DERMITE MIXTE DU VISAGE : dermatite péri orale et séborrhéique

Dermite mixte du visage : quand la dermite séborrhéique, la rosacée et la dermite péri-orale se combinent

La dermite mixte du visage désigne la coexistence, chez un même patient, de deux ou trois affections dermatologiques chroniques partageant le même terrain : dermite séborrhéique, rosacée et  dermite péri-orale. Ce tableau composite est fréquent mais souvent méconnu — chaque composante est traitée isolément, avec des résultats décevants, alors qu’une approche globale et coordonnée est nécessaire.

💡 Pourquoi une page dédiée à la dermite mixte ? Ces trois dermatoses partagent des mécanismes communs (dysrégulation du microbiome cutané, inflammation de la pilosébacée, sensibilité vasculaire) et des facteurs aggravants identiques. Leur coexistence modifie la stratégie thérapeutique — certains traitements d’une composante aggravent l’autre.
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Sommaire :
Les 3 composantes |
Terrain commun |
Reconnaître la dermite mixte |
Pièges et erreurs fréquentes |
Stratégie thérapeutique |
Soins quotidiens |
Pages associées |
Questions fréquentes

Les trois dermatoses en cause

Dermite séborrhéique (DS) du visage

La dermite séborrhéique est une dermatose inflammatoire chronique des zones riches en glandes sébacées. Sur le visage, elle touche préférentiellement les sillons naso-labiaux, les sourcils, les ailes du nez, la glabelle et les bords du cuir chevelu.

Caractéristique Détail
Aspect typique Plaques érythémateuses recouvertes de squames grasses jaunâtres, légèrement prurigineuses. Peau brillante, pores dilatés.
Mécanisme Prolifération de Malassezia (levure lipophile saprophyte) → réaction inflammatoire Th17. Sebum anormal = substrat nutritif pour Malassezia.
Évolution Chronique par poussées — aggravée par le stress, la fatigue, le froid, l’alcool, la neurologie (Parkinson, VIH).
Traitement de référence Antifongiques azolés topiques (kétoconazole, ciclopirox), dermocorticoïdes courts, inhibiteurs de calcineurine en entretien.

→ Page dédiée : Dermite séborrhéique — diagnostic et traitement complet


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Rosacée et couperose

La rosacée est une dermatose vasculaire et inflammatoire chronique touchant le visage, préférentiellement les joues, le nez, le menton et le front. Elle évolue en quatre stades, souvent associés chez un même patient.

Stade Aspect clinique Mécanisme
Stade I — Érythrose Rougeurs transitoires déclenchées par la chaleur, l’alcool, le soleil, les épices, le stress (flushing). Aucune lésion permanente. Hyperréactivité vasculaire — dilatation brutale des capillaires dermiques
Stade II — Couperose Érythème permanent des joues et du nez avec télangiectasies (petits vaisseaux visibles), sensation de chaleur et de tiraillement. Dilatation capillaire permanente + dysrégulation des récepteurs TRPV1
Stade III — Rosacée papulo-pustuleuse Papules et pustules sur fond érythémateux — ressemble à l’acné mais sans comédons. Brûlures fréquentes (plus que démangeaisons). Inflammation périfolliculaire + activation des peptides antimicrobiens (cathélicidines) + Demodex folliculorum
Stade IV — Rhinophyma Hypertrophie nodulaire du nez (nez bulbeux), pores très dilatés. Quasi exclusivement masculin. Hyperplasie des glandes sébacées + fibrose dermique

→ Page dédiée : Rosacée et couperose — stades, traitements, laser

Dermite péri-orale (dermatite péri-orale)

La dermite péri-orale est une dermatose inflammatoire caractérisée par de petites papules et pustules érythémateuses groupées autour de la bouche, avec respect d’un liseré blanc clair péri-labial typique. Elle peut s’étendre autour du nez (dermite péri-nasale) et autour des yeux (dermite péri-oculaire).

Caractéristique Détail
Population touchée Femmes de 20 à 45 ans principalement. Possible chez l’enfant (granulomatous periorificial dermatitis).
Aspect clinique Petites papules 1–2 mm érythémateuses, parfois pustuleuses, groupées en couronne autour de la bouche avec un liseré blanc péri-labial (zone de peau saine entre les lèvres et les papules). Légèrement prurigineuses ou brûlantes.
Causes principales Dermocorticoïdes topiques (cause n°1 de la forme floride), fluorures des dentifrices, crèmes riches occlusives, solaires épais, maquillage couvrant. Parfois sans facteur déclenchant identifié.
Traitement Arrêt de tous les topiques (dont les DC) — le rebond initial est inévitable et doit être anticipé. Métronidazole topique, doxycycline orale dans les formes sévères.

→ Page dédiée : Dermite péri-orale — causes, traitement, rebond des dermocorticoïdes

Terrain commun : pourquoi ces trois dermatoses s’associent

La coexistence de ces trois affections n’est pas un hasard. Elles partagent plusieurs mécanismes physiopathologiques :

Mécanisme partagé DS Rosacée Dermite péri-orale
Dysbiose du microbiome cutané Malassezia Demodex folliculorum ✔ déséquilibre flore folliculaire
Inflammation périfolliculaire
Barrière cutanée altérée ✔ perte hydrique ↑ ✔ sensibilité ↑ ✔ occlusion iatrogène
Sensibilité vasculaire accrue ✔ érythème réactif ✔ flushing, télangiectasies ✔ érythème de contact
Aggravation par les corticoïdes topiques ✔ rebond à l’arrêt ✔ rosacée cortisonique ✔ cause principale
Facteurs déclenchants communs Stress, chaleur, alcool, soleil, produits cosmétiques occlusifs, dermocorticoïdes
💡 Le rôle des dermocorticoïdes est central dans la dermite mixte. Prescrits pour la DS ou une rougeur non identifiée, ils soulagent transitoirement mais entretiennent et aggravent les trois composantes à long terme — créant une dépendance cutanée difficile à rompre.

Reconnaître la dermite mixte du visage

Présentation typique

Le patient atteint de dermite mixte présente typiquement :

  • Une peau réactive, sensible, qui « rougit facilement » depuis des années
  • Des squames grasses dans les sillons naso-labiaux et sourcils (composante DS)
  • Un érythème permanent des joues avec parfois des télangiectasies (composante rosacée)
  • Des papules péri-buccales récidivantes avec sensation de brûlure (composante péri-orale)
  • Un historique d’application de dermocorticoïdes — souvent en automédication prolongée
  • Une intolérance aux cosmétiques habituels, notamment les crèmes riches et les solaires épais

Cartographie des lésions selon la localisation

Zone du visage Composante principale Aspect
Sillons naso-labiaux, sourcils, glabelle Dermite séborrhéique Squames grasses jaunâtres sur fond érythémateux
Joues, nez, menton, front Rosacée Érythème permanent ± télangiectasies ± papulo-pustules
Pourtour de la bouche, péri-nasal, péri-oculaire Dermite péri-orale/péri-nasale Petites papules érythémateuses avec liseré péri-labial blanc
Tout le visage Composante commune Peau réactive, brûlures au contact des cosmétiques, érythème diffus

Diagnostic différentiel

Diagnostic à éliminer Arguments différentiels
Acné Comédons présents (points noirs/blancs) — absents dans la rosacée et la dermite péri-orale. Terrain plus jeune.
Eczéma de contact du visage Vésicules, suintement possible, bords moins nets. Patch tests positifs. Pas de liseré péri-labial.
Lupus érythémateux Érythème en aile de papillon, photosensibilité, ANA positifs, atteinte systémique possible. Biopsie et bilan immunologique.
Psoriasis du visage Squames plus épaisses et sèches, atteinte des oreilles et du cuir chevelu, antécédents familiaux, ongles possiblement atteints.
Dermatite atopique du visage Terrain atopique (asthme, rhinite), localisation typique aux paupières et au cou, prurit prédominant, lié aux acariens.
Démodécidose floride Prolifération massive de Demodex folliculorum — pustules folliculaires diffuses, prurit nocturne, confirmer par examen direct du sébum folliculaire.

Pièges thérapeutiques et erreurs fréquentes

⚠️ Les dermocorticoïdes sur le visage : le cercle vicieux
C’est le piège le plus fréquent dans la dermite mixte. Un DC prescrit pour une poussée de DS ou une rougeur non identifiée soulage en 48 h — ce qui renforce son utilisation. Mais à l’arrêt, le rebond est plus intense que la poussée initiale. Le patient remet du DC, et ainsi de suite. Ce tableau, appelé rosacée cortisonique ou dermite péri-orale cortisonique, peut durer des mois après l’arrêt définitif des DC.
Erreur fréquente Conséquence À faire à la place
DC sur le visage en automédication prolongée Rosacée cortisonique, dermite péri-orale, atrophie cutanée, télangiectasies Consultation dermatologue — sevrage progressif accompagné
Antifongique seul sans traiter la rosacée Contrôle partiel — composante vasculaire et péri-orale non traitée Approche combinée selon les composantes présentes
Crèmes riches et occlusives « pour calmer » Aggravent la DS (Malassezia) et la dermite péri-orale (occlusion) Émollients légers non comédogènes, texture gel ou fluide
Acides exfoliants (AHA, BHA) pour les squames DS Irritation sévère sur peau rosacée — brûlures, aggravation Éviter les exfoliants sur peau rosacée active
Rétinoïdes topiques en première intention Bien tolérés dans la rosacée, mais irritants initialement — aggravent la composante péri-orale Introduire très progressivement, uniquement si rosacée prédomine
Solaires épais et couvrants quotidiens Aggravent la dermite péri-orale et la DS (occlusion) Solaires minéraux légers (SPF 30+, texture fluide)

Stratégie thérapeutique de la dermite mixte

La prise en charge doit traiter chaque composante dans le bon ordre, en tenant compte des interactions thérapeutiques. L’objectif est d’obtenir un contrôle stable de chaque affection avec un minimum de traitements, puis un schéma d’entretien.

Phase 1 — Sevrage des dermocorticoïdes (si présents)

⚠️ Le sevrage en DC sur le visage est incontournable mais doit être accompagné. Le rebond initial (2 à 6 semaines) peut être sévère — rougeur intense, brûlures, œdème facial. Prévenir le patient permet d’éviter la rechute dans les DC. Le métronidazole topique et la doxycycline orale en relais atténuent le rebond.

Phase 2 — Traitement de chaque composante

Composante Traitement de première intention Entretien
Dermite séborrhéique Kétoconazole 2 % crème (Kétoderm®) ou ciclopirox 1 % (Sebiprox®) — 2 à 4 semaines. DC classe I très courte durée si poussée sévère (max 7 jours). Kétoconazole 1 application/semaine ou ciclopirox 2 ×/semaine à vie. Tacrolimus 0,03 % si intolérance aux azolés.
Rosacée — composante vasculaire Brimonidine gel 0,33 % (Mirvaso®) — vasoconstricteur topique — efficace en 30 min sur le flushing et l’érythème permanent. À la demande selon les occasions (réunion, soirée). Éviction des facteurs déclenchants : alcool, épices, soleil, chaleur.
Rosacée — composante papulo-pustuleuse Ivermectine 1 % crème (Soolantra®) — traitement de référence en 2025. Action anti-Demodex + anti-inflammatoire. Ou métronidazole 0,75 % gel (Rozex®). Ivermectine 1 ×/semaine ou métronidazole 2 ×/semaine. Doxycycline 50 mg/j (Oracea®) si forme sévère.
Dermite péri-orale Arrêt total de tous les topiques (DC, crèmes, maquillage couvrant). Métronidazole 0,75 % gel. Doxycycline 100 mg/j pendant 6 à 12 semaines dans les formes sévères. Métronidazole topique 2–3 ×/semaine. Réintroduction très prudente des cosmétiques.

Phase 3 — Traitements physiques (rosacée vasculaire)

Lorsque la composante vasculaire de la rosacée est prédominante (télangiectasies, érythème permanent), les traitements physiques offrent les meilleurs résultats à long terme :

  • Laser vasculaire (Nd:YAG 1064 nm, laser KTP 532 nm) — destruction sélective des télangiectasies et réduction de l’érythème permanent. 2 à 4 séances espacées de 4 semaines. Voir : laser cutané — indications et résultats.
  • Lumière pulsée intense (IPL) — alternative au laser, efficace sur l’érythème diffus et les petites télangiectasies.
  • Électrocoagulation — pour les télangiectasies isolées et bien visibles.
💡 Laser et dermite mixte : s’assurer que la composante inflammatoire (papulo-pustules, DS active) est contrôlée avant toute séance laser — la peau enflammée répond moins bien et le risque de rebond est plus élevé.


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Soins quotidiens et cosmétiques adaptés à la dermite mixte

La routine cosmétique est un élément thérapeutique à part entière dans la dermite mixte. Les produits habituels sont souvent inadaptés — trop riches pour la composante DS, trop irritants pour la rosacée, trop occlusifs pour la dermite péri-orale.

Étape Recommandation À éviter
Nettoyage Gel nettoyant doux sans savon, à pH physiologique (5,5) — eau tiède, pas chaude. 1 à 2 ×/j. Rincer abondamment. Savon alcalin, gommages, brosses exfoliantes, eau chaude
Hydratation Crème ou fluide non comédogène, sans alcool, sans parfum, sans lanoline. Texture légère (émulsion huile-dans-eau). Appliquer hors zones péri-orales et sillons si DS active. Crèmes riches (beurre de karité, vaseline, huiles végétales pures), pétrolatum sur les zones sébo-actives
Protection solaire Obligatoire — SPF 50, formulation minérale (dioxyde de titane, oxyde de zinc), texture fluide non grasse. Le soleil aggrave les trois composantes. Solaires chimiques parfumés, formulations très épaisses et couvrantes (aggravent la dermite péri-orale)
Maquillage Fond de teint minéral léger si nécessaire. Démaquillage doux à l’eau micellaire sans alcool. Fond de teint couvrant occlusif (aggrave la dermite péri-orale), huiles démaquillantes (aggravent la DS)
Actifs cosmétiques à privilégier Niacinamide (anti-inflammatoire, régulateur sébum), azelaic acid (rosacée), acide hyaluronique (hydratation légère), bisabolol, extrait de centella asiatica AHA/BHA (irritants sur rosacée), vitamine C pure à forte concentration (irritante), rétinoïdes sans prescription médicale
🧴 La niacinamide (vitamine B3) à 4–5 % est l’actif cosmétique le plus polyvalent dans la dermite mixte : elle réduit l’érythème et le flushing (rosacée), régule la production de sebum et inhibe Malassezia (DS), et renforce la barrière cutanée sans occlusion.

Pages associées — cluster rougeurs du visage

Questions fréquentes sur la dermite mixte du visage

Comment savoir si j’ai une dermite mixte ou juste une dermite séborrhéique ?

La DS seule touche les sillons naso-labiaux et sourcils avec des squames grasses — sans rougeur permanente des joues ni papules péri-buccales. La dermite mixte associe ces squames à un érythème stable des joues (rosacée) et/ou des papules autour de la bouche (dermite péri-orale). Si votre peau « rougit facilement », que vous ressentez des brûlures au contact des cosmétiques habituels, et que plusieurs zones du visage sont touchées avec des aspects différents — la dermite mixte est probable.

Peut-on utiliser des dermocorticoïdes sur le visage dans la dermite mixte ?

Très exceptionnellement et très brièvement (maximum 5–7 jours), uniquement sur prescription médicale, pour une poussée sévère de DS. Jamais en automédication, jamais en entretien. Les DC sont contre-indiqués dans la rosacée et la dermite péri-orale — ils aggravent les deux à l’arrêt. Ils doivent être remplacés par les inhibiteurs de calcineurine (tacrolimus, pimécrolimus) en entretien des zones sensibles.

La dermite mixte est-elle liée à Demodex folliculorum ?

Demodex folliculorum, acarien microscopique commun du follicule pileux, joue un rôle dans la rosacée papulo-pustuleuse et possiblement dans la dermite péri-orale. Sa prolifération est favorisée par les DC (qui l’immunosuppression locale) et les crèmes riches (qui constituent son substrat nutritif). L’ivermectine topique (Soolantra®) est le seul traitement ciblant spécifiquement Demodex avec une efficacité démontrée sur la rosacée.

Combien de temps dure le traitement de la dermite mixte ?

Il n’y a pas de guérison définitive — il s’agit de maladies chroniques. En revanche, un traitement bien conduit permet d’atteindre un état de contrôle stable (peau calme, sans poussée) en 2 à 4 mois, maintenu ensuite par un schéma d’entretien minimal. Le sevrage des DC, s’il y en a, est la phase la plus longue et la plus difficile (2 à 6 semaines de rebond).

Le laser peut-il traiter la dermite mixte en entier ?

Le laser vasculaire traite efficacement la composante vasculaire de la rosacée (télangiectasies, érythème permanent). Il n’agit pas sur la DS ni sur la dermite péri-orale — ces composantes nécessitent leurs traitements spécifiques. Le laser est un complément du traitement médical, pas un remplacement.

Quels actifs cosmétiques sont compatibles avec la dermite mixte ?

Les actifs les mieux tolérés sont la niacinamide (4–5 %), l’acide azélaïque (10–20 % en formule cosmétique ou médicale), l’acide hyaluronique (hydratation sans occlusion), la centella asiatica et le bisabolol. À éviter : AHA, BHA, vitamine C irritante, rétinoïdes sans encadrement médical, huiles végétales pures sur les zones sébo-actives.

Références scientifiques

Voir aussi :
Rosacée |
Dermite séborrhéique |
Dermite péri-orale |
Rougeurs du visage |
Laser vasculaire |
Téléconsultation dermatologue


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PEAU DE L’ENFANT : dermatologie pédiatrique

Dermatologie pédiatrique : les maladies de peau fréquentes chez l’enfant

Les affections cutanées sont parmi les motifs de consultation les plus fréquents en pédiatrie et en médecine générale. La peau de l’enfant, encore immature, présente des caractéristiques spécifiques qui la rendent plus vulnérable aux infections, aux irritations et aux réactions inflammatoires.
Ce guide pratique fait le point sur les dermatoses pédiatriques les plus fréquentes : impétigo, molluscum contagiosum, dermite du siège, angiomes, eczéma atopique, urticaire, verrues, pédiculose et teigne, avec pour chaque pathologie les signes permettant de la reconnaître, les situations nécessitant une consultation et les traitements disponibles.

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Particularités de la peau de l’enfant

La peau du nourrisson et du jeune enfant diffère significativement de celle de l’adulte sur plusieurs points essentiels :
barrière cutanée immature jusqu’à 2 ans : perméabilité accrue aux agents infectieux, aux allergènes et aux produits appliqués localement (risque d’absorption systémique plus élevé),
pH cutané plus alcalin chez le nourrisson : moins protecteur contre la colonisation bactérienne et fongique,
surface corporelle proportionnellement plus grande par rapport au poids : l’application de dermocorticoïdes ou d’antiseptiques sur de grandes surfaces expose davantage à des effets systémiques,
thermorégulation immature : transpiration abondante favorisant les intertrigos et les dermites des plis,
immunité adaptative encore en construction : sensibilité accrue aux infections virales (molluscum, verrues, herpès) et bactériennes (impétigo, folliculite).

Impétigo

L’impétigo est l’infection bactérienne cutanée superficielle la plus fréquente chez l’enfant, touchant principalement les enfants de 2 à 10 ans.

Causes :
Deux bactéries sont responsables : Staphylococcus aureus (majoritaire, responsable de 80 % des cas) et Streptococcus pyogenes (streptocoque du groupe A), souvent en coinfection.
La contamination se fait par contact direct avec une lésion ou un porteur sain, ou par auto-inoculation (grattage). La collectivité (crèche, école) favorise la transmission.

Reconnaître l’impétigo :
Impétigo croûteux (forme la plus fréquente) : vésicules et pustules se rompant rapidement pour laisser des croûtes jaunâtres dorées en miel caractéristiques, sur fond érythémateux. Localisées préférentiellement sur le visage (péri-narinaire, péri-buccal), les membres et les zones de grattage.
Impétigo bulleux : grandes bulles flasques à contenu clair ou trouble, se rompant pour laisser des érosions cerclées d’une collerette épidermique. Lié exclusivement à S. aureus producteur d’exfoliatines.
– Absence de fièvre dans les formes localisées.

Signes d’alerte nécessitant une consultation urgente :
– Fièvre, altération de l’état général,
– extension rapide et diffuse des lésions,
– lésions péri-oculaires ou chez le nourrisson de moins de 3 mois,
– syndrome d’exfoliation staphylococcique (SSSS) : décollement cutané étendu, urgence dermatologique.

Traitement :
– Formes localisées (< 5 lésions) : antibiothérapie topique par acide fusidique (Fucidine® crème 2 %) ou mupirocine (Mupiderm®) 3 fois par jour pendant 5 à 7 jours.
– Formes étendues ou multiples : antibiothérapie systémique par amoxicilline-acide clavulanique (Augmentin®) ou céfalexine pendant 7 jours.
– Soins locaux : ramollissement des croûtes à l’eau tiède avant application de l’antibiotique topique, nettoyage doux.
Éviction scolaire jusqu’à 48 heures après le début du traitement.
– Prévention : lavage des mains fréquent, ongles courts, linge et serviettes personnels.

En savoir plus sur l’impétigo chez l’enfant.


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Molluscum contagiosum

Le molluscum contagiosum est une infection virale bénigne très fréquente entre 2 et 10 ans, due au Molluscum Contagiosum Virus (MCV), un poxvirus.

Reconnaître le molluscum :
Petites tuméfactions fermes de 1 à 5 mm, couleur chair ou blanc nacré, avec une dépression centrale caractéristique (ombilic). Apparaissent en nombre variable sur le tronc, les membres, les plis et le visage. Bénins, non douloureux, mais tendant à se multiplier par auto-inoculation (grattage).

Facteur de risque majeur :
Les enfants atteints d’eczéma atopique sont plus vulnérables en raison de la fragilité de leur barrière cutanée.

Évolution :
Guérison spontanée en 6 mois à 2 ans. Abstention thérapeutique possible si les lésions sont peu nombreuses et non évolutives.

Traitement si nécessaire :
– Hydroxyde de potassium topique (Poxkare®, Molutrex®) : applicable à domicile,
– curetage sous crème anesthésiante (EMLA®) : efficace en une séance,
– cryothérapie à l’azote liquide : douloureuse, risque de séquelles pigmentaires,
– laser à colorant pulsé : efficace mais coûteux.

En savoir plus sur le molluscum contagiosum.


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Dermite du siège

La dermite du siège (ou érythème fessier du nourrisson) est la dermatose la plus fréquente chez le nourrisson, touchant jusqu’à 35 % des bébés entre 0 et 2 ans, avec un pic entre 9 et 12 mois.

Causes :
Elle résulte de la combinaison de plusieurs facteurs :
– contact prolongé de la peau avec une couche souillée (urine et selles),
– macération cutanée sous la couche (milieu chaud et humide),
– frottement mécanique de la couche,
– pH alcalin des selles activant les enzymes protéolytiques et lipasiques irritantes pour la peau,
– immaturité de la barrière cutanée du nourrisson.
Une surinfection par Candida albicans complique fréquemment la dermite du siège, notamment après une antibiothérapie orale.

Reconnaître la dermite du siège :
Dermite irritative simple : rougeur brillante, légèrement squameuse, respectant les plis (car la peau des plis n’est pas en contact direct avec la couche). Localisation aux convexités : fesses, grandes lèvres, scrotum, face interne des cuisses.
Dermite candidosique surajoutée : érythème vif rouge intense avec atteinte des plis (contrairement à la forme irritative), bordure festonnée avec petites pustules satellites caractéristiques. C’est l’atteinte des plis et les pustules satellites qui permettent de distinguer la forme candidosique.

Signes d’alerte :
– Lésions ulcérées, saignantes ou très douloureuses,
– fièvre associée,
– absence d’amélioration après 3 jours de traitement bien conduit,
– nourrisson de moins d’un mois.

Traitement :
Mesures préventives et hygiéno-diététiques (essentielles) : change fréquent (au moins toutes les 3 heures), nettoyage doux à l’eau tiède ou avec des lingettes sans alcool ni parfum, séchage doux par tamponnement sans friction, application d’une crème barrière protectrice (oxyde de zinc, vaseline, Bepanthen® crème) à chaque change.
Forme irritative simple : soins de barrière suffisants dans la majorité des cas. En cas d’inflammation marquée, application d’un dermocorticoïde faible (hydrocortisone 1 %) pendant 3 à 5 jours maximum.
Forme candidosique : antifongique topique (miconazole, kétoconazole, nystatine) pendant 7 à 14 jours. En cas d’inflammation importante associée : association antifongique + hydrocorticoïde (Daktacort®) en cure courte.
– Laisser les fesses à l’air libre le plus possible (changes allongés sans couche) pour réduire la macération.
– Éviter les talcs et les poudres (risque d’inhalation et formation de grumeaux aggravant l’irritation).

Angiomes de l’enfant

Les angiomes sont des tumeurs vasculaires bénignes très fréquentes chez le nourrisson. Deux types principaux doivent être distingués car leur évolution et leur prise en charge sont très différentes.

Hémangiome infantile (angiome fraisé)

L’hémangiome infantile est la tumeur bénigne la plus fréquente du nourrisson, touchant 4 à 10 % des enfants, avec une nette prédominance féminine (3 filles pour 1 garçon) et une prévalence plus élevée chez les prématurés.

Évolution caractéristique en trois phases :
Phase de croissance (0 à 12 mois) : apparition dans les premières semaines de vie sous forme d’une macule rouge pâle ou d’une tache télangiectasique, puis croissance rapide vers une lésion rouge vif, surélevée, à surface mamelonnée en « fraise ». La croissance est maximale entre 1 et 3 mois.
Phase de plateau (12 à 18 mois) : stabilisation de la lésion.
Phase d’involution spontanée : régression progressive sur plusieurs années. Règle des 50/70/90 : 50 % régressent à 5 ans, 70 % à 7 ans, 90 % à 9 ans. La régression est souvent complète sans séquelle pour les lésions superficielles.

Hémangiomes nécessitant un traitement :
Localisation péri-oculaire : risque d’amblyopie par obstruction de l’axe visuel,
Localisation sous-glottique : risque de détresse respiratoire,
Localisation narinaire, labiale ou auriculaire : risque de séquelle esthétique ou fonctionnelle,
– hémangiome segmentaire facial étendu : rechercher un syndrome PHACE,
hémangiomes multiples (> 5) : rechercher des hémangiomes hépatiques associés (échographie abdominale),
– ulcération douloureuse : complication la plus fréquente, siégeant préférentiellement dans les plis.

Traitement de référence :
Le propranolol oral (Hemangiol®) a révolutionné la prise en charge des hémangiomes infantiles depuis 2008. Il constitue désormais le traitement de première intention des formes compliquées ou à risque. Efficacité > 95 % avec blanchiment rapide et arrêt de la croissance en quelques semaines. Initiation en milieu hospitalier avec surveillance cardiaque.
Le timolol topique (collyre ou gel bêtabloquant) est utilisé pour les hémangiomes superficiels localisés peu épais.

En savoir plus sur l’hémangiome infantile et son traitement.

Angiome plan (tache de vin)

L’angiome plan (naevus flammeus ou tache de vin) est une malformation vasculaire capillaire congénitale présente dès la naissance, ne régressant pas spontanément.

Reconnaître l’angiome plan :
– Tache rouge-violacée plane, aux contours irréguliers, s’effaçant partiellement à la vitropression,
– présente dès la naissance, s’assombrissant et s’épaississant progressivement avec l’âge.

À distinguer :
Tache saumonée (angiome plan médian, « morsure de cigogne ») : présente chez 30 à 50 % des nouveau-nés sur la nuque, le front ou les paupières, régressant spontanément avant 2 ans.
Angiome plan du territoire du trijumeau (visage) : doit faire rechercher un syndrome de Sturge-Weber (angiome leptoméningé, glaucome, épilepsie).
Angiome plan d’un membre : rechercher un syndrome de Klippel-Trénaunay (hypertrophie d’un membre, malformations veineuses et lymphatiques).

Traitement :
Le laser à colorant pulsé (PDL) est le traitement de référence, idéalement débuté dans la première année de vie (peau plus fine, moindre pigmentation, lésion encore claire). Plusieurs séances sont nécessaires (6 à 15 en moyenne). Résultats variables selon la localisation et la profondeur.

En savoir plus sur l’angiome plan et le laser vasculaire.

Eczéma atopique de l’enfant

La dermatite atopique est la dermatose chronique la plus fréquente de l’enfant, touchant 15 à 20 % des enfants dans les pays industrialisés.
Elle débute généralement dans les premiers mois de vie et évolue par poussées alternant avec des périodes de rémission.

Reconnaître l’eczéma chez l’enfant selon l’âge :
Nourrisson (0-2 ans) : plaques érythémateuses, vésiculeuses et suintantes sur les joues, le front et les convexités des membres. Respect du nez (signe caractéristique) et de la zone couverte par la couche.
Enfant (2-12 ans) : lésions lichénifiées (peau épaissie, à relief accentué) dans les plis de flexion (coudes, genoux, poignets, cou).
Adolescent : atteinte prédominante du visage, du cou et du décolleté.

Traitement de base (traitement de fond permanent) :
Émollients quotidiens sur l’ensemble du corps, même en dehors des poussées : restaurent et maintiennent la barrière cutanée.
– Bains tièdes courts (5 à 10 minutes maximum) avec pain surgras ou huile de bain.

Traitement des poussées :
Dermocorticoïdes adaptés à la zone et à l’âge, en cure courte.
Protopic® (tacrolimus) : alternative aux dermocorticoïdes pour le visage et les plis chez l’enfant de plus de 2 ans.

En savoir plus sur la dermatite atopique de l’enfant.

Verrues de l’enfant

Les verrues sont des lésions virales bénignes dues au papillomavirus humain (HPV), très fréquentes chez l’enfant scolaire entre 5 et 15 ans.

Formes cliniques chez l’enfant :
Verrues vulgaires : papules kératosiques dures, à surface irrégulière, sur les doigts, les mains et les genoux,
Verrues plantaires : enchâssées dans la plante du pied, douloureuses à la pression,
Verrues planes : multiples, légèrement surélevées, couleur chair, sur le visage et le dos des mains.

Traitement :
Abstention possible car 65 % des verrues régressent spontanément en 2 ans chez l’enfant.
Si traitement souhaité : acide salicylique (Duofilm®, Kérafilm®), cryothérapie à l’azote liquide, laser CO2 pour les formes résistantes.

En savoir plus sur le traitement des verrues chez l’enfant.


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VERRUES – MAINS PIEDS GENITALES…
« Secrets de dermatologue » :

– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


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Poux (pédiculose du cuir chevelu)

La pédiculose du cuir chevelu est une parasitose très fréquente en milieu scolaire, touchant principalement les enfants de 3 à 11 ans, sans lien avec les conditions d’hygiène.

Reconnaître les poux :
Prurit du cuir chevelu, notamment derrière les oreilles et à la nuque. Présence de lentes (œufs) collées à la base des cheveux, non déplaçables au contraire des pellicules.

Traitement :
Dimeticone (Pouxit®, Nyda®) ou malathion (Prioderm®) en application unique, peigne fin, lavage du linge à 60°C.

En savoir plus sur les poux et leur traitement.


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POUX
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Teigne (tinea capitis)

La teigne du cuir chevelu est une infection fongique (dermatophytose) fréquente chez l’enfant entre 3 et 12 ans, plus rare après la puberté.

Reconnaître la teigne :
Plaques alopéciques squameuses avec cheveux cassés courts sur le cuir chevelu. Parfois kérion (forme inflammatoire : plaque en relief, suppurée, pseudo-tumorale).

Traitement :
Antifongique systémique obligatoire (griséofulvine ou terbinafine selon l’espèce) pendant 6 à 8 semaines. Éviction scolaire jusqu’au début du traitement. Examen des frères et sœurs et animaux domestiques.

En savoir plus sur les mycoses cutanées.

Gale de l’enfant

La gale est une parasitose due à l’acarien Sarcoptes scabiei, très contagieuse, touchant tous les âges dont les nourrissons.

Particularités chez le nourrisson et le jeune enfant :
Contrairement à l’adulte, les lésions peuvent toucher la plante des pieds, la paume des mains, le visage et le cuir chevelu. Vésicules caractéristiques sur les paumes et les plantes. Prurit intense, nocturne, familial.

Traitement :
Benzoate de benzyle (Ascabiol®) ou perméthrine crème (Topiscab®) en application unique sur tout le corps. Traitement simultané de tout l’entourage et décontamination du linge.

En savoir plus sur la gale et son traitement.

Urticaire de l’enfant

L’urticaire est fréquente chez l’enfant, le plus souvent déclenchée par une infection virale intercurrente (rhinovirus, EBV, adénovirus) plutôt que par une allergie alimentaire contrairement aux idées reçues.

Reconnaître l’urticaire :
Plaques rouges surélevées, fugaces (disparaissant en moins de 24 heures sur le même endroit), très prurigineuses, à contours polycycliques. Chaque plaque disparaît sans laisser de trace.

Signes d’alerte (anaphylaxie) :
Œdème des lèvres ou de la gorge, difficultés à respirer ou à avaler, malaise : appeler le 15 (SAMU) immédiatement.

Traitement :
Antihistaminiques oraux (cétirizine, loratadine) adaptés au poids. En cas d’œdème de Quincke ou d’anaphylaxie : adrénaline auto-injectable (EpiPen®).

En savoir plus sur l’urticaire de l’enfant.

Quand consulter un dermatologue en urgence pour un enfant ?

Consulter sans attendre en cas de :
– fièvre associée à une éruption cutanée étendue ou bulleuse,
– décollement cutané, lésions hémorragiques (purpura ne s’effaçant pas à la vitropression),
– éruption chez un nourrisson de moins de 3 mois,
– difficultés respiratoires ou à avaler associées à une éruption (anaphylaxie),
– lésion cutanée évoluant très rapidement en quelques heures,
– plaie cutanée avec signes d’infection (rougeur extensive, lymphangite, fièvre).

Besoin de l’avis d’un spécialiste ? Délais de rendez-vous trop longs ? Vous pouvez effectuer une téléconsultation avec le dermatologue.

En savoir plus sur l’impétigo,
le molluscum contagiosum,
l’hémangiome infantile,
l’angiome plan,
la dermatite atopique,
les verrues,
les poux,
la gale
et l’urticaire.

BOUTONS BEBE : les boutons du bébé et du nouveau né

Boutons chez le bébé et le nouveau-né : érythème toxique, acné néonatale, milia — guide complet

Votre nouveau-né a des petits boutons sur le visage ou le corps et vous vous inquiétez ? Dans l’immense majorité des cas, les boutons du nouveau-né sont bénins et transitoires — ils font partie du processus normal d’adaptation de la peau à la vie extra-utérine. Érythème toxique, milia, acné néonatale, pustulose céphalique : ces éruptions cutanées fréquentes disparaissent spontanément en quelques semaines sans aucun traitement. Ce guide vous aide à reconnaître chaque type de boutons, à distinguer ce qui est normal de ce qui nécessite une consultation, et à éviter les erreurs de soin fréquentes.

Boutons de bébé persistants, étendus ou accompagnés de fièvre ?
📅 Téléconsultation avec le dermatologue

Sommaire :
Érythème toxique du nouveau-né |
Milia (grains de milium) |
Acné néonatale |
Pustulose céphalique bénigne |
Tableau comparatif |
Signes d’alarme |
Questions fréquentes

Érythème toxique du nouveau-né

L’érythème toxique du nouveau-né est l’éruption cutanée la plus fréquente chez le nouveau-né à terme — il touche 30 à 70 % des nouveau-nés. Son nom « toxique » est trompeur : il n’a rien de toxique ni de dangereux. C’est une réaction cutanée inflammatoire physiologique liée à l’activation du système immunitaire du bébé au contact de son nouvel environnement.

Quand apparaît-il ?

Il apparaît typiquement entre le 2e et le 5e jour de vie, rarement dès le premier jour. Il est absent chez le prématuré (système immunitaire insuffisamment mature). Il disparaît spontanément en 5 à 14 jours sans aucun traitement.

Comment le reconnaître ?

L’érythème toxique se présente comme des taches rouges diffuses (macules érythémateuses) sur fond rosé, au centre desquelles se trouvent une petite papule blanche ou jaune — comme « un bouton blanc sur fond rouge ». Les lésions sont dispersées sur le tronc, les fesses, les membres, parfois le visage. Elles migrent d’un endroit à l’autre en quelques heures — une lésion présente le matin peut avoir disparu le soir pour réapparaître ailleurs. Cette mobilité est caractéristique. Les paumes et les plantes sont épargnées.

Le bébé est en parfait état général — pas de fièvre, il tète normalement, ne pleure pas davantage. L’éruption ne le démange pas et ne lui fait pas mal.

Que faire ?

Rien — aucun traitement n’est nécessaire ni utile. Ne pas appliquer de crème, de talc ou de désinfectant sur ces boutons. La disparition est spontanée et complète. Rassurer les parents est le seul geste médical utile.

Milia — grains de milium du nouveau-né

Les milia (singulier : milium) sont de minuscules kystes épidermiques blanchâtres, de 1 à 2 mm de diamètre, à surface lisse et brillante, donnant l’aspect de « petits grains de riz » sous la peau. Ils sont dus à la rétention de kératine dans des follicules pileux immatures lors du développement cutané fœtal.

Où se trouvent-ils ?

Les milia du nouveau-né siègent préférentiellement sur le nez, les joues, le menton et le front — les zones centro-faciales. On peut en trouver également sur le palais (grains de milium palatin — appelés « perles d’Epstein » sur le raphé médian palatin ou « nodules de Bohn » sur les crêtes alvéolaires) et sur les gencives.

À quel âge apparaissent-ils et disparaissent-ils ?

Présents dès la naissance ou les premiers jours de vie, les milia disparaissent spontanément en 4 à 8 semaines sans aucune intervention. On les retrouve chez environ 40 à 50 % des nouveau-nés.

Que faire ?

Rien — surtout ne pas les percer ni les écraser. Le contenu kératinique sort spontanément à mesure que le follicule pileux mature. Les percer expose à un risque d’infection et de cicatrice. La toilette habituelle du visage de bébé (eau tiède, pas de savon sur le visage) est suffisante.

Acné néonatale

L’acné néonatale ou acné du nourrisson est une éruption acnéiforme qui touche environ 20 % des nouveau-nés. Elle est due à la stimulation des glandes sébacées immatures du nouveau-né par les androgènes maternels transmis in utero et par les androgènes surrénaliens du bébé lui-même, particulièrement actifs dans les premières semaines de vie.

Quand apparaît-elle ?

L’acné néonatale apparaît dans les premières 2 à 4 semaines de vie et disparaît spontanément avant l’âge de 3 mois dans la quasi-totalité des cas.

Comment la reconnaître ?

Elle se manifeste par des papules et pustules rouges (boutons rouges avec un point blanc) localisées sur le visage — principalement joues, nez et front. Elle peut aussi toucher le cuir chevelu. Contrairement à la pustulose céphalique bénigne (voir section suivante), l’acné néonatale peut comporter de petits comédons ouverts (points noirs) ou fermés (microkystes) — leur présence confirme le diagnostic d’acné vraie.

Acné néonatale et risque futur

L’acné néonatale est transitoire et bénigne. Cependant, une acné néonatale sévère ou persistant au-delà de 3 mois est un facteur prédictif de risque d’acné sévère à l’adolescence — à mentionner au pédiatre pour un suivi adapté.

Que faire ?

Dans la grande majorité des cas, aucun traitement n’est nécessaire — la guérison est spontanée. Toilette douce du visage à l’eau tiède sans savon ni produit cosmétique. Ne pas appliquer de crème grasse sur les zones atteintes — elles boucheraient davantage les follicules. En cas d’acné néonatale sévère avec nombreuses pustules et risque de cicatrices, le dermatologue peut discuter un traitement topique doux (érythromycine topique ou peroxyde de benzoyle à faible concentration) — à ne jamais initier sans avis médical chez un nouveau-né.

Pustulose céphalique bénigne — souvent confondue avec l’acné

La pustulose céphalique bénigne du nouveau-né est souvent appelée à tort « acné néonatale » — mais il s’agit d’une entité distincte, de mécanisme différent. Elle est due à une réaction inflammatoire cutanée aux levures du genre Malassezia (anciennement Pityrosporum) — les mêmes levures responsables des pellicules et de la dermatite séborrhéique chez l’adulte.

Comment la distinguer de l’acné néonatale ?

La distinction clé est l’absence de comédons dans la pustulose céphalique. Sans points noirs ni microkystes, ce n’est pas de l’acné. Les lésions sont des pustules et papules rouges sur le cuir chevelu, le front et les joues — localisées à la tête (d’où « céphalique »). Elles apparaissent typiquement entre 2 et 4 semaines de vie.

Que faire ?

La pustulose céphalique régresse spontanément en quelques semaines. En cas de lésions très nombreuses ou persistantes, un antifongique topique doux (kétoconazole 2 % crème ou shampooing) peut être utilisé sur avis médical pour accélérer la résolution. Contrairement à l’acné néonatale, les antibiotiques et le peroxyde de benzoyle sont inefficaces car la cause est fongique et non bactérienne.

Tableau comparatif — reconnaître les éruptions du nouveau-né

Éruption Âge d’apparition Aspect Localisation Comédons ? Durée
Érythème toxique J2–J5 Macules rouges + pustule centrale — migratoires Tronc, membres (paumes/plantes épargnées) ❌ Non 5–14 jours
Milia Naissance Grains blancs lisses 1–2 mm Nez, joues, front, menton ❌ Non 4–8 semaines
Acné néonatale S2–S4 Papules/pustules rouges Visage (joues, nez, front) ✅ Oui — critère clé Avant 3 mois
Pustulose céphalique S2–S4 Pustules/papules rouges Tête, cuir chevelu, front ❌ Non — critère clé Semaines — antifongique si persistant

La règle d’or pour distinguer acné néonatale et pustulose céphalique : les comédons (points noirs ou microkystes). Présents = acné néonatale. Absents = pustulose céphalique à Malassezia.

Signes d’alarme — quand consulter en urgence

⚠️ Consultez en urgence si les boutons de bébé s’accompagnent de :

Fièvre (> 38°C chez un nouveau-né de moins de 3 mois = urgence pédiatrique absolue)
Vésicules groupées en bouquet sur fond rouge — évoquer un herpès néonatal (urgence vitale)
Pustules très nombreuses avec bébé abattu, qui tète mal, irritable
Lésions croûteuses jaunâtres très confluentes évoquant un impétigo néonatal
Extension rapide ou apparition de lésions bulleuses (cloques)
Éruption généralisée rouge vif avec desquamation — évoquer un syndrome de Ritter (staphylodermie bulleuse grave)

L’herpès néonatal mérite une mention particulière : c’est l’éruption vésiculeuse la plus grave du nouveau-né. Contracté lors de l’accouchement par contact avec un herpès génital maternel actif (ou réactivé asymptomatiquement), il peut se manifester par des vésicules cutanées groupées mais aussi par une atteinte neurologique ou viscérale gravissime. Toute vésicule chez un nouveau-né dans les 4 premières semaines de vie doit faire évoquer l’herpès et conduire à une consultation médicale urgente.

Questions fréquentes

Mon bébé a des boutons blancs sur le nez dès la naissance — c’est quoi ?
Ce sont presque certainement des milia — des petits kystes kératiniques bénins présents chez 40 à 50 % des nouveau-nés. Ils disparaissent spontanément en 4 à 8 semaines. Ne pas les percer, ne rien appliquer dessus. Si les grains blancs sont sur le palais ou les gencives, il s’agit de perles d’Epstein ou de nodules de Bohn — même mécanisme, même bénignité, même disparition spontanée.

Mon bébé de 3 semaines a des boutons rouges sur les joues — allaitement en cause ?
L’allaitement maternel n’est pas en cause dans l’acné néonatale ni dans la pustulose céphalique. Ces éruptions sont liées aux androgènes maternels transmis in utero (acné néonatale) ou aux levures Malassezia (pustulose céphalique) — pas à l’alimentation. Il ne faut pas arrêter l’allaitement pour cette raison. Si vous observez des comédons parmi les boutons, c’est de l’acné néonatale qui disparaîtra avant 3 mois. Sans comédons, c’est une pustulose céphalique qui régresse en quelques semaines.

Faut-il mettre de la crème sur les boutons du nouveau-né ?
Non — pour l’érythème toxique, les milia et la pustulose céphalique bénigne, aucune crème n’est nécessaire ni recommandée. Appliquer une crème grasse sur l’acné néonatale peut même l’aggraver en bouchant davantage les follicules. La toilette quotidienne du visage à l’eau tiède (sans savon, sans lingette parfumée) est suffisante. En cas d’acné néonatale sévère persistante, seul un médecin peut prescrire un traitement topique adapté.

Les boutons du nouveau-né peuvent-ils laisser des cicatrices ?
Les formes bénignes habituelles (érythème toxique, milia, pustulose céphalique) ne laissent aucune cicatrice. L’acné néonatale légère à modérée non plus dans la grande majorité des cas. Seule une acné néonatale sévère avec kystes profonds et inflammation intense peut théoriquement laisser de très légères marques — raison pour laquelle les formes sévères méritent un avis dermatologique. Ne pas percer ni manipuler les lésions reste la meilleure prévention contre les cicatrices.

À partir de quand les boutons du bébé doivent-ils inquiéter ?
Un bébé en bon état général (tète bien, température normale, éveillé et réactif) avec une éruption sans fièvre a peu de chances d’avoir quelque chose de grave. Les critères qui doivent faire consulter rapidement : fièvre (>38°C avant 3 mois = urgence absolue), vésicules groupées douloureuses, bébé abattu ou qui tète mal, extension rapide des lésions, ou éruption bulleuse.

Voir aussi : Boutons visage enfant et bébé — diagnostic complet | Acné du nourrisson (6 mois–2 ans) | Herpès — risques chez le nouveau-né


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PURPURA RHUMATOIDE : le purpura rhumatoide de l’enfant et de l’adulte

Purpura rhumatoïde (syndrome de Schönlein-Henoch) : causes, symptômes et traitement

Le purpura rhumatoïde, officiellement appelé purpura de Schönlein-Henoch ou, dans la nomenclature internationale actuelle, vasculite à IgA, est une maladie inflammatoire des petits vaisseaux. Elle se manifeste principalement par des taches cutanées rouge-violacées caractéristiques, mais peut également atteindre les articulations, le tube digestif et — ce qui conditionne le pronostic à long terme — les reins.

C’est la principale cause de vascularite de l’enfant, touchant surtout les 3-10 ans, mais elle peut survenir à tout âge. Dans la grande majorité des cas, l’évolution est favorable et la guérison spontanée. La surveillance régulière reste cependant indispensable, car l’atteinte rénale peut apparaître plusieurs semaines après les premiers signes cutanés, parfois en silence.

Purpura rhumatoïde : taches rouge-violacées ne s'effaçant pas à la pression

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Qu’est-ce que le purpura rhumatoïde ?

Le purpura rhumatoïde est une vasculite des petits vaisseaux, médiée par des dépôts de complexes immuns à IgA dans les parois vasculaires. Ces dépôts déclenchent une réaction inflammatoire qui altère la perméabilité des vaisseaux, entraînant la fuite des globules rouges dans les tissus environnants — c’est ce qui explique les taches purpuriques cutanées.

La cause précise reste incomplètement élucidée, mais la maladie survient fréquemment dans les jours ou semaines suivant un épisode infectieux des voies respiratoires supérieures (angine à streptocoque, rhinopharyngite virale). D’autres facteurs déclenchants ont été rapportés : infections digestives, vaccinations, médicaments, mais aucun n’est retrouvé systématiquement.

Épidémiologie :
– Incidence estimée à 10 à 20 cas pour 100 000 enfants par an,
– pic d’âge : 3 à 10 ans, avec une légère prédominance masculine,
– rare mais possible chez l’adulte — avec un tableau souvent plus sévère.

Symptômes : reconnaître le purpura rhumatoïde

La maladie associe classiquement quatre types d’atteintes, pouvant survenir simultanément ou de façon décalée.

Atteinte cutanée : le purpura vasculaire

Le purpura est la manifestation initiale et constante. Il se distingue du purpura plaquettaire par plusieurs caractéristiques :
taches rouge-violacées (couleur lie de vin), bien délimitées, de quelques millimètres à quelques centimètres,
ne s’effaçant pas à la vitropression (appui d’un verre sur la peau) — signe diagnostique fondamental,
– lésions infiltrées, palpables au toucher (contrairement au purpura plaquettaire, plan et non palpable),
prédominance aux membres inférieurs et aux fesses, aggravées par la position debout (orthostatisme),
– évolution polymorphe : érythème, papules purpuriques, vésicules, bulles hémorragiques, nécrose dans les formes sévères.

L’éruption évolue par poussées successives sur plusieurs semaines, avec des lésions à différents stades de cicatrisation coexistant sur la même zone.

Atteinte articulaire (60 à 80 % des cas)

Arthralgies et/ou arthrites touchant préférentiellement les genoux et les chevilles, parfois les coudes ou les poignets. Les articulations sont douloureuses, parfois gonflées, sans rougeur franche. Ces manifestations régressent sans séquelle et ne laissent pas de déformation articulaire.

Atteinte digestive (50 à 80 % des cas)

Douleurs abdominales souvent intenses et coliques, nausées, vomissements, diarrhées, parfois hémorragies digestives (sang dans les selles). L’atteinte digestive domine le pronostic à court terme en raison du risque d’invagination intestinale aiguë (urgence chirurgicale) et, plus rarement, de perforation intestinale.

Devant toute douleur abdominale intense dans le contexte d’un purpura rhumatoïde, une échographie abdominale est urgente.

Atteinte rénale (50 à 100 % des cas selon les études)

C’est l’atteinte la plus redoutée car elle conditionne le pronostic à long terme. Elle se manifeste par :
– une hématurie microscopique (sang dans les urines détecté à la bandelette),
– une protéinurie (protéines dans les urines),
– une hypertension artérielle,
– dans les formes sévères : une altération de la fonction rénale.

Le mécanisme est une glomérulonéphrite à dépôts mésangiaux d’IgA (identique à la maladie de Berger). Entre 5 et 20 % des enfants atteints développeront une insuffisance rénale chronique à long terme — justifiant une surveillance prolongée même après guérison apparente.

Particularité chez l’adulte :
Le purpura est souvent plus nécrotique et chronique, les manifestations articulaires et digestives sont moins fréquentes, mais l’atteinte rénale est présente dans 50 à 80 % des cas et plus souvent sévère.

Particularité chez le nourrisson (< 2 ans) :
Tableau différent : œdème aigu hémorragique du nourrisson — plaques purpuriques en médaillons ou en cocardes associées à un œdème douloureux du visage et des membres. Évolution généralement rapidement favorable.

Examens complémentaires

Biopsie cutanée avec immunofluorescence directe

Non indispensable chez l’enfant en cas de tableau clinique typique. Elle montre une vascularite leucocytoclasique avec dépôts vasculaires d’IgA (parfois associés à d’autres immunoglobulines et à la fraction C3 du complément). Utile en cas de doute diagnostique, notamment chez l’adulte.

Bilan biologique systématique

Chez l’enfant et l’adulte (systématiquement) :
– NFS, VS (syndrome inflammatoire),
– bilan hépatique,
– fonction rénale : urée et créatinine,
– protéinurie des 24 heures,
– ECBU (recherche hématurie et protéinurie),
– recherche de sang dans les selles.

Chez l’adulte (en complément) :
Bilan immunologique complet : complément (C3, C4, CH50), facteurs antinucléaires, facteur rhumatoïde (latex, Waaler-Rose), électrophorèse des protéines, immuno-électrophorèse, cryoglobulinémie, ANCA.
Sérologies : ASLO (streptocoque), hépatites B et C.

Selon les manifestations :
– Douleur abdominale aiguë → échographie abdominale en urgence,
– hémorragie digestive → endoscopie digestive,
– protéinurie > 1 g/24 heures et/ou insuffisance rénale → ponction-biopsie rénale,
– dyspnée ou hémoptysie → radiographie pulmonaire ± fibroscopie bronchique.

Traitement du purpura rhumatoïde

Le traitement n’est pas systématique. Dans les formes cutanées pures sans atteinte viscérale sévère, l’abstention thérapeutique avec surveillance est la règle.

Repos

Le repos permet de réduire les poussées cutanées et articulaires liées à l’orthostatisme et au retour veineux, mais il n’a pas d’effet démontré sur l’atteinte rénale ou digestive. Il n’est donc justifié que si la douleur l’impose.

Antalgiques

– Paracétamol en première intention pour les arthralgies et douleurs abdominales modérées,
– antispasmodiques (Spasfon®, Dédridat®, Duspatalin®) pour les douleurs abdominales de type colique,
AINS à éviter en cas de vascularite digestive (risque hémorragique) et en cas d’insuffisance rénale.

Corticothérapie générale

La corticothérapie systémique est indiquée dans les situations suivantes :
– atteinte cutanée nécrotique et douloureuse,
– atteinte digestive sévère (hémorragie, douleurs intenses, risque d’invagination),
– atteinte rénale avec protéinurie importante ou insuffisance rénale.

Les modalités (dose, durée, voie d’administration) sont adaptées à la sévérité et font l’objet d’une décision spécialisée (pédiatrie ou médecine interne).

Dapsone (hors AMM)

Parfois utilisée dans les formes cutanées récidivantes et résistantes, son efficacité est inconstante et son bénéfice non démontré par des études contrôlées.

Traitements en cas d’atteinte rénale sévère

Les formes rénales sévères (protéinurie néphrotique, insuffisance rénale, croissants à la biopsie) peuvent nécessiter des immunosuppresseurs (azathioprine, mycophénolate mofétil) ou des bolus de méthylprednisolone, selon les recommandations des sociétés de néphrologie pédiatrique et adulte.

Surveillance : la clé du pronostic

La surveillance est indispensable même en cas d’atteinte cutanée apparemment isolée, car l’atteinte rénale peut survenir plusieurs semaines après les premiers signes cutanés, de façon cliniquement silencieuse. Elle repose sur :
– examen clinique répété,
– mesure régulière de la tension artérielle,
bandelette urinaire (détection précoce de l’hématurie et de la protéinurie) — à réaliser à chaque consultation et lors de tout épisode fébrile intercurrent dans les mois suivant la maladie.

Rythme de surveillance recommandé :
Hebdomadaire pendant la phase aiguë, puis mensuel pendant 6 mois, puis trimestriel pendant au moins un an. En cas d’anomalie urinaire persistante, la surveillance est prolongée et la consultation spécialisée (néphrologue) indispensable.

Pronostic

Le pronostic du purpura rhumatoïde est dans la grande majorité des cas favorable :
– guérison complète sans séquelle dans 90 à 95 % des cas chez l’enfant,
– récidives possibles dans 30 % des cas, généralement moins sévères que l’épisode initial,
– risque d’insuffisance rénale chronique dans 5 à 20 % des cas selon la sévérité de l’atteinte rénale initiale — justifiant la surveillance prolongée.

Chez l’adulte, le pronostic rénal est moins favorable avec une évolution vers l’insuffisance rénale chronique dans 10 à 30 % des cas.

Questions fréquentes sur le purpura rhumatoïde

Comment reconnaître le purpura rhumatoïde d’une simple ecchymose ?

L’ecchymose (bleu) est due à un choc ou un traumatisme localisé, de couleur variable (violacé puis jaune-vert), et disparaît progressivement en 1 à 2 semaines. Le purpura rhumatoïde apparaît sans traumatisme, en taches multiples symétriques sur les membres inférieurs et les fesses, ne s’efface pas à la pression d’un verre et s’accompagne souvent de douleurs articulaires ou abdominales. En cas de doute, le test de la vitropression est décisif.

Faut-il hospitaliser un enfant atteint de purpura rhumatoïde ?

Pas systématiquement. Les formes cutanées pures sans douleur abdominale intense, sans atteinte rénale et sans signes généraux peuvent être surveillées en ambulatoire avec des consultations rapprochées et des bandelettes urinaires régulières. L’hospitalisation est indiquée en cas de douleurs abdominales sévères (risque d’invagination), d’hémorragie digestive, d’atteinte rénale significative, d’état général altéré ou de purpura extensif nécrotique.

Le purpura rhumatoïde peut-il récidiver ?

Oui, dans environ 30 % des cas, généralement dans les 3 à 6 mois suivant le premier épisode, souvent déclenchés par une nouvelle infection ORL. Les récidives sont habituellement moins sévères que l’épisode initial et suivent la même évolution favorable. La surveillance urinaire doit être maintenue lors de chaque récidive.

Mon enfant a eu un purpura rhumatoïde : jusqu’à quand faut-il surveiller les urines ?

La surveillance urinaire par bandelette doit être maintenue pendant au moins un an après la guérison apparente — certains experts recommandent 2 ans. L’atteinte rénale peut en effet survenir tardivement et progresser en silence. Si les bandelettes restent normales pendant 12 mois consécutifs et que la pression artérielle est normale, la surveillance peut être allégée.

En savoir plus sur le purpura cutané
et les vascularites cutanées.

Faire une recherche scientifique sur cette pathologie sur PubMed.

BOUTONS DE CHALEUR : la miliaire ou bourbouille, enfant ou adulte

Boutons de chaleur

On appelle boutons de chaleur une éruption de petits boutons comme des tetes d’épingles, liés à la rétention sudoro-sébacée durant les périodes de forte chaleur, sur les zones de contact prolongé avec les draps ou les vetements (dos++)
Les boutons de chaleur portent aussi le nom de miliaire sudorale ou de bourbouille

La bourbouille est très fréquente chez les enfants, notamment à peau claire, supportant mal la chaleur et la transpiration en été en Métropole et sous les climats tropicaux

Cause

La miliaire ou bourbouile est une rétention sudorales due à une obstruction des canaux sudoraux.

L’obstruction du canal sudoral est due à du matériel associé ou non à un bouchon de kératine due à une

  • hyperhydration de la couche cornée par la sueur (riche en sel),
  • délipidation des cellules de la peau (kératinocytes) du pourtour des pores sudoraux
  • voire une inflammation à Staphylococcus epidermidis un germe saprophyte de la peau

Les facteurs favorisant la miliaire sont notamment :

  • Le sport faisant transpirer
  • Les habits trop serrés et imperméables (tissus synthétiques)
  • l’application de cremes grasses sur la peau
  • Les bains fréquents, surtout en eau salée (piscine au sel, mer….)

Symptomes

Eruption de petites vésicules ou cloques d’eau comme des têtes d’épingles, en nappes, sur des zones ou la peau a transpiré et a macéré : dos, ventre, cou…

Selon le niveau d’obstruction, on distingue la miliaire cristalline, la miliaire rouge et la miliaire profonde :

1/ Miliaire ou bourbouille cristalline

Ces boutons de chaleurs surviennent généralement lors des fièvres aiguës avec hypersudation brutale, une hypersudation nocturne (bébé couvert pendant la nuit), un coup de soleil

Les boutons de chaleur sont de petites vésicules superficielles à contenu clair, comme des gouttes de rosée reposant sur une peau saine

La zone de prédilection des boutons de chaleurs cristallins est sur le tronc et l’abdomen, mais également sur le visage chez l’enfant.

La miliaire cristalline guérit spontanément en quelques heures en laissant une desquamation fine.

2/ Miliaire ou bourbouille rouge

C’est la bourbouille classique, qui survient au cours des expositions prolongées aux atmosphères chaudes, humides (tropicales) ou sèches.

Les boutons de chaleurs sont non folliculaires, rouges, en relief voires  sous forme de vésicules, sur une peau rougie. Ils peuvent démanger voire bruler.

Les boutons de chaleur de la bourbouille touchent surtout les faces latérales du tronc, le dos, le cou et les zones de friction (aisselles, aine…).

Les lésions s’accentuent à la chaleur et à la transpiration.

Elles peuvent se compliquer par :

  • Une surinfection à type d’impétigo, de folliculite , de furoncle ou d’abcès
  • Eczématisation (développement d’un eczema sur bourbouille : les démangeaisons et rougeurs augmentent)
  • Evolution vers une miliaire profonde après plusieurs épisodes

3/ Miliaire ou bourbouille profonde

Elle est rare et survient en général après plusieurs accès de miliaire rouge et elle se voit essentiellement en milieu tropical.

Les boutons de chaleur ressemblent à la miliaire rouge mais :

  • ils touchent aussi les extrémités
  • la peau est plutot seche
  • On peut noter des signes généraux : ganglions, voire l’ « asthénie anhidrotique tropicale », qui est la phase ultime de ce trouble majeur de la sécrétion sudorale : fatigue, malaises, vomissements… pouvant conduire à une hyperthermie maligne parfois mortelle

Traitement des boutons de chaleur

Le diagnostic nécessite l’avis d’un médecin

Il convient de supprimer les facteurs favorisants, crèmes grasses, vêtements synthétiques ou trop chauds

Sous les tropiques ou en été on recommande généralement l’air conditionné et/ou le brasseur d’air

Ce dernier prescrit des dermocorticoides en l’absence de surinfection, voire des antihistaminiques en cas de démangeaisons profuses

Il est aussi possible d’appliquer des cremes ou lotions a l’oxyde de Zinc qui ont un effet asséchant et protègent la peau de la transpiration la nuit

Enfin il faut veiller à ne pas trop couvrir les enfants la nuit lorsqu’il va faire chaud, un simple body suffit

En cas de surinfection, on utilise des cremes antibiotiques et des antiseptiques doux (chlorhexidine…)

En savoir plus

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MALADIE DE MARFAN : la maladie de Marfan

Marfan

Le syndrome de Marfan est une maladie héréditaire du tissu conjonctif provoquant une dilatation de la racine de l’aorte et un risque de dissection aortique, une ectopie du cristallin et une croissance exagérée du squelette. Le premier signe peut etre des vergetures extensives, notamment horizontales siégeant dans la région lombaire à la suite d’une croissance rapide.

Le syndrome de Marfan est de transmission autosomique dominant avec une grande variabilité.

Diagnostic

Le Général De Gaulle avait un syndrome de Marfan

Système osseux

Croissance exagérée des os longs : personne grande avec bras et jambes relativement longs par rapport à la taille, arachnodactylie (doigts longs et hyperlaxes) et déformation du thorax (pectus carinatum ou pectus excavatum, résultant d’une croissance excessive des côtes).

Caractéristiques crânio-faciales : obliquité vers le bas des fentes palpébrales, hypoplasie malaire, palais ogival avec chevauchement des dents et micrognathie.

Système ligamentaire

Hyperlaxité ligamentaire : hypermobilité articulaire, pied plat et scoliose.

Oeil

Myopie, luxation (ou subluxation) du cristallin,

Système cardiovasculaire

Dilatation de la racine de l’aorte, dissection aortique

Poumons

Emphysème, bulles sous-pleurales apicales et pneumothorax

Peau

Vergetures, souvent horizontales dans la région lombaire, des épaules et de l’aine par croissance rapide durant la puberté.

Traitement

-échocardiographie aortique et intervention lorsque son diametre est proche de 5 cms

-bêta-bloquants pour limiter la pression sanguine sur l’aorte

-surveillance ophtalmologique

-conseil genetique

MAIN PIED BOUCHE : la maladie mains pieds bouche

Main pied bouche

Atteinte des mains
Atteinte des mains


Le syndrome main pied bouche est une maladie virale bénigne à coxsackie, touchant l’enfant.

Bouche
Bouche

Apparait ensuite une eruption des mains et pieds : il s’agit de taches rouges centrées par une petite vésicule.

Atteinte du pied
Atteinte du pied

L’eruption peut ensuite s’étendre aux fesses, aux faces posterieures des membres…
La guérison est spontanée en une semaine


Traitement

Abstention

Eczema du bébé et du nourrisson

L’eczema du bébé et du nourrisson

L’eczema du bebe ou eczema atopique, comment le reconnaître ?


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1/ Diagnostic

La forme typique de dermatite atopique débute vers 3 mois.

Dans 50 à 70% des cas, un parent au 1er degré est atopique (antécédents d’eczéma atopique chez le papa par exemple)

La première manifestation d’eczema atopique du bébé est souvent la sécheresse cutanée. Ensuite surviennent un ecéma des convexités du visage (joues notamment) et des membres.

Environ un eczema atopique du bébé sur deux guérit vers 2 ans.

 

2/ Quelles sont les causes de l’eczema du bébé et du nourrisson ?

3/ Soins et traitement de l’eczema de l’enfant et du nourrisson

4/ Quand faire des tests allergologiques (tests à la recherche d’une allergie) dans l’eczema de l’enfant et du nourrisson ?


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DERMATITE PERI ORALE : plaques, boutons et peau sèche autour de la bouche

Dermite péri-orale : causes, symptômes et traitement des boutons autour de la bouche

Dermite péri-orale de la femme adulte - boutons et plaques rouges autour de la bouche

La dermite péri-orale (ou dermatite péri-orale) est une dermatose inflammatoire fréquente caractérisée par des rougeurs, papules et pustules localisées autour de la bouche, parfois autour du nez et des yeux. Elle touche principalement les femmes entre 15 et 45 ans, souvent sur terrain de dermatite atopique modérée. Bien qu’elle ressemble à l’acné ou à la rosacée, elle en est distincte et ne répond pas aux mêmes traitements — voire s’aggrave avec certains d’entre eux.

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Sommaire :
Symptômes et aspect clinique |
Causes et facteurs déclenchants |
Diagnostic différentiel |
Traitement |
Forme chez l’enfant |
Questions fréquentes

Symptômes et aspect clinique

Dermite péri-orale - plaques infiltrées dans les plis du visage

La dermite péri-orale se présente typiquement comme un semis de papules et pustules érythémateuses de petite taille (1 à 3 mm), sans comédons (points noirs) — c’est le signe distinctif par rapport à l’acné. Les lésions forment un halo autour de la bouche, avec classiquement un liseré de peau saine respectant la zone immédiatement péri-labiale (la peau au contact direct des lèvres est épargnée).

La localisation est péri-buccale dans la grande majorité des cas — voir boutons autour de la bouche — mais une extension péri-nasale (ailes du nez, sillon naso-génien) et péri-oculaire est fréquente, réalisant parfois une atteinte diffuse du visage dans les formes importantes. Des plaques infiltrées peuvent se former dans les plis du visage lors des poussées sévères.

Les patients décrivent souvent un cortège de symptômes fonctionnels : démangeaisons, picotements, dysesthésies, sensation de peau irritable. Une colonisation secondaire bactérienne (staphylocoque) ou par Demodex folliculorum (démodécidose) est possible et peut compliquer le tableau.

Causes et facteurs déclenchants

La cause exacte de la dermite péri-orale reste débattue — elle serait liée à une perturbation de la barrière cutanée péri-orale sur terrain prédisposé, associée à une réponse inflammatoire dysrégulée. Plusieurs facteurs déclenchants ou aggravants sont bien documentés :

Dermocorticoïdes — premier facteur causal identifié : l’application répétée de crèmes cortisonées sur le visage (même en dehors de la zone péri-orale) est le facteur déclenchant le plus fréquent. Le paradoxe de la dermite péri-orale est que les dermocorticoïdes la soulagent à court terme mais l’entretiennent et l’aggravent à long terme — créant un cercle vicieux où le patient applique plus de cortisone pour soulager la dermite causée par la cortisone.

Cosmétiques occlusifs et crèmes riches : les crèmes grasses occlusives, certains fonds de teint, les baumes lèvres épais favorisent la macération péri-orale et déclenchent ou entretiennent la dermite.

Dentifrice fluoré : plusieurs cas de dermite péri-orale déclenchée par les dentifrices fluorés ont été publiés. Le mécanisme n’est pas élucidé. En cas de dermite péri-orale résistante, tester un dentifrice sans fluor pendant 4 semaines est une démarche diagnostique légitime.

Nettoyage excessif : le sur-nettoyage du visage avec des savons agressifs ou des démaquillants alcoolisés altère la barrière cutanée et favorise les poussées.

Exposition solaire : le soleil est un facteur aggravant reconnu — protéger la zone péri-orale en été est recommandé.

Diagnostic différentiel — comment ne pas confondre

Dermatose Points communs Différence clé
Acné Papulo-pustules, péri-oral Comédons (points noirs) présents dans l’acné — absents dans la dermite
Rosacée Papulo-pustules visage Rosacée = rougeurs diffuses + télangiectasies, aggravée chaleur/alcool
Eczéma de contact Plaques rouges péri-orales Eczéma = prurit intense + lien cosmétique + s’améliore avec cortisone
Démodécidose Pustules péri-nasales/péri-orales Démodex visible à la dermoscopie — répond à l’ivermectine
Dermite séborrhéique Plaques rouges sillon naso-génien Dermite séborrhéique = aspect gras/squameux + pellicules — répond aux antifongiques

⚠️ Erreur à ne pas faire : appliquer des dermocorticoïdes sur une dermite péri-orale — même si cela soulage transitoirement — entretient et aggrave la maladie. C’est la cause la plus fréquente de formes chroniques difficiles à traiter.

Traitement de la dermite péri-orale

Le traitement repose sur trois piliers indissociables, à conduire simultanément pendant 3 mois minimum — durée indispensable pour obtenir une rémission durable.

1. Arrêt de tous les dermocorticoïdes — mesure la plus importante, souvent la plus difficile car une aggravation transitoire (rebond) survient dans les 2 à 4 semaines suivant l’arrêt. Il faut prévenir le patient de cet effet rebond pour éviter qu’il ne reprenne la cortisone. L’arrêt doit être total — y compris les formulations légères.

2. Antibiothérapie orale — la doxycycline 100 mg/j pendant 1 mois est le traitement de référence de première intention. En cas de contre-indication (femme enceinte, enfant < 8 ans, allergie), l’érythromycine ou le métronidazole per os sont les alternatives. Des cycles peuvent être répétés en cas de rechute.

3. Traitement topique — le métronidazole topique (gel à 0,75 % ou 1 %) appliqué matin et soir en complément de l’antibiothérapie orale. L’érythromycine topique ou l’ivermectine topique sont des alternatives. À poursuivre 3 mois.

Mesures associées indispensables : simplifier au maximum la routine cosmétique (supprimer les crèmes grasses et les fonds de teint occlusifs), nettoyer le visage avec un pain dermatologique doux sans savon, protéger la zone péri-orale du soleil, changer de dentifrice si suspicion de lien avec un dentifrice fluoré.

La réponse au traitement est habituellement bonne mais lente — ne pas s’attendre à une amélioration avant 4 à 6 semaines. Les rechutes sont possibles, notamment à la reprise des corticoïdes topiques ou lors d’un changement cosmétique.

Dermite péri-orale chez l’enfant

Dermite péri-orale chez l'enfant - plaques rouges et sèches autour de la bouche aggravées par la sucette

La dermite péri-orale existe aussi chez le jeune enfant, souvent dès 6 mois et surtout avant 5-6 ans, plus fréquemment chez les petites filles. Les facteurs spécifiques à l’enfant sont la sucette (tétine) — le contact répété fragilise la peau péri-orale — et le tic de léchage des lèvres — la salive acide macère et entretient la dermite. Le traitement chez l’enfant adapte les antibiotiques oraux à l’âge (érythromycine plutôt que doxycycline avant 8 ans) et insiste sur l’arrêt de la sucette et la correction du tic de léchage. Voir l’article complet sur les boutons autour de la bouche chez l’enfant.

Questions fréquentes sur la dermite péri-orale

Combien de temps dure le traitement de la dermite péri-orale ?
Le traitement complet dure 3 mois minimum. La doxycycline orale est prescrite 1 mois, le métronidazole topique est poursuivi 3 mois. Une amélioration visible ne se constate généralement pas avant 4 à 6 semaines. Les formes chroniques entretenues par des années de dermocorticoïdes peuvent nécessiter des cycles répétés d’antibiothérapie.

La dermite péri-orale récidive-t-elle après traitement ?
Oui — les récidives sont fréquentes, surtout si les facteurs déclenchants ne sont pas corrigés (reprise de dermocorticoïdes, cosmétiques occlusifs, dentifrice fluoré). Après un premier épisode traité, éviter toute corticothérapie topique sur le visage et maintenir une routine cosmétique simplifiée réduit significativement le risque de récidive.

Peut-on se maquiller pendant le traitement de la dermite péri-orale ?
Oui, mais avec des produits non comédogènes et non occlusifs. Éviter les fonds de teint couvrants épais, les BB creams grasses et les baumes lèvres riches pendant la phase de traitement. Préférer les fonds de teint fluides non occlusifs. Démaquiller avec de l’eau micellaire douce sans rinçage pour éviter de frotter la zone péri-orale.

La dermite péri-orale est-elle contagieuse ?
Non — la dermite péri-orale n’est pas une infection et n’est pas contagieuse. Elle n’est pas transmissible par contact direct. En revanche, si une surinfection bactérienne secondaire (staphylocoque) est présente, les soins d’hygiène habituels suffisent à éviter toute propagation.

Quelle différence entre dermite péri-orale et rosacée ?
La rosacée s’accompagne de rougeurs diffuses permanentes du visage (érythrose), de télangiectasies (petits vaisseaux visibles) et est aggravée par la chaleur, l’alcool et les épices. La dermite péri-orale est strictement localisée autour de la bouche (et parfois du nez et des yeux), sans érythrose de fond ni télangiectasies. Les deux peuvent coexister. Le traitement par tétracyclines (doxycycline) est commun aux deux maladies.

Recherche bibliographique : PubMed — perioral dermatitis.


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CUTIS LAXA : la cutis laxa

Cutis laxa

Le cutis laxa est une maladie rare caractérisée par une perte de l’élasticité de la peau donnant un aspect de vieillard, généralement présent dès la naissance.

Il existe une transmission variable, récessive ou dominante

Cause


Déficit en lysine oxydase > absence presque totale de tissu élastique : « peau trop grande ».

Diagnostic

Peau trop grande, aspect de vieillard souvent dès la naissance

Atteintes viscérales : pulmonaire+++ ( emphysème, hernie diaphragmatique, bronchectasies et  infections respiratoires récidivantes ), cardiaovasculaires (coarctation aortique, sténose de l’artère pulmonaire, valvulopathies mitrales ou aortiques, ectasie aortique, communication interventriculaire ou interauriculaire), digestives (hernies inguinales, ombilicales, diverticules intestinaux ou oesophagiens, prolapsus rectal)…

 

Traitement

Il n’existe pas de traitement

— on recherche, surveille et traite les manifestations extracutanées associées

— on identifie le mode de transmission > conseil génétique ;

— chirurgie de l’atteinte cutanée

TRAITEMENT ECZEMA ATOPIQUE : traitement de la dermatite atopique

Traitement de l’eczéma atopique : dermocorticoïdes, biothérapies et recommandations 2025

Le traitement de la dermatite atopique dépend de la sévérité des poussées et de l’âge du patient. Il repose sur plusieurs niveaux : soins de la peau sèche, dermocorticoïdes pour les poussées, et pour les formes sévères, des biothérapies ou inhibiteurs de JAK. Voici le point complet incluant les recommandations françaises 2025-2026.

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Vue d’ensemble — paliers de traitement

Sévérité Traitement de référence Dès quel âge
Légère Émollients + dermocorticoïdes en cure courte Tous âges
Modérée Dermocorticoïdes + tacrolimus (Protopic®) en relais ≥ 2 ans
Sévère — 1re ligne Ciclosporine (adulte ≥ 16 ans) ≥ 16 ans
Sévère — 2e ligne Biothérapies (dupilumab, tralokinumab, lébrikizumab, némolizumab) ≥ 6 mois (dupilumab)
Sévère — 2e ligne Inhibiteurs de JAK (baricitinib, abrocitinib, upadacitinib) ≥ 2 ans (baricitinib), ≥ 12 ans (autres)

1. Lutter contre la peau sèche — traitement de fond

La sécheresse cutanée est le terrain de l’eczéma atopique — la corriger réduit la fréquence et la sévérité des poussées.

  • Bain ou douche à l’eau tiède, pas chaude, avec une huile bain ou syndet doux — pas plus de 10 minutes
  • Sécher en tamponnant (ne pas frotter) puis appliquer l’émollient sur peau encore légèrement humide
  • Émollient quotidien sur tout le corps, même en dehors des poussées
  • Vêtements en coton — éviter laine et fibres synthétiques
  • Cosmétiques sans parfum
  • Ongles coupés courts pour limiter les lésions de grattage
  • Éviter la chaleur excessive, la transpiration et le froid intense

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PEAU SECHE
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2. Dermocorticoïdes — traitement des poussées

Les crèmes à la cortisone sont le traitement de référence des poussées d’eczéma. Les parents craignent souvent leur utilisation — cette crainte est compréhensible mais ne doit pas conduire à sous-traiter : un enfant qui se gratte la nuit souffre, et les lésions de grattage favorisent les surinfections.

Comment bien les utiliser :

  • Appliquer uniquement sur les zones d’eczéma, sur peau propre
  • Dermocorticoïde de force adaptée à l’âge et à la localisation (faible sur visage et plis, modéré sur corps)
  • Durée : 4 à 7 jours par poussée, puis décroissance progressive
  • Quantité indicative : 1 tube (30g) par poussée pour un enfant de 4-5 ans — au-delà, reconsulter
  • Antihistaminiques en complément pour réduire le grattage nocturne

3. Tacrolimus (Protopic®) — alternative aux dermocorticoïdes

Le tacrolimus est un immunosuppresseur local indiqué quand les dermocorticoïdes sont insuffisants ou contre-indiqués (visage, paupières, plis). Il réduit l’activité des lymphocytes T et inhibe la libération des médiateurs inflammatoires.

  • Protopic® 0,03% — enfant de 2 à 15 ans
  • Protopic® 0,1% — adulte et adolescent ≥ 16 ans
  • Application en couche mince sur toutes les zones atteintes, y compris visage et plis — éviter les muqueuses

4. Probiotiques

Des altérations du microbiote intestinal ont été observées chez les enfants atopiques. Des souches comme Bifidobacterium lactis, B. longum et Lactobacillus casei semblent réduire la sévérité de la dermatite atopique et le recours aux dermocorticoïdes chez les enfants de plus d’un an. Les données restent préliminaires mais le rapport bénéfice/risque est favorable.

5. Formes sévères — recommandations françaises 2025-2026

💡 Ces recommandations sont issues des groupes de travail GREAT (Groupe de Recherche sur l’Eczéma ATopique) et de la HAS 2025. Tout traitement systémique nécessite une prescription initiale hospitalière et un suivi spécialisé.

1re ligne — Ciclosporine (≥ 16 ans)

La ciclosporine reste le traitement systémique de première intention selon la HAS pour l’adulte. Elle agit rapidement et peut être utilisée pendant la grossesse et l’allaitement.

  • Dose : 4 à 5 mg/kg/j
  • Durée idéale : moins de 12 mois (cure courte)
  • Le groupe GREAT estime qu’un accès remboursé en première ligne aux biothérapies serait souhaitable compte tenu du rapport bénéfice/risque

2e ligne — Biothérapies

⚠️ Vaccins vivants contre-indiqués pendant le traitement par biothérapies. Mettre à jour le calendrier vaccinal avant d’initier le traitement.

Biothérapie Cible Âge minimum Posologie adulte
Dupilumab (Dupixent®) Anti-IL4/IL13 ≥ 6 mois 600 mg puis 300 mg/14j SC
Tralokinumab (Adtralza®) Anti-IL13 ≥ 12 ans 600 mg puis 300 mg/14j SC
Lébrikizumab (Ebglyss®) Anti-IL13 ≥ 12 ans 500 mg S0+S2 puis 250 mg/14j SC
Némolizumab Anti-récepteur IL31 Adulte Selon AMM — aussi indiqué dans le prurigo nodulaire

💡 Effet secondaire notable du dupilumab : une « head and neck dermatitis » (dermatite atopique tête et cou) est observée chez environ 10% des patients — probablement liée à des IgE anti-Malassezia élevées. Signaler au dermatologue si elle apparaît.


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DUPILUMAB ET BIOTHERAPIES
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2e ligne — Inhibiteurs de JAK (JAKi)

⚠️ Populations à risque : selon les recommandations ANSM 2023, les JAKi doivent être utilisés avec prudence chez les patients ≥ 65 ans, fumeurs, ou présentant des facteurs de risque cardiovasculaire ou de tumeur maligne. Bilan préthérapeutique obligatoire.

JAKi Cible Âge minimum Posologie
Baricitinib Anti-JAK1/2 ≥ 2 ans (non remb. enfant) 4 mg/j ou 2 mg/j (populations à risque)
Abrocitinib Anti-JAK1 ≥ 12 ans 200 mg/j ou 100 mg/j
Upadacitinib Anti-JAK1 ≥ 12 ans 30 mg/j ou 15 mg/j

6. Situations particulières

Eczéma chronique des mains

  • Alitrétinoïne — AMM uniquement chez l’adulte pour les formes sévères prédominant sur les mains
  • Delgocitinib topique (inhibiteur pan-JAK topique) — disponible en accès direct en pharmacie hospitalière pour l’eczéma chronique des mains modéré à sévère chez l’adulte (2 applications/jour)

Femme enceinte

  • Autorisés : ciclosporine, photothérapie UVB à spectre étroit
  • À discuter au cas par cas : dupilumab (peu de données)
  • Contre-indiqués : inhibiteurs de JAK (nécessitent une contraception efficace jusqu’à 1 mois après l’arrêt)

Allègement thérapeutique en cas de rémission (recommandations 2025)

Traitement Modalité d’allègement Délai avant allègement
Ciclosporine Réduction progressive des doses Dès rémission, max 12 mois
Méthotrexate Réduction par paliers Après 6 mois de rémission
Dupilumab Espacement des injections Après 6 mois de rémission complète
Lébrikizumab / Tralokinumab Espacement à 1 injection/4 semaines Après 16 semaines de traitement efficace
JAKi Réduction à dose minimale efficace Après 6 mois de rémission

Sources

Questions fréquentes sur le traitement de l’eczéma

Les crèmes à la cortisone sont-elles dangereuses pour un enfant ?

Non, utilisées correctement, elles sont sûres et indispensables. Le risque d’effets secondaires (atrophie cutanée, vergetures) n’existe qu’en cas d’utilisation prolongée, excessive ou sur des zones inappropriées. Appliquées en cure courte (4-7 jours) sur les zones enflammées, à la concentration adaptée à l’âge, elles ne présentent pas de risque. Sous-traiter une poussée est souvent plus dommageable pour l’enfant que de traiter correctement.

Quelle est la différence entre dupilumab et les inhibiteurs de JAK ?

Le dupilumab est une biothérapie injectable (anticorps monoclonal) qui cible deux cytokines spécifiques (IL-4 et IL-13). Les inhibiteurs de JAK sont des médicaments oraux qui bloquent une voie de signalisation inflammatoire plus large. Les deux sont efficaces dans les formes sévères, mais les JAKi nécessitent plus de précautions (bilan préthérapeutique, contre-indications cardiovasculaires) et sont soumis à des restrictions chez certaines populations à risque.

Le dupilumab peut-il être utilisé chez un nourrisson ?

Oui. Depuis l’avis ANSM de 2022 et son extension d’AMM, le dupilumab (Dupixent®) est autorisé dès 6 mois pour les formes sévères de dermatite atopique nécessitant un traitement systémique. C’est la seule biothérapie disponible pour cette tranche d’âge en France.

Peut-on arrêter le dupilumab quand l’eczéma est guéri ?

L’eczéma atopique sévère est une maladie chronique — le dupilumab contrôle la maladie mais ne la guérit pas définitivement. En cas de rémission prolongée (6 mois), les recommandations 2025 suggèrent d’espacer les injections plutôt que d’arrêter brutalement. L’arrêt complet doit être discuté avec le dermatologue car les rechutes sont fréquentes.

La photothérapie peut-elle traiter l’eczéma sévère ?

Oui. La photothérapie UVB à spectre étroit est une alternative aux traitements systémiques pour les formes modérées à sévères. Elle est réalisée en séances de 2-3 fois par semaine en milieu hospitalier ou dermatologique. Elle est autorisée pendant la grossesse. Son efficacité est bien établie mais elle est moins pratique que les traitements injectables ou oraux.


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Allergies dans l’eczema de l’enfant

Allergies dans l’eczema atopique

Quand faire des tests allergologiques (tests à la recherche d’une allergie) dans l’eczema de l’enfant et du nourrisson ?


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A/ Quand est-il utile de réaliser des tests allergologiques dans l’eczema de l’enfant et du bébé ?

Trois cas de figures indiquent de réaliser des tests à la recherche d’une allergie dans l’eczema de l’enfant :

– En cas de résistance de l’eczema de l’enfant à un traitement bien conduit, ou de récidives rapprochées.

– en cas de retard de croissance et de cassure des courbes staturo-pondérales

– en cas de manifestations autres que l’eczema de l’enfant : déclenchement de rougeurs autour de la bouche lors de l’ingestion de certains aliments (syndrome oral), d’urticaire ou d’angio oedeme, d’asthme, de rhino conjonctivite…

B/ Quels tests allergologiques peuvent être proposés dans l’eczema de l’enfant et du bébé ?

Les recherches d’allergie dans l’eczema de l’enfant et du bébé sont prescrites par le médecin qui s’orientera en fonction des doutes cliniques d’allergie. Il peut proposer de doser dans le sang :

  • Les IgE Totales (Anticorps responsables de l’allergie) et spécifiques

  • des tests aux pneumallergènes (allergies « respiratoires ») et trophallergènes (allergies « alimentaires »)

  • des tests cutanés

  • voire un test de provocation orale, en milieu hospitalier


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Dartre (pityriasis alba) : taches blanches des joues et des bras — causes, traitement et prévention

Votre enfant présente des taches blanchâtres sur les joues, parfois un peu rugueuses, qui réapparaissent chaque été ? Ou vous découvrez sur vos propres bras ces plaques claires aux bords flous qui tranchent franchement avec le reste du bronzage ? Il s’agit très probablement de dartres — le terme populaire pour désigner ce que les dermatologues appellent pityriasis alba ou eczématides achromiantes. C’est une affection bénigne, fréquente, bien identifiée, mais souvent source d’inquiétude parce qu’elle ressemble à première vue au vitiligo. Cet article vous explique ce qu’elle est réellement, pourquoi elle survient, et ce que l’on peut faire pour en atténuer les manifestations.

Dartres joue
Dartre

Taches blanches sur le visage de votre enfant ?
Le diagnostic différentiel entre dartres, vitiligo et pityriasis versicolor est parfois difficile à établir seul. Une téléconsultation avec le Dr Rousseau permet d’obtenir un avis médical rapide sans attendre plusieurs mois. Consulter le Dr Rousseau en visio →

Dartres
Dartres

1. Qu’est-ce qu’une dartre ? Pityriasis alba : définition et épidémiologie

Le terme dartre est un mot populaire ancien, emprunté au vocabulaire courant pour désigner des taches cutanées claires et desquamantes. En médecine, on lui préfère le terme de pityriasis alba (du latin pityriasis = desquamation farineuse, et alba = blanche) ou d’eczématides achromiantes — une appellation qui souligne la nature inflammatoire discrète de la lésion et son caractère hypopigmenté.

Le pityriasis alba est une affection fréquente, bénigne et spontanément résolutive. Il touche essentiellement :

  • Les enfants entre 3 et 16 ans, avec un pic entre 6 et 12 ans
  • De façon préférentielle les phototypes foncés (peaux mates, noires, méditerranéennes) — non pas parce que la maladie est plus fréquente, mais parce que le contraste de pigmentation la rend bien plus visible
  • Les deux sexes de façon équivalente, avec une légère prédominance masculine selon certaines études
  • L’adulte jeune, dans une proportion plus faible

Données épidémiologiques
Le pityriasis alba concernerait entre 1,9 % et 5 % des enfants dans les populations étudiées, avec une prévalence plus élevée dans les zones à fort ensoleillement et chez les enfants atopiques. Des études récentes ont mis en évidence des corrélations directes entre l’incidence du pityriasis alba et le terrain atopique, l’exposition solaire, l’absence de protection solaire et la fréquence des bains — des facteurs qui, tous ensemble, contribuent à assécher et fragiliser la couche cornée. Source : Jadotte et Janniger, Cutis 2011, PMID 21416771.

2. Symptômes : comment évolue une dartre en deux phases

La dartre évolue classiquement en deux phases successives, que l’on retrouve souvent coexistantes chez un même enfant — à des stades différents selon les lésions.

Phase 1 : la tache rosée (phase érythémateuse)

Au début, la lésion est une petite plaque rosée ou légèrement rouge, de contours mal définis, de taille variable (en général 0,5 à 2 cm de diamètre). Sa surface est finement squameuse — légèrement rugueuse au toucher, comme une peau qui se dessèche localement. Elle peut parfois démanger modérément. Cette phase passe souvent inaperçue.

Phase 2 : la tache blanche (phase hypopigmentée)

Après quelques semaines à quelques mois, la lésion se dépigmente : elle devient blanche ou nettement plus claire que la peau environnante, avec des bords flous. La surface est lisse ou finement squameuse. C’est à ce stade que les parents et les patients consultent, car la tache devient très visible — surtout en été ou sur les peaux foncées, où le contraste avec la peau bronzée voisine est frappant.

Dartres joue
Dartre — tache blanche sur la joue d’un enfant

Localisation et évolution

Chez l’enfant, les dartres prédominent sur les joues et le pourtour de la bouche. Chez l’adolescent et l’adulte, elles apparaissent plus volontiers sur les racines des bras, les épaules, le haut des cuisses. Les lésions sont multiples, asymétriques, et l’on observe souvent une coexistence des deux phases sur des zones différentes chez le même enfant.

L’évolution naturelle est spontanément favorable : la grande majorité des cas se résolvent en quelques mois à quelques années, le plus souvent avant ou à la puberté. La repigmentation normale de la peau est le mode d’évolution habituel, même sans traitement, mais elle peut prendre du temps — plusieurs mois dans les cas habituels, parfois plus d’un an.

Dartres
Dartres : taches blanches sur le visage d’un enfant
Dartres de joues
Dartres bilatérales des joues chez un enfant

3. Causes et facteurs de risque : peau sèche, atopie, soleil

Le pityriasis alba reste une affection dont la physiopathologie n’est pas encore totalement élucidée. Plusieurs mécanismes sont impliqués de façon intriquée :

Le mécanisme central : une hypopigmentation post-inflammatoire discrète

La dartre résulte d’une inflammation cutanée légère, qui perturbe transitoirement la fonction des mélanocytes — les cellules productrices de pigment. Ceux-ci, fragilisés, produisent moins de mélanine dans les zones touchées. La desquamation de la couche superficielle de l’épiderme aggrave l’aspect, car c’est dans cette couche que réside une grande partie du bronzage : en la perdant, la zone perd localement sa pigmentation, d’où l’aspect de tache blanche.

Facteurs favorisants identifiés

Facteur Mécanisme Niveau de preuve
Terrain atopique (eczéma, asthme, rhinite allergique) Barrière cutanée fragilisée, inflammation chronique de bas grade, xérose Fort — association bien établie
Peau sèche (xérose) Altération de la fonction barrière → inflammation → hypopigmentation Fort
Exposition solaire excessive sans protection Agression UV → desquamation accélérée → accentuation du contraste avec peau bronzée Fort
Bains fréquents et longs (piscine, mer) Détergents, chlore, eau salée → asséchement de la couche cornée Modéré
Phototype foncé (III à VI de Fitzpatrick) Contraste plus visible entre zones hypo- et normopigmentées Fort (visibilité, pas fréquence)
Carence en émollients Couche cornée déshydratée, renouvellement cutané accéléré Modéré

Il faut insister sur un point souvent mal compris : le pityriasis alba n’est pas une maladie infectieuse, pas un champignon, pas une allergie alimentaire, et pas contagieux. Il n’est pas non plus causé par un manque d’hygiène. Ce n’est pas du vitiligo — le mécanisme est totalement différent. Les enfants non atopiques peuvent également en présenter, ce qui souligne que le terrain sec suffit.

4. Diagnostic différentiel : ne pas confondre dartres, vitiligo et pityriasis versicolor

C’est souvent la question qui provoque le plus d’angoisse : « Est-ce du vitiligo ? » La réponse est dans la quasi-totalité des cas non — mais le diagnostic différentiel mérite d’être posé clairement.

Critère Dartre (pityriasis alba) Vitiligo Pityriasis versicolor
Âge typique 3–16 ans Tout âge, souvent adulte Adolescent, adulte
Couleur de la tache Blanc-grisâtre, flou, incomplet Blanc pur, nacré, total Blanc ou beige, après été
Bords Flous, mal définis Nets, bien délimités Flous, polycycliques
Surface Finement squameuse, rugueuse Lisse, luisante Squames fines (farineuse au grattage)
Localisation typique Joues, bras, épaules Genoux, poignets, tour des yeux, mains Tronc, épaules, nuque
Lampe de Wood Discret renforcement Blanc brillant, fluorescent Fluorescence jaune-dorée
Évolution Régression spontanée Extension progressive (sans traitement) Traitable, récidives fréquentes
Prurit Possible en phase érythémateuse Absent (sauf si dermite associée) Léger, variable

Quand consulter en urgence relative ?
Si les taches sont d’un blanc pur et nacré, parfaitement lisses, aux bords nets et géométriques, s’étendent progressivement ou apparaissent en symétrie sur les deux mains, les genoux ou autour des yeux — consultez un dermatologue sans attendre. Ces signes sont plus évocateurs d’un vitiligo que de simples dartres. La page sur le vitiligo et la page sur les taches blanches vous aideront à orienter votre réflexion.

Le pityriasis versicolor est un champignon (Malassezia) qui donne des taches blanches squameuses, souvent dans le dos et sur le tronc, après l’été. Le diagnostic se confirme à la lampe de Wood (fluorescence jaune-dorée) ou au grattage (squames farineuses). Voir notre article dédié : pityriasis versicolor.

5. Traitements : de l’émollient au tacrolimus

Il n’existe pas de traitement médicamenteux qui fasse disparaître instantanément les dartres. L’approche est progressive et combinée, avec pour objectif de calmer l’inflammation discrète, de restaurer la barrière cutanée, et de faciliter la repigmentation naturelle.

Les émollients : traitement de base incontournable

L’application quotidienne d’une crème hydratante grasse (émollient) est le geste le plus important. Les émollients doux — vaseline, crèmes à base de céramides, beurres végétaux — peuvent efficacement réduire la desquamation et contribuent à restaurer la barrière cutanée. Ils s’appliquent matin et soir sur toutes les zones sèches, pas seulement sur les dartres visibles. Les crèmes recommandées pour peaux atopiques (Dexeryl, Atoderm, Lipikar) sont parfaitement adaptées.

Les dermocorticoïdes de faible puissance : en phase inflammatoire

Lorsque la dartre est encore dans sa phase rose et prurigineuse (phase érythémateuse), un dermocorticoïde de faible puissance — typiquement l’hydrocortisone 1 % ou la désonide — peut être appliqué sur les lésions actives pendant 1 à 2 semaines. Il réduit l’inflammation et accélère la transition vers la guérison. Il ne faut pas l’utiliser sur les taches déjà blanches, car les dermocorticoïdes ne font pas repigmenter.

Attention à l’usage prolongé des dermocorticoïdes
Les émollients et les stéroïdes topiques de faible puissance sont le pilier du traitement, mais comportent un risque potentiel d’atrophie cutanée et d’hypopigmentation en cas d’usage prolongé. Ils doivent donc être utilisés sur courte durée (10 à 15 jours maximum), et ne jamais être appliqués sur les taches blanches déjà établies ni en traitement de fond au long cours. La prescription doit être médicale.

Les inhibiteurs de la calcineurine (tacrolimus, pimécrolimus) : l’alternative moderne

Pour les cas persistants ou récidivants, surtout sur le visage — où les dermocorticoïdes posent problème à long terme — les inhibiteurs topiques de la calcineurine représentent une alternative de choix validée par la recherche clinique.

Dans un essai randomisé et contrôlé, le tacrolimus 0,1 % en pommade, appliqué deux fois par jour pendant 9 semaines, a montré une amélioration statistiquement significative de l’hypopigmentation, du prurit et de la desquamation. La repigmentation complète était obtenue à 9 semaines chez tous les patients du groupe tacrolimus, contre seulement 50 % du groupe émollient seul. La tolérance était bonne, avec seulement 11,5 % de sensations de brûlures transitoires mineures.

Une étude prospective sur 80 patients comparant calcipotriol, tacrolimus 0,03 %, dermocorticoïde (clobétasone 0,05 %) et placebo a confirmé que les trois traitements actifs étaient supérieurs au placebo, avec une amélioration de la desquamation et de l’érythème dès la 3e semaine et de l’hypopigmentation à la 8e semaine. Le tacrolimus 0,03 % présentait une légère supériorité sur la repigmentation, mais c’est le dermocorticoïde qui obtenait le meilleur taux de satisfaction patient.

Le pimécrolimus 1 % crème (Elidel), pharmacologiquement proche, a également démontré son efficacité dans le pityriasis alba dans plusieurs études ouvertes. Ces traitements ont l’avantage de ne pas induire d’atrophie cutanée — ce qui les rend particulièrement adaptés au visage de l’enfant.

Traitements des formes étendues

Pour les formes extensives ou réfractaires, les traitements de recours incluent la photothérapie PUVA (psoralènes + UVA) et la photothérapie ciblée au laser excimer 308 nm, qui peuvent faciliter la repigmentation. Ces options restent exceptionnelles pour une affection bénigne et sont réservées aux cas les plus invalidants sur le plan esthétique.

Traitement Indication Efficacité Durée / Précautions
Émollient quotidien Tous les cas, traitement de base Bonne sur la desquamation Au long cours, 2 fois/jour
Dermocorticoïde faible puissance (hydrocortisone 1 %) Phase érythémateuse, prurit Bonne sur l’inflammation 10–15 jours max, sur avis médical
Tacrolimus 0,03–0,1 % (Protopic®) Formes persistantes, visage Très bonne sur la repigmentation 9 semaines, sur prescription
Pimécrolimus 1 % (Elidel®) Visage, alternative tacrolimus Bonne Sur prescription
Calcitriol 0,0003 % Alternative inhibiteurs calcineurine Comparable au tacrolimus Sur prescription, moins disponible
PUVA / Laser excimer 308 nm Formes extensives ou réfractaires Bonne sur la repigmentation En centre spécialisé, exceptionnellement

Sources : Rigopoulos et al., Br J Dermatol 2006 (PMID 16792767) ; Abdel-Wahab et al., J Dermatolog Treat 2022 (PMID 34289784) ; Revue StatPearls 2024 (PMID 26477326).

Les dartres ne disparaissent pas avec la crème solaire seule
La tache blanche déjà formée ne disparaîtra pas avec la protection solaire. La photoprotection empêche le contraste de s’aggraver, mais pour faire repigmenter la zone, il faut favoriser un bronzage progressif et doux une fois l’inflammation traitée — tout en évitant les expositions brutales qui aggravent la desquamation. Un avis médical permet d’adapter le traitement à chaque situation. Prendre rendez-vous avec le Dr Rousseau →

6. Prévention : comment éviter les dartres en été

La prévention est la meilleure approche, en particulier chez les enfants à peau sèche ou atopiques qui récidivent chaque été. Elle repose sur deux axes complémentaires :

Protéger la peau du soleil

  • Éviter l’exposition solaire aux heures les plus intenses (11 h–16 h)
  • Appliquer une crème solaire SPF 50+ sur toutes les zones exposées, matin et après chaque baignade — y compris sur les zones de dartres habituelles (joues, épaules, bras)
  • Porter des vêtements couvrants et un chapeau à la plage
  • Ne pas oublier de protéger les zones à risque même les jours nuageux

Prendre soin de la barrière cutanée

  • Appliquer des émollients quotidiennement dès le printemps, avant l’apparition des dartres — c’est là que réside le geste le plus efficace
  • Rincer la peau à l’eau fraîche après les baignades (mer, piscine) pour éliminer le sel et le chlore
  • Utiliser un savon surgras ou un pain sans savon pour la toilette quotidienne, plutôt que des produits desséchants
  • Privilégier des bains/douches à température modérée et pas trop longs

Ces gestes simples peuvent considérablement réduire la fréquence et l’intensité des récidives. Voir notre article sur la protection solaire pour les recommandations complètes en matière de photoprotection.

Pour aller plus loin

Un doute entre dartres et vitiligo ?
Ne laissez pas l’inquiétude s’installer. Un seul regard clinique d’un dermatologue suffit généralement à trancher le diagnostic. Le Dr Rousseau propose des téléconsultations rapides, disponibles le plus souvent dès le lendemain — largement plus vite qu’un rendez-vous en cabinet. Prendre rendez-vous →

FAQ — Questions fréquentes sur les dartres

Est-ce que les dartres sont contagieuses ?

Non, absolument pas. Le pityriasis alba n’est ni infectieux ni contagieux. Ce n’est pas un champignon, pas une bactérie, pas un virus. C’est une perturbation transitoire de la pigmentation cutanée liée à une peau sèche et à une légère inflammation locale. Votre enfant peut aller à la piscine, partager sa serviette, se faire embrasser — sans aucun risque de transmission.

Comment différencier une dartre du vitiligo chez mon enfant ?

Les dartres sont des taches aux bords flous, de couleur blanc-grisâtre (jamais d’un blanc nacré pur), légèrement rugueuses, localisées sur les joues et les bras, qui disparaissent spontanément et surviennent chez un enfant en bonne santé. Le vitiligo donne des taches d’un blanc pur et brillant, aux bords nets et géométriques, souvent symétriques, qui s’étendent progressivement. En cas de doute, la lampe de Wood en consultation dermatologique permet de trancher facilement.

Les dartres disparaissent-elles d’elles-mêmes ?

Oui. Le pityriasis alba est spontanément résolutif dans la grande majorité des cas, en quelques mois à quelques années. La repigmentation naturelle se fait progressivement. Les traitements (émollients, dermocorticoïdes courts, tacrolimus) permettent d’accélérer ce processus et de réduire les récidives, mais ne sont pas indispensables si les lésions sont peu gênantes et que le diagnostic est certain.

Peut-on exposer un enfant qui a des dartres au soleil ?

Avec précautions, oui. Le soleil ne fait pas disparaître les dartres — il peut même aggraver le contraste en bronzant la peau saine autour des taches blanches, les rendant plus visibles. En revanche, un bronzage très progressif et bien protégé peut à terme aider à uniformiser la pigmentation. La règle est simple : crème SPF 50+ appliquée partout (y compris sur les zones touchées), éviter les heures de pleine intensité, rincer après chaque baignade et hydrater systématiquement.

Faut-il arrêter la piscine et la mer pendant les dartres ?

Non, il n’y a aucune contre-indication. La piscine et la mer n’aggravent pas les dartres en tant que telles. Ce qui les entretient, c’est le dessèchement de la peau — donc il suffit de rincer soigneusement à l’eau claire après chaque baignade, de bien sécher la peau, d’appliquer un émollient et de protéger du soleil avant de ressortir. Ces gestes simples suffisent dans la grande majorité des cas.

Voir aussi :
Taches blanches : toutes les causes
Vitiligo
Pityriasis versicolor
Eczéma atopique de l’enfant
Protection solaire
À propos du Dr Rousseau

Mis à jour le 25 mars 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

MOLLUSCUM CONTAGIOSUM, soigner les petits boutons de molluscum de l’enfant

Molluscum contagiosum : causes, symptômes et traitements


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– Les routines quotidiennes
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– Les causes
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Le molluscum contagiosum est une infection virale bénigne de la peau due au Molluscum Contagiosum Virus (MCV), un poxvirus à ADN double brin.
Très fréquente chez l’enfant entre 2 et 10 ans, elle se manifeste par de petites tuméfactions rondes, nacrées et ombiliquées, apparaissant en nombre variable sur le tronc, les membres et les plis cutanés.
La transmission se fait par contact cutané direct entre enfants, par manuportage (grattage puis contact avec la peau saine) ou par objets partagés (serviettes, vêtements).
Dans la grande majorité des cas, l’évolution est spontanément favorable en quelques mois à deux ans, sans traitement. Cependant, la tendance à l’extension par auto-inoculation et le retentissement psychologique sur l’enfant et les parents justifient souvent une prise en charge active.
Chez l’adulte, le molluscum contagiosum de localisation génitale est une infection sexuellement transmissible (IST) pouvant révéler une immunodépression sous-jacente.

Molluscum contagiosum du pli axillaire chez un bébé
Molluscum contagiosum du pli axillaire chez un bébé

Besoin de l’avis d’un spécialiste ? Délais de rendez-vous trop longs ? Vous pouvez effectuer une téléconsultation avec le dermatologue.

Causes : pourquoi mon enfant a-t-il des molluscums ?

Le MCV appartient à la famille des Poxviridae et comporte quatre génotypes (MCV-1 à MCV-4) :
– le MCV-1 est responsable de la quasi-totalité des cas chez l’enfant,
– le MCV-2 est plus fréquent chez l’adulte, notamment dans les formes de transmission sexuelle.

Le virus se transmet par :
contact cutané direct entre enfants lors du jeu, des bains partagés,
objets intermédiaires : serviettes de bain, vêtements, jouets,
auto-inoculation : l’enfant se gratte les lésions puis touche une zone de peau saine,
– la fréquentation des piscines est suspectée comme facteur favorisant, mais non formellement prouvé.

Le délai d’incubation est de 10 à 50 jours après le contact contaminant.
L’âge le plus propice à la contamination se situe entre 2 et 4 ans.
Les climats chauds et humides favorisent la transmission, probablement en raison d’une peau moins couverte et d’une fragilité cutanée accrue.

Facteur de risque majeur : la dermatite atopique (eczéma).
Les enfants atteints d’eczéma atopique présentent une peau sèche et une barrière cutanée altérée, les rendant beaucoup plus vulnérables à la pénétration du MCV. Les molluscums sont souvent plus nombreux et plus étendus chez ces enfants.

Molluscums contagiosums sur une plaque d'eczéma atopique du coude
Molluscums sur une plaque d’eczéma atopique du coude

Symptômes : à quoi ressemble un molluscum contagiosum ?

Les lésions apparaissent préférentiellement sur les convexités du tronc, les fesses, les zones génitales, la racine des membres, les plis des coudes et des genoux et parfois le visage.

Chaque molluscum se présente comme une petite tuméfaction ferme de 1 à 5 mm de diamètre, de couleur chair, rosée ou blanc nacré, avec une dépression centrale caractéristique en ombilic (petit « trou » sur le dessus).
En pressant doucement la lésion, il s’en échappe un contenu blanc nacré caséeux correspondant aux cellules épidermiques infectées par le virus.

Molluscum contagiosum : petites tuméfactions ombiliquées
Mollusca contagiosa : petites tuméfactions ombiliquées caractéristiques
Molluscum isolé de la joue chez un enfant
Molluscum isolé de la joue chez un enfant

Évolution naturelle :
La guérison spontanée est la règle, le plus souvent après une phase inflammatoire locale (rougeur autour du molluscum) qui signe le début de l’élimination immune du virus. Cette phase peut précéder la guérison de plusieurs semaines.
On observe souvent simultanément chez le même enfant des zones rouges séquellaires de molluscums en voie de guérison et de nouvelles lésions par auto-inoculation, parfois plusieurs dizaines.
La durée totale d’évolution sans traitement est généralement de 6 mois à 2 ans.

Signes d’alerte à surveiller :
– lésions devenant rouges, douloureuses et chaudes : surinfection bactérienne secondaire,
– extension rapide et massive chez un enfant habituellement en bonne santé : évoquer une dermatite atopique sous-jacente ou un déficit immunitaire,
– lésions très nombreuses et atypiques : immunodépression à rechercher.

Molluscum contagiosum chez l’adulte

Chez l’adulte, le molluscum contagiosum présente des caractéristiques et une signification différentes de celles de l’enfant.

Transmission sexuelle :
La localisation génitale, pubienne ou péri-anale chez l’adulte est considérée comme une IST (infection sexuellement transmissible). Un bilan complet d’IST est recommandé : sérologies VIH, syphilis, chlamydia, gonococcie.

Transmission non sexuelle chez l’adulte :
– rasage (prêt de rasoir entre adultes),
– épilation à la cire en institut (partage d’instruments),
tatouage.

Molluscum et VIH :
La présence de molluscums contagiosa profus, étendus ou atypiques chez un adulte peut être le signe révélateur d’une infection à VIH ou d’une autre immunodépression (chimiothérapie, corticothérapie prolongée, hémopathie). Le médecin peut demander une sérologie VIH devant des molluscums extensifs inexpliqués chez l’adulte immunocompétent a priori.

Traitement du molluscum contagiosum

Mesures préventives : limiter la contagion et l’auto-inoculation

Ne pas gratter les lésions : l’auto-inoculation par grattage est la principale cause de multiplication des molluscums,
– éviter le partage de serviettes de bain, vêtements et objets de toilette,
– éviter les bains en commun avec les frères, sœurs ou amis tant que les lésions sont présentes,
– couvrir les lésions accessibles avec un pansement si l’enfant fréquente une piscine,
– en cas de dermatite atopique associée : traiter l’eczéma activement pour restaurer la barrière cutanée et limiter l’extension des molluscums.

Abstention thérapeutique : une option légitime

En cas de molluscums peu nombreux, non évolutifs et bien tolérés, une surveillance sans traitement est possible en attendant la guérison spontanée.
Cette option est souvent préférable chez le très jeune enfant pour qui les traitements destructeurs sont douloureux et traumatisants.
Elle doit être discutée avec les parents en leur expliquant la durée d’évolution naturelle prévisible.

Traitements destructeurs locaux

Hydroxyde de potassium (KOH) — traitement à domicile :
Solution kératolytique (Poxkare®, Molutrex®, Molusderm®) appliquée par les parents sur chaque molluscum jusqu’à obtention d’une rougeur locale signant la destruction de la lésion.
Disponible sur ordonnance. Traitement de première intention dans de nombreux cas car applicable à domicile sans douleur initiale.
Nécessite une application régulière et rigoureuse sur chaque lésion individuellement, en évitant la peau saine environnante.

Curetage :
Le dermatologue retire chaque molluscum à la curette après application préalable d’une crème anesthésiante (EMLA® à poser 60 à 90 minutes avant la consultation).
Technique efficace en une seule séance, mais le saignement punctiforme sur chaque lésion peut être impressionnant pour l’enfant et les parents.
En cas de molluscums très nombreux chez un jeune enfant, une anesthésie générale courte peut être discutée.

Vidange du contenu (expression) :
Après application de crème anesthésiante, le dermatologue incise et vide le noyau nacré de chaque molluscum manuellement ou à la pince. Technique simple et efficace pour les lésions isolées.

Cryothérapie à l’azote liquide :
Congélation de chaque molluscum provoquant la destruction cellulaire par formation de cristaux de glace.
Technique rapide mais douloureuse (la crème anesthésiante ne protège que partiellement du froid).
Risque de séquelles pigmentaires : taches blanches (hypopigmentation) ou taches brunes (hyperpigmentation post-inflammatoire), à prendre en compte notamment sur les peaux foncées.

Traitements laser

Laser CO2 :
Détruit les lésions par vaporisation. Efficace mais risque de cicatrices, réservé aux formes résistantes ou nombreuses.

Laser à colorant pulsé (PDL) :
Coagule les vaisseaux nourriciers du molluscum, entraînant sa nécrose progressive. Technique bien tolérée, efficace, mais coûteuse car non remboursée. Laisse une ecchymose locale transitoire.

Traitements émergents

Imiquimod (Aldara® 5 %) :
Immunomodulateur topique stimulant l’immunité innée. Utilisé hors AMM dans les molluscums résistants, notamment chez l’adulte immunodéprimé ou en cas de molluscums génitaux étendus. Résultats variables.

Acide trichloracétique (ATA) :
Application chimique destructrice utilisée par le dermatologue dans les formes résistantes, en alternative à la cryothérapie.

Questions fréquentes des parents

Mon enfant peut-il aller à l’école ou à la piscine avec des molluscums ?

L’éviction scolaire n’est pas recommandée : le molluscum contagiosum ne justifie pas d’arrêt de scolarité.
Pour la piscine, il est conseillé de couvrir les lésions accessibles avec un pansement imperméable et d’éviter le partage de matériel de bain. L’éviction de la piscine n’est pas obligatoire mais peut être proposée en cas de lésions très nombreuses ou évolutives.

Combien de temps durent les molluscums sans traitement ?

La guérison spontanée survient en général entre 6 mois et 2 ans. Certaines formes extensives chez l’enfant atopique peuvent persister plus longtemps.

Les molluscums laissent-ils des cicatrices ?

La guérison spontanée est généralement sans cicatrice. Les traitements destructeurs (cryothérapie, laser CO2, curetage) peuvent laisser de petites cicatrices ou des modifications pigmentaires transitoires, surtout sur les peaux foncées.

Mon enfant a des molluscums et de l’eczéma : que faire ?

Traiter activement l’eczéma atopique en priorité pour restaurer la barrière cutanée : cela limite significativement l’extension des molluscums. Les dermocorticoïdes appliqués sur les plaques d’eczéma n’aggravent pas les molluscums eux-mêmes.

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En savoir plus sur la dermatite atopique de l’enfant,
les verrues et leur traitement
et les traitements laser en dermatologie.

Faire une recherche scientifique sur cette pathologie sur PubMed.


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KERATOSE PILAIRE : la keratose pilaire, des petits boutons sur les bras

Kératose pilaire : petits boutons sur les bras et les cuisses — causes et traitement

La kératose pilaire touche 40 % de la population — dont 70 % des adolescents. Ces petites élevures rugueuses, couleur chair ou grisâtres, donnant un aspect « peau de poule » sur les bras et les cuisses, sont bénignes et s’améliorent souvent spontanément à l’âge adulte. Elles sont néanmoins gênantes sur le plan esthétique et des traitements permettent de les atténuer.

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Sommaire :
Symptômes |
Causes |
Formes cliniques |
Diagnostics différentiels |
Traitement |
Questions fréquentes

Symptômes

Kératose pilaire — petits boutons rugueux sur les bras

La kératose pilaire est due à un épaississement de la couche cornée au niveau de l’orifice des follicules pileux — de petits bouchons de kératine se forment à l’abouchement des poils, provoquant des papules adhérentes qui donnent à la peau son aspect râpeux caractéristique.

Localisation : faces postérieures des bras (zone la plus fréquente), cuisses, et parfois joues chez les enfants.

Évolution temporelle : apparition dans l’enfance (avant 10 ans dans 50 % des cas, entre 11 et 20 ans dans 35 %), aggravation à l’adolescence, amélioration fréquente après 20–25 ans. Amélioration estivale dans environ 50 % des cas — l’exposition solaire modérée et l’humidité améliorent la texture cutanée.

Complications locales : la manipulation des boutons (grattage, pression) provoque des rougeurs, des croûtes, voire des folliculites et des taches pigmentaires séquellaires persistantes — à éviter absolument.

Causes

La kératose pilaire est une maladie génétique de transmission autosomique dominante à pénétrance variable : porter le gène implique de l’exprimer, mais l’intensité des lésions varie d’un porteur à l’autre.

Elle est plus fréquente chez la femme et fréquemment associée à l’atopie (terrain allergique, eczéma atopique) et à l’ichtyose vulgaire. Les patients atopiques présentent souvent simultanément kératose pilaire et dartres.

Formes cliniques

Forme Aspect Évolution possible
Forme blanche Papules grisâtres sans rougeur, peau sèche et rugueuse Amélioration progressive à l’âge adulte
Forme rouge (rubra) Papules rouges, inflammatoires, surtout sur les joues Risque d’atrophodermie vermiculée (aspect de pores dilatés sur le visage) — traitement précoce recommandé

Diagnostics différentiels

Plusieurs affections peuvent mimer la kératose pilaire — un avis dermatologique s’impose en cas de doute :

Lichen plan pilairepsoriasis folliculaire — eczéma folliculaire — mucinose folliculaire — carence en vitamines A ou C — syphilis secondaire spinulosique — lichen nitidus.

Traitement : se débarrasser de la kératose pilaire

L’objectif est d’éliminer en douceur les bouchons cornés et d’éviter leur reformation. Aucun traitement n’est curatif — mais une routine adaptée permet une amélioration significative et durable.

Règles d’hygiène — base du traitement

Règle Pourquoi
Pas plus d’1 lavage par jour sur les zones atteintes Les lavages fréquents assèchent la peau et aggravent les bouchons
Eau tiède plutôt que chaude L’eau chaude altère le film hydrolipidique cutané
Savon surgras, syndet ou aucun savon sur la zone Les savons classiques sont trop décapants
Appliquer la crème sur peau encore humide Optimise la pénétration des actifs hydratants
Ne pas gratter ni manipuler les boutons Risque de folliculite et de taches pigmentaires séquellaires

Émollients et hydratants

Application quotidienne d’une crème à base de paraffine, glycérol ou glycérine sur les zones atteintes — à masser doucement avec une éponge de bain. L’hydratation seule améliore l’aspect dans les formes légères.

Kératolytiques — traitement de fond

Produits exfoliants qui dissolvent les bouchons cornés : urée 5 à 20 %, acide salicylique 2 %, alpha-hydroxyacides (AHA). Exemples : Kératosane®, Xérial®, Propy-Lacticare®, Akérat crème®. Application 1 à 2 fois par jour sur les zones atteintes, en cure prolongée.

Trétinoïne (vitamine A acide)

Prescrite par le médecin en cure courte, hors AMM pour cette indication. Accélère le renouvellement épidermique et réduit les bouchons folliculaires. Peut irriter — introduire progressivement. Voir trétinoïne.

Dermocorticoïdes

Dermocorticoïdes en cure courte uniquement pour réduire l’inflammation dans les formes rouges actives — pas en traitement de fond, pas en présence d’infection folliculaire.

Questions fréquentes

La kératose pilaire disparaît-elle avec l’âge ?

Souvent, oui. Une amélioration spontanée est fréquente après l’adolescence — la plupart des adultes voient leurs lésions s’atténuer significativement après 25 ans. Certaines formes persistent cependant à l’âge adulte, notamment chez les femmes et les personnes atopiques. L’évolution reste imprévisible individuellement.

Peut-on confondre une kératose pilaire avec de l’acné ?

La confusion est fréquente, surtout sur les bras. Les boutons de kératose pilaire ne contiennent pas de sébum — ils ne forment pas de points noirs ni de points blancs (comédons). Ils sont kératosiques (bouchon de corne dur) et non inflammatoires à l’état basal. L’acné prédomine sur les zones séborrhéiques (visage, dos, poitrine), pas sur les faces postérieures des bras.

Pourquoi la kératose pilaire s’améliore-t-elle l’été ?

Dans environ 50 % des cas. L’exposition solaire modérée a un léger effet kératolytique naturel, et l’humidité ambiante améliore l’hydratation cutanée. Ce n’est pas une raison de s’exposer sans protection solaire — une surexposition aggraverait l’inflammation dans les formes rouges.

La kératose pilaire est-elle contagieuse ou dangereuse ?

Non à aucun des deux. C’est une anomalie génétique du renouvellement cutané — non infectieuse, non transmissible par contact, et sans risque de transformation. Le seul risque réel est la surinfection folliculaire par grattage répété.

Voir aussi :
Atopie et peau sèche |
Dartres |
Lichen plan pilaire |
Études PubMed sur la kératose pilaire


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EFFACER LES TACHES DE ROUSSEUR : enlever les taches de rousseur

Effacer les taches de rousseur : traitements et conseils du dermatologue

taches de rousseur
Taches de rousseur — image générée par IA

Pour estomper ou effacer les taches de rousseur, le dermatologue propose généralement trois axes : éviter le soleil, utiliser des crèmes dépigmentantes ou hypopigmentantes, ou recourir à des moyens de destruction physique (cryothérapie, laser, peeling, lumière pulsée). Le choix dépend du nombre de taches, de leur surface et du phototype du patient.

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Sommaire :
Diagnostic — éphélides |
1 — Éviter le soleil |
2 — Crèmes dépigmentantes |
Méquinol |
Trétinoïne |
Hydroquinone |
3 — Traitements physiques |
Pages associées |
Questions fréquentes

Diagnostic — qu’est-ce qu’une éphélide ?

Taches de rousseur
Caractéristique Détail
Nom médical Éphélides
Aspect Petites (quelques mm), brun clair à ocre — zones exposées au soleil : visage, dos des mains, décolleté, haut du dos
Évolution Apparaissent dans l’enfance — permanentes — nombre croissant avec l’âge — coloration s’accentue après exposition solaire
Mécanisme Hypermélaninose épidermique — mélanosomes arrondis à contenu granuleux
Population Prédominance chez les roux et blonds à phototype clair — possible chez les bruns — photosensibilité souvent associée
Génétique Transmission autosomique dominante — si un parent en a, l’enfant en a s’il hérite du gène
⚠️ Les taches de rousseur sont génétiquement déterminées — elles auront tendance à revenir dès les expositions solaires. Chercher à les supprimer définitivement est illusoire et expose au risque de cicatrices. Les traitements permettent de les estomper, pas de les éliminer définitivement.

1 — Éviter le soleil : priorité absolue

L’exposition solaire aggrave toutes les pigmentations et peut accélérer la récidive des taches de rousseur traitées. La protection solaire est indispensable pendant le traitement et après.

→ Voir comment se protéger du soleil

Tous les traitements exfoliants et dépigmentants se déroulent de préférence en hiver, à distance du soleil.

2 — Crèmes contre les taches de rousseur

Deux familles selon le mécanisme :

Type Mécanisme Risque
Dépigmentantes Estompent la pigmentation existante Risque d’éclaircissement des zones saines si application trop large — ne pas dépasser les taches
Hypopigmentantes Diminuent la formation de mélanine Moindre risque de dépigmentation des zones saines

2.1 — Méquinol

Monométhyléther d’hydroquinone (ester de l’hydroquinone). Agit par deux mécanismes : oxydation en radicaux libres toxiques pour les mélanocytes + inhibition de la tyrosinase.

Point Détail
Contre-indications Enfant < 12 ans — grossesse — allaitement
Effets secondaires Irritation — allergie de peau — pigmentations paradoxales — dépigmentations en confettis
Modalités d’application 2×/jour en début sur zones plus foncées uniquement — réduction progressive (soir seul à l’amélioration) — 1×/semaine en entretien
Durée maximale 4 mois — ne pas traiter plus de 10 % de la surface corporelle
Spécialités Leucodinine B® 10% — Any® 8% — Crème des trois fleurs d’Orient® 5 et 10% — Clairodermyl® 5 et 10%

2.2 — Trétinoïne

La trétinoïne (vitamine A acide) inhibe la mélanogenèse, est kératolytique et anti-acnéique. Son usage dans les taches de pigmentation est hors AMM.

Point Détail
Contre-indications Grossesse — allaitement
Effets secondaires Irritation — rougeurs — desquamations — photosensibilisation
Application 1 jour sur 2 en début, puis 1×/jour sur les taches si bonne tolérance
Résultats Premier éclaircissement visible après 3 mois — traitement d’attaque 6 mois — entretien 3×/semaine
Dosages disponibles 0,025% — 0,05% — 0,10% en crème, lotion ou gel
Spécialités Effederm®
Ketrel®
Locacid®
Retacnyl®
Retin A®
Roaccutane gel®

2.3 — Hydroquinone

L’hydroquinone (1,4-dihydroxybenzène) est le dépigmentant le plus utilisé dans le monde. Elle réduit l’oxydation de la tyrosine, inhibe la mélanogenèse et endommage mélanosomes et mélanocytes. Utilisée à des concentrations de 2 à 5%.

Point Détail
Effets indésirables Irritation — allergie de peau — ochronose exogène (usage prolongé à concentrations élevées)
Formule de Kligman (préparation magistrale) Hydroquinone 2–5% + acide rétinoïque 0,05–0,10% + acétate de dexaméthasone 0,10% + onguent hydrophile
Conservation Au frais et à l’abri de la lumière — couleur brune = oxydation — à renouveler après 1 mois
Application 2×/jour pendant au moins 3 mois — traitement d’entretien ensuite
Réglementation Depuis le 1er janvier 2001 — délivrance sous contrôle médical uniquement — directive européenne interdisant l’hydroquinone dans les cosmétiques dépigmentants

3 — Traitements exfoliants et dépigmentants physiques

Technique Mécanisme Particularité
Cryothérapie (azote liquide ou neige carbonique) Congélation légère — destruction des cellules mélaniques (très sensibles au froid) + exfoliation Risque de séquelles dyschromiques : taches blanches ou taches noires
Peeling Décapage épidermique — acide glycolique 20 à 70% ± acide kojique ± acide trichloracétique ± hydroquinone 4% Séances en hiver — suites : rougeurs et croûtes ~1 semaine
Laser Association laser pigmentaire + laser ablatif Indication pour taches isolées ou diffuses — voir fiche dédiée
Lampe flash (IPL) Lumière intense pulsée — photothermolyse sélective de la mélanine Particulièrement utile pour les grandes zones : visage entier, dos des mains
💡 Tous ces traitements physiques laissent des marques sur la peau pendant en moyenne une semaine (croûtes, rougeurs, peau à vif). Durant cette période : protection solaire stricte + crèmes grasses cicatrisantes.


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Pages associées

Taches et dyschromies associées
Taches blanches
Taches noires post-boutons
Trétinoïne — principe actif

Questions fréquentes

Peut-on enlever définitivement les taches de rousseur ?

Non — les éphélides sont génétiquement déterminées et récidivent dès les expositions solaires. Les traitements permettent de les estomper significativement, mais pas de les supprimer définitivement. Chercher à les éliminer à long terme expose à un risque de cicatrices sans garantie de résultat durable. La meilleure approche est de les atténuer et de les stabiliser par une protection solaire stricte au long cours.

La crème à l’hydroquinone est-elle dangereuse ?

L’hydroquinone est efficace mais peut provoquer une irritation, des allergies et, en cas d’usage prolongé à forte concentration, une ochronose exogène (pigmentation paradoxale grisâtre irréversible). C’est pourquoi elle est encadrée médicalement depuis 2001 en France et interdite dans les cosmétiques grand public par directive européenne. Elle ne doit être utilisée que sur prescription médicale et pour une durée limitée.

La lumière pulsée ou le laser — lequel choisir pour les taches de rousseur ?

La lumière pulsée (IPL) est particulièrement adaptée aux grandes zones (visage entier, dos des mains) avec de nombreuses taches diffuses — elle traite toute la surface en une séance. Le laser pigmentaire est plus précis et préférable pour des taches isolées ou rebelles. Les deux peuvent être associés pour les cas complexes. Le dermatologue détermine la meilleure approche selon la surface à traiter, le phototype et la nature des taches.

La formule de Kligman est-elle disponible en pharmacie ?

La formule de Kligman (hydroquinone + acide rétinoïque + dexaméthasone) est une préparation magistrale — elle n’est pas disponible en prêt-à-l’emploi. Elle doit être prescrite par un médecin et préparée par un pharmacien à la demande. Elle doit être conservée au frais et à l’abri de la lumière, et renouvelée après un mois car l’hydroquinone s’oxyde.

Voir aussi :
Laser taches brunes |
Lumière pulsée (IPL) |
Peelings |
Protection solaire |
Téléconsultation


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ENFANT QUI DIT NON, BRUTAL, COLERIQUE, VIOLENT : Troubles du comportement

Troubles du comportement, des conduites et des impulsions

Trouble oppositionnel avec provocation

Diagnostic

La caractéristique essentielle du Trouble oppositionnel avec provocation est un ensemble récurrent de comportements négativistes, provocateurs, désobéissants et hostiles envers les personnes en position d’autorité, qui persiste pendant au moins 6 mois (Critère A) ; il se traduit par la survenue fréquente d’au moins quatre des
comportements suivants : le sujet se met en colère (Critère Al), conteste ce que disent les adultes (Critère A2), s’oppose activement ou refuse de se plier aux demandes ou aux règles des adultes (Critère A3), fait délibérément des choses qui ennuient les autres (Critère A4), fait porter à autrui la responsabilité de ses erreurs ou de sa mauvaise conduite (Critère A5), est susceptible ou facilement agacé par les autres(Critère A6), se fâche et manifeste du ressentiment (Critère A7), se montre méchant ou vindicatif (Critère A8).

Pour porter le diagnostic de Trouble oppositionnel avec provocation, il faut que ces comportements surviennent plus fréquemment qu’on ne les observe habituellement chez des sujets d’âge et de niveau de développement comparables,
et qu’ils entraînent une altération significative du fonctionnement social, scolaire ou professionnel (Critère B).

On ne fait pas ce diagnostic si les comportements pathologiques surviennent exclusivement au cours d’un Trouble psychotique ou d’un Trouble de l’humeur (Critère C), si les critères d’un Trouble des conduites sont présents
ou si le sujet (âgé de 18 ans ou plus) répond aux critères d’une Personnalité antisociale.

Les comportements négativistes et provocateurs sont durables et se manifestent par de l’obstination, par une résistance à suivre les consignes et par le refus de faire des compromis, de céder ou de transiger avec les adultes ou avec les pairs.

La provocation peut aussi se traduire par une attitude délibérée et permanente consistant à tester les limites d’autrui, à ignorer les ordres ou à les contester, et à refuser le blâme pour ses mauvaises actions. L’hostilité peut être dirigée envers les adultes ou envers les pairs, elle se traduit par une volonté délibérée d’embêter les autres ou par de l’agressivité verbale (sans toutefois, en général, d’agressivité physique comme dans le Trouble des conduites). Les manifestations du trouble sont presque invariablement présentes à la maison mais ne sont pas toujours visibles à l’école ou en collectivité. Typiquement, c’est dans les interactions avec les adultes ou avec les pairs que le sujet connaît bien que les symptômes sont manifestes, et on peut ne pas les remarquer au cours d’un examen clinique. Habituellement, les sujets ne se reconnaissent pas eux-mêmes comme hostiles ou provocateurs mais justifient leurs conduites comme des réponses à des demandes déraisonnables ou des circonstances injustes.

Caractéristiques et troubles associés

Les caractéristiques et troubles associés varient en fonction de l’âge du sujet et de la sévérité du Trouble oppositionnel avec provocation. Pour les garçons, on a montré que le trouble était plus fréquent chez ceux ayant présenté, à l’âge préscolaire, un tempérament difficile (p. ex., réactivité excessive, difficulté à se calmer) ou une hyperactivité motrice. A l’âge scolaire, on peut observer une mauvaise estime de soi (ou une estime de soi démesurée), une labilité de l’humeur, une faible tolérance à la frustration, un langage grossier, et une consommation précoce d’alcool, de tabac ou de drogues illicites.
L’enfant est souvent en conflit avec ses parents, ses professeurs ou ses camarades.
Cela peut engendrer un cercle vicieux, parents et enfant semblant faire naître le pire les uns des autres. Le Trouble oppositionnel avec provocation est plus fréquent dans les familles où la continuité de l’éducation a été interrompue à cause de la succession de personnes différentes, ou dans lesquelles les pratiques éducatives ont été dures, incohérentes ou négligentes. Un Déficit de l’attention/hyperactivité est fréquent chez les enfants ayant un Trouble oppositionnel avec provocation. Des Troubles des apprentissages et des Troubles de la communication peuvent également lui être associés.

Caractéristiques liées à la culture, à l’âge et au sexe

Du fait de la grande fréquence des comportements transitoires d’opposition à l’âge préscolaire et à l’adolescence, il faut être particulièrement prudent avant de faire le diagnostic de Trouble oppositionnel avec provocation pendant ces deux périodes du développement. Le nombre des symptômes du Trouble oppositionnel avec provocation
tend à augmenter avec l’âge. Avant la puberté, le trouble est plus fréquent chez les garçons que chez les filles ; après la puberté, les taux de prévalence semblent se rapprocher.
Les symptômes sont généralement similaires dans les deux sexes, si ce n’est que les garçons ont davantage de comportements de confrontation et, dans l’ensemble, des symptômes plus durables.

Prévalence

Selon les types de population étudiés et les méthodes d’investigation utilisées, le taux de prévalence du trouble varie de 2 % à 16 %.

Évolution

Le Trouble oppositionnel avec provocation se révèle habituellement avant l’âge de 8 ans, et généralement pas après le début de l’adolescence. Le plus souvent, les symptômes se manifestent d’abord à la maison et peuvent s’étendre, avec le temps, à d’autres environnements. Typiquement, le début des troubles est progressif, sur des mois, voire
des années. Dans un pourcentage important de cas, le Trouble oppositionnel avec provocation représente, dans le développement du sujet, un antécédent du Trouble des conduites. Bien que le Trouble des conduites à début dans l’enfance soit souvent précédé d’un Trouble oppositionnel avec provocation, beaucoup d’enfants ayant un
Trouble oppositionnel avec provocation ne présentent pas secondairement de Trouble des conduites.

Aspects familiaux

Le Trouble oppositionnel avec provocation semble plus fréquent dans les familles où au moins l’un des parents a des antécédents de Trouble de l’humeur, de Trouble oppositionnel avec provocation, de Trouble des conduites, de Déficit de l’attention/ hyperactivité, de Personnalité antisociale ou de Trouble lié à une substance. De plus, certaines études suggèrent que les mères ayant un Trouble dépressif ont plus de risques que les autres d’avoir un enfant présentant un comportement oppositionnel, mais on ne sait pas dans quelle mesure la dépression maternelle est la conséquence ou la cause du comportement de l’enfant. Le Trouble oppositionnel avec provocation est plus fréquent
dans les familles où existe un conflit conjugal grave.

 

Critères diagnostiques

A. Ensemble de comportements négativistes, hostiles ou provocateurs,
persistant pendant au moins 6 mois durant lesquels sont présentes
quatre des manifestations suivantes (ou plus) :
(1) se met souvent en colère
(2) conteste souvent ce que disent les adultes
(3) s’oppose souvent activement ou refuse de se plier aux demandes
ou aux règles des adultes
(4) embête souvent les autres délibérément
(5) fait souvent porter à autrui la responsabilité de ses erreurs ou de
sa mauvaise conduite
(6) est souvent susceptible ou facilement agacé par les autres
(7) est souvent fâché et plein de ressentiment
(8) se montre souvent méchant ou vindicatif
N.-B. : On ne considère qu’un critère est rempli que si le comportement survient plus
fréquemment qu’on ne l’observe habituellement chez des sujets d’âge et de niveau
de développement comparables.
B. La perturbation des conduites entraîne une altération cliniquement
significative du fonctionnement social, scolaire ou professionnel.
C. Les comportements décrits en A ne surviennent pas exclusivement au
cours d’un Trouble psychotique ou d’un Trouble de l’humeur.
D. Le trouble ne répond pas aux critères du Trouble des conduites ni,
si le sujet est âgé de 18 ans ou plus, à ceux de la Personnalité
antisociale.

Trouble des conduites

Diagnostic

La caractéristique essentielle du Trouble des conduites est un ensemble de conduites répétitives et persistantes, dans lequel sont bafoués les droits fondamentaux d’autrui ou les normes et règles sociales correspondant à l’âge du sujet (Critère A).
On peut classer ces conduites en quatre catégories principales :
– conduites agressives où des personnes ou des animaux sont blessés ou menacés dans leur intégrité physique (Critères Al-A7),
– conduites où des biens matériels sont endommagés ou détruits, sans agression physique (Critères A8-A9),
– fraudes ou vols (Critères A10-Al2),
– et violations graves de règles établies (Critères A13-A15).

Trois comportements caractéristiques (ou plus) doivent avoir été présents au cours des 12 derniers mois, et au moins un au cours des 6 derniers mois.

La perturbation du comportement entraîne une altération cliniquement significative du fonctionnement social, scolaire ou professionnel (Critère B).

On peut faire le diagnostic de Trouble des conduites chez des sujets âgés de 18 ans ou plus, mais seulement en l’ absence des critères de la Personnalité antisociale (Critère C).
Les comportements caractéristiques se produisent habituellement dans des contextes variés : à l’école, à la maison ou à l’extérieur. Les sujets atteints de Trouble des conduites avant tendance à minimiser leurs problèmes de comportement, le clinicien doit souvent s’informer également auprès de ses proches. Cependant ces derniers peuvent n’avoir qu’une connaissance limitée des problèmes, du fait d’un manque de surveillance ou parce que l’enfant ne leur dit pas ce qu’il fait.
Les enfants ou adolescents ayant un Trouble des conduites déclenchent souvent les hostilités ou réagissent agressivement envers les autres. Ils peuvent se montrer brutaux, menaçants ou avoir des comportements d’intimidation (Critère Al) ; commencer les bagarres (Critère A2) ; utiliser une arme susceptible de blesser sérieusement autrui (p. ex., un bâton, une brique, une bouteille cassée, un couteau, une arme à feu) (Critère A3) ; faire preuve de cruauté physique envers des personnes (Critère A4) ou des animaux (Critère A5) ; commettre un vol en affrontant la victime (p. ex., agression, vol de sac à main, extorsion d’argent, vol à main armée) (Critère A6) ; ou contraindre quelqu’un à avoir des relations sexuelles (Critère A7). La violence physique peut aller jusqu’au viol, aux coups et blessures et, dans de rares cas, jusqu’à l’homicide.

Un autre trait caractéristique du trouble est la destruction délibérée de biens appartenant à autrui ; il peut s’agir d’un incendie volontaire avec intention de provoquer des dégâts importants (Critère A8) ou de la destruction délibérée du bien d’autrui par d’autres moyens (p. ex., briser les carreaux d’une voiture, commettre des actes de vandalisme a l’école) (Critère A9).

Les actes frauduleux ou les vols possibles comprennent par exemple le fait de pénétrer par effraction dans une maison, un bâtiment ou une voiture appartenant à autrui (Critère A10) ; le fait de mentir ou de trahir des promesses afin d’obtenir des biens ou des faveurs ou pour échapper à des dettes ou à des obligations (p. ex., « arnaquer» les autres) (Critère Al 1) ; de voler des objets d’une certaine valeur sans affronter la victime
(p. ex., vol à l’étalage, contrefaçon) (Critère Al2).
On peut aussi observer des violations graves de règles établies (p. ex., règles scolaires ou parentales). Les enfants peuvent rester dehors tard la nuit en dépit des interdictions de leurs parents, avant l’âge de 13 ans (Critère A13). Ils peuvent régulierement fuguer et passer la nuit dehors (Critère A14). Pour constituer un symptôme du Trouble des conduites, la fugue doit s’être produite au moins à deux reprises (ou une seule fois sans revenir à la maison pendant une longue période). En revanche, les fugues qui sont la conséquence directe d’abus sexuels ou de sévices corporels n’entrent pas en ligne de compte pour ce critère. Les enfants font souvent l’école buissonnière,
avant l’âge de 13 ans (Critère A15). Chez les sujets plus âgés, ce sont des absences fréquentes du travail sans raison valable.

Sous-types

On a proposé deux sous-types pour le Trouble des conduites, en fonction de l’âge de début du trouble (c.-à-cl. type à début pendant l’enfance, type à début pendant l’adolescence).
Ces sous-types diffèrent par la nature des principaux problèmes de conduite, par l’évolution, par le pronostic et par la prévalence selon le sexe. Chaque sous-type peut se présenter sous une forme légère, modérée ou sévère. Pour déterminer l’âge de début du trouble, il faut obtenir des informations auprès du jeune mais aussi auprès
des personnes qui l’ont élevé. Étant donné que de nombreux comportements pathologiques peuvent rester cachés, les personnes responsables de l’enfant ne sont parfois pas à même de rapporter tous les symptômes et peuvent surestimer l’âge de leur survenue.

Type à début pendant l’enfance

Ce sous-type se définit par l’apparition d’au moins un critère caractéristique du Trouble des conduites avant l’âge de dix ans. Les sujets de cette catégorie sont généralement des garçons. Ils sont souvent agressifs physiquement et ont de mauvaises relations avec leurs pairs.
Ils peuvent avoir présenté pendant leur petite enfance un Trouble oppositionnel avec provocation et ont habituellement tous les symptômes du Trouble des conduites avant la puberté. De nombreux enfants ayant ce sous-type ont aussi un Déficit de l’attention/hyperactivité concomitant. Les sujets ayant le Type à début pendant l’enfance sont plus susceptibles de présenter un Trouble des conduites persistant et, à l’âge adulte, une Personnalité antisociale, que les sujets ayant un Type à début pendant l’adolescence.

Type à début pendant l’adolescence.

Ce sous-type se définit par l’absence de tout critère caractéristique du Trouble des conduites avant l’âge de 10 ans.
Comparés à ceux du type à début pendant l’enfance, les sujets de cette catégorie sont moins susceptibles d’avoir des comportements agressifs et ont en général de meilleures relations avec leurs pairs (quoiqu’ayant souvent des problèmes de conduite quand il se trouvent en groupe). Ils ont également moins de risques d’avoir un Trouble des conduites persistant et de développer une Personnalité antisociale à l’âge adulte. Le rapport garçon : fille pour le Trouble des conduites est moins élevé dans le type à début pendant l’adolescence que dans le type à
début pendant l’enfance.

Critères de sévérité
Léger.

Il n’existe que peu ou pas de problèmes de conduites dépassant en nombre ceux requis pour le diagnostic, et les problèmes de conduite n’occasionnent que peu de mal à autrui (p. ex., mensonges, école buissonnière, rester
dehors après la nuit tombée sans permission).

Moyen.

Le nombre de problèmes de conduites, ainsi que leurs effets sur autrui, sont intermédiaires entre « léger » et « sévère » (p. ex., vol sans affronter la victime, vandalisme).

Sévère.

Il existe de nombreux problèmes de conduites dépassant en nombre ceux requis pour le diagnostic, ou bien les problèmes de conduite occasionnent un dommage considérable à autrui (p. ex., actes sexuels forcés, cruauté physique, emploi d’une arme, vol en affrontant la victime, effraction).

Caractéristiques et troubles associés

Les sujets ayant un Trouble des conduites manifestent en général peu d’empathie et peu de sollicitude pour les sentiments, les désirs et le bien-être d’autrui. Surtout dans les situations ambiguës, ceux qui sont agressifs interprètent souvent à tort les intentions d’autrui comme hostiles et menaçantes, et réagissent avec une agressivité qu’ils considèrent comme justifiée. Ils peuvent être durs, ne ressentant ni culpabilité ni remords. Il est parfois difficile d’évaluer si un remords apparent est sincère, car certains de ces sujets ont appris que l’expression d’un remords peut réduire ou éviter la punition. Les personnes présentant un Trouble des conduites peuvent dénoncer leurs compagnons ou essayer d’attribuer à d’autres leurs méfaits. Leur estime de soi peut être mauvaise, bien qu’elle renvoie une image de « dur ». Chez d’autres sujets, l’évaluation de l’estime de soi peut paraître démesurée. Parmi les caractéristiques fréquemment associées, on note une faible tolérance
à la frustration, une irascibilité, des accès de colère et de l’imprudence. La fréquence des accidents semble élevée.
Le Trouble des conduites est souvent associé à une sexualité précoce, à la prise d’alcool et de tabac, à la consommation de substances illicites, à des actes imprudents et dangereux. La consommation de substances peut augmenter le risque de voir le Trouble des conduites perdurer. Les conduites pathologiques peuvent avoir pour
conséquences une exclusion scolaire provisoire ou définitive, des difficultés d’adaptation au travail, des problèmes avec la justice, des maladies sexuellement transmissibles, des grossesses non désirées, et des blessures résultant d’accidents ou de bagarres. Ces difficultés peuvent compromettre la scolarité et la vie de famille, dans la famille propre ou en famille d’accueil. Les idées de suicide, les tentatives de suicide et les suicides ont
un taux plus élevé que le taux attendu.
Le Trouble des conduites peut s’accompagner d’un niveau d’intelligence inférieur à la moyenne, particulièrement en ce qui concerne le QI verbal. Les réalisations scolaires, notamment dans le domaine de la lecture et des autres compétences verbales, sont souvent au-dessous du niveau correspondant à l’âge et au niveau d’intelligence,
ce qui peut justifier de porter un diagnostic additionnel de Trouble des apprentissages ou de Trouble de la communication. Un Déficit de l’attention/hyperactivité est fréquent chez les enfants ayant un Trouble des conduites. Le Trouble des conduites peut également être associé à un ou plusieurs des troubles mentaux suivants : Troubles des apprentissages, Troubles anxieux, Troubles de l’humeur, Trouble lié à une substance.
Parmi les facteurs prédisposant au développement d’un Trouble des conduites, on note : un rejet parental ou une carence de soins, un tempérament difficile pendant la prime enfance, des pratiques éducatives inadéquates avec discipline très dure, des sévices physiques ou sexuels, un manque de surveillance, un placement précoce en institution, des changements fréquents de nourrice ou de mode de garde, l’appartenance
à une famille nombreuse, un tabagisme maternel pendant la grossesse, le rejet par les pairs, la fréquentation de bandes de délinquants, l’exposition à un voisinage violent et certains types de psychopathologie familiale (p. ex., Personnalité antisociale, Dépendance ou Abus de substances).

Caractéristiques liées à la culture, à l’âge et au sexe

On a pu s’inquiéter d’un risque de diagnostic abusif de Trouble des conduites chez les sujets vivant dans des environnements où certains types de comportements indésirables peuvent être considérés comme nécessaires à la protection de l’individu (environnement dangereux, pauvre, à taux élevé de criminalité). En accord avec la définition du trouble mental dans le DSM-IV, le diagnostic de Trouble des conduites s’applique uniquement
si le comportement considéré est symptomatique d’un dysfonctionnement sous-jacent touchant l’individu et ne représente pas seulement une réaction directe au contexte social. Ainsi, de jeunes migrants venant de pays dévastés par la guerre qui ont eu des comportements agressifs peut-être nécessaires à leur survie dans pareil contexte,
ne relèvent pas obligatoirement du diagnostic de Trouble des conduites. Le clinicien doit prendre en considération le contexte social et économique dans lequel les comportements indésirables se produisent.
Les symptômes du Trouble des conduites varient au fur et à mesure que le sujet grandit, que sa force physique s’accroît, que ses capacités cognitives et sa maturité sexuelle se développent. Ce sont les comportements les moins graves (p. ex., mensonges, vol à l’étalage, bagarres) qui tendent à se produire les premiers, tandis que
d’autres surviennent plus tard (p. ex., vol avec effraction). Typiquement, les problèmes de conduite les plus sévères (p. ex., viol, vol en affrontant la victime) viennent en dernier.
Cependant, il y a de grandes différences entre les individus et certains commettent les actes les plus préjudiciables dès leur jeune âge (ce qui est prédictif d’un plus mauvais pronostic).
Le Trouble des conduites, surtout celui de type à début pendant l’enfance, est beaucoup plus fréquent chez les garçons que chez les filles. Des différences selon le sexe existent également quant à la nature des problèmes de conduites observés. Chez les garçons, ce sont habituellement les bagarres, les vols, le vandalisme, les problèmes de discipline à l’école ; chez les filles, plutôt les mensonges, l’école buissonnière, les fugues, l’abus de substances et la prostitution. Les agressions avec affrontement de la victime sont plus fréquentes chez les garçons, les filles étant plus enclines aux comportements sans affrontement.

Prévalence

La prévalence du Trouble des conduites semble avoir augmenté au cours des dernières décennies, elle serait plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural. Les taux de prévalence varient beaucoup selon la nature des populations étudiées et les méthodes d’évaluation utilisées. Les études en population générale rapportent des taux allant de
moins de 1 % à plus de 10 %. Les taux de prévalence sont plus élevés chez les garçons que chez les filles. Le Trouble des conduites est un des diagnostics les plus fréquents dans les services d’hospitalisation et de consultation de santé mentale infantile.

Évolution

Le début du Trouble des conduites peut survenir dès les années de maternelle, mais les premiers symptômes significatifs apparaissent habituellement pendant la période qui va du milieu de l’enfance au milieu de l’adolescence. Le trouble oppositionnel avec provocation précède souvent l’apparition du Trouble des conduites à début pendant l’enfance. Le début est rare après l’âge de 16 ans. L’évolution est variable. Pour la majorité
des sujets, le trouble disparaît à l’âge adulte. Pourtant, un pourcentage substantiel d’individus continue à présenter à l’âge adulte des symptômes répondant aux critères de la Personnalité antisociale.
Beaucoup de sujets atteints de Trouble des conduites, surtout quand il s’agit du type à début pendant l’adolescence et quand les symptômes ont été peu sévères et peu nombreux, parviennent à une bonne adaptation sociale et professionnelle à l’âge adulte.
En revanche, un début précoce est de pronostic défavorable et augmente le risque d’évolution vers une Personnalité antisociale ou vers un Trouble lié à une substance.
Les sujets atteints de Trouble des conduites ont un risque accru de développement ultérieur de Troubles de l’humeur ou de Troubles anxieux, de Troubles somatoformes et de Trouble lié à une substance.

Aspects familiaux

Les résultats des études de jumeaux et des études d’adoption mettent en évidence, dans le Trouble des conduites, à la fois des facteurs génétiques et des facteurs environnementaux.
Le risque de Trouble des conduites est accru chez les enfants dont un parent biologique ou un parent adoptif a une Personnalité antisociale, ou chez ceux dont un membre de la fratrie a lui-même un Trouble des conduites. Le trouble semble également plus fréquent chez les enfants dont les apparentés biologiques présentent une Dépendance à l’alcool, un Trouble de l’humeur, une Schizophrénie ou des antécédents de Déficit de l’attention/hyperactivité ou de Trouble des conduites.

Critères diagnostiques

A. Ensemble de conduites, répétitives et persistantes, dans lequel sont
bafoués les droits fondamentaux d’autrui ou les normes et règles
sociales correspondant à l’âge du sujet, comme en témoigne la présence
de trois des critères suivants (ou plus) au cours des 12 derniers
mois, et d’au moins un de ces critères au cours des 6 derniers mois :
Agressions envers des personnes ou des animaux
(1) brutalise, menace ou intimide souvent d’autres personnes
(2) commence souvent les bagarres
(3) a utilisé une arme pouvant blesser sérieusement autrui (p. ex., un
bâton, une brique, une bouteille cassée, un couteau, une arme
à feu)
(4) a fait preuve de cruauté physique envers des personnes
(5) a fait preuve de cruauté physique envers des animaux
(6) a commis un vol en affrontant la victime (p. ex., agression , vol de
sac à main, extorsion d’argent, vol à main armée)
(7) a contraint quelqu’un à avoir des relations sexuelles
Destruction de biens matériels
(8) a délibérément mis le feu avec l’intention de provoquer des
dégâts importants
(9 a délibérément détruit le bien d’autrui (autrement qu’en y mettant
le feu)
Fraude ou vol
(10) a pénétré par effraction dans une maison, un bâtiment ou une
voiture appartenant à autrui
(11) ment souvent pour obtenir des biens ou des faveurs ou pour
échapper à des obligations (p. ex., arnaque » les autres)
(12) a volé des objets d’une certaine valeur sans affronter la victime
(p. ex., vol à l’étalage sans destruction ou effraction ; contrefaçon)
Violations graves de règles établies
(13) reste dehors tard la nuit en dépit des interdictions de ses
parents, et cela a commencé avant l’âge de 13 ans
(14) a fugué et passé la nuit dehors au moins à deux reprises alors
qu’il vivait avec ses parents ou en placement familial (ou a fugué
une seule fois sans rentrer à la maison pendant une longue
période)
(15) fait souvent l’école buissonnière, et cela a commencé avant l’âge
de 13 ans
B. La perturbation du comportement entraîne une altération cliniquement
significative du fonctionnement social, scolaire ou professionnel.
C. Si le sujet est âgé de 18 ans ou plus, le trouble ne répond pas aux
critères de la Personnalité antisociale.
Code selon l’âge de début :

Spécifier le type, selon l’âge de début :
Trouble des conduites, Type à début pendant l’enfance :
présence d’au moins un critère caractéristique (lu Trouble des conduites
avant l’âge de 10 ans
Trouble des conduites, Type à début pendant l’adolescence
: absence de tout critère caractéristique du Trouble des conduites
avant l’âge de 10 ans
Trouble des conduites, à début non spécifié : l’âge de
début n’est pas connu

Spécifier, selon la sévérité :
Léger : il n’existe que peu ou pas de problèmes de conduite dépassant
en nombre ceux requis pour le diagnostic ; de plus, les problèmes de
conduite n’occasionnent que peu de mal à autrui
Moyen : le nombre de problèmes de conduite, ainsi que leurs effets sur
autrui, sont intermédiaires entre « léger » et « sévère »
Sévère : il existe de nombreux problèmes de conduite dépassant en
nombre ceux requis pour le diagnostic ; ou bien, les problèmes de
conduite occasionnent un dommage considérable à autrui

Trouble explosif intermittent

Diagnostic

Le trait essentiel du Trouble explosif intermittent est la survenue d’épisodes distincts où le sujet ne parvient pas à résister à des impulsions agressives, ce qui aboutit à des voies de fait graves ou à la destruction de biens (Critère A).
Des voies de fait graves sont par exemple l’action de frapper quelqu’un ou de lui faire mal d’une autre façon.
Des menaces verbales d’agression physique ont la même signification de geste agressif grave. On entend par la destruction de biens le bris volontaire d’un objet précieux. Des dégâts mineurs ou involontaires ne sont pas assez graves pour satisfaire ce critère.

Le degré d’agressivité exprimé pendant ces épisodes est sans commune mesure avec une quelconque provocation ou un facteur de stress psychosocial déclenchant (Critère B).

Le diagnostic de Trouble explosif intermittent n’est porté qu’après exclusion d’autres troubles mentaux susceptibles d’expliquer ces accès de comportement agressif (p. ex., une Personnalité antisociale ou borderline, un Trouble psychotique, un Épisode maniaque, un Trouble des conduites ou un Déficit de l’attention/hyperactivité)
(Critère C).
Les épisodes agressifs ne sont pas dus aux effets physiologiques directs d’une substance (p. ex., une substance donnant lieu à abus, un médicament) ni à une affection médicale générale (p. ex., un Traumatisme crânien ou une maladie d’Alzheimer) (Critère C).
Le sujet décrit parfois les épisodes agressifs comme des « crises » ou des attaques » où le comportement explosif succède à une sensation de tension et d’excitation et est suivi immédiatement par un sentiment de soulagement. L’individu peut éprouver par la suite un malaise, des remords, des regrets ou de l’embarras à cause de
son comportement agressif.

Caractéristiques et troubles associés

Les individus souffrant d’un Trouble explosif intermittent disent parfois ressentir des pulsions agressives intenses avant de passer a l’acte. Les épisodes explosifs peuvent être associés à des symptômes émotionnels (irritabilité ou rage, augmentation de l’énergie, tachypsvchie) durant les pulsions et les gestes, et à la survenue rapide d’une humeur dépressive et d’une fatigue après l’acte. Certaines personnes peuvent aussi relater que leurs épisodes agressifs sont souvent précédés ou accompagnés par des symptômes tels que des bourdonnements, des tremblements, des palpitations, une oppression thoracique, une tension céphalique, ou la perception d’un écho. Il arrive que les sujets décrivent leurs impulsions agressives comme extrêmement pénibles. Ces troubles peuvent avoir pour conséquence des licenciements, des renvois de l’école, des divorces, des difficultés dans les
relations interpersonnelles ou d’autres désagréments sociaux ou professionnels, des accidents (en voiture par exemple), des hospitalisations (p. ex., à cause des blessures reçues dans des bagarres ou des accidents), des difficultés financières, des emprisonnements ou d’autres ennuis judiciaires.
Des signes d’impulsivité ou d’agressivité généralisée peuvent être présents entre les épisodes explosifs. Les individus souffrant d’un Trouble explosif intermittent rapportent parfois des difficultés en rapport avec un vécu chronique de colère et de fréquents épisodes agressifs « infraliminaux » dans lesquels ils ressentent des impulsions agressives tout en parvenant à ne pas passer à l’acte ou à se contenir dans des comportements agressifs moins destructeurs (p. ex., hurler, donner des coups dans un mur sans l’endommager).
Les personnes qui ont des traits narcissiques, obsessionnels, paranoïaques ou schizoïdes peuvent avoir une nette tendance à présenter des explosions de colère en situation de stress. Des données préliminaires suggèrent que des Troubles de l’humeur, des Troubles anxieux, des Troubles des conduites alimentaires, des Troubles liés à l’utilisation d’une substance et d’autres Troubles du contrôle des impulsions peuvent être liés au Trouble explosif intermittent. L’anamnèse peut révéler la survenue dans l’enfance d’accès de colère graves, d’une distractivité, d’une hyperactivité et d’autres comportements inadaptés comme voler ou mettre le feu.

Examens complémentaires.

Il peut y avoir des signes non spécifiques à l’EEG (un ralentissement p. ex.) ou des anomalies démontrables par des examens neuropsychologiques (p. ex., des difficultés à intervertir les lettres). Des signes d’altération du métabolisme sérotoninergique (p. ex., des concentrations moyennes diminuées d’acide hydroxyindoleacétique [5-HIAAD ont été observés dans le liquide céphalo-rachidien de certains sujets impulsifs ou coléreux mais les relations spécifiques qui pourraient exister entre ces anomalies biologiques et le Trouble explosif intermittent restent inconnues.

Examen physique et affections médicales générales associés.

Il peut y avoir des signes neurologiques mineurs ou non spécifiques (p. ex., une asymétrie des réflexes ou des syncinésies). On peut aussi observer des difficultés du développement qui indiquent un dysfonctionnement cérébral (p. ex., un retard du langage ou une mauvaise coordination). Des antécédents de troubles neurologiques sont possibles (p. ex., un traumatisme crânien, des pertes de connaissance ou des convulsions fébriles pendant
l’enfance). Toutefois, si le clinicien juge que le comportement agressif est la conséquence physiologique directe d’une affection médicale générale identifiable, le diagnostic porté doit alors être celui de Trouble mental dû à une affection médicale générale (p. ex., Modification de la personnalité due à un traumatisme crânien, type
agressif ; Démence de type Alzheimer, début précoce, non compliquée, avec des troubles du comportement).

Caractéristiques liées à la culture, à l’âge et au sexe

L’amok est caractérisé par un épisode aigu de violence incontrôlée dont le patient dit ne pas se souvenir. Bien que ce tableau soit traditionnellement vu en Asie du sud-est, des cas d’amok ont été signalés au Canada et aux États-Unis. A la différence du Trouble explosif intermittent, l’amok survient typiquement sous la forme d’un épisode unique, plutôt que comme un mode de comportement agressif, et il est souvent associé à des signes dissociatifs marqués. Un comportement violent épisodique est plus fréquent chez les hommes que chez les femmes.

Prévalence

On ne dispose pas d’informations fiables. Le Trouble explosif intermittent semble être rare.

Évolution

Peu de données existent concernant l’âge de début du Trouble explosif intermittent, mais il semble se situer entre l’enfance et le début de la troisième décennie. Le début peut être soudain, sans période prodromique. L’évolution du Trouble explosif intermittent est variable, chronique chez certains et plus épisodique chez d’autres.

Aspects familiaux

Les Troubles de l’humeur, les Troubles liés à l’utilisation d’une substance, le Trouble explosif intermittent et les autres Troubles du contrôle des impulsions semblent être plus fréquents chez les parents du premier degré des individus présentant un Trouble explosif intermittent que dans la population générale.

 

Critères diagnostiques

A. Plusieurs épisodes distincts d’incapacité à résister à des impulsions
agressives, aboutissant à des voies de fait graves ou à la destruction
de biens.
B. Le degré d’agressivité exprimé durant les épisodes est sans commune
mesure avec un quelconque facteur de stress psychosocial
déclenchant.
C. Les épisodes agressifs ne sont pas mieux expliqués par un autre trouble
mental (p. ex., une Personnalité antisociale ou borderline, un Trouble
psychotique, un Épisode maniaque, un Trouble des conduites ou un
Déficit (le l’attention/hyperactivité) et ne sont pas dus aux effets physiologiques
directs d’une substance (p. ex., une substance donnant lieu
à abus, un médicament) ou une affection médicale générale (p. ex., un
traumatisme crânien ou une maladie d’Alzheimer).

Kleptomanie

Pyromanie

Jeu pathologique

RUBEOLE : la rubéole, symptomes et traitement

Rubéole : symptômes, complications et vaccination

La rubéole est une maladie infectieuse virale due à un togavirus, généralement bénigne chez l’enfant (4 à 10 jours). Elle devient en revanche dangereuse pendant la grossesse — une infection avant la 11e semaine peut provoquer de graves malformations chez le bébé. La vaccination ROR reste la meilleure protection.

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rubéole éruption taches rosées enfant
Rubéole — taches rosées caractéristiques

Qu’est-ce que la rubéole ?

La rubéole est une infection virale contagieuse due au Rubivirus (famille des Togaviridae). Elle survient surtout au printemps et touche principalement les enfants non vaccinés. Depuis la généralisation du vaccin ROR en France, elle est devenue rare — mais pas éradiquée.

⚠️ De nombreux autres virus (coxsackie, échovirus, adénovirus, Epstein-Barr) peuvent provoquer des éruptions ressemblant à la rubéole. Inversement, la rubéole peut parfois comporter peu d’éruption. Le diagnostic clinique seul est donc souvent difficile — la sérologie le confirme.

Symptômes de la rubéole

Incubation et contagiosité

L’incubation est totalement silencieuse et dure environ 2 semaines. La contamination se fait par voie aérienne (écoulements nasaux, éternuements). L’enfant est contagieux 2 jours avant l’éruption et jusqu’à 1 semaine après — ce qui rend la prévention des contacts avec les femmes enceintes particulièrement difficile.

L’éruption cutanée

Dans un contexte de fièvre légère et de douleurs musculaires, apparaissent des taches rosées sur le visage (pommettes et menton surtout), puis sur l’ensemble du corps en une seule journée — c’est le signe distinctif de la rubéole. Les taches prédominent sur le thorax, le ventre, les fesses et la racine des membres. Elles sont séparées par des espaces de peau saine, parfois confluentes.

Les taches disparaissent en 3 à 4 jours en desquamant finement.

Signes extra-cutanés

  • Taches de Forschheimer : taches rosées du palais — signe évocateur mais inconstant
  • Adénopathies (ganglions) : caractéristiquement dans la nuque, derrière les oreilles et dans la partie postérieure du cou
  • Fièvre légère : souvent < 38,5°C chez l’enfant

Rubéole chez l’adulte et l’adolescent

La rubéole est plus sévère chez l’adulte :

  • Fièvre atteignant 39°C
  • Arthrite (douleurs articulaires) fréquente
  • Éruption plus rouge et plus étendue
  • Taches dans la bouche plus fréquentes
  • Ganglions profus
  • Possible splénomégalie (rate gonflée) avec, exceptionnellement, risque de rupture spontanée

Diagnostic de la rubéole

Le diagnostic clinique est souvent incertain (nombreux diagnostics différentiels). La confirmation repose sur :

  • NFS : hyperlymphocytose avec plasmocytes quelques jours après l’éruption
  • Sérologie rubéole : élévation significative des IgM (multipliée par 4) — confirme le diagnostic

Complications de la rubéole

Elles sont rares mais à connaître :

  • Purpura thrombopénique
  • Arthrite réactionnelle
  • Méningoencéphalite (exceptionnelle)

⚠️ Consultez rapidement si : difficultés respiratoires, fièvre durant plus de 3 jours ou remontée de fièvre après l’éruption, apparition de taches violacées (purpura).

Rubéole et grossesse — danger majeur

C’est la complication la plus redoutée. Une rubéole contractée pendant la grossesse peut provoquer de graves séquelles chez le bébé, appelées rubéole congénitale :

  • Retard de croissance intra-utérin
  • Microcéphalie et retard mental
  • Malformations oculaires (cataracte, glaucome)
  • Malformations auditives (surdité)
  • Malformations cardiaques

Le risque est maximal lors d’une infection avant la 11e semaine de grossesse (quasi 90% de séquelles). Il diminue progressivement au 2e trimestre et devient négligeable après 20 semaines.

Règles de prévention :

  • Ne jamais mettre en contact un enfant atteint de rubéole avec une femme enceinte séronégative
  • La sérologie rubéole est obligatoire lors de la déclaration de grossesse
  • Elle est conseillée lors de l’examen prénuptial
  • ⚠️ Même une vaccination ancienne ne garantit pas la protection : environ 10% des adultes vaccinés dans l’enfance n’ont plus d’anticorps

Traitement de la rubéole

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre la rubéole. La prise en charge est symptomatique :

  • Paracétamol pour diminuer la fièvre et les douleurs
  • Les antibiotiques sont inefficaces (infection virale)
  • Repos pendant la période fébrile

La rubéole n’est pas une cause d’éviction scolaire obligatoire — mais il faut prévenir l’école pour vérifier la vaccination des élèves et identifier les contacts à risque (femmes enceintes non immunisées).

Vaccination contre la rubéole (ROR)

Le vaccin rubéole est administré en France dans le cadre du vaccin combiné ROR (Rougeole-Oreillons-Rubéole) :

  • 1re dose : à 12 mois
  • 2e dose : à 18 mois (rappel recommandé)
  • Femmes en âge de procréer séronégatives : vaccination recommandée, suivie d’une contraception efficace pendant au moins 3 mois

⚠️ Le vaccin ROR est contre-indiqué en cas de déficit immunitaire (virus vivant atténué) et pendant la grossesse.

Effets indésirables possibles du vaccin ROR

  • Fièvre avec rash fugace dans 10% des cas, survenant 5 à 12 jours après la vaccination
  • Convulsions hyperthermiques
  • Méningite aseptique (rare)
  • Purpura thrombopénique (rare)
  • Chez l’adulte : risque d’arthrite chronique réactionnelle apparaissant une dizaine de jours après la vaccination et pouvant persister plus d’un an

Sources

Questions fréquentes sur la rubéole

Comment savoir si mon enfant a la rubéole ou une autre maladie ?

La rubéole est difficile à distinguer cliniquement de nombreuses autres infections virales (roséole, rougeole, scarlatine, mégalérythème épidémique). Les signes évocateurs sont : taches rosées apparaissant en une journée du visage vers le corps, ganglions dans la nuque, fièvre légère. La sérologie confirme le diagnostic en cas de doute, notamment si une femme enceinte a été en contact.

La rubéole est-elle encore fréquente en France ?

Non. Grâce à la vaccination ROR généralisée, la rubéole est devenue très rare en France. Quelques dizaines de cas sont déclarés chaque année, principalement chez des personnes non vaccinées ou dont la vaccination est incomplète. Elle reste cependant endémique dans de nombreux pays.

Mon enfant vacciné peut-il quand même attraper la rubéole ?

C’est très rare mais possible. Le vaccin ROR est efficace à plus de 95% après 2 doses. Cependant, environ 10% des adultes vaccinés dans l’enfance perdent leur immunité avec le temps — d’où l’importance de vérifier sa sérologie avant ou en début de grossesse.

Une femme enceinte peut-elle être vaccinée contre la rubéole ?

Non. Le vaccin ROR est contre-indiqué pendant la grossesse car il contient des virus vivants atténués. Si une femme enceinte séronégative est exposée à la rubéole, une surveillance sérologique rapprochée est organisée. La vaccination sera proposée en post-partum immédiat avec contraception efficace pendant 3 mois.

Quelle est la différence entre rubéole et rougeole ?

La rougeole est une maladie bien plus grave, avec fièvre élevée, toux, conjonctivite et éruption précédée de taches de Koplik (taches blanches dans la bouche). La rubéole est plus bénigne, avec fièvre légère et ganglions cervicaux postérieurs caractéristiques. Les deux sont prévenues par le vaccin ROR.


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ROUGEOLE : la rougeole, symptomes et traitement

La rougeole

Eruption de rougeole
Eruption de rougeole

La rougeole est une maladie infectieuse virale due à un paramyxovirus qui guérit d’elle-même en une dizaine de jours, dans la majorité des cas

En France, elle est habituellement bénigne mais des complications graves à type d’encéphalite (inflammation du cerveau) sont possibles. L’aversion récente pour la vaccination rend la rougeole de plus en plus fréquente et plusieurs centaines de cas d’encéphalite liée à la rougeole sont rapportés chaque année…

Symptomes

La rougeole survient généralement vers 5-6 ans.

Incubation, contamination

L’éruption apparaît 2 semaines après la contamination

La rougeole se transmet par les écoulements du nez, les éternuements, les postillons…

Le patient est contagieux dès le 6e jour après la contamination (soit un à deux jours avant la phase d’invasion), durant sa période d’incubation, puis jusqu’à 4 jours après l’éruption.

Phase d’invasion :

malaise général avec fièvre à 39-40°C

troubles digestifs,

catarrhe oculonasal (nez et yeux qui coulent et qui craignent la lumière)

Catarrhe oculo nasal dans la rougeole
Catarrhe oculo nasal dans la rougeole

Signe de KOPLICK : semis de points blancs à la face interne des joues en regard des prémolaires.

Signe de Koplick de la rougeole
Signe de Koplick de la rougeole

Eruption

L’éruption apparaît 3 ou 4 jours après le début de la fièvre, alors que la fièvre culmine et que les symptomes ORL s’atténuent.
Ce sont des taches rouges confluentes mais laissant quelques espaces de peau saine, qui commencent généralement sur le visage, à la lisière du cuir chevelu, derrière les oreilles, puis descendent sur le cou, le thorax, les membres supérieurs puis inférieurs

Puis l’éruption disparaît et desquame

Complications

Liées soit au virus

encéphalite

Elle peut survenir en fin d’éruption, pouvant évoluer vers une panencéphalite subaiguë sclérosante mortelle apparaissant quelques années après

hémorragies…

Liées à une surinfection bactérienne,

otite, laryngite, bronchopneumopathie…

Vaccination

La vaccination est réalisée chez les enfants de plus d’un an (12 mois) n’ayant pas deja fait la rougeole

Cette vaccination est associée en France aux vaccinations anti rubéole et oreillons (R O R)

Un rappel autour de 4 mois après la première injection (vers 16 mois) est recommandé.
Elle est contre-indiquée en cas de déficit immunitaire car elle est à base de virus vivant atténué

Effets indésirables de la vaccination

fièvre avec rash fugace dans 10 % des cas, survenant 5 à 12 jours après le vaccin

convulsions hyperthermiques,

méningite aseptique

purpura thrombopénique

Soigner la rougeole

Les antibiotiques sont inefficaces car il s’agit d’une infection virale.

Traitement symptomatique

Pour diminuer la fièvre :

On utilise généralement du paracétamol

Pour soigner le catarrhe :

On rince les yeux avec un coton humide et on rince le nez avec un soluté nasal pour enfants.

On garde généralement l’enfant dans la pénombre car la lumière est gênante.

Pour soigner les boutons :

Les boutons ne démangent pas. Ils ne nécessitent pas de traitement particulier.

Eviction scolaire

L’eviction scolaire commence 5 jours à partir du début de la maladie

Il faut avertir l’école et l’entourage

Si une personne a été proche de l’enfant rougeoleux sans avoir eu la rougeole ou le vaccin auparavant, elle doit consulter pour évaluer si une vaccination rapide est envisageable car une vaccination administrée peu de temps après le contact avec la rougeole peut protéger

Consulter le médecin dans tous les cas, voire le reconsulter

Toute rougeole nécessite une consultation du médecin

Il faut reconsulter son médecin après la consultation de diagnostic :

  • en cas de difficultés respiratoires (difficulté à respirer, toux qui s’intensifie ou devient plus grasse) ou cognitives (enfant groggi, difficile à reveiller… )
  • maux de tete
  • suspicion d’otite
  • remontée de la fièvre après l’éruption

PIEDS QUI PELENT ENFANT : la dermatose plantaire juvénile

Pieds qui pèlent chez l’enfant

Les pieds de mon enfant pèlent, cela peut être la dermatose plantaire juvénile

Aspect sec et qui pele sur les orteils et les pieds : c'est peut être une dermatose plantaire juvénile
Aspect sec et qui pele sur les orteils et les pieds : c’est peut être une dermatose plantaire juvénile

Dermatose plantaire juvénile

Il s’agit d’une dermatose bénigne semblant plus fréquente chez les enfants ayant un eczema atopique, notamment entre 3 et 8 ans

L’évolution est souvent chronique ce qui inquiète les parents

Le dermatologue posera le diagnostic apres avoir éliminé un eczema, une mycose des pieds, un psoriasis

Traitement

Emollients voire dermocorticoides

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GALE DE L’ENFANT ET DU BEBE : soigner la gale chez un bébé ou un enfant

Gale de l’enfant et du bébé : symptômes, photos et traitement

La gale du bébé et du nourrisson est une situation particulièrement délicate : le diagnostic est souvent tardif car les signes diffèrent de ceux de l’adulte, les traitements sont limités par des contre-indications liées au poids, et le risque de contamination en crèche ou maternelle est élevé. Voici le guide complet pour reconnaître et traiter la gale chez l’enfant.

Doute sur un diagnostic de gale chez votre enfant ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


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Pourquoi le diagnostic est souvent tardif chez l’enfant

Le diagnostic classique de la gale repose sur trois éléments chez l’adulte : démangeaisons nocturnes intenses, cas contact dans l’entourage, et localisation des lésions épargnant le visage et le dos.

Or chez l’enfant, ces règles ne s’appliquent pas — ce qui retarde souvent le diagnostic :

Signe Adulte Enfant / Bébé
Visage atteint Exceptionnel ✅ Fréquent — peut mimer un eczéma
Dos atteint Généralement épargné ✅ Possible — atteinte profuse du tronc
Mains et pieds Sillons entre les doigts ✅ Cloques (vésicules) des paumes et plantes — pathognomonique du nourrisson
Aspect des lésions Sillons, vésicules perlées Souvent surinfecté — ressemble à un impétigo ou prurigo
Fesses rouges Rare ✅ Peut mimer un érythème fessier
Diagnostic différentiel Prurit, dermatite Eczéma, impétigo, acropustulose infantile, érythème fessier

Symptômes chez le bébé (moins de 2 ans)

Chez le nourrisson, les signes spécifiques à rechercher sont :

  • Cloques (vésicules) sur les paumes des mains et les plantes des pieds — signe quasi pathognomonique, souvent diagnostiqué à tort comme acropustulose infantile
  • Démangeaisons intenses, agitation, pleurs inexpliqués notamment la nuit
  • Éruption diffuse sur le tronc, le dos, les fesses
  • Érythème fessier persistant résistant aux soins habituels
  • Atteinte du visage possible (joues, front)
gale bébé cloques pieds photo diagnostic
Cloques qui démangent sur les pieds d’un bébé — évoquer la gale
gale bébé cloques mains photo
Cloques sur les mains d’un bébé — signe évocateur de gale
gale bébé poignet photo
Atteinte du poignet chez un bébé
gale bébé fesses rouges érythème fessier photo
Fesses rouges persistantes chez un bébé — penser à la gale

Symptômes chez l’enfant (2–12 ans)

Chez l’enfant plus grand, la gale est souvent surinfectée au moment du diagnostic — ce qui retarde encore sa reconnaissance :

  • Lésions profuses du tronc ressemblant à un prurigo ou un impétigo
  • Atteinte du visage possible, mimant un eczéma infecté
  • Démangeaisons nocturnes intenses — l’enfant se gratte jusqu’au sang
  • Cas contact dans la famille ou à la crèche souvent retrouvé à l’interrogatoire
gale enfant visage photo diagnostic eczéma
Atteinte du visage fréquente chez l’enfant — rare chez l’adulte, souvent confondue avec de l’eczéma
gale enfant tronc dos atteinte profuse photo
Atteinte profuse du tronc chez un enfant — le dos est généralement épargné chez l’adulte
gale surinfectée enfant impétigo prurigo photo
Gale surinfectée ressemblant à un impétigo ou prurigo

Traitement de la gale selon l’âge et le poids

⚠️ L’ivermectine orale (Stromectol®) est contre-indiquée en dessous de 15 kg. Le traitement du nourrisson repose obligatoirement sur les traitements locaux.

Âge / Poids Traitement autorisé Modalités
Nourrisson ≥ 1 mois
(< 15 kg)
Topiscab® 5% (perméthrine) ou Ascabiol® (benzoate de benzyle) Application locale sur tout le corps y compris visage et cuir chevelu — rincer après le temps de pose
Enfant ≥ 15 kg Stromectol® (ivermectine) oral + traitement local en option 200 µg/kg en 1 prise à jeun — 2e prise à J8-J14

💡 Points importants : chez le nourrisson, l’application doit couvrir tout le corps y compris le visage, le cuir chevelu et les oreilles — zones épargnées chez l’adulte. Traiter simultanément tous les membres du foyer le même jour. Voir le protocole complet de traitement de la gale.

Gale en crèche ou à la maternelle

Les enfants dormant en crèche ou en maternelle créent des conditions idéales de transmission : contact prolongé, partage de lits et de vêtements. En cas de gale confirmée chez votre enfant :

  • Prévenir immédiatement la direction de la crèche ou de l’école pour permettre le traitement collectif
  • Le médecin ou la PMI peut déclencher un protocole de traitement collectif si plusieurs cas sont identifiés
  • Éviction scolaire : non obligatoire après traitement correctement réalisé — votre médecin vous fournira un certificat
  • Laver draps, vêtements et peluches à 60°C le jour du traitement
  • Les objets non lavables (poussettes, jouets) peuvent être placés en sac fermé pendant 3 jours

Voir l’article : début de la gale — comment la reconnaître

Sources

Questions fréquentes sur la gale de l’enfant

Comment distinguer la gale d’un eczéma chez un bébé ?

C’est souvent difficile — c’est d’ailleurs la principale cause de retard diagnostique. Quelques éléments orientent vers la gale : apparition brutale des démangeaisons chez un bébé qui n’avait pas de terrain atopique, atteinte des paumes et plantes avec cloques, cas contact dans la famille ou la crèche, résistance au traitement de l’eczéma. En cas de doute, consultez un dermatologue — un traitement d’épreuve anti-gale peut être justifié.

Peut-on traiter un bébé de moins de 1 mois contre la gale ?

Les données sont très limitées pour les nourrissons de moins d’un mois. L’Ascabiol® est autorisé dès 1 mois, le Topiscab® dès 2 mois. En dessous de ces âges, la prise en charge doit être hospitalière. Consultez en urgence un dermatologue ou un pédiatre spécialisé.

Faut-il exclure l’enfant de la crèche en cas de gale ?

L’éviction n’est pas obligatoire si le traitement a été correctement réalisé. En pratique, il est recommandé d’éviter la crèche le jour du traitement et le lendemain, puis de reprendre normalement si cela est permis par le certificat médical. La direction de la crèche doit être informée pour surveiller l’apparition de nouveaux cas, prévenir les parents et traiter les matelas de sieste avec un acaricide s’ils ne sont pas attribués nominément à chaque enfant.

Toute la famille doit-elle être traitée ?

Oui, systématiquement. Tous les membres du foyer vivant sous le même toit doivent être traités le même jour, même s’ils n’ont pas de symptômes — la période d’incubation peut atteindre 4 à 6 semaines. Ne traiter que l’enfant malade conduit inévitablement à une recontamination.

Les démangeaisons persistent après le traitement — est-ce normal ?

Oui, tout à fait. Les démangeaisons peuvent persister 2 à 4 semaines après un traitement correctement réalisé — elles sont dues à la réaction allergique aux acariens morts et non à un échec thérapeutique. Un antihistaminique et un émollient aident à soulager l’inconfort. Si de nouvelles lésions apparaissent après 4 semaines, consultez pour évaluer la nécessité d’un second traitement.


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– Les causes
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Dermatose en terre sèche : tache brune à la base du cou chez l’enfant et l’ado

Dermatose en terre sèche

La dermatose « en terre sèche » provoque une tache brune acquise et qui ne démange pas, touchant préférentiellement les enfants et les adolescents.

La ou les taches brunes siègent le plus souvent à la base du cou, au dessus du décolleté, voire sur les chevilles.

Il suffit de nettoyer doucement la tache brune avec un coton imbibé d’alcool médical à 70° (ou de l’éther mais il n’est plus en vente libre en France) pour que la tache brune disparaisse, laissant le coton un peu sale

La tache brune est due à un dépot superficiel sur la peau

SCARLATINE : la scarlatine, cause, symptomes et traitement

La scarlatine

Qu’est-ce que c’est?

La scarlatine est une pharyngite à streptocoque du groupe A, ayant la
faculté de diffuser dans l’organisme des toxines qui provoquent une éruption cutanée.

La scarlatine s’attrape donc comme une autre pharyngite, par
contact avec des sujets atteints, voire porteurs asymptomatiques du
streptocoque A.

Symptomes

Un des signes précurseurs de l’éruption cutanée caractère
marqué des signes fonctionnels accompagnant la pharyngite : fièvre elevée (39-40°C), vomissements, fatigue, douleurs abdominales…

L’éruption apparaît généralement 24 à 48h après, sous la forme d’une éruption débutant le plus souvent au cou, puis s’étendant rapidement au tronc puis aux membres, ayant pour particularité de desquamer ensuite, disparaissant sans séquelles cutanées.

Traitement

Le médecin prescrit des antibiotiques. Le traitement antibiotique est important car la scarlatine peut se compliquer d’atteintes profondes (cardiaques, rénales… ).

GRAIN DE BEAUTE DU BEBE ET DE L’ENFANT : points de beauté de l’enfance

Grains de beauté du bébé et de l’enfant

Petit naevus congenital
Petit naevus congenital

Toute tache brune du bébé ou de l’enfant doit etre prise en considération et être montrée à un médecin. Ce dernier évaluera alors la nature de cette tache et pourra demander un avis spécialisé si nécessaire.

Mon enfant a des grains de beauté

Les grains de beauté du bébé de 0 à 3 ans peuvent être

Congénitaux

présents à la naissance ou apparaissant dans les premiers mois de la vie, il s’agit souvent de taches marron clair sur la peau du nouveau né, plus ou moins pileuses, qui ensuite grandissent proportionnellement à l’étirement de la peau lors de la croissance de l’enfant et se modifient en couleur (ils peuvent foncer ou s’éclaircir) et en pilosité (cette dernière a souvent tendance à augmenter).

Naevus congénital de la jambe
Naevus congénital de la jambe

voir l’article sur les naevi congenitaux

Acquis

la prime enfance est souvent une période d’apparition des premiers grains de beauté acquis (les grains de beauté « courants ») et d’autres naevi : naevus de Spitz, naevus spilus… que seul un spécialiste peut distinguer des naevi pigmentaires acquis.

Il est donc important de montrer les taches pigmentaires de ses enfants aux médecins car ces derniers peuvent nécessiter une surveillance régulière, voire une ablation.

De même, d’autres taches brunes peuvent apparaitre dans la tendre enfance et ne pas être des grains de beauté (taches « café au lait » par exemple).

La encore, seul un spécialiste pourra les distinguer des naevi pigmentaires et donner la conduite à tenir aux parents (simple surveillance, ablation, réalisation d’examens complémentaires… )

Quoi qu’il en soit, la présence de grains de beautés chez l’enfant doit faire redoubler les précautions vis a vis du soleil (voir comment protéger les enfants du soleil)

Une mention spéciale à deux grains de beautés qui doivent être enlevés après 12 ans, les naevi de Reed et de Spitz (voir l’article sur les grains de beauté)

 

GRAIN DE BEAUTE DE NAISSANCE : le naevus congénital, une tache de naissance

Grain de beauté de naissance

Naevus congenital (grain de beauté du bébé) ou tache de naissance
Naevus congenital (grain de beauté du bébé) ou tache de naissance

Le grain de beauté de naissance est appelé naevus congenital et il est présent à la naissance ou apparait dans les premiers mois de vie sous al forme d’une tache de naissance marron

Naevus congénital de la jambe
Naevus congénital de la jambe

On distingue les petits naevus congenitaux de moins de 1,5cm, les naevus congenitaux moyens de 1,5 à 20 cm et les grands naevus congenitaux de plus de 20 cm, voire les naevus congenitaux geants lorsqu’ils representent plus de 30% de la surface du corps.
Tout naevus congenital (present a la naissance chez le bebe nouveau ne) doit etre montre a un medecin.

Comment on reconnait le naevus congénital?

Petit naevus congenital
Petit naevus congenital

Le plus souvent il apparait sous forme de taches marron clair sur la peau du nouveau né ou du nourrisson (dans les premiers mois de vie), plus ou moins pileuses, qui ensuite grandissent proportionnellement à l’étirement de la peau lors de la croissance de l’enfant et se modifient en couleur (ils peuvent foncer ou s’éclaircir) et en pilosité (cette dernière a souvent tendance à augmenter).

Naevus avec poils
Naevus avec poils

Y a-t-il un risque?

Toute tache pigmentaire du bébé doit etre prise en considération et être montrée à un médecin. Ce dernier évaluera alors la nature de cette tache et pourra demander un avis spécialisé si nécessaire.

Les naevi congénitaux de grande taille font partie de ceux qui posent le plus de problèmes concernant la conduite thérapeutique à adopter, car ils sont considérés comme ayant potentiellement plus de risque de dégénérer en mélanome (selon les auteurs, entre 2 et 8% de risque de dégénérescence en mélanome) que les naevi pigmentaires acquis.

Naevus congénital géant
Naevus congénital géant

On propose donc souvent de les enlever si cela est possible (mais tout dépend de leur taille, de leur localisation, du risque cicatriciel… et cette décision est souvent prise conjointement entre les parents et les specialistes (dermatologue, chirurgien… ) en pesant tous ces éléments).

Quand l’ablation n’est pas possible ou dans les naevi congénitaux de petite taille, on recommande alors une surveillance régulière et soigneuse de ces naevi pigmentaires congénitaux de grande taille.

Lorsque ces derniers sont situés sur le cuir chevelu, le visage ou le dos, le praticien peut recommander d’effectuer des examens radiologiques (Scanner, IRM… ) à la recherche d’une atteinte des méninges notamment.

Voir aussi, les grains de beauté de l’enfant

POILS DE L’ENFANT : à quel age peut-on épiler une fille?

Lutter contre les poils chez l’enfant

Pour mieux lutter contre les poils, il faut bien comprendre d’où ils viennent et comment ils évoluent au fil de la vie

Poils avant la puberté : un rôle génétique prédominant

Il existe à la naissance du bébé un certain nombre de follicules pileux

C’est l’activation génétique de ces follicules qui détermine la pilosité de l’enfant et du bébé (en dehors des poils présents à la naissance et qui tombent en quelques mois)

Ainsi les poils présents avant la puberté ont une origine génétique (sauf en cas de problème hormonal durant la grossesse)

Quelles sont les techniques pour éliminer les poils?

Il existe deux grandes techniques pour de débarrasser des poils:

La dépilation :

destruction des tiges des poils au dessus de la peau

Ces techniques ne détruisant pas le poil, elles sont toujours temporaires, suivies d’une repousse

Le rasage, une technique non dénuée de risques

Le rasage est une technique ancienne consistant à couper les poils à leur abouchement de la peau

Plus de poils après le rasage?

Le rasage a effectivement une légère tendance à transformer tous les duvets et les poils intermédiaires en poils terminaux (poils plus épais). Mieux vaut donc éviter de raser du duvet ou des poils fins

De même, mieux vaut éviter le rasage chez les enfants car ils ont souvent des poils fins

De plus, les poils coupés en biseau semblent plus gros vus du dessus et ont un contact plus piquant au toucher

Poils incarnés

Les poils coupés au rasoir ont tendance à repousser sous la peau et donner des poils incarnés

La crème dépilatoire

Elle consiste appliquer une crème contenant des actifs qui détruisent la tige pilaire

Elle a pour inconvénients d’être source possible d’irritations et d’avoir à être reproduite régulièrement.

Elle est intéressante notamment sous les aisselles de la jeune fille prépubère

L’épilation :

ablation ou destruction des poils

Epilation temporaire (suivie d’une repousse)

Voir les soins d’épilation temporaire (à la pince, à la cire… )

Epilation définitive (destruction de la racine du poil)

L’épilation laser est contre indiquée chez l’enfant. Voir à quel age commencer l’épilation définitive au laser

Décoloration

On peut aussi décolorer les poils, ceci avec de nombreux produits disponibles sur le marché

Les produits décolorants provoquent cependant une légère stimulation du poil qui devient progressivement plus long et pigmenté, rendant nécessaires des décolorations de plus en plus rapprochées.

C’est pourtant la méthode la plus douce pour les poils fins, et ceci est interessant notamment chez l’enfant et l’adolescent.

LICHEN SCLEREUX : lichen scléro atrophique de la peau, la vulve et du gland

Lichen scléreux : symptômes, traitements et surveillance du risque de cancer

Le lichen scléreux (anciennement lichen scléro-atrophique) est une dermatose inflammatoire chronique qui touche la peau et les muqueuses génitales. Souvent méconnu et diagnostiqué tardivement, il peut entraîner des complications graves non traitées — dont un risque accru de cancer cutané. Un traitement précoce et une surveillance régulière sont indispensables.

Suspicion de lichen scléreux ou démangeaisons génitales persistantes ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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Qu’est-ce que le lichen scléreux ?

Le lichen scléreux est une maladie de cause mal connue, probablement auto-immune. Des cas familiaux et des cas chez des jumeaux ont été décrits. Il est associé à d’autres maladies auto-immunes :

  • Vitiligo, thyroïdite auto-immune
  • Syndrome de Gougerot-Sjögren, lupus érythémateux, sclérodermie
  • Présence fréquente d’auto-anticorps (anti-thyroglobuline, anti-ECM1)
  • Un lien avec la maladie de Lyme a été évoqué sans être confirmé

Deux pics de survenue : avant 6 ans (forme souvent spontanément régressive chez l’enfant) et à la ménopause (forme la plus fréquente et la plus sévère).

Signes cliniques selon la localisation

Localisation Aspect typique Complications sans traitement
Peau (cou, dos, membres) Taches blanches nacrées, brillantes, de quelques mm, légèrement déprimées, à bords « émiettés » avec lésions punctiformes périphériques Atrophie cutanée progressive
Vulve (femme) Plaques blanches porcelainées, prurit intense chronique, fissures, excoriations, saignements, pertes vaginales. Aspect en « 8 » autour de vulve et anus Fusion des petites lèvres, rétrécissement de l’introïtus, douleurs lors des rapports, risque de carcinome épidermoïde
Gland (homme) Début par taches rouges du gland devenant blanches, porcelainées, parfois bleutées. Peau infiltrée et fragile, bulles de sang, fissures, érosions Phimosis (impossibilité de décalotter), sténose du méat urinaire, risque de carcinome pénien
Région anale Extension fréquente vers l’anus chez la femme (aspect en « 8 ») Fissures anales, prurit anal chronique
lichen scléreux vulve plaques blanches porcelainées photo
Lichen scléreux de la vulve — plaques blanches porcelainées

💡 Lichen scléreux de l’homme : rare chez l’homme circoncis — le contact avec les sécrétions du prépuce semble jouer un rôle dans le déclenchement. Le diagnostic est souvent retardé car les taches rouges initiales sont confondues avec une mycose ou une balanite.

Risque de cancer — la complication à ne pas manquer

carcinome épidermoïde sur lichen scléreux chronique photo biopsie
Carcinome épidermoïde développé sur lichen scléreux chronique

⚠️ Le lichen scléreux non traité ou insuffisamment traité expose à un risque de carcinome épidermoïde vulvaire ou pénien de 3 à 5%. Une surveillance annuelle par un dermatologue est indispensable à vie chez l’adulte. Toute lésion érosive persistante, saignotante ou résistante aux corticoïdes doit faire l’objet d’une biopsie sans délai.

Signes d’alarme nécessitant une biopsie urgente :

  • Lésion érosive ou ulcérée qui ne guérit pas sous dermocorticoïdes bien conduits
  • Zone qui saigne spontanément ou au contact
  • Épaississement ou induration localisée
  • Apparition d’une masse ou d’un nodule

Traitement du lichen scléreux

Traitement Indication Remarque
Dermocorticoïdes forts (propionate de clobétasol 0,05%) Forme génitale — traitement de référence Phase d’attaque quotidienne jusqu’à régression, puis entretien espacé. Traitement à vie souvent nécessaire
Tacrolimus 0,1% (Protopic®) Alternative ou relais des dermocorticoïdes Immunomodulateur — évite l’atrophie liée aux corticoïdes prolongés
Rétinoïdes oraux Formes cutanées résistantes Prescription spécialisée
Circoncision Atteinte du prépuce chez l’homme Traitement de choix si phimosis ou atteinte étendue du prépuce
Chirurgie reconstructrice Synéchies vulvaires, rétrécissement de l’introïtus Après contrôle de l’inflammation
circoncision lichen scléreux phimosis traitement photo
Circoncision — traitement du lichen scléreux avec phimosis

Conseils d’hygiène au quotidien

  • Nettoyants surgras sans parfum — savons doux, syndets — jamais de gel douche parfumé ni de lingette
  • Éviter les produits irritants : protège-slips parfumés, lessive avec adoucissant, spermicides
  • Lubrifiants à base d’eau lors des rapports sexuels pour réduire les microtraumatismes
  • Sous-vêtements en coton — éviter les matières synthétiques

Lichen scléreux chez l’enfant

Chez la petite fille (pic avant 6 ans), le lichen scléreux se manifeste par un prurit vulvaire, des fissures et une dépigmentation blanche de la région vulvaire et anale. Il est souvent confondu avec des abus sexuels — le diagnostic dermatologique est important pour éviter cette erreur. La bonne nouvelle : la forme infantile régresse souvent spontanément à la puberté sous l’effet des œstrogènes. Un suivi est néanmoins nécessaire car des rechutes à l’âge adulte sont possibles.

Sources

Questions fréquentes sur le lichen scléreux

Le lichen scléreux guérit-il définitivement ?

Non — le lichen scléreux est une maladie chronique qui ne guérit pas définitivement chez l’adulte. Avec un traitement bien conduit par dermocorticoïdes forts, les symptômes peuvent être totalement contrôlés et les lésions régresser. Mais le traitement d’entretien est le plus souvent nécessaire à vie pour éviter les récidives et réduire le risque de complications. Seule la forme de l’enfant peut régresser spontanément à la puberté.

Les dermocorticoïdes forts sur la vulve ne sont-ils pas dangereux ?

L’inquiétude est compréhensible mais le bénéfice l’emporte largement sur le risque dans le lichen scléreux. Le propionate de clobétasol 0,05% est le traitement de référence recommandé par toutes les sociétés savantes. Appliqué correctement (en quantité minimale, sur la zone atteinte uniquement), il entraîne peu d’effets secondaires. C’est l’absence de traitement qui est dangereuse — les lésions non traitées progressent et augmentent le risque de cancer.

Comment distinguer un lichen scléreux d’une mycose génitale ?

Les deux peuvent donner des démangeaisons et une rougeur vulvaire, mais le lichen scléreux présente des signes distinctifs : peau blanche nacrée ou porcelainée, fissures chroniques, peau fine et fragile qui se déchire au contact, persistance malgré les traitements antifongiques. La mycose s’accompagne de pertes blanches grumeleuses et répond rapidement aux antifongiques. Un dermatologue peut confirmer le diagnostic et, si besoin, réaliser une biopsie.

Le lichen scléreux est-il contagieux ou sexuellement transmissible ?

Non — le lichen scléreux n’est pas contagieux et n’est pas une IST. Il s’agit d’une maladie auto-immune ou inflammatoire, non liée à un agent infectieux transmissible. Il n’est pas nécessaire de traiter le partenaire. En revanche, les rapports sexuels peuvent être douloureux en raison de la fragilité cutanée — l’utilisation de lubrifiants et le traitement actif permettent d’améliorer le confort.

Voir aussi : Boutons sur la vulve / Démangeaisons vulvaires / Vitiligo


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ACNE DU NOURRISSON : les boutons des joues du bébé

Acné du nourrisson et du bébé : pustulose céphalique ou acné infantile ?

L' »acné du nourrisson » est un terme souvent utilisé à tort pour désigner deux entités très différentes qui n’ont en commun que leur localisation sur le visage du bébé. La distinction est essentielle car le pronostic, le mécanisme et la prise en charge sont radicalement différents. Cette confusion est à l’origine de nombreuses consultations inutilement anxieuses — et parfois de traitements inadaptés.

Boutons sur le visage de votre bébé — diagnostic incertain ?
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Sommaire :
Pustulose céphalique (2-6 semaines) |
Acné infantile (6 mois-2 ans) |
Tableau comparatif |
Questions fréquentes

La pustulose céphalique néonatale — entre 2 et 6 semaines de vie

Pustulose céphalique néonatale - improprement appelée acné du nourrisson

La pustulose céphalique néonatale apparaît classiquement entre 2 et 6 semaines de vie. Elle est improprement appelée « acné du nourrisson » car elle n’a pas le même mécanisme que l’acné vraie.

Mécanisme : elle est due à la levure Malassezia (et non à des hormones comme l’acné). Ce champignon fait partie de la flore cutanée normale mais provoque une réaction inflammatoire folliculaire chez certains nouveau-nés.

Aspect clinique : petites papules et pustules rouges sur les joues, le front et le menton — sans comédons (pas de points noirs ni de microkystes). L’absence de comédons est le signe distinctif par rapport à l’acné infantile vraie.

Évolution : bénigne et spontanément résolutive en quelques semaines à mois dans la majorité des cas, sans traitement. En cas de lésions importantes, des topiques antifongiques (kétoconazole crème) peuvent accélérer la guérison.

💡 Rassurant pour les parents : la pustulose céphalique néonatale n’a aucun lien avec le risque de faire de l’acné à l’adolescence. Ce n’est pas une « vraie » acné hormonale.

L’acné infantile — entre 6 mois et 2 ans

L’acné infantile est une acné vraie survenant entre 6 mois et 2 ans, beaucoup plus rare que la pustulose céphalique. Elle touche principalement les garçons et survient souvent dans un contexte d’antécédents familiaux d’acné sévère.

Mécanisme : contrairement à la pustulose céphalique, l’acné infantile est bien une acné hormonale — liée à une hyperstimulation transitoire des glandes sébacées par les androgènes surrénaliens produits en quantité significative dans la première année de vie.

Aspect clinique : présence de comédons (points noirs et microkystes), papules et pustules inflammatoires — parfois nodules. La présence de comédons est le critère diagnostique qui distingue l’acné infantile de la pustulose céphalique. Localisation : visage principalement.

Bilan hormonal : si l’examen clinique de l’enfant est normal (pas de signes d’hyperandrogénie — pilosité excessive, virilisation, avance staturale), il n’est généralement pas utile de réaliser un bilan sanguin hormonal. Ce bilan est en revanche indispensable si l’acné est sévère, précoce (avant 6 mois) ou associée à des signes cliniques évocateurs d’hyperandrogénie.

Traitement : l’acné infantile se traite comme une acné vraie, en adaptant les molécules à l’âge :

Le peroxyde de benzoyle en faible concentration est utilisable en topique. Les rétinoïdes topiques (trétinoïne, adapalène) peuvent être prescrits par le dermatologue. Le zinc oral peut être utile dans les formes modérées. Les cyclines sont formellement contre-indiquées avant 8 ans — elles provoquent une coloration grisâtre permanente des dents en développement (chélation du calcium osseux et dentaire). L’érythromycine orale est l’alternative antibiotique en cas de besoin.

Une question non résolue : le rôle favorisant du fluor (supplémentation en prévention des caries) dans l’acné infantile est évoqué dans la littérature mais non formellement établi. En cas d’acné infantile résistante, certains auteurs recommandent d’interrompre temporairement la supplémentation fluorée pour évaluer un éventuel lien.

Tableau comparatif — pustulose céphalique vs acné infantile

Pustulose céphalique néonatale Acné infantile vraie
Âge d’apparition 2 à 6 semaines de vie 6 mois à 2 ans
Mécanisme Levure Malassezia Hormonal — androgènes surrénaliens
Comédons Absents Présents (points noirs, microkystes)
Sexe prédominant Indifférent Garçons ++
Évolution spontanée Guérison spontanée en semaines Persistance — traitement nécessaire
Traitement Antifongique topique si besoin Rétinoïdes topiques, PBO, zinc (cyclines CI)
Lien avec acné adulte Aucun Possible — risque d’acné sévère à l’adolescence

Questions fréquentes

Mon bébé de 3 semaines a des boutons sur les joues — est-ce de l’acné ?
Non — avant 6 semaines, il s’agit de pustulose céphalique néonatale, due à la levure Malassezia et non à des hormones. Ce n’est pas une vraie acné. Elle régresse spontanément en quelques semaines sans traitement dans la grande majorité des cas. Aucun lien avec l’acné future.

Comment savoir si mon bébé a une acné infantile vraie ou une pustulose ?
Le signe distinctif est la présence de comédons (points noirs et microkystes) : l’acné infantile en a, la pustulose céphalique n’en a pas. L’âge oriente aussi : avant 6 semaines = pustulose ; après 6 mois = acné infantile possible. En cas de doute, une consultation dermatologique permet de trancher facilement à l’examen clinique.

L’acné infantile nécessite-t-elle un bilan hormonal ?
Très rarement. Si l’enfant est cliniquement normal (pas de signe d’hyperandrogénie : pilosité excessive, avance de croissance, virilisation), un bilan hormonal n’est pas nécessaire. Il est indiqué en cas d’acné très sévère, apparue très tôt (avant 6 mois), ou associée à des signes cliniques évocateurs d’une pathologie surrénalienne ou gonadique.

Pourquoi les cyclines sont-elles interdites chez le nourrisson ?
Les cyclines (doxycycline, tétracycline) se fixent sur le calcium en formation — elles provoquent une coloration grisâtre permanente des dents définitives et une perturbation de la minéralisation osseuse chez l’enfant de moins de 8 ans. Cette contre-indication est absolue avant 8 ans. L’érythromycine orale est l’alternative antibiotique utilisable chez le nourrisson.

L’acné infantile prédit-elle une acné sévère à l’adolescence ?
Un antécédent d’acné infantile vraie est associé à un risque accru d’acné plus sévère à la puberté, particulièrement lorsqu’il existe des antécédents familiaux d’acné sévère. Ce n’est pas systématique, mais le suivi dermatologique dès le début de l’adolescence est recommandé chez ces enfants.

Voir aussi : Boutons sur le visage du bébé et de l’enfant — toutes les causes | Guide complet de l’acné | Traitement de l’acné par grade


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ECZEMA DU VISAGE CHEZ L’ENFANT : soigner l’exema des joues

Eczema du visage chez l’enfant et le bébé

L’eczema du visage est une des causes fréquentes de plaques sur les joues des enfants et des bébés

En cas d’eczema sur le visage chez l’enfant ou le bébé, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue

Il confirmera l’eczema atopique des joues


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Pourquoi mon enfant a-t-il de l’eczema du visage?

Les certitudes dans l’eczema atopique de l’enfant

La génétique

Il existe des facteurs génétiques dans l’eczema de l’enfant et du nourrisson puisque 60% des parents ayant un enfant atopique, ont ou ont eu un signe d’atopie (un eczema atopique par exemple).
On retrouve souvent des antécédents d’allergies dans la famille.

Une hyper réactivité de la peau

Les enfants atopiques sont hyper réactifs à leur environnement

C’est-à-dire que les enfants et les nourrissons ayant de l’eczema réagissent plus facilement de manière allergique aux substances qu’ils rencontrent dans leur vie courante (poussières, poils d’animaux…)

Les enfants ayant de l’eczema ont une peau sèche

Les enfants et les nourrissons ayant de l’eczema ont une peau plus sèche et  » fissurée « , laissant pénétrer les allergènes dans la peau. La peau de l’enfant ou du nourrisson ayant de l’eczema « laisse donc pénétrer » les substances et leur permet de rentrer en contact avec les cellules immunitaires de la peau C’est pourquoi la lutte contre la peau sèche par l’hydratation et le respect de l’équilibre de la peau sont donc prépondérant et font partie intégrante du traitement de l’eczema de l’enfant et du nourrisson

Ce n’est pas rare et de plus en plus fréquent

L’eczema atopique concerne environ 10% des enfants

Il y a de plus en plus d’enfants et de nourrisson ayant de l’eczema depuis plusieurs décennies

Les autres hypothèses

Il y a de nombreuses hypothèses développée ici : causes de l’eczema atopique

Comment soigner l’eczema du visage de l’enfant

Mon enfant a des plaques d’eczema du visage

Le traitement des poussées d’eczema atopique peut faire intervenir principalement des médicaments diminuant le grattage (antihistaminiques), et des produits locaux intensifiant l’hydratation de la peau ainsi que des crèmes à la cortisone.
Les crèmes cortisonées peuvent être utilisées chez l’enfant. Il faut simplement les utiliser uniquement apres diagnostic par le médecin de l’eczema et veiller à les appliquer correctement selon les indications du médecin.
Les parents ont souvent peur dutiliser les crèmes cortisonées. Il faut savoir que ce sont les principales crèmes efficaces contre la poussée d’eczéma. Il vaut mieux un enfant qui s’épanouit avec une peau saine qu’un enfant qui dort mal et se gratte. Il suffit de bien utiliser les crèmes cortisonées (sous prescription médicale)

utiliser plutôt des crèmes à la cortisone de force moyenne,

en appliquer uniquement sur les zones d’eczéma fraîchement nettoyées, jusquà efficacité (environ 4 à 7 j)

et décroître progressivement les applications ensuite.
On considère que les crèmes à la cortisone peuvent être utilisés pour chaque poussée jusqu’à une quantité approximative de 1 tube pour un enfant de 4-5 ans.

Au-delà, il faut savoir reconsulter pour réévaluer le traitement et le bilan allergologique.

Les autres traitements de l’eczema de l’enfant et du bébé

On peut citer parmi les autres traitements les macrolides immunosuppresseurs, la photothérapie après 8 ans, les anti histaminiques, les probiotiques etc.

Comment éviter l’exema des joues du bébé ou de l’enfant?

Les enfants ayant de l’eczema atopique ont une peau sèche qui laisse plus facilement pénétrer les allergènes.

Il faut donc lutter contre cette sécheresse de la peau en appliquant des crèmes hydratantes, en évitant les bains trop chauds et prolongés et en utilisant des savons doux (de type surgras par exemple)


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PLAQUES ROUGES DU VISAGE DE L’ENFANT : plaques qui démangent les joues de bébé

Plaques rouges sur le visage (joues) de l’enfant ou du bébé

Cet article en vidéo :


Le visage, constamment en contact avec nos interlocuteurs, est un peu le reflet de notre enfant… avoir des plaques rouges sur le nez, le menton, les joues, le front n’est jamais agréable pour l’enfant et les parents

Les joues constituent une zone développée chez l’enfant, très convexe et donc très sujette aux frottements et en contact avec le milieu extérieur. Il est donc fréquent d’observer des plaques rouges des joues du bébé et de l’enfant

En cas de plaques rouges sur le visage (notamment les joues) chez votre enfant ou votre bébé, il faut consulter :

La consultation du médecin est indispensable afin d’obtenir un diagnostic précis.

Le médecin envisagera les différents diagnostics en cas de plaques rouges sur le visage (les joues notamment)

Le médecin va s’orienter en fonction d’éléments anamnestiques (est-ce que ce sont des plaques rouges qui grattent, qui brulent… ), topographiques (plaques rouges sur les joues uniquement… ) et cliniques (pustules, folliculite, points noirs, fièvre… )

Il évoquera plusieurs diagnostics, on peut citer parmi ceux-ci :

angiomes

encore appelés « fraises » du visage

fraise bébé
« Fraise » sur le visage d’un bébé

 

impetigo

une infection à streptocoque ou staphylocoque du visage, donnant des croutes comme du miel cristallisé (attention, de nombreuses autres dermatoses peuvent avoir cet aspect en se surinfectant)

impetigo
Impetigo du visage

acné du nourrisson

terme impropre pour la pustulose céphalique du nouveau né entre 2 et 6 semaines de vie

acne nourrisson
Pustulose céphalique improprement appelée acné du nourrisson

 

eczema atopique

dans sa forme de début vers 1 à 3 mois, donnant des plaques rouges sur les joues de l’enfant ou du bébé

eczema enfant
eczema atopique du visage

la rosacée de l’enfant

rosacee de l'enfant
Rosacée de l’enfant

Megalerytheme epidemique

Joues rouges et fièvre : mégalérythème épidémique?
Joues rouges et fièvre : mégalérythème épidémique?

Voir l’article megalerytheme

etc…

En fonction du diagnostic, le médecin vous apportera un traitement approprié

BOUTONS / PLAQUES AUTOUR DE LA BOUCHE CHEZ L’ENFANT : comment les soigner

Boutons et plaques autour de la bouche chez l’enfant ou le bébé : causes et traitements

Boutons et plaques rouges autour de la bouche chez l'enfant

Les boutons et plaques autour de la bouche chez l’enfant ou le bébé inquiètent souvent les parents — et les causes sont nombreuses. Le pourtour de la bouche est une zone particulièrement exposée chez le jeune enfant : contact avec la sucette, tic de léchage des lèvres, bave, frottements — autant de facteurs qui fragilisent la barrière cutanée et favorisent les dermatoses péri-orales. Le diagnostic précis est indispensable car les traitements sont très différents selon la cause.

Plaques autour de la bouche qui persistent ? Besoin d’un diagnostic rapide ?
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Sommaire :
Boutons qui grattent |
Boutons qui brûlent |
Dermite péri-orale — la cause la plus fréquente |
Autres causes fréquentes |
Tableau récapitulatif |
Questions fréquentes

Comment le médecin oriente le diagnostic

Face à des boutons ou plaques péri-oraux chez l’enfant, le médecin s’appuie sur trois éléments : l’âge de l’enfant (dermite péri-orale très fréquente avant 6 ans, acné à partir de la puberté), les symptômes fonctionnels (prurit = eczéma ou dermite, brûlures = herpès ou dermite péri-orale, indolore = impétigo ou molluscum) et l’aspect clinique (croûtes couleur miel = impétigo, vésicules groupées = herpès, plaques sèches rouges = dermite péri-orale ou eczéma, pustules sans points noirs = dermite péri-orale évolée). L’interrogatoire précise aussi l’utilisation d’une sucette, le tic de léchage, l’application de crèmes à la cortisone — facteurs déclenchants classiques.

Boutons autour de la bouche qui grattent ou démangent

Dermite péri-orale — la cause la plus fréquente chez l’enfant

Dermite péri-orale chez l'enfant - plaques rouges et sèches autour de la bouche

La dermite péri-orale est la première cause de plaques rouges et sèches autour de la bouche chez le jeune enfant. Elle peut débuter dès 6 mois et survient surtout avant 5-6 ans, plus fréquemment chez les petites filles à peau claire. Elle se manifeste par des plaques rouges, sèches, légèrement squameuses formant un halo autour de la bouche — prurigineuses ou légèrement brûlantes, souvent aggravées en hiver.

Les deux facteurs aggravants principaux sont la sucette (tétine) — le contact répété fragilise la barrière cutanée péri-orale — et le tic de léchage des lèvres sèches — la salive acide macère la peau et entretient la dermite. L’utilisation de crèmes à la cortisone sur ces lésions aggrave paradoxalement le tableau et peut faire évoluer la dermite vers une forme pustuleuse.

Traitement : le médecin prescrit des crèmes antibiotiques (métronidazole, érythromycine topique) ou antifongiques selon l’aspect. La clé du traitement est l’éviction de la sucette et la correction du tic de léchage — souvent difficile à obtenir chez le jeune enfant. L’application d’une crème à l’oxyde de zinc la nuit crée une barrière physique contre le contact avec la sucette. La réponse au traitement est bonne mais nécessite de la patience : 3 à 4 mois. Les formes pustuleuses nécessitent des antibiotiques par voie orale (érythromycine ou métronidazole oral) pendant 3 à 4 mois. Voir l’article de référence sur la dermite péri-orale de l’enfant (PubMed 2015).

Eczéma du visage

L’eczéma péri-oral donne des plaques rouges, suintantes, très prurigineuses, souvent dans le cadre d’un eczéma atopique plus diffus. Il touche fréquemment les joues et le pourtour de la bouche chez le nourrisson. Les antécédents familiaux d’allergie, d’asthme ou d’eczéma orientent le diagnostic. Traitement : émollients quotidiens et dermocorticoïdes en poussée.

Urticaire péri-orale

L’urticaire péri-orale chez l’enfant est souvent d’origine alimentaire — elle apparaît rapidement (minutes) après le contact avec un aliment allergisant (arachide, lait, œuf, fruits à coque…) et ressemble à des plaques de piqûres d’ortie, fugaces et mobiles. Elle est distincte des autres causes par sa rapidité d’apparition et sa résolution spontanée en quelques heures. En cas d’urticaire étendue ou accompagnée de symptômes digestifs ou respiratoires, consulter en urgence — risque d’anaphylaxie.

Dermite séborrhéique

La dermite séborrhéique peut donner des plaques rouges et grasses autour de la bouche, des ailes du nez et des sourcils. Chez le nourrisson, elle se confond parfois avec la croûte de lait. Légèrement prurigineuse. Traitement : antifongiques topiques (kétoconazole) et émollients doux.

Boutons autour de la bouche qui brûlent

Herpès labial — bouton de fièvre

L’herpès labial (HSV-1) donne des vésicules groupées « en bouquet » sur fond érythémateux, précédées de brûlures ou picotements caractéristiques quelques heures avant l’éruption. La primo-infection herpétique chez l’enfant peut être sévère (gingivostomatite herpétique avec fièvre élevée, lésions buccales douloureuses, refus d’alimentation) et nécessite un traitement antiviral rapide (aciclovir). Les récurrences sont ensuite plus localisées et limitées. Attention : ne jamais appliquer de dermocorticoïdes sur une lésion herpétique — aggravation sévère garantie.

Rosacée de l’enfant

La rosacée est rare chez l’enfant mais possible — rougeurs persistantes des joues et du nez, télangiectasies, sensation de chaleur et brûlure. Voir la page sur les boutons du visage de l’enfant pour le diagnostic différentiel complet.

Autres causes fréquentes de boutons péri-oraux chez l’enfant

Impétigo péri-oral — croûtes couleur miel

Impétigo près de la bouche chez l'enfant - croûtes jaunes couleur miel

L’impétigo péri-oral est une infection bactérienne (streptocoque ou staphylocoque) très contagieuse donnant des croûtes jaunâtres couleur miel, classiquement autour de la bouche et du nez. Peu douloureux, il se propage par contact direct et est fréquent en collectivité. Il nécessite un traitement antibiotique (local ou général selon l’étendue) et l’enfant ne peut retourner en collectivité qu’après 48h de traitement. Ne pas confondre avec la dermite péri-orale — l’impétigo donne des croûtes épaisses jaunâtres, la dermite des plaques sèches rouges sans croûtes.

Acné juvénile péri-orale

L’acné peut toucher le pourtour de la bouche à partir de la puberté — papulo-pustules avec comédons (microkystes et points noirs) caractéristiques. L’absence de points noirs oriente plutôt vers une dermite péri-orale. Voir le guide du traitement de l’acné.

Tableau récapitulatif — boutons péri-oraux chez l’enfant

Diagnostic Âge typique Aspect / symptôme clé Traitement principal
Dermite péri-orale 6 mois – 6 ans Plaques rouges sèches, tic de léchage, sucette Arrêt sucette + antibiotiques topiques 3-4 mois
Eczéma atopique 1 mois – 5 ans Plaques rouges suintantes, très prurigineuses Émollients + dermocorticoïdes
Herpès labial Tout âge Vésicules groupées, brûlures précédant l’éruption Aciclovir (primo-infection surtout)
Impétigo 2-10 ans Croûtes jaunâtres couleur miel, contagieux Antibiotiques (local ou oral)
Urticaire alimentaire Tout âge Plaques ortie fugaces, après contact alimentaire Antihistaminiques — urgence si anaphylaxie
Dermite séborrhéique 0-3 mois / adulte Plaques rouges grasses, ailes du nez + sourcils Antifongiques topiques
Acné juvénile 12-15 ans Papulo-pustules + comédons (points noirs) Traitements topiques anti-acné

Questions fréquentes

Comment savoir si c’est une dermite péri-orale ou de l’eczéma autour de la bouche ?
La dermite péri-orale forme un halo rouge et sec strictement autour de la bouche, souvent aggravé par la sucette ou le léchage des lèvres. L’eczéma atopique est plus diffus, touche aussi les joues et les plis, et est extrêmement prurigineux. La dermite péri-orale s’améliore avec les antibiotiques topiques, l’eczéma avec les dermocorticoïdes. Appliquer des dermocorticoïdes sur une dermite péri-orale l’aggrave — c’est pourquoi le diagnostic précis est indispensable avant tout traitement.

La dermite péri-orale disparaît-elle avec l’arrêt de la sucette ?
L’arrêt de la sucette est la mesure la plus importante mais ne suffit pas toujours seul. Il faut l’associer à un traitement topique antibiotique ou antifongique et corriger le tic de léchage des lèvres. La guérison prend 3 à 4 mois même avec un traitement bien conduit. La patience est indispensable — rechutes fréquentes si la sucette est reprise ou si le tic de léchage persiste.

L’herpès labial de l’enfant nécessite-t-il toujours un traitement ?
La primo-infection herpétique (première fois) chez le jeune enfant peut être sévère — gingivostomatite fébrile avec refus d’alimentation et lésions buccales douloureuses — et nécessite un traitement antiviral rapide (aciclovir oral) et parfois une hospitalisation pour hydratation. Les récurrences ultérieures (bouton de fièvre simple) sont souvent moins sévères et peuvent être traitées localement par aciclovir topique dès les premiers picotements. Ne jamais appliquer de cortisone sur une lésion herpétique.

Les plaques rouges autour de la bouche sont-elles contagieuses à l’école ?
Cela dépend de la cause. L’impétigo est contagieux et impose l’éviction scolaire jusqu’à 48h de traitement antibiotique. L’herpès est contagieux lors des poussées (contact direct avec les lésions). La dermite péri-orale, l’eczéma et l’urticaire ne sont pas contagieux. En cas de doute sur le diagnostic, consulter avant de ramener l’enfant en collectivité.

Doit-on s’inquiéter d’une urticaire localisée autour de la bouche après un repas ?
Une urticaire péri-orale isolée après contact alimentaire (plaques rouge, gonflées, qui disparaissent en quelques heures) est souvent bénigne mais mérite une consultation pour identifier l’aliment responsable et prescrire un antihistaminique. Si l’urticaire s’étend, s’accompagne de gonflement des lèvres ou de la gorge (œdème de Quincke), de difficultés respiratoires ou de malaise, appeler le 15 immédiatement — c’est une urgence anaphylactique.


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BOUTONS VISAGE ENFANT : les boutons sur les joues de l’enfant et du bébé

Boutons sur le visage de l’enfant et du bébé : causes, diagnostic et traitement

Les boutons sur le visage d’un enfant ou d’un bébé inquiètent souvent les parents — et à juste titre, car les causes sont nombreuses et les traitements très différents selon le diagnostic. Les joues du bébé, très convexes et constamment en contact avec le milieu extérieur (frottements, bave, chaleur), sont la zone la plus souvent touchée. Un bouton sur la joue d’un nourrisson de 3 semaines n’a pas la même signification qu’un bouton croûteux apparu brutalement chez un enfant de 5 ans après une coupure.

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Sommaire :
Quand consulter |
Comment le médecin diagnostique |
Causes chez le nourrisson |
Causes chez l’enfant |
Tableau récapitulatif |
Questions fréquentes

Quand consulter en urgence vs en consultation habituelle

La consultation médicale est indispensable pour tout bouton du visage de l’enfant ou du bébé dont la cause n’est pas évidente. Un diagnostic précis est nécessaire avant tout traitement — certaines causes sont bénignes et évolutives spontanément, d’autres nécessitent un traitement antibiotique urgent.

Consulter rapidement (dans les 24-48h) si les boutons s’accompagnent de fièvre, si des croûtes jaunâtres comme du miel apparaissent (impétigo possible — contagieux), si un bouton rouge grossit rapidement et devient chaud et douloureux (furoncle ou abcès), ou si l’enfant se gratte intensément et semble souffrir.

Consultation habituelle pour des boutons indolores sans fièvre, évoluant lentement, sans modification rapide d’aspect.

Comment le médecin établit le diagnostic

Le médecin oriente son diagnostic selon trois axes complémentaires. L’interrogatoire précise l’âge de l’enfant (élément clé — les causes varient radicalement entre nouveau-né et enfant de 8 ans), la date d’apparition et l’évolution, la notion de fièvre ou de contage (camarades atteints), les antécédents d’allergie ou d’eczéma familiaux, et le caractère prurigineux (qui gratte) ou non. La topographie des lésions — joues uniquement, tout le visage, autour de la bouche, sur le cuir chevelu — oriente fortement le diagnostic. L’aspect clinique — pustules, vésicules, papules, croûtes, ombilication — permet souvent de conclure à lui seul.

Causes de boutons du visage chez le nourrisson (0-12 mois)

Pustulose céphalique néonatale — improprement appelée « acné du nourrisson »

Pustulose céphalique néonatale - boutons du nourrisson entre 2 et 6 semaines

La pustulose céphalique néonatale apparaît entre 2 et 6 semaines de vie — petites pustules et papules rouges sur les joues, le front et le menton du nouveau-né. Elle est souvent confondue avec l’acné juvénile mais n’en est pas une — elle est liée à la colonisation par des levures Malassezia et non à un dérèglement hormonal. Elle régresse spontanément en quelques semaines à mois, sans traitement dans la majorité des cas. Aucun lien prouvé avec le risque de faire de l’acné à l’adolescence.

Eczéma atopique — début vers 1 à 3 mois

Eczéma atopique du visage chez le nourrisson - joues rouges

L’eczéma atopique débute classiquement vers 1 à 3 mois sur les joues du nourrisson — plaques rouges, suintantes, croûteuses, très prurigineuses. Il touche 15 à 20 % des nourrissons dans les pays industrialisés. Le caractère prurigineux intense (le bébé se frotte le visage) et les antécédents familiaux d’allergie, d’asthme ou d’eczéma orientent fortement le diagnostic. Le traitement repose sur les émollients quotidiens et les dermocorticoïdes lors des poussées.

Angiomes — « fraises » du visage

Angiome fraise hémangiome sur le visage d'un bébé

Les angiomes (hémangiomes infantiles) apparaissent dans les premières semaines de vie comme une tache rouge plate, puis gonflent progressivement en « fraise » rouge vif. Ils touchent 5 à 10 % des nourrissons, avec une prédominance féminine. La grande majorité régresse spontanément entre 5 et 10 ans. Cependant, les angiomes du visage — surtout périorbitaires ou de grande taille — nécessitent un suivi dermatologique pour surveiller une éventuelle complication (ulcération, gêne visuelle) et discuter un traitement par propranolol si nécessaire.

Causes de boutons du visage chez l’enfant (1-15 ans)

Impétigo — croûtes couleur miel

Impétigo du visage chez l'enfant - croûtes jaunâtres couleur miel

L’impétigo est une infection bactérienne superficielle de la peau due au streptocoque ou au staphylocoque. Il se caractérise par des vésico-pustules évoluant rapidement vers des croûtes jaunâtres à l’aspect de miel cristallisé. C’est l’infection cutanée bactérienne la plus fréquente chez l’enfant — très contagieux, il se transmet par contact direct et est souvent épidémique en collectivité. Le traitement antibiotique (local ou général selon l’étendue) est indispensable et efficace. L’enfant ne peut retourner en collectivité qu’après 48h de traitement.

Molluscum contagiosum — petites perles ombiliquées

Molluscum contagiosum chez l'enfant - petites tumeurs bénignes ombiliquées

Le molluscum contagiosum est une infection virale bénigne donnant de petites papules rondes, blanc nacré, avec une dépression centrale caractéristique (ombilication). Indolores, ils n’inquiètent pas l’enfant mais peuvent être nombreux et s’étendre. Très fréquents entre 2 et 10 ans, transmis par contact direct. La grande majorité régresse spontanément en 6 à 18 mois. Le traitement (curetage, cryothérapie, imiquimod) est discuté selon le nombre, la localisation et la gêne.

Verrues du visage

Verrue papillome verruqueux sur la paupière d'un enfant

Les verrues du visage peuvent prendre deux formes : les papillomes verruqueux (excroissances filiformes ou en chou-fleur, fréquents sur les paupières, le cou, le pourtour des lèvres) et les verrues planes (petites papules de quelques millimètres, couleur chamois-brun, souvent groupées en plaques). Les verrues planes du visage sont fréquemment méconnues car très discrètes. Elles régressent spontanément dans 65 % des cas en 1 à 4 ans chez l’enfant. Le traitement (cryothérapie, acide salicylique, laser) est discuté selon l’évolution et la demande.

Rosacée de l’enfant

Rosacée de l'enfant - rougeurs et boutons sur les joues

La rosacée chez l’enfant est rare mais possible. Elle se manifeste par des rougeurs persistantes des joues et du nez, des télangiectasies (petits vaisseaux visibles) et des papulo-pustules. Elle est souvent confondue avec l’eczéma atopique ou l’acné. Le diagnostic est clinique et le traitement similaire à celui de l’adulte (métronidazole topique, protection solaire stricte).

Acné juvénile

L’acné proprement dite (comédons, papulo-pustules liés à l’hyperséborrhée hormonale) démarre généralement à la puberté — entre 12 et 15 ans. Une acné avant 8 ans doit faire rechercher une cause endocrinienne (hyperandrogénie, tumeur surrénalienne). Voir le guide complet du traitement de l’acné.

Tableau récapitulatif — boutons du visage chez l’enfant

Diagnostic Âge typique Aspect caractéristique Évolution sans traitement
Pustulose céphalique 2-6 semaines Pustules joues/front, non prurigineuses Régression spontanée en semaines
Eczéma atopique 1-3 mois Plaques rouges suintantes, très prurigineuses Poussées chroniques — traitement nécessaire
Angiome « fraise » 0-3 mois Tache rouge gonflée, souple Régression spontanée 5-10 ans
Impétigo 2-10 ans Croûtes couleur miel, contagieux Antibiotiques obligatoires
Molluscum contagiosum 2-10 ans Perles blanc nacré ombiliquées Régression 6-18 mois
Verrues planes 5-12 ans Petites plaques chamois-brun discrètes 65 % régression spontanée 1-4 ans
Acné juvénile 12-15 ans Comédons, papulo-pustules Traitement dermatologique recommandé

Questions fréquentes

Mon bébé de 3 semaines a des boutons sur les joues — est-ce grave ?
Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’une pustulose céphalique néonatale (improprement appelée « acné du nourrisson ») — bénigne, très fréquente entre 2 et 6 semaines, liée à des levures Malassezia et non à des hormones. Elle régresse spontanément en quelques semaines sans traitement. Si les boutons s’accompagnent de fièvre, de suintement, ou s’ils ressemblent à des croûtes de miel, consulter rapidement pour éliminer un impétigo.

Comment distinguer l’eczéma de l’impétigo sur le visage d’un enfant ?
L’eczéma donne des plaques rouges, plutot symétriques, très prurigineuses, souvent sur fond de peau sèche — il évolue par poussées et s’améliore avec les dermocorticoïdes. L’impétigo donne des lésions asymétriques, s’étendant rapidement, avec des croûtes jaunâtres caractéristiques couleur miel, peu douloureuses mais contagieuses — il nécessite des antibiotiques. En cas de doute, le médecin tranche facilement à l’examen clinique.

Les molluscum contagiosum doivent-ils être traités chez l’enfant ?
Pas systématiquement. La majorité régresse spontanément en 6 à 18 mois. Le traitement (curetage, cryothérapie) est douloureux et traumatisant pour le jeune enfant. Il est discuté en cas de lésions très nombreuses, de localisation gênante (paupières), d’extension rapide ou de lésions chez un enfant immunodéprimé. En collectivité, l’éviction n’est pas recommandée mais les contacts directs avec la peau sont à éviter.

Un angiome « fraise » sur le visage d’un bébé doit-il être opéré ?
La majorité des angiomes régresse spontanément et ne nécessite pas de traitement. Cependant, les angiomes du visage méritent un suivi dermatologique — en particulier s’ils sont périorbitaires (risque d’amblyopie), de grande taille, s’ils ulcèrent ou grossissent rapidement. Le propranolol oral est le traitement de référence des angiomes nécessitant une intervention — il est très efficace et bien toléré s’il est initié précocement (avant 5 mois de vie idéalement).

À quel âge l’acné peut-elle commencer chez l’enfant ?
L’acné vraie (liée à l’hyperséborrhée hormonale pubertaire) débute généralement entre 12 et 15 ans. Une acné avant 8 ans est anormale et doit faire rechercher une cause endocrinienne — hyperandrogénie, hyperplasie congénitale des surrénales, tumeur surrénalienne. Consulter le dermatologue et un endocrinologue pédiatrique dans ce cas.


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TACHE DE VIN : l’angiome plan ou « tache de vin »

Angiome plan (tache de vin) : causes, symptômes et traitement laser

L’angiome plan, communément appelé tache de vin, est une malformation vasculaire cutanée présente dès la naissance. C’est la forme la plus fréquente de malformation capillaire. Contrairement à d’autres taches de naissance, il ne régresse jamais spontanément — sauf dans certaines formes particulières — et nécessite un traitement laser pour disparaître.

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Qu’est-ce qu’un angiome plan ?

L’angiome plan est une tache rouge pâle à violet foncé, froide au toucher, siégeant fréquemment sur le visage. Il résulte d’une dilatation permanente des capillaires superficiels de la peau, présente dès la naissance.

Quelques chiffres clés :

  • Touche 0,5% des nouveau-nés
  • Affecte autant les filles que les garçons
  • S’étend progressivement avec la croissance de l’enfant
  • Ne régresse jamais spontanément, sauf dans les formes médio-frontales (baiser de l’ange) et cervicales (morsure de cigogne)

Les deux types d’angiome plan

On distingue classiquement deux formes :

  • Angiome plan en nappe : couleur rose-rouge pâle, bords irréguliers et émiettés
  • Angiome plan géographique (tache de vin) : bien délimité, couleur bordeaux-violacée plus sombre, en forme de continent — c’est la forme classique de la « tache de vin »
angiome plan tache de vin visage Gorbatchev
Angiome plan du front à type de tache de vin — Mikhaïl Gorbatchev

Diagnostic de l’angiome plan chez le nouveau-né

Bien que présent dès la naissance, le diagnostic n’est pas toujours évident dans les premiers jours de vie :

  • La peau du nouveau-né est naturellement rouge-violacée, ce qui peut masquer une tache rosée mal délimitée
  • Les taches pigmentées (nævus congénital, tache café au lait) peuvent être très claires voire rosées à la naissance, difficiles à distinguer d’un angiome plan

En cas de doute, le pédiatre ou dermatologue revoit le bébé à 2-3 mois de vie — les taches se sont alors constituées et individualisées, rendant le diagnostic plus facile.

Quand s’inquiéter d’un angiome plan ?

La majorité des angiomes plans se limitent à l’atteinte cutanée et sont bénins. Mais certains signes doivent alerter et nécessitent des examens complémentaires :

  • Angiome chaud au toucher → échodoppler à la recherche d’une anomalie vasculaire
  • Angiome dans le territoire du nerf trijumeau ou dorsal médian → IRM cérébrale
  • Angiome s’étendant à un membre entier → radiographie et doppler
  • Atteinte périoculaire → bilan ophtalmologique (risque de glaucome)

Ces formes particulières peuvent s’associer à des syndromes complexes :

  • Syndrome de Sturge-Weber (syndrome neuro-oculo-cutané) : angiome plan facial + angiome leptoméningé + glaucome
  • Syndrome de Klippel-Trenaunay : angiome plan d’un membre associé à un gigantisme progressif du membre atteint
  • Syndrome de Parkes-Weber : association de malformations vasculaires à flux lent et rapide
  • Syndrome de Servelle-Martorell : malformation veineuse, angiome plan et hypotrophie osseuse

Traitement de l’angiome plan

Le traitement de référence de l’angiome plan est le laser vasculaire, notamment le laser à colorant pulsé (PDL). Il cible spécifiquement les vaisseaux dilatés sans abîmer la peau environnante.

Voir notre article complet sur le traitement de l’angiome au laser.

Quelques points importants sur le traitement laser :

  • Plus tôt le traitement est commencé, meilleurs sont les résultats — la peau du nourrisson répond mieux au laser
  • Plusieurs séances sont nécessaires (généralement 5 à 15 selon l’étendue et la profondeur)
  • Les formes roses et peu épaisses répondent mieux que les formes bordeaux épaisses
  • Le laser ne garantit pas une disparition complète mais permet une décoloration significative dans la majorité des cas

Sources

Questions fréquentes sur l’angiome plan

L’angiome plan disparaît-il tout seul ?

Non, l’angiome plan ne régresse jamais spontanément, sauf dans deux formes particulières : le « baiser de l’ange » (tache médio-frontale) et la « morsure de cigogne » (tache cervicale), qui disparaissent généralement dans les premières années de vie. Toutes les autres formes persistent et s’étendent avec la croissance.

À quel âge traiter un angiome plan au laser ?

Le plus tôt possible — idéalement dès les premiers mois de vie. La peau du nourrisson est plus fine et les vaisseaux moins profonds, ce qui améliore la réponse au laser. Un traitement précoce réduit également l’impact psychologique de la tache pendant l’enfance.

L’angiome plan est-il dangereux ?

Dans la grande majorité des cas, l’angiome plan est une lésion bénigne sans conséquence sur la santé. Cependant, certaines localisations (autour de l’œil, sur le front, sur un membre entier) nécessitent des examens complémentaires pour éliminer des syndromes associés comme le syndrome de Sturge-Weber.

Combien de séances laser faut-il pour traiter un angiome plan ?

En moyenne 5 à 15 séances selon l’étendue, la localisation et la couleur de l’angiome. Les formes roses et peu épaisses répondent mieux. Un intervalle de 2 à 3 mois est généralement respecté entre chaque séance. Voir notre article sur le traitement au laser.

L’angiome plan est-il pris en charge par l’Assurance Maladie ?

Oui, le traitement laser de l’angiome plan est pris en charge par l’Assurance Maladie lorsqu’il est réalisé dans un centre agréé, notamment pour les formes du visage chez l’enfant. Renseignez-vous auprès de votre dermatologue ou centre laser.


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FRAISE DU BEBE : l’hémangiome ou fraise

Fraise du bébé (hémangiome) : causes, évolution et traitement

L’hémangiome infantile, communément appelé « fraise », est la tumeur vasculaire bénigne la plus fréquente de la petite enfance. Il fait partie des angiomes du bébé et touche 5 à 10% des nourrissons. Dans la grande majorité des cas, il régresse spontanément sans traitement.

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hémangiome fraise bébé cuir chevelu
Hémangiome du cuir chevelu

Pourquoi mon bébé a-t-il une fraise ?

L’hémangiome infantile est aussi appelé hémangiome immature ou caverneux. Il est plus fréquent dans les populations d’origine européenne (20 fois moins fréquent sur peau noire) et touche davantage les filles que les garçons (2,5 à 4 filles pour 1 garçon).

Il est généralement sporadique, mais certains facteurs de risque ont été identifiés :

  • Antécédent familial d’hémangiome
  • Âge maternel élevé
  • Prématurité ou petit poids de naissance
  • Grossesse gémellaire
  • Anomalies placentaires
  • Hypertension artérielle gravidique ou pré-éclampsie
fraise hémangiome visage bébé
« Fraise » sur le visage d’un bébé

La fraise de mon bébé est-elle dangereuse ?

L’hémangiome est une tumeur rouge ou de couleur peau normale, ferme et élastique, légèrement chaude à la palpation, mais qui ne bat pas. Il mesure généralement quelques centimètres (80% font moins de 3 cm) et siège le plus souvent sur la tête et le cou (60% des cas), notamment sur les proéminences (nez, pommettes) et le centre du visage.

⚠️ Hémangiomes segmentaires faciaux : vigilance accrue
Les hémangiomes segmentaires du visage (répartis sur un segment entier) font 10 fois plus de complications que les formes localisées. Ils sont associés à des malformations sous-jacentes et s’ulcèrent souvent.

Parmi les malformations redoutées figure le syndrome PHACES :

  • Anomalies de la fosse Postérieure
  • Hémangiome facial
  • Anomalies Artérielles intra et extra-crâniennes
  • Anomalies Cardiaques congénitales et Coarctation aortique
  • Anomalies oculaires (Eye)
  • Anomalies Sternales et ventrales

Tout nouveau-né porteur d’un hémangiome facial étendu et segmentaire de plus de 5 cm², notamment en zone frontopalpébrale, doit bénéficier de :

  • Une IRM cérébrale
  • Un examen ophtalmologique
  • Une échographie cardiaque et des gros vaisseaux

Les 3 formes de fraise (hémangiome)

1. Superficiel (tubéreux)

Rouge vif, à bords nets, en relief, « posé sur la peau », à surface mamelonnée irrégulière. C’est la classique « fraise ».

hémangiome fraise superficiel rouge bébé
Hémangiome superficiel en « fraise »

2. Profond

Tuméfaction arrondie et chaude sous une peau normale ou bleutée — moins visible mais souvent plus volumineuse.

3. Mixte

Association d’une composante superficielle tubéreuse (apparaissant souvent en premier) et d’une composante profonde qui lui donne un contour bleuté.

Comment évolue la fraise de mon bébé ?

L’hémangiome infantile n’est pas présent à la naissance — c’est ce qui le distingue de l’hémangiome congénital. Il peut exister des taches prémonitoires chez le nouveau-né : une tache blanche (hamartome anémique) ou une tache rouge avec télangiectasies.

L’hémangiome évolue en 3 phases :

  • Phase de prolifération (3 à 8 mois) : l’angiome pousse et augmente de volume
  • Phase de latence (vers la fin de la 1re année)
  • Phase de régression spontanée jusqu’à 5-7 ans — régression complète dans 90% des cas à 4 ans

Cependant, dans 70% des cas il persiste des séquelles variables : résidu fibro-graisseux, peau plus lâche et fine, télangiectasies résiduelles (traitables par laser).

Comment traiter la fraise de mon bébé ?

Compte tenu de la régression spontanée, la règle est l’abstention thérapeutique et la surveillance chez plus de 80% des bébés. Cependant un traitement s’impose en cas de signes alarmants :

  • Mise en jeu du pronostic vital (hémangiome près de la gorge)
  • Menace sur une fonction (près du nez, de la bouche, de l’œil)
  • Ulcération : plaie au pôle supérieur de l’angiome
  • Risque de préjudice esthétique majeur
hémangiome fraise bébé visage risque fonctionnel esthétique
Hémangiome avec risque fonctionnel et esthétique

Le propranolol — traitement de première ligne

Le propranolol (bêtabloquant), dont l’efficacité a été découverte par l’équipe bordelaise de dermatologie pédiatrique, est devenu le traitement médical de référence des hémangiomes compliqués. Dans plus de 80% des cas, on observe dès les premières heures un affaissement et un changement de couleur, puis une régression en quelques mois.

Plus le traitement est donné tôt, plus on stoppe efficacement la phase de croissance (6 à 9 mois).

Posologie progressive sous surveillance médicale :

  • 1 mg/kg/jour pendant 1 semaine
  • 2 mg/kg/jour pendant 1 semaine
  • 3 mg/kg/jour en dose d’entretien (matin et fin d’après-midi, au cours du repas)

Principaux effets secondaires à surveiller : hypoglycémies, bronchospasme lors des bronchiolites, malaises, hypotension. Le traitement est initié en milieu hospitalier puis poursuivi à domicile.

Autres traitements

  • Corticothérapie générale — en seconde intention
  • Corticothérapie intra-lésionnelle (injections dans l’hémangiome)
  • Laser — pour les télangiectasies résiduelles après régression
  • Interféron, vincristine, chirurgie, embolisation dans les cas complexes

Sources

Questions fréquentes sur la fraise du bébé

La fraise de mon bébé va-t-elle disparaître toute seule ?

Oui, dans la grande majorité des cas. La régression spontanée est complète dans 90% des cas à 4 ans. Cependant 70% des hémangiomes laissent des séquelles mineures (peau lâche, télangiectasies). Un suivi dermatologique régulier est recommandé.

À quel âge faut-il commencer le traitement d’un hémangiome ?

Le plus tôt possible en cas d’indication — idéalement avant 3 mois pour bloquer la phase de croissance. Le propranolol est d’autant plus efficace qu’il est débuté précocement, durant la phase de prolifération active.

La fraise de mon bébé est-elle contagieuse ?

Non, l’hémangiome n’est absolument pas contagieux. C’est une tumeur vasculaire bénigne d’origine développementale, sans aucun risque de transmission.

Faut-il opérer un hémangiome ?

Rarement. La chirurgie n’est envisagée que dans des cas particuliers : hémangiome résistant aux traitements médicaux, séquelles importantes après régression, ou urgence fonctionnelle. Le propranolol a considérablement réduit les indications chirurgicales.

Mon bébé a une fraise près de l’œil — faut-il s’inquiéter ?

Un hémangiome près de l’œil doit être suivi de près par un ophtalmologue et un dermatologue pédiatrique. Il peut comprimer l’axe visuel et entraîner une amblyopie (œil paresseux). Un traitement précoce par propranolol est souvent indiqué dans ce cas.

 

VARICELLE : le bouton de varicelle et calmer les démangeaisons

Varicelle : symptômes, durée, contagion et traitement

Cet article en vidéo

La varicelle est une maladie infectieuse très contagieuse due au virus Varicella-Zoster (VZV), un Herpesvirus. Elle touche 90% des enfants avant 10 ans et est généralement bénigne à cet âge. Chez l’adulte, la femme enceinte et les personnes immunodéprimées, elle peut être grave et nécessite une prise en charge spécialisée.

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Cause et contagion

Le virus Varicelle-Zona (VZV) appartient à la famille des Herpesviridae — comme le virus de l’herpès labial. Après la varicelle, il ne disparaît pas : il reste dormant dans les ganglions nerveux et peut se réveiller des décennies plus tard sous forme de zona.

Modes de transmission : voie respiratoire (gouttelettes) et contact direct avec les lésions cutanées. La varicelle se propage facilement dans les crèches et écoles — petites épidémies en hiver et au printemps.

💡 La contagiosité débute 1 à 2 jours avant l’apparition des boutons — avant même que l’enfant sache qu’il est malade. Elle se poursuit jusqu’à l’assèchement complet de toutes les lésions, soit environ 7 à 10 jours.

Les stades de la varicelle — comment évolue l’éruption ?

Stade Délai Aspect Contagieux ?
Incubation 14–15 jours après contage Aucun signe visible Non
Prodromes J-1 à J-2 avant éruption Fièvre modérée, fatigue, maux de tête Oui
Macules / papules J1–J2 Boutons rouges et gonflés qui démangent, ressemblant à des piqûres Oui
Vésicules J2–J4 Cloques remplies de liquide clair posées « comme une goutte de rosée » sur fond rouge Oui — maximum
Croûtes J4–J7 Les vésicules se rompent et sèchent en croûtes brunes Non dès assèchement complet
Guérison J7–J10 Chute des croûtes — risque de cicatrices si grattage Non
vésicule varicelle goutte de rosée photo
Vésicule de varicelle — aspect en goutte de rosée sur fond rouge
boutons varicelle croûtes cloques photo
Boutons de varicelle — coexistence de croûtes et de cloques à différents stades

Complications selon le profil du patient

Profil Complication principale Conduite à tenir
Enfant sain < 12 ans Surinfection bactérienne (impétiginisation), cicatrices Soins locaux, antihistaminiques, surveiller
Adulte sain Pneumonie varicelleuse, formes sévères plus fréquentes Aciclovir oral discuté, surveillance rapprochée
Femme enceinte Pneumonie maternelle, varicelle congénitale (4 premiers mois), varicelle néonatale Urgence — hospitalisation en service spécialisé
Nouveau-né (mère varicelle J-5 à J+2) Varicelle néonatale grave (mortalité élevée sans traitement) Aciclovir IV 20 mg/kg/8h, 8–10 jours
Immunodéprimé Varicelle disséminée, encéphalite, pneumonie Aciclovir IV 15 mg/kg/8h, 8–10 jours
Nourrisson atopique Kaposi-Juliusberg (surinfection herpétique sur eczéma) Urgence pédiatrique

⚠️ Ne jamais donner d’aspirine ni d’ibuprofène lors d’une varicelle — risque de syndrome de Reye (aspirine) et de complications bactériennes sévères (ibuprofène). Paracétamol uniquement pour la fièvre.

Soigner la varicelle — traitement par âge

Enfant de 1 à 12 ans en bonne santé

  • Déscolarisation jusqu’à assèchement complet des lésions
  • Fièvre : paracétamol uniquement — jamais d’aspirine ni d’ibuprofène
  • Démangeaisons : antihistaminiques oraux prescrits par le médecin + bains apaisants (huile de bain type Avène Trixéra, Mustela Stelatopia, La Roche-Posay Lipikar)
  • Ongles : couper courts pour limiter les cicatrices de grattage
  • Soins locaux : laver les boutons à l’eau et au savon doux une fois par jour

Antiseptiques : lesquels utiliser et lesquels éviter ?

Produit Utilisation Recommandation
Chlorhexidine aqueuse 0,5% (Cetavlex, Diaseptyl) Désinfection des lésions ✅ Sur conseil pharmacien/médecin
Cétrimide crème (Cetavlon) Désinfection locale ✅ Sur conseil pharmacien/médecin
Benzalkonium (Mercryl, Mercrylspray) ❌ À éviter — irritant, risque allergique
Hexamidine (Hexaseptine) ❌ À éviter — irritant

⚠️ Impétiginisation des lésions (croûtes jaunes couleur miel, lésions qui s’étendent) : consultez un médecin sans tarder. Une antibiothérapie est nécessaire.

Nouveau-né, adulte, femme enceinte, immunodéprimé

Le médecin discutera la mise sous aciclovir (Zovirax®) selon un protocole précis :

  • Nouveau-né (varicelle maternelle J-5 à J+2) : aciclovir IV 20 mg/kg toutes les 8h, 8 à 10 jours
  • Adulte/enfant >12 ans, femme enceinte, immunodéprimé : aciclovir IV 15 mg/kg toutes les 8h, 8 à 10 jours — relais oral par valaciclovir selon évolution

Prévention — vaccination et immunoglobulines

Profil Prévention recommandée
Enfant <12 ans sans antécédent de varicelle Surveillance — pas de vaccination systématique en France (sauf cas particuliers)
Adolescent/adulte >12 ans sans antécédent Vaccination Varilrix® ou Varivax® dans les 3 jours suivant l’exposition — 2 doses à 8 semaines d’intervalle. Contraception efficace 1 mois après injection chez la femme en âge de procréer
Immunodéprimé ou femme enceinte sans immunité (IgG négatif) Immunoglobulines spécifiques Varitect® 1 mL/kg dans les 96h suivant le contage
Immunodéprimé ou femme enceinte avec immunité (IgG positif) Pas de traitement préventif nécessaire

Sources

Questions fréquentes sur la varicelle

Combien de temps dure la varicelle et quand n’est-elle plus contagieuse ?

La varicelle dure en général 7 à 10 jours. L’éruption commence par des boutons rouges qui se transforment en vésicules puis en croûtes. L’enfant n’est plus contagieux dès que toutes les lésions sont asséchées en croûtes — généralement au bout de 7 jours. Attention : la contagiosité commence 1 à 2 jours avant les premiers boutons, quand rien n’est encore visible.

La varicelle de l’adulte est-elle plus grave que chez l’enfant ?

Oui — la varicelle de l’adulte est significativement plus sévère. Les complications sont plus fréquentes : pneumonie varicelleuse (risque respiratoire grave), encéphalite, formes hémorragiques. La fièvre est plus élevée, l’éruption plus étendue et les cicatrices plus fréquentes. Un adulte qui n’a pas eu la varicelle étant enfant doit être surveillé médicalement dès les premiers symptômes.

Peut-on avoir la varicelle deux fois ?

C’est très rare — la primo-infection confère une immunité durable dans la quasi-totalité des cas. En revanche, le virus reste dormant dans les nerfs et peut se réactiver des années plus tard sous forme de zona — souvent après 50 ans ou lors d’une baisse d’immunité. Un zona n’est pas une « deuxième varicelle » mais une réactivation du même virus.

Comment éviter les cicatrices de varicelle ?

Le grattage est la principale cause de cicatrices et de surinfection. Pour limiter le risque : couper les ongles très courts (surtout chez les jeunes enfants), donner les antihistaminiques prescrits pour calmer les démangeaisons, proposer des bains avec huile apaisante, appliquer du talc officinal sur les lésions. Ne jamais arracher les croûtes — les laisser tomber naturellement. Si malgré tout des cicatrices persistent, un dermatologue peut évaluer les options de traitement.

Varicelle et grossesse — quels risques ?

La varicelle pendant la grossesse est une urgence médicale. Chez la mère, le risque de pneumonie grave est élevé. Pour le fœtus, une infection dans les 4 premiers mois peut provoquer des malformations rares mais sévères (syndrome de varicelle congénitale). Une varicelle dans les 5 jours avant ou 2 jours après l’accouchement expose le nouveau-né à une forme grave potentiellement mortelle. Toute femme enceinte exposée à la varicelle sans immunité connue doit consulter en urgence.

Voir aussi : Zona / Bouton de fièvre (herpès labial) / Impétigo / Eczéma


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Traitement de l’eczema du bebe et du nourrisson (eczema atopique)

Soins de l’eczéma du bébé et du nourrisson : guide pratique

L’eczéma atopique du nourrisson nécessite des soins quotidiens rigoureux, même en dehors des poussées. La peau du bébé atopique est sèche, fragilisée et laisse pénétrer les allergènes — bien la soigner réduit la fréquence et la sévérité des crises. Voici le guide complet des soins au quotidien.

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Voir aussi les articles associés : reconnaître l’eczéma de l’enfantcauses de l’eczéma du nourrissontraitement médical de l’eczéma

Pourquoi les soins quotidiens sont indispensables

La peau du bébé atopique présente un défaut de barrière cutanée lié à une mutation du gène de la filaggrine — une protéine essentielle à l’imperméabilité de la peau. Résultat : la peau perd de l’eau plus vite (sécheresse), et laisse pénétrer les allergènes et les irritants plus facilement (sensibilisation).

Soigner la peau sèche tous les jours — même quand il n’y a pas de plaques visibles — est la mesure la plus efficace pour espacer les poussées et réduire le recours aux dermocorticoïdes.

Le bain du bébé atopique

✅ À faire ❌ À éviter
Eau tiède (34–36°C) Eau chaude — dilate les vaisseaux et aggrave les démangeaisons
Durée courte : 5–10 minutes Bain prolongé — macère et fragilise la peau
Huile de bain ou syndet surgras sans parfum Savon ordinaire, gel douche parfumé — décapants
Sécher en tamponnant doucement avec une serviette douce Frotter — crée des micro-lésions et stimule le grattage
Appliquer l’émollient immédiatement après, sur peau encore légèrement humide Attendre que la peau soit sèche pour appliquer la crème

Les émollients — pilier du traitement de fond

L’émollient est la crème hydratante spécifiquement formulée pour la peau atopique. Il reconstitue la barrière cutanée, réduit la perte en eau et assouplit la peau. Son application quotidienne, même en l’absence de plaques, est indispensable.

Comment choisir l’émollient de son bébé ?

Type Texture Quand l’utiliser Exemples
Crème émolliente légère Fluide, non grasse Été, peau peu sèche, visage Cetaphil, Dexeryl, Atoderm
Crème émolliente riche Épaisse, occlusive Hiver, peau très sèche, corps Lipikar Baume, Aveeno, Excipial
Huile corps Liquide Après le bain, peau modérément sèche Huile de bain Mustela, Balneum

💡 Règle pratique : l’émollient doit être appliqué au minimum 1 fois par jour — idéalement après chaque bain. En hiver ou en cas de peau très sèche, 2 applications par jour sont recommandées. La quantité ne doit pas être avare : on parle d’une noisette par membre, une noisette pour le ventre et le dos.


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Traitement des poussées d’eczéma

Les dermocorticoïdes (crèmes à la cortisone)

Ce sont les médicaments de référence des poussées. Les parents craignent souvent leur utilisation — cette crainte est compréhensible mais ne doit pas conduire à sous-traiter. Un nourrisson qui se gratte la nuit souffre, et les lésions de grattage favorisent les surinfections.

Mode d’emploi chez le bébé :

  • Appliquer uniquement sur les zones rouges, jamais sur peau saine
  • Utiliser la force adaptée à l’âge et à la localisation — dermocorticoïde faible sur visage et plis, modéré sur le corps
  • Durée : 4 à 7 jours par poussée maximum
  • Application 1 fois par jour suffit dans la plupart des cas
  • Continuer l’émollient en parallèle sur les zones saines
  • Ne jamais arrêter brutalement — décroître progressivement

Voir l’article détaillé : crèmes à la cortisone en dermatologie

Les antihistaminiques

Les antihistaminiques réduisent les démangeaisons et améliorent le sommeil pendant les poussées. Ils ne traitent pas les plaques mais améliorent grandement le confort de l’enfant. Prescription médicale recommandée pour les nourrissons.

En cas de surinfection

Si les plaques se recouvrent de croûtes dorées ou de pus (impétigo), une antibiothérapie locale voire orale est nécessaire — consultez rapidement.

Autres traitements selon l’âge et la sévérité

  • Tacrolimus (Protopic® 0,03%) — dès 2 ans, alternative aux dermocorticoïdes sur visage et plis
  • Photothérapie UVB — à partir de 8 ans, pour les formes modérées résistantes
  • Probiotiques (Bifidobacterium lactis, Lactobacillus casei) — peuvent réduire la sévérité chez les enfants de plus d’un an
  • Dupilumab (Dupixent®) — biothérapie autorisée dès 6 mois pour les formes sévères résistant aux traitements locaux

Voir l’article complet : traitement médical de l’eczéma atopique

Vêtements et environnement

  • Habiller le bébé en coton uniquement — éviter laine, polyester et fibres synthétiques
  • Laver les vêtements neufs avant la première utilisation
  • Utiliser une lessive sans parfum ni adoucissant
  • Maintenir une température modérée dans la chambre (18–20°C) — la chaleur aggrave les démangeaisons
  • Garder les ongles coupés courts pour limiter les lésions de grattage
  • Éviter les peluches, moquettes et rideaux dans la chambre (réservoirs d’acariens)
  • Pas d’animal domestique à poils dans la maison si possible

Alimentation et eczéma du nourrisson

Une allergie alimentaire peut aggraver ou déclencher des poussées chez certains nourrissons — mais ce n’est pas systématique. Les aliments les plus fréquemment en cause : lait de vache, œuf, arachide, blé, soja.

⚠️ Ne jamais supprimer un aliment sans bilan allergologique ni avis médical préalable — une éviction non justifiée peut entraîner des carences et paradoxalement augmenter le risque d’allergie alimentaire vraie. Consultez un allergologue avant toute éviction.

Voir l’article : allergies et eczéma de l’enfant

Sources

Questions fréquentes sur les soins de l’eczéma du bébé

Faut-il donner le bain tous les jours à un bébé atopique ?

Oui, contrairement aux idées reçues, le bain quotidien est recommandé pour les bébés atopiques — à condition de respecter les règles : eau tiède, courte durée, produit lavant doux sans parfum, et application immédiate de l’émollient après séchage. C’est cette routine post-bain qui hydrate efficacement la peau. Mais parfois le dermatologue recommande moins de bains par semaine.

Quelle crème hydratante choisir pour un bébé atopique ?

Il faut choisir un émollient spécifiquement formulé pour peau atopique — sans parfum, sans conservateurs agressifs, testé dermatologiquement. Les gammes Cetaphil, Lipikar (La Roche-Posay), Atoderm (Bioderma), Mustela Stelatopia ou Aveeno sont les plus connues. La texture doit être adaptée à la saison : plus légère en été, plus riche en hiver. Évitez les crèmes « bébé » classiques du commerce qui peuvent contenir des parfums irritants.

Mon bébé se gratte la nuit — que faire ?

Les démangeaisons nocturnes sont très fréquentes et épuisantes pour toute la famille. En plus du traitement de la poussée (dermocorticoïde si plaques actives), plusieurs mesures aident : chambre fraîche (18-20°C), pyjama en coton léger, ongles coupés courts, antihistaminique sédatif sur avis médical. Si les nuits sont systématiquement perturbées, c’est un signe que l’eczéma n’est pas bien contrôlé — consultez. Il peut aussi avoir la gale.

Peut-on utiliser la même crème émolliente sur le visage et le corps ?

Pas forcément. La peau du visage est plus fine et réactive — une texture plus légère est souvent préférable. Sur le corps, notamment en hiver, une crème plus riche ou un baume est plus efficace. Certaines familles utilisent un émollient léger pour le visage et un baume pour le corps — c’est tout à fait approprié.

L’eczéma du bébé est-il lié à l’allaitement ?

L’allaitement maternel exclusif pendant les 4 à 6 premiers mois est recommandé et semble avoir un effet protecteur modéré contre le développement de l’eczéma atopique. Cependant, l’eczéma peut apparaître chez des bébés allaités comme chez des bébés nourris au lait artificiel. L’allaitement ne suffit pas à prévenir la maladie chez les enfants à fort terrain atopique.


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ROSEOLE : la roséole ou 6eme maladie

Roséole


La roséole désigne deux entités distinctes selon que l’on s’intéresse à l’adulte ou à l’enfant :
– chez l’adulte, il s’agit le plus souvent de la syphilis secondaire précoce (ou première floraison)
– chez l’enfant il s’agit de la roséole infantile ou 6eme maladie ou exanthème subit, dus à l’infection par un virus de la famille des herpes virus, HHV6
C’est la roséole infantile que nous allons développer :

Signes de la roseole de l’enfant

La roséole infantile survient généralement avant 4 ans, et le plus souvent avant deux ans
Incubation de la roséole : entre 5 et 15j.

La roséole survient en deux phases d’environ 4 jours chacunes :
– Fièvre soudaine et élevée (souvent supérieure à 39°C) +/- douleurs de gorge, paupières gonflées, irritabilité, adenopathies cervicales
– vers le 4eme jour, éruption de la roséole macules rosées sans prurit, débutant sur le visage et le tronc, puis s’étendant au reste du corps. La roséole est le plus souvent bénigne et guérit en quelques jours.

La consultation est indispensable si le bébé a moins de trois mois et en cas de fièvre elevée (40°C) ou mal tolérée

Complications possibles :

– Liées à la fièvre (syndrome hyperpyrétique et convulsions…).
– rares cas d’hépatites, de méningo-encéphalite et de thrombopénie (baisse des plaquettes)

Examens complémentaires diagnostiques

Symptomatique : traitement de la fièvre.

PROTECTION SOLAIRE ENFANT : comment protéger les enfants du soleil?

Protéger les enfants du soleil : comment et pourquoi?

Introduction :

Nous avons vu les effets néfastes du soleil sur la peau dans la fiche consacrée aux effets du soleil sur la peau.

La peau des enfants est particulièrement sensible au soleil et la peau des enfants « garde en mémoire » les expositions solaires et les coups de soleils reçus pendant l’enfance.

On estime que 90% du risque solaire (vieillissement de la peau, rides, taches, cancer de la peau) est constitué avant 18 ans et notamment durant l’enfance

Il est donc impératif de protéger les enfants du soleil.

Certains parents pensent que le soleil est bon pour leur enfant et qu’il fait synthétiser de la vitamine D, nécessaire au développement staturo-pondéral de leur enfant.

S’il est vrai que le soleil fait synthétiser de la vitamine D, en revanche, l’enfant n’a pas besoin du soleil pour assurer ses stocks de vitamine D : l’alimentation et la supplémentation en vitamine D effectuée par les médecins y suffisent

Protéger les enfants du soleil

Les conseils de protection solaire classiques sont bien évidemment recommandés pour les enfants, mais il est important de renforcer la protection solaire des enfants par rapport aux adultes :

Eviter l’exposition directe de la peau des enfants et des bébés au soleil

Il est important d’éviter autant que possible toute exposition au soleil pour les enfants et pour les bébés. La peau d’un bébé n’a jamais vu le soleil et elle devrait le voir le pus tard possible! La peau de l’enfant est particulièrement fragile au soleil et il convient donc de l’exposer le moins possible, notamment entre 11 et 16h l’été

Cherchez l’ombre !

Essayez de privilégier les zones ombragées pour laisser jouer les enfants et placez votre bébé à l’ombre. Il faut savoir que l’ombre d’un mur protège mieux que l’ombre d’un arbre ou d’un parasol. Il existe dorénavant des tentes constituées de tissu « anti-UV » ayant un indice de protection SPF 50 +

Méfiez-vous des nuages !

Un ciel voilé laisse passer environ 80% des UV! Il ne faut donc pas se fier aux nuages et se protéger autant sous un ciel voilé, un ciel de cumulus… que lorsque le ciel est tout bleu

Méfiez-vous de la réverbération

La réverbération est la retransmission des rayons solaires par une surface claire (eau, sable, neige… ). Les rayons UV atteignent donc les enfants à l’ombre ! Il faut savoir que la réverbération du sable est d’environ 20% des UV et que la neige réverbère environ 80% des UV

Protégez les enfants avec des vêtements

Même à l’ombre, faites porter

des vêtements couvrants aux enfants. Il existe dorénavant des vêtements en textile « anti-UV », pratiques pour les jeux d’eau notamment car ils sont en fibres textiles séchant facilement et s’écartant peu lorsqu’elles sont mouillées. Un T-Shirt classique en coton voit ses mailles s’élargir lorsqu’il est mouillé et protège beaucoup moins du soleil) chapeau à large bord lunettes de soleil adaptées aux enfants…

 

Quelle crème solaire pour les enfants ?

La crème solaire doit être appliquée une demi heure avant l’exposition et renouvelée :

  • une demi heure apres le début de l’exposition – après chaque bain ou séchage à la serviette

  • et si possible toutes les deux heures.

Dans la fiche consacrée au choix d’une creme solaire, vous trouverez un chapitre consacré à la creme solaire pour les enfants et les bébés.

Reproduction d’une interview donnée à la société Fedjoa, fabricant de vetements anti-UV :

I/ On dit que le soleil fait synthétiser de la vitamine D, nécessaire à la croissance des enfants, pourquoi cependant est-il important de les protéger du soleil?

La peau des enfants est particulièrement sensible au soleil et elle « garde en mémoire » les expositions solaires et les coups de soleils reçus pendant l’enfance. Ainsi, la plupart des effets néfastes du soleil de l’adulte jeune (cancer de la peau, premières rides précoces du visage, taches brunes… ) sont dues a des expositions solaires et des coups de soleil dans l’enfance.
On sait que le risque de melanome (cancer de la peau pouvant être extrêmement agressif, se présentant le plus souvent sous la forme d’une tache foncée) du sujet jeune est directement corrélé avec la fréquence et la sévérité des coups de soleils avant 20 ans.
Il est vrai que le soleil fait synthétiser de la vitamine D, en revanche, l’enfant n’a pas besoin du soleil pour assurer ses stocks de vitamine D : l’alimentation et la supplémentation en vitamine D effectuée par les médecins y suffisent amplement.

II/ Comment peut-on protéger au mieux ses enfants, afin de leur éviter des désagréments plus tard?

Tout d’abord, il ne faudrait pas exposer directement au soleil les enfants de moins de 3 ans : la peau d’un bébé n’a jamais vu le soleil et elle devrait le voir le plus tard possible!
Quoiqu’il en soit, pour tous les enfants, il est impératif de suivre les conseils de photoprotection à la lettre, tenant en 3 points dans l’ordre de leur importance :
1/ Pas de sortie au soleil estival entre 11h et 16h,
2/ Privilégier la photoprotection externe par des moyens physiques : chercher l’ombre (mur, parasol ou tente anti UV, arbre à feuillage épais… ) et même à l’ombre (le sable et l’eau réverbèrent les rayons du soleil!), faites-leur porter des vêtements anti UV (combinaison ou T-shirt+short, lunettes de soleil de très bonne facture, chapeau à large bord).
3/ Concernant les crèmes, on recommande généralement de privilégier les crèmes minérales (sans filtres chimiques) avant 7 ans car la peau des enfants a un taux de pénétration plus important et le risque d’allergie aux filtres notamment, est plus important.

III/ Vous suggérez de couvrir les enfants de vêtements anti-UV, mais encore faut-il qu’ils l’acceptent! Et puis n’est-il pas moins onéreux de leur faire porter des vêtements de tous les jours?

Tout est une question d’éducation dès le plus jeune âge
Si vous avez habitué vos enfants à aller à la plage avec des vêtements anti-UV, des lunettes, un chapeau… ils trouveront cela normal
S’ils n’en ont pas encore l’habitude, il suffit de leur expliquer que le soleil est méchant pour leur peau et la brûle
Je fais partie d’une génération d’enfants qui a couru nu sur les plages à toute heure de la journée en plein été. Mais mes parents ne savaient pas. Aujourd’hui nous savons que le soleil est néfaste pour la peau fine de nos enfants et nous récoltons les pots cassés chez les adultes : l’incidence du mélanome (nombre de nouveaux cas) a doublé tous les 10 ans ces dernières décénnies! Pourrons-nous nous justifier auprès de nos enfants devenus adultes alors que nous savions?
On commence à voir de plus en plus d’enfants couverts sur les plages; mais il faut savoir que le coton est un mauvais protecteur : ses mailles se distendent lorsqu’il est mouillé. Qui plus est, on recommande les coloris foncés, or les parents souhaitant que leurs enfant n’aient pas trop chaud, leurs mettent souvent du blanc. Connaissez-vous l’indice de protection d’un T Shirt en coton blanc, même pas mouillé? Il a un indice 4!
Les maillots anti-UV sont à base de textiles aux mailles serrées, même mouillées, séchant vite et parfois limitant même l’adhérence du sable!
J’ai bon espoir, quand je vois les petits anglo-saxons qui pour la plupart ont des combinaisons anti UV sur les plages, que les choses vont se généraliser en France d’ici peu car nous avons toujours du retard.
Voici plusieurs années que j’achète chaque année des vêtements anti-UV et je suis favorablement impressionné par les améliorations progressives que l’on observe d’année en année. Avant, on ne trouvait que des vêtements anti UV mal coupés, dont les motifs manquaient d’originalité et dont le tissu se distendait après quelques lavages. On trouve dorénavant de jolis vêtements de bonne facture, testés 50+, que les enfants ont envie de porter et qui supportent les lavages.

IV/ Soit, mais ne serait-il pas plus simple de les couvrir de crème solaire de la tête aux pieds?

La crème solaire n’est pas la panacée, loin de là, notamment chez l’enfant :
– les indices de protection affichés sont calculés avec une quantité de 2mg/cm² de peau. Or, en pratique, on applique en général 0,5 à 0,7mg/cm² : vous pouvez donc diviser les indices par 3 en pratique! C’est pour cela qu’on recommande un indice de protection minimum de 30 dans nos contrées
– comme je l’ai déjà dit, on recommande des crèmes minérales avant 7 ans, or ces dernières sont blanches et épaisses. Pour les plus grands, on fait maintenant de bons produits solaires avec des filtres efficaces, une galénique agréable etc. Or on recommande d’appliquer de la crème 20 minutes avant le début de l’exposition, 20 minutes après le début puis toutes les 2h et après chaque bain. Calculez le budget que cela représente pour une famille! Le port de vêtements anti-UV permet de n’appliquer de crème que sur les zones découvertes
– enfin, il y a de nombreuses controverses sur l’innocuité des crèmes solaires (allergies aux filtres chimiques, présence de nano-particules, contamination de la biosphère, pénétration transcutanée chez l’enfant… )

V/ Bon, mais ils vont bronzer quand même? Et une fois bronzés, on peut les protéger moins?

Le bronzage est une réaction de défense de la peau, qui produit un pigment afin de tenter d’absorber les UV dans les couches superficielles de la peau et de les empêcher de pénétrer dans les couches profondes. Mais ce mécanisme de défense est très imparfait et il se fait parfois au dépens d’un coup de soleil, notamment chez les peaux claires.
Les enfants prennent quand même un teint halé avec une photoprotection efficace, mais sans coup de soleil. Une fois halés, il ne faut pas les protéger moins car comme je le disais précédemment, leur peau garde en mémoire les mutations cellulaires provoquées par les UV.
Dernier conseil, méfiez-vous des nuages : un ciel voilé laisse passer environ 80% des UV!

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PLAQUES DERRIERE LES GENOUX CHEZ L’ENFANT : plaques rouges qui grattent aux genoux

Plaques rouges qui grattent derrière les genoux chez l’enfant

Il est fréquent de voir apparaitre des plaques rouges qui grattent sur la peau.

Lorsque cela apparait chez l’enfant, les parents sont toujours inquiets.

En cas de plaques qui démangent derrière les genoux : consultez un médecin!

La consultation du médecin est indispensable afin d’obtenir un diagnostic précis.

Le médecin va tout d’abord demander vos antécédents ( les maladies ou interventions chirurgicales que vous avez subies, les traitements que vous prenez).

Ensuite il fera le point avec vous sur les problèmes que vous présentez (date de début, durée de l’éruption, démangeaisons… )

Et il vous examinera, parfois au besoin d’une lampe grossissante. Si vous voyez un dermatologue, ce dernier peut utiliser un dermoscope (sorte de loupe posée à même la peau) et il pourra vous proposer de prendre en photo vos lésions.

Dermatoscope

Le médecin envisagera les différents diagnostics en cas de plaques qui démangent derrière les genoux

On peut citer parmi ceux-ci :

L’eczema atopique

dans lequel on trouve souvent des plaques d’eczema derriere les genoux

eczema atopique
Plaques d’eczema atopique derrière les genoux d’un enfant

Voir l’article consacré à l’eczema atopique

Les molluscums contagiosum

De petites tuméfactions d’origine virale, souvent posées sur les plaques rouges d’eczema

Molluscum
Mollusca contagiosa : les molluscum contagiosum se présentent comme de petites tuméfactions ombiliquées

Voir l’article consacré aux molluscums contagiosums

L’impetigo

Une infection à streptocoque ou staphylocoque sur la peau, fréquente chez l’enfant

Impetigo
Impetigo croûteux à type de pyodermite

Voir l’article consacré à l’impetigo

Lorsque le diagnostic sera posé, le médecin vous proposera un traitement adapté à suivre attentivement.

 

FESSES ROUGES DE BEBE : erytheme fessier

Fesses rouges du bébé (erytheme fessier)

Cet article en vidéo :


La dermite du siège ou erytheme fessier est un probleme fréquent du bébé et du jeune enfant. Les fesses de bébé peuvent etre rouges pour de multiples raisons mais dans la majorité des cas, il convient de lutter contre la macération (milieu humide des couches) provoquant une irritation de la peau par le biais des urines et des selles : la plupart du temps la rougeur correspond à une irritation au niveau du contact avec les couches (irritation des fesses). Dans ce cas, l’érythème fessier est bénin et disparaît généralement dès qu’on assèche un peu la peau des fesses de bébé. Cependant les dermites du siège peuvent correspondre à une localisation de dermatose plus rare notamment d’origine inflammatoire ou une mycose profuse (candidose).

Candidose du siège de bébé
Candidose du siège de bébé

Consulter un médecin

La consultation du médecin est indispensable afin d’obtenir un diagnostic précis.
Le médecin va faire le point sur les problèmes que présente votre enfant (date de début, durée de l’éruption, démangeaisons… )
Il vérifiera s’il n’y a pas d’infection cutanée (mycose notamment).

Diagnostic

On distinge plusieurs cas de figures :

1/ Dermite en W

Ce sont les fesses rouges les plus fréquentes, liées à des facteurs mécaniques ou à l’occlusion, la macération jouant un rôle initiateur. La dermite des convexités ou « en W » survient surtout entre 6 et 12
mois. Elle est en W car elle respecte les plis, qui restent clairs

Dermite en W

La dermite des convexités est d’origine multifactorielle, liée aux caractéristiques de la peau du nouveau-né et à l’occlusion  : l’incontinence du nourrisson en fait une zone constamment agressée par la présence d’urine ou de selles (plus ou moins acides et riches en bactéries), accentué par le port de couches provoquant occlusion et macération constante et frottement de la peau sur les couches.

Ainsi, l’érythème fessier peut se développer très rapidement, notamment
an cas de diarrhée.
Au maximum on observe des papules érosives (papulose érosive ou dermite syphiloïde de Sevestre et Jacquet).

2/  Dermite des plis

Selon leur point de départ, deux types de dermite des plis sont distingués : les dermites périorificielles (en O) et les intertrigos des plis (en Y).

2.1/ Dermite en O

Il s’agit le plus souvent d’une atteinte péri-anale, souvent érosive survenant le plus souvent au cours d’une diarrhée par l’irritation chimique par les selles, avec possible surinfection soit par l’agent responsable de la diarrhée (staphylocoque doré, entérobactéries) soit par le Candida albicans. Dans ce cas le médecin demande un prélèvement bactériologique et mycologique.

Parfois l’atteinte peut être vulvaire, accompagnant une infection urinaire. Un examen cytobactériologique des urines peut alors être proposé par le médecin

2.2/ dermite en Y

Il s’agit d’une dermite des grands plis de l’aine et interfessier, appelés intertrigos, qui peuvent être microbiens ou candidosiques.

Les intertrigos streptococciques, comme les anites streptococciques peuvent avoir un aspect de décollement à la périphérie et sont nettement plus rares que les intertrigos candidosiques, dans lesquels on observe une desquamation et des papulo-pustules en périphérie de la rougeur du fond du pli dessinant un Y (dermite « en Y »).

3/  Dermites diffuses

La dermite peut être profuse, notamment en cas :

  • de dermite du siège résistante au traitement
  • de psoriasis des langes ou napkin psoriasis survient chez le nourrisson, rarement avant 6 mois, l’allure est d’emblée diffuse, à limite nette avec parfois quelques plaques de psoriasis survenant sur le ventre
  • de dermite séborrhéique, souvent bipolaire avec une atteinte du visage et du cuir chevelu en même temps que l’atteinte du siège. Elle survient souvent le nourrisson dans les 3 premiers mois.
  • de dermatoses plus rares : histiocytose langerhansienne (lésions papuleuses, infiltrées parfois érosives, purpuriques voir nécrotiques,
    touchant le fond du pli), acrodermatite entéropathique ( érosions péri-orificielles en rapport avec une carence en zinc), eczéma de contact…

Traitement

Dans la majorité des cas il convient de bien sécher les lésions car l’erytheme fessier est aggravé par la macération sous les couches de bébé.
Pour cela, il suffit de
– laver avec un savon doux ou effectuer le change avec une lotion hypoallergénique spéciale « change » ou à l’eau tiède sans savon
– bien sécher sans frotter
– appliquer des lotions asséchantes voire la pâte de zinc prescrites par le médecin
Il faut aussi éviter d’aggraver la macération en évitant d’appliquer les crèmes prescrites en couche épaisse s’il s’agit de crèmes grasses.

En cas de candidose

Le médecin prescrira des antifongiques en lait, lotion voire poudre adaptés aux bébés

Quand reconsulter?

  • si la rougeur persiste malgré les traitements bien menés, plus de 2 jours, voire qu’elle s’aggrave ou s’étend au dela des couches.
  • si des croûtes ou des cloques se développent.
  • si le bébé a un retentissement sur son état général (grognon, dort mal, fièvre…)

PILOMATRICOME : le pilomatricome

Pilomatricome


Le pilomatricome portait anciennement le nom d’ « epithelioma » (terme impropre) calcifié de Malherbe. Il s’agit d’un hamartome pilaire. Il touche surtout l’enfant et prédomne sur le haut du corps (visage, cou, bras). Il prend l’allure d’une petite tumeur d’aspect dur et polygonal

Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)

Exerese

CINQUIEME MALADIE : le megalerytheme epidemique ou cinquieme maladie

Mégalérythème épidémique (5e maladie) : joues rouges, éruption et grossesse

joues rouges enfant fièvre mégalérythème épidémique 5e maladie photo
Joues rouges et fièvre chez l’enfant — mégalérythème épidémique

Le mégalérythème épidémique, aussi appelé cinquième maladie ou érythème infectieux, est une infection virale bénigne et très fréquente chez l’enfant. Son aspect caractéristique — joues rouges « soufflétées » — la rend facilement reconnaissable. Elle est due au Parvovirus B19 et passe souvent inaperçue. Mais chez la femme enceinte non immunisée, elle peut avoir des conséquences graves pour le fœtus.

Éruption suspecte chez l’enfant ou contact avec une femme enceinte ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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Cause et contagion

Le mégalérythème épidémique est causé par le Parvovirus B19, un virus à ADN transmis par voie respiratoire (gouttelettes). Il circule surtout en hiver et au printemps, par petites épidémies dans les crèches et écoles primaires. Environ 60 à 70% des adultes sont immunisés suite à une infection passée, souvent méconnue.

💡 Particularité importante : l’enfant est contagieux avant l’apparition de l’éruption — pendant la phase fébrile. Au moment où les joues rouges apparaissent et que le diagnostic est évident, il n’est déjà plus contagieux. L’éviction scolaire n’est donc pas justifiée une fois l’éruption installée.

Les stades de la maladie

Stade Délai Aspect Contagieux ?
Incubation 7 à 14 jours Aucun signe Non
Phase prodromique Quelques jours Fièvre modérée, rhinite, maux de tête discrets Oui — maximum
Phase 1 — joues soufflétées J7–J14 Érythème rouge vif, chaud, bilatéral des joues — aspect de « gifle » ou « claque ». Respect du triangle nasolabial Non
Phase 2 — éruption en résille 1 à 4 jours après phase 1 Plaques roses réticulées en « guirlandes » sur les membres (faces d’extension), parfois tronc. Aspect en dentelle ou résille caractéristique Non
Régression 1 à 3 semaines L’éruption s’efface progressivement, peut réapparaître transitoirement à la chaleur ou après un bain Non
éruption réticulée guirlandes membres mégalérythème épidémique photo
Éruption réticulée en guirlandes du mégalérythème épidémique

Diagnostic différentiel — ne pas confondre avec…

Diagnostic Différence clé avec le mégalérythème
Varicelle Vésicules prurigineuses sur tout le corps — pas de plaques en résille ni de joues soufflétées
Rougeole Éruption morbilliforme débutant derrière les oreilles, toux, conjonctivite — signe de Koplik sur les muqueuses
Roséole (6e maladie) Fièvre très élevée puis éruption rose pâle sur le tronc après la fièvre — nourrisson de 6 à 24 mois
Scarlatine Angine + éruption en « peau de chagrin », langue framboisée — origine bactérienne (streptocoque)
Érythème solaire / coup de soleil Lié à l’exposition — pas d’éruption en résille ni de phase de joues soufflétées
Eczéma des joues Chronique, squameux, prurigineux — sans fièvre ni éruption en résille

Bilan biologique

Dans la plupart des cas, aucun bilan n’est nécessaire chez l’enfant sain. Le diagnostic est clinique. En cas de doute ou de terrain particulier, la biologie peut montrer :

  • Leucopénie (baisse des globules blancs), neutropénie, lymphopénie
  • Thrombopénie (baisse des plaquettes) — généralement modérée et transitoire
  • Sérologie Parvovirus B19 : IgM positives en phase aiguë, IgG pour vérifier l’immunité

Mégalérythème épidémique et grossesse — urgence à ne pas manquer

⚠️ Contact avec une femme enceinte non immunisée : signaler immédiatement. Le Parvovirus B19 peut traverser le placenta et infecter le fœtus, avec des risques graves selon le terme de la grossesse.

Les risques fœtaux dépendent du trimestre :

  • 1er trimestre — risque d’avortement spontané (fausse couche)
  • 2e trimestre (surtout entre 9 et 20 semaines) — risque d’anasarque fœtoplacentaire : accumulation de liquide dans les tissus fœtaux liée à une anémie fœtale sévère. Peut nécessiter une transfusion fœtale in utero
  • 3e trimestre — risque beaucoup plus faible

La démarche en cas de contact :

  1. Sérologie Parvovirus B19 en urgence chez la femme enceinte — si IgG positifs, elle est immunisée et le risque est nul
  2. Si IgG négatifs (non immunisée) : surveillance obstétricale rapprochée, échographies fœtales répétées pour détecter une anasarque
  3. Pas de traitement préventif disponible (pas de vaccin)

Mégalérythème chez l’adulte

Chez l’adulte, l’infection est souvent asymptomatique ou donne un tableau modéré. Elle peut cependant provoquer :

  • Arthralgies ou arthrites — douleurs articulaires des mains, poignets, genoux, souvent symétriques, pouvant durer plusieurs semaines
  • Éruption en résille similaire à l’enfant, parfois sans phase de joues soufflétées
  • Chez les personnes ayant une anémie hémolytique chronique (drépanocytose, thalassémie) : crise aplasique aiguë — urgence hématologique

Traitement

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre le Parvovirus B19. Chez l’enfant sain, la maladie guérit spontanément en 1 à 3 semaines. Le traitement est symptomatique :

  • Paracétamol si fièvre ou douleurs
  • Pas d’éviction scolaire nécessaire une fois l’éruption apparue (l’enfant n’est plus contagieux)
  • Informer l’entourage des femmes enceintes non immunisées

Sources

Questions fréquentes sur le mégalérythème épidémique

Comment reconnaître le mégalérythème épidémique chez l’enfant ?

Le signe caractéristique est l’apparition soudaine de joues rouges vif, chaudes et bilatérales donnant l’impression que l’enfant vient de recevoir une gifle — d’où le surnom de « maladie des joues soufflétées ». Quelques jours plus tard, une éruption rose pâle en résille ou guirlandes apparaît sur les membres et parfois le tronc. L’ensemble régresse en 1 à 3 semaines. La fièvre, si présente, est modérée.

Le mégalérythème épidémique est-il contagieux quand les joues sont rouges ?

Non — c’est la particularité de cette maladie. La contagiosité est maximale avant l’éruption, pendant la phase fébrile. Au moment où les joues rouges apparaissent et permettent de poser le diagnostic, l’enfant n’est déjà plus contagieux. Il n’y a donc aucune raison d’exclure l’enfant de l’école une fois l’éruption visible.

Mon enfant a le mégalérythème — dois-je prévenir les femmes enceintes de son entourage ?

Oui, c’est important. Les femmes enceintes non immunisées exposées au Parvovirus B19 doivent en être informées pour réaliser rapidement une sérologie. Si les IgG sont positifs (immunité ancienne), il n’y a aucun risque. Si les IgG sont négatifs, une surveillance obstétricale rapprochée est nécessaire, particulièrement entre 9 et 20 semaines de grossesse où le risque d’anasarque fœtale est le plus élevé.

Le mégalérythème peut-il revenir après guérison ?

L’éruption peut sembler réapparaître après exposition à la chaleur, un bain chaud ou une activité physique — pendant plusieurs semaines après la guérison apparente. Ce n’est pas une rechute mais une vasodilatation qui révèle temporairement les lésions résiduelles. Une fois guéri, l’enfant est immunisé à vie contre le Parvovirus B19.

Voir aussi : Varicelle / Zona / Impétigo / Bouton de fièvre


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MALADIE DE FABRY : la maladie de Fabry

Maladie de Fabry



Maladie et Fabry est transmise par la femme et n’atteignant que l’homme.
oeœdème dur des mains et de la face,
+ atteintes progressivement rénale (+++), cardiaque, neurologiques

Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)

Traitement
Des atteintes viscérales

ECZEMA ENFANT : l’eczéma de l’enfant ou dermatite atopique

Eczéma de l’enfant (dermatite atopique) : symptômes, causes et traitement

Votre enfant a des plaques rouges et sèches qui le démangent, survenant par poussées notamment en hiver : c’est peut-être de l’eczéma atopique. Première maladie de peau de l’enfant, elle touche 15 à 20 % des nourrissons en France. Voici comment la reconnaître, la traiter et éviter les rechutes.

Poussée d’eczéma résistante ou doute sur le diagnostic ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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eczéma atopique enfant nourrisson plaques rouges photo
Plaques rouges et sèches qui grattent chez l’enfant : eczéma atopique

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Qu’est-ce que l’eczéma atopique de l’enfant ?

La dermatite atopique (ou eczéma atopique) est une maladie inflammatoire chronique de la peau, évoluant par poussées. Elle débute le plus souvent avant l’âge de 1 an et fait partie du groupe des maladies allergiques — comme l’asthme, la rhinite allergique et l’urticaire. On parle d’atopie pour désigner cette prédisposition familiale aux allergies.

L’eczéma du nourrisson commence le plus souvent vers 3 mois. Les plaques prédominent sur les joues chez le jeune enfant, puis touchent préférentiellement les plis du coude, la zone derrière les genoux et derrière les oreilles (eczéma des oreilles).

Symptômes selon l’âge

Âge Localisation des plaques Aspect Évolution
0–2 ans Joues, front, cuir chevelu, convexités des membres Rougeur, suintement, croûtes 50% guérissent vers 2 ans
2–12 ans Plis des coudes et genoux, poignets, cou, derrière les oreilles Plaques sèches, lichenifiées, démangeaisons intenses Disparition possible vers 5–8 ans
Adolescent / adulte Mains, visage, cou, plis Peau épaissie, très sèche, démangeaisons chroniques Peut persister ou réapparaître à l’âge adulte

Causes de l’eczéma atopique

Ce que l’on sait avec certitude

  • Facteurs génétiques — 60% des parents d’un enfant atopique ont ou ont eu un signe d’atopie. On retrouve fréquemment des antécédents d’allergies dans la famille
  • Défaut de barrière cutanée — la peau des enfants atopiques est plus sèche et « fissurée », laissant pénétrer les allergènes et les irritants. C’est pourquoi l’hydratation régulière est un pilier du traitement
  • Hyperréactivité immunitaire — les enfants atopiques réagissent plus facilement aux substances de leur environnement (acariens, poils d’animaux, pollens…)
  • Rôle du Staphylocoque doré — la colonisation par Staphylococcus aureus sur la peau atopique aggrave l’inflammation et favorise les poussées
  • Augmentation de la prévalence — la dermatite atopique touche 15 à 20% des enfants en France contre 5% il y a 30 ans — rôle probable de l’environnement, de l’hygiène excessive et de la réduction de l’exposition aux agents infectieux

Pour en savoir plus : causes de l’eczéma de l’enfant


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Évolution par poussées

L’eczéma atopique évolue par poussées entrecoupées de phases de rémission. Pendant les poussées :

  • Les plaques rouges se couvrent parfois de minuscules cloques qui suintent
  • Les démangeaisons provoquent un grattage intense, des excoriations, parfois des insomnies
  • Les plaques peuvent se surinfecteur et se recouvrir de croûtes et de pus (impétigo)
  • Après la poussée, la peau reste sèche et rugueuse aux endroits touchés

Traitement de l’eczéma atopique

Le traitement repose sur 3 piliers indissociables :

Pilier En dehors des poussées Pendant les poussées
Hydratation Émollient quotidien sur tout le corps après le bain Continuer l’émollient en dehors des zones enflammées
Dermocorticoïdes Non utilisés en dehors des poussées Application 1x/jour sur les plaques jusqu’à disparition
Éviction des facteurs déclenchants Acariens, textiles irritants, savons agressifs, stress Idem + identifier le facteur déclenchant de la poussée

Voir l’article détaillé : traitement de l’eczéma de l’enfant

Traitements de fond pour les formes sévères (2024-2025)

Pour les formes modérées à sévères résistant aux dermocorticoïdes, de nouvelles biothérapies sont disponibles :

  • Dupilumab (Dupixent®) — anticorps monoclonal anti-IL-4/IL-13, autorisé dès 6 mois en France depuis 2023. Réduit significativement les poussées et le prurit
  • Tralokinumab (Adtralza®) — anti-IL-13, autorisé chez l’adulte et l’adolescent dès 12 ans
  • Inhibiteurs de JAK (abrocitinib, upadacitinib) — pour les adultes et adolescents en échec des biothérapies

Voir l’article sur les soins de l’eczéma de l’enfant

Quand consulter en urgence ?

⚠️ Consultez immédiatement si votre enfant présente :

  • Syndrome de Kaposi-Juliusberg — petites vésicules (cloques) qui se propagent rapidement sur tout le corps chez un enfant atopique. Urgence dermatologique. Si vous avez un bouton de fièvre (herpès labial), n’embrassez pas un enfant atopique
  • Surinfection bactérienne (impétigo) — plaques recouvertes de pus jaune, croûtes dorées, fièvre
  • Œdème du visage — gonflement rapide, possible réaction allergique sévère
syndrome Kaposi Juliusberg eczéma atopique enfant herpès photo
Kaposi-Juliusberg chez un enfant atopique — urgence dermatologique

⚠️ Consultez rapidement si :
les plaques ne disparaissent pas après une semaine de traitement bien conduit, ou si l’eczéma retentit sur le sommeil, l’humeur ou la croissance de l’enfant.

Avis du Pr Alain Taïeb — Chef du service de Dermatologie, Hôpital Saint-André, Bordeaux

Qu’a-t-on appris de nouveau sur la dermatite atopique ?

  • L’incidence de la dermatite atopique a augmenté ces 20 dernières années avec un gradient Nord-Sud : de 5% en Espagne à 20% en Grande-Bretagne. L’environnement joue un rôle majeur — la dureté de l’eau augmente la prévalence chez le nourrisson ; la meilleure hygiène et la réduction de la taille des familles diminuent l’exposition aux agents infectieux, ce qui pourrait favoriser une dysmaturation du système immunitaire
  • Le bilan allergologique n’est pas toujours indispensable dans les formes peu sévères. Des précautions simples suffisent : éviter la diversification alimentaire trop précoce (œuf, arachide), mesures anti-acariens (pas de peluches, moquettes, aspiration régulière), éviter les moisissures et les animaux domestiques
  • En revanche, dans les formes graves (SCORAD élevé), résistantes aux traitements ou associées à des manifestations systémiques, un bilan allergologique complet est indiqué

Vidéo de la Société Française de Dermatologie :

Sources

Questions fréquentes sur l’eczéma de l’enfant

L’eczéma de l’enfant guérit-il définitivement ?

Dans environ 50% des cas, l’eczéma atopique du nourrisson disparaît vers 2 ans. Chez la majorité des enfants, les poussées s’espacent et diminuent vers 5-8 ans. Cependant, 30 à 40% des enfants atopiques gardent une peau sensible à l’âge adulte, avec des rechutes possibles en cas de stress, de changement de saison ou d’exposition à des irritants.

Peut-on utiliser la cortisone sur la peau d’un bébé ?

Oui, les dermocorticoïdes sont le traitement de référence des poussées d’eczéma, y compris chez le nourrisson. Utilisés correctement — en cure courte, sur les zones enflammées, à la bonne concentration selon l’âge et la localisation — ils sont sûrs et efficaces. Le risque d’effets secondaires est très faible avec une utilisation bien encadrée par un médecin. Ne pas traiter une poussée est souvent plus risqué que de traiter.

Faut-il faire un bilan allergologique pour un enfant avec de l’eczéma ?

Pas systématiquement. Dans les formes légères à modérées, des mesures d’éviction simples (acariens, animaux, savons agressifs) suffisent souvent. Un bilan allergologique est recommandé en cas d’eczéma sévère résistant aux traitements, de suspicion d’allergie alimentaire associée, ou de retentissement sur la croissance. C’est le dermatologue ou l’allergologue qui décide selon la sévérité.

L’alimentation influence-t-elle l’eczéma de l’enfant ?

Chez les nourrissons, une allergie alimentaire (lait de vache, œuf, arachide) peut aggraver ou déclencher des poussées d’eczéma — mais ce n’est pas systématique. Éviter une diversification trop précoce (avant 4 mois) est recommandé. Une éviction alimentaire ne doit jamais être faite sans bilan allergologique préalable — elle peut entraîner des carences et n’est efficace que si une allergie est prouvée.

L’eczéma est-il contagieux ?

Non. L’eczéma atopique n’est pas contagieux — ni par contact direct, ni par les vêtements. En revanche, une surinfection bactérienne (impétigo) ou virale (herpès) sur des plaques d’eczéma peut être transmise à l’entourage. C’est pourquoi il faut éviter d’embrasser un enfant atopique si l’on a un bouton de fièvre (herpès labial).


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ANGIOME : les angiomes, types, causes, traitements

Angiome : guide sur tous les types, causes et traitements

Le mot angiome désigne un ensemble hétérogène de lésions vasculaires cutanées — de la simple tache rouge bénigne à la malformation vasculaire complexe. Certains touchent exclusivement les nourrissons, d’autres apparaissent avec l’âge. Comprendre de quel type d’angiome il s’agit est essentiel car le pronostic et le traitement sont radicalement différents selon les formes.

Vous avez un angiome et souhaitez un avis spécialisé ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue-vénérologue, en téléconsultation :
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Qu’est-ce qu’un angiome ?

Le terme « angiome » est utilisé depuis près de deux siècles pour désigner toute anomalie vasculaire superficielle de la peau. Depuis 1996, l’ISSVA (International Society for the Study of Vascular Anomalies) a établi une classification internationale distinguant deux grandes catégories :

  • Les tumeurs vasculaires : proliférations cellulaires apparaissant après la naissance, pouvant régresser spontanément
  • Les malformations vasculaires : toujours présentes dès la naissance, elles ne régressent jamais et s’étendent progressivement

Les angiomes fréquents de l’adulte

L’angiome rubis

L’angiome rubis (ou angiome sénile) est la lésion vasculaire la plus fréquente chez l’adulte. C’est une petite papule rouge vif, ronde, bombée, qui apparaît progressivement à partir de la cinquantaine sur le tronc, les épaules et les bras. Strictement bénin, il est directement lié au vieillissement cutané — 80% des adultes de plus de 70 ans en ont. Traitement si souhaité : électrocoagulation, laser vasculaire ou cryothérapie.

Article complet sur l’angiome rubis

L’angiome stellaire

L’angiome stellaire (spider naevus) est un petit vaisseau central entouré de capillaires rayonnants en étoile, visible sur le visage ou le torse. Isolé, il est bénin. En grand nombre (plus de 3 à 5), il peut signaler une maladie du foie (cirrhose, hépatite chronique) ou une élévation des œstrogènes (grossesse, contraception). Traitement : laser vasculaire ou électrocoagulation.

Article complet sur l’angiome stellaire

Les angiomes du nourrisson et de l’enfant

L’hémangiome infantile (fraise du bébé)

hémangiome fraise bébé angiome infantile
Hémangiome infantile du cuir chevelu

L’hémangiome infantile ou « fraise » est la tumeur vasculaire bénigne la plus fréquente de la petite enfance (5 à 10% des nourrissons). Absent à la naissance, il apparaît dans les premières semaines, grossit rapidement jusqu’à 8 mois, puis régresse spontanément jusqu’à 5-7 ans. Dans 80% des cas, la surveillance suffit. En cas de localisation dangereuse (près de l’œil, de la gorge) ou d’ulcération, le propranolol est le traitement de première ligne — découvert par l’équipe bordelaise de dermatologie pédiatrique.

Article complet sur la fraise du bébé (hémangiome)

L’hémangiome congénital

Beaucoup plus rare, l’hémangiome congénital est totalement développé à la naissance — souvent diagnostiqué lors d’une échographie anténatale. Il n’a jamais l’aspect de « fraise ». On distingue le RICH (rapidement involutif en quelques mois) et le NICH (non involutif). Il siège préférentiellement aux membres, près des articulations ou autour des oreilles.

Les malformations vasculaires

Contrairement aux tumeurs vasculaires, les malformations vasculaires sont toujours congénitales et ne régressent jamais spontanément. Elles se divisent en malformations à flux lent et à flux rapide.

Malformations à flux lent

L’angiome plan (tache de vin)

L’angiome plan est une tache rouge pâle à violet foncé, froide au toucher, présente dès la naissance. Il touche 0,5% des nouveau-nés et s’étend progressivement avec la croissance. Il ne régresse jamais spontanément (sauf les formes « baiser de l’ange » et « morsure de cigogne »). Certaines localisations (territoire du trijumeau, autour de l’œil) nécessitent une IRM pour éliminer un syndrome de Sturge-Weber. Traitement : laser à colorant pulsé, idéalement avant l’âge d’un an.

Article complet sur l’angiome plan (tache de vin)

Les malformations veineuses

Tuméfactions bleues, froides, molles et dépressibles, présentes dès la naissance. Elles gonflent en position déclive et lors des efforts. Bilan par IRM (hypersignal T2 caractéristique). Traitement : sclérothérapie percutanée et/ou chirurgie.

Les malformations lymphatiques

Tuméfactions dures et rénitentes, macro ou micro kystiques. Traitement selon les cas : chirurgie d’excision ou sclérothérapie percutanée.

Malformations à flux rapide

Rares, ces malformations sont chaudes et pulsatiles (± thrill). Elles nécessitent un bilan complexe combinant écho-doppler, artériographie et IRM. Le traitement associe embolisation thérapeutique et chirurgie d’excision.

Traitement des angiomes au laser

Le laser vasculaire est le traitement de choix pour de nombreux angiomes : angiome plan, angiome rubis, angiome stellaire, télangiectasies résiduelles après hémangiome. Le laser à colorant pulsé cible spécifiquement l’hémoglobine des vaisseaux sans abîmer la peau environnante.

Article complet sur le traitement de l’angiome au laser

Interview du Dr Odile Enjolras — Avancées sur les angiomes

Le Dr Odile Enjolras, pionnière dans la classification et le traitement des anomalies vasculaires, résumait ainsi les grandes avancées dans ce domaine :

Sur les tumeurs vasculaires : la classification ISSVA a permis de distinguer clairement hémangiomes infantiles et congénitaux. L’hémangioendothéliome kaposiforme et l’angiome en touffes, associés au syndrome de Kasabach-Merritt (thrombopénie sévère), sont désormais bien individualisés. L’hémangiome « en barbe » impose une fibroscopie ORL systématique pour dépister une atteinte laryngée sous-glottique.

Sur les malformations vasculaires : les malformations à flux lent sont bien reconnues cliniquement et leur bilan repose sur l’IRM non invasive. Les malformations artério-veineuses à flux rapide restent complexes — leur traitement combine embolisation et chirurgie, avec des résultats souvent incomplets pour les formes diffuses.

Sources

Questions fréquentes sur les angiomes

Quelle est la différence entre un angiome et un hémangiome ?

L’hémangiome est un type d’angiome — c’est la tumeur vasculaire bénigne la plus fréquente du nourrisson (la « fraise »). Le terme angiome est plus large et désigne toutes les anomalies vasculaires cutanées, qu’il s’agisse de tumeurs vasculaires ou de malformations vasculaires.

Un angiome peut-il être dangereux ?

La grande majorité des angiomes sont bénins. Certaines localisations imposent cependant une vigilance : hémangiome près de l’œil ou de la gorge, angiome plan dans le territoire du trijumeau (risque de syndrome de Sturge-Weber), angiomes stellaires multiples (maladie du foie). Consultez un dermatologue en cas de doute.

Un angiome peut-il disparaître tout seul ?

Cela dépend du type. L’hémangiome infantile (fraise) régresse spontanément dans 90% des cas avant 4 ans. L’angiome stellaire peut régresser chez l’enfant et après une grossesse. En revanche, l’angiome plan, l’angiome rubis et les malformations vasculaires ne disparaissent jamais spontanément.

Comment savoir quel type d’angiome j’ai ?

Seul un dermatologue peut poser le diagnostic précis, parfois aidé d’une dermatoscopie, d’un écho-doppler ou d’une IRM. Le type d’angiome conditionne entièrement la prise en charge — une consultation est indispensable avant tout traitement.


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APEC : le syndrome APEC

APEC

 

APEC
APEC

Asymetrical Periflexural Exanthema of the Child
Début axillaire ou au flanc, asymétrique, extension centrifuge hémicorporelle. Touche surtout l’enfant mais peut se voir chez l’adulte


Examens complémentaires diagnostiques

Atteinte d'un adulte
Atteinte d’un adulte

Biologie generalement normale


Abstention, anti H1 en cas de démangeaisons

Causes de l’eczema de l’enfant et du bébé ou eczema atopique

Causes de l’eczema de l’enfant et du nourrisson ou eczema atopique

Quelles sont les causes de l’eczema de l’enfant et du nourrisson ?


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A/ Les certitudes dans l’eczema de l’enfant

A-1/ Les facteurs génétiques dans l’eczema de l’enfant et du nourrisson

Deux éléments plaident en faveur du rôle génétique dans le déclenchement de l’eczema atopique de l’enfant :
– 50 à 70% des parents d’enfants atopiques ont un signe d’atopie (eczéma dans l’enfance par exemple)

  • 72% des vrais jumeaux font tous les deux de l’eczéma atopique

A-2/ Immunologie : hyper réactivité à l’environnement des enfants ayant de l’eczema

Les enfants atopiques sont hyper réactifs à leur environnement et font donc plus facilement des manifestations allergiques face aux allergènes qu’ils rencontrent (acariens, poussières… )

A-3/ Diminution du rôle barrière de la peau chez les enfants ayant de l’eczema atopique/ Mutation de la filaggrine

La barrière cutanée est une barrière étanche qui protège la peau contre la perte  en eau et contre la pénétration de micro-organismes ou d’antigènes de l’environnement.

La filaggrine est une protéine impliquée dans le façonnement de la couche cornée et donc de la barrière cutanée. Le gène codant de la filaggrine (appelé FLG) se situe sur le chromosome 1q21. Il est le siège de nombreuses mutations associées de manière significative avec un risque augmenté de Dermatite Atopique. Parmi ces mutations, R501X et 2282del4 sont les plus importantes en Europe et elles provoquent une perte complète de l’expression de la filaggrine.

Les enfants ayant de l’eczema atopique ont une peau sèche qui laisse plus facilement pénétrer les allergènes et les micro organismes. Le gène de la filaggrine  est muté chez 20 à 50% des patients atteints de Dermatite Atopique

Il faut donc lutter contre cette sécheresse de la peau en appliquant des crèmes hydratantes, en évitant les bains trop chauds et prolongés et en utilisant des savons doux (de type surgras par exemple)


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A-4/ La fréquence de l’eczéma atopique augmente depuis plusieurs décennies chez l’enfant.

L’eczema atopique touche actuellement 8 à 10% des enfants français.

A-5/ Le Staphylocoque doré joue un rôle…

La colonisation par Staphylococcus aureus (le « redoutable » staphylocoque doré , un germe pathogène dit opportuniste, qui est naturellement présent dans le microbiote humain) chez les enfants atopiques, semble important dans la génèse de la maladie, et semble être en relation avec les mutations de la filaggrine (voir A-3). La colonisation par staphylocoque précède l’apparition des poussées, avec un profil de germes différent selon qu’il y ait ou  non des mutations de la filaggrine. Il semble aussi  que les atopiques portent des staphylocoques différents des autres enfants et ces staphylocoques particuliers pourraient leurs avoir été transmis par l’entourage (notamment les parents)! Ceci expliquerait en plus de la génétique (voir A-1) les fréquents antécédents familiaux de dermatite atopique

B/ Les théories et les hypothèses dans l’eczema atopique de l’enfant et du nourrisson

B-1/ L’allaitement maternel (allaitement au sein) protège-t-il les enfants de l’eczema atopique?

Il est difficile de déterminer si l’allaitement maternel protège de l’eczema de l’enfant et du nourrisson. De nombreuses études sont en faveur de cette hypothèse mais d’autres la démentent. Il est probable en tout cas que si l’allaitement maternel protège de l’eczema de l’enfant et du nourrisson, cette protection soit de toutes façon temporaire.

B-2/ Faut-il changer de lait lorsqu’un bébé fait de l’eczema ?

Le changement de lait ne doit être décidé que par le médecin qui suit l’enfant, si ce dernier a un doute quant à une allergie au lait, ce qui reste assez rare.

B-3/ Il y a plus d’eczema de l’enfant dans les pays du Nord de l’Europe que dans les pays du Sud de l’Europe

On peut donc se demander s’il n’existe pas des facteurs pouvant entraîner un eczéma de l’enfant dans les pays du Nord : – l’hygiène méticuleuse des enfants en bas âge dans les pays du Nord est-elle responsable de l’augmentation de l’eczema de l’enfant dans ces pays? – les enfants des pays du Nord sont-ils plus soumis aux allergènes que dans le Sud? – le climat plus froid peut-il expliquer la plus grande fréquence d’eczema de l’enfant dans les pays du Nord

Il en découle l’hypothèse que la dermatite atopique est plus fréquente dans les classes sociales favorisées ou ayant un niveau socio-économique élevé. Une revue de la littérature a passé en revue les 88 publications  et il a été trouvé que seulement 42 % des publications montraient une association positive entre un niveau socio-économique élevé et une dermatite atopique. La majorité des publications ne trouvait donc pas d’association.

B-4/ Rôle de la dureté de l’eau?

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une eau est dure lorsque la concentration de CaCO3 (carbonate de calcium) est supérieure à 200 mg/L, ce qui oblige à utiliser un excès de savon pour obtenir de la mousse et entraîne la formation d’un film de savon (stéarate de calcium) sur la peau et les vêtements. Le dépôt de détergents tels que le sodium lauryl sulfate (SLS) provoque une irritation de la peau et une altération de la barrière cutanée, dont l’importance est proportionnelle à la dureté de l’eau de lavage. Tout ceci abime la fonction de barrière cutanée, ce qui favorise une pénétration accrue des allergènes et une colonisation bactérienne de la peau, facteurs de risque d’apparition et de progression de l’eczéma.

Beaucoup d’études ont montré que l’existence d’une eau fortement minéralisée est un facteur de risque pour la dermatite atopique de l’enfant.

Ceci est vrai aussi dans une moindre mesure pour l’adulte

B-5/ Role de la pollution?

Les particules fines générées par la pollution atmosphérique pénètrent profondément dans le système respiratoire, et passent dans le sang, le système nerveux central et la peau.

Les polluants de l’air intérieur et extérieur sont considérés comme des facteurs de risque potentiels de dermatite atopoque, notamment les particules fines inférieures à 10 microns.

Il semblerait que l’exposition à long terme aux polluants atmosphériques a été significativement associée à un risque accru de développer une dermatite atopique dans la population générale et qu’ une exposition plus élevée à la pollution de l’air ambiant était associée à un risque accru d’eczéma chez les hommes plus que chez les femmes? Y aurait-il un rôle protecteur des cosmétiques que les femmes appliquent plus souvent que les hommes sur leur peau?


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CYTOSTEATONECROSE : la cytosteatonecrose

Cytostéatonecrose

La cytosteatonecrose est une pathologie de la peau du nouveau né

Adulte jeune (femme++) après une compression traumatisante : placards indurés assez bien limités, reproduisant plus ou moins la trace de la compression.

Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)

Traitement

DERMATOSE IG A LINEAIRE : dermatose a IgA linéaire

Dermatose à IgA linéaire

La dermatose à iga lineaire est plutot rencontree chez l’enfant. Il s’agit d’une maladie donnent des bulles

Possibilité d’association à une entéropathie au gluten et au groupe HLA B8 DR3 (moins fréquente que dans la dermatite herpétiforme)

Examens complémentaires diagnostiques
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope) : bulles sous épidermiques, microabces papillaires, IFD : dépôts fins et linéaire d’IgA à la jonction dermoépidermique


Disulone : 100mg/j chez l’adulte et 2 mg /kg enfant. Si échec : association d’une corticothérapie par voie générale.

SOINS ECZEMA ATOPIQUE (ECZEMA BEBE) : les soins du dermatologue

Les soins de l’ eczema atopique : conseils


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L’important est de diminuer ce qui peut être contrôlé : la sécheresse de la peau et les allergènes


Diminuer la sécheresse de la peau :

 

Utiliser des savons doux type savon surgras sans parfum. On peut rajouter dans le bain des huiles ou des poudres (amidon, avoine…)

Eviter les bains ou douches trop chaudes (sup. à environ 37°C) et trop longs (sup. à 5-10 minutes)

Se sécher en tamponnant, sans frotter Et appliquer sur peau encore légèrement humide, juste après le séchage, une crème hydratante dermatologique, si possible sans parfums ni conservateurs


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Diminuer les contacts avec les allergènes et les irritants :

Le cadre de vie :

Suppression du tabagisme dans les pièces fréquentée par l’enfant et dans la voiture. La maison et a fortiori la chambre doivent être saines :

Réduire au maximum la présence de moquettes, tentures, peluches (et laver souvent ces dernières)

Eviter les animaux de compagnie ne pas surchauffer les pièces (max. 19°C) aérer et aspirer fréquemment

Eviter les pièces humides avec des moisissures

Les vêtements :

Les laver avec une lessive sans assouplissants ni phosphates.

Bien rincer le linge

Préférer le coton à la laine et aux synthétiques

Les aliments :

Il vaut mieux commencer la diversification tard (vers 5-6 mois) et nintroduire quun aliment par semaine si possible. Il est préférable d’éviter les œoeufs et l’arachide avant un an


Vaccination de l’enfant atopique

Les vaccinations ne sont pas contre-indiquées. On évite juste de les pratiquer durant une poussée.

Pour les jeunes enfants en poussée, il faut éviter le contact avec les personnes ayant un  » bouton de fièvre «  (Herpès labial) car ils risquent de faire une crise d’herpes profus appelé syndrome de Kaposi Juliusberg

Kaposi Juliusberg chez un enfant atopique
Kaposi Juliusberg chez un enfant atopique

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