NOUVEAU! 🩺 Téléchargez le livre "La peau de l'intérieur" : règles d'or pour une approche médicale et naturelle / soigner sa peau de l'intérieur (intestin-peau, cerveau-peau...)
Téléchargez →
Dermatoses annulaires : lésions en anneaux sur la peau
La présence de lésions annulaires ou d’anneaux ronds sur la peau est fréquente et il est parfois difficile d’en faire le diagnostic. Il est important de consulter devant l’apparition d’anneaux sur la peau
Les anneaux peuvent être nombreux ou pas, démanger, rester stables ou s’étendre progressivement, avoir une bordure infiltrée, guérir ou desquamer au centre… tous ces éléments sont importants pour en faire le diagnostic par le médecin
Diagnostics
Il existe de nombreuses causes possibles de lésions annulaires sur la peau, voici une liste non exhaustive :
mycose, c’est probablement la cause la plus fréquente, encore appelée dermatophytie ou herpes circiné. Elle est fréquemment transmise par les animaux (chats++, hamster…). Elle se présente souvent sous la forme d’une lésion annulaire avec une bordure rougeâtre souvent squameuse et une peau guérie à l’intérieur.
Pityriasis rosé de Gibert : affection bénigne de la peau caractérisée par l’apparition d’une plaque initiale, appelée « médaillon initial », suivie d’autres lésions annulaires plus petites sur le tronc et les membres.
Pityriasis rosé de Gibert
Mycose fongoïde au stade précoce : une forme de lymphome cutané caractérisée par l’apparition de lésions cutanées initiales sous forme de plaques annulaires ou arciformes.
psoriasis annulaire, forme de psoriasis caractérisée par des lésions cutanées annulaires, souvent avec une bordure épaissie et une peau squameuse à l’intérieur de l’anneau
urticaire annulaire : éruption papuleuse qui démange beaucoup en général
Urticaire en anneaux
Erythème annulaire centrifuge de Darier, caractérisée par des lésions annulaires rouges qui s’étendent progressivement vers l’extérieur. Sa cause n’est pas bien connue et son traitement est mal codifié.
Érythème migrant de la maladie de Lyme : c’est la manifestation cutanée initiale de la maladie de Lyme, une infection bactérienne transmise par les tiques. La lésion est généralement une plaque rouge annulaire qui s’élargit progressivement, avec une zone centrale plus pâle.
Érythème polymorphe : réaction cutanée inflammatoire aiguë caractérisée par des lésions en forme d’anneau ou de cible. Elle peut être déclenchée par des infections virales, des médicaments, des réactions allergiques ou des facteurs environnementaux.
Granulome annulaire : caractérisé par la présence de papules ou de nodules annulaires indolores, souvent avec une surface lisse.
Sarcoïdose : maladie inflammatoire granulomateuse qui peut affecter différents organes, y compris la peau. La sarcoïdose cutanée peut se présenter avec des lésions annulaires.
Infection à mycobactéries atypiques (ex. : Mycobacterium marinum donnant le nodule des aquariophiles) : infection causée par des mycobactéries atypiques qui peuvent entraîner des lésions cutanées annulaires.
Érythème noueux : réaction inflammatoire cutanée qui se manifeste par l’apparition de nodules sous-cutanés douloureux, parfois en forme d’anneau.
Mastocytose cutanée : prolifération anormale des mastocytes dans la peau, pouvant entraîner des lésions cutanées, y compris des lésions annulaires.
Maladie de Buerger (thromboangéite oblitérante) : vascularite ou maladie inflammatoire des vaisseaux sanguins qui peut entraîner une occlusion des vaisseaux, provoquant des lésions cutanées, y compris des lésions annulaires.
Conduite à tenir
Devant une dermatose annulaire, vu l’étendue des diagnostics possibles, il faut consulter et souvent effectuer une biopsie de peau.
Traitement
Le traitement est celui de la cause : antifongiques en cas de mycose, antihistaminiques en cas d’urticaire…
Red Scrotum Syndrome ou « peau des couilles rouge »
Le syndrome du scrotum rouge ou dysesthésie génitale masculine, est une affection chronique affectant avec prédilection les hommes d’origine caucasienne âgés de plus de 50 ans. Il se caractérise par une rougeur du scrotum (vulgairement, la « peau des couilles ») voire de la base ventrale du pénis associé à une sensation de brûlure
maladie de Paget ne brule pas, ne concerne pas tout le scrotum, au moins au début
Cause
La cause est mal connue, il est possible que les dermocorticoides appliqués en excès puissent jouer un role comme dans le red skin syndrome, une dermatose dont l’entité est controversée, lié à une utilisation anormale des cremes à la cortisone de façon abusive ou inappropriée. On l’appelle aussi « syndrome de la peau brûlante » ou de la « peau en feu » et de « dermatite due à la cortisone ». Il touche surtout les femmes et il est observé à l’arrêt des dermocorticoïdes appliqués sur une très longue période (plusieurs mois d’utilisation quotidienne).
Il pourrait être en rapport avec une atteinte neuropathique périphérique des petites fibres d’un ou plusieurs nerfs de la région urogénitale : branche génitale du nerf génito-fémoral, branches scrotales postérieures du nerf périnéal, branche du nerf pudendal…
Le syndrome du scrotum rouge présente certaines similitudes avec :
l’érythromélalgie : rouge vif, sensation associée de brûlure, soulagement par le froid et absence d’efficacité des dermocorticoïdes et du tacrolimus ;
les “dynies” ou syndromes de douleurs régionales chroniques qui tendent à toucher les régions orocervicales et urogénitales (glossodynies, vulvodynies, orchidynies, coccygodynies, proctodynies et scrotodynies).
Traitement
Le traitement repose sur l’arrêt des dermocorticoïdes, des soins d’hygiène doux et les traitements sont surtout par voie orale : doxycycline (100 mg/j durant 2 à 3 mois), gabapentine ou prégabaline à doses progressivement croissantes, association doxycycline et amitriptyline.
Boutons entre les fesses : causes, diagnostic et traitement par le dermatologue
Les boutons entre les fesses — dans le sillon interfessier ou la raie des fesses — sont une plainte fréquente en consultation dermatologique, souvent tardive parce que la localisation intimide. La zone est anatomiquement défavorable : occlusion permanente, frottements, chaleur, macération, contact avec les sécrétions péri-anales. Cette combinaison crée un terrain propice à une grande variété de pathologies — des plus banales aux plus spécifiques — dont certaines nécessitent une prise en charge rapide et ciblée. Ne pas confondre folliculite superficielle passagère et maladie de Verneuil débutante peut faire toute la différence sur le long terme.
Bouton persistant, abcès récidivant ou lésion entre les fesses qui ne guérit pas ?
Un diagnostic précis est indispensable avant tout traitement. Consulter le Dr Rousseau en téléconsultation →
1. Pourquoi a-t-on des boutons dans la raie des fesses ?
Le rêve, des fesses sans boutons
La peau du sillon interfessier — communément appelée la raie des fesses — est soumise à des contraintes mécaniques et environnementales particulières qui la rendent vulnérable à de nombreuses pathologies :
Occlusion permanente : les deux versants fessiers compriment en permanence la peau et les follicules pileux, créant un microclimat chaud et humide favorable à la macération et à la prolifération bactérienne et fongique
Frottements répétés : la marche, la position assise prolongée (métiers sédentaires, télétravail) génèrent des micro-traumatismes folliculaires répétés
Pilosité particulière : dans cette zone, les poils ont tendance à pousser en direction du sillon et à s’y enfoncer, favorisant l’occlusion folliculaire et la formation de kystes
Proximité anale : la contamination bactérienne fécale modifie le microbiome local et favorise les surinfections
Sudation : les glandes sudoripares apocrines, nombreuses dans cette région, sécrètent en continu et contribuent à la macération
Physiopathologie — l’occlusion folliculaire au cœur du problème
La plupart des pathologies du sillon interfessier partagent un mécanisme commun : l’occlusion folliculaire. Qu’il s’agisse d’une simple folliculite, d’un kyste pilonidal ou d’une maladie de Verneuil débutante, le point de départ est souvent le même — un follicule pileux obstrué par la kératine, qui s’infecte secondairement. C’est ce mécanisme partagé qui explique l’association fréquente entre ces entités, aujourd’hui regroupées sous le terme de tétrade d’occlusion folliculaire.
2. Démarche diagnostique
Le médecin — et en particulier le dermatologue — est le meilleur interlocuteur pour diagnostiquer et traiter efficacement les boutons de la raie des fesses. L’aspect des lésions, leur ancienneté, leur caractère récidivant ou non, la présence de cicatrices, la douleur, le contexte (activité, rapports sexuels) sont autant d’éléments qui orientent le diagnostic.
L’examen clinique peut être complété par :
Un prélèvement cutané — écouvillonnage ou ponction indolore du contenu des lésions — pour mise en culture bactériologique et/ou mycologique au laboratoire
Des sérologies en cas de suspicion d’IST (syphilis, HSV, HPV)
Une échographie des parties molles — utile pour évaluer la profondeur des abcès, tracer les trajets fistuleux et distinguer kyste pilonidal de maladie de Verneuil
Une biopsie en cas de lésion atypique, résistante ou suspecte de néoplasie
3. Les principales causes par type de lésion
Boutons sans rougeur ni suintement (lésions bénignes superficielles)
Diagnostic
Aspect caractéristique
À savoir
Folliculite superficielle
Petites pustules centrées sur un poil, rouges à leur base
Très fréquente, souvent favorisée par l’épilation ou la macération. Généralement bénigne et transitoire
Kyste épidermoïde
Boule ferme sous la peau, non douloureuse au repos, avec parfois un point noir central (comédon)
Peut s’enflammer et s’abcéder. Traitement chirurgical si récidivant
Vésicules douloureuses en bouquet sur fond érythémateux, évoluant vers des érosions
HSV-2 le plus souvent. Récidivant. Traitement antiviral (aciclovir, valaciclovir)
Syphilis (chancre ou syphilides)
Ulcération indurée indolore (primaire) ou papules cuivrées (secondaire)
À évoquer systématiquement devant toute ulcération péri-anale. Sérologie TPHA/VDRL
Hémorroïdes
Les hémorroïdes externes thrombosées se présentent comme une tuméfaction bleutée, douloureuse, à la marge anale. Les hémorroïdes internes extériorisées peuvent être confondues avec d’autres lésions. Elles relèvent d’une prise en charge proctologique spécifique.
4. Maladie de Verneuil et kyste pilonidal : le lien méconnu
Le sillon interfessier est l’une des localisations les plus importantes de la maladie de Verneuil (hidradénite suppurée), maladie chronique inflammatoire de l’unité pilo-sébacée. Ce lien est aujourd’hui bien documenté scientifiquement.
Dans une étude multicentrique internationale portant sur 2 465 patients atteints de maladie de Verneuil, 27 % présentaient des lésions dans le pli interfessier — et parmi eux, 78 % avaient un kyste pilonidal associé. Les auteurs suggèrent que le kyste pilonidal pourrait être une forme localisée de la maladie de Verneuil, partageant les mêmes mécanismes d’occlusion folliculaire — Benhadou et al., Br J Dermatol 2019 (PMID 30919434).
Une étude histologique et immunohistochimique a montré que kyste pilonidal et hidradénite suppurée partagent les mêmes caractéristiques — hyperplasie folliculaire, infiltrat inflammatoire mixte, sinus fistuleux secondaires — plaidant pour une physiopathologie commune — von Laffert et al., Dermatology 2011 (PMID 22269798).
Plus récemment, une étude espagnole de 839 patients a montré qu’un antécédent de kyste pilonidal est associé à une forme plus sévère de maladie de Verneuil, avec un stade Hurley plus élevé et plus de fistules — Ureña-Paniego et al., Acta Derm Venereol 2023 (PMID 37766657).
Ce que cela change en pratique
Un patient qui consulte pour un kyste pilonidal récidivant doit faire l’objet d’un examen dermatologique complet à la recherche d’autres signes de maladie de Verneuil — notamment au niveau des aisselles, de l’aine et du périnée. Un kyste pilonidal peut être la sentinelle d’une hidradénite suppurée débutante, dont le diagnostic précoce change radicalement le pronostic. Le délai diagnostique moyen de la maladie de Verneuil est de 7 à 10 ans — trop souvent parce que les lésions du sillon interfessier sont attribuées à tort à une simple infection localisée.
Abcès récidivants, fistules ou cicatrices entre les fesses ?
C’est le signal d’alarme de la maladie de Verneuil — une consultation dermatologique spécialisée s’impose. Prendre rendez-vous en téléconsultation →
5. IST et lésions du sillon interfessier
La zone anale et le sillon interfessier peuvent être le siège d’infections sexuellement transmissibles, que les rapports soient anaux ou non. Certaines IST passent inaperçues à cette localisation ou sont diagnostiquées tardivement.
Les condylomes (HPV types 6 et 11) peuvent se développer dans la raie des fesses et autour de l’anus, même sans rapport anal — par simple contact cutané péri-génital
L’herpès péri-anal est souvent méconnu car les vésicules sont fugaces et rapidement remplacées par des érosions douloureuses
La syphilis peut se manifester par un chancre indolore dans le sillon interfessier (syphilis primaire) ou par des papules cuivrées (syphilis secondaire) — à évoquer devant toute ulcération péri-anale, y compris chez les personnes hétérosexuelles
Important : dépistage IST
Toute lésion du sillon interfessier d’allure suspecte, accompagnée de brûlures, de prurit intense ou d’antécédents d’IST, justifie un bilan infectieux complet incluant sérologies syphilis, VIH, et prélèvements HPV/HSV selon le contexte. Le médecin traitant ou un centre de dépistage peuvent réaliser ce bilan rapidement.
6. Principes de traitement
Il n’existe pas de traitement universel des boutons entre les fesses — le traitement dépend entièrement du diagnostic. Le tableau suivant résume les grandes orientations thérapeutiques selon la cause :
Cause
Traitement de référence
Remarques
Folliculite superficielle
Antiseptique local (chlorhexidine), savon antibactérien, antibiothérapie locale si surinfection
Éviter l’épilation traumatisante. Préférer la crème dépilatoire ou le laser définitif
Furoncle / anthrax
Incision-drainage + antibiothérapie (amoxicilline-acide clavulanique ou clindamycine)
Antibiothérapie locale (acide fusidique, mupirocine) ou systémique si étendu
Contagieux — précautions d’hygiène strictes pendant le traitement
Mesures hygiéniques communes à toutes les causes
Maintenir la zone propre et sèche — une toilette quotidienne douce suffit
Éviter les sous-vêtements synthétiques serrés — privilégier le coton ample
Limiter la position assise prolongée sans pause — se lever régulièrement
En cas de poils abondants dans cette zone : envisager une épilation définitive au laser pour réduire le risque de folliculites et de kyste pilonidal récidivant
Ne jamais comprimer ou percer soi-même les lésions abcédées — risque de diffusion infectieuse
Bouton persistant ou récidivant entre les fesses, sans diagnostic clair ?
Le Dr Rousseau vous reçoit en téléconsultation pour examiner les photos, orienter le diagnostic et proposer un traitement adapté — sans délai. Prendre rendez-vous en téléconsultation →
Questions fréquentes
Comment savoir si mes boutons entre les fesses sont liés à une IST ?
Plusieurs éléments orientent vers une IST : apparition dans les semaines suivant un rapport sexuel (même non anal), lésions vésiculeuses ou ulcérées douloureuses (herpès), petites excroissances molles indolores (condylomes), ulcération indurée indolore (syphilis). En cas de doute, une consultation médicale avec sérologies et prélèvements est indispensable. Rappelons que les condylomes peuvent se transmettre par simple contact cutané génital, sans pénétration.
Un kyste pilonidal peut-il annoncer une maladie de Verneuil ?
Oui — et c’est une des découvertes majeures de la dermatologie de ces dernières années. Plusieurs études de grande envergure montrent qu’un tiers des patients atteints de maladie de Verneuil ont des antécédents de kyste pilonidal, et que la présence d’un kyste pilonidal est un marqueur de sévérité de l’hidradénite suppurée. Face à un kyste pilonidal récidivant, le dermatologue recherche systématiquement des signes associés de maladie de Verneuil dans les autres localisations (aisselles, aine, périnée).
Faut-il s’épiler entre les fesses pour éviter les boutons ?
L’épilation de la zone interfessière peut réduire le risque de folliculites et de kyste pilonidal récidivant, en limitant l’occlusion folliculaire par les poils. Cependant, l’épilation mécanique (rasoir, cire) peut elle-même provoquer des folliculites si elle est traumatisante. Le laser épilation définitive est la méthode la mieux validée dans ce contexte — plusieurs études montrent une réduction du taux de récidive des kystes pilonidaux après épilation laser de la zone sacrée.
Peut-on confondre hémorroïdes et boutons entre les fesses ?
Oui, fréquemment. Les hémorroïdes externes thrombosées se présentent comme une tuméfaction bleutée, douloureuse, à la marge anale — parfois confondue avec un furoncle ou un abcès. Les hémorroïdes internes prolabées peuvent ressembler à des excroissances cutanées. Le médecin fait la distinction cliniquement, parfois à l’aide d’une anuscopie. Le traitement est très différent selon la nature exacte de la lésion.
Quand faut-il consulter en urgence ?
Une consultation urgente s’impose en cas de : fièvre associée à un abcès (risque de cellulite ou fasciite nécrosante), douleur intense et rapidement progressive, apparition d’un large empâtement chaud et rouge s’étendant rapidement autour de la lésion, ou ulcération profonde saignante. Ces signes peuvent indiquer une infection profonde nécessitant une prise en charge hospitalière.
Boutons qui démangent sur l’anus et autour de l’anus
Le rêve, des fesses sans boutons
Pourquoi a-t-on des boutons de l’anus?
L’anus est situé au fond d’un pli, appelé sillon interfessier ou communément la raie des fesses, soumise à une occlusion récurrente et une macération, notamment lorsqu’on exerce une activité sédentaire qui oblige à rester assis longtemps. Qui plus est l’anus peut rester souillé par les selles.
L’occlusion de la peau et des poils favorise le développement d’infections des poils appelés folliculites, d’abces, de kystes…
Qui plus est, la zone anale peut être le siège d’infections sexuellement transmissibles, par le biais des rapports sexuels, qu’ils soient anaux (sodomie), ou non.
Diagnostic
Le meilleur interlocuteur pour diagnostiquer et traiter efficacement les boutons de l’anus est donc votre médecin car celui-ci tentera de diagnostiquer le type de boutons entre les fesses, parfois au moyen d’un prélèvement cutané (notamment par prélèvement indolore de la substance contenue dans les boutons pour mise en culture au laboratoire).
Il proposera ensuite un traitement adapté au type de boutons de la raie
Une consultation est donc indispensable et le médecin va envisager plusieurs diagnostics parmi lesquels on peut citer :
Rougeur du gland bénigne à plasmocytes, décrite par le Dr Zoon en 1952
Fait partie des rougeurs du gland qui résistent aux traitements locaux (antifongiques, corticoides… )
Exclusivement homme non circoncis à partir de 40 ans.
Cause inconnue, sorte d’auto inflammation sous un prépuce recouvrant. Le manque d’hygiene et le tabac joueraient un role favorisant
Signes cliniques
Plaque rouge du gland, lisse, brillante et humide « comme un vernis en train de sécher » avec image en miroir sur le prépuce, localisée, bien délimitée,
Plaque stable et fixe.
Examens complémentaires
Histologie par biopsie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau ou de muqueuse sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
Traitement
Circoncision curative et préventive
La circoncision est le traitement de la balanite de Zoon
Les traitements locaux sont souvent inefficaces
Toilette douce
En savoir plus
Faire une recherche au sujet de cette pathologie sur Pubmed
Rougeurs sur le sexe : causes, diagnostic et traitement
Candidose du gland — première cause de rougeur génitale chez l’homme
Se découvrir des rougeurs sur le sexe est souvent source d’inquiétude. Elles peuvent toucher le gland, le prépuce, le corps de la verge ou les bourses chez l’homme, la vulve, les grandes lèvres ou le pubis chez la femme. Contrairement aux boutons ou lésions saillantes, il s’agit ici d’un érythème diffus ou de plaques rouges planes, avec ou sans démangeaisons.
💡 Si vous présentez des boutons, vésicules, ulcères ou excroissances plutôt que des rougeurs planes, consultez notre article sur les lésions et boutons sur le sexe.
Pas de rendez-vous disponible rapidement ? Le Dr Rousseau analyse vos lésions en téléconsultation vidéo — souvent le jour même ou le lendemain. 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Lors de la consultation, le médecin recueille vos antécédents (maladies, traitements en cours) et fait le point sur les lésions : date de début, signes associés (démangeaisons, odeur, pertes, brûlures à la miction, rapports non protégés…). Il vous examinera avec une lampe grossissante ou un dermoscope et évaluera la contagiosité éventuelle.
Questions types posées :
Y a-t-il des démangeaisons ? Des brûlures ?
Une odeur nauséabonde (type poisson) ?
Des pertes vaginales ou un écoulement ?
Avez-vous des antécédents de psoriasis ou d’eczéma ?
Des rapports non protégés récents ?
Chez l’homme : votre prépuce est-il long et recouvrant ?
Un prélèvement bactériologique et mycologique peut être réalisé. Certaines lésions nécessiteront une biopsie si elles persistent malgré le traitement.
Tableau d’orientation selon l’aspect des rougeurs
Aspect de la rougeur
Penser à
Urgence ?
Rougeur diffuse prurigineuse du gland, exsudat blanchâtre
Rougeurs indolores du gland, prurit modéré, chez patient non circoncis
Streptocoque du groupe B ou D
🟡 Consultation — prélèvement + antibiotique local
Tache rouge vif, lisse, luisante, bien délimitée, résistant aux antifongiques
Bowen / érythroplasie de Queyrat, Paget
🔴 Biopsie urgente
Rougeur persistante + plaque infiltrée sur lichen scléreux
Carcinome épidermoïde
🔴 Biopsie urgente
Rougeur après rapport, disparaissant en 24–48 h
Irritation mécanique, allergie au latex ou lubrifiant
🟢 Éviction — consultation si récidive
Infections responsables de rougeurs génitales
Candidose génitale (mycose)
La mycose du sexe à Candida albicans est la première cause de balanite infectieuse chez l’homme et de vulvovaginite chez la femme. Elle provoque une rougeur diffuse, prurigineuse, avec exsudat blanchâtre crémeux.
Candidose du gland
Candidose du pénis
Candidose vaginale
Favorisée par le diabète, la prise d’antibiotiques, l’immunodépression, la macération (prépuce long). Traitement : antifongique azolé topique (éconazole, clotrimazole) ± traitement oral selon la sévérité.
Infections bactériennes
Streptocoques (groupe B ou D)
La rougeur du gland ou de la vulve peut être due à des streptocoques — souvent de contamination sexuelle (rapports oro-génitaux ou ano-génitaux). Les rougeurs sont sèches et diffuses. Le diagnostic repose sur un prélèvement bactériologique avec culture montrant de nombreuses colonies (les streptocoques sont parfois saprophytes en faible quantité). Traitement : antibiotique local le plus souvent suffisant.
Germes anaérobies — Gardnerella vaginalis
Responsable de rougeurs profuses et suintantes, à l’odeur nauséabonde caractéristique (odeur de « poisson »). Il n’est pas rare d’observer une urétrite associée (brûlures à la miction). Traitement : métronidazole (Flagyl®) 500 mg/j pendant 7 jours par voie orale. En l’absence de rougeurs mais avec pertes malodorantes, on parle de vaginose bactérienne.
Balanite érosive de Berdal et Bataille
Balanite érosive circinée polymicrobienne liée à la macération chez l’homme non circoncis — très récidivante. Le traitement repose sur l’assèchement local, voire une circoncision (posthectomie) en cas de récidives fréquentes.
Balanite de Zoon (balanite à plasmocytes)
Rougeur chronique du gland chez l’homme non circoncis de plus de 50 ans — plaque rouge brun, lisse, brillante, indolore. Diagnostic histologique. Traitement : propionate de clobétasol topique ou circoncision. Voir : balanite de Zoon.
Infections parasitaires
Trichomonas vaginalis
Parasite responsable de rougeurs profuses et érosives, recouvertes de pertes blanchâtres avec enduit purulent d’odeur nauséabonde. Une urétrite associée est fréquente (brûlures à la miction). Traitement : métronidazole 2 g en prise unique. Les deux partenaires doivent être traités simultanément.
Certaines IST se manifestent davantage par des boutons, ulcères ou vésicules que par de simples rougeurs. Pour le détail clinique et diagnostique complet :
Maladies de peau responsables de rougeurs génitales
Psoriasis génital
Le psoriasis touche la région génitale chez 60 % des patients psoriasiques. Dans cette localisation, les squames sont absentes (peau fine et humide) : on observe des plaques rouges bien délimitées, symétriques, parfois prurigineuses, pouvant s’étendre aux plis inguinaux et interfessiers. Le caractère suintant évoque une surinfection bactérienne. Traitement : dermocorticoïdes de faible puissance, ± traitement systémique dans les formes sévères.
Eczéma de contact génital
Des eczémas allergiques de contact peuvent toucher le pénis et la vulve en réaction à :
Contact direct : latex des préservatifs, produits d’hygiène intime, désinfectants, antifongiques topiques, matière des sous-vêtements (lycra), protège-slips.
Contact indirect : par portage manuel (vernis à ongles, produits chimiques) ou par les rapports sexuels (lubrifiants intimes, sperme, allergènes transmis par le partenaire).
Chez la femme, l’eczéma de la vulve forme des placards rouges secs des versants externes (pubis, racine des cuisses) avec respect des plis. La peau est fripée, parfois vésiculeuse, à bords émiettés — sans atteinte vaginale ni débord anal. Le diagnostic est confirmé par des patch tests. Traitement : dermocorticoïdes + éviction de l’allergène + limitation eau et savon.
Lichen plan génital
Dermatose auto-immune médiée par les lymphocytes T. Chez l’homme : plaques ou anneaux érythémateux du gland à centre atrophique. Chez la femme : lésions érosives douloureuses de la vulve et du vagin. Rechercher systématiquement une atteinte buccale associée. Des associations avec les hépatites B et C ont été rapportées — un bilan hépatique est recommandé. Biopsie souvent nécessaire. → Voir : lichen plan.
Lichen scléreux
Dermatose auto-immune chronique évoluant vers des plaques blanches nacrées et atrophiques, avec prurit intense, fissures et, à terme, destruction progressive de l’architecture génitale. Risque de carcinome épidermoïde à long terme sans traitement. Traitement : propionate de clobétasol + suivi dermatologique régulier à vie. → Voir la section cancers ci-dessous.
Aphtes génitaux
Ulcérations douloureuses récidivantes de la muqueuse génitale, analogues aux aphtes buccaux. Peuvent s’inscrire dans une maladie de Behçet (aphtes génitaux + aphtes buccaux + uvéite) — bilan rhumatologique indiqué si récidives. → Aphtes — causes et traitement.
Érythème pigmenté fixe
Éruption médicamenteuse caractérisée par une ou plusieurs plaques rouges, œdémateuses, récidivant toujours au même endroit à chaque prise du médicament responsable. Les organes génitaux sont une localisation fréquente. La plaque guérit en laissant une macule brun-ardoisée persistante. → Érythème pigmenté fixe.
Cancers génitaux se présentant comme une rougeur
⚠️ Toute tache rouge persistant plus de 3 semaines malgré un traitement antifongique ou dermocorticoïde doit faire l’objet d’une biopsie.
Sur lichen scléreux : plaque rouge infiltrée saignotante. Sur VIN (HPV) : zone épaissie sur fond érythémateux. Ulcération persistante
Biopsie urgente — chirurgie ± radiothérapie. Pronostic lié à la précocité
⚠️ Carcinome vulvaire : 80 % se développent sur un lichen scléreux non ou mal traité. 20 % sur VIN (néoplasie intra-épithéliale) HPV-induite. Les carcinomes épidermoïdes vulvaires représentent 3 à 5 % des cancers gynécologiques.
Irritations et traumatismes génitaux
Une rougeur génitale peut avoir une cause purement mécanique ou chimique, sans infection :
Toilette trop méticuleuse avec savons détergents ou antiseptiques — détruisent le film cutané protecteur
Coïts prolongés ou brutaux — rougeur post-coïtale disparaissant spontanément en 24–48 h
Sport intensif (cyclisme, course à pied) — frottements et macération
Épilation / rasage du pubis — folliculite et irritation de contact
Produits topiques en automédication : antiseptiques, antifongiques sans prescription — peuvent entretenir ou aggraver l’irritation
Quelle est la cause la plus fréquente de rougeur sur le gland ?
La candidose génitale est la première cause de balanite infectieuse chez l’homme — rougeur diffuse prurigineuse avec exsudat blanchâtre. Elle est favorisée par la macération (prépuce long), le diabète et la prise d’antibiotiques. Un antifongique azolé topique suffit dans la majorité des cas.
Comment distinguer une mycose d’un psoriasis génital ?
La mycose donne une rougeur avec exsudat blanchâtre crémeux, prurit intense, s’améliorant sous antifongique en 48–72 h. Le psoriasis génital donne des plaques rouges sèches, bien délimitées et symétriques, sans squames (peau fine), résistant aux antifongiques mais sensibles aux dermocorticoïdes. L’absence d’amélioration après 5–7 jours de traitement antifongique doit faire reconsidérer le diagnostic.
Quand une rougeur génitale peut-elle être un cancer ?
Une tache rouge lisse, luisante, bien délimitée, indolore et résistant à tous les traitements locaux (antifongiques, dermocorticoïdes) pendant plus de 3 semaines doit faire évoquer une érythroplasie de Queyrat (Bowen du gland) ou une maladie de Paget. Une biopsie est indispensable pour confirmer le diagnostic.
L’eczéma de la vulve est-il fréquent ?
Oui. Les premières causes d’allergie de contact vulvaire sont les topiques médicamenteux (crèmes antibiotiques, antifongiques) et les produits d’hygiène intime. Le diagnostic est confirmé par des patch tests. L’éviction de l’allergène et un dermocorticoïde adapté permettent le plus souvent une guérison complète.
Peut-on traiter des rougeurs génitales en téléconsultation ?
Oui, dans la grande majorité des cas. Une photo des lésions et un interrogatoire précis permettent souvent d’orienter le diagnostic et d’obtenir une ordonnance. Certains examens (biopsie, prélèvement bactériologique) nécessitent cependant une consultation en cabinet en complément.
Boutons sur le sexe : causes, diagnostic et quand consulter
Se découvrir des boutons sur le sexe est souvent source d’inquiétude. Ces lésions peuvent toucher le gland, le prépuce, le corps de la verge, le pénis ou les bourses chez l’homme, la vulve ou le pubis chez la femme. Beaucoup sont bénignes et ne nécessitent aucun traitement — mais certaines doivent être diagnostiquées et traitées rapidement.
💡 Si vous présentez des rougeurs plus que des boutons, consultez plutôt notre article sur les rougeurs du sexe.
Cet article en vidéo
Besoin d’un avis médical rapide ? Pas de rendez-vous disponible ?
Des boutons sur le sexe nécessitent une consultation médicale
Lors de la consultation, le médecin va :
Recueillir vos antécédents (maladies, interventions chirurgicales, traitements en cours)
Faire le point sur les lésions : date de début, durée, signes associés (douleurs, démangeaisons, écoulement…)
Vous examiner avec une loupe grossissante ou un dermoscope
Évaluer la contagiosité et, si besoin, proposer d’examiner ou traiter votre ou vos partenaires
Utiliser de l’acide acétique à 5% (vinaigre blanc dilué) sur le gland et le prépuce — examen indolore permettant de révéler certaines lésions invisibles à l’œil nu (condylomes notamment)
Orientation rapide : quel diagnostic selon l’aspect ?
Aspect de la lésion
Penser à
Urgence ?
Petites perles régulières sur la couronne du gland
Papules perlées — variation normale
🟢 Aucune — bénin
Points jaunes sur le prépuce ou la vulve
Grains de Fordyce — glandes sébacées ectopiques, normal
🟢 Aucune — bénin
Excroissances irrégulières, filiformes ou en chou-fleur
Variations physiologiques normales de la muqueuse génitale
Avant d’évoquer une maladie, il est important de connaître les aspects normaux qui inquiètent souvent à tort.
Chez l’homme
Papules perlées du gland (couronne perlée)
Petites tuméfactions de moins de 1 mm, régulièrement disposées en ligne sur la couronne du gland, de couleur rose clair à translucide. Présentes chez environ 30% des hommes à partir de la puberté. Totalement bénignes, elles ne nécessitent aucun traitement. Principal diagnostic différentiel : les condylomes, qui sont irréguliers et asymétriques.
Papules perlées du gland vues de près
Grains de Fordyce
Glandes sébacées ectopiques se présentant sous forme de petites élevures jaunes de 1 à 2 mm sur le prépuce, le fourreau de la verge et les bourses. Très fréquents et totalement bénins — ne pas les percer (risque d’infection et de kyste).
Grains de Fordyce vus de près
Chez la femme
On peut observer des grains de Fordyce sur la vulve et une papillomatose vestibulaire (papules perlées à l’entrée du vagin). Des caroncules hyménéaux ou urétraux (replis muqueux normaux) sont également des variations anatomiques bénignes.
Infections sexuellement transmissibles (IST)
Condylomes (verrues génitales à HPV)
Dues aux papillomavirus humains (HPV), les verrues génitales peuvent se présenter sous forme de taches claires ou brunâtres, de tuméfactions rosées ou d’excroissances filiformes. Les HPV de types 16 et 18 sont oncogènes (cancer du col, du pénis, de la vulve). La vaccination anti-HPV est recommandée avant l’exposition. Voir notre article sur les condylomes.
Dû au virus Herpes simplex (HSV-2 principalement), l’herpès génital se manifeste par de petites vésicules douloureuses en bouquet évoluant vers des érosions. La primo-infection peut s’accompagner de fièvre et d’adénopathies inguinales. La maladie est récidivante — le virus persiste à vie dans les ganglions nerveux. Des antiviraux (aciclovir, valaciclovir) permettent de réduire la durée et la fréquence des poussées. Voir notre article sur l’herpès génital.
La syphilis est due à la bactérie Treponema pallidum. Son incidence est en forte augmentation depuis les années 2000. Elle évolue en plusieurs stades :
Stade
Délai
Lésions cutanées
Signes associés
Primaire
J10–J90 après contage
Chancre syphilitique : ulcère indolore, induré, à bords nets — sillon balanopréputial chez l’homme, vulve chez la femme. Disparaît spontanément en 3–6 semaines
Adénopathies inguinales indolores
Secondaire
6–8 semaines après chancre
Roséole syphilitique (taches rosées tronc), syphilides papuleuses cuivrées aux paumes et plantes (très évocateur), condylomata lata génitaux (plaques larges, plates, grisâtres, très contagieuses)
Peut mimer un psoriasis, un lichen plan ou une éruption médicamenteuse — d’où le surnom de « grande imitatrice »
Tertiaire
Années après
Gommes cutanées (nodules destructeurs)
Atteintes neurologiques et cardiovasculaires graves — exceptionnel si traitement précoce
⚠️ La syphilis est une maladie à déclaration obligatoire. Traitée précocement par pénicilline G, elle est totalement curable. Tout ulcère génital doit faire l’objet d’une consultation urgente et d’une sérologie syphilitique.
Petites formations rondes de 2 à 5 mm avec un creux central caractéristique (ombilication), dues à un poxvirus. Transmission par contact cutané direct — souvent sexuel dans la région génitale. Voir notre article sur le molluscum contagiosum.
Molluscum contagiosum
Nodules scabieux (gale)
Boutons rouges fermes localisés sur les organes génitaux, consécutifs à la gale. Ils s’accompagnent de démangeaisons nocturnes intenses et de lésions sur les mains et les poignets. Ces nodules peuvent persister plusieurs semaines après le traitement antiparasitaire.
Nodules scabieux de la gale
Lésion génitale inquiétante ? Le Dr Rousseau, dermatologue, peut analyser vos lésions en téléconsultation. Une photo et un interrogatoire précis permettent souvent d’orienter rapidement le diagnostic.
Le psoriasis touche la région génitale chez 60% des patients psoriasiques, surtout chez l’homme. Dans cette localisation, les squames sont absentes (peau fine et humide) : on observe des plaques rouges bien délimitées et symétriques, parfois prurigineuses ou douloureuses, pouvant s’étendre aux plis inguinaux, au périnée et aux plis interfessiers. Traitement : dermocorticoïdes de faible puissance et hydratation.
Dermatose auto-immune chronique affectant la région anogénitale. Chez la femme : grandes lèvres, région clitoridienne, périnée. Chez l’homme : gland et prépuce (balanite xerotica obliterans, pouvant évoluer en phimosis).
Les lésions évoluent de plaques blanches nacrées et atrophiques vers des fissures, des cicatrices et une destruction progressive de l’architecture génitale. Symptômes principaux : prurit intense, brûlures, dyspareunie, saignements. Traitement : propionate de clobétasol (dermocorticoïde très fort) en application locale prolongée.
⚠️ Le lichen scléreux est associé à un risque accru de carcinome épidermoïde. Toute lésion épaissie, ulcérée ou résistante au traitement doit être biopsiée. Un suivi dermatologique régulier est indispensable à vie.
Dermatose inflammatoire auto-immune médiée par les lymphocytes T. Sur le sexe : papules violacées polygonales sur le gland chez l’homme, lésions érosives douloureuses sur la vulve et le vagin chez la femme. Des associations avec les hépatites B et C ont été rapportées — un bilan hépatique est recommandé au diagnostic. La biopsie est souvent nécessaire (diagnostic différentiel avec syphilis secondaire, psoriasis, lupus). Traitement : dermocorticoïdes topiques, immunosuppresseurs dans les formes sévères. Voir aussi notre article sur le lichen plan.
Souvent dû à une allergie au latex des préservatifs, aux produits d’hygiène intime, aux lubrifiants ou aux spermicides. Plaques rouges prurigineuses, vésiculeuses, parfois suintantes. Traitement : éviction de l’allergène + dermocorticoïdes. Voir notre article sur l’eczéma.
Mycoses génitales (candidose)
La mycose génitale à Candida albicans est la première cause de balanite infectieuse. Elle provoque des papules, pustules et érosions sur fond érythémateux avec exsudat blanchâtre crémeux. Chez la femme : leucorrhées blanchâtres et prurit vulvaire intense. Favorisée par le diabète, les antibiotiques et l’immunodépression. Voir aussi les mycoses cutanées.
Autres causes de balanite et balanoposthite
Inflammation du gland (balanite) ou du gland et du prépuce (balanoposthite). Au-delà de la candidose, d’autres causes sont possibles : infection bactérienne, parasitaire, irritation par les détergents. Le traitement est adapté à la cause identifiée.
⚠️ Toute lésion génitale persistante, ulcérée, indurée ou résistant aux traitements habituels doit faire l’objet d’une biopsie. Un dermatologue ou gynécologue doit être consulté sans délai.
Lésion
Aspect
Facteur de risque
Conduite à tenir
Néoplasie intra-épithéliale (PIN/VIN)
Plaques rouges ou blanches persistantes
HPV oncogènes (types 16, 18)
Biopsie indispensable. Laser, imiquimod ou excision selon grade
Maladie de Paget extramammaire
Plaque érythémateuse prurigineuse bien délimitée de la vulve, périnée ou scrotum — ressemble à un eczéma chronique résistant
Peut être associée à un cancer viscéral sous-jacent
Biopsie — bilan d’extension
Carcinome épidermoïde du pénis ou de la vulve
Ulcération indurée, plaque verruqueuse ou nodule persistant
HPV oncogènes, lichen scléreux non traité, phimosis, tabagisme
Biopsie urgente — pronostic d’autant meilleur que le diagnostic est précoce
Certaines lésions sont très contagieuses (condylomes HPV, molluscum, herpès, syphilis, gale) tandis que d’autres sont bénignes et non contagieuses (papules perlées, grains de Fordyce, kyste épidermoïde, psoriasis). Seul un médecin peut établir le diagnostic et évaluer le risque de transmission.
Les papules perlées du gland sont-elles des verrues ?
Non. Les papules perlées sont une variation anatomique normale présente chez 30% des hommes, régulièrement disposées sur la couronne du gland. Les condylomes HPV sont irréguliers et asymétriques. Aucun traitement n’est nécessaire pour les papules perlées.
Comment reconnaître un chancre syphilitique ?
Le chancre syphilitique est un ulcère indolore, induré (dur au toucher), à bords nets, siégeant dans le sillon balanopréputial chez l’homme ou sur la vulve chez la femme. Il s’accompagne parfois d’adénopathies inguinales indolores. Il disparaît spontanément — mais sans traitement, la maladie progresse vers les stades secondaire et tertiaire. Tout ulcère génital doit être consulté en urgence avec sérologie syphilitique.
Le lichen scléreux est-il dangereux ?
Oui, à long terme sans traitement. Il évolue vers des cicatrices sévères (phimosis chez l’homme, destruction des petites lèvres chez la femme) et est associé à un risque accru de carcinome épidermoïde. Un traitement par dermocorticoïdes forts (propionate de clobétasol) et un suivi dermatologique régulier sont indispensables à vie.
Puis-je consulter en téléconsultation pour des boutons sur le sexe ?
Oui, dans la grande majorité des cas. Une photo des lésions et un interrogatoire précis permettent souvent d’orienter le diagnostic et d’obtenir une ordonnance rapidement. Certains examens (biopsie, test à l’acide acétique) nécessitent cependant une consultation en cabinet en complément.
Quand consulter en urgence ?
Consultez sans délai en cas de : ulcère génital indolore (chancre syphilitique possible), lésion qui saigne ou s’étend rapidement, douleur intense, fièvre associée, ou toute lésion persistant plus de 3 semaines sans amélioration. Ces signes peuvent indiquer une IST grave ou une lésion précancéreuse.
De multiples pathologies peuvent frapper la sphère vulvo-vaginale. Si les démangeaisons de la vulve sont fréquentes, elles ne signifient pas toujours qu’il existe une infection.
Tout inconfort, démangeaisons, douleur… doit faire consulter un médecin pour faire un diagnostic précis
Ce dernier envisagera les différents diagnostics possibles. On peut citer parmi ceux-ci :
Démangeaisons sans plaques, rougeurs, ni boutons
Les démangeaisons sont souvent les prémisses de taches rouges sur le sexe, annonciatrices d’herpes génital, de mycose vaginale…
Des démangeaisons peuvent aussi se voir sans qu’on détecte boutons ni rougeurs dans le lichen scléro atrophique
La vulve est la partie externe de l’organe génital féminin. La muqueuse vulvaire a pour particularité d’être en contact avec l’extérieur, ce qui la rend particulièrement sensible aux infections et aux irritations. Quels sont les soins de la vulve?
Le vagin est la partie interne de l’organe génital féminin. La muqueuse vaginale tapisse une cavité (le vagin) contenant des bactéries « normales » (la flore de Döderlein), dont la présence est indispensable. Cette flore entretien en effet une acidité permettant de lutter contre les infections. Il faut donc la respecter.
La vulve et le vagin sont des zones tres sensibles aux agressions extérieures. La toilette intime doit donc etre tres douce. Les troubles les plus fréquents de la vulve et du vagin sont les mycoses vaginales et la sécheresse vaginale.
>>> Suite : la toilette intime, les démangeaisons de la vulve, la sécheresse vaginale
Zone intime par excellence, la muqueuse vulvo-vaginale est aussi et surtout un organe d’échange et de plaisir.
La sécheresse vaginale est un motif fréquent d’inconfort pour la patiente et le couple.
Causes
Les causes les plus fréquentes sont :
Les modifications hormonales
Les hormones conditionnent l’atmosphère vaginale et une sécheresse vaginale doit faire pratiquer un examen gynécologique complet, voire un bilan hormonal. La cause hormonale la plus classique de sécheresse vaginale est la ménopause.
L’allure de la vulve après la ménopause est la suivante : on observe une sécheresse vulvaire diffuse, une blancheur des espaces entre les lèvres, un début d’atrophie des petites lèvres et du capuchon clitoridien. La muqueuse vulvaire est très fine voire transparente avec visualisation du réseau vasculaire sous-jacent.
A un stade plus avancé, une véritable atrophie et un accolement des petites lèvres peut s’observer, avec des fissures ainsi qu’un rétrécissement de l’orifice vaginal avec bride postérieure le plus souvent.
Le médecin effectue un examen de la vulve pour détecter une infection, une sécheresse vaginale post ménopausique…
Traitement et soin de la sécheresse vaginale
La sécheresse vaginale doit amener à consulter un médecin pour déterminer avec lui les causes et les traitements possibles ( traitement hormonal local (crèmes, ovules) et/ou généraux (Traitement Hormonal substitutif de la Ménopause), sexologie… ).
Le traitement local consiste surtout – outre le traitement d’une infection – en l’application de gels lubrifiants (crème, gel, huile, ovule, capsule vaginale unidose). Il convient d’éviter la vaseline qui peut fragiliser les préservatifs et favoriser leur rupture lors d’un rapport.
La toilette intime devra tenir compte des particularités de la vulve et du vagin :
Elle doit toujours être douce.
Une seule toilette par jour (voire deux) est tout à fait suffisante, même en cas d’infection.
Les savons irritants, antiseptiques doivent être proscrits
Il faut laver la vulve avec un savon doux et si une toilette vaginale est nécessaire, elle doit être faite à l’eau claire.
En conclusion : le mieux est l’ennemi du bien. La plupart des affections vulvo-vaginales ne guérissant pas sous traitement médical ont pour cause une irritation due à des lavages intempestifs, l’emploi de produits caustiques etc.
Herpès génital : symptômes, contagion, traitement et grossesse
Herpès génital de l’homme
L’herpès génital est une infection sexuellement transmissible (IST) due au virus Herpes Simplex, le plus souvent de type 2 (HSV-2). Il touche environ 20% de la population sexuellement active — et 80% des personnes infectées ne savent pas qu’elles le sont, ce qui en fait l’une des IST les plus méconnues. Il ne guérit pas définitivement mais se contrôle efficacement par antiviraux.
Lésions génitales évocatrices ou récurrences fréquentes ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Téléchargez le guide complet
HERPES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
L’herpès génital est causé par HSV-2 dans 60 à 80% des cas, et par HSV-1 dans 20 à 40% des cas — ce dernier transmis par voie oro-génitale (pratiques bucco-génitales). En France :
À 50 ans, 60% de la population est séropositive pour HSV-1 et 15% pour HSV-2
20% des personnes sexuellement actives sont infectées par HSV génital
80% des personnes infectées ne savent pas qu’elles le sont — et peuvent transmettre le virus
💡 Point important : l’apparition d’un herpès génital au sein d’un couple n’est pas forcément le signe d’une infidélité récente — le virus peut rester en sommeil pendant des années avant de se réactiver.
Comment se transmet l’herpès génital ?
Par contact direct peau à peau ou muqueuse à muqueuse lors de rapports sexuels vaginaux, anaux ou oro-génitaux
Le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque — des particules virales présentes sur le pubis ou les muqueuses adjacentes peuvent être transmises
La transmission est possible sans lésion visible — par excrétion virale asymptomatique, qui représente en réalité la majorité des transmissions
Le virus est fragile hors du corps humain — le risque de contamination via une cuvette de toilettes ou un linge est quasi nul
Les 3 phases de l’infection herpétique
Phase
Description
Contagiosité
Primo-infection
Premier contact avec HSV — asymptomatique dans 90% des cas. Quand symptomatique : vésicules douloureuses, ganglions de l’aine, fièvre possible. Incubation 2 à 12 jours
Élevée
Infection initiale
Premier contact avec HSV-1 ou HSV-2 chez une personne déjà infectée par l’autre type. Symptômes souvent moins sévères
Élevée
Réactivation (récurrence)
Le virus se « réveille » dans le ganglion sacré et migre vers la peau. Lésions souvent moins intenses que la primo-infection. Peut être asymptomatique (excrétion virale silencieuse)
Possible même sans lésion
Symptômes de l’herpès génital
Herpès génital de la femmeHerpès génital — vésicules
Les symptômes de la primo-infection (quand elle est symptomatique) :
Vésicules sensibles ou douloureuses sur fond rouge gonflé, apparaissant 5 à 10 jours après le rapport contaminant
Les vésicules se rompent et forment des érosions (exulcérations) très douloureuses — guérison en environ une semaine
Ganglions de l’aine
Chez la femme : gonflement vulvaire important, brûlures lors de la miction
Les récurrences sont généralement moins intenses — précédées de prodromes (picotements, brûlures) puis vésicules groupées en bouquet dans la même zone que la primo-infection.
Facteurs déclenchants des récurrences : stress psychologique ou physique, fatigue, infection (grippe), règles, chirurgie, immunodépression.
Diagnostic de l’herpès génital
En cas de doute diagnostique, le médecin peut :
Prélèvement de cellules au niveau des lésions — mise en culture ou PCR (recherche de l’ADN viral) — résultat en 48h
Sérologie herpétique (prise de sang) — confirme le contact avec HSV mais ne localise pas les lésions. Peu utilisée seule car le taux de positivité est très élevé dans la population générale
Bilan IST complet systématiquement recommandé — sérologie VIH, syphilis, recherche de Chlamydia trachomatis
Soins locaux : nettoyer la zone génitale une fois par jour avec un produit doux, sans frotter, bien sécher.
⚠️ Herpès génital et grossesse — risque néonatal
⚠️ Mentionnez toujours vos antécédents d’herpès génital à votre obstétricien. Si le virus est actif sur les muqueuses vaginales lors de l’accouchement, il peut être transmis au nouveau-né et provoquer une encéphalopathie herpétique néonatale — risque de cécité, retard psychomoteur, voire décès.
Contamination avant la grossesse : risque faible — la mère transmet ses anticorps au fœtus
Contamination pendant la grossesse (notamment en fin de grossesse) : risque élevé — pas encore d’anticorps protecteurs, virus potentiellement actif à l’accouchement
Mesures préventives : traitement antiviral en fin de grossesse (valaciclovir), voire césarienne en cas de primo-infection en fin de grossesse ou de récurrence lors de l’accouchement
Précautions à prendre
Informer ses partenaires — l’herpès est contagieux même sans symptômes
Utiliser un préservatif — réduit le risque sans l’éliminer totalement
En cas d’herpès génital après un rapport non protégé : bilan IST complet chez le médecin
Éviter tout rapport sexuel pendant les poussées et jusqu’à cicatrisation complète
Peut-on transmettre l’herpès génital sans avoir de lésions visibles ?
Oui — c’est même la principale voie de transmission. L’excrétion virale asymptomatique est possible à tout moment, même en l’absence de vésicules ou de lésions. On estime que la majorité des contaminations se font ainsi, par des personnes qui ne savent pas qu’elles sont infectées. C’est pourquoi 80% des personnes porteuses du virus HSV-2 l’ignorent.
L’herpès génital dans un couple signifie-t-il une infidélité ?
Pas nécessairement. Le virus HSV peut rester en sommeil dans les ganglions nerveux pendant des années, voire des décennies, avant de se réactiver. Une première poussée d’herpès génital peut survenir longtemps après la contamination initiale. Ce n’est donc pas automatiquement le signe d’une contamination récente — sauf en cas de primo-infection symptomatique clairement identifiable.
Le préservatif protège-t-il contre l’herpès génital ?
Le préservatif réduit significativement le risque de transmission mais ne l’élimine pas complètement. Des particules virales peuvent être présentes sur des zones non couvertes (pubis, lèvres, peau environnante) et se transmettre par contact peau à peau. La transmission est possible même sans pénétration.
Herpès génital et grossesse — que faire ?
Informez systématiquement votre gynécologue ou obstétricien de tout antécédent d’herpès génital. Si vous avez contracté l’herpès avant la grossesse, le risque pour le bébé est faible (anticorps protecteurs transmis). Si la contamination survient en cours de grossesse — surtout en fin — le risque est plus élevé et nécessite une prise en charge spécifique : traitement antiviral préventif et surveillance obstétricale renforcée.
Comment savoir si on a de l’herpès génital sans symptômes ?
Un test sérologique dans le sang peut détecter les anticorps anti-HSV-1 et HSV-2 — confirmant un contact passé avec le virus. Cependant ce test est peu prescrit en routine car sa positivité est très répandue dans la population et ne prédit pas l’apparition de symptômes. En cas de doute ou de comportement à risque, parlez-en à votre médecin qui pourra décider d’un bilan IST adapté.
Téléchargez le guide complet
HERPES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Herpès : causes, contamination, types et traitement — guide complet
L’herpès est une infection virale par le virus Herpes Simplex (HSV) qui touche la peau et les muqueuses. C’est l’une des infections virales humaines les plus fréquentes au monde — en France, environ 70 % de la population est porteuse de HSV1 à l’âge adulte. Une fois contracté, le virus ne disparaît jamais : il reste latent dans les ganglions sensitifs et se réactive périodiquement, provoquant des poussées récurrentes. Des traitements efficaces permettent de réduire la durée et la fréquence des crises, et de prévenir les récidives.
Téléchargez le guide complet
HERPES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
L’herpès est causé par deux virus de la famille Herpesviridae : HSV1 (Herpes Simplex Virus de type 1) et HSV2. Ces virus sont strictement humains — non transmissibles à l’animal.
HSV1 est le virus le plus répandu : il infecte environ 70 % de la population française et est responsable de la grande majorité des herpès labiaux (boutons de fièvre). HSV2 est classiquement associé à l’herpès génital et concerne environ 20 % de la population. À l’âge de 50 ans, environ 60 % de la population est séropositive pour HSV1 et 15 % pour HSV2.
La distinction HSV1/HSV2 n’est toutefois pas absolue : 20 à 40 % des herpès génitaux sont dus à HSV1 par transmission oro-génitale (pratiques bucco-génitales). Et HSV1 peut provoquer un herpès génital cliniquement identique à un herpès à HSV2.
Contamination, latence et réactivation
Les virus HSV se transmettent par contact direct avec la peau ou les muqueuses infectées — même en l’absence de lésion visible. C’est le point le plus important à comprendre sur la contagiosité de l’herpès : une personne peut transmettre le virus sans avoir de bouton apparent, par excrétion virale asymptomatique dans la salive ou les sécrétions génitales.
L’incubation dure entre 2 et 12 jours après la contamination. Lors de la primo-infection, le virus pénètre dans la peau ou la muqueuse et « remonte » le long des nerfs sensitifs pour se réfugier dans les ganglions sensitifs — le ganglion trigéminé pour l’herpès labial, le ganglion sacré pour l’herpès génital. Une fois dans les ganglions, le virus est hors d’atteinte du système immunitaire et des antiviraux.
La réactivation survient lors de situations favorisantes : fatigue, fièvre, stress, règles, exposition solaire, immunodépression, prise de cortisone, rapport sexuel, chirurgie, actes dermo-esthétiques (injections de filler, laser cutané, dermabrasion). Les particules virales « descendent » alors le long des nerfs et se répliquent sur la peau, toujours au même endroit d’une poussée à l’autre.
Les trois types d’infections herpétiques
Primo-infection : premier contact infectant avec HSV1 ou HSV2. Elle peut être totalement asymptomatique (60 à 70 % des cas) ou, au contraire, très sévère — gingivostomatite herpétique fébrile avec lésions buccales douloureuses chez l’enfant, vulvovaginite herpétique chez la femme.
Infection initiale : premier contact infectant avec HSV1 ou HSV2 chez une personne déjà infectée par l’autre sérotype. Les symptômes sont souvent moins sévères que lors d’une primo-infection vraie, car l’immunité croisée partielle entre les deux types modère la réponse.
Réactivation (récurrence) : réplication virale après latence. Elle peut être clinique (éruption visible) ou asymptomatique (excrétion virale sans lésion — la personne est contagieuse sans le savoir). C’est pourquoi chacune des phases peut n’avoir aucun signe clinique apparent.
Les différentes formes d’herpès
Herpès labial — bouton de fièvre
L’herpès labial est dû à HSV1 dans la grande majorité des cas. La primo-infection survient souvent dans l’enfance (baiser d’un proche porteur). Les récurrences se manifestent par des vésicules groupées en bouquet, précédées de picotements ou de brûlures caractéristiques, toujours au même endroit (coin de la lèvre, vermillon). Évolution en 5 à 7 jours : vésicules → pustules → croûtes → cicatrisation. Déclencheurs classiques : soleil, fièvre, fatigue, stress.
Herpès génital
L’herpès génital est une infection sexuellement transmissible (IST) — un bilan IST complet est recommandé lors du diagnostic. Il est dû à HSV2 dans 60-80 % des cas, mais HSV1 représente 20 à 40 % des herpès génitaux par transmission oro-génitale. La primo-infection génitale peut être très sévère (ulcérations douloureuses, fièvre, adénopathies inguinales). Les récurrences sont souvent moins sévères. La transmission est possible même sans lésion visible — le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque.
Herpès cutané — vésicules en bouquet
L’herpès peut surgir sur d’autres zones cutanées initialement contaminées — fesses, dos, cuisses — sous forme de vésicules groupées en bouquet érythémateux, récurrentes toujours au même endroit. À distinguer du zona qui est strictement unilatéral et ne récidive quasiment jamais.
Panaris herpétique
Le panaris herpétique est une infection herpétique du doigt — souvent une primo-contamination par contact avec une lésion herpétique active (professionnel de santé, enfant se suçant le pouce porteur d’herpès buccal). Vésicules douloureuses péri-unguéales, pouvant mimer un panaris bactérien. Ne jamais inciser — la lésion est virale et non bactérienne.
Formes graves et situations d’urgence
Herpès oculaire — urgence ophtalmologique
L’herpès oculaire (kératite herpétique) donne un œil rouge, douloureux et flou — urgence ophtalmologique. Non traité, il peut provoquer des séquelles cornéennes irréversibles. Le traitement repose sur les antiviraux locaux : ganciclovir gel ophtalmique 0,15 % (Virgan®), idoxuridine (Iduviran® collyre), trifluridine 1 % (Triherpine®, Virophta® collyre), en association ou non avec l’aciclovir oral. Ne jamais utiliser de collyre cortisoné seul sur un œil rouge sans diagnostic ophtalmologique.
Syndrome de Kaposi-Juliusberg — urgence pédiatrique
Chez les enfants atteints d’eczéma atopique, le contact avec le virus herpétique peut déclencher une poussée herpétique disséminée — le syndrome de Kaposi-Juliusberg (ou eczéma herpéticum). Vésicules et érosions disséminées sur tout le corps, fièvre élevée, altération de l’état général. C’est une urgence pédiatrique nécessitant une hospitalisation et un traitement par aciclovir IV. Les parents d’enfants atopiques doivent être informés de ne pas embrasser leur enfant lors d’une poussée d’herpès labial actif.
Herpès et grossesse
L’herpès néonatal — contamination du nouveau-né lors de l’accouchement par une mère excrétant le virus — est une urgence médicale grave (mortalité élevée sans traitement, séquelles neurologiques). Une femme enceinte avec antécédent d’herpès génital doit en informer son obstétricien. Un traitement suppressif par valaciclovir est souvent prescrit à partir de 36 semaines d’aménorrhée pour prévenir une récurrence à l’accouchement. Une lésion herpétique génitale active au moment du travail peut conduire à une césarienne.
Traitement de l’herpès
Il n’existe pas de traitement éradicateur — le virus reste à vie dans les ganglions. Les antiviraux disponibles réduisent la durée et la sévérité des poussées et peuvent prévenir les récidives.
Traitement de la crise (curatif) : aciclovir topique (crème 5 %) appliqué dès les premiers picotements — raccourcit la durée si débuté précocement. Pour les formes modérées à sévères ou l’herpès génital : valaciclovir oral (500 mg × 2/j pendant 5 jours pour l’herpès labial, 1 g × 2/j pour l’herpès génital). L’efficacité est maximale si le traitement est débuté dans les 24 à 48 heures suivant l’apparition des symptômes — idéalement dès les prodromes (picotements).
Traitement suppressif (préventif) : pour les patients avec récurrences fréquentes (plus de 6 épisodes par an) ou herpès génital avec retentissement important — valaciclovir 500 mg/j en continu pendant 6 à 12 mois. Réduit la fréquence des poussées de 70 à 80 % et diminue (sans éliminer) le risque de transmission au partenaire. À discuter avec le médecin.
L’herpès a un impact psychologique souvent sous-estimé. L’herpès labial affecte l’image de soi et les interactions sociales lors des poussées. L’herpès génital perturbe plus profondément la sexualité et les relations intimes — la crainte de la transmission au partenaire, la stigmatisation associée aux IST et l’annonce au partenaire sont des sources d’anxiété importantes. Le traitement suppressif, en réduisant la fréquence des poussées, améliore significativement la qualité de vie et diminue l’anxiété liée à la transmission.
Questions fréquentes
J’ai un bouton de fièvre dès que je suis fatigué — est-ce normal ?
Oui, c’est le mécanisme classique de l’herpès labial. Le virus HSV1 reste latent dans le ganglion trigéminé et se réactive lors de situations qui fragilisent l’immunité locale — fatigue, stress, fièvre, exposition solaire, règles. Il n’est pas possible d’éradiquer le virus. En revanche, appliquer de l’aciclovir crème dès les premiers picotements raccourcit la durée de la poussée. En cas de poussées fréquentes (plus de 6/an), un traitement préventif oral par valaciclovir peut être prescrit par le médecin.
Peut-on transmettre l’herpès sans avoir de bouton visible ?
Oui — c’est le point le plus important sur la contagiosité de l’herpès. L’excrétion virale asymptomatique dans la salive ou les sécrétions génitales est responsable de la majorité des transmissions. Une personne porteuse d’HSV1 peut contaminer un partenaire par un baiser même en l’absence total de lésion visible. Pour l’herpès génital, le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque de transmission asymptomatique.
L’herpès génital et l’herpès labial sont-ils le même virus ?
Non exactement — HSV1 cause classiquement l’herpès labial et HSV2 l’herpès génital, mais cette distinction n’est pas absolue. HSV1 représente 20 à 40 % des herpès génitaux, transmis par voie oro-génitale. Un herpès génital à HSV1 récidive généralement moins fréquemment qu’un herpès génital à HSV2.
L’herpès peut-il affecter les yeux ?
Oui — l’herpès oculaire (kératite herpétique) est une urgence ophtalmologique. Tout œil rouge et douloureux chez un porteur d’herpès doit être examiné en urgence par un ophtalmologue. Ne jamais utiliser de collyre cortisoné sans diagnostic précis — les corticoïdes aggravent massivement l’herpès oculaire.
Mon enfant a de l’eczéma — quel risque avec l’herpès ?
Risque important : les enfants atopiques peuvent développer un eczéma herpéticum (syndrome de Kaposi-Juliusberg) — herpès disséminé grave nécessitant une hospitalisation. Ne jamais embrasser un enfant atopique lors d’une poussée d’herpès labial actif. Informer tous les proches porteurs d’herpès labial de cette précaution.
Téléchargez le guide complet
HERPES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Il est toujours angoissant de se découvrir des pertes vaginales, notamment quand celles-ci sentent mauvais… que se passe-t-il dans mon vagin?
Cette mauvaise odeur du vagin et ces pertes sentant le poisson touchent environ une femme sur 5. C’est donc fréquent
La flore vaginale normale
Le vagin contient de nombreuses bactéries composant la flore vaginale, composées à environ 95% de bactéries lactiques ou lactobacilles. Ces bactéries assurent un taux d’acidité dans le vagin, limitant le risque de voir des bactéries pathogènes se développer. Il s’agit de la flore de Doderlein, protectrice vis-à-vis de nombreuses maladies.
Un déséquilibre de la flore vaginale
Une vaginose bactérienne se développe quand la flore vaginale normale est remplacée par d’autres bactéries, le plus souvent anaérobies, c’est-à-dire qu’elles n’ont pas besoin d’oxygène pour pulluler ( Gardnerella vaginalis, Bacteroides, Prevotella, Mobiluncus species, Mycoplasma hominis…). Ceci peut entraîner une augmentation des pertes vaginales, d’odeur nauséabonde. On parle alors de vaginose bactérienne
La vaginite se présente sous la forme d’une vulvite rouge profuse, débordant sur les petites lèvres et la fourchette postérieure, associée à des pertes fluides, spumeuses blanc-jaunâtres et malodorantes. Il existe également une rougeur vaginale. On note parfois un piqueté rouge.
Alors qu’en cas de vaginose il n’y a qu’une augmentation des pertes, qui sont souvent malodorantes.
Causes de la vaginose bactérienne
Un certain nombre de facteurs peuvent influer sur la composition normale de la flore vaginale :
Antibiotiques
De nombreux antibiotiques vont détruire la flore naturelle du vagin et la déséquilibrer, entrainant la pullulation de bactéries, et pouvant entrainer une vaginose bactérienne, mais aussi de candida albicans responsable le plus souvent de la mycose vaginale.
Changements hormonaux et de contraception
Périodes du cycle, changement de contraception, mise en place d’un stérilet…
La vaginose bactérienne est favorisée par une hygiène trop intense (douches vaginales notamment)
Rapports sexuels
Les rapports sexuels fréquents, le fait d’avoir plusieurs partenaires sexuels,
des antécédents de MST ou d’épisode antérieur de vaginose bactérienne sont des facteurs de risque de vaginose bactérienne.
Est-ce une MST?
A proprement parler la vaginose bactérienne n’est pas une Maladie Sexuellement Transmissible, même si les rapports fréquents ou les prises de risque sexuel sont des facteurs de risque d’avoir une vaginose.
De plus, la flore protégeant le vagin de certaines MST étant déséquilibrée, la vaginose bactérienne facilite la contamination par des infections sexuellement transmissibles(gonorrhée, infection à Chlamydia trachomatis, herpes génital, VIH…) qui peuvent passer inaperçues, masquées par les symptomes de la vaginose.
Attention elle peut passer inaperçue dans la moitié des cas!
La vaginose bactérienne est asymptomatique dans plus de la moitié des cas : elle ne provoque pas de démangeaisons. Les symptômes évocateurs sont alors la mauvaise odeurs, voire des sensations de brûlures vaginales et vulvaires et des douleurs lors des rapports sexuels.
Diagnostic
Le diagnostic de la vaginose bactérienne repose soit sur les critères d’Amsel : 3 des 4 critères suivant
pertes fluides homogènes,
pH>4,5,
test à la potasse positif,
présence de clue cells
soit sur un score de Nugent ≥7 à la coloration de Gram.
Traitement
Tout d’abord le médecin va éliminer une vaginite (infection) par l’examen clinique et il fera le plus souvent un prélèvement vaginal pour mise en culture et mise en évidence des bactéries en présence
Il est conseillé de réduire son activité sexuelle ou d’utiliser des préservatifs sur toute la durée du traitement.
Cependant, le traitement du partenaire sexuel n’est pas nécessaire car il ne permettait pas de diminuer le risque de récidive.
1/ Faut-il traiter?
La vaginose bactérienne régresse souvent spontanément par obtention d’un rééquilibrage de la flore vaginale. Les médecins ne traitent donc que si les symptomes persistent, s’aggravent ou s’il y a une plainte de la patiente et/ou de ses partenaires. De même, chez la femme enceinte, le traitement devra être discuté car la vaginose bactérienne augmente le risque de naissance prématurée et de rupture prématurée des membranes. Le traitement médical est en effet à base d’antibiotiques.
Cependant les traitements sont suivis d’une récidive dans 80% des cas à 3 mois
2/ Comment soigner la vaginose bactérienne
Traitement local
Deux types de traitements locaux peuvent être employés dans la vaginose bactérienne :
Antibiotiques locaux
Il s’agit d’un traitement antibiotique local en ovules (Flagyl* ovules)
Produits sans antibiotiques
On peut utiliser une préparation vaginale à base de lactobacilles et de probiotiques qui vont soit réensemencer la flore de lactobacilles, soit favoriser leur pullulation
En cas d’atrophie vaginale voire de sécheresse vaginale, on peut utiliser une crème vaginale aux oestrogènes
Traitement par voie orale
Le traitement de la vaginose bactérienne requiert l’emploi d’un antibiotique par voie orale, le metronidazole (Flagyl*) à la dose de 500mg/j pendant 7j
Ces antibiotiques entraînent quelques effets indésirables tels que de légères nausées, et il est formellement déconseillé de boire de l’alcool pendant la durée du traitement sous peine d’effet antabuse (chaleur, rougeurs, vomissements, tachycardie).
On peut aussi utiliser le secnidazole (Secnol*), 2 g (un sachet) en une prise unique. Les effets secondaires du secnidazole sont principalement des nausées, vomissements, douleurs abdominales, dysgueusie (goût métallique), inflammation de la bouche et de la langue, leucopénie, maux de tête, vertiges, incoordination, ataxie, paresthésies, polynévrites sensitivomotrices et allergie.
La caractéristique essentielle d’une Dyspareunie est une douleur génitale qui est associée aux rapports sexuels (Critère A).
Bien qu’elle soit éprouvée le plus souvent pendant le coït, elle peut également se produire avant ou après les rapports. Le trouble peut survenir chez l’homme comme chez la femme. Chez la femme, la douleur peut être
décrite comme superficielle pendant l’intromission ou comme profonde pendant le va et vient du pénis.
L’intensité des symptômes peut aller d’une légère gêne à une douleur aiguë.
L’affection doit être à l’origine d’un désarroi marqué ou de difficultés interpersonnelles (Critère B).
La perturbation n’est pas due exclusivement à un Vaginisme ou à un manque de lubrification (sécheresse vaginale), n’est pas mieux expliquée par un autre trouble de l’Axe I (à part une autre Dysfonction sexuelle) et n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une substance (p. ex., une substance donnant lieu à abus, un médicament), ou d’une affection médicale générale (Critère C)
Caractéristiques et troubles associés
La Dyspareunie est rarement une plainte dominante dans un service de santé mentale. Les sujets souffrant de Dyspareunie s’adressent habituellement aux services de médecine générale pour être traités. Typiquement, l’examen physique des individus atteints de ce trouble ne met pas en évidence d’anomalies génitales. Le fait d’éprouver de
manière répétée une douleur génitale pendant le coït peut avoir pour résultat un évitement des expériences sexuelles existantes ou une limitation du développement de nouvelles relations sexuelles.
Vaginisme
Caractéristiques diagnostiques
La caractéristique essentielle du Vaginisme est une contraction involontaire, répétée et persistante, des muscles périnéaux qui entourent le tiers externe du vagin, en cas de tentative de pénétration par le pénis, le doigt, un tampon ou un spéculum (Critère A).
L’affection doit être à l’origine d’un désarroi marqué ou de difficultés interpersonnelles (Critère B).
L’affection n’est pas mieux expliquée par un autre trouble de l’Axe I (à part une autre Dysfonction sexuelle) et n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une affection médicale générale (Critère C).
Chez certaines femmes, la simple anticipation d’une pénétration vaginale peut déclencher un spasme musculaire.
La contraction peut aller de légère, responsable d’un certain resserrement et d’une certaine gêne, à sévère, empêchant la pénétration.
Caractéristiques et troubles associés
Les réponses sexuelles (p. ex., désir, plaisir, capacité orgasmique) peuvent ne pas être altérées tant qu’une pénétration n’est pas tentée ou anticipée. L’obstruction physique due à la contraction musculaire empêche habituellement le coït. De ce fait, l’affection peut limiter le développement des relations sexuelles et interrompre des relations existantes. On a rapporté des cas de non consommation de mariage et d’infertilité associés à cette affection. Le diagnostic est souvent porté au cours d’examens gynécologiques de routine où, en réaction à l’examen pelvien, on peut observer immédiatement une contraction de l’orifice vaginal. Dans certains cas, l’intensité de la contraction peut être si sévère ou prolongée qu’elle est à l’origine d’une douleur. Cependant, chez certaines femmes, le vaginisme ne se produit qu’au cours des rapports sexuels et pas pendant
un examen gynécologique. L’affection est plus souvent retrouvée chez les jeunes femmes que chez les femmes plus âgées, chez des femmes ayant une attitude négative envers le sexe et chez les femmes ayant des antécédents d’abus ou de traumatismes sexuels.
Évolution
Le Vaginisme, dans sa forme : de tout temps, débute habituellement de façon brusque, se manifestant pour la première fois au cours des tentatives initiales de pénétration sexuelle par un partenaire ou au cours des premiers examens gynécologiques. Une fois que le trouble s’est installé, l’évolution est habituellement chronique, à moins d’une amélioration par un traitement. Le Vaginisme acquis peut également apparaître soudainement en réaction à un traumatisme sexuel ou à une affection médicale générale.
Diagnostic différentiel
Le Vaginisme doit être distingué d’une Dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale. Le diagnostic approprié est celui d’une Dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale quand on estime que la dysfonction est due exclusivement aux effets physiologiques d’une affection médicale générale spécifiée (p. ex., endométriose ou infection vaginale). Cette détermination repose sur les antécédents, les examens complémentaires ou l’examen physique. Le Vaginisme peut persister en tant que problème séquellaire après la résolution de l’affection médicale générale. Si le Vaginisme et une affection médicale générale sont tous deux présents, mais qu’on estime que les spasmes vaginaux ne sont pas dus exclusivement aux effets physiologiques directs de l’affection médicale générale, on fait un diagnostic de Vaginisme dû à une combinaison de facteurs. Le Vaginisme peut également se produire en association avec d’autres Dysfonctions sexuelles (p. ex., Trouble : baisse du désir sexuel). Dans ce cas, les deux diagnostics doivent être enregistrés. Bien qu’une douleur associée aux rapports sexuels puisse se produire dans le Vaginisme, on ne porte pas un diagnostic additionnel de Dyspareunie.
Critères diagnostiques du Trouble du Vaginisme
A. Spasme involontaire, répété ou persistant, de la musculature du tiers
externe du vagin perturbant les rapports sexuels.
B. La perturbation est à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés
interpersonnelles.
C. La perturbation n’est pas mieux expliquée par un autre trouble de
l’Axe I (p. ex., Somatisation) et n’est pas due exclusivement aux effets
physiologiques directs d’une affection médicale générale.
La caractéristique essentielle de l’Éjaculation précoce est la survenue répétée et persistante d’un orgasme et d’une éjaculation lors de stimulations sexuelles minimes, avant, pendant ou juste après la pénétration et avant que le sujet ne souhaite éjaculer (Critère A).
Le clinicien doit tenir compte de facteurs qui influencent la durée de la phase excitatoire, tels que l’âge, la nouveauté du partenaire sexuel ou de la situation, et la fréquence récente de l’activité sexuelle. La majorité des hommes atteints de ce trouble sont capables, lorsqu’ils se masturbent, de différer l’orgasme d’un délai considérablementplus long qu’au cours du coït.
L’estimation par les partenaires du temps qui s’écoule depuis le début du rapport sexuel jusqu’à l’éjaculation peut être très variable, de même que leur jugement sur le fait que l’éjaculation précoce est ou non un problème.
L’affection doit être à l’origine d’un désarroi marqué ou de difficultés relationnelles (Critère B).
L’éjaculation précoce n’est pas due exclusivement aux effets directs d’une substance (p. ex., sevrage d’opiacés) (Critère C).
Sous-types
Des sous-types sont disponibles pour préciser le mode de début (de tout temps ou acquis), le contexte (généralisé versus situationnel) et les facteurs étiologiques (dû à des facteurs psychologiques, dû à une combinaison de facteurs) du Trouble de l’orgasme chez l’homme.
Caractéristiques et troubles associés
De même que d’autres Dysfonctions sexuelles, l’éjaculation précoce peut créer une certaine tension relationnelle. Certains hommes non mariés hésitent à sortir avec de nouvelles partenaires de peur de l’embarras causé par ce trouble. Cela peut contribuer à un isolement social.
Évolution
Une majorité d’hommes jeunes apprennent à différer l’orgasme avec l’âge et l’expérience sexuelle, mais certains continuent à éjaculer précocement et peuvent demander à être aidés pour ce trouble. Certains hommes sont capables de différer l’éjaculation dans le cadre d’une relation de longue durée, mais rencontrent une récurrence de l’Éjaculation précoce quand ils ont une nouvelle partenaire. Typiquement, l’Éjaculation précoce se rencontre chez les hommes jeunes et est présente au cours de leurs premières tentatives de rapports sexuels. Cependant, certains hommes perdent la capacité de différer l’orgasme après une période de fonctionnement adéquat. Quand le trouble
survient après une période de fonctionnement sexuel adéquat, il existe souvent un contexte de réduction de la fréquence de l’activité sexuelle, d’anxiété intense de performance avec une nouvelle partenaire ou de perte du contrôle éjaculatoire liée à des difficultés à atteindre ou à maintenir les érections. Certains hommes qui ont cessé de consommer régulièrement de l’alcool peuvent développer une Éjaculation précoce du fait qu’ils ont compté sur l’alcool pour différer leur orgasme plutôt que d’apprendre d’autres stratégies comportementales.
Diagnostic différentiel
On doit distinguer l’Éjaculation précoce d’une Dysfonction érectile liée à l’évolution d’une affection médicale générale. Certains sujets atteints de dysfonction érectile peuvent négliger les stratégies qu’ils utilisent habituellement pour retarder l’orgasme. D’autres requièrent une stimulation prolongée non coïtale afin de
développer un degré d’érection suffisant pour permettre l’intromission. Chez de tels individus, l’excitation sexuelle peut être si forte que l’éjaculation se produit immédiatement.
Des problèmes d’éjaculation précoce occasionnels qui ne sont ni persistants ni récurrents ou qui ne s’accompagnent pas d’un désarroi marqué ou de difficultés interpersonnelles n’entrent pas dans le cadre d’un diagnostic d’Éjaculation précoce. Le clinicien doit également prendre en considération l’âge du sujet, son expérience
sexuelle générale, son activité sexuelle récente, et la nouveauté du partenaire. Quand des problèmes d’Éjaculation précoce sont exclusivement liés à l’utilisation (l’une substance (p. ex., l’utilisation d’opiacés), on peut faire le diagnostic d’une Dysfonction sexuelle induite par une substance.
Critères diagnostiques de L’éjaculation précoce
A. Trouble de l’éjaculation persistant ou répété lors de stimulations
sexuelles minimes avant, pendant, ou juste après la pénétration, et
avant que le sujet ne souhaite éjaculer. Le clinicien doit tenir compte
des facteurs qui modifient la durée de la phase d’excitation sexuelle
tels que l’âge, la nouveauté de l’expérience sexuelle ou du partenaire
et la fréquence de l’activité sexuelle récente.
B. La perturbation est à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés
interpersonnelles.
C. L’éjaculation précoce n’est pas due exclusivement aux effets directs
d’une substance (p. ex., un sevrage aux opiacés)
Spécifier le type :
Type de tout temps
Type acquis
Spécifier le type :
Type généralisé
Type situationnel
Spécifier :
Dû à des facteurs psychologiques
Dû à une combinaison de facteurs
La caractéristique essentielle du Trouble de l’orgasme chez la femme est une absence ou un retard répété ou persistant de l’orgasme après une phase d’excitation sexuelle normale (Critère A).
Il existe chez la femme une grande variabilité dans le type ou l’intensité de la stimulation nécessaire pour déclencher un orgasme. Le diagnostic d’un Trouble de l’orgasme chez la femme doit reposer sur le jugement du clinicien, qui estime que la capacité orgasmique de la femme est inférieure à ce qu’elle devrait être étant donné son âge, son expérience sexuelle et l’adéquation de la stimulation sexuelle reçue. La perturbation doit être à l’origine d’une souffrance subjective marquée ou de difficultés interpersonnelles (Critère B).
La dysfonction n’est pas mieux expliquée par un autre trouble de l’Axe I (à part une autre Dysfonction sexuelle) et n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une substance (y compris des médicaments) ou d’une affection médicale générale (Critère C)
Caractéristiques et troubles associés
Aucune association n’a été retrouvée entre des traits de personnalité ou une psychopathologie spécifiques et la dysfonction orgasmique chez la femme. Le Trouble de l’ orgasme chez la femme peut affecter l’image du corps, l’estime de soi, ou la satisfaction relationnelle. D’après des études contrôlées, la capacité orgasmique n’est pas corrélée à la taille du vagin ou au tonus musculaire pelvien. Bien que les femmes atteintes de lésions de la moelle épinière, d’exérèse de la vulve, ou d’excision et de reconstruction vaginale aient relaté une capacité à atteindre l’orgasme, une dysfonction
orgasmique est fréquemment rapportée chez les femmes présentant ces affections. Cependant, en général, les affections médicales générales chroniques comme le diabète ou le cancer pelvien ont plutôt tendance à altérer la phase excitatoire de la réponse sexuelle, préservant relativement la capacité orgasmique.
Évolution
Comme la capacité orgasmique de la femme augmente en fonction de la croissance de l’expérience sexuelle, le Trouble de l’orgasme chez la femme pourrait être plus fréquent chez les femmes plus jeunes. La plupart des troubles de l’orgasme chez la femme sont de tout temps, plutôt qu’acquis. Une fois qu’une femme a réussi à atteindre l’orgasme, il est rare qu’elle perde cette capacité, à moins qu’une mauvaise communication sexuelle, un conflit relationnel, une expérience traumatisante (p. ex., un viol), un Trouble de l’humeur, ou une affection médicale générale n’intervienne. Quand la dysfonction orgasmique ne se produit que dans certaines situations, des difficultés de désir et d’excitation sexuelle sont souvent présentes en plus du trouble orgasmique. Beaucoup de femmes accroissent leur capacité orgasmique en expérimentant une plus grande diversité de stimulations et en acquérant plus de connaissances sur le fonctionnement de leur propre corps.
Diagnostic différentiel
Le Trouble de l’orgasme chez la femme doit être distingué d’une Dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale. Le diagnostic approprié est celuid’une Dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale quand on estime que la Dvsfonction est due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une affection médicale générale spécifiée (p. ex., lésions de la moelle épinière). Cette détermination repose sur les antécédents, les examens complémentaires…
Contrairement au Trouble de l’orgasme chez la femme, une Dysfonction sexuelle induite par une substance est jugée être due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une substance (p. ex., antidépresseurs, benzodiazépines, neuroleptiques, antihypertenseurs, opiacés).
Critères diagnostiques du Trouble de l’orgasme chez la femme
A. Absence ou retard persistant ou répété de l’orgasme après une phase
d’excitation sexuelle normale. Il existe chez la femme une grande
variabilité dans le type ou l’intensité de la stimulation nécessaire pour
déclencher un orgasme. Le diagnostic d’un trouble de l’orgasme chez
la femme repose sur le jugement du clinicien qui estime que la capacité
orgasmique de la femme est inférieure à ce qu’elle devrait être,
compte tenu de son âge, de son expérience sexuelle et de l’adéquation
de la stimulation sexuelle reçue.
B. La perturbation est à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés
interpersonnelles.
C. La dysfonction orgasmique n’est pas mieux expliquée par un autre
trouble de l’Axe I (à l’exception d’une autre Dysfonction sexuelle) et
n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une
substance (c.-à-d. une substance donnant lieu à abus, un médicament)
ou d’une affection médicale générale.
Absence d’orgasme chez l’homme
Caractéristiques diagnostiques
La caractéristique essentielle du Trouble de l’orgasme chez l’homme est une absence ou un retard répété ou persistant de l’orgasme après une phase d’excitation sexuelle normale. En évaluant le retard de l’orgasme, le clinicien doit tenir compte de l’âge du sujet et du caractère adéquat de la stimulation en intensité, en durée et quant à son orientation (Critère A).
L’affection doit être à l’origine d’une souffrance subjective marquée ou de difficultés interpersonnelles (Critère B).
La dysfonction orgasmique n’est pas mieux expliquée par un autre trouble de l’Axe I (à l’exception d’une autre Dysfonction sexuelle) et n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une substance (y compris des médicaments) ou d’une affection médicale générale (Critère C).
Dans la forme la plus commune du Trouble de l’orgasme chez l’homme, un homme ne parvient pas à atteindre l’orgasme pendant un rapport sexuel, bien qu’il puisse éjaculer après stimulation manuelle ou orale de la partenaire. Certains hommes présentant un Trouble de l’orgasme peuvent atteindre un orgasme coïtal, mais uniquement
après stimulation non coïtale très intense et prolongée. Certains ne peuvent éjaculer qu’en se masturbant. Un sous- groupe encore plus rare n’éprouvent un orgasme qu’au moment où ils s’éveillent après avoir fait un rêve érotique.
Caractéristiques et troubles associés
De nombreux hommes ne ressentant pas (l’orgasme pendant le coït décrivent une sensation d’excitation au début de la rencontre sexuelle, puis graduellement, l’intromission devient plus une corvée qu’un plaisir. Un mode d’excitation sexuelle paraphilique peut être présente. Quand un homme dissimule à sa femme son absence d’orgasme coïtal,
le couple peut présenter une infertilité dont la cause est inconnue. L’affection peut causer une perturbation des relations conjugales ou sexuelles existantes. L’homme peut généralement atteindre l’orgasme en dépit d’affections vasculaires ou neurologiques interférant avec la rigidité de l’érection. La sensation orgasmique et les contractions musculaires striées accompagnant l’orgasme restent intactes chez les hommes avant perdu leur prostate et leurs vésicules séminales à la suite d’un acte chirurgical radical pelvien pour cancer. L’orgasme peut également se produire en l’absence d’émission de semen (p. ex., quand les ganglions lymphatiques ont été lésés après un acte chirurgical ou une neuropathie périphérique).
Diagnostic différentiel
Le Trouble de l’orgasme chez l’homme doit être distingué d’une Dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale. Le diagnostic approprié est celui d’une Dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale quand on estime que la dysfonction est due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une affection
médicale générale spécifiée (p. ex., hvperprolactinémie). Cette détermination repose sur les antécédents, les examens complémentaires ou l’examen physique.
Un test du seuil de sensibilité peut montrer une diminution du seuil de sensibilitécutanée du pénis du fait d’une affection neurologique (p. ex., lésion de la moelle épinière,neuropathies sensitives).
Contrairement au Trouble de l’orgasme chez l’homme, une Dysfonction sexuelle induite par une substance est jugée être due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une substance (p. ex., alcool, opiacés, antihypertenseurs, antidépresseurs, neuroleptiques).
Le Trouble de l’orgasme chez l’homme peut également survenir en association avec d’autres Dysfonctions sexuelles (p. ex., Trouble de l’érection chez l’homme).
Critères diagnostiques du Trouble de l’orgasme chez l’homme
A. Absence ou retard persistant ou répété de l’orgasme après une phase
d’excitation sexuelle normale lors d’une activité sexuelle que le clinicien
juge adéquate en intensité, en durée et quant à son orientation,
compte tenu de l’âge du sujet.
B. La perturbation est à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés
interpersonnelles.
C. La dvsfonction orgasmique n’est pas mieux expliquée par un autre
trouble de l’Axe I (à l’exception d’une autre Dysfonction sexuelle) et
n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une
substance (c.-à-d. une substance donnant lieu à abus, un médicament)
ou d’une affection médicale générale.
La caractéristique essentielle du Trouble de l’érection chez l’homme est une incapacité persistante ou répétée à atteindre ou à maintenir jusqu’à l’accomplissement de l’acte sexuel, une érection adéquate (Critère A).
L’affection doit être à l’origine d’un désarroi marqué ou de difficultés interpersonnelles (Critère B).
La dysfonction n’est pas mieux expliquée par un autre Trouble de l’Axe I (à l’exception d’une autre Dysfonction sexuelle) et n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une substance (y compris des médicaments) ou d’une affection médicale générale (Critère C).
Il existe différents modes de dysfonction érectile. Certains sujets relatent une incapacité à obtenir une érection dès le début de l’acte sexuel. D’autres se plaignent d’avoir dans un premier temps une érection adéquate, puis d’avoir une détumescence quand
ils tentent la pénétration. D’autres encore disent avoir une érection suffisamment ferme pour permettre la pénétration, mais avoir ensuite une détumescence avant ou pendant l’intromission. Certains hommes disent pouvoir obtenir une érection uniquement pendant la masturbation ou au réveil. Il peut y avoir également une perte des capacités érectiles masturbatoires mais cela n’est pas courant.
Critères diagnostiques du Trouble de l’érection chez l’homme
A. Incapacité persistante ou répétée à atteindre, ou à. maintenir jusqu’à
l’accomplissement de l’acte sexuel, une érection adéquate.
B. La perturbation est à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés
interpersonnelles.
C. La dvsfonction érectile n’est pas mieux expliquée par un autre trouble
de l’Axe I C) l’exception d’une autre Dvsfonction sexuelle) et n’est pas
due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une substance
(c.-à-d. une substance donnant lieu à abus, un médicament) ou d’une
affection médicale générale.
Caractéristiques et troubles associés
Les difficultés érectiles du Trouble de l’érection chez l’homme sont souvent associées à une anxiété sexuelle, une peur de l’échec, un souci de la performance sexuelle et une diminution de la sensation subjective d’excitation et de plaisir sexuel. La dysfonction érectile peut causer des ruptures des relations conjugales ou sexuelles existantes et peut-être à l’origine de mariages non consommés ou d’infertilité. Ce trouble peut être
associé à un Trouble : baisse du désir sexuel et à une Éjaculation précoce. Les sujets atteints de Troubles de l’humeur et de Troubles liés à une substance relatent souvent des problèmes d’excitation sexuelle.
Évolution
Les diverses formes de Trouble de l’érection chez l’homme présentent des évolutions différentes, et l’âge de début varie beaucoup. Les quelques individus qui n’ont jamais pu avoir une érection suffisante pour accomplir un acte sexuel avec un partenaire ont classiquement un trouble chronique, de tout temps. Les cas où le trouble est acquis peuvent connaître une rémission spontanée pendant 15 à 30 % du temps.
Diagnostic différentiel
Le Trouble de l’érection chez l’homme doit être distingué d’une Dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale. Le diagnostic approprié est celui d’une Dvsfonction sexuelle due à une affection médicale générale quand on estime que la dysfonction est due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une affection médicale générale spécifiée (p. ex., diabète sucré, sclérose multiple, insuffisance rénale,
neuropathie périphérique, maladie vasculaire périphérique, lésion de la moelle épinière, lésion du système nerveux autonome postchirurgicale ou postradique) . Cette détermination est fondée sur les antécédents (p. ex., altération de la fonction érectile au cours de la masturbation), les examens complémentaires ou l’examen physique. Les études de l’intumescence pénienne nocturne peuvent démontrer l’existence d’érections survenant pendant le sommeil et peuvent aider à différencier les troubles érectiles primaires d’un Trouble de l’érection chez l’homme dû à une affection médicale générale. Les études de la pression artérielle pénienne, les examens pléthysmographiques, ou l’écho-Doppler peuvent mettre en évidence une origine vasculaire
à la diminution de la fonction érectile. Des investigations invasives telles que les tests pharmacologiques intracaverneux ou l’angiographie peuvent établir la présence de problèmes de flux artériel. La cavernographie peut évaluer la fonction veineuse. Si un Trouble de l’érection chez l’homme et une affection médicale générale sont tous deux présents, mais qu’on estime que la dysfonction érectile n’est pas due exclusivement aux
effets physiologiques directs de l’affection médicale générale, on fait le diagnostic de Trouble de l’érection chez l’homme dû à une combinaison de facteurs.
On distingue une Dysfonction sexuelle induite par une substance d’un Trouble de l’érection chez l’homme par le fait que la dysfonction sexuelle est jugée être due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une substance (p. ex., antihypertenseurs, antidépresseurs, neuroleptiques, substances donnant lieu à abus). Si un Trouble de l’érection chez l’homme et l’utilisation d’une substance sont tous deux présents, mais qu’on estime que la dysfonction sexuelle n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs de la substance utilisée, on fait le diagnostic de Trouble de l’érection chez l’homme dû à une combinaison de facteurs.
La caractéristique essentielle du Trouble : baisse du désir sexuel est une déficience ou une absence de fantaisies imaginatives d’ordre sexuel ou de désir d’activité sexuelle (Critère A).
La perturbation doit être à l’origine d’un désarroi prononcé ou de difficultés relationnelles (Critère B).
La dysfonction n’est pas mieux expliquée par un autre trouble et n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une substance (y compris un médicament) ou d’une affection médicale générale (Critère C). La baisse du désir sexuel peut être globale et concerner toutes les formes d’expression de la sexualité ou peut être situationnelle et limitée à un partenaire ou à une activité sexuelle spécifique (p. ex., les
relations sexuelles mais pas la masturbation).
Le sujet est peu motivé dans la recherche des stimulus et éprouve peu de frustration quand il est privé de la possibilité d’une activité sexuelle.
Habituellement, il ne prend pas l’initiative d’une activité sexuelle ou ne s’y livre qu’avec réticence quand son partenaire en prend l’initiative. Bien que la fréquence des rapports sexuels soit habituellement réduite, elle peut être augmentée du fait de la pression du partenaire ou de besoins non sexuels (p. ex., de bien-être physique
ou d’intimité).
Du fait de l’absence de données sur les normes de fréquence ou d’intensité du désir sexuel en fonction de l’âge ou du sexe, le diagnostic repose sur un jugement clinique fondé sur les caractéristiques personnelles et interpersonnelles, le cadre de vie, et le contexte culturel. Il se peut que le clinicien doive examiner les deux
partenaires quand des divergences de désir sexuel conduisent à une demande de consultation d’un professionnel. Une apparente « baisse du désir sexuel » chez l’un des partenaires peut refléter en fait un besoin excessif d’activité sexuelle chez l’autre partenaire.
Ou bien, les deux partenaires peuvent avoir un niveau de désir sexuel qui se situe dans les limites de la normale, mais aux deux extrêmes du continuum.
Sous-types
Des sous-types sont disponibles afin de préciser le mode de début (de tout temps versus acquis), le contexte (généralisé versus situationnel) et les facteurs étiologiques (dû à des facteurs psychologiques ou dû à une combinaison de facteurs) du Trouble : baisse du désir sexuel
Caractéristiques et Troubles associés
Une diminution de l’intérêt sexuel est souvent associée à des problèmes d’excitation sexuelle ou à des difficultés orgasmiques. La déficience du désir sexuel peut être la dysfonction primaire ou peut être la conséquence du désarroi émotionnel induit par des perturbations de l’excitation ou de l’orgasme. Néanmoins, certains sujets ayant un désir sexuel faible restent capables d’une excitation sexuelle et d’un orgasme adéquats en réponse à une stimulation sexuelle. Des affections médicales générales peuvent avoir un effet délétère non spécifique sur le désir sexuel du fait d’un affaiblissement, d’une douleur, de problèmes de l’image du corps, ou de préoccupations concernant l’avenir.
Les Troubles dépressifs sont souvent associés à une diminution du désir sexuel et le début de la dépression peut précéder, accompagner ou être la conséquence d’une déficience du désir sexuel. Les sujets ayant un Trouble : baisse du désir sexuel peuvent avoirdes difficultés à instaurer des relaxions sexuelles stables et peuvent éprouver une insatisfaction conjugale ou connaître des ruptures.
Évolution
L’âge de début dans sa forme « de tout temps » du Trouble : baisse du désir sexuel se situe à la puberté. Dans la majorité des cas, le trouble se développe chez l’adulte, après une période d’intérêt sexuel adéquat, en association à un désarroi psychologique, des événements stressants ou des difficultés relationnelles. La perte du désir sexuel peut être continue ou épisodique, dépendant de facteurs psychosociaux ou relationnels. Un
mode épisodique de perte de désir sexuel se rencontre chez certains individus en relation avec des problèmes à accepter l’intimité et l’engagement relationnel.
Diagnostic différentiel
Le Trouble : baisse du désir sexuel doit être distingué d’une Dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale. Certaines affections médicales générales telles que (les anomalies neurologiques, hormonales ou métaboliques peuvent altérer spécifiquement les substrats physiologiques du désir sexuel. Des anomalies (les taux de testostérone totale, de testostérone libre et de prolactine peuvent témoigner de troubles hormonaux responsables d’une perte du désir sexuel. Si un trouble : baisse du désir sexuel et une affection médicale générale sont tous deux présents,
mais qu’on estime que la Dvsfonction sexuelle n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une affection médicale générale, on fait un diagnostic de Trouble : baisse du désir sexuel dû à une combinaison de facteurs.
Contrairement au Trouble : baisse du désir sexuel, une Dysfonction sexuelle induite par une substance est estimée être due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une substance (p. ex., un médicament antihypertenseur, une substance donnant lieu à abus). Si un Trouble : baisse du désir sexuel et l’utilisation d’une substance sont tous deux présents, mais qu’on estime que la dysfonction sexuelle n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs de la substance utilisée, on fera un diagnostic de Trouble : baisse du désir sexuel dû à une combinaison de facteurs.
Si on estime que la diminution du désir sexuel est due exclusivement aux effets physiologiques directs à la fois d’une affection médicale générale et de l’utilisation d’une substance, on fera à la fois un diagnostic de Dvsfonction sexuelle due à une affection
médicale générale et de Dysfonction sexuelle induite par une substance.
Critères diagnostiques du Trouble :
baisse du désir sexuel
A. Déficience (ou absence) persistante ou répétée de fantaisies imaginatives
d’ordre sexuel et de désir d’activité sexuelle. Pour faire la
différence entre déficience et absence, le clinicien doit tenir compte
des facteurs qui retentissent sur le fonctionnement sexuel, tels que
l’âge et le contexte existentiel du sujet.
B. La perturbation est à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés
interpersonnelles.
C. La dysfonction sexuelle n’est pas mieux expliquée par un autre
trouble de l’Axe I (à l’exception d’une autre Dvsfonction sexuelle) et
n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une
substance (c.-à-d. une substance donnant lieu à abus, un médicament)
ou d’une affection médicale générale.
Spécifier le type :
Type de tout temps
Type acquis
Spécifier le type :
Type généralisé
Type situationnel
Spécifier :
Dû à des facteurs psychologiques
Dû à une combinaison de facteurs
Trouble : aversion sexuelle : le sexe me dégoute
La caractéristique essentielle du Trouble : aversion sexuelle est une aversion et un évitement actif des contacts sexuels génitaux avec un partenaire sexuel (Critère A).
La perturbation doit être à l’origine d’une souffrance subjective marquée ou de difficultés interpersonnelles (Critère B).
La Dysfonction n’est pas mieux expliquée par un autre trouble (sauf une autre Dysfonction sexuelle) (Critère C).
Le sujet fait part d’une réaction d’anxiété, d’appréhension ou d’une réaction de dégoût quand il est confronté a une occasion de relation sexuelle avec un partenaire. L’aversion pour le contact génital peut se focaliser sur un aspect particulier de l’expérience sexuelle (p. ex., les sécrétions génitales, la pénétration vaginale). Certaines sujets éprouvent une répugnance généralisée à tous les stimulus sexuels, y compris les baisers et les caresses.
L’intensité de la réaction (le l’individu exposé au stimulus aversif peut aller d’une anxiété modérée et d’une absence de plaisir à une détresse psychologique extrême.
Diagnostic
A. Aversion extrême, persistante ou répétée, et évitement de tout (ou
presque tout) contact génital avec un partenaire sexuel.
B. La perturbation est à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés
interpersonnelles.
C. La dysfonction sexuelle n’est pas mieux expliquée par un autre
trouble de l’Axe 1 (à l’exception d’une autre Dysfonction sexuelle).
Caractéristiques et Troubles associés
Quand ils sont confrontés à une situation sexuelle, certains sujets ayant une Aversion sexuelle sévère peuvent ressentir des Attaques de panique avec anxiété extrême, sentiments de terreur, malaises, nausées, palpitations, vertiges et difficultés respiratoires.
Les relations interpersonnelles peuvent être très altérées (p. ex., insatisfaction conjugale).
Les sujets peuvent éviter les situations sexuelles ou les partenaires sexuels potentiels en ayant recours à des stratégies indirectes (p. ex., en allant se coucher plus tôt, en voyageant, en négligeant leur apparence extérieure, en consommant des substances et en investissant excessivement des activités professionnelles, sociales ou familiales).
Probleme sexuel et Troubles de l’identité sexuelle
Problemes de sexe
Article rédigé d’après le DSM
1/ DYSFONCTIONS SEXUELLES
Les Dysfonctions sexuelles sont caractérisées par une perturbation du désir sexuel et des modifications psychophysiologiques qui caractérisent le déroulement de la réponse sexuelle, et sont à l’origine d’une souffrance subjective marquée et de difficultés interpersonnelles.
Diagnostic
Une dysfonction sexuelle est caractérisée par une perturbation des processus qui caractérisent le déroulement de la réponse sexuelle ou par une douleur associée aux rapports sexuels. Le déroulement de la réponse sexuelle peut être subdivisé en plusieurs phases : 1.Désir : cette phase consiste en des fantaisies imaginatives concernant la sexualité et en un désir d’accomplir un acte sexuel. 2. Excitation : cette phase consiste en une sensation subjective de plaisir sexuel accompagnée des modifications physiologiques correspondantes. Chez l’ homme, les modifications principales consistent en une intumescence pénienne et une érection. Chez la femme, les modifications principales consistent en une congestion vasomotrice généralisée du pelvis, accompagnée d’une lubrification et d’un élargissement vaginal et d’une intumescence des organes génitaux externes. 3. Orgasme : cette phase consiste en une acmé du plaisir sexuel, accompagné d’un relâchement de la tension sexuelle et de contractions rythmiques des muscles périnéaux et des organes reproducteurs pelviens. Chez l’homme, survient une sensation irrépressible d’éjaculation, suivie de l’émission du sperme. Chez la femme, on constate des contractions de la paroi du tiers externe du vagin (qui ne sont pas toujours ressenties). Dans les deux sexes, survient une contraction rythmique du sphincter anal. 4. Résolution : cette phase consiste en une sensation de détente musculaire et un sentiment de bien-être général. Durant cette phase, l’homme est physiologiquement réfractaire pendant un certain temps à une érection ou à un orgasme. La femme, au contraire, peut être capable de répondre presque immédiatement à de nouvelles stimulations.
Les troubles de la réponse sexuelle peuvent concerner l’une ou plusieurs des phases de ce cycle.
Sous-types
Des sous-types sont disponibles pour préciser le mode de début, le contexte, et les facteurs étiologiques associés aux Dysfonctions sexuelles.
L’un des sous-types suivants peut être utilisé pour préciser le mode de début de la Dysfonction sexuelle :
Type de tout temps
Ce sous-type s’applique quand la Dysfonction sexuelle était présente dès le début de l’activité sexuelle.
Type acquis
Ce sous-type s’applique quand la Dysfonction sexuelle n’apparaît qu’après une période d’activité sexuelle normale.
L’un des sous-types suivants peut être utilisé pour préciser le contexte dans lequel apparaît la Dysfonction sexuelle :
Type généralisé
Ce sous-type s’applique quand la Dysfonction sexuelle ne se li mite pas à un certain type de stimulations, de situations ou de partenaires.
Type situationnel
Ce sous-type s’applique quand la Dysfonction sexuelle se limite à un certain type de stimulations, de situations ou de partenaires. Le schéma situationnel spécifique de la dysfonction peut aider au diagnostic différentiel.
Par exemple, l’existence d’une fonction masturbatoire normale en présence d’une altération du fonctionnement relationnel avec le/la partenaire fait suspecter que la plainte principale d’une dysfonction érectile est davantage
due à un problème interpersonnel ou intrapsychique qu’imputable à une affection médicale générale ou à une substance.
L’un des sous-types suivants peut être utilisé pour préciser les facteurs étiologiques associés à la Dysfonction sexuelle :
Due à des facteurs psychologiques
Ce sous-type s’applique quand on estime que des facteurs psychologiques jouent un rôle majeur dans l’installation,
la sévérité, l’exacerbation ou la persistance de la Dysfonction sexuelle, et quand aucune affection médicale générale ni aucune substance ne joue un rôle dans l’étiologie de la Dysfonction sexuelle.
Due à une combinaison de facteurs
Ce sous-type s’applique quand
1) on estime que des facteurs psychologiques jouent un rôle dans l’installation, la sévérité, l’exacerbation ou la persistance de la Dysfonction sexuelle et quand
2) on estime également qu’une affection médicale générale ou l’utilisation d’une substance contribue à la Dysfonction sexuelle mais ne l’explique pas entièrement. Si une affection médicale générale ou l’utilisation d’une substance (y compris les effets secondaires d’un médicament) rend entièrement compte de la Dysfonction sexuelle, le diagnostic est celui d’une Dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale et/ou celui d’une Dysfonction sexuelle induite par une substance.
Caractéristiques et troubles associés
Le jugement clinique relatif à la présence d’une Dysfonction sexuelle doit prendre en considération le contexte ethnique, culturel, religieux et social qui peut avoir une influence sur le désir sexuel, les anticipations et les attitudes relatives à l’accomplissement de l’acte sexuel. Par exemple, dans certaines sociétés, on attache moins d’importance aux désirs sexuels de la femme (en particulier quand la préoccupation principale est la fertilité). L’âge peut être associé à une diminution de l’intérêt sexuel et de l’activité sexuelle (en particulier chez les hommes), mais il y a de grandes différences d’un individu à l’autre dans le retentissement de l’âge.
Prévalence
Il y a très peu de données épidémiologiques systématiques relatives à la prévalence des diverses dysfonctions sexuelles, et elles sont extrêmement variables, ce qui reflète probablement des différences dans les méthodes d’évaluation, les définitions utilisées et les caractéristiques des échantillons de population. L’enquête la plus exhaustive à l’ heure actuelle, réalisée sur un échantillon représentatif de la population des États-Unis
dans une tranche d’âge de 18 à 59 ans, donne les taux de prévalences suivants pour diverses plaintes d’ordre sexuel : 3 % pour la dyspareunie masculine, 15 % pour la dyspareunie féminine, 10 % pour les problèmes d’orgasme chez l’homme, 25 % pour les problèmes d’orgasme chez la femme, 33 % pour la baisse du désir sexuel chez la femme, 27 % pour l’éjaculation précoce, 20 % pour les problèmes d’excitation sexuelle chez la femme, et 10 % pour les difficultés d’érection chez l’homme. La prévalence des difficultés d’érection chez l’homme augmente également après 50 ans. On ne dispose pas d’estimations des taux de prévalence pour l’aversion sexuelle, le vaginisme, les dysfonctions sexuelles dues à une affection médicale générale, et les dysfonctions sexuelles induites par une substance.
Diagnostic différentiel
Si on estime que la Dysfonction sexuelle est causée exclusivement par les effets physiologiques d’une affection médicale générale spécifique, le diagnostic est celui d’une Dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale. Cette détermination est fondée sur les antécédents, les examens complémentaires ou l’examen physique.
Si on estime que la Dysfonction sexuelle est causée exclusivement par les effets physiologiques d’une substance donnant lieu à abus, d’un médicament ou de l’exposition à une substance toxique, le diagnostic est celui d’une Dysfonction sexuelle induite par une substance. Le clinicien doit s’enquérir soigneusement de la nature et de l’étendue de l’utilisation de substances, y compris de médicaments. Des symptômes qui surviennent pendant ou peu de temps après (c.-àd. dans les 4 semaines qui suivent) une Intoxication par une substance ou après l’utilisation
d’un médicament seraient particulièrement indicatifs d’une Dysfonction sexuelle induite par une substance selon le type ou la quantité de substance utilisée ou la durée de son usage.
La caractéristique essentielle du Trouble de l’excitation sexuelle chez la femme est une incapacité à atteindre ou à maintenir jusqu’à l’accomplissement de l’acte sexuel, une réactivité sexuelle adéquate (lubrification, intumescence) (Critère A).
La réactivité sexuelle de la phase d’excitation consiste en une congestion vasomotrice du pelvis, une lubrification et un élargissement vaginal et une intumescence des organes génitaux externes.
La perturbation doit être à l’origine d’un désarroi marqué ou de difficultés relationnelles (Critère B).
La dysfonction n’est pas mieux expliquée par un autre trouble de l’Axe I (à l’exception d’une autre Dysfonction sexuelle) et n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une substance (y compris des médicaments) ou d’une affection médicale générale (Critère C)
Des données limitées suggèrent que le Trouble de l’excitation sexuelle chez la femme s’accompagne souvent de Troubles du désir sexuel et d’un Trouble de l’orgasme chez la femme. Les femmes atteintes d’un Trouble de l’excitation sexuelle peuvent avoir peu ou pas du tout de sensation subjective d’excitation sexuelle. Le trouble peut occasionner des rapports sexuels douloureux, un évitement sexuel et une perturbation des relations conjugales ou sexuelles.
Diagnostic différentiel
Le Trouble de l’excitation sexuelle chez la femme doit être distingué d’une Dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale. Le diagnostic approprié est celui d’une Dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale quand on estime que la dysfonction est due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une affection médicale générale spécifiée (p. ex., réduction des taux d’oestrogènes à la ménopause ou ultérieurement, vaginite atrophique, diabète sucré, radiothérapie pelvienne)
On a également constaté une réduction de la lubrification pendant la lactation. Cette détermination sera fondée sur les antécédents, les examens complémentaires ou l’examen physique.
Contrairement au Trouble de l’excitation sexuelle chez la femme, une Dysfonction sexuelle induite par une substance est jugée être due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une substance (p. ex., réduction de la lubrification causée par les antihypertenseurs ou les antihistaminiques)
Critères diagnostiques du Trouble de l’excitation sexuelle chez la femme
A. Incapacité persistante ou répétée à atteindre, ou à maintenir jusqu’à
l’accomplissement de l’acte sexuel, une activité sexuelle adéquate
(lubrification, intumescence).
B. La perturbation est à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés
interpersonnelles.
C. La dysfonction sexuelle n’est pas mieux expliquée par un autre
trouble de l’Axe I (à l’exception d’une autre Dysfonction sexuelle) et
n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une
substance (c.-à-d. une substance donnant lieu à abus, un médicament)
ou d’une affection médicale générale.
Dyspareunie (Non due à une affection médicale générale)
Vaginisme (Non dû à une affection médicale générale)
Dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale
Trouble : baisse du désir sexuel chez la femme due à une affection médicale générale
Trouble : baisse du désir sexuel chez l’homme due à une affection médicale générale
Trouble de l’érection chez l’homme dû à une affection médicale générale
Dyspareunie chez la femme due à une affection médicale générale
Dyspareunie chez l’ homme due à une affection médicale générale
2/ PARAPHILIES
Les Paraphilies sont caractérisées par des impulsions sexuelles, des fantaisies imaginatives, ou des comportements survenant de façon répétée et intense, qui impliquent des objets, activités ou situations inhabituels et sont à l’origine d’une souffrance subjective cliniquement significative ou d’une altération du fonctionnement social, professionnel, ou dans d’autres domaines importants.
Diagnostic
Les caractéristiques essentielles d’une Paraphilie sont des fantaisies imaginatives sexuellement excitantes, des impulsions sexuelles ou des comportements survenant de façon répétée et intense, et impliquant
1) des objets inanimés,
2) la souffrance ou l’humiliation de soi-même ou de son partenaire,
3) des enfants ou d’autres personnes non consentantes,
et qui s’étendent sur une période d’au moins 6 mois (Critère A).
Chez certaines personnes, des fantaisies imaginatives ou des stimulus paraphiliques sont obligatoires
pour déclencher une excitation érotique et font toujours partie de l’acte sexuel.
Dans d’autres cas, les préférences paraphiliques n’apparaissent qu’épisodiquement (p, ex., au cours de périodes de stress) alors qu’a d’autres moments, la personne est capable d’avoir un fonctionnement sexuel sans fantaisies imaginatives ou stimulus paraphiliques.
Pour la Pédophilie, le Voyeurisme, l’Exhibitionnisme, et le Frotteurisme, on fait le diagnostic si la personne a mis en actes ces impulsions ou si les impulsions ou les fantaisies imaginatives sexuelles sont à l’origine d’un désarroi prononcé ou de difficultés interpersonnelles. Pour le Sadisme sexuel, on fait le diagnostic si la personne a mis en actes ces impulsions avec une personne non consentante ou si les impulsions, les fantaisies imaginatives sexuelles ou les comportements sont à l’origine d’un désarroi prononcé ou de difficultés interpersonnelles. Pour les autres Paraphilies, on fait le diagnostic si le comportement, les impulsions sexuelles, ou les fantaisies imaginatives sont à l’origine d’un désarroi cliniquement significatif ou d’une altération du fonctionnement
social, professionnel, ou dans d’autres domaines importants (Critère B).
L’imagerie paraphilique peut être mise en acte avec un partenaire non consentant, de telle manière que cela lui soit préjudiciable (comme dans le Sadisme sexuel ou la Pédophilie). L’individu peut faire l’objet d’une arrestation et d’un emprisonnement. Lesagressions sexuelles envers les enfants représentent une proportion significative de
l’ensemble des crimes sexuels répertoriés, et les individus présentant un Exhibitionnisme, une Pédophilie et un Voyeurisme représentent la majorité des délinquants sexuels appréhendés. Dans certaines situations, la mise en acte de l’imagerie paraphilique peut conduite à une autoagression (comme dans le Masochisme sexuel). Les relations sociales et sexuelles peuvent en souffrir si autrui considère comme honteux ou répugnant le comportement sexuel inhabituel ou si le partenaire sexuel du sujet refuse de prendre part aux préférences sexuelles inhabituelles. Dans certains cas, le comportement inhabituel (p. ex., des actes exhibitionnistes ou la collection d’objets fétiches)
peut devenir l’activité sexuelle principale dans la vie de l’individu. Ces personnes se présentent rarement d’elles-mêmes pour un avis et n’entrent habituellement en contact avec les professionnels de la santé mentale que lorsqu’elles sont entrées en conflit avec leurs partenaires sexuels ou avec la société du fait de leur comportement.
Les Paraphilies sont des affections qui ont été identifiées spécifiquement dans des classifications antérieures. Elles comprennent l’Exhibitionnisme (exposition de ses organes génitaux), le Fétichisme (utilisation d’objets inanimés), le Frotteurisme fait de toucher ou de se frotter contre une personne non consentante), la Pédophilie
(focalisation sur des enfants prépubères), le Masochisme (être humilié ou se faire infliger des souffrances), le Sadisme sexuel (infliger humiliation ou souffrance), le Transvestisme fétichiste (revêtir les habits du sexe opposé) et le Voyeurisme. Il n’est pas rare qu’un individu ait plus d’une paraphilie.
Caractéristiques et troubles associés
Caractéristiques descriptives et troubles mentaux associés. Le stimulus préféré, même au sein d’une Paraphilie particulière, peut être hautement spécifique. Les individus qui ne disposent pas d’un partenaire consentant avec qui ils pourraient mettre en acte leurs fantaisies imaginatives peuvent louer les services de prostitué(e)s ou
peuvent mettre en acte leurs fantaisies imaginatives avec des victimes contre le gré de celles-ci. Les individus présentant une Paraphilie peuvent choisir une occupation ou se consacrer à un hobby ou faire du bénévolat qui les met en contact avec le stimulus désiré — p. ex., vendre des chaussures féminines ou de la lingerie féminine (Fétichisme), travailler avec des enfants (Pédophilie), ou conduire une ambulance (Sadisme sexuel). Ils peuvent sélectivement regarder, lire, acheter ou collectionner des photographies, films et récits centrés sur leur type préféré de stimulus paraphilique. De nombreuses personnes présentant ces troubles affirment que leur comportement ne leur cause aucun désarroi et que leur seul problème est un dysfonctionnement social résultant de la réaction d’autrui à leur comportement. D’autres font part d’une culpabilité, d’une honte ou d’une dépression extrêmes à devoir se livrer à une activité sexuelle inhabituelle qui est socialement inacceptable ou qu’ils considèrent comme
immorale. Il y a souvent une altération de la capacité à établir un rapport sexuel dans la réciprocité et l’affection et des Dysfonctions sexuelles peuvent être présentes. Des perturbations de la personnalité sont également fréquentes et peuvent être suffisamment sévères pour justifier un diagnostic de Trouble de la personnalité. Des symptômes de dépression peuvent se développer chez les sujets présentant des Paraphilies et
peuvent s’accompagner d’un accroissement de la fréquence et de l’intensité du comportement paraphilique.
bsp;
Examens complémentaires.
La pléthysmographie pénienne a été utilisée dans des unités de recherche afin d’étudier diverses paraphilies en mesurant le degré d’excitation sexuelle d’un individu en réponse à des stimulus visuels et auditifs. La fiabilité et la validité de cette procédure dans le cadre d’un examen clinique n’a pas été complètement établie, et l’expérience clinique suggère que les sujets peuvent modifier leur réponse en manipulant leurs images mentales.
Affections médicales générales associées.
Une activité sexuelle fréquente et sans protection peut avoir comme conséquence une contamination par une maladie sexuellement transmissible, ou la transmission d’une maladie sexuellement transmissible.
Prévalence
Bien que les Paraphilies soient rarement diagnostiquées dans les services de soins généraux, l’importance du marché commercial de la pornographie paraphilique et des accessoires paraphiliques suggère que sa prévalence dans la communauté est probablement plus élevée. Les problèmes les plus couramment rencontrés dans les cliniques
spécialisées dans le traitement des Paraphilies sont la Pédophilie, le Voyeurisme et l’Exhibitionnisme. Le Masochisme sexuel et le Sadisme sexuel sont beaucoup moins souvent rencontrés. Approximativement la moitié des sujets qui consultent pour une Paraphilie sont mariés.
Diagnostic différentiel
On doit distinguer une Paraphilie de l’emploi non pathologique de fantaisies imaginatives sexuelles, de comportements ou d’objets en tant que stimulus de l’excitation sexuelle chez des individus qui n’ont pas de Paraphilie. Les fantaisies imaginatives, comportements ou objets ne sont paraphiliques que lorsqu’ils conduisent à
un désarroi cliniquement significatif ou à une perturbation du fonctionnement (p. ex., lorsqu’ils sont obligatoires, à l’origine d’une dysfonction sexuelle, exigent la participation de sujets non consentants, mènent à des complications légales, interfèrent avec les relations sociales).
Dans le Retard mental, la Démence, la Modification de la personnalité due à une affection médicale générale, l’Intoxication par une substance, l’Épisode maniaque ou la Schizophrénie, il peut y avoir une diminution du jugement, des aptitudes sociales ou (lu contrôle des impulsions qui, dans de rares cas, conduisent à un
comportement sexuel inhabituel. Celui-ci peut être distingué d’une Paraphilie par le fait que le comportement sexuel inhabituel n’est pas le mode préféré ou obligatoire de l’individu, que les symptômes sexuels se produisent exclusivement au cours de l’évolution de ces troubles mentaux, et que les actes sexuels inhabituels ont plutôt tendance à être isolés que récurrents et débutent habituellement à un âge plus avancé.
Les Paraphilies individuelles peuvent être distinguées les unes des autres sur la base des différences dans la focalisation paraphilique caractéristique. Cependant, si les préférences sexuelles de l’individu remplissent les critères de plus d’une Paraphilie, toutes peuvent être diagnostiquées. L’Exhibitionnisme doit être distingué du fait d’uriner dans un lieu public, ce qui est parfois avancé comme une explication du comportement.
Le Fétichisme et le Transvestisme fétichiste impliquent souvent tous deux des articles de vêtements féminins. Dans le Fétichisme, la focalisation de l’excitation sexuelle concerne l’article de vêtement lui-même (p. ex., un panty), alors que dans le Transvestisme fétichiste, l’excitation sexuelle provient de l’acte de revêtir les vêtements
du sexe opposé. Le fait de revêtir les vêtements du sexe opposé qui est présent dans le Transvestisme fétichiste peut aussi être présent dans le Masochisme sexuel. Dans le Masochisme sexuel, c’est l’humiliation d’être obligé de s’habiller avec les vêtements du sexe opposé qui est excitante sexuellement, et non les habits eux- mêmes.
Revêtir les habits du sexe opposé peut être associé à une dysphorie concernant l’identité sexuelle. Si le sujet présente une dysphorie concernant l’identité sexuelle, mais sans que l’ensemble des critères d’un Trouble de l’identité sexuelle soient remplis, le diagnostic sera celui d’un Transvestisme fétichiste, avec dysphorie concernant l’identité sexuelle. On portera le diagnostic additionnel de Trouble de l’identité sexuelle si le tableau clinique répond à l’ensemble des critères d’un Trouble de l’identité sexuelle.
Les Paraphilies incluent :
Exhibitionnisme
On doit distinguer une Paraphilie de l’emploi non pathologique de fantaisies imaginatives sexuelles, de comportements ou d’objets en tant que stimulus de l’excitation sexuelle chez des individus qui n’ont pas de Paraphilie. Les fantaisies imaginatives, comportements ou objets ne sont paraphiliques que lorsqu’ils conduisent à
un désarroi cliniquement significatif ou à une perturbation du fonctionnement (p. ex., lorsqu’ils sont obligatoires, à l’origine d’une dysfonction sexuelle, exigent la participation de sujets non consentants, mènent à des complications légales, interfèrent avec les relations sociales).
Fétichisme
La focalisation paraphilique dans le Fétichisme implique l’utilisation d’objets inanimés (le « fétiche »). Parmi les objets fétiches les plus courants, on trouve les culottes féminines, les soutiens-gorge, les bas, les chaussures, les bottes, ou toute autre pièce d’habillement. La personne présentant un Fétichisme se masturbe fréquemment tout en tenant à la main, frottant, ou sentant l’objet fétiche ou peut demander à son partenaire
sexuel de porter l’objet au cours de leurs relations sexuelles. Habituellement, le fétiche est requis ou fortement préféré pour obtenir une excitation sexuelle, et en son absence, il peut y avoir une dysfonction érectile chez l’homme. Cette Paraphilie n’est pas diagnostiquée quand les fétiches se limitent à des articles de vêtements féminins utilisés pour revêtir les habits de l’autre sexe, comme dans le Transvestisme fétichiste, ou quand l’objet est stimulant génitalement du fait qu’il a été conçu dans ce but (p. ex., un vibrateur). Généralement, cette Paraphilie débute dans l’adolescence, bien que le fétiche ait pu avoir été doté d’une signification particulière plus précocement dans l’ enfance. Une fois installé, le Fétichisme a tendance à devenir chronique.
Critères diagnostiques du Fétichisme
A. Présence (le fantaisies imaginatives sexuellement excitantes, d’impulsions
sexuelles, ou de comportements, survenant de façon répétée et
intense, pendant une période d’au moins 6 mois, impliquant l’utilisation
d’objets inanimés (p. ex., des sous-vêtements féminins).
B. Les fantaisies, impulsions sexuelles, ou comportements sont à l’origine
d’une souffrance cliniquement significative ou d’une altération
du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines
i mportants.
C. Les objets fétiches ne se limitent pas à des articles vestimentaires
féminins utilisés dans le travestissement (comme clans le Transvestisme
fétichiste) ou à des instruments conçus à des fins de stimulation
tactile génitale (p. ex., un vibrateur)
Frotteurisme
La focalisation paraphilique du Frotteurisme implique l’acte de toucher et de se frotter contre une personne non consentante. Le comportement se manifeste habituellement dans des lieux très peuplés d’où le sujet peut plus facilement échapper à une arrestation (p. ex., sur des trottoirs ou il y a foule, ou dans des transports publics). Le sujet frotte ses organes génitaux contre les cuisses et les fesses de la victime ou caresse les organes génitaux ou la poitrine de la victime. Tout en faisant cela, il imagine habituellement une relation exclusive et affectueuse avec la victime. Cependant, il se rend compte que pour éviter de possibles poursuites, il doit s’esquiver aussitôt après avoir touché la victime.
Habituellement, cette paraphilie débute clans l’adolescence ; la plupart des actes de Frotteurisme se produisent quand le sujet a entre 15 et 25 ans ; au-delà, il y a un déclin graduel de leur fréquence.
Critères diagnostiques du Frotteurisme
A. Présence de fantaisies imaginatives sexuellement excitantes, d’impulsions
sexuelles, ou de comportements, survenant de façon répétée et
intense, pendant une période d’au moins 6 mois, et impliquant l’acte
de toucher et de se frotter contre une personne non consentante.
B. La personne a cédé à ces impulsions sexuelles, ou les impulsions
sexuelles ou les fantaisies imaginatives sont à l’origine d’un désarroi
prononcé ou de difficultés interpersonnelles.
Pédophilie
La focalisation paraphilique de la Pédophilie implique une activité sexuelle avec un enfant prépubere (généralement âgé de 13 ans ou plus jeune). Le sujet présentant une Pédophilie doit avoir au moins 16 ans et avoir au moins 5 ans de plus que l’enfant. Pour les sujets en fin d’adolescence qui présentent une Pédophilie, on ne spécifie pas de
différence d’âge précise et on doit utiliser le jugement clinique ; on doit tenir compte à la fois de la maturité sexuelle de l’enfant et de la différence d’âge. Les individus présentant une Pédophilie rapportent généralement une attirance pour des enfants d’un âge particulier. Certains sujets préfèrent les garçons, d’autres les filles, et certains sujets sont excités aussi hien par les garçons que par les filles. Ceux qui sont attirés par les filles préfèrent généralement celles qui ont entre 8 et 10 ans, alors que ceux qui sont attirés par les garçons préfèrent généralement des enfants légèrement plus âgés.
La Pédophilie dont sont victimes les filles est plus souvent signalée que la Pédophilie dont sont victimes les garçons. Certains individus présentant une Pédophilie sont attirés sexuellement uniquement par les enfants (type exclusif), alors que d’autres sont parfois attirés par des adultes (type non exclusif).
Les individus présentant une Pédophilie qui cèdent à leurs impulsions avec des enfants peuvent se limiter à déshabiller l’enfant et à le regarder, à s’exhiber eux- mêmes, à se masturber en présence de l’enfant, ou à
toucher et caresser l’enfant avec douceur. D’autres, cependant, se livrent à la fellation ou au cunnilingus avec l’enfant ou pénètrent son vagin, sa bouche ou son anus avec leurs doigts, des objets ou leur pénis et recourent à diverses formes de contraintes pour y arriver. Ces activités sont couramment expliquées par des excuses ou des rationalisations selon lesquelles elles ont une « valeur éducative » pour l’enfant, que l’enfant en retire du « plaisir sexuel » ou que l’enfant les a « provoqués sexuellement », thèmes qui sont également répandus dans la pornographie pédophile. En raison du caractère egosyntonique de la Pédophilie, nombre d’individus ayant des fantaisies imaginatives, impulsions ou comportements pédophiles n’en éprouvent pas de désarroi significatif.
Il importe de comprendre que le sentiment de désarroi lié aux fantaisies imaginatives, impulsions ou comportements n’est pas nécessaire au diagnostic de Pédophilie.
Le diagnostic de Pédophilie s’applique aux individus qui ont un schéma d’excitation sexuelle pédophile et cèdent à leurs impulsions avec un enfant.
Les individus peuvent se limiter à exercer leurs activités sur leurs propres enfants, beaux-fils, belles-filles ou membres de la famille, ou peuvent s’en prendre à des enfants d’autres familles. Certains individus présentant une Pédophilie menacent l’enfant pour l’empêcher de faire des révélations. D’autres, en particulier ceux qui s’en prennent souvent aux enfants, élaborent des techniques compliquées pour pouvoir accéder aux enfants, qui peuvent comporter le fait de gagner la confiance de la mère de l’enfant, d’épouser une femme par l’enfant de laquelle ils sont attirés, d’échanger des enfants avec d’autres individus présentant une Pédophilie ou, dans de plus rares circonstances, d’adopter des enfants de pays en voie de développement ou de kidnapper les enfants d’autrui.
A l’exception des cas où le trouble est associé à un Sadisme sexuel, la personne peut être attentive aux besoins de l’enfant dans le but de gagner son affection, son intérêt et sa fidélité et pour éviter que l’enfant ne révèle l’activité sexuelle. Le trouble débute habituellement dans l’adolescence, bien que certains individus présentant une Pédophilie disent ne pas avoir été excités par les enfants avant d’avoir atteint l’âge mûr.
La fréquence du comportement pédophilique fluctue souvent en fonction des stress psychosociaux. L’évolution est généralement chronique, en particulier chez les sujets qui sont attirés par les garçons. Le taux de récidive des sujets présentant une Pédophilie impliquant une préférence pour les garçons est à peu près le double de ce qu’il est pour ceux qui préfèrent les filles.
Critères diagnostiques de la Pédophilie
A. Présence de fantaisies imaginatives sexuellement excitantes, d’impulsions
sexuelles, ou de comportements, survenant de façon répétée et
intense, pendant une période d’au moins 6 mois, impliquant une activité
sexuelle avec un enfant ou des enfants prépubères (généralement
âgés de 13 ans ou plus jeunes).
B. La personne a cédé à ces impulsions sexuelles, ou les impulsions
sexuelles ou les fantaisies imaginatives sexuelles sont à l’origine d’un
désarroi prononcé ou de difficultés interpersonnelles.
C. Le sujet est âgé de 16 ans au moins et a au moins 5 ans de plus que
l’enfant mentionné en A.
N.-B. : Ne pas inclure un sujet en fin d’adolescence qui entretient des relations
sexuelles avec un enfant de 12-.13 ans.
Spécifier si :
Attiré sexuellement par les garçons
Attiré sexuellement par les filles
Attiré sexuellement par les filles et par les garçons
Spécifier si :
Limité à l’inceste
Masochisme sexuel
La focalisation paraphilique du Masochisme sexuel implique l’acte (réel, non simulé) d’être humilié, battu, attaché ou livré à la souffrance par d’autres moyens. Certains individus sont importunés par leurs fantaisies imaginatives masochistes qui peuvent être évoquées au cours des rapports sexuels ou la masturbation, mais non mises en acte
d’une autre manière. Dans de tels cas, les fantaisies imaginatives masochistes impliquent habituellement le fait d’être violé tout en étant maintenu ou attaché par autrui de telle façon qu’il n’y ait pas de possibilité de s’échapper. D’autres mettent en acte leurs impulsions sexuelles masochistes sur eux-mêmes (p. ex., en s’attachant eux mêmes, en s’enfonçant eux-mêmes des aiguilles, en se choquant eux-mêmes a l’électricité, ou en se mutilant eux-mêmes) ou avec un partenaire. Les actes masochistes qui peuvent être recherchés avec un partenaire comprennent le fait d’être entravé (contrainte physique), d’avoir les yeux bandés (contrainte sensorielle), d’être frappé avec
662 Troubles sexuels et Troubles de l’identité sexuelle une baguette, d’être fessé, fouetté, battu, de subir des chocs électriques, d’être coupé, d’être « transpercé et épinglé » (infibulation), et humilié (p. ex., se faire uriner ou déféquer sur soi, être forcé de marcher à quatre pattes et d’aboyer comme un chien ou être soumis à des injures). Le fait d’être forcé à revêtir des habits du sexe opposé peut être recherché pour ses connotations humiliantes. Le sujet peut désirer être traité comme un enfant sans défense et qu’on lui mette des couches (« infantilisme »).
Une forme particulièrement dangereuse du Masochisme sexuel appelée « hypoxyphilie », implique une excitation sexuelle due à un manque d’oxygénation obtenu par divers moyens : compression de la poitrine, noeud coulant, ligature, sac en plastique, masque, ou produit chimique (souvent un nitrite volatile qui provoque une réduction temporaire de l’oxygénation cérébrale du fait d’une vasodilatation périphérique). Les activités visant à se priver d’oxygène peuvent être menées seul ou avec un partenaire. Du fait d’un défaut de fonctionnement du matériel, d’erreur dans le placement du noeud coulant ou de la ligature, ou d’autres erreurs, des décès accidentels se produisent parfois.
Des données provenant des États-Unis, d’Angleterre, d’Australie et du Canadaindiquent qu’on met en évidence chaque année I à 2 décès pour un million d’habitants causés par l’ hypoxyphilie.
Certains hommes présentant un Masochisme sexuel, présentent aussi un Fétichisme, un Transvestisme fétichiste ou un Sadisme sexuel. Les fantaisies imaginatives sexuelles masochistes étaient probablement déjà présentes dans
l’enfance. L’âge à partir duquel les activités masochistes débutent pour la première fois avec des partenaires est variable, mais correspond couramment à l’âge adulte jeune.
Le Masochisme sexuel est habituellement chronique et la personne a tendance à répéter le même acte masochiste. Certains individus présentant un Masochisme sexuel peuvent se livrer à des actes masochistes pendant plusieurs années, sans accroître la dangerosité potentielle de leurs actes. D’autres, cependant, accroissent la sévérité de leurs actes masochistes avec le temps ou au cours de périodes de stress, ce qui peut aboutir en
définitive à des blessures ou même à la mort.
Critères diagnostiques du Masochisme sexuel
A. Présence de fantaisies imaginatives sexuellement excitantes, d’impulsions
sexuelles, ou de comportements, survenant de façon répétée et
intense, pendant une période d’au moins 6 mois, impliquant des
actes (réels, non simulés), dans lesquels le sujet est humilié, battu,
attaché, ou livré à la souffrance par d’autres moyens.
B. Les fantaisies, impulsions sexuelles, ou comportements sont à l’origine
d’une souffrance cliniquement significative ou d’une altération
du fonctionnement social, professionnel ou clans d’autres domaines
i mportants.
Sadisme sexuel
La focalisation paraphilique du Sadisme sexuel implique des actes (réels, non simulés) dans lesquels le sujet retire une excitation sexuelle de la souffrance psychologique ou physique de la victime (y compris son humiliation). Certains individus présentant cette Paraphilie sont importunés par leurs fantaisies imaginatives sadiques qui peuvent être évoquées au cours d’un acte sexuel, mais qui ne sont pas mises en acte d’une autre
manière ; dans de tels cas, les fantaisies imaginatives sadiques impliquent habituellement le fait d’exercer un contrôle total de la victime, qui est terrifiée par anticipation de l’acte sadique imminent. D’autres mettent en acte leurs impulsions sexuelles sadiques avec un partenaire consentant (qui peut présenter un Masochisme sexuel) qui endure volontiers douleur et humiliation. D’autres encore mettent en acte leurs impulsions sexuelles sadiques sur des victimes non consentantes. Dans tous les cas, c’est la souffrance de la victime qui est sexuellement excitante. Les fantaisies imaginatives ou les actes sadiques peuvent impliquer des activités qui indiquent une domination de la personne sur la victime (p. ex., forcer la personne à marcher à quatre pattes, ou l’enfermer dans une cage). Ils peuvent impliquer également une entrave, le bandage des yeux, le fait de frapper avec une baguette, de donner des fessées, de fouetter, de pincer, de battre, de brûler, d’administrer des chocs électriques, de violer, de couper, de donner des coups de couteau, d’étrangler, de torturer, de mutiler ou de tuer. Les fantaisies imaginatives sexuelles étaient probablement déjà présentes dans l’enfance.
L’âge de début des activités sadiques est variable, mais correspond couramment à l’âge adulte jeune. Le Sadisme sexuel est habituellement chronique. Quand le Sadisme sexuel est pratiqué sur des partenaires non consentants, il est probable que l’activité se répétera jusqu’à ce que la personne présentant un sadisme sexuel soit appréhendée.
Certains individus présentant un Sadisme sexuel peuvent se livrer à des actes sadiques pendant plusieurs années sans avoir besoin d’accroître le potentiel de dangerosité et d’infliger des blessures physiques sévères. Habituellement, cependant, la sévérité des actes sadiques s’accroît avec le temps. Quand le sadisme sexuel est sévère, et en particulier quand il est associé à une Personnalité antisociale, les individus présentant un
Sadisme sexuel peuvent blesser sérieusement ou même tuer leurs victimes.
Critères diagnostiques du Sadisme sexuel
A. Présence de fantaisies imaginatives sexuellement excitantes, d’impulsions
sexuelles, ou de comportements, survenant de façon répétée et
intense, pendant une période d’au moins 6 mois, impliquant des
actes (réels, non simulés), dans lesquels la souffrance psychologique
ou physique de la victime (y compris son humiliation) déclenche une
excitation sexuelle chez le sujet.
B. La personne a cédé à ces impulsions sexuelles avec une personne non
consentante, ou les impulsions sexuelles ou les fantaisies imaginatives
sexuelles sont à l’origine d’un désarroi prononcé ou de difficultés
interpersonnelles.
Transvestisme fétichiste
La focalisation paraphilique du Transvestisme fétichiste implique un travestissement d’un sujet masculin par des vêtements féminins. Souvent ou dans la plupart des cas, l’excitation sexuelle est déclenchée par le fait de penser ou d’imaginer être une femme (ce qu’on appelle l’ « autogynéphilie ”). Ces représentations peuvent aller de l’imagination d’être une femme pourvue d’organes génitaux féminins à celle d’être complètement habillé en femme sans attacher d’importance particulière aux organes génitaux. Les accessoires féminins sont excitants principalement en tant que symboles de la féminité d’un individu et non en tant qu’objets fétiches détenant des propriétés spécifiques (par exemple, les objets en latex).
Habituellement, le sujet masculin présentant un Transvestisme fétichiste conserve une collection de vêtements féminins qu’il utilise de manière intermittente pour se travestir. En général, tout en étant travesti, il se masturbe, s’imaginant être, lui-même, à la fois l’homme et la femme de sa fantaisie sexuelle.
Ce trouble n’a été décrit que chez des hommes hétérosexuels. On ne fait pas un diagnostic de Transvestisme fétichiste quand le travestissement se produit exclusivement au cours de l’ évolution d’un Trouble de l’identité sexuelle. Le phénomène du Transvestisme sexuel peut aller du port solitaire et occasionnel de vêtements féminins à un large engagement dans une subculture du travestissement. Certains hommes portent une pièce de vêtement
féminin isolée (p. ex., un sous-vêtement ou des bas) sous leur habillement masculin. D’autres hommes présentant un Transvestisme fétichiste s’habillent entièrement en femme et se maquillent. Le degré de réussite dans l’apparence féminine que le sujet travesti peut atteindre est variable, et dépend des maniérismes, de la constitution corporelle, de l’habileté à se travestir.
Lorsqu’il n’est pas travesti, l’homme présentant un Transvestisme fétichiste a généralement une allure banalement masculine. Bien que son orientation de base soit hétérosexuelle, il a tendance à avoir peu de partenaires sexuels et peut s’être livré à des rapports homosexuels occasionnels. La présence d’un Masochisme sexuel peut être une caractéristique associée. Le trouble débute typiquement par un travestissement dans l’enfance ou au début de l’adolescence. Dans de nombreux cas, le travestissement n’est pas réalisé en public avant l’âge adulte.
L’expérience initiale consiste en un travestissement partiel ou total ; le travestissement partiel évolue souvent vers un travestissement total. Un article vestimentaire préféré peut devenir érotique par lui-même et peut être employé régulièrement, d’abord au cours de la masturbation et ultérieurement dans les rapports sexuels. Chez certains sujets, la motivation pour se travestir peut se modifier au fil du temps, de façon temporaire ou
permanente, l’excitation sexuelle déclenchée par le travestissement pouvant décroître ou disparaître. Dans de telles circonstances, le travestissement devient un antidote à l’anxiété ou à la dépression ou apporte un sentiment de paix et de calme. D’autres sujets peuvent présenter une dysphorie concernant l’identité sexuelle, en particulier au cours d’un stress situationnel avec ou sans symptômes de dépression. Chez certains sujets, rares, la dysphonie concernant l’identité sexuelle devient une composante fixe du tableau clinique et s’accompagne du désir de s’habiller et de vivre en permanence comme une femme et de demander un changement de sexe par un traitement hormonal ou chirurgical.
Les sujets présentant un Transvestisme fétichiste demandent souvent à être traités quand une dysphorie concernant l’identité sexuelle se fait jour. Le sous-type : avec dysphorie concernant l’identité sexuelle est proposé afin de permettre au clinicien de noter la présence d’une dysphorie concernant l’identité sexuelle chez les sujets présentant un Transvestisme fétichiste.
Critères diagnostiques du Transvestisme fétichiste
A. Présence chez un homme hétérosexuel de fantaisies imaginatives
sexuellement excitantes, d’impulsions sexuelles, ou de comportements,
survenant de façon répétée et intense, pendant une période
d’au moins 6 mois, impliquant un travestissement.
B. Les fantaisies, impulsions sexuelles, ou comportements sont à l’origine
d’une souffrance cliniquement significative ou (l’une altération
du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines
importants.
Spécifier :
Avec dysphorie concernant l’identité sexuelle : si le sujet éprouve
un malaise persistant en rapport avec son identité sexuelle ou son rôle
sexuel.
Voyeurisme
La focalisation paraphilique du Voyeurisme implique l’acte d’observer des personnes qui ne s’en doutent pas, généralement des personnes étrangères, qui sont nues, en train de se déshabiller ou en train d’avoir des rapports sexuels. L’acte de regarder (« mater ») a pour but de déclencher une excitation sexuelle et, habituellement, le sujet ne cherche pas à avoir une activité sexuelle avec la personne observée. L’orgasme, généralement obtenu par la masturbation, peut se produire pendant l’activité voyeuriste ou ultérieurement, lors de l’évocation de ce que la personne a observé. Ces personnes ont souvent la fantaisie imaginative d’avoir une expérience sexuelle avec la personne observée, mais cela se produit rarement dans la réalité. Dans sa forme sévère, le « matage » représente
une forme d’activité sexuelle exclusive. Le comportement voyeuriste débute généralement avant l’âge de 15 ans. L’évolution a tendance à être chronique.
Critères diagnostiques du Voyeurisme
A. Présence de fantaisies imaginatives sexuellement excitantes, d’impulsions
sexuelles, ou de comportements, survenant de façon répétée et
intense, pendant une période d’au moins 6 mois, consistant à
observer une personne nue, ou en train de se déshabiller, ou en train
d’avoir des rapports sexuels et qui ne sait pas qu’elle est observée.
B. La personne a cédé à ces impulsions sexuelles, ou les impulsions
sexuelles ou les fantaisies imaginatives sexuelles sont à l’origine d’un
désarroi prononcé Ou de difficultés interpersonnelles.
3/ TROUBLES DE L’IDENTITÉ SEXUELLE
Les Troubles de l’identité sexuelle sont caractérisés par une identification franche et persistante à l’autre sexe accompagnée d’un sentiment persistant d’inconfort par rapport au sexe déclaré. L’identité sexuelle correspond à la perception par un individu de son propre statut sexuel, masculin ou féminin. Le terme dysphorie sexuelle désigne un sentiment d’inconfort franc et persistant par rapport au sexe déclaré, le désir d’acquérir l’apparence corporelle du sexe opposé, et le désir (l’être considéré par autrui comme faisant partie du sexe opposé. Les termes identité sexuelle et dysphorie sexuelle doivent être distingués du terme orientation sexuelle, qui correspond à l’attirance érotique envers les hommes, les femmes ou les deux sexes.
Caractéristiques diagnostiques
Le trouble de l’identité sexuelle a deux composantes, toutes deux devant être présentes pour le diagnostic.
On doit démontrer l’existence d’une identification intense et persistante à l’autre sexe, à savoir le désir d’appartenir à l’autre sexe ou l’affirmation qu’on en fait partie (Critère A).
Cette identification à l’autre sexe ne doit pas se réduire simplement au désir d’obtenir les bénéfices culturels dévolus à l’autre sexe.
On doit également démontrer l’existence d’un inconfort persistant par rapport au sexe assigné ou d’un sentiment d’inadéquation par rapport à l’identité de rôle correspondante (Critère B).
On ne fait pas ce diagnostic si le sujet a une affection intersexuelle physique concomitante (p. ex., syndrome d’insensibilité partielle aux androgènes ou hyperplasie congénitale des surrénales) (Critère C).
Pour faire ce diagnostic, on doit démontrer l’ existence d’un désarroi cliniquement significatif ou d’une altération du fonctionnement social ou professionnel, ou dans d’autres domaines importants (Critère D).
Chez les garçons, l’identification à l’autre sexe se manifeste par une préoccupation prononcée pour les activités féminines traditionnelles. Ils peuvent préférer revêtir des habits de fille ou de femme ou peuvent confectionner de telles pièces de vêtements à partir du matériel disponible quand ils ne disposent pas d’accessoires véritables. Des
serviettes de toilette, des tabliers et des foulards sont souvent utilisés pour représenter des cheveux longs ou des jupes. Il existe une forte attraction pour les jeux et passetemps typiques des filles. En particulier, ils aiment jouer «à la maison », dessiner des filles magnifiques et des princesses, et regarder des émissions de télévision et des vidéos de leurs types de femmes de prédilection. Les poupées féminines typiques du style Barbie, sont souvent leurs jouets favoris et les filles sont leurs compagnons de jeux préférés. Quand ils jouent « à la maison », les garçons jouent le rôle de figures féminines, le plus souvent des rôles de mères, et sont souvent très préoccupés par des figures imaginaires féminines. Ils évitent les jeux brutaux et les sports de compétition et s’intéressent peu aux voitures et aux camions ou à d’autres jouets non agressifs, mais typiques des garçons. Ils peuvent exprimer le souhait d’être une fille et affirmer qu’ils vont devenir une femme en grandissant. Ils peuvent insister pour uriner assis et prétendre ne pas avoir de pénis en le repoussant entre leurs cuisses. Plus rarement, les garçons présentant un Trouble de l’identité sexuelle peuvent déclarer qu’ils trouvent leur pénis ou leurs testicules dégoûtants, qu’ils veulent s’en débarrasser ou qu’ils ont, ou souhaitent avoir, un vagin.
Les filles présentant un Trouble de l’identité sexuelle manifestent d’intenses réactions négatives aux attentes ou tentatives parentales de leur faire revêtir des habits ou autres accessoires féminins. Certaines peuvent refuser d’aller à l’école ou de participer à certains événements sociaux où le port de tels vêtements peut être exigé. Elles préfèrent les habits de garçons et le port des cheveux courts, sont souvent prises pour des garçons par des personnes qui ne les connaissent pas, et peuvent demander à être appelées par un nom de garçon. Leurs héros imaginaires sont le plus souvent des figures masculines puissantes, comme Batman ou Superman. Les filles préfèrent avoir pour compagnon de jeux des garçons, avec qui elles partagent l’intérêt pour les sports de contact, les jeux brutaux, et les jeux traditionnels de garçons. Elles se montent peu intéressées par les poupées ou toute forme de parure féminine ou jeu de rôle féminin.
Une fille présentant ce trouble peut à l’occasion refuser d’uriner assise. Elle peut affirmer qu’elle a un pénis ou que celui va pousser et peut refuser de voir sa poitrine pousser ou d’avoir des menstruations. Elle peut affirmer qu’elle va devenir un homme en grandissant. De telles filles expriment typiquement une identification prononcée à
l’autre sexe dans les jeux de rôle, les rêves et les fantaisies imaginatives.
Les adultes présentant un Trouble de l’identité sexuelle sont préoccupés par leur désir de vivre en tant que membre du sexe opposé. Cette préoccupation peut se manifester par un désir intense d’adopter le rôle social de l’autre sexe ou d’acquérir l’apparence physique de l’autre sexe par une technique hormonale ou chirurgicale. Les
adultes présentant ce trouble éprouvent un sentiment d’inconfort à être considérés par autrui comme un membre de leur sexe assigné, ou à fonctionner en société en tant que tel. Ils adoptent le comportement, l’habillement, et les manières du sexe opposé de diverses façons. En privé, ces individus peuvent passer beaucoup de temps travestis
et travailler à obtenir l’apparence du sexe opposé. Ils essaient souvent de se faire passer pour quelqu’un du sexe opposé en public. Grâce au travestissement ou au traitement hormonal (et pour les hommes, l’épilation laser), les sujets présentant ce
trouble peuvent se faire passer de manière convaincante pour quelqu’un du sexe opposé).
L’activité sexuelle de ces sujets avec des partenaires du même sexe est généralement restreinte par le souhait que leurs partenaires ne voient ni ne touchent leurs organes génitaux. Pour certains hommes présentant le trouble plus tard au cours de leur vie, (souvent après le mariage), l’activité sexuelle de l’individu avec une femme s’accompagne de la fantaisie imaginative de constituer un couple d’amantes lesbiennes ou que sa partenaire est un homme et qu’il est une femme.
Chez les adolescents, les caractéristiques cliniques peuvent ressembler soit à celles des enfants, soit à celles des adultes, selon le niveau de développement de l’individu et les critères doivent être appliqués en conséquence. Chez un jeune adolescent, il peut être plus difficile de parvenir à un diagnostic précis du fait de la réserve propre à l’adolescence.
Cette difficulté peut être accrue si l’adolescent ressent une ambivalence par rapport à l’identification à l’autre sexe, ou sent que c’est inacceptable pour sa famille.
L’adolescent peut être adressé pour avis parce que les parents ou enseignants sont préoccupés par son isolement social ou les taquineries ou le rejet par les pairs. Dans de telles circonstances, le diagnostic doit être réservé aux adolescents qui apparaissent tout à fait identifiés à l’autre sexe de par leur habillement et qui se livrent à ries comportements qui suggèrent une identification significative à l’autre sexe (p. ex., se raser les jambes pour un homme). La clarification du diagnostic chez les enfants et les adolescents peut nécessiter un suivi sur une période de temps prolongée.
Le désarroi et le handicap des sujets présentant un Trouble de l’identité sexuelle se manifestent différemment au cours du cycle de la vie. Chez les jeunes enfants, le désarroi se manifeste par l’expression d’un mécontentement envers leur sexe assigné.
La préoccupation par les désirs d’appartenir à l’autre sexe interfère souvent avec les activités habituelles. Chez les plus grands enfants, l’échec de l’établissement de relations et de jeux avec leurs pairs du même sexe et d’âge équivalent conduit souvent à l’isolement et au désarroi, et certains enfants peuvent refuser d’aller à l’école à cause de tracasseries ou de pressions pour qu’ils revêtent les habits typiques de leur sexe assigné.
Chez les adolescents et les adultes, les préoccupations par les souhaits d’appartenir à l’autre sexe interfèrent souvent avec les activités ordinaires. Les difficultés relationnelles sont courantes et le fonctionnement à l’école ou au travail peut être altéré.
Spécifications
Pour les individus ayant atteint la maturité sexuelle, les spécifications suivantes peuvent être notées sur la hase de l’orientation sexuelle du sujet : Attiré sexuellement par les hommes, Attiré sexuellement par les femmes, Attiré sexuellement par les deux sexes, Attiré sexuellement ni par un sexe ni par l’autre. Les hommes présentant un Trouble de l’identité sexuelle sont concernés dans une large mesure par les quatre spécifications. Ceux qui sont attirés par les hommes voient habituellement leur trouble débuter pour la première fois dans l’enfance ou au début de l’adolescence, alors que ceux parmi les hommes qui sont attirés par les femmes, par les deux sexes ou ne
sont attirés ni par un sexe ni par l’autre indiquent que leur dysphorie sexuelle a commencé au début de l’âge adulte ou à la maturité. Ceux parmi les hommes qui ne sont attirés ni par un sexe ni par l’autre sont souvent des individus isolés présentant des traits schizoïdes. Pratiquement toutes les femmes qui présentent un Trouble de l’identité sexuelle seront concernées par la même spécification : Attiré sexuellement par les femmes, bien qu’il y ait des cas exceptionnels de femmes qui sont attirées sexuellement par les hommes.
Caractéristiques descriptives et troubles mentaux associés.
De nombreux individus présentant un Trouble de l’identité sexuelle évoluent vers un isolement social.
L’isolement et l’ostracisme contribuent à une faible estime de soi et peuvent conduire à une aversion scolaire ou à un abandon de la scolarité. L’ostracisme et les tracasseries de la part des pairs sont des conséquences particulièrement fréquentes du trouble chez les garçons. Les garçons qui présentent un Trouble de l’identité sexuelle ont souvent des manières féminines prononcées et une façon particulière de parler.
La perturbation peut être tellement envahissante que la vie mentale de certains individus tourne uniquement autour des activités qui permettent de réduire le désarroi lié à leur sexe. Ils sont souvent préoccupés de leur apparence, tout particulièrement au début de la transition vers une vie correspondant au rôle du sexe opposé. Les relations
avec l’un des parents ou les deux peuvent être également sérieusement altérées. Certains hommes présentant un Trouble de l’identité sexuelle recourent à une automédication par des hormones. Ils parviennent très rarement à réaliser leur propre castration ou l’ablation de leur pénis. Certains hommes présentant ce trouble, en particulier
dans les centres urbains, peuvent se livrer à la prostitution, ce qui les expose à un risque élevé d’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (HI V). Des tentatives de suicide et des Troubles liés à une substance sont couramment associés.
Chez les enfants présentant un Trouble de l’identité sexuelle, peuvent coexister une Anxiété de séparation, une Anxiété généralisée et des symptômes de dépression. Les adolescents sont particulièrement exposés au risque de dépression, d’idées suicidaires et de tentatives de suicide. Chez les adultes, des symptômes anxieux et dépressifs
peuvent être présents. Dans les échantillons cliniques, les Troubles de la personnalité associés sont plus fréquents chez les hommes que chez les femmes. Les hommes adultes qui sont attirés sexuellement par les femmes, ou par les hommes comme par les femmes, ou qui ne sont attirés par aucun sexe relatent habituellement une histoire
d’excitation sexuelle associée à la pensée ou à l’imagination d’être une femme (désignée par le terme autogynéphilie). Dans la plupart des cas, un diagnostic de Transvestisme fétichiste s’appliquerait à l’individu, au moins dans son passé. Dans d’autres cas, cependant, la fantaisie imaginative favorite de l’individu met en valeur
d’autres attributs féminins que les vêtements. Certains hommes, par exemple, se masturbent tout en se représentant être une femme nue, se focalisant sur leur poitrine imaginaire ou sur leur vulve imaginaire ; d’autres se masturbent tout en se représentant être occupé à une activité typiquement féminine comme le tricot.
Examens complémentaires.
Il n’y a pas de test diagnostique spécifique du Trouble de l’identité sexuelle. En cas de normalité de l’examen physique, il n’est habituellement pas indiqué de réaliser un caryotype des chromosomes sexuels et des dosages des hormonessexuelles. Les tests psychologiques peuvent révéler une identification à l’autre sexe ou des modes de comportement particuliers.
Examen physique et affections médicales générales associées.
Les individus présentant un Trouble de l’identité sexuelle ont des organes génitaux normaux (contrairement
à ceux ayant des affections physiques intersexuelles où l’on retrouve une ambiguïté des organes génitaux ou un hypogonadisme). Les adolescents et adultes masculins ayant un Trouble de l’identité sexuelle peuvent présenter un gonflement de la poitrine résultant de l’ingestion d’hormones, une absence de poils résultant d’une épilation
temporaire ou permanente et d’autres modifications physiques résultant d’interventions telles qu’une rhinoplastie ou une abrasion du cartilage thyroïde (résection chirurgicale de la pomme d’Adam). Une déformation des seins ou des rougeurs au niveau des seins peuvent être observées chez les femmes qui se bandent les seins.
Parmi les complications postchirurgicales, on retrouve chez les sujets génétiquement féminins des cicatrices hypertrophiques du mur postérieur mammaire, et chez les sujets génétiquement masculins, des rétrécissements vaginaux, des fistules recto-vaginales, des sténoses de l’urètre, et une déviation du jet urinaire. Les femmes adultes présentant un Trouble de l’identité sexuelle peuvent avoir une augmentation du risque de maladie
polykystique des ovaires.
Caractéristiques liées à l’âge et au sexe
Les femmes présentant un Trouble de l’identité sexuelle rencontrent généralement moins d’ostracisme du fait de leurs intérêts transsexuels et souffrent à un moindre degré d’un rejet par leurs pairs, du moins jusqu’à l’adolescence. Dans les échantillons cliniques pédiatriques, il y a approximativement cinq garçons pour une fille qui sont adressés pour ce trouble. Dans les échantillons cliniques adultes, les garçons sont adressés beaucoup plus souvent pour une évaluation de ce trouble que les filles. Chez les enfants, le biais de recrutement aux dépens des garçons peut refléter en partie la plus grande stigmatisation attachée au comportement transsexuel chez les garçons.
Prévalence
Il n’y a pas d’études épidémiologiques récentes à l’origine de données sur la prévalence du Trouble de l’identité sexuelle. Des données issues de petits pays d’Europe, Où l’on a accès à des statistiques (le l’ensemble de la population et des admissions, suggèrent que grosso modo un homme adulte sur 30 000 et une femme adulte sur 100 000 demandent une modification chirurgicale de leur sexe.
Évolution
Dans les échantillons cliniques d’enfants, les intérêts et les activités transsexuels débutent généralement entre 2 et 4 ans, et certains parents relatent que leur enfant a toujours eu des intérêts transsexuels. Seul un très petit nombre d’enfants présentant un Trouble de l’identité sexuelle continueront à présenter des symptômes qui répondent
aux critères d’un Trouble de l’identité sexuelle à la fin de l’adolescence ou à l’âge adulte. Les enfants sont typiquement adressés pour avis aux alentours du début de la scolarisation car les parents constatent alors avec inquiétude que ce qu’ils considéraient jusque là comme une « phase » ne semble pas se terminer. La plupart des enfants présentant un Trouble de l’identité sexuelle expriment moins ouvertement leurs comportements transsexuels avec le temps, ou du fait de l’intervention des parents ou des réactions de leurs pairs. Vers la fin de l’adolescence ou à l’âge adulte, près des troisquarts des garçons qui avaient des antécédents de Trouble de l’identité sexuelle dans l’enfance signalent une orientation homosexuelle ou bisexuelle, mais sans Trouble de
l’identité sexuelle concomitant. Les autres signalent, pour la plupart, une orientation hétérosexuelle, également sans Trouble de l’identité sexuelle concomitant. Pour les filles, les pourcentages correspondants concernant l’orientation sexuelle ne sont pas connus. Certains adolescents peuvent évoluer vers une identification manifeste à l’autre sexe et exiger une modification chirurgicale de leur sexe ou peuvent continuer chroniquement
à présenter une confusion ou une dysphorie en rapport avec leur identité sexuelle.
Chez les adultes masculins, il existe deux possibilités évolutives différentes pour le Trouble de l’identité sexuelle. Dans la première, le Trouble de l’identité sexuelle, qui avait débuté dans l’enfance ou au début de l’adolescence, se poursuit. Ces sujets se présentent typiquement à la fin de l’adolescence ou à l’âge adulte. Dans le deuxième type d’évolution, les signes les plus évidents de l’identification transsexuelle apparaissent
plus tardivement et graduellement. Le tableau clinique présenté par l’adulte jeune ou mûr succède généralement à un Transvestisme fétichiste, mais lui est parfois coexistant. Les sujets du groupe à début plus tardif peuvent présenter une plus grande fluctuation dans le degré d’identification transsexuelle, une plus grande ambivalence
concernant la modification chirurgicale de leur sexe, une plus grande attirance sexuelle par les femmes, et une probabilité moins grande d’être satisfaits après modification chirurgicale de leur sexe. Les hommes présentant un Trouble de l’identité sexuelle qui sont attirés sexuellement par les hommes, ont tendance à avoir une dysphorie persistante concernant leur identité sexuelle, présente dès l’adolescence ou le début de l’âge adulte. En revanche, les hommes qui sont attirés sexuellement par les femmes, par les deux sexes, ou ni par un sexe ni par l’autre, se présentent habituellement plus tard et ont typiquement des antécédents de Transvestisme Fétichiste. Après une réassignation sexuelle, ceux parmi les hommes qui étaient attirés par les femmes souhaitent vivre avec
une autre femme soit une relation lesbienne, soit une relation de type fraternelle. Si le Trouble de l’identité sexuelle persiste à l’âge adulte, il tend à avoir une évolution chronique, mais des rémissions spontanées ont été signalées.
Diagnostic différentiel
Le Trouble de l’identité sexuelle peut être distingué d’une simple non conformité au stéréotype comportemental lié au rôle sexuel par l’étendue et le caractère envahissant des désirs, des intérêts et des activités de type transsexuel. Par ce trouble, on n’entend pas décrire la non conformité d’un enfant au stéréotype comportemental lié
au rôle sexuel, comme par exemple, les comportements de « garçon manqué » chez les filles ou de « fille manquée » chez les garçons. Il représente plutôt une perturbation profonde du sentiment d’identité de l’individu relativement à la masculinité ou à la féminité. Un comportement chez l’enfant qui, simplement, ne correspond pas au stéréotype
culturel de la masculinité ou de la féminité ne doit pas faire porter ce diagnostic à moins que le syndrome ne soit présent au complet, incluant une souffrance marquée ou un handicap.
Le Transvestisme fétichiste concerne des hommes hétérosexuels (ou bisexuels) pour qui le comportement du travestissement a pour but une excitation sexuelle. A part le travestissement, la plupart des individus présentant un Transvestisme fétichiste n’ont pas d’antécédents de comportements transsexuels dans l’enfance. Chez les hommes qui présentent un tableau répondant intégralement aux. critères du Trouble de l’identité sexuelle aussi bien qu’à ceux du Transvestisme fétichiste, on doit porter les deux diagnostics.
Si un individu ayant un Transvestisme fétichiste présente une dysphorie concernant l’identité sexuelle, les critères du Trouble de l’identité sexuelle n’étant pas intégralement remplis, la spécification avec dysphorie concernant l’identité sexuelle peut être utilisée.
La catégorie Trouble de l’identité sexuelle non spécifié peut être utilisée chez les individus qui ont un problème d’identité sexuelle avec une affection intersexuelle congénitale concomitante (p. ex., syndrome d’insensibilité aux androgènes ou hyperplasie congénitale des surrénales).
Dans la Schizophrénie, les idées délirantes d’appartenance à l’autre sexe sont rares. On ne considère pas comme une idée délirante l’affirmation d’une personne avant un Trouble de l’identité sexuelle qu’il ou elle appartient à l’autre sexe, car invariablement, la personne veut dire qu’elle se sent comme si elle faisait partie du sexe
opposé mais ne croit pas vraiment qu’il ou elle en fait partie. Dans de très rares cas, cependant, une Schizophrénie et un Trouble de l’identité sexuelle sévère peuvent coexister.
672 Troubles sexuels et Troubles de l’identité sexuelle
Critères diagnostiques du Trouble de l’identité sexuelle
A. Identification intense et persistante à l’autre sexe (ne concernant pas
exclusivement le désir d’obtenir les bénéfices culturels dévolus à
l’autre sexe).
Chez les enfants, la perturbation se manifeste par quatre (ou plus) des
critères suivants :
(1) exprime de façon répétée le désir d’appartenir à l’autre sexe ou
affirme qu’il (ou elle) en fait partie
(2) chez les garçons, préférence pour les vêtements féminins ou un
attirail d’objets permettant de mimer la féminité ; chez les filles,
insistance pour porter des vêtements typiquement masculins
(3) préférence marquée et persistante pour les rôles dévolus à l’autre
sexe au cours des jeux de « faire semblant » ou fantaisies imaginatives
persistantes d’appartenir à l’autre sexe
(4) désir intense de participer aux jeux et aux passe-temps typiques
de l’autre sexe
(5) préférence marquée pour les compagnons de jeu appartenant à
l’autre sexe
Chez les adolescents et les adultes, la perturbation se manifeste par des
symptômes tels que l’expression d’un désir d’appartenir à l’autre sexe,
l’adoption fréquente de conduites où on se fait passer pour l’autre sexe,
un désir de vivre et d’être traité comme l’autre sexe, ou la conviction qu’il
(pu elle) possède les sentiments et réactions typiques de l’autre sexe.
B. Sentiment persistant d’inconfort par rapport à son sexe ou sentiment
d’inadéquation par rapport à l’identité de rôle correspondante.
Chez les enfants, la perturbation se manifeste par l’un ou l’autre des
éléments suivants : chez le garçon, assertion que son pénis ou ses testicules
sont dégoûtants ou vont disparaître, ou qu’il vaudrait mieux
ne pas avoir de pénis, ou aversion envers les jeux brutaux et rejet des
jouets, jeux et activités typiques d’un garçon ; chez la fille, refus
d’uriner en position assise, assertion qu’elle a un pénis ou que celuici
va pousser, qu’elle ne veut pas avoir de seins ni de règles, ou aversion
marquée envers les vêtements conventionnellement féminins.
Chez les adolescents et les adultes, l’affection se manifeste par des
symptômes tels que : vouloir se débarrasser de ses caractères sexuels
primaires et secondaires (p. ex., demande de traitement hormonal,
demande d’intervention chirurgicale ou d’autres procédés afin de ressembler
à l’autre sexe par une modification de ses caractères sexuels
apparents), ou penser que son sexe de naissance n’est pas le bon.
C. L’affection n’est pas concomitante d’une affection responsable d’un
phénotype hermaphrodite.
D. L’affection est à l’origine d’une souffrance cliniquement significative
ou d’une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans
d’autres domaines importants.
Spécifier (pour les sujets ayant atteint la maturité sexuelle) :
Attiré sexuellement par les hommes
Attiré sexuellement par les femmes
Attiré sexuellement par les deux sexes
Attiré sexuellement ni par un sexe, ni par l’autre
Morpions (poux du pubis) : symptômes, contamination, diagnostic et traitement complet
Vous pensez avoir des morpions ? Démangeaisons intenses du pubis, petits parasites visibles sur les poils ?
Le diagnostic est rapide par téléconsultation — photo des lésions suffit souvent — et le traitement est simple et efficace. Ne laissez pas une infestation se propager dans votre entourage.
Les morpions — ou poux du pubis — font partie de ces infections sexuellement transmissibles dont on parle peu, souvent par gêne, alors qu’elles sont loin d’être rares et qu’elles se traitent facilement lorsqu’on s’y prend correctement. Le problème, c’est que les erreurs sont fréquentes : traitement incomplet, partenaires oubliés, linge non désinfecté, recontamination inévitable. Cette page vous donne toutes les clés pour comprendre, diagnostiquer et vous débarrasser définitivement des morpions — avec le regard d’un dermatologue-vénérologue.
Qu’est-ce qu’un morpion ? Biologie de Phtirius pubis
Le morpion est un insecte parasite de la famille des anoploures dont le nom scientifique est Phtirius pubis (ou Phtirius inguinalis). Il fait partie de la grande famille des poux, mais se distingue nettement du pou de tête (Pediculus humanus capitis) par sa morphologie trapue, quasi circulaire, qui lui vaut le surnom de « crabe ». C’est ce corps en forme de crabe, avec ses robustes pattes postérieures en crochet, qui lui permet de s’agripper solidement aux poils — en particulier aux poils épais et courts du pubis.
Voici les caractéristiques biologiques essentielles à connaître :
Caractéristique
Détail
Taille
1 à 2 mm — visible à l’œil nu, mais souvent confondu avec une croûte ou une squame
Couleur
Gris-brun translucide ; devient rougeâtre après un repas sanguin
Mode de nutrition
Hématophage : enfonce sa tête dans la peau pour sucer le sang plusieurs fois par jour
Ponte
La femelle pond 1 à 3 lentes par jour, solidement collées à la base des poils par une colle naturelle résistante à l’eau
Cycle de vie
Œuf → larve (3 stades) → adulte en 2 à 3 semaines ; durée de vie de l’adulte : 1 mois environ
Survie hors hôte
24 à 48 heures maximum hors de la chaleur corporelle — contrairement aux idées reçues, il ne survit pas longtemps sur les surfaces froides
Mobilité
Marche uniquement — ne saute pas, ne vole pas
Les morpions infestent préférentiellement les poils pubiens, mais peuvent coloniser d’autres zones à poils — les aisselles, le thorax, la barbe, les sourcils et, dans les cas les plus étendus, les cils. En revanche, ils ne colonisent jamais les cheveux (trop fins et lisses pour leurs crochets). Pour les poux de tête, consultez notre article dédié : poux et lentes.
Comment attrape-t-on des morpions ?
La transmission se fait principalement par contact direct peau à peau, lors d’un rapport sexuel. Le parasite rampe d’un poil à l’autre lors du contact intime — il lui faut une simple seconde pour passer d’un corps à l’autre. Le préservatif ne protège pas, car il ne couvre pas la zone pubienne où siègent les poils infestés.
La transmission indirecte, par la literie ou les vêtements, est possible mais nettement moins fréquente — elle nécessite un contact récent avec des textiles contaminés et chauds. En revanche :
ℹ Les idées reçues à démolir On n’attrape pas les morpions sur une cuvette de toilettes : le parasite ne survit pas à la surface froide d’un siège de toilettes, sans hôte humain pour le réchauffer. Cette croyance est tenace mais infondée. Les animaux de compagnie ne transmettent pas les morpions : Phtirius pubis est un parasite strictement humain — la désinfection des animaux est inutile. L’hygiène n’est pas un facteur protecteur : un soin corporel irréprochable ne protège en rien contre la contamination. Les morpions n’ont aucun lien avec la propreté.
Facteurs de risque : partenaires sexuels multiples, rapports sexuels sans préservatif (qui ne protège de toute façon pas la zone pubienne), contact avec de la literie fraîchement utilisée par une personne infestée.
Symptômes : ce que vous allez ressentir et voir
La période d’incubation — entre la contamination et l’apparition des premiers symptômes — est de quelques jours à 3 semaines lors d’une première infestation. En cas de réinfestation chez une personne déjà sensibilisée, les démangeaisons peuvent apparaître dans les 24 à 48 heures.
Les signes caractéristiques sont :
Signe
Description
Valeur diagnostique
Prurit pubien intense
Démangeaisons surtout nocturnes, aggravées par la chaleur
Signe principal, présent dans quasiment tous les cas
Lentes visibles
Petits œufs blanchâtres ou grisâtres, solidement fixés à la base des poils pubiens
Très évocateur — confirme l’infestation active
Parasites visibles
Petits points brun-grisâtres (1-2 mm) accrochés aux poils, difficiles à déloger
Pathognomonique — signe le diagnostic
Macules cœrulées
Taches bleutées-ardoisées de 3 à 10 mm sur la peau aux points de piqûre — appelées taches bleuâtres de Alibert
Évocateur mais inconstant ; dues à la décomposition de l’hémoglobine par la salive du parasite
Excoriations et irritation
Boutons du pubis, petites plaies de grattage, inflammation locale
Non spécifique — secondaire au grattage
Taches de rouille sur le sous-vêtement
Petites taches brunes sur le tissu, correspondant aux déjections du parasite mêlées de sang
Signe indirect, souvent le premier remarqué
⚠ Cas particulier : atteinte des cils
Chez les enfants en bas âge, ou chez les adultes ayant des pratiques orogénitales (fellation, cunnilingus) sans pénétration, les morpions peuvent n’affecter que les cils, sans atteinte pubienne. Ce tableau est souvent diagnostiqué tardivement car personne ne pense à chercher des poux sur les paupières. Chez l’enfant, une phtirose des cils doit toujours faire évoquer et rechercher un abus sexuel.
Morpions des cils
Comment le médecin pose-t-il le diagnostic ?
Le diagnostic de phtirose pubienne est avant tout clinique. Il repose sur la mise en évidence directe des parasites ou de leurs œufs. En pratique :
L’examen à la loupe ou à l’œil nu, en bonne lumière, sur les poils pubiens suffit souvent à identifier les adultes (brun-grisâtres, trapus) et les lentes (blanchâtres, solidement fixées à la tige du poil) ;
La dermatoscopie est un appoint précieux : le Phtirius pubis présente au dermatoscope un aspect très caractéristique, avec le corps brun translucide et les pattes en crochet clairement visibles — elle permet aussi de distinguer les lentes viables (translucides, près de la peau) des lentes mortes ou éclosées (opaques, plus éloignées de la peau) ;
En cas de doute, un prélèvement microscopique du parasite ou d’une lente permet une identification formelle.
En téléconsultation, des photos de bonne qualité des poils pubiens en lumière rasante permettent souvent d’identifier les parasites. Le Dr Rousseau utilise cette approche régulièrement.
Morpions et bilan IST : pourquoi c’est indispensable
La présence de morpions est un marqueur de risque sexuel. Les recommandations européennes (JEADV 2017) préconisent de proposer systématiquement un bilan IST complet devant tout diagnostic de phtirose pubienne. En effet, des infections sexuellement transmissibles plus graves peuvent être présentes de façon silencieuse chez la même personne.
⚠ Bilan IST à demander en même temps que le traitement Sérologies : VIH (avec accord signé), syphilis (TPHA-VDRL), hépatite B (Ag HBs, Ac anti-HBs, Ac anti-HBc), hépatite C Dépistage : chlamydia et gonocoque (PCR urinaire ou prélèvement génital selon les symptômes)
Ce bilan peut être prescrit lors de la consultation et réalisé dans n’importe quel laboratoire d’analyses médicales.
Traitement complet : les 4 axes simultanés
Le traitement des morpions n’est pas une simple application d’un spray insecticide. Il repose sur 4 axes qui doivent tous être menés en parallèle — oublier l’un d’eux, c’est s’exposer à une recontamination quasi certaine.
Axe 1 — Traiter toutes les personnes concernées en même temps
Tous les partenaires sexuels des 3 derniers mois doivent être informés et traités simultanément, même en l’absence de symptômes. L’incubation silencieuse peut durer plusieurs semaines — votre partenaire peut être infesté sans le savoir et vous recontaminer. Il faut également traiter les personnes du foyer ayant partagé la literie ou les vêtements.
Axe 2 — Les insecticides locaux
Plusieurs molécules sont disponibles :
Produit
Molécule active
Mode d’application
Particularités
SPRAY PAX®
Pyréthrine naturelle
Spray sur la zone infestée, temps de pose 10 min, rincer
Traitement de référence historique ; disponibilité variable en officine
TOPISCAB®
Perméthrine 5%
Application sur la zone, laisser 10 minutes, rincer
Hors AMM dans cette indication ; utilisable pendant la grossesse et l’allaitement
PRIODERM®
Malathion
Application, laisser en place 12 heures, rincer
2e intention ; contre-indiqué en cas d’asthme ; odeur forte
Vaseline / huile minérale
Occlusion mécanique
Application épaisse sur les cils, 2 fois/jour, 8 à 10 jours
Traitement de choix pour les morpions des cils — asphyxie le parasite sans risque oculaire
STROMECTOL® (ivermectine)
Ivermectine orale
250–400 µg/kg en 1 prise, répétée à J7–J10
Hors AMM ; réservé aux formes résistantes ou étendues ; ordonnance médicale nécessaire
📌 Renouvellement obligatoire
Toutes les applications locales doivent être renouvelées après 7 à 10 jours. Pourquoi ? Les insecticides tuent les adultes et la plupart des larves, mais ne pénètrent pas toujours dans les lentes (œufs). Le renouvellement à J7–J10 élimine les larves issues des lentes survivantes, avant qu’elles ne deviennent adultes et pondent à leur tour.
Axe 3 — Le rasage de la zone infestée
Le rasage complet des poils de la zone infestée est fortement recommandé. Il supprime l’habitat du parasite, élimine mécaniquement les lentes accrochées aux poils et améliore l’efficacité des insecticides locaux en réduisant leur surface d’application. Sans poils, les morpions ne peuvent ni se nourrir correctement, ni se reproduire, ni pondre.
Axe 4 — La désinfection du linge et des objets
Objet
Méthode de désinfection
Vêtements, draps, taies, serviettes (lavables à 60°C)
Lavage à 60°C minimum — temperature létale pour le parasite et les lentes
Textiles non lavables à 60°C (pulls, manteaux…)
Isoler dans un sac plastique fermé pendant 3 jours minimum à température ambiante — le parasite meurt sans hôte
Brosses, tondeuses, rasoirs, peignes
Trempage dans l’eau à 65°C pendant 10 minutes
Matelas, canapés, moquettes
Aspiration soigneuse suffit — la désinfection chimique des locaux est inutile
Animaux de compagnie
Aucun traitement nécessaire — Phtirius pubis ne survit pas sur les animaux
Les 6 erreurs qui font échouer le traitement
⚠ Les pièges à éviter absolument
Ne traiter que soi-même — sans prévenir ni traiter les partenaires sexuels : recontamination garantie dans les jours qui suivent.
Ne pas renouveler le traitement insecticide à J7–J10 — les lentes survivantes donnent de nouveaux adultes en une semaine.
Oublier de désinfecter le linge — notamment la literie, les sous-vêtements et les serviettes utilisés dans les 3 jours précédant le traitement.
Omettre de traiter les zones secondaires — aisselles, thorax, sourcils, voire cils si la démangeaison s’y est étendue.
Reprendre une activité sexuelle avant la guérison complète — attendre que vous et votre partenaire ayez terminé le double traitement (J0 + J7–J10).
Considérer que les démangeaisons résiduelles signifient l’échec — le prurit peut persister 1 à 2 semaines après l’éradication complète des parasites, par réaction inflammatoire de la peau aux piqûres. Ce n’est pas une recontamination.
Traitement inefficace ? Infestation récidivante ?
En cas d’échec après deux cycles de traitement bien conduits, une évaluation spécialisée est nécessaire. Le Dr Rousseau peut vous recevoir en téléconsultation, prescrire l’ivermectine orale et vérifier l’absence d’une autre IST associée.
Morpions et rasage intégral : une espèce en voie de disparition ?
C’est une observation épidémiologique documentée : plusieurs études publiées depuis les années 2000 ont rapporté une diminution significative du nombre de cas de phtirose pubienne dans les pays occidentaux, corrélée à l’augmentation de la pratique du rasage ou de l’épilation intégrale du pubis. Les services de dermatologie et de médecine sexuelle nord-américains, australiens et britanniques ont tous rapporté cette tendance.
La logique biologique est simple : sans poils pour s’y accrocher et pondre, Phtirius pubis ne peut ni survivre, ni se reproduire. Un pubis entièrement épilé constitue un environnement hostile au parasite. Certains auteurs évoquent même un risque d’extinction locale de l’espèce dans les populations à forte prévalence de l’épilation intégrale — une curiosité épidémiologique sans précédent.
Pour autant, le rasage ou l’épilation ne constituent pas une méthode de prévention à recommander de façon systématique : ils n’ont pas d’effet démontré sur les autres IST, peuvent provoquer des complications (poils incarnés, folliculite, microtraumatismes favorisant la transmission d’autres agents infectieux), et relèvent avant tout d’un choix personnel.
Le signe principal est une démangeaison intense du pubis, surtout la nuit. En observant attentivement les poils pubiens à la lumière vive, on peut voir de petits parasites brun-grisâtres (1–2 mm) accrochés aux poils, ainsi que des lentes (petits œufs blanchâtres ou grisâtres) fermement fixées à leur base. Des petites taches brunes sur le sous-vêtement — dues aux déjections du parasite mêlées de sang — sont parfois le premier signe remarqué. Un dermatologue peut confirmer le diagnostic en quelques secondes à la loupe ou au dermatoscope.
Est-ce qu’on peut attraper des morpions sans rapport sexuel ?
C’est rare mais possible — via la literie fraîchement contaminée ou les vêtements d’une personne infestée. La transmission sexuelle reste cependant de loin la voie principale. On ne peut absolument pas attraper des morpions sur une cuvette de toilettes : le parasite n’y survit pas.
Combien de temps faut-il pour se débarrasser des morpions ?
Avec un traitement bien conduit — insecticide local à J0 et à J7–J10, rasage, désinfection du linge, traitement simultané du ou des partenaires — l’infestation est éradiquée en 2 semaines environ. Les démangeaisons peuvent persister 1 à 2 semaines supplémentaires malgré la disparition des parasites, par réaction inflammatoire résiduelle de la peau.
Les morpions sont-ils dangereux pour la santé ?
Les morpions eux-mêmes ne transmettent pas de maladies graves directement. Leur principal danger est indirect : leur présence signale un risque d’autres infections sexuellement transmissibles, et impose un bilan IST complet (VIH, syphilis, hépatites B et C, chlamydia, gonocoque). Par ailleurs, le grattage intense peut provoquer des excoriations susceptibles de se surinfecter par des bactéries.
Le préservatif protège-t-il des morpions ?
Non. Le préservatif ne protège pas des morpions car il ne couvre pas la zone pubienne où se trouvent les poils infestés. La transmission se fait par contact de peau à peau lors de l’intimité, et non par contact avec les muqueuses génitales. Seul l’évitement du contact avec une personne infestée — et l’épilation intégrale de la zone — réduisent le risque de contamination.
Peut-on avoir des morpions sur les cils sans atteinte pubienne ?
Oui, notamment chez les enfants ou les adultes ayant des rapports orogénitaux exclusifs. Une phtirose des cils se manifeste par une irritation et un prurit des paupières, avec des petits points bruns visibles sur les cils à l’examen attentif. Le traitement repose sur des applications de vaseline épaisse 2 fois par jour pendant 8 à 10 jours. Chez l’enfant, ce tableau doit toujours faire rechercher un possible abus sexuel.
Besoin d’un avis spécialisé ou d’une ordonnance ?
Le Dr Rousseau vous reçoit en téléconsultation vidéo. Diagnostic confirmé par photos, prescription de l’insecticide adapté et du bilan IST si nécessaire, le tout sans délai.
Vandergriendt C, Thomas DR, Bragg B. Pediculosis Pubis. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2023. PMID 30570999
Bhatt S, Bhatt DL, et al. European guideline for the management of pediculosis pubis. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2017;31(9):1425–1428. PMID 28714128
Dholakia S, Buckley W, Bennett B, et al. Pubic lice: an endangered species? Sex Transm Dis. 2014;41(6):388–391. PMID 24825333
Ko CJ, Elston DM. Pediculosis. J Am Acad Dermatol. 2004;50(1):1–12. PMID 14699358
Varela JA, Otero L, Espinosa E, et al. Phthirus pubis in a sexually transmitted diseases unit: a study of 14 years. Sex Transm Dis. 2003;30(4):292–296. PMID 12671551
Mis à jour le 26 mars 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Chlamydia trachomatis est une bactérie intracellulaire (elle vit dans les cellules des muqueuses) dont il existe de nombreux sérotypes. Les sérotypes D à K sont responsables d’infections sexuellement transmissibles.
Cet article en vidéo:
L’infection à chlamydia augmente régulièrement.
Cette infection sexuelle est en effet souvent asymptomatique dans les deux sexes (on ne sait pas qu’on est infecté car on n’a aucun symptome), ce qui favorise la diffusion de l’infection lors des rapports sexuels non protégés par le préservatif. Chez la femme, l’infection à clamidia peut provoquer stérilité, grossesse-extra-utérine, douleurs abdominales basses…
Symptomes
Chez l’homme
Chlamydia trachomatis est le principal agent des urétrites (trou de la verge qui gratte ou brule) non gonococciques
L’incubation dure en moyenne 10 à 15 jours après le rapport sexuel contaminant mais est en fait assez variable, de quelques jours à quelques mois
Parfois peu ou pas de symptomes
Seuls la moitié des personnes atteintes ont des symptomes de trou de la verge qui gratte, les autres n’ont pas de symptomes, ce qui fait que la transmission est fréquente et qu’on estime que 10% de la population sexuellement active est atteinte. En cas de symptomes, il existe alors le plus souvent un écoulement clair par le trou de la verge et des brulures en urinant
Diagnostic
La sérologie (prise de sang) n’a pas grand intérêt dans le diagnostic des
urétrites à chalmydiae car il existe des réactions croisées avec Chlamydia pneumoniae, responsable d’infections pulmonaires et on peu difficilement distinguer une infection ancienne d’une infection récente.
Les prélèvements endo-urétraux obtenus par grattage dans l’uretre à l’aide d’un écouvillon dont une référence mais ils sont douloureux.
On pratique donc le plus souvent des tests d’amplification génique par PCR, sur le premier jet d’urine (10 à 20 ml, au moins 3 heures après la dernière miction) chez l’homme, et sur prélèvement vaginal chez la femme.
Complications
Environ la moitié des orchiépididymites (infection des testicules) du sujet jeune sont dues à chamydia, et c’est la complication la plus fréquente de l’uretrite avec le syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter
Chez la femme
Chlamydia provoque des infections du col de l’utérus, qui provoquent des pertes blanches ou jaunes
La femme infectée par Chlamydia peut aussi avoir des brulures urinaires, des douleurs lors des rapports, un léger saignement qui tache la culotte, appelé « spotting »
Parfois peu ou pas de symptomes…
Cependant, l’atteinte à chlamydia est sans symptomes dans plus de la moitié des cas. Ainsi, l’atteinte à chlamydia est souvent découverte lors de l’examen gynécologique de routine.
Complications
La complication majeure de l’infection à chlamydia est la salpingite (infection de la trompe), beaucoup plus souvent subaiguë ou chronique qu’aiguë, ce qui fait qu’elle est souvent de diagnostic tardif et difficile car la patiente n’a souvent que des douleurs abdominales basses, notamment au moment des règles.
La salpingite chronique est redoutable car elle expose au risque de stérilité (dite tubaire) et de grossesse extra-utérine, car les trompes se « bouchent » à cause de l’infection.
Chlamydia est responsable de la moitie des salpingites chez les femmes jeunes et de 70 % des stérilités tubaires.
Diagnostic
La sérologie (prise de sang) n’a pas grand intérêt dans le diagnostic des
urétrites à chlamydiae car il existe des réactions croisées avec Chlamydia pneumoniae, responsable d’infections pulmonaires et on peu difficilement distinguer une infection ancienne d’une infection récente.
Les prélèvements vaginaux faits par le gynécoloque près du col en cas de symptomes à l’examen au spéculum, ou par auto-prélèvement endo-vaginal par la patiente, en l’absence de symptomes (à titre de dépistage) permettent de réaliser des tests d’amplification génique par PCR.
Traitement de chlamydia
Traitement du ou des partenaires sexuels
Le traitement doit concerner tous les partenaires sexuels qui feront l’objet d’un examen par le médecin
On recommande l’abstinence sexuelle ou les rapports protégés par préservatif avec le ou les partenaires jusqu’à 7 jours après la fin du traitement.
Bilan d’infection sexuellement transmissible
Recherche de co infection par syphilis, VIH…
Comprimés
On utilise soit
• doxycycline per os : 100 mg x 2/jour pendant 7 jours
• azithromycine : 1 g par voie orale en dose unique
En cas d’allergie on peut utiliser l’érythromycine (500 mg x 4 fois par jour pour 7 jours) ou de l’ofloxacine (200 mg x 2 fois par jour pour 7 jours).
Chez les femmes jeunes, on recommande de contrôler la PCR entre 1 à 6 mois après le traitement.
L’ulcération est souvent accompagnée de fièvre, de ganglions, voire d’une éruption sur la peau
Chancre mou
Chancre mouChancre mou sur le pénis
Cause plus fréquente en Afrique et Asie, le chancre mou, est une ulcération génitale due à Haemophilus ducreyi, une bactérie.
L’incubation est courte (inférieure à 5 jours)
La plaie est douloureuse, profonde, à fond sale et purulent, avec des bords nets, surélevés, avec un double liseré jaune sur la partie interne et rouge sur la partie externe.
En l’absence de traitement, 5 à 10 jours après le début de la plaie apparait un ganglion satellite dans l’aine, généralement d’unseul coté, très inflammatoire, évoluant vers la fistulisation à la peau (le ganglion perce et du pus coule).
Lymphogranuomatose vénérienne
La lymphogranulomatose vénérienne ou maladie de
Nicolas-Favre est due aux sérotypes L1, L2 ou L3 de Chlamydia
trachomatis.
L’incubation dure de 3 à 30 jours
Classiquement trois phases :
– la phase primaire
plaies indolores, non indurées, fugaces, passant souvent inaperçues.
– phase secondaire
ganglions superficiels, douloureux et inflammatoires avec fièvre, maux de tête… dans l’aine 10 à 30 jours après la plaie. Ils peuvent se fistuliser en plusieurs pertuis, en « pomme d’arrosoir ».
– phase tertiaire ou syndrome génitoanorectal chez la femme
fistules vésicovaginales, gonflement de la vulve et rétrécissement
rectal
La démangeaison du méat (trou par lequel s’écoule l’urine) est un signe d’uretrite
L’urétrite est une inflammation de l’urètre (le canal par lequel coule l’urine) d’origine infectieuse, sexuellement transmise.
Elle se manifeste dans la moitié des cas environ par un écoulement par le trou de la verge, qui peut être purulent (pus) ou plus clair, voire sanglant. Lorsque l’inflammation est moins importante, il n’y a pas d’écoulement et on trouve seulement des symptômes moins spécifiques de l’urétrite : démangeaisons du méat, brûlures en urinant, mictions fréquentes (« pisser souvent »)…
Gonococcie ou « chaude pisse »
Elle est due au gonocoque, responsable d’une urétrite souvent très marquée avec impression de « pisser des lames de rasoir », ou « chaude pisse » et écoulement de pus par le trou de la verge
Chlamydia est une bactérie intracellulaire obligatoire (elle entre dans les cellules de la muqueuse) dont les sérotypes D à K sont responsables d’urétrites infectieuses à transmission uniquement sexuelle.
L’incubation dure en moyenne 10 à 15 jours après le rapport sexuel contaminant mais est en fait assez variable, de quelques jours à quelques mois
Parfois peu ou pas de symptomes
Seuls la moitié des personnes atteintes ont des symptomes de trou de la verge qui gratte, les autres n’ont pas de symptomes, ce qui fait que la transmission est fréquente et qu’on estime que 10% de la population sexuellement active est atteinte. En cas de symptomes, il existe alors le plus souvent un écoulement clair par le trou de la verge et des brulures en urinant
Diagnostic
La sérologie (prise de sang) n’a pas grand intérêt dans le diagnostic des
urétrites à chlamydiae car il existe des réactions croisées avec Chlamydia pneumoniae, responsable d’infections pulmonaires et on peu difficilement distinguer une infection ancienne d’une infection récente.
Les prélèvements endo-urétraux obtenus par grattage dans l’uretre à l’aide d’un écouvillon dont une référence mais ils sont douloureux.
On pratique donc le plus souvent des tests d’amplification génique par PCR, sur le premier jet d’urine (10 à 20 ml, au moins 3 heures après la dernière miction).
Complications
Environ la moitié des orchiépididymites (infection des testicules) du sujet jeune sont dues à chamydia, et c’est la complication la plus fréquente de l’uretrite avec le syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter
Chez la femme, l’infection à chlamydia est souvent asymptomatique et elle serait responsable d’infertilités et de grossesse extra utérine par sténose des trompes
La chaude pisse ou gonorrhée est une infection sexuellement transmissible liée à l’infection de l’appareil génital par une bactérie appelée gonocoque.
Elle provoque de violentes douleurs et brulures lorsqu’on urine dans l’urethre, avec l’impression de « pisser des lames de rasoir ».
Il existe souvent un écoulement purulent par le méat (le trou par lequel l’urine sort), notamment le matin. Le traitement de la gonorrhée nécessite de dépister et traiter les partenaires sexuels, de chercher d’autres infections sexuellement transmissibles et de faire prendre à tous les sujets contaminés des antibiotiques.
Ecoulement de pus par le méat en cas d’uretrite gonococcique
L’urétrite est une inflammation de l’urètre (le canal par lequel coule l’urine) d’origine infectieuse, sexuellement transmise.
Symptomes
En cas d’atteinte par le gonocoque, la symptomatologie est souvent très franche (douleurs à la miction (impression de « pisser des lames de rasoir ») et il existe parfois un écoulement de pus par le méat et une rougeur du méat.
Meat rouge en cas d’uretrite
Chez la femme, il peut y avoir peu de symptomes, ou au contraire comme chez l’homme des douleurs à la miction et des écoulements vaginaux purulents (pertes blanches ou leucorrhées de pus)
Pertes blanches de pus en cas de gonococcie chez la femme
Traitement
Traitement du ou des partenaires sexuels
Bilan d’infection sexuellement transmissible
Recherche de co infection par syphilis, VIH…
Piqure ou comprimés
On utilise la ceftriaxone : 500 mg en injection Intra Musculaire et en dose unique (elle peut-être utilisée en sous-cutané ou en IV en cas d’anomalie de l’hémostase)
Un contrôle clinique est nécessaire à une semaine avec contrôle bactériologique en cas d’échec clinique. En cas d’allergie aux bétalactamines (pénicilline): azithromycine : 2g en dose unique
Compte tenu du risque important de co-infection par chlamydia des patients ayant une urétrite gonococcique, on traite généralement aussi une éventuelle infection par chlamydia :
• doxycycline per os : 100 mg x 2/jour pendant 7 jours
• ou azithromycine : 1 g par voie orale en dose unique
Il faut noter qu’une souche de gonocoque résistant à la ceftriaxone est apparue en 2011 au Japon et que les gonocoques conservent aujourd’hui les résistances qu’ils ont acquises à des antibiotiques qui ne sont plus prescrits dans cette indication depuis des années.
De même on voit apparaître une émergence rapide de souches de gonocoques résistants à tous les antibiotiques utilisés couramment pour traiter les gonococcies.
Enfin, il semble que le portage oropharyngé de gonocoques, par pratique du sexe oral, favorise le transfert de résistances plasmidiques vers les gonocoques par d’autres millions de bactéries déjà présentes dans la sphere ORL et ayant acquis cette résistance plasmidique. Il est donc primordial de mieux dépister (par des prélèvements oropharyngés avec mises en culture) et de mieux traiter les gonococcies pharyngées pour essayer de rompre la chaîne de contamination et limiter la propagation des gonocoques multi-résistants avant d’avoir à affronter des gonococcies « intraitables » avec les antibiotiques usuels du fait de leur multirésistance.
Le kyste du scrotum : une boule blanche sur les bourses (testicules)
En cas de boules blanches sur les bourses : consultez un médecin
La consultation du médecin est indispensable afin d’obtenir un diagnostic précis.
Le médecin envisagera les différents diagnostics en cas de boules blanches sur les testicules (condylomes, tumeur maligne… )
Le médecin va porter un diagnostic de kyste devant certains signes
Qu’est-ce qu’un kyste des bourses ou testicules ?
Le kyste est constitué d’une poche ou enveloppe, souvent très bien délimitée, tapissée sur sa face interne d’un épithélium, et contenant du sébum, blanc et pâteux.
Reconnaitre un kyste des bourses
Le kyste se présente sous la forme d’une boule bien arrondie, de taille variant de quelques millimètres à plusieurs centimètres, de consistance le plus souvent souple ou un peu ferme, mais pas dure, mobile par rapport aux plans profonds.
La peau au dessus du kyste des bourses ou testicules est blanche (on voit la coque en transparence sous la peau)
Comment se débarrasser de kystes des bourses
Tout dépend de la taille des kystes des testicules
Kyste de petite taille : Vidage puis ablation de la poche
Le médecin incise sous anesthésie locale la peau sur une petite longueur et la poche du kyste qu’il vide. Il procède ensuite à l’extraction de la poche kystique par traction avec des pinces
Kyste de grande taille : exérèse-fuseau
Cette technique permet de compenser l’espace mort du à l’ablation du kyste, donnant une dépression de la zone cicatricielle. La réalisation d’un fuseau permet de suturer des berges et de réduire le trou post ablation.
Le médecin enlève donc un morceau de peau ayant la forme d’un fuseau (ou d’une amande à bouts effilés) sous anesthésie locale et il va disséquer le kyste comme pour l’énucléation. Il recoud ensuite le plan profond puis la peau
Boutons sur le pubis et la zone du maillot : causes et traitement
Les boutons sur le pubis sont fréquents et peuvent avoir de nombreuses causes : infection virale, IST, folliculite, poils incarnés, dermatose chronique ou parasitose. La zone pubienne est souvent sèche et irritable, ce qui accentue les démangeaisons. Une consultation médicale est indispensable pour obtenir un diagnostic précis, car certaines causes nécessitent un traitement urgent (IST) ou un suivi prolongé.
Folliculite et poils incarnés après rasage ou épilation
La cause la plus fréquente de boutons sur le pubis. Le rasage et l’épilation fragilisent le follicule pileux et favorisent deux types de lésions :
Folliculite : infection bactérienne du follicule pileux, le plus souvent à Staphylococcus aureus. Se manifeste par de petites pustules rouges centrées sur un poil, douloureuses. Survient dans les jours suivant le rasage ou l’épilation. Traitement : antisepsie locale, antibiotiques topiques (Fucidine®, Mupiderm®) voire oraux en cas d’extension.
Poils incarnés : le poil recourbé ou tranché trop ras repousse sous la peau au lieu de sortir normalement, provoquant une papule rouge ou jaunâtre inflammatoire. Plus fréquent sur les peaux frisées. Voir notre article sur les poils incarnés.
Prévention : raser dans le sens du poil avec un rasoir propre, exfolier régulièrement la peau, appliquer une crème apaisante après l’épilation, espacer les séances.
Molluscum contagiosum
Petites tuméfactions d’origine virale (poxvirus) de 2 à 5 mm, rosées, ombiliquées (dépression centrale caractéristique), indolores. Très contagieux par contact direct (contact cutané, rapports sexuels). Chez l’adulte, leur localisation pubienne ou génitale évoque une transmission sexuelle. Peuvent siéger sur un fond d’eczéma.
Le traitement peut être local (curetage, cryothérapie, imiquimod) ou expectatif (régression spontanée possible en quelques mois à 2 ans). Voir notre article sur les molluscums contagiosums.
Les condylomes sont des verrues génitales dues aux papillomavirus humains (HPV), notamment les types 6 et 11 (condylomes acuminés bénins) et 16 et 18 (oncogènes — risque de cancer). Ils peuvent prendre des formes variées sur le pubis et la zone du maillot :
Taches claires ou brunâtres planes (condylomes plans)
Tuméfactions rosées papuleuses
Excroissances en « crête de coq » ou filiformes (condylomes acuminés)
⚠️ Toute verrue génitale doit faire l’objet d’un bilan IST complet. Les types HPV oncogènes (16, 18…) nécessitent une surveillance gynécologique ou urologique rapprochée. La vaccination contre les HPV (Gardasil 9®) est recommandée chez les adolescents de 11 à 14 ans et en rattrapage jusqu’à 19 ans.
Traitement : imiquimod (Aldara®), podophyllotoxine (Condyline®), cryothérapie, laser, électrocoagulation — toujours prescrit et réalisé par un médecin. Voir notre article sur les condylomes.
Dû au virus Herpes simplex de type 2 (HSV-2, majoritairement) ou de type 1 (HSV-1). Se manifeste par des vésicules groupées en bouquet, très douloureuses, évoluant vers des érosions, sur le pubis, les grandes lèvres, le prépuce ou le gland. La primo-infection peut s’accompagner de fièvre et d’adénopathies inguinales. La maladie est récidivante (réactivations), souvent précédées de prodromes (brûlures, picotements).
⚠️ L’herpès génital est une IST contagieuse même en dehors des poussées (transmission asymptomatique). Le préservatif réduit le risque sans l’éliminer. Un traitement antiviral (valaciclovir) raccourcit les poussées et réduit le risque de transmission.
La gale provoque des boutons et des sillons très prurigineux (démangeaisons nocturnes++) sur les zones de plis et les organes génitaux. Les nodules scabieux — nodules rouges et fermes, très caractéristiques — siègent fréquemment sur le pubis, le scrotum et le pénis. Ils peuvent persister plusieurs semaines après un traitement efficace (réaction inflammatoire résiduelle).
Morpions (poux du pubis — Phthirus pubis)
Les morpions sont des poux spécifiques des poils pubiens (Phthirus pubis), transmis par contact cutané étroit ou rapports sexuels. Ils provoquent des démangeaisons intenses du pubis, souvent nocturnes. Les œufs (lentes) sont visibles à la base des poils pubiens à la loupe. Traitement : lotion antiparasitaire (perméthrine) sur les zones atteintes, traitement simultané des partenaires et désinfection du linge.
Eczéma et dermite de contact
L’eczéma de la région pubienne se manifeste par des plaques rouges, squameuses, prurigineuses. Il peut s’agir d’un eczéma atopique (terrain atopique), d’une dermite de contact allergique (latex des préservatifs, lubrifiants, parfums des produits d’hygiène intime, résine des protections féminines) ou d’une dermite irritative (rasage répété, produits d’épilation caustiques). Le traitement repose sur l’éviction de l’allergène et les dermocorticoïdes.
Psoriasis inversé
Le psoriasis peut toucher les zones de plis et la région pubienne sous une forme dite « inversée » : plaques rouges lisses, sans squames (les squames sont éliminées par la macération et les frottements). Peut mimer un intertrigo candidosique. Le traitement repose sur des dermocorticoïdes modérés et des émollients. Le psoriasis inversé est souvent plus difficile à traiter en raison de la fragilité de la peau des plis. Voir notre article sur le psoriasis.
Hidrosadénite suppurée (maladie de Verneuil)
Maladie inflammatoire chronique des glandes apocrines touchant les zones riches en follicules pilo-sébacés : aines, pubis, aisselles, plis fessiers. Se manifeste par des nodules douloureux récidivants, des abcès et des fistules laissant des cicatrices. Favorisée par le tabac et le surpoids. Le traitement médical repose sur les antibiotiques, les rétinoïdes et l’adalimumab (Humira®) pour les formes sévères — la chirurgie est parfois nécessaire.
Tuméfaction bénigne arrondie, bien limitée, ferme ou molle, mobile sous la peau, parfois surmonté d’un pore dilaté noir (comédon). Siège fréquemment sur le pubis et les grandes lèvres. Bénin mais peut s’infecter et devenir douloureux. Traitement : exérèse chirurgicale si gênant ou infecté.
Questions fréquentes sur les boutons du pubis
Comment distinguer un bouton lié au rasage d’une IST ?
Les boutons de folliculite ou poils incarnés apparaissent typiquement 1 à 3 jours après le rasage, sont regroupés sur la zone rasée, centrés sur un poil et régressent spontanément ou sous antiseptique en quelques jours. Les lésions d’IST (condylomes, herpès) ne sont pas liées au rasage, ont des formes caractéristiques (vésicules groupées pour l’herpès, excroissances pour les condylomes), et nécessitent un bilan médical. En cas de doute, consultez.
Faut-il faire un bilan IST en cas de boutons sur le pubis ?
Oui, dès que la lésion n’est pas clairement expliquée par un poil incarné ou une folliculite post-épilation récente. Les IST (herpès, condylomes, syphilis, molluscum) doivent être dépistées et traitées pour éviter la transmission au(x) partenaire(s). Un bilan IST complet inclut sérologies VIH, syphilis (TPHA-VDRL), hépatites B et C, et prélèvements locaux si besoin.
Les boutons du pubis peuvent-ils être dus au maillot de bain ?
Oui — la macération dans un maillot mouillé, les frottements et l’irritation des textiles synthétiques peuvent déclencher une folliculite, un intertrigo (mycose des plis) ou une dermite de contact. Rincer le maillot après chaque baignade, le changer rapidement et opter pour des matières respirantes limite ce risque.
Comment prévenir les boutons après l’épilation ou le rasage du pubis ?
Exfolier la peau 48h avant l’épilation pour libérer les poils ensevelis, raser dans le sens du poil avec un rasoir propre à lame fraîche, éviter de raser trop ras, appliquer une crème apaisante ou un gel post-épilation, espacer les séances. Pour les peaux à tendance aux poils incarnés, l’épilation définitive au laser est une alternative efficace.
Quand faut-il consulter en urgence pour des boutons sur le pubis ?
En urgence si : lésions très douloureuses et rapidement extensives (suspicion d’abcès ou de fasciite nécrosante), fièvre associée, ulcération profonde ou saignante, ganglions inguinaux douloureux. Sans urgence mais rapidement : toute lésion persistant plus de 3 semaines, toute suspicion d’IST, toute lésion indurée ou récidivante.
Boutons sur la vulve : causes, diagnostic et quand consulter
Se découvrir un bouton sur la vulve est souvent source d’inquiétude. Les causes sont très variées — de la simple variation anatomique normale à l’infection sexuellement transmissible, en passant par le kyste bénin ou la dermatose inflammatoire. La localisation exacte, l’aspect et les signes associés orientent fortement le diagnostic.
Bouton sur la vulve persistant ou douloureux ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation — discret et rapide : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Tableau diagnostic — bouton sur la vulve
Aspect / symptôme
Diagnostic probable
Signe clé
Petits grains jaunâtres indolores
Grains de Fordyce (normal)
Glandes sébacées ectopiques — bénin, très fréquent
Petites papules rosées à l’entrée du vagin
Papillomatose vestibulaire (normal)
Symétrique, régulière — variation anatomique non contagieuse
Ulcère indolore propre à bords nets — indolore ≠ bénin
Plaques blanches qui grattent, peau fine
Lichen scléreux
Femme ménopausée ++, atrophie, risque de cancer à long terme
Rougeur + démangeaisons intenses + leucorrhées
Mycose génitale (candidose)
Pertes blanches grumeleuses, brûlures, souvent après antibiotiques
Lésion qui ne guérit pas, saigne, grossit
Cancer vulvaire (à éliminer)
⚠️ Consulter rapidement — biopsie nécessaire
Variantes anatomiques normales — ne pas s’inquiéter
Grains de Fordyce
Les grains de Fordyce sont de petites taches ou grains jaunâtres, indolores, visibles sur les petites lèvres. Il s’agit de glandes sébacées ectopiques (situées hors des follicules pileux), parfaitement bénignes et très fréquentes. Aucun traitement n’est nécessaire.
Papillomatose vestibulaire
La papillomatose vestibulaire est une variante anatomique normale touchant l’entrée du vagin (vestibule). Elle se présente sous forme de petites papules rosées symétriques et régulières. Elle peut être confondue avec des condylomes à HPV — mais elle est non contagieuse et ne nécessite aucun traitement. La distinction se fait cliniquement ou par biopsie si doute.
Caroncules hyménéales et urétrales
Les caroncules sont des replis muqueux résiduels de l’hymen ou situés autour de l’urètre. Bénignes, elles peuvent parfois s’irriter et gêner — un avis gynécologique ou dermatologique rassure dans la grande majorité des cas.
Herpès génital — vésicules douloureuses
L’herpès génital est l’une des causes les plus fréquentes de boutons douloureux sur la vulve. Il se manifeste par des vésicules groupées en bouquet, très douloureuses, qui évoluent en érosions puis en croûtes en 7 à 10 jours. La primo-infection peut s’accompagner de fièvre et d’adénopathies inguinales douloureuses.
Points importants : le virus peut se transmettre même sans lésion visible (excrétion asymptomatique) et récidive par poussées tout au long de la vie. Un traitement antiviral (valaciclovir) réduit la durée et l’intensité des poussées.
Condylomes (HPV) — verrues génitales
Condylomes — verrues génitales à papillomavirus
Les condylomes sont des verrues génitales dues aux papillomavirus humains (HPV). Ils peuvent prendre des formes variées : taches claires ou brunâtres, tuméfactions rosées molles, excroissances filiformes en « chou-fleur ». Ils sont indolores mais très contagieux par contact sexuel direct. Le partenaire doit être examiné et traité si nécessaire. La vaccination HPV protège contre les types les plus à risque.
Molluscum contagiosum
Molluscum contagiosum — tuméfactions ombiliquées
Les molluscum contagiosum génitaux sont de petites tuméfactions rosées avec un creux central caractéristique (ombilication). Dus à un poxvirus, ils se transmettent par contact cutané direct — y compris sexuel. Ils régréssent spontanément en quelques mois mais un traitement (curetage, cryothérapie) accélère la guérison et limite la contagion.
Kyste de Bartholin — boule douloureuse près du vagin
Les glandes de Bartholin sont situées de chaque côté de l’entrée vaginale. Leur canal peut se boucher et former un kyste de Bartholin — boule indolore. Si ce kyste s’infecte (bartholinite), il devient rouge, chaud, très douloureux et peut atteindre plusieurs centimètres. Un kyste simple peut se résorber spontanément. Un kyste infecté nécessite une incision-drainage par un médecin, parfois sous anesthésie locale.
Lichen scléreux vulvaire — ne pas manquer
Le lichen scléreux vulvaire est une dermatose chronique inflammatoire touchant surtout les femmes ménopausées (mais aussi les fillettes et les femmes jeunes). Il provoque des démangeaisons intenses, une peau blanche nacrée et fine, des fissures et progressivement une atrophie vulvaire pouvant fusionner les petites lèvres.
⚠️ Le lichen scléreux vulvaire non traité est associé à un risque accru de carcinome épidermoïde vulvaire (1 à 5% des cas). Un diagnostic précoce et un traitement par dermocorticoïdes forts permettent de contrôler la maladie et de réduire ce risque. Toute femme avec des démangeaisons vulvaires chroniques doit être examinée.
Folliculite et poils incarnés
L’épilation (rasage, cire, laser) de la zone bikini peut provoquer des folliculites — boutons rouges centrés par un poil — et des poils incarnés (poils qui repoussent sous la peau). Bénins, ils peuvent s’infecter et former de petits abcès. Prévention : exfolier régulièrement la zone, hydrater, éviter les vêtements synthétiques serrés après épilation.
Quand consulter en urgence ?
Boule rouge et très douloureuse près du vagin (bartholinite)
Ulcération qui ne guérit pas, à bords nets (chancre syphilitique)
Lésion qui grossit, saigne ou ne cicatrise pas (éliminer un cancer)
Vésicules très douloureuses avec fièvre (primo-infection herpétique)
Démangeaisons vulvaires chroniques avec peau blanche (lichen scléreux)
Un bouton indolore sur la vulve peut-il être grave ?
Oui — l’indolore ne signifie pas bénin. Le chancre syphilitique est classiquement indolore, à bords nets, et constitue pourtant la primo-infection d’une IST grave nécessitant un traitement antibiotique. Les condylomes à HPV sont aussi indolores. Tout bouton, lésion ou ulcération sur la vulve persistant plus de 2 semaines sans cause évidente mérite une consultation.
Comment distinguer un bouton de vulve d’un herpès génital ?
L’herpès génital se distingue par sa douleur intense et ses vésicules groupées en bouquet sur fond rouge, évoluant rapidement en érosions douloureuses. Il s’accompagne souvent de brûlures avant même l’apparition des lésions. Un simple bouton folliculaire ou un grain de Fordyce est indolore ou légèrement sensible, sans vésicule. En cas de doute, un prélèvement par PCR confirme la présence du virus herpès.
La papillomatose vestibulaire est-elle contagieuse ?
Non — c’est une variante anatomique normale, non liée au papillomavirus HPV et non contagieuse. Elle peut être confondue avec des condylomes mais s’en distingue par sa disposition symétrique et régulière, et par l’absence de modifications cellulaires à la biopsie. Aucun traitement n’est nécessaire, seulement une confirmation diagnostique pour rassurer.
Que faire en cas de kyste de Bartholin ?
Un kyste de Bartholin petit et indolore peut être surveillé — il peut se résorber spontanément avec des bains de siège chauds répétés. S’il grossit, devient douloureux ou s’infecte (bartholinite avec chaleur, rougeur et fièvre), consultez rapidement — un drainage chirurgical est nécessaire. Ne jamais essayer de percer soi-même un kyste de Bartholin infecté.
Rougeurs et démangeaisons de la vulve : causes et traitements
Rougeurs et démangeaisons vulvaires — diagnostic différentiel
Les rougeurs et démangeaisons de la vulve (prurit vulvaire) sont un motif de consultation très fréquent en dermatologie et gynécologie. La vulve désigne les organes génitaux externes féminins — grandes lèvres, petites lèvres, clitoris, vestibule. Derrière ce symptôme commun se cachent des causes très variées : infection, allergie, maladie dermatologique chronique, voire lésion précancéreuse.
Cet article se concentre sur les rougeurs et démangeaisons — érythème diffus, plaques planes, prurit. Pour les boutons, vésicules ou ulcères, voir : lésions et boutons sur le sexe.
Démangeaisons persistantes ? Rougeur résistant au traitement ?
Le Dr Rousseau, dermatologue, est disponible en téléconsultation vidéo — souvent le jour même ou le lendemain. 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Rougeur apparue après un nouveau produit (savon, protège-slip, lubrifiant) ?
Eczéma allergique de contact
Antécédents de psoriasis, eczéma atopique ?
Psoriasis génital, eczéma constitutionnel
Prise récente d’antibiotiques ?
Candidose post-antibiotique
Ménopause ? Sécheresse vaginale ?
Vaginite atrophique
Rapports douloureux (dyspareunie) ?
Lichen scléreux, candidose, vaginite atrophique
Rougeur résistant à tous les traitements depuis > 3 semaines ?
Lésion précancéreuse — biopsie indispensable
💡 Ne pas appliquer d’antifongique ou de dermocorticoïde en automédication prolongée sans diagnostic posé — ces traitements peuvent masquer une lésion plus grave (cancer in situ) ou entretenir une irritation de contact iatrogène.
Infections responsables de rougeurs et démangeaisons vulvaires
Candidose vulvo-vaginale (mycose)
La candidose est la première cause de prurit vulvaire — elle touche 75 % des femmes au moins une fois dans leur vie. Elle est due à Candida albicans (90 % des cas), champignon saprophyte du vagin qui prolifère en conditions favorables.
Caractéristiques
Détail
Symptômes typiques
Prurit vulvaire intense, brûlures, rougeur diffuse de la vulve et du vestibule, pertes blanches grumeleuses (aspect « lait caillé »), dyspareunie
Clinique ± prélèvement mycologique si résistance au traitement ou récidives fréquentes
Traitement
Antifongique azolé topique (éconazole, clotrimazole) ± ovule vaginal. Dose unique fluconazole oral si forme sévère. Traitement du partenaire si récidives.
Forme récidivante
≥ 4 épisodes/an — bilan diabète, immunodépression, culture pour identification de l’espèce (C. glabrata résistant au fluconazole). Traitement d’entretien hebdomadaire.
La vaginose bactérienne n’est pas une IST à proprement parler mais un déséquilibre de la flore vaginale : les Lactobacillus protecteurs sont remplacés par des anaérobies (dont Gardnerella vaginalis). Elle est souvent asymptomatique ou se manifeste par :
Pertes grises ou grisâtres, fluides, odeur de poisson caractéristique (accentuée après les rapports sexuels)
Légère rougeur vulvaire — le prurit est en général modéré voire absent
Critères de Amsel : pH vaginal > 4,5, test à la potasse positif (odeur de poisson), clue cells à l’examen direct
Parasite sexuellement transmissible responsable de rougeurs profuses et érosives du col et du vagin, avec pertes jaunes ou verdâtres d’odeur nauséabonde, prurit intense et brûlures à la miction. Parfois asymptomatique chez l’homme. Traitement : métronidazole 2 g en prise unique — les deux partenaires simultanément.
Herpès génital
L’herpès génital (HSV-2) peut se manifester par une rougeur diffuse de la vulve lors de la primo-infection — avant l’apparition des vésicules caractéristiques. Si vous observez des vésicules douloureuses, érosions en bouquet ou ulcérations, consultez : herpès génital.
Herpès génital — les vésicules précèdent les érosions
Eczéma et allergie de contact vulvaire
L’eczéma de la vulve est souvent sous-diagnostiqué. Les premières causes d’allergie de contact vulvaire sont les topiques médicamenteux (crèmes antibiotiques, antifongiques en automédication) et les produits d’hygiène intime.
Vernis à ongles (résines époxy), produits chimiques professionnels portés par les mains
Aspect clinique de l’eczéma vulvaire
L’eczéma de la vulve forme des placards rouges secs sur les versants externes — pubis, grandes lèvres externes, racine des cuisses — avec respect des plis et de la muqueuse vaginale (pas de pertes vaginales). La peau est fripée, parfois parsemée de petites vésicules excoriées, à bords émiettés et mal limités.
💡 Pièges diagnostiques : l’eczéma de la vulve est souvent aggravé par les antifongiques et antiseptiques appliqués en automédication — qui sont eux-mêmes allergisants. Un eczéma qui s’aggrave sous traitement antifongique doit faire évoquer une allergie de contact au produit lui-même.
Traitement : identification et éviction de l’allergène (patch tests indispensables) + dermocorticoïde classe II-III selon la sévérité. Limiter l’eau et le savon — aggravent la macération et l’irritation. Voir : eczéma — causes et traitement.
Dermatoses chroniques de la vulve
Lichen scléreux vulvaire
Dermatose auto-immune chronique — l’une des causes les plus importantes de prurit vulvaire chronique chez la femme après la ménopause, mais pouvant survenir à tout âge, y compris chez la petite fille.
Stade évolutif
Aspect clinique
Début
Plaques blanches nacrées, légèrement atrophiques, prurigineuses — grandes lèvres, clitoris, périnée. Aspect en « sablier » entourant la vulve et la région anale
Évolution
Fissures spontanées, saignements, plaques ivoire brillantes, rétrécissement progressif de l’orifice vaginal (synéchies des petites lèvres), enfouissement du clitoris
Stade avancé
Dyspareunie sévère, destruction de l’architecture vulvaire, cicatrices irréversibles, risque de carcinome épidermoïde
⚠️ 80 % des carcinomes épidermoïdes vulvaires se développent sur un lichen scléreux non ou mal traité. Un traitement précoce par propionate de clobétasol et un suivi dermatologique annuel réduisent significativement ce risque.
Traitement :propionate de clobétasol 0,05 % (Dermoval®) — application quotidienne 1 mois, puis décroissance progressive, puis entretien 2 fois/semaine à vie. Surveillance biopsique de toute zone épaissie ou résistante.
Lichen plan érosif vulvaire
Dermatose inflammatoire auto-immune médiée par les lymphocytes T. La forme érosive vulvo-vaginale est la plus douloureuse — érosions rouge vif, brillantes, entourées d’une bordure blanche dentelle-like, avec dyspareunie sévère et possibilité de sténose vaginale à terme.
Rechercher systématiquement une atteinte buccale associée (stries de Wickham). Des associations avec les hépatites B et C ont été rapportées — bilan hépatique au diagnostic. La biopsie est souvent nécessaire pour distinguer lichen plan érosif, pemphigoïde cicatricielle et lupus. Voir : lichen plan.
Psoriasis vulvaire
Le psoriasis touche les organes génitaux féminins chez 60 % des patientes psoriasiques. Sur la vulve, les squames habituelles sont absentes (peau fine) : on observe des plaques rouges vives, bien délimitées, symétriques, parfois prurigineuses, pouvant s’étendre aux plis inguinaux et interfessiers. Le caractère suintant évoque une surinfection bactérienne.
Traitement : dermocorticoïdes de faible puissance (classe I-II). En cas de résistance, consultation dermatologique — le psoriasis génital peut bénéficier des mêmes biothérapies que les formes cutanées sévères. Voir : psoriasis.
Dermatite atopique vulvaire
Chez les femmes atopiques, l’eczéma atopique peut toucher la région génitale — prurit chronique, peau sèche, parfois lichénification par grattage répété. Le traitement repose sur émollients, dermocorticoïdes et tacrolimus topique pour les zones sensibles. Voir : eczéma atopique.
Lésions précancéreuses et cancers vulvaires
⚠️ Toute rougeur vulvaire persistant plus de 3 semaines malgré un traitement antifongique ou dermocorticoïde bien conduit doit faire l’objet d’une biopsie.
Tache rouge vif ou brunâtre, lisse, luisante, indolore, bien limitée
HPV oncogènes, immunodépression
Biopsie. Laser, imiquimod ou excision selon localisation
Carcinome épidermoïde vulvaire
Plaque infiltrée saignotante sur lichen scléreux, ou zone épaissie sur fond érythémateux, ulcération persistante
Lichen scléreux (80 %) ou VIN HPV-induite (20 %)
Biopsie urgente — chirurgie ± radiothérapie
Ménopause et syndrome génito-urinaire
La carence en œstrogènes à la ménopause entraîne un syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGM) — anciennement appelé vaginite atrophique — qui touche 50 à 60 % des femmes ménopausées.
Symptôme
Mécanisme
Rougeur et atrophie de la vulve et du vagin
Réduction de l’épaisseur et de la vascularisation de la muqueuse
Sécheresse, brûlures, prurit
Disparition de la lubrification et acidité vaginale (pH alcalin → candidoses récidivantes)
Dyspareunie (rapports douloureux)
Atrophie et sténose progressive
Infections urinaires récidivantes
Perte de l’effet barrière des Lactobacillus
Traitement :œstrogènes locaux (promestriène, estriol) en crème ou ovule vaginal — action locale sans effet systémique significatif, utilisables même avec antécédent de cancer du sein dans les formes légères (à discuter avec l’oncologue). Hydratants vaginaux non hormonaux en complément. Le traitement hormonal substitutif systémique relève de la décision gynécologique.
💡 Le SGM est souvent non diagnostiqué car les femmes n’en parlent pas spontanément. Il est traitable efficacement et ne doit pas être accepté comme une fatalité du vieillissement.
Comment distinguer une mycose vaginale d’une vaginose bactérienne ?
La mycose donne un prurit intense avec des pertes blanches grumeleuses (aspect « fromage blanc ») et une rougeur diffuse. La vaginose bactérienne donne des pertes grises fluides avec une odeur de poisson caractéristique, un prurit modéré et peu de rougeurs. En cas de doute, un prélèvement vaginal tranche le diagnostic.
Pourquoi mes démangeaisons vulvaires reviennent-elles toujours ?
Des candidoses récidivantes (≥ 4 épisodes/an) imposent un bilan : diabète, immunodépression, culture pour identifier l’espèce (Candida non-albicans résistant au fluconazole), allergie de contact aux antifongiques eux-mêmes. Un lichen scléreux débutant peut aussi mimer une mycose chronique — le diagnostic est histologique.
Le lichen scléreux peut-il guérir ?
Non, c’est une maladie chronique. Mais un traitement bien conduit par propionate de clobétasol permet un contrôle excellent, prévient les complications (synéchies, carcinome) et améliore très significativement la qualité de vie. L’arrêt du traitement entraîne quasi systématiquement une rechute.
Quand consulter en urgence pour une rougeur vulvaire ?
Consultez sans délai si : rougeur s’étendant rapidement avec fièvre (fasciite nécrosante possible — rare mais gravissime), ulcération indolore persistante (syphilis, carcinome), rougeur associée à des douleurs pelviennes et fièvre (salpingite), ou toute lésion résistant à tous les traitements habituels depuis plus de 3 semaines.
Les rougeurs vulvaires sont-elles contagieuses ?
Cela dépend de la cause. La candidose, la vaginose bactérienne et les irritations de contact ne sont pas contagieuses au sens strict. Le Trichomonas, l’herpès génital, les condylomes HPV et la syphilis se transmettent sexuellement — un bilan IST et le traitement du partenaire sont indispensables.
Peut-on consulter en téléconsultation pour des rougeurs vulvaires ?
Oui, une photo des lésions et un interrogatoire précis permettent le plus souvent d’orienter le diagnostic et d’obtenir une ordonnance rapidement. Certains examens (prélèvement vaginal, biopsie, patch tests) nécessitent une consultation en cabinet.
Démangeaisons vulvaires : causes et traitements des boutons qui grattent
Des démangeaisons sur la vulve (prurit vulvaire) avec ou sans boutons visibles sont un motif de consultation très fréquent. Les causes sont nombreuses et souvent différentes de celles des boutons indolores — mycose, eczéma de contact, lichen, gale, herpès. Identifier la cause permet de choisir le traitement adapté et d’éviter les traitements antifongiques à répétition qui ne traitent pas la vraie cause.
Démangeaisons vulvaires persistantes ou récidivantes ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
La candidose vulvovaginale est la cause la plus fréquente de prurit vulvaire chez la femme en âge de procréer. Elle provoque un prurit intense, des brûlures, une rougeur vulvaire et des pertes blanches grumeleuses « en fromage blanc » caractéristiques. Des petites pustules claires peuvent apparaître sur fond rouge autour de la vulve.
Facteurs favorisants : antibiothérapie récente (détruit la flore protectrice), grossesse, diabète, immunodépression, chaleur et humidité (sous-vêtements synthétiques).
Traitement : antifongique local (ovule ou crème clotrimazole, éconazole) en dose unique ou sur 3 à 6 jours, ou antifongique oral (fluconazole 150 mg en dose unique) sur prescription.
💡 Mycoses récidivantes (>4 épisodes/an) : penser à un diabète méconnu, un traitement insuffisant, une recontamination par le partenaire, ou une autre cause confondue avec une mycose (lichen, eczéma). Un avis dermatologique ou gynécologique s’impose.
Le lichen scléreux est une dermatose inflammatoire chronique qui provoque un prurit vulvaire intense et chronique, souvent pire la nuit. La peau devient blanche nacrée, fine, fragile — avec des fissures douloureuses. Il touche principalement les femmes ménopausées mais peut survenir à tout âge, y compris chez la petite fille.
⚠️ Le lichen scléreux non traité augmente le risque de carcinome épidermoïde vulvaire. Traitement indispensable par dermocorticoïdes forts (propionate de clobétasol) sur protocole prolongé. Suivi dermatologique régulier.
Eczéma de contact vulvaire — les coupables fréquents
La zone vulvaire est très sensible aux allergies et irritations de contact. Les causes les plus fréquentes d’eczéma de contact vulvaire :
Savons parfumés, gels douche, lingettes intimes
Protège-slips et serviettes hygiéniques (parfums, plastifiants)
Préservatifs en latex (allergie au latex)
Lubrifiants, spermicides
Crèmes ou ovules médicamenteux (conservateurs, excipients)
Lessive et adoucissant pour les sous-vêtements
Traitement : identifier et supprimer le produit responsable + dermocorticoïde doux en crème. Les patch-tests permettent d’identifier l’allergène précis.
Gale — nodules scabieux vulvaires
Nodules scabieux de la gale (ici chez l’homme bien sur, mais ils existent chez la femme)
La gale peut provoquer des nodules scabieux sur la vulve — boutons rouges, fermes, très prurigineux, persistant plusieurs semaines même après traitement. Le prurit est caractéristiquement nocturne et intense, souvent partagé par l’entourage. Les sillons scabieux sont visibles entre les doigts et aux poignets. Traitement : ivermectine orale ou perméthrine topique, traitement simultané de tous les contacts.
Herpès génital — brûlures et vésicules
Herpès génital — vésicules et érosions
L’herpès génital provoque des brûlures intenses et des vésicules groupées douloureuses évoluant en érosions. Le prurit est moins au premier plan que la douleur et la brûlure. Il récidive par poussées déclenchées par le stress, les règles ou la fatigue. Voir notre article dédié sur l’herpès génital.
Lichen simplex chronique — le cercle vicieux du grattage
Le lichen simplex chronique (ou névrodermite) est une conséquence du grattage répété — quelle qu’en soit la cause initiale. La peau s’épaissit progressivement, forme des plaques lichénifiées grises, qui démangent encore plus, ce qui entretient le grattage. Traitement : dermocorticoïdes forts pour casser le cercle vicieux, associés au traitement de la cause initiale.
Quand consulter en urgence ?
Prurit intense avec fièvre ou ganglions inguinaux douloureux
Vésicules très douloureuses (primo-infection herpétique)
Prurit nocturne avec entourage atteint (gale)
Démangeaisons chroniques résistant à 2 traitements antifongiques bien conduits
Peau blanche, fissurée, qui s’atrophie (lichen scléreux)
Questions fréquentes sur les démangeaisons vulvaires
Comment savoir si les démangeaisons vulvaires sont une mycose ou autre chose ?
La mycose s’accompagne presque toujours de pertes blanches grumeleuses caractéristiques et survient souvent après une antibiothérapie. Si les démangeaisons sont chroniques sans pertes particulières, si elles résistent à un traitement antifongique bien conduit, ou si elles s’accompagnent d’une peau blanche et fine, il faut penser à un lichen scléreux ou un eczéma. Un traitement antifongique à répétition sans diagnostic confirmé peut masquer une autre pathologie et retarder le traitement adapté.
Pourquoi les démangeaisons vulvaires sont-elles pires la nuit ?
Le prurit nocturne intense est le signe caractéristique de deux pathologies : la gale (acarus plus actif la nuit, chaleur du lit) et le lichen scléreux. Dans les deux cas, les démangeaisons peuvent être suffisamment intenses pour réveiller. Si vous avez des démangeaisons vulvaires nocturnes intenses, parlez-en à votre médecin — le traitement est très différent selon la cause.
L’eczéma peut-il toucher la vulve ?
Oui — l’eczéma de contact vulvaire est plus fréquent qu’on ne le pense. La zone vulvaire est particulièrement sensible aux irritants et allergènes car la muqueuse est fine et très vascularisée. Les savons parfumés, protège-slips, lubrifiants et même certains médicaments gynécologiques peuvent en être responsables. Si les démangeaisons apparaissent ou s’aggravent après l’utilisation d’un produit particulier, arrêtez-le et consultez pour réaliser des patch-tests.
Le partenaire doit-il être traité en cas de mycose vulvaire ?
Pas systématiquement — la candidose vulvovaginale n’est pas une IST classique. Cependant, en cas de mycoses récidivantes, le partenaire peut être porteur asymptomatique et recontaminer. Dans ce cas, un traitement antifongique du partenaire (crème locale ou fluconazole oral) peut être proposé. En revanche, pour la gale, l’herpès et les condylomes, le traitement du ou des partenaires est systématiquement nécessaire.
Boutons qui grattent sur le pubis : comment orienter le diagnostic ?
Des lésions pubiques qui évoluent ou qui inquiètent ?
Une téléconsultation avec photo permet souvent d’orienter le diagnostic et de prescrire un premier traitement ou un bilan adapté.
Le pubis est une zone que les patients hésitent souvent à montrer, et dont ils parlent encore moins spontanément. Pourtant, les affections cutanées pubiques sont fréquentes — et leur diversité diagnostique est réelle. Un bouton qui gratte sur le pubis peut relever d’une simple irritation mécanique, d’une dermatose inflammatoire chronique, d’une infection bactérienne ou fongique, ou d’une infection sexuellement transmissible qui ne doit pas passer inaperçue.
Cet article ne remplace pas une consultation médicale — certaines de ces affections nécessitent un examen clinique direct et des prélèvements. Mais il peut vous aider à comprendre les caractéristiques de vos lésions, à les décrire avec précision à votre médecin, et à identifier les situations qui méritent une consultation rapide.
La région pubique présente plusieurs caractéristiques anatomiques qui la rendent particulièrement susceptible aux affections cutanées.
Follicules pilo-sébacés denses. La pilosité pubienne implique une forte concentration de follicules, qui sont autant de portes d’entrée potentielles pour les bactéries et les virus. Chaque follicule est un micro-canal qui traverse la barrière cutanée — et donc un point de vulnérabilité.
Zone de frottement et d’occlusion. L’élastique du sous-vêtement, la friction des vêtements, la chaleur et l’humidité créent un microenvironnement propice aux infections fongiques, aux folliculites et aux dermatites de contact. La macération aggrave toute dermatose préexistante.
Peau fine et sensible. La peau pubique réagit facilement aux irritants (rasage, crèmes dépilatoires, lingettes parfumées) et aux allergènes (nickel du bouton de jean, latex, conservateurs des lubrifiants).
Proximité avec les muqueuses génitales. Certaines affections qui débutent sur les muqueuses — herpès, condylomes, syphilis — peuvent s’étendre à la peau pubienne adjacente, et inversement.
Épilation et risque infectieux
L’épilation pubienne — rasage, cire, laser — est l’un des principaux facteurs favorisants des folliculites et des furoncles du pubis. La destruction de la barrière folliculaire et les micro-traumatismes facilitent la pénétration de Staphylococcus aureus. Ce constat éclaire certaines situations cliniques — la persistance ou l’extension des lésions au-delà de 10 jours après une épilation doivent conduire à une consultation.
Lire ses lésions : quelques repères sémiologiques utiles
Avant toute chose, la nature de la lésion élémentaire oriente fortement le diagnostic. Il est utile de savoir distinguer ces différents types :
Psoriasis, dermatophytie, pityriasis rosé de Gibert
Deux questions simples à se poser 1. Y a-t-il d’autres lésions ailleurs sur le corps ? La gale, le pityriasis rosé de Gibert, la syphilis secondaire et la dermatite atopique ne se limitent jamais au seul pubis. D’autres localisations simultanées orientent fortement le diagnostic.
2. La démangeaison est-elle nocturne ? Un prurit à prédominance nocturne, souvent accompagné d’autres personnes du foyer atteintes, est quasi-pathognomonique de la gale jusqu’à preuve du contraire.
Tableau différentiel des principales causes
Diagnostic
Aspect clinique
Prurit
Contexte évocateur
Signe clé
Folliculite bactérienne
Pustules centrées sur un poil, fond érythémateux
Modéré
Post-épilation, sport, transpiration
Lésions centrées sur le follicule — poil visible
Gale
Papules et nodules rouges, excoriations
Intense, nocturne
Entourage symptomatique, retour de voyage
Sillons scabieux aux poignets, espaces interdigitaux
Molluscum contagiosum
Papules nacrées ombiliquées 2–5 mm
Absent à modéré
Enfant, adulte jeune, contact sexuel
Ombilication centrale caractéristique
Condylomes (HPV)
Papules rosées, verrucueuses ou lisses, coalescentes
Nul à modéré
Contact sexuel — incubation 3 semaines à 8 mois
Surface kératosique ou muqueuse lisse selon le type viral
Herpès génital
Vésicules en bouquet → érosions douloureuses
Brûlure, douleur vive
Antécédent de primo-infection, partenaire symptomatique
Bouquet de vésicules sur fond érythémateux
Eczéma de contact
Plaques rouge-suintantes puis lichénifiées
Intense
Nickel (bouton de jean), latex, conservateurs
Topographie correspondant à l’allergène
Dermatite atopique
Plaques sèches érythémateuses, lichénification
Intense, chronique
Antécédents atopiques familiaux, terrain de terrain
Autres localisations (plis, visage)
Psoriasis inversé
Plaques érythémateuses peu squameuses, bords nets
Variable
Antécédents de psoriasis en plaques, terrain familial
Bords nets, peu de squames en zone de frottement
Tinea (dermatophytie)
Plaque annulaire à bord actif centrifuge, centre plus clair
Modéré
Sportif, contact animal, macération
Bord actif périphérique avec collerette squameuse
Morpions (pédiculose pubienne)
Macules bleutées (taches de Delbet), excoriations
Intense, nocturne
Contact sexuel, literie partagée
Lentes et parasites visibles à la loupe sur les poils
Pityriasis rosé de Gibert
Médaillon initial oval à collerette, puis efflorescence
Modéré à absent
Adulte jeune, printemps-automne
Médaillon précédant les lésions secondaires de 1 à 2 semaines
Urticaire
Plaques œdémateuses rosées, fugaces (< 24 h)
Très intense
Allergie médicamenteuse, alimentaire, physique
Disparition et réapparition en moins de 24 heures
Syphilis primaire
Ulcération indolore, bord régulier, base indurée
Absent
Rapport sexuel à risque récent, adénopathie inguinale indolore
Absence de douleur — signe qui fait méconnaître le diagnostic
Les IST à ne pas manquer
Parmi toutes les causes de lésions pubiques, les infections sexuellement transmissibles méritent une attention particulière — non parce qu’elles sont les plus fréquentes, mais parce qu’elles ont des implications au-delà de la lésion cutanée : traitement du partenaire, dépistage d’autres IST et suivi sérologique.
Herpès génital (HSV-2, parfois HSV-1)
L’herpès génital se manifeste par un bouquet de vésicules douloureuses sur fond érythémateux, qui évoluent en 3 à 5 jours vers des érosions puis des croûtes. La primo-infection est souvent plus sévère — avec fièvre, adénopathies inguinales et douleurs intenses. Les récurrences sont généralement moins symptomatiques mais persistent à vie, le virus se mettant en latence dans les ganglions nerveux sensitifs. Le diagnostic est confirmé par PCR sur le liquide vésiculaire. Le traitement antiviral (valaciclovir) réduit la durée des poussées et, à dose suppressrice quotidienne, diminue le risque de transmission au partenaire. Voir notre article sur l’herpès génital.
Condylomes acuminés (HPV 6 et 11)
Les condylomes sont des verrues génitales dues aux papillomavirus humains. Leur aspect est variable : excroissances molles en chou-fleur (condylomes acuminés classiques), papules lisses kératosiques (condylomes plans), ou taches légèrement surélevées de couleur chair ou rosée. Ils peuvent atteindre le pubis, la verge, la vulve, la région anale et les muqueuses. Le traitement local (imiquimod, podophyllotoxine, acide trichloracétique) ou chirurgical (laser, cryothérapie, électrocoagulation) élimine les lésions visibles sans éradiquer le virus. La vaccination anti-HPV (Gardasil 9®) prévient l’infection par les sérotypes les plus oncogènes et est recommandée jusqu’à 26 ans. Voir notre article sur les condylomes et HPV.
Syphilis primaire — le chancre à ne jamais négliger
Le chancre syphilitique est une ulcération indolore, à bord régulier et base indurée, unique dans la forme typique. Sa localisation pubienne est possible, bien que les muqueuses génitales et anales soient plus souvent concernées. L’absence de douleur est précisément ce qui le fait négliger — et retarde le diagnostic. Une adénopathie inguinale unilatérale indolore l’accompagne souvent. La sérologie syphilitique (TPHA-VDRL) est l’examen clé. Le chancre guérit spontanément en 3 à 6 semaines, créant une fausse impression de guérison alors que la syphilis évolue vers ses stades secondaire puis tertiaire. Le traitement par benzathine-benzylpénicilline (Extencilline®) est très efficace s’il est initié précocement. Voir notre article complet sur la syphilis.
⚠ Toute ulcération génitale impose une sérologie syphilitique
Le chancre guérit spontanément en 3 à 6 semaines — ce qui crée une fausse impression de guérison alors que l’infection progresse. Toute ulcération génitale, même minime et non douloureuse, passée ou présente, doit conduire à un TPHA-VDRL et à un bilan IST complet.
Dermatoses inflammatoires et infectieuses non sexuelles
Gale — le diagnostic à ne jamais oublier
La gale pubique (nodules scabieux génitaux) est souvent négligée ou attribuée à tort à une IST. Les nodules scabieux du pénis et du scrotum sont quasi-pathognomoniques — leur présence associée à un prurit nocturne généralisé et à d’autres localisations (poignets, espaces interdigitaux) est très évocatrice. Le traitement doit simultanément traiter tous les membres du foyer et désinfecter le linge à 60°C. Voir l’article complet sur la gale et nos articles sur les boutons et sillons de la gale et la transmission de la gale.
Molluscum contagiosum
Petites papules nacrées ombiliquées de 2 à 5 mm, dues au poxvirus. Chez l’adulte, leur localisation pubienne et génitale évoque une transmission sexuelle. Chez l’enfant, ils sont diffus et souvent associés à une dermatite atopique. La régression est spontanée en 6 à 18 mois, mais le traitement (curetage, cryothérapie, hydroxyde de potassium) accélère la guérison et limite la dissémination. Voir notre article sur les molluscum contagiosum.
Dermatophytie inguino-crurale (Tinea cruris)
La mycose inguinale à dermatophytes — souvent Trichophyton rubrum ou Epidermophyton floccosum — se présente comme une plaque érythémateuse à bord actif et progression centrifuge. Elle démarre typiquement dans les plis inguinaux et peut s’étendre au pubis. Elle est souvent associée à une mycose des pieds chez la même personne, le pied étant le réservoir habituel. Le traitement antifongique topique (terbinafine, azolés) est efficace en 2 à 4 semaines. Voir notre article sur les mycoses cutanées.
Eczéma de contact au bouton de jean (allergie au nickel)
L’eczéma au nickel est l’une des dermatites de contact les plus fréquentes. La topographie est caractéristique : plaques érythémateuses et vésiculeuses localisées exactement sous le bouton de jean. Le diagnostic est confirmé par patch-tests. Le traitement associe l’éviction de l’allergène (bouton non nickelé ou vernis protecteur) et un dermocorticoïde topique. Voir nos articles sur l’eczéma de contact allergique et l’allergie au nickel.
Dermatite atopique
La dermatite atopique peut donner des plaques sèches, rugueuses et érythémateuses sur le pubis. Elle touche surtout les enfants et jeunes adultes dans le contexte d’un terrain atopique (asthme, rhinite allergique). D’autres localisations (plis des coudes, creux poplités, visage) sont habituellement présentes et orientent le diagnostic. Voir notre article sur la dermatite atopique.
Psoriasis inversé
Le psoriasis des plis et du pubis se distingue du psoriasis en plaques classique par l’absence ou la rareté des squames (éliminées par la friction) et par des bords très nets. Les plaques sont érythémateuses, brillantes, bien limitées. La recherche d’autres localisations (scalp, coudes, genoux, ongles) et d’antécédents familiaux aide au diagnostic. Appliquer un dermocorticoïde seul sur ce qui est en réalité une mycose est l’une des erreurs les plus fréquentes — un prélèvement mycologique tranche rapidement. Voir notre article sur le psoriasis.
Pityriasis rosé de Gibert
Le pityriasis rosé de Gibert débute souvent par un médaillon oval initial sur le tronc ou le pubis, suivi 1 à 2 semaines plus tard d’une efflorescence de lésions secondaires suivant les lignes de clivage cutané. Le prurit est modéré. La résolution est spontanée en 6 à 10 semaines. Voir notre article sur le pityriasis rosé de Gibert.
Impétigo
L’impétigo peut affecter le pubis, surtout chez l’enfant. Il se manifeste par des vésicules fragiles qui s’érodent rapidement, laissant des croûtes mielleuses jaune dorée caractéristiques. L’agent causal est Staphylococcus aureus, parfois associé au streptocoque du groupe A. La mupirocine topique est efficace pour les formes localisées. Voir notre article sur l’impétigo.
Urticaire
L’urticaire pubienne se présente comme des plaques érythémateuses et œdémateuses, mobiles et fugaces — disparaissant et réapparaissant en moins de 24 heures. Son caractère très mobile et sa résolution rapide la distinguent des autres dermatoses. La cause peut être médicamenteuse, alimentaire, physique ou idiopathique. Voir notre article sur l’urticaire.
Morpions (pédiculose pubienne)
Les morpions (Pthirus pubis) sont des poux spécifiques de la pilosité pubienne, transmis essentiellement par contact sexuel. Ils provoquent un prurit intense, surtout nocturne. Les lentes et parfois les parasites adultes sont visibles à la loupe sur les poils. Des macules bleutées (taches de Delbet) peuvent apparaître aux points de piqûre. Le traitement repose sur les insecticides topiques (perméthrine, malathion) appliqués sur toute la pilosité corporelle, renouvelés à J7–J10.
Folliculite et furoncle du pubis
La folliculite est une infection superficielle du follicule pileux, se manifestant par de petites pustules centrées sur un poil. Elle est favorisée par l’épilation, la transpiration et le frottement. Le furoncle est une atteinte plus profonde et douloureuse du follicule. Le traitement associe des soins antiseptiques locaux, parfois une antibiothérapie topique (acide fusidique) ou orale selon l’étendue. La récidive fréquente doit faire rechercher un portage nasal de Staphylococcus aureus.
Signes d’alerte qui imposent une consultation rapide
⚠ Consultez dans les 48 heures si vous présentez :
Ulcération indolore — même petite et passagère — syphilis primaire à exclure en priorité
Vésicules douloureuses en bouquet avec fièvre et adénopathies inguinales — primo-infection herpétique
Prurit nocturne intense généralisé avec d’autres personnes du foyer atteintes — gale
Lésion pigmentée asymétrique qui change — mélanome génital (rare mais grave)
Tout symptôme pubique dans un contexte de rapport sexuel à risque récent — bilan IST complet
Un doute sur la nature de vos lésions ?
Photos + description clinique permettent souvent d’orienter le diagnostic et d’organiser un bilan adapté en téléconsultation. Ordonnance possible dès la première consultation.
Des boutons pubiques après l’épilation sont-ils toujours des folliculites ?
La folliculite post-épilation est la cause la plus fréquente — mais pas la seule. Un herpès génital peut coïncider avec une épilation récente (la micro-lésion cutanée facilitant la primo-infection), et des condylomes peuvent initialement ressembler à des folliculites. La persistance des lésions au-delà de 10 jours après l’épilation, leur caractère douloureux ou leur augmentation en nombre justifient une consultation.
Comment distinguer une mycose inguinale d’un psoriasis des plis ?
Le bord actif centrifuge avec fine collerette squameuse et la progression avec centre plus clair sont évocateurs de dermatophytie. Le psoriasis inversé a des bords très nets mais peu de squames, et s’accompagne souvent d’autres localisations psoriasiques (scalp, ongles). En cas de doute, un prélèvement mycologique tranche rapidement — et évite d’appliquer un dermocorticoïde seul sur une mycose, ce qui l’aggraverait.
Peut-on avoir un herpès génital sans jamais avoir eu de rapport sexuel ?
Techniquement oui — HSV-1, responsable de l’herpès labial, peut se transmettre aux organes génitaux par contact oro-génital. L’herpès génital à HSV-1 est en augmentation dans les pays occidentaux du fait des pratiques oro-génitales. De plus, une primo-infection à HSV-2 peut rester asymptomatique pendant des mois ou des années avant de se manifester. La découverte d’un herpès génital n’implique pas nécessairement une infidélité récente.
La gale pubienne peut-elle se transmettre sans contact sexuel ?
Oui — contrairement aux morpions, la gale se transmet avant tout par contact cutané direct et prolongé, et peut se propager au sein d’un foyer sans contact sexuel (literie, vêtements partagés, contact parent-enfant lors des soins). Le traitement doit systématiquement englober tous les membres du foyer et les contacts proches, qu’ils soient ou non symptomatiques.
Une lésion pubienne qui guérit seule doit-elle quand même être consultée ?
Oui, si elle ressemble à un chancre — c’est-à-dire une ulcération indolore qui guérit spontanément en quelques semaines. Le chancre syphilitique guérit seul en 3 à 6 semaines, laissant croire à une guérison complète, alors que la syphilis évolue vers ses stades secondaire puis tertiaire. Une sérologie syphilitique doit être demandée face à toute ulcération génitale, même ancienne et cicatrisée.
Peut-on faire un bilan IST en téléconsultation ?
Oui. Le médecin peut prescrire l’ensemble du bilan IST (sérologies, PCR) en téléconsultation, sans examen physique préalable dans la majorité des situations. Les prélèvements sont réalisés en laboratoire de biologie médicale sur ordonnance. Certains laboratoires proposent désormais des autoprélèvements génitaux pour le dépistage du gonocoque et de Chlamydia trachomatis.
Des lésions pubiques qui persistent ou qui vous inquiètent ?
Une photo bien éclairée et quelques informations cliniques permettent souvent d’orienter rapidement le diagnostic. Le Dr Rousseau peut prescrire l’ensemble du bilan IST et un traitement adapté dès la première consultation vidéo.
Workowski KA, Bachmann LH, Chan PA, et al. Sexually Transmitted Infections Treatment Guidelines, 2021. MMWR Recomm Rep. 2021;70(4):1–187. PMID 34292926
Salavastru CM, Chosidow O, Boffa MJ, et al. European guideline for the management of scabies. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2017;31(8):1248–1253. PMID 28639722
Bhatt S et al. European guideline for the management of pediculosis pubis. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2017;31(9):1425–1428. PMID 28714128
Leeyaphan C, Jiamton S, Mungthin M, et al. Prevalence and risk factors for tinea cruris and tinea pedis in Southeast Asian soldiers. Indian J Dermatol. 2013;58(3):211. PMID 23723471
Tzellos T, Kyrgidis A, Mocellin S, et al. Interventions for Behçet’s disease affecting the mouth (oral ulcers). Cochrane Database Syst Rev. 2019 — pour le diagnostic différentiel des ulcérations génitales. Guidelines JEADV
Mis à jour le 26 mars 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Démangeaisons de l’anus (prurit anal) : causes, diagnostic et traitement par le dermatologue
Les démangeaisons anales — ou prurit anal — sont un symptôme fréquent et souvent sous-estimé dans ses conséquences : 1 à 5 % de la population en souffre, avec une nette prédominance masculine (environ 4 hommes pour 1 femme), particulièrement entre 40 et 60 ans. Pourtant, la gêne et la honte associées retardent souvent la consultation de plusieurs mois, voire plusieurs années — et dans ce délai, le grattage répété entretient un cercle vicieux qui ancre les symptômes dans la chronicité. Un prurit anal sur deux évolue depuis plus de 12 mois au moment de la première consultation. La bonne nouvelle : dans la grande majorité des cas, une prise en charge adaptée — même simple — permet d’obtenir une amélioration franche, à condition de poser le bon diagnostic.
Démangeaisons anales persistantes, rougeurs ou plaques qui ne guérissent pas ?
Ne tardez pas à consulter — certaines causes nécessitent un traitement spécifique et quelques-unes méritent une biopsie de principe. Consulter le Dr Rousseau en téléconsultation →
Les démangeaisons anales peuvent survenir à toute heure du jour ou de la nuit, perturbant parfois profondément l’endormissement et la qualité du sommeil. Elles s’accompagnent d’une envie irrépressible de se gratter, dont les conséquences aggravent elles-mêmes la situation initiale.
Rougeur de l’anus qui gratte
Le grattage répété entraîne :
Des lésions de grattage — plaies superficielles, excoriations, rhagades à la jonction cutanéo-muqueuse — avec parfois des traces de sang ou de suintement sur les sous-vêtements et le papier toilette, source d’inquiétude fréquente chez les patients
Une lichénification progressive de la muqueuse et de la peau péri-anale — épaississement réactionnel qui intensifie lui-même les démangeaisons et entretient un cercle vicieux inflammation–grattage–lichénification
Une chronicisation : la durée d’évolution au moment de la consultation est le plus souvent supérieure à un an
Deux facteurs aggravent fréquemment le tableau : le contact avec les selles (troubles du transit, diarrhée, constipation, difficultés d’essuyage) et, paradoxalement, une toilette trop méticuleuse et répétée qui irrite et dénude la muqueuse fragile. Un eczéma de l’anus par allergie de contact — lingettes, crèmes anti-hémorroïdaires, savons parfumés — est également fréquent et souvent méconnu.
Point physiopathologique clé
La région péri-anale réunit toutes les conditions anatomiques pour s’enflammer facilement : riche vascularisation, innervation sensitive très développée, plis cutanés favorisant la macération, et exposition aux souillures fécales. Cette combinaison explique pourquoi le prurit anal, une fois installé, est difficile à éteindre sans une prise en charge globale associant traitement de la cause ET correction des facteurs d’entretien.
2. Causes des démangeaisons anales
Le médecin aborde les causes en fonction de l’aspect clinique de la région anale. On distingue classiquement trois tableaux.
Démangeaisons anales sans plaques ni boutons
Oxyurose (Enterobius vermicularis) — parasitose intestinale fréquente chez l’enfant, possible chez l’adulte ; les femelles pondent leurs œufs la nuit autour de l’anus, expliquant la recrudescence nocturne caractéristique
Hémorroïdes internes — suintement chronique et macération péri-anale
Candidose digestive avec colonisation péri-anale
Troubles du transit — diarrhée chronique, incontinence anale partielle, constipation
Prurit anal idiopathique ou essentiel — aucune cause décelée malgré un bilan complet (25 à 75 % des cas selon les séries)
Lichen plan ou lichen scléreux péri-anal — dermatoses inflammatoires spécifiques à ne pas méconnaître
Maladie de Paget péri-anale — à éliminer impérativement (lésion néoplasique rare mais grave) : voir maladie de Paget
Maladie de Bowen (carcinome épidermoïde in situ) : voir maladie de Bowen
Dans 25 à 75 % des cas : aucune cause décelée
On parle alors de prurit anal idiopathique ou essentiel. Le médecin reste néanmoins vigilant et cherche à éliminer des pathologies sous-jacentes graves. Certains aliments sont suspectés de relâcher le sphincter anal interne et de favoriser les micro-suintements fécaux responsables de macération et de prurit : café, thé, alcool, tomates, agrumes, épices, chocolat, cacahuètes. Aucun essai contrôlé n’a validé un régime d’exclusion universel, mais de nombreux patients rapportent une amélioration à l’éviction de leurs déclencheurs personnels identifiés.
3. Démarche diagnostique et stades cliniques
La démarche débute par un interrogatoire précis : ancienneté des symptômes, horaire des démangeaisons (recrudescence nocturne évocatrice d’oxyurose), troubles du transit, habitudes d’hygiène et produits utilisés, antécédents de maladies de peau, partenaires sexuels (IST).
L’examen clinique comprend :
L’inspection de la région péri-anale et des plis interfessiers, au repos et en poussée abdominale
La recherche de lésions de grattage, de lichénification, de plaques, de végétations, de taches blanches, de modifications de relief
Une anuscopie si nécessaire — visualisation directe du canal anal et des hémorroïdes internes
Des prélèvements mycologiques ou bactériologiques en cas de plaque suspecte
Une biopsie cutanée en cas de doute sur une lésion blanche, rouge fixe ou ulcérée résistant à un traitement bien conduit
Le médecin classe l’aspect de la peau péri-anale en quatre stades :
Stade
Aspect clinique
Orientation diagnostique
Stade 0
Peau normale
Prurit idiopathique probable — bilan orienté (oxyurose, transit, alimentation)
Inflammation active — cause infectieuse, allergique ou irritative à rechercher en priorité
Stade 2
Plages lichénifiées blanchâtres
Grattage chronique — cercle vicieux installé, lichen simplex à évoquer
Stade 3
Lichénification avec plis radiés épaissis et ulcérations
Forme évoluée — biopsie indiquée pour éliminer une dermatose néoplasique
Ne pas banaliser un prurit anal persistant
Tout prurit anal évoluant depuis plus de 6 semaines sans amélioration, ou associé à une plaque blanche ou rouge fixe, justifie une consultation dermatologique avec examen clinique complet — et parfois une biopsie cutanée pour éliminer une dermatose néoplasique (maladie de Paget, maladie de Bowen).
Plaque anale résistante aux traitements habituels ?
Un avis dermatologique spécialisé s’impose — une biopsie simple peut faire toute la différence. Prendre rendez-vous en téléconsultation →
4. Règles d’hygiène — le pilier fondamental
Les mesures hygiéniques sont aussi importantes que le traitement médicamenteux. Beaucoup de patients aggravent leur situation en croyant bien faire : toilette pluriquotidienne intensive, lingettes « sans parfum », crèmes appliquées plusieurs fois par jour — autant de comportements qui entretiennent l’irritation.
Ce qu’il faut faire
Une seule toilette par jour de la région anale, à l’eau tiède et au savon surgras doux — pas plus
Après chaque selle, préférer le lavage à l’eau (jet de douche doux ou bidet) plutôt que le papier toilette ; si le papier est indispensable, tamponner sans frotter
Sécher soigneusement la région péri-anale — serviette douce par tamponnement, ou air froid du sèche-cheveux à distance
Appliquer un tampon de coton fin (type disque démaquillant) dans le pli interfessier en journée et au coucher pour absorber l’humidité résiduelle
Prendre occasionnellement un bain de siège tiède de 5 minutes pour apaiser les crises
Porter des sous-vêtements amples en coton — éviter les matières synthétiques et les strings
Ce qu’il faut éviter
Les lingettes, même « sans parfum » — elles contiennent des conservateurs (méthylisothiazolinone, parabènes) fréquemment responsables d’allergie de contact péri-anale
Les savons alcalins agressifs, antiseptiques, déodorants intimes
Les crèmes anesthésiantes (benzocaïne, lidocaïne topique en automédication) — allergènes de contact fréquents qui peuvent paradoxalement entretenir le prurit
Les suppositoires et crèmes anti-hémorroïdaires en automédication prolongée — souvent irritants, parfois allergisants
Alimentation et transit
Les selles molles et la diarrhée favorisent les micro-suintements péri-anaux générateurs de prurit. Une alimentation riche en fibres régularise le transit et diminue ce facteur d’entretien. À l’inverse, café, alcool, thé fort, épices, agrumes, tomates et chocolat sont rapportés par de nombreux patients comme des déclencheurs individuels. Leur éviction empirique reste pertinente même en l’absence de validation par essai contrôlé.
5. Traitements médicaux : de l’éosine au bleu de méthylène
Traiter la cause identifiée en premier
Le traitement étiologique est la priorité absolue : antifongique local ou systémique pour une candidose, flubendazole pour une oxyurose (traitement de toute la famille simultanément), dermocorticoïde de force adaptée pour un eczéma de l’anus ou un psoriasis, podophyllotoxine ou cryothérapie pour les condylomes.
Les antihistaminiques sédatifs (hydroxyzine, cétirizine) sont utiles en cas de prurit nocturne invalidant pour rompre le cycle de grattage inconscient pendant le sommeil. Leur effet antihistaminique pur sur le prurit anal est modeste, mais leur action sédative constitue l’essentiel de leur bénéfice dans cette indication.
Injection intradermique de bleu de méthylène — pour les formes réfractaires
Lorsque toutes les mesures médicales ont échoué et que le prurit idiopathique persiste depuis plusieurs mois ou années, l’injection intradermique de bleu de méthylène représente une option thérapeutique validée. Le principe est la destruction chimique des terminaisons nerveuses sensitives péri-anales. Une étude portant sur 30 patients a montré un taux de succès de 80 % à un mois, avec 76,7 % de patients asymptomatiques à 12 mois — Mentes et al., Tech Coloproctol 2004 (PMID 15057582). Une méta-analyse récente confirme son efficacité — Jia et al., Tech Coloproctol 2023 (PMID 37306793). Ce geste se pratique en consultation spécialisée et colore temporairement la peau en bleu — les patients doivent en être informés.
Attention à l’automédication prolongée
L’application répétée de crèmes anesthésiantes (benzocaïne) sans prescription médicale est l’une des causes les plus fréquentes d’allergie de contact péri-anale entretenant le prurit. Les dermocorticoïdes forts appliqués sans encadrement peuvent provoquer une atrophie cutanée et un rebond inflammatoire à l’arrêt. Un avis médical s’impose au-delà de 3 semaines d’évolution sans amélioration.
Prurit anal depuis plusieurs semaines, traitements en vente libre inefficaces ?
Le Dr Rousseau peut vous aider à identifier la cause et proposer un traitement ciblé — en téléconsultation, sans délai. Prendre rendez-vous en téléconsultation →
Questions fréquentes
Les démangeaisons anales sont-elles contagieuses ?
Cela dépend entièrement de la cause. L’oxyurose est contagieuse dans l’entourage familial par voie oro-fécale — un traitement simultané de toute la famille est recommandé. Les condylomes (HPV) et l’herpès péri-anal sont sexuellement transmissibles. En revanche, l’eczéma de contact, le psoriasis, le lichen plan et le prurit idiopathique ne sont pas contagieux. C’est une des raisons pour lesquelles identifier la cause est indispensable avant d’alerter ou de traiter l’entourage.
Les démangeaisons anales peuvent-elles signaler un cancer ?
Dans la grande majorité des cas, non. Mais le médecin est vigilant car la maladie de Paget péri-anale et la maladie de Bowen — carcinome épidermoïde in situ — se manifestent parfois par des plaques prurigineuses longtemps prises pour un eczéma ou une mycose. La règle est simple : toute plaque fixe résistant à un traitement bien conduit pendant 4 à 6 semaines mérite une biopsie.
Pourquoi les démangeaisons anales sont-elles plus intenses la nuit ?
La recrudescence nocturne est caractéristique de l’oxyurose — les femelles pondent leurs œufs la nuit autour de l’anus, déclenchant un prurit intense au coucher. Mais le prurit idiopathique s’aggrave aussi la nuit sous l’effet de la chaleur et de l’humidité sous les draps, et du grattage inconscient pendant le sommeil. Ce grattage nocturne entretient et aggrave les lésions cutanées, ce qui justifie parfois la prescription d’un antihistaminique sédatif le soir.
Peut-on prévenir les récidives de prurit anal ?
Oui, dans une large mesure. Le respect rigoureux des règles d’hygiène (une toilette par jour, pas de lingettes, pas de frottement), la régularisation du transit, le port de sous-vêtements en coton et l’éviction des produits irritants ou allergisants locaux sont les piliers de la prévention des rechutes. Pour les patients souffrant de prurit idiopathique, ces mesures seules suffisent souvent à obtenir une rémission durable — sans qu’aucun traitement médicamenteux ne soit nécessaire à long terme.
Le prurit anal peut-il être lié au stress ?
Oui, indirectement. Le stress aggrave de nombreuses dermatoses inflammatoires — psoriasis, eczéma — et peut favoriser les troubles du transit (diarrhée, colopathie fonctionnelle) qui entretiennent le prurit anal. Par ailleurs, certains patients développent un prurit anal à composante neuropathique, dans lequel la composante psychologique joue un rôle amplificateur. Cela ne signifie pas que le prurit est « dans la tête » — c’est une vraie souffrance physique qui mérite un traitement somatique — mais la gestion du stress peut faire partie de la prise en charge globale.
Rougeurs qui démangent autour de l’anus et entre les fesses
Il est fréquent d’avoir des rougeurs qui démangent sur la région anale et l’anus qui gratte.
Rougeur de l’anus qui gratte
Téléchargez le guide complet
INTERTRIGO – ROUGEURS DES PLIS
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
La zone située entre les fesses comporte un risque de macération, de frottement et de chaleur qui favorisant les irritations et la pullulation microbienne qu’elle soit mycosique ou bactérienne.
En cas de rougeur de l’anus et des fesses, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue
Symptomes
L’anus et son pourtour est rouge, peut démanger, être douloureux , suinter… Le médecin va s’orienter vers une ou plusieurs causes en fonction des symptomes : rougeur bilatérale et symétrique ou unilatérale, présence d’une sécheresse ou au contraire d’un suintement, extension centrifuge, limites nettes ou contours émiettés, présence de vésicules, de pustules, fissuration au fond du pli…
Il fait parfois réaliser un prélèvement mycologique (pour examen direct et mise en culture) voire bactériologique et parfois une biopsie cutanée (il prend un petit bout de peau sous anesthésie locale pour analyse au microscope).
Ce médecin évoquera les causes possibles de rougeur de l’anus et entre les fesses :
Causes
1/ Mycose
1.1/Dermatophytes
Mycose entre les fessesExtension de la mycose à la fesse et la cuisse
Le début de la mycose peut etre entre les fesses
Mycose entre les fesses
ou entre les cuisses
Dermatophytie (mycose) entre les cuisses et sur les bourses
Ainsi la mycose à dermatophyte donne des rougeurs sèches et squameuses à centre rosé, le plus souvent bilatérales et symétriques, qui démangent. L’évolution se fait par une extension centrifuge, avec une bordure nette, polycyclique, vésiculeuse et squameuse
Traitement de la mycose à dermatophytes entre les fesses
Lutter contre les facteurs favorisants
Le traitement des facteurs locaux favorisants de la mycose est prépondérant. Les facteurs locaux favorisants de la mycose sont entre autres :
la macération (éviter le port de sous vetements synthetiques et de vetements serrés)
l’humidité (sécher soigneusement les plis et les muqueuses apres la toilette, ne pas remettre de chaussures humides avant qu’elles ait séché… )
l’irritation de la peau (traiter les symptomes irritatifs de la peau car ils peuvent constituer un facteur de développement de la mycose)
Vérifier qu’on n’a pas de mycose des pieds
contamination dans l’aine par l’enfilage des sous-vetements qui se contaminent sur la mycose des pieds : la traiter sinon c’est sans fin…
Antifongiques
Le médecin utilise des antifongiques disponibles sur ordonnance
Ils sont appliqués en crème, spray, lait, poudre… en général deux fois par jour pendant 3 semaines
En cas de résistance au traitement, le médecin peut prescrire des antifongiques par voie orale telles la terbinafine ou la grisefuline. On évite généralement le ketoconazole compte tenu de sa toxicité hépatique potentielle.
Soigner une mycose de l’aine à dermatophytes sans ordonnance?
Les délais de rendez-vous chez les dermatologues s’allongent d’année en année.
Cependant, ne vous improvisez surtout pas médecin! Consultez votre médecin traitant avant toute chose. Il faut en effet vous assurer que les symptomes que vous présentez sont bien ceux d’une mycose à dermatophytes
En attendant votre rendez-vous chez le médecin et/ou le dermatologue et le diagnostic précis de votre mycose, vous pouvez trouver des produits disponibles sans ordonnance chez votre pharmacien ou dans une pharmacie sur Internet. Il faut être très prudent avant d’utiliser des crèmes et bien demander conseil à son pharmacien (risque d’allergie de peau, d’aggravation de sa maladie de peau, risque en cas de grossesse ou d’allaitement… )
1.2/ Candida : candidose digestive voire anale
L’acidité des plis, l’obésité, les déficits immunitaires, la grossesse, le diabète et certains médicaments (corticothérapie générale, antibiotiques) favorisent les candidoses des plis.
La candidose anale est caractérisée par son aspect luisant, rouge vernissé et humide et parfois fissuré dans le fond du pli voire recouvert d’un enduit blanc crémeux. Les limites de la rougeur sont émiettées avec une collerette blanchâtre et quelques vésicules blanches (pustules) caractéristiques.
Elle est souvent associée à une candidose digestive
Candidose analePustules blanches dispersées sur fond rouge et luisant, évocateur de candidose du pli
Traitement de la candidose cutanée dans les fesses et l’anus
A/ Lutter contre les facteurs favorisants et le terrain
Lutte contre l’humidité, la macération, les traumatismes chimiques ou mécaniques, traitement d’un diabete et soins d’une candidose muqueuse, digestive ou génitale susceptible de s’étendre à la peau.
B/ Traitement local
Savons appropriés
Les savons surgras ou alcalins (savon Hydralin®), la désacidification de l’eau (par le bicarbonate de sodium, sachets d’Hydralin®) utilisés pour la toilette de la peau ou des muqueuses ont un effet apaisant.
En cas de surinfection bactérienne ou de suintement
Si les lésions sont suintantes ou surinfectées, des antiseptiques locaux doux peuvent être utilisés : dérivés iodés (Bétadine® solution dermique), chlorexidine aqueuse…
Antifongiques
On utilise des antifongiques locaux dont les formes (lait, poudre, gel, lotion…) ne favorisent pas la macération. Il sont appliqués deux fois par j pendant 3 semaines
C/ Traitement par voie orale
Le kétoconazole (Nizoral®) peut être prescrit dans les candidoses cutanées ; il existe sous forme de gélules et de suspension orale.
La surveillance du traitement par Nizoral® comporte une surveillance régulière du bilan hépatique, en pratique avant traitement, au 15e jour, puis toutes les 4 semaines jusqu’à la fin du traitement.
Pour plus d’informations, voir l’article candidose
2/ Maladie de Paget
La Maladie de Paget est un adénocarcinome in situ (cantoné à l’épiderme) pouvant évoluer en carcinome invasif et donner des métastase. Associé dans 1/4 des cas environ à un cancer sous jacent (urinaire… )
En cas de suspicion de mycose entre les fesses, une traitement antifongique inefficace au bout de 3 semaines doit faire envisager un psoriasis et mettre en place un traitement test par dermocorticoïdes. https://t.co/VRGvsEyQEy
est une dermatose héréditaire rare autosomique dominante, provoquant de façon récurrente des vésicules voire de bulles sur le cou, les creux axillaires et l’aine groupées en placards bien limités, parcourus de fissures en rhagades parallèles très caractéristiques. Le traitement passe par unassèchement des plis pour limiter les poussées et le risque d’infections bactériennes, mycosiques et virales. L’excision chirurgicale des plis atteints suivie de greffe de peau est souvent le seul traitement efficace.
Le pemphigus végétant
forme rare de pemphigus touchant les grands plis, y donnant des rougeurs végétantes et bourgeonnantes.
Syphilis
La syphilis dans sa phase secondaire peut donner des plaques multiples, gonflées et érosives, parfois végétantes dans les plis, les syphilides.
Histiocytose langerhansienne
maladie liée à une accumulation dans la peau de cellules de Langerhans. Elle donne des surélévations de peau croûteuses et purpuriques, prédominant derrière les oreilles, voire de fesses et de l’aine.
Erythème nécrolytique migrateur
atteinte cutanée due au glucagonome, une tumeur maligne du pancréas. Il donne des plaques rouges surélevées et squameuses d’extension centrifuge dont la bordure est croûteuse ou érosive et laissant une cicatrice pigmentée.
pustulose sous cornée de Sneddon Wilkinson
est une dermatose neutrophilique, caractérisée par la présence de globules blancs appelés polynucléaires neutrophiles dans la peau. Elle donne des pustules ou des bulles superficielles, flasques pouvant comporter un niveau liquidien caractéristique appelé pustule à hypopion. Les pustules et bulles sont groupées en dessinant des arcs ou des anneaux ou circinés principalement sur le tronc, à la racine des membres et dans les aisselles, l’aine…
4/ Maladies digestives
diarrhée
oxyurose
hémorroides
Maladie de Crohn
Maladie inflammatoire chronique de l’intestin, qui peut comporter des localisations entre les fesses et dans l’aine : fissures, ulcérations linéaires et profondes en « coup de couteau », abcès se compliquant de fistules… et qui peuvent précéder les manifestations digestives de plusieurs mois.
5/ irritation
Elle est souvent le fait d’une toilette trop méticuleuse, de l’application d’antiseptiques irritants (Dakin*…), de frottements, de bains de mer répétés, de cosmétiques ou par le contact accidentel avec une substance caustique (eau de Javel…). L’irritation est souvent rouge brillant, fripé avec parfois des vésicules voire des plaies et accompagné d’ une sensation de brulure
Traitement
Outre le traitement de la cause, certaines règles d’hygiène sont à respecter dans tous les cas : voir l’article démangeaisons anales
Téléchargez le guide complet
INTERTRIGO – ROUGEURS DES PLIS
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
La demande d’épilation au laser du maillot est fréquente chez la femme (et parfois chez l’homme)
Qu’est-ce qu’un laser? comment ça marche?
Le mot LASER est l’acronyme de Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation, qu’on peut traduire par amplification lumineuse par émission stimulée de radiations.
Le laser émet un faisceau de photons de meme longueur d’onde dans le proche infrarouge, entre 700 et 1200 nm. Cette longueur d’onde est absorbée plus particulièrement par la couleur noire ce qui produit un échauffement sélectif de la zone colorée en noir
Ainsi au niveau de la peau, les photons sont absorbées par la mélanine (le pigment des poils et de la peau) et la detruisent en la chauffant. On appelle cela la photothermolyse selective.
Les lasers epilation delivrent des photons ayant une longueur d’onde repondant a ces criteres.
Le fonctionnement du laser epilation repose sur la destruction du pigment des poils (la mélanine).
L’épilation au laser est donc efficace surtout sur les poils foncés et les poils en phase de pousse, car ces derniers produisent beaucoup de mélanine.
L’epilation laser detruisant en priorite les poils qui sont en phase de pousse et ceux-ci ne representant qu’en moyenne 15-20% des poils, on considere que seuls environ 15 a 20% des poils sont detruits apres une seance d’epilation laser
Il faut donc realiser plusieurs seances pour espérer epiler toute la zone
De plus, l’épilation au laser doit être utilisée avec prudence sur les peaux pigmentées car elles contiennent beaucoup de mélanine. Il y a alors un risque de destruction de la mélanine de la peau et de création de taches blanches parfois irréversible par le laser épilation
Donc l’idéal pour l’épilation laser est une peau claire avec des poils noirs
Les poils blonds ou blancs et les duvets répondent mal au laser
car ils ne contiennent pas ou peu de mélanine, qui est la cible du laser
L’epilation laser est-elle définitive?
On considère que l’épilation laser est une technique d’ epilation definitivepuisque le laser détruit définitivement le poil.
Cependant, au terme d’epilation definitive, on prefere celui d’epilation de longue duree : en effet, il est toujours possible que sous l’influence de facteurs divers (hormonaux notamment), des duvets adjacents aux poils détruits, se mettent a devenir plus epais et fonces. On considere donc que l’epilation laser est definitive mais que le resultat sur la zone de poils est plutot de longue duree : il peut toujours exister une resurgence de poils noirs dans la zone epilee.
Pourquoi l’épilation laser doit-elle etre realisee par un medecin ?
Le maniement du laser en France doit etre effectue par un docteur en medecine, formé pour ce type de geste.
Dermatologue effectuant une épilation laser
Il s’agit en effet d’un acte non dénué de risques qui doit etre realise par un operateur entraine. Il existe effectivement des risques de brulure (voir les effets secondaires de l’epilation laser).
De plus, il est important de ne pas passer a cote d’une pathologie hormonale par exemple, provoquant une pousse des poils et seul un medecin peut realiser ce bilan.
epilation à la cire, pince ou crème dépilatoire dans les 2 semaines qui précèdent (l’épilation laser serait alors moins efficace).
décoloration pour la meme raison
maquillage permanent (risque de faire virer la couleur des pigments lors de l’impact laser : le rouge vire au noir… / risque de bruler un maquillage noir) . Il vaut mieux éviter les impacts laser dans cette zone
trouble hormonal
peaux bronzées naturellement ou artificiellement : il est recommandé d’éviter toute exposition solaire 2 à 3 mois avant la séance pour un traitement par laser alexandrite, 1 mois pour un traitement par laser Yag. Il ne faut pas traiter non plus les personnes ayant appliquées un bronzage artificiel ou ayant pris des activateurs de bronzage
l’epilation au laser est contre-indiquée chez l’enfant
l’épilation par laser est contre-indiquée dans certaines maladies de la peau sensibles aux ultra-violets et à la lumière du soleil, appelées photo-dermatoses (allergie au soleil). L’épilation laser est aussi contre-indiquée en cas de prise de médicaments photosensibilisants.
par principe on ne pratique pas l’épilation laser chez la femme enceinte, notamment en raison de l’afflux hormonal qui pourrait contrecarrer l’effet du laser sur les poils. Il n’y a donc à priori pas d’ effet néfaste du laser sur le foetus pendant la grossesse : aucune malformation ou anomalie du foetus ou du bébé n’a été rapportée dans la littérature médicale. Si vous vous découvrez enceinte en cours d’épilation laser, il n’y a donc pas de danger pour le bébé, mais on arretera les séances par principe. Le fait d’arrêter temporairement ne semble pas faire perdre le bénéfice des traitements antérieurs.
l’épilation au laser utilise parfois une technique de refroidissement de la zone traitée afin notamment de diminuer la douleur des impacts. Les maladies de peau déclenchées par le froid comme l’urticaire au froid par exemple, constituent donc une contre-indication à l’épilation laser.
Combien de séances?
On observe une élimination définitive de 80% des gros poils en 4 à 6 séances en moyenne
En moyenne donc, 20% de poils fins persistent et ne répondent pas au laser
Le médecin tente donc souvent d’augmenter la puissance du laser pour chauffer la peau et détruire les poils restants par la diffusion de chaleur
Ceci expose cependant au risque de brulure
Le nombre de séances varie en fonction de plusieurs éléments :
l’age :
il faut souvent plus de séances aux patients plus jeunes
le type de peau :
il faut souvent plus de séances pour les peaux mates car il y a souvent plus de poils et les fluences du laser sont souvent plus faibles par souci de ne pas bruler les patients
Quel espacement entre les séances de laser?
On essaie de réaliser la séance lors de la repousse des poils (phase anagène) car le poil y est riche en pigment
On essaie de réaliser la séance lors de la repousse des poils (phase anagène) car le poil y est riche en pigment, on respecte donc le plus souvent un espacement de 6 semaines à 3 mois, notamment entre la 2eme et la 3eme séance
Les différents types d’épilations du maillot :
L’épilation du maillot ou du bikini peut être « artistique » ou « intégrale »
L’épilation du maillot « artistique »
L’épilation du maillot ou du bikini « artistique » est une technique consistant à donner une forme « artistique » aux poils pubiens. On peut citer parmi les types d’épilations du maillot ou du bikini « artistiques » :
L’épilation en flammèche, L’épilation en ticket de métro (rectangulaire), L’épilation en triangle…
Types d’épilations du maillot
L’épilation du maillot intégrale ou brésilienne
L’épilation du maillot ou du bikini intégrale est comme son nom l’indique une épilation de l’ensemble des poils de la zone intime, ou épilation totale
Anatomie d’une épilation intégrale du maillot
Comment se passe une séance d’épilation laser ?
Avant l’épilation laser
Il faut venir avec un maillot exempt d’infections bactérienne (impetigo, acné, folliculite… ) ou virale (herpes… ) en cours. Si vous avez de l’herpes (herpes génital pour l’épilation du maillot), il faut traiter l’éruption au moins deux semaines avant la séance d’épilation laser. Sinon, il convient de reporter la séance.
La zone à épiler ne doit pas avoir été exposée au soleil depuis un à deux mois, et ne pas avoir recu d’auto bronzant ou de stimulateurs du bronzage.
Il faut avoir arreté toute épilation du maillot à la cire, la crème, la pince à épiler dans les 2 à 3 mois qui précèdent l’épilation laser
Il faut raser la zone à traiter au laser environ 24 à 48h avant la séance.
Il est possible d’appliquer une crème anesthésiante toutes les 10 minutes pendant une heure avant la séance ou en couche epaisse sous occlusion plastique
Pendant la séance
Le médecin donne des lunettes de protection ou des coques opaques pour protéger les yeux.
Le médecin balaye le maillot avec le laser en évitant de passer deux fois sur la même zone afin d’éviter tout risque de brûlure de la peau
Les impacts laser provoquent un picotement et une rougeur peut apparaitre notamment à l’abouchement des poils en quelques minutes après l’impact
Après la séance d’épilation laser
La zone du maillot est souvent un peu rouge, les abouchements de poils peuvent gonfler et rester gonflés quelques jours. On peut appliquer une crème cicatrisante et antiseptique le soir pendant une semaine après la séance
Les poils mettent environ une à 3 semaines à s’éliminer sous forme de poils carbonisés
Il ne faut pas s’exposer au soleil pendant 3 semaines ou plus après la séance et appliquer une creme solaire 50+
Il faut éviter tout soin agressif tant que les rougeurs persistent
Faut-il un traitement d’entretien après plusieurs séances d’épilation laser?
Après une épilation laser, peuvent persister quelques duvets voire quelques poils fins.
Ces duvets ne sont pas toujours stables et peuvent redevenir de gros poils noirs surtout s’il y a une stimulation hormonale ou une reprise des épilations à la cire, la pince…
Pour les finitions du traitement, il est donc parfois nécessaire de réaliser des séances d’épilation laser « d’entretien », 1 à 2 fois par an
Lichen scléreux : symptômes, traitements et surveillance du risque de cancer
Le lichen scléreux (anciennement lichen scléro-atrophique) est une dermatose inflammatoire chronique qui touche la peau et les muqueuses génitales. Souvent méconnu et diagnostiqué tardivement, il peut entraîner des complications graves non traitées — dont un risque accru de cancer cutané. Un traitement précoce et une surveillance régulière sont indispensables.
Suspicion de lichen scléreux ou démangeaisons génitales persistantes ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Qu’est-ce que le lichen scléreux ?
Le lichen scléreux est une maladie de cause mal connue, probablement auto-immune. Des cas familiaux et des cas chez des jumeaux ont été décrits. Il est associé à d’autres maladies auto-immunes :
Un lien avec la maladie de Lyme a été évoqué sans être confirmé
Deux pics de survenue : avant 6 ans (forme souvent spontanément régressive chez l’enfant) et à la ménopause (forme la plus fréquente et la plus sévère).
Signes cliniques selon la localisation
Localisation
Aspect typique
Complications sans traitement
Peau (cou, dos, membres)
Taches blanches nacrées, brillantes, de quelques mm, légèrement déprimées, à bords « émiettés » avec lésions punctiformes périphériques
Atrophie cutanée progressive
Vulve (femme)
Plaques blanches porcelainées, prurit intense chronique, fissures, excoriations, saignements, pertes vaginales. Aspect en « 8 » autour de vulve et anus
Fusion des petites lèvres, rétrécissement de l’introïtus, douleurs lors des rapports, risque de carcinome épidermoïde
Gland (homme)
Début par taches rouges du gland devenant blanches, porcelainées, parfois bleutées. Peau infiltrée et fragile, bulles de sang, fissures, érosions
Phimosis (impossibilité de décalotter), sténose du méat urinaire, risque de carcinome pénien
Région anale
Extension fréquente vers l’anus chez la femme (aspect en « 8 »)
Fissures anales, prurit anal chronique
Lichen scléreux de la vulve — plaques blanches porcelainées
💡 Lichen scléreux de l’homme : rare chez l’homme circoncis — le contact avec les sécrétions du prépuce semble jouer un rôle dans le déclenchement. Le diagnostic est souvent retardé car les taches rouges initiales sont confondues avec une mycose ou une balanite.
Risque de cancer — la complication à ne pas manquer
Carcinome épidermoïde développé sur lichen scléreux chronique
⚠️ Le lichen scléreux non traité ou insuffisamment traité expose à un risque de carcinome épidermoïde vulvaire ou pénien de 3 à 5%. Une surveillance annuelle par un dermatologue est indispensable à vie chez l’adulte. Toute lésion érosive persistante, saignotante ou résistante aux corticoïdes doit faire l’objet d’une biopsie sans délai.
Signes d’alarme nécessitant une biopsie urgente :
Lésion érosive ou ulcérée qui ne guérit pas sous dermocorticoïdes bien conduits
Zone qui saigne spontanément ou au contact
Épaississement ou induration localisée
Apparition d’une masse ou d’un nodule
Traitement du lichen scléreux
Traitement
Indication
Remarque
Dermocorticoïdes forts (propionate de clobétasol 0,05%)
Forme génitale — traitement de référence
Phase d’attaque quotidienne jusqu’à régression, puis entretien espacé. Traitement à vie souvent nécessaire
Tacrolimus 0,1% (Protopic®)
Alternative ou relais des dermocorticoïdes
Immunomodulateur — évite l’atrophie liée aux corticoïdes prolongés
Rétinoïdes oraux
Formes cutanées résistantes
Prescription spécialisée
Circoncision
Atteinte du prépuce chez l’homme
Traitement de choix si phimosis ou atteinte étendue du prépuce
Chirurgie reconstructrice
Synéchies vulvaires, rétrécissement de l’introïtus
Après contrôle de l’inflammation
Circoncision — traitement du lichen scléreux avec phimosis
Conseils d’hygiène au quotidien
Nettoyants surgras sans parfum — savons doux, syndets — jamais de gel douche parfumé ni de lingette
Éviter les produits irritants : protège-slips parfumés, lessive avec adoucissant, spermicides
Lubrifiants à base d’eau lors des rapports sexuels pour réduire les microtraumatismes
Sous-vêtements en coton — éviter les matières synthétiques
Lichen scléreux chez l’enfant
Chez la petite fille (pic avant 6 ans), le lichen scléreux se manifeste par un prurit vulvaire, des fissures et une dépigmentation blanche de la région vulvaire et anale. Il est souvent confondu avec des abus sexuels — le diagnostic dermatologique est important pour éviter cette erreur. La bonne nouvelle : la forme infantile régresse souvent spontanément à la puberté sous l’effet des œstrogènes. Un suivi est néanmoins nécessaire car des rechutes à l’âge adulte sont possibles.
Non — le lichen scléreux est une maladie chronique qui ne guérit pas définitivement chez l’adulte. Avec un traitement bien conduit par dermocorticoïdes forts, les symptômes peuvent être totalement contrôlés et les lésions régresser. Mais le traitement d’entretien est le plus souvent nécessaire à vie pour éviter les récidives et réduire le risque de complications. Seule la forme de l’enfant peut régresser spontanément à la puberté.
Les dermocorticoïdes forts sur la vulve ne sont-ils pas dangereux ?
L’inquiétude est compréhensible mais le bénéfice l’emporte largement sur le risque dans le lichen scléreux. Le propionate de clobétasol 0,05% est le traitement de référence recommandé par toutes les sociétés savantes. Appliqué correctement (en quantité minimale, sur la zone atteinte uniquement), il entraîne peu d’effets secondaires. C’est l’absence de traitement qui est dangereuse — les lésions non traitées progressent et augmentent le risque de cancer.
Comment distinguer un lichen scléreux d’une mycose génitale ?
Les deux peuvent donner des démangeaisons et une rougeur vulvaire, mais le lichen scléreux présente des signes distinctifs : peau blanche nacrée ou porcelainée, fissures chroniques, peau fine et fragile qui se déchire au contact, persistance malgré les traitements antifongiques. La mycose s’accompagne de pertes blanches grumeleuses et répond rapidement aux antifongiques. Un dermatologue peut confirmer le diagnostic et, si besoin, réaliser une biopsie.
Le lichen scléreux est-il contagieux ou sexuellement transmissible ?
Non — le lichen scléreux n’est pas contagieux et n’est pas une IST. Il s’agit d’une maladie auto-immune ou inflammatoire, non liée à un agent infectieux transmissible. Il n’est pas nécessaire de traiter le partenaire. En revanche, les rapports sexuels peuvent être douloureux en raison de la fragilité cutanée — l’utilisation de lubrifiants et le traitement actif permettent d’améliorer le confort.
La maladie de Paget est une forme de cancer (adénocarcinome) in situ (cantonné à l’épiderme), caractérisé par la prolifération de cellules différentes de kératinocytes épidermiques, les cellules de Paget
On distingue la forme touchant le sein et la forme extra-mammaire
Maladie de Paget mammaire, sur le sein
Femmes entre 50 et 70 ans.
Signes cliniques : un eczema unilatéral du mamelon, extensif et résistant aux crèmes
Au début, lésion croûteuse chronique du mamelon, parfois légèrement suintante.
Un eczema unilatéral du mamelon : attention c’est peut etre une maladie de Paget
Extension progressive, prenant l’aspect d’un eczema du mamelon mais dont les bords sont bien limités : le mamelon et l’aréole sont rouges et squameux, surmontant parfois une zone suintante ou discrètement végétante
Puis évolution vers l’ulcération, la rétraction du mamelon…
Examens complémentaires
Histologie par biopsie devant tout eczema unilatéral du mamelon résistant au traitement (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
Recherche par mammographie d’un cancer du sein, de type galactophorique invasif ou in situ, présent dans la quasi totalité des cas.
Traitement
Chirurgical : c’est celui du cancer sous-jacent : mastectomie totale
Maladie de Paget extramammaire (sexe, anus… )
Dans sa localisation extramammaire, la maladie de Paget est moins fréquemment associée à un cancer viscéral sous jacent et sans continuité anatomique (urinaire, prostate… ) puisqu’il n’est présent que dans 1/4 à 1/3 des cas
Le carcinome in situ, cantonné initialement à l’épiderme, peut envahir le derme et de donner des métastases à distance.
La biopsie est indispensable devant toute plaque rouge du sexe résistant aux crèmes
Rechercher des cancers des voies urinaires, de l’utérus et des ovaires et cancer du sein
Maladie de Paget de l’anus
Plaque rouge de l’anus ou de la marge anale, plus ou moins suintante, bien limitée, résistant aux crèmes prescrites par le médecin
Rechercher des cancers du tube digestif dans près de 30 % des cas (carcinome épidermoïde anal, adénocarcinome rectal ou colique) et plus rarement de la prostate.
Rechercher des cancers urinaires ou de la prostate.
Traitement de la maladie de Paget du sexe et de l’anus
Outre le traitement du cancer sous jacent
Exérèse chirugicale souvent difficile car les lésions sont souvent histologiquement multifocales (exérèse incomplète) -> Chirurgie de Mohs si possible.
Maladie de Paget non invasive
Exérèse avec marge saine en profondeur et latéralement Maladie de Paget invasive ou associée à un cancer sous-jacent
Exérèse avec marge de peau saine de 2 cm, associée à un curage des aires ganglionnaires de drainage. Radiothérapie complémentaire en cas de présence de métastases ganglionnaires.
Surveillance de la maladie de Paget du sexe et de l’anus
Surveillance régulière de la peau et des organes de voisinage est indispensable à la recherche de récidives et d’apparition de cancers viscéraux du voisinage :
Maladie de Paget non invasive
Surveillance clinique, tous les 6 mois les trois premières années puis annuelle toute la vie. Recherche régulière de cancer sous-jacent par examens cliniques, biologiques et radiologiques Maladie de Paget invasive ou associée à un cancer sous-jacent
C’est le stade évolutif du cancer invasif et/ou du cancer sous jacent qui dicte la surveillance
Infection génitale profuse à papillomavirus (le plus souvent HPV16)
La papulose bowénoïde est souvent vue chez des personnes jeunes à partenaires multiples.
Signes cliniques
Atteinte de la peau plus que des muqueuses (pourtour de la vulve, fourreau de la verge… )
Petites papules multiples, rosées et/ou brunes, légèrement squameuses parfois verruqueuses. Parfois véritables plaques sur le sexe.
Examens complémentaires
Histologie par biopsie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau ou de muqueuse sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
La dissociation entre l’architecture histologique d’aspect bénin des lésions et les signes histologiques et cytologiques de malignité est très caractéristique.
Régression spontanée possible. Cependant, récidives locales fréquentes, voire chez des patients âgés ou immunodéprimés, possibilité d’évolution en maladie de Bowen ou en cancer spinocellulaire.
Traitement
Examen du ou des partenaires+++
risque de Neoplasie intra cervicale chez la femme)
Possibilité de simple surveillance
chez un patient jeune sans immunodépression
En cas de traitement :
Excision chirurgicale,
carbonisation des lésions au laser CO2 ou par électrocoagulation,
destruction des lésions par cryothérapie ou acide trichloracétique,
Téléchargez le guide complet
ECZEMA
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
En cas d’eczema de l’anus, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue
Nous n’envisagerons ici qu’une forme d’eczema de l’anus :
Eczema allergique de l’anus
Cet eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema.
Les allergènes les plus fréquemment mis en cause dans l’eczema de l’anus sont :
les cosmétiques appliqués depuis quelques jours sur le sexe
cremes, crèmes dépilatoires, mousses à raser, parfums, lingettes…
préservatifs et lubrifiants
Comment savoir à quoi je suis allergique sur l’anus
Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.
Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.
Tout d’abord il faut consulter un médecin pour déterminer la cause de l’éczema et vérifier qu’il s’agit bien d’un eczema (exemple il peut d’agir d’une mycose du sexe contre indiquant tout corticoide)
Il faut se laver une fois par jour avec un produit doux et bien sécher apres la toilette
En cas d’eczema confirmé par le médecin, il faut éviter l’allergène en cause (creme, lingette, lubrifiant, preservatif… ) et le médecin prescrit souvent de la cortisone en creme
Téléchargez le guide complet
ECZEMA
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Téléchargez le guide complet
ECZEMA
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
En cas d’eczema du sexe, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue
Nous n’envisagerons ici qu’une forme d’eczema du sexe :
Eczema allergique du sexe
Cet eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema.
Les allergènes les plus fréquemment mis en cause dans l’eczema du sexe sont :
les cosmétiques appliqués depuis quelques jours sur le sexe
cremes, crèmes dépilatoires, mousses à raser, parfums…
préservatifs et lubrifiants
Comment savoir à quoi je suis allergique sur le sexe
Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.
Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.
Tout d’abord il faut consulter un médecin pour déterminer la cause de l’éczema et vérifier qu’il s’agit bien d’un eczema (exemple il peut d’agir d’une mycose du sexe contre indiquant tout corticoide)
Il faut se laver une fois par jour avec un produit doux et bien sécher apres la toilette
En cas d’eczema confirmé par le médecin, il faut éviter l’allergène en cause (lubrifiant, preservatif… ) et le médecin prescrit souvent de la cortisone en creme
Téléchargez le guide complet
ECZEMA
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Les aphtes sont des ulcérations de la muqueuse, le plus souvent buccale, plus rarement génitale.
Les aphtes peuvent être seuls (isolés) ou s’inscrire dans le cadre d’une aphtose atteignant d’autres organes comme dans la maladie de Behcet.
L’aphte est une ulcération ronde ou ovalaire, douloureuse survenant le plus souvent dans la bouche à tout endroit muqueux (langue, lèvres, gencives… ), par poussées (ils disparaissent le plus souvent en 1 à 2 semaines).
Le diagnostic est porté devant:
le fond déprimé et nécrotique ayant du coup une jaunâtre (« beurre frais« ) ou grisâtre,
la base infiltrée (on peut prendre l’aphte entre les doigts et on sent que toute la zone est discrètement indurée),
les bords nets et entourés d’un halo rouge vif.
Formes cliniques
A communs ou ‘vulgaires’ :
2 à 10 mms de diamètre, en cupule, petite aréole rouge, guérison en 1 à 3 semaines
A géants :
plus de 1 à 2 cm, inflammatoires et très douloureux pouvant guérir avec une bride cicatricielle. Ils sont souvent assez indurés et creusants
A miliaires :
quelques millimètres, plutôt des érosions, parfois nombreux et confluents, avec peu d’induration, guérissant sans cicatrice en 1 à 2 semaines
Causes possibles
On observe souvent une hyperréactivité non spécifique de la muqueuse (par exemple, après une morsure accidentelle, une anesthésie locale par injection chez le dentiste… ).
Par ailleurs, certains aliments (noix, noisettes, gruyère… ) sont reconnus comme déclencheurs d’aphtes.
Il est possible qu’il existe un substrat génétique aux aphtes puisque 90 % des enfants de parents ayant tous deux des aphtes, ont des aphtes.
Les aphtes récidivants peuvent s’inscrire dans le cadre d’une maladie de Behçet qui comporte aussi d’autres signes (ophtlamologiques, cutanés… ).
Par ailleurs on peut observer des ulcérations d’allure aphtoide dans
des entérocolopathies (maladie cœliaque, maladie de Crohn, colite ulcéreuse… ),comportant des signes digestifs
le syndrome PFAPA (Periodic Fever, Aphthous stomatitis, Pharyngitis and cervical Adenitis), comportant une fièvre périodique avec ganglions
les carences en folates, en vitamine B 12, en fer, en zinc,
et dans les neutropénies
Examens complémentaires diagnostiques
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
Conduite a tenir devant un aphte de la bouche (aphte buccal) :
HLA B5
Bilan des autres atteintes
Recherche de thrombocytose
Soigner les aphtes
Contre la douleur :
Lidocaine en gel, gels à base de clou de girofle (Pansoral), APHTORAL, comprimé à sucer (Chlorhexidine / Tétracaïne / Acide ascorbique) voire antalgiques par voie orale
Pour essayer de diminuer la durée des poussées :
Dermocorticoïdes puissants, voire injections intra-lésionnelles de corticoïdes à la base des ulcérations.
Bains de bouche de sucralfate (KEAL * susp buvable)
Téléchargez le guide complet
HERPES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Malgré l’importance de l’information sur l’herpès, sa contagiosité fait que l’herpes augmente encore dans la population. Le traitement de l’herpès fait partie des stratégies pour l’éliminer et essayer de s’en débarrasser. En effet, la mise au point d’un vaccin anti herpes reste hautement peu probable avant plusieurs années.
L’herpes est une maladie liée à l’infection par Herpes Simplex Virus 1 et 2 (HSV)
L’herpes buccal ou bouton de fievre est dû généralement à HSV1 et il fait généralement suite a une transmission du virus dans l’enfance
En cas d’herpes buccal, il faut éviter d’embrasser son ou ses partenaires et ses enfants (notamment en cas de dermatite atopique)
Soigner l’herpes labial ou bouton de fièvre
L’herpès génital, est du généralement dû à HSV2 et il est considéré comme une maladie sexuellement transmissible. En cas d’herpes genital, il faut informer son ou ses partenaires, consulter un médecin et eviter davoir des relations sexuelles génitales ou orales et attendre la guérison complète avant d’en envisager
Herpes génital
Comment soigner l’herpes
Soins d’hygiène de l’herpes
Sur le plan de l’hygiène locale, il faut garder les lésions propres et seches et eviter de les toucher avec les doigts car l’herpes peut se transmettre ailleurs sur le corps par manuportage Sur le plan des traitements, on distingue le traitement de la primo infection de l’herpes, le traitement des récurrences de l’herpès et le traitement préventif de l’herpes
Traitement de la primo infection de l’herpes
Primo infection à l’herpesLésions des gencives et lèvres lors de la primo infection à l’herpes
Le traitement de la primo-infection de l’herpes, qu’il s’agisse d’un herpes buccal ou génital, est generalement effectué au moyen de medicaments antiviraux :Aciclovir et Valaciclovir
Lorsque la voie orale est impossible ou que la poussee de primoinfection d’herpes est trop importante, on peut recourir à des perfusions d’aciclovir.
L’evolution de la primoinfection d’herpes est generalement améliorée rapidement apres le debut du traitement de l’herpes par comprimes ou perfusions
Traitement de la recurrence d’herpes
Traitements prescrits par le médecin
Pour le traitement des recurrences d’herpes, on distingue l’herpes buccal de l’herpes genital
– herpes labial
Si les episodes d’herpes labial sont peu importants et peu genants, on recourt generalement a des cremes contenant des antiviraux (aciclovir creme (Zovirax®), ibacitabine (Cuterpès®), vidarabine phosphate (Vira-MP® gel) … ) à raison de plusieurs applications par jour
Les traitements oraux par comprimes d’aciclovir et de valaciclovir sont le plus souvent reserves aux poussees importantes ou frequentes
Herpes labial au stade crouteux
Ensuite au stade de croute, on applique des pommades antibiotiques (Fucidine, Mupiderm… ) pour faire tomber les croutes et éviter leur surinfection par le staphylocoque
– herpes genital
Le traitement de l’herpes génital par voie orale (par comprimes d’aciclovir et de valaciclovir) est le plus souvent reserve aux poussees importantes et genantes d’herpes genital, ou en cas de risque de contagion
Les délais de rendez-vous chez les dermatologues s’allongent d’année en année.
Cependant, ne vous improvisez surtout pas médecin! Consultez votre médecin traitant avant toute chose.
En attendant votre rendez-vous chez le médecin et/ou le dermatologue et le diagnostic précis de votre herpès, vous pouvez tenter de soulager les récurrences de votre herpes de différentes manières et avec des produits disponibles sans ordonnance chez votre pharmacien ou dans une pharmacie sur Internet. Il faut être très prudent avant d’utiliser des crèmes et bien demander conseil à son pharmacien (risque d’allergie de peau, d’aggravation de sa maladie de peau, risque en cas de grossesse ou d’allaitement… )
Antécédents d’hypersensibilité à l’aciclovir ou au propylèneglycol.
Application oculaire, intrabuccale ou intravaginale
EFFETS SECONDAIRES
Peu fréquent : des sensations de picotements ou de brûlures transitoires pouvant suivre l’application de la crème, sécheresse cutanée, prurit.
Rare : érythème, eczéma de contact.
Très rare : cas d’urticaire et d’œdème de Quincke
Traitement preventif de l’herpes : se débarrasser de l’herpès?
Il n’est pas possible de se débarrasser de l’herpes. Cependant, en cas de poussees frequentes d’herpes (plus de 6 poussees d’herpes par an), l’aciclovir ou le valaciclovir peuvent etre proposes par le medecin a titre preventif. Le traitement est reevalue en terme d’efficacite au bout de 6 mois.
Précautions à prendre en cas d’herpès
Herpes labial
Toujours prévenir son médecin qu’on a de l’herpès, notamment le dermatologue en cas de soins de peau (dermabrasion, injections dans les rides, laser de la peau, resurfaçage du visage… )
Eviter de contaminer les enfants en les embrassant si on a de l’herpes labial
On risque en cas de contamination d’enfants atteints d’eczema atopique car ils risquent une poussée profuse appelée syndrome de Kaposi Juliusberg
Kaposi Juliusberg chez un enfant atopique
Herpes génital
Il faut toujours prévenir ses partenaires qu’on a eu de l’herpes car il est contagieux même en l’absence de symptomes
En cas d’herpes génital après un rapport non protégé, il faut faire un bilan de MST aupres de son médecin
Téléchargez le guide complet
HERPES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Syphilis : symptômes, diagnostic, traitement et résurgence en France
La syphilis — anciennement appelée vérole — est une infection sexuellement transmissible (IST) due à la bactérie Treponema pallidum. Considérée comme quasi éradiquée dans les années 2000, elle connaît une résurgence spectaculaire en France depuis 2010, avec des cas en hausse continue touchant désormais toutes les populations, pas uniquement les hommes ayant des rapports avec des hommes (HSH). Elle est surnommée « la grande simulatrice » car ses manifestations cutanées peuvent ressembler à de nombreuses autres maladies — d’où des retards diagnostiques fréquents. Guérie à 100 % par la pénicilline si diagnostiquée à temps, elle peut devenir gravissime non traitée.
Téléchargez le guide complet
SYPHILIS
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Résurgence de la syphilis en France — contexte actuel
Après avoir atteint des niveaux historiquement bas dans les années 1990-2000, la syphilis est en forte recrudescence en France depuis 2010, avec une accélération marquée depuis 2015. Santé Publique France rapporte plusieurs milliers de nouveaux cas déclarés chaque année, avec une augmentation concernant désormais les femmes et les personnes hétérosexuelles, pas uniquement les HSH initialement les plus touchés. Les populations jeunes (18-35 ans) sont particulièrement concernées.
Cette résurgence s’explique par plusieurs facteurs : baisse de la vigilance, diminution de l’utilisation du préservatif, augmentation du nombre de partenaires et développement des applications de rencontre favorisant les contacts rapides et multiples. Le dépistage régulier — au moins annuel pour les personnes ayant plusieurs partenaires — est aujourd’hui une recommandation de santé publique.
Transmission et contagiosité
La syphilis se transmet par contact direct avec une lésion syphilitique active — chancre primaire, plaques muqueuses secondaires, condylomes plats. La transmission se fait lors de rapports sexuels (vaginaux, anaux, oraux) mais aussi par contact muqueux sans pénétration si une lésion active est présente. Le préservatif réduit le risque mais ne l’élimine pas totalement si la lésion est dans une zone non couverte.
Point crucial : la syphilis n’est pas immunisante. Une personne ayant été traitée et guérie peut être réinfectée lors d’un nouveau contact avec Treponema pallidum. En cas de réinfection, le VDRL réaugmente d’au moins 2 à 4 fois — signe biologique d’une nouvelle contamination.
La syphilis n’est pas transmissible par les objets du quotidien (toilettes, poignées de porte, piscine) — le tréponème ne survit pas à l’air libre.
Les trois phases cliniques de la syphilis
Phase primaire — le chancre d’inoculation
Le chancre apparaît 10 à 90 jours après la contamination (incubation moyenne 3 semaines). C’est une ulcération propre à fond induré (dur), indolore, à bords nets, siégeant sur les organes génitaux (gland, vulve, col utérin, anus) ou les muqueuses (lèvres, amygdales, langue). Il est accompagné d’adénopathies inguinales bilatérales indolores.
Le chancre passe souvent inaperçu, particulièrement chez la femme (localisation cervicale ou vaginale invisible à l’examen courant) et en localisation anale ou pharyngée. Il guérit spontanément en 3 à 6 semaines, même sans traitement — donnant faussement l’impression de guérison alors que la maladie évolue vers la phase secondaire.
Phase secondaire — « la grande simulatrice »
La syphilis secondaire survient 4 à 10 semaines après le chancre. Elle se manifeste par deux « floraisons » successives :
Première floraison : éruption de macules (taches plates) rouge cuivrées, symétriques, diffuses, non prurigineuses — l’absence de démangeaisons est un élément d’orientation important. Elle touche le tronc, les membres, et caractéristiquement les paumes et les plantes (syphilides palmo-plantaires) — atteinte palmo-plantaire d’une éruption non prurigineuse chez un adulte jeune doit faire évoquer la syphilis en priorité. Elle ressemble au pityriasis rose de Gibert mais s’en distingue par son caractère non prurigineux et l’atteinte palmo-plantaire.
Deuxième floraison (vers le 4e mois) : lésions plus papuleuses, pouvant ressembler à un psoriasis. Apparition possible de plaques muqueuses (lésions érosives sur les muqueuses buccales et génitales), d’une alopécie en clairières (chute de cheveux en plaques), de condylomes plats (plaques végétantes génitales très contagieuses) et d’une roséole syphilitique (éruption pâle du tronc).
La syphilis secondaire est la phase la plus contagieuse — les lésions muqueuses et cutanées grouillent de tréponèmes. Elle guérit également spontanément sans traitement, laissant place à une phase latente silencieuse.
Phase tertiaire — complications viscérales graves
La syphilis tertiaire survient des années à décennies après l’infection non traitée. Elle est devenue rare depuis l’avènement de la pénicilline mais pas exceptionnelle en cas de diagnostic tardif. Elle concerne principalement :
La neuro-syphilis — méningite, démence progressive (paralysie générale), tabes dorsalis (atteinte de la moelle épinière avec troubles de la marche et douleurs fulgurantes). De nombreux artistes et personnalités historiques sont devenus psychiatriquement malades ou sont décédés de neuro-syphilis non traitée. La neuro-syphilis peut survenir aussi en phase secondaire (syphilis neuro-invasive précoce) — argument supplémentaire pour ne jamais laisser une syphilis non traitée.
La syphilis cardiovasculaire — aortite syphilitique avec anévrisme aortique. Les gommes syphilitiques — granulomes destructeurs pouvant toucher la peau, les os et les viscères.
Diagnostic sérologique
La bactériologie directe (examen au microscope à fond noir du prélèvement de chancre) est possible mais rarement pratiquée en routine. Le diagnostic repose sur la sérologie sanguine :
Le TPHA (Treponema Pallidum Hemagglutination Assay) est un test tréponémique spécifique — il témoigne d’un contact avec T. pallidum et reste positif à vie (même après guérison) chez la plupart des patients, sauf s’il a été traité très tôt (dans la première année). Il constitue la « cicatrice sérologique » de la syphilis.
Le VDRL (Venereal Disease Research Laboratory) est un test non tréponémique quantitatif — son titre reflète l’activité de la maladie. Il est utilisé pour le suivi thérapeutique : il doit être divisé par 4 à 3 mois puis par 16 à 6 mois après traitement. Il se négative à 1 an si syphilis primaire, à 2 ans si secondaire. Si le VDRL ne baisse pas suffisamment, cela indique un échec thérapeutique ou une réinfection.
Un bilan complet IST est recommandé lors de tout diagnostic de syphilis : VIH, hépatite B, hépatite C, chlamydia, gonorrhée.
Traitement de la syphilis
La syphilis est guérie dans quasiment 100 % des cas correctement traités. Le traitement de référence reste la pénicilline — Treponema pallidum n’a développé aucune résistance à la pénicilline en 70 ans d’utilisation.
Traitement de première intention — syphilis récente (primaire, secondaire, latente précoce <1 an) : benzathine-benzylpénicilline 2,4 MU en injection intramusculaire unique (1,2 MU dans chaque fesse).
Syphilis tardive (latente tardive >1 an, tertiaire) : benzathine-benzylpénicilline 2,4 MU IM à répéter à J8 et J15 (3 injections au total).
Alternatives en cas d’allergie à la pénicilline, de trouble de la coagulation ou de refus d’injection :
Doxycycline 200 mg/j per os pendant 14 jours (contre-indiquée chez la femme enceinte et avant 8 ans). Ceftriaxone 500 mg à 1 g/j en IV ou SC pendant 10 jours. Azithromycine 2 g en prise unique (résistances émergentes documentées — à éviter si possible).
Partenaires : le ou les partenaires sexuels des 3 derniers mois (syphilis primaire) ou des 12 derniers mois (syphilis secondaire) doivent être informés, dépistés et traités si nécessaire. C’est une obligation éthique et de santé publique.
Suivi sérologique : VDRL à 3 mois (doit être divisé par 4), à 6 mois (divisé par 16), puis à 1 an. Si le VDRL ne diminue pas suffisamment à M6-M12, 3 nouvelles injections de benzathine-pénicilline 2,4 MU à une semaine d’intervalle sont recommandées.
Situations urgentes — syphilis congénitale et neuro-syphilis
Syphilis et grossesse — urgence absolue : la syphilis maternelle non traitée peut être transmise au fœtus par voie transplacentaire et provoquer une syphilis congénitale — mortinatalité, prématurité, malformations osseuses, hépatosplénomégalie, séquelles neurologiques et oculaires graves. Le dépistage sérologique de la syphilis est obligatoire en France au premier trimestre de grossesse. Toute syphilis découverte pendant la grossesse doit être traitée en urgence par pénicilline (seule alternative sûre chez la femme enceinte — la doxycycline est contre-indiquée).
Neuro-syphilis : suspectée devant des céphalées, troubles visuels, méningite, troubles psychiatriques ou déficit neurologique chez un patient avec syphilis. Nécessite une ponction lombaire pour confirmation et un traitement hospitalier par pénicilline G IV (18-24 MU/j pendant 10-14 jours).
Syphilis et VIH : la co-infection est fréquente — la syphilis multiplie par 3 à 5 le risque de transmission du VIH. La présentation clinique peut être atypique chez les immunodéprimés. Le titre de VDRL peut être faussement bas (zone de prozone). Un suivi sérologique plus rapproché est recommandé.
Questions fréquentes
La syphilis guérit-elle complètement avec le traitement ?
Oui — la syphilis est guérie dans quasiment 100 % des cas correctement traités. Une seule injection de pénicilline suffit pour les formes récentes. Le suivi sérologique à 3, 6 et 12 mois confirme la guérison (baisse du VDRL). Attention : la guérison n’immunise pas — une réinfection est possible lors d’un nouveau contact avec une personne atteinte.
Peut-on avoir la syphilis sans symptôme ?
Oui — la syphilis est souvent asymptomatique. Le chancre primaire passe inaperçu dans 50 % des cas (chez la femme notamment). La phase latente, entre secondaire et tertiaire, est totalement silencieuse. C’est pourquoi un dépistage sérologique régulier est recommandé pour les personnes ayant plusieurs partenaires — au moins une fois par an.
Comment savoir si on est guéri après traitement ?
Par le suivi sérologique du VDRL. Il doit être divisé par 4 à 3 mois et par 16 à 6 mois après traitement. Le TPHA peut rester positif à vie (cicatrice sérologique) même après guérison complète — sa persistance ne signifie pas échec du traitement. Si le VDRL ne baisse pas suffisamment, une deuxième cure de traitement est nécessaire.
Faut-il prévenir ses partenaires sexuels ?
Oui, c’est indispensable. Les partenaires des 3 derniers mois (syphilis primaire) ou des 12 derniers mois (syphilis secondaire) doivent être informés, dépistés et traités si nécessaire. La notification des partenaires peut se faire directement par le patient ou anonymement via le médecin. Des outils de notification anonyme par SMS existent (application BeMST). C’est une obligation éthique pour interrompre la chaîne de transmission.
La syphilis et l’herpès génital, comment les distinguer ?
Le chancre syphilitique est unique, indolore, à fond propre et induré (dur). Les vésicules herpétiques sont multiples, groupées en bouquet, très douloureuses, à fond érosif superficiel. La sérologie syphilis (TPHA/VDRL) et la PCR herpès sur prélèvement de lésion permettent de confirmer le diagnostic. Les deux IST peuvent coexister — un bilan complet est indispensable devant toute lésion génitale.
Téléchargez le guide complet
SYPHILIS
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Mycose vaginale : causes, symptômes, traitement et prévention
La mycose vaginale — ou candidose vulvovaginale — est l’une des infections génitales les plus fréquentes chez la femme : 3 femmes sur 4 en feront au moins un épisode au cours de leur vie. Elle est due à un champignon naturellement présent dans la flore vaginale, le Candida albicans, qui prolifère anormalement lorsque l’équilibre de la muqueuse est rompu. Démangeaisons intenses, rougeurs, pertes blanches caillebotées — ses symptômes sont caractéristiques, mais d’autres affections peuvent les mimer. Un diagnostic médical est indispensable avant tout traitement.
Le Candida albicans est un champignon naturellement présent dans la flore vaginale, en équilibre avec la muqueuse vulvovaginale. C’est la rupture de cet équilibre qui le rend pathogène et provoque la mycose. Les principaux facteurs déclenchants sont :
Prise d’antibiotiques — détruit la flore protectrice lactobacillaire
Grossesse — modifications hormonales et immunitaires
Diabète mal équilibré — le glucose favorise la prolifération du Candida
Les symptômes peuvent fluctuer avec le cycle menstruel, avec une recrudescence fréquente avant ou pendant les règles, parfois accompagnée d’une sensation d’œdème des petites lèvres ou du vestibule.
Signes d’alerte — consulter sans tarder
Un avis médical est toujours nécessaire en cas de suspicion de mycose vaginale. Consulter en urgence si les symptômes s’accompagnent de l’un des signes suivants :
🌡️ Fièvre, nausées, vomissements
🔴 Douleurs abdominales basses
🔴 Douleurs au dos ou aux épaules
🔴 Sécrétions vaginales malodorantes — évoquer une vaginose bactérienne ou une IST
🔴 Hémorragie vaginale en dehors des règles
Ces signes ne sont pas compatibles avec une simple mycose vaginale et peuvent indiquer une infection ascendante ou une autre pathologie nécessitant une prise en charge urgente.
⚠️ Pourquoi la cortisone est dangereuse dans la mycose vaginale
Une candidose vaginale traitée par erreur avec de la cortisone s’aggrave silencieusement. C’est l’une des erreurs les plus fréquentes — la rougeur peut sembler s’améliorer en surface alors que l’infection s’étend en profondeur et en superficie.
Les conséquences d’une corticothérapie locale sur une mycose vaginale sont :
La vulvite s’étend vers la marge anale, le périnée et les plis inguinaux
Une collerette desquamative périphérique et des érosions punctiformes (pustules à Candida) persistent
À long terme, la cortisone peut supprimer la rougeur centrale et provoquer une atrophie cutanée — masquant l’infection tout en l’aggravant
Les démangeaisons typiques sont souvent remplacées par des sensations de brûlure
Ne jamais appliquer de cortisone sur une rougeur vulvaire sans diagnostic établi. En cas de doute, consultez avant tout traitement : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Mycose vaginale récidivante — quand la candidose devient chronique
Environ 10 % des femmes ayant fait un épisode de mycose vaginale présentent des récidives régulières. On parle de candidose vulvovaginale récidivante au-delà de 4 épisodes par an.
Les récidives sont souvent rythmées par :
Une antibiothérapie récente
Le cycle menstruel — recrudescence avant ou pendant les règles
Les rapports sexuels
La période estivale (chaleur, macération, maillot de bain)
Lorsque les poussées deviennent subintrantes (quasiment constantes), la présentation clinique évolue : la rougeur devient moins intense, la sécheresse prédomine dans la région postérieure et des fissures douloureuses apparaissent. C’est la candidose chronique.
À l’examen, il persiste toujours à la périphérie une fine collerette desquamative et des érosions de pustules à Candida — ce qui distingue la mycose d’un psoriasis (pas de desquamation blanche des zones cutanées externes) ou d’un lichen plan érosif (pas d’atrophie centrale).
Traitement de la mycose vaginale
Règles d’hygiène indispensables
Savon alcalin (Hydralin®) ou eau bicarbonatée (1 cuillère à soupe par cuvette) — éviter les savons à pH acide qui favorisent la multiplication du Candida
Pas de douches vaginales — elles détruisent la flore protectrice
Éviter pendant le traitement : tampons internes, spermicides, préservatifs ou diaphragmes (risque de rupture)
Abstinence ou rapports protégés pendant le traitement pour éviter la transmission au partenaire
Sous-vêtements en coton — éviter les textiles synthétiques et les vêtements serrés
Séchage soigneux de la vulve après la toilette — lutter contre la macération
Antifongiques locaux (crème vaginale, ovule, capsule) en première intention chez la femme non enceinte — il est souvent utile de répéter le traitement à la fin des règles suivantes
Chez la femme enceinte : ovules de Fazol G®, Gyno-Daktarin®, Gyno-Pevaryl® ou Monazol® — jamais de traitement systémique
Antifongique local topique en crème ou poudre + émollient alcalin à raison d’1 à 2 applications par jour pendant 2 à 4 semaines
Traitement des mycoses récidivantes
Au-delà de 4 récidives par an, le traitement local est complété par un traitement systémique oral (sauf grossesse) :
Triflucan® (fluconazole) 150 mg en prise unique, éventuellement répétée une semaine plus tard
En cas de récidives très fréquentes : administration d’un ovule antifongique et/ou de Triflucan® pendant 2 à 6 mois puis diminution progressive, en ciblant le jour du cycle à risque (généralement vers le 19e jour)
Si la patiente porte un stérilet de plus de 2 ans : le changer — il peut constituer un réservoir à Candida
Probiotiques — peuvent aider à restaurer la flore vaginale protectrice
Kinésithérapie périnéale spécialisée — améliore la qualité des rapports et réduit les microtraumatismes favorisants
Consultez votre médecin traitant avant toute automédication — il faut s’assurer que les symptômes correspondent bien à une mycose et non à une autre cause de rougeur du sexe. En attendant le rendez-vous, votre pharmacien peut vous orienter vers :
MYCOHYDRALIN crème (Clotrimazole) — application locale matin et soir après toilette, pendant 1 semaine
MYCOHYDRALIN 200 mg comprimé vaginal — 1 comprimé au fond du vagin 3 soirs consécutifs. Si les symptômes persistent au-delà de 7 jours, consultation médicale obligatoire
MYCOHYDRALIN 500 mg comprimé vaginal — 1 comprimé en prise unique le soir au coucher. Un second comprimé peut être administré si les symptômes persistent au-delà de 3 jours. Au-delà de 7 jours sans amélioration, consulter
⚠️ Ces produits peuvent provoquer des réactions allergiques (urticaire, démangeaisons, brûlures, œdème). Demandez toujours conseil à votre pharmacien, notamment en cas de grossesse, d’allaitement ou d’antécédent d’allergie cutanée.
⚠️ En cas de sécheresse vaginale, le comprimé peut ne pas se dissoudre correctement — introduire profondément en position allongée sur le dos, genoux repliés et écartés.
Prévenir les mycoses vaginales
La prévention passe par la lutte systématique contre les facteurs favorisants :
Traiter tous les foyers d’infection fongique associés (plis inguinaux, mycose buccale…)
Éviter les microtraumatismes de la muqueuse — sous-vêtements trop serrés, rapports sexuels trop fréquents ou sans lubrification suffisante
Lutter contre la macération — séchage soigneux après toilette avec un savon d’hygiène intime adapté
Informer et si nécessaire examiner le ou les partenaires — même si la candidose n’est pas une IST à proprement parler, elle peut provoquer des rougeurs du sexe chez le partenaire
En cas de traitement antibiotique : prendre des probiotiques vaginaux en prévention
Comment savoir si j’ai une mycose vaginale ou une autre infection ?
Les pertes blanches caillebotées inodores, la rougeur vernissée de la vulve et les démangeaisons intenses sont très évocatrices. Mais une vaginose bactérienne (pertes grises malodorantes), une IST ou un eczéma de contact peuvent mimer certains symptômes. Seul un examen médical — et parfois un prélèvement vaginal — permet de confirmer le diagnostic. Ne traitez pas sans consulter, surtout si c’est un premier épisode.
Ma mycose vaginale revient à chaque prise d’antibiotiques — que faire ?
C’est une situation très fréquente. Les antibiotiques détruisent la flore lactobacillaire protectrice et permettent au Candida de proliférer. La solution préventive est de prendre des probiotiques vaginaux dès le début de chaque antibiothérapie. En cas de récidives très fréquentes, votre médecin peut prescrire un traitement antifongique préventif à prendre systématiquement lors de chaque cure d’antibiotiques.
Mon partenaire doit-il être traité ?
Pas systématiquement. Le partenaire ne doit être traité que s’il présente lui-même des signes de candidose (rougeurs du sexe, démangeaisons). Pendant le traitement, les rapports sexuels sont déconseillés pour éviter les microtraumatismes et réduire le risque de transmission. Si les récidives sont déclenchées à chaque rapport, un examen du partenaire s’impose.
Puis-je utiliser un ovule vaginal pendant mes règles ?
Il vaut mieux éviter le traitement par ovule pendant les règles — les pertes menstruelles réduisent son efficacité. Il est souvent conseillé de débuter ou de répéter le traitement à la fin des règles. En cas de mycose chronique récidivante, le traitement préventif est souvent ciblé vers le 19e jour du cycle, avant la recrudescence habituelle.
Une mycose vaginale peut-elle se traiter seule avec des remèdes naturels ?
Non. Les remèdes maison (yaourt, huile de coco, bicarbonate…) n’ont pas d’efficacité prouvée sur la candidose vaginale et peuvent aggraver l’irritation. Seuls les antifongiques — locaux ou systémiques — ont une efficacité démontrée. Les probiotiques peuvent compléter le traitement médical mais ne le remplacent pas.
Le champignon Candida Albicans, le plus fréquent des candida provoquant la mycose du sexe, vit » normalement » en bon équilibre avec l’organisme dans le tube digestif et les muqueuses génitales.
Sous l’influence de facteurs provoquant une rupture de cet équilibre entre le champignon et la muqueuse du sexe (macération, irritation de la muqueuse sexuelle, diminution de l’immunité locale ou générale, diabète ), le candida devient alors « pathogene » et peut se développer, provoquant la mycose du sexe.
Les muqueuses génitales de l’homme et de la femme constituent des plis sujets à la macération et donc aux irritations. Le gland chez l’homme est une semi-muqueuse faiblement kératinisée notamment chez l’homme non circoncis, donc fragile.
La proximité des muqueuses génitales de la zone anale prédispose à une colonisation bactérienne.
L’absence de séchage après la toilette est source d’humidité, favorisant la prolifération des micro-organismes.
Chez l’homme, la mycose du sexe est favorisée par l’absence de circoncision et la présence d’un prépuce long (prépuce qui recouvre le gland et le dépasse)
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les toilettes parcimonieuses sont des facteurs de risque de mycose du sexe chez l’homme et la femme par rupture de l’équilibre écologique des germes normaux et irritation de la muqueuse.
Le diabète et les autres troubles de l’immunité sont aussi des facteurs de risque. La prise d’antibiotique fait partie des causes par rupture de l’équilibre écologique avec les germes banaux.
Enfin, le port de sous vetement en synthétiques et de vetements serrés sont un facteur de risque de mycose du sexe.
Comment reconnaitre la mycose du sexe ?
La mycose du sexe se manifeste le plus souvent chez l’homme comme la femme par un aspect rouge vernissé et luisant de la muqueuse, accompagné d’un enduit blanc chez l’homme et de pertes blanches chez la femme (voir mycose vaginale)
La mycose du sexe peut provoquer des sensations de brulure et frequemment des demangeaisons du sexe.
Mycose du sexe de l’homme :
la mycose du sexe de l’homme commence le plus souvent pres du frein et du sillon situé entre le gland et le prépuce, sous la forme d’une rougeur du sexe. Cette rougeur est souvent d’aspect lisse et suintant. La mycose du sexe de l’homme s’étend ensuite au gland et au prépuce, donnant de petites pustulettes, en « tetes d’épingles » donnant un aspect de petits points blancs sur un fond rouge. Un autre élément évocateur est la desquamation en périphérie des plaques rouges
Candidose du sexe de l’hommeCandidose du glandCandidose du penisCandidose de l’homme
Mycose du sexe de la femme :
la mycose du sexe de la femme peut etre rythmée par le cycle menstruel. La vulve est rouge, suintante et il existe des pertes blanches.
Candidose vaginale
La suspicion d’une mycose du sexe doit engendrer de la part du médecin deux recherches complémentaires :
prélèvement myco-bactériologique : présence de filaments mycéliens à l’examen direct et Candida albicans en culture
recherche de diabète
Soins et traitement de la mycose du sexe
Chez l’homme
Il comprend la toilette avec savon Hydralin®, un savon surgras ou avec de l’eau bicarbonatée et un antifongique local. Le traitement de la partenaire sera institué en cas de candidose prouvée, et la stérilisation du tube digestif se fera en cas de candidose digestive associée.
Le traitement de la mycose du sexe est efficace dans 90% des cas. Dans 10 % des cas, on observe des échecs liés à la présence d’un diabète ou des réinfestations par absence de traitement du ou des partenaires et l’absence de prise en compte des facteurs favorisants exposés ci après :
traitement de tous les foyers d’infection par candida:
éviter les microtraumatismes de la muqueuse sexuelle :
vetements et sous vetements trop serrés, sous vetements synthétiques, actes sexuels ou masturbation répétés…
Equilibre d’un diabète
lutte contre la macération :
Utiliser un savon doux, spécifique de l’hygiene intime type Hydralin® ou un savon doux surgras et ne faire qu’ une seule toilette quotidienne avec décalottage en prenant soin de bien sécher est suffisante. Les antiseptiques doivent être évités car ils déséquilibrent la flore et sont irritants et source potentielle d’allergie.
Le(s) partenaire(s) sexuel(s)
La découverte d’une mycose du sexe nécessite l’examen voire le traitement du (des) partenaire(s), même si la candidose n’est pas à proprement parler une maladie sexuellement transmissible, elle peut se transmettre lors des rapports et n’est pas rare de voir apparaître une candidose du sexe après un rapport sexuel avec une femme n’ayant parfois aucun symptomes de candidose vaginale ou juste quelques pertes vaginales. On estime que la présence de Candida Albicans pathogènes chez la femme est fréquente et que lors des rapports, les hommes se contaminent et expriment parfois une candidose du sexe. Il vaut donc mieux traiter l’ensemble des partenaires.
Hypermélaninose basale avec incontinence du pigment sur les muqueuses buccale et génitale.
Lentigines de la lèvre inférieure, du palais osseux, parfois des doigts et des ongles
Examens complémentaires diagnostiques
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
L’épilation du bikini peut être « artistique » ou « intégrale »
L’épilation « artistique »
L’épilation du bikini « artistique » est une technique consistant à donner une forme « artistique » aux poils pubiens. On peut citer parmi les types d’épilations « artistiques » :
L’épilation en flammèche, L’épilation en ticket de métro (rectangulaire), L’épilation en triangle…
Types d’épilations du maillot
L’épilation intégrale ou brésilienne
L’épilation du maillot intégrale est comme son nom l’indique une épilation de l’ensemble des poils de la zone intime, ou épilation totale
Anatomie d’un maillot épilé intégralement
Les techniques d’épilation du maillot
L’épilation du maillot peut être réalisée au moyen de diverses techniques, dont :
Epilation à la cire et/ou à la pince :
Il s’agit d’une technique classique et ancienne d’épilation du bikini. Elle n’est cependant pas dénuée de risques. En effet, la zone intime est facilement sujette aux poils incarnés…
En effet, l’épilation du bikini est une technique assez traumatisante pour la peau et les poils de la zone intime, zone par ailleurs tres sensible aux traumatismes.
Il est donc frequent d’observer l’apparition d’abces ou de folliculite apres une épilation du maillot ou du bikini.
L’hygiene de la peau et des instruments est donc prépondérante :
il est important que les instruments servant à l’épilation du bikini soient parfaitement nettoyés
et la zone intime doit être parfaitement propre avant l’épilation. De même, il est recommandé de laver la zone intime après la séance d’épilation.
Epilation dans le sens de la pousse des poils : Les poils du maillot poussent vers le bas et vers la vulve. On peut limiter le risque de poils incarnés provoquant des boutons du maillot en épilant les poils dans le sens de leur pousse, c’est-à-dire en les tirant à la pince ou en les arrachant avec la cire sans les contrarier vers le bas et vers la vulve.
Condylomes (verrues génitales) : causes, symptômes et traitement
Les condylomes, aussi appelés verrues génitales, sont des lésions cutanéo-muqueuses dues aux papillomavirus humains (HPV). C’est l’une des infections sexuellement transmissibles (IST) les plus fréquentes. Certains types de HPV peuvent favoriser le développement d’un cancer du col de l’utérus — d’où l’importance du dépistage et de la vaccination.
Téléchargez le guide complet
VERRUES – MAINS PIEDS GENITALES…
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Les condylomes sont causés par des papillomavirus humains (HPV), des virus à ADN responsables également des verrues cutanées. On distingue deux grandes catégories selon leur risque oncogène :
HPV à faible risque (types 6, 11, 42, 43, 44) — responsables des condylomes visibles (acuminés, papuleux), sans risque élevé de cancer
HPV à haut risque (types 16, 18, 31) — peuvent provoquer un cancer du col de l’utérus, de l’anus, de la vulve ou du pénis. Ce sont les types ciblés par les vaccins anti-HPV
Condylomes — verrues génitales
Les 3 types de condylomes
1. Condylomes acuminés (végétations vénériennes)
Forme la plus reconnaissable : petites excroissances rosées ou blanches ressemblant à de mini choux-fleurs ou grains de riz, situées sur la vulve, le pénis (appelés « crête de coq » chez l’homme), la marge anale. Facilement visibles à l’œil nu.
2. Condylomes papuleux
Petites élevures rosées ou légèrement brunes ressemblant à des verrues planes. La forme profuse se nomme papulose bowénoïde.
3. Condylomes plans
Parfois invisibles à l’œil nu ou se présentant comme de petites taches rosées. Ils peuvent coloniser l’ensemble des muqueuses anogénitales, y compris le col de l’utérus. C’est la forme la plus redoutée car les HPV à haut risque (16 et 18) peuvent y provoquer un cancer — dépistés par le frottis cervico-utérin et le test HPV.
Localisation selon le sexe
Condylomes chez la femme
Vulve, parois vaginales, col de l’utérus, périnée, marge anale et canal anal (en cas de rapports par voie anale).
Le diagnostic est le plus souvent clinique. Le médecin utilise :
Test à l’acide acétique — application sur les muqueuses : les condylomes blanchissent, permettant de visualiser les lésions invisibles à l’œil nu. Indolore.
Dermatoscopie — visualisation des vaisseaux caractéristiques (vaisseaux en points sur fond chair, vaisseaux en épingles à cheveux)
Frottis et test HPV (chez la femme) — pour dépister les lésions cervicales
Biopsie — en cas de doute diagnostique ou de lésion atypique
⚠️ Devant tout condylome, un bilan IST complet est indispensable : sérologies VIH, hépatite B, syphilis, recherche de Chlamydiae — chez le patient et son ou ses partenaires.
Traitement des condylomes
Le traitement vise la régression des lésions visibles pour réduire la contagiosité — il n’éradique pas le virus de la muqueuse. Les condylomes peuvent donc récidiver. Le choix du traitement dépend du nombre, de la taille et de la localisation des lésions.
Traitements auto-appliqués à domicile
Imiquimod crème 5% — stimule le système immunitaire local pour détruire les condylomes. Application 1 fois/jour, 3 jours non consécutifs par semaine, jusqu’à 4-5 semaines. Peut irriter.
Podophyllotoxine solution 0,5% — nécrose les condylomes. Application 2 fois/jour pendant 3 jours/semaine. Très irritant — suivre scrupuleusement la prescription.
Traitements réalisés au cabinet
Cryothérapie à l’azote liquide — traitement de 1re intention, efficace et bien toléré
Électrocoagulation au bistouri électrique
Laser CO2 — pour les lésions multiples ou résistantes
Acide trichloroacétique (TCA) 30-90% — pour les condylomes réfractaires, appliqué par le médecin
Photothérapie dynamique (PDT) — alternative pour les lésions multiples
Cas particuliers
Condylomes multiples ou étendus (≥5 lésions ou >1 cm²) : imiquimod ou podophyllotoxine en 1re intention, réévaluation à 2-4 mois. En cas de persistance : traitement physique (électrochirurgie, laser CO2).
Condylomes volumineux / tumeur de Buschke-Löwenstein : chirurgie en 1re intention, pouvant être précédée ou suivie d’imiquimod. Surveillance au long cours indispensable (risque de transformation carcinomateuse).
Localisations spécifiques :
Col de l’utérus → prise en charge multidisciplinaire avec gynécologue
Canal anal → anuscopie initiale, collaboration gastroentérologue ou proctologue
Urètre → urétroscopie par urologue
Prévention : vaccination anti-HPV
La vaccination anti-HPV est le moyen le plus efficace de prévenir les infections à HPV à haut risque. En France :
Recommandée pour les filles et les garçons à partir de 11 ans, jusqu’à 14 ans (schéma à 2 doses)
Rattrapage possible jusqu’à 19 ans (schéma à 3 doses)
Depuis 2023, proposée jusqu’à 26 ans chez les hommes ayant des rapports avec des hommes
Vaccins disponibles : Gardasil 9* (couvre 9 types de HPV dont 6, 11, 16, 18)
La vaccination curative chez les patients ayant déjà des condylomes n’est pas recommandée
Conseils pratiques en cas de condylomes
Préservatif obligatoire pendant le traitement et 2-3 mois après guérison — son efficacité est partielle car le virus peut être présent sur les zones non couvertes
Bilan IST chez le ou les partenaires — indispensable pour éviter la réinfection
Frottis annuel chez la femme ayant eu des condylomes
Arrêt du tabac — favorise la persistance et les récidives
Avoir des condylomes ne signifie pas avoir été trompé — l’incubation du virus peut durer plusieurs années
Oui, dans certains cas. Le système immunitaire peut éliminer les HPV sans traitement, particulièrement chez les sujets jeunes et immunocompétents. Cela peut prendre plusieurs mois à quelques années. Cependant, traiter les lésions visibles réduit le risque de transmission au(x) partenaire(s) et prévient l’extension.
Les condylomes peuvent-ils provoquer un cancer ?
Les condylomes visibles (acuminés, papuleux) sont causés par les HPV à faible risque (6 et 11) et n’évoluent pas vers un cancer. En revanche, les HPV à haut risque (16, 18) peuvent provoquer un cancer du col de l’utérus, de l’anus, de la vulve ou du pénis — d’où l’importance du frottis régulier et de la vaccination.
Peut-on avoir des condylomes sans avoir de rapports sexuels non protégés ?
La transmission est quasi exclusivement sexuelle. Le préservatif réduit mais n’élimine pas totalement le risque, car le virus peut être présent sur les zones non protégées (pubis, scrotum). La vaccination avant le début de la vie sexuelle reste la meilleure protection.
Faut-il prévenir ses partenaires en cas de condylomes ?
Oui, c’est fortement recommandé. Vos partenaires doivent consulter pour être examinés et traités si nécessaire — sans quoi vous risquez une réinfection après traitement. Un bilan IST complet est conseillé pour tous.
La vaccination anti-HPV est-elle utile si on a déjà des condylomes ?
Les études récentes ne montrent pas de bénéfice de la vaccination à visée curative chez des patients déjà infectés. En revanche, elle peut protéger contre les types de HPV auxquels la personne n’a pas encore été exposée. La décision se prend au cas par cas avec le médecin.
Téléchargez le guide complet
VERRUES – MAINS PIEDS GENITALES…
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…