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Des rougeurs qui ne partent plus, des boutons qui résistent à toutes les crèmes achetées en pharmacie : beaucoup de patients de plus de 30 ans confondent rosacée et acné, deux maladies de peau qui se ressemblent au premier regard mais se traitent très différemment.
Mis à jour le 28 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : la différence tient surtout aux points noirs : présents, c’est de l’acné ; absents, avec des rougeurs permanentes et des vaisseaux dilatés déclenchés par le soleil ou l’alcool, c’est plutôt une rosacée. Selon les données de population, la rosacée touche entre 5 et 10 % des adultes, avec un pic entre 30 et 50 ans, et un traitement anti-acné mal ciblé peut l’aggraver. Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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La confusion est fréquente parce que les deux affections touchent le même terrain : le visage, souvent chez des femmes entre 25 et 50 ans, avec des boutons rouges qui peuvent ressembler à s’y méprendre. Mais sous le microscope et sur l’ordonnance, ce sont deux maladies différentes.
Métronidazole, ivermectine, azélaïque, doxycycline à faible dose
Rétinoïdes topiques, peroxyde de benzoyle, parfois isotrétinoïne
Le signe qui ne trompe pas : les points noirs
Si vous vous penchez sur un miroir grossissant et que vous voyez de petits points noirs ou des microkystes blancs sur le nez, le front ou le menton, c’est un signe d’acné. La rosacée ne donne jamais de comédons : elle se manifeste par des papules et des pustules rouges qui apparaissent sur un fond de peau déjà rouge et sensible en permanence, sans jamais de points noirs associés.
C’est cette distinction, en apparence anodine, qui a des conséquences directes sur le traitement. Un rétinoïde topique ou un gel au peroxyde de benzoyle, prescrits en première intention contre l’acné, vont assécher et irriter une peau rosacéique déjà fragilisée, et aggraver les rougeurs au lieu de les faire disparaître.
À quoi ressemble l’acné de la femme adulte
L’acné adulte touche surtout les femmes, souvent sur le bas du visage : mâchoire, menton, contour de la bouche. Elle est volontiers inflammatoire, avec des papules profondes et douloureuses, et évolue par poussées liées au cycle hormonal. Contrairement à l’acné de l’adolescent, elle s’accompagne rarement d’une peau très grasse généralisée, ce qui ajoute encore à la confusion avec la rosacée.
Conseil pratique : tenez un carnet des poussées pendant deux semaines. Une aggravation nette après un repas épicé, un verre de vin ou une exposition au soleil oriente fortement vers la rosacée. Une poussée qui suit le cycle menstruel oriente plutôt vers l’acné hormonale.
En attendant votre rendez-vous chez le dermatologue
Quel que soit le diagnostic final, quelques gestes sont sans risque en attendant la consultation. Utilisez un nettoyant doux sans savon, une eau tiède plutôt que chaude, et une crème hydratante formulée pour peau sensible. Appliquez chaque matin un écran solaire SPF50, car le soleil aggrave aussi bien la rosacée que les cicatrices d’acné.
En revanche, évitez les gommages mécaniques, les lotions à base d’alcool et l’automédication prolongée avec des produits asséchants achetés sans avis médical : sur une rosacée non diagnostiquée, ils entretiennent un cercle vicieux d’irritation qui peut aggraver franchement l’aspect de la peau en quelques semaines.
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Consultez sans attendre si :
Les rougeurs s’accompagnent d’un gonflement du nez qui s’épaissit progressivement (évocateur d’un rhinophyma débutant)
Une atteinte oculaire apparaît : yeux rouges, sensation de sable, paupières irritées (rosacée oculaire)
Les boutons sont très nombreux, douloureux, laissent des cicatrices ou des taches qui persistent
Aucune amélioration n’est visible après plusieurs semaines d’un traitement en vente libre
Une poussée survient sous pilule, sous corticoïdes ou après l’arrêt d’un contraceptif
Une téléconsultation dermatologique permet, dans la majorité des cas, de trancher entre rosacée et acné à l’aide de simples photos et d’un interrogatoire sur les déclencheurs, sans attendre plusieurs mois un rendez-vous en cabinet.
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Questions fréquentes
Peut-on avoir de la rosacée ET de l’acné en même temps ?
Oui, c’est possible, on parle parfois de rosacée fulminans ou de formes mixtes. C’est justement dans ces cas que le diagnostic doit être posé par un dermatologue, car les traitements de l’acné et ceux de la rosacée ne sont pas interchangeables et certains s’opposent.
Pourquoi mes boutons ne partent pas avec mon traitement anti-acné ?
Si vous appliquez une crème contre l’acné (rétinoïde, peroxyde de benzoyle) sur de la rosacée, elle ne va pas seulement être inefficace : elle risque d’irriter la peau et d’aggraver les rougeurs. C’est le signal qui doit faire reconsidérer le diagnostic.
La rosacée est-elle contagieuse ?
Non, la rosacée n’est pas une infection et ne se transmet pas. C’est une maladie inflammatoire chronique des petits vaisseaux et de la peau du visage, favorisée par une prédisposition génétique et des facteurs déclenchants comme le soleil ou la chaleur.
Est-ce que l’alcool ou les épices donnent de la rosacée ?
Non, l’alcool et les épices ne causent pas la rosacée, mais ils font partie des déclencheurs les plus fréquents des poussées chez les personnes déjà atteintes, avec le soleil, le vent, le froid, la chaleur et le stress.
Peut-on utiliser de l’isotrétinoïne pour la rosacée ?
L’isotrétinoïne est un traitement de l’acné sévère, pas de la rosacée classique. Elle est parfois utilisée à très faible dose dans certaines formes sévères de rosacée papulopustuleuse résistante, mais uniquement sur prescription d’un dermatologue, jamais en automédication.
Pourquoi ai-je des boutons sur le menton à 35 ans alors que je n’en avais jamais eu ?
L’acné de la femme adulte, souvent localisée sur le bas du visage et le menton, touche jusqu’à un quart des femmes après 25 ans. Elle est liée aux hormones, au stress et parfois à l’arrêt d’une contraception, et se distingue de la rosacée par la présence de points noirs.
Quelle routine de soin adopter en attendant la consultation ?
Dans les deux cas : nettoyant doux sans savon, hydratant pour peau sensible et écran solaire SPF50 tous les jours. Évitez les gommages, l’alcool sur la peau et l’automédication avec des produits asséchants tant que le diagnostic n’est pas confirmé.
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Rosacée et couperose : causes, stades et traitements
La rosacée est une maladie inflammatoire chronique du visage touchant environ 5 % de la population, principalement les adultes à peau claire après 30 ans. Elle se manifeste par des rougeurs du visage, des bouffées de chaleur, des petits vaisseaux dilatés visibles (télangiectasies), et dans les formes évoluées, des boutons rouges et pustules. La couperose désigne plus précisément la rougeur permanente avec télangiectasies – elle fait partie du spectre de la rosacée. Appliquer des corticoïdes locaux sur une rosacée est une erreur grave qui aggrave la maladie.
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Rosacée et couperose : deux mots pour une même maladie
La couperose correspond à la rougeur permanente des zones convexes du visage avec télangiectasies. La rosacée désigne l’ensemble du tableau clinique – rougeurs, bouffées de chaleur, boutons, manifestations oculaires. Le terme « acné rosacée » est impropre : la rosacée et l’acné sont deux maladies distinctes avec des mécanismes et traitements différents.
La rosacée touche 5 % de la population, avec une légère prédominance féminine et un pic vers 50 ans. Elle prédomine sur les peaux claires mais peut toucher tous les phototypes.
Causes et facteurs déclenchants
La physiopathologie est multifactorielle : dysrégulation vasculaire faciale, inflammation immune (activation TLR2, cathélicidines), et prolifération excessive de l’acarien Demodex folliculorum. Le terrain génétique intervient dans 30 à 40 % des cas. L’exposition solaire chronique fragilise durablement les vaisseaux faciaux (élastose actinique).
💡 Rosacée ≠ alcoolisme. La rosacée n’est pas due à l’alcool et survient chez des personnes ne consommant pas d’alcool. L’alcool peut aggraver une rosacée préexistante par vasodilatation, mais n’en est pas la cause.
Des comorbidités ont été décrites : facteurs de risque cardiovasculaires, MICI, migraines, maladies auto-immunes et certaines maladies neurologiques – ces associations justifient un suivi médical global.
Rougeur transitoire du visage déclenchée par la chaleur, l’alcool, les émotions. Dure quelques minutes à heures. Peau normale entre les épisodes.
Photoprotection SPF 50+, éviction des déclenchants. Brimonidine topique (Mirvaso®) si nécessaire.
Stade 2
Érythrocouperose
Rougeur permanente du visage + télangiectasies visibles à l’œil nu sur les joues et les ailes du nez. Sensations de chaleur ou tiraillement.
Laser vasculaire (KTP, IPL, Nd:YAG) pour les télangiectasies.
Stade 3
Rosacée papulopustuleuse
Papules rouges et pustules sur fond de rougeur permanente. Sans points noirs ni microkystes (différence avec l’acné). Localisées joues, nez, front, menton.
Épaississement permanent du nez (nez bosselé, rouge, déformé) par hypertrophie des glandes sébacées et fibrose. Quasi exclusivement chez l’homme.
Chirurgie (dermabrasion, laser CO₂).
Nouvelle classification clinique (2016)
Niveau
Signes
Valeur diagnostique
Diagnostiques
Rougeur permanente centrofaciale, rhinophyma
Suffisants à eux seuls pour poser le diagnostic
Majeurs
Bouffées vasomotrices, papules et pustules, télangiectasies, rosacée oculaire
2 signes suffisent pour le diagnostic
Mineurs
Peau irritable et sensible, sensations de brûlure, gonflement facial, sécheresse cutanée
Contexte évocateur
Formes atypiques de rosacée
Forme
Caractéristiques
Rosacée granulomateuse
Prédominance féminine. Papules jaune-rouge à reflets brunâtres – couleur jaune persistant à la vitropression (diascopyie positive = granulome). Biopsie souvent nécessaire.
Rosacée fulminante (pyoderma facial)
Femmes jeunes à peau grasse. Éruption explosive de boutons volumineux et purulents en quelques jours. Traitement : isotrétinoïne + corticoïdes oraux.
Rosacée stéroïdienne
Application prolongée de corticoïdes locaux sur le visage → rougeur + rebond à l’arrêt. Piège fréquent en automédication. Traitement : arrêt progressif + prise en charge de la rosacée.
⚠️ Ne jamais appliquer de corticoïdes locaux sur le visage sans avis médical. Même une crème d’hydrocortisone faiblement dosée, appliquée au long cours, peut induire ou aggraver une rosacée, une démodécidose ou une dermite péri-orale.
Rosacée oculaire
Plus d’un patient sur deux présente des manifestations oculaires : sécheresse oculaire, blépharite (inflammation du bord libre des paupières), conjonctivites récidivantes, chalazions. Rarement, une kératite peut menacer la vision. La rosacée oculaire peut précéder les manifestations cutanées.
Poussée de papules-pustules massives résistant aux antibiotiques oraux
Questions fréquentes sur la rosacée et la couperose
La rosacée peut-elle guérir définitivement ?
La rosacée est une maladie chronique – elle ne guérit pas définitivement mais se contrôle durablement avec un traitement adapté et une bonne photoprotection. Les traitements locaux (métronidazole, ivermectine) maintiennent la rémission entre les poussées. Le laser vasculaire traite efficacement la couperose mais les vaisseaux peuvent se redilater si les facteurs déclenchants ne sont pas évités.
Rosacée ou acné : comment ne pas confondre ?
La rosacée se distingue de l’acné par l’absence de points noirs et de microkystes, la présence de bouffées de chaleur, une rougeur permanente avec télangiectasies, et un début après 30 ans. L’acné touche surtout l’adolescent et se caractérise par les points noirs et microkystes. Les deux peuvent coexister.
Quels cosmétiques utiliser avec une rosacée ?
Produits doux, sans parfum ni alcool, sans menthol ni camphre. Nettoyage à l’eau tiède avec un syndet doux. Crème hydratante légère non comédogène. Photoprotection SPF 50+ avec filtres minéraux. Éviter gommages, masques argileux, acides de fruits et rétinol – ils irritent la peau des rosacéens.
L’alimentation influence-t-elle la rosacée ?
Oui. Les principaux déclenchants alimentaires : alcool, boissons chaudes, épices, aliments piquants, chocolat, fromages fermentés, tomates, agrumes. Tenir un journal alimentaire aide à identifier ses propres déclenchants. Astuce : sucer un glaçon dès le début d’une bouffée vasomotrice peut l’atténuer.
La rosacée est-elle aggravée par la ménopause ?
Oui, fréquemment. Les bouffées de chaleur de la ménopause peuvent aggraver le flushing de la rosacée. Le traitement hormonal substitutif peut améliorer les bouffées de chaleur, mais son impact sur la rosacée est variable selon les patientes. Un avis dermatologique et gynécologique combiné est souvent utile.
Le laser est-il douloureux pour traiter la couperose ?
Le laser vasculaire est généralement bien toléré – picotements ou chaleur pendant la séance. Rougeurs et légères ecchymoses normales dans les 24–48 h suivant la séance. 2 à 4 séances en général, l’amélioration finale s’évalue 4 à 6 semaines après la dernière séance.
En bref : La rosacée est une dermatose chronique touchant 5 % de la population adulte, préférentiellement les femmes à peau claire entre 30 et 50 ans. Elle se manifeste par des rougeurs persistantes du visage (érythème centrofacial), des bouffées vasomotrices, des papules et pustules et, dans les formes évoluées, un rhinophyma. Le soleil, l’alcool et les émotions sont les principaux facteurs déclencheurs. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
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Références médicales
van Zuuren EJ et al., Interventions for rosacea, Cochrane Database Syst Rev, 2019. PMID 31260100
En bref : Le traitement de la rosacée dépend de sa forme : les rougeurs vasculaires répondent au laser vasculaire (KTP, Nd:YAG, IPL) avec 2 à 4 séances nécessaires. Les papules et pustules sont traitées par métronidazole topique ou doxycycline 50-100 mg/j pendant 3 mois. L’ivermectine topique (Soolantra) est plus efficace que le métronidazole sur les composantes inflammatoires. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
Traitement de la couperose et de la rosacée
Traitement de la couperose
La rosacée est une maladie inflammatoire chronique du visage touchant préférentiellement les personnes à peau claire entre 30 et 50 ans. Son traitement dépend aujourd’hui du phénotype dominant plutôt que d’une classification rigide en sous-types – c’est l’un des messages clés des recommandations internationales ROSCO (2020, actualisées 2024). Le médecin dispose d’un arsenal varié : traitements locaux (ivermectine, métronidazole, brimonidine, acide azélaïque), antibiotiques oraux, médicaments anti-flush, voire vitamine A acide pour les formes sévères, et coagulation des vaisseaux au laser vasculaire ou à la lampe flash.
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Mesures simples et facteurs déclenchants à éviter
Quelle que soit la forme de rosacée, l’identification et l’éviction des facteurs déclenchants des poussées constituent le premier pilier de la prise en charge. Ces mesures permettent souvent de réduire significativement la fréquence et l’intensité des flush et des poussées inflammatoires.
Éviter le soleil (ou se protéger par un écran minéral SPF 50+) : le rayonnement UV est le facteur déclenchant le plus constant.
Éviter les boissons chaudes, l’alcool et les épices, qui induisent une vasodilatation cutanée réflexe.
Éviter les variations thermiques brutales (passage du chaud au froid, sauna, bains très chauds).
Gérer le stress par des techniques de relaxation (yoga, cohérence cardiaque, TCC).
En cas de poussée de rougeurs (flush) : sucer un glaçon ou boire un verre d’eau très froide aide à réduire la vasodilatation réflexe.
Ne jamais utiliser de corticoïdes locaux sur le visage : ils provoquent une rosacée stéroïdienne aggravant irrémédiablement le tableau clinique.
Utiliser des cosmétiques adaptés : savon surgras ou eau micellaire, émollients non comédogènes. Les produits contenant de l’alcool, des parfums ou des exfoliants irritants sont à proscrire.
Approche par phénotype (recommandations ROSCO 2024) : Le traitement moderne de la rosacée est orienté selon le phénotype dominant du patient (érythème/flush, papules/pustules, télangiectasies, phyma, atteinte oculaire), et non plus selon une classification rigide en sous-types. Un même patient peut présenter plusieurs phénotypes nécessitant des traitements associés.
Traitement selon le phénotype
Phénotype dominant
Traitement de 1re intention
Options complémentaires
Érythème persistant
Brimonidine gel (Mirvaso®) 1×/j
Laser vasculaire, propranolol
Flush / bouffées vasomotrices
Propranolol ou clonidine
Éviction des déclencheurs
Papules/pustules (légères)
Ivermectine crème (Soolantra®) 1×/j
Métronidazole, acide azélaïque
Papules/pustules (modérées à sévères)
Ivermectine + doxycycline 50-100 mg/j
Isotrétinoïne faible dose (hors AMM)
Télangiectasies
Laser vasculaire / lampe flash (IPL)
Électrocoagulation
Rhinophyma
Chirurgie (ablation/remodelage)
Laser CO₂ ablatif
Rosacée oculaire
Doxycycline orale + hygiène palpébrale
Azithromycine topique, ciclosporine collyre
Traitements locaux
Ivermectine 1% crème – Soolantra® (traitement de référence des lésions inflammatoires)
Disponible depuis 2015 en France, la crème d’ivermectine à 1% (Soolantra®) est aujourd’hui considérée comme le traitement topique de référence de la rosacée papulo-pustuleuse. Son mécanisme d’action est double : propriétés anti-inflammatoires directes et action acaricide sur les Demodex folliculorum, acariens dont la prolifération anormale joue un rôle dans la physiopathologie de la rosacée.
Des études de phase III portant sur plus de 1 300 patients ont montré sa supériorité sur le métronidazole en gel à 0,75% pour réduire le nombre de papules et de pustules. L’ivermectine s’applique une fois par jour sur le visage, durée de traitement initiale de 3 à 4 mois. En cas d’absence d’amélioration à 3 mois, le traitement doit être interrompu. Non remboursée (prix indicatif : 19 à 25 €).
Métronidazole – Rozex®, Rosiced®, Rozagel® (traitement historique bien toléré)
Le métronidazole reste le traitement topique le mieux toléré et le moins coûteux. Il existe en gel (plutôt réservé à l’homme ou aux peaux grasses), en crème et en émulsion. Il s’applique matin et soir sur toutes les zones à traiter, après la toilette du visage.
Précautions importantes : ne pas exposer la zone traitée au soleil ni aux UV (photosensibilisation modérée) – on recommande généralement de ne pas appliquer le métronidazole le matin en période ensoleillée. Éviter tout contact avec les yeux. Il peut être utilisé en entretien après la phase d’attaque.
Brimonidine gel 0,33% – Mirvaso® (anti-rougeurs vasomotrices)
La brimonidine est un alpha-2-agoniste adrénergique sélectif qui agit par vasoconstriction directe des vaisseaux cutanés dilatés. Appliquée en couche mince une fois par jour, elle réduit l’érythème facial persistant en quelques heures, avec un effet maintenu 8 à 10 heures.
Points importants : la brimonidine est efficace sur l’érythème mais sans action sur les télangiectasies ni les papules/pustules. Une aggravation transitoire peut survenir la première semaine (réaction paradoxale), qui cède généralement spontanément. Elle n’est pas remboursée. Contre-indiquée chez les patients sous IMAO ou antidépresseurs tricycliques/tétracycliques.
⚠ Effet rebond à l’arrêt : L’arrêt brutal de la brimonidine peut provoquer un rebond vasodilatatoire avec rougeurs plus intenses qu’avant le traitement. La décroissance progressive est recommandée en cas d’arrêt.
Acide azélaïque – Finacea® (alternative au métronidazole)
L’acide azélaïque (Finacea® gel 15%) possède des propriétés anti-inflammatoires, antibactériennes et kératolytiques légères. Il peut être proposé dans le traitement de la couperose et de la rosacée, notamment chez l’homme et en cas de peau grasse. Son profil de tolérance est bon mais il peut être légèrement irritant à l’initiation.
Vitamine A acide locale (trétinoïne, isotrétinoïne locale)
Les crèmes à la vitamine A acide sont parfois proposées dans le traitement de la rosacée en cas de composante sébo-papuleuse associée, notamment chez l’homme et en cas de peau grasse. Ces produits sont irritants – mettre une quantité minimale lors des applications (l’efficacité n’en est pas diminuée) et espacer les applications en cas d’irritation. Ils nécessitent impérativement une contraception efficace chez la femme en âge de procréer.
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Traitements généraux
Doxycycline (cyclines) – traitement anti-inflammatoire oral de référence
Les cyclines, et en particulier la doxycycline, sont les antibiotiques les plus fréquemment utilisés dans la rosacée modérée à sévère. Leur intérêt dans la rosacée est anti-inflammatoire (et non antibiotique), ce qui justifie l’utilisation à doses faibles (50 à 100 mg/jour).
Les études montrent que la doxycycline à 40 mg/jour (présentation à libération modifiée) est aussi efficace que la doxycycline à 100 mg avec une meilleure tolérance digestive. Le traitement dure généralement 2 à 3 mois. Il est préférable de prendre la doxycycline le soir avec un grand verre d’eau pour réduire les effets gastro-intestinaux.
⛔ Précautions importantes avec les cyclines :
Photosensibilisation : la doxycycline contre-indique l’exposition au soleil sans protection – on prescrit préférentiellement les cyclines en dehors de la période estivale.
Contraception obligatoire chez la femme en âge de procréer.
Contre-indication en grossesse (risque osseux et dentaire pour le fœtus).
Ne pas associer aux rétinoïdes par voie générale (risque d’hypertension intracrânienne).
La vitamine A acide par voie générale est utilisée hors AMM dans la rosacée, réservée aux formes papulo-pustuleuses très importantes résistant aux traitements précédents, et prescrite exclusivement par le dermatologue. À faibles doses (0,1 à 0,3 mg/kg/jour), elle est souvent mieux tolérée qu’à pleine dose anti-acnéique.
Contraintes incontournables : contraception obligatoire (programme de prévention des grossesses), éviter le soleil, ne pas donner son sang pendant le traitement, ne pas associer aux antibiotiques par voie générale ni aux corticoïdes.
Clonidine (hors remboursement) – pour les flushes et les rougeurs vasomotrices
La clonidine est utilisée à faible dose (1/4 à 3/4 de comprimé par jour) dans le traitement des bouffées de rougeurs (flush) de la rosacée érythémato-télangiectasique. Elle agit en réduisant la vasodilatation cutanée réflexe. Son utilisation nécessite une surveillance médicale régulière, notamment tensionnelle, car elle peut provoquer une hypotension orthostatique. Elle présente un intérêt particulier en cas de rosacée avec flushes fréquents, voire en cas de rosacée accompagnée de migraines.
Propranolol – bêtabloquant pour les flushes
Le propranolol (bêtabloquant non sélectif) à faible dose est une alternative à la clonidine pour le contrôle des bouffées vasomotrices. Son efficacité dans les flushs de la rosacée est documentée. Il est contre-indiqué en cas d’asthme, de bradycardie, de bloc auriculo-ventriculaire ou de diabète insulino-dépendant.
Le laser vasculaire (Nd:YAG 1064 nm, laser colorant pulsé 585/595 nm) et la lumière pulsée intense (IPL/lampe flash) sont les traitements de référence pour les télangiectasies (vaisseaux rouges visibles) et l’érythème persistant résistant aux traitements médicaux. Plusieurs séances sont nécessaires (en général 3 à 5). Ces techniques éliminent les vaisseaux existants mais ne préviennent pas la formation de nouveaux vaisseaux – un entretien annuel est souvent nécessaire.
L’électrocoagulation à l’aiguille fine peut traiter les télangiectasies isolées au cabinet du dermatologue, avec un excellent rapport coût-efficacité pour les lésions peu nombreuses.
Rosacée oculaire
La rosacée peut toucher les yeux dans 20 à 50 % des cas (blépharite, conjonctivite, kératite). Elle se manifeste par des yeux rouges, larmoyants, sensibles à la lumière, avec des paupières irritées. Sa prise en charge associe :
Hygiène palpébrale quotidienne (lavage, expression des glandes de Meibomius).
Doxycycline orale – traitement systémique le plus efficace sur la rosacée oculaire.
Lubrifiants oculaires (larmes artificielles) pour les symptômes de sécheresse.
Azithromycine collyre (aussi efficace que la doxycycline orale dans certaines études, avec moins d’effets secondaires).
Ciclosporine collyre pour les formes avec inflammation oculaire marquée.
Rhinophyma : traitement chirurgical
Le rhinophyma est une complication phymateuse de la rosacée sévère chez l’homme, se manifestant par un épaississement progressif et bosselé du nez. Son traitement est chirurgical ou par laser CO₂ ablatif : le dermatologue-chirurgien réalise une excision et un remodelage des tissus hypertrophiés sous anesthésie locale ou générale. Les résultats cosmétiques sont excellents.
Soins cosmétiques et routines adaptées
Les produits cosmétiques jouent un rôle important en soutien du traitement médical. Les recommandations pour les peaux rosacéiques sont :
Nettoyage : eau micellaire douce ou pain surgras, sans alcool, sans parfum, à l’eau tiède (jamais chaude).
Hydratation : émollient non comédogène, de préférence à base de céramides ou de niacinamide, appliqué en couche légère.
Photoprotection : écran solaire minéral (dioxyde de titane, oxyde de zinc) SPF 50+, sans alcool. Les filtres chimiques sont parfois mal tolérés sur les peaux rosacéiques.
Maquillage : une crème teintée verte (correcteur anti-rougeurs) peut neutraliser optiquement l’érythème. Des fonds de teint minéraux couvrants sont bien tolérés.
Éviter : produits exfoliants, acides (AHA, BHA), alcool, parfums, bains de soleil, vapeur d’eau chaude sur le visage.
✓ Traitements combinés plus efficaces : La rosacée modérée à sévère répond mieux à une association thérapeutique. L’ivermectine topique + doxycycline orale 40 mg/j est la combinaison la mieux documentée (réduction de 80 % des lésions vs 74 % en monothérapie dans une étude de phase IIIb/IV sur 273 patients).
Intolérance aux cyclines : nausées sévères, photosensibilisation
Aggravation paradoxale sous traitement – réévaluation diagnostique (lupus ?)
Questions fréquentes
Quel est le meilleur traitement de la rosacée papulo-pustuleuse ?
Pour les formes légères, l’ivermectine crème (Soolantra®) une fois par jour. Pour les formes modérées à sévères, l’association ivermectine + doxycycline 50 à 100 mg/jour pendant 3 mois donne les meilleurs résultats selon les recommandations ROSCO 2024.
La brimonidine (Mirvaso®) est-elle efficace contre les rougeurs ?
Oui, sur l’érythème persistant pendant 8 à 10 heures après application. Elle n’agit pas sur les télangiectasies (vaisseaux visibles) qui nécessitent un laser vasculaire. Non remboursée. Un effet rebond à l’arrêt est possible.
Quelle est la différence entre Soolantra® et Rozex® ?
Le Rozex® (métronidazole) est le traitement historique, bien toléré et moins coûteux. Le Soolantra® (ivermectine) est plus récent, agit aussi contre les Demodex, et s’est montré supérieur au métronidazole dans des études comparatives pour les papules et pustules.
Combien de temps faut-il prendre la doxycycline pour la rosacée ?
Généralement 2 à 3 mois à 50 à 100 mg/jour. Elle réduit papules et pustules mais n’agit pas sur les rougeurs ni les télangiectasies. Photosensibilisante, contre-indiquée en grossesse.
Le laser est-il efficace pour la couperose ?
Oui, c’est le traitement de référence des télangiectasies et de l’érythème persistant résistant aux traitements médicaux. 3 à 5 séances sont généralement nécessaires, avec un entretien annuel.
Peut-on consulter un dermatologue en téléconsultation pour la rosacée ?
Oui pour l’évaluation et la prescription des traitements médicaux. Les gestes techniques (laser, chirurgie du rhinophyma) nécessitent une consultation en présentiel. Le Dr Ludovic Rousseau est disponible via Consulib.
Schaller M, et al. Rosacea treatment update: recommendations from the global ROSacea COnsensus (ROSCO) panel. Br J Dermatol. 2017;176(2):465-471. [PubMed]
Taieb A, et al. Superiority of ivermectin 1% cream over metronidazole 0.75% cream in treating inflammatory lesions of rosacea. Br J Dermatol. 2015;172(4):1103-1110. [PubMed]
Schaller M, et al. A randomized phase 3b/4 study to evaluate concomitant use of topical ivermectin 1% cream and doxycycline 40-mg modified-release capsules versus topical ivermectin 1% cream and placebo in the treatment of severe rosacea. J Am Acad Dermatol. 2020;82(2):336-343. [PubMed]
van Zuuren EJ. Rosacea. N Engl J Med. 2017;377(18):1754-1764. [PubMed]
Article rédigé par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue à Bordeaux – Dernière mise à jour : avril 2025.
Références médicales
Sbidian E et al., Interventions for chronic spontaneous urticaria, J Eur Acad Dermatol Venereol, 2020. PMID 31260100
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Mis à jour le 20 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).
En bref : La rosacée oculaire touche jusqu’à un tiers des patients souffrant de rosacée cutanée (33 % selon une étude grecque) et est souvent sous-diagnostiquée. Elle provoque une blépharite chronique (paupières rouges et squameuses), des chalazions récidivants et une kératite. Le diagnostic est ophtalmologique et dermatologique. Le traitement repose sur l’hygiène des paupières et les cyclines per os. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
La rosacée est accompagnée de blépharite (inflammation du bord libre de la paupière, là où se trouvent les cils) dans 60% des cas. L’atteinte oculaire de la rosacée est même révélatrice de la rosacée dans 20% des cas alors qu’il n’y a pas encore de boutons sur le visage.
Comment reconnaitre la rosacée oculaire?
La rosacée oculaire est responsable de la survenue d’yeux rouges sous la forme de conjonctivite, de chalazion mais surtout de blépharite
La blépharite donne une rougeur prédominant sur le bord libre de la paupière, là où se trouvent les cils.
Dans la rosacée oculaire, la blépharite est accompagnée d’une atteinte postérieure c’est-à-dire concernant le versant muqueux de la paupière et de ses glandes de Meibomius, qui sont dilatées, font sourdre un liquide huileux si l’on appuie dessus et rendent le film lacrymal gras et spumeux. Parfois les glandes de Meibomius se bouchent et s’enflamment (meibomite)
Il y a donc une conjonctivite avec des rougeurs, des vaisseaux dilatés, des zones gonflées…
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Comment soigner la rosacée oculaire?
La rosacée oculaire relevant d’un dysfonctionnement des glandes de Meibomius qui sécrètent un liquide huileux, il faut les vider régulièrement en massant doucement les paupières deux fois par jour, après y avoir appliqué une compresse imbibée d’eau chaude pour ramollir les secrétions.
De même il faut lutter contre la sécheresse oculaire en appliquant des larmes artificielles sans conservateur (Gel-Larmes®, Lacryvisc®… ).
Le métronidazole (Rozex®) peut être appliqué en gel sur la face cutanée des paupières et leur bord libre.
⚠ Consultez rapidement si :
Douleur oculaire intense, photophobie ou baisse de vision – consultation ophtalmologique urgente
Kératite confirmée – traitement ophtalmologique spécifique en urgence
Chalazion récidivant après 3 épisodes – bilan ophtalmologique approfondi
Questions fréquentes
Quand consulter un dermatologue pour une rosacée ?
Consultez dès les premières rougeurs persistantes du visage. Un traitement précoce évite l’aggravation vers les formes papulo-pustuleuses ou rhinophymatiques.
La rosacée oculaire peut-elle exister sans rougeurs du visage ?
Oui : dans environ 20 % des cas, l’atteinte oculaire précède l’apparition des boutons et rougeurs cutanées. Des yeux rouges ou irrités inexpliqués doivent faire évoquer une rosacée oculaire débutante.
Comment nettoyer les paupières en cas de rosacée oculaire ?
Appliquez une compresse d’eau chaude pendant quelques minutes pour ramollir les sécrétions, puis massez doucement les paupières deux fois par jour pour vider les glandes de Meibomius obstruées.
Faut-il consulter un ophtalmologiste ou un dermatologue ?
Les deux : le dermatologue traite la rosacée cutanée et prescrit le traitement général (cyclines), tandis que l’ophtalmologiste surveille les complications oculaires comme la kératite.