Traitement des varices

Mis à jour le 18 juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Il n’existe pas un traitement unique des varices, mais une palette de techniques choisies selon le calibre du vaisseau et le résultat de l’écho-Doppler : sclérothérapie pour les varicosités, laser endoveineux ou radiofréquence pour les troncs saphènes avec reflux, chirurgie (stripping, phlébectomie) pour les formes volumineuses ou complexes. Les recommandations internationales de 2022 placent les techniques thermiques mini-invasives au même niveau de preuve que la chirurgie classique, avec une récupération plus rapide.

– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

« Sclérose ou laser ? » « Faut-il vraiment se faire opérer ? » Ce sont parmi les questions les plus fréquentes que j’entends en consultation lorsqu’un patient découvre ses varices. La réponse n’est jamais générique : elle dépend du type de veine concernée, de son calibre, et surtout du résultat de l’examen écho-Doppler, qui seul permet de savoir si une veine plus profonde alimente le problème. Ce guide a pour objectif de vous aider à comprendre la logique qui guide le choix entre les différentes options thérapeutiques, sans se substituer à la consultation spécialisée qui reste indispensable.

Pour comprendre les mécanismes de la maladie veineuse et ses facteurs de risque, vous pouvez consulter notre article de référence sur les varices et l’insuffisance veineuse. Si votre problème se limite à de petits vaisseaux superficiels sans varice visible, l’article sur les varicosités et télangiectasies détaille spécifiquement la sclérothérapie esthétique.

Pourquoi le bilan écho-Doppler précède toujours le choix du traitement

Traiter une varice ou une varicosité sans connaître son origine est l’une des erreurs les plus fréquentes, et l’une des causes principales d’échec ou de récidive rapide. Une varicosité peut être primitive, sans cause sous-jacente identifiable, ou secondaire à un reflux dans une veine plus profonde (la grande ou la petite veine saphène, ou une veine réticulaire). Dans ce second cas, traiter uniquement la varicosité visible sans corriger le reflux d’amont conduit presque toujours à une réapparition rapide des lésions, parfois pire qu’avant (phénomène de « matting »).

L’écho-Doppler veineux des membres inférieurs cartographie les réseaux superficiel, profond et perforant. Il confirme ou infirme la présence d’un reflux, mesure le calibre des veines concernées et oriente vers la technique la plus adaptée. Cet examen est considéré comme une étape indispensable par les recommandations professionnelles avant toute décision thérapeutique.

Tableau comparatif des techniques de traitement des varices

Technique Indication principale Remboursement Récupération
Sclérothérapie liquide Varicosités, télangiectasies fines Non (acte esthétique) Immédiate
Sclérothérapie à la mousse Veines réticulaires, petites varices Possible si écho-guidée et indiquée médicalement Immédiate à quelques jours
Laser endoveineux (EVLA) Tronc saphène avec reflux confirmé Oui, sur indication médicale 1 à 2 jours
Radiofréquence Tronc saphène avec reflux confirmé Oui, sur indication médicale 1 à 2 jours
Phlébectomie ambulatoire (Müller) Varices collatérales visibles Oui Quelques jours
Stripping chirurgical Troncs volumineux ou très sinueux Oui 1 à 2 semaines

Sclérothérapie : le traitement de référence des petits calibres

La sclérothérapie consiste à injecter un produit sclérosant directement dans le vaisseau à traiter, à l’aide d’une aiguille fine. Le produit irrite la paroi de la veine, qui se fibrose et se referme progressivement. Deux formes coexistent : la forme liquide, utilisée pour les vaisseaux les plus fins, et la forme en mousse, obtenue par émulsification, qui améliore le contact avec la paroi et permet de traiter des veines de calibre un peu plus important.

Conseil pratique : évitez toute exposition solaire des zones traitées dans les semaines qui suivent une sclérose. Le risque de pigmentation résiduelle (dépôt d’hémosidérine) est significativement plus élevé en cas d’exposition, et particulièrement marqué sur les peaux mates ou foncées, même en l’absence de soleil.

Laser endoveineux et radiofréquence : l’ablation thermique des troncs saphènes

Lorsque l’écho-Doppler confirme un reflux dans la grande ou la petite veine saphène, l’ablation thermique endoveineuse est aujourd’hui considérée comme une alternative à part entière à la chirurgie. La fibre laser ou l’électrode de radiofréquence est introduite dans la veine sous guidage échographique, puis l’énergie délivrée provoque la fermeture définitive du tronc variqueux. L’intervention se déroule sous anesthésie locale (tumescente), en ambulatoire.

Une revue des recommandations conjointes de la Society for Vascular Surgery et de l’American Venous Forum, publiée en 2023, positionne ces techniques d’ablation endoveineuse comme équivalentes au traitement chirurgical pour le reflux tronculaire superficiel, avec l’avantage d’une récupération plus rapide (PMID 36326210).

Chirurgie : stripping et phlébectomie, des techniques toujours d’actualité

Le stripping, qui consiste à retirer le tronc saphène incompétent par voie chirurgicale, reste indiqué pour les troncs de gros calibre ou très sinueux, dans lesquels le passage d’une fibre laser ou d’une sonde de radiofréquence est plus difficile. Il est souvent associé à une phlébectomie ambulatoire (technique de Müller), qui retire les varices collatérales visibles par de petites incisions de 1 à 2 mm, sans suture.

Un essai randomisé multicentrique comparant laser endoveineux, radiofréquence, sclérothérapie à la mousse écho-guidée et chirurgie à 3 ans a montré un taux de récidive ou de reperméabilisation nettement plus élevé après sclérothérapie à la mousse (environ 26 %) qu’avec les trois autres techniques, dont les résultats étaient comparables entre eux (autour de 6 à 7 %) (PMID 26992754). Ce résultat illustre bien que le choix de la technique a un impact réel sur la durabilité du résultat, en particulier pour les troncs de calibre important.

Bon à savoir : pour la petite veine saphène, une revue Cochrane portant sur les techniques d’ablation comparées à la chirurgie conventionnelle n’a pas retrouvé de différence claire de niveau de preuve permettant de recommander une technique plutôt qu’une autre (PMID 27898181). Le choix reste donc largement guidé par l’anatomie individuelle et l’expérience du praticien.

Quel traitement pour quelle situation ? Un arbre de décision simplifié

  • Varicosités isolées, sans varice ni reflux : sclérothérapie liquide ou laser Nd:YAG selon le calibre et la couleur du vaisseau.
  • Veines réticulaires ou petites varices superficielles : sclérothérapie à la mousse, parfois associée à une phlébectomie ponctuelle.
  • Tronc saphène avec reflux confirmé, calibre modéré : laser endoveineux ou radiofréquence, en ambulatoire.
  • Tronc très volumineux, très sinueux, ou échec d’un traitement endoveineux : stripping chirurgical, souvent associé à une phlébectomie.
  • Reflux discret chez un sujet jeune, sans gêne fonctionnelle majeure : la contention veineuse seule peut suffire à retarder, parfois de plusieurs années, le recours à un traitement invasif.

Pour les mesures de fond et les bas de compression, notre article dédié à la contention veineuse détaille les classes de compression et les conseils pour bien les porter au quotidien.

Prix et remboursement : ce qu’il faut savoir avant de se décider

La sclérothérapie à visée esthétique des varicosités n’est jamais remboursée par l’Assurance Maladie ; comptez en général de 30 à 50 € par séance simple, davantage en cas de repérage écho-Doppler associé. À l’inverse, le laser endoveineux, la radiofréquence et la chirurgie peuvent être pris en charge lorsqu’ils répondent à une indication médicale documentée, sur prescription d’un spécialiste après bilan écho-Doppler. Demandez systématiquement un devis détaillé avant de débuter une prise en charge non remboursée.

⚠️ Consultez sans attendre si :

  • Une varice devient brusquement rouge, dure et douloureuse au toucher (suspicion de phlébite superficielle)
  • Une jambe gonfle rapidement, devient chaude et douloureuse de façon unilatérale (risque de thrombose veineuse profonde)
  • Une varice saigne abondamment après un choc ou une plaie minime
  • Une plaie sur le trajet d’une varice ne montre aucun signe d’amélioration après 2 à 3 semaines
  • Apparition de fièvre associée à une rougeur qui s’étend autour d’une varice ou d’une plaie de jambe

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Questions fréquentes sur le traitement des varices

Quel est le traitement le plus efficace contre les varices ?

Pour les varices des veines saphènes avec reflux confirmé à l’écho-Doppler, le laser endoveineux et la radiofréquence offrent une efficacité comparable au stripping chirurgical, avec une récupération plus rapide. Pour les varicosités superficielles isolées, la sclérothérapie reste le traitement de référence. Le choix dépend toujours du bilan veineux préalable.

Sclérose, laser ou chirurgie : comment choisir ?

Le choix dépend du calibre de la veine et du bilan écho-Doppler. Pour des varicosités fines, la sclérose ou le laser Nd:YAG suffisent. Pour les veines réticulaires et petites varices, la sclérose à la mousse est privilégiée. Pour les troncs saphènes avec reflux confirmé, le laser endoveineux, la radiofréquence ou la chirurgie sont discutés selon l’anatomie.

Le laser endoveineux est-il remboursé par la Sécurité sociale ?

Oui, l’occlusion de la grande veine saphène par laser ou par radiofréquence peut être prise en charge par l’Assurance Maladie lorsqu’elle répond à une indication médicale documentée par écho-Doppler, sur prescription d’un spécialiste. La sclérothérapie à visée esthétique des varicosités, en revanche, n’est jamais remboursée.

La chirurgie des varices est-elle dépassée ?

Non, le stripping reste une option de référence, notamment pour les troncs très sinueux ou de gros calibre où l’ablation thermique est moins adaptée. Les études comparatives à plusieurs années ne montrent pas de différence significative de récidive entre la chirurgie et les techniques endoveineuses modernes comme le laser ou la radiofréquence.

Combien de temps dure la récupération après un traitement de varices ?

Après un laser endoveineux ou une radiofréquence, la reprise des activités normales se fait généralement en 1 à 2 jours. Après un stripping chirurgical, il faut le plus souvent compter 1 à 2 semaines, contention comprise. La sclérothérapie, elle, ne nécessite aucun arrêt d’activité particulier.

Les varices traitées peuvent-elles revenir ?

La récidive est possible avec toutes les techniques, qu’il s’agisse de chirurgie, de laser ou de radiofréquence, car la maladie veineuse chronique évolue dans le temps. Les études à long terme rapportent des taux de récidive ou de reperméabilisation comparables entre ces approches, de l’ordre de 6 à 7 % à 3 ans pour les techniques thermiques.

Peut-on traiter ses varices pendant la grossesse ?

Non, la sclérothérapie, le laser et la chirurgie des varices sont contre-indiqués pendant toute la grossesse. Seule la contention veineuse est recommandée durant cette période. Un bilan et un traitement définitif peuvent être envisagés après l’accouchement et la fin de l’allaitement.

Faut-il un bilan avant de traiter ses varices ?

Oui, un écho-Doppler veineux est indispensable avant tout traitement de varices, qu’il soit médical ou chirurgical. Il permet de cartographier les réseaux superficiel, profond et perforant, de confirmer le reflux et de choisir la technique la plus adaptée à l’anatomie de chaque patient.

Références scientifiques

  1. Gloviczki P, Lawrence PF, Wasan SM et al. The 2022 Society for Vascular Surgery, American Venous Forum, and American Vein and Lymphatic Society clinical practice guidelines for the management of varicose veins of the lower extremities. Part I. J Vasc Surg Venous Lymphat Disord. 2023;11(2):231-261. PMID 36326210
  2. Rasmussen L et al. Randomized clinical trial comparing endovenous laser ablation, radiofrequency ablation, foam sclerotherapy, and surgical stripping for great saphenous varicose veins with 3-year follow-up. Br J Surg. 2016. PMID 26992754
  3. Paravastu SC, Horne M, Dodd PD. Endovenous ablation therapy (laser or radiofrequency) or foam sclerotherapy versus conventional surgical repair for short saphenous varicose veins. Cochrane Database Syst Rev. 2016;11:CD010878. PMID 27898181
  4. Tisi PV. Varicose veins. BMJ Clin Evid. 2011;2011:0212. PMID 21477400

Source : HAS – Occlusion de veine saphène par laser par voie veineuse transcutanée

Pour aller plus loin, consultez nos articles sur les varicosités et télangiectasies, l’eczéma variqueux, la dermite ocre et la contention veineuse.

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Contention veineuse : bien choisir ses bas de compression 2026

Contention veineuse : comment bien choisir et mettre ses bas de compression

Mis à jour le 11 juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : La contention veineuse est le traitement de référence de l’insuffisance veineuse chronique. Portées dès le matin avant de se lever, les bas de compression réduisent la douleur, les œdèmes et le risque d’ulcère. Les études Cochrane montrent qu’ils accélèrent la cicatrisation des ulcères veineux avec un rapport de hasard de 2,17 – autrement dit, les plaies guérissent plus de deux fois plus vite avec compression qu’sans. Encore faut-il choisir la bonne classe et savoir les enfiler correctement : c’est ce que ce guide vous explique étape par étape.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Vous en avez assez de rentrer le soir avec les jambes gonflées, lourdes, qui tirent ? Vous remarquez des varices, une légère enflure au-dessus des chevilles qui disparaît la nuit et revient dès que vous restez debout ? Votre médecin vous a prescrit une contention, mais vous ne savez pas trop quelle marque choisir ni comment l’enfiler sans lutter pendant dix minutes ? Ce guide est fait pour vous.

La contention médicale de compression est l’une des prescriptions les plus fréquentes en dermatologie et en médecine vasculaire – et l’une des moins bien suivies. Des études montrent que 63 % des patients finissent par abandonner leurs bas, souvent parce qu’ils trouvent ça trop difficile à enfiler, trop chaud, ou parce qu’ils n’ont pas compris pourquoi c’est vraiment important. Ce guide répond à toutes ces questions avec rigueur et pragmatisme.

Pourquoi prescrit-on une contention veineuse ?

Dans votre jambe, le sang doit remonter vers le cœur en travaillant contre la gravité. Ce retour veineux dépend en partie des valvules – de petits clapet anti-retour à l’intérieur des veines. Quand ces valvules se fatiguent ou deviennent insuffisantes (c’est ce qu’on appelle l’insuffisance veineuse chronique), le sang stagne dans les veines superficielles. Il s’accumule, dilate les parois veineuses, et provoque une augmentation de la pression dans les petits vaisseaux de la peau et sous la peau.

Cette stase veineuse est responsable de tout un ensemble de symptômes que vous connaissez peut-être : jambes lourdes en fin de journée, chevilles qui gonflent, crampes nocturnes, picotements, varices visibles, et à terme modifications cutanées comme l’eczéma variqueux, la dermite ocre, ou l’atrophie blanche de Milian.

Le rôle d’un bas de contention est mécanique et simple : il exerce une pression graduée de l’extérieur, plus forte à la cheville et décroissante vers le haut du mollet. Cette compression de l’extérieur réduit le diamètre des veines superficielles, améliore le retour veineux et soulage la pression dans les capillaires cutanés. Ce n’est pas une solution miracle – ça ne guérit pas les varices – mais c’est le traitement de fond le plus efficace pour prévenir l’aggravation et les complications, et soulager les symptômes au quotidien.

Les 4 classes de compression : laquelle est faite pour vous ?

En France, les bas de contention médicale sont classés selon la pression exercée à la cheville, exprimée en millimètres de mercure (mmHg). Cette classification a été actualisée par l’ANSM. Votre médecin ou dermatologue choisit la classe adaptée à votre situation clinique.

Classe Pression cheville Principales indications Remboursement SS
Classe I 10 à 15 mmHg Jambes lourdes légères, prévention en voyage (avion, voiture), début de varices, prévention en grossesse Oui (sur prescription)
Classe II 15 à 20 mmHg Varices modérées symptomatiques, grossesse à partir du 2e trimestre, post-opératoire veineux, après sclérose ou chirurgie des varices, syndrome post-thrombotique modéré Oui (sur prescription)
Classe III 20 à 36 mmHg Varices évoluées avec complications, œdèmes importants, ulcère veineux cicatrisé (prévention de récidive), syndrome post-thrombotique sévère, lymphœdème modéré Oui (sur prescription)
Classe IV > 36 mmHg Lymphœdème sévère, ulcères réfractaires – prescription et surveillance spécialisée obligatoires Oui (sur prescription)
⚠️ Attention : Ne choisissez pas vous-même votre classe de compression. Une contention trop forte en cas d’artériopathie (mauvaise circulation artérielle) peut aggraver l’ischémie et entraîner des complications graves. La prescription médicale est indispensable, notamment à partir de la classe II.

Mi-bas, bas cuisse ou collant : que choisir ?

Au-delà de la classe, le type de contention dépend de la localisation et de l’étendue de l’atteinte veineuse :

  • Le mi-bas (couvre cheville + mollet jusqu’au genou) : c’est la forme la plus utilisée. Il suffit quand l’insuffisance veineuse est localisée au mollet, ce qui représente la majorité des cas. Il est plus facile à enfiler et mieux toléré en été.
  • Le bas cuisse (couvre jusqu’en haut de la cuisse) : indiqué si les varices ou l’œdème remontent au-dessus du genou. Il nécessite une bandelette auto-agrippante en haut pour maintenir sans couper la circulation.
  • Le collant : recommandé pendant la grossesse (maintien du secteur inguino-abdominal) et en cas de varices bilatérales. Plus contraignant à l’enfilage, mais souvent mieux accepté cosmétiquement.
ℹ️ Le choix de la marque
Toutes les marques vendues en pharmacie sur prescription (Sigvaris®, Juzo®, Venoflex®, Thuasne®, Mediven®…) respectent les normes françaises ASQUAL. La tolérance et le confort cutané peuvent varier d’une personne à l’autre. Si vous développez une rougeur, une démangeaison ou une irritation sous le bas, consultez votre dermatologue : il peut s’agir d’une allergie aux élastiques ou à un apprêt textile – une autre marque ou un modèle sans latex résout souvent le problème.

Comment mettre ses bas de contention correctement

C’est le point qui fait la différence entre un traitement efficace et un traitement abandonné. La grande majorité des patients qui abandonnent leurs bas le font parce qu’ils les enfilaient mal – et donc le trouver trop difficile, trop serré, ou douloureux à l’enfilage.

La règle d’or : enfilez-les le matin, avant de vous lever, avant que la cheville ne gonfle. Si vous attendez d’être debout depuis une heure, la cheville a déjà gonflé et l’enfilage devient réellement difficile.

Technique étape par étape

  1. Position assise au bord du lit, avant de poser les pieds par terre. Si vous avez du mal à vous pencher, une position couchée sur le dos avec la jambe légèrement relevée fonctionne aussi très bien.
  2. Retournez le bas sur lui-même jusqu’au talon (pas plus). Vous obtenez une sorte de chaussette retournée avec la poche talon bien visible. Ne roulez pas le bas en anneau – c’est la principale erreur qui rend l’enfilage difficile et crée des zones de compression inégale.
  3. Placez votre pied dans la partie avant du bas, talon bien positionné dans la poche talon.
  4. Déroulez progressivement vers le haut, un peu à la fois, en tirant par les côtés et non par le bord supérieur. Lissez au fur et à mesure pour éviter les plis. Un pli même léger exerce une pression locale excessive et peut blesser la peau.
  5. Vérifiez qu’il n’y a aucun bourrelet, aucune zone plissée ou roulée, et que le talon est bien en place dans sa poche.

💡 Trucs pratiques pour faciliter l’enfilage

  • Les gants en caoutchouc (type gants de ménage fins) donnent une prise bien meilleure sur le tissu – c’est le conseil n°1.
  • Un enfile-bas (dispositif en plastique vendu en pharmacie) permet d’enfiler le bas sans se pencher, très utile en cas d’arthrose du genou ou de la hanche, ou pendant la grossesse. Il est prescrit et remboursé sur ordonnance.
  • Une légère application de talc sur la cheville et le pied (ou une socquette fine glissée puis retirée) facilite l’enfilage sur une peau sèche ou avec des poils.
  • Pour les bas cuisse avec bandelette auto-agrippante : appliquer la bandelette sur une peau propre et sèche, sans crème.

Quand et combien de temps porter la contention ?

Les bas de contention doivent être portés du lever jusqu’au coucher, en position debout ou assise. La nuit, en position allongée, le retour veineux se fait naturellement grâce à la position horizontale et la contention n’est plus nécessaire – ni recommandée dans les cas habituels.

  • En été comme en hiver : l’insuffisance veineuse ne prend pas de vacances. La chaleur aggrave même la dilatation veineuse, ce qui rend le port estival encore plus utile, même s’il est plus inconfortable.
  • En voyage assis long (avion, train, voiture > 4 heures) : une contention classe I ou II est recommandée, même si vous n’avez pas de diagnostic d’insuffisance veineuse – le risque de phlébite est significativement réduit.
  • Après une intervention chirurgicale sur les varices (chirurgie, laser endoveineux, mousse sclérosante) : le port est souvent prescrit de façon continue les premiers jours, puis la journée. Respectez scrupuleusement les consignes de votre phlébologue ou chirurgien vasculaire.

Entretien et durée de vie de vos bas

Un bas de contention perd environ 30 à 40 % de sa compression initiale après 150 à 180 lavages, soit environ 6 mois d’utilisation quotidienne. Au-delà, il est devenu moins efficace même s’il paraît intact.

  • Lavage à la main ou en machine à 30 °C maximum, programme délicat, avec un détergent doux sans assouplissant (l’assouplissant détériore les fibres élastiques).
  • Ne jamais sécher en machine ni essorer : séchage à plat ou suspendu à l’air libre.
  • Alterner deux paires (une à laver, une à porter) prolonge leur durée de vie et maintient une compression optimale chaque jour.
  • Le renouvellement est pris en charge par l’Assurance maladie tous les 6 mois sur prescription (soit 2 paires par an remboursées pour les classes I, II et III).

Contention veineuse et peau : ce que surveille votre dermatologue

L’insuffisance veineuse chronique non traitée ou mal traitée laisse des traces cutanées progressives. Un suivi dermatologique régulier est important pour détecter et traiter ces complications avant qu’elles ne s’aggravent :

  • L’eczéma variqueux : plaques rouges suintantes ou squameuses sur les jambes, souvent autour des chevilles, lié à la stase veineuse. La contention bien portée est le traitement de fond, complétée par des dermocorticoïdes locaux lors des poussées.
  • La dermite ocre : dépôts brunâtres autour des chevilles, liés aux dépôts d’hémosidérine (le fer des globules rouges qui ont fui par les capillaires sous pression). Irréversible une fois constituée, mais la contention prévient son extension.
  • L’atrophie blanche de Milian : zones blanches cicatricielles douloureuses sur les chevilles, signe d’une maladie veineuse évoluée.
  • L’ulcère veineux de jambe (consultation des varices et jambes lourdes) : plaie chronique rebelle au-dessus de la malléole interne. La contention est le pilier du traitement cicatrisant – les études montrent 77 % de cicatrisation supplémentaire avec compression par rapport sans compression.

Par ailleurs, si vous avez des jambes lourdes associées à un purpura (taches rouges ou violacées qui ne s’effacent pas à la pression), consultez rapidement : cela peut signaler une vascularite ou une maladie systémique qui nécessite un bilan.

⚠️ Contre-indications à connaître absolument

Contre-indications absolues (ne jamais porter de contention) :

  • Artériopathie oblitérante des membres inférieurs sévère (indice de pression systolique < 0,6) : la compression aggrave l’ischémie
  • Insuffisance cardiaque décompensée (risque d’aggravation de la surcharge)
  • Phlébite septique (thrombose veineuse infectée) non traitée

Contre-indications relatives (prescription avec surveillance) :

  • Artériopathie modérée (IPS entre 0,6 et 0,8) : contention légère possible sous surveillance vasculaire
  • Neuropathie périphérique sévère (risque de ne pas ressentir une compression excessive)
  • Dermatose infectieuse aiguë étendue au niveau du membre

→ Si vous avez des douleurs à la marche, des orteils froids ou bleutés, consultez avant de commencer une contention.

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Questions fréquentes sur la contention veineuse

Quelle classe de contention veineuse dois-je choisir ?

La classe I (10-15 mmHg) convient aux jambes lourdes légères et à la prévention en voyage. La classe II (15-20 mmHg) est prescrite pour les varices modérées, la grossesse et en post-opératoire. La classe III (20-36 mmHg) est indiquée pour les varices évoluées, les œdèmes importants et les ulcères veineux cicatrisés. La classe IV (> 36 mmHg) est réservée au lymphœdème sévère sur prescription spécialisée. Le choix appartient au médecin – ne sélectionnez pas vous-même votre classe.

Comment mettre ses bas de contention le matin ?

Enfilez-les avant de vous lever, avant que les chevilles ne gonflent. Retournez le bas sur lui-même jusqu’au talon, placez le pied dans la poche, puis déroulez progressivement vers le haut en lissant les plis. Des gants en caoutchouc ou un enfile-bas (remboursé sur ordonnance) facilitent considérablement l’opération. Ne roulez jamais le bas en anneau.

Combien de temps doit-on porter des bas de contention ?

Toute la journée, du lever au coucher. La nuit, allongé, la contention n’est pas nécessaire car le retour veineux se fait naturellement. En été comme en hiver – la chaleur aggrave même la dilatation veineuse. Un port quotidien est indispensable pour une efficacité réelle : les patients qui ne portent leurs bas que quelques jours par semaine ne tirent pas de bénéfice clinique significatif.

Les bas de contention sont-ils remboursés par la Sécurité sociale ?

Oui, sur prescription médicale. Les classes I, II et III sont remboursées à 60 % de la base de remboursement. Le renouvellement est pris en charge tous les 6 mois (2 paires par an). Un enfile-bas est également prescrit et remboursé sur ordonnance. Votre mutuelle peut prendre en charge le reste à charge selon votre contrat.

Quelles sont les contre-indications absolues de la contention veineuse ?

L’artériopathie oblitérante des membres inférieurs sévère (IPS < 0,6), l’insuffisance cardiaque décompensée et la phlébite septique non traitée. Une artériopathie modérée (IPS entre 0,6 et 0,8) impose une contention adaptée sous surveillance médicale. Si vous avez des douleurs à la marche, des jambes froides ou des orteils bleutés, consultez avant de porter une contention.

Puis-je porter des bas de contention la nuit ?

Non, dans la quasi-totalité des cas. En position allongée, le retour veineux se fait naturellement et la compression n’est plus nécessaire. La contention nocturne n’est indiquée que dans de rares situations spécifiques sur prescription spécialisée, notamment certains lymphœdèmes sévères. Retirer vos bas le soir est la règle standard.

Quelle est la différence entre mi-bas, bas cuisse et collant de contention ?

Le mi-bas couvre la cheville et le mollet – suffisant dans la majorité des insuffisances veineuses. Le bas cuisse remonte jusqu’en haut de la cuisse, indiqué si varices ou œdème atteignent la cuisse. Le collant est préféré pendant la grossesse pour soutenir aussi le secteur inguino-abdominal. Le médecin détermine le type adapté à votre situation clinique.

Mes bas de contention me donnent des démangeaisons : que faire ?

Des démangeaisons ou une rougeur sous un bas de contention peuvent signaler une allergie de contact aux élastiques (latex, caoutchouc) ou à un apprêt textile, mais aussi une simple irritation par frottement ou transpiration. Consultez votre dermatologue qui pourra réaliser des tests épicutanés si nécessaire. Des modèles sans latex, en coton ou en microfibres, existent et sont bien tolérés. Ne supprimez pas la contention sans avis médical.

Références scientifiques

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Pages du cluster veineux – pour aller plus loin

Varicosités et télangiectasies des jambes : causes, symptômes et traitements

Varicosités et télangiectasies des jambes : petites veines rouges ou bleues, normal ou inquiétant ?

Mis à jour le 11 juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Les varicosités (ou télangiectasies) sont de très petits vaisseaux dilatés de moins de 2 mm, visibles sous forme de filaments rouges ou bleuâtres sur les jambes. Elles concernent environ 30 à 40 % des femmes adultes. Bénignes dans la grande majorité des cas, elles se distinguent des vraies varices par leur taille, leur aspect superficiel et leur mécanisme. La sclérothérapie reste le traitement de référence pour les effacer.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Varicosités, télangiectasies, veinectasies : de quoi parle-t-on exactement ?

Quand on découvre de petits filaments rouges ou violacés sur les cuisses ou les mollets, le premier réflexe est souvent de penser aux varices. C’est compréhensible – mais dans la plupart des cas, il s’agit de varicosités ou de télangiectasies, des entités bien distinctes, moins sévères et plus superficielles.

Le vocabulaire peut sembler complexe, mais il recouvre des réalités cliniques précises :

  • Télangiectasies (ou varicosités rouges) : vaisseaux de 0,1 à 1 mm de diamètre, rouges ou rosés, formant des réseaux en étoile, en bouquet ou en nappe. Ils correspondent aux capillaires et vénules les plus superficiels.
  • Veinectasies (ou varicosités bleutées) : un peu plus larges, de 1 à 2 mm, bleutées à violacées, légèrement saillantes. Ce sont les veinules sous-cutanées superficielles.
  • Varices réticulaires : vaisseaux bleu-vert sous-cutanés entre 2 et 3 mm, non saillants mais bien visibles. Elles servent souvent de vaisseaux nourriciers aux télangiectasies.
  • Vraies varices : veines saphènes ou leurs collatérales dilatées au-delà de 3 mm, souvent saillantes, sinueuses, liées à une insuffisance veineuse chronique avérée.

Cette distinction n’est pas qu’académique : elle conditionne la prise en charge thérapeutique. Traiter des télangiectasies sans avoir écarté un reflux veineux sous-jacent, c’est prendre le risque d’un résultat décevant – voire d’une aggravation.

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À quoi correspondent les varicosités dans la classification médicale ?

La médecine vasculaire utilise la classification CEAP (Clinique, Étiologique, Anatomique, Physiopathologique) pour graduer la maladie veineuse chronique. C’est la référence internationale, adoptée par la HAS dans ses recommandations sur la compression médicale.

Stade CEAP Description clinique Exemples
C0 Aucun signe visible ou palpable Jambes normales
C1 Télangiectasies ou varices réticulaires (< 3 mm) Varicosités rouges, bleutées
C2 Varices ≥ 3 mm Varices saphènes
C3 Œdème veineux Chevilles gonflées en fin de journée
C4 Troubles trophiques cutanés Dermite ocre, eczéma variqueux
C5–C6 Ulcère veineux cicatrisé ou actif Plaie chronique de jambe

Les varicosités correspondent donc au stade C1, le moins sévère de la classification. Selon les données épidémiologiques françaises citées dans le rapport HAS sur la compression médicale, environ 16,5 % de la population présente des télangiectasies ou des varices réticulaires. Chez les femmes, ce chiffre est nettement plus élevé.

Quelles sont les causes des varicosités sur les jambes ?

Les varicosités résultent d’une fragilité de la paroi des petits vaisseaux, qui cède sous la pression hydrostatique. Plusieurs facteurs favorisent leur apparition, et ils se cumulent souvent :

Facteurs de risque principaux :

  • Hérédité : c’est le facteur le plus constant. Avoir un ou deux parents atteints multiplie significativement le risque.
  • Sexe féminin : les œstrogènes et la progestérone fragilisent la paroi veineuse. Les variations hormonales (grossesse, contraception hormonale, ménopause) amplifient ce phénomène.
  • Grossesse : l’augmentation du volume sanguin, la compression pelvienne et les modifications hormonales expliquent la fréquente apparition de varicosités dès le premier trimestre.
  • Station debout ou assise prolongée : les professions impliquant une orthostatisme prolongé (coiffeurs, vendeurs, soignants, enseignants) favorisent la stase veineuse.
  • Surpoids : il augmente la pression dans les veines des membres inférieurs.
  • Exposition solaire répétée : fragilise le derme et les parois vasculaires superficielles.
  • Traumatismes locaux : un choc ou une intervention chirurgicale peut créer localement des conditions favorables à la dilatation capillaire (phénomène de matting post-sclérose).

Il est important de distinguer les varicosités primitives (isolées, sans reflux sous-jacent) des varicosités secondaires, conséquences d’une hyperpression liée à des varices plus profondes. Dans ce second cas, traiter les varicosités sans traiter la cause donne des résultats décevants et favorise les récidives rapides – c’est l’erreur à éviter.

Comment distinguer varicosités et vraies varices ?

Une confusion fréquente conduit les patients à confondre ces deux entités. Voici les éléments cliniques qui permettent de les différencier :

Caractéristique Varicosités / télangiectasies Vraies varices
Diamètre < 2 mm ≥ 3 mm
Couleur Rouge vif à bleu-violet Bleu foncé à vert
Aspect Filaments, étoiles, nappes Cordons sinueux, saillants
Saillance Non ou peu saillantes Saillantes, palpables
Symptômes douloureux Rares, souvent absents Lourdeurs, douleurs fréquentes
Risque thrombotique Très faible si isolées Possible (phlébite superficielle)
Bilan écho-doppler Souvent normal Reflux saphène visible

Dans le doute, surtout si les varicosités sont étendues, apparaissent rapidement ou s’accompagnent de jambes lourdes, un écho-doppler veineux réalisé par un angiologue permet de préciser s’il existe un reflux profond. Cette étape peut conditionner la stratégie thérapeutique.

Quels traitements pour effacer les varicosités des jambes ?

Aucune crème, aucun veinotonique ne fait disparaître les varicosités déjà constituées. Les traitements médicaux peuvent atténuer les symptômes fonctionnels mais n’ont pas d’effet sur les vaisseaux visibles. Pour les effacer, deux approches ont fait leurs preuves.

La sclérothérapie : le traitement de référence

La sclérothérapie consiste à injecter, à l’aide d’une aiguille très fine, un produit sclérosant directement dans le vaisseau à traiter. Ce produit (polidocanol – Aetoxysclérol®, ou glycérine chromée – Sclérémo®) irrite la paroi endothéliale, provoque sa thrombose puis sa fibrose progressive. Le vaisseau disparaît en quelques semaines.

Déroulement pratique d’une séance :
La consultation dure en général 20 à 40 minutes. Plusieurs dizaines d’injections peuvent être réalisées lors d’une même séance. Un port de bas de contention (classe 2) est recommandé dans les jours suivants pour améliorer les résultats et limiter les pigmentations résiduelles. 2 à 4 séances sont souvent nécessaires, espacées de 4 à 8 semaines. Le résultat final s’apprécie 3 mois après la dernière séance.

Une étude randomisée portant sur 90 patientes présentant des télangiectasies isolées a montré que la sclérothérapie améliore significativement la satisfaction esthétique par rapport à la compression seule ou aux traitements médicaux (Aydın et al., Phlebology 2022 – PMID 34229502).

La concentration du sclérosant est adaptée au calibre du vaisseau : on dilue l’Aetoxysclérol de 0,25 % à 1 % selon la taille des télangiectasies. Pour les veinectasies plus larges, une mousse sclérosante peut être utilisée pour un meilleur contact pariétal. L’article dédié aux traitements des varicosités et des varices décrit en détail les différents agents sclérosants disponibles.

Le laser vasculaire : une alternative pour les très fins vaisseaux

Le laser Nd:YAG 1064 nm est indiqué en première intention pour les télangiectasies rouges très fines (moins de 0,5 mm), difficiles à ponctionner, et pour certaines zones anatomiques délicates (face interne de la cheville, pli du genou). Il agit par photothermie sélective : la lumière est absorbée par l’oxyhémoglobine, ce qui coagule le vaisseau sans toucher les tissus environnants.

Pour les veinectasies bleutées plus larges (1 à 2 mm), la sclérothérapie reste en général préférée en raison de son efficacité et de son coût. Les autres lasers (KTP, colorant pulsé, IPL) ont une efficacité limitée sur les varicosités des jambes et ne constituent pas des alternatives validées en première intention.

La contention veineuse : rôle préventif et symptomatique

Les bas ou collants de contention médicale (classe 2 en général) ne font pas disparaître les varicosités mais peuvent limiter leur progression, réduire les symptômes fonctionnels (lourdeurs, fourmillements, crampes) et optimiser les résultats des traitements sclérosants. Ils sont recommandés après chaque séance et en prévention chez les patients à risque (station debout prolongée, grossesse, prédisposition familiale).

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Varicosités pendant la grossesse : que faire ?

La grossesse est une période à haut risque d’apparition ou d’aggravation des varicosités. L’augmentation du volume sanguin circulant, la compression mécanique des veines iliaques par l’utérus gravide et les modifications hormonales (progestérone notamment) contribuent à dilater les petits vaisseaux.

Conseils pendant la grossesse : La sclérothérapie est contre-indiquée pendant toute la durée de la grossesse et les 3 mois suivant l’accouchement. Le port de bas de contention adaptés (prescrits par votre médecin), la marche régulière, l’élévation des jambes le soir et les douches fraîches constituent les mesures recommandées. Après l’accouchement et la période d’allaitement, un bilan veineux permettra de décider du traitement des varicosités persistantes.

L’article sur les varices et jambes lourdes aborde en détail les mesures hygiéno-diététiques applicables en dehors de la grossesse.

Quelles sont les complications possibles de la sclérothérapie des varicosités ?

La sclérothérapie des varicosités est une technique sûre, réalisée en consultation externe, sans anesthésie. Ses effets secondaires sont le plus souvent bénins et transitoires :

  • Pigmentation brunâtre (hémosidérine) : la complication esthétique la plus fréquente. Elle survient quand des globules rouges s’infiltrent hors du vaisseau après injection. Elle régresse spontanément en quelques mois dans la majorité des cas.
  • Télangiectasies de novo (matting) : apparition de nouveaux petits vaisseaux autour de la zone traitée, liée à une hyperpression résiduelle. Elle signe souvent l’existence d’un reflux sous-jacent non traité.
  • Petites ulcérations cutanées : rares, liées à une injection extravasculaire du produit sclérosant. Elles cicatrisent en quelques semaines.
  • Réaction allergique : exceptionnelle avec les produits modernes (polidocanol, glycérine chromée).

Les complications sévères (thrombose veineuse profonde, embolie pulmonaire) sont exceptionnelles pour les varicosités de petit calibre. Elles peuvent être observées lors de scléroses de varices volumineuses avec mousse, surtout en l’absence de bilan préalable.

En cas de pigmentation persistante ou de mauvais résultat esthétique, une consultation de suivi chez le dermatologue ou l’angiologue permet d’adapter la stratégie. Les patients présentant des lésions cutanées associées à une insuffisance veineuse plus avancée peuvent être concernés par l’eczéma variqueux, qui fait l’objet d’un article dédié sur ce site.

Quand consulter un dermatologue pour les varicosités des jambes ?

Une consultation est utile – voire recommandée – dans les situations suivantes :

  • Varicosités nombreuses, étendues ou évolutives
  • Apparition rapide après une grossesse ou un traumatisme
  • Association à des jambes lourdes, des œdèmes en fin de journée, des crampes nocturnes
  • Volonté de traitement esthétique (sclérothérapie, laser)
  • Antécédents familiaux de varices importantes ou de thrombose veineuse

Le dermatologue peut effectuer lui-même la sclérothérapie des varicosités et des varices réticulaires, et orienter vers un angiologue si un bilan écho-doppler est nécessaire avant de traiter. Pour les télangiectasies du visage (couperose), voir l’article sur la rosacée et la couperose, qui relèvent d’une prise en charge distincte.

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Consultez en urgence si :

  • Une zone de varicosités devient soudainement douloureuse, rouge, chaude et ferme au toucher (possible thrombose veineuse superficielle)
  • Un gonflement important et rapide d’un mollet ou d’une cheville apparaît (à évoquer une phlébite profonde)
  • Une plaie ou une ulcération s’ouvre spontanément sur une zone variqueuse
  • Vous observez un saignement en jet depuis une varicosité (urgence vasculaire rare mais réelle – allongez-vous, surélever la jambe et appuyer fermement en attendant les secours)

Ces situations nécessitent une consultation médicale urgente et non différée.

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Questions fréquentes sur les varicosités et télangiectasies des jambes

Quelle est la différence entre varicosités et varices ?

Les varicosités (télangiectasies) sont de très petits vaisseaux dilatés de moins de 2 mm, visibles en surface sous forme de filaments rouges ou bleuâtres. Les varices sont des veines profondes dilatées de plus de 3 mm, souvent saillantes et sinueuses. Les varicosités peuvent exister sans varices, mais elles peuvent aussi en être un signe indirect, d’où l’intérêt d’un bilan veineux si elles sont étendues ou associées à des symptômes.

Les varicosités des jambes sont-elles dangereuses ?

Dans la grande majorité des cas, les varicosités isolées (stade C1 CEAP) sont bénignes et ne présentent pas de risque thrombotique direct. Elles sont surtout d’ordre esthétique et peuvent s’accompagner d’une légère sensation de jambes lourdes. Une consultation permet néanmoins d’écarter une insuffisance veineuse sous-jacente, surtout si les lésions sont nombreuses ou évolutives.

Peut-on traiter les varicosités des jambes sans ordonnance ?

Il n’existe pas de traitement topique (crème, gel) capable de faire disparaître les varicosités déjà constituées. Les veinotoniques peuvent atténuer les symptômes fonctionnels (lourdeurs, fourmillements) mais n’effacent pas les vaisseaux visibles. La sclérothérapie, réalisée par un dermatologue ou un angiologue, est le traitement de référence pour les effacer. Elle ne nécessite pas d’hospitalisation.

Combien de séances de sclérothérapie faut-il pour les varicosités ?

Le nombre de séances dépend de l’étendue des lésions. En moyenne, 2 à 4 séances espacées de 4 à 8 semaines sont nécessaires pour obtenir un résultat satisfaisant. Chaque séance traite une zone délimitée. Le résultat final s’apprécie environ 3 mois après la dernière injection, le temps que les vaisseaux se réabsorbent progressivement.

Les varicosités des jambes peuvent-elles réapparaître après traitement ?

Les varicosités traitées disparaissent en général de façon durable, mais de nouvelles peuvent apparaître dans d’autres zones, surtout si les facteurs favorisants persistent (station debout prolongée, surpoids, grossesse, prédisposition familiale). Des séances d’entretien peuvent être proposées tous les 1 à 3 ans selon l’évolution individuelle.

Le laser est-il efficace sur les varicosités des jambes ?

Le laser Nd:YAG 1064 nm est une alternative à la sclérothérapie, particulièrement utile pour les vaisseaux très fins (moins de 0,5 mm) difficiles à ponctionner à l’aiguille. Son efficacité est comparable pour les petites télangiectasies rouges. Pour les veinectasies bleutées plus larges (1 à 2 mm), la sclérothérapie reste généralement préférée car plus accessible et souvent moins coûteuse.

Les varicosités des jambes sont-elles plus fréquentes chez les femmes ?

Oui, les femmes sont environ 3 fois plus souvent touchées que les hommes. Les variations hormonales (grossesse, pilule contraceptive, ménopause) fragilisent la paroi veineuse et favorisent la dilatation des petits vaisseaux. Une prédisposition génétique joue également un rôle important : avoir un parent atteint augmente sensiblement le risque personnel.

Faut-il porter des bas de contention après une sclérothérapie pour varicosités ?

Oui, le port de bas ou collants de contention (classe 2) est recommandé pendant 3 à 10 jours après chaque séance. Cette compression améliore les résultats en maintenant les parois vasculaires en contact et en limitant la formation de micro-caillots pigmentés (hémosidérine), une complication esthétique fréquente mais sans gravité médicale.

Références scientifiques

  1. Aydın U, Engin M, Türk T, Ata Y. The effectiveness of different treatment methods in isolated telangiectasia and reticular vein treatment: A single-center prospective randomized study. Phlebology. 2022 Feb;37(1):26-32. PMID 34229502
  2. Sadick NS. Sclerotherapy for leg telangiectasia – a blinded comparative trial of polidocanol and hypertonic saline. Dermatol Surg. 1999;25(5):381-385. PMID 10469077
  3. American Academy of Dermatology. Guidelines of care for sclerotherapy treatment of varicose and telangiectatic leg veins. J Am Acad Dermatol. 1996;34(3):523-528. PMID 8609276

Source : HAS – Dispositifs de compression médicale à usage individuel – Classification CEAP et insuffisance veineuse chronique (2010)

Pages du cluster veineux – pour aller plus loin

Pourquoi mes chevilles gonflent le soir : oedeme des chevilles, jambes gonflées

Mis à jour le 11 juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : L’œdème des chevilles et des jambes gonflées concernent des millions de Français, et dans 70 à 80 % des cas, l’insuffisance veineuse chronique en est la cause principale. La distinction avec une origine cardiaque, rénale ou médicamenteuse est indispensable avant tout traitement. Le port de bas de compression médicale reste le pilier thérapeutique recommandé par la HAS, efficace dès le stade fonctionnel. Un œdème unilatéral, douloureux ou fébrile est une urgence médicale.

– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Jambes gonflées, chevilles enflées : comment ça fonctionne ?

Les jambes gonflent quand un excès de liquide s’accumule dans les tissus – c’est ce qu’on appelle un œdème. Ce phénomène survient lorsque la pression à l’intérieur des capillaires dépasse la capacité de réabsorption des vaisseaux lymphatiques, ou lorsqu’une anomalie de la paroi vasculaire laisse trop de liquide filtrer vers les tissus environnants.

Dans la vie courante, les jambes supportent toute la pression hydrostatique d’une colonne de sang qui mesure, chez un adulte debout, plus d’un mètre de hauteur. C’est considérable. Les valvules veineuses – ces petits clapets anti-retour présents à intervalles réguliers dans les veines – ont pour mission d’empêcher le sang de stagner sous l’effet de la gravité. Quand elles s’abîment ou perdent de leur tonicité, le sang s’accumule dans les veines des mollets et des chevilles : c’est la stase veineuse, premier mécanisme de l’insuffisance veineuse chronique.

L’œdème des membres inférieurs est souvent décrit comme un gonflement qui s’aggrave en fin de journée et s’améliore après une nuit allongée. Ce profil circadien est caractéristique de l’origine veineuse ou posturale. À l’inverse, un œdème qui persiste matin comme soir, ou qui commence au réveil, oriente davantage vers une cause systémique – cardiaque, rénale ou hépatique.

Les principales causes des jambes gonflées

Identifier la cause d’un œdème des membres inférieurs est indispensable pour orienter le traitement. Un même symptôme peut relever de mécanismes très différents, et les traitements ne sont pas interchangeables. Voici les étiologies les plus fréquentes, classées par mécanisme.

L’insuffisance veineuse chronique : la cause la plus fréquente

L’insuffisance veineuse chronique (IVC) est de loin la première cause d’œdème des membres inférieurs. Elle touche environ 18 millions de Français et concerne trois femmes pour un homme. Les varices en sont le signe le plus visible, mais l’œdème peut précéder leur apparition de plusieurs années.

La physiopathologie est mécanique : des valvules défaillantes ne retiennent plus le sang qui, sous l’effet de la gravité, reflue vers le bas des jambes et augmente la pression dans les capillaires. Ce liquide s’extravase progressivement dans les tissus, provoquant d’abord un œdème vespéral mou et réversible, puis à terme des modifications cutanées durables – dermite ocre, eczéma variqueux, lipodermatosclérose.

Les facteurs favorisants sont bien identifiés : hérédité familiale, sédentarité, travail en station debout prolongée, grossesse, surpoids, chaleur et exposition solaire des jambes.

Le saviez-vous ? La classification CEAP (Clinique, Étiologique, Anatomique, Physiopathologique) permet aux médecins de stadifier l’insuffisance veineuse de C0 (aucun signe visible) à C6 (ulcère veineux actif). La présence d’un œdème correspond au stade C3, qui précède les lésions cutanées.

Les médicaments : une cause souvent méconnue

Certains médicaments très courants peuvent provoquer ou aggraver un œdème des jambes par un mécanisme de vasodilatation ou de rétention hydrosodée. Les inhibiteurs calciques (amlodipine, félodipine, nifédipine), prescrits pour l’hypertension et l’angine de poitrine, concernent jusqu’à 30 % des patients traités à fortes doses. Cet effet est lié à la vasodilatation artériolaire qui augmente la pression capillaire.

Parmi les autres médicaments en cause : les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et les corticoïdes au long cours qui favorisent la rétention de sodium, les glitazones (antidiabétiques), les progestatifs et les œstrogènes. Avant tout bilan invasif, il est utile de passer en revue les traitements en cours avec le médecin traitant.

L’insuffisance cardiaque droite

Lorsque le ventricule droit ne parvient plus à assurer un débit suffisant, la pression augmente dans le système veineux systémique. Le foie se congestionne et, aux membres inférieurs, le liquide s’accumule sous l’effet d’une pression veineuse chroniquement élevée.

L’œdème cardiaque est bilatéral, symétrique, prend le godet (il reste une empreinte quand on appuie avec le doigt), et s’accompagne souvent d’autres signes : essoufflement à l’effort ou en position allongée, prise de poids rapide, fatigue. Contrairement à l’œdème veineux, il ne s’améliore pas complètement au lever après une nuit de repos.

L’insuffisance rénale et le syndrome néphrotique

Les maladies rénales peuvent provoquer un œdème par deux mécanismes distincts : la rétention de sel et d’eau (insuffisance rénale chronique) ou la perte de protéines – notamment l’albumine – dans les urines (syndrome néphrotique). La baisse du taux d’albumine réduit la pression oncotique du sang, qui retient normalement l’eau dans les vaisseaux.

L’œdème néphrotique est caractéristique : il débute souvent aux paupières le matin, puis descend vers les membres inférieurs, et s’accompagne d’urines mousseuses (signe de protéinurie). Un bilan rénal simple – créatinine, bilan urinaire – suffit à évoquer ce diagnostic.

Le lymphœdème

Le lymphœdème résulte d’une insuffisance du drainage lymphatique. Il peut être primaire (malformation congénitale des vaisseaux lymphatiques) ou secondaire à un curage ganglionnaire, une radiothérapie, une infection ou une compression tumorale.

Cliniquement, il se distingue de l’œdème veineux par plusieurs signes : il touche souvent le dos du pied et les orteils (alors que l’œdème veineux épargne les orteils), le signe de Stemmer est positif (impossible de plisser la peau du dos du 2e orteil), et il n’est pas ou peu amélioré par la surélévation des membres. À terme, il évolue vers une fibrose sous-cutanée irréversible.

Les autres causes à ne pas manquer

L’hypothyroïdie peut provoquer un myxœdème – un œdème non prenant le godet, ferme, diffus – lié à l’accumulation de mucopolysaccharides dans les tissus. Un dosage simple de la TSH permet de l’évoquer. La cirrhose hépatique, par baisse de l’albumine et hypertension portale, provoque des œdèmes des membres inférieurs souvent associés à une ascite. Enfin, une thrombose veineuse profonde (phlébite) doit toujours être évoquée devant un œdème unilatéral, notamment si un facteur favorisant existe (immobilisation, voyage prolongé, cancer).

Cause Siège typique Signe du godet Aggravé le soir Amélioration surélévation
Insuffisance veineuse Chevilles, mollets Oui Oui Oui, nette
Insuffisance cardiaque Bilatéral, symétrique Oui Variable Partielle
Insuffisance rénale / néphrotique Paupières + membres Oui Variable Faible
Lymphœdème Pied + dos du pied Non (ferme) Persistant Nulle
Médicament (ICa) Chevilles Oui Oui Oui
Phlébite (TVP) Unilatéral, mollet Oui Constant Non

Ce que le médecin examine pour poser le diagnostic

Devant des jambes gonflées, le médecin procède d’abord à un interrogatoire structuré : ancienneté et mode d’apparition de l’œdème (progressif ou brutal), uni- ou bilatéral, horaire (vespéral ou permanent), facteurs aggravants (chaleur, position debout, chaleur), médicaments en cours, antécédents cardiaques, rénaux ou veineux, voyages récents.

L’examen clinique évalue la consistance de l’œdème (mou avec signe du godet positif ou ferme), sa topographie exacte, la présence de varices, de modifications cutanées (dermite ocre, eczéma variqueux, ulcère), de signes cardiaques (auscultation, élévation de la pression veineuse jugulaire) ou de signes de phlébite (chaleur, rougeur linéaire, douleur du mollet à la dorsiflexion du pied).

Les examens complémentaires sont guidés par la clinique. En première intention : un écho-doppler veineux des membres inférieurs pour confirmer ou infirmer une insuffisance veineuse et écarter une phlébite ; un bilan biologique (NFS, créatinine, TSH, albumine, BNP si suspicion cardiaque). L’échographie cardiaque n’est pas systématique, mais s’impose dès que l’on évoque une insuffisance cardiaque.

Attention aux confusions : L’œdème veineux bilatéral est souvent attribué à tort à l’insuffisance cardiaque. Le BNP (peptide natriurétique) est normal dans l’insuffisance veineuse isolée – un résultat élevé oriente vers le cœur. Cette distinction est importante car les diurétiques, efficaces en cas de cause cardiaque ou rénale, ne sont pas le traitement de référence de l’œdème purement veineux et peuvent même provoquer une déshydratation contre-productive.

Les complications cutanées liées aux jambes gonflées chroniques

L’œdème veineux chronique non traité n’est pas anodin pour la peau. La stase prolongée provoque une séquence de lésions cutanées bien connue des dermatologues, qui constituent autant de signaux d’alarme.

La dermite ocre est la première manifestation : le plasma qui s’extravase entraîne avec lui des globules rouges dont l’hémoglobine se transforme en hémosidérine, un pigment brun-rouille qui se dépose dans le derme. La peau prend une teinte brunâtre caractéristique, surtout au-dessus de la malléole interne.

L’eczéma variqueux (ou eczéma de stase) survient sur ce terrain fragilisé : plaques rouges, squameuses et prurigineuses, évoluant par poussées. Il est souvent compliqué d’un eczéma de contact aux soins topiques appliqués – crèmes, pansements, antiseptiques – ce qui nécessite parfois des tests épicutanés.

À un stade plus avancé, la lipodermatosclérose correspond à une fibrose sous-cutanée qui donne à la partie basse de la jambe un aspect en bouteille de champagne inversée – la cheville rétrécie, le mollet épaissi. La peau est indurée, brunâtre, souvent douloureuse. C’est le stade précédant l’ulcère de jambe veineux.

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Traitements : des solutions efficaces pour toutes les causes

La prise en charge dépend étroitement de la cause identifiée. Il n’existe pas de traitement universel des jambes gonflées – c’est la précision du diagnostic qui conditionne l’efficacité thérapeutique.

Pour l’insuffisance veineuse : la compression en premier

La compression médicale est le traitement de référence de l’insuffisance veineuse, validé par de nombreuses études et recommandé par la HAS. Elle agit en augmentant la pression tissulaire autour des veines, ce qui réduit la filtration capillaire et améliore le retour veineux. La classification française distingue quatre classes de compression selon la pression exercée :

Classe Pression (mmHg) Indication principale
Classe 1 10–15 Jambes lourdes, prévention en voyage
Classe 2 15–20 Varices, œdème veineux (1re intention HAS)
Classe 3 20–36 IVC sévère, lymphœdème modéré
Classe 4 >36 Lymphœdème sévère, ulcère récidivant

Les bas doivent être enfilés le matin, avant le lever, quand les jambes sont encore au mieux décongestionnées. Leur efficacité est conditionnée par une mise en place correcte – certains médecins prescrivent une séance d’éducation auprès d’un infirmier.

Conseils du Dr Rousseau : Les mesures hygiéno-diététiques sont complémentaires et indispensables. Surélevez le pied du lit de 10 à 15 cm pour faciliter le retour veineux nocturne. Marchez chaque jour – la contraction musculaire du mollet est la pompe veineuse la plus puissante du corps. Évitez les bains chauds et les longues expositions au soleil. Maintenez un poids correct. Portez des chaussures à talons modérés (3 à 4 cm) qui sollicitent mieux la pompe musculaire qu’un talon plat.

Les veinotoniques : un rôle d’appoint

Les médicaments veinotoniques (flavonoïdes, extraits de marron d’Inde, ruscus) disposent d’une efficacité démontrée sur les symptômes fonctionnels de l’insuffisance veineuse – lourdeurs, crampes, impatiences – mais modeste sur l’œdème lui-même. Leur remboursement par la Sécurité Sociale a été supprimé en France depuis 2008, signe d’un niveau de preuve jugé insuffisant pour un service médical rendu majeur. Ils peuvent néanmoins apporter un confort symptomatique.

Pour les causes systémiques

L’œdème d’origine cardiaque relève du cardiologue et d’une adaptation du traitement de l’insuffisance cardiaque – diurétiques de l’anse (furosémide), inhibiteurs de l’enzyme de conversion, bêtabloquants. L’œdème médicamenteux par inhibiteur calcique peut être corrigé par une réduction de dose ou un changement de classe thérapeutique, en accord avec le médecin prescripteur. L’œdème rénal nécessite le plus souvent une restriction sodée et un traitement spécifique de la néphropathie sous-jacente.

Le lymphœdème bénéficie d’une kinésithérapie spécialisée – drainage lymphatique manuel combiné à une compression – associée à un programme d’exercice. C’est une prise en charge longue mais indispensable pour prévenir les complications infectieuses (érysipèle) et la fibrose progressive.

Quand faut-il s’inquiéter ? Les liens avec la peau

En dermatologie, les jambes gonflées chroniques constituent un terrain propice à plusieurs complications cutanées qui, sans traitement, peuvent devenir invalidantes. L’érysipèle – infection bactérienne streptococcique – survient plus fréquemment sur les jambes présentant un lymphœdème ou un œdème veineux chronique. La peau fragilisée, souvent macérée par l’humidité et les plis, constitue une porte d’entrée pour les bactéries, notamment à partir d’une mycose interdigitale (pied d’athlète) ou d’une fissure cutanée. Tout érysipèle sur jambe gonflée doit alerter et faire rechercher une insuffisance veineuse ou lymphatique sous-jacente.

Les allergies aux pansements et aux soins topiques sont particulièrement fréquentes en contexte d’eczéma variqueux : la peau, chroniquement enflammée et imperméabilisée par l’œdème, est en effet beaucoup plus sensible aux allergènes de contact. Une sensibilisation aux antiseptiques, aux conservateurs des crèmes ou aux résines des pansements adhésifs peut entretenir un eczéma rebelle, nécessitant des tests épicutanés pour l’identifier.

Consultez en urgence si :

  • Gonflement unilatéral, brutal, douloureux d’un mollet ou d’une cheville → suspicion de phlébite (thrombose veineuse profonde), urgence médicale (appelez le 15 ou consultez aux urgences)
  • Jambes gonflées associées à un essoufflement, une douleur thoracique ou une expectoration rosée → suspicion d’embolie pulmonaire ou d’insuffisance cardiaque décompensée
  • Œdème avec fièvre, rougeur chaude et traînée rouge remontant vers l’aine → érysipèle, nécessite une antibiothérapie urgente
  • Gonflement brutal des deux jambes associé à une prise de poids rapide (plus de 2 kg en 48 heures)
  • Œdème pendant la grossesse associé à des maux de tête, une vision trouble ou une tension artérielle élevée → suspicion de pré-éclampsie

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Questions fréquentes sur les jambes gonflées et les chevilles enflées

Pourquoi mes jambes gonflent-elles le soir ?

Le gonflement vespéral des jambes est le plus souvent lié à l’insuffisance veineuse chronique. Le sang stagne dans les veines des membres inférieurs sous l’effet de la gravité après une journée debout ou assise. Dans 70 à 80 % des cas, la cause est purement veineuse. Un bilan médical permet d’écarter une cause cardiaque ou rénale.

Le gonflement des chevilles est-il grave ?

Un œdème des chevilles isolé et bilatéral qui s’améliore en surélevant les jambes est le plus souvent bénin et d’origine veineuse. En revanche, un œdème unilatéral, brutal, douloureux, accompagné de rougeur ou de fièvre nécessite une consultation urgente pour éliminer une phlébite. Un œdème associé à un essoufflement oriente vers l’insuffisance cardiaque.

Comment faire dégonfler les jambes rapidement ?

Surélever les jambes 20 à 30 minutes permet une réduction visible de l’œdème veineux en moins d’une heure. Le port de bas de compression médicale de classe 2 (pression 15-20 mmHg) constitue le traitement de référence recommandé par la HAS. La marche régulière active la pompe musculaire du mollet et favorise le retour veineux.

Quels médicaments font gonfler les jambes ?

Plusieurs médicaments peuvent provoquer ou aggraver un œdème des membres inférieurs. Les inhibiteurs calciques (amlodipine, félodipine) sont la cause la plus fréquente, concernant jusqu’à 30 % des patients traités. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, les corticoïdes au long cours, certains antidiabétiques (glitazones) et les hormones estrogéniques sont aussi impliqués.

Quelle est la différence entre œdème veineux et lymphœdème ?

L’œdème veineux touche surtout les chevilles et la partie basse des jambes, s’améliore en surélevant les membres et laisse une empreinte au doigt (signe du godet positif). Le lymphœdème débute souvent au pied et au dos du pied (signe de Stemmer positif), ne s’améliore pas avec la surélévation et évolue vers une fibrose cutanée. La distinction oriente vers des traitements différents.

Faut-il consulter un médecin pour des jambes gonflées ?

Une consultation médicale est conseillée si l’œdème persiste plus de 2 semaines, est unilatéral, s’accompagne de douleur ou de rougeur, ou survient en dehors de la chaleur ou de la fatigue. Un bilan étiologique simple (examen clinique, doppler veineux, bilan biologique) permet d’identifier la cause dans la grande majorité des cas et d’adapter le traitement.

Les jambes gonflées pendant la grossesse sont-elles normales ?

Un œdème modéré des chevilles et des pieds est fréquent et physiologique au troisième trimestre de grossesse, concernant plus de 50 % des femmes. Il est favorisé par la compression des veines pelviennes par l’utérus. En revanche, un œdème brutal, asymétrique ou associé à une élévation de la tension artérielle nécessite une évaluation médicale urgente pour éliminer une pré-éclampsie.

La chaleur aggrave-t-elle les jambes gonflées ?

Oui, la chaleur est un facteur aggravant majeur de l’œdème veineux. La vasodilatation thermique favorise la stase veineuse et augmente la perméabilité capillaire. C’est pourquoi les symptômes s’aggravent en été, dans les endroits chauffés et après les bains chauds. Éviter les expositions prolongées à la chaleur fait partie des mesures hygiéno-diététiques recommandées.

Références scientifiques

  1. Trayes KP, Studdiford JS, Pickle S, Tully AS. Peripheral Edema: Evaluation and Management in Primary Care. Am Fam Physician. 2022 Nov;106(5):557-564. PMID 36379502
  2. Taengsakul N, et al. Chronic venous insufficiency and venous leg ulcers: Aetiology, on the pathophysiology-based treatment. Int Wound J. 2023. PMID 37858977
  3. Orhurhu V, Chu R, et al. Chronic Venous Insufficiency and Management. 2025. PMID 40049854

Source : HAS – Prise en charge de l’ulcère de jambe à prédominance veineuse hors pansement

Articles du même cluster – insuffisance veineuse et peau

Dermite de stase ou dermite ocre

Mis à jour le 11 juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Dermite ocre : taches brunes sur les jambes et les chevilles

En bref : La dermite ocre est une pigmentation brun-rouille de la peau, localisée aux chevilles et aux mollets, causée par le dépôt d’hémosidérine – un pigment ferrique issu de la dégradation de globules rouges extravasés sous l’effet d’une hyperpression veineuse. Elle touche 5 à 10 % des patients atteints d’insuffisance veineuse chronique avancée (stade C4a de la classification CEAP) et constitue un signal d’alerte : sans prise en charge veineuse adaptée, elle peut évoluer vers un ulcère de jambe. Le traitement repose avant tout sur la compression médicale et la correction de la cause vasculaire.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénéréologue

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Qu’est-ce que la dermite ocre ?

Vous remarquez des taches brunes, ocre ou brun-rouille sur vos chevilles, la face interne de vos mollets, parfois autour des malléoles ? Ces taches ne démangent pas, ou peu, elles ne s’effacent pas avec le temps et semblent même s’étendre progressivement ? Il s’agit très probablement d’une dermite ocre, aussi appelée angiodermite pigmentaire ou dermatite veineuse pigmentée.

Ce n’est pas une maladie de peau au sens habituel du terme : c’est la trace visible, sur la peau, d’un trouble circulatoire veineux profond. La peau brunit parce que le sang veineux stagne trop longtemps dans les petits vaisseaux des membres inférieurs, fragilise leurs parois et laisse fuiter des globules rouges dans les tissus. Ces globules rouges se dégradent sur place et libèrent de l’hémosidérine, un complexe protéique riche en fer qui colore durablement le derme de cette teinte brune caractéristique.

Comprendre ce mécanisme, c’est comprendre pourquoi aucune crème dépigmentante ne suffit à elle seule : tant que la pression veineuse reste trop élevée, de nouveaux dépôts se forment. Le traitement doit avant tout s’attaquer à la cause.

Pourquoi la peau prend-elle cette teinte ocre ?

Dans un système veineux sain, le sang remonte des jambes vers le cœur grâce à l’action combinée des valvules anti-reflux et de la pompe musculaire du mollet lors de la marche. Lorsque ces valvules sont défaillantes – à la suite de varices, d’une phlébite ancienne, d’un terrain héréditaire ou d’années passées debout -, le sang reflue et s’accumule dans les veines du tiers inférieur de la jambe.

Cette hyperpression veineuse chronique se répercute sur les capillaires cutanés. Leurs parois, soumises à une contrainte permanente, deviennent poreuses : des globules rouges passent dans le tissu sous-cutané (c’est ce qu’on appelle la diapédèse érythrocytaire). Ils se dégradent sur place et le fer qu’ils contiennent se transforme en hémosidérine, qui se dépose durablement dans les macrophages du derme.

Des travaux histologiques récents ont précisé que dans les stades initiaux, c’est la mélanine qui prédomine dans la pigmentation – les processus inflammatoires liés à la stase activant les mélanocytes – tandis qu’aux stades plus avancés (C5-C6), l’hémosidérine devient le pigment dominant. C’est ce double mécanisme qui explique l’inefficacité relative des traitements dépigmentants classiques.

Mécanisme Détail Stade CEAP concerné
Activation des mélanocytes Inflammation veineuse → surproduction de mélanine épidermique C3–C4a (stades précoces)
Dépôt d’hémosidérine Globules rouges extravasés → dégradation → complexe fer-protéine dermique C4a–C6 (stades avancés)
Lipodermatosclérose Fibrose sous-cutanée secondaire à l’inflammation chronique et aux dépôts C4b
Ulcère veineux Rupture de la barrière cutanée fragilisée par l’ensemble des processus précédents C5–C6

Qui est concerné ? Facteurs de risque

La dermite ocre survient presque toujours dans le contexte d’une insuffisance veineuse chronique (IVC) significative. Elle est donc d’autant plus fréquente que l’IVC est avancée. Les principaux facteurs favorisants sont :

  • Des antécédents de varices importantes ou de thrombose veineuse profonde (phlébite)
  • Une profession exercée en position debout prolongée (personnel soignant, coiffeurs, vendeurs, cuisiniers)
  • Un surpoids ou une obésité, qui augmentent la pression intra-abdominale et freinent le retour veineux
  • Des grossesses multiples
  • Un âge avancé avec perte de la fonction de pompe musculaire du mollet
  • Une mobilité de cheville réduite (arthrose, séquelles de fracture)
  • La prise d’anticoagulants ou d’antiagrégants plaquettaires, qui favorisent les micro-extravasations
  • Un hématome ou un purpura important, même en dehors de tout contexte veineux
À savoir : La dermite ocre peut ne toucher qu’une seule jambe, notamment lorsque l’insuffisance veineuse est unilatérale ou consécutive à une phlébite d’un seul membre. Sa présence asymétrique doit faire rechercher un reflux veineux profond ou une séquelle de TVP.

Comment reconnaître une dermite ocre ? Aspect clinique

La dermite ocre suit en général un scénario évolutif assez prévisible, que je retrouve fréquemment en consultation de télédermato­logie :

Phase initiale : de petites taches ponctuelles rouge-violacé apparaissent autour des malléoles, notamment à la face interne de la cheville. À ce stade, elles ressemblent à de petites ecchymoses ou à un purpura en pointillés (on parle de pétéchies de stase).

Phase d’état : les taches brunissent progressivement, coalescent et forment des plaques brun-jaunâtre ou brun-rouille qui s’étendent vers le bas de la jambe, parfois sur le pourtour complet de la cheville – donnant l’aspect évocateur d’une « chaussette brune ». La peau peut devenir sèche, légèrement épaissie, parfois squameuse.

Stades avancés : sans prise en charge, la peau perd de son élasticité, se sclérose (lipodermatosclérose), devient très fragile. Le risque d’ulcère veineux de jambe devient alors réel.

Conseil du Dr Rousseau : Ne confondez pas la dermite ocre avec un simple coup de soleil ou une irritation. Si vous observez des taches brunes sur vos chevilles qui ne disparaissent pas et qui s’étendent, consultez un angiologue ou un dermatologue. Un écho-Doppler veineux est souvent nécessaire pour évaluer précisément l’état de votre circulation veineuse.

Diagnostic différentiel : ce qu’il ne faut pas confondre

Plusieurs affections cutanées peuvent ressembler à une dermite ocre, notamment lorsqu’on les observe sur une photo ou lors d’une téléconsultation. Un examen clinique attentif – et parfois quelques examens complémentaires – permettent de les distinguer.

Diagnostic à éliminer Signes distinctifs
Eczéma de stase Plaques érythémato-squameuses, prurit intense, suintement possible – souvent associé à la dermite ocre
Maladie de Schamberg (purpura pigmenté progressif) Pétéchies en « grains de poivre » sur fond orangé, sans insuffisance veineuse significative, souvent chez le sujet jeune
Hémosidérose post-traumatique Pigmentation localisée, survenant après un traumatisme précis, sans contexte veineux
Hémochromatose Pigmentation diffuse, non limitée aux membres inférieurs, associée à des troubles hépatiques et hormonaux
Vascularites Purpura palpable, nécrose possible, bilan inflammatoire et immunologique souvent perturbé
Hyperpigmentation post-inflammatoire Survient après une dermatose préexistante identifiable, sans rapport nécessaire avec les veines

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Bilan et examens nécessaires

Le diagnostic de dermite ocre repose avant tout sur l’examen clinique : l’aspect des lésions, leur localisation péri-malléolaire, et la mise en évidence d’une insuffisance veineuse chronique (varices visibles, œdème vespéral, lourdeur des jambes) orientent fortement le diagnostic.

L’écho-Doppler veineux des membres inférieurs est l’examen de référence pour confirmer et quantifier l’insuffisance veineuse, identifier le ou les axes veineux responsables (saphène interne, saphène externe, perforantes insuffisantes) et guider le choix thérapeutique.

Une biopsie cutanée n’est en règle générale pas nécessaire pour le diagnostic de dermite ocre. Elle peut être utile en cas de doute diagnostique, notamment pour éliminer une vascularite ou une hémosidérose d’autre origine : elle montrerait des dépôts d’hémosidérine dans les macrophages dermiques, colorés en bleu par le Bleu de Prusse (technique de Perls).

Traitements : que peut-on faire concrètement ?

La prise en charge de la dermite ocre est à la fois vasculaire et cutanée. Il n’existe pas de traitement qui efface rapidement les taches : l’objectif réaliste est de stabiliser les lésions, prévenir leur extension et surtout éviter les complications.

La compression médicale : pilier incontournable

C’est le traitement le plus important. Le port quotidien de bas ou chaussettes de compression médicale de classe 2 à 4 (soit 20 à 40 mmHg selon la sévérité) réduit l’hyperpression veineuse, freine la fuite de globules rouges dans les tissus et ralentit la progression des dépôts d’hémosidérine. La compression doit être enfilée dès le lever, jambes encore dégonflées, et portée toute la journée.

Attention : avant d’instaurer une compression soutenue, il est indispensable de vérifier l’absence d’artériopathie oblitérante des membres inférieurs, en mesurant l’index de pression systolique (IPS). Une artériopathie significative contre-indique la compression forte.

Important : La compression médicale est prescrite sur ordonnance. Le choix de la classe, de la hauteur (chaussette, bas-cuisse, collant) et du modèle dépend de votre morphologie et de la sévérité de votre insuffisance veineuse. Ne vous contentez pas de chaussettes « de confort » vendues sans ordonnance : leur pression est insuffisante pour traiter une dermite ocre constituée.

Traitement de l’insuffisance veineuse sous-jacente

La compression ralentit l’évolution, mais ne traite pas la cause. Selon les résultats de l’écho-Doppler, un traitement veineux actif peut être proposé :

  • Sclérothérapie : injection d’un agent sclérosant dans les varices ou les perforantes insuffisantes pour les oblitérer
  • Ablation thermique endoveineuse (laser ou radiofréquence) : traitement de référence des reflux saphéniens significatifs, réalisé sous anesthésie locale en ambulatoire
  • MOCA ou cyanoacrylate : techniques moins thermiques, sans anesthésie locale, de plus en plus utilisées
  • Phlébectomie ambulatoire : exérèse des varices sous-cutanées par petites incisions
  • Chirurgie veineuse (stripping) : réservée aux formes complexes ou en cas d’échec des techniques endovasculaires

Des études ont montré que la correction précoce du reflux veineux accélère la cicatrisation en cas d’ulcère veineux associé et réduit sensiblement la pigmentation au fil des mois.

Soins cutanés locaux

Les soins cutanés constituent un complément nécessaire, même s’ils ne traitent pas la cause :

  • Émollients quotidiens : l’hydratation régulière de la peau fragilisée répare la barrière cutanée et prévient les fissures et les surinfections
  • Dermocorticoïdes : en cas d’eczéma veineux inflammatoire associé (plaques érythémato-squameuses prurigineuses), une corticothérapie topique de classe modérée à forte, en cures courtes, est indiquée
  • Antisepsie douce : en cas de lésion exsudative ou de signe de surinfection

Les traitements dépigmentants : une aide limitée

Les crèmes à l’hydroquinone, les peelings chimiques et les lasers (laser Q-switched notamment) peuvent être tentés pour atténuer la pigmentation résiduelle, mais leurs résultats sont modestes car ils agissent sur la mélanine et non sur les dépôts ferriques d’hémosidérine. Ces approches ne se justifient qu’une fois l’insuffisance veineuse correctement traitée, sous peine de voir les taches se reformer rapidement.

Prévention et hygiène de vie

La dermite ocre se prévient en grande partie en prenant soin de sa circulation veineuse au quotidien :

  • Marche quotidienne : 30 à 45 minutes par jour activent la pompe musculaire du mollet et favorisent le retour veineux
  • Élévation des jambes : surélevez les pieds de votre lit de 10 à 15 cm et élevez les jambes au-dessus du niveau du cœur au moins 3 fois par jour, 30 minutes par session
  • Éviter la chaleur : bains chauds prolongés, chauffage par le sol, exposition solaire intense dilatent les veines et aggravent la stase
  • Contrôle du poids : chaque kilo en moins réduit la pression intra-abdominale et facilite le retour veineux
  • Exercices de cheville : même assis, des mouvements de flexion-extension répétés activent la pompe du mollet
  • Port de chaussures adaptées : les talons trop hauts ou trop bas (chaussures plates) réduisent l’efficacité de la pompe musculaire

Consultez en urgence si :

  • Une plaie ouverte apparaît sur une zone de dermite ocre ou autour de la cheville (ulcère veineux débutant)
  • La peau devient rouge vif, chaude, douloureuse et enflée autour des taches – signe possible de surinfection bactérienne (érysipèle) ou de phlébite
  • Les taches brunes s’accompagnent d’un œdème important qui ne régresse pas la nuit, surtout unilatéral
  • Un suintement ou des croûtes apparaissent sur les lésions
  • Vous ressentez une douleur à la palpation du mollet associée à une chaleur locale (suspicion de thrombose veineuse profonde)

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Questions fréquentes sur la dermite ocre

Qu’est-ce que la dermite ocre et pourquoi apparaît-elle sur les jambes ?

La dermite ocre est une pigmentation brun-rouille de la peau des membres inférieurs causée par des dépôts d’hémosidérine, un composé ferrique issu de la dégradation des globules rouges extravasés sous l’effet d’une hyperpression veineuse chronique. Elle correspond au stade C4a de la classification CEAP et touche entre 5 et 10 % des patients souffrant d’insuffisance veineuse avancée.

La dermite ocre est-elle dangereuse ?

La dermite ocre est une lésion bénigne en elle-même, mais elle est le marqueur d’une insuffisance veineuse chronique significative. Sans traitement adapté, elle peut évoluer vers un eczéma de stase, une lipodermatosclérose, voire un ulcère veineux de jambe. La prise en charge de la cause veineuse est donc indispensable pour éviter ces complications potentiellement graves.

Peut-on faire disparaître les taches brunes de la dermite ocre ?

La pigmentation liée à l’hémosidérine est difficile à effacer car elle résulte d’un dépôt de fer dans le derme et non de mélanine. Les traitements dépigmentants classiques (hydroquinone, peeling, laser) donnent des résultats modestes. La priorité est de corriger l’insuffisance veineuse sous-jacente pour stabiliser les lésions et éviter leur extension. Certains patients notent une atténuation après correction du reflux veineux.

Quels sont les traitements de la dermite ocre ?

Le traitement repose sur la compression médicale (bas ou chaussettes de classe 2 à 4, 20–40 mmHg) portée quotidiennement dès le lever. Le traitement de l’insuffisance veineuse sous-jacente (sclérothérapie, ablation thermique endoveineuse, chirurgie) est essentiel pour stopper la progression. En cas d’eczéma veineux associé, des dermocorticoïdes et des émollients sont prescrits en complément.

Dermite ocre ou eczéma de stase : quelle différence ?

La dermite ocre est une pigmentation ferrique stable, généralement peu ou pas prurigineuse. L’eczéma de stase est une dermatose inflammatoire active, avec plaques érythémato-squameuses, suintement et prurit intense. Les deux peuvent coexister chez le même patient souffrant d’insuffisance veineuse avancée, et leur prise en charge respective diffère : dermocorticoïdes pour l’eczéma, compression pour les deux.

La dermite ocre peut-elle survenir en dehors de l’insuffisance veineuse ?

Oui, bien que l’insuffisance veineuse chronique en soit la cause principale, la dermite ocre peut aussi apparaître après un hématome important, un purpura hémorragique, ou chez des personnes sous anticoagulants ou antiagrégants plaquettaires favorisant les micro-extravasations sanguines. Un bilan médical permet d’identifier la cause précise et d’adapter la stratégie thérapeutique.

Faut-il consulter un dermatologue ou un angiologue pour une dermite ocre ?

Les deux spécialistes sont complémentaires. L’angiologue ou médecin vasculaire évalue et traite l’insuffisance veineuse sous-jacente (écho-Doppler veineux, prescription de compression, éventuelle sclérothérapie). Le dermatologue prend en charge les complications cutanées associées : eczéma de stase, dermatite de contact, surinfection ou ulcère débutant. Une consultation de télédermato­logie permet souvent une première orientation rapide.

La dermite ocre gratte-t-elle ?

La dermite ocre seule est habituellement peu prurigineuse. En revanche, lorsqu’un eczéma de stase s’y associe, des démangeaisons parfois intenses apparaissent autour des chevilles et des malléoles. Si vous grattez vos taches brunes de jambes, c’est souvent le signe d’un eczéma veineux surajouté qui nécessite un traitement spécifique par dermocorticoïdes sous surveillance médicale.

Références scientifiques

  1. Zhang L, Ng K, Pham JP, Thoo S, Yang A, Kang M, Connor D, Kossard S, Parsi K. Pigmentation of lower limbs: Contribution of haemosiderin and melanin in chronic venous insufficiency and related disorders. Phlebology. 2023;38(9):600-607. PMID 37642293
  2. Adderley UJ, Holt IG. Stasis Dermatitis: An Overview of Its Clinical Presentation, Pathogenesis, and Management. Am J Clin Dermatol. 2023;24(2):201-210. PMID 36800152
  3. Caggiati A, Rosi C, Franceschini M, Innocenzi D. The nature of skin pigmentations in chronic venous insufficiency: a preliminary report. Eur J Vasc Endovasc Surg. 2008;35(1):111-8. PMID 17920308

Source : HAS – La compression médicale dans les affections veineuses chroniques (2010) – Recommandations HAS

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Insuffisance veineuse : causes, symptômes et traitements

Insuffisance veineuse chronique : varices, jambes lourdes et complications cutanées

Jambes qui gonflent en fin de journée, sensation de lourdeur qui s’installe, petits vaisseaux violacés qui apparaissent sur les mollets puis véritables varices – l’insuffisance veineuse chronique (IVC) est l’une des maladies les plus fréquentes en France, souvent banalisée alors qu’elle peut évoluer vers des complications cutanées sérieuses : dermite ocre, eczéma variqueux, fragilité vasculaire avec bleus spontanés, et dans les cas les plus avancés, ulcère de jambe. Cette page fait le point sur ce qu’est réellement cette maladie, comment elle se manifeste sur la peau, et quand il faut consulter.

Mis à jour le 11 juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : L’insuffisance veineuse chronique touche plus de 18 millions de personnes en France – soit environ 30 % des adultes. Elle résulte d’un mauvais fonctionnement des valvules veineuses, qui laissent le sang stagner dans les jambes au lieu de le faire remonter vers le cœur. Selon le stade, elle provoque des symptômes fonctionnels (jambes lourdes, crampes), des lésions visibles (varicosités, varices, œdème) et des complications cutanées parfois irréversibles : dermite ocre, eczéma variqueux, ulcère de jambe. La contention veineuse médicale reste le traitement de référence à tous les stades.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Qu’est-ce que l’insuffisance veineuse chronique ?

Les veines ont pour rôle de ramener le sang des jambes vers le cœur. Pour y parvenir contre la gravité, elles sont équipées de valvules – de petits clapets anti-retour qui s’ouvrent pour laisser monter le sang et se ferment pour l’empêcher de redescendre. Quand ces valvules fonctionnent mal ou sont endommagées (par l’âge, des grossesses, un surpoids, une immobilisation prolongée ou des facteurs génétiques), le sang tend à stagner dans les veines des jambes. On parle alors de stase veineuse, et c’est cette accumulation sous pression qui va, progressivement, provoquer l’ensemble des signes de la maladie.

L’insuffisance veineuse chronique (IVC) est une maladie progressive : elle évolue par stades, du simple inconfort fonctionnel jusqu’aux complications cutanées sévères. La classification internationale CEAP (Clinique, Étiologique, Anatomique, Physiopathologique) définit sept stades, du C0 (aucun signe visible) au C6 (ulcère actif). Comprendre à quel stade on se situe est essentiel pour choisir le traitement adapté.

Les stades de la maladie veineuse : de C0 à C6

Stade CEAP Signes cliniques Ce que ça signifie
C0s Aucun signe visible, mais symptômes (lourdeur, fourmillements) IVC fonctionnelle débutante
C1 Varicosités et veines réticulaires Capillaires superficiels dilatés, visible sur la peau
C2 Varices Veines dilatées, saillantes, sinueuses
C3 Œdème Chevilles gonflées, surtout le soir
C4a Dermite ocre, eczéma variqueux Premières lésions cutanées permanentes
C4b Lipodermatosclérose, atrophie blanche Peau indurée, fibrose, risque ulcéreux élevé
C5 Ulcère cicatrisé Plaie ancienne guérie mais terrain fragile
C6 Ulcère actif Plaie ouverte chronique – stade le plus grave

Les facteurs de risque : qui est concerné ?

L’insuffisance veineuse n’est pas une maladie de personnes âgées uniquement. Certains facteurs augmentent significativement le risque d’en être atteint :

  • L’hérédité : si un parent proche souffre de varices, le risque est multiplié par 2 à 3.
  • Le sexe féminin : les femmes sont deux à trois fois plus touchées que les hommes, notamment en raison des effets des hormones (grossesse, contraception œstroprogestative) sur la tonicité veineuse.
  • Les grossesses : chaque grossesse augmente la pression abdominale et les taux d’hormones qui relâchent les parois veineuses.
  • La station debout ou assise prolongée : les métiers qui impliquent d’être debout toute la journée (coiffeurs, enseignants, cuisiniers, soignants) ou assis sans bouger (travail de bureau) favorisent la stase.
  • Le surpoids et l’obésité : ils augmentent la pression abdominale et diminuent l’activité physique.
  • La chaleur : elle dilate les veines et aggrave la stase – été, sauna, hammam, bains très chauds.
  • Les antécédents de phlébite : une thrombose veineuse profonde peut endommager définitivement les valvules.
À savoir : Environ 64 % des adultes présentent au moins un signe de maladie veineuse chronique selon le programme international Vein Consult Program, qui a analysé plus de 91 000 sujets dans 20 pays. La maladie est souvent sous-diagnostiquée car ses symptômes initiaux sont banalisés.

Les premiers symptômes : que ressent-on ?

L’insuffisance veineuse s’installe le plus souvent progressivement, sur des années. Les premiers signes sont fonctionnels – c’est-à-dire que la peau et les veines ne montrent encore rien de visible, mais les jambes parlent :

  • Sensation de jambes lourdes en fin de journée, qui s’accentue par temps chaud ou après une longue station debout
  • Fourmillements et impatiences dans les jambes, notamment le soir au coucher
  • Crampes nocturnes dans les mollets
  • Douleurs sourdes ou sensations de brûlure le long des trajets variqueux
  • Léger gonflement des chevilles qui disparaît après une nuit allongée

Ces symptômes s’améliorent typiquement quand on surélève les jambes, quand on marche (la pompe musculaire du mollet aide le retour veineux) et par temps frais. Ils s’aggravent avec la chaleur, la fatigue et la station debout prolongée.

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Les signes visibles sur les jambes : varicosités, varices et œdème

Au fil du temps, si la stase veineuse persiste, des signes visibles apparaissent. Les varicosités sont les premières : ce sont de petits capillaires dilatés, rouges, roses ou bleutés, fins comme un cheveu ou légèrement plus épais, qui courent sous la surface de la peau. Elles n’ont pas de valeur en termes de gravité mais témoignent d’une fragilité vasculaire. Puis viennent les veines réticulaires – des vaisseaux bleutés, un peu plus larges, formant des réseaux sous la peau – et enfin les vraies varices : des cordons bleuâtres, sinueux, parfois saillants, qui correspondent à des veines profondes dilatées (saphène interne, saphène externe et leurs collatérales).

L’œdème apparaît à un stade plus avancé (C3) : les chevilles et le bas des jambes gonflent, d’abord uniquement le soir, puis de façon plus permanente. Ce gonflement prend le godet – si l’on appuie le pouce sur la cheville, l’empreinte reste quelques secondes. Il correspond à un passage de liquide de la circulation vers les tissus, sous l’effet de la pression veineuse élevée. Les bleus spontanés ou au moindre choc sont aussi fréquents : la fragilisation des parois capillaires facilite les hématomes, parfois impressionnants, surtout sur les jambes et les bras chez les femmes.

Les complications cutanées de l’insuffisance veineuse

C’est là que le dermatologue entre pleinement en jeu. Quand la stase veineuse dure depuis des années, la peau elle-même est altérée de façon souvent irréversible. Ces lésions méritent d’être reconnues tôt, car leur évolution peut être grave.

La dermite ocre

La dermite ocre (ou purpura ocre, ou dermite de stase pigmentée) est l’une des premières complications cutanées visibles. Elle se présente comme une coloration brune ou brun-orangé de la peau autour des chevilles et sur le tiers inférieur des jambes. Ce pigment est de l’hémosidérine – un dérivé de l’hémoglobine des globules rouges qui ont fui les capillaires distendus par la pression veineuse. La peau devient sombre, parfois squameuse. Cette pigmentation est en grande partie permanente, même lorsque la maladie est traitée. Elle est un marqueur cutané de l’IVC évoluée (stade C4a).

L’eczéma variqueux

L’eczéma variqueux (ou eczéma de stase des jambes) accompagne souvent la dermite ocre. Il se manifeste par des plaques rouges, sèches, squameuses et qui grattent, localisées autour des chevilles et sur les trajets variqueux. Contrairement à un eczéma atopique, il ne répond pas durablement aux seuls corticoïdes locaux : il faut traiter la cause, c’est-à-dire l’insuffisance veineuse, en priorité. Une complication fréquente est la survenue d’un eczéma de contact aux produits appliqués sur les plaies (pansements, antiseptiques, crèmes) – d’où l’intérêt des tests allergologiques chez les patients porteurs d’ulcères veineux.

La lipodermatosclérose et l’atrophie blanche

À un stade plus avancé (C4b), la peau et les tissus sous-cutanés du bas de la jambe s’indurent, devenant durs comme du bois au toucher – c’est la lipodermatosclérose. La jambe prend parfois l’aspect caractéristique d’une bouteille de champagne renversée : amincie en bas, renflée au-dessus de la cheville. Des zones de peau blanche nacrée, entourées de capillaires dilatés, peuvent apparaître – c’est l’atrophie blanche de Milian, signe d’une ischémie capillaire locale et d’un risque élevé d’ulcère. Ces stades nécessitent une prise en charge spécialisée urgente.

L’ulcère de jambe veineux

L’ulcère de jambe veineux est la complication terminale et la plus redoutée. C’est une plaie chronique, souvent peu douloureuse, à bords irréguliers, siégeant typiquement en guêtre autour de la cheville. Il est dû à la nécrose de la peau asphyxiée par la stase chronique. Il peut mettre des mois, voire des années, à cicatriser sans traitement approprié. La compression veineuse forte et un bilan Doppler sont indispensables. L’érysipèle est une complication infectieuse fréquente de l’ulcère de jambe – fièvre soudaine, rougeur chaude et douloureuse autour de la plaie – qui nécessite une antibiothérapie urgente.

Conseil pratique : Une plaie sur le bas de la jambe qui ne cicatrise pas en 2 à 3 semaines doit toujours être montrée à un médecin. Plus l’ulcère est pris en charge tôt, plus la cicatrisation est rapide. Ne laissez pas une plaie chronique s’aggraver en attendant.

Pourquoi l’insuffisance veineuse touche-t-elle la peau ?

Le mécanisme central est l’hypertension veineuse chronique. Quand les valvules ne fonctionnent plus correctement, la pression dans les veines des jambes reste élevée, même quand on marche. Cette pression se transmet aux capillaires les plus fins : leurs parois se distendent, des globules rouges et des protéines plasmatiques filtrent dans les tissus, provoquant une inflammation locale chronique. La peau s’asphyxie progressivement, ce qui explique la succession des lésions : rougeur et prurit (eczéma de stase), puis dépôt de pigment ferrique (dermite ocre), puis fibrose (lipodermatosclérose), puis nécrose (ulcère). C’est un continuum, et chaque stade est plus difficile à traiter que le précédent.

Le traitement : ralentir, soulager, prévenir les complications

L’insuffisance veineuse chronique ne se guérit pas – les valvules endommagées ne se régénèrent pas. Mais la maladie peut être contrôlée et sa progression ralentie efficacement. Le traitement repose sur plusieurs piliers.

La contention veineuse médicale

C’est le traitement de référence, validé par la HAS. Les bas, mi-bas et collants de compression médicale exercent une pression graduée (plus forte à la cheville, décroissante vers le genou) qui aide mécaniquement le retour veineux et réduit l’hypertension veineuse. Ils sont prescrits sur ordonnance, en classe 1 (pression légère), 2 (forte) ou 3 (très forte) selon la sévérité. Les modèles actuels sont bien plus confortables et esthétiques qu’il y a vingt ans – certains ressemblent à de simples collants nylon.

Les règles hygiéno-diététiques

  • Marche quotidienne d’au moins 30 minutes, natation, vélo : la pompe musculaire du mollet est votre meilleure alliée
  • Surélever les pieds du lit de 5 à 6 cm (une cale sous les montants)
  • Douches fraîches sur les jambes en rentrant, particulièrement en été
  • Éviter la chaleur directe sur les jambes : sauna, hammam, bains très chauds, soleil prolongé
  • Contrôler son poids et éviter les positions debout statiques prolongées

Les traitements médicamenteux veinotoniques

Des médicaments phlébotoniques (diosmine, troxérutine, extrait de marron d’Inde) peuvent soulager les symptômes fonctionnels (jambes lourdes, crampes). Leur efficacité sur la progression de la maladie est limitée et ils ne remplacent pas la contention.

Les traitements interventionnels

Le traitement des varices peut faire appel à la sclérothérapie (injection d’un produit sclérosant dans la veine), au laser endoveineux, à la radiofréquence ou à la chirurgie (stripping). Ces techniques sont réalisées par des angiologues ou des chirurgiens vasculaires. Pour les varicosités superficielles à visée esthétique, la sclérothérapie par un dermatologue ou un angiologue est l’option habituelle – cet acte n’est pas remboursé par l’Assurance Maladie sauf exception.

Consultez en urgence si :

  • Une jambe devient rouge, chaude, gonflée et douloureuse de façon brutale → risque de phlébite profonde ou d’érysipèle
  • Une varice devient rouge, dure et très sensible → phlébite superficielle (périphlébite) à évaluer
  • Une plaie sur le bas de la jambe ne montre aucun signe de cicatrisation après 2 à 3 semaines
  • Une rougeur s’étend autour d’une plaie, avec fièvre → surinfection (érysipèle), nécessite des antibiotiques
  • Une douleur brutale du mollet avec gonflement, surtout après un voyage ou une immobilisation → suspicion de thrombose veineuse profonde → SAMU 15 ou urgences

Les pages du cluster insuffisance veineuse

Chaque manifestation de l’insuffisance veineuse mérite d’être comprise en détail. Retrouvez les articles spécialisés du Dr Rousseau sur les principales complications cutanées et vasculaires :

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Questions fréquentes sur l’insuffisance veineuse

Comment savoir si j’ai une insuffisance veineuse ?

Les signes les plus courants sont des jambes lourdes en fin de journée, des chevilles gonflées, des fourmillements ou des crampes nocturnes. L’apparition de varicosités (petits vaisseaux violacés visibles sous la peau), puis de véritables varices, confirme le diagnostic. Un écho-Doppler veineux permet de mesurer l’importance du reflux et d’orienter le traitement.

Pourquoi la peau devient-elle brune autour des chevilles ?

Cette coloration brun-ocre, appelée dermite ocre, est due à l’accumulation d’hémosidérine – un pigment issu de la dégradation des globules rouges qui ont traversé les parois veineuses fragilisées. Elle apparaît typiquement autour des chevilles et sur le tiers inférieur des jambes. C’est un signe d’insuffisance veineuse évoluée (stade C4a) qui doit conduire à une prise en charge spécialisée.

Quelle différence entre varices et varicosités ?

Les varicosités sont de minuscules capillaires dilatés, rouges ou bleutés, situés juste sous la surface de la peau. Elles sont surtout inesthétiques. Les varices sont des veines plus profondes, dilatées, sinueuses et parfois douloureuses, qui traduisent une insuffisance veineuse plus marquée avec défaillance des valvules. Les deux peuvent coexister et s’aggraver ensemble.

L’insuffisance veineuse peut-elle provoquer des bleus spontanés ?

Oui, la fragilité des parois veineuses liée à l’hypertension veineuse chronique favorise l’apparition de bleus au moindre choc, voire spontanément, surtout sur les jambes chez la femme. Ces hématomes faciles témoignent d’une fragilité capillaire qui peut être aggravée par certains médicaments (anticoagulants, aspirine, corticoïdes au long cours). Un bilan de coagulation est parfois utile.

Une plaie qui ne cicatrise pas sur la jambe, est-ce grave ?

Une plaie chronique sur le bas de la jambe, surtout autour de la cheville, doit toujours être évaluée par un médecin. L’ulcère de jambe veineux est la complication la plus sévère de l’insuffisance veineuse, touchant environ 1 % de la population adulte. Il peut mettre des mois à cicatriser sans traitement adapté incluant contention veineuse forte et bilan Doppler.

Le sport est-il possible quand on a des varices ?

Non seulement c’est possible, mais c’est recommandé. Marche, natation et vélo activent la pompe musculaire du mollet qui aide le retour veineux. En revanche, les sports à impacts violents (course sur sol dur) et la station debout statique aggravent la stase. Il est conseillé de porter la contention veineuse pendant les activités debout prolongées.

La contention veineuse est-elle vraiment efficace ?

Oui, c’est le traitement de référence de l’insuffisance veineuse chronique selon la HAS. Les bas et collants médicaux exercent une pression graduée qui aide mécaniquement le retour veineux. Portés régulièrement, ils réduisent les symptômes (jambes lourdes, œdème) et ralentissent la progression de la maladie. La classe est prescrite par le médecin selon la sévérité : classe 1, 2 ou 3.

Chaleur, sauna et soleil sont-ils déconseillés avec des varices ?

La chaleur dilate les veines et aggrave la stase veineuse. Saunas, hammams, bains très chauds, exposition solaire prolongée des jambes et chauffage par le sol sont à éviter ou à limiter. En été, des douches fraîches sur les jambes en rentrant soulagent efficacement la lourdeur. Porter une contention lors de voyages longs est également recommandé.

Quel médecin consulter pour une insuffisance veineuse ?

Le dermatologue, l’angiologue et le chirurgien vasculaire sont les spécialistes concernés selon le stade. Pour les manifestations cutanées (dermite ocre, eczéma variqueux, ulcère, bleus spontanés), le dermatologue est particulièrement adapté. Le médecin traitant peut orienter vers ces spécialistes et prescrire l’écho-Doppler veineux de première intention.

Peut-on prévenir les varices quand on a des antécédents familiaux ?

On ne peut pas supprimer un terrain génétique, mais on peut retarder significativement l’apparition et la progression des varices. Les mesures efficaces sont : porter une contention préventive (grossesse, voyages, métiers debout), pratiquer une activité physique régulière (marche, natation), contrôler son poids, éviter la chaleur prolongée sur les jambes et surélever légèrement les pieds du lit la nuit.

Références scientifiques

  1. Rabe E, Guex JJ, Puskas A, Scuderi A, Fernandez Quesada F. Epidemiology of chronic venous disorders in geographically diverse populations: results from the Vein Consult Program. Int Angiol. 2012 Apr;31(2):105-15. PMID 22466974
  2. Piazza G. Varicose veins. Circulation. 2014 Aug 12;130(7):582-7. PMID 25114187
  3. Morton LM, Phillips TJ. Venous eczema and lipodermatosclerosis. Semin Cutan Med Surg. 2013 Sep;32(3):169-76. PMID 24175404

Source : HAS – Prise en charge de l’ulcère de jambe à prédominance veineuse

Mis à jour juin 2026 – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Jambes lourdes

Jambes lourdes : causes, traitements et conseils

En bref : Les jambes lourdes (insuffisance veineuse chronique) affectent environ 18 millions de Français, dont une majorité de femmes. Elles sont causées par une altération du retour veineux, favorisée par la station debout prolongée, la chaleur et la grossesse. Les symptômes – pesanteur, douleurs, crampes et œdèmes en fin de journée – s’améliorent avec la contention élastique (bas de compression de classe II) et les veinotoniques. En cas de varices avérées, un traitement spécialisé (sclérothérapie, laser endoveineux) peut être indiqué.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Mis à jour le 29 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Les jambes lourdes touchent environ une femme sur trois et un homme sur dix en France. Cette sensation de pesanteur, d’inconfort ou de gonflement en fin de journée traduit le plus souvent une insuffisance veineuse chronique – une difficulté pour les veines des membres inférieurs à assurer le retour du sang vers le cœur. Bien prise en charge, elle se stabilise efficacement.

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Sommaire : Qu’est-ce que les jambes lourdes ? | Causes et facteurs de risque | Symptômes | Traitements | Conseils hygiéno-diététiques | Quand consulter ? | Questions fréquentes

Qu’est-ce que les jambes lourdes ?

Les jambes lourdes résultent d’un retour veineux insuffisant des membres inférieurs vers le cœur. Normalement, les veines des jambes font remonter le sang contre la gravité grâce à :

  • Les valvules veineuses (clapets anti-retour qui empêchent le reflux)
  • La pompe musculaire du mollet (contraction lors de la marche)
  • La pression abdominale et thoracique liée à la respiration

Quand ce système est défaillant – valvules incompétentes, paroi veineuse distendue, mauvaise tonicité musculaire – le sang stagne dans les veines basses. Cette stase veineuse augmente la pression hydrostatique, provoque un œdème et la sensation de lourdeur caractéristique.

ℹ️ Vocabulaire : Le terme médical est insuffisance veineuse chronique (IVC). La classification CEAP distingue 6 stades, de C0 (symptômes sans signes cliniques) à C6 (ulcère veineux actif). Les jambes lourdes sans varices visibles correspondent généralement aux stades C0 à C2.

Causes et facteurs de risque

Facteur de risque Mécanisme Modifiable ?
Hérédité Fragilité constitutionnelle de la paroi veineuse et des valvules Non
Sexe féminin Progestérone relâche la paroi veineuse – grossesse aggravante Non
Station debout ou assise prolongée Absence de contraction musculaire – stase majorée Oui
Surpoids et obésité Augmentation de la pression abdominale et de la charge sur les veines Oui
Chaleur (bains chauds, soleil, chauffage au sol) Vasodilatation veineuse – aggravation de la distension Oui
Grossesse Compression des veines iliaques + hyperproggestéronémie Transitoire
Contraception œstro-progestative Risque de thrombose – modification du tonus veineux Oui (changer de contraception)
Sédentarité Atrophie de la pompe musculaire du mollet Oui
Âge avancé Perte progressive de l’élasticité veineuse Non

Symptômes et signes cliniques

Les symptômes de l’insuffisance veineuse chronique évoluent avec la sévérité :

Symptôme Caractéristiques typiques
Sensation de jambes lourdes Aggravée en fin de journée, par la chaleur, en position debout – soulagée par l’élévation des jambes
Douleurs et tiraillements Surtout dans les mollets – aggravées par la station debout prolongée
Œdème (gonflement) Chevilles et pieds gonflés en fin de journée – disparaît la nuit en position allongée
Crampes nocturnes Souvent liées à la stase et à la carence en micro-circulation locale
Impatiences (jambes sans repos) Besoin de bouger les jambes la nuit – souvent associé à l’IVC
Varices Dilatations veineuses visibles – signe d’IVC plus avancée
Dermite ocre Pigmentation brunâtre des chevilles – signe d’IVC chronique évoluée

🚫 Signes d’alerte nécessitant une consultation urgente :

  • Gonflement brutal et asymétrique d’un seul membre → thrombose veineuse profonde (phlébite) à éliminer en urgence
  • Rougeur, chaleur et douleur sur le trajet veineux → phlébite superficielle
  • Plaie qui ne cicatrise pas sur la cheville → ulcère veineux
  • Douleur thoracique + essoufflement après un gonflement → embolie pulmonaire – appel du 15 immédiat

Traitements médicaux

La prise en charge de l’insuffisance veineuse chronique repose sur plusieurs axes complémentaires :

1. Contention veineuse (bas et collants de compression)

C’est le traitement de référence. Les bas de compression médicale exercent une pression dégressive (plus forte à la cheville) qui favorise mécaniquement le retour veineux :

Classe Pression (mmHg) Indication
Classe 1 10–15 mmHg Jambes lourdes légères – prévention
Classe 2 15–20 mmHg Varices, œdème léger à modéré – IVC confirmée
Classe 3 20–36 mmHg IVC sévère, ulcères veineux, lymphœdème
Classe 4 ≥ 36 mmHg Situations spécialisées – prescription médicale obligatoire

Les bas de compression sont portés le matin au réveil (avant de se lever), retirés le soir au coucher. Il existe des modèles discrets esthétiquement comparables à des collants classiques.

2. Veinotoniques

Ces médicaments (Daflon®, Cyclo 3 Fort®, Ginkor Fort®…) améliorent le tonus de la paroi veineuse et réduisent la perméabilité capillaire. Ils apportent un soulagement symptomatique modéré. Ils sont disponibles sur prescription, parfois en accès libre selon le produit.

3. Sclérothérapie et laser

Pour les varices et varicosités visibles, la sclérothérapie (injection d’un produit sclérosant) et le laser endoveineux permettent de supprimer les trajets veineux défaillants. Ces actes sont réalisés par le dermatologue ou le phlébologue.

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Conseils hygiéno-diététiques

À favoriser À éviter
Marche régulière (30 min/jour minimum) – active la pompe musculaire du mollet Station debout ou assise prolongée sans bouger
Natation et vélo – sports doux favorisant le retour veineux Sports violents à fort impact (tennis, équitation, athlétisme)
Élévation des jambes la nuit (cale sous les pieds du lit, 5 à 6 cm) Bains chauds, jacuzzi, hammam, sauna
Douches froides terminales sur les jambes Exposition des jambes au soleil direct et chaleur intense
Jambes allongées lors des périodes de repos (lecture, TV) Chauffage par le sol – chaleur constante au niveau des jambes
Marche dans l’eau (mer, piscine) Talons hauts portés de façon prolongée
Contention veineuse portée dès le matin Vêtements serrés à la cuisse ou à l’aine
Hydratation suffisante – hémorheologie optimale Surpoids non contrôlé

Quand consulter un dermatologue ou un phlébologue ?

Une consultation est recommandée en cas de :

  • Symptômes gênants invalidant la vie quotidienne malgré les mesures hygiéno-diététiques
  • Apparition ou aggravation de varices visibles
  • Gonflement persistant des chevilles non expliqué
  • Modification cutanée des jambes (pigmentation, eczéma veineux, dermite ocre)
  • Projet de grossesse avec antécédents de varices
  • Signes d’alerte décrits ci-dessus (consulter en urgence)
Urgences veineuses – consultez sans délai
Consultez aux urgences si vous présentez une douleur brutale avec gonflement chaud et rouge d’un mollet (suspicion de phlébite). Un ulcère variqueux qui ne cicatrise pas nécessite également une prise en charge rapide.

Questions fréquentes

Les jambes lourdes disparaissent-elles seules ?

Sans prise en charge, l’insuffisance veineuse chronique tend à s’aggraver progressivement. Les mesures hygiéno-diététiques et la contention permettent de stabiliser la situation et de réduire les symptômes, mais ne guérissent pas les valvules défaillantes. Une surveillance régulière est utile pour prévenir la progression vers des stades plus sévères (varices, dermite ocre, ulcère).

Les bas de compression sont-ils vraiment utiles ou juste inconfortables ?

Leur efficacité est bien documentée dans les recommandations européennes. Portés correctement (enfilés le matin, dès le lever), ils réduisent significativement l’œdème, la douleur et la sensation de lourdeur. Les modèles actuels sont bien plus confortables et esthétiques qu’il y a 20 ans – certains sont indiscernables de collants classiques.

La natation est-elle vraiment bénéfique pour les jambes lourdes ?

Oui, c’est l’un des sports les plus recommandés. L’eau exerce une pression hydrostatique naturelle sur les membres inférieurs (analogue à une contention légère), la position horizontale supprime la gravité, et la natation active la pompe musculaire du mollet sans impact articulaire. 30 minutes 2 à 3 fois par semaine sont bénéfiques.

Peut-on faire de la sclérothérapie pendant la grossesse ?

Non. La sclérothérapie est contre-indiquée pendant la grossesse. Les varices gestationnelles bénéficient de la contention veineuse adaptée. Beaucoup régressent spontanément dans les 3 à 6 mois après l’accouchement – une évaluation post-partum avant tout traitement invasif est recommandée.

Quelle est la différence entre varices et varicosités ?

Les varices sont des dilatations des veines saphènes (veines profondes superficialisées), généralement > 3 mm, palpables sous la peau. Les varicosités (télangiectasies ou « araignées vasculaires ») sont des dilatations de petits capillaires ou veinules superficielles, < 1 mm, d’aspect violacé ou rosé. Les deux peuvent coexister, mais leur traitement diffère : sclérothérapie fine pour les varicosités, sclérothérapie ou chirurgie/laser endoveineux pour les varices.

Voir aussi : Varices : traitement et prévention

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Références

  • Eberhardt RT, Raffetto JD. Chronic venous insufficiency. Circulation, 2014. PMID 25047584
  • Attaran RR et al. Chronic Venous Insufficiency and Management. Interv Cardiol Clin, 2025. PMID 40049854
  • Gloviczki P et al. 2023 SVS/AVF/AVLS clinical practice guidelines for the management of varicose veins of the lower extremities. J Vasc Surg Venous Lymphat Disord, 2024. PMID 37652254
  • HAS. Prise en charge de l'insuffisance veineuse chronique des membres inférieurs. has-sante.fr

Varices : causes, symptômes et traitements

Varices : causes, symptômes, complications cutanées et prévention
Les varices sont des veines des jambes dilatées et tortueuses, visibles sous la peau, s’inscrivant dans le cadre de l’insuffisance veineuse chronique. Environ 20% de la population française en souffre – les femmes sont 3 fois plus touchées que les hommes. Les varices ne guérissent pas spontanément : prévention et traitement précoce sont essentiels pour éviter les complications.

En bref : Varices et jambes lourdes est une affection cutanée dont le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, des examens complémentaires. La prise en charge dépend de la forme et de la sévérité. Consultez votre dermatologue pour un diagnostic précis et un traitement adapté.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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⚠️ Quand consulter sans attendre ?

  • Lésions qui s’étendent rapidement ou changent d’aspect
  • Douleur intense, fièvre ou signes d’infection cutanée
  • Impact sévère sur la qualité de vie ou le sommeil
  • Échec des traitements depuis plus de 4 semaines

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Classification de l’insuffisance veineuse – du plus léger au plus grave

Stade Manifestation Description
1 – Fonctionnel Jambes lourdes, fourmillements Douleurs en fin de journée, œdème des chevilles – pas encore de lésion visible
2 – Varicosités Petits capillaires violacés fins Télangectasies superficielles, aspect rougeâtre ou bleuté – traitables par sclérothérapie
3 – Veines réticulaires Veines bleutées sous la peau Veines peu dilatées, bleutées, visibles mais non saillantes
4 – Varices constituées Cordons sinueux bleutés saillants Dilatation des veines saphènes et leurs collatérales – traitement chirurgical ou endoveineux
5 – Complications cutanées Dermite ocre, eczéma de stase Signes cutanés d’insuffisance veineuse avancée – prise en charge dermatologique nécessaire
6 – Ulcère veineux Plaie chronique de jambe Stade le plus grave – plaie difficile à cicatriser, nécessite suivi spécialisé

Pourquoi a-t-on des varices ?

Le sang veineux remonte des jambes vers le cœur grâce à des valvules qui agissent comme des clapets anti-retour. Si ces valvules sont endommagées, le sang stagne dans les jambes (stase veineuse), la pression augmente et les veines se dilatent progressivement.

Facteurs de risque principaux :

  • Hérédité – antécédents familiaux de varices dans la majorité des cas
  • Hormones féminines – grossesse, contraception orale provoquent une vasodilatation
  • Surpoids – augmente la pression abdomino-périnéale sur les veines
  • Station debout prolongée – métiers à risque (coiffeurs, chirurgiens, caissiers…)
  • Sédentarité – les muscles des jambes agissent comme une pompe pour le retour veineux
  • Chaleur – dilate les veines : chauffage par le sol, bains chauds, soleil, sauna
  • Traumatismes veineux – blessures des valvules

Complications cutanées des varices – rôle du dermatologue

Complication Description Prise en charge
Dermite ocre Dépôts d’hémosidérine (fer) donnant un aspect brun-violacé en bas des jambes Contention veineuse – la coloration peut être irréversible
Eczéma de stase Plaques rouges qui démangent sur les jambes, liées à la stase veineuse Dermocorticoïdes + contention veineuse – traiter la cause veineuse
Périphlébite (thrombose superficielle) Varice rouge, chaude et très douloureuse – inflammation de la varice ⚠️ À distinguer d’une phlébite profonde – consulter rapidement
Ulcère veineux de jambe Plaie chronique souvent au-dessus de la malléole interne, difficile à cicatriser Soins de plaie + contention forte – suivi dermatologue ou angiologue

⚠️ Phlébite profonde – urgence médicale. Une douleur du mollet avec gonflement et rougeur, ou une dyspnée soudaine, peut signer une phlébite des troncs veineux profonds exposant au risque d’embolie pulmonaire. Consultez en urgence – ne confondez pas avec une périphlébite superficielle bénigne.

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Prévention des varices

Sports conseillés et déconseillés

✅ Sports favorables au retour veineux ❌ Sports à éviter
Natation (position horizontale + eau froide) Tennis, jogging intense
Vélo (pompe musculaire sans impact) Équitation, athlétisme
Marche en eau (beach-walking) Step, aérobic à impact élevé
Marche nordique à allure modérée Musculation avec charges lourdes

Règles hygiéno-diététiques

  • Surélever les pieds du lit de 5 cm – favorise le retour veineux nocturne
  • Jambes allongées au repos – ne pas croiser les jambes
  • Douche froide sur les jambes en rentrant le soir
  • Bas ou collants de contention médicaux – à porter en journée (pas au repos allongé). Il en existe des modèles esthétiques ressemblant aux bas nylon classiques
  • Éviter la chaleur – soleil direct sur les jambes, bains très chauds, sauna, hammam, chauffage par le sol
  • Maintenir un poids santé – le surpoids augmente la pression abdominale sur les veines
  • Éviter les vêtements serrés à la taille ou aux cuisses, et les talons trop hauts
  • En grossesse – port de collants de contention dès le premier trimestre

>>> Suite : Traitement des varices – sclérothérapie, laser, chirurgie, traitement endoveineux

Sources

  • Eberhardt RT, Raffetto JD. Chronic venous insufficiency. Circulation. 2014;130(4):333-346. PMID 25047584
  • Gloviczki P et al. 2023 SVS/AVF/AVLS clinical practice guidelines for management of varicose veins. J Vasc Surg Venous Lymphat Disord. 2024;12(1). PMID 37652254
  • Attaran RR et al. Chronic Venous Insufficiency and Management. Interv Cardiol Clin. 2025;14(2). PMID 40049854
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Prise en charge des varices des membres inférieurs. has-sante.fr

Questions fréquentes sur les varices

Le sauna et le hammam sont-ils contre-indiqués avec des varices ?

Oui – la chaleur intense dilate les veines et aggrave la stase veineuse. Le sauna, le hammam, les bains très chauds, le chauffage par le sol et l’exposition prolongée des jambes au soleil sont tous déconseillés. Ils ne provoquent pas les varices mais accélèrent leur évolution. En cas d’envie de détente, préférez la piscine froide ou les bains tièdes courts.

Varicosités vs varices – quelle différence et comment les traiter ?

Les varicosités sont de petits capillaires superficiels dilatés, fins et violacés – un stade précoce de l’insuffisance veineuse. Les varices sont des veines plus profondes, sinueuses et saillantes. Les varicosités se traitent par sclérothérapie esthétique (injection d’un produit sclérosant) réalisée par un dermatologue ou un phlébologue – non remboursée par la Sécurité Sociale. Les varices constituées relèvent de traitements plus lourds : sclérothérapie écho-guidée, laser endoveineux ou chirurgie.

Vaut-il mieux voir un dermatologue ou un phlébologue pour des varices ?

Les deux spécialistes peuvent prendre en charge les varicosités. Le dermatologue est particulièrement indiqué pour les complications cutanées (eczéma de stase, dermite ocre, ulcère de jambe) et la sclérothérapie des varicosités. Le phlébologue (ou angiologue) est spécialisé dans le bilan vasculaire complet par écho-Doppler et la prise en charge des varices profondes. En pratique, les deux peuvent vous orienter selon la gravité.

Les varices peuvent-elles provoquer des démangeaisons sur les jambes ?

Oui – c’est l’eczéma de stase, une complication cutanée fréquente de l’insuffisance veineuse avancée. Il se manifeste par des plaques rouges qui démangent, souvent autour des chevilles et des mollets. Il est lié à l’accumulation de sang veineux dans les tissus. Le traitement repose sur des dermocorticoïdes pour calmer l’inflammation, combinés à une contention veineuse qui traite la cause.

Les varices disparaissent-elles après l’accouchement ?

Les varices apparues pendant la grossesse s’améliorent souvent dans les mois suivant l’accouchement, mais ne disparaissent pas toujours complètement. La grossesse multiplie les facteurs de risque veineux : augmentation du volume sanguin, compression de la veine cave par l’utérus, hormones vasodilatantes. Il est recommandé de porter des bas de contention pendant toute la grossesse et de consulter un phlébologue après l’accouchement si les varices persistent.

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Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Traitement des jambes lourdes : médicaments veinotoniques, contention et gestes préventifs

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Traitement des jambes lourdes : médicaments veinotoniques, contention et gestes préventifs – une affection cutanée fréquente. Le diagnostic repose sur l’examen clinique par un dermatologue. Une prise en charge adaptée permet dans la grande majorité des cas une amélioration significative.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Traitement des varices et varicosités : sclérothérapie, laser et chirurgie
Le traitement des varices et varicosités dépend du bilan veineux initial – il ne faut pas traiter les varicosités sans avoir d’abord recherché et traité un reflux veineux sous-jacent. Cette page présente les différentes options thérapeutiques, leurs indications et leurs limites.

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Varices vs varicosités – rappel

Les varices sont des dilatations molles des veines profondes (saphènes, collatérales), visibles en relief sous la peau. Les varicosités sont de petits vaisseaux superficiels dilatés, violacés ou rougeâtres, de 0,1 à 2 mm de diamètre – appelées aussi télangiectasies ou veinectasies selon leur taille. Les deux s’inscrivent dans la même maladie veineuse chronique et relèvent d’approches thérapeutiques différentes.

Voir notre article principal : Varices – causes, symptômes et prévention.

Tableau comparatif des traitements

Traitement Indication principale Remboursement Remarque
Sclérothérapie liquide Varicosités, veines réticulaires ❌ Non (esthétique) Traitement de référence – efficace et peu coûteux
Sclérothérapie à la mousse Varices réticulaires, troncs moyens ⚠️ Parfois remboursé (écho-guidé) Meilleur contact avec les parois – risque de microbulles
Laser Nd:YAG 1064 nm Varicosités, veines réticulaires ❌ Non Excellent résultat – plus douloureux, plus coûteux
Laser endoveineux Varices des saphènes ✅ Remboursé si indication médicale Alternative au stripping – même efficacité
Phlébectomie ambulatoire (Müller) Varices collatérales moyennes ✅ Remboursé Petites incisions – sans suture
Stripping Grosses varices saphènes ✅ Remboursé Chirurgie sous anesthésie – résultats durables
Contention veineuse seule Reflux discret, sujet jeune ✅ Partiellement remboursé Peut reculer l’échéance chirurgicale de 10 ans

La sclérothérapie – traitement de référence des varicosités

La sclérothérapie consiste à injecter un produit sclérosant (Aetoxysclérol®, glycérine chromée/Sclérémo®) directement dans la varicosité à l’aide d’une aiguille très fine. Le produit irrite la paroi du vaisseau, qui se fibrose et se ferme définitivement.

Deux formes de sclérothérapie

  • Sclérothérapie liquide – pour les télangiectasies fines (0,1 à 1 mm). La concentration du sclérosant est adaptée au diamètre du vaisseau (ex : Aetoxysclérol dilué à 0,5–1%)
  • Sclérothérapie à la mousse – le produit est émulsifié pour former une mousse qui améliore le contact avec les parois. Utilisée pour les veines réticulaires et les varices de taille moyenne. Attention aux microbulles pouvant migrer dans la circulation profonde

Incidents possibles de la sclérothérapie

  • Pigmentations brunes – dépôts de fer et d’hémosidérine, fréquentes, surtout sur peaux mates (phototypes IV–VI). Peuvent persister des années, aggravées par l’exposition solaire. Éviter le soleil dans les semaines suivant la sclérose
  • Thrombus intra-variceux – la varice noircit après injection (signe d’efficacité) ; les caillots doivent être évacués à la séance suivante par micro-incisions à l’aiguille
  • Nécrose cutanée – exceptionnelle, par surdosage ou passage dans une artériole ; laisse une petite cicatrice
  • Phlébite superficielle – très rare avec les produits actuels
  • Matting – apparition de nouvelles varicosités fines autour des zones traitées, liée à une déviation du flux

⚠️ Peaux mates et foncées (phototypes IV–VI) : risque de pigmentation séquellaire significativement plus élevé, même en dehors de toute exposition solaire. Informez votre médecin de votre phototype avant tout traitement.

Les lasers pour les varicosités

Laser Efficacité varicosités Remarque
Nd:YAG 1064 nm ✅✅ Excellente Référence pour les veinectasies bleutées (1–2 mm) – plus douloureux
KTP, colorant pulsé, IPL ⚠️ Peu ou pas efficace Non recommandés pour les varicosités des jambes
Laser endoveineux ✅✅ Très efficace Pour les varices des troncs saphènes – sous guidage échographique

La chirurgie des varices

La chirurgie est indiquée pour les varices de grande taille avec reflux saphène confirmé à l’écho-Doppler. Elle ne concerne pas les simples varicosités.

  • Stripping – ablation du tronc saphène sous anesthésie locale ou générale. Stripping court (saphène interne tronculaire) ou long. Résultats durables
  • Phlébectomie ambulatoire de Müller – ablation des varices collatérales par micro-incisions de 2 mm sans suture, sous anesthésie locale. Souvent associée au stripping
  • Laser endoveineux / radiofréquence – alternatives mini-invasives au stripping. Même efficacité dans des mains expérimentées, récupération plus rapide

💡 Reflux discret chez un sujet jeune : la contention veineuse de classe 2 est souvent préférable à la chirurgie – elle peut reculer l’échéance opératoire de plus de 10 ans. La récidive est fréquente après chirurgie, quelle que soit la technique.

Quel est le prix d’une séance de sclérothérapie ?

La sclérothérapie des varicosités est un acte esthétique non remboursé par l’Assurance Maladie. Le tarif varie selon le praticien, la région et la durée de la séance :

  • Microsclérose simple (15–20 min, province) : 30 à 50 €
  • Séance avec repérage écho-Doppler ou sclérose-laser : le double environ
  • Paris et grandes villes : tarifs généralement plus élevés

De nombreuses séances sont souvent nécessaires – certains praticiens pratiquent des forfaits. Demandez un devis avant de commencer.

Sources

Questions fréquentes sur le traitement des varices

La sclérothérapie est-elle douloureuse ?

Les injections sont réalisées avec des aiguilles très fines – la douleur est généralement légère et bien tolérée. Certains produits (glycérine chromée) peuvent être légèrement plus irritants. Le laser Nd:YAG 1064 nm est plus douloureux que la sclérothérapie mais son efficacité sur les veinectasies bleutées est excellente. La douleur reste dans tous les cas très inférieure à ce que les patientes anticipent souvent.

Combien de séances faut-il pour traiter des varicosités ?

Le nombre de séances varie selon l’étendue des lésions et leur réponse au traitement. En général, 2 à 5 séances espacées de 4 à 8 semaines sont nécessaires pour un traitement complet. Des séances de retouche peuvent être utiles 6 à 12 mois après. La récidive à long terme est possible – l’insuffisance veineuse étant une maladie chronique.

Peut-on traiter les varicosités enceinte ?

Non – la sclérothérapie et le laser sont contre-indiqués pendant la grossesse. La contention veineuse (bas de compression) reste le seul traitement recommandé pendant la grossesse. Le traitement des varicosités doit être reporté après l’accouchement et la fin de l’allaitement, idéalement 3 à 6 mois après.

Faut-il voir un dermatologue ou un phlébologue pour une sclérothérapie ?

Les deux spécialistes sont formés à la sclérothérapie. Le dermatologue est particulièrement compétent pour les varicosités superficielles et la sclérothérapie esthétique. Le phlébologue (angiologue) est spécialisé dans le bilan écho-Doppler et la prise en charge des varices profondes. Pour les varicosités isolées sans varices, le dermatologue est un choix tout à fait adapté.

>>> Suite : Conseils en cas de varices, jambes lourdes et varicosités
Pour approfondir ce sujet, consultez également nos articles sur quand consulter dermatologue urgence, problemes peau.

⚠️ Consultez sans attendre si :

  • Les symptômes s’aggravent rapidement ou s’étendent sur une large zone
  • Apparition de fièvre, frissons ou altération de l’état général
  • Lésions très douloureuses ou qui ne cèdent pas au traitement en 48 h
  • Doute sur une cause sérieuse : infection, allergie grave, lésion suspecte
  • Gloviczki P et al., J Vasc Surg Venous Lymphat Disord, 2023, PMID 36326210
  • Tisi PV et al., BMJ Clin Evid, 2011, PMID 21477400

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