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"La peau de l'intérieur"
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Mis à jour le 6 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : La chique (tungiase) est une infestation cutanée par la puce femelle Tunga penetrans qui s’enfouit dans la peau, principalement sous les orteils et la plante des pieds. Fréquente aux Antilles, en Guyane, en Afrique subsaharienne et en Amérique latine, elle provoque une lésion blanchâtre et douloureuse. L’extraction manuelle par un professionnel reste le traitement de référence. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
La chique (ou « chigo », « nigua » en Amérique latine) est le nom populaire de la tungiase — infestation par la puce Tunga penetrans ou Tunga trimamillata. La femelle fécondée s’enfonce dans la couche cornée de la peau pour y pondre ses œufs, se nourrissant du sang de l’hôte. Elle représente un problème de santé publique dans les zones tropicales pauvres.
Aux Antilles françaises (Guadeloupe, Martinique), en Guyane, en Haïti et dans les communautés afro-caribéennes, la chique est bien connue et redoutée. Elle sévit dans les sols sableux ou terreux (plages, jardins, sols en terre battue). Les enfants qui marchent pieds nus et les personnes âgées sont les plus touchés.
Stade de la tungiase
Aspect
Action
Stade 1 — Pénétration
Point noir minuscule, légère démangeaison
Extraction immédiate possible
Stade 2 — Croissance (J2–J7)
Papule blanche nacrée, halo rouge
Extraction par professionnel
Stade 3 — Maturité (J8–J21)
Nodule 4–8 mm, point noir central (orifice)
Extraction chirurgicale + antisepsie
Stade 4 — Involution
Croûte noire, puce morte
Curetage + cicatrisation
⚠️ Quand consulter en urgence :
Consultez rapidement si : plusieurs chiques simultanément sur les mêmes pieds (surinfection bactérienne probable), pied gonflé et douloureux autour d’une chique (cellulite), fièvre, ou si la lésion ne guérit pas après extraction (risque de tétanos dans les zones non vaccinées — vérifier la vaccination antitétanique). Ne jamais tenter d’extraire une chique soi-même sans stérilisation : risque d’infection grave.
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Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une chique et comment reconnaît-on une tungiase ?
La chique est la puce femelle Tunga penetrans après qu’elle s’est enfoncée dans la peau. Elle se reconnaît à une petite papule blanchâtre de 3 à 8 mm, avec un point noir central (orifice par lequel elle respire et expulse ses œufs), entourée d’un halo rouge. Elle siège presque toujours sous les orteils (espace sous-unguéal, bord latéral), sur la plante des pieds ou entre les orteils. La douleur pulsatile est caractéristique.
Comment enlever une chique correctement ?
L’extraction doit être réalisée par un professionnel de santé avec une aiguille ou un vaccinostyle stérilisé, sous bonne lumière. La technique : agrandir l’orifice cutané, extraire la puce entière sans la rompre (rupture = libération des œufs dans la lésion = aggravation), nettoyer la cavité au sérum physiologique, appliquer un antiseptique (Bétadine) et couvrir avec un pansement. Une injection antitétanique doit être vérifiée. Ne jamais extraire avec une épingle non stérilisée.
La chique peut-elle provoquer des complications graves ?
Oui. Les complications les plus fréquentes sont la surinfection bactérienne secondaire (cellulite, abcès, ostéite chez les patients diabétiques), la perte d’ongle, et dans les infestations massives des personnes vulnérables, des difficultés à marcher. Le tétanos est une complication historiquement documentée dans les zones non vaccinées. Des cas de déformation permanente des orteils ont été décrits chez des enfants avec infestations répétées et non traitées.
Peut-on attraper une chique à la plage aux Antilles ?
Oui, les plages sableuses, les sols en terre battue, les jardins et les étables sont les zones à risque. La puce vit dans le sol et saute sur son hôte (homme ou animal) à hauteur de quelques centimètres. Marcher pieds nus sur des plages sauvages ou dans les jardins non entretenus est le principal mode de contamination. Les touristes non avertis sont particulièrement vulnérables car ils ne reconnaissent pas les premiers signes.
Comment prévenir la tungiase en zone tropicale ?
Mesures préventives : toujours porter des chaussures fermées dans les zones à risque (plages sauvages, jardins en terre) ; inspecter les pieds chaque soir après une journée en milieu naturel ; appliquer un répulsif à base de DEET sur les pieds et chevilles ; traiter les sols des habitations (insecticide) ; traiter les animaux domestiques (chiens, porcs) qui sont des réservoirs. Le port de chaussures est la mesure la plus efficace avec une réduction du risque de 90 %.
Y a-t-il un traitement médicamenteux contre la tungiase ?
Outre l’extraction mécanique, des études récentes montrent l’efficacité de l’ivermectine topique à 1 % (dimethicone) appliquée localement, qui tue la puce in situ et permet son expulsion naturelle sans extraction chirurgicale. Cette approche est particulièrement utile pour les infestations multiples ou dans les zones sans accès aux soins. Le thiabendazole topique est une alternative ancienne. Aucun traitement oral n’a démontré d’efficacité significative contre Tunga penetrans.
Les chiques peuvent-elles toucher d’autres parties du corps que les pieds ?
Oui, bien que les pieds (80 % des cas) soient la localisation de prédilection, des tungiases ont été décrites sur les mains, les genoux, le siège et même le cuir chevelu chez des enfants qui jouent à même le sol. Les personnes qui dorment sur des nattes en terre battue peuvent développer des lésions sur tout le corps. Les nourrissons couchés à même le sol dans des conditions précaires sont particulièrement vulnérables aux infestations multiples.
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Mis à jour le 20 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : La « grattelle » ou « gratelle » désigne en médecine populaire toute éruption qui démange, le plus souvent due à la gale (Sarcoptes scabiei) en France métropolitaine ou au pityriasis versicolor (courap) dans les régions tropicales. Un diagnostic médical est indispensable car les traitements sont radicalement différents selon la cause. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Mis à jour le 6 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : La « gratelle » est un terme créole antillais désignant des démangeaisons cutanées intenses, le plus souvent dues à la gale (Sarcoptes scabiei), à un eczéma, à la piqûre d’aoûtat ou à une dermatose tropicale. Ce terme recouvre plusieurs affections que le dermatologue doit différencier pour traiter correctement. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Aux Antilles, à la Réunion et dans d’autres régions francophones tropicales, le mot gratelle (ou « gratel » en créole guadeloupéen) est employé couramment pour décrire des démangeaisons cutanées envahissantes, souvent nocturnes, qui « grattent partout ». Ce n’est pas un diagnostic médical unique : la gratelle peut correspondre à plusieurs pathologies dermatologiques, dont la plus fréquente est la gale.
Dans les services de dermatologie aux Antilles, la gale représente la première cause de « gratelle » consultée, suivie de l’eczéma atopique et du prurigo strophulus (réaction aux piqûres d’insectes). Le pityriasis versicolor — appelé « teigne » localement — est également fréquent dans les régions tropicales humides.
Cause de gratelle
Signe clé
Traitement
Gale (Sarcoptes)
Sillons entre les doigts, prurit nocturne
Ivermectine orale ou perméthrine
Eczéma atopique
Plaques sèches, plis, antécédents familiaux
Dermocorticoïdes + émollients
Prurigo strophulus
Papules après piqûres d’insectes
Antihistaminiques + répulsifs
Pityriasis versicolor
Taches blanches ou dorées tronc
Antifongiques locaux ou oraux
⚠️ Quand consulter en urgence :
Consultez rapidement si : démangeaisons intenses touchant plusieurs membres de la famille en même temps (gale probable), lésions qui s’étendent malgré le traitement, fièvre associée aux démangeaisons, ou si un enfant présente des sillons entre les doigts. Une épidémie de gale en collectivité (école, EHPAD) nécessite une prise en charge simultanée de tous les contacts.
⚠ Consultez rapidement si :
Démangeaisons nocturnes intenses avec entourage atteint (gale)
Lésions qui s’étendent ou se surinfectent
Fièvre associée à l’éruption
Démangeaisons chez un nourrisson ou une femme enceinte
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la gratelle aux Antilles ?
La gratelle est un terme créole antillais désignant des démangeaisons cutanées intenses. Il ne correspond pas à une maladie unique mais à un symptôme — le prurit — qui peut être causé par la gale, un eczéma, des piqûres d’insectes (aoûtat, moustiques, puces), ou une dermatose tropicale comme le pityriasis versicolor. C’est l’équivalent du mot « démangeaisons » en français métropolitain, mais avec une connotation d’intensité et de contamination possible.
La gratelle est-elle toujours la gale ?
Non, bien que la gale soit la cause la plus fréquemment associée à ce terme dans les Antilles. D’autres causes communes sont : l’eczéma atopique (très fréquent dans les populations afro-caribéennes), les réactions aux piqûres d’insectes (prurigo strophulus), les infections fongiques cutanées, et la dermatite de contact. Seul un médecin peut distinguer ces causes, car le traitement est différent pour chacune.
Comment traiter la gratelle due à la gale ?
Le traitement de la gale aux Antilles repose sur l’ivermectine orale (200 µg/kg en dose unique, à répéter à J14) ou la perméthrine crème 5 % appliquée sur tout le corps pendant 8 à 12 heures. Tous les membres du foyer doivent être traités simultanément. Les vêtements et la literie doivent être lavés à 60°C le jour du traitement. Les démangeaisons peuvent persister 2 à 4 semaines après un traitement efficace (prurit résiduel).
La gratelle peut-elle se transmettre à toute la famille ?
Si la gratelle est due à la gale, oui — elle est très contagieuse par contact direct prolongé (≥ 15 minutes peau contre peau). En milieu tropical avec chaleur et humidité, la transmission dans les collectivités (familles nombreuses, écoles) est particulièrement rapide. Si plusieurs membres de la famille se grattent en même temps, surtout la nuit, consultez un médecin pour confirmer le diagnostic et traiter tout le monde le même jour.
Le pityriasis versicolor (teigne) donne-t-il de la gratelle ?
Le pityriasis versicolor (appelé à tort ‘teigne’ dans les Antilles) provoque généralement peu de démangeaisons — c’est surtout une affection inesthétique avec des taches blanches ou dorées sur le tronc. Les vraies teignes (dermatophytoses) du cuir chevelu peuvent provoquer des démangeaisons et des plaques alopéciantes. Ces deux affections sont très fréquentes sous les Tropiques et se traitent par antifongiques.
Y a-t-il des remèdes créoles traditionnels efficaces contre la gratelle ?
Certains remèdes traditionnels antillais comme le bain au citron, au soufre ou à la décoction de feuilles de mahogany ont des propriétés antiseptiques ou antiprurigineuses légères. Cependant, aucun n’a été validé cliniquement pour traiter la gale ou les dermatoses atopiques. La seule alternative validée à l’ivermectine pharmaceutique pour la gale est la perméthrine 5 % crème. Les remèdes traditionnels peuvent soulager l’inconfort mais ne guérissent pas l’infection.
Quand faut-il consulter un dermatologue pour une gratelle ?
Consultez si : les démangeaisons persistent plus de 2 semaines malgré les soins locaux, si plusieurs personnes de l’entourage sont touchées, si des lésions apparaissent sur les parties génitales ou entre les doigts, si un enfant se réveille la nuit en se grattant. Aux Antilles, les dermatologues connaissent bien les spécificités tropicales des dermatoses locales et peuvent rapidement identifier la cause exacte de la gratelle.
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Mis à jour le 20 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : La gale se transmet principalement par contact cutané prolongé (plus de 15 à 20 minutes) avec une personne infestée. La transmission indirecte par literie ou vêtements est possible mais beaucoup moins fréquente. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Comment attrape-t-on la galle ? Transmission, contagiosité et protection : tout comprendre Télécharger un guide complet au format PDF :
Sarcopte vu au microscope
« Comment j’ai pu attraper la gale ? » — c’est la question que posent, souvent avec une certaine gêne, la grande majorité des patients que je reçois pour cette affection. La question est légitime, et la réponse est plus nuancée qu’il n’y paraît. La gale n’est pas une maladie de la saleté. Elle n’est pas non plus forcément transmise lors d’un rapport sexuel. Comprendre précisément comment fonctionne la transmission du sarcopte, c’est comprendre pourquoi certaines situations comportent un risque réel et d’autres non — et surtout, c’est comprendre comment protéger son entourage une fois le diagnostic posé.
Cette page est entièrement consacrée à la transmission de la gale. Pour les symptômes et les lésions cutanées, consultez notre article boutons et sillons de la gale. Pour le traitement, voyez soigner et guérir la gale.
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Ce qu’il faut savoir sur le sarcopte pour comprendre sa transmission
La gale est due à un acarien microscopique, Sarcoptes scabiei var. hominis, invisible à l’œil nu (300 à 400 µm pour la femelle). Comprendre ses caractéristiques biologiques éclaire directement les conditions nécessaires à la contamination.
Caractéristique du sarcopte
Implication pour la transmission
Strictement inféodé à l’être humain (var. hominis)
La gale humaine se transmet uniquement d’humain à humain
Survie hors hôte : maximum 72 h à température ambiante (plus longtemps sur des textiles chauds)
La transmission indirecte (linge, literie) est possible mais limitée dans le temps
Mobilité optimale entre 25 et 30 °C ; immobile en dessous de 20 °C ; tué en quelques minutes au-dessus de 55 °C
Le risque de contamination par les textiles est nul si ceux-ci sont lavés à 60°C ou isolés depuis plus de 72 h dans un sac fermé
Progression à la surface de la peau à 2,5 cm/min à 37 °C
Le transfert d’un hôte à un autre est rapide lors d’un contact cutané
Seules les femelles fécondées provoquent la gale (en creusant les sillons)
Tous les sarcoptes transmis ne donnent pas nécessairement une infestation — le contact doit être suffisamment prolongé pour que des femelles s’installent
Nombre de sarcoptes dans la gale commune : 10 à 15 individus
La charge parasitaire est faible → contact prolongé nécessaire pour contamination efficace
Gale croûteuse : millions de sarcoptes
Contagiosité extrême — un contact bref peut suffire
Transmission directe (95 % des cas) : contact peau à peau prolongé
La voie principale de contamination est le contact cutané direct et prolongé entre la peau d’une personne infestée et celle d’une personne saine. Le mot « prolongé » est essentiel : dans la gale commune, la charge parasitaire est faible (une dizaine de sarcoptes), et le passage de quelques individus lors d’un contact bref est insuffisant pour provoquer une infestation.
En pratique, les situations qui réalisent ce contact prolongé sont :
Les rapports sexuels — contact peau à peau intime et prolongé, souvent avec atteinte génitale prédominante chez la personne contaminée. C’est pourquoi la gale est classée parmi les infections sexuellement transmissibles (IST), même si elle n’est pas liée à un acte sexuel au sens strict.
Le partage d’un lit avec une personne infestée — le contact nocturne prolongé, sous la chaleur des draps, est l’une des situations à plus haut risque.
Le contact rapproché au sein d’une famille — entre parents et enfants, notamment lors des soins au nourrisson, du portage ou des jeux au sol.
Les soins au malade dans un contexte médical ou familial — infirmières, aides-soignantes, membres de la famille prodiguant des soins corporels prolongés.
Certains sports de contact — lutte, judo, rugby — où les contacts cutanés répétés et prolongés peuvent suffire.
ℹ La durée du contact est le facteur déterminant
Serrer la main d’une personne ayant la gale commune comporte un risque très faible de contamination — le contact est trop bref. Se tenir dans les transports en commun à côté d’une personne infestée ne présente aucun risque. En revanche, dormir dans le même lit une nuit comporte un risque très élevé. C’est la durée, et non simplement la proximité, qui fait la contamination.
Transmission indirecte (5 % des cas) : linge, literie, mobilier
La contamination indirecte — par les objets et textiles — est possible mais représente une minorité des cas dans la gale commune. Elle est en revanche beaucoup plus importante dans les contextes de gale profuse ou croûteuse, où les squames desquamantes contiennent des millions de sarcoptes et contaminent massivement l’environnement immédiat.
Contact prolongé avec les textiles chauds encore chargés en sarcoptes vivants
Vêtements portés depuis moins de 72 h
Modéré
Surtout les sous-vêtements, collants, pyjamas — textiles proches de la peau
Canapé, fauteuil, siège à revêtement textile ou cuir
Faible à modéré
Après un contact prolongé (plusieurs heures) d’une personne infestée ; risque quasi nul pour un contact bref
Textiles portés / utilisés depuis plus de 72 h
Nul
Le sarcopte ne survit pas plus de 72 h à température ambiante hors de l’hôte humain
Surfaces dures (poignées de portes, plans de travail)
Nul en pratique
Le sarcopte ne peut pas adhérer aux surfaces lisses froides ; aucun cas documenté par cette voie
Matelas, sommier
Faible (sauf gale croûteuse)
Une aspiration soigneuse suffit dans la gale commune ; décontamination par acaricide recommandée en cas de gale croûteuse
📌 Et les vêtements neufs ?
Question surprenante mais récurrente : oui, il est théoriquement possible de se contaminer avec des vêtements neufs — si ces vêtements ont été essayés et portés directement sur la peau par une personne infestée dans les 72 heures précédentes. Ce risque, bien que faible, explique l’intérêt de laver ses vêtements neufs avant de les porter pour la première fois — surtout les sous-vêtements.
Tableau des situations à risque : ce qui contamine vraiment
Situation
Risque de contamination
Explication
Rapport sexuel avec une personne infestée
Très élevé
Contact cutané intime et prolongé — voie de contamination principale
Dormir dans le même lit une nuit
Très élevé
Contact prolongé sous la chaleur des draps — conditions idéales pour le sarcopte
Porter les vêtements (sous-vêtements) d’une personne infestée
Élevé
Contact cutané direct et prolongé avec des textiles potentiellement infestés
Contact cutané prolongé — risque professionnel documenté chez les soignants
Rester longtemps assis dans un canapé contaminé
Modéré
Possible si contact prolongé avec des textiles chauds récemment contaminés
Embrasser quelqu’un sur la joue (bise)
Très faible
Contact trop bref — pas de transmission documentée par cette voie
Serrer la main
Très faible
Contact trop bref dans la gale commune (charge parasitaire faible) ; à éviter tout de même en cas de gale croûteuse
Partager des toilettes
Nul en pratique
Le sarcopte ne survit pas sur les surfaces froides et lisses ; aucune contamination documentée par cette voie
Transports en commun, salle de classe
Nul en pratique
Pas de contact cutané prolongé — aucun risque documenté hors contact intime direct
Contact avec un animal de compagnie
Nul (gale humaine)
Sarcoptes scabiei var. hominis est strictement inféodé à l’être humain
Peut-on attraper la gale d’un animal ?
Non, en ce qui concerne la gale humaine. Sarcoptes scabiei var. hominis est un parasite strictement adapté à l’être humain — il ne provient pas des animaux et ne peut pas se développer sur eux de façon durable. La gale humaine est une maladie exclusivement interhumaine.
Il existe des variantes de gales animales : la gale du chien (var. canis), du chat, du porc… Ces parasites peuvent exceptionnellement contaminer un humain en contact étroit et prolongé avec un animal massivement infesté. Mais dans ce cas :
L’infestation humaine est transitoire et spontanément résolutive en quelques jours, car Sarcoptes scabiei var. canis ne peut pas achever son cycle de vie sur la peau humaine ;
Les démangeaisons disparaissent sans traitement antiparasitaire humain une fois l’animal traité et le contact évité ;
Il n’y a pas de transmission inter-humaine à partir de cette gale d’origine animale.
Ce tableau est radicalement différent de la gale humaine vraie, qui ne guérit jamais spontanément.
L’incubation silencieuse : comment contaminer son entourage sans le savoir
C’est le mécanisme le plus redoutable — et le moins bien compris — de la transmission de la gale. Entre le moment de la contamination et l’apparition des premières démangeaisons, il s’écoule en moyenne :
⚠ La période d’incubation : le piège de la gale 3 à 6 semaines lors d’une première infestation — le temps que le système immunitaire réagisse aux antigènes du sarcopte et provoque les démangeaisons.
24 à 48 heures lors d’une recontamination chez une personne déjà immunisée, qui reconnaît immédiatement l’antigène.
Pendant toute cette période silencieuse, la personne est infestée et contagieuse, mais ne sait pas qu’elle a la gale. Elle peut contaminer ses partenaires sexuels, ses proches, les personnes chez qui elle dort — sans s’en douter.
C’est cette incubation longue qui explique deux réalités cliniques importantes :
Il est fréquent que plusieurs personnes d’une même famille ou d’un même foyer développent la gale presque simultanément, alors que chacun se demande d’où vient la contamination ;
Lorsque le diagnostic est enfin posé chez une personne, la période de contagiosité remonte à 3 à 6 semaines avant les premiers symptômes — il faut donc réfléchir à qui a pu être exposé bien avant que les démangeaisons n’apparaissent.
Quand suis-je contagieux ? Jusqu’à quand ?
Une personne atteinte de gale est contagieuse dès la contamination — c’est-à-dire dès que les sarcoptes sont présents sur sa peau, bien avant l’apparition des démangeaisons. Elle reste contagieuse jusqu’à la guérison complète après traitement.
Moment
Contagiosité
Que faire ?
Pendant la période d’incubation (avant les démangeaisons)
Oui — sans le savoir
Impossible à anticiper ; d’où l’importance de prévenir rétrospectivement l’entourage dès le diagnostic
Pendant la phase symptomatique non traitée
Oui
Éviter les contacts intimes, ne pas partager la literie, ne pas aller dormir chez d’autres personnes
Le jour du traitement (J0)
Oui jusqu’à l’application du traitement
Traitement de toutes les personnes concernées le même jour
Après le traitement bien conduit
Non — si le traitement est complet (personnes + linge)
Reprendre une vie normale après guérison confirmée
En cas de nodules scabieux persistants post-traitement
Non — les nodules sont d’origine immunologique, sans sarcopte vivant
Pas de retraitement systématique ; consulter si doute
Qui prévenir et protéger autour de moi ?
Lorsque le diagnostic de gale est posé, la gestion de l’entourage est une étape indispensable — c’est l’une des principales causes d’échec thérapeutique lorsqu’elle est négligée. Voici la marche à suivre :
📋 Les personnes à contacter et traiter
Tous les partenaires sexuels des 6 dernières semaines (durée supérieure à la période d’incubation maximale) — qu’ils aient ou non des symptômes ;
Toutes les personnes vivant sous le même toit (co-habitants) ;
Les personnes chez qui vous avez dormi ou qui ont dormi chez vous depuis 6 semaines ;
Toute personne avec qui vous avez eu un contact cutané prolongé (soins, activités sportives de contact) ;
En cas de gale contractée en collectivité (EHPAD, structure d’hébergement) : signalement au médecin responsable et aux autorités sanitaires — voir gale en collectivité.
Pendant la période de traitement (entre J0 et la guérison confirmée), il est impératif :
De ne pas avoir de rapports sexuels ;
De ne pas aller dormir chez des amis ou de la famille ;
De ne pas échanger de vêtements ou de linge ;
De ne pas faire garder ses enfants chez d’autres personnes sans les avoir prévenus.
Gale et IST : le bilan à ne pas oublier
Lorsque la gale a pu être transmise lors d’un rapport sexuel — ce qui est le cas dans la majorité des infestations chez l’adulte jeune — les recommandations préconisent de réaliser un bilan IST complet en parallèle du traitement. Cette démarche n’est ni anodine ni stigmatisante : elle fait partie des bonnes pratiques médicales, exactement comme pour les morpions ou les condylomes.
⚠ Bilan IST recommandé Sérologies : VIH (avec accord signé), syphilis (TPHA-VDRL), hépatite B (Ag HBs, Ac anti-HBs, Ac anti-HBc), hépatite C Dépistage local : chlamydia et gonocoque (PCR urinaire ou prélèvement génital selon les symptômes)
Ce bilan est prescrit lors de la consultation et réalisé en laboratoire d’analyses médicales. Il est pris en charge à 100 % dans le cadre du dépistage organisé des IST.
Les idées reçues sur la transmission de la gale
Idée reçue
La réalité
« La gale est une maladie de la saleté »
Faux. La gale n’a aucun lien avec l’hygiène corporelle. Elle touche toutes les classes sociales. Une personne très propre peut avoir la gale des gens propres — avec peu de lésions mais autant de sarcoptes.
« On l’attrape toujours par rapport sexuel »
Pas uniquement. Le partage d’un lit ou des soins corporels prolongés suffisent. En revanche, l’association avec une IST impose un bilan.
« Les animaux peuvent me contaminer »
Non pour la gale humaine — var. hominis est strictement humain. Une gale animale sur l’homme est transitoire et bénigne.
« Je peux attraper la gale dans les transports en commun »
Non en pratique. Le contact est trop bref. Les épidémies se propagent dans les foyers et les collectivités où les contacts sont prolongés, pas dans les lieux publics ouverts.
« Une fois traité, on ne peut plus contaminer »
Vrai si le traitement est complet — mais il faut que toutes les personnes à risque aient été traitées en même temps, et que le linge ait été désinfecté. Un maillon manquant recontamine.
« Les démangeaisons prouvent que je suis encore contagieux »
Pas forcément. Les démangeaisons peuvent persister 2 à 4 semaines après un traitement efficace par réaction immunologique résiduelle aux antigènes du sarcopte mort. Consulter avant de refaire un traitement.
« Je peux aller chez le médecin en salle d’attente »
Oui — le risque de contamination dans une salle d’attente est nul en pratique pour la gale commune. Une téléconsultation reste une option confortable et sans risque pour l’entourage.
⚠️ Quand consulter en urgence :
Consultez rapidement si : démangeaisons intenses nocturnes avec sillons caractéristiques entre les doigts, gale croûteuse (norvégienne) chez un patient immunodéprimé ou âgé, épidémie en collectivité (EHPAD, crèche). La gale croûteuse est très contagieuse et nécessite une prise en charge hospitalière urgente.
⚠ Consultez rapidement si :
démangeaisons nocturnes intenses après contact avec une personne infestée
lésions dans les espaces inter-digitaux, poignets ou zone génitale
cas confirmés dans l’entourage proche ou en collectivité
absence d’amélioration 4 semaines après le traitement
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FAQ — Questions fréquentes sur la transmission de la gale
Est-ce qu’on peut attraper la gale en serrant la main de quelqu’un ?
Le risque est extrêmement faible dans la gale commune. Dans cette forme, la charge parasitaire est de l’ordre de 10 à 15 sarcoptes — trop peu pour qu’un contact aussi bref permette le transfert de femelles fécondées en nombre suffisant pour provoquer une infestation. En revanche, dans la gale croûteuse (millions de sarcoptes), même un contact bref peut suffire. C’est pourquoi les personnels soignants au contact de patients en EHPAD ayant une gale croûteuse doivent prendre des précautions maximales.
Mon chat ou mon chien peut-il me donner la gale ?
Non pour la gale humaine. Le sarcopte humain (var. hominis) ne vit pas sur les animaux. Si votre chat ou chien a lui-même une gale (sarcoptose animale), la contamination humaine est exceptionnelle, transitoire (guérison spontanée en quelques jours) et ne se transmet pas entre humains. Traitez l’animal, pas vous.
Combien de temps après la contamination les démangeaisons apparaissent-elles ?
En cas de première infestation, 3 à 6 semaines en moyenne — le temps que le système immunitaire se sensibilise aux antigènes du sarcopte. En cas de recontamination chez une personne déjà immunisée, les démangeaisons peuvent apparaître en 24 à 48 heures. Cette période silencieuse rend le traçage des contacts difficile.
Peut-on aller au travail quand on a la gale ?
Dans la grande majorité des emplois, oui — le risque de contamination dans un bureau est quasiment nul (pas de contact cutané prolongé entre collègues). En revanche, les professionnels de santé, les aides à domicile, les masseurs-kinésithérapeutes et les personnels travaillant en collectivités doivent être traités et déclarés guéris avant de reprendre leur activité, en raison du risque professionnel de transmission lors de soins corporels.
Est-ce que je peux recontaminer ma famille si j’ai encore des démangeaisons après le traitement ?
Non, si le traitement a été correctement réalisé. Les démangeaisons peuvent persister 2 à 4 semaines après l’éradication complète des sarcoptes, par réaction immunitaire aux débris du parasite dans la peau. En l’absence de nouveaux sillons et avec un prurit qui décroît progressivement, il ne s’agit pas d’une rechute mais d’une guérison en cours. Consultez un dermatologue avant d’entreprendre un nouveau traitement antiparasitaire.
Faut-il prévenir la crèche ou l’école si mon enfant a la gale ?
Oui. Il faut en informer le responsable de l’établissement pour permettre le dépistage des enfants et personnels potentiellement exposés. L’enfant peut retourner en collectivité dès le lendemain du traitement complet. Pour les détails, consultez notre article gale de l’enfant et du bébé.
La gale se transmet principalement par contact cutané direct et prolongé (minimum 15 à 20 minutes) avec une personne porteuse de l’acarien Sarcoptes scabiei. La transmission indirecte (literie, vêtements, canapé) est possible mais moins fréquente, car l’acarien survit 24 à 72 heures hors de l’hôte à température ambiante. Un contact bref (poignée de mains) suffit rarement à transmettre la gale commune.
Peut-on attraper la gale dans une piscine ou un hôtel ?
La transmission via une piscine est exceptionnellement rare car l’acarien ne survit pas dans l’eau chlorée. Dans un hôtel, le risque existe si les draps et serviettes n’ont pas été lavés à 60°C après un occupant infesté. La gale ne se transmet pas par l’air ni par une surface brièvement touchée.
Quel est le délai entre la contamination et les premiers symptômes ?
Lors d’une première contamination, la période d’incubation est de 3 à 6 semaines avant l’apparition des démangeaisons (le temps que la réaction allergique se développe). En cas de récidive (ré-infestation), les symptômes apparaissent en 1 à 4 jours. Pendant toute l’incubation, la personne est contagieuse sans le savoir.
Qu’est-ce que la gale croûteuse et pourquoi est-elle plus contagieuse ?
La gale croûteuse (ou norvégienne) touche les personnes immunodéprimées, les personnes âgées ou sous corticothérapie. Elle se caractérise par des croûtes épaisses sur tout le corps, contenant des millions d’acariens (vs 10 à 15 dans la gale commune). Un seul contact bref suffit à la contamination. Elle déclenche souvent des épidémies en EHPAD.
Doit-on traiter toute la famille si une personne a la gale ?
Oui, le traitement simultané de tous les contacts proches (foyer, partenaires sexuels) est obligatoire, même en l’absence de symptômes, car la période d’incubation peut masquer une infestation. Les recommandations HAS préconisent de traiter le même jour tous les membres du foyer et de laver les textiles à 60°C ou de les mettre en sac plastique 72 heures.
Les animaux domestiques peuvent-ils transmettre la gale humaine ?
Non, Sarcoptes scabiei var. hominis est une espèce spécifique à l’homme. Les chiens ont leur propre gale (Sarcoptes scabiei var. canis) qui peut provoquer des démangeaisons transitoires chez l’homme mais ne s’implante pas durablement. Un chien galeux doit néanmoins être traité par un vétérinaire pour éviter tout inconfort.
Comment savoir si on est guéri de la gale après traitement ?
Les démangeaisons peuvent persister 2 à 4 semaines après un traitement efficace en raison de la réaction allergique résiduelle aux acariens morts. La guérison est confirmée par l’absence de nouvelles lésions et la disparition progressive du prurit. En cas de persistance au-delà de 4 semaines, un deuxième traitement ou une consultation dermatologique s’impose.
Références scientifiques (PubMed)
Chosidow O. Clinical practices. Scabies. N Engl J Med. 2006;354(16):1718–1727. PMID 16710746
Salavastru CM, Chosidow O, Boffa MJ, et al. European guideline for the management of scabies. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2017;31(8):1248–1253. PMID 28639722
Sunderkötter C, Feldmeier H, Fölster-Holst R, et al. S1-Leitlinie zur Diagnostik und Therapie der Skabies. J Dtsch Dermatol Ges. 2022. PMID 35451567
Hay RJ, Steer AC, Engelman D, Walton S. Scabies in the developing world — its prevalence, complications, and management. Clin Microbiol Infect. 2012;18(4):313–323. PMID 22429824
Engelman D, Yoshizumi J, Hay RJ, et al. The 2020 International Alliance for the Control of Scabies Consensus Criteria for the Diagnosis of Scabies. Br J Dermatol. 2020;183(5):808–820. PMID 32034956
Mis à jour le 26 mars 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue
Mis à jour le 20 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : La gale débute souvent par des démangeaisons nocturnes, d’abord localisées aux espaces inter-digitaux, aux poignets et à l’abdomen. Les premiers symptômes apparaissent 3 à 6 semaines après la contamination chez les sujets non immunisés — une période pendant laquelle la personne est déjà contagieuse sans le savoir. En France, environ 300 000 cas sont recensés chaque année.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Démangeaisons la nuit dans le lit : est-ce la gale ?
Les démangeaisons qui s’intensifient le soir et la nuit, dès que vous vous glissez sous les draps, sont l’un des signes les plus caractéristiques de la gale. Le sarcopte responsable de la gale se déplace sous la peau surtout lorsqu’il fait chaud. La chaleur des draps l’active — et les démangeaisons s’intensifient. Si vous vous grattez partout quand vous êtes dans votre lit, c’est un signal à prendre au sérieux.
Attention cependant : d’autres causes peuvent expliquer des démangeaisons nocturnes, comme la dermatite atopique, le prurit lié à la sécheresse de la peau ou encore les piqûres d’insectes (notamment les punaises de lit). Seul un médecin — et notamment un dermatologue — peut poser le diagnostic avec certitude.
Avez-vous été en contact intime avec quelqu’un environ 3 semaines avant les démangeaisons ?
L’incubation de la gale est d’environ 3 semaines et elle s’attrape le plus souvent par contact intime et prolongé de peau à peau : rapport sexuel, nuit passée chez quelqu’un, échange de vêtements ou literie contaminée. Le début de la gale a lieu en général environ 3 semaines après la transmission de la gale.
Si vous avez eu ce type de contact dans les 3 semaines précédant vos démangeaisons, la probabilité d’une gale augmente significativement. Voir comment on attrape la gale.
Votre entourage se gratte-t-il aussi ?
Il n’est pas rare qu’une personne de l’entourage se démange également — partenaire, membre de la famille, ami chez qui on a dormi. La gale est très contagieuse au sein d’un foyer. Ces personnes sont parfois diagnostiquées à tort comme un eczéma. Si plusieurs personnes autour de vous se grattent en même temps, c’est un signe très évocateur de gale.
Où se situent les démangeaisons sur le corps ?
Les zones les plus touchées au début de la gale sont caractéristiques et permettent d’orienter le diagnostic :
Espaces entre les doigts (espaces interdigitaux des mains)
Face antérieure des poignets
Coudes
Zone devant les aisselles
Ventre et nombril
Fesses et face interne des cuisses
Chez l’homme : organes génitaux
Le visage et le cou sont en règle générale épargnés chez l’adulte. Le dos est souvent moins atteint que les autres régions du corps. Si vos démangeaisons correspondent à ces zones, consultez rapidement.
Tableau récapitulatif : gale vs autres causes de prurit nocturne
Critère
Gale
Eczéma
Punaises de lit
Prurit nocturne
Très intense, typique
Présent, variable
Présent
Contagion entourage
Oui, fréquente
Non
Possible (literie)
Zones atteintes
Mains, poignets, génitaux
Plis, visage, nuque
Zones découvertes
Sillons cutanés
Oui (pathognomoniques)
Non
Non
Traitement
Scabicide (ivermectine)
Dermocorticoïdes
Élimination insectes
À quoi ressemblent les boutons de la gale au début ?
Au tout début de la gale, les lésions cutanées peuvent être discrètes et difficiles à identifier. On peut observer de petites vésicules (cloques minuscules), des papules rouges et des sillons scabieux — de petits traits grisâtres sinueux sous la peau, tracés par le sarcopte. Ces sillons sont pathognomoniques de la gale, c’est-à-dire qu’ils signent le diagnostic.
Le saviez-vous ? La dermoscopie (examen à la loupe dermoscopique) permet de visualiser directement le sarcopte au bout du sillon — c’est le signe du « jet d’avion » ou « delta-wing ». Cette technique augmente la sensibilité diagnostique à plus de 90 %, y compris dans les formes peu symptomatiques.
Gale ou autre cause de démangeaisons nocturnes ?
Toutes les démangeaisons nocturnes ne sont pas une gale. Voici les principales causes à distinguer :
Gale : démangeaisons intenses la nuit, zones caractéristiques, entourage atteint
Eczéma : plaques rouges squameuses, terrain allergique, pas de contagion
Urticaire : plaques fugaces qui disparaissent en moins de 24h
Attention : La gale des gens propres peut ne présenter aucun sillon visible. Des bains fréquents éliminent mécaniquement les sillons superficiels. Le diagnostic peut alors être retardé de plusieurs semaines, augmentant le risque de transmission à l’entourage.
Que faire si vous suspectez une gale ?
Si vous présentez plusieurs de ces signes, consultez sans tarder. Votre médecin recherchera des boutons et sillons de la gale et vous prescrira un traitement de la gale adapté. Il faudra également traiter simultanément toutes les personnes du foyer et désinfecter le linge et la literie.
Conseil pratique : Ne tardez pas — plus la gale est traitée tôt, plus le traitement est simple et efficace. En cas de gale confirmée, lavez le linge à 60 °C ou placez-le en sac plastique fermé pendant 72 h. L’ivermectine orale en prise unique est le traitement de référence chez l’adulte de plus de 15 kg.
⚠️ Consultez en urgence si : démangeaisons intenses nocturnes inexpliquées avec plusieurs personnes touchées dans l’entourage ; plaques suspectes entre les doigts ou sur les poignets ; retour de voyage avec prurit généralisé. En collectivité (EHPAD, crèche, caserne), un seul cas doit déclencher une alerte et un traitement simultané de tous les contacts proches — la gale hyperkératosique (norvégienne) est une urgence médicale avec contagiosité extrême.
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Questions fréquentes sur la gale au début
Comment savoir si j’ai la gale ou simplement des démangeaisons ?
La gale se distingue par des démangeaisons qui s’intensifient la nuit dans le lit, localisées dans des zones caractéristiques (mains, poignets, ventre, fesses, organes génitaux), et souvent présentes chez plusieurs personnes de l’entourage en même temps. Un contexte de contage (contact intime dans les 3 semaines précédentes) renforce fortement la suspicion. Seul un médecin ou dermatologue peut confirmer le diagnostic en identifiant les sillons scabieux, éventuellement à la dermoscopie.
La gale gratte-t-elle surtout la nuit ?
Oui, c’est l’une des caractéristiques les plus typiques de la gale. La chaleur du lit active le sarcopte qui creuse des galeries sous la peau, ce qui provoque des démangeaisons intenses dès qu’on se couche. Ce prurit nocturne, quasi systématique, est un argument diagnostique majeur qui doit orienter rapidement vers une consultation.
Peut-on attraper la gale dans son lit ?
La transmission par la literie est possible mais moins fréquente que le contact direct peau à peau. Le sarcopte peut survivre 2 à 3 jours en dehors de la peau. Dormir dans un lit récemment utilisé par une personne atteinte peut suffire à la transmission, c’est pourquoi la désinfection de la literie fait partie intégrante du protocole de traitement.
Combien de temps après la contamination apparaissent les premiers symptômes ?
La période d’incubation de la gale est d’environ 3 à 6 semaines pour une première contamination. En cas de réinfestation chez une personne déjà immunisée, les symptômes peuvent apparaître beaucoup plus rapidement, en 1 à 4 jours. Pendant toute cette phase silencieuse, la personne contaminée est déjà contagieuse.
Quels sont les tout premiers signes de la gale ?
Les premiers signes apparaissent 3 à 6 semaines après la contamination (délai d’incubation lors d’une primo-infestation). Ils consistent en démangeaisons diffuses à recrudescence nocturne, initialement discrètes, et en sillons caractéristiques (fins traits grisâtres de 5 à 15 mm) entre les doigts, sur les poignets, autour des mamelons chez la femme et sur le pénis chez l’homme. Des nodules scabieux rouge-brun peuvent également apparaître sur le scrotum. Les démangeaisons précèdent souvent les lésions visibles.
Comment distinguer la gale débutante d’un eczéma ?
La gale débutante peut mimer un eczéma de contact, mais plusieurs éléments orientent vers la gale : prurit strictement nocturne s’intensifiant après le coucher, atteinte simultanée de plusieurs membres de la famille, localisation caractéristique aux espaces inter-digitaux, poignets, organes génitaux, et présence de sillons fins visibles à la loupe ou au dermoscope. L’absence d’antécédent d’eczéma et le contexte de contage récent sont également très parlants.
Peut-on avoir la gale sans sillons visibles ?
Oui, notamment au début de l’infestation et chez les personnes très propres (gale des gens propres) qui se lavent fréquemment : le grattage répété peut détruire les sillons superficiels. La dermoscopie augmente la sensibilité diagnostique à environ 90 % en visualisant directement le corps de l’acarien au bout du sillon. En l’absence de sillons, le diagnostic repose sur le faisceau d’arguments cliniques et le contexte épidémiologique.
La gale peut-elle guérir seule sans traitement ?
Non. Sans traitement, la gale ne guérit jamais spontanément — le nombre d’acariens augmente progressivement et les symptômes s’aggravent. Elle peut évoluer vers une gale hyperkératosique (norvégienne) chez les personnes immunodéprimées, avec des millions d’acariens et une contagiosité extrême. Un traitement scabicide (ivermectine orale ou perméthrine crème) est indispensable, appliqué simultanément à tous les contacts proches.
Qu’est-ce que le prurigo post-scabieux après traitement ?
Après un traitement bien conduit de la gale, les démangeaisons peuvent persister 2 à 4 semaines. C’est le prurigo post-scabieux : une réaction allergique résiduelle aux acariens morts et à leurs déjections — ce n’est pas un signe d’échec thérapeutique. Des antihistaminiques oraux et des dermocorticoïdes légers soulagent ce prurit résiduel. Si les démangeaisons persistent au-delà de 4 semaines ou si de nouvelles lésions apparaissent, un deuxième traitement doit être envisagé avec avis médical.
Références scientifiques
Romani L, Steer AC, Whitfeld MJ, Kaldor JM. Prevalence of scabies and impetigo worldwide: a systematic review. Lancet Infect Dis. 2015;15(8):960-7. PMID 26237403
Currie BJ, McCarthy JS. Permethrin and ivermectin for scabies. N Engl J Med. 2010;362(8):717-25. PMID 20181973
Mounsey KE, McCarthy JS, Walton SF. Scratching the itch: new tools to advance understanding of scabies. Trends Parasitol. 2013;29(1):35-42. PMID 23931694
Épidémiologie de la gale en France et dans le monde
La gale est l’une des dermatoses infectieuses les plus répandues au monde : l’Organisation mondiale de la santé estime à plus de 200 millions le nombre de personnes infestées à tout moment. En France, elle est en constante augmentation depuis une vingtaine d’années, avec des pics épidémiques observés régulièrement dans les collectivités (EHPAD, internats, prisons, casernes, crèches, hôpitaux).
Augmentation continue depuis 20 ans, épidémies cycliques
Délai diagnostique moyen
4 à 8 semaines — cause principale de chronicisation et de contagion prolongée
Populations les plus touchées
Tous âges et milieux sociaux confondus — mythe de la maladie de la pauvreté réfuté
💡 Un point clé souvent méconnu : le délai entre la contamination et l’apparition des symptômes est de 3 à 6 semaines lors d’une primo-infestation. Ce délai tombe à 24–48 heures lors d’une réinfestation, car le système immunitaire est déjà sensibilisé. Cette particularité explique pourquoi un sujet recontaminé se plaint très vite alors qu’un contaminateur primaire peut ignorer sa gale pendant des semaines.
La gale est due à un parasite invisible à l’œil nu : l’acarien Sarcoptes scabiei var. hominis, mesurant environ 0,3 à 0,4 mm. La gale humaine est une maladie strictement interhumaine — elle ne provient pas des animaux domestiques et ne leur est pas transmissible. Il existe des sarcoptes propres aux animaux (chats, chiens, porcs), qui peuvent exceptionnellement infecter l’homme de façon transitoire, mais cette contamination se résout spontanément en quelques jours sans traitement spécifique.
Caractéristique biologique
Données
Taille du parasite
0,3–0,4 mm — invisible à l’œil nu, visible à la loupe
Survie hors hôte
24 à 72 heures à température ambiante (jusqu’à 1 semaine dans des conditions favorables)
Mobilité optimale
Entre 25 et 30 °C — immobile sous 20 °C, tué en quelques minutes au-dessus de 55 °C
Ponte de la femelle
2 à 5 œufs par jour dans la couche cornée de l’épiderme, pendant 1 à 3 mois
Cycle de développement
Éclosion en 4–5 jours ; larve → nymphe → adulte en 2–3 semaines
Progression cutanée
Sillons sinueux visibles à l’œil nu (1 à 2 mm/jour)
Nombre de sarcoptes (gale commune)
1 à quelques dizaines d’adultes — charge parasitaire faible
Nombre de sarcoptes (gale profuse)
Plusieurs milliers à millions — forme hyper-contagieuse (sujets âgés ou immunodéprimés)
Sarcopte (Sarcoptes scabiei) vu au microscope électronique
Cycle de vie du sarcopte : de l’œuf à l’adulte en 2 à 3 semaines
La dissémination est favorisée par la vie en collectivité : maisons de retraite, casernes, internats, crèches, écoles, mais aussi par la promiscuité lors de voyages ou de festivals.
Comment attrape-t-on la gale ? Modes de transmission
La transmission de la gale nécessite un contact cutané direct et prolongé avec une personne infestée, ou un contact indirect via des textiles contaminés. La contagiosité est proportionnelle à la charge parasitaire : un sujet atteint de gale profuse est infiniment plus contagieux qu’un sujet porteur d’une gale commune.
Mode de transmission
Niveau de risque
Commentaire
Rapport sexuel
Très élevé
Contact cutané prolongé et étendu — principal mode de transmission chez l’adulte
Partage du lit (nuit entière)
Élevé
Contact prolongé même sans rapport sexuel
Partage de vêtements, draps, serviettes
Réel
Y compris des vêtements neufs si essayés par une personne contaminée
Contact cutané prolongé en collectivité
Réel
Soins infirmiers, kinésithérapie, sports de contact
Poignée de mains, accolade brève
Faible
Contact trop bref pour permettre la migration du sarcopte
Sièges de transports, surfaces inertes
Très faible
Survie limitée hors hôte à température ambiante
⚠️ Point important : une personne contaminée est contagieuse avant même l’apparition des symptômes, pendant toute la période d’incubation silencieuse (3 à 6 semaines). C’est pourquoi il est indispensable de traiter simultanément tous les contacts proches, même asymptomatiques.
Les signes de la gale sont avant tout les manifestations de la réaction immuno-allergique de la peau vis-à-vis du sarcopte et de ses déjections, et non les effets directs du creusement de la galerie. C’est pourquoi les symptômes sont retardés de plusieurs semaines lors d’une première contamination.
D’autres membres de l’entourage présentent des démangeaisons simultanées — signe pathognomonique quasi-certain
Topographie évocatrice des lésions
Espaces interdigitaux des mains, emmanchures des aisselles, mamelons, nombril, fourreau de la verge, sillon inter-fessier, face interne des cuisses. Le dos, le visage et le cuir chevelu sont généralement épargnés (sauf chez le nourrisson)
Sillons scabieux
Traînées sinueuses de 5 à 15 mm, grisâtres, légèrement surélevées — signent le trajet de la femelle sarcopte. Visibles notamment sur les espaces interdigitaux et les poignets.
Nodules scabieux
Papules ou nodules érythémateux, fermes, sur les organes génitaux externes de l’homme (très évocateur), ou en région axillaire chez l’enfant. Peuvent persister plusieurs semaines après traitement.
Vésicules perlées
Petites vésicules translucides des mains et des pieds — quasi-exclusivement chez l’enfant
Lésions de grattage
Excoriations, croûtes, parfois surinfection bactérienne secondaire (impétigo)
Le diagnostic de la gale est avant tout clinique, fondé sur l’interrogatoire (contexte épidémique, contage) et l’examen physique. Le dermatologue dispose de plusieurs outils de confirmation :
Outil diagnostique
Principe et valeur
Dermoscopie
Visualisation du sarcopte au fond d’un sillon — apparaît comme un triangle sombre (« signe du deltaplane » ou « signe du jet »). Technique de référence au cabinet de dermatologie.
Test à l’encre (test de Burrows)
Coloration des espaces interdigitaux avec un feutre indélébile, puis nettoyage à l’alcool — l’encre reste dans les sillons et les révèle nettement. Simple et réalisable au cabinet.
Prélèvement parasitologique
Grattage du fond d’un sillon, examen direct au microscope optique — affirme la présence du sarcopte avec certitude. Rarement réalisé en pratique courante, sauf doute diagnostique important.
PCR cutanée
Technique en développement, haute sensibilité — réservée aux situations épidémiques ou aux formes atypiques en milieu hospitalier
💡 Adage dermatologique classique :« Toute démangeaison n’ayant pas les critères d’un eczéma ou d’une urticaire est une gale jusqu’à preuve du contraire. » Le diagnostic peut être difficile : les lésions sont parfois très discrètes dans la « gale des gens propres », et les surinfections ou les lésions de grattage masquent les signes pathognomoniques.
Diagnostic différentiel : ne pas confondre la gale avec…
La gale est une grande simulatrice. Son tableau clinique peut mimer de nombreuses dermatoses, ce qui explique le retard diagnostique fréquent.
Lésions limitées à la zone pubienne, présence de lentes visibles
🔴 Erreur à ne pas commettre : prescrire uniquement des corticoïdes topiques devant un prurit intense sans avoir éliminé une gale. Les corticoïdes soulagent transitoirement les démangeaisons mais permettent au sarcopte de proliférer, transformant une gale commune en gale profuse — situation de dissémination massive et de contagiosité extrême.
Formes particulières de la gale
Forme
Caractéristiques cliniques
Page dédiée
Gale du nourrisson
Contorsions et reptations pour se frotter sur les draps. Vésicules et pustules des paumes et plantes. Atteinte possible du visage, du dos et du cuir chevelu — zones épargnées chez l’adulte. Irritabilité, pleurs inexpliqués.
Sujets âgés, immunodéprimés, corticothérapie prolongée. Millions de sarcoptes. Croûtes kératosiques généralisées, parfois au dos et au cuir chevelu. Démangeaisons parfois absentes. Extrêmement contagieuse.
Lésions très discrètes, prurit modéré. Sillons effacés par des lavages fréquents. Diagnostic souvent retardé de plusieurs semaines. Traitement d’épreuve parfois justifié.
—
Gale iatrogène ou induite par les corticoïdes
Clinique atypique après corticothérapie locale ou générale — lésions profuses, sillons masqués, diagnostic très difficile. Évolution rapide vers la gale profuse si non reconnue.
—
Gale des immunodéprimés
VIH, hémopathies, transplantés — formes souvent profuses ou atypiques, charge parasitaire élevée, résistance thérapeutique possible.
Prurit post-scabieux : démangeaisons persistantes après traitement
L’un des points les plus mal compris par les patients — et source fréquente de récidive supposée à tort — est la persistance des démangeaisons après un traitement correctement conduit. Ce prurit post-scabieux est normal et attendu.
Question
Réponse clinique
Durée normale des démangeaisons post-traitement
2 à 4 semaines après un traitement correctement conduit
Mécanisme
Réaction immunologique et inflammatoire persistante contre les débris du sarcopte mort et ses antigènes — non liée à la survie du parasite
Signe d’échec thérapeutique ?
Non — le prurit résiduel n’indique pas un échec si le traitement a été bien appliqué et renouvelé à J8–J14
Traitement du prurit résiduel
Antihistaminiques oraux, émollients, dermocorticoïdes de faible puissance — sur avis médical
Quand évoquer un vrai échec ou une réinfestation ?
Apparition de nouveaux sillons ou de lésions typiques après 4 semaines, ou contage avéré non traité
💡 À retenir : la gale qui « gratte encore » 15 jours après le traitement n’est pas forcément une gale non guérie. En revanche, l’apparition de nouveaux sillons ou le contage d’un entourage non traité impose une réévaluation médicale.
Retentissement psychologique de la gale
La gale n’est pas qu’une maladie cutanée : son impact sur la qualité de vie est considérable et souvent sous-estimé par les soignants.
Impact
Mécanisme et conséquences
Privation de sommeil
Démangeaisons nocturnes intenses et prolongées — insomnie chronique, fatigue, irritabilité, altération des performances intellectuelles et professionnelles
Stigmatisation sociale
Connotation « maladie sexuelle » ou « maladie de pauvreté » — obligation d’informer partenaires, crèche, école, famille, ce qui génère honte et culpabilité
Anxiété et hypochondrie
Prurit post-scabieux mal compris, vécu comme un échec thérapeutique ou une rechute — sentiment d’être « rongé de l’intérieur »
Isolement social et professionnel
Éviction des collectivités, abstinence relationnelle le temps du traitement, difficultés à reprendre une vie normale
Impact relationnel et sexuel
Nécessité d’informer les partenaires récents, vécu parfois comme une « révélation forcée » dans le couple
Traitement de la gale : protocole complet
On ne guérit jamais spontanément de la gale. Le traitement repose sur des acaricides topiques (crèmes ou lotions) et/ou oraux (ivermectine), et doit impérativement respecter trois règles cardinales :
Règle thérapeutique
Justification clinique
Traiter tout l’entourage simultanément, le même jour
Un seul sujet non traité — même asymptomatique — recontamine l’ensemble des personnes traitées dès le lendemain
Renouveler le traitement à J8–J14 obligatoirement
Les œufs résistent au traitement initial — la 2e application élimine les larves écloses entre J1 et J14
Laver tous les textiles à 60 °C minimum
Tuer les sarcoptes dans les draps, vêtements, serviettes, peluches
Textiles non lavables à 60 °C
Sac hermétique avec acaricide pendant 72 h — le sarcopte survit rarement plus de 72 h hors hôte
Application sur tout le corps (acaricide topique)
Du cou aux pieds inclus — ne pas omettre les ongles, les espaces interdigitaux, le nombril. Laisser agir le temps prescrit (généralement 8 à 12 h) avant douche.
Accepter le prurit post-traitement
Normal pendant 2 à 4 semaines — réaction immunologique résiduelle, pas un signe d’échec thérapeutique
Acaricides disponibles en France
Molécule
Voie
Particularités
Ivermectine (Stromectol®)
Orale
200 µg/kg en dose unique, à renouveler à J14. De référence en France pour la gale commune de l’adulte. Non recommandée chez la femme enceinte et l’enfant < 15 kg.
Benzoate de benzyle (Ascabiol®)
Topique
Lotion à appliquer sur tout le corps, à laisser agir 24 h. Peut irriter les peaux sensibles.
Perméthrine 5% (Topiscab®)
Topique
Crème à laisser agir 8 à 12 h. Bien tolérée, utilisable chez la femme enceinte et l’enfant dès 2 mois.
Crotamiton (Eurax®)
Topique
Moins puissant, réservé aux formes légères ou situations particulières. Antiprurigineux associé.
⚠️ Doute sur le diagnostic ? Traitement qui semble inefficace ? Entourage difficile à coordonner ?
Le Dr Rousseau est disponible en téléconsultation pour confirmer le diagnostic, prescrire le traitement adapté à votre situation et coordonner la prise en charge de l’entourage.
démangeaisons nocturnes intenses envahissant progressivement d’autres zones
lésions évocatrices chez plusieurs membres du foyer simultanément
échec d’un premier traitement avec persistance des symptômes après 4 semaines
suspicion de gale norvégienne : croûtes épaisses, diffusion rapide
Questions fréquentes sur la gale
La gale est-elle contagieuse par simple contact ?
La gale nécessite un contact cutané direct et prolongé avec une personne infestée, ou un contact indirect via des textiles partagés (draps, vêtements, serviettes). Un simple contact bref — poignée de mains, accolade — est généralement insuffisant. En revanche, passer une nuit dans le même lit ou partager des vêtements représente un risque réel de transmission.
Peut-on confondre la gale avec l’eczéma ?
Oui, c’est une confusion fréquente. Un vieux proverbe de dermatologie dit qu’il n’y a « rien de plus eczématiforme qu’une gale ». Des démangeaisons intenses apparues après contact avec une personne présentant le même type de lésions, ou survenant simultanément dans l’entourage, doivent faire évoquer la gale en priorité. Seul un dermatologue peut établir le diagnostic avec certitude.
La gale peut-elle venir des animaux domestiques ?
La gale humaine est une maladie strictement interhumaine — elle ne provient pas des animaux et ne se transmet pas à eux. Il existe des sarcoptes spécifiques aux animaux (chats, chiens, porcs) qui peuvent exceptionnellement provoquer un prurit transitoire chez l’homme au contact d’un animal infesté, mais cette « pseudo-gale animale » se résout spontanément en quelques jours sans traitement acaricide.
Combien de temps dure le traitement de la gale ?
Le traitement acaricide (lotion, crème ou comprimé) doit être appliqué une première fois puis renouvelé obligatoirement 8 à 14 jours plus tard, car les œufs résistent au premier traitement. Il faut simultanément traiter toutes les personnes de l’entourage proche (même asymptomatiques) et désinfecter tous les textiles (lavage à 60 °C ou acaricide en sac fermé 72 h). Les démangeaisons peuvent persister 2 à 4 semaines après le traitement : c’est normal et attendu. Voir notre guide complet sur le traitement de la gale.
La gale provoque-t-elle des démangeaisons uniquement la nuit ?
Les démangeaisons prédominent la nuit — notamment dans le lit, où la chaleur de la literie stimule l’activité du sarcopte — mais elles peuvent également survenir la journée. La prédominance nocturne est un signe évocateur important, surtout si elle est partagée par plusieurs membres de l’entourage.
Peut-on consulter un dermatologue en téléconsultation pour une gale ?
Oui. Le diagnostic de la gale est avant tout clinique et peut être orienté à distance par un dermatologue sur la base des symptômes, de la topographie des lésions et du contexte épidémique. Le Dr Rousseau propose des téléconsultations pour établir ou confirmer le diagnostic et délivrer une ordonnance pour le traitement (ivermectine, perméthrine) ainsi que pour l’entourage.
« Gale » ou « galle » : quelle est la bonne orthographe ?
La bonne orthographe est gale (un seul « l »). La forme « galle » avec deux « l » est une faute d’orthographe très courante, probablement par analogie avec « dalle » ou « balle ». Quelle que soit l’orthographe utilisée, il s’agit de la même maladie : la gale sarcoptique causée par l’acarien Sarcoptes scabiei.
Quels sont les premiers symptômes de la gale ?
Le premier symptôme est un prurit (démangeaison) intense, surtout la nuit, qui s’aggrave à la chaleur. Les zones les plus touchées sont les espaces inter-digitaux, les poignets, les aisselles, l’abdomen et les organes génitaux. On observe parfois des sillons scabieux (petites lignes sinueuses dans la peau) caractéristiques. Les symptômes apparaissent 3 à 6 semaines après la contamination lors d’un premier contact, ou 1 à 3 jours en cas de réinfestation.
La gale se transmet-elle sans contact physique direct ?
La gale se transmet principalement par contact cutané prolongé (plus de 15 à 20 minutes). La contamination par les vêtements, la literie ou les sièges est possible mais moins fréquente, car l’acarien survit moins de 72 heures hors de son hôte humain. En revanche, la gale norvégienne (forme croûteuse chez les immunodéprimés) est très contagieuse même par contact indirect.
Combien de temps dure le traitement de la gale ?
Le traitement est généralement court : une dose unique d’ivermectine orale (200 µg/kg) ou une application de perméthrine 5 % à laisser 8 à 12 heures. Une deuxième dose est souvent recommandée 7 à 14 jours plus tard pour éliminer les acariens issus des œufs qui auraient survécu au premier traitement. Le traitement de l’environnement (linge, literie) doit être réalisé le même jour.
Peut-on attraper la gale plusieurs fois dans sa vie ?
Oui. La guérison d’une gale ne confère pas d’immunité durable. On peut être réinfesté dès qu’il y a un nouveau contact avec une personne porteuse. C’est pourquoi le traitement simultané de tous les contacts proches (famille, partenaires sexuels) est indispensable pour éviter les ping-pong thérapeutiques, situation où les personnes se réinfectent mutuellement.
Que faire si les démangeaisons persistent après le traitement de la gale ?
Un prurit résiduel pendant 2 à 4 semaines après un traitement bien conduit est normal : il s’agit du prurit post-scabieux, réaction inflammatoire aux acariens morts et à leurs déjections. Ce n’est pas un échec thérapeutique. Des antihistaminiques ou une crème à la cortisone permettent de soulager les démangeaisons. En cas de persistance au-delà de 4 semaines, consultez un dermatologue pour écarter une résistance ou une réinfestation.
Comment désinfecter le linge et l’environnement en cas de gale ?
Le linge, les vêtements portés dans les 3 jours précédents et la literie doivent être lavés à 60 °C minimum. Les articles ne pouvant pas être lavés (manteaux, peluches, coussins) doivent être mis en sac plastique hermétique pendant 72 heures. Le mobilier, les canapés et les matelas peuvent être traités avec un spray acaricide (A-Par ou équivalent). Le ménage est important mais ne remplace pas le traitement médicamenteux.
Article rédigé par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue à Bordeaux. Dernière mise à jour : [DATE]. Sources : PubMed, recommandations HAS et SPILF.
Mis à jour le 20 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : La gale est une parasitose cutanée due à l’acarien Sarcoptes scabiei. Elle touche environ 300 millions de personnes par an dans le monde et se transmet par contact cutané prolongé. Le traitement repose sur la perméthrine ou l’ivermectine. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
L’ivermectine contenue dans l’ivermectine est un antiparasitaire. Il est utilisé en dermatologie, notamment en traitement par voie orale dans le traitement de la gale . Télécharger un guide complet au format PDF :
L’ivermectine se présente sous la forme de comprimés à 3 mgs
Contre indications de l’ivermectine
Allergie au produit ou à l’un de ses constituants de l’ivermectine
Enfant de moins de 15kgs
Grossesse et allaitement
Conseils d’utilisation de l’ivermectine
L’ivermectine est prise à la dose de 200 µg par kg de poids corporel en prise unique par voie orale, à distance des repas (au moins deux heures avant et apres un repas). La posologie varie donc en fonction du poids :
15 à 24 kgs 1 cp prise unique
25 à 35 kgs 2 cp prise unique
36 à 50 kgs 3 cp prise unique
51 à 65 kgs 4 cp prise unique
66 à 79 kgs 5 cp prise unique
Puis porter des vêtements propres ou traités et dormir dans des
draps propres
Il faut reprendre la meme dose unique 8 à 14j plus tard
En cas de gale profuse et crouteuse, l’association à un traitement local (Ascabiol ®, Spregal ®, Topiscab®) peuvent être proposés.
Soins d’accompagment de l’ivermectine
La prise d’ivermectine est nécessairement associée à des soins de prise en charge de la gale, pour le patient atteint de la gale et son entourage :
Traitement de l’environnement : procéder au nettoyage classique des locaux et à une désinfection par un acaricide tel qu’ Apar, de la literie (matelas, sommier), de la moquette et autres mobiliers adsorbants.
Traitement des vêtements et du linge : rassembler le linge utilisé jusqu’à ce jour (y compris serviettes de toilette, draps, taies…) et le laver en machine à laver à 60 °C ou le désinfecter avec un acaricide tel qu’ Apar
(stockage en sac plastique fermé pendant au moins trois heures) ou par mise en quarantaine de cinq jours dans un sac plastique fermé qui sera gardé à température supérieure à 20 °C.
Ne pas oublier de traiter les objets qui peuvent avoir été en contact avec le corps tels que : brassard de tensiomètre, chaussures, peluches, housse de siège auto…
Passer l’aspirateur énergiquement sur les tapis et les coussins.
Idéalement il faut changer de vêtements, de draps et de serviettes tous les jours et les laver à au moins 60 °C pendant une période de 14 jours
Les poux et la gale sont les deux grandes parasitoses cutanées rencontrées en pratique courante. L’un et l’autre sont dus à une infestation de la peau humaine par des parasites microscopiques — des insectes pour les poux, un acarien pour la gale — qui se transmettent principalement par contact direct avec une personne infestée. Ils provoquent tous les deux des démangeaisons intenses, parfois invalidantes, et posent le même défi thérapeutique : la résistance croissante aux traitements habituels, qui explique la fréquence frustrante des récidives.
En bref : Les morpions (poux du pubis, Pthirus pubis) et les poux de tête (Pediculus humanus capitis) sont des ectoparasites qui provoquent des démangeaisons intenses par contact direct. Environ 100 millions de personnes sont touchées par les poux de tête chaque année dans le monde. Le traitement par perméthrine ou diméticone est efficace en 1 à 2 applications. La gale (Sarcoptes scabiei), autre parasitose fréquente, nécessite un traitement par ivermectine orale. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Leur point commun s’arrête là. Les poux infestent les poils et les cheveux, tandis que la gale creuse des sillons dans le stratum corneum cutané. Leurs modes de transmission, leurs symptômes, leur diagnostic et leurs traitements sont distincts — et leur confusion est l’une des causes les plus fréquentes d’échec thérapeutique.
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Les poux sont des insectes parasites obligatoires de l’être humain, appartenant à l’ordre des Phtiraptera. Ils se nourrissent exclusivement de sang humain et ne peuvent survivre plus de 24 à 48 heures hors de leur hôte. Ils sont désignés sous le nom scientifique de Pediculus humanus (pour les poux de tête et de corps) et de Phthirus pubis (pour les poux du pubis, ou morpions).
Les trois formes de pédiculose
Forme
Agent
Localisation
Population principalement concernée
Pédiculose du cuir chevelu
Pediculus humanus capitis
Cheveux, surtout rétro-auriculaire et nuque
Enfants d’âge scolaire (3–11 ans) ; très fréquente
Pédiculose du corps
Pediculus humanus corporis
Vêtements au contact de la peau (non les cheveux)
Personnes en situation de grande précarité, sans accès à l’hygiène
Pédiculose pubienne (morpions)
Phthirus pubis
Poils pubiens, périnéaux ; parfois cils, sourcils
Adultes ; transmission principalement sexuelle
Signes cliniques
Le symptôme principal est le prurit — des démangeaisons du cuir chevelu ou des zones infestées, parfois intenses, qui peuvent perturber le sommeil chez l’enfant. Le grattage répété peut provoquer des excoriations, des croûtes et, secondairement, des surinfections bactériennes (impétigo, folliculite).
Le diagnostic repose sur la mise en évidence des parasites vivants ou des lentes (œufs fixés sur le cheveu à moins de 1 cm du scalp). La simple présence de lentes vides sans poux vivants indique une infestation passée et ne justifie pas de traitement. L’Académie Américaine de Pédiatrie ne recommande plus la politique « no-nit » (exclusion scolaire jusqu’à disparition de toutes les lentes) car les lentes vides ne sont pas infectieuses.
Lentes vides ou lentes viables : comment distinguer ?
Les lentes viables (œufs non éclos) sont adhérentes au cheveu, opaques et situées à moins de 1 cm du scalp. Les lentes vides (écorces d’œufs après éclosion) sont translucides, souvent éloignées du scalp, et témoignent d’une infestation ancienne. Seule la présence de poux vivants ou de lentes viables justifie un traitement.
Traitement et résistances
Le traitement des poux est parfois difficile car de nombreux Pediculus sont devenus résistants aux traitements antipoux. Il est donc fréquent d’observer des récidives après un traitement contre les poux — ce qui n’est pas toujours une vraie résistance mais peut aussi témoigner d’une réinfestation ou d’un traitement mal conduit.
Le premier traitement pharmacologique est la perméthrine à 1 % (lotion ou shampooing). Des résistances à la perméthrine et au malathion sont documentées et en augmentation. Parmi les alternatives validées :
Traitement
Mécanisme
Remarques
Perméthrine 1 % (lotion/shampooing)
Neurotoxique pour l’insecte (canaux sodium)
Traitement de référence ; résistances croissantes en France
Diméticone (huile de silicone)
Asphyxie physique — pas de résistance possible
Efficacité comparable à la perméthrine ; recommandé en cas de résistance ; non remboursé
Malathion 0,5 %
Organophosphoré — inhibition de l’acétylcholinestérase
Disponible aux États-Unis ; efficacité démontrée en RCT
Ivermectine orale ou topique
Antiparasitaire à large spectre
En cas de résistance ; hors AMM en France pour les poux de tête
Peignage humide (wet combing)
Élimination mécanique des parasites
Seule alternative non chimique efficace ; chronophage mais sans résistance
Le traitement doit être répété à 7–10 jours d’intervalle pour éliminer les poux issus des lentes qui auraient résisté à la première application. Le lavage des vêtements et literie à 60°C est suffisant — aucune décontamination environnementale extensive n’est nécessaire car les poux ne survivent pas longtemps hors de leur hôte.
La gale est due à un acarien microscopique — Sarcoptes scabiei var. hominis — qui creuse des sillons dans les couches superficielles de l’épiderme (stratum corneum) pour y pondre ses œufs. Elle touche toutes les catégories sociales, tous les âges, et constitue un problème de santé publique mondial : on estime à 200 millions le nombre de personnes infectées à tout moment dans le monde, et son incidence est en hausse en Europe depuis les années 2010.
La transmission se fait principalement par contact cutané direct et prolongé — souvent dans un contexte de vie commune (famille, couple, collectivité). Contrairement à une idée reçue, la transmission indirecte (literie, vêtements) est possible mais moins fréquente dans la gale commune.
Signes cliniques
Le symptôme cardinal est un prurit intense, diffus, prédominant la nuit et caractéristiquement aggravé au chaud (lit, bain). Le prurit intrafamilial — plusieurs membres de la famille qui se grattent — est un signe d’appel très évocateur.
Les lésions caractéristiques sont les sillons scabieux : petits trajets sinueux, grisâtres, de 0,5 à 1,5 cm, correspondant au tunnel creusé par la femelle dans l’épiderme. À leur extrémité se trouve l’éminence acarienne — une petite vésicule translucide contenant le parasite. Ces sillons siègent préférentiellement sur :
Les espaces interdigitaux des mains ;
Les poignets, la face antérieure des avant-bras ;
Les aisselles, les plis du coude ;
Le sillon interfessier, la région génitale chez l’homme ;
Les aréoles mammaires chez la femme ;
Le dos et la plante des pieds chez le nourrisson (localisation spécifique à cet âge).
Le visage et le cuir chevelu sont habituellement épargnés chez l’adulte immunocompétent — sauf dans la gale norvégienne.
Prurit post-scabieux : ne pas confondre avec une récidive
Après un traitement bien conduit de la gale, le prurit peut persister 2 à 4 semaines — voire plus — sans que cela signifie un échec thérapeutique. Ce prurit post-scabieux est lié à la réaction inflammatoire cutanée contre les antigènes parasitaires résiduels (cadavres d’acariens, œufs), et non à une persistance de l’infestation active. Il répond aux dermocorticoïdes topiques et aux antihistaminiques. La grande erreur est de retraiter précipitamment sur la base du seul prurit résiduel, exposant à une surmédication et à des effets secondaires injustifiés.
Traitement et résistances
Le traitement de la gale est lui aussi fréquemment suivi de récidives dues à une réinfestation ou à un traitement mal conduit — le traitement de l’entourage et des partenaires étant indispensable. La résistance vraie à la perméthrine est en augmentation et documentée dans la littérature (mutations des canaux sodium voltages-dépendants de l’acarien). Une méta-analyse de 147 études (Br J Dermatol, 2024) rapporte un taux d’échec thérapeutique global de 15 % — qui augmente de 0,27 % par an depuis les années 1980.
Traitement
Modalités
Taux d’échec (méta-analyse 2024)
Perméthrine topique 5 % (crème)
Application corps entier (cou inclus) pendant 8–12 h, à renouveler à J8
10,8 % — résistances en hausse progressive
Ivermectine orale 200 µg/kg
2 prises à J1 et J8 (2 doses = meilleur résultat qu’une seule)
7,1 % à 2 doses vs 15,2 % à 1 dose
Ivermectine topique
Lotion 0,5 % ; application corps entier
9,3 %
Benzoate de benzyle 25 % (lotion)
Application répétée sur 24–48 h
Variable selon les séries ; moins étudié récemment
Association perméthrine + ivermectine orale
Pour les formes résistantes ou la gale norvégienne
Recommandée dans les formes difficiles
Règles impératives pour tout traitement de la gale :
Traiter simultanément tous les contacts proches (personnes partageant le lit, partenaires sexuels, famille vivant sous le même toit) — même s’ils sont asymptomatiques ;
Laver à 60°C (ou mettre en sac fermé pendant 72 heures) les vêtements portés dans les 3 jours précédant le traitement et la literie ;
Ne pas retraiter trop tôt sur la base du seul prurit résiduel (attendre 4 semaines avant d’évaluer l’échec thérapeutique) ;
En milieu institutionnel (EHPAD, collectivité), prévenir l’Agence Régionale de Santé et organiser un traitement collectif coordonné.
Gale norvégienne : la forme sévère à connaître
La gale norvégienne (ou gale croûteuse) est une forme hyperinfestante rare, survenant presque exclusivement chez des personnes immunodéprimées (VIH, greffés, corticothérapie prolongée, grand âge avec déclin immunitaire). Au lieu des 10 à 15 acariens habituels, la peau peut abriter des millions de parasites dans des croûtes hyperkératosiques étendues. Elle est extrêmement contagieuse et responsable de nombreux cas d’épidémies nosocomiales. Son traitement nécessite une association d’ivermectine orale répétée et d’application topique de kératolytiques et d’antiscabieux, en milieu hospitalier contrôlé.
Prévention et mesures environnementales
Mesure
Poux
Gale
Traitement simultané des contacts
Enfants du foyer et contacts scolaires directs
Tous les contacts proches et partenaires sexuels (obligatoire)
Traitement du linge et literie
Lavage à 60°C ou sac fermé 48 h
Lavage à 60°C ou sac fermé 72 h
Décontamination de l’environnement
Non nécessaire (survie courte hors hôte)
Aspiration des tapis, aération ; spray antiparasitaire sur les fauteuils si possible
Éviction scolaire
Non recommandée si traitement en cours
Jusqu’au lendemain du traitement
Signalement
Information de la classe (sans identifier l’enfant)
Peut-on attraper des poux ou la gale sans contact direct avec une personne infestée ?
Pour les poux de tête, la transmission indirecte (par un chapeau, une brosse à cheveux) est possible mais nettement moins fréquente que le contact tête-à-tête direct. Les poux ne sautent pas et ne volent pas. Pour la gale, la transmission indirecte par literie ou vêtements existe mais est moins fréquente que le contact cutané prolongé dans la gale commune — elle est en revanche importante dans la gale norvégienne, où les croûtes contiennent des millions d’acariens.
Pourquoi le traitement des poux ou de la gale échoue-t-il parfois ?
Les causes d’échec sont multiples. Pour les poux : résistances aux pyréthrinoïdes (perméthrine, malathion) de plus en plus fréquentes, traitement non renouvelé à J7–10, réinfestation par un contact non traité. Pour la gale : application incorrecte du traitement topique (zones oubliées, rinçage trop rapide), traitement d’un seul membre du foyer sans traiter les contacts, prurit post-scabieux confondu avec une récidive. En cas de vrai doute sur un échec, consulter un dermatologue pour réévaluation et adaptation thérapeutique.
Le prurit post-scabieux signifie-t-il que la gale n’est pas guérie ?
Non. Un prurit persistant 2 à 4 semaines après un traitement bien conduit de la gale est normal et ne traduit pas une persistance de l’infestation. Il est lié à la réaction inflammatoire cutanée contre les débris parasitaires. On le traite par dermocorticoïdes et antihistaminiques — et non par un nouveau traitement antiscabieux prématuré. Il faut attendre au moins 4 semaines avant de conclure à un échec thérapeutique.
La gale est-elle une maladie de la pauvreté ou du manque d’hygiène ?
Non. La gale touche toutes les classes sociales, tous les niveaux d’hygiène et toutes les catégories d’âge. Elle n’est pas liée à la saleté mais au contact cutané prolongé avec une personne infestée. Elle peut toucher un enfant dans une famille soigneuse, un adulte après une nuit en hôtel, ou une personne âgée en maison de retraite. Il est important de déconstruire cette idée reçue qui génère une honte injustifiée et retarde souvent le diagnostic et le traitement.
Faut-il signaler la gale à l’école ou au médecin ?
La gale n’est pas une maladie à déclaration obligatoire individuelle en France. En revanche, tout foyer institutionnel (école, EHPAD, hôpital, caserne) doit faire l’objet d’un signalement à l’Agence Régionale de Santé pour organiser un traitement collectif coordonné. Pour l’entourage scolaire d’un enfant atteint, une information de la classe (sans identifier l’enfant) est recommandée pour que les parents vérifient leurs enfants — de même que pour les poux.
📋 Page dédiée : Pour tout savoir sur les morpions (poux du pubis) — symptômes, diagnostic, traitement par perméthrine et prévention — consultez notre guide complet sur les morpions.
Questions fréquentes — morpions et poux
Qu’est-ce qu’un morpion et comment le reconnaître ?
Un morpion est le nom courant du pou du pubis (Pthirus pubis), un ectoparasite de 1 à 2 mm qui se fixe sur les poils pubiens, anaux ou axillaires. Il provoque un prurit intense dans la région génitale, surtout la nuit. On peut parfois observer de petites taches bleutées (macules ceruleae) sur la peau aux sites de piqûres.
Comment attrape-t-on des morpions ?
Les morpions se transmettent quasi exclusivement par contact sexuel direct. La transmission via les toilettes ou la literie est exceptionnelle car le pou du pubis survit moins de 24 heures hors de son hôte. Les morpions ne sautent pas. Un bilan IST complet est recommandé lors du diagnostic, car des infections sexuellement transmissibles peuvent coexister.
Quel est le traitement des morpions ?
Le traitement recommandé est une lotion à base de perméthrine 1 % ou de malathion, à appliquer sur toutes les zones pileuses concernées (pubis, anus, aisselles) pendant 8 à 12 heures. Une deuxième application 7 à 10 jours plus tard est conseillée. Le ou les partenaires sexuels doivent être traités simultanément. Les sous-vêtements portés dans les 48 heures doivent être lavés à 60 °C.
Comment différencier les poux de tête des morpions ?
La localisation est le critère principal : les poux de tête vivent sur le cuir chevelu, les morpions infestent la région pubienne. La forme diffère aussi : les poux de tête sont allongés (2 à 3 mm), les morpions sont trapus et ronds (1 à 2 mm). Les deux provoquent des démangeaisons et laissent des lentes collées aux poils ou aux cheveux.
Peut-on avoir des morpions sans rapport sexuel ?
C’est très rare chez l’adulte. La transmission par literie ou vêtements est théoriquement possible mais extrêmement peu fréquente. Chez l’enfant, une infestation des cils ou des sourcils par des morpions doit faire systématiquement rechercher une maltraitance sexuelle et nécessite un signalement si elle est confirmée.
Références scientifiques
Mbuagbaw L, Sadeghirad B, Morgan RL, et al. Failure of scabies treatment: a systematic review and meta-analysis. Br J Dermatol. 2024;190(2):163-173. doi:10.1093/bjd/ljad308. PubMed 37625798
Simonart T, Lam Hoai XL. Effect of ivermectin on scabies: a retrospective evaluation. J Clin Med. 2024;13(18):5511. doi:10.3390/jcm13185511. PMC 12288330
Uzun S, Durdu M, Yürekli A, et al. Clinical practice guidelines for the diagnosis and treatment of scabies. Int J Dermatol. 2024;63(12):1642-1656. doi:10.1111/ijd.17327. PubMed 38997811
Gu HY, Zhong Y, Xiao SX. Escalating threat of drug-resistant human scabies: current insights and future directions. J Clin Med. 2024;13(18):5511. doi:10.3390/jcm13185511. MDPI full text
Nolt D, Moore S, Yan AC, et al. Head lice. Pediatrics. 2022;150(4):e2022059282. doi:10.1542/peds.2022-059282. PubMed 36172867
Leung AKC, Lam JM, Leong KF, Barankin B, Hon KL. Paediatrics: how to manage pediculosis capitis. Drugs Context. 2022;11:2021-11-3. doi:10.7573/dic.2021-11-3. PubMed 35371269
Gunning K, Pippitt K, Kiraly B, Sayler M. Pediculosis and scabies: treatment update. Am Fam Physician. 2012;86(6):535-541. PubMed 23062045
Chosidow O. Scabies and pediculosis. Lancet. 2000;355(9206):819-826. doi:10.1016/S0140-6736(99)09458-1. PubMed 10711939
Mis à jour le 25 avril 2026 par Dr Ludovic Rousseau
L’ivermectine N’EST PAS qu’un MEDICAMENT POUR CHEVAUX / Ivermectine et COVID
Molécule d’ivermectine
Cet article en vidéo:
L’ivermectine est un antiparasitaire. Il est utilisé en dermatologie, notamment en traitement par voie orale dans le traitement de la gale .
L’ivermectine est donc un médicament bien connu des dermatologues, qui se présente sous la forme de comprimés à 3 mgs. Il s’agit en fait d’un antiparasitaire qui peut aussi être prescrit dans d’autres maladies parasitaires.
Contre indications de l’ivermectine
Allergie au produit ou à l’un de ses constituants de l’ivermectine
Enfant de moins de 15kgs
Grossesse et allaitement
Conseils d’utilisation de l’ivermectine
L’ivermectine est prise dans la gale à la dose de 200 µg par kg de poids corporel en prise unique par voie orale, à distance des repas (au moins deux heures avant et apres un repas). La posologie varie donc en fonction du poids :
L’ivermectine est-elle un médicament pour chevaux?
Oui! L’ivermectine en tant qu’antiparasitaire est régulièrement utilisé en médecine vétérinaire à des doses là aussi dépendantes du poids des animaux (plusieurs centaines de kilogrammes pour un cheval), donc bien supérieures à celles des hommes
La confusion sur le statut de médicament UNIQUEMENT VETERINAIRE provient de l’engouement pour l’ivermectine aux USA, où des personnes ont acheté de l’ivermectine pour chevaux et se sont surdosés et intoxiqués car ils ont pris des doses faites pour des animaux de centaines de kgs et non pas pour le poids d’un homme.
Tout produit pris en dose trop importante devient un poison!
Ivermective et COVID
En France, tout a commencé dans un Ehpad de Seine-et-Marne. Une dermatologue remarque que, alors qu’elle a traité une épidémie de gale en prescrivant à tout le personnel et aux résidents de l’ivermectine au début de la pandémie, quelques jours après, un premier cas de Covid-19 puis dix autres cas sont suspectés (sans tests PCR) et «Il n’y a eu ici aucune hospitalisation et aucun décès», selon la dermatologue.
Cette observation a été publiée dans le British Journal of Dermatology en janvier 2021, constatant que si, dans les 45 Ehpad de Seine-et-Marne ayant le même public (âge, effectif…) la mortalité a été de 4,9% parmi 3062 résidents, celle-ci a été de 0 pour 121 dans l’Ehpad observé. On sait selon une étude australienne que l’ivermectine est antivirale à haute dose in vitro (en laboratoire) mais comme le constate l’étude du BJD «Malgré les limites – caractère observationnel et absence de corrélation démontrée in vitro/in vivo —, la plausibilité est suffisante pour réaliser un essai contrôlé randomisé en cluster de prévention par ivermectine…»
Certains pays tels que le Pérou, le Mexique, l’Inde ou la Bolivie l’ont préconisée en prophylaxie (préventif).
Que sait-on? Quelles sont les études?
Deux recueils d’études récentes, datant de mars 2021, ne plaident pas en faveur de l’ivermectine dans la COVID19, et réclament des études de grande ampleur, mieux conduites que les études dont on dispose actuellement. Il s’agit d’une publication des Hopitaux Universitaires de Genève et de l’Agence Européenne du Médicament
Cette dernière signale que « des études en laboratoire ont montré que l’ivermectine pouvait bloquer la réplication du Sars-CoV-2 […], mais à des concentrations d’ivermectine beaucoup plus élevées que celles obtenues avec les doses actuellement autorisées. Les résultats des études cliniques étaient variables, certaines études ne montrant aucun bénéfice et d’autres rapportant un bénéfice potentiel » et que devant la faible valeur des études, « les preuves actuellement disponibles ne sont pas suffisantes pour soutenir l’utilisation de l’ivermectine dans Covid-19 en dehors des essais cliniques » et que de nouvelles études de meilleure valeur sont donc « nécessaires pour tirer des conclusions sur l’efficacité et l’innocuité du produit dans la prévention et le traitement du Covid-19 ».
Une méta analyse publiée en Juillet 2021 combine les données de 24 essais randomisés sur l’ivermectine – soit un total de 3328 patients – parmi lesquels 11 essais portant sur environ 2000 patients au total disposaient de données sur les décès. Leur combinaison a donné un taux de mortalité de 3 % dans le bras ivermectine et de 8,7 % dans le bras comparateur, un résultat statistiquement significatif. Cependant cette méta analyse collige parmi les études des préprints et des études non publiées, ce qui entache sa crédibilité.
Qui plus est, les deux études dans lesquelles la baisse de mortalité est le plus impactée par l’ivermectine sont deux études non relues par des pairs, issues d’Iran et d’Egypte. Sans ces études, la conclusion de la méta analyse serait moins significative.
Le 16 aout 2021, Andrew Hill, 1er auteur de l’étude déclare qu’une des études est suspectée de fraude médicale et que les résultats sans cette étude ne sont pas statistiquement significatifs en faveur de l’efficacité de l’Ivermectine dans la Covid19
Our meta-analysis of survival for ivermectin had to be retracted after one of the main studies was suspected of medical fraud. With the revised version, there is no statistically significant survival benefit for ivermectin. So the original version should not be quoted
Coté français, l’institut Pasteur a publié le 12 juillet 2021 un document de presse relatant une de leur publication dans laquelle l’ivermectine « appartient à une nouvelle catégorie d’agent anti-Covid-19 dans un modèle animal. Ces travaux ouvrent la voie à des axes de développement pour de meilleurs traitements contre la Covid-19 chez l’Homme » et « l’ivermectine pourrait alors être considérée comme un agent thérapeutique encourageant contre la Covid-19, sans impact sur la réplication du SARS-CoV-2 mais soulageant l’inflammation et les symptômes qui en découlent »
Mais ceci ne concerne que les animaux…
En conclusion, on manque encore d’études montrant l’efficacité de l’ivermectine dans la COVID19
Prioderm ® contient du Malathion. Le Malathion contenu dans Prioderm ® est un insecticide antipoux. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement des poux . Prioderm se présente sous la forme d’une lotion à appliquer sur le cuir chevelu
Le Prioderm ® n’est plus commercialisé en France depuis le 6 décembre 2018
Inscription du malathion, insecticide anti #poux, sous toutes ses formes (En France, Prioderm ®), sur la liste I des substances vénéneuses. Du coup, arrêt de sa commercialisation par le laboratoirehttps://t.co/HJIMybJKeW
Quelles sont les contre indications de Prioderm ®?
Allergie au produit ou à l’un de ses constituants de Prioderm ®
chez l’enfant de moins de 2 ans, en raison du risque de passage cutané plus élevé chez l’enfant par rapport à l’adulte dont la peau est plus épaisse ;
en cas d’allaitement ;
en cas d’antécédents de convulsions.
pendant la grossesse, et chez la femme en âge de procréer n’utilisant pas de moyen de contraception ;
Conseils d’utilisation de Prioderm ®
Il faut respecter strictement les doses et les précautions d’emploi chez l’enfant de plus de 2 ans ;
Risque d’irritation, de brûlures voire d’inflammation : manipuler Prioderm ® avec précaution, dans un endroit aéré et éloigné de toute source de chaleur.
L’application de Prioderm se fait sur le cuir chevelu et les cheveux secs en protégant les yeux et le visage avec une serviette, à distance de toute flamme ou objet incandescent
Il faut laisser sécher les cheveux naturellement à l’air sans sèche-cheveux.
Le produit doit rester en contact 8 heures avec le cuir chevelu (sauf chez l’enfant de moins de deux ans chez lequel il faut réduire le temps), puis les cheveux sont lavés et peignés avec un peigne à lentes
Il est recommandé de renouveler l’opération une semaine après
En bref : La gale (scabiose, parfois écrit galle) est une ectoparasitose causée par Sarcoptes scabiei hominis. Elle provoque un prurit intense, typiquement nocturne, avec un aspect cutané caractéristique : les sillons scabieux (galeries creusées dans l’épiderme par la femelle de l’acarien), les vésicules perlées à l’extrémité des sillons, et des papules excoriées. Avec 200 à 300 millions de cas estimés par an dans le monde (dont 3 à 5 millions en France), la gale représente un problème de santé publique majeur. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Boutons et sillons de la gale : reconnaître chaque lésion pour un diagnostic fiable
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La gale est une dermatose parasitaire dont les lésions cutanées sont souvent mal interprétées, y compris par des professionnels de santé. Pourtant, chaque type de lésion — sillon, vésicule, nodule scabieux, lésion de grattage — raconte une étape précise de la biologie du sarcopte et a une valeur diagnostique propre. Cette page se concentre exclusivement sur la sémiologie des lésions de la gale : comment les reconnaître, où les chercher, comment les distinguer d’autres affections et pourquoi certains tableaux trompent le médecin lui-même. Pour le traitement, consultez notre article dédié : soigner et guérir la gale.
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La gale est une infestation cutanée par l’acarien Sarcoptes scabiei var. hominis. Comprendre le cycle biologique du sarcopte permet de comprendre pourquoi chaque lésion apparaît là où elle se trouve et prend l’aspect qu’elle a. La femelle sarcopte, après fécondation à la surface de la peau, creuse un sillon dans la couche cornée de l’épiderme (la zone la plus superficielle de la peau) à la vitesse d’environ 2 mm par jour, y pond 2 à 3 œufs par jour, puis meurt en 4 à 6 semaines. Les larves éclosent, migrent vers la surface et se transforment en adultes en 10 à 14 jours.
Les lésions cutanées de la gale résultent de deux mécanismes distincts :
L’action mécanique directe du sarcopte qui creuse le sillon et y pond ses œufs ;
La réaction immunologique de l’hôte contre les antigènes du parasite (salive, déjections, fragments de cuticule) — responsable du prurit intense, des nodules scabieux et des lésions eczémateuses.
Cette dualité explique un fait clinique souvent mal compris : les nodules scabieux peuvent persister des semaines à des mois après la guérison parasitologique, car ils sont une réponse immunitaire à des antigènes résiduels et non à des sarcoptes vivants.
Où chercher les lésions ? La topographie de la gale
Les lésions de la gale prédominent dans les zones chaudes, humides et à peau fine, où le sarcopte creuse plus facilement. La topographie est caractéristique et doit être systématiquement connue pour ne pas manquer le diagnostic.
Répartition des boutons de la gale
Zone corporelle
Type de lésion préférentielle
Remarques
Espaces interdigitaux des mains
Sillons, vésicules
Zone à chercher en priorité — très évocatrice
Poignets (face antérieure)
Sillons, papules
Siège classique des sillons visibles
Organes génitaux masculins (verge, scrotum)
Nodules scabieux, papules
Nodule pénien = quasi pathognomonique de gale
Seins / aréoles (femme)
Nodules, papules
Localisation fréquente et insuffisamment cherchée
Abdomen, bas-ventre, ombilic
Papules de grattage, lésions eczématisées
Souvent pris pour un eczéma ou une urticaire
Plis axillaires, inguinaux, interfessiers
Nodules, sillons, lésions secondaires
Macération facilitant la prolifération
Faces internes des bras et cuisses
Papules de grattage
Lésions moins spécifiques
Dos, visage, cuir chevelu
Épargnés chez l’adulte immunocompétent
Atteints dans la gale du nourrisson et de l’immunodéprimé
Le sillon scabieux — la lésion pathognomonique
Le sillon scabieux est la lésion la plus spécifique de la gale. C’est une traînée légèrement surélevée, sinueuse, de couleur beige-grisâtre, mesurant quelques millimètres à 1 centimètre de long. Il correspond au tunnel creusé par la femelle sarcopte dans la couche cornée. À son extrémité distale — le « bout du sillon » — on peut parfois apercevoir à l’œil nu une minuscule élévure translucide nacrée correspondant à l’acarien lui-même, que les anglophones nomment joliment vesicule en bouton de manchette.
Les sillons siègent de façon élective :
Dans les espaces interdigitaux des mains — leur localisation la plus caractéristique ;
Sur la face antérieure des poignets ;
Sur le pénis, notamment le fourreau ;
Parfois sur les pieds chez l’enfant.
En pratique clinique, le sillon peut être difficile à visualiser à l’œil nu, notamment chez les personnes qui se lavent fréquemment. Le médecin peut s’aider de deux techniques simples :
📌 Le signe de l’encre (test de Müller)
On badigeonne la zone suspectée avec de l’encre de stylo ou du bleu de méthylène dilué, puis on essuie la surface. L’encre reste emprisonnée dans le sillon, le révélant par contraste. C’est une technique d’appoint utile dans les formes pauci-lésionnelles et chez les patients à peau foncée.
Sillon de la gale vu de près, avec le sarcopte au bout (en haut à droite)Sillon de la gale vu de plus loinLe médecin peut s’aider d’encre pour mettre en évidence les sillonsSillons de grande taille entre les doigts
Les vésicules perlées des doigts
Les vésicules de la gale sont de petites élevures translucides, de 1 à 3 mm, à contenu clair, siégeant préférentiellement sur les faces latérales et le dos des doigts, ainsi qu’en bordure de la paume. Elles correspondent à la réaction inflammatoire de l’épiderme autour des œufs ou larves du sarcopte. Leur aspect « perlé », translucide, les distingue des pustules (contenu purulent) et des vésicules de l’eczéma dyshidrosique, bien que la confusion soit fréquente.
Ces vésicules sont très prurigineuses. Elles se rompent spontanément en quelques jours, laissant de petites érosions recouvertes de croûtelles. Leur présence sur les doigts chez un patient qui se gratte intensément la nuit doit immédiatement orienter vers la gale.
Vésicules sur les doigts en cas de galeCloque d’eau (vésicule) du doigt évocatrice de gale
Les nodules scabieux — une lésion souvent mal comprise
Les nodules scabieux sont des élévures fermes, rouge-rosées à cuivrées, de 5 à 10 mm de diamètre, très prurigineuses, siégeant de façon élective sur les parties génitales masculines (verge, scrotum), les seins et l’aréole, les plis inguinaux et axillaires. Un nodule sur la verge ou le gland est quasi pathognomonique de gale chez l’homme adulte immunocompétent — il faut y penser systématiquement.
Ces nodules résultent d’une réaction d’hypersensibilité retardée aux antigènes du sarcopte (fragments de cuticule, salive, fèces). Leur nature immunologique explique un fait clinique capital : les nodules scabieux peuvent persister plusieurs semaines à plusieurs mois après un traitement antiparasitaire efficace, alors que le parasite est éradiqué. Cette persistance est souvent interprétée à tort comme un échec thérapeutique ou une recontamination, conduisant à des traitements répétés injustifiés. La disparition progressive des nodules sous dermocorticoïdes locaux, sans récidive du prurit nocturne et sans nouveaux sillons, confirme la guérison.
Nodules scabieuxNodules scabieux profusUn bouton sur le gland peut être un nodule scabieux
⚠ Nodules persistants après traitement : ne pas refaire le traitement à l’aveugle
Des nodules scabieux persistant après un traitement bien conduit ne signifient pas que la gale est revenue. Il faut vérifier l’absence de nouveaux sillons, l’absence de prurit nocturne actif, et s’assurer que l’entourage a bien été traité. Le traitement des nodules résiduels repose sur les dermocorticoïdes appliqués localement, sous contrôle médical.
Lésions de grattage et placards eczémateux
En dehors des lésions spécifiques que sont les sillons, vésicules et nodules, la gale provoque une réaction cutanée diffuse liée au grattage intensif et à la sensibilisation immunologique. On observe alors :
Des excoriations (érosions linéaires par grattage) sur le ventre, le bas-ventre, les cuisses et la face interne des bras ;
Des placards eczémateux ou papulo-vésiculeux diffus, parfois suintants, pouvant ressembler à un eczéma ou une urticaire ;
Des croûtes liées à la surinfection des lésions de grattage ;
Une dermographisme ou une peau globalement réactive, érythémateuse.
Ces lésions de grattage prédominent sur le ventre, le pubis, les cuisses et les bras, et épargnent généralement le dos et le visage chez l’adulte immunocompétent — un signe topographique très évocateur.
Atteinte du ventre et du pubis par la gale
La dermatoscopie dans la gale : voir le sarcopte en temps réel
La dermatoscopie est devenue un outil précieux dans le diagnostic de la gale, notamment dans les formes pauci-lésionnelles ou atypiques. Elle permet de visualiser directement :
Le triangle ou « delta wing jet » : structure triangulaire brunâtre correspondant à la tête et aux deux premières paires de pattes du sarcopte, visible à l’extrémité du sillon ;
Le sillon lui-même, représenté par une traînée opaque brunâtre ou blanchâtre sinueuse ;
Les œufs (ovales, jaunâtres) et les déjections (points brunâtres) pouvant être vus à l’intérieur du sillon.
L’image dermatoscopique caractéristique d’un sarcopte — la « signature en avion de chasse » (jet with contrail) — est un signe pathognomonique qui, lorsqu’il est retrouvé, permet d’affirmer le diagnostic sans examen complémentaire. Cette technique est particulièrement utile pour les formes à lésions rares, où le grattage a effacé les sillons visibles à l’œil nu.
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La gale au début : quand les lésions sont absentes ou très discrètes
Une difficulté clinique majeure est la gale au début de son évolution. Les lésions cutanées sont absentes ou très discrètes pendant la période d’incubation, qui dure en moyenne 3 à 6 semaines lors d’un premier contact avec le parasite. Pendant cette période, le patient se gratte, souvent la nuit, mais l’examen cutané peut être quasi normal. Le prurit sans lésion visible, surtout nocturne, surtout si l’entourage présente les mêmes symptômes, doit alerter.
Lors d’une recontamination chez une personne déjà immunisée, la période d’incubation est beaucoup plus courte (24 à 48 heures), avec un prurit d’emblée intense. Ces personnes consultent plus tôt, mais paradoxalement, le nombre de sarcoptes est alors plus faible et les lésions encore plus discrètes.
⚠ Gale des gens propres
Chez les personnes qui se lavent fréquemment (plusieurs douches par jour), les sillons et vésicules peuvent être effacés mécaniquement. Il n’y a alors pratiquement que des lésions de grattage et quelques nodules. C’est la « gale des gens propres », ou gale pauci-lésionnelle, souvent diagnostiquée tardivement car elle ne ressemble pas à l’image classique de la gale. C’est le tableau le plus souvent mal diagnostiqué, avec traitement retardé de plusieurs semaines à mois.
Diagnostic différentiel : ne pas confondre avec l’eczéma, le prurigo ou la folliculite
La gale est surnommée « la grande simulatrice » en dermatologie, car ses lésions de grattage et ses placards eczémateux peuvent mimer de nombreuses autres dermatoses. Voici les confusions les plus fréquentes :
Sillons, topographie génitale, prurit nocturne en collectivité
La clé diagnostique reste toujours la même : chercher un sillon interdigital, examiner les organes génitaux, questionner sur le prurit nocturne et sur l’entourage. La présence d’un nodule pénien chez un homme adulte non immunodéprimé doit être considérée comme une gale jusqu’à preuve du contraire.
Formes particulières : gale de l’enfant, du sujet âgé, de l’immunodéprimé
Gale du nourrisson et de l’enfant
Chez le nourrisson et le jeune enfant, la topographie diffère de celle de l’adulte : le visage, le cuir chevelu, les paumes et les plantes peuvent être atteints. Les lésions sont souvent vésiculeuses ou bulleuses, parfois pustuleuses. La paume et la plante parsemées de vésicules chez un nourrisson irritable, insomniaque, dont la mère se gratte, sont très évocatrices. Pour la prise en charge spécifique, voir notre article sur la gale de l’enfant et du bébé.
Gale du sujet âgé
Chez la personne âgée, le prurit est souvent intense mais les lésions spécifiques (sillons) peuvent être rares ou masquées par une xérose cutanée. Les nodules scabieux sont fréquents. Le risque d’évoluer vers une gale profuse ou croûteuse est plus élevé, surtout en institution, en raison d’une immunosénescence. La gale du sujet âgé est souvent responsable d’épidémies en EHPAD, difficiles à contrôler.
Gale croûteuse (norvégienne) de l’immunodéprimé
La gale croûteuse, anciennement dite norvégienne, survient chez les sujets immunodéprimés (VIH, transplantation, corticothérapie prolongée). Le tableau est radicalement différent : des croûtes épaisses, kératosiques, généralisées, contenant des millions de sarcoptes (contre quelques dizaines dans la gale commune). Le prurit peut paradoxalement être absent ou modéré. Cette forme est extrêmement contagieuse et nécessite une prise en charge hospitalière.
Gale croûteuse (norvégienne) chez un immunodéprimé ou une personne âgée — très contagieuse, hospitalisation possible
Prurit intense réfractaire 4 semaines après traitement bien conduit (rechute ou recontamination)
Surinfection bactérienne extensive (impétigo) sur les lésions de gale
FAQ — Questions fréquentes sur les boutons et sillons de la gale
Les sillons de la gale sont-ils toujours visibles à l’œil nu ?
Non. Dans la gale des gens propres ou en début d’évolution, les sillons peuvent être effacés par le lavage ou inexistants. Le dermatologue peut s’aider du signe de l’encre (badigeonnage puis essuyage) ou de la dermatoscopie pour les visualiser. L’absence de sillon visible n’écarte pas le diagnostic si les autres critères (prurit nocturne, topographie, entourage atteint) sont présents.
Des boutons sur le pénis signifient-ils forcément la gale ?
Pas « forcément », mais un nodule ferme, rouge-cuivré, prurigineux sur le pénis ou le scrotum chez un homme adulte est quasi pathognomonique de gale jusqu’à preuve du contraire. D’autres diagnostics (condylome, molluscum, syphilis) doivent être évoqués, mais la gale doit être éliminée en priorité, surtout si l’entourage se gratte.
J’ai été traité pour la gale mais j’ai encore des boutons : est-ce une rechute ?
Pas nécessairement. Les nodules scabieux peuvent persister 2 à 3 mois après un traitement efficace car ils sont d’origine immunitaire (réaction aux antigènes résiduels du sarcopte). Si le prurit nocturne a disparu et qu’il n’y a pas de nouveaux sillons, la guérison est probable. Consultez un dermatologue avant de refaire un traitement antiparasitaire.
Comment différencier les vésicules de la gale d’une dyshidrose ?
Les deux peuvent être très semblables. L’orientation vers la gale repose sur : l’apparition chez un adulte sans antécédent d’eczéma, la présence de sillons interdigitaux, le prurit nocturne intense, et surtout l’atteinte de l’entourage. La dyshidrose est bilatérale, symétrique, récidivante et souvent associée à une atopie connue.
Un enfant peut-il avoir la gale sur le visage ?
Oui. Contrairement à l’adulte immunocompétent chez qui le visage est épargné, le nourrisson et le jeune enfant peuvent présenter des lésions sur le visage, le cuir chevelu, les paumes et les plantes. Cette topographie étendue est un piège diagnostique fréquent, confondant la gale infantile avec un eczéma atopique ou une impétiginisation.
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Questions fréquentes
Comment reconnaître un sillon scabieux de la gale ?
Le sillon scabieux est une galerie sinueuse de 5 à 15 mm de long, grisâtre ou couleur chair, légèrement surélevée, avec une petite vésicule perlée à son extrémité (contenant l’acarien femelle). Il se localise dans les zones de peau fine : espaces interdigitaux, face interne des poignets, coude, ombilic, pénis et scrotum chez l’homme, aréoles chez la femme. La dermoscopie montre un « signe du delta-wing » (acarien avec ses 8 pattes à l’extrémité). Les sillons sont pathognomoniques de la gale.
Le prurit de la gale est-il vraiment plus intense la nuit ?
Oui, c’est une caractéristique cardinale. La femelle de Sarcoptes est plus active la nuit (elle creuse ses galeries préférentiellement de nuit) et la chaleur du lit augmente la température cutanée, activant les récepteurs nerveux du prurit. De plus, le cortisol (anti-inflammatoire naturel) atteint son niveau le plus bas la nuit, levant le frein sur l’inflammation prurigineuse. Le prurit nocturne de la gale est souvent si intense qu’il réveille le patient (contrairement à d’autres prurits).
Tous les membres de la famille doivent-ils être traités en même temps ?
Oui, sans exception. Le traitement doit être simultané pour toute la maisonnée le même jour, qu’ils aient des symptômes ou non (incubation 3 à 6 semaines sans symptôme). Si un seul membre est traité, les autres le recontaminent immédiatement. En pratique : appliquer la perméthrine 5 % crème ou l’ivermectine orale (200 µg/kg) le même soir pour tous, laver le linge et la literie à 60 °C ou mettre en sac hermétique 72 h. Traiter aussi les partenaires sexuels récents.
La gale peut-elle être contractée sans contact direct avec une personne infestée ?
Dans la gale classique : non. Sarcoptes scabiei survit 48 à 72 heures hors de l’hôte humain — le contact cutané prolongé (> 10 minutes) est nécessaire pour la contamination. En revanche, la gale norvégienne (croûteuse) est très contagieuse même par contact indirect (literie, vêtements, siège) car elle produit des millions d’acariens versus 10 à 15 dans la gale commune. La gale se contracte le plus souvent au sein du foyer familial, lors de contacts sexuels ou en institution.
Le traitement à la perméthrine est-il efficace en une seule application ?
La perméthrine 5 % (Topiscab, Nix) appliquée sur tout le corps (sauf muqueuses) pendant 8 à 12 heures puis rincée est efficace dans 85 à 90 % des cas. Une deuxième application à J7 est recommandée pour éliminer les œufs non tués par la première application. L’ivermectine orale (Stromectol 200 µg/kg) est une alternative efficace, avec également 2 prises à J1 et J14. La démangeaison peut persister 2 à 4 semaines après traitement réussi (réaction allergique aux acariens morts) — ne pas retraiter d’emblée.
Comment distinguer la gale de la dermite atopique ?
Deux distinctions clés : (1) La gale épargne presque toujours le visage chez l’adulte (caractéristique) alors que l’eczéma atopique adulte peut toucher le cou et le visage. (2) La gale se transmet à l’entourage (prurit chez le conjoint ou la famille) contrairement à l’eczéma. La présence de sillons scabieux interdigitaux, de papules du pénis (chez l’homme), et du prurit nocturne prédominant signent la gale. La dermoscopie du sillon (10x) confirme le diagnostic en cabinet en quelques secondes.
Combien de temps dure la gale sans traitement ?
Sans traitement, la gale ne guérit pas spontanément et peut durer des années. Le nombre d’acariens s’autorégule (10 à 15 chez un sujet immunocompétent), mais le prurit et le risque de transmission persistent indéfiniment. Chez les personnes âgées en institution ou les immunodéprimés, la gale peut évoluer vers la forme croûteuse (gale norvégienne) avec des millions d’acariens, très difficile à traiter. Plus le traitement est retardé, plus le risque de complications (infection, forme croûteuse) augmente.
Références scientifiques (PubMed)
Sunderkötter C, Aebischer A, Göbel K, et al. Increase of scabies in Germany and development of regional clusters of drug-resistant Sarcoptes scabiei. J Dtsch Dermatol Ges. 2019. PMID 31119820
Micali G, Lacarrubba F, Verzì AE, et al. Scabies: Advances in Noninvasive Diagnosis. PLoS Negl Trop Dis. 2016. PMID 27149082
Nair PA, Vora RV, Kota R, et al. Dermoscopy of Scabies. Indian J Dermatol. 2016. PMID 26955119
Chosidow O. Clinical practices. Scabies. N Engl J Med. 2006. PMID 16710746
Salavastru CM, Chosidow O, Boffa MJ, et al. European guideline for the management of scabies. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2017. PMID 28639722
Mis à jour le 26 mars 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue
Maladies dans le sable et à la plage : parasites, bactéries, champignons et virus
La peau est une barrière qui nous protège vis-à-vis de nombreux micro-organismes de l’environnement. Ces micro-organismes peuvent y pénétrer lors du contact avec le sable et l’eau, qu’il y ait plaie (blessures, morsures, piqûres d’insectes) ou non — notamment des parasites capables de franchir la peau saine (schistosomoses, ankylostomiase et anguillulose). Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, entre 10 000 et 100 000 micro-organismes vivent sur chaque grain de sable — la grande majorité est non pathogène, mais certains peuvent provoquer des maladies. Mieux vaut donc être prudent, notamment en milieu tropical, vis-à-vis du sable et de l’eau stagnante.
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Une étude estime qu’entre 10 000 et 100 000 micro-organismes vivent sur chaque grain de sable. La grande majorité est non pathogène — inoffensive — mais certains peuvent provoquer des maladies. De même, l’eau stagnante (lac, retenue d’eau de mer…) est propice au développement de micro-organismes.
E. coli, Staphylocoque doré, Salmonella, Campylobacter
Via plaie ou ingestion
Toutes plages
Champignons
Dermatophytes (mycoses pied, ongle)
Via peau macérée ou blessée
Toutes plages, piscines
Virus
Papillomavirus (verrues), entérovirus
Via micro-lésions
Plages fréquentées, piscines
1/ Parasites
Les parasites sont les plus redoutables car ils sont capables de traverser la peau non lésée.
1.1/ Larva migrans — attention aux plages avec des chiens
Chien sur la plage, danger de larva migrans
1.1.1/ Larva migrans viscérale ou toxocarose
La toxocarose ou larva migrans viscérale est une zoonose helminthique due au parasitisme de l’homme par la larve d’un ascaride appartenant au genre Toxocara. Les chiens et les chats sont les hôtes définitifs de T. canis et de T. cati — les hommes sont des hôtes accidentels qui se contaminent en ingérant des œufs embryonnés avec de la terre, de l’eau ou des aliments contaminés par des déjections animales.
Sur les plages où les chiens sont autorisés, on peut donc retrouver le parasite Toxocara canis. Lorsque ses œufs sont ingérés par accident, ils peuvent provoquer la toxocarose — l’infection par un ver parasite la plus répandue. Ce ver, pouvant atteindre 18 cm de long, est souvent asymptomatique, se révélant par une éosinophilie. Une dissémination provoque le syndrome de larva migrans viscérale (troubles respiratoires, fièvre, grossissement du foie et de la rate) et parfois une atteinte oculaire (larva migrans oculaire).
Le diagnostic repose sur la présence du syndrome, d’une éosinophilie et d’une sérologie positive. Traitement : albendazole ± corticostéroïdes en cas d’atteinte sévère.
1.1.2/ Impasse parasitaire — Larva migrans cutanée ou ver à chien
La larva migrans cutanée est liée à la pénétration dans la peau d’une larve en impasse parasitaire chez l’homme. Elle provoque des lésions des pieds et/ou des fesses qui démangent.
Les schistosomoses ou bilharzioses sont répandues en milieu tropical et intertropical, y représentant la maladie la plus fréquente après le paludisme. Elles concernent 200 millions de personnes dans le monde et sont responsables d’1 million de décès par an.
Les bilharzioses sont dues au développement de vers plats (les schistosomes) qui colonisent différents mollusques en eau douce, dont les larves pénètrent à travers la peau de l’homme à l’occasion de bains en eau douce stagnante. Ces larves se transforment en vers adultes vivant dans le foie, la vessie, le rectum, les poumons. Les hommes contaminent l’eau en y urinant et déféquant, les vers plats contaminent les mollusques — la boucle est bouclée.
Cinq espèces parasitent l’homme : S. haematobium (bilharziose uro-génitale), S. mansoni et S. intercalatum (bilharzioses intestinale et rectale), S. japonicum et S. mekongi (bilharzioses artérioveineuses).
Zones géographiques : Afrique (S. haematobium, S. mansoni, S. intercalatum), Amérique du Sud et Caraïbes (S. mansoni), Moyen-Orient (S. haematobium, S. mansoni), Extrême-Orient (S. japonicum, S. mekongi).
Phase
Délai
Signes cutanés
Autres signes
Contamination au moment de la baignade
1–5 min de baignade
Dermatite cercarienne — urticaire sur la zone de pénétration. Souvent asymptomatique
Granulomes bilharziens : papules fermes péri-ombilicales/lombaires — prurigo en éclaboussure. Lésions génitales (grandes lèvres) parfois confondues avec condylomes ou syphilis
Atteinte vésicale, digestive, hépatique, pulmonaire. Œufs dans les urines et selles
Traitement : praziquantel (Biltricide®)
1.2.2/ Impasse parasitaire — Bilharziose animale : dermite des nageurs
La « dermatite des nageurs » (swimmer’s itch) est due à des schistosomes d’animaux en impasse parasitaire chez l’homme : canards, moutons, bovins, rongeurs. Elle a été décrite sur tous les continents, notamment dans les régions de lacs, d’eau de mer stagnante et les pays de rizicultures.
Elle donne de gros boutons à type de prurigo sur la zone immergée. Après une dizaine d’heures apparaît une éruption urticarienne prédominant aux zones découvertes. S’agissant d’une impasse parasitaire, l’éruption guérit spontanément en une dizaine de jours.
1.3/ Ankylostomiase
L’ankylostomiase est due à deux genres de nématodes : Ancylostoma duodenale et Necator americanus. Cette helminthose intestinale est endémique dans tous les pays intertropicaux et touche environ un milliard d’individus dans le monde. La contamination se fait en marchant pieds nus dans le sable ou la boue des zones humides contaminée par des matières fécales.
Phase
Signes cutanés
Autres signes
Pénétration cutanée des larves
Boutons et prurigo au site de pénétration — pieds (espaces interdigito-plantaires, orteils, plante). Anciennement : « gourme des mineurs »
La strongyloïdose est due au développement dans le duodénum de Strongyloides stercoralis. Elle concerne 50 millions de personnes, surtout en milieu tropical, et peut être grave chez les immunodéprimés. Contamination par contact avec du sable et des sols boueux infestés.
Phase
Signes cutanés
Autres signes
Pénétration cutanée
Boutons aux zones de pénétration (pieds habituellement)
Urticaire (2/3 des cas) ou larva currens : cordons rouges mobiles de quelques mm, périnée/abdomen/cuisses, se déplaçant de plusieurs cm par heure — dus à la migration sous-cutanée des larves
Douleurs digestives ± diarrhée. Œufs dans les selles
Traitement :ivermectine (Stromectol®) ou albendazole (Zentel®). Prévention : port de chaussures.
1.5/ Puce chique ou tungiase
La puce chique est la puce femelle Tunga penetrans après qu’elle s’est enfoncée dans la peau. Elle se reconnaît à une petite papule blanchâtre de 3 à 8 mm, avec un point noir central (orifice par lequel elle respire et expulse ses œufs), entourée d’un halo rouge. Elle siège presque toujours sous les orteils : voir l’article sur la chique
2/ Bactéries
Le sable contient de très nombreuses bactéries dont certaines sont pathogènes, notamment pour la peau ou le tube digestif. On peut citer parmi celles-ci Escherichia coli et Enterococcus, mais aussi des Salmonella et des Campylobacter, responsables d’intoxications alimentaires notamment en cas d’ingestion de sable ou lorsqu’on s’enterre dans le sable.
Le Staphylocoque doré peut aussi se transmettre dans le sable, que ce soit sur la peau (infections cutanées) ou en l’ingérant, provoquant des diarrhées et vomissements.
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Des entérovirus sont retrouvés dans le sable des plages et lieux de baignades très fréquentés. Ils peuvent provoquer des symptômes de méningite, des troubles respiratoires ou cardiaques, la maladie pieds-mains-bouche ou encore des conjonctivites.
5/ Comment éviter les maladies du sable et de l’eau stagnante
Il convient d’être prudent à la plage ou au bord des zones d’eaux stagnantes (lacs, mer stagnante…), notamment en zone tropicale et/ou si des chiens y circulent.
Règle de prévention
Risque évité
Éviter les baignades en eau douce stagnante en milieu tropical — préférer la mer agitée
Bilharzioses, ankylostomiase, anguillulose, dermite des nageurs
Ne pas avaler de sable — surveiller les jeunes enfants
Toxocarose, E. coli, Salmonella, entérovirus
Ne pas marcher pieds nus sur les plages tropicales et dans les milieux boueux
Ne pas s’allonger directement sur le sable — serviette épaisse obligatoire. Les larves de vers à chien passent à travers le maillot et une serviette fine. Privilégier la zone de marnage car l’eau de mer les tue
Peut-on attraper des parasites en marchant pieds nus sur la plage ?
Oui — en milieu tropical principalement. La larva migrans cutanée (ver à chien) et l’ankylostomiase se transmettent par pénétration directe des larves à travers la peau intacte des pieds et des fesses. En Europe, le risque est très faible mais non nul sur les plages fréquentées par des chiens. Règle d’or : ne jamais marcher pieds nus dans le sable en zone tropicale, et s’allonger sur une serviette épaisse.
Comment reconnaître une larva migrans cutanée ?
Le signe caractéristique est un trajet sinueux rouge, surélevé, prurigineux, qui progresse de quelques millimètres par jour sous la peau — généralement aux pieds ou aux fesses dans les jours suivant un séjour tropical. Le diagnostic est clinique. Traitement efficace : ivermectine ou albendazole.
La dermite des nageurs est-elle dangereuse ?
Non — il s’agit d’une impasse parasitaire bénigne qui guérit spontanément en une dizaine de jours. Elle provoque de gros boutons urticariens prurigineux sur les zones immergées, quelques heures après un bain en lac ou mer stagnante. Elle est différente de la bilharziose humaine, qui est grave et nécessite un traitement antiparasitaire spécifique (praziquantel).
Peut-on attraper des verrues à la plage ?
Oui — le papillomavirus responsable des verrues plantaires se transmet dans les mêmes conditions qu’à la piscine : sol humide, micro-lésions cutanées, contact direct. Les enfants sont particulièrement exposés. Prévention : tongs sur les zones de douche et passages communs.
Faut-il consulter à son retour de voyage tropical ?
Oui, si vous avez nagé en eau douce stagnante, marché pieds nus, ou si vous présentez des démangeaisons cutanées inexpliquées, de la fièvre ou une éosinophilie dans les semaines suivant le retour. Certaines parasitoses (bilharzioses, anguillulose) ne se manifestent cliniquement que 2 à 10 semaines après la contamination.
Problèmes de peau au retour de voyage : que faire face à une éruption cutanée ?
Une éruption cutanée, des démangeaisons, de la fièvre ou des boutons apparus pendant ou après un voyage en zone tropicale méritent une évaluation dermatologique rapide. Certaines affections — arbovirus, gale du voyageur, mycoses tropicales — sont bénignes mais contagieuses. D’autres — paludisme, dengue hémorragique, oropouche — peuvent engager le pronostic vital. Ce guide permet d’orienter le diagnostic selon les signes cutanés observés et la destination visitée.
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Coup de soleil, photosensibilisation médicamenteuse (doxycycline++)
🟢 Soins locaux ± consultation si bulles
Arbovirus : dengue, zika, oropouche, chikungunya
Les arbovirus (virus transmis par des arthropodes — principalement des moustiques du genre Aedes) sont en expansion mondiale accélérée depuis 2015. En 2024, la dengue a atteint des niveaux records avec plus de 13 millions de cas déclarés dans le monde. L’oropouche, longtemps confiné en Amazonie, a connu une émergence internationale en 2024. Ces virus partagent des signes cutanés proches, rendant le diagnostic clinique difficile sans test.
Virus
Vecteur principal
Zones à risque
Signes cutanés caractéristiques
Signes associés
Traitement
Dengue
Aedes aegypti, Ae. albopictus
Antilles, Réunion, Asie du Sud-Est, Amérique latine, Afrique tropicale
Symptomatique uniquement. Pas d’aspirine ni AINS (risque hémorragique). Surveillance plaquettaire
Chikungunya
Aedes aegypti, Ae. albopictus
Océan Indien, Antilles, Afrique, Asie, Amérique latine. Présent en France métropolitaine (Ae. albopictus)
Exanthème maculopapuleux (J2–J5), parfois vésiculeux ou bulleux chez l’enfant. Aphtes buccaux possibles. Hyperpigmentation résiduelle fréquente
Polyarthrite aiguë très douloureuse — signe distinctif. Fièvre brutale. Arthralgies pouvant persister plusieurs mois (forme chronique)
Symptomatique : AINS, antalgiques. Pas de traitement antiparasitaire spécifique
Zika
Aedes aegypti
Amérique latine, Caraïbes, Pacifique, Afrique de l’Ouest, Asie du Sud-Est
Exanthème maculopapuleux prurigineux diffus (J2–J4) — souvent le signe prédominant. Conjonctivite bilatérale non purulente fréquente
Fièvre modérée ou absente, céphalées légères, arthralgies. Risque majeur : microcéphalie fœtale si infection pendant la grossesse. Syndrome de Guillain-Barré possible
Symptomatique. Femmes enceintes : précautions strictes, éviter les zones endémiques, rapports protégés 3 mois après retour
Oropouche
Moucheron Culicoides paraensis, moustiques Culex
Amazonie (Brésil, Pérou, Bolivie), Caraïbes (Cuba, Antilles). Émergence internationale 2024
Exanthème maculopapuleux ou pétéchial (J2–J5), souvent tronc. Moins constant que les autres arbovirus
Fièvre brutale, céphalées, myalgies, photophobie, vomissements. Forme neurologique (méningite, encéphalite) décrite en 2024. Risque fœtal potentiel en cours d’évaluation
Symptomatique. Pas de vaccin disponible. Moustiquaires et répulsifs essentiels
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Le paludisme (malaria) n’est pas une maladie cutanée — c’est une urgence infectieuse. Mais il peut s’accompagner de signes cutanés qui orientent le diagnostic au retour d’une zone d’endémie (Afrique subsaharienne, Amazonie, Asie du Sud-Est, Océanie).
Signe cutané
Signification
Ictère (jaunisse)
Hémolyse — signe d’alarme dans le paludisme à P. falciparum
Pâleur cutanéo-muqueuse
Anémie hémolytique — fréquente dans les formes prolongées
Sueurs profuses cycliques
Accès palustres typiques (fièvre tierce ou quarte selon l’espèce)
Purpura ou pétéchies
Thrombopénie — forme sévère, hospitalisaiton urgente
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La gale est une parasitose très contagieuse due à l’acarien Sarcoptes scabiei. Elle se contracte fréquemment lors de voyages : auberges de jeunesse, hôtels peu soignés, hébergements collectifs, contacts rapprochés avec les populations locales. Elle est très souvent confondue avec une allergie ou une piqûre d’insecte, et le diagnostic est souvent tardif.
Critère
Gale du voyageur
Signe cardinal
Prurit intense à prédominance nocturne, aggravé par la chaleur
Localisations typiques
Espaces interdigitaux des mains, poignets, coudes, ombilic, fesses, organes génitaux — respecte le visage chez l’adulte
Signe spécifique
Sillons acariens (trajet sinueux sous-cutané de 1 à 3 cm)
Contagiosité
Très élevée — traitement simultané de tout l’entourage obligatoire
Délai d’incubation
3 à 6 semaines lors d’une primo-infection (prurit retardé — piège diagnostique)
Traitement
Ivermectine (Stromectol®) per os ou benzoate de benzyle (Ascabiol®) — traitement simultané de tous les contacts
L’exposition solaire est plus intense sous les tropiques (rayonnement UV direct, réverbération mer/sable). Certains médicaments pris en prévention des infections du voyage augmentent fortement le risque de phototoxicité.
Médicament
Risque
Précaution
Doxycycline (antipaludéen, anti-infectieux)
Phototoxicité élevée — coups de soleil sévères sur zones exposées
SPF 50+ obligatoire, vêtements couvrants, éviter les heures d’ensoleillement max
Méfloquine (Lariam® — antipaludéen)
Phototoxicité modérée
Protection solaire renforcée
Fluoroquinolones (antibiotiques voyage)
Photosensibilisation possible
Éviter l’exposition prolongée pendant le traitement
Les parasites contractés sur la plage ou en eau douce stagnante (larva migrans cutanée, bilharzioses, ankylostomiase, anguillulose, dermite des nageurs) font l’objet d’un guide détaillé :
Comment distinguer la dengue du chikungunya ou du zika ?
Cliniquement, c’est difficile — les trois partagent fièvre, éruption maculopapuleuse et arthralgies. Quelques différences orientent : les arthralgies très intenses et prolongées évoquent le chikungunya, la thrombopénie et les « îlots de peau saine » dans l’éruption évoquent la dengue, la conjonctivite bilatérale et le prurit prédominant évoquent le zika. Seul un bilan sérologique (PCR à J5–J7, sérologie à J7–J10) permet de trancher.
Qu’est-ce que l’oropouche et est-ce dangereux ?
L’oropouche est un arbovirus transmis principalement par un moucheron (Culicoides paraensis), historiquement confiné en Amazonie. En 2024, une émergence internationale a été documentée (Cuba, autres Caraïbes). Le tableau clinique ressemble à la dengue — fièvre, céphalées, éruption — avec des formes neurologiques (méningite) décrites. Un risque fœtal est suspecté mais en cours d’évaluation. Il n’existe pas de vaccin ni de traitement spécifique.
Faut-il prendre des médicaments préventifs contre les moustiques ?
La prophylaxie antipalustre est indispensable pour les zones d’endémie à P. falciparum (Afrique subsaharienne, Amazonie). Pour les arbovirus (dengue, zika, chikungunya, oropouche), il n’existe pas de prophylaxie médicamenteuse — la protection repose sur les répulsifs cutanés (DEET, icaridine), les vêtements couvrants et les moustiquaires, y compris la nuit.
J’ai des démangeaisons depuis mon retour — est-ce la gale ?
C’est possible si le prurit est à prédominance nocturne, touche les espaces interdigitaux des mains, les poignets, les coudes et les fesses, et s’il s’aggrave depuis plusieurs semaines. Attention : lors d’une primo-infection, la gale peut ne se manifester que 3 à 6 semaines après le contage — le lien avec le voyage peut sembler non évident. Un traitement par ivermectine est prescrit sur ordonnance après confirmation diagnostique.
Combien de temps après le retour peut-on développer une infection tropicale ?
Les délais varient considérablement selon l’agent : quelques jours pour la dengue ou le chikungunya (incubation 3–14 jours), 3 à 6 semaines pour la gale, 7 à 30 jours pour le paludisme à P. falciparum (mais pouvant aller jusqu’à 3 mois pour P. vivax), quelques semaines à mois pour les bilharzioses. Il est donc essentiel de mentionner tout voyage récent lors d’une consultation médicale, même plusieurs semaines après le retour.
Mis à jour le 1er juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : Les démangeaisons (prurit) concernent jusqu’à 25 % de la population à un moment de la vie. Dans 85 % des cas, un dermatologue identifie la cause grâce à la localisation, l’horaire et l’aspect de la peau. La gale (300 000 cas/an en France), l’eczéma et l’urticaire constituent les trois causes les plus fréquentes. Un prurit généralisé sans lésion persistant plus de 6 semaines impose un bilan biologique pour éliminer une cause systémique (hépatique, rénale, thyroïdienne, hématologique). — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Les démangeaisons de la peau sont médicalement appelées prurit (aux Antilles, on parle volontiers de gratelle ou gratel). Il s’agit d’une sensation particulière qui engendre le besoin irrépressible de se gratter ou de se frotter la peau.
💡 À ne pas confondre avec la dermatillomanie : l’envie compulsive de gratter sa peau et ses boutons jusqu’à se faire des plaies est un trouble du comportement répétitif centré sur le corps, relevant d’une prise en charge spécialisée — distincte du prurit dermatologique classique.
La perception du prurit est très variable d’une personne à l’autre, modulée par des facteurs psychologiques (anxiété, attention portée à la zone) et environnementaux (chaleur, sécheresse de l’air). Les démangeaisons intenses peuvent retentir sur le sommeil (prurit insomniant), les capacités intellectuelles et la qualité de vie de façon comparable à une douleur chronique.
💡 Le saviez-vous ? Les démangeaisons ne sont ressenties qu’à la peau et aux semi-muqueuses (lèvres, organes génitaux…), jamais aux muqueuses profondes ni aux viscères. Cette particularité anatomique a une valeur diagnostique importante : une sensation de démangeaison profonde ou viscérale oriente vers une cause neurologique ou psychogène.
Type de prurit
Définition
Orientation diagnostique
Prurit avec lésions
Démangeaisons associées à des boutons, plaques, vésicules ou sillons visibles
Les démangeaisons localisées siègent le plus souvent sur des plaques rouges prurigineuses dont la topographie oriente le diagnostic : bras, coudes, plis des coudes, jambes, derrière les genoux, ventre, dos, visage, cuir chevelu, organes génitaux.
2. Démangeaisons généralisées avec lésions cutanées
Les démangeaisons généralisées avec boutons ou plaques correspondent à des dermatoses diffuses prurigineuses. Elles peuvent avoir un retentissement intense sur la qualité de vie et le sommeil.
Dermatose
Signes évocateurs
Page dédiée
Eczéma / Dermatite atopique
Plaques érythémateuses, suintantes ou lichénifiées, topographie des plis ; antécédents atopiques
3. Peau qui gratte sans boutons : le prurit sine materia
Quand surviennent des démangeaisons sans aucune lésion cutanée visible (hors excoriations de grattage), on parle de prurit sine materia. Ce tableau constitue une urgence diagnostique relative : il doit faire rechercher une cause interne potentiellement grave.
🔴 Bilan classique d’un prurit sine materia : biopsie cutanée avec immunofluorescence directe (sujet âgé), NFS, VS, CRP, urée, créatinine, bilan hépatique complet, LDH, glycémie, ferritine, TSH, électrophorèse des protéines sériques, sérologies VIH/VHA/VHB/VHC, examen parasitologique des selles, radiographie thoracique et échographie abdominale.
Cirrhose biliaire primitive, hépatite, cancer des voies biliaires ou du pancréas, médicament cholestatique. Prurit souvent intense, à prédominance palmoplantaire.
Cholestyramine, acide ursodéoxycholique
Maladie de Vaquez (polyglobulie)
Prurit aquagénique typique : démangeaisons intenses survenant au contact de l’eau chaude, dans les 20 à 30 minutes suivant la douche
Traitement de la polyglobulie
Lymphome de Hodgkin et hémopathies
Les démangeaisons peuvent précéder l’apparition des ganglions de plusieurs mois — signe d’appel à ne pas négliger
Traitement hématologique
Dysglobulinémies monoclonales
Myélome multiple, maladie de Waldenström
Traitement hématologique
Carence martiale (manque de fer)
Prurit souvent modéré, associé à une asthénie — ferritine basse
Supplémentation en fer
Causes endocrinologiques
Hyperthyroïdie (Basedow), hypothyroïdie, syndrome carcinoïde (histamine), dermatite auto-immune à la progestérone
Cholestase hépatique gravidique au 3e trimestre — prurit palmoplantaire intense. Prise en charge urgente (risque fœtal réel).
Cholestyramine, acide ursodéoxycholique
Prurit sénile
Diagnostic d’élimination chez le sujet âgé, souvent dans un contexte de xérose cutanée sévère. Attention : ne pas méconnaître une pemphigoïde bulleuse débutante.
Prurit persistant depuis plus de 6 semaines sans cause évidente ? Un bilan est indispensable. Le Dr Rousseau peut vous orienter et prescrire les examens adaptés en téléconsultation.
Facteurs aggravant les démangeaisons
Certains facteurs aggravent le prurit quelle qu’en soit la cause et devraient être systématiquement évités :
Facteur aggravant
Mécanisme
Conduite à tenir
Eau chaude (douche, bain)
Vasodilatation cutanée, libération d’histamine
Eau tiède à froide, douches courtes (< 5 min)
Savons et gels moussants irritants
Altération du film hydrolipidique, xérose
Syndets surgras, pain dermatologique sans savon
Vêtements en laine ou synthétiques
Friction mécanique, sudation
Coton ou soie directement sur la peau
Chauffage excessif, air sec
Déshydratation cutanée, xérose
Humidificateur d’air, température ≤ 19 °C
Stress et anxiété
Modulation de la perception prurigineuse, libération de neuropeptides
Techniques de relaxation, prise en charge psychologique si besoin
Grattage répété
Libère des médiateurs inflammatoires, entretient le cercle vicieux prurit–grattage–prurit
Couper les ongles courts, gants de coton la nuit si nécessaire
Comment calmer les démangeaisons ?
En attendant une consultation médicale et en complément du traitement étiologique, plusieurs mesures permettent de soulager le prurit :
Mesure
Commentaire
Émollients et crèmes hydratantes
Application après chaque douche sur peau encore humide — réduisent la xérose, premier geste systématique. Lipikar AP+, Cold Cream, Cicaplast B5.
Antihistaminiques oraux
Efficaces surtout sur le prurit histaminique (urticaire). Effet sédatif utile pour le prurit nocturne (hydroxyzine). Moins efficaces sur les prurits non histaminiques.
Dermocorticoïdes topiques
Sur prescription médicale — efficaces sur les prurits inflammatoires (eczéma, lichen). À éviter en cas de gale non traitée (risque de gale profuse).
Photothérapie UVB
Indication spécialisée — efficace dans le prurit urémique, le prurit sine materia chronique, certaines dermatoses diffuses
Compresses froides
Soulagement immédiat par effet vasoconstricteur et analgésique — substitut efficace au grattage
Inhibiteurs de la calcineurine topiques
Tacrolimus, pimécrolimus — sur prescription, pour les zones sensibles (visage, plis) en cas d’eczéma
Pourquoi les démangeaisons sont-elles souvent plus intenses la nuit ?
La nuit, la température corporelle et cutanée augmente légèrement sous la literie, stimulant l’activité des agents prurigènes et des mastocytes qui libèrent davantage d’histamine. L’absence des distractions de la journée amplifie également la perception du prurit. Des démangeaisons à prédominance nocturne nette, surtout si elles touchent plusieurs membres du foyer, orientent fortement vers une gale.
Peut-on avoir des démangeaisons sans boutons ?
Oui — c’est le prurit sine materia, qui représente environ 30 % des prurits chroniques. Il peut révéler une maladie interne grave : insuffisance rénale, cholestase hépatique, hémopathie maligne (lymphome de Hodgkin, myélome), cancer solide, ou cause endocrinologique. Un bilan médical complet est indispensable devant tout prurit sine materia persistant au-delà de 6 semaines.
Les démangeaisons peuvent-elles être le signe d’un cancer ?
Oui. Un prurit sine materia persistant peut orienter vers un cancer digestif (côlon, estomac, pancréas), pulmonaire, prostatique, ou une hémopathie maligne. Le lymphome de Hodgkin est particulièrement connu pour donner un prurit intense qui peut précéder l’apparition des adénopathies de plusieurs mois. Un bilan médical est indispensable dans ce contexte.
Comment calmer rapidement des démangeaisons en attendant une consultation ?
Appliquer une crème émolliente sur peau humide après une douche tiède courte. Éviter savons irritants, eau chaude et vêtements en laine. Les antihistaminiques disponibles sans ordonnance (cétirizine 10 mg, loratadine 10 mg) peuvent soulager temporairement, surtout le soir. Voir notre article calmer les démangeaisons.
Les démangeaisons sont-elles contagieuses ?
Les démangeaisons elles-mêmes ne sont pas contagieuses. Mais leur cause peut l’être : la gale est très contagieuse par contact cutané prolongé ou partage de textiles ; les poux et les teignes se transmettent également. À l’inverse, l’eczéma, l’urticaire et le prurit sine materia ne sont pas transmissibles.
Que faire si la peau gratte pendant la grossesse ?
Le prurit gravidique peut révéler une cholestase hépatique gravidique (surtout au 3e trimestre, aux paumes et plantes — risque fœtal réel nécessitant une prise en charge urgente) ou des dermatoses spécifiques (pemphigoïde gravidique, PUPP). Consulter sans attendre. Une téléconsultation permet d’orienter rapidement le diagnostic et d’organiser le bilan.
Quelle crème utiliser pour calmer les démangeaisons sans ordonnance ?
Une crème émolliente apaisante (Cold Cream, Cicaplast B5, Lipikar AP+) appliquée sur peau humide après une douche tiède soulage rapidement les démangeaisons liées à la sécheresse cutanée. Les antihistaminiques oraux sans ordonnance (cétirizine, loratadine) réduisent le prurit histaminique. L’hydrocortisone 1 % en crème peut être utilisée 5 à 7 jours sur une zone localisée. Si les démangeaisons persistent au-delà de 2 semaines malgré ces mesures, une consultation médicale est nécessaire.
Le stress peut-il provoquer des démangeaisons ?
Oui. Le stress active la libération de substance P et d’histamine par les mastocytes cutanés, amplifiant la perception du prurit. Il peut déclencher ou aggraver l’eczéma, l’urticaire cholinergique et le prurigo. Inversement, un prurit chronique génère lui-même stress et troubles du sommeil, créant un cercle vicieux. Les thérapies cognitivo-comportementales et la cohérence cardiaque font partie du traitement global du prurit chronique.
Pourquoi la peau gratte-t-elle après la douche ?
Le prurit post-douche peut avoir plusieurs causes : eau trop chaude (vasodilatation + activation des récepteurs TRPV1), peau sèche (xérose), polyglobulie vraie (prurit aquagénique intense 20 à 30 minutes après contact avec l’eau, pathognomonique), urticaire aquagénique (rare) ou contact avec un savon irritant. L’eau tiède, les gels surgras et l’application d’émollient immédiatement après la douche sur peau humide règlent la grande majorité des cas bénins.
La peau qui gratte peut-elle être liée aux reins ?
Oui, le prurit urémique est une complication fréquente de l’insuffisance rénale chronique, touchant 20 à 50 % des patients dialysés. Son mécanisme est multifactoriel : accumulation de toxines, anomalies phosphocalciques et xérose cutanée. Il peut être intense et invalidant. Le bilan sanguin (créatinine, urée, NFS) est le premier examen à réaliser devant un prurit généralisé sans lésion cutanée.
Références scientifiques
Weisshaar E, Szepietowski JC, Dalgard FJ, et al. European S2k Guideline on Chronic Pruritus. Acta Derm Venereol. 2019;99(5):469–506. PMID 30843177
Kini SP, DeLong LK, Veledar E, et al. The impact of pruritus on quality of life: the skin equivalent of pain. Arch Dermatol. 2011;147(10):1153–1156. PMID 21680769
Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
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Ascabiol
Ascabiol ®, qu’est-ce que c’est ?
Ascabiol ® contient du Benzoate de Benzyle. Le Benzoate de Benzyle contenu dans Ascabiol ® est un antiparasitaire. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de la gale . Ascabiol * se présente sous la forme d’une lotion à appliquer sur l’ensemble du corps
Quelles sont les contre indications de l’ Ascabiol ®?
Allergie au produit ou à l’un de ses constituants de Ascabiol ®
Conseils d’utilisation de l’ Ascabiol ®
Adulte :
Il est préférable d’appliquer Ascabiol * le soir, après la toilette. On recommande généralement d’appliquer la lotion à l’aide d’un pinceau plat en 1 ou 2 passages sur la totalité de la surface du corps y compris les organes génitaux (uniquement sur la peau, pas les muqueuses), sauf le visage et le cuir chevelu (« du cou aux pieds »). Il est possible de ressentir une sensation de cuisson immédiate.
Enfant de plus de 1 mois :
Le produit ne doit pas rester en contact avec la peau plus de 12 heures. Sinon, le passage transcutané du produit peut engendrer des convulsions. En cas de gale surinfectée ou eczematisée engendrant des lésions cutanées favorisant la pénétration du produit, on recommande généralement de soigner les lésions cutanées avant d’appliquer l’Ascabiol *
Avant l’application, le flacon doit être agité.
Le traitement par Ascabiol * consiste en 2 applications à 8 jours d’intervalle :
Première application à J0 :
avant l’application, prendre un bain ou une douche. Du linge propre doit être utilisé pour le séchage, l’habillage et la literie ;
Ascabiol * doit être appliqué avec une compresse en 2 couches successives à 10-15 minutes d’intervalle (correspondant au temps de séchage) sur la totalité de la surface corporelle en insistant sur les lésions, sans oublier les plis cutanés, les espaces interdigitaux, sous les seins, le nombril, les parties génitales externes, sous les ongles, le cuir chevelu. Il faut éviter le visage et les muqueuses ;
un délai de 12 à 24 heures (voir plus haut) est nécessaire avant de prendre une douche et de rincer abondamment le corps. Après la douche, du linge propre (vêtement, serviettes, draps) doit être utilisé ;
Seconde application à J8 : Ascabiol * doit être appliqué selon les mêmes modalités qu’à J0.
Il ne faut pas oublier tous les autres conseils de traitement de la gale (lavage du linge…)
Questions fréquentes sur Ascabiol®
Comment utiliser Ascabiol® pour traiter la gale ?
Ascabiol® s’applique en 2 couches successives (à 10-15 min d’intervalle) sur l’ensemble du corps sauf le visage, du cou aux pieds. Le traitement comprend 2 applications à 8 jours d’intervalle, chacune laissée en contact 12 heures avant rinçage.
Ascabiol® est-il remboursé par la Sécurité sociale ?
Oui, Ascabiol® 10% émulsion cutanée est remboursé à 65% par l’Assurance maladie en France sur prescription médicale.
Peut-on utiliser Ascabiol® chez l’enfant ?
Ascabiol® est utilisable à partir de 1 mois. Le contact cutané ne doit pas dépasser 12 heures chez l’enfant pour éviter un passage transcutané pouvant entraîner des convulsions. Il est contre-indiqué chez le nouveau-né.
Quelles précautions prendre lors du traitement de la gale par Ascabiol® ?
Tout l’entourage doit être traité simultanément. Le linge, draps et vêtements doivent être lavés à 60°C ou mis en sac pendant 72h. Le logement doit être traité avec un acaricide.
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Traitement de la galle : le protocole complet en 4 étapes pour guérir sans rechute
La gale ne guérit jamais spontanément. Derrière cette réalité simple se cache pourtant l’une des pathologies infectieuses les plus mal traitées en médecine de ville : des milliers de patients recommencent un traitement incomplet, oublient de traiter leur entourage, ou négligent la désinfection des textiles — et rechutent dans les semaines suivantes. En vingt-cinq ans de consultations dermatologiques, j’ai rarement vu d’échec lié au médicament lui-même. L’échec vient presque toujours du protocole : incomplet, partiel, ou mal compris.
Ce guide détaille les 4 piliers indissociables du traitement de la gale : consultation médicale confirmant le diagnostic, traitement simultané de tout l’entourage, désinfection rigoureuse des textiles et de l’environnement, et traitement antiparasitaire à renouveler obligatoirement entre J8 et J14. Chaque pilier est aussi indispensable que les autres.
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Étape 1 — Consulter un médecin : ne jamais improviser
N’improvisez pas de traitement par vous-même. Le diagnostic de gale doit être confirmé par un médecin ou un dermatologue. Plusieurs affections donnent des démangeaisons nocturnes qui ressemblent à la gale — urticaire, eczéma, lichen plan, piqûres d’insectes — et un traitement acaricide appliqué à tort est inutile, irritant, et retarde le bon diagnostic.
Évaluer la forme de gale (commune, profuse, croûteuse) qui conditionne le protocole
Prescrire un bilan sérologique d’IST (syphilis, VIH, hépatites B et C) si une transmission sexuelle est possible
Rédiger les ordonnances pour l’ensemble du foyer — et pas seulement pour le patient symptomatique
Pour comprendre comment la gale se manifeste et comment le diagnostic est posé, consultez notre article détaillé sur le diagnostic de la gale.
Étape 2 — Traiter l’entourage simultanément : la règle d’or
C’est l’étape la plus souvent négligée et la première cause d’échec. Traiter un seul membre du foyer est un travail à moitié fait : si l’entourage n’est pas traité en même temps, la recontamination est quasi inévitable dans les jours suivants.
Le médecin définit les personnes à inclure dans le traitement :
Le ou les partenaires sexuels des deux derniers mois (la période d’incubation peut atteindre 6 semaines)
Tous les membres de la famille vivant sous le même toit, qu’ils aient des démangeaisons ou non
Toute personne présentant des démangeaisons dans l’entourage proche (amis, famille élargie ayant eu des contacts cutanés prolongés)
En cas de gale en collectivité (crèche, maison de retraite, internat) : les professionnels en contact rapproché avec le patient
⚠️ Toutes les personnes concernées doivent être traitées le même jour, au même moment. C’est la condition sine qua non pour rompre le cycle de recontamination. Une personne traitée deux jours après une autre peut réinfecter celle qui avait déjà appliqué son traitement.
Les personnes identifiées comme contacts devront être traitées même en l’absence de symptômes : la période d’incubation silencieuse dure de 3 à 6 semaines lors d’une primo-infestation.
Étape 3 — Désinfecter les textiles et l’environnement
Sarcoptes scabiei vu au microscope — l’acarien peut survivre jusqu’à une semaine hors de son hôte dans les textiles
Le sarcopte peut survivre jusqu’à 5 à 7 jours dans les textiles à température ambiante. Cette survie est suffisante pour contaminer une personne qui enfilerait un vêtement ou se glisserait dans des draps infestés quelques jours après le patient. La désinfection de l’environnement est donc un pilier thérapeutique à part entière, non une mesure accessoire.
Sont à traiter tous les textiles en contact avec la peau du malade au cours de la semaine précédente :
Vêtements, draps, serviettes, taies d’oreiller → lavage en machine à 60 °C minimum
Textiles ne supportant pas le 60 °C (laine, cachemire, tissus fragiles) → poudre ou spray acaricide dans un sac plastique hermétiquement fermé pendant 48 à 72 heures
Matelas, canapés, fauteuils, sièges auto non déhoussables → aspersion d’un produit acaricide spécifique (A-PAR®, Sprégal® aérosol d’environnement), laisser agir au moins 24 heures, puis aspirer soigneusement
Objets en contact avec le corps (brassard de tensiomètre, chaussures, peluches, coussins de siège auto) → traitement acaricide ou mise en quarantaine en sac fermé 72 h
Tapis et coussins → aspiration vigoureuse, puis évacuation du sac aspirateur immédiatement
💡 Conseil pratique : dans l’idéal, changez de vêtements, de draps et de serviettes chaque jour et lavez-les à 60 °C pendant les 14 premiers jours suivant le début du traitement. C’est contraignant, mais c’est le meilleur filet de sécurité contre toute recontamination environnementale résiduelle.
La désinfection de l’environnement est à renouveler à J9 (en parallèle de la deuxième application du traitement antiparasitaire), pour traiter les œufs éventuellement déposés entre les deux applications.
Étape 4 — Traitements antiparasitaires : le protocole en détail
🔴 Règle absolue : quel que soit le traitement choisi, il doit être renouvelé une deuxième fois entre J8 et J14. Aucun traitement antiparasitaire actuellement disponible ne détruit les œufs de sarcopte. La première application élimine les adultes et les larves présents au moment du traitement. La deuxième application, une semaine plus tard, élimine les nouveaux sarcoptes éclos depuis lors. Sans ce renouvellement, la guérison est rarement obtenue.
Les traitements locaux s’appliquent sur peau propre et sèche, de la tête aux pieds (cuir chevelu inclus chez l’adulte et les personnes âgées), en insistant particulièrement sur les espaces interdigitaux des mains et des pieds, les plis inguinaux, le nombril, les organes génitaux, les pieds et sous les ongles. Le temps de contact minimal est de 8 à 12 heures. Après application, porter des vêtements propres.
4.1 Traitements locaux (topiques)
Perméthrine 5 % — Topiscab® crème
La perméthrine 5 % est le traitement topique de référence internationale, plébiscitée par les guidelines européens (JEADV 2017) et la Cochrane. Elle agit en perturbant les canaux sodiques de l’acarien, entraînant sa paralysie et sa mort.
Indications préférentielles : nourrisson de plus de 2 mois et de moins de 15 kg, femme enceinte ou allaitante (ne pas allaiter pendant les 8 heures d’application). Surveillance étroite recommandée chez les enfants entre 2 mois et 2 ans.
⚠️ En cas d’allergie aux chrysanthèmes, cosmos, dahlias, tournesols ou autres astéracées, la perméthrine est déconseillée — demandez l’avis de votre médecin avant utilisation.
Mode d’application :
Appliquer en fine couche uniforme sur l’ensemble du corps : cou, nuque, paumes, plantes, espaces interdigitaux, aisselles, organes génitaux, fesses
Visage, oreilles et cuir chevelu non traités en règle générale — sauf si boutons de gale présents à ces endroits, ou chez les patients de plus de 65 ans (éviter contact avec muqueuses et yeux)
Ne pas appliquer autour de la bouche chez le nourrisson et le jeune enfant (risque d’ingestion par léchage)
Laisser agir au moins 8 heures — appliquer le soir, ne pas se laver pendant ce temps
Si lavage accidentel des mains ou des fesses pendant les 8 heures, réappliquer immédiatement sur ces zones
Posologie selon le poids :
Tranche d’âge / poids
Quantité à appliquer
Adulte et adolescent > 12 ans
30 g (tube entier)
Enfant 6–12 ans
15 g (demi-tube)
Enfant 1–5 ans
7,5 g (environ 2 noisettes)
Nourrisson 2 mois–1 an
3,75 g (environ 1 noisette)
Benzoate de benzyle — Ascabiol® lotion
Traitement classique, utilisé depuis plusieurs décennies, utilisable dès l’âge d’1 mois de vie. Peut être irritant, notamment en cas de peau lésée — une crème cortisonée légère peut être prescrite après le traitement pour calmer la réaction. Application au pinceau ou à la compresse sur tout le corps sauf visage et muqueuses génitales.
Protocole jour par jour :
J0 — 1re application
Douche le soir, se sécher avec une serviette propre, mettre des vêtements propres, changer les draps
Appliquer Ascabiol® à la compresse (pas de coton ni de lingette qui absorberaient le produit) en 2 couches successives à 10–15 minutes d’intervalle sur tout le corps : plis cutanés, espaces interdigitaux, sous les seins, nombril, parties génitales, sous les ongles, cuir chevelu — en évitant visage et muqueuses
Une seule couche chez la femme enceinte et l’enfant de moins de 2 mois
Temps de contact : 24 heures chez l’adulte — 6 à 12 heures chez l’enfant de moins de 2 ans, puis renouveler l’application le lendemain soir
Désinfection de la literie (matelas, sommier), moquettes et mobiliers absorbants avec un acaricide d’environnement
Lessive à 60 °C de tout le linge — ou acaricide en sac plastique fermé 3 heures minimum — ou quarantaine 5 jours en sac fermé à température supérieure à 20 °C
Traitement des objets en contact avec la peau (chaussures, peluches, brassard de tension…)
Aspiration énergique des tapis et coussins
J8 — 2e application selon les mêmes modalités qu’à J0
J9 — 2e traitement de l’environnement selon les mêmes modalités qu’à J1
Pyréthrine — Spregal® spray
Application en une seule pulvérisation dans une pièce bien aérée, à distance du visage. Rinçage à l’eau 12 heures après. Formellement contre-indiqué chez les asthmatiques et en cas d’antécédent de bronchiolite chez l’enfant (risque de bronchospasme). Ce traitement tend à être moins utilisé en première intention du fait de contraintes d’utilisation plus importantes.
Soufre — le traitement le plus ancien
Le soufre concentré (6 à 33 %) en crème, pommade ou lotion est le plus ancien traitement antiparasitaire connu. Il reste utilisé dans certains pays et constitue une alternative licite pendant la grossesse. Son efficacité repose sur une application 3 jours consécutifs. Principal inconvénient : son odeur forte et son potentiel irritant. Il reste pertinent en cas de contre-indication ou d’indisponibilité des autres traitements.
L’ivermectine orale est un traitement antiparasitaire à spectre large, actif sur les adultes et les larves du sarcopte mais — comme tous les autres traitements — inactif sur les œufs. Elle est prescrite en deux prises espacées de 8 à 14 jours.
Indications : à partir de 15 kg, hors grossesse et allaitement. Elle est particulièrement adaptée dans les situations où l’application d’un topique sur l’ensemble du corps est difficile (personnes âgées dépendantes, patients avec troubles cognitifs, gale en collectivité).
Posologie selon le poids (200 µg/kg) :
Poids du patient
Nombre de comprimés (3 mg)
15–24 kg
1 comprimé
25–35 kg
2 comprimés
36–50 kg
3 comprimés
51–65 kg
4 comprimés
66–79 kg
5 comprimés
≥ 80 kg
6 comprimés
Modalités : prise unique à jeun (2 heures avant ou 2 heures après un repas). Porter des vêtements propres ou traités et dormir dans des draps propres immédiatement après la prise. Renouveler la même dose à J8–J14, avec nouveau traitement de l’environnement le lendemain.
💡 Données récentes : une méta-analyse publiée dans le British Journal of Dermatology (2023, 147 études incluses) montre que le taux d’échec global du traitement de la gale est de 15,2 %, toutes molécules confondues. Avec deux doses d’ivermectine, ce taux tombe à 7,1 % contre 15,2 % avec une dose unique — confirmant l’impérieuse nécessité du double traitement (PMID : 37625798).
Comparatif des traitements de la gale
Traitement
Voie
Âge / poids minimum
Grossesse
Particularités
Ivermectine (Stromectol®)
Oral
≥ 15 kg
Contre-indiqué
2 prises à J0 et J8–J14, à jeun. Pratique en collectivité
Perméthrine 5 % (Topiscab®)
Local
≥ 2 mois
Autorisé
Référence nourrisson et femme enceinte. Taux d’échec faible (~10 %)
Benzoate de benzyle (Ascabiol®)
Local
≥ 1 mois
1 couche seulement
Peut être irritant. Protocole J0/J1/J8/J9
Soufre (6–33 %)
Local
Tous âges
Autorisé
3 applications consécutives. Odeur forte. Alternative utile
Pyréthrine (Spregal®)
Local spray
Tous âges
Possible
Contre-indiqué asthmatiques et ATCD bronchiolite
Ivermectine + Perméthrine (combinaison)
Oral + local
≥ 15 kg
Contre-indiqué
Réservé gale profuse/croûteuse ou épidémies en collectivité. Taux de guérison > 80 % à J28
Ce que la science dit sur l’efficacité des traitements
Le débat entre ivermectine orale et perméthrine topique est tranché depuis plusieurs méta-analyses. La perméthrine 5 % présente un taux de guérison légèrement supérieur à court terme (1–2 semaines), tandis que l’ivermectine rejoint ses performances à 3–6 semaines. Les deux molécules ont des taux d’échec comparables et sont bien tolérées.
Une méta-analyse du Journal of the American Academy of Dermatology (PMID : 29241784) conclut que la perméthrine orale est légèrement supérieure à l’ivermectine orale en monothérapie, mais que leur association pourrait améliorer encore les résultats, notamment dans les formes sévères.
Pour la gale profuse (croûteuse ou norvégienne), un essai contrôlé randomisé multicentrique français (23 centres, 2017–2022) a montré que l’association ivermectine (3 prises) + perméthrine 5 % + émollients permet d’obtenir des taux de guérison supérieurs à 80 % à J28 — avec une tolérance comparable entre les posologies de 200 et 400 µg/kg.
🔶 Point clinique important : le taux d’échec global toutes molécules confondues est de 15,2 % dans la littérature mondiale — ce qui signifie que même un protocole bien conduit peut nécessiter un troisième traitement. Ce n’est pas un échec thérapeutique : c’est une réalité parasitologique à intégrer dans le suivi. En cas de persistance des symptômes au-delà de 4 semaines, une reconsultation s’impose.
Comment savoir si je suis guéri de la gale ?
L’infestation est considérée comme guérie s’il n’y a plus de boutons de gale actifs ni de démangeaisons nocturnes une semaine après l’arrêt complet du traitement (c’est-à-dire après la 2e application).
💡 À ne pas confondre avec un échec : des démangeaisons peuvent persister 2 à 4 semaines après un traitement efficace. Il s’agit d’une réaction inflammatoire résiduelle liée aux débris du sarcopte dans la peau, et non d’une persistance parasitaire. Des dermocorticoïdes peuvent être prescrits pour accélérer ce soulagement. Au-delà de 4 semaines de persistance ou en cas d’aggravation, il faut envisager une réinfestation ou une résistance et reconsulter.
Les nodules scabieux — petites boules rouges indurées dans les plis inguinaux et sur les organes génitaux — peuvent persister plusieurs semaines à plusieurs mois après guérison complète. Ils ne signifient pas que la gale est toujours active : ce sont des réactions immunologiques résiduelles.
Gale qui ne guérit pas — que faire ?
Démangeaisons persistantes après traitement : les causes à explorer
La première cause de persistance est un traitement effectué en une seule application au lieu de deux. Si cette erreur est identifiée, il suffit de reprendre le protocole correctement. Les autres causes possibles :
Irritation cutanée due au traitement local — fréquente avec l’Ascabiol®, elle peut entretenir un prurit pendant 2 à 3 semaines sans lien avec une persistance parasitaire
Nodules scabieux résiduels — boutons indurés dans les plis et organes génitaux, pouvant persister plusieurs semaines après guérison confirmée
Recontamination par un proche non traité — vérifiez que tout l’entourage a bien été traité le même jour
Mauvaise désinfection du linge — tout a-t-il été lavé à 60 °C ou traité en sac plastique avec acaricide pendant 48 h ?
Application incomplète — le traitement local doit couvrir la totalité du corps, y compris les zones difficiles d’accès (dos, pieds, espace sous les ongles)
En cas de doute, reconsultez votre médecin ou dermatologue pour réévaluer le diagnostic et l’observance du protocole, et décider si un nouveau cycle de traitement est nécessaire.
Gale profuse et gale en collectivité
La gale profuse (croûteuse ou norvégienne) et les épidémies en collectivité (maisons de retraite, crèches, casernes, prisons…) nécessitent une prise en charge spécifique. L’association ivermectine orale + traitement local (perméthrine ou benzoate de benzyle) est recommandée, avec souvent 3 cycles de traitement rapprochés. Un protocole de traitement collectif simultané de tous les résidents et soignants est requis. Pour approfondir ce sujet, consultez notre article sur la gale profuse.
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Reconnaître la gale
Comment diagnostiquer la gale ? Quels sont les signes caractéristiques, les sillons, les boutons typiques ? La dermoscopie change-t-elle le diagnostic ?→ Diagnostic de la gale → Boutons et sillons de gale
Formes sévères et cas particuliers
La gale croûteuse, la gale profuse, la gale en collectivité : ces formes nécessitent des protocoles renforcés avec une prise en charge spécialisée.→ Gale profuse et croûteuse → Démangeaisons persistantes
⚠ Consultez rapidement si :
persistance des démangeaisons plus de 4 semaines après traitement correct
réapparition des symptômes chez un membre du foyer non traité
signes de surinfection bactérienne : rougeur, chaleur, pus
suspicion de gale résistante ou de forme norvégienne
Questions fréquentes sur le traitement de la gale
Pourquoi faut-il absolument renouveler le traitement une deuxième fois ?
Aucun traitement antiparasitaire actuellement disponible ne détruit les œufs de sarcopte. La première application élimine les adultes et les larves présents le jour J. Une semaine plus tard, les œufs déposés avant le traitement ont éclos et de nouveaux sarcoptes sont apparus : la deuxième application, à J8–J14, les élimine avant qu’ils n’aient eu le temps de pondre de nouveaux œufs. Sans ce renouvellement, la gale récidive quasi systématiquement dans les 10 à 15 jours suivants.
Peut-on utiliser le Stromectol® pendant la grossesse ?
Non. L’ivermectine est contre-indiquée pendant la grossesse et l’allaitement, et chez l’enfant pesant moins de 15 kg. Le traitement de référence dans ces situations est la perméthrine 5 % (Topiscab®) — autorisée dès 2 mois de vie — ou le soufre en crème pour les très jeunes nourrissons. Le benzoate de benzyle (Ascabiol®) est utilisable chez la femme enceinte en une seule couche.
Faut-il traiter les animaux de compagnie en même temps que la famille ?
Non. La gale humaine est due à Sarcoptes scabiei var. hominis, une variété strictement adaptée à l’homme. Les animaux domestiques ne sont pas vecteurs de la gale humaine et n’ont pas besoin d’être traités dans ce contexte. En revanche, certains animaux peuvent héberger d’autres variétés de sarcoptes responsables de démangeaisons passagères chez l’homme — mais ces manifestations disparaissent spontanément.
Combien de temps reste-t-on contagieux avec la gale ?
On est contagieux dès l’infestation, bien avant l’apparition des premiers symptômes (la période d’incubation peut durer 3 à 6 semaines lors d’une primo-infection). La contagiosité persiste jusqu’à la fin du protocole complet (incluant la 2e application). Après la première application et le changement des vêtements, le retour au travail ou à l’école est généralement possible dès le lendemain pour la plupart des patients. En collectivité (crèche, établissement médicalisé), des mesures spécifiques s’appliquent — à discuter avec le médecin et le médecin du travail.
Les démangeaisons qui persistent 3 semaines après le traitement sont-elles normales ?
Oui, tout à fait. Une réaction inflammatoire cutanée aux débris du sarcopte peut maintenir des démangeaisons jusqu’à 4 semaines après un traitement parfaitement efficace. Des dermocorticoïdes peuvent être prescrits pour accélérer le soulagement. Au-delà de 4 semaines, ou en cas d’aggravation des lésions, une réinfestation doit être envisagée — consultez votre médecin. À ne pas confondre avec les nodules scabieux résiduels, qui peuvent persister plusieurs mois sans signifier une gale active.
Peut-on combiner ivermectine orale et traitement local ?
Oui, dans certaines indications précises. La combinaison ivermectine orale + perméthrine 5 % (ou benzoate de benzyle) est recommandée pour les gales profuses, les gales croûteuses (norvégiennes) et les épidémies en collectivité. Un essai randomisé multicentrique français (2017–2022) a montré des taux de guérison dépassant 80 % à J28 avec cette combinaison renforcée. Cette association n’est pas indiquée en première ligne pour une gale commune : elle est décidée par le médecin en fonction du tableau clinique.
Mis à jour le 28 avril 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue à Bordeaux.
Mis à jour le 20 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : Le traitement de la gale repose sur la perméthrine crème 5 % (application unique, renouvelée à J8) ou l’ivermectine orale (200 µg/kg, 2 prises à J1 et J8). Le traitement simultané de tout l’entourage est indispensable pour éviter les recontaminations. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Mis à jour le 20 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : La gale norvégienne (croûteuse) est une forme sévère touchant principalement les personnes immunodéprimées. Extrêmement contagieuse avec des millions d'acariens (vs 10-15 dans la gale classique), elle nécessite une prise en charge spécialisée urgente. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Mis à jour le 11 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
La gale profuse, aussi appelée gale croûteuse ou anciennement gale norvégienne, est la forme la plus sévère de la gale. Elle survient lorsque le système immunitaire d'un patient ne peut plus contrôler la multiplication du sarcopte (Sarcoptes scabiei var. hominis). À la différence de la gale commune où l'on dénombre 10 à 20 sarcoptes sur l'ensemble du tégument, la gale croûteuse peut abriter des centaines de milliers à plusieurs millions de parasites. Sa contagiosité est extrême et elle est la principale cause d'épidémies en EHPAD et établissements de soins.
Urgence de santé publique
Un seul patient atteint de gale croûteuse peut déclencher une épidémie institutionnelle touchant des dizaines ou centaines de personnes (résidents, soignants, familles). Tout diagnostic doit entraîner immédiatement : isolement du patient, traitement simultané des contacts, décontamination de l'environnement et signalement à l'équipe soignante ou à l'ARS selon le contexte.
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Gale profuse chez un sujet agéUne gale traitée à la cortisone : éruption profuseAtteinte hyperkératosique et profuse des mains
Définition et terminologie
Le terme gale norvégienne est historique (première description en Norvège au XIXe siècle) et tend à être abandonné au profit de gale croûteuse (hyperkeratotic scabies) ou gale profuse, qui décrivent mieux la présentation clinique. Le mécanisme commun est l'incapacité du système immunitaire à limiter la colonisation par le sarcopte : les parasites se multiplient librement, atteignant des charges parasitaires exceptionnelles.
Qui est à risque ?
La gale croûteuse survient quasi exclusivement sur un terrain d'immunodépression, qu'elle soit cellulaire ou humorale. Les principaux facteurs de risque sont :
L'infection VIH, surtout avec un taux de CD4 bas (< 200/mm³) — la gale croûteuse peut être révélatrice d'un VIH méconnu. Les hémopathies malignes (leucémies, lymphomes). La greffe d'organe et le traitement immunosuppresseur associé. La corticothérapie systémique prolongée. Les personnes âgées dépendantes, dont l'immunité cellulaire est physiologiquement diminuée. L'application prolongée de dermocorticoïdes puissants sur une gale commune non diagnostiquée peut induire une gale croûteuse localisée. Enfin, certaines maladies neurologiques (spina bifida, lèpre lépromateuse) avec perte de sensibilité peuvent empêcher le grattage, favorisant la prolifération parasitaire.
À savoir
Chez un patient immunocompétent, l'application de dermocorticoïdes puissants sur une gale méconnue (fréquente erreur diagnostique) peut transformer une gale commune en gale croûteuse localisée (scabies incognita). Ne jamais prescrire de dermocorticoïdes sans avoir éliminé une gale.
Présentation clinique : comment reconnaître la gale croûteuse ?
Lésions cutanées caractéristiques
Les lésions de la gale croûteuse sont radicalement différentes de la gale commune. On observe des plaques hyperkératosiques épaisses, de couleur grisâtre ou jaunâtre, recouvrant de larges surfaces cutanées. Contrairement à la gale ordinaire, le dos, le tronc et le cuir chevelu sont atteints. Les paumes et les plantes présentent une kératodermie marquée. Les ongles sont épaissis, friables, décolorés et abritent une quantité massive de sarcoptes et d'œufs.
La face peut être touchée — signe inhabituel dans la gale commune de l'adulte. Les croûtes se desquament spontanément, libérant dans l'environnement des millions de sarcoptes viables, source de la contagiosité extrême de cette forme.
Le prurit : souvent absent
Paradoxalement, la gale croûteuse est souvent peu ou pas prurigineuse. Ce défaut de réaction inflammatoire est lié à l'immunodépression sous-jacente. C'est une source fréquente de retard diagnostique : le patient ne se gratte pas, et le médecin ne pense pas à la gale. L'érythème généralisé ou les plaques hyperkératosiques atypiques sont alors interprétés à tort comme un eczéma, un psoriasis ou une ichtyose.
Contagiosité et risque épidémique
La gale croûteuse est extrêmement contagieuse. La transmission peut se faire par contact direct, mais aussi par simple contact avec l'environnement du patient (draps, vêtements, fauteuil roulant, surfaces). Les sarcoptes dans les croûtes desquamées restent viables plusieurs jours à température ambiante. Un seul patient non diagnostiqué en EHPAD suffit à provoquer une épidémie touchant 20 à 100 personnes en quelques semaines.
C'est pourquoi les épidémies de gale en institution sont quasi systématiquement liées à un ou plusieurs cas de gale croûteuse méconnus. Le dermatologue appelé pour une épidémie institutionnelle doit systématiquement rechercher un ou plusieurs cas index de gale croûteuse parmi les résidents et patients.
Traitement de la gale croûteuse
Association ivermectine + acaricide topique
La gale croûteuse ne peut pas être traitée par un seul traitement topique. Le traitement de référence associe obligatoirement :
1. Ivermectine orale (Stromectol® 3 mg, génériques) : 200 µg/kg en prise unique, à répéter à J8 et souvent à J15. Des protocoles renforcés pour les formes très sévères prévoient jusqu'à 5 à 7 prises espacées d'une semaine. L'ivermectine est peu ovicide : les prises répétées visent à éliminer les éclosions successives d'œufs.
2. Acaricide topique : perméthrine 5 % crème (Topiscab®) ou benzoate de benzyle 10–25 % (Ascabiol®), appliqué sur l'ensemble du corps (y compris cuir chevelu, visage, sous-ongles) et renouvelé à J8.
3. Kératolytiques : acide salicylique à 5–10 %, vaseline salicylée ou urée 10–20 % pour ramollir et éliminer les croûtes, permettant une meilleure pénétration des acaricides. Des bains tièdes avec brossage doux favorisent le décapage des croûtes avant application du topique.
Conseil pour les équipes soignantes
Dans les formes sévères, le traitement doit être appliqué sur la totalité du tégument : cuir chevelu, conduits auditifs externes, régions péri-unguéales et sous les ongles. Les ongles longs doivent être coupés courts avant traitement. La perméthrine doit rester en contact 8 à 12 heures avant rinçage.
Décontamination de l'environnement
La décontamination de l'environnement est impérative et doit être réalisée simultanément au traitement du patient. Literie et vêtements portés dans les 72 heures précédentes doivent être lavés à 60°C minimum ou mis en sac fermé hermétiquement pendant 72 heures (les sarcoptes survivent 24–72 h à distance de l'hôte). Les surfaces non lavables (fauteuils, matelas, tapis) peuvent être traitées avec un acaricide d'environnement (A-PAR® spray) ou exposées au chaud.
Traitement des contacts
Tous les contacts proches (famille, soignants en contact rapproché) doivent être traités simultanément par ivermectine orale + traitement topique, même asymptomatiques. Dans un contexte institutionnel, l'ensemble du personnel et des résidents d'une aile ou d'un étage peut devoir être traité selon le protocole épidémique de l'ARS.
Tableau comparatif : gale commune vs gale croûteuse
Caractéristique
Gale commune
Gale croûteuse
Charge parasitaire
10 à 20 sarcoptes
100 000 à plusieurs millions
Prurit
Intense, nocturne
Absent ou minime
Lésions
Sillons, vésicules perlées
Croûtes hyperkératosiques épaisses
Zones atteintes
Mains, poignets, plis (dos épargné)
Généralisé, dos, cuir chevelu, ongles, face
Contagiosité
Modérée (contact prolongé)
Extrême (contact indirect possible)
Terrain
Immunocompétent
Immunodéprimé, personne âgée
Traitement
Ivermectine J1–J8 ou topique seul
Ivermectine répétée + topique + kératolytique
Suivi et guérison
La guérison de la gale croûteuse est lente et les récidives fréquentes. La disparition des croûtes peut prendre plusieurs semaines après un traitement bien conduit. La guérison est déclarée 4 semaines après la dernière prise, en l'absence de nouvelles lésions actives. Un suivi dermatologique rapproché à J15, J30 et J60 est recommandé. En cas de récidive, rechercher un cas index non traité dans l'entourage ou un échec de décontamination de l'environnement.
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patient immunodéprimé avec croûtes épaisses généralisées
épidémie en établissement médico-social autour d'un cas croûteux
échec du traitement standard de la gale classique
extension rapide à l'entourage malgré traitement en cours
FAQ – Questions fréquentes
Qu'est-ce que la gale croûteuse ou norvégienne ?
C'est une forme sévère de gale avec des millions de sarcoptes, survenant chez les immunodéprimés et personnes âgées. Les croûtes hyperkératosiques épaisses sont peu prurigineuses mais extrêmement contagieuses.
Qui est à risque de développer une gale croûteuse ?
Personnes âgées en EHPAD, patients VIH+, transplantés sous immunosuppresseurs, patients sous corticothérapie prolongée. L'application de dermocorticoïdes sur une gale méconnue peut aussi l'induire.
Comment reconnaître la gale croûteuse ?
Plaques hyperkératosiques épaisses grisâtres sur le tronc, dos, paumes, plantes et cuir chevelu. Ongles épaissis et friables. Peu ou pas de prurit — ce qui retarde souvent le diagnostic.
La gale croûteuse est-elle plus contagieuse ?
Oui, extrêmement. Les croûtes renferment des millions de sarcoptes qui se dispersent dans l'environnement. Un patient non diagnostiqué peut déclencher une épidémie institutionnelle touchant des dizaines de personnes.
Quel est le traitement de la gale croûteuse ?
Ivermectine orale répétée (J1, J8, J15 et souvent plus) + acaricide topique (perméthrine 5 % ou benzoate de benzyle) + kératolytiques. Décontamination de l'environnement et traitement simultané de tous les contacts.
Combien de temps pour guérir ?
La guérison est déclarée 4 semaines après la dernière prise de traitement. Plusieurs cures sont souvent nécessaires. Le suivi dermatologique rapproché à J15, J30 et J60 est indispensable.
Références scientifiques
Leung V et al. Oral ivermectin for the treatment of crusted scabies in an infant. CMAJ. 2023;195(23):E829–E832. PMC PMC10260246
Sunderkötter C et al. Successful treatment of refractory crusted scabies with a combination of oral ivermectin and topical permethrin. J Dtsch Dermatol Ges. 2022. PMC PMC9660564
Salavastru CM et al. European guideline for the management of scabies. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2017;31(8):1248–1253. PMID 28639646
Mis à jour le 29 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
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La larva migrans cutanée — ou dermite vermineuse rampante — est une parasitose cutanée bénigne causée par la migration sous-cutanée de larves d’ankylostomes d’animaux (principalement Ancylostoma braziliense et Ancylostoma caninum, parasites intestinaux du chien et du chat). C’est l’une des dermatoses tropicales les plus fréquentes chez les voyageurs revenant de régions chaudes et humides. Son tableau clinique est très caractéristique et le traitement antiparasitaire est simple et efficace.
💡 À savoir — La larva migrans cutanée n’est pas transmissible d’une personne à l’autre. La larve ne peut pas terminer son cycle chez l’homme (hôte accidentel) : elle erre dans la peau quelques semaines puis meurt. En revanche, elle ne migre jamais vers les organes internes chez l’humain immunocompétent, contrairement aux larves de Toxocara (larva migrans viscérale).
Épidémiologie et zones à risque
La larva migrans cutanée est endémique dans les régions tropicales et subtropicales : Amérique centrale et du Sud (Brésil, Caraïbes, Mexique), Afrique subsaharienne, Asie du Sud-Est, Inde, et côtes méditerranéennes. En France métropolitaine, les cas sont presque exclusivement importés après un séjour à l’étranger. La contamination survient principalement :
Sur les plages de sable chaud et humide souillées par des déjections de chiens ou chats errants
En marchant pieds nus sur un sol terreux ou sablonneux
En s’allongeant directement sur le sol sans protection (serviette insuffisante)
Dans les jardins ou espaces verts fréquentés par des animaux
Les larves d’ankylostomes survivent dans le sol humide et chaud (température > 20 °C) pendant plusieurs semaines. Elles ne résistent pas à la sécheresse, au froid ou à la dessiccation. Le risque est maximal en zone intertropicale, surtout en saison humide.
Physiopathologie
Les œufs d’ankylostomes sont excrétés dans les déjections des animaux parasités (chiens, chats). Dans le sol chaud et humide, ils éclosent en larves de stade L1, qui muent en larves infestantes de stade L3 en quelques jours. Ces larves L3 pénètrent activement dans la peau humaine en quelques minutes à quelques heures de contact, en utilisant leurs enzymes protéolytiques (hyaluronidase, collagénase) pour traverser l’épiderme.
Chez l’hôte accidentel que constitue l’homme, les larves ne peuvent pas franchir la membrane basale pour atteindre les vaisseaux et achever leur cycle (contrairement au chien ou au chat, hôtes définitifs). Elles errent donc dans la jonction épiderme-derme à une vitesse de 2 à 5 cm par jour, laissant derrière elles le sillon caractéristique rempli d’une réaction inflammatoire éosinophilique.
Tableau clinique
Le sillon rampant : signe pathognomonique
Le signe cardinal est un trajet cutané sinueux, progressant de quelques millimètres à quelques centimètres par jour :
Aspect de cordon linéaire ou serpentant, légèrement surélevé, de quelques millimètres de large
Couleur rose à rouge, parfois érythémateux sur son trajet récent
Prurit intense, souvent insupportable, surtout nocturne
La larve se trouve à l’extrémité distale du trajet (en avant du dernier segment visible)
Progression visible d’un jour à l’autre, ce qui permet souvent au patient de « suivre » la larve
Localisations préférentielles
Les zones de contact avec le sol sont les plus touchées : pieds (plante, espaces interdigitaux, chevilles), fesses et cuisses (contact avec le sable), mains et poignets, abdomen et dos (en cas de coucher sur le sol). Des localisations plus rares incluent le cuir chevelu chez les enfants.
Délai d’apparition
Les premiers symptômes apparaissent généralement entre 1 et 5 jours après la contamination, mais le délai peut atteindre plusieurs semaines. Les patients consultent souvent après le retour de voyage, parfois sans faire le lien avec leur séjour tropical si celui-ci date de plusieurs semaines.
ℹ️ Complications possibles — La surinfection bactérienne (impétiginisation) par grattage intense est la complication la plus fréquente. Plus rarement, un syndrome de Löffler (infiltrats pulmonaires éosinophiliques transitoires, toux, dyspnée) peut survenir lors de la migration larvaire — il est exceptionnel avec A. braziliense mais possible. La folliculite éosinophilique est une autre complication rare.
Diagnostic
Le diagnostic de larva migrans cutanée est clinique dans la très grande majorité des cas. Le trajet sinueux progressif, le contexte de voyage tropical et le prurit intense suffisent à poser le diagnostic sans examens complémentaires.
Nodule furonculeux fixe avec larve visible, pas de sillon progressif
Gnathostomose
Migration plus rapide et profonde, œdème migrant, après consommation de poisson cru
Loase
Œdème de Calabar, migration oculaire sous-conjonctivale, Afrique centrale
Dermite de contact
Pas de progression, distribution en rapport avec l’allergène, sans sillon
En cas de doute (tableau atypique, immunodépression), une NFS peut montrer une éosinophilie modérée (30 à 50 % des cas). La biopsie cutanée est rarement nécessaire et souvent décevante (la larve, mobile, est rarement capturée dans le fragment biopsié).
Traitement
Ivermectine — traitement de référence
L’ivermectine per os en dose unique est le traitement de choix, avec un taux de guérison de 94 à 100 % :
Dose : 200 µg/kg en prise unique, à jeun
Forme disponible en France : Stromectol® (comprimés à 3 mg)
Prescription hors AMM dans cette indication (mais largement validée par les recommandations internationales)
Efficacité attendue en 48 à 72 heures (arrêt de la progression, disparition du prurit)
Contre-indiquée chez l’enfant < 15 kg, la femme enceinte et allaitante
Albendazole — alternative efficace
L’albendazole per os est une alternative de premier choix en cas de contre-indication à l’ivermectine ou de non-disponibilité :
Dose : 400 mg/j pendant 3 à 7 jours (certains experts préconisent 800 mg/j en 2 prises)
Forme disponible : Zentel® ou génériques
Taux de guérison : 90 à 95 % selon les séries
À prendre avec un repas gras pour optimiser l’absorption
Traitement local (cas très limités)
Application de tiabendazole crème à 10–15 % (préparation magistrale) pendant 5 à 10 jours sur le trajet. Moins efficace que les traitements systémiques, réservée aux lésions très localisées ou en cas de contre-indication aux traitements per os.
⚠️ Attention — La cryothérapie à l’azote liquide, parfois pratiquée en l’absence de diagnostic précis, est inefficace sur la larva migrans : la larve est toujours en avant du point traité et survit généralement au froid. Elle est à éviter.
Traitement symptomatique du prurit
En attendant l’efficacité de l’antiparasitaire (48 à 72h), antihistaminiques sédatifs (hydroxyzine) le soir et dermocorticoïdes de classe II sur les zones inflammatoires peuvent soulager les démangeaisons.
Prévention
La prévention repose sur des mesures simples lors des séjours en zones à risque :
Porter des chaussures sur les plages et sols potentiellement souillés
Utiliser une serviette épaisse ou un matelas gonflable — pas de contact direct avec le sable
Éviter de s’allonger sur le sable humide, surtout à l’ombre (zone de repos des animaux errants)
Traiter régulièrement les animaux domestiques contre les parasites intestinaux
Questions fréquentes
La larva migrans guérit-elle sans traitement ?
Oui, mais lentement. Les larves d’ankylostomes meurent spontanément chez l’homme en quelques semaines à quelques mois (durée de vie limitée chez l’hôte accidentel). Cependant, le prurit intense peut durer tout ce temps et le risque de surinfection par grattage est réel. Le traitement antiparasitaire (ivermectine) permet une guérison en 2 à 3 jours et est donc toujours préférable à l’abstention.
Peut-on attraper la larva migrans en France métropolitaine ?
C’est exceptionnel en France métropolitaine, les conditions climatiques étant généralement insuffisantes pour la survie larvaire. Quelques cas ont été rapportés sur les côtes méditerranéennes ou atlantiques en été, en lien avec des plages fréquentées par des animaux non traités. Les rares cas autochtones concernent surtout les enfants jouant dans des bacs à sable souillés. L’immense majorité des cas diagnostiqués en France sont importés après un voyage tropical.
La larva migrans est-elle contagieuse pour les autres membres de la famille ?
Non, elle n’est pas transmissible entre personnes. La larve ne se multiplie pas dans la peau humaine et ne peut pas passer d’une personne à une autre. En revanche, si plusieurs membres de la famille ont été exposés sur le même terrain (même plage, même sol), ils ont pu être contaminés indépendamment et doivent tous être examinés.
Caumes E, et al. Efficacy and tolerability of ivermectin in patients with enterobiasis, hookworm infection, and trichuriasis. Br J Dermatol. 1993;128(5):581-582. PMID: 8504068.
Monsel G, Caumes E. Dermatoses tropicales au retour de voyage. Rev Prat. 2015;65(3):345-352. PMID: 26027009.
Société Française de Dermatologie (SFD) / Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF). Prise en charge des dermatoses tropicales d’importation. 2020. Disponible sur sfdermato.org
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Peut-on porter un vêtement neuf sans le laver?
Vous venez d’acheter un t-shirt, une robe, une chemise? Faut-il le laver avant de le porter? Quels sont les risques si vous le portez sans le laver?
En voyant les vêtements pliés, emballés, neufs, vous pensez qu’il n’y a pas de risque à les porter. Mais est-ce bien le cas?
Sarcopte vu au microscope
Produits toxiques dans les vetements neufs
Si l’Union Européenne interdit l’usage de beaucoup de produits toxiques ce n’est pas le cas dans beaucoup d’autres pays et le T shirt made in Portugal peut juste avoir été fini au Portugal mais provenir de tissus chinois ou coloré dans d’autres pays…
Ainsi on peut trouver du plomb, du chrome, du nickel, des colorants azoïques, des résines formaldéhyde, des teintures toxiques interdites en Europe
Les points les plus sensibles du corps sont là où le vêtement est en contact et frotte contre la peau ainsi que dans les zones de transpiration : le ventre, le cou, les cuisses, les aisselles.
Ce risque concerne aussi les vêtements bio : la mention « bio » signifie simplement que les fibres utilisées sont biologiques. Cela ne garantit pas l’absence de traitement par des produits « chimiques » sur les fibres ensuite.
Deux types de manifestations peuvent se produire :
Allergie à un produit
Deux allergènes responsables d’allergie au contact des vêtements neufs sont les teintures et la résine formaldéhyde (qui empêche notamment le coton de plisser).
Elle est probablement très faible, mais la pénétration du plomb ou du chrome, notamment en cas de transpiration est un risque potentiel
Les agents biologiques : gale, poux, moisissures, virus…
Au-delà des produits chimiques, un produit textile peut avoir été essayé plusieurs fois, même s’il est emballé et plié, notamment en cas de vente par Internet. De même, un vêtement peut avoir été replié sur les présentoirs dans un magasin mais avoir été essayé peu de temps avant. Les vêtements empilés peuvent se contaminer entre eux…
On peut donc craindre une contamination par la gale, les poux (de cheveux ou de corps parfois)…
Par ailleurs, en cas d’humidité ambiante, des moisissures peuvent persister au sein des fibres textiles
Enfin, si un vêtement vient d’être essayé, il peut encore porter des virus et transmettre un rhume, une grippe…
Alors comment laver les vêtements?
Idéalement il faut les laver deux fois pour limiter le portage de substances chimiques notamment.
La gale et les poux quant à eux ne résistent pas au delà de 60°C
Enfin, pour éviter que le textile ne se décolore ou ternisse, il est possible de faire tremper le vêtement dans de l’eau froide avant la machine à laver.
Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
Télécharger un guide complet au format PDF :
Stromectol® est un antiparasitaire oral à base d’ivermectine (3 mg par comprimé), remboursé à 65 % sur prescription médicale. Il est utilisé dans le traitement de la gale, y compris les formes profuses et les situations épidémiques.
Posologie de Stromectol® selon le poids
Stromectol® est pris à la dose de 200 µg/kg de poids corporel en prise unique orale, à jeun (au moins 2 heures avant ou après un repas). La dose varie selon le poids :
Poids
Nombre de comprimés
15 – 24 kg
1 comprimé
25 – 35 kg
2 comprimés
36 – 50 kg
3 comprimés
51 – 65 kg
4 comprimés
66 – 79 kg
5 comprimés
Une seconde dose est nécessaire 8 à 14 jours après la première pour couvrir les œufs non détruits par la première prise. En cas de gale profuse ou croûteuse, une association avec un traitement local (Ascabiol®, Topiscab®) peut être prescrite.
Contre-indications
⚠️ Stromectol® est contre-indiqué chez : les enfants de moins de 15 kg, les femmes enceintes et allaitantes, et les personnes allergiques à l’ivermectine ou à l’un des excipients.
Questions fréquentes sur Stromectol®
Stromectol® est-il remboursé par la Sécurité sociale ?
Oui, Stromectol® (ivermectine 3 mg) est remboursé à 65 % par l’Assurance maladie en France sur prescription médicale pour le traitement de la gale.
Peut-on prendre Stromectol® pendant la grossesse ?
Non, Stromectol® est contre-indiqué pendant la grossesse et l’allaitement. En cas de gale chez une femme enceinte, le médecin privilégie un traitement local comme l’Ascabiol® (benzoate de benzyle).
Faut-il traiter tout l’entourage en même temps que Stromectol® ?
Oui, tout le foyer et les contacts proches doivent être traités simultanément, même en l’absence de symptômes. Le linge et la literie doivent être lavés à 60°C ou isolés en sac pendant 72 heures.
Quels sont les effets secondaires de Stromectol® ?
Les effets indésirables les plus fréquents sont : nausées, vomissements, diarrhées, vertiges et réactions cutanées légères. Ces effets sont généralement transitoires. En cas de symptômes neurologiques, consultez rapidement un médecin.
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