Yeux : fermés ou regard doux vers le bas à 45°.
  • Corps : relâchez délibérément les épaules, la mâchoire, les mains. Prenez deux respirations libres pour vous installer.

La respiration (5 minutes)

Le cycle complet :
Inspirez par le nez, lentement, pendant 5 secondes (ou 4 s pour la variante 4-6). Sentez le ventre se gonfler en premier, puis la cage thoracique s’élever.
Expirez par le nez (ou la bouche entrouverte), lentement, pendant 5 secondes (ou 6 s). Laissez le ventre se dégonfler naturellement, puis la cage thoracique descendre.
Pas d’apnée entre l’inspiration et l’expiration. Le passage doit être fluide, comme une vague.
→ Répétez 30 fois (= 5 minutes à 6 cycles/min).

L’ancrage émotionnel (facultatif mais puissant)

L’Institut HeartMath a montré que combiner la respiration cohérente avec une activation d’un sentiment positif (gratitude, bienveillance, souvenir agréable) amplifie significativement les effets sur la VFC et les marqueurs hormonaux. Pendant l’inspiration, portez votre attention sur la région du cœur. Pendant l’expiration, imaginez émettre une chaleur douce depuis cette région. Cette technique — appelée Quick Coherence ou Heart-focused breathing — est la plus étayée scientifiquement.

La fin de session

Ne reprenez pas immédiatement une activité stressante. Laissez 30 à 60 secondes de transition : ouvrez lentement les yeux, bougez doucement les mains, respirez librement deux ou trois fois avant de reprendre vos activités.


7. Variantes avancées : 4-6, cohérence émotionnelle, respiration en marchant

Variante 4-6 : pour maximiser l’activation vagale

L’inspiration est réduite à 4 secondes, l’expiration prolongée à 6 secondes. La fréquence reste à 6 cycles/min mais l’asymétrie inspiration/expiration renforce davantage le parasympathique à chaque cycle. Idéale avant une situation stressante (prise de parole, entretien, examen). La validation par l’étude Marchant (2025) en fait actuellement la variante la plus recommandée pour l’effet anxiolytique immédiat.

Cohérence cardiaque émotionnelle (méthode HeartMath)

Cette variante ajoute une dimension psycho-émotionnelle à la respiration :

  1. Focus cardiaque : portez votre attention dans la région du cœur (centre de la poitrine).
  2. Respiration cardiaque : imaginez respirer à travers votre cœur — l’air entre et sort directement par cette zone.
  3. Sentiment actif : évoquez délibérément un souvenir de gratitude, d’amour ou d’appréciation sincère. Maintenez ce sentiment pendant toute la session.

Cette technique a démontré les plus grandes amplitudes de VFC dans les études HeartMath et les réductions les plus marquées de cortisol. Elle est plus difficile à apprendre mais plus puissante à long terme.

Cohérence cardiaque en marchant

Possible dès que la technique de base est bien maîtrisée (2 à 3 semaines de pratique). Marchez à allure lente et régulière, synchronisez vos pas avec votre respiration : par exemple, 3 pas à l’inspiration, 4 à 5 pas à l’expiration. L’activité physique légère augmente l’amplitude de la VFC et renforce l’effet de la cohérence. Idéal pour une session de 10 à 15 minutes en plein air.

Session longue (15 à 20 minutes)

Des sessions plus longues ont montré un effet dose-dépendant : plus la session est longue, plus les effets sur le SNA sont prolongés. Après 15 à 20 minutes de respiration cohérente, on observe un ralentissement spontané de la fréquence respiratoire de repos — signe d’une adaptation du tonus vagal basal. À pratiquer une fois par jour si l’objectif est une amélioration structurelle de la VFC (personnes souffrant de stress chronique, d’anxiété persistante, de fatigue chronique).

8. Les 7 erreurs les plus fréquentes

Erreur n° 1 : respirer trop fort (hyperventilation)
Gonfler excessivement les poumons à chaque inspiration peut provoquer une hyperventilation légère, avec sensations de vertiges ou de fourmillements. La respiration de cohérence cardiaque doit être ample mais douce — jamais forcée. L’air doit entrer naturellement, sans effort musculaire excessif.

Erreur n° 2 : apnée entre l’inspiration et l’expiration. Une pause, même brève, rompt la sinusoïde de la VFC. Le passage doit être continu, comme une vague qui monte et descend sans s’arrêter au sommet.

Erreur n° 3 : compter mentalement de façon anxieuse. Compter « 1, 2, 3, 4, 5 » de façon crispée génère une activation cognitive qui contrebalance l’effet parasympathique. Utilisez plutôt un guide audio, une application, ou une image mentale (vague, balancement).

Erreur n° 4 : pratiquer uniquement en situation de crise. La cohérence cardiaque fonctionne comme un entraînement athlétique — les bénéfices structurels s’accumulent avec la régularité. La pratiquer seulement quand on est stressé revient à ne se muscler que pendant les blessures.

Erreur n° 5 : s’allonger pour les sessions diurnes. La position allongée est acceptable pour la session du soir avant le sommeil, mais elle réduit l’amplitude de la VFC par rapport à la position assise. Pour les sessions du matin et du midi, restez assis.

Erreur n° 6 : négliger la respiration abdominale. Si vous respirez uniquement avec la cage thoracique, vous activez moins efficacement le nerf vague. La respiration doit mobiliser prioritairement le diaphragme : le ventre gonfle à l’inspiration, se dégonfle à l’expiration. Ce n’est que secondairement que la cage thoracique s’élève.

Erreur n° 7 : s’attendre à des effets immédiats spectaculaires. Les premières sessions peuvent sembler banales. L’architecture neurophysiologique de la cohérence cardiaque se construit dans le temps. La plupart des pratiquants constatent les premiers effets subjectifs durables après 7 à 10 jours de pratique régulière 3 fois/jour.


9. Intégration quotidienne : quand, où, comment ?

Moment Objectif principal Durée recommandée Notes pratiques
Réveil (avant de se lever) Réguler le pic de cortisol matinal 5 min Assis sur le bord du lit ou au sol
Avant le déjeuner Décompresser la matinée, améliorer la digestion 5 min Au bureau, dans les transports, à l’extérieur
Fin d’après-midi (16-18 h) Transition vers le soir, prévenir les ruminations 5 min Avant de rentrer chez soi ou à la sortie du travail
Avant une situation stressante Inhibition de la réponse sympathique 3 à 5 min (rythme 4-6) En coulisses, dans les toilettes, dans la voiture
Avant le coucher Améliorer l’endormissement, activité vagale nocturne 5 à 10 min Allongé acceptable ; variante 4-7-8 possible
Pendant une marche Renforcement du tonus vagal + bénéfices de l’activité physique 10 à 20 min Après maîtrise de la technique (2-3 semaines)

La cohérence cardiaque se pratique partout. Pas besoin d’obscurité, de silence ou de position particulière. Dans les transports, au bureau, dans la salle d’attente d’un médecin — personne ne verra que vous respirez à 6 cycles/min. C’est l’une de ses forces majeures par rapport à d’autres techniques de régulation du SNA.

10. Mesurer sa cohérence cardiaque : outils et interprétation

Il n’est pas indispensable de mesurer sa VFC pour bénéficier de la cohérence cardiaque. Mais le biofeedback — c’est-à-dire voir en temps réel sa courbe de VFC sur un écran — accélère l’apprentissage et renforce la motivation.

Applications mobiles

  • Respirelax / Respirelax+ : l’application française de référence, simple, efficace, avec guide visuel et sonore. Sans capteur.
  • Elite HRV : mesure la VFC via la caméra du smartphone (photopléthysmographie). Gratuit, précision correcte pour un suivi quotidien.
  • HeartRate+ Coherence (iOS) : affiche la courbe de VFC et le score de cohérence en temps réel.
  • Inner Balance (HeartMath) : capteur auriculaire dédié + application — la référence clinique pour le biofeedback de cohérence.

Montres et capteurs connectés

Les montres Polar (H10), Garmin et Withings ScanWatch disposent d’une mesure HRV de qualité. La ScanWatch intègre même une fonction « Breathe » guidée. Les montres Apple Watch et Samsung Galaxy Watch mesurent la VFC mais avec une précision moindre pour le biofeedback en temps réel.

Interpréter son score de VFC

Paramètre Ce qu’il mesure Valeur de référence adulte
RMSSD Activité vagale à court terme (parasympathique) 20–50 ms (plus c’est élevé, mieux c’est)
SDNN Variabilité globale sur 24 h 50–100 ms sur 24 h
LF/HF ratio Équilibre sympathique/parasympathique Diminue avec la cohérence cardiaque
Score de cohérence (HeartMath) Pourcentage du temps en état de résonance Objectif : > 60 % en session

La VFC baisse naturellement avec l’âge, le manque de sommeil, le stress chronique, l’alcool, la sédentarité et les maladies cardiovasculaires. Elle augmente avec l’exercice physique régulier, la cohérence cardiaque, le sommeil de qualité et une bonne hygiène de vie. Comparer votre VFC à des normes de population est moins utile que de suivre son évolution personnelle dans le temps.


11. Limites et nuances scientifiques : ce que la cohérence cardiaque ne fait pas

Ce que la cohérence cardiaque n’est pas
Ce n’est pas un traitement médical. Elle ne remplace pas les médicaments antihypertenseurs, les anxiolytiques ou les antidépresseurs. Elle ne guérit pas les troubles anxieux sévères, les dépressions caractérisées, les arythmies cardiaques pathologiques ni les maladies cardiovasculaires structurelles. Toujours en parler à son médecin avant de modifier un traitement en cours.

Sur la DHEA : L’augmentation de 100 % de la DHEA citée dans les études HeartMath (McCraty et al., 1998) repose sur un échantillon de 30 participants sans groupe contrôle randomisé. Ce chiffre doit être interprété avec prudence. Des études de meilleure méthodologie ont confirmé une augmentation, mais moins spectaculaire.

Sur l’individualité de la fréquence de résonance : 6 cycles/min n’est pas optimal pour tous. Les personnes dont la fréquence de résonance se situe à 5 ou 7 cycles/min obtiendront de meilleurs résultats en personnalisant leur rythme — ce qui nécessite un biofeedback de VFC.

Sur le terme « cohérence » lui-même : il n’existe pas de définition universellement consensuelle en physiologie. Le terme est largement utilisé dans la littérature HeartMath, mais la communauté scientifique mainstream parle plus volontiers de « respiration lente » ou de « biofeedback HRV ». Les mécanismes sont identiques, la sémantique diffère.

Sur les affirmations parfois excessives : certaines sources attribuent à la cohérence cardiaque des effets sur le poids, la « synchronisation cœur-cerveau globale » ou la « communication quantique » — affirmations non soutenues par des données solides. Ses effets bien documentés (VFC, cortisol, tension artérielle, anxiété) sont déjà remarquables sans avoir besoin d’amplification.

Mais quoi qu’il en soit, même si cette technique semble parfois nimbée de « magie », elle ne peut pas faire de mal et fait même probablement du bien à votre peau et à tout votre organisme


FAQ — Questions fréquentes sur la cohérence cardiaque

Combien de temps dure l’effet d’une session de cohérence cardiaque ?

Les effets physiologiques mesurables (VFC, tonus vagal, cortisol) persistent 4 à 6 heures après une session de 5 minutes. La méthode 365 (3 fois/jour) permet de couvrir l’intégralité des heures d’éveil. Les effets cumulatifs — remodelage durable du tonus vagal et baisse structurelle du cortisol — s’observent après 3 à 4 semaines de pratique régulière.

Quelle est la meilleure fréquence respiratoire pour la cohérence cardiaque ?

Pour la majorité des adultes, 6 cycles/minute (5 s IN / 5 s EX) est la fréquence de résonance optimale. La variante 4-6 (4 s IN / 6 s EX) produit une activation vagale légèrement supérieure et est particulièrement recommandée en situation de stress aigu. Votre fréquence de résonance personnelle peut être déterminée précisément avec un biofeedback HRV.

La cohérence cardiaque remplace-t-elle un traitement médical ?

Non. Elle est une technique complémentaire, non un traitement médical. Elle peut être pratiquée en parallèle d’un traitement médical avec l’accord du médecin. Ne jamais modifier ou arrêter un traitement en cours sans avis médical.

Peut-on pratiquer allongé ?

Pour les sessions diurnes, la position assise est préférable : elle donne une amplitude de VFC légèrement supérieure. La position allongée est parfaitement acceptable pour la session du soir avant l’endormissement.

Y a-t-il des contre-indications ?

Il n’existe pas de contre-indication absolue connue pour des personnes en bonne santé. Chez les patients porteurs d’un pacemaker, d’arythmies sévères (FA, BAV) ou en état hypotensif, un avis cardiologique préalable est recommandé. La respiration lente peut légèrement baisser la tension artérielle — cela est généralement bénéfique, mais doit être surveillé chez les patients déjà hypotendus.

Combien de semaines avant de voir des résultats durables ?

Les premières améliorations subjectives (sensation de calme, meilleur sommeil) apparaissent généralement dès la première semaine. Les effets mesurables objectivement (cortisol, pression artérielle, VFC au repos) s’observent après 3 à 4 semaines de pratique régulière 3 fois/jour. Les bénéfices maximaux (remodelage du tonus vagal basal) nécessitent 2 à 3 mois de pratique assidue.


Références scientifiques

  1. McCraty R et al. The Impact of a New Emotional Self-Management Program on Stress, Emotions, Heart Rate Variability, DHEA and Cortisol. Integr Physiol Behav Sci. 1998;33(2):151–170. HeartMath.org
  2. McCraty R, Shaffer F. Heart Rate Variability: New Perspectives on Physiological Mechanisms, Assessment of Self-regulatory Capacity, and Health Risk. Glob Adv Health Med. 2015;4(1):46–61. PubMed 25694852
  3. Lehrer PM, Gevirtz R. Heart rate variability biofeedback: how and why does it work? Front Psychol. 2014;5:756. PubMed 25101026
  4. Gitler A et al. Harnessing non-invasive vagal neuromodulation: HRV biofeedback and SSP for cardiovascular and autonomic regulation. Med Int. 2025;5(4):37. PMC12082064
  5. Laborde S et al. Slow-Paced Breathing and Sleep Quality. J Clin Med. 2019. PubMed.
  6. Marchant J. Comparing the Effects of Square, 4-7-8, and 6 Breaths-per-Minute Breathing Conditions on HRV. 2025. (Étude universitaire préimpression.)
  7. You Z et al. Dose-dependent effects of slow breathing on autonomic modulation. 2021. PubMed.
  8. Bernardi L et al. Slow breathing reduces chemoreflex response to hypoxia and hypercapnia, and increases baroreflex sensitivity. J Hypertens. 2001;19(12):2221–9. PubMed 11725173
  9. Alabdulgader A. Coherence: a novel nonpharmacological modality for lowering blood pressure in hypertensive patients. Glob Adv Health Med. 2012. PubMed.
  10. Thayer JF, Åhs F, Fredrikson M et al. A meta-analysis of heart rate variability and neuroimaging studies: Implications for heart rate variability as a marker of stress and health. Neurosci Biobehav Rev. 2012;36(2):747–756. PubMed 22178086

Pour approfondir :
O’Hare D. Cohérence cardiaque 365 (Thierry Souccar Éditions) —
Servan-Schreiber D. Guérir (Robert Laffont, 2003) —
Lehrer P, Vaschillo E. Resonant frequency biofeedback training to increase cardiac variability. Appl Psychophysiol Biofeedback. 2000.


Article rédigé le 7 avril 2026. Les informations médicales contenues dans cet article sont données à titre informatif et ne constituent pas un avis médical. Pour tout problème de santé, consultez un professionnel.

PEAU DU SPORTIF : peau et sport (running, cyclisme, combat, musculation…)

Dermatologie du sportif : les maladies de peau liées au sport, par discipline

La pratique sportive sollicite la peau de façon intense et souvent répétée : friction, macération, traumatismes, exposition aux UV, contact avec d’autres sportifs ou des surfaces contaminées. Il en résulte un spectre large de pathologies cutanées — infections, dermatoses mécaniques, dermatoses environnementales — qui représentent jusqu’à 21 % des problèmes de santé dans les sports universitaires et constituent une cause fréquente d’arrêt de l’activité. Cet article recense, discipline par discipline, les dermatoses spécifiques à connaître pour mieux les prévenir et les traiter.

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Sommaire :
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Questions fréquentes

Pathologies cutanées communes à tous les sports

Avant d’entrer dans les spécificités de chaque discipline, il faut identifier les grandes familles de dermatoses qui traversent toutes les pratiques sportives. Elles se regroupent en trois catégories.

Infections cutanées : la menace principale

Les infections représentent la pathologie dermatologique la plus fréquente chez le sportif. Trois mécanismes expliquent leur prédominance : le contact peau-à-peau (sports de contact), la macération créée par la transpiration et les vêtements occlusifs, et les microtraumatismes qui fragilisent la barrière cutanée.

Type Agents principaux Sports à risque élevé
Infections virales Herpès (HSV-1), verrues (HPV), molluscum contagiosum Lutte, rugby, football, sports de contact
Infections bactériennes Staphylococcus aureus (dont SARM), Streptococcus, Pseudomonas Lutte, haltérophilie, sports d’équipe, natation
Infections fongiques Dermatophytes (tinea pedis, tinea corporis), Candida Tous sports — pied d’athlète universel

Pityriasis versicolor

Taches blanches de pitirasis
Taches blanches de pityriasis versicolor

Mycose superficielle due à Malassezia furfur, donnant des taches hypo- ou hyperpigmentées finement squameuses sur le tronc et les épaules. La forme hypopigmentée est classiquement révélée par le bronzage. La fluorescence jaune-verdâtre sous lampe de Wood est un signe diagnostique très utile. Le signe de Besnier (grattage révélant de fines squames) confirme le diagnostic. Le traitement antifongique topique (kétoconazole 2 % shampoing ou crème, éconazole) est efficace — les récidives sont fréquentes car la levure est commensale. Voir pityriasis versicolor

Dermatoses mécaniques

Friction, cisaillement et pression répétée produisent un catalogue prévisible de lésions : ampoules, callosités, hématomes sous-unguéaux, talon noir (pseudochromhidrose : amas de sang sous cutané). Leur localisation est directement dictée par la zone de contact avec l’équipement ou le sol.

Aggravation de dermatoses préexistantes

L’acné, le psoriasis, la dermatite atopique et la rosacée sont potentiellement aggravées ou déclenchées par l’exercice physique — via la chaleur, la sudation, le port d’équipements occlusifs ou le stress mécanique.

📚 Pujalte GGA et al. — More Than Skin Deep: Dermatologic Conditions in Athletes — Sports Health 2022

Running, marathon et trail

Le running est le sport dont la dermatologie mécanique est la mieux documentée. La répétition du contact pied-sol et bras-latéral génère des lésions très prévisibles selon la localisation de friction.

Ampoules de friction

Elles touchent jusqu’à 64 % des randonneurs lors de longues épreuves. Sur les pieds, les localisations classiques sont le talon, le gros orteil et les zones de décollement latéral. Le mécanisme est un cisaillement mécanique au niveau du stratum spinosum qui crée une cavité remplie de liquide plasmatique. La peau humide augmente les forces de friction — d’où l’aggravation lors des courses pluvieuses ou de transpiration excessive.

Prévention : chaussettes en acrylique ou double couche (fine polyester + épaisse laine/polypropylène) — la laine de mérinos réduit significativement l’incidence. Application d’antiperspirant à base de chlorure d’aluminium (20 %) sur la plante pendant 3 jours consécutifs avant l’épreuve réduit les ampoules de 27 %. Vaseline sur les zones à risque pour limiter le cisaillement.

Traitement : ampoules < 5 mm → pansement en donut de protection. Ampoules > 5 mm → drainer à l’aiguille stérile sans décoiffer (le toit protège la peau sous-jacente), puis pansement hydrocolloïde.

Le « mamelon du coureur » (jogger’s nipple)

Fissuration et irritation douloureuse des mamelons par friction du tissu du maillot — fréquente chez les marathoniens, notamment par temps frais. Prévention : pansements adhésifs sur les mamelons avant la course, vaseline, éviter les textiles trop rugueux.

Talon noir (black heel / talon noir)

Pétéchies punctiformes noires sur le bord postérieur du talon, résultant de micro-hémorragies intra-épidermiques par cisaillement brutal. Son nom scientifique est pseudochromhidrose. Aspect parfois inquiétant mimant un mélanome. Le diagnostic est facile : le dermatologue voit une suffusion hématique au dermoscope, et en cas de doute gratte légèrement la surface — les points noirs disparaissent, à l’inverse d’un mélanome. Aucun traitement nécessaire.

Intertrigo des cuisses (running intertrigo)

Irritation rouge et douloureuse des faces internes de cuisses par frottement répété lors des longues sorties, aggravée par la transpiration. À distinguer d’une mycose de l’aine. Prévention : short de compression, vaseline ou crème barrière sur les faces internes de cuisses avant la course.

Ongle noir et hématome sous-unguéal

Traumatisme répété de l’ongle contre l’embout de la chaussure lors des descentes, fréquent chez les traileurs. Hémorragie sous-unguéale douloureuse et bleue-noire. Traitement : si douloureux et tendu, trépanation par perçage à l’aiguille ou au stylet thermique pour évacuer l’hématome. Chaussures avec 1 cm d’espace au-delà de l’orteil le plus long — voir mycose des ongles pour le diagnostic différentiel et surtout, à distinguer d’un mélanome unguéal : tache noire sur l’ongle.

Urticaire à l’effort (urticaire cholinergique)

Plaques rouge-rosées, prurigineuses, petites (1 à 3 mm), déclenchées par l’élévation de la température corporelle lors de l’effort. Parfois évoluant vers une anaphylaxie à l’effort. Voir notre article dédié : urticaire cholinergique.

📚 Knapik JJ et al. — Friction Blisters: Pathophysiology, Prevention and Treatment — Sports Medicine 1995

Cyclisme

La position assise prolongée sur une selle, le port du cuissard, et les chutes fréquentes définissent la dermatologie spécifique du cycliste.

Folliculite et furonculose du siège (selle folliculitis)

La friction répétée de la selle sur le périnée, les fesses et la face interne des cuisses, combinée à la macération du cuissard humide, crée un terrain idéal pour la folliculite à staphylocoque. Les pustules et nodules douloureux gênent considérablement la pratique. Prévention : cuissard de qualité avec peau synthétique antimicrobienne, poudre antifongique ou crème anti-friction avant la sortie, changement de cuissard immédiatement après l’effort, douche antiseptique. Traitement : antiseptiques locaux, antibiotiques si formes étendues.

Mycose de l’aine et intertrigo

La macération du pli inguinal dans le cuissard favorise la tinea cruris (dermatophytose de l’aine) et la candidose. Voir rougeurs de l’aine. Traitement antifongique local ; traiter simultanément le pied d’athlète souvent associé.

Acné de la selle (saddle acne)

Papules et pustules acnéiformes sur les fesses et le périnée, aggravées par l’occlusion, la chaleur et les composés chimiques de certains cuissards. Différente de la folliculite bactérienne par l’absence de germe prédominant — terrain séborrhéique + friction. Nettoyage doux, éviter les crèmes grasses occlusives. Voir boutons entre les fesses et boutons des fesses

Plaies de chute (road rash)

Les éraflures par asphalte ou gravier produisent des plaies contaminées par des débris exogènes. Nettoyage minutieux immédiat à l’eau et au savon, puis antiseptique. Les corps étrangers incrustés dans le derme peuvent tatouer définitivement la peau s’ils ne sont pas extraits rapidement — consultation dermatologique urgente si les plaies sont profondes ou contaminées.

Engelures et dermatoses du froid

Chez les cyclistes hivernaux : engelures des doigts, des orteils et des oreilles par vasoconstriction prolongée. Voir engelures

Mélanome et dommages actiniques

Le cycliste de route est exposé aux UV pendant des heures, sans ombre, avec des zones découvertes constantes (nuque, avant-bras, jambes). Le risque de mélanome et de carcinomes cutanés est significativement accru. SPF 50+ systématique, manchettes UV, casque avec visière.

Natation, triathlon et sports aquatiques

Dermatose du nageur au chlore

L’exposition prolongée à l’eau chlorée provoque une irritation et une sécheresse cutanée intense — le chlore dégraisse la peau et altère le film hydrolipidique. Eczéma de contact irritatif possible chez les sportifs sensibles. Douche immédiate après la séance avec savon doux, émollient quotidien. Voir comment lutter contre la peau sèche

Folliculite du jacuzzi et de la piscine ou de la combinaison néoprène (Pseudomonas aeruginosa)

Pustules sur le dos et le tronc, apparaissant 8 à 48 h après immersion dans une piscine ou un jacuzzi mal chloré. Épidémies possibles dans les groupes sportifs. Voir notre article sur la folliculite. Évolution spontanément favorable dans les formes légères.

Prurit du nageur (cercarial dermatitis)

Papules prurigineuses survenant après la baignade en eau douce (lacs, étangs), dues aux cercaires de schistosomes d’oiseaux qui pénètrent dans la peau mais ne complètent pas leur cycle chez l’homme. Papules érythémateuses 10 à 15 minutes après la sortie de l’eau. Traitement symptomatique : antihistaminiques, dermocorticoïdes locaux. Voir maladies du sable et de l’eau stagnante.

Otite externe du nageur

Infection bactérienne (souvent Pseudomonas ou staphylocoque) du conduit auditif externe favorisée par l’eau résiduelle et la macération. Douleur à la traction du pavillon, écoulement, prurit. Traitement : gouttes auriculaires antibiotiques ± antifongiques, séchage soigneux après chaque séance.

Alopécie aux UV chez les nageuses

Association chlore + UV provoquant des cheveux secs, cassants et décolorés (teinte verdâtre due aux ions cuivre dans l’eau). Bonnet de bain systématique, soins capillaires hydratants. Voir alopécie.

Intertrigo de la combinaison (triathlon)

Les triathlètes portent leur combinaison néoprène pendant la natation puis le vélo — macération prolongée favorisant l’intertrigo du cou, des aisselles et de l’aine. Vaseline ou crème barrière sur les zones à risque avant le départ.

Sports de contact : lutte, rugby, football, arts martiaux

C’est dans les sports de contact que la dermatologie infectieuse est la plus intense. La lutte concentre à elle seule 73,6 % des infections cutanées rapportées dans les sports aux États-Unis.

Herpès gladiatorum

L’herpès à HSV-1 constitue 40,5 % de toutes les infections cutanées chez les lutteurs universitaires. Transmission par contact cutané direct lors des corps à corps. Localisations préférentielles : visage (70 %), cou, haut du corps. Incubation 2 à 14 jours. Les lutteurs avec récidives fréquentes bénéficient d’une prophylaxie antivirale par valaciclovir — traitement à initier dès les prodromes (brûlure, picotement). Les compétiteurs avec lésion active doivent être exclus des compétitions jusqu’à croûtisation complète.

Impétigo de contact

L’impétigo à staphylocoque ou streptocoque se transmet par contact direct en sports de contact. Vésicules puis croûtes melicériques sur les zones de friction (visage, cou, avant-bras). Traitement antibiotique local ou systémique selon l’étendue. Exclusion du sportif jusqu’à 48 h de traitement efficace. Possibilité aussi de folliculite staphylococcique

Tinea corporis gladiatorum

Dermatophytose (teigne de la peau glabre) représentant 22 % des infections cutanées chez les lutteurs universitaires. Plaques érythémato-squameuses à bordure active, prurigineuses, se propageant par contact cutané direct sur le tapis. Jusqu’à 52 % des lutteurs lycéens développent une infection fongique par saison. Traitement antifongique local (kétoconazole, ciclopirox) ou oral (terbinafine) selon l’étendue — voir mycoses cutanées.

SARM communautaire (CA-MRSA)

Le staphylocoque doré résistant à la méticilline communautaire touche environ 6 % des athlètes lycéens et universitaires en colonisation. Les lésions présentent initialement comme un « furoncle » mais résistent aux antibiotiques de première intention. Microtraumatismes, rasage corporel et partage d’équipement sont les principaux vecteurs. Voir staphylocoque doré et furoncle.

Molluscum contagiosum

Papules ombiliquées perlées transmises par contact direct. Fréquent chez les lutteurs et judokas. Voir molluscum contagiosum. Traitement par cryothérapie ou curetage des lésions.

Acné chéloïdienne de la nuque (rugbyman, footballeur)

Papules et pustules folliculaires évoluant vers des cicatrices chéloïdiennes sur la nuque, favorisées par le port du casque et les cols frottants. Plus fréquente chez les hommes à phototype foncé. Voir acné chéloïdienne de la nuque.

⚠️ Règle d’exclusion : tout athlète présentant des lésions cutanées infectieuses actives (herpès, impétigo, furoncle, teigne) doit être exclu de la compétition et des entraînements en contact jusqu’à traitement adéquat et guérison documentée. Le simple recouvrement d’une lésion n’est jamais suffisant.

📚 Ashack KA et al. — Skin Infections Among US High School Athletes: A National Survey — JAAD 2016

Musculation, CrossFit et sports de force

Acné mécanique et « bacné » (back acne)

Le port prolongé d’équipements occlusifs (ceinture lombaire, bretelles de gilet lesté, sac à dos) crée des zones de friction et d’occlusion favorisant l’acné mécanique — papulopustules sur le dos, les épaules et le tronc, exacerbées par la chaleur et la transpiration. Chez les pratiquants de musculation, la supplémentation en whey protéine peut également aggraver l’acné en stimulant la voie IGF-1, indépendamment de l’occlusion mécanique. Traitement : douche antiseptique immédiate après l’entraînement, éviter les maillots trop serrés en synthétique, traitement anti-acné adapté — voir acné.

Callosités et cors des paumes

Épaississement épidermique protecteur aux points de prise sur la barre ou les anneaux. Indolores, ils peuvent se fissurer et saigner lors des entraînements intensifs. Parage régulier, crème émolliente à l’urée, protection par gants de musculation.

Dermatite de contact allergique aux équipements

Allergie au nickel des barbelés ou des clips de ceinture, au caoutchouc des sangles, au latex des gants. Plaques eczématiformes aux points de contact. Voir eczéma de contact et allergie au nickel.

Psoriasis et phénomène de Köbner

Le frottement répété des équipements sur une peau prédisposée peut déclencher des plaques de psoriasis sur les zones de traumatisme (phénomène de Köbner). La transpiration et le stress peuvent également aggraver la maladie.

Folliculite à Malassezia du dos

Petites pustules prurigineuses monotones sur le dos et les épaules, favorisées par la transpiration et les maillots synthétiques occlusifs. Souvent confondue avec une acné. Traitement antifongique — voir folliculite et mycoses cutanées.

Sports d’hiver : ski, snowboard, biathlon, hockey sur glace

Engelures (pernions)

Lésions inflammatoires rouges-violacées, prurigineuses et douloureuses sur les extrémités (doigts, orteils, oreilles, nez, joues) après exposition prolongée au froid humide. Distinctes des gelures — l’engelure survient à des températures au-dessus de zéro, en conditions humides. Traitement : réchauffement progressif, pas d’eau très chaude, nifédipine dans les formes sévères. Prévention : couches isolantes, gants et chaussettes imperméables.

Gelures

Nécrose des tissus par congélation au-delà de −0,55 °C dans les tissus. Stades : érythème (1er), vésicules (2e), nécrose (3e), gangrène (4e). Urgence médicale — réchauffement rapide en eau à 37–40 °C, traitement hospitalier au-delà du 2e degré. Prévention absolue par équipement adapté.

Acné médicamenteuse du biathlète

Le biathlon combine effort intense et hyperthermie aiguë avec retour au froid — alternance extrême stressante pour la peau. Les corticoïdes parfois utilisés hors AMM dans ce sport peuvent aggraver l’acné.

Dermatite de contact au masque et aux lunettes

Allergie au caoutchouc ou au polycarbonate des masques de ski et lunettes de snowboard : plaques eczématiformes en lunettes sur le visage. Voir eczéma de contact.

Coup de soleil et photodommages de montagne

La neige réfléchit jusqu’à 80 % des UV — le risque de coup de soleil est maximal en altitude, même par temps couvert. Les skieurs présentent des coups de soleil sévères sur le nez, les joues et les lèvres. Herpès labial déclenché par le rayonnement UV. SPF 50+ renouvelé toutes les 2 h, stick lèvres UV, masque intégral.

Urticaire au froid

Papules urticariennes déclenchées par le contact avec le froid (piste, vent, immersion dans l’eau froide). Test diagnostique : glaçon posé sur l’avant-bras pendant 5 minutes — urticaire localisé dans la minute suivant le réchauffement. Voir urticaire. Contre-indication à l’épilation laser (système de refroidissement intégré). Antihistaminiques avant l’exposition.

Traumatismes unguéaux du hockey sur glace

Hématomes sous-unguéaux répétés du gros orteil par compression dans le patin. Voir traitement hématome sous-unguéal (section running).

Tennis, padel, squash et sports de raquette

Callosités de la paume et des doigts

Épaississement localisé à la zone de contact avec le grip de la raquette. La localisation précise dépend de la prise en main. Parage régulier, crème à l’urée.

Ampoules chroniques de la main

Chez les joueurs réguliers, les ampoules évoluent vers des callosités — mais chez les débutants ou après une reprise, les vésicules douloureuses gênent la progression. Pansements hydrocolloïdes, grip adapté, bandage prophylactique.

Onychopathie mécanique (toenail bruising)

Hématomes sous-unguéaux répétés des 1er et 2e orteils par glissement du pied contre l’embout de la chaussure lors des arrêts brusques. Chaussures avec lace-up serré sur le médio-pied et espace libre au-delà de l’orteil.

Dermatite solaire chez les joueurs de plein air

Le padel et le tennis outdoor exposent bras, décolleté et nuque de façon répétée. Taches brunes actiniques, mélanome — photoprotection rigoureuse indispensable.

Verrues plantaires

Fréquentes chez les joueurs de squash utilisant des vestiaires collectifs. Voir verrues.

Randonnée, alpinisme et trail longue distance

Pied d’athlète (tinea pedis)

Infection dermatophytique du dernier espace inter-orteil, universelle chez les randonneurs portant des chaussures de marche. La macération prolongée est le facteur déclenchant. Démangeaisons, fissuration, squames blanchâtres. Traitement antifongique local — voir mycose des pieds. Prévention : chaussettes en laine de mérinos, poudre antifongique, séchage soigneux des espaces interorteils.

Dyshidrose (eczéma dysidrosique)

Vésicules prurigineuses sur les orteils et la plante des pieds, souvent associées ou déclenchées par une mycose sous-jacente. Voir dyshidrose.

Larva migrans cutanée (randonneurs tropicaux)

Cordons linéaires rampants, prurigineux, progressant de quelques centimètres par jour, dus aux larves d’ankylostomes animaux pénétrant dans la peau pieds nus sur les plages tropicales. Voir maladies du sable et de l’eau. Traitement : ivermectine orale dose unique.

Dermatite de contact aux plantes

Contact avec des plantes irritantes ou allergisantes (ortie, primevère, contact anaphylactique) lors des randonnées. Plaques eczématiformes linéaires caractéristiques du contact avec la végétation. Voir eczéma de contact.

Piqûres d’insectes et réaction cutanée

Guêpes, abeilles, taons, moustiques, tiques (avec risque de borréliose/maladie de Lyme). La piqûre de tique et son érythème migrant caractéristique méritent une consultation urgente. Voir piqûres d’insectes.

Photosensibilisation médicamenteuse en altitude

Certains antipaludéens, antibiotiques (doxycycline) ou AINS peuvent provoquer des éruptions sévères en altitude. L’intensité des UV augmente de 10 % par 1 000 m de dénivelé.


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Sports de plage, surf, kitesurf et plongée

Éruption du surfeur (surfer’s rash)

Irritation chronique du menton, du torse et des genoux par friction répétée sur la planche. Papules érythémateuses et lichénification sur les zones de contact. Vaseline avant la session, choisir des planches avec revêtement moins abrasif.

Folliculite en combinaison

La combinaison humide portée plusieurs heures favorise la folliculite sur le torse, le dos et les fesses. Rinçage soigneux de la combinaison après chaque session, séchage complet avant réutilisation.

Dermatose du baigneur en eau de mer

Prurit du baigneur en eau salée (seabather’s eruption) dû aux larves de méduses piégées sous le maillot. Papules prurigineuses apparaissant quelques heures après la baignade, prédominant sous le maillot. Traitement : antihistaminiques, dermocorticoïdes. Voir maladies de la plage et de l’eau.

Granulome de la piscine (Mycobacterium marinum)

Nodule cutané chronique indolore sur la main ou le coude, survenant après contact avec des poissons ou des bassins contaminés. Evolue lentement sur des mois. Diagnostic par biopsie. Traitement antibiotique prolongé (clarithromycine, doxycycline).

Dermatite de contact au néoprène et au lycra

Allergie aux accélérateurs de vulcanisation du néoprène (thiurame, mercaptobenzothiazole) : plaques eczématiformes sur les zones de contact avec la combinaison. Voir eczéma de contact.

Mélanome et UV soleil + sable

Les sports de plage exposent à la réflexion UV sur le sable (25 %) et l’eau (5–10 %). Le risque de mélanome est multiplié chez les sportifs outdoor réguliers sans protection. SPF 50+ waterproof, renouvelé toutes les 2 h, vetements anti-UV.

Principes généraux de prévention dermatologique du sportif

Domaine Mesures essentielles
Hygiène post-effort Douche immédiate après l’activité — savon antiseptique si sports de contact — lavage des mains régulier
Équipements Ne jamais partager serviettes, rasoirs, protège-tibias, casques, gants — lavage des uniformes après chaque usage
Textiles Préférer les fibres respirantes (mérinos, polyester technique) au coton humide et occlusif — changer immédiatement le cuissard ou le maillot après l’effort
Friction et macération Vaseline ou crème barrière sur les zones à risque — chaussettes adaptées — séchage soigneux des plis et espaces inter-orteils
UV SPF 50+ waterproof renouvelé toutes les 2 h — vêtements anti-UV — éviter 12h–16h en été pour les sports outdoor
Signaux d’alarme Consulter rapidement en cas de lésion qui s’étend, de fièvre associée, de non-amélioration après traitement antiseptique 10 jours, ou de toute lésion atypique chez un immunodéprimé
📌 Critères de retour au jeu pour les infections : herpès gladiatorum → croûtisation complète de toutes les lésions. Impétigo → 48 h de traitement antibiotique efficace, lésions sèches et non suintantes. Tinea corporis → 72 h de traitement antifongique, lésions non actives. SARM → traitement adapté et avis médical. Ces critères sont établis par les fédérations sportives américaines (NCAA, American College of Sports Medicine) et s’appliquent aux compétitions internationales.

📚 Selected Issues in Injury and Illness Prevention and the Team Physician — Med Sci Sports Exerc 2016

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Questions fréquentes

Le pied d’athlète est-il inévitable chez le sportif ?

Non, mais il est extrêmement fréquent dès lors qu’on fréquente des vestiaires collectifs, des piscines ou des plages. La prévention est efficace : port de sandales dans les douches communes, chaussettes en laine mérinos absorbant mieux l’humidité que le coton, séchage soigneux des espaces inter-orteils après la douche, et poudre antifongique dans les chaussures en cas de terrain récidivant. Un traitement antifongique dès les premiers signes (démangeaison, fissuration du dernier espace) évite l’extension. Voir mycose des pieds.

Mon acné s’aggrave depuis que j’ai commencé la musculation — pourquoi ?

Plusieurs mécanismes peuvent expliquer cela. La transpiration et l’occlusion des vêtements de sport créent un micro-environnement favorisant l’acné mécanique. La supplémentation en whey protéine stimule la voie IGF-1, qui augmente la séborrhée. Les anabolisants androgènes (légaux ou non) sont fortement acnéigènes. Douche antiseptique immédiate après l’entraînement, changement du maillot, révision de la supplémentation et consultation dermatologique si l’acné est sévère — voir acné.

Comment savoir si ma lésion cutanée m’interdit de concourir ?

Toute lésion suintante, prurigineuse ou vésiculeuse d’origine infectieuse (herpès, impétigo, teigne) impose une exclusion de compétition jusqu’à traitement efficace et guérison documentée. Un herpès actif non traité, même recouvert d’un pansement, ne permet pas la participation aux sports de contact. En cas de doute, consultez rapidement un dermatologue — une téléconsultation peut permettre un diagnostic en 24 h.

Peut-on faire du sport avec une dermatite atopique ou un psoriasis ?

Oui, dans la grande majorité des cas — le sport est même bénéfique sur le stress, qui aggrave ces deux maladies. Certaines précautions s’imposent : éviter l’exposition prolongée à l’eau chlorée (qui dessèche la peau), hydrater après chaque séance, choisir des textiles doux et respirants, et surveiller les zones de frottement. Un bilan avec votre dermatologue permet d’adapter le traitement local en période d’entraînement intensif.

Les rougeurs entre mes cuisses après la course sont-elles une mycose ?

Pas forcément. L’intertrigo mécanique de friction (running intertrigo) est très fréquent et se distingue de la mycose par l’absence de prurit intense, d’aspect circiné ou de squames. La mycose de l’aine présente des bords actifs surélevés, prurit marqué, et répond aux antifongiques. Si vous n’êtes pas sûr, consultez un dermatologue — voir rougeurs de l’aine.

Voir aussi :
Pied d’athlète |
Folliculite |
Herpès |
Urticaire à l’effort |
Mélanome |
Maladies de la plage


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Sources scientifiques

Mis à jour le 4 avril 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.


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ERUPTION RETOUR VOYAGE : problème de peau après un voyage

Problèmes de peau au retour de voyage : que faire face à une éruption cutanée ?

Une éruption cutanée, des démangeaisons, de la fièvre ou des boutons apparus pendant ou après un voyage en zone tropicale méritent une évaluation dermatologique rapide. Certaines affections — arbovirus, gale du voyageur, mycoses tropicales — sont bénignes mais contagieuses. D’autres — paludisme, dengue hémorragique, oropouche — peuvent engager le pronostic vital. Ce guide permet d’orienter le diagnostic selon les signes cutanés observés et la destination visitée.

⚠️ Urgence médicale : toute fièvre au retour d’une zone d’endémie palustre (Afrique subsaharienne, Amazonie, Asie du Sud-Est) doit être considérée comme un paludisme jusqu’à preuve du contraire. Consulter aux urgences dans les 24h — le paludisme à P. falciparum peut tuer en 24–48h.
Éruption cutanée ou démangeaisons après un voyage ? Le Dr Rousseau, dermatologue, peut analyser vos lésions en téléconsultation — pensez à noter votre destination et le délai d’apparition des symptômes.

📅 Téléconsultation avec le dermatologue

Sommaire :
Orientation rapide par symptôme |
Arbovirus (dengue, zika, oropouche, chikungunya) |
Paludisme et peau |
Gale du voyageur |
Mycoses tropicales |
Lésions post-piqûres |
Photosensibilisation et coup de soleil |
Parasites de plage |
Pages associées |
Questions fréquentes

Orientation rapide : quel diagnostic selon les symptômes ?

Signe principal Penser à Urgence ?
Fièvre + éruption rouge diffuse Dengue, chikungunya, zika, oropouche, paludisme 🔴 Oui — consultation dans les 24h
Fièvre seule au retour d’Afrique/Amazonie Paludisme à P. falciparum en priorité 🔴 Urgences immédiates
Trajet sinueux rouge sous la peau aux pieds Larva migrans cutanée (ver à chien) 🟡 Consultation sous 48h
Démangeaisons nocturnes intenses, boutons interdigitaux Gale du voyageur 🟡 Consultation sous 48h — contagieux
Plaque rouge annulaire après piqûre de tique Érythème migrant — maladie de Lyme 🟡 Consultation sous 48h
Gros boutons prurigineux sur zones immergées Dermite des nageurs, bilharziose cercarienne 🟢 Consultation si persistance > 2 semaines
Mycose interdigitale des pieds, ongle épaissi Mycose des pieds, mycose des ongles 🟢 Consultation non urgente
Brûlure solaire sévère / phototoxicité Coup de soleil, photosensibilisation médicamenteuse (doxycycline++) 🟢 Soins locaux ± consultation si bulles

Arbovirus : dengue, zika, oropouche, chikungunya

Les arbovirus (virus transmis par des arthropodes — principalement des moustiques du genre Aedes) sont en expansion mondiale accélérée depuis 2015. En 2024, la dengue a atteint des niveaux records avec plus de 13 millions de cas déclarés dans le monde. L’oropouche, longtemps confiné en Amazonie, a connu une émergence internationale en 2024. Ces virus partagent des signes cutanés proches, rendant le diagnostic clinique difficile sans test.

Virus Vecteur principal Zones à risque Signes cutanés caractéristiques Signes associés Traitement
Dengue Aedes aegypti, Ae. albopictus Antilles, Réunion, Asie du Sud-Est, Amérique latine, Afrique tropicale Exanthème maculopapuleux diffus (J3–J5), parfois purpurique. Visage épargné — « îlots de peau saine » caractéristiques. Flush facial initial. Prurit modéré Fièvre brutale > 39°C, céphalées intenses rétro-orbitaires, myalgies, arthralgies, thrombopénie (risque hémorragique en dengue sévère) Symptomatique uniquement. Pas d’aspirine ni AINS (risque hémorragique). Surveillance plaquettaire
Chikungunya Aedes aegypti, Ae. albopictus Océan Indien, Antilles, Afrique, Asie, Amérique latine. Présent en France métropolitaine (Ae. albopictus) Exanthème maculopapuleux (J2–J5), parfois vésiculeux ou bulleux chez l’enfant. Aphtes buccaux possibles. Hyperpigmentation résiduelle fréquente Polyarthrite aiguë très douloureuse — signe distinctif. Fièvre brutale. Arthralgies pouvant persister plusieurs mois (forme chronique) Symptomatique : AINS, antalgiques. Pas de traitement antiparasitaire spécifique
Zika Aedes aegypti Amérique latine, Caraïbes, Pacifique, Afrique de l’Ouest, Asie du Sud-Est Exanthème maculopapuleux prurigineux diffus (J2–J4) — souvent le signe prédominant. Conjonctivite bilatérale non purulente fréquente Fièvre modérée ou absente, céphalées légères, arthralgies. Risque majeur : microcéphalie fœtale si infection pendant la grossesse. Syndrome de Guillain-Barré possible Symptomatique. Femmes enceintes : précautions strictes, éviter les zones endémiques, rapports protégés 3 mois après retour
Oropouche Moucheron Culicoides paraensis, moustiques Culex Amazonie (Brésil, Pérou, Bolivie), Caraïbes (Cuba, Antilles). Émergence internationale 2024 Exanthème maculopapuleux ou pétéchial (J2–J5), souvent tronc. Moins constant que les autres arbovirus Fièvre brutale, céphalées, myalgies, photophobie, vomissements. Forme neurologique (méningite, encéphalite) décrite en 2024. Risque fœtal potentiel en cours d’évaluation Symptomatique. Pas de vaccin disponible. Moustiquaires et répulsifs essentiels
Diagnostic différentiel : dengue, zika et oropouche ont des tableaux cliniques très proches. Seul un test sérologique (PCR en phase aiguë, sérologie à J7) permet de les distinguer formellement. En pratique : toute fièvre + éruption au retour d’une zone endémique justifie une consultation médicale urgente avec NFS (thrombopénie → dengue) et sérologie arbovirus. ⚠️En cas de purpura + fièvre, toujours penser au purpura fulminans, signe cutané de méningite, appeler le 15 immédiatement, chaque minute compte
Purpura + fièvre, frissons : ATTENTION A LA MENINGITE -> appeler le 15
⚠️ Moustique tigre en France métropolitaine : Aedes albopictus est présent dans plus de 70 départements français depuis 2023. La dengue, le chikungunya et le zika sont transmissibles sur le territoire français — pas uniquement en zone tropicale.

Paludisme et manifestations cutanées

Le paludisme (malaria) n’est pas une maladie cutanée — c’est une urgence infectieuse. Mais il peut s’accompagner de signes cutanés qui orientent le diagnostic au retour d’une zone d’endémie (Afrique subsaharienne, Amazonie, Asie du Sud-Est, Océanie).

Signe cutané Signification
Ictère (jaunisse) Hémolyse — signe d’alarme dans le paludisme à P. falciparum
Pâleur cutanéo-muqueuse Anémie hémolytique — fréquente dans les formes prolongées
Sueurs profuses cycliques Accès palustres typiques (fièvre tierce ou quarte selon l’espèce)
Purpura ou pétéchies Thrombopénie — forme sévère, hospitalisaiton urgente
🔴 Rappel vital : toute fièvre dans les 3 mois suivant un retour de zone palustre = paludisme jusqu’à preuve du contraire. La prise d’antipaludéens prophylactiques ne dispense pas de consulter. Délai moyen d’incubation de P. falciparum : 7 à 30 jours.

Gale du voyageur

La gale est une parasitose très contagieuse due à l’acarien Sarcoptes scabiei. Elle se contracte fréquemment lors de voyages : auberges de jeunesse, hôtels peu soignés, hébergements collectifs, contacts rapprochés avec les populations locales. Elle est très souvent confondue avec une allergie ou une piqûre d’insecte, et le diagnostic est souvent tardif.

Critère Gale du voyageur
Signe cardinal Prurit intense à prédominance nocturne, aggravé par la chaleur
Localisations typiques Espaces interdigitaux des mains, poignets, coudes, ombilic, fesses, organes génitaux — respecte le visage chez l’adulte
Signe spécifique Sillons acariens (trajet sinueux sous-cutané de 1 à 3 cm)
Contagiosité Très élevée — traitement simultané de tout l’entourage obligatoire
Délai d’incubation 3 à 6 semaines lors d’une primo-infection (prurit retardé — piège diagnostique)
Traitement Ivermectine (Stromectol®) per os ou benzoate de benzyle (Ascabiol®) — traitement simultané de tous les contacts

→ Article détaillé : gale — diagnostic et traitement complet

Mycoses tropicales

La chaleur, l’humidité, la transpiration et la marche pieds nus favorisent considérablement les infections fongiques au retour des tropiques.

Mycose Aspect Localisation Page dédiée
Pied d’athlète (tinea pedis) Desquamation blanchâtre, fissures interdigitales, prurit Espaces entre les orteils Mycose des pieds
Onychomycose Ongle épaissi, jaunâtre, friable Ongles des pieds ++ Mycose des ongles
Teigne (tinea capitis) Plaques d’alopécie squameuses du cuir chevelu — surtout enfant Cuir chevelu Mycoses de la peau
Pityriasis versicolor Taches décolorées ou brun clair, non prurigineuses, confluentes Tronc, épaules, décolleté — favorisé par la chaleur et la transpiration Mycoses de la peau
Herpès circiné (dermatophytose) Plaque circulaire à bord actif squameux, prurigineux Peau glabre — corps, plis Mycoses de la peau

Lésions post-piqûres et envenimations

Agent Lésion cutanée Risque associé Page dédiée
Moustique Papule prurigineuse rosée — réaction urticarienne parfois sévère Transmission arbovirus (dengue, zika, chikungunya, oropouche), paludisme Piqûres de moustique
Tique Érythème migrant (plaque rouge annulaire croissante > 5 cm) Maladie de Lyme, autres rickettsioses Tique — comment l’enlever
Méduse Traçé linéaire urticarien, brûlure intense Réaction allergique sévère possible Brûlure de méduse
Araignée / scorpion Zone nécrotique centrale entourée d’érythème et d’œdème Envenimation systémique selon l’espèce — urgences si signes généraux Piqûre d’araignée
Aoûtat Papules prurigineuses en ligne ou en groupe, surtout jambes et ceinture Bénin — traitement antihistaminique Aoûtat

Photosensibilisation et coups de soleil tropicaux

L’exposition solaire est plus intense sous les tropiques (rayonnement UV direct, réverbération mer/sable). Certains médicaments pris en prévention des infections du voyage augmentent fortement le risque de phototoxicité.

Médicament Risque Précaution
Doxycycline (antipaludéen, anti-infectieux) Phototoxicité élevée — coups de soleil sévères sur zones exposées SPF 50+ obligatoire, vêtements couvrants, éviter les heures d’ensoleillement max
Méfloquine (Lariam® — antipaludéen) Phototoxicité modérée Protection solaire renforcée
Fluoroquinolones (antibiotiques voyage) Photosensibilisation possible Éviter l’exposition prolongée pendant le traitement

→ Voir aussi : soleil et peauprotéger les enfants du soleilchoisir sa crème solaire

Éruption cutanée, prurit ou lésion inhabituelle au retour ? Ne pas attendre pour consulter — certaines infections tropicales s’aggravent rapidement sans traitement. Le Dr Rousseau propose des téléconsultations avec délai rapide.

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Parasites de plage et eau stagnante

Les parasites contractés sur la plage ou en eau douce stagnante (larva migrans cutanée, bilharzioses, ankylostomiase, anguillulose, dermite des nageurs) font l’objet d’un guide détaillé :

Maladies du sable et de la plage — guide complet

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Questions fréquentes

Comment distinguer la dengue du chikungunya ou du zika ?

Cliniquement, c’est difficile — les trois partagent fièvre, éruption maculopapuleuse et arthralgies. Quelques différences orientent : les arthralgies très intenses et prolongées évoquent le chikungunya, la thrombopénie et les « îlots de peau saine » dans l’éruption évoquent la dengue, la conjonctivite bilatérale et le prurit prédominant évoquent le zika. Seul un bilan sérologique (PCR à J5–J7, sérologie à J7–J10) permet de trancher.

Qu’est-ce que l’oropouche et est-ce dangereux ?

L’oropouche est un arbovirus transmis principalement par un moucheron (Culicoides paraensis), historiquement confiné en Amazonie. En 2024, une émergence internationale a été documentée (Cuba, autres Caraïbes). Le tableau clinique ressemble à la dengue — fièvre, céphalées, éruption — avec des formes neurologiques (méningite) décrites. Un risque fœtal est suspecté mais en cours d’évaluation. Il n’existe pas de vaccin ni de traitement spécifique.

Faut-il prendre des médicaments préventifs contre les moustiques ?

La prophylaxie antipalustre est indispensable pour les zones d’endémie à P. falciparum (Afrique subsaharienne, Amazonie). Pour les arbovirus (dengue, zika, chikungunya, oropouche), il n’existe pas de prophylaxie médicamenteuse — la protection repose sur les répulsifs cutanés (DEET, icaridine), les vêtements couvrants et les moustiquaires, y compris la nuit.

J’ai des démangeaisons depuis mon retour — est-ce la gale ?

C’est possible si le prurit est à prédominance nocturne, touche les espaces interdigitaux des mains, les poignets, les coudes et les fesses, et s’il s’aggrave depuis plusieurs semaines. Attention : lors d’une primo-infection, la gale peut ne se manifester que 3 à 6 semaines après le contage — le lien avec le voyage peut sembler non évident. Un traitement par ivermectine est prescrit sur ordonnance après confirmation diagnostique.

Combien de temps après le retour peut-on développer une infection tropicale ?

Les délais varient considérablement selon l’agent : quelques jours pour la dengue ou le chikungunya (incubation 3–14 jours), 3 à 6 semaines pour la gale, 7 à 30 jours pour le paludisme à P. falciparum (mais pouvant aller jusqu’à 3 mois pour P. vivax), quelques semaines à mois pour les bilharzioses. Il est donc essentiel de mentionner tout voyage récent lors d’une consultation médicale, même plusieurs semaines après le retour.


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VERRUE ENFANT : traitement des verrues de l’enfant

Verrues chez l’enfant : particularités, évolution et traitement

Les verrues sont particulièrement fréquentes chez l’enfant — elles constituent l’une des dermatoses virales les plus communes en pédiatrie. Si leurs causes sont identiques à celles de l’adulte (papillomavirus humains HPV), leur prise en charge diffère sur plusieurs points essentiels : tolérance au traitement, risque de contagion en collectivité, décision de traiter ou d’attendre, et terrains particuliers. Une verrue plantaire douloureuse qui empêche un enfant de marcher ne se gère pas comme un papillome discret sur la main d’un adulte.

Verrue chez votre enfant — diagnostic incertain ou résistante au traitement ?
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– Les causes
– Les traitements…


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Sommaire :
Épidémiologie |
Formes cliniques |
Verrues et collectivité |
Traiter ou attendre ? |
Traitements adaptés à l’enfant |
Terrains particuliers |
Tableau récapitulatif |
Questions fréquentes

Pourquoi les verrues sont-elles si fréquentes chez l’enfant ?

Les verrues touchent 10 à 20 % des enfants en âge scolaire, contre 5 à 10 % de la population générale. Cette surreprésentation s’explique par plusieurs facteurs combinés :

  • Un système immunitaire encore immature, moins efficace pour éliminer le HPV avant qu’il ne s’exprime
  • Une vie en collectivité intense (piscine scolaire, vestiaires, sports collectifs) favorisant la contamination indirecte
  • Des microtraumatismes cutanés fréquents (genoux, pieds, mains) qui facilitent la pénétration du virus
  • Des comportements à risque : se ronger les ongles, gratter ses lésions, marcher pieds nus dans les vestiaires

Le pic de fréquence se situe entre 5 et 15 ans. Avant 2 ans, une verrue est exceptionnelle et doit faire évoquer un déficit immunitaire.

Formes cliniques les plus fréquentes chez l’enfant

Toutes les formes de verrues peuvent survenir chez l’enfant, mais certaines sont nettement prédominantes. Pour une description complète de chaque type, voir l’article général sur les verrues.

Verrues plantaires — la plainte principale

Verrues plantaires chez un enfant
Verrues plantaires

Les verrues plantaires représentent la cause la plus fréquente de consultation pour verrue chez l’enfant — surtout après la rentrée scolaire et la reprise de la piscine. La myrmécie (HPV1, profonde et douloureuse) est celle qui motive le plus souvent la consultation, pouvant gêner la marche et la pratique sportive. Les verrues en mosaïque (HPV2), moins douloureuses, sont parfois découvertes fortuitement.

Chez l’enfant, la verrue plantaire doit être distinguée d’un cor ou durillon : la verrue saigne au curetage (points noirs = capillaires thrombosés) et interrompt les dermatoglyphes, contrairement au cor.

Verrues des mains et des doigts — dissémination par morsure

Récidive de verrues des doigts en couronne chez un enfant après traitement
Récidive en couronne après traitement — fréquente chez l’enfant

Les verrues vulgaires des mains sont très fréquentes, avec une particularité pédiatrique importante : l’onychophagie (se ronger les ongles) favorise une dissémination massive autour des ongles et sur les lèvres. Les verrues péri-unguéales sont souvent multiples, récidivantes, et peuvent déformer la tablette unguéale. Il est impératif d’expliquer à l’enfant — et aux parents — que gratter ou mordre les verrues est le principal facteur d’aggravation.

Verrues du genou — liées aux chutes

Verrues du genou chez un enfant liées aux microtraumatismes
Verrues du genou chez un enfant — favorisées par les chutes et microtraumatismes

Les verrues du genou sont quasi-exclusives à l’enfant. Elles sont directement liées aux microtraumatismes répétés lors des chutes et jeux. Souvent multiples et groupées, elles régressent fréquemment d’elles-mêmes dès que les chutes deviennent moins fréquentes avec l’âge.

Verrues planes du visage — souvent méconnues

Verrues planes visage enfant
Verrues planes du visage chez l’enfant – une prise en charge délicate
Verrues planes du visage chez un enfant disséminées le long d'une ligne de grattage
Verrues planes disséminées par manuportage le long d’une strie de grattage
Verrues planes de la jambe chez une jeune fille après épilation
Verrues planes de la jambe — dissémination fréquente à l’adolescence par épilation

Les verrues planes du visage sont fréquemment non diagnostiquées chez l’enfant car très discrètes — petites papules chamois-brun à peine surélevées, souvent confondues avec de l’eczéma ou de simples taches. Elles se disséminent facilement le long des lignes de grattage ou de frottement. Leur traitement est délicat sur le visage : la cryothérapie doit être prudente pour éviter les cicatrices, et les acides sont contre-indiqués sur cette zone.

Papillomes verruqueux — attention au rasage chez l’adolescent

Papillome verruqueux de la paupière chez un enfant
Papillome verruqueux de la paupière — se dissémine par le rasage chez l’adolescent quand il est sur la barbe

Les papillomes verruqueux filiformes apparaissent surtout sur le visage et le cou. Chez l’adolescent qui commence à se raser, ils représentent un risque majeur de dissémination en plaques sur toute la zone rasée — il faut impérativement les traiter avant la première utilisation du rasoir.

Verrues et collectivité — que faire à l’école, à la piscine ?

Les verrues ne justifient aucune éviction scolaire. En revanche, certaines précautions limitent la contagion :

  • Piscine : port de chaussons de bain obligatoire dans les vestiaires et sur les plages. La piscine n’est pas contre-indiquée, mais la verrue doit être recouverte d’un pansement waterproof.
  • Sport : pas de contre-indication. Éviter les pieds nus dans les vestiaires collectifs.
  • À la maison : ne pas partager serviettes, chaussettes ni chaussures avec la fratrie. Prévoir une sortie de bain personnelle.
  • Comportement : expliquer à l’enfant de ne pas toucher, gratter ni mordre ses verrues — c’est le principal vecteur d’auto-contamination.

Traiter ou attendre ? La question clé chez l’enfant

Chez l’enfant, la question se pose différemment que chez l’adulte. La guérison spontanée est plus fréquente et plus rapide que chez l’adulte — environ 65 % des verrues disparaissent en 2 ans, et jusqu’à 80 % en 4 ans. L’immunité de l’enfant finit le plus souvent par reconnaître et éliminer le virus.

Le traitement est cependant indiqué dans les situations suivantes :

  • Verrue plantaire douloureuse gênant la marche ou le sport
  • Verrues multiples en extension rapide malgré les mesures d’hygiène
  • Verrue péri-unguéale menaçant de déformer l’ongle
  • Papillome verruqueux chez un adolescent avant la première utilisation du rasoir
  • Retentissement psychologique significatif (moqueries, refus d’aller à la piscine)
  • Enfant immunodéprimé — ne pas attendre la guérison spontanée

À l’inverse, l’abstention thérapeutique est raisonnable pour une verrue unique, non douloureuse, non évolutive chez un jeune enfant bien immunocompétent — à condition de surveiller son évolution.

Hésitation entre traiter et attendre ? Le Dr Rousseau peut vous orienter en téléconsultation :
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Traitements adaptés à l’enfant

Les mêmes traitements que chez l’adulte sont disponibles, mais leur utilisation doit tenir compte de la tolérance de l’enfant à la douleur et des zones à risque cicatriciel. Pour le détail complet des traitements, voir l’article sur le traitement des verrues.

Acide salicylique — première intention

Traitement de première intention chez l’enfant, indolore, applicable à domicile. Efficace sur les verrues vulgaires et plantaires non trop profondes. Nécessite une application quotidienne et régulière sur plusieurs semaines. À éviter sur le visage chez l’enfant. Le dermatologue prescrit des préparations magistrales souvent très efficaces chez l’enfant

Cryothérapie à l’azote liquide — efficace mais douloureuse

Très efficace mais douloureuse — souvent mal tolérée avant 6-7 ans. Une anesthésie topique (crème EMLA) peut être appliquée 1h avant la séance pour améliorer le confort. Nécessite plusieurs séances. À manier avec précaution sur le visage pour éviter les cicatrices hypopigmentées.

Laser CO₂ — pour les cas résistants

Réservé aux verrues multiples ou résistantes aux autres traitements. Réalisé sous anesthésie locale ou générale selon l’âge et le nombre de lésions. Résultats durables mais récidives possibles.

Dermatoscopie de contrôle

Contrôle dermatoscopique d'une verrue chez l'enfant après traitement
Contrôle dermatoscopique après traitement — permet de confirmer la guérison

La dermatoscopie est utile non seulement pour le diagnostic initial mais aussi pour confirmer la guérison après traitement — la disparition des capillaires thrombosés (points noirs) et la réapparition des dermatoglyphes signent l’éradication de la verrue.

Terrains particuliers

Enfant atopique

Les enfants souffrant de dermatite atopique présentent un risque accru de verrues multiples et disséminées — la barrière cutanée altérée facilite la pénétration du HPV. Les verrues planes y sont particulièrement fréquentes. Le traitement doit être coordonné avec la prise en charge de l’eczéma.

Enfant immunodéprimé

Chez l’enfant sous immunosuppresseurs (greffé, traitement corticoïde prolongé, chimiothérapie), les verrues peuvent être massives, résistantes et très étendues. La guérison spontanée ne doit pas être attendue. Une prise en charge dermatologique spécialisée est indispensable, en lien avec l’équipe médicale suivant l’immunodépression.

Adolescent — attention à la dissémination par rasage

L’adolescent qui commence à se raser présente un risque spécifique : un papillome verruqueux ou des verrues planes passés inaperçus peuvent se disséminer massivement en quelques semaines sur toute la zone de rasage. Un examen dermatologique avant le premier rasage est conseillé en cas de lésions suspectes sur le visage.

Tableau récapitulatif — verrues de l’enfant

Type Particularité pédiatrique Traiter ou attendre ? Traitement de choix
Plantaire (myrmécie) Douloureuse, gêne sportive Traiter si douloureuse Acide salicylique + cryothérapie
Plantaire (mosaïque) Souvent asymptomatique Attendre possible Acide salicylique
Mains / doigts Aggravée par onychophagie Traiter si multiples Acide salicylique + cryothérapie
Genou Quasi-exclusive à l’enfant Attendre souvent suffisant Acide salicylique
Planes du visage Souvent méconnues, grattage Attendre — traitement délicat Cryothérapie prudente
Papillome verruqueux Risque dissémination rasage Traiter avant premier rasage Cryothérapie / laser

Questions fréquentes

Mon enfant a une verrue plantaire douloureuse — doit-on traiter ou attendre ?
Une verrue plantaire qui gêne la marche ou la pratique sportive doit être traitée sans attendre. L’association acide salicylique à domicile et cryothérapie chez le dermatologue est le traitement de référence. Si la douleur lors de la cryothérapie est un frein, une crème anesthésiante (EMLA) appliquée 1h avant améliore nettement le confort de l’enfant.

Mon enfant se ronge les ongles et a des verrues partout autour — que faire ?
L’onychophagie est le principal facteur d’aggravation des verrues péri-unguéales. Il faut traiter les verrues existantes ET travailler sur l’arrêt de l’onychophagie (vernis amer, accompagnement comportemental). Sans cela, le traitement des verrues sera un combat sans fin — les récidives seront systématiques.

Mon enfant peut-il aller à la piscine avec ses verrues ?
Oui — les verrues ne sont pas une contre-indication à la piscine. Il faut couvrir la verrue d’un pansement waterproof, porter des chaussons de bain dans les vestiaires et sur les plages, et ne pas partager serviettes ni chaussures. Aucune éviction n’est recommandée.

À quel âge les verrues apparaissent-elles chez l’enfant ?
Le pic de fréquence se situe entre 5 et 15 ans, coïncidant avec l’entrée en collectivité et la pratique de la piscine. Une verrue avant 2 ans est exceptionnelle et doit faire évoquer un déficit immunitaire — consultez un dermatologue.

Les verrues de mon enfant peuvent-elles contaminer toute la famille ?
Oui, le risque existe — surtout pour les enfants en bas âge et les personnes immunodéprimées au sein du foyer. Les mesures simples suffisent dans la grande majorité des cas : ne pas partager serviettes et chaussettes, prévoir une sortie de bain personnelle, et expliquer à l’enfant de ne pas gratter ses verrues.


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Article général sur les verrues | → Traitement des verrues


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MONKEYPOX : la variole du singe

Variole du singe ou monkey pox

variole du singe vesicule

Plusieurs cas d’infections autochtones inhabituelles à Monkeypox sont apparus en 2022 en Europe et en Amérique du Nord. Le virus MonkeyPox (MKP) en cause semble venir d’Afrique de l’ouest et notamment du Nigéria.

Comment se manifeste cette maladie virale de peau? Comment s’attrape-t-elle? Que faire?

Quels sont les symptômes de la variole du singe ?

La période d’incubation dure en moyenne une à deux semaines (entre 5 et 21 jours)

Puis apparaissent de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires et une fatigue. La maladie provoque également des ganglions notamment du cou, souvent volumineux.

Le malade est contagieux dès l’apparition des premiers symptômes.

Dans les 1er jours suivant l’apparition de la fièvre, apparaît l’éruption cutanée, qui commence souvent sur le visage puis peut s’étendre à d’autres parties du corps, dont les paumes des mains, les plantes des pieds et les organes génitaux. Les muqueuses (ORL, conjonctives) peuvent également être concernées.

Les lésions passent par différents stades successifs (tache rouge, puis gonflement,  puis vésicule, puis pustule puis croûte), évoluent de façon uniforme (contrairement à la varicelle) et démangent peu.

bouton de variole du singe
Vésicule (« cloque d’eau ») de la variole du singe

Les personnes ne sont plus contagieuses lorsque toutes les lésions sont cicatrisées après la chute des croûtes.

La maladie dure généralement de 2 à 3 semaines.

Voici un tableau trouvé sur ce site relatant les phases éruptives :

boutons de la variole du singe
Tableau des phases de l’éruption de la variole du singe (issu du COREB)

RDV RAPIDE EN VISIO AVEC LE DERMATOLOGUE : prendre rdv de téléconsultation avec mon dermatologue

Diagnostic différentiel

Joues rouges et fièvre chez l'enfant : mégalérythème épidémique?
Erythème souffleté des joues du mégalérythème épidémique, donnant l’impression que l’enfant vient de recevoir une gifle
  • urticaire notamment des membres inférieurs
Urticaire, dont le mot a la même origine que « ortie »

Avant l’apparition des vésicules caractéristiques

RDV RAPIDE EN VISIO AVEC LE DERMATOLOGUE : prendre rdv de téléconsultation avec mon dermatologue

  • varicelle avec des vésicules sur le tronc.
varicelle
Vésicule de varicelle, comme une goutte de rosée sur une zone de peau rouge

La varicelle touche rarement les paumes et les plantes contrairement à la variole, elle évolue en plusieurs poussées et elle démange beaucoup

  • rougeole, qui commence souvent derrière les oreilles et dans le cou
  • variole (maladie éradiquée par la vaccination et qui ne comporte pas de ganglions),
  • impetigo bulleux,
  • gale de l’enfant avec vésicules des mains et des pieds

mais la gale ne comporte pas de fièvre, de ganglions…

Comment se contamine-t-on au monkeypox virus?

 

La transmission du virus Monkeypox se produit lorsqu’une personne entre en contact avec un animal (rongeurs notamment), un être humain ou des matériaux contaminés par le virus. Le virus pénètre dans l’organisme par une lésion de la peau (même non visible), des voies respiratoires ou des muqueuses. La transmission de l’animal à l’homme peut se faire par morsure ou griffure, par la préparation de viande de brousse, par contact direct ou indirect avec des fluides corporels ou du matériel de lésion. Il n’y a pas habituellement d’animaux réservoirs présents en Europe.

 

La transmission interhumaine peut se faire par les gouttelettes respiratoires, qui ne peuvent généralement pas se déplacer à plus de quelques mètres, ce qui nécessite un contact prolongé face à face. Les autres modes de transmission interhumaine comprennent le contact cutané direct avec les liquides biologiques ou la lésion, quelles que soient les circonstances y compris rapports sexuels, actes de soin médical ou paramédical, et le contact indirect avec la lésion, par exemple par des vêtements, du linge de maison ou de la vaisselle contaminés.

L’infection à Monkeypox est une maladie à déclaration obligatoire au même titre que les autres orthopoxviroses. En complément de la déclaration obligatoire pour les cas confirmés et probables,  tout cas suspect doit être signalé sans délai à l’Agence régionale de santé.

Est-ce grave?

La maladie est plus grave chez les enfants et chez les personnes immunodéprimées.

Elle peut se compliquer d’une surinfection des lésions cutanées, d’une éruption majeure (plus de 100 vésicules) ou d’atteintes respiratoires, digestives, ophtalmologiques ou neurologiques.

Hormis les patients avec des formes graves, les patients immunodéprimés, les femmes enceintes et les très jeunes enfants pour lesquels il conviendra d’être particulièrement vigilant, les cas de Monkeypox ne nécessitent pas d’hospitalisation systématique et font l’objet d’une recommandation d’isolement à domicile.

Un arrêt de travail ou une autorisation à être placé en télétravail pourront leur être délivrés pour respecter cet isolement pendant 3 semaines après la date de début des signes.

Que faire en cas de suspicion de variole du singe ?

Les personnes avec des symptômes évocateurs d’une infection à Monkeypox, notamment des éruptions cutanées, peuvent appeler le SAMU-Centre 15 pour être orientées.

Le diagnostic est confirmé par prélèvement d’une vésicule pour PCR, idéalement dans un établissement de santé de référence (ESR), en établissement de santé de proximité ou en ville (si l’ESR est trop éloigné du domicile du patient).
Il existe des recommandations pour le transport vers le lieu de prélèvement : privilégier un véhicule personnel, faire appel à une ambulance, utilisation des transports en commun à éviter (mesures de protection en cas d’utilisation des transports : friction régulière de solution hydro alcoolique, couvrir les lésions, port du masque).

Traitement

Le traitement de la variole du singe est symptomatique :  (paracétamol, antihistaminiques, désinfection des lésions), voire un traitement spécifique au cas par cas selon expertise : tecovirimat SIGA, brincidofovir, cidofovir, immunoglobulines…

Vaccination contre la variole du singe

Les personnes nées avant 1977 sont vaccinées contre la variole et sont donc possiblement partiellement protégés

La Haute Autorité de santé (HAS) recommande la vaccination des cas contact avec un cas confirmé  avec un vaccin antivariolique de 3ème génération  : tout adulte dont le contact avec une personne infectée est considéré comme à risque, y compris les professionnels de santé exposés sans mesure de protection individuelle. La HAS recommande que la vaccination réactive se déroule préférentiellement dans les 4 jours suivant l’exposition à risque (jusqu’à 14 jours maximum).

Le vaccin mis à disposition pour ces personnes est actuellement la spécialité IMVANEX®.

L’ARS propose systématiquement et dès le premier échange avec la personne évaluée contact à risque la vaccination contre le monkeypox virus en précisant les enjeux de la vaccination, notamment le bénéfice attendu et les risques connus ;
L’ARS oriente les personnes contacts à risque souhaitant bénéficier d’une vaccination vers une consultation ou une téléconsultation d’un infectiologue (de l’établissement de santé de référence ou d’un autre établissement, selon l’organisation locale retenue) ;
Cette consultation ou téléconsultation permet d’évaluer la balance bénéfice-risque individuelle à la vaccination ;
Si la vaccination est indiquée, après le recueil du consentement de la personne, l’infectiologue informe l’ARS ;
Selon l’organisation locale retenue, l’ARS détermine la localisation et la date de réalisation souhaitée de la vaccination en lien avec l’infectiologue, ou directement en lien avec l’établissement désigné pour la vaccination.

MYCOSE DES PIEDS : soigner la mycose (ou champignon) des pieds

Mycose des pieds

Cet article en vidéo :


La mycose ou champignon des pieds est une affection dermatologique très courante, notamment en période chaude. Elle est liée à l’infestation sur les plantes des pieds et les espaces situés entre les orteils par un champignon appelé dermatophyte qui se développe souvent à cause de l’humidite ou de la macération des pieds et qui s’attrape souvent en marchant pieds nus dans des salles d’eau, des vestiaires, des piscines… Elle se traite au moyen d’antifongiques en crèmes, poudre, lait etc. prescrits par le médecin

Besoin de l’avis d’un spécialiste ? d’un traitement ? Délais de rdv trop longs ? Vous pouvez effectuer une téléconsultation avec le dermatologue

Mycose de pied

Comment attrape-t-on une mycose des pieds?

La mycose des pieds est le plus souvent due a un champignon de la peau appelé dermatophyte. La contamination par le dermatophyte peut se faire lors de la marche à pieds nus dans les piscines, les salles de sport, la salle de bain familiale… Le champignon est présent sur la peau à l’état de spore et devient pathogène (il se « réveille » et « pousse » en faisant des filaments) le plus souvent au décours d’une macération ou d’une humidité constante au niveau des pieds (transpiration dans les chaussures, pieds constamment mouillées…)

Comment reconnaitre la mycose des pieds ? Symptomes

La mycose des pieds provoque le plus souvent une fissure et des démangeaisons entre les orteils, avec de petites peaux qui se décollent. Elle peut aussi provoquer des sécheresses des pieds et des cloques d’eau.

mycose des pieds
Mycose des pieds à type de « pied d’athlete »

La mycose des pieds la plus fréquente est la mycose située entre les orteils

Mycose entre les orteils

Tout petit orteil : pied d’athlète

La mycose située entre les derniers (les plus petits) orteils porte encore le nom de pied d’athlete, car il est fréquent chez les sportifs, caractérisé par une atteinte du dernier espace interorteil

La mycose entre les orteils forme une fissure rosée ou rouge bordée par une macération donnant à la peau un aspect humide et blanchâtre, qui démange. Elle peut s’étendre ensuite sur le dos du pied ou la plante du pied, macérer, donner des vésicules…

Peau blanche entre les orteils
Peau blanche entre les orteils : pied d’athlete
Peau sèche entre les orteils : mycose débutante
Peau sèche entre les orteils : mycose débutante
Macération au cours d'une mycose
Macération au cours d’une mycose
Fissure et plaie entre les orteils
Fissure et plaie entre les orteils : mycose
Pied d'athlete étendu
Pied d’athlete étendu

Autres orteils

La mycose des pieds peut toucher les autres espaces interorteils par contamination à partir du dernier espace ou initialement dans un des espaces interorteils, il s’agit alors parfois d’une atteinte à candida, plus fréquente chez le diabétique.

La mycose des pieds peut démanger.


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Mycose du pied : la plante est touchée

La mycose peut toucher tout le pied, lui donnant un aspect blanc et farineux (comme si l’on avait marché dans du talc), avec la peau qui desquame par endroits

Mycose du pied
Mycose du pied
Mycose des pieds
Mycose des pieds
Tout le pied est atteint par la mycose : aspect farineux et desquamatif
Tout le pied est atteint par la mycose : aspect farineux et desquamatif

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Complications

La mycose des pieds peut se compliquer d’une

infection bactérienne,

Surinfection des plis

Surinfection à bacteries gram négatif d'une mycose des pieds
Surinfection à bacteries gram négatif d’une mycose des pieds

La surinfection d’une mycose des pieds qui devient brutalement douloureuse, érosive, suintante voire malodorante, avec des croûtes ou des pustules, est le plus souvent due à :

  • Pseudomonas, une bactérie vivant dans la terre humide et les milieux aquatiques : on se contamine lors du jardinage, dans des piscines chauffées, des spas ou simplement par le biais de la macération et de la transpiration dans les chaussures : .
  • D’autres bactéries pathogènes : staphylocoques, streptocoques et bactéries à Gram négatifs (colibacilles). Ces surfinections sont plus fréquents chez les obèses, les diabétiques et les patients à hygiène défectueuse.

Il faut alors sécher les plis avec des antiseptiques locaux doux  : dérivés iodés (Bétadine® solution dermique), chlorexidine aqueuse : Diaseptyl®, et/ou de la sulfadiazine argentique (Flammazine®). Le médecin n’est amené à utiliser des antibiotiques par voie orale que rarement, en cas d’extension de l’infection ou de résistance au traitement, il s’agit le plus souvent de ciprofloxacine (Ciflox®). NB : peroxyde de benzoyle… hors AMM peut bien fonctionner

Erysipele

Erysipèlede la jambe (infection à bactéries)
Erysipèle de la jambe (infection à bactéries)

d’un eczema (disidrose… ),

Cloques qui démangent sur les pieds et les orteils
Cloques qui démangent sur les pieds et les orteils : mycose des pieds et dysidrose

mycose des ongles


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Comment soigner et se débarrasser de la mycose entre les orteils et de la mycose des pieds?

Le traitement de la mycose des pieds repose sur deux piliers :

  1. L’utilisation de crèmes, poudres, laits.. antifongiques prescrits par le médecin ou disponibles sans ordonnance (voir soigner la mycose des pieds sans ordonnance)
  2. L’éviction de la macération et de l’humidité des espaces entre les orteils en séchant bien les pieds après la toilette et notamment les zones situées entre les orteils et en luttant contre la transpiration des pieds

Le traitement du médecin

Le traitement de la mycose des pieds requiert l’emploi de traitement contre les champignons, souvent en creme ou en poudre

Le médecin pourra utiliser par exemple une creme le soir et une poudre le matin, parmi plusieurs produits :

Ils sont appliqués en crème, spray, lait, poudre… en général deux fois par jour pendant 3 semaines

En cas de résistance au traitement, le médecin peut prescrire des antifongiques par voie orale telles la terbinafine ou la grisefuline. On évite généralement le ketoconazole compte tenu de sa toxicité hépatique potentielle.

Soigner la mycose des pieds sans ordonnance

Les délais de rendez-vous chez les dermatologues s’allongent d’année en année.

Cependant, ne vous improvisez surtout pas médecin! Consultez votre médecin traitant avant toute chose. Il faut en effet vous assurer que vous présentez bien une mycose, qu’elle n’a pas de cause (diabete… ), qu’elle n’est pas surinfectée…

En attendant votre rendez-vous chez le médecin et/ou le dermatologue et le diagnostic de mycose des pieds, vous pouvez trouver des produits disponibles sans ordonnance chez votre pharmacien ou dans une pharmacie sur Internet, autorisés en accès direct par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament pour les mycoses des pieds. Il faut être très prudent avant d’utiliser des crèmes et bien demander conseil à son pharmacien (risque d’allergie de peau, d’aggravation de sa maladie de peau, risque en cas de grossesse ou d’allaitement…)

On peut citer parmi ceux-ci la terbinafine, sous deux formes :

  • LAMISILATE 1%, crème

Cette crème est réservée à l’adulte et l’enfant de plus de 12 ans

Elle doit être appliquée en couche mince suivie d’un massage léger après avoir lavé et séché la zone concernée le soir pendant 1 semaine. Un arrêt du traitement trop précoce ou des applications irrégulières peuvent entraîner un échec ou des rechutes.

L’effet bénéfique doit apparaître au bout de quelques jours. En l’absence d’amélioration 1 semaine après la fin des applications ou en cas d’aggravation, de lésions multiples ou de lésions très étendues, un avis médical est nécessaire rapidement.

  • LAMISILATE MONODOSE 1%, solution pour application cutanée

Il s’agit d’un produit réservé à l’adulte (plus de 18 ans), en application unique : il n’existe pas de données cliniques d’administrations répétées avec ce produit. C’est pourquoi une seconde application n’est pas recommandée.

Lamisilate Monodose 1 % doit être appliqué en une seule fois sur les deux pieds, même si un seul pied semble présenter des lésions.

Ainsi, cela permet d’éradiquer les dermatophytes présents sur des lésions non visibles.
La solution devra être appliquée après avoir soigneusement nettoyé et séché les deux pieds et les mains.

Traiter d’abord un pied puis l’autre.
Appliquer une fine couche de solution en commençant par les orteils (espace inter-orteils et zone périphérique), puis appliquer sur l’intégralité de la voûte plantaire ainsi que sur les côtés latéraux du pied jusqu’à une hauteur de 1,5 cm.
Recommencer cette opération sur l’autre pied même s’il ne semble pas atteint.
Puis laisser sécher la solution pendant 1 à 2 minutes jusqu’à formation d’un film. Se laver ensuite les mains.
Ne pas masser la zone traitée.
Pour un meilleur résultat, la zone traitée ne doit pas être lavée pendant 24 heures après l’application. C’est pourquoi, il est recommandé d’appliquer Lamisilate Monodose 1 % juste après la toilette (bain ou douche) et d’attendre 24 heures avant de se laver en douceur à nouveau les pieds. Se sécher ensuite les pieds en tamponnant délicatement.
Une quantité suffisante de produit devra être utilisée pour traiter les 2 pieds selon les instructions précédentes. La quantité de solution restant dans le tube devra être jetée.
Une amélioration des signes de mycoses du pied apparaît habituellement après quelques jours de traitement. En l’absence d’amélioration des symptômes au bout d’une semaine, il faut impérativement donc consulter un médecin.

Comment éviter la mycose des pieds

Le traitement de la mycose des pieds passe aussi par la lutte contre les facteurs favorisants, la prévention de la contamination et de la réinfestation :

  • traitement de tous les foyers d’infection par champignon (plis inguinaux, mycose des ongles… )
  • désinfection des foyers de réinfestation (tapis de bain, chaussures… )
  • lutte contre la macération : séchage attentif des espaces entre les orteils, lutte contre la transpiration des pieds
  • éviter de marcher pieds nus dans les vestiaires, salles d’eau, douches communes, piscines…

 

Mycoses des espaces entre les orteils et des pieds : VRAI /FAUX

Reproduction d’une interview donnée au journal Ouest France :

1 Les mycoses des pieds, aussi appelées « pied d’athlète », se manifestent surtout entre les orteils.
Vrai. On distingue classiquement trois cas de figure : le pied d’athlète est une mycose située dans le dernier espace inter-orteil, ainsi dénommé car il est fréquent chez les sportifs. Il se manifeste par des petites desquamations, une démangeaison voire une fissuration de l’espace. Deuxième cas de figure, les mycoses situées dans les autres espaces inter-orteil, qui sont plus rares. Lorsque ces dernières sont profuses, il est possible que le médecin demande de réaliser un bilan sanguin à la recherche d’un facteur favorisant tel que le diabète. Enfin, on observe parfois une extension de la mycose inter-orteil sur la plante des pieds, leur conférant un aspect farineux, voire fissuré.
L’ensemble de ces mycoses des pieds peut se compliquer de dishidrose, caractérisée par de petites « cloques » qui démangent au pourtour de la mycose. Il s’agit d’une forme d’eczéma.

2 On identifie facilement les mycoses entre les orteils et des pieds : elles provoquent des fissures, des rougeurs, avec des démangeaisons et des picotements puis la peau se met à peler.
Vrai. Il s’agit en effet des symptômes classiques, mais d’autres maladies de peau peuvent avoir des symptômes similaires et mon conseil est de consulter devant toutes ces manifestations pour d’assurer qu’il s’agit bien de mycoses et afin d’obtenir un traitement adéquat

3 Comme les verrues, on attrape la mycose des pieds surtout à la piscine ou dans les salles de sport.
Vrai. Effectivement, la contamination par le biais de squames(cellules mortes qui se détachent de la peau) parasités par le champignon, est fréquente dans les salles de sport, les piscines, les douches communes, sur les tatamis… Mais on peut aussi se contaminer par le biais de linges de toilette, de vêtements ou de chaussures. Enfin, il n’est pas rare de se contaminer dans l’environnement familial, sur le tapis de bain par exemple
Afin de se prémunir de la survenue de mycoses des pieds, il est prudent d’utiliser des “tongs” ou “claquettes” dans les douches publiques, d’éviter le prêt de vêtements ou de chaussures, et de respecter une bonne hygiène des pieds : les laver une fois par jour et après la pratique d’un sport, les sécher soigneusement en insistant sur les espaces inter-orteils et porter si cela est possible des nus-pieds qui limitent la transpiration en aérant les pieds. Lorsqu’on porte des chaussures fermées en coton, il est judicieux de les laver de temps en temps à 60°C si cela est possible.

4 Les mycoses des pieds ne sont pas contagieuses.
Faux. Au contraire, les mycoses des pieds sont contagieuses et les spores (sorte de coquille dans laquelle le champignon se place en conditions extérieures difficiles) sont très résistantes. La contagion inter-humaine est possible comme nous l’avons vu dans les lieux fréquentés à pieds nus, mais elle peut être aussi observée chez un même individu : il n’est pas rare d’observer des mycoses des plis inguinaux (plis de l’aine) chez les personnes ayant des mycoses de pieds et l’on soupçonne dans ce cas la contamination par l’enfilage des sous-vêtements, qui passent par les pieds… De même, une mycose des pieds peut être accompagnée d’une mycose de la main, par grattage des squames avec ses doigts.

5 Les mycoses des pieds disparaissent facilement avec un traitement adapté, par exemple un antiseptique.
Faux. Le traitement n’est pas si aisé et les mycoses ont surtout la fâcheuse tendance de récidiver si le traitement n’est pas suivi jusqu’au bout et s’il n’y a pas de désinfection des sites porteurs de spores (les chaussures par exemple). Les traitements les plus efficaces sont les antifongiques (en poudre, crème, spray… ) prescrits par le médecin. Il est possible que ce dernier prescrive un traitement antifongique par voie orale lorsque la mycose est très profuse ou multifocale. Outre les médicaments, un élément très important du traitement est de lutter contre la macération : bien sécher les espaces inter-orteils et éviter l’humidité par exemple.

6 Dans certains cas, la mycose des pieds nécessite une consultation médicale.
Vrai. Je serais tenté de répondre qu’une consultation médicale s’impose dans tous les cas afin de vérifier qu’il s’agit bien d’une mycose, qu’elle ne touche que les pieds, que les ongles sont indemnes, qu’elle n’est pas compliquée d’une surinfection ou d’une dishidrose, etc. Ou du moins de consulter devant tout symptôme ne cédant pas avec des soins d’hygiène doux et rigoureux. Chez les personnes fragiles telles que les diabétiques, toute plaie des pieds nécessite une consultation sans tarder.

MYCOSE ONGLE : guérir la mycose des ongles (pied, gros orteil…)

Mycose d’ongle (onychomycose) : symptômes, diagnostic et traitement

Cet article en vidéo


Vidéo : mycose d'ongle expliquée par le dermatologue

La mycose d’ongle (ou onychomycose) est une infection très fréquente, le plus souvent due à un champignon appelé dermatophyte, touchant préférentiellement l’ongle du gros orteil. Elle donne un aspect d’ongle friable, blanchi ou jauni, souvent épaissi et décollé de la peau. Attention : plus de la moitié des anomalies d’ongles ne sont pas des mycoses — un avis médical est indispensable. Le traitement repose sur un vernis antifongique si la matrice de l’ongle n’est pas atteinte, ou sur des médicaments par voie orale dans le cas contraire.

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Mycose d'ongle de pied — onychomycose
Mycose d’ongle de pied

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– Les causes
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Sommaire :
Qu’est-ce que c’est |
Facteurs favorisants |
Diagnostic |
Types de mycoses |
Prévention |
Traitement |
Ongles verts, candida… |
Questions fréquentes

Qu’est-ce que la mycose des ongles ?

L’onychomycose est une infection des ongles par un champignon, fréquente à partir de 45 ans et très commune chez les personnes âgées : près d’une personne de 70 ans sur deux est atteinte. Les ongles les plus touchés sont ceux du gros et du dernier orteil.

Onychomycose du gros orteil — ongle jauni et épaissi
Onychomycose du gros orteil
Mycose jaune de l'ongle
Mycose jaune de l’ongle

Les champignons les plus fréquemment en cause sont les dermatophytes (80% des cas, principalement Trichophyton rubrum).

📚 Référence scientifique : Épidémiologie des onychomycoses — revue internationale — PubMed

Facteurs favorisant la mycose des ongles

Les facteurs de risque sont les mêmes que pour les mycoses des pieds :

  • Macération et humidité persistante des pieds
  • Prêt de chaussures
  • Fréquentation de lieux collectifs à pieds nus (piscines, vestiaires, douches…)

Les personnes à risque accru sont : les personnes âgées, celles ayant déjà des mycoses des pieds, les diabétiques, les immunodéprimés et les personnes souffrant de transpiration excessive des pieds.

Diagnostic de la mycose des ongles

La forme la plus fréquente est un épaississement de l’ongle qui prend une couleur jaunâtre ou blanchâtre, progressant vers la base de l’ongle. À son extrémité, l’ongle peut devenir friable et se décoller de la peau.

Mycose débutante de l'ongle — tache blanche
Mycose débutante de l’ongle
Tache blanche de mycose débutante sur ongle
Tache blanche de mycose débutante
Mycose des ongles de pied avec atteinte de la matrice
Mycose des ongles avec atteinte de la matrice

Le diagnostic est souvent possible à l’œil nu. En dermatoscopie, on observe des bords déchiquetés, des stries longitudinales, une couleur jaune et des bords effrités — à distinguer de l’onycholyse traumatique dont le bord est linéaire.

Un prélèvement de l’ongle avec examen direct et mise en culture au laboratoire permet de confirmer le diagnostic et d’identifier le champignon responsable — ce qui conditionne le traitement.

⚠️ Attention : plus de la moitié des anomalies d’ongles ne sont PAS des mycoses. Traumatisme, psoriasis unguéal, lichen plan… peuvent donner un aspect similaire. Un avis médical s’impose avant tout traitement.

Types de mycoses d’ongles

Onychomycoses à dermatophytes

Les plus fréquentes, touchant un ou plusieurs orteils, souvent associées à une mycose des pieds (pied d’athlète) ou à des mycoses cutanées. Le champignon le plus fréquent est Trichophyton rubrum (80% des cas).

Onychomycoses à levures (candida)

Moins fréquentes, elles concernent essentiellement les ongles des mains. Elles se manifestent souvent par un périonyxis (pourtour de l’ongle gonflé et rouge) et touchent particulièrement les diabétiques.

Onychomycoses à moisissures

Il s’agit souvent d’une atteinte isolée d’un seul ongle, parfois post-traumatique, réfractaire aux traitements habituels. Les agents en cause sont Fusarium sp., Acremonium sp. et Aspergillus sp. Une moisissure doit être retrouvée au minimum deux fois pour confirmer son rôle pathogène.

Prévenir la mycose des ongles

  • Couper les ongles régulièrement
  • Porter des chaussures ouvertes en été, des chaussettes en coton (fil d’Écosse idéalement) changées tous les jours
  • Laver les pieds une fois par jour et bien sécher les espaces inter-orteils
  • Porter des claquettes dans les lieux collectifs (piscines, douches, vestiaires…)
  • En cas de mycoses récidivantes, des poudres antifongiques (Mycoster®, Econazole®…) peuvent être pulvérisées dans les chaussures

Traitement de la mycose des ongles

Avant tout traitement : enlever le maximum de partie malade (podologie, crème à l’urée) et désinfecter les chaussures.

Si la matrice de l’ongle est atteinte → traitement oral

La matrice est la zone de l’ongle située sous la peau qui le produit. Si elle est atteinte, un traitement par voie orale est nécessaire, le plus souvent la Terbinafine (Lamisil®, Fungster®…).

Le traitement oral est recommandé en cas de :

  • Atteinte de plus de 50% de la tablette unguéale
  • Atteinte matricielle ou tablette de plus de 2 mm d’épaisseur
  • Onychomycose sous-unguéale proximale
  • Plus de trois ongles atteints

Ce traitement nécessite un prélèvement mycologique préalable, une prise de sang et la vérification de l’absence de contre-indications.

📚 Référence scientifique : Recommandations pour le traitement des onychomycoses — PubMed

Si la matrice n’est pas atteinte → traitement local

Un vernis antifongique suffit généralement. Un ongle de pied poussant d’environ 1,5 mm par mois, il faut souvent plus de 6 mois de traitement pour obtenir la guérison complète.

Vernis prescrits sur ordonnance :

Vernis disponibles sans ordonnance (après avis médical ou pharmaceutique)

⚠️ Ne vous improvisez pas médecin ! Consultez votre médecin traitant avant tout traitement. Ces vernis ne peuvent être utilisés que si la mycose ne touche pas plus des 3/4 de l’ongle ni plus de 5 ongles.

AMOROLFINE / LOCÉRYLPRO : 1 à 2 applications par semaine jusqu’à guérison (6 mois pour les mains, 9 mois pour les pieds). Limer la zone atteinte avant la première application. Enlever le vernis précédent avec du dissolvant avant chaque nouvelle application. Ne pas utiliser les mêmes limes sur les ongles sains.

CICLOPIROX / MYCONAIL : 1 application par soir sur l’ongle et les 5 mm de peau bordant l’ongle. Ne pas laver les ongles dans les 6 heures suivant l’application. Ne pas appliquer d’autre vernis à ongles sur les zones traitées. Par temps froid (sous 15°C), réchauffer le flacon entre les mains si le vernis se gèle.

Laser pour les mycoses des ongles

Les lasers Nd:YAG et CO2 fractionnel peuvent être proposés, mais les données sur leur efficacité restent limitées (études majoritairement non contrôlées). La FDA américaine les a approuvés uniquement pour un éclaircissement temporaire de l’ongle, non pour traiter la mycose. Leur utilisation n’est pas recommandée en première intention.

📚 Laser et onychomycoses : revue des données — PubMed

Traitement des mycoses à moisissures

Les moisissures sont peu sensibles aux antifongiques classiques. Les Aspergillus peuvent répondre à la terbinafine ou à l’itraconazole ; les Fusarium seront plutôt traités par itraconazole. L’avulsion chimique (urée : Onyster®, Amycor Onychoset®) ou chirurgicale reste souvent efficace, encadrée par des antifongiques locaux et oraux.

Ongles verts, bleus, marrons — cas particuliers

Ongles verts et bleu-noirs

Souvent liés à une surinfection à Pseudomonas aeruginosa (pyocyanique). Traitement : Bétadine® solution dermique et bains de Dakin®.

Mycose des ongles à Candida

Elle se manifeste par un périonyxis (pourtour de l’ongle gonflé et rouge à Candida albicans), notamment chez le diabétique, évoluant vers une atteinte de l’ongle prenant une teinte irrégulière jaune verdâtre, marron ou noire, surtout dans les zones latérales.

Onychomycose et périonyxis à Candida
Onychomycose et périonyxis à Candida
Candida dans l'ongle
Candida dans l’ongle
Périonyxis à Candida
Périonyxis à Candida

Le traitement associe :

  • Contrôle du diabète si présent
  • Lutte contre l’humidité : séchage soigneux des mains, éviction des détergents et traumatismes mécaniques (manucurie…)
  • Traitement des foyers de candidose associés (muqueuse, digestif, génital)
  • Bains de doigts antiseptiques : Bétadine® dermique, chlorhexidine (Plurexid®, Hibidil®), Hexomédine®
  • Application d’un antifongique local en gel ou lotion plusieurs fois par jour

Ces traitements doivent être poursuivis jusqu’à guérison complète, soit 4 à 6 mois en moyenne. En cas d’échec, un traitement oral peut être envisagé : fluconazole (Triflucan®) ou itraconazole (Sporanox®) avec surveillance hépatique.

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Questions fréquentes sur la mycose des ongles

Comment savoir si c’est bien une mycose et pas autre chose ?

Plus de la moitié des anomalies d’ongles ne sont pas des mycoses. Un ongle épaissi ou jauni peut être dû à un traumatisme, un psoriasis unguéal, un lichen plan… Seul un médecin peut poser le diagnostic, confirmé si nécessaire par un prélèvement mycologique en laboratoire.

Combien de temps dure le traitement ?

Un ongle de pied pousse d’environ 1,5 mm par mois. Il faut généralement 6 à 9 mois de traitement local (vernis) pour obtenir un ongle entièrement sain. Le traitement oral est plus court mais nécessite un suivi médical.

Peut-on traiter une mycose d’ongle sans ordonnance ?

Des vernis à base d’amorolfine (Locéryl Pro®) ou de ciclopirox (Myconail®) sont disponibles en pharmacie sans ordonnance. Mais ils ne doivent être utilisés qu’après avis médical ou pharmaceutique, uniquement si la mycose touche moins des 3/4 de l’ongle et moins de 5 ongles. En cas de doute, consultez votre médecin traitant.

La mycose des ongles est-elle contagieuse ?

Oui. Elle peut se transmettre à d’autres ongles du même pied, aux proches par contact cutané ou partage de chaussures/chaussettes, et dans les lieux collectifs (piscines, vestiaires). Des mesures d’hygiène strictes sont essentielles pendant et après le traitement.

Faut-il traiter une mycose d’ongle qui ne fait pas mal ?

Oui. Même indolore au début, l’onychomycose peut progresser et détruire l’ongle, atteindre d’autres ongles et se transmettre à l’entourage. Un traitement précoce est plus efficace et plus court.

Le laser peut-il guérir une mycose d’ongle ?

Le laser (Nd:YAG, CO2 fractionnel) n’est pas recommandé en première intention : les études disponibles sont insuffisantes pour prouver son efficacité. La FDA l’a approuvé uniquement pour un éclaircissement temporaire de l’ongle, non comme traitement curatif de la mycose.


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MYCOSE DE LA PEAU : roue de Sainte-Catherine et autres champignons

Mycose cutanée (champignon de la peau) : photos, symptômes et traitements

La mycose cutanée, ou champignon de la peau, est une infection fongique très fréquente qui peut toucher toutes les zones du corps : peau glabre, plis, pieds, ongles, cheveux. Elle se manifeste différemment selon l’agent responsable. Voici comment la reconnaître, la distinguer d’autres affections et la traiter efficacement.

Plaque suspecte ou mycose qui revient ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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mycose de la peau vésiculeuse champignon cutané photo
Mycose de la peau vésiculeuse

Les 3 types de champignons responsables de mycoses cutanées

Les mycoses de la peau sont causées par trois grandes familles de champignons :

  • Dermatophytes — les plus fréquents sur la peau. Ils n’attaquent que la peau, les poils et les ongles (jamais les muqueuses). Certains sont transmis par l’homme (anthropophiles : vêtements, sols contaminés dans les collectivités), d’autres par les animaux (zoophiles : chat, chien, hamster, cheval). Il existe 4 genres : Trichophyton, Epidermophyton, Microsporum et Nannizzia.
  • Levures du genre Candida — responsables des candidoses, surtout dans les plis et sur les muqueuses
  • Malassezia — levure responsable du pityriasis versicolor et de certaines folliculites du cuir chevelu

Mycose sur peau glabre — l’herpès circiné (roue de Sainte-Catherine)

La mycose à dermatophyte sur peau glabre se présente sous forme de plaque ronde ou ovale bien limitée, avec :

  • Une bordure active légèrement surélevée, squameuse et parfois vésiculeuse
  • Un centre qui se normalise progressivement
  • Une extension centrifuge progressive donnant l’aspect en « roue de Sainte-Catherine »
  • Des démangeaisons variables
mycose de la peau herpès circiné anneau squames dermatophyte photo
Plaque de mycose sur la peau : herpès circiné
mycose jambe anneau dermatophyte photo
Mycose de la peau — atteinte de la jambe
anneau mycose peau roue de sainte catherine photo
Anneau de mycose — roue de Sainte-Catherine
roue de sainte catherine mycose annulaire photo
Roue de Sainte-Catherine — mycose annulaire
roue de sainte catherine mycose cutanée forme typique photo
Roue de Sainte-Catherine — forme typique

Il existe aussi des formes profuses plus difficiles à diagnostiquer, donnant des plaques rouges diffuses qui grattent sur le tronc :

mycose profuse plaques rouges tronc grattent photo
Mycose profuse sur le tronc — plaques rouges qui grattent

Mycose du visage (noter la bordure active et la dépilation du sourcil) :

mycose visage bordure dépilation sourcil dermatophyte photo
Mycose du visage

Forme inflammatoire — le kérion :

kérion forme inflammatoire mycose peau photo
Kérion — forme inflammatoire de mycose

Mycose des mains :

mycose mains dermatophytie cutanée photo
Mycose des mains

Mycose dans les plis

Mycose à dermatophytes dans les plis

La dermatophytie des plis donne des rougeurs sèches et squameuses à centre rosé, le plus souvent bilatérales et symétriques, qui démangent. L’extension est centrifuge, avec une bordure nette, polycyclique, vésiculeuse et squameuse. Principales localisations :

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Mycose entre les fesses
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Mycose entre les orteils — pied d’athlète

Candidose dans les plis

La candidose des plis se distingue par un aspect rouge vernissé et luisant, humide, parfois fissuré dans le fond du pli. Les limites sont émiettées avec une collerette blanchâtre et des pustules blanches satellites caractéristiques. Elle est favorisée par la macération, l’obésité, le diabète et l’immunodépression.

candidose pli pustules blanches fond rouge luisant mycose candida photo
Candidose du pli — fond rouge luisant avec pustules blanches satellites

Voir aussi : rougeurs entre les cuisses et la candidose.


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INTERTRIGO – ROUGEURS DES PLIS
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Autres localisations

Teigne du cuir chevelu

Les teignes sont des mycoses du cuir chevelu à dermatophytes, surtout chez l’enfant, donnant des plaques alopéciques avec brisure des cheveux.

teigne cuir chevelu mycose cheveux enfant photo
Teigne du cuir chevelu

Mycose des ongles (onychomycose)

Les onychomycoses donnent des ongles épaissis, jaunâtres, friables et décollés du lit unguéal. Elles nécessitent souvent un traitement antifongique oral prolongé.

mycose ongles onychomycose ongles épaissis jaunâtres photo
Mycose des ongles — onychomycose

Tableau comparatif — dermatophyte vs Candida

Dermatophyte Candida (pli)
Aspect Anneau squameux, bordure active, centre normal Rouge luisant et humide, fond blanc crémeux
Signe clé Extension centrifuge (roue de Sainte-Catherine) Pustules blanches satellites en périphérie
Localisation typique Peau glabre, plis secs, pieds, cuir chevelu Grands plis humides, muqueuses
Facteurs favorisants Contact avec personne/animal infecté, collectivités Macération, diabète, immunodépression, antibiotiques

Diagnostic

Toute suspicion de mycose cutanée nécessite une consultation médicale. Un prélèvement mycologique (examen direct + cultures) est recommandé avant tout traitement, sauf pour l’intertrigo inter-orteils typique. Le traitement peut être prescrit dans la foulée.

Le prélèvement est positif si l’examen direct est positif, que les cultures soient positives ou négatives. Si l’examen direct est négatif et que des moisissures se développent en culture, un 2e prélèvement est nécessaire.

💡 Important : une atteinte cutanée impose aussi de rechercher une autre localisation (ongles, plis, cuir chevelu) pour éviter les réinfections croisées. Ne pas confondre avec une plaque rouge de la peau, un psoriasis ou un eczéma.

Traitement de la mycose cutanée

Dermatophytes — traitement local (1re intention)

Antifongiques en crème, spray, lait ou poudre (éconazole, miconazole, ciclopirox, bifonazole), 2 fois/jour pendant 3 semaines, sur ordonnance. En cas de résistance ou de formes étendues : antifongiques oraux (terbinafine ou itraconazole). Le kétoconazole est évité en raison de sa toxicité hépatique.

Sans ordonnance — uniquement pour la mycose inter-orteils et la plante des pieds

LAMISILATE 1% crème — couche mince le soir après lavage et séchage, pendant 1 semaine (adulte et enfant >12 ans). Si pas d’amélioration après 1 semaine, consultez. Demandez conseil à votre pharmacien avant utilisation (risque d’allergie, contre-indications grossesse).

Candidose cutanée — traitement en 3 axes

1/ Facteurs favorisants : sécher soigneusement les plis, éviter les vêtements synthétiques, équilibrer un diabète, traiter une candidose digestive ou génitale associée.

2/ Traitement local : antifongiques en lait, poudre, gel ou lotion (formes non grasses). Savon surgras ou alcalin (Hydralin*) pour la toilette. En cas de suintement ou surinfection : chlorhexidine aqueuse (Diaseptyl*) ou Bétadine* solution dermique avant l’antifongique.

3/ Traitement oral si nécessaire : kétoconazole (Nizoral* — avec surveillance hépatique avant traitement, à J15 puis toutes les 4 semaines jusqu’à fin du traitement) ou fluconazole.

Conseils pour éviter les récidives

  • Se laver quotidiennement et bien sécher les plis et les espaces interorteils
  • Changer de sous-vêtements et de chaussettes tous les jours
  • Ne pas marcher pieds nus dans les vestiaires, piscines et douches collectives
  • Si un animal domestique perd ses poils, le faire examiner par un vétérinaire
  • Traiter simultanément toutes les localisations pour éviter les réinfections croisées

Sources

Questions fréquentes sur la mycose cutanée

Comment reconnaître une mycose de la peau ?

La mycose à dermatophyte sur peau glabre se présente comme un anneau rouge squameux qui s’agrandit progressivement (roue de Sainte-Catherine), avec une bordure active et un centre qui se normalise. Dans les plis, la candidose donne une rougeur luisante avec des pustules blanches en périphérie. Le prélèvement mycologique confirme le diagnostic.

La mycose de la peau est-elle contagieuse ?

Oui, les dermatophytes sont contagieux par contact direct avec une personne ou un animal infecté, ou par le sol (vestiaires, piscines). La candidose des plis est moins contagieuse car elle résulte surtout d’une prolifération de levures déjà présentes sur la peau, favorisée par la macération et certains terrains fragilisants.

Combien de temps faut-il pour guérir une mycose cutanée ?

Avec un traitement local bien conduit, une mycose de la peau glabre guérit en 3 à 4 semaines. La mycose des ongles nécessite plusieurs mois de traitement oral (3 mois pour les mains, 6 mois pour les pieds). Il est essentiel de ne pas arrêter le traitement trop tôt pour éviter les récidives.

Peut-on soigner une mycose de la peau sans ordonnance ?

Uniquement pour la mycose inter-orteils et la plante des pieds : la crème Lamisilate 1% est disponible sans ordonnance. Pour toute autre localisation, une consultation est nécessaire — une plaque rouge peut avoir de nombreuses autres causes, et un mauvais traitement peut aggraver la situation.

Pourquoi ma mycose revient-elle toujours ?

Les récidives s’expliquent souvent par un traitement trop court, une réinfection depuis une autre localisation non traitée (ongles contaminant les pieds), un contact avec un animal ou une personne infectée, ou des facteurs favorisants persistants (macération, diabète non équilibré). Un avis dermatologique permet d’établir un plan de traitement complet.


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SOIGNER LE PITYRIASIS VERSICOLOR : se débarrasser du pityriasis versicolor (lota, ou loto)

Pityriasis versicolor : taches blanches ou brunes, causes et traitement

Le pityriasis versicolor — appelé lota aux Antilles et loto en Afrique — est une mycose de la peau due à Malassezia, une levure naturellement présente sur la peau humaine depuis la naissance. Malassezia est lipophile : elle prolifère dans le sébum (graisse cutanée) et réside en permanence dans les follicules pilo-sébacés. La maladie résulte de la transformation de cette levure inoffensive en une forme filamenteuse pathogène envahissant les couches superficielles de la peau, sous l’effet de facteurs favorisants.

Le pityriasis versicolor n’est pas contagieux : c’est une infection opportuniste qui ne se développe qu’en présence de conditions favorables. Les cas de co-infection au sein d’un couple sont extrêmement rares.

Besoin de l’avis d’un spécialiste ? Délais de RDV trop longs ?
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Pityriasis versicolor — taches brunes et blanches sur le tronc

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Vidéo : pityriasis versicolor — causes, symptômes et traitement

Sommaire :
Facteurs favorisants |
Symptômes |
Diagnostic |
Traitement |
Questions fréquentes

Facteurs favorisants du pityriasis versicolor

Peau grasse (séborrhée)

La séborrhée est le principal facteur favorisant, car Malassezia se nourrit du sébum. C’est pourquoi le pityriasis versicolor sévit surtout entre 18 et 40 ans, période où la production de sébum est maximale sous l’effet des hormones. L’application de cosmétiques gras (huiles de massage, monoï, huile de coco) est également un facteur favorisant reconnu.

Transpiration abondante

Tout ce qui provoque une transpiration abondante ou retient la transpiration sur la peau favorise la prolifération de Malassezia : sauna, hammam, sports intensifs, été, voyage en zone tropicale, ou port de textiles synthétiques ou occlusifs.

Corticostéroïdes et hypercorticisme

Des formes diffuses de pityriasis versicolor sont associées à un hypercorticisme endogène (syndrome de Cushing, grossesse) ou iatrogène (corticothérapie orale prolongée).

Facteur génétique

Des cas familiaux ont été observés chez des membres d’une même famille ne vivant pas ensemble, suggérant une prédisposition génétique possible à la colonisation pathogène par Malassezia.

Symptômes du pityriasis versicolor

Les lésions prédominent dans les zones séborrhéiques et de transpiration : entre les seins, entre les omoplates, sur les épaules, sous les bretelles de soutien-gorge, dans le décolleté, sur le cou et le haut du dos.

Pityriasis versicolor du cou — taches rosées

Taches rosées ou brun clair (forme initiale)

La lésion élémentaire est une tache arrondie, de teinte variant du rose chamois au brun clair « café au lait », à limites nettes, de quelques millimètres de diamètre, débutant le plus souvent autour d’un follicule pileux (le « réservoir » de Malassezia) et s’agrandissant de façon centrifuge. La confluence des taches peut donner un aspect en « gouttes » ou de grandes nappes à contours polycycliques.

Taches roses en gouttes du dos — pityriasis versicolor

Pityriasis versicolor en nappes polycycliques sur les épaules

Taches blanches (forme secondaire)

Après quelques semaines d’évolution, ou lors d’une exposition solaire, les taches rosées deviennent blanches : elles ne se pigmentent pas au soleil et deviennent particulièrement visibles sur peau bronzée ou noire. C’est souvent à ce stade que les patients consultent, pensant à un vitiligo.

Taches blanches du dos — pityriasis versicolor

Taches blanches de pityriasis versicolor après soleil

Taches blanches de pityriasis après exposition solaire

Si on regarde les lésions de près ou qu’on les gratte doucement, elles présentent de fines squames farineuses (squames furfuracées) caractéristiques.

Plaques de pityriasis versicolor entre les seins

Diagnostic du pityriasis versicolor

Le diagnostic est clinique dans la majorité des cas. Deux examens complémentaires permettent de le confirmer. À la lampe de Wood (lumière UV), les lésions présentent une fluorescence jaune dorée caractéristique. Le scotch-test (prélèvement des squames par un ruban adhésif) permet un examen direct au microscope pour mettre en évidence de courts filaments mycéliens et de petits amas de levures ovalaires (Malassezia) — aspect caractéristique dit « spaghettis et boulettes ».

📚 Pityriasis versicolor : épidémiologie, diagnostic et traitement — revue PubMed

Traitement du pityriasis versicolor

💡 Important : les taches blanches persistent plusieurs semaines à plusieurs mois après guérison mycologique. La disparition des squames et la négativation du scotch-test confirment la guérison, pas la normalisation de la couleur. La recoloration prend du temps.

Étape 1 — Supprimer les facteurs favorisants

La suppression des facteurs favorisants est indispensable et conditionne l’efficacité du traitement : arrêt des cosmétiques huileux (huiles, monoï), port exclusif de vêtements en coton sur la peau (surtout lors des activités sportives), éviter les textiles synthétiques et occlusifs.

Traitement local — formes peu étendues

Kétoconazole 2% (Kétoderm® gel unidose, Kétoconazole® lotion) : appliquer une seule fois de la tête aux pieds (sauf le visage) sur peau et cuir chevelu préalablement mouillés, en insistant sur les zones atteintes, faire mousser, laisser en contact 10 minutes puis rincer soigneusement. Le traitement peut être répété une seconde fois une semaine après. Il permet de traiter le cuir chevelu (réservoir principal) et tout le corps simultanément.

Sulfure de sélénium (Selsun®, non remboursé) : précéder l’application d’une toilette générale du corps, puis appliquer la lotion à l’aide d’un gant sur toute la surface corporelle après séchage. Laisser en contact 15 minutes puis rincer abondamment. Renouveler 2 fois par semaine pendant 2 semaines.

Traitement des formes étendues ou récidivantes

Le taux de récidive est élevé : 60 % la première année, 80 % après deux ans, avec risque d’évolution chronique. En cas de récidives fréquentes, deux stratégies d’entretien local sont possibles : une ou deux applications hebdomadaires de kétoconazole 2% pendant plusieurs mois, ou une cure de kétoconazole 2% réalisée avant ou au début de la saison estivale.

En cas de résistance au traitement local, un traitement antifongique oral est indiqué. Le fluconazole peut être prescrit à la dose de 50 mg/jour pendant 1 mois, ou 150 mg une fois par semaine pendant 1 mois.

En cas de récidives régulières, l’itraconazole (Sporanox®) est l’option de référence : 200 mg/jour pendant 5 à 7 jours, ou 400 mg une fois par mois pendant 6 mois en cas de récidives très fréquentes. Son utilisation doit être évitée en cas de troubles hépatiques ; ses interactions médicamenteuses doivent être vérifiées. Le kétoconazole oral (Nizoral®) peut aussi être utilisé à 400 mg une fois par mois ou 200 mg/jour pendant 3 jours consécutifs une fois par mois — avec surveillance du bilan hépatique (avant traitement, à J15, puis toutes les 4 semaines).

⚠️ La terbinafine est inefficace dans le pityriasis versicolor — elle n’est pas excrétée dans la sueur et n’atteint donc pas la zone de vie de Malassezia. Ne pas l’utiliser.

📚 Traitement antifongique du pityriasis versicolor : essais comparatifs — PubMed

📚 Récidives de pityriasis versicolor : stratégies préventives — PubMed

Questions fréquentes sur le pityriasis versicolor

Les taches blanches du pityriasis versicolor vont-elles disparaître après traitement ?
Oui, mais la recoloration prend du temps. Le traitement antifongique élimine le champignon en quelques semaines, mais les taches blanches persistent plusieurs mois car la peau doit reconstituer ses mélanocytes fonctionnels. L’exposition solaire progressive (avec protection SPF 50+) accélère la repigmentation. Ne pas confondre persistance des taches avec échec du traitement — la guérison se confirme par la disparition des squames et la négativation du scotch-test.

Le pityriasis versicolor est-il contagieux ?
Non. Malassezia est présente sur la peau de pratiquement tous les êtres humains depuis la naissance. La maladie n’est pas transmise d’une personne à l’autre mais résulte d’une transformation du champignon due à des conditions locales favorables (chaleur, sébum, transpiration). Il n’est donc pas nécessaire de traiter le partenaire ou la famille.

Comment distinguer pityriasis versicolor et vitiligo ?
Les deux donnent des taches blanches, mais leur nature est très différente. Le pityriasis versicolor est une infection fongique : les taches sont finement squameuses (farineuses au grattage), apparaissent après l’été, et sont associées à des taches rosées ou brunâtres. Le vitiligo est une maladie auto-immune : les taches sont parfaitement lisses, bien délimitées, sans squames, et souvent symétriques. La lampe de Wood et le scotch-test ainsi que la dermoscopie permettent de confirmer le pityriasis versicolor en consultation.

Peut-on aller au soleil avec un pityriasis versicolor ?
L’exposition solaire n’aggrave pas l’infection, mais rend les taches blanches encore plus visibles en bronzant la peau saine autour. Pendant le traitement, une protection SPF 50+ est recommandée pour limiter ce contraste. Après guérison, une exposition solaire progressive aide à la repigmentation des zones traitées.

Faut-il traiter le cuir chevelu même s’il n’est pas atteint ?
Oui. Le cuir chevelu est le principal réservoir de Malassezia, même en l’absence de lésions visibles à ce niveau. C’est pourquoi le kétoconazole 2% doit être appliqué sur le cuir chevelu mouillé lors de chaque traitement — négliger cette zone explique beaucoup de récidives précoces.

Combien de temps dure le traitement ?
Le traitement local d’attaque (kétoconazole ou sulfure de sélénium) est court : une à deux applications. En cas de formes récidivantes, un traitement d’entretien local (1 à 2 fois par semaine pendant plusieurs mois) ou une cure prophylactique annuelle avant l’été est recommandée. Le traitement oral (fluconazole ou itraconazole) dure généralement 1 mois.


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MYCOSE : causes, symptomes, traitement

Mycose : causes, symptômes et traitements des champignons de la peau

La mycose est une infection de la peau, des ongles ou des muqueuses par un champignon. Très fréquente, elle peut toucher la peau, les pieds, les ongles, la bouche, le vagin, le sexe… Les symptômes varient selon la localisation et le champignon en cause (dermatophyte, candida, malassezia). Le traitement repose sur des antifongiques locaux ou généraux prescrits après diagnostic médical.

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Mycose cutanée — champignon de la peau

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Vidéo : mycose de la peau expliquée par le dermatologue

Sommaire :
Causes |
Les 3 familles de champignons |
Mycoses à Candida |
Mycoses à dermatophytes |
Mycoses à Malassezia |
Facteurs favorisants |
Traitement |
Pages spécialisées |
Questions fréquentes

Causes des mycoses

Les champignons responsables sont des organismes ubiquitaires, présents en permanence dans l’environnement et sur la peau à l’état saprophyte (non pathogène). Leur multiplication pathologique résulte d’une rupture de l’équilibre cutané.

Origine Facteurs
Causes externes Macération, humidité persistante, irritation cutanée, traumatisme, contact avec un sujet ou un animal infecté
Causes internes Immunodépression, diabète, traitement par antibiotiques ou corticoïdes au long cours, grossesse, carence nutritionnelle
Transmission Interhumaine (contact direct, linge partagé), par les animaux (chats, chiens, bovins — teignes très inflammatoires), tellurique (sol)

⚠️ Une mycose profuse ou récidivante doit systématiquement faire rechercher un facteur favorisant interne : diabète, immunodépression (VIH, hémopathie, traitement immunosuppresseur). Un bilan médical est indispensable.

📚 Épidémiologie des mycoses cutanées en Europe — PubMed

Les trois grandes familles de champignons pathogènes

Famille Localisations préférentielles Exemples
Dermatophytes Peau, poils, ongles — jamais les muqueuses Trichophyton, Microsporum, Epidermophyton
Levures
(Candida, Malassezia)
Candida : muqueuses, plis. Malassezia : zones sébacées (cuir chevelu, tronc) Candida albicans, Malassezia furfur
Moisissures Ongles résistants (formes rares) Fusarium, Aspergillus

Mycoses à Candida (candidoses)

Candida albicans fait partie de la flore commensale digestive et génitale. Il devient pathogène en cas de déséquilibre local (antibiotiques, immunodépression, diabète, grossesse, macération).

Forme Aspect clinique Page dédiée
Muguet (candidose buccale) Dépôts blanchâtres crémeux sur la muqueuse buccale, facilement décollables. Fréquent chez le nourrisson, la personne âgée et l’immunodéprimé. → Mycose de la bouche
Candidose génitale 1re cause de balanite infectieuse chez l’homme et de vulvovaginite chez la femme (80 % des mycoses vaginales). → Mycose du sexe
→ Mycose vaginale
Candidose des plis Intertrigo dans les grands plis (inguinal, sous-mammaire, axillaire) : plaques érythémateuses suintantes avec pustules satellites et collerette desquamative. Favorisé par obésité, diabète, macération.

Muguet — candidose buccale

📚 Candidoses cutanéo-muqueuses : diagnostic et traitement — PubMed

Mycoses à dermatophytes (dermatophyties)

Les dermatophytes (Trichophyton, Microsporum, Epidermophyton) digèrent la kératine et n’infectent jamais les muqueuses.

Forme Aspect clinique Page dédiée
Mycose de la peau glabre Plaques annulaires rosées prurigineuses, à bordure active squameuse et centre plus clair — le classique « rond de sorcière ». → Mycose de la peau
Mycose des pieds (pied d’athlète, tinea pedis) Fissures et macération entre les orteils (surtout 4e espace), prurit, desquamation plantaire diffuse aspect farineux. Très contagieuse (piscines, vestiaires). → Mycose des pieds
Mycose des ongles (onychomycose) Ongle jauni, épaissi, friable, décollé. Touche préférentiellement le gros orteil. Plus d’une personne de 70 ans sur deux est atteinte. Traitement long (6–12 mois). → Mycose des ongles

Dermatophytie de la jambe — mycose annulaire
Anneau de mycose cutanée à dermatophyte
Pied d'athlète — mycose des pieds entre les orteils
Mycose plantaire diffuse — aspect farineux et desquamatif
Mycose plantaire diffuse : aspect farineux et desquamatif
Onychomycose du gros orteil — champignon de l'ongle

📚 Épidémiologie des dermatophyties et onychomycoses — PubMed

Mycoses à Malassezia

Malassezia furfur est une levure lipophile de la flore cutanée normale, pathogène en cas de séborrhée ou d’humidité excessive.

Forme Aspect clinique Page dédiée
Dermite séborrhéique Plaques rouges squameuses et grasses sur zones sébacées : sillons nasogéniens, sourcils, cuir chevelu (pellicules), conduits auditifs, poitrine. Évolution chronique et récidivante. → Dermite séborrhéique
Pityriasis versicolor Taches hypo- ou hyperpigmentées, finement squameuses, prédominant sur le tronc et les épaules, plus visibles après le soleil. Bénin et récidivant. → Pityriasis versicolor

Dermite séborrhéique du visage — mycose à Malassezia
Dermite séborrhéique des côtés du nez et de la bouche
Pityriasis versicolor — taches brunes et blanches sur le tronc

Facteurs favorisants à corriger

Le traitement des facteurs favorisants est aussi important que le traitement antifongique lui-même. Sans leur correction, les récidives sont inévitables.

Facteur Correction
Macération Sous-vêtements et vêtements en coton ; éviter les matières synthétiques serrées
Humidité Sécher soigneusement les plis et espaces inter-orteils après la toilette ; ne pas remettre des chaussures humides
Irritation cutanée Éviter les savons antiseptiques agressifs et les produits irritants
Lieux collectifs Porter des claquettes dans les piscines, vestiaires, douches communes
Facteurs internes Équilibrer un diabète ; adapter un traitement immunosuppresseur si possible

Traitement des mycoses

Traitement Indication / molécules Durée indicative
Antifongique local (topique)
Crèmes, gels, lotions, poudres, vernis
Mycoses superficielles. Imidazolés (éconazole, kétoconazole, bifonazole), ciclopirox, terbinafine 2–4 semaines (peau glabre, plis)
Antifongique oral Mycoses étendues, profondes, récidivantes ou avec atteinte de la matrice unguéale. Terbinafine (Lamisil®), itraconazole (Sporanox®), fluconazole (Triflucan®) 3–6 mois (pieds), 6–12 mois (ongles)

💡 Le diagnostic médical est indispensable avant tout traitement antifongique. De nombreuses dermatoses (eczéma, psoriasis, pityriasis rosé…) peuvent mimer une mycose et ne répondront pas aux antifongiques. Un antifongique inefficace après 3 semaines doit faire reconsidérer le diagnostic.

→ Voir l’article complet sur les médicaments antifongiques.

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Pages spécialisées du cluster mycose

Mycoses par localisation
Mycose des pieds (pied d’athlète) — traitement, prévention
Mycose des ongles (onychomycose) — vernis, terbinafine
Mycose de la peau glabre — rondes, annulaires
Mycose de la bouche (muguet)
Mycose vaginale — candidose, traitement
Mycose du sexe (balanite candidosique)

Mycoses à Malassezia et traitements
Dermite séborrhéique — visage, cuir chevelu
Pityriasis versicolor — taches, traitement
Antifongiques — guide des médicaments
Téléconsultation dermatologue

Références scientifiques

Questions fréquentes sur les mycoses

Comment savoir si c’est une mycose ou autre chose ?

Seul un médecin peut poser le diagnostic avec certitude. Un prélèvement mycologique (examen direct + culture) permet d’identifier le champignon. De nombreuses dermatoses imitent une mycose : eczéma nummulaire, psoriasis, pityriasis rosé, lichen… Un antifongique inefficace après 3 semaines doit faire reconsidérer le diagnostic.

Les mycoses sont-elles contagieuses ?

Oui, la plupart des dermatophyties sont contagieuses par contact direct ou indirect (linge, chaussures, sols collectifs). Les candidoses et mycoses à Malassezia sont moins contagieuses car elles résultent plutôt d’un déséquilibre de la flore commensale. Les partenaires sexuels doivent être traités en cas de candidose génitale récidivante.

Pourquoi les mycoses récidivent-elles ?

Les récidives sont dues à un traitement insuffisamment long, à la persistance de facteurs favorisants non corrigés (macération, diabète, immunodépression), à une recontamination (chaussures, tapis de bain), ou à une résistance au traitement. Une mycose récidivante justifie un bilan médical.

Peut-on se traiter seul contre une mycose sans ordonnance ?

Certains antifongiques locaux sont disponibles sans ordonnance (éconazole, bifonazole…). Un avis médical est cependant recommandé pour confirmer le diagnostic — de nombreuses autres affections peuvent ressembler à une mycose et un traitement inapproprié retarderait le bon diagnostic.

Combien de temps dure le traitement d’une mycose ?

Quelques semaines pour une mycose de peau glabre ou des plis, 3 à 6 mois pour une mycose des pieds, 6 à 12 mois pour une mycose des ongles. Un traitement trop court est la principale cause de récidive.

Voir aussi :
Mycose des pieds |
Mycose des ongles |
Mycose vaginale |
Dermite séborrhéique |
Pityriasis versicolor |
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TEIGNE : la teigne, cause (mycose du cuir chevelu), symptomes, traitement

Teigne du cuir chevelu : symptômes, photos et traitement

La teigne est une mycose du cuir chevelu causée par des champignons appelés dermatophytes. Elle touche principalement les enfants et se manifeste par des plaques de cheveux cassés avec des squames. Contagieuse, elle nécessite un traitement antifongique par voie orale pendant plusieurs semaines. Voici tout ce qu’il faut savoir pour la reconnaître et la traiter.

Plaque sans cheveux ou cuir chevelu qui ne guérit pas malgré un traitement local ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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teigne cuir chevelu plaque alopécie squames photo
Teigne trichophytique — plaque de cheveux cassés

Qu’est-ce que la teigne ?

La teigne est une mycose du cuir chevelu due à des champignons filamenteux appelés dermatophytes. Ces champignons envahissent la tige pilaire et le follicule, provoquant la cassure des cheveux et une inflammation locale. Elle est contagieuse — par contact direct ou indirect (chapeaux, bonnets, oreillers, animaux).

Au début, la teigne ressemble souvent à une simple rougeur qui démange, résistant aux crèmes antifongiques locales prescrites en première intention. C’est ce signe — la résistance aux traitements locaux — qui doit alerter et conduire à une consultation spécialisée.

Symptômes — comment reconnaître une teigne ?

La teigne se manifeste par :

  • Une ou plusieurs plaques d’alopécie (zones sans cheveux) sur le cuir chevelu
  • Des cheveux cassés à ras ou à environ 1 cm du cuir chevelu selon le type
  • Des squames (débris de peau) engluant les cheveux cassés
  • Des démangeaisons du cuir chevelu
  • Parfois une inflammation locale (rougeur, gonflement)
teigne cuir chevelu squames plaque photo
Teigne avec squames et cheveux cassés
teigne pustules inflammatoires cuir chevelu photo
Pustules inflammatoires sur teigne

Les types de teigne — photos et caractéristiques

Teigne trichophytique

La teigne trichophytique est la plus fréquente en France. Elle est causée par des dermatophytes anthropophiles (transmis d’humain à humain). Elle se présente sous forme de nombreuses petites plaques de quelques millimètres de diamètre, avec des cheveux cassés à ras. La peau est souvent peu inflammatoire.

teigne trichophytique multiples petites plaques photo
Teigne trichophytique — multiples petites plaques
teigne trichophytique cuir chevelu cheveux cassés photo
Teigne trichophytique

Teigne microsporique

La teigne microsporique est causée par Microsporum canis, transmis principalement par le chat. Elle présente 1 à 2 grandes plaques avec des cheveux cassés à environ 1 cm du cuir chevelu. Signe caractéristique : les plaques sont fluorescentes en lampe de Wood (lumière ultraviolette). En dermatoscopie, la présence de motifs en code-barres et zigzags est évocatrice. Elle nécessite des traitements plus longs et des doses plus élevées que la forme trichophytique.

teigne microsporique grande plaque fluorescente lampe Wood photo
Teigne microsporique — grande plaque unique
teigne Microsporum canis chat photo
Teigne à Microsporum canis (transmise par le chat)

Le kérion — forme inflammatoire sévère

Le kérion est une forme inflammatoire grave de teigne, formant une plaque rouge, gonflée, douloureuse et suppurante sur le cuir chevelu. Il peut être confondu avec un abcès bactérien. Un traitement antifongique oral doit être instauré rapidement — sans quoi il peut laisser des cicatrices d’alopécie définitive.

kérion teigne inflammatoire barbe plaque suppurante photo
Kérion — forme inflammatoire suppurante

Teigne favique

Forme rare en France, la teigne favique (Trichophyton schoenleinii) est caractérisée par des godets faviques — croûtes jaunâtres en forme de soucoupe — et peut laisser une alopécie cicatricielle définitive si non traitée.

teigne favique godets faviques photo
Teigne favique

Causes et modes de transmission

Type de dermatophyte Source de contamination Champignons principaux Type de teigne
Zoophile Chat (+++), chien, hamster, cobaye Microsporum canis Microsporique
Anthropophile Humain (direct ou indirect : chapeau, bonnet, oreiller, brosse) T. soudanense, T. violaceum, M. langeronii Trichophytique
Géophile Sol (très rare en France) Microsporum gypseum Rare

Diagnostic

Le diagnostic repose sur :

  • Examen clinique — aspect des plaques, type de cassure des cheveux
  • Lampe de Wood — fluorescence verte caractéristique des teignes microsporiques à M. canis
  • Dermatoscopie — motifs en code-barres et zigzags évocateurs de teigne microsporique
  • Examen mycologique (indispensable) — prélèvement de squames et de cheveux pour examen direct au microscope et mise en culture. Indolore. Permet d’identifier le champignon et d’adapter le traitement
teigne diagnostic difficile cuir chevelu photo
Teigne de diagnostic difficile

⚠️ Toute plaque sans cheveux chez un enfant doit être montrée à un médecin — la teigne est souvent diagnostiquée tardivement car elle est confondue avec une dermite séborrhéique ou un eczéma résistant. Seul l’examen mycologique permet de confirmer le diagnostic et d’identifier le champignon pour adapter le traitement.

Traitement de la teigne

La teigne ne peut pas être traitée par des antifongiques locaux seuls — un traitement antifongique par voie orale est indispensable. La griséofulvine, utilisée pendant des décennies, n’est plus commercialisée en France depuis 2021.

Traitement chez l’enfant de plus de 10 kg

En cas de teigne trichophytique (documentée, probable ou en attente des résultats) :

  • Terbinafine per os — 4 semaines (1 fois par jour, au repas)
  • 10 à 20 kg : 62,5 mg/j
  • 21 à 40 kg : 125 mg/j
  • > 40 kg : 250 mg/j

En cas de teigne microsporique (chat, fluorescence en lampe de Wood positive) :

  • Itraconazole per os — 6 semaines (gel/solution orale, 1 fois par jour, en dehors des repas)
  • 10 à 20 kg : 50 mg/j
  • ≥ 20 kg : 100 mg/j

Dans les deux cas : traitement local antifongique (ciclopiroxolamine) 2 fois par jour en complément.

⚠️ Enfant de moins de 10 kg : la terbinafine est contre-indiquée. L’enfant doit être adressé en milieu hospitalier pour une prise en charge adaptée.

Contrôle à 4 semaines

Un contrôle clinique est recommandé après 4 semaines, avec le résultat de la culture mycologique :

  • Si Trichophyton confirmé → arrêt de la terbinafine
  • Si Microsporum confirmé → poursuite 2 semaines supplémentaires de terbinafine OU switch vers itraconazole 2 semaines

Éviction scolaire

Il n’y a plus d’éviction scolaire obligatoire à condition de présenter un certificat médical attestant que l’enfant est sous traitement antifongique. L’enfant peut retourner à l’école dès le début du traitement.

Mesures associées

  • Ne pas partager brosses, peignes, chapeaux, bonnets, serviettes ou oreillers
  • En cas de teigne anthropophile, examiner et traiter les membres de la famille symptomatiques
  • En cas de teigne à M. canis, faire examiner et traiter l’animal (chat ou chien) par un vétérinaire
  • Laver draps, taies d’oreiller et chapeaux à 60°C

Sources

Questions fréquentes sur la teigne

La teigne est-elle contagieuse à l’école ?

Oui, la teigne est contagieuse — surtout les formes anthropophiles transmises d’enfant à enfant par contact direct ou via des objets partagés (brosses, chapeaux, oreillers). Cependant, depuis la mise à jour des recommandations, l’éviction scolaire n’est plus obligatoire si l’enfant est sous traitement et peut présenter un certificat médical. Il peut reprendre l’école dès le début du traitement.

Comment savoir si c’est une teigne ou de l’eczéma ?

La teigne se distingue de l’eczéma par la présence de cheveux cassés à ras dans la plaque, une résistance aux traitements locaux habituels, et la confirmation par l’examen mycologique. L’eczéma ne provoque pas de cassure des cheveux. Seul un médecin avec prélèvement mycologique peut établir le diagnostic avec certitude.

Mon enfant a une teigne — faut-il traiter le chat ?

Si la teigne est causée par Microsporum canis (teigne microsporique, transmise par le chat ou le chien), il est indispensable de faire examiner et traiter l’animal par un vétérinaire. Sans traitement de l’animal, les récidives sont fréquentes. Les autres membres de la famille en contact avec l’animal doivent également être examinés.

Combien de temps dure le traitement de la teigne ?

Le traitement dure 4 semaines pour la teigne trichophytique (terbinafine) et 6 semaines pour la teigne microsporique (itraconazole). Un contrôle clinique et mycologique à 4 semaines permet d’ajuster la durée selon les résultats. Il est essentiel de ne pas interrompre le traitement prématurément — même si les cheveux repoussent, le champignon peut persister.

Les cheveux repoussent-ils après une teigne ?

Oui, dans la grande majorité des cas, les cheveux repoussent complètement après guérison mycologique. La repousse est généralement visible à partir de 4 à 6 semaines de traitement. En cas de kérion non traité rapidement, des cicatrices d’alopécie définitive sont possibles — d’où l’importance d’un traitement précoce.


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Vaccin ARN et peau : éruption cutanée après vaccin à ARNm (Pfizer*, Moderna*…)

Vaccin ARNm et peau : éruption cutanée après vaccin Pfizer*, Moderna*…

Purpura

Le coronavirus SARS Cov2 responsable de la covid19 est apparu en Chine en 2019. Il a provoqué une pandémie mondiale et la covid19  a une forme grave dans 15% des cas. La mortalité peut atteindre 10-15% notamment chez les plus de 70 ans. Il existe de nombreux signes cutanés de la COVID19 mais le vaccin à ARNm peut aussi donner des éruptions cutanées

Les vaccins à ARNm sont utilisés depuis quelques années pour traiter certains cancers par vaccinothérapie. Leur usage a été récemment étendu à la lutte contre la COVID à grande échelle. Ils peuvent engendrer des réactions immunitaires de plusieurs types.

Types de réactions immunitaires aux vaccins anti COVID :

Réactions d’hypersensibilité de type I  dites immédiates  car elles surviennent dans les heures qui suivent l’injection

Elles provoquent des manifestations de type urticaire, angio- œdème et anaphylaxie, probablement dus à une allergie aux ingrédients. Elles sont rares mais peuvent être graves.

Hypersensibilité de type IV, dite retardée

Elles apparaissent plus tardivement car elles proviennent de l’activation de cellules immunitaires (monocytes, macrophages, lymphocytes…) et sont responsables de lésions cutanées locales étendues retardées (« bras COVID »), des réactions inflammatoires dans le derme des sites d’irradiation antérieurs, de cicatrices de BCG, et d’éruptions le plus souvent morbilliformes (ressemblant à la rougeole) voire érythème polymorphe.

Réactions auto immunes

Le système immunitaire a pour fonction de protéger l’organisme des agents extérieurs (le « non-soi »). Une maladie auto-immune se caractérise par l’attaque de l’organisme (le « soi ») par le système immunitaire sensé le protéger. On peut rarement observer des réactions auto immunes après la vaccination contre le COVID-19 provoquant vascularite leucocytoclasique,  lupus et thrombocytopénie immunitaire.

Autres types de réactions

Des angiopathies fonctionnelles (lésions ressemblant à des engelures, voire érythromélalgie) peuvent être observées, ainsi que des éruptions cutanées de type pityriasis rosé et une réactivation du zona ont également été signalées après la vaccination contre le COVID-19

Voici les types de réactions possibles, tirées d’un article de septembre 2021

reaction-peau-vaccin-covid
Proposition d’explication des possibles réactions immunitaires au vaccin anti COVID tiré d’un article de septembre 2021

Types d’éruptions les plus fréquemment observées

Voici un résumé des rares effets secondaires que les vaccins anti COVID peuvent produire sur la peau :

Grosse plaque rouge au niveau du site d’injection par vaccin ARNm : « bras COVID ».

Ceci se voit surtout avec le vaccin Moderna* semble-t-il, vers le 2ème ou 3ème jour après l’éruption.

Il est recommandé aux personnes ayant eu ce type de réaction de recevoir la deuxième dose.

Il ne s’agit pas d’une infection mais peut être d’une réaction au polyéthylène glycol ?

Anaphylaxie après un vaccin à ARNm

Il s’agit d’une réaction généralisée rare appelée choc anaphylactique. Elle se manifeste le plus souvent par une crise d’urticaire géant (sorte d’allergie de peau) associée à des troubles hémodynamiques (tachycardie et hypotension jusqu’au choc), respiratoires (toux, difficulté à respirer et sifflements) ou digestifs (douleurs abdominales, nausées et vomissements, diarrhée). Elle peut engendrer une défaillance des organes et la mort. Elle survient le plus souvent quelques minutes ou heures après le contact avec l’allergène en cause (piqure d’hyménoptère, médicament, aliments…) ou dans le cas présent le vaccin à ARNm

Réaction inflammatoire différée aux agents de comblement dermique (acide hyaluronique)

Elle peut se produire entre 18 heures et 10 jours après la 1ère ou la 2ème dose de vaccin ARN avec une disparition le plus souvent 24 heures à 1 semaine plus tard. En cas de persistance, le médecin peut prescrire des corticoïdes voire de la hyaluronidase et du lisinopril.

Eruptions

  • Eruptions maculopapuleuses, notamment du tronc chez l’adulte, pouvant ressembler à un pityriasis rosé, ou surtout à une rougeole 
pityriasis rose de gibert
Pityriasis rosé

 

L’éruption morbiliforme (ressemblant à la rougeole, est caractérisée par un début derrière les oreilles, puis qui descend sur le corps.

Urticaire, dont le mot a la même origine que « ortie »

 

Nous n’avons vu ici que les réactions cutanées aux vaccins à ARNm mais il existe d’autres réactions telles que  :

maux de tête,

douleurs musculaires,

fatigue

myocardites et péricardites…

Si vous ne savez pas quoi penser des vaccins contre la COVID, je vous recommande la synthèse réalisée par mon confrère (sans liens d’intérêts), le Dr Dominique Dupagne :

COVID19 et peau : éruption cutanée, rougeurs démangeaisons et boutons COVID

Eruption cutanée en cas de COVID19

Le coronavirus SARS Cov2 responsable de la covid19 est apparu en Chine en 2019. Il a provoqué une pandémie mondiale et la covid19  a une forme grave dans 15% des cas. La mortalité peut atteindre 10-15% notamment chez les plus de 70 ans. Voyons quels sont les signes cutanés de la COVID19 : covid 19 et peau

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Quels sont les symptômes de la covid19 ?

De nombreuses personnes ne ressentent aucun symptôme ou très peu,  notamment les enfants, souvent porteurs sains.

Les symptômes de la covid19 sont proches de la grippe mais avec moins souvent de courbatures :

Les 3 symptomes clés

  • toux (avec (33,4%) ou sans glaires (67,7%)),
  • fièvre (87,9%),
  • difficulté à respirer (essouflement (18,6%)).

Ces trois symptômes majeurs sont les plus fréquents, mais certains malades n’ont pas de fièvre, ou toussent plusieurs jours avant qu’elle n’apparaisse.

Les autres symptomes

  • courbatures, douleurs articulaires (14,8%)
  • fatigue (38,1%),
  • mal de gorge ( 13,9%),
  • maux de tête (13,6%),
  • rhume,
  • manque d’appétit,
  • douleurs du ventre voire diarrhée.

Signes cutanés de la Covid19

La prévalence des manifestations cutanées liées à la COVID-19 varie de 0,2% à 20%
selon les études ! Ce faible taux de 0.2% peut s’epliquer par le fait que les
manifestations cutanées aient été négligées au début de l’épidémie, et que les patients COVID-19 étaient pris en charge par des non-dermatologues, et que les signes cutanés passaient au second plan au début de l’épidémie.  Les dermatologues décrivent des signes cutanés variés lors de la Covid19 :

1 – Engelures

Engelures

Les engelures, taches violacées et douloureuses des doigts, peuvent comporter des cloques sur les mains et les pieds. Mais elles sont bien à distinguer de la dishidrose.

Les engelures, avec ou sans cloques sur les mains et les pieds, peuvent être un signe de COVID19

Cette éruption à type d’engelures se caractérise par des lésions douloureuses/qui démangent. Elle affecte bien plus les orteils que les autres sites acraux : on parle d’orteils COVID ou « Covid toes » en anglais. Elle affecte les jeunes patients, plus tard au cours de la maladie (12 à 14 jours) et peut récidiver, même s’il n’y a pas de nouvelle infection.

Leur prévalence parmi les manifestations cutanées de la COVID-19 varie entre 10%
et 50% selon les études.

En savoir plus sur les engelures

2 – Eruptions

  • Eruptions maculopapuleuses, notamment du tronc chez l’adulte, pouvant ressembler à un pityriasis rosé, ou surtout à une rougeole 

L’eruption maculo-papuleuse est la manifestation cutanée la
plus fréquente et elle peut survenir de façon précoce dans l’évolution de la
maladie, comme de façon retardée, dans les 2 à 4 semaines suivant
l’infection initiale. Il s’agit d’une éruption faite de macules et/ou de papules
rouges, parfois rosées, atteignant le tronc et les membres, qui peut beaucoup démanger. Elle guérit le plus souvent en quelques jours.

Elle peut prendre plusieurs formes.

On peut observer une eruption pytiriasis rosé like. Elle est caractérisée par l’apparition d’un médaillon dit héraldique ou initial puis les jours suivants par
de multiples petites taches roses sur le tronc et les membres. Son traitement est symptomatique en cas de démangeaisons et elle peut mettre plusieurs mois avant de disparaître.

pityriasis rose de gibert
Pityriasis rosé

L’éruption morbiliforme (ressemblant à la rougeole, est caractérisée par un début derrière les oreilles, puis qui descend sur le corps.

Elle existe souvent en même temps que d’autres symptômes (bénins) dans la maladie active. Elle survient généralement chez les femmes d’âge moyen et dure en moyenne 7 jours.

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Chez l’enfant, l’éruption est assez semblabe à l’érythème souffleté des joues du mégalérythème épidémique

Joues rouges et fièvre chez l'enfant : mégalérythème épidémique?
Erythème souffleté des joues du mégalérythème épidémique, donnant l’impression que l’enfant vient de recevoir une gifle
  • urticaire notamment des membres inférieurs
Urticaire, dont le mot a la même origine que « ortie »

L’éruption urticarienne apparaît précocement, au cours de la maladie active, est de courte durée (4 à 5 jours) et elle se voit généralement chez les femmes d’âge moyen. Elle semble plus fréquente et plus profuse avec Omicron qu’avec les variants antérieurs. Elle démange souvent beaucoup et touche parfois tout le corps (urticaire géante).

Sa prévalence varie de 7% à 20%. L’origine peut être secondaire à l’infection virale ou
d’origine médicamenteuse

Cette éruption urticarienne apparaît le plus souvent après des symptômes systémiques de gravité modérée et ressemble à la maladie de Grover.

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  • pseudo-varicelle avec des vésicules sur le tronc.
varicelle
Vésicule de varicelle, comme une goutte de rosée sur une zone de peau rouge

Les éruptions vésiculeuses peuvent être polymorphes et diffuses, ou à l’inverse,
monomorphes et localisées, ressemblant à l’éruption de la Varicelle. Elle représente 10% à 15% des lésions cutanées. Elle concerne le plus souvent le tronc, parfois la le visage et le cou. Elles surviennent tôt dans l’évolution de la maladie , et sont de bon
pronostic.

Des récurrences herpétiques (herpes) ont également été décrites lors de l’infection au SARS-CoV-2

Cette éruption de livedo affecte préférentiellement les hommes âgés avec une maladie plus grave et un pronostic moins favorable.

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IVERMECTINE : l’ivermectine N’EST PAS qu’un MEDICAMENT POUR CHEVAUX

L’ivermectine N’EST PAS qu’un MEDICAMENT POUR CHEVAUX / Ivermectine et COVID

Molécule d’ivermectine

Cet article en vidéo:

L’ivermectine est un antiparasitaire. Il est utilisé en dermatologie, notamment en traitement par voie orale dans le traitement de la gale .

L’ivermectine est donc un médicament bien connu des dermatologues, qui se présente sous la forme de comprimés à 3 mgs. Il s’agit en fait d’un antiparasitaire qui peut aussi être prescrit dans d’autres maladies parasitaires.

Contre indications de l’ivermectine

Allergie au produit ou à l’un de ses constituants de l’ivermectine

Enfant de moins de 15kgs

Grossesse et allaitement

Conseils d’utilisation de l’ivermectine

L’ivermectine est prise dans la gale à la dose de 200 µg par kg de poids corporel en prise unique par voie orale, à distance des repas (au moins deux heures avant et apres un repas). La posologie varie donc en fonction du poids :

15 à 24 kgs 1 cp prise unique

25 à 35 kgs 2 cp prise unique

36 à 50 kgs 3 cp prise unique

51 à 65 kgs 4 cp prise unique

66 à 79 kgs 5 cp prise unique

En savoir plus sur le traitement de la gale par ivermectine

L’ivermectine est-elle un médicament pour chevaux?

Oui! L’ivermectine en tant qu’antiparasitaire est régulièrement utilisé en médecine vétérinaire à des doses là aussi dépendantes du poids des animaux (plusieurs centaines de kilogrammes pour un cheval), donc bien supérieures à celles des hommes

La confusion sur le statut de médicament UNIQUEMENT VETERINAIRE provient de l’engouement pour l’ivermectine aux USA, où des personnes ont acheté de l’ivermectine pour chevaux et se sont surdosés et intoxiqués car ils ont pris des doses faites pour des animaux de centaines de kgs et non pas pour le poids d’un homme.
Tout produit pris en dose trop importante devient un poison!

Ivermective et COVID

En France, tout a commencé dans un Ehpad de Seine-et-Marne. Une dermatologue remarque que, alors qu’elle a traité une épidémie de gale en prescrivant à tout le personnel et aux résidents de l’ivermectine au début de la pandémie, quelques jours après, un premier cas de Covid-19 puis dix autres cas sont suspectés (sans tests PCR) et «Il n’y a eu ici aucune hospitalisation et aucun décès», selon la dermatologue.

Cette observation a été publiée dans le British Journal of Dermatology en janvier 2021, constatant que si, dans les 45 Ehpad de Seine-et-Marne ayant le même public (âge, effectif…) la mortalité a été de 4,9% parmi 3062 résidents, celle-ci a été de 0 pour 121 dans l’Ehpad observé. On sait selon une étude australienne que l’ivermectine est antivirale à haute dose in vitro (en laboratoire) mais comme le constate l’étude du BJD «Malgré les limites – caractère observationnel et absence de corrélation démontrée in vitro/in vivo —, la plausibilité est suffisante pour réaliser un essai contrôlé randomisé en cluster de prévention par ivermectine…»

Certains pays tels que le Pérou, le Mexique, l’Inde ou la Bolivie l’ont préconisée en prophylaxie (préventif).

Que sait-on? Quelles sont les études?

Deux recueils d’études récentes, datant de mars 2021, ne plaident pas en faveur de l’ivermectine dans la COVID19, et réclament des études de grande ampleur, mieux conduites que les études dont on dispose actuellement. Il s’agit d’une publication des Hopitaux Universitaires de Genève et de l’Agence Européenne du Médicament

Cette dernière signale que « des études en laboratoire ont montré que l’ivermectine pouvait bloquer la réplication du Sars-CoV-2 […], mais à des concentrations d’ivermectine beaucoup plus élevées que celles obtenues avec les doses actuellement autorisées. Les résultats des études cliniques étaient variables, certaines études ne montrant aucun bénéfice et d’autres rapportant un bénéfice potentiel » et que devant la faible valeur des études, « les preuves actuellement disponibles ne sont pas suffisantes pour soutenir l’utilisation de l’ivermectine dans Covid-19 en dehors des essais cliniques » et que de nouvelles études de meilleure valeur sont donc « nécessaires pour tirer des conclusions sur l’efficacité et l’innocuité du produit dans la prévention et le traitement du Covid-19 ».

Une méta analyse publiée en Juillet 2021 combine les données de 24 essais randomisés sur l’ivermectine – soit un total de 3328 patients – parmi lesquels 11 essais portant sur environ 2000 patients au total disposaient de données sur les décès. Leur combinaison a donné un taux de mortalité de 3 % dans le bras ivermectine et de 8,7 % dans le bras comparateur, un résultat statistiquement significatif. Cependant cette méta analyse collige parmi les études des préprints et des études non publiées, ce qui entache sa crédibilité.

Qui plus est, les deux études dans lesquelles la baisse de mortalité est le plus impactée par l’ivermectine sont deux études non relues par des pairs, issues d’Iran et d’Egypte. Sans ces études, la conclusion de la méta analyse serait moins significative.

Le 16 aout 2021, Andrew Hill, 1er auteur de l’étude déclare qu’une des études est suspectée de fraude médicale et que les résultats sans cette étude ne sont pas statistiquement significatifs en faveur de l’efficacité de l’Ivermectine dans la Covid19

Coté français, l’institut Pasteur a publié le 12 juillet 2021 un document de presse relatant une de leur publication dans laquelle l’ivermectine « appartient à une nouvelle catégorie d’agent anti-Covid-19 dans un modèle animal. Ces travaux ouvrent la voie à des axes de développement pour de meilleurs traitements contre la Covid-19 chez l’Homme » et « l’ivermectine pourrait alors être considérée comme un agent thérapeutique encourageant contre la Covid-19, sans impact sur la réplication du SARS-CoV-2 mais soulageant l’inflammation et les symptômes qui en découlent »

Mais ceci ne concerne que les animaux…

En conclusion, on manque encore d’études montrant l’efficacité de l’ivermectine dans la COVID19

MALADIES DANS LE SABLE ET L’EAU STAGNANTE : qu’attrape-t-on à la plage?

Maladies dans le sable et à la plage : parasites, bactéries, champignons et virus

La peau est une barrière qui nous protège vis-à-vis de nombreux micro-organismes de l’environnement. Ces micro-organismes peuvent y pénétrer lors du contact avec le sable et l’eau, qu’il y ait plaie (blessures, morsures, piqûres d’insectes) ou non — notamment des parasites capables de franchir la peau saine (schistosomoses, ankylostomiase et anguillulose). Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, entre 10 000 et 100 000 micro-organismes vivent sur chaque grain de sable — la grande majorité est non pathogène, mais certains peuvent provoquer des maladies. Mieux vaut donc être prudent, notamment en milieu tropical, vis-à-vis du sable et de l’eau stagnante.

Éruption cutanée ou démangeaisons au retour de voyage ? Le Dr Rousseau, dermatologue, peut analyser vos lésions en téléconsultation.

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sable

Sable et eau stagnante, attention

Une étude estime qu’entre 10 000 et 100 000 micro-organismes vivent sur chaque grain de sable. La grande majorité est non pathogène — inoffensive — mais certains peuvent provoquer des maladies. De même, l’eau stagnante (lac, retenue d’eau de mer…) est propice au développement de micro-organismes.

Sommaire :
1. Parasites |
2. Bactéries |
3. Champignons |
4. Virus |
5. Comment éviter |
Pages associées |
Questions fréquentes

Catégorie Principaux agents Peau saine franchissable ? Zone à risque
Parasites Larva migrans, bilharzioses, ankylostomes, anguillules ✓ Oui — danger principal Tropical +++, Europe possible
Bactéries E. coli, Staphylocoque doré, Salmonella, Campylobacter Via plaie ou ingestion Toutes plages
Champignons Dermatophytes (mycoses pied, ongle) Via peau macérée ou blessée Toutes plages, piscines
Virus Papillomavirus (verrues), entérovirus Via micro-lésions Plages fréquentées, piscines

1/ Parasites

Les parasites sont les plus redoutables car ils sont capables de traverser la peau non lésée.

1.1/ Larva migrans — attention aux plages avec des chiens

Chien sur la plage, danger de larva migrans

1.1.1/ Larva migrans viscérale ou toxocarose

La toxocarose ou larva migrans viscérale est une zoonose helminthique due au parasitisme de l’homme par la larve d’un ascaride appartenant au genre Toxocara. Les chiens et les chats sont les hôtes définitifs de T. canis et de T. cati — les hommes sont des hôtes accidentels qui se contaminent en ingérant des œufs embryonnés avec de la terre, de l’eau ou des aliments contaminés par des déjections animales.

Sur les plages où les chiens sont autorisés, on peut donc retrouver le parasite Toxocara canis. Lorsque ses œufs sont ingérés par accident, ils peuvent provoquer la toxocarose — l’infection par un ver parasite la plus répandue. Ce ver, pouvant atteindre 18 cm de long, est souvent asymptomatique, se révélant par une éosinophilie. Une dissémination provoque le syndrome de larva migrans viscérale (troubles respiratoires, fièvre, grossissement du foie et de la rate) et parfois une atteinte oculaire (larva migrans oculaire).

Le diagnostic repose sur la présence du syndrome, d’une éosinophilie et d’une sérologie positive. Traitement : albendazole ± corticostéroïdes en cas d’atteinte sévère.

1.1.2/ Impasse parasitaire — Larva migrans cutanée ou ver à chien

La larva migrans cutanée est liée à la pénétration dans la peau d’une larve en impasse parasitaire chez l’homme. Elle provoque des lésions des pieds et/ou des fesses qui démangent.

→ Voir l’article ver à chien — larva migrans cutanée

1.2/ Bilharzioses

1.2.1/ Bilharzioses humaines

Les schistosomoses ou bilharzioses sont répandues en milieu tropical et intertropical, y représentant la maladie la plus fréquente après le paludisme. Elles concernent 200 millions de personnes dans le monde et sont responsables d’1 million de décès par an.

Les bilharzioses sont dues au développement de vers plats (les schistosomes) qui colonisent différents mollusques en eau douce, dont les larves pénètrent à travers la peau de l’homme à l’occasion de bains en eau douce stagnante. Ces larves se transforment en vers adultes vivant dans le foie, la vessie, le rectum, les poumons. Les hommes contaminent l’eau en y urinant et déféquant, les vers plats contaminent les mollusques — la boucle est bouclée.

Cinq espèces parasitent l’homme : S. haematobium (bilharziose uro-génitale), S. mansoni et S. intercalatum (bilharzioses intestinale et rectale), S. japonicum et S. mekongi (bilharzioses artérioveineuses).

Zones géographiques : Afrique (S. haematobium, S. mansoni, S. intercalatum), Amérique du Sud et Caraïbes (S. mansoni), Moyen-Orient (S. haematobium, S. mansoni), Extrême-Orient (S. japonicum, S. mekongi).

Phase Délai Signes cutanés Autres signes
Contamination au moment de la baignade 1–5 min de baignade Dermatite cercarienne — urticaire sur la zone de pénétration. Souvent asymptomatique
Dissémination larvaire 2–10 semaines Urticaire Fièvre, altération état général, troubles digestifs, toux. Hyperéosinophilie, sérologie positive
Dissémination viscérale et cutanée > 2 mois Granulomes bilharziens : papules fermes péri-ombilicales/lombaires — prurigo en éclaboussure. Lésions génitales (grandes lèvres) parfois confondues avec condylomes ou syphilis Atteinte vésicale, digestive, hépatique, pulmonaire. Œufs dans les urines et selles

Traitement : praziquantel (Biltricide®)

1.2.2/ Impasse parasitaire — Bilharziose animale : dermite des nageurs

La « dermatite des nageurs » (swimmer’s itch) est due à des schistosomes d’animaux en impasse parasitaire chez l’homme : canards, moutons, bovins, rongeurs. Elle a été décrite sur tous les continents, notamment dans les régions de lacs, d’eau de mer stagnante et les pays de rizicultures.

Elle donne de gros boutons à type de prurigo sur la zone immergée. Après une dizaine d’heures apparaît une éruption urticarienne prédominant aux zones découvertes. S’agissant d’une impasse parasitaire, l’éruption guérit spontanément en une dizaine de jours.

1.3/ Ankylostomiase

L’ankylostomiase est due à deux genres de nématodes : Ancylostoma duodenale et Necator americanus. Cette helminthose intestinale est endémique dans tous les pays intertropicaux et touche environ un milliard d’individus dans le monde. La contamination se fait en marchant pieds nus dans le sable ou la boue des zones humides contaminée par des matières fécales.

Phase Signes cutanés Autres signes
Pénétration cutanée des larves Boutons et prurigo au site de pénétration — pieds (espaces interdigito-plantaires, orteils, plante). Anciennement : « gourme des mineurs »
Phase d’invasion Urticaire Fièvre, dyspnée asthmatiforme (syndrome de Löffler), hyperéosinophilie
Phase d’état Anémie ferriprive par saignement digestif chronique, troubles digestifs, hypo-albuminémie. Œufs à l’examen parasitologique des selles

Traitement : albendazole (Zentel®, Eskazole®), mébendazole (Vermox®), flubendazole (Fluvermal®), pamoate de pyrantel (Combantrin®).

1.4/ Anguillulose ou strongyloïdose

La strongyloïdose est due au développement dans le duodénum de Strongyloides stercoralis. Elle concerne 50 millions de personnes, surtout en milieu tropical, et peut être grave chez les immunodéprimés. Contamination par contact avec du sable et des sols boueux infestés.

Phase Signes cutanés Autres signes
Pénétration cutanée Boutons aux zones de pénétration (pieds habituellement)
Migration larvaire Urticaire Fièvre, dyspnée asthmatique, hyperéosinophilie élevée
Phase digestive Urticaire (2/3 des cas) ou larva currens : cordons rouges mobiles de quelques mm, périnée/abdomen/cuisses, se déplaçant de plusieurs cm par heure — dus à la migration sous-cutanée des larves Douleurs digestives ± diarrhée. Œufs dans les selles

Traitement : ivermectine (Stromectol®) ou albendazole (Zentel®). Prévention : port de chaussures.

2/ Bactéries

Le sable contient de très nombreuses bactéries dont certaines sont pathogènes, notamment pour la peau ou le tube digestif. On peut citer parmi celles-ci Escherichia coli et Enterococcus, mais aussi des Salmonella et des Campylobacter, responsables d’intoxications alimentaires notamment en cas d’ingestion de sable ou lorsqu’on s’enterre dans le sable.

Le Staphylocoque doré peut aussi se transmettre dans le sable, que ce soit sur la peau (infections cutanées) ou en l’ingérant, provoquant des diarrhées et vomissements.

À retenir : s’enterrer dans le sable ou avaler du sable (enfants en bas âge) constitue la principale voie d’exposition aux bactéries pathogènes du sable.

3/ Champignons : mycoses

Le sable peut transmettre des champignons responsables de mycoses à type de dermatophytes : mycose de la peau, mycose des pieds voire mycose des ongles.

4/ Virus

4.1/ Papillomavirus : verrues

Le sable peut permettre la transmission du papillomavirus, comme à la piscine, responsable notamment de verrues plantaires.

4.2/ Entérovirus

Des entérovirus sont retrouvés dans le sable des plages et lieux de baignades très fréquentés. Ils peuvent provoquer des symptômes de méningite, des troubles respiratoires ou cardiaques, la maladie pieds-mains-bouche ou encore des conjonctivites.

5/ Comment éviter les maladies du sable et de l’eau stagnante

Il convient d’être prudent à la plage ou au bord des zones d’eaux stagnantes (lacs, mer stagnante…), notamment en zone tropicale et/ou si des chiens y circulent.

Règle de prévention Risque évité
Éviter les baignades en eau douce stagnante en milieu tropical — préférer la mer agitée Bilharzioses, ankylostomiase, anguillulose, dermite des nageurs
Ne pas avaler de sable — surveiller les jeunes enfants Toxocarose, E. coli, Salmonella, entérovirus
Ne pas marcher pieds nus sur les plages tropicales et dans les milieux boueux Larva migrans cutanée, ankylostomiase, anguillulose, mycoses
Ne pas s’allonger directement sur le sable — serviette épaisse obligatoire. Les larves de vers à chien passent à travers le maillot et une serviette fine. Privilégier la zone de marnage car l’eau de mer les tue Larva migrans cutanée
Respecter l’interdiction d’amener des chiens à la plage — si autorisés, ramasser leurs excréments Larva migrans viscérale et cutanée (Toxocara, ankylostomes)
Lésions cutanées inhabituelles au retour de voyage ? Certaines parasitoses tropicales ne se manifestent que plusieurs semaines après le retour. Le Dr Rousseau peut examiner vos lésions en téléconsultation.

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Pages associées

Questions fréquentes

Peut-on attraper des parasites en marchant pieds nus sur la plage ?

Oui — en milieu tropical principalement. La larva migrans cutanée (ver à chien) et l’ankylostomiase se transmettent par pénétration directe des larves à travers la peau intacte des pieds et des fesses. En Europe, le risque est très faible mais non nul sur les plages fréquentées par des chiens. Règle d’or : ne jamais marcher pieds nus dans le sable en zone tropicale, et s’allonger sur une serviette épaisse.

Comment reconnaître une larva migrans cutanée ?

Le signe caractéristique est un trajet sinueux rouge, surélevé, prurigineux, qui progresse de quelques millimètres par jour sous la peau — généralement aux pieds ou aux fesses dans les jours suivant un séjour tropical. Le diagnostic est clinique. Traitement efficace : ivermectine ou albendazole.

La dermite des nageurs est-elle dangereuse ?

Non — il s’agit d’une impasse parasitaire bénigne qui guérit spontanément en une dizaine de jours. Elle provoque de gros boutons urticariens prurigineux sur les zones immergées, quelques heures après un bain en lac ou mer stagnante. Elle est différente de la bilharziose humaine, qui est grave et nécessite un traitement antiparasitaire spécifique (praziquantel).

Peut-on attraper des verrues à la plage ?

Oui — le papillomavirus responsable des verrues plantaires se transmet dans les mêmes conditions qu’à la piscine : sol humide, micro-lésions cutanées, contact direct. Les enfants sont particulièrement exposés. Prévention : tongs sur les zones de douche et passages communs.

Faut-il consulter à son retour de voyage tropical ?

Oui, si vous avez nagé en eau douce stagnante, marché pieds nus, ou si vous présentez des démangeaisons cutanées inexpliquées, de la fièvre ou une éosinophilie dans les semaines suivant le retour. Certaines parasitoses (bilharzioses, anguillulose) ne se manifestent cliniquement que 2 à 10 semaines après la contamination.


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HIDRADENITE SUPPUREE : maladie de Verneuil

Maladie de Verneuil (hidradénite suppurée) : causes, symptômes, traitement et vie avec la maladie

L’hidradénite suppurée (HS), aussi connue sous le nom de maladie de Verneuil ou acné inversée, est une maladie inflammatoire chronique de la peau touchant environ 1 % de la population — soit plus de 600 000 personnes en France. Elle se manifeste par des nodules douloureux, des abcès récidivants, des fistules et des cicatrices dans les zones de plis cutanés : aisselles, aines, plis fessiers, périnée, sous les seins. Son retentissement sur la qualité de vie est considérable, souvent supérieur à celui du psoriasis ou de la dermatite atopique. Elle est pourtant diagnostiquée avec un retard moyen de 7 à 10 ans, tant elle est méconnue des patients et parfois des soignants.

Nodules, abcès récidivants, cicatrices dans les plis ?
Un bilan dermatologique précis permet de confirmer le diagnostic, d’évaluer la sévérité et d’instaurer le traitement adapté — médical ou chirurgical — avant que la maladie ne s’étende.
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Hidradénite suppurée de l'aisselle
Hidradénite suppurée de l’aisselle : nodules, abcès et cicatrices

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MALADIE DE VERNEUIL
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– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
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– Les causes
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Sommaire :
Causes et mécanismes |
Facteurs aggravants |
Symptômes |
Diagnostic et classification |
Maladies associées |
Traitement |
Impact psychologique |
Pages liées |
Questions fréquentes

Causes et mécanismes de l’hidradénite suppurée

La cause exacte de la maladie de Verneuil reste incomplètement élucidée. Il s’agit d’une maladie complexe, multifactorielle, impliquant des mécanismes génétiques, immunitaires, hormonaux et bactériens — dont aucun ne suffit à lui seul à expliquer l’ensemble du tableau clinique.

Une maladie du follicule, pas des glandes apocrines

Longtemps considérée comme une maladie des glandes sudoripares apocrines, l’hidradénite suppurée est aujourd’hui clairement comprise comme une maladie du follicule pilo-sébacé. Une obstruction folliculaire entraîne une rupture, une réaction inflammatoire locale intense, puis la formation de nodules, d’abcès et de fistules qui s’étendent progressivement sous la peau. Ce changement de paradigme a des implications directes sur les traitements.

Composante génétique

Des antécédents familiaux sont retrouvés dans 30 à 40 % des cas, avec une transmission possiblement autosomique dominante dans certaines familles. L’héritabilité de la maladie serait de l’ordre de 80 %. Des mutations ont été identifiées dans les gènes codant pour les sous-unités du complexe de la gamma-sécrétase (PSEN1, PSENEN, APH1B, NCSTN), impliquées dans la signalisation folliculaire et la différenciation kératinocytaire.

Composante immunitaire et inflammatoire

L’hidradénite suppurée est une maladie inflammatoire chronique avec dysrégulation de l’immunité innée. Les cytokines pro-inflammatoires — TNF-α, IL-1β, IL-17, IL-23 — jouent un rôle central dans l’entretien de l’inflammation folliculaire. C’est précisément ce mécanisme qui explique l’efficacité des biothérapies ciblant ces voies. Son association à la maladie de Crohn et aux spondylarthropathies témoigne d’un terrain inflammatoire systémique partagé.

Composante bactérienne

Une flore bactérienne polymicrobienne est régulièrement retrouvée dans les abcès (staphylocoques, prevotella, porphyromonas, streptocoques), mais les bactéries ne constituent pas le facteur causal initial : les prélèvements superficiels sont souvent stériles et aucune bactérie spécifique n’est systématiquement retrouvée. L’antibiothérapie vise à contrôler la surinfection et l’inflammation locale — et non à éradiquer un germe particulier.

Composante hormonale

La maladie touche plus fréquemment les femmes, débute après la puberté, s’aggrave en période prémenstruelle et s’améliore souvent pendant la grossesse et après la ménopause. Le surpoids favorise une hyperandrogénie relative par métabolisation des hormones dans le tissu adipeux. Aucune anomalie hormonale spécifique n’a cependant été formellement identifiée comme cause directe.

📚 Kimball AB et al. — Essais PIONEER I et II, adalimumab dans l’hidradénite suppurée — N Engl J Med 2016 (PubMed)

Facteurs aggravants

Facteur Impact démontré Action recommandée
Tabac Facteur aggravant le plus clairement démontré — corrélation inverse avec la rémission prolongée Arrêt du tabac : priorité absolue et non négociable dans la prise en charge
Surpoids / obésité Syndrome métabolique, hyperandrogénie relative, entretien de l’inflammation Réduction du poids : améliore significativement l’évolution à long terme
Frottements / vêtements serrés Peuvent déclencher des poussées mécaniquement Porter des vêtements amples en coton, éviter les matières synthétiques serrées
Déodorants, rasage, talcs Aucune preuve scientifique d’un lien causal Ne pas culpabiliser le patient sur ces pratiques d’hygiène courantes
📌 À retenir : contrairement à une idée reçue très répandue, les déodorants, antitranspirants, talcs et le rasage ne sont pas responsables de l’hidradénite suppurée. Cette confusion génère une culpabilité injustifiée chez les patients. Seuls le tabac, le surpoids et les frottements cutanés sont des facteurs aggravants établis.

Symptômes de la maladie de Verneuil

La maladie débute après la puberté, entre 20 et 40 ans, dans les zones de plis cutanés riches en follicules pilo-sébacés : aisselles, aines, région périnéale et périanale, fesses, plis sous-mammaires et sillon inter-mammaire.

Signes prémonitoires d’une poussée

Dans les 12 à 48 heures précédant la poussée, des sensations de brûlure, picotements, douleur localisée, chaleur ou hyperhidrose annoncent souvent l’inflammation imminente. Reconnaître ces prodromes permet d’agir tôt avec une antibiothérapie courte et de limiter l’évolution vers l’abcès.

Lésions élémentaires

Lésion Description Signification
Nodules douloureux Profonds, persistants, très douloureux lors des poussées — boules sous la peau Premiers signes — peuvent persister plusieurs semaines à mois
Abcès récidivants Évolution des nodules vers la suppuration — douleur intense Voir abcès cutanés
Fistules Trajets creusés sous la peau reliant les abcès entre eux Signe d’évolution chronique — grade II/III
Cicatrices en corde ou en pont Pathognomoniques — non observées dans d’autres dermatoses des plis Séquelles définitives des poussées répétées
Comédons ouverts multiples Points noirs groupés dans les zones atteintes Reflet de l’atteinte folliculaire diffuse
Kyste pilonidal associé Présent dans 30 % des cas — plus fréquent chez l’homme Voir kyste pilonidal

Diagnostic et classification de sévérité

Le diagnostic de la maladie de Verneuil est purement clinique, fondé sur trois critères :

  • Nodules et abcès douloureux évoluant vers la suppuration, la fistulisation et/ou les cicatrices
  • Localisations typiques : aisselles, plis inguinaux, région périanale et/ou périnéale, seins, plis sous-mammaires, pli inter-fessier, pubis
  • Caractère chronique et récidivant : au moins 2 poussées en 6 mois

Aucun prélèvement microbiologique n’est nécessaire au diagnostic, sauf en cas de fièvre ou de suspicion de surinfection atypique. Les cultures révèlent une flore polymicrobienne non spécifique qui ne guide pas le diagnostic.

Classification de Hurley (sévérité par zone anatomique)

Grade Fréquence Critères cliniques Traitement de référence
Grade I 45–70 % des patients Abcès unique ou multiples, sans fistules ni cicatrices fibreuses Antiseptiques, antibiothérapie courte lors des poussées
Grade II ~30 % des patients Abcès récidivants avec fistules et cicatrices, lésions séparées Clindamycine + rifampicine, chirurgie d’excision locale
Grade III < 5 % des patients Atteinte diffuse avec fistules interconnectées et abcès sur toute la zone Biothérapie (adalimumab) + exérèse radicale précédée d’une IRM
💡 Retard diagnostique : le délai moyen entre les premiers symptômes et le diagnostic est de 7 à 10 ans. La maladie de Verneuil est souvent confondue avec de simples furoncles ou abcès à répétition. Si vous présentez des abcès récidivants dans les plis depuis plusieurs mois, consultez un dermatologue.

Maladies associées

L’hidradénite suppurée s’inscrit dans un contexte inflammatoire systémique et s’associe à diverses maladies qu’il est indispensable de rechercher systématiquement :

Association Fréquence / Particularité
Tétrade d’occlusion folliculaire Acné conglobata + cellulite disséquante du cuir chevelu + sinus pilonidal + HS
Maladie de Crohn 2 % des patients — terrain inflammatoire partagé — à rechercher en cas de symptômes digestifs
Spondylarthropathies / Rhumatisme psoriasique À évoquer en cas de douleurs articulaires, surtout lombaires matinales
Syndromes PASH / PASS / PAPASH / PsAPASH Associations rares mais importantes : pyoderma gangrenosum, acné, spondylarthrite, arthrite pyogénique, rhumatisme psoriasique
Dépression et anxiété Présentes chez 21 % (dépression) et 12 % (anxiété) des patients — dépistage systématique indispensable
Syndrome métabolique / Diabète de type 2 Associés au surpoids — comorbidités à prendre en charge conjointement
Carcinome épidermoïde Complication rare et grave sur cicatrices chroniques — surveillance des zones cicatricielles anciennes

📚 Jalenques I et al. — Prévalence de la dépression et de l’anxiété dans l’HS : méta-analyse de 28 études — JAAD 2020 (PubMed)

Traitement de la maladie de Verneuil

La prise en charge est médicale et chirurgicale, adaptée au grade de Hurley et à l’évolution de la maladie. Elle repose toujours sur des mesures hygiéno-diététiques incontournables, associées à un traitement pharmacologique, parfois chirurgical, et dans les formes sévères à des biothérapies.

Mesures hygiéno-diététiques — toujours indispensables

  • Arrêt du tabac : priorité absolue, facteur aggravant démontré — orientation vers un sevrage tabagique si nécessaire
  • Réduction du surpoids : améliore significativement l’évolution à long terme — prise en charge nutritionnelle si IMC élevé
  • Port de vêtements amples en coton, éviter les frottements
  • Nettoyage antiseptique quotidien des zones atteintes (chlorhexidine diluée, sans friction)

Traitement médical selon la forme clinique

Situation Traitement Modalités
Poussée aiguë — Hurley I/II Antibiothérapie courte dès les prodromes ± corticothérapie courte Augmentin 50 mg/kg/j ou pristinamycine 3 g/j — 5 à 10 jours — débutée au stade prémonitoire
Prophylaxie secondaire (≥ 4 poussées/an) Doxycycline ou cotrimoxazole au long cours Doxycycline 100–200 mg/j ou cotrimoxazole 400/80 mg/j — réévaluation à 3–6 mois
Forme chronique continue bénigne Clindamycine + rifampicine 600 mg/j chacune — 10 semaines — puis prophylaxie secondaire
Forme sévère — Hurley II/III Antibiothérapie d’attaque puis biothérapie ± chirurgie Ceftriaxone + métronidazole ou lévofloxacine + clindamycine — 15 à 21 jours maximum

Biothérapies

Les biothérapies représentent une avancée thérapeutique majeure pour les formes modérées à sévères en échec des traitements conventionnels. Elles sont indiquées en cas de score de qualité de vie très altéré, d’échec des antibiotiques ou d’association à des maladies inflammatoires. Voir notre article dédié aux biothérapies en dermatologie.

Molécule Statut Données d’efficacité
Adalimumab (Humira®) Seule biothérapie avec AMM dans l’HS — remboursée depuis mars 2021 Études PIONEER I et II (N Engl J Med 2016) : réponse clinique à 12 semaines chez 41,8 % (PIONEER I) et 58,9 % (PIONEER II) vs 26–27 % sous placebo
Sécukinumab (anti-IL-17A) En cours d’obtention d’AMM — résultats prometteurs Formes modérées à sévères — évaluation en cours
Infliximab Hors AMM — formes résistantes à l’adalimumab Données de cas et séries — deuxième ligne anti-TNF
Isotrétinoïne Inefficace dans l’HS — ne pas utiliser L’acitrétine peut être essayée hors AMM dans certaines formes — voir isotrétinoïne

Schéma posologique de l’adalimumab : 160 mg SC à S0, puis 80 mg SC à S2, puis 40 mg par semaine (traitement d’entretien). La posologie hebdomadaire est supérieure à la bimensuelle selon les données à 36 semaines des essais PIONEER.

📚 Kimball AB et al. — PIONEER I et II : adalimumab vs placebo dans l’HS modérée à sévère — N Engl J Med 2016 (PubMed)

📚 Stratégie posologique de l’adalimumab à moyen terme dans l’HS — résultats intégrés PIONEER (PubMed 2019)

Traitement chirurgical

Geste Indication Commentaire
Incision-drainage Soulagement immédiat d’un abcès fluctuant en poussée Aucune valeur curative — récidive quasi constante
Excision limitée Lésions récidivant toujours au même endroit — Hurley I–II localisé Curatif dans la zone opérée si exérèse complète
Exérèse radicale + cicatrisation dirigée ou greffe Grades II et III étendus Précédée d’une IRM pour cartographier l’ensemble des fistules — seul geste potentiellement curatif

Épilation laser

L’épilation au laser (Nd:YAG, alexandrite) réduit la densité folliculaire dans les zones atteintes et peut diminuer la fréquence et l’intensité des poussées dans les formes légères à modérées. Elle constitue un complément utile aux traitements médicaux et chirurgicaux. Voir notre article sur l’épilation laser.


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Impact psychologique et qualité de vie

La maladie de Verneuil génère une souffrance psychologique considérable, qui est trop souvent minimisée. La douleur chronique, les odeurs liées aux abcès, les cicatrices visibles dans des zones intimes, l’impact sur la sexualité, les relations sociales et la vie professionnelle contribuent à un score d’altération de la qualité de vie (DLQI) parmi les plus élevés de toutes les dermatoses chroniques — supérieur à celui du psoriasis et de la dermatite atopique dans de nombreuses études.

🚨 Chiffres clés :
21 % des patients présentent une dépression (méta-analyse, 28 études — Jalenques et al. JAAD 2020)
12 % des patients présentent un trouble anxieux associé
— Le risque de dépression est 2 fois plus élevé chez les patients atteints d’HS que dans la population générale
— Le DLQI moyen est de 8,4 à 16,9 dans les études observationnelles — soit un impact «très important» à «extrêmement important»

La stigmatisation sociale joue un rôle majeur : les patients qui se sentent stigmatisés présentent systématiquement une qualité de vie plus dégradée, des niveaux de dépression et d’anxiété sociale plus élevés. Le dépistage systématique de ces comorbidités psychiatriques et leur prise en charge font partie intégrante du traitement global de la maladie.

📚 Jalenques I et al. — Prévalence dépression et anxiété dans l’HS : méta-analyse — JAAD 2020 (PubMed)

📚 Corrélation dépression, qualité de vie et sévérité dans l’HS — 341 patients (PubMed 2020)

Pages liées

Infections et lésions cutanées associées
Abcès cutané
Furoncle
Abcès, furoncles et folliculites
Folliculite
Kyste pilonidal
Boule sous la peau
Traitements et maladies inflammatoires
Biothérapies en dermatologie
Isotrétinoïne
Épilation laser
Acné
Cortisone — précautions

Questions fréquentes sur la maladie de Verneuil

La maladie de Verneuil est-elle causée par un manque d’hygiène ?

Non. C’est l’une des idées reçues les plus douloureuses pour les patients. La maladie de Verneuil est une maladie inflammatoire chronique d’origine génétique et immunitaire — elle n’est pas causée par un défaut d’hygiène, ni par les déodorants, le rasage ou les antitranspirants. Ces facteurs n’ont aucun lien démontré avec la maladie. Seuls le tabagisme et le surpoids sont des facteurs aggravants établis.

Peut-on guérir de l’hidradénite suppurée ?

La maladie de Verneuil est une maladie chronique — la guérison complète et définitive est rare. En revanche, un traitement bien conduit (antibiotiques, biothérapie, chirurgie) permet d’obtenir des rémissions prolongées et d’améliorer considérablement la qualité de vie. L’arrêt du tabac et la perte de poids sont les deux leviers les plus puissants sur l’évolution à long terme.

Quand est-ce que l’adalimumab est indiqué ?

L’adalimumab (Humira®) est indiqué dans les formes modérées à sévères de maladie de Verneuil (Hurley II/III) après échec d’au moins un traitement antibiotique systémique bien conduit. Il est remboursé en France depuis mars 2021. Les études PIONEER I et II ont démontré son efficacité à 12 semaines avec une réponse clinique chez environ 42 à 59 % des patients sous adalimumab hebdomadaire, contre 26–28 % sous placebo.

La chirurgie peut-elle guérir la maladie de Verneuil ?

La chirurgie est le seul traitement potentiellement curatif dans une zone donnée — à condition que l’exérèse soit complète et radicale, précédée d’une IRM pour cartographier toutes les fistules. Une excision insuffisante entraîne une récidive quasi constante dans la zone opérée. L’incision-drainage d’un abcès en poussée soulage immédiatement mais n’a aucune valeur curative.

La maladie de Verneuil est-elle héréditaire ?

Oui, en partie. Des antécédents familiaux sont retrouvés dans 30 à 40 % des cas, et l’héritabilité estimée est d’environ 80 %. Des mutations dans les gènes du complexe gamma-sécrétase ont été identifiées dans certaines familles. Cela ne signifie pas que tous les enfants d’un parent atteint développeront la maladie, mais la vigilance est justifiée en cas d’antécédents familiaux.

Voir aussi :
Abcès cutané |
Furoncle |
Folliculite |
Biothérapies |
Kyste pilonidal


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Sources scientifiques et références

Mis à jour le 1er avril 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.


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CANDIDOSE : les candidoses

Candidoses : causes, formes cliniques, diagnostic et traitement

Les candidoses sont des mycoses de la peau et des muqueuses dues à des levures du genre Candida. Omniprésent dans notre flore naturelle, le Candida albicans devient pathogène lorsque l’équilibre du terrain est rompu — par un diabète, une antibiothérapie, une immunodépression ou une simple macération. Il peut toucher la bouche, le vagin, les plis cutanés, les ongles et les organes génitaux masculins. Reconnaître la forme clinique est indispensable pour adapter le traitement.

Candidose récidivante ou résistante au traitement ?
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Sommaire :
Mécanisme de pathogénicité |
Facteurs favorisants |
Formes cliniques |
Diagnostic |
Résistances |
Traitement |
Tableau récapitulatif |
Pages du cluster |
Questions fréquentes

Quand Candida albicans devient pathogène : le passage blastospore → filament

Candida albicans au microscope - blastospores et filaments pathogènes
Candida albicans au microscope — blastospores et filaments pathogènes

Candida albicans vit normalement (commensal) dans le tube digestif et la muqueuse vaginale sous forme de blastospores unicellulaires, en équilibre avec la flore locale. Il n’est jamais saprophyte de la peau saine. Son passage à l’état pathogène est conditionné par une transition morphologique réversible — des blastospores vers la forme filamenteuse — qui est requise pour sa virulence.

Étape Ce qui se passe Ce qu’il faut faire
1. Colonisation / multiplication Le Candida se multiplie en blastospores car les conditions locales le permettent (macération, antibiotiques, diabète…) Corriger le terrain en priorité — traiter le facteur favorisant suffit souvent
2. Candidose à proprement parler La levure passe à l’état filamenteux (hyphes ou pseudohyphes) — elle adhère et envahit les muqueuses et la peau — les symptômes apparaissent : rougeur, brûlures, démangeaisons Traiter simultanément la candidose ET le facteur favorisant

📚 Référence : Talapko J et al. — Candida albicans — The Virulence Factors and Clinical Manifestations of Infection — J Fungi 2021;7(2):79

📚 Référence mécanisme : Lopes JP, Lionakis MS. — Pathogenesis and virulence of Candida albicans — Virulence 2022;13(1):89-121

Facteurs favorisant les candidoses

Les candidoses sont des infections opportunistes — elles surviennent presque toujours sur un terrain fragilisé. Le médecin recherche systématiquement :

Facteur favorisant Mécanisme
Diabète Premier facteur à éliminer — glycémie élevée favorise la prolifération de Candida — bilan glycémique indispensable en cas de candidose profuse ou récidivante
Macération Plis (aine, interfessier, sous les seins), espaces interdigitaux — humidité chronique favorisant la prolifération
Antibiothérapie à large spectre Dysbiose de la flore locale — le Candida prend la place des bactéries éliminées
Irritation des muqueuses Rapports sexuels répétés, sécheresse buccale induite par les neuroleptiques, savons irritants
Immunodépression Corticothérapie prolongée, immunosuppresseurs, VIH, chimiothérapie, déficit en polynucléaires neutrophiles

Les différentes formes de candidoses

Candidose buccale

La candidose buccale regroupe plusieurs tableaux cliniques distincts, détaillés dans la page dédiée à la candidose de la bouche.

Muguet buccal - candidose du nourrisson
Muguet
Candidose de la bouche de l'adulte
Candidose de la bouche de l’adulte
Glossite médiane - langue rouge candidose
Glossite médiane — langue rouge
Langue blanche candidose
Langue blanche
Langue noire villeuse candidose
Langue noire villeuse
Perlèche - fissure au coin des lèvres candidose
Perlèche — fissure au coin des lèvres

La candidose buccale peut s’étendre au plan pharyngé et digestif : œsophagite, gastro-entérite, colite, anite.

Candidose génitale

Candidose ou mycose vaginale - rougeur vernissée
Candidose ou mycose vaginale
Candidose de l'homme - balanite à Candida
Candidose du sexe de l’homme (balanite)
Localisation Aspect typique Page dédiée
Vulvite et candidose vaginale Rougeur vernissée, pertes blanches caillebotées, démangeaisons intenses → Mycose vaginale
Balanite et méatite (homme) Rougeur du gland, parfois enduit blanchâtre, pustulettes en tête d’épingle → Mycose du sexe de l’homme

Candidose cutanée

La candidose cutanée touche préférentiellement les zones de macération.

Candidose du pli - pustules blanches sur fond rouge et luisant
Candidose du pli — pustules blanches sur fond rouge luisant
Candidose du siège de bébé - érythème fessier
Candidose du siège de bébé
Candidose interdigitale - fissures entre les doigts
Candidose interdigitale
Localisation Page dédiée
Rougeurs de l’aine et des plis inguinaux → Rougeurs entre les cuisses
Rougeurs entre les fesses et sur l’anus → Rougeurs anales
Rougeurs sous les seins et aux aisselles Traitement identique aux candidoses des plis
Érythème fessier du bébé → Fesses rouges bébé
Fissures entre les doigts (3e et 4e espaces interdigitaux) → Candidose interdigitale

Candidose des ongles (onychomycose à Candida)

Candida dans l'ongle - onychomycose à Candida
Onychomycose à Candida
Périonyxis à Candida - rougeur et gonflement du bourrelet unguéal
Périonyxis à Candida

Débute par un périonyxis — rougeur et gonflement douloureux du bourrelet unguéal — puis atteinte secondaire de l’ongle lui-même (mycose de l’ongle). Favorisée par les traumatismes locaux : manucurie agressive, détergents, mains constamment dans l’eau.


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Diagnostic

Le diagnostic de candidose nécessite souvent un prélèvement mycologique — grattage cutané, écouvillon muqueux ou prélèvement unguéal — permettant d’isoler le Candida sous forme filamenteuse (signe de pathogénicité). Un simple prélèvement positif en blastospores sans filaments peut correspondre à un portage saprophyte non pathogène. Le bilan minimal comprend également une glycémie à jeun pour éliminer un diabète méconnu.

Résistances aux antifongiques — une préoccupation croissante

⚠️ Les résistances aux antifongiques, notamment au fluconazole, sont en augmentation significative en France et dans le monde.
Espèce Particularité Contexte
Candida auris Hautement résistante aux antifongiques usuels — facilement transmissible — émergence mondiale Surtout en milieu hospitalier — infections nosocomiales
Candida parapsilosis Résistance croissante au fluconazole — première ligne d’azolés parfois inefficace Plus fréquent en ambulatoire — candidoses récidivantes
💡 Ces résistances justifient un prélèvement mycologique avec antifongigramme en cas de candidose récidivante ou ne répondant pas au traitement habituel, avant de modifier la prescription. Ne jamais changer d’antifongique sans documentation mycologique.

Traitement des candidoses

1. Corriger les facteurs favorisants — priorité absolue

📌 Sans correction du terrain, tout traitement antifongique sera insuffisant ou temporaire. C’est la règle d’or du traitement des candidoses.
Localisation Mesures de terrain
Bucco-digestive Lutter contre la sécheresse buccale et les anti-acides — traiter le diabète — bains de bouche alcalinisants (½ cuillère à café de bicarbonate de sodium dans un verre d’eau)
Génitale Réduire l’acidité muqueuse chez la femme — limiter les irritations locales — équilibrer un diabète — traiter le(s) partenaire(s) si symptomatique(s)
Cutanée (plis) Lutter contre l’humidité et la macération — séchage soigneux des plis — sous-vêtements en coton
Unguéale Éviter la manucurie agressive et les détergents — protéger les mains au contact de l’eau

2. Traitement local

Les antifongiques locaux sont la base du traitement. La forme galénique est choisie selon la localisation : crème (plis cutanés), poudre (zones de macération), ovule ou crème vaginale, solution buccale ou gel. En cas de lésions suintantes ou surinfectées, des antiseptiques doux peuvent être associés : dérivés iodés (Bétadine®), chlorhexidine aqueuse. Les savons surgras ou alcalins (Hydralin®) ont un effet apaisant complémentaire.

3. Traitement systémique oral

Médicament Indication Surveillance
Fluconazole (Triflucan®) Traitement de référence des candidoses génitales et cutanées récidivantes — demi-vie longue (30 h) permettant des prises espacées Adapter la dose à la fonction rénale — interactions médicamenteuses (CYP3A4)
Kétoconazole (Nizoral®) Candidoses bucco-digestives, vaginales, cutanées et unguéales étendues Surveillance hépatique obligatoire : bilan avant traitement, J15, puis toutes les 4 semaines
📌 Grossesse : aucun antifongique par voie orale n’est autorisé chez la femme enceinte. Privilegier exclusivement les traitements locaux (sans absorption systémique).

Tableau récapitulatif — formes cliniques et traitement

Localisation Aspect clinique Facteur favorisant principal Traitement de 1re intention
Bouche (muguet) Enduit blanc crémeux Nourrisson, immunodépression, antibiotiques Antifongique local (gel, solution) + bains de bouche alcalins
Vagin / vulve Rougeur vernissée, pertes caillebotées Antibiotiques, grossesse, diabète Ovule antifongique ± fluconazole oral
Sexe de l’homme Rougeur du gland, enduit blanc, pustulettes Partenaire infectée, diabète, prépuce long Crème antifongique locale
Plis cutanés Fond rouge luisant, pustules périphériques Macération, diabète, obésité Antifongique crème/poudre + séchage
Interdigital Fissures blanchâtres entre les doigts Mains dans l’eau, travail humide Antifongique local + protection
Ongles Périonyxis puis ongle atteint Manucurie, détergents, eau Antifongique local longue durée ± oral

Pages du cluster candidoses

Traitements et mycoses en général
Antifongiques
Mycoses
Champignons de la peau

Questions fréquentes

Comment savoir si j’ai une candidose ou une autre mycose ?

Le Candida donne des lésions caractéristiques : fond rouge luisant avec des pustules satellites en périphérie pour les plis, pertes blanches caillebotées pour le vagin, enduit blanc crémeux pour la bouche. Mais seul un prélèvement mycologique avec identification de la forme filamenteuse permet une confirmation formelle et d’éliminer une résistance au traitement habituel.

Ma candidose revient sans cesse malgré le traitement — pourquoi ?

Une candidose récidivante doit faire rechercher un diabète méconnu, une immunodépression, un foyer persistant (candidose digestive associée, partenaire non traité) ou une résistance au fluconazole — de plus en plus fréquente avec Candida parapsilosis. Un prélèvement avec antifongigramme est indispensable avant de modifier le traitement.

La candidose est-elle contagieuse ?

La candidose n’est pas une infection sexuellement transmissible à proprement parler, mais le Candida peut se transmettre lors des rapports sexuels. Le traitement du partenaire n’est indiqué que s’il présente lui-même des signes cliniques. La transmission peut aussi se faire par contact direct avec d’autres foyers (bouche, tube digestif, plis).

La cortisone peut-elle aggraver une candidose ?

Oui — c’est l’une des erreurs les plus fréquentes. Appliquer de la cortisone sur une candidose cutanée ou vulvaire supprime la rougeur en surface tout en favorisant la prolifération profonde du Candida. La candidose remaniée par les corticoïdes est souvent plus étendue et plus difficile à traiter. Ne jamais appliquer de cortisone sur une rougeur des plis ou de la vulve sans diagnostic établi.

Peut-on traiter une candidose sans ordonnance ?

Certains antifongiques locaux sont disponibles sans ordonnance pour les formes vaginales ou cutanées bien identifiées. Mais une candidose récidivante, profuse, ou ne répondant pas au premier traitement nécessite une consultation pour confirmer le diagnostic, rechercher un facteur favorisant (diabète notamment) et adapter le traitement selon l’antifongigramme si nécessaire.

Mycose vaginale | → Mycose du sexe de l’homme | → Candidose buccale | → Mycose des ongles | → Antifongiques


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Mis à jour le 1er avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.

MAIN PIED BOUCHE : la maladie mains pieds bouche

Main pied bouche

Atteinte des mains
Atteinte des mains


Le syndrome main pied bouche est une maladie virale bénigne à coxsackie, touchant l’enfant.

Bouche
Bouche

Apparait ensuite une eruption des mains et pieds : il s’agit de taches rouges centrées par une petite vésicule.

Atteinte du pied
Atteinte du pied

L’eruption peut ensuite s’étendre aux fesses, aux faces posterieures des membres…
La guérison est spontanée en une semaine


Traitement

Abstention

ROUGEURS QUI GRATTENT DANS L’AINE : plaques rouges démangent entre les cuisses

Plaques rouges entre les cuisses, dans l’aine ou sur les testicules : causes et traitements

Les rougeurs qui démangent entre les cuisses, dans les plis de l’aine ou sur les testicules sont fréquentes et souvent angoissantes. La zone inguinale présente un environnement favorable à la macération, à la chaleur et au frottement — conditions qui favorisent aussi bien les mycoses que les irritations ou certaines maladies de peau. Un diagnostic précis est indispensable car les traitements sont radicalement différents selon la cause.

Rougeurs persistantes ou qui reviennent malgré le traitement ?
Un examen dermatologique — y compris en téléconsultation avec photos — permet d’identifier la cause exacte et d’éviter les récidives.
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Sommaire :
Démarche diagnostique |
Mycose à dermatophytes |
Candidose cutanée |
Eczéma de contact |
Psoriasis |
Irritations |
Maladies rares et autres causes |
Pages liées |
Questions fréquentes

Démarche diagnostique

Le médecin analyse plusieurs éléments cliniques pour orienter le diagnostic :

Élément examiné Ce que cela oriente
Aspect de la surface — sèche et squameuse / luisante et humide / végétante Dermatophyte (sec) vs candidose (luisant humide) vs maladie de Paget / pemphigus (végétant)
Bordure — nette et polycyclique / émiettée / diffuse Bordure nette → dermatophyte ; bordure émiettée → candidose ; diffuse → eczéma ou irritation
Pustules — blanches périphériques Candidose (pustules blanches caractéristiques)
Symétrie — bilatérale et symétrique vs unilatérale Mycose à dermatophytes souvent bilatérale et symétrique
Lampe de Wood (UV) Fluorescence caractéristique pour certaines mycoses et érythrasme bactérien
Prélèvement mycologique et/ou bactériologique Confirmation du champignon (dermatophyte vs Candida) ou de la bactérie
Biopsie cutanée Indispensable si suspicion de maladie de Paget ou d’une dermatose rare
⚠️ Ne pas s’automédiquer sans diagnostic : appliquer une crème antifongique sur un eczéma, ou une cortisone sur une mycose, aggrave souvent la situation. Le diagnostic précis est la première étape indispensable.

1. Mycose à dermatophytes (tinea cruris)

C’est la cause la plus fréquente de rougeurs prurigineuses dans les plis de l’aine. Pour le détail des mycoses cutanées, voir la page mycoses de la peau.

Dermatophytie (mycose) entre les cuisses et sur les bourses
Dermatophytie (mycose) entre les cuisses et sur les bourses
Bordure caractéristique de la mycose de l'aine à dermatophytes
Bordure caractéristique de la mycose de l’aine à dermatophytes
Mycose entre les fesses
Mycose entre les fesses
Caractéristique Description
Aspect typique Rougeurs sèches et squameuses, centre rosé — bilatérales et symétriques — démangeaisons
Bordure Nette, polycyclique, vésiculeuse et squameuse — zone d’extension centrifuge active du champignon
Extension possible Fesses, face interne des cuisses, parfois périnée
Facteur de récidive fréquent Contamination depuis une mycose des pieds non traitée — lors de l’enfilage des sous-vêtements

Traitement

Mesure Détail
Facteurs favorisants Éviter sous-vêtements synthétiques et serrés — sécher soigneusement les plis après la toilette — traiter la mycose des pieds simultanément
Antifongiques locaux Antifongiques en crème, spray ou poudre — 2 fois par jour pendant 3 semaines — sur ordonnance
Antifongiques oraux En cas de résistance : terbinafine ou griséofulvine — le kétoconazole est évité en raison de sa toxicité hépatique
💡 Piège classique des récidives : traiter la mycose de l’aine sans traiter simultanément la mycose des pieds aboutit systématiquement à la récidive — la contamination se fait lors de l’enfilage des sous-vêtements qui passent sur les pieds infectés.

2. Candidose cutanée des plis

Caractéristique Description
Aspect typique Rouge vernissé, luisant, humide — parfois fissuré dans le fond du pli — parfois enduit blanc crémeux
Bordure Émiettée avec collerette blanchâtre — pustules blanches périphériques caractéristiques
Facteurs favorisants Obésité, diabète, grossesse, immunodépression, antibiotiques, corticothérapie générale
Pustules blanches dispersées sur fond rouge et luisant, évocateur de candidose du pli
Pustules blanches dispersées sur fond rouge et luisant, évocateur de candidose du pli

Traitement

Étape Mesure
Facteurs favorisants Lutte contre humidité et macération — traitement du diabète — soins d’une candidose muqueuse ou digestive associée
Toilette adaptée Savon surgras ou alcalin (Hydralin®) — désacidification par bicarbonate si lésions acides — effet apaisant
Lésions suintantes ou surinfectées Antiseptiques doux : dérivés iodés (Bétadine® solution dermique), chlorhexidine aqueuse
Antifongiques locaux Antifongiques en formes non occlusives (lait, poudre, lotion) — 2 fois par jour pendant 3 semaines
Traitement oral Kétoconazole (Nizoral®) possible — surveillance hépatique obligatoire (bilan avant, J15, puis mensuel)


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3. Eczéma de contact

Des eczémas allergiques de contact peuvent survenir dans les plis de l’aine par exposition à différents allergènes.

Voie de contact Allergènes fréquents
Contact direct Matière des sous-vêtements (élastiques, colorants), produits de lavage, antiseptiques, antifongiques, latex des préservatifs
Contact indirect — portage manuel Produits chimiques, vernis à ongles, cosmétiques transférés par les mains
Contact indirect — rapports sexuels Lubrifiants intimes, spermicides, produits cosmétiques du partenaire
💡 Le diagnostic de l’eczéma de contact est confirmé par des patch tests (tests épicutanés) qui identifient l’allergène en cause. Le traitement repose sur les crèmes à la cortisone et l’éviction stricte de l’allergène identifié.

4. Psoriasis inversé

Le psoriasis peut toucher les plis de l’aine et la région inter-fessière, donnant des plaques rouges bien délimitées, peu squameuses dans les plis (car l’humidité de la zone atténue les squames habituelles). Il est souvent associé à d’autres localisations psoriasiques (coudes, genoux, cuir chevelu, ongles).

5. Irritations et traumatismes

Cause Aspect clinique
Toilette excessive, antiseptiques irritants (Dakin®), frottements répétés, bains de mer, cosmétiques Rouge brillant, aspect fripé — parfois vésicules ou plaies superficielles — sensation de brûlure prédominant sur le prurit
Contact accidentel avec une substance caustique (eau de Javel…) Brûlure chimique localisée — traitement par rinçage abondant et cicatrisant

6. Autres causes et maladies rares

Cause Points clés
Maladie de Paget Adénocarcinome in situ de l’épiderme — peut évoluer en carcinome invasif — associé dans ¼ des cas à un cancer sous-jacent (urinaire…) — biopsie indispensable
Érythème pigmenté fixe Plaque rouge ou brunâtre récidivant exactement au même endroit à chaque prise du médicament responsable
Maladie de Hailey-Hailey Dermatose héréditaire rare autosomique dominante — vésicules et bulles récidivantes dans les plis — fissures en rhagades parallèles caractéristiques — traitement : assèchement des plis, excision chirurgicale avec greffe en cas de formes sévères
Pemphigus végétant Forme rare de pemphigus — rougeurs végétantes et bourgeonnantes dans les grands plis
Syphilis secondaire Syphilides — plaques multiples, gonflées, érosives, parfois végétantes dans les plis — sérologie TPHA-VDRL indispensable
Maladie de Crohn Fissures, ulcérations linéaires profondes « en coup de couteau », abcès et fistules entre les fesses et dans l’aine — peuvent précéder les manifestations digestives de plusieurs mois
Histiocytose langerhansienne Accumulation de cellules de Langerhans — surélévations croûteuses et purpuriques — derrière les oreilles, fesses, aine
Érythème nécrolytique migrateur Atteinte cutanée liée au glucagonome (tumeur maligne du pancréas) — plaques rouges d’extension centrifuge à bordure croûteuse ou érosive
Pustulose sous-cornée de Sneddon-Wilkinson Dermatose neutrophilique — pustules ou bulles flasques avec niveau liquidien (pustule à hypopion) — tronc, racine des membres, aine
⚠️ Maladie de Paget : toute plaque rouge de l’aine ou de la région génitale résistant au traitement antifongique ou à la cortisone doit faire évoquer une maladie de Paget et justifie une biopsie cutanée urgente.

Pages liées

Mycoses et infections cutanées
Mycoses de la peau
Mycose des pieds
Antifongiques
Terbinafine

Questions fréquentes

Comment distinguer une mycose d’une candidose dans l’aine ?

Les deux sont des mycoses mais dues à des champignons différents. La mycose à dermatophytes (la plus fréquente) donne des rougeurs sèches et squameuses avec une bordure nette, polycyclique, en extension centrifuge — souvent bilatérale et symétrique. La candidose donne des rougeurs luisantes, humides, à bordure émiettée avec des pustules blanches périphériques caractéristiques — et survient plutôt chez les personnes diabétiques, obèses ou sous antibiotiques. Le traitement antifongique est similaire mais la prise en charge des facteurs favorisants diffère.

Pourquoi la mycose de l’aine récidive-t-elle sans cesse ?

La cause de récidive la plus fréquente est une mycose des pieds non traitée simultanément. Lors de l’enfilage des sous-vêtements, ceux-ci passent sur les pieds contaminés et transportent les dermatophytes vers l’aine. Sans traitement des pieds, la récidive est inévitable. Les autres facteurs de récidive sont le maintien de la macération (sous-vêtements synthétiques, séchage insuffisant) et l’interruption prématurée du traitement antifongique.

Peut-on appliquer de la cortisone sur une rougeur entre les cuisses ?

Seulement si la cause est un eczéma ou un psoriasis — et après confirmation médicale. Appliquer de la cortisone sur une mycose non diagnostiquée supprime temporairement les démangeaisons mais aggrave l’infection fongique en inhibant les défenses locales — on parle de « tinea incognita ». Ce tableau trompeur est difficile à diagnostiquer ensuite. Un avis médical avant toute application de cortisone sur les plis est indispensable.

Une rougeur de l’aine qui ne guérit pas peut-elle être un cancer ?

Oui — la maladie de Paget est un adénocarcinome in situ qui se présente comme une plaque rouge persistante de l’aine ou des organes génitaux, résistant aux traitements habituels. C’est rare mais à ne pas manquer. Toute plaque qui ne répond pas au traitement antifongique ou antiinflammatoire après 4 à 6 semaines doit faire l’objet d’une biopsie cutanée pour éliminer ce diagnostic.

Les rougeurs entre les cuisses peuvent-elles être liées à la maladie de Crohn ?

Oui — la maladie de Crohn peut se manifester par des fissures, des ulcérations profondes « en coup de couteau » et des abcès fistuleux entre les fesses et dans l’aine. Ces manifestations cutanées peuvent précéder les symptômes digestifs de plusieurs mois — elles doivent alerter vers une consultation gastroentérologique.

Voir aussi :
Mycoses de la peau |
Mycose des pieds |
Eczéma |
Psoriasis |
Maladie de Paget |
Syphilis


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INFECTION DE LA PEAU : les infections de la peau

Infection de la peau

On entend généralement par infection une atteinte bactérienne de la peau glabre ou des poils. Cependant la peau peut aussi être contaminée par des virus, des parasites…

Infection bactérienne de la peau

Une bactérie est un organisme vivant unicellulaire qui existait sur terre bien avant l’apparition de l’Homme.

Stérile à la naissance, la peau se recouvre ensuite de bactéries  » normales  » dites saprophytes (jusqu’à un million de germes par cm², beaucoup moins cependant que la bouche, le tube digestif ou le vagin).

Comme la Terre, la peau est recouverte de niches écologiques très diverses (type et nombre de bactéries très divers), avec des régions comparables à des forêts tropicales (orifices, aisselles) et d’autres à des déserts (avant-bras, dos).

Cette flore appelée microbiote cutané se modifie tout au long de l’existence, sous l’influence du lieu de vie (Tropiques, montagne, mer… ), de la prise de médicaments (immunosuppresseurs, antibiotiques… ) ou de l’utilisation de cremes cortisonées, antibiotiques… , de changements
hormonaux (puberté, grossesse… ) ou de maladies (diabète, insuffisance
rénale, SIDA… ).

Certaines de ces bactéries peuvent se reproduire en trop grand nombre et donner une infection.

D’autres ne sont pas  » normalement  » présentes sur la peau sauf en certains endroits (autour du nez ou périnée) et peuvent la coloniser pour diverses raisons (présence dune plaie par exemple…) et provoquer une infection.

C’est le cas par exemple du staphylocoque doré ou de certains streptocoques qui sont la cause de la majorité des infections cutanées bactériennes.

Peau glabre

L’infection de la peau glabre est le plus souvent responsable d’impetigo, de panaris, d’érysipèle

Poils

L’infection des poils provoque folliculite, furoncle, abcès

Infection virale de la peau

On peut citer l’herpes, les verrues, les condylomes, les molluscum contagiosum

Mycose de la peau

voir mycose de la peau

Parasites sur la peau

Poux, gale, punaises de lit

ROUGEURS SOUS LES SEINS : irritation sous la poitrine

Irritation sous la poitrine : causes, photos et traitements

Une irritation sous la poitrine — rougeur, boutons, démangeaisons ou suintement sous les seins — est un problème fréquent. La zone sous-mammaire est particulièrement exposée à la macération, la chaleur et les frottements, ce qui favorise les infections et les irritations. Voici comment identifier la cause et trouver le bon traitement.

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Pourquoi la zone sous la poitrine est-elle si sensible ?

Le pli sous-mammaire cumule plusieurs facteurs favorisant les irritations et les infections :

  • Macération — la transpiration stagne dans le pli, surtout par chaleur
  • Frottements — les baleines du soutien-gorge irritent répétitivement la peau
  • Chaleur et humidité — terrain idéal pour la prolifération fongique et bactérienne
  • pH acide des plis — favorise le développement des levures (Candida)

Ces facteurs expliquent pourquoi une même zone peut présenter plusieurs problèmes superposés. Le diagnostic précis oriente le traitement.

Les causes les plus fréquentes

1. Candidose sous les seins (mycose à Candida) — la cause n°1

candidose sous les seins rougeur pustules blanches irritation poitrine
Candidose sous les seins — fond rouge luisant avec pustules blanches en périphérie

La candidose est la cause la plus fréquente d’irritation sous la poitrine. Elle se reconnaît à :

  • Rougeur souvent suintante, à fond blanc crémeux
  • Pustules satellites en périphérie de la rougeur — signe très évocateur
  • Limites nettes, parfois avec une collerette squameuse
  • Démangeaisons et sensation de brûlure

Facteurs favorisants : surpoids, diabète, grossesse, immunodépression, traitement par antibiotiques ou corticoïdes, chaleur.

Traitement :

  • Lutter contre la macération : sécher soigneusement le pli après la toilette, éviter les sous-vêtements synthétiques serrés
  • Antifongiques locaux (éconazole, miconazole, ciclopirox) en crème, lait ou poudre — 2 fois/jour pendant 3 semaines, sur ordonnance
  • En cas de suintement : antiseptique doux (chlorhexidine aqueuse) avant l’antifongique
  • En cas d’échec ou de formes étendues : antifongique oral (fluconazole)

2. Dermatophytose (mycose à dermatophytes)

Moins fréquente que la candidose sous les seins. Elle donne des plaques sèches à extension centrifuge progressive, avec une bordure active légèrement surélevée et un centre qui se normalise. Elle est souvent associée à une mycose du tronc ou des bras environnants.

Traitement : antifongiques locaux (terbinafine, éconazole) pendant 3 semaines. En cas d’échec : terbinafine orale.

3. Irritation mécanique et de contact

L’irritation pure se reconnaît à une rougeur brillante, fripée, parfois avec de petites vésicules et une sensation de brûlure (plus que de démangeaison). Elle est souvent due à :

  • Frottements répétés des baleines ou du tissu du soutien-gorge
  • Toilette trop méticuleuse avec des antiseptiques irritants (Dakin*, eau de Javel)
  • Cosmétiques, crèmes parfumées
  • Bains de mer répétés (irritation par le sel)
  • Présence de kératoses séborrhéiques sous les seins qui accentuent les frottements

Traitement : suppression du facteur irritant, crème émolliente douce, éventuellement dermocorticoïde léger de courte durée.

4. Eczéma de contact allergique

L’eczéma allergique sous les seins résulte d’une sensibilisation à un allergène — le plus souvent les parfums, conservateurs des crèmes de soins, ou les composants du soutien-gorge (nickel des agrafes, élastiques, teintures). Il se distingue par des vésicules prurigineuses et une évolution qui récidive à chaque contact avec l’allergène.

Traitement : identification et éviction de l’allergène (bilan allergologique avec patch-tests), dermocorticoïdes locaux.

5. Psoriasis inversé

Le psoriasis dans les plis (psoriasis inversé) se présente différemment du psoriasis classique : les plaques sont rouges, lisses et brillantes, sans les squames habituelles (éliminées par la macération). Il peut être isolé aux plis ou s’associer à des plaques typiques ailleurs sur le corps.

Traitement : dermocorticoïdes, inhibiteurs de la calcineurine (tacrolimus), antifongiques si surinfection associée.

6. Dermite séborrhéique

La dermite séborrhéique peut toucher les grands plis. Elle donne des plaques rouges légèrement squameuses. Souvent associée à des pellicules et une dermite du visage.

7. Maladies plus rares sous les seins

Dans de rares cas, une rougeur persistante sous les seins peut révéler :

  • Maladie de Hailey-Hailey — dermatose héréditaire avec vésicules et fissures en rhagades caractéristiques. Traitement : assèchement des plis, parfois chirurgie
  • Pemphigus végétant — rougeurs végétantes et bourgeonnantes dans les grands plis
  • Syphilis secondaire — plaques érosives végétantes dans les plis (syphilides) à évoquer devant une IST
  • Pustulose sous-cornée de Sneddon-Wilkinson — pustules en arcs ou anneaux sur le tronc et les plis
  • Impétigo, herpès — voir articles dédiés

Comment distinguer les causes ? Le tableau récapitulatif

Cause Aspect caractéristique Signe clé
Candidose Rouge luisant, fond blanc crémeux Pustules satellites en périphérie
Dermatophytose Plaque sèche, bordure active Extension centrifuge, centre qui se normalise
Irritation Rouge brillant, fripé Brûlure > démangeaison, cause évidente
Eczéma allergique Vésicules prurigineuses Récidive au contact du même produit
Psoriasis inversé Rouge lisse et brillant, sans squames Antécédents de psoriasis, plaques ailleurs

Conseils pratiques pour prévenir l’irritation sous la poitrine

  • Séchez soigneusement le pli sous-mammaire après la douche, sans frotter
  • Préférez les soutiens-gorge en coton, sans baleine ou avec baleines souples
  • Évitez les sous-vêtements synthétiques serrés qui favorisent la macération
  • En cas de transpiration excessive, une légère couche de poudre de talc peut aider à absorber l’humidité
  • Évitez les savons parfumés et les antiseptiques sur cette zone
  • En cas de surpoids, perdre du poids réduit significativement la macération des plis

Quand consulter en urgence ?

🚨 Consultez rapidement si :

— La rougeur s’étend rapidement ou s’accompagne de fièvre

— Des plaies ouvertes ou des décollements cutanés apparaissent

— La rougeur est unilatérale (sous un seul sein) et ne disparaît pas — à ne pas confondre avec une mastite ou une pathologie mammaire

— Aucune amélioration après 2 semaines de traitement bien conduit

Sources

Questions fréquentes sur l’irritation sous la poitrine

Comment savoir si j’ai une mycose ou une irritation sous les seins ?

La mycose à Candida se distingue par des pustules blanches en périphérie de la rougeur et un fond blanc crémeux. L’irritation simple donne une rougeur brillante sans pustules avec une sensation de brûlure. Un prélèvement mycologique réalisé par le médecin confirme le diagnostic en cas de doute.

Que mettre sous les seins pour soulager rapidement l’irritation ?

En attendant la consultation : séchez bien le pli, appliquez une crème émolliente douce sans parfum ou une crème cicatrisante au zinc. Évitez les antiseptiques irritants comme le Dakin. Si vous suspectez une mycose, une crème antifongique comme l’éconazole (disponible sans ordonnance) peut être essayée, mais un avis médical reste préférable pour adapter le traitement à la cause exacte.

L’irritation sous les seins peut-elle revenir souvent ?

Oui, les récidives sont fréquentes, surtout en cas de candidose, car les facteurs favorisants (chaleur, humidité, surpoids) persistent. Un traitement d’entretien et des mesures d’hygiène adaptées réduisent significativement les rechutes. Si les récidives sont très fréquentes, un bilan (diabète, immunodépression) est recommandé.

Une rougeur sous un seul sein est-elle inquiétante ?

Une rougeur unilatérale (sous un seul sein) mérite une attention particulière car elle peut correspondre à une cause locale spécifique, mais aussi plus rarement à une mastite ou une pathologie mammaire. Consultez un médecin si la rougeur unilatérale persiste plus de 10 jours malgré un traitement.

Peut-on prévenir les mycoses sous les seins en été ?

Oui. En été ou lors d’activités sportives, privilégiez les soutiens-gorge en coton respirant, séchez soigneusement le pli après la transpiration, et évitez de rester dans des vêtements humides. Une poudre antifongique préventive peut être utilisée en période à risque sur avis médical.


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VIRUS ET PEAU, les virus et la peau

Un virus est un organisme infectieux de très petite taille. Il est tellement petit qu’il peut pénétrer dans les cellules de la peau. Sa caractéristique est qu’il se reproduit en utilisant le matériel d’un hôte (la cellule) : il l’infecte et lui fait  » fabriquer  » d’autres virus.  Quels sont les interactions virus et peau ?

Lors d’une contamination virale de la peau, le virus loge donc généralement dans les cellules de la peau ou dans les nerfs qui en dépendent pour les virus du groupe Herpes.

 

De nombreux virus peuvent infecter la peau humaine. Parmi ceux-ci on peut citer :

– les papilloma virus, source notamment de verrues et de condylomes

– les herpes virus, à l’origine de l’herpes, de la varicelle et du zona

– les pox virus, donnant les molluscums contagiosiums, chez l’enfant notamment

 

>>> Suite : verrues, condylomes, herpes, zona, molluscum contagiosum

 

GALE : cause, symptomes et solution contre la gale (galle)

La gale : symptômes, causes, diagnostic et traitement


Vidéo : la gale expliquée par le dermatologue

La gale est une infestation parasitaire par un acarien appelé sarcopte, qui s’introduit sous la peau, y pond ses œufs et se développe. Souvent considérée comme une infection sexuellement transmissible chez l’adulte, elle se contracte par contact prolongé avec la peau ou les textiles d’une personne contaminée. Plusieurs membres d’une même famille sont souvent touchés simultanément.

Le traitement de la gale impose de soigner toutes les personnes de l’entourage susceptibles d’être contaminées, de laver les textiles à 60 °C (ou de les stériliser avec un acaricide dans un sac fermé 48 h), et doit être renouvelé 8 à 14 jours plus tard.

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La gale — lésions cutanées typiques

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GALE
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Sommaire :
Cause — le sarcopte |
Transmission |
Symptômes et diagnostic |
Cas particuliers |
Retentissement psychologique |
Traitement |
Pages spécialisées |
Questions fréquentes

La gale est en constante augmentation depuis une vingtaine d’années. Elle touche environ 300 personnes pour 100 000 habitants, tous milieux sociaux et tous âges confondus. Son diagnostic peut être difficile, et le retard diagnostique rend le traitement long et complexe.

Cause de la gale : le sarcopte

La gale est due à un parasite invisible à l’œil nu : l’acarien Sarcoptes scabiei, mesurant environ 0,4 mm. La gale humaine est une maladie interhumaine — elle ne provient pas des animaux et ne leur est pas transmissible. Il existe des sarcoptes propres aux animaux (chats, chiens, porcs), dont la transmission à l’homme est possible mais exceptionnelle et se résout spontanément en quelques jours.

Caractéristique biologique Données
Survie hors hôte Quelques jours maximum (une semaine)
Mobilité optimale Entre 25 et 30 °C — immobile sous 20 °C, tué en quelques minutes au-dessus de 55 °C
Ponte de la femelle 2 à 5 œufs par jour dans la couche superficielle de la peau, pendant 1 à 3 mois
Cycle de développement Éclosion en 4–5 jours ; larve → adulte en 2–3 semaines
Progression sous la peau Sillons visibles à l’œil nu (1 à 2 mm/jour)
Nombre de sarcoptes (gale commune) 1 à quelques dizaines d’adultes
Nombre de sarcoptes (gale profuse) Plusieurs millions — forme très contagieuse (sujets âgés ou immunodéprimés)

Sarcopte de la gale vu au microscope
Sarcopte vu au microscope

Cycle de vie du sarcopte de la gale
Cycle de vie du sarcopte

La dissémination est favorisée par la vie en collectivité : maisons de retraite, casernes, internats, crèches, écoles.

📚 Recommandations européennes 2017 pour le traitement de la gale — PubMed

Comment attrape-t-on la gale ?

Mode de transmission Risque
Rapport sexuel ou nuit dans le même lit Risque élevé
Partage de vêtements (même neufs non lavés) Risque réel
Contact cutané prolongé en collectivité Risque réel
Poignée de mains, contact bref Risque faible — contact trop court

→ Voir notre article détaillé : comment attrape-t-on la gale ?

Symptômes et diagnostic de la gale

Les signes de la gale sont avant tout les manifestations de la réaction immunologique de la peau vis-à-vis du sarcopte, et non des effets directs du parasite.

Signe Description
Prurit nocturne intense Démangeaisons dans le lit le soir, prédominant la nuit — signe cardinal de la gale
Prurit familial D’autres membres de l’entourage sont simultanément atteints
Topographie des lésions Espaces interdigitaux, emmanchures des aisselles, mamelons, nombril, fourreau de la verge, face interne des cuisses — dos, visage et cuir chevelu généralement épargnés (sauf nourrisson)
Sillons Traînées sinueuses visibles sur les mains et entre les doigts — signent le trajet du sarcopte
Nodules scabieux Boules rouges sur les organes génitaux externes (adulte) ou en zone axillaire (enfant)
Vésicules Mains et pieds — presque exclusivement chez l’enfant

Lésions de gale — sillons et papules

→ Voir notre article illustré sur les boutons de la gale.

Diagnostic

Le diagnostic est avant tout clinique. Le dermatologue dispose de plusieurs outils :

Outil diagnostique Principe
Prélèvement parasitologique Affirme la présence du sarcopte — rarement réalisé hors hôpital
Test à l’encre Coloration des doigts et de la paume avec un feutre, puis lavage — l’encre reste dans les sillons et les révèle
Dermoscopie Visualisation du sarcopte au fond d’un sillon (signe du deltaplane)

💡 « Toute démangeaison n’ayant pas les critères d’un eczéma ou d’une urticaire est une gale jusqu’à preuve du contraire. » — adage dermatologique classique. Le diagnostic peut être difficile : les lésions sont parfois très discrètes (« gale des gens propres »).

Gale — lésions peu visibles, diagnostic difficile

Cas particuliers

Forme Caractéristiques Page dédiée
Gale du nourrisson Contorsions et reptations pour se frotter sur les draps. Vésicules des mains et des pieds. Atteinte possible du visage et du dos. → Gale du bébé et de l’enfant
Gale profuse (croûteuse ou norvégienne) Sujets âgés et/ou immunodéprimés. Millions de sarcoptes. Atteinte possible du dos. Croûtes profuses très contagieuses. Démangeaisons parfois absentes. → Gale profuse
Gale des gens propres Lésions très discrètes, prurit modéré. Diagnostic souvent retardé. Traitement d’épreuve parfois justifié.

📚 Gale croûteuse : revue systématique des caractéristiques cliniques et épidémiologiques — PubMed

Retentissement psychologique de la gale

Impact Mécanisme
Manque de sommeil Démangeaisons nocturnes intenses perturbant fortement l’équilibre psychologique
Stigmatisation Connotation « maladie sexuelle » ou « maladie honteuse » — obligation d’informer partenaires, crèche, école, famille
Anxiété et isolement Sentiment de honte, mise à l’écart sociale, difficultés relationnelles pendant le traitement

Traitement de la gale

On ne guérit pas spontanément de la gale. Le traitement repose sur des crèmes, lotions et/ou comprimés acaricides, et doit impérativement être renouvelé 8 à 14 jours plus tard.

Règle Pourquoi
Traiter tout l’entourage simultanément Un seul sujet non traité recontamine tous les autres
Renouveler le traitement à J8–J14 Les œufs résistent au traitement initial — la 2e application élimine les larves écloses
Laver les textiles à 60 °C Tuer les sarcoptes dans les draps, vêtements, serviettes
Textiles non lavables Sac fermé avec acaricide pendant 48 h (le sarcopte survit moins d’une semaine hors hôte)
Prurit résiduel après traitement Normal pendant 2 à 4 semaines — réaction immunologique, pas signe d’échec

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📚 Ivermectine orale versus perméthrine topique dans la gale — PubMed
📚 Épidémiologie de la gale : revue internationale — PubMed

Pages spécialisées du cluster gale

Gale — formes et diagnostic
Gale au début — premiers symptômes
Boutons de gale et sillons — photos et descriptions
Comment attrape-t-on la gale ? — modes de transmission
Gale du bébé et de l’enfant
Gale profuse (croûteuse ou norvégienne)

Gale — traitement et diagnostics différentiels
Traitement de la gale — protocole complet
Démangeaisons nocturnes — quand évoquer la gale ?
Eczéma — diagnostic différentiel
Urticaire — diagnostic différentiel
Téléconsultation dermatologue

Questions fréquentes sur la gale

La gale est-elle contagieuse par simple contact ?

La gale nécessite un contact prolongé avec la peau ou les textiles d’une personne infectée. Un simple contact bref (poignée de mains) est généralement insuffisant. Dormir dans le même lit ou partager des vêtements représente un risque réel.

Peut-on confondre la gale avec l’eczéma ?

Oui, c’est fréquent. Un vieux dicton de dermatologie dit qu’il n’y a « rien de plus eczématiforme qu’une gale ». Des démangeaisons apparues après contact avec une personne présentant des boutons qui démangent doivent faire évoquer la gale. Seul un médecin peut établir le diagnostic.

La gale peut-elle venir des animaux ?

La gale humaine est une maladie interhumaine — elle ne provient pas des animaux et ne se transmet pas à eux. Il existe des sarcoptes spécifiques aux animaux (chats, chiens) qui peuvent exceptionnellement infecter l’homme, mais cette contamination se résout spontanément en quelques jours.

Combien de temps dure le traitement de la gale ?

Le traitement doit être appliqué une première fois puis renouvelé obligatoirement à J8–J14. Il faut traiter toutes les personnes de l’entourage et désinfecter les textiles (lavage à 60 °C ou acaricide en sac fermé 48 h). Voir notre article complet sur le traitement de la gale.

La gale provoque-t-elle des démangeaisons uniquement la nuit ?

Les démangeaisons prédominent la nuit mais peuvent aussi survenir la journée. La prédominance nocturne est un signe évocateur important pour le diagnostic.

Peut-on avoir la gale sans le savoir ?

Oui. La forme dite « gale des gens propres » présente des lésions très discrètes qui peuvent passer inaperçues. Un traitement d’épreuve est parfois prescrit chez une personne avec démangeaisons profuses sans diagnostic évident.

Voir aussi :
Traitement de la gale |
Boutons de gale |
Transmission |
Gale du bébé |
Gale profuse |
Téléconsultation dermatologue


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MOLLUSCUM CONTAGIOSUM, soigner les petits boutons de molluscum de l’enfant

Molluscum contagiosum : causes, symptômes et traitements


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Le molluscum contagiosum est une infection virale bénigne de la peau due au Molluscum Contagiosum Virus (MCV), un poxvirus à ADN double brin.
Très fréquente chez l’enfant entre 2 et 10 ans, elle se manifeste par de petites tuméfactions rondes, nacrées et ombiliquées, apparaissant en nombre variable sur le tronc, les membres et les plis cutanés.
La transmission se fait par contact cutané direct entre enfants, par manuportage (grattage puis contact avec la peau saine) ou par objets partagés (serviettes, vêtements).
Dans la grande majorité des cas, l’évolution est spontanément favorable en quelques mois à deux ans, sans traitement. Cependant, la tendance à l’extension par auto-inoculation et le retentissement psychologique sur l’enfant et les parents justifient souvent une prise en charge active.
Chez l’adulte, le molluscum contagiosum de localisation génitale est une infection sexuellement transmissible (IST) pouvant révéler une immunodépression sous-jacente.

Molluscum contagiosum du pli axillaire chez un bébé
Molluscum contagiosum du pli axillaire chez un bébé

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Causes : pourquoi mon enfant a-t-il des molluscums ?

Le MCV appartient à la famille des Poxviridae et comporte quatre génotypes (MCV-1 à MCV-4) :
– le MCV-1 est responsable de la quasi-totalité des cas chez l’enfant,
– le MCV-2 est plus fréquent chez l’adulte, notamment dans les formes de transmission sexuelle.

Le virus se transmet par :
contact cutané direct entre enfants lors du jeu, des bains partagés,
objets intermédiaires : serviettes de bain, vêtements, jouets,
auto-inoculation : l’enfant se gratte les lésions puis touche une zone de peau saine,
– la fréquentation des piscines est suspectée comme facteur favorisant, mais non formellement prouvé.

Le délai d’incubation est de 10 à 50 jours après le contact contaminant.
L’âge le plus propice à la contamination se situe entre 2 et 4 ans.
Les climats chauds et humides favorisent la transmission, probablement en raison d’une peau moins couverte et d’une fragilité cutanée accrue.

Facteur de risque majeur : la dermatite atopique (eczéma).
Les enfants atteints d’eczéma atopique présentent une peau sèche et une barrière cutanée altérée, les rendant beaucoup plus vulnérables à la pénétration du MCV. Les molluscums sont souvent plus nombreux et plus étendus chez ces enfants.

Molluscums contagiosums sur une plaque d'eczéma atopique du coude
Molluscums sur une plaque d’eczéma atopique du coude

Symptômes : à quoi ressemble un molluscum contagiosum ?

Les lésions apparaissent préférentiellement sur les convexités du tronc, les fesses, les zones génitales, la racine des membres, les plis des coudes et des genoux et parfois le visage.

Chaque molluscum se présente comme une petite tuméfaction ferme de 1 à 5 mm de diamètre, de couleur chair, rosée ou blanc nacré, avec une dépression centrale caractéristique en ombilic (petit « trou » sur le dessus).
En pressant doucement la lésion, il s’en échappe un contenu blanc nacré caséeux correspondant aux cellules épidermiques infectées par le virus.

Molluscum contagiosum : petites tuméfactions ombiliquées
Mollusca contagiosa : petites tuméfactions ombiliquées caractéristiques
Molluscum isolé de la joue chez un enfant
Molluscum isolé de la joue chez un enfant

Évolution naturelle :
La guérison spontanée est la règle, le plus souvent après une phase inflammatoire locale (rougeur autour du molluscum) qui signe le début de l’élimination immune du virus. Cette phase peut précéder la guérison de plusieurs semaines.
On observe souvent simultanément chez le même enfant des zones rouges séquellaires de molluscums en voie de guérison et de nouvelles lésions par auto-inoculation, parfois plusieurs dizaines.
La durée totale d’évolution sans traitement est généralement de 6 mois à 2 ans.

Signes d’alerte à surveiller :
– lésions devenant rouges, douloureuses et chaudes : surinfection bactérienne secondaire,
– extension rapide et massive chez un enfant habituellement en bonne santé : évoquer une dermatite atopique sous-jacente ou un déficit immunitaire,
– lésions très nombreuses et atypiques : immunodépression à rechercher.

Molluscum contagiosum chez l’adulte

Chez l’adulte, le molluscum contagiosum présente des caractéristiques et une signification différentes de celles de l’enfant.

Transmission sexuelle :
La localisation génitale, pubienne ou péri-anale chez l’adulte est considérée comme une IST (infection sexuellement transmissible). Un bilan complet d’IST est recommandé : sérologies VIH, syphilis, chlamydia, gonococcie.

Transmission non sexuelle chez l’adulte :
– rasage (prêt de rasoir entre adultes),
– épilation à la cire en institut (partage d’instruments),
tatouage.

Molluscum et VIH :
La présence de molluscums contagiosa profus, étendus ou atypiques chez un adulte peut être le signe révélateur d’une infection à VIH ou d’une autre immunodépression (chimiothérapie, corticothérapie prolongée, hémopathie). Le médecin peut demander une sérologie VIH devant des molluscums extensifs inexpliqués chez l’adulte immunocompétent a priori.

Traitement du molluscum contagiosum

Mesures préventives : limiter la contagion et l’auto-inoculation

Ne pas gratter les lésions : l’auto-inoculation par grattage est la principale cause de multiplication des molluscums,
– éviter le partage de serviettes de bain, vêtements et objets de toilette,
– éviter les bains en commun avec les frères, sœurs ou amis tant que les lésions sont présentes,
– couvrir les lésions accessibles avec un pansement si l’enfant fréquente une piscine,
– en cas de dermatite atopique associée : traiter l’eczéma activement pour restaurer la barrière cutanée et limiter l’extension des molluscums.

Abstention thérapeutique : une option légitime

En cas de molluscums peu nombreux, non évolutifs et bien tolérés, une surveillance sans traitement est possible en attendant la guérison spontanée.
Cette option est souvent préférable chez le très jeune enfant pour qui les traitements destructeurs sont douloureux et traumatisants.
Elle doit être discutée avec les parents en leur expliquant la durée d’évolution naturelle prévisible.

Traitements destructeurs locaux

Hydroxyde de potassium (KOH) — traitement à domicile :
Solution kératolytique (Poxkare®, Molutrex®, Molusderm®) appliquée par les parents sur chaque molluscum jusqu’à obtention d’une rougeur locale signant la destruction de la lésion.
Disponible sur ordonnance. Traitement de première intention dans de nombreux cas car applicable à domicile sans douleur initiale.
Nécessite une application régulière et rigoureuse sur chaque lésion individuellement, en évitant la peau saine environnante.

Curetage :
Le dermatologue retire chaque molluscum à la curette après application préalable d’une crème anesthésiante (EMLA® à poser 60 à 90 minutes avant la consultation).
Technique efficace en une seule séance, mais le saignement punctiforme sur chaque lésion peut être impressionnant pour l’enfant et les parents.
En cas de molluscums très nombreux chez un jeune enfant, une anesthésie générale courte peut être discutée.

Vidange du contenu (expression) :
Après application de crème anesthésiante, le dermatologue incise et vide le noyau nacré de chaque molluscum manuellement ou à la pince. Technique simple et efficace pour les lésions isolées.

Cryothérapie à l’azote liquide :
Congélation de chaque molluscum provoquant la destruction cellulaire par formation de cristaux de glace.
Technique rapide mais douloureuse (la crème anesthésiante ne protège que partiellement du froid).
Risque de séquelles pigmentaires : taches blanches (hypopigmentation) ou taches brunes (hyperpigmentation post-inflammatoire), à prendre en compte notamment sur les peaux foncées.

Traitements laser

Laser CO2 :
Détruit les lésions par vaporisation. Efficace mais risque de cicatrices, réservé aux formes résistantes ou nombreuses.

Laser à colorant pulsé (PDL) :
Coagule les vaisseaux nourriciers du molluscum, entraînant sa nécrose progressive. Technique bien tolérée, efficace, mais coûteuse car non remboursée. Laisse une ecchymose locale transitoire.

Traitements émergents

Imiquimod (Aldara® 5 %) :
Immunomodulateur topique stimulant l’immunité innée. Utilisé hors AMM dans les molluscums résistants, notamment chez l’adulte immunodéprimé ou en cas de molluscums génitaux étendus. Résultats variables.

Acide trichloracétique (ATA) :
Application chimique destructrice utilisée par le dermatologue dans les formes résistantes, en alternative à la cryothérapie.

Questions fréquentes des parents

Mon enfant peut-il aller à l’école ou à la piscine avec des molluscums ?

L’éviction scolaire n’est pas recommandée : le molluscum contagiosum ne justifie pas d’arrêt de scolarité.
Pour la piscine, il est conseillé de couvrir les lésions accessibles avec un pansement imperméable et d’éviter le partage de matériel de bain. L’éviction de la piscine n’est pas obligatoire mais peut être proposée en cas de lésions très nombreuses ou évolutives.

Combien de temps durent les molluscums sans traitement ?

La guérison spontanée survient en général entre 6 mois et 2 ans. Certaines formes extensives chez l’enfant atopique peuvent persister plus longtemps.

Les molluscums laissent-ils des cicatrices ?

La guérison spontanée est généralement sans cicatrice. Les traitements destructeurs (cryothérapie, laser CO2, curetage) peuvent laisser de petites cicatrices ou des modifications pigmentaires transitoires, surtout sur les peaux foncées.

Mon enfant a des molluscums et de l’eczéma : que faire ?

Traiter activement l’eczéma atopique en priorité pour restaurer la barrière cutanée : cela limite significativement l’extension des molluscums. Les dermocorticoïdes appliqués sur les plaques d’eczéma n’aggravent pas les molluscums eux-mêmes.

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les verrues et leur traitement
et les traitements laser en dermatologie.

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HERPES GENITAL : l’herpès génitale de l’homme et de la femme

Herpès génital : symptômes, contagion, traitement et grossesse

herpès génital homme lésions vésicules photo dermatologue
Herpès génital de l’homme

L’herpès génital est une infection sexuellement transmissible (IST) due au virus Herpes Simplex, le plus souvent de type 2 (HSV-2). Il touche environ 20% de la population sexuellement active — et 80% des personnes infectées ne savent pas qu’elles le sont, ce qui en fait l’une des IST les plus méconnues. Il ne guérit pas définitivement mais se contrôle efficacement par antiviraux.

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Causes et épidémiologie

L’herpès génital est causé par HSV-2 dans 60 à 80% des cas, et par HSV-1 dans 20 à 40% des cas — ce dernier transmis par voie oro-génitale (pratiques bucco-génitales). En France :

  • À 50 ans, 60% de la population est séropositive pour HSV-1 et 15% pour HSV-2
  • 20% des personnes sexuellement actives sont infectées par HSV génital
  • 80% des personnes infectées ne savent pas qu’elles le sont — et peuvent transmettre le virus

💡 Point important : l’apparition d’un herpès génital au sein d’un couple n’est pas forcément le signe d’une infidélité récente — le virus peut rester en sommeil pendant des années avant de se réactiver.

Comment se transmet l’herpès génital ?

  • Par contact direct peau à peau ou muqueuse à muqueuse lors de rapports sexuels vaginaux, anaux ou oro-génitaux
  • Le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque — des particules virales présentes sur le pubis ou les muqueuses adjacentes peuvent être transmises
  • La transmission est possible sans lésion visible — par excrétion virale asymptomatique, qui représente en réalité la majorité des transmissions
  • Le virus est fragile hors du corps humain — le risque de contamination via une cuvette de toilettes ou un linge est quasi nul

Les 3 phases de l’infection herpétique

Phase Description Contagiosité
Primo-infection Premier contact avec HSV — asymptomatique dans 90% des cas. Quand symptomatique : vésicules douloureuses, ganglions de l’aine, fièvre possible. Incubation 2 à 12 jours Élevée
Infection initiale Premier contact avec HSV-1 ou HSV-2 chez une personne déjà infectée par l’autre type. Symptômes souvent moins sévères Élevée
Réactivation (récurrence) Le virus se « réveille » dans le ganglion sacré et migre vers la peau. Lésions souvent moins intenses que la primo-infection. Peut être asymptomatique (excrétion virale silencieuse) Possible même sans lésion

Symptômes de l’herpès génital

herpès génital femme lésions vésicules vulve photo
Herpès génital de la femme
herpès génital vésicules érosions photo
Herpès génital — vésicules

Les symptômes de la primo-infection (quand elle est symptomatique) :

  • Vésicules sensibles ou douloureuses sur fond rouge gonflé, apparaissant 5 à 10 jours après le rapport contaminant
  • Les vésicules se rompent et forment des érosions (exulcérations) très douloureuses — guérison en environ une semaine
  • Ganglions de l’aine
  • Chez la femme : gonflement vulvaire important, brûlures lors de la miction

Les récurrences sont généralement moins intenses — précédées de prodromes (picotements, brûlures) puis vésicules groupées en bouquet dans la même zone que la primo-infection.

Facteurs déclenchants des récurrences : stress psychologique ou physique, fatigue, infection (grippe), règles, chirurgie, immunodépression.

Diagnostic de l’herpès génital

En cas de doute diagnostique, le médecin peut :

  • Prélèvement de cellules au niveau des lésions — mise en culture ou PCR (recherche de l’ADN viral) — résultat en 48h
  • Sérologie herpétique (prise de sang) — confirme le contact avec HSV mais ne localise pas les lésions. Peu utilisée seule car le taux de positivité est très élevé dans la population générale
  • Bilan IST complet systématiquement recommandé — sérologie VIH, syphilis, recherche de Chlamydia trachomatis

Traitement de l’herpès génital

Situation Traitement Durée
Primo-infection Valaciclovir 500 mg × 2/j ou Aciclovir 200 mg × 5/j 10 jours
Récurrences Valaciclovir 500 mg × 2/j ou 1 g × 1/j 5 jours
Prévention (> 6 récurrences/an) Valaciclovir 500 mg × 1/j Continu — réévalué à 6 mois
Crème locale (récurrences légères) Aciclovir 5% crème — 4 à 6 applications/j 5 jours — ⚠️ ne pas appliquer sur muqueuses

Soins locaux : nettoyer la zone génitale une fois par jour avec un produit doux, sans frotter, bien sécher.

⚠️ Herpès génital et grossesse — risque néonatal

⚠️ Mentionnez toujours vos antécédents d’herpès génital à votre obstétricien. Si le virus est actif sur les muqueuses vaginales lors de l’accouchement, il peut être transmis au nouveau-né et provoquer une encéphalopathie herpétique néonatale — risque de cécité, retard psychomoteur, voire décès.

  • Contamination avant la grossesse : risque faible — la mère transmet ses anticorps au fœtus
  • Contamination pendant la grossesse (notamment en fin de grossesse) : risque élevé — pas encore d’anticorps protecteurs, virus potentiellement actif à l’accouchement
  • Mesures préventives : traitement antiviral en fin de grossesse (valaciclovir), voire césarienne en cas de primo-infection en fin de grossesse ou de récurrence lors de l’accouchement

Précautions à prendre

  • Informer ses partenaires — l’herpès est contagieux même sans symptômes
  • Utiliser un préservatif — réduit le risque sans l’éliminer totalement
  • En cas d’herpès génital après un rapport non protégé : bilan IST complet chez le médecin
  • Éviter tout rapport sexuel pendant les poussées et jusqu’à cicatrisation complète

Sources

Questions fréquentes sur l’herpès génital

Peut-on transmettre l’herpès génital sans avoir de lésions visibles ?

Oui — c’est même la principale voie de transmission. L’excrétion virale asymptomatique est possible à tout moment, même en l’absence de vésicules ou de lésions. On estime que la majorité des contaminations se font ainsi, par des personnes qui ne savent pas qu’elles sont infectées. C’est pourquoi 80% des personnes porteuses du virus HSV-2 l’ignorent.

L’herpès génital dans un couple signifie-t-il une infidélité ?

Pas nécessairement. Le virus HSV peut rester en sommeil dans les ganglions nerveux pendant des années, voire des décennies, avant de se réactiver. Une première poussée d’herpès génital peut survenir longtemps après la contamination initiale. Ce n’est donc pas automatiquement le signe d’une contamination récente — sauf en cas de primo-infection symptomatique clairement identifiable.

Le préservatif protège-t-il contre l’herpès génital ?

Le préservatif réduit significativement le risque de transmission mais ne l’élimine pas complètement. Des particules virales peuvent être présentes sur des zones non couvertes (pubis, lèvres, peau environnante) et se transmettre par contact peau à peau. La transmission est possible même sans pénétration.

Herpès génital et grossesse — que faire ?

Informez systématiquement votre gynécologue ou obstétricien de tout antécédent d’herpès génital. Si vous avez contracté l’herpès avant la grossesse, le risque pour le bébé est faible (anticorps protecteurs transmis). Si la contamination survient en cours de grossesse — surtout en fin — le risque est plus élevé et nécessite une prise en charge spécifique : traitement antiviral préventif et surveillance obstétricale renforcée.

Comment savoir si on a de l’herpès génital sans symptômes ?

Un test sérologique dans le sang peut détecter les anticorps anti-HSV-1 et HSV-2 — confirmant un contact passé avec le virus. Cependant ce test est peu prescrit en routine car sa positivité est très répandue dans la population et ne prédit pas l’apparition de symptômes. En cas de doute ou de comportement à risque, parlez-en à votre médecin qui pourra décider d’un bilan IST adapté.


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HERPES : l’herpès, cause, symptomes, contamination

Herpès : causes, contamination, types et traitement — guide complet

Herpès - lésions cutanées herpétiques

L’herpès est une infection virale par le virus Herpes Simplex (HSV) qui touche la peau et les muqueuses. C’est l’une des infections virales humaines les plus fréquentes au monde — en France, environ 70 % de la population est porteuse de HSV1 à l’âge adulte. Une fois contracté, le virus ne disparaît jamais : il reste latent dans les ganglions sensitifs et se réactive périodiquement, provoquant des poussées récurrentes. Des traitements efficaces permettent de réduire la durée et la fréquence des crises, et de prévenir les récidives.

Poussée d’herpès, questions sur la contagiosité, traitement préventif ?
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Sommaire :
Les virus HSV1 et HSV2 |
Contamination et latence |
Types d’infections |
Les différentes formes d’herpès |
Formes graves et urgences |
Traitement |
Qualité de vie |
Questions fréquentes

Les virus HSV1 et HSV2 — épidémiologie

Herpès labial - bouton de fièvre sur la lèvre

L’herpès est causé par deux virus de la famille Herpesviridae : HSV1 (Herpes Simplex Virus de type 1) et HSV2. Ces virus sont strictement humains — non transmissibles à l’animal.

HSV1 est le virus le plus répandu : il infecte environ 70 % de la population française et est responsable de la grande majorité des herpès labiaux (boutons de fièvre). HSV2 est classiquement associé à l’herpès génital et concerne environ 20 % de la population. À l’âge de 50 ans, environ 60 % de la population est séropositive pour HSV1 et 15 % pour HSV2.

La distinction HSV1/HSV2 n’est toutefois pas absolue : 20 à 40 % des herpès génitaux sont dus à HSV1 par transmission oro-génitale (pratiques bucco-génitales). Et HSV1 peut provoquer un herpès génital cliniquement identique à un herpès à HSV2.

Contamination, latence et réactivation

Les virus HSV se transmettent par contact direct avec la peau ou les muqueuses infectées — même en l’absence de lésion visible. C’est le point le plus important à comprendre sur la contagiosité de l’herpès : une personne peut transmettre le virus sans avoir de bouton apparent, par excrétion virale asymptomatique dans la salive ou les sécrétions génitales.

L’incubation dure entre 2 et 12 jours après la contamination. Lors de la primo-infection, le virus pénètre dans la peau ou la muqueuse et « remonte » le long des nerfs sensitifs pour se réfugier dans les ganglions sensitifs — le ganglion trigéminé pour l’herpès labial, le ganglion sacré pour l’herpès génital. Une fois dans les ganglions, le virus est hors d’atteinte du système immunitaire et des antiviraux.

La réactivation survient lors de situations favorisantes : fatigue, fièvre, stress, règles, exposition solaire, immunodépression, prise de cortisone, rapport sexuel, chirurgie, actes dermo-esthétiques (injections de filler, laser cutané, dermabrasion). Les particules virales « descendent » alors le long des nerfs et se répliquent sur la peau, toujours au même endroit d’une poussée à l’autre.

Les trois types d’infections herpétiques

Primo-infection : premier contact infectant avec HSV1 ou HSV2. Elle peut être totalement asymptomatique (60 à 70 % des cas) ou, au contraire, très sévère — gingivostomatite herpétique fébrile avec lésions buccales douloureuses chez l’enfant, vulvovaginite herpétique chez la femme.

Primo-infection herpétique chez l'enfant - gingivostomatite
Lésions des gencives et lèvres lors de la primo-infection herpétique

Infection initiale : premier contact infectant avec HSV1 ou HSV2 chez une personne déjà infectée par l’autre sérotype. Les symptômes sont souvent moins sévères que lors d’une primo-infection vraie, car l’immunité croisée partielle entre les deux types modère la réponse.

Réactivation (récurrence) : réplication virale après latence. Elle peut être clinique (éruption visible) ou asymptomatique (excrétion virale sans lésion — la personne est contagieuse sans le savoir). C’est pourquoi chacune des phases peut n’avoir aucun signe clinique apparent.

Les différentes formes d’herpès

Herpès labial — bouton de fièvre

Herpès labial bouton de fièvre - vésicules groupées sur la lèvre
Herpès labial au stade croûteux
Herpès de la lèvre chez l'enfant

L’herpès labial est dû à HSV1 dans la grande majorité des cas. La primo-infection survient souvent dans l’enfance (baiser d’un proche porteur). Les récurrences se manifestent par des vésicules groupées en bouquet, précédées de picotements ou de brûlures caractéristiques, toujours au même endroit (coin de la lèvre, vermillon). Évolution en 5 à 7 jours : vésicules → pustules → croûtes → cicatrisation. Déclencheurs classiques : soleil, fièvre, fatigue, stress.

Herpès génital

Herpès génital de l'homme - ulcérations herpétiques
Herpès génital de la femme

L’herpès génital est une infection sexuellement transmissible (IST) — un bilan IST complet est recommandé lors du diagnostic. Il est dû à HSV2 dans 60-80 % des cas, mais HSV1 représente 20 à 40 % des herpès génitaux par transmission oro-génitale. La primo-infection génitale peut être très sévère (ulcérations douloureuses, fièvre, adénopathies inguinales). Les récurrences sont souvent moins sévères. La transmission est possible même sans lésion visible — le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque.

Herpès cutané — vésicules en bouquet

Vésicules en bouquet évocatrices d'herpès de la fesse

L’herpès peut surgir sur d’autres zones cutanées initialement contaminées — fesses, dos, cuisses — sous forme de vésicules groupées en bouquet érythémateux, récurrentes toujours au même endroit. À distinguer du zona qui est strictement unilatéral et ne récidive quasiment jamais.

Panaris herpétique

Herpès du doigt - panaris herpétique

Le panaris herpétique est une infection herpétique du doigt — souvent une primo-contamination par contact avec une lésion herpétique active (professionnel de santé, enfant se suçant le pouce porteur d’herpès buccal). Vésicules douloureuses péri-unguéales, pouvant mimer un panaris bactérien. Ne jamais inciser — la lésion est virale et non bactérienne.

Formes graves et situations d’urgence

Herpès oculaire — urgence ophtalmologique

Herpès oculaire - œil rouge et douloureux

L’herpès oculaire (kératite herpétique) donne un œil rouge, douloureux et flouurgence ophtalmologique. Non traité, il peut provoquer des séquelles cornéennes irréversibles. Le traitement repose sur les antiviraux locaux : ganciclovir gel ophtalmique 0,15 % (Virgan®), idoxuridine (Iduviran® collyre), trifluridine 1 % (Triherpine®, Virophta® collyre), en association ou non avec l’aciclovir oral. Ne jamais utiliser de collyre cortisoné seul sur un œil rouge sans diagnostic ophtalmologique.

Syndrome de Kaposi-Juliusberg — urgence pédiatrique

Syndrome de Kaposi-Juliusberg chez un enfant atopique - herpès disséminé

Chez les enfants atteints d’eczéma atopique, le contact avec le virus herpétique peut déclencher une poussée herpétique disséminée — le syndrome de Kaposi-Juliusberg (ou eczéma herpéticum). Vésicules et érosions disséminées sur tout le corps, fièvre élevée, altération de l’état général. C’est une urgence pédiatrique nécessitant une hospitalisation et un traitement par aciclovir IV. Les parents d’enfants atopiques doivent être informés de ne pas embrasser leur enfant lors d’une poussée d’herpès labial actif.

Herpès et grossesse

L’herpès néonatal — contamination du nouveau-né lors de l’accouchement par une mère excrétant le virus — est une urgence médicale grave (mortalité élevée sans traitement, séquelles neurologiques). Une femme enceinte avec antécédent d’herpès génital doit en informer son obstétricien. Un traitement suppressif par valaciclovir est souvent prescrit à partir de 36 semaines d’aménorrhée pour prévenir une récurrence à l’accouchement. Une lésion herpétique génitale active au moment du travail peut conduire à une césarienne.

Traitement de l’herpès

Il n’existe pas de traitement éradicateur — le virus reste à vie dans les ganglions. Les antiviraux disponibles réduisent la durée et la sévérité des poussées et peuvent prévenir les récidives.

Traitement de la crise (curatif) : aciclovir topique (crème 5 %) appliqué dès les premiers picotements — raccourcit la durée si débuté précocement. Pour les formes modérées à sévères ou l’herpès génital : valaciclovir oral (500 mg × 2/j pendant 5 jours pour l’herpès labial, 1 g × 2/j pour l’herpès génital). L’efficacité est maximale si le traitement est débuté dans les 24 à 48 heures suivant l’apparition des symptômes — idéalement dès les prodromes (picotements).

Traitement suppressif (préventif) : pour les patients avec récurrences fréquentes (plus de 6 épisodes par an) ou herpès génital avec retentissement important — valaciclovir 500 mg/j en continu pendant 6 à 12 mois. Réduit la fréquence des poussées de 70 à 80 % et diminue (sans éliminer) le risque de transmission au partenaire. À discuter avec le médecin.

Voir l’article complet : Traitement de l’herpès — aciclovir, valaciclovir, prophylaxie.

Retentissement sur la qualité de vie

L’herpès a un impact psychologique souvent sous-estimé. L’herpès labial affecte l’image de soi et les interactions sociales lors des poussées. L’herpès génital perturbe plus profondément la sexualité et les relations intimes — la crainte de la transmission au partenaire, la stigmatisation associée aux IST et l’annonce au partenaire sont des sources d’anxiété importantes. Le traitement suppressif, en réduisant la fréquence des poussées, améliore significativement la qualité de vie et diminue l’anxiété liée à la transmission.

Questions fréquentes

J’ai un bouton de fièvre dès que je suis fatigué — est-ce normal ?
Oui, c’est le mécanisme classique de l’herpès labial. Le virus HSV1 reste latent dans le ganglion trigéminé et se réactive lors de situations qui fragilisent l’immunité locale — fatigue, stress, fièvre, exposition solaire, règles. Il n’est pas possible d’éradiquer le virus. En revanche, appliquer de l’aciclovir crème dès les premiers picotements raccourcit la durée de la poussée. En cas de poussées fréquentes (plus de 6/an), un traitement préventif oral par valaciclovir peut être prescrit par le médecin.

Peut-on transmettre l’herpès sans avoir de bouton visible ?
Oui — c’est le point le plus important sur la contagiosité de l’herpès. L’excrétion virale asymptomatique dans la salive ou les sécrétions génitales est responsable de la majorité des transmissions. Une personne porteuse d’HSV1 peut contaminer un partenaire par un baiser même en l’absence total de lésion visible. Pour l’herpès génital, le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque de transmission asymptomatique.

L’herpès génital et l’herpès labial sont-ils le même virus ?
Non exactement — HSV1 cause classiquement l’herpès labial et HSV2 l’herpès génital, mais cette distinction n’est pas absolue. HSV1 représente 20 à 40 % des herpès génitaux, transmis par voie oro-génitale. Un herpès génital à HSV1 récidive généralement moins fréquemment qu’un herpès génital à HSV2.

L’herpès peut-il affecter les yeux ?
Oui — l’herpès oculaire (kératite herpétique) est une urgence ophtalmologique. Tout œil rouge et douloureux chez un porteur d’herpès doit être examiné en urgence par un ophtalmologue. Ne jamais utiliser de collyre cortisoné sans diagnostic précis — les corticoïdes aggravent massivement l’herpès oculaire.

Mon enfant a de l’eczéma — quel risque avec l’herpès ?
Risque important : les enfants atopiques peuvent développer un eczéma herpéticum (syndrome de Kaposi-Juliusberg) — herpès disséminé grave nécessitant une hospitalisation. Ne jamais embrasser un enfant atopique lors d’une poussée d’herpès labial actif. Informer tous les proches porteurs d’herpès labial de cette précaution.

Recherche bibliographique : PubMed — Herpes simplex | Articles : Herpès labial | Herpès génital | Traitement de l’herpès


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LARVA MIGRANS : la larva migrans ou ver à chien

Larva migrans ou « ver à chien »

La larva migrans cutanée ankylostomienne est une maladie parasitaire due à des larves d’ankylostome provenant de déjections de chiens, parmi lesquels Ancylostoma braziliense est le plus fréquent. Elle est la conséquence de la migration sous-cutanée de ces larves en impasse parasitaire chez l’homme.
Les larves contaminent généralement lors de vacances à la plage, notamment en zone tropicale ou tempérée car elles passent a travers le maillot ou la serviette de bain puis a travers la peau. Il faut donc éviter les plages ou l’on voit des chiens errants et se poser plutot à l’endroit ou le sable a été mouillé par la mer en cas de marées (zone de marnage) car l’eau de mer peut tuer les larves.

sable

Diagnostic

Apres l’infestation apparait sur le site de contamination (pied, fesses) une eruption qui démange beaucoup, au sein de laquelle on voit parfois le sillon de migration de la larve , pathognomonique
On note parfois une guerison spontanee car l’homme est une impasse parasitaire : la mort des larves survient en 2 à 3 mois

Traitement

Ivermectine 4cp en une prise unique

VETEMENT NEUF : faut-il laver un habit neuf avant de le porter?

Peut-on porter un vêtement neuf sans le laver?

Vous venez d’acheter un t-shirt, une robe, une chemise? Faut-il le laver avant de le porter? Quels sont les risques si vous le portez sans le laver?

En voyant les vêtements pliés, emballés, neufs, vous pensez qu’il n’y a pas de risque à les porter. Mais est-ce bien le cas?

 

sarcopte de la gale
Sarcopte vu au microscope

Produits toxiques dans les vetements neufs

Si l’Union Européenne interdit l’usage de beaucoup de produits toxiques ce n’est pas le cas dans beaucoup d’autres pays et le T shirt made in Portugal peut juste avoir été fini au Portugal mais provenir de tissus chinois ou coloré dans d’autres pays…

Ainsi on peut trouver du plomb, du chrome, du nickel, des colorants azoïques, des résines formaldéhyde, des teintures toxiques interdites en Europe

Les points les plus sensibles du corps sont là où le vêtement est en contact et frotte contre la peau ainsi que dans les zones de transpiration : le ventre, le cou, les cuisses, les aisselles.

Ce risque concerne aussi les vêtements bio : la mention « bio » signifie simplement que les fibres utilisées sont biologiques. Cela ne garantit pas l’absence de traitement par des produits « chimiques » sur les fibres ensuite.

Deux types de manifestations peuvent se produire :

Allergie à un produit

Deux allergènes responsables d’allergie au contact des vêtements neufs sont les teintures et la résine formaldéhyde (qui empêche notamment le coton de plisser).

On peut alors avoir un aspect d’ eczema voire d’ urticaire

Eruption du tronc

Pénétration transcutanée

Elle est probablement très faible, mais la pénétration du plomb ou du chrome, notamment en cas de transpiration est un risque potentiel

Les agents biologiques : gale, poux, moisissures, virus…

Au-delà des produits chimiques, un produit textile peut avoir été essayé plusieurs fois, même s’il est emballé et plié, notamment en cas de vente par Internet. De même, un vêtement peut avoir été replié sur les présentoirs dans un magasin mais avoir été essayé peu de temps avant. Les vêtements empilés peuvent se contaminer entre eux…

On peut donc craindre une contamination par la gale, les poux (de cheveux ou de corps parfois)…

Par ailleurs, en cas d’humidité ambiante, des moisissures peuvent persister au sein des fibres textiles

Enfin, si un vêtement vient d’être essayé, il peut encore porter des virus et transmettre un rhume, une grippe…

Alors comment laver les vêtements?

Idéalement il faut les laver deux fois pour limiter le portage de substances chimiques notamment.

La gale et les poux quant à eux ne résistent pas au delà de 60°C

Enfin, pour éviter que le textile ne se décolore ou ternisse, il est possible de faire tremper le vêtement dans de l’eau froide avant la machine à laver.

ENLEVER TIQUE : retirer une tique de la peau

Enlever une tique : comment faire et que surveiller ?

La piqûre de tique expose au risque de maladie de Lyme, une infection bactérienne à Borrelia burgdorferi pouvant entraîner des complications cutanées, neurologiques, articulaires et cardiaques si elle n’est pas traitée rapidement.
Quatre points essentiels à retenir :
– le risque de contamination est très faible si la tique est retirée dans les 24 premières heures, mais devient quasi certain au-delà de 72 heures de fixation,
– plus la tique est grosse (tique adulte), plus elle risque d’être infectée par Borrelia,
– l’outil idéal est le tire-tique disponible en pharmacie ; à défaut, une pince à épiler à bouts recourbés tenue au ras de la peau,
– après retrait, désinfecter la plaie et surveiller l’apparition d’une rougeur extensible pendant un mois.

Piqûre de tique sur la peau

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Comprendre la tique : stades de maturation et niveau de risque

La tique est un acarien hématophage qui se nourrit du sang de son hôte.
Elle se contamine en piquant de petits rongeurs sauvages (mulots, campagnols) porteurs de Borrelia burgdorferi, puis transmet la bactérie à l’homme lors d’une piqûre ultérieure. Toutes les tiques ne sont pas infectées.

Il existe trois stades évolutifs après éclosion des œufs :
– la larve : très petite, quasi invisible, faible risque de transmission,
– la nymphe : point noir de quelques millimètres, risque intermédiaire,
– la tique adulte (mâle ou femelle) : plus volumineuse, ayant piqué davantage de rongeurs au cours de sa vie, donc plus susceptible d’être infectée.

Plus la tique découverte est grosse, plus le risque de contamination est élevé.

Cycle de la tique
Cycle évolutif de la tique : larve, nymphe, adulte
tique sur la peau
Tique fixée sur la peau

La tique peut également transmettre d’autres maladies que la maladie de Lyme : rickettsioses, autres borrélioses responsables de fièvres récurrentes, tularémie, encéphalite à tique (dans certaines régions d’Europe centrale et orientale).

Comment enlever une tique correctement

Le risque de contamination augmentant avec la durée de fixation, il faut retirer la tique le plus rapidement possible, sans précipitation pour éviter de laisser le rostre dans la peau.

Comprendre l’anatomie du rostre

Le rostre est la pièce buccale de la tique enfoncée dans la peau. Il est rainuré comme une mèche de perceuse : tirer la tique perpendiculairement à la peau sans rotation provoque sa rupture et laisse le rostre dans le derme, ce qui peut déclencher une réaction infectieuse ou inflammatoire locale.

tête de tique et rostre
Le rostre de la tique, pièce buccale enfoncée dans la peau

Technique de retrait

– Utiliser de préférence un tire-tique (disponible en pharmacie sans ordonnance) : glisser l’encoche au ras de la peau sous le corps de la tique et effectuer des rotations douces et continues jusqu’au détachement complet.
– À défaut, utiliser une pince à épiler à bouts recourbés : saisir la tique à sa base, au plus près de la peau, et effectuer de doux mouvements de rotation alternés tout en tirant progressivement vers l’extérieur.
– Ne jamais tirer perpendiculairement sans rotation : risque de rupture du rostre.
– Ne jamais écraser, brûler ou étouffer la tique avec de l’éther, de l’alcool, de la vaseline ou en approchant une cigarette : ces méthodes sont inefficaces et peuvent provoquer un stress de la tique entraînant une régurgitation de son contenu, augmentant le risque de transmission bactérienne.

Si le rostre reste dans la peau

Consulter un médecin sans tarder : le rostre devra être retiré sous anesthésie locale, le plus souvent à l’aide d’un bistouri circulaire, pour éliminer tout risque d’infection locale ou de transmission bactérienne résiduelle.

Après le retrait

– Désinfecter la zone de morsure avec un antiseptique doux (chlorhexidine aqueuse).
– Se laver les mains soigneusement.
– Il est possible de tester la tique retirée en pharmacie : des kits de détection de Borrelia burgdorferi sont disponibles sans ordonnance pour déterminer si la tique était porteuse de la bactérie avant même l’apparition de tout symptôme.
Conserver la tique dans un flacon hermétique si un test ou une consultation médicale est envisagé.

Surveillance après piqûre de tique : que guetter pendant un mois ?

Dans les 4 semaines suivant la piqûre, surveiller attentivement l’apparition de :
– une rougeur circulaire extensible partant du point de morsure et s’étendant progressivement (érythème chronique migrant, ECM) : signe caractéristique de la maladie de Lyme,
– une fièvre modérée (≥ 38,5 °C),
– une fatigue inhabituelle,
– des maux de tête, des douleurs musculaires ou articulaires.

érythème migrant de la maladie de Lyme
Érythème migrant : rougeur annulaire extensible signant la maladie de Lyme

Attention : une simple petite rougeur de quelques millimètres autour du point de piqûre, réactionnelle et non extensible, est normale et ne signe pas un érythème chronique migrant.

Rougeur réactionnelle bénigne après morsure de tique

En cas d’apparition d’un érythème migrant, consulter un médecin sans attendre : le diagnostic est clinique et un traitement antibiotique doit être débuté rapidement, sans attendre les résultats d’une sérologie (souvent faussement négative à ce stade précoce).

Prévenir les piqûres de tique

La meilleure protection reste la prévention lors des activités en milieu naturel (forêt, jardinage, randonnée) :
– porter des vêtements couvrants à manches longues et pantalon rentré dans les chaussettes,
– utiliser des répulsifs cutanés anti-tiques adaptés à l’âge (DEET, icaridine),
– inspecter soigneusement tout le corps (cuir chevelu, derrière les oreilles, plis du genou, aisselles, aine) au retour d’une zone à risque,
– examiner également les animaux domestiques.

En savoir plus sur la piqûre de tique et sa prévention
et sur la maladie de Lyme : symptômes, diagnostic et traitement.

Références

Document de l’INPES (2016) sur les piqûres de tiques
Dépliant prévention des piqûres de tique et maladie de Lyme


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ROUGEUR AISSELLE : rougeurs et boutons rouges sous les aisselles

Rougeur et boutons des aisselles

Cet article en vidéo :


La rougeur des aisselles et l’apparition de boutons rouge qui démangent dans l’aisselle (sous les bras) est fréquente

Allergie au déodorant sous les aisselles
Allergie au déodorant sous les aisselles

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La zone située sous les bras comporte un risque de macération, de frottement et de chaleur qui favorisant les irritations et la pullulation microbienne qu’elle soit mycosique ou bactérienne.

En cas de rougeur des aisselles, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue

Symptomes

L’aisselle est rouge, peut démanger, être douloureuse , suinter… Le médecin va s’orienter vers une ou plusieurs causes en fonction des symptomes : rougeur bilatérale et symétrique ou unilatérale, présence d’une sécheresse ou au contraire d’un suintement, extension centrifuge, limites nettes ou contours émiettés, présence de vésicules, de pustules, fissuration au fond du pli…

Il fait parfois réaliser un prélèvement mycologique (pour examen direct et mise en culture) voire bactériologique et parfois une biopsie cutanée (il prend un petit bout de peau sous anesthésie locale pour analyse au microscope).

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Ce médecin évoquera les causes possibles de rougeur sous les bras et dans les aisselles :

Causes

Mycose

Dermatophytes

La dermatophytie forme des plaques sèches à extension progressive. Elle est assez rare dans l’aisselle, sauf si elle est associée à une mycose de la peau avoisinante (tronc, bras…)

Traitement de la mycose à dermatophytes des aisselles
Lutter contre les facteurs favorisants

Le traitement des facteurs locaux favorisants de la mycose est prépondérant. Les facteurs locaux favorisants de la mycose sont entre autres :

  • la macération (éviter le port de sous vetements synthetiques et de vetements serrés)
  • l’humidité (sécher soigneusement les aisselles apres la toilette… )
  • l’irritation de la peau (traiter les symptomes irritatifs de la peau car ils peuvent constituer un facteur de développement de la mycose)
Antifongiques

Le médecin utilise des antifongiques disponibles sur ordonnance

Ils sont appliqués en crème, spray, lait, poudre… en général deux fois par jour pendant 3 semaines

En cas de résistance au traitement, le médecin peut prescrire des antifongiques par voie orale telles la terbinafine ou la grisefuline. On évite généralement le ketoconazole compte tenu de sa toxicité hépatique potentielle.

Candida : candidose de l’aisselle

L’acidité des plis, l’obésité, les déficits immunitaires, la grossesse, le diabète et certains médicaments (corticothérapie générale, antibiotiques) favorisent les candidoses des plis.

La candidose des aisselles donne une rougeur souvent suintante, rouge à fond blanc crémeux.

Candidose des aisselles
Candidose des aisselles

On observe souvent des pustules en périphérie de la rougeur

Pustules blanches dispersées sur fond rouge et luisant, évocateur de candidose du pli
Pustules blanches dispersées sur fond rouge et luisant, évocateur de candidose du pli
Traitement de la candidose de l’aisselle
A/ Lutter contre les facteurs favorisants et le terrain

Lutte contre l’humidité, la macération, les traumatismes chimiques ou mécaniques, traitement d’un diabete et soins d’une candidose muqueuse, digestive ou génitale associée.

B/ Traitement local
Savons appropriés

Les savons surgras ou alcalins (savon Hydralin®), la désacidification de l’eau (par le bicarbonate de sodium, sachets d’Hydralin®) utilisés pour la toilette de la peau ou des muqueuses ont un effet apaisant.

En cas de surinfection bactérienne ou de suintement

Si les lésions sont suintantes ou surinfectées, des antiseptiques locaux doux peuvent être utilisés : dérivés iodés (Bétadine® solution dermique), chlorexidine aqueuse…

Antifongiques

On utilise des antifongiques locaux dont les formes (lait, poudre, gel, lotion…) ne favorisent pas la macération. Il sont appliqués deux fois par j pendant 3 semaines

C/ Traitement par voie orale

Le kétoconazole (Nizoral®) peut être prescrit dans les candidoses cutanées ; il existe sous forme de gélules et de suspension orale.

La surveillance du traitement par Nizoral® comporte une surveillance régulière du bilan hépatique, en pratique avant traitement, au 15e jour, puis toutes les 4 semaines jusqu’à la fin du traitement.

Pour plus d’informations, voir l’article candidose

Eczema des aisselles

L’eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema, le plus souvent des déodorants, antitranspirants, cremes, crèmes dépilatoires, mousses à raser, parfums…

Voir l’article eczema des aisselles

Irritation

Elle est souvent le fait d’une toilette trop méticuleuse, de l’application d’antiseptiques irritants (Dakin*…), de frottements, de bains de mer répétés, de cosmétiques ou par le contact accidentel avec une substance caustique (eau de Javel…). L’irritation est souvent rouge brillant, fripé avec parfois des vésicules voire des plaies et accompagné d’ une sensation de brulure

Autres diagnostics plus rares dans les aisselles :

dermite séborrhéique

psoriasis

herpes

impetigo

Maladie de Verneuil ou hidradenite

Maladie de peau rares

La maladie de Hailey-Hailey

est une dermatose héréditaire rare autosomique dominante, provoquant de façon récurrente des vésicules voire de bulles sur le cou, les creux axillaires et l’aine groupées en placards bien limités, parcourus de fissures en rhagades parallèles très caractéristiques. Le traitement passe par unassèchement des plis pour limiter les poussées et le risque d’infections bactériennes, mycosiques et virales. L’excision chirurgicale des plis atteints suivie de greffe de peau est souvent le seul traitement efficace.

Le pemphigus végétant

forme rare de pemphigus touchant les grands plis, y donnant des rougeurs végétantes et bourgeonnantes.

Syphilis

La syphilis dans sa phase secondaire peut donner des plaques multiples, gonflées et érosives, parfois végétantes dans les plis, les syphilides.

Histiocytose langerhansienne

maladie liée à une accumulation dans la peau de cellules de Langerhans. Elle donne des surélévations de peau croûteuses et purpuriques, prédominant derrière les oreilles, voire de fesses et de l’aine.

Erythème nécrolytique migrateur

atteinte cutanée due au glucagonome, une tumeur maligne du pancréas. Il donne des plaques rouges surélevées et squameuses d’extension centrifuge dont la bordure est croûteuse ou érosive et laissant une cicatrice pigmentée.

pustulose sous cornée de Sneddon Wilkinson

est une dermatose neutrophilique, caractérisée par la présence de globules blancs appelés polynucléaires neutrophiles dans la peau. Elle donne des pustules ou des bulles superficielles, flasques pouvant comporter un niveau liquidien caractéristique appelé pustule à hypopion. Les pustules et bulles sont groupées en dessinant des arcs ou des anneaux ou circinés principalement sur le tronc, à la racine des membres et dans les aisselles, l’aine…

 

etc.


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BOUTONS CUIR CHEVELU : folliculite dans les cheveux

Boutons sur le cuir chevelu : causes, diagnostic et traitement par un dermatologue

Un bouton sur le cuir chevelu est une plainte fréquente en consultation dermatologique, et pourtant les causes sont multiples, parfois intriquées, souvent mal identifiées. Selon leur nature, ces lésions peuvent être bénignes et rapidement résolutives — ou au contraire menacer le capital pileux de façon définitive. La distinction entre folliculite cicatricielle et non cicatricielle est l’enjeu diagnostique central : en l’absence de traitement adapté, certaines formes détruisent progressivement les follicules pileux et entraînent une alopécie irréversible. Ce guide vous aide à comprendre les différentes formes, leur prise en charge, et les signes qui imposent une consultation rapide.

Boutons qui persistent, qui récidivent, ou chute de cheveux associée ?
Un prélèvement mycologique ou bactériologique et une biopsie guidée permettent d’identifier précisément la cause et d’adapter le traitement avant que des lésions irréversibles ne s’installent.
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boutons cuir chevelu folliculite du cuir chevelu
Folliculite du cuir chevelu

Sommaire :
Clé du diagnostic |
Formes non cicatricielles |
Formes cicatricielles |
Autres causes |
Quand consulter ? |
Pages liées |
Questions fréquentes

La clé du diagnostic : cicatriciel ou non cicatriciel ?

Face à des boutons sur le cuir chevelu, la première question à se poser est : y a-t-il une perte de cheveux associée ? Et si oui, est-elle réversible ou définitive ? C’est autour de cette distinction que s’organise tout le raisonnement diagnostique du dermatologue.

Type Caractéristiques Pronostic pileux Urgence
Non cicatriciel Follicules pileux préservés — cheveux repoussent après traitement — le plus fréquent Favorable si traité Consultation dans les semaines
Cicatriciel Destruction progressive des follicules — zones lisses sans repousse — alopécie définitive Irréversible sans prise en charge Consultation rapide impérative
⚠️ Un cuir chevelu présentant des plaques lisses, brillantes, sans follicules visibles entre les lésions actives doit être exploré en urgence dermatologique. L’absence de prise en charge précoce condamne définitivement les follicules dans la zone atteinte.

Boutons du cuir chevelu sans cicatrice (folliculites non cicatricielles)

Ce sont les formes les plus fréquentes. Les follicules pileux sont enflammés mais structurellement préservés — les cheveux peuvent repousser après traitement bien conduit. Ces folliculites récidivent souvent pendant des mois, parfois des années, avant que la cause ne soit identifiée avec précision.

Folliculite à Malassezia (anciennement Pityrosporum)

Malassezia est une levure lipophile qui colonise normalement la peau de la quasi-totalité des adultes. Dans certaines conditions — immunodépression, chaleur, humidité, antibiothérapie prolongée — cette levure prolifère au sein des follicules et déclenche une réaction inflammatoire. Au niveau du cuir chevelu, elle se manifeste par des pustules prurigineuses souvent associées à des pellicules grasses et une dermite séborrhéique.

Une étude rétrospective (2024) portant sur 26 patients atteints de folliculite non cicatricielle du cuir chevelu a retrouvé des spores de Malassezia dans 96 % des cas à l’examen cytologique — soulignant le rôle central de cette levure, longtemps sous-estimé dans cette localisation.

📚 Malassezia dans les folliculites non cicatricielles du cuir chevelu — PubMed 2024

📚 Malassezia folliculitis : mimétisme acnéique et traitement — PubMed 2025

Traitement : shampooing antifongique au kétoconazole 2 % (ou ciclopirox) en traitement d’attaque, puis en entretien. En cas de forme étendue ou résistante, itraconazole oral. Un traitement d’entretien est souvent nécessaire pour prévenir les rechutes.

Folliculite à Cutibacterium acnes

folliculite cuir chevelu Cutibacterium acnes boutons
Folliculite du cuir chevelu assimilée à de l’acné

Cutibacterium acnes (anciennement Propionibacterium acnes) est la bactérie responsable de l’acné. Cette forme touche surtout des patients acnéiques traités au long cours par cyclines, chez qui des pustules récidivantes du cuir chevelu s’installent et réapparaissent rapidement à l’arrêt des antibiotiques. Le diagnostic est clinique et évolutif.

Traitement : peroxyde de benzoyle, antibiotiques locaux et oraux adaptés. En cas de formes résistantes, l’isotrétinoïne à faible dose (5 à 10 mg/j, hors AMM dans cette indication) offre une amélioration plus durable — voir isotrétinoïne.

Folliculite à Demodex

Demodex folliculorum est un acarien microscopique naturellement présent dans les follicules pileux. Sa prolifération, qui augmente avec l’âge et certaines immunodépressions, peut provoquer des boutons inflammatoires du cuir chevelu. La prise en charge est identique à celle de la démodécidose — ivermectine orale ou topique, métronidazole.

Folliculite à bactéries Gram négatives

Forme moins fréquente, caractérisée par des pustules récidivantes du cuir chevelu sans atteinte faciale associée. La bactérie la plus souvent impliquée est Citrobacter koseri. Le diagnostic repose obligatoirement sur un prélèvement bactériologique — sans lui, le traitement reste empirique et inefficace.

💡 Démarche diagnostique : face à des boutons persistants du cuir chevelu, le dermatologue réalise un prélèvement mycologique (examen direct + culture) et bactériologique, voire une biopsie du cuir chevelu avec étude histologique. Ce bilan oriente vers la forme cicatricielle ou non et guide le traitement. L’autotraitement prolongé sans identification de la cause est la principale cause de retard diagnostique.

Boutons du cuir chevelu avec alopécie définitive (folliculites cicatricielles)

Ces formes sont moins fréquentes mais infiniment plus sérieuses. Elles partagent le même mécanisme : une inflammation profonde qui détruit progressivement les follicules pileux, laissant des plaques d’alopécie définitive. Un diagnostic et une mise en route du traitement précoces sont les seuls moyens de limiter l’étendue des dégâts. La folliculite décalvante est la plus fréquente des alopecias cicatricielles neutrophiliques primaires, représentant environ 2,8 % de l’ensemble des consultations pour alopécie.

Folliculite décalvante de Quinquaud

Folliculite chronique progressive caractérisée par des pustules folliculaires récidivantes évoluant vers des croûtes, puis une alopécie cicatricielle au vertex. Elle touche principalement les hommes (environ 60–70 % des cas), souvent de phototype foncé, débutant entre 20 et 40 ans. Un signe clinique très évocateur : la folliculite en touffes (polytrichie) — plusieurs poils émergent du même follicule dilaté, signe visible à la dermatoscopie. La bordure des zones alopéciques est blanc nacré, avec des pustules lors des poussées.

Ligne Traitement Commentaire
1re intention Doxycycline 100–200 mg/j + antiseptiques locaux Traitement prolongé 6–12 mois minimum — effet suspensif, non curatif
2e intention Rifampicine + clindamycine (ou acide fusidique) — 10 semaines Rémission dans ~55 % des cas selon Powell et al. — association synergique
Alternatives Isotrétinoïne orale, gluconate de zinc, dapsone, anti-TNFα Formes résistantes — recommandations EADV 2025

📚 Folliculitis decalvans : revue multicentrique de 82 patients — PubMed 2015

📚 Folliculite décalvante : efficacité des traitements, 60 patients — PubMed 2018

Cellulite disséquante du cuir chevelu

Pathologie touchant surtout les hommes de 20 à 40 ans, à prédominance de phototype foncé. Elle débute par des nodules sous-cutanés fermes qui évoluent vers des abcès intercommunicants douloureux, donnant au cuir chevelu un aspect cérébriforme caractéristique. Elle peut s’associer à une acné conglobata et une hidrosadénite suppurative (triade acnéique).

Traitement : incision et drainage des abcès fluctuants, antibiotiques antistaphylococciques, isotrétinoïne 0,5 à 1 mg/kg/j. Infiltrations de corticoïdes intralésionnels, laser Nd:YAG et anti-TNFα dans les formes sévères.

Folliculite fibrosante de la nuque (acné chéloïdienne)

Se développe principalement chez les hommes jeunes de phototype foncé. Des papules et pustules folliculaires de la nuque évoluent vers des cicatrices chéloïdiennes hypertrophiques. Pour une description complète, voir l’article dédié : acné chéloïdienne de la nuque.

Pustulose érosive du cuir chevelu

Forme rare touchant surtout les femmes âgées, souvent déclenchée par un traumatisme local (traitement de kératoses actiniques par cryothérapie ou laser). Des pustules superficielles apparaissent au vertex, évoluant vers des plaques érosives et croûteuses puis une alopécie cicatricielle.

Traitement : dermocorticoïdes de classe I (propionate de clobétasol) en 1re intention. Isotrétinoïne, dapsone ou gluconate de zinc en 2e intention.

📌 Signes dermatoscopiques à rechercher dans la folliculite décalvante : touffes de poils émergeant d’un même ostium (polytrichie), squames tubulaires jaunâtres en manchon, pustules périfolliuclaires, vaisseaux concentriques autour de la tige pilaire, zones blanc nacré dans les zones alopéciques évoluées.

Autres causes de boutons sur le cuir chevelu

Les folliculites ne sont pas les seules affections responsables de boutons sur le cuir chevelu. Voici les diagnostics différentiels les plus importants à ne pas méconnaître :

Affection Aspect typique Particularités
Psoriasis du cuir chevelu Plaques rouges épaisses, squames blanches très adhérentes Souvent associé à des plaques sur le corps — non infectieux
Dermite séborrhéique Pellicules grasses, rougeurs, démangeaisons diffuses Souvent associée à une dermite du visage — rôle de Malassezia
Teigne (tinea capitis) Plaques alopéciques avec brisure des cheveux, squames grises Surtout chez l’enfant — contagieuse — traitement oral indispensable
Zona du cuir chevelu Vésicules douloureuses unilatérales suivant un dermatome Douleurs souvent intenses — antiviraux précoces
Molluscum contagiosum Petites papules ombiliquées, perlées Surtout chez l’enfant — virus — contagieux
Kyste épidermoïde (loupe) Bosse ferme sous-cutanée mobile, non inflammatoire Peut s’infecter et devenir douloureux — voir loupe du cuir chevelu
Alopécie de traction Petites papules périfolliculaires en bordure du cuir chevelu Favorisée par coiffures tendues (tresses, chignons serrés)

Quand consulter rapidement un dermatologue ?

🚨 Consultez rapidement si :

— Les boutons persistent malgré un traitement bien conduit depuis plus de 4 semaines
— Vous constatez une perte de cheveux dans la zone des lésions
— Les zones sans repousse s’étendent progressivement
— Les abcès sont douloureux, fluctuants ou accompagnés de fièvre
— Les lésions évoluent vers des cicatrices lisses et brillantes sans repousse possible
— Le cuir chevelu présente un aspect cérébriforme ou des nodules intercommunicants


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Pages liées

Questions fréquentes sur les boutons du cuir chevelu

Pourquoi ai-je des boutons qui grattent sur le cuir chevelu ?

Les causes les plus fréquentes de boutons prurigineux du cuir chevelu sont la folliculite à Malassezia (souvent associée à des pellicules grasses), la dermite séborrhéique, la folliculite bactérienne à staphylocoque, ou encore le psoriasis. Ces affections peuvent se ressembler cliniquement mais ne se traitent pas de la même façon. Si les boutons récidivent régulièrement ou si un shampooing antifongique d’essai reste sans effet après deux semaines, un avis dermatologique est indispensable.

Les boutons du cuir chevelu peuvent-ils faire tomber les cheveux définitivement ?

Oui, dans certaines formes. Les folliculites cicatricielles — folliculite décalvante de Quinquaud, cellulite disséquante, pustulose érosive — détruisent progressivement les follicules pileux et provoquent une alopécie définitive dans les zones atteintes si elles ne sont pas traitées à temps. À l’inverse, les folliculites non cicatricielles à Malassezia ou C. acnes n’entraînent pas de chute irréversible une fois correctement prises en charge.

Comment traiter des boutons sur le cuir chevelu sans consulter ?

Un shampooing au kétoconazole 2 % (disponible sans ordonnance en pharmacie) peut aider en cas de folliculite à Malassezia suspectée — pellicules associées, prurit, terrain immunodéprimé ou prise récente d’antibiotiques. Évitez absolument de percer les boutons. Si les lésions ne s’améliorent pas après 2 à 3 semaines, ou si elles s’accompagnent d’une chute de cheveux, consultez un dermatologue.

Quelle est la différence entre folliculite décalvante et cellulite disséquante ?

La folliculite décalvante de Quinquaud se manifeste par des pustules folliculaires récidivantes avec cheveux en touffes (polytrichie) et alopécie cicatricielle progressive. La cellulite disséquante donne plutôt des nodules profonds et abcès intercommunicants douloureux, créant un aspect bosselé du cuir chevelu. Les deux touchent préférentiellement les hommes jeunes à phototype foncé et nécessitent un traitement prolongé.

Les boutons du cuir chevelu sont-ils contagieux ?

Cela dépend de la cause. La teigne (tinea capitis) est hautement contagieuse. Les folliculites à staphylocoque peuvent se transmettre via le matériel de coiffure partagé (tondeuse, ciseaux). Les folliculites à Malassezia et à Demodex ne sont pas considérées comme contagieuses au sens strict, mais une hygiène rigoureuse du matériel de coiffure reste toujours recommandée.

Voir aussi :
Folliculite |
Staphylocoque doré |
Acné |
Dermite séborrhéique |
Alopécie


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Sources scientifiques

Mis à jour le 1er avril 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.

ZIKA : symptomes, fièvre et éruption de boutons du zyka sur la peau

Zika

Le moustique tigre transmet le Zika

Le virus Zika est présent en Amérique (Sud, Centrale et un peu au Nord), aux Antilles (Guadeloupe, Martinique, Saint Martin, Saint Barth… ) et en Polynésie (Tahiti).

Le virus Zyka est un arbovirus, qui fait partie du même groupe de virus que la dengue et le chikungunya. Il tire son nom de la forêt Zika en Ouganda.

Il est transmis par le moustique tigre (le « moustique de l’apéro » qui pique surtout en fin de journée)

Les signes cutanés sont souvent présents (90% des cas).

Symptomes

Symptomes du Zika

Fièvre avec maux de tête, douleurs articulaires et musculaires

Eruption de plaques et boutons rouges qui démangent le plus souvent, survenant au début au visage puis sur le reste du corps. Elles sont souvent groupées en paquets de plaques et boutons

Eruption au début sur le visage et le haut du tronc
Eruption de Zika

Yeux rouges dans environ la moitié des cas

Gonflement distal dans 20% des cas

Le Zyka guérit le plus souvent en une semaine

Traitement

Symptomatique à base de paracétamol (éviter l’aspirine par risque hémorragique et les anti inflammatoires)

Le virus est présent dans toutes les sécrétions, notamment sexuelles, ce qui conduit à recommander l’usage du préservatif pour les personnes
infectées (cas de transmission par le sperme) durant 3 mois.

Un cas décrit de transmission du Zyka chez une personne ayant rendu visite à un malade, donc y penser aussi chez des personnes n’ayant pas fait de voyage dans les zones d’endémie

En cas de Zika pendant la grossesse, le risque de microcéphalie du bébé est de 1%

Microcéphalie du nouveau-né en cas de Zika durant la grossesse

RUBEOLE : la rubéole, symptomes et traitement

Rubéole : symptômes, complications et vaccination

La rubéole est une maladie infectieuse virale due à un togavirus, généralement bénigne chez l’enfant (4 à 10 jours). Elle devient en revanche dangereuse pendant la grossesse — une infection avant la 11e semaine peut provoquer de graves malformations chez le bébé. La vaccination ROR reste la meilleure protection.

Éruption cutanée et doute sur le diagnostic ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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rubéole éruption taches rosées enfant
Rubéole — taches rosées caractéristiques

Qu’est-ce que la rubéole ?

La rubéole est une infection virale contagieuse due au Rubivirus (famille des Togaviridae). Elle survient surtout au printemps et touche principalement les enfants non vaccinés. Depuis la généralisation du vaccin ROR en France, elle est devenue rare — mais pas éradiquée.

⚠️ De nombreux autres virus (coxsackie, échovirus, adénovirus, Epstein-Barr) peuvent provoquer des éruptions ressemblant à la rubéole. Inversement, la rubéole peut parfois comporter peu d’éruption. Le diagnostic clinique seul est donc souvent difficile — la sérologie le confirme.

Symptômes de la rubéole

Incubation et contagiosité

L’incubation est totalement silencieuse et dure environ 2 semaines. La contamination se fait par voie aérienne (écoulements nasaux, éternuements). L’enfant est contagieux 2 jours avant l’éruption et jusqu’à 1 semaine après — ce qui rend la prévention des contacts avec les femmes enceintes particulièrement difficile.

L’éruption cutanée

Dans un contexte de fièvre légère et de douleurs musculaires, apparaissent des taches rosées sur le visage (pommettes et menton surtout), puis sur l’ensemble du corps en une seule journée — c’est le signe distinctif de la rubéole. Les taches prédominent sur le thorax, le ventre, les fesses et la racine des membres. Elles sont séparées par des espaces de peau saine, parfois confluentes.

Les taches disparaissent en 3 à 4 jours en desquamant finement.

Signes extra-cutanés

  • Taches de Forschheimer : taches rosées du palais — signe évocateur mais inconstant
  • Adénopathies (ganglions) : caractéristiquement dans la nuque, derrière les oreilles et dans la partie postérieure du cou
  • Fièvre légère : souvent < 38,5°C chez l’enfant

Rubéole chez l’adulte et l’adolescent

La rubéole est plus sévère chez l’adulte :

  • Fièvre atteignant 39°C
  • Arthrite (douleurs articulaires) fréquente
  • Éruption plus rouge et plus étendue
  • Taches dans la bouche plus fréquentes
  • Ganglions profus
  • Possible splénomégalie (rate gonflée) avec, exceptionnellement, risque de rupture spontanée

Diagnostic de la rubéole

Le diagnostic clinique est souvent incertain (nombreux diagnostics différentiels). La confirmation repose sur :

  • NFS : hyperlymphocytose avec plasmocytes quelques jours après l’éruption
  • Sérologie rubéole : élévation significative des IgM (multipliée par 4) — confirme le diagnostic

Complications de la rubéole

Elles sont rares mais à connaître :

  • Purpura thrombopénique
  • Arthrite réactionnelle
  • Méningoencéphalite (exceptionnelle)

⚠️ Consultez rapidement si : difficultés respiratoires, fièvre durant plus de 3 jours ou remontée de fièvre après l’éruption, apparition de taches violacées (purpura).

Rubéole et grossesse — danger majeur

C’est la complication la plus redoutée. Une rubéole contractée pendant la grossesse peut provoquer de graves séquelles chez le bébé, appelées rubéole congénitale :

  • Retard de croissance intra-utérin
  • Microcéphalie et retard mental
  • Malformations oculaires (cataracte, glaucome)
  • Malformations auditives (surdité)
  • Malformations cardiaques

Le risque est maximal lors d’une infection avant la 11e semaine de grossesse (quasi 90% de séquelles). Il diminue progressivement au 2e trimestre et devient négligeable après 20 semaines.

Règles de prévention :

  • Ne jamais mettre en contact un enfant atteint de rubéole avec une femme enceinte séronégative
  • La sérologie rubéole est obligatoire lors de la déclaration de grossesse
  • Elle est conseillée lors de l’examen prénuptial
  • ⚠️ Même une vaccination ancienne ne garantit pas la protection : environ 10% des adultes vaccinés dans l’enfance n’ont plus d’anticorps

Traitement de la rubéole

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre la rubéole. La prise en charge est symptomatique :

  • Paracétamol pour diminuer la fièvre et les douleurs
  • Les antibiotiques sont inefficaces (infection virale)
  • Repos pendant la période fébrile

La rubéole n’est pas une cause d’éviction scolaire obligatoire — mais il faut prévenir l’école pour vérifier la vaccination des élèves et identifier les contacts à risque (femmes enceintes non immunisées).

Vaccination contre la rubéole (ROR)

Le vaccin rubéole est administré en France dans le cadre du vaccin combiné ROR (Rougeole-Oreillons-Rubéole) :

  • 1re dose : à 12 mois
  • 2e dose : à 18 mois (rappel recommandé)
  • Femmes en âge de procréer séronégatives : vaccination recommandée, suivie d’une contraception efficace pendant au moins 3 mois

⚠️ Le vaccin ROR est contre-indiqué en cas de déficit immunitaire (virus vivant atténué) et pendant la grossesse.

Effets indésirables possibles du vaccin ROR

  • Fièvre avec rash fugace dans 10% des cas, survenant 5 à 12 jours après la vaccination
  • Convulsions hyperthermiques
  • Méningite aseptique (rare)
  • Purpura thrombopénique (rare)
  • Chez l’adulte : risque d’arthrite chronique réactionnelle apparaissant une dizaine de jours après la vaccination et pouvant persister plus d’un an

Sources

Questions fréquentes sur la rubéole

Comment savoir si mon enfant a la rubéole ou une autre maladie ?

La rubéole est difficile à distinguer cliniquement de nombreuses autres infections virales (roséole, rougeole, scarlatine, mégalérythème épidémique). Les signes évocateurs sont : taches rosées apparaissant en une journée du visage vers le corps, ganglions dans la nuque, fièvre légère. La sérologie confirme le diagnostic en cas de doute, notamment si une femme enceinte a été en contact.

La rubéole est-elle encore fréquente en France ?

Non. Grâce à la vaccination ROR généralisée, la rubéole est devenue très rare en France. Quelques dizaines de cas sont déclarés chaque année, principalement chez des personnes non vaccinées ou dont la vaccination est incomplète. Elle reste cependant endémique dans de nombreux pays.

Mon enfant vacciné peut-il quand même attraper la rubéole ?

C’est très rare mais possible. Le vaccin ROR est efficace à plus de 95% après 2 doses. Cependant, environ 10% des adultes vaccinés dans l’enfance perdent leur immunité avec le temps — d’où l’importance de vérifier sa sérologie avant ou en début de grossesse.

Une femme enceinte peut-elle être vaccinée contre la rubéole ?

Non. Le vaccin ROR est contre-indiqué pendant la grossesse car il contient des virus vivants atténués. Si une femme enceinte séronégative est exposée à la rubéole, une surveillance sérologique rapprochée est organisée. La vaccination sera proposée en post-partum immédiat avec contraception efficace pendant 3 mois.

Quelle est la différence entre rubéole et rougeole ?

La rougeole est une maladie bien plus grave, avec fièvre élevée, toux, conjonctivite et éruption précédée de taches de Koplik (taches blanches dans la bouche). La rubéole est plus bénigne, avec fièvre légère et ganglions cervicaux postérieurs caractéristiques. Les deux sont prévenues par le vaccin ROR.


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ROUGEOLE : la rougeole, symptomes et traitement

La rougeole

Eruption de rougeole
Eruption de rougeole

La rougeole est une maladie infectieuse virale due à un paramyxovirus qui guérit d’elle-même en une dizaine de jours, dans la majorité des cas

En France, elle est habituellement bénigne mais des complications graves à type d’encéphalite (inflammation du cerveau) sont possibles. L’aversion récente pour la vaccination rend la rougeole de plus en plus fréquente et plusieurs centaines de cas d’encéphalite liée à la rougeole sont rapportés chaque année…

Symptomes

La rougeole survient généralement vers 5-6 ans.

Incubation, contamination

L’éruption apparaît 2 semaines après la contamination

La rougeole se transmet par les écoulements du nez, les éternuements, les postillons…

Le patient est contagieux dès le 6e jour après la contamination (soit un à deux jours avant la phase d’invasion), durant sa période d’incubation, puis jusqu’à 4 jours après l’éruption.

Phase d’invasion :

malaise général avec fièvre à 39-40°C

troubles digestifs,

catarrhe oculonasal (nez et yeux qui coulent et qui craignent la lumière)

Catarrhe oculo nasal dans la rougeole
Catarrhe oculo nasal dans la rougeole

Signe de KOPLICK : semis de points blancs à la face interne des joues en regard des prémolaires.

Signe de Koplick de la rougeole
Signe de Koplick de la rougeole

Eruption

L’éruption apparaît 3 ou 4 jours après le début de la fièvre, alors que la fièvre culmine et que les symptomes ORL s’atténuent.
Ce sont des taches rouges confluentes mais laissant quelques espaces de peau saine, qui commencent généralement sur le visage, à la lisière du cuir chevelu, derrière les oreilles, puis descendent sur le cou, le thorax, les membres supérieurs puis inférieurs

Puis l’éruption disparaît et desquame

Complications

Liées soit au virus

encéphalite

Elle peut survenir en fin d’éruption, pouvant évoluer vers une panencéphalite subaiguë sclérosante mortelle apparaissant quelques années après

hémorragies…

Liées à une surinfection bactérienne,

otite, laryngite, bronchopneumopathie…

Vaccination

La vaccination est réalisée chez les enfants de plus d’un an (12 mois) n’ayant pas deja fait la rougeole

Cette vaccination est associée en France aux vaccinations anti rubéole et oreillons (R O R)

Un rappel autour de 4 mois après la première injection (vers 16 mois) est recommandé.
Elle est contre-indiquée en cas de déficit immunitaire car elle est à base de virus vivant atténué

Effets indésirables de la vaccination

fièvre avec rash fugace dans 10 % des cas, survenant 5 à 12 jours après le vaccin

convulsions hyperthermiques,

méningite aseptique

purpura thrombopénique

Soigner la rougeole

Les antibiotiques sont inefficaces car il s’agit d’une infection virale.

Traitement symptomatique

Pour diminuer la fièvre :

On utilise généralement du paracétamol

Pour soigner le catarrhe :

On rince les yeux avec un coton humide et on rince le nez avec un soluté nasal pour enfants.

On garde généralement l’enfant dans la pénombre car la lumière est gênante.

Pour soigner les boutons :

Les boutons ne démangent pas. Ils ne nécessitent pas de traitement particulier.

Eviction scolaire

L’eviction scolaire commence 5 jours à partir du début de la maladie

Il faut avertir l’école et l’entourage

Si une personne a été proche de l’enfant rougeoleux sans avoir eu la rougeole ou le vaccin auparavant, elle doit consulter pour évaluer si une vaccination rapide est envisageable car une vaccination administrée peu de temps après le contact avec la rougeole peut protéger

Consulter le médecin dans tous les cas, voire le reconsulter

Toute rougeole nécessite une consultation du médecin

Il faut reconsulter son médecin après la consultation de diagnostic :

  • en cas de difficultés respiratoires (difficulté à respirer, toux qui s’intensifie ou devient plus grasse) ou cognitives (enfant groggi, difficile à reveiller… )
  • maux de tete
  • suspicion d’otite
  • remontée de la fièvre après l’éruption

VALACICLOVIR : Zelitrex comprimés dans l’herpes

Valaciclovir (Zélitrex®) : indications, posologie et effets secondaires


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Le valaciclovir (Zélitrex®) est le traitement antiviral de référence contre l’herpès — labial, génital et zona. Prodrogued de l’aciclovir, il offre une meilleure biodisponibilité et une posologie simplifiée (2 prises par jour au lieu de 5). Voici le guide complet de son utilisation.

Herpès récidivant ou zona ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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Qu’est-ce que le valaciclovir ?

Le valaciclovir est une prodrogue de l’aciclovir — après ingestion, il est rapidement converti dans le tube digestif et le foie en aciclovir actif. Cette conversion explique sa supériorité pharmacologique :

Valaciclovir (Zélitrex®) Aciclovir comprimés
Biodisponibilité orale 54–55% 15–20%
Prises par jour 2 prises 5 prises
Voie d’administration Orale uniquement Orale ou IV
Diffusion Excellente — salive, sécrétions vaginales, LCR Bonne par voie IV
Élimination Urinaire — adaptation si insuffisance rénale Urinaire

Indications et posologies

Indication Posologie Durée
Herpès labial (bouton de fièvre) — récurrence 2 g × 2/j (matin et soir) 1 jour (débuté dès les prodromes)
Herpès génital — premier épisode 500 mg × 2/j 10 jours
Herpès génital — récurrences 500 mg × 2/j ou 1 g × 1/j 5 jours
Herpès génital — prévention (> 6 récurrences/an) 500 mg × 1/j Continu, réévalué à 6 mois
Zona (sujet immunocompétent) 1 g × 3/j 7 jours — débuté dans les 72h de l’éruption
Bouton de fièvre — prévention (> 6/an, hors AMM) 500 mg × 1/j Continu, réévalué à 6 mois

💡 Conseil pratique : boire abondamment de l’eau pendant le traitement pour faciliter l’élimination rénale de l’aciclovir. En cas d’insuffisance rénale, une adaptation des doses est obligatoire — consultez votre médecin.

Effets secondaires

La tolérance du valaciclovir est globalement excellente. Les effets secondaires rapportés sont :

  • Fréquents : troubles gastro-intestinaux (nausées, diarrhée légère), maux de tête
  • Rares : éruptions cutanées
  • Très rares : manifestations neurologiques (confusion, hallucinations) — surtout en cas d’insuffisance rénale non prise en compte

Grossesse et allaitement

L’aciclovir (forme active du valaciclovir) passe dans le lait maternel et traverse le placenta. Les données disponibles sur le valaciclovir pendant la grossesse sont rassurantes — il est utilisé sans signalement d’effets tératogènes — mais son utilisation doit être discutée avec un médecin, notamment pour le premier trimestre. Il n’est pas contre-indiqué formellement mais doit être prescrit uniquement si le bénéfice justifie le risque. Voir Valaciclovir Grossesse et Valaciclovir allaitement

Sources

Questions fréquentes sur le valaciclovir

Quelle est la différence entre valaciclovir et aciclovir ?

Le valaciclovir est une prodrogue de l’aciclovir — il se transforme en aciclovir actif après ingestion. Sa biodisponibilité est 3 à 5 fois supérieure, ce qui permet de réduire les prises à 2 par jour au lieu de 5 pour l’aciclovir. En pratique, le valaciclovir est plus efficace par voie orale et beaucoup plus pratique à utiliser au quotidien.

Peut-on prendre du valaciclovir enceinte ?

Les données disponibles sont rassurantes — aucun effet tératogène n’a été signalé — mais l’utilisation pendant la grossesse doit être discutée au cas par cas avec un médecin. L’aciclovir, sa forme active, est le mieux documenté pendant la grossesse et reste la référence en cas de nécessité absolue. Ne prenez jamais ce médicament pendant la grossesse sans avis médical préalable.

Le valaciclovir guérit-il définitivement l’herpès ?

Non. Le valaciclovir traite et prévient les poussées d’herpès mais ne peut pas éliminer le virus HSV de l’organisme — il reste latent à vie dans les ganglions nerveux. Le traitement préventif continu réduit significativement la fréquence des récurrences et le risque de transmission, mais à l’arrêt du traitement, les poussées peuvent reprendre.

Faut-il une ordonnance pour acheter du valaciclovir ?

Oui, le valaciclovir (Zélitrex®) est un médicament sur ordonnance — il n’est pas disponible sans prescription. En revanche, les crèmes à l’aciclovir 5% pour l’herpès labial sont disponibles sans ordonnance en pharmacie. Pour les formes orales de traitement ou de prévention, consultez votre médecin traitant ou un dermatologue.


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ACICLOVIR : Zovirax crème et comprimés d’aciclovir (herpes)

Aciclovir crème et comprimés

Herpes de la lèvre chez l'enfant
Herpes labial

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L’aciclovir date de 1974 et a pour noms commerciaux Zovirax®, Activir®, A. GNR®, A. RPG®… Il peut être utilisé par voie orale, intraveineuse et en crème.

Son activité antivirale est limitée aux virus du groupe herpès. L’herpès simplex virus (responsable de l’herpes labial et de l’herpes génital) y est très sensible

Aciclovir crème

En cas d’application locale en creme, le passage systémique est faible.

On trouve l’aciclovir sur ordonnance (Zovirax®) et sans ordonnance :

ACICLOVIR 5% crème, HERPESEDERMYL 5%, crème, HERPEVIR 5%, crème, KENDIX 5 POUR CENT, crème, REMEX 5%, crème

Contre indications de la creme

Antécédents d’hypersensibilité à l’aciclovir ou au propylèneglycol.
Application oculaire, intrabuccale ou intravaginale

Effets secondaires de la creme

Peu fréquent : des sensations de picotements ou de brûlures transitoires pouvant suivre l’application de la crème, sécheresse cutanée, demangeaisons.
Rare : érythème, eczéma de contact.
Très rare : cas d’urticaire et d’œdème de Quincke

Aciclovir comprimés et intraveineux

En cas de prise orale ou intraveineuse, la diffusion dans les organes et tissus est bonne, notamment dans la salive, les sécrétions vaginales et le liquide céphalorachidien qui baigne le cerveau.

L’aciclovir passe également dans le lait maternel.

Il s’élimine par voie urinaire et une adaptation des doses doit être réalisée chez l’insuffisant rénal.

Effets secondaires

Globalement, la tolérance de l’aciclovir est bonne.

Ont signale pour

les comprimés

des troubles gastro-intestinaux,

des maux de tete

et des éruptions cutanées rares

la voie intraveineuse

veinites aux sites d’injections,

des néphropathies réversibles lors de l’utilisation par voie intraveineuse à fortes doses,voire des encéphalopathies chez l’insuffisant rénal

des troubles gastro-intestinaux,

des maux de tete

et des éruptions cutanées rares


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URTICAIRE VIRAL : l’urticaire virale

Urticaire viral

Urticaire viral (plus fréquent chez l'enfant)
Urticaire viral (plus fréquent chez l’enfant)

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Le mot urticaire provient du latin « urtica » qui signifie ortie.

Elle a generalement l’aspect de boutons monomorphes ressemblant à des piqûres d’ortie qui très souvent démangent (démangeaisons), fugaces et évolutifs.

Les causes de l’urticaire sont nombreuses et parmi celles ci l’urticaire virale est assez peu fréquente, sauf chez l’enfant

Urticaire viral de l’enfant

De nombreuses infections virales peuvent provoquer une urticaire aigue, notamment chez l’enfant. On les suspecte notamment en cas de fièvre, de rhinopharyngite…

Urticaire viral de l’adulte

Chez l’adulte, les virus les plus fréquemment en cause sont ceux de l’hépatite (exemple : triade de Caroli (urticaire, arthralgies, maux de tete) prémonitoire d’une hépatite B), mais l’hépatite donne plutot des aspects d’urticaires de type systémique ou d’une urticaire au froid par cryoglobulinemie. (voir ces types d’urticaire)

Traitement de l’urticaire viral

Recherche de la cause

Le médecin va chercher la cause de l’urticaire et notamment la cause virale, surtout si l’urticaire dure plus de 6 semaines, par des sérologies sanguines

Eviter les facteurs favorisant l’urticaire

Les facteurs aggravant l’urticaire doivent être évités :

aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs :

  • Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, oeufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
  • Charcuterie : viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie
    emballée, gibier
  • Blanc d’oeuf
  • Fromages : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère,
    cheddar
  • Légumes : epinards, tomate, choux, choucroute, concombre
  • Fruits :fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
  • Boissons alcoolisées : bière, vin
  • Chocolat et cacao

aspirine ou anti-inflammatoires non stéroïdiens

Certains antihypertenseurs :

Inhibiteurs de l’enzyme de conversion

pouvant engendrer des angioedemes et

bétabloquants

pouvant rendre difficile la prise en charge d’une anaphylaxie

Eviter la cortisone s’il n’y a pas de signes de gravité (anaphylaxie… )

Les corticoïdes par voie générale ne sont pas indiqués dans le traitement de l’urticaire car ils exposent à un risque de rebond à l’arret.

Soigner l’urticaire virale aigue (crise depuis moins de 6 semaines)

Le traitement de l’urticaire non compliquée requiert généralement des antihistaminiques (traitement de l’allergie).

Certains d’entre eux provoquent une somnolence et nécessitent des précautions, en particulier déviter la conduite automobile.

Exemples de médicaments de l’allergie :
Aerius ®
Atarax ®
Clarityne ®
Kestin ®
Polaramine ®
Primalan ®
Telfast ®
Tinset ®
Virlix ®
Xyzall ®
Zyrtec ®


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IVERMECTINE : l’ivermectine dans la gale

Ivermectine

L’ivermectine contenue dans l’ivermectine est un antiparasitaire. Il est utilisé en dermatologie, notamment en traitement par voie orale dans le traitement de la gale .


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L’ivermectine se présente sous la forme de comprimés à 3 mgs

Contre indications de l’ivermectine

Allergie au produit ou à l’un de ses constituants de l’ivermectine

Enfant de moins de 15kgs

Grossesse et allaitement

Conseils d’utilisation de l’ivermectine

L’ivermectine est prise à la dose de 200 µg par kg de poids corporel en prise unique par voie orale, à distance des repas (au moins deux heures avant et apres un repas). La posologie varie donc en fonction du poids :

15 à 24 kgs 1 cp prise unique

25 à 35 kgs 2 cp prise unique

36 à 50 kgs 3 cp prise unique

51 à 65 kgs 4 cp prise unique

66 à 79 kgs 5 cp prise unique

Puis porter des vêtements propres ou traités et dormir dans des

draps propres

Il faut reprendre la meme dose unique 8 à 14j plus tard

En cas de gale profuse et crouteuse, l’association à un traitement local (Ascabiol ®, Spregal ®, Topiscab®) peuvent être proposés.

Soins d’accompagment de l’ivermectine

La prise d’ivermectine est nécessairement associée à des soins de prise en charge de la gale, pour le patient atteint de la gale et son entourage :

  • Traitement de l’environnement : procéder au nettoyage classique des locaux et à une désinfection par un acaricide tel qu’ Apar, de la literie (matelas, sommier), de la moquette et autres mobiliers adsorbants.

  • Traitement des vêtements et du linge : rassembler le linge utilisé jusqu’à ce jour (y compris serviettes de toilette, draps, taies…) et le laver en machine à laver à 60 °C ou le désinfecter avec un acaricide tel qu’ Apar

(stockage en sac plastique fermé pendant au moins trois heures) ou par mise en quarantaine de cinq jours dans un sac plastique fermé qui sera gardé à température supérieure à 20 °C.

  • Ne pas oublier de traiter les objets qui peuvent avoir été en contact avec le corps tels que : brassard de tensiomètre, chaussures, peluches, housse de siège auto…

  • Passer l’aspirateur énergiquement sur les tapis et les coussins.

  • Idéalement il faut changer de vêtements, de draps et de serviettes tous les jours et les laver à au moins 60 °C pendant une période de 14 jours

Voir le traitement de la gale


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RISQUE TATOUAGE : les risques du tatouage

Risques du tatouage : infections, allergies, cancer — ce que dit la science

Le tatouage constitue une effraction de la barrière cutanée et l’introduction de corps étrangers (pigments, colorants, liants) dans le derme de manière définitive. Cette page recense l’ensemble des risques médicaux documentés — infectieux, allergiques, oncologiques et dermatologiques — pour permettre une décision éclairée avant de se faire tatouer.

Complication sur un tatouage existant (rougeur, boutons, allergie) ?
→ Voir l’article dédié : Problèmes après un tatouage
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Sommaire :
Infections |
Maladies de peau |
Grains de beauté |
Vitiligo |
Cicatrices chéloïdes |
Cancer et lymphome |
Contre-indications |
Questions fréquentes

Risques infectieux

Conditions d'hygiène indispensables pour un tatouage sans risque

Le tatouage constitue une porte d’entrée pour les agents infectieux — virus et bactéries peuvent être introduits simultanément aux pigments si les règles d’hygiène ne sont pas respectées. Ces règles ont été formalisées par l’arrêté du 20 mars 2009 publié au Journal Officiel. Voir les précautions pour la réalisation d’un tatouage.

Risques viraux

Hépatites B et C, VIH : le tatouage provoque un saignement qui expose à la contamination par ces virus si le matériel n’est pas stérile ou est réutilisé. Ce risque est aujourd’hui quasi nul chez les professionnels agréés utilisant du matériel à usage unique. Il persiste pour les tatouages réalisés hors structures professionnelles : vacances à l’étranger, pratique amateur. Se faire vacciner contre l’hépatite B avant un tatouage est recommandé si la vaccination n’est pas à jour.

Verrues virales : des verrues préexistantes et non détectées par le tatoueur peuvent être disséminées par les passages de l’aiguille, entraînant une prolifération étendue sur la zone tatouée.

Risques bactériens

Infections classiques (staphylocoque, streptocoque) : surviennent J1–J10 par contamination lors du tatouage ou par défaut de soins post-tatouage. Rougeur chaude douloureuse, peau tendue, parfois fièvre. Antibiothérapie locale ou générale. Voir les soins du tatouage pour prévenir ces infections.

Infections à mycobactéries atypiques : bien plus problématiques. Liées à une dilution de l’encre avec de l’eau non stérile. Tableau caractéristique : pustules sur les zones grises et diluées avec respect des zones noires intenses (l’encre noire pure est bactériostatique). Apparition 2 à 8 semaines après le tatouage. Ne répondent pas aux pénicillines — antibiothérapie spécifique par macrolides ou quinolones sur 3 à 6 semaines. Voir le détail dans l’article problèmes sur tatouage.

Aggravation de maladies de peau — phénomène de Koebner

Certaines maladies dermatologiques se développent ou s’aggravent au site d’un traumatisme cutané : c’est le phénomène de Koebner. Le tatouage, traumatisme cutané délibéré et répété, peut déclencher ou révéler ces affections chez les sujets prédisposés — y compris des années après le tatouage.

Maladies concernées :

Maladie Présentation sur tatouage À savoir
Psoriasis Plaques squameuses sur le tracé Peut révéler un psoriasis méconnu
Lichen plan Papules violacées prurigineuses sur le tracé Koebner classique
Sarcoïdose Nodules brunâtres fermes pouvant mimer une allergie Biopsie indispensable — bilan systémique requis
Acné / folliculite Aggravation d’une acné ou folliculite préexistante sur la zone tatouée Ne pas tatouer sur une zone acnéique active
Kératoacanthomes Tumeurs épidermiques éruptives sur le site Rare — exérèse + histologie nécessaires

Grains de beauté et tatouage

Les tatoueurs doivent éviter de tatouer sur un grain de beauté pour deux raisons majeures :

Transformation du nævus : la réaction inflammatoire provoquée par le tatouage peut modifier l’aspect du grain de beauté, rendant difficile la distinction entre une transformation bénigne et un début de mélanome. Si le nævus doit ensuite être excisé, l’analyse histologique peut être compromise.

Surveillance impossible : les pigments du tatouage masquent les critères de surveillance dermoscopique du grain de beauté — asymétrie, bords, couleur, diamètre. Tout tatouage sur ou à proximité d’un nævus rend le suivi dermatologique ininterprétable et contre-indique la surveillance non invasive.

Règle pratique : si un grain de beauté se trouve dans la zone à tatouer, il doit être préalablement examiné par un dermatologue — et si possible excisé — avant d’envisager le tatouage.

Tatouage et vitiligo

Tatouer une plaque de vitiligo est déconseillé pour deux raisons cumulatives : les pigments ont tendance à virer de couleur sur la peau dépigmentée, et le traumatisme cutané du tatouage peut aggraver le vitiligo par phénomène de Koebner — étendant les plaques de dépigmentation au-delà de la zone tatouée.

Cicatrices hypertrophiques et chéloïdes

Le tatouage provoquant une effraction cutanée, il génère une cicatrice. Chez les sujets prédisposés, cette cicatrisation peut être pathologique avec formation de cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes — bourrelets cicatriciels épais, prurigineux, dépassant les limites de la plaie initiale et d’évolution progressive.

Contre-indication formelle : tout antécédent personnel de cicatrice hypertrophique ou chéloïde constitue une contre-indication au tatouage. Les phototypes foncés (IV–VI) sont statistiquement plus à risque.

Risque de cancer de la peau et de lymphome

Risque de cancer de la peau et lymphome chez les tatoués

C’est la question émergente en dermatologie préventive. Les encres de tatouage contiennent des substances potentiellement cancérigènes :

Les encres colorées peuvent renfermer des amines aromatiques primaires ; les encres noires des hydrocarbures aromatiques polycycliques (dont le benzopyrène, classé cancérigène) ; toutes les encres peuvent contenir des métaux lourds — arsenic, cobalt, plomb, nickel. Ces substances sont drainées par le système lymphatique et s’accumulent dans les ganglions régionaux puis dans d’autres organes.

Données scientifiques récentes

Étude 2024 (PubMed) : une étude avait imputé un surrisque de lymphome de 20 % chez les tatoués. La méthodologie a été fortement critiquée (biais de confusion, absence de groupe contrôle appariés).

Étude 2025 sur 2 300 paires de jumeaux (PubMed) : une étude à meilleure méthodologie — comparant des jumeaux tatoués et non tatoués pour contrôler les facteurs génétiques et environnementaux — retrouve :

Risque Résultat Condition
Cancer cutané (hors carcinome basocellulaire) +62 % Tout tatouage
Cancer cutané (hors carcinome basocellulaire) ×4 (cohorte jumeaux) Tout tatouage vs absence
Lymphome Surrisque significatif Tatouage > taille d’une main
Cancer cutané Risque plus élevé Tatouage > taille d’une main

Ce que ces données ne prouvent pas : un lien de causalité direct. Il peut exister des facteurs confondants non contrôlés (comportements à risque, exposition solaire, tabac). La taille du tatouage étant corrélée au risque, la quantité de pigments injectés semble un facteur clé. Ces résultats justifient la prudence et la surveillance dermatologique régulière des sujets tatoués, sans constituer une contre-indication absolue au tatouage — mais ils méritent d’être connus avant toute décision.

Contre-indications au tatouage

Situation Type Raison
Antécédent de cicatrice chéloïde ou hypertrophique Formelle Risque élevé de chéloïde sur le tatouage
Grossesse et allaitement Formelle Risques infectieux pour le fœtus / nourrisson, déformation possible
Troubles de la coagulation / anticoagulants Formelle Risque hémorragique et cicatrisation compromise
Mineur sans autorisation parentale Légale Interdit en France avant 18 ans
Immunodépression (VIH, chimiothérapie, corticoïdes au long cours) Relative Risque infectieux majoré, cicatrisation altérée
Psoriasis, lichen plan, vitiligo actifs Relative Phénomène de Koebner — aggravation possible
Grain de beauté dans la zone à tatouer Relative Surveillance dermatologique compromise — examen préalable obligatoire
Allergie connue aux pigments de tatouage ou à la PPD Relative Risque de réaction allergique sévère

Questions fréquentes

Le tatouage augmente-t-il vraiment le risque de cancer ?

Les données les plus récentes (étude sur 2 300 paires de jumeaux, 2025) montrent une augmentation significative du risque de cancer cutané — hors carcinome basocellulaire — et de lymphome pour les tatouages de grande taille. Ce lien est biologiquement plausible (substances cancérigènes dans les encres, accumulation ganglionnaire). Il ne constitue pas une preuve de causalité absolue, mais justifie une surveillance dermatologique régulière et une réflexion sur la surface tatouée.

Y a-t-il des risques à tatouer sur un grain de beauté ?

Oui, et c’est déconseillé par tous les dermatologues. Les pigments masquent les critères de surveillance du nævus, rendant impossible le dépistage précoce d’un mélanome. Si un grain de beauté se trouve dans la zone souhaitée, une consultation dermatologique préalable est indispensable — et une exérèse peut être envisagée avant le tatouage.

Un tatouage aggrave-t-il le psoriasis ?

Potentiellement, par phénomène de Koebner : le traumatisme cutané peut déclencher des plaques psoriasiques sur le site du tatouage. Ce phénomène n’est pas systématique mais est documenté. Un psoriasis bien contrôlé est une contre-indication relative (pas absolue) — à discuter avec un dermatologue. Éviter formellement de se faire tatouer lors d’une poussée.

Peut-on se faire tatouer si l’on a des antécédents de chéloïdes ?

Non — c’est une contre-indication formelle. La prédisposition aux cicatrices chéloïdes est génétique et se reproduit de manière prévisible à chaque effraction cutanée. Un tatouage se transformerait en bourrelet chéloïdien épais, prurigineux et définitif, difficile à traiter.

Quelles précautions prendre pour minimiser les risques infectieux ?

Se faire tatouer exclusivement par un tatoueur professionnel agréé respectant l’arrêté du 20 mars 2009 : matériel à usage unique, aiguilles stériles en emballage scellé ouvert devant vous, surfaces désinfectées, tatoueur ganté. Éviter les tatouages en voyage à l’étranger hors structures professionnelles certifiées. Mettre à jour la vaccination hépatite B. Suivre scrupuleusement les soins post-tatouage.

Voir aussi :
Tatouage — guide complet |
Problèmes sur tatouage |
Soins du tatouage |
Détatouage au laser |
Précautions avant de se faire tatouer


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ZONA TRAITEMENT : traitement du zona

Traitement du zona

Traitement zona

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Le zona typique guérissant spontanément en quelques semaines, le traitement du zona a pour objectif principal d’éviter les complications

Il comporte des soins locaux et parfois des traitements par voie orale qui doivent être donnés dans les 3 1ers jours de l’éruption

On distingue dans le traitement du zona les soins locaux et généraux :

Les soins locaux du zona

ils sont surtout pour but d’éviter la surinfection bactérienne des lésions.

On recommande généralement

  • une douche quotidienne avec savon dermatologique,
  • l’application d’antiseptiques locaux doux,
  • voire l’application d’une crème antibiotique telle que Fucidine ® 3 fois par jour pendant une semaine lorsqu’il existe un doute de surinfection cutanée bactérienne des lésions de zona de moins de 2% de la surface corporelle (en cas de surinfection > à 2% de la surf corporelle, ou d’extension rapide de l’infection bactérienne, on utilise alors des antibiotiques par voie orale)

    Les soins généraux du zona

  • Soins contre la douleur lors de la poussée : antalgiques par voie orale

  • Traitements antiviraux :

on prescrit le plus souvent des molécules antivirales par voie orale (la voie intraveineuse est le plus souvent réservée au patient immunodéprimé et aux formes graves de zona), telles que l’aciclovir ou le valaciclovir. Le traitement par voie orale doit idéalement être débuté dans les 72 premières heures après l’éruption du zona, et il est pris en géréral pendant une semaine à 10 j.

Le traitement zona par voie orale est indiqué notamment dans ces situations :

  • zona ophtalmologique, quel que soit l’âge du patient, voir zona opthalmique
  • En prévention des douleurs post zona, notamment de façon systématique apres 50 ans. Voir les douleurs post zona
  • patient immunodéprimé (en intraveineuse)

 


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SYMPTOMES DU ZONA : les symptomes et boutons du zona

Symptomes du zona

Symptomes du zona

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Le zona évolue généralement en deux phases : la douleur puis l’éruption secondaire à l’apparition de la douleur. Ce signe est très important pour diagnostiquer le zona. Son diagnostic et son traitement nécessitent un avis médical

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Autre signe très important, ces douleurs et éruptions sont cantonnées à un territoire bien précis de la peau, correspondant à l’innervation du nerf concerné (voir l’article sur le zona)

Deux phases caractéristiques du zona

On observe donc deux phases :

La phase douloureuse du zona

Il s’agit de douleurs voire de brûlures localisées dans une région du corps. Elle correspond à la zone innervée par le nerfs dans lequel les virus de zona migrent vers la peau. Cette phase des prodromes est associée en général à une hypoesthésie (baisse de la sensibilité) ou une anesthésie dans la zone atteinte.

La phase éruptive du zona

Apparaissent après quelques jours dans la zone douloureuse des rougeurs voire des plaques surélevées rouges qui se couvrent au bout de 24h de vésicules (comme des gouttelettes d’eau dans la peau), groupées en
bouquet, confluant parfois en bulles.

Vésicules en bouquet
Vésicules en bouquet
Zona
Zona

Ces vésicules vont se troubler vers le 5e jour puis former des croûtes brunâtres vers le 7e jour. Ces croûtes tomberont vers le 10e jour et laisseront place à des cicatrices dépigmentées le plus souvent indélébiles.

Cicatrices pigmentées après zona
Cicatrices pigmentées après zona

L’élément caractéristique de cette éruption est sa topographie unilatérale et sa localisation à une zone d’innervation nerveuse, pouvant déborder sur les nerfs contigus. Cet élément topographique permet de poser le diagnostic vers le zona dès le début de la maladie meme avec une éruption discrète ou absente

Simplement quelques rougeurs mais une douleur caractéristique au début du zona
Simplement quelques rougeurs mais une douleur caractéristique au début du zona

Le zona typique est donc une maladie de peau éruptive marquée par des éruptions localisées le plus souvent à une zone du corps et à un coté du corps ;

On voit bien ici la distribution des lesions le long du nerf sciatique
On voit bien ici la distribution des lesions le long du nerf sciatique

L’éruption est douloureuse avec des poussées accompagnées de troubles de la sensibilité.

Il n’y a généralement pas de fièvre et d’altération de l’état général. Il arrive qu’il y ait un ganglion dans la zone de drainage.

Un second épisode de zona est rare, il concerne environ 1% des cas. En effet, on acquiert une immunité à médiation cellulaire persistant plusieurs années.

Formes typiques de zona

Les formes typiques de zona sont :

– le zona intercostal

en hémi-ceinture thoracique. Voir l’article sur le zona intercostal

– le zona ophtalmique

touchant la première branche (ou branche ophtalmique) du nerf Trijumeau, qui innerve la face. Le zona ophtalmique expose au risque de lésions ophtalmologiques, notamment lorsqu’il existe une éruption de l’aile du nez et de la narine.

Voir l’article sur le zona ophtalmique

Autres formes de zona

Il existe beaucoup de formes de zona et de complications ; les plus fréquentes sont :

Le zona trigéminé

il s’agit d’un zona touchant le nerf VII bis. L’éruption du zona touche l’ oreille et peut être associée à une atteinte de la langue du même côté, voire d’une paralysie faciale (généralement régressive)

Zona trigeminé de l'oreille
Zona trigeminé de l’oreille

Formes graves de zona

On peut observer des formes graves de zona, notamment chez les personnes immunodéprimées :

zona généralisé

c’est à dire touchant de nombreux nerfs. Il s’agit alors le plus souvent d’une éruption de zona très profuse, hémorragique et nécrotique. Le zona généralisé encore appelé zona-varicelle est donc caractérisé par :

  1. la présence de plus de 20 vésicules à distance de l’éruption linéaire de zona
  2. une atteinte des organes profonds (poumons, foie, cerveau) avec de possibles complications
  3. un terrain fragile : le zona varicelle survient le plus souvent sur un terrain immunodéprimé, un cancer sous jacent…

    zona viscéral

dans lequel il existe une atteinte d’organes profonds tels que les poumons, le foie, le cerveau…

Les douleurs post zostériennes (douleurs persistantes après zona)

Il s’agit de douleurs persistant un mois apres le zona

Voir l’article sur les douleurs post zona

>>Suite : le traitement du zona

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ZONA OPHTALMIQUE : le zona de l’oeil

Zona ophtalmique

Il s’agit d’un zona touchant la première branche (ou branche ophtalmique) du nerf Trijumeau, qui innerve la face.


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Zona ophtalmique crouteux
Zona ophtalmique crouteux

Le zona ophtalmique expose au risque de lésions ophtalmologiques, notamment lorsqu’il existe une éruption de l’aile du nez et de la narine.

Tout zona ophtalmique nécessite donc une consultation médicale urgente et la mise en place d’un traitement par voie orale sans tarder.

Avis ophtalmologique

Le médecin pourra demander une consultation ophtalmologique en urgence s’il existe des signes ou des doutes d’atteinte ophtalmologique :

  • si le zona intéresse l’aile du nez,
Atteinte de l'aile du nez : attention au zona ophtalmique
Zona ophtalmique
  • en cas d’œoedème des paupières gênant l’ouverture de l’oeil,
  • en cas de baisse de l’acuité visuelle,
  • en cas d’oeil rouge
  • et systématiquement chez l’immunodéprimé (en Intra veineuse)

    Les complications ophtalmologiques du zona ophtalmique:

Le zona ophtalmique expose à des risques d’atteinte de l’oeil (sclérite, kératite, rétinite… ) ou de la paupière pouvant donner des séquelles telles que des des rétractions ou une paralysie de la paupière supérieure (appelée « ptosis »). Tout zona ophtalmique, notamment s’il est accompagné d’atteinte de l’aile du nez et de la narine nécessite un avis ophtalmologique urgent.

Traitement du zona ophtalmique

Les soins locaux du zona

ils sont surtout pour but d’éviter la surinfection bactérienne des lésions.

On recommande généralement

  • une toilette quotidienne avec savon dermatologique,
  • l’application d’antiseptiques locaux doux, en évitant d’en mettre dans les yeux
  • voire l’application d’une crème antibiotique telle que Fucidine ® 3 fois par jour pendant une semaine lorsqu’il existe un doute de surinfection cutanée bactérienne des lésions de zona de moins de 2% de la surface corporelle (en cas de surinfection > à 2% de la surf corporelle, ou d’extension rapide de l’infection bactérienne, on utilise alors des antibiotiques par voie orale)

    Les soins généraux du zona ophtalmique

  • Soins contre la douleur lors de la poussée : antalgiques par voie orale

  • Traitements antiviraux :

on prescrit le plus souvent des molécules antivirales par voie orale (la voie intraveineuse est le plus souvent réservée au patient immunodéprimé et aux formes graves de zona), telles que l’aciclovir ou le valaciclovir. Le traitement par voie orale doit idéalement être débuté dans les 72 premières heures après l’éruption du zona, et il est pris en géréral pendant une semaine à 10 j.

Le traitement zona par voie orale est indiqué dans le zona ophtalmologique, quel que soit l’âge :

– soit aciclovir, 800 mg cinq fois par jour per os pendant 7 jours
– soit valaciclovir, 1 g trois fois par jour per os pendant 7 jours


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ZONA INTERCOSTAL : le zona du ventre, du dos et des cotes

Zona intercostal, du dos et du ventre (zona des côtes)

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Vidéo : zona intercostal — Dr Rousseau, dermatologue Bordeaux

▶ Voir la vidéo sur YouTube — Zona intercostal expliqué par le Dr Rousseau

Qu’est-ce que le zona intercostal ?

Le zona intercostal est la forme la plus fréquente de zona, représentant environ 50 % des cas. Il correspond à la réactivation du Virus Varicelle-Zona (VZV) au niveau d’un nerf intercostal — le nerf sensitif qui chemine entre deux côtes, de la colonne vertébrale jusqu’à la face antérieure du thorax ou de l’abdomen.

Comme toutes les formes de zona, il évolue en deux phases successives caractéristiques : une phase douloureuse précédant l’éruption, puis une phase éruptive cutanée. Ce décalage temporel entre douleur et éruption est un élément clé du diagnostic. Les symptômes restent strictement unilatéraux, confinés au territoire innervé par le nerf atteint.

💡 Signe diagnostique essentiel
Douleur thoracique ou abdominale unilatérale apparaissant 3 à 4 jours avant toute éruption cutanée visible → penser au zona intercostal. Ce tableau peut mimer une douleur cardiaque, pleurale ou abdominale et conduire à des explorations inutiles si le diagnostic n’est pas évoqué.

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Phase douloureuse

Le zona intercostal débute par une douleur thoracique unilatérale, pendant 3 à 4 jours avant l’apparition de toute lésion cutanée. Cette douleur est typiquement décrite comme :

  • Une brûlure ou sensation de cuisson le long d’une bande du thorax ou de l’abdomen
  • Des douleurs fulgurantes ou lancinantes, exacerbées au contact des vêtements
  • Parfois une simple hypersensibilité cutanée (allodynie) dans le territoire concerné

Des adénopathies axillaires (ganglions dans l’aisselle) peuvent être palpées du côté atteint. À ce stade sans éruption visible, le diagnostic est difficile et souvent évoqué à tort comme une douleur musculaire, une pleurite ou une pathologie cardiovasculaire.

Phase d’éruption du zona intercostal

L’éruption apparaît 3 à 4 jours après le début des douleurs. Elle est unilatérale, en bande, s’étendant en hémiceinture depuis la colonne vertébrale vers l’abdomen ou le thorax antérieur, en suivant le trajet du nerf intercostal concerné. Elle s’arrête strictement à la ligne médiane.

Zona intercostal
Zona intercostal

L’évolution des lésions suit une séquence caractéristique :

  1. Plaques érythémateuses (rougeurs) sur fond légèrement œdémateux
  2. Vésicules en bouquet sur fond rouge, pouvant confluer en bulles
  3. Trouble et flétrissement des vésicules en 2 à 3 jours
  4. Croûtes qui tombent en 10 à 15 jours

Quelques lésions satellites peuvent exceptionnellement apparaître du côté opposé, sans remettre en cause le caractère unilatéral dominant du tableau.

Zona sur le ventre
Zona sur le ventre
Zona du dos
Zona du dos

Évolution et cicatrisation

La guérison survient en 2 à 4 semaines. Elle laisse parfois des cicatrices séquellaires dans le territoire concerné :

  • Hyposensibilité (zone engoourdie, insensible au toucher)
  • Hypersensibilité persistante, pouvant évoluer vers des douleurs post-zostériennes (névralgie post-zostérienne)
🚨 Névralgie post-zostérienne
C’est la complication la plus redoutée du zona intercostal : des douleurs persistantes au-delà de 3 mois après la guérison cutanée, parfois très invalidantes. Elle survient surtout chez les patients de plus de 50 ans. Le traitement antiviral précoce (dans les 72 h) en réduit significativement le risque.

Soins locaux du zona intercostal

Les soins locaux visent principalement à prévenir la surinfection bactérienne des lésions vésiculeuses et bulleuses, qui pourrait retarder la cicatrisation et aggraver les douleurs.

  • Douche quotidienne avec un savon dermatologique doux (sans frotter les lésions)
  • Application d’un antiseptique local doux (chlorhexidine aqueuse de préférence) sur les vésicules
  • En cas de doute de surinfection bactérienne (lésions purulentes, croûtes mélicériques), sur moins de 2 % de la surface corporelle : application d’une crème antibiotique locale (Fucidine®) 3 fois par jour pendant une semaine
⚠ Surinfection étendue
En cas de surinfection bactérienne touchant plus de 2 % de la surface corporelle, ou d’extension rapide des signes infectieux (rougeur, chaleur, œdème progressifs), des antibiotiques par voie orale sont nécessaires. Consultez rapidement.

Soins généraux : antalgiques et antiviraux

Le zona typique guérit spontanément en quelques semaines. Le traitement systémique a pour objectif principal de réduire la durée et l’intensité des douleurs, et surtout de prévenir la névralgie post-zostérienne. Il doit impérativement être débuté dans les 72 premières heures suivant l’éruption.

Antalgiques

Des antalgiques par voie orale sont prescrits dès la phase douloureuse pour contrôler la douleur aiguë. Selon l’intensité, ils vont du paracétamol aux antalgiques de palier 2 ou 3. Des traitements adjuvants (antiépileptiques, antidépresseurs) peuvent être ajoutés d’emblée chez les patients à haut risque de névralgie post-zostérienne.

Antiviraux par voie orale

Les antiviraux (aciclovir, valaciclovir, famciclovir) réduisent la réplication virale, accélèrent la cicatrisation et diminuent le risque de névralgie post-zostérienne. La voie orale est la règle en ambulatoire ; la voie intraveineuse est réservée aux patients immunodéprimés et aux formes graves.

Situation Molécule Posologie Durée
Plus de 50 ans
(prévention névralgie post-zostérienne)
Valaciclovir 1 g × 3/j 7 jours
Famciclovir 500 mg × 3/j 7 jours
Aciclovir 800 mg × 5/j 7 jours
Moins de 50 ans
(si facteurs prédictifs de névralgie)
Valaciclovir 1 g × 3/j 7 jours
Famciclovir 500 mg × 3/j 7 jours
🚨 Fenêtre thérapeutique critique
L’efficacité des antiviraux est maximale lorsqu’ils sont débutés dans les 72 heures suivant l’apparition des premières vésicules. Au-delà, le bénéfice sur la prévention de la névralgie post-zostérienne diminue fortement. Ne tardez pas à consulter.

Éruption thoracique ou abdominale douloureuse apparue depuis moins de 72 h ? Consultez rapidement pour démarrer le traitement antiviral dans la fenêtre d’efficacité optimale.


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Questions fréquentes (FAQ)

Comment reconnaître un zona intercostal avant l’éruption ?

Une douleur thoracique ou abdominale unilatérale à type de brûlure, sans cause cardiaque ou pulmonaire identifiée, doit faire évoquer un zona intercostal débutant. L’éruption cutanée n’apparaissant que 3 à 4 jours après la douleur, le diagnostic précoce repose sur la clinique. Consultez rapidement pour ne pas manquer la fenêtre thérapeutique antivirale.

Le zona intercostal peut-il être confondu avec une crise cardiaque ?

Oui, notamment lorsqu’il touche le côté gauche du thorax. La douleur unilatérale et brûlante du zona peut mimer une douleur angineuse. L’absence de modification électrocardiographique et l’apparition secondaire d’une éruption cutanée en bande permettent de redresser le diagnostic.

Le zona intercostal est-il dangereux ?

Dans la grande majorité des cas, il guérit sans séquelles en 2 à 4 semaines. Le principal risque est la névralgie post-zostérienne, douleur chronique persistant au-delà de 3 mois, surtout après 50 ans. Un traitement antiviral précoce en réduit significativement l’incidence.

Peut-on travailler quand on a un zona intercostal ?

Cela dépend de l’intensité des douleurs et de la nature du travail. Un arrêt de travail est souvent justifié en phase aiguë. Les lésions cutanées vésiculeuses pouvant être contagieuses pour les personnes non immunisées contre la varicelle, évitez tout contact étroit avec des personnes à risque (femmes enceintes non immunisées, nourrissons, immunodéprimés).

Faut-il couvrir les lésions de zona ?

Oui, couvrir les lésions vésiculeuses avec un pansement non adhésif propre réduit le risque de transmission du VZV à l’entourage et protège les lésions d’une irritation mécanique par les vêtements. Évitez les pansements occlusifs qui macèrent.

Combien de temps dure la phase douloureuse du zona intercostal ?

La douleur aiguë cède généralement avec la disparition des lésions en 2 à 4 semaines. Lorsqu’elle persiste au-delà de 3 mois, on parle de névralgie post-zostérienne, qui nécessite une prise en charge spécifique (antiépileptiques, antidépresseurs tricycliques, patch de lidocaïne).

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Voir aussi : Le zona intercostal est une urgence thérapeutique relative : le traitement antiviral n’est efficace que s’il est débuté dans les 72 premières heures. En cas de douleur thoracique ou abdominale unilatérale inexpliquée, pensez au zona avant même l’apparition de l’éruption et consultez sans attendre.

Références scientifiques

  • Gnann JW Jr, Whitley RJ. Herpes zoster. N Engl J Med. 2002;347(5):340-346. PMID 12151472
  • Dworkin RH, Johnson RW, Breuer J, et al. Recommendations for the management of herpes zoster. Clin Infect Dis. 2007;44(Suppl 1):S1-26. PMID 17143845
  • Tyring SK, Beutner KR, Tucker BA, et al. Antiviral therapy for herpes zoster: randomized, controlled clinical trial of valacyclovir and famciclovir therapy in immunocompetent patients 50 years and older. Arch Fam Med. 2000;9(9):863-869. PMID 11031393
  • Société Française de Dermatologie (SFD). Recommandations de prise en charge du zona. sfdermato.org

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Mis à jour le 11 avril 2025 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.


DOULEURS POST ZONA : les douleurs post zostériennes

Douleurs post zona

Il s’agit de douleurs persistant plus d’un mois après l’épisode de zona.


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Il s’agit de douleurs continues et/ou survenant par poussées, souvent
intolérables, ayant un retentissement important sur la qualité de vie.
Les douleurs postzostériennes favorisent l’apparition de dépression. Les douleurs post zona sont plus fréquentes chez les sujets âgés. En effet, 50 % des cas surviennent à 50 ans et 70 % des cas au-delà de 70 ans

Les douleurs seraient liées à des séquelles sur les nerfs (démyélinisation et fibrose cicatricielle au niveau des axones).

Facteurs de risque de douleurs post zona

  • Un âge du patient supérieur à 50 ans
  • Des douleurs intenses avant et lors de l’éruption de zona
  • Des lésions graves de zona lors de l’éruption (lésions nécrotiques, étendues… )
  • Le zona ophtalmique
  • La mise en place tardive du traitement du zona (après 72 h d’éruption)

Prevention des douleurs post zona

On prescrit le plus souvent des molécules antivirales par voie orale (la voie intraveineuse est le plus souvent réservée au patient immunodéprimé et aux formes graves de zona), telles que l’aciclovir ou le valaciclovir. Le traitement par voie orale doit idéalement être débuté dans les 72 premières heures après l’éruption du zona, et il est pris en géréral pendant une semaine à 10 j.

Le traitement zona par voie orale est indiqué notamment dans ces situations pour éviter les douleurs post zona :

  • Patient de plus de 50 ans en prévention des algies post-zostériennes :
    – soit valaciclovir, 1 g trois fois par jour per os pendant 7 jours
    – soit famciclovir, 500 mg trois fois par jour pendant 7 jours
    – soit aciclovir, 800 mg cinq fois par jour per os pendant 7 jours
  • Patient de moins de 50 ans s’il existe des facteurs prédictifs d’algies post-zostériennes :
    – soit valaciclovir, 1 g trois fois par jour per os pendant 7 jours
    – soit famciclovir, 500 mg trois fois par jour pendant 7 jours

Traitement des douleurs post zona


Lorsque les douleurs post zona sont diagnostiquées, elles sont le plus souvent traitées par des molécules telles que l’amitriptyline ou la gabapentine. Le médecin peut aussi prescrire en première intention des préparations locales à base de capsaicine ou des emplatres de lidocaine (Versatis®).


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TRANSMISSION DU ZONA : la contagion du zona

Contagion et transmission du zona

Vous présentez un zona ou avez été en contact avec une personne atteinte ? Le Dr Rousseau vous reçoit à Bordeaux pour un diagnostic et une prise en charge rapide.


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Zona et VZV : mécanisme de la récurrence

Le zona n’est pas à proprement parler une maladie contagieuse. Il s’agit de la manifestation clinique de la récurrence du virus de la varicelle, le Virus Varicelle-Zona (VZV), qui appartient à la famille des herpèsvirus.

Après une primo-infection par la varicelle (en général dans l’enfance), le VZV ne disparaît pas de l’organisme : il se réfugie dans les ganglions nerveux sensitifs (ganglions rachidiens ou crâniens) où il reste en état de latence pendant des années, voire des décennies. Lorsque les défenses immunitaires s’affaiblissent — avec l’âge, un stress, une maladie ou un traitement immunosuppresseur — le virus peut se réactiver et migrer le long d’un nerf sensitif jusqu’à la peau, provoquant le zona.

Environ 90 % des adultes dans le monde ont fait la varicelle et portent donc le VZV en latence. Parmi eux, environ 20 % développeront un zona au cours de leur vie.

💡 À retenir
On ne « contracte » pas le zona : on le développe à partir du virus que l’on porte déjà en soi depuis la varicelle. C’est pourquoi le zona ne se transmet pas d’une personne ayant un zona à une autre personne déjà immunisée contre la varicelle.

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Peut-on attraper le zona par contagion ?

On n’attrape pas le zona au contact d’une personne qui a un zona. Cependant, il existe une situation particulière : une personne n’ayant jamais fait la varicelle peut, en contact avec les lésions vésiculeuses d’un patient ayant un zona, être contaminée par le VZV et développer… une varicelle (primo-infection), et non un zona.

De même, une nouvelle exposition exogène au VZV — en côtoyant une personne faisant la varicelle ou le zona — peut théoriquement contribuer à une réactivation chez une personne déjà porteuse du virus en latence, bien que ce mécanisme soit considéré comme marginal.

📋 Schéma de transmission simplifié
Contact avec zona ou varicelle → si jamais vacciné ni immunisé → risque de varicelle (pas de zona direct)
Contact avec zona ou varicelle → si déjà immunisé → aucun risque de zona par contagion

Le zona est-il contagieux pour l’entourage ?

Oui, dans une mesure limitée. Un patient présentant un zona peut transmettre le VZV à une personne non immunisée contre la varicelle (environ 10 % des adultes n’ont pas d’immunité contre la varicelle). Cette transmission provoque alors une varicelle chez le contact, et non un zona.

La contagiosité du zona est nettement inférieure à celle de la varicelle :

Caractéristique Varicelle Zona
Mode de transmission Aérienne + contact direct Contact direct avec lésions vésiculeuses uniquement
Période de contagiosité 2 jours avant l’éruption jusqu’à croûtes complètes Environ 2 jours (phase vésiculeuse active)
Ce que le contact risque Varicelle (si non immunisé) Varicelle (si non immunisé) — jamais de zona direct
Contagiosité relative Très élevée Faible (lésions localisées, pas de transmission aérienne)

La contagiosité cesse dès que toutes les vésicules sont croûtées. Un zona couvert par un pansement occlusif est peu contagieux.

Précautions pratiques

Si vous n’avez pas eu la varicelle (ou si vous n’êtes pas certain de votre statut immunitaire) et que vous êtes en contact avec une personne ayant un zona :

  • Lavez-vous soigneusement les mains après tout contact avec la personne malade ou son environnement
  • Évitez le contact direct avec les lésions vésiculeuses (ne pas toucher les plaques de zona)
  • Consultez votre médecin si vous pensez ne pas être immunisé : une sérologie VZV peut confirmer votre statut
  • En cas de doute après exposition, une prophylaxie post-exposition (immunoglobulines spécifiques ou antiviraux) peut être envisagée chez les sujets immunodéprimés ou les femmes enceintes non immunisées
⚠ Personnes à risque particulier
Les nourrissons de moins de 1 mois, les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes non immunisées sont les populations les plus vulnérables en cas d’exposition au VZV. Une consultation médicale urgente s’impose dans ces situations.

Zona et grossesse

Si vous êtes enceinte et non immunisée contre la varicelle, évitez tout contact avec une personne présentant un zona ou une varicelle. La varicelle contractée pendant la grossesse peut entraîner des complications sévères : pneumonie varicelleuse maternelle, varicelle congénitale (avant 20 semaines d’aménorrhée) ou varicelle néonatale (en fin de grossesse). Ces situations nécessitent une prise en charge spécialisée en urgence.

Si vous avez déjà eu la varicelle, vous êtes immunisée : le contact avec un patient ayant un zona ne présente aucun risque pour votre grossesse.

Vous êtes enceinte, immunodéprimé(e) ou incertain(e) de votre immunité contre la varicelle ? Consultez rapidement le Dr Rousseau à Bordeaux.


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Vaccination : prévenir le zona

Le vaccin Shingrix® (vaccin recombinant sous-unitaire adjuvanté) est recommandé en France depuis 2023 pour les personnes de 65 ans et plus, et dès 50 ans pour les patients immunodéprimés. Administré en deux doses, il réduit le risque de zona d’environ 90 % et diminue significativement le risque de névralgie post-zostérienne, la complication la plus invalidante du zona.

La vaccination contre la varicelle (Varivax®, Varilrix®) est quant à elle recommandée chez les adultes séronégatifs non immunisés, notamment avant une grossesse ou une immunosuppression programmée.

Questions fréquentes (FAQ)

Mon enfant peut-il attraper la varicelle en côtoyant une personne qui a le zona ?

Oui, si votre enfant n’a pas encore eu la varicelle et n’est pas vacciné. Le contact direct avec les lésions vésiculeuses d’un zona peut transmettre le VZV et provoquer une varicelle. Évitez ce contact et consultez un médecin si une exposition a eu lieu.

Combien de temps le zona est-il contagieux ?

La période de contagiosité est courte, d’environ 2 jours, correspondant à la phase de vésicules actives. Dès que toutes les lésions sont croûtées, le risque de transmission disparaît.

Peut-on faire deux fois le zona ?

Oui, bien que moins fréquent qu’un premier épisode. Les récidives touchent surtout les personnes immunodéprimées. La vaccination par Shingrix® réduit également le risque de récidive chez les personnes ayant déjà eu un zona.

Si j’ai eu la varicelle, puis-je attraper le zona de quelqu’un d’autre ?

Non, pas par contagion directe. Si vous portez déjà le VZV en latence, le contact avec un zona ne vous fera pas développer un nouveau zona. Votre propre zona, si vous en faites un, sera une réactivation du virus que vous portez en vous depuis votre varicelle.

Le zona se transmet-il par la salive ou l’air ?

Non. Contrairement à la varicelle, le zona ne se transmet pas par voie aérienne. La transmission nécessite un contact direct avec le liquide des vésicules. Un zona bien couvert (pansement occlusif) est pratiquement non contagieux.

Que faire si je suis immunodéprimé et exposé au zona ?

Consultez votre médecin en urgence. Une prophylaxie post-exposition par immunoglobulines anti-VZV ou par antiviraux (aciclovir, valaciclovir) peut être envisagée pour prévenir une infection grave.

»»» Suite : le traitement du zona

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Voir aussi : Le zona est une maladie de la réactivation, pas de la contagion. La meilleure protection reste la vaccination : Shingrix® dès 65 ans (ou 50 ans en cas d’immunodépression) réduit d’environ 90 % le risque de zona et de ses complications douloureuses (névralgie post-zostérienne). N’attendez pas un premier épisode pour vous renseigner auprès de votre médecin.

Références scientifiques

  • Gnann JW Jr, Whitley RJ. Herpes zoster. N Engl J Med. 2002;347(5):340-346. PMID 12151472
  • Oxman MN, Levin MJ, Johnson GR, et al. A vaccine to prevent herpes zoster and postherpetic neuralgia in older adults. N Engl J Med. 2005;352(22):2271-2284. PMID 15930418
  • Lal H, Cunningham AL, Godeaux O, et al. Efficacy of an adjuvanted herpes zoster subunit vaccine in older adults. N Engl J Med. 2015;372(22):2087-2096. PMID 25916341
  • Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP). Recommandations vaccinales contre le zona — mise à jour 2023. hcsp.fr

Questions sur la contagion du zona, votre immunité ou la vaccination Shingrix® ? Le Dr Rousseau répond à vos questions en consultation à Bordeaux.


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CAUSE DU ZONA : les causes du zona

Causes du zona


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Le zona est du à la réactivation du virus de la varicelle (Virus Varicelle Zona ou VZV) que 90% des adultes dans le monde ont eu : 20% des personnes ayant eu la varicelle font un zona.

Cependant le zona n’est pas seulement du à la primo-infection unique de varicelle (dont le zona est une réactivation) car il existe au moins 4 génotypes de VZV.

En effet, l’analyse génétique des virus présents chez les individus atteints de varicelle ou de zona montrent que les cas de réinfection par un autre VZV ne sont pas rares (1 patient sur 8 aux USA), notamment chez les personnes qui ont eu la primo-infection varicelle avant l’âge d’un an et notamment lorsque cette primo-infection a été peu symptomatique (petite varicelle)

Le zona peut donc etre du aussi à une infection par un autre génotype de VZV

Par ailleurs il existe peut-être aussi des facteurs génétiques prédisposants au zona.

Il semblerait par contre que la réinfection par le VZV, même asymptomatique, aiderait à prévenir la survenue d’un zona.

Les causes du zona sont donc nombreuses et encore mal connues.

Plusieurs facteurs favorisent le zona :

L’âge

Le zona est plus fréquent après 50 ans et sa fréquence de survenue augmente avec l’âge : son incidence (nombre de nouveaux cas) est maximale après 75 ans : elle est de 2 pour 1 000
et par an entre 20 et 50 ans, de 5 pour 1 000 et par an entre 51 et
79 ans et de 10 pour 1 000 et par an au-delà de 80 ans

Une immunodépression

Une immunodépression favorise la survenue de zona, mais on observe souvent le zona chez un sujet immunocompétent.

Le zona en cas d’immunodépression (SIDA, cancer évolué… ) est souvent de forme grave (avec une nécrose de la peau, une atteinte diffuse sur plusieurs zones nerveuses, des ulcérations de la peau… ) et compliquées d’atteintes viscérales (entre 3 et 15 % des zonas de l’immunodéprimé ont des atteintes viscérales).

L’immunodépression favorise la réactivation et la dissémination du virus: le risque de dissémination cutanée (zona étendu) est supérieur à 40 % et 10 % de ces formes étendues ont un risque de complications viscérales
(pulmonaire, hépatique, neurologique).

Les personnes dont l’immunodépression expose à un zona grave sont principalement ceux atteints de leucémie aiguë, de lymphome ou cancer en traitement par chimiothérapie, de lupus érythémateux traité à la cortisone, les greffes d’organes, et les patients VIH positifs.

La survenue d’un zona chez un adulte âgé de moins de 45 ans peut ainsi être révélateur d’une séropositivité pour le virus VIH.

De même, un zona ne guérissant pas au bout de quelques semaines, récidivant en alternant des phases d’extension et de régression sans guérison complète.

Ainsi, en cas de zona chez l’adulte jeune, une sérologie VIH (SIDA) est proposée.

Zona du jeune enfant

Avant 4 ans, le zona est rare et il ne présente pas de caractère de gravité. Il est en général indolore et de courte durée.

Seuls 3 % des zonas de l’enfant sont associés à une immunodépression
La contamination foetale dans le ventre de la maman ou une varicelle dans les premiers mois de vie peuvent tout simplement être responsables d’un zona dans les premières années de vie.

La période de latence entre le zona et la varicelle est d’autant plus courte que la varicelle a été contractée précocement au cours de la vie.

Zona chez un bébé
Zona chez un bébé
Zona facial chez un enfant
Zona facial chez un enfant

>>Suite : le traitement du zona


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VERRUE VISAGE : soigner et enlever une verrue du nez, du menton, du front

Verrue sur le visage : types, photos et traitements

Une verrue sur le visage — sur le nez, le menton, le front, la paupière ou dans la barbe — est fréquente et bénigne. Elle est due au papillomavirus humain (HPV) et peut être traitée de plusieurs façons selon son type et sa localisation. Voici comment la reconnaître et s’en débarrasser efficacement.

Verrue qui résiste ou localisée près de l’œil ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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Cet article en vidéo

Qu’est-ce qu’une verrue du visage ?

Les verrues sont dues à une infection de la peau par les papillomavirus humains (HPV). Le virus pénètre par de petites lésions cutanées et provoque une prolifération locale des cellules de la peau. Le visage est une zone fréquemment touchée car le grattage, le rasage et le contact main-visage favorisent la contamination.

Les verrues du visage sont bénignes et non dangereuses. La majorité régressent spontanément en 2 à 4 ans, mais un traitement est recommandé pour éviter leur multiplication et leur transmission à l’entourage.

Les 3 types de verrues du visage

1. Les papillomes verruqueux — verrues en tétine

Ce sont les verrues les plus reconnaissables sur le visage : elles se présentent comme de petites excroissances en relief, en forme de « tétine » ou de chou-fleur. Elles siègent le plus souvent sur le nez et les paupières.

verrue nez papillome verruqueux visage photo
Papillomes verruqueux du nez
verrue paupière papillome verruqueux photo
Papillome verruqueux de la paupière

💡 Verrue sur la paupière : la proximité de l’œil contre-indique les traitements chimiques agressifs (acide, azote liquide à fort dosage). Seule une prise en charge par le dermatologue est recommandée pour cette localisation.

2. Les verrues planes

Les verrues planes sont superficielles, souvent de couleur chair ou légèrement rosée, à peine surélevées. Elles peuvent être nombreuses et difficiles à voir à l’œil nu. Elles prédominent sur le front et le menton et se disséminent facilement par le grattage.

verrues planes menton visage photo
Verrues planes du menton
verrues planes front visage photo
Verrues planes du front
verrues planes visage multiples photo
Verrues planes multiples du visage

3. Les verrues de la barbe chez l’homme

Chez l’homme, les verrues peuvent se disséminer dans la zone de rasage (joues, cou, menton) en raison du microcoupures créées par le rasoir qui propagent le HPV d’une zone à l’autre. Elles sont particulièrement difficiles à traiter car très nombreuses. Il est recommandé d’arrêter temporairement le rasage mécanique et de passer à un rasoir électrique ou à la dépilatory le temps du traitement.

Comment distinguer une verrue d’autre chose sur le visage ?

Certaines lésions peuvent ressembler à une verrue du visage sans en être une :

Lésion Aspect Différence clé
Verrue Excroissance rugueuse ou plaque plane Surface irrégulière, points noirs visibles
Molluscum contagiosum Petite papule nacrée ombiliquée Centre creux caractéristique, souple
Kératose séborrhéique Plaque marron-beige collée Aspect « posé sur la peau », non virale
Grain de milium Petit kyste blanc dur Sous la paupière, blanc nacré
Carcinome basocellulaire Papule perlée ou ulcérée Ne régresse pas, bord perlé — consultez

⚠️ Toute lésion qui saigne, s’ulcère ou ne régresse pas en plusieurs mois doit être montrée à un dermatologue pour éliminer une lésion précancéreuse ou cancéreuse.

Traitements des verrues du visage

Le traitement dépend du type de verrue et de sa localisation. Sur le visage, les zones à risque cicatriciel (nez, paupières) imposent une prudence particulière. Tous les traitements sont réalisés ou prescrits par un médecin ou dermatologue.

Azote liquide (cryothérapie)

Le traitement de référence pour les papillomes verruqueux. Le dermatologue applique de l’azote liquide (-196°C) sur la verrue, provoquant sa nécrose. Plusieurs séances sont souvent nécessaires (toutes les 2 à 3 semaines). Sur le visage, les dosages sont adaptés pour limiter le risque de cicatrice hypopigmentée.

Trétinoïne locale (pour les verrues planes)

La crème à la trétinoïne (rétinoïde) est le traitement de choix pour les verrues planes du visage. Elle exerce une action kératolytique progressive et est bien tolérée sur peau du visage. Le traitement dure plusieurs semaines à plusieurs mois.

Laser CO₂ ou Er:YAG

Le laser est indiqué pour les verrues résistantes ou multiples, notamment dans la zone de la barbe. Il permet une destruction précise avec un risque cicatriciel maîtrisé entre les mains d’un dermatologue expérimenté.

Électrocoagulation

Utilisée pour les papillomes verruqueux isolés. Le dermatologue détruit la verrue par courant électrique sous anesthésie locale. Résultats rapides mais risque de petite cicatrice.

Imiquimod (Aldara*)

Crème immunomodulatrice qui stimule les défenses locales contre le HPV. Utilisée principalement pour les verrues planes résistantes. Peut provoquer une réaction inflammatoire locale (rougeur, croûtes) qui fait partie du mécanisme d’action.

Comment éviter de propager les verrues sur le visage ?

  • Éviter de toucher ou de gratter les verrues (les points noirs sont du virus)
  • Ne pas se mettre les doigts dans le nez ni manipuler les boutons du visage
  • Chez l’homme : passer au rasoir électrique pendant la durée du traitement pour éviter la dissémination
  • Ne pas partager les serviettes, rasoirs ou pinceaux de maquillage
  • Se laver les mains après avoir touché une verrue

Sources

Questions fréquentes sur les verrues du visage

Comment enlever une verrue sur le visage soi-même ?

Les traitements en vente libre (acide salicylique, stylos à l’azote) ne sont pas recommandés sur le visage en raison du risque de cicatrice, surtout près des yeux et du nez. Seul un dermatologue peut choisir le traitement adapté (azote liquide dosé précisément, trétinoïne, laser) à la localisation et au type de verrue.

Combien de temps faut-il pour qu’une verrue du visage disparaisse ?

Sans traitement, la majorité des verrues régressent spontanément en 2 à 4 ans. Avec un traitement bien conduit (azote liquide, trétinoïne), la guérison peut intervenir en quelques semaines à quelques mois selon le type et le nombre de verrues. Les verrues de la barbe chez l’homme sont les plus longues à traiter.

Les verrues planes du visage sont-elles contagieuses ?

Oui, toutes les verrues sont contagieuses car dues au HPV. Les verrues planes sont particulièrement faciles à disséminer par le grattage. Évitez de les toucher et ne partagez pas serviettes ou rasoirs. Le risque de transmission à l’entourage est réel mais limité si les mesures d’hygiène sont respectées.

Peut-on se faire rembourser le traitement d’une verrue du visage ?

La cryothérapie réalisée en cabinet par le dermatologue est remboursée par l’Assurance Maladie. La consultation elle-même est prise en charge selon le tarif conventionné. Les crèmes comme la trétinoïne et l’imiquimod sont prescrites sur ordonnance mais leur remboursement varie selon l’indication.

Une verrue sur le visage peut-elle être un signe de cancer ?

Les verrues communes dues au HPV sont bénignes. Cependant, toute lésion du visage qui ne régresse pas, qui saigne spontanément, qui s’ulcère ou qui a un bord perlé doit être montrée à un dermatologue — il peut s’agir d’un carcinome basocellulaire ou d’une autre lésion précancéreuse qui n’a rien à voir avec une verrue virale.


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VERRUE MAIN : enlever une verrue de la main ou du doigt

Verrue de la main ou du doigt


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Verrue de la main


Il est fréquent d’observer l’apparition d’une verrue sur la main ou le doigt

A quoi sont dues les verrues des mains?

Les verrues sont due a une infection par une famille de virus appelée papilloma virus humains (PVH) ou HPV pour Human Papillomavirus.

Les verrues des mains sont le plus souvent dues aux papillomavirus de type 1 et 2.

Comment reconnaitre une verrue de la main ou du doigt?

Il existe de nombreux types de verrues ; les plus frequentes sur les mains sont :

  • Verrues autour des ongles

Ce sont des verrues difficiles et douloureuses à traiter. Elles sont souvent liées à l’onychophagie (le faire de manger ses ongles) ou l’ablation d’envies (petites peaux autour des ongles)

Verrues autour de l'ongle
Verrues autour de l’ongle
Verrue sous l'ongle, difficile à traiter
Verrue sous l’ongle, difficile à traiter
Verrues du doigt
Verrues du doigt
  • Verrues planes

Ce sont des verrues superficielles, le plus souvent de couleur chair

Verrues planes de la main
Verrues planes de la main
  • Verrue de la main ou du doigt, à type de myrmécie

Grosse verrue de la paume de la main
Grosse verrue de la paume de la main

Quelle est l’évolution des verrues des mains?

La majorité des verrues régressent spontanément apres deux à 4 ans

On recommande cependant de traiter les verrues pour éviter leur propagation sur soi et chez les membres de la famille

Comment éviter d’avoir des verrues des mains?

Pour éviter les verrues, on recommande généralement :

  • éviter de manger ses ongles et tirer les peaux autour des ongles…
  • laver les petites plaies de la main qui constituent des portes d’entrée du virus
  • porter des gants dans les activités à risque (boucher, mécanicien… )

Se débarrasser des verrues des mains

Le traitement des verrues des mains peut etre effectué au moyen de divers traitements (azote liquide, laser, préparations salycilées… ) pour soigner les verrues, que le médecin prescrit en fonction du type de verrue et de la localisation des verrues (zone d’appui ou non, proximite des ongles… )

>> voir comment guérir les verrues

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GALE PROFUSE : soigner la gale profuse

Gale profuse

La gale est une maladie parasitaire due à un acarien


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GALE
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Parfois elle peut prendre des formes très profuses, notamment chez les sujets agés et/ou immunodéprimés (SIDA… ) : on peut y observer une atteinte du dos et du cuir chevelu chez l’adulte (zones généralement non atteintes en cas de gale commune), voire des croutes profuses, très contagieuses.

Gale profuse typique

Elle est souvent difficile à diagnostiquer car on pense plus volontiers à un eczema, une allergie médicamenteuse

Gale profuse chez un sujet agé
Gale profuse chez un sujet agé

Les gales profuses sont caractérisées par un nombre important
de parasites, elles sont donc très contagieuses (voir contagion de la gale).

Une corticothérapie locale (creme a la cortisone) ou générale est souvent en cause chez le sujet non immunodéprimé.

Une gale traitée à la cortisone : éruption profuse
Une gale traitée à la cortisone : éruption profuse

Gale crouteuse

Une forme particulière de gale profuse est la gale hyperkératosique ou crouteuse, fréquente chez le sujet agé. Elles est très contagieuse et responsable d’épidémies dans les hôpitaux ou les collectivités de personnes âgées.

De plus les démangeaisons peuvent être absentes dans cette forme crouteuse.

Atteinte hyperkératosique et profuse des mains
Atteinte hyperkératosique et profuse des mains

Traitement de la gale profuse

Le traitement est souvent problématique, nécessitant de traiter toutes les personnes entrées en contact avec le malade…

Voir le traitement de la gale

La gale profuse typique

Le malade ayant une gale profuse doit être hospitalisé et traité en chambre individuelle, par le traitement à prise orale et le médecin définira un nombre de sujets à traiter plus large que dans la gale commune (personnel soignant… )

La gale en collectivité (crèches, maisons de retraite… ) :

On définit alors une stratégie thérapeutique qui implique à la fois le médecin, mais aussi le responsable de létablissement et les autorités sanitaires, qui préviennent les familles et définissent, en fonction du nombre de personnes atteintes, les personnes à traiter dans l’entourage ( il s’agit au minimum du traitement simultané de toutes les personnes vivant en contact intime avec les malades, comme dans la gale commune mais cela peut s’étendre à toutes les personnes visitant la collectivité, que ce soit pour y voir des personnes, y travailler… et parfois meme le propre entourage de toutes ces personnes… notamment en cas de gale profuse chez plusieurs personnes dans une collectivité). Il est aussi possible de définir une stratégie de désinfection de l’établissement par acaricides.

Conduite a tenir devant un ou plusieurs cas de gale, par le Haut Comité de Santé Publique


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GALE
« Secrets de dermatologue » :

– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


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