STUCCO KERATOSE : les stucco keratoses ou « verrues » des chevilles

Stucco kératose : petites croûtes blanches de la cheville

Les stucco kératoses sont des tumeurs cutanées bénignes très fréquentes chez la personne âgée — petites papules blanches ou grises, sèches, situées principalement sur les chevilles, les jambes et les pieds. Asymptomatiques et sans risque de transformation maligne, elles peuvent néanmoins être traitées pour des raisons esthétiques.

Doute sur une lésion cutanée ou demande de traitement ?
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Sommaire :
Symptômes |
Diagnostic différentiel |
Causes |
Traitement |
Questions fréquentes

Symptômes et présentation

Stucco kératoses — petites croûtes blanches sur la cheville

La stucco kératose se présente comme de petites papules blanches à gris-blanc, à surface sèche, verruqueuse et friable — elles s’enlèvent facilement au grattage, laissant une peau saine en dessous, sans saignement. C’est l’un des signes cliniques les plus évocateurs.

Localisation caractéristique : faces d’extension des membres inférieurs — chevilles, dos des pieds, jambes. Possible sur les mains et avant-bras. Exceptionnelle sur les paumes et les muqueuses.

Épidémiologie : quasi exclusivement chez les adultes caucasiens, prédominance masculine, prévalence pouvant atteindre 10 % chez les 65–75 ans dans les populations à fort ensoleillement (Australie). Décrite pour la première fois chez des sujets âgés australiens.

Les lésions sont indolores et asymptomatiques — découvertes souvent fortuitement ou signalées pour leur aspect inesthétique.

Diagnostic différentiel

La stucco kératose est bénigne mais doit être distinguée de lésions d’aspect proche :

Lésion Points communs Différences clés
Kératose séborrhéique Papule kératosique bénigne, personne âgée Aspect « collé sur la peau », couleur brun-jaune, toutes localisations
Verrue vulgaire Surface verruqueuse, membres Points noirs (thromboses capillaires) à la dermoscopie, douleur à la pression, origine virale (HPV)
Carcinome basocellulaire superficiel Lésion blanchâtre ou rosée sur membre Bords perlés, télangiectasies, ne s’enlève pas au grattage — biopsie si doute
Lichen amyloïde Papules prurigineuses membres inférieurs Prurit intense, aspect brunâtre, dépôts d’amyloïde à la biopsie

Signe clinique pathognomonique : la stucco kératose se détache proprement au grattage avec un ongle, sans saignement ni douleur — ce signe simple permet souvent d’éviter la biopsie. En cas de doute (lésion pigmentée, non friable, bords irréguliers), une biopsie cutanée est indiquée.

Causes

L’étiologie reste partiellement connue. Deux facteurs sont évoqués :

Exposition solaire cumulée : les lésions prédominent sur les zones photoexposées chez des sujets âgés — ce qui suggère un rôle des UV dans leur développement, par analogie avec la kératose séborrhéique. La prévalence élevée dans les populations à fort ensoleillement renforce cette hypothèse.

Papillomavirus humains (HPV) : certains types d’HPV ont été détectés dans les lésions de stucco kératose, mais leur rôle causal reste incertain — ils pourraient être des passagers innocents plutôt que des agents étiologiques. La stucco kératose n’est pas considérée comme une lésion transmissible.

Traitement

Le traitement n’est pas toujours nécessaire — les stucco kératoses sont bénignes et asymptomatiques. Il est proposé à la demande du patient pour des raisons esthétiques. Il n’existe pas de traitement validé par essais cliniques randomisés.

Traitement Mécanisme Remarques
Curetage Ablation mécanique directe Simple, rapide, efficace sur les lésions isolées
Cryothérapie (azote liquide) Destruction par congélation Option courante en cabinet — quelques secondes par lésion
Électrocoagulation + curetage Destruction thermique puis ablation Adapté aux lésions multiples ou résistantes
Kératolytiques topiques (urée, acide salicylique, acide lactique) Ramollissement et desquamation de la couche cornée Traitement de fond pour les formes diffuses — application quotidienne
Émollients Hydratation cutanée Amélioration de l’aspect général — non curatif mais utile en association
Acide rétinoïque topique Accélération du renouvellement cellulaire Utilisé avec succès dans certains cas — irritant, à introduire progressivement

La prévention des récidives passe par une hydratation cutanée régulière des membres inférieurs et une protection solaire — en cohérence avec le rôle supposé des UV dans leur formation.

Questions fréquentes

La stucco kératose peut-elle devenir cancéreuse ?

Non — c’est une lésion strictement bénigne sans potentiel de transformation maligne documenté. Elle ne nécessite pas de surveillance particulière une fois le diagnostic confirmé. En revanche, si une lésion change d’aspect (pigmentation, induration, bords irréguliers, saignement), une consultation dermatologique s’impose pour éliminer une autre pathologie.

Comment distinguer une stucco kératose d’une verrue ?

Le test du grattage est utile : la stucco kératose se détache proprement sans douleur ni saignement. La verrue est adhérente, douloureuse à la pression latérale, et présente des points noirs (thromboses capillaires) visibles à la dermoscopie ou après grattage léger. La localisation aide aussi : les verrues touchent tous les âges, toutes les zones y compris les paumes et les plantes, et sont contagieuses.

Faut-il traiter les stucco kératoses ?

Uniquement si elles gênent ou posent un problème esthétique — elles sont asymptomatiques et bénignes. Le curetage ou la cryothérapie en cabinet sont des options rapides et efficaces. Pour les formes diffuses sur les membres inférieurs, un traitement kératolytique quotidien (crème à l’urée 20–30 %) réduit leur nombre et leur aspect.

Les stucco kératoses sont-elles contagieuses ?

Non — malgré la détection occasionnelle d’HPV dans certaines lésions, les stucco kératoses ne sont pas considérées comme transmissibles et ne nécessitent aucune précaution particulière de contact.

Voir aussi :
Kératose séborrhéique |
Verrues |
Carcinome basocellulaire


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PLUSIEURS LIPOMES SUR LE CORPS : la lipomatose

Plusieurs lipomes sur le corps : lipomatose

Les lipomatoses sont des maladies dans lesquelles sont présents plusieurs lipomes sur le corps.

On distingue les lipomes encapsulés (lipomatose multiple familiale) résultant d’une prolifération de ces cellules, et les lipomes non encapsulés (maladie de Launois-Bensaude, de Dercum…) liés à un gigantisme des cellules adipeuses.

Lipomes encapsulés : la lipomatose multiple familiale

Maladie héréditaire de transmission généralement autosomique dominant avec pénétrance variable.
Les lipomes, généralement moins de 5 cms, apparaissent habituellement vers 20 à 30 ans chez un homme et sont généralement grossièrement symétriques sur les bras et avant bras, les cuisses… Ils sont généralement faciles à enlever car encapsulés.

Lipomes non encapsulés

Maladie de Launois Bensaude

La lipomatose de Launois-Bensaude se caractérise par l’apparition de lipomes souvent symétriques prédominant autour du cou, de la nuque et du haut du dos chez l’homme le plus souvent donnant parfois un aspect en « bosse de bison » au niveau de la nuque

L’alcool jouerait un rôle dans le déclenchement des lésions

Leur nature non encapsulée fait que l’exérèse est compliquée, on lui préfère donc souvent la liposuccion

Lipomatose douloureuse de Dercum

Rare, touchant plutot la femme obèse de 50 ans. Infiltration lipomateuse en plaques mal limitées, douloureuses, spontanément ou à la pression
sur le ventre, le dos, la racine des cuisses et des bras.

LIPOME : lipome du bras et de l’avant bras, du cou, du dos, de la cuisse, du front…

Lipome

Un lipome est une « boule de graisse » sous la peau, formant une voussure souvent molle et parfois sensible. Le traitement classique du lipome est son ablation chirurgicale sous anesthésie locale.

Lipome

Qu’est-ce que c’est?

Le lipome est composé de cellules graisseuses de la peau en plus grand nombre (lipomes encapsulés). Ils forment des boules sous la peau

Causes

La cause précise du lipome reste mal connue. Le lipome apparait le plus souvent à l’âge adulte, sans prédilection de race, ni de sexe.

Symptomes

Le lipome forme une boule enchassée profondément dans la peau le plus souvent de 2 à 20 cms, mobile par rapport aux plans profonds et à la peau qui le recouvre, molle.

Il est généralement bien limité et de consistance molle, situé juste sous la peau, lui donnant une voussure nette en pente douce. Le lipome peut parfois devenir sensible voire douloureux par période mais ce phénomène est assez rare.
Les lipomes sont fréquents sur le cou, la nuque, le haut du dos, les avant bras, les fesses, les cuisses…

Son diagnostic nécessite une consultation médicale. Le médecin prescrira parfois une échographie afin d’affirmer le diagnostic de cette boule sous la peau.

Formes particulières de lipomes

L. lombosacré médian

L. apparaissant dans l’enfance ou l’adolescence dans le bas du dos.
Ce lipome peut être un indicateur de la dysraphie spinale et être accompagné d’un angiome plan, d’une fistule lombaire, d’une déviation du sillon interfessier…

Ainsi le médecin prescrit non seulement une échographie mais une IRM pour chercher la dysraphie medullo spinale.

L. sous-aponévrotique du front

Fréquent chez l’homme à partir de 40 ou 50 ans.
L. arrondi ou ovalaire assez ferme, bien mobile par rapport à la peau de mais assez peu mobile par rapport à l’os.
Il n’est pas facile à enlever car il est situé sous le muscle frontal qu’il faut inciser

Angiolipome

L’angiolipome est plus fréquent chez l’adulte jeune surtout sur les bras et jambes, souvent de petite taille (< 2 cm), parfois regroupé avec d’autres angiolipomes dans la même zone

La caractéristique de l’angiolipome est qu’il peut être douloureux lorsqu’on appuie dessus et parfois il a une coloration bleutée (angio signifie qu’il contient des vaisseaux sanguins)

Hibernome

L. particulier formé à partir de la graisse du foetus, de couleur marron comme la graisse des animaux hivernant, d’où son nom, siégeant sur le cou, la nuque, le haut du dos…

L. périsudoral

L. contenant des glandes sudorales eccrines, siégant le plus souvent à la racine de la cuisse ou sur la fesse

Traitement : enlever un lipome

L’exérèse n’est pas obligatoire. C’est une affaire de choix personnel s’il existe des douleurs notamment, ou en cas de gêne esthétique. Elle se pratique le plus souvent sous anesthésie locale : on incise sur toute la longueur du lipome et on en réalise la dissection et l’extraction. La cicatrice est donc d’une taille proche de celle du lipome, ce qui n’est pas négligeable. Qui plus est, dans certaines zones comme le dos, les cicatrices sont souvent plus larges. Enfin, il existe toujours un petit risque de récidive en cas d’exérèse incomplète.

Elle est pratiquée le plus souvent par un dermatologue ou un chirurgien (en cas de lipome de grande taille)

La lipoaspiration ou liposuccion peut être utilisée dans les lipomes de grande taille

Plusieurs lipomes

En cas de lésions multiples sur le corps, il faut chercher une lipomatose

 

GRAIN DE BEAUTE DU BEBE ET DE L’ENFANT : points de beauté de l’enfance

Grains de beauté du bébé et de l’enfant

Petit naevus congenital
Petit naevus congenital

Toute tache brune du bébé ou de l’enfant doit etre prise en considération et être montrée à un médecin. Ce dernier évaluera alors la nature de cette tache et pourra demander un avis spécialisé si nécessaire.

Mon enfant a des grains de beauté

Les grains de beauté du bébé de 0 à 3 ans peuvent être

Congénitaux

présents à la naissance ou apparaissant dans les premiers mois de la vie, il s’agit souvent de taches marron clair sur la peau du nouveau né, plus ou moins pileuses, qui ensuite grandissent proportionnellement à l’étirement de la peau lors de la croissance de l’enfant et se modifient en couleur (ils peuvent foncer ou s’éclaircir) et en pilosité (cette dernière a souvent tendance à augmenter).

Naevus congénital de la jambe
Naevus congénital de la jambe

voir l’article sur les naevi congenitaux

Acquis

la prime enfance est souvent une période d’apparition des premiers grains de beauté acquis (les grains de beauté « courants ») et d’autres naevi : naevus de Spitz, naevus spilus… que seul un spécialiste peut distinguer des naevi pigmentaires acquis.

Il est donc important de montrer les taches pigmentaires de ses enfants aux médecins car ces derniers peuvent nécessiter une surveillance régulière, voire une ablation.

De même, d’autres taches brunes peuvent apparaitre dans la tendre enfance et ne pas être des grains de beauté (taches « café au lait » par exemple).

La encore, seul un spécialiste pourra les distinguer des naevi pigmentaires et donner la conduite à tenir aux parents (simple surveillance, ablation, réalisation d’examens complémentaires… )

Quoi qu’il en soit, la présence de grains de beautés chez l’enfant doit faire redoubler les précautions vis a vis du soleil (voir comment protéger les enfants du soleil)

Une mention spéciale à deux grains de beautés qui doivent être enlevés après 12 ans, les naevi de Reed et de Spitz (voir l’article sur les grains de beauté)

 

SYRINGOMES : se débarrrasser des syringomes des paupières

Syringomes

Les syringomes sont des tumeurs annexielles fréquentes issues du canal eccrine et seraient des hyperplasies réactionnelles (plus que des tumeurs) issues de la portion intra-épidermique du canal eccrine.

Symptomes

Ils ont la forme de petites élevures jaunes ou couleur chair de 1 à 3 mm, souvent multiples et symétriques (sur chaque paupiere)

Ils surviennent souvent à partir de l’adolescence

Ils sont plus fréquents chez les femmes (9 cas sur 10) que les hommes.

Diagnostic

Ils sont fréquents sur les paupières (8 cas/10), mais ils peuvent concerner aussi la vulve, le cuir chevelu ou les aisselles.

Causes

Il existe des formes isolées et localisées (les plus fréquentes car elles concernent 90% des cas), familiales, et associées à la Trisomie 21.

Traitement : les enlever

Le traitement n’est pas obligatoire et il comporte un risque de cicatrices. Il est donc d’ordre esthétique compte tenu du caractère bénin, non évolutif et asymptomatique des syringomes.

Aucun traitement n’a prouvé une efficacité pérenne et sans risque de cicatrices mais celui qui semble le mieux toléré et ayant le moins de risque cicatriciel semble être le laser CO2.

laser CO2

Le traitement consiste à vaporiser les syringomes au laser CO2 avec un risque de rougeurs et de cicatrices blanches ou brunes

chirurgie

elle consiste à enlever les syringomes un a un au bistouri

peeling

elle consiste à appliquer de l’acide trichloracétique, il est souvent associé au laser, voir la fiche peeling

électro-dissection

elle consiste à carboniser les syringomes au bistouri électrique

 

BOULE BLANCHE SUR LES BOURSES : j’ai une ou plusieurs boules sur les testicules

Le kyste du scrotum : une boule blanche sur les bourses (testicules)

En cas de boules blanches sur les bourses : consultez un médecin

La consultation du médecin est indispensable afin d’obtenir un diagnostic précis.

Le médecin envisagera les différents diagnostics en cas de boules blanches sur les testicules (condylomes, tumeur maligne… )

Le médecin va porter un diagnostic de kyste devant certains signes

Qu’est-ce qu’un kyste des bourses ou testicules ?

Le kyste est constitué d’une poche ou enveloppe, souvent très bien délimitée, tapissée sur sa face interne d’un épithélium, et contenant du sébum, blanc et pâteux.

Reconnaitre un kyste des bourses

Le kyste se présente sous la forme d’une boule bien arrondie, de taille variant de quelques millimètres à plusieurs centimètres, de consistance le plus souvent souple ou un peu ferme, mais pas dure, mobile par rapport aux plans profonds.

La peau au dessus du kyste des bourses ou testicules est blanche (on voit la coque en transparence sous la peau)

Comment se débarrasser de kystes des bourses

Tout dépend de la taille des kystes des testicules

Kyste de petite taille : Vidage puis ablation de la poche

Le médecin incise sous anesthésie locale la peau sur une petite longueur et la poche du kyste qu’il vide. Il procède ensuite à l’extraction de la poche kystique par traction avec des pinces

Kyste de grande taille : exérèse-fuseau

Cette technique permet de compenser l’espace mort du à l’ablation du kyste, donnant une dépression de la zone cicatricielle. La réalisation d’un fuseau permet de suturer des berges et de réduire le trou post ablation.

Le médecin enlève donc un morceau de peau ayant la forme d’un fuseau (ou d’une amande à bouts effilés) sous anesthésie locale et il va disséquer le kyste comme pour l’énucléation. Il recoud ensuite le plan profond puis la peau

 

KYSTE : le kyste sébacé

Kyste sébacé

Cet article en vidéo :


Un kyste sébacé est une « boule sous la peau » constituée de sébum et résultant souvent d’un bouton ou d’un point noir qui a continué à excréter du sébum dans la glande sébacées située sous la peau. Il en résulte une grosse poche dure de sébum, entouré d’une coque qu’il faut enlever car elle produit le sébum. Ainsi son traitement est le plus souvent une ablation complète avec la poche sous anesthésie locale afin de limiter le risque de récidive. Il peut s’enflammer et donner un kyste inflammatoire, rouge, chaud et douloureux, proche d’un abces.

Kyste sébacé

Le kyste est une tumeur bénigne très fréquente de la peau.

Qu’est-ce c’est ?

Le kyste est constitué d’une poche ou enveloppe, souvent très bien délimitée, tapissée sur sa face interne d’un épithélium, et contenant une substance variable suivant son origine :

contenu fluide

dans les formations d’origine sudorale par exemple

contenu pâteux

accumulation de produits cellulaires et de sébum, dans les kystes épidermoïdes (sébacé) et trichilemmaux par exemple.

Le reconnaitre

Il se présente sous la forme d’une boule bien arrondie, de taille variant de quelques millimètres à plusieurs centimètres, de consistance le plus souvent souple ou un peu ferme, mais pas dure, mobile par rapport aux plans profonds.

La peau au dessus de la boule est souvent de couleur normale, mais elle peut être claire quand le kyste est superficiel (on voit la coque en transparence sous la peau) ou rouge si le kyste est inflammatoire

Parfois, on peut voir le petit pore de l’orifice folliculaire, se présentant souvent sous la forme d’un point noir sur le dessus du kyste, signant souvent le diagnostic.

Le diagnostic peut être difficile avec un cancer, un ganglion, un lipome (souvent plus mou)… voir l’article consacré aux boules sous la peau. Il faut donc consulter un médecin pour avoir le diagnostic

En cas de doute, le médecin demande souvent une échographie voire une radio ou une IRM

Evolution

Lorsqu’il est de petite taille, il peut parfois régresser spontanément. Cependant, lorsque le kyste atteint environ un centimètre de diamètre, la régression spontanée devient rare. Il est donc souvent décidé de l’enlever, d’autant qu’il peut devenir gênant sur les zones d’appui, ou douloureux lors d’épisodes inflammatoires (par fissuration de la poche, ou surinfection). Ces épisodes inflammatoires peuvent donner un abcès.

S’en débarrasser

Tout dépend de l’état du kyste :

Soit il est indolore et il n’est pas rouge

on peut l’enlever au cabinet du dermatologue le plus souvent

Voir l’article enlever un kyste

Soit il est rouge et douloureux

= inflammatoire par fissuration de la poche ou infection et il y a plusieurs options

Voir l’article soigner un kyste inflammatoire

En savoir plus

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ENLEVER UN KYSTE : se débarrasser d’un kyste

Comment se débarrasser d’un kyste

Le kyste épidermoide ou sébacé est une tumeur bénigne très fréquente de la peau, constitué d’une poche ou enveloppe, souvent très bien délimitée, tapissée sur sa face interne d’un épithélium, et contenant du sébum (substance blanche et ayant une odeur caractéristique)

Evolution du kyste

Le kyste cutané de petite taille peut parfois régresser spontanément. Cependant, lorsque le kyste atteint environ un centimètre de diamètre, la régression spontanée devient rare. Il est donc souvent décidé de l’enlever, d’autant que le kyste peut devenir gênant sur les zones d’appui, ou douloureux lors d’épisodes inflammatoires (par fissuration de la poche, ou surinfection). Ces épisodes inflammatoires peuvent donner un abcès.

Se débarrasser d’un kyste

Tout dépend de l’état du kyste :

S’il est inflammatoire (rouge et douloureux),

Le kyste est inflammatoire, souvent surinfecté et abcédé

Voir soigner un kyste inflammatoire

Soit il est indolore et il n’est pas rouge

Le médecin peut alors enlever le kyste par chirurgie sous anesthésie locale, en ambulatoire, si le kyste n’est pas trop gros, situé dans une zone facile à recoudre et s’il n’existe pas d’antécédents de problèmes allergiques majeurs, de traitement limitant la coagulation, de troubles cardio-vasculaires, ou de pacemaker ou de défibrillateur implanté.

Sinon, il est possible que l’ablation du kyste soit réalisée au bloc opératoire.

Cette ablation du kyste peut être réalisée de deux façons :

Kyste de petite taille

Enucléation

Le médecin anesthésie le kyste et réalise une incision dans le sens des lignes de tension de la peau et il va disséquer pour énucléer la poche en essayant de ne pas la rompre et il l’envoie en analyse au laboratoire d’anatomopathologie. L’incision cicatrise avec des strips posés en travers

Vidage puis ablation de la poche

Le médecin incise sous anesthésie locale la peau sur une petite longueur et la poche du kyste qu’il vide. Il procède ensuite à l’extraction de la poche kystique par traction avec des pinces

Kyste de grande taille : exérèse-fuseau

Cette technique permet de compenser l’espace mort du à l’ablation du kyste, donnant une dépression de la zone cicatricielle. La réalisation d’un fuseau permet de suturer des berges et de réduire le trou post ablation.

Le médecin enlève donc un morceau de peau ayant la forme d’un fuseau (ou d’une amande à bouts effilés) sous anesthésie locale et il va disséquer le kyste comme pour l’énucléation. Il recoud ensuite le plan profond puis la peau

Enlever un kyste au laser

Voir l’article enlever un kyste au laser

 

SOIGNER UN KYSTE INFECTE : le kyste enflammé et infecté



Kyste infecté (kyste épidermoïde) : prise en charge et traitements

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Le kyste épidermoïde — improprement appelé kyste sébacé — est l’une des tumeurs bénignes de la peau les plus courantes. Il est constitué d’une poche close tapissée en son intérieur d’un épithélium kératinisant, contenant une substance blanchâtre et malodorante composée principalement de kératine et de sébum. Lorsque cette poche se rompt ou se surinfecte, le kyste peut s’enflammer brutalement et évoluer vers un abcès cutané nécessitant une prise en charge médicale urgente.


Évolution naturelle du kyste cutané

Un kyste épidermoïde de petite taille peut parfois régresser spontanément, notamment chez le sujet jeune. Cependant, dès qu’il atteint environ un centimètre de diamètre, la régression spontanée devient exceptionnelle. À partir de ce stade, plusieurs complications sont possibles :

  • Gêne mécanique sur les zones d’appui (cuir chevelu, dos, nuque, scrotum) ;
  • Épisodes inflammatoires douloureux, liés à la fissuration de la paroi kystique ou à une surinfection bactérienne ;
  • Constitution d’un abcès en cas de surinfection franche.

C’est généralement l’apparition de l’un de ces événements qui amène le patient à consulter en urgence.


Diagnostic d’un kyste infecté : ce que recherche le médecin

La prise en charge d’un kyste inflammatoire doit impérativement être réalisée par un médecin : une infection cutanée non traitée ou mal traitée peut se diffuser aux tissus voisins (cellulite, fasciite) ou, plus rarement, au sang (bactériémie).

À l’examen clinique, le médecin cherche à :

  • Confirmer l’existence d’un kyste préexistant « froid » (antécédent de tuméfaction indolore) ;
  • Identifier un pore obstrué, souvent visible sous la forme d’un point noir (comédon) en surface — signe pathognomonique du kyste épidermoïde ;
  • Évaluer le stade de maturation de l’abcès, qui conditionne directement le choix thérapeutique.

Traitements selon le stade inflammatoire

Stade 1 — Kyste inflammatoire non collecté : antibiothérapie

À ce stade précoce, la tuméfaction est rouge, chaude, douloureuse et ferme, sans fluctuation ni tête blanche visible : le pus n’est pas encore collecté sous la peau et l’abcès n’est pas « mûr ». Une incision serait prématurée et inefficace.

Le médecin prescrit alors :

  • Des antibiotiques par voie orale (le plus souvent une pénicilline M ou une céphalosporine de 1re génération, actives sur les staphylocoques et les streptocoques, germes le plus souvent en cause) ;
  • Un traitement local associant une pommade antibiotique ou antiseptique, appliquée sous un pansement occlusif humide pour favoriser la maturation de l’abcès ;
  • Des antalgiques et anti-inflammatoires pour soulager la douleur, selon le tableau clinique.

L’objectif est soit de faire céder l’inflammation, soit de faire mûrir la collection pour pouvoir l’inciser dans un second temps.

Besoin d’un avis dermatologique rapidement ? Les délais de rendez-vous en cabinet sont parfois longs. Il est possible d’effectuer une téléconsultation avec un dermatologue pour obtenir rapidement une prescription adaptée.

Stade 2 — Kyste collecté (abcès mûr) : incision-drainage

Le kyste est à ce stade fluctuant, plus mou, et présente en son sommet une tête blanche correspondant à du pus collecté juste sous la peau. L’abcès est accessible à un traitement chirurgical ambulatoire.

Le geste se déroule en plusieurs étapes :

  1. Anesthésie locale péri-lésionnelle (anneau anesthésique autour de la lésion) — parfois non nécessaire si la collection est très superficielle ;
  2. Incision franche au bistouri sur la zone de collection maximale pour libérer le pus ;
  3. Évacuation et lavage abondant à la seringue avec du sérum physiologique stérile ;
  4. Méchage de la cavité avec une mèche iodoformée (en l’absence d’allergie à l’iode connue), qui maintient la plaie ouverte, prévient la fermeture prématurée et favorise le drainage ;
  5. Changements de mèche quotidiens ou tous les deux jours par une infirmière, jusqu’à détersion complète de la cavité ;
  6. Relais par des pansements gras antiseptiques ou antibiotiques (tulle gras, crème ou pommade) pour accompagner le bourgeonnement des tissus sous-cutanés et le comblement progressif de la cavité.

La durée totale des soins infirmiers varie selon la taille de l’abcès, de quelques jours à deux ou trois semaines.


Et après ? Exérèse à froid du kyste résiduel

Deux issues sont possibles à l’issue du traitement de l’abcès :

  • Élimination complète du kyste : la poche kystique s’est résorbée avec le drainage. Aucun geste complémentaire n’est nécessaire, mais une surveillance est recommandée car la récidive reste possible.
  • Persistance d’une poche kystique résiduelle : la coque n’a pas été éliminée lors du drainage. Dans ce cas, une exérèse chirurgicale programmée « à froid », réalisée à distance de l’épisode infectieux (au minimum 2 à 3 mois après), est indispensable pour éviter les récidives. Cette intervention est souvent réalisée en période hivernale, où la sudation est moindre, facilitant la cicatrisation.

→ Pour tout savoir sur la technique d’ablation d’un kyste en dehors d’un épisode infectieux : Enlever un kyste épidermoïde : déroulement et suites.


Questions fréquentes sur le kyste infecté

Peut-on percer soi-même un kyste infecté à la maison ?

Non. Une manipulation non stérile du kyste risque d’aggraver l’infection, de diffuser les bactéries dans les tissus voisins et de laisser en place la poche kystique — garantissant la récidive. Seul un médecin doit réaliser ce geste dans des conditions d’asepsie rigoureuses.

Quels germes sont le plus souvent responsables ?

Staphylococcus aureus est le pathogène le plus fréquemment impliqué, suivi de diverses espèces de streptocoques. L’antibiothérapie probabiliste est choisie en conséquence, en attendant les résultats éventuels d’un prélèvement bactériologique.

Le kyste infecté est-il remboursé par l’Assurance maladie ?

L’incision-drainage d’un abcès et les soins infirmiers consécutifs sont pris en charge par l’Assurance maladie sur prescription médicale. L’exérèse chirurgicale à froid du kyste résiduel est également remboursée.

Combien de temps dure la cicatrisation après incision d’un kyste ?

La durée de cicatrisation dépend de la taille de l’abcès. Pour une lésion de petite taille, le comblement de la cavité prend 1 à 3 semaines. Pour un abcès volumineux, plusieurs semaines de soins infirmiers peuvent être nécessaires avant cicatrisation complète.

TRICHOBLASTOME : le trichoblastome

Trichoblastome


Signes de la maladie

Il s’agit d’une tumeur bénigne
Le trichoblastome prend l’allure d’une élevure de couleur chair, le plus souvent autour du nez

Examens complémentaires diagnostiques
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)

Abstention ou excision

EXCROISSANCE DE CHAIR : acrochordon du cou, aisselles, paupières…

Acrochordon (molluscum pendulum) : excroissances de chair, causes et traitement

Les acrochordons, aussi appelés molluscum pendulums ou « tétines de peau », sont des petites excroissances de chair bénignes accrochées à la peau par un pédicule étroit. Très fréquents, ils apparaissent surtout dans les plis du corps avec l’âge et sont sans danger — mais peuvent être gênants ou inesthétiques.

Vous avez des excroissances de chair et souhaitez un avis ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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Qu’est-ce qu’un acrochordon ?

L’acrochordon est une tumeur conjonctive bénigne — une sorte de « hernie » du tissu sous-cutané qui se forme sous la peau et s’y accroche par une base étroite. Il se présente comme une petite boule souple, de couleur chair à rosée, parfois marron, suspendue à la peau comme une tétine.

On les trouve principalement dans les zones de frottement et les plis :

  • Cou — localisation la plus fréquente
  • Aisselles
  • Aine et haut des cuisses
  • Sous les seins
  • Paupières
acrochordon molluscum pendulum paupière excroissance chair
Gros acrochordon de la paupière
molluscum pendulum tétines de peau acrochordons rosés
Petites tétines de peau rosées — acrochordons

Ils peuvent aussi être marrons et être confondus avec des grains de beauté — d’où l’intérêt d’une consultation pour confirmer le diagnostic.

acrochordon marron cou aisselle tétine de peau
Acrochordons marrons sur le cou

Cas particulier : la dermatosis papulosa nigra

Chez les personnes à peau noire ou mate, les acrochordons peuvent être très nombreux sur le visage — on parle alors de dermatosis papulosa nigra. C’est une variante bénigne et fréquente, sans gravité.

dermatosis papulosa nigra peau noire acrochordons visage
Dermatosis papulosa nigra

Causes des acrochordons

Les acrochordons sont liés à plusieurs facteurs :

  • Hérédité — ils sont souvent retrouvés chez plusieurs membres d’une même famille
  • Âge — leur nombre augmente progressivement avec le vieillissement cutané
  • Frottements répétés — les zones de frottement (cols de vêtements, bijoux, transpiration) favorisent leur apparition
  • Surpoids et diabète — facteurs favorisants reconnus, notamment pour les formes multiples dans les plis

Comment évoluent les acrochordons ?

Les acrochordons sont bénins et n’évoluent pas vers un cancer. Leur évolution spontanée peut prendre deux formes :

  • Thrombose spontanée ou après un traumatisme (frottement d’un collier, d’un col de chemise, transpiration) : l’acrochordon devient rouge et douloureux, puis noir (nécrose) et tombe tout seul
  • Persistance indéfinie sans modification, avec augmentation progressive du nombre avec l’âge

⚠️ Consultez si une lésion change d’aspect rapidement, saigne ou présente des bords irréguliers — pour éliminer formellement un autre diagnostic.

Comment éliminer les acrochordons ?

L’abstention est tout à fait légitime — les acrochordons sont bénins et ne nécessitent aucun traitement médical. Le traitement est purement esthétique ou pour soulager une gêne. Plusieurs techniques sont disponibles au cabinet du dermatologue :

  • Cryothérapie (azote liquide) — application de froid intense qui détruit l’acrochordon en quelques jours
  • Électrocoagulation au bistouri électrique — rapide et efficace, légère croûte transitoire
  • Exérèse aux ciseaux chirurgicaux — section du pédicule sous anesthésie locale, résultat immédiat

⚠️ N’essayez pas d’enlever vous-même un acrochordon en le ligaturant ou en le coupant — risque d’infection et de saignement. La dépose doit toujours être réalisée par un médecin.

Acrochordon ou grain de beauté : comment faire la différence ?

L’acrochordon peut être confondu avec un grain de beauté (nævus) quand il est marron. La distinction est importante :

  • Acrochordon : mou, suspendu à la peau par un pédicule étroit, souple à la palpation
  • Grain de beauté (nævus) : plat ou légèrement saillant, adhérent à la peau, pigmenté de façon homogène

En cas de doute, une dermatoscopie permet de lever toute ambiguïté.

Sources

Questions fréquentes sur les acrochordons

Les acrochordons sont-ils dangereux ?

Non, les acrochordons sont des tumeurs strictement bénignes sans aucun risque de dégénérescence maligne. Ils ne nécessitent aucun traitement médical — le traitement est purement esthétique ou pour soulager une gêne fonctionnelle.

Peut-on enlever soi-même un acrochordon ?

Non. Ne tentez pas de ligaturer, couper ou arracher un acrochordon vous-même — risque d’infection, de saignement et de cicatrice. Le traitement doit être réalisé par un dermatologue en quelques minutes au cabinet.

Pourquoi ai-je de plus en plus d’acrochordons avec l’âge ?

Les acrochordons sont directement liés au vieillissement cutané et aux frottements répétés. Leur nombre augmente naturellement avec l’âge. Le surpoids et le diabète favorisent également leur apparition multiple dans les plis.

Le traitement des acrochordons est-il remboursé ?

Non, l’ablation des acrochordons n’est pas remboursée par l’Assurance Maladie car c’est un acte esthétique. En revanche, si une biopsie est nécessaire pour confirmer le diagnostic d’une lésion atypique, l’acte peut être pris en charge.


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HISTIO-CYTO-FIBROME : histiocytofibrome

Histiocytofibrome

L’histiocytofibrome ou fibrome de la peau est une tumeur bénigne

Eléments arrondis, durs, parfois saillants, parfois pigmentés.

Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)

Abstention ou exerese

KERATOSE SEBORRHEIQUE : les keratoses ou « verrues » seborrheiques

Kératose séborrhéique : plaques brunes bénignes — diagnostic et traitement

Les kératoses séborrhéiques (verrues séborrhéiques) sont parmi les tumeurs cutanées bénignes les plus fréquentes, notamment après 40 ans. Leur aspect caractéristique — plaque brune « posée sur la peau » — et leur nature bénigne les distinguent des lésions mélanocytaires. Elles ne dégénèrent pas, mais certaines formes d’apparition rapide peuvent être le signe d’une maladie interne grave.

Tache brune d’aspect inhabituel ou apparition rapide de nombreuses lésions ?
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Sommaire :
Symptômes |
Signe de Leser-Trélat |
Diagnostic et dermoscopie |
Diagnostics différentiels |
Traitement |
Questions fréquentes

Symptômes et présentation

Kératoses séborrhéiques — plaques brunes sur le dos

La kératose séborrhéique se présente comme une plaque surélevée, à bords nets et abrupts, d’aspect « collé » ou « posé » sur la peau — comme si on pouvait la décoller avec un ongle. Initialement plane et beige, elle évolue vers une surface verruqueuse, squamo-kératosique et grasse, de couleur marron à noire. La taille varie de quelques millimètres à plusieurs centimètres.

Localisations préférentielles : zones grasses du corps — visage, cuir chevelu, décolleté, dos (parfois disposées en « sapin de Noël »), poitrine. Respecte les paumes, les plantes et les muqueuses.

Apparition : le plus souvent à partir de 30–40 ans, en nombre croissant avec l’âge.

Variante sur peau noire et mate — dermatosis papulosa nigra : petites kératoses séborrhéiques multiples siégeant principalement sur le visage, très fréquentes chez les personnes à phototype foncé. Bénignes, souvent nombreuses dès le jeune âge adulte.

Dermatosis papulosa nigra — kératoses multiples sur peau noire

Kératoses inflammatoires : certaines kératoses situées dans des zones de frottement (sous les seins, plis du tronc) peuvent devenir inflammatoires et provoquer des rougeurs et plaques sous les seins.

Signe de Leser-Trélat — quand consulter en urgence

⚠️ Apparition soudaine et rapide de nombreuses kératoses séborrhéiques en quelques semaines à mois, prurigineuses, en disposition « sapin de Noël » dans le dos : c’est le signe de Leser-Trélat, un marqueur paranéoplasique associé à un cancer viscéral sous-jacent. Cancers principalement concernés : adénocarcinome gastrique, adénocarcinome colique, lymphome, cancer du sein. Consultation urgente et bilan digestif requis.

La kératose séborrhéique isolée et progressive ne fait pas partie de ce tableau — le signe de Leser-Trélat se caractérise par son apparition rapide, son caractère éruptif et le prurit associé.

Diagnostic — dermoscopie

Le diagnostic est clinique dans la grande majorité des cas. La dermoscopie apporte une confirmation non invasive et permet d’éliminer formellement un mélanome.

Critères dermoscopiques caractéristiques :

Signe dermoscopique Description Signification
Pseudokystes cornés (clods blancs) Structures rondes blanches ou jaunâtres Invaginations kératosiques — signe spécifique
Pseudo-comédons (clods marron-orange) Bouchons brun-jaune à brun-noir dans les orifices folliculaires Kératine dans les follicules dilatés — signe spécifique
Courbes cérébriformes Lignes épaisses en réseau sinueux Surface verruqueuse kératosique
Bordure abrupte Délimitation nette sur toute la périphérie Typique — contraste avec les bords flous du mélanome
Vaisseaux en épingles à cheveu Vaisseaux homogènes en U Vascularisation superficielle bénigne
Absence de réseau mélanocytaire Pas de réseau pigmenté, pas de clods bleu-gris Élimine le mélanome

Courbes cérébriformes à la dermoscopie — kératose séborrhéique
Pseudo-comédons (clods marrons) à la dermoscopie — kératose séborrhéique

Biopsie : indiquée uniquement en cas de doute diagnostique persistant après dermoscopie, de croissance rapide, d’aspect atypique ou de lésion pigmentée non concluante.

Diagnostics différentiels

Lésion Différence clé
Mélanome Réseau mélanocytaire, bords irréguliers, critères ABCDE — biopsie si doute
Nævus pigmenté Réseau dermoscopique mélanocytaire, surface plus lisse
Stucco kératose Blanche/grise, friable au grattage, chevilles et membres — pas de surface grasse
Carcinome basocellulaire pigmenté Bords perlés, vaisseaux arborescents à la dermoscopie, ne se détache pas
Lentigo solaire Macule plane, pas de relief, bords moins nets, pas de surface kératosique

Traitement

La kératose séborrhéique ne nécessite aucun traitement obligatoire — elle est bénigne et ne dégénère pas. Le traitement est proposé pour des raisons esthétiques ou en cas d’inflammation par frottement.

Abstention surveillée : option valide pour les lésions stables, asymptomatiques et au diagnostic certain.

Cryothérapie à l’azote liquide : traitement de choix en cabinet — application de quelques secondes, chute de la lésion en 2–3 semaines. Risque de dépigmentation séquellaire sur peau foncée.

Curetage : ablation mécanique rapide sous anesthésie locale ou sans, pour les lésions épaisses et bien délimitées.

Exérèse chirurgicale : indiquée en cas de doute diagnostique avec un mélanome, de croissance rapide, d’aspect atypique ou de lésion non concluante en dermoscopie — avec envoi de la pièce en anatomopathologie.

Questions fréquentes

La kératose séborrhéique peut-elle devenir un mélanome ?

Non — la kératose séborrhéique est une lésion épidermique sans mélanocytes et sans potentiel de transformation maligne documenté. Elle ne dégénère pas. En revanche, un mélanome peut avoir un aspect clinique proche et tromper un œil non entraîné — d’où l’importance de la dermoscopie pour toute lésion pigmentée atypique.

Pourquoi autant de kératoses séborrhéiques apparaissent-elles avec l’âge ?

Leur multiplication avec l’âge est liée au vieillissement cutané et à l’accumulation des expositions solaires. Elles peuvent apparaître en dizaines voire en centaines chez les personnes âgées — c’est normal et sans signification pathologique tant que l’apparition reste progressive et non éruptive.

Peut-on enlever une kératose séborrhéique soi-même ?

Non recommandé. Les tentatives de grattage ou d’ablation domestique exposent à un saignement, une infection et surtout au risque de méconnaître une lésion mélanocytaire sous-jacente. La cryothérapie ou le curetage en cabinet prennent 30 secondes et sont sans danger. La règle de base : toute lésion pigmentée enlevée sans examen préalable est une lésion non diagnostiquée.

Faut-il s’inquiéter si les kératoses démangent ?

Une kératose isolée qui se gratte légèrement à cause d’un frottement vestimentaire n’est pas inquiétante. En revanche, l’apparition rapide de nombreuses kératoses prurigineuses en quelques semaines constitue le signe de Leser-Trélat — un signal d’alarme paranéoplasique qui nécessite une consultation urgente et un bilan digestif.

Voir aussi :
Mélanome |
Stucco kératose |
Dermoscopie |
Études PubMed


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Adenome sebace ou hyperplasie sébacée

Adénome sébacé

L’adenome sebace est une tumeur benigne de la peau

Adénome sébacé

Signes de la maladie

Fréquent sur le visage séborrhéique du sujet agé.
Petite tumeur jaunâtre plus ou moins bombée avec ombilication centrale.

Examens complémentaires diagnostiques

Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)

Traitement

Chirurgie, electrocoagulation, abstention

Acanthome à cellules claires

Acanthome à cellules claires

Signes de la maladie

Jambes++
Aspect de dôme aplati erythemateux souvent recouvert de fines squames, parfois suintant légèrement.

Dermoscopie : vaisseaux en point comme des perles enfilées sur un collier

 

Examens complémentaires diagnostiques

Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope) : epaississement de la couche spineuse de Malpighi

Traitement

Abstention ou exérèse

Abrikossof

Tumeur d’Abrikossoff

Signes de la maladie:

Schwannome à cellules granuleuses.
Petite tumeur bénigne, dure, ressemblant à un histiocytofibrome, pouvant siéger sur l’ensemble du tégument
Fréquente sur la langue (1/3 cas)

 

Examens complémentaires diagnostiques
Histologie par biopsie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope) : cellules avec cytoplasme granuleux

 

Traitement

Abstention ou exérèse