Tralokinumab (Adtralza®) : nouvelle biothérapie de la dermatite atopique, alternative au dupilumab

Tralokinumab (Adtralza®) : biothérapie de la dermatite atopique sévère

Le tralokinumab (nom commercial Adtralza®) est un anticorps monoclonal ciblant spécifiquement l’interleukine-13 (IL-13), l’une des cytokines centrales de l’inflammation de la dermatite atopique. Approuvé en Europe en 2021 et disponible en France, il constitue une alternative au dupilumab pour les patients adultes dont l’eczéma sévère ne répond pas aux traitements conventionnels.

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Mécanisme d’action — pourquoi cibler l’IL-13 ?

La dermatite atopique est une maladie inflammatoire chronique de la peau dans laquelle la voie Th2 est hyperactivée. Les deux cytokines principales de cette voie sont l’IL-4 et l’IL-13. Ces interleukines provoquent :

  • La rupture de la barrière cutanée (réduction de la filaggrine et des céramides)
  • Le prurit intense par activation des neurones sensitifs cutanés
  • La réponse IgE et la sensibilisation allergique
  • L’inflammation et la lichenification cutanée chronique

Le tralokinumab est un anticorps monoclonal IgG4 qui se fixe spécifiquement sur l’IL-13 et bloque sa liaison à ses récepteurs (IL-13Rα1 et IL-13Rα2), neutralisant ainsi l’inflammation Th2. Contrairement au dupilumab qui bloque à la fois l’IL-4 et l’IL-13 (via le récepteur partagé IL-4Rα), le tralokinumab cible exclusivement l’IL-13.

💡 Pourquoi l’IL-13 spécifiquement ? Des études ont montré que l’IL-13 est la cytokine dominante dans la phase chronique et lichenifiée de la dermatite atopique — là où le prurit et l’épaississement cutané sont les plus marqués. Cibler l’IL-13 seule permettrait de neutraliser ce mécanisme spécifique avec potentiellement moins d’effets sur d’autres voies immunologiques.

Tralokinumab vs dupilumab — comparatif

Tralokinumab (Adtralza®) Dupilumab (Dupixent®)
Cible IL-13 seule Récepteur IL-4Rα (bloque IL-4 + IL-13)
Efficacité globale IGA 0/1 à S16 : 25–38% (études ECZTRA)
EASI-75 à S16 : 35–40%
IGA 0/1 à S16 : 36–39% (études SOLO)
EASI-75 à S16 : 44–51%
Effet sur le prurit Réduction rapide — NRS prurit ≥4 points à S16 dans ~50% des cas Réduction rapide et marquée — légèrement supérieure en moyenne
Conjonctivite ~7% (études ECZTRA) — moins fréquente que dupilumab ~10–20% — effet secondaire caractéristique
Injection 600 mg (J0 + S2) puis 300 mg toutes les 2 semaines
Possible toutes les 4 semaines chez les patients bien contrôlés
600 mg (J0) puis 300 mg toutes les 2 semaines
AMM Europe Adultes ≥18 ans (2021). Extension adolescents 12–17 ans en cours Adultes, adolescents 12+ ans, enfants 6+ ans
Compatibilité vaccins vivants Déconseillée pendant le traitement Déconseillée pendant le traitement

💡 En pratique : les méta-analyses directes et indirectes suggèrent que le dupilumab a une efficacité légèrement supérieure en termes de clearance cutanée globale, mais le tralokinumab présente un avantage notable sur la conjonctivite — l’effet secondaire le plus gênant du dupilumab. Pour les patients qui ont arrêté le dupilumab en raison d’une conjonctivite sévère, le tralokinumab est une alternative de premier choix.


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Indications et critères de prescription en France

Le tralokinumab est indiqué chez les adultes atteints de dermatite atopique modérée à sévère dont la maladie n’est pas suffisamment contrôlée par :

  • Les dermocorticoïdes et immunosuppresseurs topiques (tacrolimus, pimécrolimus)
  • Au moins un traitement systémique conventionnel (ciclosporine, méthotrexate) ou en cas de contre-indication à ces traitements

Il est prescrit en initiation par un dermatologue (ou médecin spécialisé), avec réévaluation à 16 semaines. La poursuite est recommandée si une amélioration cliniquement significative est obtenue (IGA ≤ 2 ou EASI-50).

Protocole d’injection

Phase Dose Rythme
Dose de charge 600 mg (4 injections de 150 mg) J0 (2 injections) + S2 (2 injections)
Dose d’entretien standard 300 mg (2 injections de 150 mg) Toutes les 2 semaines
Espace­ment possible 300 mg Toutes les 4 semaines — chez les patients bien contrôlés après 16 semaines

Les injections sont réalisées en sous-cutané — abdomen, cuisse ou bras. Après formation, le patient peut se les administrer lui-même à domicile avec le stylo auto-injecteur. Le médicament se conserve au réfrigérateur (2–8°C) et peut être sorti 30 minutes avant l’injection pour être à température ambiante.

Effets secondaires

Effet secondaire Fréquence Conduite à tenir
Réactions au site d’injection Très fréquent (~18%) — rougeur, douleur, prurit locaux Régressent spontanément, alterner les sites
Infections des voies aériennes supérieures Fréquent (~22%) Traitement habituel — pas d’arrêt du tralokinumab sauf infection grave
Conjonctivite ~7% — moins fréquente que dupilumab Larmes artificielles, avis ophtalmologique si persistante
Conjonctivite allergique Peu fréquent Collyres antihistaminiques
Réaction allergique sévère Rare Arrêt immédiat, appel 15

💡 Avantage notable sur la conjonctivite : dans les études ECZTRA, la conjonctivite était rapportée dans ~7% des cas sous tralokinumab, contre 10 à 20% sous dupilumab dans les études SOLO. Pour les patients présentant des yeux secs ou une kératoconjonctivite atopique préexistante, le tralokinumab peut être préférable.

Remboursement en France

Le tralokinumab (Adtralza®) est remboursé par l’Assurance maladie en France pour les adultes atteints de dermatite atopique modérée à sévère en échec aux traitements conventionnels. La prescription initiale est réservée aux dermatologues, dans le cadre d’une autorisation de mise sur le marché et des recommandations de la HAS.

Sources

Questions fréquentes sur le tralokinumab

Quelle différence entre tralokinumab et dupilumab pour l’eczéma ?

Les deux sont des biothérapies anti-Th2 pour la dermatite atopique sévère, mais leurs cibles diffèrent. Le dupilumab bloque le récepteur IL-4Rα, neutralisant à la fois l’IL-4 et l’IL-13. Le tralokinumab cible uniquement l’IL-13. En pratique, les efficacités globales sont comparables, avec un léger avantage du dupilumab sur la clearance cutanée dans les méta-analyses indirectes. L’avantage du tralokinumab est la moindre fréquence de conjonctivite (~7% vs 10–20%) — ce qui en fait le choix préférentiel chez les patients avec atteinte oculaire ou ayant arrêté le dupilumab pour ce motif.

Peut-on espacer les injections de tralokinumab à une fois par mois ?

Oui — c’est un avantage notable d’Adtralza®. Chez les patients qui ont atteint un bon contrôle de leur dermatite atopique après 16 semaines de traitement, le dermatologue peut envisager de passer à une injection de 300 mg toutes les 4 semaines au lieu de 2. Ce schéma allégé améliore la qualité de vie et réduit les contraintes du traitement. Si la maladie se réactive, on revient au rythme bihebdomadaire.

Peut-on utiliser les dermocorticoïdes en même temps que le tralokinumab ?

Oui — l’association est fréquente et recommandée, notamment en début de traitement ou lors des poussées résiduelles. Le tralokinumab ne remplace pas immédiatement les dermocorticoïdes — il faut 4 à 16 semaines pour atteindre l’efficacité maximale. Pendant cette période, les dermocorticoïdes assurent un contrôle de confort. À long terme, l’objectif est de réduire progressivement leur usage.

Le tralokinumab est-il compatible avec la grossesse ?

Les données chez la femme enceinte sont insuffisantes pour établir la sécurité du tralokinumab pendant la grossesse. Par précaution, il est recommandé d’éviter le traitement pendant la grossesse et d’utiliser une contraception efficace pendant le traitement et pendant au moins 16 semaines après la dernière injection. En cas de grossesse survenant sous traitement, contacter immédiatement le dermatologue prescripteur.

Voir aussi : Dermatite atopique / Traitements de l’eczéma / Dermocorticoïdes


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CICLOSPORINE : un traitement par voie orale immunosuppresseur en dermatologie

Ciclosporine en dermatologie : psoriasis et dermatite atopique sévère

La ciclosporine est un immunosuppresseur de la famille des inhibiteurs de la calcineurine, utilisé depuis les années 1980 dans les formes sévères de psoriasis et de dermatite atopique. Contrairement aux biothérapies modernes à ciblage spécifique, elle agit par une immunosuppression plus large, ce qui explique son efficacité rapide mais aussi ses limites au long cours — notamment la néphrotoxicité cumulative. Elle reste aujourd’hui un traitement de relais précieux, en particulier dans les formes urgentes ou en attente d’une biothérapie.

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Sommaire :
Mécanisme d’action |
Indications |
Posologie |
Bilan pré-thérapeutique |
Efficacité |
Effets secondaires |
Contre-indications |
Interactions médicamenteuses |
Surveillance |
Tableau récapitulatif |
Questions fréquentes

Mécanisme d’action

La ciclosporine est un polypeptide cyclique d’origine fongique qui agit sur l’immunité cellulaire adaptative. Son mécanisme repose sur une cascade d’inhibitions intracellulaires :

  • La ciclosporine pénètre dans le lymphocyte T et se lie à la cyclophiline, une protéine intracellulaire
  • Le complexe ciclosporine-cyclophiline inhibe la calcineurine, une phosphatase calcium-dépendante
  • Cette inhibition bloque la déphosphorylation du NFAT (Nuclear Factor of Activated T cells)
  • La transcription de l’IL-2 — cytokine centrale de la prolifération lymphocytaire — est supprimée

Résultat : une inhibition sélective de l’activation et de la prolifération des lymphocytes T CD4+, sans myélosuppression ni toxicité sur les autres lignées cellulaires.

💡 Une action rapide mais non ciblée : contrairement aux biothérapies (dupilumab, anti-IL-17), la ciclosporine agit sur l’ensemble de l’activation lymphocytaire T — ce qui explique son efficacité rapide toutes indications confondues, mais aussi un risque infectieux et une toxicité organique plus larges à long terme.

Indications en dermatologie

🔴 Psoriasis

  • Psoriasis en plaques modéré à sévère — PASI > 10, BSA > 10%, retentissement important sur la qualité de vie
  • Psoriasis pustuleux généralisé (von Zumbusch) — situation d’urgence thérapeutique
  • Psoriasis érythrodermique
  • Échec, contre-indication ou intolérance aux traitements conventionnels (méthotrexate, rétinoïdes, photothérapie)

🟠 Dermatite atopique

  • Dermatite atopique sévère de l’adulte réfractaire aux dermocorticoïdes forts
  • Poussées invalidantes avec retentissement majeur sur la qualité de vie (SCORAD > 40)
  • En attente d’une biothérapie (dupilumab) ou en alternative lorsque celle-ci est contre-indiquée ou non disponible

💡 Un traitement de transition : la ciclosporine est particulièrement utile comme pont thérapeutique — elle permet de contrôler rapidement une poussée sévère le temps que l’effet d’une biothérapie s’installe, ou dans l’attente d’une prise en charge en filière spécialisée.

Posologie

Psoriasis

  • Dose initiale : 2,5 mg/kg/jour en 2 prises, per os
  • Augmentation possible jusqu’à 5 mg/kg/jour si réponse insuffisante après 4 semaines
  • Durée maximale recommandée : 1 à 2 ans en continu — en raison du risque de néphrotoxicité cumulative
  • Traitement souvent utilisé en cycles avec décroissance progressive à l’arrêt

Dermatite atopique

  • Dose : 2,5 à 5 mg/kg/jour en 2 prises
  • Traitement d’attaque suivi d’une décroissance progressive
  • Durée préférable : cycles de 3 à 6 mois

⚠️ Règle des 30 % : toute élévation de la créatininémie supérieure à 30 % de la valeur basale impose une réduction de dose. Au-delà de 50 %, le traitement doit être arrêté.

Bilan pré-thérapeutique

Avant toute introduction de ciclosporine, un bilan complet est indispensable pour disposer de valeurs de référence et dépister les contre-indications :

Bilan clinique

  • Mesure de la pression artérielle (à deux reprises) — dépistage d’une HTA préexistante
  • Recherche d’antécédents rénaux, infectieux, néoplasiques
  • Évaluation de la sévérité cutanée (PASI, BSA, SCORAD selon l’indication)

Bilan biologique

  • Créatininémie × 2 — valeur basale de référence rénale indispensable
  • NFS — valeur de base
  • Bilan hépatique (ASAT, ALAT, GGT, bilirubine)
  • Uricémie, kaliémie, magnésémie — dépistage de troubles électrolytiques
  • Bilan lipidique (cholestérol, triglycérides)
  • Sérologies VIH, VHB, VHC — avant immunosuppression

Efficacité — ce que montrent les études

Dans le psoriasis

La ciclosporine est l’un des traitements systémiques à action la plus rapide dans le psoriasis, avec une réponse clinique visible dès 2 à 4 semaines :

  • PASI 75 obtenu chez 70 à 80 % des patients à la dose de 5 mg/kg/jour
  • Efficacité particulièrement précieuse dans les formes urgentes (psoriasis pustuleux, érythrodermie)
  • Rechute fréquente dans les semaines suivant l’arrêt — ne constitue pas un traitement de fond au long cours

Dans la dermatite atopique

  • Réduction du SCORAD de 50 à 60 % en 6 à 8 semaines
  • Amélioration rapide et significative du prurit
  • Efficacité maintenue pendant la durée du traitement, avec rebond fréquent à l’arrêt

💡 Réponse rapide, efficacité temporaire : la ciclosporine agit vite — c’est son principal avantage sur les biothérapies dont l’effet s’installe plus progressivement. En revanche, elle ne modifie pas le cours naturel de la maladie et ne constitue pas un traitement de fond au long cours.

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Effets secondaires

Le profil de tolérance de la ciclosporine est plus contraignant que celui des biothérapies modernes. Les effets indésirables doivent être connus et anticipés dès l’initiation du traitement.

Néphrotoxicité — principal facteur limitant

C’est l’effet indésirable le plus important, dose-dépendant et cumulatif. Une élévation progressive de la créatininémie est observée chez une proportion significative de patients traités au long cours. Elle peut aboutir à une néphropathie chronique irréversible en cas de traitement prolongé à doses élevées. C’est pourquoi la durée du traitement est limitée et la créatininémie doit être surveillée régulièrement.

Hypertension artérielle

Survient chez environ 30 % des patients sous ciclosporine, par vasoconstriction de l’artériole afférente rénale. En cas d’HTA sous ciclosporine, l’amlodipine est l’antihypertenseur de choix (éviter le diltiazem et le vérapamil qui augmentent les taux de ciclosporine par inhibition du CYP3A4).

Autres effets indésirables fréquents

  • Hypertrichose — pousse accrue des poils, souvent mal vécue notamment chez la femme
  • Hyperplasie gingivale — nécessite une hygiène bucco-dentaire rigoureuse
  • Hypertriglycéridémie — surveillance du bilan lipidique
  • Neurotoxicité — tremblements, céphalées, paresthésies (généralement réversibles à la réduction de dose)
  • Risque infectieux modéré — infections opportunistes possibles, surtout à doses élevées
  • Risque carcinogène cutané — carcinomes spinocellulaires, majoré en cas d’exposition UV concomitante

⚠️ Association photothérapie formellement contre-indiquée : la combinaison ciclosporine + UVB ou PUVA majore fortement le risque de carcinome épidermoïde cutané. Ces deux traitements ne doivent jamais être associés.

Contre-indications

  • Insuffisance rénale préexistante — toute altération de la fonction rénale contre-indique la ciclosporine
  • Hypertension artérielle non contrôlée
  • Infections actives sévères — bactériennes, virales ou fongiques
  • Néoplasie évolutive ou récente — en raison du risque d’immunosuppression favorisant la progression tumorale
  • Grossesse — risque tératogène potentiel ; utilisation possible uniquement si le bénéfice maternel l’emporte clairement sur le risque fœtal, sous surveillance spécialisée
  • Association à la photothérapie UVB ou PUVA — risque carcinogène cutané majeur
  • Hypersensibilité connue à la ciclosporine ou à l’huile de ricin polyoxyéthylénée (excipient de certaines formulations IV)

Interactions médicamenteuses

La ciclosporine est métabolisée par le CYP3A4 et est substrat de la P-glycoprotéine. Elle est impliquée dans de nombreuses interactions cliniquement significatives :

Médicament Mécanisme Risque
AINS Vasoconstriction rénale additive ↑ Néphrotoxicité
Statines Inhibition CYP3A4 compétitive Risque de rhabdomyolyse
Azolés, macrolides, diltiazem, vérapamil Inhibiteurs CYP3A4 ↑↑ Taux de ciclosporine
Rifampicine, phénytoïne, carbamazépine Inducteurs CYP3A4 ↓ Efficacité de la ciclosporine
IEC, sartans, diurétiques épargneurs de K⁺ Effets kaliémiques additifs Hyperkaliémie
Photothérapie UVB / PUVA Effets carcinogènes additifs ↑↑↑ Risque de carcinome spinocellulaire

Surveillance sous ciclosporine

La surveillance est plus contraignante que sous biothérapie, en raison du profil de toxicité organique de la ciclosporine :

  • Créatininémie et pression artérielle — toutes les 2 semaines pendant les 3 premiers mois, puis mensuellement
  • NFS, bilan hépatique, bilan lipidique — tous les 3 mois
  • Uricémie, kaliémie, magnésémie — tous les 3 mois
  • Consultation dermatologique — tous les 3 mois pour évaluer l’efficacité (PASI, SCORAD) et adapter la dose
  • Examen cutané annuel — dépistage de lésions précancéreuses ou de carcinomes cutanés, surtout en cas d’antécédents de photothérapie
  • Réévaluation de l’indication à chaque renouvellement — la durée totale doit rester limitée

Tableau récapitulatif — ciclosporine vs biothérapies dans la dermatite atopique

Critère Ciclosporine Dupilumab JAK inhibiteurs
Mécanisme Immunosuppression globale (anti-calcineurine) Ciblage IL-4/IL-13 (Th2) Inhibition JAK1/JAK2 (voie JAK-STAT)
Voie d’administration Comprimé oral quotidien Injection SC toutes les 2 semaines Comprimé oral quotidien
Rapidité d’action Très rapide (2–4 semaines) Rapide (prurit dès S2, lésions à S16) Très rapide (prurit dès S1–S2)
Bilan pré-thérapeutique Extensif (rein, TA, biologie complète) Allégé — pas de TB ni de bilan rénal Intermédiaire (NFS, lipides, TB)
Risque infectieux Augmenté (immunosuppression globale) Non augmenté Modérément augmenté
Effet secondaire principal Néphrotoxicité, HTA Conjonctivite (10–20 %) Infections, acné, zona
Grossesse Possible sous surveillance rapprochée Discutable — pas de CI absolue Contre-indiqué
Durée possible Limitée (toxicité rénale cumulative) Long cours — pas de limite établie Long cours sous surveillance

Questions fréquentes

La ciclosporine peut-elle être utilisée chez l’enfant ?
La ciclosporine n’est pas approuvée dans la dermatite atopique de l’enfant mais est parfois utilisée hors AMM dans les formes très sévères en attente d’une biothérapie. Chez l’enfant, le dupilumab dispose désormais d’une AMM dès 6 mois et représente une alternative préférable sur le plan de la tolérance. Dans le psoriasis de l’enfant, plusieurs biothérapies disposent également d’une AMM pédiatrique.

Peut-on arrêter la ciclosporine brutalement ?
Un arrêt brutal n’est pas recommandé, en particulier dans le psoriasis, en raison du risque de rebond sévère (poussée de psoriasis pustuleux ou érythrodermique). La décroissance doit être progressive, idéalement en relais par un autre traitement de fond. La décision d’arrêt doit toujours être discutée avec le dermatologue.

Peut-on associer la ciclosporine aux dermocorticoïdes ?
Oui — l’association est possible et courante en début de traitement, notamment dans la dermatite atopique. Les dermocorticoïdes permettent de contrôler rapidement les zones inflammatoires pendant que la ciclosporine exerce son effet systémique. L’objectif est ensuite de réduire progressivement les corticoïdes topiques.

La ciclosporine est-elle remboursée dans la dermatite atopique ?
En France, la ciclosporine est remboursée dans la dermatite atopique sévère de l’adulte. Elle constitue l’un des traitements conventionnels dont l’échec est requis pour l’accès au remboursement du dupilumab. La prescription peut être réalisée par tout médecin, mais l’initiation est habituellement réalisée par le dermatologue.

Peut-on utiliser la ciclosporine pendant la grossesse ?
La ciclosporine n’est pas formellement contre-indiquée pendant la grossesse mais son utilisation doit être limitée aux formes sévères où le bénéfice maternel l’emporte clairement sur le risque fœtal. Elle est tératogène chez l’animal à fortes doses mais les données chez la femme enceinte (notamment issues de la transplantation) sont globalement rassurantes à doses thérapeutiques. Une surveillance spécialisée obstétrico-dermatologique est indispensable.


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Dupilumab (Dupixent®) dans la dermatite atopique

Dupilumab (Dupixent®) : un traitement par biothérapie de la dermatite atopique et du prurigo

Dupilumab (Dupixent®) : biothérapie de la dermatite atopique sévère

Le dupilumab (Dupixent®) est la première biothérapie approuvée dans la dermatite atopique (eczéma) modérée à sévère de l’adulte et de l’enfant. Anticorps monoclonal humain ciblant le récepteur commun à l’IL-4 et à l’IL-13 — les deux cytokines centrales de l’inflammation de type 2 — il représente une rupture thérapeutique majeure pour les patients en échec des traitements conventionnels. Contrairement aux biothérapies immunosuppressives globales, le dupilumab ne supprime pas l’immunité dans son ensemble : il cible spécifiquement la voie Th2, responsable de l’inflammation atopique, avec un profil de sécurité remarquablement favorable après plus de 10 ans de recul clinique.

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Sommaire :
Mécanisme d’action |
Indications et AMM |
Modalités d’administration |
Bilan pré-thérapeutique |
Efficacité |
Effets secondaires |
Contre-indications |
Surveillance |
Tableau récapitulatif |
Questions fréquentes

Mécanisme d’action — pourquoi le dupilumab est différent

La dermatite atopique est une maladie inflammatoire chronique dominée par une activation excessive de la voie Th2 (type 2), caractérisée par une surproduction d’IL-4 et d’IL-13. Ces deux interleukines partagent le même récepteur — le récepteur à l’IL-4 de type I et II (IL-4Rα) — et sont responsables de :

  • La rupture de la barrière cutanée — déficit en filaggrine et en céramides
  • L’inflammation cutanée — rougeur, œdème, suintement
  • Le prurit intense — via la sensibilisation des fibres nerveuses cutanées
  • La production d’IgE — hyperréactivité allergique associée

Le dupilumab est un anticorps monoclonal humain IgG4 qui se fixe sur la sous-unité IL-4Rα et bloque simultanément la signalisation de l’IL-4 et de l’IL-13. En neutralisant ces deux cytokines en un seul ciblage, il interrompt la cascade inflammatoire de type 2 à sa source — sans supprimer l’immunité antibactérienne ou antivirale globale.

💡 Une biothérapie sans immunosuppression globale : contrairement aux anti-TNF ou aux anti-IL-17 utilisés dans le psoriasis, le dupilumab ne supprime pas l’immunité innée. Il ne nécessite pas de dépistage tuberculeux systématique ni de bilan infectieux préalable aussi extensif — ce qui simplifie considérablement la mise en route du traitement.

Indications et AMM

Le dupilumab dispose d’un spectre d’AMM large et en extension continue. En France, il est indiqué dans :

Dermatite atopique

  • Adulte — dermatite atopique modérée à sévère en cas d’échec, contre-indication ou intolérance aux traitements immunosuppresseurs conventionnels (ciclosporine, méthotrexate)
  • Adolescents (12-17 ans) — dermatite atopique sévère
  • Enfants (6 mois à 11 ans) — formes sévères résistantes aux traitements locaux bien conduits

Autres indications approuvées

  • Asthme sévère à éosinophiles ou cortico-dépendant
  • Polypose naso-sinusienne réfractaire (rhinosinusite chronique avec polypes)
  • Prurigo nodulaire sévère de l’adulte
  • Œsophagite à éosinophiles (adulte et adolescent)

Ces indications partagent toutes une physiopathologie dominée par l’inflammation de type 2 — illustrant la transversalité du mécanisme d’action du dupilumab sur l’ensemble du spectre atopique.

Modalités d’administration

Le dupilumab est administré par injection sous-cutanée, le plus souvent par le patient lui-même à domicile après une formation initiale :

  • Adulte et adolescent : dose de charge de 600 mg (2 injections de 300 mg), puis 300 mg toutes les 2 semaines. En cas de formes moins sévères ou de poids < 60 kg chez l’adolescent, un schéma mensuel peut être envisagé.
  • Enfants 6-11 ans : posologie adaptée au poids, en général toutes les 4 semaines pour les moins lourds, toutes les 2 semaines pour les plus lourds.
  • Enfants 6 mois – 5 ans : schéma mensuel selon le poids.

Le site d’injection est alterné entre cuisse, abdomen et bras. Le stylo auto-injecteur est disponible en deux concentrations. Les seringues se conservent au réfrigérateur (2-8°C) et peuvent être sorties 45 minutes avant l’injection.

Bilan pré-thérapeutique

Le bilan avant dupilumab est nettement moins contraignant que pour les biothérapies immunosuppressives (anti-TNF, anti-IL-17) :

Examen clinique

  • Confirmation du diagnostic de dermatite atopique et évaluation de la sévérité (SCORAD, EASI, IGA)
  • Évaluation du prurit (EVA prurit, NRS)
  • Recherche de comorbidités atopiques : asthme, rhinite allergique, conjonctivite, allergie alimentaire
  • Examen ophtalmologique si antécédents de conjonctivite — la conjonctivite est l’effet secondaire le plus fréquent du dupilumab

Bilan biologique

  • NFS, CRP — bilan de base
  • IgE totales et spécifiques — bilan allergologique de référence
  • Éosinophiles sanguins — une hyperéosinophilie est fréquente en début de traitement, généralement transitoire

Ce qui n’est PAS requis avant dupilumab

Contrairement aux biothérapies immunosuppressives :

  • Pas de Quantiféron systématique (sauf contexte particulier)
  • Pas de scanner des sinus ni de panoramique dentaire obligatoires
  • Pas de sérologie hépatites B/C obligatoire en l’absence de facteurs de risque
  • Pas de dépistage tuberculose systématique — le dupilumab ne réactive pas la tuberculose

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Efficacité — ce que montrent les études

Le dupilumab est la biothérapie la mieux documentée dans la dermatite atopique, avec un recul clinique de plus de 10 ans et des essais pivots de grande envergure (programme SOLO, CHRONOS, LIBERTY AD).

Les résultats à 16 semaines dans les études de phase III chez l’adulte montrent :

  • IGA 0/1 (peau quasi nette) obtenu chez 36 à 38 % des patients sous dupilumab vs 8 à 10 % sous placebo
  • Réduction du SCORAD ≥ 50 % chez environ 55 % des patients
  • Réduction significative du prurit dès la 2e semaine de traitement — souvent avant même l’amélioration des lésions cutanées visibles
  • Amélioration de la qualité de vie (DLQI) et du sommeil dès les premières semaines

En pratique réelle, les résultats sont comparables aux essais cliniques, avec une efficacité maintenue au long cours chez la majorité des patients répondeurs. Environ 20 à 30 % des patients sont des « super-répondeurs » atteignant une peau nette durable.

💡 Réduction du prurit en premier : de nombreux patients rapportent une diminution significative des démangeaisons dès les 2 premières semaines — avant même que les lésions cutanées régressent visiblement. Cette amélioration précoce du prurit est un marqueur favorable de bonne réponse au traitement.

Effets secondaires

Le profil de sécurité du dupilumab est remarquablement favorable comparé aux immunosuppresseurs conventionnels. Les effets secondaires les plus fréquents sont :

Conjonctivite — effet secondaire le plus spécifique

C’est l’effet indésirable le plus caractéristique du dupilumab, survenant chez 10 à 20 % des patients selon les études. Elle se manifeste par des rougeurs oculaires, un larmoiement, une irritation conjonctivale, parfois une blépharite associée. Son mécanisme exact reste débattu — probablement lié au rôle de l’IL-13 dans la surface oculaire. Elle est le plus souvent modérée et traitée par collyres. Un suivi ophtalmologique est recommandé en cas de conjonctivite persistante ou sévère.

Réactions au site d’injection

Rougeur, gonflement ou douleur localisés au point d’injection, survenant dans les 24 à 48 heures. Généralement bénins et transitoires, réduisant avec les injections successives.

Hyperéosinophilie transitoire

Une augmentation des éosinophiles sanguins est fréquente en début de traitement, généralement asymptomatique et transitoire. Une surveillance de la NFS est recommandée en début de traitement.

Ce que le dupilumab ne provoque PAS

  • Pas d’augmentation du risque infectieux bactérien ou tuberculeux
  • Pas de toxicité hépatique
  • Pas de toxicité rénale
  • Pas de myélosuppression
  • Pas de risque de lymphome documenté
  • Pas de réactivation herpétique accrue (contrairement aux immunosuppresseurs)

Contre-indications

Les contre-indications du dupilumab sont peu nombreuses, reflet de son profil de sécurité favorable :

  • Hypersensibilité au dupilumab ou à l’un de ses excipients — rare mais possible (réaction anaphylactique décrite exceptionnellement)
  • Infection parasitaire active — l’IL-4 et l’IL-13 jouent un rôle dans la défense antiparasitaire. En cas de suspicion d’helminthiase, traiter l’infection avant d’instaurer le dupilumab.
  • Vaccins vivants atténués — éviter pendant le traitement par précaution

Cas particulier de la grossesse et de l’allaitement

  • Grossesse : les données disponibles chez la femme enceinte sont rassurantes mais limitées. Le dupilumab traverse le placenta (IgG). Son utilisation pendant la grossesse peut être discutée au cas par cas si le bénéfice maternel l’emporte sur le risque — notamment dans les formes sévères où l’eczéma non contrôlé constitue lui-même un risque pour la grossesse.
  • Allaitement : le passage dans le lait maternel est probable mais la biodisponibilité orale du dupilumab chez le nourrisson est très faible (dégradation digestive). L’allaitement peut être poursuivi en concertation avec le médecin.
  • Contraception : aucune contraception spécifique requise — contrairement au méthotrexate ou à l’acitrétine.

Surveillance sous dupilumab

La surveillance sous dupilumab est allégée par rapport aux immunosuppresseurs conventionnels :

  • Consultation dermatologique à 4 semaines, 3 mois, puis tous les 3 à 6 mois selon la réponse — évaluation de l’efficacité (EASI, SCORAD, NRS prurit) et de la tolérance
  • NFS avec éosinophiles à 3 mois — surveillance de l’hyperéosinophilie transitoire
  • Suivi ophtalmologique en cas de conjonctivite sous traitement
  • Pas de surveillance biologique hépatique ou rénale spécifique requise
  • Évaluation de la réduction des corticostéroïdes topiques associés — l’objectif est de diminuer progressivement leur usage
  • Réévaluation annuelle de l’indication — possibilité d’espacement des injections chez les répondeurs stables

Tableau récapitulatif — dupilumab vs immunosuppresseurs conventionnels

Critère Dupilumab Ciclosporine Méthotrexate
Mécanisme Ciblage IL-4/IL-13 (Th2) Immunosuppression globale Anti-métabolite
Voie Injection SC toutes les 2 semaines Comprimé quotidien Comprimé ou injection hebdo
Bilan pré-ttt Allégé — pas de TB ni scanner Extensif (PA, rein, biologie) Extensif (foie, poumon)
Risque infectieux Non augmenté Augmenté Modérément augmenté
Effet secondaire principal Conjonctivite (10-20 %) Toxicité rénale, HTA Toxicité hépatique, mucosite
Grossesse Discutable — pas de CI absolue Possible sous surveillance Contre-indiqué — tératogène
Durée possible Long cours — pas de limite Limitée (toxicité rénale) Long cours sous surveillance

Questions fréquentes

Le dupilumab peut-il être utilisé chez l’enfant en bas âge ?
Oui — depuis 2023, le dupilumab dispose d’une AMM dès l’âge de 6 mois dans la dermatite atopique sévère. C’est la première biothérapie approuvée dans cette tranche d’âge. La posologie est adaptée au poids. Les études pédiatriques (LIBERTY AD PRESCHOOL) ont montré une efficacité et un profil de sécurité comparables à ceux observés chez l’adulte, sans signal de sécurité spécifique à l’enfant.

Peut-on arrêter le dupilumab une fois la peau bien contrôlée ?
L’arrêt du dupilumab est en général suivi d’une rechute de la dermatite atopique dans les semaines à mois suivants. Certains patients en rémission prolongée peuvent tenter un espacement progressif des injections (passage à une injection toutes les 4 semaines) avant une tentative d’arrêt. La décision d’arrêt doit être discutée avec le dermatologue — un arrêt brutal n’est pas recommandé.

J’ai développé une conjonctivite sous dupilumab — dois-je arrêter le traitement ?
Non dans la grande majorité des cas. La conjonctivite sous dupilumab est généralement modérée et contrôlable par des collyres lubrifiants, des corticoïdes oculaires topiques ou du tacrolimus ophtalmique. L’arrêt du dupilumab pour conjonctivite seule est rarement nécessaire. Un suivi ophtalmologique est recommandé. Si la conjonctivite est sévère ou réfractaire, une adaptation thérapeutique peut être discutée.

Peut-on associer le dupilumab aux dermocorticoïdes ?
Oui — et c’est même la règle en début de traitement. Le dupilumab est utilisé en association avec les dermocorticoïdes (et/ou le tacrolimus topique) lors de la phase d’induction. L’objectif est ensuite de réduire progressivement les traitements locaux au fur et à mesure de l’amélioration cutanée, jusqu’à les utiliser uniquement à la demande pour les poussées résiduelles. Le dupilumab ne remplace pas les soins émollients quotidiens.

Le dupilumab est-il remboursé ?
En France, le dupilumab (Dupixent®) est remboursé à 100 % (ALD 30) dans la dermatite atopique sévère de l’adulte et de l’enfant à partir de 6 mois, après échec des traitements conventionnels (ciclosporine ou méthotrexate). La prescription initiale est réservée aux dermatologues et aux médecins spécialistes, avec renouvellement possible par le médecin traitant selon les modalités définies par l’Assurance Maladie.


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INHIBITEURS JAK : inhibiteurs de Janus Kinase en dermatologie

Inhibiteurs de JAK en dermatologie : mécanisme, indications, bilan et contre-indications

Les inhibiteurs de JAK (JAKi) constituent l’une des avancées thérapeutiques les plus significatives de la dernière décennie en dermatologie. En bloquant la voie de signalisation JAK-STAT — une voie cellulaire centrale dans l’inflammation et les maladies auto-immunes — ces molécules permettent de contrôler des maladies inflammatoires cutanées longtemps difficiles à traiter : dermatite atopique, pelade, vitiligo, psoriasis. Disponibles sous forme orale ou topique selon l’indication, ils représentent une alternative aux biothérapies injectables.

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Sommaire :
Mécanisme d’action |
Baricitinib (Olumiant®) |
Upadacitinib (Rinvoq®) |
Autres molécules |
Bilan pré-thérapeutique |
Vaccinations |
Effets secondaires |
Contre-indications |
Tableau récapitulatif |
Questions fréquentes

Janus Kinase - voie de signalisation JAK STAT en dermatologie
Janus — la kinase à deux visages qui donne son nom aux JAK

Mécanisme d’action — la voie JAK-STAT

Les cytokines pro-inflammatoires (IL-4, IL-13, IL-31, IFN-γ, IL-15…) se fixent sur leurs récepteurs membranaires et déclenchent une cascade intracellulaire via les Janus Kinases (JAK). Ces kinases phosphorylent les protéines STAT, qui migrent vers le noyau et activent la transcription de gènes inflammatoires. En bloquant les JAK, on interrompt ce signal en amont — avant l’activation génique.

La famille des JAK comprend 4 membres : JAK1, JAK2 et TYK2 (ubiquitaires) et JAK3 (limité au système hématopoïétique — cible particulièrement sélective).

💡 JAKi vs biothérapies : les biothérapies (dupilumab, anti-IL-17, anti-IL-23) ciblent une cytokine spécifique en dehors de la cellule. Les JAKi agissent à l’intérieur de la cellule et bloquent simultanément plusieurs cytokines — d’où leur efficacité transversale sur DA, pelade, vitiligo. Ils existent sous forme orale (comprimé quotidien) ou topique (crème) — avantage décisif par rapport aux injectables.

Baricitinib (Olumiant®) — dermatite atopique sévère et pelade

Le baricitinib est un inhibiteur sélectif de JAK1 et JAK2, administré en un comprimé par jour. C’est la molécule ayant le plus large spectre d’indications dermatologiques en France à ce jour.

Baricitinib dans la dermatite atopique

AMM : dermatite atopique modérée à sévère de l’adulte en échec ou intolérance aux traitements conventionnels (dermocorticoïdes, tacrolimus). Posologie : 4 mg/jour en première intention ; 2 mg/jour possible en maintenance ou profil de risque élevé.

Données d’efficacité — études BREEZE-AD :

Critère (semaine 16) Baricitinib 4 mg Placebo
IGA 0/1 (peau quasi-libre) 24–36 % 5–8 %
EASI-75 (réduction ≥75 % des lésions) 36–46 % 8–15 %
Amélioration du prurit (NRS ≥4 points) 40–50 % 10–15 %
Délai d’action sur le prurit Dès J2–J3 pour le prurit — effet le plus rapide parmi les JAKi

Le baricitinib se distingue par son action anti-prurigineuse particulièrement rapide — le soulagement du prurit est souvent perceptible dès les 48–72 premières heures, avant toute amélioration visible des lésions. C’est un élément important à communiquer au patient pour maintenir l’adhésion au traitement.

Baricitinib dans la pelade sévère

AMM : pelade sévère de l’adulte (perte de ≥ 50 % des cheveux du cuir chevelu, mesurée par le score SALT ≥ 50). Posologie : 4 mg/jour en continu. C’est le premier traitement systémique approuvé dans la pelade — une rupture thérapeutique majeure pour une maladie longtemps orpheline.

Mécanisme spécifique dans la pelade : la pelade est médiée par les lymphocytes T CD8+ et l’IL-15, qui signalisent via JAK1 et JAK3. En bloquant JAK1/JAK2, le baricitinib restaure le « privilège immunitaire » du follicule pileux — le mécanisme qui protège normalement les follicules de l’attaque auto-immune.

Données d’efficacité — études BRAVE-AA1 et BRAVE-AA2 :

Critère (semaine 36) Baricitinib 4 mg Baricitinib 2 mg Placebo
SALT ≤ 20 (repousse ≥ 80 % des cheveux) 35–40 % 17–22 % 5–6 %
Repousse des sourcils (score ≥ 3) 30–40 % 15–20 % <5 %
Repousse des cils 20–30 % 10–15 % <5 %

Points pratiques baricitinib pelade : la repousse est progressive — les premiers signes apparaissent en général entre la semaine 8 et la semaine 16. Un résultat partiel à 36 semaines peut continuer à s’améliorer jusqu’à 52 semaines. L’arrêt du traitement entraîne souvent une rechute — la question de la durée optimale du traitement reste ouverte. Efficacité supérieure chez les patients sans antécédent d’ophiasis ou d’alopécie universelle.

Upadacitinib (Rinvoq®) — puissance maximale dans la dermatite atopique sévère

L’upadacitinib est un inhibiteur JAK1 hautement sélectif, administré en un comprimé par jour. Sa sélectivité pour JAK1 (impliqué dans la signalisation IL-4, IL-13, IL-31, IL-33 — les cytokines clés de la DA) lui confère une efficacité particulièrement marquée dans la dermatite atopique.

AMM : dermatite atopique modérée à sévère chez l’adulte et l’adolescent (≥ 12 ans) en échec ou intolérance aux traitements conventionnels. Posologie : 15 mg/jour ; 30 mg/jour dans les formes sévères ou en cas de réponse insuffisante à 15 mg.

Données d’efficacité — études Measure Up 1, Measure Up 2 et AD Up

Critère (semaine 16) Upadacitinib 30 mg Upadacitinib 15 mg Placebo
IGA 0/1 (peau quasi-libre) 52–62 % 38–48 % 5–8 %
EASI-75 71–80 % 60–70 % 13–16 %
EASI-90 51–60 % 35–45 % 3–5 %
Amélioration prurit ≥4 pts (NRS) 60–70 % 45–55 % 10–15 %

L’upadacitinib 30 mg est le JAKi oral avec les taux de réponse les plus élevés documentés dans la DA — supérieurs à ceux du dupilumab dans les comparaisons indirectes et dans l’essai direct HEAD-TO-HEAD (Heads Up), où l’upadacitinib 30 mg a démontré une supériorité statistique sur le dupilumab pour l’EASI-75 (71 % vs 61 % à 16 semaines).

Points pratiques upadacitinib DA : l’action sur le prurit est également très rapide — dès J1–J3 pour certains patients à forte dose. La dose 30 mg est réservée aux formes sévères et doit être réévaluée à l’obtention du contrôle clinique (passage possible à 15 mg en maintenance). Chez l’adolescent (12–17 ans) : 15 mg/jour uniquement.

Upadacitinib dans la pelade — évaluation en cours

L’upadacitinib fait l’objet d’études cliniques dans la pelade sévère, avec des résultats préliminaires prometteurs comparables au baricitinib. Il n’a pas encore l’AMM dans cette indication en France à ce jour — le baricitinib reste le seul JAKi oral approuvé dans la pelade.

💡 Baricitinib vs upadacitinib dans la DA : les deux molécules sont efficaces dans la DA modérée à sévère. L’upadacitinib 30 mg a les taux de réponse les plus élevés ; le baricitinib se distingue par son action anti-prurigineuse très précoce (J2–J3) et son AMM dans la pelade. Le choix entre les deux dépend du profil du patient (âge, sévérité, comorbidités, désir d’enfant) et se décide en concertation avec le dermatologue.

Pelade sévère, vitiligo étendu ou eczéma résistant ? Les JAKi peuvent constituer une option — évaluons votre situation :
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Autres molécules disponibles en dermatologie

Abrocitinib (Cibinqo®)

Inhibiteur JAK1 sélectif, AMM dans la dermatite atopique modérée à sévère de l’adulte. Posologie : 100 mg ou 200 mg/jour. Profil d’efficacité comparable à l’upadacitinib dans la DA. Particularité : risque de thrombopénie dose-dépendant nécessitant une surveillance plaquettaire.

Deucravacitinib (Sotyktu®)

Inhibiteur TYK2 sélectif — seul JAKi approuvé dans le psoriasis en plaques modéré à sévère de l’adulte. La sélectivité TYK2 (impliqué dans la signalisation IL-12/IL-23) explique un profil de sécurité favorable avec moins de risque infectieux que les anti-JAK1/2. Posologie : 6 mg/jour en continu.

JAKi topiques

Ruxolitinib crème (Opzelura®) — JAK1/JAK2, AMM dans le vitiligo non-segmentaire avec atteinte faciale (≥ 12 ans) et la DA légère à modérée. Disponible en pharmacie de ville en France depuis juillet 2024. Passage systémique très faible — profil de sécurité favorable.

Délgocitinib (Corectim®) — inhibiteur pan-JAK topique, AMM dans la DA légère à modérée de l’adulte.

Bilan pré-thérapeutique — JAKi par voie systémique

Avant toute instauration d’un JAKi oral, un bilan complet est obligatoire :

Interrogatoire et examen clinique

— Antécédent personnel ou familial de tuberculose, ou contact avec un cas de tuberculose
— Antécédent d’infections sévères, chroniques ou récidivantes — notamment varicelle ou zona
Risque cardiovasculaire — facteurs de risque mal contrôlés (HTA, dyslipidémie, tabac, diabète)
— Antécédent de cancer solide ou d’hémopathie
Désir de grossesse
Insuffisance hépatique ou rénale sévère

Bilan biologique

Examen Objectif
NFS (hémogramme) Recherche anémie, lymphopénie, neutropénie
Créatininémie + clairance Évaluation fonction rénale (adaptation posologique)
ASAT, ALAT, bilirubine, GGT Bilan hépatique de référence
Bilan lipidique Les JAKi peuvent modifier LDL et triglycérides
Électrophorèse des protéines sériques Dépistage immunodéficience
Sérologies hépatites B, C et VIH Dépistage infections latentes
Quantiféron Gold® ou T-Spot-TB® (préférés) ou IDR tuberculine Tuberculose latente
Radiographie du thorax Bilan tuberculose et état pulmonaire de base

⚠️ Risque cardiovasculaire : les études de pharmacovigilance (notamment avec le tofacitinib en rhumatologie — étude ORAL Surveillance) ont mis en évidence un risque accru d’événements cardiovasculaires et de cancers chez les patients de plus de 50 ans avec facteurs de risque cardiovasculaire. Ce risque doit être intégré dans la décision de prescription en dermatologie chez les patients à risque élevé.

Vaccinations — mise à jour avant traitement

La mise à jour vaccinale doit être réalisée avant l’instauration du JAKi, vaccins inactivés au moins 2 semaines avant le début du traitement :

DTP (diphtérie-tétanos-polio)
Grippe (annuel)
Pneumocoque : vaccin conjugué 13-valent (PCV13), puis ≥ 2 mois après vaccin non conjugué 23-valent (PPV23)
Zona : vaccin inactivé Shingrix® — 2 doses à 2 mois d’intervalle — prioritaire car le zona est l’effet infectieux le plus spécifique des JAKi oraux

Vaccins vivants — contre-indiqués pendant le traitement : ROR, fièvre jaune, poliomyélite orale, grippe orale, BCG, varicelle. En cas de nécessité (voyage en zone endémique), arrêt du JAKi selon le délai requis (3 mois pour fièvre jaune, ROR), reprise possible 4 semaines après la vaccination vivante.

Effets secondaires

Effet secondaire Conduite à tenir
Infections voies respiratoires supérieures, infections urinaires Signaler tout épisode infectieux au médecin prescripteur
Zona — réactivation VZV Suspension du JAKi + traitement antiviral urgent (valaciclovir)
Anémie, lymphopénie, neutropénie Surveillance NFS régulière — seuils de suspension définis
Augmentation du LDL-cholestérol Surveillance bilan lipidique — traitement si nécessaire
Acné (upadacitinib 30 mg notamment) Traitement topique habituel — rarement motif d’arrêt
Risque cardiovasculaire chez les patients à risque élevé Évaluation préalable rigoureuse — surveillance cardiovasculaire
Risque de cancer Antécédent oncologique = évaluation risque/bénéfice renforcée

Les JAKi topiques (ruxolitinib crème, délgocitinib) ont un profil de sécurité nettement plus favorable — passage systémique faible, effets secondaires généraux rares aux doses thérapeutiques.

Contre-indications des JAKi systémiques

— Anémie < 8 g/dL
— Lymphopénie < 500/mm³ ou neutropénie < 1 000/mm³
— Hypersensibilité à la substance active ou à un excipient
— Tuberculose active ou infection grave évolutive
Grossesse et allaitement — contre-indication formelle

⚠️ Grossesse : les JAKi oraux sont tératogènes dans les études animales. Une contraception efficace est obligatoire pendant toute la durée du traitement et durant la période de wash-out après arrêt (variable selon la molécule). Informer systématiquement le médecin prescripteur de tout désir de grossesse.

Tableau récapitulatif — JAKi disponibles en dermatologie

Molécule Cible JAK Forme Posologie Indication dermatologique
Baricitinib (Olumiant®) JAK1/JAK2 Oral 4 mg/j (2 mg possible) DA modérée/sévère — Pelade sévère
Upadacitinib (Rinvoq®) JAK1 sélectif Oral 15 ou 30 mg/j DA modérée/sévère (adulte + ado ≥12 ans) — taux de réponse les plus élevés
Abrocitinib (Cibinqo®) JAK1 sélectif Oral 100 ou 200 mg/j DA modérée/sévère (adulte)
Deucravacitinib (Sotyktu®) TYK2 sélectif Oral 6 mg/j Psoriasis en plaques modéré/sévère
Ruxolitinib (Opzelura®) JAK1/JAK2 Crème topique 2x/j sur zones atteintes Vitiligo non-segmentaire facial (≥12 ans) — DA légère/modérée
Délgocitinib (Corectim®) Pan-JAK Crème topique 2x/j DA légère/modérée (adulte)

Questions fréquentes

Baricitinib ou upadacitinib pour la dermatite atopique sévère — lequel choisir ?

Les deux sont efficaces dans la DA modérée à sévère. L’upadacitinib 30 mg a les taux de réponse les plus élevés documentés (EASI-75 jusqu’à 80 %, supériorité démontrée sur le dupilumab dans l’essai Heads Up). Le baricitinib se distingue par son action très précoce sur le prurit (dès J2–J3), son recul de sécurité supérieur (plus de 10 ans en rhumatologie), et son AMM dans la pelade — utile si le patient a les deux pathologies. Le choix final dépend du profil du patient, des comorbidités et de la décision partagée avec le dermatologue.

Quelle est la différence entre un JAKi et une biothérapie comme le dupilumab ?

Les biothérapies (dupilumab, anti-IL-17, anti-IL-23) sont des anticorps monoclonaux qui neutralisent une cytokine spécifique en dehors de la cellule — administration injectable toutes les 2 à 4 semaines. Les JAKi sont de petites molécules chimiques qui agissent à l’intérieur de la cellule et bloquent simultanément plusieurs cytokines. Avantages des JAKi : administration orale quotidienne, efficacité rapide (notamment sur le prurit), coût potentiellement inférieur. Avantage des biothérapies : profil de sécurité mieux caractérisé pour le dupilumab dans la DA, pas de contre-indication cardiovasculaire.

Peut-on rester sous JAKi oral à long terme ?

Oui, sous surveillance régulière (NFS, bilan lipidique, bilan hépatique tous les 3 à 6 mois). Le baricitinib dispose du recul le plus long — plus de 10 ans en rhumatologie, avec une tolérance satisfaisante documentée. Dans la pelade, la durée optimale de traitement est encore à définir — l’arrêt entraîne souvent une rechute progressive.

Le zona est-il fréquent sous JAKi ?

Le zona (réactivation du virus varicelle-zona) est le risque infectieux le plus spécifique des JAKi oraux — risque 2 à 3 fois supérieur au placebo selon les études. C’est pourquoi le vaccin inactivé Shingrix® (2 doses) est fortement recommandé avant l’instauration du traitement. En cas de zona sous JAKi : suspension temporaire immédiate + valaciclovir sans attendre.

Un JAKi est-il compatible avec d’autres traitements dermatologiques ?

Les JAKi peuvent être associés aux émollients, dermocorticoïdes et tacrolimus topique dans la DA. L’association avec d’autres immunosuppresseurs systémiques (ciclosporine, méthotrexate) ou biothérapies n’est généralement pas recommandée (risque infectieux cumulatif). L’association JAKi oral + photothérapie UVB est en cours d’évaluation dans le vitiligo et la pelade.


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RED SKIN SYNDROME ou syndrome de la peau rouge

Red Skin Syndrome

Le syndrome de la peau rouge est une dermatose dont l’entité est controversée, lié à une utilisation anormale des cremes à la cortisone de façon abusive ou inappropriée. On l’appelle aussi  « syndrome de la peau brûlante » ou de la « peau en feu » et de « dermatite due à la cortisone ». Il touche surtout les femmes et il est observé à l’arrêt des dermocorticoïdes appliqués sur une très longue période (plusieurs mois d’utilisation quotidienne).

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Symptomes

Les symptômes les plus fréquents du syndrome de la peau rouge sont :

  • Comme son nom l’indique, une rougeur…
  • des papules dans cette nappe rouge (« boutons dans la plaque rouge»)
  • sensations de brûlures, de picotements, de démangeaisons voire de douleurs…
  • épisodes de gonflements de la plaque rouge
  • peau sèche

Un syndrome controversé

argile

Le syndrome de la peau rouge ressemble à l’eczéma craquelé et fissuraire. On l’observe surtout chez les femmes (jusqu’à 80% des cas décrits sont des femmes).  Sur un fond rouge, la peau est fissurée.

Il ressemble aussi sur le visage à la rosacée, dont la peau est irritable et brûle. Or la rosacée est parfois aggravée par l’application de dermocorticoides, le Red Skin Syndrome est donc controversé, certains pensent qu’il s’agit d’une forme proche de la rosacée sur le visage

Par ailleurs on connait la propension des dermocorticoides à créer des rougeurs au long cours et on connait depuis longtemps leur effet rebond à l’arrêt.

Ainsi, ce syndrome d’arrêt des dermocorticoïdes après application abusive et inappropriée ne fait pas encore consensus dans la communauté scientifique. S’agit-il d’une entité à part entiere ou d’une forme de rosacée agravée par les dermocorticoides? D’un rebond ou de rougeurs secondaires à une utilisation trop prolongée de dermocorticoides?

Les causes

Si son individualité est contestée (s’agit-il de rougeurs post corticoides, d’une forme de rosacée, d’eczema sec, de rebond à l’arret…), on connait bien sa cause. Il résulte d’une utilisation anormale des dermocorticoides :

  • Abusive : trop de dermocorticoides et/ ou trop souvent
  • Inappropriée : utilisation trop longue (plusieurs mois quotidiennement) et/ou sur d’autres dermatoses inflammatoires comme l’acné ou la rosacée

Que faire?

Il faut consulter un dermatologue, qui tentera un sevrage progressif des dermocorticoides et utilisera des traitements spécifiques des pathologies associées (tacrolimus en cas d’eczema, metronidazole en cas de rosacée…)

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IVERMECTINE : l’ivermectine N’EST PAS qu’un MEDICAMENT POUR CHEVAUX

L’ivermectine N’EST PAS qu’un MEDICAMENT POUR CHEVAUX / Ivermectine et COVID

Molécule d’ivermectine

Cet article en vidéo:

L’ivermectine est un antiparasitaire. Il est utilisé en dermatologie, notamment en traitement par voie orale dans le traitement de la gale .

L’ivermectine est donc un médicament bien connu des dermatologues, qui se présente sous la forme de comprimés à 3 mgs. Il s’agit en fait d’un antiparasitaire qui peut aussi être prescrit dans d’autres maladies parasitaires.

Contre indications de l’ivermectine

Allergie au produit ou à l’un de ses constituants de l’ivermectine

Enfant de moins de 15kgs

Grossesse et allaitement

Conseils d’utilisation de l’ivermectine

L’ivermectine est prise dans la gale à la dose de 200 µg par kg de poids corporel en prise unique par voie orale, à distance des repas (au moins deux heures avant et apres un repas). La posologie varie donc en fonction du poids :

15 à 24 kgs 1 cp prise unique

25 à 35 kgs 2 cp prise unique

36 à 50 kgs 3 cp prise unique

51 à 65 kgs 4 cp prise unique

66 à 79 kgs 5 cp prise unique

En savoir plus sur le traitement de la gale par ivermectine

L’ivermectine est-elle un médicament pour chevaux?

Oui! L’ivermectine en tant qu’antiparasitaire est régulièrement utilisé en médecine vétérinaire à des doses là aussi dépendantes du poids des animaux (plusieurs centaines de kilogrammes pour un cheval), donc bien supérieures à celles des hommes

La confusion sur le statut de médicament UNIQUEMENT VETERINAIRE provient de l’engouement pour l’ivermectine aux USA, où des personnes ont acheté de l’ivermectine pour chevaux et se sont surdosés et intoxiqués car ils ont pris des doses faites pour des animaux de centaines de kgs et non pas pour le poids d’un homme.
Tout produit pris en dose trop importante devient un poison!

Ivermective et COVID

En France, tout a commencé dans un Ehpad de Seine-et-Marne. Une dermatologue remarque que, alors qu’elle a traité une épidémie de gale en prescrivant à tout le personnel et aux résidents de l’ivermectine au début de la pandémie, quelques jours après, un premier cas de Covid-19 puis dix autres cas sont suspectés (sans tests PCR) et «Il n’y a eu ici aucune hospitalisation et aucun décès», selon la dermatologue.

Cette observation a été publiée dans le British Journal of Dermatology en janvier 2021, constatant que si, dans les 45 Ehpad de Seine-et-Marne ayant le même public (âge, effectif…) la mortalité a été de 4,9% parmi 3062 résidents, celle-ci a été de 0 pour 121 dans l’Ehpad observé. On sait selon une étude australienne que l’ivermectine est antivirale à haute dose in vitro (en laboratoire) mais comme le constate l’étude du BJD «Malgré les limites – caractère observationnel et absence de corrélation démontrée in vitro/in vivo —, la plausibilité est suffisante pour réaliser un essai contrôlé randomisé en cluster de prévention par ivermectine…»

Certains pays tels que le Pérou, le Mexique, l’Inde ou la Bolivie l’ont préconisée en prophylaxie (préventif).

Que sait-on? Quelles sont les études?

Deux recueils d’études récentes, datant de mars 2021, ne plaident pas en faveur de l’ivermectine dans la COVID19, et réclament des études de grande ampleur, mieux conduites que les études dont on dispose actuellement. Il s’agit d’une publication des Hopitaux Universitaires de Genève et de l’Agence Européenne du Médicament

Cette dernière signale que « des études en laboratoire ont montré que l’ivermectine pouvait bloquer la réplication du Sars-CoV-2 […], mais à des concentrations d’ivermectine beaucoup plus élevées que celles obtenues avec les doses actuellement autorisées. Les résultats des études cliniques étaient variables, certaines études ne montrant aucun bénéfice et d’autres rapportant un bénéfice potentiel » et que devant la faible valeur des études, « les preuves actuellement disponibles ne sont pas suffisantes pour soutenir l’utilisation de l’ivermectine dans Covid-19 en dehors des essais cliniques » et que de nouvelles études de meilleure valeur sont donc « nécessaires pour tirer des conclusions sur l’efficacité et l’innocuité du produit dans la prévention et le traitement du Covid-19 ».

Une méta analyse publiée en Juillet 2021 combine les données de 24 essais randomisés sur l’ivermectine – soit un total de 3328 patients – parmi lesquels 11 essais portant sur environ 2000 patients au total disposaient de données sur les décès. Leur combinaison a donné un taux de mortalité de 3 % dans le bras ivermectine et de 8,7 % dans le bras comparateur, un résultat statistiquement significatif. Cependant cette méta analyse collige parmi les études des préprints et des études non publiées, ce qui entache sa crédibilité.

Qui plus est, les deux études dans lesquelles la baisse de mortalité est le plus impactée par l’ivermectine sont deux études non relues par des pairs, issues d’Iran et d’Egypte. Sans ces études, la conclusion de la méta analyse serait moins significative.

Le 16 aout 2021, Andrew Hill, 1er auteur de l’étude déclare qu’une des études est suspectée de fraude médicale et que les résultats sans cette étude ne sont pas statistiquement significatifs en faveur de l’efficacité de l’Ivermectine dans la Covid19

Coté français, l’institut Pasteur a publié le 12 juillet 2021 un document de presse relatant une de leur publication dans laquelle l’ivermectine « appartient à une nouvelle catégorie d’agent anti-Covid-19 dans un modèle animal. Ces travaux ouvrent la voie à des axes de développement pour de meilleurs traitements contre la Covid-19 chez l’Homme » et « l’ivermectine pourrait alors être considérée comme un agent thérapeutique encourageant contre la Covid-19, sans impact sur la réplication du SARS-CoV-2 mais soulageant l’inflammation et les symptômes qui en découlent »

Mais ceci ne concerne que les animaux…

En conclusion, on manque encore d’études montrant l’efficacité de l’ivermectine dans la COVID19

CHLOROQUINE : chloroquine et hydroxychloroquine

Chloroquine

La chloroquine et l’hydroxychloroquine sont des 4-aminoquinoléines dérivées de la quinine,un alcaloïde cristallin blanc naturel, extrait de l’écorce d’un arbre, le « quinquina » présents en Amérique du Sud ou à Java. Les infusions d’écorce de quinquina sont utilisées pour le traitement du paludisme depuis le 17eme siècle.

 

Effets biologiques

 

La chloroquine et l’hydroxy chloroquine agissent sur de nombreux processus biologiques

Action sur des dermatoses photosensibles

La chloroquine et l’hydroxychloroquine inhibent les réactions cutanées induites par les ultraviolets dans le lupus et la lucite

Anti inflammatoire

Elles sont utilisées dans la polyarthrite rhumatoide

Antiviral

La chloroquine et l’hydrocychloroquine ont des effets antiviraux, notamment elles peuvent faire baisser légèrement la charge virale du VIH. Leur effet est discuté sur le coronavirus

Contre indications

  • Hypersensibilté à la chloroquine ou l’hydroxychloroquine
  • Rétinopathie
  • Grossesse et allaitement
  • Troubles neurologiques
  • Déficit en G6PD
  • Insuffisance rénale ou hépatique
  • Psoriasis

Effets indésirables

La chloroquine est considérée comme étant plus toxique que l’hydroxychloroquine.

Irréversibles

Rétinopathie après plusieurs années d’utilisation

Réversibles

Ophtalmologiques

Dépôts cornéens, perte de l’accommodation, rétinopathie

Gastro-intestinaux

Nausées, vomissements, diarrhées…

Hématologiques

Diminution des cellules sanguines, grlobules blancs, rouges, plaquettes… (rare).
Hémolyse chez les patients porteurs d’un déficit en G6PD.

Neuromusculaires

Irritabilité, nervosité, sautes d’humeur, étourdissements.
Maux de tête
Convulsions (rare).
Vertiges, acouphènes
Faiblesse des muscles squelettiques (principalement au niveau des cuisses).

Dermatologiques

Hyperpigmentation gris-bleu (en particulier au niveau des tibias, du visage et du palais).
Dépigmentation pilaire et chute de cheveux.
Eruption cutanée, urticaire
Psoriasis : induction ou aggravation.
Ongles : bandes transversales pigmentées.

PRP ou Plasma Riche en Plaquettes, nouvelle panacée pour la peau et les cheveux?

PRP (Plasma Riche en Plaquettes) : mécanisme, applications et cadre légal en France

Le PRP — popularisé sous les termes vampire lift ou plasma lift — suscite un intérêt croissant en dermatologie et en médecine régénérative. Avant d’en détailler les applications, un point réglementaire essentiel s’impose.

⚠️ Cadre légal en France : depuis 2013, l’injection de plasma riche en plaquettes ou de plaquettes autologues à visée esthétique est interdite en France par la Direction Générale de la Santé (article L.1241-1 du Code de la Santé Publique). Le prélèvement de tissus et cellules du corps humain n’est autorisé qu’à but thérapeutique ou scientifique. Les applications thérapeutiques (cicatrisation, pelade, plaies chroniques) relèvent d’un cadre médical distinct.

Question sur une indication thérapeutique du PRP ?
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Sommaire :
Qu’est-ce que le PRP ? |
Déroulement d’une séance |
Effets secondaires |
Contre-indications |
Applications |
Questions fréquentes

Qu’est-ce que le PRP ?

PRP — Plasma Riche en Plaquettes

Le plasma riche en plaquettes est la fraction plasmatique du sang concentrée en plaquettes, obtenue par centrifugation du propre sang du patient (sang autologue). Les plaquettes sanguines contiennent plus de 30 protéines bioactives, dont des facteurs de croissance (PDGF, TGF-β, VEGF, IGF) qui, injectés dans les tissus, stimulent la réparation et la régénération cellulaire.

Le PRP est utilisé depuis plusieurs années en orthopédie (tendinites, arthrose, épines calcanéennes) avec un niveau de preuve établi. En dermatologie, ses applications font l’objet d’études actives — avec des résultats prometteurs dans certaines indications spécifiques.

Mécanismes d’action documentés : stimulation de la synthèse de collagène et de fibres élastiques, accélération de la cicatrisation, stimulation des follicules pileux, propriétés antibactériennes.

Déroulement d’une séance

Micro-aiguilles dermo-roller pour application de PRP

  1. Prise de sang : prélèvement d’environ 8 mL de sang du patient.
  2. Centrifugation stérile : séparation du plasma du reste du sang, obtention de 4 à 5 mL de PRP.
  3. Injection ou application : injection intradermique par nappage mésothérapique (fines aiguilles) ou application via dermo-roller (micro-aiguilles). Possible sous crème anesthésiante.

Durée : 10 à 15 minutes d’injection. Gonflement et rougeur transitoires en fin de séance — d’où le terme « vampire lift ».

Protocole habituel : 2 séances à 3–4 semaines d’intervalle, puis séances d’entretien tous les 3 à 6 mois la première année, puis tous les 6 à 12 mois. Éviter l’aspirine dans les jours précédant la séance.

Résultat : progressif sur 3 à 6 semaines — contrairement à l’acide hyaluronique dont l’effet est immédiat.

Effets secondaires

Le caractère autologue du PRP (sang du patient) minimise les risques immunologiques et infectieux. Les effets secondaires rapportés sont :

— Rougeur et gonflement transitoires (quelques heures à 48 h)
— Ecchymoses au point d’injection
— Saignement local en cas de traitement du visage (terme « vampire lift »)

Pas de risque de rejet ni de transmission de maladie infectieuse par le produit lui-même.

Contre-indications

Contre-indication Raison
Thrombocytopénie et maladies du sang Nombre ou fonction des plaquettes altérés — PRP inefficace ou risqué
Maladie auto-immune active Stimulation immunitaire potentiellement délétère
Antiagrégants plaquettaires (aspirine), bêta-carotène, certains antibiotiques ou antidépresseurs Altèrent la fonction plaquettaire — réduisent l’efficacité du PRP
Isotrétinoïne Contre-indication aux actes invasifs cutanés — délai de 6 mois après arrêt
Grossesse et allaitement Données insuffisantes — principe de précaution

Applications — données scientifiques

Rajeunissement cutané (hors France à visée esthétique)

Dans les pays où la pratique est autorisée, le PRP est utilisé pour le rajeunissement du visage, du décolleté et du dos des mains : réduction des rides et ridules, atténuation des taches brunes, amélioration de la texture cutanée, correction des cernes et des cicatrices d’acné.

Vergetures

Une étude (PubMed) suggère que le PRP serait plus efficace que la trétinoïne dans le traitement des vergetures.

Calvitie androgénétique

Les facteurs de croissance plaquettaires stimulent les follicules encore fonctionnels. Des repousses et parfois une recoloration des cheveux blancs sont observées dans les calvities débutantes selon une étude publiée. Efficacité conditionnée à la présence de follicules encore vivants.

Pelade

Une étude de 2019 (80 patients) compare corticoïdes intralésionnels vs PRP dans la pelade : amélioration >70 % chez 65 % des patients traités par corticoïdes, et chez 72,5 % des patients traités par PRP — résultats comparables avec un profil de tolérance favorable pour le PRP.

Plaies chroniques (ulcères diabétiques)

Une méta-analyse Cochrane (2015) indique que le PRP pourrait améliorer la cicatrisation des ulcères du pied diabétique — mais les preuves restent de faible qualité méthodologique. Des essais cliniques de meilleure puissance sont nécessaires avant de conclure.

Indication Niveau de preuve Statut en France
Orthopédie (tendinites, arthrose) Établi Autorisé (usage médical)
Calvitie androgénétique débutante Prometteur — études en cours Usage médical possible
Pelade Prometteur — étude 2019 favorable Usage médical possible
Vergetures Prometteur — 1 étude favorable Usage médical possible
Rajeunissement esthétique (rides, cernes) Études en cours ❌ Interdit à visée esthétique
Plaies chroniques diabétiques Faible qualité — insuffisant Usage médical encadré

Questions fréquentes

Peut-on faire un PRP esthétique en France ?

Non — l’injection de PRP à visée esthétique est interdite en France depuis 2013 par la DGS. Les centres qui proposent ce service en France à des fins esthétiques exercent en dehors du cadre légal. Les indications thérapeutiques (pelade, calvitie, cicatrices pathologiques) relèvent d’une décision médicale et d’un cadre différent.

Le PRP est-il efficace contre la chute de cheveux ?

Pour les calvities androgénétiques débutantes avec des follicules encore fonctionnels, les données sont prometteuses — stimulation de la repousse et parfois recoloration des cheveux blancs. Le PRP ne peut pas faire repousser des cheveux sur des zones totalement cicatrisées. L’efficacité est conditionnée à la précocité du traitement et au nombre de follicules encore actifs — une consultation dermatologue permet d’évaluer si l’indication est pertinente.

Quelle est la différence entre PRP et acide hyaluronique ?

Ce sont deux approches différentes. L’acide hyaluronique est un produit de comblement — il ajoute du volume immédiatement (rides, cernes creux). Le PRP est un biostimulant — il stimule les cellules de la peau à produire du collagène et de l’élastine, avec un résultat progressif sur 3 à 6 semaines. L’un comble, l’autre régénère. Ils peuvent être complémentaires selon l’indication.

Voir aussi :
Injections d’acide hyaluronique |
Pelade de la barbe |
Calvitie androgénétique |
Vergetures |
Cernes et poches sous les yeux


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CURACNE : le médicament Curacné ® (indications, effets secondaires, risques…)

Curacné® (isotrétinoïne) : indications, contre-indications et conseils d’utilisation

Curacné® est un médicament contenant de l’isotrétinoïne, un dérivé de synthèse de la vitamine A (rétinoïde). C’est l’un des noms commerciaux de l’isotrétinoïne disponibles en France, avec Contracné®, Procuta® et les génériques. Il est prescrit dans le traitement de l’acné sévère — formes nodulo-kystiques, acné cicatrisante ou résistante aux antibiotiques. Sa prescription initiale est réservée au dermatologue ou au spécialiste.

Questions sur votre traitement par Curacné® ? Besoin d’un renouvellement ou d’un avis ?
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Indication de Curacné®

Curacné® est indiqué dans le traitement de l’acné sévère (nodulo-kystique, acné à risque cicatriciel élevé, acné résistante après 3 mois d’antibiothérapie orale bien conduite associée à un traitement topique). La dose habituelle est de 0,5 à 1 mg/kg/jour, jusqu’à une dose cumulée totale de 120 à 150 mg/kg. C’est le seul traitement anti-acné potentiellement curatif — il réduit durablement la taille et l’activité des glandes sébacées.

Pour le détail complet des indications, du mécanisme d’action et de la posologie : voir notre guide complet de l’isotrétinoïne.


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ACNE
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Contre-indications de Curacné®

Contre-indication Raison
Grossesse et allaitement ⚠️ Tératogénicité majeure — malformations fœtales graves dans 25 % des grossesses exposées
Femme en âge de procréer sans contraception efficace ⚠️ Contraception obligatoire 1 mois avant, pendant et 2 mois après le traitement
Association aux cyclines Risque d’hypertension intracrânienne bénigne
Insuffisance hépatique ou rénale sévère Risque d’accumulation du médicament
Hyperlipidémie non contrôlée L’isotrétinoïne élève les triglycérides — risque de pancréatite
Hypervitaminose A ou supplémentation en vitamine A Risque d’effets toxiques cumulatifs

Conseils pratiques pour le traitement par Curacné®

Lèvres et peau sèche — la chéilite (lèvres sèches et gercées) et la sécheresse cutanée sont quasi constantes sous Curacné® et témoignent de l’efficacité du traitement. Appliquer un baume labial dès le début du traitement (Homéoplasmine®, Bepanthen®) et un émollient riche non comédogène matin et soir.

Soleil et UV — protection solaire indice 50 obligatoire pendant toute la durée du traitement. Les UV sont contre-indiqués (photosensibilité augmentée sous isotrétinoïne).

Crèmes irritantes — interrompre les rétinoïdes topiques, acides (AHA, BHA), exfoliants et peroxyde de benzoyle pendant le traitement — inutiles et irritants sur peau déjà fragilisée par Curacné®.

Épilations à la cire — formellement contre-indiquées pendant le traitement et dans les 6 mois suivant l’arrêt (risque de décollement épidermique). Utiliser le rasoir ou la crème dépilatoire.

Lentilles de contact — la sécheresse oculaire induite par Curacné® rend le port de lentilles inconfortable voire douloureux. Préférer les lunettes pendant toute la durée du traitement.

Sport de haut niveau — à éviter pendant le traitement (risque de myalgies et de rhabdomyolyse à l’effort intense sous isotrétinoïne).

Alcool — à éviter pendant le traitement (interaction avec le bilan hépatique et élévation des triglycérides).

Aggravation initiale — une exacerbation des boutons dans les 4 à 8 premières semaines est fréquente et fait partie du mécanisme d’action de l’isotrétinoïne. Ne pas interrompre le traitement sans en parler au médecin.

💡 Surveillance biologique — avant traitement puis toutes les 4 à 6 semaines : transaminases (ASAT, ALAT) et bilan lipidique complet (triglycérides, cholestérol). Une élévation des triglycérides impose de réduire les graisses alimentaires et l’alcool. Taux très élevé = réduction de dose ou arrêt.

Curacné® et risque psychiatrique — dépression, suicide

Une controverse existe depuis la commercialisation de l’isotrétinoïne en 1982 sur un possible lien avec la dépression et les idées suicidaires. La conclusion des autorités sanitaires françaises (ANSM) après révision complète des données disponibles est que « le lien entre la prise d’isotrétinoïne et la survenue de troubles psychiatriques n’est pas établi au niveau d’une population de patients. »

Pour une analyse complète et actualisée de cette question — données neurobiologiques, études épidémiologiques, biais de confusion avec l’acné sévère elle-même, et périodes cliniquement à risque — voir notre article dédié : Isotrétinoïne (Roaccutane®) et dépression — ce que dit la science.

En pratique : évaluer le terrain psychologique avant de débuter Curacné®, informer le patient des deux périodes de vulnérabilité clinique, et signaler sans délai tout changement d’humeur au médecin prescripteur pendant le traitement.

Voici l’exemple d’une jeune femme qui avait une acné sévère depuis plusieurs années, vous n’aurez pas de mal à croire qu’elle a une meilleure humeur pendant qu’avant le traitement…

Avant traitement
1 mois après le début (purge)
2 mois après le début…

 

En savoir plus

Guide complet : Isotrétinoïne — mécanisme, contre-indications, programme grossesse
Autres spécialités : Contracné® | Procuta® | Roaccutane®
Traitement de l’acné : Guide complet du traitement de l’acné par grade
Risque psychiatrique : Roaccutane® et dépression — analyse complète
Recherche scientifique : PubMed — isotrétinoïne et acné


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ALOE VERA : bienfaits de l’aloe, comment l’utiliser sur la peau

Aloe vera

L’aloe vera ou « plante du dermatologue », est utilisée depuis des millénaires pour soigner la peau. Son usage est encore d’actualité aujourd’hui.

Il existe 300 espèces d’aloès dont la plus utilisée est l’aloe vera, aussi appelé Aloe barbadensis, originaire d’Afrique du Sud. La feuille d’aloe Vera contient plus de 75 éléments nutritifs et 200 composants, parmi lesquels des minéraux, acides aminés et vitamines

L’aloe vera est cultivée principalement en Espagne pour ce qui est de l’Europe, mais on peut facilement en avoir en pot à la maison à la condition de la rentrer l’hiver en France.

Au bout de quatre à cinq ans, la plante atteint environ un mètre et on peut  alors commencer à prélever facilement ses feuilles.

Comment utiliser l’aloe vera sur la peau?

Le gel contenu dans les feuilles de l’aloe vera, posséde des propriétés cicatrisantes et adoucissante : le gel forme un pansement sur la peau et lui apporte des acides aminés aidant la régénération des cellules de la peau et des enzymes anti-inflammatoires.

Il suffit donc de couper une feuille dans le sens de la longueur, de prélever son gel et de l’appliquer sur la peau abimée.

Une manière simple de l’extraire consiste aussi à congeler une feuille d’aloès : il suffit alors d’ôter la partie verte externe pour ne garder que le cœur transparent qui sera frotté doucement sur la peau

Un usage millénaire

L’aloe vera est peut-être la plante la plus utilisée pour la peau à travers le monde et ce depuis des millénaires, de la Grèce Antique, à Rome, en passant par la Babylonie ou encore en Chine.

Plusieurs écrits historiques suggèrent que les feuilles et la pulpe étaient utilisées fréquemment pour traiter de nombreuses maladies de peau telles que le vieillissement cutané, l’acnee, le psoriasis (des études récentes ne confirment pas l’efficacité de l’aloe vera dans le psoriasis), pour soulager des démangeaisons, ou encore pour ses vertus cicatrisantes :

  • Dans l’Egypte Ancienne, Cléopâtre et Néfertiti utilisaient quotidiennement l’aloe vera pour leurs soins de beauté.
  • En Sanskrit, l’aloe vera est plus connue sous le nom de Ghrita-Kumari (Kumar signifie fille car la plante avait pour vertu de permettre une perpétuelle jeunesse féminine).
  • Les Maya l’appelaient  « la fontaine de jouvence » et la « source de jeunesse »
  • Alexandre le Grand utilisait l’aloe vera pour guérir les blessures de ses guerriers et s’en approvisionnait lors de ses nombreuses campagnes et grandes batailles. Il aurait même conquis l’île de Socotra pour en avoir assez.
  • Pendant le règne de l’Empereur Néron, autour de l’an 50, le médecin grec Dioscoride citait, dans son traité « De materia medica », l’aloe vera comme capable de soulager une irritation, un coup de soleil ou une acné. Ses écrits ont été repris par Pline l’Ancien dans son Encyclopédie « Histoire Naturelle ».

Effets sur la peau

Dans les études scientifiques, l’aloe vera a pour effet :

  • d’améliorer les rides et l’élasticité cutanée
  • d’augmenter la production de collagène
  • diminuer l’expression du gène MMP-1, qui contrôle la synthèse des métalloprotéases matricielles, elles-mêmes capables de dégrader tous les composants de la matrice extra-cellulaire, dont le collagène. Ainsi l’aloe vera améliore la cicatrisation.
  • stimuler la synthèse des glycosaminoglycanes jouant aussi un role dans la cicatrisation

Ainsi l’aloe vera peut être utilisée sous controle medical, dans la prise en charge :

Références

The efficacy of aloe vera used for burn wound healing: a systematic review

Aloe Vera in Dermatology-The Plant of Immortality

Aloe versus silver sulfadiazine creams for second-degree burns: a randomized controlled study

Aloe vera in dermatology: a brief review

Investigation of the anti-inflammatory potential of Aloe vera gel (97.5%) in the ultraviolet erythema test

ROACCUTANE ® ET SUICIDE : dépression et suicide sous Roacutane ®?

Isotrétinoïne (Roaccutane) et dépression, suicide : que dit la science en 2025 ?

Boîte de Roaccutane isotrétinoïne - médicament contre l'acné sévère

Le Roaccutane® — nom commercial de l’isotrétinoïne, aujourd’hui remplacé en France par Curacné®, Contracné® et Procuta® — est un traitement remarquablement efficace contre l’acné sévère. Il fait cependant l’objet depuis des décennies d’une controverse sur un risque psychiatrique — dépression, idées suicidaires, voire passage à l’acte. Cette controverse a largement atteint le grand public, au point que la crainte de la dépression est aujourd’hui la première raison de refus du traitement par les patients. Voici un état des lieux complet et équilibré de ce que la science sait réellement en 2025.

Vous envisagez un traitement par isotrétinoïne et avez des questions ?
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« Secrets de dermatologue » :

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– Les routines quotidiennes
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Sommaire :
Historique de la controverse |
Données neurobiologiques |
Ce que disent les études |
L’acné elle-même déprime |
Les deux périodes à risque |
Signes d’alarme |
Bilan objectif |
Questions fréquentes

Historique de la controverse

Depuis sa commercialisation en 1982, une controverse persiste autour des liens entre isotrétinoïne et troubles psychiatriques. En 2004, la FDA américaine a alerté sur un risque de dépression, de troubles bipolaires, d’agressivité et de psychose. En 2005, l’isotrétinoïne est apparue dans la liste européenne des médicaments potentiellement dépressogènes. Ces alertes réglementaires ont eu un retentissement médiatique considérable et ont profondément marqué la perception du médicament par le grand public — au-delà de ce que les données scientifiques disponibles justifiaient.

En France, l’ANSM (anciennement Afssaps) a réuni en 2008 un groupe d’experts dermatologues, psychiatres et épidémiologistes pour revoir l’ensemble des données disponibles. La conclusion de ce groupe d’experts, publiée en 2009, était claire : « À ce jour, le lien entre la prise d’isotrétinoïne et la survenue de troubles psychiatriques n’est pas établi au niveau d’une population de patients. »

Données neurobiologiques — ce qui a alimenté la controverse

Des études d’imagerie cérébrale ont mis en évidence chez certains patients traités par isotrétinoïne des modifications fonctionnelles cérébrales : dysfonction du striatum, de l’hippocampe et du cortex orbito-frontal (région associée à la régulation de l’humeur), modifications des systèmes dopaminergiques et sérotoninergiques, et un hypométabolisme du cortex orbito-frontal à la tomographie par émission de positons (TEP).

Ces données neurobiologiques sont réelles — elles ont contribué à alimenter l’hypothèse d’un lien causal entre isotrétinoïne et dépression. Cependant, leur signification clinique reste débattue : ces modifications sont-elles spécifiques à l’isotrétinoïne ou reflètent-elles l’effet de l’acné sévère elle-même sur le cerveau ? Des études récentes suggèrent que l’acné chronique sévère — par son retentissement sur l’estime de soi et la qualité de vie — induit elle-même des modifications neurobiologiques similaires, indépendamment du traitement.

Ce que disent les études épidémiologiques

Une étude publiée en 2008 montrait une augmentation significative des dépressions chez des patients traités par isotrétinoïne orale — mais les experts de l’ANSM ont jugé ses méthodes insuffisamment fiables pour en tirer une conclusion ferme.

Une étude plus récente publiée en 2019, portant sur les 17 829 effets indésirables psychiatriques signalés à l’Adverse Event Reporting System de la FDA entre janvier 1997 et décembre 2017, apporte des données importantes : troubles dépressifs 42,3 %, labilité émotionnelle 16,6 %, troubles anxieux 13,5 %. On notait 2 278 cas d’idées suicidaires, 602 tentatives de suicide et 368 décès par suicide. Étude complète sur PubMed (2019).

Ces chiffres paraissent alarmants hors contexte — mais rapportés au nombre total de patients traités par isotrétinoïne sur 20 ans (plusieurs millions), le taux de suicide est inférieur à celui de la population générale du même âge. Ce point méthodologique essentiel est systématiquement omis dans les rapports médiatiques sur ce sujet.

Les méta-analyses les plus récentes (2020-2024) convergent vers une conclusion nuancée : l’isotrétinoïne ne semble pas augmenter significativement le risque de dépression ou de suicide dans la population générale traitée, et plusieurs études montrent au contraire une amélioration de la qualité de vie et de l’état psychologique chez la majorité des patients dont l’acné s’améliore sous traitement.

L’acné elle-même est un facteur de risque de dépression

Le biais de confusion majeur dans toutes ces études est le suivant : les patients traités par isotrétinoïne ont — par définition — une acné sévère. Or l’acné sévère est elle-même un facteur de risque de dépression indépendant et bien documenté.

Selon le rapport de l’ANSM, « le taux de symptômes dépressifs est statistiquement significativement plus élevé chez les patients acnéiques que chez les non-acnéiques : 20 à 51 % versus 14 à 20 % ». Cette différence considérable reflète l’impact psychologique de l’acné sévère : altération de l’estime de soi, retrait social, honte, anxiété sociale, difficultés relationnelles et amoureuses.

Par ailleurs, le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes de 15-24 ans en France (7,6 pour 100 000 habitants), après les accidents de la route. Cette réalité démographique est indépendante de tout médicament — les patients traités par isotrétinoïne appartiennent précisément à ce groupe d’âge à risque. Attribuer causalement des suicides à l’isotrétinoïne sans contrôle de ce facteur est une erreur méthodologique majeure.

Les deux périodes cliniquement à risque

Si le lien causal direct entre isotrétinoïne et dépression n’est pas établi, le traitement expose cliniquement à deux périodes de vulnérabilité psychologique spécifiques que tout patient et tout entourage doit connaître — indépendamment de tout effet neurobiologique direct du médicament.

Période 1 — L’aggravation initiale (1 à 3 mois) : dans les premières semaines de traitement, l’acné peut s’aggraver transitoirement avant de s’améliorer. Le patient, qui attendait un mieux, voit son acné empirer. Cette déception peut déclencher un épisode dépressif chez un patient ayant un terrain psychologique fragile préexistant. Le médecin doit prévenir explicitement cette aggravation initiale avant de débuter le traitement pour que le patient ne l’interprète pas comme un échec.

Période 2 — La déception post-amélioration (4 à 6 mois) : paradoxalement, lorsque l’acné commence à disparaître, certains patients traversent une période difficile. Ils avaient fondé d’importants espoirs de mieux-être social et émotionnel sur la guérison de leur acné — et réalisent que la disparition des boutons ne résout pas tous leurs problèmes relationnels, amoureux ou d’estime de soi accumulés pendant des années d’acné sévère. Cette déception peut être source de dépression, particulièrement chez les patients ayant un fond dépressif préexistant qu’ils espéraient voir disparaître avec l’acné.

💡 Point important sur l’arrêt du traitement : si des signes dépressifs apparaissent, l’arrêt de l’isotrétinoïne ne fait pas disparaître immédiatement les symptômes. Des idées suicidaires et des symptômes dépressifs peuvent persister jusqu’à 6 mois après l’arrêt — la prise en charge psychiatrique est donc indispensable et ne doit pas se limiter à l’arrêt du médicament.

Signes d’alarme à surveiller pendant le traitement

Avant de prescrire, le dermatologue évalue le terrain psychologique du patient — tristesse, désintérêt, irritabilité, caractère désabusé — et peut utiliser des outils validés comme le score MADRS ou le score ADRS. En cas de terrain favorable à la dépression, une consultation psychiatrique préalable est demandée.

Pendant le traitement, les premiers signes évocateurs d’un épisode dépressif débutant sont des maux de tête inhabituels, des troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie), une fatigue ou somnolence excessive, une irritabilité ou agressivité nouvelle, un retrait social ou une perte d’intérêt pour les activités habituelles.

Devant ces signes, consulter sans attendre le médecin prescripteur — ne pas attendre la prochaine consultation de suivi prévue. La décision d’arrêter le traitement doit être pesée individuellement : pour certains patients ayant fondé beaucoup d’espoirs sur l’isotrétinoïne, l’arrêt brutal peut lui-même être une source d’aggravation de la détresse. Cette décision appartient au médecin, après évaluation clinique.

Bilan objectif — ce qu’il faut retenir

La réalité scientifique sur isotrétinoïne et dépression peut se résumer en quatre points :

1. Le lien causal direct n’est pas établi — les grandes études épidémiologiques ne confirment pas que l’isotrétinoïne augmente significativement le risque de dépression ou de suicide dans la population traitée, une fois corrigé le biais de l’acné sévère elle-même.

2. Des données neurobiologiques existent mais restent à interpréter — des modifications cérébrales ont été observées, mais leur signification clinique et leur relation causale avec l’isotrétinoïne ne sont pas établies.

3. Le traitement expose à deux périodes de vulnérabilité psychologique clinique — non par effet pharmacologique direct, mais par les espoirs et déceptions qu’il génère. Cette réalité clinique justifie la surveillance.

4. Pour la majorité des patients, l’isotrétinoïne améliore la qualité de vie — les méta-analyses récentes montrent une amélioration de l’état psychologique chez la plupart des patients dont l’acné guérit sous traitement.

Voici l’exemple d’une jeune femme qui avait une acné sévère depuis plusieurs années, vous n’aurez pas de mal à croire qu’elle a une meilleure humeur pendant qu’avant le traitement…

Avant traitement
1 mois après le début (purge)
2 mois après le début…

 

Questions fréquentes

Faut-il avoir peur de la dépression avec l’isotrétinoïne ?
La peur ne doit pas conduire à refuser un traitement efficace pour une acné sévère qui elle-même déprime et cicatrise. La surveillance est justifiée, la peur excessive n’est pas fondée sur les données scientifiques actuelles. En parler ouvertement avec le médecin prescripteur, signaler tout antécédent personnel ou familial de dépression, et connaître les deux périodes de vulnérabilité clinique suffit pour la grande majorité des patients.

Que faire si je me sens déprimé sous isotrétinoïne ?
Consulter le médecin prescripteur sans attendre la prochaine consultation prévue. Ne pas arrêter seul le traitement sans avis médical — la décision d’arrêt doit être concertée. Si les symptômes sont intenses (tristesse profonde, idées noires, isolement), une consultation psychiatrique urgente est recommandée en parallèle. Les symptômes peuvent persister jusqu’à 6 mois après l’arrêt — une prise en charge spécifique est nécessaire.

L’isotrétinoïne peut-elle provoquer de l’agressivité ?
Des cas d’irritabilité et d’agressivité ont été rapportés sous isotrétinoïne — ils font partie des effets indésirables psychiatriques listés dans le RCP du médicament. Comme pour la dépression, il est difficile de distinguer l’effet du médicament de l’effet de l’acné sévère et de l’adolescence sur l’humeur. En pratique, toute modification comportementale inhabituelle doit être signalée au médecin.

Le risque psychiatrique est-il le même pour tout le monde ?
Non — le risque est plus élevé chez les patients ayant un antécédent personnel ou familial de dépression, un terrain psychologique fragile identifié en consultation, ou des attentes très élevées vis-à-vis du traitement. Pour ces patients, un bilan psychiatrique préalable est recommandé et le suivi doit être plus rapproché.

L’isotrétinoïne a-t-elle été retirée du marché à cause de ces risques ?
Non. Le Roaccutane® a bien été retiré du marché français en 2013, mais pour des raisons industrielles et non sanitaires — d’autres spécialités à base d’isotrétinoïne (Curacné®, Contracné®, Procuta®) restent disponibles et prescrites. Au niveau mondial, l’isotrétinoïne reste prescrite dans plus de 100 pays avec un encadrement renforcé (programme de prévention grossesse, surveillance biologique) mais sans retrait lié au risque psychiatrique.

Pour aller plus loin : étude FDA 2019 sur les effets psychiatriques (PubMed) | recherche complète PubMed — isotrétinoïne et suicide | Guide complet de l’isotrétinoïne.


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DESLORATADINE : le médicament desloratidine en comprimés

Desloratadine : principe actif antihistaminique non sédatif

demangeaisons
La peau qui gratte, un symptôme très pénible…

La desloratadine est la molécule active (principe actif) de l’Aerius®. C’est un antihistaminique de 2e génération non sédatif indiqué dans le traitement de l’allergie de peau, des démangeaisons de la peau et de l’urticaire. Elle est le métabolite actif de la loratadine (Clarityne®).

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Mode d’action — ce qui différencie la desloratadine

La desloratadine possède un double mécanisme d’action qui la distingue des antihistaminiques plus anciens :

Mécanisme Conséquence clinique
Antagoniste sélectif des récepteurs H1 périphériques — ne diffuse pas dans le système nerveux central Pas de sédation, pas d’effet anticholinergique — conduite automobile autorisée
Inhibition des cytokines pro-inflammatoires (IL-4, IL-6, IL-8, IL-13) par les mastocytes et basophiles Action anti-inflammatoire au-delà du simple blocage H1 — utile dans l’urticaire chronique
💡 Cette inhibition des cytokines est un avantage pharmacologique de la desloratadine par rapport à la loratadine (molécule mère) — elle explique son efficacité dans l’urticaire chronique au-delà du simple prurit aigu. Pour les informations pratiques (posologie, conseils d’utilisation, contre-indications), voir la page Aerius®.

Contre-indications et conseils d’utilisation

La contre-indication principale est l’allergie à la desloratadine ou à l’un des composants. Desloratadine n’est pas recommandée en cas de grossesse ou d’allaitement — consulter le médecin. En cas d’aggravation de l’éruption ou d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, nausées, palpitations…), consulter un médecin.

→ Pour le détail complet : posologie, précautions, interactions, populations particulières : voir Aerius® (desloratadine) — guide pratique complet.

Pages associées

Voir aussi :
Aerius® |
Clarityne® |
Antihistaminiques |
Urticaire

LORATADINE : médicament loratidine en comprimés

Loratadine : principe actif antihistaminique non sédatif

demangeaisons
La peau qui gratte, un symptôme très pénible…

La loratadine est le principe actif de Clarityne® et de ses génériques. C’est un antihistaminique de 2e génération non sédatif indiqué dans le traitement de l’allergie de peau, des démangeaisons de la peau et de l’urticaire. Elle est disponible en pharmacie sans ordonnance sur les conseils du pharmacien (voir calmer les démangeaisons sans ordonnance). Dans l’organisme, la loratadine est transformée en son métabolite actif, la desloratadine (Aerius®).

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Mode d’action et comparatif loratadine / desloratadine

La loratadine inhibe les récepteurs H1 périphériques et limite la dégranulation des mastocytes. Elle ne diffuse pas dans le système nerveux central — d’où l’absence de sédation.

Loratadine (Clarityne®) Desloratadine (Aerius®)
Nature Molécule mère — prodrogue Métabolite actif de la loratadine
Mécanisme Blocage H1 périphérique + limitation dégranulation mastocytes Blocage H1 + inhibition cytokines IL-4, IL-6, IL-8, IL-13
Sédation Non sédatif Non sédatif
Délivrance Sans ordonnance Sur ordonnance
Générique disponible Oui — loratadine générique Oui — desloratadine générique
💡 Pour les informations pratiques sur le médicament (posologie, grossesse, précautions), voir la page Clarityne® (loratadine) — guide pratique.

Contre-indications et conseils d’utilisation

La contre-indication principale est l’allergie à la loratadine ou à l’un des composants. Loratadine n’est pas recommandée en cas de grossesse ou d’allaitement — consulter le médecin. En cas d’aggravation de l’éruption ou d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, nausées, palpitations…), consulter un médecin.

→ Pour le détail complet : Clarityne® — guide pratique complet.

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Voir aussi :
Clarityne® |
Desloratadine |
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VALACICLOVIR : Zelitrex comprimés dans l’herpes

Valaciclovir (Zélitrex®) : indications, posologie et effets secondaires


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HERPES
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Le valaciclovir (Zélitrex®) est le traitement antiviral de référence contre l’herpès — labial, génital et zona. Prodrogued de l’aciclovir, il offre une meilleure biodisponibilité et une posologie simplifiée (2 prises par jour au lieu de 5). Voici le guide complet de son utilisation.

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Qu’est-ce que le valaciclovir ?

Le valaciclovir est une prodrogue de l’aciclovir — après ingestion, il est rapidement converti dans le tube digestif et le foie en aciclovir actif. Cette conversion explique sa supériorité pharmacologique :

Valaciclovir (Zélitrex®) Aciclovir comprimés
Biodisponibilité orale 54–55% 15–20%
Prises par jour 2 prises 5 prises
Voie d’administration Orale uniquement Orale ou IV
Diffusion Excellente — salive, sécrétions vaginales, LCR Bonne par voie IV
Élimination Urinaire — adaptation si insuffisance rénale Urinaire

Indications et posologies

Indication Posologie Durée
Herpès labial (bouton de fièvre) — récurrence 2 g × 2/j (matin et soir) 1 jour (débuté dès les prodromes)
Herpès génital — premier épisode 500 mg × 2/j 10 jours
Herpès génital — récurrences 500 mg × 2/j ou 1 g × 1/j 5 jours
Herpès génital — prévention (> 6 récurrences/an) 500 mg × 1/j Continu, réévalué à 6 mois
Zona (sujet immunocompétent) 1 g × 3/j 7 jours — débuté dans les 72h de l’éruption
Bouton de fièvre — prévention (> 6/an, hors AMM) 500 mg × 1/j Continu, réévalué à 6 mois

💡 Conseil pratique : boire abondamment de l’eau pendant le traitement pour faciliter l’élimination rénale de l’aciclovir. En cas d’insuffisance rénale, une adaptation des doses est obligatoire — consultez votre médecin.

Effets secondaires

La tolérance du valaciclovir est globalement excellente. Les effets secondaires rapportés sont :

  • Fréquents : troubles gastro-intestinaux (nausées, diarrhée légère), maux de tête
  • Rares : éruptions cutanées
  • Très rares : manifestations neurologiques (confusion, hallucinations) — surtout en cas d’insuffisance rénale non prise en compte

Grossesse et allaitement

L’aciclovir (forme active du valaciclovir) passe dans le lait maternel et traverse le placenta. Les données disponibles sur le valaciclovir pendant la grossesse sont rassurantes — il est utilisé sans signalement d’effets tératogènes — mais son utilisation doit être discutée avec un médecin, notamment pour le premier trimestre. Il n’est pas contre-indiqué formellement mais doit être prescrit uniquement si le bénéfice justifie le risque. Voir Valaciclovir Grossesse et Valaciclovir allaitement

Sources

Questions fréquentes sur le valaciclovir

Quelle est la différence entre valaciclovir et aciclovir ?

Le valaciclovir est une prodrogue de l’aciclovir — il se transforme en aciclovir actif après ingestion. Sa biodisponibilité est 3 à 5 fois supérieure, ce qui permet de réduire les prises à 2 par jour au lieu de 5 pour l’aciclovir. En pratique, le valaciclovir est plus efficace par voie orale et beaucoup plus pratique à utiliser au quotidien.

Peut-on prendre du valaciclovir enceinte ?

Les données disponibles sont rassurantes — aucun effet tératogène n’a été signalé — mais l’utilisation pendant la grossesse doit être discutée au cas par cas avec un médecin. L’aciclovir, sa forme active, est le mieux documenté pendant la grossesse et reste la référence en cas de nécessité absolue. Ne prenez jamais ce médicament pendant la grossesse sans avis médical préalable.

Le valaciclovir guérit-il définitivement l’herpès ?

Non. Le valaciclovir traite et prévient les poussées d’herpès mais ne peut pas éliminer le virus HSV de l’organisme — il reste latent à vie dans les ganglions nerveux. Le traitement préventif continu réduit significativement la fréquence des récurrences et le risque de transmission, mais à l’arrêt du traitement, les poussées peuvent reprendre.

Faut-il une ordonnance pour acheter du valaciclovir ?

Oui, le valaciclovir (Zélitrex®) est un médicament sur ordonnance — il n’est pas disponible sans prescription. En revanche, les crèmes à l’aciclovir 5% pour l’herpès labial sont disponibles sans ordonnance en pharmacie. Pour les formes orales de traitement ou de prévention, consultez votre médecin traitant ou un dermatologue.


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ACICLOVIR : Zovirax crème et comprimés d’aciclovir (herpes)

Aciclovir crème et comprimés

Herpes de la lèvre chez l'enfant
Herpes labial

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L’aciclovir date de 1974 et a pour noms commerciaux Zovirax®, Activir®, A. GNR®, A. RPG®… Il peut être utilisé par voie orale, intraveineuse et en crème.

Son activité antivirale est limitée aux virus du groupe herpès. L’herpès simplex virus (responsable de l’herpes labial et de l’herpes génital) y est très sensible

Aciclovir crème

En cas d’application locale en creme, le passage systémique est faible.

On trouve l’aciclovir sur ordonnance (Zovirax®) et sans ordonnance :

ACICLOVIR 5% crème, HERPESEDERMYL 5%, crème, HERPEVIR 5%, crème, KENDIX 5 POUR CENT, crème, REMEX 5%, crème

Contre indications de la creme

Antécédents d’hypersensibilité à l’aciclovir ou au propylèneglycol.
Application oculaire, intrabuccale ou intravaginale

Effets secondaires de la creme

Peu fréquent : des sensations de picotements ou de brûlures transitoires pouvant suivre l’application de la crème, sécheresse cutanée, demangeaisons.
Rare : érythème, eczéma de contact.
Très rare : cas d’urticaire et d’œdème de Quincke

Aciclovir comprimés et intraveineux

En cas de prise orale ou intraveineuse, la diffusion dans les organes et tissus est bonne, notamment dans la salive, les sécrétions vaginales et le liquide céphalorachidien qui baigne le cerveau.

L’aciclovir passe également dans le lait maternel.

Il s’élimine par voie urinaire et une adaptation des doses doit être réalisée chez l’insuffisant rénal.

Effets secondaires

Globalement, la tolérance de l’aciclovir est bonne.

Ont signale pour

les comprimés

des troubles gastro-intestinaux,

des maux de tete

et des éruptions cutanées rares

la voie intraveineuse

veinites aux sites d’injections,

des néphropathies réversibles lors de l’utilisation par voie intraveineuse à fortes doses,voire des encéphalopathies chez l’insuffisant rénal

des troubles gastro-intestinaux,

des maux de tete

et des éruptions cutanées rares


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IVERMECTINE : l’ivermectine dans la gale

Ivermectine

L’ivermectine contenue dans l’ivermectine est un antiparasitaire. Il est utilisé en dermatologie, notamment en traitement par voie orale dans le traitement de la gale .


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GALE
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L’ivermectine se présente sous la forme de comprimés à 3 mgs

Contre indications de l’ivermectine

Allergie au produit ou à l’un de ses constituants de l’ivermectine

Enfant de moins de 15kgs

Grossesse et allaitement

Conseils d’utilisation de l’ivermectine

L’ivermectine est prise à la dose de 200 µg par kg de poids corporel en prise unique par voie orale, à distance des repas (au moins deux heures avant et apres un repas). La posologie varie donc en fonction du poids :

15 à 24 kgs 1 cp prise unique

25 à 35 kgs 2 cp prise unique

36 à 50 kgs 3 cp prise unique

51 à 65 kgs 4 cp prise unique

66 à 79 kgs 5 cp prise unique

Puis porter des vêtements propres ou traités et dormir dans des

draps propres

Il faut reprendre la meme dose unique 8 à 14j plus tard

En cas de gale profuse et crouteuse, l’association à un traitement local (Ascabiol ®, Spregal ®, Topiscab®) peuvent être proposés.

Soins d’accompagment de l’ivermectine

La prise d’ivermectine est nécessairement associée à des soins de prise en charge de la gale, pour le patient atteint de la gale et son entourage :

  • Traitement de l’environnement : procéder au nettoyage classique des locaux et à une désinfection par un acaricide tel qu’ Apar, de la literie (matelas, sommier), de la moquette et autres mobiliers adsorbants.

  • Traitement des vêtements et du linge : rassembler le linge utilisé jusqu’à ce jour (y compris serviettes de toilette, draps, taies…) et le laver en machine à laver à 60 °C ou le désinfecter avec un acaricide tel qu’ Apar

(stockage en sac plastique fermé pendant au moins trois heures) ou par mise en quarantaine de cinq jours dans un sac plastique fermé qui sera gardé à température supérieure à 20 °C.

  • Ne pas oublier de traiter les objets qui peuvent avoir été en contact avec le corps tels que : brassard de tensiomètre, chaussures, peluches, housse de siège auto…

  • Passer l’aspirateur énergiquement sur les tapis et les coussins.

  • Idéalement il faut changer de vêtements, de draps et de serviettes tous les jours et les laver à au moins 60 °C pendant une période de 14 jours

Voir le traitement de la gale


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GALE
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BIOTHERAPIE DU PSORIASIS : un traitement naturel du psoriasis?

Biothérapies du psoriasis : mécanismes, molécules, bilan et contre-indications

Les biothérapies du psoriasis représentent une révolution thérapeutique issue de la compréhension des mécanismes immunologiques de la maladie. En ciblant précisément les cytokines responsables de l’inflammation — TNF-α, IL-17A, IL-23 — ces molécules obtenues par génie génétique permettent de contrôler les formes sévères de psoriasis résistantes aux traitements conventionnels. Mais leur puissance immunosuppressive impose un bilan pré-thérapeutique rigoureux et un suivi au long cours. Elles ne sont pas des traitements anodins et restent réservées aux psoriasis résistants, intolérants ou contre-indiqués aux autres thérapeutiques.

Psoriasis sévère, traitement conventionnel insuffisant ou mal toléré ?
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Sommaire :
Principe des biothérapies |
Les principales molécules |
Indications |
Bilan pré-thérapeutique |
Contre-indications |
Surveillance au long cours |
Tableau récapitulatif |
Questions fréquentes

Principe des biothérapies — pourquoi elles sont différentes

Le psoriasis est une maladie auto-immune dans laquelle des cytokines pro-inflammatoires — des protéines de signalisation du système immunitaire — sont produites en excès et déclenchent la cascade inflammatoire responsable des plaques. Les biothérapies sont des anticorps monoclonaux ou des protéines de fusion obtenus par génie génétique, qui neutralisent spécifiquement ces cytokines ou leurs récepteurs.

Elles sont dites biomimétiques car elles miment des molécules naturellement présentes dans l’organisme — d’où leur efficacité remarquable et leur relative sélectivité. Mais cette sélectivité a un revers : en bloquant des cytokines impliquées dans la défense immunitaire, elles exposent à des risques infectieux spécifiques, notamment la réactivation de la tuberculose et des infections virales latentes.

Elles sont administrées le plus souvent par injections sous-cutanées (parfois intraveineuses pour certaines molécules), à intervalles réguliers définis selon chaque produit.

Les principales biothérapies du psoriasis

Anti-TNF-α — première génération

Les inhibiteurs du TNF-α (Tumor Necrosis Factor alpha) ont été les premières biothérapies utilisées dans le psoriasis. Ils bloquent cette cytokine pro-inflammatoire majeure impliquée dans de nombreuses maladies auto-immunes :

  • Étanercept (Enbrel®) — protéine de fusion récepteur-Fc
  • Adalimumab (Humira®) — anticorps monoclonal humain
  • Infliximab (Remicade®) — anticorps monoclonal chimérique (IV)

Efficaces sur le psoriasis cutané et articulaire, ils exposent aux risques infectieux les plus documentés de la classe.

Anti-IL-12/23 — deuxième génération

  • Ustekinumab (Stelara®) — cible la sous-unité p40 commune à l’IL-12 et l’IL-23, cytokines centrales de la différenciation Th1/Th17. Injections toutes les 12 semaines après induction.

Anti-IL-17A — troisième génération

Les inhibiteurs de l’IL-17A représentent actuellement les biothérapies les plus efficaces dans le psoriasis en plaques modéré à sévère :

  • Sécukinumab (Cosentyx®)
  • Ixékizumab (Taltz®)
  • Bimékizumab (Bimzelx®) — inhibe également l’IL-17F

Anti-IL-23 — quatrième génération

Ciblent spécifiquement la sous-unité p19 de l’IL-23, avec une sélectivité accrue et des intervalles d’injection très espacés :

  • Guselkumab (Tremfya®)
  • Risankizumab (Skyrizi®)
  • Tildrakizumab (Ilumetri®)

💡 Biosimilaires : des versions biosimilaires des anti-TNF sont disponibles à coût réduit (adalimumab biosimilaire, étanercept biosimilaire). Leur efficacité et leur profil de sécurité sont équivalents aux molécules de référence.

Votre dermatologue vous a évoqué une biothérapie — vous souhaitez un deuxième avis ou des précisions ?
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DUPILUMAB ET BIOTHERAPIES
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Indications — quand recourir aux biothérapies ?

Les biothérapies sont indiquées dans le psoriasis en plaques modéré à sévère en cas de :

  • Contre-indication aux traitements systémiques conventionnels (méthotrexate, ciclosporine, acitrétine, photothérapie)
  • Inefficacité ou réponse insuffisante après un essai thérapeutique bien conduit
  • Intolérance ou effets secondaires inacceptables aux thérapeutiques conventionnelles
  • Psoriasis articulaire (rhumatisme psoriasique) modéré à sévère
  • Formes avec retentissement majeur sur la qualité de vie malgré un traitement bien conduit

La décision d’instaurer une biothérapie est prise en concertation entre le patient et son dermatologue, après information complète sur les bénéfices, les risques et les contraintes du traitement.

Bilan pré-thérapeutique obligatoire

Avant toute mise sous biothérapie, un bilan complet est indispensable pour éliminer les contre-indications et établir un état de référence :

Examen clinique

  • Examen clinique complet et examen neurologique
  • Recherche de symptômes d’insuffisance cardiaque
  • Inventaire des antécédents de cancer et d’infections chroniques

Bilan biologique

  • NFS (numération formule sanguine)
  • CRP (marqueur inflammatoire)
  • ALAT, ASAT (bilan hépatique)
  • Sérologies hépatites B et C — la réactivation de l’hépatite B sous anti-TNF est une complication grave
  • Sérologie VIH si facteurs de risque

Bilan infectieux — dépistage tuberculose obligatoire

  • Quantiféron (IGRA) — test de détection d’une tuberculose latente. En cas de positivité, un traitement antituberculeux préventif doit être débuté avant la biothérapie.
  • Panoramique dentaire — éliminer un foyer infectieux dentaire
  • Scanner des sinus — éliminer une sinusite chronique

⚠️ Tuberculose latente et biothérapies : la réactivation d’une tuberculose quiescente est l’une des complications les plus graves des anti-TNF. Le Quantiféron doit être réalisé systématiquement — même en l’absence d’antécédent connu. Un résultat positif impose un traitement antituberculeux préventif avant toute biothérapie.

Contre-indications communes aux biothérapies

  • Hypersensibilité à la molécule ou à l’un de ses excipients
  • Infection évolutive — bactérienne, virale, fongique ou parasitaire
  • Tuberculose latente non traitée
  • Cancer ou hémopathie évolutifs, ou en rémission depuis moins de 5 ans
  • Insuffisance cardiaque évoluée (stades III-IV NYHA) — particulièrement pour les anti-TNF
  • Maladie démyélinisante (sclérose en plaques, névrite optique…) — particulièrement pour les anti-TNF
  • Vaccins vivants atténués administrés depuis moins de 3 semaines
  • Forte exposition aux UV/PUVA — surveillance rapprochée requise (risque de carcinome cutané)

Cas particulier de la grossesse

Par précaution de principe, les biothérapies sont évitées pendant la grossesse. Quelques précisions importantes :

  • Les traitements biologiques ne passent pas dans le lait maternel — l’allaitement est en général possible
  • Une conception survenant sous biothérapie ne justifie pas une interruption de grossesse
  • La poursuite d’une biothérapie pendant la grossesse peut être discutée au cas par cas en fonction de la sévérité du psoriasis et de la molécule utilisée — certains anti-TNF ont un recul plus important
  • Toute décision doit être prise en concertation avec le dermatologue, le gynécologue et si nécessaire un centre de référence

Surveillance au long cours

Les biothérapies nécessitent un suivi régulier et prolongé pour détecter les complications potentielles :

  • Risque infectieux — surveillance clinique à chaque consultation, bilan biologique régulier. Signaler tout épisode infectieux même banal sous biothérapie.
  • Risque de lymphome — une augmentation du risque de lymphomes a été évoquée sous biothérapies prolongées, notamment anti-TNF. La surveillance clinique et biologique régulière au très long cours est obligatoire.
  • Réactivation virale — herpès, zona, hépatite B — surveillance sérologique adaptée
  • Risque cutané — surveillance dermatologique des patients sous PUVA cumulé important
  • Anticorps anti-médicament — peuvent réduire l’efficacité au fil du temps (immunogénicité)

Tableau récapitulatif — biothérapies du psoriasis

Classe Cible Molécules principales Particularités
Anti-TNF-α TNF-alpha Étanercept, Adalimumab, Infliximab 1ère génération — risque TB le plus documenté — biosimilaires disponibles
Anti-IL-12/23 Sous-unité p40 Ustekinumab (Stelara®) Injections toutes les 12 semaines à l’entretien
Anti-IL-17A IL-17A (±F) Sécukinumab, Ixékizumab, Bimékizumab Parmi les plus efficaces sur le psoriasis cutané — prudence MICI
Anti-IL-23 (p19) IL-23 sélective Guselkumab, Risankizumab, Tildrakizumab Intervalles très espacés (jusqu’à 16-24 semaines) — sélectivité accrue

Questions fréquentes

Les biothérapies guérissent-elles le psoriasis ?
Non — les biothérapies contrôlent la maladie sans la guérir. Elles permettent d’obtenir une peau nette (PASI 90, voire PASI 100) chez une majorité de patients, mais l’arrêt du traitement est en général suivi d’une rechute. Elles s’inscrivent dans une stratégie de traitement au long cours, avec réévaluation régulière de leur nécessité.

Peut-on se faire vacciner sous biothérapie ?
Les vaccins inactivés (grippe, pneumocoque, COVID, hépatite B…) sont généralement possibles sous biothérapie — et même recommandés car les patients immunodéprimés sont plus vulnérables aux infections. Les vaccins vivants atténués (ROR, fièvre jaune, varicelle, zona vivant…) sont contre-indiqués pendant le traitement. Idéalement, la mise à jour vaccinale doit être faite avant l’instauration de la biothérapie.

Y a-t-il un risque de cancer sous biothérapie ?
Une augmentation du risque de lymphomes a été évoquée sous biothérapies anti-TNF au long cours — elle reste faible en valeur absolue et doit être mise en balance avec le bénéfice thérapeutique. Les anti-IL-17 et anti-IL-23, plus récents, n’ont pas montré de signal lymphomateux à ce jour. Une surveillance clinique et biologique régulière et prolongée est obligatoire pour tous les patients sous biothérapie.

Que faire en cas d’infection sous biothérapie ?
Tout épisode infectieux — même une simple angine ou un zona — doit être signalé rapidement au dermatologue prescripteur. Certaines infections nécessitent une suspension temporaire de la biothérapie le temps du traitement de l’infection. Ne jamais interrompre ni reprendre une biothérapie de sa propre initiative sans avis médical.

Les biothérapies fonctionnent-elles aussi sur le rhumatisme psoriasique ?
Oui — plusieurs biothérapies ont l’AMM à la fois pour le psoriasis cutané et le rhumatisme psoriasique, notamment les anti-TNF, le sécukinumab et l’ixékizumab. Chez les patients présentant les deux atteintes, le choix de la molécule intègre l’efficacité sur les deux composantes de la maladie.


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Traitement du psoriasis — vue d’ensemble |
Le psoriasis |
Nouveaux traitements biologiques du psoriasis (PDF) |
Recommandations françaises des traitements systémiques du psoriasis (PDF)


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METHOTREXATE : le méthotrexate dans le psoriasis (Imeth, Novatrex… )

Méthotrexate en dermatologie : psoriasis et rhumatisme psoriasique

Le méthotrexate (MTX) est un antimétabolite antifolique utilisé en dermatologie depuis plus de 50 ans dans le traitement du psoriasis sévère résistant aux traitements conventionnels et du rhumatisme psoriasique.


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Il agit en inhibant la dihydrofolate réductase, enzyme indispensable à la synthèse des bases puriques et donc à la prolifération cellulaire, réduisant ainsi l’hyperprolifération des kératinocytes caractéristique du psoriasis et modulant la réponse immunitaire inflammatoire.
Contrairement aux traitements quotidiens, le méthotrexate est administré une seule fois par semaine, ce qui le distingue de la plupart des médicaments et impose une vigilance particulière pour éviter les erreurs de prise.
Il est disponible par voie orale (comprimés à 2,5 mg) ou par injection sous-cutanée ou intramusculaire, cette dernière voie étant préférée en cas de nausées importantes ou de doses élevées pour une meilleure biodisponibilité.
Le méthotrexate est un traitement de référence dans les traitements systémiques du psoriasis, avant le recours aux biothérapies.

Indications en dermatologie

Psoriasis en plaques modéré à sévère résistant aux traitements topiques et à la photothérapie.
Rhumatisme psoriasique : le méthotrexate est un traitement de fond de référence, notamment pour les atteintes articulaires périphériques.
Psoriasis érythrodermique et pustuleux généralisé : en urgence dermatologique, en association.
Dermatite atopique sévère de l’adulte et de l’enfant : hors AMM mais largement utilisé en pratique avant les biothérapies.
Lymphomes cutanés T (mycosis fongoïde) à faibles doses.
Morphée et sclérodermie localisée : hors AMM, pour les formes étendues ou en progression.

Bilan avant instauration du traitement

Un examen clinique complet est indispensable pour s’assurer de l’absence de foyer infectieux chronique, de maladie hépatique ou hématologique sous-jacente, avant toute prescription.

Bilan biologique initial obligatoire :
– NFS-plaquettes (recherche d’anomalie hématologique préexistante),
– créatininémie et clairance de la créatinine (fonction rénale),
– bilan hépatique complet : ASAT, ALAT, GGT, phosphatases alcalines, bilirubine,
– sérologies hépatites B et C (le méthotrexate est formellement contre-indiqué en cas d’hépatite active),
– sérologie VIH si contexte à risque,
– bêta-hCG chez toute femme en âge de procréer (tératogénicité majeure).

Bilan morphologique hépatique :
Fibroscan (élastométrie hépatique) avant initiation : évalue la fibrose hépatique basale, particulièrement importante chez les patients psoriasiques présentant des comorbidités métaboliques (obésité, diabète, stéatose hépatique non alcoolique),
Fibrotest en complément selon le profil du patient.

Bilan pulmonaire :
– Radiographie thoracique de référence avant traitement (dépistage d’une pathologie pulmonaire préexistante pouvant favoriser la pneumopathie immuno-allergique).

Modalités d’administration et initiation du traitement

Principe fondamental : une prise par semaine, jamais quotidienne.
Les erreurs de prise quotidienne du méthotrexate sont une cause de toxicité grave et parfois mortelle. Il est recommandé de noter le jour de prise sur le calendrier et d’en informer tous les professionnels de santé impliqués.

Voie orale : comprimés à 2,5 mg, de préférence fractionnés en trois prises à 12 heures d’intervalle le même jour hebdomadaire pour améliorer la tolérance digestive.

Voie injectable (sous-cutanée ou intramusculaire) : préférée en cas de nausées importantes sous forme orale, de doses supérieures à 15 mg/semaine, ou pour améliorer la biodisponibilité.

Schéma d’initiation progressif :
– dose initiale : 5 à 7,5 mg/semaine,
– augmentation progressive de 5 mg toutes les 4 semaines selon la tolérance clinique et biologique,
– dose efficace habituelle : 15 à 20 mg/semaine,
– dose maximale rarement dépassée : 25 mg/semaine en dermatologie.

Acide folique obligatoire : prescrire systématiquement de l’acide folique 5 mg/semaine, à prendre le lendemain de la prise de méthotrexate (jamais le même jour, sous peine d’en annuler l’effet thérapeutique). L’acide folique réduit significativement les nausées, la stomatite et la toxicité hématologique sans diminuer l’efficacité anti-psoriasique.

Surveillance sous traitement

Surveillance hématologique et hépatique :
– NFS-plaquettes : toutes les semaines pendant les 2 premiers mois, puis tous les mois,
– ASAT, ALAT (transaminases) : tous les mois,
– créatininémie : tous les 3 mois.

Surveillance hépatique morphologique :
– Fibroscan (et si possible Fibrotest) après chaque dose cumulative de 3 g de méthotrexate : seuil à partir duquel le risque de fibrose hépatique augmente significativement,
– à noter : chez les patients psoriasiques, la fibrose hépatique est avant tout liée aux comorbidités métaboliques (obésité, diabète, stéatose, alcool) plutôt qu’au méthotrexate lui-même. L’évaluation du risque doit tenir compte de l’ensemble de ces facteurs.

Surveillance pulmonaire :
– En cas d’apparition d’une toux sèche, d’une dyspnée ou d’une fièvre inexpliquée : arrêt immédiat du méthotrexate et consultation en urgence (suspicion de pneumopathie immuno-allergique).

Contre-indications

Contre-indications absolues :
– Grossesse et allaitement (tératogène majeur de catégorie X),
– maladies hépatiques évolutives et cirrhoses,
– consommation excessive d’alcool,
– infection sévère évolutive (tuberculose, sepsis, infection opportuniste),
– maladie hématologique préexistante ou macrocytose inexpliquée,
– insuffisance rénale sévère (clairance < 30 mL/min),
– patient incapable d’assumer le suivi clinique et biologique régulier,
– prescription concomitante de médicaments antifoliques, notamment le triméthoprime-sulfaméthoxazole (Bactrim®) : risque de toxicité hématologique majeure par addition des effets antifoliques.

Contre-indications relatives (nécessitant une évaluation bénéfice/risque) :
– Fonction rénale modérément diminuée : le méthotrexate est éliminé par voie rénale ; toute réduction de la clairance augmente le risque de toxicité systémique,
– déficit immunitaire,
– prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ou d’aspirine à fortes doses : risque de déplacement du méthotrexate de sa liaison à l’albumine, augmentant la fraction libre pharmacologiquement active et donc la toxicité (les faibles doses d’aspirine à visée antiagrégante restent compatibles),
– médicaments modifiant l’absorption digestive, la liaison à l’albumine ou l’excrétion rénale du méthotrexate,
– médicaments à activité antifolique légère (certains antibiotiques, antiépileptiques).

Effets indésirables

Toxicité hématologique :
– Anémie macrocytaire, leucopénie, thrombopénie : liées à l’effet antifolique du méthotrexate, prévenues en grande partie par l’acide folique hebdomadaire.
– En cas de chute brutale des globules blancs ou des plaquettes : arrêt immédiat et consultation en urgence.

Toxicité hépatique :
– Cytolyse hépatique (élévation des transaminases) : fréquente, justifiant la surveillance mensuelle,
– fibrose hépatique : risque cumulatif augmentant avec la dose totale, surtout en cas de comorbidités métaboliques associées.

Toxicité digestive :
– Nausées, vomissements, stomatite aphtiforme : effets les plus fréquents, réduits par le fractionnement des doses, la voie injectable et l’acide folique.

Toxicité pulmonaire :
– Pneumopathie immuno-allergique : rare mais grave, pouvant survenir à tout moment du traitement, indépendamment de la dose. Se manifeste par une toux sèche, une dyspnée et une fièvre. Impose l’arrêt immédiat du traitement.
– Fibrose pulmonaire : exceptionnelle aux doses utilisées en dermatologie.

Autres effets :
– Chute de cheveux (effluvium télogène), le plus souvent transitoire et modérée,
– photosensibilisation : éviter l’exposition solaire intense et les séances de bronzage artificiel pendant le traitement,
– ulcérations cutanées en cas de surdosage ou d’interactions médicamenteuses.

Méthotrexate et grossesse : point de vigilance majeur

Le méthotrexate est un tératogène majeur de catégorie X : il est formellement contre-indiqué pendant la grossesse et l’allaitement.
Chez la femme en âge de procréer, une contraception efficace est obligatoire pendant toute la durée du traitement et pendant les 3 mois suivant l’arrêt (délai nécessaire à l’élimination complète du méthotrexate et à la restauration d’une gamétogenèse normale).
Chez l’homme, une contraception est également recommandée pendant le traitement et durant les 3 mois suivant l’arrêt, en raison d’un effet potentiel sur la spermatogenèse.
Toute grossesse survenant sous méthotrexate doit être signalée immédiatement au médecin prescripteur.

Place du méthotrexate dans la stratégie thérapeutique

Le méthotrexate s’inscrit dans la séquence thérapeutique du psoriasis modéré à sévère après échec des traitements topiques et de la photothérapie UVB, avant le recours aux biothérapies (anti-TNF, anti-IL-17, anti-IL-23).
Ses atouts par rapport aux biothérapies restent son coût très faible, sa longue expérience d’utilisation, son efficacité sur le rhumatisme psoriasique articulaire, et la possibilité de l’utiliser en association avec certaines biothérapies pour en améliorer l’efficacité et réduire l’immunogénicité.
Ses limites sont la nécessité d’une surveillance biologique régulière, les interactions médicamenteuses nombreuses, la contre-indication en cas de projet de grossesse et le risque d’hépatotoxicité cumulative.

Besoin de l’avis d’un spécialiste ? Délais de rendez-vous trop longs ? Vous pouvez effectuer une téléconsultation avec le dermatologue.

En savoir plus sur le traitement du psoriasis,
les biothérapies du psoriasis
et la fiche d’information de la Société Française de Dermatologie sur le méthotrexate.


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SORIATANE ® : l’acitretine dans le psoriasis

Soriatane ®

L’acitrétine est le métabolite principal de l’étrétinate. Ils appartiennent à la famille des rétinoides (comme le Roaccutane*)


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Effets secondaires

L’efficacité des rétinoïdes se manifeste lentement alors que leurs effets secondaires apparaissent dans les quinze premiers jours du traitement mais ils disparaissent dans les quinze jours dès la baisse de la dose.

Tératogénicité

La tératogénicité est l’effet secondaire le plus important. Elle est maximale pendant le premier trimestre de grossesse => contraception efficace chez la femme 1 mois avant le début du traitement, poursuivie deux ans après l’arrêt du traitement

De ce fait l’acitrétine est très peu utilisé chez la femme fertile. En cas de grossesse sous traitement ou dans les deux mois suivant l’arrêt, discuter une interruption médicale de grossesse. En cas de grossesse dans les deux ans après arrêt du traitement, organiser un suivi échographique rapproché.

Alors qu’elle est presque impossible à prescrire chez la femme en âge de procréer, l’acitrétine doit être essayée chez tout homme jeune ayant besoin d’un traitement systémique quitte à accélérer la réponse thérapeutique par une photothérapie associée pendant les premiers mois.
nécessite une contraception obligatoire poursuivie 2 ans après l’arret du traitement,

éviter le soleil, les antibiotiques par voie générale et de donner son sang.

Nouvelles regles de prescription du Soriatane ® (2012, plan de prévention des grossesses):

contre-indication chez la femme en age de procréer sauf si prise d’au moins une contraception depuis 3 mois,

test de grossesse négatif depuis moins de 3j à l’initiation et lors des renouvellements.

Pas de grossesse ni de don du sang pendant le traitement et deux ans apres l’arret.

Pas de consommation d’alcool pendant le traitement et deux mois apres son arret car l’acitretine se transforme en etretinate, teratogene stocké dans les graisses pendant plusieurs mois

Peau et phanères

Altération de la barrière cutanée et de la croissance des phanères (possibilité de ralentissement de la croissance des ongles, chute de cheveux… au troisieme mois de traitement mais ils repoussent à l’arret du traitement quelquefois de facon frisée où sont incoiffables pendant un an). Assèchement des muqueuses (lèvres seches, yeux secs: lentilles de contact mal tolérées, saignements de nez… ).

Céphalées

œdème cérébral responsable de céphalées violentes. Il s’agit d’une indication à l’arrêt du traitement.

Muscles et ligaments

Des douleurs musculaires et tendinopathies sont possibles. L’acitrétine est contre-indiquée chez les sportifs de haut niveau.

Os et croissance

Ostéophytes et calcifications tendineuses. En cas de douleur localisée à une insertion ligamentaire, faire une radiographie.

Diminution de la vision nocturne
Baisse de l’humeur et de la libido

Tolérance solaire

l’acitrétine n’est pas photosensibilisante mais elle diminue l’épaisseur de la couche cornée et rend donc la peau plus sensible au soleil

Effets secondaires biologiques

Augmentation des lipides sanguins, progressivement pour le cholestérol, parfois très brutalement en présence d’alcool pour les triglycérides avec un risque de pancréatite aiguë. Une hypertriglycéridémie importante est une contre-indication à la poursuite du traitement.
Augmentation modérée des transaminases possible

Augmentation de la sensibilité à l’insuline. Elle peut être responsable d’hypoglycémie chez les diabétiques traités.

Posologie et modalité d’administration

Il existe des gélules à 10 et 25 mg à prendre au cours des repas.

On commence généralement le traitement à 10 mg/j puis on augmente la dose quotidienne de 5 mg tous les 15 jours jusqu’à l’apparition de lèvres sèches. La dose efficace est le plus souvent de 15 à 25mg/j

En cas de suspicion d’effet indésirable, on arrête l’acitrétine durant 15 jours (pas de rebond à l’arrêt), puis on reprend à la même dose. Si disparition après 15 jours, puis réapparition 15 jours après la reprise on a alors uneimputabilité forte.

Contre-indications

Absolues

L’absence de contraception chez la femme fertile,

une hypertriglycéridémie supérieure à 3 g/L,

une dépression.

Relatives

L’obésité,

le diabète,

l’hypercholestérolémie et l’existence d’un syndrome métabolique

la stéatose hépatique,

l’existence d’un syndrome métabolique,

le port de lentilles de contact,

le sport de haut niveau,

un terrain d’eczema atopique sévère.

Interactions médicamenteuses

Tétracyclines (oedème cérébral).

Mini-pilules progestatives est déconseillée du fait d’un risque de réduction d’activité contraceptive.

Suivi biologique

Pour une femme réglée, la mise en place d’une contraception un mois avant le début du traitement plus test de grossesse chaque mois sont nécessaires.

Pour tous les patients : cholestérol, triglycérides, ALAT et ASAT avant traitement, après un mois de traitement puis tous les trois mois.

Surveillance mensuelle si anomalies lipidiques ou cytolyse hépatique.


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TRAITEMENT NATUREL CHUTE CHEVEUX : traitements naturels de la chute

Compléments alimentaires capillaires : composition, indications et différences entre produits

Les compléments alimentaires pour les cheveux — gélules, ampoules, levure de bière — sont souvent présentés comme des « traitements naturels » de la chute. Ils agissent en apportant au follicule pileux les nutriments nécessaires à la production de kératine, à l’oxygénation du bulbe et à la régulation sébacée. Leur efficacité est réelle en cas de carence documentée — mais ils ne remplacent pas un traitement médical sur une calvitie androgénétique ou une pelade.

Compléments ou traitement médical ? Un avis dermatologique permet de répondre.
La cause de la chute conditionne entièrement le traitement adapté — un bilan permet d’éviter de multiplier des cures inutiles.
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CHUTE DE CHEVEUX
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Sommaire :
Composants actifs |
Quel produit selon l’indication |
Gélules vs levure de bière |
Exemples de produits |
Cures et durée |
Limites et précautions |
Pages du cluster |
Questions fréquentes

Les composants actifs des compléments capillaires

Un complément pour les cheveux n’est pas un produit homogène — sa composition varie selon l’indication ciblée. Voici les principaux actifs que l’on retrouve, seuls ou en association.

Actif Rôle dans le cheveu Indication principale
Acides aminés soufrés
(méthionine, cystéine, cystine)
Précurseurs directs de la kératine — constituent la structure de la tige pilaire Chute par fragilité, tige cassante, carence protéique
Vitamine B5 (dexpanthénol) Renforce la résistance mécanique de la tige — participe à la séborcorrection Cheveux gras, tige fragile
Vitamine B6 (pyridoxine) Cofacteur du métabolisme des acides aminés soufrés — transformation méthionine → cystéine Chute par fragilité — présente dans la plupart des formules mixtes
Vitamine B8 (biotine) Cofacteur de la synthèse de kératine — carence rare mais chute marquée Fragilité des phanères (cheveux + ongles) — régimes stricts, grossesse
Zinc Régule la production sébacée — inhibe la 5α-réductase (enzyme impliquée dans la calvitie) — action antifongique indirecte Cheveux gras, pellicules, composante androgénique modérée
Acides gras essentiels
(oméga-3, oméga-6)
Fluidifient les membranes cellulaires du follicule — participent à la qualité du sébum et à l’hydratation du cuir chevelu Cuir chevelu sec, cheveux ternes, carence en acides gras
Fer Oxygénation du bulbe pilaire — synthèse d’hémoglobine Chute diffuse par carence martiale (ferritine basse) — fréquent chez la femme
Minéraux divers
(sélénium, cuivre, silicium)
Cofacteurs enzymatiques — lutte contre le stress oxydatif folliculaire Formules multi-cibles, prévention du vieillissement capillaire
💡 Les acides aminés soufrés agissent comme un « engrais » pour les cheveux — ils fournissent les briques de construction de la kératine. Sans eux (en cas de carence ou de régime carencé), la tige s’affine, se fragilise et tombe plus facilement.

Quel complément selon l’indication ?

La composition d’un complément capillaire n’est pas universelle — elle doit être adaptée au problème identifié. C’est la principale raison pour laquelle une consultation médicale préalable est recommandée.

Problème capillaire Actifs prioritaires Actifs à éviter ou secondaires
Chute de cheveux (effluvium, carence) Acides aminés soufrés (cystéine, méthionine) + vitamines B6 + fer si ferritine basse Zinc seul insuffisant — acides gras non prioritaires
Cheveux gras (excès de sébum) Zinc + vitamine B5 (sébocorrecteurs) ± vitamine B6 Acides gras essentiels déconseillés (effet sébotrope)
Cheveux cassants (fragilité de la tige) Acides aminés soufrés + biotine (B8) + vitamines B5 et B6 Zinc et fer secondaires si pas de carence associée
Cuir chevelu sec (manque de sébum, desquamation fine) Acides gras essentiels (oméga-3, oméga-6) + biotine Zinc à éviter (effet sébocorrecteur)
Chute + cheveux gras associés Formule mixte : acides aminés soufrés + zinc + vitamines B Vérifier l’absence de calvitie androgénétique — zinc non substitut du minoxidil
📌 Un produit contre la chute ≠ un produit pour cheveux gras : le premier contient principalement des acides aminés soufrés et des vitamines B ; le second contient du zinc et de la B5 à visée sébo-régulatrice. Utiliser le mauvais produit n’a aucune efficacité sur le problème ciblé.

Gélules vs levure de bière : quelle différence ?

Forme Composition principale Avantages Limites
Gélules pharmaceutiques
(Lobamine Cystéine®, Cystine B6®…)
Composition précise et titrée — acides aminés soufrés + vitamines B en quantités définies Dosage garanti et reproductible — indication claire — prescription ou conseil pharmacien Plus coûteuses — nécessitent une prescription ou un avis médical pour les formes à visée thérapeutique
Levure de bière Principalement vitamine B6 et quelques acides aminés — sans les autres vitamines B, sans fer, sans zinc en quantités significatives Naturelle, bon marché, facilement accessible Composition incomplète pour la chute de cheveux — n’apporte pas les acides aminés soufrés en quantité suffisante ni les cofacteurs manquants
⚠️ La levure de bière contient principalement de la vitamine B6 seule — sans les autres composants nécessaires à une action complète sur la pousse. Elle ne peut pas remplacer un complément formulé pour la chute de cheveux.


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Exemples de produits disponibles

Produit Composition Indication principale Page dédiée
Lobamine Cystéine® Cystéine + méthionine Chute par fragilité — apport en acides aminés soufrés → Lobamine Cystéine®
Cystine B6® Cystine + vitamine B6 Chute et fragilité capillaire — cure saisonnière → Cystine B6®
Biotine® Vitamine B8 (biotine) Fragilité des phanères — carence en biotine → Biotine®
Bepanthène® Dexpanthénol (B5) Résistance capillaire — application locale et orale → Bepanthène®

Pour le panorama complet de tous les traitements (y compris médicaux), voir traitements de la chute de cheveux et nutriments et vitamines capillaires.

Cures : durée, fréquence et suivi

Paramètre Valeur habituelle
Durée d’une cure 2 à 4 mois — correspondant à la durée du cycle pilaire télogène
Fréquence 1 à 2 cures par an selon l’indication — souvent automne et printemps (périodes de chute saisonnière accrue)
Délai avant résultat visible 4 à 6 semaines pour la qualité de la tige — 2 à 3 mois pour la réduction de la chute
Suivi recommandé Si la chute persiste après 3 mois de cure bien conduite → bilan médical indispensable (cause non nutritionnelle à rechercher)

Limites et précautions d’utilisation

Limite / Précaution Explication
Efficacité conditionnée à la carence Sans carence documentée, une supplémentation supplémentaire n’améliore pas la pousse — seule une carence corrigée produit un effet visible
Inefficacité sur calvitie androgénétique Les compléments ne remplacent pas le minoxidil ou le finastéride sur une calvitie génétique
Inefficacité sur pelade La pelade est d’origine auto-immune — les compléments n’ont aucun effet sur ce mécanisme
Grossesse et allaitement Certains compléments sont contre-indiqués ou nécessitent un avis médical — toujours demander conseil au pharmacien ou au médecin
Interactions médicamenteuses La biotine à forte dose peut fausser certains dosages biologiques (TSH, troponine) — signaler la prise lors de tout bilan sanguin
Risque d’allergie Certains produits contiennent des excipients allergènes (colorants, conservateurs) — vérifier la composition en cas de terrain allergique
💡 Règle pratique : les compléments capillaires sont utiles en complément d’un traitement médical adapté — pas en remplacement. La consultation médicale préalable reste indispensable pour identifier la cause et éviter de traiter la mauvaise cible.

Pages du cluster cheveux

Questions fréquentes

La levure de bière est-elle efficace contre la chute de cheveux ?

La levure de bière contient principalement de la vitamine B6, avec de petites quantités d’acides aminés. Elle ne fournit pas les acides aminés soufrés (cystéine, méthionine) en quantité suffisante, ni le fer, ni le zinc, ni les autres vitamines B nécessaires à une action complète sur la pousse. Son intérêt est limité comparé à un complément formulé spécifiquement pour la chute de cheveux, comme la Cystine B6® ou la Lobamine Cystéine®.

Le zinc aide-t-il à faire pousser les cheveux ?

Le zinc n’est pas un stimulateur de pousse au sens strict — son rôle principal dans le domaine capillaire est la régulation sébacée (cheveux gras) et une légère inhibition de la 5α-réductase. Il est particulièrement utile dans les formules pour cheveux gras associés à une chute modérée, ou dans les pellicules grasses. Pour une chute par carence nutritionnelle pure, les acides aminés soufrés et le fer sont les actifs prioritaires.

Peut-on prendre plusieurs compléments capillaires en même temps ?

Il est déconseillé de multiplier les compléments sans avis médical — le risque est de dépasser les apports journaliers recommandés pour certains nutriments (fer, zinc, vitamines liposolubles), ce qui peut entraîner des effets indésirables. En particulier, une supplémentation en biotine à forte dose peut fausser certains examens biologiques (TSH, troponine). Mieux vaut choisir un seul produit adapté à l’indication principale après consultation.

Combien de temps doit-on prendre un complément capillaire pour voir un effet ?

Les cures sont prescrites en général sur 2 à 4 mois — correspondant au cycle de renouvellement du follicule pileux. Les premiers effets sur la qualité de la tige (moins de casse, plus de brillance) peuvent être perceptibles à partir de 4 à 6 semaines. La réduction de la chute et l’amélioration de la densité s’observent plutôt à 2–3 mois. Si la chute persiste après une cure bien conduite, un bilan médical est indispensable pour chercher une cause non nutritionnelle.

Les compléments capillaires fonctionnent-ils sur une calvitie ?

Non — la calvitie androgénétique est liée à une sensibilité génétique des follicules aux androgènes, pas à une carence nutritionnelle. Aucun complément alimentaire ne peut stopper ni inverser une calvitie. Seuls le minoxidil (topique) et le finastéride (oral, homme uniquement) ont une efficacité prouvée sur ce mécanisme.

Voir aussi :
Chute de cheveux |
Traitements |
Nutriments capillaires |
Lobamine Cystéine® |
Cystine B6® |
Minoxidil


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CALMER LES DEMANGEAISONS : comment calmer la peau qui gratte?

Calmer les démangeaisons de peau

Avant de vouloir calmer les démangeaisons, le mieux est de savoir à quoi sont dues les démangeaisons de la peau. Il peut s’agir d’une plaque qui gratte, d’un bouton qui démange… Le mieux est donc de consulter un médecin pour obtenir un diagnostic précis.

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Sommaire :
Traitements prescrits par le médecin |
Calmer sans ordonnance |
Facteurs aggravants à éviter |
Pages associées |
Questions fréquentes

Traitements ordonnés par le médecin

Outre le traitement de la cause et l’éviction des facteurs aggravants, le médecin peut utiliser pour calmer les démangeaisons :

Traitements généraux

Classe Médicaments Indication principale
Antihistaminiques Aerius®,
Atarax®,
Clarityne®,
Kestin®,
Polaramine®,
Primalan®,
Telfast®,
Tinset®,
Virlix®,
Xyzall®,
Zyrtec®
Urticaire, prurit allergique, eczéma atopique
Antidépresseurs Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine, composés tricycliques (en particulier la doxépine) Prurit chronique réfractaire, prurit neurologique
Phénobarbital À petites doses filées Prurit cholestatique, prurit réfractaire

Traitements locaux

Traitement Mode d’action Indication
Crèmes à la cortisone (dermocorticoïdes) Anti-inflammatoire puissant, réduit le prurit en réduisant l’inflammation cutanée Eczéma, psoriasis, dermatite de contact, poussées inflammatoires
Crotamiton Antiprurigineux local — mécanisme non entièrement élucidé Prurit diffus, gale (effet antiprurigineux complémentaire)
Photothérapie UVB, PUVA Immunomodulation cutanée, réduction des médiateurs du prurit Prurit chronique réfractaire, psoriasis, eczéma atopique sévère
Capsaïcine Désensibilisation des fibres C prurigènes (déplétion substance P) Prurit localisé chronique, prurit neuropathique, prurigo nodulaire

Calmer les démangeaisons et la peau qui gratte sans ordonnance

Méthode Comment l’utiliser Mécanisme
Bains à l’amidon ou huiles de bain Ajouter dans l’eau du bain tiède (pas chaude) — tremper 10 à 15 min Effet émollient — restaure le film hydrolipidique, réduit la sécheresse prurigineuse
Talc officinal Appliquer sur les zones qui démangent en couche légère Assèche les zones de macération, réduit le frottement et l’irritation locale
Hydrater la peau Crèmes hydratantes appliquées après la douche sur peau encore légèrement humide Restaure la barrière cutanée — la sécheresse cutanée amplifie le signal prurigineux
Médicaments en pharmacie sans ordonnance Demander conseil au pharmacien — certains antiprurigineux sont délivrables sans ordonnance en attendant la consultation calmer les démangeaisons sans ordonnance
💡 Prudence avec l’automédication : demandez toujours avis au pharmacien avant d’utiliser un antiprurigineux sans ordonnance. Ces traitements soulagent le symptôme mais ne traitent pas la cause — une consultation médicale reste nécessaire si les démangeaisons persistent plus de 2 semaines.

Facteurs aggravant les démangeaisons — à éviter

Facteur aggravant Exemples pratiques Alternative recommandée
Agents irritants cutanés Savon ordinaire, toilette trop fréquente, port de vêtements en laine Syndet (pain dermatologique sans savon), vêtements coton, 1 douche/j maximum en période de poussée
Eau chaude Douches ou bains très chauds — la chaleur déclenche la libération d’histamine Eau tiède (≤ 35 °C) — l’eau froide peut aider à calmer une poussée aiguë
Chaleur et air sec Chauffage trop puissant, air non humidifié en hiver Température intérieure ≤ 19 °C, humidificateur d’air, éviter les sur-vêtements au lit
Grattage Soulagement immédiat mais entretient l’inflammation et favorise la surinfection Tapoter plutôt que gratter — appliquer du froid (glaçon enveloppé) pour stopper le signal prurigineux

Pages associées

Médicaments antiprurigineux
Antihistaminiques — guide complet
Dermocorticoïdes

Questions fréquentes

Pourquoi l’eau chaude aggrave-t-elle les démangeaisons ?

La chaleur déclenche la libération d’histamine par les mastocytes dermiques — la même molécule responsable des démangeaisons allergiques. Une douche trop chaude peut ainsi provoquer ou aggraver des démangeaisons même en l’absence de maladie cutanée. L’eau tiède (35 °C maximum) est préconisée pour toutes les peaux à tendance prurigineuse.

Les antihistaminiques calment-ils toutes les démangeaisons ?

Non. Les antihistaminiques sont efficaces pour les démangeaisons d’origine histaminique (urticaire, piqûres d’insectes, réactions allergiques). Ils sont en revanche peu ou pas efficaces sur les démangeaisons non histaminiques : prurit du psoriasis, du lymphome, de l’insuffisance rénale, ou prurit neuropathique — qui nécessitent des traitements spécifiques.

Quand faut-il consulter pour des démangeaisons ?

Consultez sans attendre si les démangeaisons durent plus de 2 semaines sans cause évidente, s’accompagnent de lésions cutanées étendues, de fièvre ou d’amaigrissement, ou si elles surviennent la nuit de façon intense (orientation vers la gale, lymphome ou cholestase). Un prurit sine materia (sans lésion cutanée visible) chez un adulte après 50 ans doit toujours faire l’objet d’un bilan médical complet.

La crème hydratante suffit-elle pour calmer les démangeaisons ?

Elle suffit lorsque les démangeaisons sont liées à une simple sécheresse cutanée (xérose). Dans ce cas, une crème émolliente riche appliquée quotidiennement après la douche peut suffire à les faire disparaître. Pour les démangeaisons liées à une dermatose (eczéma, psoriasis, urticaire…), l’hydratation est un soin complémentaire indispensable mais ne remplace pas le traitement spécifique.

Voir aussi :
Démangeaisons de la peau |
Plaques qui grattent |
Antihistaminiques |
Soigner sans ordonnance |
Téléconsultation dermatologue

GELULES SOLAIRES : compléments alimentaires pour le soleil

Gelules protectrices contre le soleil?

Les compléments alimentaires destinés à protéger la peau du soleil contiennent le plus souvent des pigments d’origine végétale et des anti-oxydants.

Des pigments

Les pigments sont des molécules capables d’absorber une partie des rayons ultra-violets émis par le soleil. Il s’agit le plus souvent de caroténoides et en particulier du béta carotène qui comme son nom l’indique est contenu en grande quantité dans les carottes et leur confère leur couleur orange.

Mais les caroténoides sont aussi présents dans de nombreux fruits (abricot, mangue, melon…) et légumes (persil, épinards, laitue, cresson, brocoli…).

Des anti oxydants

Les anti oxydants sont des molécules qui s’opposent au phénomène d’oxydation des cellules, un mécanisme biologique qui joue un rôle dans le vieillissement et le risque de cancérisation des cellules. Les anti oxydants généralement utilisés dans les compléments alimentaires sont des vitamines (vitamine C qu’on trouve en grande quantité dans les agrumes ou les kiwis, vitamine E contenue dans l’huile de tournesol ou d’olive…) et des flavonoides contenus dans le soja, le thé vert, le raisin, le glutathion, les dérivés de la cystéine, le sélénium, ou le zinc

Effet protecteur vis-à-vis des dégats liés au soleil?

Les antioxydants (vitamines E et C, le glutathion, les dérivés
de la cystéine, le sélénium, ou le zinc) peuvent prévenir le coup de soleil et les cancers de la peau induits par les UV dans les études précliniques chez l’animal
Cependant, cet effet préventif sur les cancers n’a jamais été démontré chez l’homme et les antioxydants pourraient protéger un peu des coups de soleil, mais de manière bien moins efficace qu’une crème solaire

Dans l’étude nutritionnelle de grande ampleur Su.Vi.Max, l’apport d’antioxydants a diminué la fréquence de l’ensemble des cancers chez l’homme, mais cet apport a légèrement augmenté la fréquence des cancers de la peau chez les femmes, avec un retour à la normal à l’arrêt de
la supplémentation

De même, un excès d’antioxydants pourrait favoriser la prolifération
cellulaire chez les personnes ayant des lésions précancéreuses (ce qui a été
démontré par exemple avec l’apport de vitamine C chez les fumeurs).

Régime méditerranéen versus compléments alimentaires

Une alimentation riche en fruits et légumes (plus d’un demi kilogramme par jour) apporte beaucoup de ces molécules mais aussi, et contrairement aux gélules, les fruits et légumes apportent d’autres substances bénéfiques pour l’organisme telles que fibres ou oligo éléments.
L’utilisation de compléments alimentaires a donc beaucoup moins d’utilité si le régime est déjà riche en fruits et légumes.

En savoir plus sur la protection solaire

MEDICAMENTS PHOTOSENSIBILISANTS

Médicament photosensibilisant

Allergie solaire à un médicament
Allergie solaire à un médicament

Un médicament photosensibilisant rend la peau plus sensible au soleil, provoquant sur la peau exposée au soleil des rougeurs, boutons, démangeaisons… : l’éruption apparaît après les expositions solaires et les boutons tendent à disparaître en hiver. Ainsi, habituellement, seuls le visage, le décolleté, la nuque, le dos des mains et les avant-bras sont atteints, sauf en cas d’exposition à la plage par exemple.

Antibiotiques

Acide pipémidique (Pipram®)
Azithromycine (Zithromax®)
Ciprofloxacine (Ciflox®)
Clofazimine (Lamprène®)
Dapsone (Disulone®)
Doxycycline (Vibramycine®)
Énoxacine (Enoxor®)
Fluméquine (Apurone®)
Isoniazide (Rifater®)
Lévofloxacine (Tavanic®)
Loméfloxacine (Logiflox®)
Lymécycline (Tétralysal®)
Méthylènecycline (Lysocline®)
Minocycline (Mynocine®)
Norfloxacine (Noroxine®)
Ofloxacine (Oflocet®)
Péfloxacine (Péflacine®)
Pyrazinamide (Pirilène®)
Sulfafurazol (Pédiazole®)
Sulfaméthoxazole (Bactrim®)

Antifongiques

Griséofulvine (Griséfuline®)
Itraconazole (Sporanox®)
Voriconazole (Vfend®)

Antipaludéens de synthèse

Chloroquine (Nivaquine®)
Hydroxychloroquine (Plaquenil®)

Antidiabétiques oraux et édulcorant

Carbutamide (Glucidoral®)
Cyclamate (édulcorant de synthèse)
Glibenclamide (Daonil®)
Glimépiride (Amarel®)
Glipizide (Glibénèse®)

Antihistaminiques

Diphénhydramine (Nautamine®)
Méquitazine (Primalan®)
Oxomémazine (Toplexil®)
Prométhazine (Phénergan®)

Anti-inflammatoires non stéroidiens

Acide méfénamique (Ponstyl®)
Acide niflumique (Nifluril®)
Acide tiaprofénique (Surgam®)
Célécoxib (Celebrex®)
Diclofénac (Voltarène®)
Ibuprofène (Advil®)
Indométhacine (Indocid®)
Kétoprofène (Profénid®)
Nabumétone (Nabucox®)
Naproxène (Apranax®)
Olsalazine (Dipentum®)
Phénylbutazone (Butazolidine®)
Piroxicam (Feldène®)
Sulfasalazine (Salazopyrine®)

Anticancéreux

Dacarbazine (Déticène®)
Fluorouracil (Fluoro-uracile®)
Flutamide (Eulexine®)
Imatinib (Glivec®)
Méthotrexate (Novatrex®)
Paclitaxel (Taxol®)

Antisécrétaoires gastriques

Esoméprazole (Inexium®)
Omeprazole (Mopral®)
Pantoprazole (Inipomp®)
Ranitidine (Azantac®)

Cardiotropes

Amiodarone (Cordarone®)
Captopril (Lopril®)
Diltiazem (Tildiem®)
Enalapril (Enalapril®)
Félodipine (Flodil®)
Hydroquinidine (Sérécor®)
Lisinopril (Lisinopril®)
Nifédipine (Adalate®)
Quinapril (Acuitel®)
Quinidine (Quinimax®)
Quinine (Hexaquine®)
Ramipril (Triatec®)
Rilmenidine (Hyperium®)

Diurétiques

Altizide (Aldactazine®)
Bendroflumethiazide (Tensionorme®)
Bumétanide (Burinex®)
Chlortalidone (Logroton®)
Furosémide (Lasilix®)
Hydrochlorothiazide (Esidrex®)
Méthylclothiazide (Isobar®)
Triamtérène (Prestole®)

Hypolipémiants

Bézafibrate (Béfizal®)
Fénofibrate (Lipanthyl®)
Pravastatine (Elisor®)
Rosuvastatine (Crestor®)
Simvastatine (Zocor®)

Immunomodulateurs

Interféron alfa (Introna®)
Lénalidomide (Revlimid®)
Tacrolimus (Prograf®)

Psychotropes

Acépromazine (Noctran®)
Alprazolam (Xanax®)
Alimémazine (Théralène®)
Amitriptyline (Laroxyl®)
Amoxapine (Défanyl®)
Carbamazépine (Tégrétol®)
Chlorpromazine (Largactil®)
Clomipramine (Anafranil®)
Cyamémazine (Tercian®)
Dosulépine (Prothiaden®)
Fluoxétine (Prozac®)
Flupentixol (Fluanxol®)
Fluphénazine (Moditen®)
Fluvoxamine (Floxyfral®)
Haloperidol (Haldol®)
Imipramine (Tofranil®)
Lévomépromazine (Nozinan®)
Loxapine (Loxapac®)
Paroxétine (Deroxat®)
Propériciazine (Neuleptil®)

Médicaments locaux photosensibilisants

Le photosensibilisant de contact externe provoque une éruption là où il est appliqué et si cette zone est exposée au soleil. Ainsi, une photosensibilisation à une crème de jour va se manifester uniquement par des lésions du visage, une photosensibilisation à une crème anti-inflammatoire va entraîner des boutons au niveau de l’articulation traitée puis exposée au soleil, etc.

Les médicaments topiques les plus fréquemment en cause sont exposés dans l’article produit photosensibilisant

Il faut noter qu’en cas d’allergie à la creme solaire (filtres Eusolex 232 (acide phénylbenzimidazole sulfonique) Eusolex 6300 3 (4-méthylbenzidylène camphre), Parsol MCX (octylméthoxycinnamate), Eusolex 4360 (oxybenzone), Parsol 1789 (butylméthoxydibenzoylméthane)), la photosensibilisation peut mimer une photosensibilisation interne si la creme a été mise sur toutes les zones photoexposées

ALLERGIE A UN MEDICAMENT : les allergies de peau aux médicaments

Allergies de la peau aux médicaments

Les réactions cutanées au médicaments sont encore appelées toxidermies.

Allergie médicamenteuse
Allergie médicamenteuse

Deux types d’allergies aux médicaments

Ces réactions font le plus souvent intervenir les réactions allergiques classiques de la peau :

  • L’allergie immédiate

(type I de la classification de Gell et Combs, à médiation immunologique par anticorps) est une réaction survenant dans les premières minutes à premières heures qui suivent le contact avec le médicament (pénicilline, anesthésiques… ); la principale allergie immédiate est l’urticaire médicamenteuse (et sa composante profonde, l’angio oedeme ou oedeme de Quincke, voire l’anaphylaxie).

  • L’allergie retardée

(type IV de la classification de Gell et combs, à médiation immunitaire cellulaire) est une allergie qui survient un ou plusieurs jours après le contact avec le médicament (la premiere eruption prend souvent deux semaines apres le premier contact avec le médicament, alors que les éruptions suivantes, lors des réintroductions, prennent le plus souvent 48h).

C’est la réaction médicamenteuse la plus fréquente, provoquant des éruptions à type de

  • rougeurs plus ou moins gonflées (90 % des cas)

Rougeurs ou plaques rouges ébutant souvent aux coudes, aux genoux et au tronc, et s’étendant progressivement en quelques jours. On peut observer une fièvre et des démangeaisons.

Ils régressent souvent spontanément en une semaine.
Les médicaments le plus souvent en cause dans ces eruptions d’origine médicamenteuse sont les

  • antibiotiques (aminopénicillines = 1ère cause d’accidents allergiques médicamenteux, soit environ 1/3 des réactions allergiques médicamenteuses, sulfamides antibactériens, céphalosporines, antituberculeux),
  • les antiepileptiques (carbamazépine, barbituriques),
  • l’allopurinol (produit contre la goutte),
  • les produits de contraste iodés utilisés lors des examens d’imagerie médicale,
  • le captopril (anti hypertenseur)
  • et les anti inflammatoires non stéroïdiens et l’aspirine (5% des consultations pour allergie médicamenteuse).
  • les éruptions lichénoïdes

se présentent sous forme de petites plaques violines, comme dans le lichen plan

  • l’érythème pigmenté fixe,

une rougeur récurrente de quelques centimetres, apparaissant le plus souvent quelques heures apres la prise du médicament, génitale ou cutanée, qui brule ou démange et qui finit par guérir en laissant une tache pigmentee.

Les principaux médicaments en cause sont les analgésiques pyrazolés, les barbituriques, les sulfamides, les cyclines et la carbamazépine.

voir l’article sur l’erytheme pigmenté fixe

  • syndrome de Stevens-Johnson

  • le syndrome de Lyell.

Autres réactions de la peau aux medicaments

D‘autres mécanismes de réactions cutanées aux médicaments sont possibles, ce sont des mécanismes non immunologiques sur lesquels nous ne nous attarderons pas car il ne s’agit pas là de véritables « allergies de peau » aux médicaments :

thesaurismoses ou accumulation de médicaments tels que l’argyrie,

les pigmentations aux cyclines ou aux antipaludéens,

la perte de cheveux due aux médicaments,

l’acné aux médicaments

Certaines allergies aux médicaments nécessitent le soleil

Voir l’article consacré à l’allergie solaire

Que faire quand on suspecte un médicament de déclencher une éruption de la peau?

Lors d’une éruption cutanée dans laquelle un médicament est suspecté, le médecin tente d’évaluer la reponsabilité potentielle du médicament, encore appelée imputabilité

Il dispose de tests aux médicaments plus ou moins dangereux :

– sans danger : prise de sang

lors de réactions de type immédiat, à la recherche d’anticorps spécifiques

– plus dangereux : tests de mise en contact

avec le médicament (tests épicutanés, intradermoréactions et prick-tests) ou de reprise du médicament (le plus souvent en milieu hospitalier car on craint des reactions plus graves qu’initialement.

Traitement de l’allergie au médicament

Il passe par l’éviction du médicament en cause, l’application de cremes a la cortisone et la prise d’antihistaminiques

CALMER LES DEMANGEAISONS SANS ORDONNANCE : soigner sans ordonnance

Calmer les démangeaisons de la peau par soi-même

Les délais de rendez-vous chez les dermatologues s’allongent d’année en année. Cependant, ne vous improvisez surtout pas médecin — consultez votre médecin traitant avant toute chose.

En attendant votre rendez-vous et le diagnostic de la cause de vos démangeaisons de peau, vous pouvez tenter de les soulager avec des produits disponibles sans ordonnance chez votre pharmacien.

demangeaisons
La peau qui gratte, un symptôme très pénible…
⚠️ Attention : avant d’utiliser tout produit ou médicament sans ordonnance, demandez conseil à votre pharmacien — risque d’allergie de peau, d’aggravation de la dermatose, interactions médicamenteuses, contre-indications en cas de grossesse ou d’allaitement.
Besoin de l’avis d’un spécialiste ? Délais de rdv trop longs ?
📅 Téléconsultation avec le dermatologue

Sommaire :
Soins doux sans médicament |
Crèmes sans ordonnance |
Hydrocortisone sans ordonnance |
Antihistaminiques sans ordonnance |
Pages associées |
Questions fréquentes

Soins doux pour calmer les démangeaisons

Soin Exemples de produits Mécanisme
Bains avec amidon ou huile de bain Avène TRIXERA Bain, Mustela STELATOPIA Huile de Bain, OILATUM Huile de bain, Eucerin ATOPICONTROL, La Roche-Posay LIPIKAR Huile lavante… Effet émollient — restaure le film hydrolipidique, réduit la sécheresse prurigineuse
Crème hydratante À appliquer après la douche sur peau encore légèrement humide Restaure la barrière cutanée — la sécheresse amplifie le signal prurigineux
Talc officinal Talc en poudre — disponible en pharmacie sans ordonnance Assèche les zones de macération, réduit le frottement et l’irritation locale

Crèmes antiprurigineuses sans ordonnance

Les produits suivants sont autorisés en accès direct par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) :

Médicament Principe actif Indication principale Précautions
APAISYL GEL 0,75%
SEDERMYL 0,75%
Chlorhydrate d’isothipendyl Piqûres d’insectes, prurit localisé Risque d’allergie de peau — ne pas appliquer sur muqueuses
BEPANTHEN 5% pommade
DEXPANTHENOL 5%
Dexpanthénol Peau irritée, légères brûlures, érythèmes Risque d’allergie de peau rare
MITOSYL IRRITATIONS pommade Huile de foie de poisson + Oxyde de Zinc Érythèmes fessiers, irritations de plis Risque d’allergie et de macération sous occlusion
PO12 2%, crème Enoxolone Prurit, irritations cutanées légères Risque d’allergie de peau

Crèmes à l’hydrocortisone sans ordonnance

Les crèmes à la cortisone à faible concentration (0,5 % d’hydrocortisone) sont disponibles sans ordonnance. Elles nécessitent des précautions d’usage importantes :

Médicaments concernés : APHILAN DÉMANGEAISONS 0,5% — CALMICORT 0,5% — CORTAPAISYL 0,5% — CORTISEDERMYL 0,5% — DERMOFENAC DÉMANGEAISONS 0,5%

Contre-indications des crèmes à la cortisone

Contre-indication
Allergie à l’un des constituants
Lésions de peau ulcérées, plaies ouvertes
Acné
Rosacée
Infections cutanées bactériennes, virales, fongiques ou parasitaires

Précautions d’emploi

Précaution
Éviter d’appliquer sur le visage sans avis médical
Ne pas traiter de grandes surfaces cutanées
Ne pas appliquer sous pansement occlusif
Ne pas appliquer d’autres crèmes sur la surface traitée
Ne pas augmenter la fréquence des applications par rapport à la prescription
En cas de persistance des démangeaisons, d’intolérance locale ou de signes d’infection : arrêter et reconsulter

Effets secondaires des crèmes à la cortisone

Effet secondaire Contexte
Atrophie cutanée, télangiectasies, vergetures, purpura, fragilité cutanée Utilisation prolongée
Dermite péri-orale, aggravation d’une rosacée Application sur le visage
Retard de cicatrisation des plaies, escarres, ulcères de jambe Application sur lésions ouvertes
Éruptions acnéiformes, folliculite pustuleuse, hypertrichose, dépigmentation Usage prolongé ou zones pileuses
Infections secondaires Sous pansement occlusif ou dans les plis
Dermatose allergique de contact Allergie aux excipients

Antihistaminiques sans ordonnance contre les démangeaisons

Il s’agit d’antihistaminiques autorisés en accès direct par l’ANSM. Demandez toujours conseil à votre pharmacien avant utilisation (interactions médicamenteuses, grossesse, allaitement…)

Médicament Principe actif Contre-indications Précautions
CETIRIZINE comprimé
ZYRTECSET 10 mg

→ voir aussi Zyrtec®
Cétirizine Allergie au produit ou à l’un des composants — Insuffisance rénale — Enfant < 2 ans Risque de somnolence — éviter l’alcool — déconseillé en cas d’allaitement — consulter le médecin en cas de grossesse
LORATADINE comprimé
→ voir aussi Clarityne®
Loratadine Allergie au produit ou à l’un des composants Non recommandé en cas de grossesse ou d’allaitement — somnolence possible
⚠️ En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, vertiges, nausées, palpitations…), arrêter le médicament et consulter un médecin.

Pages associées

Questions fréquentes

Peut-on utiliser une crème à la cortisone sans ordonnance longtemps ?

Non. Les crèmes à l’hydrocortisone 0,5% sans ordonnance sont réservées à un usage court (5 à 7 jours maximum). Un usage prolongé expose aux effets secondaires : atrophie cutanée, télangiectasies, vergetures. Si les démangeaisons persistent au-delà d’une semaine, consultez un médecin pour un diagnostic précis et un traitement adapté.

La cétirizine et la loratadine sont-elles équivalentes ?

Les deux sont des antihistaminiques de 2e génération non sédatifs, efficaces sur les démangeaisons d’origine allergique. La cétirizine peut provoquer une légère somnolence à dose élevée chez certaines personnes — la loratadine est légèrement moins sédative. Les deux sont disponibles sans ordonnance et ont une durée d’action de 24 heures.

Pourquoi les crèmes à la cortisone sont-elles déconseillées sur le visage ?

La peau du visage est plus fine et plus absorbante — les dermocorticoïdes y pénètrent davantage, augmentant le risque d’atrophie, de télangiectasies et de dermite péri-orale. Sur le visage, seuls les dermocorticoïdes de faible puissance peuvent être utilisés, sous surveillance médicale et pour une durée très courte.

Quand faut-il absolument consulter un médecin pour des démangeaisons ?

Consultez sans attendre si les démangeaisons durent plus de 2 semaines sans cause évidente, s’accompagnent de lésions cutanées étendues, de fièvre, d’amaigrissement, ou surviennent la nuit de façon intense. Un prurit sans lésion cutanée visible chez un adulte de plus de 50 ans nécessite toujours un bilan médical complet.

Voir aussi :
Démangeaisons de la peau |
Calmer les démangeaisons |
Antihistaminiques |
Dermocorticoïdes |
Téléconsultation dermatologue

Traitement des poux et de la gale : les medicaments pour les poux et la gale

TRAITEMENT DES POUX ET DE LA GALE


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« Secrets de dermatologue » :

– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


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Le traitement des poux et de la gale requiert parfois les memes molécules

  • Gale : quelques traitements de la gale

  • Poux


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– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
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ANTIFONGIQUE : les antifongiques ou anti champignon

QUELQUES ANTIFONGIQUES LOCAUX UTILISES EN DERMATOLOGIE

Antifongiques locaux

Les antifongiques locaux spécifiques sont de plusieurs types :

  • polyènes : amphotéricine B (Fungizone®), nystatine (Mycostatine®) ;
  • Ciclopirox olamine (Mycoster® Onytec ® Sebiprox ®)
  • imidazolés : bifonazole (Amycor®), miconazole (Daktarin®, Britane®, Gyno-Daktarin®), isoconazole (Fazol G®, Fazol®), omoconazole (Fongamil®, Fongarex®), oxiconazole (Fonx®), butoconazole (Gynomyk®), kétoconazole (Kétoderm®, Ketoconazole ®), fenticonazole (Lomexin®, Terlomexin®), sertaconazole (Monazol®), sulconazole (Myk®), éconazole (Dermazol GE®, Econazole ® GNR®, Fongéryl®, Pevaryl®, Gyno-Pevaryl®).
  • Terbinafine : Lamisil ® creme
  • Amorolfine : Loceryl ®, Curanail ®

Médicaments antifongiques

Besoin de l’avis d’un spécialiste ? d’un traitement ? Délais de rdv trop longs ? Vous pouvez effectuer une téléconsultation avec le dermatologue

TERBINAFINE : la terbinafine

Terbinafine

Terbinafine, qu’est-ce que c’est ?

La terbinafine est un antifongique à large spectre, appartenant à la classe des allylamines.

La terbinafine est active sur les affections dues à des dermatophytes tels que trichophyton (Trichophyton rubrum, Trichophyton mentagrophytes, Trichophyton verrucosum, Trichophyton violaceum), Microsporum canis et Epidermophyton floccosum.

Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement des mycoses (mycose de la peau / mycose des pieds / mycose des ongles… ). Terbinafine se présente sous la forme de comprimés à 250 mg, à prendre généralement une fois par jour au cours d’un repas

Quelles sont les contre indications de Terbinafine ?

  • Allergie au produit ou à l’un de ses constituants
  • Eviter la terbinafine durant la grossesse et l’allaitement
  • Insuffisance hépatique ou rénale

Conseils d’utilisation de Terbinafine ®

  • Prendre le comprimé quotidien au cours d’un repas
  • Il se peut que votre médecin vous ait prescrit un traitement pulse : 250 mg par jour pendant une semaine tous les 2 ou 3 mois jusqu’à guérison, ou 250 ou 500 mg par jour 1 semaine par mois pendant 3 mois, aussi efficace que la prise quotidienne prolongée
  • Il est probable que votre médecin vous demande de réaliser un bilan sanguin avant et pendant le traitement afin de vérifier sa bonne tolérance
  • En cas de symptome inhabituel (perte du gout, de l’appétit, nausées, douleurs abdominales, maux de tête… ), re-consultez votre médecin rapidement

FUNGSTER : le Fungster ®

Fungster ®

Fungster ®, qu’est-ce que c’est ?

Fungster ® contient de la terbinafine.

La terbinafine est un antifongique à large spectre, appartenant à la classe des allylamines.

La terbinafine est active sur les affections dues à des dermatophytes tels que trichophyton (Trichophyton rubrum, Trichophyton mentagrophytes, Trichophyton verrucosum, Trichophyton violaceum), Microsporum canis et Epidermophyton floccosum.

Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement des mycoses (mycose de la peau / mycose des pieds / mycose des ongles… ). Terbinafine se présente sous la forme de comprimés à 250 mg, à prendre généralement une fois par jour au cours d’un repas

 

Quelles sont les contre indications de Fungster ®?

  • Allergie au produit ou à l’un de ses constituants de Fungster ®
  • Eviter la terbinafine durant la grossesse et l’allaitement
  • Insuffisance hépatique ou rénale

Conseils d’utilisation de Fungster ®

  • Prendre le comprimé quotidien au cours d’un repas
  • Il se peut que votre médecin vous ait prescrit un traitement pulse : 250 mg par jour pendant une semaine tous les 2 ou 3 mois jusqu’à guérison, ou 250 ou 500 mg par jour 1 semaine par mois pendant 3 mois, aussi efficace que la prise quotidienne prolongée
  • Il est probable que votre médecin vous demande de réaliser un bilan sanguin avant et pendant le traitement afin de vérifier sa bonne tolérance
  • En cas de symptome inhabituel (perte du gout, de l’appétit, nausées, douleurs abdominales, maux de tête… ), re-consultez votre médecin rapidement

STROMECTOL : le Stromectol ®

Stromectol ® :

Stromectol ®, qu’est-ce que c’est ?

Stromectol ® contient de l’ivermectine qui est un antiparasitaire. Il est utilisé en dermatologie, notamment en traitement par voie orale dans le traitement de la gale . Stromectol se présente sous la forme de comprimés à 3 mgs

Contre indications de Stromectol ®

Allergie au produit ou à l’un de ses constituants de Stromectol ®

Enfant de moins de 15kgs

Grossesse et allaitement

Conseils d’utilisation de Stromectol ®

Stromectol ® est prise à la dose de 200 µg par kg de poids corporel en prise unique par voie orale, à distance des repas (au moins deux heures avant et apres un repas). La posologie varie donc en fonction du poids :

15 à 24 kgs 1 cp prise unique

25 à 35 kgs 2 cp prise unique

36 à 50 kgs 3 cp prise unique

51 à 65 kgs 4 cp prise unique

66 à 79 kgs 5 cp prise unique

Puis porter des vêtements propres ou traités et dormir dans des

draps propres

Il faut reprendre la meme dose unique 8 à 14j plus tard

En cas de gale profuse et crouteuse, l’association à un traitement local (Ascabiol ®, Spregal ®, Topiscab®) peuvent être proposés.

Soins d’accompagment de Stromectol ®

La prise d’ivermectine est nécessairement associée à des soins de prise en charge de la gale, pour le patient atteint de la gale et son entourage :

– Traitement de l’environnement : procéder au nettoyage classique des locaux et à une désinfection par un acaricide tel qu’ Apar, de la literie (matelas, sommier), de la moquette et autres mobiliers adsorbants.

– Traitement des vêtements et du linge : rassembler le linge utilisé jusqu’à ce jour (y compris serviettes de toilette, draps, taies…) et le laver en machine à laver à 60 °C ou le désinfecter avec un acaricide tel qu’ Apar

(stockage en sac plastique fermé pendant au moins trois heures) ou par mise en quarantaine de cinq jours dans un sac plastique fermé qui sera gardé à température supérieure à 20 °C.

– Ne pas oublier de traiter les objets qui peuvent avoir été en contact avec le corps tels que : brassard de tensiomètre, chaussures, peluches, housse de siège auto…

– Passer l’aspirateur énergiquement sur les tapis et les coussins.

– Idéalement il faut changer de vêtements, de draps et de serviettes tous les jours et les laver à au moins 60 °C pendant une période de 14 jours

Voir le traitement de la gale

 

Zyrtec

Zyrtec ®:

  • Qu’est-ce que c’est ?

Zyrtec ® est un médicament utilisé dans le traitement de l’allergie (antihistaminique). Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’urticaire

 

  • Quelles sont les contre indications  ?

    • Allergie au produit ou à l’un des composants
    • Insuffisance rénale
    • Enfant de moins de 2 ans
  • Conseils d’utilisation

    • Respecter la prescription du médecin
    • Zyrtec ® expose au risque de somnolence : les conducteurs de véhicules doivent etre avertis des risques de somnolence au volant lors de la prise
    • Eviter la consommation d’alcool durant le traitement
    • En cas de grossesse, consulter le médecin. Il est déconseillé en cas d’allaitement
    • En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, maux de tete, nausées, vomissements, palpitations… ), consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir

Virlix

 

Virlix ®:

  • Virlix ®, qu’est-ce que c’est ?

Virlix ® est un médicament utilisé dans le traitement de l’allergie (antihistaminique). Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’urticaire

  • Quelles sont les contre indications  ?

    • Allergie au produit ou à l’un des composants
    • Insuffisance rénale
  • Conseils d’utilisation

    • Respecter la prescription du médecin
    • Il expose au risque de somnolence : les conducteurs de véhicules doivent etre avertis des risques de somnolence au volant lors de la prise
    • Eviter la consommation d’alcool durant le traitement
    • En cas de grossesse, consulter le médecin. Virlix ® n’est pas recommandé en cas d’allaitement
    • En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, maux de tete, nausées, vomissements, palpitations… ), consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir

 

Xyzall

 

Xyzall ®:

  • Xyzall ®, qu’est-ce que c’est ?

Xyzall ® est un médicament utilisé dans le traitement de l’allergie (antihistaminique). Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’urticaire

 

  • Quelles sont les contre indications ?

    • Allergie au produit ou à l’un des composants
    • Insuffisance rénale
  • Conseils d’utilisation

    • Respecter la prescription du médecin
    • Xyzall ® expose au risque de somnolence : les conducteurs de véhicules doivent etre avertis des risques de somnolence au volant lors de la prise
    • Eviter la consommation d’alcool durant le traitement
    • En cas de grossesse ou d’allaitement, consulter le médecin.
    • En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, maux de tete, nausées, vomissements, palpitations… ), consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir

Tinset

 

Tinset ®:

  • Qu’est-ce que c’est ?

Tinset ® est un médicament utilisé dans le traitement de l’allergie (antihistaminique). Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’urticaire

 

  • Quelles sont les contre indications ?

    • Allergie au produit ou à l’un des composants
    • Insuffisance hépatique sévère

 

  • Conseils d’utilisation

    • Respecter la prescription du médecin
    • Eviter la consommation d’alcool durant le traitement
    • Il est déconseillé en cas de grossesse ou d’allaitement
    • En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, maux de tete, nausées, vomissements, palpitations… ), consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir

Telfast

 

Telfast ®:

  • Qu’est-ce que c’est ?

Telfast ® est un médicament utilisé dans le traitement de l’allergie (antihistaminique). Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’urticaire

 

  • Quelles sont les contre indications  ?

    • Allergie au produit ou à l’un des composants
    • Enfant de moins de 12 ans

 

  • Conseils d’utilisation

    • Respecter la prescription du médecin
    • Telfast ® est déconseillé en cas de grossesse ou d’allaitement
    • En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, maux de tete, nausées, vomissements, palpitations… ), consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir

 

Primalan

Primalan® (méquitazine) : antihistaminique — guide pratique

Primalan® est un antihistaminique de 1re génération (méquitazine) utilisé en dermatologie dans le traitement de l’urticaire et des démangeaisons allergiques. Comme tous les antihistaminiques anticholinergiques, il expose au risque de somnolence et nécessite des précautions spécifiques — notamment une contre-indication absolue en cas d’antécédent d’agranulocytose sous phénothiazines.

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Sommaire :
Présentation |
Indications |
Contre-indications |
Effets secondaires |
Conseils pratiques |
Pages associées

Primalan® : qu’est-ce que c’est ?

Caractéristique Détail
Nom commercial Primalan®
Principe actif Méquitazine
Classe Antihistaminique H1 de 1re génération — phénothiazine
Délivrance Sur ordonnance
Spécificité vs Atarax® Sédation modérée (moins marquée qu’Atarax®) — mais risque cardiaque spécifique (allongement QT) lié à la classe phénothiazine
💡 Pour une comparaison complète des antihistaminiques de 1re et 2e génération, leurs indications et leurs différences, voir la page guide des antihistaminiques.

Indications dermatologiques

Primalan® est indiqué dans l’urticaire et les manifestations allergiques cutanées prurigineuses. Son effet sédatif modéré (inférieur à celui d’Atarax®) peut être utile pour les démangeaisons nocturnes sans nécessiter une sédation trop marquée.

Contre-indications

Contre-indication Explication
Allergie à la méquitazine ou à l’un des composants Contre-indication absolue — allergie croisée possible avec les autres phénothiazines
Antécédent d’agranulocytose sous phénothiazines ⚠️ Contre-indication spécifique à Primalan® — absente des autres antihistaminiques. Toujours signaler cet antécédent au médecin prescripteur.
Glaucome à angle fermé Effet anticholinergique → risque d’élévation de la pression intraoculaire
Rétention urinaire / hypertrophie bénigne de la prostate Effet anticholinergique → aggravation du trouble mictionnel
Alcool Potentialise la sédation — association contre-indiquée
Traitement par antiarythmiques ou médicaments allongeant le QT Risque de torsade de pointe — lié à la classe phénothiazine

Effets secondaires principaux

Effet secondaire Conduite à tenir
Somnolence, fatigue Ne pas conduire ni utiliser de machines après la prise
Sécheresse buccale, constipation Effets anticholinergiques — hydratation suffisante
Maux de tête, confusion Consulter si persistants — risque majoré chez le sujet âgé
Malaises, palpitations Arrêter et consulter un médecin — risque cardiaque (QT)
Aggravation de l’éruption Réaction paradoxale possible — arrêter et reconsulter

Conseils pratiques d’utilisation

  • Primalan® expose au risque de somnolence — ne pas conduire de véhicule après la prise.
  • Ne pas consommer d’alcool pendant le traitement.
  • Respecter scrupuleusement la prescription du médecin.
  • En cas de grossesse ou d’allaitement, consulter le médecin avant toute prise.
  • En cas d’aggravation de l’éruption ou d’effets secondaires (malaises, somnolence excessive, sécheresse buccale, confusion…), consulter un médecin.
  • Signaler tout antécédent d’agranulocytose sous phénothiazines — c’est la contre-indication spécifique à Primalan® absente des autres antihistaminiques.

Pages associées

Voir aussi :
Antihistaminiques |
Atarax® |
Urticaire |
Téléconsultation dermatologue

Kestin

 

Kestin ®:

  • Kestin ®, qu’est-ce que c’est ?

Kestin ® est un médicament utilisé dans le traitement de l’allergie (antihistaminique). Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’urticaire

 

  • Quelles sont les contre indications ?

    • Allergie au produit ou à l’un des composants
    • Enfant de moins de 12 ans
    • Insuffisance hépatique sévère
  • Conseils d’utilisation

    • Respecter la prescription du médecin
    • Il est déconseillé en cas de grossesse ou d’allaitement
    • En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, maux de tete, nausées, vomissements, palpitations… ), consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir

Polaramine

 

Polaramine ®:

  • Polaramine ®, qu’est-ce que c’est ?

Polaramine ® est un médicament utilisé dans le traitement de l’allergie (antihistaminique). Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’urticaire

 

  • Quelles sont les contre indications ?

    • Allergie au produit ou à l’un des composants
    • Eviter la consommation d’alcool durant le traitement
    • Risque de glaucome
    • Risque de rétention aigue d’urine (ex : antécédent d’hypertrophie bénigne de la prostate)
  • Conseils d’utilisation

    • Elle expose au risque de somnolence : les conducteurs de véhicules doivent etre avertis des risques de somnolence au volant lors de la prise d’Polaramine ®
    • Respecter la prescription du médecin
    • En cas de grossesse ou d’allaitement, consulter le médecin
    • En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, maux de tete, sécheresse de la bouche, confusion… ), consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir

Atarax® (hydroxyzine) : antihistaminique

Atarax® (hydroxyzine) : antihistaminique sédatif — guide complet

Atarax® est un médicament antihistaminique de 1re génération (hydroxyzine) utilisé en dermatologie pour traiter les démangeaisons intenses, l’urticaire et l’eczéma atopique prurigineux. Son effet sédatif marqué en fait un choix particulièrement adapté aux démangeaisons nocturnes.

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Sommaire :
Présentation |
Indications |
Posologie |
Contre-indications |
Effets secondaires |
Conseils pratiques |
Populations particulières |
Pages associées |
Questions fréquentes

Atarax® : qu’est-ce que c’est ?

Caractéristique Détail
Nom commercial Atarax®
Principe actif Hydroxyzine dichlorhydrate
Classe Antihistaminique H1 de 1re génération — pipérazine
Formes disponibles Comprimés pelliculés 25 mg — sirop 2 mg/ml (pédiatrique)
Délivrance Sur ordonnance
Spécificité Effet sédatif et anxiolytique marqué en plus de l’action antihistaminique — antihistaminique anticholinergique

L’hydroxyzine passe la barrière hémato-encéphalique, ce qui explique son effet sédatif — à la différence des antihistaminiques de 2e génération (cétirizine, fexofénadine, bilastine) qui ne la franchissent pas ou peu.

Indications dermatologiques

Indication Intérêt de l’Atarax® vs 2e génération
Urticaire avec prurit nocturne intense L’effet sédatif aide à dormir malgré les démangeaisons — prise le soir préférable
Eczéma atopique — poussées prurigineuses nocturnes Casse le cycle grattage-lésion nocturne. Souvent prescrit chez l’enfant en sirop.
Prurit chronique invalidant Soulagement rapide, utile en attente d’un traitement de fond
Anxiété associée à une dermatose Double action anxiolytique + antihistaminique — prescription hors AMM dermatologique mais fréquente
Prémédication (actes dermatologiques ou chirurgicaux) Utilisé en prémédication anxiolytique et sédative avant gestes invasifs
💡 Anti-duplication : pour les démangeaisons diurnes sans composante anxieuse ni besoin de sédation, les antihistaminiques de 2e génération (cétirizine, fexofénadine, bilastine) sont préférables car non sédatifs. Voir la liste complète des antihistaminiques.

Posologie habituelle

Population Posologie usuelle Remarque
Adulte 25 à 100 mg/j en 1 à 3 prises — souvent 25 mg le soir au coucher Ne pas dépasser 100 mg/j (restriction ANSM 2015)
Enfant > 3 ans 1 mg/kg/j en sirop — prise le soir Ne pas dépasser 2 mg/kg/j
Sujet âgé > 65 ans Éviter si possible — si nécessaire : dose minimale efficace (12,5 mg) Risque de confusion, chutes, rétention urinaire majoré
⚠️ Restriction ANSM (2015) : suite à une réévaluation du rapport bénéfice/risque, la dose maximale chez l’adulte a été abaissée à 100 mg/j et à 2 mg/kg/j chez l’enfant, en raison d’un risque d’allongement de l’intervalle QT à fortes doses.

Contre-indications

Contre-indication Explication
Allergie à l’hydroxyzine ou à l’un des composants Contre-indication absolue — également contre-indiqué en cas d’allergie à la cétirizine (métabolite) ou à la pipérazine
Glaucome à angle fermé Effet anticholinergique → risque d’élévation aiguë de la pression intraoculaire
Rétention urinaire / hypertrophie bénigne de la prostate Effet anticholinergique → aggravation du trouble mictionnel
Allongement de l’intervalle QT ou traitement par antiarythmiques Risque de torsade de pointe — ECG recommandé en cas de doute
Porphyrie Contre-indication absolue
Grossesse (1er trimestre) Déconseillé — consulter le médecin (voir section populations particulières)
Alcool Potentialise fortement la sédation — association contre-indiquée pendant le traitement

Effets secondaires

Effet secondaire Fréquence Conduite à tenir
Somnolence, sédation Très fréquent Prévoir la prise le soir — ne pas conduire ni utiliser de machines
Sécheresse buccale Fréquent Boire régulièrement — hygiène dentaire renforcée si traitement prolongé
Maux de tête, fatigue Fréquent Généralement transitoires — consulter si persistants
Confusion, désorientation Peu fréquent (plus fréquent chez le sujet âgé) Arrêter le traitement et consulter — risque de chute chez le sujet âgé
Rétention urinaire Peu fréquent Arrêter et consulter — facteur de risque : adénome prostatique
Constipation Peu fréquent Effet anticholinergique — apport hydrique et fibres suffisent souvent
Tachycardie, allongement QT Rare (dose-dépendant) Respecter les doses maximales — signaler tout malaise cardiaque
Aggravation de l’éruption Rare Réaction paradoxale possible — consulter le médecin

Conseils pratiques d’utilisation

  • Prendre le soir au coucher de préférence, en raison du risque de somnolence — ne pas conduire après la prise.
  • Ne pas consommer d’alcool pendant le traitement — la sédation est fortement potentialisée.
  • Respecter scrupuleusement la prescription du médecin et ne pas dépasser 100 mg/j chez l’adulte.
  • En cas d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence excessive, fatigue, maux de tête, sécheresse de la bouche, confusion…), consulter un médecin pour connaître la conduite à tenir.
  • En cas de grossesse ou d’allaitement, consulter le médecin avant toute prise.

Populations particulières

Population Recommandation
Grossesse Déconseillé au 1er trimestre. Peut être utilisé ponctuellement aux 2e et 3e trimestres sur avis médical. À éviter en fin de grossesse (risque de dépression néonatale). La loratadine ou la cétirizine sont préférées si un antihistaminique est indispensable.
Allaitement Passage dans le lait maternel possible — éviter ou surveiller le nourrisson (sédation, difficultés à téter). Consulter le médecin.
Enfant < 3 ans Non recommandé — utiliser sous stricte surveillance médicale si nécessaire.
Sujet âgé > 65 ans Figurant sur la liste de Beers (médicaments potentiellement inappropriés chez le sujet âgé). Risque de confusion, chutes, rétention urinaire. Préférer un antihistaminique de 2e génération si possible.
Insuffisance rénale ou hépatique Élimination ralentie — réduire la dose et espacer les prises. Avis médical indispensable.

Pages associées

Questions fréquentes

Peut-on prendre Atarax® tous les soirs sur le long terme ?

L’Atarax® peut être utilisé sur plusieurs semaines dans les démangeaisons chroniques, sous surveillance médicale. Il ne crée pas de dépendance physique mais une tolérance à l’effet sédatif peut s’installer avec le temps. Pour un usage prolongé, le médecin évaluera régulièrement le rapport bénéfice/risque — notamment chez le sujet âgé où l’utilisation au long cours est déconseillée.

Atarax® est-il un somnifère ?

Non, Atarax® n’est pas un somnifère au sens strict. Son effet sédatif est un effet secondaire de son action anticholinergique et antihistaminique centrale. Il peut cependant être prescrit hors AMM pour faciliter l’endormissement, notamment chez l’enfant atopique dont les démangeaisons perturbent le sommeil. Il n’induit pas la dépendance des benzodiazépines.

Quelle différence entre Atarax® et Zyrtec® ?

L’hydroxyzine (Atarax®) est métabolisée partiellement en cétirizine (Zyrtec®) dans l’organisme. Atarax® est sédatif, passe dans le cerveau et a des effets anticholinergiques — il est prescrit pour les démangeaisons nocturnes intenses. Zyrtec® (cétirizine) est non sédatif, ne traverse pas la barrière hémato-encéphalique et peut être pris le matin sans risque de somnolence.

Faut-il arrêter Atarax® avant une prise de sang ou une intervention ?

Signalez toujours la prise d’Atarax® à votre médecin ou chirurgien avant toute intervention. L’hydroxyzine peut interagir avec les anesthésiques et potentialiser leurs effets. En cas de bilan allergologique (tests cutanés), l’Atarax® doit être arrêté au moins 5 jours avant les tests car il masque les réactions cutanées.

Voir aussi :
Antihistaminiques |
Urticaire |
Œdème de Quincke |
Calmer les démangeaisons |
Téléconsultation dermatologue

Clarityne

Clarityne® (loratadine) : antihistaminique non sédatif — guide pratique

demangeaisons
La peau qui gratte, un symptôme très pénible…

Clarityne® est un antihistaminique de 2e génération (loratadine) indiqué dans le traitement de l’urticaire et des manifestations allergiques cutanées. Non sédatif, il est disponible sans ordonnance en pharmacie — c’est l’une des molécules antihistaminiques les mieux documentées, notamment durant la grossesse. Sa molécule fille, la desloratadine (Aerius®), en est le métabolite actif.

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Indications |
Contre-indications |
Conseils pratiques |
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Clarityne® : qu’est-ce que c’est ?

Caractéristique Détail
Nom commercial Clarityne®
Principe actif Loratadine — molécule mère de la desloratadine (Aerius®)
Classe Antihistaminique H1 de 2e génération — non anticholinergique
Délivrance Sans ordonnance — disponible directement en pharmacie
Posologie habituelle 1 comprimé de 10 mg par jour — indépendamment des repas
Spécificité Non sédatif — conduite automobile autorisée — l’une des molécules les mieux documentées en termes de sécurité durant la grossesse parmi les antihistaminiques
💡 Pour une comparaison complète des antihistaminiques et le choix selon la situation clinique, voir la page guide des antihistaminiques.

Indications dermatologiques

Clarityne® est indiqué dans l’urticaire aiguë et chronique, et dans les manifestations allergiques cutanées prurigineuses. Sa disponibilité sans ordonnance en fait un traitement de première intention accessible pour les épisodes d’urticaire aiguë ou de démangeaisons allergiques légères à modérées.

Contre-indications

Contre-indication Explication
Allergie à la loratadine ou à l’un des composants Contre-indication absolue — allergie croisée possible avec la desloratadine (Aerius®)
Insuffisance hépatique sévère Métabolisme hépatique de la loratadine — adapter la posologie sur avis médical

Conseils pratiques d’utilisation

  • Respecter la prescription du médecin — 1 comprimé par jour.
  • Clarityne® est non sédatif : prise possible le matin, conduite automobile autorisée.
  • Clarityne® n’est pas recommandé en cas de grossesse ou d’allaitement — cependant, parmi les antihistaminiques, la loratadine est l’une des molécules les mieux documentées et peut être envisagée sur avis médical si le bénéfice justifie la prise.
  • En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, maux de tête, nausées, vomissements, palpitations…), consulter un médecin pour connaître la conduite à tenir.

Pages associées

Voir aussi :
Antihistaminiques |
Aerius® |
Urticaire |
Téléconsultation dermatologue

Aerius

Aerius® (desloratadine) : antihistaminique non sédatif — guide pratique

Aerius® est un antihistaminique de 2e génération (desloratadine) utilisé en dermatologie dans le traitement de l’urticaire et des démangeaisons allergiques. Sa principale caractéristique est d’être non sédatif — il ne traverse pas la barrière hémato-encéphalique et est compatible avec la conduite automobile, à la différence des antihistaminiques de 1re génération.

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Contre-indications |
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Pages associées

Aerius® : qu’est-ce que c’est ?

Caractéristique Détail
Nom commercial Aerius®
Principe actif Desloratadine — métabolite actif de la loratadine (Clarityne®)
Classe Antihistaminique H1 de 2e génération — non anticholinergique
Délivrance Sur ordonnance
Posologie habituelle 1 comprimé de 5 mg par jour — indépendamment des repas
Spécificité vs 1re génération Non sédatif — pas d’effet anticholinergique — conduite automobile autorisée
💡 Pour une comparaison complète des antihistaminiques (sédatifs vs non sédatifs, 1re vs 2e génération), voir la page guide des antihistaminiques.

Indications dermatologiques

Aerius® est indiqué dans l’urticaire aiguë et chronique, et plus largement dans les manifestations allergiques cutanées prurigineuses. Son absence de sédation en fait le choix préférentiel pour les patients actifs devant conduire ou travailler, et pour les prises diurnes. Il peut être utilisé en traitement de fond de l’urticaire chronique sur une période prolongée.

Contre-indications

Contre-indication Explication
Allergie à la desloratadine ou à l’un des composants Contre-indication absolue — allergie croisée possible avec la loratadine (Clarityne®)
Insuffisance rénale sévère Élimination ralentie — adapter la posologie sur avis médical

Conseils pratiques d’utilisation

  • Respecter la prescription du médecin — 1 comprimé par jour, de préférence à heure fixe.
  • Aerius® est non sédatif : il peut être pris le matin sans risque de somnolence — la conduite automobile est autorisée.
  • Aerius® n’est pas recommandé en cas de grossesse ou d’allaitement — consulter le médecin si besoin d’un antihistaminique dans ce contexte.
  • En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, maux de tête, nausées, vomissements, palpitations…), consulter un médecin pour connaître la conduite à tenir.

Pages associées

Voir aussi :
Antihistaminiques |
Clarityne® |
Urticaire |
Téléconsultation dermatologue

Traitement de l’allergie par anti histaminique : allergies de peau

Antihistaminiques : médicaments contre l’allergie et les démangeaisons

Un antihistaminique est un médicament qui bloque les récepteurs H1 à l’histamine, limitant ainsi les effets de la dégranulation des mastocytes : démangeaisons, rougeurs, gonflements et urticaire. Ils constituent le traitement de première intention de la plupart des réactions allergiques cutanées.

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Sommaire :
Mécanisme d’action |
1re et 2e génération |
Liste des antihistaminiques |
Indications dermatologiques |
Précautions |
Pages associées |
Questions fréquentes

Comment agissent les antihistaminiques ?

L’histamine est libérée par les mastocytes lors d’une réaction allergique ou inflammatoire. Elle se fixe sur les récepteurs H1 de la peau et des muqueuses, provoquant vasodilatation, œdème, prurit et érythème. Les antihistaminiques agissent en bloquant ces récepteurs H1 avant que l’histamine ne puisse s’y fixer — ils ne la détruisent pas, ils en neutralisent les effets.

💡 Limites : les antihistaminiques sont efficaces sur les démangeaisons d’origine histaminique (urticaire, piqûres d’insectes, réactions allergiques). Ils sont en revanche peu ou pas efficaces sur les démangeaisons du psoriasis, du lichen plan, du prurit cholestatique ou neuropathique — qui nécessitent des traitements spécifiques.

Antihistaminiques de 1re et 2e génération

1re génération (anticholinergiques) 2e génération (non anticholinergiques)
Passage cérébral Oui — traversent la barrière hémato-encéphalique Non ou très peu
Somnolence Fréquente — parfois utilisée à visée sédative (Atarax®, Polaramine®) Rare ou absente
Effets anticholinergiques Sécheresse buccale, rétention urinaire, constipation, tachycardie Absents
Conduite automobile ⚠️ Déconseillée Généralement autorisée
Durée d’action 4 à 6 heures — plusieurs prises par jour 12 à 24 heures — 1 prise par jour
Exemples Atarax®, Polaramine®, Primalan® Aerius®, Clarityne®, Kestin®, Telfast®, Virlix®, Xyzall®, Zyrtec®

Liste des antihistaminiques disponibles

Antihistaminiques anticholinergiques (1re génération)

Nom commercial Principe actif Particularités
Atarax® Hydroxyzine Effet sédatif marqué — utilisé aussi dans l’anxiété et comme prémédication. Déconseillé chez le sujet âgé (risque de confusion).
Polaramine® Dexchlorphéniramine Sédatif — disponible aussi en sirop pédiatrique. Conduite automobile déconseillée.
Primalan® Méquitazine Sédatif modéré — précautions cardiaques (allongement QT). Déconseillé en cas de traitement par antiarythmiques.

Antihistaminiques non anticholinergiques (2e génération)

Nom commercial Principe actif Particularités
Aerius® (desloratadine) Desloratadine Métabolite actif de la loratadine. Non sédatif. 1 comprimé/j.
Bilaska® Bilastine Non sédatif. Ne passe pas la barrière hémato-encéphalique. 1 comprimé/j à jeun. Bonne tolérance cardiaque.
Clarityne® (loratadine) Loratadine Non sédatif. Disponible sans ordonnance. 1 comprimé/j.
Kestin® Ébastine Non sédatif. 1 comprimé/j. Précautions cardiaques à fortes doses.
Mizollen® Mizolastine Non sédatif. 1 comprimé/j. Contre-indiqué en cas de trouble du rythme cardiaque ou de traitement par antiarythmiques (allongement QT).
Rupafin® Rupatadine Non sédatif. Activité anti-PAF (facteur d’activation plaquettaire) en plus de l’action anti-H1. 1 comprimé/j.
Telfast® Fexofénadine Non sédatif. 1 comprimé/j. Excellente tolérance cardiaque.
Tinset® Oxatomide Légèrement sédatif. Également utilisé dans la rhinite allergique.
Virlix® (cétirizine) Cétirizine Légèrement sédatif à forte dose. Disponible sans ordonnance. 1 comprimé/j.
Xyzall® Lévocétirizine Énantiomère actif de la cétirizine. Légèrement sédatif possible. 1 comprimé/j.
Zyrtec® (cétirizine) Cétirizine Même molécule que Virlix®. Disponible sans ordonnance. 1 comprimé/j.

Indications dermatologiques principales

Indication Antihistaminique recommandé
Urticaire aiguë 2e génération en 1re intention (cétirizine, loratadine, desloratadine). 1re génération si prurit nocturne intense.
Œdème de Quincke — relais post-urgence 2e génération per os — en relais de la corticothérapie IV hospitalière
Piqûres d’insectes avec réaction marquée 2e génération — cétirizine ou loratadine
Prurit nocturne intense (eczéma atopique, prurigo) 1re génération sédative (Atarax®, Polaramine®) pour l’effet somnifère
Rhinite et conjonctivite allergiques 2e génération non sédative

Précautions d’emploi

Situation Précaution
Conduite automobile et travail en hauteur Antihistaminiques 1re génération déconseillés. Les 2e génération sont généralement compatibles mais vérifier la notice individuelle.
Grossesse La loratadine et la cétirizine sont les antihistaminiques les mieux documentés durant la grossesse — à prendre sur avis médical.
Sujet âgé Éviter les antihistaminiques 1re génération (risque de confusion, rétention urinaire, chutes). Préférer 2e génération à faible dose.
Alcool Potentialise fortement l’effet sédatif des 1re génération — association déconseillée.
Glaucome, adénome prostatique Contre-indication relative aux 1re génération (effets anticholinergiques).

Pages associées

Questions fréquentes

Quelle différence entre Zyrtec® et Atarax® ?

Zyrtec® (cétirizine) est un antihistaminique de 2e génération : peu ou pas sédatif, 1 prise par jour, compatible avec la conduite automobile. Atarax® (hydroxyzine) est de 1re génération : sédatif marqué, déconseillé à la conduite, mais utile lorsqu’on souhaite un effet calmant en plus de l’effet antiallergique — notamment pour les démangeaisons nocturnes intenses.

Peut-on prendre un antihistaminique sans ordonnance ?

Certains antihistaminiques de 2e génération sont disponibles sans ordonnance en pharmacie (loratadine, cétirizine). Demandez conseil au pharmacien pour le choix et la posologie adaptés à votre situation. En cas de doute sur la cause des démangeaisons, une consultation médicale reste préférable.

Les antihistaminiques peuvent-ils être pris sur le long terme ?

Les antihistaminiques de 2e génération sont bien tolérés sur le long terme dans des indications comme l’urticaire chronique. Ils ne créent pas de dépendance. En revanche, les antihistaminiques de 1re génération ne sont pas recommandés au long cours chez le sujet âgé en raison de leurs effets anticholinergiques cumulatifs.

Pourquoi les antihistaminiques ne suffisent-ils pas toujours ?

Les antihistaminiques bloquent uniquement les récepteurs H1. Or, le prurit peut être médié par d’autres voies que l’histamine : substance P, cytokines IL-31 (eczéma atopique sévère), acides biliaires (prurit cholestatique), ou mécanismes neuropathiques. Ces prurits nécessitent des traitements ciblés spécifiques — inhibiteurs JAK, biologiques, opioïdes kappa, etc.

Voir aussi :
Urticaire |
Œdème de Quincke |
Calmer les démangeaisons |
Piqûres de moustiques |
Téléconsultation dermatologue

Zindacline ® dans l’acne

 

Zindacline ® :


  • Téléchargez le guide complet
    ACNE
    « Secrets de dermatologue » :

    – Les erreurs à éviter
    – Les routines quotidiennes
    – Les facteurs de vie à améliorer
    – Les causes
    – Les traitements…


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    Qu’est-ce que c’est ?

Zindacline ® contient de la clindamycine. La clindamycine est un antibiotique. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’acné inflammatoire (boutons rouges)

  • Quelles sont les contre indications ?

    • Allergie au produit et à la lincomycine
  • Conseils d’utilisation

    • La clindamycine peut être appliquée le matin sur les zones à traiter et/ou de façon ponctuelle sur les boutons rouges

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zinc dans l’acne

 

Zinc :


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– Les traitements…


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  • Qu’est-ce que c’est ?

Le zinc est utilisé en dermatologie, notamment en traitement par voie orale dans la prise en charge de l’acné

  • Quelles sont les contre indications ?

    • Allergie au produit ou à l’un des composants
    • Intolerance au gluten
  • Conseils d’utilisation

    • Respecter la prescription du médecin
    • Le zinc se prend plutôt à distance des repas (par exemple le soir au coucher avec un grand verre d’eau)

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– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


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Zacnan ® dans l’acne

 

Zacnan ® :

  • Qu’est-ce que c’est ?

Zacnan ® contient de la minocycline. La minocycline est un antibiotique. Elle est utilisée en dermatologie, notamment en traitement par voie orale dans la prise en charge de l’acné inflammatoire (boutons rouges)

 

  • Quelles sont les contre indications ?

    • Allergie au produit et aux antibiotiques de la famille des cyclines
    • Association aux retinoides
    • Enfant de moins de 8 ans
    • Femme enceinte et qui allaite

 

  • Conseils d’utilisation

    • Il est recommandé de ne pas s’exposer au soleil sous cyclines
    • Arreter le traitement en cas d’apparition de rougeurs ou d’une pigmentation de la peau, d’une fatigue, de maux de tete et consulter un médecin
    • Prendre les cyclines avec un grand verre d’eau, en mangeant afin de diminuer le risque de troubles digestifs

Vibramycine ® dans l’acne

 

Vibramycine ® :

  • Qu’est-ce que c’est ?

Vibramycine ® contient de la doxycycline. La doxycycline est un antibiotique. Elle est utilisée en dermatologie, notamment en traitement par voie orale dans la prise en charge de l’acné inflammatoire (boutons rouges)

 

  • Quelles sont les contre indications ?

    • Allergie au produit et aux antibiotiques de la famille des cyclines
    • Association aux retinoides
    • Enfant de moins de 8 ans
    • Femme enceinte et qui allaite

 

  • Conseils d’utilisation

    • Il est recommandé de ne pas s’exposer au soleil sous cyclines
    • Arreter le traitement en cas d’apparition de rougeurs sur la peau et consulter un médecin
    • Prendre les cyclines avec un grand verre d’eau, en mangeant afin de diminuer le risque de troubles digestifs

Tolexine ® dans l’acne

Tolexine ® :


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  • Tolexine ®, qu’est-ce que c’est ?

Tolexine ® contient de la doxycycline. La doxycycline contenue est un antibiotique. Elle est utilisée en dermatologie, notamment en traitement par voie orale dans la prise en charge de l’acné inflammatoire (boutons rouges)

 

  • Quelles sont les contre indications ?

    • Allergie au produit et aux antibiotiques de la famille des cyclines
    • Association aux retinoides
    • Enfant de moins de 8 ans
    • Femme enceinte et qui allaite

 

  • Conseils d’utilisation

    • Il est recommandé de ne pas s’exposer au soleil
    • Arreter la Tolexine ® en cas d’apparition de rougeurs sur la peau et consulter un médecin
    • Prendre les cyclines avec un grand verre d’eau, en mangeant afin de diminuer le risque de troubles digestifs

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Tetralysal ® dans l’acne

 

Tetralysal ® :


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  • Tetralysal ® qu’est-ce que c’est ?

Tetralysal ® contient de la lymecycline. La lymecycline contenue est un antibiotique. Il est utilisé en dermatologie, notamment en traitement par voie orale dans la prise en charge de l’acné inflammatoire (boutons rouges)

 

  • Quelles sont les contre indications ?

    • Allergie au produit et aux antibiotiques de la famille des cyclines
    • Association aux retinoides
    • Enfant de moins de 8 ans
    • Femme enceinte et qui allaite

 

  • Conseils d’utilisation

    • Il est recommandé de ne pas s’exposer au soleil
    • Arreter le Tetralysal ® en cas d’apparition de rougeurs sur la peau et consulter un médecin
    • Prendre les cyclines avec un grand verre d’eau, en mangeant afin de diminuer le risque de troubles digestifs

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Spanor ® dans l’acne

 

Spanor ® :

  • Qu’est-ce que c’est ?

Spanor ® contient de la doxycycline. La doxycycline est un antibiotique. Elle est utilisée en dermatologie, notamment en traitement par voie orale dans la prise en charge de l’acné inflammatoire (boutons rouges)

 

  • Quelles sont les contre indications ?

    • Allergie au produit et aux antibiotiques de la famille des cyclines
    • Association aux retinoides
    • Enfant de moins de 8 ans
    • Femme enceinte et qui allaite

 

  • Conseils d’utilisation

    • Il est recommandé de ne pas s’exposer au soleil sous cyclines
    • Arreter le traitement en cas d’apparition de rougeurs sur la peau et consulter un médecin
    • Prendre les cyclines avec un grand verre d’eau, en mangeant afin de diminuer le risque de troubles digestifs

rubozinc ® dans l’acne

 

Rubozinc ®:


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  • Rubozinc ® qu’est-ce que c’est ?

Rubozinc ® contient du zinc. Le Rubozinc ® est utilisé en dermatologie, notamment en traitement par voie orale dans la prise en charge de l’acné

 

  • Quelles sont les contre indications du Rubozinc ®?

    • Allergie au produit ou à l’un des composants du Rubozinc ®
    • Intolerance au gluten
  • Conseils d’utilisation du Rubozinc ®

    • Respecter la prescription du médecin
    • Le Rubozinc ® se prend plutôt à distance des repas (par exemple le soir au coucher avec un grand verre d’eau)

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