Mis à jour le 6 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
En bref : Les cicatrices de boutons d’acné touchent 80 % des personnes ayant eu une acné inflammatoire. On distingue les macules transitoires (rouges ou brunes) et les cicatrices vraies (atrophiques ou hypertrophiques). Le traitement dépend du type : laser fractionné, subcision, peeling ou dépigmentants. Consultez un dermatologue pour un bilan précis et un protocole adapté. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Un bouton qui guérit laisse parfois une trace tenace : tache rouge ou brune, dépression en creux, relief cicatriciel. Ces séquelles de l’acné touchent 80 % des personnes ayant eu une poussée inflammatoire, et représentent l’une des premières motivations de consultation dermatologique chez les 15–35 ans. Télécharger un guide complet au format PDF :
Il existe deux grandes catégories de séquelles : les taches post-inflammatoires (macules rouge-rosé ou brun-noir, transitoires) et les cicatrices vraies (atrophiques en creux, ou rarement hypertrophiques). La distinction est cruciale car le traitement diffère radicalement.
Type de séquelle
Aspect
Durée spontanée
Traitement de référence
Macule érythémateuse (rouge)
Tache rouge-rosé plate
3–6 mois
Photoprotection + niacinamide
Macule pigmentée (brune)
Tache brun-foncé plate
6–24 mois
Dépigmentants + SPF 50+
Cicatrice atrophique (ice pick)
Cratère profond, bords nets
Permanente
Punch excision / laser ablatif
Cicatrice atrophique (rolling)
Dépression large, bords doux
Permanente
Subcision + laser fractionné
Cicatrice atrophique (boxcar)
Cratère carré, bords verticaux
Permanente
Laser CO₂ fractionné
Cicatrice hypertrophique
Relief surélevé, rouge
6–18 mois
Injections corticoïdes intralésionnelles
La prévention reste le premier traitement : ne jamais extraire un bouton soi-même – la manipulation augmente de 3 à 5 fois le risque de cicatrice atrophique (Layton AM, 2011). Traiter l’acné active rapidement par un dermatologue réduit significativement les séquelles à long terme.
⚠️ Quand consulter en urgence :
Cicatrice qui s’étend, suinte ou devient douloureuse des semaines après la guérison du bouton → consultation dermatologique urgente : il peut s’agir d’un chéloïde nécessitant une prise en charge rapide.
Questions fréquentes
Est-ce qu’une cicatrice de bouton disparaît toute seule ?
Les macules post-inflammatoires (taches rouges ou brunes) s’estompent en 3 à 18 mois selon le phototype. Les cicatrices atrophiques vraies (cratères) ne disparaissent pas spontanément : elles nécessitent un traitement dermatologique (laser, subcision, peeling). Commencer tôt améliore nettement le résultat.
Quelle crème pour effacer une cicatrice de bouton ?
Pour les macules brunes : crèmes dépigmentantes à la niacinamide (4–5 %), à la vitamine C, à l’acide azélaïque (20 %) ou au rétinol (0,1–0,5 %). SPF 50+ obligatoire le matin. Pour les macules rouges : niacinamide + photoprotection suffisent souvent. Les cicatrices en creux ne répondent pas aux crèmes.
Comment faire disparaître une tache rouge laissée par un bouton ?
La macule rouge post-acné (érythème post-inflammatoire) se traite par photoprotection stricte (SPF 50+ chaque matin), niacinamide 5 %, et patience : elle s’efface en 3 à 6 mois. Le laser vasculaire (colorant pulsé, KTP) accélère la disparition. Éviter toute exposition solaire non protégée.
Le laser efface-t-il les cicatrices d’acné ?
Oui, selon le type. Le laser fractionné (CO₂ ou erbium) traite les cicatrices atrophiques rolling et boxcar avec 40 à 70 % d’amélioration en 3 séances. Les ice picks nécessitent punch excision avant laser. La subcision mécanique est souvent associée. Résultats optimaux en 3 à 6 mois post-traitement.
Peut-on prévenir les cicatrices d’acné ?
La prévention passe par : traiter l’acné active tôt (rétinoïdes topiques, antibiotiques, isotrétinoïne selon sévérité), ne jamais manipuler les boutons soi-même (risque de cicatrice × 3–5), utiliser SPF 50+ quotidiennement, et éviter les occlusions prolongées (masques serrés). Un dermatologue peut prescrire tôt avant les cicatrices définitives.
Quelle est la différence entre une tache et une cicatrice de bouton ?
Une tache post-acné est une modification pigmentaire ou vasculaire de la peau, plate et transitoire (6–24 mois). Une cicatrice vraie est une modification structurelle définitive du derme : la peau présente un creux, un relief ou une texture anormale. Le test : si le doigt effleurant la zone sent une dépression ou un relief, c’est une cicatrice vraie.
Combien coûte un traitement laser pour les cicatrices d’acné ?
En France, le laser fractionné pour cicatrices d’acné coûte 200 à 600 € par séance selon la machine et la surface traitée. Il faut en général 3 à 5 séances espacées de 6 à 8 semaines, soit 600 à 3 000 € au total. Ces actes ne sont pas remboursés par l’Assurance maladie sauf contexte particulier (défiguration reconnue).
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Mis à jour le 6 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
En bref : Une cicatrice est définitive – aucun traitement ne la fait disparaître complètement – mais elle peut être très significativement atténuée. En France, environ 100 millions de cicatrices se forment chaque année après plaies, chirurgies ou acné. 15 % évoluent de façon pathologique (cicatrice hypertrophique ou chéloïde). Les traitements actuels – laser fractionné, injections de corticoïdes, silicone médical, microneedling – permettent une amélioration de 50 à 80 % dans la majorité des cas lorsqu’ils sont débutés au bon moment. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Cicatrice : cicatrisation, soins et traitements pour atténuer les cicatrices
Après une coupure, une blessure ou une intervention chirurgicale, le processus de cicatrisation répare et régénère les tissus cutanés et sous-cutanés. Mais comment la peau cicatrise-t-elle vraiment ? Comment favoriser une belle cicatrice dès les premiers jours ? Quels soins apporter pour limiter l’aspect inesthétique ? Et comment atténuer les cicatrices déjà installées, qu’elles soient creuses, épaisses, rouges ou chéloïdes ? Ce guide fait le point sur toutes les étapes, du soin de la plaie fraîche au traitement des cicatrices établies, avec les données scientifiques les plus récentes.
Le processus de cicatrisation cutanée est complexe et met en jeu de nombreux acteurs cellulaires et moléculaires du derme et de l’épiderme. Il se déroule en quatre phases successives et partiellement superposées, dont la durée totale peut s’étendre sur plusieurs années pour les cicatrices profondes.
Phase
Durée
Ce qui se passe
1. Hémostase
Quelques minutes
Vasoconstriction réflexe et formation du caillot plaquettaire – arrêt du saignement, libération des premiers médiateurs de l’inflammation
2. Inflammation
J1 à J4
Afflux de cellules immunitaires (neutrophiles puis macrophages) – nettoyage de la plaie, élimination des débris cellulaires, libération de facteurs de croissance (TGF-β, PDGF, VEGF)
3. Prolifération
J4 à J21
Formation du tissu de granulation, synthèse intense de collagène de type III par les fibroblastes, re-épithélialisation – la plaie se referme progressivement
4. Remodelage
3 mois à 2 ans
Remplacement du collagène III par du collagène I plus résistant, réorganisation des fibres – la cicatrice s’affine, pâlit et s’assouplit. C’est pendant cette phase que les traitements sont les plus efficaces et que se jouent les anomalies (hypertrophie, chéloïde)
À savoir : La résistance mécanique d’une cicatrice n’atteint que 50 à 80 % de celle de la peau saine, même après une cicatrisation apparemment parfaite. C’est pourquoi les cicatrices restent des zones vulnérables, en particulier pour les plaies sous tension (épaule, dos, sternum).
Il arrive que la peau cicatrise mal ou mette du temps à se refermer. Ce phénomène, loin d’être exceptionnel, a de nombreuses causes – générales ou locales – qu’il est important d’identifier pour adapter la prise en charge.
Stase veineuse et œdème permanent – ulcères veineux des jambes récidivants, difficiles à fermer sans compression efficace
Corticothérapie prolongée
Amincissement cutané (atrophie), inhibition de la synthèse de collagène et de la réaction inflammatoire normale
Dénutrition / carences
Le zinc, la vitamine C et les protéines sont des cofacteurs indispensables à la synthèse de collagène – leur déficit retarde et fragilise la cicatrisation
Tabac
Vasoconstriction et hypoxie tissulaire – cicatrisation ralentie de 40 % et cicatrice de moins bonne qualité (étude NEJM 2014)
Infection de la plaie
Colonisation bactérienne (Staphylococcus aureus, Pseudomonas) – entretient l’inflammation chronique et bloque la phase de prolifération
Terrain génétique
Prédisposition aux chéloïdes ou cicatrices hypertrophiques – les phototypes IV à VI (peaux foncées) sont 5 à 15 fois plus à risque de développer des chéloïdes
Localisation anatomique
Zones sous tension (sternum, épaules, dos) ou à mobilité importante (articulations) – favorisent les cicatrices épaisses et élargies
Toutes les cicatrices ne se ressemblent pas et ne se traitent pas de la même façon. Reconnaître le type de cicatrice est la première étape indispensable avant d’envisager un traitement.
Type de cicatrice
Aspect clinique
Traitement de référence
Normotrophique
Fine, plane, légèrement rosée puis blanche après 12 à 24 mois – cicatrisation normale
Soins de base : massage, écran solaire, gel silicone préventif
Hypertrophique
Épaisse, rouge, en relief – reste dans les limites strictes de la plaie initiale, peut régresser spontanément
Gel ou feuilles de silicone, corticoïdes intralésionnels, laser vasculaire
Cicatrice horizontale sus-pubienne – peut être hypertrophique, adhérente ou douloureuse (névrome)
Massage dès J21, gel silicone, laser si nécessaire à partir de 6 mois post-opératoire
Attention : Une cicatrice qui change d’aspect, qui saigne, qui s’ulcère ou qui grossit très rapidement après plusieurs années de stabilité doit être évaluée par un dermatologue. Bien que rarissime, une dégénérescence carcinomateuse d’une cicatrice ancienne (carcinome de Marjolin) est possible et doit être exclue.
Comment soigner une plaie pour obtenir une belle cicatrice ?
La qualité finale de la cicatrice se joue en grande partie dans les premiers jours. La prise en charge immédiate de la plaie fraîche est déterminante pour limiter l’épaisseur, la largeur et la pigmentation de la future cicatrice.
Étape
Conseil pratique et justification
Nettoyage doux
Eau et savon doux ou sérum physiologique – éviter absolument l’alcool et l’eau oxygénée qui détruisent les fibroblastes et retardent la cicatrisation
Milieu humide
Maintenir la plaie en milieu légèrement humide (pansement hydrocolloïde ou interface) – accélère la cicatrisation de 30 à 50 % par rapport au milieu sec et réduit la douleur
Protection mécanique
Recouvrir jusqu’à épithélialisation complète – protège de la contamination bactérienne et du dessèchement qui favorise les croûtes épaisses
Ne pas arracher les croûtes
Les croûtes protègent la re-épithélialisation en cours – les arracher crée un micro-traumatisme qui approfondit la cicatrice et favorise l’hypertrophie
Protection solaire stricte
Toute cicatrice récente exposée au soleil peut brunir définitivement (hyperchromie post-inflammatoire) – SPF 50+ pendant au minimum 12 mois
Arrêt du tabac
Fortement recommandé en période de cicatrisation – le tabac divise par 2 la vitesse de cicatrisation et multiplie le risque de cicatrice hypertrophique
Atténuer une cicatrice installée : les soins de base
Une cicatrice mature peut encore évoluer favorablement pendant 12 à 24 mois. Les soins de base, appliqués régulièrement, constituent le socle de toute prise en charge et peuvent suffire pour les cicatrices peu marquées.
Soin
Mécanisme d’action
Quand commencer
Gel ou feuilles de silicone
Crée un microenvironnement hydraté qui régule la production de collagène et réduit les médiateurs pro-fibrosants – 1re ligne pour cicatrices hypertrophiques
Dès fermeture complète de la plaie (J15-J21)
Massage de la cicatrice
Assouplissement des adhérences, amélioration de la vascularisation locale, aplatissement progressif du relief – technique validée en kinésithérapie
Dès J21 post-opératoire (après avis médical)
Crème hydratante riche
Prévient le dessèchement, améliore l’élasticité cutanée, réduit les démangeaisons fréquentes sur cicatrice en cours de maturation
En continu dès la fermeture
Protection solaire SPF 50+
Prévient l’hyperchromie post-inflammatoire irréversible – essentiel pendant toute la phase de remodelage
Pendant 12 à 24 mois minimum
Conseil pratique : Le massage de cicatrice se réalise avec 2 doigts en mouvements circulaires fermes, 5 minutes deux fois par jour. L’utilisation d’une crème grasse (lanoline, beurre de karité) ou d’une huile de massage facilite le geste et améliore la pénétration des actifs hydratants. La régularité sur plusieurs mois prime sur l’intensité ponctuelle.
Traitements techniques pour atténuer les cicatrices
Lorsque les soins de base ne suffisent pas, des traitements dermatologiques actifs permettent une amélioration plus marquée. Leur indication dépend du type de cicatrice, de son ancienneté et du phototype du patient.
Traitement
Indication principale
Page dédiée
Laser fractionné CO2 ou Erbium
Cicatrices atrophiques d’acné (ice pick, boxcar, rolling), amélioration de texture et de relief – 50 à 70 % d’amélioration en 1 à 3 séances
Combinaisons thérapeutiques : Les meilleurs résultats s’obtiennent presque toujours en associant plusieurs techniques. Pour les cicatrices atrophiques d’acné, la combinaison laser fractionné + microneedling + PRP est aujourd’hui considérée comme l’approche la plus complète. Pour les chéloïdes, l’association corticoïdes intralésionnels + laser vasculaire + silicone topique réduit significativement le risque de récidive.
Consultez en urgence si : une cicatrice présente une rougeur intense et une chaleur localisée accompagnées de fièvre (infection de cicatrice) ; si une douleur brutale survient sur une cicatrice ancienne stable ; si une cicatrice post-chirurgicale s’ouvre ou suinte abondamment dans les jours suivant l’intervention ; si une tuméfaction douloureuse et volumineuse se développe rapidement (hématome post-opératoire) ; si une cicatrice ancienne change brutalement d’aspect, saigne spontanément ou s’ulcère sans traumatisme évident.
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Questions fréquentes sur les cicatrices
Peut-on faire disparaître complètement une cicatrice ?
Non – aucun traitement ne fait disparaître une cicatrice complètement. L’objectif réaliste est l’atténuation : réduire le relief, améliorer la couleur, assouplir la texture. Les meilleurs résultats s’obtiennent en associant plusieurs techniques (laser + microneedling + soins quotidiens) et en commençant le traitement pendant la phase de remodelage, qui dure de 3 mois à 2 ans après la blessure. Une amélioration de 50 à 70 % est souvent atteignable.
À quel moment peut-on commencer à traiter une cicatrice ?
Dès que la plaie est refermée (croûte tombée, peau intacte), on peut débuter les soins hydratants et le massage doux deux fois par jour. Le gel de silicone peut démarrer à J15-J21. Les traitements actifs – laser, injections de corticoïdes, dermabrasion – sont réservés à la cicatrice mature, généralement après 6 à 12 mois de maturation, sauf pour les cicatrices hypertrophiques et chéloïdes qui bénéficient d’une prise en charge plus précoce pour limiter leur extension.
Quelle est la différence entre une chéloïde et une cicatrice hypertrophique ?
La cicatrice hypertrophique est épaisse et rouge mais reste dans les limites strictes de la plaie initiale – elle s’améliore souvent spontanément en 12 à 18 mois. La chéloïde déborde largement les bords de la plaie, continue de grossir avec le temps, est souvent prurigineuse et douloureuse, et ne régresse jamais sans traitement actif. Les phototypes IV à VI sont 5 à 15 fois plus à risque de développer des chéloïdes, notamment aux oreilles, à l’épaule et au sternum.
Le gel de silicone est-il vraiment efficace sur les cicatrices ?
Oui, le silicone topique est le traitement de première ligne validé par les recommandations internationales (International Advisory Panel on Scar Management) pour la prévention et le traitement des cicatrices hypertrophiques. Il crée un microenvironnement hydraté qui régule la production de collagène. Des méta-analyses montrent une réduction de l’épaisseur et de la rougeur de 40 à 60 % après 3 à 6 mois d’application quotidienne d’au moins 12 heures par jour. Il doit être appliqué sur une cicatrice fermée, jamais sur une plaie ouverte.
Le laser efface-t-il vraiment les cicatrices ?
Le laser ne fait pas disparaître les cicatrices mais les améliore de façon très significative. Le laser fractionné ablatif (CO₂, Er:YAG) est le plus efficace sur les cicatrices atrophiques d’acné : amélioration de 50 à 70 % après 1 à 3 séances dans les études publiées. Le laser vasculaire (Vbeam 595 nm) réduit la rougeur et l’épaisseur des cicatrices hypertrophiques. Les résultats dépendent du type de peau, de la profondeur et de l’ancienneté de la cicatrice.
Les injections de corticoïdes dans une cicatrice sont-elles efficaces et douloureuses ?
Les injections intralésionnelles de triamcinolone (10 à 40 mg/mL) sont le traitement de référence des cicatrices hypertrophiques et chéloïdes. Elles réduisent le volume de 50 à 80 % après 3 à 5 séances espacées d’un mois – c’est l’un des traitements les plus documentés en dermatologie. Les injections sont douloureuses mais tolérables avec une crème anesthésiante (EMLA) appliquée une heure avant le geste. Un effet secondaire possible est l’atrophie locale ou les télangiectasies, gérés par une dilution adaptée.
Peut-on effacer les cicatrices d’acné creuses naturellement ?
Non – les cicatrices atrophiques d’acné (en creux) ne peuvent pas disparaître spontanément car le tissu dermique détruit manque définitivement. Les méthodes naturelles (aloe vera, huile de rose musquée, miel) hydratent et améliorent légèrement la texture de surface, mais n’effacent pas les creux. Seules les techniques médicales créent une néocollagenèse efficace en profondeur : microneedling (3 à 5 séances), laser CO₂ fractionné, subcision pour les brides, peeling TCA cross pour les cicatrices de type ice pick très profondes.
Combien coûtent les traitements des cicatrices en France et sont-ils remboursés ?
Le gel de silicone (5 à 15 euros par mois) est en vente libre, non remboursé. Les injections de corticoïdes en cabinet dermatologique sont partiellement remboursées si la cicatrice est documentée comme pathologique. Le laser fractionné coûte 200 à 600 euros par séance en clinique privée, non remboursé. Exception : les cicatrices post-chirurgicales complexes liées à des brûlures graves, cancers ou accidents de la voie publique peuvent bénéficier d’une prise en charge en milieu hospitalier spécialisé (CHU, centre des grands brûlés).
Références scientifiques
Mustoe TA, Cooter RD, Gold MH, et al. International clinical recommendations on scar management. Plast Reconstr Surg. 2002;110(2):560-571. PMID 12142678
Gauglitz GG, Korting HC, Pavicic T, Ruzicka T, Jeschke MG. Hypertrophic scarring and keloids: pathomechanisms and current and emerging treatment strategies. Mol Med. 2011;17(1-2):113-125. PMID 20927486
Gold MH, McGuire M, Mustoe TA, et al. Updated international clinical recommendations on scar management: part 2 – algorithms for scar prevention and treatment. Dermatol Surg. 2014;40(8):825-831. PMID 24976082
Après une coupure de la peau, le processus de cicatrisation va réparer et régénérer les tissus cutanés et sous cutanés. Comment la peau cicatrise ?
Structure de la peau :
Peau en coupe
La peau est constituée de trois couches :
Epiderme
Le plus superficiel, constitué principalement de kératinocytes (cellules produisant de la kératine, une protéine entrant dans la constitution des ongles et des cheveux. L’épaisseur de l’épiderme varie de 1/10 mm (peau des paupières) à 1 mm (peau des paumes et des plantes)
Derme
Il est beaucoup plus épais que l’épiderme puisqu’il peut atteindre une épaisseur de 4 mm, notamment au niveau de la peau du dos. Le derme renferme les vaisseaux (qui contiennent 10% du sang de l’organisme), les bulbes des poils et des cheveux, les glandes sudoripares etc. Il contient des fibroblastes, cellules produisant des fibres élastiques et collagènes (le derme adulte normal contient 90 % de collagène de type I pour 10 % de collagène de type III).
Hypoderme
C’est la graisse sous cutanée, qui contient surtout des adipocytes
>>> en savoir plus sur la peau
Comment la peau cicatrise ?
Le processus de cicatrisation de la peau est complexe et il met en jeu de nombreux acteurs du derme et de l’épiderme
On peut schématiquement diviser la cicatrisation d’une plaie cutanée
en quatre phases :
– la phase hémorragique et inflammatoire ;
– la granulation (cicatrisation dermique) ;
– la réépidermisation (cicatrisation épidermique) ;
– le « remodelage » de la cicatrice.
1/ Phase hémorragique et inflammatoire
On voit plusieurs acteurs du sang entre en scène :
Plaquettes
Le traumatisme (coupure, plaie…) produit des coupures vasculaires responsables de l’afflux de plaquettes. Le contact de ces plaquettes avec le collagène dermique déclenche une agrégation plaquettaire et la formation d’un caillot de sang et de fibrine.
Les plaquettes libèrent des molécules telles que les Tumor Growth Factor α et β et le PDGF qui attirent les monocytes et les fibroblastes et stimulent leur prolifération et leur activité de synthèse.
Globules blancs
Les polynucléaires neutrophiles, une sorte de globules blancs, participent à la détersion de la plaie. En l’absence de contamination bactérienne, ils disparaissent en quelques jours.
Les polynucléaires éosinophiles participent au recrutement des cellules qui vont former le tissu de granulation.
Les monocytes, sous l’action du PDGF, se transforment en macrophages qui participent aussi à la détersion de la plaie et à la lutte anti-infectieuse mais sont surtout les coordinateurs du processus de cicatrisation : ils sécrètent de nombreux facteurs de croissance et médiateurs chimiotactiques qui vont stimuler l’angiogenèse, l’activité fibroblastique et le remodelage dermique.
2/ Granulation, la phase de cicatrisation dermique
On voir se développer le tissu de granulation, qui est constitué d’une
matrice extracellulaire (essentiellement constituée de fibronectine, d’abord d’origine plasmatique, puis synthétisée par les fibroblastes)
et de néovaisseaux (ces néovaisseaux permettent l’apport d’oxygène et de nutriments pour les fibroblastes).
formant un « néoderme » sous l’action de facteurs de croissance tels que le b-FGF, le TGF-β, le VEGF…
Ensuite on assiste à la synthèse de néocollagène, tout d’abord surtout de type III (alors que nous avons vu qu’il ne représentait que 10% du collagène de la peau adulte)
En même temps, on assiste à un processus de contraction de la plaie qui contribue
à rapprocher les berges de la plaie par transformation des fibroblastes en myofibroblastes sous l’action du b-FGF, riches en une protéine contractile, l’α-actine, sorte de « muscle lisse »…
3/ Réépidermisation ou phase de cicatrisation épidermique
Elle se déroule en trois phases, de migration, prolifération et différentiation des kératinocytes.
La migration des kératinocytes
Elle débute dès la 12e heure, à partir de l’épiderme des bords de la plaie, des canaux des glandes sudoripares et des follicules pileux.
La prolifération des kératinocytes
Les kératinocytes se multiplient dès la 2e heure avec un pic à 2 jours sous l’action de l’EGF synthétisé par les kératinocytes et du KGF synthétisé par les fibroblastes et les kératinocytes.
La maturation ou différenciation des kératinocytes
Les nouveaux kératinocytes se différencient et acquièrent une fonction de kératinisation.
Les mélanocytes recolonisent l’épiderme après un délai parfois prolongé par rapport à la migration kératinocytaire, ce qui explique que la pigmentation des cicatrices est souvent tardive.
4/ Remodelage
Ce processus dure plusieurs mois. Le collagène III est progressivement remplacé par du collagène I, de résistance mécanique supérieure et s’orientant parallèlement aux lignes de tension cutanée et qui supplante l’acide hyaluronique, les protéoglycanes ou la fibronectine, qui étaiet richement présents dans le tissu de granulation
Les vaisseaux diminuent ainsi que la densité en fibroblastes et myofibroblastes, remplacés par une fibrose.
Après une coupure de la peau, le processus de cicatrisation va réparer et régénérer les tissus cutanés et sous cutanés. Comment la peau cicatrise ? Comment avoir une belle cicatrice ou effacer des cicatrices ?
Comment la peau cicatrise ?
Le processus de cicatrisation de la peau est complexe et il met en jeu de nombreux acteurs du derme et de l’épiderme
Il existe plusieurs dérèglements de la cicatrisation jouant un rôle dans les problèmes de cicatrisation
Tout d’abord, les interactions cellulaires compliquées mises en route dans la phase initiale de cicatrisation appelée phase hémorragique et inflammatoire, peuvent perdurer et retarder voire inhiber les phases
finales de la cicatrisation : elles sont responsables d’un retard de cicatrisation
Elles peuvent aussi induire une fibrose cicatricielle excessive,
responsable des cicatrices hypertrophiques et les chéloïdes.
Retard de cicatrisation
Les problèmes de cicatrisation peuvnet être des retards de cicatrisation : la peau cicatrise lentement et la cicatrice met du temps à se faire. Il existe de nombreuses causes possibles à ces retards de cicatrisation :
Causes générales
Vieillissement
Plus son vieillit moins bien on cicatrise
Dénutrition, malnutrition
Présence de déficits protéiques, carences vitaminiques et en zinc
Causes endocriniennes
Telles que le diabète, l’hypercorticisme
Causes médicamenteuses
Traitement par corticothérapie générale, chimiothérapie anticancéreuse, anticoagulants, colchicine…
Maladies du tissu conjonctif
Syndrome d’Ehlers-Danlos, élastopathies, déficit en prolidase
Problèmes cardiovasculaires ou respiratoires chroniques
Ils sont responsables d’une diminution de l’oxygénation tissulaire
Troubles de la coagulation
Thrombopénie, déficit en facteurs de la coagulation
Causes locales
Insuffisance artérielle et/ou veineuse des membres inférieurs
Les interactions cellulaires compliquées peuvent se dérégler et induire une fibrose cicatricielle excessive, responsable des cicatrices trop épaisses appelées hypertrophiques ou chéloïdes.
Après une coupure de la peau, le processus de cicatrisation va réparer et régénérer les tissus cutanés et sous cutanés. Comment avoir une belle cicatrice ?
Comment la peau cicatrise ?
Le processus de cicatrisation de la peau est complexe et il met en jeu de nombreux acteurs du derme et de l’épiderme
Comment prendre soin d’une cicatrice pour qu’elle soit moins visible?
Une fois que vous avez correctement soigné votre plaie (voir comment soigner une plaie) et qu’elle a cicatrisé, quelles sont les précaautions à prendre pour estomper une cicatrice?
Jamais de soleil tant qu’elle est rose
Les cicatrices tendent à se pigmenter au soleil : « tout ce qui est rose evient marron au soleil ». Il ne faut donc pas exposer la cicatrice tant qu’elle n’a pas la couleur de la peau alentour, c’est à dire pendant plusieurs mois, sinon on risque des taches brunes de pigmentation post inflammatoire
Laver la cicatrice tous les jours
Il faut laver la cicatrice avec un savon doux tous les jours surtout si elle suinte encore un peu, sans trop frotter, puis sécher en tamponnant avec une serviette de toilette dédiée à cette cicatrice. Il existe en effet souvent des zones de la cicatrice encore fragiles et promptes à s’infecter.
La cicatrisation dure environ 8 jours pour le visage et entre 2 et 3 semaines pour le reste du corps. Tant que la cicatrisation complète de toute la cicatrice n’est pas obtenue, il faut être très soigneux et hygiénique.
Après la cicatrisation complète, des massages
Une fois que la cicatrice ne suinte plus et a un aspect bien fermé, on peut la masser doucement afin de l’assouplir et d’éviter les adhérences profondes. Il suffit de 5 minutes matin et soir, en faisant des petits massages en rond avec les doigts enduits de crème hydratante.
Ces massages sont à effectuer jusqu’à ce que l’aspect s’améliore et que la cicatrice devienne bien souple et lisse. Si ce n’est pas le cas au bout d’un mois, il faut consulter un médecin (gare aux cicatrices chéloides) qui conseillera peut etre des soins de palper rouler comme pour les vergetures
Après une césarienne, le processus de cicatrisation répare et régénère les tissus cutanés et sous-cutanés sur plusieurs mois. Comment obtenir une cicatrice de césarienne la moins visible possible ? Ce guide vous détaille les soins étape par étape : soin de la plaie, protection solaire, massages, et traitements en cas de cicatrice inesthétique.
Mis à jour le 11 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
En résumé : une cicatrice de césarienne bien soignée nécessite une hygiène rigoureuse pendant la phase de cicatrisation, une protection solaire stricte pendant plusieurs mois, puis des massages quotidiens. En cas de cicatrice épaisse ou chéloïde, une prise en charge spécialisée s’impose dès que possible.
Comment la peau cicatrise après une césarienne ?
Le processus de cicatrisation de la peau est complexe : il met en jeu de nombreux acteurs du derme et de l’épiderme et se déroule en plusieurs phases (inflammation, prolifération, remodelage). La cicatrisation dure environ 8 jours pour le visage et 2 à 3 semaines pour le reste du corps – dont l’abdomen après césarienne.
La première étape est le soin rigoureux de la plaie chirurgicale, tant qu’elle n’est pas totalement fermée. Consultez notre guide : comment soigner une plaie.
Conseil : lavez la cicatrice tous les jours à l’eau et au savon doux, sans frotter, puis séchez en tamponnant avec une serviette propre dédiée à cette cicatrice. Certaines zones restent fragiles et peuvent s’infecter – soyez rigoureux jusqu’à cicatrisation complète.
Comment prendre soin d’une cicatrice de césarienne pour qu’elle soit moins visible ?
Jamais de soleil tant qu’elle est rose
Les cicatrices se pigmentent au soleil : « tout ce qui est rose devient marron au soleil ». N’exposez pas la cicatrice au soleil tant qu’elle n’a pas retrouvé la couleur de la peau alentour, soit pendant plusieurs mois. À défaut, vous risquez des taches brunes de pigmentation post-inflammatoire difficiles à atténuer.
Massages une fois la cicatrice fermée
Une fois que la cicatrice ne suinte plus et présente un aspect bien fermé, massez-la doucement 5 minutes matin et soir avec les doigts enduits de crème hydratante, en petits mouvements circulaires. Ces massages permettent d’assouplir le tissu cicatriciel et d’éviter les adhérences profondes.
Si la cicatrice n’est pas assouplie et lisse au bout d’un mois, consultez un médecin. Des séances de rouler-palper chez un kinésithérapeute (pendant ou en complément de la rééducation abdominale et périnéale) peuvent améliorer sensiblement le résultat en une dizaine de séances.
Favoriser le drainage lymphatique
Évitez que l’élastique des sous-vêtements n’appuie directement sur la cicatrice : cela entraîne la formation d’un bourrelet lymphatique. Privilégiez des culottes taille haute et des vêtements amples dans les premières semaines.
Vilaine cicatrice de césarienne : quels traitements ?
Si les soins précoces n’ont pas été réalisés ou si la cicatrice reste inesthétique malgré les soins, plusieurs techniques permettent une amélioration :
Traitement d’une cicatrice chéloïde (injections de corticoïdes, plaques de silicone…)
Kinésithérapie spécialisée, même sur une cicatrice ancienne de plusieurs années
Alerte : toute cicatrice qui s’épaissit, démange, brûle ou déborde sur la peau saine dans les semaines suivant la césarienne doit être signalée rapidement à votre médecin – il peut s’agir d’une cicatrice chéloïde nécessitant une prise en charge précoce.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour qu’une cicatrice de césarienne s’estompe ?
Une cicatrice de césarienne évolue pendant 12 à 18 mois. Elle passe par une phase rouge/rose (3 à 6 mois), puis blanchit progressivement. Avec des soins adaptés – massages réguliers, protection solaire stricte – elle devient souvent discrète au bout d’un an.
Puis-je utiliser de la vitamine E ou une huile végétale sur ma cicatrice ?
Les huiles végétales (rose musquée, argan) et la vitamine E sont couramment utilisées, mais leur efficacité n’est pas formellement prouvée par les études. Les données scientifiques les plus solides concernent les plaques et gels de silicone, recommandés par les sociétés savantes pour prévenir les cicatrices hypertrophiques. En pratique, massages réguliers à la crème hydratante et silicone restent les bases du traitement.
Quand peut-on reprendre le sport après une césarienne ?
La rééducation abdominale débute généralement 6 à 8 semaines après l’accouchement, après validation médicale. Évitez tout effort abdominal intense avant ce délai pour ne pas exercer de tension sur la cicatrice et les plans profonds.
Les soins de la cicatrice de césarienne sont-ils remboursés ?
Les séances de kinésithérapie (rééducation périnéale et abdominale) sont remboursées par l’Assurance maladie après une césarienne. Les traitements esthétiques (laser, microaiguilles) restent à la charge de la patiente, sauf si la cicatrice est douloureuse ou fonctionnellement gênante.
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Dermatologie du sportif : les maladies de peau liées au sport, par discipline
La pratique sportive sollicite la peau de façon intense et souvent répétée : friction, macération, traumatismes, exposition aux UV, contact avec d’autres sportifs ou des surfaces contaminées. Il en résulte un spectre large de pathologies cutanées – infections, dermatoses mécaniques, dermatoses environnementales – qui représentent jusqu’à 21 % des problèmes de santé dans les sports universitaires et constituent une cause fréquente d’arrêt de l’activité. Cet article recense, discipline par discipline, les dermatoses spécifiques à connaître pour mieux les prévenir et les traiter.
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Avant d’entrer dans les spécificités de chaque discipline, il faut identifier les grandes familles de dermatoses qui traversent toutes les pratiques sportives. Elles se regroupent en trois catégories.
Infections cutanées : la menace principale
Les infections représentent la pathologie dermatologique la plus fréquente chez le sportif. Trois mécanismes expliquent leur prédominance : le contact peau-à-peau (sports de contact), la macération créée par la transpiration et les vêtements occlusifs, et les microtraumatismes qui fragilisent la barrière cutanée.
Mycose superficielle due à Malassezia furfur, donnant des taches hypo- ou hyperpigmentées finement squameuses sur le tronc et les épaules. La forme hypopigmentée est classiquement révélée par le bronzage. La fluorescence jaune-verdâtre sous lampe de Wood est un signe diagnostique très utile. Le signe de Besnier (grattage révélant de fines squames) confirme le diagnostic. Le traitement antifongique topique (kétoconazole 2 % shampoing ou crème, éconazole) est efficace – les récidives sont fréquentes car la levure est commensale. Voir pityriasis versicolor
Dermatoses mécaniques
Friction, cisaillement et pression répétée produisent un catalogue prévisible de lésions : ampoules, callosités, hématomes sous-unguéaux, talon noir (pseudochromhidrose : amas de sang sous cutané). Leur localisation est directement dictée par la zone de contact avec l’équipement ou le sol.
Aggravation de dermatoses préexistantes
L’acné, le psoriasis, la dermatite atopique et la rosacée sont potentiellement aggravées ou déclenchées par l’exercice physique – via la chaleur, la sudation, le port d’équipements occlusifs ou le stress mécanique.
Le running est le sport dont la dermatologie mécanique est la mieux documentée. La répétition du contact pied-sol et bras-latéral génère des lésions très prévisibles selon la localisation de friction.
Ampoules de friction
Elles touchent jusqu’à 64 % des randonneurs lors de longues épreuves. Sur les pieds, les localisations classiques sont le talon, le gros orteil et les zones de décollement latéral. Le mécanisme est un cisaillement mécanique au niveau du stratum spinosum qui crée une cavité remplie de liquide plasmatique. La peau humide augmente les forces de friction – d’où l’aggravation lors des courses pluvieuses ou de transpiration excessive.
Prévention : chaussettes en acrylique ou double couche (fine polyester + épaisse laine/polypropylène) – la laine de mérinos réduit significativement l’incidence. Application d’antiperspirant à base de chlorure d’aluminium (20 %) sur la plante pendant 3 jours consécutifs avant l’épreuve réduit les ampoules de 27 %. Vaseline sur les zones à risque pour limiter le cisaillement.
Traitement : ampoules < 5 mm → pansement en donut de protection. Ampoules > 5 mm → drainer à l’aiguille stérile sans décoiffer (le toit protège la peau sous-jacente), puis pansement hydrocolloïde.
Le « mamelon du coureur » (jogger’s nipple)
Fissuration et irritation douloureuse des mamelons par friction du tissu du maillot – fréquente chez les marathoniens, notamment par temps frais. Prévention : pansements adhésifs sur les mamelons avant la course, vaseline, éviter les textiles trop rugueux.
Talon noir (black heel / talon noir)
Pétéchies punctiformes noires sur le bord postérieur du talon, résultant de micro-hémorragies intra-épidermiques par cisaillement brutal. Son nom scientifique est pseudochromhidrose. Aspect parfois inquiétant mimant un mélanome. Le diagnostic est facile : le dermatologue voit une suffusion hématique au dermoscope, et en cas de doute gratte légèrement la surface – les points noirs disparaissent, à l’inverse d’un mélanome. Aucun traitement nécessaire.
Intertrigo des cuisses (running intertrigo)
Irritation rouge et douloureuse des faces internes de cuisses par frottement répété lors des longues sorties, aggravée par la transpiration. À distinguer d’une mycose de l’aine. Prévention : short de compression, vaseline ou crème barrière sur les faces internes de cuisses avant la course.
Ongle noir et hématome sous-unguéal
Traumatisme répété de l’ongle contre l’embout de la chaussure lors des descentes, fréquent chez les traileurs. Hémorragie sous-unguéale douloureuse et bleue-noire. Traitement : si douloureux et tendu, trépanation par perçage à l’aiguille ou au stylet thermique pour évacuer l’hématome. Chaussures avec 1 cm d’espace au-delà de l’orteil le plus long – voir mycose des ongles pour le diagnostic différentiel et surtout, à distinguer d’un mélanome unguéal : tache noire sur l’ongle.
Urticaire à l’effort (urticaire cholinergique)
Plaques rouge-rosées, prurigineuses, petites (1 à 3 mm), déclenchées par l’élévation de la température corporelle lors de l’effort. Parfois évoluant vers une anaphylaxie à l’effort. Voir notre article dédié : urticaire cholinergique.
La position assise prolongée sur une selle, le port du cuissard, et les chutes fréquentes définissent la dermatologie spécifique du cycliste.
Folliculite et furonculose du siège (selle folliculitis)
La friction répétée de la selle sur le périnée, les fesses et la face interne des cuisses, combinée à la macération du cuissard humide, crée un terrain idéal pour la folliculite à staphylocoque. Les pustules et nodules douloureux gênent considérablement la pratique. Prévention : cuissard de qualité avec peau synthétique antimicrobienne, poudre antifongique ou crème anti-friction avant la sortie, changement de cuissard immédiatement après l’effort, douche antiseptique. Traitement : antiseptiques locaux, antibiotiques si formes étendues.
Mycose de l’aine et intertrigo
La macération du pli inguinal dans le cuissard favorise la tinea cruris (dermatophytose de l’aine) et la candidose. Voir rougeurs de l’aine. Traitement antifongique local ; traiter simultanément le pied d’athlète souvent associé.
Acné de la selle (saddle acne)
Papules et pustules acnéiformes sur les fesses et le périnée, aggravées par l’occlusion, la chaleur et les composés chimiques de certains cuissards. Différente de la folliculite bactérienne par l’absence de germe prédominant – terrain séborrhéique + friction. Nettoyage doux, éviter les crèmes grasses occlusives. Voir boutons entre les fesses et boutons des fesses
Plaies de chute (road rash)
Les éraflures par asphalte ou gravier produisent des plaies contaminées par des débris exogènes. Nettoyage minutieux immédiat à l’eau et au savon, puis antiseptique. Les corps étrangers incrustés dans le derme peuvent tatouer définitivement la peau s’ils ne sont pas extraits rapidement – consultation dermatologique urgente si les plaies sont profondes ou contaminées.
Engelures et dermatoses du froid
Chez les cyclistes hivernaux : engelures des doigts, des orteils et des oreilles par vasoconstriction prolongée. Voir engelures
Mélanome et dommages actiniques
Le cycliste de route est exposé aux UV pendant des heures, sans ombre, avec des zones découvertes constantes (nuque, avant-bras, jambes). Le risque de mélanome et de carcinomes cutanés est significativement accru. SPF 50+ systématique, manchettes UV, casque avec visière.
Natation, triathlon et sports aquatiques
Dermatose du nageur au chlore
L’exposition prolongée à l’eau chlorée provoque une irritation et une sécheresse cutanée intense – le chlore dégraisse la peau et altère le film hydrolipidique. Eczéma de contact irritatif possible chez les sportifs sensibles. Douche immédiate après la séance avec savon doux, émollient quotidien. Voir comment lutter contre la peau sèche
Folliculite du jacuzzi et de la piscine ou de la combinaison néoprène (Pseudomonas aeruginosa)
Pustules sur le dos et le tronc, apparaissant 8 à 48 h après immersion dans une piscine ou un jacuzzi mal chloré. Épidémies possibles dans les groupes sportifs. Voir notre article sur la folliculite. Évolution spontanément favorable dans les formes légères.
Prurit du nageur (cercarial dermatitis)
Papules prurigineuses survenant après la baignade en eau douce (lacs, étangs), dues aux cercaires de schistosomes d’oiseaux qui pénètrent dans la peau mais ne complètent pas leur cycle chez l’homme. Papules érythémateuses 10 à 15 minutes après la sortie de l’eau. Traitement symptomatique : antihistaminiques, dermocorticoïdes locaux. Voir maladies du sable et de l’eau stagnante.
Otite externe du nageur
Infection bactérienne (souvent Pseudomonas ou staphylocoque) du conduit auditif externe favorisée par l’eau résiduelle et la macération. Douleur à la traction du pavillon, écoulement, prurit. Traitement : gouttes auriculaires antibiotiques ± antifongiques, séchage soigneux après chaque séance.
Alopécie aux UV chez les nageuses
Association chlore + UV provoquant des cheveux secs, cassants et décolorés (teinte verdâtre due aux ions cuivre dans l’eau). Bonnet de bain systématique, soins capillaires hydratants. Voir alopécie.
Intertrigo de la combinaison (triathlon)
Les triathlètes portent leur combinaison néoprène pendant la natation puis le vélo – macération prolongée favorisant l’intertrigo du cou, des aisselles et de l’aine. Vaseline ou crème barrière sur les zones à risque avant le départ.
Sports de contact : lutte, rugby, football, arts martiaux
C’est dans les sports de contact que la dermatologie infectieuse est la plus intense. La lutte concentre à elle seule 73,6 % des infections cutanées rapportées dans les sports aux États-Unis.
Herpès gladiatorum
L’herpès à HSV-1 constitue 40,5 % de toutes les infections cutanées chez les lutteurs universitaires. Transmission par contact cutané direct lors des corps à corps. Localisations préférentielles : visage (70 %), cou, haut du corps. Incubation 2 à 14 jours. Les lutteurs avec récidives fréquentes bénéficient d’une prophylaxie antivirale par valaciclovir – traitement à initier dès les prodromes (brûlure, picotement). Les compétiteurs avec lésion active doivent être exclus des compétitions jusqu’à croûtisation complète.
Impétigo de contact
L’impétigo à staphylocoque ou streptocoque se transmet par contact direct en sports de contact. Vésicules puis croûtes melicériques sur les zones de friction (visage, cou, avant-bras). Traitement antibiotique local ou systémique selon l’étendue. Exclusion du sportif jusqu’à 48 h de traitement efficace. Possibilité aussi de folliculite staphylococcique
Tinea corporis gladiatorum
Dermatophytose (teigne de la peau glabre) représentant 22 % des infections cutanées chez les lutteurs universitaires. Plaques érythémato-squameuses à bordure active, prurigineuses, se propageant par contact cutané direct sur le tapis. Jusqu’à 52 % des lutteurs lycéens développent une infection fongique par saison. Traitement antifongique local (kétoconazole, ciclopirox) ou oral (terbinafine) selon l’étendue – voir mycoses cutanées.
SARM communautaire (CA-MRSA)
Le staphylocoque doré résistant à la méticilline communautaire touche environ 6 % des athlètes lycéens et universitaires en colonisation. Les lésions présentent initialement comme un « furoncle » mais résistent aux antibiotiques de première intention. Microtraumatismes, rasage corporel et partage d’équipement sont les principaux vecteurs. Voir staphylocoque doré et furoncle.
Molluscum contagiosum
Papules ombiliquées perlées transmises par contact direct. Fréquent chez les lutteurs et judokas. Voir molluscum contagiosum. Traitement par cryothérapie ou curetage des lésions.
Acné chéloïdienne de la nuque (rugbyman, footballeur)
Papules et pustules folliculaires évoluant vers des cicatrices chéloïdiennes sur la nuque, favorisées par le port du casque et les cols frottants. Plus fréquente chez les hommes à phototype foncé. Voir acné chéloïdienne de la nuque.
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Le port prolongé d’équipements occlusifs (ceinture lombaire, bretelles de gilet lesté, sac à dos) crée des zones de friction et d’occlusion favorisant l’acné mécanique – papulopustules sur le dos, les épaules et le tronc, exacerbées par la chaleur et la transpiration. Chez les pratiquants de musculation, la supplémentation en whey protéine peut également aggraver l’acné en stimulant la voie IGF-1, indépendamment de l’occlusion mécanique. Traitement : douche antiseptique immédiate après l’entraînement, éviter les maillots trop serrés en synthétique, traitement anti-acné adapté – voir acné.
Callosités et cors des paumes
Épaississement épidermique protecteur aux points de prise sur la barre ou les anneaux. Indolores, ils peuvent se fissurer et saigner lors des entraînements intensifs. Parage régulier, crème émolliente à l’urée, protection par gants de musculation.
Dermatite de contact allergique aux équipements
Allergie au nickel des barbelés ou des clips de ceinture, au caoutchouc des sangles, au latex des gants. Plaques eczématiformes aux points de contact. Voir eczéma de contact et allergie au nickel.
Psoriasis et phénomène de Köbner
Le frottement répété des équipements sur une peau prédisposée peut déclencher des plaques de psoriasis sur les zones de traumatisme (phénomène de Köbner). La transpiration et le stress peuvent également aggraver la maladie.
Folliculite à Malassezia du dos
Petites pustules prurigineuses monotones sur le dos et les épaules, favorisées par la transpiration et les maillots synthétiques occlusifs. Souvent confondue avec une acné. Traitement antifongique – voir folliculite et mycoses cutanées.
Sports d’hiver : ski, snowboard, biathlon, hockey sur glace
Engelures (pernions)
Lésions inflammatoires rouges-violacées, prurigineuses et douloureuses sur les extrémités (doigts, orteils, oreilles, nez, joues) après exposition prolongée au froid humide. Distinctes des gelures – l’engelure survient à des températures au-dessus de zéro, en conditions humides. Traitement : réchauffement progressif, pas d’eau très chaude, nifédipine dans les formes sévères. Prévention : couches isolantes, gants et chaussettes imperméables.
Gelures
Nécrose des tissus par congélation au-delà de −0,55 °C dans les tissus. Stades : érythème (1er), vésicules (2e), nécrose (3e), gangrène (4e). Urgence médicale – réchauffement rapide en eau à 37–40 °C, traitement hospitalier au-delà du 2e degré. Prévention absolue par équipement adapté.
Acné médicamenteuse du biathlète
Le biathlon combine effort intense et hyperthermie aiguë avec retour au froid – alternance extrême stressante pour la peau. Les corticoïdes parfois utilisés hors AMM dans ce sport peuvent aggraver l’acné.
Dermatite de contact au masque et aux lunettes
Allergie au caoutchouc ou au polycarbonate des masques de ski et lunettes de snowboard : plaques eczématiformes en lunettes sur le visage. Voir eczéma de contact.
Coup de soleil et photodommages de montagne
La neige réfléchit jusqu’à 80 % des UV – le risque de coup de soleil est maximal en altitude, même par temps couvert. Les skieurs présentent des coups de soleil sévères sur le nez, les joues et les lèvres. Herpès labial déclenché par le rayonnement UV. SPF 50+ renouvelé toutes les 2 h, stick lèvres UV, masque intégral.
Urticaire au froid
Papules urticariennes déclenchées par le contact avec le froid (piste, vent, immersion dans l’eau froide). Test diagnostique : glaçon posé sur l’avant-bras pendant 5 minutes – urticaire localisé dans la minute suivant le réchauffement. Voir urticaire. Contre-indication à l’épilation laser (système de refroidissement intégré). Antihistaminiques avant l’exposition.
Traumatismes unguéaux du hockey sur glace
Hématomes sous-unguéaux répétés du gros orteil par compression dans le patin. Voir traitement hématome sous-unguéal (section running).
Tennis, padel, squash et sports de raquette
Callosités de la paume et des doigts
Épaississement localisé à la zone de contact avec le grip de la raquette. La localisation précise dépend de la prise en main. Parage régulier, crème à l’urée.
Ampoules chroniques de la main
Chez les joueurs réguliers, les ampoules évoluent vers des callosités – mais chez les débutants ou après une reprise, les vésicules douloureuses gênent la progression. Pansements hydrocolloïdes, grip adapté, bandage prophylactique.
Onychopathie mécanique (toenail bruising)
Hématomes sous-unguéaux répétés des 1er et 2e orteils par glissement du pied contre l’embout de la chaussure lors des arrêts brusques. Chaussures avec lace-up serré sur le médio-pied et espace libre au-delà de l’orteil.
Dermatite solaire chez les joueurs de plein air
Le padel et le tennis outdoor exposent bras, décolleté et nuque de façon répétée. Taches brunes actiniques, mélanome – photoprotection rigoureuse indispensable.
Verrues plantaires
Fréquentes chez les joueurs de squash utilisant des vestiaires collectifs. Voir verrues.
Randonnée, alpinisme et trail longue distance
Pied d’athlète (tinea pedis)
Infection dermatophytique du dernier espace inter-orteil, universelle chez les randonneurs portant des chaussures de marche. La macération prolongée est le facteur déclenchant. Démangeaisons, fissuration, squames blanchâtres. Traitement antifongique local – voir mycose des pieds. Prévention : chaussettes en laine de mérinos, poudre antifongique, séchage soigneux des espaces interorteils.
Dyshidrose (eczéma dysidrosique)
Vésicules prurigineuses sur les orteils et la plante des pieds, souvent associées ou déclenchées par une mycose sous-jacente. Voir dyshidrose.
Larva migrans cutanée (randonneurs tropicaux)
Cordons linéaires rampants, prurigineux, progressant de quelques centimètres par jour, dus aux larves d’ankylostomes animaux pénétrant dans la peau pieds nus sur les plages tropicales. Voir maladies du sable et de l’eau. Traitement : ivermectine orale dose unique.
Dermatite de contact aux plantes
Contact avec des plantes irritantes ou allergisantes (ortie, primevère, contact anaphylactique) lors des randonnées. Plaques eczématiformes linéaires caractéristiques du contact avec la végétation. Voir eczéma de contact.
Piqûres d’insectes et réaction cutanée
Guêpes, abeilles, taons, moustiques, tiques (avec risque de borréliose/maladie de Lyme). La piqûre de tique et son érythème migrant caractéristique méritent une consultation urgente. Voir piqûres d’insectes.
Photosensibilisation médicamenteuse en altitude
Certains antipaludéens, antibiotiques (doxycycline) ou AINS peuvent provoquer des éruptions sévères en altitude. L’intensité des UV augmente de 10 % par 1 000 m de dénivelé.
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Irritation chronique du menton, du torse et des genoux par friction répétée sur la planche. Papules érythémateuses et lichénification sur les zones de contact. Vaseline avant la session, choisir des planches avec revêtement moins abrasif.
Folliculite en combinaison
La combinaison humide portée plusieurs heures favorise la folliculite sur le torse, le dos et les fesses. Rinçage soigneux de la combinaison après chaque session, séchage complet avant réutilisation.
Dermatose du baigneur en eau de mer
Prurit du baigneur en eau salée (seabather’s eruption) dû aux larves de méduses piégées sous le maillot. Papules prurigineuses apparaissant quelques heures après la baignade, prédominant sous le maillot. Traitement : antihistaminiques, dermocorticoïdes. Voir maladies de la plage et de l’eau.
Granulome de la piscine (Mycobacterium marinum)
Nodule cutané chronique indolore sur la main ou le coude, survenant après contact avec des poissons ou des bassins contaminés. Evolue lentement sur des mois. Diagnostic par biopsie. Traitement antibiotique prolongé (clarithromycine, doxycycline).
Dermatite de contact au néoprène et au lycra
Allergie aux accélérateurs de vulcanisation du néoprène (thiurame, mercaptobenzothiazole) : plaques eczématiformes sur les zones de contact avec la combinaison. Voir eczéma de contact.
Mélanome et UV soleil + sable
Les sports de plage exposent à la réflexion UV sur le sable (25 %) et l’eau (5–10 %). Le risque de mélanome est multiplié chez les sportifs outdoor réguliers sans protection. SPF 50+ waterproof, renouvelé toutes les 2 h, vetements anti-UV.
Principes généraux de prévention dermatologique du sportif
Domaine
Mesures essentielles
Hygiène post-effort
Douche immédiate après l’activité – savon antiseptique si sports de contact – lavage des mains régulier
Équipements
Ne jamais partager serviettes, rasoirs, protège-tibias, casques, gants – lavage des uniformes après chaque usage
Textiles
Préférer les fibres respirantes (mérinos, polyester technique) au coton humide et occlusif – changer immédiatement le cuissard ou le maillot après l’effort
Friction et macération
Vaseline ou crème barrière sur les zones à risque – chaussettes adaptées – séchage soigneux des plis et espaces inter-orteils
UV
SPF 50+ waterproof renouvelé toutes les 2 h – vêtements anti-UV – éviter 12h–16h en été pour les sports outdoor
Signaux d’alarme
Consulter rapidement en cas de lésion qui s’étend, de fièvre associée, de non-amélioration après traitement antiseptique 10 jours, ou de toute lésion atypique chez un immunodéprimé
Le pied d’athlète est-il inévitable chez le sportif ?
Non, mais il est extrêmement fréquent dès lors qu’on fréquente des vestiaires collectifs, des piscines ou des plages. La prévention est efficace : port de sandales dans les douches communes, chaussettes en laine mérinos absorbant mieux l’humidité que le coton, séchage soigneux des espaces inter-orteils après la douche, et poudre antifongique dans les chaussures en cas de terrain récidivant. Un traitement antifongique dès les premiers signes (démangeaison, fissuration du dernier espace) évite l’extension. Voir mycose des pieds.
Mon acné s’aggrave depuis que j’ai commencé la musculation – pourquoi ?
Plusieurs mécanismes peuvent expliquer cela. La transpiration et l’occlusion des vêtements de sport créent un micro-environnement favorisant l’acné mécanique. La supplémentation en whey protéine stimule la voie IGF-1, qui augmente la séborrhée. Les anabolisants androgènes (légaux ou non) sont fortement acnéigènes. Douche antiseptique immédiate après l’entraînement, changement du maillot, révision de la supplémentation et consultation dermatologique si l’acné est sévère – voir acné.
Comment savoir si ma lésion cutanée m’interdit de concourir ?
Toute lésion suintante, prurigineuse ou vésiculeuse d’origine infectieuse (herpès, impétigo, teigne) impose une exclusion de compétition jusqu’à traitement efficace et guérison documentée. Un herpès actif non traité, même recouvert d’un pansement, ne permet pas la participation aux sports de contact. En cas de doute, consultez rapidement un dermatologue – une téléconsultation peut permettre un diagnostic en 24 h.
Peut-on faire du sport avec une dermatite atopique ou un psoriasis ?
Oui, dans la grande majorité des cas – le sport est même bénéfique sur le stress, qui aggrave ces deux maladies. Certaines précautions s’imposent : éviter l’exposition prolongée à l’eau chlorée (qui dessèche la peau), hydrater après chaque séance, choisir des textiles doux et respirants, et surveiller les zones de frottement. Un bilan avec votre dermatologue permet d’adapter le traitement local en période d’entraînement intensif.
Les rougeurs entre mes cuisses après la course sont-elles une mycose ?
Pas forcément. L’intertrigo mécanique de friction (running intertrigo) est très fréquent et se distingue de la mycose par l’absence de prurit intense, d’aspect circiné ou de squames. La mycose de l’aine présente des bords actifs surélevés, prurit marqué, et répond aux antifongiques. Si vous n’êtes pas sûr, consultez un dermatologue – voir rougeurs de l’aine.
Mis à jour le 4 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS)., Bordeaux. Télécharger un guide complet au format PDF :
Cicatrice chéloïde : causes, diagnostic et traitements combinés pour l’atténuer
Une cicatrice est la résultante d’un acte traumatique touchant la profondeur de la peau. Certaines cicatrices sont pathologiques : parmi celles-ci, les cicatrices en creux (cicatrices d’acné par exemple) et les cicatrices en relief – hypertrophiques ou chéloïdes. La chéloïde est une cicatrice inflammatoire chronique résultant d’une surproduction de collagène par des fibroblastes hyperactifs qui débordent au-delà des limites de la plaie originelle. Elle ne régresse pas spontanément, peut être douloureuse, prurigineuse, et constitue un vrai défi thérapeutique : aucun traitement ne garantit l’absence de récidive.
Télécharger un guide complet au format PDF :
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Mécanisme : pourquoi une cicatrice devient-elle chéloïde ?
La chéloïde résulte d’une réponse fibro-proliférative anormale et excessive lors de la cicatrisation. Lorsqu’une plaie se ferme, les fibroblastes du derme synthétisent du collagène pour réparer le tissu lésé. Dans la chéloïde, ce processus est dérégulé : les fibroblastes restent hyperactifs bien au-delà de la cicatrisation normale, produisant du collagène en excès dans le derme réticulaire – essentiellement du collagène de type I avec un rapport type I / type III augmenté – et envahissant les tissus sains adjacents.
Facteur moléculaire
Rôle dans la chéloïde
TGF-β (Transforming Growth Factor β)
Cytokine pro-fibrotique – surexprimée dans les chéloïdes – stimule la production de collagène et inhibe sa dégradation
IL-6, IL-8
Cytokines pro-inflammatoires augmentées – entretiennent l’inflammation chronique du derme réticulaire
Tension mécanique
La tension sur les bords de la plaie est un facteur majeur de déclenchement et d’entretien de l’hyperprolifération fibroblastique
Prédisposition génétique
Des mutations et polymorphismes nucléotidiques spécifiques ont été identifiés – caractère familial fréquent
Cicatrice chéloïde vs cicatrice hypertrophique : une distinction fondamentale
Ces deux types de cicatrices pathologiques en relief sont souvent confondus – leur distinction est pourtant essentielle car le pronostic et la stratégie thérapeutique diffèrent.
Critère
Cicatrice hypertrophique
Cicatrice chéloïde
Extension par rapport à la plaie
Reste dans les limites de la plaie originelle
Dépasse les limites de la plaie – envahit les tissus sains adjacents
Évolution spontanée
Régression possible avec le temps (amorce un aplanissement après plusieurs mois)
Pas de régression spontanée – s’étend progressivement sur des mois à des années
Durée pour établir le diagnostic
On parle de cicatrice hypertrophique entre 12 et 18 mois
Au-delà de 18 mois, une cicatrice épaissie est considérée comme chéloïde
Récidive après traitement
Moins fréquente
Élevée – la récidive est le problème majeur de la prise en charge
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Les personnes à peau noire, asiatique, métissée ou mate sont les plus concernées – les personnes à peau blanche peuvent développer des chéloïdes mais c’est plus rare
Prédisposition génétique et familiale
Les antécédents familiaux de chéloïdes multiplient le risque – caractère héréditaire documenté
Âge
Plus fréquentes chez l’adolescent et l’adulte jeune – rare avant 10 ans et après 60 ans
Localisations à haut risque
Lobe de l’oreille (piercing), épaules, région pré-sternale (thorax), deltoïde, nuque – zones sous haute tension mécanique ou soumises aux frottements
La chéloïde se présente comme une lésion épaisse, surélevée, boursoufflée, de couleur variable (rouge, rose, blanche ou brun foncé selon l’ancienneté et le phototype), débordant largement de la plaie initiale. Sa taille peut aller de quelques millimètres à plusieurs centimètres. Elle peut évoluer et s’étendre pendant des mois, voire des années.
Symptôme fonctionnel
Fréquence / caractéristique
Prurit (démangeaisons)
Très fréquent – souvent le symptôme le plus gênant – peut être intense et permanent
Douleur
Fréquente – surtout lors des frottements ou traumatismes sur la zone
Sensation de brûlure ou tiraillement
Possible, notamment en phase active d’extension
Retentissement psychologique
Significatif – surtout sur les zones exposées (cou, oreilles, visage) – impact sur la qualité de vie documenté
Soigner les chéloïdes : les traitements combinés
La règle d’or du traitement des chéloïdes est la combinaison de plusieurs approches – aucun traitement isolé n’offre des résultats durables. La récidive est fréquente (52 à 75 % avec cryothérapie seule, taux élevés avec chirurgie seule), ce qui impose une surveillance à long terme après tout traitement.
Injections intra-lésionnelles de corticoïdes – traitement de référence
Les injections de corticoïdes à retard (triamcinolone acétonide, Kenacort®) directement dans la chéloïde constituent le traitement de première intention, selon la revue systématique basée sur les preuves la plus récente. Une crème anesthésiante est appliquée avant la séance car l’injection est douloureuse. Les séances sont espacées d’environ 4 à 6 semaines.
Paramètre
Détail
Mécanisme
Réduction de l’inflammation chronique – inhibition de la prolifération des fibroblastes – diminution de la production de collagène
Résultat attendu
Aplatissement progressif – réduction du volume – amélioration du prurit et des douleurs
Nombre de séances
Plusieurs séances nécessaires, espacées d’environ 4 à 6 semaines
Limite
Inefficace sur les chéloïdes très volumineuses – risque d’atrophie cutanée et de télangiectasies si dose excessive
La compression permanente de la cicatrice réduit l’apport en oxygène aux fibroblastes hyperactifs, diminue leur prolifération et exerce une régularisation vasculaire. Les feuilles ou gels de silicone sont validés comme traitement de première ligne par la littérature internationale.
Support de compression
Indication / Détail
Feuilles de gel de silicone
Traitement de 1re ligne – occlusif et auto-adhésif – à porter en continu – action anti-inflammatoire et hydratante – 6 mois minimum
Vêtements compressifs élastiques
Pour les grandes surfaces (épaules, thorax) – port continu pendant 6 mois environ
Clips et pansements silicone sur les lobes d’oreilles
Spécifiques pour les chéloïdes de l’oreille (après piercing) – port 24h/24 difficile socialement
Cryothérapie
La cryothérapie consiste à injecter de l’azote liquide dans la chéloïde via une aiguille (cryothérapie intra-chéloïdienne), pour détruire les cellules de collagène excédentaires par le froid. Une seule séance peut réduire le volume de plus de 50 %, avec des effets bénéfiques sur la souplesse, la couleur, la douleur et les démangeaisons. Elle est surtout indiquée pour les petites chéloïdes. Utilisée seule, le taux de récidive reste élevé (52 à 75 %) – son association aux injections de corticoïdes est préférable.
Traitements laser
Plusieurs types de laser sont utilisés selon l’objectif :
Type de laser
Mécanisme
Indication préférentielle
Laser à colorant pulsé (LCP)
Cible la composante vasculaire – réduit la rougeur et l’érythème
Remodelage du collagène – aplanissement de la surface – création de micro-canaux permettant la pénétration des dermocorticoïdes (DALC)
Chéloïdes de volume modéré – combiné aux injections de corticoïdes
Laser Erbium:YAG
Améliore la souplesse – réorganisation des fibres de collagène en parallèle (bénéfice histologique démontré)
Phototypes II-V – alternative au CO2
Traitements injectables alternatifs
Agent
Mécanisme
Remarque
5-fluorouracile (5-FU)
Antimitotique – inhibe la prolifération des fibroblastes
Souvent associé à la triamcinolone (dilution 9:1) pour une efficacité synergique – résultats variables
Bléomycine
Cytotoxique – inhibe la prolifération cellulaire
Résultats documentés mais effets indésirables possibles
Vérapamil
Inhibiteur calcique – réduit la synthèse de collagène
Option alternative – résultats mixtes dans la littérature
Traitement chirurgical
La chirurgie seule est déconseillée pour les chéloïdes – le risque de récidive est très élevé et la nouvelle cicatrice peut être plus importante que la chéloïde initiale. Elle est réservée aux cicatrices volumineuses, et toujours associée à un traitement adjuvant pour prévenir la récidive.
Technique
Principe
Traitement adjuvant indispensable
Exérèse chirurgicale partielle
Ablation de la partie centrale sans toucher aux tissus sains périphériques – minimise l’extension
Injections de corticoïdes pré et post-opératoires + compression silicone
Chirurgie + radiothérapie
Option pour les chéloïdes réfractaires – irradiation immédiate en post-opératoire
Option efficace pour les lésions résistantes – résultats documentés dans la littérature
Prévention chez les personnes à risque
Pour les personnes à antécédent de chéloïde ou à phototype à risque, la prévention est aussi importante que le traitement. Elle doit commencer dès la fermeture de la plaie.
Mesure préventive
Détail pratique
Feuilles de silicone dès la cicatrisation
Application dès que la plaie est fermée – port continu pendant 6 mois minimum – réduit le risque de formation chéloïde et de récidive après traitement
Protection solaire stricte
Éviter l’exposition solaire de la cicatrice pendant 1 an minimum – le soleil aggrave la dyschromie et peut stimuler l’activité fibroblastique
Réduction de la tension mécanique
Pansements de décharge, sutures éversantes, lignes d’incision parallèles aux lignes de tension cutanée – surtout pour les cicatrices chirurgicales
Massage de cicatrice
Massage quotidien de la cicatrice (dès la cicatrisation complète) pour assouplir les fibres de collagène
Éviter les piercings et tatouages
En cas d’antécédent de chéloïde – surtout sur les lobes d’oreille et la région sternale
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Questions fréquentes
Quelle est la différence entre une cicatrice chéloïde et une cicatrice hypertrophique ?
Les deux sont des cicatrices en relief résultant d’une surproduction de collagène, mais elles se distinguent par leur comportement. La cicatrice hypertrophique reste dans les limites de la plaie et peut régresser spontanément après plusieurs mois. La chéloïde déborde largement au-delà de la plaie originelle, ne régresse jamais spontanément et continue de s’étendre. En pratique, une cicatrice épaissie qui persiste au-delà de 18 mois est considérée comme chéloïde.
Peut-on opérer une chéloïde ?
Oui, mais jamais seule. L’exérèse chirurgicale isolée d’une chéloïde est déconseillée car le taux de récidive est très élevé – la nouvelle cicatrice peut même être plus volumineuse que la chéloïde initiale. La chirurgie est réservée aux lésions volumineuses et doit toujours être associée à un traitement adjuvant pour prévenir la récidive : injections de corticoïdes en pré et post-opératoire, compression par silicone, et parfois radiothérapie immédiate en post-opératoire pour les formes réfractaires.
Combien de séances d’injections de cortisone sont-elles nécessaires ?
La prise en charge est longue et prend du temps. En général, plusieurs séances d’injections intra-lésionnelles de triamcinolone (Kenacort®) sont nécessaires, espacées de 4 à 6 semaines. Le nombre varie selon la taille et l’ancienneté de la chéloïde, et selon la réponse individuelle. L’amélioration est progressive – aplatissement, réduction du prurit et des douleurs. Sur les chéloïdes très volumineuses, les injections seules risquent d’être insuffisantes et une combinaison avec cryothérapie, laser ou chirurgie est souvent nécessaire.
Les personnes à peau noire peuvent-elles bénéficier d’un traitement laser ?
Avec précautions. Les lasers ablatifs (CO2, Erbium) présentent un risque élevé de dyschromie (dépigmentation ou hyperpigmentation) sur les phototypes V et VI (peaux noires et très mates) – leur utilisation est généralement contre-indiquée ou nécessite une extrême prudence dans ces cas. Les lasers vasculaires (laser à colorant pulsé) sont mieux tolérés sur les phototypes clairs à intermédiaires. Pour les phototypes foncés, les injections intra-lésionnelles de corticoïdes et la cryothérapie restent les options les plus sûres, à discuter avec le dermatologue.
Peut-on prévenir une chéloïde après une chirurgie ?
Oui, surtout chez les personnes à risque (antécédent de chéloïde, phototype foncé). La prévention doit commencer dès la fermeture de la plaie : application de feuilles de gel de silicone en continu pendant au moins 6 mois, protection solaire stricte de la cicatrice pendant 1 an, et massage quotidien dès cicatrisation complète. L’anticipation de la tension mécanique lors de la fermeture chirurgicale (sutures éversantes, orientation des incisions) réduit également le risque.
Mis à jour le 1er avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS)., Bordeaux.
Laser et cicatrice Dermatologue effectuant du laser
Le laser est une machine émettant un faisceau de photons de même longueur d’onde
On peut utiliser plusieurs lasers pour atténuer les cicatrices
Ils ont fait l’objet de quelques publications. Leur maniement nécessite des précautions et un opérateur entraîné. Télécharger un guide complet au format PDF :
On utilise principalement deux types de lasers
Lasers non ablatifs
Il s’agit de lasers qui ne carbonisent pas la peau pour en enlever des couches
Laser vasculaire
On peut utiliser le laser vasculaire (visant les vaisseaux), notamment dans les cicatrices encore rouges c’est à dire assez récentes. Les cicatrices anciennes, blanches, sont plus difficiles à traiter.
Parmi les lasers vasculaires, le laser à colorant pulsé permet parfois une amélioration de l’aspect, de la texture, et de la rougeur des cicatrice
Laser excimer
Le laser excimer aurait quant à lui plus d’effet sur les cicatrices blanches
Laser pigmentaire
Il a un intéret en cas de cicatrice ayant bruni au soleil (pigmentation post inflammatoire)
Lasers ablatifs
Ce sont des lasers carbonisant les couches superficielles de la peau afin de les exfolier
Le mode de fonctionnement de ces lasers est d’exfolier les couches superficielles de la peau afin de les lisser et de stimuler la régénérescence des fibres profondes.
Ils présentent un risque de taches brunes réactionnelles particulièrement sur les peaux mates.
Autres types de « lasers »
Lumière Pulsée Intense (IPL)
La lumière intense pulsée n’est pas à proprement parler un laser, mais une lampe flash sur laquelle on applique des filtres
La lumière intense pulsée aiderait à restructurer les fibres collagènes au fil des séances.
Radiofréquence
La radiofréquence, fréquemment utilisée dans le traitement de la cellulite augmenterait la production de collagène par effet thermique.
Lasers fractionnels
Les lasers fractionnels dispensent leur faisceau laser de manière fractionnée
Ils peuvent être ablatifs et non ablatifs.
Les laser non ablatifs et fractionnels semblent diminuer l’importance des cicatrices.
Autres traitements des cicatrices
il existe de nombreuses autres techniques de soin des cicatrices Télécharger un guide complet au format PDF :