DERMITE MIXTE DU VISAGE : dermatite péri orale et séborrhéique

Dermite mixte du visage : quand la dermite séborrhéique, la rosacée et la dermite péri-orale se combinent

La dermite mixte du visage désigne la coexistence, chez un même patient, de deux ou trois affections dermatologiques chroniques partageant le même terrain : dermite séborrhéique, rosacée et  dermite péri-orale. Ce tableau composite est fréquent mais souvent méconnu — chaque composante est traitée isolément, avec des résultats décevants, alors qu’une approche globale et coordonnée est nécessaire.

💡 Pourquoi une page dédiée à la dermite mixte ? Ces trois dermatoses partagent des mécanismes communs (dysrégulation du microbiome cutané, inflammation de la pilosébacée, sensibilité vasculaire) et des facteurs aggravants identiques. Leur coexistence modifie la stratégie thérapeutique — certains traitements d’une composante aggravent l’autre.
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Sommaire :
Les 3 composantes |
Terrain commun |
Reconnaître la dermite mixte |
Pièges et erreurs fréquentes |
Stratégie thérapeutique |
Soins quotidiens |
Pages associées |
Questions fréquentes

Les trois dermatoses en cause

Dermite séborrhéique (DS) du visage

La dermite séborrhéique est une dermatose inflammatoire chronique des zones riches en glandes sébacées. Sur le visage, elle touche préférentiellement les sillons naso-labiaux, les sourcils, les ailes du nez, la glabelle et les bords du cuir chevelu.

Caractéristique Détail
Aspect typique Plaques érythémateuses recouvertes de squames grasses jaunâtres, légèrement prurigineuses. Peau brillante, pores dilatés.
Mécanisme Prolifération de Malassezia (levure lipophile saprophyte) → réaction inflammatoire Th17. Sebum anormal = substrat nutritif pour Malassezia.
Évolution Chronique par poussées — aggravée par le stress, la fatigue, le froid, l’alcool, la neurologie (Parkinson, VIH).
Traitement de référence Antifongiques azolés topiques (kétoconazole, ciclopirox), dermocorticoïdes courts, inhibiteurs de calcineurine en entretien.

→ Page dédiée : Dermite séborrhéique — diagnostic et traitement complet


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DERMITE SEBORRHEIQUE
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Rosacée et couperose

La rosacée est une dermatose vasculaire et inflammatoire chronique touchant le visage, préférentiellement les joues, le nez, le menton et le front. Elle évolue en quatre stades, souvent associés chez un même patient.

Stade Aspect clinique Mécanisme
Stade I — Érythrose Rougeurs transitoires déclenchées par la chaleur, l’alcool, le soleil, les épices, le stress (flushing). Aucune lésion permanente. Hyperréactivité vasculaire — dilatation brutale des capillaires dermiques
Stade II — Couperose Érythème permanent des joues et du nez avec télangiectasies (petits vaisseaux visibles), sensation de chaleur et de tiraillement. Dilatation capillaire permanente + dysrégulation des récepteurs TRPV1
Stade III — Rosacée papulo-pustuleuse Papules et pustules sur fond érythémateux — ressemble à l’acné mais sans comédons. Brûlures fréquentes (plus que démangeaisons). Inflammation périfolliculaire + activation des peptides antimicrobiens (cathélicidines) + Demodex folliculorum
Stade IV — Rhinophyma Hypertrophie nodulaire du nez (nez bulbeux), pores très dilatés. Quasi exclusivement masculin. Hyperplasie des glandes sébacées + fibrose dermique

→ Page dédiée : Rosacée et couperose — stades, traitements, laser

Dermite péri-orale (dermatite péri-orale)

La dermite péri-orale est une dermatose inflammatoire caractérisée par de petites papules et pustules érythémateuses groupées autour de la bouche, avec respect d’un liseré blanc clair péri-labial typique. Elle peut s’étendre autour du nez (dermite péri-nasale) et autour des yeux (dermite péri-oculaire).

Caractéristique Détail
Population touchée Femmes de 20 à 45 ans principalement. Possible chez l’enfant (granulomatous periorificial dermatitis).
Aspect clinique Petites papules 1–2 mm érythémateuses, parfois pustuleuses, groupées en couronne autour de la bouche avec un liseré blanc péri-labial (zone de peau saine entre les lèvres et les papules). Légèrement prurigineuses ou brûlantes.
Causes principales Dermocorticoïdes topiques (cause n°1 de la forme floride), fluorures des dentifrices, crèmes riches occlusives, solaires épais, maquillage couvrant. Parfois sans facteur déclenchant identifié.
Traitement Arrêt de tous les topiques (dont les DC) — le rebond initial est inévitable et doit être anticipé. Métronidazole topique, doxycycline orale dans les formes sévères.

→ Page dédiée : Dermite péri-orale — causes, traitement, rebond des dermocorticoïdes

Terrain commun : pourquoi ces trois dermatoses s’associent

La coexistence de ces trois affections n’est pas un hasard. Elles partagent plusieurs mécanismes physiopathologiques :

Mécanisme partagé DS Rosacée Dermite péri-orale
Dysbiose du microbiome cutané Malassezia Demodex folliculorum ✔ déséquilibre flore folliculaire
Inflammation périfolliculaire
Barrière cutanée altérée ✔ perte hydrique ↑ ✔ sensibilité ↑ ✔ occlusion iatrogène
Sensibilité vasculaire accrue ✔ érythème réactif ✔ flushing, télangiectasies ✔ érythème de contact
Aggravation par les corticoïdes topiques ✔ rebond à l’arrêt ✔ rosacée cortisonique ✔ cause principale
Facteurs déclenchants communs Stress, chaleur, alcool, soleil, produits cosmétiques occlusifs, dermocorticoïdes
💡 Le rôle des dermocorticoïdes est central dans la dermite mixte. Prescrits pour la DS ou une rougeur non identifiée, ils soulagent transitoirement mais entretiennent et aggravent les trois composantes à long terme — créant une dépendance cutanée difficile à rompre.

Reconnaître la dermite mixte du visage

Présentation typique

Le patient atteint de dermite mixte présente typiquement :

  • Une peau réactive, sensible, qui « rougit facilement » depuis des années
  • Des squames grasses dans les sillons naso-labiaux et sourcils (composante DS)
  • Un érythème permanent des joues avec parfois des télangiectasies (composante rosacée)
  • Des papules péri-buccales récidivantes avec sensation de brûlure (composante péri-orale)
  • Un historique d’application de dermocorticoïdes — souvent en automédication prolongée
  • Une intolérance aux cosmétiques habituels, notamment les crèmes riches et les solaires épais

Cartographie des lésions selon la localisation

Zone du visage Composante principale Aspect
Sillons naso-labiaux, sourcils, glabelle Dermite séborrhéique Squames grasses jaunâtres sur fond érythémateux
Joues, nez, menton, front Rosacée Érythème permanent ± télangiectasies ± papulo-pustules
Pourtour de la bouche, péri-nasal, péri-oculaire Dermite péri-orale/péri-nasale Petites papules érythémateuses avec liseré péri-labial blanc
Tout le visage Composante commune Peau réactive, brûlures au contact des cosmétiques, érythème diffus

Diagnostic différentiel

Diagnostic à éliminer Arguments différentiels
Acné Comédons présents (points noirs/blancs) — absents dans la rosacée et la dermite péri-orale. Terrain plus jeune.
Eczéma de contact du visage Vésicules, suintement possible, bords moins nets. Patch tests positifs. Pas de liseré péri-labial.
Lupus érythémateux Érythème en aile de papillon, photosensibilité, ANA positifs, atteinte systémique possible. Biopsie et bilan immunologique.
Psoriasis du visage Squames plus épaisses et sèches, atteinte des oreilles et du cuir chevelu, antécédents familiaux, ongles possiblement atteints.
Dermatite atopique du visage Terrain atopique (asthme, rhinite), localisation typique aux paupières et au cou, prurit prédominant, lié aux acariens.
Démodécidose floride Prolifération massive de Demodex folliculorum — pustules folliculaires diffuses, prurit nocturne, confirmer par examen direct du sébum folliculaire.

Pièges thérapeutiques et erreurs fréquentes

⚠️ Les dermocorticoïdes sur le visage : le cercle vicieux
C’est le piège le plus fréquent dans la dermite mixte. Un DC prescrit pour une poussée de DS ou une rougeur non identifiée soulage en 48 h — ce qui renforce son utilisation. Mais à l’arrêt, le rebond est plus intense que la poussée initiale. Le patient remet du DC, et ainsi de suite. Ce tableau, appelé rosacée cortisonique ou dermite péri-orale cortisonique, peut durer des mois après l’arrêt définitif des DC.
Erreur fréquente Conséquence À faire à la place
DC sur le visage en automédication prolongée Rosacée cortisonique, dermite péri-orale, atrophie cutanée, télangiectasies Consultation dermatologue — sevrage progressif accompagné
Antifongique seul sans traiter la rosacée Contrôle partiel — composante vasculaire et péri-orale non traitée Approche combinée selon les composantes présentes
Crèmes riches et occlusives « pour calmer » Aggravent la DS (Malassezia) et la dermite péri-orale (occlusion) Émollients légers non comédogènes, texture gel ou fluide
Acides exfoliants (AHA, BHA) pour les squames DS Irritation sévère sur peau rosacée — brûlures, aggravation Éviter les exfoliants sur peau rosacée active
Rétinoïdes topiques en première intention Bien tolérés dans la rosacée, mais irritants initialement — aggravent la composante péri-orale Introduire très progressivement, uniquement si rosacée prédomine
Solaires épais et couvrants quotidiens Aggravent la dermite péri-orale et la DS (occlusion) Solaires minéraux légers (SPF 30+, texture fluide)

Stratégie thérapeutique de la dermite mixte

La prise en charge doit traiter chaque composante dans le bon ordre, en tenant compte des interactions thérapeutiques. L’objectif est d’obtenir un contrôle stable de chaque affection avec un minimum de traitements, puis un schéma d’entretien.

Phase 1 — Sevrage des dermocorticoïdes (si présents)

⚠️ Le sevrage en DC sur le visage est incontournable mais doit être accompagné. Le rebond initial (2 à 6 semaines) peut être sévère — rougeur intense, brûlures, œdème facial. Prévenir le patient permet d’éviter la rechute dans les DC. Le métronidazole topique et la doxycycline orale en relais atténuent le rebond.

Phase 2 — Traitement de chaque composante

Composante Traitement de première intention Entretien
Dermite séborrhéique Kétoconazole 2 % crème (Kétoderm®) ou ciclopirox 1 % (Sebiprox®) — 2 à 4 semaines. DC classe I très courte durée si poussée sévère (max 7 jours). Kétoconazole 1 application/semaine ou ciclopirox 2 ×/semaine à vie. Tacrolimus 0,03 % si intolérance aux azolés.
Rosacée — composante vasculaire Brimonidine gel 0,33 % (Mirvaso®) — vasoconstricteur topique — efficace en 30 min sur le flushing et l’érythème permanent. À la demande selon les occasions (réunion, soirée). Éviction des facteurs déclenchants : alcool, épices, soleil, chaleur.
Rosacée — composante papulo-pustuleuse Ivermectine 1 % crème (Soolantra®) — traitement de référence en 2025. Action anti-Demodex + anti-inflammatoire. Ou métronidazole 0,75 % gel (Rozex®). Ivermectine 1 ×/semaine ou métronidazole 2 ×/semaine. Doxycycline 50 mg/j (Oracea®) si forme sévère.
Dermite péri-orale Arrêt total de tous les topiques (DC, crèmes, maquillage couvrant). Métronidazole 0,75 % gel. Doxycycline 100 mg/j pendant 6 à 12 semaines dans les formes sévères. Métronidazole topique 2–3 ×/semaine. Réintroduction très prudente des cosmétiques.

Phase 3 — Traitements physiques (rosacée vasculaire)

Lorsque la composante vasculaire de la rosacée est prédominante (télangiectasies, érythème permanent), les traitements physiques offrent les meilleurs résultats à long terme :

  • Laser vasculaire (Nd:YAG 1064 nm, laser KTP 532 nm) — destruction sélective des télangiectasies et réduction de l’érythème permanent. 2 à 4 séances espacées de 4 semaines. Voir : laser cutané — indications et résultats.
  • Lumière pulsée intense (IPL) — alternative au laser, efficace sur l’érythème diffus et les petites télangiectasies.
  • Électrocoagulation — pour les télangiectasies isolées et bien visibles.
💡 Laser et dermite mixte : s’assurer que la composante inflammatoire (papulo-pustules, DS active) est contrôlée avant toute séance laser — la peau enflammée répond moins bien et le risque de rebond est plus élevé.


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Soins quotidiens et cosmétiques adaptés à la dermite mixte

La routine cosmétique est un élément thérapeutique à part entière dans la dermite mixte. Les produits habituels sont souvent inadaptés — trop riches pour la composante DS, trop irritants pour la rosacée, trop occlusifs pour la dermite péri-orale.

Étape Recommandation À éviter
Nettoyage Gel nettoyant doux sans savon, à pH physiologique (5,5) — eau tiède, pas chaude. 1 à 2 ×/j. Rincer abondamment. Savon alcalin, gommages, brosses exfoliantes, eau chaude
Hydratation Crème ou fluide non comédogène, sans alcool, sans parfum, sans lanoline. Texture légère (émulsion huile-dans-eau). Appliquer hors zones péri-orales et sillons si DS active. Crèmes riches (beurre de karité, vaseline, huiles végétales pures), pétrolatum sur les zones sébo-actives
Protection solaire Obligatoire — SPF 50, formulation minérale (dioxyde de titane, oxyde de zinc), texture fluide non grasse. Le soleil aggrave les trois composantes. Solaires chimiques parfumés, formulations très épaisses et couvrantes (aggravent la dermite péri-orale)
Maquillage Fond de teint minéral léger si nécessaire. Démaquillage doux à l’eau micellaire sans alcool. Fond de teint couvrant occlusif (aggrave la dermite péri-orale), huiles démaquillantes (aggravent la DS)
Actifs cosmétiques à privilégier Niacinamide (anti-inflammatoire, régulateur sébum), azelaic acid (rosacée), acide hyaluronique (hydratation légère), bisabolol, extrait de centella asiatica AHA/BHA (irritants sur rosacée), vitamine C pure à forte concentration (irritante), rétinoïdes sans prescription médicale
🧴 La niacinamide (vitamine B3) à 4–5 % est l’actif cosmétique le plus polyvalent dans la dermite mixte : elle réduit l’érythème et le flushing (rosacée), régule la production de sebum et inhibe Malassezia (DS), et renforce la barrière cutanée sans occlusion.

Pages associées — cluster rougeurs du visage

Questions fréquentes sur la dermite mixte du visage

Comment savoir si j’ai une dermite mixte ou juste une dermite séborrhéique ?

La DS seule touche les sillons naso-labiaux et sourcils avec des squames grasses — sans rougeur permanente des joues ni papules péri-buccales. La dermite mixte associe ces squames à un érythème stable des joues (rosacée) et/ou des papules autour de la bouche (dermite péri-orale). Si votre peau « rougit facilement », que vous ressentez des brûlures au contact des cosmétiques habituels, et que plusieurs zones du visage sont touchées avec des aspects différents — la dermite mixte est probable.

Peut-on utiliser des dermocorticoïdes sur le visage dans la dermite mixte ?

Très exceptionnellement et très brièvement (maximum 5–7 jours), uniquement sur prescription médicale, pour une poussée sévère de DS. Jamais en automédication, jamais en entretien. Les DC sont contre-indiqués dans la rosacée et la dermite péri-orale — ils aggravent les deux à l’arrêt. Ils doivent être remplacés par les inhibiteurs de calcineurine (tacrolimus, pimécrolimus) en entretien des zones sensibles.

La dermite mixte est-elle liée à Demodex folliculorum ?

Demodex folliculorum, acarien microscopique commun du follicule pileux, joue un rôle dans la rosacée papulo-pustuleuse et possiblement dans la dermite péri-orale. Sa prolifération est favorisée par les DC (qui l’immunosuppression locale) et les crèmes riches (qui constituent son substrat nutritif). L’ivermectine topique (Soolantra®) est le seul traitement ciblant spécifiquement Demodex avec une efficacité démontrée sur la rosacée.

Combien de temps dure le traitement de la dermite mixte ?

Il n’y a pas de guérison définitive — il s’agit de maladies chroniques. En revanche, un traitement bien conduit permet d’atteindre un état de contrôle stable (peau calme, sans poussée) en 2 à 4 mois, maintenu ensuite par un schéma d’entretien minimal. Le sevrage des DC, s’il y en a, est la phase la plus longue et la plus difficile (2 à 6 semaines de rebond).

Le laser peut-il traiter la dermite mixte en entier ?

Le laser vasculaire traite efficacement la composante vasculaire de la rosacée (télangiectasies, érythème permanent). Il n’agit pas sur la DS ni sur la dermite péri-orale — ces composantes nécessitent leurs traitements spécifiques. Le laser est un complément du traitement médical, pas un remplacement.

Quels actifs cosmétiques sont compatibles avec la dermite mixte ?

Les actifs les mieux tolérés sont la niacinamide (4–5 %), l’acide azélaïque (10–20 % en formule cosmétique ou médicale), l’acide hyaluronique (hydratation sans occlusion), la centella asiatica et le bisabolol. À éviter : AHA, BHA, vitamine C irritante, rétinoïdes sans encadrement médical, huiles végétales pures sur les zones sébo-actives.

Références scientifiques

Voir aussi :
Rosacée |
Dermite séborrhéique |
Dermite péri-orale |
Rougeurs du visage |
Laser vasculaire |
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LEVRE QUI PELE : les lèvres qui pèlent

Lèvre qui pèle : causes, types de chéilite et traitements

Les lèvres qui pèlent de façon persistante ne sont pas toujours une simple sécheresse passagère. Regroupées sous le terme médical de chéilite, les inflammations des lèvres ont des origines très variées — eczéma de contact, carence, infection, médicament ou lésion précancéreuse. La localisation (lèvre supérieure, inférieure, commissures) et l’aspect oriente le diagnostic.

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Tableau diagnostic — lèvre qui pèle

Type Aspect Cause principale Traitement
Chéilite exfoliative Peau qui se soulève et se détache en permanence, lèvres rouges Manie de se lécher/mordre les lèvres, stress Arrêter le comportement répétitif, émollient épais
Chéilite de contact Rougeur + desquamation + démangeaisons Rouge à lèvres, baume, dentifrice, aliment Supprimer l’allergène, dermocorticoïde court
Chéilite angulaire (perlèche) Fissures douloureuses aux commissures des lèvres Candida, carence en fer/B9/B12, prothèse dentaire Antifongique + correction de la carence
Chéilite actinique Lèvre inférieure sèche, squameuse, pâle ou blanchâtre Exposition solaire chronique, sujet âgé ⚠️ Précancéreux — consulter rapidement
Chéilite médicamenteuse Lèvres très sèches, craquelées, douloureuses Rétinoïdes (Roaccutane), chimiothérapie, lithium Émollient intensif, adapter posologie si possible
Chéilite carentielle Lèvres sèches + langue rouge + fatigue Carence en fer, vitamines B2, B9, B12 Supplémentation après bilan sanguin
Sécheresse simple / climatique Lèvres sèches, peau qui se détache, sans rougeur Froid, vent, déshydratation, respiration buccale Baume protecteur, hydratation

Chéilite exfoliative — la plus fréquente

La chéilite exfoliative est la forme la plus courante de lèvre qui pèle de façon chronique. La peau se soulève en lamelles sur toute la surface des lèvres, souvent en permanence. La grande majorité des cas est entretenue par un comportement répétitif inconscient : se lécher les lèvres, les mordiller, les gratter avec les dents ou les ongles.

Le mécanisme est un cercle vicieux : les lèvres sèchent, démangent ou tirent, l’envie de les lécher est irrésistible — la salive sèche encore davantage la peau, qui pèle à nouveau. Ce comportement est souvent exacerbé par le stress ou l’anxiété.

Traitement : prendre conscience du comportement et l’interrompre — plus facile à dire qu’à faire mais indispensable. Appliquer un émollient épais sans parfum (cold cream, vaseline, beurre de karité) toutes les heures pour couper l’envie de se lécher les lèvres.

Chéilite de contact — allergie aux produits labiaux

La chéilite de contact est une réaction allergique ou irritante aux produits appliqués sur ou près des lèvres. Elle se manifeste par des lèvres rouges, gonflées, qui pèlent et qui démangent. Les coupables les plus fréquents :

  • Rouges à lèvres et baumes — pigments, parfums, conservateurs (propylène glycol, parabènes)
  • Dentifrices — notamment ceux contenant de la cannelle ou du menthol
  • Aliments — kiwi, mangue, cannelle, menthe chez les sujets sensibles
  • Instruments de musique — nickel des cuivres, résine des anches
  • Médicaments topiques labiaux — antiseptiques, anesthésiques locaux

Un patch test réalisé par un dermatologue identifie l’allergène précis. La guérison survient en quelques jours à l’arrêt du produit responsable.

Perlèche (chéilite angulaire) — commissures qui se craquèlent

La perlèche touche les commissures des lèvres — fissures douloureuses, rouges, parfois croûteuses, aux angles de la bouche. Elle est souvent causée par Candida albicans (champignon), favorisé par la macération de salive dans les plis. Elle peut aussi révéler :

  • Une carence en fer, vitamines B2, B9 ou B12 — surtout chez les végétariens ou les personnes âgées
  • Un problème dentaire ou une prothèse mal adaptée — modifiant l’occlusion et créant des plis où la salive stagne
  • Un terrain diabétique — favorise les infections candidosiques

Traitement : antifongique local (miconazole, kétoconazole) + bilan sanguin pour éliminer une carence. Traiter la cause dentaire si nécessaire.

Chéilite actinique — lèvre inférieure qui pèle chez le sujet âgé

⚠️ Lèvre inférieure qui pèle de façon persistante chez un homme de plus de 50 ans, fumeur, avec antécédents d’exposition solaire importante : évoquer une chéilite actinique — lésion précancéreuse qui peut évoluer en carcinome épidermoïde de la lèvre. Consultez rapidement un dermatologue.

La chéilite actinique touche quasi exclusivement la lèvre inférieure (plus exposée au soleil que la supérieure). Elle se manifeste par une lèvre sèche, atrophique, pâle ou blanchâtre, parfois avec de petites érosions. Elle est liée à l’accumulation de dommages UV sur plusieurs décennies. Traitements : cryothérapie, laser CO2, imiquimod crème, ou résection chirurgicale.

Chéilite médicamenteuse — Roaccutane et autres

Certains médicaments provoquent une sécheresse labiale intense et une desquamation :

  • Isotrétinoïne (Roaccutane®) — la chéilite est quasi constante, attendue et dose-dépendante. La gérer avec des baumes épais type cold cream ou Cicaplast lèvres, appliqués très fréquemment
  • Rétinoïdes topiques (trétinoïne, adapalène) appliqués trop près des lèvres
  • Chimiothérapie (5-FU, capécitabine, sorafénib)
  • Lithium, indinavir

Sécheresse labiale simple — les faux coupables

La respiration buccale chronique (rhume, apnée du sommeil, déviation septale) dessèche mécaniquement les lèvres. Le froid, le vent et la déshydratation générale aggravent le phénomène. Les baumes à lèvres avec parfums, menthol ou camphre peuvent paradoxalement entretenir la sécheresse en irritant légèrement — préférer les baumes neutres (vaseline, cold cream, cire d’abeille).

💡 Le baume à lèvres peut créer une dépendance. Certaines personnes appliquent du baume toutes les 15 minutes sans amélioration — souvent parce que le baume lui-même irrite légèrement ou entretient le comportement de se toucher les lèvres. Tester l’arrêt complet pendant quelques jours avec de la vaseline pure peut casser le cercle vicieux.

Sources

Questions fréquentes sur les lèvres qui pèlent

Pourquoi mes lèvres pèlent-elles tout le temps malgré le baume ?

Si les lèvres pèlent en permanence malgré l’application régulière de baume, la cause est rarement une simple sécheresse. Les suspects principaux : une chéilite exfoliative entretenue par le fait de se lécher ou de gratter les lèvres inconsciemment, une allergie de contact à un ingrédient du baume lui-même (parfum, propylène glycol), ou une carence en fer ou vitamines B. Un bilan sanguin simple et une consultation dermatologique permettent de trancher.

Comment distinguer une perlèche d’un bouton de fièvre aux commissures ?

La perlèche est une fissure chronique, rouge et douloureuse, strictement localisée aux commissures des lèvres, sans vésicules — elle ne brûle pas avant d’apparaître. Le bouton de fièvre (herpès labial) débute par des picotements ou brûlures, puis des vésicules groupées en bouquet qui se rompent et forment des croûtes — il peut toucher les commissures mais aussi n’importe quel bord de lèvre. En cas de doute, un dermatologue peut prélever un frottis pour confirmer la présence du virus herpès.

Les lèvres qui pèlent peuvent-elles être un signe de carence ?

Oui — une carence en fer, vitamine B2 (riboflavine), B9 (acide folique) ou B12 peut provoquer des lèvres sèches, qui pèlent, et des perlèches aux commissures. Ce tableau est fréquent chez les végétariens stricts, les personnes âgées et les femmes ayant des règles abondantes. Un simple bilan sanguin avec dosage de la ferritine, NFS et vitamines B suffit à le confirmer.

Faut-il arrêter le rouge à lèvres si les lèvres pèlent ?

Si les lèvres ont commencé à peler après l’utilisation d’un nouveau rouge à lèvres ou baume, oui — arrêtez-le pendant 10 à 15 jours pour voir si la situation s’améliore. Si les lèvres guérissent à l’arrêt, c’est probablement une chéilite de contact. Un patch test chez un dermatologue permettra d’identifier l’ingrédient responsable précis — certains pigments, conservateurs ou parfums sont des allergènes cutanés bien connus.


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LANGUE VERTE : la langue verte, un signe de consommation de cannabis?

Langue verte

La langue verte : la langue peut se recouvrir d’un enduit verdatre dans plusieurs occasions, dont, semble-t-il la consommation de cannabis

Une étude française fait référence à un cas de langue verdatre découverte fortuitement lors d’un examen clinique, révélant une consommation de cannabis par le patient. Il existe peu de cas décrits dans la littérature médicale mondiale mais il semble que ce signe soit connu des policiers, américains notamment qui peuvent chercher lors d’une interpellation avec doute sur la prise de substances psychoactives (drogues), la « green tongue »

Signes de la maladie

La langue est couverte d’un enduit vert avec sensation de bouche sèche. Cet enduit se détache facilement à l’abaisse-langue.

Causes de langue verte

La cause de la langue verdatre peut être due à la consommation d’un aliment ou d’une boisson verte colorant la langue

La langue verdatre est cependant fréquente lorsque les patients fument du cannabis.

Les autres complications du cannabis sur le plan buccal peuvent être des leucoplasies (plaques blanches dans la bouche), des hyperkératoses (langue blanche) et un oedème (stomatite au cannabis). Il semble que l’infection par Candida albicans soit plus fréquente chez les consommateurs de cannabis.

Examens complémentaires diagnostiques

Les prélèvements mycologiques et bactériologiques sont négatifs.

Traitement

Eviction du cannabis… et élimination d’une candidose buccale

DERMATITE PERI ORALE : plaques, boutons et peau sèche autour de la bouche

Dermite péri-orale : causes, symptômes et traitement des boutons autour de la bouche

Dermite péri-orale de la femme adulte - boutons et plaques rouges autour de la bouche

La dermite péri-orale (ou dermatite péri-orale) est une dermatose inflammatoire fréquente caractérisée par des rougeurs, papules et pustules localisées autour de la bouche, parfois autour du nez et des yeux. Elle touche principalement les femmes entre 15 et 45 ans, souvent sur terrain de dermatite atopique modérée. Bien qu’elle ressemble à l’acné ou à la rosacée, elle en est distincte et ne répond pas aux mêmes traitements — voire s’aggrave avec certains d’entre eux.

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Sommaire :
Symptômes et aspect clinique |
Causes et facteurs déclenchants |
Diagnostic différentiel |
Traitement |
Forme chez l’enfant |
Questions fréquentes

Symptômes et aspect clinique

Dermite péri-orale - plaques infiltrées dans les plis du visage

La dermite péri-orale se présente typiquement comme un semis de papules et pustules érythémateuses de petite taille (1 à 3 mm), sans comédons (points noirs) — c’est le signe distinctif par rapport à l’acné. Les lésions forment un halo autour de la bouche, avec classiquement un liseré de peau saine respectant la zone immédiatement péri-labiale (la peau au contact direct des lèvres est épargnée).

La localisation est péri-buccale dans la grande majorité des cas — voir boutons autour de la bouche — mais une extension péri-nasale (ailes du nez, sillon naso-génien) et péri-oculaire est fréquente, réalisant parfois une atteinte diffuse du visage dans les formes importantes. Des plaques infiltrées peuvent se former dans les plis du visage lors des poussées sévères.

Les patients décrivent souvent un cortège de symptômes fonctionnels : démangeaisons, picotements, dysesthésies, sensation de peau irritable. Une colonisation secondaire bactérienne (staphylocoque) ou par Demodex folliculorum (démodécidose) est possible et peut compliquer le tableau.

Causes et facteurs déclenchants

La cause exacte de la dermite péri-orale reste débattue — elle serait liée à une perturbation de la barrière cutanée péri-orale sur terrain prédisposé, associée à une réponse inflammatoire dysrégulée. Plusieurs facteurs déclenchants ou aggravants sont bien documentés :

Dermocorticoïdes — premier facteur causal identifié : l’application répétée de crèmes cortisonées sur le visage (même en dehors de la zone péri-orale) est le facteur déclenchant le plus fréquent. Le paradoxe de la dermite péri-orale est que les dermocorticoïdes la soulagent à court terme mais l’entretiennent et l’aggravent à long terme — créant un cercle vicieux où le patient applique plus de cortisone pour soulager la dermite causée par la cortisone.

Cosmétiques occlusifs et crèmes riches : les crèmes grasses occlusives, certains fonds de teint, les baumes lèvres épais favorisent la macération péri-orale et déclenchent ou entretiennent la dermite.

Dentifrice fluoré : plusieurs cas de dermite péri-orale déclenchée par les dentifrices fluorés ont été publiés. Le mécanisme n’est pas élucidé. En cas de dermite péri-orale résistante, tester un dentifrice sans fluor pendant 4 semaines est une démarche diagnostique légitime.

Nettoyage excessif : le sur-nettoyage du visage avec des savons agressifs ou des démaquillants alcoolisés altère la barrière cutanée et favorise les poussées.

Exposition solaire : le soleil est un facteur aggravant reconnu — protéger la zone péri-orale en été est recommandé.

Diagnostic différentiel — comment ne pas confondre

Dermatose Points communs Différence clé
Acné Papulo-pustules, péri-oral Comédons (points noirs) présents dans l’acné — absents dans la dermite
Rosacée Papulo-pustules visage Rosacée = rougeurs diffuses + télangiectasies, aggravée chaleur/alcool
Eczéma de contact Plaques rouges péri-orales Eczéma = prurit intense + lien cosmétique + s’améliore avec cortisone
Démodécidose Pustules péri-nasales/péri-orales Démodex visible à la dermoscopie — répond à l’ivermectine
Dermite séborrhéique Plaques rouges sillon naso-génien Dermite séborrhéique = aspect gras/squameux + pellicules — répond aux antifongiques

⚠️ Erreur à ne pas faire : appliquer des dermocorticoïdes sur une dermite péri-orale — même si cela soulage transitoirement — entretient et aggrave la maladie. C’est la cause la plus fréquente de formes chroniques difficiles à traiter.

Traitement de la dermite péri-orale

Le traitement repose sur trois piliers indissociables, à conduire simultanément pendant 3 mois minimum — durée indispensable pour obtenir une rémission durable.

1. Arrêt de tous les dermocorticoïdes — mesure la plus importante, souvent la plus difficile car une aggravation transitoire (rebond) survient dans les 2 à 4 semaines suivant l’arrêt. Il faut prévenir le patient de cet effet rebond pour éviter qu’il ne reprenne la cortisone. L’arrêt doit être total — y compris les formulations légères.

2. Antibiothérapie orale — la doxycycline 100 mg/j pendant 1 mois est le traitement de référence de première intention. En cas de contre-indication (femme enceinte, enfant < 8 ans, allergie), l’érythromycine ou le métronidazole per os sont les alternatives. Des cycles peuvent être répétés en cas de rechute.

3. Traitement topique — le métronidazole topique (gel à 0,75 % ou 1 %) appliqué matin et soir en complément de l’antibiothérapie orale. L’érythromycine topique ou l’ivermectine topique sont des alternatives. À poursuivre 3 mois.

Mesures associées indispensables : simplifier au maximum la routine cosmétique (supprimer les crèmes grasses et les fonds de teint occlusifs), nettoyer le visage avec un pain dermatologique doux sans savon, protéger la zone péri-orale du soleil, changer de dentifrice si suspicion de lien avec un dentifrice fluoré.

La réponse au traitement est habituellement bonne mais lente — ne pas s’attendre à une amélioration avant 4 à 6 semaines. Les rechutes sont possibles, notamment à la reprise des corticoïdes topiques ou lors d’un changement cosmétique.

Dermite péri-orale chez l’enfant

Dermite péri-orale chez l'enfant - plaques rouges et sèches autour de la bouche aggravées par la sucette

La dermite péri-orale existe aussi chez le jeune enfant, souvent dès 6 mois et surtout avant 5-6 ans, plus fréquemment chez les petites filles. Les facteurs spécifiques à l’enfant sont la sucette (tétine) — le contact répété fragilise la peau péri-orale — et le tic de léchage des lèvres — la salive acide macère et entretient la dermite. Le traitement chez l’enfant adapte les antibiotiques oraux à l’âge (érythromycine plutôt que doxycycline avant 8 ans) et insiste sur l’arrêt de la sucette et la correction du tic de léchage. Voir l’article complet sur les boutons autour de la bouche chez l’enfant.

Questions fréquentes sur la dermite péri-orale

Combien de temps dure le traitement de la dermite péri-orale ?
Le traitement complet dure 3 mois minimum. La doxycycline orale est prescrite 1 mois, le métronidazole topique est poursuivi 3 mois. Une amélioration visible ne se constate généralement pas avant 4 à 6 semaines. Les formes chroniques entretenues par des années de dermocorticoïdes peuvent nécessiter des cycles répétés d’antibiothérapie.

La dermite péri-orale récidive-t-elle après traitement ?
Oui — les récidives sont fréquentes, surtout si les facteurs déclenchants ne sont pas corrigés (reprise de dermocorticoïdes, cosmétiques occlusifs, dentifrice fluoré). Après un premier épisode traité, éviter toute corticothérapie topique sur le visage et maintenir une routine cosmétique simplifiée réduit significativement le risque de récidive.

Peut-on se maquiller pendant le traitement de la dermite péri-orale ?
Oui, mais avec des produits non comédogènes et non occlusifs. Éviter les fonds de teint couvrants épais, les BB creams grasses et les baumes lèvres riches pendant la phase de traitement. Préférer les fonds de teint fluides non occlusifs. Démaquiller avec de l’eau micellaire douce sans rinçage pour éviter de frotter la zone péri-orale.

La dermite péri-orale est-elle contagieuse ?
Non — la dermite péri-orale n’est pas une infection et n’est pas contagieuse. Elle n’est pas transmissible par contact direct. En revanche, si une surinfection bactérienne secondaire (staphylocoque) est présente, les soins d’hygiène habituels suffisent à éviter toute propagation.

Quelle différence entre dermite péri-orale et rosacée ?
La rosacée s’accompagne de rougeurs diffuses permanentes du visage (érythrose), de télangiectasies (petits vaisseaux visibles) et est aggravée par la chaleur, l’alcool et les épices. La dermite péri-orale est strictement localisée autour de la bouche (et parfois du nez et des yeux), sans érythrose de fond ni télangiectasies. Les deux peuvent coexister. Le traitement par tétracyclines (doxycycline) est commun aux deux maladies.

Recherche bibliographique : PubMed — perioral dermatitis.


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HERPES : l’herpès, cause, symptomes, contamination

Herpès : causes, contamination, types et traitement — guide complet

Herpès - lésions cutanées herpétiques

L’herpès est une infection virale par le virus Herpes Simplex (HSV) qui touche la peau et les muqueuses. C’est l’une des infections virales humaines les plus fréquentes au monde — en France, environ 70 % de la population est porteuse de HSV1 à l’âge adulte. Une fois contracté, le virus ne disparaît jamais : il reste latent dans les ganglions sensitifs et se réactive périodiquement, provoquant des poussées récurrentes. Des traitements efficaces permettent de réduire la durée et la fréquence des crises, et de prévenir les récidives.

Poussée d’herpès, questions sur la contagiosité, traitement préventif ?
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Sommaire :
Les virus HSV1 et HSV2 |
Contamination et latence |
Types d’infections |
Les différentes formes d’herpès |
Formes graves et urgences |
Traitement |
Qualité de vie |
Questions fréquentes

Les virus HSV1 et HSV2 — épidémiologie

Herpès labial - bouton de fièvre sur la lèvre

L’herpès est causé par deux virus de la famille Herpesviridae : HSV1 (Herpes Simplex Virus de type 1) et HSV2. Ces virus sont strictement humains — non transmissibles à l’animal.

HSV1 est le virus le plus répandu : il infecte environ 70 % de la population française et est responsable de la grande majorité des herpès labiaux (boutons de fièvre). HSV2 est classiquement associé à l’herpès génital et concerne environ 20 % de la population. À l’âge de 50 ans, environ 60 % de la population est séropositive pour HSV1 et 15 % pour HSV2.

La distinction HSV1/HSV2 n’est toutefois pas absolue : 20 à 40 % des herpès génitaux sont dus à HSV1 par transmission oro-génitale (pratiques bucco-génitales). Et HSV1 peut provoquer un herpès génital cliniquement identique à un herpès à HSV2.

Contamination, latence et réactivation

Les virus HSV se transmettent par contact direct avec la peau ou les muqueuses infectées — même en l’absence de lésion visible. C’est le point le plus important à comprendre sur la contagiosité de l’herpès : une personne peut transmettre le virus sans avoir de bouton apparent, par excrétion virale asymptomatique dans la salive ou les sécrétions génitales.

L’incubation dure entre 2 et 12 jours après la contamination. Lors de la primo-infection, le virus pénètre dans la peau ou la muqueuse et « remonte » le long des nerfs sensitifs pour se réfugier dans les ganglions sensitifs — le ganglion trigéminé pour l’herpès labial, le ganglion sacré pour l’herpès génital. Une fois dans les ganglions, le virus est hors d’atteinte du système immunitaire et des antiviraux.

La réactivation survient lors de situations favorisantes : fatigue, fièvre, stress, règles, exposition solaire, immunodépression, prise de cortisone, rapport sexuel, chirurgie, actes dermo-esthétiques (injections de filler, laser cutané, dermabrasion). Les particules virales « descendent » alors le long des nerfs et se répliquent sur la peau, toujours au même endroit d’une poussée à l’autre.

Les trois types d’infections herpétiques

Primo-infection : premier contact infectant avec HSV1 ou HSV2. Elle peut être totalement asymptomatique (60 à 70 % des cas) ou, au contraire, très sévère — gingivostomatite herpétique fébrile avec lésions buccales douloureuses chez l’enfant, vulvovaginite herpétique chez la femme.

Primo-infection herpétique chez l'enfant - gingivostomatite
Lésions des gencives et lèvres lors de la primo-infection herpétique

Infection initiale : premier contact infectant avec HSV1 ou HSV2 chez une personne déjà infectée par l’autre sérotype. Les symptômes sont souvent moins sévères que lors d’une primo-infection vraie, car l’immunité croisée partielle entre les deux types modère la réponse.

Réactivation (récurrence) : réplication virale après latence. Elle peut être clinique (éruption visible) ou asymptomatique (excrétion virale sans lésion — la personne est contagieuse sans le savoir). C’est pourquoi chacune des phases peut n’avoir aucun signe clinique apparent.

Les différentes formes d’herpès

Herpès labial — bouton de fièvre

Herpès labial bouton de fièvre - vésicules groupées sur la lèvre
Herpès labial au stade croûteux
Herpès de la lèvre chez l'enfant

L’herpès labial est dû à HSV1 dans la grande majorité des cas. La primo-infection survient souvent dans l’enfance (baiser d’un proche porteur). Les récurrences se manifestent par des vésicules groupées en bouquet, précédées de picotements ou de brûlures caractéristiques, toujours au même endroit (coin de la lèvre, vermillon). Évolution en 5 à 7 jours : vésicules → pustules → croûtes → cicatrisation. Déclencheurs classiques : soleil, fièvre, fatigue, stress.

Herpès génital

Herpès génital de l'homme - ulcérations herpétiques
Herpès génital de la femme

L’herpès génital est une infection sexuellement transmissible (IST) — un bilan IST complet est recommandé lors du diagnostic. Il est dû à HSV2 dans 60-80 % des cas, mais HSV1 représente 20 à 40 % des herpès génitaux par transmission oro-génitale. La primo-infection génitale peut être très sévère (ulcérations douloureuses, fièvre, adénopathies inguinales). Les récurrences sont souvent moins sévères. La transmission est possible même sans lésion visible — le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque.

Herpès cutané — vésicules en bouquet

Vésicules en bouquet évocatrices d'herpès de la fesse

L’herpès peut surgir sur d’autres zones cutanées initialement contaminées — fesses, dos, cuisses — sous forme de vésicules groupées en bouquet érythémateux, récurrentes toujours au même endroit. À distinguer du zona qui est strictement unilatéral et ne récidive quasiment jamais.

Panaris herpétique

Herpès du doigt - panaris herpétique

Le panaris herpétique est une infection herpétique du doigt — souvent une primo-contamination par contact avec une lésion herpétique active (professionnel de santé, enfant se suçant le pouce porteur d’herpès buccal). Vésicules douloureuses péri-unguéales, pouvant mimer un panaris bactérien. Ne jamais inciser — la lésion est virale et non bactérienne.

Formes graves et situations d’urgence

Herpès oculaire — urgence ophtalmologique

Herpès oculaire - œil rouge et douloureux

L’herpès oculaire (kératite herpétique) donne un œil rouge, douloureux et flouurgence ophtalmologique. Non traité, il peut provoquer des séquelles cornéennes irréversibles. Le traitement repose sur les antiviraux locaux : ganciclovir gel ophtalmique 0,15 % (Virgan®), idoxuridine (Iduviran® collyre), trifluridine 1 % (Triherpine®, Virophta® collyre), en association ou non avec l’aciclovir oral. Ne jamais utiliser de collyre cortisoné seul sur un œil rouge sans diagnostic ophtalmologique.

Syndrome de Kaposi-Juliusberg — urgence pédiatrique

Syndrome de Kaposi-Juliusberg chez un enfant atopique - herpès disséminé

Chez les enfants atteints d’eczéma atopique, le contact avec le virus herpétique peut déclencher une poussée herpétique disséminée — le syndrome de Kaposi-Juliusberg (ou eczéma herpéticum). Vésicules et érosions disséminées sur tout le corps, fièvre élevée, altération de l’état général. C’est une urgence pédiatrique nécessitant une hospitalisation et un traitement par aciclovir IV. Les parents d’enfants atopiques doivent être informés de ne pas embrasser leur enfant lors d’une poussée d’herpès labial actif.

Herpès et grossesse

L’herpès néonatal — contamination du nouveau-né lors de l’accouchement par une mère excrétant le virus — est une urgence médicale grave (mortalité élevée sans traitement, séquelles neurologiques). Une femme enceinte avec antécédent d’herpès génital doit en informer son obstétricien. Un traitement suppressif par valaciclovir est souvent prescrit à partir de 36 semaines d’aménorrhée pour prévenir une récurrence à l’accouchement. Une lésion herpétique génitale active au moment du travail peut conduire à une césarienne.

Traitement de l’herpès

Il n’existe pas de traitement éradicateur — le virus reste à vie dans les ganglions. Les antiviraux disponibles réduisent la durée et la sévérité des poussées et peuvent prévenir les récidives.

Traitement de la crise (curatif) : aciclovir topique (crème 5 %) appliqué dès les premiers picotements — raccourcit la durée si débuté précocement. Pour les formes modérées à sévères ou l’herpès génital : valaciclovir oral (500 mg × 2/j pendant 5 jours pour l’herpès labial, 1 g × 2/j pour l’herpès génital). L’efficacité est maximale si le traitement est débuté dans les 24 à 48 heures suivant l’apparition des symptômes — idéalement dès les prodromes (picotements).

Traitement suppressif (préventif) : pour les patients avec récurrences fréquentes (plus de 6 épisodes par an) ou herpès génital avec retentissement important — valaciclovir 500 mg/j en continu pendant 6 à 12 mois. Réduit la fréquence des poussées de 70 à 80 % et diminue (sans éliminer) le risque de transmission au partenaire. À discuter avec le médecin.

Voir l’article complet : Traitement de l’herpès — aciclovir, valaciclovir, prophylaxie.

Retentissement sur la qualité de vie

L’herpès a un impact psychologique souvent sous-estimé. L’herpès labial affecte l’image de soi et les interactions sociales lors des poussées. L’herpès génital perturbe plus profondément la sexualité et les relations intimes — la crainte de la transmission au partenaire, la stigmatisation associée aux IST et l’annonce au partenaire sont des sources d’anxiété importantes. Le traitement suppressif, en réduisant la fréquence des poussées, améliore significativement la qualité de vie et diminue l’anxiété liée à la transmission.

Questions fréquentes

J’ai un bouton de fièvre dès que je suis fatigué — est-ce normal ?
Oui, c’est le mécanisme classique de l’herpès labial. Le virus HSV1 reste latent dans le ganglion trigéminé et se réactive lors de situations qui fragilisent l’immunité locale — fatigue, stress, fièvre, exposition solaire, règles. Il n’est pas possible d’éradiquer le virus. En revanche, appliquer de l’aciclovir crème dès les premiers picotements raccourcit la durée de la poussée. En cas de poussées fréquentes (plus de 6/an), un traitement préventif oral par valaciclovir peut être prescrit par le médecin.

Peut-on transmettre l’herpès sans avoir de bouton visible ?
Oui — c’est le point le plus important sur la contagiosité de l’herpès. L’excrétion virale asymptomatique dans la salive ou les sécrétions génitales est responsable de la majorité des transmissions. Une personne porteuse d’HSV1 peut contaminer un partenaire par un baiser même en l’absence total de lésion visible. Pour l’herpès génital, le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque de transmission asymptomatique.

L’herpès génital et l’herpès labial sont-ils le même virus ?
Non exactement — HSV1 cause classiquement l’herpès labial et HSV2 l’herpès génital, mais cette distinction n’est pas absolue. HSV1 représente 20 à 40 % des herpès génitaux, transmis par voie oro-génitale. Un herpès génital à HSV1 récidive généralement moins fréquemment qu’un herpès génital à HSV2.

L’herpès peut-il affecter les yeux ?
Oui — l’herpès oculaire (kératite herpétique) est une urgence ophtalmologique. Tout œil rouge et douloureux chez un porteur d’herpès doit être examiné en urgence par un ophtalmologue. Ne jamais utiliser de collyre cortisoné sans diagnostic précis — les corticoïdes aggravent massivement l’herpès oculaire.

Mon enfant a de l’eczéma — quel risque avec l’herpès ?
Risque important : les enfants atopiques peuvent développer un eczéma herpéticum (syndrome de Kaposi-Juliusberg) — herpès disséminé grave nécessitant une hospitalisation. Ne jamais embrasser un enfant atopique lors d’une poussée d’herpès labial actif. Informer tous les proches porteurs d’herpès labial de cette précaution.

Recherche bibliographique : PubMed — Herpes simplex | Articles : Herpès labial | Herpès génital | Traitement de l’herpès


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LANGUE GEOGRAPHIQUE : la langue geographique

Langue geographique

La langue qui dessine des volutes est un phénomène assez courant d’origine inconnue, appelée langue géographique

langue geographique

Elle a aussi été appelée glossite exfoliatrice marginée mais, actuellement, c’est le terme de glossite migratrice bénigne qui est utilisé plutot que langue geographique.

Elle touche 1 à 2,5% de la population, à tous les âges, mais elle est fréquente chez les enfants.

Signes de la maladie

Aspect de glossite exfoliée marginée :  petites plaques rouge rosées correspondant à la disparition des papilles filiformes, bordées d’un liseré blanchâtre à la jonction avec la muqueuse normale, dessinant une « carte géographique » dont la forme varie d’un jour à l’autre : les lésions évoluent par poussées et régressent spontanément en quelques semaines à mois. Des rémissions de plusieurs années sont possibles..

Elle est parfois associée à la sensation de goût métallique ou de brûlures au contact de certains aliments.

Cause

La cause de la langue géographique n’est pas connue. Il existe parfois un terrain familial. Elle est souvent idiopathique, mais parfois considérée comme un signe mineur de psoriasis (risque de psoriasis pustuleux?) voire de dermatite atopique. La langue géographique est associée dans près de 50% des cas à une langue plicaturée, elle aussi parfois associée à un psoriasis.

 

Examens complémentaires diagnostiques

aucun

Traitement

Abstention et rassurer le patient quant à la bénignité de son problème

Eliminer les plats chauds ou épicés pendant les poussées. Une solution de trétinoïne  peut être proposée  avec un coton-tige, sur les bordures blanches pour les atténuer

Ont aussi été publiés des tentatives avec Bétaméthasone en bain de bouche, deux fois par jour pendant 1 à 2 semaines, et chez l’enfant des applications locales d’anti-inflammatoires (Pansoral®)

FISSURE AU COIN DES LEVRES : une plaie au coin de la bouche (perleche)

Perlèche : fissure au coin de la bouche — causes, facteurs favorisants et traitements

La perlèche est une fissure douloureuse siégeant au niveau de la commissure buccale — le coin des lèvres. Elle résulte le plus souvent d’une candidose cutanée (champignon) ou d’une infection bactérienne à Staphylocoque doré, parfois des deux combinées. Elle concerne surtout l’enfant, le jeune adulte et les personnes âgées, et nécessite une consultation médicale pour identifier la cause et adapter le traitement.

Une fissure au coin de la bouche qui ne guérit pas malgré les soins habituels ?
Un avis dermatologique permet d’identifier la cause précise — bactérienne, fongique ou autre — et d’instaurer le traitement adapté.
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Perleche : peau sèche au coin des lèvres
Perleche : peau sèche au coin des lèvres

Sommaire :
Symptômes |
Causes |
Facteurs favorisants |
Traitement perlèche bactérienne |
Traitement perlèche candidosique |
Pages liées |
Questions fréquentes

Symptômes et aspect clinique

La perlèche débute généralement au fond du pli de la commissure buccale et s’étend progressivement. Elle touche surtout l’enfant et le jeune adulte, mais aussi les personnes âgées édentées.

Aspect Orientation diagnostique
Peau rouge et luisante — parfois recouverte d’un enduit blanchâtre — fissure au fond du pli Perlèche candidosique (Candida albicans)
Croûtes jaunes « comme du miel » — aspect impétiginisé Perlèche bactérienne à Staphylocoque doré — ou surinfection bactérienne d’une perlèche candidosique
Lésion unilatérale, papuleuse, infiltrée, indolore — aspect « coupé en deux » Syphilis secondaire — sérologie indispensable pour confirmer
💡 La perlèche est souvent l’extension à la peau d’une candidose buccale associée — rechercher des signes de muguet buccal concomitant est donc systématique lors de l’examen.

Causes : trois origines à distinguer

Cause Agent en cause Profil typique Réservoir / mode de contamination
Perlèche bactérienne Staphylocoque doré Adulte jeune — croûtes jaunes meliceuses Réservoir nasal — contamination par manuportage (doigts portés au nez puis à la bouche)
Perlèche candidosique Candida albicans Nourrissons, personnes âgées — aspect rouge luisant, enduit blanchâtre Réservoir buccal — peut exister avec ou sans candidose buccale associée
Perlèche syphilitique Treponema pallidum (syphilis secondaire) Unilatérale — papuleuse, infiltrée, indolore — « coupée en deux » Sérologie TPHA-VDRL positive — contexte IST à évoquer
⚠️ Ne pas manquer la syphilis : une perlèche unilatérale, indolore et infiltrée résistant aux traitements habituels doit faire évoquer une syphilis secondaire — une sérologie syphilitique (TPHA-VDRL) permet de le confirmer ou d’infirmer.

Facteurs favorisants

Facteurs locaux

Facteur Mécanisme favorisant
Affaissement des plis chez les personnes âgées, édentées, ou porteuses de prothèses dentaires inadaptées Approfondissement du pli → macération chronique
Écoulement permanent de salive dans le pli Macération et acidification locale favorisant Candida
Traumatismes (soins dentaires, écarteurs) Effraction cutanée facilitant la colonisation
Sécheresse buccale Diminution des défenses muqueuses locales
Tic de léchage Macération et irritation répétée des commissures
Alimentation sucrée excessive Favorise la prolifération de Candida
Inhalation (nasale ou buccale) de cortisone Immunosuppression locale — terrain favorable aux mycoses
Application de rétinoïdes locaux Irritation et fragilisation de la peau péri-buccale

Facteurs généraux

Catégorie Exemples
Maladies générales Immunodépression (transplantation d’organes…), diabète, maladie de Crohn, neutropénie, cancers, trisomie 21, syndrome de Gougerot-Sjögren, anorexie mentale
Maladies dermatologiques Eczéma atopique, psoriasis du visage, dermite séborrhéique, eczéma de contact
Carences nutritionnelles Vitamines A, B1, B2, B3, B6, B12 — déficit en zinc, acide folique ou fer
Médicaments Antibiotiques, cortisone, immunosuppresseurs, rétinoïdes (acitrétinoïde, isotrétinoïne), chimiothérapies, sartans


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Traitement de la perlèche bactérienne (Staphylocoque doré)

Étape Traitement Détail pratique
Soins de base Toilette locale à l’eau et au savon Deux fois par jour — séchage soigneux du pli
Si signes infectieux marqués Antiseptiques locaux doux Dérivés iodés (Bétadine® solution dermique ou gargarisme), hexamidine (Hexomédine® solution), chlorhexidine aqueuse (Diaseptyl® lotion)
Si suintement Produits asséchants Cytelium® ou Cicalfate® lotion pour assécher le pli suintant
Antibiothérapie locale Acide fusidique (Fucidine®), Mupiderm® 3 fois par jour — à poursuivre 1 à 2 semaines après la disparition complète des lésions
Portage nasal Traitement simultané des narines Appliquer la même crème antibiotique dans les narines avec un tube séparé — le réservoir nasal est la source principale de recontamination
📌 Point clé anti-récidive : traiter le portage nasal simultanément est indispensable — sans cela, la recontamination par manuportage (doigts portés au nez puis à la commissure) est quasi certaine.

Traitement de la perlèche candidosique

Lutter contre les facteurs favorisants

Avant tout traitement, il faut corriger les facteurs favorisants : lutter contre la sécheresse buccale, traiter un diabète, arrêter ou adapter un traitement antibiotique ou immunosuppresseur si possible. Les bains de bouche avec une demi-cuillère à café de bicarbonate de sodium dans un petit verre d’eau permettent de désacidifier la bouche et de créer un environnement défavorable à Candida.

Traitement de la candidose buccale associée — adulte immunocompétent

Quand une candidose buccale est associée, elle doit être traitée simultanément.

Antifongique local Forme Posologie Durée
Nystatine (Mycostatine®) Comprimés gynécologiques 100 000 UI à sucer 4 à 6 cp/j 1 à 3 semaines
Amphotéricine B (Fungizone®) Suspension orale 4 cuillères à café en 2–3 prises (1,5 à 2 g/j) 1 à 3 semaines
Miconazole (Daktarin®) Gel buccal 2 cuillères-mesure 4 fois par jour 1 à 3 semaines
💡 Règles d’utilisation des antifongiques buccaux : les prendre à distance des repas et des boissons — les maintenir en contact avec la muqueuse quelques minutes avant d’avaler. Ne pas prendre simultanément des laxatifs, de l’huile de paraffine ou des accélérateurs du transit. Le Daktarin® (miconazole) peut potentialiser les anticoagulants anti-vitamine K et les sulfamides hypoglycémiants — signaler ces traitements au médecin.

Traitement de la candidose buccale — adulte immunodéprimé

Chez l’adulte immunodéprimé, un traitement antifongique par comprimés est associé au traitement local. Des traitements préventifs des récidives sont souvent nécessaires (Nizoral®, Triflucan® ou Sporanox®) — à discuter avec le médecin selon le degré d’immunodépression.

Traitement du muguet buccal chez le bébé et l’enfant

Médicament Forme Posologie pédiatrique
Nystatine (Mycostatine®) Suspension buvable 5 à 30 doses/j pour les nourrissons — 10 à 40 doses/j pour les enfants — en 4 prises/j
Amphotéricine B (Fungizone®) Suspension 1 cuillère à café/10 kg/24 h en 2–3 prises (50 mg/kg/j)
Miconazole (Daktarin®) Gel buccal 1 cuillère-mesure (2,5 mL) 4 fois par jour

Traitement de la fissure candidosique (application locale)

Un antifongique topique est appliqué directement sur la fissure en complément du traitement buccal :

Produit Posologie Durée
Mycoster® crème 2 fois par jour 21 jours
Lamisil® crème 1 fois par jour 7 jours
Dérivés imidazolés (crème, gel, lotion, émulsion) 1 à 2 fois par jour 14 à 21 jours
📌 En cas de surinfection bactérienne associée (croûtes jaunes meliceuses sur fond de perlèche candidosique), le traitement combine antifongique local ET antibiothérapie locale à l’acide fusidique (Fucidine®) ou Mupiderm®.

Pages liées

Maladies de peau favorisantes
Eczéma atopique
Psoriasis du visage
Dermite séborrhéique
Eczéma de contact

Questions fréquentes

Comment savoir si ma perlèche est bactérienne ou candidosique ?

L’aspect clinique oriente le diagnostic : des croûtes jaunes « comme du miel » orientent fortement vers une cause bactérienne à Staphylocoque doré. Un aspect rouge luisant avec enduit blanchâtre et absence de croûtes jaunes est plus évocateur d’une candidose. La surinfection peut associer les deux. Seul un médecin peut confirmer le diagnostic — et si nécessaire, prescrire un prélèvement bactériologique ou mycologique pour guider le traitement.

Pourquoi ma perlèche récidive-t-elle malgré le traitement antibiotique ?

La première cause de récidive est le portage nasal de Staphylocoque doré non traité. Le réservoir du germe est dans le nez, et la recontamination se fait par manuportage — les doigts portés au nez puis au coin des lèvres. Il est indispensable de traiter les narines simultanément avec un tube séparé du même antibiotique local. Si les récidives persistent malgré ce traitement, une autre cause (candidose sous-jacente, maladie générale, carence) doit être recherchée.

La perlèche peut-elle être le signe d’une maladie grave ?

Dans la grande majorité des cas, la perlèche est une infection bénigne. Mais une perlèche récidivante ou résistante aux traitements peut révéler un diabète méconnu, une immunodépression, une carence en fer ou en vitamines B, ou plus rarement une syphilis secondaire. Une perlèche unilatérale, indolore et infiltrée doit particulièrement alerter et justifie une sérologie syphilitique.

Le muguet buccal du bébé peut-il provoquer une perlèche ?

Oui — la perlèche candidosique est fréquente chez le nourrisson, souvent associée à un muguet buccal (candidose de la bouche). Les deux doivent être traités simultanément. Chez le bébé, il faut également traiter les mamelons de la mère si elle allaite, pour éviter les recontaminations croisées.

Peut-on appliquer de la cortisone sur une perlèche ?

Non sans diagnostic préalable — appliquer de la cortisone sur une perlèche candidosique ou bactérienne non traitée aggrave l’infection en levant les défenses immunitaires locales. Si une composante inflammatoire ou eczémateuse est suspectée, seul le médecin peut décider d’associer une crème cortisonée à un traitement anti-infectieux adapté.

Voir aussi :
Candidoses |
Mycose de la bouche |
Staphylocoque doré |
Syphilis |
Antifongiques


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SCARLATINE : la scarlatine, cause, symptomes et traitement

La scarlatine

Qu’est-ce que c’est?

La scarlatine est une pharyngite à streptocoque du groupe A, ayant la
faculté de diffuser dans l’organisme des toxines qui provoquent une éruption cutanée.

La scarlatine s’attrape donc comme une autre pharyngite, par
contact avec des sujets atteints, voire porteurs asymptomatiques du
streptocoque A.

Symptomes

Un des signes précurseurs de l’éruption cutanée caractère
marqué des signes fonctionnels accompagnant la pharyngite : fièvre elevée (39-40°C), vomissements, fatigue, douleurs abdominales…

L’éruption apparaît généralement 24 à 48h après, sous la forme d’une éruption débutant le plus souvent au cou, puis s’étendant rapidement au tronc puis aux membres, ayant pour particularité de desquamer ensuite, disparaissant sans séquelles cutanées.

Traitement

Le médecin prescrit des antibiotiques. Le traitement antibiotique est important car la scarlatine peut se compliquer d’atteintes profondes (cardiaques, rénales… ).

VASCULARITE : l’angéite ou vasculite

Vascularite

Vascularite avec purpura infiltré des jambes

La vascularite, encore appelée vasculite ou angéite, est une inflammation des parois des vaisseaux aboutissant à des dégats de la paroi vasculaire.
Elle peut concerner les gros vaisseaux (aorte et ses branches), jusqu’aux capillaires, veinules et artérioles (vascularite des petits vaisseaux). Entre deux se situe la vascularite des moyens vaisseaux. On la découpe donc en trois groupes en fonction du diamètre des vaisseaux concernés.

Classification des vascularites

A/ Vascularite des gros vaisseaux (aorte et ses branches)

A.1/ Maladie de Horton

A.2/ Maladie de Takayasu

B/ Vascularite des moyens vaisseaux

B.1/ Péri Artérite noueuse ou PAN

B.2/ Maladie de Buerger

B.3/ Maladie de Kawasaki

C/ Vascularites des petits vaisseaux (capillaires, artérioles, veinules)

C.1/ Maladie du Sang et le la moelle

Leucémie, lymphome, myélome..

C.2/ Infection

  • bactérienne : streptocoque, cocci à Gram négatif (gonocoque et méningocoque)
  • virale : hépatites, MNI,VIH…
  • parasitaire : paludisme…
  • fongique : Candida albicans…

C.3/ Néoplasie

C.4/ Iatrogène

  • médicament : antibiotiques (pénicillines, sulfamides, quininolones… ), allopurinol, diuretiques thiazidiques, rétinoïdes, cytokines…
  • vaccin…

C.5/ Idiopathique dans 50% des cas…

C.6/ Auto immun et immunologique

  • Cryoglobulinémies de type II (mixtes monoclonales) et III (mixtes polyclonales), associées à une maladie auto-immune, à une infection (surtout hépatite C) ou à une hémopathie
  • Hypocomplémentémie (vascularite urticarienne de Mac Duffie)
  • Hyperglobulinémie (purpura hyperglobulinémique de Waldenström)
  • Connectivites : lupus, syndrome de Gougerot-Sjögren, polyarthrite rhumatoïde…
  • Déficit en α1-antitrypsine
  • Vascularites associées aux ANCA (anticorps anti cytoplasme des polynucléaires neutrophiles) :

 

A/ Vascularite des gros vaisseaux (aorte et ses branches)

A.1/ Maladie de Horton

A.1.1/ Symptomes

La maladie de Horton est une vascularite d’origine mal connue atteignant les personnes de plus de 60 ans. La vascularite concerne le réseau carotidien externe : les signes sont donc ischémiques au visage et sur le cuir chevelu (augmentation de volume et douleur des artères temporales, claudication mandibulaire, nécroses de la langue et des lèvres ou du cuir chevelu, maux de tête, douleurs et une hypersensibilité du cuir chevelu) .

L’atteinte ophtalmologique (baisse d’acuité visuelle, paralysie oculo-motrice, ptosis, anomalie pupillaire) peut être grave et mener à la cécité par névrite optique ischémique généralement irréversible.

L’ensemble survient souvent dans un contexte d’altération de l’état général, de fièvre, d’anomalies vasculaires (claudication d’un membre, anévrysmes artériels inflammatoires aortiques, accidents vasculaires cérébraux, ischémie myocardique ou digestive, syndrome de Raynaud), rhumatologiques (pseudo-polyarthrite rhizomélique) ou respiratoires (toux sèche inexpliquée).

A.1.2/ examens

Syndrome inflammatoire majeur (vitesse de sédimentation supérieure à 80 mm à la 1ère heure).

Echographie couleur-Doppler artériel : anomalies de flux artériel associées à un halo inflammatoire péri-artériel.

Biopsie pour examen anatomopathologique au microscope d’un fragment artériel, le plus souvent l’artère temporale superficielle d’une taille d’au moins 3 cm.

A.1.3/ Traitement

Corticothérapie par voie orale au long cours, d’où des risques chez les personnes agées

A.2/ Maladie de Takayasu

La maladie de Takayasu ou « maladie des femmes sans pouls » est une vascularite d’origine mal connue, touchant tout l’arc aortique et ses branches (artères coronaires, carotides, sous-clavières, vertébrales, rénales, iliaques) ainsi que des artères pulmonaires d’où son nom de « syndrome de l’arc aortique« .

Cette maladie rare touche surtout la femme jeune entre 20 et 35 ans. On la rencontre plus fréquemment en Asie.

A.2.1/ Symptomes

On distingue la période aiguë, dite pré-occlusive et la période occlusive.

A.2.1.1/ Période pré-occlusive

Cette période est caractérisée par l’apparition de signes généraux peu spécifiques (fièvre, douleurs articulaires, altération de l’état général, amaigrissement… ).

Parfois on constate des douleurs de l’œil, des troubles de la vision, un érythème noueux
Puis apparaissent des douleurs cervicales le long du trajet de l’artère carotide (carotinodynies) plus évocatrices de la maladie, des douleurs des membres supérieurs, une faiblesse ou une fatigabilité plus prononcée d’un côté à l’autre.

A.2.1.2/ Période occlusive

A ce stade les artères deviennent rétrécies (sténoses) ou bien occluses. On peut s’en rendre compte fortuitement lors de la prise de la pression artérielle différente entre les 2 bras ou une absence de pouls par endroits.

A.2.2/ Examens complémentaires

L’échographie-couleur Doppler artérielle, l’angio-scanner, ou encore l’angio-IRM, le TEP-scanner (tomographie par émission de positons) et l’artériographie montrent des sténoses en « flamme de bougie » ou en « queue de radis« , des occlusions artérielles ou des anévrysmes, des inflammations de la paroi de l’aorte (aortite).

2.3/ Traitement médical

Il repose sur la corticothérapie durant un à deux ans parfois associé à un traitement immunosuppresseur (méthotrexate, azathioprine, mycophénolate mofétil).
En cas de résistance au traitement, des biothérapies peuvent être tentées : anti-TNF (Tumor Necrosis Factor) (infliximab) ou anti-récepteurs de l’interleukine 6 (tocilizumab)

B/ Vascularite des moyens vaisseaux

B.1/ Péri Artérite noueuse ou PAN

La périartérite noueuse (PAN) est une vascularite nécrosante très rare pouvant concerner de nombreux organes, dont la cause est mal connue (certaines formes seraient liées au virus de l’hépatite B).

B.1.1/ Symptomes

B.1.1.1/ Signes généraux

Les patients ont souvent une altération de l’état général avec amaigrissement, fièvre

B.1.1.2/ Douleurs musculaires

Les douleurs musculaires sont présentes dans la moitié des cas. Elles sont intenses, diffuses, spontanées ou déclenchées par la pression, pouvant clouer le patient au lit du fait l’intensité des douleurs et de la fonte musculaire

B.1.1.3/ Douleurs articulaires

Les douleurs prédominent sur les grosses articulations périphériques : genoux, chevilles, coudes et poignets.

B.1.1.4/ Manifestations neurologiques

On constate souvent une multinévrite (inflammation à la fois de plusieurs nerfs) tels que le sciatique, le poplité externe ou interne, les nerf radial, cubital ou médian et elles sont souvent associées à un œdème segmentaire distal puis une atrophie des muscles innervés par le nerf concerné.

La vascularite peut aussi concerner le cerveau plus rarement, pouvant donner une épilepsie, une hémiplégie, des accidents vasculaires cérébraux, ischémiques ou hémorragiques.

B.1.1.5/ Manifestations cutanées

Le signe évocateur de vascularite est le purpura (taches violacées qui ne s’effaçent pas lorsqu’on appuie dessus) infiltré, surtout aux membres inférieurs ou un livedo, formant des sortes de mailles (livedo reticularis) ou marbrures (livedo racemosa) violacées sur les jambes. On peut aussi constater un phénomène de Raynaud (quelques doigts blanchissent au froid), voire des gangrènes de doigt ou d’orteil.

B.1.1.6/ Manifestations uro génitales

L’orchite (inflammation d’un testicule) est une des manifestations les plus typiques de la PAN, due à une vascularite de l’artère testiculaire pouvant aboutir à une nécrose testiculaire.

B.1.1.7/ Manifestations cardiovasculaires

La PAN provoque une insuffisance cardiaque et une hypertension artérielle pouvant être graves.

B.1.1.8/ Manifestations digestives

1/3 des patients atteints de PAN ont des douleurs abdominales dues à une vascularite du tube digestif pouvant évoluer en hémorragie digestive voire en une perforation de l’intestin grêle.

Critères de diagnostic de la périartérite noueuse selon l’American College of Rheumatology

  • Amaigrissement > 4kg
  • Livedo reticularis
  • Douleur ou sensibilité testiculaire
  • Myalgies diffuses, faiblesse musculaire ou sensibilité des membres inférieurs
  • Mono- ou polyneuropathie
  • Pression diastolique > 90 mmHg
  • Insuffisance rénale (urée > 14,3 mmol/l ou créatininémie > 132 μmol/l)
  • Présence de l’antigène HBs ou de l’anticorps anti-HBs dans le sérum
  • Anomalie artériographique (anévrysme et/ou occlusion des artères viscérales)
  • Biopsie d’une artère de petit ou moyen calibre montrant la présence de polynucléaires dans la paroi artérielle

Chez un sujet atteint de vascularite, la présence de 3 des 10 critères diagnostique une périartérite noueuse dans 85% des cas.

B.1.2/ Examens complémentaires

Un syndrome inflammatoire est présent chez la majorité des patients atteints de PAN (augmentation de la vitesse de sédimentation à plus de 60 mm à la première heure, de la C Réactive Protéine… ), ainsi qu’une hyper éosinophilie majeure (augmentation des globules blancs polynucléaires éosinophiles).

L’infection par l’hépatite B se traduit par la présence de l’antigène HBs chez environ ¼ à 1/3 des patients

L’angiographie révèle des microanévrysmes et des sténoses (diminution de calibre ou aspect effilé) de vaisseaux de moyen calibre.

B.1.3/ Traitement

Le traitement de la PAN commence par la corticothérapie, parfois associée à des immunosuppresseurs (cyclophosphamide notamment)

Les biothérapies commencent à prendre place dans la prise en charge de la PAN, notamment le rituximab (anti-CD20).

B.2/ Maladie de Buerger

La maladie de Buerger ou thromboangéite oblitérante est une vascularite touchant des parties d’ artères de petit et moyen calibre et de veines des membre inférieurs et supérieurs, provoquant une thrombose et une recanalisation des vaisseaux atteints.

Cette maladie est plus fréquente en Asie et chez les juifs ashkénazes.
Elle survient chez un patient d’age inférieur à 45 ans, généralement fumeur (le tabac est un facteur déclencheur et aggravant de la maladie), présentant des manifestations d’artérite tôt dans la vie (ischémie des doigts ou orteils, claudication intermittente, ulcères artériels ischémiques ou gangrènes des jambes… )

L’artériographie révèle des atteintes des artères distales.

Le traitement passe par l’arrêt total du tabac, des vasodilatateurs et des antiagrégants plaquettaires tels que l’aspirine voire de la chirurgie de revascularisation.

B.3/ Maladie de Kawasaki

La maladie de Kawasaki ou « syndrome adéno-cutanéo-muqueux » est une vascularite touchant électivement les artères coronaires provoquant des anévrysmes coronariens qui peuvent être source de mortalité ou de lourdes séquelles cardiaques

Cette vascularite se rencontre chez l’enfant entre 6 mois et 5 ans avec un pic à l’âge de 18 mois.

B.3.1/ Symptomes

La vascularite se déroule en trois phases sur plusieurs semaines

1. Phase aiguë (durant 7 à 14 jours)

fièvre avec une éruption cutanée et aspect de « lèvres gonflées cerise« , « langue fraise« , « yeux injectés » par une conjonctivite bilatérale, « enfant inconsolable« , œdème et rougeur des mains et pieds.

Idéalement le traitement doit être mis en place à ce stade pour limiter le risque de séquelles cardiaques
2. Phase subaiguë (14 à 28 jours)

aboutissant à une desquamation de la pulpe des doigts et des orteils débutant autour des ongles.

Les anévrysmes coronariens se forment à cette période surtout
3. Phase de convalescence

en principe sans symptomes, mais durant laquelle des complications cardiaques subites peuvent survenir en raison de la formation d’anévrysmes coronariens dans la phase précédente.

Le diagnostic repose sur six critères principaux répertoriés par le Japan Kawasaki Disease Research Commitee :

  • fièvre de plus de 5 jours ;
  • conjonctivite bilatérale ;
  • modification des extrémités : rougeurs des paumes et des plantes, œdème induré des mains et des pieds et desquamation péri-unguéale ;
  • modifications oro-pharyngées : rougeur, fissures et gonflement des lèvres et « langue fraise » ;
  • eruption (« rash ») polymorphe ;
  • ganglion du cou

Les autres signes sont

l’érythème fessier, rouge vif avec une collerette desquamative,

signes cardio-vasculaires (souffle au coeur, galop cardiaque, anomalies à l’Electro CardioGramme, péricardite, myocardite… ),

signes digestifs (diarrhée, vomissements, douleurs abdominales… ),

neurologiques (méningite aseptique, convulsions, paralysie),

urinaires (pus stérile dans les urines, urétrite),

polyarthrite…

B.3.2/ Examens complémentaires

Inflammation importante avec une Vitesse de Sédimentation supérieure à 100mm à la première heure et une protéine C-réactive très élevée, une augmentation franche des globules blancs polynucléaires supérieure à 20 000 éléments/mm3, et une augmentation des plaquettes.

B.3.3/ Traitement

Le traitement repose sur les immunoglobulines injectées en Intra-Veineuse (Ig IV) le plus tôt possible pour limiter le risque d’anévrysme coronarien. En l’absence d’efficacité des IgIV, on peut utiliser de la cortisone en injection intraveineuse ou de l’aspirine.

C/ Vascularites des petits vaisseaux (capillaires, artérioles, veinules)

C.1/ Symptomes

C.1.1/ Signes cutanés

L’aspect caractéristique des vascularites est le purpura infiltré, palpable, prédominant aux jambes, aggravé par la position debout, pouvant prendre plusieurs formes (pétéchial et ecchymotique, nécrotique, pustuleux… )

Purpura
Purpura bulleux

Le purpura peut être associé à d’autres lésions sur la peau (papules, nodules, lésions nécrotiques, bulles hémorragiques, urticaire fixe qui ne démange pas ou livedo).

C.1.2/ Manifestations systémiques, signes de gravité

La présence de manifestations en dehors de la peau constitue un facteur de gravité, montrant la présence d’une atteinte vasculaire au niveau des organes :

douleurs articulaires,
douleurs abdominales, selles noires, trouble du transit,
neuropathie périphérique
œdèmes des membres inférieurs,
Hyper Tension Artérielle,
difficultés à respirer, asthme, crachats de sang…

C.2/ Examens complémentaires

Les examens ont pour but de rechercher une cause et des signes de gravité

Le médecin prescrit systématiquement un bilan de purpura infiltré avec doute de vascularite :
– NFS, VS, TP, TCA, fibrinémie
– bilan hépatique : transaminases, γ-GT, bilirubine, phosphatases alcalines
– fonction rénale : urée et créatinine, protéinurie des 24 heures et hématurie (ECBU)
– bilan immunologique : complément, facteurs antinucléaires, latex, Waaler-Rose, électrophorèse des protéines, immuno-électrophorèse, cryoglobuline, ANCA, anticorps antiphospholipides
– sérologies : ASLO, hépatites B et C ± VIH
– recherche de sang dans les selles

En cas de point d’appel clinique ou selon le contexte, il peut prescrire aussi :
– bilan radiologique : radiographie pulmonaire en cas de dyspnée…
– bilan infectieux : hémocultures (même sans fièvre en cas de valvulopathie), prélèvement de gorge, prélèvement urétral…
– biopsie rénale : en cas de protéinurie supérieure à 1 g/24 h à plusieurs reprises ou en cas d’altération de la fonction rénale
– test de Schirmer et test au sucre en cas de syndrome sec

 

C.3/ Classement des causes de vascularites des petits vaisseaux

C.3.1/ Maladie du Sang et le la moelle

Leucémie, lymphome, myélome..

C.3.2/ Infection

  • bactérienne : streptocoque, cocci à Gram négatif (gonocoque et méningocoque)
  • virale : hépatites, MNI,VIH…
  • parasitaire : paludisme…
  • fongique : Candida albicans…

C.3.3/ Néoplasie

C.3.4/ Iatrogène

  • médicament : antibiotiques (pénicillines, sulfamides, quininolones… ), allopurinol, diuretiques thiazidiques, rétinoïdes, cytokines…
  • vaccin…

C.3.5/ Idiopathique dans 50% des cas…

C.3.6/ Auto immun et immunologique

  • Cryoglobulinémies de type II (mixtes monoclonales) et III (mixtes polyclonales), associées à une maladie auto-immune, à une infection (surtout hépatite C) ou à une hémopathie
  • Hypocomplémentémie (vascularite urticarienne de Mac Duffie)
  • Hyperglobulinémie (purpura hyperglobulinémique de Waldenström)
  • Connectivites : lupus, syndrome de Gougerot-Sjögren, polyarthrite rhumatoïde…
  • Déficit en α1-antitrypsine
  • Vascularites associées aux ANCA (anticorps anti cytoplasme des polynucléaires neutrophiles) :
    • Micro Poly Angéite ou MPA

La micropolyangéite (MPA) est une vascularite nécrosante systémique dont les signes cliniques sont très proches de celles de la PAN.

La MPA est associée aux ANCA de type anti-méloperoxydase (anti-MPO) et elle provoque classiquement une glomérulonéphrite rapidement progressive et une atteinte pulmonaire qui est absente dans la PAN.

Le traitement de la MPA comme pour la PAN commence par la corticothérapie, parfois associée à des immunosuppresseurs (cyclophosphamide notamment)

  • Maladie de Wegener

La granulomatose de Wegener est une vascularite dont le début est généralement marqué par des symptômes ORL ou respiratoires résistant aux traitements antibiotiques

Classiquement, une atteinte ORL grave (pansinusite destructrice), pulmonaire (nodules parenchymateux) et rénale (glomérulonéphrite nécrosante pauci-immune à croissants) est la triade de la granulomatose de Wegener.

L’atteinte cutanée et muqueuse concerne environ la moitié des patients : purpura infiltré, papules, nodules sous-cutanés, ulcérations cutanées, pustules, vésicules, gingivite hyperplasique.

Critères de classification de l’American College of Rheumatology pour la granulomatose de Wegener.

  • Inflammation orale ou nasale
  • Radiographie thoracique anormale (nodules pleins ou excavés, infiltrats fixes)
  • Hématurie microscopique
  • Granulome vasculaire, périvasculaire ou extravasculaire

La présence d’au moins deux critères est requise + les c-ANCA et/ou p-ANCA.

Le traitement de la granulomatose de Wegener, souvent considérée comme une urgence médicale, doit s’effectuer en milieu hospitalier par cortisone (prednisone à la dose initiale de 1 mg/kg/j) et d’un agent cytotoxique tel le cyclophosphamide par voie orale ou de méthotrexate administré de manière hebdomadaire (15 à 25 mg/semaine).

  • Maladie de Churg et Strauss

Cette vascularite granulomateuse est caractérisée par un asthme grave corticodépendant avec hyperéosinophilie dans plus de 90% des cas, précédant en moyenne de 8 ans les premiers signes de la vascularite et persistant après sa guérison.
Critères de classification de l’American College of Rheumatology (1990).

  • asthme
  • éosinophilie sanguine supérieure à 10 %
  • mono- ou polyneuropathie
  • infiltrats pulmonaires labiles
  • douleur ou opacité sinusienne
  • présence d’éosinophiles extravasculaires sur la biopsie

La présence de 4 des 6 critères permet un diagnostic de maladie de Churg et Strauss approximativement à 90%

Le traitement du syndrome de Churg et Strauss est identique à celui de la PAN en dehors du fait que la corticothérapie est poursuivie à faible dose (5 à 10 mg/j) en raison de la persistance habituelle de l’asthme après la guérison de la vascularite.

BOUTONS / PLAQUES AUTOUR DE LA BOUCHE CHEZ L’ENFANT : comment les soigner

Boutons et plaques autour de la bouche chez l’enfant ou le bébé : causes et traitements

Boutons et plaques rouges autour de la bouche chez l'enfant

Les boutons et plaques autour de la bouche chez l’enfant ou le bébé inquiètent souvent les parents — et les causes sont nombreuses. Le pourtour de la bouche est une zone particulièrement exposée chez le jeune enfant : contact avec la sucette, tic de léchage des lèvres, bave, frottements — autant de facteurs qui fragilisent la barrière cutanée et favorisent les dermatoses péri-orales. Le diagnostic précis est indispensable car les traitements sont très différents selon la cause.

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Sommaire :
Boutons qui grattent |
Boutons qui brûlent |
Dermite péri-orale — la cause la plus fréquente |
Autres causes fréquentes |
Tableau récapitulatif |
Questions fréquentes

Comment le médecin oriente le diagnostic

Face à des boutons ou plaques péri-oraux chez l’enfant, le médecin s’appuie sur trois éléments : l’âge de l’enfant (dermite péri-orale très fréquente avant 6 ans, acné à partir de la puberté), les symptômes fonctionnels (prurit = eczéma ou dermite, brûlures = herpès ou dermite péri-orale, indolore = impétigo ou molluscum) et l’aspect clinique (croûtes couleur miel = impétigo, vésicules groupées = herpès, plaques sèches rouges = dermite péri-orale ou eczéma, pustules sans points noirs = dermite péri-orale évolée). L’interrogatoire précise aussi l’utilisation d’une sucette, le tic de léchage, l’application de crèmes à la cortisone — facteurs déclenchants classiques.

Boutons autour de la bouche qui grattent ou démangent

Dermite péri-orale — la cause la plus fréquente chez l’enfant

Dermite péri-orale chez l'enfant - plaques rouges et sèches autour de la bouche

La dermite péri-orale est la première cause de plaques rouges et sèches autour de la bouche chez le jeune enfant. Elle peut débuter dès 6 mois et survient surtout avant 5-6 ans, plus fréquemment chez les petites filles à peau claire. Elle se manifeste par des plaques rouges, sèches, légèrement squameuses formant un halo autour de la bouche — prurigineuses ou légèrement brûlantes, souvent aggravées en hiver.

Les deux facteurs aggravants principaux sont la sucette (tétine) — le contact répété fragilise la barrière cutanée péri-orale — et le tic de léchage des lèvres sèches — la salive acide macère la peau et entretient la dermite. L’utilisation de crèmes à la cortisone sur ces lésions aggrave paradoxalement le tableau et peut faire évoluer la dermite vers une forme pustuleuse.

Traitement : le médecin prescrit des crèmes antibiotiques (métronidazole, érythromycine topique) ou antifongiques selon l’aspect. La clé du traitement est l’éviction de la sucette et la correction du tic de léchage — souvent difficile à obtenir chez le jeune enfant. L’application d’une crème à l’oxyde de zinc la nuit crée une barrière physique contre le contact avec la sucette. La réponse au traitement est bonne mais nécessite de la patience : 3 à 4 mois. Les formes pustuleuses nécessitent des antibiotiques par voie orale (érythromycine ou métronidazole oral) pendant 3 à 4 mois. Voir l’article de référence sur la dermite péri-orale de l’enfant (PubMed 2015).

Eczéma du visage

L’eczéma péri-oral donne des plaques rouges, suintantes, très prurigineuses, souvent dans le cadre d’un eczéma atopique plus diffus. Il touche fréquemment les joues et le pourtour de la bouche chez le nourrisson. Les antécédents familiaux d’allergie, d’asthme ou d’eczéma orientent le diagnostic. Traitement : émollients quotidiens et dermocorticoïdes en poussée.

Urticaire péri-orale

L’urticaire péri-orale chez l’enfant est souvent d’origine alimentaire — elle apparaît rapidement (minutes) après le contact avec un aliment allergisant (arachide, lait, œuf, fruits à coque…) et ressemble à des plaques de piqûres d’ortie, fugaces et mobiles. Elle est distincte des autres causes par sa rapidité d’apparition et sa résolution spontanée en quelques heures. En cas d’urticaire étendue ou accompagnée de symptômes digestifs ou respiratoires, consulter en urgence — risque d’anaphylaxie.

Dermite séborrhéique

La dermite séborrhéique peut donner des plaques rouges et grasses autour de la bouche, des ailes du nez et des sourcils. Chez le nourrisson, elle se confond parfois avec la croûte de lait. Légèrement prurigineuse. Traitement : antifongiques topiques (kétoconazole) et émollients doux.

Boutons autour de la bouche qui brûlent

Herpès labial — bouton de fièvre

L’herpès labial (HSV-1) donne des vésicules groupées « en bouquet » sur fond érythémateux, précédées de brûlures ou picotements caractéristiques quelques heures avant l’éruption. La primo-infection herpétique chez l’enfant peut être sévère (gingivostomatite herpétique avec fièvre élevée, lésions buccales douloureuses, refus d’alimentation) et nécessite un traitement antiviral rapide (aciclovir). Les récurrences sont ensuite plus localisées et limitées. Attention : ne jamais appliquer de dermocorticoïdes sur une lésion herpétique — aggravation sévère garantie.

Rosacée de l’enfant

La rosacée est rare chez l’enfant mais possible — rougeurs persistantes des joues et du nez, télangiectasies, sensation de chaleur et brûlure. Voir la page sur les boutons du visage de l’enfant pour le diagnostic différentiel complet.

Autres causes fréquentes de boutons péri-oraux chez l’enfant

Impétigo péri-oral — croûtes couleur miel

Impétigo près de la bouche chez l'enfant - croûtes jaunes couleur miel

L’impétigo péri-oral est une infection bactérienne (streptocoque ou staphylocoque) très contagieuse donnant des croûtes jaunâtres couleur miel, classiquement autour de la bouche et du nez. Peu douloureux, il se propage par contact direct et est fréquent en collectivité. Il nécessite un traitement antibiotique (local ou général selon l’étendue) et l’enfant ne peut retourner en collectivité qu’après 48h de traitement. Ne pas confondre avec la dermite péri-orale — l’impétigo donne des croûtes épaisses jaunâtres, la dermite des plaques sèches rouges sans croûtes.

Acné juvénile péri-orale

L’acné peut toucher le pourtour de la bouche à partir de la puberté — papulo-pustules avec comédons (microkystes et points noirs) caractéristiques. L’absence de points noirs oriente plutôt vers une dermite péri-orale. Voir le guide du traitement de l’acné.

Tableau récapitulatif — boutons péri-oraux chez l’enfant

Diagnostic Âge typique Aspect / symptôme clé Traitement principal
Dermite péri-orale 6 mois – 6 ans Plaques rouges sèches, tic de léchage, sucette Arrêt sucette + antibiotiques topiques 3-4 mois
Eczéma atopique 1 mois – 5 ans Plaques rouges suintantes, très prurigineuses Émollients + dermocorticoïdes
Herpès labial Tout âge Vésicules groupées, brûlures précédant l’éruption Aciclovir (primo-infection surtout)
Impétigo 2-10 ans Croûtes jaunâtres couleur miel, contagieux Antibiotiques (local ou oral)
Urticaire alimentaire Tout âge Plaques ortie fugaces, après contact alimentaire Antihistaminiques — urgence si anaphylaxie
Dermite séborrhéique 0-3 mois / adulte Plaques rouges grasses, ailes du nez + sourcils Antifongiques topiques
Acné juvénile 12-15 ans Papulo-pustules + comédons (points noirs) Traitements topiques anti-acné

Questions fréquentes

Comment savoir si c’est une dermite péri-orale ou de l’eczéma autour de la bouche ?
La dermite péri-orale forme un halo rouge et sec strictement autour de la bouche, souvent aggravé par la sucette ou le léchage des lèvres. L’eczéma atopique est plus diffus, touche aussi les joues et les plis, et est extrêmement prurigineux. La dermite péri-orale s’améliore avec les antibiotiques topiques, l’eczéma avec les dermocorticoïdes. Appliquer des dermocorticoïdes sur une dermite péri-orale l’aggrave — c’est pourquoi le diagnostic précis est indispensable avant tout traitement.

La dermite péri-orale disparaît-elle avec l’arrêt de la sucette ?
L’arrêt de la sucette est la mesure la plus importante mais ne suffit pas toujours seul. Il faut l’associer à un traitement topique antibiotique ou antifongique et corriger le tic de léchage des lèvres. La guérison prend 3 à 4 mois même avec un traitement bien conduit. La patience est indispensable — rechutes fréquentes si la sucette est reprise ou si le tic de léchage persiste.

L’herpès labial de l’enfant nécessite-t-il toujours un traitement ?
La primo-infection herpétique (première fois) chez le jeune enfant peut être sévère — gingivostomatite fébrile avec refus d’alimentation et lésions buccales douloureuses — et nécessite un traitement antiviral rapide (aciclovir oral) et parfois une hospitalisation pour hydratation. Les récurrences ultérieures (bouton de fièvre simple) sont souvent moins sévères et peuvent être traitées localement par aciclovir topique dès les premiers picotements. Ne jamais appliquer de cortisone sur une lésion herpétique.

Les plaques rouges autour de la bouche sont-elles contagieuses à l’école ?
Cela dépend de la cause. L’impétigo est contagieux et impose l’éviction scolaire jusqu’à 48h de traitement antibiotique. L’herpès est contagieux lors des poussées (contact direct avec les lésions). La dermite péri-orale, l’eczéma et l’urticaire ne sont pas contagieux. En cas de doute sur le diagnostic, consulter avant de ramener l’enfant en collectivité.

Doit-on s’inquiéter d’une urticaire localisée autour de la bouche après un repas ?
Une urticaire péri-orale isolée après contact alimentaire (plaques rouge, gonflées, qui disparaissent en quelques heures) est souvent bénigne mais mérite une consultation pour identifier l’aliment responsable et prescrire un antihistaminique. Si l’urticaire s’étend, s’accompagne de gonflement des lèvres ou de la gorge (œdème de Quincke), de difficultés respiratoires ou de malaise, appeler le 15 immédiatement — c’est une urgence anaphylactique.


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BOUTONS AUTOUR DE LA BOUCHE : soigner les boutons autour de la bouche

Boutons autour de la bouche : causes, diagnostic et traitements chez l’adulte

Les boutons autour de la bouche chez l’adulte peuvent avoir des origines très différentes — et les traitements sont parfois opposés selon le diagnostic. Appliquer des dermocorticoïdes sur une dermite péri-orale l’aggrave ; ne pas traiter un herpès labial en phase de primo-infection expose à des complications. Un diagnostic précis par le médecin ou le dermatologue est indispensable avant tout traitement. Cet article passe en revue les causes les plus fréquentes, classées par symptôme dominant.

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Sommaire :
Pourquoi le bas du visage ? |
Boutons qui grattent |
Boutons qui brûlent |
Autres causes fréquentes |
Tableau récapitulatif |
Questions fréquentes

Voir aussi : boutons autour de la bouche chez l’enfant ou le bébé

Pourquoi les boutons se localisent-ils sur le bas du visage ?

La zone péri-orale, le menton et la région mandibulaire constituent une zone à forte dépendance hormonale — équivalente à la zone de la barbe chez l’homme. C’est pourquoi l’acné de la femme adulte, souvent à composante hormonale, prédomine précisément dans cette zone (menton, lèvre supérieure, mâchoire). C’est aussi une zone de friction (rasage chez l’homme, maquillage), d’humidité (salive, lèchage), et de contact avec des produits potentiellement irritants (dentifrices, baumes lèvres). Ces facteurs expliquent la concentration de plusieurs dermatoses dans cette zone anatomique spécifique.

Boutons autour de la bouche qui grattent ou démangent

Dermite péri-orale — première cause chez la femme adulte

Dermite péri-orale de la femme adulte - boutons autour de la bouche

La dermite péri-orale est la cause la plus fréquente de boutons péri-oraux chez la femme adulte — pustules et papules sans points noirs formant un halo autour de la bouche, parfois prurigineuses ou légèrement brûlantes. Elle est souvent déclenchée ou aggravée par l’utilisation de dermocorticoïdes sur le visage (y compris les crèmes grasses riches, certains fonds de teint, et les dentifrices fluorés selon certains auteurs). Paradoxalement, elle s’aggrave si on applique de la cortisone pour la traiter. Le traitement repose sur les antibiotiques topiques (métronidazole, érythromycine) et oraux (doxycycline, érythromycine, métronidazole per os) pendant 3 mois. L’arrêt de tous les corticoïdes topiques est indispensable, même si une aggravation transitoire suit cet arrêt.

Eczéma de contact du visage

Eczéma séborrhéique et dermite du visage - plaques rouges côtés du nez et bouche

L’eczéma du visage péri-oral est souvent une dermite de contact allergique — déclenché par un cosmétique (rouge à lèvres, baume lèvres, dentifrice), un médicament topique ou un produit alimentaire. Il donne des plaques rouges squameuses très prurigineuses, souvent après un changement récent de produit. Le patch-test (tests épicutanés) chez le dermatologue permet d’identifier l’allergène responsable. Traitement : éviction de l’allergène + dermocorticoïdes de courte durée.

Dermite séborrhéique péri-orale

La dermite séborrhéique donne des plaques rouges légèrement grasses et squameuses aux ailes du nez, plis nasogéniens et pourtour de la bouche. Liée à une réaction aux levures Malassezia, elle est souvent associée à des pellicules du cuir chevelu. Prurit modéré. Traitement : antifongiques topiques (kétoconazole, ciclopirox) en cures répétées.

Urticaire péri-orale

L’urticaire péri-orale apparaît rapidement après contact alimentaire (arachide, fruits à coque, crustacés…) ou après application d’un produit topique — plaques ressemblant à des piqûres d’ortie, fugaces, disparaissant en quelques heures. Si l’urticaire s’accompagne d’un gonflement des lèvres ou de la gorge (œdème de Quincke), d’une gêne respiratoire ou d’un malaise : appeler le 15 — urgence anaphylactique.

Démodécidose

La démodécidose est une dermatose liée à la prolifération du parasite Demodex folliculorum dans les follicules pileux du visage. Elle donne des papulo-pustules péri-orales et péri-nasales, prurigineuses, souvent associées à une sensation de reptation cutanée. Souvent confondue avec la rosacée ou la dermite péri-orale. Traitement : ivermectine topique ou orale, métronidazole local.

Boutons autour de la bouche qui brûlent

Herpès labial — bouton de fièvre

Herpès labial bouton de fièvre - vésicules groupées sur la lèvre

L’herpès labial (HSV-1) est caractérisé par des vésicules groupées en bouquet sur fond érythémateux, précédées de brûlures, picotements ou démangeaisons caractéristiques quelques heures avant l’éruption. Les récurrences sont déclenchées par le soleil, la fièvre, la fatigue ou le stress. Le traitement par aciclovir topique dès les premiers picotements raccourcit la durée de l’épisode. En cas de récurrences fréquentes (plus de 6/an), un traitement prophylactique oral par valaciclovir peut être discuté avec le médecin. Ne jamais appliquer de dermocorticoïdes sur une lésion herpétique.

Zona du visage

Le zona du visage donne des vésicules douloureuses strictement unilatérales suivant un trajet nerveux (branche du trijumeau le plus souvent) — douleurs intenses et brûlantes précédant ou accompagnant l’éruption. Contrairement à l’herpès labial, le zona ne récidive quasiment jamais et touche plutôt les personnes âgées ou immunodéprimées. Il nécessite un traitement antiviral oral rapidement (valaciclovir, famciclovir) pour prévenir les douleurs post-zostériennes. Urgence ophtalmologique si atteinte de la branche ophtalmique (zona ophtalmique).

Rosacée péri-orale

La rosacée peut donner des papulo-pustules sur le menton et le pourtour de la bouche, accompagnées de rougeurs diffuses du visage et d’une sensation de chaleur et de brûlure. Elle est aggravée par la chaleur, l’alcool, les épices et le soleil. Traitement : métronidazole topique, ivermectine crème (Soolantra®), doxycycline orale pour les formes papulo-pustuleuses, et protection solaire stricte.

Peau sensible ou réactive

La peau sensible péri-orale se manifeste par des brûlures, picotements et rougeurs sans lésion visible objectivable, déclenchés par des stimuli variés (froid, chaleur, cosmétiques). Ce diagnostic d’élimination est posé après avoir écarté les autres causes. Traitement : simplification de la routine cosmétique, émollients doux, protection physique.

Autres causes fréquentes

Acné de la femme adulte — localisation mandibulaire et mentonnière

Acné de la femme adulte autour de la bouche et du menton - localisation hormonale

L’acné de la femme adulte se localise classiquement sur le bas du visage — menton, lèvre supérieure, mâchoire — car cette zone est sous forte dépendance androgénique. La présence de comédons (points noirs et microkystes) est le signe distinctif permettant de la différencier de la dermite péri-orale (pas de comédons). Elle fluctue souvent avec le cycle menstruel et peut nécessiter un traitement hormonal (contraceptif anti-androgénique, spironolactone) en complément des traitements locaux. Voir le guide du traitement de l’acné.

Impétigo péri-oral

L’impétigo donne des croûtes jaunâtres couleur miel autour de la bouche — moins fréquent chez l’adulte que chez l’enfant, mais possible notamment sur terrain fragilisé ou après micro-traumatisme. Traitement antibiotique local ou général selon l’étendue.

Tableau récapitulatif — boutons péri-oraux chez l’adulte

Diagnostic Symptôme dominant Signe distinctif Traitement principal
Dermite péri-orale Prurit / brûlure légère Pustules sans points noirs, halo bouche Antibiotiques topiques + oraux 3 mois — arrêt cortisone
Eczéma de contact Prurit intense Lien avec cosmétique récent Éviction allergène + dermocorticoïdes
Herpès labial Brûlures / picotements Vésicules groupées, récurrences Aciclovir topique dès picotements
Zona du visage Douleurs intenses Unilatéral strict, trajet nerveux Antiviral oral urgent (valaciclovir)
Rosacée Chaleur / brûlure Rougeurs diffuses, aggravation chaleur/alcool Métronidazole / ivermectine topique
Acné femme adulte Souvent indolore Points noirs, fluctuation cycle Traitements topiques + hormonal si besoin
Démodécidose Prurit / reptation Péri-nasal + péri-oral, dermoscopie Ivermectine topique ou orale
Impétigo Peu douloureux Croûtes couleur miel Antibiotiques local ou oral

Questions fréquentes

J’ai des boutons uniquement sur le bas du visage — pourquoi cette zone ?
Le bas du visage (menton, lèvre supérieure, mâchoire) est une zone sous forte dépendance hormonale androgénique. C’est pourquoi l’acné de la femme adulte y prédomine — les androgènes stimulent les glandes sébacées de cette zone spécifiquement. La dermite péri-orale y est également caractéristique, par définition centrée sur le pourtour de la bouche. La rosacée peut aussi toucher le menton. Un examen clinique permet de différencier ces trois causes qui peuvent coexister.

Comment distinguer une dermite péri-orale de l’acné autour de la bouche ?
Le signe distinctif le plus fiable est la présence ou l’absence de comédons (points noirs et microkystes) : l’acné en a, la dermite péri-orale n’en a pas. La dermite péri-orale donne des pustules et papules roses sans comédons, strictement autour de la bouche. L’acné de la femme adulte a souvent des comédons associés et touche aussi la mâchoire. La réponse au traitement confirme le diagnostic : la dermite répond aux antibiotiques, l’acné aux rétinoïdes et au peroxyde de benzoyle.

Le dentifrice peut-il provoquer des boutons autour de la bouche ?
Oui — certains auteurs ont décrit un déclenchement de dermite péri-orale par les dentifrices fluorés. L’allergie de contact aux conservateurs et arômes du dentifrice (menthol, cinnamate, propylène glycol) peut aussi provoquer un eczéma péri-oral. En cas de boutons chroniques autour de la bouche sans cause identifiée, changer temporairement de dentifrice (vers un dentifrice sans fluor et sans arôme) peut être un test diagnostique utile.

Quelle différence entre herpès labial et zona du visage ?
L’herpès labial est récurrent, bilatéral potentiel, localisé aux lèvres, avec des vésicules groupées après picotements. Le zona du visage est strictement unilatéral, suit un trajet nerveux (joue, front ou œil selon la branche touchée), est extrêmement douloureux, et ne récidive quasiment jamais. Le zona nécessite un antiviral oral en urgence (valaciclovir) — surtout si la branche ophtalmique est touchée (zona ophtalmique, urgence ophtalmologique).

Peut-on appliquer de la cortisone sur des boutons autour de la bouche ?
Non, pas sans diagnostic précis. Les dermocorticoïdes aggravent la dermite péri-orale, peuvent disséminer un herpès ou une démodécidose, et masquent temporairement une rosacée avant de la faire rebondir à l’arrêt. Seul l’eczéma de contact allergique bénéficie des dermocorticoïdes. L’automédication avec de la cortisone sur des boutons péri-oraux est l’erreur la plus fréquente — et souvent à l’origine de formes compliquées et difficiles à traiter.


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SOIGNER LES APHTES : solution contre les aphtes

Soigner les aphtes

Aphte dans la bouche
Aphte du frein


Signes de la maladie

Les aphtes sont des ulcérations de la muqueuse, le plus souvent buccale, plus rarement génitale.

Les aphtes peuvent être seuls (isolés) ou s’inscrire dans le cadre d’une aphtose atteignant d’autres organes comme dans la maladie de Behcet.

L’aphte est une ulcération ronde ou ovalaire, douloureuse survenant le plus souvent dans la bouche à tout endroit muqueux (langue, lèvres, gencives… ), par poussées (ils disparaissent le plus souvent en 1 à 2 semaines).

Le diagnostic est porté devant:

  • le fond déprimé et nécrotique ayant du coup une jaunâtre (« beurre frais« ) ou grisâtre,
  • la base infiltrée (on peut prendre l’aphte entre les doigts et on sent que toute la zone est discrètement indurée),
  • les bords nets et entourés d’un halo rouge vif.

Formes cliniques

  • A communs ou ‘vulgaires’ :

2 à 10 mms de diamètre, en cupule, petite aréole rouge, guérison en 1 à 3 semaines

  • A géants :

plus de 1 à 2 cm, inflammatoires et très douloureux pouvant guérir avec une bride cicatricielle. Ils sont souvent assez indurés et creusants

  • A miliaires :

quelques millimètres, plutôt des érosions, parfois nombreux et confluents, avec peu d’induration, guérissant sans cicatrice en 1 à 2 semaines

Causes possibles

On observe souvent une hyperréactivité non spécifique de la muqueuse (par exemple, après une morsure accidentelle, une anesthésie locale par injection chez le dentiste… ).

Par ailleurs, certains aliments (noix, noisettes, gruyère… ) sont reconnus comme déclencheurs d’aphtes.

Il est possible qu’il existe un substrat génétique aux aphtes puisque 90 % des enfants de parents ayant tous deux des aphtes, ont des aphtes.

Les aphtes récidivants peuvent s’inscrire dans le cadre d’une maladie de Behçet qui comporte aussi d’autres signes (ophtlamologiques, cutanés… ).

Par ailleurs on peut observer des ulcérations d’allure aphtoide dans

  • des entérocolopathies (maladie cœliaque, maladie de Crohn, colite ulcéreuse… ),comportant des signes digestifs
  • le syndrome PFAPA (Periodic Fever, Aphthous stomatitis, Pharyngitis and cervical Adenitis), comportant une fièvre périodique avec ganglions
  • les carences en folates, en vitamine B 12, en fer, en zinc,
  • et dans les neutropénies

Examens complémentaires diagnostiques

Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)

Conduite a tenir devant un aphte de la bouche (aphte buccal) :

  • < de 3/ an =>aphtose simple

  • > ou = à 3/an :

    • Rechercher des signes de maladie de Behçet :

      En cas de doute :

      HLA B5
      Bilan des autres atteintes
      Recherche de thrombocytose

    • En l’absence de signes de maladie de Behçet :

NF Plaquettes et si anémie, recherche de carence en Fer, Folates, Vit B12, zinc…

HLA B27

HIV

IgA anti transglutaminases…

Conduite à tenir devant un aphte du sexe (aphte génital) :

  • PCR à la recherche d’herpes génital

  • Rechercher des signes de maladie de Behçet :

    En cas de doute :

    HLA B5
    Bilan des autres atteintes
    Recherche de thrombocytose

Soigner les aphtes

Contre la douleur :

Lidocaine en gel, gels à base de clou de girofle (Pansoral), APHTORAL, comprimé à sucer (Chlorhexidine / Tétracaïne / Acide ascorbique) voire antalgiques par voie orale

Pour essayer de diminuer la durée des poussées :

Dermocorticoïdes puissants, voire injections intra-lésionnelles de corticoïdes à la base des ulcérations.

Bains de bouche de sucralfate (KEAL * susp buvable)

Colchicine : 1 à 2 mg per os par jour.

SOIGNER ET SE DEBARRASSER DE L’HERPES : traitement de l’herpès

Comment soigner l’herpes


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HERPES
« Secrets de dermatologue » :

– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


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Malgré l’importance de l’information sur l’herpès, sa contagiosité fait que l’herpes augmente encore dans la population. Le traitement de l’herpès fait partie des stratégies pour l’éliminer et essayer de s’en débarrasser. En effet, la mise au point d’un vaccin anti herpes reste hautement peu probable avant plusieurs années.

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Herpes de la lèvre chez l'enfant
Herpes de la lèvre chez l’enfant

Quel herpès soigner?

L’herpes est une maladie liée à l’infection par Herpes Simplex Virus 1 et 2 (HSV)

L’herpes buccal ou bouton de fievre est dû généralement à HSV1 et il fait généralement suite a une transmission du virus dans l’enfance

En cas d’herpes buccal, il faut éviter d’embrasser son ou ses partenaires et ses enfants (notamment en cas de dermatite atopique)

Soigner l'herpes de la lèvre
Soigner l’herpes labial ou bouton de fièvre

 

L’herpès génital, est du généralement dû à HSV2 et il est considéré comme une maladie sexuellement transmissible. En cas d’herpes genital, il faut informer son ou ses partenaires, consulter un médecin et eviter davoir des relations sexuelles génitales ou orales et attendre la guérison complète avant d’en envisager

herpes vaginal
Herpes génital

Comment soigner l’herpes

Soins d’hygiène de l’herpes

Sur le plan de l’hygiène locale, il faut garder les lésions propres et seches et eviter de les toucher avec les doigts car l’herpes peut se transmettre ailleurs sur le corps par manuportage
Sur le plan des traitements, on distingue le traitement de la primo infection de l’herpes, le traitement des récurrences de l’herpès et le traitement préventif de l’herpes


Traitement de la primo infection de l’herpes

Primo infection à l'herpes
Primo infection à l’herpes
Lésions des gencives et lèvres lors de la primo infection à l'herpes
Lésions des gencives et lèvres lors de la primo infection à l’herpes

Le traitement de la primo-infection de l’herpes, qu’il s’agisse d’un herpes buccal ou génital, est generalement effectué au moyen de medicaments antiviraux : Aciclovir et Valaciclovir

Lorsque la voie orale est impossible ou que la poussee de primoinfection d’herpes est trop importante, on peut recourir à des perfusions d’aciclovir.
L’evolution de la primoinfection d’herpes est generalement améliorée rapidement apres le debut du traitement de l’herpes par comprimes ou perfusions

Traitement de la recurrence d’herpes

Traitements prescrits par le médecin

Pour le traitement des recurrences d’herpes, on distingue l’herpes buccal de l’herpes genital

– herpes labial

Si les episodes d’herpes labial sont peu importants et peu genants, on recourt generalement a des cremes contenant des antiviraux (aciclovir creme (Zovirax®), ibacitabine (Cuterpès®), vidarabine phosphate (Vira-MP® gel) … ) à raison de plusieurs applications par jour
Les traitements oraux par comprimes d’aciclovir et de valaciclovir sont le plus souvent reserves aux poussees importantes ou frequentes

 

Herpes labial au stade crouteux
Herpes labial au stade crouteux

Ensuite au stade de croute, on applique des pommades antibiotiques (Fucidine, Mupiderm… ) pour faire tomber les croutes et éviter leur surinfection par le staphylocoque

– herpes genital

Le traitement de l’herpes génital par voie orale (par comprimes d’aciclovir et de valaciclovir) est le plus souvent reserve aux poussees importantes et genantes d’herpes genital, ou en cas de risque de contagion

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Soigner l’herpes AVEC UNE CREME sans ordonnance

Les délais de rendez-vous chez les dermatologues s’allongent d’année en année.

Cependant, ne vous improvisez surtout pas médecin! Consultez votre médecin traitant avant toute chose.

En attendant votre rendez-vous chez le médecin et/ou le dermatologue et le diagnostic précis de votre herpès, vous pouvez tenter de soulager les récurrences de votre herpes de différentes manières et avec des produits disponibles sans ordonnance chez votre pharmacien ou dans une pharmacie sur Internet. Il faut être très prudent avant d’utiliser des crèmes et bien demander conseil à son pharmacien (risque d’allergie de peau, d’aggravation de sa maladie de peau, risque en cas de grossesse ou d’allaitement… )

Parmi ceux-ci on peut citer :

ACICLOVIR 5% crème, HERPESEDERMYL 5%, crème, HERPEVIR 5%, crème, KENDIX 5 POUR CENT, crème, REMEX 5%, crème (Aciclovir)

CONTRE-INDICATIONS
  • Antécédents d’hypersensibilité à l’aciclovir ou au propylèneglycol.
  • Application oculaire, intrabuccale ou intravaginale
EFFETS SECONDAIRES
  • Peu fréquent : des sensations de picotements ou de brûlures transitoires pouvant suivre l’application de la crème, sécheresse cutanée, prurit.
  • Rare : érythème, eczéma de contact.
  • Très rare : cas d’urticaire et d’œdème de Quincke

 

Traitement preventif de l’herpes : se débarrasser de l’herpès?

Il n’est pas possible de se débarrasser de l’herpes. Cependant, en cas de poussees frequentes d’herpes (plus de 6 poussees d’herpes par an), l’aciclovir ou le valaciclovir peuvent etre proposes par le medecin a titre preventif. Le traitement est reevalue en terme d’efficacite au bout de 6 mois.

Précautions à prendre en cas d’herpès

Herpes labial

Toujours prévenir son médecin qu’on a de l’herpès, notamment le dermatologue en cas de soins de peau (dermabrasion, injections dans les rides, laser de la peau, resurfaçage du visage… )

Eviter de contaminer les enfants en les embrassant si on a de l’herpes labial

On risque en cas de contamination d’enfants atteints d’eczema atopique car ils risquent une poussée profuse appelée syndrome de Kaposi Juliusberg

Kaposi Juliusberg chez un enfant atopique
Kaposi Juliusberg chez un enfant atopique

Herpes génital

Il faut toujours prévenir ses partenaires qu’on a eu de l’herpes car il est contagieux même en l’absence de symptomes

En cas d’herpes génital après un rapport non protégé, il faut faire un bilan de MST aupres de son médecin


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– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
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MUGUET : le muguet de la bouche

Le muguet

Muguet
Muguet

Qu’est-ce que le muguet de la bouche?

Le muguet est une mycose de l’interieur de la bouche caractérisée par une rougeur de la muqueuse de la bouche, recouverte de lésions blanchâtres dans la bouche, semblables a du lait caillé. Le muguet peut s’accompagner de brulures, de perte de gout, d’un gout de fer dans la bouche

Il est très fréquent chez le bébé, moins chez l’adulte

En cas de muguet chez l’adulte (champignon dans la bouche) :

Candidose de la bouche
Candidose de la bouche

La consultation du médecin est indispensable afin d’obtenir un diagnostic précis.
Le médecin va tout d’abord demander vos antécédents ( les maladies ou interventions chirurgicales que vous avez subies, les traitements que vous prenez).
Ensuite il fera le point avec vous sur les problèmes que vous présentez (date de début, durée de l’éruption, démangeaisons… )

En tout premier lieu, il va vérifier que vous n’etes pas immunodéprimé (diabète, infection par le VIH, prise de cortisone… ) notamment en cas de candidose buccale récidivante.

Il va voir aussi si vous ne souffrez pas de candidose digestive

Soigner le muguet

Lutte contre les facteurs favorisants

Lutte contre la sécheresse buccale, une dyskinésie œsophagienne, une inflammation chronique des muqueuses, une colopathie, un diabète, un traitement par anti-acides

Bains de bouche avec une demi cuilleree a cafe de bicarbonate de sodium dans un petit verre d’eau pour désacidifier la bouche

Enfin, en cas d’appareil dentaire, il faut bien le nettoyer et le rincer à l’eau bicarbonatée

Traitement chez l’adulte immunocompétent

Antifongiques locaux durant 1 à 3 semaines :

  • nystatine (Mycostatine®) comprimés gynécologiques à 100 000 UI à sucer, 4 à 6 cp/j ;
  • amphotéricine B (Fungizone®) suspension orale, quatre cuillères à café en 2 à 3 prises (1,5 à 2 g/j) ;
  • miconazole (Daktarin®), gel buccal, deux cuillères-mesure quatre fois par jour.

Dans tous les cas, les antifongiques doivent être pris à distance des repas et des boissons et maintenus le plus longtemps possible en contact avec la muqueuse (quelques minutes au moins) avant d’être avalés.

La prise simultanée de laxatifs, d’huile de paraffine ou d’accélérateurs du transit est contre-indiquée.

Leur tolérance est bonne à part quelques troubles digestifs (1% des cas) et sensation de brûlure ou de troubles du gout avec le miconazole (Daktarin®). La prise d’anticoagulants anti-vitamine K ou de sulfamides hypoglycémiants est déconseillée avec le Daktarin® qui peut en potentialiser les effets.

Leur principal inconvénient est leur mauvais goût…

Traitement oral :Résistance au traitement

En l’absence de guérison, votre médecin peut vous proposer une désinfection du tube digestif avec des médicaments antifongiques en comprimés:

  • Mycostatine® (8 à 12 cp/j en 3 à 4 prises),
  • Fungizone® (6 à 8 capsules en 3 à 4 prises),
  • Daktarin® (8 cp/j en 3 à 4 prises).

Traitement de l’adulte immunodéprimé

On associe alors un traitement par comprimés au traitement local et il est souvent nécessaire d’effectuer des traitements préventifs des récidives, au moyen de médicaments tels que Nizoral®, Triflucan® ou Sporanox®

Traitement du bébé et de l’enfant (muguet du bébé)

Chez l’enfant et le bébé, le traitement peut être :

  • Mycostatine® suspension buvable, 5 à 30 doses par jour pour les bébés et 10 à 40 doses par jour pour les enfants, réparties en quatre prises par jour ;
  • Fungizone® suspension, 1 cuillère à café/10 kg/24 h en 2 à 3 prises (50 mg/kg/j) ;
  • Daktarin® gel buccal, 1 cuillère mesure (2,5 ml) quatre fois par jour.

 

 

LEVRES SECHES OU CHEILITE : la chéilite, causes et traitement des lèvres gercées

Lèvres sèches : quelle maladie ? Causes et traitements

Des lèvres sèches, qui pèlent ou se gerçent peuvent sembler bénignes, mais elles peuvent révéler une maladie de peau, une allergie, une infection ou une carence. Le terme médical est chéilite — inflammation des lèvres. Identifier la cause est essentiel pour choisir le bon traitement et éviter la chronicisation.

Lèvres sèches persistantes malgré les soins ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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lèvres sèches gercées chéilite maladie photo
Lèvres sèches et irritées — chéilite

Pourquoi les lèvres sèchent-elles plus que le reste du visage ?

Le vermillon (la partie rouge des lèvres) est une zone unique : sa texture est intermédiaire entre la peau et une muqueuse. Il ne contient ni glandes sébacées ni glandes sudoripares, ce qui le prive des mécanismes naturels d’hydratation de la peau. Les lèvres sont donc structurellement plus vulnérables aux agressions climatiques, chimiques et allergiques.

Les causes de lèvres sèches — tableau des maladies en cause

Type de chéilite Aspect typique Signe clé
Chéilite climatique Gerçures, squames, fissures Hiver, vent, froid
Chéilite allergique (eczéma) Rougeur, vésicules, gonflement Cosmétique ou aliment récent
Chéilite atopique Sécheresse chronique, fissures Terrain atopique connu
Chéilite infectieuse Bouton de fièvre, croûtes jaunes Herpès, impétigo, candidose
Chéilite médicamenteuse Sécheresse sévère, érosions Isotrétinoïne, rétinoïdes
Chéilite actinique Lèvre inférieure pâle, irrégulière Exposition solaire chronique, homme >50 ans
Tic de léchage Rougeur péri-buccale bien limitée Zone accessible à la langue
Carence nutritionnelle Chéilite exfoliative Déficit fer, zinc, vitamines B

Causes externes — les plus fréquentes

1. Chéilite climatique — froid, vent, soleil

Le froid et le vent provoquent l’assèchement et l’écaillage des lèvres, aggravés par le tic de léchage qui accentue la sécheresse. En cas de crevasses persistantes malgré le baume, un prélèvement bactériologique ou mycologique est recommandé pour éliminer une surinfection.

Traitement : baume gras sans allergènes (éviter le baume du Pérou), arrêt du léchage des lèvres. En cas de surinfection : mupirocine (antibiotique) ou antifongique local.

2. Chéilite allergique — eczéma des lèvres

L’eczéma des lèvres est une réaction allergique de contact très fréquente. Il peut être aigu (lèvres gonflées, rouges, vésiculeuses, qui démangent) ou chronique (lèvres sèches, squameuses, fissurées avec peu de démangeaisons).

Allergènes les plus fréquents :

  • Cosmétiques et soins labiaux — parfums, colorants, conservateurs, résines des rouges à lèvres
  • Dentifrices — menthol, cannelle, fluorure
  • Aliments — agrumes, cannelle, menthe, épices
  • Médicaments topiques — antiviraux, antibiotiques appliqués sur les lèvres
  • Prothèses dentaires ou matériaux bucco-dentaires
  • Vernis à ongles — transférés en portant les doigts à la bouche

Traitement : éviction de l’allergène + dermocorticoïde en crème (lésions aiguës) ou en pommade (lésions sèches). Les patch-tests permettent d’identifier l’allergène responsable.

3. Tic de léchage — chéilite traumatique

Le tic de léchage des lèvres, fréquent chez l’enfant mais aussi chez l’adulte stressé, crée une rougeur péri-buccale chronique bien limitée — exactement dans la zone accessible à la langue. La salive, paradoxalement, dessèche les lèvres en s’évaporant et en dégradant le film lipidique protecteur. Les surinfections bactériennes et candidosiques sont fréquentes.

Traitement : arrêt du tic (difficile), baume protecteur, traitement anti-infectieux si surinfection. Chez l’enfant, souvent spontanément résolutif.

4. Chéilite actinique — à ne pas négliger

La chéilite actinique chronique est causée par l’exposition solaire prolongée. Elle touche principalement les hommes de plus de 50 ans à peau claire. La lèvre inférieure devient pâle, irrégulière, avec un contour mal défini et une desquamation résistante aux émollients.

⚠️ L’OMS classe la chéilite actinique chronique comme « affection potentiellement maligne » — elle peut évoluer vers un carcinome épidermoïde. Toute lèvre inférieure chroniquement altérée chez un homme de plus de 50 ans doit être montrée à un dermatologue pour biopsie.

Traitements : chirurgie (vermillonectomie) et laser CO₂ donnent les meilleurs taux de guérison. Les traitements médicaux (5-fluoro-uracile, imiquimod, photothérapie dynamique) sont des alternatives avec plus de récidives.

Causes internes — maladies systémiques et médicaments

5. Chéilite atopique

Chez les personnes ayant un terrain atopique, une chéilite sèche, rouge et fissurée est fréquente. Elle récidive chroniquement et s’améliore avec les dermocorticoïdes gras ou le tacrolimus 0,03% (Protopic*) en application 2 fois/jour pendant 1 à 2 semaines, puis prévenue par un topique hydratant et l’évitement du léchage.

6. Chéilite médicamenteuse

Les rétinoïdes (isotrétinoïne pour l’acné, acitrétine pour le psoriasis, alitrétinoïne pour l’eczéma des mains) provoquent systématiquement une chéilite sèche, fissuraire et parfois érosive. C’est l’un des effets indésirables les plus fréquents de l’isotrétinoïne. Le baume labial plusieurs fois par jour est indispensable pendant toute la durée du traitement.

7. Chéilites infectieuses

  • Herpès labial — la cause infectieuse la plus fréquente. Vésicules douloureuses récidivantes sur le bord des lèvres. Voir bouton de fièvre
  • Chéilite bactérienne — infections streptococciques ou staphylococciques donnant des croûtes jaunes melicerides. Traitement : antibiotiques locaux ou oraux
  • Chéilite candidosique — rougeur et gonflement douloureux des lèvres, souvent associés à une perlèche (fissure aux commissures). Traitement : antifongiques locaux

8. Carences nutritionnelles

Certaines carences peuvent provoquer une chéilite :

  • Carence en fer — lèvres pâles et sèches, souvent avec perlèche
  • Carence en vitamines B2, B12 — chéilite exfoliative, glossite
  • Carence en zinc — lèvres sèches avec fissures périorales
  • Pellagre (déficit en vitamine PP) — vermillon brillant et craquelé, parfois érodé

9. Maladies plus rares

Dans de rares cas, des lèvres sèches persistantes peuvent révéler une maladie systémique :

  • Sarcoïdose, maladie de Crohn — macrochéilite granulomateuse (gonflement permanent d’une ou deux lèvres). Le diagnostic repose sur la biopsie
  • Syndrome de Melkersson-Rosenthal — triade : macrochéilite + paralysie faciale + langue fissuraire
  • Érythème polymorphe, syndrome de Stevens-Johnson — chéilite érosive et croûteuse aiguë. Voir érythème polymorphe
  • Pemphigus — chéilite érosive dans le cadre d’une dermatose bulleuse auto-immune

Traitement général des lèvres sèches

Quelle que soit la cause, quelques mesures s’appliquent à toutes les chéilites :

  • Hydrater régulièrement avec un baume labial gras sans allergènes (éviter le baume du Pérou, les parfums, la menthe). Appliquer avant même que la sécheresse ne s’installe en hiver. La vaseline pure appliquée le soir au coucher est très efficace
  • Ne jamais se lécher les lèvres — le tic de léchage aggrave systématiquement la sécheresse
  • Protéger du soleil — stick labial avec SPF 30 minimum, surtout en montagne et à la mer
  • Identifier et éviter l’allergène en cas de chéilite allergique

Quand consulter ?

🚨 Consultez un dermatologue si :

— Les lèvres sèches persistent plus de 3 semaines malgré un baume hydratant bien utilisé
— La lèvre inférieure est chroniquement pâle, épaissie ou irrégulière (risque de chéilite actinique)
— Les lèvres sont gonflées, érosives ou croûteuses (eczéma aigu, infection, érythème polymorphe)
— Vous prenez de l’isotrétinoïne et la chéilite est très douloureuse ou saigne
— Les lèvres sèches s’accompagnent d’un gonflement permanent d’une lèvre (macrochéilite granulomateuse)

Sources

Questions fréquentes sur les lèvres sèches

Pourquoi ai-je les lèvres toujours sèches malgré le baume ?

Si les lèvres restent sèches malgré un baume bien utilisé, il faut envisager une cause sous-jacente : eczéma allergique (le baume lui-même peut contenir un allergène — menthol, parfum, baume du Pérou), chéilite atopique, carence en fer ou en zinc, ou tic de léchage inconscient. Un dermatologue peut réaliser des patch-tests pour identifier un allergène et prescrire un traitement adapté.

Les lèvres sèches peuvent-elles être le signe d’une maladie grave ?

Rarement, mais certains signes méritent attention. Une lèvre inférieure chroniquement pâle et épaissie chez un homme exposé au soleil peut être une chéilite actinique précancéreuse. Un gonflement permanent d’une lèvre peut révéler une sarcoïdose, une macrochéilite ou une maladie de Crohn. Une chéilite érosive aiguë peut être le premier signe d’un érythème polymorphe ou d’un syndrome de Stevens-Johnson.

Comment soigner rapidement des lèvres gercées et douloureuses ?

Appliquez de la vaseline pure plusieurs fois par jour et au coucher. Évitez absolument de vous lécher les lèvres. Buvez suffisamment. Si les lèvres sont rouges et gonflées (eczéma aigu), une crème dermocorticoïde douce prescrite par le médecin accélérera la guérison. Si des croûtes jaunes apparaissent, une surinfection bactérienne est possible — consultez.

Le tic de léchage des lèvres aggrave-t-il vraiment la sécheresse ?

Oui, de façon significative. La salive contient des enzymes digestives qui dégradent le film lipidique protecteur des lèvres. En s’évaporant, elle laisse les lèvres plus sèches qu’avant le léchage. C’est un cercle vicieux : plus on se lèche les lèvres car elles sont sèches, plus elles sèchent. Appliquer un baume aussitôt après avoir senti l’envie de se lécher aide à briser ce cycle.

Peut-on confondre des lèvres sèches avec un herpès ?

L’herpès labial se reconnaît à une sensation de brûlure ou de picotement précédant l’apparition de petites vésicules groupées sur le bord des lèvres, puis d’une croûte. Il survient par poussées récidivantes souvent déclenchées par le soleil, le stress ou la fièvre. Les lèvres sèches de type chéilite sont diffuses, sans vésicules, sans brûlure initiale caractéristique. En cas de doute, un dermatologue peut confirmer le diagnostic.


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Goût de fer dans la bouche : consulter un dermatologue , pourquoi ?

Problème de gout de fer dans la bouche

En cas de gout de fer dans la bouche :

La consultation du médecin est indispensable afin d’obtenir un diagnostic précis.
Le médecin va tout d’abord demander vos antécédents ( les maladies ou interventions chirurgicales que vous avez subies, les traitements que vous prenez).
Ensuite il fera le point avec vous sur les problèmes que vous présentez (date de début, durée de l’éruption, démangeaisons… )

Et il vous examinera, parfois au besoin d’une lampe grossissante. Si vous voyez un dermatologue, ce dernier peut utiliser un dermoscope (sorte de loupe posée à même la peau) et il pourra vous proposer de prendre en photo vos lésions.

Le médecin envisagera les différents diagnostics en cas de gout de fer dans la bouche

On peut citer parmi ceux-ci :

dermite Les mycoses buccales

Lorsque le diagnostic sera posé, le médecin vous proposera un traitement adapté à suivre attentivement.

MALADIE DE LAUGIER : la maladie de Laugier

Maladie de Laugier

Signes de la maladie de Laugier

Hypermélaninose basale avec incontinence du pigment sur les muqueuses buccale et génitale.

Lentigines de la lèvre inférieure, du palais osseux, parfois des doigts et des ongles
Examens complémentaires diagnostiques

Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)

Traitement
Abstention

BEHCET : la maladie de Behcet

Maladie de Behçet


Le Behcet est fréquent au Japon Asie Sud Est, Maghreb, Europe du Sud et Moyen Orient


Diagnostic :

  • aphtes génitaux récidivants,
  • lésions cutanées (érythème noueux, folliculites et pseudo-folliculites, test intradermique positif).

Autres manifestations possibles :

  • lésions neurologiques (méningoencéphalites, HTIC, psychose… )
    Examens complémentaires diagnostiques

HLA B5
Bilan des autres atteintes
Aphtes: Dermocorticoïdes puissants, injections intra-lésionnelles de corticoïdes à la base des ulcérations. Thalidomide : 100 mg per os 2 par jour. Colchicine : 1 à 2 mg per os par jour. Disulone.
Complications systémiques : corticothérapie, azathioprime, cyclophosphamide, chlorambucil, ciclosporine.

BOUTON DE FIEVRE OU HERPES LABIAL : soigner le bouton de fievre et le guérir

Bouton de fièvre (herpès labial) : symptômes, contagion et traitement

herpès labial enfant lèvre bouton de fièvre photo
Herpès de la lèvre chez l’enfant

Le bouton de fièvre est une récurrence de l’herpès labial, due au virus Herpes Simplex de type 1 (HSV-1). Très fréquent — environ 70 % des adultes français sont porteurs du virus — il se manifeste par des vésicules douloureuses sur le bord des lèvres, évoluant en croûtes en 8 à 10 jours. Il ne guérit pas définitivement mais se traite efficacement par antiviraux.

Récurrences fréquentes ou herpès atypique ?
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Sommaire :
Vidéo |
Qu’est-ce que le bouton de fièvre |
Transmission |
Primo-infection |
Stades d’évolution |
Facteurs déclenchants |
Quand consulter |
Traitement |
Pages spécialisées |
Questions fréquentes

Cet article en vidéo

Qu’est-ce que le bouton de fièvre ?

Le bouton de fièvre est dû au virus HSV-1 (Herpes Simplex Virus type 1). En France, environ 70 % des adultes ont été en contact avec HSV-1 — mais seulement 30 % développent des symptômes (poussées). Une fois contracté dans l’enfance, le virus reste à vie dans les ganglions nerveux et peut se réactiver à tout moment.

Transmission — ce qu’il faut savoir

Mode de transmission Détail
Pendant les poussées Risque maximal tant que les lésions sont humides et suintantes (vésicules). Transmission par baiser, couverts partagés, serviettes.
Sans symptôme visible Le portage asymptomatique permet la transmission par la salive (baiser, pratiques oro-génitales). HSV-1 est responsable d’environ 20 % des cas d’herpès génital.
Auto-contamination Se lécher les doigts ou gratter les lésions peut provoquer un herpès cutané (narine, pourtour du nez), une conjonctivite herpétique ou d’autres localisations.

⚠️ Enfants atopiques : ne jamais embrasser un enfant atteint d’eczéma atopique si vous avez un bouton de fièvre — risque de syndrome de Kaposi-Juliusberg, urgence dermatologique pédiatrique.

Primo-infection herpétique

La primo-infection (premier contact avec HSV-1) est asymptomatique dans 90 % des cas et survient habituellement dans l’enfance. Quand elle est symptomatique, elle provoque une gingivostomatite herpétique :

Caractéristique Détail
Symptômes Inflammation diffuse de la bouche — rougeurs, érosions, parfois hémorragies. Fièvre à 39°C, ganglions cervicaux.
Incubation 2 à 12 jours
Évolution Guérison en 10 à 15 jours
Risque chez le nourrisson Refus d’alimentation → déshydratation pouvant nécessiter une hospitalisation
primo-infection herpétique enfant gingivostomatite photo
Primo-infection herpétique chez l’enfant
lésions gencives lèvres primo-infection herpès photo
Lésions des gencives et lèvres lors de la primo-infection

Évolution du bouton de fièvre — stades

Stade Durée Aspect Contagiosité
Prodrome 12–24 h avant Picotements, brûlures, démangeaisons sur le bord de la lèvre Déjà contagieux
Vésicules J1–J3 Rougeur gonflée puis vésicules groupées en bouquet remplies de liquide clair Maximum — éviter tout contact
Érosion J3–J5 Vésicules qui se rompent, plaie à vif douloureuse Élevée
Croûtes J5–J10 Croûtes jaunâtres sur le bord de la lèvre Faible mais possible
Cicatrisation J8–J10 Guérison sans cicatrice Nulle
Herpès labial — stade vésiculaire
herpès labial lèvre photo bouton fièvre
Herpès labial
herpès labial stade crouteux lèvre photo
Herpès labial au stade crouteux

Facteurs déclenchants des récurrences

Catégorie Facteurs
Immunodépression Fatigue, maladie infectieuse, fièvre, prise de cortisone, immunosuppresseurs, VIH
Facteurs physiques Exposition solaire, froid intense, traumatisme local (chirurgie, acte esthétique, laser, dermabrasion, injections)
Facteurs hormonaux Règles, grossesse
Facteurs psychologiques Stress, anxiété, dépression, chocs émotionnels
Autres Rapports sexuels, alimentation déséquilibrée

Quand consulter un médecin ?

⚠️ Consultez en urgence ophtalmologique si vous suspectez une conjonctivite herpétique — œil rouge, douloureux, sensible à la lumière après un bouton de fièvre. Le virus herpès peut provoquer une kératite pouvant menacer la vision.

Situation Conduite à tenir
Bouton de fièvre ne guérissant pas en 1 à 2 semaines Consultation médicale
Fièvre ou symptômes très intenses Consultation médicale
Récurrences fréquentes (> 6 par an) Consultation — traitement préventif à discuter
Déficit immunitaire connu ou immunosuppresseurs Consultation — traitement antiviral oral indiqué
Herpès chez un nourrisson ou un enfant atopique Consultation urgente — risque de Kaposi-Juliusberg
Œil rouge, douloureux, photophobie Urgence ophtalmologique

Traitement du bouton de fièvre

Traitements locaux (sans ordonnance)

Les crèmes antivirales à base d’aciclovir 5 % sont disponibles sans ordonnance. Efficaces si appliquées dès les premiers symptômes (stade prodromique — picotements), avant l’apparition des vésicules.

Information Détail
Noms commerciaux Aciclovir 5 % crème, Herpesedermyl 5 %, Herpevir 5 %, Kendix 5 %, Remex 5 %
Posologie 4 à 6 applications par jour pendant 5 jours
Contre-indications Hypersensibilité à l’aciclovir ou au propylèneglycol — ne pas appliquer sur les yeux, dans la bouche ou sur les muqueuses génitales
Effets secondaires Picotements transitoires, sécheresse cutanée, prurit — rarement érythème ou eczéma de contact

💡 Conseil : demandez toujours conseil au pharmacien avant utilisation — risque d’allergie, contre-indications pendant la grossesse ou l’allaitement.

Traitements oraux (sur ordonnance)

Médicament Indication Remarque
Aciclovir comprimés Poussées importantes ou immunodépression 5 prises/j pendant 5 jours
Valaciclovir (Zelitrex®) Poussées importantes — meilleure biodisponibilité 2 prises/j — plus pratique

Traitement préventif

En cas de récurrences fréquentes (> 6 poussées par an), un traitement préventif continu par aciclovir ou valaciclovir peut être proposé (une seule prise par jour). Réévaluation à 6 mois.

Plus de 6 boutons de fièvre par an ?
Un traitement préventif continu existe et est très efficace. Une téléconsultation suffit pour obtenir une ordonnance et un suivi adapté.
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Pages spécialisées du cluster herpès

Herpès — formes et localisations
Herpès — page générale HSV-1 et HSV-2
Herpès génital (HSV-2) — symptômes, traitement, prévention
Aciclovir — crème et comprimés, mode d’emploi
Valaciclovir (Zelitrex®) — guide d’utilisation

Maladies virales cutanées associées
Zona — réactivation VZV, traitement, vaccin
Verrues — HPV, traitements
Eczéma atopique de l’enfant
Téléconsultation dermatologue

Sources

Questions fréquentes sur le bouton de fièvre

Le bouton de fièvre est-il contagieux même sans lésion visible ?

Oui. Le virus HSV-1 peut être transmis par la salive même en l’absence de bouton visible — c’est le portage asymptomatique. Le risque est cependant nettement plus élevé pendant les poussées, notamment au stade vésiculaire. Évitez les baisers et le partage de couverts pendant toute la durée de la poussée.

Comment stopper un bouton de fièvre au stade des picotements ?

C’est le moment le plus efficace pour agir. Dès les premiers picotements ou brûlures sur le bord de la lèvre, appliquez immédiatement une crème antivirale à l’aciclovir 5 % (disponible sans ordonnance). Appliquée à ce stade prodromique, elle peut réduire significativement la durée et l’intensité de la poussée, voire l’empêcher de se développer complètement. Évitez de toucher la zone et de vous frotter les yeux.

Combien de temps dure un bouton de fièvre ?

Sans traitement, 8 à 10 jours : 1 à 3 jours de vésicules, puis érosion, puis croûtes, puis guérison sans cicatrice. Avec un traitement antiviral débuté précocement (dès les picotements), la durée peut être réduite à 5 à 7 jours.

Peut-on prévenir les récurrences de boutons de fièvre ?

Partiellement. Il est recommandé d’identifier et de limiter ses facteurs déclenchants personnels (soleil, stress, fatigue). Une crème solaire sur les lèvres en cas d’exposition est utile. En cas de récurrences très fréquentes (> 6 par an), un traitement antiviral préventif continu par valaciclovir peut être discuté avec un médecin.

Le bouton de fièvre peut-il se propager aux yeux ?

Oui — c’est une complication sérieuse mais évitable. En se touchant le bouton puis en se frottant les yeux (auto-contamination), le virus peut provoquer une kératite ou conjonctivite herpétique pouvant menacer la vision. Symptômes : œil rouge, douloureux, larmoiement, sensibilité à la lumière. Consultez en urgence ophtalmologique si ces symptômes apparaissent pendant ou après une poussée.

Voir aussi :
Herpès HSV-1/HSV-2 |
Herpès génital |
Aciclovir |
Valaciclovir (Zelitrex®) |
Zona |
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CANDIDOSE BUCCALE : la mycose de la bouche

Candidose de la bouche

Cet article en vidéo :

Candidose profuse de la bouche et des levres

Les candidoses sont le plus souvent dues à Candida Albicans, levure vivant  » normalement  » en bon équilibre avec l’’organisme dans le tube digestif et les muqueuses génitales.

La mycose de la bouche prend généralement deux formes : une forme de mycose située à l’extérieur de la bouche, au coin des lèvres (la perlèche) et une forme de mycose située dans la bouche, le muguet

Formes de candidoses de la bouche

Le muguet

Le muguet est une mycose de l’interieur de la bouche caractérisée par une rougeur de la muqueuse de la bouche, recouverte de lésions blanchâtres dans la bouche, semblables a du lait caillé. Le muguet peut s’accompagner de brulures, de perte de gout, d’un gout de fer dans la bouche

Muguet
Muguet

Voir la fiche sur le muguet

La perlèche

Voir l’article fissure du coin des lèvres

Perleche : peau sèche au coin des lèvres
Perleche : peau sèche au coin des lèvres

Forme grave, la candidose buccale de l’adulte ou muguet de l’adulte

Souvent liée à une immunodépression, une candidose digestive…

Candidose de la bouche
Candidose de la bouche

Langue noire

Voir l’article langue noire

Langue noire
Langue noire

Langue rouge

Langue rouge

Langue blanche

Langue blanche, candidose

 

Traitement de la candidose buccale

Lutte contre les facteurs favorisants

Lutte contre la sécheresse buccale, une dyskinésie œsophagienne, une inflammation chronique des muqueuses, une colopathie, un diabète, un traitement par anti-acides

Bains de bouche avec une demi cuilleree a cafe de bicarbonate de sodium dans un petit verre d’eau pour désacidifier la bouche

Traitement chez l’adulte immunocompétent

Antifongiques locaux durant 1 à 3 semaines :

  • nystatine (Mycostatine®) comprimés gynécologiques à 100 000 UI à sucer, 4 à 6 cp/j ; ne pas avaler
  • amphotéricine B (Fungizone®) suspension orale, quatre cuillères à café en 2 à 3 prises (1,5 à 2 g/j) ; ne pas avaler
  • miconazole (Daktarin®), gel buccal, deux cuillères-mesure quatre fois par jour. Ne pas avaler

Dans tous les cas, les antifongiques doivent être pris à distance des repas et des boissons et maintenus le plus longtemps possible en contact avec la muqueuse (quelques minutes au moins) avant d’être avalés.

La prise simultanée de laxatifs, d’huile de paraffine ou d’accélérateurs du transit est contre-indiquée.

Leur tolérance est bonne à part quelques troubles digestifs (1% des cas) et sensation de brûlure ou de troubles du gout avec le miconazole (Daktarin®). La prise d’anticoagulants anti-vitamine K ou de sulfamides hypoglycémiants est déconseillée avec le Daktarin® qui peut en potentialiser les effets.

Leur principal inconvénient est leur mauvais goût…

Traitement oral

Il a pour but de désinfecter le tube digestif :

  • Mycostatine® (8 à 12 cp/j en 3 à 4 prises),
  • Fungizone® (6 à 8 capsules en 3 à 4 prises),
  • Daktarin® (8 cp/j en 3 à 4 prises).

Traitement de l’adulte immunodéprimé

On associe alors un traitement par comprimés au traitement local et il est souvent nécessaire d’effectuer des traitements préventifs des récidives, au moyen de médicaments tels que Nizoral®, Triflucan® ou Sporanox®

Traitement du bébé et de l’enfant (muguet)

Chez l’enfant et le bébé, le traitement peut être :

  • Mycostatine® suspension buvable, 5 à 30 doses par jour pour les bébés et 10 à 40 doses par jour pour les enfants, réparties en quatre prises par jour ;
  • Fungizone® suspension, 1 cuillère à café/10 kg/24 h en 2 à 3 prises (50 mg/kg/j) ;
  • Daktarin® gel buccal, 1 cuillère mesure (2,5 ml) quatre fois par jour.

Perlèche

Voir l’article fissure au coin des lèvres

Besoin de l’avis d’un spécialiste ? d’un traitement ? Délais de rdv trop longs ? Vous pouvez effectuer une téléconsultation avec le dermatologue

Autres candidoses distinctes de la candidose de la bouche :


Les atteintes génitales, chez l’’homme comme la femme sur les muqueuses, elles sont généralement rouges et avec un enduit blanc et brûlent ou démangent. Leur découverte nécessite un traitement du (des) partenaire(s). Voir mycose du sexe et mycose vaginale

L’’atteinte des plis, qui sont rouges vernissés et luisants rougeurs entre les cuisses

Atteinte des ongles, donnant souvent en plus de l’’atteinte de l’ongle proprement dit, une irritation sur son pourtour. Voir mycose des ongles

LICHEN PLAN : le lichen plan, causes, symptomes et traitement

Lichen plan : symptômes, formes cliniques et traitements

Le lichen plan est une dermatose inflammatoire chronique d’origine auto-immune, touchant la peau, les muqueuses buccales et génitales, les ongles et le cuir chevelu.
Il se manifeste typiquement par des papules violines prurigineuses à la surface desquelles on observe un réseau blanchâtre caractéristique appelé stries de Wickham.
Sa cause précise reste inconnue dans la plupart des cas, mais son mécanisme repose sur une réaction immunitaire à médiation cellulaire dirigée contre les kératinocytes de la couche basale de l’épiderme, qui sont détruits par les lymphocytes T cytotoxiques CD8+.
Le lichen plan touche préférentiellement l’adulte entre 30 et 60 ans, sans prédominance de sexe pour la forme cutanée, mais avec une nette prédominance féminine pour les formes buccales et génitales érosives.
La guérison spontanée survient dans la majorité des cas en 12 à 18 mois, mais des récidives sont observées chez environ la moitié des patients.

Lichen plan : papules violines caractéristiques

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Comment reconnaître le lichen plan ?

La forme cutanée classique associe quatre caractéristiques désignées par la règle des « 4 P » en sémiologie anglo-saxonne :
Papules : éléments surélevés, bien limités,
Planes : sommet aplati caractéristique,
Polygonales : contours anguleux irréguliers,
Pourpres (violines) : teinte rouge-violacée caractéristique.

À la surface de ces papules, on observe les stries de Wickham : un fin réseau blanchâtre à reflet nacré, pathognomonique du lichen plan, mieux visible après application d’huile ou à l’examen en dermatoscopie.

Lichen plan des jambes
Lichen plan des jambes

Les localisations préférentielles sont la face antérieure des poignets et des chevilles, les avant-bras, le bas du dos et les chevilles.
Le prurit (démangeaisons) est constant et souvent intense, constituant la principale gêne fonctionnelle.

En dermatoscopie, les éléments évocateurs sont :
– des vaisseaux en points disposés régulièrement,
– les stries de Wickham sous forme de stries blanches réticulées.

Dermatoscopie du lichen plan : vaisseaux en points et stries de Wickham
Dermatoscopie d’une plaque de lichen plan : vaisseaux en points et stries blanches de Wickham

Diagnostic

Le diagnostic est souvent clinique devant un tableau typique.
En cas de doute, le dermatologue réalise une biopsie cutanée (prélèvement d’un petit fragment de peau sous anesthésie locale) envoyée à l’anatomopathologiste pour examen histologique. L’histologie montre une infiltration lymphocytaire en bande le long de la jonction dermo-épidermique avec destruction des kératinocytes basaux (corps de Civatte) et une hyperkératose orthokératosique.

Diagnostics différentiels à éliminer :
Toxidermie lichénoïde : réaction médicamenteuse mimant le lichen plan, à évoquer systématiquement en cas de tableau atypique. Médicaments incriminés : captopril et autres IEC, bêtabloquants, diurétiques thiazidiques, antipaludéens, sels d’or, D-pénicillamine. La régression à l’arrêt du médicament suspect confirme le diagnostic.
– Psoriasis, eczéma de contact, pityriasis rosé de Gibert dans les formes annulaires.

Recherche systématique d’une hépatite C :
En cas de lichen plan buccal ou génital érosif, une sérologie hépatite C est recommandée : l’association lichen plan érosif — hépatite C chronique est bien documentée et justifie un traitement antiviral spécifique qui peut améliorer les lésions cutanées.

Maladies auto-immunes associées :
Le lichen plan est statistiquement associé à d’autres maladies auto-immunes : lupus, syndrome de Gougerot-Sjögren, dermatomyosite, vitiligo, pelade. Un bilan auto-immun exhaustif n’est cependant pas nécessaire en l’absence de signe clinique d’appel.

Formes cliniques du lichen plan

Lichen plan buccal

L’atteinte buccale est présente dans 30 à 70 % des cas de lichen plan cutané, et peut exister de façon isolée.
Elle se manifeste par un réseau blanchâtre en feuille de fougère sur la muqueuse jugale, la langue ou les gencives, habituellement peu symptomatique dans les formes réticulées.
La forme érosive buccale est douloureuse, gênante pour l’alimentation et peut évoluer vers des ulcérations chroniques.

Lichen plan buccal en réseau blanchâtre
Lichen plan buccal : réseau blanchâtre en feuille de fougère

Point de vigilance : le lichen plan buccal érosif chronique expose à un risque de transformation maligne en carcinome épidermoïde (< 1 % des cas) : une surveillance annuelle par le dermatologue et le stomatologue est recommandée.

Lichen plan génital

Le lichen plan génital touche les hommes (gland, prépuce) comme les femmes (grandes et petites lèvres, vagin, gencives).
Chez la femme, il peut s’intégrer dans le syndrome vulvo-vagino-gingival associant :
– vulvite érosive,
– vaginite érosive (pouvant entraîner des synéchies vaginales),
– gingivite érosive.
Ces formes sont particulièrement douloureuses, retentissent sur la vie sexuelle et nécessitent une prise en charge pluridisciplinaire (dermatologue, gynécologue, stomatologue).
Une sérologie hépatite C est recommandée comme pour le lichen buccal érosif.

Lichen plan pilaire : atteinte du cuir chevelu

Voir l’article dédié : lichen plan pilaire.
Il s’agit d’une alopécie cicatricielle progressive pouvant entraîner une destruction définitive des follicules pileux en l’absence de traitement précoce.

Lichen plan unguéal

L’atteinte unguéale touche 1 à 10 % des patients. Elle se manifeste par :
– un amincissement et une fragilité de la tablette unguéale,
– des stries longitudinales (ongles « grésés »),
– un ptérygion unguéal (adhérence de l’éponychium à la tablette),
– dans les formes sévères non traitées : destruction irréversible de la tablette.
Une prise en charge précoce est indispensable pour préserver les ongles.

Lichen spinulosique

Variante atteignant les follicules pileux, se présentant en nappes de petites papules kératosiques centrées sur un poil. Aspect proche de la kératose pilaire.

Traitements du lichen plan

Lichen plan cutané

Dermocorticoïdes de classe I ou II : traitement de première intention, appliqués une à deux fois par jour sur les lésions actives. Efficaces sur le prurit et l’inflammation.
Inhibiteurs de la calcineurine topiques (Protopic®, Elidel®) : alternative aux dermocorticoïdes, particulièrement pour les zones où l’utilisation prolongée des corticoïdes est déconseillée (visage, plis génitaux).
PUVAthérapie : photothérapie combinant UVA et psoralène, indiquée dans les formes étendues résistantes aux traitements locaux.
Acitrétine (Soriatane®) : rétinoïde systémique, utilisé dans les formes diffuses ou résistantes.
– Corticothérapie systémique courte : dans les formes très étendues ou inflammatoires en poussée.

Lichen plan buccal érosif

– Éviter tout irritant : tabac, alcool, aliments acides ou épicés, prothèses dentaires mal adaptées.
Corticoïdes locaux (Buccobet® en bains de bouche ou comprimés à sucer) : traitement de première intention.
Trétinoïne topique (Ketrel®, Locacid®, Effederm®) en application locale hors AMM : kératolytique utile dans les formes réticulées hyperkératosiques.
– Corticothérapie systémique par voie orale en cas de forme sévère d’emblée ou résistante aux traitements locaux.
– Protopic® (tacrolimus) topique hors AMM : efficace dans les formes réfractaires buccales avec un bon profil de tolérance muqueux.

Lichen plan génital érosif

Dermocorticoïdes de classe I (propionate de clobétasol) en application quotidienne sur les lésions érosives.
– Suivi gynécologique régulier pour les femmes présentant un syndrome vulvo-vagino-gingival.
– Protopic® hors AMM en alternative ou en relais des corticoïdes.

Lichen plan unguéal

– Dermocorticoïdes très puissants en application biquotidienne sur la matrice unguéale.
– Injections intralésionnelles de corticoïdes dans la matrice (si moins de 3 ongles atteints).
– Corticothérapie intramusculaire 1 mg/kg/mois pendant 3 à 6 mois si plus de 3 ongles atteints.
– Acitrétine à faible dose en cas d’atteinte unguéale profuse et résistante.

Évolution et surveillance

La forme cutanée guérit spontanément en 12 à 18 mois dans la majorité des cas, mais des récidives surviennent chez environ 50 % des patients.
Les formes muqueuses (buccale, génitale) sont plus chroniques, récidivantes et résistantes aux traitements.
Les séquelles possibles incluent des taches brunes post-inflammatoires sur les zones anciennement atteintes (particulièrement sur les peaux foncées) et, pour les formes pilaires et unguéales non traitées, des cicatrices définitives (alopécie cicatricielle, destruction unguéale).

Besoin de l’avis d’un spécialiste ? Délais de rendez-vous trop longs ? Vous pouvez effectuer une téléconsultation avec le dermatologue.

En savoir plus sur le lichen plan pilaire,
les dermocorticoïdes
et la dermatoscopie en dermatologie.


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Actinomycose

Actinomycose

L’actinomycose n’est pas comme son nom ne l’indique pas une mycose mais une pathologie infectieuse de la bouche. On devrait d’ailleurs parler d’actinobactériose

La confusion vient du fait que l’actinomycose  est due à des bactéries saprophytes de la cavité buccale et du tractus gastro-intestinal appelées  Actinomyces qui deviennent pathogènes sous l’influence de plusieurs facteurs  tels que la mauvaise hygiène bucco-dentaire, l’ immunosuppression, le cancer,le  diabète, l’alcoolo-tabagisme…

Signes de la maladie

Nodule sous-cutané indolore, fluctuant, le plus souvent mandibulaire. Les adénopathies satellites sont rares. En l’absence de traitement, l’évolution peut se faire vers plusieurs nodules voire des placards sous-cutanés collés au plan profond osseux de la face, puis fistulisation à la peau, écoulement sanglant et purulent contenant souvent des grains jaunes caractéristiques. Possibilité d’ extension au périoste et à la mandibule.

 

Examens complémentaires diagnostiques

Prelevement du pus et mise en culture

Traitement

Chirurgie dentaire et ATB (penicilline G)

Abrikossof

Tumeur d’Abrikossoff

Signes de la maladie:

Schwannome à cellules granuleuses.
Petite tumeur bénigne, dure, ressemblant à un histiocytofibrome, pouvant siéger sur l’ensemble du tégument
Fréquente sur la langue (1/3 cas)

 

Examens complémentaires diagnostiques
Histologie par biopsie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope) : cellules avec cytoplasme granuleux

 

Traitement

Abstention ou exérèse