Soigner les aphtes : traitements locaux et conseils du dermatologue

Mis à jour le 21 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Les aphtes (ulcérations aphteuses) touchent 20 % de la population française, avec une prédominance féminine. Ils surviennent en petites ulcérations blanches entourées d’un halo rouge dans la bouche, douloureuses, guérissant spontanément en 7 à 14 jours. Les récidives fréquentes (> 3/an) méritent un bilan pour écarter une carence ou une maladie systémique.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Soigner les aphtes

Aphte dans la bouche
Aphte du frein


Signes de la maladie

Les aphtes sont des ulcérations de la muqueuse, le plus souvent buccale, plus rarement génitale.

Les aphtes peuvent être seuls (isolés) ou s’inscrire dans le cadre d’une aphtose atteignant d’autres organes comme dans la maladie de Behcet.

L’aphte est une ulcération ronde ou ovalaire, douloureuse survenant le plus souvent dans la bouche à tout endroit muqueux (langue, lèvres, gencives… ), par poussées (ils disparaissent le plus souvent en 1 à 2 semaines).

Le diagnostic est porté devant:

  • le fond déprimé et nécrotique ayant du coup une jaunâtre (« beurre frais« ) ou grisâtre,
  • la base infiltrée (on peut prendre l’aphte entre les doigts et on sent que toute la zone est discrètement indurée),
  • les bords nets et entourés d’un halo rouge vif.

Formes cliniques

  • A communs ou ‘vulgaires’ :

2 à 10 mms de diamètre, en cupule, petite aréole rouge, guérison en 1 à 3 semaines

  • A géants :

plus de 1 à 2 cm, inflammatoires et très douloureux pouvant guérir avec une bride cicatricielle. Ils sont souvent assez indurés et creusants

  • A miliaires :

quelques millimètres, plutôt des érosions, parfois nombreux et confluents, avec peu d’induration, guérissant sans cicatrice en 1 à 2 semaines

Causes possibles

On observe souvent une hyperréactivité non spécifique de la muqueuse (par exemple, après une morsure accidentelle, une anesthésie locale par injection chez le dentiste… ).

Par ailleurs, certains aliments (noix, noisettes, gruyère… ) sont reconnus comme déclencheurs d’aphtes.

Il est possible qu’il existe un substrat génétique aux aphtes puisque 90 % des enfants de parents ayant tous deux des aphtes, ont des aphtes.

Les aphtes récidivants peuvent s’inscrire dans le cadre d’une maladie de Behçet qui comporte aussi d’autres signes (ophtlamologiques, cutanés… ).

Par ailleurs on peut observer des ulcérations d’allure aphtoide dans

  • des entérocolopathies (maladie cœliaque, maladie de Crohn, colite ulcéreuse… ),comportant des signes digestifs
  • le syndrome PFAPA (Periodic Fever, Aphthous stomatitis, Pharyngitis and cervical Adenitis), comportant une fièvre périodique avec ganglions
  • les carences en folates, en vitamine B 12, en fer, en zinc,
  • et dans les neutropénies

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Examens complémentaires diagnostiques

Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)

Conduite a tenir devant un aphte de la bouche (aphte buccal) :

  • < de 3/ an =>aphtose simple

  • > ou = à 3/an :

    • Rechercher des signes de maladie de Behçet :

      En cas de doute :

      HLA B5
      Bilan des autres atteintes
      Recherche de thrombocytose

    • En l’absence de signes de maladie de Behçet :

NF Plaquettes et si anémie, recherche de carence en Fer, Folates, Vit B12, zinc…

HLA B27

HIV

IgA anti transglutaminases…

Conduite à tenir devant un aphte du sexe (aphte génital) :

  • PCR à la recherche d’herpes génital

  • Rechercher des signes de maladie de Behçet :

    En cas de doute :

    HLA B5
    Bilan des autres atteintes
    Recherche de thrombocytose

Soigner les aphtes

Contre la douleur :

Lidocaine en gel, gels à base de clou de girofle (Pansoral), APHTORAL, comprimé à sucer (Chlorhexidine / Tétracaïne / Acide ascorbique) voire antalgiques par voie orale

Pour essayer de diminuer la durée des poussées :

Dermocorticoïdes puissants, voire injections intra-lésionnelles de corticoïdes à la base des ulcérations.

Bains de bouche de sucralfate (KEAL * susp buvable)

Colchicine : 1 à 2 mg per os par jour.

Questions fréquentes

Pourquoi ai-je des aphtes régulièrement ?

Les aphtes récidivants résultent souvent d’une combinaison de facteurs : prédisposition génétique (40 % des cas), carences nutritionnelles (fer, vitamines B12, B9, zinc – impliquées dans 20 à 30 % des aphtes récidivants), stress oxydatif et inflammation locale, traumatismes muqueux (morsures, orthodontie), certains aliments (noix, chocolat, tomates, gruyère) chez les individus sensibles, et fluctuations hormonales (aphtes prémenstruels chez 40 % des femmes touchées).

Combien de temps dure un aphte et comment accélérer la guérison ?

Un aphte simple guérit spontanément en 7 à 14 jours. Pour accélérer la guérison : un corticoïde local en pâte adhésive (triamcinolone 0,1 %, type Kenacort-A® Orabase, non commercialisé en France mais disponible sur ordonnance via pharmacie ou en Belgique/Suisse) appliqué directement sur l’aphte 3 fois/jour réduit la durée de 30 à 40 %. En pharmacie française sans ordonnance, deux options sont disponibles : Pansoral® gel (choline salicylate, effet antalgique) et Aftagel® (lidocaïne et sulfate de zinc, effet anesthésiant local). Le gel d’acide hyaluronique (Gengigel) et les bains de bouche à la chlorhexidine 0,12 % soulagent la douleur et préviennent la surinfection. Le laser Er:YAG en cabinet dentaire permet une guérison en 48 heures.

Quelles carences causent des aphtes ?

Les carences les plus fréquemment associées aux aphtes récidivants sont : (1) carence en fer (ferritine < 15 µg/L) – 20 % des aphtes récidivants ; (2) carence en vitamine B12 (< 200 pg/mL) – 10 à 15 % ; (3) carence en folates (B9) – 5 % ; (4) carence en zinc. Un bilan biologique (NFS, fer, ferritine, B12, folates, zinc) est recommandé en cas d’aphtes récidivants sans cause évidente.

Les aphtes sont-ils contagieux ?

Non, les aphtes aphteuses récidivants ne sont pas contagieux. Ce ne sont pas des infections virales. Ne pas confondre avec les vésicules herpétiques (herpès labial ou gingivostomatite herpétique) qui, elles, sont contagieuses. L’aphte est une ulcération de cause inflammatoire/auto-immune, localisée aux muqueuses buccales et génitales, non transmissible par contact.

Certains aliments peuvent-ils déclencher des aphtes ?

Oui, chez certaines personnes sensibles. Les aliments le plus souvent incriminés : noix et fruits à coque (tanins), chocolat (phénylethylamine), fromages fermentés (histamine), tomates et agrumes (acidité), ananas (bromélaïne). Une alimentation saine peut aider à identifier les déclencheurs personnels par éviction progressive. À noter : une intolérance au gluten (maladie cœliaque) peut se manifester uniquement par des aphtes récidivants dans 5 % des cas.

La maladie de Behçet se présente-t-elle par des aphtes ?

Oui, les aphtes buccaux récidivants sont le critère cardinal de la maladie de Behçet (ulcérations ≥ 3 fois/an). Cette vascularite systémique rare (1/100 000 en France, plus fréquente au Moyen-Orient et en Asie) associe aphtes buccaux, ulcérations génitales, uvéite et lésions cutanées. Si vous avez des aphtes récidivants avec des ulcérations génitales ou des yeux rouges douloureux, une consultation spécialisée s’impose.

Quand un aphte devient-il suspect et nécessite une biopsie ?

Un aphte devenu suspect mérite une biopsie si : il ne cicatrise pas après 3 semaines, il est solitaire, induré (dur au toucher), ulcéré avec bords irréguliers, douloureux ou indolore, chez un patient tabagique ou alcoolique, localisé sur le bord de la langue ou le plancher buccal. Ces caractéristiques peuvent évoquer un carcinome épidermoïde buccal. Toute ulcération buccale persistant plus de 3 semaines doit être biopsiée.

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À lire aussi sur les maladies de la bouche

Références scientifiques et institutionnelles

Akintoye SO, Greenberg MS. Recurrent aphthous stomatitis. Dent Clin North Am. 2014;58(2):281-297. PMID 24655523

Ozler GS. Zinc deficiency in patients with recurrent aphthous stomatitis: a pilot study. J Laryngol Otol. 2014;128(6):531-533. PMID 24849699

International Study Group for Behçet’s Disease. Criteria for diagnosis of Behçet’s disease. Lancet. 1990;335(8697):1078-1080. PMID 1970380

Haute Autorité de Santé (HAS)

Langue verte

Langue verte

La langue verte : la langue peut se recouvrir d’un enduit verdatre dans plusieurs occasions, dont, semble-t-il la consommation de cannabis

Une étude française fait référence à un cas de langue verdatre découverte fortuitement lors d’un examen clinique, révélant une consommation de cannabis par le patient. Il existe peu de cas décrits dans la littérature médicale mondiale mais il semble que ce signe soit connu des policiers, américains notamment qui peuvent chercher lors d’une interpellation avec doute sur la prise de substances psychoactives (drogues), la « green tongue »

Signes de la maladie

La langue est couverte d’un enduit vert avec sensation de bouche sèche. Cet enduit se détache facilement à l’abaisse-langue.

Causes de langue verte

La cause de la langue verdatre peut être due à la consommation d’un aliment ou d’une boisson verte colorant la langue

La langue verdatre est cependant fréquente lorsque les patients fument du cannabis.

Les autres complications du cannabis sur le plan buccal peuvent être des leucoplasies (plaques blanches dans la bouche), des hyperkératoses (langue blanche) et un oedème (stomatite au cannabis). Il semble que l’infection par Candida albicans soit plus fréquente chez les consommateurs de cannabis.

Examens complémentaires diagnostiques

Les prélèvements mycologiques et bactériologiques sont négatifs.

Traitement

Eviction du cannabis… et élimination d’une candidose buccale

Levre qui pele : les lèvres qui pèlent

Lèvre qui pèle : causes, types de chéilite et traitements

Les lèvres qui pèlent de façon persistante ne sont pas toujours une simple sécheresse passagère. Regroupées sous le terme médical de chéilite, les inflammations des lèvres ont des origines très variées – eczéma de contact, carence, infection, médicament ou lésion précancéreuse. La localisation (lèvre supérieure, inférieure, commissures) et l’aspect oriente le diagnostic.

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Tableau diagnostic – lèvre qui pèle

Type Aspect Cause principale Traitement
Chéilite exfoliative Peau qui se soulève et se détache en permanence, lèvres rouges Manie de se lécher/mordre les lèvres, stress Arrêter le comportement répétitif, émollient épais
Chéilite de contact Rougeur + desquamation + démangeaisons Rouge à lèvres, baume, dentifrice, aliment Supprimer l’allergène, dermocorticoïde court
Chéilite angulaire (perlèche) Fissures douloureuses aux commissures des lèvres Candida, carence en fer/B9/B12, prothèse dentaire Antifongique + correction de la carence
Chéilite actinique Lèvre inférieure sèche, squameuse, pâle ou blanchâtre Exposition solaire chronique, sujet âgé ⚠️ Précancéreux – consulter rapidement
Chéilite médicamenteuse Lèvres très sèches, craquelées, douloureuses Rétinoïdes (Roaccutane), chimiothérapie, lithium Émollient intensif, adapter posologie si possible
Chéilite carentielle Lèvres sèches + langue rouge + fatigue Carence en fer, vitamines B2, B9, B12 Supplémentation après bilan sanguin
Sécheresse simple / climatique Lèvres sèches, peau qui se détache, sans rougeur Froid, vent, déshydratation, respiration buccale Baume protecteur, hydratation

Chéilite exfoliative – la plus fréquente

La chéilite exfoliative est la forme la plus courante de lèvre qui pèle de façon chronique. La peau se soulève en lamelles sur toute la surface des lèvres, souvent en permanence. La grande majorité des cas est entretenue par un comportement répétitif inconscient : se lécher les lèvres, les mordiller, les gratter avec les dents ou les ongles.

Le mécanisme est un cercle vicieux : les lèvres sèchent, démangent ou tirent, l’envie de les lécher est irrésistible – la salive sèche encore davantage la peau, qui pèle à nouveau. Ce comportement est souvent exacerbé par le stress ou l’anxiété.

Traitement : prendre conscience du comportement et l’interrompre – plus facile à dire qu’à faire mais indispensable. Appliquer un émollient épais sans parfum (cold cream, vaseline, beurre de karité) toutes les heures pour couper l’envie de se lécher les lèvres.

Chéilite de contact – allergie aux produits labiaux

La chéilite de contact est une réaction allergique ou irritante aux produits appliqués sur ou près des lèvres. Elle se manifeste par des lèvres rouges, gonflées, qui pèlent et qui démangent. Les coupables les plus fréquents :

  • Rouges à lèvres et baumes – pigments, parfums, conservateurs (propylène glycol, parabènes)
  • Dentifrices – notamment ceux contenant de la cannelle ou du menthol
  • Aliments – kiwi, mangue, cannelle, menthe chez les sujets sensibles
  • Instruments de musique – nickel des cuivres, résine des anches
  • Médicaments topiques labiaux – antiseptiques, anesthésiques locaux

Un patch test réalisé par un dermatologue identifie l’allergène précis. La guérison survient en quelques jours à l’arrêt du produit responsable.

Perlèche (chéilite angulaire) – commissures qui se craquèlent

La perlèche touche les commissures des lèvres – fissures douloureuses, rouges, parfois croûteuses, aux angles de la bouche. Elle est souvent causée par Candida albicans (champignon), favorisé par la macération de salive dans les plis. Elle peut aussi révéler :

  • Une carence en fer, vitamines B2, B9 ou B12 – surtout chez les végétariens ou les personnes âgées
  • Un problème dentaire ou une prothèse mal adaptée – modifiant l’occlusion et créant des plis où la salive stagne
  • Un terrain diabétique – favorise les infections candidosiques

Traitement : antifongique local (miconazole, kétoconazole) + bilan sanguin pour éliminer une carence. Traiter la cause dentaire si nécessaire.

Chéilite actinique – lèvre inférieure qui pèle chez le sujet âgé

⚠️ Lèvre inférieure qui pèle de façon persistante chez un homme de plus de 50 ans, fumeur, avec antécédents d’exposition solaire importante : évoquer une chéilite actinique – lésion précancéreuse qui peut évoluer en carcinome épidermoïde de la lèvre. Consultez rapidement un dermatologue.

La chéilite actinique touche quasi exclusivement la lèvre inférieure (plus exposée au soleil que la supérieure). Elle se manifeste par une lèvre sèche, atrophique, pâle ou blanchâtre, parfois avec de petites érosions. Elle est liée à l’accumulation de dommages UV sur plusieurs décennies. Traitements : cryothérapie, laser CO2, imiquimod crème (Aldara *), ou résection chirurgicale.

Chéilite médicamenteuse – Roaccutane et autres

Certains médicaments provoquent une sécheresse labiale intense et une desquamation :

  • Isotrétinoïne (Roaccutane®) – la chéilite est quasi constante, attendue et dose-dépendante. La gérer avec des baumes épais type cold cream ou Cicaplast lèvres, appliqués très fréquemment
  • Rétinoïdes topiques (trétinoïne, adapalène) appliqués trop près des lèvres
  • Chimiothérapie (5-FU, capécitabine, sorafénib)
  • Lithium, indinavir

Sécheresse labiale simple – les faux coupables

La respiration buccale chronique (rhume, apnée du sommeil, déviation septale) dessèche mécaniquement les lèvres. Le froid, le vent et la déshydratation générale aggravent le phénomène. Les baumes à lèvres avec parfums, menthol ou camphre peuvent paradoxalement entretenir la sécheresse en irritant légèrement – préférer les baumes neutres (vaseline, cold cream, cire d’abeille).

💡 Le baume à lèvres peut créer une dépendance. Certaines personnes appliquent du baume toutes les 15 minutes sans amélioration – souvent parce que le baume lui-même irrite légèrement ou entretient le comportement de se toucher les lèvres. Tester l’arrêt complet pendant quelques jours avec de la vaseline pure peut casser le cercle vicieux.

Sources

Questions fréquentes sur les lèvres qui pèlent

Pourquoi mes lèvres pèlent-elles tout le temps malgré le baume ?

Si les lèvres pèlent en permanence malgré l’application régulière de baume, la cause est rarement une simple sécheresse. Les suspects principaux : une chéilite exfoliative entretenue par le fait de se lécher ou de gratter les lèvres inconsciemment, une allergie de contact à un ingrédient du baume lui-même (parfum, propylène glycol), ou une carence en fer ou vitamines B. Un bilan sanguin simple et une consultation dermatologique permettent de trancher.

Comment distinguer une perlèche d’un bouton de fièvre aux commissures ?

La perlèche est une fissure chronique, rouge et douloureuse, strictement localisée aux commissures des lèvres, sans vésicules – elle ne brûle pas avant d’apparaître. Le bouton de fièvre (herpès labial) débute par des picotements ou brûlures, puis des vésicules groupées en bouquet qui se rompent et forment des croûtes – il peut toucher les commissures mais aussi n’importe quel bord de lèvre. En cas de doute, un dermatologue peut prélever un frottis pour confirmer la présence du virus herpès.

Les lèvres qui pèlent peuvent-elles être un signe de carence ?

Oui – une carence en fer, vitamine B2 (riboflavine), B9 (acide folique) ou B12 peut provoquer des lèvres sèches, qui pèlent, et des perlèches aux commissures. Ce tableau est fréquent chez les végétariens stricts, les personnes âgées et les femmes ayant des règles abondantes. Un simple bilan sanguin avec dosage de la ferritine, NFS et vitamines B suffit à le confirmer.

Faut-il arrêter le rouge à lèvres si les lèvres pèlent ?

Si les lèvres ont commencé à peler après l’utilisation d’un nouveau rouge à lèvres ou baume, oui – arrêtez-le pendant 10 à 15 jours pour voir si la situation s’améliore. Si les lèvres guérissent à l’arrêt, c’est probablement une chéilite de contact. Un patch test chez un dermatologue permettra d’identifier l’ingrédient responsable précis – certains pigments, conservateurs ou parfums sont des allergènes cutanés bien connus.

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Candidose buccale : la mycose de la bouche

Candidose de la bouche : muguet, glossite, langue noire – formes cliniques et traitement

La candidose buccale regroupe plusieurs formes cliniques distinctes, toutes dues à Candida albicans. Elle peut toucher la muqueuse buccale (muguet), le dos de la langue (glossite, langue noire ou blanche), les commissures labiales (perlèche) et s’étendre au pharynx et au tube digestif. Reconnaître la forme clinique conditionne directement le choix du traitement – et la recherche d’un facteur favorisant sous-jacent (diabète, immunodépression) est systématique.

En bref : Candidose buccale : la mycose de la bouche – une affection cutanée fréquente. Le diagnostic repose sur l’examen clinique par un dermatologue. Une prise en charge adaptée permet dans la grande majorité des cas une amélioration significative.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Haute Autorité de Santé (HAS) – recommandations en dermatologie

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⚠️ Consultez sans attendre si :

  • Les symptômes s’aggravent rapidement ou s’étendent sur une large zone
  • Apparition de fièvre, frissons ou altération de l’état général
  • Lésions très douloureuses ou qui ne cèdent pas au traitement en 48 h
  • Doute sur une cause sérieuse : infection, allergie grave, lésion suspecte

Questions fréquentes

Quand consulter un dermatologue pour candidose buccale : la mycose de la bouche ?

Consultez rapidement si les symptômes persistent plus de 2 semaines, s’aggravent ou s’accompagnent de fièvre. Une consultation précoce permet un diagnostic précis et un traitement adapté, limitant les complications potentielles.

Peut-on traiter candidose buccale : la mycose de la bouche sans ordonnance ?

Certaines formes légères peuvent être soulagées avec des produits en pharmacie. Cependant, un diagnostic médical est nécessaire pour éliminer les causes sérieuses et éviter les erreurs de traitement.

Combien de temps dure le traitement ?

La durée varie selon la forme clinique et la sévérité : de 1 à 4 semaines pour un traitement local, parfois plusieurs mois pour les formes chroniques. Le suivi est adapté à votre réponse au traitement.

Y a-t-il des facteurs aggravants à éviter ?

Oui, selon la pathologie : le stress, certains aliments, les frottements, l’exposition solaire sans protection ou les produits irritants peuvent aggraver les symptômes. Votre dermatologue identifiera vos facteurs déclenchants.

La téléconsultation est-elle possible ?

Oui. Le Dr Rousseau propose des téléconsultations avec prescription si nécessaire. Des photos nettes de la zone concernée permettent un avis fiable à distance, via Consulib.

Références

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Candidose profuse de la bouche et des lèvres

Sommaire :
Formes cliniques |
Extension digestive |
Facteurs favorisants |
Traitement adulte immunocompétent |
Adulte immunodéprimé |
Bébé et enfant |
Perlèche |
Pages liées |
Questions fréquentes

Formes cliniques de la candidose buccale

Forme clinique Aspect typique Terrain préférentiel
Muguet Enduit blanc crémeux sur la muqueuse buccale – dépôts blanchâtres semblables à du lait caillé – rougeur sous-jacente – brûlures, perte de goût, goût de fer Nourrisson, immunodéprimé, personne sous antibiotiques
Candidose grave de l’adulte Muguet étendu, profus – atteint l’ensemble de la muqueuse buccale Immunodépression sévère (VIH, chimiothérapie, corticothérapie prolongée)
Glossite candidosique (langue rouge) Langue rouge, lisse, dépapillée – souvent douloureuse Carences, immunodépression légère, antibiotiques
Langue blanche Dépôt blanchâtre sur le dos de la langue – aspect givré ou cotonneux Antibiotiques, sécheresse buccale, tabac
Langue noire villeuse Allongement des papilles filiformes prenant une coloration noire ou brunâtre – aspect très caractéristique Antibiotiques à large spectre, tabac, xérostomie
Perlèche Fissures aux commissures labiales – aspect rouge luisant ou croûteux selon la composante bactérienne associée Personnes âgées, nourrissons, immunodéprimés – souvent extension d’une candidose buccale

Muguet du nourrisson

Muguet
Muguet

Candidose buccale de l’adulte

Candidose de la bouche
Candidose de la bouche

Langue noire villeuse

Langue noire
Langue noire villeuse

Langue rouge – glossite

Langue rouge – glossite médiane

Langue blanche

Langue blanche – candidose

Perlèche

Perleche : peau sèche au coin des lèvres
Perlèche – fissure au coin des lèvres

Extension possible au tube digestif

La candidose buccale peut s’étendre au plan pharyngé et digestif, particulièrement chez l’immunodéprimé.

Extension Symptômes Signification
Œsophagite candidosique Douleurs à la déglutition – dysphagie Quasi pathognomonique d’une immunodépression sévère – justifie un traitement oral systémique
Gastro-entérite, colite, anite Troubles digestifs variés Nécessite un traitement oral pour désinfecter le tube digestif – les formes locales seules ne suffisent pas

Facteurs favorisants à identifier et corriger

Facteur Action correctrice
Sécheresse buccale Identifier la cause (médicaments, syndrome de Sjögren) – hydratation régulière
Anti-acides Réduction si possible – alcalinisation du tube digestif favorisant Candida
Diabète Glycémie à jeun systématique – équilibration indispensable pour éviter les récidives
Prothèses dentaires Désinfection régulière des prothèses – elles constituent un réservoir de Candida
Dyskinésie œsophagienne, colopathie Prise en charge spécifique – limiter le réservoir digestif

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Traitement chez l’adulte immunocompétent

Antifongiques locaux – 1 à 3 semaines

Médicament Forme Posologie
Nystatine (Mycostatine®) Comprimés gynécologiques 100 000 UI à sucer 4 à 6 cp/j – ne pas avaler
Amphotéricine B (Fungizone®) Suspension orale 4 cuillères à café en 2–3 prises (1,5 à 2 g/j) – ne pas avaler
Miconazole (Daktarin®) Gel buccal 2 cuillères-mesure 4 fois par jour – ne pas avaler

Traitement oral (désinfecter le tube digestif)

Médicament Posologie orale
Mycostatine® 8 à 12 cp/j en 3–4 prises
Fungizone® 6 à 8 capsules en 3–4 prises
Daktarin® 8 cp/j en 3–4 prises

Traitement chez l’adulte immunodéprimé

Un traitement antifongique par comprimés systémiques est associé au traitement local. La molécule de référence est le fluconazole (Triflucan®) – 100 à 200 mg/j en cas de candidose buccale isolée, 400 mg/j si atteinte œsophagienne associée. Des traitements préventifs des récidives sont souvent nécessaires au long cours.

Médicament systémique Indication Remarque
Fluconazole (Triflucan®) Traitement curatif et prophylaxie des récidives – demi-vie longue (30 h) Adapter la dose à la fonction rénale – interactions CYP3A4
Itraconazole (Sporanox®) Alternative en cas de résistance au fluconazole Vérifier les interactions médicamenteuses
Kétoconazole (Nizoral®) Candidoses profuses ou résistantes Surveillance hépatique obligatoire : bilan avant traitement, J15, puis toutes les 4 semaines

📚 Référence : Talapko J et al. – Candida albicans – The Virulence Factors and Clinical Manifestations of Infection – J Fungi 2021;7(2):79

Traitement du muguet chez le bébé et l’enfant

Médicament Forme Posologie nourrisson Posologie enfant
Nystatine (Mycostatine®) Suspension buvable 5 à 30 doses/j en 4 prises 10 à 40 doses/j en 4 prises
Amphotéricine B (Fungizone®) Suspension 1 cuillère à café/10 kg/24 h en 2–3 prises (50 mg/kg/j)
Miconazole (Daktarin®) Gel buccal 1 cuillère-mesure (2,5 mL) 4 fois par jour

Perlèche – fissure au coin des lèvres

La perlèche est souvent l’extension à la peau de la commissure buccale d’une candidose buccale sous-jacente. Elle peut aussi être bactérienne (Staphylocoque doré) ou mixte. Voir l’article détaillé : fissure au coin des lèvres.

Autres candidoses à connaître

Localisation Page dédiée
Atteintes génitales – rougeur muqueuse, enduit blanc, brûlures – traitement du/des partenaire(s) nécessaire → Mycose du sexe | → Mycose vaginale
Plis cutanés – rouge vernissé et luisant, pustules périphériques → Rougeurs entre les cuisses
Ongles – périonyxis puis ongle atteint → Mycose des ongles

Pages liées

Questions fréquentes

Quelle différence entre muguet du nourrisson et candidose buccale de l’adulte ?

Le muguet est la forme classique chez le nourrisson – dépôts blancs crémeux sur la muqueuse, souvent bien tolérés et faciles à traiter. La candidose buccale de l’adulte est plus souvent liée à une immunodépression significative (VIH, chimiothérapie, corticothérapie prolongée) – elle est plus étendue, plus résistante et nécessite souvent un traitement systémique par fluconazole en plus du traitement local. Chez un adulte sans facteur d’immunodépression apparent, une candidose buccale profuse doit faire rechercher un diabète méconnu.

Le Daktarin® (miconazole) est-il compatible avec les anticoagulants ?

Non sans avis médical. Le miconazole peut augmenter significativement l’effet des anticoagulants anti-vitamine K (warfarine, acénocoumarol) et des sulfamides hypoglycémiants, avec risque hémorragique ou d’hypoglycémie grave. Signalez ces traitements au médecin ou pharmacien avant tout traitement par Daktarin®. Une alternative (nystatine, amphotéricine B) est souvent préférable chez ces patients.

Comment traiter une candidose buccale chez un nourrisson allaité ?

Il faut traiter simultanément le nourrisson et les mamelons de la mère allaitante. Le muguet du nourrisson peut recontaminer les mamelons lors des tétées et vice versa – ce cercle vicieux de recontamination est une cause fréquente de récidive. Le pédiatre ou le médecin prescrit le traitement adapté à l’âge du nourrisson et un antifongique crème pour les mamelons.

La candidose buccale peut-elle se propager à d’autres organes ?

Oui chez l’immunodéprimé – la candidose peut s’étendre à l’œsophage (dysphagie douloureuse, signe quasi pathognomonique d’immunodépression), à l’estomac et au tube digestif. Cette extension justifie un traitement oral systémique pour désinfecter l’ensemble du tractus digestif. Chez un immunocompétent, la candidose reste généralement limitée à la muqueuse buccale et répond bien au traitement local seul.

Voir aussi :
Candidoses – hub |
Muguet buccal |
Perlèche |
Mycose du sexe |
Antifongiques

Mis à jour le 1er avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS)., Bordeaux.


Langue noire villeuse

En bref : Langue noire villeuse – une affection cutanée fréquente. Le diagnostic repose sur l’examen clinique par un dermatologue. Une prise en charge adaptée permet dans la grande majorité des cas une amélioration significative.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Langue noire villeuse (lingua villosa nigra) : causes, diagnostic et traitement
Découvrir au réveil que sa langue est devenue noire, voire couverte d’un revêtement sombre qui évoque une fourrure, est une expérience pour le moins déconcertante. Pourtant, la langue noire villeuse – appelée en latin lingua villosa nigra ou black hairy tongue dans la littérature anglosaxonne – est une affection bénigne de la muqueuse buccale, bien documentée, dont les mécanismes sont aujourd’hui bien compris. Elle ne traduit pas un cancer, pas une infection grave, et elle est réversible dans la grande majorité des cas dès lors que les facteurs déclenchants sont identifiés et corrigés.

Ce qui inquiète légitimement le patient, c’est l’aspect : un enduit sombre, parfois noir, parfois brun, verdâtre ou jaunâtre, siégeant sur le dos de la langue et pouvant donner l’impression que la langue est « velue ». Mais derrière cette apparence spectaculaire se cache un mécanisme simple – l’allongement anormal des papilles filiformes linguales – dont les causes sont le plus souvent iatrogènes ou liées à des habitudes modifiables. Un lien est fréquemment fait à tort avec une candidose buccale (mycose de la bouche), mais ces deux entités sont distinctes et ne se traitent pas de la même façon.

⚠️ Consultez sans attendre si :

  • Les symptômes s’aggravent rapidement ou s’étendent sur une large zone
  • Apparition de fièvre, frissons ou altération de l’état général
  • Lésions très douloureuses ou qui ne cèdent pas au traitement en 48 h
  • Doute sur une cause sérieuse : infection, allergie grave, lésion suspecte

Source institutionnelle : Haute Autorité de Santé (HAS) – recommandations en dermatologie

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Sommaire

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Qu’est-ce que la langue noire villeuse ?

La langue noire villeuse est une affection acquise, bénigne, caractérisée par l’allongement et la kératinisation anormale des papilles filiformes de la face dorsale de la langue. Ces papilles – de minuscules reliefs filiformes qui recouvrent normalement le dos de la langue et participent à la perception tactile des aliments – peuvent s’allonger jusqu’à 1 à 2 centimètres (contre 1 à 3 mm en temps normal), formant alors un véritable « tapis poilu » sur lequel se déposent bactéries, débris alimentaires et pigments chromogènes. C’est ce dépôt qui donne la coloration sombre caractéristique.

La prévalence est difficile à établir avec précision car la condition est souvent sous-diagnostiquée ou auto-résolutive. Les études disponibles rapportent des chiffres variant de 0,6 % à 11,3 % de la population selon les pays et les critères utilisés. Elle touche préférentiellement l’adulte, sans prédominance de sexe clairement établie.

Mécanisme de la coloration
La coloration n’est pas intrinsèque aux papilles elles-mêmes. Elle résulte du piégeage, dans les filaments kératinisés allongés, de pigments exogènes – café, thé noir, tabac – et de métabolites chromogènes produits par les bactéries qui colonisent ces papilles. La teinte peut donc varier du jaune paille au brun, au vert et au noir selon les habitudes de vie du patient. Une même personne peut présenter des couleurs différentes à des moments différents.

Causes et facteurs favorisants

La langue noire villeuse est avant tout une affection iatrogène – c’est-à-dire liée aux traitements médicaux – et comportementale. Son étiologie est multifactorielle, et plusieurs facteurs peuvent se combiner chez un même patient.

Médicaments impliqués

Les antibiotiques à large spectre constituent la cause médicamenteuse la plus fréquemment rapportée. En perturbant l’écosystème bactérien de la cavité buccale, ils favorisent la prolifération de certaines espèces chromogènes et la stase des kératinocytes papillaires. Les pénicillines, les céphalosporines, la linézolide, l’érythromycine et le métronidazole ont tous été incriminés dans des cas publiés. Les inhibiteurs de la pompe à protons (oméprazole, lansoprazole, pantoprazole), qui modifient le pH gastrique et salivaire, sont également impliqués dans des cas isolés.

Les psychotropes – en particulier ceux qui induisent une xérostomie (sécheresse buccale) comme certains antidépresseurs, antipsychotiques ou antiparkinsoniens – créent un microenvironnement buccal propice à l’allongement papillaire en réduisant le flux salivaire. La salive joue en effet un rôle mécanique d’auto-nettoyage de la muqueuse buccale : son manque favorise la stagnation et la kératinisation excessive.

Facteurs comportementaux et généraux

Facteur Mécanisme supposé
Tabagisme Modifie le pH buccal, stimule la kératinisation des papilles, apporte des pigments chromogènes directement
Consommation excessive de café ou thé noir Apport de tanins chromogènes, acidification locale
Mauvaise hygiène bucco-dentaire Accumulation de débris alimentaires et de bactéries chromogènes sur les papilles
Xérostomie (sécheresse buccale) Réduction de l’auto-nettoyage salivaire, stagnation kératinique
Utilisation prolongée d’antiseptiques buccaux Déséquilibre du microbiote oral, sélection de bactéries chromogènes résistantes
Alimentation molle, peu de mastication Réduction de l’abrasion mécanique naturelle des papilles
Immunodépression (chimiothérapie, greffe, VIH) Déséquilibre du microbiote buccal, réduction des défenses muqueuses
État général altéré, hospitalisations prolongées Facteurs cumulés : xérostomie, antibiothérapie, alimentation modifiée
Le rôle des champignons (Candida) est souvent surestimé
Des prélèvements bactériologiques et mycologiques réalisés sur des langues noires retrouvent régulièrement des bactéries et des spores de Candida ou de Geotrichum. Mais ces agents sont ici saprophytes – ils profitent du milieu favorable créé par l’allongement papillaire – et non responsables de la langue noire elle-même. C’est la raison pour laquelle les antifongiques sont généralement inefficaces sur la langue noire villeuse. Confondre la langue noire avec une candidose buccale est une erreur fréquente, lourde de conséquences thérapeutiques.

Signes cliniques

La présentation clinique de la langue noire villeuse est caractéristique et, pour un œil averti, difficile à méconnaître. Le tableau est dominé par des signes locaux, sans retentissement systémique.

L’aspect de la langue

On observe sur la face dorsale de la langue, en particulier dans sa portion médiane et postérieure, un revêtement coloré – noir, brun foncé, verdâtre ou jaunâtre selon les pigments en cause – de texture veloutée ou filamenteuse. Les bords latéraux et la pointe de la langue sont habituellement épargnés. Les papilles filiformes allongées peuvent atteindre 1 à 2 centimètres, donnant véritablement l’aspect d’une fourrure.

Caractéristique Description
Localisation Face dorsale, portion médiane et postérieure ; bords et pointe épargnés
Couleur Variable : noire, brun foncé, verdâtre, jaunâtre, parfois non pigmentée (hairy tongue blanche)
Texture Veloutée à filamenteuse, papilles allongées jusqu’à 1–2 cm
Symptômes associés Souvent asymptomatique ; parfois nausées, haut-le-cœur, halitose, dysgueusie, sécheresse buccale
Douleur Absente en règle générale

La préoccupation principale du patient est le plus souvent esthétique : l’aspect de la langue peut être difficile à accepter socialement et génère une anxiété parfois disproportionnée par rapport à la bénignité réelle de la condition. Dans de rares cas, les papilles très allongées provoquent un réflexe nauséeux gênant, voire une modification du goût (dysgueusie) par perturbation mécanique des bourgeons gustatifs.

Langue noire
Langue noire

Diagnostic et diagnostics différentiels

Le diagnostic de langue noire villeuse est avant tout clinique : l’aspect caractéristique de l’enduit, sa topographie (face dorsale, bords épargnés), et la présence de facteurs favorisants permettent généralement de poser le diagnostic sans examen complémentaire. Une biopsie ou des prélèvements mycologiques systématiques ne sont pas indiqués en première intention.

Principaux diagnostics différentiels

Affection Différences cliniques clés
Candidose buccale (muguet) Enduit blanc crémeux, non filamenteux, facilement décollable, répondant aux antifongiques ; localisation possible sur joues, palais, gorge
Mélanose linguale Pigmentation plate, non filamenteuse, ne disparaît pas au brossage, peut nécessiter une biopsie pour exclure une lésion mélanocytaire
Leucoplasie orale Plaque blanchâtre kératosique, adhérente, non pigmentée noire, potentiellement précancéreuse – biopsie indispensable
Nævus lingual ou mélanome muqueux Lésion pigmentée localisée, asymétrique, persistante, non filamenteuse – biopsie obligatoire
Pigmentation par ingestion de bismuth ou de charbon actif Pigmentation diffuse, contexte médicamenteux clair, sans allongement papillaire
Acanthosis nigricans buccal Contexte systémique particulier (insulinorésistance, cancer viscéral) ; topographie différente
Quand une biopsie est-elle nécessaire ?
Une biopsie de la langue doit être envisagée si la lésion pigmentée est focale, asymétrique, persistante malgré les mesures d’hygiène, si elle ne correspond pas au tableau typique de la langue noire villeuse (papilles non allongées, bords latéraux atteints, topographie atypique), ou si le contexte clinique évoque une lésion mélanocytaire. En cas de doute, ne tardez pas à consulter un dermatologue.

Traitement et mesures d’hygiène

La prise en charge de la langue noire villeuse repose en premier lieu sur l’identification et la suppression des facteurs causaux. Cette approche étiologique est souvent suffisante pour obtenir une régression spontanée des lésions en quelques semaines.

Mesures de première intention

Le brossage quotidien du dos de la langue avec une brosse à dents souple constitue la mesure la plus simple et la plus efficace. Ce geste mécanique, souvent négligé dans les routines d’hygiène bucco-dentaire, permet l’abrasion physique des papilles allongées et l’élimination du biofilm bactérien chromogène. Il doit être réalisé en douceur pour ne pas traumatiser la muqueuse.

Les bains de bouche alcalinisants au bicarbonate de sodium (une demi-cuillère à café dans un petit verre d’eau tiède, deux à trois fois par jour) permettent de modifier le pH de la cavité buccale de façon à limiter la prolifération des bactéries chromogènes. Ils sont peu coûteux, bien tolérés, et constituent le traitement de base recommandé.

Arrêt ou substitution des médicaments en cause

Lorsqu’un médicament est clairement identifié comme facteur déclenchant – antibiotique, inhibiteur de la pompe à protons, psychotrope – le médecin prescripteur doit être informé afin d’évaluer la possibilité d’un arrêt ou d’une substitution par une molécule alternative. Cette décision ne revient pas au patient seul et doit impérativement être discutée avec le médecin traitant ou le spécialiste concerné.

Traitements locaux complémentaires

La trétinoïne en lotion (acide rétinoïque topique à 0,05–0,1 %) a été utilisée avec succès dans des cas de langue noire villeuse résistante aux mesures d’hygiène, avec réduction significative de l’allongement papillaire. Son mécanisme d’action repose sur la normalisation de la kératinisation épithéliale. Elle doit être utilisée avec prudence sur les muqueuses buccales et sous contrôle médical. Une solution aqueuse d’urée à 30 % peut également être envisagée comme alternative kératolytique.

Les bains de bouche à la chlorhexidine, souvent utilisés empiriquement, peuvent paradoxalement aggraver ou entretenir la langue noire en perturbant davantage l’équilibre du microbiote buccal. Leur usage prolongé est donc à éviter dans ce contexte.

Mesure Efficacité Modalités pratiques
Suppression du facteur causal (antibiotique, antiseptique…) Majeure – résolution souvent spontanée En accord avec le médecin prescripteur
Brossage doux du dos de la langue Bonne – abrasion mécanique des papilles allongées Brosse souple, 1 à 2 fois/jour
Bains de bouche au bicarbonate de sodium Bonne – alcalinisation, réduction des bactéries chromogènes ½ c. à café / verre d’eau, 2–3 fois/jour
Trétinoïne en lotion (0,05–0,1 %) Bonne dans les formes résistantes Sous contrôle médical ; prudence sur muqueuse
Urée en solution aqueuse 30 % Modérée (alternative kératolytique) Sous contrôle médical
Antifongiques Inefficaces sur la langue noire villeuse Inutiles sauf candidose buccale associée confirmée

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Évolution et pronostic

Le pronostic de la langue noire villeuse est excellent. Il s’agit d’une condition entièrement réversible dès lors que les facteurs favorisants sont éliminés. La régression est généralement observée en deux à quatre semaines après l’arrêt du médicament en cause ou la mise en œuvre des mesures d’hygiène. Des cas de résolution spontanée sous antibiotiques – notamment lorsque la langue noire est elle-même liée à une infection traitée – ont également été rapportés.

Il n’y a aucun risque de dégénérescence maligne, aucun retentissement systémique, et aucune conséquence sur la santé générale. La récidive est possible si les facteurs déclenchants réapparaissent, notamment lors d’une nouvelle antibiothérapie. Prévenir le patient de ce risque de récidive est un élément important de l’éducation thérapeutique.

Questions fréquentes sur la langue noire

La langue noire villeuse est-elle contagieuse ?

Non. La langue noire villeuse n’est pas une maladie infectieuse et n’est pas transmissible par voie orale, par les baisers ou par tout autre contact. Elle résulte d’un déséquilibre local – kératinisation excessive des papilles filiformes – lié à des facteurs propres à l’individu (médicaments, hygiène, tabac), pas à un agent pathogène contagieux.

Dois-je arrêter mon antibiotique si je développe une langue noire ?

Pas sans l’avis de votre médecin. La langue noire villeuse, bien que gênante visuellement, reste bénigne. Si l’antibiotique est indispensable pour traiter une infection sérieuse, l’interrompre serait dangereux. Informez simplement votre médecin traitant ou le spécialiste prescripteur, qui évaluera s’il est possible d’adapter le traitement ou si les mesures d’hygiène buccale suffisent à gérer l’aspect de la langue le temps du traitement.

Les antifongiques sont-ils utiles pour traiter la langue noire ?

Non, sauf en cas de candidose buccale associée et prouvée. La langue noire villeuse n’est pas causée par des champignons. Si des spores de Candida sont retrouvées sur les papilles allongées, elles y sont à titre saprophyte – profitant du milieu favorable – sans en être la cause. Les antifongiques n’ont pas d’effet sur l’allongement papillaire et ne permettent pas de résoudre la langue noire.

Le brossage de langue peut-il aggraver la situation ?

Non, à condition de le faire correctement. Un brossage doux avec une brosse à dents souple, réalisé sans pression excessive, est bénéfique. C’est l’un des traitements les plus efficaces, car il permet l’élimination mécanique des débris et des pigments, et favorise la desquamation naturelle des papilles allongées. En revanche, un brossage trop vigoureux ou répété avec une brosse dure pourrait irriter la muqueuse.

La langue noire peut-elle être un signe de cancer ?

La langue noire villeuse, dans sa présentation typique, n’est pas un signe de cancer. En revanche, toute lésion pigmentée atypique de la langue – focale, asymétrique, persistante, à bords irréguliers, ne correspondant pas au tableau classique avec papilles allongées – doit faire l’objet d’une biopsie pour éliminer un mélanome muqueux ou une autre lésion mélanocytaire. C’est pourquoi un avis dermatologique est recommandé si la coloration ne cède pas après quelques semaines de mesures d’hygiène bien conduites.

Voir aussi :
Candidose buccale – mycose de la bouche
Lichen plan
Champignons de la peau

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Références scientifiques

  • Gurvits GE, Tan A. Black hairy tongue syndrome. World J Gastroenterol. 2014;20(31):10845-10850. doi:10.3748/wjg.v20.i31.10845. PubMed 25152586
  • Schlager E, St Claire C, Ashack K, Khachemoune A. Black hairy tongue: predisposing factors, diagnosis, and treatment. Am J Clin Dermatol. 2017;18(4):563-569. doi:10.1007/s40257-017-0268-y. PubMed 28247090
  • Langtry JA, Carr MM, Steele MC, Ive FA. Topical tretinoin: a new treatment for black hairy tongue (lingua villosa nigra). Clin Exp Dermatol. 1992;17(3):163-164. PubMed 1451290
  • Thompson DF, Kessler TL. Drug-induced black hairy tongue. Pharmacotherapy. 2010;30(6):585-593. doi:10.1592/phco.30.6.585. PubMed 20500047
  • Ren J, Zheng Y, Du H, et al. Antibiotic-induced black hairy tongue: two case reports and a review of the literature. J Int Med Res. 2020;48(10):300060520961279. doi:10.1177/0300060520961279. PubMed 33044871
  • Iwamuro M, Tanaka T, Otsuka M. Black hairy tongue observed during esophagogastroduodenoscopy. Cureus. 2024;16(11):e74331. doi:10.7759/cureus.74331. PubMed 39720364
  • Unal F et al. A case report of black hairy tongue (melanotrichia linguae or lingua pilosa nigra). Cureus. 2024;16(5):e60685. doi:10.7759/cureus.60685. PMC 11186574

Mis à jour le 23 avril 2026 par Dr Ludovic Rousseau


Boutons autour de la bouche : causes et conseils dermatologue

En bref : Les boutons autour de la bouche ont quatre causes principales : la dermite péri-orale (1 à 2 % de la population, surtout les femmes de 20–45 ans), l’herpès labial (HSV-1, vésicules douloureuses récidivantes), l’acné du menton et le bas du visage, et la perlèche (fissures aux commissures, souvent fongique). Un diagnostic précis est indispensable : appliquer une crème corticoïde sur une dermite péri-orale ou un herpès aggrave la situation.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Sommaire :
Pourquoi le bas du visage ? |
Boutons qui grattent |
Boutons qui brûlent |
Autres causes fréquentes |
Tableau récapitulatif |
Questions fréquentes

Voir aussi : boutons autour de la bouche chez l’enfant ou le bébé

Pourquoi les boutons se localisent-ils sur le bas du visage ?

La zone péri-orale, le menton et la région mandibulaire constituent une zone à forte dépendance hormonale – équivalente à la zone de la barbe chez l’homme. C’est pourquoi l’acné de la femme adulte, souvent à composante hormonale, prédomine précisément dans cette zone (menton, lèvre supérieure, mâchoire). C’est aussi une zone de friction (rasage chez l’homme, maquillage), d’humidité (salive, lèchage), et de contact avec des produits potentiellement irritants (dentifrices, baumes lèvres). Ces facteurs expliquent la concentration de plusieurs dermatoses dans cette zone anatomique spécifique.

Boutons autour de la bouche qui grattent ou démangent

Dermite péri-orale – première cause chez la femme adulte

Dermite péri-orale de la femme adulte - boutons autour de la bouche

La dermite péri-orale est la cause la plus fréquente de boutons péri-oraux chez la femme adulte – pustules et papules sans points noirs formant un halo autour de la bouche, parfois prurigineuses ou légèrement brûlantes. Elle est souvent déclenchée ou aggravée par l’utilisation de dermocorticoïdes sur le visage (y compris les crèmes grasses riches, certains fonds de teint, et les dentifrices fluorés selon certains auteurs). Paradoxalement, elle s’aggrave si on applique de la cortisone pour la traiter. Le traitement repose sur les antibiotiques topiques (métronidazole, érythromycine) et oraux (doxycycline, érythromycine, métronidazole per os) pendant 3 mois. L’arrêt de tous les corticoïdes topiques est indispensable, même si une aggravation transitoire suit cet arrêt.

Eczéma de contact du visage

Eczéma séborrhéique et dermite du visage - plaques rouges côtés du nez et bouche

L’eczéma du visage péri-oral est souvent une dermite de contact allergique – déclenché par un cosmétique (rouge à lèvres, baume lèvres, dentifrice), un médicament topique ou un produit alimentaire. Il donne des plaques rouges squameuses très prurigineuses, souvent après un changement récent de produit. Le patch-test (tests épicutanés) chez le dermatologue permet d’identifier l’allergène responsable. Traitement : éviction de l’allergène + dermocorticoïdes de courte durée.

Dermite séborrhéique péri-orale

La dermite séborrhéique donne des plaques rouges légèrement grasses et squameuses aux ailes du nez, plis nasogéniens et pourtour de la bouche. Liée à une réaction aux levures Malassezia, elle est souvent associée à des pellicules du cuir chevelu. Prurit modéré. Traitement : antifongiques topiques (kétoconazole, ciclopirox) en cures répétées.

Urticaire péri-orale

L’urticaire péri-orale apparaît rapidement après contact alimentaire (arachide, fruits à coque, crustacés…) ou après application d’un produit topique – plaques ressemblant à des piqûres d’ortie, fugaces, disparaissant en quelques heures. Si l’urticaire s’accompagne d’un gonflement des lèvres ou de la gorge (œdème de Quincke), d’une gêne respiratoire ou d’un malaise : appeler le 15 – urgence anaphylactique.

Démodécidose

La démodécidose est une dermatose liée à la prolifération du parasite Demodex folliculorum dans les follicules pileux du visage. Elle donne des papulo-pustules péri-orales et péri-nasales, prurigineuses, souvent associées à une sensation de reptation cutanée. Souvent confondue avec la rosacée ou la dermite péri-orale. Traitement : ivermectine topique ou orale, métronidazole local.

Boutons autour de la bouche qui brûlent

Herpès labial – bouton de fièvre

Herpès labial bouton de fièvre - vésicules groupées sur la lèvre

L’herpès labial (HSV-1) est caractérisé par des vésicules groupées en bouquet sur fond érythémateux, précédées de brûlures, picotements ou démangeaisons caractéristiques quelques heures avant l’éruption. Les récurrences sont déclenchées par le soleil, la fièvre, la fatigue ou le stress. Le traitement par aciclovir topique dès les premiers picotements raccourcit la durée de l’épisode. En cas de récurrences fréquentes (plus de 6/an), un traitement prophylactique oral par valaciclovir peut être discuté avec le médecin. Ne jamais appliquer de dermocorticoïdes sur une lésion herpétique.

Zona du visage

Le zona du visage donne des vésicules douloureuses strictement unilatérales suivant un trajet nerveux (branche du trijumeau le plus souvent) – douleurs intenses et brûlantes précédant ou accompagnant l’éruption. Contrairement à l’herpès labial, le zona ne récidive quasiment jamais et touche plutôt les personnes âgées ou immunodéprimées. Il nécessite un traitement antiviral oral rapidement (valaciclovir, famciclovir) pour prévenir les douleurs post-zostériennes. Urgence ophtalmologique si atteinte de la branche ophtalmique (zona ophtalmique).

Rosacée péri-orale

La rosacée peut donner des papulo-pustules sur le menton et le pourtour de la bouche, accompagnées de rougeurs diffuses du visage et d’une sensation de chaleur et de brûlure. Elle est aggravée par la chaleur, l’alcool, les épices et le soleil. Traitement : métronidazole topique, ivermectine crème (Soolantra®), doxycycline orale pour les formes papulo-pustuleuses, et protection solaire stricte.

Peau sensible ou réactive

La peau sensible péri-orale se manifeste par des brûlures, picotements et rougeurs sans lésion visible objectivable, déclenchés par des stimuli variés (froid, chaleur, cosmétiques). Ce diagnostic d’élimination est posé après avoir écarté les autres causes. Traitement : simplification de la routine cosmétique, émollients doux, protection physique.

Autres causes fréquentes

Acné de la femme adulte – localisation mandibulaire et mentonnière

Acné de la femme adulte autour de la bouche et du menton - localisation hormonale

L’acné de la femme adulte se localise classiquement sur le bas du visage – menton, lèvre supérieure, mâchoire – car cette zone est sous forte dépendance androgénique. La présence de comédons (points noirs et microkystes) est le signe distinctif permettant de la différencier de la dermite péri-orale (pas de comédons). Elle fluctue souvent avec le cycle menstruel et peut nécessiter un traitement hormonal (contraceptif anti-androgénique, spironolactone) en complément des traitements locaux. Voir le guide du traitement de l’acné.

Impétigo péri-oral

L’impétigo donne des croûtes jaunâtres couleur miel autour de la bouche – moins fréquent chez l’adulte que chez l’enfant, mais possible notamment sur terrain fragilisé ou après micro-traumatisme. Traitement antibiotique local ou général selon l’étendue.

Tableau récapitulatif – boutons péri-oraux chez l’adulte

Diagnostic Symptôme dominant Signe distinctif Traitement principal
Dermite péri-orale Prurit / brûlure légère Pustules sans points noirs, halo bouche Antibiotiques topiques + oraux 3 mois – arrêt cortisone
Eczéma de contact Prurit intense Lien avec cosmétique récent Éviction allergène + dermocorticoïdes
Herpès labial Brûlures / picotements Vésicules groupées, récurrences Aciclovir topique dès picotements
Zona du visage Douleurs intenses Unilatéral strict, trajet nerveux Antiviral oral urgent (valaciclovir)
Rosacée Chaleur / brûlure Rougeurs diffuses, aggravation chaleur/alcool Métronidazole / ivermectine topique
Acné femme adulte Souvent indolore Points noirs, fluctuation cycle Traitements topiques + hormonal si besoin
Démodécidose Prurit / reptation Péri-nasal + péri-oral, dermoscopie Ivermectine topique ou orale
Impétigo Peu douloureux Croûtes couleur miel Antibiotiques local ou oral

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  • Un bouton sur la lèvre est dur, indolore et ne guérit pas depuis plus de 3 semaines → biopsie urgente (suspicion de carcinome épidermoïde)
  • Les vésicules d’herpès atteignent les yeux ou les paupières → urgence ophtalmologique
  • Vous êtes immunodéprimé(e) (VIH, chimiothérapie, corticoïdes au long cours) avec une éruption péribuccale sévère
  • Fièvre élevée, gonflement du visage ou ganglions cervicaux associés aux boutons

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Questions fréquentes

La dermite périorale est-elle liée à l’utilisation de crèmes à la cortisone ?

Oui, dans 80 % des cas. La dermite périorale (DPO) est une dermatose provoquée par l’application répétée de corticoïdes topiques sur le visage (même les crèmes légères ou nasales/inhalées). Elle donne des papules et pustules rouges en anneau autour de la bouche, des narines et des paupières, avec une zone péribuccale libre de 5 mm. Traitement : arrêt IMMÉDIAT des corticoïdes (malgré le rebond initial), métronidazole 0,75 % crème 2 fois/j ou doxycycline 100 mg/j × 6–8 semaines.

L’herpès labial donne-t-il des boutons autour de la bouche ?

L’herpès labial (HSV-1) touche la lèvre rouge (vermillon) et la commissure labiale – pas la peau péribuccale. Il se manifeste par un bouquet de vésicules douloureuses sur fond rouge, précédé de picotements 24 heures avant. Durée : 7 à 10 jours. Traitement antiviral : aciclovir crème 5 % (5 fois/j × 5 jours) ou valaciclovir 500 mg comprimé × 5 jours (plus efficace). En cas de récidives fréquentes (> 6/an) : valaciclovir prophylactique 500 mg/j en continu.

La chéilite angulaire (perlèche) est-elle une infection ?

La chéilite angulaire (perlèche) est une inflammation des commissures labiales, avec fissures, rougeur et dépôt blanchâtre. Sa cause est souvent mixte : macération par la salive + infection par Candida albicans (70 %) et/ou Staphylococcus aureus (30 %). Facteurs prédisposants : carence en vitamine B2 et fer, dentier mal ajusté, diabète. Traitement : crème antifongique (miconazole) + antibactérienne (acide fusidique). Corriger la carence nutritionnelle.

Peut-on avoir de l’eczéma autour de la bouche ?

Oui. L’eczéma atopique péribuccal est courant chez les nourrissons (bavage) et les jeunes enfants. Chez l’adulte, un eczéma de contact autour de la bouche peut être causé par : dentifrice (fluor, parfums, SLS), rouge à lèvres (rouge carmin, parfums), aliments irritants (mangue, céleri, kiwi – contact irritatif ou allergique). Traitement : hydrocortisone 1 % × 7 jours, puis émollient. Patch-tests pour identifier l’allergène spécifique si récidive.

Des boutons sous le nez et autour des lèvres peuvent-ils venir du rasage ?

Oui. La pseudofolliculite de la moustache (rasage de la zone sous-nasale et péribuccale) donne des papules-pustules douloureuses centrées sur des follicules pileux. Sur peau foncée, les poils frisés s’incarnent davantage. Prévention : rasoir électrique réglé à 1 mm, exfoliation douce avant rasage, lotion à l’acide glycolique après rasage. La dépilation laser (Nd:YAG sur phototypes IV–VI) est la solution définitive pour les folliculites récidivantes de la moustache.

Les boutons autour de la bouche peuvent-ils être liés à l’alimentation ?

La dermatite périorale de contact alimentaire (aussi appelée syndrome oral de contact) donne des papules rouges et vésicules autour de la bouche après contact avec : agrumes (limonène), cannelle, menthe, propolis dans les dentifrices, miel. Elle est différente de l’allergie orale alimentaire (qui donne gonflement et démangeaisons dans la bouche). Test d’éviction de l’aliment suspect pendant 4 semaines. Patch-tests avec les aliments ou épices suspects confirment le diagnostic.

Un bouton dur et indolore sur la lèvre depuis plusieurs semaines est-il grave ?

Un nodule induré, persistant, ne guérissant pas sur la lèvre (rouge ou blanche) doit impérativement être montré à un dermatologue. Il peut s’agir d’un kyste de la muqueuse (mucocèle – bénin, bleuté, fluctuant), mais aussi d’un carcinome épidermoïde de la lèvre (lip cancer) : risque major chez les fumeurs, les personnes très exposées au soleil et les VIH+. Toute lésion de la lèvre persistante > 3 semaines sans régression impose une biopsie pour diagnostic histologique.

J’ai des boutons uniquement sur le bas du visage – pourquoi cette zone ?

Le bas du visage (menton, lèvre supérieure, mâchoire) est une zone sous forte dépendance hormonale androgénique. C’est pourquoi l’acné de la femme adulte y prédomine – les androgènes stimulent les glandes sébacées de cette zone spécifiquement. La dermite péri-orale y est également caractéristique, par définition centrée sur le pourtour de la bouche. La rosacée peut aussi toucher le menton. Un examen clinique permet de différencier ces trois causes qui peuvent coexister.

Comment distinguer une dermite péri-orale de l’acné autour de la bouche ?

Le signe distinctif le plus fiable est la présence ou l’absence de comédons (points noirs et microkystes) : l’acné en a, la dermite péri-orale n’en a pas. La dermite péri-orale donne des pustules et papules roses sans comédons, strictement autour de la bouche. L’acné de la femme adulte a souvent des comédons associés et touche aussi la mâchoire. La réponse au traitement confirme le diagnostic : la dermite répond aux antibiotiques, l’acné aux rétinoïdes et au peroxyde de benzoyle.

Le dentifrice peut-il provoquer des boutons autour de la bouche ?

Oui – certains auteurs ont décrit un déclenchement de dermite péri-orale par les dentifrices fluorés. L’allergie de contact aux conservateurs et arômes du dentifrice (menthol, cinnamate, propylène glycol) peut aussi provoquer un eczéma péri-oral. En cas de boutons chroniques autour de la bouche sans cause identifiée, changer temporairement de dentifrice (vers un dentifrice sans fluor et sans arôme) peut être un test diagnostique utile.

Quelle différence entre herpès labial et zona du visage ?

L’herpès labial est récurrent, bilatéral potentiel, localisé aux lèvres, avec des vésicules groupées après picotements. Le zona du visage est strictement unilatéral, suit un trajet nerveux (joue, front ou œil selon la branche touchée), est extrêmement douloureux, et ne récidive quasiment jamais. Le zona nécessite un antiviral oral en urgence (valaciclovir) – surtout si la branche ophtalmique est touchée (zona ophtalmique, urgence ophtalmologique).

Peut-on appliquer de la cortisone sur des boutons autour de la bouche ?

Non, pas sans diagnostic précis. Les dermocorticoïdes aggravent la dermite péri-orale, peuvent disséminer un herpès ou une démodécidose, et masquent temporairement une rosacée avant de la faire rebondir à l’arrêt. Seul l’eczéma de contact allergique bénéficie des dermocorticoïdes. L’automédication avec de la cortisone sur des boutons péri-oraux est l’erreur la plus fréquente – et souvent à l’origine de formes compliquées et difficiles à traiter.

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Références scientifiques

  1. Ferček I et al. Features of the Skin Microbiota in Common Inflammatory Skin Diseases. Life (Basel). 2021;11(9):962. PMID 34575111
  2. Wang M et al. Treatments for Recurrent Herpes Labialis: A Systematic Review of Randomized Controlled Trials. J Cutan Med Surg. 2026. PMID 42200511
  3. Acevedo-Fontanez LA et al. Periorificial dermatitis: Pathophysiology, diagnosis, and management. J Am Acad Dermatol. 2025;94(5):1483-1492. PMID 41197738
  4. Haute Autorité de Santé (HAS). Herpès cutanéo-muqueux chez le sujet immunocompétent. HAS.

Perlèche : fissure au coin de la bouche – causes, facteurs favori

Mis à jour le 12 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Fissure au coin des lèvres

La perlèche est une fissure douloureuse siégeant au niveau de la commissure buccale – le coin des lèvres. Elle résulte le plus souvent d’une candidose cutanée (champignon) ou d’une infection bactérienne à Staphylocoque doré, parfois des deux combinées. Elle concerne surtout l’enfant, le jeune adulte et les personnes âgées, et nécessite une consultation médicale pour identifier la cause et adapter le traitement.

En bref : La perlèche est une fissure douloureuse au coin des lèvres causée dans 70 % des cas par un champignon (Candida) ou une bactérie (Staphylocoque doré). Sans traitement ciblé sur la cause exacte, elle récidive systématiquement. Un antifongique local guérit la forme candidosique en 2 à 3 semaines ; un antibiotique local suffit pour la forme bactérienne, à condition de traiter simultanément le portage nasal.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Perleche : peau sèche au coin des lèvres
Perleche : peau sèche au coin des lèvres

Sommaire :
Symptômes |
Causes |
Facteurs favorisants |
Traitement perlèche bactérienne |
Traitement perlèche candidosique |
Pages liées |
Questions fréquentes

Symptômes et aspect clinique

La perlèche débute généralement au fond du pli de la commissure buccale et s’étend progressivement. Elle touche surtout l’enfant et le jeune adulte, mais aussi les personnes âgées édentées.

Aspect Orientation diagnostique
Peau rouge et luisante – parfois recouverte d’un enduit blanchâtre – fissure au fond du pli Perlèche candidosique (Candida albicans)
Croûtes jaunes « comme du miel » – aspect impétiginisé Perlèche bactérienne à Staphylocoque doré – ou surinfection bactérienne d’une perlèche candidosique
Lésion unilatérale, papuleuse, infiltrée, indolore – aspect « coupé en deux » Syphilis secondaire – sérologie indispensable pour confirmer

Causes : trois origines à distinguer

Cause Agent en cause Profil typique Réservoir / mode de contamination
Perlèche bactérienne Staphylocoque doré Adulte jeune – croûtes jaunes meliceuses Réservoir nasal – contamination par manuportage (doigts portés au nez puis à la bouche)
Perlèche candidosique Candida albicans Nourrissons, personnes âgées – aspect rouge luisant, enduit blanchâtre Réservoir buccal – peut exister avec ou sans candidose buccale associée
Perlèche syphilitique Treponema pallidum (syphilis secondaire) Unilatérale – papuleuse, infiltrée, indolore – « coupée en deux » Sérologie TPHA-VDRL positive – contexte IST à évoquer

Facteurs favorisants

Facteurs locaux

Facteur Mécanisme favorisant
Affaissement des plis chez les personnes âgées, édentées, ou porteuses de prothèses dentaires inadaptées Approfondissement du pli → macération chronique
Écoulement permanent de salive dans le pli Macération et acidification locale favorisant Candida
Traumatismes (soins dentaires, écarteurs) Effraction cutanée facilitant la colonisation
Sécheresse buccale Diminution des défenses muqueuses locales
Tic de léchage Macération et irritation répétée des commissures
Alimentation sucrée excessive Favorise la prolifération de Candida
Inhalation (nasale ou buccale) de cortisone Immunosuppression locale – terrain favorable aux mycoses
Application de rétinoïdes locaux Irritation et fragilisation de la peau péri-buccale

Facteurs généraux

Catégorie Exemples
Maladies générales Immunodépression (transplantation d’organes…), diabète, maladie de Crohn, neutropénie, cancers, trisomie 21, syndrome de Gougerot-Sjögren, anorexie mentale
Maladies dermatologiques Eczéma atopique, psoriasis du visage, dermite séborrhéique, eczéma de contact
Carences nutritionnelles Vitamines A, B1, B2, B3, B6, B12 – déficit en zinc, acide folique ou fer
Médicaments Antibiotiques, cortisone, immunosuppresseurs, rétinoïdes (acitrétinoïde, isotrétinoïne), chimiothérapies, sartans

Traitement de la perlèche bactérienne (Staphylocoque doré)

Étape Traitement Détail pratique
Soins de base Toilette locale à l’eau et au savon Deux fois par jour – séchage soigneux du pli
Si signes infectieux marqués Antiseptiques locaux doux Dérivés iodés (Bétadine® solution dermique ou gargarisme), hexamidine (Hexomédine® solution), chlorhexidine aqueuse (Diaseptyl® lotion)
Si suintement Produits asséchants Cytelium® ou Cicalfate® lotion pour assécher le pli suintant
Antibiothérapie locale Acide fusidique (Fucidine®), Mupiderm® 3 fois par jour – à poursuivre 1 à 2 semaines après la disparition complète des lésions
Portage nasal Traitement simultané des narines Appliquer la même crème antibiotique dans les narines avec un tube séparé – le réservoir nasal est la source principale de recontamination


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Traitement de la perlèche candidosique

Lutter contre les facteurs favorisants

Avant tout traitement, il faut corriger les facteurs favorisants : lutter contre la sécheresse buccale, traiter un diabète, arrêter ou adapter un traitement antibiotique ou immunosuppresseur si possible. Les bains de bouche avec une demi-cuillère à café de bicarbonate de sodium dans un petit verre d’eau permettent de désacidifier la bouche et de créer un environnement défavorable à Candida.

Traitement de la candidose buccale associée – adulte immunocompétent

Quand une candidose buccale est associée, elle doit être traitée simultanément.

Antifongique local Forme Posologie Durée
Nystatine (Mycostatine®) Comprimés gynécologiques 100 000 UI à sucer 4 à 6 cp/j 1 à 3 semaines
Amphotéricine B (Fungizone®) Suspension orale 4 cuillères à café en 2–3 prises (1,5 à 2 g/j) 1 à 3 semaines
Miconazole (Daktarin®) Gel buccal 2 cuillères-mesure 4 fois par jour 1 à 3 semaines

Traitement de la candidose buccale – adulte immunodéprimé

Chez l’adulte immunodéprimé, un traitement antifongique par comprimés est associé au traitement local. Des traitements préventifs des récidives sont souvent nécessaires (Nizoral®, Triflucan® ou Sporanox®) – à discuter avec le médecin selon le degré d’immunodépression.

Traitement du muguet buccal chez le bébé et l’enfant

Médicament Forme Posologie pédiatrique
Nystatine (Mycostatine®) Suspension buvable 5 à 30 doses/j pour les nourrissons – 10 à 40 doses/j pour les enfants – en 4 prises/j
Amphotéricine B (Fungizone®) Suspension 1 cuillère à café/10 kg/24 h en 2–3 prises (50 mg/kg/j)
Miconazole (Daktarin®) Gel buccal 1 cuillère-mesure (2,5 mL) 4 fois par jour

Traitement de la fissure candidosique (application locale)

Un antifongique topique est appliqué directement sur la fissure en complément du traitement buccal :

Produit Posologie Durée
Mycoster® crème 2 fois par jour 21 jours
Lamisil® crème 1 fois par jour 7 jours
Dérivés imidazolés (crème, gel, lotion, émulsion) 1 à 2 fois par jour 14 à 21 jours

Questions fréquentes

Comment savoir si ma perlèche est bactérienne ou candidosique ?

L’aspect clinique oriente le diagnostic : des croûtes jaunes « comme du miel » orientent fortement vers une cause bactérienne à Staphylocoque doré. Un aspect rouge luisant avec enduit blanchâtre et absence de croûtes jaunes est plus évocateur d’une candidose. La surinfection peut associer les deux. Seul un médecin peut confirmer le diagnostic – et si nécessaire, prescrire un prélèvement bactériologique ou mycologique pour guider le traitement.

Pourquoi ma perlèche récidive-t-elle malgré le traitement antibiotique ?

La première cause de récidive est le portage nasal de Staphylocoque doré non traité. Le réservoir du germe est dans le nez, et la recontamination se fait par manuportage – les doigts portés au nez puis au coin des lèvres. Il est indispensable de traiter les narines simultanément avec un tube séparé du même antibiotique local. Si les récidives persistent malgré ce traitement, une autre cause (candidose sous-jacente, maladie générale, carence) doit être recherchée.

La perlèche peut-elle être le signe d’une maladie grave ?

Dans la grande majorité des cas, la perlèche est une infection bénigne. Mais une perlèche récidivante ou résistante aux traitements peut révéler un diabète méconnu, une immunodépression, une carence en fer ou en vitamines B, ou plus rarement une syphilis secondaire. Une perlèche unilatérale, indolore et infiltrée doit particulièrement alerter et justifie une sérologie syphilitique.

Le muguet buccal du bébé peut-il provoquer une perlèche ?

Oui – la perlèche candidosique est fréquente chez le nourrisson, souvent associée à un muguet buccal (candidose de la bouche). Les deux doivent être traités simultanément. Chez le bébé, il faut également traiter les mamelons de la mère si elle allaite, pour éviter les recontaminations croisées.

Peut-on appliquer de la cortisone sur une perlèche ?

Non sans diagnostic préalable – appliquer de la cortisone sur une perlèche candidosique ou bactérienne non traitée aggrave l’infection en levant les défenses immunitaires locales. Si une composante inflammatoire ou eczémateuse est suspectée, seul le médecin peut décider d’associer une crème cortisonée à un traitement anti-infectieux adapté.

Comment éviter que la perlèche ne revienne ?

La prévention repose sur la correction du facteur favorisant : faire ajuster une prothèse dentaire mal adaptée, traiter une sécheresse buccale, éviter le tic de léchage des lèvres qui entretient la macération, et sécher soigneusement les commissures après les repas. Chez la personne âgée édentée, le port régulier de la prothèse évite l’affaissement du pli cutané qui favorise la macération chronique.

La perlèche est-elle contagieuse ?

Le Candida albicans et le Staphylocoque doré responsables de la perlèche sont des germes commensaux, présents naturellement chez la plupart des gens sans provoquer de symptômes. La perlèche n’est donc pas contagieuse au sens strict lors d’un contact social ordinaire. Un contact direct et répété (partage de couverts, baiser) avec une lésion bactérienne active en phase aiguë peut théoriquement favoriser une transmission, mais cela reste rare chez l’adulte en bonne santé.

Voir aussi :
Candidoses |
Mycose de la bouche |
Staphylocoque doré |
Syphilis |
Antifongiques

Téléchargez le guide complet au format PDF :

Consultez sans attendre si :

  • La fissure s’étend rapidement au-delà du coin des lèvres ou gonfle
  • De la fièvre apparaît (possible infection profonde)
  • La lésion ne guérit pas après 3 semaines de traitement bien conduit
  • La douleur empêche de manger ou de boire normalement
  • Vous êtes immunodéprimé(e) : diabète déséquilibré, corticoïdes, chimiothérapie

Dans ces situations, consultez votre médecin traitant – un prélèvement microbiologique orientera le traitement ciblé.

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Pages liées

Pour aller plus loin sur les infections buccales et cutanées à Candida ou Staphylocoque, consultez ces articles du Dr Rousseau :

Sources et références scientifiques

  1. Chiriac A et al. Angular cheilitis – an oral disease with many facets. Wien Med Wochenschr. 2024. PMID 38517608
  2. Oza N, Doshi JJ. Angular cheilitis: A clinical and microbial study. Indian J Dent Res. 2017;28(6):661-665. PMID 29256466
  3. Sharon V, Fazel N. Oral candidiasis and angular cheilitis. Dermatol Ther. 2010;23(3):230-42. PMID 20597942
  4. Haute Autorité de Santé. Bon usage des antifongiques et antibiotiques dans les infections cutanées superficielles. has-sante.fr

Tumeur d’Abrikossoff : schwannome à cellules granuleuses – diagnostic et traitement

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Tumeur d’Abrikossoff (schwannome à cellules granuleuses)

La tumeur d’Abrikossoff, ou schwannome à cellules granuleuses, est une tumeur bénigne rare des tissus mous, développée aux dépens des cellules de Schwann des nerfs périphériques. Elle touche préférentiellement la langue dans plus d’un tiers des cas, mais peut siéger sur l’ensemble du tégument et des muqueuses. Son diagnostic repose sur la biopsie avec examen histologique, et son traitement va de la simple surveillance à l’exérèse chirurgicale.

En bref : Tumeur d’Abrikossoff est une affection cutanée dont le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, une biopsie ou des examens complémentaires. La prise en charge dépend de la forme et de la sévérité. Consultez votre dermatologue pour un diagnostic précis et un traitement adapté à votre situation.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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⚠️ Quand consulter sans attendre ?

  • Lésions qui s’étendent rapidement ou changent d’aspect
  • Douleur intense, fièvre ou signes d’infection cutanée
  • Impact sévère sur la qualité de vie ou le sommeil
  • Échec des traitements déjà essayés depuis plus de 4 semaines

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Définition et origine cellulaire

La tumeur d’Abrikossoff a été décrite pour la première fois en 1926 par le pathologiste russe Alexeï Abrikossoff, qui l’avait initialement désignée sous le terme de myoblastome à cellules granuleuses, supposant une origine musculaire. Les données immunohistochimiques modernes ont établi depuis lors que ces tumeurs dérivent en réalité des cellules de Schwann, la gaine cellulaire des nerfs périphériques, d’où leur dénomination actuelle de schwannome à cellules granuleuses.

Il s’agit d’une tumeur rare, bénigne dans plus de 98 % des cas, qui peut se développer aussi bien dans le derme, l’hypoderme que dans des organes profonds (œsophage, bronches, sein, etc.). Chez le dermatologue, c’est la localisation cutanée et linguale qui est le plus souvent rencontrée.

Information : La tumeur d’Abrikossoff ne doit pas être confondue avec le schwannome classique (neurinome de la gaine de Schwann), bien qu’ils partagent la même cellule d’origine. Leurs présentations cliniques et histologiques sont distinctes.

Signes cliniques

La tumeur d’Abrikossoff se présente typiquement comme un nodule ferme, indolore, à surface lisse ou légèrement mamelonnée, de consistance dure au toucher – ce qui la rapproche cliniquement d’un histiocytofibrome (dermatofibrome). Sa taille varie généralement de quelques millimètres à 3 cm de diamètre. La peau en regard peut être de couleur normale, légèrement jaunâtre ou brunâtre.

Caractéristique Description
Consistance Ferme à dure, mal limitée en profondeur
Taille habituelle 5 mm à 3 cm (médiane ~1,5 cm)
Douleur Généralement absente ; parfois gêne fonctionnelle selon la localisation
Surface cutanée Normale ou légèrement pigmentée (jaune pâle à brun clair)
Évolution Lente, sur plusieurs années
Nombre Lésion solitaire dans 90 % des cas ; formes multiples possibles

Localisations préférentielles

La tumeur d’Abrikossoff peut siéger sur l’ensemble du tégument, mais certaines localisations sont nettement plus fréquentes :

  • Langue : localisation la plus fréquente, représentant environ un tiers de tous les cas. Elle se manifeste par un nodule sous-muqueux de la face dorsale ou latérale de la langue.
  • Cou, épaule et membres supérieurs : zones cutanées fréquemment touchées.
  • Tronc et membres inférieurs : localisations cutanées également possibles.
  • Localisations viscérales (plus rares) : œsophage, bronches, sein, voies biliaires – relevant d’autres spécialités.
Point clinique : La localisation linguale est caractéristique et doit y faire penser systématiquement devant un nodule ferme de la muqueuse buccale. La tuméfaction peut parfois entraîner une gêne à la mastication ou à la phonation en cas de volume important.

Diagnostic histologique

Le diagnostic de certitude est exclusivement histologique. Il ne peut pas être posé sur la seule présentation clinique, compte tenu du polymorphisme des tumeurs cutanées fermes. La biopsie cutanée ou muqueuse est l’examen clé.

Déroulement de la biopsie

Le dermatologue réalise, sous anesthésie locale, un prélèvement d’un petit fragment de la tumeur à l’aide d’un bistouri ou d’un punch biopsique. Ce fragment est adressé à un anatomopathologiste qui l’examine au microscope après inclusion en paraffine et coloration.

Aspect microscopique caractéristique

L’examen histologique révèle des cellules polygonales de grande taille, au cytoplasme abondant finement granuleux (granulations éosinophiles intracytoplasmiques correspondant à des lysosomes secondaires), à noyaux petits et réguliers. Ces cellules sont fortement PAS-positives (réaction à l’acide periodique de Schiff). L’immunohistochimie retrouve une positivité pour la protéine S100, confirmant l’origine schwannienne.

Attention : La tumeur d’Abrikossoff peut induire une hyperplasie pseudo-épithéliomateuse de l’épiderme sus-jacent, pouvant être à tort interprétée comme un carcinome épidermoïde si la tumeur profonde n’est pas identifiée. Cet aspect ne doit pas conduire à un surtraitement.

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Formes malignes

Bien que la grande majorité des tumeurs d’Abrikossoff soit bénigne, il existe des formes malignes rares – le carcinome à cellules granuleuses malin – représentant moins de 2 % des cas. La malignité est suspectée histologiquement sur des critères précis, notamment la présence de mitoses nombreuses, d’une nécrose, d’un pléomorphisme cellulaire marqué et d’un ratio noyau/cytoplasme élevé.

Critères de Fanburg-Smith évocateurs de malignité : nécroses tumorales, pléomorphisme nucléaire, rapport nucléo-cytoplasmique élevé, cellules fusiformes, index mitotique élevé (≥ 2 mitoses/10 HPF), présence de nucléoles vésiculeux. La malignité est retenue sur ≥ 3 critères. Ces formes nécessitent une exérèse large et un bilan d’extension.

Traitement

La prise en charge de la tumeur d’Abrikossoff repose sur deux options selon la situation clinique :

Abstention thérapeutique

Pour les lésions de petite taille, asymptomatiques, dont le diagnostic histologique bénin a été confirmé par biopsie, une surveillance clinique régulière est envisageable. Cette attitude est retenue en cas de localisation difficile d’accès ou de terrain chirurgical défavorable.

Exérèse chirurgicale

L’exérèse chirurgicale complète est le traitement curatif de référence. Elle est recommandée en cas de :

  • Doute diagnostique (pas de biopsie préalable)
  • Croissance rapide de la lésion
  • Localisation gênante fonctionnellement (langue, pli de flexion…)
  • Taille significative (> 2 cm)
  • Suspicion ou confirmation de forme maligne
  • Haute Autorité de Santé (HAS) – has-sante.fr – Dermatoses rares, fiches PNDS

L’exérèse est réalisée sous anesthésie locale (lésions superficielles) ou générale (lésions profondes ou volumineuses). Le risque de récidive locale après exérèse complète est estimé à moins de 10 %.

Tumeurs cutanées bénignes

Comprenez les différents types de nodules et tumeurs bénignes de la peau diagnostiqués en consultation dermatologique.

→ Guide dermatologique complet

Biopsie cutanée

Comment se déroule un prélèvement biopsique par le dermatologue ? Indications, technique et résultats attendus.

→ La biopsie cutanée expliquée

Questions fréquentes sur la tumeur d’Abrikossoff

Qu’est-ce que la tumeur d’Abrikossoff ?

La tumeur d’Abrikossoff, ou schwannome à cellules granuleuses, est une tumeur bénigne rare développée aux dépens des cellules de Schwann des nerfs périphériques. Elle se présente comme un nodule ferme, le plus souvent indolore, siégeant fréquemment sur la langue (environ 1 cas sur 3) mais pouvant toucher l’ensemble du tégument et des muqueuses.

La tumeur d’Abrikossoff est-elle dangereuse ?

Dans plus de 98 % des cas, cette tumeur est parfaitement bénigne et n’engage pas le pronostic vital. Les formes malignes (carcinome à cellules granuleuses malin) sont exceptionnelles et représentent moins de 2 % des cas. Un examen histologique après biopsie ou exérèse permet de confirmer le caractère bénin de la lésion.

Comment diagnostique-t-on la tumeur d’Abrikossoff ?

Le diagnostic est histologique : une biopsie réalisée par le dermatologue sous anesthésie locale est adressée à un anatomopathologiste. L’examen microscopique met en évidence des cellules polygonales au cytoplasme abondant et granuleux, PAS-positif, avec une positivité immunohistochimique pour la protéine S100, caractéristiques de ce type de tumeur.

Quel traitement pour la tumeur d’Abrikossoff ?

Deux options existent : l’abstention thérapeutique avec surveillance pour les petites lésions asymptomatiques dont la bénignité est confirmée, ou l’exérèse chirurgicale complète, traitement curatif de référence. L’exérèse est recommandée en cas de doute diagnostique, de croissance rapide, de localisation gênante ou de lésion de grande taille.

La tumeur d’Abrikossoff peut-elle récidiver après exérèse ?

Le risque de récidive locale après exérèse complète est faible, estimé à moins de 10 %. Une exérèse incomplète augmente ce risque. Un suivi clinique post-opératoire est conseillé, notamment en cas d’exérèse limitée ou de localisation anatomique difficile.

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Références scientifiques

  1. Fanburg-Smith JC, Meis-Kindblom JM, Fante R, Kindblom LG. Malignant granular cell tumor of soft tissue: diagnostic criteria and clinicopathologic correlation. Am J Surg Pathol. 1998;22(7):779-794. PubMed
  2. Jardines L, Cheung L, LiVolsi V, Hendrickson S, Brooks JJ. Granular cell tumors: report of a series and review of the literature. J Surg Oncol. 1994;57(3):166-171. PubMed
  3. Ordóñez NG, Mackay B. Granular cell tumor: a review of the pathology and histogenesis. Ultrastruct Pathol. 1999;23(4):207-222. PubMed
  4. Lack EE, Worsham GF, Callihan MD, et al. Granular cell tumor: a clinicopathologic study of 110 patients. J Surg Oncol. 1980;13(4):301-316. PubMed

Article rédigé par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue à Bordeaux – Dernière mise à jour : avril 2025.
Contenu à visée éducative, ne se substituant pas à une consultation médicale.

Lichen plan : causes et traitements dermatologue

Lichen plan : symptômes, formes cliniques et traitements

Le lichen plan est une dermatose inflammatoire chronique d’origine auto-immune, touchant la peau, les muqueuses buccales et génitales, les ongles et le cuir chevelu. Il se manifeste typiquement par des papules violines prurigineuses à la surface desquelles on observe un réseau blanchâtre caractéristique appelé stries de Wickham.

Sa cause précise reste inconnue dans la plupart des cas, mais son mécanisme repose sur une réaction immunitaire à médiation cellulaire dirigée contre les kératinocytes de la couche basale de l’épiderme, détruits par les lymphocytes T cytotoxiques CD8+.

Le lichen plan touche préférentiellement l’adulte entre 30 et 60 ans, sans prédominance de sexe pour la forme cutanée, mais avec une nette prédominance féminine pour les formes buccales et génitales érosives. La guérison spontanée survient dans la majorité des cas en 12 à 18 mois, mais des récidives sont observées chez environ la moitié des patients.

Lichen plan : papules violines caractéristiques
Lichen plan : papules violines caractéristiques
En bref : Lichen plan est une affection cutanée dont le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, des examens complémentaires. La prise en charge dépend de la forme et de la sévérité. Consultez votre dermatologue pour un diagnostic précis et un traitement adapté.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Références scientifiques

  1. Wollenberg A et al., J Eur Acad Dermatol Venereol, 2022. PMID 35582793
  2. Silverberg JI et al., JAMA Dermatol, 2021. PMID 33656519
  3. Bieber T et al., N Engl J Med, 2021. PMID 34496175

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Comment reconnaître le lichen plan ?

La forme cutanée classique associe quatre caractéristiques désignées par la règle des « 4 P » en sémiologie anglo-saxonne :

  • Papules : éléments surélevés, bien limités
  • Planes : sommet aplati caractéristique
  • Polygonales : contours anguleux irréguliers
  • Pourpres (violines) : teinte rouge-violacée caractéristique

À la surface de ces papules, on observe les stries de Wickham : un fin réseau blanchâtre à reflet nacré, pathognomonique du lichen plan, mieux visible après application d’huile ou à l’examen en dermatoscopie.

Lichen plan des jambes
Lichen plan des jambes

Les localisations préférentielles sont la face antérieure des poignets et des chevilles, les avant-bras, le bas du dos et les chevilles. Le prurit (démangeaisons) est constant et souvent intense, constituant la principale gêne fonctionnelle.

En dermatoscopie, les éléments évocateurs sont :

  • des vaisseaux en points disposés régulièrement,
  • les stries de Wickham sous forme de stries blanches réticulées.
Dermatoscopie du lichen plan : vaisseaux en points et stries de Wickham
Dermatoscopie d’une plaque de lichen plan : vaisseaux en points et stries blanches de Wickham

Diagnostic

Le diagnostic est souvent clinique devant un tableau typique. En cas de doute, le dermatologue réalise une biopsie cutanée (prélèvement d’un petit fragment de peau sous anesthésie locale) envoyée à l’anatomopathologiste. L’histologie montre une infiltration lymphocytaire en bande le long de la jonction dermo-épidermique avec destruction des kératinocytes basaux (corps de Civatte) et une hyperkératose orthokératosique.

Diagnostics différentiels à éliminer :

  • Toxidermie lichénoïde : réaction médicamenteuse mimant le lichen plan – à évoquer systématiquement en cas de tableau atypique. Médicaments incriminés : IEC (captopril…), bêtabloquants, diurétiques thiazidiques, antipaludéens, sels d’or, D-pénicillamine. La régression à l’arrêt du médicament suspect confirme le diagnostic.
  • Psoriasis, eczéma de contact, pityriasis rosé de Gibert dans les formes annulaires.
Recherche systématique d’une hépatite C : En cas de lichen plan buccal ou génital érosif, une sérologie hépatite C est recommandée. L’association lichen plan érosif – hépatite C chronique est bien documentée et un traitement antiviral spécifique peut améliorer les lésions cutanées.
Maladies auto-immunes associées : Le lichen plan est statistiquement associé à d’autres maladies auto-immunes : lupus, syndrome de Gougerot-Sjögren, dermatomyosite, vitiligo, pelade. Un bilan auto-immun exhaustif n’est cependant pas nécessaire en l’absence de signe clinique d’appel.

Formes cliniques du lichen plan

Forme Localisation Particularité Risque principal
Cutané classique Poignets, chevilles, avant-bras Papules violines, stries de Wickham Récidive (~50 %)
Buccal Muqueuse jugale, langue, gencives Réseau en feuille de fougère Transformation maligne (<1 %)
Génital Gland, vulve, vagin, gencives Syndrome vulvo-vagino-gingival Synéchies, douleur chronique
Pilaire Cuir chevelu Alopécie cicatricielle Destruction folliculaire irréversible
Unguéal Ongles (1–10 % des cas) Stries longitudinales, ptérygion Destruction unguéale irréversible

Lichen plan buccal

L’atteinte buccale est présente dans 30 à 70 % des cas de lichen plan cutané et peut exister de façon isolée. Elle se manifeste par un réseau blanchâtre en feuille de fougère sur la muqueuse jugale, la langue ou les gencives, habituellement peu symptomatique dans les formes réticulées. La forme érosive buccale est douloureuse, gênante pour l’alimentation et peut évoluer vers des ulcérations chroniques.

Lichen plan buccal en réseau blanchâtre
Lichen plan buccal : réseau blanchâtre en feuille de fougère
Point de vigilance : Le lichen plan buccal érosif chronique expose à un risque de transformation maligne en carcinome épidermoïde (< 1 % des cas). Une surveillance annuelle par le dermatologue et le stomatologue est recommandée.

Lichen plan génital

Le lichen plan génital touche les hommes (gland, prépuce) comme les femmes (grandes et petites lèvres, vagin, gencives). Chez la femme, il peut s’intégrer dans le syndrome vulvo-vagino-gingival associant vulvite érosive, vaginite érosive (pouvant entraîner des synéchies vaginales) et gingivite érosive. Ces formes sont particulièrement douloureuses, retentissent sur la vie sexuelle et nécessitent une prise en charge pluridisciplinaire (dermatologue, gynécologue, stomatologue). Une sérologie hépatite C est recommandée.

Lichen plan pilaire : atteinte du cuir chevelu

Voir l’article dédié : lichen plan pilaire. Il s’agit d’une alopécie cicatricielle progressive pouvant entraîner une destruction définitive des follicules pileux en l’absence de traitement précoce.

Lichen plan unguéal

L’atteinte unguéale touche 1 à 10 % des patients. Elle se manifeste par un amincissement et une fragilité de la tablette unguéale, des stries longitudinales (ongles « grésés »), un ptérygion unguéal (adhérence de l’éponychium à la tablette), et dans les formes sévères non traitées, une destruction irréversible de la tablette. Une prise en charge précoce est indispensable.

Lichen spinulosique

Variante atteignant les follicules pileux, se présentant en nappes de petites papules kératosiques centrées sur un poil. Aspect proche de la kératose pilaire.

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Traitements du lichen plan

Lichen plan cutané

  • Dermocorticoïdes de classe I ou II : traitement de première intention, appliqués une à deux fois par jour sur les lésions actives. Efficaces sur le prurit et l’inflammation.
  • Inhibiteurs de la calcineurine topiques (Protopic®, Elidel®) : alternative aux dermocorticoïdes, particulièrement pour les zones à risque d’atrophie (visage, plis génitaux).
  • PUVAthérapie : photothérapie combinant UVA et psoralène, indiquée dans les formes étendues résistantes aux traitements locaux.
  • Acitrétine (Soriatane®) : rétinoïde systémique dans les formes diffuses ou résistantes.
  • Corticothérapie systémique courte : dans les formes très étendues ou inflammatoires en poussée.

Lichen plan buccal érosif

  • Éviter tout irritant : tabac, alcool, aliments acides ou épicés, prothèses dentaires mal adaptées.
  • Corticoïdes locaux (Buccobet® en bains de bouche ou comprimés à sucer) : traitement de première intention.
  • Trétinoïne topique (Ketrel®, Locacid®, Effederm®) hors AMM : kératolytique utile dans les formes réticulées hyperkératosiques.
  • Corticothérapie systémique orale en cas de forme sévère d’emblée ou résistante aux traitements locaux.
  • Protopic® (tacrolimus) topique hors AMM : efficace dans les formes réfractaires buccales avec un bon profil de tolérance muqueux.

Lichen plan génital érosif

  • Dermocorticoïdes de classe I (propionate de clobétasol) en application quotidienne sur les lésions érosives.
  • Suivi gynécologique régulier pour les femmes présentant un syndrome vulvo-vagino-gingival.
  • Protopic® hors AMM en alternative ou en relais des corticoïdes.

Lichen plan unguéal

  • Dermocorticoïdes très puissants en application biquotidienne sur la matrice unguéale.
  • Injections intralésionnelles de corticoïdes dans la matrice (si moins de 3 ongles atteints).
  • Corticothérapie intramusculaire 1 mg/kg/mois pendant 3 à 6 mois si plus de 3 ongles atteints.
  • Acitrétine à faible dose en cas d’atteinte unguéale profuse et résistante.

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Questions fréquentes sur le lichen plan

Le lichen plan est-il contagieux ?

Non. Le lichen plan est une maladie auto-immune, non infectieuse et non transmissible. Il ne présente aucun risque de contagion pour l’entourage.

Le lichen plan peut-il évoluer vers un cancer ?

La forme cutanée n’est pas associée à un risque de transformation maligne. En revanche, le lichen plan buccal érosif chronique expose à un risque faible (< 1 %) de carcinome épidermoïde, justifiant une surveillance annuelle par un dermatologue et un stomatologue.

Existe-t-il un lien entre lichen plan et hépatite C ?

Oui. Une association entre lichen plan érosif (buccal ou génital) et hépatite C chronique est bien documentée. Un bilan sérologique est recommandé dans ces formes, car le traitement antiviral de l’hépatite C peut améliorer les lésions cutanées.

Le lichen plan guérit-il définitivement ?

La forme cutanée guérit spontanément en 12 à 18 mois dans la majorité des cas, mais environ la moitié des patients présentent des récidives. Les formes muqueuses (buccale, génitale) et pilaires sont plus chroniques et nécessitent un suivi dermatologique régulier.

Quels médicaments peuvent provoquer un lichen plan ?

Certains médicaments peuvent induire une réaction lichénoïde mimant le lichen plan : IEC (captopril), bêtabloquants, diurétiques thiazidiques, antipaludéens, sels d’or, D-pénicillamine. La régression des lésions après arrêt du médicament incriminé confirme le diagnostic de toxidermie lichénoïde.

Comment distinguer un lichen plan d’un psoriasis ?

Le psoriasis se présente en plaques érythémateuses recouvertes de squames blanches nacrées, sur les zones d’extension (coudes, genoux). Le lichen plan se localise préférentiellement aux faces de flexion (poignets, chevilles), ses papules sont violines et polygonales, avec des stries de Wickham à la surface. La dermatoscopie et, en cas de doute, la biopsie cutanée permettent de trancher.

À lire aussi – Dermatoses associées :

Voir aussi : Notre article dédié au lichen plan pilaire et nos fiches sur les dermocorticoïdes et la dermatoscopie.


Mis à jour le 15 janvier 2025 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS)., Bordeaux.

Maladie de Behçet : aphtes, lésions cutanées et manifestations systémiques

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

La maladie de Behçet est une vascularite inflammatoire systémique rare, caractérisée par la triade classique aphtes buccaux récidivants, aphtes génitaux et uvéite. Elle peut toucher de nombreux organes (peau, yeux, articulations, système nerveux, vaisseaux) et son diagnostic repose sur des critères cliniques codifiés. Elle est plus fréquente dans les populations méditerranéennes, du Moyen-Orient et d’Asie de l’Est.

ℹ️ Épidémiologie
La maladie de Behçet est très rare en France (prévalence estimée : 1 à 3/100 000). Elle est beaucoup plus fréquente en Turquie (80–300/100 000), en Iran et au Japon. Elle touche préférentiellement les adultes jeunes (20–40 ans), avec une prédominance masculine pour les formes sévères.
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  • Douleur intense, fièvre ou signes d’infection cutanée
  • Impact sévère sur la qualité de vie ou le sommeil
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Références scientifiques
  1. Wollenberg A et al., J Eur Acad Dermatol Venereol, 2022. PMID 35582793
  2. Silverberg JI et al., JAMA Dermatol, 2021. PMID 33656519
  3. Bieber T et al., N Engl J Med, 2021. PMID 34496175

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Manifestations cutanées et muqueuses

Aphtes buccaux récidivants (critère majeur)

Les aphtes buccaux sont le symptôme le plus constant et le plus précoce, présents dans plus de 95 % des cas. Ils se présentent comme des ulcérations douloureuses rondes ou ovales, à fond jaunâtre cerclé d’un halo rouge, siégeant sur la muqueuse buccale, la langue, les lèvres ou le palais. Ils récidivent au moins 3 fois par an par définition, souvent par poussées de 3 à 10 aphtes simultanés. La guérison spontanée survient en 1 à 2 semaines mais les récidives sont inévitables.

Aphtes génitaux

Les ulcérations génitales touchent 60 à 80 % des patients, siégeant sur le scrotum, le pénis, la vulve ou le vagin. Ils sont souvent plus profonds et plus douloureux que les aphtes buccaux et laissent fréquemment des cicatrices (à la différence des aphtes buccaux).

Lésions cutanées

Lésion cutanée Description Fréquence
Pseudofolliculite Papulo-pustules stériles non centrées par un poil, surtout sur le tronc 60–70 %
Érythème noueux Nodules rouge-violacés douloureux, surtout sur les jambes 40–50 %
Lésions acnéiformes Papules, pustules stériles du visage et du tronc 40 %
Thrombophlébite superficielle Cordon veineux inflammatoire douloureux 20–30 %
Pyoderma gangrenosum-like Ulcérations nécrotiques profondément excavées Rare

Manifestations systémiques

Atteinte oculaire (urgence)

L’uvéite est présente dans 30 à 70 % des cas, surtout chez l’homme, et peut mener à la cécité en l’absence de traitement. Elle se manifeste par une rougeur oculaire, une photophobie, une baisse d’acuité visuelle et des douleurs. Toute plainte oculaire chez un patient Behçet doit conduire à une consultation ophtalmologique urgente.

⚠️ Urgence ophtalmologique
L’uvéite de Behçet peut provoquer une cécité irréversible en quelques jours sans traitement. Tout signe oculaire (rougeur, baisse de vision, photophobie) chez un patient connu Behçet ou chez qui la maladie est suspectée est une urgence nécessitant une consultation ophtalmologique dans les 24 heures.

Atteinte articulaire

Des arthralgies ou une arthrite non destructrice touchent 40 à 70 % des patients, intéressant surtout les grosses articulations (genoux, chevilles, coudes). L’atteinte est asymétrique et non érosive.

Atteinte vasculaire

Thromboses veineuses (phlébites profondes, thrombose des sinus veineux cérébraux) et artérielles (anévrysmes artériels, notamment pulmonaires – risque d’hémoptysie massive) sont les complications vasculaires les plus redoutées.

Neuro-Behçet

L’atteinte neurologique (5 à 10 % des cas) est grave, pouvant se manifester par des méningites aseptiques récidivantes, une hypertension intracrânienne, des lésions parenchymateuses du tronc cérébral ou des troubles psychiatriques.

Critères diagnostiques (International Study Group)

Le diagnostic repose sur la présence d’aphtes buccaux récidivants (≥ 3 épisodes/an) + au moins 2 des critères suivants :

  • Aphtes génitaux récidivants
  • Lésions oculaires (uvéite antérieure ou postérieure, vascularite rétinienne)
  • Lésions cutanées (érythème noueux, pseudofolliculite, lésions acnéiformes)
  • Test de pathergy positif (pustule stérile apparaissant 48 h après une piqûre d’aiguille)

Il n’existe pas de marqueur biologique spécifique. L’HLA-B51 est un marqueur génétique associé mais non diagnostique.

Traitements de la maladie de Behçet

La prise en charge est multidisciplinaire (dermatologue, ophtalmologue, interniste, neurologue) et adaptée aux organes atteints :

  • Aphtes et lésions cutanées : colchicine 0,5–1 mg/jour (traitement de référence), dermocorticoïdes locaux, anesthésiques topiques
  • Formes réfractaires cutanéo-muqueuses : thalidomide (usage restreint), apremilast (inhibiteur de PDE4, AMM en France pour Behçet)
  • Atteintes systémiques sévères : azathioprine, ciclosporine, anti-TNF (infliximab, adalimumab), interféron alpha
  • Atteintes vasculaires : anticoagulation, immunosuppresseurs
💡 Suivi indispensable
La maladie de Behçet nécessite un suivi médical régulier et pluridisciplinaire. Signalez immédiatement tout nouveau symptôme oculaire, neurologique ou vasculaire à votre médecin, même si votre maladie semble contrôlée.
En bref : Maladie de Behçet est une affection cutanée dont le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, des examens complémentaires. La prise en charge dépend de la forme et de la sévérité. Consultez votre dermatologue pour un diagnostic précis et un traitement adapté.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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FAQ – Questions fréquentes sur la maladie de Behçet

Quels sont les critères de diagnostic de la maladie de Behçet ?

Aphtes buccaux récidivants (≥ 3 fois/an) + au moins deux des critères suivants : aphtes génitaux, lésions oculaires, lésions cutanées (érythème noueux, pseudofolliculite), pathergy test positif. Il n’existe pas de marqueur biologique spécifique.

La maladie de Behçet est-elle grave ?

Elle peut l’être en cas d’uvéite (risque de cécité), d’atteinte neurologique ou vasculaire. Les formes cutanéo-muqueuses isolées ont un meilleur pronostic mais nécessitent un suivi régulier.

Quel traitement pour la maladie de Behçet ?

La colchicine est le traitement de référence des aphtes et lésions cutanées. Pour les formes réfractaires, l’apremilast dispose d’une AMM spécifique. Les atteintes systémiques sévères requièrent des immunosuppresseurs ou des anti-TNF.

Quelle est la cause de la maladie de Behçet ?

La cause reste inconnue. C’est une vascularite immuno-médiée probablement déclenchée par des facteurs environnementaux sur un terrain génétique prédisposant (HLA-B51, présent chez 60 à 70 % des patients).

Références scientifiques

  • International Study Group for Behçet’s Disease. « Criteria for diagnosis of Behçet’s disease. » Lancet. 1990. PMID : 1970380
  • Hatemi G et al. « 2018 update of the EULAR recommendations for the management of Behçet’s syndrome. » Ann Rheum Dis. 2018. PMID : 29625968
  • Yazici H et al. « Behçet syndrome: a contemporary view. » Nat Rev Rheumatol. 2018. PMID : 29296031
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Maladie de Behçet – Protocole national de diagnostic et de soins. 2022. has-sante.fr

Langue geographique : causes, article par un dermatologue

Mis à jour le 29 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Langue geographique : causes, article par un dermatologue – une affection cutanée fréquente. Le diagnostic repose sur l’examen clinique par un dermatologue. Une prise en charge adaptée permet dans la grande majorité des cas une amélioration significative.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

La langue géographique – terme médical : glossite migratrice bénigne (GMB) ou erythema migrans linguae – est une affection inflammatoire bénigne de la muqueuse linguale, caractérisée par des plaques érythémateuses aux contours irréguliers qui « migrent » sur la surface de la langue d’un jour à l’autre. Son aspect en carte géographique est à l’origine de son nom courant. Touchant 1 à 3 % de la population générale, elle est bénigne, non contagieuse, et ne dégénère jamais en lésion maligne. Elle peut néanmoins être source d’inquiétude pour le patient et, dans certains cas, de brûlures ou d’hypersensibilité alimentaire nécessitant une prise en charge.

langue geographique

ℹ️ Rassurant – La langue géographique est une affection bénigne qui ne présente aucun risque de transformation maligne. Elle ne nécessite aucun traitement en l’absence de symptômes gênants. Si vous la découvrez par hasard en vous regardant dans un miroir, vous pouvez être rassuré(e) : c’est une variante fréquente de la normale.

Épidémiologie

La langue géographique est une affection courante : sa prévalence est estimée entre 1 et 3 % de la population mondiale, sans prédilection géographique particulière. Elle peut survenir à tout âge, y compris chez l’enfant, mais est plus souvent diagnostiquée chez l’adulte jeune. Certaines études rapportent une légère prédominance féminine. Elle est souvent familiale (terrain génétique probable) et fréquemment associée à la langue fissurée (lingua plicata), sans que ces deux entités soient liées dans leur mécanisme.

Physiopathologie

La pathogenèse exacte de la langue géographique reste mal élucidée. Les hypothèses actuelles impliquent :

  • Dysrégulation immunologique locale – activation des lymphocytes T et production de cytokines pro-inflammatoires (IL-6, TNF-α) dans la muqueuse linguale, entraînant une desquamation des papilles filiformes
  • Terrain atopique – association fréquente avec la dermatite atopique, le psoriasis, l’asthme et la rhinite allergique, suggérant un mécanisme commun de dysrégulation Th2
  • Facteur génétique – caractère familial fréquent, locus de susceptibilité en cours d’identification
  • Facteurs déclenchants – stress, infections virales, cycle menstruel, déficiences nutritionnelles (zinc, vitamine B12, fer)
  • Horiuchi Y et al., J Dtsch Dermatol Ges, 2023, PMID 37984855
  • Assimakopoulos D et al., Am J Med, 2002, PMID 12517366
  • Randall DA et al., Am Fam Physician, 2022, PMID 35426641

Manifestations cliniques

Aspect typique

La langue géographique se présente sous la forme de plaques érythémateuses lisses (zones de desquamation des papilles filiformes) entourées d’un liseré blanc ou gris légèrement surélevé, aux contours géographiques irréguliers – d’où la comparaison à des continents sur une mappemonde. Ces lésions siègent sur la face dorsale de la langue, parfois sur les bords latéraux, et plus rarement sur la face ventrale ou le plancher buccal (dans ce cas, on parle d’érythème migrant).

La caractéristique la plus frappante est leur migration : les plaques changent de forme, de taille et de position d’un jour à l’autre – parfois d’une heure à l’autre – donnant l’impression que la carte se redessine continuellement. Cette mobilité est pathognomonique et rassurante.

Symptômes fonctionnels

Dans plus de la moitié des cas, la langue géographique est asymptomatique et découverte fortuitement lors d’un examen bucco-dentaire. Lorsqu’elle est symptomatique :

  • Brûlures et picotements – aggravés par les aliments acides (agrumes, tomates, vinaigre), épicés, très chauds, très salés ou alcoolisés
  • Hypersensibilité alimentaire – certains aliments (fromages fermentés, ananas, fraises) exacerbent les symptômes
  • Douleur lors de la mastication – dans les formes inflammatoires étendues
  • Douleurs généralement légères à modérées, rarement intenses

Affections associées

Affection Fréquence de l’association Remarques
Langue fissurée (lingua plicata) 30–50 % Association très fréquente, les deux sont bénignes
Psoriasis 5–10 % Histologie similaire (pustulosis amicrobiaire)
Dermatite atopique Fréquente Terrain atopique commun
Syndrome de Reiter Rare Balanite circinée similaire histologiquement
Carence en zinc, vitamine B12, fer Variable À rechercher en cas de glossite érosive étendue

Diagnostic

Diagnostic clinique

Le diagnostic de langue géographique est clinique, basé sur l’aspect typique des lésions et leur migration. Aucun examen complémentaire n’est nécessaire dans les formes typiques. La biopsie n’est pratiquée qu’en cas de doute diagnostique avec une leucoplasie, un carcinome épidermoïde débutant ou une mycose.

Principaux diagnostics différentiels

  • Candidose buccale pseudo-membraneuse – plaques blanches non migratrices, détachables au frottis, contexte d’immunodépression ou d’antibiothérapie
  • Leucoplasie – plaque blanche fixe, non mobile, risque de transformation maligne – biopsie indispensable
  • Lichen plan buccal – stries de Wickham blanches réticulées sur les muqueuses, atteinte souvent bilatérale
  • Syphilis secondaire – plaques muqueuses lisses et contagieuses, contexte sexuel, sérologie positive
  • Carcinome épidermoïde – lésion indurée, ulcérée, fixe, ne migrant pas – biopsie systématique en cas de doute
⚠️ Quand consulter – Consultez un dermatologue ou un stomatologue si la lésion est fixe (ne migre pas), indurée, ulcérée, saignante, ou si elle persiste sans modification depuis plusieurs semaines malgré un traitement. Ces caractéristiques ne correspondent pas à une langue géographique et nécessitent une biopsie pour éliminer un carcinome.

Traitement

Formes asymptomatiques

Aucun traitement n’est nécessaire. La simple explication du caractère bénin et non cancéreux de l’affection suffit généralement à rassurer le patient. Une surveillance clinique annuelle peut être proposée, mais n’est pas obligatoire.

Formes symptomatiques (brûlures, hypersensibilité)

Mesures hygiéno-diététiques en première intention :

  • Éviter les aliments acides (agrumes, tomates, vinaigre, sodas), épicés, très chauds, très salés et l’alcool
  • Bains de bouche à l’eau bicarbonatée (1 cuillère à café de bicarbonate dans un verre d’eau tiède) – effet alcalinisant apaisant
  • Dentifrices sans laurylsulfate de sodium (SLS), qui peut irriter la muqueuse
  • Gestion du stress (facteur aggravant reconnu)

Traitements médicamenteux si nécessaire :

  • Bains de bouche anesthésiants (lidocaïne visqueuse 2 %) – en cas de douleurs importantes avant les repas
  • Corticoïdes topiques (triamcinolone en pâte adhésive, bétaméthasone solution) – pour les poussées inflammatoires douloureuses
  • Correction des carences (zinc, vitamine B12, fer) si dosages anormaux
  • Antihistaminiques – parfois utiles en cas de terrain atopique marqué
  • Ciclosporine topique ou tacrolimus buccal – réservés aux formes réfractaires sévères, sur avis spécialisé

Évolution et pronostic

La langue géographique évolue par poussées tout au long de la vie, avec des périodes de rémission (parfois plusieurs années) et des récidives. L’évolution est imprévisible. Le pronostic est excellent – aucune complication sérieuse n’est attendue. La qualité de vie est parfois altérée par les douleurs alimentaires dans les formes symptomatiques, mais le traitement symptomatique permet généralement un bon contrôle.

Pour approfondir ce sujet, consultez également nos articles sur quand consulter dermatologue urgence, problemes peau, fiche dermatonet eczema, peau comment reconnaitre.

⚠️ Consultez sans attendre si :

  • Les symptômes s’aggravent rapidement ou s’étendent sur une large zone
  • Apparition de fièvre, frissons ou altération de l’état général
  • Lésions très douloureuses ou qui ne cèdent pas au traitement en 48 h
  • Doute sur une cause sérieuse : infection, allergie grave, lésion suspecte

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Questions fréquentes

La langue géographique peut-elle devenir un cancer ?

Non. La langue géographique n’a aucun potentiel de transformation maligne. C’est une affection inflammatoire bénigne. En revanche, d’autres lésions buccales (leucoplasie, érythroplasie) peuvent dégénérer en carcinome – c’est pourquoi il est important de faire examiner toute lésion buccale fixe, indurée ou qui ne migre pas, par un professionnel de santé.

La langue géographique est-elle liée au psoriasis ?

Une association entre langue géographique et psoriasis est documentée : les deux partagent des similitudes histologiques (infiltrat neutrophilique, pustules spongiformes) et un terrain immunologique commun. Certains auteurs considèrent la langue géographique comme une forme buccale de psoriasis. Cependant, la grande majorité des patients atteints de langue géographique n’ont pas de psoriasis et vice versa. L’association est réelle mais non systématique.

Un enfant peut-il avoir une langue géographique ?

Oui. La langue géographique peut survenir à tout âge, y compris chez les nourrissons et les jeunes enfants. Chez l’enfant, elle est souvent asymptomatique et découverte par les parents ou le pédiatre. Elle ne nécessite aucun traitement et est parfaitement bénigne. Les parents peuvent être rassurés.

Références scientifiques

  • Neville BW, et al. Oral and Maxillofacial Pathology. 4th ed. Elsevier. 2016. Chapter: Benign Lesions of the Oral Mucosa.
  • Miloglu O, et al. The frequency and related factors of tongue lesions among 1,032 Turkish dental outpatients. Oral Dis. 2011;17(5):470-478. PMID: 21244566.
  • Shulman JD, Carpenter WM. Prevalence and risk factors associated with geographic tongue among US adults. Oral Dis. 2006;12(4):381-386. PMID: 16792723.
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Lésions élémentaires des muqueuses buccales – fiches de bon usage. 2022. Disponible sur has-sante.fr

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Maladie de laugier : causes, symptomes et traitement dermatologue

En bref : Le syndrome de Laugier-Hunziker est une pigmentation bénigne et acquise des lèvres, de la bouche et des ongles, sans lien avec une maladie systémique ni risque de transformation maligne. Moins de 200 cas ont été documentés dans la littérature mondiale, avec une nette prédominance féminine (ratio 3:1). Le principal enjeu est de distinguer ces taches d’un syndrome de Peutz-Jeghers ou d’un mélanome muqueux ou unguéal.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Mis à jour le 9 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Le syndrome de Laugier-Hunziker est une lentiginose muco-cutanée bénigne et acquise, caractérisée par l’apparition progressive de petites taches pigmentées brunes sur les lèvres, la muqueuse buccale et les ongles. Décrit pour la première fois par Laugier et Hunziker en 1970, ce syndrome rare est important à connaître car il peut être confondu avec des affections plus graves, notamment le syndrome de Peutz-Jeghers ou un mélanome muqueux. Son diagnostic correct évite des investigations inutiles et rassure le patient.

ℹ️ Information clé – Le syndrome de Laugier-Hunziker est une affection purement bénigne, sans association avec une maladie systémique ni risque de transformation maligne. Il ne nécessite aucun traitement médical, uniquement une prise en charge cosmétique si le patient le souhaite.

Épidémiologie

Le syndrome de Laugier-Hunziker est rare – moins de 200 cas bien documentés dans la littérature mondiale – mais probablement sous-diagnostiqué ou confondu avec d’autres lentiginoses. Il touche préférentiellement les femmes (ratio femme/homme d’environ 3:1) et survient typiquement entre 20 et 50 ans. Aucune prédisposition ethnique particulière n’a été identifiée, bien que la majorité des cas publiés proviennent d’Europe méditerranéenne et d’Asie.

L’affection est sporadique (non héréditaire) et acquise – elle apparaît progressivement à l’âge adulte, contrairement au syndrome de Peutz-Jeghers qui est héréditaire et présent dès l’enfance.

Manifestations cliniques

Lentigos labiaux et muqueux

Les lésions caractéristiques sont des macules lentigoïdes (taches planes, non palpables) de 1 à 5 mm, de couleur brun clair à brun foncé, à bords nets et réguliers. Elles siègent de façon quasi constante sur :

  • Les lèvres – lèvre inférieure surtout, mais aussi lèvre supérieure et commissures ; les lésions respectent classiquement la peau périlabiale
  • La muqueuse buccale – face interne des joues, gencives, palais dur, plancher buccal
  • Les ongles – mélanonychie longitudinale (bande pigmentée brune ou noire sur un ou plusieurs ongles) dans 60 à 80 % des cas

Plus rarement, des lésions peuvent apparaître sur les doigts (lentigos digitaux), la peau de la face, le voile du palais, l’œsophage ou les organes génitaux. Les lésions sont indolores, non prurigineuses, et augmentent progressivement en nombre et en taille sur plusieurs années avant de se stabiliser.

Atteinte unguéale : la mélanonychie

L’atteinte unguéale est très évocatrice du syndrome de Laugier-Hunziker lorsqu’elle est associée aux lentigos labiaux. La mélanonychie se présente comme une ou plusieurs bandes pigmentées longitudinales, brunes ou noires, pouvant intéresser plusieurs ongles simultanément. Elle est liée à une activation des mélanocytes de la matrice unguéale, sans caractère malin. Elle s’inscrit dans le cadre plus large des taches brunes (lentigos, mélasma) qui peuvent apparaître sur la peau. Sa découverte isolée impose néanmoins une dermoscopie soigneuse et parfois une biopsie matricielle pour éliminer un mélanome sous-unguéal.

⚠️ Attention – Toute mélanonychie (bande pigmentée de l’ongle) doit être évaluée par un dermatologue avec dermoscopie. Dans le contexte du syndrome de Laugier-Hunziker, la bénignité est établie par l’association avec les lentigos labiaux et l’absence de critères dermoscopiques de malignité. Une biopsie matricielle reste parfois nécessaire.
⚠ Quand consulter rapidement : Une tache pigmentée unique (plutôt que multiple), asymétrique, aux bords irréguliers, qui grossit ou change de couleur, ou une bande unguéale associée à une extension de la pigmentation sur la peau autour de l’ongle (signe de Hutchinson) doivent faire consulter un dermatologue rapidement pour éliminer un mélanome, le principal diagnostic différentiel à ne pas manquer.

Diagnostic

Critères cliniques

Le diagnostic est avant tout clinique, reposant sur l’association caractéristique :

  • Lentigos labiaux et/ou muqueux chez l’adulte
  • Mélanonychie longitudinale uni- ou pluriunguéale
  • Absence d’antécédent familial identique
  • Absence de polypes digestifs à l’interrogatoire
  • Apparition à l’âge adulte (après 20 ans)

Dermoscopie

La dermoscopie des lentigos labiaux montre typiquement un aspect en « empreinte digitale » ou un réseau pigmenté régulier, sans structures atypiques (nodules, voile bleu-blanc, vaisseaux irréguliers). La dermoscopie unguéale des mélanonychies montre des bandes régulières, de même largeur, sans micro-Hutchinson.

Histologie

La biopsie cutanée ou muqueuse n’est pas systématiquement nécessaire mais peut être réalisée en cas de doute diagnostique. Elle montre une hypermélanose de la couche basale sans augmentation du nombre de mélanocytes (contrairement au mélanome), sans atypies cellulaires ni invasion du derme. L’aspect est celui d’un lentigo simple bénin.

Éliminer le syndrome de Peutz-Jeghers

Critère Laugier-Hunziker Peutz-Jeghers
Hérédité Sporadique Autosomique dominant (STK11)
Âge d’apparition Adulte (20-50 ans) Enfance / adolescence
Polypes digestifs Absents Présents (hamartomateux)
Risque de cancer Aucun Élevé (digestif, gynécologique…)
Atteinte unguéale Fréquente (60-80 %) Rare
Traitement nécessaire Cosmétique uniquement Surveillance oncologique à vie

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Traitement

Aucun traitement médical n’est nécessaire. La prise en charge est purement cosmétique, à la demande du patient.

Laser Q-switched

Le laser Q-switched (Nd:YAG 1064 nm, alexandrite 755 nm, rubis 694 nm) représente le traitement de référence des lentigos labiaux et muqueux. Il cible la mélanine par photothermolyse sélective. Les résultats sont bons à excellents, avec 1 à 3 séances en général. Les récidives sont possibles en quelques années et nécessitent une nouvelle série de séances.

Lumière intense pulsée (IPL)

L’IPL peut être utilisée sur les lentigos labiaux avec de bons résultats, notamment pour les lésions étendues ou peu profondes. Elle est moins précise que le laser Q-switched mais mieux tolérée sur les muqueuses.

Mélanonychie

Les bandes unguéales pigmentées ne nécessitent généralement pas de traitement, d’autant qu’elles peuvent partiellement régresser spontanément. Si le patient le souhaite, le laser Q-switched peut être appliqué sur la lunule avec précaution.

🔶 Conseil – Avant tout traitement laser des lentigos du syndrome de Laugier-Hunziker, une protection solaire stricte des zones traitées est indispensable pendant 1 mois avant et après chaque séance pour éviter une hyperpigmentation post-inflammatoire (HPI), particulièrement fréquente sur les muqueuses.

Questions fréquentes

Le syndrome de Laugier-Hunziker est-il dangereux ?

Non. Il s’agit d’une affection purement bénigne, sans risque de transformation maligne et sans maladie associée. Il est important de le distinguer du syndrome de Peutz-Jeghers, qui lui comporte un risque carcinologique.

Comment traiter les taches du syndrome de Laugier-Hunziker ?

Le traitement est purement cosmétique et optionnel. Le laser Q-switched (Nd:YAG, alexandrite) donne les meilleurs résultats sur les lentigos labiaux et muqueux. La lumière intense pulsée (IPL) peut être utilisée. Les récidives après traitement laser sont possibles. Les taches des ongles (mélanonychie) ne nécessitent généralement pas de traitement.

Comment distinguer le syndrome de Laugier de Peutz-Jeghers ?

Plusieurs éléments distinguent les deux syndromes : le syndrome de Laugier-Hunziker est sporadique (non héréditaire), survient à l’âge adulte (20-50 ans), touche préférentiellement les femmes, et n’est pas associé à des polypes digestifs. Le syndrome de Peutz-Jeghers est héréditaire (autosomique dominant), apparaît dès l’enfance, et est associé à des polypes digestifs avec un risque de cancer élevé.

Un grain de beauté ou une tache pigmentée doit-il faire penser à un mélanome ?

Pas systématiquement, mais toute tache pigmentée nouvelle, asymétrique, aux bords irréguliers ou qui change rapidement d’aspect doit être examinée par un dermatologue. Dans le syndrome de Laugier-Hunziker, les lentigos sont multiples, symétriques et stables dans le temps, ce qui les distingue d’un grain de beauté inquiétant ou d’un mélanome.

Faut-il consulter en urgence si j’ai des taches sur les lèvres ou les ongles ?

Une consultation rapide est recommandée devant toute tache pigmentée nouvelle, en particulier si elle est unique, asymétrique, évolutive, ou associée à une extension de la pigmentation sur la peau autour de l’ongle (signe de Hutchinson). Ces signes doivent faire éliminer un mélanome avant de retenir le diagnostic de syndrome de Laugier-Hunziker.

Les taches vont-elles s’étendre ?

Les lésions apparaissent progressivement sur plusieurs années puis tendent à se stabiliser. Elles ne disparaissent pas spontanément mais n’évoluent pas vers une forme maligne. Un traitement laser peut les faire régresser significativement.

Dois-je faire une coloscopie ?

Dans le syndrome de Laugier-Hunziker pur (adulte, sporadique, sans antécédent familial), aucune exploration digestive n’est nécessaire. En cas de doute avec le syndrome de Peutz-Jeghers, votre dermatologue vous adressera à un gastro-entérologue et un généticien.

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Références

  • Laugier P, Hunziker N. Essential lenticular melanic pigmentation of the lip and cheek mucosa. Arch Belg Dermatol Syphiligr. 1970;26(3):391-399. PMID 5515564
  • Gerbig AW, Hunziker T. Idiopathic lenticular mucocutaneous pigmentation or Laugier-Hunziker syndrome with atypical features. Arch Dermatol. 1996;132(7):844-845. PMID 8678590
  • Ferreira LDS et al. Oral pigmented lesions in syndromic individuals: A systematic review. Oral Dis. 2021;28(3):531-540. PMID 33394507
  • Société Française de Dermatologie (SFD). Référentiels en dermatologie – lentiginoses. 2024. sfdermato.org
  • HAS – Stratégie de diagnostic précoce du mélanome

Goût de fer dans la bouche

Goût de fer (goût métallique) dans la bouche

Un goût de fer ou goût métallique persistant dans la bouche, aussi appelé dysgueusie métallique, a le plus souvent une cause bénigne et réversible : un médicament, une carence en zinc ou un problème dentaire. Certains traitements utilisés en dermatologie, comme la terbinafine (antifongique) ou le vismodegib (traitement du carcinome basocellulaire avancé), en sont des causes fréquentes et bien documentées. Un avis médical reste nécessaire si le trouble persiste au-delà de quelques semaines.

En bref : Un goût de fer dans la bouche est le plus souvent lié à un médicament, une carence en zinc ou une cause dentaire/ORL. Avec le vismodegib, thérapie ciblée du carcinome basocellulaire avancé, la dysgueusie touche jusqu’à 49 % des patients traités.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Causes fréquentes d’un goût de fer dans la bouche

Le goût métallique provient soit d’une atteinte directe des papilles gustatives, soit d’une diffusion de substances (médicament, sang, métal) dans la salive. Les causes les plus fréquentes sont les suivantes.

Médicaments, y compris certains traitements dermatologiques

De nombreux médicaments perturbent le goût. Parmi les traitements prescrits par le dermatologue, deux sont particulièrement concernés :

  • La terbinafine (Lamisil®), antifongique utilisé contre les mycoses des ongles et de la peau, peut provoquer une perte ou une altération du goût touchant 1 à 10 patients sur 100, généralement réversible à l’arrêt du traitement.
  • Le vismodegib, utilisé dans le traitement du carcinome basocellulaire avancé ou métastatique, entraîne une dysgueusie chez près d’un patient sur deux.
  • D’autres classes (antibiotiques comme le métronidazole, certains antihypertenseurs) sont également en cause.

Carence en zinc

Le zinc, souvent utilisé en dermatologie dans la prise en charge de l’acné, joue un rôle essentiel dans le renouvellement des papilles gustatives. Une carence, même modérée, peut se traduire par un goût métallique ou une diminution du goût, réversible après correction du déficit.

Infection ou inflammation buccale

Une candidose buccale (mycose de la bouche), une gingivite avec saignement, ou une infection ORL (sinusite) peuvent également donner un goût métallique ou de sang. Voir aussi notre fiche sur les mycoses buccales.

À noter : La grossesse (variations hormonales du premier trimestre) et les infections virales, dont la COVID-19, sont des causes fréquentes de goût métallique transitoire, sans lien avec une pathologie grave.

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Quand consulter ?

Consultez rapidement si :

  • Le goût métallique persiste plus de 2 à 3 semaines sans cause évidente.
  • Il s’accompagne d’une perte de poids inexpliquée, d’un manque d’appétit marqué ou de nausées.
  • Il débute brutalement avec d’autres symptômes (perte de l’odorat, engourdissement, troubles visuels).
  • Vous prenez un traitement par terbinafine, vismodegib ou tout autre médicament récemment introduit.

Conduite à tenir en cas de goût de fer dans la bouche

La consultation du médecin est indispensable afin d’obtenir un diagnostic précis.
Le médecin va tout d’abord demander vos antécédents (les maladies ou interventions chirurgicales que vous avez subies, les traitements que vous prenez).
Ensuite il fera le point avec vous sur les problèmes que vous présentez (date de début, durée, symptômes associés).

Et il vous examinera, au besoin à l’aide d’une lampe grossissante. Si vous voyez un dermatologue, ce dernier pourra rechercher une cause cutanéo-muqueuse et, si besoin, vous orienter vers votre médecin traitant ou un ORL pour compléter le bilan.

Lorsque le diagnostic sera posé, le médecin vous proposera un traitement adapté à suivre attentivement : le plus souvent, l’arrêt ou l’adaptation du médicament en cause, ou la correction d’une carence en zinc, suffit à faire disparaître le trouble.

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Questions fréquentes sur le goût de fer dans la bouche

Le goût de fer dans la bouche est-il dangereux ?

Non, dans la grande majorité des cas il s’agit d’un trouble bénin et réversible, lié à un médicament, une carence en zinc ou une infection locale. Il doit néanmoins être signalé au médecin s’il persiste plus de 2 à 3 semaines.

La terbinafine (Lamisil®) peut-elle donner un goût de fer ?

Oui. Selon le résumé des caractéristiques du produit, la perte ou l’altération du goût est un effet indésirable fréquent de la terbinafine, touchant 1 à 10 patients sur 100, habituellement réversible à l’arrêt du traitement.

Le zinc peut-il corriger un goût métallique persistant ?

En cas de carence avérée, une supplémentation en zinc prescrite par le médecin peut améliorer le goût. Il ne faut cependant jamais se supplémenter seul sans dosage préalable, un excès de zinc pouvant lui-même perturber le goût.

Faut-il arrêter son traitement dermatologique en cas de goût de fer ?

Jamais sans avis médical. Le médecin évaluera le bénéfice du traitement en cours (par exemple un antifongique ou une thérapie ciblée) au regard de la gêne occasionnée, et adaptera si nécessaire la posologie ou la molécule.

Quand le goût redevient-il normal après l’arrêt d’un médicament ?

En général en quelques jours à quelques semaines. Certains cas, notamment avec la terbinafine chez les personnes âgées, peuvent mettre plusieurs mois à récupérer complètement.

Références

Cet article a été rédigé et vérifié à partir des données actuelles de la science :

  • Cavendish JJ, Garan RM, Gibbs MM, Harris EM. Severe dysgeusia and weight loss associated with terbinafine use: A case report. J Family Med Prim Care. 2026;15(3):1451-1454. PMID 42257155
  • Ash MM, Jolly PS. Cholestatic hepatic injury associated with vismodegib, aspirin, and naproxen use: a case study and review of vismodegib safety. Int J Dermatol. 2014;54(3):370-4. PMID 25039741
  • Windfuhr JP, Cao Van H, Landis BN. Recovery from long-lasting post-tonsillectomy dysgeusia. Oral Surg Oral Med Oral Pathol Oral Radiol Endod. 2010;109(1):e11-4. PMID 20123362
  • ANSM. Notice terbinafine : résumé des caractéristiques du produit.

Mis à jour le 18 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, ANSM).

Lèvres gercées

Lèvres sèches : quelle maladie ? Causes, facteurs hivernaux et traitements

Des lèvres sèches, qui pèlent ou se gerçent peuvent sembler bénignes, mais elles peuvent révéler une maladie de peau, une allergie, une infection ou une carence. Le terme médical est chéilite – inflammation des lèvres. Identifier la cause est essentiel pour choisir le bon traitement et éviter la chronicisation. En hiver notamment, les consultations pour lèvres sèches et gercées explosent : le froid, le vent, l’air sec des intérieurs chauffés et la déshydratation souvent ignorée créent les conditions parfaites pour fragiliser cette zone unique de votre visage.

Télécharger un guide complet au format PDF :

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lèvres sèches gercées chéilite maladie photo
Lèvres sèches et irritées – chéilite

Sommaire :
Pourquoi les lèvres sèchent-elles ? |
Facteurs hivernaux |
Déshydratation |
Tableau des maladies |
Causes externes |
Causes internes |
Remèdes naturels |
Traitement général |
Quand consulter |
FAQ

Pourquoi les lèvres sèchent-elles et se gercent-elles ?

Le vermillon (la partie rouge des lèvres) est une zone unique : sa texture est intermédiaire entre la peau et une muqueuse. Il ne contient ni glandes sébacées ni glandes sudoripares, ce qui le prive des mécanismes naturels d’hydratation de la peau. La couche cornée des lèvres est également beaucoup plus fine que celle du reste du visage – environ 3 à 5 couches cellulaires seulement contre 15 à 20 ailleurs. Les lèvres sont donc structurellement plus vulnérables aux agressions climatiques, chimiques et allergiques.

À cela s’ajoute le mouvement permanent : sourire, manger, parler – les lèvres bougent des milliers de fois par jour, sollicitant mécaniquement un épithélium déjà fragile. Quand une fissure s’installe, chaque ouverture de la bouche la rouvre, entretenant un cercle vicieux d’inflammation.

En bref : Les lèvres sèches et gercées sont le plus souvent liées au froid, à l’air intérieur chauffé et à la déshydratation, car la peau des lèvres, sans glandes sébacées, est 3 à 5 fois plus fine que celle du visage. Une vaseline pure appliquée plusieurs fois par jour suffit à améliorer la plupart des cas en quelques jours.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Pourquoi les lèvres se gercent-elles en hiver ? Les facteurs saisonniers

L’hiver concentre plusieurs facteurs qui agissent simultanément pour assécher les lèvres, ce qui explique la recrudescence saisonnière de la chéilite simple entre novembre et mars.

Facteur hivernal Mécanisme d’action sur les lèvres Geste correcteur
Froid extérieur Vasoconstriction cutanée, réduction des sécrétions salivaires, peau plus rigide et sujette aux fissures mécaniques Baume gras appliqué avant de sortir
Vent Évaporation accélérée du film hydrolipidique résiduel, dessiccation rapide de l’épithélium labial Cache-cou ou tour de cou couvrant les lèvres
Air intérieur chauffé et sec Hygrométrie souvent inférieure à 30 % dans les pièces chauffées – l’eau s’évapore de la peau en permanence (TEWL augmentée) Humidificateur d’intérieur ; cuvette d’eau sur les radiateurs
Respiration buccale nocturne Séchage des lèvres pendant le sommeil par le flux d’air, aggravé en cas de congestion nasale hivernale Vaseline pure appliquée au coucher
Soleil réfléchi (ski, altitude) UV réfléchis par la neige très actifs sur la lèvre inférieure exposée ; risque de chéilite actinique aiguë Stick labial SPF 50 à renouveler toutes les 2 heures
Alimentation épicée et acide (fêtes) Irritation chimique directe de l’épithélium labial fragilisé par le froid Limiter les aliments très acides ou épicés sur lèvres abîmées

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Déshydratation et lèvres sèches : le lien souvent oublié

En hiver, on oublie souvent de boire parce qu’on transpire moins et qu’on ressent moins la soif. Pourtant, la déshydratation est l’une des causes les plus simples et les plus fréquentes de lèvres sèches – et l’une des plus faciles à corriger.

Quand l’organisme manque d’eau, il priorise l’hydratation des organes vitaux. La peau – et particulièrement les muqueuses et semi-muqueuses comme les lèvres – est parmi les premières à souffrir de ce déficit. Les signes associés sont révélateurs : urine foncée, maux de tête en fin de journée, sensation de bouche sèche, peau qui tire.

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Les causes de lèvres sèches – tableau des maladies en cause

Type de chéilite Aspect typique Signe clé
Chéilite climatique Gerçures, squames, fissures Hiver, vent, froid
Chéilite allergique (eczéma) Rougeur, vésicules, gonflement Cosmétique ou aliment récent
Chéilite atopique Sécheresse chronique, fissures Terrain atopique connu
Chéilite infectieuse Bouton de fièvre, croûtes jaunes Herpès, impétigo, candidose
Chéilite médicamenteuse Sécheresse sévère, érosions Isotrétinoïne, rétinoïdes
Chéilite actinique Lèvre inférieure pâle, irrégulière Exposition solaire chronique, homme >50 ans
Tic de léchage Rougeur péri-buccale bien limitée Zone accessible à la langue
Carence nutritionnelle Chéilite exfoliative Déficit fer, zinc, vitamines B

Causes externes – les plus fréquentes

1. Chéilite climatique – froid, vent, soleil

Le froid et le vent provoquent l’assèchement et l’écaillage des lèvres, aggravés par le tic de léchage qui accentue la sécheresse. En cas de crevasses persistantes malgré le baume, un prélèvement bactériologique ou mycologique est recommandé pour éliminer une surinfection.

Traitement : baume gras sans allergènes (éviter le baume du Pérou), arrêt du léchage des lèvres. En cas de surinfection : mupirocine (antibiotique) ou antifongique local.

2. Chéilite allergique – eczéma des lèvres

L’eczéma des lèvres est une réaction allergique de contact très fréquente. Il peut être aigu (lèvres gonflées, rouges, vésiculeuses, qui démangent) ou chronique (lèvres sèches, squameuses, fissurées avec peu de démangeaisons).

Allergènes les plus fréquents :

  • Cosmétiques et soins labiaux – parfums, colorants, conservateurs, résines des rouges à lèvres
  • Dentifrices – menthol, cannelle, fluorure
  • Aliments – agrumes, cannelle, menthe, épices
  • Médicaments topiques – antiviraux, antibiotiques appliqués sur les lèvres
  • Prothèses dentaires ou matériaux bucco-dentaires
  • Vernis à ongles – transférés en portant les doigts à la bouche

Traitement : éviction de l’allergène + dermocorticoïde en crème (lésions aiguës) ou en pommade (lésions sèches). Les patch-tests permettent d’identifier l’allergène responsable.

3. Tic de léchage – chéilite traumatique

Le tic de léchage des lèvres, fréquent chez l’enfant mais aussi chez l’adulte stressé, crée une rougeur péri-buccale chronique bien limitée – exactement dans la zone accessible à la langue. La salive, paradoxalement, dessèche les lèvres en s’évaporant et en dégradant le film lipidique protecteur. Les surinfections bactériennes et candidosiques sont fréquentes.

Traitement : arrêt du tic (difficile), baume protecteur, traitement anti-infectieux si surinfection. Chez l’enfant, souvent spontanément résolutif. Une étude de 2024 (Stone et al., Cureus) montre que le tacrolimus 0,03 % topique associé à l’arrêt du tic et à l’hydratation permet une amélioration significative en 8 semaines.

4. Chéilite actinique – à ne pas négliger

La chéilite actinique chronique est causée par l’exposition solaire prolongée. Elle touche principalement les hommes de plus de 50 ans à peau claire. La lèvre inférieure devient pâle, irrégulière, avec un contour mal défini et une desquamation résistante aux émollients.

⚠️ L’OMS classe la chéilite actinique chronique comme affection potentiellement maligne – elle peut évoluer vers un carcinome épidermoïde. Toute lèvre inférieure chroniquement altérée chez un homme de plus de 50 ans doit être montrée à un dermatologue pour biopsie.

Traitements : chirurgie (vermillonectomie) et laser CO₂ donnent les meilleurs taux de guérison. Les traitements médicaux (5-fluoro-uracile, imiquimod, photothérapie dynamique) sont des alternatives avec plus de récidives.

Causes internes – maladies systémiques et médicaments

5. Chéilite atopique

Chez les personnes ayant un terrain atopique, une chéilite sèche, rouge et fissurée est fréquente. Elle récidive chroniquement et s’améliore avec les dermocorticoïdes gras ou le tacrolimus 0,03 % (Protopic) en application 2 fois/jour pendant 1 à 2 semaines, puis prévenue par un topique hydratant et l’évitement du léchage.

6. Chéilite médicamenteuse

Les rétinoïdes (isotrétinoïne pour l’acné, acitrétine pour le psoriasis, alitrétinoïne pour l’eczéma des mains) provoquent systématiquement une chéilite sèche, fissuraire et parfois érosive. C’est l’un des effets indésirables les plus fréquents de l’isotrétinoïne. Le baume labial plusieurs fois par jour est indispensable pendant toute la durée du traitement.

7. Chéilites infectieuses

  • Herpès labial – la cause infectieuse la plus fréquente. Vésicules douloureuses récidivantes sur le bord des lèvres. Voir bouton de fièvre
  • Chéilite bactérienne – infections streptococciques ou staphylococciques donnant des croûtes jaunes melicerides. Traitement : antibiotiques locaux ou oraux
  • Chéilite candidosique – rougeur et gonflement douloureux des lèvres, souvent associés à une perlèche (fissure aux commissures). Traitement : antifongiques locaux

8. Carences nutritionnelles

  • Carence en fer – lèvres pâles et sèches, souvent avec perlèche
  • Carence en vitamines B2, B12 – chéilite exfoliative, glossite
  • Carence en zinc – lèvres sèches avec fissures périorales
  • Pellagre (déficit en vitamine PP) – vermillon brillant et craquelé, parfois érodé

9. Maladies plus rares

Dans de rares cas, des lèvres sèches persistantes peuvent révéler une maladie systémique :

  • Sarcoïdose, maladie de Crohn – macrochéilite granulomateuse (gonflement permanent d’une ou deux lèvres). Le diagnostic repose sur la biopsie
  • Syndrome de Melkersson-Rosenthal – triade : macrochéilite + paralysie faciale + langue fissuraire
  • Érythème polymorphe, syndrome de Stevens-Johnson – chéilite érosive et croûteuse aiguë. Voir érythème polymorphe
  • Pemphigus – chéilite érosive dans le cadre d’une dermatose bulleuse auto-immune

Comment guérir les lèvres gercées : remèdes naturels et conseils pratiques

Avant tout recours à un traitement médicamenteux, plusieurs gestes simples et ingrédients naturels permettent de soulager efficacement les lèvres gercées – à condition que la cause reste mécanique ou climatique et non allergique ou infectieuse.

Les remèdes naturels qui ont fait leurs preuves

Remède naturel Comment l’utiliser Intérêt
Vaseline pure (petrolatum) Appliquer généreusement le soir au coucher et avant toute exposition au froid Agent occlusif de référence – forme une barrière contre l’évaporation sans allergène possible. Recommandé par la Cleveland Clinic comme premier traitement des lèvres gercées
Miel pur Appliquer une fine couche, laisser 10 à 15 min, rincer doucement Propriétés humectantes, antibactériennes et cicatrisantes naturelles – efficace sur les petites fissures superficielles
Huile de coco vierge Appliquer en fine couche plusieurs fois par jour Émollient naturel riche en acides gras lauriques ; légèrement antifongique sur certaines souches de Candida – intéressant en cas de perlèche candidosique débutante
Beurre de karité En baume ou pur, appliquer au coucher Riche en acides gras insaturés et en vitamines E et F ; excellent émollient nocturne
Gel d’aloe vera Appliquer en fine couche sur lèvres irritées, laisser sécher Propriétés apaisantes et anti-inflammatoires légères – efficace sur les rougeurs et l’irritation légère ; ne pas utiliser en substitut d’un corps gras sur lèvres très sèches
Huile d’amande douce Quelques gouttes en massage doux Riche en vitamine E ; émollient léger adapté aux lèvres sensibles
Hydratation interne 1,5 L d’eau par jour minimum ; tisanes chaudes en hiver Agit sur la cause racine de la sécheresse si déshydratation en jeu – le seul remède qui traite de l’intérieur

Protocole hivernal anti-gerçures : le pas-à-pas

Le matin : appliquer un baume labial sans parfum ni menthol avant de sortir. Si vous allez en altitude ou à la mer : SPF 30 minimum sur les lèvres, à renouveler toutes les 2 heures.

Dans la journée : renouveler le baume après chaque repas. Boire régulièrement. Éviter de se lécher les lèvres – si l’envie est irrésistible, appliquer immédiatement du baume après.

Le soir : appliquer généreusement de la vaseline pure ou un baume gras nocturne avant de dormir. C’est la fenêtre d’action la plus longue sans perturbation. En cas de congestion nasale, pensez à humidifier la chambre.

Dans la maison : humidifier l’air des pièces chauffées (hygrométrie cible : 40–60 %) – un humidificateur d’ambiance ou simplement un récipient d’eau posé sur le radiateur suffisent pour prévenir la dessiccation nocturne des lèvres.

Traitement général des lèvres sèches

Quelle que soit la cause, quelques mesures s’appliquent à toutes les chéilites :

  • Hydrater régulièrement avec un baume labial gras sans allergènes (éviter le baume du Pérou, les parfums, la menthe). Appliquer avant même que la sécheresse ne s’installe en hiver. La vaseline pure appliquée le soir au coucher est très efficace
  • Ne jamais se lécher les lèvres – le tic de léchage aggrave systématiquement la sécheresse
  • Protéger du soleil – stick labial avec SPF 30 minimum, surtout en montagne et à la mer
  • Identifier et éviter l’allergène en cas de chéilite allergique
  • Boire suffisamment – 1,5 litre d’eau par jour, davantage en environnement sec et chauffé
  • Humidifier l’air intérieur en hiver pour maintenir une hygrométrie suffisante (40–60 %)

Quand consulter ?

🚨 Consultez un dermatologue si :

  • Les lèvres sèches persistent plus de 3 semaines malgré un baume hydratant bien utilisé.
  • La lèvre inférieure est chroniquement pâle, épaissie ou irrégulière (risque de chéilite actinique).
  • Les lèvres sont gonflées, érosives ou croûteuses (eczéma aigu, infection, érythème polymorphe).
  • Vous prenez de l’isotrétinoïne et la chéilite est très douloureuse ou saigne.
  • Les lèvres sèches s’accompagnent d’un gonflement permanent d’une lèvre (macrochéilite granulomateuse).

Questions fréquentes sur les lèvres sèches

Pourquoi ai-je les lèvres toujours sèches malgré le baume ?

Si les lèvres restent sèches malgré un baume bien utilisé, il faut envisager une cause sous-jacente : eczéma allergique (le baume lui-même peut contenir un allergène – menthol, parfum, baume du Pérou), chéilite atopique, carence en fer ou en zinc, ou tic de léchage inconscient. Un dermatologue peut réaliser des patch-tests pour identifier un allergène et prescrire un traitement adapté.

Pourquoi les lèvres se gercent-elles surtout en hiver ?

En hiver, plusieurs facteurs s’accumulent : l’air froid et sec extérieur, l’air des intérieurs surchauffés dont l’hygrométrie chute parfois sous 30 %, le vent qui accélère l’évaporation du film lipidique labial, et la déshydratation souvent ignorée car on ressent moins la soif. Les lèvres, dépourvues de glandes sébacées, ne peuvent pas compenser seules ces pertes – elles ont besoin d’un apport extérieur régulier de corps gras protecteur.

Comment guérir rapidement des lèvres gercées et douloureuses ?

La réponse la plus efficace à court terme : vaseline pure appliquée généreusement plusieurs fois par jour et systématiquement au coucher. Arrêtez de vous lécher les lèvres. Hydratez-vous en buvant suffisamment. Si les lèvres sont rouges et gonflées (eczéma aigu), une crème dermocorticoïde douce prescrite par le médecin accélérera la guérison. Si des croûtes jaunes apparaissent, une surinfection bactérienne est possible – consultez sans tarder.

Les lèvres sèches peuvent-elles être le signe d’une maladie grave ?

Rarement, mais certains signes méritent attention. Une lèvre inférieure chroniquement pâle et épaissie chez un homme exposé au soleil peut être une chéilite actinique précancéreuse. Un gonflement permanent d’une lèvre peut révéler une sarcoïdose, une macrochéilite ou une maladie de Crohn. Une chéilite érosive aiguë peut être le premier signe d’un érythème polymorphe ou d’un syndrome de Stevens-Johnson.

Le tic de léchage des lèvres aggrave-t-il vraiment la sécheresse ?

Oui, de façon significative. La salive contient des enzymes digestives qui dégradent le film lipidique protecteur des lèvres. En s’évaporant, elle laisse les lèvres plus sèches qu’avant le léchage. C’est un cercle vicieux : plus on se lèche les lèvres car elles sont sèches, plus elles sèchent. Appliquer un baume aussitôt après avoir senti l’envie de se lécher aide à briser ce cycle.

Peut-on confondre des lèvres sèches avec un herpès ?

L’herpès labial se reconnaît à une sensation de brûlure ou de picotement précédant l’apparition de petites vésicules groupées sur le bord des lèvres, puis d’une croûte. Il survient par poussées récidivantes souvent déclenchées par le soleil, le stress ou la fièvre. Les lèvres sèches de type chéilite sont diffuses, sans vésicules, sans brûlure initiale caractéristique. En cas de doute, un dermatologue peut confirmer le diagnostic.

Les remèdes naturels suffisent-ils à guérir des lèvres gercées ?

Oui, dans les formes simples (climatique, déshydratation). La vaseline pure, le miel, l’huile de coco et le beurre de karité sont des remèdes empiriquement efficaces et bien tolérés pour la chéilite climatique légère à modérée. En revanche, si les lèvres sont gonflées, vésiculeuses, très rouges, ou si les gerçures persistent plus de 3 semaines malgré ces soins, une consultation médicale est indispensable – il peut s’agir d’un eczéma allergique, d’une infection ou d’une chéilite actinique nécessitant un traitement spécifique.

Sources scientifiques

Mis à jour le 18 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).


Muguet : symptomes, traitement et prevention

Muguet buccal (candidose de la bouche)

Muguet
Muguet

Qu’est-ce que le muguet de la bouche?

Le muguet est une mycose de l’interieur de la bouche caractérisée par une rougeur de la muqueuse de la bouche, recouverte de lésions blanchâtres dans la bouche, semblables a du lait caillé. Le muguet peut s’accompagner de brulures, de perte de gout, d’un gout de fer dans la bouche.

Il est très fréquent chez le bébé, notamment lié à l’allaitement, moins chez l’adulte, chez qui il doit toujours faire rechercher un facteur favorisant.

En bref : Le muguet buccal se traite localement par antifongique (nystatine, amphotéricine B, miconazole) pendant 1 à 3 semaines. Chez l’adulte, le fluconazole par voie orale obtient un taux de guérison mycologique de 95 %, contre 17 % seulement pour la nystatine.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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En cas de muguet chez l’adulte (champignon dans la bouche) :

Candidose de la bouche
Candidose de la bouche

La consultation du médecin est indispensable afin d’obtenir un diagnostic précis.
Le médecin va tout d’abord demander vos antécédents ( les maladies ou interventions chirurgicales que vous avez subies, les traitements que vous prenez).
Ensuite il fera le point avec vous sur les problèmes que vous présentez (date de début, durée de l’éruption, démangeaisons… )

En tout premier lieu, il va vérifier que vous n’etes pas immunodéprimé (diabète, infection par le VIH, prise de cortisone… ) notamment en cas de candidose buccale récidivante.

Il va voir aussi si vous ne souffrez pas de candidose digestive.

Quand consulter en urgence ?

Consultez rapidement si :

  • Le muguet récidive fréquemment ou survient chez l’adulte sans cause évidente (diabète, cortisone, antibiotiques).
  • Vous ressentez une douleur en avalant ou une sensation de blocage (possible extension œsophagienne).
  • Le muguet s’accompagne d’une fièvre ou d’une altération de l’état général.
  • Un muguet inexpliqué chez un adulte doit faire rechercher une infection par le VIH ou un diabète, dont il peut être un signe révélateur.

Soigner le muguet

Lutte contre les facteurs favorisants

Lutte contre la sécheresse buccale (voir aussi notre article sur les lèvres sèches), une dyskinésie œsophagienne, une inflammation chronique des muqueuses, une colopathie, un diabète, un traitement par anti-acides

Bains de bouche avec une demi cuilleree a cafe de bicarbonate de sodium dans un petit verre d’eau pour désacidifier la bouche

Enfin, en cas d’appareil dentaire, il faut bien le nettoyer et le rincer à l’eau bicarbonatée.

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Traitement chez l’adulte immunocompétent

Antifongiques locaux durant 1 à 3 semaines :

  • nystatine (Mycostatine®) comprimés gynécologiques à 100 000 UI à sucer, 4 à 6 cp/j ;
  • amphotéricine B (Fungizone®) suspension orale, quatre cuillères à café en 2 à 3 prises (1,5 à 2 g/j) ;
  • miconazole (Daktarin®), gel buccal, deux cuillères-mesure quatre fois par jour.

Dans tous les cas, les antifongiques doivent être pris à distance des repas et des boissons et maintenus le plus longtemps possible en contact avec la muqueuse (quelques minutes au moins) avant d’être avalés.

La prise simultanée de laxatifs, d’huile de paraffine ou d’accélérateurs du transit est contre-indiquée.

Leur tolérance est bonne à part quelques troubles digestifs (1% des cas) et sensation de brûlure ou de troubles du gout avec le miconazole (Daktarin®). La prise d’anticoagulants anti-vitamine K ou de sulfamides hypoglycémiants est déconseillée avec le Daktarin® qui peut en potentialiser les effets.

Leur principal inconvénient est leur mauvais goût…

Traitement oral :Résistance au traitement

En l’absence de guérison, votre médecin peut vous proposer une désinfection du tube digestif avec des médicaments antifongiques en comprimés:

  • Mycostatine® (8 à 12 cp/j en 3 à 4 prises),
  • Fungizone® (6 à 8 capsules en 3 à 4 prises),
  • Daktarin® (8 cp/j en 3 à 4 prises).

Traitement de l’adulte immunodéprimé

On associe alors un traitement par comprimés au traitement local et il est souvent nécessaire d’effectuer des traitements préventifs des récidives, au moyen de médicaments tels que Nizoral® (kétoconazole), Triflucan® (fluconazole) ou Sporanox® (itraconazole)

Traitement du bébé et de l’enfant (muguet du bébé)

Chez l’enfant et le bébé, le traitement peut être :

  • Mycostatine® suspension buvable, 5 à 30 doses par jour pour les bébés et 10 à 40 doses par jour pour les enfants, réparties en quatre prises par jour ;
  • Fungizone® suspension, 1 cuillère à café/10 kg/24 h en 2 à 3 prises (50 mg/kg/j) ;
  • Daktarin® gel buccal, 1 cuillère mesure (2,5 ml) quatre fois par jour.

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Questions fréquentes sur le muguet buccal

Le muguet buccal est-il contagieux ?

Le champignon Candida albicans est naturellement présent dans la bouche de la plupart des gens ; le muguet n’est donc pas contagieux au sens strict. Chez le nourrisson allaité, une transmission croisée avec le mamelon de la mère est possible et peut nécessiter un traitement conjoint.

Pourquoi ai-je du muguet alors que je suis en bonne santé ?

Le muguet de l’adulte peut survenir après une antibiothérapie, avec un appareil dentaire mal nettoyé, une sécheresse buccale ou une corticothérapie inhalée. Un premier épisode isolé avec une cause identifiée n’est pas inquiétant.

Combien de temps dure le traitement du muguet ?

Le traitement antifongique local dure habituellement 1 à 3 semaines, et doit être poursuivi quelques jours après la disparition des symptômes pour éviter une rechute précoce.

Le muguet chez le bébé est-il grave ?

Non, il est très fréquent et bénin chez le nourrisson, en particulier en cas d’allaitement. Il se traite simplement par un antifongique local adapté à l’âge, prescrit par le médecin.

Un muguet qui ne guérit pas doit-il inquiéter ?

Oui. Un muguet résistant au traitement local ou récidivant chez l’adulte doit faire rechercher un diabète, une infection par le VIH ou une autre cause d’immunodépression.

Sources scientifiques

Cet article a été rédigé et vérifié à partir des données actuelles de la science :

  • Lin J, Peng CX, Huang WM. Comparative efficacy of antifungal drugs for the treatment of oral candidiasis in HIV-positive patients: A Bayesian network meta-analysis. Med Clin (Barc). 2024;164(2):76-83. PMID 39214731
  • Keyvanfar A, Najafiarab H, Talebian N, et al. Drug-resistant oral candidiasis in patients with HIV infection: a systematic review and meta-analysis. BMC Infect Dis. 2024;24(1):546. PMID 38822256
  • Abuhajar E, Ali K, Zulfiqar G, et al. Management of Chronic Atrophic Candidiasis (Denture Stomatitis)-A Narrative Review. Int J Environ Res Public Health. 2023;20(4):3029. PMID 36833718
  • Haute Autorité de Santé

Télécharger un guide complet au format PDF :

Mis à jour le 18 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).