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Adapalène Zentiva® : générique de Differine® — guide pratique
Adapalène Zentiva® est le générique de Differine® commercialisé par le laboratoire Zentiva en France. Il contient le même principe actif (adapalène 0,1%), à la même concentration, dans la même forme galénique (crème ou gel). Son efficacité et sa tolérance sont identiques à celles de la spécialité de référence. Son prix est inférieur — il est remboursé par l’Assurance Maladie et substituable par le pharmacien.
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ACNE
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Remboursé par l’Assurance Maladie (comme Differine®)
Générique vs spécialité de référence — ce qui est identique, ce qui peut différer
Adapalène Zentiva®
Differine® (référence)
Principe actif
Adapalène 0,1%
Adapalène 0,1%
Efficacité
Identique
Identique
Tolérance
Identique
Identique
Excipients
Peuvent différer légèrement
Formule de référence
Prix indicatif
Inférieur (~20–30% moins cher)
Prix de référence
Remboursement
Oui
Oui
💡 La réglementation des génériques garantit la bioéquivalence avec la spécialité de référence. Les excipients peuvent différer — en cas d’allergie connue à un composant de Differine®, vérifier la composition d’Adapalène Zentiva® avec votre pharmacien.
Substitution par le pharmacien
Si votre médecin prescrit Differine®, votre pharmacien peut le remplacer par Adapalène Zentiva® (ou tout autre générique d’adapalène disponible) sauf si l’ordonnance porte la mention manuscrite « non substituable ». Cette substitution est légale, sans perte d’efficacité, et réduit votre reste à charge.
Si votre médecin prescrit directement Adapalène (DCI — Dénomination Commune Internationale), le pharmacien délivre le générique disponible dans son stock — Zentiva ou un autre laboratoire.
Utilisation pratique
Le mode d’emploi est identique à celui de Differine® :
Appliquer une fois par jour le soir sur peau propre et sèche.
Éviter le contour des yeux, des narines et des lèvres.
Utiliser une crème hydratante non comédogène le matin — l’adapalène est desséchant les premières semaines.
Protection solaire SPF 50+ obligatoire — l’adapalène est photosensibilisant.
Ne pas associer à d’autres rétinoïdes locaux sans avis médical.
L’efficacité s’évalue après 8 à 12 semaines de traitement régulier.
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ACNE DE LA FEMME
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Identiques à celles de Differine® : allergie à l’adapalène ou à l’un des composants, grossesse (déconseillé — précaution de classe rétinoïde), allaitement. Ne pas appliquer sur peau lésée ou eczémateuse.
Adapalène Zentiva® est-il aussi efficace que Differine® ?
Oui — la réglementation des médicaments génériques impose la démonstration de la bioéquivalence avec la spécialité de référence. Même principe actif, même concentration, même forme galénique : l’efficacité et la tolérance sont identiques. La seule différence possible concerne les excipients, qui peuvent légèrement varier.
Mon pharmacien peut-il me donner Adapalène Zentiva® si mon médecin a prescrit Differine® ?
Oui — c’est la substitution générique. Elle est légale et recommandée sauf mention manuscrite « non substituable » sur l’ordonnance. Elle réduit votre reste à charge sans perte d’efficacité.
Puis-je demander Differine® à la place d’Adapalène Zentiva® ?
Oui, vous pouvez demander la spécialité de référence à votre pharmacien — mais vous paierez la différence de prix par rapport au tarif de remboursement. Si votre médecin précise « non substituable » sur l’ordonnance, le pharmacien doit vous délivrer Differine®.
Zentiva propose-t-il d’autres génériques en dermatologie ?
Zentiva commercialise plusieurs génériques de médicaments dermatologiques en France. Pour les autres classes (dermocorticoïdes, antifongiques, rétinoïdes), le pharmacien dispose d’une liste des génériques disponibles remboursés — renseignez-vous auprès de lui.
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ACNE
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– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Aklief® (trifarotène) : rétinoïde local de 4e génération pour l’acné
Aklief® est le premier rétinoïde local de 4e génération mis sur le marché en France (AMM 2020, laboratoire Galderma). Son principe actif, le trifarotène, est le premier rétinoïde topique sélectif du récepteur RAR-γ — le récepteur aux rétinoïdes majoritaire dans la peau. Cette sélectivité le distingue de ses prédécesseurs (trétinoïne, adapalène) et explique sa meilleure tolérance locale. Il est indiqué dans l’acné du visage et du tronc — une indication que les rétinoïdes précédents ne couvraient pas officiellement.
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ACNE
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2020 — premier nouveau rétinoïde local depuis plus de 20 ans
Délivrance
Sur ordonnance
Remboursement
Non remboursé par l’Assurance Maladie
Mécanisme d’action — sélectivité RAR-γ
Les rétinoïdes agissent en se liant aux récepteurs nucléaires RAR (Retinoic Acid Receptor), dont il existe trois sous-types : RAR-α, RAR-β et RAR-γ. Le récepteur RAR-γ est le sous-type majoritaire dans la peau — il est responsable des effets thérapeutiques sur l’acné (normalisation de la kératinisation folliculaire, effet comédolytique, action anti-inflammatoire).
Rétinoïde
Sélectivité RAR
Conséquence
Trétinoïne
RAR-α, β, γ (non sélectif)
Efficace mais irritant — stimule aussi RAR-α et β non cutanés
Adapalène
RAR-β, γ
Meilleure tolérance que la trétinoïne
Trifarotène (Aklief®)
RAR-γ sélectif
Action ciblée sur les récepteurs cutanés — tolérance locale optimisée
💡 La sélectivité RAR-γ du trifarotène se traduit cliniquement par une irritation locale (rougeur, desquamation) moins marquée qu’avec la trétinoïne, et comparable à l’adapalène — tout en maintenant une efficacité comédolytique et anti-inflammatoire démontrée dans les études de phase III.
Indications — visage et tronc
Aklief® est indiqué dans le traitement de l’acné vulgaire légère à modérée chez l’adulte et l’adolescent à partir de 12 ans. Son indication couvre explicitement :
Localisation
Aklief® (trifarotène)
Differine® (adapalène)
Visage
✅ Indiqué
✅ Indiqué
Tronc (dos, poitrine)
✅ Indiqué — indication officielle
Hors AMM pour cette localisation
L’acné du tronc, souvent négligée, concerne une majorité des patients acnéiques. Aklief® est le premier rétinoïde local à disposer d’une indication officielle pour cette localisation, validée par des études cliniques dédiées.
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ACNE DU DOS ET DU BUSTE
« Secrets de dermatologue » :
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– Les causes
– Les traitements…
Appliquer une fois par jour le soir sur peau propre et sèche.
Appliquer une quantité de crème de la taille d’un petit pois pour le visage — quantité plus importante pour le tronc selon la surface à traiter.
Éviter le contour des yeux, des lèvres et des narines.
Ne pas appliquer sur peau lésée, eczémateuse ou irritée.
Utiliser une crème hydratante non comédogène le matin pour limiter l’irritation initiale.
Protection solaire SPF 50+ obligatoire — Aklief® est photosensibilisant.
Ne pas associer à d’autres rétinoïdes locaux ou produits irritants (acide glycolique, acide salicylique à forte dose) sans avis médical.
L’efficacité s’évalue à partir de 12 semaines de traitement bien conduit.
Contre-indications
Contre-indication
Allergie au trifarotène ou à l’un des excipients
Grossesse — tératogène potentiel par voie systémique (précaution de classe rétinoïde)
Allaitement — déconseillé par précaution
Eczéma actif, dermatite de contact sur la zone à traiter
Enfant de moins de 12 ans
⚠️ Bien qu’Aklief® soit un rétinoïde local (absorption systémique faible), la précaution de grossesse s’applique à toute la classe des rétinoïdes. Contrairement à l’isotrétinoïne orale, il n’existe pas de programme de contraception obligatoire réglementaire pour Aklief® — mais la prudence reste de rigueur.
Les deux ont une efficacité comparable sur l’acné du visage dans les études cliniques. L’avantage principal d’Aklief® est double : une meilleure tolérance locale liée à sa sélectivité RAR-γ, et une indication officielle pour l’acné du tronc (dos, poitrine) que Differine® ne couvre pas. Pour une acné limitée au visage, les deux sont des options valides — le choix dépend de la tolérance individuelle et du remboursement.
Pourquoi Aklief® n’est-il pas remboursé ?
Aklief® n’est pas remboursé par l’Assurance Maladie en France car la Commission de la Transparence a estimé que son amélioration du service médical rendu (ASMR) par rapport aux traitements déjà remboursés (adapalène, trétinoïne) n’était pas suffisante pour justifier une prise en charge. Son coût reste à la charge du patient, contrairement à Differine® et aux génériques d’adapalène.
Peut-on utiliser Aklief® pendant la grossesse ?
Non — Aklief® est contre-indiqué pendant la grossesse par précaution de classe rétinoïde, même si l’absorption systémique d’un rétinoïde topique est faible. Toute femme en âge de procréer doit signaler une grossesse éventuelle à son dermatologue avant de débuter le traitement.
Combien de temps dure le traitement par Aklief® ?
L’efficacité s’évalue à 12 semaines. En cas de réponse satisfaisante, le traitement peut être poursuivi au-delà. La durée totale est adaptée par le dermatologue selon l’évolution clinique — certains patients maintiennent un traitement d’entretien longtemps après la phase d’attaque.
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Encallik® (clindamycine + peroxyde de benzoyle) : traitement de l’acné inflammatoire
Encallik® est un gel anti-acné associant deux principes actifs : la clindamycine (antibiotique) et le peroxyde de benzoyle (bactéricide oxydant). Disponible uniquement sur ordonnance, il est indiqué dans l’acné vulgaire légère à modérée à dominante inflammatoire (papules, pustules), chez l’adulte et l’adolescent à partir de 12 ans. Il est commercialisé par Pierre Fabre Médicament.
Encallik® nécessite une ordonnance. Votre dermatologue adapte la prescription selon le type d’acné, les traitements déjà essayés et les résistances éventuelles aux antibiotiques.
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Bactéricide oxydant — prévient la résistance à la clindamycine
💡 Pourquoi associer les deux ? La clindamycine seule expose au développement de résistances bactériennes. Le peroxyde de benzoyle, qui n’engendre jamais de résistance, protège l’efficacité de l’antibiotique. C’est le principe des associations fixes recommandées par les guidelines européens sur l’acné.
Utilisation pratique
Point clé
Recommandation
Population cible
Adultes et adolescents de 12 ans et plus — non recommandé avant 12 ans
Moment d’application
Le soir, sur peau propre (nettoyant doux) et totalement sèche
Quantité
Fine couche sur l’ensemble de la zone affectée — si le gel ne pénètre pas facilement, la quantité est trop importante
Fréquence
1 application par jour — une application excessive n’améliore pas l’efficacité et majore l’irritation
Durée maximale
12 semaines en utilisation continue — ne pas dépasser sans réévaluation médicale
Résultats attendus
Amélioration visible des lésions inflammatoires après 2 à 5 semaines de traitement
Après application
Se laver les mains — éviter tout contact avec les yeux, la bouche, les lèvres et les muqueuses
⚠️ Le peroxyde de benzoyle présent dans Encallik® peut décolorer les textiles et les cheveux. Protéger draps, taies d’oreiller et vêtements — éviter le contact avec la lisière du cuir chevelu.
Contre-indications
Contre-indication
Explication
Allergie à la clindamycine ou au peroxyde de benzoyle
Hypersensibilité à l’un des deux principes actifs ou à un excipient
Allergie à la lincomycine
Allergie croisée possible — la clindamycine est un dérivé de la lincomycine
Moins de 12 ans
Sécurité et efficacité non établies dans cette population
Remboursement et ordonnance
Encallik® est disponible uniquement sur ordonnance. Il est non remboursable par l’Assurance Maladie (prix libre). Certaines mutuelles peuvent prendre en charge une partie du coût — vérifier les conditions de votre contrat.
Pour aller plus loin
Cette page présente la spécialité Encallik®. Pour le guide complet sur le peroxyde de benzoyle — mécanisme, toutes les spécialités disponibles, protocole, effets secondaires et associations — voir :
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ACNE
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Epiduo® : le gel adapalène + peroxyde de benzoyle contre l’acné
Epiduo® est un gel topique associant deux actifs complémentaires — l’adapalène 0,1 %à 0,3% (rétinoïde) et le peroxyde de benzoyle 2,5 % — en une seule application quotidienne. C’est l’un des traitements de l’acné les plus prescrits en France : il agit simultanément sur les quatre mécanismes de l’acné (hyperkératinisation folliculaire, sébum, bactéries, inflammation). Il existe également en version renforcée Epiduo® Forte (adapalène 0,3 % + peroxyde de benzoyle 2,5 %), disponible uniquement sur ordonnance.
Acné persistante ou traitement qui ne convient pas ?
Le Dr Rousseau est disponible en téléconsultation rapidement pour adapter votre traitement. 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
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Mécanisme d’action : pourquoi associer les deux actifs ?
Epiduo® tire sa force de la synergie entre ses deux molécules, qui agissent sur des cibles différentes mais complémentaires :
Actif
Mécanisme
Cible principale
Adapalène 0,1 %
(rétinoïde de 3e génération)
Normalise la différenciation des kératinocytes folliculaires → prévient la formation des comédons. Action anti-inflammatoire via les récepteurs RAR-β et RAR-γ.
Points noirs, microkystes, inflammation
Peroxyde de benzoyle 2,5 %
Libère de l’oxygène actif → bactéricide direct sur Cutibacterium acnes (anciennement P. acnes). Aucune résistance bactérienne rapportée.
Bactéries, pustules, papules
Ensemble, ils couvrent les 4 mécanismes pathogéniques de l’acné : hyperkératinisation folliculaire, excès de sébum, prolifération de C. acnes, et inflammation. Les études montrent une efficacité supérieure à chaque actif utilisé seul.
💡 Avantage clé : le peroxyde de benzoyle prévient l’émergence de résistances bactériennes à l’adapalène, ce qui est un problème majeur avec les antibiotiques topiques (érythromycine, clindamycine) utilisés seuls.
Indications
Forme d’acné
Epiduo® indiqué ?
Acné légère à modérée — comédons, papules, quelques pustules
✅ Oui — traitement de première ligne
Acné modérée à sévère — nombreuses papulopustules
✅ Oui — en association avec antibiothérapie orale ou en relais
Acné nodulokystique sévère
⚠️ Insuffisant seul — isotrétinoïne orale souvent nécessaire
Entretien après isotrétinoïne
✅ Oui — Epiduo® est le traitement d’entretien de référence pour prévenir les récidives
Acné de l’adulte (femme > 25 ans)
✅ Oui — adapalène efficace sur les comédons souvent prédominants
Epiduo® est remboursé en France sur ordonnance (médicament de prescription médicale facultative). Epiduo® Forte (adapalène 0,3 %) nécessite une ordonnance obligatoire.
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POINTS NOIRS ET PORES DILATES
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Nettoyer le visage avec un nettoyant doux, rincer, sécher soigneusement. Attendre 20 à 30 minutes avant d’appliquer (peau parfaitement sèche = moins d’irritation)
Application
Noisette de gel pour l’ensemble du visage (ou zone atteinte). Étaler en couche fine sur toute la zone — ne pas appliquer uniquement sur les boutons visibles
Le matin
Appliquer une crème hydratante adaptée peau acnéique, puis une photoprotection SPF 50+ (obligatoire — l’adapalène est photosensibilisant)
Durée du traitement
Minimum 3 mois pour évaluer l’efficacité. Les premières améliorations visibles apparaissent généralement à 8–12 semaines.
Purge initiale
Les 2 à 4 premières semaines peuvent voir apparaître une aggravation temporaire (purge) — c’est normal et prévisible. Ne pas arrêter le traitement.
⚠️ Éviter les yeux, les narines, la bouche et les muqueuses. En cas de contact accidentel, rincer abondamment à l’eau. Ne pas appliquer sur une peau irritée, écorchée ou enflammée.
Effets indésirables
Effet indésirable
Fréquence
Conduite à tenir
Irritation, rougeur, sécheresse, desquamation
Très fréquent — surtout les 4 premières semaines
Hydrater matin et soir. Passer à 1 application tous les 2 jours si nécessaire.
Brûlures, picotements
Fréquent en début de traitement
Bien sécher la peau avant application. Réduire la fréquence temporairement.
Photosensibilité
Fréquent
SPF 50+ obligatoire le matin. Éviter l’exposition solaire intense.
Décoloration des vêtements et de la literie
Possible (peroxyde de benzoyle)
Laisser sécher complètement avant tout contact avec textiles blancs.
Réaction allergique de contact
Rare
Arrêt du traitement et consultation dermatologique.
💡 L’irritation initiale est prévisible et transitoire. La majorité des patients la trouvent acceptable à partir de la 4e–6e semaine. La clé est de ne pas arrêter trop tôt et de soigner l’hydratation.
Contre-indications
Situation
Recommandation
Grossesse
Contre-indiqué — les rétinoïdes topiques sont déconseillés pendant la grossesse par précaution (tératogénicité des rétinoïdes oraux documentée ; risque topique très faible mais principe de précaution appliqué)
Allaitement
Déconseillé — éviter l’application sur le buste
Hypersensibilité au peroxyde de benzoyle ou à l’adapalène
Contre-indiqué
Peau eczémateuse, irritée ou sunburn
Attendre la guérison avant de débuter ou reprendre
Épilation à la cire ou laser sur zone traitée
Éviter — risque de brûlure et d’irritation sévère
Conseils pratiques pour bien tolérer Epiduo®
Routine recommandée :
🌙 Soir : nettoyant doux → sécher 20 min → fine couche d’Epiduo® sur tout le visage
☀️ Matin : nettoyant doux → crème hydratante non comédogène → SPF 50+ (filtres minéraux de préférence)
À éviter avec Epiduo® : acides (AHA, BHA, glycolique), rétinol, vitamine C acide, produits alcoolisés, gommages — ils potentialisent l’irritation.
Astuce décoloration : le peroxyde de benzoyle décolore irrémédiablement les textiles colorés. Utiliser une taie d’oreiller blanche ou une serviette blanche dédiée.
Epiduo® aggrave mon acné au début — est-ce normal ?
Oui, c’est la « purge » initiale. L’adapalène accélère le renouvellement cellulaire et fait remonter à la surface les microcomédons qui n’étaient pas encore visibles. Ce phénomène est transitoire (2 à 4 semaines) et signe que le traitement agit. Ne pas arrêter — persévérer est essentiel pour voir les vrais résultats à partir de la 8e semaine.
Combien de temps faut-il utiliser Epiduo® ?
Le traitement d’attaque dure au minimum 3 mois. En cas de réponse satisfaisante, un traitement d’entretien à raison de 2 à 3 applications par semaine peut être poursuivi à long terme pour prévenir les récidives — notamment après une cure d’isotrétinoïne.
Epiduo® est-il compatible avec une crème hydratante ?
Oui, et c’est même recommandé. Appliquer la crème hydratante le matin (après le nettoyage), et réserver Epiduo® au soir. Certains patients tolèrent mieux en appliquant d’abord une fine couche hydratante, en laissant absorber 10 minutes, puis en appliquant Epiduo® par-dessus — cette technique « buffering » réduit l’irritation.
Quelle est la différence entre Epiduo® et Epiduo® Forte ?
Epiduo® Forte contient une dose plus élevée d’adapalène (0,3 % vs 0,1 %). Il est réservé aux formes d’acné modérées à sévères résistantes à la formulation standard, uniquement sur ordonnance médicale obligatoire. Il est plus irritant et nécessite une tolérance préalablement établie à Epiduo® classique.
Peut-on utiliser Epiduo® avec un antibiotique oral ?
Oui — c’est même une association fréquemment prescrite dans les formes papulopustuleuses importantes. La doxycycline orale (100 mg/j) associée à Epiduo® est une combinaison bien validée. La durée de l’antibiotique oral est en général limitée à 3 mois pour limiter le risque de résistances bactériennes.
Epiduo® peut-il laisser des cicatrices ?
Non — au contraire. L’adapalène favorise le renouvellement cutané et peut améliorer les cicatrices post-acnéiques superficielles et l’hyperpigmentation post-inflammatoire avec le temps. Pour les cicatrices profondes ou les marques persistantes, des traitements complémentaires comme le laser peuvent être nécessaires.
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ACNE
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Acide azélaïque : traitement de l’acné, de la rosacée et de l’hyperpigmentation
L’acide azélaïque est un acide dicarboxylique saturé à 9 carbones, naturellement présent dans certaines céréales (blé, seigle, orge) et produit physiologiquement par Malassezia furfur, un champignon commensal de la peau.
En dermatologie, il est utilisé sous forme de gel à 15 % (Finacea®) ou de crème à 20 % (Skinoren®) en application topique.
Son profil d’action est remarquablement polyvalent :
action kératolytique : normalisation de la différenciation des kératinocytes folliculaires, réduisant la formation des comédons,
action antibactérienne : inhibition de la croissance de Cutibacterium acnes (anciennement Propionibacterium acnes) sans induire de résistance bactérienne,
action anti-inflammatoire : réduction de la production de radicaux libres par les polynucléaires neutrophiles,
action dépigmentante : inhibition sélective et réversible de la tyrosinase dans les mélanocytes hyperactifs, sans toxicité sur les mélanocytes normaux.
Cette dernière propriété, rare parmi les traitements anti-acnéiques, fait de l’acide azélaïque un agent de choix dans la prise en charge de l’acné sur peau noire et mate, où le risque d’hyperpigmentation post-inflammatoire est majeur.
Indications
Indications principales (AMM) :
– Acné légère à modérée : comédons, papules et pustules inflammatoires, en monothérapie ou en association.
– Rosacée papulo-pustuleuse (stade II) : réduction des papules, pustules et érythème diffus.
Indications reconnues en pratique dermatologique :
– Hyperpigmentation post-inflammatoire (HPI) secondaire à l’acné, notamment sur les peaux noires et mates (phototypes IV à VI).
– Mélasma (masque de grossesse) en monothérapie ou en association à d’autres dépigmentants.
– Entretien après traitement de l’acné pour prévenir les récidives et corriger les séquelles pigmentaires.
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ACNE DE LA FEMME
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Acné sur peau noire : pourquoi l’acide azélaïque est-il un traitement de référence ?
Sur les peaux noires et mates (phototypes IV à VI), l’acné s’accompagne quasi systématiquement d’une hyperpigmentation post-inflammatoire (HPI) : des taches brun foncé à noir persistant plusieurs mois à années après la résolution des lésions inflammatoires.
Ces taches sont souvent vécues comme plus invalidantes que l’acné elle-même sur le plan esthétique et psychologique.
Les mécanismes en jeu sont :
une densité mélanocytaire plus élevée et des mélanosomes plus nombreux et mieux répartis dans les kératinocytes,
une réponse inflammatoire cutanée qui stimule directement la mélanogenèse via la libération de prostaglandines et de leucotriènes,
une dégradation de la lame basale libérant la mélanine dans le derme superficiel (mélanose dermique), rendant la pigmentation plus profonde et plus résistante aux traitements.
L’acide azélaïque répond simultanément aux deux problèmes :
il traite les lésions d’acné actives en éliminant Cutibacterium acnes et en normalisant la kératinisation folliculaire,
il inhibe sélectivement la tyrosinase des mélanocytes hyperactivés par l’inflammation, réduisant la production de mélanine à la source, sans dépigmenter les zones saines ni provoquer d’effet rebond.
Contrairement à l’hydroquinone, dont l’usage prolongé peut entraîner une ochronose exogène (pigmentation paradoxale bleu-gris irréversible, particulièrement redoutée sur peau noire), l’acide azélaïque n’induit pas ce risque.
Il constitue donc une alternative plus sûre au long cours pour la gestion de l’HPI sur peaux foncées.
Rosacée : mécanismes d’action spécifiques
Dans la rosacée papulo-pustuleuse, l’acide azélaïque (gel à 15 %, Finacea®) agit par plusieurs mécanismes complémentaires :
– réduction de la colonisation par Demodex folliculorum (acarien impliqué dans la physiopathologie de la rosacée),
– inhibition des enzymes protéolytiques (kallikréine 5) impliquées dans l’activation des peptides antimicrobiens pro-inflammatoires (cathélicidines),
– réduction de la production de radicaux libres responsables de l’érythème chronique,
– action anti-inflammatoire directe sur les papules et pustules.
L’acide azélaïque n’agit pas sur la composante vasculaire de la rosacée (érythème permanent, couperose), qui relève d’autres traitements (laser vasculaire, bromhydrate de brimonidine).
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COUPEROSE – ROSACEE
« Secrets de dermatologue » :
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– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
– Hypersensibilité à l’acide azélaïque ou à l’un des excipients.
– Pas de contre-indication absolue majeure ; c’est l’un des traitements dermatologiques les mieux tolérés.
Précautions d’emploi
– Grossesse : l’acide azélaïque est considéré comme compatible avec la grossesse et constitue l’un des rares traitements anti-acnéiques utilisables chez la femme enceinte, en évitant les rétinoïdes et les cyclines. Son absorption systémique est minimale (< 4 %).
– Allaitement : utilisable par précaution sur des surfaces limitées, en évitant la région mammaire.
– Peaux très sèches ou eczémateuses : introduire progressivement le traitement pour limiter l’irritation initiale.
– Phototypes foncés : bien que l’acide azélaïque ne photosensibilise pas, une protection solaire quotidienne est indispensable en cas de traitement de l’HPI pour éviter la restimulation de la mélanogenèse par les UV.
Conseils d’utilisation
– Appliquer une couche mince sur les zones concernées deux fois par jour (matin et soir), sur peau propre et sèche.
– Massage doux jusqu’à pénétration complète ; ne pas rincer.
– Se laver les mains après l’application.
– Éviter le contour des yeux et les muqueuses.
– En cas de rosacée, le gel à 15 % (Finacea®) est préféré à la crème à 20 % pour sa texture non comédogène et sa meilleure tolérance sur une peau réactive.
– En cas d’acné sur peau noire, associer systématiquement une protection solaire SPF 50+ large spectre (UVA/UVB) appliquée chaque matin pour potentialiser l’effet dépigmentant et prévenir la rechute pigmentaire.
– Les premiers résultats sur l’acné sont visibles après 4 à 6 semaines ; l’effet dépigmentant sur l’HPI nécessite 3 à 6 mois de traitement régulier.
– Ne pas interrompre le traitement prématurément : l’acide azélaïque agit progressivement et son efficacité maximale est obtenue après plusieurs mois d’utilisation.
Associations thérapeutiques utiles
Dans l’acné sur peau noire :
– Acide azélaïque + rétinoïde topique (trétinoïne, adapalène) : synergie sur la kératinisation et la pigmentation ; à introduire progressivement pour limiter l’irritation.
– Acide azélaïque + niacinamide (vitamine B3) topique : action complémentaire sur l’HPI par inhibition du transfert des mélanosomes vers les kératinocytes.
– Acide azélaïque + protection solaire SPF 50+ : indispensable, sans exception.
– En cas d’HPI résistante : association à l’acide kojique ou à la vitamine C topique sous contrôle dermatologique.
Dans la rosacée :
– Acide azélaïque + métronidazole topique (Rozex®) : association classique dans les formes mixtes.
– Acide azélaïque + doxycycline per os : en cas de forme inflammatoire sévère en attaque.
– Acide azélaïque + brimonidine (Mirvaso®) : si composante érythémateuse associée aux papulo-pustules.
Effets indésirables
– Irritation locale (prurit, érythème, sensation de brûlure, picotements) : fréquente en début de traitement, le plus souvent transitoire et régressive en 2 à 4 semaines.
– Sécheresse et desquamation légère au site d’application.
– Aggravation transitoire de l’asthme en cas d’inhalation accidentelle (rare, lié aux excipients).
– Dépigmentation localisée en cas d’application sur peau saine non pigmentée de manière intensive et prolongée (exceptionnel).
Ce qu’il faut retenir pour le patient
– L’acide azélaïque est un traitement progressif et durable : la patience est indispensable.
– Il est l’un des rares traitements anti-acnéiques utilisables pendant la grossesse.
– Sur peau noire, c’est le traitement topique de référence car il traite l’acné et les taches en même temps, sans risque de dépigmentation des zones saines.
– La protection solaire quotidienne n’est pas optionnelle : sans elle, le traitement de l’HPI perd une grande partie de son efficacité.
– En cas d’irritation initiale importante, réduire temporairement à une application par jour le soir, puis reprendre le rythme biquotidien progressivement.
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« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Le syndrome de la peau rouge est une dermatose dont l’entité est controversée, lié à une utilisation anormale des cremes à la cortisone de façon abusive ou inappropriée. On l’appelle aussi « syndrome de la peau brûlante » ou de la « peau en feu » et de « dermatite due à la cortisone ». Il touche surtout les femmes et il est observé à l’arrêt des dermocorticoïdes appliqués sur une très longue période (plusieurs mois d’utilisation quotidienne).
Le syndrome de la peau rouge ressemble à l’eczéma craquelé et fissuraire. On l’observe surtout chez les femmes (jusqu’à 80% des cas décrits sont des femmes). Sur un fond rouge, la peau est fissurée.
Il ressemble aussi sur le visage à la rosacée, dont la peau est irritable et brûle. Or la rosacée est parfois aggravée par l’application de dermocorticoides, le Red Skin Syndrome est donc controversé, certains pensent qu’il s’agit d’une forme proche de la rosacée sur le visage
Par ailleurs on connait la propension des dermocorticoides à créer des rougeurs au long cours et on connait depuis longtemps leur effet rebond à l’arrêt.
Ainsi, ce syndrome d’arrêt des dermocorticoïdes après application abusive et inappropriée ne fait pas encore consensus dans la communauté scientifique. S’agit-il d’une entité à part entiere ou d’une forme de rosacée agravée par les dermocorticoides? D’un rebond ou de rougeurs secondaires à une utilisation trop prolongée de dermocorticoides?
Les causes
Si son individualité est contestée (s’agit-il de rougeurs post corticoides, d’une forme de rosacée, d’eczema sec, de rebond à l’arret…), on connait bien sa cause. Il résulte d’une utilisation anormale des dermocorticoides :
Abusive : trop de dermocorticoides et/ ou trop souvent
Inappropriée : utilisation trop longue (plusieurs mois quotidiennement) et/ou sur d’autres dermatoses inflammatoires comme l’acné ou la rosacée
Que faire?
Il faut consulter un dermatologue, qui tentera un sevrage progressif des dermocorticoides et utilisera des traitements spécifiques des pathologies associées (tacrolimus en cas d’eczema, metronidazole en cas de rosacée…)
Crème anesthésiante à la lidocaïne et la prilocaïne : ce qu’il faut savoir avant un geste dermatologique
Un geste dermatologique est prévu (cryothérapie, laser, biopsie, exérèse) et vous vous demandez comment bien utiliser la crème anesthésiante ?
Le Dr Rousseau vous explique la préparation optimale selon le geste prévu, en téléconsultation.
La crème anesthésiante à la lidocaïne et à la prilocaïne est devenue un outil incontournable en dermatologie et dans de nombreuses autres spécialités médicales. Elle permet d’obtenir une anesthésie de la surface de la peau — ou des muqueuses — sans piqûre, ce qui rend les gestes cutanés beaucoup plus confortables, notamment chez l’enfant et les patients anxieux. Malgré son apparente simplicité d’usage, cette crème obéit à des règles précises d’application qu’il faut bien comprendre pour en tirer toute l’efficacité — et éviter les erreurs qui conduisent à un geste douloureux malgré la crème.
Cette page est le guide de référence du cluster consacré aux crèmes anesthésiantes sur dermatonet.com. Elle décrit le mécanisme commun à toutes ces crèmes, les principes généraux d’utilisation, les contre-indications et précautions qui s’appliquent à toutes les formulations, et oriente vers les fiches détaillées de chaque spécialité.
Comment fonctionne une crème anesthésiante ? Le mélange eutectique
La crème anesthésiante à la lidocaïne et à la prilocaïne repose sur un principe physico-chimique original : le mélange eutectique. La lidocaïne et la prilocaïne sont deux anesthésiques locaux de type amide dont le point de fusion individuel est supérieur à 37 °C — autrement dit, chacun pris séparément est solide à température ambiante et ne peut pas pénétrer efficacement la barrière cutanée. Mélangés ensemble dans des proportions précises (1:1), ils forment un état liquide à température ambiante, ce qui leur confère une capacité de pénétration cutanée bien supérieure — suffisante pour traverser la couche cornée normalement imperméable.
Une fois dans le derme, la lidocaïne et la prilocaïne bloquent les canaux sodiques voltage-dépendants des neurones sensitifs, inhibant la propagation du potentiel d’action et donc la conduction de la douleur. L’analgésie ainsi obtenue atteint des profondeurs de 3 à 5 mm selon la durée d’application — suffisante pour les gestes dermatologiques superficiels courants.
ℹ Le facteur clé : le temps d’application sous occlusion
Toutes les crèmes lidocaïne-prilocaïne partagent la même exigence : elles doivent être appliquées en couche épaisse, sous pansement occlusif, pendant au moins 1 heure sur la peau intacte pour atteindre une analgésie suffisante. Sans occlusion, la crème s’évapore et perd son efficacité. En dessous de 45 minutes, l’analgésie est souvent incomplète. C’est la cause la plus fréquente de sentiment d’inefficacité chez les patients.
Les spécialités disponibles en France
En France, deux spécialités à base de mélange eutectique lidocaïne 2,5 % + prilocaïne 2,5 % sont disponibles. Elles partagent la même composition et le même mécanisme, mais diffèrent par leur statut commercial, leur conditionnement et certaines de leurs indications officielles remboursées :
Même composition, même efficacité, tarif souvent inférieur
📌 EMLA® ou Anesderm Gé® : quelle différence en pratique ?
En termes d’efficacité anesthésiante, aucune différence — la composition est strictement identique. Le choix peut dépendre du remboursement (EMLA® est remboursée dans un plus grand nombre d’indications pédiatriques), de la disponibilité en officine, ou de la taille du conditionnement souhaité. Votre médecin ou pharmacien peut vous guider.
Pour quels gestes les utilise-t-on ?
Les crèmes anesthésiantes lidocaïne-prilocaïne sont utilisées avant tout geste cutané ou muqueux superficiel potentiellement douloureux. Les indications dermatologiques les plus courantes :
Laser cutané (vasculaire, pigmentaire, CO2 fractionné, épilation)
1 heure sous occlusion
Biopsie cutanée ou exérèse superficielle
1 à 2 heures
Ponction veineuse, pose de cathéter IV (surtout chez l’enfant)
45 minutes à 1 heure
Chirurgie superficielle des muqueuses génitales (condylomes, circoncision)
15 à 20 minutes sur la muqueuse
Prélèvement de greffe en lame mince
2 heures minimum
Pose de piercing, tatouage (hors AMM, usage courant)
1 heure sous occlusion
⚠ Contre-indiquée avant un peeling au TCA
La crème anesthésiante lidocaïne-prilocaïne est formellement contre-indiquée avant un peeling chimique au TCA (acide trichloroacétique). La vasoconstriction qu’elle provoque perturbe l’auto-neutralisation du TCA et peut conduire à une pénétration imprévue du produit — avec un risque de brûlure profonde. Pour les peelings moyens et profonds, l’anesthésie locale injectable à la lidocaïne est utilisée à la place. Voir notre article sur le peeling chimique.
Règles d’utilisation communes à toutes les formulations
Quelle que soit la spécialité utilisée (EMLA® ou Anesderm Gé®), les règles pratiques d’application sont identiques :
Appliquer la crème en couche épaisse sur la zone à anesthésier — environ 1 à 2 grammes pour 10 cm² ; une couche trop fine réduit significativement l’efficacité ;
Recouvrir immédiatement avec le pansement occlusif fourni dans la boîte, ou avec du film alimentaire transparent (cellophane) pour les grandes surfaces ;
L’occlusion est indispensable — sans elle, la crème s’évapore et ne pénètre pas efficacement ;
Respecter scrupuleusement le temps d’application selon la zone (voir tableau ci-dessous) ;
Retirer la crème avec une compresse propre juste avant le geste, sans frotter vigoureusement ;
La peau peut apparaître blanche ou légèrement rosée après la dépose — c’est normal (vasoconstriction locale) ;
Ne jamais appliquer dans le conduit auditif (risque si perforation du tympan) ;
Ne pas appliquer sur l’œil ou à proximité des yeux.
Durées d’application selon la zone
Zone
Durée minimale
Durée optimale
Peau intacte (gestes courants)
45 minutes
1 heure
Greffe cutanée en lame mince
1 heure
2 heures
Muqueuse génitale masculine (prépuce, gland)
10 minutes
15 minutes
Muqueuse génitale féminine (petites lèvres)
5 minutes
15 minutes
Effets attendus et effets secondaires
Les crèmes lidocaïne-prilocaïne sont très bien tolérées localement dans les conditions d’utilisation standard. Les effets attendus après retrait de la crème incluent :
Blanchiment transitoire de la peau (vasoconstriction locale) — normal, disparaît en 1 à 2 heures ;
Rougeur réactionnelle (vasodilatation compensatrice) — possible dans l’heure suivant le retrait, transitoire ;
Légère sensation de picotement ou de brûlure au retrait, surtout sur les muqueuses.
Les effets indésirables sérieux sont rares mais documentés, principalement liés à un surdosage (grande surface, durée excessive, peau lésée, ou terrain à risque) :
⚠ Méthémoglobinémie — le risque à connaître
La prilocaïne peut induire une méthémoglobinémie (oxydation de l’hémoglobine réduisant son affinité pour l’oxygène) en cas de surdosage ou sur terrain à risque (déficit en G6PD, nourrisson de moins de 3 mois, eczéma étendu). Les manifestations sont une cyanose, une fatigue intense, une dyspnée. Dans les conditions d’utilisation standard sur adulte sain (2–10 g sur 10–100 cm² pendant 1 à 2 heures), ce risque est cliniquement insignifiant. Il devient réel en cas d’application sur de grandes surfaces cutanées lésées, surtout chez l’enfant.
Contre-indications communes
Contre-indication
Raison
Allergie à la lidocaïne, à la prilocaïne ou aux anesthésiques de type amide
Réaction allergique pouvant être sévère
Porphyrie
Risque d’aggravation de la maladie
Méthémoglobinémie congénitale ou déficit en méthémoglobine réductase
Risque de méthémoglobinémie sévère
Déficit en G6PD
Risque majoré de méthémoglobinémie avec la prilocaïne
Nourrissons de moins de 3 mois
Immaturité enzymatique — risque de méthémoglobinémie
Application dans le conduit auditif
Risque de toxicité si perforation tympanique
Application sur les yeux ou à proximité
Risque de lésion cornéenne
Avant un peeling au TCA
Vasoconstriction perturbant l’auto-neutralisation du TCA — risque de brûlure profonde
Précautions dans les populations particulières
Enfants et nourrissons : les crèmes lidocaïne-prilocaïne sont utilisables chez l’enfant selon des conditions strictes (âge, surface maximale, durée d’application). Des cas de méthémoglobinémie grave ont été rapportés chez des nourrissons après application sur une peau eczémateuse étendue. Pour les indications pédiatriques précises (ponction veineuse, dépistage néonatal, vaccination), consultez la fiche EMLA® qui dispose d’une AMM pédiatrique plus étendue.
Grossesse et allaitement : à utiliser avec précaution sur prescription médicale uniquement. La lidocaïne traverse le placenta ; une utilisation ponctuelle et localisée en application cutanée est généralement considérée sans risque significatif, mais la décision appartient au médecin.
Personnes âgées : peau plus mince et plus perméable — absorption systémique potentiellement augmentée. Respecter les doses minimales efficaces.
Peau lésée, ulcère, eczéma étendu : l’absorption systémique est très augmentée sur peau lésée. Ce type d’utilisation doit être encadré médicalement. Elle est formellement déconseillée en automédication.
⚠️ Cas particulier : contre-indication avant le peeling au TCA
Il s’agit d’un point souvent méconnu, y compris par certains professionnels de santé. La crème anesthésiante lidocaïne-prilocaïne est formellement contre-indiquée avant un peeling chimique au TCA (acide trichloroacétique), quel que soit le pourcentage utilisé. La vasoconstriction induite par la crème modifie la vascularisation superficielle du derme et perturbe le mécanisme d’auto-neutralisation du TCA, avec pour conséquence une pénétration imprévisible du produit pouvant conduire à une brûlure plus profonde que prévue. Pour l’anesthésie avant un peeling moyen ou profond, l’injection locale de lidocaïne est utilisée. Voir notre article complet sur le peeling chimique.
Fiches détaillées par spécialité
🔍 Les crèmes anesthésiantes sur dermatonet.com
EMLA® (lidocaïne + prilocaïne) — la spécialité de référence : historique, AMM pédiatrique, remboursement, indications officielles
Anesderm Gé® (lidocaïne + prilocaïne) — le générique : mélange eutectique, profondeur d’analgésie, toxicité systémique détaillée, populations à risque
FAQ — Questions fréquentes sur les crèmes anesthésiantes
Est-ce qu’EMLA® et Anesderm Gé® sont la même chose ?
Oui sur le plan pharmacologique — même composition (lidocaïne 2,5 % + prilocaïne 2,5 %), même mécanisme eutectique, même efficacité anesthésiante. La différence est commerciale et administrative : EMLA® est la spécialité de référence (princeps), Anesderm Gé® est son générique. Le remboursement par l’Assurance maladie peut différer selon l’indication et l’âge du patient. En pratique d’adulte, les deux sont interchangeables.
Peut-on acheter la crème anesthésiante sans ordonnance ?
EMLA® et Anesderm Gé® sont disponibles sans ordonnance en pharmacie pour les adultes dans la plupart des indications courantes. En revanche, chez l’enfant de moins de 1 an ou pour certaines indications pédiatriques remboursées, une ordonnance peut être demandée. Si vous ne savez pas si votre situation nécessite une prescription, demandez conseil à votre pharmacien ou au Dr Rousseau en téléconsultation.
La crème peut-elle remplacer l’anesthésie locale injectable ?
Non pour les gestes profonds. La crème anesthésiante n’atteint que 3 à 5 mm de profondeur dans le derme, même après 1 à 2 heures d’application sous occlusion. Elle est suffisante pour les gestes superficiels (cryothérapie, laser épidermiaque, biopsie superficielle), mais ne remplace pas l’anesthésie locale injectable à la lidocaïne pour les exérèses profondes ou les sutures. Dans ce cas, la crème est souvent utilisée en complément, avant l’injection, pour réduire la douleur de la piqûre elle-même.
Que faire si j’ai oublié d’appliquer la crème avant de partir pour mon rendez-vous ?
Prévenez votre médecin en arrivant. Selon le geste prévu, il peut soit reporter si la durée minimale ne peut pas être respectée sur place, soit utiliser une anesthésie locale injectable à la place. N’essayez pas d’appliquer la crème en dernier moment (moins de 30 minutes) — vous obtiendrez une analgésie insuffisante et risquez de souffrir malgré la crème, sans raison valable.
Un geste dermatologique prévu ? Des questions sur la préparation ?
Le Dr Rousseau vous explique comment vous préparer et optimise la prise en charge de la douleur selon le geste prévu, en téléconsultation vidéo.
Wahlgren CF, Quiding H. Depth of cutaneous analgesia after application of a eutectic mixture of the local anesthetics lidocaine and prilocaine (EMLA cream). J Am Acad Dermatol. 2000;42(4):584–588. PMID 10727302
Tran AN, Koo JY. Risk of systemic toxicity with topical lidocaine/prilocaine: a systematic review. J Drugs Dermatol. 2014;13(9):1118–1122. PMID 25226014
Kang E, Ko JH, Kim HS, et al. Seizures and methemoglobinemia after topical application of EMLA on a 3.5-year-old child with molluscum contagiosum and atopic dermatitis. Ann Dermatol. 2016;28(4):526–527. PMID 27397059
Mis à jour le 26 mars 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue
Votre enfant présente des taches blanchâtres sur les joues, parfois un peu rugueuses, qui réapparaissent chaque été ? Ou vous découvrez sur vos propres bras ces plaques claires aux bords flous qui tranchent franchement avec le reste du bronzage ? Il s’agit très probablement de dartres — le terme populaire pour désigner ce que les dermatologues appellent pityriasis alba ou eczématides achromiantes. C’est une affection bénigne, fréquente, bien identifiée, mais souvent source d’inquiétude parce qu’elle ressemble à première vue au vitiligo. Cet article vous explique ce qu’elle est réellement, pourquoi elle survient, et ce que l’on peut faire pour en atténuer les manifestations.
Dartre
Taches blanches sur le visage de votre enfant ?
Le diagnostic différentiel entre dartres, vitiligo et pityriasis versicolor est parfois difficile à établir seul. Une téléconsultation avec le Dr Rousseau permet d’obtenir un avis médical rapide sans attendre plusieurs mois. Consulter le Dr Rousseau en visio →
1. Qu’est-ce qu’une dartre ? Pityriasis alba : définition et épidémiologie
Le terme dartre est un mot populaire ancien, emprunté au vocabulaire courant pour désigner des taches cutanées claires et desquamantes. En médecine, on lui préfère le terme de pityriasis alba (du latin pityriasis = desquamation farineuse, et alba = blanche) ou d’eczématides achromiantes — une appellation qui souligne la nature inflammatoire discrète de la lésion et son caractère hypopigmenté.
Le pityriasis alba est une affection fréquente, bénigne et spontanément résolutive. Il touche essentiellement :
Les enfants entre 3 et 16 ans, avec un pic entre 6 et 12 ans
De façon préférentielle les phototypes foncés (peaux mates, noires, méditerranéennes) — non pas parce que la maladie est plus fréquente, mais parce que le contraste de pigmentation la rend bien plus visible
Les deux sexes de façon équivalente, avec une légère prédominance masculine selon certaines études
L’adulte jeune, dans une proportion plus faible
Données épidémiologiques
Le pityriasis alba concernerait entre 1,9 % et 5 % des enfants dans les populations étudiées, avec une prévalence plus élevée dans les zones à fort ensoleillement et chez les enfants atopiques. Des études récentes ont mis en évidence des corrélations directes entre l’incidence du pityriasis alba et le terrain atopique, l’exposition solaire, l’absence de protection solaire et la fréquence des bains — des facteurs qui, tous ensemble, contribuent à assécher et fragiliser la couche cornée. Source : Jadotte et Janniger, Cutis 2011, PMID 21416771.
2. Symptômes : comment évolue une dartre en deux phases
La dartre évolue classiquement en deux phases successives, que l’on retrouve souvent coexistantes chez un même enfant — à des stades différents selon les lésions.
Phase 1 : la tache rosée (phase érythémateuse)
Au début, la lésion est une petite plaque rosée ou légèrement rouge, de contours mal définis, de taille variable (en général 0,5 à 2 cm de diamètre). Sa surface est finement squameuse — légèrement rugueuse au toucher, comme une peau qui se dessèche localement. Elle peut parfois démanger modérément. Cette phase passe souvent inaperçue.
Phase 2 : la tache blanche (phase hypopigmentée)
Après quelques semaines à quelques mois, la lésion se dépigmente : elle devient blanche ou nettement plus claire que la peau environnante, avec des bords flous. La surface est lisse ou finement squameuse. C’est à ce stade que les parents et les patients consultent, car la tache devient très visible — surtout en été ou sur les peaux foncées, où le contraste avec la peau bronzée voisine est frappant.
Dartre — tache blanche sur la joue d’un enfant
Localisation et évolution
Chez l’enfant, les dartres prédominent sur les joues et le pourtour de la bouche. Chez l’adolescent et l’adulte, elles apparaissent plus volontiers sur les racines des bras, les épaules, le haut des cuisses. Les lésions sont multiples, asymétriques, et l’on observe souvent une coexistence des deux phases sur des zones différentes chez le même enfant.
L’évolution naturelle est spontanément favorable : la grande majorité des cas se résolvent en quelques mois à quelques années, le plus souvent avant ou à la puberté. La repigmentation normale de la peau est le mode d’évolution habituel, même sans traitement, mais elle peut prendre du temps — plusieurs mois dans les cas habituels, parfois plus d’un an.
Dartres : taches blanches sur le visage d’un enfantDartres bilatérales des joues chez un enfant
3. Causes et facteurs de risque : peau sèche, atopie, soleil
Le pityriasis alba reste une affection dont la physiopathologie n’est pas encore totalement élucidée. Plusieurs mécanismes sont impliqués de façon intriquée :
Le mécanisme central : une hypopigmentation post-inflammatoire discrète
La dartre résulte d’une inflammation cutanée légère, qui perturbe transitoirement la fonction des mélanocytes — les cellules productrices de pigment. Ceux-ci, fragilisés, produisent moins de mélanine dans les zones touchées. La desquamation de la couche superficielle de l’épiderme aggrave l’aspect, car c’est dans cette couche que réside une grande partie du bronzage : en la perdant, la zone perd localement sa pigmentation, d’où l’aspect de tache blanche.
Il faut insister sur un point souvent mal compris : le pityriasis alba n’est pas une maladie infectieuse, pas un champignon, pas une allergie alimentaire, et pas contagieux. Il n’est pas non plus causé par un manque d’hygiène. Ce n’est pas du vitiligo — le mécanisme est totalement différent. Les enfants non atopiques peuvent également en présenter, ce qui souligne que le terrain sec suffit.
4. Diagnostic différentiel : ne pas confondre dartres, vitiligo et pityriasis versicolor
C’est souvent la question qui provoque le plus d’angoisse : « Est-ce du vitiligo ? » La réponse est dans la quasi-totalité des cas non — mais le diagnostic différentiel mérite d’être posé clairement.
Critère
Dartre (pityriasis alba)
Vitiligo
Pityriasis versicolor
Âge typique
3–16 ans
Tout âge, souvent adulte
Adolescent, adulte
Couleur de la tache
Blanc-grisâtre, flou, incomplet
Blanc pur, nacré, total
Blanc ou beige, après été
Bords
Flous, mal définis
Nets, bien délimités
Flous, polycycliques
Surface
Finement squameuse, rugueuse
Lisse, luisante
Squames fines (farineuse au grattage)
Localisation typique
Joues, bras, épaules
Genoux, poignets, tour des yeux, mains
Tronc, épaules, nuque
Lampe de Wood
Discret renforcement
Blanc brillant, fluorescent
Fluorescence jaune-dorée
Évolution
Régression spontanée
Extension progressive (sans traitement)
Traitable, récidives fréquentes
Prurit
Possible en phase érythémateuse
Absent (sauf si dermite associée)
Léger, variable
Quand consulter en urgence relative ?
Si les taches sont d’un blanc pur et nacré, parfaitement lisses, aux bords nets et géométriques, s’étendent progressivement ou apparaissent en symétrie sur les deux mains, les genoux ou autour des yeux — consultez un dermatologue sans attendre. Ces signes sont plus évocateurs d’un vitiligo que de simples dartres. La page sur le vitiligo et la page sur les taches blanches vous aideront à orienter votre réflexion.
Le pityriasis versicolor est un champignon (Malassezia) qui donne des taches blanches squameuses, souvent dans le dos et sur le tronc, après l’été. Le diagnostic se confirme à la lampe de Wood (fluorescence jaune-dorée) ou au grattage (squames farineuses). Voir notre article dédié : pityriasis versicolor.
5. Traitements : de l’émollient au tacrolimus
Il n’existe pas de traitement médicamenteux qui fasse disparaître instantanément les dartres. L’approche est progressive et combinée, avec pour objectif de calmer l’inflammation discrète, de restaurer la barrière cutanée, et de faciliter la repigmentation naturelle.
Les émollients : traitement de base incontournable
L’application quotidienne d’une crème hydratante grasse (émollient) est le geste le plus important. Les émollients doux — vaseline, crèmes à base de céramides, beurres végétaux — peuvent efficacement réduire la desquamation et contribuent à restaurer la barrière cutanée. Ils s’appliquent matin et soir sur toutes les zones sèches, pas seulement sur les dartres visibles. Les crèmes recommandées pour peaux atopiques (Dexeryl, Atoderm, Lipikar) sont parfaitement adaptées.
Les dermocorticoïdes de faible puissance : en phase inflammatoire
Lorsque la dartre est encore dans sa phase rose et prurigineuse (phase érythémateuse), un dermocorticoïde de faible puissance — typiquement l’hydrocortisone 1 % ou la désonide — peut être appliqué sur les lésions actives pendant 1 à 2 semaines. Il réduit l’inflammation et accélère la transition vers la guérison. Il ne faut pas l’utiliser sur les taches déjà blanches, car les dermocorticoïdes ne font pas repigmenter.
Attention à l’usage prolongé des dermocorticoïdes
Les émollients et les stéroïdes topiques de faible puissance sont le pilier du traitement, mais comportent un risque potentiel d’atrophie cutanée et d’hypopigmentation en cas d’usage prolongé. Ils doivent donc être utilisés sur courte durée (10 à 15 jours maximum), et ne jamais être appliqués sur les taches blanches déjà établies ni en traitement de fond au long cours. La prescription doit être médicale.
Les inhibiteurs de la calcineurine (tacrolimus, pimécrolimus) : l’alternative moderne
Pour les cas persistants ou récidivants, surtout sur le visage — où les dermocorticoïdes posent problème à long terme — les inhibiteurs topiques de la calcineurine représentent une alternative de choix validée par la recherche clinique.
Dans un essai randomisé et contrôlé, le tacrolimus 0,1 % en pommade, appliqué deux fois par jour pendant 9 semaines, a montré une amélioration statistiquement significative de l’hypopigmentation, du prurit et de la desquamation. La repigmentation complète était obtenue à 9 semaines chez tous les patients du groupe tacrolimus, contre seulement 50 % du groupe émollient seul. La tolérance était bonne, avec seulement 11,5 % de sensations de brûlures transitoires mineures.
Une étude prospective sur 80 patients comparant calcipotriol, tacrolimus 0,03 %, dermocorticoïde (clobétasone 0,05 %) et placebo a confirmé que les trois traitements actifs étaient supérieurs au placebo, avec une amélioration de la desquamation et de l’érythème dès la 3e semaine et de l’hypopigmentation à la 8e semaine. Le tacrolimus 0,03 % présentait une légère supériorité sur la repigmentation, mais c’est le dermocorticoïde qui obtenait le meilleur taux de satisfaction patient.
Le pimécrolimus 1 % crème (Elidel), pharmacologiquement proche, a également démontré son efficacité dans le pityriasis alba dans plusieurs études ouvertes. Ces traitements ont l’avantage de ne pas induire d’atrophie cutanée — ce qui les rend particulièrement adaptés au visage de l’enfant.
Traitements des formes étendues
Pour les formes extensives ou réfractaires, les traitements de recours incluent la photothérapie PUVA (psoralènes + UVA) et la photothérapie ciblée au laser excimer 308 nm, qui peuvent faciliter la repigmentation. Ces options restent exceptionnelles pour une affection bénigne et sont réservées aux cas les plus invalidants sur le plan esthétique.
Les dartres ne disparaissent pas avec la crème solaire seule
La tache blanche déjà formée ne disparaîtra pas avec la protection solaire. La photoprotection empêche le contraste de s’aggraver, mais pour faire repigmenter la zone, il faut favoriser un bronzage progressif et doux une fois l’inflammation traitée — tout en évitant les expositions brutales qui aggravent la desquamation. Un avis médical permet d’adapter le traitement à chaque situation. Prendre rendez-vous avec le Dr Rousseau →
6. Prévention : comment éviter les dartres en été
La prévention est la meilleure approche, en particulier chez les enfants à peau sèche ou atopiques qui récidivent chaque été. Elle repose sur deux axes complémentaires :
Protéger la peau du soleil
Éviter l’exposition solaire aux heures les plus intenses (11 h–16 h)
Appliquer une crème solaire SPF 50+ sur toutes les zones exposées, matin et après chaque baignade — y compris sur les zones de dartres habituelles (joues, épaules, bras)
Porter des vêtements couvrants et un chapeau à la plage
Ne pas oublier de protéger les zones à risque même les jours nuageux
Prendre soin de la barrière cutanée
Appliquer des émollients quotidiennement dès le printemps, avant l’apparition des dartres — c’est là que réside le geste le plus efficace
Rincer la peau à l’eau fraîche après les baignades (mer, piscine) pour éliminer le sel et le chlore
Utiliser un savon surgras ou un pain sans savon pour la toilette quotidienne, plutôt que des produits desséchants
Privilégier des bains/douches à température modérée et pas trop longs
Ces gestes simples peuvent considérablement réduire la fréquence et l’intensité des récidives. Voir notre article sur la protection solaire pour les recommandations complètes en matière de photoprotection.
Un doute entre dartres et vitiligo ?
Ne laissez pas l’inquiétude s’installer. Un seul regard clinique d’un dermatologue suffit généralement à trancher le diagnostic. Le Dr Rousseau propose des téléconsultations rapides, disponibles le plus souvent dès le lendemain — largement plus vite qu’un rendez-vous en cabinet. Prendre rendez-vous →
FAQ — Questions fréquentes sur les dartres
Est-ce que les dartres sont contagieuses ?
Non, absolument pas. Le pityriasis alba n’est ni infectieux ni contagieux. Ce n’est pas un champignon, pas une bactérie, pas un virus. C’est une perturbation transitoire de la pigmentation cutanée liée à une peau sèche et à une légère inflammation locale. Votre enfant peut aller à la piscine, partager sa serviette, se faire embrasser — sans aucun risque de transmission.
Comment différencier une dartre du vitiligo chez mon enfant ?
Les dartres sont des taches aux bords flous, de couleur blanc-grisâtre (jamais d’un blanc nacré pur), légèrement rugueuses, localisées sur les joues et les bras, qui disparaissent spontanément et surviennent chez un enfant en bonne santé. Le vitiligo donne des taches d’un blanc pur et brillant, aux bords nets et géométriques, souvent symétriques, qui s’étendent progressivement. En cas de doute, la lampe de Wood en consultation dermatologique permet de trancher facilement.
Les dartres disparaissent-elles d’elles-mêmes ?
Oui. Le pityriasis alba est spontanément résolutif dans la grande majorité des cas, en quelques mois à quelques années. La repigmentation naturelle se fait progressivement. Les traitements (émollients, dermocorticoïdes courts, tacrolimus) permettent d’accélérer ce processus et de réduire les récidives, mais ne sont pas indispensables si les lésions sont peu gênantes et que le diagnostic est certain.
Peut-on exposer un enfant qui a des dartres au soleil ?
Avec précautions, oui. Le soleil ne fait pas disparaître les dartres — il peut même aggraver le contraste en bronzant la peau saine autour des taches blanches, les rendant plus visibles. En revanche, un bronzage très progressif et bien protégé peut à terme aider à uniformiser la pigmentation. La règle est simple : crème SPF 50+ appliquée partout (y compris sur les zones touchées), éviter les heures de pleine intensité, rincer après chaque baignade et hydrater systématiquement.
Faut-il arrêter la piscine et la mer pendant les dartres ?
Non, il n’y a aucune contre-indication. La piscine et la mer n’aggravent pas les dartres en tant que telles. Ce qui les entretient, c’est le dessèchement de la peau — donc il suffit de rincer soigneusement à l’eau claire après chaque baignade, de bien sécher la peau, d’appliquer un émollient et de protéger du soleil avant de ressortir. Ces gestes simples suffisent dans la grande majorité des cas.
L’aloe vera ou « plante du dermatologue », est utilisée depuis des millénaires pour soigner la peau. Son usage est encore d’actualité aujourd’hui.
Il existe 300 espèces d’aloès dont la plus utilisée est l’aloe vera, aussi appelé Aloe barbadensis, originaire d’Afrique du Sud. La feuille d’aloe Vera contient plus de 75 éléments nutritifs et 200 composants, parmi lesquels des minéraux, acides aminés et vitamines
L’aloe vera est cultivée principalement en Espagne pour ce qui est de l’Europe, mais on peut facilement en avoir en pot à la maison à la condition de la rentrer l’hiver en France.
Au bout de quatre à cinq ans, la plante atteint environ un mètre et on peut alors commencer à prélever facilement ses feuilles.
Comment utiliser l’aloe vera sur la peau?
Le gel contenu dans les feuilles de l’aloe vera, posséde des propriétés cicatrisantes et adoucissante : le gel forme un pansement sur la peau et lui apporte des acides aminés aidant la régénération des cellules de la peau et des enzymes anti-inflammatoires.
Il suffit donc de couper une feuille dans le sens de la longueur, de prélever son gel et de l’appliquer sur la peau abimée.
Une manière simple de l’extraire consiste aussi à congeler une feuille d’aloès : il suffit alors d’ôter la partie verte externe pour ne garder que le cœur transparent qui sera frotté doucement sur la peau
Un usage millénaire
L’aloe vera est peut-être la plante la plus utilisée pour la peau à travers le monde et ce depuis des millénaires, de la Grèce Antique, à Rome, en passant par la Babylonie ou encore en Chine.
Plusieurs écrits historiques suggèrent que les feuilles et la pulpe étaient utilisées fréquemment pour traiter de nombreuses maladies de peau telles que le vieillissement cutané, l’acnee, le psoriasis (des études récentes ne confirment pas l’efficacité de l’aloe vera dans le psoriasis), pour soulager des démangeaisons, ou encore pour ses vertus cicatrisantes :
Dans l’Egypte Ancienne, Cléopâtre et Néfertiti utilisaient quotidiennement l’aloe vera pour leurs soins de beauté.
En Sanskrit, l’aloe vera est plus connue sous le nom de Ghrita-Kumari (Kumar signifie fille car la plante avait pour vertu de permettre une perpétuelle jeunesse féminine).
Les Maya l’appelaient « la fontaine de jouvence » et la « source de jeunesse »
Alexandre le Grand utilisait l’aloe vera pour guérir les blessures de ses guerriers et s’en approvisionnait lors de ses nombreuses campagnes et grandes batailles. Il aurait même conquis l’île de Socotra pour en avoir assez.
Pendant le règne de l’Empereur Néron, autour de l’an 50, le médecin grec Dioscoride citait, dans son traité « De materia medica », l’aloe vera comme capable de soulager une irritation, un coup de soleil ou une acné. Ses écrits ont été repris par Pline l’Ancien dans son Encyclopédie « Histoire Naturelle ».
Effets sur la peau
Dans les études scientifiques, l’aloe vera a pour effet :
d’améliorer les rides et l’élasticité cutanée
d’augmenter la production de collagène
diminuer l’expression du gène MMP-1, qui contrôle la synthèse des métalloprotéases matricielles, elles-mêmes capables de dégrader tous les composants de la matrice extra-cellulaire, dont le collagène. Ainsi l’aloe vera améliore la cicatrisation.
stimuler la synthèse des glycosaminoglycanes jouant aussi un role dans la cicatrisation
Ainsi l’aloe vera peut être utilisée sous controle medical, dans la prise en charge :
La crème solaire protège-t-elle du cancer de la peau?
Il faut appliquer de grandes quantités de creme solaire pour se protéger du cancer de la peau
L’interrogation d’un patient m’a interpelé : « dites docteur, c’est vrai que la creme solaire augmente le risque de cancer de la peau? ». J’ai décidé de me pencher sur le sujet…
Soleil et cancer de la peau
La peau est constituée de cellules (kératinocytes, mélanocytes… ), ayant toutes un rôle précis.
Ces cellules se renouvellent, se différencient harmonieusement mais ce processus peut les rendre plus sensible à des modifications de leur ADN (mutations), sous l’effet notamment des rayons solaires.
Habituellement, ces mutations sont réparées par l’organisme (processus de réparation de l’ADN par exemple). Lorsque la cellule cutanée devient cancéreuse, elle perd ses capacités de réparation. Elle se met alors à se multiplier de façon anarchique et à aboutir à une masse de cellules appelée tumeur maligne.
Pour faire simple, les kératinocytes donnent le carcinome, les mélanocytes le mélanome
Il y a de nombreuses causes possibles au développement du cancer de la peau, mais il faut connaitre le role du soleil (en particulier pour le cancer spinocellulaire et le melanome). La majorité des cancers de la peau surviennent d’ailleurs sur les zones exposées au soleil (visage, cou).
Les cancers spinocellulaires se développent généralement chez les personnes qui ont été exposées au soleil de faéon chronique et prolongée tout au long de leur vie (personnes travaillant à l’extérieuré).
Les carcinomes basocellulaires, se développent quant à eux plutot en cas d’ expositions solaires brutales et répétées, notamment dans l’enfance (voyages dans des pays chauds… )
La protection solaire est donc le meilleur moyen de prévenir les cancers de la peau. Les mélanomes quant à eux ont une relation avec les expositions solaires plus complexe mais globalement il semble que le facteur solaire soit surtout constitué comme pour le cancer basocellulaire par les expositions intermittentes et brutales (vacances et coups de soleil).
Le risque de mélanome est 10 fois moins important chez un noir que chez un blanc. Et au sein des blancs, les roux-bloncs sont le plus à risque.
La protection solaire est donc un des seuls éléments préventifs efficaces contre le cancer de la peau.
Epidémiologie des cancers de la peau
Le vieillissement de la population et les habitudes solaires excessives sont autant de facteurs entrant en ligne de compte dans l’augmentation du nombre de cancer de la peau depuis plusieurs années.
Le nombre de nouveaux cas de cancers de la peau a triplé entre 1980 et 2012.
Parmi ceux ci les plus fréquents sont les carcinomes (90% des cancers de la peau) avec en tête le basocellulaire qui est le cancer humain le plus fréquentchez l’homme, tous types de cancers et tous organes confondus : on estime que sont dépistés en France environ 80 nouveaux cas / 100 000 habitants / an, soit environ 50000 nouveaux cancers basocellulaires/an en France
Le mélanome est redoutable par son risque métastatique supérieur aux carcinomes. C’est l’un un des cancers dont l’incidence comme la mortalité ont significativement augmenté sur la période 1980-2012 (source : Les cancers en France, avril 2016).
On note donc une augmentation notable des cancers de la peau depuis plusieurs décennies, probablement à cause des expositions solaires accrues notamment
Les crèmes solaires et le cancer de la peau
On dispose de crèmes, gels, sprays… solaires d’indice plus ou moins important et fonctionnant sur le modèle de la réflexion des UV (filtres minéraux) ou de leur absorption (filtres chimiques). Elles ne sont pas dénuées d’effets sur l’environnement notamment.
Les seules études sur l’application régulière de crème solaire et leur protection vis-à-vis du cancer de la peau sont australiennes, montrant une diminution significative du risque de carcinome épidermoide et de mélanome à la condition de les appliquer quotidiennement à la dose de 2mg/cm² de peau, soit les quantités appliquées par les fabriquants pour mesurer leur indice de protection
Or, ce n’est jamais fait dans la vraie vie : la quantité moyenne appliquée à la plage est de 0,5mg/cm² soit 4 fois moins que les doses recommandées. Autant dire qu’une crème solaire ayant un indice inférieur à 30 (« protection haute ») protège très peu la peau du soleil en conditions d’utilisation « normales ».
Pire, l’application d’une crème solaire tend à désinhiber les personnes qui, ne prenant plus de coup de soleil, s’exposent plus et plus longtemps au soleil!
Au total, l’utilisation de crème solaire seule, à la dose couramment utilisée, a des effets pervers
Conclusion
Nous avons vu que le nombre de cancers de la peau augmentait depuis plusieurs décennies et que la protection solaire était le meilleur moyen de les éviter
Or l’utilisation de crème solaire n’a d’effet protecteur qu’à des doses 4 fois supérieures à celles appliquées couramment par les usagers et à la condition de les utiliser tous les jours
On ne répétera donc jamais assez que dans la stratégie de protection solaire, les cremes solaires arrivent en derniere position, derriere la recherche de l’ombre, l’absence d’exposition entre 11H et 16h l’été et le port de vetements couvrants, et qu’il n’est pas recommandé d’utiliser uniquement les cremes solaires pour se protéger du soleil, en dehors des zones non couvertes par les vetements (voir un article sur la protection solaire)
Les cremes solaires n’ont vraiment d’interet que lorsqu’on respecte les autres règles de protection solaire
Revue systematique de la littérature : pas de confirmation que la crème solaire protège du cancer de la peau Protection solaire = dans l'ordre 1. Eviter le soleil notam. entre 11h et 16h 2. Vêtements couvrants 3. Crème solaire sur les zones découvertes https://t.co/vjJoWaOABA
"Bien que les données actuelles ne suggèrent aucun risque accru de cancer de la peau lié à l'utilisation d'écrans solaires, cet examen systématique ne confirme pas les bienfaits protecteurs attendus des écrans solaires contre le cancer de la peau dans la population générale"
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HERPES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
L’aciclovir date de 1974 et a pour noms commerciaux Zovirax®, Activir®, A. GNR®, A. RPG®… Il peut être utilisé par voie orale, intraveineuse et en crème.
Antécédents d’hypersensibilité à l’aciclovir ou au propylèneglycol.
Application oculaire, intrabuccale ou intravaginale
Effets secondaires de la creme
Peu fréquent : des sensations de picotements ou de brûlures transitoires pouvant suivre l’application de la crème, sécheresse cutanée, demangeaisons.
Rare : érythème, eczéma de contact.
Très rare : cas d’urticaire et d’œdème de Quincke
Aciclovir comprimés et intraveineux
En cas de prise orale ou intraveineuse, la diffusion dans les organes et tissus est bonne, notamment dans la salive, les sécrétions vaginales et le liquide céphalorachidien qui baigne le cerveau.
L’aciclovir passe également dans le lait maternel.
Il s’élimine par voie urinaire et une adaptation des doses doit être réalisée chez l’insuffisant rénal.
Effets secondaires
Globalement, la tolérance de l’aciclovir est bonne.
Ont signale pour
les comprimés
des troubles gastro-intestinaux,
des maux de tete
et des éruptions cutanées rares
la voie intraveineuse
veinites aux sites d’injections,
des néphropathies réversibles lors de l’utilisation par voie intraveineuse à fortes doses,voire des encéphalopathies chez l’insuffisant rénal
des troubles gastro-intestinaux,
des maux de tete
et des éruptions cutanées rares
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GALE
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Le Topiscab peut être utilisé chez l’adulte et l’enfant
C’est le seul traitement de la gale autorisé en France chez le BEBE de plus de 2 mois et moins de 15kgs et chez la FEMME ENCEINTE ou ALLAITANTE (ne pas allaiter durant le traitement)
Précautions d’emploi
Une surveillance étroite est recommandée lorsque le traitement est utilisé chez les enfants entre 2 mois et deux ans, en raison d’une expérience limitée dans cette population
En cas d’hypersensibilité aux chrysanthèmes ou à d’autres astéracées (Cosmos, Dahlia, Tournesol… ), l’application de perméthrine ne doit être réalisée que si strictement nécessaire.
Posologie
TOPISCAB ® creme 30g , 2 applications au coucher avec un intervalle de 7 à 14j entre les deux applications.
Comment utiliser le Topiscab?
La crème doit agir sur la peau pendant au moins 8 heures, ce qui impose de ne pas se laver (bain, douche) pendant ce laps de temps. S’il arrive que les mains ou d’autres zones de peau traitées (fesses, organes génitaux externes lors du change de bébé) soient lavées au cours de ces huit heures, il faut de nouveau appliquer de la crème sur ces zones.
Au bout de 8 heures (minimum) après l’application, il faut éliminer les restes de crème en se douchant ou en se lavant avec de l’eau et du savon.
A chaque application, la quantité de crème à appliquer est de :
30 g chez l’adulte et l’adolescent de plus de 12 ans, ce qui correspond à appliquer le tube en entier ;
15 g chez l’enfant de 6 à 12 ans, soit la moitié d’un tube ;
7,5 g chez l’enfant de 1 à 5 ans, ce qui équivaut à la taille de 2 noisettes ;
3,75 g chez l’enfant de 2 mois à 1 an, ce qui équivaut à la taille d’une noisette.
La crème doit être appliquée en fine couche sur la peau, de façon uniforme sur l’ensemble du corps (dont le cou, la nuque, la paume des mains et la plante des pieds). Il convient d’accorder une attention toute particulière aux espaces interdigitaux des mains et des pieds (également aux zones situées sous les ongles des doigts et des orteils), aux poignets, aux coudes, aux aisselles, aux organes génitaux externes et aux fesses. L’application sur la tête (cuir chevelu), les oreilles et le visage n’est pas utile, sauf si cette zone présente des lésions scabieuses ou chez les sujets âgés de plus de 65 ans.
Veiller à ce que la crème ne soit pas en contact avec les muqueuses (lèvres, bouche, narines, zone génitale) ou avec des plaies ouvertes ;
Ne pas appliquer la crème à proximité des yeux ;
Chez les enfants, ne pas appliquer la crème autour de la bouche pour éviter une ingestion du produit par léchage. Le port de gants peut être envisagé chez certains enfants.
Afin d’éviter tout risque de contamination entre patients lors de l’application, il est nécessaire d’utiliser 1 tube par patient.
En outre,il faut :
– avoir les ongles courts et bien propres ;
– changer de vêtements, de draps et de serviettes tous les jours et les laver à au moins 60 °C pendant une période de 14 jours ;
– conserver les articles qui ne peuvent pas être lavés à au moins 60 °C (vêtements) dans un sachet plastique fermé pendant quelques jours ;
– passer l’aspirateur énergiquement sur les tapis et les coussins.
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GALE
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Un produit « bio » doit comporter une certaine quantité -variable selon le label- de composants végétaux issus de l’agriculture biologique, c’est-à-dire cultivés sans pesticides.
Les cosmétiques bio doivent contenir un minimum de parfums, de colorants ou de conservateurs artificiels, de produits de synthèse ou de produits issus de l’industrie pétro-chimique (vaseline, paraffine… ).
Certains labels exigent même une absence complète de ces produits.
Malheureusement, il n’existe pas de label unique « Bio » ou « biologique » qui simplifierait beaucoup la vie des consommateurs, mais de nombreuses certifications plus ou moins complémentaires.
Quelles sont les différences principales entre les cosmétiques bio et les autres?
Outre le fait que les cosmétiques bio contiennent une certaine proportion de constituants végétaux issus de l’agriculture biologique, de produits naturels et ne contiennent que peu ou pas de dérivés du pétrole ou de produits de synthèse, on peut noter d’autres différences avec les cosmétiques traditionnels : les cosmétiques bio sont souvent riches en actifs, ils sont généralement vendus dans des emballages recyclables, ils ne sont habituellement pas testés sur des animaux et certains labels exigent l’absence d’utilisation de rayonnements ionisants ou de substances animales issues de vertébrés morts (baleine, tortue, vison..).
Tout ceci permet aux producteurs de cosmétiques bio de revendiquer des prix souvent plus élevés que pour les cosmétiques non biologiques.
Ces derniers font quant à eux l’objet de mesures de protection, parmi lesquelles figure la constitution d’un dossier contenant de nombreuses informations (formulation, tests cliniques… ), pouvant être consulté à tout moment par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (Afssaps), le Ministère de la Santé et la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF). Ils peuvent à tout moment faire l’objet d’un retrait du marché en cas de doute sur leur sécurité pour les consommateurs.
Les labels bio
Il existe de nombreux labels…
Le label « AB » (agriculture bio)
signifie que le produit contient 95% au moins de substances issues de l’agriculture bio. Il s’applique donc aux denrées alimentaires (huiles végétales et compléments alimentaires par exemple).
La pastille « ecocert »
désigne que l’organisme de contrôle et de certification Ecocert a délivré au produit cosmétique son label « cosmétiques écologiques et biologiques », signifiant que le produit contient au moins 95% de produits naturels traités selon les normes d’Ecocert. Les 5 % restant devant faire partie d’une liste restrictive de produits validés par Ecocert (les parfums et colorants de synthèse sont interdits). Enfin, les substances d’origine végétale contenues dans le produit doivent être à 95% certifiés bio et le cosmétique doit contenir au moins 10% de substances d’origine bio.
Les labels « Cosmébio »
sont issus de l’association française des professionnels de la cosmétique écologique et biologique. Ils comportent deux labels certifiant chacun que les produits contiennent 5% maximum de produits de synthèse et un minimum de 95% de produits naturels. Ces produits naturels doivent être issus de l’agriculture biologique pour au moins 10% d’entre eux dans le label « Bio » et 5% dans le label « eco ».
Le label « Nature est progrès »
est émis pas l’association du même nom, et exige l’absence totale de produits de synthèse et issus de la pétro-chimie.
Le label « BDIH »
répond au cahier des charges très strict d’une association allemande.
En dehors de ces sigles et labels aucune garantie n’est offerte au consommateur. La mention « produit naturel » par exemple ne signifiant pas grand chose.
Les huiles essentielles bio pour la peau
Les huiles essentielles sont issues de la distillation ou de l’extraction des composés aromatiques des plantes. Elles renferment donc de nombreux principes actifs et nécessitent quelques précautions d’emploi. Tout d’abord, il est recommandé d’éviter leur emploi chez la femme enceinte ou qui allaite et chez l’enfant. Il faut éviter de les utiliser pures (il faut les diluer entre 1 et 4% dans de l’huile végétale) et éviter leur contact avec les muqueuses (yeux… ).
Enfin, certaines huiles essentielles peuvent interagir avec le soleil et l’exposition de la zone sur laquelle elles sont appliquées est donc contre-indiquée
Avant de vouloir calmer les démangeaisons, le mieux est de savoir à quoi sont dues les démangeaisons de la peau. Il peut s’agir d’une plaque qui gratte, d’un bouton qui démange… Le mieux est donc de consulter un médecin pour obtenir un diagnostic précis.
💡 Prudence avec l’automédication : demandez toujours avis au pharmacien avant d’utiliser un antiprurigineux sans ordonnance. Ces traitements soulagent le symptôme mais ne traitent pas la cause — une consultation médicale reste nécessaire si les démangeaisons persistent plus de 2 semaines.
Facteurs aggravant les démangeaisons — à éviter
Facteur aggravant
Exemples pratiques
Alternative recommandée
Agents irritants cutanés
Savon ordinaire, toilette trop fréquente, port de vêtements en laine
Syndet (pain dermatologique sans savon), vêtements coton, 1 douche/j maximum en période de poussée
Eau chaude
Douches ou bains très chauds — la chaleur déclenche la libération d’histamine
Eau tiède (≤ 35 °C) — l’eau froide peut aider à calmer une poussée aiguë
Chaleur et air sec
Chauffage trop puissant, air non humidifié en hiver
Température intérieure ≤ 19 °C, humidificateur d’air, éviter les sur-vêtements au lit
Grattage
Soulagement immédiat mais entretient l’inflammation et favorise la surinfection
Tapoter plutôt que gratter — appliquer du froid (glaçon enveloppé) pour stopper le signal prurigineux
Pourquoi l’eau chaude aggrave-t-elle les démangeaisons ?
La chaleur déclenche la libération d’histamine par les mastocytes dermiques — la même molécule responsable des démangeaisons allergiques. Une douche trop chaude peut ainsi provoquer ou aggraver des démangeaisons même en l’absence de maladie cutanée. L’eau tiède (35 °C maximum) est préconisée pour toutes les peaux à tendance prurigineuse.
Les antihistaminiques calment-ils toutes les démangeaisons ?
Non. Les antihistaminiques sont efficaces pour les démangeaisons d’origine histaminique (urticaire, piqûres d’insectes, réactions allergiques). Ils sont en revanche peu ou pas efficaces sur les démangeaisons non histaminiques : prurit du psoriasis, du lymphome, de l’insuffisance rénale, ou prurit neuropathique — qui nécessitent des traitements spécifiques.
Quand faut-il consulter pour des démangeaisons ?
Consultez sans attendre si les démangeaisons durent plus de 2 semaines sans cause évidente, s’accompagnent de lésions cutanées étendues, de fièvre ou d’amaigrissement, ou si elles surviennent la nuit de façon intense (orientation vers la gale, lymphome ou cholestase). Un prurit sine materia (sans lésion cutanée visible) chez un adulte après 50 ans doit toujours faire l’objet d’un bilan médical complet.
La crème hydratante suffit-elle pour calmer les démangeaisons ?
Elle suffit lorsque les démangeaisons sont liées à une simple sécheresse cutanée (xérose). Dans ce cas, une crème émolliente riche appliquée quotidiennement après la douche peut suffire à les faire disparaître. Pour les démangeaisons liées à une dermatose (eczéma, psoriasis, urticaire…), l’hydratation est un soin complémentaire indispensable mais ne remplace pas le traitement spécifique.
Les délais de rendez-vous chez les dermatologues s’allongent d’année en année. Cependant, ne vous improvisez surtout pas médecin — consultez votre médecin traitant avant toute chose.
En attendant votre rendez-vous et le diagnostic de la cause de vos démangeaisons de peau, vous pouvez tenter de les soulager avec des produits disponibles sans ordonnance chez votre pharmacien.
La peau qui gratte, un symptôme très pénible…
⚠️ Attention : avant d’utiliser tout produit ou médicament sans ordonnance, demandez conseil à votre pharmacien — risque d’allergie de peau, d’aggravation de la dermatose, interactions médicamenteuses, contre-indications en cas de grossesse ou d’allaitement.
Les crèmes à la cortisone à faible concentration (0,5 % d’hydrocortisone) sont disponibles sans ordonnance. Elles nécessitent des précautions d’usage importantes :
Antihistaminiques sans ordonnance contre les démangeaisons
Il s’agit d’antihistaminiques autorisés en accès direct par l’ANSM. Demandez toujours conseil à votre pharmacien avant utilisation (interactions médicamenteuses, grossesse, allaitement…)
Médicament
Principe actif
Contre-indications
Précautions
CETIRIZINE comprimé ZYRTECSET 10 mg → voir aussi Zyrtec®
Cétirizine
Allergie au produit ou à l’un des composants — Insuffisance rénale — Enfant < 2 ans
Risque de somnolence — éviter l’alcool — déconseillé en cas d’allaitement — consulter le médecin en cas de grossesse
Non recommandé en cas de grossesse ou d’allaitement — somnolence possible
⚠️ En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, vertiges, nausées, palpitations…), arrêter le médicament et consulter un médecin.
Peut-on utiliser une crème à la cortisone sans ordonnance longtemps ?
Non. Les crèmes à l’hydrocortisone 0,5% sans ordonnance sont réservées à un usage court (5 à 7 jours maximum). Un usage prolongé expose aux effets secondaires : atrophie cutanée, télangiectasies, vergetures. Si les démangeaisons persistent au-delà d’une semaine, consultez un médecin pour un diagnostic précis et un traitement adapté.
La cétirizine et la loratadine sont-elles équivalentes ?
Les deux sont des antihistaminiques de 2e génération non sédatifs, efficaces sur les démangeaisons d’origine allergique. La cétirizine peut provoquer une légère somnolence à dose élevée chez certaines personnes — la loratadine est légèrement moins sédative. Les deux sont disponibles sans ordonnance et ont une durée d’action de 24 heures.
Pourquoi les crèmes à la cortisone sont-elles déconseillées sur le visage ?
La peau du visage est plus fine et plus absorbante — les dermocorticoïdes y pénètrent davantage, augmentant le risque d’atrophie, de télangiectasies et de dermite péri-orale. Sur le visage, seuls les dermocorticoïdes de faible puissance peuvent être utilisés, sous surveillance médicale et pour une durée très courte.
Quand faut-il absolument consulter un médecin pour des démangeaisons ?
Consultez sans attendre si les démangeaisons durent plus de 2 semaines sans cause évidente, s’accompagnent de lésions cutanées étendues, de fièvre, d’amaigrissement, ou surviennent la nuit de façon intense. Un prurit sans lésion cutanée visible chez un adulte de plus de 50 ans nécessite toujours un bilan médical complet.
Dangers et risques des crèmes solaires : ce que dit vraiment la science en 2026
Les crèmes solaires font régulièrement l’objet de polémiques : elles provoqueraient des allergies, agiraient comme perturbateurs endocriniens, feraient pénétrer des substances nocives dans l’organisme, bloqueraient la synthèse de vitamine D, voire favoriseraient le cancer de la peau en incitant à s’exposer davantage. Ces accusations se multiplient sur les réseaux sociaux, souvent sans distinction entre données de laboratoire, études animales et preuves cliniques chez l’homme.
En face, un fait demeure solide : il est prouvé que l’utilisation régulière de crème solaire réduit le risque de cancers cutanés, notamment de mélanomes et de carcinomes épidermoïdes, ainsi que le risque de vieillissement cutané accéléré. L’enjeu de cet article est de démêler le vrai du faux, avec les données scientifiques actualisées, pour vous aider à faire des choix éclairés — sans renoncer à la protection solaire.
Y a-t-il un danger réel à utiliser les crèmes solaires ? La science répond.
1. Filtres chimiques et filtres minéraux : deux mécanismes, deux profils de risque
Toute crème solaire contient un ou plusieurs filtres UV, qui peuvent être de deux natures :
Les filtres chimiques (organiques) sont des molécules carbonées qui absorbent les rayons UV et les convertissent en chaleur par des réactions moléculaires. Les plus courants en France et en Europe sont l’avobenzone, l’octocrylène, l’oxybenzone (benzophénone-3), l’octinoxate (méthoxycinnamate), le Mexoryl® SX et XL, les Tinosorb® S et M. Ces filtres sont généralement bien tolérés cosmétiquement (texture légère, pas d’effet blanchissant) mais soulèvent des questions de sécurité.
Les filtres minéraux (physiques) sont des poudres micronisées de dioxyde de titane (TiO₂) et d’oxyde de zinc (ZnO) qui réfléchissent et diffusent les UV. La FDA américaine les classe depuis 2019 comme les deux seuls filtres considérés comme sûrs et efficaces (GRASE — Generally Recognized As Safe and Effective) parmi les 16 filtres évalués. Leur principal inconvénient historique était l’effet blanchissant, largement atténué par les formulations modernes.
Critère
Filtres chimiques
Filtres minéraux (TiO₂, ZnO)
Mécanisme d’action
Absorption des UV → chaleur
Réflexion et diffusion des UV
Texture / cosmétique
Légère, transparente, agréable
Souvent blanchissante (améliorée en nano)
Absorption cutanée
Variable selon le filtre (oxybenzone +++)
Très faible (agrégats trop gros)
Statut FDA 2021
Non-GRASE (données insuffisantes) pour 10 filtres
GRASE (seuls considérés sûrs)
Allergie de contact
Possible (octocrylène +++, oxybenzone)
Très rare
Perturbateur endocrinien suspecté
Oui (oxybenzone, homosolate, en études)
Non documenté
Impact environnemental
Oxybenzone et octinoxate toxiques pour les coraux
Minimal à ce jour
Recommandation pédiatrique
À éviter avant 2 ans
Préférés chez l’enfant et nourrisson
2. Allergies aux filtres chimiques des crèmes solaires
Les allergies aux filtres chimiques existent et sont cliniquement documentées. Elles prennent trois formes principales :
L’eczéma de contact allergique
Il s’agit d’une allergie de contact classique de type hypersensibilité retardée (type IV), survenant 24 à 72 heures après l’application d’un filtre chimique sur les zones traitées. L’octocrylène est le principal filtre incriminé, suivi de la benzophénone-3 (oxybenzone) et de quelques cinnamamtes. Le diagnostic est confirmé par des patch-tests en milieu spécialisé.
L’eczéma photoallergique et photoaggravé
Certains filtres nécessitent l’exposition solaire pour déclencher la réaction allergique (photoallergie). La lésion apparaît sur les zones photo-exposées enduites de crème solaire, parfois en quelques heures. L’octocrylène et la benzophénone-3 sont les principaux responsables. L’arrêt du filtre en cause est indispensable — la photoallergie peut persister longtemps après l’éviction car les photoproduits de dégradation du filtre persistent dans la peau.
Les réactions croisées octocrylène / kétoprofène
La réaction croisée entre l’octocrylène (filtre photostable présent dans de nombreuses crèmes solaires et cosmétiques anti-âge) et le kétoprofène (Ketum® gel anti-inflammatoire) est une des associations les plus documentées en dermato-allergologie. Les patients qui se sont sensibilisés au kétoprofène cutané développent fréquemment une photoallergie à l’octocrylène — et vice versa. Cette sensibilisation croisée peut également concerner d’autres substances comme la benzophénone.
En pratique : tout patient ayant déjà eu une réaction cutanée au kétoprofène gel doit éviter les crèmes solaires contenant de l’octocrylène, et inversement.
Il est également recommandé d’éviter autant que possible les filtres chimiques chez les jeunes enfants, dont la peau plus fine et plus perméable augmente les risques d’absorption et de sensibilisation.
Référence PubMed : Uter W et al. Contact sensitization to common sunscreen agents: a multicentre study of the IVDK. Contact Dermatitis. 2014;71(3):162-169. Lire sur PubMed →
3. Absorption systémique des filtres chimiques : ce que les études FDA ont montré
C’est sur ce point que la science a le plus avancé depuis 2019, et que la polémique est la plus vive. Les faits sont les suivants.
Les études MUsT de la FDA (2019-2020)
La FDA a mené deux essais cliniques randomisés dits Maximum Usage Trials (MUsT), en conditions d’utilisation maximale (2 mg/cm² appliqués 4 fois par jour sur 75 % de la surface corporelle pendant 4 jours) :
Étude 2019 (JAMA) : 4 filtres testés (avobenzone, oxybenzone, octocrylène, écamsule) — les 4 ont atteint des concentrations plasmatiques supérieures à 0,5 ng/mL dès le premier jour, seuil au-dessus duquel la FDA exige des études toxicologiques complémentaires.
Étude 2020 (JAMA) : 6 filtres testés (avobenzone, oxybenzone, octocrylène, homosolate, octisalate, octinoxate) — les 6 ont dépassé le seuil. L’oxybenzone atteignait des concentrations plasmatiques de 85 à 94 ng/mL, soit plus de 40 fois le seuil. Certains filtres étaient encore détectables dans le sang 21 jours après la dernière application.
Filtre chimique
Absorption plasmatique maximale mesurée
Statut FDA 2021
Remarques
Oxybenzone (benzophénone-3)
85-94 ng/mL (170× le seuil)
Non-GRASE (données insuffisantes)
Détecté dans lait maternel, urine, sang de cordon ombilical, liquide amniotique
Homosolate
Supérieure au seuil, persistante à 21j
Non-GRASE
SCCS européen : non sûr aux concentrations actuelles (max recommandé 0,5 %)
Avobenzone
4,3 ng/mL après une seule application
Non-GRASE
Instable sans photostabilisateur ; se dégrade en radicaux libres
Octocrylène
~14× le seuil en usage maximal
Non-GRASE
Se dégrade en benzophénone (cancérogène suspecté) avec le temps
Octinoxate
Supérieure au seuil
Non-GRASE
Banni à Hawaï et Key West pour toxicité corallienne
Octisalate
Supérieure au seuil
Non-GRASE
Parmi les filtres les mieux tolérés
TiO₂ (titane) et ZnO (zinc)
Absorption cutanée négligeable
GRASE (sûrs et efficaces)
Seuls filtres approuvés sans réserve par la FDA
Mais que signifie concrètement dépasser le seuil de 0,5 ng/mL ?
Ce seuil ne signifie pas que le filtre est dangereux — il signifie que la FDA considère que ce niveau d’absorption nécessite des études toxicologiques complémentaires pour évaluer les risques éventuels à long terme. Comme le précise Harvard Health : aucun effet indésirable grave lié à l’absorption systémique des filtres chimiques n’a été rapporté en pratique clinique. La FDA n’a pas demandé aux consommateurs d’arrêter leur crème solaire.
Il faut également souligner que ces études ont été conduites en conditions d’utilisation maximale (4 applications sur 75 % du corps par jour), bien au-delà de ce que la plupart des gens appliquent réellement. Les résultats ne reflètent pas directement le risque d’une utilisation quotidienne normale.
Référence PubMed : Matta MK et al. Effect of Sunscreen Application on Plasma Concentration of Sunscreen Active Ingredients: A Randomized Clinical Trial. JAMA. 2020;323(3):256-267. Lire sur PubMed →
La dégradation de l’octocrylène en benzophénone
Un signal de pharmacovigilance supplémentaire a été décrit en 2021 : l’octocrylène se dégrade au fil du temps (dans le tube de crème solaire) en benzophénone, substance classée cancérogène suspecté par l’Agence californienne de protection de l’environnement. Des études ont retrouvé de la benzophénone dans 9 produits européens et 8 produits américains contenant de l’octocrylène — et sa concentration augmente avec le vieillissement du produit. Ce phénomène plaide pour respecter les dates de péremption et ne pas conserver les crèmes solaires d’une année sur l’autre.
4. Filtres chimiques et perturbateurs endocriniens : où en est la science ?
Le sujet du perturbateur endocrinien est celui qui génère le plus d’inquiétude, parfois hors de proportion avec les preuves disponibles chez l’homme.
Ce qui est établi chez l’animal
Des effets œstrogéniques ont été démontrés chez la souris, notamment avec le 4-méthylbenzylidène camphre (4-MBC) et le 3-benzylidène camphre (3-BC) — deux filtres peu utilisés en Europe — administrés par voie orale à fortes doses pendant des périodes prolongées (gestation, lactation). Ces effets comprennent une augmentation du poids utérin et des modifications du comportement sexuel. Ces résultats ne correspondent pas à la réalité d’une application cutanée quotidienne, compte tenu des taux d’absorption très inférieurs.
Ce qui est suspecté chez l’homme
En 2021, le Comité scientifique européen sur la sécurité des consommateurs (SCCS) a conclu que l’oxybenzone et l’homosolate ne sont pas sûrs aux concentrations actuellement utilisées en Europe et a abaissé leurs limites autorisées (oxybenzone : max 2,2 % vs 6 % aux USA ; homosolate : max 0,5 % vs 15 % aux USA). L’avobenzone est soupçonnée de bloquer les effets de la testostérone à faibles doses dans des études cellulaires.
L’oxybenzone a été retrouvée dans des échantillons de lait maternel, d’urine, de sang de cordon ombilical et de liquide amniotique — ce qui justifie la recommandation de prudence particulière pendant la grossesse et l’allaitement, et de préférence pour les filtres minéraux dans ces situations.
Ce que l’on sait sur l’absorption et les doses
Entre 0,1 % et 5 % des filtres chimiques sont absorbés à travers la peau — taux qui augmente en cas de peau lésée (coup de soleil, eczéma) et chez l’enfant (× 1,7) et le nourrisson (× 2,7). Cependant, les filtres chimiques ont un pouvoir œstrogénique très inférieur à celui des phyto-œstrogènes naturels (soja), et les doses systémiques résultant d’une utilisation cutanée normale restent très inférieures aux doses actives observées dans les études animales.
Des filtres chimiques — principalement le 4-MBC — ont été retrouvés dans 75 % des échantillons de lait maternel testés dans une étude suisse (20 % de 4-MBC). Fait notable : ces taux étaient identiques été comme hiver, suggérant que leur source principale est moins les crèmes solaires que les cosmétiques courants (crèmes anti-âge, lotions, laques, shampoings contenant des filtres UV comme conservateurs ou anti-photodégradation).
Le bilan actuel : un rôle perturbateur endocrinien cliniquement significatif des crèmes solaires chez l’homme n’est pas établi à ce jour dans les conditions normales d’utilisation. Mais l’absence de preuve n’est pas une preuve d’absence — des études de long terme manquent encore. La prudence est recommandée, notamment pour l’oxybenzone, chez la femme enceinte et l’enfant.
Référence PubMed : Ghazipura M et al. Exposure to benzophenone-3 and reproductive toxicity: a systematic review of human and animal studies. Reprod Toxicol. 2017;73:175-183. Lire sur PubMed →
5. Nanoparticules de filtres minéraux : danger ou fantasme ?
Les filtres minéraux modernes sont souvent formulés sous forme de nanoparticules pour améliorer leur texture et réduire l’effet blanchissant. Cette micro-division soulève une question légitime : des particules aussi petites peuvent-elles traverser la peau et atteindre des cellules vivantes ?
Les données actuelles sur la pénétration cutanée
Les études disponibles convergent vers une réponse rassurante sur ce point : les nanoparticules de ZnO et TiO₂ ne pénètrent pas la peau intacte. Elles forment des agrégats dans les plis cutanés et à la surface de l’épiderme, mais aucune pénétration ni toxicité cellulaire n’a été détectée dans les couches vivantes. Seule une légère augmentation de la concentration en ions zinc a été observée dans l’épiderme dans certaines études — sans toxicité démontrée.
Le risque des sprays et poudres à base de TiO₂
En revanche, deux situations méritent une vigilance réelle :
Les sprays et poudres contenant du dioxyde de titane : l’IARC (Centre international de recherche sur le cancer) classe le TiO₂ comme peut-être cancérogène pour l’homme par inhalation (groupe 2B). L’inhalation de nanoparticules de TiO₂ peut provoquer des lésions inflammatoires chroniques pulmonaires. Les sprays solaires ne doivent pas être inhalés et ne doivent pas être vaporisés sur le visage des enfants.
L’application sur peau lésée : le dioxyde de titane peut induire des dommages photo-oxydatifs à l’ADN via la production de radicaux libres (peroxyde d’hydrogène) sur une peau dont la barrière est altérée. Il est donc déconseillé d’appliquer une crème solaire contenant du TiO₂ sur un coup de soleil.
Référence PubMed : Lewicka ZA et al. Toxicity of nanosized and bulk ZnO, CuO and TiO₂ to human keratinocytes. Nanotoxicology. 2013;7(8):1178-1187. Lire sur PubMed →
6. Crèmes solaires et vitamine D : y a-t-il un vrai risque de carence ?
L’argument est fréquemment avancé : les crèmes solaires bloqueraient la synthèse de vitamine D en empêchant les UV d’atteindre la peau. La réalité est plus nuancée.
La synthèse cutanée de vitamine D3 est déclenchée par les UVB (290-315 nm). Une exposition des mains et du visage de 30 minutes à 2 heures par semaine (selon la latitude, la saison et le phototype) suffit pour une synthèse normale de vitamine D. Cette exposition minimale se produit naturellement au quotidien — en marchant, en ouvrant une fenêtre, en sortant du bureau — sans application de crème solaire.
Par ailleurs, les études cliniques mesurant les taux de 25-OH-vitamine D chez des utilisateurs réguliers de crème solaire versus non-utilisateurs ne montrent pas de différence significative. Deux raisons expliquent ce résultat : d’abord, la plupart des gens n’appliquent pas leur crème solaire de façon assez uniforme et épaisse pour bloquer tous les UVB ; ensuite, les expositions non protégées du quotidien suffisent à maintenir des niveaux adéquats dans la population générale.
L’usage des crèmes solaires ne diminue probablement pas les taux de vitamine D dans la population générale. Les personnes à risque de carence (personnes âgées, à peau foncée, peu exposées) relèvent d’une supplémentation médicalement guidée, indépendamment de la crème solaire.
7. La crème solaire : source d’un faux sentiment de sécurité ?
Ce reproche-là est en revanche bien fondé. L’usage de la crème solaire a souvent pour objectif de bronzer plus longtemps sans coup de soleil. Ce comportement est trompeur pour deux raisons :
D’abord, les filtres solaires réduisent les UVB responsables des coups de soleil beaucoup plus efficacement que les UVA responsables du vieillissement et impliqués dans le risque de mélanome. Une personne qui ne ressent pas de coup de soleil reste exposée aux UVA pénétrants.
Ensuite, la crème solaire est souvent mal appliquée : quantité insuffisante (le SPF affiché suppose 2 mg/cm², soit une couche épaisse), zones oubliées (oreilles, nuque, pieds, lèvres), et non-renouvelée toutes les 2 heures et après chaque baignade.
Les crèmes solaires ont pour but de réduire le risque de cancer de la peau et de vieillissement cutané accéléré — pas de permettre de s’exposer plus longtemps.
Dans la stratégie globale de protection solaire, les crèmes solaires arrivent en dernière position, après : la recherche de l’ombre, l’évitement de l’exposition entre 11h et 16h en été, et le port de vêtements couvrants et d’un chapeau à larges bords. Elles ne protègent efficacement que les zones non couvertes par les vêtements.
8. Impact environnemental des filtres chimiques
L’oxybenzone et l’octinoxate ont des effets toxiques documentés sur les coraux et les écosystèmes marins, notamment en induisant une perturbation hormonale chez les larves de corail et en facilitant le blanchissement corallien. Ces deux filtres ont été interdits à Hawaï et Key West (Floride) depuis 2021.
L’octocrylène est également associé à une toxicité marine et à une perturbation potentielle de la santé des récifs. Les filtres minéraux (TiO₂ et ZnO) ont un impact environnemental beaucoup plus limité selon les données disponibles.
Pour les activités nautiques (plongée, snorkeling, baignade en récif), les filtres minéraux sont donc préférables aux filtres chimiques, indépendamment des questions de sécurité humaine.
9. Conclusion : que faut-il utiliser en 2026 ?
La crème solaire, même invisible, rend la peau opaque aux UV — son efficacité est prouvée
Le tableau ci-dessous résume les recommandations pratiques issues de l’état des connaissances en 2026 :
Situation
Recommandation
Filtre préféré
Adulte en bonne santé, usage quotidien
SPF 30 (hiver, peau mate) à 50+ large spectre, renouvellement /2h
Minéral ou mixte selon tolérance
Femme enceinte ou allaitante
Éviter oxybenzone et filtres à fort potentiel d’absorption
Filtres minéraux (TiO₂ + ZnO) recommandés
Enfant de moins de 2 ans
Éviction solaire prioritaire ; si nécessaire, filtre minéral uniquement
Minéral exclusivement
Enfant de 2 à 12 ans
SPF 50+ large spectre ; limiter les filtres chimiques
Minéral de préférence
Peau lésée (coup de soleil, eczéma)
Augmentation de l’absorption ; éviter TiO₂ sur zones lésées
ZnO seul sur peau altérée
Allergie à l’octocrylène ou kétoprofène
Éviction stricte de l’octocrylène et de la benzophénone-3
Filtres minéraux uniquement
Activités nautiques (récif, plongée)
Filtres chimiques à éviter pour l’environnement marin
Minéral exclusivement
Application en spray
Ne pas inhaler ; éviter les sprays à base de TiO₂
Lotion ou crème préférées
La conclusion essentielle : les doutes sur l’innocuité de certains filtres chimiques sont réels et scientifiquement documentés — mais ils ne remettent pas en question l’intérêt de la protection solaire, dont les bénéfices (réduction du risque de cancers cutanés, de mélanome, de photovieillissement) sont prouvés et considérables. Il est en revanche raisonnable de privilégier les filtres minéraux, en particulier pour les populations vulnérables.
FAQ — Questions fréquentes sur les dangers des crèmes solaires
La crème solaire est-elle vraiment dangereuse ?
Certains filtres chimiques soulèvent des questions légitimes — absorption systémique documentée par la FDA, suspicion de perturbation endocrinienne, allergie possible. Ces données justifient la prudence, notamment chez les femmes enceintes et les enfants. Mais aucun effet indésirable grave lié à l’absorption systémique n’a été rapporté en pratique clinique, et les bénéfices de la protection solaire (réduction des cancers cutanés, du mélanome, du photovieillissement) restent prouvés et très supérieurs aux risques hypothétiques pour la population générale adulte.
Quelle est la différence entre filtre chimique et filtre minéral ?
Les filtres chimiques absorbent les UV et les convertissent en chaleur. Les filtres minéraux (dioxyde de titane TiO₂ et oxyde de zinc ZnO) réfléchissent et diffusent les UV. La FDA considère les filtres minéraux comme les seuls filtres sûrs et efficaces sans réserve (GRASE) parmi les 16 évalués. Les filtres minéraux sont donc à privilégier en cas de doute, chez les enfants, les femmes enceintes et lors des activités nautiques.
C’est le filtre chimique qui fait l’objet du plus grand nombre d’alertes. Il est absorbé en grande quantité dans le sang, retrouvé dans le lait maternel, l’urine et le liquide amniotique. Le SCCS européen l’a jugé non sûr aux concentrations utilisées en Europe en 2021. Il est banni dans certaines zones maritimes pour toxicité corallienne. La prudence s’impose, notamment pendant la grossesse et l’allaitement, et chez l’enfant : préférer les filtres minéraux dans ces situations. Chez l’adulte en bonne santé, l’usage occasionnel ne constitue pas un risque établi.
Les crèmes solaires empêchent-elles la synthèse de vitamine D ?
En pratique, non. Les études cliniques ne montrent pas de différence significative des taux de vitamine D entre les utilisateurs réguliers et les non-utilisateurs de crème solaire. Les expositions quotidiennes non protégées (quelques minutes par jour sur le visage et les mains) suffisent à maintenir des niveaux adéquats. Les personnes réellement à risque de carence relèvent d’une supplémentation médicamenteuse, indépendamment de la crème solaire.
Que doit-on mettre sur la peau d’un enfant en bas âge au soleil ?
Avant 6 mois, toute exposition directe au soleil est déconseillée (protection par vêtements, chapeau, ombre). Entre 6 mois et 2 ans, si exposition inévitable, seuls les filtres minéraux (TiO₂ + ZnO) sont recommandés — les filtres chimiques sont à éviter en raison de la perméabilité cutanée accrue et du risque d’absorption majorée. À partir de 2 ans, les crèmes solaires SPF 50+ à base de filtres minéraux restent la référence. En toutes circonstances : pas de spray inhalable sur un enfant.
EMLA® (lidocaïne + prilocaïne) : la crème anesthésiante historique, AMM pédiatrique et remboursement
Geste dermatologique douloureux prévu ? Vous préparez votre enfant à une ponction veineuse ?
Le Dr Rousseau vous conseille sur l’utilisation optimale de la crème anesthésiante selon le geste et l’âge.
EMLA® est la spécialité de référence des crèmes anesthésiantes à base de lidocaïne et de prilocaïne. Elle a été la première formulation à recevoir l’AMM pour cette association sous forme de crème topique — en 1988 en Scandinavie, d’où elle est originaire (son acronyme signifie Eutectic Mixture of Local Anesthetics). C’est aujourd’hui la crème anesthésiante la plus prescrite en pédiatrie dans le monde, et elle reste la référence à laquelle sont comparés tous ses génériques, dont Anesderm Gé®.
Cette page se concentre sur ce qui distingue EMLA® de son générique : son histoire, son statut réglementaire, ses indications officiellement remboursées — notamment en pédiatrie — et les études cliniques menées spécifiquement sur cette spécialité. Pour le mécanisme d’action, les durées d’application, les contre-indications et la toxicité systémique (communs à toutes les formulations), consultez notre page centrale : crème anesthésiante à la lidocaïne et la prilocaïne.
EMLA® : l’histoire d’une révolution en anesthésie pédiatrique
C’est en 1978 que les chercheurs suédois Nils Gunnar Broberg et ses collègues de l’Université d’Uppsala mettent au point le concept du mélange eutectique lidocaïne-prilocaïne. La publication fondatrice de Juhlin et Evers en 1980 dans la revue Acta Dermato-Venereologica démontre pour la première fois l’analgésie cutanée obtenue avec cette formulation sur peau intacte — une performance que l’on croyait impossible jusqu’alors avec des anesthésiques topiques conventionnels.
La spécialité EMLA® est commercialisée en Suède en 1980, puis obtient progressivement des AMM en Europe et dans le monde au cours des années 1980 et 1990. Son impact sur la médecine pédiatrique a été considérable : avant EMLA®, les ponctions veineuses, les vaccinations et les petits gestes chez l’enfant étaient systématiquement sources d’anxiété et de douleur. EMLA® a permis de rendre ces gestes tolérables, réduisant l’anxiété de l’enfant et des parents, et contribuant à une prise en charge de la douleur procédurale pédiatrique qui est aujourd’hui reconnue comme un droit fondamental.
Aujourd’hui, EMLA® est commercialisée dans plus de 80 pays et reste la référence mondiale de l’anesthésie cutanée topique. Son dossier clinique comporte plusieurs centaines d’études publiées dans des revues à comité de lecture.
Composition et conditionnements
EMLA® contient, comme son générique Anesderm Gé®, un mélange eutectique de lidocaïne 2,5 % et de prilocaïne 2,5 % en émulsion eau-dans-huile stabilisée par des carbomères. La composition est identique à celle du générique — c’est le dossier clinique et réglementaire qui différencie les deux spécialités, pas la formule.
Conditionnements disponibles en France :
Conditionnement
Contenu
Usage préférentiel
Tube 5 g + 5 pansements Tegaderm®
5 applications unitaires de 1 g (environ 10 cm²)
Gestes ponctuels, usage pédiatrique à domicile, ponction veineuse
Tube 30 g
Applications sur grandes surfaces, usage professionnel
Laser CO2 fractionné, épilation laser sur grande surface, PDT
AMM et indications officielles
L’AMM d’EMLA® en France couvre les indications suivantes :
Indication
Population
Statut AMM
Anesthésie cutanée avant ponction veineuse, pose de cathéter IV, injection sous-cutanée
Adulte et enfant dès la naissance (avec restrictions de dose)
AMM
Anesthésie cutanée avant gestes de chirurgie superficielle (biopsie, exérèse, curetage)
Adulte et enfant
AMM
Anesthésie avant prélèvement cutané pour greffe en lame mince
Adulte
AMM
Anesthésie des muqueuses génitales avant chirurgie superficielle (condylomes, circoncision)
Adulte
AMM
Dépistage néonatal (prélèvement au talon, ponction artérielle néonatale)
Nourrisson (prématuré et à terme)
AMM spécifique — doses strictement encadrées
Laser cutané, cryothérapie, épilation, tatouage
Adulte
Hors AMM — usage courant documenté
EMLA® en pédiatrie : l’indication clé qui distingue EMLA® du générique
C’est en pédiatrie que l’AMM d’EMLA® est la plus complète et la plus documentée — et c’est l’un des rares domaines où EMLA® se distingue concrètement d’Anesderm Gé® sur le plan réglementaire. EMLA® dispose d’une AMM officielle pour les prématurés et les nouveau-nés dans des indications spécifiques (prélèvement néonatal, vaccinations), avec des doses strictement encadrées selon le poids et l’âge gestationnel.
📋 Doses maximales EMLA® selon l’âge chez l’enfant
Âge
Dose maximale
Surface maximale
Durée max sous occlusion
0–3 mois
1 g
10 cm²
1 heure
3–12 mois
2 g
20 cm²
4 heures
1–6 ans
10 g
100 cm²
5 heures
7–12 ans
20 g
200 cm²
5 heures
Adulte
60 g
600 cm²
5 heures
⚠ Nourrissons de moins de 3 mois : précautions absolues
L’utilisation d’EMLA® chez les nourrissons de moins de 3 mois ne doit se faire que sous stricte surveillance médicale. La prilocaïne peut induire une méthémoglobinémie chez ces nourrissons en raison de l’immaturité de leur système enzymatique (méthémoglobine réductase). La dose et la surface d’application doivent être scrupuleusement respectées. Ne pas utiliser en automédication chez le nourrisson.
L’efficacité d’EMLA® pour réduire la douleur des gestes pédiatriques est l’une des mieux documentées en médecine pédiatrique. Une méta-analyse regroupant plus de 1 800 enfants a montré que la crème réduit significativement les pleurs, la durée des pleurs et les scores de douleur comportementaux lors des ponctions veineuses par rapport au placebo.
Remboursement par l’Assurance maladie
EMLA® est remboursée par l’Assurance maladie dans les indications suivantes :
Ponctions veineuses et autres gestes chez l’enfant — remboursement à 65 % sur prescription médicale ;
Prélèvements néonatals (dépistage au talon, bilan de la naissance) — remboursement en milieu hospitalier ;
Certains actes chirurgicaux ambulatoires superficiels chez l’adulte selon le contexte.
Pour les usages hors AMM courants chez l’adulte (cryothérapie, laser, épilation), EMLA® n’est généralement pas remboursée. Son prix en officine est légèrement supérieur à celui d’Anesderm Gé®, son générique.
Conseils d’utilisation pratiques
Les règles d’application d’EMLA® sont identiques à celles de tout mélange eutectique lidocaïne-prilocaïne :
Appliquer en couche épaisse sur la zone — la crème doit former un monticule visible, pas une fine pellicule ;
Recouvrir immédiatement avec le pansement Tegaderm® fourni dans la boîte, ou avec du film alimentaire pour les grandes surfaces ;
Laisser 1 heure minimum sur la peau intacte, 15 minutes sur la muqueuse génitale ;
Retirer la crème avec une compresse propre juste avant le geste ;
La peau peut blanchir — c’est normal (vasoconstriction transitoire) ;
Ne pas appliquer sur l’œil, dans le conduit auditif, ou sur la peau lésée/eczémateuse sans avis médical ;
Ne pas appliquer avant un peeling au TCA — risque de brûlure profonde par perturbation de l’auto-neutralisation. Voir notre article sur le peeling chimique.
EMLA® vs Anesderm Gé® : différences
Critère
EMLA®
Anesderm Gé®
Composition
Lidocaïne 2,5 % + Prilocaïne 2,5 %
Lidocaïne 2,5 % + Prilocaïne 2,5 %
Efficacité anesthésiante
Identique
Identique
AMM pédiatrique (nourrisson, prématuré)
Oui — complète avec doses selon l’âge
Plus limitée
Remboursement SS chez l’enfant
Oui — sur prescription
Selon pharmacie et contexte
Prix indicatif (tube 5 g)
Légèrement plus élevé
Moins cher
Dossier clinique publié
Très étendu (500+ études)
Bioéquivalence prouvée avec EMLA®
Usage adulte courant
Interchangeable avec Anesderm Gé®
Interchangeable avec EMLA®
📌 En pratique
Pour un adulte en bonne santé ayant un geste dermatologique prévu, EMLA® et Anesderm Gé® sont parfaitement interchangeables — choisissez selon le prix et la disponibilité en pharmacie. Pour un enfant, notamment en bas âge ou dans le cadre d’un geste remboursé, préférez EMLA® qui dispose de l’AMM pédiatrique la plus complète et est remboursée sur prescription.
À partir de quel âge peut-on utiliser EMLA® chez un enfant ?
EMLA® peut être utilisée dès la naissance, y compris chez les prématurés, dans les conditions strictement définies par l’AMM pédiatrique (dose maximale selon le poids et l’âge, surface limitée, durée d’occlusion contrôlée). Elle est contre-indiquée chez les nourrissons de moins de 3 mois ayant un déficit en G6PD ou recevant des médicaments méthémoglobinisants. La décision et la dose doivent toujours être discutées avec un médecin pour les bébés de moins de 3 mois.
EMLA® est-elle remboursée pour la cryothérapie des verrues chez l’adulte ?
Non, en règle générale. Le remboursement d’EMLA® chez l’adulte est limité à certains actes chirurgicaux bien définis. Pour la cryothérapie des verrues, la crème n’est pas remboursée — mais son coût en officine reste faible (environ 3 à 5 € pour un tube de 5 g). Le générique Anesderm Gé® est souvent moins cher.
EMLA® est-elle efficace pour l’épilation laser ?
Oui, EMLA® réduit significativement la douleur de l’épilation laser. Elle doit être appliquée 1 heure avant la séance sous occlusion sur toute la zone à traiter. Pour les grandes surfaces (jambes, dos), le tube 30 g est plus adapté. Notez que cette indication est hors AMM — EMLA® est utilisée dans ce contexte sur la base d’un usage courant bien documenté, mais elle n’est pas remboursée pour l’épilation laser.
Peut-on appliquer EMLA® sur le visage avant un geste esthétique (injection de botox, filler) ?
EMLA® est utilisée hors AMM avant les injections de toxine botulique ou d’acide hyaluronique, mais avec quelques nuances. L’application sur le visage peut provoquer un érythème réactionnel après retrait qui peut temporairement gêner la localisation des points d’injection. La vasoconstriction induite peut aussi légèrement modifier la vascularisation locale. Certains médecins préfèrent l’anesthésie topique à base de lidocaïne pure (sans prilocaïne) ou l’anesthésie injectable pour les injections esthétiques du visage. Discutez-en avec votre praticien.
Juhlin L, Evers H, Broberg F. A lidocaine-prilocaine cream for superficial skin surgery and painful lesions. Acta Derm Venereol. 1980;60(6):544–546. PMID 6162112 — article fondateur
Wahlgren CF, Quiding H. Depth of cutaneous analgesia after application of a eutectic mixture of local anesthetics. J Am Acad Dermatol. 2000;42(4):584–588. PMID 10727302
Taddio A, Ohlsson A, Einarson TR, et al. A systematic review of lidocaine-prilocaine cream (EMLA) in the treatment of acute pain in neonates. Pediatrics. 1998;101(2):E1. PMID 9445519
Lander JA, Weltman BJ, So SS. EMLA and amethocaine for reduction of children’s pain associated with needle insertion. Cochrane Database Syst Rev. 2006;(3):CD004236. PMID 16856044
Tran AN, Koo JY. Risk of systemic toxicity with topical lidocaine/prilocaine. J Drugs Dermatol. 2014;13(9):1118–1122. PMID 25226014
Mis à jour le 26 mars 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue
La crème Anesderm Gé® est un anesthésique local topique contenant un mélange eutectique de lidocaïne 2,5 % et de prilocaïne 2,5 %. Équivalent générique de l’EMLA® (Eutectic Mixture of Local Anesthetics), elle est utilisée en dermatologie et en pratique courante pour obtenir une anesthésie de surface avant un geste cutané ou muqueux — cryothérapie, laser, ponction veineuse, exérèse de molluscum ou de verrue, biopsie cutanée, pose de piercing… Son principe actif repose sur un mécanisme physico-chimique original : la formation d’un mélange eutectique qui abaisse le point de fusion des deux anesthésiques et permet à l’association de pénétrer efficacement la barrière cutanée intacte — ce que ni la lidocaïne ni la prilocaïne seules ne peuvent faire à ces concentrations.
Geste dermatologique douloureux prévu ? Questions sur l’anesthésie locale ?
Le dermatologue peut vous orienter vers la préparation et le timing optimal selon le geste envisagé. Consulter le Dr Rousseau en téléconsultation →
La lidocaïne et la prilocaïne sont deux anesthésiques locaux de type amide dont le point de fusion individuel est supérieur à 37 °C. Mélangés dans les proportions du mélange eutectique (1:1), ils forment un état liquide à température ambiante, ce qui leur confère une capacité de pénétration cutanée bien supérieure à chacun des composés seuls. Cette propriété physico-chimique est la clé de l’efficacité sur la peau intacte — barrière cornée normalement imperméable aux anesthésiques conventionnels appliqués sans occlusion.
Une fois absorbés dans le derme, la lidocaïne et la prilocaïne bloquent les canaux sodiques voltage-dépendants des neurones sensitifs, inhibant la propagation du potentiel d’action et donc la conduction de la douleur vers les centres supérieurs. L’analgésie cutanée ainsi obtenue atteint des profondeurs de 3 à 5 mm selon la durée d’application — suffisante pour les gestes superficiels courants — Wahlgren & Quiding, J Am Acad Dermatol 2000 (PMID 10727302).
Une anesthésie efficace à condition de respecter le temps d’application
L’efficacité analgésique d’Anesderm Gé® dépend directement de la durée d’application sous occlusion. Une application de moins de 45 minutes donne une analgésie incomplète. Une heure est le standard validé cliniquement pour les gestes cutanés. Tout raccourcissement du temps d’application expose à un geste douloureux malgré la crème — une des causes les plus fréquentes de sentiment d’inefficacité chez les patients.
2. Indications en dermatologie
La lidocaïne et la prilocaïne (Anesderm Gé®) sont utilisées en applications locales afin d’obtenir une anesthésie de la peau ou de la muqueuse avant un acte de chirurgie ou de laser. Les indications dermatologiques les plus courantes sont :
Laser cutané (vasculaire, pigmentaire, CO2 fractionné)
Peau intacte
1 heure sous pansement occlusif
Biopsie cutanée ou exérèse superficielle
Peau intacte
1 à 2 heures selon la profondeur
Ponction veineuse, pose de cathéter IV
Peau du dos de la main ou du pli du coude
1 heure minimum (45 min en urgence)
Chirurgie superficielle des muqueuses génitales (condylomes)
Muqueuse génitale
15 à 20 minutes
Épilation laser ou électrique
Peau intacte
1 heure sous pansement occlusif
Prélèvement de greffe cutanée en lame mince
Grande surface cutanée
2 heures minimum
3. Conseils d’utilisation pratiques
Anesderm Gé® : qu’est-ce que c’est ?
Anesderm Gé® contient de la lidocaïne 2,5 % et de la prilocaïne 2,5 % en émulsion. La lidocaïne et la prilocaïne contenues dans Anesderm Gé® sont des anesthésiques locaux utilisés en dermatologie, notamment en applications locales afin d’obtenir une anesthésie de la peau ou de la muqueuse avant un acte de chirurgie ou de laser.
Mode d’application
Appliquer la crème anesthésiante en couche épaisse sur la zone à anesthésier (environ 1 à 2 g pour 10 cm²) — une application trop fine réduit significativement l’efficacité
Pour l’anesthésie de la peau, recouvrir immédiatement la crème avec le pansement plastifié occlusif fourni dans la boîte. Si le pansement est trop petit, utiliser du cellophane alimentaire (film plastique transparent) pour recouvrir la zone
L’occlusion est indispensable — sans elle, la crème s’évapore et perd son efficacité
Laisser en place le temps recommandé selon la localisation (voir tableau ci-dessus)
Retirer la crème avec une compresse juste avant le geste
Ne pas frotter vigoureusement — la peau peut être légèrement blanche ou rosée à la dépose, c’est normal
Ne pas appliquer Anesderm Gé® sur l’œil ou à proximité des yeux
Non recommandé en dehors d’un cadre médical encadré
Absorption systémique très augmentée — risque de toxicité
Durée maximale à ne pas dépasser sur la peau intacte de l’adulte
L’application sur une grande surface (> 600 cm²) ou pendant une durée prolongée (> 5 heures) augmente l’absorption systémique de lidocaïne et de prilocaïne. Sur la peau intacte d’un adulte de poids normal, les applications standards (2–10 g sur 20–100 cm² pendant 1 à 2 heures) restent en dessous des seuils de toxicité systémique dans toutes les études cliniques disponibles.
5. Effets secondaires locaux
La crème Anesderm Gé® est généralement très bien tolérée localement. Les effets indésirables cutanés les plus fréquents sont transitoires et régressent spontanément après l’ablation de la crème :
Blanchiment de la peau (vasoconstriction locale) — très fréquent, sans conséquence, disparaît en 1 à 2 heures
Rougeur (érythème réactionnel) — survient parfois dans l’heure suivant le retrait, liée à la vasodilatation compensatrice
Œdème localisé léger — surtout sur les muqueuses, transitoire
Prurit ou légère brûlure — surtout en cas de peau lésée ou d’application prolongée
Effets locaux moins fréquents
Réaction bulleuse ou pseudo-bulleuse en cas d’application prolongée (artefact histologique pouvant mimer une dermatose bulleuse si biopsie prélevée trop tôt)
Dermite irritative de contact sur muqueuse vulvaire en cas d’application prolongée ou répétée
⚠️ Toxicité systémique — rare mais documentée
Une revue de l’ensemble des essais cliniques disponibles (12 études, populations pédiatrique et adulte) identifie 9 cas pédiatriques et 3 cas adultes de toxicité systémique liée à l’EMLA/Anesderm Gé® — Tran & Koo, J Drugs Dermatol 2014 (PMID 25226014). Les manifestations sont : méthémoglobinémie (oxydation de l’hémoglobine par la prilocaïne, réduisant son affinité pour l’oxygène), convulsions, cardiotoxicité. Ces complications surviennent principalement en cas de surdosage (grande surface, durée excessive, peau lésée) ou de terrain à risque (nourrisson de moins de 3 mois, déficit en G6PD, dermite atopique étendue avec application sous occlusion). Dans les conditions d’utilisation standard sur adulte, les taux plasmatiques restent cliniquement insignifiants.
6. Contre-indications et précautions
Contre-indications d’Anesderm Gé®
Allergie à la lidocaïne, à la prilocaïne ou à l’un des excipients (hypersensibilité aux anesthésiques locaux de type amide)
Porphyrie (maladie du métabolisme de l’hème — risque d’aggravation)
Méthémoglobinémie congénitale ou déficit enzymatique en méthémoglobine réductase
Déficit en G6PD (glucose-6-phosphate déshydrogénase) — risque de méthémoglobinémie accru avec la prilocaïne
Nourrissons de moins de 3 mois — risque de méthémoglobinémie lié à l’immaturité enzymatique
Ne pas appliquer dans le conduit auditif (risque de toxicité si perforation tympanique)
Ne pas appliquer sur l’œil ou à proximité des yeux
Grossesse
On évite la crème anesthésiante Anesderm Gé® en cas de grossesse, sauf nécessité médicale validée par un médecin. La lidocaïne traverse le placenta et la barrière hémato-encéphalique fœtale. Son utilisation ponctuelle en application locale limitée est généralement considérée sans risque significatif au cours de la grossesse, mais doit rester sous surveillance médicale — particulièrement au troisième trimestre. L’allaitement est possible avec des précautions d’usage (délai entre l’application et la tétée).
7. Précautions dans les populations particulières
Nourrisson et enfant
L’Anesderm Gé® est utilisable chez l’enfant et le nourrisson à partir de certains âges selon les indications, mais des cas graves de méthémoglobinémie et de convulsions ont été rapportés chez des enfants en bas âge, notamment en cas de dermatose étendue avec application large sous occlusion prolongée. Un cas de convulsions généralisées et de méthémoglobinémie a été rapporté après application sur un enfant de 3,5 ans porteur d’une dermatite atopique étendue — Kang et al., Ann Dermatol 2016 (PMID 27397059).
Règles strictes chez l’enfant
— Ne jamais dépasser les doses recommandées selon le poids et l’âge
— Ne pas appliquer sur une peau lésée ou eczémateuse étendue chez l’enfant
— Limiter la surface d’application et la durée d’occlusion
— Nourrissons de moins de 3 mois : contre-indication absolue
— Utiliser exclusivement sous supervision médicale chez l’enfant de moins de 1 an
Personnes âgées
Chez les personnes âgées, la peau est plus fine et la barrière cutanée plus perméable. L’absorption systémique peut être augmentée — respecter les doses minimales efficaces.
Ulcères et peau lésée
L’utilisation sur des ulcères ou des surfaces cutanées lésées augmente significativement l’absorption systémique. Des cas de toxicité systémique sévère ont été rapportés après application sur un ulcère de jambe étendu. Ce type d’utilisation doit être encadré médicalement.
Combien de temps avant le geste dois-je appliquer Anesderm Gé® ?
Sur la peau intacte, 1 heure minimum sous pansement occlusif est la durée de référence validée cliniquement. En dessous de 45 minutes, l’analgésie est souvent incomplète. Pour les muqueuses génitales (prépuce, petites lèvres), 15 minutes suffisent car les muqueuses sont bien plus perméables que la peau. Pour des gestes profonds (greffe cutanée), 2 heures sont recommandées. Si vous arrivez à votre rendez-vous sans avoir appliqué la crème, le médecin ne pourra généralement pas réaliser le geste dans les mêmes conditions — prenez le temps de bien vous préparer.
Pourquoi dois-je recouvrir la crème avec un pansement ?
L’occlusion est indispensable pour deux raisons : elle maintient la crème en contact étroit avec la peau (sans quoi elle s’étale ou s’évapore) et elle crée un effet de serre qui augmente significativement la pénétration cutanée de la lidocaïne et de la prilocaïne. Sans occlusion, l’efficacité anesthésiante est très réduite sur la peau intacte. Le pansement plastifié fourni dans la boîte est conçu pour cet usage. Le film alimentaire (cellophane) constitue une alternative pratique et efficace pour les grandes surfaces.
La peau blanchi après l’application d’Anesderm Gé® — est-ce normal ?
Oui, c’est un effet attendu et bénin. La lidocaïne et la prilocaïne provoquent une vasoconstriction locale (rétrécissement des petits vaisseaux cutanés) qui blanchit transitoirement la peau. Ce blanchiment disparaît en 1 à 2 heures et peut même être suivi d’une rougeur réactionnelle (vasodilatation compensatrice). Ces deux effets sont normaux et ne signifient pas que la peau est abîmée.
Peut-on utiliser Anesderm Gé® sur un eczéma ou une peau lésée ?
Non — sauf dans un cadre médical strictement encadré. Sur une peau lésée, la barrière cutanée est altérée et l’absorption systémique de lidocaïne et de prilocaïne augmente considérablement. Des cas de toxicité systémique sévère (méthémoglobinémie, convulsions) ont été rapportés après application sur eczéma étendu, notamment chez l’enfant. Cette utilisation est formellement déconseillée en automédication.
Anesderm Gé® est-il compatible avec la grossesse ?
On évite cette crème pendant la grossesse sauf nécessité médicale clairement établie. La lidocaïne traverse le placenta. Son utilisation ponctuelle et limitée est généralement considérée comme sans risque significatif en application locale, mais la décision doit appartenir au médecin qui évaluera le rapport bénéfice/risque dans votre situation. Parlez-en toujours à votre dermatologue ou médecin traitant avant toute utilisation pendant la grossesse.
La consultation d’un médecin peut vous aider dans votre démarche
Le médecin va tout d’abord demander vos antécédents ( les maladies ou interventions chirurgicales que vous avez subies, les traitements que vous prenez).
Ensuite il fera le point avec vous sur le type de peau que vous avez (peau grasse ou « séborrhéique » avec ou sans tendance à développer de l’acné, peau mixte, peau sèche qui desquame… )
Ensuite il vous examinera et il pourra vous proposer de vous prendre en photo. Le médecin pourra aussi vous proposer de réaliser des tests non douloureux pour évaluer la sensibilité de votre peau aux principes exfoliants (et irritants) de certaines cremes anti ride. Un test fréquent est le « stinging test », consistant à appliquer une substance légèrement acide sur un endroit du visage pour évaluer sa sensibilité et son irritabilité éventuelle aux cremes anti rides.
La meilleure des préventions contre les rides est la protection solaire
Trois facteurs jouent un rôle majeur dans le vieillissement de la peau : – le vieillissement hormonal, en particulier chez la femme ménopausée
– le vieillissement naturel
– et le vieillissement solaire. C’est le seul facteur de vieillissement contre lequel il est facile de lutter. Il faut donc se protéger du soleil et votre médecin ne manquera probablement pas de vous le rappeler
Le médecin envisagera avec vous les types de crèmes qui peuvent vous correspondre
On peut citer parmi ceux-ci :
– Crème anti ride pour les femmes jeunes : une crème fluide, contenant un filtre solaire et un anti radicalaire (vitamine C par exemple) est souvent tout à fait adaptée
– Crème anti ride pour les femmes après la ménopause, les crèmes contenant des phyto oestrogenes (soja par exemple) permettent de lutter contre la carence hormonale de la peau
– Crème anti ride en cas de peau grasse, il convient de préférer une texture légère ou fluide et on peut opter pour des substances exfoliantes plus concentrées ou plus puissantes
– Crème anti ride en cas de peau sèche, choisir une crème de texture plus épaisse et contenant moins de substances agressives pour la peau.
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« Secrets de dermatologue » :
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– Les facteurs de vie à améliorer
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Mupiderm® (mupirocine 2 %) : tout ce qu’il faut savoir avant de l’utiliser
La mupirocine est un antibiotique de première importance en dermatologie, avec des indications précises et quelques règles d’utilisation à connaître pour qu’il soit vraiment efficace.
Ce guide fait le point sur tout ce que vous devez savoir sur Mupiderm® : ce que c’est, pourquoi on le prescrit, comment l’appliquer correctement, ce qu’on ne doit jamais faire avec — et pourquoi il ne faut pas l’utiliser à tort pour éviter l’apparition de résistances bactériennes.
🩺 Une infection cutanée ? Le Dr Rousseau peut évaluer vos lésions et prescrire le traitement adapté en téléconsultation — souvent disponible le lendemain.
La mupirocine est un antibiotique topique produit naturellement par la bactérie Pseudomonas fluorescens. Elle appartient à une classe antibiotique unique — les acides pseudomoniques — ce qui lui confère une absence totale de résistance croisée avec les autres antibiotiques. Autrement dit, une bactérie résistante à la pénicilline, à l’amoxicilline ou à la doxycycline peut très bien rester sensible à la mupirocine.
Son mécanisme d’action est original : elle bloque spécifiquement l’enzyme isoleucyl-ARNt synthétase bactérienne, indispensable à la synthèse des protéines bactériennes. En inhibant cette enzyme, elle empêche les bactéries de se multiplier (effet bactériostatique) et, à forte concentration locale comme on l’obtient avec une pommade topique, elle les tue directement (effet bactéricide).
Caractéristique
Détail
Nom commercial
Mupiderm® — pommade à 2%
Principe actif
Mupirocine calcique 20 mg/g (2%)
Classe antibiotique
Acide pseudomonique — classe unique, pas de résistance croisée
Spectre d’activité principal
Staphylocoques (y compris SARM communautaire), Streptocoques du groupe A
💡 Un antibiotique topique à spectre étroit et ciblé
La mupirocine est particulièrement efficace contre Staphylococcus aureus — y compris les souches résistantes à la méticilline (SARM) dans leur forme communautaire — et contre Streptococcus pyogenes (streptocoque du groupe A, SGA). Ces deux bactéries sont responsables de la grande majorité des infections cutanées superficielles en dermatologie.
Quand prescrit-on le Mupiderm® ?
Le Mupiderm® a plusieurs indications dermatologiques bien établies. Il est important de les connaître pour comprendre pourquoi votre médecin l’a prescrit — et ne pas l’utiliser à tort dans d’autres situations.
Indication
Mécanisme
Schéma d’utilisation
Efficacité
Impétigo non bulleux localisé (< 5 lésions)
Infection à S. aureus et/ou SGA — croûtes mielleuses
3 fois/j × 5 à 7 jours sur les lésions
Équivalente à l’antibiothérapie orale pour les formes localisées — évite les antibiotiques systémiques
Impétigo récidivant — décolonisation nasale
Portage nasal de S. aureus — source de récidives
Application dans chaque narine, 2-3 fois/j × 5 jours — chez tous les porteurs du foyer
Supprime le portage nasal dans 70% des cas pour 3 mois
Folliculites superficielles bactériennes
Infection folliculaire à S. aureus
2-3 fois/j × 5-7 jours
Bonne
Furoncle débutant
Infection folliculaire profonde — stade initial
Précocement avant fluctuation — en association avec soins locaux
Peut éviter l’évolution vers l’abcès
Acné bactérienne surinfectée
Surinfection staphylococcique des lésions d’acné
Sur les lésions surinfectées uniquement — pas en traitement de fond de l’acné
Bonne sur les lésions surinfectées — ne traite pas l’acné elle-même
Herpès labial surinfecté
Surinfection bactérienne des croûtes d’herpès
Sur les croûtes surinfectées — pas d’effet antiviral
Réduit la surinfection et aide à la chute des croûtes
Plaies et abrasions surinfectées
Infection bactérienne superficielle
Selon l’étendue et la profondeur
Bonne sur les infections superficielles
⚠️ Ce que le Mupiderm® ne traite PAS
Le Mupiderm® est sans effet sur les infections fongiques (mycoses, candidoses), les infections virales (herpès, verrues, zona), et les infections à bactéries gram-négatives. L’utiliser dans ces situations n’apportera rien et contribuera à sélectionner des résistances. Un impétigo étendu (plus de 5 lésions), une cellulite, un érysipèle ou un abcès collecté nécessitent une antibiothérapie orale — pas seulement un traitement local.
Portage nasal de staphylocoque : l’usage méconnu du Mupiderm®
C’est l’indication qui surprend souvent les patients : « Mais docteur, j’ai des boutons sur le corps — pourquoi me prescrivez-vous une pommade dans le nez ? »
La réponse est simple : le nez est le principal réservoir de Staphylococcus aureus chez l’être humain. 30 à 40% des individus sont porteurs sains — c’est-à-dire qu’ils hébergent le staphylocoque dans leurs narines sans développer d’infection. Mais ce portage devient problématique quand il entretient des infections cutanées récidivantes : impétigos qui reviennent, furoncles répétés, folliculites chroniques du visage. Le patient se traite, guérit — et se réinfecte quelques semaines plus tard depuis son propre nez, en portant ses doigts à son visage.
💡 Le protocole de décolonisation nasale
En cas d’impétigo ou de folliculites récidivantes, je recommande souvent un prélèvement nasal de toute la famille pour identifier les porteurs asymptomatiques. Les porteurs reçoivent un traitement de décolonisation : application de pommade Mupiderm® dans chaque narine (premier centimètre), 2 à 3 fois par jour pendant 5 jours. Ce traitement supprime le portage dans 70% des cas pour une durée d’environ 3 mois. Il peut être répété 1 fois par mois pendant 1 an dans les situations de récidives fréquentes — en veillant à ne pas dépasser cette fréquence pour limiter le risque de résistance.
Nettoyer et sécher les lésions — nettoyer délicatement à l’eau et au savon doux ou avec de la chlorhexidine aqueuse (non alcoolique). Sécher soigneusement.
Appliquer une couche fine de pommade directement sur chaque lésion, en évitant de trop étaler sur la peau saine adjacente.
Fréquence — 2 à 3 applications par jour, de préférence matin, midi et soir.
Durée — 5 à 10 jours selon l’indication. Ne pas prolonger au-delà de 10 jours sans avis médical.
Se laver les mains avant et après chaque application.
Dans les narines (décolonisation)
Prendre une petite quantité de pommade sur le bout du petit doigt ou sur un coton-tige.
Appliquer sur le premier centimètre de chaque narine — ne pas introduire profondément.
Pincer légèrement les narines pendant 1 à 2 minutes pour répartir le produit.
2 à 3 applications par jour pendant 5 jours.
🔑 Les 4 règles d’efficacité
1. Appliquer sur une peau propre et sèche — jamais sur une lésion humide ou suintante sans nettoyage préalable.
2. Respecter les 3 applications par jour — 2 fois par jour est insuffisant pour maintenir des concentrations bactéricides constantes.
3. Ne pas dépasser 10 jours d’application continue sur la même zone — risque de sélection de résistances.
4. En cas d’impétigo récidivant, traiter tout le foyer simultanément (y compris les porteurs nasaux asymptomatiques) — sinon les récidives sont inévitables.
Contre-indications et précautions importantes
Situation
Conduite à tenir
Raison
Allergie à la mupirocine ou au polyéthylèneglycol (PEG)
Ne pas utiliser — consulter pour une alternative
L’excipient PEG peut provoquer des réactions allergiques — et peut être absorbé en cas d’application sur de grandes surfaces ou de peau lésée
Application dans les yeux ou sur les paupières
Strictement contre-indiqué
Risque d’irritation sévère de la muqueuse oculaire
Application sur les muqueuses (sauf nasale sur prescription)
Éviter
Absorption systémique accrue — muqueuses plus perméables
Allaitement
Ne pas appliquer sur le mamelon ou l’aréole
Risque d’ingestion par le nourrisson
Grossesse
Utiliser uniquement sur avis médical — probablement sûr à distance des muqueuses
Données limitées — l’absorption systémique est très faible en application cutanée
Application sur de grandes surfaces ou peau lésée étendue
Éviter ou encadrement médical strict
Absorption systémique du PEG — toxicité rénale potentielle à forte dose
Nourrisson de moins de 2 mois
Prudence — sous surveillance médicale
Données limitées dans cette tranche d’âge
⚠️ Arrêter et consulter si…
• Les lésions s’aggravent ou s’étendent malgré 3 à 4 jours de traitement bien conduit
• Apparition de rougeurs, œdème ou démangeaisons inhabituelles sur les zones traitées (réaction allergique possible)
• Fièvre ou signes généraux associés aux lésions cutanées (infection qui dépasse le stade superficiel)
• Les lésions ne guérissent pas après 10 jours de traitement (évoquer une résistance bactérienne ou un diagnostic différent)
Mupiderm® ou Fucidine® : quelle différence et quand choisir l’un plutôt que l’autre ?
C’est la question que posent souvent les patients — et parfois les médecins eux-mêmes. Les deux sont des antibiotiques topiques anti-staphylococciques, remboursés, disponibles en crème et en pommade. Mais leurs profils diffèrent sur plusieurs points importants.
Critère
Mupiderm® (mupirocine 2%)
Fucidine® (acide fusidique 2%)
Classe antibiotique
Acide pseudomonique — unique
Acide fusidique — classe stéroïde
Spectre principal
Staphylocoques (SARM ++) + SGA
Staphylocoques (moins actif sur SARM) + SGA
Activité sur SARM communautaire
Bonne (à faible niveau de résistance)
Variable — moins fiable
Résistances acquises
En augmentation si utilisation prolongée
Plus fréquentes — sélection rapide si traitement > 7-10 jours
Galénique disponible
Pommade uniquement
Crème ET pommade (+ compresses imprégnées)
Décolonisation nasale
Référence absolue
Non indiquée dans cette indication
1er choix impétigo localisé
Oui — recommandations HAS 2023
Alternative — préférer mupirocine si SARM suspecté
Tolérance locale
Bonne — légèrement moins grasse que la pommade Fucidine
Très bonne — texture crème appréciée
💡 Mon choix en pratique
Pour un premier épisode d’impétigo localisé sans facteur de risque particulier, les deux sont équivalents. Je préfère la mupirocine (Mupiderm®) dans les situations suivantes : impétigo récidivant dans une famille (décolonisation nasale simultanée), suspicion de SARM communautaire (sportifs, personnes avec contacts répétés en milieu de soins), ou si le patient a déjà été traité par acide fusidique sans succès.
Résistances bactériennes : pourquoi il ne faut pas abuser du Mupiderm®
La mupirocine est un antibiotique précieux — précisément parce qu’il reste actif sur le SARM communautaire quand de nombreux autres antibiotiques ne le sont plus. Ce précieux avantage est menacé par une utilisation excessive ou prolongée.
Deux types de résistances à la mupirocine existent chez S. aureus : une résistance de bas niveau (CMI 8-256 mg/L) — sélectionnée par des traitements courts et répétés, réversible — et une résistance de haut niveau (CMI > 512 mg/L) — conférée par le gène mupA, transmissible entre bactéries, et qui rend la mupirocine complètement inefficace. La résistance de haut niveau est retrouvée dans 1 à 10% des souches de SARM selon les régions et les établissements de soins.
⚠️ Les pratiques qui génèrent des résistances
• Applications prolongées (> 10 jours en continu)
• Utilisation en automédication sans indication validée
• Application préventive sur toute lésion cutanée non infectée
• Décolonisation nasale répétée plus d’une fois par mois
• Prescription par ordonnance ancienne renouvelée sans réévaluation
La mupirocine doit rester un antibiotique de prescription — son utilisation en automédication n’est pas recommandée.
🔬 Impétigo récidivant ? Folliculites qui reviennent ? Le Dr Rousseau peut identifier la cause et mettre en place un protocole de décolonisation adapté.
Peut-on utiliser le Mupiderm® sur l’herpès labial ?La mupirocine n’a aucun effet antiviral — elle ne traite pas l’herpès. En revanche, certains dermatologues la prescrivent sur les croûtes d’herpès labial surinfectées par des bactéries (ce qui arrive fréquemment et ralentit la cicatrisation). Dans ce cas précis, elle est utile pour éliminer la surinfection bactérienne et aider à la chute des croûtes. Mais si l’objectif est de traiter l’herpès lui-même, seul l’aciclovir ou le valaciclovir est efficace.
Peut-on mettre du Mupiderm® dans le nez ?Oui — c’est même l’une de ses indications les plus importantes. L’application intra-nasale (premier centimètre des narines) est le traitement de référence pour décoloniser le portage de Staphylococcus aureus, qui entretient les impétigos et folliculites récidivants. Ce traitement est prescrit par le médecin avec un protocole précis — ne pas l’utiliser en automédication dans les narines sans prescription.
Combien de temps faut-il pour que le Mupiderm® agisse sur un impétigo ?Une amélioration visible des lésions (réduction des croûtes, moins d’extension) est généralement observée en 2 à 3 jours de traitement bien conduit. La guérison complète prend 5 à 7 jours. Si aucune amélioration n’est constatée après 3 à 4 jours d’application correcte (3 fois par jour sur lésion nettoyée et sèche), une consultation s’impose — résistance bactérienne ou diagnostic différent à explorer.
Mon enfant est guéri après 3 jours — peut-on arrêter le Mupiderm® ?Non, même si les lésions semblent guéries. Il est important de compléter la durée prescrite (5 à 7 jours en général) pour éliminer toutes les bactéries et éviter les récidives rapides. Arrêter prématurément un antibiotique favorise la sélection de résistances et expose aux rechutes.
Mupiderm® et grossesse : est-ce dangereux ?L’absorption systémique de la mupirocine appliquée sur une surface cutanée limitée est très faible. Les données disponibles sont rassurantes pour les applications locales sur de petites surfaces en dehors des muqueuses. Il convient néanmoins de l’utiliser uniquement sur avis médical pendant la grossesse et l’allaitement — et de ne jamais l’appliquer sur le mamelon en cas d’allaitement.
🩺 Une infection cutanée qui ne guérit pas avec le traitement prescrit ? Le Dr Rousseau peut réévaluer votre situation et adapter le traitement en téléconsultation.
Crèmes à la cortisone (dermocorticoïdes) : classes, effets secondaires et précautions
Les dermocorticoïdes — couramment appelés crèmes à la cortisone — sont les médicaments les plus prescrits en dermatologie. Ils agissent en réduisant l’inflammation cutanée et le prurit. Leur efficacité est indéniable, mais leur utilisation prolongée ou inappropriée expose à des effets secondaires locaux parfois sévères. Ce guide présente les classes disponibles, les indications, les effets indésirables et les règles d’utilisation.
Un dermocorticoïde se choisit selon la localisation, l’âge et la pathologie. Un corticoïde fort appliqué sur le visage ou les plis peut entraîner des effets irréversibles. En cas de doute sur la classe à utiliser ou la durée de traitement, consultez un dermatologue.
Classes des dermocorticoïdes disponibles en France
Les dermocorticoïdes sont classés en 4 niveaux d’activité selon leur puissance anti-inflammatoire. Le choix de la classe dépend de la localisation, de la pathologie et de l’âge du patient.
Classe
Exemples de spécialités
Localisation recommandée
Classe I — Très forte activité
Dermoval®, Diprolène®
Paumes, plantes, lésions épaisses résistantes — jamais sur le visage ni les plis
Corps — à éviter sur visage, plis et chez le nourrisson
Classe III — Activité modérée
Locapred®, Tridesonit®
Visage (hors paupières), plis, nourrisson sous surveillance
Classe IV — Faible activité
Hydracort®
Visage, paupières, nourrisson, zones sensibles
💡 Règle fondamentale : plus la zone est fine et sensible (visage, paupières, plis, organes génitaux), plus la classe utilisée doit être faible. Les nourrissons absorbent davantage les corticoïdes par voie transcutanée — la classe IV est préférable sauf avis médical.
Lésions épaisses — classe forte souvent nécessaire
Granulome annulaire
II
Parfois injection intralésionnelle selon l’étendue
Piqûres d’insectes, prurigo
II à III
Application courte durée
Lichen scléro-atrophique génital
I (classe forte en 1re intention)
Traitement de référence selon les recommandations
Effets secondaires des crèmes à la cortisone
Les effets secondaires surviennent principalement en cas d’utilisation prolongée, sur de grandes surfaces, sous occlusion ou sur des zones à peau fine.
Sensibilisation à l’excipient ou au corticoïde (2,5 % des patients)
Toutes zones
Dépigmentation
Inhibition des mélanocytes
Peaux mates et noires — risque accru
⚠️ Corticostéroïdes et visage : ne jamais appliquer un dermocorticoïde de classe I ou II sur le visage sans prescription médicale. Les télangiectasies et l’atrophie induites sont souvent irréversibles.
Contre-indications des crèmes à la cortisone
Contre-indication
Explication
Allergie à un constituant
Allergie à l’excipient ou au corticoïde lui-même — possible chez 2,5 % des patients. Un patch-test permet de l’identifier.
Lésions ulcérées, plaies ouvertes
Retard de cicatrisation et risque infectieux majoré
Aggravation certaine — les corticoïdes faciaux sont une cause fréquente de rosacée cortisonique
Infections cutanées actives
Infections bactériennes, virales (herpès, zona), fongiques (mycoses), parasitaires (gale) — les dermocorticoïdes masquent les signes infectieux et aggravent l’infection (tinea incognita)
Précautions d’emploi — les règles à respecter
Règle
Pourquoi
Ne pas appliquer sur le visage sans avis médical
Risque de télangiectasies, atrophie, dermite péri-orale irréversibles
Ne pas traiter de grandes surfaces
Risque de passage systémique et de freination de l’axe corticosurrénalien
Ne pas appliquer sous pansement occlusif
L’occlusion multiplie par 10 l’absorption transcutanée
Ne pas mélanger avec d’autres crèmes sur la même zone
Dilution, interaction ou occlusion involontaire
Ne pas augmenter la fréquence d’application sans avis médical
Une application par jour suffit pour la plupart des spécialités
Arrêter et reconsulter en cas de signes d’infection ou d’intolérance
Surinfection possible, allergie de contact à identifier
Utiliser en cures courtes et les espacer progressivement (décroissance)
Éviter l’effet rebond à l’arrêt brutal, notamment dans l’eczéma et le psoriasis
Votre traitement par dermocorticoïdes vous pose des questions ? Durée, classe, zone d’application ? Le Dr Rousseau répond souvent dès le lendemain en téléconsultation.
Peut-on utiliser une crème à la cortisone sur le visage ?
Uniquement avec un avis médical et en choisissant une classe faible (III ou IV). Les dermocorticoïdes de classe I ou II appliqués régulièrement sur le visage exposent à des télangiectasies et une atrophie souvent irréversibles. Sur les paupières, seule la classe IV est acceptable, en cure très courte.
Combien de temps peut-on utiliser une crème à la cortisone ?
La durée dépend de la pathologie, de la localisation et de la classe utilisée. En règle générale, les cures doivent être les plus courtes possibles — quelques jours à quelques semaines selon l’indication. Un arrêt brutal après utilisation prolongée peut provoquer un effet rebond (réapparition de la maladie de façon majorée). La décroissance progressive est recommandée.
Une crème à la cortisone peut-elle aggraver une infection ?
Oui — les dermocorticoïdes suppriment l’immunité locale et masquent les signes d’infection. Appliqués sur une mycose non diagnostiquée, ils donnent le tableau de « tinea incognita » : mycose atypique difficile à reconnaître. Ils aggravent également l’herpès, la gale et toutes les infections bactériennes de peau.
Peut-on être allergique à une crème à la cortisone ?
Oui — environ 2,5 % des patients développent une allergie de contact, soit au corticoïde lui-même, soit à un excipient (conservateur, parfum, émulsifiant). Le paradoxe est que la crème censée traiter l’eczéma peut être responsable d’un eczéma de contact. Un bilan allergologique par patch-tests permet de l’identifier.
Fucidine® (acide fusidique) : indications, utilisation et précautions
La Fucidine® est un antibiotique topique à base d’acide fusidique, utilisé en dermatologie pour traiter les infections cutanées bactériennes superficielles. Elle est disponible sous deux formes : crème (2 %) et pommade (2 %). C’est l’un des antibiotiques locaux les plus prescrits en dermatologie pour les infections à staphylocoques et streptocoques, notamment l’impétigo. Son utilisation doit cependant être médicalement encadrée pour éviter le développement de résistances bactériennes — problème croissant avec l’acide fusidique en France.
L’acide fusidique est un antibiotique de la famille des fucidanes, dérivé du champignon Fusidium coccineum. Il agit en inhibant la synthèse des protéines bactériennes (blocage du facteur d’élongation EF-G), ce qui est bactériostatique à faibles concentrations et bactéricide à concentrations élevées. Son spectre d’action est principalement dirigé contre les bactéries Gram positif, et en particulier Staphylococcus aureus — y compris les souches productrices de pénicillinase — et les streptocoques.
La forme topique (crème et pommade) diffuse bien dans les couches superficielles de la peau et atteint des concentrations locales très supérieures aux concentrations minimales inhibitrices pour les staphylocoques, ce qui en fait un traitement de choix pour les infections cutanées superficielles sans infection profonde ni signes généraux.
Indications — dans quels cas utiliser la Fucidine® crème ou pommade ?
La Fucidine® topique est indiquée dans le traitement des infections cutanées bactériennes superficielles dues aux staphylocoques et streptocoques sensibles. Les principales indications en dermatologie sont l’impétigo (infection cutanée superficielle très fréquente chez l’enfant, avec croûtes dorées caractéristiques), les folliculites superficielles (infection du follicule pileux), les furoncles débutants (avant collecte — une fois l’abcès collecté, le drainage chirurgical est nécessaire), les plaies surinfectées superficielles et les surinfections bactériennes d’une dermatose préexistante (eczéma surinfecté, plaie de grattage surinfectée).
💡 Fucidine® crème ou pommade ? La crème est préférée pour les zones humides et les peaux normales à grasses (texture plus légère, séchage plus rapide). La pommade est plus occlusante et mieux adaptée aux zones sèches, aux plaies croûteuses et aux applications sur les paumes et plantes.
Comment utiliser la Fucidine® topique ?
Appliquer une couche fine de crème ou pommade 2 à 3 fois par jour sur la zone infectée proprement nettoyée et séchée. En cas d’impétigo avec croûtes, ramollir d’abord les croûtes avec de l’eau tiède avant application pour optimiser la pénétration de l’antibiotique. La durée de traitement est habituellement de 7 à 10 jours maximum — ne pas prolonger sans avis médical pour limiter le risque de sélection de résistances. Une couverture par un pansement non occlusif peut être utile en cas de lésion étendue ou de risque de contamination.
Respecter scrupuleusement les prescriptions du médecin. Éviter de l’appliquer sur des zones étendues de la surface corporelle — la Fucidine® est un antibiotique local, pas une crème antiseptique polyvalente.
Contre-indications
La Fucidine® topique est contre-indiquée en cas d’allergie connue à l’acide fusidique ou à l’un des excipients de la formulation. Elle doit être évitée sur le mamelon pendant l’allaitement pour éviter l’ingestion par le nourrisson. Elle ne doit pas être appliquée dans les yeux, sur les paupières ou dans le conduit auditif sans avis médical spécifique.
Précautions d’emploi et effets indésirables
En cas de rougeurs, démangeaisons, aggravation des symptômes ou éruption après application, arrêter immédiatement et consulter un médecin — il peut s’agir d’une allergie de contact à l’acide fusidique ou à un excipient (alcool cétylique dans la crème). La Fucidine® ne doit pas être utilisée en automédication répétée ou prolongée : c’est un antibiotique soumis à prescription médicale dans la plupart des indications.
Résistances bactériennes — une préoccupation croissante
Le développement de résistances à l’acide fusidique chez Staphylococcus aureus est une préoccupation réelle en dermatologie. Les résistances émergent rapidement lors d’utilisations répétées, prolongées ou sur des zones étendues. Les recommandations actuelles insistent sur une durée de traitement courte (7-10 jours maximum), l’absence de renouvellement systématique sans réévaluation, et la réservation de la Fucidine® aux infections bactériennes documentées ou très fortement suspectées — et non à toute plaie ou lésion cutanée « à titre préventif ». En cas d’infection récidivante ou de résistance suspectée, un prélèvement bactériologique avec antibiogramme est recommandé avant de traiter.
⚠️ Ne pas utiliser la Fucidine® en prévention sur une simple égratignure ou plaie propre non infectée. L’utilisation prophylactique favorise la sélection de souches résistantes et expose à un risque d’allergie de contact sans bénéfice démontré.
Fucidine® et impétigo — le cas le plus fréquent
L’impétigo est l’indication principale de la Fucidine® topique chez l’enfant. Les formes localisées (moins de 5 lésions, surface inférieure à 2 % de la surface corporelle) peuvent être traitées par Fucidine® seule pendant 7 jours. Les formes étendues, les formes bulleuses, les impétigos récidivants, les formes avec atteinte de l’état général ou les formes résistantes aux antibiotiques locaux nécessitent un traitement antibiotique oral (amoxicilline-acide clavulanique ou pristinamycine selon les recommandations HAS). L’éviction scolaire n’est plus obligatoire dès lors que les lésions sont correctement couvertes et que le traitement est débuté.
Questions fréquentes sur la Fucidine®
Peut-on utiliser la Fucidine® sur un bouton infecté sans ordonnance ?
La Fucidine® est un médicament à base d’antibiotique — son utilisation répétée en automédication favorise le développement de résistances bactériennes. Même si elle est parfois disponible sans ordonnance, son usage doit rester ponctuel, limité dans le temps et guidé par un médecin. Pour un bouton isolé peu infecté, un antiseptique cutané (chlorhexidine, povidone iodée) est souvent suffisant et moins exposant sur le plan des résistances.
Peut-on mettre de la Fucidine® sous un pansement ?
Oui — couvrir la Fucidine® avec un pansement non occlusif (compresse stérile + sparadrap) est recommandé pour les plaies surinfectées, afin de protéger la lésion et d’éviter la contamination de l’environnement. En revanche, un pansement très occlusif (type Tegaderm hermétique) augmente la macération et peut favoriser la prolifération bactérienne.
La Fucidine® est-elle efficace sur les infections à SARM (staphylocoque doré résistant à la méticilline) ?
Certaines souches de SARM restent sensibles à l’acide fusidique, mais la résistance croisée est fréquente. En cas d’infection suspectée à SARM (antécédents d’hospitalisation, infection récidivante, échec thérapeutique), un prélèvement bactériologique avec antibiogramme est indispensable avant de traiter. Ne pas utiliser la Fucidine® en présomption de SARM sans confirmation microbiologique.
Pendant combien de temps peut-on utiliser la Fucidine® ?
La durée recommandée est de 7 à 10 jours maximum pour un traitement curatif. Au-delà, le risque de sélection de résistances augmente significativement. Si la lésion n’est pas améliorée à 5-7 jours, consulter un médecin pour réévaluation — il peut s’agir d’une bactérie résistante, d’une infection plus profonde, ou d’un diagnostic erroné (mycose ou eczéma surinfecté nécessitant un traitement antifongique ou dermocorticoïde).
Bacteomycine ® contient de la néomycine. La néomycine est un antibiotique. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement des infections de la peau
Quelles sont les contre indications ?
Allergie au produit ou à l’un de ses constituants
Eviter d’appliquer le produit sur le mamelon lors de l’allaitement
Conseils d’utilisation
Respecter les prescriptions du médecin
Eviter d’appliquer cet antibiotique en auto médication
Eviter le pourtour de l’oeil, les paupieres…
En cas de rougeurs, démangeaisons, aggravation des symptomes… après l’application du produit, arreter les applications et consulter un médecin
Aureomycine ® contient un antibiotique de la famille des cyclines. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement des infections de la peau
Quelles sont les contre indications ?
Allergie au produit ou à l’un de ses constituants
Eviter d’appliquer le produit sur le mamelon lors de l’allaitement
Conseils d’utilisation
Respecter les prescriptions du médecin
Eviter d’appliquer cet antibiotique en auto médication
Eviter le pourtour de l’oeil, les paupieres…
En cas de rougeurs, démangeaisons, aggravation des symptomes… après l’application du produit, arreter les applications et consulter un médecin
Trétinoïne : guide patient complet — acné, anti-âge, comment bien l’utiliser
La trétinoïne est l’un des actifs dermatologiques les plus étudiés et les plus efficaces — aussi bien pour l’acné que pour le vieillissement cutané. Dérivé de la vitamine A, elle est prescrite depuis 50 ans et son efficacité est soutenue par des milliers d’études cliniques. Mais elle exige une utilisation rigoureuse pour éviter les effets secondaires. Ce guide répond à toutes les questions pratiques.
La trétinoïne est un rétinoïde topique de première génération — une forme acide de la vitamine A directement active sur les récepteurs cellulaires. Contrairement au rétinol (vendu en cosmétique sans ordonnance), elle ne nécessite aucune conversion par la peau et agit immédiatement. C’est pourquoi elle est significativement plus puissante que les rétinoïdes cosmétiques, mais aussi plus irritante.
💡 Trétinoïne = médicament sur ordonnance. Elle n’est pas disponible sans prescription en France. Méfiez-vous des sites qui la vendent sans ordonnance — la concentration et la galénique doivent être adaptées à votre peau par un médecin.
Indications — à quoi sert la trétinoïne ?
Indication
Mécanisme
Délai de résultats
Acné rétentionnelle (points noirs, microkystes)
Accélère le renouvellement cellulaire, désobstrue les pores
4 à 12 semaines
Acné inflammatoire
Prévient la formation de comédons → moins de boutons rouges
8 à 16 semaines
Vieillissement cutané / rides fines
Stimule le collagène, épaissit l’épiderme, estompe les rides
3 à 6 mois
Taches brunes / hyperpigmentation
Accélère le renouvellement, empêche le dépôt de mélanine
3 à 6 mois
Texture de peau / pores dilatés
Lisse la surface cutanée, resserre les pores
2 à 4 mois
Comment bien utiliser la trétinoïne — guide pas à pas
Les règles fondamentales
Le soir uniquement — la trétinoïne est photosensibilisante et se dégrade à la lumière
Sur peau sèche — attendre 20 à 30 minutes après le nettoyage (la peau humide augmente la pénétration et l’irritation)
Quantité minimale — un petit pois pour tout le visage suffit. Plus n’est pas mieux
Crème solaire SPF 50+ obligatoire le matin — sans exception, toute l’année
Hydratation renforcée — appliquer une crème hydratante le matin, et si besoin en « sandwich » autour de la trétinoïne le soir
Le protocole de démarrage recommandé
Semaines
Fréquence
Objectif
S1–S2
1 application / semaine
Habituer la peau, tester la tolérance
S3–S4
2 applications / semaine
Augmenter progressivement si bien tolérée
S5–S8
3 applications / semaine
Fréquence d’entretien courante
Au-delà si bien tolérée
5 à 7 applications / semaine
Fréquence maximale selon tolérance
La « purge » — qu’est-ce que c’est ?
Dans les 4 à 8 premières semaines, il est fréquent de voir une aggravation transitoire de l’acné : de nouveaux boutons apparaissent, les microkystes remontent à la surface. C’est la purge — un signe que la trétinoïne fonctionne en accélérant l’expulsion des comédons profonds. Elle est normale, temporaire et ne doit pas conduire à l’arrêt du traitement.
⚠️ Attention : la purge ne dure pas plus de 6 à 8 semaines. Si les boutons s’aggravent au-delà ou si vous n’aviez pas d’acné avant de commencer la trétinoïne, consultez votre dermatologue — ce n’est peut-être pas une purge mais une irritation ou une allergie.
Effets secondaires et comment les gérer
Effet secondaire
Fréquence
Que faire ?
Rougeur, irritation, tiraillement
Très fréquent en début
Réduire la fréquence, appliquer une crème barrière avant la trétinoïne (méthode « sandwich »)
Sécheresse cutanée
Très fréquent
Hydrater matin et soir avec une crème non comédogène
Desquamation (peau qui pèle)
Fréquent les 2–4 premières semaines
Normal — ne pas frotter, ne pas exfolier en même temps
Photosensibilité accrue
Constant
SPF 50+ obligatoire chaque matin — pas d’exposition solaire intense
Aggravation initiale de l’acné (purge)
Fréquent, 4 à 8 semaines
Persévérer — normal si < 8 semaines. Consulter si > 8 semaines
Associations à éviter avec la trétinoïne
Acide glycolique et acides AHA/BHA — risque d’irritation cumulée. Ne pas utiliser le même soir
Vitamine C (acide ascorbique) — peut s’inactiver mutuellement. Appliquer la vitamine C le matin, la trétinoïne le soir
Benzoyle de peroxyde en association directe — peut oxyder et inactiver la trétinoïne. Alterner les soirs si prescrit en combinaison
Épilation laser / peeling chimique — arrêter la trétinoïne 1 semaine avant tout acte esthétique
💡 La méthode « sandwich » pour réduire l’irritation : appliquer une crème hydratante, attendre 10 minutes, appliquer la trétinoïne, attendre, puis appliquer à nouveau une crème hydratante. Cette technique réduit la pénétration et l’irritation sans altérer significativement l’efficacité — idéale pour les peaux sensibles en début de traitement.
Grossesse et allaitement — contre-indication absolue
⚠️ La trétinoïne est formellement contre-indiquée pendant la grossesse et l’allaitement. Les rétinoïdes sont tératogènes (risque de malformations fœtales). Si vous envisagez une grossesse, arrêtez le traitement et informez votre médecin. Une contraception efficace est recommandée pendant toute la durée du traitement.
Contre-indications
Grossesse et allaitement — contre-indication absolue
Allergie à la trétinoïne ou à l’un des excipients
Peau fortement irritée, eczéma actif, coup de soleil
Ne pas appliquer sur les paupières, les lèvres, les ailes du nez (zones sensibles)
Combien de temps faut-il utiliser la trétinoïne pour voir des résultats ?
Pour l’acné, les premiers résultats (moins de nouveaux boutons, texture améliorée) apparaissent en 8 à 12 semaines. Les résultats complets s’observent à 4 à 6 mois. Pour les rides et taches, il faut compter 3 à 6 mois de traitement régulier. La trétinoïne agit lentement mais de façon durable — la patience est indispensable. Ne pas arrêter pendant la phase de purge initiale.
Peut-on utiliser la trétinoïne toute l’année, même en été ?
Oui — à condition d’utiliser une crème solaire SPF 50+ chaque matin sans exception. La trétinoïne rend la peau plus sensible au soleil (photosensibilisation). En été ou en cas d’exposition importante, il peut être utile de réduire la fréquence d’application (3 fois par semaine plutôt que chaque soir) et d’être particulièrement vigilant sur la protection solaire. L’arrêt total en été est inutile si la protection est bien assurée.
Quelle différence entre trétinoïne et rétinol ?
Ce sont tous deux des dérivés de la vitamine A mais avec une puissance très différente. Le rétinol, vendu en cosmétique sans ordonnance, doit être converti par la peau en acide rétinoïque (trétinoïne) pour agir — avec une efficacité et une irritation moindres. La trétinoïne est directement active, donc environ 20 fois plus puissante à concentration équivalente. Elle est réservée à la prescription médicale pour cette raison.
La trétinoïne amincit-elle la peau à long terme ?
Non — c’est le contraire. La crainte d’un amincissement est une idée reçue. La trétinoïne provoque une desquamation des couches superficielles (ce qui donne l’impression que la peau est plus fine au début), mais elle épaissit l’épiderme à long terme en stimulant la production de collagène et le renouvellement cellulaire. C’est précisément ce mécanisme qui améliore les rides et la fermeté après plusieurs mois d’utilisation.
La trétinoine est un dérivé de la vitamine A. La trétinoine est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’acné
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« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Roaccutane gel ® contient de la trétinoine. La trétinoine est un dérivé de la vitamine A. La trétinoine est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’acné
Il ne faut pas confondre Roaccutane gel avec les gélules de Roaccutane, prises par voie orale
Quelles sont les contre indications ?
Allergie au produit ou à l’un des composants
Eviter l’application de tretinoine durant la grossesse
Conseils d’utilisation
La trétinoine est appliquée le soir en petite quantité sur les zones à traiter
Respecter la prescription du médecin
En cas d’irritation, de sécheresse de la peau, de rougeurs, arreter les applications et consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir
Eviter le soleil et les UV
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Retin A ® contient de la trétinoine. La trétinoine contenue est un dérivé de la vitamine A. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’acné
Quelles sont les contre indications ?
Allergie au produit ou à l’un des composants
Eviter l’application durant la grossesse
Conseils d’utilisation
Retin A ® est appliqué le soir en petite quantité sur les zones à traiter
Respecter la prescription du médecin
En cas d’irritation, de sécheresse de la peau, de rougeurs… , arreter les applications et consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir
Eviter le soleil et les UV lors d’un traitement
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– Les causes
– Les traitements…
Retacnyl ® contient de la trétinoine. La trétinoine est un dérivé de la vitamine A. La trétinoine est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’acné
Quelles sont les contre indications ?
Allergie au produit ou à l’un des composants
Eviter l’application de tretinoine durant la grossesse
Conseils d’utilisation
La trétinoine est appliquée le soir en petite quantité sur les zones à traiter
Respecter la prescription du médecin
En cas d’irritation, de sécheresse de la peau, de rougeurs, arreter les applications et consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir
Peroxyde de benzoyle : mécanisme, spécialités, protocole et effets secondaires
Le peroxyde de benzoyle (PB) est un des traitements topiques de l’acné les plus anciens et les plus efficaces. Bactéricide puissant contre Cutibacterium acnes, il est disponible sans ordonnance en France à faible concentration. Il est également utilisé en association fixe avec l’adapalène dans l’Epiduo®.
Votre acné résiste aux traitements locaux ? Besoin d’adapter votre ordonnance ?
Le Dr Rousseau, dermatologue depuis plus de 25 ans, est disponible souvent dès le lendemain en téléconsultation.
Libère des radicaux libres oxygénés qui détruisent Cutibacterium acnes (anciennement Propionibacterium acnes) — bactérie clé dans l’acné inflammatoire
Kératolytique léger
Favorise le renouvellement cellulaire et réduit l’obstruction folliculaire
Sébosuppresseur faible
Réduit légèrement la production de sébum
Pas de résistance bactérienne
Avantage majeur sur les antibiotiques topiques — aucune résistance documentée à ce jour
💡 Le peroxyde de benzoyle est le seul anti-acnéique topique sur lequel C. acnes ne développe pas de résistance. Il est recommandé en association avec les antibiotiques topiques pour prévenir l’émergence de résistances.
💡 Quelle concentration choisir ? Commencer par la concentration à 5 % — aussi efficace que le 10 % avec moins d’irritation. La concentration à 10 % est réservée aux peaux habituées ou aux formes résistantes.
Protocole d’utilisation
Étape
Recommandation
Moment d’application
Le soir, sur peau propre et sèche — attendre 10–15 min après le nettoyage pour réduire l’irritation
Quantité
Petite noisette pour tout le visage — appliquer en couche fine sur les zones concernées
Phase d’initiation
Commencer par 2–3 applications par semaine les 2 premières semaines, puis passage à quotidien si tolérance correcte (technique du buffering)
Durée du traitement
Résultats visibles après 4 à 8 semaines — traitement continu souvent nécessaire plusieurs mois
Protection solaire
Appliquer une crème solaire SPF 30+ le matin — le PB augmente la photosensibilité
Protection des textiles
Le PB décolore les draps, taies d’oreiller et vêtements — utiliser du linge blanc ou dédié
⚠️ Protection des cheveux : éviter d’appliquer le peroxyde de benzoyle sur la lisière du cuir chevelu — il décolore les cheveux de façon irréversible.
Effets secondaires et conduite à tenir
Effet indésirable
Fréquence
Conduite à tenir
Irritation, sécheresse, tiraillements
Très fréquent en début de traitement
Réduire la fréquence, appliquer un hydratant non comédogène le matin, technique du buffering
Rougeurs, desquamation
Fréquent
Diminuer la concentration (passer de 10 % à 5 %), espacer les applications
Réaction allergique de contact
Rare (environ 1 %)
Arrêter immédiatement — consulter un dermatologue pour patch-test
Décoloration des cheveux et textiles
Certain si contact
Protéger systématiquement draps, taies et vêtements
Photosensibilisation
Modéré
Application le soir uniquement + SPF 30+ le matin
Irritation persistante malgré la réduction de fréquence ? Cela peut indiquer une allergie de contact ou une inadaptation du protocole. Le Dr Rousseau peut adapter votre traitement en téléconsultation.
Le peroxyde de benzoyle est-il efficace contre l’acné ?
Oui — c’est un des anti-acnéiques topiques les mieux documentés. Il est bactéricide contre C. acnes, légèrement kératolytique et sans risque de résistance bactérienne. Il est recommandé en première ligne dans les acnés légères à modérées papulo-pustuleuses, seul ou en association avec l’adapalène (Epiduo®).
Peut-on utiliser le peroxyde de benzoyle tous les jours ?
Oui, une fois la tolérance établie. Il est conseillé de commencer par 2–3 applications par semaine les deux premières semaines (technique du buffering), puis de passer à une application quotidienne le soir si la peau supporte bien. L’irritation initiale diminue généralement après 2 à 4 semaines d’utilisation régulière.
Le peroxyde de benzoyle décolore-t-il vraiment les textiles ?
Oui — c’est un effet oxydant inévitable. Il décolore de façon irréversible les draps, taies d’oreiller, serviettes et vêtements au contact. Il est recommandé d’utiliser du linge blanc ou du linge dédié au traitement, et d’éviter tout contact avec les cheveux (risque de décoloration).
Peut-on associer peroxyde de benzoyle et crème hydratante ?
Oui — et c’est recommandé pour limiter l’irritation. Appliquer le PB le soir sur peau sèche, et une crème hydratante non comédogène le matin. Ne pas mélanger les deux produits ni les appliquer simultanément sur la même zone.
Panoxyl ® contient du peroxyde de benzoyle. Le peroxyde de benzoyle contenu est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’acné
Quelles sont les contre indications?
Allergie au produit ou à l’un des composants
Conseils d’utilisation
Le peroxyde de benzoyle est appliqué le soir en petite quantité sur les zones à traiter
Respecter la prescription du médecin
En cas d’irritation, de sécheresse de la peau, de rougeurs… , arreter les applications et consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir
Eviter le soleil et les UV lors d’un traitement
Le Panoxyl ® peut décolorer les cheveux et les textiles. Il est donc recommandé d’éviter d’en appliquer sur la lisière du cuir chevelu et de protéger ses draps, taies d’oreiller, vêtements…
Pannogel ® contient du peroxyde de benzoyle. Le peroxyde de benzoyle contenu est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’acné
Quelles sont les contre indications ?
Allergie au produit ou à l’un des composants
Conseils d’utilisation
Le peroxyde de benzoyle est appliqué le soir en petite quantité sur les zones à traiter
Respecter la prescription du médecin
En cas d’irritation, de sécheresse de la peau, de rougeurs… , arreter les applications et consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir
Eviter le soleil et les UV lors d’un traitement
Le Pannogel ® peut décolorer les cheveux et les textiles. Il est donc recommandé d’éviter d’en appliquer sur la lisière du cuir chevelu et de protéger ses draps, taies d’oreiller, vêtements…
Locacid ® contient de la trétinoine. La trétinoine contenue est un dérivé de la vitamine A. La trétinoine est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’acné
Quelles sont les contre indications ?
Allergie au produit ou à l’un des composants
Eviter l’application de tretinoine durant la grossesse
Conseils d’utilisation
La trétinoine est appliquée le soir en petite quantité sur les zones à traiter
Respecter la prescription du médecin
En cas d’irritation, de sécheresse de la peau, de rougeurs…, arreter les applications et consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir
Eviter le soleil et les UV lors d’un traitement par Locacid ®
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– Les traitements…
Ketrel ® contient de la trétinoine. La trétinoine est un dérivé de la vitamine A. La trétinoine est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’acné
Quelles sont les contre indications ?
Allergie au produit ou à l’un des composants
Eviter l’application de tretinoine durant la grossesse
Conseils d’utilisation
La trétinoine est appliquée le soir en petite quantité sur les zones à traiter
Respecter la prescription du médecin
En cas d’irritation, de sécheresse de la peau, de rougeurs, arreter les applications et consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir
Eviter le soleil et les UV
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L’erythromycine est un antibiotique. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’acné inflammatoire (boutons rouges)
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– Les traitements…
Erythromycine Bailleul ® contient de l’erythromycine. L’erythromycine est un antibiotique. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’acné inflammatoire (boutons rouges)
Quelles sont les contre indications ?
Allergie au produit
Conseils d’utilisation
L’erythromycine peut être appliquée le matin sur les zones à traiter et/ou de façon ponctuelle sur les boutons rouges
Conserver l’erythromycine à l’abri de la lumière
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– Les causes
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Erythrogel ® contient de l’erythromycine. L’erythromycine est un antibiotique. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’acné inflammatoire (boutons rouges)
Quelles sont les contre indications ?
Allergie au produit
Conseils d’utilisation
L’erythromycine peut être appliquée le matin sur les zones à traiter et/ou de façon ponctuelle sur les boutons rouges
Conserver l’erythromycine à l’abri de la lumière
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Eryfluid® (érythromycine topique) dans l’acné : mécanisme, efficacité, résistance et conseils d’utilisation
L’Eryfluid® est une solution cutanée à base d’érythromycine à 4 %, antibiotique de la famille des macrolides, utilisée en application locale dans le traitement de l’acné inflammatoire — les boutons rouges et les pustules. Efficace et bien toléré à court terme, il fait l’objet depuis les années 2000 d’un débat scientifique important autour du développement des résistances bactériennes de Cutibacterium acnes aux macrolides. Comprendre comment l’utiliser correctement — et surtout avec quoi l’associer — est devenu une nécessité pour préserver son efficacité.
Acné persistante, boutons qui reviennent malgré le traitement ?
L’érythromycine n’est pas toujours le bon outil — un bilan dermatologique oriente vers la stratégie la plus adaptée à votre profil. Consulter le Dr Rousseau en téléconsultation →
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L’érythromycine est un antibiotique bactériostatique de la famille des macrolides. Elle agit en se fixant de manière réversible sur la sous-unité 50S du ribosome bactérien, bloquant la translocation de l’ARN de transfert et inhibant ainsi la synthèse protéique. Son spectre comprend les bactéries à Gram positif et certains anaérobies — dont Cutibacterium acnes (anciennement Propionibacterium acnes), la bactérie au cœur de la pathogenèse de l’acné inflammatoire.
Dans l’acné, l’érythromycine topique agit selon deux mécanismes complémentaires :
Réduction de la charge bactérienne folliculaire en C. acnes — diminuant ainsi la production de lipases, d’enzymes et de chimioattractants pro-inflammatoires
Effet anti-inflammatoire direct : au-delà de son action antibactérienne, l’érythromycine module la réponse inflammatoire cutanée en inhibant la migration des polynucléaires neutrophiles et la production de cytokines (IL-1β, IL-8) — un effet de classe documenté pour les macrolides
Un antibiotique bactériostatique, pas bactéricide
L’érythromycine ralentit la croissance bactérienne sans tuer les bactéries directement — à la différence du peroxyde de benzoyle (BPO) qui est bactéricide. Cette distinction est cliniquement importante : un traitement bactériostatique seul permet plus facilement l’émergence de résistances en l’absence d’effet bactéricide de soutien. C’est l’une des raisons majeures de son association recommandée avec le BPO.
2. Indications et place dans le traitement de l’acné
L’Eryfluid® est indiqué dans l’acné inflammatoire légère à modérée (papules et pustules) de l’adolescent et de l’adulte, en application locale. Il ne traite pas les points noirs (comédons) — une molécule rétinoïde ou au peroxyde de benzoyle est nécessaire pour l’effet comédonolytique.
Isotrétinoïne orale ou association complexe — avis dermatologue
Acné non inflammatoire (points noirs seuls)
Non — pas d’indication
Rétinoïde topique, BPO
Les guidelines AAD 2024 maintiennent les antibiotiques topiques comme recommandation forte dans l’acné inflammatoire — en insistant sur leur utilisation systématiquement associée au BPO pour limiter la résistance, et sur la durée limitée du traitement antibiotique — Reynolds et al., J Am Acad Dermatol 2024 (PMID 38300170).
3. Résistances bactériennes — le problème central
La résistance de Cutibacterium acnes aux macrolides (érythromycine, clindamycine) est le principal défi de l’antibiothérapie topique de l’acné. Elle est apparue dès les années 1970 aux États-Unis et n’a cessé de progresser : dans plusieurs pays européens, plus de 50 % des souches de C. acnes sont désormais résistantes à l’érythromycine. Une revue systématique de 14 essais cliniques a montré une diminution significative de l’efficacité de l’érythromycine topique sur une période de 10 ans, directement corrélée à l’augmentation des résistances.
Une méta-analyse espagnole publiée dans l’Actas Dermosifiliograficas confirme cette tendance et conclut que l’utilisation des antibiotiques topiques doit être limitée dans le temps et associée au peroxyde de benzoyle pour obtenir les meilleurs résultats cliniques et limiter l’émergence de résistances — Méndez-Tovar et al., Actas Dermosifiliogr 2016 (PMID 26738649).
⚠️ Ne jamais utiliser l’érythromycine en monothérapie prolongée
L’utilisation isolée d’Eryfluid® sur plusieurs mois sans BPO associé favorise l’émergence de souches résistantes de Cutibacterium acnes sur la peau du patient — et sur l’entourage (transmission cutanée possible). Dès que la résistance s’installe, l’érythromycine devient inefficace sur l’acné de ce patient. C’est pourquoi les recommandations actuelles préconisent de ne jamais prescrire un antibiotique topique seul, et de limiter sa durée d’utilisation à 3 mois maximum.
Un résultat clinique qui diminue avec le temps
Une étude sur 208 patients traités par érythromycine topique 2 % pendant 24 semaines a montré que le taux de résistance augmentait significativement au cours du traitement, avec une corrélation négative entre résistance et réponse clinique — Eady et al., Br J Dermatol 2002 (PMID 12361129). Ce résultat renforce l’indication d’une durée limitée et d’une association systématique avec le BPO.
4. Pourquoi associer l’érythromycine au peroxyde de benzoyle
L’association érythromycine + peroxyde de benzoyle (BPO) est aujourd’hui la recommandation centrale de toutes les sociétés savantes dès qu’un antibiotique topique est prescrit dans l’acné. Cette association est non seulement plus efficace qu’un antibiotique seul, mais prévient activement le développement de la résistance bactérienne.
Le mécanisme est complémentaire : le BPO est un agent oxydant puissant, bactéricide (il tue les bactéries par oxydation des protéines et lipides membranaires), et aucune résistance bactérienne à son action n’a jamais été décrite. Utilisé conjointement avec l’érythromycine, il détruit les souches résistantes avant qu’elles ne s’imposent.
Une étude clinique de référence sur les effets de la combinaison BPO 5 % + érythromycine 3 % a montré que cette association prévient le développement de propionibactéries résistantes à l’érythromycine sur la peau des patients acnéiques — à la différence de l’érythromycine seule — Eady et al., Br J Dermatol 1996 (PMID 8745894).
Le principe de l’alternance matin/soir
En pratique, l’association est souvent réalisée de la façon suivante : Eryfluid® (érythromycine) le matin sur les zones à traiter, et peroxyde de benzoyle (gel ou lotion 2,5 à 5 %) le soir sur les mêmes zones. Certains patients utilisent à la place une formulation fixe combinant directement les deux principes actifs (érythromycine + BPO, ou clindamycine + BPO selon la formule disponible), encore plus pratique car elle garantit l’association à chaque application. Cette stratégie est identifiée dans les guidelines comme le meilleur compromis entre efficacité et prévention de la résistance.
5. Conseils d’utilisation pratiques
Eryfluid® qu’est-ce que c’est ?
Eryfluid® contient de l’érythromycine à 4 % en solution cutanée. L’érythromycine contenue dans Eryfluid® est un antibiotique utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’acné inflammatoire (boutons rouges et pustules).
Conseils d’utilisation d’Eryfluid®
L’érythromycine (Eryfluid®) peut être appliquée le matin sur les zones à traiter et/ou de façon ponctuelle sur les boutons rouges
Appliquer sur peau propre et bien séchée — une peau humide dilue la solution et réduit son efficacité
Utiliser de petites quantités : une légère pellicule suffit sur l’ensemble de la zone acnéique, pas uniquement en ponctuel sur chaque bouton
Laisser sécher avant d’appliquer d’autres soins ou de se maquiller
Associer systématiquement à un peroxyde de benzoyle (le soir) pour prévenir la résistance bactérienne
Limiter la durée du traitement à 3 mois consécutifs maximum, puis réévaluer avec le médecin
Conserver Eryfluid® à l’abri de la lumière (l’érythromycine se dégrade à l’exposition lumineuse)
Ne pas utiliser sur une peau irritée, fissurée ou endommagée
Matin
Soir
Optionnel (si phototype clair, acné mixte)
Nettoyage doux + Eryfluid® sur zones inflammatoires + SPF50+
Nettoyage doux + peroxyde de benzoyle 2,5–5 % (+ rétinoïde topique si comédons)
Crème hydratante non comédogène matin et soir
6. Effets secondaires et contre-indications
Contre-indications d’Eryfluid®
Allergie à l’érythromycine ou à l’un de ses excipients (éthanol, alcool isopropylique selon la formulation)
Ne pas appliquer sur les muqueuses ou les yeux
Effets secondaires locaux
Les effets secondaires de l’érythromycine topique sont généralement légers et dose-dépendants :
Sécheresse cutanée locale — favorisée par la base alcoolique de la solution (atténuée par l’application d’un hydratant non comédogène)
Légère irritation ou rougeur au site d’application, surtout en début de traitement
Desquamation légère dans les premières semaines
Exceptionnellement : sensation de brûlure, prurit localisé
Grossesse et allaitement
L’érythromycine topique est généralement considérée comme compatible avec la grossesse (absence de données de tératogénicité documentées en application locale). Elle fait partie des traitements topiques de l’acné compatibles avec la grossesse selon les recommandations françaises — contrairement à l’isotrétinoïne (formellement contre-indiquée) et aux rétinoïdes topiques (déconseillés). Consulter néanmoins votre médecin avant toute utilisation pendant la grossesse ou l’allaitement.
Téléchargez le guide complet ACNE « Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Oui, sur les formes inflammatoires légères à modérées (papules et pustules). Dans les études de référence, l’érythromycine topique réduit significativement le nombre de lésions inflammatoires en 4 à 8 semaines. Son efficacité tend néanmoins à diminuer avec le temps en raison du développement de résistances bactériennes si le traitement est utilisé seul — d’où l’importance de l’associer systématiquement au peroxyde de benzoyle. Il est sans effet sur les points noirs (comédons) qui nécessitent une molécule rétinoïde.
Pourquoi mon acné revient-elle dès que j’arrête Eryfluid® ?
L’érythromycine est un traitement bactériostatique — elle contrôle la bactérie responsable de l’inflammation mais ne traite pas les autres facteurs de l’acné (excès de sébum, hyperkératinisation folliculaire, inflammation). À l’arrêt, ces mécanismes reprennent leur cours. C’est pourquoi l’acné nécessite une approche globale : antibiotique topique pour l’inflammation, rétinoïde ou BPO pour les comédons, et parfois traitement systémique pour les formes résistantes ou sévères.
Peut-on utiliser Eryfluid® pendant la grossesse ?
L’érythromycine topique est considérée comme compatible avec la grossesse selon les recommandations françaises — contrairement à l’isotrétinoïne (formellement contre-indiquée) et aux rétinoïdes topiques (déconseillés). Consultez néanmoins votre médecin ou dermatologue avant toute utilisation pendant la grossesse ou l’allaitement pour confirmer que c’est la meilleure option dans votre situation.
Quelle est la différence entre Eryfluid® et la clindamycine topique (Dalacine T®) ?
Ces deux antibiotiques topiques appartiennent à des familles différentes (macrolide vs lincosamide) mais ont des mécanismes d’action comparables sur C. acnes (inhibition de la synthèse protéique au niveau des ribosomes bactériens). En pratique clinique, leur efficacité est similaire sur les formes inflammatoires légères à modérées. La résistance croisée entre érythromycine et clindamycine est fréquente — un patient résistant à l’une sera souvent résistant à l’autre. Dans les deux cas, l’association au BPO est impérative pour prévenir la résistance.
Combien de temps peut-on utiliser Eryfluid® ?
Les recommandations actuelles (AAD 2024, EADV) préconisent de limiter l’utilisation des antibiotiques topiques à 3 mois consécutifs maximum, toujours en association avec le BPO. Au-delà de cette durée, le risque de résistance bactérienne augmente significativement. À 3 mois, le médecin réévalue le traitement : en cas de bonne réponse, on peut envisager d’arrêter l’antibiotique tout en maintenant le BPO seul ou l’associer à un rétinoïde topique comme traitement d’entretien.
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– Les causes
– Les traitements…
Eryacné ® contient de l’erythromycine. L’erythromycine contenue dans Eryacne ® est un antibiotique. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’acné inflammatoire (boutons rouges)
Quelles sont les contre indications d’ Eryacne ®?
Allergie au produit
Conseils d’utilisation d’ Eryacne ®
L’erythromycine (Eryacne ®) peut être appliquée le matin sur les zones à traiter et/ou de façon ponctuelle sur les boutons rouges
Conserver l’erythromycine (Eryacne ®) à l’abri de la lumière
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Effederm ® contient de la trétinoine. La trétinoine est un dérivé de la vitamine A. La trétinoine est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’acné
Quelles sont les contre indications?
Allergie au produit ou à l’un des composants
Eviter l’application de tretinoine durant la grossesse
Conseils d’utilisation
La trétinoine est appliquée le soir en petite quantité sur les zones à traiter
Respecter la prescription du médecin
En cas d’irritation, de sécheresse de la peau, de rougeurs… sous Effederm ®, arreter les applications et consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir lors d’ un traitement par Effederm ®
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Effacne ® contient du peroxyde de benzoyle. Le peroxyde de benzoyle est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’acné
Quelles sont les contre indications ?
Allergie au produit ou à l’un des composants
Conseils d’utilisation
Le peroxyde de benzoyle est appliqué le soir en petite quantité sur les zones à traiter
Respecter la prescription du médecin
En cas d’irritation, de sécheresse de la peau, de rougeurs, arreter les applications et consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir
Eviter le soleil et les UV
Le produit peut décolorer les cheveux et les textiles. Il est donc recommandé d’éviter d’en appliquer sur la lisière du cuir chevelu et de protéger ses draps, taies d’oreiller, vêtements…
Eclaran ® contient du peroxyde de benzoyle. Le peroxyde de benzoyle est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’acné
Quelles sont les contre indications
Allergie au produit ou à l’un des composants
Conseils d’utilisation
Le peroxyde de benzoyle est appliqué le soir en petite quantité sur les zones à traiter
Respecter la prescription du médecin
En cas d’irritation, de sécheresse de la peau, de rougeurs…, arreter les applications et consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir
Eviter le soleil et les UV
L’ Eclaran ® peut décolorer les cheveux et les textiles. Il est donc recommandé d’éviter d’en appliquer sur la lisière du cuir chevelu et de protéger ses draps, taies d’oreiller, vêtements…
Différine® est un médicament contenant de l’adapalène, un rétinoïde topique de 3e génération dérivé de la vitamine A. Il est prescrit pour traiter l’acné — en particulier les comédons et les lésions inflammatoires (papules, pustules). Differine® est la référence de l’adapalène en France depuis son autorisation de mise sur le marché.
Acné qui ne répond pas à Differine® ou effets secondaires ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
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L’adapalène contenu dans Differine® agit sur les récepteurs nucléaires RAR-β et RAR-γ des kératinocytes folliculaires. Il régule la différenciation cellulaire, empêche l’obstruction du follicule pileux (formation des comédons) et réduit l’inflammation locale. Il est photostable — contrairement à la trétinoïne — ce qui signifie qu’il conserve son efficacité même s’il est exposé à la lumière.
Contre-indications
Allergie à l’adapalène ou à l’un des excipients (méthylparabène, propylparabène notamment)
Grossesse — Differine® est contre-indiqué par précaution pendant la grossesse. Utiliser une contraception efficace pendant le traitement
Application sur peau lésée, eczémateuse, coups de soleil, ou zones irritées
Contour des yeux, lèvres, narines et muqueuses
Comment utiliser Differine® — guide pratique
Quand : le soir uniquement, sur peau propre et bien sèche après nettoyage doux
Quantité : une noisette de gel en couche fine sur l’ensemble des zones acnéiques (pas seulement sur les boutons visibles)
Attendre 20 à 30 minutes après le nettoyage avant d’appliquer — la peau doit être parfaitement sèche pour éviter l’irritation
Le matin : appliquer une crème hydratante légère non comédogène + SPF 50+ obligatoire
Durée : ne pas juger l’efficacité avant 8 à 12 semaines — les rétinoïdes agissent lentement
💡 Astuce pour les peaux sensibles : commencer par une application 1 soir sur 2 pendant 2 à 4 semaines, puis passer à une application quotidienne. Ce protocole progressif réduit fortement la sécheresse et les rougeurs initiales.
Effets secondaires de Differine® et conduite à tenir
Effet secondaire
Fréquence
Que faire
Sécheresse, desquamation
Très fréquent (surtout semaines 1 à 4)
Crème hydratante non comédogène le matin — ne pas arrêter Differine®
Epiduo® est une association fixe dans le même gel de deux actifs complémentaires :
Adapalène 0,1% (le même principe actif que Differine® 0,1%)
Peroxyde de benzoyle 2,5% — antibactérien puissant contre C. acnes
Epiduo® est indiqué pour les acnés avec une composante inflammatoire (papules, pustules) plus marquée. Il est en général mieux toléré que l’association séparée des deux molécules. Le choix entre Differine® seul et Epiduo® dépend du profil de l’acné — votre dermatologue adapte la prescription.
Differine® est-il remboursé par la Sécurité Sociale ?
Oui — Differine® 0,1% et 0,3% sont remboursés à 65% sur ordonnance médicale. Les génériques adapalène 0,1% et 0,3% sont également remboursés et strictement équivalents. La substitution par le pharmacien est possible sauf si le médecin a mentionné « non substituable » sur l’ordonnance.
Peut-on utiliser Differine® sans ordonnance ?
Non — Differine® est un médicament sur ordonnance en France (liste I). Il nécessite une consultation médicale préalable. Certains pays autorisent la vente libre de l’adapalène 0,1% (États-Unis notamment), mais ce n’est pas le cas en France. Une téléconsultation avec le Dr Rousseau permet d’obtenir une ordonnance rapidement si vous présentez une acné.
Differine® et crème hydratante — dans quel ordre appliquer ?
Le soir : nettoyage doux → attendre 20 minutes que la peau soit bien sèche → Differine® en couche fine → rien par-dessus (ne pas appliquer de crème hydratante le soir sur Differine®, cela dilue le produit). Le matin : crème hydratante légère non comédogène → SPF 50+. Cette séparation matin/soir optimise l’efficacité et réduit l’irritation.
Combien de tubes de Differine® faut-il pour un traitement complet ?
Pour un traitement de 3 mois du visage uniquement, un tube de 30 g est généralement suffisant avec une application quotidienne en couche fine. Si le traitement concerne aussi le dos ou la poitrine, prévoir 2 tubes. Le médecin prescrit généralement la quantité adaptée sur l’ordonnance.
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Cutacnyl® (peroxyde de benzoyle) : utilisation dans l’acné
Cutacnyl® est un gel anti-acné à base de peroxyde de benzoyle, disponible en pharmacie sans ordonnance en France. Il existe en deux concentrations : 2,5%,5 % et 10 %.
Votre acné ne répond pas au traitement local ? Besoin d’adapter votre ordonnance ?
Le Dr Rousseau, dermatologue depuis plus de 25 ans, est disponible souvent dès le lendemain.📅 Téléconsultation avec le dermatologue
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💡 Commencer par la concentration à 2,5% voire 5 % — aussi efficace que le 10 % avec moins d’irritation. Passer au 10 % uniquement si la peau tolère bien après 4 semaines.
Utilisation pratique
Point clé
Recommandation
Moment d’application
Le soir, sur peau propre et sèche
Quantité
Petite noisette en couche fine sur les zones concernées
Début de traitement
2–3 applications par semaine les 2 premières semaines, puis quotidien si bonne tolérance
Soleil et UV
Éviter l’exposition solaire — appliquer SPF 30+ le matin
Textiles et cheveux
Décolore draps, taies, vêtements et cheveux de façon irréversible — protéger systématiquement
En cas d’irritation
Espacer les applications ou réduire la concentration — consulter si persistance
Contre-indications
Allergie au peroxyde de benzoyle ou à l’un des excipients du gel. En cas de doute, un patch-test peut être réalisé par un dermatologue (allergie de contact possible chez environ 1 % des patients).
Pour aller plus loin
Cette page présente la spécialité Cutacnyl®. Pour le guide complet sur le peroxyde de benzoyle — mécanisme d’action, tableau de toutes les spécialités disponibles, protocole détaillé, effets secondaires et associations — voir :
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Clindamycine Stragen ® contient de la clindamycine. La clindamycine est un antibiotique. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’acné inflammatoire (boutons rouges)
Quelles sont les contre indications ?
Allergie au produit et à la lincomycine
Conseils d’utilisation
La clindamycine peut être appliquée le matin sur les zones à traiter et/ou de façon ponctuelle sur les boutons rouges
La clindamycine est un antibiotique. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’acné inflammatoire (boutons rouges)
Brevoxyl ® contient du peroxyde de
benzoyle. Le peroxyde de benzoyle est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le
traitement de l’acné
Quelles sont les contre indications ?
Allergie au produit ou à l’un des
composants
Conseils d’utilisation
Le peroxyde de benzoyle est appliqué le soir en
petite quantité sur les zones à traiter
Respecter la prescription du médecin
En cas d’irritation, de sécheresse de
la peau, de rougeurs, arreter les applications et consulter un médecin
pour connaitre la conduite à tenir
Eviter le soleil et les UV
Le produit peut décolorer les cheveux
et les textiles. Il est donc recommandé d’éviter d’en appliquer sur la
lisière du cuir chevelu et de protéger ses draps, taies d’oreiller,
vêtements…
Adapalène : traitement de l’acné par rétinoïde topique
L’adapalène est un rétinoïde topique de 3e génération utilisé en dermatologie pour traiter l’acné. Plus stable et mieux toléré que la trétinoïne, il est le rétinoïde de première intention dans l’acné légère à modérée — en particulier pour les comédons et les lésions inflammatoires.
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L’adapalène est un dérivé synthétique de la vitamine A (rétinoïde) qui agit directement sur les récepteurs nucléaires de l’acide rétinoïque dans les cellules de la peau. Il régule le renouvellement cellulaire du follicule pileux, désobstrue les pores et réduit l’inflammation.
Contrairement à la trétinoïne, l’adapalène est photostable — il ne se dégrade pas à la lumière — et mieux toléré sur les peaux sensibles. C’est pour ces raisons qu’il est souvent prescrit en première intention, notamment chez les adolescents.
Noms commerciaux
Differine® — gel 0,1% et 0,3% (prescription médicale en France)
Adapalène générique 0,1% et 0,3%
Epiduo® — association adapalène 0,1% + peroxyde de benzoyle 2,5% (bithérapie)
Mécanisme d’action
Action anti-comédonienne — régularise la desquamation du follicule pilo-sébacé et empêche la formation de nouveaux comédons
Action anti-inflammatoire — réduit l’inflammation folliculaire via l’inhibition des voies de l’acide arachidonique
Renouvellement cellulaire — accélère le turn-over des kératinocytes, libère les pores obstrués
Adapalène vs trétinoïne — comparatif
Adapalène
Trétinoïne
Génération
3e génération
1ère génération
Photostabilité
✅ Stable à la lumière
❌ Se dégrade à la lumière
Tolérance cutanée
✅ Meilleure tolérance
⚠️ Plus irritante
Puissance anti-acné
⭐⭐⭐ Très bonne
⭐⭐⭐⭐ Supérieure
Effet anti-rides
Faible
✅ Documenté
Première intention acné
✅ Oui — recommandé HAS/SFD
2e intention si échec adapalène
Application
Soir uniquement
Soir uniquement
Indications
Acné légère à modérée avec comédons et/ou lésions inflammatoires (papules, pustules)
Acné rétentionnelle (comédons prédominants)
Prévention des récidives après traitement curatif
En association avec le peroxyde de benzoyle (Epiduo®) pour les formes mixtes
Contre-indications
Allergie à l’adapalène ou à l’un des excipients de la préparation
Grossesse — l’adapalène est contre-indiqué pendant la grossesse par précaution (tératogénicité des rétinoïdes systémiques ; le risque topique est faible mais non exclu). Une contraception efficace est recommandée chez la femme en âge de procréer
Peau lésée — ne pas appliquer sur des plaies, zones eczémateuses, coups de soleil, ou peau irritée
Conjonctivite, eczéma, dermatite séborrhéique active
Conseils d’utilisation — protocole étape par étape
Étape
Consigne
Pourquoi
Quand appliquer
Le soir uniquement, sur peau propre et sèche
Photostable mais sensibilisant — éviter exposition solaire après application
Quantité
Petite quantité (noisette) en couche fine sur toutes les zones acnéiques
Plus ne signifie pas mieux — augmente l’irritation sans améliorer l’efficacité
Zones à traiter
Application sur l’ensemble des zones acnéiques, pas seulement sur les boutons visibles
Traitement préventif — empêche la formation de nouveaux comédons
Zones à éviter
Contour des yeux, lèvres, narines, muqueuses
Irritation muqueuse
Nettoyage
Nettoyant doux (syndet) matin et soir — pas de savon agressif
L’adapalène assèche — ne pas cumuler avec un nettoyant décapant
Hydratation
Appliquer une crème hydratante légère non comédogène le matin
Compense la sécheresse induite par le traitement
Protection solaire
SPF 50+ obligatoire tous les matins pendant le traitement
Peau fragilisée — risque de taches brunes et d’irritation accrue au soleil
Durée avant résultats
Ne pas arrêter avant 8 à 12 semaines
Le renouvellement folliculaire est lent — arrêt prématuré = faux échec
Effets secondaires et comment les gérer
Effet secondaire
Fréquence
Conduite à tenir
Sécheresse, desquamation
Très fréquent — surtout les 4 premières semaines
Crème hydratante non comédogène le matin. Normal — ne pas arrêter
Rougeur, irritation
Fréquent en début de traitement
Réduire la fréquence (1 soir sur 2) puis reprendre progressivement
Aggravation initiale de l’acné (« purge »)
Possible les 2-4 premières semaines
Normal — le rétinoïde libère les comédons. Persévérer
Arrêter les applications et consulter le dermatologue
💡 Protocole de démarrage progressif : pour les peaux sensibles, commencer par une application 1 soir sur 2 pendant 2 à 4 semaines, puis passer à une application quotidienne. Ce protocole réduit considérablement l’irritation initiale.
⚠️ Ne pas associer avec : d’autres rétinoïdes topiques simultanés, des produits alcoolisés ou très exfoliants (acide glycolique fort, scrubs abrasifs) sur les mêmes zones — cumul d’irritation. L’association avec le peroxyde de benzoyle est en revanche validée et disponible dans Epiduo®.
Peut-on utiliser l’adapalène pendant la grossesse ?
Non — l’adapalène est contre-indiqué pendant la grossesse par précaution. Bien que le passage systémique des rétinoïdes topiques soit très faible comparé aux rétinoïdes oraux (isotrétinoïne), la classe des rétinoïdes est tératogène par voie générale et aucune étude suffisante n’existe pour garantir l’innocuité topique. En pratique, si une grossesse survient sous adapalène, le risque est probablement très faible — mais le traitement doit être arrêté immédiatement et le médecin informé.
Quelle différence entre Differine 0,1% et 0,3% ?
Le Differine® 0,3% (adapalène à 0,3%) est plus efficace que le 0,1% sur les lésions inflammatoires et les comédons, avec une efficacité comparable à la trétinoïne 0,1%. Il est logiquement un peu plus irritant. Le 0,1% est le plus prescrit en première intention — le 0,3% est réservé aux formes modérées à sévères ou en cas de réponse insuffisante au 0,1%.
L’adapalène peut-il être utilisé sur le dos pour l’acné ?
Oui — l’adapalène est efficace sur toutes les zones acnéiques : visage, dos, épaules, poitrine. La peau du dos est généralement moins sensible que celle du visage et tolère souvent mieux le traitement. La technique d’application est identique — couche fine le soir sur l’ensemble des zones acnéiques, protection solaire sur les zones exposées.
Combien de temps faut-il utiliser l’adapalène ?
La phase de traitement actif dure généralement 3 à 6 mois. Après contrôle de l’acné, l’adapalène peut être poursuivi en traitement d’entretien (2 à 3 fois par semaine) pour prévenir les récidives, notamment chez les patients jeunes à forte composante comédonienne. L’arrêt brutal après la phase curative expose à une rechute rapide chez les personnes prédisposées.
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– Les traitements…
Pour choisir une creme solaire, il faut controler plusieurs points importants qui vont déterminer la capacité de protection solaire de la crème et notamment :
IP ou SPF pour Sun Protection Factor : l’indice de protection de la creme solaire, au moins 30
L’indice de protection solaire doit etre de préférence supérieur à 30 (« protection haute »).
En effet, les tests effectués en laboratoire pour déterminer l’indice de protection d’une creme solaire, sont effectués avec des quantités de produit en général tres importantes (2mg/cm² de peau), en tout cas beaucoup plus importantes que celles que l’on s’applique habituellement sur la peau ! : on peut en pratique diviser l’indice de protection par 3 ou 4 en utilisation courante !!
Autant dire qu’une crème solaire ayant un indice inférieur à 30 (« protection haute ») protège très peu la peau du soleil en conditions d’utilisation « normales ».
Ne pas oublier les UVA
Il faut aussi savoir que cet indice de protection (IP ou SPF) concerne en général uniquement les Ultraviolets de type B (UVB), c’est-à-dire les UV qui sont responsables du coup de soleil. Or on sait que les UVA sont eux aussi néfastes pour la peau et qu’il faut aussi s’en protéger. Les UVA longs (pénétrant plus dans la peau) seraient responsables d’un tiers descancer de la peau
Vérifiez donc que la creme solaire protege aussi contre les UVA. L’idéal est que le sigle UVA soit entouré car il signifie alors que la protection UVA est conforme aux normes européennes
Creme solaire affichant le sigle UVA conforme aux normes européennes
Faites-vous plaisir!
Il existe dorénavant de nombreuse galéniques de produits solaires agréables à appliquer même dans les poils pour les hommes, non gras, ne donnant pas un aspect blanc et blafard… On peut citer parmi ceux ci les sprays, brumes sèches, laits, crèmes fluides, émulsions…
Une crème solaire quasiment invisible (photo de gauche enlumiere visible) peut quand même rendre opaque aux UV (photo de droite en ultra violet)
Attention à l’eau
Veillez à avoir un produit résistant à l’eau si vous vous baignez. Et n’omettez quand même pas d’en remettre apres chaque bain et toutes les deux heures
Il est judicieux pour les zones exposées car non protégées par les vêtements et l’ombre, de choisir des cremes solaires pour enfants car elles sont souvent moins riches en filtres chimiques et plus riches en filtres minéraux. De même, elles sont souvent exemptes de parfums pour éviter les allergies au parfum
On recommande parfois d’utiliser préférentiellement des crèmes minérales uniquement chez les enfants dans les premières années de vie pour limiter le risque d’allergie aux filtres chimiques notamment.
Il y a cependant de nombreuses controverses à ce sujet et la meilleure protection de l’enfant reste l’ombre et les vêtements couvrants. De plus un bébé de moins de 3 ans ne devrait jamais être exposé directement au soleil
Interview du Dr Christelle COMTE, dermatologue , Paris
On ne repetera jamais assez que les produits solaires ne devraient apparaître qu’en troisieme position dans les conseils de photoprotection, apres l’absence d’exposition entre 11h et 16h et la photoprotection externe (chercher l’ombre, porter des vêtements amples et couvrants… ). Quels conseils pouvez-vous donner pour le choix d’un produit solaire, en fonction du type d’exposition, du type de peau, du phototype…
J’aurais tendance à dire qu’il faut simplifier cette question des indices, afin que la photoprotection soit mieux respectée par tous. (La législation est d’ailleurs en train de changer cela, en instaurant, à la place des indices de protection, 4 grandes catégories: très haute protection, haute protection, protection moyenne, faible protection.) Pour simplifier, et compte-tenu de la quantité réellement appliquée par les patients (nettement inférieure à celle utilisée pour calculer les indices), ainsi que de leur rythme dapplication (rarement renouvelé), je préfère toujours recommander un indice maximal (SPF 50) pour tout le monde, en dehors des phototypes foncés (que l’on pourrait qualifier de « méditerranéen » et plus) qui peuvent se contenter de faibles indices de protection. En effet, le but du dermatologue n’est pas d’aider le public à se constituer un beau bronzage, mais à limiter au maximum l’irradiation solaire. Il n’y a jamais aucun inconvénient à appliquer un indice trop fort (à l’exception d’une personne d’origine africaine qui se mettrait un écran total toute l’année et qui pourrait être déficitaire en vitamine D… )
Pour les expositions extrêmes (marins, séjours en bateau, sports d’eau), et surtout chez les hommes, une photoprotection par voie interne peut être associée. La seule association de vitamines qui a fait la preuve de son efficacité (modérée) dans une étude publiée dans une revue scientifique est l’Oenobiol° solaire (NB: pas de conflit d’intérêt). Chez les femmes, il est préférable de déconseiller cette supplémentation orale de manière prolongée en raison d’un risque augmenté de développer un mélanome (HR = 4) (1)
On recommande le plus souvent l’utilisation de filtres minéraux chez les enfants. Quelles en sont les raisons? A partir de quel age peut-on utiliser des filtres chimiques ? Ces produits pénètrent-ils dans l’organisme? Quel est leur inocuité?
Ces « filtres » minéraux sont de manière plus précise appelés « écrans minéraux », pour la raison qu’ils ne transforment ou n’absorbent pas de rayonnement, mais se contentent de le réfléchir, à la manière de petits miroirs si vous préférez. Des miroirs dont le diamètre est de l’ordre du micron. Ils sont totalement inertes (ce sont des minéraux: du titane, du zinc… ), ce qui explique leur excellente tolérance et leur utilisation chez les enfants, et évite de les sensibiliser à une molécule chimique (filtre) potentiellement allergisante. Revers de la médaille: leur côté blanc, qui limite leur utilisation chez l’adulte.
Contrairement à ces écrans qui sont des bloqueurs physiques, qui protègent aussi bien des UVA que des UVB, et ne pénètrent pas dans la peau (tant qu’ils ne sont pas trop micronisés), il y a les absorbeurs chimiques (les filtres), qui sont des molécules absorbant spécifiquement dans une longueur d’onde donnée (UVA ou UVB), et qu’il faut souvent associer pour couvrir l’intégralité du spectre solaire. Les filtres chimiques sont des cosmétiques, et à ce titre peuvent s’utiliser à tout âge, et même chez la femme enceinte a priori. Toutefois, certaines questionnements se sont faits jour (en même temps que pour certains autres composants chimiques tels que les parabènes) concernant leur passage transcutané et leur inocuité. Le primum movens en a peut-être été l’observation d’une féminisation de certains poissons par conséquence de l’effet estrogénique de certains filtres solaires qui avaient contaminé leau. Chez l’homme, Il a été montré que la plupart de ces filtres ne passent pas la barrière cutanée, à l’exception de la benzophénone-3, que l’on a pu retrouver dans les urines (2). L’absorption dépend également du vecteur utilisé (les solutions alcooliques entrainent une absorption plus importante), et du site sur lequel le produit est appliqué (absorption plus importante sur le visage) (3) .
La relation melanome-crème solaire a fait l’objet de publications diverses. Que sait-on de cette relation aujourd’hui?
Il y a eu beaucoup d’études, mais certaines comportaient des biais évidents qui ont conduit à brouiller les pistes et complexifier un sujet déjà délicat.
En résumé, la suppression, par l’usage de crèmes solaires, du coup de soleil comme « sonnette d’alarme » d’une exposition trop importante, et comme facteur limitant l’exposition ultérieure, a pu être considérée comme une mauvaise chose. Cette constatation a engendré les nouvelles normes imposant un ratio entre les protections UVA et B dans les crèmes solaires : si on protège beaucoup des UVB (coup de soleil), alors il est indispensable de protéger aussi de manière puissante contre les UVA (cancérigènes à forte dose cumulée).
La conclusion de Diffey dans une méta-analyse récente (4) résume assez bien la situation à mon sens: bien que l’on n’ait pas réussi à démontrer que l’usage de crèmes solaires protège du mélanome, il serait irresponsable de ne pas encourager leur utilisation, associée au reste de l’arsenal de photoprotection, pour combattre l’augmentation croissante de l’incidence du mélanome.
De plus en plus de patients recourent aux produits solaires bio. Y a-t-il des études fiables concernant leur efficacité?
Il y a un vrai problème là-dessus, car elles n’ont effectivement pas fait la preuve de leur efficacité. Fabriquer une crème solaire est complexe et technique: il faut trouver des filtres qui couvrent l’ensemble du spectre, y compris les UVA les plus longs, il faut qu’ils soient photostables, rémanents, résistants à l’eau, compatibles ensemble et avec le vecteur, bien tolérés… et il faut que la formulation qui en résulte soit confortable, facilement étalable, transparente… C’est souvent un vrai casse-tête pour les industriels spécialistes de ces questions. Alors quand on voit par exemple une crème solaire bio se revendiquant « très haute protection » et « adaptée aux enfants », en se vantant de ne contenir que des algues, de la myrtille, de l’huile de riz et de l’amande douce, il y a de quoi bondir !!!
Meme question pour les produits solaires qui auraient une efficacité durant toute la journée?
Le seul filtre solaire à revendiquer cette propriété est le Daylong, du laboratoire SPIRIG. Là par contre, une étude sérieuse et prospective leur permet de revendiquer leur efficacité (5). J’ai pu par ailleurs constater dans mon expérience sa fiabilité chez plusieurs de mes patients lupiques ou photosensibles qui l’ont utilisé sans poussée au rythme prescrit (NB : pas de conflit d’intérêt).
Références :
1.Hercberg S et al, Antioxidant supplementation increases the risk of skin cancers in women but not in men, J Nutr. 2007 ;137:2098-105
2.Sarveiya V, Risk S, Benson HA Liquid chromatographic assay for common sunscreen agents: application to in vivo assessment of skin penetration and systemic absorption in human volunteers.J Chromatogr B Analyt Technol Biomed Life Sci. 2004 Apr 25;803(2):225-31
3.(Benson HA, Sarveiya V, Risk S, Roberts MS, Influence of anatomical site and topical formulation on skin penetration of sunscreens.Ther Clin Risk Manag. 2005 Sep;1(3):209-18
4.(Diffey BL, Sunscreens as a preventative measure in melanoma: an evidence-based approach or the precautionary principle?Br J Dermatol. 2009 Nov;161 Suppl 3:25-7.)
5.Ulrich C, Jürgensen JS, Degen A, Hackethal M, Ulrich M, Patel MJ, Eberle J, Terhorst D, Sterry W, Stockfleth E.Prevention of non-melanoma skin cancer in organ transplant patients by regular use of a sunscreen: a 24 months, prospective, case-control study. Br J Dermatol. 2009 Nov;161 Suppl 3:78-84.2010/1/13 )