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Imiquimod (Aldara *) : guide complet du dermatologue
L’imiquimod est une crème immunomodulatrice unique en dermatologie : elle ne détruit pas les lésions cutanées par action directe, mais réveille le système immunitaire local pour qu’il les élimine lui-même. Commercialisée sous le nom d’Aldara (et Zyclara ou Bascellex), cette crème est prescrite pour trois indications principales : les verrues génitales (condylomes acuminés), les kératoses actiniques et les carcinomes basocellulaires superficiels. Son maniement demande une précision particulière : trop peu, et elle est inefficace ; trop, et la réaction locale peut devenir sévère. Ce guide répond à toutes les questions pratiques que se posent les patients et les professionnels de santé.
🗓️ Consultation dermatologique à Bordeaux
Vous avez été prescrit de l’imiquimod ou vous présentez une réaction sous traitement ?
L’imiquimod est une aminoquinoléine synthétique classée dans les immunomodulateurs à usage dermatologique (code ATC : D06BB10). Il est disponible en France sous trois spécialités :
Spécialité
Concentration
Laboratoire
Statut
Aldara
5 %
Viatris Healthcare
Liste I — remboursé SS
Zyclara
3,75 %
Viatris Healthcare
Liste I — remboursé SS
Bascellex
5 %
Sun Pharmaceutical Europe
Liste I
Chaque sachet individuel d’Aldara 5 % contient 12,5 mg d’imiquimod dans 250 mg de crème. Les sachets sont à usage unique — ils ne doivent jamais être réutilisés une fois ouverts. Aucun générique n’est disponible en France à ce jour.
La prescription d’imiquimod est soumise à ordonnance médicale obligatoire. Son utilisation ne doit jamais être improvisée à partir de restes d’une prescription antérieure ou partagée entre patients.
Mécanisme d’action : comment ça marche ?
L’imiquimod est un agoniste du récepteur Toll-like 7 (TLR-7), l’un des sentinelles du système immunitaire inné. Contrairement aux traitements qui brûlent ou gèlent les lésions, l’imiquimod n’a aucune activité antivirale ou antitumorale directe. Il agit en stimulant la réponse immune locale.
Voici ce qui se passe après application de la crème :
Liaison au TLR-7 sur les monocytes, macrophages et cellules dendritiques cutanées
Activation des cellules de Langerhans épidermiques, qui migrent vers les ganglions lymphatiques locaux
Activation de l’immunité adaptative (lymphocytes T cytotoxiques, lymphocytes NK, lymphocytes B)
Reconnaissance et destruction des cellules viralement infectées ou tumorales
💡 Pourquoi la réaction cutanée est un signe d’efficacité : La rougeur, les croûtes et l’érosion qui apparaissent sous traitement ne sont pas des « effets secondaires » à proprement parler — elles sont le reflet de la réponse immunitaire en cours. Une absence totale de réaction peut indiquer une inefficacité du traitement. C’est ce qui rend le maniement de l’imiquimod si particulier.
Cette induction des cytokines a également été démontrée in vivo : après application sur les verrues génitales, on détecte une augmentation de l’ARNm de l’IFN-α au site traité ainsi qu’une réduction significative de l’ADN du HPV.
Indications approuvées en France (AMM)
1. Verrues génitales et péri-anales externes (condylomes acuminés)
Indication principale et historique de l’imiquimod depuis 1997 chez l’adulte, et chez l’adolescent à partir de 12 ans pour les verrues génitales. Les condylomes sont causés par le papillomavirus humain (HPV), principalement les génotypes 6 et 11. L’imiquimod ne guérit pas l’infection HPV sous-jacente — il élimine les lésions visibles mais ne protège pas contre la transmission ni contre les récidives.
2. Kératoses actiniques (KA)
Indication réservée à l’adulte immunocompétent, pour les lésions cliniquement typiques, non hypertrophiques, non hyperkératosiques, situées sur le visage ou le cuir chevelu dégarni. L’imiquimod est un traitement de seconde intention dans les kératoses actiniques : il est indiqué lorsque la taille ou le nombre des lésions limite l’efficacité ou la tolérance de la cryothérapie, ou si les autres traitements topiques sont contre-indiqués ou moins appropriés. La HAS précise qu’il n’a pas démontré de supériorité par rapport au 5-FU (Efudix) ni à la cryothérapie.
⚠️ Kératoses actiniques : limites importantes
L’imiquimod n’est pas recommandé pour : les kératoses hyperkératosiques ou hypertrophiques (cornes cutanées), les lésions des paupières, de l’intérieur des narines, des oreilles, de la zone des lèvres à l’intérieur du vermillon. Les résultats sur les avant-bras et les mains ne confirment pas son efficacité dans ces localisations. Les patients avec plus de 8 lésions de KA ont moins de chances de répondre au traitement.
Indication réservée à l’adulte immunocompétent, pour les lésions de type superficiel uniquement (pas les BCC nodulaires ou infiltrants), lorsque la chirurgie est contre-indiquée ou risque d’être mal tolérée. Cette indication est particulièrement utile pour les patients âgés, anticoagulés, ou présentant de nombreuses lésions. Les tumeurs de grande taille (> 7,25 cm²) ont moins de chances de répondre au traitement. Les CBC récidivants et déjà traités ne doivent pas être traités par imiquimod en raison de l’absence de données cliniques.
⚠️ Important : L’imiquimod est strictement réservé aux CBC superficiels. Son utilisation sur un CBC nodulaire ou infiltrant expose au risque de traitement incomplet avec progression tumorale. Un bilan histologique est indispensable avant toute prescription dans cette indication. Les CBC de la tête, du visage ou de la zone anogénitale sont exclus de cette indication.
Protocoles d’utilisation selon l’indication
Les protocoles sont strictement différents selon l’indication. Ne jamais transposer un protocole d’une indication à une autre.
Indication
Fréquence
Durée de contact
Durée totale
Verrues génitales
3×/semaine (ex : lun / mer / ven)
6 à 10 heures
Jusqu’à disparition ou max 16 semaines
Kératoses actiniques
3×/semaine (ex : lun / mer / ven)
environ 8 heures
4 semaines — évaluation 4 sem après — max 8 sem
Carcinome basocellulaire superficiel
5×/semaine (lun → ven)
environ 8 heures
6 semaines — évaluation 12 sem après fin
Dans toutes les indications, la crème s’applique avant l’heure habituelle du coucher. Elle doit rester en contact avec la peau pendant la durée prescrite puis être retirée le matin avec de l’eau et un savon doux. Aucun bain ni douche pendant la nuit d’application.
Dose maximale : 1 sachet par application
La quantité appliquée ne doit pas dépasser un sachet par séance. Une application excessive ou un temps de contact prolongé augmentent le risque de réactions locales sévères sans améliorer l’efficacité.
Dose oubliée
En cas d’oubli, le patient applique la crème dès que possible puis reprend le rythme habituel. Il ne faut pas doubler la dose lors de l’application suivante. Les jours manqués ne doivent pas être rattrapés en prolongeant le traitement au-delà de la durée maximale prévue.
Comment appliquer correctement la crème
Étape 1 — Préparation de la zone
Nettoyer soigneusement la zone à traiter avec de l’eau et un savon doux. Sécher délicatement. Laisser la peau sécher au moins 10 minutes avant l’application — une peau humide augmente la pénétration et le risque d’irritation.
Étape 2 — Application
Ouvrir un sachet, extraire la quantité nécessaire et masser doucement jusqu’à pénétration complète de la crème. Pour les kératoses actiniques et les CBC, appliquer sur la zone à traiter plus une marge de peau de 1 cm autour de la lésion. Éviter toute application sur les muqueuses internes, les yeux, les narines, la bouche.
Étape 3 — Après l’application
Se laver soigneusement les mains. Ne pas couvrir la zone avec un pansement occlusif (film plastique, pansement hermétique) — cela augmente l’absorption et le risque de réaction sévère. Un sous-vêtement en coton est acceptable pour les zones génitales. Éviter bains et douches pendant toute la durée de contact.
Étape 4 — Le lendemain matin
Laver la zone traitée à l’eau et au savon doux pour retirer la crème. Vérifier l’état de la peau. Si des croûtes ou des érosions se forment progressivement, c’est attendu — ne pas frotter.
✅ Règles d’or de l’application :
• Peau propre et sèche avant application
• Sachet à usage unique — ne jamais réutiliser
• Se laver les mains avant et après
• Pas de pansement occlusif
• Pas de bain ou douche pendant la nuit d’application
• Retrait le matin avec eau + savon doux
Réactions cutanées : ce qui est normal, ce qui ne l’est pas
Les réactions locales au site d’application sont très fréquentes — elles surviennent chez plus de 28 % des patients pour les plus courantes. Leur intensité est le signe que l’immunité locale est activée. Elles ont tendance à être plus importantes lors du premier cycle de traitement qu’au cours du second.
Réactions attendues et normales
Réaction
Description
Conduite à tenir
Érythème
Rougeur locale, parfois intense
Normal — poursuivre si supportable
Desquamation / sécheresse
Peau qui pèle, squames
Normal — ne pas frotter
Croûtes
Formation de croûtes sèches
Normal — ne pas arracher
Prurit / brûlures légères
Démangeaisons, picotements
Normal — émollient entre les applications
Œdème modéré
Légère tuméfaction locale
Souvent attendu, notamment en zone génitale
Érosion / ulcération superficielle
Écorchures superficielles sur les lésions
Normal sur les lésions traitées — surveiller
Induration
Peau épaissie, dure au toucher
Peut survenir — signaler au dermatologue
Vésicules
Petites cloques
Peut survenir — ne pas percer — signaler
Réactions nécessitant une interruption temporaire
Lorsque les réactions inflammatoires locales deviennent intenses (rougeur extensive, érosions profondes, douleur franche), une interruption temporaire de quelques jours est recommandée. On reprend ensuite le traitement sans prolonger la durée totale au-delà de la limite prévue.
Réactions rares à connaître
Des troubles de la pigmentation peuvent survenir après le traitement : hypopigmentation (décoloration) ou hyperpigmentation (taches brunes) au site d’application. Ces modifications sont généralement réversibles mais peuvent parfois persister. Des cas d’alopécie au site d’application (notamment sur le cuir chevelu) ont été rapportés dans 0,4 % des cas dans les études sur les kératoses actiniques.
Des cas très rares d’érythème multiforme et de syndrome de Stevens-Johnson ont été rapportés en pharmacovigilance — leur survenue impose l’arrêt immédiat et définitif du traitement.
J’ai une réaction forte : que faire ?
C’est la question la plus fréquente posée par les patients sous imiquimod. Voici une conduite à tenir structurée, mais dans tous les cas, mieux vaut consulter un médecin :
Réaction légère à modérée (rougeur, croûtes, légères brûlures)
Poursuivre le traitement. Ces réactions sont normales et attendues. Entre les applications, on peut appliquer une crème émolliente douce (sans parfum ni conservateurs irritants) pour limiter la sécheresse et le prurit. Ne pas appliquer d’émollient dans l’heure précédant l’application de la crème.
Réaction modérée à sévère (érosions étendues, douleur, œdème important)
Interrompre temporairement le traitement pendant quelques jours (généralement 3 à 7 jours) jusqu’à régression des symptômes. Cette pause est prévue dans le protocole — elle ne compromet pas l’efficacité globale. La durée totale de traitement n’est pas rallongée pour compenser les jours manqués.
⚠️ Zone génitale : vigilance particulière
En cas de gonflement vulvaire important avec difficulté à uriner, il faut arrêter immédiatement l’imiquimod et consulter en urgence. Ce signe peut indiquer un œdème muqueux sévère nécessitant une prise en charge médicale rapide. L’application à l’intérieur du vagin est une contre-indication absolue.
Que mettre sur la peau entre les applications ?
Un émollient simple (vaseline, crème à base de céramides, Dexeryl, Cold Cream) peut être appliqué en dehors des heures d’application de la crème imiquimod. Éviter les produits parfumés, l’alcool, les corticoïdes (sauf prescription médicale explicite). Ne pas appliquer de fond de teint ni de maquillage sur la zone traitée.
Puis-je laver la zone plus tôt si la réaction est trop forte ?
Oui. Si la réaction locale devient insupportable au cours de la nuit, la crème peut être retirée plus tôt que prévu en lavant simplement la zone avec de l’eau et un savon doux. Ce retrait précoce ne compromet pas l’efficacité d’une seule application, mais ne doit pas devenir systématique.
Effets systémiques et signaux d’alarme
Malgré une absorption percutanée très faible (moins de 0,9 % d’une dose appliquée localement chez des volontaires sains), des réactions systémiques peuvent survenir, notamment lors de traitements sur de grandes surfaces ou prolongés.
Effets systémiques fréquents (≥ 1 %)
Fatigue, asthénie
Fièvre modérée
Myalgies, céphalées
Nausées
Syndrome pseudo-grippal
Ces effets sont généralement bénins et transitoires. Ils peuvent survenir lors des premières semaines de traitement et tendent à diminuer ensuite.
Signaux d’alarme nécessitant un avis médical urgent
🚨 Arrêter le traitement et consulter rapidement si :
• Fièvre élevée persistante ou frissons intenses
• Ganglions enflés ou douloureux
• Éruption bulleuse, lésions en cible (érythème multiforme)
• Éruption généralisée, urticaire, difficultés respiratoires (allergie)
• Saignements au site d’application
• Gonflement vulvaire ou pénien avec douleur ou difficultés urinaires
• Dépression, agitation, troubles du sommeil sévères
Des cas rares mais graves ont été rapportés en pharmacovigilance post-marketing : syndrome de fuite capillaire, insuffisance cardiaque, arrhythmies, thrombopénie, leucopénie, syndrome de Stevens-Johnson. Ces effets exceptionnels surviennent préférentiellement chez des patients immunodéprimés ou lors de traitements sur de grandes surfaces cutanées.
Précautions, contre-indications et populations particulières
Contre-indications
Hypersensibilité à l’imiquimod ou à l’un des excipients
Application sur muqueuses internes (vagin, rectum, méat urétral, bouche, narines)
Application sur peau lésée, plaie ouverte, zone inflammée ou infectée
CBC de la tête, du visage ou de la zone anogénitale (pour l’indication CBC)
CBC nodulaire ou infiltrant
Immunodéprimés
L’utilisation de l’imiquimod chez les patients immunodéprimés (VIH, traitement immunosuppresseur, transplantés) doit être maniée avec une extrême prudence. Du fait de ses propriétés immunostimulantes, une application sur de grandes surfaces peut entraîner une réponse immune systémique imprévisible. Des diminutions des paramètres hématologiques (hémoglobine, leucocytes, plaquettes) ont été observées dans les essais cliniques.
Grossesse et allaitement
Bien que les données de cas cliniques disponibles n’aient pas identifié de risque tératogène démontré, l’utilisation pendant la grossesse ne doit être envisagée que si le bénéfice justifie le risque potentiel. La concentration systémique après application topique est faible ; le passage dans le lait maternel est probable mais à très faible dose. La décision doit être prise au cas par cas avec le dermatologue ou l’obstétricien.
Enfants et adolescents
L’imiquimod n’est pas recommandé chez l’enfant pour les kératoses actiniques et les CBC. Pour les verrues génitales, il peut être utilisé à partir de 12 ans. Attention : il ne doit pas être utilisé chez l’enfant pour le molluscum contagiosum — 4 essais randomisés contrôlés n’ont pas démontré son efficacité dans cette indication, quelle que soit la posologie testée.
Exposition solaire
La zone traitée doit être protégée de l’exposition solaire pendant toute la durée du traitement et jusqu’à cicatrisation complète. L’imiquimod rend la peau plus réactive aux UV. En pratique, traitement nocturne + vêtements couvrants ou écran solaire le jour constituent la protection standard.
Imiquimod et préservatifs : un point essentiel
Ce point est souvent méconnu des patients et mérite une information claire :
⚠️ L’imiquimod détériore le latex
La crème imiquimod peut fragiliser les préservatifs en caoutchouc (latex) et les diaphragmes, les rendant moins résistants et augmentant le risque de rupture lors des rapports sexuels. Il est impératif d’éviter tout rapport sexuel lorsque la crème est en contact avec la peau. Par ailleurs, l’imiquimod ne protège pas contre la transmission du HPV ni contre les autres infections sexuellement transmissibles.
Utilisations hors AMM documentées
L’imiquimod a été évalué dans de nombreuses autres indications en dehors de son AMM officielle. Ces utilisations ne sont pas validées par les autorités de santé françaises et nécessitent une discussion bénéfice-risque individuelle :
Indication hors AMM
Niveau de preuve
Notes
Lentigo malin (mélanome in situ)
Études de phase II
Utilisé en monothérapie ou en périopératoire
Maladie de Bowen (carcinome épidermoïde in situ)
Séries de cas / études ouvertes
Résultats prometteurs sur certaines localisations
Sarcome de Kaposi cutané
Essais de phase I/II
Étude publiée en 2008 (Schantz-Faure, JAAD)
Mycosis fongoïde (plaques résistantes)
Cas cliniques
Rémission complète rapportée sur plaques résistantes à PUVA
Maladie de Paget extramammaire
En discussion
Alternative à l’exérèse chirurgicale à l’étude
Des essais cliniques explorent également son potentiel en combinaison avec d’autres immunothérapies, dans le photovieillissement, et dans les métastases cutanées. Ces indications restent expérimentales.
Imiquimod vs autres traitements
Pour les verrues génitales (condylomes)
Traitement
Mécanisme
Avantages
Inconvénients
Imiquimod
Immunomodulation
Auto-application, récidives moins fréquentes chez répondeurs complets
Lent (semaines), réactions locales
Podophyllotoxine
Cytotoxique
Efficacité rapide, auto-applicable
Contre-indiqué grossesse, taux récidive élevé
Cryothérapie
Destruction physique
Efficace rapidement, en cabinet
Douloureux, plusieurs séances, récidives fréquentes
Laser CO₂ / électrocoagulation
Ablation
Efficace sur lésions étendues
Anesthésie, coût, cicatrices possibles
L’imiquimod est considéré comme une option de première ligne raisonnable pour les condylomes, notamment en raison de son auto-application et du fait que les patients qui obtiennent une disparition complète tendent à rester en rémission durable — probablement grâce à la mémoire immunitaire Th1 induite.
Pour les kératoses actiniques
L’imiquimod 5 % a démontré une efficacité supérieure au placebo : environ 37–53 % de disparition complète après 1 à 2 cycles versus moins de 15 % pour le placebo dans les essais pivots (HAS). Cependant, il n’a pas démontré de supériorité versus le 5-fluorouracile (Efudix) ni versus la cryothérapie dans les études comparatives directes. Il représente un outil thérapeutique supplémentaire utile lorsque les autres traitements sont moins adaptés.
Questions fréquentes sur l’imiquimod (FAQ)
L’imiquimod guérit-il définitivement les verrues génitales ?
Non, l’imiquimod élimine les lésions visibles mais ne guérit pas l’infection HPV sous-jacente. Les patients qui obtiennent une disparition complète des condylomes ont tendance à rester clairs — probablement grâce à la mémoire immunitaire induite — mais des récidives sont possibles car le virus peut persister dans les tissus apparemment sains. L’imiquimod ne protège pas non plus contre la transmission du HPV à un partenaire.
Pourquoi ma peau réagit-elle si fortement alors que mon voisin n’a presque rien ?
Les réactions locales sont très variables d’un individu à l’autre et dépendent de nombreux facteurs : type de peau, localisation, surface traitée, réponse immunitaire individuelle, épaisseur de la peau. Une forte réaction indique souvent que le médicament agit bien. Une absence totale de réaction peut au contraire faire douter de l’efficacité. Le dermatologue ajuste le protocole en fonction de la tolérance de chaque patient.
Puis-je arrêter le traitement si mes verrues ont disparu avant les 16 semaines ?
Oui. Pour les condylomes, le traitement est poursuivi jusqu’à disparition complète des lésions visibles ou pendant une durée maximale de 16 semaines. Si toutes les lésions ont disparu avant ce délai, le traitement peut être arrêté. Il ne sert à rien de continuer sur une peau saine.
Je dois retraiter une kératose actinique récidivée après guérison : est-ce possible ?
Oui, sous conditions. Les kératoses actiniques guéries après une ou deux cures de traitement et qui réapparaissent ultérieurement peuvent être retraitées par imiquimod, pour une ou deux cures supplémentaires, après une période de repos d’au moins 12 semaines. Les données indiquent qu’un patient ayant déjà répondu à l’imiquimod a environ 80 % de chances d’obtenir à nouveau une guérison complète lors d’un retraitement, contre seulement 50 % environ avec le diclofénac topique.
L’imiquimod peut-il laisser des cicatrices ?
Le risque cicatriciel est faible avec un usage correct. Dans les essais cliniques sur les condylomes, seulement 2,9 % des patients traités avaient une dégradation de leur score cicatriciel à 8 semaines post-traitement. En revanche, une application excessive, un contact prolongé ou une réaction inflammatoire sévère non prise en charge peuvent augmenter ce risque. Il ne faut jamais arracher les croûtes.
Puis-je utiliser de la crème hydratante en même temps que l’imiquimod ?
Oui, les crèmes émollientes douces sont recommandées entre les applications pour améliorer la tolérance. Elles doivent être appliquées sur une peau propre, à distance de l’heure d’application de l’imiquimod (ne pas appliquer dans la demi-heure précédant la crème). Éviter les produits alcoolisés, parfumés, ou contenant des acides (AHA, BHA, rétinol).
L’imiquimod fonctionne-t-il sur les verrues plantaires ou vulgaires ?
Non, l’imiquimod n’a pas d’AMM pour les verrues plantaires ou vulgaires. Les études sur ces localisations n’ont pas démontré d’efficacité satisfaisante et cette utilisation n’est pas recommandée.
Que faire si je vois de nouvelles lésions apparaître pendant le traitement ?
L’apparition de nouvelles lésions pendant le traitement des condylomes est possible — le HPV peut en effet activer des lésions subcliniques non encore visibles. Cela ne signifie pas que le traitement ne fonctionne pas. En revanche, si de nouvelles lésions apparaissent dans la zone traitée pour un CBC, il faut en informer le dermatologue qui évaluera si une biopsie est nécessaire.
Peut-on utiliser l’imiquimod sur le pénis ?
Oui, pour les condylomes du pénis. La tolérance est généralement bonne avec le protocole 3 fois par semaine. La zone doit être nettoyée et séchée avant application. Attention aux zones sous le prépuce — plus sensibles — où la réaction peut être plus intense. Pour les CBC, l’utilisation sur le pénis (zone anogénitale) est contre-indiquée selon l’AMM.
L’imiquimod est-il remboursé par la Sécurité sociale ?
Aldara et Zyclara sont remboursés par l’Assurance Maladie selon des modalités variables selon l’indication. La prescription requiert une ordonnance médicale. Le remboursement peut être soumis à accord préalable pour certaines indications (notamment CBC). Renseignez-vous auprès de votre pharmacien ou de votre dermatologue.
🗓️ Suivi dermatologique à Bordeaux
Vous êtes sous traitement par imiquimod ou souhaitez une évaluation de vos lésions (kératoses actiniques, condylomes, carcinome basocellulaire) ? Le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue à Bordeaux, assure le diagnostic, la prescription et le suivi de ces traitements.
Dermatoses annulaires : lésions en anneaux sur la peau
La présence de lésions annulaires ou d’anneaux ronds sur la peau est fréquente et il est parfois difficile d’en faire le diagnostic. Il est important de consulter devant l’apparition d’anneaux sur la peau
Les anneaux peuvent être nombreux ou pas, démanger, rester stables ou s’étendre progressivement, avoir une bordure infiltrée, guérir ou desquamer au centre… tous ces éléments sont importants pour en faire le diagnostic par le médecin
Diagnostics
Il existe de nombreuses causes possibles de lésions annulaires sur la peau, voici une liste non exhaustive :
mycose, c’est probablement la cause la plus fréquente, encore appelée dermatophytie ou herpes circiné. Elle est fréquemment transmise par les animaux (chats++, hamster…). Elle se présente souvent sous la forme d’une lésion annulaire avec une bordure rougeâtre souvent squameuse et une peau guérie à l’intérieur.
Pityriasis rosé de Gibert : affection bénigne de la peau caractérisée par l’apparition d’une plaque initiale, appelée « médaillon initial », suivie d’autres lésions annulaires plus petites sur le tronc et les membres.
Pityriasis rosé de Gibert
Mycose fongoïde au stade précoce : une forme de lymphome cutané caractérisée par l’apparition de lésions cutanées initiales sous forme de plaques annulaires ou arciformes.
psoriasis annulaire, forme de psoriasis caractérisée par des lésions cutanées annulaires, souvent avec une bordure épaissie et une peau squameuse à l’intérieur de l’anneau
urticaire annulaire : éruption papuleuse qui démange beaucoup en général
Urticaire en anneaux
Erythème annulaire centrifuge de Darier, caractérisée par des lésions annulaires rouges qui s’étendent progressivement vers l’extérieur. Sa cause n’est pas bien connue et son traitement est mal codifié.
Érythème migrant de la maladie de Lyme : c’est la manifestation cutanée initiale de la maladie de Lyme, une infection bactérienne transmise par les tiques. La lésion est généralement une plaque rouge annulaire qui s’élargit progressivement, avec une zone centrale plus pâle.
Érythème polymorphe : réaction cutanée inflammatoire aiguë caractérisée par des lésions en forme d’anneau ou de cible. Elle peut être déclenchée par des infections virales, des médicaments, des réactions allergiques ou des facteurs environnementaux.
Granulome annulaire : caractérisé par la présence de papules ou de nodules annulaires indolores, souvent avec une surface lisse.
Sarcoïdose : maladie inflammatoire granulomateuse qui peut affecter différents organes, y compris la peau. La sarcoïdose cutanée peut se présenter avec des lésions annulaires.
Infection à mycobactéries atypiques (ex. : Mycobacterium marinum donnant le nodule des aquariophiles) : infection causée par des mycobactéries atypiques qui peuvent entraîner des lésions cutanées annulaires.
Érythème noueux : réaction inflammatoire cutanée qui se manifeste par l’apparition de nodules sous-cutanés douloureux, parfois en forme d’anneau.
Mastocytose cutanée : prolifération anormale des mastocytes dans la peau, pouvant entraîner des lésions cutanées, y compris des lésions annulaires.
Maladie de Buerger (thromboangéite oblitérante) : vascularite ou maladie inflammatoire des vaisseaux sanguins qui peut entraîner une occlusion des vaisseaux, provoquant des lésions cutanées, y compris des lésions annulaires.
Conduite à tenir
Devant une dermatose annulaire, vu l’étendue des diagnostics possibles, il faut consulter et souvent effectuer une biopsie de peau.
Traitement
Le traitement est celui de la cause : antifongiques en cas de mycose, antihistaminiques en cas d’urticaire…
Red Scrotum Syndrome ou « peau des couilles rouge »
Le syndrome du scrotum rouge ou dysesthésie génitale masculine, est une affection chronique affectant avec prédilection les hommes d’origine caucasienne âgés de plus de 50 ans. Il se caractérise par une rougeur du scrotum (vulgairement, la « peau des couilles ») voire de la base ventrale du pénis associé à une sensation de brûlure
maladie de Paget ne brule pas, ne concerne pas tout le scrotum, au moins au début
Cause
La cause est mal connue, il est possible que les dermocorticoides appliqués en excès puissent jouer un role comme dans le red skin syndrome, une dermatose dont l’entité est controversée, lié à une utilisation anormale des cremes à la cortisone de façon abusive ou inappropriée. On l’appelle aussi « syndrome de la peau brûlante » ou de la « peau en feu » et de « dermatite due à la cortisone ». Il touche surtout les femmes et il est observé à l’arrêt des dermocorticoïdes appliqués sur une très longue période (plusieurs mois d’utilisation quotidienne).
Il pourrait être en rapport avec une atteinte neuropathique périphérique des petites fibres d’un ou plusieurs nerfs de la région urogénitale : branche génitale du nerf génito-fémoral, branches scrotales postérieures du nerf périnéal, branche du nerf pudendal…
Le syndrome du scrotum rouge présente certaines similitudes avec :
l’érythromélalgie : rouge vif, sensation associée de brûlure, soulagement par le froid et absence d’efficacité des dermocorticoïdes et du tacrolimus ;
les “dynies” ou syndromes de douleurs régionales chroniques qui tendent à toucher les régions orocervicales et urogénitales (glossodynies, vulvodynies, orchidynies, coccygodynies, proctodynies et scrotodynies).
Traitement
Le traitement repose sur l’arrêt des dermocorticoïdes, des soins d’hygiène doux et les traitements sont surtout par voie orale : doxycycline (100 mg/j durant 2 à 3 mois), gabapentine ou prégabaline à doses progressivement croissantes, association doxycycline et amitriptyline.
Boutons entre les fesses : causes, diagnostic et traitement par le dermatologue
Les boutons entre les fesses — dans le sillon interfessier ou la raie des fesses — sont une plainte fréquente en consultation dermatologique, souvent tardive parce que la localisation intimide. La zone est anatomiquement défavorable : occlusion permanente, frottements, chaleur, macération, contact avec les sécrétions péri-anales. Cette combinaison crée un terrain propice à une grande variété de pathologies — des plus banales aux plus spécifiques — dont certaines nécessitent une prise en charge rapide et ciblée. Ne pas confondre folliculite superficielle passagère et maladie de Verneuil débutante peut faire toute la différence sur le long terme.
Bouton persistant, abcès récidivant ou lésion entre les fesses qui ne guérit pas ?
Un diagnostic précis est indispensable avant tout traitement. Consulter le Dr Rousseau en téléconsultation →
1. Pourquoi a-t-on des boutons dans la raie des fesses ?
Le rêve, des fesses sans boutons
La peau du sillon interfessier — communément appelée la raie des fesses — est soumise à des contraintes mécaniques et environnementales particulières qui la rendent vulnérable à de nombreuses pathologies :
Occlusion permanente : les deux versants fessiers compriment en permanence la peau et les follicules pileux, créant un microclimat chaud et humide favorable à la macération et à la prolifération bactérienne et fongique
Frottements répétés : la marche, la position assise prolongée (métiers sédentaires, télétravail) génèrent des micro-traumatismes folliculaires répétés
Pilosité particulière : dans cette zone, les poils ont tendance à pousser en direction du sillon et à s’y enfoncer, favorisant l’occlusion folliculaire et la formation de kystes
Proximité anale : la contamination bactérienne fécale modifie le microbiome local et favorise les surinfections
Sudation : les glandes sudoripares apocrines, nombreuses dans cette région, sécrètent en continu et contribuent à la macération
Physiopathologie — l’occlusion folliculaire au cœur du problème
La plupart des pathologies du sillon interfessier partagent un mécanisme commun : l’occlusion folliculaire. Qu’il s’agisse d’une simple folliculite, d’un kyste pilonidal ou d’une maladie de Verneuil débutante, le point de départ est souvent le même — un follicule pileux obstrué par la kératine, qui s’infecte secondairement. C’est ce mécanisme partagé qui explique l’association fréquente entre ces entités, aujourd’hui regroupées sous le terme de tétrade d’occlusion folliculaire.
2. Démarche diagnostique
Le médecin — et en particulier le dermatologue — est le meilleur interlocuteur pour diagnostiquer et traiter efficacement les boutons de la raie des fesses. L’aspect des lésions, leur ancienneté, leur caractère récidivant ou non, la présence de cicatrices, la douleur, le contexte (activité, rapports sexuels) sont autant d’éléments qui orientent le diagnostic.
L’examen clinique peut être complété par :
Un prélèvement cutané — écouvillonnage ou ponction indolore du contenu des lésions — pour mise en culture bactériologique et/ou mycologique au laboratoire
Des sérologies en cas de suspicion d’IST (syphilis, HSV, HPV)
Une échographie des parties molles — utile pour évaluer la profondeur des abcès, tracer les trajets fistuleux et distinguer kyste pilonidal de maladie de Verneuil
Une biopsie en cas de lésion atypique, résistante ou suspecte de néoplasie
3. Les principales causes par type de lésion
Boutons sans rougeur ni suintement (lésions bénignes superficielles)
Diagnostic
Aspect caractéristique
À savoir
Folliculite superficielle
Petites pustules centrées sur un poil, rouges à leur base
Très fréquente, souvent favorisée par l’épilation ou la macération. Généralement bénigne et transitoire
Kyste épidermoïde
Boule ferme sous la peau, non douloureuse au repos, avec parfois un point noir central (comédon)
Peut s’enflammer et s’abcéder. Traitement chirurgical si récidivant
Vésicules douloureuses en bouquet sur fond érythémateux, évoluant vers des érosions
HSV-2 le plus souvent. Récidivant. Traitement antiviral (aciclovir, valaciclovir)
Syphilis (chancre ou syphilides)
Ulcération indurée indolore (primaire) ou papules cuivrées (secondaire)
À évoquer systématiquement devant toute ulcération péri-anale. Sérologie TPHA/VDRL
Hémorroïdes
Les hémorroïdes externes thrombosées se présentent comme une tuméfaction bleutée, douloureuse, à la marge anale. Les hémorroïdes internes extériorisées peuvent être confondues avec d’autres lésions. Elles relèvent d’une prise en charge proctologique spécifique.
4. Maladie de Verneuil et kyste pilonidal : le lien méconnu
Le sillon interfessier est l’une des localisations les plus importantes de la maladie de Verneuil (hidradénite suppurée), maladie chronique inflammatoire de l’unité pilo-sébacée. Ce lien est aujourd’hui bien documenté scientifiquement.
Dans une étude multicentrique internationale portant sur 2 465 patients atteints de maladie de Verneuil, 27 % présentaient des lésions dans le pli interfessier — et parmi eux, 78 % avaient un kyste pilonidal associé. Les auteurs suggèrent que le kyste pilonidal pourrait être une forme localisée de la maladie de Verneuil, partageant les mêmes mécanismes d’occlusion folliculaire — Benhadou et al., Br J Dermatol 2019 (PMID 30919434).
Une étude histologique et immunohistochimique a montré que kyste pilonidal et hidradénite suppurée partagent les mêmes caractéristiques — hyperplasie folliculaire, infiltrat inflammatoire mixte, sinus fistuleux secondaires — plaidant pour une physiopathologie commune — von Laffert et al., Dermatology 2011 (PMID 22269798).
Plus récemment, une étude espagnole de 839 patients a montré qu’un antécédent de kyste pilonidal est associé à une forme plus sévère de maladie de Verneuil, avec un stade Hurley plus élevé et plus de fistules — Ureña-Paniego et al., Acta Derm Venereol 2023 (PMID 37766657).
Ce que cela change en pratique
Un patient qui consulte pour un kyste pilonidal récidivant doit faire l’objet d’un examen dermatologique complet à la recherche d’autres signes de maladie de Verneuil — notamment au niveau des aisselles, de l’aine et du périnée. Un kyste pilonidal peut être la sentinelle d’une hidradénite suppurée débutante, dont le diagnostic précoce change radicalement le pronostic. Le délai diagnostique moyen de la maladie de Verneuil est de 7 à 10 ans — trop souvent parce que les lésions du sillon interfessier sont attribuées à tort à une simple infection localisée.
Abcès récidivants, fistules ou cicatrices entre les fesses ?
C’est le signal d’alarme de la maladie de Verneuil — une consultation dermatologique spécialisée s’impose. Prendre rendez-vous en téléconsultation →
5. IST et lésions du sillon interfessier
La zone anale et le sillon interfessier peuvent être le siège d’infections sexuellement transmissibles, que les rapports soient anaux ou non. Certaines IST passent inaperçues à cette localisation ou sont diagnostiquées tardivement.
Les condylomes (HPV types 6 et 11) peuvent se développer dans la raie des fesses et autour de l’anus, même sans rapport anal — par simple contact cutané péri-génital
L’herpès péri-anal est souvent méconnu car les vésicules sont fugaces et rapidement remplacées par des érosions douloureuses
La syphilis peut se manifester par un chancre indolore dans le sillon interfessier (syphilis primaire) ou par des papules cuivrées (syphilis secondaire) — à évoquer devant toute ulcération péri-anale, y compris chez les personnes hétérosexuelles
Important : dépistage IST
Toute lésion du sillon interfessier d’allure suspecte, accompagnée de brûlures, de prurit intense ou d’antécédents d’IST, justifie un bilan infectieux complet incluant sérologies syphilis, VIH, et prélèvements HPV/HSV selon le contexte. Le médecin traitant ou un centre de dépistage peuvent réaliser ce bilan rapidement.
6. Principes de traitement
Il n’existe pas de traitement universel des boutons entre les fesses — le traitement dépend entièrement du diagnostic. Le tableau suivant résume les grandes orientations thérapeutiques selon la cause :
Cause
Traitement de référence
Remarques
Folliculite superficielle
Antiseptique local (chlorhexidine), savon antibactérien, antibiothérapie locale si surinfection
Éviter l’épilation traumatisante. Préférer la crème dépilatoire ou le laser définitif
Furoncle / anthrax
Incision-drainage + antibiothérapie (amoxicilline-acide clavulanique ou clindamycine)
Antibiothérapie locale (acide fusidique, mupirocine) ou systémique si étendu
Contagieux — précautions d’hygiène strictes pendant le traitement
Mesures hygiéniques communes à toutes les causes
Maintenir la zone propre et sèche — une toilette quotidienne douce suffit
Éviter les sous-vêtements synthétiques serrés — privilégier le coton ample
Limiter la position assise prolongée sans pause — se lever régulièrement
En cas de poils abondants dans cette zone : envisager une épilation définitive au laser pour réduire le risque de folliculites et de kyste pilonidal récidivant
Ne jamais comprimer ou percer soi-même les lésions abcédées — risque de diffusion infectieuse
Bouton persistant ou récidivant entre les fesses, sans diagnostic clair ?
Le Dr Rousseau vous reçoit en téléconsultation pour examiner les photos, orienter le diagnostic et proposer un traitement adapté — sans délai. Prendre rendez-vous en téléconsultation →
Questions fréquentes
Comment savoir si mes boutons entre les fesses sont liés à une IST ?
Plusieurs éléments orientent vers une IST : apparition dans les semaines suivant un rapport sexuel (même non anal), lésions vésiculeuses ou ulcérées douloureuses (herpès), petites excroissances molles indolores (condylomes), ulcération indurée indolore (syphilis). En cas de doute, une consultation médicale avec sérologies et prélèvements est indispensable. Rappelons que les condylomes peuvent se transmettre par simple contact cutané génital, sans pénétration.
Un kyste pilonidal peut-il annoncer une maladie de Verneuil ?
Oui — et c’est une des découvertes majeures de la dermatologie de ces dernières années. Plusieurs études de grande envergure montrent qu’un tiers des patients atteints de maladie de Verneuil ont des antécédents de kyste pilonidal, et que la présence d’un kyste pilonidal est un marqueur de sévérité de l’hidradénite suppurée. Face à un kyste pilonidal récidivant, le dermatologue recherche systématiquement des signes associés de maladie de Verneuil dans les autres localisations (aisselles, aine, périnée).
Faut-il s’épiler entre les fesses pour éviter les boutons ?
L’épilation de la zone interfessière peut réduire le risque de folliculites et de kyste pilonidal récidivant, en limitant l’occlusion folliculaire par les poils. Cependant, l’épilation mécanique (rasoir, cire) peut elle-même provoquer des folliculites si elle est traumatisante. Le laser épilation définitive est la méthode la mieux validée dans ce contexte — plusieurs études montrent une réduction du taux de récidive des kystes pilonidaux après épilation laser de la zone sacrée.
Peut-on confondre hémorroïdes et boutons entre les fesses ?
Oui, fréquemment. Les hémorroïdes externes thrombosées se présentent comme une tuméfaction bleutée, douloureuse, à la marge anale — parfois confondue avec un furoncle ou un abcès. Les hémorroïdes internes prolabées peuvent ressembler à des excroissances cutanées. Le médecin fait la distinction cliniquement, parfois à l’aide d’une anuscopie. Le traitement est très différent selon la nature exacte de la lésion.
Quand faut-il consulter en urgence ?
Une consultation urgente s’impose en cas de : fièvre associée à un abcès (risque de cellulite ou fasciite nécrosante), douleur intense et rapidement progressive, apparition d’un large empâtement chaud et rouge s’étendant rapidement autour de la lésion, ou ulcération profonde saignante. Ces signes peuvent indiquer une infection profonde nécessitant une prise en charge hospitalière.
Boutons qui démangent sur l’anus et autour de l’anus : causes et diagnostic
Les boutons sur l’anus — lésions en relief, ponctuelles ou groupées, autour de la région péri-anale — constituent un motif de consultation souvent retardé par la gêne. Ils se distinguent des plaques rouges étendues (voir rougeurs autour de l’anus) et du prurit anal sans lésion visible (voir démangeaisons anales) par leur caractère lésionnel en relief : papule, vésicule, végétation, nodule, pustule. L’anus est situé au fond du sillon interfessier — zone d’occlusion permanente, de macération, de frottements, et exposée aux souillures fécales. Cette anatomie particulière prédispose à un grand nombre de pathologies infectieuses, parasitaires et inflammatoires qui se manifestent par des boutons.
La région péri-anale peut être le siège de nombreuses lésions en relief
Bouton persistant, lésion qui saigne ou végétation autour de l’anus ?
Un diagnostic précis est indispensable avant tout traitement — certaines lésions nécessitent une biopsie. Consulter le Dr Rousseau en téléconsultation →
L’anus est situé au fond d’un pli — le sillon interfessier — soumis à une occlusion récurrente, une macération et des frottements permanents, en particulier lors d’une activité sédentaire prolongée. L’occlusion de la peau et des follicules pileux favorise le développement de folliculites, d’abcès, de kystes. La proximité des selles constitue un réservoir bactérien et parasitaire permanent. Enfin, la zone anale est une localisation fréquente des infections sexuellement transmissibles — que les rapports aient été anaux ou non, certaines IST se transmettent par simple contact cutané ou muqueux péri-génital.
Le diagnostic ne peut être posé que par un médecin
Le meilleur interlocuteur pour diagnostiquer et traiter efficacement les boutons de l’anus est votre médecin — et si possible un dermatologue. Il tentera de déterminer le type exact de lésion, parfois au moyen d’un prélèvement cutané indolore (culture bactériologique, mycologique ou virologique), d’une sérologie, d’une dermoscopie ou d’une biopsie. Il proposera ensuite un traitement adapté au diagnostic précis.
2. Orientation diagnostique selon le type de lésion
Type de lésion
Diagnostics à évoquer en priorité
Signe distinctif
Végétations molles, rosées, « en crête de coq »
Condylomes (HPV)
IST — transmission par contact cutanéo-muqueux
Vésicules douloureuses en bouquet, érosions
Herpès péri-anal (HSV-2)
Douleur intense, récurrence caractéristique
Papules nacrées ombiliquées, indolores
Molluscum contagiosum
Ombilication centrale, virose
Petits boutons centrés sur un poil, pustuleux
Folliculite, furoncle
Germe bactérien le plus souvent (staphylocoque)
Nodule rouge-brun saignant facilement au contact
Botriomycome (granulome pyogénique)
Croissance rapide, saignement abondant
Tuméfaction bleutée douloureuse à la marge anale
Hémorroïdes externes thrombosées
Douleur intense, consistance ferme
Nodule ferme, récidivant avec fistule péri-anale
Kyste pilonidal, maladie de Verneuil
Abcès récidivants, cicatrices en corde
Ulcération indurée indolore
Syphilis (chancre primaire)
Induration, adénopathies inguinales bilatérales
3. Lésions d’origine sexuelle (IST)
Condylomes (HPV)
Les condylomes acuminés sont la cause la plus fréquente de boutons péri-anaux d’origine sexuelle. Ils sont dus aux HPV types 6 et 11 (à bas risque oncogène) et se présentent comme des végétations molles, rosées ou couleur chair, en « crête de coq », indolores. Ils se transmettent par contact cutanéo-muqueux direct, sans nécessité de pénétration anale. Dans la grande majorité des cas ils sont bénins et non cancérigènes. Les HPV types 16 et 18 en revanche, présents parfois dans des lésions associées, sont à haut risque oncogène et peuvent évoluer vers un carcinome épidermoïde in situ ou invasif, surtout en cas d’immunodépression (VIH). Le dépistage régulier s’impose chez les patients immunodéprimés avec condylomes anaux. Les traitements disponibles comprennent podophyllotoxine locale, imiquimod, cryothérapie et laser CO2. La vaccination HPV (Gardasil 9®) réduit significativement le risque d’infection et de condylomes anaux — elle est recommandée jusqu’à 26 ans.
Herpès péri-anal
L’herpès péri-anal (HSV-2 le plus souvent, parfois HSV-1) se manifeste par des vésicules douloureuses en bouquet sur fond érythémateux, évoluant rapidement vers des érosions. C’est la cause de lésions péri-anales la plus douloureuse. Il est récurrent (réactivations périodiques à partir des ganglions sensitifs sacrés), parfois déclenchées par le stress, un traumatisme ou l’immunodépression. Le traitement antiviral (aciclovir, valaciclovir) réduit la durée des poussées et leur fréquence en traitement suppressif (> 6 récurrences/an).
Syphilis péri-anale
Le chancre syphilitique primaire peut siéger au niveau péri-anal sous la forme d’une ulcération indurée, indolore, avec adénopathies inguinales bilatérales. La syphilis secondaire peut donner des syphilides — plaques gonflées, érosives, parfois végétantes — dans la région anale. Sérologie TPHA/VDRL à demander systématiquement devant toute ulcération péri-anale, y compris chez les patients hétérosexuels.
Molluscum contagiosum
Les molluscums contagiosums sont de petites papules nacrées ombiliquées, indolores, dues à un poxvirus. Dans la région anale de l’adulte, ils sont le plus souvent d’acquisition sexuelle. Auto-inoculables. Leur traitement comprend curetage, cryothérapie ou imiquimod.
⚠️ Dépistage IST complet devant toute lésion péri-anale d’allure sexuelle
Toute lésion péri-anale évocatrice d’IST doit conduire à un dépistage complet : sérologies VIH, syphilis (TPHA/VDRL), prélèvement HPV/HSV selon la clinique. Les condylomes et l’herpès peuvent coexister avec d’autres IST, notamment le VIH. Un suivi régulier est indispensable chez les patients immunodéprimés.
4. Lésions infectieuses non sexuelles
Folliculite et furoncle péri-anal
La folliculite est une infection des follicules pileux péri-anaux, donnant de petites pustules centrées sur un poil, rouges à leur base. Elle est favorisée par la macération, l’occlusion et l’épilation. Germe habituel : Staphylococcus aureus. Le furoncle est une folliculite profonde avec nécrose centrale — il peut se compliquer d’abcès péri-anal.
Impétigo péri-anal
L’impétigo péri-anal est une infection cutanée superficielle à streptocoque ou staphylocoque, fréquente chez l’enfant, se manifestant par des croûtes jaunâtres melicériques sur fond érythémateux.
Hémorroïdes
Les hémorroïdes externes thrombosées se présentent comme une tuméfaction bleutée, ferme et très douloureuse à la marge anale — parfois confondues avec un furoncle ou un abcès. Les hémorroïdes internes prolabées apparaissent comme une masse violacée prolabée. Elles relèvent d’une prise en charge proctologique.
Maladie de Verneuil et kyste pilonidal
La maladie de Verneuil (hidradénite suppurée) et le kyste pilonidal donnent des nodules inflammatoires profonds récidivants dans le sillon interfessier, souvent avec fistules et cicatrices. Voir l’article dédié : boutons entre les fesses.
5. Autres causes de boutons péri-anaux
Botriomycome (granulome pyogénique)
Nodule rouge vif, saignant facilement au moindre contact, à croissance rapide. Peut survenir sur un ongle incarné, une plaie ou une irritation péri-anale chronique. Traitement : exérèse avec analyse histologique systématique pour éliminer un mélanome amélanotique.
Maladie de Crohn péri-anale
La maladie de Crohn peut se manifester dans la région péri-anale avant même l’apparition de symptômes digestifs : fissures en « coup de couteau », ulcérations profondes, abcès péri-anaux récidivants, fistules complexes. Toute lésion péri-anale atypique chronique doit faire évoquer cette étiologie et déclencher un bilan gastro-entérologique.
Maladies de peau rares
Maladie de Hailey-Hailey — dermatose héréditaire rare (autosomique dominante) donnant des vésicules et bulles avec fissures en rhagades parallèles dans les plis. Traitement : assèchement des plis, excision chirurgicale avec greffe cutanée dans les formes sévères
Pemphigus végétant — forme rare de pemphigus donnant des rougeurs végétantes et bourgeonnantes dans les grands plis
Histiocytose langerhansienne — surélévations croûteuses et purpuriques dans les plis et l’aine
6. Démarche diagnostique
Le médecin envisagera les différents diagnostics en tenant compte de l’aspect exact des lésions, du contexte (âge, rapports sexuels, antécédents de maladies de peau, immunodépression) et de la topographie. Il pourra réaliser :
Un prélèvement cutané — écouvillonnage ou ponction indolore du contenu des lésions — pour culture bactériologique, mycologique ou virologique (HSV)
Des sérologies selon le contexte : syphilis (TPHA/VDRL), VIH, prélèvement HPV
Une dermoscopie — permet de distinguer condylomes (papillomatose dense), molluscums (projection centrale blanche), botriomycome (lacunes rouges)
Une biopsie cutanée sous anesthésie locale en cas de doute diagnostique ou de lésion atypique résistante au traitement
Bouton récidivant ou lésion péri-anale qui ne guérit pas ?
Un avis dermatologique spécialisé permet de poser le bon diagnostic rapidement — et souvent en une seule consultation. Prendre rendez-vous en téléconsultation →
Outre le traitement de la cause, certaines règles d’hygiène sont à respecter dans tous les cas : voir l’article démangeaisons anales.
Les condylomes sont des végétations molles rosées, multiples, parfois en « crête de coq », siégeant autour de l’orifice anal et sur la peau péri-anale — ils ne saignent pas spontanément. Les hémorroïdes externes thrombosées sont des tuméfactions bleutées, fermes, douloureuses, strictement situées à la marge anale. Les hémorroïdes internes prolabées sont des masses violacées qui sortent de l’anus lors de la défécation. Le médecin fait la distinction en quelques secondes à l’examen clinique.
Un bouton sur l’anus peut-il être un cancer ?
C’est exceptionnel mais à garder en tête. Les cancers épidermoïdes de la marge anale peuvent se présenter initialement comme une lésion en relief atypique, parfois prise pour un condylome ou un botriomycome. Les HPV types 16 et 18, présents dans certaines lésions anales, ont un potentiel oncogène réel — notamment chez les patients immunodéprimés (VIH). Toute lésion péri-anale qui augmente de taille malgré le traitement, qui saigne, qui durcit, ou qui résiste à un traitement bien conduit pendant 4 à 6 semaines mérite une biopsie.
Les condylomes péri-anaux peuvent-ils se transmettre sans rapport anal ?
Oui — les condylomes (HPV types 6 et 11) se transmettent par simple contact cutanéo-muqueux péri-génital, sans nécessité de pénétration anale. Ils peuvent donc toucher la région anale chez des personnes n’ayant jamais eu de rapport anal. C’est une information importante pour comprendre le risque de transmission et les indications de vaccination.
Que faire si l’hémorroïde externe est très douloureuse ?
Une hémorroïde externe thrombosée douloureuse peut être soulagée rapidement par une thrombolyse (incision et évacuation du caillot sous anesthésie locale), geste simple réalisable en consultation. Elle est plus efficace si elle est réalisée dans les 72 premières heures après l’apparition de la douleur. Au-delà, un traitement médical (anti-inflammatoires, veinotoniques, bain de siège) est généralement préféré en attendant la résorption spontanée.
Balanite de Zoon (balanite plasmocytaire) : rougeur du gland, diagnostic et traitements
La balanite de Zoon — ou balanite circonscrite plasmacellulaire (balanitis circumscripta plasmacellularis) — est une dermatose inflammatoire chronique bénigne du gland et du prépuce, décrite par le Dr Joannes Jacobus Zoon en 1952. Elle touche exclusivement les hommes non circoncis à partir de 40-50 ans. Sa cause reste inconnue — il s’agit d’une inflammation chronique d’irritation sur un mode particulier, favorisée par la macération et le frottement entre le gland et le prépuce. Elle ne représente aucun danger en elle-même, mais sa ressemblance avec des lésions prémalignes ou malignes du gland impose une confirmation histologique par biopsie. Ce n’est pas une infection sexuellement transmissible.
Rougeur du gland stable qui résiste aux antifongiques et aux corticoïdes ?
La balanite de Zoon est un diagnostic d’exclusion qui nécessite une biopsie pour être confirmé et pour éliminer une lésion prémaligne. Un avis dermatologique est indispensable. 📅 Téléconsultation avec le Dr Rousseau
L’étiologie de la balanite de Zoon reste inexpliquée avec certitude, mais plusieurs facteurs d’irritation chronique ont été identifiés comme contributeurs :
Facteur
Mécanisme supposé
Présence d’un prépuce (homme non circoncis)
Crée un espace de macération chronique entre gland et prépuce — friction et chaleur permanentes — quasi-absence de la maladie chez le circoncis
Hygiène insuffisante
Rétention de smegma — irritation chronique de la muqueuse — prolifération bactérienne locale
Tabac
Facteur favorisant suspecté — mécanisme non élucidé
Âge
Survient à partir de 40-50 ans — la muqueuse génitale vieillit et devient plus fragile aux irritations chroniques
Phimosis partiel
Le décalottage difficile favorise la macération et l’irritation
💡 Point important : la balanite de Zoon n’est pas une infection. Il n’y a pas d’agent infectieux identifié — ni bactérie, ni champignon, ni virus. C’est pourquoi les antifongiques et les antibiotiques sont inefficaces sur cette affection.
Signes cliniques
Le tableau clinique de la balanite de Zoon est assez caractéristique une fois que le praticien l’a en tête, mais il peut facilement être confondu avec d’autres affections du gland — d’où l’importance de la biopsie.
Caractéristique
Description
Aspect de la plaque
Plaque rouge du gland, lisse, brillante et humide — « comme un vernis en train de sécher » — couleur rouge-brun caractéristique
Image en miroir
Signe clinique pathognomonique — la lésion est dupliquée en regard sur le prépuce, par contact entre les deux muqueuses
Délimitation
Plaque bien délimitée, aux bords nets — localisée
Évolution
Stable et fixe — ne régresse pas spontanément — ni extension rapide, ni guérison sans traitement
Symptômes fonctionnels
Souvent peu symptomatique — prurit léger possible — pas de douleur franche dans la forme typique
Localisation
Gland (sillon balano-préputial, couronne) et/ou face interne du prépuce
📌 Signe en miroir : la présence d’une lésion identique (en « reflet ») sur la face interne du prépuce en regard de la plaque du gland est très évocatrice de balanite de Zoon. Ce signe, lié au contact des deux muqueuses, n’est pas retrouvé dans les diagnostics différentiels principaux.
Diagnostic : la biopsie est indispensable
La balanite de Zoon est un diagnostic d’exclusion — c’est-à-dire que l’on ne peut la retenir qu’après avoir éliminé les autres causes de rougeur persistante du gland, en particulier les lésions prémalignes. La biopsie est obligatoire pour confirmer le diagnostic.
Comment se déroule la biopsie ?
Le dermatologue prélève un petit fragment de la plaque (ou de la muqueuse concernée) sous anesthésie locale — geste rapide, peu douloureux. Le prélèvement est adressé à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope. L’histologie de la balanite de Zoon est typique et permet d’affirmer le diagnostic.
Aspect histologique
Description
Infiltrat dermique dense à plasmocytes
Signe histologique cardinal — infiltrat lymphoplasmocytaire prédominant à plasmocytes avec présence de lymphocytes et éosinophiles
Kératinocytes en forme de losange
Aspect caractéristique des cellules épidermiques dans la balanite de Zoon
Sidérophages et hémosidérose
Dépôts d’hémosidérine dans le derme — reflet de la chronicité de l’inflammation
Capillaires dilatés
Néovascularisation dermique — explique l’aspect rouge brillant de la plaque
⚠️ Ne pas traiter sans biopsie : une rougeur persistante du gland qui résiste aux antifongiques et aux dermocorticoïdes ne doit jamais être traitée empiriquement sans biopsie préalable. L’érythroplasie de Queyrat (carcinome in situ), le lichen plan érosif et le carcinome épidermoïde du gland peuvent avoir une présentation très proche de la balanite de Zoon — leur méconnaissance entraîne un retard diagnostique grave.
Pustulettes en tête d’épingle, desquamation périphérique — répond aux antifongiques — prélèvement mycologique positif
Bénin — traitable
Psoriasis du gland
Plaques rosées sans squames (muqueuse) — antécédents de psoriasis cutané — lésions multiples
Bénin — chronique
Eczéma de contact
Notion de contact avec un allergène (préservatif, topiques) — prurit intense — réponse aux dermocorticoïdes
Bénin — évitable
Traitement
La prise en charge de la balanite de Zoon suit une logique d’escalade thérapeutique. La circoncision reste le seul traitement radical et curatif mais les alternatives topiques peuvent permettre d’éviter ou de différer l’intervention chirurgicale.
La circoncision est le traitement radical de la balanite de Zoon
Mesures générales — indispensables dans tous les cas
Mesure
Détail pratique
Toilette douce quotidienne
Savon surgras ou dermo-nettoyant doux — une seule toilette par jour avec décalottage complet — bien rincer et bien sécher — éviter les antiseptiques (irritants)
Arrêt des topiques intempestifs
Cesser les antifongiques, antiseptiques et autres topiques appliqués sans diagnostic confirmé — ils entretiennent l’irritation
Arrêt du tabac
Facteur favorisant suspecté — recommandé dans tous les cas
Traitements topiques médicaux — alternatives à la circoncision
Les traitements locaux sont rarement curatifs mais peuvent permettre un contrôle satisfaisant de la maladie, surtout chez les patients qui refusent la circoncision. Parmi les topiques, le tacrolimus (inhibiteur de la calcineurine) dispose de la meilleure documentation dans la littérature récente.
Traitement topique
Modalité
Niveau de preuve
Tacrolimus 0,1 % (Protopic®) — hors AMM
2 applications par jour — résolution possible dès 2 semaines, complète à 6 semaines. Un traitement d’entretien intermittent peut être nécessaire pour éviter les récidives
Meilleure preuve parmi les topiques — série rétrospective 129 patients (Jormanainen 2023) et multiples cas rapportés
Pimécrolimus crème 1 % (Elidel®) — hors AMM
Autre inhibiteur de la calcineurine — résultats favorables documentés
Efficacité comparable au tacrolimus dans les séries publiées
Dermocorticoïdes puissants (classe I-II)
Effet anti-inflammatoire — amélioration souvent temporaire — récidive à l’arrêt
Efficacité limitée — traitement de 2e intention selon Porphyre 2023
Mupirocine 2 % (Mupiderm®)
2 à 3 applications par jour — résolution documentée dans des cas rapportés
Résultats prometteurs dans des cas isolés — risque de récidive à l’arrêt
La circoncision (posthectomie) est le seul traitement qui assure une résolution complète et durable dans la grande majorité des cas. En supprimant le prépuce, elle élimine l’environnement de macération et de friction chronique qui entretient l’inflammation. La résolution est généralement obtenue en quelques semaines à quelques mois après l’intervention.
💡 La circoncision est à discuter avec le patient dès le diagnostic — elle est recommandée à un stade précoce car les résultats sont d’autant meilleurs que la maladie n’est pas ancienne. Chez les patients réticents, les inhibiteurs de la calcineurine (tacrolimus) représentent l’alternative médicale la mieux documentée.
Autres options thérapeutiques
Traitement
Indication
Laser Erbium:YAG ou CO2
Cas résistants aux topiques — alternative moins invasive que la circoncision pour les patients sélectionnés
Photothérapie dynamique (PDT)
Option émergente — résultats documentés dans des cas isolés réfractaires
Non — la balanite de Zoon est une affection bénigne et chronique, sans risque de dégénérescence maligne propre. Elle ne devient pas un cancer. En revanche, son aspect clinique peut ressembler à celui de lésions prémalignes ou malignes du gland (érythroplasie de Queyrat, carcinome épidermoïde), ce qui impose toujours une biopsie pour confirmer le diagnostic. Une fois la biopsie faite et le diagnostic établi, la balanite de Zoon ne justifie pas de surveillance oncologique particulière.
Pourquoi les antifongiques sont-ils inefficaces dans la balanite de Zoon ?
Parce que la balanite de Zoon n’est pas une mycose. Elle ne résulte pas d’une infection par Candida ou par un autre champignon — c’est une inflammation chronique d’origine inconnue, probablement liée à l’irritation chronique de la muqueuse sous le prépuce. Les antifongiques agissent sur les infections fongiques — ils sont sans effet sur un processus inflammatoire auto-entretenu. C’est précisément la résistance aux antifongiques (et aux antibiotiques) qui doit conduire à suspecter une balanite de Zoon et à réaliser une biopsie.
La circoncision est-elle obligatoire pour traiter la balanite de Zoon ?
Non, mais c’est le traitement le plus efficace et le seul vraiment curatif. Pour les patients qui refusent la circoncision, le tacrolimus topique à 0,1 % (Protopic®), utilisé hors AMM, représente l’alternative médicale la mieux documentée dans la littérature récente. Une résolution complète est possible en 4 à 6 semaines dans certains cas — mais un traitement d’entretien intermittent est souvent nécessaire pour prévenir la récidive. D’autres options (dermocorticoïdes, mupirocine, laser) peuvent être discutées selon le profil du patient.
Peut-on transmettre la balanite de Zoon à son partenaire ?
Non — la balanite de Zoon n’est pas une infection sexuellement transmissible. Elle n’est pas contagieuse. Il n’y a aucune indication à traiter le ou les partenaires. Cependant, l’annonce du diagnostic peut créer une anxiété importante chez le patient et son entourage — il est important de rassurer clairement sur ce point.
Peut-on avoir une balanite de Zoon si l’on est circoncis ?
Exceptionnellement — la quasi-totalité des cas survient chez des hommes non circoncis. Quelques cas rarissimes ont été rapportés chez des hommes circoncis, notamment en présence d’une immunodépression (VIH). En pratique clinique courante, une rougeur persistante du gland chez un homme circoncis doit faire chercher en priorité une autre cause.
Rougeurs sur le sexe : causes, diagnostic et traitement
Candidose du gland — première cause de rougeur génitale chez l’homme
Se découvrir des rougeurs sur le sexe est souvent source d’inquiétude. Elles peuvent toucher le gland, le prépuce, le corps de la verge ou les bourses chez l’homme, la vulve, les grandes lèvres ou le pubis chez la femme. Contrairement aux boutons ou lésions saillantes, il s’agit ici d’un érythème diffus ou de plaques rouges planes, avec ou sans démangeaisons.
💡 Si vous présentez des boutons, vésicules, ulcères ou excroissances plutôt que des rougeurs planes, consultez notre article sur les lésions et boutons sur le sexe.
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Lors de la consultation, le médecin recueille vos antécédents (maladies, traitements en cours) et fait le point sur les lésions : date de début, signes associés (démangeaisons, odeur, pertes, brûlures à la miction, rapports non protégés…). Il vous examinera avec une lampe grossissante ou un dermoscope et évaluera la contagiosité éventuelle.
Questions types posées :
Y a-t-il des démangeaisons ? Des brûlures ?
Une odeur nauséabonde (type poisson) ?
Des pertes vaginales ou un écoulement ?
Avez-vous des antécédents de psoriasis ou d’eczéma ?
Des rapports non protégés récents ?
Chez l’homme : votre prépuce est-il long et recouvrant ?
Un prélèvement bactériologique et mycologique peut être réalisé. Certaines lésions nécessiteront une biopsie si elles persistent malgré le traitement.
Tableau d’orientation selon l’aspect des rougeurs
Aspect de la rougeur
Penser à
Urgence ?
Rougeur diffuse prurigineuse du gland, exsudat blanchâtre
Rougeurs indolores du gland, prurit modéré, chez patient non circoncis
Streptocoque du groupe B ou D
🟡 Consultation — prélèvement + antibiotique local
Tache rouge vif, lisse, luisante, bien délimitée, résistant aux antifongiques
Bowen / érythroplasie de Queyrat, Paget
🔴 Biopsie urgente
Rougeur persistante + plaque infiltrée sur lichen scléreux
Carcinome épidermoïde
🔴 Biopsie urgente
Rougeur après rapport, disparaissant en 24–48 h
Irritation mécanique, allergie au latex ou lubrifiant
🟢 Éviction — consultation si récidive
Infections responsables de rougeurs génitales
Candidose génitale (mycose)
La mycose du sexe à Candida albicans est la première cause de balanite infectieuse chez l’homme et de vulvovaginite chez la femme. Elle provoque une rougeur diffuse, prurigineuse, avec exsudat blanchâtre crémeux.
Candidose du gland
Candidose du pénis
Candidose vaginale
Favorisée par le diabète, la prise d’antibiotiques, l’immunodépression, la macération (prépuce long). Traitement : antifongique azolé topique (éconazole, clotrimazole) ± traitement oral selon la sévérité.
Infections bactériennes
Streptocoques (groupe B ou D)
La rougeur du gland ou de la vulve peut être due à des streptocoques — souvent de contamination sexuelle (rapports oro-génitaux ou ano-génitaux). Les rougeurs sont sèches et diffuses. Le diagnostic repose sur un prélèvement bactériologique avec culture montrant de nombreuses colonies (les streptocoques sont parfois saprophytes en faible quantité). Traitement : antibiotique local le plus souvent suffisant.
Germes anaérobies — Gardnerella vaginalis
Responsable de rougeurs profuses et suintantes, à l’odeur nauséabonde caractéristique (odeur de « poisson »). Il n’est pas rare d’observer une urétrite associée (brûlures à la miction). Traitement : métronidazole (Flagyl®) 500 mg/j pendant 7 jours par voie orale. En l’absence de rougeurs mais avec pertes malodorantes, on parle de vaginose bactérienne.
Balanite érosive de Berdal et Bataille
Balanite érosive circinée polymicrobienne liée à la macération chez l’homme non circoncis — très récidivante. Le traitement repose sur l’assèchement local, voire une circoncision (posthectomie) en cas de récidives fréquentes.
Balanite de Zoon (balanite à plasmocytes)
Rougeur chronique du gland chez l’homme non circoncis de plus de 50 ans — plaque rouge brun, lisse, brillante, indolore. Diagnostic histologique. Traitement : propionate de clobétasol topique ou circoncision. Voir : balanite de Zoon.
Infections parasitaires
Trichomonas vaginalis
Parasite responsable de rougeurs profuses et érosives, recouvertes de pertes blanchâtres avec enduit purulent d’odeur nauséabonde. Une urétrite associée est fréquente (brûlures à la miction). Traitement : métronidazole 2 g en prise unique. Les deux partenaires doivent être traités simultanément.
Certaines IST se manifestent davantage par des boutons, ulcères ou vésicules que par de simples rougeurs. Pour le détail clinique et diagnostique complet :
Maladies de peau responsables de rougeurs génitales
Psoriasis génital
Le psoriasis touche la région génitale chez 60 % des patients psoriasiques. Dans cette localisation, les squames sont absentes (peau fine et humide) : on observe des plaques rouges bien délimitées, symétriques, parfois prurigineuses, pouvant s’étendre aux plis inguinaux et interfessiers. Le caractère suintant évoque une surinfection bactérienne. Traitement : dermocorticoïdes de faible puissance, ± traitement systémique dans les formes sévères.
Eczéma de contact génital
Des eczémas allergiques de contact peuvent toucher le pénis et la vulve en réaction à :
Contact direct : latex des préservatifs, produits d’hygiène intime, désinfectants, antifongiques topiques, matière des sous-vêtements (lycra), protège-slips.
Contact indirect : par portage manuel (vernis à ongles, produits chimiques) ou par les rapports sexuels (lubrifiants intimes, sperme, allergènes transmis par le partenaire).
Chez la femme, l’eczéma de la vulve forme des placards rouges secs des versants externes (pubis, racine des cuisses) avec respect des plis. La peau est fripée, parfois vésiculeuse, à bords émiettés — sans atteinte vaginale ni débord anal. Le diagnostic est confirmé par des patch tests. Traitement : dermocorticoïdes + éviction de l’allergène + limitation eau et savon.
Lichen plan génital
Dermatose auto-immune médiée par les lymphocytes T. Chez l’homme : plaques ou anneaux érythémateux du gland à centre atrophique. Chez la femme : lésions érosives douloureuses de la vulve et du vagin. Rechercher systématiquement une atteinte buccale associée. Des associations avec les hépatites B et C ont été rapportées — un bilan hépatique est recommandé. Biopsie souvent nécessaire. → Voir : lichen plan.
Lichen scléreux
Dermatose auto-immune chronique évoluant vers des plaques blanches nacrées et atrophiques, avec prurit intense, fissures et, à terme, destruction progressive de l’architecture génitale. Risque de carcinome épidermoïde à long terme sans traitement. Traitement : propionate de clobétasol + suivi dermatologique régulier à vie. → Voir la section cancers ci-dessous.
Aphtes génitaux
Ulcérations douloureuses récidivantes de la muqueuse génitale, analogues aux aphtes buccaux. Peuvent s’inscrire dans une maladie de Behçet (aphtes génitaux + aphtes buccaux + uvéite) — bilan rhumatologique indiqué si récidives. → Aphtes — causes et traitement.
Érythème pigmenté fixe
Éruption médicamenteuse caractérisée par une ou plusieurs plaques rouges, œdémateuses, récidivant toujours au même endroit à chaque prise du médicament responsable. Les organes génitaux sont une localisation fréquente. La plaque guérit en laissant une macule brun-ardoisée persistante. → Érythème pigmenté fixe.
Cancers génitaux se présentant comme une rougeur
⚠️ Toute tache rouge persistant plus de 3 semaines malgré un traitement antifongique ou dermocorticoïde doit faire l’objet d’une biopsie.
Sur lichen scléreux : plaque rouge infiltrée saignotante. Sur VIN (HPV) : zone épaissie sur fond érythémateux. Ulcération persistante
Biopsie urgente — chirurgie ± radiothérapie. Pronostic lié à la précocité
⚠️ Carcinome vulvaire : 80 % se développent sur un lichen scléreux non ou mal traité. 20 % sur VIN (néoplasie intra-épithéliale) HPV-induite. Les carcinomes épidermoïdes vulvaires représentent 3 à 5 % des cancers gynécologiques.
Irritations et traumatismes génitaux
Une rougeur génitale peut avoir une cause purement mécanique ou chimique, sans infection :
Toilette trop méticuleuse avec savons détergents ou antiseptiques — détruisent le film cutané protecteur
Coïts prolongés ou brutaux — rougeur post-coïtale disparaissant spontanément en 24–48 h
Sport intensif (cyclisme, course à pied) — frottements et macération
Épilation / rasage du pubis — folliculite et irritation de contact
Produits topiques en automédication : antiseptiques, antifongiques sans prescription — peuvent entretenir ou aggraver l’irritation
Quelle est la cause la plus fréquente de rougeur sur le gland ?
La candidose génitale est la première cause de balanite infectieuse chez l’homme — rougeur diffuse prurigineuse avec exsudat blanchâtre. Elle est favorisée par la macération (prépuce long), le diabète et la prise d’antibiotiques. Un antifongique azolé topique suffit dans la majorité des cas.
Comment distinguer une mycose d’un psoriasis génital ?
La mycose donne une rougeur avec exsudat blanchâtre crémeux, prurit intense, s’améliorant sous antifongique en 48–72 h. Le psoriasis génital donne des plaques rouges sèches, bien délimitées et symétriques, sans squames (peau fine), résistant aux antifongiques mais sensibles aux dermocorticoïdes. L’absence d’amélioration après 5–7 jours de traitement antifongique doit faire reconsidérer le diagnostic.
Quand une rougeur génitale peut-elle être un cancer ?
Une tache rouge lisse, luisante, bien délimitée, indolore et résistant à tous les traitements locaux (antifongiques, dermocorticoïdes) pendant plus de 3 semaines doit faire évoquer une érythroplasie de Queyrat (Bowen du gland) ou une maladie de Paget. Une biopsie est indispensable pour confirmer le diagnostic.
L’eczéma de la vulve est-il fréquent ?
Oui. Les premières causes d’allergie de contact vulvaire sont les topiques médicamenteux (crèmes antibiotiques, antifongiques) et les produits d’hygiène intime. Le diagnostic est confirmé par des patch tests. L’éviction de l’allergène et un dermocorticoïde adapté permettent le plus souvent une guérison complète.
Peut-on traiter des rougeurs génitales en téléconsultation ?
Oui, dans la grande majorité des cas. Une photo des lésions et un interrogatoire précis permettent souvent d’orienter le diagnostic et d’obtenir une ordonnance. Certains examens (biopsie, prélèvement bactériologique) nécessitent cependant une consultation en cabinet en complément.
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Boutons sur le sexe : causes, diagnostic et quand consulter
Se découvrir des boutons sur le sexe est souvent source d’inquiétude. Ces lésions peuvent toucher le gland, le prépuce, le corps de la verge, le pénis ou les bourses chez l’homme, la vulve ou le pubis chez la femme. Beaucoup sont bénignes et ne nécessitent aucun traitement — mais certaines doivent être diagnostiquées et traitées rapidement.
💡 Si vous présentez des rougeurs plus que des boutons, consultez plutôt notre article sur les rougeurs du sexe.
Cet article en vidéo
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Des boutons sur le sexe nécessitent une consultation médicale
Lors de la consultation, le médecin va :
Recueillir vos antécédents (maladies, interventions chirurgicales, traitements en cours)
Faire le point sur les lésions : date de début, durée, signes associés (douleurs, démangeaisons, écoulement…)
Vous examiner avec une loupe grossissante ou un dermoscope
Évaluer la contagiosité et, si besoin, proposer d’examiner ou traiter votre ou vos partenaires
Utiliser de l’acide acétique à 5% (vinaigre blanc dilué) sur le gland et le prépuce — examen indolore permettant de révéler certaines lésions invisibles à l’œil nu (condylomes notamment)
Orientation rapide : quel diagnostic selon l’aspect ?
Aspect de la lésion
Penser à
Urgence ?
Petites perles régulières sur la couronne du gland
Papules perlées — variation normale
🟢 Aucune — bénin
Points jaunes sur le prépuce ou la vulve
Grains de Fordyce — glandes sébacées ectopiques, normal
🟢 Aucune — bénin
Excroissances irrégulières, filiformes ou en chou-fleur
Variations physiologiques normales de la muqueuse génitale
Avant d’évoquer une maladie, il est important de connaître les aspects normaux qui inquiètent souvent à tort.
Chez l’homme
Papules perlées du gland (couronne perlée)
Petites tuméfactions de moins de 1 mm, régulièrement disposées en ligne sur la couronne du gland, de couleur rose clair à translucide. Présentes chez environ 30% des hommes à partir de la puberté. Totalement bénignes, elles ne nécessitent aucun traitement. Principal diagnostic différentiel : les condylomes, qui sont irréguliers et asymétriques.
Papules perlées du gland vues de près
Grains de Fordyce
Glandes sébacées ectopiques se présentant sous forme de petites élevures jaunes de 1 à 2 mm sur le prépuce, le fourreau de la verge et les bourses. Très fréquents et totalement bénins — ne pas les percer (risque d’infection et de kyste).
Grains de Fordyce vus de près
Chez la femme
On peut observer des grains de Fordyce sur la vulve et une papillomatose vestibulaire (papules perlées à l’entrée du vagin). Des caroncules hyménéaux ou urétraux (replis muqueux normaux) sont également des variations anatomiques bénignes.
Infections sexuellement transmissibles (IST)
Condylomes (verrues génitales à HPV)
Dues aux papillomavirus humains (HPV), les verrues génitales peuvent se présenter sous forme de taches claires ou brunâtres, de tuméfactions rosées ou d’excroissances filiformes. Les HPV de types 16 et 18 sont oncogènes (cancer du col, du pénis, de la vulve). La vaccination anti-HPV est recommandée avant l’exposition. Voir notre article sur les condylomes.
Dû au virus Herpes simplex (HSV-2 principalement), l’herpès génital se manifeste par de petites vésicules douloureuses en bouquet évoluant vers des érosions. La primo-infection peut s’accompagner de fièvre et d’adénopathies inguinales. La maladie est récidivante — le virus persiste à vie dans les ganglions nerveux. Des antiviraux (aciclovir, valaciclovir) permettent de réduire la durée et la fréquence des poussées. Voir notre article sur l’herpès génital.
La syphilis est due à la bactérie Treponema pallidum. Son incidence est en forte augmentation depuis les années 2000. Elle évolue en plusieurs stades :
Stade
Délai
Lésions cutanées
Signes associés
Primaire
J10–J90 après contage
Chancre syphilitique : ulcère indolore, induré, à bords nets — sillon balanopréputial chez l’homme, vulve chez la femme. Disparaît spontanément en 3–6 semaines
Adénopathies inguinales indolores
Secondaire
6–8 semaines après chancre
Roséole syphilitique (taches rosées tronc), syphilides papuleuses cuivrées aux paumes et plantes (très évocateur), condylomata lata génitaux (plaques larges, plates, grisâtres, très contagieuses)
Peut mimer un psoriasis, un lichen plan ou une éruption médicamenteuse — d’où le surnom de « grande imitatrice »
Tertiaire
Années après
Gommes cutanées (nodules destructeurs)
Atteintes neurologiques et cardiovasculaires graves — exceptionnel si traitement précoce
⚠️ La syphilis est une maladie à déclaration obligatoire. Traitée précocement par pénicilline G, elle est totalement curable. Tout ulcère génital doit faire l’objet d’une consultation urgente et d’une sérologie syphilitique.
Petites formations rondes de 2 à 5 mm avec un creux central caractéristique (ombilication), dues à un poxvirus. Transmission par contact cutané direct — souvent sexuel dans la région génitale. Voir notre article sur le molluscum contagiosum.
Molluscum contagiosum
Nodules scabieux (gale)
Boutons rouges fermes localisés sur les organes génitaux, consécutifs à la gale. Ils s’accompagnent de démangeaisons nocturnes intenses et de lésions sur les mains et les poignets. Ces nodules peuvent persister plusieurs semaines après le traitement antiparasitaire.
Nodules scabieux de la gale
Lésion génitale inquiétante ? Le Dr Rousseau, dermatologue, peut analyser vos lésions en téléconsultation. Une photo et un interrogatoire précis permettent souvent d’orienter rapidement le diagnostic.
Le psoriasis touche la région génitale chez 60% des patients psoriasiques, surtout chez l’homme. Dans cette localisation, les squames sont absentes (peau fine et humide) : on observe des plaques rouges bien délimitées et symétriques, parfois prurigineuses ou douloureuses, pouvant s’étendre aux plis inguinaux, au périnée et aux plis interfessiers. Traitement : dermocorticoïdes de faible puissance et hydratation.
Dermatose auto-immune chronique affectant la région anogénitale. Chez la femme : grandes lèvres, région clitoridienne, périnée. Chez l’homme : gland et prépuce (balanite xerotica obliterans, pouvant évoluer en phimosis).
Les lésions évoluent de plaques blanches nacrées et atrophiques vers des fissures, des cicatrices et une destruction progressive de l’architecture génitale. Symptômes principaux : prurit intense, brûlures, dyspareunie, saignements. Traitement : propionate de clobétasol (dermocorticoïde très fort) en application locale prolongée.
⚠️ Le lichen scléreux est associé à un risque accru de carcinome épidermoïde. Toute lésion épaissie, ulcérée ou résistante au traitement doit être biopsiée. Un suivi dermatologique régulier est indispensable à vie.
Dermatose inflammatoire auto-immune médiée par les lymphocytes T. Sur le sexe : papules violacées polygonales sur le gland chez l’homme, lésions érosives douloureuses sur la vulve et le vagin chez la femme. Des associations avec les hépatites B et C ont été rapportées — un bilan hépatique est recommandé au diagnostic. La biopsie est souvent nécessaire (diagnostic différentiel avec syphilis secondaire, psoriasis, lupus). Traitement : dermocorticoïdes topiques, immunosuppresseurs dans les formes sévères. Voir aussi notre article sur le lichen plan.
Souvent dû à une allergie au latex des préservatifs, aux produits d’hygiène intime, aux lubrifiants ou aux spermicides. Plaques rouges prurigineuses, vésiculeuses, parfois suintantes. Traitement : éviction de l’allergène + dermocorticoïdes. Voir notre article sur l’eczéma.
Mycoses génitales (candidose)
La mycose génitale à Candida albicans est la première cause de balanite infectieuse. Elle provoque des papules, pustules et érosions sur fond érythémateux avec exsudat blanchâtre crémeux. Chez la femme : leucorrhées blanchâtres et prurit vulvaire intense. Favorisée par le diabète, les antibiotiques et l’immunodépression. Voir aussi les mycoses cutanées.
Autres causes de balanite et balanoposthite
Inflammation du gland (balanite) ou du gland et du prépuce (balanoposthite). Au-delà de la candidose, d’autres causes sont possibles : infection bactérienne, parasitaire, irritation par les détergents. Le traitement est adapté à la cause identifiée.
⚠️ Toute lésion génitale persistante, ulcérée, indurée ou résistant aux traitements habituels doit faire l’objet d’une biopsie. Un dermatologue ou gynécologue doit être consulté sans délai.
Lésion
Aspect
Facteur de risque
Conduite à tenir
Néoplasie intra-épithéliale (PIN/VIN)
Plaques rouges ou blanches persistantes
HPV oncogènes (types 16, 18)
Biopsie indispensable. Laser, imiquimod ou excision selon grade
Maladie de Paget extramammaire
Plaque érythémateuse prurigineuse bien délimitée de la vulve, périnée ou scrotum — ressemble à un eczéma chronique résistant
Peut être associée à un cancer viscéral sous-jacent
Biopsie — bilan d’extension
Carcinome épidermoïde du pénis ou de la vulve
Ulcération indurée, plaque verruqueuse ou nodule persistant
HPV oncogènes, lichen scléreux non traité, phimosis, tabagisme
Biopsie urgente — pronostic d’autant meilleur que le diagnostic est précoce
Certaines lésions sont très contagieuses (condylomes HPV, molluscum, herpès, syphilis, gale) tandis que d’autres sont bénignes et non contagieuses (papules perlées, grains de Fordyce, kyste épidermoïde, psoriasis). Seul un médecin peut établir le diagnostic et évaluer le risque de transmission.
Les papules perlées du gland sont-elles des verrues ?
Non. Les papules perlées sont une variation anatomique normale présente chez 30% des hommes, régulièrement disposées sur la couronne du gland. Les condylomes HPV sont irréguliers et asymétriques. Aucun traitement n’est nécessaire pour les papules perlées.
Comment reconnaître un chancre syphilitique ?
Le chancre syphilitique est un ulcère indolore, induré (dur au toucher), à bords nets, siégeant dans le sillon balanopréputial chez l’homme ou sur la vulve chez la femme. Il s’accompagne parfois d’adénopathies inguinales indolores. Il disparaît spontanément — mais sans traitement, la maladie progresse vers les stades secondaire et tertiaire. Tout ulcère génital doit être consulté en urgence avec sérologie syphilitique.
Le lichen scléreux est-il dangereux ?
Oui, à long terme sans traitement. Il évolue vers des cicatrices sévères (phimosis chez l’homme, destruction des petites lèvres chez la femme) et est associé à un risque accru de carcinome épidermoïde. Un traitement par dermocorticoïdes forts (propionate de clobétasol) et un suivi dermatologique régulier sont indispensables à vie.
Puis-je consulter en téléconsultation pour des boutons sur le sexe ?
Oui, dans la grande majorité des cas. Une photo des lésions et un interrogatoire précis permettent souvent d’orienter le diagnostic et d’obtenir une ordonnance rapidement. Certains examens (biopsie, test à l’acide acétique) nécessitent cependant une consultation en cabinet en complément.
Quand consulter en urgence ?
Consultez sans délai en cas de : ulcère génital indolore (chancre syphilitique possible), lésion qui saigne ou s’étend rapidement, douleur intense, fièvre associée, ou toute lésion persistant plus de 3 semaines sans amélioration. Ces signes peuvent indiquer une IST grave ou une lésion précancéreuse.
De multiples pathologies peuvent frapper la sphère vulvo-vaginale. Si les démangeaisons de la vulve sont fréquentes, elles ne signifient pas toujours qu’il existe une infection.
Tout inconfort, démangeaisons, douleur… doit faire consulter un médecin pour faire un diagnostic précis
Ce dernier envisagera les différents diagnostics possibles. On peut citer parmi ceux-ci :
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– Les traitements…
La vulve est la partie externe de l’organe génital féminin. La muqueuse vulvaire a pour particularité d’être en contact avec l’extérieur, ce qui la rend particulièrement sensible aux infections et aux irritations. Quels sont les soins de la vulve?
Le vagin est la partie interne de l’organe génital féminin. La muqueuse vaginale tapisse une cavité (le vagin) contenant des bactéries « normales » (la flore de Döderlein), dont la présence est indispensable. Cette flore entretien en effet une acidité permettant de lutter contre les infections. Il faut donc la respecter.
La vulve et le vagin sont des zones tres sensibles aux agressions extérieures. La toilette intime doit donc etre tres douce. Les troubles les plus fréquents de la vulve et du vagin sont les mycoses vaginales et la sécheresse vaginale.
>>> Suite : la toilette intime, les démangeaisons de la vulve, la sécheresse vaginale
Zone intime par excellence, la muqueuse vulvo-vaginale est aussi et surtout un organe d’échange et de plaisir.
La sécheresse vaginale est un motif fréquent d’inconfort pour la patiente et le couple.
Causes
Les causes les plus fréquentes sont :
Les modifications hormonales
Les hormones conditionnent l’atmosphère vaginale et une sécheresse vaginale doit faire pratiquer un examen gynécologique complet, voire un bilan hormonal. La cause hormonale la plus classique de sécheresse vaginale est la ménopause.
L’allure de la vulve après la ménopause est la suivante : on observe une sécheresse vulvaire diffuse, une blancheur des espaces entre les lèvres, un début d’atrophie des petites lèvres et du capuchon clitoridien. La muqueuse vulvaire est très fine voire transparente avec visualisation du réseau vasculaire sous-jacent.
A un stade plus avancé, une véritable atrophie et un accolement des petites lèvres peut s’observer, avec des fissures ainsi qu’un rétrécissement de l’orifice vaginal avec bride postérieure le plus souvent.
Le médecin effectue un examen de la vulve pour détecter une infection, une sécheresse vaginale post ménopausique…
Traitement et soin de la sécheresse vaginale
La sécheresse vaginale doit amener à consulter un médecin pour déterminer avec lui les causes et les traitements possibles ( traitement hormonal local (crèmes, ovules) et/ou généraux (Traitement Hormonal substitutif de la Ménopause), sexologie… ).
Le traitement local consiste surtout – outre le traitement d’une infection – en l’application de gels lubrifiants (crème, gel, huile, ovule, capsule vaginale unidose). Il convient d’éviter la vaseline qui peut fragiliser les préservatifs et favoriser leur rupture lors d’un rapport.
La toilette intime devra tenir compte des particularités de la vulve et du vagin :
Elle doit toujours être douce.
Une seule toilette par jour (voire deux) est tout à fait suffisante, même en cas d’infection.
Les savons irritants, antiseptiques doivent être proscrits
Il faut laver la vulve avec un savon doux et si une toilette vaginale est nécessaire, elle doit être faite à l’eau claire.
En conclusion : le mieux est l’ennemi du bien. La plupart des affections vulvo-vaginales ne guérissant pas sous traitement médical ont pour cause une irritation due à des lavages intempestifs, l’emploi de produits caustiques etc.
Herpès génital : symptômes, contagion, traitement et grossesse
Herpès génital de l’homme
L’herpès génital est une infection sexuellement transmissible (IST) due au virus Herpes Simplex, le plus souvent de type 2 (HSV-2). Il touche environ 20% de la population sexuellement active — et 80% des personnes infectées ne savent pas qu’elles le sont, ce qui en fait l’une des IST les plus méconnues. Il ne guérit pas définitivement mais se contrôle efficacement par antiviraux.
Lésions génitales évocatrices ou récurrences fréquentes ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
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HERPES
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L’herpès génital est causé par HSV-2 dans 60 à 80% des cas, et par HSV-1 dans 20 à 40% des cas — ce dernier transmis par voie oro-génitale (pratiques bucco-génitales). En France :
À 50 ans, 60% de la population est séropositive pour HSV-1 et 15% pour HSV-2
20% des personnes sexuellement actives sont infectées par HSV génital
80% des personnes infectées ne savent pas qu’elles le sont — et peuvent transmettre le virus
💡 Point important : l’apparition d’un herpès génital au sein d’un couple n’est pas forcément le signe d’une infidélité récente — le virus peut rester en sommeil pendant des années avant de se réactiver.
Comment se transmet l’herpès génital ?
Par contact direct peau à peau ou muqueuse à muqueuse lors de rapports sexuels vaginaux, anaux ou oro-génitaux
Le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque — des particules virales présentes sur le pubis ou les muqueuses adjacentes peuvent être transmises
La transmission est possible sans lésion visible — par excrétion virale asymptomatique, qui représente en réalité la majorité des transmissions
Le virus est fragile hors du corps humain — le risque de contamination via une cuvette de toilettes ou un linge est quasi nul
Les 3 phases de l’infection herpétique
Phase
Description
Contagiosité
Primo-infection
Premier contact avec HSV — asymptomatique dans 90% des cas. Quand symptomatique : vésicules douloureuses, ganglions de l’aine, fièvre possible. Incubation 2 à 12 jours
Élevée
Infection initiale
Premier contact avec HSV-1 ou HSV-2 chez une personne déjà infectée par l’autre type. Symptômes souvent moins sévères
Élevée
Réactivation (récurrence)
Le virus se « réveille » dans le ganglion sacré et migre vers la peau. Lésions souvent moins intenses que la primo-infection. Peut être asymptomatique (excrétion virale silencieuse)
Possible même sans lésion
Symptômes de l’herpès génital
Herpès génital de la femmeHerpès génital — vésicules
Les symptômes de la primo-infection (quand elle est symptomatique) :
Vésicules sensibles ou douloureuses sur fond rouge gonflé, apparaissant 5 à 10 jours après le rapport contaminant
Les vésicules se rompent et forment des érosions (exulcérations) très douloureuses — guérison en environ une semaine
Ganglions de l’aine
Chez la femme : gonflement vulvaire important, brûlures lors de la miction
Les récurrences sont généralement moins intenses — précédées de prodromes (picotements, brûlures) puis vésicules groupées en bouquet dans la même zone que la primo-infection.
Facteurs déclenchants des récurrences : stress psychologique ou physique, fatigue, infection (grippe), règles, chirurgie, immunodépression.
Diagnostic de l’herpès génital
En cas de doute diagnostique, le médecin peut :
Prélèvement de cellules au niveau des lésions — mise en culture ou PCR (recherche de l’ADN viral) — résultat en 48h
Sérologie herpétique (prise de sang) — confirme le contact avec HSV mais ne localise pas les lésions. Peu utilisée seule car le taux de positivité est très élevé dans la population générale
Bilan IST complet systématiquement recommandé — sérologie VIH, syphilis, recherche de Chlamydia trachomatis
Soins locaux : nettoyer la zone génitale une fois par jour avec un produit doux, sans frotter, bien sécher.
⚠️ Herpès génital et grossesse — risque néonatal
⚠️ Mentionnez toujours vos antécédents d’herpès génital à votre obstétricien. Si le virus est actif sur les muqueuses vaginales lors de l’accouchement, il peut être transmis au nouveau-né et provoquer une encéphalopathie herpétique néonatale — risque de cécité, retard psychomoteur, voire décès.
Contamination avant la grossesse : risque faible — la mère transmet ses anticorps au fœtus
Contamination pendant la grossesse (notamment en fin de grossesse) : risque élevé — pas encore d’anticorps protecteurs, virus potentiellement actif à l’accouchement
Mesures préventives : traitement antiviral en fin de grossesse (valaciclovir), voire césarienne en cas de primo-infection en fin de grossesse ou de récurrence lors de l’accouchement
Précautions à prendre
Informer ses partenaires — l’herpès est contagieux même sans symptômes
Utiliser un préservatif — réduit le risque sans l’éliminer totalement
En cas d’herpès génital après un rapport non protégé : bilan IST complet chez le médecin
Éviter tout rapport sexuel pendant les poussées et jusqu’à cicatrisation complète
Peut-on transmettre l’herpès génital sans avoir de lésions visibles ?
Oui — c’est même la principale voie de transmission. L’excrétion virale asymptomatique est possible à tout moment, même en l’absence de vésicules ou de lésions. On estime que la majorité des contaminations se font ainsi, par des personnes qui ne savent pas qu’elles sont infectées. C’est pourquoi 80% des personnes porteuses du virus HSV-2 l’ignorent.
L’herpès génital dans un couple signifie-t-il une infidélité ?
Pas nécessairement. Le virus HSV peut rester en sommeil dans les ganglions nerveux pendant des années, voire des décennies, avant de se réactiver. Une première poussée d’herpès génital peut survenir longtemps après la contamination initiale. Ce n’est donc pas automatiquement le signe d’une contamination récente — sauf en cas de primo-infection symptomatique clairement identifiable.
Le préservatif protège-t-il contre l’herpès génital ?
Le préservatif réduit significativement le risque de transmission mais ne l’élimine pas complètement. Des particules virales peuvent être présentes sur des zones non couvertes (pubis, lèvres, peau environnante) et se transmettre par contact peau à peau. La transmission est possible même sans pénétration.
Herpès génital et grossesse — que faire ?
Informez systématiquement votre gynécologue ou obstétricien de tout antécédent d’herpès génital. Si vous avez contracté l’herpès avant la grossesse, le risque pour le bébé est faible (anticorps protecteurs transmis). Si la contamination survient en cours de grossesse — surtout en fin — le risque est plus élevé et nécessite une prise en charge spécifique : traitement antiviral préventif et surveillance obstétricale renforcée.
Comment savoir si on a de l’herpès génital sans symptômes ?
Un test sérologique dans le sang peut détecter les anticorps anti-HSV-1 et HSV-2 — confirmant un contact passé avec le virus. Cependant ce test est peu prescrit en routine car sa positivité est très répandue dans la population et ne prédit pas l’apparition de symptômes. En cas de doute ou de comportement à risque, parlez-en à votre médecin qui pourra décider d’un bilan IST adapté.
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Herpès : causes, contamination, types et traitement — guide complet
L’herpès est une infection virale par le virus Herpes Simplex (HSV) qui touche la peau et les muqueuses. C’est l’une des infections virales humaines les plus fréquentes au monde — en France, environ 70 % de la population est porteuse de HSV1 à l’âge adulte. Une fois contracté, le virus ne disparaît jamais : il reste latent dans les ganglions sensitifs et se réactive périodiquement, provoquant des poussées récurrentes. Des traitements efficaces permettent de réduire la durée et la fréquence des crises, et de prévenir les récidives.
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L’herpès est causé par deux virus de la famille Herpesviridae : HSV1 (Herpes Simplex Virus de type 1) et HSV2. Ces virus sont strictement humains — non transmissibles à l’animal.
HSV1 est le virus le plus répandu : il infecte environ 70 % de la population française et est responsable de la grande majorité des herpès labiaux (boutons de fièvre). HSV2 est classiquement associé à l’herpès génital et concerne environ 20 % de la population. À l’âge de 50 ans, environ 60 % de la population est séropositive pour HSV1 et 15 % pour HSV2.
La distinction HSV1/HSV2 n’est toutefois pas absolue : 20 à 40 % des herpès génitaux sont dus à HSV1 par transmission oro-génitale (pratiques bucco-génitales). Et HSV1 peut provoquer un herpès génital cliniquement identique à un herpès à HSV2.
Contamination, latence et réactivation
Les virus HSV se transmettent par contact direct avec la peau ou les muqueuses infectées — même en l’absence de lésion visible. C’est le point le plus important à comprendre sur la contagiosité de l’herpès : une personne peut transmettre le virus sans avoir de bouton apparent, par excrétion virale asymptomatique dans la salive ou les sécrétions génitales.
L’incubation dure entre 2 et 12 jours après la contamination. Lors de la primo-infection, le virus pénètre dans la peau ou la muqueuse et « remonte » le long des nerfs sensitifs pour se réfugier dans les ganglions sensitifs — le ganglion trigéminé pour l’herpès labial, le ganglion sacré pour l’herpès génital. Une fois dans les ganglions, le virus est hors d’atteinte du système immunitaire et des antiviraux.
La réactivation survient lors de situations favorisantes : fatigue, fièvre, stress, règles, exposition solaire, immunodépression, prise de cortisone, rapport sexuel, chirurgie, actes dermo-esthétiques (injections de filler, laser cutané, dermabrasion). Les particules virales « descendent » alors le long des nerfs et se répliquent sur la peau, toujours au même endroit d’une poussée à l’autre.
Les trois types d’infections herpétiques
Primo-infection : premier contact infectant avec HSV1 ou HSV2. Elle peut être totalement asymptomatique (60 à 70 % des cas) ou, au contraire, très sévère — gingivostomatite herpétique fébrile avec lésions buccales douloureuses chez l’enfant, vulvovaginite herpétique chez la femme.
Infection initiale : premier contact infectant avec HSV1 ou HSV2 chez une personne déjà infectée par l’autre sérotype. Les symptômes sont souvent moins sévères que lors d’une primo-infection vraie, car l’immunité croisée partielle entre les deux types modère la réponse.
Réactivation (récurrence) : réplication virale après latence. Elle peut être clinique (éruption visible) ou asymptomatique (excrétion virale sans lésion — la personne est contagieuse sans le savoir). C’est pourquoi chacune des phases peut n’avoir aucun signe clinique apparent.
Les différentes formes d’herpès
Herpès labial — bouton de fièvre
L’herpès labial est dû à HSV1 dans la grande majorité des cas. La primo-infection survient souvent dans l’enfance (baiser d’un proche porteur). Les récurrences se manifestent par des vésicules groupées en bouquet, précédées de picotements ou de brûlures caractéristiques, toujours au même endroit (coin de la lèvre, vermillon). Évolution en 5 à 7 jours : vésicules → pustules → croûtes → cicatrisation. Déclencheurs classiques : soleil, fièvre, fatigue, stress.
Herpès génital
L’herpès génital est une infection sexuellement transmissible (IST) — un bilan IST complet est recommandé lors du diagnostic. Il est dû à HSV2 dans 60-80 % des cas, mais HSV1 représente 20 à 40 % des herpès génitaux par transmission oro-génitale. La primo-infection génitale peut être très sévère (ulcérations douloureuses, fièvre, adénopathies inguinales). Les récurrences sont souvent moins sévères. La transmission est possible même sans lésion visible — le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque.
Herpès cutané — vésicules en bouquet
L’herpès peut surgir sur d’autres zones cutanées initialement contaminées — fesses, dos, cuisses — sous forme de vésicules groupées en bouquet érythémateux, récurrentes toujours au même endroit. À distinguer du zona qui est strictement unilatéral et ne récidive quasiment jamais.
Panaris herpétique
Le panaris herpétique est une infection herpétique du doigt — souvent une primo-contamination par contact avec une lésion herpétique active (professionnel de santé, enfant se suçant le pouce porteur d’herpès buccal). Vésicules douloureuses péri-unguéales, pouvant mimer un panaris bactérien. Ne jamais inciser — la lésion est virale et non bactérienne.
Formes graves et situations d’urgence
Herpès oculaire — urgence ophtalmologique
L’herpès oculaire (kératite herpétique) donne un œil rouge, douloureux et flou — urgence ophtalmologique. Non traité, il peut provoquer des séquelles cornéennes irréversibles. Le traitement repose sur les antiviraux locaux : ganciclovir gel ophtalmique 0,15 % (Virgan®), idoxuridine (Iduviran® collyre), trifluridine 1 % (Triherpine®, Virophta® collyre), en association ou non avec l’aciclovir oral. Ne jamais utiliser de collyre cortisoné seul sur un œil rouge sans diagnostic ophtalmologique.
Syndrome de Kaposi-Juliusberg — urgence pédiatrique
Chez les enfants atteints d’eczéma atopique, le contact avec le virus herpétique peut déclencher une poussée herpétique disséminée — le syndrome de Kaposi-Juliusberg (ou eczéma herpéticum). Vésicules et érosions disséminées sur tout le corps, fièvre élevée, altération de l’état général. C’est une urgence pédiatrique nécessitant une hospitalisation et un traitement par aciclovir IV. Les parents d’enfants atopiques doivent être informés de ne pas embrasser leur enfant lors d’une poussée d’herpès labial actif.
Herpès et grossesse
L’herpès néonatal — contamination du nouveau-né lors de l’accouchement par une mère excrétant le virus — est une urgence médicale grave (mortalité élevée sans traitement, séquelles neurologiques). Une femme enceinte avec antécédent d’herpès génital doit en informer son obstétricien. Un traitement suppressif par valaciclovir est souvent prescrit à partir de 36 semaines d’aménorrhée pour prévenir une récurrence à l’accouchement. Une lésion herpétique génitale active au moment du travail peut conduire à une césarienne.
Traitement de l’herpès
Il n’existe pas de traitement éradicateur — le virus reste à vie dans les ganglions. Les antiviraux disponibles réduisent la durée et la sévérité des poussées et peuvent prévenir les récidives.
Traitement de la crise (curatif) : aciclovir topique (crème 5 %) appliqué dès les premiers picotements — raccourcit la durée si débuté précocement. Pour les formes modérées à sévères ou l’herpès génital : valaciclovir oral (500 mg × 2/j pendant 5 jours pour l’herpès labial, 1 g × 2/j pour l’herpès génital). L’efficacité est maximale si le traitement est débuté dans les 24 à 48 heures suivant l’apparition des symptômes — idéalement dès les prodromes (picotements).
Traitement suppressif (préventif) : pour les patients avec récurrences fréquentes (plus de 6 épisodes par an) ou herpès génital avec retentissement important — valaciclovir 500 mg/j en continu pendant 6 à 12 mois. Réduit la fréquence des poussées de 70 à 80 % et diminue (sans éliminer) le risque de transmission au partenaire. À discuter avec le médecin.
L’herpès a un impact psychologique souvent sous-estimé. L’herpès labial affecte l’image de soi et les interactions sociales lors des poussées. L’herpès génital perturbe plus profondément la sexualité et les relations intimes — la crainte de la transmission au partenaire, la stigmatisation associée aux IST et l’annonce au partenaire sont des sources d’anxiété importantes. Le traitement suppressif, en réduisant la fréquence des poussées, améliore significativement la qualité de vie et diminue l’anxiété liée à la transmission.
Questions fréquentes
J’ai un bouton de fièvre dès que je suis fatigué — est-ce normal ?
Oui, c’est le mécanisme classique de l’herpès labial. Le virus HSV1 reste latent dans le ganglion trigéminé et se réactive lors de situations qui fragilisent l’immunité locale — fatigue, stress, fièvre, exposition solaire, règles. Il n’est pas possible d’éradiquer le virus. En revanche, appliquer de l’aciclovir crème dès les premiers picotements raccourcit la durée de la poussée. En cas de poussées fréquentes (plus de 6/an), un traitement préventif oral par valaciclovir peut être prescrit par le médecin.
Peut-on transmettre l’herpès sans avoir de bouton visible ?
Oui — c’est le point le plus important sur la contagiosité de l’herpès. L’excrétion virale asymptomatique dans la salive ou les sécrétions génitales est responsable de la majorité des transmissions. Une personne porteuse d’HSV1 peut contaminer un partenaire par un baiser même en l’absence total de lésion visible. Pour l’herpès génital, le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque de transmission asymptomatique.
L’herpès génital et l’herpès labial sont-ils le même virus ?
Non exactement — HSV1 cause classiquement l’herpès labial et HSV2 l’herpès génital, mais cette distinction n’est pas absolue. HSV1 représente 20 à 40 % des herpès génitaux, transmis par voie oro-génitale. Un herpès génital à HSV1 récidive généralement moins fréquemment qu’un herpès génital à HSV2.
L’herpès peut-il affecter les yeux ?
Oui — l’herpès oculaire (kératite herpétique) est une urgence ophtalmologique. Tout œil rouge et douloureux chez un porteur d’herpès doit être examiné en urgence par un ophtalmologue. Ne jamais utiliser de collyre cortisoné sans diagnostic précis — les corticoïdes aggravent massivement l’herpès oculaire.
Mon enfant a de l’eczéma — quel risque avec l’herpès ?
Risque important : les enfants atopiques peuvent développer un eczéma herpéticum (syndrome de Kaposi-Juliusberg) — herpès disséminé grave nécessitant une hospitalisation. Ne jamais embrasser un enfant atopique lors d’une poussée d’herpès labial actif. Informer tous les proches porteurs d’herpès labial de cette précaution.
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Il est toujours angoissant de se découvrir des pertes vaginales, notamment quand celles-ci sentent mauvais… que se passe-t-il dans mon vagin?
Cette mauvaise odeur du vagin et ces pertes sentant le poisson touchent environ une femme sur 5. C’est donc fréquent
La flore vaginale normale
Le vagin contient de nombreuses bactéries composant la flore vaginale, composées à environ 95% de bactéries lactiques ou lactobacilles. Ces bactéries assurent un taux d’acidité dans le vagin, limitant le risque de voir des bactéries pathogènes se développer. Il s’agit de la flore de Doderlein, protectrice vis-à-vis de nombreuses maladies.
Un déséquilibre de la flore vaginale
Une vaginose bactérienne se développe quand la flore vaginale normale est remplacée par d’autres bactéries, le plus souvent anaérobies, c’est-à-dire qu’elles n’ont pas besoin d’oxygène pour pulluler ( Gardnerella vaginalis, Bacteroides, Prevotella, Mobiluncus species, Mycoplasma hominis…). Ceci peut entraîner une augmentation des pertes vaginales, d’odeur nauséabonde. On parle alors de vaginose bactérienne
La vaginite se présente sous la forme d’une vulvite rouge profuse, débordant sur les petites lèvres et la fourchette postérieure, associée à des pertes fluides, spumeuses blanc-jaunâtres et malodorantes. Il existe également une rougeur vaginale. On note parfois un piqueté rouge.
Alors qu’en cas de vaginose il n’y a qu’une augmentation des pertes, qui sont souvent malodorantes.
Causes de la vaginose bactérienne
Un certain nombre de facteurs peuvent influer sur la composition normale de la flore vaginale :
Antibiotiques
De nombreux antibiotiques vont détruire la flore naturelle du vagin et la déséquilibrer, entrainant la pullulation de bactéries, et pouvant entrainer une vaginose bactérienne, mais aussi de candida albicans responsable le plus souvent de la mycose vaginale.
Changements hormonaux et de contraception
Périodes du cycle, changement de contraception, mise en place d’un stérilet…
La vaginose bactérienne est favorisée par une hygiène trop intense (douches vaginales notamment)
Rapports sexuels
Les rapports sexuels fréquents, le fait d’avoir plusieurs partenaires sexuels,
des antécédents de MST ou d’épisode antérieur de vaginose bactérienne sont des facteurs de risque de vaginose bactérienne.
Est-ce une MST?
A proprement parler la vaginose bactérienne n’est pas une Maladie Sexuellement Transmissible, même si les rapports fréquents ou les prises de risque sexuel sont des facteurs de risque d’avoir une vaginose.
De plus, la flore protégeant le vagin de certaines MST étant déséquilibrée, la vaginose bactérienne facilite la contamination par des infections sexuellement transmissibles(gonorrhée, infection à Chlamydia trachomatis, herpes génital, VIH…) qui peuvent passer inaperçues, masquées par les symptomes de la vaginose.
Attention elle peut passer inaperçue dans la moitié des cas!
La vaginose bactérienne est asymptomatique dans plus de la moitié des cas : elle ne provoque pas de démangeaisons. Les symptômes évocateurs sont alors la mauvaise odeurs, voire des sensations de brûlures vaginales et vulvaires et des douleurs lors des rapports sexuels.
Diagnostic
Le diagnostic de la vaginose bactérienne repose soit sur les critères d’Amsel : 3 des 4 critères suivant
pertes fluides homogènes,
pH>4,5,
test à la potasse positif,
présence de clue cells
soit sur un score de Nugent ≥7 à la coloration de Gram.
Traitement
Tout d’abord le médecin va éliminer une vaginite (infection) par l’examen clinique et il fera le plus souvent un prélèvement vaginal pour mise en culture et mise en évidence des bactéries en présence
Il est conseillé de réduire son activité sexuelle ou d’utiliser des préservatifs sur toute la durée du traitement.
Cependant, le traitement du partenaire sexuel n’est pas nécessaire car il ne permettait pas de diminuer le risque de récidive.
1/ Faut-il traiter?
La vaginose bactérienne régresse souvent spontanément par obtention d’un rééquilibrage de la flore vaginale. Les médecins ne traitent donc que si les symptomes persistent, s’aggravent ou s’il y a une plainte de la patiente et/ou de ses partenaires. De même, chez la femme enceinte, le traitement devra être discuté car la vaginose bactérienne augmente le risque de naissance prématurée et de rupture prématurée des membranes. Le traitement médical est en effet à base d’antibiotiques.
Cependant les traitements sont suivis d’une récidive dans 80% des cas à 3 mois
2/ Comment soigner la vaginose bactérienne
Traitement local
Deux types de traitements locaux peuvent être employés dans la vaginose bactérienne :
Antibiotiques locaux
Il s’agit d’un traitement antibiotique local en ovules (Flagyl* ovules)
Produits sans antibiotiques
On peut utiliser une préparation vaginale à base de lactobacilles et de probiotiques qui vont soit réensemencer la flore de lactobacilles, soit favoriser leur pullulation
En cas d’atrophie vaginale voire de sécheresse vaginale, on peut utiliser une crème vaginale aux oestrogènes
Traitement par voie orale
Le traitement de la vaginose bactérienne requiert l’emploi d’un antibiotique par voie orale, le metronidazole (Flagyl*) à la dose de 500mg/j pendant 7j
Ces antibiotiques entraînent quelques effets indésirables tels que de légères nausées, et il est formellement déconseillé de boire de l’alcool pendant la durée du traitement sous peine d’effet antabuse (chaleur, rougeurs, vomissements, tachycardie).
On peut aussi utiliser le secnidazole (Secnol*), 2 g (un sachet) en une prise unique. Les effets secondaires du secnidazole sont principalement des nausées, vomissements, douleurs abdominales, dysgueusie (goût métallique), inflammation de la bouche et de la langue, leucopénie, maux de tête, vertiges, incoordination, ataxie, paresthésies, polynévrites sensitivomotrices et allergie.
La caractéristique essentielle d’une Dyspareunie est une douleur génitale qui est associée aux rapports sexuels (Critère A).
Bien qu’elle soit éprouvée le plus souvent pendant le coït, elle peut également se produire avant ou après les rapports. Le trouble peut survenir chez l’homme comme chez la femme. Chez la femme, la douleur peut être
décrite comme superficielle pendant l’intromission ou comme profonde pendant le va et vient du pénis.
L’intensité des symptômes peut aller d’une légère gêne à une douleur aiguë.
L’affection doit être à l’origine d’un désarroi marqué ou de difficultés interpersonnelles (Critère B).
La perturbation n’est pas due exclusivement à un Vaginisme ou à un manque de lubrification (sécheresse vaginale), n’est pas mieux expliquée par un autre trouble de l’Axe I (à part une autre Dysfonction sexuelle) et n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une substance (p. ex., une substance donnant lieu à abus, un médicament), ou d’une affection médicale générale (Critère C)
Caractéristiques et troubles associés
La Dyspareunie est rarement une plainte dominante dans un service de santé mentale. Les sujets souffrant de Dyspareunie s’adressent habituellement aux services de médecine générale pour être traités. Typiquement, l’examen physique des individus atteints de ce trouble ne met pas en évidence d’anomalies génitales. Le fait d’éprouver de
manière répétée une douleur génitale pendant le coït peut avoir pour résultat un évitement des expériences sexuelles existantes ou une limitation du développement de nouvelles relations sexuelles.
Vaginisme
Caractéristiques diagnostiques
La caractéristique essentielle du Vaginisme est une contraction involontaire, répétée et persistante, des muscles périnéaux qui entourent le tiers externe du vagin, en cas de tentative de pénétration par le pénis, le doigt, un tampon ou un spéculum (Critère A).
L’affection doit être à l’origine d’un désarroi marqué ou de difficultés interpersonnelles (Critère B).
L’affection n’est pas mieux expliquée par un autre trouble de l’Axe I (à part une autre Dysfonction sexuelle) et n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une affection médicale générale (Critère C).
Chez certaines femmes, la simple anticipation d’une pénétration vaginale peut déclencher un spasme musculaire.
La contraction peut aller de légère, responsable d’un certain resserrement et d’une certaine gêne, à sévère, empêchant la pénétration.
Caractéristiques et troubles associés
Les réponses sexuelles (p. ex., désir, plaisir, capacité orgasmique) peuvent ne pas être altérées tant qu’une pénétration n’est pas tentée ou anticipée. L’obstruction physique due à la contraction musculaire empêche habituellement le coït. De ce fait, l’affection peut limiter le développement des relations sexuelles et interrompre des relations existantes. On a rapporté des cas de non consommation de mariage et d’infertilité associés à cette affection. Le diagnostic est souvent porté au cours d’examens gynécologiques de routine où, en réaction à l’examen pelvien, on peut observer immédiatement une contraction de l’orifice vaginal. Dans certains cas, l’intensité de la contraction peut être si sévère ou prolongée qu’elle est à l’origine d’une douleur. Cependant, chez certaines femmes, le vaginisme ne se produit qu’au cours des rapports sexuels et pas pendant
un examen gynécologique. L’affection est plus souvent retrouvée chez les jeunes femmes que chez les femmes plus âgées, chez des femmes ayant une attitude négative envers le sexe et chez les femmes ayant des antécédents d’abus ou de traumatismes sexuels.
Évolution
Le Vaginisme, dans sa forme : de tout temps, débute habituellement de façon brusque, se manifestant pour la première fois au cours des tentatives initiales de pénétration sexuelle par un partenaire ou au cours des premiers examens gynécologiques. Une fois que le trouble s’est installé, l’évolution est habituellement chronique, à moins d’une amélioration par un traitement. Le Vaginisme acquis peut également apparaître soudainement en réaction à un traumatisme sexuel ou à une affection médicale générale.
Diagnostic différentiel
Le Vaginisme doit être distingué d’une Dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale. Le diagnostic approprié est celui d’une Dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale quand on estime que la dysfonction est due exclusivement aux effets physiologiques d’une affection médicale générale spécifiée (p. ex., endométriose ou infection vaginale). Cette détermination repose sur les antécédents, les examens complémentaires ou l’examen physique. Le Vaginisme peut persister en tant que problème séquellaire après la résolution de l’affection médicale générale. Si le Vaginisme et une affection médicale générale sont tous deux présents, mais qu’on estime que les spasmes vaginaux ne sont pas dus exclusivement aux effets physiologiques directs de l’affection médicale générale, on fait un diagnostic de Vaginisme dû à une combinaison de facteurs. Le Vaginisme peut également se produire en association avec d’autres Dysfonctions sexuelles (p. ex., Trouble : baisse du désir sexuel). Dans ce cas, les deux diagnostics doivent être enregistrés. Bien qu’une douleur associée aux rapports sexuels puisse se produire dans le Vaginisme, on ne porte pas un diagnostic additionnel de Dyspareunie.
Critères diagnostiques du Trouble du Vaginisme
A. Spasme involontaire, répété ou persistant, de la musculature du tiers
externe du vagin perturbant les rapports sexuels.
B. La perturbation est à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés
interpersonnelles.
C. La perturbation n’est pas mieux expliquée par un autre trouble de
l’Axe I (p. ex., Somatisation) et n’est pas due exclusivement aux effets
physiologiques directs d’une affection médicale générale.
Article rédigé d’après les critères du DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux).
L’éjaculation précoce est la dysfonction sexuelle masculine la plus fréquente. Elle se caractérise par une éjaculation survenant de façon répétée et persistante lors de stimulations sexuelles minimes, avant, pendant ou juste après la pénétration, et avant que le sujet ne le souhaite, engendrant une souffrance marquée ou des difficultés relationnelles.
Psycho-dermatologie : dysfonctions sexuelles et peau
La psycho-dermatologie étudie les interactions entre la psyché et la peau. Si le lien entre éjaculation précoce et dermatologie peut sembler indirect, il est en réalité multiple et cliniquement pertinent pour le dermatologue.
Éjaculation précoce et peau : liens cliniques en psycho-dermatologie :
Maladies cutanées génitales et dysfonction sexuelle : les dermatoses génitales (balanite, lichen scléreux, psoriasis génital, eczéma de contact) peuvent modifier la sensibilité locale et participer à une éjaculation précoce de type situationnel, par hypersensibilité cutanée ou, à l’inverse, par anxiété de performance liée aux lésions visibles.
Anxiété sociale liée aux dermatoses visibles : les patients souffrant d’acné sévère, de psoriasis du visage ou du corps, ou de vitiligo génital peuvent développer une anxiété de performance sexuelle intense, facteur déclenchant ou aggravant de l’éjaculation précoce.
Traitements dermatologiques et dysfonction sexuelle : certains médicaments utilisés en dermatologie ont des effets sur la fonction sexuelle — les antidépresseurs ISRS (prescrits dans la dermatillomanie, le prurit psychogène ou la rosacée en association) allongent le délai éjaculatoire et sont d’ailleurs utilisés hors AMM dans le traitement de l’éjaculation précoce. À l’inverse, le sevrage des opiacés (utilisés en antalgie dermatologique) peut déclencher une éjaculation précoce.
Herpès génital récidivant et anxiété sexuelle : la honte et la crainte de transmettre l’herpès génital génèrent une anxiété chronique qui peut se traduire par une dysfonction sexuelle, dont l’éjaculation précoce situationnelle.
Isolement social et dépression cutanée : la souffrance psychologique liée aux maladies cutanées chroniques invalidantes peut conduire à un retrait de la vie affective et sexuelle, renforçant les troubles érectiles et éjaculatoires par manque d’entraînement et anxiété de performance.
Prendre rendez-vous avec le Dr Rousseau, dermatologue à Bordeaux
Dermatose génitale, lichen scléreux, balanite ou herpes génital récidivant ? Consultez pour une prise en charge dermatologique spécialisée.
La caractéristique essentielle de l’éjaculation précoce est la survenue répétée et persistante d’un orgasme et d’une éjaculation lors de stimulations sexuelles minimes, avant, pendant ou juste après la pénétration, et avant que le sujet ne souhaite éjaculer (Critère A).
Le clinicien doit tenir compte de plusieurs facteurs modulant la durée de la phase excitatoire :
L’âge : les hommes jeunes, moins expérimentés, présentent plus fréquemment ce trouble.
La nouveauté du partenaire sexuel ou de la situation : l’anxiété et l’excitation accrues peuvent raccourcir le délai éjaculatoire.
La fréquence récente de l’activité sexuelle : une longue abstinence diminue le contrôle éjaculatoire.
La majorité des hommes atteints de ce trouble sont capables, lors de la masturbation, de différer l’orgasme bien plus longtemps qu’au cours du coït — ce qui témoigne d’une composante anxieuse et relationnelle importante.
Pour constituer un diagnostic, l’affection doit être à l’origine d’un désarroi marqué ou de difficultés relationnelles (Critère B). Des épisodes occasionnels, non persistants et sans souffrance significative ne justifient pas le diagnostic.
Sous-types et classification
Dimension
Sous-type
Description
Mode de début
De tout temps (primaire)
Présent depuis les premières expériences sexuelles
Acquis (secondaire)
Survenu après une période de fonctionnement adéquat
Contexte
Généralisé
Présent dans toutes les situations et avec tous les partenaires
Situationnel
Limité à certains contextes, partenaires ou périodes
Étiologie
Facteurs psychologiques
Anxiété de performance, trauma, croyances erronées
Combinaison de facteurs
Psychologique + organique ou situationnel
Point clinique : La forme situationnelle acquise doit faire rechercher un facteur déclenchant : anxiété de performance avec une nouvelle partenaire, réduction de la fréquence des rapports, dysfonction érectile associée, ou consommation chronique d’alcool utilisée jusque-là pour différer l’orgasme.
Évolution
L’éjaculation précoce est typiquement présente dès les premières tentatives de rapports sexuels chez l’homme jeune. Une majorité apprend à différer l’orgasme avec l’âge et l’expérience. Cependant :
Certains hommes présentent une récurrence avec un nouveau partenaire, même après une période de contrôle satisfaisant dans une relation stable.
D’autres développent une éjaculation précoce acquise après une période de fonctionnement adéquat, souvent dans un contexte de dysfonction érectile associée, d’anxiété intense ou de sevrage alcoolique.
Les hommes ayant utilisé l’alcool comme moyen de différer l’orgasme peuvent voir apparaître une éjaculation précoce à l’arrêt de la consommation, faute d’avoir développé d’autres stratégies comportementales.
Retentissement relationnel : Certains hommes non mariés hésitent à rencontrer de nouveaux partenaires par crainte de l’embarras causé par ce trouble, ce qui peut conduire à un isolement social et affectif — lui-même aggravant l’anxiété de performance et entretenant un cercle vicieux psycho-sexuel.
Diagnostic différentiel
Le diagnostic différentiel principal est la dysfonction érectile : certains hommes souffrant de troubles de l’érection négligent leurs stratégies habituelles de contrôle éjaculatoire, ou requièrent une stimulation prolongée pour atteindre une érection suffisante — générant une excitation si intense que l’éjaculation survient immédiatement à l’intromission.
Par ailleurs :
Des problèmes éjaculatoires occasionnels, non persistants et sans souffrance significative ne constituent pas un diagnostic d’éjaculation précoce.
Une éjaculation précoce exclusivement liée à une substance (sevrage des opiacés, par exemple) justifie le diagnostic de « Dysfonction sexuelle induite par une substance » plutôt que celui d’éjaculation précoce primaire.
Critères diagnostiques DSM
A. Trouble de l’éjaculation persistant ou répété lors de stimulations sexuelles minimes avant, pendant ou juste après la pénétration, et avant que le sujet ne souhaite éjaculer. Le clinicien tient compte de l’âge, de la nouveauté de l’expérience ou du partenaire, et de la fréquence récente des rapports.
B. La perturbation est à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés interpersonnelles.
C. L’éjaculation précoce n’est pas due exclusivement aux effets directs d’une substance (ex. sevrage aux opiacés).
Spécifier : Type de tout temps / Type acquis — Type généralisé / Type situationnel — Dû à des facteurs psychologiques / Dû à une combinaison de facteurs.
Traitement : L’éjaculation précoce répond bien à une combinaison d’approches. Les thérapies cognitivo-comportementales (techniques de stop-and-start, de squeezing) sont efficaces et constituent le traitement de référence. Les ISRS (paroxétine, sertraline — hors AMM) allongent le délai éjaculatoire par leur effet retardateur central. La dapoxétine (Priligy®) est le seul ISRS disposant d’une AMM spécifique dans l’éjaculation précoce en France. Les anesthésiques locaux topiques (lidocaïne/prilocaïne en crème ou spray) représentent une option dermatologique simple et efficace — ils réduisent la sensibilité locale du gland sans altérer le plaisir si appliqués correctement.
Dermatose génitale impactant votre vie intime ?
Le Dr Rousseau prend en charge les affections cutanées génitales (balanite, lichen, herpès) et évalue leur retentissement sur la qualité de vie.
Une maladie de peau au niveau génital peut-elle provoquer une éjaculation précoce ?
Oui. Les dermatoses génitales (balanite, lichen scléreux, psoriasis génital, eczéma de contact, herpès récidivant) peuvent modifier la sensibilité locale et générer une anxiété de performance qui favorise l’éjaculation précoce situationnelle. Le traitement dermatologique de la lésion causale améliore souvent la dysfonction sexuelle associée.
Les crèmes anesthésiantes comme l’EMLA® peuvent-elles traiter l’éjaculation précoce ?
Oui. Les anesthésiques locaux topiques (lidocaïne/prilocaïne en crème type EMLA® ou en spray) sont une option thérapeutique reconnue. Appliqués sur le gland 20 à 30 minutes avant le rapport (et rincés avant la pénétration pour ne pas désensibiliser le partenaire), ils réduisent la sensibilité locale et allongent le délai éjaculatoire. Le dermatologue est donc un interlocuteur naturel pour cette indication.
L’alcool aide-t-il vraiment à retarder l’éjaculation ?
L’alcool ralentit effectivement la réponse nerveuse et peut retarder l’éjaculation à court terme. Cependant, utiliser l’alcool comme stratégie de contrôle crée une dépendance comportementale : à l’arrêt de la consommation, l’éjaculation précoce réapparaît souvent, parfois aggravée, car le patient n’a pas développé d’autres stratégies de gestion.
Quelle est la différence entre éjaculation précoce primaire et acquise ?
L’éjaculation précoce primaire est présente depuis les premières expériences sexuelles — elle traduit généralement une hypersensibilité neurologique et/ou une composante psychologique constitutionnelle. La forme acquise survient après une période de fonctionnement satisfaisant et doit faire rechercher un facteur déclenchant : anxiété de performance, nouvelle partenaire, dysfonction érectile associée, sevrage alcoolique ou médicamenteux.
Les médicaments pour la peau peuvent-ils aggraver ou améliorer l’éjaculation précoce ?
Oui dans les deux sens. Les ISRS (paroxétine, sertraline), utilisés dans les troubles psycho-cutanés (dermatillomanie, prurit psychogène), allongent le délai éjaculatoire — cet effet secondaire est utilisé hors AMM comme traitement de l’éjaculation précoce. À l’inverse, certains opiacés utilisés en antalgie peuvent modifier la fonction éjaculatoire, et leur sevrage peut déclencher une éjaculation précoce transitoire.
Sur le même sujet – Psycho-dermatologie et sexualité :
Consultation en dermatologie génitale et psycho-dermatologie à Bordeaux
Pour toute affection cutanée génitale ou son retentissement sur la qualité de vie, le Dr Rousseau vous reçoit en cabinet ou en téléconsultation.
Trouble de l’orgasme : ce que le dermatologue doit savoir — psychoderm atologie et médicaments à risque
Le trouble de l’orgasme — absence ou retard persistant de l’orgasme malgré une excitation sexuelle normale — est plus fréquent qu’on ne le pense, et le dermatologue y est confronté de deux façons différentes. D’une part, il prescrit des médicaments qui peuvent altérer la fonction orgasmique (rétinoïdes, spironolactone, finastéride, certains antifongiques) sans toujours en informer ses patients. D’autre part, certaines affections cutanées génitales — lichen scléreux, lichen plan vulvaire, dermatites de contact intimes — peuvent physiquement entraver l’orgasme féminin et doivent être dépistées. La psychoderm atologie invite le dermatologue à ne pas occulter cette dimension lors de ses consultations, d’autant que le silence des patients sur leur vie sexuelle est la règle plutôt que l’exception.
Problèmes de sexe
Vous ressentez des effets sexuels liés à un traitement dermatologique ou à une affection génitale ?
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Trouble de l’orgasme et dermatologie : les liens cliniques
La psychoderm atologie enseigne que le dermatologue n’est pas un simple prescripteur de crèmes et de lotions : il s’occupe d’une peau qui est aussi un organe de la relation, du plaisir et de l’identité corporelle. Deux situations justifient que le dermatologue s’intéresse au trouble de l’orgasme :
Informer le patient avant la prescription — adapter ou substituer si impact significatif
Affections cutanéo-génitales entravant l’orgasme
Lichen scléreux vulvaire, lichen plan génital, dermatites de contact, candidoses récidivantes douloureuses
Traiter la dermatose génitale — dépistage actif lors de la consultation
💡 La question à poser : lors d’une prescription de spironolactone pour une acné hormonale, de finastéride pour une alopécie masculine, ou d’isotrétinoïne, il est de bonne pratique d’informer le patient des possibles effets sur la libido et la fonction orgasmique — et de laisser une porte ouverte pour qu’il en parle en cas de gêne. La grande majorité des patients n’aborderont jamais ce sujet spontanément.
Médicaments dermatologiques à risque d’altération orgasmique
Diminution de la libido, difficultés d’érection, trouble de l’éjaculation/orgasme (3-8 % des patients, parfois persistants après arrêt = post-finastéride syndrome)
Information préalable obligatoire — réévaluation si symptômes persistants plus de 4 semaines
Cas rapportés de sécheresse vaginale (lié à l’effet anti-séborrhéique généralisé) pouvant gêner l’excitation et l’orgasme ; effets dépressifs documentés pouvant retentir sur la sexualité
Sécheresse vaginale : lubrifiants non hormonaux — surveiller l’humeur sous traitement
Acétate de cyprotérone (Androcur®)
Hirsutisme, acné hormonale
Anti-androgénique puissant → diminution notable de la libido et de la réponse orgasmique
Discuter le rapport bénéfice/risque — alternative si l’impact sur la sexualité est inacceptable pour la patiente
Favorise les mycoses génitales récidivantes par dysbiose — pouvant rendre les rapports douloureux et altérer l’orgasme
Probiotiques oraux associés — traitement antifongique si mycose installée
⚠️ Syndrome post-finastéride : chez certains patients, les effets sexuels du finastéride (baisse de libido, trouble de l’érection, anéjaculation) peuvent persister plusieurs mois à plusieurs années après l’arrêt du médicament. Ce syndrome est reconnu et documenté, bien que sa prévalence exacte soit débattue. Il justifie une information claire et écrite avant toute prescription de finastéride dans l’alopécie.
Affections dermatologiques génitales et trouble de l’orgasme
Plusieurs dermatoses génitales peuvent physiquement empêcher ou altérer l’orgasme :
Affection
Mécanisme d’altération de l’orgasme
Traitement
Lichen scléreux vulvaire
Sclérose et fusion des petites lèvres → rétrécissement de l’introïtus → dyspareunie → évitement sexuel → anorgasmie secondaire
Dermocorticoïdes de classe I — tacrolimus topique — chirurgie si fusion labiale avancée
Lichen plan génital
Érosions douloureuses chroniques → rapports impossibles ou douloureux
Dermocorticoïdes, immunosuppresseurs locaux — prise en charge multidisciplinaire
Dermatite de contact génitale
Brûlures et douleurs au contact → évitement tactile → inhibition orgasmique
Trouble de l’orgasme chez la femme : définition et critères
La caractéristique essentielle du trouble de l’orgasme chez la femme est une absence ou un retard répété ou persistant de l’orgasme après une phase d’excitation sexuelle normale. Il existe une grande variabilité entre les femmes dans le type ou l’intensité de la stimulation nécessaire pour déclencher un orgasme — ce qui rend le diagnostic essentiellement clinique et contextuel.
Critères diagnostiques (DSM)
Critère
Description
A
Absence ou retard persistant ou répété de l’orgasme après une phase d’excitation sexuelle normale — le clinicien estime que la capacité orgasmique est inférieure à ce qu’elle devrait être compte tenu de l’âge, de l’expérience sexuelle et de l’adéquation de la stimulation reçue
B
La perturbation est à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés interpersonnelles
C
La dysfonction n’est pas mieux expliquée par un autre trouble psychiatrique, et n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une substance (médicament, substance) ou d’une affection médicale générale
Données cliniques importantes
La plupart des troubles de l’orgasme chez la femme sont primaires (de tout temps) plutôt qu’acquis
Une fois qu’une femme a atteint l’orgasme, il est rare qu’elle perde cette capacité, sauf en cas de mauvaise communication sexuelle, de conflit relationnel, de traumatisme, de trouble de l’humeur ou d’affection médicale intercurrente
La capacité orgasmique n’est pas corrélée à la taille du vagin ni au tonus musculaire pelvien selon les études contrôlées
Beaucoup de femmes accroissent leur capacité orgasmique en expérimentant une plus grande diversité de stimulations et en acquérant plus de connaissances sur leur propre corps
Diagnostic différentiel — cause organique à éliminer
Cause organique
Mécanisme
Lésion de la moelle épinière
Interruption des voies de la sensibilité génitale
Diabète mal équilibré
Neuropathie autonome génitale
Cancer pelvien / chirurgie pelvienne
Altération de la phase excitatoire plutôt qu’orgasmique
Effet pharmacologique direct sur la réponse orgasmique — à distinguer de la dysfonction psychogène
Trouble de l’orgasme chez l’homme : définition et critères
La caractéristique essentielle du trouble de l’orgasme chez l’homme est une absence ou un retard répété ou persistant de l’orgasme après une phase d’excitation sexuelle normale. Dans la forme la plus commune, un homme ne parvient pas à atteindre l’orgasme pendant un rapport sexuel, bien qu’il puisse éjaculer après stimulation manuelle ou orale. Certains ne peuvent éjaculer qu’en se masturbant.
Critères diagnostiques (DSM)
Critère
Description
A
Absence ou retard persistant ou répété de l’orgasme après une phase d’excitation sexuelle normale lors d’une activité sexuelle jugée adéquate en intensité, durée et orientation, compte tenu de l’âge
B
La perturbation est à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés interpersonnelles
C
Non mieux expliqué par un autre trouble psychiatrique, et non dû exclusivement aux effets d’une substance ou d’une affection médicale
Points cliniques spécifiques à l’homme
De nombreux hommes présentant ce trouble décrivent une sensation d’excitation initiale, puis l’intromission devient progressivement « une corvée plutôt qu’un plaisir »
Quand un homme dissimule à sa partenaire son absence d’orgasme coïtal, le couple peut présenter une infertilité d’étiologie inexpliquée — diagnostic différentiel important
La sensation orgasmique et les contractions musculaires accompagnant l’orgasme restent intactes après prostatectomie radicale — le patient doit en être informé avant l’intervention
L’orgasme peut se produire en l’absence d’émission de sperme (anéjaculation sèche) après curage ganglionnaire ou neuropathie périphérique
Diagnostic différentiel — causes organiques et médicamenteuses
Chez l’homme, les causes organiques (hyperprolactinémie, lésion médullaire, neuropathie du pénis) et les causes médicamenteuses (alcool, opiacés, antihypertenseurs, antidépresseurs ISRS, neuroleptiques) doivent être éliminées avant de retenir un diagnostic psychogène. Un test du seuil de sensibilité cutanée du pénis peut montrer une diminution liée à une affection neurologique. Les médicaments dermatologiques à risque spécifique sont listés dans la section ci-dessus.
Le finastéride que je prends pour ma chute de cheveux peut-il m’empêcher d’avoir un orgasme ?
Oui — c’est un effet secondaire documenté, affectant environ 3 à 8 % des patients selon les études. Le finastéride inhibe la conversion de la testostérone en dihydrotestostérone, ce qui peut réduire la libido, provoquer des difficultés d’érection et altérer l’éjaculation ou l’orgasme. Dans la majorité des cas, ces effets disparaissent à l’arrêt du médicament, mais un syndrome post-finastéride avec persistance des symptômes après arrêt a été décrit. Si vous ressentez ces effets, signalez-les immédiatement à votre dermatologue — ne pas attendre en espérant que cela passe.
La spironolactone que je prends pour mon acné affecte-t-elle ma sexualité ?
La spironolactone est un anti-androgène : en bloquant l’action des hormones masculines, elle peut réduire la libido et modifier la sensibilité génitale et la réponse orgasmique chez certaines femmes. Cet effet n’est pas systématique et dépend de la dose. Si vous le ressentez, informez votre dermatologue — une réduction de la posologie ou une alternative thérapeutique peut être envisagée.
Quel lien entre une mycose génitale récidivante et les problèmes d’orgasme ?
Une mycose génitale mal contrôlée provoque des brûlures, des douleurs et un inconfort chronique lors des rapports. À terme, ce conditionnement négatif — association entre sexualité et douleur — peut entraîner une inhibition réflexe de l’excitation et de l’orgasme, même en dehors des poussées. Un traitement antifongique de fond efficace, complété si nécessaire par un accompagnement psychologique, permet dans la majorité des cas de restaurer une vie sexuelle normale.
Est-il normal de ne jamais avoir eu d’orgasme ?
L’anorgasmie primaire (n’avoir jamais atteint l’orgasme) touche environ 10 à 15 % des femmes selon les études. Elle n’est pas une pathologie en elle-même si elle n’est pas source de souffrance. En revanche, si elle génère une détresse, une frustration ou des tensions relationnelles, un accompagnement thérapeutique — sexothérapie cognitivo-comportementale en particulier — est efficace et recommandé. La capacité orgasmique augmente typiquement avec l’expérience et la connaissance de son propre corps.
Un antidépresseur prescrit pour un psoriasis sévère peut-il altérer mon orgasme ?
Oui — les antidépresseurs de la classe des ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) sont parmi les médicaments les plus fréquemment associés à des troubles de l’orgasme, dans les deux sexes. Si votre dermatologue ou médecin vous a prescrit un antidépresseur dans le cadre du retentissement psychologique d’une dermatose chronique (psoriasis sévère, eczéma), et que vous ressentez ces effets, il existe des alternatives (mirtazapine, bupropion) avec un profil sexuel plus favorable — à discuter avec le prescripteur.
Mis à jour le 12 avril 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux. Cet article intègre les critères du DSM dans une perspective dermatologique et psychoderm atologique. Il ne remplace pas une évaluation sexologique ou psychiatrique spécialisée.
La caractéristique essentielle du Trouble de l’érection chez l’homme est une incapacité persistante ou répétée à atteindre ou à maintenir jusqu’à l’accomplissement de l’acte sexuel, une érection adéquate (Critère A).
L’affection doit être à l’origine d’un désarroi marqué ou de difficultés interpersonnelles (Critère B).
La dysfonction n’est pas mieux expliquée par un autre Trouble de l’Axe I (à l’exception d’une autre Dysfonction sexuelle) et n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une substance (y compris des médicaments) ou d’une affection médicale générale (Critère C).
Il existe différents modes de dysfonction érectile. Certains sujets relatent une incapacité à obtenir une érection dès le début de l’acte sexuel. D’autres se plaignent d’avoir dans un premier temps une érection adéquate, puis d’avoir une détumescence quand
ils tentent la pénétration. D’autres encore disent avoir une érection suffisamment ferme pour permettre la pénétration, mais avoir ensuite une détumescence avant ou pendant l’intromission. Certains hommes disent pouvoir obtenir une érection uniquement pendant la masturbation ou au réveil. Il peut y avoir également une perte des capacités érectiles masturbatoires mais cela n’est pas courant.
Critères diagnostiques du Trouble de l’érection chez l’homme
A. Incapacité persistante ou répétée à atteindre, ou à. maintenir jusqu’à
l’accomplissement de l’acte sexuel, une érection adéquate.
B. La perturbation est à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés
interpersonnelles.
C. La dvsfonction érectile n’est pas mieux expliquée par un autre trouble
de l’Axe I C) l’exception d’une autre Dvsfonction sexuelle) et n’est pas
due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une substance
(c.-à-d. une substance donnant lieu à abus, un médicament) ou d’une
affection médicale générale.
Caractéristiques et troubles associés
Les difficultés érectiles du Trouble de l’érection chez l’homme sont souvent associées à une anxiété sexuelle, une peur de l’échec, un souci de la performance sexuelle et une diminution de la sensation subjective d’excitation et de plaisir sexuel. La dysfonction érectile peut causer des ruptures des relations conjugales ou sexuelles existantes et peut-être à l’origine de mariages non consommés ou d’infertilité. Ce trouble peut être
associé à un Trouble : baisse du désir sexuel et à une Éjaculation précoce. Les sujets atteints de Troubles de l’humeur et de Troubles liés à une substance relatent souvent des problèmes d’excitation sexuelle.
Évolution
Les diverses formes de Trouble de l’érection chez l’homme présentent des évolutions différentes, et l’âge de début varie beaucoup. Les quelques individus qui n’ont jamais pu avoir une érection suffisante pour accomplir un acte sexuel avec un partenaire ont classiquement un trouble chronique, de tout temps. Les cas où le trouble est acquis peuvent connaître une rémission spontanée pendant 15 à 30 % du temps.
Diagnostic différentiel
Le Trouble de l’érection chez l’homme doit être distingué d’une Dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale. Le diagnostic approprié est celui d’une Dvsfonction sexuelle due à une affection médicale générale quand on estime que la dysfonction est due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une affection médicale générale spécifiée (p. ex., diabète sucré, sclérose multiple, insuffisance rénale,
neuropathie périphérique, maladie vasculaire périphérique, lésion de la moelle épinière, lésion du système nerveux autonome postchirurgicale ou postradique) . Cette détermination est fondée sur les antécédents (p. ex., altération de la fonction érectile au cours de la masturbation), les examens complémentaires ou l’examen physique. Les études de l’intumescence pénienne nocturne peuvent démontrer l’existence d’érections survenant pendant le sommeil et peuvent aider à différencier les troubles érectiles primaires d’un Trouble de l’érection chez l’homme dû à une affection médicale générale. Les études de la pression artérielle pénienne, les examens pléthysmographiques, ou l’écho-Doppler peuvent mettre en évidence une origine vasculaire
à la diminution de la fonction érectile. Des investigations invasives telles que les tests pharmacologiques intracaverneux ou l’angiographie peuvent établir la présence de problèmes de flux artériel. La cavernographie peut évaluer la fonction veineuse. Si un Trouble de l’érection chez l’homme et une affection médicale générale sont tous deux présents, mais qu’on estime que la dysfonction érectile n’est pas due exclusivement aux
effets physiologiques directs de l’affection médicale générale, on fait le diagnostic de Trouble de l’érection chez l’homme dû à une combinaison de facteurs.
On distingue une Dysfonction sexuelle induite par une substance d’un Trouble de l’érection chez l’homme par le fait que la dysfonction sexuelle est jugée être due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une substance (p. ex., antihypertenseurs, antidépresseurs, neuroleptiques, substances donnant lieu à abus). Si un Trouble de l’érection chez l’homme et l’utilisation d’une substance sont tous deux présents, mais qu’on estime que la dysfonction sexuelle n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs de la substance utilisée, on fait le diagnostic de Trouble de l’érection chez l’homme dû à une combinaison de facteurs.
Article rédigé d’après les critères du DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux).
Les troubles du désir sexuel recouvrent deux tableaux distincts : la baisse du désir sexuel (déficience persistante de fantaisies et de motivation sexuelle) et l’aversion sexuelle (répugnance active et évitement des contacts génitaux). Ces troubles, fréquents et souvent sous-diagnostiqués, génèrent une souffrance significative et altèrent profondément la qualité relationnelle.
Psycho-dermatologie : désir sexuel et peau
La psycho-dermatologie étudie les interactions entre la psyché et la peau. Les troubles du désir sexuel et les maladies cutanées entretiennent des relations étroites et bidirectionnelles que le dermatologue rencontre régulièrement en consultation.
Désir sexuel et peau : liens cliniques en psycho-dermatologie :
Image corporelle et maladies cutanées visibles : le psoriasis étendu, le vitiligo, l’acné sévère cicatricielle, la rosacée ou l’alopécie androgénétique altèrent profondément l’image corporelle. La honte du corps — le fait de « ne pas vouloir être vu nu » — est l’une des causes les plus fréquentes et les moins diagnostiquées de baisse du désir sexuel situationnelle ou généralisée. Des études montrent que 40 à 70 % des patients atteints de psoriasis étendu rapportent une diminution du désir ou de l’activité sexuelle.
Dermatoses génitales et aversion sexuelle : le lichen scléreux vulvaire, la vulvodynie, le lichen plan génital érosif ou les condylomes génitaux répétés peuvent générer une véritable aversion sexuelle par douleur anticipée, dégoût de soi ou honte corporelle. Ces tableaux relèvent d’une prise en charge conjointe dermatologique et sexologique.
Herpès génital récidivant : la récurrence des poussées, la honte de la contamination potentielle du partenaire et la stigmatisation sociale génèrent souvent une baisse du désir durable, voire une aversion situationnelle spécifique aux périodes de doute sur l’activité virale.
Maladies cutanées et dépression : la dépression — complication fréquente du psoriasis, de l’eczéma atopique sévère et de la pelade — est elle-même l’une des premières causes de baisse du désir sexuel. Ce triangle (dermatose → dépression → baisse du désir) est fréquemment rencontré et justifie l’évaluation systématique du retentissement psychosexuel lors des consultations pour maladies cutanées chroniques.
Médicaments dermatologiques et désir sexuel : plusieurs traitements dermatologiques influencent la sexualité — les antidépresseurs ISRS (prescrits dans la dermatillomanie, le prurit psychogène) réduisent le désir sexuel ; l’isotrétinoïne (Roaccutane®) a été associée à une baisse de la libido dans certaines études ; les corticoïdes systémiques au long cours peuvent altérer l’axe gonadotrope. À l’inverse, un traitement efficace de la dermatose améliore souvent spontanément le désir en restaurant l’image corporelle.
Aversion sexuelle et dysmorphophobie cutanée : les patients souffrant de dysmorphophobie (préoccupation excessive pour une imperfection cutanée mineure) développent parfois une aversion des contacts intimes par crainte que le partenaire remarque et juge la « déficience » perçue.
Prendre rendez-vous avec le Dr Rousseau, dermatologue à Bordeaux
Maladie cutanée et retentissement sur la vie intime ? Consultez pour une prise en charge qui intègre la qualité de vie et l’image corporelle.
La caractéristique essentielle du trouble est une déficience ou une absence persistante ou répétée de fantaisies imaginatives d’ordre sexuel et de désir d’activité sexuelle (Critère A), à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés relationnelles (Critère B).
Le sujet est peu motivé dans la recherche de stimuli sexuels et éprouve peu de frustration en leur absence. Il ne prend habituellement pas l’initiative d’une activité sexuelle, ou ne s’y livre qu’avec réticence à la demande de son partenaire. La fréquence des rapports peut néanmoins être maintenue sous la pression du partenaire ou pour des besoins non sexuels (bien-être physique, sentiment d’intimité).
Nuance clinique importante : Le diagnostic repose sur un jugement clinique contextuel — il n’existe pas de norme universelle de fréquence ou d’intensité du désir. Une apparente « baisse du désir » chez l’un des partenaires peut en réalité refléter un besoin excessif d’activité sexuelle chez l’autre. Le clinicien peut être amené à examiner les deux partenaires pour trancher.
La baisse du désir peut être globale (concernant toutes formes d’expression sexuelle) ou situationnelle (limitée à un partenaire ou à une activité spécifique, par exemple les rapports mais pas la masturbation).
Sous-types
Dimension
Sous-type
Caractéristiques
Mode de début
De tout temps
Présent depuis la puberté, jamais de période de désir adéquat
Acquis
Développé après une période d’intérêt sexuel adéquat
Contexte
Généralisé
Toutes situations, tous partenaires
Situationnel
Limité à certains contextes ou partenaires — souvent d’origine relationnelle ou psychologique
Dans la forme de tout temps, l’absence de désir est présente depuis la puberté. Dans la majorité des cas, le trouble apparaît à l’âge adulte, après une période d’intérêt sexuel adéquat, souvent en lien avec un désarroi psychologique, des événements stressants ou des difficultés relationnelles. La perte du désir peut être continue ou épisodique, selon les facteurs psychosociaux ou relationnels en jeu.
Les troubles dépressifs sont fréquemment associés à une diminution du désir — la dépression peut précéder, accompagner ou résulter de la baisse du désir sexuel, créant parfois un cercle vicieux.
Diagnostic différentiel
La baisse du désir doit être distinguée d’une dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale — notamment les anomalies hormonales (hypogonadisme, hyperprolactinémie, hypothyroïdie) qui altèrent spécifiquement le substrat physiologique du désir. Un dosage de testostérone totale, testostérone libre et prolactine est indiqué en cas de suspicion.
Lorsqu’une substance ou un médicament est en cause (antihypertenseurs, ISRS, corticoïdes systémiques, anti-androgènes utilisés en dermatologie contre l’acné ou l’hirsutisme), on parle de dysfonction sexuelle induite par une substance.
Critères diagnostiques DSM
A. Déficience (ou absence) persistante ou répétée de fantaisies imaginatives d’ordre sexuel et de désir d’activité sexuelle. Le clinicien tient compte de l’âge et du contexte existentiel du sujet.
B. La perturbation est à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés interpersonnelles.
C. La dysfonction sexuelle n’est pas mieux expliquée par un autre trouble et n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une substance ou d’une affection médicale générale.
Spécifier : Type de tout temps / Type acquis — Type généralisé / Type situationnel — Facteurs psychologiques / Combinaison de facteurs.
2/ Aversion sexuelle
Définition et critères
La caractéristique essentielle de l’aversion sexuelle est une aversion extrême, persistante ou répétée, et un évitement actif de tout contact génital avec un partenaire (Critère A), à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés interpersonnelles (Critère B), non mieux expliquée par un autre trouble (Critère C).
Le sujet fait part d’une réaction d’anxiété, d’appréhension ou de dégoût quand il est confronté à une occasion de relation sexuelle. L’aversion peut se focaliser sur un aspect particulier (sécrétions génitales, pénétration vaginale) ou concerner l’ensemble des stimuli sexuels, y compris les baisers et les caresses.
L’intensité de la réaction va d’une anxiété modérée et d’une absence de plaisir à une détresse psychologique extrême.
Critères diagnostiques :
A. Aversion extrême, persistante ou répétée, et évitement de tout (ou presque tout) contact génital avec un partenaire sexuel.
B. Souffrance marquée ou difficultés interpersonnelles.
C. Non mieux expliquée par un autre trouble de l’Axe I (sauf une autre dysfonction sexuelle).
Caractéristiques associées
Confrontés à une situation sexuelle, certains patients présentent des attaques de panique : anxiété extrême, sentiment de terreur, nausées, palpitations, vertiges, difficultés respiratoires.
Les patients développent souvent des stratégies d’évitement indirectes : aller se coucher plus tôt, voyager fréquemment, négliger délibérément leur apparence extérieure, surinvestir les activités professionnelles, sociales ou familiales, ou consommer des substances.
Alerte dermato : La négligence délibérée de l’apparence comme stratégie d’évitement sexuel peut prendre des formes cutanées : refus de soins pour des dermatoses visibles, port de vêtements couvrants en toute saison, refus de traitements esthétiques pourtant bénéfiques. Le dermatologue qui observe ce tableau doit y penser et aborder la question de la vie intime du patient avec tact.
Bonne pratique : Dans les maladies cutanées à fort retentissement sur l’image corporelle (psoriasis étendu, vitiligo génital, lichen scléreux vulvaire), l’évaluation systématique de la vie sexuelle et de la qualité de vie est recommandée. Des outils validés comme le DLQI (Dermatology Life Quality Index) incluent des questions sur la vie sexuelle et permettent d’objectiver le retentissement. Une orientation vers un sexologue ou un psychologue est indiquée en cas de trouble avéré.
Psoriasis, vitiligo ou lichen génital impactant votre vie intime ?
Le Dr Rousseau évalue le retentissement psychologique et sexuel de votre maladie cutanée et coordonne la prise en charge.
Une maladie de peau peut-elle provoquer une baisse du désir sexuel ?
Oui. Les maladies cutanées chroniques visibles (psoriasis, vitiligo, acné sévère, alopécie) altèrent l’image corporelle et génèrent une honte du corps qui est l’une des causes les plus fréquentes de baisse du désir situationnelle. Des études montrent que 40 à 70 % des patients atteints de psoriasis étendu signalent une diminution de l’activité sexuelle. Le traitement efficace de la dermatose améliore souvent le désir en restaurant l’image corporelle.
Le lichen scléreux ou le lichen plan génital peuvent-ils provoquer une aversion sexuelle ?
Oui. Ces dermatoses génitales, souvent douloureuses et défigurantes localement, génèrent fréquemment une aversion sexuelle par douleur anticipée lors des rapports (dyspareunie), honte de l’aspect génital modifié et anxiété de contamination. La prise en charge dermatologique précoce et efficace est essentielle pour prévenir l’installation de ce tableau.
L’isotrétinoïne (Roaccutane®) réduit-elle le désir sexuel ?
Certaines études rapportent une baisse de la libido chez des patients traités par isotrétinoïne, mais le lien causal direct n’est pas établi avec certitude. À l’inverse, en traitant efficacement une acné sévère source de honte corporelle, l’isotrétinoïne peut améliorer l’image corporelle et restaurer le désir. L’évaluation est à individualiser avec le médecin prescripteur.
Comment le dermatologue évalue-t-il le retentissement sexuel d’une maladie de peau ?
Le DLQI (Dermatology Life Quality Index) est l’outil validé le plus utilisé en dermatologie. Il comprend une question directe sur les relations intimes. Un score élevé sur cette dimension oriente vers une évaluation approfondie et une éventuelle orientation sexologique. L’entretien clinique reste indispensable — le dermatologue peut aborder la question de façon naturelle dans le bilan de retentissement global de la maladie.
Quelle est la différence entre baisse du désir et aversion sexuelle ?
La baisse du désir est une diminution ou absence de motivation et de fantaisies sexuelles — le patient ne cherche pas le contact mais ne le redoute pas non plus. L’aversion sexuelle est une réaction active de dégoût, d’anxiété ou d’évitement face aux contacts génitaux, pouvant aller jusqu’à l’attaque de panique. L’aversion est donc plus intense et plus invalidante, et requiert généralement une prise en charge spécialisée en sexologie ou psychothérapie.
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Probleme sexuel et Troubles de l’identité sexuelle
Problemes de sexe
Article rédigé d’après le DSM
1/ DYSFONCTIONS SEXUELLES
Les Dysfonctions sexuelles sont caractérisées par une perturbation du désir sexuel et des modifications psychophysiologiques qui caractérisent le déroulement de la réponse sexuelle, et sont à l’origine d’une souffrance subjective marquée et de difficultés interpersonnelles.
Diagnostic
Une dysfonction sexuelle est caractérisée par une perturbation des processus qui caractérisent le déroulement de la réponse sexuelle ou par une douleur associée aux rapports sexuels. Le déroulement de la réponse sexuelle peut être subdivisé en plusieurs phases : 1.Désir : cette phase consiste en des fantaisies imaginatives concernant la sexualité et en un désir d’accomplir un acte sexuel. 2. Excitation : cette phase consiste en une sensation subjective de plaisir sexuel accompagnée des modifications physiologiques correspondantes. Chez l’ homme, les modifications principales consistent en une intumescence pénienne et une érection. Chez la femme, les modifications principales consistent en une congestion vasomotrice généralisée du pelvis, accompagnée d’une lubrification et d’un élargissement vaginal et d’une intumescence des organes génitaux externes. 3. Orgasme : cette phase consiste en une acmé du plaisir sexuel, accompagné d’un relâchement de la tension sexuelle et de contractions rythmiques des muscles périnéaux et des organes reproducteurs pelviens. Chez l’homme, survient une sensation irrépressible d’éjaculation, suivie de l’émission du sperme. Chez la femme, on constate des contractions de la paroi du tiers externe du vagin (qui ne sont pas toujours ressenties). Dans les deux sexes, survient une contraction rythmique du sphincter anal. 4. Résolution : cette phase consiste en une sensation de détente musculaire et un sentiment de bien-être général. Durant cette phase, l’homme est physiologiquement réfractaire pendant un certain temps à une érection ou à un orgasme. La femme, au contraire, peut être capable de répondre presque immédiatement à de nouvelles stimulations.
Les troubles de la réponse sexuelle peuvent concerner l’une ou plusieurs des phases de ce cycle.
Sous-types
Des sous-types sont disponibles pour préciser le mode de début, le contexte, et les facteurs étiologiques associés aux Dysfonctions sexuelles.
L’un des sous-types suivants peut être utilisé pour préciser le mode de début de la Dysfonction sexuelle :
Type de tout temps
Ce sous-type s’applique quand la Dysfonction sexuelle était présente dès le début de l’activité sexuelle.
Type acquis
Ce sous-type s’applique quand la Dysfonction sexuelle n’apparaît qu’après une période d’activité sexuelle normale.
L’un des sous-types suivants peut être utilisé pour préciser le contexte dans lequel apparaît la Dysfonction sexuelle :
Type généralisé
Ce sous-type s’applique quand la Dysfonction sexuelle ne se li mite pas à un certain type de stimulations, de situations ou de partenaires.
Type situationnel
Ce sous-type s’applique quand la Dysfonction sexuelle se limite à un certain type de stimulations, de situations ou de partenaires. Le schéma situationnel spécifique de la dysfonction peut aider au diagnostic différentiel.
Par exemple, l’existence d’une fonction masturbatoire normale en présence d’une altération du fonctionnement relationnel avec le/la partenaire fait suspecter que la plainte principale d’une dysfonction érectile est davantage
due à un problème interpersonnel ou intrapsychique qu’imputable à une affection médicale générale ou à une substance.
L’un des sous-types suivants peut être utilisé pour préciser les facteurs étiologiques associés à la Dysfonction sexuelle :
Due à des facteurs psychologiques
Ce sous-type s’applique quand on estime que des facteurs psychologiques jouent un rôle majeur dans l’installation,
la sévérité, l’exacerbation ou la persistance de la Dysfonction sexuelle, et quand aucune affection médicale générale ni aucune substance ne joue un rôle dans l’étiologie de la Dysfonction sexuelle.
Due à une combinaison de facteurs
Ce sous-type s’applique quand
1) on estime que des facteurs psychologiques jouent un rôle dans l’installation, la sévérité, l’exacerbation ou la persistance de la Dysfonction sexuelle et quand
2) on estime également qu’une affection médicale générale ou l’utilisation d’une substance contribue à la Dysfonction sexuelle mais ne l’explique pas entièrement. Si une affection médicale générale ou l’utilisation d’une substance (y compris les effets secondaires d’un médicament) rend entièrement compte de la Dysfonction sexuelle, le diagnostic est celui d’une Dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale et/ou celui d’une Dysfonction sexuelle induite par une substance.
Caractéristiques et troubles associés
Le jugement clinique relatif à la présence d’une Dysfonction sexuelle doit prendre en considération le contexte ethnique, culturel, religieux et social qui peut avoir une influence sur le désir sexuel, les anticipations et les attitudes relatives à l’accomplissement de l’acte sexuel. Par exemple, dans certaines sociétés, on attache moins d’importance aux désirs sexuels de la femme (en particulier quand la préoccupation principale est la fertilité). L’âge peut être associé à une diminution de l’intérêt sexuel et de l’activité sexuelle (en particulier chez les hommes), mais il y a de grandes différences d’un individu à l’autre dans le retentissement de l’âge.
Prévalence
Il y a très peu de données épidémiologiques systématiques relatives à la prévalence des diverses dysfonctions sexuelles, et elles sont extrêmement variables, ce qui reflète probablement des différences dans les méthodes d’évaluation, les définitions utilisées et les caractéristiques des échantillons de population. L’enquête la plus exhaustive à l’ heure actuelle, réalisée sur un échantillon représentatif de la population des États-Unis
dans une tranche d’âge de 18 à 59 ans, donne les taux de prévalences suivants pour diverses plaintes d’ordre sexuel : 3 % pour la dyspareunie masculine, 15 % pour la dyspareunie féminine, 10 % pour les problèmes d’orgasme chez l’homme, 25 % pour les problèmes d’orgasme chez la femme, 33 % pour la baisse du désir sexuel chez la femme, 27 % pour l’éjaculation précoce, 20 % pour les problèmes d’excitation sexuelle chez la femme, et 10 % pour les difficultés d’érection chez l’homme. La prévalence des difficultés d’érection chez l’homme augmente également après 50 ans. On ne dispose pas d’estimations des taux de prévalence pour l’aversion sexuelle, le vaginisme, les dysfonctions sexuelles dues à une affection médicale générale, et les dysfonctions sexuelles induites par une substance.
Diagnostic différentiel
Si on estime que la Dysfonction sexuelle est causée exclusivement par les effets physiologiques d’une affection médicale générale spécifique, le diagnostic est celui d’une Dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale. Cette détermination est fondée sur les antécédents, les examens complémentaires ou l’examen physique.
Si on estime que la Dysfonction sexuelle est causée exclusivement par les effets physiologiques d’une substance donnant lieu à abus, d’un médicament ou de l’exposition à une substance toxique, le diagnostic est celui d’une Dysfonction sexuelle induite par une substance. Le clinicien doit s’enquérir soigneusement de la nature et de l’étendue de l’utilisation de substances, y compris de médicaments. Des symptômes qui surviennent pendant ou peu de temps après (c.-àd. dans les 4 semaines qui suivent) une Intoxication par une substance ou après l’utilisation
d’un médicament seraient particulièrement indicatifs d’une Dysfonction sexuelle induite par une substance selon le type ou la quantité de substance utilisée ou la durée de son usage.
La caractéristique essentielle du Trouble de l’excitation sexuelle chez la femme est une incapacité à atteindre ou à maintenir jusqu’à l’accomplissement de l’acte sexuel, une réactivité sexuelle adéquate (lubrification, intumescence) (Critère A).
La réactivité sexuelle de la phase d’excitation consiste en une congestion vasomotrice du pelvis, une lubrification et un élargissement vaginal et une intumescence des organes génitaux externes.
La perturbation doit être à l’origine d’un désarroi marqué ou de difficultés relationnelles (Critère B).
La dysfonction n’est pas mieux expliquée par un autre trouble de l’Axe I (à l’exception d’une autre Dysfonction sexuelle) et n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une substance (y compris des médicaments) ou d’une affection médicale générale (Critère C)
Des données limitées suggèrent que le Trouble de l’excitation sexuelle chez la femme s’accompagne souvent de Troubles du désir sexuel et d’un Trouble de l’orgasme chez la femme. Les femmes atteintes d’un Trouble de l’excitation sexuelle peuvent avoir peu ou pas du tout de sensation subjective d’excitation sexuelle. Le trouble peut occasionner des rapports sexuels douloureux, un évitement sexuel et une perturbation des relations conjugales ou sexuelles.
Diagnostic différentiel
Le Trouble de l’excitation sexuelle chez la femme doit être distingué d’une Dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale. Le diagnostic approprié est celui d’une Dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale quand on estime que la dysfonction est due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une affection médicale générale spécifiée (p. ex., réduction des taux d’oestrogènes à la ménopause ou ultérieurement, vaginite atrophique, diabète sucré, radiothérapie pelvienne)
On a également constaté une réduction de la lubrification pendant la lactation. Cette détermination sera fondée sur les antécédents, les examens complémentaires ou l’examen physique.
Contrairement au Trouble de l’excitation sexuelle chez la femme, une Dysfonction sexuelle induite par une substance est jugée être due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une substance (p. ex., réduction de la lubrification causée par les antihypertenseurs ou les antihistaminiques)
Critères diagnostiques du Trouble de l’excitation sexuelle chez la femme
A. Incapacité persistante ou répétée à atteindre, ou à maintenir jusqu’à
l’accomplissement de l’acte sexuel, une activité sexuelle adéquate
(lubrification, intumescence).
B. La perturbation est à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés
interpersonnelles.
C. La dysfonction sexuelle n’est pas mieux expliquée par un autre
trouble de l’Axe I (à l’exception d’une autre Dysfonction sexuelle) et
n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une
substance (c.-à-d. une substance donnant lieu à abus, un médicament)
ou d’une affection médicale générale.
Dyspareunie (Non due à une affection médicale générale)
Vaginisme (Non dû à une affection médicale générale)
Dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale
Trouble : baisse du désir sexuel chez la femme due à une affection médicale générale
Trouble : baisse du désir sexuel chez l’homme due à une affection médicale générale
Trouble de l’érection chez l’homme dû à une affection médicale générale
Dyspareunie chez la femme due à une affection médicale générale
Dyspareunie chez l’ homme due à une affection médicale générale
2/ PARAPHILIES
Les Paraphilies sont caractérisées par des impulsions sexuelles, des fantaisies imaginatives, ou des comportements survenant de façon répétée et intense, qui impliquent des objets, activités ou situations inhabituels et sont à l’origine d’une souffrance subjective cliniquement significative ou d’une altération du fonctionnement social, professionnel, ou dans d’autres domaines importants.
Diagnostic
Les caractéristiques essentielles d’une Paraphilie sont des fantaisies imaginatives sexuellement excitantes, des impulsions sexuelles ou des comportements survenant de façon répétée et intense, et impliquant
1) des objets inanimés,
2) la souffrance ou l’humiliation de soi-même ou de son partenaire,
3) des enfants ou d’autres personnes non consentantes,
et qui s’étendent sur une période d’au moins 6 mois (Critère A).
Chez certaines personnes, des fantaisies imaginatives ou des stimulus paraphiliques sont obligatoires
pour déclencher une excitation érotique et font toujours partie de l’acte sexuel.
Dans d’autres cas, les préférences paraphiliques n’apparaissent qu’épisodiquement (p, ex., au cours de périodes de stress) alors qu’a d’autres moments, la personne est capable d’avoir un fonctionnement sexuel sans fantaisies imaginatives ou stimulus paraphiliques.
Pour la Pédophilie, le Voyeurisme, l’Exhibitionnisme, et le Frotteurisme, on fait le diagnostic si la personne a mis en actes ces impulsions ou si les impulsions ou les fantaisies imaginatives sexuelles sont à l’origine d’un désarroi prononcé ou de difficultés interpersonnelles. Pour le Sadisme sexuel, on fait le diagnostic si la personne a mis en actes ces impulsions avec une personne non consentante ou si les impulsions, les fantaisies imaginatives sexuelles ou les comportements sont à l’origine d’un désarroi prononcé ou de difficultés interpersonnelles. Pour les autres Paraphilies, on fait le diagnostic si le comportement, les impulsions sexuelles, ou les fantaisies imaginatives sont à l’origine d’un désarroi cliniquement significatif ou d’une altération du fonctionnement
social, professionnel, ou dans d’autres domaines importants (Critère B).
L’imagerie paraphilique peut être mise en acte avec un partenaire non consentant, de telle manière que cela lui soit préjudiciable (comme dans le Sadisme sexuel ou la Pédophilie). L’individu peut faire l’objet d’une arrestation et d’un emprisonnement. Lesagressions sexuelles envers les enfants représentent une proportion significative de
l’ensemble des crimes sexuels répertoriés, et les individus présentant un Exhibitionnisme, une Pédophilie et un Voyeurisme représentent la majorité des délinquants sexuels appréhendés. Dans certaines situations, la mise en acte de l’imagerie paraphilique peut conduite à une autoagression (comme dans le Masochisme sexuel). Les relations sociales et sexuelles peuvent en souffrir si autrui considère comme honteux ou répugnant le comportement sexuel inhabituel ou si le partenaire sexuel du sujet refuse de prendre part aux préférences sexuelles inhabituelles. Dans certains cas, le comportement inhabituel (p. ex., des actes exhibitionnistes ou la collection d’objets fétiches)
peut devenir l’activité sexuelle principale dans la vie de l’individu. Ces personnes se présentent rarement d’elles-mêmes pour un avis et n’entrent habituellement en contact avec les professionnels de la santé mentale que lorsqu’elles sont entrées en conflit avec leurs partenaires sexuels ou avec la société du fait de leur comportement.
Les Paraphilies sont des affections qui ont été identifiées spécifiquement dans des classifications antérieures. Elles comprennent l’Exhibitionnisme (exposition de ses organes génitaux), le Fétichisme (utilisation d’objets inanimés), le Frotteurisme fait de toucher ou de se frotter contre une personne non consentante), la Pédophilie
(focalisation sur des enfants prépubères), le Masochisme (être humilié ou se faire infliger des souffrances), le Sadisme sexuel (infliger humiliation ou souffrance), le Transvestisme fétichiste (revêtir les habits du sexe opposé) et le Voyeurisme. Il n’est pas rare qu’un individu ait plus d’une paraphilie.
Caractéristiques et troubles associés
Caractéristiques descriptives et troubles mentaux associés. Le stimulus préféré, même au sein d’une Paraphilie particulière, peut être hautement spécifique. Les individus qui ne disposent pas d’un partenaire consentant avec qui ils pourraient mettre en acte leurs fantaisies imaginatives peuvent louer les services de prostitué(e)s ou
peuvent mettre en acte leurs fantaisies imaginatives avec des victimes contre le gré de celles-ci. Les individus présentant une Paraphilie peuvent choisir une occupation ou se consacrer à un hobby ou faire du bénévolat qui les met en contact avec le stimulus désiré — p. ex., vendre des chaussures féminines ou de la lingerie féminine (Fétichisme), travailler avec des enfants (Pédophilie), ou conduire une ambulance (Sadisme sexuel). Ils peuvent sélectivement regarder, lire, acheter ou collectionner des photographies, films et récits centrés sur leur type préféré de stimulus paraphilique. De nombreuses personnes présentant ces troubles affirment que leur comportement ne leur cause aucun désarroi et que leur seul problème est un dysfonctionnement social résultant de la réaction d’autrui à leur comportement. D’autres font part d’une culpabilité, d’une honte ou d’une dépression extrêmes à devoir se livrer à une activité sexuelle inhabituelle qui est socialement inacceptable ou qu’ils considèrent comme
immorale. Il y a souvent une altération de la capacité à établir un rapport sexuel dans la réciprocité et l’affection et des Dysfonctions sexuelles peuvent être présentes. Des perturbations de la personnalité sont également fréquentes et peuvent être suffisamment sévères pour justifier un diagnostic de Trouble de la personnalité. Des symptômes de dépression peuvent se développer chez les sujets présentant des Paraphilies et
peuvent s’accompagner d’un accroissement de la fréquence et de l’intensité du comportement paraphilique.
bsp;
Examens complémentaires.
La pléthysmographie pénienne a été utilisée dans des unités de recherche afin d’étudier diverses paraphilies en mesurant le degré d’excitation sexuelle d’un individu en réponse à des stimulus visuels et auditifs. La fiabilité et la validité de cette procédure dans le cadre d’un examen clinique n’a pas été complètement établie, et l’expérience clinique suggère que les sujets peuvent modifier leur réponse en manipulant leurs images mentales.
Affections médicales générales associées.
Une activité sexuelle fréquente et sans protection peut avoir comme conséquence une contamination par une maladie sexuellement transmissible, ou la transmission d’une maladie sexuellement transmissible.
Prévalence
Bien que les Paraphilies soient rarement diagnostiquées dans les services de soins généraux, l’importance du marché commercial de la pornographie paraphilique et des accessoires paraphiliques suggère que sa prévalence dans la communauté est probablement plus élevée. Les problèmes les plus couramment rencontrés dans les cliniques
spécialisées dans le traitement des Paraphilies sont la Pédophilie, le Voyeurisme et l’Exhibitionnisme. Le Masochisme sexuel et le Sadisme sexuel sont beaucoup moins souvent rencontrés. Approximativement la moitié des sujets qui consultent pour une Paraphilie sont mariés.
Diagnostic différentiel
On doit distinguer une Paraphilie de l’emploi non pathologique de fantaisies imaginatives sexuelles, de comportements ou d’objets en tant que stimulus de l’excitation sexuelle chez des individus qui n’ont pas de Paraphilie. Les fantaisies imaginatives, comportements ou objets ne sont paraphiliques que lorsqu’ils conduisent à
un désarroi cliniquement significatif ou à une perturbation du fonctionnement (p. ex., lorsqu’ils sont obligatoires, à l’origine d’une dysfonction sexuelle, exigent la participation de sujets non consentants, mènent à des complications légales, interfèrent avec les relations sociales).
Dans le Retard mental, la Démence, la Modification de la personnalité due à une affection médicale générale, l’Intoxication par une substance, l’Épisode maniaque ou la Schizophrénie, il peut y avoir une diminution du jugement, des aptitudes sociales ou (lu contrôle des impulsions qui, dans de rares cas, conduisent à un
comportement sexuel inhabituel. Celui-ci peut être distingué d’une Paraphilie par le fait que le comportement sexuel inhabituel n’est pas le mode préféré ou obligatoire de l’individu, que les symptômes sexuels se produisent exclusivement au cours de l’évolution de ces troubles mentaux, et que les actes sexuels inhabituels ont plutôt tendance à être isolés que récurrents et débutent habituellement à un âge plus avancé.
Les Paraphilies individuelles peuvent être distinguées les unes des autres sur la base des différences dans la focalisation paraphilique caractéristique. Cependant, si les préférences sexuelles de l’individu remplissent les critères de plus d’une Paraphilie, toutes peuvent être diagnostiquées. L’Exhibitionnisme doit être distingué du fait d’uriner dans un lieu public, ce qui est parfois avancé comme une explication du comportement.
Le Fétichisme et le Transvestisme fétichiste impliquent souvent tous deux des articles de vêtements féminins. Dans le Fétichisme, la focalisation de l’excitation sexuelle concerne l’article de vêtement lui-même (p. ex., un panty), alors que dans le Transvestisme fétichiste, l’excitation sexuelle provient de l’acte de revêtir les vêtements
du sexe opposé. Le fait de revêtir les vêtements du sexe opposé qui est présent dans le Transvestisme fétichiste peut aussi être présent dans le Masochisme sexuel. Dans le Masochisme sexuel, c’est l’humiliation d’être obligé de s’habiller avec les vêtements du sexe opposé qui est excitante sexuellement, et non les habits eux- mêmes.
Revêtir les habits du sexe opposé peut être associé à une dysphorie concernant l’identité sexuelle. Si le sujet présente une dysphorie concernant l’identité sexuelle, mais sans que l’ensemble des critères d’un Trouble de l’identité sexuelle soient remplis, le diagnostic sera celui d’un Transvestisme fétichiste, avec dysphorie concernant l’identité sexuelle. On portera le diagnostic additionnel de Trouble de l’identité sexuelle si le tableau clinique répond à l’ensemble des critères d’un Trouble de l’identité sexuelle.
Les Paraphilies incluent :
Exhibitionnisme
On doit distinguer une Paraphilie de l’emploi non pathologique de fantaisies imaginatives sexuelles, de comportements ou d’objets en tant que stimulus de l’excitation sexuelle chez des individus qui n’ont pas de Paraphilie. Les fantaisies imaginatives, comportements ou objets ne sont paraphiliques que lorsqu’ils conduisent à
un désarroi cliniquement significatif ou à une perturbation du fonctionnement (p. ex., lorsqu’ils sont obligatoires, à l’origine d’une dysfonction sexuelle, exigent la participation de sujets non consentants, mènent à des complications légales, interfèrent avec les relations sociales).
Fétichisme
La focalisation paraphilique dans le Fétichisme implique l’utilisation d’objets inanimés (le « fétiche »). Parmi les objets fétiches les plus courants, on trouve les culottes féminines, les soutiens-gorge, les bas, les chaussures, les bottes, ou toute autre pièce d’habillement. La personne présentant un Fétichisme se masturbe fréquemment tout en tenant à la main, frottant, ou sentant l’objet fétiche ou peut demander à son partenaire
sexuel de porter l’objet au cours de leurs relations sexuelles. Habituellement, le fétiche est requis ou fortement préféré pour obtenir une excitation sexuelle, et en son absence, il peut y avoir une dysfonction érectile chez l’homme. Cette Paraphilie n’est pas diagnostiquée quand les fétiches se limitent à des articles de vêtements féminins utilisés pour revêtir les habits de l’autre sexe, comme dans le Transvestisme fétichiste, ou quand l’objet est stimulant génitalement du fait qu’il a été conçu dans ce but (p. ex., un vibrateur). Généralement, cette Paraphilie débute dans l’adolescence, bien que le fétiche ait pu avoir été doté d’une signification particulière plus précocement dans l’ enfance. Une fois installé, le Fétichisme a tendance à devenir chronique.
Critères diagnostiques du Fétichisme
A. Présence (le fantaisies imaginatives sexuellement excitantes, d’impulsions
sexuelles, ou de comportements, survenant de façon répétée et
intense, pendant une période d’au moins 6 mois, impliquant l’utilisation
d’objets inanimés (p. ex., des sous-vêtements féminins).
B. Les fantaisies, impulsions sexuelles, ou comportements sont à l’origine
d’une souffrance cliniquement significative ou d’une altération
du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines
i mportants.
C. Les objets fétiches ne se limitent pas à des articles vestimentaires
féminins utilisés dans le travestissement (comme clans le Transvestisme
fétichiste) ou à des instruments conçus à des fins de stimulation
tactile génitale (p. ex., un vibrateur)
Frotteurisme
La focalisation paraphilique du Frotteurisme implique l’acte de toucher et de se frotter contre une personne non consentante. Le comportement se manifeste habituellement dans des lieux très peuplés d’où le sujet peut plus facilement échapper à une arrestation (p. ex., sur des trottoirs ou il y a foule, ou dans des transports publics). Le sujet frotte ses organes génitaux contre les cuisses et les fesses de la victime ou caresse les organes génitaux ou la poitrine de la victime. Tout en faisant cela, il imagine habituellement une relation exclusive et affectueuse avec la victime. Cependant, il se rend compte que pour éviter de possibles poursuites, il doit s’esquiver aussitôt après avoir touché la victime.
Habituellement, cette paraphilie débute clans l’adolescence ; la plupart des actes de Frotteurisme se produisent quand le sujet a entre 15 et 25 ans ; au-delà, il y a un déclin graduel de leur fréquence.
Critères diagnostiques du Frotteurisme
A. Présence de fantaisies imaginatives sexuellement excitantes, d’impulsions
sexuelles, ou de comportements, survenant de façon répétée et
intense, pendant une période d’au moins 6 mois, et impliquant l’acte
de toucher et de se frotter contre une personne non consentante.
B. La personne a cédé à ces impulsions sexuelles, ou les impulsions
sexuelles ou les fantaisies imaginatives sont à l’origine d’un désarroi
prononcé ou de difficultés interpersonnelles.
Pédophilie
La focalisation paraphilique de la Pédophilie implique une activité sexuelle avec un enfant prépubere (généralement âgé de 13 ans ou plus jeune). Le sujet présentant une Pédophilie doit avoir au moins 16 ans et avoir au moins 5 ans de plus que l’enfant. Pour les sujets en fin d’adolescence qui présentent une Pédophilie, on ne spécifie pas de
différence d’âge précise et on doit utiliser le jugement clinique ; on doit tenir compte à la fois de la maturité sexuelle de l’enfant et de la différence d’âge. Les individus présentant une Pédophilie rapportent généralement une attirance pour des enfants d’un âge particulier. Certains sujets préfèrent les garçons, d’autres les filles, et certains sujets sont excités aussi hien par les garçons que par les filles. Ceux qui sont attirés par les filles préfèrent généralement celles qui ont entre 8 et 10 ans, alors que ceux qui sont attirés par les garçons préfèrent généralement des enfants légèrement plus âgés.
La Pédophilie dont sont victimes les filles est plus souvent signalée que la Pédophilie dont sont victimes les garçons. Certains individus présentant une Pédophilie sont attirés sexuellement uniquement par les enfants (type exclusif), alors que d’autres sont parfois attirés par des adultes (type non exclusif).
Les individus présentant une Pédophilie qui cèdent à leurs impulsions avec des enfants peuvent se limiter à déshabiller l’enfant et à le regarder, à s’exhiber eux- mêmes, à se masturber en présence de l’enfant, ou à
toucher et caresser l’enfant avec douceur. D’autres, cependant, se livrent à la fellation ou au cunnilingus avec l’enfant ou pénètrent son vagin, sa bouche ou son anus avec leurs doigts, des objets ou leur pénis et recourent à diverses formes de contraintes pour y arriver. Ces activités sont couramment expliquées par des excuses ou des rationalisations selon lesquelles elles ont une « valeur éducative » pour l’enfant, que l’enfant en retire du « plaisir sexuel » ou que l’enfant les a « provoqués sexuellement », thèmes qui sont également répandus dans la pornographie pédophile. En raison du caractère egosyntonique de la Pédophilie, nombre d’individus ayant des fantaisies imaginatives, impulsions ou comportements pédophiles n’en éprouvent pas de désarroi significatif.
Il importe de comprendre que le sentiment de désarroi lié aux fantaisies imaginatives, impulsions ou comportements n’est pas nécessaire au diagnostic de Pédophilie.
Le diagnostic de Pédophilie s’applique aux individus qui ont un schéma d’excitation sexuelle pédophile et cèdent à leurs impulsions avec un enfant.
Les individus peuvent se limiter à exercer leurs activités sur leurs propres enfants, beaux-fils, belles-filles ou membres de la famille, ou peuvent s’en prendre à des enfants d’autres familles. Certains individus présentant une Pédophilie menacent l’enfant pour l’empêcher de faire des révélations. D’autres, en particulier ceux qui s’en prennent souvent aux enfants, élaborent des techniques compliquées pour pouvoir accéder aux enfants, qui peuvent comporter le fait de gagner la confiance de la mère de l’enfant, d’épouser une femme par l’enfant de laquelle ils sont attirés, d’échanger des enfants avec d’autres individus présentant une Pédophilie ou, dans de plus rares circonstances, d’adopter des enfants de pays en voie de développement ou de kidnapper les enfants d’autrui.
A l’exception des cas où le trouble est associé à un Sadisme sexuel, la personne peut être attentive aux besoins de l’enfant dans le but de gagner son affection, son intérêt et sa fidélité et pour éviter que l’enfant ne révèle l’activité sexuelle. Le trouble débute habituellement dans l’adolescence, bien que certains individus présentant une Pédophilie disent ne pas avoir été excités par les enfants avant d’avoir atteint l’âge mûr.
La fréquence du comportement pédophilique fluctue souvent en fonction des stress psychosociaux. L’évolution est généralement chronique, en particulier chez les sujets qui sont attirés par les garçons. Le taux de récidive des sujets présentant une Pédophilie impliquant une préférence pour les garçons est à peu près le double de ce qu’il est pour ceux qui préfèrent les filles.
Critères diagnostiques de la Pédophilie
A. Présence de fantaisies imaginatives sexuellement excitantes, d’impulsions
sexuelles, ou de comportements, survenant de façon répétée et
intense, pendant une période d’au moins 6 mois, impliquant une activité
sexuelle avec un enfant ou des enfants prépubères (généralement
âgés de 13 ans ou plus jeunes).
B. La personne a cédé à ces impulsions sexuelles, ou les impulsions
sexuelles ou les fantaisies imaginatives sexuelles sont à l’origine d’un
désarroi prononcé ou de difficultés interpersonnelles.
C. Le sujet est âgé de 16 ans au moins et a au moins 5 ans de plus que
l’enfant mentionné en A.
N.-B. : Ne pas inclure un sujet en fin d’adolescence qui entretient des relations
sexuelles avec un enfant de 12-.13 ans.
Spécifier si :
Attiré sexuellement par les garçons
Attiré sexuellement par les filles
Attiré sexuellement par les filles et par les garçons
Spécifier si :
Limité à l’inceste
Masochisme sexuel
La focalisation paraphilique du Masochisme sexuel implique l’acte (réel, non simulé) d’être humilié, battu, attaché ou livré à la souffrance par d’autres moyens. Certains individus sont importunés par leurs fantaisies imaginatives masochistes qui peuvent être évoquées au cours des rapports sexuels ou la masturbation, mais non mises en acte
d’une autre manière. Dans de tels cas, les fantaisies imaginatives masochistes impliquent habituellement le fait d’être violé tout en étant maintenu ou attaché par autrui de telle façon qu’il n’y ait pas de possibilité de s’échapper. D’autres mettent en acte leurs impulsions sexuelles masochistes sur eux-mêmes (p. ex., en s’attachant eux mêmes, en s’enfonçant eux-mêmes des aiguilles, en se choquant eux-mêmes a l’électricité, ou en se mutilant eux-mêmes) ou avec un partenaire. Les actes masochistes qui peuvent être recherchés avec un partenaire comprennent le fait d’être entravé (contrainte physique), d’avoir les yeux bandés (contrainte sensorielle), d’être frappé avec
662 Troubles sexuels et Troubles de l’identité sexuelle une baguette, d’être fessé, fouetté, battu, de subir des chocs électriques, d’être coupé, d’être « transpercé et épinglé » (infibulation), et humilié (p. ex., se faire uriner ou déféquer sur soi, être forcé de marcher à quatre pattes et d’aboyer comme un chien ou être soumis à des injures). Le fait d’être forcé à revêtir des habits du sexe opposé peut être recherché pour ses connotations humiliantes. Le sujet peut désirer être traité comme un enfant sans défense et qu’on lui mette des couches (« infantilisme »).
Une forme particulièrement dangereuse du Masochisme sexuel appelée « hypoxyphilie », implique une excitation sexuelle due à un manque d’oxygénation obtenu par divers moyens : compression de la poitrine, noeud coulant, ligature, sac en plastique, masque, ou produit chimique (souvent un nitrite volatile qui provoque une réduction temporaire de l’oxygénation cérébrale du fait d’une vasodilatation périphérique). Les activités visant à se priver d’oxygène peuvent être menées seul ou avec un partenaire. Du fait d’un défaut de fonctionnement du matériel, d’erreur dans le placement du noeud coulant ou de la ligature, ou d’autres erreurs, des décès accidentels se produisent parfois.
Des données provenant des États-Unis, d’Angleterre, d’Australie et du Canadaindiquent qu’on met en évidence chaque année I à 2 décès pour un million d’habitants causés par l’ hypoxyphilie.
Certains hommes présentant un Masochisme sexuel, présentent aussi un Fétichisme, un Transvestisme fétichiste ou un Sadisme sexuel. Les fantaisies imaginatives sexuelles masochistes étaient probablement déjà présentes dans
l’enfance. L’âge à partir duquel les activités masochistes débutent pour la première fois avec des partenaires est variable, mais correspond couramment à l’âge adulte jeune.
Le Masochisme sexuel est habituellement chronique et la personne a tendance à répéter le même acte masochiste. Certains individus présentant un Masochisme sexuel peuvent se livrer à des actes masochistes pendant plusieurs années, sans accroître la dangerosité potentielle de leurs actes. D’autres, cependant, accroissent la sévérité de leurs actes masochistes avec le temps ou au cours de périodes de stress, ce qui peut aboutir en
définitive à des blessures ou même à la mort.
Critères diagnostiques du Masochisme sexuel
A. Présence de fantaisies imaginatives sexuellement excitantes, d’impulsions
sexuelles, ou de comportements, survenant de façon répétée et
intense, pendant une période d’au moins 6 mois, impliquant des
actes (réels, non simulés), dans lesquels le sujet est humilié, battu,
attaché, ou livré à la souffrance par d’autres moyens.
B. Les fantaisies, impulsions sexuelles, ou comportements sont à l’origine
d’une souffrance cliniquement significative ou d’une altération
du fonctionnement social, professionnel ou clans d’autres domaines
i mportants.
Sadisme sexuel
La focalisation paraphilique du Sadisme sexuel implique des actes (réels, non simulés) dans lesquels le sujet retire une excitation sexuelle de la souffrance psychologique ou physique de la victime (y compris son humiliation). Certains individus présentant cette Paraphilie sont importunés par leurs fantaisies imaginatives sadiques qui peuvent être évoquées au cours d’un acte sexuel, mais qui ne sont pas mises en acte d’une autre
manière ; dans de tels cas, les fantaisies imaginatives sadiques impliquent habituellement le fait d’exercer un contrôle total de la victime, qui est terrifiée par anticipation de l’acte sadique imminent. D’autres mettent en acte leurs impulsions sexuelles sadiques avec un partenaire consentant (qui peut présenter un Masochisme sexuel) qui endure volontiers douleur et humiliation. D’autres encore mettent en acte leurs impulsions sexuelles sadiques sur des victimes non consentantes. Dans tous les cas, c’est la souffrance de la victime qui est sexuellement excitante. Les fantaisies imaginatives ou les actes sadiques peuvent impliquer des activités qui indiquent une domination de la personne sur la victime (p. ex., forcer la personne à marcher à quatre pattes, ou l’enfermer dans une cage). Ils peuvent impliquer également une entrave, le bandage des yeux, le fait de frapper avec une baguette, de donner des fessées, de fouetter, de pincer, de battre, de brûler, d’administrer des chocs électriques, de violer, de couper, de donner des coups de couteau, d’étrangler, de torturer, de mutiler ou de tuer. Les fantaisies imaginatives sexuelles étaient probablement déjà présentes dans l’enfance.
L’âge de début des activités sadiques est variable, mais correspond couramment à l’âge adulte jeune. Le Sadisme sexuel est habituellement chronique. Quand le Sadisme sexuel est pratiqué sur des partenaires non consentants, il est probable que l’activité se répétera jusqu’à ce que la personne présentant un sadisme sexuel soit appréhendée.
Certains individus présentant un Sadisme sexuel peuvent se livrer à des actes sadiques pendant plusieurs années sans avoir besoin d’accroître le potentiel de dangerosité et d’infliger des blessures physiques sévères. Habituellement, cependant, la sévérité des actes sadiques s’accroît avec le temps. Quand le sadisme sexuel est sévère, et en particulier quand il est associé à une Personnalité antisociale, les individus présentant un
Sadisme sexuel peuvent blesser sérieusement ou même tuer leurs victimes.
Critères diagnostiques du Sadisme sexuel
A. Présence de fantaisies imaginatives sexuellement excitantes, d’impulsions
sexuelles, ou de comportements, survenant de façon répétée et
intense, pendant une période d’au moins 6 mois, impliquant des
actes (réels, non simulés), dans lesquels la souffrance psychologique
ou physique de la victime (y compris son humiliation) déclenche une
excitation sexuelle chez le sujet.
B. La personne a cédé à ces impulsions sexuelles avec une personne non
consentante, ou les impulsions sexuelles ou les fantaisies imaginatives
sexuelles sont à l’origine d’un désarroi prononcé ou de difficultés
interpersonnelles.
Transvestisme fétichiste
La focalisation paraphilique du Transvestisme fétichiste implique un travestissement d’un sujet masculin par des vêtements féminins. Souvent ou dans la plupart des cas, l’excitation sexuelle est déclenchée par le fait de penser ou d’imaginer être une femme (ce qu’on appelle l’ « autogynéphilie ”). Ces représentations peuvent aller de l’imagination d’être une femme pourvue d’organes génitaux féminins à celle d’être complètement habillé en femme sans attacher d’importance particulière aux organes génitaux. Les accessoires féminins sont excitants principalement en tant que symboles de la féminité d’un individu et non en tant qu’objets fétiches détenant des propriétés spécifiques (par exemple, les objets en latex).
Habituellement, le sujet masculin présentant un Transvestisme fétichiste conserve une collection de vêtements féminins qu’il utilise de manière intermittente pour se travestir. En général, tout en étant travesti, il se masturbe, s’imaginant être, lui-même, à la fois l’homme et la femme de sa fantaisie sexuelle.
Ce trouble n’a été décrit que chez des hommes hétérosexuels. On ne fait pas un diagnostic de Transvestisme fétichiste quand le travestissement se produit exclusivement au cours de l’ évolution d’un Trouble de l’identité sexuelle. Le phénomène du Transvestisme sexuel peut aller du port solitaire et occasionnel de vêtements féminins à un large engagement dans une subculture du travestissement. Certains hommes portent une pièce de vêtement
féminin isolée (p. ex., un sous-vêtement ou des bas) sous leur habillement masculin. D’autres hommes présentant un Transvestisme fétichiste s’habillent entièrement en femme et se maquillent. Le degré de réussite dans l’apparence féminine que le sujet travesti peut atteindre est variable, et dépend des maniérismes, de la constitution corporelle, de l’habileté à se travestir.
Lorsqu’il n’est pas travesti, l’homme présentant un Transvestisme fétichiste a généralement une allure banalement masculine. Bien que son orientation de base soit hétérosexuelle, il a tendance à avoir peu de partenaires sexuels et peut s’être livré à des rapports homosexuels occasionnels. La présence d’un Masochisme sexuel peut être une caractéristique associée. Le trouble débute typiquement par un travestissement dans l’enfance ou au début de l’adolescence. Dans de nombreux cas, le travestissement n’est pas réalisé en public avant l’âge adulte.
L’expérience initiale consiste en un travestissement partiel ou total ; le travestissement partiel évolue souvent vers un travestissement total. Un article vestimentaire préféré peut devenir érotique par lui-même et peut être employé régulièrement, d’abord au cours de la masturbation et ultérieurement dans les rapports sexuels. Chez certains sujets, la motivation pour se travestir peut se modifier au fil du temps, de façon temporaire ou
permanente, l’excitation sexuelle déclenchée par le travestissement pouvant décroître ou disparaître. Dans de telles circonstances, le travestissement devient un antidote à l’anxiété ou à la dépression ou apporte un sentiment de paix et de calme. D’autres sujets peuvent présenter une dysphorie concernant l’identité sexuelle, en particulier au cours d’un stress situationnel avec ou sans symptômes de dépression. Chez certains sujets, rares, la dysphonie concernant l’identité sexuelle devient une composante fixe du tableau clinique et s’accompagne du désir de s’habiller et de vivre en permanence comme une femme et de demander un changement de sexe par un traitement hormonal ou chirurgical.
Les sujets présentant un Transvestisme fétichiste demandent souvent à être traités quand une dysphorie concernant l’identité sexuelle se fait jour. Le sous-type : avec dysphorie concernant l’identité sexuelle est proposé afin de permettre au clinicien de noter la présence d’une dysphorie concernant l’identité sexuelle chez les sujets présentant un Transvestisme fétichiste.
Critères diagnostiques du Transvestisme fétichiste
A. Présence chez un homme hétérosexuel de fantaisies imaginatives
sexuellement excitantes, d’impulsions sexuelles, ou de comportements,
survenant de façon répétée et intense, pendant une période
d’au moins 6 mois, impliquant un travestissement.
B. Les fantaisies, impulsions sexuelles, ou comportements sont à l’origine
d’une souffrance cliniquement significative ou (l’une altération
du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines
importants.
Spécifier :
Avec dysphorie concernant l’identité sexuelle : si le sujet éprouve
un malaise persistant en rapport avec son identité sexuelle ou son rôle
sexuel.
Voyeurisme
La focalisation paraphilique du Voyeurisme implique l’acte d’observer des personnes qui ne s’en doutent pas, généralement des personnes étrangères, qui sont nues, en train de se déshabiller ou en train d’avoir des rapports sexuels. L’acte de regarder (« mater ») a pour but de déclencher une excitation sexuelle et, habituellement, le sujet ne cherche pas à avoir une activité sexuelle avec la personne observée. L’orgasme, généralement obtenu par la masturbation, peut se produire pendant l’activité voyeuriste ou ultérieurement, lors de l’évocation de ce que la personne a observé. Ces personnes ont souvent la fantaisie imaginative d’avoir une expérience sexuelle avec la personne observée, mais cela se produit rarement dans la réalité. Dans sa forme sévère, le « matage » représente
une forme d’activité sexuelle exclusive. Le comportement voyeuriste débute généralement avant l’âge de 15 ans. L’évolution a tendance à être chronique.
Critères diagnostiques du Voyeurisme
A. Présence de fantaisies imaginatives sexuellement excitantes, d’impulsions
sexuelles, ou de comportements, survenant de façon répétée et
intense, pendant une période d’au moins 6 mois, consistant à
observer une personne nue, ou en train de se déshabiller, ou en train
d’avoir des rapports sexuels et qui ne sait pas qu’elle est observée.
B. La personne a cédé à ces impulsions sexuelles, ou les impulsions
sexuelles ou les fantaisies imaginatives sexuelles sont à l’origine d’un
désarroi prononcé Ou de difficultés interpersonnelles.
3/ TROUBLES DE L’IDENTITÉ SEXUELLE
Les Troubles de l’identité sexuelle sont caractérisés par une identification franche et persistante à l’autre sexe accompagnée d’un sentiment persistant d’inconfort par rapport au sexe déclaré. L’identité sexuelle correspond à la perception par un individu de son propre statut sexuel, masculin ou féminin. Le terme dysphorie sexuelle désigne un sentiment d’inconfort franc et persistant par rapport au sexe déclaré, le désir d’acquérir l’apparence corporelle du sexe opposé, et le désir (l’être considéré par autrui comme faisant partie du sexe opposé. Les termes identité sexuelle et dysphorie sexuelle doivent être distingués du terme orientation sexuelle, qui correspond à l’attirance érotique envers les hommes, les femmes ou les deux sexes.
Caractéristiques diagnostiques
Le trouble de l’identité sexuelle a deux composantes, toutes deux devant être présentes pour le diagnostic.
On doit démontrer l’existence d’une identification intense et persistante à l’autre sexe, à savoir le désir d’appartenir à l’autre sexe ou l’affirmation qu’on en fait partie (Critère A).
Cette identification à l’autre sexe ne doit pas se réduire simplement au désir d’obtenir les bénéfices culturels dévolus à l’autre sexe.
On doit également démontrer l’existence d’un inconfort persistant par rapport au sexe assigné ou d’un sentiment d’inadéquation par rapport à l’identité de rôle correspondante (Critère B).
On ne fait pas ce diagnostic si le sujet a une affection intersexuelle physique concomitante (p. ex., syndrome d’insensibilité partielle aux androgènes ou hyperplasie congénitale des surrénales) (Critère C).
Pour faire ce diagnostic, on doit démontrer l’ existence d’un désarroi cliniquement significatif ou d’une altération du fonctionnement social ou professionnel, ou dans d’autres domaines importants (Critère D).
Chez les garçons, l’identification à l’autre sexe se manifeste par une préoccupation prononcée pour les activités féminines traditionnelles. Ils peuvent préférer revêtir des habits de fille ou de femme ou peuvent confectionner de telles pièces de vêtements à partir du matériel disponible quand ils ne disposent pas d’accessoires véritables. Des
serviettes de toilette, des tabliers et des foulards sont souvent utilisés pour représenter des cheveux longs ou des jupes. Il existe une forte attraction pour les jeux et passetemps typiques des filles. En particulier, ils aiment jouer «à la maison », dessiner des filles magnifiques et des princesses, et regarder des émissions de télévision et des vidéos de leurs types de femmes de prédilection. Les poupées féminines typiques du style Barbie, sont souvent leurs jouets favoris et les filles sont leurs compagnons de jeux préférés. Quand ils jouent « à la maison », les garçons jouent le rôle de figures féminines, le plus souvent des rôles de mères, et sont souvent très préoccupés par des figures imaginaires féminines. Ils évitent les jeux brutaux et les sports de compétition et s’intéressent peu aux voitures et aux camions ou à d’autres jouets non agressifs, mais typiques des garçons. Ils peuvent exprimer le souhait d’être une fille et affirmer qu’ils vont devenir une femme en grandissant. Ils peuvent insister pour uriner assis et prétendre ne pas avoir de pénis en le repoussant entre leurs cuisses. Plus rarement, les garçons présentant un Trouble de l’identité sexuelle peuvent déclarer qu’ils trouvent leur pénis ou leurs testicules dégoûtants, qu’ils veulent s’en débarrasser ou qu’ils ont, ou souhaitent avoir, un vagin.
Les filles présentant un Trouble de l’identité sexuelle manifestent d’intenses réactions négatives aux attentes ou tentatives parentales de leur faire revêtir des habits ou autres accessoires féminins. Certaines peuvent refuser d’aller à l’école ou de participer à certains événements sociaux où le port de tels vêtements peut être exigé. Elles préfèrent les habits de garçons et le port des cheveux courts, sont souvent prises pour des garçons par des personnes qui ne les connaissent pas, et peuvent demander à être appelées par un nom de garçon. Leurs héros imaginaires sont le plus souvent des figures masculines puissantes, comme Batman ou Superman. Les filles préfèrent avoir pour compagnon de jeux des garçons, avec qui elles partagent l’intérêt pour les sports de contact, les jeux brutaux, et les jeux traditionnels de garçons. Elles se montent peu intéressées par les poupées ou toute forme de parure féminine ou jeu de rôle féminin.
Une fille présentant ce trouble peut à l’occasion refuser d’uriner assise. Elle peut affirmer qu’elle a un pénis ou que celui va pousser et peut refuser de voir sa poitrine pousser ou d’avoir des menstruations. Elle peut affirmer qu’elle va devenir un homme en grandissant. De telles filles expriment typiquement une identification prononcée à
l’autre sexe dans les jeux de rôle, les rêves et les fantaisies imaginatives.
Les adultes présentant un Trouble de l’identité sexuelle sont préoccupés par leur désir de vivre en tant que membre du sexe opposé. Cette préoccupation peut se manifester par un désir intense d’adopter le rôle social de l’autre sexe ou d’acquérir l’apparence physique de l’autre sexe par une technique hormonale ou chirurgicale. Les
adultes présentant ce trouble éprouvent un sentiment d’inconfort à être considérés par autrui comme un membre de leur sexe assigné, ou à fonctionner en société en tant que tel. Ils adoptent le comportement, l’habillement, et les manières du sexe opposé de diverses façons. En privé, ces individus peuvent passer beaucoup de temps travestis
et travailler à obtenir l’apparence du sexe opposé. Ils essaient souvent de se faire passer pour quelqu’un du sexe opposé en public. Grâce au travestissement ou au traitement hormonal (et pour les hommes, l’épilation laser), les sujets présentant ce
trouble peuvent se faire passer de manière convaincante pour quelqu’un du sexe opposé).
L’activité sexuelle de ces sujets avec des partenaires du même sexe est généralement restreinte par le souhait que leurs partenaires ne voient ni ne touchent leurs organes génitaux. Pour certains hommes présentant le trouble plus tard au cours de leur vie, (souvent après le mariage), l’activité sexuelle de l’individu avec une femme s’accompagne de la fantaisie imaginative de constituer un couple d’amantes lesbiennes ou que sa partenaire est un homme et qu’il est une femme.
Chez les adolescents, les caractéristiques cliniques peuvent ressembler soit à celles des enfants, soit à celles des adultes, selon le niveau de développement de l’individu et les critères doivent être appliqués en conséquence. Chez un jeune adolescent, il peut être plus difficile de parvenir à un diagnostic précis du fait de la réserve propre à l’adolescence.
Cette difficulté peut être accrue si l’adolescent ressent une ambivalence par rapport à l’identification à l’autre sexe, ou sent que c’est inacceptable pour sa famille.
L’adolescent peut être adressé pour avis parce que les parents ou enseignants sont préoccupés par son isolement social ou les taquineries ou le rejet par les pairs. Dans de telles circonstances, le diagnostic doit être réservé aux adolescents qui apparaissent tout à fait identifiés à l’autre sexe de par leur habillement et qui se livrent à ries comportements qui suggèrent une identification significative à l’autre sexe (p. ex., se raser les jambes pour un homme). La clarification du diagnostic chez les enfants et les adolescents peut nécessiter un suivi sur une période de temps prolongée.
Le désarroi et le handicap des sujets présentant un Trouble de l’identité sexuelle se manifestent différemment au cours du cycle de la vie. Chez les jeunes enfants, le désarroi se manifeste par l’expression d’un mécontentement envers leur sexe assigné.
La préoccupation par les désirs d’appartenir à l’autre sexe interfère souvent avec les activités habituelles. Chez les plus grands enfants, l’échec de l’établissement de relations et de jeux avec leurs pairs du même sexe et d’âge équivalent conduit souvent à l’isolement et au désarroi, et certains enfants peuvent refuser d’aller à l’école à cause de tracasseries ou de pressions pour qu’ils revêtent les habits typiques de leur sexe assigné.
Chez les adolescents et les adultes, les préoccupations par les souhaits d’appartenir à l’autre sexe interfèrent souvent avec les activités ordinaires. Les difficultés relationnelles sont courantes et le fonctionnement à l’école ou au travail peut être altéré.
Spécifications
Pour les individus ayant atteint la maturité sexuelle, les spécifications suivantes peuvent être notées sur la hase de l’orientation sexuelle du sujet : Attiré sexuellement par les hommes, Attiré sexuellement par les femmes, Attiré sexuellement par les deux sexes, Attiré sexuellement ni par un sexe ni par l’autre. Les hommes présentant un Trouble de l’identité sexuelle sont concernés dans une large mesure par les quatre spécifications. Ceux qui sont attirés par les hommes voient habituellement leur trouble débuter pour la première fois dans l’enfance ou au début de l’adolescence, alors que ceux parmi les hommes qui sont attirés par les femmes, par les deux sexes ou ne
sont attirés ni par un sexe ni par l’autre indiquent que leur dysphorie sexuelle a commencé au début de l’âge adulte ou à la maturité. Ceux parmi les hommes qui ne sont attirés ni par un sexe ni par l’autre sont souvent des individus isolés présentant des traits schizoïdes. Pratiquement toutes les femmes qui présentent un Trouble de l’identité sexuelle seront concernées par la même spécification : Attiré sexuellement par les femmes, bien qu’il y ait des cas exceptionnels de femmes qui sont attirées sexuellement par les hommes.
Caractéristiques descriptives et troubles mentaux associés.
De nombreux individus présentant un Trouble de l’identité sexuelle évoluent vers un isolement social.
L’isolement et l’ostracisme contribuent à une faible estime de soi et peuvent conduire à une aversion scolaire ou à un abandon de la scolarité. L’ostracisme et les tracasseries de la part des pairs sont des conséquences particulièrement fréquentes du trouble chez les garçons. Les garçons qui présentent un Trouble de l’identité sexuelle ont souvent des manières féminines prononcées et une façon particulière de parler.
La perturbation peut être tellement envahissante que la vie mentale de certains individus tourne uniquement autour des activités qui permettent de réduire le désarroi lié à leur sexe. Ils sont souvent préoccupés de leur apparence, tout particulièrement au début de la transition vers une vie correspondant au rôle du sexe opposé. Les relations
avec l’un des parents ou les deux peuvent être également sérieusement altérées. Certains hommes présentant un Trouble de l’identité sexuelle recourent à une automédication par des hormones. Ils parviennent très rarement à réaliser leur propre castration ou l’ablation de leur pénis. Certains hommes présentant ce trouble, en particulier
dans les centres urbains, peuvent se livrer à la prostitution, ce qui les expose à un risque élevé d’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (HI V). Des tentatives de suicide et des Troubles liés à une substance sont couramment associés.
Chez les enfants présentant un Trouble de l’identité sexuelle, peuvent coexister une Anxiété de séparation, une Anxiété généralisée et des symptômes de dépression. Les adolescents sont particulièrement exposés au risque de dépression, d’idées suicidaires et de tentatives de suicide. Chez les adultes, des symptômes anxieux et dépressifs
peuvent être présents. Dans les échantillons cliniques, les Troubles de la personnalité associés sont plus fréquents chez les hommes que chez les femmes. Les hommes adultes qui sont attirés sexuellement par les femmes, ou par les hommes comme par les femmes, ou qui ne sont attirés par aucun sexe relatent habituellement une histoire
d’excitation sexuelle associée à la pensée ou à l’imagination d’être une femme (désignée par le terme autogynéphilie). Dans la plupart des cas, un diagnostic de Transvestisme fétichiste s’appliquerait à l’individu, au moins dans son passé. Dans d’autres cas, cependant, la fantaisie imaginative favorite de l’individu met en valeur
d’autres attributs féminins que les vêtements. Certains hommes, par exemple, se masturbent tout en se représentant être une femme nue, se focalisant sur leur poitrine imaginaire ou sur leur vulve imaginaire ; d’autres se masturbent tout en se représentant être occupé à une activité typiquement féminine comme le tricot.
Examens complémentaires.
Il n’y a pas de test diagnostique spécifique du Trouble de l’identité sexuelle. En cas de normalité de l’examen physique, il n’est habituellement pas indiqué de réaliser un caryotype des chromosomes sexuels et des dosages des hormonessexuelles. Les tests psychologiques peuvent révéler une identification à l’autre sexe ou des modes de comportement particuliers.
Examen physique et affections médicales générales associées.
Les individus présentant un Trouble de l’identité sexuelle ont des organes génitaux normaux (contrairement
à ceux ayant des affections physiques intersexuelles où l’on retrouve une ambiguïté des organes génitaux ou un hypogonadisme). Les adolescents et adultes masculins ayant un Trouble de l’identité sexuelle peuvent présenter un gonflement de la poitrine résultant de l’ingestion d’hormones, une absence de poils résultant d’une épilation
temporaire ou permanente et d’autres modifications physiques résultant d’interventions telles qu’une rhinoplastie ou une abrasion du cartilage thyroïde (résection chirurgicale de la pomme d’Adam). Une déformation des seins ou des rougeurs au niveau des seins peuvent être observées chez les femmes qui se bandent les seins.
Parmi les complications postchirurgicales, on retrouve chez les sujets génétiquement féminins des cicatrices hypertrophiques du mur postérieur mammaire, et chez les sujets génétiquement masculins, des rétrécissements vaginaux, des fistules recto-vaginales, des sténoses de l’urètre, et une déviation du jet urinaire. Les femmes adultes présentant un Trouble de l’identité sexuelle peuvent avoir une augmentation du risque de maladie
polykystique des ovaires.
Caractéristiques liées à l’âge et au sexe
Les femmes présentant un Trouble de l’identité sexuelle rencontrent généralement moins d’ostracisme du fait de leurs intérêts transsexuels et souffrent à un moindre degré d’un rejet par leurs pairs, du moins jusqu’à l’adolescence. Dans les échantillons cliniques pédiatriques, il y a approximativement cinq garçons pour une fille qui sont adressés pour ce trouble. Dans les échantillons cliniques adultes, les garçons sont adressés beaucoup plus souvent pour une évaluation de ce trouble que les filles. Chez les enfants, le biais de recrutement aux dépens des garçons peut refléter en partie la plus grande stigmatisation attachée au comportement transsexuel chez les garçons.
Prévalence
Il n’y a pas d’études épidémiologiques récentes à l’origine de données sur la prévalence du Trouble de l’identité sexuelle. Des données issues de petits pays d’Europe, Où l’on a accès à des statistiques (le l’ensemble de la population et des admissions, suggèrent que grosso modo un homme adulte sur 30 000 et une femme adulte sur 100 000 demandent une modification chirurgicale de leur sexe.
Évolution
Dans les échantillons cliniques d’enfants, les intérêts et les activités transsexuels débutent généralement entre 2 et 4 ans, et certains parents relatent que leur enfant a toujours eu des intérêts transsexuels. Seul un très petit nombre d’enfants présentant un Trouble de l’identité sexuelle continueront à présenter des symptômes qui répondent
aux critères d’un Trouble de l’identité sexuelle à la fin de l’adolescence ou à l’âge adulte. Les enfants sont typiquement adressés pour avis aux alentours du début de la scolarisation car les parents constatent alors avec inquiétude que ce qu’ils considéraient jusque là comme une « phase » ne semble pas se terminer. La plupart des enfants présentant un Trouble de l’identité sexuelle expriment moins ouvertement leurs comportements transsexuels avec le temps, ou du fait de l’intervention des parents ou des réactions de leurs pairs. Vers la fin de l’adolescence ou à l’âge adulte, près des troisquarts des garçons qui avaient des antécédents de Trouble de l’identité sexuelle dans l’enfance signalent une orientation homosexuelle ou bisexuelle, mais sans Trouble de
l’identité sexuelle concomitant. Les autres signalent, pour la plupart, une orientation hétérosexuelle, également sans Trouble de l’identité sexuelle concomitant. Pour les filles, les pourcentages correspondants concernant l’orientation sexuelle ne sont pas connus. Certains adolescents peuvent évoluer vers une identification manifeste à l’autre sexe et exiger une modification chirurgicale de leur sexe ou peuvent continuer chroniquement
à présenter une confusion ou une dysphorie en rapport avec leur identité sexuelle.
Chez les adultes masculins, il existe deux possibilités évolutives différentes pour le Trouble de l’identité sexuelle. Dans la première, le Trouble de l’identité sexuelle, qui avait débuté dans l’enfance ou au début de l’adolescence, se poursuit. Ces sujets se présentent typiquement à la fin de l’adolescence ou à l’âge adulte. Dans le deuxième type d’évolution, les signes les plus évidents de l’identification transsexuelle apparaissent
plus tardivement et graduellement. Le tableau clinique présenté par l’adulte jeune ou mûr succède généralement à un Transvestisme fétichiste, mais lui est parfois coexistant. Les sujets du groupe à début plus tardif peuvent présenter une plus grande fluctuation dans le degré d’identification transsexuelle, une plus grande ambivalence
concernant la modification chirurgicale de leur sexe, une plus grande attirance sexuelle par les femmes, et une probabilité moins grande d’être satisfaits après modification chirurgicale de leur sexe. Les hommes présentant un Trouble de l’identité sexuelle qui sont attirés sexuellement par les hommes, ont tendance à avoir une dysphorie persistante concernant leur identité sexuelle, présente dès l’adolescence ou le début de l’âge adulte. En revanche, les hommes qui sont attirés sexuellement par les femmes, par les deux sexes, ou ni par un sexe ni par l’autre, se présentent habituellement plus tard et ont typiquement des antécédents de Transvestisme Fétichiste. Après une réassignation sexuelle, ceux parmi les hommes qui étaient attirés par les femmes souhaitent vivre avec
une autre femme soit une relation lesbienne, soit une relation de type fraternelle. Si le Trouble de l’identité sexuelle persiste à l’âge adulte, il tend à avoir une évolution chronique, mais des rémissions spontanées ont été signalées.
Diagnostic différentiel
Le Trouble de l’identité sexuelle peut être distingué d’une simple non conformité au stéréotype comportemental lié au rôle sexuel par l’étendue et le caractère envahissant des désirs, des intérêts et des activités de type transsexuel. Par ce trouble, on n’entend pas décrire la non conformité d’un enfant au stéréotype comportemental lié
au rôle sexuel, comme par exemple, les comportements de « garçon manqué » chez les filles ou de « fille manquée » chez les garçons. Il représente plutôt une perturbation profonde du sentiment d’identité de l’individu relativement à la masculinité ou à la féminité. Un comportement chez l’enfant qui, simplement, ne correspond pas au stéréotype
culturel de la masculinité ou de la féminité ne doit pas faire porter ce diagnostic à moins que le syndrome ne soit présent au complet, incluant une souffrance marquée ou un handicap.
Le Transvestisme fétichiste concerne des hommes hétérosexuels (ou bisexuels) pour qui le comportement du travestissement a pour but une excitation sexuelle. A part le travestissement, la plupart des individus présentant un Transvestisme fétichiste n’ont pas d’antécédents de comportements transsexuels dans l’enfance. Chez les hommes qui présentent un tableau répondant intégralement aux. critères du Trouble de l’identité sexuelle aussi bien qu’à ceux du Transvestisme fétichiste, on doit porter les deux diagnostics.
Si un individu ayant un Transvestisme fétichiste présente une dysphorie concernant l’identité sexuelle, les critères du Trouble de l’identité sexuelle n’étant pas intégralement remplis, la spécification avec dysphorie concernant l’identité sexuelle peut être utilisée.
La catégorie Trouble de l’identité sexuelle non spécifié peut être utilisée chez les individus qui ont un problème d’identité sexuelle avec une affection intersexuelle congénitale concomitante (p. ex., syndrome d’insensibilité aux androgènes ou hyperplasie congénitale des surrénales).
Dans la Schizophrénie, les idées délirantes d’appartenance à l’autre sexe sont rares. On ne considère pas comme une idée délirante l’affirmation d’une personne avant un Trouble de l’identité sexuelle qu’il ou elle appartient à l’autre sexe, car invariablement, la personne veut dire qu’elle se sent comme si elle faisait partie du sexe
opposé mais ne croit pas vraiment qu’il ou elle en fait partie. Dans de très rares cas, cependant, une Schizophrénie et un Trouble de l’identité sexuelle sévère peuvent coexister.
672 Troubles sexuels et Troubles de l’identité sexuelle
Critères diagnostiques du Trouble de l’identité sexuelle
A. Identification intense et persistante à l’autre sexe (ne concernant pas
exclusivement le désir d’obtenir les bénéfices culturels dévolus à
l’autre sexe).
Chez les enfants, la perturbation se manifeste par quatre (ou plus) des
critères suivants :
(1) exprime de façon répétée le désir d’appartenir à l’autre sexe ou
affirme qu’il (ou elle) en fait partie
(2) chez les garçons, préférence pour les vêtements féminins ou un
attirail d’objets permettant de mimer la féminité ; chez les filles,
insistance pour porter des vêtements typiquement masculins
(3) préférence marquée et persistante pour les rôles dévolus à l’autre
sexe au cours des jeux de « faire semblant » ou fantaisies imaginatives
persistantes d’appartenir à l’autre sexe
(4) désir intense de participer aux jeux et aux passe-temps typiques
de l’autre sexe
(5) préférence marquée pour les compagnons de jeu appartenant à
l’autre sexe
Chez les adolescents et les adultes, la perturbation se manifeste par des
symptômes tels que l’expression d’un désir d’appartenir à l’autre sexe,
l’adoption fréquente de conduites où on se fait passer pour l’autre sexe,
un désir de vivre et d’être traité comme l’autre sexe, ou la conviction qu’il
(pu elle) possède les sentiments et réactions typiques de l’autre sexe.
B. Sentiment persistant d’inconfort par rapport à son sexe ou sentiment
d’inadéquation par rapport à l’identité de rôle correspondante.
Chez les enfants, la perturbation se manifeste par l’un ou l’autre des
éléments suivants : chez le garçon, assertion que son pénis ou ses testicules
sont dégoûtants ou vont disparaître, ou qu’il vaudrait mieux
ne pas avoir de pénis, ou aversion envers les jeux brutaux et rejet des
jouets, jeux et activités typiques d’un garçon ; chez la fille, refus
d’uriner en position assise, assertion qu’elle a un pénis ou que celuici
va pousser, qu’elle ne veut pas avoir de seins ni de règles, ou aversion
marquée envers les vêtements conventionnellement féminins.
Chez les adolescents et les adultes, l’affection se manifeste par des
symptômes tels que : vouloir se débarrasser de ses caractères sexuels
primaires et secondaires (p. ex., demande de traitement hormonal,
demande d’intervention chirurgicale ou d’autres procédés afin de ressembler
à l’autre sexe par une modification de ses caractères sexuels
apparents), ou penser que son sexe de naissance n’est pas le bon.
C. L’affection n’est pas concomitante d’une affection responsable d’un
phénotype hermaphrodite.
D. L’affection est à l’origine d’une souffrance cliniquement significative
ou d’une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans
d’autres domaines importants.
Spécifier (pour les sujets ayant atteint la maturité sexuelle) :
Attiré sexuellement par les hommes
Attiré sexuellement par les femmes
Attiré sexuellement par les deux sexes
Attiré sexuellement ni par un sexe, ni par l’autre
Morpions (poux du pubis) : symptômes, contamination, diagnostic et traitement complet
Vous pensez avoir des morpions ? Démangeaisons intenses du pubis, petits parasites visibles sur les poils ?
Le diagnostic est rapide par téléconsultation — photo des lésions suffit souvent — et le traitement est simple et efficace. Ne laissez pas une infestation se propager dans votre entourage.
Les morpions — ou poux du pubis — font partie de ces infections sexuellement transmissibles dont on parle peu, souvent par gêne, alors qu’elles sont loin d’être rares et qu’elles se traitent facilement lorsqu’on s’y prend correctement. Le problème, c’est que les erreurs sont fréquentes : traitement incomplet, partenaires oubliés, linge non désinfecté, recontamination inévitable. Cette page vous donne toutes les clés pour comprendre, diagnostiquer et vous débarrasser définitivement des morpions — avec le regard d’un dermatologue-vénérologue.
Qu’est-ce qu’un morpion ? Biologie de Phtirius pubis
Le morpion est un insecte parasite de la famille des anoploures dont le nom scientifique est Phtirius pubis (ou Phtirius inguinalis). Il fait partie de la grande famille des poux, mais se distingue nettement du pou de tête (Pediculus humanus capitis) par sa morphologie trapue, quasi circulaire, qui lui vaut le surnom de « crabe ». C’est ce corps en forme de crabe, avec ses robustes pattes postérieures en crochet, qui lui permet de s’agripper solidement aux poils — en particulier aux poils épais et courts du pubis.
Voici les caractéristiques biologiques essentielles à connaître :
Caractéristique
Détail
Taille
1 à 2 mm — visible à l’œil nu, mais souvent confondu avec une croûte ou une squame
Couleur
Gris-brun translucide ; devient rougeâtre après un repas sanguin
Mode de nutrition
Hématophage : enfonce sa tête dans la peau pour sucer le sang plusieurs fois par jour
Ponte
La femelle pond 1 à 3 lentes par jour, solidement collées à la base des poils par une colle naturelle résistante à l’eau
Cycle de vie
Œuf → larve (3 stades) → adulte en 2 à 3 semaines ; durée de vie de l’adulte : 1 mois environ
Survie hors hôte
24 à 48 heures maximum hors de la chaleur corporelle — contrairement aux idées reçues, il ne survit pas longtemps sur les surfaces froides
Mobilité
Marche uniquement — ne saute pas, ne vole pas
Les morpions infestent préférentiellement les poils pubiens, mais peuvent coloniser d’autres zones à poils — les aisselles, le thorax, la barbe, les sourcils et, dans les cas les plus étendus, les cils. En revanche, ils ne colonisent jamais les cheveux (trop fins et lisses pour leurs crochets). Pour les poux de tête, consultez notre article dédié : poux et lentes.
Comment attrape-t-on des morpions ?
La transmission se fait principalement par contact direct peau à peau, lors d’un rapport sexuel. Le parasite rampe d’un poil à l’autre lors du contact intime — il lui faut une simple seconde pour passer d’un corps à l’autre. Le préservatif ne protège pas, car il ne couvre pas la zone pubienne où siègent les poils infestés.
La transmission indirecte, par la literie ou les vêtements, est possible mais nettement moins fréquente — elle nécessite un contact récent avec des textiles contaminés et chauds. En revanche :
ℹ Les idées reçues à démolir On n’attrape pas les morpions sur une cuvette de toilettes : le parasite ne survit pas à la surface froide d’un siège de toilettes, sans hôte humain pour le réchauffer. Cette croyance est tenace mais infondée. Les animaux de compagnie ne transmettent pas les morpions : Phtirius pubis est un parasite strictement humain — la désinfection des animaux est inutile. L’hygiène n’est pas un facteur protecteur : un soin corporel irréprochable ne protège en rien contre la contamination. Les morpions n’ont aucun lien avec la propreté.
Facteurs de risque : partenaires sexuels multiples, rapports sexuels sans préservatif (qui ne protège de toute façon pas la zone pubienne), contact avec de la literie fraîchement utilisée par une personne infestée.
Symptômes : ce que vous allez ressentir et voir
La période d’incubation — entre la contamination et l’apparition des premiers symptômes — est de quelques jours à 3 semaines lors d’une première infestation. En cas de réinfestation chez une personne déjà sensibilisée, les démangeaisons peuvent apparaître dans les 24 à 48 heures.
Les signes caractéristiques sont :
Signe
Description
Valeur diagnostique
Prurit pubien intense
Démangeaisons surtout nocturnes, aggravées par la chaleur
Signe principal, présent dans quasiment tous les cas
Lentes visibles
Petits œufs blanchâtres ou grisâtres, solidement fixés à la base des poils pubiens
Très évocateur — confirme l’infestation active
Parasites visibles
Petits points brun-grisâtres (1-2 mm) accrochés aux poils, difficiles à déloger
Pathognomonique — signe le diagnostic
Macules cœrulées
Taches bleutées-ardoisées de 3 à 10 mm sur la peau aux points de piqûre — appelées taches bleuâtres de Alibert
Évocateur mais inconstant ; dues à la décomposition de l’hémoglobine par la salive du parasite
Excoriations et irritation
Boutons du pubis, petites plaies de grattage, inflammation locale
Non spécifique — secondaire au grattage
Taches de rouille sur le sous-vêtement
Petites taches brunes sur le tissu, correspondant aux déjections du parasite mêlées de sang
Signe indirect, souvent le premier remarqué
⚠ Cas particulier : atteinte des cils
Chez les enfants en bas âge, ou chez les adultes ayant des pratiques orogénitales (fellation, cunnilingus) sans pénétration, les morpions peuvent n’affecter que les cils, sans atteinte pubienne. Ce tableau est souvent diagnostiqué tardivement car personne ne pense à chercher des poux sur les paupières. Chez l’enfant, une phtirose des cils doit toujours faire évoquer et rechercher un abus sexuel.
Morpions des cils
Comment le médecin pose-t-il le diagnostic ?
Le diagnostic de phtirose pubienne est avant tout clinique. Il repose sur la mise en évidence directe des parasites ou de leurs œufs. En pratique :
L’examen à la loupe ou à l’œil nu, en bonne lumière, sur les poils pubiens suffit souvent à identifier les adultes (brun-grisâtres, trapus) et les lentes (blanchâtres, solidement fixées à la tige du poil) ;
La dermatoscopie est un appoint précieux : le Phtirius pubis présente au dermatoscope un aspect très caractéristique, avec le corps brun translucide et les pattes en crochet clairement visibles — elle permet aussi de distinguer les lentes viables (translucides, près de la peau) des lentes mortes ou éclosées (opaques, plus éloignées de la peau) ;
En cas de doute, un prélèvement microscopique du parasite ou d’une lente permet une identification formelle.
En téléconsultation, des photos de bonne qualité des poils pubiens en lumière rasante permettent souvent d’identifier les parasites. Le Dr Rousseau utilise cette approche régulièrement.
Morpions et bilan IST : pourquoi c’est indispensable
La présence de morpions est un marqueur de risque sexuel. Les recommandations européennes (JEADV 2017) préconisent de proposer systématiquement un bilan IST complet devant tout diagnostic de phtirose pubienne. En effet, des infections sexuellement transmissibles plus graves peuvent être présentes de façon silencieuse chez la même personne.
⚠ Bilan IST à demander en même temps que le traitement Sérologies : VIH (avec accord signé), syphilis (TPHA-VDRL), hépatite B (Ag HBs, Ac anti-HBs, Ac anti-HBc), hépatite C Dépistage : chlamydia et gonocoque (PCR urinaire ou prélèvement génital selon les symptômes)
Ce bilan peut être prescrit lors de la consultation et réalisé dans n’importe quel laboratoire d’analyses médicales.
Traitement complet : les 4 axes simultanés
Le traitement des morpions n’est pas une simple application d’un spray insecticide. Il repose sur 4 axes qui doivent tous être menés en parallèle — oublier l’un d’eux, c’est s’exposer à une recontamination quasi certaine.
Axe 1 — Traiter toutes les personnes concernées en même temps
Tous les partenaires sexuels des 3 derniers mois doivent être informés et traités simultanément, même en l’absence de symptômes. L’incubation silencieuse peut durer plusieurs semaines — votre partenaire peut être infesté sans le savoir et vous recontaminer. Il faut également traiter les personnes du foyer ayant partagé la literie ou les vêtements.
Axe 2 — Les insecticides locaux
Plusieurs molécules sont disponibles :
Produit
Molécule active
Mode d’application
Particularités
SPRAY PAX®
Pyréthrine naturelle
Spray sur la zone infestée, temps de pose 10 min, rincer
Traitement de référence historique ; disponibilité variable en officine
TOPISCAB®
Perméthrine 5%
Application sur la zone, laisser 10 minutes, rincer
Hors AMM dans cette indication ; utilisable pendant la grossesse et l’allaitement
PRIODERM®
Malathion
Application, laisser en place 12 heures, rincer
2e intention ; contre-indiqué en cas d’asthme ; odeur forte
Vaseline / huile minérale
Occlusion mécanique
Application épaisse sur les cils, 2 fois/jour, 8 à 10 jours
Traitement de choix pour les morpions des cils — asphyxie le parasite sans risque oculaire
STROMECTOL® (ivermectine)
Ivermectine orale
250–400 µg/kg en 1 prise, répétée à J7–J10
Hors AMM ; réservé aux formes résistantes ou étendues ; ordonnance médicale nécessaire
📌 Renouvellement obligatoire
Toutes les applications locales doivent être renouvelées après 7 à 10 jours. Pourquoi ? Les insecticides tuent les adultes et la plupart des larves, mais ne pénètrent pas toujours dans les lentes (œufs). Le renouvellement à J7–J10 élimine les larves issues des lentes survivantes, avant qu’elles ne deviennent adultes et pondent à leur tour.
Axe 3 — Le rasage de la zone infestée
Le rasage complet des poils de la zone infestée est fortement recommandé. Il supprime l’habitat du parasite, élimine mécaniquement les lentes accrochées aux poils et améliore l’efficacité des insecticides locaux en réduisant leur surface d’application. Sans poils, les morpions ne peuvent ni se nourrir correctement, ni se reproduire, ni pondre.
Axe 4 — La désinfection du linge et des objets
Objet
Méthode de désinfection
Vêtements, draps, taies, serviettes (lavables à 60°C)
Lavage à 60°C minimum — temperature létale pour le parasite et les lentes
Textiles non lavables à 60°C (pulls, manteaux…)
Isoler dans un sac plastique fermé pendant 3 jours minimum à température ambiante — le parasite meurt sans hôte
Brosses, tondeuses, rasoirs, peignes
Trempage dans l’eau à 65°C pendant 10 minutes
Matelas, canapés, moquettes
Aspiration soigneuse suffit — la désinfection chimique des locaux est inutile
Animaux de compagnie
Aucun traitement nécessaire — Phtirius pubis ne survit pas sur les animaux
Les 6 erreurs qui font échouer le traitement
⚠ Les pièges à éviter absolument
Ne traiter que soi-même — sans prévenir ni traiter les partenaires sexuels : recontamination garantie dans les jours qui suivent.
Ne pas renouveler le traitement insecticide à J7–J10 — les lentes survivantes donnent de nouveaux adultes en une semaine.
Oublier de désinfecter le linge — notamment la literie, les sous-vêtements et les serviettes utilisés dans les 3 jours précédant le traitement.
Omettre de traiter les zones secondaires — aisselles, thorax, sourcils, voire cils si la démangeaison s’y est étendue.
Reprendre une activité sexuelle avant la guérison complète — attendre que vous et votre partenaire ayez terminé le double traitement (J0 + J7–J10).
Considérer que les démangeaisons résiduelles signifient l’échec — le prurit peut persister 1 à 2 semaines après l’éradication complète des parasites, par réaction inflammatoire de la peau aux piqûres. Ce n’est pas une recontamination.
Traitement inefficace ? Infestation récidivante ?
En cas d’échec après deux cycles de traitement bien conduits, une évaluation spécialisée est nécessaire. Le Dr Rousseau peut vous recevoir en téléconsultation, prescrire l’ivermectine orale et vérifier l’absence d’une autre IST associée.
Morpions et rasage intégral : une espèce en voie de disparition ?
C’est une observation épidémiologique documentée : plusieurs études publiées depuis les années 2000 ont rapporté une diminution significative du nombre de cas de phtirose pubienne dans les pays occidentaux, corrélée à l’augmentation de la pratique du rasage ou de l’épilation intégrale du pubis. Les services de dermatologie et de médecine sexuelle nord-américains, australiens et britanniques ont tous rapporté cette tendance.
La logique biologique est simple : sans poils pour s’y accrocher et pondre, Phtirius pubis ne peut ni survivre, ni se reproduire. Un pubis entièrement épilé constitue un environnement hostile au parasite. Certains auteurs évoquent même un risque d’extinction locale de l’espèce dans les populations à forte prévalence de l’épilation intégrale — une curiosité épidémiologique sans précédent.
Pour autant, le rasage ou l’épilation ne constituent pas une méthode de prévention à recommander de façon systématique : ils n’ont pas d’effet démontré sur les autres IST, peuvent provoquer des complications (poils incarnés, folliculite, microtraumatismes favorisant la transmission d’autres agents infectieux), et relèvent avant tout d’un choix personnel.
Le signe principal est une démangeaison intense du pubis, surtout la nuit. En observant attentivement les poils pubiens à la lumière vive, on peut voir de petits parasites brun-grisâtres (1–2 mm) accrochés aux poils, ainsi que des lentes (petits œufs blanchâtres ou grisâtres) fermement fixées à leur base. Des petites taches brunes sur le sous-vêtement — dues aux déjections du parasite mêlées de sang — sont parfois le premier signe remarqué. Un dermatologue peut confirmer le diagnostic en quelques secondes à la loupe ou au dermatoscope.
Est-ce qu’on peut attraper des morpions sans rapport sexuel ?
C’est rare mais possible — via la literie fraîchement contaminée ou les vêtements d’une personne infestée. La transmission sexuelle reste cependant de loin la voie principale. On ne peut absolument pas attraper des morpions sur une cuvette de toilettes : le parasite n’y survit pas.
Combien de temps faut-il pour se débarrasser des morpions ?
Avec un traitement bien conduit — insecticide local à J0 et à J7–J10, rasage, désinfection du linge, traitement simultané du ou des partenaires — l’infestation est éradiquée en 2 semaines environ. Les démangeaisons peuvent persister 1 à 2 semaines supplémentaires malgré la disparition des parasites, par réaction inflammatoire résiduelle de la peau.
Les morpions sont-ils dangereux pour la santé ?
Les morpions eux-mêmes ne transmettent pas de maladies graves directement. Leur principal danger est indirect : leur présence signale un risque d’autres infections sexuellement transmissibles, et impose un bilan IST complet (VIH, syphilis, hépatites B et C, chlamydia, gonocoque). Par ailleurs, le grattage intense peut provoquer des excoriations susceptibles de se surinfecter par des bactéries.
Le préservatif protège-t-il des morpions ?
Non. Le préservatif ne protège pas des morpions car il ne couvre pas la zone pubienne où se trouvent les poils infestés. La transmission se fait par contact de peau à peau lors de l’intimité, et non par contact avec les muqueuses génitales. Seul l’évitement du contact avec une personne infestée — et l’épilation intégrale de la zone — réduisent le risque de contamination.
Peut-on avoir des morpions sur les cils sans atteinte pubienne ?
Oui, notamment chez les enfants ou les adultes ayant des rapports orogénitaux exclusifs. Une phtirose des cils se manifeste par une irritation et un prurit des paupières, avec des petits points bruns visibles sur les cils à l’examen attentif. Le traitement repose sur des applications de vaseline épaisse 2 fois par jour pendant 8 à 10 jours. Chez l’enfant, ce tableau doit toujours faire rechercher un possible abus sexuel.
Besoin d’un avis spécialisé ou d’une ordonnance ?
Le Dr Rousseau vous reçoit en téléconsultation vidéo. Diagnostic confirmé par photos, prescription de l’insecticide adapté et du bilan IST si nécessaire, le tout sans délai.
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Ko CJ, Elston DM. Pediculosis. J Am Acad Dermatol. 2004;50(1):1–12. PMID 14699358
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Mis à jour le 26 mars 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Chlamydia trachomatis est une bactérie intracellulaire (elle vit dans les cellules des muqueuses) dont il existe de nombreux sérotypes. Les sérotypes D à K sont responsables d’infections sexuellement transmissibles.
Cet article en vidéo:
L’infection à chlamydia augmente régulièrement.
Cette infection sexuelle est en effet souvent asymptomatique dans les deux sexes (on ne sait pas qu’on est infecté car on n’a aucun symptome), ce qui favorise la diffusion de l’infection lors des rapports sexuels non protégés par le préservatif. Chez la femme, l’infection à clamidia peut provoquer stérilité, grossesse-extra-utérine, douleurs abdominales basses…
Symptomes
Chez l’homme
Chlamydia trachomatis est le principal agent des urétrites (trou de la verge qui gratte ou brule) non gonococciques
L’incubation dure en moyenne 10 à 15 jours après le rapport sexuel contaminant mais est en fait assez variable, de quelques jours à quelques mois
Parfois peu ou pas de symptomes
Seuls la moitié des personnes atteintes ont des symptomes de trou de la verge qui gratte, les autres n’ont pas de symptomes, ce qui fait que la transmission est fréquente et qu’on estime que 10% de la population sexuellement active est atteinte. En cas de symptomes, il existe alors le plus souvent un écoulement clair par le trou de la verge et des brulures en urinant
Diagnostic
La sérologie (prise de sang) n’a pas grand intérêt dans le diagnostic des
urétrites à chalmydiae car il existe des réactions croisées avec Chlamydia pneumoniae, responsable d’infections pulmonaires et on peu difficilement distinguer une infection ancienne d’une infection récente.
Les prélèvements endo-urétraux obtenus par grattage dans l’uretre à l’aide d’un écouvillon dont une référence mais ils sont douloureux.
On pratique donc le plus souvent des tests d’amplification génique par PCR, sur le premier jet d’urine (10 à 20 ml, au moins 3 heures après la dernière miction) chez l’homme, et sur prélèvement vaginal chez la femme.
Complications
Environ la moitié des orchiépididymites (infection des testicules) du sujet jeune sont dues à chamydia, et c’est la complication la plus fréquente de l’uretrite avec le syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter
Chez la femme
Chlamydia provoque des infections du col de l’utérus, qui provoquent des pertes blanches ou jaunes
La femme infectée par Chlamydia peut aussi avoir des brulures urinaires, des douleurs lors des rapports, un léger saignement qui tache la culotte, appelé « spotting »
Parfois peu ou pas de symptomes…
Cependant, l’atteinte à chlamydia est sans symptomes dans plus de la moitié des cas. Ainsi, l’atteinte à chlamydia est souvent découverte lors de l’examen gynécologique de routine.
Complications
La complication majeure de l’infection à chlamydia est la salpingite (infection de la trompe), beaucoup plus souvent subaiguë ou chronique qu’aiguë, ce qui fait qu’elle est souvent de diagnostic tardif et difficile car la patiente n’a souvent que des douleurs abdominales basses, notamment au moment des règles.
La salpingite chronique est redoutable car elle expose au risque de stérilité (dite tubaire) et de grossesse extra-utérine, car les trompes se « bouchent » à cause de l’infection.
Chlamydia est responsable de la moitie des salpingites chez les femmes jeunes et de 70 % des stérilités tubaires.
Diagnostic
La sérologie (prise de sang) n’a pas grand intérêt dans le diagnostic des
urétrites à chlamydiae car il existe des réactions croisées avec Chlamydia pneumoniae, responsable d’infections pulmonaires et on peu difficilement distinguer une infection ancienne d’une infection récente.
Les prélèvements vaginaux faits par le gynécoloque près du col en cas de symptomes à l’examen au spéculum, ou par auto-prélèvement endo-vaginal par la patiente, en l’absence de symptomes (à titre de dépistage) permettent de réaliser des tests d’amplification génique par PCR.
Traitement de chlamydia
Traitement du ou des partenaires sexuels
Le traitement doit concerner tous les partenaires sexuels qui feront l’objet d’un examen par le médecin
On recommande l’abstinence sexuelle ou les rapports protégés par préservatif avec le ou les partenaires jusqu’à 7 jours après la fin du traitement.
Bilan d’infection sexuellement transmissible
Recherche de co infection par syphilis, VIH…
Comprimés
On utilise soit
• doxycycline per os : 100 mg x 2/jour pendant 7 jours
• azithromycine : 1 g par voie orale en dose unique
En cas d’allergie on peut utiliser l’érythromycine (500 mg x 4 fois par jour pour 7 jours) ou de l’ofloxacine (200 mg x 2 fois par jour pour 7 jours).
Chez les femmes jeunes, on recommande de contrôler la PCR entre 1 à 6 mois après le traitement.
L’ulcération est souvent accompagnée de fièvre, de ganglions, voire d’une éruption sur la peau
Chancre mou
Chancre mouChancre mou sur le pénis
Cause plus fréquente en Afrique et Asie, le chancre mou, est une ulcération génitale due à Haemophilus ducreyi, une bactérie.
L’incubation est courte (inférieure à 5 jours)
La plaie est douloureuse, profonde, à fond sale et purulent, avec des bords nets, surélevés, avec un double liseré jaune sur la partie interne et rouge sur la partie externe.
En l’absence de traitement, 5 à 10 jours après le début de la plaie apparait un ganglion satellite dans l’aine, généralement d’unseul coté, très inflammatoire, évoluant vers la fistulisation à la peau (le ganglion perce et du pus coule).
Lymphogranuomatose vénérienne
La lymphogranulomatose vénérienne ou maladie de
Nicolas-Favre est due aux sérotypes L1, L2 ou L3 de Chlamydia
trachomatis.
L’incubation dure de 3 à 30 jours
Classiquement trois phases :
– la phase primaire
plaies indolores, non indurées, fugaces, passant souvent inaperçues.
– phase secondaire
ganglions superficiels, douloureux et inflammatoires avec fièvre, maux de tête… dans l’aine 10 à 30 jours après la plaie. Ils peuvent se fistuliser en plusieurs pertuis, en « pomme d’arrosoir ».
– phase tertiaire ou syndrome génitoanorectal chez la femme
fistules vésicovaginales, gonflement de la vulve et rétrécissement
rectal
La démangeaison du méat (trou par lequel s’écoule l’urine) est un signe d’uretrite
L’urétrite est une inflammation de l’urètre (le canal par lequel coule l’urine) d’origine infectieuse, sexuellement transmise.
Elle se manifeste dans la moitié des cas environ par un écoulement par le trou de la verge, qui peut être purulent (pus) ou plus clair, voire sanglant. Lorsque l’inflammation est moins importante, il n’y a pas d’écoulement et on trouve seulement des symptômes moins spécifiques de l’urétrite : démangeaisons du méat, brûlures en urinant, mictions fréquentes (« pisser souvent »)…
Gonococcie ou « chaude pisse »
Elle est due au gonocoque, responsable d’une urétrite souvent très marquée avec impression de « pisser des lames de rasoir », ou « chaude pisse » et écoulement de pus par le trou de la verge
Chlamydia est une bactérie intracellulaire obligatoire (elle entre dans les cellules de la muqueuse) dont les sérotypes D à K sont responsables d’urétrites infectieuses à transmission uniquement sexuelle.
L’incubation dure en moyenne 10 à 15 jours après le rapport sexuel contaminant mais est en fait assez variable, de quelques jours à quelques mois
Parfois peu ou pas de symptomes
Seuls la moitié des personnes atteintes ont des symptomes de trou de la verge qui gratte, les autres n’ont pas de symptomes, ce qui fait que la transmission est fréquente et qu’on estime que 10% de la population sexuellement active est atteinte. En cas de symptomes, il existe alors le plus souvent un écoulement clair par le trou de la verge et des brulures en urinant
Diagnostic
La sérologie (prise de sang) n’a pas grand intérêt dans le diagnostic des
urétrites à chlamydiae car il existe des réactions croisées avec Chlamydia pneumoniae, responsable d’infections pulmonaires et on peu difficilement distinguer une infection ancienne d’une infection récente.
Les prélèvements endo-urétraux obtenus par grattage dans l’uretre à l’aide d’un écouvillon dont une référence mais ils sont douloureux.
On pratique donc le plus souvent des tests d’amplification génique par PCR, sur le premier jet d’urine (10 à 20 ml, au moins 3 heures après la dernière miction).
Complications
Environ la moitié des orchiépididymites (infection des testicules) du sujet jeune sont dues à chamydia, et c’est la complication la plus fréquente de l’uretrite avec le syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter
Chez la femme, l’infection à chlamydia est souvent asymptomatique et elle serait responsable d’infertilités et de grossesse extra utérine par sténose des trompes
La chaude pisse ou gonorrhée est une infection sexuellement transmissible liée à l’infection de l’appareil génital par une bactérie appelée gonocoque.
Elle provoque de violentes douleurs et brulures lorsqu’on urine dans l’urethre, avec l’impression de « pisser des lames de rasoir ».
Il existe souvent un écoulement purulent par le méat (le trou par lequel l’urine sort), notamment le matin. Le traitement de la gonorrhée nécessite de dépister et traiter les partenaires sexuels, de chercher d’autres infections sexuellement transmissibles et de faire prendre à tous les sujets contaminés des antibiotiques.
Ecoulement de pus par le méat en cas d’uretrite gonococcique
L’urétrite est une inflammation de l’urètre (le canal par lequel coule l’urine) d’origine infectieuse, sexuellement transmise.
Symptomes
En cas d’atteinte par le gonocoque, la symptomatologie est souvent très franche (douleurs à la miction (impression de « pisser des lames de rasoir ») et il existe parfois un écoulement de pus par le méat et une rougeur du méat.
Meat rouge en cas d’uretrite
Chez la femme, il peut y avoir peu de symptomes, ou au contraire comme chez l’homme des douleurs à la miction et des écoulements vaginaux purulents (pertes blanches ou leucorrhées de pus)
Pertes blanches de pus en cas de gonococcie chez la femme
Traitement
Traitement du ou des partenaires sexuels
Bilan d’infection sexuellement transmissible
Recherche de co infection par syphilis, VIH…
Piqure ou comprimés
On utilise la ceftriaxone : 500 mg en injection Intra Musculaire et en dose unique (elle peut-être utilisée en sous-cutané ou en IV en cas d’anomalie de l’hémostase)
Un contrôle clinique est nécessaire à une semaine avec contrôle bactériologique en cas d’échec clinique. En cas d’allergie aux bétalactamines (pénicilline): azithromycine : 2g en dose unique
Compte tenu du risque important de co-infection par chlamydia des patients ayant une urétrite gonococcique, on traite généralement aussi une éventuelle infection par chlamydia :
• doxycycline per os : 100 mg x 2/jour pendant 7 jours
• ou azithromycine : 1 g par voie orale en dose unique
Il faut noter qu’une souche de gonocoque résistant à la ceftriaxone est apparue en 2011 au Japon et que les gonocoques conservent aujourd’hui les résistances qu’ils ont acquises à des antibiotiques qui ne sont plus prescrits dans cette indication depuis des années.
De même on voit apparaître une émergence rapide de souches de gonocoques résistants à tous les antibiotiques utilisés couramment pour traiter les gonococcies.
Enfin, il semble que le portage oropharyngé de gonocoques, par pratique du sexe oral, favorise le transfert de résistances plasmidiques vers les gonocoques par d’autres millions de bactéries déjà présentes dans la sphere ORL et ayant acquis cette résistance plasmidique. Il est donc primordial de mieux dépister (par des prélèvements oropharyngés avec mises en culture) et de mieux traiter les gonococcies pharyngées pour essayer de rompre la chaîne de contamination et limiter la propagation des gonocoques multi-résistants avant d’avoir à affronter des gonococcies « intraitables » avec les antibiotiques usuels du fait de leur multirésistance.
Le kyste du scrotum : une boule blanche sur les bourses (testicules)
En cas de boules blanches sur les bourses : consultez un médecin
La consultation du médecin est indispensable afin d’obtenir un diagnostic précis.
Le médecin envisagera les différents diagnostics en cas de boules blanches sur les testicules (condylomes, tumeur maligne… )
Le médecin va porter un diagnostic de kyste devant certains signes
Qu’est-ce qu’un kyste des bourses ou testicules ?
Le kyste est constitué d’une poche ou enveloppe, souvent très bien délimitée, tapissée sur sa face interne d’un épithélium, et contenant du sébum, blanc et pâteux.
Reconnaitre un kyste des bourses
Le kyste se présente sous la forme d’une boule bien arrondie, de taille variant de quelques millimètres à plusieurs centimètres, de consistance le plus souvent souple ou un peu ferme, mais pas dure, mobile par rapport aux plans profonds.
La peau au dessus du kyste des bourses ou testicules est blanche (on voit la coque en transparence sous la peau)
Comment se débarrasser de kystes des bourses
Tout dépend de la taille des kystes des testicules
Kyste de petite taille : Vidage puis ablation de la poche
Le médecin incise sous anesthésie locale la peau sur une petite longueur et la poche du kyste qu’il vide. Il procède ensuite à l’extraction de la poche kystique par traction avec des pinces
Kyste de grande taille : exérèse-fuseau
Cette technique permet de compenser l’espace mort du à l’ablation du kyste, donnant une dépression de la zone cicatricielle. La réalisation d’un fuseau permet de suturer des berges et de réduire le trou post ablation.
Le médecin enlève donc un morceau de peau ayant la forme d’un fuseau (ou d’une amande à bouts effilés) sous anesthésie locale et il va disséquer le kyste comme pour l’énucléation. Il recoud ensuite le plan profond puis la peau
Boutons sur le pubis et la zone du maillot : causes et traitement
Les boutons sur le pubis sont fréquents et peuvent avoir de nombreuses causes : infection virale, IST, folliculite, poils incarnés, dermatose chronique ou parasitose. La zone pubienne est souvent sèche et irritable, ce qui accentue les démangeaisons. Une consultation médicale est indispensable pour obtenir un diagnostic précis, car certaines causes nécessitent un traitement urgent (IST) ou un suivi prolongé.
Folliculite et poils incarnés après rasage ou épilation
La cause la plus fréquente de boutons sur le pubis. Le rasage et l’épilation fragilisent le follicule pileux et favorisent deux types de lésions :
Folliculite : infection bactérienne du follicule pileux, le plus souvent à Staphylococcus aureus. Se manifeste par de petites pustules rouges centrées sur un poil, douloureuses. Survient dans les jours suivant le rasage ou l’épilation. Traitement : antisepsie locale, antibiotiques topiques (Fucidine®, Mupiderm®) voire oraux en cas d’extension.
Poils incarnés : le poil recourbé ou tranché trop ras repousse sous la peau au lieu de sortir normalement, provoquant une papule rouge ou jaunâtre inflammatoire. Plus fréquent sur les peaux frisées. Voir notre article sur les poils incarnés.
Prévention : raser dans le sens du poil avec un rasoir propre, exfolier régulièrement la peau, appliquer une crème apaisante après l’épilation, espacer les séances.
Molluscum contagiosum
Petites tuméfactions d’origine virale (poxvirus) de 2 à 5 mm, rosées, ombiliquées (dépression centrale caractéristique), indolores. Très contagieux par contact direct (contact cutané, rapports sexuels). Chez l’adulte, leur localisation pubienne ou génitale évoque une transmission sexuelle. Peuvent siéger sur un fond d’eczéma.
Le traitement peut être local (curetage, cryothérapie, imiquimod) ou expectatif (régression spontanée possible en quelques mois à 2 ans). Voir notre article sur les molluscums contagiosums.
Les condylomes sont des verrues génitales dues aux papillomavirus humains (HPV), notamment les types 6 et 11 (condylomes acuminés bénins) et 16 et 18 (oncogènes — risque de cancer). Ils peuvent prendre des formes variées sur le pubis et la zone du maillot :
Taches claires ou brunâtres planes (condylomes plans)
Tuméfactions rosées papuleuses
Excroissances en « crête de coq » ou filiformes (condylomes acuminés)
⚠️ Toute verrue génitale doit faire l’objet d’un bilan IST complet. Les types HPV oncogènes (16, 18…) nécessitent une surveillance gynécologique ou urologique rapprochée. La vaccination contre les HPV (Gardasil 9®) est recommandée chez les adolescents de 11 à 14 ans et en rattrapage jusqu’à 19 ans.
Traitement : imiquimod (Aldara®), podophyllotoxine (Condyline®), cryothérapie, laser, électrocoagulation — toujours prescrit et réalisé par un médecin. Voir notre article sur les condylomes.
Dû au virus Herpes simplex de type 2 (HSV-2, majoritairement) ou de type 1 (HSV-1). Se manifeste par des vésicules groupées en bouquet, très douloureuses, évoluant vers des érosions, sur le pubis, les grandes lèvres, le prépuce ou le gland. La primo-infection peut s’accompagner de fièvre et d’adénopathies inguinales. La maladie est récidivante (réactivations), souvent précédées de prodromes (brûlures, picotements).
⚠️ L’herpès génital est une IST contagieuse même en dehors des poussées (transmission asymptomatique). Le préservatif réduit le risque sans l’éliminer. Un traitement antiviral (valaciclovir) raccourcit les poussées et réduit le risque de transmission.
La gale provoque des boutons et des sillons très prurigineux (démangeaisons nocturnes++) sur les zones de plis et les organes génitaux. Les nodules scabieux — nodules rouges et fermes, très caractéristiques — siègent fréquemment sur le pubis, le scrotum et le pénis. Ils peuvent persister plusieurs semaines après un traitement efficace (réaction inflammatoire résiduelle).
Morpions (poux du pubis — Phthirus pubis)
Les morpions sont des poux spécifiques des poils pubiens (Phthirus pubis), transmis par contact cutané étroit ou rapports sexuels. Ils provoquent des démangeaisons intenses du pubis, souvent nocturnes. Les œufs (lentes) sont visibles à la base des poils pubiens à la loupe. Traitement : lotion antiparasitaire (perméthrine) sur les zones atteintes, traitement simultané des partenaires et désinfection du linge.
Eczéma et dermite de contact
L’eczéma de la région pubienne se manifeste par des plaques rouges, squameuses, prurigineuses. Il peut s’agir d’un eczéma atopique (terrain atopique), d’une dermite de contact allergique (latex des préservatifs, lubrifiants, parfums des produits d’hygiène intime, résine des protections féminines) ou d’une dermite irritative (rasage répété, produits d’épilation caustiques). Le traitement repose sur l’éviction de l’allergène et les dermocorticoïdes.
Psoriasis inversé
Le psoriasis peut toucher les zones de plis et la région pubienne sous une forme dite « inversée » : plaques rouges lisses, sans squames (les squames sont éliminées par la macération et les frottements). Peut mimer un intertrigo candidosique. Le traitement repose sur des dermocorticoïdes modérés et des émollients. Le psoriasis inversé est souvent plus difficile à traiter en raison de la fragilité de la peau des plis. Voir notre article sur le psoriasis.
Hidrosadénite suppurée (maladie de Verneuil)
Maladie inflammatoire chronique des glandes apocrines touchant les zones riches en follicules pilo-sébacés : aines, pubis, aisselles, plis fessiers. Se manifeste par des nodules douloureux récidivants, des abcès et des fistules laissant des cicatrices. Favorisée par le tabac et le surpoids. Le traitement médical repose sur les antibiotiques, les rétinoïdes et l’adalimumab (Humira®) pour les formes sévères — la chirurgie est parfois nécessaire.
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MALADIE DE VERNEUIL
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Tuméfaction bénigne arrondie, bien limitée, ferme ou molle, mobile sous la peau, parfois surmonté d’un pore dilaté noir (comédon). Siège fréquemment sur le pubis et les grandes lèvres. Bénin mais peut s’infecter et devenir douloureux. Traitement : exérèse chirurgicale si gênant ou infecté.
Questions fréquentes sur les boutons du pubis
Comment distinguer un bouton lié au rasage d’une IST ?
Les boutons de folliculite ou poils incarnés apparaissent typiquement 1 à 3 jours après le rasage, sont regroupés sur la zone rasée, centrés sur un poil et régressent spontanément ou sous antiseptique en quelques jours. Les lésions d’IST (condylomes, herpès) ne sont pas liées au rasage, ont des formes caractéristiques (vésicules groupées pour l’herpès, excroissances pour les condylomes), et nécessitent un bilan médical. En cas de doute, consultez.
Faut-il faire un bilan IST en cas de boutons sur le pubis ?
Oui, dès que la lésion n’est pas clairement expliquée par un poil incarné ou une folliculite post-épilation récente. Les IST (herpès, condylomes, syphilis, molluscum) doivent être dépistées et traitées pour éviter la transmission au(x) partenaire(s). Un bilan IST complet inclut sérologies VIH, syphilis (TPHA-VDRL), hépatites B et C, et prélèvements locaux si besoin.
Les boutons du pubis peuvent-ils être dus au maillot de bain ?
Oui — la macération dans un maillot mouillé, les frottements et l’irritation des textiles synthétiques peuvent déclencher une folliculite, un intertrigo (mycose des plis) ou une dermite de contact. Rincer le maillot après chaque baignade, le changer rapidement et opter pour des matières respirantes limite ce risque.
Comment prévenir les boutons après l’épilation ou le rasage du pubis ?
Exfolier la peau 48h avant l’épilation pour libérer les poils ensevelis, raser dans le sens du poil avec un rasoir propre à lame fraîche, éviter de raser trop ras, appliquer une crème apaisante ou un gel post-épilation, espacer les séances. Pour les peaux à tendance aux poils incarnés, l’épilation définitive au laser est une alternative efficace.
Quand faut-il consulter en urgence pour des boutons sur le pubis ?
En urgence si : lésions très douloureuses et rapidement extensives (suspicion d’abcès ou de fasciite nécrosante), fièvre associée, ulcération profonde ou saignante, ganglions inguinaux douloureux. Sans urgence mais rapidement : toute lésion persistant plus de 3 semaines, toute suspicion d’IST, toute lésion indurée ou récidivante.
Boutons sur la vulve : causes, diagnostic et quand consulter
Se découvrir un bouton sur la vulve est souvent source d’inquiétude. Les causes sont très variées — de la simple variation anatomique normale à l’infection sexuellement transmissible, en passant par le kyste bénin ou la dermatose inflammatoire. La localisation exacte, l’aspect et les signes associés orientent fortement le diagnostic.
Bouton sur la vulve persistant ou douloureux ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation — discret et rapide : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Tableau diagnostic — bouton sur la vulve
Aspect / symptôme
Diagnostic probable
Signe clé
Petits grains jaunâtres indolores
Grains de Fordyce (normal)
Glandes sébacées ectopiques — bénin, très fréquent
Petites papules rosées à l’entrée du vagin
Papillomatose vestibulaire (normal)
Symétrique, régulière — variation anatomique non contagieuse
Ulcère indolore propre à bords nets — indolore ≠ bénin
Plaques blanches qui grattent, peau fine
Lichen scléreux
Femme ménopausée ++, atrophie, risque de cancer à long terme
Rougeur + démangeaisons intenses + leucorrhées
Mycose génitale (candidose)
Pertes blanches grumeleuses, brûlures, souvent après antibiotiques
Lésion qui ne guérit pas, saigne, grossit
Cancer vulvaire (à éliminer)
⚠️ Consulter rapidement — biopsie nécessaire
Variantes anatomiques normales — ne pas s’inquiéter
Grains de Fordyce
Les grains de Fordyce sont de petites taches ou grains jaunâtres, indolores, visibles sur les petites lèvres. Il s’agit de glandes sébacées ectopiques (situées hors des follicules pileux), parfaitement bénignes et très fréquentes. Aucun traitement n’est nécessaire.
Papillomatose vestibulaire
La papillomatose vestibulaire est une variante anatomique normale touchant l’entrée du vagin (vestibule). Elle se présente sous forme de petites papules rosées symétriques et régulières. Elle peut être confondue avec des condylomes à HPV — mais elle est non contagieuse et ne nécessite aucun traitement. La distinction se fait cliniquement ou par biopsie si doute.
Caroncules hyménéales et urétrales
Les caroncules sont des replis muqueux résiduels de l’hymen ou situés autour de l’urètre. Bénignes, elles peuvent parfois s’irriter et gêner — un avis gynécologique ou dermatologique rassure dans la grande majorité des cas.
Herpès génital — vésicules douloureuses
L’herpès génital est l’une des causes les plus fréquentes de boutons douloureux sur la vulve. Il se manifeste par des vésicules groupées en bouquet, très douloureuses, qui évoluent en érosions puis en croûtes en 7 à 10 jours. La primo-infection peut s’accompagner de fièvre et d’adénopathies inguinales douloureuses.
Points importants : le virus peut se transmettre même sans lésion visible (excrétion asymptomatique) et récidive par poussées tout au long de la vie. Un traitement antiviral (valaciclovir) réduit la durée et l’intensité des poussées.
Condylomes (HPV) — verrues génitales
Condylomes — verrues génitales à papillomavirus
Les condylomes sont des verrues génitales dues aux papillomavirus humains (HPV). Ils peuvent prendre des formes variées : taches claires ou brunâtres, tuméfactions rosées molles, excroissances filiformes en « chou-fleur ». Ils sont indolores mais très contagieux par contact sexuel direct. Le partenaire doit être examiné et traité si nécessaire. La vaccination HPV protège contre les types les plus à risque.
Molluscum contagiosum
Molluscum contagiosum — tuméfactions ombiliquées
Les molluscum contagiosum génitaux sont de petites tuméfactions rosées avec un creux central caractéristique (ombilication). Dus à un poxvirus, ils se transmettent par contact cutané direct — y compris sexuel. Ils régréssent spontanément en quelques mois mais un traitement (curetage, cryothérapie) accélère la guérison et limite la contagion.
Kyste de Bartholin — boule douloureuse près du vagin
Les glandes de Bartholin sont situées de chaque côté de l’entrée vaginale. Leur canal peut se boucher et former un kyste de Bartholin — boule indolore. Si ce kyste s’infecte (bartholinite), il devient rouge, chaud, très douloureux et peut atteindre plusieurs centimètres. Un kyste simple peut se résorber spontanément. Un kyste infecté nécessite une incision-drainage par un médecin, parfois sous anesthésie locale.
Lichen scléreux vulvaire — ne pas manquer
Le lichen scléreux vulvaire est une dermatose chronique inflammatoire touchant surtout les femmes ménopausées (mais aussi les fillettes et les femmes jeunes). Il provoque des démangeaisons intenses, une peau blanche nacrée et fine, des fissures et progressivement une atrophie vulvaire pouvant fusionner les petites lèvres.
⚠️ Le lichen scléreux vulvaire non traité est associé à un risque accru de carcinome épidermoïde vulvaire (1 à 5% des cas). Un diagnostic précoce et un traitement par dermocorticoïdes forts permettent de contrôler la maladie et de réduire ce risque. Toute femme avec des démangeaisons vulvaires chroniques doit être examinée.
Folliculite et poils incarnés
L’épilation (rasage, cire, laser) de la zone bikini peut provoquer des folliculites — boutons rouges centrés par un poil — et des poils incarnés (poils qui repoussent sous la peau). Bénins, ils peuvent s’infecter et former de petits abcès. Prévention : exfolier régulièrement la zone, hydrater, éviter les vêtements synthétiques serrés après épilation.
Quand consulter en urgence ?
Boule rouge et très douloureuse près du vagin (bartholinite)
Ulcération qui ne guérit pas, à bords nets (chancre syphilitique)
Lésion qui grossit, saigne ou ne cicatrise pas (éliminer un cancer)
Vésicules très douloureuses avec fièvre (primo-infection herpétique)
Démangeaisons vulvaires chroniques avec peau blanche (lichen scléreux)
Un bouton indolore sur la vulve peut-il être grave ?
Oui — l’indolore ne signifie pas bénin. Le chancre syphilitique est classiquement indolore, à bords nets, et constitue pourtant la primo-infection d’une IST grave nécessitant un traitement antibiotique. Les condylomes à HPV sont aussi indolores. Tout bouton, lésion ou ulcération sur la vulve persistant plus de 2 semaines sans cause évidente mérite une consultation.
Comment distinguer un bouton de vulve d’un herpès génital ?
L’herpès génital se distingue par sa douleur intense et ses vésicules groupées en bouquet sur fond rouge, évoluant rapidement en érosions douloureuses. Il s’accompagne souvent de brûlures avant même l’apparition des lésions. Un simple bouton folliculaire ou un grain de Fordyce est indolore ou légèrement sensible, sans vésicule. En cas de doute, un prélèvement par PCR confirme la présence du virus herpès.
La papillomatose vestibulaire est-elle contagieuse ?
Non — c’est une variante anatomique normale, non liée au papillomavirus HPV et non contagieuse. Elle peut être confondue avec des condylomes mais s’en distingue par sa disposition symétrique et régulière, et par l’absence de modifications cellulaires à la biopsie. Aucun traitement n’est nécessaire, seulement une confirmation diagnostique pour rassurer.
Que faire en cas de kyste de Bartholin ?
Un kyste de Bartholin petit et indolore peut être surveillé — il peut se résorber spontanément avec des bains de siège chauds répétés. S’il grossit, devient douloureux ou s’infecte (bartholinite avec chaleur, rougeur et fièvre), consultez rapidement — un drainage chirurgical est nécessaire. Ne jamais essayer de percer soi-même un kyste de Bartholin infecté.
Rougeurs et démangeaisons de la vulve : causes et traitements
Rougeurs et démangeaisons vulvaires — diagnostic différentiel
Les rougeurs et démangeaisons de la vulve (prurit vulvaire) sont un motif de consultation très fréquent en dermatologie et gynécologie. La vulve désigne les organes génitaux externes féminins — grandes lèvres, petites lèvres, clitoris, vestibule. Derrière ce symptôme commun se cachent des causes très variées : infection, allergie, maladie dermatologique chronique, voire lésion précancéreuse.
Cet article se concentre sur les rougeurs et démangeaisons — érythème diffus, plaques planes, prurit. Pour les boutons, vésicules ou ulcères, voir : lésions et boutons sur le sexe.
Démangeaisons persistantes ? Rougeur résistant au traitement ?
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Rougeur apparue après un nouveau produit (savon, protège-slip, lubrifiant) ?
Eczéma allergique de contact
Antécédents de psoriasis, eczéma atopique ?
Psoriasis génital, eczéma constitutionnel
Prise récente d’antibiotiques ?
Candidose post-antibiotique
Ménopause ? Sécheresse vaginale ?
Vaginite atrophique
Rapports douloureux (dyspareunie) ?
Lichen scléreux, candidose, vaginite atrophique
Rougeur résistant à tous les traitements depuis > 3 semaines ?
Lésion précancéreuse — biopsie indispensable
💡 Ne pas appliquer d’antifongique ou de dermocorticoïde en automédication prolongée sans diagnostic posé — ces traitements peuvent masquer une lésion plus grave (cancer in situ) ou entretenir une irritation de contact iatrogène.
Infections responsables de rougeurs et démangeaisons vulvaires
Candidose vulvo-vaginale (mycose)
La candidose est la première cause de prurit vulvaire — elle touche 75 % des femmes au moins une fois dans leur vie. Elle est due à Candida albicans (90 % des cas), champignon saprophyte du vagin qui prolifère en conditions favorables.
Caractéristiques
Détail
Symptômes typiques
Prurit vulvaire intense, brûlures, rougeur diffuse de la vulve et du vestibule, pertes blanches grumeleuses (aspect « lait caillé »), dyspareunie
Clinique ± prélèvement mycologique si résistance au traitement ou récidives fréquentes
Traitement
Antifongique azolé topique (éconazole, clotrimazole) ± ovule vaginal. Dose unique fluconazole oral si forme sévère. Traitement du partenaire si récidives.
Forme récidivante
≥ 4 épisodes/an — bilan diabète, immunodépression, culture pour identification de l’espèce (C. glabrata résistant au fluconazole). Traitement d’entretien hebdomadaire.
La vaginose bactérienne n’est pas une IST à proprement parler mais un déséquilibre de la flore vaginale : les Lactobacillus protecteurs sont remplacés par des anaérobies (dont Gardnerella vaginalis). Elle est souvent asymptomatique ou se manifeste par :
Pertes grises ou grisâtres, fluides, odeur de poisson caractéristique (accentuée après les rapports sexuels)
Légère rougeur vulvaire — le prurit est en général modéré voire absent
Critères de Amsel : pH vaginal > 4,5, test à la potasse positif (odeur de poisson), clue cells à l’examen direct
Parasite sexuellement transmissible responsable de rougeurs profuses et érosives du col et du vagin, avec pertes jaunes ou verdâtres d’odeur nauséabonde, prurit intense et brûlures à la miction. Parfois asymptomatique chez l’homme. Traitement : métronidazole 2 g en prise unique — les deux partenaires simultanément.
Herpès génital
L’herpès génital (HSV-2) peut se manifester par une rougeur diffuse de la vulve lors de la primo-infection — avant l’apparition des vésicules caractéristiques. Si vous observez des vésicules douloureuses, érosions en bouquet ou ulcérations, consultez : herpès génital.
Herpès génital — les vésicules précèdent les érosions
Eczéma et allergie de contact vulvaire
L’eczéma de la vulve est souvent sous-diagnostiqué. Les premières causes d’allergie de contact vulvaire sont les topiques médicamenteux (crèmes antibiotiques, antifongiques en automédication) et les produits d’hygiène intime.
Vernis à ongles (résines époxy), produits chimiques professionnels portés par les mains
Aspect clinique de l’eczéma vulvaire
L’eczéma de la vulve forme des placards rouges secs sur les versants externes — pubis, grandes lèvres externes, racine des cuisses — avec respect des plis et de la muqueuse vaginale (pas de pertes vaginales). La peau est fripée, parfois parsemée de petites vésicules excoriées, à bords émiettés et mal limités.
💡 Pièges diagnostiques : l’eczéma de la vulve est souvent aggravé par les antifongiques et antiseptiques appliqués en automédication — qui sont eux-mêmes allergisants. Un eczéma qui s’aggrave sous traitement antifongique doit faire évoquer une allergie de contact au produit lui-même.
Traitement : identification et éviction de l’allergène (patch tests indispensables) + dermocorticoïde classe II-III selon la sévérité. Limiter l’eau et le savon — aggravent la macération et l’irritation. Voir : eczéma — causes et traitement.
Dermatoses chroniques de la vulve
Lichen scléreux vulvaire
Dermatose auto-immune chronique — l’une des causes les plus importantes de prurit vulvaire chronique chez la femme après la ménopause, mais pouvant survenir à tout âge, y compris chez la petite fille.
Stade évolutif
Aspect clinique
Début
Plaques blanches nacrées, légèrement atrophiques, prurigineuses — grandes lèvres, clitoris, périnée. Aspect en « sablier » entourant la vulve et la région anale
Évolution
Fissures spontanées, saignements, plaques ivoire brillantes, rétrécissement progressif de l’orifice vaginal (synéchies des petites lèvres), enfouissement du clitoris
Stade avancé
Dyspareunie sévère, destruction de l’architecture vulvaire, cicatrices irréversibles, risque de carcinome épidermoïde
⚠️ 80 % des carcinomes épidermoïdes vulvaires se développent sur un lichen scléreux non ou mal traité. Un traitement précoce par propionate de clobétasol et un suivi dermatologique annuel réduisent significativement ce risque.
Traitement :propionate de clobétasol 0,05 % (Dermoval®) — application quotidienne 1 mois, puis décroissance progressive, puis entretien 2 fois/semaine à vie. Surveillance biopsique de toute zone épaissie ou résistante.
Lichen plan érosif vulvaire
Dermatose inflammatoire auto-immune médiée par les lymphocytes T. La forme érosive vulvo-vaginale est la plus douloureuse — érosions rouge vif, brillantes, entourées d’une bordure blanche dentelle-like, avec dyspareunie sévère et possibilité de sténose vaginale à terme.
Rechercher systématiquement une atteinte buccale associée (stries de Wickham). Des associations avec les hépatites B et C ont été rapportées — bilan hépatique au diagnostic. La biopsie est souvent nécessaire pour distinguer lichen plan érosif, pemphigoïde cicatricielle et lupus. Voir : lichen plan.
Psoriasis vulvaire
Le psoriasis touche les organes génitaux féminins chez 60 % des patientes psoriasiques. Sur la vulve, les squames habituelles sont absentes (peau fine) : on observe des plaques rouges vives, bien délimitées, symétriques, parfois prurigineuses, pouvant s’étendre aux plis inguinaux et interfessiers. Le caractère suintant évoque une surinfection bactérienne.
Traitement : dermocorticoïdes de faible puissance (classe I-II). En cas de résistance, consultation dermatologique — le psoriasis génital peut bénéficier des mêmes biothérapies que les formes cutanées sévères. Voir : psoriasis.
Dermatite atopique vulvaire
Chez les femmes atopiques, l’eczéma atopique peut toucher la région génitale — prurit chronique, peau sèche, parfois lichénification par grattage répété. Le traitement repose sur émollients, dermocorticoïdes et tacrolimus topique pour les zones sensibles. Voir : eczéma atopique.
Lésions précancéreuses et cancers vulvaires
⚠️ Toute rougeur vulvaire persistant plus de 3 semaines malgré un traitement antifongique ou dermocorticoïde bien conduit doit faire l’objet d’une biopsie.
Tache rouge vif ou brunâtre, lisse, luisante, indolore, bien limitée
HPV oncogènes, immunodépression
Biopsie. Laser, imiquimod ou excision selon localisation
Carcinome épidermoïde vulvaire
Plaque infiltrée saignotante sur lichen scléreux, ou zone épaissie sur fond érythémateux, ulcération persistante
Lichen scléreux (80 %) ou VIN HPV-induite (20 %)
Biopsie urgente — chirurgie ± radiothérapie
Ménopause et syndrome génito-urinaire
La carence en œstrogènes à la ménopause entraîne un syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGM) — anciennement appelé vaginite atrophique — qui touche 50 à 60 % des femmes ménopausées.
Symptôme
Mécanisme
Rougeur et atrophie de la vulve et du vagin
Réduction de l’épaisseur et de la vascularisation de la muqueuse
Sécheresse, brûlures, prurit
Disparition de la lubrification et acidité vaginale (pH alcalin → candidoses récidivantes)
Dyspareunie (rapports douloureux)
Atrophie et sténose progressive
Infections urinaires récidivantes
Perte de l’effet barrière des Lactobacillus
Traitement :œstrogènes locaux (promestriène, estriol) en crème ou ovule vaginal — action locale sans effet systémique significatif, utilisables même avec antécédent de cancer du sein dans les formes légères (à discuter avec l’oncologue). Hydratants vaginaux non hormonaux en complément. Le traitement hormonal substitutif systémique relève de la décision gynécologique.
💡 Le SGM est souvent non diagnostiqué car les femmes n’en parlent pas spontanément. Il est traitable efficacement et ne doit pas être accepté comme une fatalité du vieillissement.
Comment distinguer une mycose vaginale d’une vaginose bactérienne ?
La mycose donne un prurit intense avec des pertes blanches grumeleuses (aspect « fromage blanc ») et une rougeur diffuse. La vaginose bactérienne donne des pertes grises fluides avec une odeur de poisson caractéristique, un prurit modéré et peu de rougeurs. En cas de doute, un prélèvement vaginal tranche le diagnostic.
Pourquoi mes démangeaisons vulvaires reviennent-elles toujours ?
Des candidoses récidivantes (≥ 4 épisodes/an) imposent un bilan : diabète, immunodépression, culture pour identifier l’espèce (Candida non-albicans résistant au fluconazole), allergie de contact aux antifongiques eux-mêmes. Un lichen scléreux débutant peut aussi mimer une mycose chronique — le diagnostic est histologique.
Le lichen scléreux peut-il guérir ?
Non, c’est une maladie chronique. Mais un traitement bien conduit par propionate de clobétasol permet un contrôle excellent, prévient les complications (synéchies, carcinome) et améliore très significativement la qualité de vie. L’arrêt du traitement entraîne quasi systématiquement une rechute.
Quand consulter en urgence pour une rougeur vulvaire ?
Consultez sans délai si : rougeur s’étendant rapidement avec fièvre (fasciite nécrosante possible — rare mais gravissime), ulcération indolore persistante (syphilis, carcinome), rougeur associée à des douleurs pelviennes et fièvre (salpingite), ou toute lésion résistant à tous les traitements habituels depuis plus de 3 semaines.
Les rougeurs vulvaires sont-elles contagieuses ?
Cela dépend de la cause. La candidose, la vaginose bactérienne et les irritations de contact ne sont pas contagieuses au sens strict. Le Trichomonas, l’herpès génital, les condylomes HPV et la syphilis se transmettent sexuellement — un bilan IST et le traitement du partenaire sont indispensables.
Peut-on consulter en téléconsultation pour des rougeurs vulvaires ?
Oui, une photo des lésions et un interrogatoire précis permettent le plus souvent d’orienter le diagnostic et d’obtenir une ordonnance rapidement. Certains examens (prélèvement vaginal, biopsie, patch tests) nécessitent une consultation en cabinet.
Démangeaisons vulvaires : causes et traitements des boutons qui grattent
Des démangeaisons sur la vulve (prurit vulvaire) avec ou sans boutons visibles sont un motif de consultation très fréquent. Les causes sont nombreuses et souvent différentes de celles des boutons indolores — mycose, eczéma de contact, lichen, gale, herpès. Identifier la cause permet de choisir le traitement adapté et d’éviter les traitements antifongiques à répétition qui ne traitent pas la vraie cause.
Démangeaisons vulvaires persistantes ou récidivantes ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
La candidose vulvovaginale est la cause la plus fréquente de prurit vulvaire chez la femme en âge de procréer. Elle provoque un prurit intense, des brûlures, une rougeur vulvaire et des pertes blanches grumeleuses « en fromage blanc » caractéristiques. Des petites pustules claires peuvent apparaître sur fond rouge autour de la vulve.
Facteurs favorisants : antibiothérapie récente (détruit la flore protectrice), grossesse, diabète, immunodépression, chaleur et humidité (sous-vêtements synthétiques).
Traitement : antifongique local (ovule ou crème clotrimazole, éconazole) en dose unique ou sur 3 à 6 jours, ou antifongique oral (fluconazole 150 mg en dose unique) sur prescription.
💡 Mycoses récidivantes (>4 épisodes/an) : penser à un diabète méconnu, un traitement insuffisant, une recontamination par le partenaire, ou une autre cause confondue avec une mycose (lichen, eczéma). Un avis dermatologique ou gynécologique s’impose.
Le lichen scléreux est une dermatose inflammatoire chronique qui provoque un prurit vulvaire intense et chronique, souvent pire la nuit. La peau devient blanche nacrée, fine, fragile — avec des fissures douloureuses. Il touche principalement les femmes ménopausées mais peut survenir à tout âge, y compris chez la petite fille.
⚠️ Le lichen scléreux non traité augmente le risque de carcinome épidermoïde vulvaire. Traitement indispensable par dermocorticoïdes forts (propionate de clobétasol) sur protocole prolongé. Suivi dermatologique régulier.
Eczéma de contact vulvaire — les coupables fréquents
La zone vulvaire est très sensible aux allergies et irritations de contact. Les causes les plus fréquentes d’eczéma de contact vulvaire :
Savons parfumés, gels douche, lingettes intimes
Protège-slips et serviettes hygiéniques (parfums, plastifiants)
Préservatifs en latex (allergie au latex)
Lubrifiants, spermicides
Crèmes ou ovules médicamenteux (conservateurs, excipients)
Lessive et adoucissant pour les sous-vêtements
Traitement : identifier et supprimer le produit responsable + dermocorticoïde doux en crème. Les patch-tests permettent d’identifier l’allergène précis.
Gale — nodules scabieux vulvaires
Nodules scabieux de la gale (ici chez l’homme bien sur, mais ils existent chez la femme)
La gale peut provoquer des nodules scabieux sur la vulve — boutons rouges, fermes, très prurigineux, persistant plusieurs semaines même après traitement. Le prurit est caractéristiquement nocturne et intense, souvent partagé par l’entourage. Les sillons scabieux sont visibles entre les doigts et aux poignets. Traitement : ivermectine orale ou perméthrine topique, traitement simultané de tous les contacts.
Herpès génital — brûlures et vésicules
Herpès génital — vésicules et érosions
L’herpès génital provoque des brûlures intenses et des vésicules groupées douloureuses évoluant en érosions. Le prurit est moins au premier plan que la douleur et la brûlure. Il récidive par poussées déclenchées par le stress, les règles ou la fatigue. Voir notre article dédié sur l’herpès génital.
Lichen simplex chronique — le cercle vicieux du grattage
Le lichen simplex chronique (ou névrodermite) est une conséquence du grattage répété — quelle qu’en soit la cause initiale. La peau s’épaissit progressivement, forme des plaques lichénifiées grises, qui démangent encore plus, ce qui entretient le grattage. Traitement : dermocorticoïdes forts pour casser le cercle vicieux, associés au traitement de la cause initiale.
Quand consulter en urgence ?
Prurit intense avec fièvre ou ganglions inguinaux douloureux
Vésicules très douloureuses (primo-infection herpétique)
Prurit nocturne avec entourage atteint (gale)
Démangeaisons chroniques résistant à 2 traitements antifongiques bien conduits
Peau blanche, fissurée, qui s’atrophie (lichen scléreux)
Questions fréquentes sur les démangeaisons vulvaires
Comment savoir si les démangeaisons vulvaires sont une mycose ou autre chose ?
La mycose s’accompagne presque toujours de pertes blanches grumeleuses caractéristiques et survient souvent après une antibiothérapie. Si les démangeaisons sont chroniques sans pertes particulières, si elles résistent à un traitement antifongique bien conduit, ou si elles s’accompagnent d’une peau blanche et fine, il faut penser à un lichen scléreux ou un eczéma. Un traitement antifongique à répétition sans diagnostic confirmé peut masquer une autre pathologie et retarder le traitement adapté.
Pourquoi les démangeaisons vulvaires sont-elles pires la nuit ?
Le prurit nocturne intense est le signe caractéristique de deux pathologies : la gale (acarus plus actif la nuit, chaleur du lit) et le lichen scléreux. Dans les deux cas, les démangeaisons peuvent être suffisamment intenses pour réveiller. Si vous avez des démangeaisons vulvaires nocturnes intenses, parlez-en à votre médecin — le traitement est très différent selon la cause.
L’eczéma peut-il toucher la vulve ?
Oui — l’eczéma de contact vulvaire est plus fréquent qu’on ne le pense. La zone vulvaire est particulièrement sensible aux irritants et allergènes car la muqueuse est fine et très vascularisée. Les savons parfumés, protège-slips, lubrifiants et même certains médicaments gynécologiques peuvent en être responsables. Si les démangeaisons apparaissent ou s’aggravent après l’utilisation d’un produit particulier, arrêtez-le et consultez pour réaliser des patch-tests.
Le partenaire doit-il être traité en cas de mycose vulvaire ?
Pas systématiquement — la candidose vulvovaginale n’est pas une IST classique. Cependant, en cas de mycoses récidivantes, le partenaire peut être porteur asymptomatique et recontaminer. Dans ce cas, un traitement antifongique du partenaire (crème locale ou fluconazole oral) peut être proposé. En revanche, pour la gale, l’herpès et les condylomes, le traitement du ou des partenaires est systématiquement nécessaire.
Boutons qui grattent sur le pubis : comment orienter le diagnostic ?
Des lésions pubiques qui évoluent ou qui inquiètent ?
Une téléconsultation avec photo permet souvent d’orienter le diagnostic et de prescrire un premier traitement ou un bilan adapté.
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DEMANGEAISONS DE LA PEAU
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes des problèmes
– Les traitements…
Le pubis est une zone que les patients hésitent souvent à montrer, et dont ils parlent encore moins spontanément. Pourtant, les affections cutanées pubiques sont fréquentes — et leur diversité diagnostique est réelle. Un bouton qui gratte sur le pubis peut relever d’une simple irritation mécanique, d’une dermatose inflammatoire chronique, d’une infection bactérienne ou fongique, ou d’une infection sexuellement transmissible qui ne doit pas passer inaperçue.
Cet article ne remplace pas une consultation médicale — certaines de ces affections nécessitent un examen clinique direct et des prélèvements. Mais il peut vous aider à comprendre les caractéristiques de vos lésions, à les décrire avec précision à votre médecin, et à identifier les situations qui méritent une consultation rapide.
La région pubique présente plusieurs caractéristiques anatomiques qui la rendent particulièrement susceptible aux affections cutanées.
Follicules pilo-sébacés denses. La pilosité pubienne implique une forte concentration de follicules, qui sont autant de portes d’entrée potentielles pour les bactéries et les virus. Chaque follicule est un micro-canal qui traverse la barrière cutanée — et donc un point de vulnérabilité.
Zone de frottement et d’occlusion. L’élastique du sous-vêtement, la friction des vêtements, la chaleur et l’humidité créent un microenvironnement propice aux infections fongiques, aux folliculites et aux dermatites de contact. La macération aggrave toute dermatose préexistante.
Peau fine et sensible. La peau pubique réagit facilement aux irritants (rasage, crèmes dépilatoires, lingettes parfumées) et aux allergènes (nickel du bouton de jean, latex, conservateurs des lubrifiants).
Proximité avec les muqueuses génitales. Certaines affections qui débutent sur les muqueuses — herpès, condylomes, syphilis — peuvent s’étendre à la peau pubienne adjacente, et inversement.
Épilation et risque infectieux
L’épilation pubienne — rasage, cire, laser — est l’un des principaux facteurs favorisants des folliculites et des furoncles du pubis. La destruction de la barrière folliculaire et les micro-traumatismes facilitent la pénétration de Staphylococcus aureus. Ce constat éclaire certaines situations cliniques — la persistance ou l’extension des lésions au-delà de 10 jours après une épilation doivent conduire à une consultation.
Lire ses lésions : quelques repères sémiologiques utiles
Avant toute chose, la nature de la lésion élémentaire oriente fortement le diagnostic. Il est utile de savoir distinguer ces différents types :
Psoriasis, dermatophytie, pityriasis rosé de Gibert
Deux questions simples à se poser 1. Y a-t-il d’autres lésions ailleurs sur le corps ? La gale, le pityriasis rosé de Gibert, la syphilis secondaire et la dermatite atopique ne se limitent jamais au seul pubis. D’autres localisations simultanées orientent fortement le diagnostic.
2. La démangeaison est-elle nocturne ? Un prurit à prédominance nocturne, souvent accompagné d’autres personnes du foyer atteintes, est quasi-pathognomonique de la gale jusqu’à preuve du contraire.
Tableau différentiel des principales causes
Diagnostic
Aspect clinique
Prurit
Contexte évocateur
Signe clé
Folliculite bactérienne
Pustules centrées sur un poil, fond érythémateux
Modéré
Post-épilation, sport, transpiration
Lésions centrées sur le follicule — poil visible
Gale
Papules et nodules rouges, excoriations
Intense, nocturne
Entourage symptomatique, retour de voyage
Sillons scabieux aux poignets, espaces interdigitaux
Molluscum contagiosum
Papules nacrées ombiliquées 2–5 mm
Absent à modéré
Enfant, adulte jeune, contact sexuel
Ombilication centrale caractéristique
Condylomes (HPV)
Papules rosées, verrucueuses ou lisses, coalescentes
Nul à modéré
Contact sexuel — incubation 3 semaines à 8 mois
Surface kératosique ou muqueuse lisse selon le type viral
Herpès génital
Vésicules en bouquet → érosions douloureuses
Brûlure, douleur vive
Antécédent de primo-infection, partenaire symptomatique
Bouquet de vésicules sur fond érythémateux
Eczéma de contact
Plaques rouge-suintantes puis lichénifiées
Intense
Nickel (bouton de jean), latex, conservateurs
Topographie correspondant à l’allergène
Dermatite atopique
Plaques sèches érythémateuses, lichénification
Intense, chronique
Antécédents atopiques familiaux, terrain de terrain
Autres localisations (plis, visage)
Psoriasis inversé
Plaques érythémateuses peu squameuses, bords nets
Variable
Antécédents de psoriasis en plaques, terrain familial
Bords nets, peu de squames en zone de frottement
Tinea (dermatophytie)
Plaque annulaire à bord actif centrifuge, centre plus clair
Modéré
Sportif, contact animal, macération
Bord actif périphérique avec collerette squameuse
Morpions (pédiculose pubienne)
Macules bleutées (taches de Delbet), excoriations
Intense, nocturne
Contact sexuel, literie partagée
Lentes et parasites visibles à la loupe sur les poils
Pityriasis rosé de Gibert
Médaillon initial oval à collerette, puis efflorescence
Modéré à absent
Adulte jeune, printemps-automne
Médaillon précédant les lésions secondaires de 1 à 2 semaines
Urticaire
Plaques œdémateuses rosées, fugaces (< 24 h)
Très intense
Allergie médicamenteuse, alimentaire, physique
Disparition et réapparition en moins de 24 heures
Syphilis primaire
Ulcération indolore, bord régulier, base indurée
Absent
Rapport sexuel à risque récent, adénopathie inguinale indolore
Absence de douleur — signe qui fait méconnaître le diagnostic
Les IST à ne pas manquer
Parmi toutes les causes de lésions pubiques, les infections sexuellement transmissibles méritent une attention particulière — non parce qu’elles sont les plus fréquentes, mais parce qu’elles ont des implications au-delà de la lésion cutanée : traitement du partenaire, dépistage d’autres IST et suivi sérologique.
Herpès génital (HSV-2, parfois HSV-1)
L’herpès génital se manifeste par un bouquet de vésicules douloureuses sur fond érythémateux, qui évoluent en 3 à 5 jours vers des érosions puis des croûtes. La primo-infection est souvent plus sévère — avec fièvre, adénopathies inguinales et douleurs intenses. Les récurrences sont généralement moins symptomatiques mais persistent à vie, le virus se mettant en latence dans les ganglions nerveux sensitifs. Le diagnostic est confirmé par PCR sur le liquide vésiculaire. Le traitement antiviral (valaciclovir) réduit la durée des poussées et, à dose suppressrice quotidienne, diminue le risque de transmission au partenaire. Voir notre article sur l’herpès génital.
Condylomes acuminés (HPV 6 et 11)
Les condylomes sont des verrues génitales dues aux papillomavirus humains. Leur aspect est variable : excroissances molles en chou-fleur (condylomes acuminés classiques), papules lisses kératosiques (condylomes plans), ou taches légèrement surélevées de couleur chair ou rosée. Ils peuvent atteindre le pubis, la verge, la vulve, la région anale et les muqueuses. Le traitement local (imiquimod, podophyllotoxine, acide trichloracétique) ou chirurgical (laser, cryothérapie, électrocoagulation) élimine les lésions visibles sans éradiquer le virus. La vaccination anti-HPV (Gardasil 9®) prévient l’infection par les sérotypes les plus oncogènes et est recommandée jusqu’à 26 ans. Voir notre article sur les condylomes et HPV.
Syphilis primaire — le chancre à ne jamais négliger
Le chancre syphilitique est une ulcération indolore, à bord régulier et base indurée, unique dans la forme typique. Sa localisation pubienne est possible, bien que les muqueuses génitales et anales soient plus souvent concernées. L’absence de douleur est précisément ce qui le fait négliger — et retarde le diagnostic. Une adénopathie inguinale unilatérale indolore l’accompagne souvent. La sérologie syphilitique (TPHA-VDRL) est l’examen clé. Le chancre guérit spontanément en 3 à 6 semaines, créant une fausse impression de guérison alors que la syphilis évolue vers ses stades secondaire puis tertiaire. Le traitement par benzathine-benzylpénicilline (Extencilline®) est très efficace s’il est initié précocement. Voir notre article complet sur la syphilis.
⚠ Toute ulcération génitale impose une sérologie syphilitique
Le chancre guérit spontanément en 3 à 6 semaines — ce qui crée une fausse impression de guérison alors que l’infection progresse. Toute ulcération génitale, même minime et non douloureuse, passée ou présente, doit conduire à un TPHA-VDRL et à un bilan IST complet.
Dermatoses inflammatoires et infectieuses non sexuelles
Gale — le diagnostic à ne jamais oublier
La gale pubique (nodules scabieux génitaux) est souvent négligée ou attribuée à tort à une IST. Les nodules scabieux du pénis et du scrotum sont quasi-pathognomoniques — leur présence associée à un prurit nocturne généralisé et à d’autres localisations (poignets, espaces interdigitaux) est très évocatrice. Le traitement doit simultanément traiter tous les membres du foyer et désinfecter le linge à 60°C. Voir l’article complet sur la gale et nos articles sur les boutons et sillons de la gale et la transmission de la gale.
Molluscum contagiosum
Petites papules nacrées ombiliquées de 2 à 5 mm, dues au poxvirus. Chez l’adulte, leur localisation pubienne et génitale évoque une transmission sexuelle. Chez l’enfant, ils sont diffus et souvent associés à une dermatite atopique. La régression est spontanée en 6 à 18 mois, mais le traitement (curetage, cryothérapie, hydroxyde de potassium) accélère la guérison et limite la dissémination. Voir notre article sur les molluscum contagiosum.
Dermatophytie inguino-crurale (Tinea cruris)
La mycose inguinale à dermatophytes — souvent Trichophyton rubrum ou Epidermophyton floccosum — se présente comme une plaque érythémateuse à bord actif et progression centrifuge. Elle démarre typiquement dans les plis inguinaux et peut s’étendre au pubis. Elle est souvent associée à une mycose des pieds chez la même personne, le pied étant le réservoir habituel. Le traitement antifongique topique (terbinafine, azolés) est efficace en 2 à 4 semaines. Voir notre article sur les mycoses cutanées.
Eczéma de contact au bouton de jean (allergie au nickel)
L’eczéma au nickel est l’une des dermatites de contact les plus fréquentes. La topographie est caractéristique : plaques érythémateuses et vésiculeuses localisées exactement sous le bouton de jean. Le diagnostic est confirmé par patch-tests. Le traitement associe l’éviction de l’allergène (bouton non nickelé ou vernis protecteur) et un dermocorticoïde topique. Voir nos articles sur l’eczéma de contact allergique et l’allergie au nickel.
Dermatite atopique
La dermatite atopique peut donner des plaques sèches, rugueuses et érythémateuses sur le pubis. Elle touche surtout les enfants et jeunes adultes dans le contexte d’un terrain atopique (asthme, rhinite allergique). D’autres localisations (plis des coudes, creux poplités, visage) sont habituellement présentes et orientent le diagnostic. Voir notre article sur la dermatite atopique.
Psoriasis inversé
Le psoriasis des plis et du pubis se distingue du psoriasis en plaques classique par l’absence ou la rareté des squames (éliminées par la friction) et par des bords très nets. Les plaques sont érythémateuses, brillantes, bien limitées. La recherche d’autres localisations (scalp, coudes, genoux, ongles) et d’antécédents familiaux aide au diagnostic. Appliquer un dermocorticoïde seul sur ce qui est en réalité une mycose est l’une des erreurs les plus fréquentes — un prélèvement mycologique tranche rapidement. Voir notre article sur le psoriasis.
Pityriasis rosé de Gibert
Le pityriasis rosé de Gibert débute souvent par un médaillon oval initial sur le tronc ou le pubis, suivi 1 à 2 semaines plus tard d’une efflorescence de lésions secondaires suivant les lignes de clivage cutané. Le prurit est modéré. La résolution est spontanée en 6 à 10 semaines. Voir notre article sur le pityriasis rosé de Gibert.
Impétigo
L’impétigo peut affecter le pubis, surtout chez l’enfant. Il se manifeste par des vésicules fragiles qui s’érodent rapidement, laissant des croûtes mielleuses jaune dorée caractéristiques. L’agent causal est Staphylococcus aureus, parfois associé au streptocoque du groupe A. La mupirocine topique est efficace pour les formes localisées. Voir notre article sur l’impétigo.
Urticaire
L’urticaire pubienne se présente comme des plaques érythémateuses et œdémateuses, mobiles et fugaces — disparaissant et réapparaissant en moins de 24 heures. Son caractère très mobile et sa résolution rapide la distinguent des autres dermatoses. La cause peut être médicamenteuse, alimentaire, physique ou idiopathique. Voir notre article sur l’urticaire.
Morpions (pédiculose pubienne)
Les morpions (Pthirus pubis) sont des poux spécifiques de la pilosité pubienne, transmis essentiellement par contact sexuel. Ils provoquent un prurit intense, surtout nocturne. Les lentes et parfois les parasites adultes sont visibles à la loupe sur les poils. Des macules bleutées (taches de Delbet) peuvent apparaître aux points de piqûre. Le traitement repose sur les insecticides topiques (perméthrine, malathion) appliqués sur toute la pilosité corporelle, renouvelés à J7–J10.
Folliculite et furoncle du pubis
La folliculite est une infection superficielle du follicule pileux, se manifestant par de petites pustules centrées sur un poil. Elle est favorisée par l’épilation, la transpiration et le frottement. Le furoncle est une atteinte plus profonde et douloureuse du follicule. Le traitement associe des soins antiseptiques locaux, parfois une antibiothérapie topique (acide fusidique) ou orale selon l’étendue. La récidive fréquente doit faire rechercher un portage nasal de Staphylococcus aureus.
Signes d’alerte qui imposent une consultation rapide
⚠ Consultez dans les 48 heures si vous présentez :
Ulcération indolore — même petite et passagère — syphilis primaire à exclure en priorité
Vésicules douloureuses en bouquet avec fièvre et adénopathies inguinales — primo-infection herpétique
Prurit nocturne intense généralisé avec d’autres personnes du foyer atteintes — gale
Lésion pigmentée asymétrique qui change — mélanome génital (rare mais grave)
Tout symptôme pubique dans un contexte de rapport sexuel à risque récent — bilan IST complet
Un doute sur la nature de vos lésions ?
Photos + description clinique permettent souvent d’orienter le diagnostic et d’organiser un bilan adapté en téléconsultation. Ordonnance possible dès la première consultation.
Des boutons pubiques après l’épilation sont-ils toujours des folliculites ?
La folliculite post-épilation est la cause la plus fréquente — mais pas la seule. Un herpès génital peut coïncider avec une épilation récente (la micro-lésion cutanée facilitant la primo-infection), et des condylomes peuvent initialement ressembler à des folliculites. La persistance des lésions au-delà de 10 jours après l’épilation, leur caractère douloureux ou leur augmentation en nombre justifient une consultation.
Comment distinguer une mycose inguinale d’un psoriasis des plis ?
Le bord actif centrifuge avec fine collerette squameuse et la progression avec centre plus clair sont évocateurs de dermatophytie. Le psoriasis inversé a des bords très nets mais peu de squames, et s’accompagne souvent d’autres localisations psoriasiques (scalp, ongles). En cas de doute, un prélèvement mycologique tranche rapidement — et évite d’appliquer un dermocorticoïde seul sur une mycose, ce qui l’aggraverait.
Peut-on avoir un herpès génital sans jamais avoir eu de rapport sexuel ?
Techniquement oui — HSV-1, responsable de l’herpès labial, peut se transmettre aux organes génitaux par contact oro-génital. L’herpès génital à HSV-1 est en augmentation dans les pays occidentaux du fait des pratiques oro-génitales. De plus, une primo-infection à HSV-2 peut rester asymptomatique pendant des mois ou des années avant de se manifester. La découverte d’un herpès génital n’implique pas nécessairement une infidélité récente.
La gale pubienne peut-elle se transmettre sans contact sexuel ?
Oui — contrairement aux morpions, la gale se transmet avant tout par contact cutané direct et prolongé, et peut se propager au sein d’un foyer sans contact sexuel (literie, vêtements partagés, contact parent-enfant lors des soins). Le traitement doit systématiquement englober tous les membres du foyer et les contacts proches, qu’ils soient ou non symptomatiques.
Une lésion pubienne qui guérit seule doit-elle quand même être consultée ?
Oui, si elle ressemble à un chancre — c’est-à-dire une ulcération indolore qui guérit spontanément en quelques semaines. Le chancre syphilitique guérit seul en 3 à 6 semaines, laissant croire à une guérison complète, alors que la syphilis évolue vers ses stades secondaire puis tertiaire. Une sérologie syphilitique doit être demandée face à toute ulcération génitale, même ancienne et cicatrisée.
Peut-on faire un bilan IST en téléconsultation ?
Oui. Le médecin peut prescrire l’ensemble du bilan IST (sérologies, PCR) en téléconsultation, sans examen physique préalable dans la majorité des situations. Les prélèvements sont réalisés en laboratoire de biologie médicale sur ordonnance. Certains laboratoires proposent désormais des autoprélèvements génitaux pour le dépistage du gonocoque et de Chlamydia trachomatis.
Des lésions pubiques qui persistent ou qui vous inquiètent ?
Une photo bien éclairée et quelques informations cliniques permettent souvent d’orienter rapidement le diagnostic. Le Dr Rousseau peut prescrire l’ensemble du bilan IST et un traitement adapté dès la première consultation vidéo.
Workowski KA, Bachmann LH, Chan PA, et al. Sexually Transmitted Infections Treatment Guidelines, 2021. MMWR Recomm Rep. 2021;70(4):1–187. PMID 34292926
Salavastru CM, Chosidow O, Boffa MJ, et al. European guideline for the management of scabies. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2017;31(8):1248–1253. PMID 28639722
Bhatt S et al. European guideline for the management of pediculosis pubis. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2017;31(9):1425–1428. PMID 28714128
Leeyaphan C, Jiamton S, Mungthin M, et al. Prevalence and risk factors for tinea cruris and tinea pedis in Southeast Asian soldiers. Indian J Dermatol. 2013;58(3):211. PMID 23723471
Tzellos T, Kyrgidis A, Mocellin S, et al. Interventions for Behçet’s disease affecting the mouth (oral ulcers). Cochrane Database Syst Rev. 2019 — pour le diagnostic différentiel des ulcérations génitales. Guidelines JEADV
Mis à jour le 26 mars 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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DEMANGEAISONS DE LA PEAU
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– Les causes des problèmes
– Les traitements…
Démangeaisons de l’anus (prurit anal) : causes, diagnostic et traitement par le dermatologue
Les démangeaisons anales — ou prurit anal — sont un symptôme fréquent et souvent sous-estimé dans ses conséquences : 1 à 5 % de la population en souffre, avec une nette prédominance masculine (environ 4 hommes pour 1 femme), particulièrement entre 40 et 60 ans. Pourtant, la gêne et la honte associées retardent souvent la consultation de plusieurs mois, voire plusieurs années — et dans ce délai, le grattage répété entretient un cercle vicieux qui ancre les symptômes dans la chronicité. Un prurit anal sur deux évolue depuis plus de 12 mois au moment de la première consultation. La bonne nouvelle : dans la grande majorité des cas, une prise en charge adaptée — même simple — permet d’obtenir une amélioration franche, à condition de poser le bon diagnostic.
Démangeaisons anales persistantes, rougeurs ou plaques qui ne guérissent pas ?
Ne tardez pas à consulter — certaines causes nécessitent un traitement spécifique et quelques-unes méritent une biopsie de principe. Consulter le Dr Rousseau en téléconsultation →
Les démangeaisons anales peuvent survenir à toute heure du jour ou de la nuit, perturbant parfois profondément l’endormissement et la qualité du sommeil. Elles s’accompagnent d’une envie irrépressible de se gratter, dont les conséquences aggravent elles-mêmes la situation initiale.
Rougeur de l’anus qui gratte
Le grattage répété entraîne :
Des lésions de grattage — plaies superficielles, excoriations, rhagades à la jonction cutanéo-muqueuse — avec parfois des traces de sang ou de suintement sur les sous-vêtements et le papier toilette, source d’inquiétude fréquente chez les patients
Une lichénification progressive de la muqueuse et de la peau péri-anale — épaississement réactionnel qui intensifie lui-même les démangeaisons et entretient un cercle vicieux inflammation–grattage–lichénification
Une chronicisation : la durée d’évolution au moment de la consultation est le plus souvent supérieure à un an
Deux facteurs aggravent fréquemment le tableau : le contact avec les selles (troubles du transit, diarrhée, constipation, difficultés d’essuyage) et, paradoxalement, une toilette trop méticuleuse et répétée qui irrite et dénude la muqueuse fragile. Un eczéma de l’anus par allergie de contact — lingettes, crèmes anti-hémorroïdaires, savons parfumés — est également fréquent et souvent méconnu.
Point physiopathologique clé
La région péri-anale réunit toutes les conditions anatomiques pour s’enflammer facilement : riche vascularisation, innervation sensitive très développée, plis cutanés favorisant la macération, et exposition aux souillures fécales. Cette combinaison explique pourquoi le prurit anal, une fois installé, est difficile à éteindre sans une prise en charge globale associant traitement de la cause ET correction des facteurs d’entretien.
2. Causes des démangeaisons anales
Le médecin aborde les causes en fonction de l’aspect clinique de la région anale. On distingue classiquement trois tableaux.
Démangeaisons anales sans plaques ni boutons
Oxyurose (Enterobius vermicularis) — parasitose intestinale fréquente chez l’enfant, possible chez l’adulte ; les femelles pondent leurs œufs la nuit autour de l’anus, expliquant la recrudescence nocturne caractéristique
Hémorroïdes internes — suintement chronique et macération péri-anale
Candidose digestive avec colonisation péri-anale
Troubles du transit — diarrhée chronique, incontinence anale partielle, constipation
Prurit anal idiopathique ou essentiel — aucune cause décelée malgré un bilan complet (25 à 75 % des cas selon les séries)
Lichen plan ou lichen scléreux péri-anal — dermatoses inflammatoires spécifiques à ne pas méconnaître
Maladie de Paget péri-anale — à éliminer impérativement (lésion néoplasique rare mais grave) : voir maladie de Paget
Maladie de Bowen (carcinome épidermoïde in situ) : voir maladie de Bowen
Dans 25 à 75 % des cas : aucune cause décelée
On parle alors de prurit anal idiopathique ou essentiel. Le médecin reste néanmoins vigilant et cherche à éliminer des pathologies sous-jacentes graves. Certains aliments sont suspectés de relâcher le sphincter anal interne et de favoriser les micro-suintements fécaux responsables de macération et de prurit : café, thé, alcool, tomates, agrumes, épices, chocolat, cacahuètes. Aucun essai contrôlé n’a validé un régime d’exclusion universel, mais de nombreux patients rapportent une amélioration à l’éviction de leurs déclencheurs personnels identifiés.
3. Démarche diagnostique et stades cliniques
La démarche débute par un interrogatoire précis : ancienneté des symptômes, horaire des démangeaisons (recrudescence nocturne évocatrice d’oxyurose), troubles du transit, habitudes d’hygiène et produits utilisés, antécédents de maladies de peau, partenaires sexuels (IST).
L’examen clinique comprend :
L’inspection de la région péri-anale et des plis interfessiers, au repos et en poussée abdominale
La recherche de lésions de grattage, de lichénification, de plaques, de végétations, de taches blanches, de modifications de relief
Une anuscopie si nécessaire — visualisation directe du canal anal et des hémorroïdes internes
Des prélèvements mycologiques ou bactériologiques en cas de plaque suspecte
Une biopsie cutanée en cas de doute sur une lésion blanche, rouge fixe ou ulcérée résistant à un traitement bien conduit
Le médecin classe l’aspect de la peau péri-anale en quatre stades :
Stade
Aspect clinique
Orientation diagnostique
Stade 0
Peau normale
Prurit idiopathique probable — bilan orienté (oxyurose, transit, alimentation)
Inflammation active — cause infectieuse, allergique ou irritative à rechercher en priorité
Stade 2
Plages lichénifiées blanchâtres
Grattage chronique — cercle vicieux installé, lichen simplex à évoquer
Stade 3
Lichénification avec plis radiés épaissis et ulcérations
Forme évoluée — biopsie indiquée pour éliminer une dermatose néoplasique
Ne pas banaliser un prurit anal persistant
Tout prurit anal évoluant depuis plus de 6 semaines sans amélioration, ou associé à une plaque blanche ou rouge fixe, justifie une consultation dermatologique avec examen clinique complet — et parfois une biopsie cutanée pour éliminer une dermatose néoplasique (maladie de Paget, maladie de Bowen).
Plaque anale résistante aux traitements habituels ?
Un avis dermatologique spécialisé s’impose — une biopsie simple peut faire toute la différence. Prendre rendez-vous en téléconsultation →
4. Règles d’hygiène — le pilier fondamental
Les mesures hygiéniques sont aussi importantes que le traitement médicamenteux. Beaucoup de patients aggravent leur situation en croyant bien faire : toilette pluriquotidienne intensive, lingettes « sans parfum », crèmes appliquées plusieurs fois par jour — autant de comportements qui entretiennent l’irritation.
Ce qu’il faut faire
Une seule toilette par jour de la région anale, à l’eau tiède et au savon surgras doux — pas plus
Après chaque selle, préférer le lavage à l’eau (jet de douche doux ou bidet) plutôt que le papier toilette ; si le papier est indispensable, tamponner sans frotter
Sécher soigneusement la région péri-anale — serviette douce par tamponnement, ou air froid du sèche-cheveux à distance
Appliquer un tampon de coton fin (type disque démaquillant) dans le pli interfessier en journée et au coucher pour absorber l’humidité résiduelle
Prendre occasionnellement un bain de siège tiède de 5 minutes pour apaiser les crises
Porter des sous-vêtements amples en coton — éviter les matières synthétiques et les strings
Ce qu’il faut éviter
Les lingettes, même « sans parfum » — elles contiennent des conservateurs (méthylisothiazolinone, parabènes) fréquemment responsables d’allergie de contact péri-anale
Les savons alcalins agressifs, antiseptiques, déodorants intimes
Les crèmes anesthésiantes (benzocaïne, lidocaïne topique en automédication) — allergènes de contact fréquents qui peuvent paradoxalement entretenir le prurit
Les suppositoires et crèmes anti-hémorroïdaires en automédication prolongée — souvent irritants, parfois allergisants
Alimentation et transit
Les selles molles et la diarrhée favorisent les micro-suintements péri-anaux générateurs de prurit. Une alimentation riche en fibres régularise le transit et diminue ce facteur d’entretien. À l’inverse, café, alcool, thé fort, épices, agrumes, tomates et chocolat sont rapportés par de nombreux patients comme des déclencheurs individuels. Leur éviction empirique reste pertinente même en l’absence de validation par essai contrôlé.
5. Traitements médicaux : de l’éosine au bleu de méthylène
Traiter la cause identifiée en premier
Le traitement étiologique est la priorité absolue : antifongique local ou systémique pour une candidose, flubendazole pour une oxyurose (traitement de toute la famille simultanément), dermocorticoïde de force adaptée pour un eczéma de l’anus ou un psoriasis, podophyllotoxine ou cryothérapie pour les condylomes.
Les antihistaminiques sédatifs (hydroxyzine, cétirizine) sont utiles en cas de prurit nocturne invalidant pour rompre le cycle de grattage inconscient pendant le sommeil. Leur effet antihistaminique pur sur le prurit anal est modeste, mais leur action sédative constitue l’essentiel de leur bénéfice dans cette indication.
Injection intradermique de bleu de méthylène — pour les formes réfractaires
Lorsque toutes les mesures médicales ont échoué et que le prurit idiopathique persiste depuis plusieurs mois ou années, l’injection intradermique de bleu de méthylène représente une option thérapeutique validée. Le principe est la destruction chimique des terminaisons nerveuses sensitives péri-anales. Une étude portant sur 30 patients a montré un taux de succès de 80 % à un mois, avec 76,7 % de patients asymptomatiques à 12 mois — Mentes et al., Tech Coloproctol 2004 (PMID 15057582). Une méta-analyse récente confirme son efficacité — Jia et al., Tech Coloproctol 2023 (PMID 37306793). Ce geste se pratique en consultation spécialisée et colore temporairement la peau en bleu — les patients doivent en être informés.
Attention à l’automédication prolongée
L’application répétée de crèmes anesthésiantes (benzocaïne) sans prescription médicale est l’une des causes les plus fréquentes d’allergie de contact péri-anale entretenant le prurit. Les dermocorticoïdes forts appliqués sans encadrement peuvent provoquer une atrophie cutanée et un rebond inflammatoire à l’arrêt. Un avis médical s’impose au-delà de 3 semaines d’évolution sans amélioration.
Prurit anal depuis plusieurs semaines, traitements en vente libre inefficaces ?
Le Dr Rousseau peut vous aider à identifier la cause et proposer un traitement ciblé — en téléconsultation, sans délai. Prendre rendez-vous en téléconsultation →
Questions fréquentes
Les démangeaisons anales sont-elles contagieuses ?
Cela dépend entièrement de la cause. L’oxyurose est contagieuse dans l’entourage familial par voie oro-fécale — un traitement simultané de toute la famille est recommandé. Les condylomes (HPV) et l’herpès péri-anal sont sexuellement transmissibles. En revanche, l’eczéma de contact, le psoriasis, le lichen plan et le prurit idiopathique ne sont pas contagieux. C’est une des raisons pour lesquelles identifier la cause est indispensable avant d’alerter ou de traiter l’entourage.
Les démangeaisons anales peuvent-elles signaler un cancer ?
Dans la grande majorité des cas, non. Mais le médecin est vigilant car la maladie de Paget péri-anale et la maladie de Bowen — carcinome épidermoïde in situ — se manifestent parfois par des plaques prurigineuses longtemps prises pour un eczéma ou une mycose. La règle est simple : toute plaque fixe résistant à un traitement bien conduit pendant 4 à 6 semaines mérite une biopsie.
Pourquoi les démangeaisons anales sont-elles plus intenses la nuit ?
La recrudescence nocturne est caractéristique de l’oxyurose — les femelles pondent leurs œufs la nuit autour de l’anus, déclenchant un prurit intense au coucher. Mais le prurit idiopathique s’aggrave aussi la nuit sous l’effet de la chaleur et de l’humidité sous les draps, et du grattage inconscient pendant le sommeil. Ce grattage nocturne entretient et aggrave les lésions cutanées, ce qui justifie parfois la prescription d’un antihistaminique sédatif le soir.
Peut-on prévenir les récidives de prurit anal ?
Oui, dans une large mesure. Le respect rigoureux des règles d’hygiène (une toilette par jour, pas de lingettes, pas de frottement), la régularisation du transit, le port de sous-vêtements en coton et l’éviction des produits irritants ou allergisants locaux sont les piliers de la prévention des rechutes. Pour les patients souffrant de prurit idiopathique, ces mesures seules suffisent souvent à obtenir une rémission durable — sans qu’aucun traitement médicamenteux ne soit nécessaire à long terme.
Le prurit anal peut-il être lié au stress ?
Oui, indirectement. Le stress aggrave de nombreuses dermatoses inflammatoires — psoriasis, eczéma — et peut favoriser les troubles du transit (diarrhée, colopathie fonctionnelle) qui entretiennent le prurit anal. Par ailleurs, certains patients développent un prurit anal à composante neuropathique, dans lequel la composante psychologique joue un rôle amplificateur. Cela ne signifie pas que le prurit est « dans la tête » — c’est une vraie souffrance physique qui mérite un traitement somatique — mais la gestion du stress peut faire partie de la prise en charge globale.
Rougeurs qui démangent autour de l’anus et entre les fesses : causes, diagnostic et traitement
Les rougeurs autour de l’anus et entre les fesses désignent les plaques érythémateuses — larges, étendues, plates ou légèrement surélevées — de la région péri-anale et du sillon interfessier. Elles se distinguent des boutons (lésions ponctuelles en relief) et du prurit anal sans lésion visible par leur caractère placard : surface étendue, souvent bilatérale, parfois suintante ou squameuse. Cette page est dédiée aux rougeurs péri-anales en plaques — pour les boutons et les lésions en relief, voir boutons qui démangent sur l’anus ; pour les démangeaisons sans lésion visible, voir démangeaisons anales.
Rougeur de l’anus qui gratte
Téléchargez le guide complet INTERTRIGO – ROUGEURS DES PLIS « Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
La zone entre les fesses comporte un risque de macération, de frottements et de chaleur qui favorisent les irritations et la pullulation microbienne — mycosique ou bactérienne. En cas de rougeur de l’anus et des fesses, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue.
Rougeur persistante entre les fesses, plaque qui ne guérit pas malgré les traitements ?
Certaines causes — notamment mycose, psoriasis et maladie de Paget — ont des traitements opposés et nécessitent un diagnostic dermatologique. Consulter le Dr Rousseau en téléconsultation →
1. Symptômes — comment le médecin oriente le diagnostic
L’anus et son pourtour peuvent être rouge, démanger, être douloureux, suinter. Le médecin oriente son diagnostic en fonction de plusieurs critères cliniques :
Caractéristique de la rougeur
Orientation diagnostique
Bilatérale et symétrique, bords nets polycycliques, squames périphériques
Mycose à dermatophytes — extension centrifuge caractéristique
Rouge vernissé, luisant, humide, limites émiettées avec collerette blanchâtre
Candidose péri-anale
Rouge vif, bien délimité, lisse et sec, sans squames
Psoriasis inversé des plis
Rouge mal délimité, suintant, avec possible allergie de contact
Eczéma de contact ou eczéma de l’anus
Rouge vif, très net, douloureux chez l’enfant
Anite streptococcique
Rouge brillant, fripé, avec sensation de brûlure
Irritation chimique ou mécanique
Plaque rouge, rose ou brune, érosive, résistant à tout traitement habituel
Maladie de Paget — biopsie impérative
Rougeur avec fissures, ulcérations profondes en « coup de couteau »
Maladie de Crohn péri-anale
Le médecin fait parfois réaliser un prélèvement mycologique (examen direct et mise en culture), un prélèvement bactériologique, et parfois une biopsie cutanée (petit fragment prélevé sous anesthésie locale pour analyse histologique).
2. Mycose (dermatophytes et candidose)
Dermatophytose péri-anale
Mycose entre les fessesExtension de la mycose à la fesse et la cuisseMycose entre les fessesDermatophytie (mycose) entre les cuisses et sur les bourses
La mycose à dermatophyte donne des rougeurs sèches et squameuses à centre rosé, le plus souvent bilatérales et symétriques, prurigineuses. L’évolution se fait par extension centrifuge avec une bordure nette, polycyclique, vésiculeuse et squameuse. Elle peut débuter entre les fesses et s’étendre aux cuisses et à l’aine.
Traitement de la mycose à dermatophytes entre les fesses
Il repose sur la lutte contre les facteurs favorisants et l’application d’antifongiques locaux :
Lutter contre la macération : éviter les sous-vêtements synthétiques et les vêtements serrés
Contrôler l’humidité : sécher soigneusement les plis après la toilette
Vérifier l’absence de mycose des pieds — contamination fréquente par l’enfilage des sous-vêtements qui se souillent sur une mycose plantaire
Antifongiques locaux (crème, spray, lait, poudre) 2 fois par jour pendant 3 semaines
En cas de résistance : antifongiques oraux (terbinafine ou griséofulvine). On évite généralement le kétoconazole en raison de sa toxicité hépatique potentielle
Candidose péri-anale
Pustules blanches dispersées sur fond rouge et luisant, évocateur de candidose du pli
La candidose anale est caractérisée par son aspect rouge vernissé et humide, parfois fissuré dans le fond du pli, recouvert d’un enduit blanc crémeux. Ses limites sont émiettées avec une collerette blanchâtre et des pustules blanches périphériques caractéristiques. Elle est favorisée par l’acidité des plis, l’obésité, le diabète, la grossesse, la corticothérapie et les antibiotiques. Elle est souvent associée à une candidose digestive.
Traitement : lutte contre les facteurs favorisants, savons alcalins (Hydralin®), désacidification (bicarbonate de soude), antifongiques locaux (formes non grasses : lait, poudre, gel). Pour en savoir plus : candidose.
3. Maladies de peau inflammatoires
Psoriasis inversé des plis
Le psoriasis entre les fesses prend dans les plis un aspect différent du psoriasis classique : les plaques sont rouge vif, bien délimitées, lisses et humides, sans les squames épaisses argentées habituelles (qui disparaissent dans les plis par macération). Il est souvent bilatéral, symétrique, et touche le fond du sillon interfessier et le pli fessier. C’est une forme de psoriasis très fréquemment méconnue ou confondue avec une mycose.
Dermite séborrhéique
La dermite séborrhéique peut atteindre les plis, notamment les plis interfessiers et l’aine, donnant des plaques rouges squameuses mal délimitées.
Eczéma de l’anus
L’eczéma de l’anus peut être endogène (dermatite atopique) ou de contact (allergie aux lingettes, crèmes, parfums). Voir la page dédiée pour les détails diagnostiques et thérapeutiques.
Maladie de Paget péri-anale
La maladie de Paget péri-anale est un adénocarcinome in situ de l’épiderme, pouvant évoluer en carcinome invasif. Elle se présente comme une plaque rouge ou rose, érosive, parfois brunâtre, à bords irréguliers, résistant à tous les traitements habituels (antifongiques, dermocorticoïdes). Elle est associée dans environ un quart des cas à un cancer sous-jacent (urologique, colorectal). Toute plaque péri-anale résistant à un traitement bien conduit pendant 4 à 6 semaines impose une biopsie.
Impétigo et herpès péri-anal
L’impétigo peut donner des plaques croûteuses jaunâtres sur fond rouge. L’herpès péri-anal donne des érosions douloureuses sur fond érythémateux. Pour ces lésions en boutons et vésicules, voir aussi boutons sur l’anus.
4. Anite streptococcique — un diagnostic souvent méconnu
L’anite streptococcique (dermatite péri-anale à streptocoque du groupe A) est une cause fréquente de rougeur péri-anale chez l’enfant de 6 mois à 10 ans, mais souvent méconnue car longtemps attribuée à tort à une mycose ou un eczéma. Elle se présente comme un érythème rouge vif, strictement délimité, douloureux, parfois avec saignement rectal ou prurit intense. Le diagnostic repose sur un prélèvement bactériologique de la zone péri-anale avec recherche spécifique du streptocoque bêta-hémolytique du groupe A (SBGA) — Strömberg & Edlund, Am J Dis Child 2003 (PMID 12862498).
Anite streptococcique : penser à ce diagnostic chez l’enfant
L’anite streptococcique est souvent diagnostiquée après plusieurs mois d’errance, car elle est prise pour une mycose ou un eczéma et traitée par antifongiques ou dermocorticoïdes sans succès. Le traitement par antibiothérapie orale (pénicilline V, amoxicilline ou érythromycine selon allergie) est rapidement efficace. Ne pas attendre de faire le diagnostic — tout enfant avec une rougeur péri-anale douloureuse rouge vif doit avoir un prélèvement bactériologique.
5. Irritation et dermite de contact
L’irritation péri-anale est souvent le fait d’une toilette trop méticuleuse, de l’application d’antiseptiques irritants (Dakin®, eau oxygénée), de frottements répétés avec le papier toilette, de bains de mer prolongés, de l’utilisation de lingettes, ou du contact accidentel avec une substance caustique. L’irritation se présente comme une rougeur rouge brillant et fripé, avec parfois des vésicules, une sensation de brûlure plutôt que de démangeaison, et une régression rapide à l’arrêt du facteur causal.
L’eczéma de contact est l’étape suivante quand l’irritation se chronicise ou quand une sensibilisation allergénique s’installe. Les produits les plus souvent en cause : conservateurs des lingettes (méthylisothiazolinone), benzocaïne des crèmes anti-hémorroïdaires, parfums des savons. Des patch-tests sont parfois nécessaires.
La maladie de Crohn peut se manifester dans la région péri-anale par des fissures profondes en « coup de couteau », des ulcérations linéaires, des abcès avec fistules — parfois avant l’apparition des symptômes digestifs. Y penser devant toute rougeur péri-anale profonde et chronique chez un adulte jeune.
Maladies dermatologiques rares
Maladie de Hailey-Hailey — dermatose héréditaire rare donnant des vésicules et fissures en rhagades parallèles dans les plis
Pemphigus végétant — plaques végétantes rouges et bourgeonnantes dans les grands plis
Syphilis secondaire — syphilides (plaques érosives végétantes dans les plis). Sérologie systématique devant toute lésion péri-anale atypique — voir syphilis
Histiocytose langerhansienne — surélévations croûteuses et purpuriques dans les plis et l’aine
Érythème nécrolytique migrateur — dû au glucagonome (tumeur maligne du pancréas) ; plaques rouges squameuses d’extension centrifuge avec bordure croûteuse ou érosive et cicatrice pigmentée
Pustulose sous-cornée de Sneddon-Wilkinson — pustules et bulles flasques groupées en arcs ou anneaux sur le tronc et à la racine des membres
7. Le piège classique : mycose résistante qui est un psoriasis
C’est l’un des diagnostics différentiels les plus fréquemment manqués en pratique courante. Un traitement antifongique bien conduit pendant 3 semaines sans aucune amélioration doit systématiquement faire évoquer un psoriasis inversé des plis — et inverser la stratégie en proposant un test thérapeutique par dermocorticoïde de faible puissance.
En cas de suspicion de mycose entre les fesses
Un traitement antifongique inefficace au bout de 3 semaines doit faire envisager un psoriasis et mettre en place un traitement test par dermocorticoïdes. Ce basculement diagnostique — de la mycose vers le psoriasis — est l’un des plus importants à réaliser rapidement pour éviter des mois de traitement inadapté.
⚠️ Toute plaque résistante mérite une biopsie
Toute rougeur péri-anale persistant malgré un traitement bien conduit pendant 4 à 6 semaines — antifongique, dermocorticoïde ou émollient — impose une consultation dermatologique avec biopsie pour éliminer une maladie de Paget ou toute autre dermatose néoplasique rare.
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Comment distinguer une mycose péri-anale d’un psoriasis inversé ?
C’est l’un des diagnostics différentiels les plus fréquemment manqués. La mycose à dermatophytes présente une extension centrifuge avec une bordure nette, active, squameuse et vésiculeuse, et répond bien à l’antifongique en 2 à 3 semaines. Le psoriasis inversé est rouge vif, lisse, bien délimité, mais sans bordure squameuse active — et il ne répond pas aux antifongiques. La règle pratique est simple : tout traitement antifongique bien conduit pendant 3 semaines sans amélioration doit faire évoquer un psoriasis et inverser le traitement.
Faut-il faire un prélèvement mycologique avant de traiter ?
Idéalement oui — le prélèvement mycologique (grattage à la bordure de la plaque, analyse en laboratoire) permet de confirmer ou d’infirmer la présence d’un champignon avant de débuter un antifongique. En pratique, quand l’aspect clinique est très évocateur (bordure nette, extension centrifuge, bilatérale et symétrique), beaucoup de médecins débutent le traitement directement. Mais en cas de doute ou de résistance, le prélèvement est indispensable — il permet aussi de distinguer dermatophyte (traité par terbinafine) et candidose (traitée par azolés).
La rougeur péri-anale peut-elle être un signe de maladie grave ?
Dans la grande majorité des cas, non — une mycose, une irritation ou un psoriasis sont bénins et traitables. Mais la maladie de Paget péri-anale, rare mais grave, peut se présenter exactement comme une plaque rouge chronique. C’est pourquoi toute plaque rouge persistant malgré un traitement adapté pendant 4 à 6 semaines mérite une biopsie. La précocité du diagnostic de la maladie de Paget conditionne le pronostic.
Peut-on traiter une mycose entre les fesses sans ordonnance ?
En attendant une consultation, certains antifongiques locaux sont disponibles sans ordonnance chez le pharmacien (bifonazole, éconazole, miconazole en crème). Mais il faut être très prudent : la ressemblance entre mycose, psoriasis, dermite séborrhéique et maladie de Paget est telle que l’automédication peut conduire à un traitement inefficace voire aggravant. En cas de doute, de résistance après 3 semaines, ou de lésion chronique, une consultation médicale est indispensable.
Épilation laser du maillot : types, résultats, précautions et déroulement
L’épilation laser du maillot est l’une des demandes les plus fréquentes en cabinet de dermatologie esthétique. La zone du maillot présente des spécificités anatomiques importantes que tout praticien doit maîtriser : pigmentation naturellement plus élevée de la peau génitale, risque d’herpès génital déclenché par le laser, sensibilité accrue de la zone, et choix entre plusieurs types d’épilation selon les souhaits du patient. Bien préparée et réalisée par un médecin formé, l’épilation laser du maillot est sûre et efficace.
Vous envisagez une épilation laser du maillot ? Un bilan préalable avec le Dr Rousseau permet d’évaluer votre phototype, de vérifier l’absence de contre-indication et de planifier le protocole adapté à votre type d’épilation souhaité. 📅 Téléconsultation avec le Dr Rousseau
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DERMATOLOGIE ESTHETIQUE : injections, lasers, peelings…
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– Les traitements…
La première question à clarifier lors de la consultation préliminaire est le type d’épilation souhaité. Il en existe deux grandes familles.
Types d’épilations du maillot
Épilation du maillot artistique
Elle consiste à donner une forme définie aux poils pubiens en épilant sélectivement les zones périphériques. Les formes les plus demandées sont la flammèche (triangle effilé), le ticket de métro (rectangle vertical fin) ou le triangle classique. Cette forme préserve une pilosité centrale stylisée tout en supprimant les poils débordant du maillot de bain. Elle nécessite un tracé précis à chaque séance pour maintenir des contours nets.
Épilation intégrale (maillot brésilien)
L’épilation intégrale supprime l’ensemble des poils de la zone intime — pubis, grandes lèvres, périné et zone péri-anale. C’est la forme la plus demandée aujourd’hui, aussi bien chez les femmes que chez certains hommes. Elle est possible au laser, y compris sur les zones de peau naturellement plus pigmentée (petites lèvres, périnée), à condition d’adapter les réglages laser à ces zones à risque accru.
Anatomie d’une épilation intégrale du maillot
📌Pour l’homme : l’épilation laser du maillot masculin (pubis, scrotum, périnée) est techniquement possible mais requiert une attention particulière pour les zones à peau mobile et pigmentée. Discutez des objectifs précis avec votre médecin lors de la consultation préliminaire.
Spécificités de la zone du maillot
Le maillot n’est pas une zone comme les autres. Plusieurs caractéristiques anatomiques imposent des précautions spécifiques que le médecin doit anticiper.
Zones de peau naturellement plus pigmentées
La peau des grandes lèvres, du périnée et de la zone péri-anale est naturellement plus foncée que la peau du pubis, même chez les patientes à phototype clair. Cette hyperpigmentation physiologique augmente le risque de compétition entre la mélanine cutanée et la mélanine du poil — exactement comme pour les peaux mates en général. Le médecin adapte les réglages laser (fluence réduite, longueur d’onde plus profonde) sur ces zones et réalise des impacts tests avant de traiter toute la surface. Voir épilation laser des peaux mates et noires.
Herpès génital : une contre-indication à anticiper
C’est le point le plus important à ne pas négliger. Un antécédent d’herpès génital impose un traitement antiviral préventif (valaciclovir) prescrit par le médecin, à débuter quelques jours avant la séance et à poursuivre quelques jours après. Le traumatisme thermique du laser peut déclencher une poussée même en l’absence de lésion visible. Ne pas signaler cet antécédent est la première cause de complication herpétique post-laser du maillot. En cas de lésion active, la séance est impérativement reportée jusqu’à guérison complète.
Sensibilité et douleur
La zone du maillot est l’une des plus sensibles du corps — nettement plus que les jambes ou les aisselles. La crème anesthésiante est fortement recommandée : elle doit être appliquée en couche épaisse sous film plastique occlusif pendant 1 heure avant la séance. La plupart des lasers modernes intègrent un système de refroidissement qui atténue considérablement la douleur. Prévenez votre médecin si vous êtes particulièrement sensible — les réglages peuvent être adaptés.
Bilan hormonal si nécessaire
Une pilosité abondante ou inhabituelle du maillot chez une femme peut révéler un déséquilibre hormonal sous-jacent (syndrome des ovaires polykystiques, hyperplasie des surrénales, hypothyroïdie). Si le médecin l’estime nécessaire, un bilan sanguin et une échographie pelvienne seront demandés avant de commencer — car un désordre hormonal non traité réduit significativement l’efficacité du laser et expose à des récidives rapides.
En moyenne, 4 à 7 séances permettent d’obtenir une réduction de l’ordre de 70 à 80 % des poils terminaux du maillot chez une patiente à peau claire avec des poils noirs. Le cycle pilaire de la zone pubienne est d’environ 7 mois — proche de celui des aisselles — ce qui implique un espacement de 6 à 8 semaines entre les séances pour capter les nouveaux contingents de poils en phase anagène.
Facteur
Impact sur le protocole
Phototype foncé
Fluences réduites sur les zones pigmentées → plus de séances nécessaires (8 à 12 en moyenne)
Zones hyperpigmentées (petites lèvres)
Réglages spécifiques même sur peau claire globalement — impacts tests systématiques
Composante hormonale
SOPK ou hyperandrogénie non traitée → résultats moins durables, entretien plus fréquent
Âge
Avant 25 ans : pilosité encore en développement → résultats moins stables, entretien nécessaire
Le médecin porte des lunettes de protection et le patient des coques oculaires opaques. La zone est balayée méthodiquement, sans repasser deux fois sur la même zone pour éviter les brûlures. Les impacts provoquent des picotements — atténués par le refroidissement intégré du laser et la crème anesthésiante préalable. Une rougeur périfolliculaire apparaît dans les minutes qui suivent les impacts — c’est le signe que le follicule a bien absorbé l’énergie.
Après la séance
Rougeurs et gonflement périfolliculaire normaux pendant 2 à 4 jours
Crème cicatrisante le soir pendant la première semaine
Écran solaire SPF 50+ si la zone est exposée, éviter toute exposition solaire pendant au moins 3 semaines
Ne pas porter de sous-vêtements trop serrés ni synthétiques dans les jours suivant la séance
Les poils carbonisés tombent progressivement dans les 2 à 3 semaines — ne pas les arracher
Éviter les bains chauds prolongés et le hammam dans les 48 h post-séance
⚠️En cas d’apparition de vésicules douloureuses dans les 48 à 72 h suivant la séance sur la zone traitée : évoquer un herpès déclenché par le laser — consulter immédiatement pour débuter un traitement antiviral. Ne pas attendre.
Contre-indications spécifiques au maillot
Contre-indication
Commentaire
Herpès génital actif
Reporter jusqu’à guérison complète — traitement antiviral préventif systématique en cas d’antécédent
Grossesse
Suspendue par principe — pas de risque démontré pour le fœtus, mais l’afflux hormonal réduit l’efficacité
Infection locale en cours
Folliculite, IST, vulvite — reporter jusqu’à traitement complet
Peau bronzée ou autobronzant récent
Risque de brûlure et de taches claires sur la zone pigmentée — attendre 1 à 2 mois
Médicaments photosensibilisants
Liste à vérifier avec le médecin — certains antibiotiques, rétinoïdes topiques
À l’issue des séances, il peut subsister quelques duvets fins, particulièrement dans les zones à pilosité mixte. Ces duvets résiduels sont souvent stables — mais peuvent s’épaissir sous l’effet d’une stimulation hormonale (grossesse, changement de contraception, ménopause) ou si l’on reprend les épilations à la cire ou à la pince.
Des séances d’entretien 1 à 2 fois par an maintiennent le résultat sur la durée dans la grande majorité des cas. La zone pubienne répond en général très bien au laser — les poils y sont souvent noirs et terminaux, ce qui en fait une cible idéale pour la photothermolyse sélective.
💡 Entre les séances : seul le rasage est autorisé. L’épilation à la cire ou à la pince arrache le poil avec son bulbe — il n’est alors plus disponible pour être ciblé lors de la séance suivante. Reprendre ces méthodes entre deux séances laser est l’erreur la plus fréquente qui compromet l’efficacité du traitement.
Questions fréquentes sur l’épilation laser du maillot
L’épilation laser du maillot est-elle douloureuse ?
La zone du maillot est l’une des plus sensibles du corps pour le laser. Sans préparation, les impacts peuvent être intenses. Avec une crème anesthésiante appliquée 1 heure avant sous film plastique, et le système de refroidissement intégré au laser, la grande majorité des patientes tolèrent bien la séance. Signalez votre sensibilité à votre médecin dès la consultation — les réglages peuvent être adaptés.
J’ai des antécédents d’herpès génital. Puis-je faire une épilation laser du maillot ?
Oui — mais avec une précaution indispensable. Vous devez absolument le signaler à votre médecin avant la première séance. Il vous prescrira un traitement antiviral préventif (valaciclovir) à débuter quelques jours avant et à poursuivre quelques jours après chaque séance. Sans cette prophylaxie, le traumatisme thermique du laser peut déclencher une poussée d’herpès même en l’absence de lésion visible. Ce n’est pas une contre-indication définitive — c’est une précaution à gérer systématiquement.
Peut-on faire une épilation intégrale avec un phototype foncé ?
Oui, mais avec des précautions renforcées. Les zones de peau naturellement plus pigmentées (grandes lèvres, périnée) nécessitent des réglages spécifiques — longueur d’onde plus profonde (Nd:YAG), fluences réduites et impacts tests préalables — même chez une patiente de phototype moyen. Le médecin adapte les paramètres zone par zone lors de chaque séance. Voir épilation laser peaux mates et noires.
L’épilation laser du maillot est-elle possible pendant les règles ?
Par confort, certaines praticiens préfèrent éviter la séance pendant les règles, surtout pour l’épilation intégrale. Il n’y a pas de contre-indication médicale stricte, mais la zone peut être plus sensible à cette période du cycle. Discutez-en avec votre médecin lors de la prise de rendez-vous pour planifier les séances aux moments les plus confortables.
Combien de temps dure la séance pour un maillot intégral ?
Une séance d’épilation intégrale du maillot dure généralement 20 à 40 minutes selon la densité de la pilosité et le laser utilisé. Il faut ajouter le temps d’application de la crème anesthésiante (1 heure avant), qui constitue la partie la plus longue de la préparation. Prévoyez donc au minimum 1 h 30 à 2 h pour votre premier rendez-vous, qui inclut la consultation préliminaire.
Mis à jour le 4 avril 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.
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Lichen scléreux : symptômes, traitements et surveillance du risque de cancer
Le lichen scléreux (anciennement lichen scléro-atrophique) est une dermatose inflammatoire chronique qui touche la peau et les muqueuses génitales. Souvent méconnu et diagnostiqué tardivement, il peut entraîner des complications graves non traitées — dont un risque accru de cancer cutané. Un traitement précoce et une surveillance régulière sont indispensables.
Suspicion de lichen scléreux ou démangeaisons génitales persistantes ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Qu’est-ce que le lichen scléreux ?
Le lichen scléreux est une maladie de cause mal connue, probablement auto-immune. Des cas familiaux et des cas chez des jumeaux ont été décrits. Il est associé à d’autres maladies auto-immunes :
Un lien avec la maladie de Lyme a été évoqué sans être confirmé
Deux pics de survenue : avant 6 ans (forme souvent spontanément régressive chez l’enfant) et à la ménopause (forme la plus fréquente et la plus sévère).
Signes cliniques selon la localisation
Localisation
Aspect typique
Complications sans traitement
Peau (cou, dos, membres)
Taches blanches nacrées, brillantes, de quelques mm, légèrement déprimées, à bords « émiettés » avec lésions punctiformes périphériques
Atrophie cutanée progressive
Vulve (femme)
Plaques blanches porcelainées, prurit intense chronique, fissures, excoriations, saignements, pertes vaginales. Aspect en « 8 » autour de vulve et anus
Fusion des petites lèvres, rétrécissement de l’introïtus, douleurs lors des rapports, risque de carcinome épidermoïde
Gland (homme)
Début par taches rouges du gland devenant blanches, porcelainées, parfois bleutées. Peau infiltrée et fragile, bulles de sang, fissures, érosions
Phimosis (impossibilité de décalotter), sténose du méat urinaire, risque de carcinome pénien
Région anale
Extension fréquente vers l’anus chez la femme (aspect en « 8 »)
Fissures anales, prurit anal chronique
Lichen scléreux de la vulve — plaques blanches porcelainées
💡 Lichen scléreux de l’homme : rare chez l’homme circoncis — le contact avec les sécrétions du prépuce semble jouer un rôle dans le déclenchement. Le diagnostic est souvent retardé car les taches rouges initiales sont confondues avec une mycose ou une balanite.
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LICHEN SCLEREUX
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Risque de cancer — la complication à ne pas manquer
Carcinome épidermoïde développé sur lichen scléreux chronique
⚠️ Le lichen scléreux non traité ou insuffisamment traité expose à un risque de carcinome épidermoïde vulvaire ou pénien de 3 à 5%. Une surveillance annuelle par un dermatologue est indispensable à vie chez l’adulte. Toute lésion érosive persistante, saignotante ou résistante aux corticoïdes doit faire l’objet d’une biopsie sans délai.
Signes d’alarme nécessitant une biopsie urgente :
Lésion érosive ou ulcérée qui ne guérit pas sous dermocorticoïdes bien conduits
Zone qui saigne spontanément ou au contact
Épaississement ou induration localisée
Apparition d’une masse ou d’un nodule
Traitement du lichen scléreux
Traitement
Indication
Remarque
Dermocorticoïdes forts (propionate de clobétasol 0,05%)
Forme génitale — traitement de référence
Phase d’attaque quotidienne jusqu’à régression, puis entretien espacé. Traitement à vie souvent nécessaire
Tacrolimus 0,1% (Protopic®)
Alternative ou relais des dermocorticoïdes
Immunomodulateur — évite l’atrophie liée aux corticoïdes prolongés
Rétinoïdes oraux
Formes cutanées résistantes
Prescription spécialisée
Circoncision
Atteinte du prépuce chez l’homme
Traitement de choix si phimosis ou atteinte étendue du prépuce
Chirurgie reconstructrice
Synéchies vulvaires, rétrécissement de l’introïtus
Après contrôle de l’inflammation
Circoncision — traitement du lichen scléreux avec phimosis
Conseils d’hygiène au quotidien
Nettoyants surgras sans parfum — savons doux, syndets — jamais de gel douche parfumé ni de lingette
Éviter les produits irritants : protège-slips parfumés, lessive avec adoucissant, spermicides
Lubrifiants à base d’eau lors des rapports sexuels pour réduire les microtraumatismes
Sous-vêtements en coton — éviter les matières synthétiques
Lichen scléreux chez l’enfant
Chez la petite fille (pic avant 6 ans), le lichen scléreux se manifeste par un prurit vulvaire, des fissures et une dépigmentation blanche de la région vulvaire et anale. Il est souvent confondu avec des abus sexuels — le diagnostic dermatologique est important pour éviter cette erreur. La bonne nouvelle : la forme infantile régresse souvent spontanément à la puberté sous l’effet des œstrogènes. Un suivi est néanmoins nécessaire car des rechutes à l’âge adulte sont possibles.
Non — le lichen scléreux est une maladie chronique qui ne guérit pas définitivement chez l’adulte. Avec un traitement bien conduit par dermocorticoïdes forts, les symptômes peuvent être totalement contrôlés et les lésions régresser. Mais le traitement d’entretien est le plus souvent nécessaire à vie pour éviter les récidives et réduire le risque de complications. Seule la forme de l’enfant peut régresser spontanément à la puberté.
Les dermocorticoïdes forts sur la vulve ne sont-ils pas dangereux ?
L’inquiétude est compréhensible mais le bénéfice l’emporte largement sur le risque dans le lichen scléreux. Le propionate de clobétasol 0,05% est le traitement de référence recommandé par toutes les sociétés savantes. Appliqué correctement (en quantité minimale, sur la zone atteinte uniquement), il entraîne peu d’effets secondaires. C’est l’absence de traitement qui est dangereuse — les lésions non traitées progressent et augmentent le risque de cancer.
Comment distinguer un lichen scléreux d’une mycose génitale ?
Les deux peuvent donner des démangeaisons et une rougeur vulvaire, mais le lichen scléreux présente des signes distinctifs : peau blanche nacrée ou porcelainée, fissures chroniques, peau fine et fragile qui se déchire au contact, persistance malgré les traitements antifongiques. La mycose s’accompagne de pertes blanches grumeleuses et répond rapidement aux antifongiques. Un dermatologue peut confirmer le diagnostic et, si besoin, réaliser une biopsie.
Le lichen scléreux est-il contagieux ou sexuellement transmissible ?
Non — le lichen scléreux n’est pas contagieux et n’est pas une IST. Il s’agit d’une maladie auto-immune ou inflammatoire, non liée à un agent infectieux transmissible. Il n’est pas nécessaire de traiter le partenaire. En revanche, les rapports sexuels peuvent être douloureux en raison de la fragilité cutanée — l’utilisation de lubrifiants et le traitement actif permettent d’améliorer le confort.
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LICHEN SCLEREUX
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La maladie de Paget est une forme de cancer (adénocarcinome) in situ (cantonné à l’épiderme), caractérisé par la prolifération de cellules différentes de kératinocytes épidermiques, les cellules de Paget
On distingue la forme touchant le sein et la forme extra-mammaire
Maladie de Paget mammaire, sur le sein
Femmes entre 50 et 70 ans.
Signes cliniques : un eczema unilatéral du mamelon, extensif et résistant aux crèmes
Au début, lésion croûteuse chronique du mamelon, parfois légèrement suintante.
Un eczema unilatéral du mamelon : attention c’est peut etre une maladie de Paget
Extension progressive, prenant l’aspect d’un eczema du mamelon mais dont les bords sont bien limités : le mamelon et l’aréole sont rouges et squameux, surmontant parfois une zone suintante ou discrètement végétante
Puis évolution vers l’ulcération, la rétraction du mamelon…
Examens complémentaires
Histologie par biopsie devant tout eczema unilatéral du mamelon résistant au traitement (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
Recherche par mammographie d’un cancer du sein, de type galactophorique invasif ou in situ, présent dans la quasi totalité des cas.
Traitement
Chirurgical : c’est celui du cancer sous-jacent : mastectomie totale
Maladie de Paget extramammaire (sexe, anus… )
Dans sa localisation extramammaire, la maladie de Paget est moins fréquemment associée à un cancer viscéral sous jacent et sans continuité anatomique (urinaire, prostate… ) puisqu’il n’est présent que dans 1/4 à 1/3 des cas
Le carcinome in situ, cantonné initialement à l’épiderme, peut envahir le derme et de donner des métastases à distance.
La biopsie est indispensable devant toute plaque rouge du sexe résistant aux crèmes
Rechercher des cancers des voies urinaires, de l’utérus et des ovaires et cancer du sein
Maladie de Paget de l’anus
Plaque rouge de l’anus ou de la marge anale, plus ou moins suintante, bien limitée, résistant aux crèmes prescrites par le médecin
Rechercher des cancers du tube digestif dans près de 30 % des cas (carcinome épidermoïde anal, adénocarcinome rectal ou colique) et plus rarement de la prostate.
Rechercher des cancers urinaires ou de la prostate.
Traitement de la maladie de Paget du sexe et de l’anus
Outre le traitement du cancer sous jacent
Exérèse chirugicale souvent difficile car les lésions sont souvent histologiquement multifocales (exérèse incomplète) -> Chirurgie de Mohs si possible.
Maladie de Paget non invasive
Exérèse avec marge saine en profondeur et latéralement Maladie de Paget invasive ou associée à un cancer sous-jacent
Exérèse avec marge de peau saine de 2 cm, associée à un curage des aires ganglionnaires de drainage. Radiothérapie complémentaire en cas de présence de métastases ganglionnaires.
Surveillance de la maladie de Paget du sexe et de l’anus
Surveillance régulière de la peau et des organes de voisinage est indispensable à la recherche de récidives et d’apparition de cancers viscéraux du voisinage :
Maladie de Paget non invasive
Surveillance clinique, tous les 6 mois les trois premières années puis annuelle toute la vie. Recherche régulière de cancer sous-jacent par examens cliniques, biologiques et radiologiques Maladie de Paget invasive ou associée à un cancer sous-jacent
C’est le stade évolutif du cancer invasif et/ou du cancer sous jacent qui dicte la surveillance
Vous avez remarqué des lésions cutanées dans la région génitale ? Une consultation dermatologique est indispensable pour un diagnostic précis et une prise en charge adaptée.
La papulose bowénoïde est une infection cutanéo-muqueuse génitale due aux papillomavirus humains (HPV), le plus souvent le génotype HPV 16, considéré comme à haut risque oncogène. Elle se distingue des condylomes acuminés classiques par ses caractéristiques histologiques évocatrices d’une dysplasie intra-épithéliale, malgré une présentation clinique souvent banale.
La papulose bowénoïde est principalement observée chez des adultes jeunes sexuellement actifs à partenaires multiples. Elle peut se transmettre par contact sexuel direct et justifie, à ce titre, l’examen systématique du ou des partenaires.
💡 À savoir
HPV 16 est également impliqué dans les cancers du col utérin, du vagin, de la vulve, du pénis et de l’oropharynx. La papulose bowénoïde s’intègre dans le spectre des néoplasies intra-épithéliales liées aux HPV à haut risque.
Signes cliniques
La papulose bowénoïde atteint préférentiellement la peau plutôt que les muqueuses : pourtour de la vulve, fourreau de la verge, région péri-anale. Elle se présente sous la forme de :
Petites papules multiples, rosées et/ou brunâtres, légèrement squameuses, parfois verruqueuses
Parfois de véritables plaques sur le sexe, confluentes, aux contours irréguliers
Lésions souvent asymptomatiques, découvertes fortuitement ou lors d’un bilan IST
⚠ Attention
L’aspect clinique peut être trompeur et mimer des condylomes banals. Seule la biopsie permet d’affirmer le diagnostic et d’éliminer une maladie de Bowen génitale vraie.
Examens complémentaires
Le diagnostic repose sur l’histologie par biopsie cutanée : le dermatologue prélève sous anesthésie locale un fragment de la lésion, adressé à un anatomopathologiste pour analyse microscopique.
Le signe histologique le plus caractéristique est la dissociation entre l’architecture bénigne des lésions et les signes cytologiques de malignité (koïlocytes, mitoses atypiques, pléomorphisme nucléaire). Cette dualité est pathognomonique de la papulose bowénoïde et la distingue formellement de la maladie de Bowen vraie.
Des examens complémentaires peuvent compléter le bilan :
Typage HPV (PCR sur prélèvement ou sur biopsie) pour identifier le génotype
Colposcopie et frottis cervico-vaginal chez la femme, en raison du risque de néoplasie intra-cervicale (CIN) associée à HPV 16
Sérologies IST (VIH, syphilis) selon le contexte
Évolution et pronostic
Le pronostic est généralement favorable chez le sujet jeune immunocompétent, avec des possibilités de régression spontanée documentées. Cependant, le suivi reste indispensable car :
Les récidives locales sont fréquentes
Chez les patients âgés ou immunodéprimés (VIH, traitements immunosuppresseurs, hémopathies), le risque d’évolution vers une maladie de Bowen génitale ou un carcinome épidermoïde invasif est réel
Un suivi gynécologique rapproché est recommandé chez la partenaire féminine (risque de CIN)
🚨 Facteurs de risque d’évolution maligne
Immunodépression (VIH++), âge avancé, génotype HPV 16 ou 18, lésions étendues ou confluentes, tabagisme associé. Ces patients doivent bénéficier d’une surveillance dermatologique et oncologique renforcée.
Traitement
Examen du ou des partenaires (priorité absolue)
L’examen clinique du ou des partenaires sexuels est indispensable avant toute décision thérapeutique. Chez la femme, le risque de néoplasie intra-cervicale (CIN) lié à HPV 16 impose une consultation gynécologique avec colposcopie et frottis.
Surveillance simple
Chez un patient jeune, immunocompétent, à lésions peu étendues, une simple surveillance clinique rapprochée peut être proposée, en raison du potentiel de régression spontanée.
Immunomodulation locale, stimulation de l’immunité innée
Lésions étendues, volontaires à l’auto-application
Le choix de la méthode thérapeutique dépend de l’étendue des lésions, du statut immunitaire et de vos préférences. Consultez un dermatologue à Bordeaux pour une prise en charge personnalisée.
Non, la papulose bowénoïde n’est pas un cancer à proprement parler, mais une lésion précancéreuse liée à HPV 16. Chez le sujet jeune immunocompétent, elle peut régresser spontanément. Chez des sujets immunodéprimés ou âgés, elle peut évoluer vers une maladie de Bowen ou un carcinome épidermoïde invasif sans prise en charge adaptée.
La papulose bowénoïde est-elle contagieuse ?
Oui, elle est transmissible par contact sexuel direct (HPV 16). L’examen clinique du ou des partenaires est systématiquement recommandé. L’utilisation du préservatif réduit le risque de transmission, sans l’éliminer totalement.
Comment distinguer papulose bowénoïde et condylomes classiques ?
Cliniquement, la distinction peut être difficile. L’histologie est le seul examen permettant de différencier les deux entités : la papulose bowénoïde présente des signes cytologiques de malignité (atypies nucléaires, mitoses) contrastant avec une architecture d’ensemble apparemment bénigne, ce qui n’est pas le cas des condylomes simples.
Existe-t-il un traitement définitif de la papulose bowénoïde ?
Aucun traitement n’est totalement curatif car le virus HPV persiste dans les cellules. Les différentes méthodes (chirurgie, laser, imiquimod, cryothérapie) détruisent les lésions visibles, mais les récidives sont possibles. Un suivi dermatologique régulier est donc indispensable.
La vaccination HPV est-elle utile en cas de papulose bowénoïde avérée ?
La vaccination HPV (Gardasil 9®) protège contre les génotypes 16, 18 et cinq autres génotypes à haut risque. Elle est recommandée à titre préventif avant l’exposition au virus et peut être envisagée même chez des personnes déjà infectées pour prévenir une infection par d’autres génotypes non encore rencontrés.
Mon partenaire doit-il aussi être traité ?
L’examen du partenaire est obligatoire. Si des lésions HPV sont détectées, une prise en charge est proposée. Chez la partenaire féminine, une consultation gynécologique avec frottis et colposcopie est recommandée pour dépister une éventuelle néoplasie intra-cervicale (CIN).
Voir aussi : La papulose bowénoïde s’inscrit dans le spectre des néoplasies intra-épithéliales génitales liées aux HPV à haut risque. Un dépistage gynécologique régulier et la vaccination anti-HPV (Gardasil 9®) restent les meilleurs outils de prévention primaire et secondaire des cancers liés aux papillomavirus.
Références scientifiques
Wade TR, Kopf AW, Ackerman AB. Bowenoid papulosis of the genitalia. Arch Dermatol. 1979;115(3):306-308. PMID 107707
Ikenberg H, Gissmann L, Gross G, et al. Human papillomavirus type-16-related DNA in genital Bowen’s disease and in bowenoid papulosis. Int J Cancer. 1983;32(5):563-565. PMID 6315738
Berger BW, Hori Y. Multicentric Bowen’s disease of the genitalia: spontaneous regression of lesions. Arch Dermatol. 1978;114(11):1698-1699. PMID 101161
HAS. Recommandations vaccinales contre les infections à papillomavirus humains (HPV). Actualisation 2023. has-sante.fr
Des lésions génitales inhabituelles nécessitent un avis dermatologique sans délai. Le Dr Rousseau reçoit en consultation à Bordeaux.
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ECZEMA
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
En cas d’eczema de l’anus, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue
Nous n’envisagerons ici qu’une forme d’eczema de l’anus :
Eczema allergique de l’anus
Cet eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema.
Les allergènes les plus fréquemment mis en cause dans l’eczema de l’anus sont :
les cosmétiques appliqués depuis quelques jours sur le sexe
cremes, crèmes dépilatoires, mousses à raser, parfums, lingettes…
préservatifs et lubrifiants
Comment savoir à quoi je suis allergique sur l’anus
Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.
Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.
Tout d’abord il faut consulter un médecin pour déterminer la cause de l’éczema et vérifier qu’il s’agit bien d’un eczema (exemple il peut d’agir d’une mycose du sexe contre indiquant tout corticoide)
Il faut se laver une fois par jour avec un produit doux et bien sécher apres la toilette
En cas d’eczema confirmé par le médecin, il faut éviter l’allergène en cause (creme, lingette, lubrifiant, preservatif… ) et le médecin prescrit souvent de la cortisone en creme
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En cas d’eczema du sexe, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue
Nous n’envisagerons ici qu’une forme d’eczema du sexe :
Eczema allergique du sexe
Cet eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema.
Les allergènes les plus fréquemment mis en cause dans l’eczema du sexe sont :
les cosmétiques appliqués depuis quelques jours sur le sexe
cremes, crèmes dépilatoires, mousses à raser, parfums…
préservatifs et lubrifiants
Comment savoir à quoi je suis allergique sur le sexe
Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.
Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.
Tout d’abord il faut consulter un médecin pour déterminer la cause de l’éczema et vérifier qu’il s’agit bien d’un eczema (exemple il peut d’agir d’une mycose du sexe contre indiquant tout corticoide)
Il faut se laver une fois par jour avec un produit doux et bien sécher apres la toilette
En cas d’eczema confirmé par le médecin, il faut éviter l’allergène en cause (lubrifiant, preservatif… ) et le médecin prescrit souvent de la cortisone en creme
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Les aphtes sont des ulcérations de la muqueuse, le plus souvent buccale, plus rarement génitale.
Les aphtes peuvent être seuls (isolés) ou s’inscrire dans le cadre d’une aphtose atteignant d’autres organes comme dans la maladie de Behcet.
L’aphte est une ulcération ronde ou ovalaire, douloureuse survenant le plus souvent dans la bouche à tout endroit muqueux (langue, lèvres, gencives… ), par poussées (ils disparaissent le plus souvent en 1 à 2 semaines).
Le diagnostic est porté devant:
le fond déprimé et nécrotique ayant du coup une jaunâtre (« beurre frais« ) ou grisâtre,
la base infiltrée (on peut prendre l’aphte entre les doigts et on sent que toute la zone est discrètement indurée),
les bords nets et entourés d’un halo rouge vif.
Formes cliniques
A communs ou ‘vulgaires’ :
2 à 10 mms de diamètre, en cupule, petite aréole rouge, guérison en 1 à 3 semaines
A géants :
plus de 1 à 2 cm, inflammatoires et très douloureux pouvant guérir avec une bride cicatricielle. Ils sont souvent assez indurés et creusants
A miliaires :
quelques millimètres, plutôt des érosions, parfois nombreux et confluents, avec peu d’induration, guérissant sans cicatrice en 1 à 2 semaines
Causes possibles
On observe souvent une hyperréactivité non spécifique de la muqueuse (par exemple, après une morsure accidentelle, une anesthésie locale par injection chez le dentiste… ).
Par ailleurs, certains aliments (noix, noisettes, gruyère… ) sont reconnus comme déclencheurs d’aphtes.
Il est possible qu’il existe un substrat génétique aux aphtes puisque 90 % des enfants de parents ayant tous deux des aphtes, ont des aphtes.
Les aphtes récidivants peuvent s’inscrire dans le cadre d’une maladie de Behçet qui comporte aussi d’autres signes (ophtlamologiques, cutanés… ).
Par ailleurs on peut observer des ulcérations d’allure aphtoide dans
des entérocolopathies (maladie cœliaque, maladie de Crohn, colite ulcéreuse… ),comportant des signes digestifs
le syndrome PFAPA (Periodic Fever, Aphthous stomatitis, Pharyngitis and cervical Adenitis), comportant une fièvre périodique avec ganglions
les carences en folates, en vitamine B 12, en fer, en zinc,
et dans les neutropénies
Examens complémentaires diagnostiques
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
Conduite a tenir devant un aphte de la bouche (aphte buccal) :
HLA B5
Bilan des autres atteintes
Recherche de thrombocytose
Soigner les aphtes
Contre la douleur :
Lidocaine en gel, gels à base de clou de girofle (Pansoral), APHTORAL, comprimé à sucer (Chlorhexidine / Tétracaïne / Acide ascorbique) voire antalgiques par voie orale
Pour essayer de diminuer la durée des poussées :
Dermocorticoïdes puissants, voire injections intra-lésionnelles de corticoïdes à la base des ulcérations.
Bains de bouche de sucralfate (KEAL * susp buvable)
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HERPES
« Secrets de dermatologue » :
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– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Malgré l’importance de l’information sur l’herpès, sa contagiosité fait que l’herpes augmente encore dans la population. Le traitement de l’herpès fait partie des stratégies pour l’éliminer et essayer de s’en débarrasser. En effet, la mise au point d’un vaccin anti herpes reste hautement peu probable avant plusieurs années.
L’herpes est une maladie liée à l’infection par Herpes Simplex Virus 1 et 2 (HSV)
L’herpes buccal ou bouton de fievre est dû généralement à HSV1 et il fait généralement suite a une transmission du virus dans l’enfance
En cas d’herpes buccal, il faut éviter d’embrasser son ou ses partenaires et ses enfants (notamment en cas de dermatite atopique)
Soigner l’herpes labial ou bouton de fièvre
L’herpès génital, est du généralement dû à HSV2 et il est considéré comme une maladie sexuellement transmissible. En cas d’herpes genital, il faut informer son ou ses partenaires, consulter un médecin et eviter davoir des relations sexuelles génitales ou orales et attendre la guérison complète avant d’en envisager
Herpes génital
Comment soigner l’herpes
Soins d’hygiène de l’herpes
Sur le plan de l’hygiène locale, il faut garder les lésions propres et seches et eviter de les toucher avec les doigts car l’herpes peut se transmettre ailleurs sur le corps par manuportage Sur le plan des traitements, on distingue le traitement de la primo infection de l’herpes, le traitement des récurrences de l’herpès et le traitement préventif de l’herpes
Traitement de la primo infection de l’herpes
Primo infection à l’herpesLésions des gencives et lèvres lors de la primo infection à l’herpes
Le traitement de la primo-infection de l’herpes, qu’il s’agisse d’un herpes buccal ou génital, est generalement effectué au moyen de medicaments antiviraux :Aciclovir et Valaciclovir
Lorsque la voie orale est impossible ou que la poussee de primoinfection d’herpes est trop importante, on peut recourir à des perfusions d’aciclovir.
L’evolution de la primoinfection d’herpes est generalement améliorée rapidement apres le debut du traitement de l’herpes par comprimes ou perfusions
Traitement de la recurrence d’herpes
Traitements prescrits par le médecin
Pour le traitement des recurrences d’herpes, on distingue l’herpes buccal de l’herpes genital
– herpes labial
Si les episodes d’herpes labial sont peu importants et peu genants, on recourt generalement a des cremes contenant des antiviraux (aciclovir creme (Zovirax®), ibacitabine (Cuterpès®), vidarabine phosphate (Vira-MP® gel) … ) à raison de plusieurs applications par jour
Les traitements oraux par comprimes d’aciclovir et de valaciclovir sont le plus souvent reserves aux poussees importantes ou frequentes
Herpes labial au stade crouteux
Ensuite au stade de croute, on applique des pommades antibiotiques (Fucidine, Mupiderm… ) pour faire tomber les croutes et éviter leur surinfection par le staphylocoque
– herpes genital
Le traitement de l’herpes génital par voie orale (par comprimes d’aciclovir et de valaciclovir) est le plus souvent reserve aux poussees importantes et genantes d’herpes genital, ou en cas de risque de contagion
Les délais de rendez-vous chez les dermatologues s’allongent d’année en année.
Cependant, ne vous improvisez surtout pas médecin! Consultez votre médecin traitant avant toute chose.
En attendant votre rendez-vous chez le médecin et/ou le dermatologue et le diagnostic précis de votre herpès, vous pouvez tenter de soulager les récurrences de votre herpes de différentes manières et avec des produits disponibles sans ordonnance chez votre pharmacien ou dans une pharmacie sur Internet. Il faut être très prudent avant d’utiliser des crèmes et bien demander conseil à son pharmacien (risque d’allergie de peau, d’aggravation de sa maladie de peau, risque en cas de grossesse ou d’allaitement… )
Antécédents d’hypersensibilité à l’aciclovir ou au propylèneglycol.
Application oculaire, intrabuccale ou intravaginale
EFFETS SECONDAIRES
Peu fréquent : des sensations de picotements ou de brûlures transitoires pouvant suivre l’application de la crème, sécheresse cutanée, prurit.
Rare : érythème, eczéma de contact.
Très rare : cas d’urticaire et d’œdème de Quincke
Traitement preventif de l’herpes : se débarrasser de l’herpès?
Il n’est pas possible de se débarrasser de l’herpes. Cependant, en cas de poussees frequentes d’herpes (plus de 6 poussees d’herpes par an), l’aciclovir ou le valaciclovir peuvent etre proposes par le medecin a titre preventif. Le traitement est reevalue en terme d’efficacite au bout de 6 mois.
Précautions à prendre en cas d’herpès
Herpes labial
Toujours prévenir son médecin qu’on a de l’herpès, notamment le dermatologue en cas de soins de peau (dermabrasion, injections dans les rides, laser de la peau, resurfaçage du visage… )
Eviter de contaminer les enfants en les embrassant si on a de l’herpes labial
On risque en cas de contamination d’enfants atteints d’eczema atopique car ils risquent une poussée profuse appelée syndrome de Kaposi Juliusberg
Kaposi Juliusberg chez un enfant atopique
Herpes génital
Il faut toujours prévenir ses partenaires qu’on a eu de l’herpes car il est contagieux même en l’absence de symptomes
En cas d’herpes génital après un rapport non protégé, il faut faire un bilan de MST aupres de son médecin
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HERPES
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Syphilis : symptômes, diagnostic, traitement et résurgence en France
La syphilis — anciennement appelée vérole — est une infection sexuellement transmissible (IST) due à la bactérie Treponema pallidum. Considérée comme quasi éradiquée dans les années 2000, elle connaît une résurgence spectaculaire en France depuis 2010, avec des cas en hausse continue touchant désormais toutes les populations, pas uniquement les hommes ayant des rapports avec des hommes (HSH). Elle est surnommée « la grande simulatrice » car ses manifestations cutanées peuvent ressembler à de nombreuses autres maladies — d’où des retards diagnostiques fréquents. Guérie à 100 % par la pénicilline si diagnostiquée à temps, elle peut devenir gravissime non traitée.
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SYPHILIS
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Résurgence de la syphilis en France — contexte actuel
Après avoir atteint des niveaux historiquement bas dans les années 1990-2000, la syphilis est en forte recrudescence en France depuis 2010, avec une accélération marquée depuis 2015. Santé Publique France rapporte plusieurs milliers de nouveaux cas déclarés chaque année, avec une augmentation concernant désormais les femmes et les personnes hétérosexuelles, pas uniquement les HSH initialement les plus touchés. Les populations jeunes (18-35 ans) sont particulièrement concernées.
Cette résurgence s’explique par plusieurs facteurs : baisse de la vigilance, diminution de l’utilisation du préservatif, augmentation du nombre de partenaires et développement des applications de rencontre favorisant les contacts rapides et multiples. Le dépistage régulier — au moins annuel pour les personnes ayant plusieurs partenaires — est aujourd’hui une recommandation de santé publique.
Transmission et contagiosité
La syphilis se transmet par contact direct avec une lésion syphilitique active — chancre primaire, plaques muqueuses secondaires, condylomes plats. La transmission se fait lors de rapports sexuels (vaginaux, anaux, oraux) mais aussi par contact muqueux sans pénétration si une lésion active est présente. Le préservatif réduit le risque mais ne l’élimine pas totalement si la lésion est dans une zone non couverte.
Point crucial : la syphilis n’est pas immunisante. Une personne ayant été traitée et guérie peut être réinfectée lors d’un nouveau contact avec Treponema pallidum. En cas de réinfection, le VDRL réaugmente d’au moins 2 à 4 fois — signe biologique d’une nouvelle contamination.
La syphilis n’est pas transmissible par les objets du quotidien (toilettes, poignées de porte, piscine) — le tréponème ne survit pas à l’air libre.
Les trois phases cliniques de la syphilis
Phase primaire — le chancre d’inoculation
Le chancre apparaît 10 à 90 jours après la contamination (incubation moyenne 3 semaines). C’est une ulcération propre à fond induré (dur), indolore, à bords nets, siégeant sur les organes génitaux (gland, vulve, col utérin, anus) ou les muqueuses (lèvres, amygdales, langue). Il est accompagné d’adénopathies inguinales bilatérales indolores.
Le chancre passe souvent inaperçu, particulièrement chez la femme (localisation cervicale ou vaginale invisible à l’examen courant) et en localisation anale ou pharyngée. Il guérit spontanément en 3 à 6 semaines, même sans traitement — donnant faussement l’impression de guérison alors que la maladie évolue vers la phase secondaire.
Phase secondaire — « la grande simulatrice »
La syphilis secondaire survient 4 à 10 semaines après le chancre. Elle se manifeste par deux « floraisons » successives :
Première floraison : éruption de macules (taches plates) rouge cuivrées, symétriques, diffuses, non prurigineuses — l’absence de démangeaisons est un élément d’orientation important. Elle touche le tronc, les membres, et caractéristiquement les paumes et les plantes (syphilides palmo-plantaires) — atteinte palmo-plantaire d’une éruption non prurigineuse chez un adulte jeune doit faire évoquer la syphilis en priorité. Elle ressemble au pityriasis rose de Gibert mais s’en distingue par son caractère non prurigineux et l’atteinte palmo-plantaire.
Deuxième floraison (vers le 4e mois) : lésions plus papuleuses, pouvant ressembler à un psoriasis. Apparition possible de plaques muqueuses (lésions érosives sur les muqueuses buccales et génitales), d’une alopécie en clairières (chute de cheveux en plaques), de condylomes plats (plaques végétantes génitales très contagieuses) et d’une roséole syphilitique (éruption pâle du tronc).
La syphilis secondaire est la phase la plus contagieuse — les lésions muqueuses et cutanées grouillent de tréponèmes. Elle guérit également spontanément sans traitement, laissant place à une phase latente silencieuse.
Phase tertiaire — complications viscérales graves
La syphilis tertiaire survient des années à décennies après l’infection non traitée. Elle est devenue rare depuis l’avènement de la pénicilline mais pas exceptionnelle en cas de diagnostic tardif. Elle concerne principalement :
La neuro-syphilis — méningite, démence progressive (paralysie générale), tabes dorsalis (atteinte de la moelle épinière avec troubles de la marche et douleurs fulgurantes). De nombreux artistes et personnalités historiques sont devenus psychiatriquement malades ou sont décédés de neuro-syphilis non traitée. La neuro-syphilis peut survenir aussi en phase secondaire (syphilis neuro-invasive précoce) — argument supplémentaire pour ne jamais laisser une syphilis non traitée.
La syphilis cardiovasculaire — aortite syphilitique avec anévrisme aortique. Les gommes syphilitiques — granulomes destructeurs pouvant toucher la peau, les os et les viscères.
Diagnostic sérologique
La bactériologie directe (examen au microscope à fond noir du prélèvement de chancre) est possible mais rarement pratiquée en routine. Le diagnostic repose sur la sérologie sanguine :
Le TPHA (Treponema Pallidum Hemagglutination Assay) est un test tréponémique spécifique — il témoigne d’un contact avec T. pallidum et reste positif à vie (même après guérison) chez la plupart des patients, sauf s’il a été traité très tôt (dans la première année). Il constitue la « cicatrice sérologique » de la syphilis.
Le VDRL (Venereal Disease Research Laboratory) est un test non tréponémique quantitatif — son titre reflète l’activité de la maladie. Il est utilisé pour le suivi thérapeutique : il doit être divisé par 4 à 3 mois puis par 16 à 6 mois après traitement. Il se négative à 1 an si syphilis primaire, à 2 ans si secondaire. Si le VDRL ne baisse pas suffisamment, cela indique un échec thérapeutique ou une réinfection.
Un bilan complet IST est recommandé lors de tout diagnostic de syphilis : VIH, hépatite B, hépatite C, chlamydia, gonorrhée.
Traitement de la syphilis
La syphilis est guérie dans quasiment 100 % des cas correctement traités. Le traitement de référence reste la pénicilline — Treponema pallidum n’a développé aucune résistance à la pénicilline en 70 ans d’utilisation.
Traitement de première intention — syphilis récente (primaire, secondaire, latente précoce <1 an) : benzathine-benzylpénicilline 2,4 MU en injection intramusculaire unique (1,2 MU dans chaque fesse).
Syphilis tardive (latente tardive >1 an, tertiaire) : benzathine-benzylpénicilline 2,4 MU IM à répéter à J8 et J15 (3 injections au total).
Alternatives en cas d’allergie à la pénicilline, de trouble de la coagulation ou de refus d’injection :
Doxycycline 200 mg/j per os pendant 14 jours (contre-indiquée chez la femme enceinte et avant 8 ans). Ceftriaxone 500 mg à 1 g/j en IV ou SC pendant 10 jours. Azithromycine 2 g en prise unique (résistances émergentes documentées — à éviter si possible).
Partenaires : le ou les partenaires sexuels des 3 derniers mois (syphilis primaire) ou des 12 derniers mois (syphilis secondaire) doivent être informés, dépistés et traités si nécessaire. C’est une obligation éthique et de santé publique.
Suivi sérologique : VDRL à 3 mois (doit être divisé par 4), à 6 mois (divisé par 16), puis à 1 an. Si le VDRL ne diminue pas suffisamment à M6-M12, 3 nouvelles injections de benzathine-pénicilline 2,4 MU à une semaine d’intervalle sont recommandées.
Situations urgentes — syphilis congénitale et neuro-syphilis
Syphilis et grossesse — urgence absolue : la syphilis maternelle non traitée peut être transmise au fœtus par voie transplacentaire et provoquer une syphilis congénitale — mortinatalité, prématurité, malformations osseuses, hépatosplénomégalie, séquelles neurologiques et oculaires graves. Le dépistage sérologique de la syphilis est obligatoire en France au premier trimestre de grossesse. Toute syphilis découverte pendant la grossesse doit être traitée en urgence par pénicilline (seule alternative sûre chez la femme enceinte — la doxycycline est contre-indiquée).
Neuro-syphilis : suspectée devant des céphalées, troubles visuels, méningite, troubles psychiatriques ou déficit neurologique chez un patient avec syphilis. Nécessite une ponction lombaire pour confirmation et un traitement hospitalier par pénicilline G IV (18-24 MU/j pendant 10-14 jours).
Syphilis et VIH : la co-infection est fréquente — la syphilis multiplie par 3 à 5 le risque de transmission du VIH. La présentation clinique peut être atypique chez les immunodéprimés. Le titre de VDRL peut être faussement bas (zone de prozone). Un suivi sérologique plus rapproché est recommandé.
Questions fréquentes
La syphilis guérit-elle complètement avec le traitement ?
Oui — la syphilis est guérie dans quasiment 100 % des cas correctement traités. Une seule injection de pénicilline suffit pour les formes récentes. Le suivi sérologique à 3, 6 et 12 mois confirme la guérison (baisse du VDRL). Attention : la guérison n’immunise pas — une réinfection est possible lors d’un nouveau contact avec une personne atteinte.
Peut-on avoir la syphilis sans symptôme ?
Oui — la syphilis est souvent asymptomatique. Le chancre primaire passe inaperçu dans 50 % des cas (chez la femme notamment). La phase latente, entre secondaire et tertiaire, est totalement silencieuse. C’est pourquoi un dépistage sérologique régulier est recommandé pour les personnes ayant plusieurs partenaires — au moins une fois par an.
Comment savoir si on est guéri après traitement ?
Par le suivi sérologique du VDRL. Il doit être divisé par 4 à 3 mois et par 16 à 6 mois après traitement. Le TPHA peut rester positif à vie (cicatrice sérologique) même après guérison complète — sa persistance ne signifie pas échec du traitement. Si le VDRL ne baisse pas suffisamment, une deuxième cure de traitement est nécessaire.
Faut-il prévenir ses partenaires sexuels ?
Oui, c’est indispensable. Les partenaires des 3 derniers mois (syphilis primaire) ou des 12 derniers mois (syphilis secondaire) doivent être informés, dépistés et traités si nécessaire. La notification des partenaires peut se faire directement par le patient ou anonymement via le médecin. Des outils de notification anonyme par SMS existent (application BeMST). C’est une obligation éthique pour interrompre la chaîne de transmission.
La syphilis et l’herpès génital, comment les distinguer ?
Le chancre syphilitique est unique, indolore, à fond propre et induré (dur). Les vésicules herpétiques sont multiples, groupées en bouquet, très douloureuses, à fond érosif superficiel. La sérologie syphilis (TPHA/VDRL) et la PCR herpès sur prélèvement de lésion permettent de confirmer le diagnostic. Les deux IST peuvent coexister — un bilan complet est indispensable devant toute lésion génitale.
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SYPHILIS
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Mycose vaginale : causes, symptômes, traitement et prévention
La mycose vaginale — ou candidose vulvovaginale — est l’une des infections génitales les plus fréquentes chez la femme : 3 femmes sur 4 en feront au moins un épisode au cours de leur vie. Elle est due à un champignon naturellement présent dans la flore vaginale, le Candida albicans, qui prolifère anormalement lorsque l’équilibre de la muqueuse est rompu. Démangeaisons intenses, rougeurs, pertes blanches caillebotées — ses symptômes sont caractéristiques, mais d’autres affections peuvent les mimer. Un diagnostic médical est indispensable avant tout traitement.
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CANDIDOSE
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Le Candida albicans est un champignon naturellement présent dans la flore vaginale, en équilibre avec la muqueuse vulvovaginale. C’est la rupture de cet équilibre qui le rend pathogène et provoque la mycose. Les principaux facteurs déclenchants sont :
Prise d’antibiotiques — détruit la flore protectrice lactobacillaire
Grossesse — modifications hormonales et immunitaires
Diabète mal équilibré — le glucose favorise la prolifération du Candida
Les symptômes peuvent fluctuer avec le cycle menstruel, avec une recrudescence fréquente avant ou pendant les règles, parfois accompagnée d’une sensation d’œdème des petites lèvres ou du vestibule.
Signes d’alerte — consulter sans tarder
Un avis médical est toujours nécessaire en cas de suspicion de mycose vaginale. Consulter en urgence si les symptômes s’accompagnent de l’un des signes suivants :
🌡️ Fièvre, nausées, vomissements
🔴 Douleurs abdominales basses
🔴 Douleurs au dos ou aux épaules
🔴 Sécrétions vaginales malodorantes — évoquer une vaginose bactérienne ou une IST
🔴 Hémorragie vaginale en dehors des règles
Ces signes ne sont pas compatibles avec une simple mycose vaginale et peuvent indiquer une infection ascendante ou une autre pathologie nécessitant une prise en charge urgente.
⚠️ Pourquoi la cortisone est dangereuse dans la mycose vaginale
Une candidose vaginale traitée par erreur avec de la cortisone s’aggrave silencieusement. C’est l’une des erreurs les plus fréquentes — la rougeur peut sembler s’améliorer en surface alors que l’infection s’étend en profondeur et en superficie.
Les conséquences d’une corticothérapie locale sur une mycose vaginale sont :
La vulvite s’étend vers la marge anale, le périnée et les plis inguinaux
Une collerette desquamative périphérique et des érosions punctiformes (pustules à Candida) persistent
À long terme, la cortisone peut supprimer la rougeur centrale et provoquer une atrophie cutanée — masquant l’infection tout en l’aggravant
Les démangeaisons typiques sont souvent remplacées par des sensations de brûlure
Ne jamais appliquer de cortisone sur une rougeur vulvaire sans diagnostic établi. En cas de doute, consultez avant tout traitement : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Mycose vaginale récidivante — quand la candidose devient chronique
Environ 10 % des femmes ayant fait un épisode de mycose vaginale présentent des récidives régulières. On parle de candidose vulvovaginale récidivante au-delà de 4 épisodes par an.
Les récidives sont souvent rythmées par :
Une antibiothérapie récente
Le cycle menstruel — recrudescence avant ou pendant les règles
Les rapports sexuels
La période estivale (chaleur, macération, maillot de bain)
Lorsque les poussées deviennent subintrantes (quasiment constantes), la présentation clinique évolue : la rougeur devient moins intense, la sécheresse prédomine dans la région postérieure et des fissures douloureuses apparaissent. C’est la candidose chronique.
À l’examen, il persiste toujours à la périphérie une fine collerette desquamative et des érosions de pustules à Candida — ce qui distingue la mycose d’un psoriasis (pas de desquamation blanche des zones cutanées externes) ou d’un lichen plan érosif (pas d’atrophie centrale).
Traitement de la mycose vaginale
Règles d’hygiène indispensables
Savon alcalin (Hydralin®) ou eau bicarbonatée (1 cuillère à soupe par cuvette) — éviter les savons à pH acide qui favorisent la multiplication du Candida
Pas de douches vaginales — elles détruisent la flore protectrice
Éviter pendant le traitement : tampons internes, spermicides, préservatifs ou diaphragmes (risque de rupture)
Abstinence ou rapports protégés pendant le traitement pour éviter la transmission au partenaire
Sous-vêtements en coton — éviter les textiles synthétiques et les vêtements serrés
Séchage soigneux de la vulve après la toilette — lutter contre la macération
Antifongiques locaux (crème vaginale, ovule, capsule) en première intention chez la femme non enceinte — il est souvent utile de répéter le traitement à la fin des règles suivantes
Chez la femme enceinte : ovules de Fazol G®, Gyno-Daktarin®, Gyno-Pevaryl® ou Monazol® — jamais de traitement systémique
Antifongique local topique en crème ou poudre + émollient alcalin à raison d’1 à 2 applications par jour pendant 2 à 4 semaines
Traitement des mycoses récidivantes
Au-delà de 4 récidives par an, le traitement local est complété par un traitement systémique oral (sauf grossesse) :
Triflucan® (fluconazole) 150 mg en prise unique, éventuellement répétée une semaine plus tard
En cas de récidives très fréquentes : administration d’un ovule antifongique et/ou de Triflucan® pendant 2 à 6 mois puis diminution progressive, en ciblant le jour du cycle à risque (généralement vers le 19e jour)
Si la patiente porte un stérilet de plus de 2 ans : le changer — il peut constituer un réservoir à Candida
Probiotiques — peuvent aider à restaurer la flore vaginale protectrice
Kinésithérapie périnéale spécialisée — améliore la qualité des rapports et réduit les microtraumatismes favorisants
Consultez votre médecin traitant avant toute automédication — il faut s’assurer que les symptômes correspondent bien à une mycose et non à une autre cause de rougeur du sexe. En attendant le rendez-vous, votre pharmacien peut vous orienter vers :
MYCOHYDRALIN crème (Clotrimazole) — application locale matin et soir après toilette, pendant 1 semaine
MYCOHYDRALIN 200 mg comprimé vaginal — 1 comprimé au fond du vagin 3 soirs consécutifs. Si les symptômes persistent au-delà de 7 jours, consultation médicale obligatoire
MYCOHYDRALIN 500 mg comprimé vaginal — 1 comprimé en prise unique le soir au coucher. Un second comprimé peut être administré si les symptômes persistent au-delà de 3 jours. Au-delà de 7 jours sans amélioration, consulter
⚠️ Ces produits peuvent provoquer des réactions allergiques (urticaire, démangeaisons, brûlures, œdème). Demandez toujours conseil à votre pharmacien, notamment en cas de grossesse, d’allaitement ou d’antécédent d’allergie cutanée.
⚠️ En cas de sécheresse vaginale, le comprimé peut ne pas se dissoudre correctement — introduire profondément en position allongée sur le dos, genoux repliés et écartés.
Prévenir les mycoses vaginales
La prévention passe par la lutte systématique contre les facteurs favorisants :
Traiter tous les foyers d’infection fongique associés (plis inguinaux, mycose buccale…)
Éviter les microtraumatismes de la muqueuse — sous-vêtements trop serrés, rapports sexuels trop fréquents ou sans lubrification suffisante
Lutter contre la macération — séchage soigneux après toilette avec un savon d’hygiène intime adapté
Informer et si nécessaire examiner le ou les partenaires — même si la candidose n’est pas une IST à proprement parler, elle peut provoquer des rougeurs du sexe chez le partenaire
En cas de traitement antibiotique : prendre des probiotiques vaginaux en prévention
Comment savoir si j’ai une mycose vaginale ou une autre infection ?
Les pertes blanches caillebotées inodores, la rougeur vernissée de la vulve et les démangeaisons intenses sont très évocatrices. Mais une vaginose bactérienne (pertes grises malodorantes), une IST ou un eczéma de contact peuvent mimer certains symptômes. Seul un examen médical — et parfois un prélèvement vaginal — permet de confirmer le diagnostic. Ne traitez pas sans consulter, surtout si c’est un premier épisode.
Ma mycose vaginale revient à chaque prise d’antibiotiques — que faire ?
C’est une situation très fréquente. Les antibiotiques détruisent la flore lactobacillaire protectrice et permettent au Candida de proliférer. La solution préventive est de prendre des probiotiques vaginaux dès le début de chaque antibiothérapie. En cas de récidives très fréquentes, votre médecin peut prescrire un traitement antifongique préventif à prendre systématiquement lors de chaque cure d’antibiotiques.
Mon partenaire doit-il être traité ?
Pas systématiquement. Le partenaire ne doit être traité que s’il présente lui-même des signes de candidose (rougeurs du sexe, démangeaisons). Pendant le traitement, les rapports sexuels sont déconseillés pour éviter les microtraumatismes et réduire le risque de transmission. Si les récidives sont déclenchées à chaque rapport, un examen du partenaire s’impose.
Puis-je utiliser un ovule vaginal pendant mes règles ?
Il vaut mieux éviter le traitement par ovule pendant les règles — les pertes menstruelles réduisent son efficacité. Il est souvent conseillé de débuter ou de répéter le traitement à la fin des règles. En cas de mycose chronique récidivante, le traitement préventif est souvent ciblé vers le 19e jour du cycle, avant la recrudescence habituelle.
Une mycose vaginale peut-elle se traiter seule avec des remèdes naturels ?
Non. Les remèdes maison (yaourt, huile de coco, bicarbonate…) n’ont pas d’efficacité prouvée sur la candidose vaginale et peuvent aggraver l’irritation. Seuls les antifongiques — locaux ou systémiques — ont une efficacité démontrée. Les probiotiques peuvent compléter le traitement médical mais ne le remplacent pas.
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CANDIDOSE
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Mycose du sexe de l’homme (candidose du gland) : causes, signes et traitement
La mycose du sexe de l’homme — encore appelée candidose balanique ou balanite à Candida — est une affection très fréquente, due à la levure Candida albicans. Elle n’est pas à proprement parler une maladie sexuellement transmissible, même si elle peut se transmettre lors des rapports. Elle mérite une prise en charge sérieuse car, sans identification et correction des facteurs favorisants, les récidives sont quasi certaines. Un diabète doit être systématiquement recherché.
Rougeur du gland persistante ou récidivante ?
Un avis dermatologique permet de confirmer le diagnostic, d’éliminer un diabète méconnu et d’adapter le traitement. 📅 Téléconsultation avec le Dr Rousseau
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PEAU DE L’HOMME
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La mycose du sexe est due à Candida albicans, levure vivant normalement en équilibre dans le tube digestif et les muqueuses génitales. Sous l’influence de facteurs rompant cet équilibre, le Candida passe à l’état filamenteux, adhère à la muqueuse et provoque la candidose. Pour le mécanisme complet de la pathogénicité, voir le hub candidoses.
Les muqueuses génitales masculines présentent des caractéristiques anatomiques particulières qui les rendent vulnérables :
Caractéristique anatomique
Pourquoi elle favorise la candidose
Gland — semi-muqueuse faiblement kératinisée
Tissu fragile, surtout chez l’homme non circoncis — barrière épithéliale moins efficace
Présence d’un prépuce long
Crée un espace confiné, chaud et humide — favorable à la macération et à la prolifération de Candida
Proximité de la zone anale
Prédispose à une colonisation par Candida présent dans le tube digestif
Absence de séchage après la toilette
Source d’humidité favorisant la prolifération des micro-organismes
💡 La circoncision est protectrice : on ne voit quasiment jamais de mycose du sexe chez l’homme circoncis. L’absence de prépuce supprime l’espace de macération qui est le principal facteur favorisant local de la candidose balanique.
La mycose du sexe de l’homme débute le plus souvent près du frein et du sillon situé entre le gland et le prépuce, puis s’étend progressivement au gland et au prépuce.
Candidose du sexe de l’hommeCandidose du glandCandidose du penisCandidose de l’homme
Signe clinique
Description
Rougeur du gland
Aspect lisse, suintant — débute au frein et au sillon balano-préputial — rougeur du sexe
Pustulettes en « tête d’épingle »
Petits points blancs sur fond rouge — très évocateurs de candidose
Desquamation en périphérie
Squames en bordure des plaques rouges — signe évocateur
La mycose du sexe de la femme peut être rythmée par le cycle menstruel. La vulve est rouge, suintante et il existe des pertes blanches caillebotées. Voir l’article dédié : mycose vaginale.
Présence de filaments mycéliens à l’examen direct + culture positive à Candida albicans — confirme la candidose et élimine une autre infection (bactérienne, IST)
Glycémie à jeun
Éliminer un diabète méconnu — systématique en cas de candidose récidivante
⚠️ La rougeur du gland peut avoir d’autres causes (eczéma, psoriasis, infection bactérienne, IST) — un diagnostic médical est indispensable avant tout traitement. Appliquer un antifongique sur une rougeur d’origine allergique ou inflammatoire est inutile et peut retarder le bon diagnostic.
Soins et traitement de la mycose du sexe
Mesures de terrain — indispensables
Mesure
Détail pratique
Toilette quotidienne adaptée
Savon Hydralin® ou savon surgras — une seule toilette par jour avec décalottage complet — bien sécher — éviter les antiseptiques (déséquilibrent la flore et sont irritants)
Sous-vêtements en coton
Éviter les matières synthétiques et les vêtements trop serrés
Vêtements trop serrés, sous-vêtements synthétiques, rapports sexuels ou masturbation répétés pendant le traitement
Partenaire(s) sexuel(s)
Traitement recommandé — la présence de Candida pathogène chez la femme peut recontaminer lors des rapports, même sans symptômes
Équilibration du diabète
Si diabète identifié — sans équilibration, les récidives sont quasi certaines
Traitement antifongique local
Application d’une crème antifongique deux fois par jour sur la muqueuse concernée — dérivés imidazolés, ciclopiroxolamine, selon la prescription médicale. Durée habituelle : 2 à 3 semaines.
💡 Le traitement de la mycose du sexe est efficace dans environ 90 % des cas. Les 10 % d’échecs sont liés à la présence d’un diabète non équilibré, à une réinfection par le(s) partenaire(s) non traité(s), ou à l’absence de correction des facteurs favorisants.
Points clés à retenir
Point clé
La candidose du sexe n’est pas une IST à proprement parler — mais elle peut se transmettre lors des rapports sexuels
La candidose de l’homme est très rare chez le circoncis
Tout épisode de candidose doit faire rechercher systématiquement un diabète
Une seule toilette quotidienne avec un savon adapté est suffisante — les antiseptiques sont contre-productifs
Traiter le(s) partenaire(s) et tous les foyers de Candida simultanément est indispensable pour éviter les récidives
La mycose du sexe de l’homme est-elle une maladie sexuellement transmissible ?
Non à proprement parler — le Candida fait partie de la flore normale de l’organisme. Cependant, il peut se transmettre lors des rapports sexuels, notamment si la partenaire présente une candidose vaginale (même asymptomatique). Il est donc recommandé de traiter le/les partenaire(s) et d’éviter les rapports non protégés pendant le traitement.
Pourquoi ma mycose du sexe revient-elle après chaque traitement ?
Les récidives sont le plus souvent dues à l’absence de traitement du/des partenaire(s), à un diabète méconnu ou insuffisamment équilibré, ou à un foyer persistant non traité (candidose buccale, digestive ou de l’aine). Un prélèvement myco-bactériologique permet d’identifier une éventuelle résistance. La correction de tous les facteurs favorisants est indispensable pour rompre le cycle des récidives.
Faut-il éviter les rapports sexuels pendant le traitement ?
Oui — les rapports pendant le traitement peuvent provoquer une recontamination et réduire l’efficacité du traitement local. Il est recommandé d’attendre la guérison complète, et de traiter les deux partenaires simultanément. Éviter aussi les microtraumatismes de la muqueuse le temps de la guérison.
Peut-on se soigner soi-même sans aller chez le médecin ?
La rougeur du gland peut avoir plusieurs causes — eczéma, psoriasis, infection bactérienne, infection sexuellement transmissible — qui nécessitent des traitements différents. Appliquer un antifongique sans diagnostic confirmé peut masquer une autre affection. Un avis médical, y compris en téléconsultation, est recommandé pour confirmer le diagnostic avant tout traitement, surtout si les symptômes persistent ou récidivent.
Mis à jour le 1er avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.
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PEAU DE L’HOMME
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes des problèmes
– Les traitements…
Hypermélaninose basale avec incontinence du pigment sur les muqueuses buccale et génitale.
Lentigines de la lèvre inférieure, du palais osseux, parfois des doigts et des ongles
Examens complémentaires diagnostiques
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
L’épilation du bikini peut être « artistique » ou « intégrale »
L’épilation « artistique »
L’épilation du bikini « artistique » est une technique consistant à donner une forme « artistique » aux poils pubiens. On peut citer parmi les types d’épilations « artistiques » :
L’épilation en flammèche, L’épilation en ticket de métro (rectangulaire), L’épilation en triangle…
Types d’épilations du maillot
L’épilation intégrale ou brésilienne
L’épilation du maillot intégrale est comme son nom l’indique une épilation de l’ensemble des poils de la zone intime, ou épilation totale
Anatomie d’un maillot épilé intégralement
Les techniques d’épilation du maillot
L’épilation du maillot peut être réalisée au moyen de diverses techniques, dont :
Epilation à la cire et/ou à la pince :
Il s’agit d’une technique classique et ancienne d’épilation du bikini. Elle n’est cependant pas dénuée de risques. En effet, la zone intime est facilement sujette aux poils incarnés…
En effet, l’épilation du bikini est une technique assez traumatisante pour la peau et les poils de la zone intime, zone par ailleurs tres sensible aux traumatismes.
Il est donc frequent d’observer l’apparition d’abces ou de folliculite apres une épilation du maillot ou du bikini.
L’hygiene de la peau et des instruments est donc prépondérante :
il est important que les instruments servant à l’épilation du bikini soient parfaitement nettoyés
et la zone intime doit être parfaitement propre avant l’épilation. De même, il est recommandé de laver la zone intime après la séance d’épilation.
Epilation dans le sens de la pousse des poils : Les poils du maillot poussent vers le bas et vers la vulve. On peut limiter le risque de poils incarnés provoquant des boutons du maillot en épilant les poils dans le sens de leur pousse, c’est-à-dire en les tirant à la pince ou en les arrachant avec la cire sans les contrarier vers le bas et vers la vulve.
Condylomes (verrues génitales) : causes, symptômes et traitement
Les condylomes, aussi appelés verrues génitales, sont des lésions cutanéo-muqueuses dues aux papillomavirus humains (HPV). C’est l’une des infections sexuellement transmissibles (IST) les plus fréquentes. Certains types de HPV peuvent favoriser le développement d’un cancer du col de l’utérus — d’où l’importance du dépistage et de la vaccination.
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VERRUES – MAINS PIEDS GENITALES…
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– Les traitements…
Les condylomes sont causés par des papillomavirus humains (HPV), des virus à ADN responsables également des verrues cutanées. On distingue deux grandes catégories selon leur risque oncogène :
HPV à faible risque (types 6, 11, 42, 43, 44) — responsables des condylomes visibles (acuminés, papuleux), sans risque élevé de cancer
HPV à haut risque (types 16, 18, 31) — peuvent provoquer un cancer du col de l’utérus, de l’anus, de la vulve ou du pénis. Ce sont les types ciblés par les vaccins anti-HPV
Condylomes — verrues génitales
Les 3 types de condylomes
1. Condylomes acuminés (végétations vénériennes)
Forme la plus reconnaissable : petites excroissances rosées ou blanches ressemblant à de mini choux-fleurs ou grains de riz, situées sur la vulve, le pénis (appelés « crête de coq » chez l’homme), la marge anale. Facilement visibles à l’œil nu.
2. Condylomes papuleux
Petites élevures rosées ou légèrement brunes ressemblant à des verrues planes. La forme profuse se nomme papulose bowénoïde.
3. Condylomes plans
Parfois invisibles à l’œil nu ou se présentant comme de petites taches rosées. Ils peuvent coloniser l’ensemble des muqueuses anogénitales, y compris le col de l’utérus. C’est la forme la plus redoutée car les HPV à haut risque (16 et 18) peuvent y provoquer un cancer — dépistés par le frottis cervico-utérin et le test HPV.
Localisation selon le sexe
Condylomes chez la femme
Vulve, parois vaginales, col de l’utérus, périnée, marge anale et canal anal (en cas de rapports par voie anale).
Le diagnostic est le plus souvent clinique. Le médecin utilise :
Test à l’acide acétique — application sur les muqueuses : les condylomes blanchissent, permettant de visualiser les lésions invisibles à l’œil nu. Indolore.
Dermatoscopie — visualisation des vaisseaux caractéristiques (vaisseaux en points sur fond chair, vaisseaux en épingles à cheveux)
Frottis et test HPV (chez la femme) — pour dépister les lésions cervicales
Biopsie — en cas de doute diagnostique ou de lésion atypique
⚠️ Devant tout condylome, un bilan IST complet est indispensable : sérologies VIH, hépatite B, syphilis, recherche de Chlamydiae — chez le patient et son ou ses partenaires.
Traitement des condylomes
Le traitement vise la régression des lésions visibles pour réduire la contagiosité — il n’éradique pas le virus de la muqueuse. Les condylomes peuvent donc récidiver. Le choix du traitement dépend du nombre, de la taille et de la localisation des lésions.
Traitements auto-appliqués à domicile
Imiquimod crème 5% (Aldara *) — stimule le système immunitaire local pour détruire les condylomes. Application 1 fois/jour, 3 jours non consécutifs par semaine, jusqu’à 4-5 semaines. Peut irriter.
Podophyllotoxine solution 0,5% — nécrose les condylomes. Application 2 fois/jour pendant 3 jours/semaine. Très irritant — suivre scrupuleusement la prescription.
Traitements réalisés au cabinet
Cryothérapie à l’azote liquide — traitement de 1re intention, efficace et bien toléré
Électrocoagulation au bistouri électrique
Laser CO2 — pour les lésions multiples ou résistantes
Acide trichloroacétique (TCA) 30-90% — pour les condylomes réfractaires, appliqué par le médecin
Photothérapie dynamique (PDT) — alternative pour les lésions multiples
Cas particuliers
Condylomes multiples ou étendus (≥5 lésions ou >1 cm²) : imiquimod ou podophyllotoxine en 1re intention, réévaluation à 2-4 mois. En cas de persistance : traitement physique (électrochirurgie, laser CO2).
Condylomes volumineux / tumeur de Buschke-Löwenstein : chirurgie en 1re intention, pouvant être précédée ou suivie d’imiquimod. Surveillance au long cours indispensable (risque de transformation carcinomateuse).
Localisations spécifiques :
Col de l’utérus → prise en charge multidisciplinaire avec gynécologue
Canal anal → anuscopie initiale, collaboration gastroentérologue ou proctologue
Urètre → urétroscopie par urologue
Prévention : vaccination anti-HPV
La vaccination anti-HPV est le moyen le plus efficace de prévenir les infections à HPV à haut risque. En France :
Recommandée pour les filles et les garçons à partir de 11 ans, jusqu’à 14 ans (schéma à 2 doses)
Rattrapage possible jusqu’à 19 ans (schéma à 3 doses)
Depuis 2023, proposée jusqu’à 26 ans chez les hommes ayant des rapports avec des hommes
Vaccins disponibles : Gardasil 9* (couvre 9 types de HPV dont 6, 11, 16, 18)
La vaccination curative chez les patients ayant déjà des condylomes n’est pas recommandée
Conseils pratiques en cas de condylomes
Préservatif obligatoire pendant le traitement et 2-3 mois après guérison — son efficacité est partielle car le virus peut être présent sur les zones non couvertes
Bilan IST chez le ou les partenaires — indispensable pour éviter la réinfection
Frottis annuel chez la femme ayant eu des condylomes
Arrêt du tabac — favorise la persistance et les récidives
Avoir des condylomes ne signifie pas avoir été trompé — l’incubation du virus peut durer plusieurs années
Oui, dans certains cas. Le système immunitaire peut éliminer les HPV sans traitement, particulièrement chez les sujets jeunes et immunocompétents. Cela peut prendre plusieurs mois à quelques années. Cependant, traiter les lésions visibles réduit le risque de transmission au(x) partenaire(s) et prévient l’extension.
Les condylomes peuvent-ils provoquer un cancer ?
Les condylomes visibles (acuminés, papuleux) sont causés par les HPV à faible risque (6 et 11) et n’évoluent pas vers un cancer. En revanche, les HPV à haut risque (16, 18) peuvent provoquer un cancer du col de l’utérus, de l’anus, de la vulve ou du pénis — d’où l’importance du frottis régulier et de la vaccination.
Peut-on avoir des condylomes sans avoir de rapports sexuels non protégés ?
La transmission est quasi exclusivement sexuelle. Le préservatif réduit mais n’élimine pas totalement le risque, car le virus peut être présent sur les zones non protégées (pubis, scrotum). La vaccination avant le début de la vie sexuelle reste la meilleure protection.
Faut-il prévenir ses partenaires en cas de condylomes ?
Oui, c’est fortement recommandé. Vos partenaires doivent consulter pour être examinés et traités si nécessaire — sans quoi vous risquez une réinfection après traitement. Un bilan IST complet est conseillé pour tous.
La vaccination anti-HPV est-elle utile si on a déjà des condylomes ?
Les études récentes ne montrent pas de bénéfice de la vaccination à visée curative chez des patients déjà infectés. En revanche, elle peut protéger contre les types de HPV auxquels la personne n’a pas encore été exposée. La décision se prend au cas par cas avec le médecin.
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