Enlever un kyste : se débarrasser d’un kyste

Comment se débarrasser d’un kyste

Qu’est-ce qu’un kyste épidermoïde ?

Le kyste épidermoïde (anciennement appelé kyste sébacé) est une tumeur bénigne très fréquente de la peau, constituée d’une poche bien délimitée tapissée sur sa face interne d’un épithélium et contenant une substance blanchâtre à odeur caractéristique (kératine, et non du sébum comme on le croyait autrefois).

Il peut apparaître n’importe où sur le corps, mais se localise préférentiellement au visage, au cuir chevelu, au cou, au dos et aux organes génitaux. Sa taille varie de quelques millimètres à plusieurs centimètres.

À savoir : Un kyste épidermoïde est toujours bénin. Il n’évolue jamais vers un cancer. Son ablation est décidée en fonction de sa taille, de sa localisation et des épisodes inflammatoires qu’il provoque — jamais pour des raisons oncologiques.

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Évolution du kyste

Le kyste cutané de petite taille peut parfois régresser spontanément. Cependant, lorsqu’il atteint environ un centimètre de diamètre, la régression spontanée devient rare. Il est alors souvent décidé de l’enlever, d’autant qu’il peut devenir gênant sur les zones d’appui ou douloureux lors d’épisodes inflammatoires.

Ces épisodes surviennent par fissuration de la poche (libération du contenu dans le derme, déclenchant une réaction inflammatoire) ou par surinfection bactérienne. Ils peuvent aboutir à la formation d’un abcès nécessitant un drainage en urgence.

Attention : Ne jamais tenter de percer ou d’exprimer soi-même un kyste. Cela favorise la rupture de la poche, aggrave l’inflammation, augmente le risque de surinfection et complique considérablement l’ablation chirurgicale ultérieure.

Se débarrasser d’un kyste

La prise en charge dépend avant tout de l’état clinique du kyste au moment de la consultation.

État du kyste Aspect clinique Prise en charge
Inflammatoire / abcédé Rouge, douloureux, chaud Drainage ± antibiotiques — pas d’ablation en urgence
Indolore, non inflammatoire Ferme, mobile, couleur peau Ablation chirurgicale programmée
Petit, asymptomatique Sans gêne ni récidive Surveillance possible, ablation si souhaitée

S’il est inflammatoire (rouge et douloureux)

Le kyste est inflammatoire, souvent surinfecté et abcédé. L’ablation chirurgicale définitive n’est pas réalisable en phase inflammatoire aiguë : les plans de dissection sont indistincts, la poche fragilisée se rompt facilement et le risque infectieux est élevé. Le médecin procède d’abord au drainage et prescrit si nécessaire une antibiothérapie. L’exérèse définitive est planifiée à distance, une fois l’inflammation résolutive.

→ Voir soigner un kyste inflammatoire

S’il est indolore et non inflammatoire

Le médecin peut enlever le kyste par chirurgie sous anesthésie locale, en ambulatoire, si les conditions suivantes sont réunies :

  • Kyste pas trop volumineux et situé dans une zone accessible à la suture,
  • Absence d’allergie majeure aux anesthésiques locaux,
  • Absence de traitement anticoagulant ou antiagrégant plaquettaire,
  • Absence de troubles cardiovasculaires instables, de pacemaker ou défibrillateur implanté.

Dans le cas contraire, l’ablation est réalisée au bloc opératoire avec un bilan préopératoire adapté.

Bonne pratique : La pièce opératoire (poche kystique) est systématiquement envoyée en analyse anatomopathologique pour confirmation histologique. C’est une étape standard, non une indication de malignité.

Techniques chirurgicales d’ablation

Kyste de petite taille

Énucléation

Le médecin anesthésie la zone, réalise une incision dans le sens des lignes de tension de la peau, puis disséque pour énucléer la poche en bloc en s’efforçant de ne pas la rompre. La pièce est envoyée en anatomopathologie. L’incision est fermée par des strips posés en travers, laissant une cicatrice fine.

Vidage puis ablation de la poche

Le médecin incise sur une petite longueur, vide la poche de son contenu, puis procède à l’extraction de l’enveloppe kystique par traction avec des pinces. Cette technique est possible sur des kystess à paroi épaisse et bien définis. Elle laisse une cicatrice plus courte que l’énucléation classique.

Kyste de grande taille : exérèse en fuseau

Cette technique compense l’espace mort laissé par l’ablation d’un kyste volumineux, qui provoquerait sinon une dépression cicatricielle. Le médecin enlève un morceau de peau en forme de fuseau (amande à bouts effilés) sous anesthésie locale, disséque et extrait le kyste, puis recoud le plan profond avant de refermer la peau. Le fuseau permet de rapprocher les berges et de supprimer la dépression post-ablation.

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Enlever un kyste au laser

Le laser CO₂ constitue une alternative à la chirurgie classique pour certains kystes épidermoïdes de petite taille. Cette technique permet une incision plus fine avec moins de saignement, une cicatrisation parfois plus rapide et un risque de récidive comparable à la chirurgie conventionnelle si l’ensemble de la poche est retiré.

→ Voir l’article complet : enlever un kyste au laser

Questions fréquentes sur l’ablation des kystes

Peut-on enlever soi-même un kyste ?

Non. Tenter de percer ou d’exprimer un kyste favorise la rupture de la poche, aggrave l’inflammation locale et peut provoquer une surinfection. Cela complique également l’ablation chirurgicale ultérieure en rendant la dissection plus difficile. Seul un médecin peut réaliser cette intervention dans des conditions d’asepsie adaptées.

L’ablation d’un kyste est-elle douloureuse ?

L’intervention se déroule sous anesthésie locale : seule la piqûre d’anesthésie est ressentie. Le geste chirurgical lui-même est indolore. Des douleurs modérées peuvent survenir dans les 24 à 48 heures suivant l’exérèse et sont calmées par des antalgiques simples.

Y a-t-il un risque de récidive après l’ablation ?

Oui, si la poche kystique n’est pas retirée en totalité. C’est pourquoi l’énucléation complète, sans rupture de l’enveloppe, est privilégiée. En cas de rupture peropératoire, le curetage soigneux de la cavité réduit le risque de récidive mais ne l’élimine pas totalement.

Combien de temps dure la cicatrisation après ablation d’un kyste ?

La cicatrisation cutanée superficielle prend 8 à 15 jours. La maturation cicatricielle complète (disparition de la rougeur et aplatissement) nécessite 3 à 6 mois selon la localisation et le phototype du patient.

La Sécurité sociale rembourse-t-elle l’ablation d’un kyste ?

L’exérèse d’un kyste épidermoïde est prise en charge par l’Assurance maladie lorsqu’elle est réalisée pour des raisons médicales (gêne fonctionnelle, épisodes inflammatoires récidivants). Une ablation réalisée uniquement pour des raisons esthétiques peut ne pas être remboursée. Renseignez-vous auprès de votre médecin.

Quelle est la différence entre un kyste épidermoïde et un lipome ?

Le kyste épidermoïde est une poche remplie de kératine, localisée dans le derme, souvent avec un pore central visible (comédon). Le lipome est une tumeur bénigne constituée de cellules graisseuses, profonde, de consistance molle, sans pore. Les deux sont bénins mais leur traitement chirurgical diffère légèrement.

Sur le même sujet – Kystes et chirurgie dermatologique :

Voir aussi : Notre article sur la prise en charge du kyste inflammatoire et les techniques d’ablation au laser.

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Mis à jour le 15 janvier 2025 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.

Syringomes des paupières : comment s’en débarrasser ?

Syringomes : ces petites boules sous les yeux qui inquiètent sans raison

Des petites élevures fermes, jaunâtres ou couleur chair, regroupées sous les paupières inférieures ou sur les pommettes, qui n’ont jamais disparu depuis l’adolescence — c’est la présentation typique des syringomes. Ces tumeurs bénignes des glandes sudoripares touchent environ 1 % de la population, avec une nette prédominance féminine. Elles n’évoluent pas, ne dégénèrent pas et ne font pas mal. Ce qui amène les patients à consulter, c’est presque toujours la gêne esthétique. Comprendre leur nature, leurs variantes, et l’éventail des traitements disponibles — avec leurs bénéfices réels et leurs limites — est l’objectif de cet article.

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Sommaire

Qu’est-ce qu’un syringome ?

Le terme « syringome » vient du grec syrinx, qui désigne un tube ou un conduit — ce qui décrit bien l’origine de ces lésions. Un syringome est une tumeur annexielle bénigne qui dérive de la portion intra-épidermique et du derme superficiel du canal excréteur des glandes sudoripares eccrines (l’acrosyringium). Certains auteurs préfèrent d’ailleurs parler d’hyperplasie réactionnelle plutôt que de vraie tumeur, suggérant une réponse proliférative du canal eccrine à un stimulus inflammatoire ou hormonal, plutôt qu’une néoplasie vraie.

Sur le plan histologique, le syringome se caractérise par la présence de petits canaux épidermiques en forme de virgule ou de têtard, encastrés dans un stroma fibreux sclérotique du derme. Cette morphologie en « queue de têtard » est quasi pathognomonique et permet à l’anatomopathologiste de poser le diagnostic sans ambiguïté.

Benign, non évolutif, non contagieux : les syringomes ne dégénèrent jamais en tumeur maligne dans leur forme ordinaire. Ils n’évoluent pas spontanément, ne se résolvent pas non plus. Leur persistance et leur caractère groupé sous les yeux sont la principale raison de consultation — la gêne esthétique, pas le danger médical.

Symptômes et aspect clinique

Les syringomes se présentent sous la forme de petites papules fermes de 1 à 3 mm, de couleur chair, légèrement jaunâtre ou brun rosé, à surface lisse et bords mal définis. Ils sont presque toujours multiples et symétriques — c’est-à-dire qu’on en trouve des deux côtés du visage, en miroir, ce qui est un indice diagnostique important.

Ils sont en règle générale asymptomatiques : pas de démangeaison, pas de douleur, pas de saignement. Dans de rares cas, notamment en été ou lors d’une transpiration abondante, certains patients décrivent un prurit léger, probablement lié à la stimulation des structures sudorales adjacentes. Mais la grande majorité des personnes atteintes n’a aucun symptôme fonctionnel — ce sont les critères esthétiques qui motivent la demande de traitement.

Ils n’évoluent pas spontanément : ni régression, ni transformation. Une fois apparus, ils persistent en règle générale indéfiniment, ce qui renforce la demande de prise en charge cosmétique.

Localisations et variantes cliniques

Si la localisation la plus emblématique est la paupière inférieure, les syringomes peuvent siéger dans d’autres zones, comme le montrent les données épidémiologiques de la littérature :

Localisation Fréquence approximative Particularités
Paupières inférieures (région périorbitaire) ~80 % des cas Présentation typique, bilatérale et symétrique ; gêne esthétique majeure
Joues, front, tempes Fréquent Souvent associé aux lésions palpébrales dans les formes diffuses
Cou et thorax antérieur Formes éruptives Associées au syndrome de Down ou aux formes familiales ; poussées successives
Aisselles Moins fréquent Parfois associé aux formes familiales ou éruptives
Vulve Sous-estimée (souvent non rapportée) Souvent asymptomatique ; diagnostic histologique parfois nécessaire
Cuir chevelu Rare Peut exceptionnellement provoquer une alopécie cicatricielle

Quatre variantes cliniques principales sont individualisées dans la classification de Friedman et Butler :

  • La forme localisée : la plus fréquente (environ 90 % des cas), cantonnée aux paupières et au visage, sans contexte particulier.
  • La forme familiale : transmission autosomique dominante, lésions souvent plus étendues, apparition plus précoce.
  • La forme éruptive : apparition de nouvelles lésions par poussées successives, touchant souvent le tronc antérieur, les aisselles et la région péri-ombilicale ; plus fréquente chez les sujets à peau noire et dans le syndrome de Down.
  • La forme associée à la trisomie 21 : la prévalence des syringomes chez les personnes atteintes du syndrome de Down est estimée entre 18 et 40 %, avec une localisation péri-orbitaire caractéristique et, parfois, des formes éruptives généralisées.

Causes et facteurs associés

L’étiologie exacte des syringomes reste partiellement élucidée. Plusieurs facteurs semblent jouer un rôle :

Le sexe féminin est le principal facteur de risque : environ 9 cas sur 10 surviennent chez des femmes. Cette prédominance suggère une influence hormonale — les lésions apparaissent souvent à l’adolescence, peuvent s’aggraver pendant la grossesse et sont davantage présentes pendant les années reproductives.

L’adolescence constitue la fenêtre temporelle d’apparition la plus fréquente, bien que les syringomes puissent se manifester à n’importe quel âge entre la première et la sixième décennie.

Les facteurs génétiques interviennent dans les formes familiales (transmission autosomique dominante documentée) et dans les formes associées à des syndromes génétiques : trisomie 21, mais aussi syndromes d’Ehlers-Danlos et de Marfan, dans lesquels une prévalence accrue a été rapportée.

Le diabète sucré est associé à la variante à cellules claires des syringomes — une forme histologique particulière dans laquelle les cellules des canaux contiennent du glycogène en abondance.

Syringomes et trisomie 21 : La prévalence des syringomes chez les personnes atteintes du syndrome de Down est nettement supérieure à celle de la population générale (estimée entre 18 et 40 % selon les séries). Le mécanisme exact n’est pas établi, mais il pourrait impliquer des anomalies dans la régulation des cellules souches des annexes cutanées liées aux gènes du chromosome 21. Le pronostic des lésions reste inchangé — elles sont bénignes comme dans la population générale.

Comment établir le diagnostic ?

Dans la grande majorité des cas, le diagnostic de syringome est clinique : l’aspect caractéristique de petites papules fermes, jaunâtres, multiples et symétriques sous les paupières inférieures d’une femme jeune ou d’âge moyen est suffisamment évocateur pour orienter le clinicien.

La dermoscopie peut apporter des arguments supplémentaires dans les cas douteux, bien qu’il n’existe pas de pattern dermoscopique spécifique universellement reconnu pour les syringomes.

Lorsque la présentation est atypique — lésions solitaires, localisations inhabituelles, doute avec une autre entité — une biopsie cutanée est réalisée sous anesthésie locale, et la pièce est adressée à un anatomopathologiste. L’examen microscopique révèle alors les canaux en virgule ou en têtard dans un stroma fibreux, permettant de confirmer le diagnostic.

Les principaux diagnostics différentiels à écarter sont :

  • le milium (kystes épidermiques blancs, plus superficiels)
  • le xanthélasma (plaques jaunâtres à contenu lipidique, à bords plus nets)
  • la kératose séborrhéique (lésion brune, plus grande, aspect verruco-granuleux)
  • le trichoblastome ou le trichoépithéliome (tumeurs folliculaires bénignes)
  • les grains de milium (souvent confondus, mais distincts histologiquement)

Traitement : les options pour enlever les syringomes

Le traitement des syringomes n’est pas obligatoire — leur nature bénigne, non évolutive et asymptomatique en fait une affection qu’on peut tout à fait ne pas traiter. La décision thérapeutique est donc entièrement guidée par la gêne esthétique ressentie par le patient.

Mais avant de se lancer dans un traitement, il faut être pleinement informé d’un point crucial : aucune méthode disponible n’offre à la fois une efficacité complète, un risque nul de cicatrice et une garantie d’absence de récidive. Les syringomes sont des lésions ancrées dans le derme profond — leur profondeur explique à la fois la difficulté du traitement et la tendance à la récidive lorsque la destruction n’est que superficielle.

À peser avant tout traitement : Toutes les options comportent un risque — variable — de cicatrices (hypopigmentation, hyperpigmentation, fibrose) et de récidive. Ce risque est plus élevé chez les sujets à peau foncée (phototypes IV à VI). La décision de traiter doit résulter d’un échange approfondi avec le dermatologue, en tenant compte du phototype, de la localisation, du nombre de lésions et des attentes réalistes du patient.

Laser CO2

Le laser CO2 est aujourd’hui l’option qui offre globalement le meilleur rapport efficacité/tolérance pour le traitement des syringomes — en particulier dans sa version fractionnée ou ultra-pulsée, qui permet une vaporisation précise des lésions en préservant les intervalles de peau saine adjacente.

Le principe est simple : le faisceau laser vaporise le syringome couche par couche, détruisant le tissu glandulaire pathologique. Les suites immédiates comprennent des rougeurs locales et la formation d’une petite croûte qui tombe en une à deux semaines, laissant place à une peau rose qui se normalise progressivement.

Les avantages du laser CO2 incluent une grande précision, une bonne maîtrise de la profondeur de traitement et un faible risque cicatriciel comparé aux méthodes mécaniques. Ses limites sont la possibilité de cicatrices blanches (hypopigmentation) ou brunes (hyperpigmentation post-inflammatoire), en particulier sur les phototypes foncés, et la possibilité d’une récidive si les structures glandulaires profondes n’ont pas été entièrement détruites.

Une séance est souvent suffisante pour les formes peu nombreuses. Les formes multiples ou diffuses peuvent nécessiter plusieurs sessions espacées de quelques mois.

Électrodissection (électrocoagulation)

L’électrodissection consiste à carboniser les syringomes à l’aide d’un bistouri électrique. La technique est rapide, accessible en consultation courante et peu coûteuse. Elle est souvent pratiquée sous anesthésie locale par application d’une crème EMLA au préalable.

Son inconvénient principal est une moindre précision que le laser, avec un risque cicatriciel plus difficile à contrôler, notamment si la puissance est mal dosée. Elle reste néanmoins une alternative valable pour les patients qui n’ont pas accès au laser CO2.

Chirurgie au bistouri

L’exérèse chirurgicale au bistouri, lésion par lésion, sous anesthésie locale est possible mais peu utilisée en pratique pour les syringomes palpébraux en raison du nombre souvent élevé de lésions et du risque de cicatrices visibles dans cette zone esthétiquement très exposée. Elle peut être envisagée pour des lésions isolées ou dans des localisations moins délicates.

Peeling chimique à l’acide trichloracétique (TCA)

Le peeling au TCA est souvent associé au laser CO2 pour traiter les lésions superficielles ou pour lisser la peau en fin de traitement. Appliqué seul, il peut améliorer l’aspect des syringomes peu profonds, mais son efficacité est généralement inférieure à celle du laser sur les lésions profondes. Pour en savoir plus sur cette technique, voir la fiche peeling chimique.

Cryothérapie et autres options

La cryothérapie (traitement à l’azote liquide) a été décrite dans certaines séries, avec des résultats variables et un risque d’hypopigmentation non négligeable, ce qui la rend peu recommandable en zone péri-orbitaire. Des agents topiques (rétinoïdes, atropine, toxine botulique) ont également été explorés dans la littérature, mais sans preuve d’efficacité suffisante pour être recommandés en pratique courante.

Traitement Efficacité Risque cicatriciel Risque de récidive Remarques
Laser CO2 Bonne à très bonne Modéré (hypo/hyperpigmentation possible) Possible si destruction incomplète Option la mieux tolérée, surtout en fractionné
Électrodissection Bonne Modéré à élevé Possible Alternative accessible, précision moindre
Chirurgie Complète sur lésions isolées Élevé (cicatrice linéaire) Faible si exérèse complète Peu adapté aux formes multiples
Peeling TCA Modérée Modéré Élevé (lésions profondes persistantes) Souvent associé au laser
Cryothérapie Variable Élevé (hypopigmentation) Possible Peu recommandée en zone péri-orbitaire

Après le traitement : à quoi s’attendre ?

Les suites d’un traitement par laser CO2 sur les syringomes des paupières comprennent habituellement :

  • Des rougeurs et un léger œdème dans les 24 à 48 heures suivant le geste
  • La formation d’une petite croûte qui tombe spontanément en 7 à 14 jours — il ne faut pas l’arracher
  • Une hyperpigmentation post-inflammatoire transitoire possible, surtout sur les phototypes foncés, qui peut persister plusieurs semaines à mois
  • Une hypopigmentation (tache blanche) dans les cas de traitement trop profond — en général définitive mais de taille limitée
  • Une photoprotection stricte pendant au moins 4 à 6 semaines est indispensable pour limiter les troubles pigmentaires

La récidive est possible, notamment dans les formes à lésions profondes ou dans les formes éruptives à poussées successives. Elle n’est pas la règle, mais le patient doit en être informé avant toute décision thérapeutique.

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Pour aller plus loin

Autres tumeurs bénignes cutanées

Des trichoblastomes aux grains de milium, il existe de nombreuses tumeurs annexielles bénignes dont la prise en charge et le pronostic diffèrent — mais qui partagent le même caractère non malin.

Traitements laser et peelings en dermatologie

Laser CO2, peeling TCA ou chimique : ces techniques sont utilisées dans de nombreuses indications au-delà des syringomes. Découvrir leurs principes et leurs indications permet de mieux comprendre les options disponibles.

Questions fréquentes

Les syringomes sont-ils dangereux ou peuvent-ils devenir cancéreux ?

Non. Les syringomes sont des tumeurs bénignes qui ne dégénèrent pas et ne métastasent pas dans leur forme ordinaire. Des formes malignes de tumeurs des glandes sudoripares existent (syringocarcinomes), mais ce sont des entités distinctes, rares, sans lien établi avec les syringomes bénins habituels. La consultation dermatologue est toutefois utile pour confirmer le diagnostic et écarter d’autres lésions.

Peut-on faire disparaître les syringomes définitivement ?

Aucun traitement ne garantit une disparition définitive et sans risque. Le laser CO2 est aujourd’hui l’option la mieux tolérée, avec de bons résultats dans la majorité des cas, mais une récidive partielle est possible — surtout pour les lésions profondes ou les formes éruptives. Un entretien réaliste avec le dermatologue sur les résultats attendus est indispensable avant toute décision.

Pourquoi les syringomes apparaissent-ils surtout sous les yeux ?

La région péri-orbitaire est particulièrement riche en glandes sudoripares eccrines, ce qui en fait le site de prédilection des syringomes. La peau de cette zone est aussi fine, ce qui rend les petites lésions dermiques plus visibles qu’ailleurs. La prédominance féminine suggère un rôle hormonal — les œstrogènes pourraient stimuler la prolifération des structures ductales.

Le laser CO2 est-il douloureux pour traiter les syringomes ?

Le geste est en général bien toléré. Une anesthésie locale (crème EMLA ou infiltration) est appliquée avant le traitement pour supprimer l’inconfort. Des lunettes de protection (coques oculaires) sont portées pendant la séance pour protéger les yeux. Les suites immédiates sont celles d’une légère brûlure superficielle : rougeur, croûte, puis cicatrisation en 1 à 2 semaines.

Les syringomes peuvent-ils apparaître pendant la grossesse ?

Oui, des poussées nouvelles ou une augmentation du nombre de lésions ont été rapportées pendant la grossesse, ce qui renforce l’hypothèse d’une influence hormonale (œstrogènes et progestérone) sur la prolifération des canaux eccriniens. Ces lésions ne présentent aucun danger pour la mère ou l’enfant, mais tout traitement laser ou chimique est à reporter après l’accouchement.

Voir aussi : Peelings chimiques | Trichoblastome | Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

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Sources et références scientifiques

  • Williams K, Shinkai K. Evaluation and management of the patient with multiple syringomas: A systematic review. J Am Acad Dermatol. 2016;74(6):1234-1240. PMID 27103523
  • Syringoma – a rare tumour: Case report and review of literature. PMC. 2024. PMC 10829456
  • Syringomas. Pan Afr Med J. 2019. PMC 6620084
  • Ong GC, Lim KS, Chian LY. Eruptive syringoma in a patient with trisomy 21. Singapore Med J. 2010;51(2):e46-7. PMID 20358144
  • Eruptive Syringomas on the Neck: Clinicopathological and Dermoscopic Features. PMC. 2021. PMC 7943223
  • Traitement par laser CO2 des syringomes des paupières. Ann Dermatol Venereol. 2016;143(8-9):577-578. EM-Consulte
  • Syringoma — StatPearls. NCBI Bookshelf. 2024. NBK603740
  • DermNet NZ. Syringoma. dermnetnz.org

Mis à jour le mai 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.


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Lipomatose multiple

Plusieurs lipomes sur le corps : lipomatose

Les lipomatoses sont des maladies dans lesquelles sont présents plusieurs lipomes sur le corps.

On distingue les lipomes encapsulés (lipomatose multiple familiale) résultant d’une prolifération de ces cellules, et les lipomes non encapsulés (maladie de Launois-Bensaude, de Dercum…) liés à un gigantisme des cellules adipeuses.

Lipomes encapsulés : la lipomatose multiple familiale

Maladie héréditaire de transmission généralement autosomique dominant avec pénétrance variable.
Les lipomes, généralement moins de 5 cms, apparaissent habituellement vers 20 à 30 ans chez un homme et sont généralement grossièrement symétriques sur les bras et avant bras, les cuisses… Ils sont généralement faciles à enlever car encapsulés.

Lipomes non encapsulés

Maladie de Launois Bensaude

La lipomatose de Launois-Bensaude se caractérise par l’apparition de lipomes souvent symétriques prédominant autour du cou, de la nuque et du haut du dos chez l’homme le plus souvent donnant parfois un aspect en « bosse de bison » au niveau de la nuque

L’alcool jouerait un rôle dans le déclenchement des lésions

Leur nature non encapsulée fait que l’exérèse est compliquée, on lui préfère donc souvent la liposuccion

Lipomatose douloureuse de Dercum

Rare, touchant plutot la femme obèse de 50 ans. Infiltration lipomateuse en plaques mal limitées, douloureuses, spontanément ou à la pression
sur le ventre, le dos, la racine des cuisses et des bras.

Lipome : causes, symptômes et conseils dermatologue

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Lipome
Un lipome est une « boule de graisse » sous la peau, formant une voussure souvent molle et parfois sensible. Le traitement classique du lipome est son ablation chirurgicale sous anesthésie locale.

Lipome

Qu’est-ce que c’est?

Le lipome est composé de cellules graisseuses de la peau en plus grand nombre (lipomes encapsulés). Ils forment des boules sous la peau

Causes

La cause précise du lipome reste mal connue. Le lipome apparait le plus souvent à l’âge adulte, sans prédilection de race, ni de sexe.

Symptomes

Le lipome forme une boule enchassée profondément dans la peau le plus souvent de 2 à 20 cms, mobile par rapport aux plans profonds et à la peau qui le recouvre, molle.

Il est généralement bien limité et de consistance molle, situé juste sous la peau, lui donnant une voussure nette en pente douce. Le lipome peut parfois devenir sensible voire douloureux par période mais ce phénomène est assez rare.
Les lipomes sont fréquents sur le cou, la nuque, le haut du dos, les avant bras, les fesses, les cuisses…

Son diagnostic nécessite une consultation médicale. Le médecin prescrira parfois une échographie afin d’affirmer le diagnostic de cette boule sous la peau.

Formes particulières de lipomes

L. lombosacré médian

L. apparaissant dans l’enfance ou l’adolescence dans le bas du dos.
Ce lipome peut être un indicateur de la dysraphie spinale et être accompagné d’un angiome plan, d’une fistule lombaire, d’une déviation du sillon interfessier…

Ainsi le médecin prescrit non seulement une échographie mais une IRM pour chercher la dysraphie medullo spinale.

L. sous-aponévrotique du front

Fréquent chez l’homme à partir de 40 ou 50 ans.
L. arrondi ou ovalaire assez ferme, bien mobile par rapport à la peau de mais assez peu mobile par rapport à l’os.
Il n’est pas facile à enlever car il est situé sous le muscle frontal qu’il faut inciser

Angiolipome

L’angiolipome est plus fréquent chez l’adulte jeune surtout sur les bras et jambes, souvent de petite taille (< 2 cm), parfois regroupé avec d’autres angiolipomes dans la même zone

La caractéristique de l’angiolipome est qu’il peut être douloureux lorsqu’on appuie dessus et parfois il a une coloration bleutée (angio signifie qu’il contient des vaisseaux sanguins)

Hibernome

L. particulier formé à partir de la graisse du foetus, de couleur marron comme la graisse des animaux hivernant, d’où son nom, siégeant sur le cou, la nuque, le haut du dos…

L. périsudoral

L. contenant des glandes sudorales eccrines, siégant le plus souvent à la racine de la cuisse ou sur la fesse

Traitement : enlever un lipome

L’exérèse n’est pas obligatoire. C’est une affaire de choix personnel s’il existe des douleurs notamment, ou en cas de gêne esthétique. Elle se pratique le plus souvent sous anesthésie locale : on incise sur toute la longueur du lipome et on en réalise la dissection et l’extraction. La cicatrice est donc d’une taille proche de celle du lipome, ce qui n’est pas négligeable. Qui plus est, dans certaines zones comme le dos, les cicatrices sont souvent plus larges. Enfin, il existe toujours un petit risque de récidive en cas d’exérèse incomplète.

Elle est pratiquée le plus souvent par un dermatologue ou un chirurgien (en cas de lipome de grande taille)

La lipoaspiration ou liposuccion peut être utilisée dans les lipomes de grande taille

Plusieurs lipomes

En cas de lésions multiples sur le corps, il faut chercher une lipomatose