Démangeaisons grossesse : cholestase, PUPPP, pemphigoïde 2026

Mis à jour le 20 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Les démangeaisons pendant la grossesse touchent 20 % des femmes enceintes. La cause la plus courante est la sécheresse cutanée liée à la distension de la peau. Mais un prurit intense et généralisé, surtout au 3e trimestre, peut révéler une cholestase intrahépatique gravidique – urgence obstétricale.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
En bref : Les démangeaisons pendant la grossesse ont des causes très différentes, de la simple peau sèche à l’urgence médicale. Au 3e trimestre, un prurit intense sans éruption visible doit faire évoquer une cholestase obstétricale gravidique – une complication hépatique qui engage le pronostic fœtal et nécessite un bilan sanguin urgent. Le PUPPP (plaques sur vergetures), la dermatite atopique et la pemphigoïde gravidique sont les autres causes fréquentes. Ce guide aide à les distinguer et à connaître les traitements autorisés pendant la grossesse.

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⚠️ Quand consulter en urgence ?
Prurit intense sans éruption, surtout paumes/plantes, nocturne, au 3e trimestre → cholestase obstétricale possible → bilan hépatique urgent · Éruption bulleuse (ampoules tendues) → pemphigoïde gravidique → dermatologue urgent · Toute éruption avec fièvre ou malaise général

Cholestase obstétricale gravidique : la démangeaison à ne pas manquer

La cholestase obstétricale gravidique (COG) touche 0,5 à 2 % des grossesses en France. C’est la cause la plus grave de prurit gravidique car elle augmente le risque de prématurité, de souffrance fœtale et de mort fœtale in utero (risque multiplié par 1,5 à 3 selon les études).

Comment la reconnaître ?

  • Prurit intense, diffus, sans éruption visible (pas de plaques ni de boutons)
  • Prédominance aux paumes des mains et plantes des pieds
  • Aggravation nocturne, souvent insomniante
  • Apparition au 3e trimestre (rarement avant 28 SA)
  • Parfois légère jaunisse ou urines foncées (formes sévères)

Diagnostic et bilan

Le diagnostic repose sur le dosage des acides biliaires sériques (> 10 µmol/L, sévère si > 40 µmol/L) et la cytolyse hépatique (ASAT, ALAT élevées). La bilirubine est normale dans les formes légères. Il faut répéter le bilan si la première analyse est normale et que le prurit persiste.

Acides biliaires Sévérité Risque fœtal Prise en charge
10–39 µmol/L Légère Modéré AUDC + surveillance rapprochée
40–99 µmol/L Modérée Élevé AUDC + monitoring fœtal renforcé
≥ 100 µmol/L Sévère Très élevé Hospitalisation, discuter déclenchement

Traitement

L’acide ursodésoxycholique (AUDC) – 10 à 15 mg/kg/jour – est le traitement de référence. Il réduit les acides biliaires sériques, soulage le prurit et améliore les paramètres biologiques. Pour les démangeaisons, des émollients et des antihistaminiques à visée antiprurigineuse peuvent être associés. La date du déclenchement est décidée par l’obstétricien en fonction de la sévérité.

PUPPP : l’éruption prurigineuse bénigne la plus fréquente

Le PUPPP (Pruritic Urticarial Papules and Plaques of Pregnancy, ou polymorphous eruption of pregnancy) concerne 1 grossesse sur 150. C’est la dermatose gravidique la plus courante, bénigne pour le fœtus.

  • Aspect : papules et plaques érythémateuses, urticariennes, très prurigineuses
  • Début : sur les vergetures abdominales, autour de l’ombilic (rarement l’ombilic lui-même)
  • Extension : aux cuisses, fesses, membres – épargne le visage et les seins
  • Timing : quasi exclusivement au 3e trimestre ou post-partum immédiat
  • Terrain : primipares, grossesses multiples, prise de poids importante

Le diagnostic est clinique. Aucun bilan biologique spécifique n’est nécessaire si la présentation est typique. Le PUPPP régresse spontanément dans les 4 à 6 semaines après l’accouchement.

Traitement : dermocorticoïdes de classe modérée (surface limitée, durée courte), antihistaminiques de 2e génération pour la nuit, émollients fréquents. Dans les formes très sévères et intolérables, une courte corticothérapie systémique (prednisolone) peut être discutée.

Pemphigoïde gravidique : la dermatose bulleuse auto-immune

La pemphigoïde gravidique (PG) est rare (1/50 000 grossesses) mais importante à connaître car elle peut affecter le nouveau-né et récidive aux grossesses suivantes. C’est une maladie auto-immune : des anticorps IgG anti-BP180 attaquent la jonction dermo-épidermique.

  • Phase initiale : plaques urticariennes péri-ombilicales, très prurigineuses, souvent au 2e ou 3e trimestre
  • Phase bulleuse : apparition de bulles tendues (ampoules) sur les plaques ou en peau saine
  • Extension : tronc, membres ; le visage et les muqueuses sont épargnés
  • Diagnostic : immunofluorescence directe sur biopsie (dépôts linéaires d’IgG et C3 à la membrane basale) + anticorps anti-BP180 sériques

Le nouveau-né peut présenter une éruption transitoire (10 % des cas) due au passage transplacentaire des IgG maternels, qui régresse en quelques semaines. Il existe un risque légèrement augmenté de prématurité et de petit poids de naissance.

Traitement : dermocorticoïdes puissants, corticothérapie systémique (prednisolone) dans les formes bulleuses étendues, ciclosporine dans les formes réfractaires sous surveillance spécialisée. Suivi dermatologique et obstétrical conjoint indispensable.

Traitements du prurit autorisés pendant la grossesse

Traitement Statut grossesse Indication principale
Émollients / crèmes barrière ✅ Autorisés Tous prurits – 1re intention
Loratadine, cétirizine (après 1er trim.) ✅ Acceptés PUPPP, dermatite atopique
Dermocorticoïdes classe faible/modérée ⚠️ Limité PUPPP, eczéma localisé
Acide ursodésoxycholique (AUDC) ✅ Référence Cholestase obstétricale uniquement
Prednisolone systémique ⚠️ Si nécessaire Pemphigoïde, PUPPP sévère
Ciclosporine orale ⚠️ Surveillance spécialisée Pemphigoïde réfractaire
Antihistaminiques 1re génération ⚠️ Déconseillés 3e trim. À éviter en fin de grossesse
Rétinoïdes, tétracyclines ❌ Contre-indiqués Tératogènes – arrêt avant conception

↩ Retour au guide complet peau et grossesse – médicaments, vergetures, masque

⚠ Consultez rapidement si :

  • prurit intense généralisé au 3e trimestre sans éruption visible – évoquer une cholestase gravidique
  • jaunisse associée aux démangeaisons – urgence hépatique
  • éruption étendue avec papules et plaques – avis dermatologique urgent
  • démangeaisons nocturnes invalidantes résistant aux antihistaminiques

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Questions fréquentes – démangeaisons de grossesse

Quelles démangeaisons pendant la grossesse sont dangereuses ?
Un prurit intense sans éruption visible, surtout nocturne au 3e trimestre → cholestase obstétricale possible → bilan hépatique urgent. Le PUPPP (plaques sur vergetures) est bénin. Les bulles → pemphigoïde gravidique → consultation urgente.

Qu’est-ce que la cholestase obstétricale gravidique ?
Complication hépatique touchant 0,5–2 % des grossesses : prurit sans éruption, paumes/plantes, nocturne, 3e trimestre. Diagnostic : acides biliaires sériques > 10 µmol/L. Traitement : AUDC. Engage le pronostic fœtal (prématurité, mort in utero dans les formes sévères).

C’est quoi le PUPPP de la grossesse ?
L’éruption prurigineuse la plus fréquente (1/150). Plaques urticariennes sur les vergetures abdominales au 3e trimestre, bénigne pour le fœtus, régresse après l’accouchement. Traitement : dermocorticoïdes + antihistaminiques.

Qu’est-ce que la pemphigoïde gravidique ?
Dermatose bulleuse auto-immune rare (1/50 000). Plaques puis bulles péri-ombilicales, peut affecter le nouveau-né (10 % des cas). Diagnostic par immunofluorescence directe. Traitement : corticoïdes systémiques, parfois ciclosporine.

Comment traiter les démangeaisons de grossesse sans risque ?
Émollients en 1re intention, loratadine/cétirizine après le 1er trimestre, dermocorticoïdes faibles sur surfaces limitées. Pour la cholestase : AUDC prescrit par le gynécologue. Éviter tous les rétinoïdes et tétracyclines.

Les démangeaisons disparaissent-elles après l’accouchement ?
Pour le PUPPP et la dermatite atopique : oui, en quelques semaines. Pour la cholestase : récidive dans 45–70 % des grossesses suivantes. Pour la pemphigoïde : peut persister quelques mois et récidive souvent, parfois plus sévèrement.

Peut-on utiliser des antihistaminiques pendant la grossesse ?
Loratadine et cétirizine (2e génération) sont acceptées après le 1er trimestre. À éviter au 1er trimestre sauf nécessité. Antihistaminiques sédatifs déconseillés en fin de grossesse. Aucun n’est formellement autorisé sans précaution au 1er trimestre.

Sources :

Mis à jour le 6 mai 2026 – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

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Dermatose annulaire : des anneaux ou des ronds sur la peau


Dermatoses annulaires : lésions en anneaux sur la peau

La présence de lésions annulaires ou d’anneaux ronds sur la peau est fréquente et il est parfois difficile d’en faire le diagnostic. Il est important de consulter devant l’apparition d’anneaux sur la peau

Mis à jour le 7 septembre 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Une lésion en anneau sur la peau a de nombreuses causes possibles : la mycose (dermatophytie) reste la plus fréquente, mais un anneau qui s’étend rapidement après une piqûre de tique doit faire évoquer une maladie de Lyme (érythème migrant), qui touche environ 15 000 nouveaux patients par an en France. Devant toute dermatose annulaire, un avis dermatologique est recommandé pour poser le bon diagnostic.
Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Symptomes

Les anneaux peuvent être nombreux ou pas, démanger, rester stables ou s’étendre progressivement, avoir une bordure infiltrée, guérir ou desquamer au centre… tous ces éléments sont importants pour en faire le diagnostic par le médecin

Diagnostics

Il existe de nombreuses causes possibles de lésions annulaires sur la peau, voici une liste non exhaustive :

  • mycose, c’est probablement la cause la plus fréquente, encore appelée dermatophytie  ou herpes circiné. Elle est fréquemment transmise par les animaux (chats++, hamster…). Elle se présente souvent sous la forme d’une lésion annulaire avec une bordure rougeâtre souvent squameuse et une peau guérie à l’intérieur, voir l’article eczema ou mycoses? faire la différence
mycose de la peau
Plaque de mycose sur la peau : herpes circiné
Pityriasis rosé de Gibert
  • Mycose fongoïde au stade précoce : une forme de lymphome cutané  caractérisée par l’apparition de lésions cutanées initiales sous forme de plaques annulaires ou arciformes.
  • psoriasis annulaire, forme de psoriasis caractérisée par des lésions cutanées annulaires, souvent avec une bordure épaissie et une peau squameuse à l’intérieur de l’anneau
  • urticaire annulaire : éruption papuleuse qui démange beaucoup en général
Urticaire en anneaux
  • Erythème annulaire centrifuge de Darier, caractérisée par des lésions annulaires rouges qui s’étendent progressivement vers l’extérieur. Sa cause n’est pas bien connue et son traitement est mal codifié.
  • Érythème migrant de la maladie de Lyme : c’est la manifestation cutanée initiale de la maladie de Lyme, une infection bactérienne transmise par les tiques. La lésion est généralement une plaque rouge annulaire qui s’élargit progressivement, avec une zone centrale plus pâle.
  • Lupus érythémateux cutané : maladie auto-immune
  • Érythème polymorphe : réaction cutanée inflammatoire aiguë caractérisée par des lésions en forme d’anneau ou de cible. Elle peut être déclenchée par des infections virales, des médicaments, des réactions allergiques ou des facteurs environnementaux.
  • Granulome annulaire : caractérisé par la présence de papules ou de nodules annulaires indolores, souvent avec une surface lisse.
  • Sarcoïdose : maladie inflammatoire granulomateuse qui peut affecter différents organes, y compris la peau. La sarcoïdose cutanée peut se présenter avec des lésions annulaires.
  • Infection à mycobactéries atypiques (ex. : Mycobacterium marinum donnant le nodule des aquariophiles) : infection causée par des mycobactéries atypiques qui peuvent entraîner des lésions cutanées annulaires.
  • Érythème noueux : réaction inflammatoire cutanée qui se manifeste par l’apparition de nodules sous-cutanés douloureux, parfois en forme d’anneau.
  • Cancer de la peau prenant une forme annulaire
  • Mastocytose cutanée : prolifération anormale des mastocytes dans la peau, pouvant entraîner des lésions cutanées, y compris des lésions annulaires.
  • Maladie de Buerger (thromboangéite oblitérante) : vascularite ou maladie inflammatoire des vaisseaux sanguins qui peut entraîner une occlusion des vaisseaux, provoquant des lésions cutanées, y compris des lésions annulaires.

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Consultez sans tarder si l’anneau s’étend rapidement après une piqûre de tique (suspicion de maladie de Lyme, un traitement antibiotique précoce est essentiel), s’il saigne spontanément, s’il s’accompagne de fièvre, ou s’il ne guérit pas malgré un traitement antifongique bien conduit pendant 2 à 4 semaines.

Conduite à tenir

Devant une dermatose annulaire, vu l’étendue des diagnostics possibles, il faut consulter et souvent effectuer une biopsie de peau.

Traitement

Le traitement est celui de la cause : antifongiques en cas de mycose, antihistaminiques en cas d’urticaire…

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Questions fréquentes

Quelle est la cause la plus fréquente d’une lésion en anneau sur la peau ?

La mycose cutanée (dermatophytie, appelée aussi herpès circiné) est la cause la plus fréquente d’anneau sur la peau. Elle se présente comme une plaque rouge qui s’étend progressivement avec un centre qui guérit, souvent transmise par un animal domestique (chat, hamster). Le diagnostic se confirme par un prélèvement mycologique et se traite par antifongiques locaux ou oraux.

Comment différencier un anneau de mycose d’un anneau de maladie de Lyme ?

La mycose démange souvent et s’étend lentement sur plusieurs jours, avec une bordure squameuse surélevée. L’érythème migrant de la maladie de Lyme apparaît après une piqûre de tique, s’étend plus vite (quelques jours), démange rarement et présente un centre plus pâle. En cas de doute après une piqûre de tique, consultez rapidement : un traitement antibiotique précoce évite les complications.

Un anneau sur la peau qui ne démange pas est-il forcément bénin ?

Non, l’absence de démangeaison ne permet pas d’écarter une cause préoccupante. Le granulome annulaire, certains lymphomes cutanés débutants (mycosis fongoïde) ou une sarcoïdose cutanée peuvent se présenter sous forme d’anneaux indolores et peu prurigineux. Toute lésion annulaire qui persiste au-delà de quelques semaines justifie un avis dermatologique, avec biopsie si besoin.

Faut-il faire une biopsie devant une dermatose annulaire ?

Souvent, oui. Étant donné le grand nombre de diagnostics possibles (mycose, psoriasis, lupus, granulome annulaire, lymphome cutané, vascularite…), une biopsie cutanée est fréquemment nécessaire pour confirmer le diagnostic lorsque l’aspect clinique n’est pas typique ou que la lésion résiste au traitement d’épreuve.

Les anneaux sur la peau sont-ils contagieux ?

Cela dépend de la cause. La mycose (dermatophytie) est contagieuse par contact direct avec une personne, un animal ou un sol contaminé. En revanche, le psoriasis annulaire, le granulome annulaire, le lupus ou la maladie de Lyme ne se transmettent pas d’une personne à l’autre.

Combien de temps met une mycose annulaire à guérir sous traitement ?

Un traitement antifongique local bien conduit améliore généralement une mycose cutanée en 2 à 4 semaines. En l’absence d’amélioration après ce délai, ou en cas d’atteinte étendue, un traitement antifongique oral et une consultation dermatologique sont recommandés pour reconsidérer le diagnostic.

Une piqûre de tique suivie d’un anneau rouge nécessite-t-elle toujours un traitement ?

Oui, si l’anneau correspond à un érythème migrant (plaque rouge qui s’étend progressivement, avec un centre plus pâle, apparue dans les jours à semaines suivant une piqûre de tique), un traitement antibiotique doit être débuté rapidement selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé, sans attendre de confirmation sérologique.

À lire aussi sur les lésions de la peau

Références et sources

Trayes KP, Savage K, Studdiford JS. Annular Lesions: Diagnosis and Treatment. American Family Physician. 2018;98(5):283-291, PMID 30216021.

Stanek G, Wormser GP, Gray J, Strle F. Lyme borreliosis. The Lancet. 2011;379(9814):461-473, PMID 21903253.

Butsch F, Weidenthaler-Barth B, von Stebut E. Granuloma annulare. Der Hautarzt. 2015;66(11):867-875, PMID 26487494.

Haute Autorité de Santé. Borréliose de Lyme : comment diagnostiquer et soigner. has-sante.fr.

Boutons entre les fesses

 

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Boutons entre les fesses : causes, diagnostic et traitement par le dermatologue
Les boutons entre les fesses – dans le sillon interfessier ou la raie des fesses – sont une plainte fréquente en consultation dermatologique, souvent tardive parce que la localisation intimide. La zone est anatomiquement défavorable : occlusion permanente, frottements, chaleur, macération, contact avec les sécrétions péri-anales. Cette combinaison crée un terrain propice à une grande variété de pathologies – des plus banales aux plus spécifiques – dont certaines nécessitent une prise en charge rapide et ciblée. Ne pas confondre folliculite superficielle passagère et maladie de Verneuil débutante peut faire toute la différence sur le long terme.

Mis à jour le 28 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Les boutons entre les fesses ont le plus souvent une cause bénigne (folliculite, kyste pilonidal, irritation), mais certaines formes récidivantes évoquent une maladie de Verneuil, qui touche environ 1 % de la population et nécessite un diagnostic précoce pour limiter les cicatrices.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Quand consulter en urgence ?
Une douleur intense avec fièvre, une rougeur qui s’étend rapidement ou un écoulement purulent abondant évoquent un abcès collecté ou une atteinte plus profonde (fistule) nécessitant une prise en charge rapide, en particulier en cas de diabète ou d’immunodépression.

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1. Pourquoi a-t-on des boutons dans la raie des fesses ?

Le rêve, des fesses sans boutons

La peau du sillon interfessier – communément appelée la raie des fesses – est soumise à des contraintes mécaniques et environnementales particulières qui la rendent vulnérable à de nombreuses pathologies :

  • Occlusion permanente : les deux versants fessiers compriment en permanence la peau et les follicules pileux, créant un microclimat chaud et humide favorable à la macération et à la prolifération bactérienne et fongique
  • Frottements répétés : la marche, la position assise prolongée (métiers sédentaires, télétravail) génèrent des micro-traumatismes folliculaires répétés
  • Pilosité particulière : dans cette zone, les poils ont tendance à pousser en direction du sillon et à s’y enfoncer, favorisant l’occlusion folliculaire et la formation de kystes
  • Proximité anale : la contamination bactérienne fécale modifie le microbiome local et favorise les surinfections
  • Sudation : les glandes sudoripares apocrines, nombreuses dans cette région, sécrètent en continu et contribuent à la macération
  • Haute Autorité de Santé (HAS) – Recommandations HAS.

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2. Démarche diagnostique

Le médecin – et en particulier le dermatologue – est le meilleur interlocuteur pour diagnostiquer et traiter efficacement les boutons de la raie des fesses. L’aspect des lésions, leur ancienneté, leur caractère récidivant ou non, la présence de cicatrices, la douleur, le contexte (activité, rapports sexuels) sont autant d’éléments qui orientent le diagnostic.

L’examen clinique peut être complété par :

  • Un prélèvement cutané – écouvillonnage ou ponction indolore du contenu des lésions – pour mise en culture bactériologique et/ou mycologique au laboratoire
  • Des sérologies en cas de suspicion d’IST (syphilis, HSV, HPV)
  • Une échographie des parties molles – utile pour évaluer la profondeur des abcès, tracer les trajets fistuleux et distinguer kyste pilonidal de maladie de Verneuil
  • Une biopsie en cas de lésion atypique, résistante ou suspecte de néoplasie

3. Les principales causes par type de lésion

Boutons sans rougeur ni suintement (lésions bénignes superficielles)

Diagnostic Aspect caractéristique À savoir
Folliculite superficielle Petites pustules centrées sur un poil, rouges à leur base Très fréquente, souvent favorisée par l’épilation ou la macération. Généralement bénigne et transitoire
Kyste épidermoïde Boule ferme sous la peau, non douloureuse au repos, avec parfois un point noir central (comédon) Peut s’enflammer et s’abcéder. Traitement chirurgical si récidivant
Molluscum contagiosum Petites papules nacrées ombiliquées, indolores Virose cutanée (poxvirus). Transmission par contact direct ou sexuel. Auto-inoculable

Boutons rouges, douloureux ou abcédés

Diagnostic Aspect caractéristique À savoir
Furoncle / Anthrax Nodule rouge, chaud, très douloureux, évoluant vers le ramollissement et l’élimination d’un bourbillon Staphylococcus aureus le plus souvent. Peut nécessiter incision + antibiothérapie
Kyste pilonidal Tuméfaction douloureuse du sillon interfessier haut, souvent avec orifice fistuleux Contient des poils incrustés. Récidives fréquentes sans chirurgie. Lien avec la maladie de Verneuil (voir section dédiée)
Maladie de Verneuil (hidradénite suppurée) Nodules inflammatoires profonds, abcès récidivants, fistules, cicatrices en corde Maladie chronique sous-diagnostiquée. Délai diagnostique moyen : 7 à 10 ans. Biothérapies disponibles (adalimumab, sécukinumab)
Impétigo Croûtes jaunâtres melicériques sur fond rouge, vésicules ou bulles fragiles Infection bactérienne superficielle (streptocoque, staphylocoque). Très contagieux

Boutons d’origine sexuelle (IST)

Diagnostic Aspect caractéristique À savoir
Condylomes (HPV) Végétations molles, couleur chair, en « crête de coq » IST par HPV. Transmission par contact cutanéo-muqueux. Traitement local ou laser
Herpès péri-anal Vésicules douloureuses en bouquet sur fond érythémateux, évoluant vers des érosions HSV-2 le plus souvent. Récidivant. Traitement antiviral (aciclovir, valaciclovir)
Syphilis (chancre ou syphilides) Ulcération indurée indolore (primaire) ou papules cuivrées (secondaire) À évoquer systématiquement devant toute ulcération péri-anale. Sérologie TPHA/VDRL

Hémorroïdes

Les hémorroïdes externes thrombosées se présentent comme une tuméfaction bleutée, douloureuse, à la marge anale. Les hémorroïdes internes extériorisées peuvent être confondues avec d’autres lésions. Elles relèvent d’une prise en charge proctologique spécifique.

4. Maladie de Verneuil et kyste pilonidal : le lien méconnu

Le sillon interfessier est l’une des localisations les plus importantes de la maladie de Verneuil (hidradénite suppurée), maladie chronique inflammatoire de l’unité pilo-sébacée. Ce lien est aujourd’hui bien documenté scientifiquement.

Dans une étude multicentrique internationale portant sur 2 465 patients atteints de maladie de Verneuil, 27 % présentaient des lésions dans le pli interfessier – et parmi eux, 78 % avaient un kyste pilonidal associé. Les auteurs suggèrent que le kyste pilonidal pourrait être une forme localisée de la maladie de Verneuil, partageant les mêmes mécanismes d’occlusion folliculaire – Benhadou et al., Br J Dermatol 2019 (PMID 30919434).

Une étude histologique et immunohistochimique a montré que kyste pilonidal et hidradénite suppurée partagent les mêmes caractéristiques – hyperplasie folliculaire, infiltrat inflammatoire mixte, sinus fistuleux secondaires – plaidant pour une physiopathologie commune – von Laffert et al., Dermatology 2011 (PMID 22269798).

Plus récemment, une étude espagnole de 839 patients a montré qu’un antécédent de kyste pilonidal est associé à une forme plus sévère de maladie de Verneuil, avec un stade Hurley plus élevé et plus de fistules – Ureña-Paniego et al., Acta Derm Venereol 2023 (PMID 37766657).

5. IST et lésions du sillon interfessier

La zone anale et le sillon interfessier peuvent être le siège d’infections sexuellement transmissibles, que les rapports soient anaux ou non. Certaines IST passent inaperçues à cette localisation ou sont diagnostiquées tardivement.

  • Les condylomes (HPV types 6 et 11) peuvent se développer dans la raie des fesses et autour de l’anus, même sans rapport anal – par simple contact cutané péri-génital
  • L’herpès péri-anal est souvent méconnu car les vésicules sont fugaces et rapidement remplacées par des érosions douloureuses
  • La syphilis peut se manifester par un chancre indolore dans le sillon interfessier (syphilis primaire) ou par des papules cuivrées (syphilis secondaire) – à évoquer devant toute ulcération péri-anale, y compris chez les personnes hétérosexuelles

6. Principes de traitement

Il n’existe pas de traitement universel des boutons entre les fesses – le traitement dépend entièrement du diagnostic. Le tableau suivant résume les grandes orientations thérapeutiques selon la cause :

Cause Traitement de référence Remarques
Folliculite superficielle Antiseptique local (chlorhexidine), savon antibactérien, antibiothérapie locale si surinfection Éviter l’épilation traumatisante. Préférer la crème dépilatoire ou le laser définitif
Furoncle / anthrax Incision-drainage + antibiothérapie (amoxicilline-acide clavulanique ou clindamycine) Ne jamais presser soi-même – risque de diffusion
Kyste pilonidal Exérèse chirurgicale complète + épilation définitive laser de la zone Taux de récidive élevé sans épilation préventive. Bilan Verneuil associé
Maladie de Verneuil Antibiotiques (doxycycline, clindamycine + rifampicine), biothérapies (adalimumab, sécukinumab), chirurgie Prise en charge spécialisée indispensable – centre expert Verneuil
Condylomes Podophyllotoxine locale, imiquimod, cryothérapie, laser CO2 Traitement du ou des partenaires. Dépistage HPV associé
Herpès Antiviraux per os (aciclovir 200 mg × 5/j ou valaciclovir 500 mg × 2/j pendant 5 jours) Traitement précoce. Traitement suppressif si récidives fréquentes (> 6/an)
Molluscum contagiosum Curetage, cryothérapie, imiquimod, acide trichloracétique Souvent spontanément résolutif chez l’enfant immunocompétent. Chez l’adulte, traitement recommandé
Impétigo Antibiothérapie locale (acide fusidique, mupirocine) ou systémique si étendu Contagieux – précautions d’hygiène strictes pendant le traitement

Mesures hygiéniques communes à toutes les causes

  • Maintenir la zone propre et sèche – une toilette quotidienne douce suffit
  • Éviter les sous-vêtements synthétiques serrés – privilégier le coton ample
  • Limiter la position assise prolongée sans pause – se lever régulièrement
  • En cas de poils abondants dans cette zone : envisager une épilation définitive au laser pour réduire le risque de folliculites et de kyste pilonidal récidivant
  • Ne jamais comprimer ou percer soi-même les lésions abcédées – risque de diffusion infectieuse

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Questions fréquentes

Pourquoi ai-je des boutons entre les fesses ?

Les boutons entre les fesses sont le plus souvent des folliculites (inflammation du follicule pileux), des furoncles ou les premiers signes d’une hidradénite suppurée (maladie de Verneuil). La friction, la transpiration et les poils incarnés favorisent leur apparition. Une revue publiée dans American Family Physician confirme que l’obésité et le tabagisme sont des facteurs de risque majeurs de folliculite et d’hidradénite suppurée – Wipperman et al., Am Fam Physician 2019 (PMID 31674740).

Comment différencier un simple bouton d’une maladie de Verneuil ?

La maladie de Verneuil (hidradénite suppurée) se caractérise par des nodules récidivants, douloureux, souvent bilatéraux, dans les plis cutanés – dont le sillon inter-fessier. Elle se distingue de la folliculite banale par la chronicité (plus de 3 mois), la formation de tunnels sous-cutanés et l’absence de réponse aux antibiotiques locaux classiques.

Les boutons autour de l’anus peuvent-ils être dus au psoriasis ?

Oui, le psoriasis inverti touche les plis cutanés dont la région péri-anale. Il se présente sous forme de plaques rouges bien délimitées, lisses (sans squames car humides), souvent prurigineuses. Il représente environ 20 % des formes de psoriasis. Un dermatologue peut le distinguer d’une mycose ou d’une dermatite de contact par examen clinique.

Quel traitement pour les boutons inter-fessiers récidivants ?

Le traitement dépend de la cause : antibiotiques topiques (clindamycine) ou oraux pour la folliculite ou la maladie de Verneuil légère ; dermocorticoïdes pour le psoriasis inverti ; antifongiques si mycose. En cas de maladie de Verneuil sévère, les biothérapies (anti-TNF, anti-IL-17) ont montré une efficacité supérieure à 50 % de réduction des lésions dans les essais cliniques.

Peut-on confondre des boutons péri-anaux avec des hémorroïdes ?

Oui, la confusion est fréquente. Les hémorroïdes externes apparaissent comme des tuméfactions bleutées autour de l’anus, souvent douloureuses lors des selles. Les boutons cutanés sont plus superficiels, souvent pustuleux ou kératosiques. Un examen clinique par un dermatologue ou un proctologue permet de les distinguer sans ambiguïté.

La dépilation ou le rasage favorisent-ils les boutons inter-fessiers ?

Oui, la dépilation (laser, cire, rasoir) dans la zone inter-fessière augmente le risque de folliculite et de poils incarnés, surtout sur peaux à tendance acnéique ou à poils épais. Des études montrent que le rasage augmente le risque de folliculite bactérienne de 30 à 40 %. Préférer la désinsertion chimique (crème dépilatoire adaptée) ou le laser médical.

Quand une consultation dermatologique s’impose-t-elle ?

Consultez un dermatologue si les boutons réapparaissent régulièrement au même endroit, si une boule douloureuse ne se résorbe pas en 2 semaines, si des écoulements apparaissent, ou si les lésions s’étendent. La maladie de Verneuil non traitée évolue vers des cicatrices invalidantes dans plus de 50 % des cas après 10 ans d’évolution.

Pour aller plus loin

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Soins de la muqueuse féminine

En bref : Soins de la muqueuse féminine – une affection cutanée fréquente. Le diagnostic repose sur l’examen clinique par un dermatologue. Une prise en charge adaptée permet dans la grande majorité des cas une amélioration significative.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Soins de la muqueuse féminine : hygiène intime, démangeaisons et sécheresse vaginale

Mis à jour le 29 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

La vulve et le vagin forment une zone particulièrement sensible, en contact permanent avec l’environnement extérieur et soumise à des variations hormonales tout au long de la vie. Une hygiène inadaptée, des produits trop agressifs ou une rupture de l’équilibre de la flore vaginale peuvent déclencher démangeaisons, irritations, mycoses ou sécheresse. Le Dr Rousseau vous guide pour comprendre et prendre soin de votre muqueuse féminine.

⚠️ Consultez sans attendre si :

  • Les symptômes s’aggravent rapidement ou s’étendent sur une large zone
  • Apparition de fièvre, frissons ou altération de l’état général
  • Lésions très douloureuses ou qui ne cèdent pas au traitement en 48 h
  • Doute sur une cause sérieuse : infection, allergie grave, lésion suspecte

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Sommaire

Vulve et vagin : deux zones distinctes

Démangeaison de la vulve

La vulve est la partie externe de l’appareil génital féminin : grandes et petites lèvres, clitoris, vestibule, méat urétral. C’est une peau fine et sensible, richement innervée, dotée d’une muqueuse semi-perméable en contact direct avec l’extérieur.

Le vagin est la cavité interne tapissée par une muqueuse plissée, le tout baignant dans des sécrétions naturelles qui maintiennent un milieu acide protecteur (pH entre 3,8 et 4,5). Ce milieu acide est essentiel : il inhibe la croissance des bactéries et champignons pathogènes.

Zone Caractéristique Soins adaptés
Vulve (externe) Peau fine, sensible, mucosité partielle Nettoyage doux, savon pH neutre ou acide, 1×/jour
Vagin (interne) Muqueuse auto-nettoyante, flore de Döderlein Aucun nettoyage interne – les douches vaginales sont déconseillées

La flore de Döderlein : premier rempart naturel

La flore vaginale est dominée par des Lactobacillus (flore de Döderlein) qui produisent de l’acide lactique, maintenant le pH vaginal bas. Ce pH acide est le principal mécanisme de défense contre les infections : il inhibe la croissance de Candida albicans, de Gardnerella vaginalis et d’autres agents pathogènes.

Tout ce qui perturbe cet équilibre peut déclencher une vaginose bactérienne (quand les Lactobacillus sont remplacés par des bactéries anaérobies) ou une mycose vaginale (prolifération de Candida). Les facteurs perturbateurs les plus courants : douches vaginales, savons trop alcalins, antibiotiques, grossesse, ménopause.

ℹ️ pH vaginal normal vs. pathologique
Un pH < 4,5 est normal et protecteur. Un pH > 4,5 évoque une vaginose bactérienne ou une atrophie vaginale. Les auto-tests de pH vaginal vendus en pharmacie permettent un dépistage rapide, mais seul un médecin peut confirmer le diagnostic.

Hygiène intime : les bons gestes

Ce qu’il faut faire

Une toilette externe douce, une fois par jour, avec de l’eau tiède et un gel lavant de pH adapté (entre 4 et 5,5) est suffisante. Il faut nettoyer la vulve en direction avant-arrière (vulve vers anus) pour éviter la contamination fécale. Des vêtements en coton non serrés permettent une bonne ventilation et limitent la macération.

Ce qu’il faut éviter

  • Les douches vaginales : elles détruisent la flore protectrice
  • Les savons trop alcalins ou parfumés : ils irritent la muqueuse et déséquilibrent le pH
  • Les lingettes parfumées en usage quotidien : source fréquente de dermite de contact
  • Le port de strings serrés de façon permanente : favorise les irritations et le transfert bactérien
  • Les protège-slips quotidiens sans nécessité : créent une humidité propice aux mycoses
💡 Conseil du Dr Rousseau
Moins, c’est mieux pour l’hygiène intime. La muqueuse vaginale est auto-nettoyante : les pertes blanches normales (leucorrhées physiologiques) font partie de ce mécanisme. Elles ne nécessitent aucun traitement ni nettoyage interne.

Démangeaisons de la vulve

Les démangeaisons vulvaires (prurit vulvaire) sont un motif fréquent de consultation dermatologique et gynécologique. Elles peuvent avoir des causes très diverses :

Cause Signes associés Traitement
Mycose vaginale (Candida) Pertes blanches grumeleuses, brûlures Antifongiques locaux ou oraux
Vaginose bactérienne Pertes grises, odeur de poisson Métronidazole ou clindamycine
Lichen scléreux vulvaire Peau blanchâtre, atrophie, fissures Dermocorticoïdes forts, suivi dermatologique
Dermite de contact Plaques rouges après exposition à un produit Éviction du produit, dermocorticoïdes
Psoriasis vulvaire Plaques rouges bien délimitées, antécédents de psoriasis Dermocorticoïdes, tacrolimus
Atrophie vaginale (ménopause) Sécheresse, brûlures, dyspareunie Estrogènes locaux, hydratants vaginaux

Voir aussi : Mycose vaginale – causes et traitements

Sécheresse vaginale

La sécheresse vaginale est particulièrement fréquente à la périménopause et après la ménopause, en raison de la chute des œstrogènes qui réduisent la production de sécrétions vaginales et l’épaisseur de la muqueuse. Elle peut aussi survenir pendant l’allaitement, sous contraceptifs progestatifs ou après certains traitements (chimiothérapie, antiestrogènes).

Elle se manifeste par une sécheresse, des brûlures, des rapports douloureux (dyspareunie), des irritations et un prurit. On parle de syndrome génito-urinaire de la ménopause (GSM) quand ces symptômes s’accompagnent de troubles urinaires.

Solutions

  • Hydratants vaginaux (acide hyaluronique, gel non hormonal) : à appliquer 2 à 3 fois par semaine pour restaurer l’hydratation muqueuse
  • Lubrifiants (à base d’eau) : pour le confort des rapports sexuels
  • Estrogènes locaux (ovules ou crème) : très efficaces, peu absorbés systémiquement, sans contre-indication habituelle au-delà des cancers hormonodépendants actifs
  • Ospémifène (SERM oral) ou DHEA vaginale (Intrarosa®) : alternatives pour les patientes ne pouvant pas utiliser d’estrogènes

Quand consulter ?

⚠️ Consultez rapidement si vous présentez :
Pertes inhabituelles (couleur, odeur, abondance) – démangeaisons intenses persistant plus de 2 semaines – douleur aux rapports non améliorée – ulcération ou lésion visible sur la vulve – saignements en dehors des règles – brûlures urinaires associées.

La consultation dermatologique permet d’examiner la vulve à la lumière de Wood et au dermatoscope, de pratiquer un prélèvement pour culture mycologique ou bactériologique, ou de réaliser une biopsie si une lésion suspecte est présente (lichen scléreux, néoplasie vulvaire intraépithéliale).

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Maillage thématique

Troubles vulvo-vaginaux fréquents :
Mycose vaginaleSécheresse vaginaleToilette intime
Dermatoses génitales :
Mycoses cutanéesLichen planPsoriasis génital

Questions fréquentes

Faut-il faire une toilette intime matin et soir ?

Une fois par jour est largement suffisant. Une toilette trop fréquente avec des produits inadaptés peut perturber la flore et le pH vaginal, favorisant ainsi les infections. L’eau seule ou un gel de pH acide sans parfum est idéal.

Les pertes blanches sont-elles normales ?

Oui, dans la plupart des cas. Les leucorrhées physiologiques sont blanchâtres ou transparentes, sans odeur particulière, et varient en quantité selon le cycle menstruel. Elles correspondent au mécanisme auto-nettoyant du vagin. Des pertes avec une odeur marquée, une couleur anormale (jaune, grise) ou accompagnées de démangeaisons doivent être évaluées par un médecin.

La sécheresse vaginale est-elle inévitable à la ménopause ?

Non. Contrairement aux bouffées de chaleur qui s’estompent avec le temps, la sécheresse vaginale tend à s’aggraver sans traitement. Des solutions efficaces existent : hydratants vaginaux, estrogènes locaux, DHEA vaginale. Parlez-en à votre médecin ou dermatologue – de nombreuses femmes souffrent en silence alors qu’un traitement simple pourrait améliorer significativement leur confort.

Puis-je utiliser des lingettes intimes quotidiennement ?

Les lingettes à usage ponctuel (en déplacement par exemple) sont acceptables. En revanche, un usage quotidien de lingettes parfumées ou conservatrices peut provoquer des dermites de contact allergiques ou irritatives. Vérifiez que le produit est sans parfum, sans alcool et à pH acide.

Le lichen scléreux vulvaire est-il grave ?

Le lichen scléreux est une dermatose chronique qui nécessite un traitement prolongé par dermocorticoïdes forts et un suivi dermatologique régulier. Sans traitement, il évolue vers l’atrophie vulvaire avec risque de sténose et, dans une faible proportion de cas (~4-5 %), de transformation en carcinome épidermoïde. Un diagnostic précoce et un suivi régulier permettent de limiter ces risques.

Voir aussi : Mycose vaginale, Sécheresse vaginale, Toilette intime, Mycoses cutanées

Références scientifiques

  1. Sobel JD. Vulvovaginal candidosis. Lancet. 2007;369(9577):1961-71. PMID 17560449
  2. Farage MA, Miller KW, Ledger WJ. Determining the cause of vulvovaginal symptoms. Obstet Gynecol Surv. 2008;63(7):445-64. PMID 18559123
  3. Portman DJ, Gass ML; Vulvovaginal Atrophy Terminology Consensus Conference Panel. Genitourinary syndrome of menopause: new terminology for vulvovaginal atrophy from the International Society for the Study of Women’s Sexual Health and The Menopause Society. Menopause. 2014;21(10):1063-8. PMID 25160739
  4. HAS. Ménopause et traitements hormonaux – recommandations. has-sante.fr (source institutionnelle)

Mis à jour le 29 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

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Boule blanche sur les bourses : causes et traitement

Une boule blanche sur les bourses (le scrotum) inquiète souvent, en particulier lorsqu’elle est découverte par hasard. Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’un kyste épidermoïde bénin, mais seul un examen médical permet de l’affirmer avec certitude et d’écarter d’autres diagnostics.

Mis à jour le 29 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Une boule blanche sur les bourses correspond le plus souvent à un kyste épidermoïde (sébacé), une lésion bénigne et fréquente. Un cas publié rappelle toutefois que l’imagerie seule ne suffit parfois pas à distinguer un kyste bénin d’une autre lésion testiculaire : un examen médical, et parfois une exploration chirurgicale, restent nécessaires pour confirmer le diagnostic.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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En cas de boule blanche sur les bourses : consultez un médecin

La consultation du médecin est indispensable afin d’obtenir un diagnostic précis.

Le médecin envisagera les différents diagnostics en cas de boules blanches sur les testicules (condylomes, tumeur maligne…)

Le médecin va porter un diagnostic de kyste devant certains signes.

Qu’est-ce qu’un kyste des bourses ou testicules ?

Le kyste est constitué d’une poche ou enveloppe, souvent très bien délimitée, tapissée sur sa face interne d’un épithélium, et contenant du sébum, blanc et pâteux.

Reconnaître un kyste des bourses

Le kyste se présente sous la forme d’une boule bien arrondie, de taille variant de quelques millimètres à plusieurs centimètres, de consistance le plus souvent souple ou un peu ferme, mais pas dure, mobile par rapport aux plans profonds.

La peau au-dessus du kyste des bourses ou testicules est blanche (on voit la coque en transparence sous la peau).

À savoir : il est fréquent d’observer plusieurs petits kystes épidermoïdes sur le scrotum chez un même patient. Cela ne change pas leur caractère bénin, mais leur nombre est pris en compte par le médecin pour adapter la prise en charge.

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Comment se débarrasser d’un kyste des bourses

Tout dépend de la taille des kystes des testicules.

Kyste de petite taille : vidage puis ablation de la poche

Le médecin incise sous anesthésie locale la peau sur une petite longueur et la poche du kyste, qu’il vide. Il procède ensuite à l’extraction de la poche kystique par traction avec des pinces.

Kyste de grande taille : exérèse en fuseau

Cette technique permet de compenser l’espace mort dû à l’ablation du kyste, en évitant une dépression de la zone cicatricielle. La réalisation d’un fuseau permet de suturer les berges et de réduire le trou après ablation.

Le médecin enlève donc un morceau de peau ayant la forme d’un fuseau (ou d’une amande à bouts effilés) sous anesthésie locale, et il va disséquer le kyste comme pour l’énucléation. Il recoud ensuite le plan profond puis la peau.

Conseil du dermatologue : ne tentez jamais de percer ou de vider vous-même un kyste des bourses. Un geste non médical expose à la surinfection, à un abcès douloureux et à une récidive quasi certaine si la poche du kyste n’est pas retirée en totalité.
Consultez rapidement (ou en urgence) si :

  • La douleur du testicule est brutale et intense (une torsion testiculaire est une urgence chirurgicale)
  • La boule grossit rapidement ou change d’aspect en quelques semaines
  • Une fièvre accompagne l’apparition de la masse
  • La boule est dure, non mobile par rapport au testicule, ou associée à une perte de poids inexpliquée

En dehors de ces signes d’alerte, une consultation programmée avec un médecin ou un urologue reste indispensable pour confirmer le diagnostic.

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Questions fréquentes

Une boule blanche sur les bourses est-elle toujours un kyste ?

Non. Une boule blanche ou ferme sur le scrotum peut aussi correspondre à un grain de Fordyce, une verrue génitale, un lipome ou plus rarement une tumeur du testicule. Seul un examen médical permet de distinguer ces diagnostics avec certitude.

Un kyste des bourses est-il dangereux ?

Un kyste épidermoïde du scrotum est une lésion bénigne. Il peut néanmoins se compliquer (inflammation, surinfection, abcès) et doit toujours être confirmé par un médecin, car un cas publié montre qu’une masse testiculaire d’allure kystique peut parfois révéler une autre lésion à l’examen histologique.

Faut-il enlever un kyste des bourses même s’il ne gêne pas ?

Pas systématiquement. Un petit kyste asymptomatique peut être simplement surveillé. L’ablation est proposée s’il grossit, devient inflammatoire, gêne au contact des vêtements ou lors des rapports, ou si le diagnostic reste incertain.

Comment se déroule l’ablation d’un kyste des bourses ?

Sous anesthésie locale, le médecin incise la peau, vide le contenu du kyste puis retire entièrement sa poche par traction. Pour un kyste volumineux, une exérèse en fuseau (retrait d’un morceau de peau ovale) permet de mieux refermer la zone et de limiter la dépression cicatricielle.

Le kyste des bourses peut-il repousser après ablation ?

Le risque de récidive existe si la poche du kyste n’est pas retirée en totalité. Une extraction chirurgicale complète de l’enveloppe kystique limite ce risque, contrairement à un simple perçage qui ne fait que vider temporairement le contenu.

Quand consulter en urgence pour une boule sur les bourses ?

Consultez sans attendre en cas de douleur brutale et intense du testicule (risque de torsion testiculaire, urgence chirurgicale), de grossissement rapide, de fièvre, ou si la boule est dure et non mobile par rapport au testicule.

Peut-on avoir plusieurs kystes sur les bourses en même temps ?

Oui, il est fréquent d’observer plusieurs petits kystes épidermoïdes sur le scrotum chez un même patient. Leur nombre et leur taille sont évalués par le médecin pour définir la prise en charge la plus adaptée, au cas par cas.

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À lire aussi sur les kystes et la peau des bourses

Références médicales

Bahloul E, Mseddi M, Hammemi F, Souid K, Amouri M, Turki H. Management of scrotal cysts using CO2 laser: Two cases and a literature review. Ann Dermatol Venereol. 2019;146(3):175-180. PMID 30691877.

Lachkar S, El Ghazzaly A, Mrabti M, Louardi N, Alami M, Ameur A. Testicular epidermoid cyst: A rare entity – Case report. Int J Surg Case Rep. 2024;123:110308. PMID 39299202.

Liu D, Zhou EY, Chen D, Tuan H, Zhao Y. Epidermoid cyst removal with CO2 laser fenestration: A retrospective cohort study. J Cosmet Dermatol. 2021;20(6):1709-1713. PMID 33079478.

Haute Autorité de Santé (HAS) — has-sante.fr, référentiels sur le diagnostic et la prise en charge des masses scrotales.

Sécheresse vaginale

Mis à jour le 29 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : La sécheresse vaginale touche 15 à 40 % des femmes après la ménopause et peut survenir à tout âge sous contraceptifs hormonaux. Elle résulte d’une carence en œstrogènes réduisant la lubrification naturelle. Les hydratants vaginaux et, sur prescription, les œstrogènes locaux sont les traitements les plus efficaces.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Sécheresse vaginale : causes, traitements et conseils du dermatologue

Démangeaison de la vulve

La sécheresse vaginale est un symptôme fréquent qui touche les femmes à tous les âges de la vie, mais particulièrement après la ménopause. Mal vécue et souvent tue par pudeur, elle altère significativement la qualité de vie, la sexualité et le bien-être intime. Ses causes sont multiples – hormonales, infectieuses, comportementales, psychologiques – et ses traitements, nombreux et efficaces, méritent d’être connus.

En tant que dermatologue, le Dr Rousseau prend en charge les manifestations cutanéo-muqueuses de la sécheresse vaginale : lichen scléreux, atrophie vulvo-vaginale, dermites de contact, infections récidivantes. Ce guide vous présente l’essentiel pour comprendre et agir.

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Physiologie vaginale et rôle des œstrogènes

La muqueuse vaginale est un épithélium squameux stratifié dont l’intégrité dépend étroitement des œstrogènes. Ces hormones favorisent :

  • La prolifération et la maturation des cellules épithéliales vaginales ;
  • La production de glycogène, qui nourrit les lactobacilles de la flore de Döderlein ;
  • La lubrification réflexe via la transsudation vasculaire lors de l’excitation sexuelle ;
  • Le maintien d’un pH acide (3,8–4,5) protecteur contre les infections.

Lorsque le taux d’œstrogènes chute (ménopause, post-partum, chimiothérapie…), l’épithélium s’amincit, se dessèche et devient plus vulnérable aux micro-traumatismes, aux infections et aux irritations. Ce tableau clinique, longtemps désigné sous le terme d’« atrophie vaginale », est aujourd’hui réuni sous le concept de Syndrome Génito-Urinaire de la Ménopause (GSM), qui englobe l’ensemble des manifestations vulvaires, vaginales et urinaires liées à l’hypœstrogénie.

⚠️ Prévalence

La sécheresse vaginale touche 50 à 60 % des femmes ménopausées et jusqu’à 90 % d’entre elles après 70 ans. À la différence des bouffées de chaleur, elle ne régresse pas spontanément avec le temps et a tendance à s’aggraver progressivement sans traitement.

Causes de la sécheresse vaginale

La sécheresse vaginale n’est pas l’apanage de la ménopause. Voici les principales causes à connaître :

Cause Mécanisme Population concernée
Ménopause Chute des œstrogènes ovariaux Femmes ≥ 50 ans
Post-partum et allaitement Hypœstrogénie par hyperprolactinémie Femmes qui allaitent
Contraception hormonale Pilules progestatives, DIU hormonal, anneau… Femmes en âge de procréer
Chimiothérapie / radiothérapie pelvienne Castration chimique ou lésion directe des muqueuses Femmes en traitement cancer
Facteurs psychologiques Stress, anxiété, absence de désir – inhibition de la lubrification réflexe Tout âge
Toilette intime inadaptée Douches vaginales, savons agressifs, perturbation de la flore Tout âge
Tabac Effet anti-œstrogénique, altère la vascularisation muqueuse Fumeuses

Symptômes et diagnostic

La sécheresse vaginale se manifeste par un spectre de symptômes qui peut varier d’une simple gêne à une altération majeure de la qualité de vie :

  • Sensation de sécheresse et de tension vulvo-vaginale permanente ;
  • Brûlures et irritations, spontanées ou provoquées par le contact des vêtements ;
  • Démangeaisons vulvaires (prurit vulvaire), souvent moins intenses que dans le lichen scléreux ;
  • Dyspareunie (rapports sexuels douloureux), présente dans environ 50 % des cas ;
  • Saignements post-coïtaux minimes ;
  • Symptômes urinaires associés (brûlures mictionnelles, pollakiurie, infections urinaires récidivantes).

À l’examen dermatologique, la muqueuse vulvo-vaginale post-ménopausique présente des signes caractéristiques : pâleur, amincissement de l’épithélium, effacement des reliefs anatomiques (petites lèvres), rétraction du capuchon clitoridien, rétrécissement progressif de l’orifice vaginal avec parfois une bride postérieure. En cas de doute avec un lichen scléreux (aspect blanchâtre nacré, purpura, atrophie), une biopsie cutanée peut être nécessaire.

🚨 Quand consulter en urgence ?

Consultez rapidement si vous observez : une ulcération vulvaire, une leucoplasie (plaque blanche), un saignement inexpliqué ou des lésions persistantes ne répondant pas aux traitements habituels. Ces signes peuvent nécessiter une biopsie pour éliminer une pathologie prémaligne ou maligne.

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Traitements disponibles

Le traitement de la sécheresse vaginale dépend de sa cause, de son intensité et du profil de la patiente. Il existe aujourd’hui un large éventail de solutions efficaces.

Traitements hormonaux locaux

Les œstrogènes locaux (ovules, crèmes, anneaux vaginaux dosés en œstradiol ou en promestriène) représentent le traitement de référence du GSM. Appliqués directement sur la muqueuse vaginale, ils restaurent l’épaisseur de l’épithélium, l’hydratation muqueuse et le pH acide protecteur. Leur absorption systémique est très faible, ce qui les rend utilisables même chez des femmes ayant eu un cancer du sein, après évaluation oncologique.

Traitement Forme Spécificité
Œstradiol local Ovule, crème, anneau vaginal Traitement de référence – faible absorption systémique
Promestriène (Colpotrophine®) Crème ou capsule vaginale Absorption systémique quasi nulle – souvent utilisé chez les patientes avec antécédent de cancer
DHEA vaginale (Intrarosa®) Ovule quotidien Précurseur transformé localement en œstrogènes et androgènes – améliore également la libido
Ospémifène (Senshio®) Comprimé oral 60 mg/j SERM (modulateur sélectif des récepteurs aux œstrogènes) – option orale non hormonale

Solutions non hormonales

Lorsqu’un traitement hormonal est contre-indiqué ou refusé, plusieurs options non hormonales permettent d’améliorer significativement le confort :

  • Hydratants vaginaux à l’acide hyaluronique : application 2 à 3 fois par semaine – réhydratent la muqueuse en profondeur et peuvent être utilisés au long cours sans risque ;
  • Lubrifiants à base d’eau ou de silicone : à utiliser lors des rapports sexuels pour réduire les micro-traumatismes ;
  • Préservers de la flore vaginale : probiotiques vaginaux à base de lactobacilles pour restaurer l’équilibre microbiologique ;
  • Laser vaginal fractionné (CO₂ ou Er:YAG) : technique récente stimulant la production de collagène et de glycogène – résultats prometteurs, encore en évaluation à long terme ;
  • Radiofréquence vaginale : même principe de stimulation tissulaire, réalisée en cabinet.

💡 Conseil du dermatologue

La vaseline et les huiles végétales sont à éviter si vous utilisez des préservatifs car elles peuvent les fragiliser et favoriser leur rupture. Privilégiez les lubrifiants à base d’eau compatibles avec le latex pour la contraception mécanique.

Hygiène intime et conseils pratiques

Une hygiène intime adaptée est fondamentale dans la prise en charge de la sécheresse vaginale :

ℹ️ Bons gestes au quotidien

  • Nettoyer uniquement la vulve (zones externes) avec un gel intime doux à pH physiologique (4–5).
  • Éviter absolument les douches vaginales : elles détruisent la flore protectrice de Döderlein.
  • Porter des sous-vêtements en coton, éviter les matières synthétiques serrées.
  • Éviter les serviettes parfumées, lingettes alcoolisées et déodorants intimes.
  • Maintenir une activité sexuelle régulière ou une autostimulation : la stimulation vaginale maintient la vascularisation muqueuse et la production de sécrétions.
  • Arrêter le tabac : le tabagisme accélère la déplétion estrogénique et aggrave l’atrophie muqueuse.

Pour en savoir plus sur la toilette intime : guide complet de la toilette intime sur Dermatonet.com.

⚠️ Quand consulter rapidement ? Consultez si vous présentez des saignements vaginaux inexpliqués, des douleurs intenses, une odeur inhabituelle ou des lésions visibles – ces signes peuvent indiquer une infection ou une cause gynécologique nécessitant un bilan.

Questions fréquentes sur la sécheresse vaginale

La sécheresse vaginale disparaît-elle toute seule ?

Non. Contrairement aux bouffées de chaleur qui tendent à diminuer avec le temps, la sécheresse vaginale liée à la ménopause s’aggrave progressivement en l’absence de traitement. Une prise en charge précoce améliore considérablement le confort et prévient les complications (infections récidivantes, dyspareunie sévère).

Peut-on utiliser des œstrogènes locaux après un cancer du sein ?

La question doit être posée à votre oncologue et à votre gynécologue. Dans de nombreux cas, les œstrogènes locaux à très faible absorption (promestriène, anneau à très faible dose) peuvent être autorisés, notamment pour les cancers du sein hormono-indépendants. Le rapport bénéfice/risque doit être évalué individuellement.

Quelle est la différence entre lubrifiant et hydratant vaginal ?

Le lubrifiant est utilisé ponctuellement, lors des rapports sexuels, pour réduire les frottements. L’hydratant vaginal est appliqué régulièrement (2 à 3 fois par semaine), indépendamment des rapports, pour réhydrater la muqueuse durablement. En cas de sécheresse sévère, les deux peuvent être combinés.

La sécheresse vaginale peut-elle toucher une jeune femme ?

Oui. Une sécheresse vaginale chez une femme en période d’activité génitale peut être liée à la contraception hormonale (pilule fortement progestative), au post-partum avec allaitement, au stress chronique, ou à un traitement (antihistaminiques sédatifs, antidépresseurs). Une consultation médicale permet d’identifier la cause et d’adapter le traitement.

Le lichen scléreux peut-il être confondu avec une sécheresse vaginale ?

Oui, en début d’évolution. Le lichen scléreux vulvaire peut se manifester par un prurit, une sécheresse et un inconfort intime similaires à ceux du GSM. À l’examen, on retrouve des plaques blanches nacrées caractéristiques, parfois du purpura et une atrophie. Une biopsie est nécessaire pour confirmer le diagnostic, car le lichen scléreux nécessite un traitement spécifique (dermocorticoïde fort) et un suivi à long terme.


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Références scientifiques

  1. Portman DJ, Gass ML; Vulvovaginal Atrophy Terminology Consensus Conference Panel. Genitourinary syndrome of menopause: new terminology for vulvovaginal atrophy. Menopause. 2014;21(10):1063-8. PMID 25160739
  2. Nappi RE, Kokot-Kierepa M. Vaginal Health: Insights, Views & Attitudes (VIVA) – results from an international survey. Climacteric. 2012;15(1):36-44. PMID 22168244
  3. Stika CS. Atrophic vaginitis. Dermatol Ther. 2010;23(5):514-22. PMID 20868403
  4. Source institutionnelle : HAS – Traitement hormonal de la ménopause, recommandations 2014.


Gonorrhée (« chaude pisse »)


Chaude pisse ou gonorrhée
La chaude pisse ou gonorrhée est une infection sexuellement transmissible liée à l’infection de l’appareil génital par une bactérie appelée gonocoque.

Mis à jour le 11 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : La gonorrhée (« chaude pisse ») est une infection sexuellement transmissible bactérienne très fréquente : l’Organisation mondiale de la santé estime à environ 87 millions le nombre de nouvelles infections chez l’adulte chaque année dans le monde. Elle se traite par une injection unique de ceftriaxone, mais des souches de gonocoque résistantes aux antibiotiques sont en augmentation, ce qui impose un dépistage et un traitement rapides des partenaires.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Gonorrhée ou urétrite à gonocoque, infection sexuellement transmissible.
Elle provoque de violentes douleurs et brulures lorsqu’on urine dans l’urethre, avec l’impression de « pisser des lames de rasoir ».

Il existe souvent un écoulement purulent par le méat (le trou par lequel l’urine sort), notamment le matin. Le traitement de la gonorrhée nécessite de dépister et traiter les partenaires sexuels, de chercher d’autres infections sexuellement transmissibles et de faire prendre à tous les sujets contaminés des antibiotiques.

Ecoulement de pus par le méat en cas d’uretrite gonococcique

L’urétrite est une inflammation de l’urètre (le canal par lequel coule l’urine) d’origine infectieuse, sexuellement transmise.

Symptomes

En cas d’atteinte par le gonocoque, la symptomatologie est souvent très franche (douleurs à la miction (impression de « pisser des lames de rasoir ») et il existe parfois un écoulement de pus par le méat et une rougeur du méat. D’autres causes de plaie ou lésion sur le gland (chancre syphilitique, herpès) ou de mycose génitale doivent être distinguées par l’examen clinique, car elles ne relèvent pas du même traitement.

 

Meat rouge en cas d’uretrite

Chez la femme, il peut y avoir peu de symptomes, ou au contraire comme chez l’homme des douleurs à la miction et des écoulements vaginaux purulents (pertes blanches ou leucorrhées de pus)

Pertes blanches de pus en cas de gonococcie chez la femme
Consultez sans attendre si :

  • vous avez de la fièvre, des douleurs articulaires et des lésions cutanées associées à un écoulement génital (possible infection gonococcique disséminée, urgence infectieuse) ;
  • vous êtes un homme avec une bourse douloureuse et gonflée d’un côté (possible épididymite, complication à traiter en urgence) ;
  • vous êtes une femme avec des douleurs pelviennes et de la fièvre (possible salpingite ou infection génitale haute) ;
  • vous avez un œil rouge et douloureux avec écoulement purulent (conjonctivite gonococcique, urgence ophtalmologique) ;
  • vous êtes enceinte : un dépistage et un traitement rapides évitent la transmission au nouveau-né lors de l’accouchement.

Compte tenu du risque de co-infection, un bilan complet des infections sexuellement transmissibles est systématique : recherche de chlamydia, de syphilis, du VIH et des hépatites virales. Chez la femme, d’autres causes de pertes vaginales anormales comme la vaginose bactérienne doivent être écartées par l’examen clinique.

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Traitement

Traitement du ou des partenaires sexuels

Bilan d’infection sexuellement transmissible

Recherche de co infection par syphilis, VIH…

Piqure ou comprimés

On utilise la ceftriaxone : 500 mg en injection Intra Musculaire et en dose unique (elle peut-être utilisée en sous-cutané ou en IV en cas d’anomalie de l’hémostase)

Un contrôle clinique est nécessaire à une semaine avec contrôle bactériologique en cas d’échec clinique.
En cas d’allergie aux bétalactamines (pénicilline):
azithromycine : 2g en dose unique

Compte tenu du risque important de co-infection par chlamydia des patients ayant une urétrite gonococcique, on traite généralement aussi une éventuelle infection par chlamydia :

• doxycycline per os : 100 mg x 2/jour pendant 7 jours
• ou azithromycine : 1 g par voie orale en dose unique

Il faut noter qu’une souche de gonocoque résistant à la ceftriaxone est apparue en 2011 au Japon et que les gonocoques conservent aujourd’hui les résistances qu’ils ont acquises à des antibiotiques qui ne sont plus prescrits dans cette indication depuis des années.

De même on voit apparaître une émergence rapide de souches de gonocoques résistants à tous les antibiotiques utilisés couramment pour traiter les gonococcies.

Enfin, il semble que le portage oropharyngé de gonocoques, par pratique du sexe oral, favorise le transfert de résistances plasmidiques vers les gonocoques par d’autres millions de bactéries déjà présentes dans la sphere ORL et ayant acquis cette résistance plasmidique. Il est donc primordial de mieux dépister (par des prélèvements oropharyngés avec mises en culture) et de mieux traiter les gonococcies pharyngées pour essayer de rompre la chaîne de contamination et limiter la propagation des gonocoques multi-résistants avant d’avoir à affronter des gonococcies « intraitables » avec les antibiotiques usuels du fait de leur multirésistance.


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Questions fréquentes sur la gonorrhée

Comment sait-on qu’on a attrapé la chaude pisse ?

Chez l’homme, les signes sont souvent francs : brûlures intenses en urinant et écoulement de pus par le méat, en général 2 à 7 jours après un rapport à risque. Chez la femme, l’infection est plus souvent discrète voire silencieuse, ce qui retarde le diagnostic et favorise la transmission au partenaire.

Peut-on avoir la gonorrhée sans aucun symptôme ?

Oui, en particulier chez la femme et lors d’une atteinte pharyngée ou anale, où l’infection est asymptomatique dans une proportion importante des cas. C’est pourquoi le dépistage systématique des partenaires est recommandé, même en l’absence de symptômes.

La gonorrhée se soigne-t-elle avec une seule injection ?

Dans la majorité des cas non compliqués, une injection unique de ceftriaxone (500 mg en intramusculaire) suffit à guérir l’infection. Un contrôle clinique à une semaine est recommandé, avec contrôle bactériologique en cas de persistance des symptômes.

Pourquoi traite-t-on aussi la chlamydia en même temps que la gonorrhée ?

Parce que la co-infection par Chlamydia trachomatis est fréquente chez les personnes atteintes de gonorrhée. Un traitement anti-chlamydia (doxycycline ou azithromycine) est donc généralement associé, sauf si cette infection a été formellement exclue par un test.

Le gonocoque devient-il résistant aux antibiotiques ?

Oui, c’est une préoccupation majeure de santé publique : l’Organisation mondiale de la santé classe le gonocoque parmi les bactéries prioritaires pour la recherche de nouveaux antibiotiques. Des souches résistantes à la ceftriaxone ont été rapportées dans plusieurs pays, ce qui justifie un contrôle de guérison systématique.

Faut-il prévenir ses partenaires sexuels en cas de gonorrhée ?

Oui, c’est indispensable : tous les partenaires des 60 derniers jours doivent être dépistés et traités, même sans symptôme, pour éviter les réinfections en « ping-pong » et interrompre la chaîne de transmission.

Peut-on consulter rapidement pour une suspicion de gonorrhée ?

Oui, une téléconsultation permet d’obtenir rapidement un avis médical et une orientation vers un dépistage biologique, en particulier en cas de symptômes gênants ou d’exposition récente à risque.

À lire aussi sur les infections sexuellement transmissibles

Références

Unemo M, Seifert HS, Hook EW 3rd, et al. Gonorrhoea. Nat Rev Dis Primers. 2019;5(1):79. PMID 31754194
Barbee LA, St Cyr SB. Management of Neisseria gonorrhoeae in the United States: 2021 CDC STI Treatment Guidelines. Clin Infect Dis. 2022;74(Suppl_2):S95-S111. PMID 35416971
Lin EY, Adamson PC, Klausner JD. Epidemiology, Treatments, and Vaccine Development for Antimicrobial-Resistant Neisseria gonorrhoeae. Drugs. 2021;81(10):1153-1169. PMID 34097283
Luckey A, Balasegaram M, Barbee LA, et al. Zoliflodacin versus ceftriaxone plus azithromycin for treatment of uncomplicated urogenital gonorrhoea. Lancet. 2025;407(10524):147-160. PMID 41391465
Haute Autorité de Santé (HAS). Recommandations de prise en charge des personnes infectées par Neisseria gonorrhoeae, mai 2025.

Le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France et fondateur de Dermatonet.com, est expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Cet article est rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (PubMed, HAS). Il est informatif et ne remplace pas une consultation médicale individuelle.

Méat du pénis qui gratte ou démange


Le trou du pénis (méat) qui gratte : urétrite

Meat rouge en cas d’uretrite

La démangeaison du méat (trou par lequel s’écoule l’urine) est un signe d’uretrite

L’urétrite est une inflammation de l’urètre (le canal par lequel coule l’urine) d’origine infectieuse, sexuellement transmise.

Elle se manifeste dans la moitié des cas environ par un écoulement par le trou de la verge, qui peut être purulent (pus) ou plus clair, voire sanglant. Lorsque l’inflammation est moins importante, il n’y a pas d’écoulement et on trouve seulement des symptômes moins spécifiques de l’urétrite : démangeaisons du méat, brûlures en urinant, mictions fréquentes (« pisser souvent »)…

Mis à jour le 11 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Un méat (trou de la verge) qui gratte ou démange, avec ou sans écoulement, est le signe d’une urétrite. Dans environ la moitié des cas chez l’homme, aucun germe classique n’est retrouvé, mais lorsqu’une infection sexuellement transmissible est en cause, Chlamydia trachomatis et Mycoplasma genitalium sont responsables d’environ 20 à 50 % et 10 à 30 % des urétrites non gonococciques, respectivement. Un dépistage des partenaires est nécessaire dans tous les cas d’origine infectieuse.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Gonococcie ou « chaude pisse »

Elle est due au gonocoque, responsable d’une urétrite souvent très marquée avec impression de « pisser des lames de rasoir », ou « chaude pisse » et écoulement de pus par le trou de la verge

Voir l’article « chaude pisse »

Chlamydia trachomatis

Chlamydia est une bactérie intracellulaire obligatoire (elle entre dans les cellules de la muqueuse) dont les sérotypes D à K sont responsables d’urétrites infectieuses à transmission uniquement sexuelle.

L’incubation dure en moyenne 10 à 15 jours après le rapport sexuel contaminant mais est en fait assez variable, de quelques jours à quelques mois

Parfois peu ou pas de symptomes

Seuls la moitié des personnes atteintes ont des symptomes de trou de la verge qui gratte, les autres n’ont pas de symptomes, ce qui fait que la transmission est fréquente et qu’on estime que 10% de la population sexuellement active est atteinte. En cas de symptomes, il existe alors le plus souvent un écoulement clair par le trou de la verge et des brulures en urinant

Diagnostic

La sérologie (prise de sang) n’a pas grand intérêt dans le diagnostic des
urétrites à chlamydiae car il existe des réactions croisées avec Chlamydia pneumoniae, responsable d’infections pulmonaires et on peu difficilement distinguer une infection ancienne d’une infection récente.

Les prélèvements endo-urétraux obtenus par grattage dans l’uretre à l’aide d’un écouvillon dont une référence mais ils sont douloureux.

On pratique donc le plus souvent des tests d’amplification génique par PCR, sur le premier jet d’urine (10 à 20 ml, au moins 3 heures après la dernière miction).

Complications

Environ la moitié des orchiépididymites (infection des testicules) du sujet jeune sont dues à chamydia, et c’est la complication la plus fréquente de l’uretrite avec le syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter

Chez la femme, l’infection à chlamydia est souvent asymptomatique et elle serait responsable d’infertilités et de grossesse extra utérine par sténose des trompes

Consultez sans attendre si :

  • une bourse devient douloureuse et gonflée d’un côté (possible orchi-épididymite, complication à traiter en urgence) ;
  • vous avez de la fièvre associée aux symptômes urinaires ;
  • vous avez des douleurs articulaires, des rougeurs oculaires ou des lésions cutanées associées (évoquant un syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter) ;
  • vous êtes une femme avec des douleurs pelviennes, car l’infection à chlamydia peut être silencieuse et se compliquer d’une infection génitale haute.

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Traitement

Voir l’article chlamydia

Trichomonas vaginalis

C’est un parasite transmis quasi exclusivement par les rapports sexuels. Il est responsable d’urétrites qui grattent et de rougeurs du gland

Mycoplasma Genitalium

C’est un mycoplasme (micro-organismes proches des bactéries) dont le role dans les uretrites est rare.

Uretrites sans germes

Elles sont assez rares (20% des cas) et peuvent parfois être allergiques, traumatiques (uretrite mecanique « des trayeurs » qui se masturbent souvent).

Quelle qu’en soit la cause, un méat qui gratte ou démange justifie une consultation avant tout traitement, afin d’identifier le germe éventuellement en cause et d’éviter une automédication inadaptée qui retarderait le diagnostic et favoriserait la transmission à un partenaire.

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Questions fréquentes sur le méat qui gratte

Le méat qui gratte est-il forcément une infection sexuellement transmissible ?

Non. Dans environ 20 % des cas d’urétrite non gonococcique, aucun germe n’est retrouvé : irritation mécanique, allergie ou traumatisme local peuvent être en cause. Mais un dépistage des IST reste recommandé devant toute démangeaison persistante du méat.

Peut-on avoir une urétrite sans aucun écoulement ?

Oui. Lorsque l’inflammation est modérée, il n’y a pas toujours d’écoulement visible : seules des démangeaisons du méat, des brûlures en urinant ou des mictions plus fréquentes peuvent être présentes.

Combien de temps après un rapport à risque les symptômes apparaissent-ils ?

Pour la gonococcie, l’incubation est courte (2 à 7 jours). Pour la chlamydia, elle est en moyenne de 10 à 15 jours, mais peut aller de quelques jours à quelques mois, ce qui complique parfois le lien avec un rapport précis.

Une femme peut-elle transmettre une urétrite sans le savoir ?

Oui, en particulier avec la chlamydia : l’infection est souvent totalement asymptomatique chez la femme, ce qui explique la transmission fréquente et le risque de complications (infertilité, grossesse extra-utérine) en l’absence de dépistage.

Le Mycoplasma genitalium est-il fréquent ?

Il est responsable d’environ 10 à 30 % des urétrites non gonococciques selon les études, un rôle probablement sous-estimé du fait de la difficulté historique à le détecter avant l’arrivée des tests d’amplification génique (PCR).

Faut-il traiter son ou sa partenaire en cas d’urétrite ?

Oui, systématiquement en cas de cause infectieuse confirmée ou fortement suspectée, même en l’absence de symptômes chez le ou la partenaire, pour éviter les réinfections successives (effet « ping-pong »).

Peut-on consulter rapidement en cas de méat qui gratte ?

Oui, une téléconsultation permet d’obtenir rapidement un avis et une orientation vers les prélèvements adaptés (premier jet d’urine, test PCR multiplex).

À lire aussi sur les infections sexuellement transmissibles

Références

Moi H, Blee K, Horner PJ. Management of non-gonococcal urethritis. BMC Infect Dis. 2015;15:294. PMID 26220178
Sell J, Nasir M, Courchesne C. Urethritis: Rapid Evidence Review. Am Fam Physician. 2021;103(9):553-558. PMID 33929174
Buder S. Urethritis-spectrum of pathogens, diagnostics and treatment. Dermatologie (Heidelb). 2023;74(11):835-850. PMID 37847382
Leos-Alvarado C, Llaca-Díaz J, Flores-Aréchiga A, et al. Male urethritis. A review of the ideal diagnostic method. Actas Urol Esp. 2020;44(8):523-528. PMID 32684296
Haute Autorité de Santé (HAS). Recommandations de prise en charge des personnes infectées par Neisseria gonorrhoeae, mai 2025.

Le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France et fondateur de Dermatonet.com, est expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Cet article est rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (PubMed, HAS). Il est informatif et ne remplace pas une consultation médicale individuelle.

Boutons sur le sexe : identifier la cause et consulter au bon moment

Mis à jour le 18 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Un bouton sur le sexe est le plus souvent bénin : grain de Fordyce, papule perlée du gland, kyste ou folliculite. Il peut aussi révéler une infection sexuellement transmissible (condylome, herpès, syphilis) ou une dermatose comme le lichen scléreux. Les grains de Fordyce touchent 70 à 80 % des adultes et ne demandent aucun traitement. À l’inverse, tout bouton apparu après un rapport non protégé ou qui persiste plus de trois semaines justifie une consultation.
Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Vous cherchez peut-être à comprendre un bouton sur le pénis en particulier. C’est l’un des motifs de consultation les plus fréquents en dermatologie : dans l’immense majorité des cas, il s’agit d’une variation anatomique normale (grain de Fordyce, papule perlée du gland) plutôt que d’une infection. Les sections ci-dessous détaillent comment reconnaître chaque cause.

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Variations anatomiques normales : des boutons génitaux sans gravité

Couronne perlée du gland - aspect normal bénin
Papules perlées du gland vues de près
Papules perlées du gland vues de près
Grains de Fordyce - points jaunes sur le sexe, normaux
Grains de Fordyce vus de près

Beaucoup de patients consultent pour des lésions qui sont en réalité des variations anatomiques normales, sans aucun caractère pathologique et sans risque de transmission. C’est même l’un des motifs de consultation les plus fréquents en cabinet, souvent accompagné d’une inquiétude disproportionnée par rapport à la bénignité réelle de la lésion.

Grains de Fordyce : petites papules blanc-jaunâtres de 1 à 3 mm, situées sur la verge, le scrotum ou les petites lèvres. Ce sont des glandes sébacées ectopiques, présentes chez 70 à 80 % des hommes adultes. Indolores, non contagieuses, elles ne nécessitent aucun traitement.

Papules perlées du gland : rangée de petites papules blanc-rosées régulières autour du sillon balano-préputial. Présentes chez 15 à 20 % des hommes, elles s’estompent souvent avec l’âge. On les confond parfois avec des condylomes, mais leur disposition régulière et leur aspect nacré permettent de les distinguer sans peine.

Papillomatose vestibulaire : chez la femme, de fines micropapules régulières tapissent la face interne des petites lèvres. C’est une variation normale, sans lien avec les HPV.

Comment distinguer une lésion normale d’une IST ? Les variations anatomiques normales sont symétriques, régulières, multiples et stables dans le temps. Une lésion liée à une IST apparaît en revanche plus rapidement, souvent de façon asymétrique ou évolutive, et s’accompagne parfois de démangeaisons, de brûlures ou de ganglions.

Tableau d’orientation : quel diagnostic selon l’aspect ?

Aspect du bouton Cause probable Urgence
Papules blanc-jaunâtres, multiples, stables Grains de Fordyce (normal) Aucune
Petites verrues en chou-fleur, indolores Condylomes HPV Consultation dans la semaine
Vésicules groupées, douloureuses, récidivantes Herpès génital Consultation rapide (antiviral)
Ulcère unique, indolore, bords nets Chancre syphilitique Urgent – sérologie
Papules ombiliquées, nacrées, 2 à 5 mm Molluscum contagiosum Consultation dans le mois
Plaque blanche, atrophie, prurit Lichen scléreux Consultation avec suivi
Plaques rouges squameuses, bords nets Psoriasis génital ou eczéma Consultation pour traitement
Lésion unique, pigmentée ou ulcérée, évolutive Néoplasie (cancer) Très urgent – biopsie

Infections sexuellement transmissibles responsables de boutons génitaux

Condylomes acuminés – HPV (papillomavirus humain)

Condylomes acuminés - verrues génitales dues aux HPV
Condylomes génitaux (HPV)

Les condylomes sont dus aux génotypes HPV 6 et 11 dans 9 cas sur 10. Ils se présentent comme des papules ou des végétations en chou-fleur, couleur chair ou rosée, indolores, apparaissant des semaines à des mois après le contact contaminant. Le traitement repose sur la cryothérapie, l’imiquimod en crème ou le laser CO₂ : une revue comparant l’imiquimod aux traitements destructeurs classiques confirme son efficacité avec un taux de récidive plus faible. La vaccination HPV protège efficacement contre les génotypes à l’origine de la grande majorité des condylomes.

Herpès génital – HSV-1 et HSV-2

Herpès génital - vésicules et érosions en bouquet
Herpès génital

L’herpès génital se manifeste par des vésicules groupées sur fond rouge, évoluant vers des érosions douloureuses. La primo-infection peut s’accompagner de fièvre et de ganglions inguinaux. Le HSV-2 est responsable de la majorité des cas. Un traitement antiviral raccourcit l’épisode et réduit le risque de récidive. Un herpès génital non traité augmente par ailleurs le risque de transmission du VIH, ce qui justifie une prise en charge rapide dès les premiers symptômes.

Syphilis – Treponema pallidum

Le chancre syphilitique de la syphilis primaire est une ulcération unique, indolore, à bords nets et au fond propre, apparaissant 10 à 90 jours après le contact contaminant. Il disparaît spontanément en 3 à 6 semaines, ce qui rassure à tort de nombreux patients, alors que la maladie continue de progresser en silence sans traitement. La sérologie (TPHA-VDRL) confirme le diagnostic. Le traitement de référence reste la pénicilline injectable.

Molluscum contagiosum

Molluscum contagiosum - formations ombiliquées
Molluscum contagiosum

Ces lésions virales, dues à un poxvirus, sont fréquentes chez l’adulte jeune et se transmettent par contact cutané direct. Leur aspect est caractéristique : papules arrondies, nacrées, ombiliquées en leur centre, de 2 à 5 mm. Elles régressent seules en quelques mois, mais un curetage ou une cryothérapie peut accélérer la guérison et limiter la contagiosité.

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Dermatoses génitales non infectieuses

Lichen scléreux : dermatose inflammatoire chronique touchant le gland chez l’homme non circoncis et la vulve chez la femme, souvent après la ménopause. Elle se traduit par des plaques blanches atrophiques associées à des démangeaisons parfois intenses. Une étude portant sur 301 hommes atteints de lichen scléreux génital souligne le risque de dégénérescence en carcinome épidermoïde si la maladie n’est pas suivie, d’où l’importance d’un contrôle dermatologique régulier. Le traitement repose sur des dermocorticoïdes puissants.

Psoriasis génital : plaques rouges bien délimitées, peu squameuses en zone de friction, souvent associées à des lésions psoriasiques ailleurs sur le corps. Le traitement local fait appel aux dermocorticoïdes ou aux inhibiteurs de la calcineurine.

Eczéma de contact : réaction à un savon agressif, à un préservatif en latex, à un lubrifiant ou à un spermicide. Il se traduit par des plaques rouges qui démangent. Le traitement passe d’abord par la suppression de l’allergène, associée à des dermocorticoïdes.

Autres causes fréquentes de boutons sur le sexe

Folliculite génitale : inflammation des follicules pileux liée à une friction ou à un rasage. De petites pustules centrées sur un poil apparaissent au pubis ou dans les plis. Un antiseptique local suffit le plus souvent, en évitant un rasage trop agressif.

Kyste épidermique : nodule sous-cutané ferme et indolore, de quelques millimètres à quelques centimètres, situé sur le scrotum ou les grandes lèvres. Bénin, il ne relève d’un traitement chirurgical que s’il devient gênant.

Gale : parasitose due à Sarcoptes scabiei, responsable de sillons qui démangent entre les doigts, aux poignets et sur les organes génitaux. Le prurit est intense, surtout la nuit. Le traitement repose sur l’ivermectine orale ou le benzoate de benzyle.

Nodules scabieux de la gale sur le sexe
Nodules scabieux de la gale

Lésions précancéreuses et cancers génitaux

Le carcinome épidermoïde du pénis ou de la vulve reste rare mais grave. Toute lésion génitale chronique, résistante au traitement, pigmentée ou ulcérée doit faire l’objet d’une biopsie. Le lichen scléreux non traité augmente le risque de carcinome épidermoïde vulvaire, et une néoplasie intra-épithéliale du pénis ou de la vulve peut se développer dans un contexte d’infection à HPV de type oncogène.

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Consultez en urgence si :

  • Ulcération génitale indolore avec ganglions inguinaux
  • Lésion pigmentée, évolutive, à bords irréguliers
  • Saignement inexpliqué d’une lésion génitale
  • Bouton apparu après un rapport non protégé avec un partenaire à risque
  • Vésicules douloureuses avec fièvre et ganglions

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Questions fréquentes sur les boutons génitaux

Un bouton sur le pénis (gland) est-il forcément une IST ?

Non. Dans la majorité des cas, un bouton sur le gland est une variation anatomique normale, comme une papule perlée ou un grain de Fordyce, ou une dermatose bénigne. Une IST doit être évoquée en cas d’apparition après un rapport non protégé, de lésion évolutive ou douloureuse, ou si d’autres signes s’y ajoutent : brûlures urinaires, ganglions, fièvre.

Quelle est la différence entre un condylome et une papule perlée ?

Les papules perlées forment une ou deux rangées régulières autour du sillon balano-préputial, de taille uniforme et stables dans le temps. Les condylomes sont irréguliers, plus en relief, de taille variable et ont tendance à évoluer. En cas de doute, seul un examen par un dermatologue permet de trancher.

Les grains de Fordyce peuvent-ils disparaître seuls ?

Non, ces glandes sébacées ectopiques sont permanentes et ne disparaissent pas spontanément. Elles ne nécessitent aucun traitement car elles sont totalement bénignes. Des traitements esthétiques existent, comme le laser CO₂, mais ils ne sont proposés qu’en cas de gêne psychologique importante et ne sont pas remboursés.

Comment différencier herpès et syphilis ?

L’herpès génital se manifeste par des vésicules groupées très douloureuses qui évoluent en érosions. Le chancre syphilitique est une ulcération unique, propre, à bords nets et surtout indolore. Ces deux IST peuvent coexister chez un même patient. Un bilan sérologique permet le diagnostic de certitude.

Peut-on avoir un bouton sur le sexe sans avoir eu de rapport sexuel ?

Oui, tout à fait. Les variations anatomiques normales, le psoriasis génital, l’eczéma de contact, la folliculite ou le lichen scléreux ne sont pas liés à une activité sexuelle. Seules les IST impliquent un contact sexuel comme mode de transmission principal.

Quand faut-il consulter un dermatologue pour un bouton génital ?

Consultez si le bouton est apparu après un rapport non protégé, s’il est douloureux, s’il saigne, s’il est ulcéré, ou s’il évolue depuis plus de trois semaines. En cas de doute même bénin, une téléconsultation dermatologique suffit souvent pour une première orientation, sans attendre des semaines un rendez-vous en cabinet.

Le lichen scléreux est-il contagieux ?

Non. Le lichen scléreux est une dermatose inflammatoire d’origine auto-immune, non infectieuse et non transmissible par rapport sexuel. Son évolution sans traitement expose en revanche à un risque de sclérose progressive et, dans de rares cas, de transformation maligne, d’où l’intérêt d’un suivi régulier.

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Sources et références médicales

  1. Agrawal SK, Bhattacharya SN, Singh N. Pearly penile papules: a review. Int J Dermatol. 2004;43(3):199-201. PMID 15009391
  2. Stamm AW, Kobashi KC, Stefanovic KB. Urologic Dermatology: a Review. Curr Urol Rep. 2017. PMID 28667573
  3. Schöfer H. Evaluation of imiquimod for the therapy of external genital and anal warts in comparison with destructive therapies. Br J Dermatol. 2007;157(Suppl 2):52-5. PMID 18067633
  4. Kravvas G et al. The diagnosis and management of male genital lichen sclerosus: a retrospective review of 301 patients. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2018. PMID 28750140

Source : HAS – Recommandations sur les infections sexuellement transmissibles

Voir aussi sur Dermatonet

Pour approfondir le diagnostic des lésions génitales, ces articles complètent celui-ci : bouton blanc sur le sexe, condylomes et verrues génitales, herpès génital, syphilis, lichen scléreux et molluscum contagiosum.

Si vos lésions s’accompagnent surtout de rougeurs ou de démangeaisons plutôt que de vrais boutons, ces pages sont aussi utiles : rougeurs sur le sexe, démangeaisons du sexe, mycose génitale de l’homme et boutons entre les fesses.

Vidéos


Vidéo : boutons sur le sexe - causes et diagnostic



Vidéo : variations normales du sexe masculin



Vidéo : mycose génitale

Plaie sur le gland ou le prépuce


Plaie du gland ou du pénis

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Une plaie du gland ou du prépuce est souvent d’origine infectieuse (infection sexuellement transmissible).

Son diagnostic nécessite un avis médical

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Voici quelques causes possibles d’apparition d’une plaie sur le gland ou le pénis

Mis à jour le 11 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Une plaie sur le gland ou le prépuce est le plus souvent d’origine infectieuse sexuellement transmissible : chancre syphilitique (indolore), herpès génital (vésicules groupées en bouquet), chancre mou (douloureux, surtout hors Europe) ou lymphogranulomatose vénérienne. Des causes non infectieuses (Behçet, maladies inflammatoires intestinales, toxidermie) existent aussi. Un avis médical rapide est nécessaire pour identifier la cause et démarrer le bon traitement.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Syphilis

Souvent il s’agit d’une petite plaie indolore appelée chancre syphilitique

Chancre syphilitique

Voir l’article syphilis

Herpes

Souvent il y a des vésicules avant la plaie ou les plaies groupées en bouquet

Herpes génital de l'homme
Herpes génital de l’homme

Voir l’article sur l’herpes génital

Primoinfection par le VIH

L’ulcération est souvent accompagnée de fièvre, de ganglions, voire d’une éruption sur la peau

Chancre mou

Chancre mou
Chancre mou sur le pénis

Cause plus fréquente en Afrique et Asie, le chancre mou, est une ulcération génitale due à Haemophilus ducreyi, une bactérie.

L’incubation est courte (inférieure à 5 jours)

La plaie est douloureuse, profonde, à fond sale et purulent, avec des bords nets, surélevés, avec un double liseré jaune sur la partie interne et rouge sur la partie externe.
En l’absence de traitement, 5 à 10 jours après le début de la plaie apparait un ganglion satellite dans l’aine, généralement d’unseul coté, très inflammatoire, évoluant vers la fistulisation à la peau (le ganglion perce et du pus coule).

Consultez sans attendre si :

  • la plaie est associée à de la fièvre, des ganglions ou une éruption cutanée (possible primo-infection par le VIH, à confirmer rapidement) ;
  • un ganglion de l’aine devient très inflammatoire, fistulise ou laisse s’écouler du pus (chancre mou, lymphogranulomatose vénérienne) ;
  • la plaie s’accompagne de bulles, de décollement de peau ou touche aussi la bouche ou les yeux (urgence dermatologique, possible toxidermie sévère) ;
  • vous avez des aphtes buccaux associés, des douleurs articulaires ou oculaires (à faire explorer pour une maladie de Behçet ou une MICI) ;
  • la plaie persiste plus de 3 semaines malgré les soins locaux.

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Lymphogranuomatose vénérienne

La lymphogranulomatose vénérienne ou maladie de
Nicolas-Favre est due aux sérotypes L1, L2 ou L3 de Chlamydia
trachomatis.

L’incubation dure de 3 à 30 jours

Classiquement trois phases :

– la phase primaire

plaies indolores, non indurées, fugaces, passant souvent inaperçues.

– phase secondaire

ganglions superficiels, douloureux et inflammatoires avec fièvre, maux de tête… dans l’aine 10 à 30 jours après la plaie. Ils peuvent se fistuliser en plusieurs pertuis, en « pomme d’arrosoir ».

– phase tertiaire ou syndrome génitoanorectal chez la femme

fistules vésicovaginales, gonflement de la vulve et rétrécissement
rectal

Causes rares, non infectieuses

aphtose bipolaire,

Voir l’article sur les aphtes

maladie de Behçet,

Voir l’article sur la maladie de Behcet

Maladies Inflammatoires Chroniques Intestinales (MICI)

Recto Colite Hémorragique,
Maladie de Crohn,

leuconeutropénies,

Baisse des globules blancs : souvent accompagné d’ulcérations ORL et de fièvre

dermatoses bulleuses

toxidermie (allergie médicamenteuse) bulleuse, pemphigoïde cicatricielle, pemphigus vulgaire…

lichen plan érosif,

Voir l’article sur le lichen plan

causes physiques

traumatiques (rapports ou jeux sexuels traumatiques), caustiques (toilette avec produit caustique), brûlures…

 
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Questions fréquentes sur les plaies du gland

Une plaie indolore sur le gland est-elle grave ?

Elle ne doit jamais être négligée : le chancre syphilitique est classiquement indolore, ce qui retarde souvent le diagnostic. Toute plaie génitale, même indolore, justifie une consultation et un dépistage sanguin de la syphilis.

Comment différencier un herpès génital d’un chancre syphilitique ?

L’herpès se manifeste typiquement par des vésicules groupées en bouquet qui évoluent vers de petites érosions douloureuses, souvent récidivantes. Le chancre syphilitique est en général une plaie unique, indolore et propre. Seul un prélèvement (PCR herpès, sérologie syphilis) permet un diagnostic de certitude.

Le chancre mou est-il fréquent en France ?

Non, il est devenu rare en Europe et concerne surtout les zones d’endémie (Afrique, Asie) ou les voyageurs de retour de ces régions. Il reste à évoquer devant une plaie douloureuse à fond sale associée à un ganglion inguinal inflammatoire.

Faut-il consulter même si la plaie guérit toute seule ?

Oui, absolument. Une plaie génitale qui cicatrise spontanément ne signifie pas que l’infection a disparu : le chancre syphilitique guérit souvent sans traitement en quelques semaines, alors que la bactérie continue d’évoluer vers les stades suivants de la maladie.

Une plaie du gland peut-elle ne pas être due à une infection sexuellement transmissible ?

Oui. Des causes non infectieuses existent : maladie de Behçet, maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, lichen plan érosif, toxidermie bulleuse ou traumatisme local. Ces causes sont plus rares mais doivent être évoquées en l’absence d’argument pour une IST.

Faut-il traiter son ou sa partenaire en cas de plaie génitale d’origine infectieuse ?

Oui, systématiquement en cas de cause sexuellement transmissible confirmée (syphilis, herpès, chancre mou, LGV), afin d’éviter la réinfection et d’interrompre la chaîne de transmission.

Peut-on consulter rapidement en cas de plaie sur le gland ?

Oui, une téléconsultation permet d’obtenir rapidement un avis médical et une orientation vers les prélèvements et sérologies adaptés.

À lire aussi sur les infections sexuellement transmissibles

Références

Morales-Múnera CE, Montoya F, de Loredo N, Sendagorta E. AEDV Expert Document on the Management of Ulcerative Venereal Infections. Actas Dermosifiliogr. 2024;116(2):T159-T168. PMID 39566736
Gomes CMM, Giraldo PC, Gomes FAM, et al. Genital ulcers in women: clinical, microbiologic and histopathologic characteristics. Braz J Infect Dis. 2007;11(2):254-260. PMID 17625773
Bouscarat F. La conduite à tenir devant une ulcération génitale. Presse Med. 2004;33(11):765-766. PMID 15257235
Haute Autorité de Santé (HAS). Prise en charge thérapeutique du patient atteint d’herpès génital, novembre 2024.

Le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France et fondateur de Dermatonet.com, est expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Cet article est rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (PubMed, HAS). Il est informatif et ne remplace pas une consultation médicale individuelle.

Chlamydia trachomatis

Chlamydia

clamydia
Chlamydia trachomatis

Chlamydia trachomatis est une bactérie intracellulaire (elle vit dans les cellules des muqueuses) dont il existe de nombreux sérotypes. Les sérotypes D à K sont responsables d’infections sexuellement transmissibles.

Mis à jour le 17 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : L’infection à Chlamydia trachomatis est l’IST bactérienne la plus fréquente, et elle est asymptomatique dans plus d’un cas sur deux. Non traitée, elle est responsable de la moitié des salpingites chez les femmes jeunes et de 70% des stérilités tubaires. Le traitement de référence repose sur la doxycycline (7 jours) ou l’azithromycine (dose unique), et doit systématiquement concerner le ou les partenaires sexuels.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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L’infection à chlamydia augmente régulièrement.

Cette infection sexuelle est en effet souvent asymptomatique dans les deux sexes (on ne sait pas qu’on est infecté car on n’a aucun symptome), ce qui favorise la diffusion de l’infection lors des rapports sexuels non protégés par le préservatif. Chez la femme, l’infection à clamidia peut provoquer stérilité, grossesse-extra-utérine, douleurs abdominales basses…

Symptomes

Chez l’homme

Chlamydia trachomatis est le principal agent des urétrites (trou de la verge qui gratte ou brule) non gonococciques

L’incubation dure en moyenne 10 à 15 jours après le rapport sexuel contaminant mais est en fait assez variable, de quelques jours à quelques mois

Parfois peu ou pas de symptomes

Seuls la moitié des personnes atteintes ont des symptomes de trou de la verge qui gratte, les autres n’ont pas de symptomes, ce qui fait que la transmission est fréquente et qu’on estime que 10% de la population sexuellement active est atteinte. En cas de symptomes, il existe alors le plus souvent un écoulement clair par le trou de la verge et des brulures en urinant

Diagnostic

La sérologie (prise de sang) n’a pas grand intérêt dans le diagnostic des
urétrites à chalmydiae car il existe des réactions croisées avec Chlamydia pneumoniae, responsable d’infections pulmonaires et on peu difficilement distinguer une infection ancienne d’une infection récente.

Les prélèvements endo-urétraux obtenus par grattage dans l’uretre à l’aide d’un écouvillon dont une référence mais ils sont douloureux.

On pratique donc le plus souvent des tests d’amplification génique par PCR, sur le premier jet d’urine (10 à 20 ml, au moins 3 heures après la dernière miction) chez l’homme, et sur prélèvement vaginal chez la femme.

Complications

Environ la moitié des orchiépididymites (infection des testicules) du sujet jeune sont dues à chamydia, et c’est la complication la plus fréquente de l’uretrite avec le syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter

Chez la femme

Chlamydia provoque des infections du col de l’utérus, qui provoquent des pertes blanches ou jaunes

La femme infectée par Chlamydia peut aussi avoir des brulures urinaires, des douleurs lors des rapports, un léger saignement qui tache la culotte, appelé « spotting »

Parfois peu ou pas de symptomes…

Cependant, l’atteinte à chlamydia est sans symptomes dans plus de la moitié des cas. Ainsi, l’atteinte à chlamydia est souvent découverte lors de l’examen gynécologique de routine.

Complications

La complication majeure de l’infection à chlamydia est la salpingite (infection de la trompe), beaucoup plus souvent subaiguë ou chronique qu’aiguë, ce qui fait qu’elle est souvent de diagnostic tardif et difficile car la patiente n’a souvent que des douleurs abdominales basses, notamment au moment des règles.

La salpingite chronique est redoutable car elle expose au risque de stérilité (dite tubaire) et de grossesse extra-utérine, car les trompes se « bouchent » à cause de l’infection.

Chlamydia est responsable de la moitie des salpingites chez les femmes jeunes et de 70 % des stérilités tubaires.

Diagnostic

La sérologie (prise de sang) n’a pas grand intérêt dans le diagnostic des
urétrites à chlamydiae car il existe des réactions croisées avec Chlamydia pneumoniae, responsable d’infections pulmonaires et on peu difficilement distinguer une infection ancienne d’une infection récente.

Les prélèvements vaginaux faits par le gynécoloque près du col en cas de symptomes à l’examen au spéculum, ou par auto-prélèvement endo-vaginal par la patiente, en l’absence de symptomes (à titre de dépistage) permettent de réaliser des tests d’amplification génique par PCR.

Consultez rapidement un médecin ou un centre de dépistage (CeGIDD) si :

  • vous avez eu un rapport sexuel non protégé avec une personne infectée ou dont le statut est inconnu ;
  • vous présentez des douleurs pelviennes, des saignements entre les règles ou après un rapport, ou de la fièvre : ces signes peuvent annoncer une infection génitale haute (salpingite) qu’il ne faut pas laisser évoluer ;
  • votre partenaire a été diagnostiqué avec une chlamydia : vous devez être traité(e) en même temps, même en l’absence de symptômes.

La chlamydia est asymptomatique dans plus d’un cas sur deux : n’attendez pas l’apparition de symptômes pour vous faire dépister après un rapport à risque. Un dépistage systématique est recommandé par la Haute Autorité de Santé chez les femmes sexuellement actives de 15 à 25 ans.

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Traitement de chlamydia

Traitement du ou des partenaires sexuels

Le traitement doit concerner tous les partenaires sexuels qui feront l’objet d’un examen par le médecin

On recommande l’abstinence sexuelle ou les rapports protégés par préservatif avec le ou les partenaires jusqu’à 7 jours après la fin du traitement.

Bilan d’infection sexuellement transmissible

Recherche de co infection par syphilis, VIH…

Comprimés

On utilise soit
• doxycycline per os : 100 mg x 2/jour pendant 7 jours
• azithromycine : 1 g par voie orale en dose unique

En cas d’allergie on peut utiliser l’érythromycine (500 mg x 4 fois par jour pour 7 jours) ou de l’ofloxacine (200 mg x 2 fois par jour pour 7 jours).
Chez les femmes jeunes, on recommande de contrôler la PCR entre 1 à 6 mois après le traitement.

Questions fréquentes sur la chlamydia

La chlamydia est-elle grave si elle n’est pas traitée ?

Oui. Non traitée, l’infection à chlamydia peut remonter vers l’utérus et les trompes chez la femme et provoquer une salpingite, une grossesse extra-utérine ou une stérilité tubaire, responsable de 70% des cas de stérilité tubaire. Chez l’homme, la complication la plus fréquente est l’orchi-épididymite. D’où l’intérêt d’un dépistage même en l’absence de symptômes.

Comment sait-on qu’on a la chlamydia si on n’a pas de symptômes ?

Plus d’une infection sur deux est totalement silencieuse. Le seul moyen de le savoir est un dépistage par test d’amplification génique (PCR), sur le premier jet d’urine chez l’homme ou sur prélèvement vaginal chez la femme. La Haute Autorité de Santé recommande un dépistage systématique chez les femmes sexuellement actives de 15 à 25 ans, y compris en l’absence de symptômes.

Faut-il traiter son ou sa partenaire en cas de chlamydia ?

Oui, systématiquement. Tous les partenaires sexuels des 2 mois précédant le diagnostic doivent être examinés et traités, même sans symptômes ni test positif, pour éviter une réinfection en ping-pong. L’abstinence sexuelle ou les rapports protégés sont recommandés jusqu’à 7 jours après la fin du traitement des deux partenaires.

Doxycycline ou azithromycine : quel est le meilleur traitement de la chlamydia ?

Un essai randomisé de référence a montré une efficacité de 100% pour la doxycycline (100 mg deux fois par jour pendant 7 jours) contre 97% pour l’azithromycine en dose unique, sans établir la non-infériorité de cette dernière. La doxycycline est donc aujourd’hui privilégiée en première intention, l’azithromycine restant une alternative utile en cas de mauvaise observance prévisible ou pendant la grossesse.

Peut-on attraper la chlamydia par un autre moyen que les rapports sexuels ?

La transmission se fait par contact des muqueuses génitales, anales ou oro-génitales lors d’un rapport sexuel non protégé. Une contamination materno-fœtale est également possible lors de l’accouchement. En dehors de ces situations, la chlamydia ne se transmet pas par les objets du quotidien ni par un simple contact cutané.

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À lire aussi sur les infections sexuellement transmissibles

Références scientifiques

Balanite de Zoon

Balanite de Zoon (balanite plasmocytaire) : rougeur du gland, diagnostic et traitements

La balanite de Zoon – ou balanite circonscrite plasmacellulaire (balanitis circumscripta plasmacellularis) – est une dermatose inflammatoire chronique bénigne du gland et du prépuce, décrite par le Dr Joannes Jacobus Zoon en 1952. Elle touche exclusivement les hommes non circoncis à partir de 40-50 ans. Sa cause reste inconnue – il s’agit d’une inflammation chronique d’irritation sur un mode particulier, favorisée par la macération et le frottement entre le gland et le prépuce. Elle ne représente aucun danger en elle-même, mais sa ressemblance avec des lésions prémalignes ou malignes du gland impose une confirmation histologique par biopsie. Ce n’est pas une infection sexuellement transmissible.

Mis à jour le 22 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Une rougeur du gland qui persiste malgré les antifongiques, chez un homme non circoncis de plus de 40 ans, doit faire évoquer une balanite de Zoon. C’est une affection bénigne, non sexuellement transmissible, mais son aspect peut ressembler à des lésions précancéreuses : une biopsie est indispensable avant tout traitement. La circoncision reste le seul traitement curatif ; le tacrolimus topique est l’alternative la mieux documentée.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Sommaire :
Causes et mécanisme |
Signes cliniques |
Diagnostic et biopsie |
Diagnostics différentiels |
Traitement |
Références |
Questions fréquentes

Causes et mécanisme

L’étiologie de la balanite de Zoon reste inexpliquée avec certitude, mais plusieurs facteurs d’irritation chronique ont été identifiés comme contributeurs :

Facteur Mécanisme supposé
Présence d’un prépuce (homme non circoncis) Crée un espace de macération chronique entre gland et prépuce – friction et chaleur permanentes – quasi-absence de la maladie chez le circoncis
Hygiène insuffisante Rétention de smegma – irritation chronique de la muqueuse – prolifération bactérienne locale
Tabac Facteur favorisant suspecté – mécanisme non élucidé
Âge Survient à partir de 40-50 ans – la muqueuse génitale vieillit et devient plus fragile aux irritations chroniques
Phimosis partiel Le décalottage difficile favorise la macération et l’irritation

Signes cliniques

Le tableau clinique de la balanite de Zoon est assez caractéristique une fois que le praticien l’a en tête, mais il peut facilement être confondu avec d’autres affections du gland – d’où l’importance de la biopsie.

Caractéristique Description
Aspect de la plaque Plaque rouge du gland, lisse, brillante et humide – « comme un vernis en train de sécher » – couleur rouge-brun caractéristique
Image en miroir Signe clinique pathognomonique – la lésion est dupliquée en regard sur le prépuce, par contact entre les deux muqueuses
Délimitation Plaque bien délimitée, aux bords nets – localisée
Évolution Stable et fixe – ne régresse pas spontanément – ni extension rapide, ni guérison sans traitement
Symptômes fonctionnels Souvent peu symptomatique – prurit léger possible – pas de douleur franche dans la forme typique
Localisation Gland (sillon balano-préputial, couronne) et/ou face interne du prépuce

Diagnostic : la biopsie est indispensable

La balanite de Zoon est un diagnostic d’exclusion – c’est-à-dire que l’on ne peut la retenir qu’après avoir éliminé les autres causes de rougeur persistante du gland, en particulier les lésions prémalignes. La biopsie est obligatoire pour confirmer le diagnostic.

Comment se déroule la biopsie ?

Le dermatologue prélève un petit fragment de la plaque (ou de la muqueuse concernée) sous anesthésie locale – geste rapide, peu douloureux. Le prélèvement est adressé à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope. L’histologie de la balanite de Zoon est typique et permet d’affirmer le diagnostic.

Aspect histologique Description
Infiltrat dermique dense à plasmocytes Signe histologique cardinal – infiltrat lymphoplasmocytaire prédominant à plasmocytes avec présence de lymphocytes et éosinophiles
Kératinocytes en forme de losange Aspect caractéristique des cellules épidermiques dans la balanite de Zoon
Sidérophages et hémosidérose Dépôts d’hémosidérine dans le derme – reflet de la chronicité de l’inflammation
Capillaires dilatés Néovascularisation dermique – explique l’aspect rouge brillant de la plaque

Diagnostics différentiels – les lésions à ne pas manquer

Diagnostic différentiel Élément distinctif Gravité
Érythroplasie de Queyrat Carcinome épidermoïde in situ du gland – aspect rouge velouté – biopsie : cellules atypiques (pas d’infiltrat plasmocytaire pur) ⚠️ Lésion prémaligne – urgence diagnostique
Carcinome épidermoïde du gland Ulcération, induration, saignement – biopsie : invasion tumorale ⚠️ Maligne – diagnostic urgent
Lichen plan érosif Lésions réticulées, réseau de Wickham – muqueuse buccale souvent atteinte – biopsie distincte Bénin mais chronique
Candidose balanique (mycose du gland) Pustulettes en tête d’épingle, desquamation périphérique – répond aux antifongiques – prélèvement mycologique positif Bénin – traitable
Psoriasis du gland Plaques rosées sans squames (muqueuse) – antécédents de psoriasis cutané – lésions multiples Bénin – chronique
Eczéma de contact Notion de contact avec un allergène (préservatif, topiques) – prurit intense – réponse aux dermocorticoïdes Bénin – évitable
Quand consulter en urgence ?

Une rougeur du gland ne doit jamais être traitée à l’aveugle par antifongique ou antiseptique sans diagnostic. Consultez rapidement un dermatologue ou un urologue si la plaque s’ulcère, s’indure, saigne ou change d’aspect rapidement : ce sont des signes qui doivent faire éliminer une érythroplasie de Queyrat ou un carcinome épidermoïde du gland par une biopsie, avant tout traitement local. La balanite de Zoon elle-même est bénigne, mais son diagnostic ne peut être affirmé qu’après cette biopsie.

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Traitement

La prise en charge de la balanite de Zoon suit une logique d’escalade thérapeutique. La circoncision reste le seul traitement radical et curatif mais les alternatives topiques peuvent permettre d’éviter ou de différer l’intervention chirurgicale.

circoncision
La circoncision est le traitement radical de la balanite de Zoon

Mesures générales – indispensables dans tous les cas

Mesure Détail pratique
Toilette douce quotidienne Savon surgras ou dermo-nettoyant doux – une seule toilette par jour avec décalottage complet – bien rincer et bien sécher – éviter les antiseptiques (irritants)
Arrêt des topiques intempestifs Cesser les antifongiques, antiseptiques et autres topiques appliqués sans diagnostic confirmé – ils entretiennent l’irritation
Arrêt du tabac Facteur favorisant suspecté – recommandé dans tous les cas

Traitements topiques médicaux – alternatives à la circoncision

Les traitements locaux sont rarement curatifs mais peuvent permettre un contrôle satisfaisant de la maladie, surtout chez les patients qui refusent la circoncision. Parmi les topiques, le tacrolimus (inhibiteur de la calcineurine) dispose de la meilleure documentation dans la littérature récente.

Traitement topique Modalité Niveau de preuve
Tacrolimus 0,1 % (Protopic®) – hors AMM 2 applications par jour – résolution possible dès 2 semaines, complète à 6 semaines. Un traitement d’entretien intermittent peut être nécessaire pour éviter les récidives Meilleure preuve parmi les topiques – série rétrospective 129 patients (Jormanainen 2023) et multiples cas rapportés
Pimécrolimus crème 1 % (Elidel®) – hors AMM Autre inhibiteur de la calcineurine – résultats favorables documentés Efficacité comparable au tacrolimus dans les séries publiées
Dermocorticoïdes puissants (classe I-II) Effet anti-inflammatoire – amélioration souvent temporaire – récidive à l’arrêt Efficacité limitée – traitement de 2e intention selon Porphyre 2023
Mupirocine 2 % (Mupiderm®) 2 à 3 applications par jour – résolution documentée dans des cas rapportés Résultats prometteurs dans des cas isolés – risque de récidive à l’arrêt
Acide fusidique 2 % Option alternative documentée dans la littérature Efficacité modeste – cas rapportés

📚 Référence tacrolimus : Moreno-Arias GA et al. – Plasma cell balanitis treated with tacrolimus 0.1% – Br J Dermatol 2005;153:1204-6

Circoncision – traitement radical et curatif

La circoncision (posthectomie) est le seul traitement qui assure une résolution complète et durable dans la grande majorité des cas. En supprimant le prépuce, elle élimine l’environnement de macération et de friction chronique qui entretient l’inflammation. La résolution est généralement obtenue en quelques semaines à quelques mois après l’intervention.

Autres options thérapeutiques

Traitement Indication
Laser Erbium:YAG ou CO2 Cas résistants aux topiques – alternative moins invasive que la circoncision pour les patients sélectionnés
Photothérapie dynamique (PDT) Option émergente – résultats documentés dans des cas isolés réfractaires

📚 Référence revue 2024 : Relhan V, Kumar A, Kaur A. – Zoon’s Balanitis – Update of Clinical Spectrum and Management – Indian J Dermatol 2024;69(1):63-73

Questions fréquentes

La balanite de Zoon est-elle dangereuse ?

Non – la balanite de Zoon est une affection bénigne et chronique, sans risque de dégénérescence maligne propre. Elle ne devient pas un cancer. En revanche, son aspect clinique peut ressembler à celui de lésions prémalignes ou malignes du gland (érythroplasie de Queyrat, carcinome épidermoïde), ce qui impose toujours une biopsie pour confirmer le diagnostic. Une fois la biopsie faite et le diagnostic établi, la balanite de Zoon ne justifie pas de surveillance oncologique particulière.

Pourquoi les antifongiques sont-ils inefficaces dans la balanite de Zoon ?

Parce que la balanite de Zoon n’est pas une mycose. Elle ne résulte pas d’une infection par Candida ou par un autre champignon – c’est une inflammation chronique d’origine inconnue, probablement liée à l’irritation chronique de la muqueuse sous le prépuce. Les antifongiques agissent sur les infections fongiques – ils sont sans effet sur un processus inflammatoire auto-entretenu. C’est précisément la résistance aux antifongiques (et aux antibiotiques) qui doit conduire à suspecter une balanite de Zoon et à réaliser une biopsie.

La circoncision est-elle obligatoire pour traiter la balanite de Zoon ?

Non, mais c’est le traitement le plus efficace et le seul vraiment curatif. Pour les patients qui refusent la circoncision, le tacrolimus topique à 0,1 % (Protopic®), utilisé hors AMM, représente l’alternative médicale la mieux documentée dans la littérature récente. Une résolution complète est possible en 4 à 6 semaines dans certains cas – mais un traitement d’entretien intermittent est souvent nécessaire pour prévenir la récidive. D’autres options (dermocorticoïdes, mupirocine, laser) peuvent être discutées selon le profil du patient.

Peut-on transmettre la balanite de Zoon à son partenaire ?

Non – la balanite de Zoon n’est pas une infection sexuellement transmissible. Elle n’est pas contagieuse. Il n’y a aucune indication à traiter le ou les partenaires. Cependant, l’annonce du diagnostic peut créer une anxiété importante chez le patient et son entourage – il est important de rassurer clairement sur ce point.

Peut-on avoir une balanite de Zoon si l’on est circoncis ?

Exceptionnellement – la quasi-totalité des cas survient chez des hommes non circoncis. Quelques cas rarissimes ont été rapportés chez des hommes circoncis, notamment en présence d’une immunodépression (VIH). En pratique clinique courante, une rougeur persistante du gland chez un homme circoncis doit faire chercher en priorité une autre cause.

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Références scientifiques

Moreno-Arias GA et al. Plasma cell balanitis treated with tacrolimus 0.1%. Br J Dermatol. 2005;153(6):1204-6. PMID 16307659.
Relhan V, Kumar A, Kaur A. Zoon’s Balanitis – Update of Clinical Spectrum and Management. Indian J Dermatol. 2024;69(1):63-73. PMID 38572053.
Edwards SK et al. BASHH national guideline on the management of balanoposthitis (and related penile skin conditions) 2026. Int J STD AIDS. 2026;37(9):969-983. PMID 42216889.
Haute Autorité de Santé (HAS) – has-sante.fr.

À lire aussi sur les maladies du sexe


Papulose bowénoïde : lésions génitales, causes et traitement

Papulose bowénoïde

Mis à jour le 22 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : La papulose bowénoïde est une infection génitale liée au papillomavirus HPV 16, qui touche surtout les adultes jeunes sexuellement actifs. Son aspect (petites papules rosées ou brunâtres) peut mimer des condylomes banals, mais l’histologie montre des signes de dysplasie : seule une biopsie permet d’affirmer le diagnostic et d’éliminer une authentique maladie de Bowen génitale. L’examen du ou des partenaires est systématique.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue


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Définition et causes

La papulose bowénoïde est une infection cutanéo-muqueuse génitale due aux papillomavirus humains (HPV), le plus souvent le génotype HPV 16, considéré comme à haut risque oncogène. Elle se distingue des condylomes acuminés classiques par ses caractéristiques histologiques évocatrices d’une dysplasie intra-épithéliale, malgré une présentation clinique souvent banale.

La papulose bowénoïde est principalement observée chez des adultes jeunes sexuellement actifs à partenaires multiples. Elle peut se transmettre par contact sexuel direct et justifie, à ce titre, l’examen systématique du ou des partenaires.

💡 À savoir
HPV 16 est également impliqué dans les cancers du col utérin, du vagin, de la vulve, du pénis et de l’oropharynx. La papulose bowénoïde s’intègre dans le spectre des néoplasies intra-épithéliales liées aux HPV à haut risque.

Signes cliniques

La papulose bowénoïde atteint préférentiellement la peau plutôt que les muqueuses : pourtour de la vulve, fourreau de la verge, région péri-anale. Elle se présente sous la forme de :

  • Petites papules multiples, rosées et/ou brunâtres, légèrement squameuses, parfois verruqueuses
  • Parfois de véritables plaques sur le sexe, confluentes, aux contours irréguliers
  • Lésions souvent asymptomatiques, découvertes fortuitement ou lors d’un bilan IST
⚠ Attention
L’aspect clinique peut être trompeur et mimer des condylomes banals. Seule la biopsie permet d’affirmer le diagnostic et d’éliminer une maladie de Bowen génitale vraie.

Examens complémentaires

Le diagnostic repose sur l’histologie par biopsie cutanée : le dermatologue prélève sous anesthésie locale un fragment de la lésion, adressé à un anatomopathologiste pour analyse microscopique.

Le signe histologique le plus caractéristique est la dissociation entre l’architecture bénigne des lésions et les signes cytologiques de malignité (koïlocytes, mitoses atypiques, pléomorphisme nucléaire). Cette dualité est pathognomonique de la papulose bowénoïde et la distingue formellement de la maladie de Bowen vraie.

Des examens complémentaires peuvent compléter le bilan :

  • Typage HPV (PCR sur prélèvement ou sur biopsie) pour identifier le génotype
  • Colposcopie et frottis cervico-vaginal chez la femme, en raison du risque de néoplasie intra-cervicale (CIN) associée à HPV 16
  • Sérologies IST (VIH, syphilis) selon le contexte

Évolution et pronostic

Le pronostic est généralement favorable chez le sujet jeune immunocompétent, avec des possibilités de régression spontanée documentées. Cependant, le suivi reste indispensable car :

  • Les récidives locales sont fréquentes
  • Chez les patients âgés ou immunodéprimés (VIH, traitements immunosuppresseurs, hémopathies), le risque d’évolution vers une maladie de Bowen génitale ou un carcinome épidermoïde invasif est réel
  • Un suivi gynécologique rapproché est recommandé chez la partenaire féminine (risque de CIN)
🚨 Facteurs de risque d’évolution maligne
Immunodépression (VIH++), âge avancé, génotype HPV 16 ou 18, lésions étendues ou confluentes, tabagisme associé. Ces patients doivent bénéficier d’une surveillance dermatologique et oncologique renforcée.

Quand consulter sans tarder ?

Une biopsie est indispensable dès la découverte de lésions évocatrices, pour éliminer une authentique maladie de Bowen génitale ou un carcinome épidermoïde invasif. La vigilance doit être renforcée chez les patients immunodéprimés (VIH, traitements immunosuppresseurs), les personnes âgées, en cas de génotype HPV 16 ou 18, de lésions étendues ou confluentes, ou de tabagisme associé : ces facteurs augmentent le risque d’évolution maligne et justifient une surveillance dermatologique et oncologique renforcée. L’examen du ou des partenaires est systématique, avec consultation gynécologique (colposcopie, frottis) chez la partenaire féminine.

Traitement

Examen du ou des partenaires (priorité absolue)

L’examen clinique du ou des partenaires sexuels est indispensable avant toute décision thérapeutique. Chez la femme, le risque de néoplasie intra-cervicale (CIN) lié à HPV 16 impose une consultation gynécologique avec colposcopie et frottis.

Surveillance simple

Chez un patient jeune, immunocompétent, à lésions peu étendues, une simple surveillance clinique rapprochée peut être proposée, en raison du potentiel de régression spontanée.

Option thérapeutique Principe Indications préférentielles
Surveillance Abstention thérapeutique avec suivi Sujet jeune, immunocompétent, lésions limitées
Excision chirurgicale Exérèse des lésions avec marges saines Lésions isolées, doute diagnostique
Laser CO2 / électrocoagulation Carbonisation des lésions Lésions multiples, étendues
Cryothérapie Destruction par azote liquide Lésions peu étendues, en cabinet
Acide trichloracétique Destruction chimique locale Lésions muqueuses accessibles
Imiquimod (Aldara®) Immunomodulation locale, stimulation de l’immunité innée Lésions étendues, volontaires à l’auto-application

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Questions fréquentes (FAQ)

La papulose bowénoïde est-elle un cancer ?

Non, la papulose bowénoïde n’est pas un cancer à proprement parler, mais une lésion précancéreuse liée à HPV 16. Chez le sujet jeune immunocompétent, elle peut régresser spontanément. Chez des sujets immunodéprimés ou âgés, elle peut évoluer vers une maladie de Bowen ou un carcinome épidermoïde invasif sans prise en charge adaptée.

La papulose bowénoïde est-elle contagieuse ?

Oui, elle est transmissible par contact sexuel direct (HPV 16). L’examen clinique du ou des partenaires est systématiquement recommandé. L’utilisation du préservatif réduit le risque de transmission, sans l’éliminer totalement.

Comment distinguer papulose bowénoïde et condylomes classiques ?

Cliniquement, la distinction peut être difficile. L’histologie est le seul examen permettant de différencier les deux entités : la papulose bowénoïde présente des signes cytologiques de malignité (atypies nucléaires, mitoses) contrastant avec une architecture d’ensemble apparemment bénigne, ce qui n’est pas le cas des condylomes simples.

Existe-t-il un traitement définitif de la papulose bowénoïde ?

Aucun traitement n’est totalement curatif car le virus HPV persiste dans les cellules. Les différentes méthodes (chirurgie, laser, imiquimod, cryothérapie) détruisent les lésions visibles, mais les récidives sont possibles. Un suivi dermatologique régulier est donc indispensable.

La vaccination HPV est-elle utile en cas de papulose bowénoïde avérée ?

La vaccination HPV (Gardasil 9®) protège contre les génotypes 16, 18 et cinq autres génotypes à haut risque. Elle est recommandée à titre préventif avant l’exposition au virus et peut être envisagée même chez des personnes déjà infectées pour prévenir une infection par d’autres génotypes non encore rencontrés.

Mon partenaire doit-il aussi être traité ?

L’examen du partenaire est obligatoire. Si des lésions HPV sont détectées, une prise en charge est proposée. Chez la partenaire féminine, une consultation gynécologique avec frottis et colposcopie est recommandée pour dépister une éventuelle néoplasie intra-cervicale (CIN).

Références scientifiques

  • Wade TR, Kopf AW, Ackerman AB. Bowenoid papulosis of the genitalia. Arch Dermatol. 1979;115(3):306-308. PMID 434846
  • Ikenberg H, Gissmann L, Gross G, et al. Human papillomavirus type-16-related DNA in genital Bowen’s disease and in bowenoid papulosis. Int J Cancer. 1983;32(5):563-565. PMID 6315601
  • Berger BW, Hori Y. Multicentric Bowen’s disease of the genitalia: spontaneous regression of lesions. Arch Dermatol. 1978;114(11):1698-1699. PMID 757959
  • HAS. Recommandations vaccinales contre les infections à papillomavirus humains (HPV). Actualisation 2023. has-sante.fr

Sur dermatonet.com – Lésions précancéreuses et cancers cutanés

Voir aussi : La papulose bowénoïde s’inscrit dans le spectre des néoplasies intra-épithéliales génitales liées aux HPV à haut risque. Un dépistage gynécologique régulier et la vaccination anti-HPV (Gardasil 9®) restent les meilleurs outils de prévention primaire et secondaire des cancers liés aux papillomavirus.

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Problèmes cutanés génitaux

Dysfonctions sexuelles, paraphilies et troubles de l’identité sexuelle : lien avec la peau

Mis à jour le 25 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Une dysfonction sexuelle touche 43 % des femmes et 31 % des hommes selon l’enquête de référence Laumann et al., et certaines paraphilies (masochisme sexuel notamment) laissent des traces cutanées reconnaissables par le dermatologue : contusions, brûlures circulaires, cicatrices de ligatures. Le dermatologue joue aussi un rôle direct dans le parcours de transition de genre (épilation laser, acné sous testostérone).
Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Troubles sexuels et identité de genre
Dysfonctions sexuelles, paraphilies et identité de genre

Article rédigé d’après les critères du DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux).

Psycho-dermatologie : sexualité, identité et peau

La psycho-dermatologie étudie les interactions entre la psyché et la peau. Les troubles de la sexualité et de l’identité de genre génèrent des manifestations cutanées directes et des modes de consultation spécifiques que le dermatologue rencontre régulièrement – souvent sans que le contexte soit spontanément évoqué par le patient.

Sexualité, identité et peau : liens cliniques en psycho-dermatologie :

  • Maladies sexuellement transmissibles : les dysfonctions et paraphilies peuvent s’associer à des comportements sexuels à risque (multiplicité des partenaires, absence de protection, prostitution dans le contexte du trouble de l’identité sexuelle). Le dermatologue identifie les signes cutanés des IST : roséole syphilitique, condylomes acuminés, lésions herpétiques, exanthème VIH primaire.
  • Lésions cutanées liées au masochisme sexuel : les pratiques masochistes (liens, fessées, brûlures, coupures, infibulation) génèrent des lésions cutanées spécifiques – contusions, hématomes, brûlures circulaires, cicatrices de ligatures, plaies incisées – présentées parfois en consultation dermatologique ou aux urgences. Le dermatologue doit adopter une attitude non jugeante et identifier si les lésions résultent d’actes consentis ou non consentis.
  • Hypoxyphilie et lésions cervicales : le masochisme par privation d’oxygène (strangulation érotique, sac plastique) peut laisser des ecchymoses cervicales, des pétéchies oculaires et des marques de ligature sur le cou. Ces signes sont potentiellement mortels et doivent faire l’objet d’une attention particulière.
  • Épilation et transition de genre : le DSM mentionne explicitement que les personnes présentant un trouble de l’identité sexuelle ont recours à l’épilation laser pour effacer les caractères sexuels secondaires (pilosité masculine). Le dermatologue laser est donc un interlocuteur direct et récurrent dans le parcours de transition. Une approche bienveillante, informée et non stigmatisante est indispensable.
  • Complications cutanées de la réassignation hormonale : le traitement hormonal de la dysphorie de genre (œstrogènes chez les personnes trans féminines, testostérone chez les personnes trans masculines) génère des modifications cutanées importantes – acné sous testostérone, modifications de la texture cutanée, redistribution du tissu adipeux – relevant d’un suivi dermatologique.
  • Cicatrices chirurgicales : les chirurgies de réassignation de genre (mastectomie, phalloplastie, vaginoplastie) peuvent laisser des cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes nécessitant une prise en charge dermatologique spécialisée.
  • Automédication hormonale et complications cutanées : le DSM signale que certaines personnes trans s’automédiquent avec des hormones sans suivi médical. Cela peut entraîner des effets cutanés non surveillés (acné sévère, érythrocytose visible, modifications des mélanomes existants).
  • Stigmatisation et souffrance psychologique : les personnes présentant ces troubles sont fréquemment exposées à l’ostracisme, aux moqueries et au rejet social, sources de dépression et d’anxiété chronique – deux facteurs aggravants des maladies cutanées inflammatoires (psoriasis, eczéma) déjà documentés dans les pages précédentes.

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1/ Dysfonctions sexuelles

Les dysfonctions sexuelles sont caractérisées par une perturbation du désir sexuel et des modifications psychophysiologiques qui caractérisent le déroulement de la réponse sexuelle, à l’origine d’une souffrance marquée et de difficultés interpersonnelles. Voir aussi les articles dédiés : baisse du désir sexuel et éjaculation précoce.

Le cycle de la réponse sexuelle

  • Phase 1 – Désir : fantaisies imaginatives et désir d’accomplir un acte sexuel.
  • Phase 2 – Excitation : plaisir subjectif + érection (homme) / congestion pelvienne, lubrification et intumescence vaginale (femme).
  • Phase 3 – Orgasme : acmé du plaisir + contractions périnéales + éjaculation (homme).
  • Phase 4 – Résolution : détente musculaire et bien-être ; période réfractaire chez l’homme, réponse quasi immédiate possible chez la femme.

Les dysfonctions peuvent concerner l’une ou plusieurs de ces phases. Elles sont classées selon leur mode de début (de tout temps / acquis), le contexte (généralisé / situationnel) et les facteurs étiologiques (facteurs psychologiques seuls / combinaison de facteurs).

Trouble de l’excitation sexuelle chez la femme

La caractéristique essentielle est une incapacité persistante ou répétée à atteindre ou à maintenir une réactivité sexuelle adéquate (lubrification, intumescence) jusqu’à l’accomplissement de l’acte sexuel. Ce trouble s’accompagne souvent d’une absence de sensation subjective d’excitation, de rapports douloureux, d’un évitement sexuel et de difficultés relationnelles.

Point dermatologique : Plusieurs médicaments utilisés en dermatologie peuvent réduire la lubrification vaginale : les antihistaminiques (prescrits pour l’urticaire, le prurit) et les antihypertenseurs. Cette dysfonction induite par une substance doit être distinguée d’une dysfonction primaire. Le dermatologue prescripteur doit informer ses patientes de cet effet possible et l’intégrer dans l’évaluation du rapport bénéfice/risque.

Prévalence des dysfonctions sexuelles

Dysfonction Prévalence estimée
Baisse du désir sexuel (femme) 33 %
Éjaculation précoce 27 %
Troubles de l’orgasme (femme) 25 %
Troubles de l’excitation sexuelle (femme) 20 %
Dyspareunie féminine 15 %
Troubles de l’orgasme (homme) 10 %
Difficultés d’érection 10 % (augmente après 50 ans)

2/ Paraphilies

Les paraphilies sont caractérisées par des impulsions sexuelles, des fantaisies ou des comportements répétés et intenses impliquant des objets, activités ou situations inhabituels, pendant au moins 6 mois, à l’origine d’une souffrance significative ou d’une altération du fonctionnement.

Fétichisme

La focalisation paraphilique implique l’utilisation d’objets inanimés (sous-vêtements, chaussures, bas, bottes) pour déclencher l’excitation sexuelle. L’objet fétiche peut être requis pour obtenir l’érection. Le trouble débute généralement dans l’adolescence et tend à être chronique.

Masochisme sexuel

Implique l’acte (réel, non simulé) d’être humilié, battu, attaché ou livré à la souffrance. Peut inclure des liens, bandage des yeux, fouet, coupures, chocs électriques, brûlures ou humiliation. La forme la plus dangereuse est l’hypoxyphilie (excitation par privation d’oxygène par strangulation ou ligature) – responsable de 1 à 2 décès par million d’habitants chaque année dans les pays documentés.

Alerte dermatologique – lésions masochistes : Le dermatologue peut être confronté à des ecchymoses cervicales, des pétéchies oculaires, des marques de ligatures sur le cou, des brûlures circulaires ou des plaies incisées présentées aux urgences ou en consultation. Devant ces lésions, distinguer des actes consentis (BDSM consenti) de violences non consenties est essentiel. En cas de doute sur le caractère consenti, orienter vers une évaluation médico-légale. Les marques d’hypoxyphilie sur le cou doivent faire évoquer un risque vital.

Sadisme sexuel

Implique une excitation sexuelle déclenchée par la souffrance psychologique ou physique de la victime. Peut se pratiquer avec un partenaire consentant (masochiste) ou sur des victimes non consentantes – dans ce dernier cas, il constitue une infraction pénale grave. Associé à une personnalité antisociale, il peut conduire à des blessures sévères ou à l’homicide.

Signal clinique à ne pas manquer : des lésions cutanées disproportionnées par rapport au récit du patient (brûlures multiples, hématomes en série, marques de ligature profondes), un discours incohérent sur leur origine, une peur visible du patient ou des marques d’hypoxyphilie (strangulation érotique) sur le cou doivent alerter le dermatologue sur un possible défaut de consentement. Dans ce cas, une orientation médico-légale ou un signalement peuvent s’imposer.

Exhibitionnisme, Frotteurisme, Transvestisme fétichiste, Voyeurisme

  • Exhibitionnisme : exposition des organes génitaux à une personne non consentante pour déclencher l’excitation.
  • Frotteurisme : toucher ou se frotter contre une personne non consentante (transports en commun). Début dans l’adolescence, fréquence maximale entre 15 et 25 ans.
  • Transvestisme fétichiste : travestissement masculin avec vêtements féminins à visée sexuelle chez des hommes hétérosexuels. Peut s’accompagner d’une dysphorie concernant l’identité sexuelle.
  • Voyeurisme : observation de personnes nues ou en train d’avoir des rapports à leur insu. Évolution chronique.

3/ Troubles de l’identité sexuelle

Les troubles de l’identité sexuelle (aujourd’hui désignés sous les termes de dysphorie de genre dans les classifications plus récentes) sont caractérisés par une identification franche et persistante à l’autre sexe accompagnée d’un sentiment persistant d’inconfort par rapport au sexe déclaré.

Le tableau clinique varie selon l’âge – chez l’enfant, par des jeux et préférences vestimentaires du sexe opposé ; chez l’adolescent et l’adulte, par un désir de vivre et d’être traité comme le sexe opposé, et un désir de réassignation hormonale ou chirurgicale.

Rôle du dermatologue dans la transition de genre :

  • Épilation laser : traitement de la pilosité faciale et corporelle masculine est une étape centrale du parcours de transition des femmes trans. Le DSM le mentionne explicitement. Le dermatologue laser est un acteur de soin important et direct.
  • Acné sous testostérone : les hommes trans sous traitement androgénique développent fréquemment une acné, parfois sévère, relevant d’un traitement dermatologique (rétinoïdes topiques, isotrétinoïne si nécessaire).
  • Modifications cutanées hormonales : redistribution du tissu adipeux, modifications de la texture cutanée et de la pilosité nécessitant un suivi dermatologique régulier.
  • Cicatrices de chirurgie de réassignation : mastectomie (homme trans), vaginoplastie (femme trans) – risque de cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes relevant de la dermatologie chirurgicale.
  • Approche bienveillante et non stigmatisante : l’ostracisme et les moqueries sont des facteurs de souffrance majeurs pour ces patients. La consultation dermatologique doit être un espace de soin sécurisé, respectueux de l’identité de genre autoproclamée.

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Questions fréquentes

Quel est le rôle du dermatologue dans le parcours de transition de genre ?

Le dermatologue intervient à plusieurs étapes du parcours de transition : épilation laser de la pilosité faciale et corporelle (étape explicitement mentionnée dans la littérature médicale pour les femmes trans), prise en charge de l’acné androgénique sous testostérone chez les hommes trans, suivi des modifications cutanées hormonales, et traitement des cicatrices de chirurgie de réassignation (hypertrophiques, chéloïdes). Une approche bienveillante et non stigmatisante est indispensable.

Les lésions liées au masochisme sexuel consenti sont-elles à traiter différemment des violences ?

Oui. Les pratiques BDSM consenties entre adultes sont légales en France – les lésions qui en résultent (ecchymoses, contusions, petites coupures) relèvent d’une prise en charge dermatologique standard sans signalement. En revanche, si le dermatologue a des raisons de douter du caractère consenti (discours incohérent, peur du patient, lésions disproportionnées), une orientation médico-légale ou un signalement peuvent s’imposer. Les marques d’hypoxyphilie (strangulation érotique) sur le cou constituent une situation particulièrement sérieuse à évaluer.

Les antihistaminiques prescrits en dermatologie peuvent-ils provoquer une dysfonction sexuelle ?

Oui. Les antihistaminiques (notamment de première génération) et certains antihypertenseurs réduisent la lubrification vaginale par leur effet anticholinergique. Cette dysfonction sexuelle induite par une substance est réversible à l’arrêt ou au changement de traitement. Le dermatologue doit l’anticiper lors de prescriptions prolongées et en informer ses patientes.

L’acné induite par la testostérone chez les hommes trans se traite-t-elle comme une acné habituelle ?

Oui, les principes de traitement sont les mêmes. L’acné androgénique sous testostérone peut être sévère et nodulaire. Elle répond aux traitements habituels (rétinoïdes topiques, antibiotiques locaux ou oraux, isotrétinoïne dans les formes sévères). Le suivi dermatologique régulier est recommandé dès le début du traitement hormonal.

La paraphilie constitue-t-elle toujours un trouble psychiatrique ?

Non. Une fantaisie ou une pratique sexuelle inhabituelle n’est paraphilique (au sens pathologique) que lorsqu’elle est à l’origine d’une souffrance cliniquement significative, d’une altération du fonctionnement, ou implique des personnes non consentantes. De nombreuses personnes ont des fantaisies non conventionnelles sans que cela constitue un trouble psychiatrique.

À lire aussi – Épilation et dermatologie esthétique :

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Sources et références scientifiques

  • Laumann EO, Paik A, Rosen RC. Sexual dysfunction in the United States: prevalence and predictors. JAMA. 1999;281(6):537-544. PMID 10022110.
  • Liu A, Zhang E, Leroux EJ, Benassi P. Sexual Sadism Disorder and Coercive Paraphilic Disorder: A Scoping Review. J Sex Med. 2022;19(3):496-506. PMID 35153163.
  • Başar K. The Changes in ICD-11 Related to Sexual Health and Dysfunction and Their Implication for Clinical Practice. Turk Psikiyatri Derg. 2025;36:31. PMID 41070494.
  • Smith CA, et al. Acne Incidence and Severity in Transgender Individuals. JAMA Dermatol. 2026;162(3):255-263. PMID 41563779.
  • Haute Autorité de Santé. Transition de genre : premières recommandations sur la prise en charge médicale de l’adulte, 2025. has-sante.fr.


Article rédigé et validé scientifiquement par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant à Bordeaux, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience, afin de délivrer une information de santé rigoureuse et indépendante, adossée aux données acquises de la science (PubMed, HAS).

Moins envie de faire l’amour : baisse du désir et dégout du sexe

Baisse du désir sexuel et aversion sexuelle : diagnostic, causes et lien avec la peau

Baisse du désir sexuel et aversion sexuelle
Troubles du désir sexuel

Article rédigé d’après les critères du DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux).

Les troubles du désir sexuel recouvrent deux tableaux distincts : la baisse du désir sexuel (déficience persistante de fantaisies et de motivation sexuelle) et l’aversion sexuelle (répugnance active et évitement des contacts génitaux). Ces troubles, fréquents et souvent sous-diagnostiqués, génèrent une souffrance significative et altèrent profondément la qualité relationnelle.

Mis à jour le 25 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Une baisse de désir ou une aversion sexuelle peut avoir une cause cutanée méconnue : le lichen scléreux vulvaire s’accompagne de troubles sexuels chez 81 % des patientes, et le lichen plan vulvaire chez 85 % d’entre elles, selon une étude portant sur 1355 patientes. Isotrétinoïne, douleur chronique ou image corporelle altérée par une dermatose visible sont d’autres pistes à explorer avec un dermatologue.
Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Psycho-dermatologie : désir sexuel et peau

La psycho-dermatologie étudie les interactions entre la psyché et la peau. Les troubles du désir sexuel et les maladies cutanées entretiennent des relations étroites et bidirectionnelles que le dermatologue rencontre régulièrement en consultation.

Désir sexuel et peau : liens cliniques en psycho-dermatologie :

  • Image corporelle et maladies cutanées visibles : le psoriasis étendu, le vitiligo, l’acné sévère cicatricielle, la rosacée ou l’alopécie androgénétique altèrent profondément l’image corporelle. La honte du corps – le fait de « ne pas vouloir être vu nu » – est l’une des causes les plus fréquentes et les moins diagnostiquées de baisse du désir sexuel situationnelle ou généralisée. Des études montrent que 40 à 70 % des patients atteints de psoriasis étendu rapportent une diminution du désir ou de l’activité sexuelle.
  • Dermatoses génitales et aversion sexuelle : le lichen scléreux vulvaire, la vulvodynie, le lichen plan génital érosif ou les condylomes génitaux répétés peuvent générer une véritable aversion sexuelle par douleur anticipée, dégoût de soi ou honte corporelle. Ces tableaux relèvent d’une prise en charge conjointe dermatologique et sexologique.
  • Herpès génital récidivant : la récurrence des poussées, la honte de la contamination potentielle du partenaire et la stigmatisation sociale génèrent souvent une baisse du désir durable, voire une aversion situationnelle spécifique aux périodes de doute sur l’activité virale.
  • Maladies cutanées et dépression : la dépression – complication fréquente du psoriasis, de l’eczéma atopique sévère et de la pelade – est elle-même l’une des premières causes de baisse du désir sexuel. Ce triangle (dermatose → dépression → baisse du désir) est fréquemment rencontré et justifie l’évaluation systématique du retentissement psychosexuel lors des consultations pour maladies cutanées chroniques.
  • Médicaments dermatologiques et désir sexuel : plusieurs traitements dermatologiques influencent la sexualité – les antidépresseurs ISRS (prescrits dans la dermatillomanie, le prurit psychogène) réduisent le désir sexuel ; l’isotrétinoïne (Roaccutane®) a été associée à une baisse de la libido dans certaines études ; les corticoïdes systémiques au long cours peuvent altérer l’axe gonadotrope. À l’inverse, un traitement efficace de la dermatose améliore souvent spontanément le désir en restaurant l’image corporelle.
  • Aversion sexuelle et dysmorphophobie cutanée : les patients souffrant de dysmorphophobie (préoccupation excessive pour une imperfection cutanée mineure) développent parfois une aversion des contacts intimes par crainte que le partenaire remarque et juge la « déficience » perçue.

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1/ Baisse du désir sexuel

Définition et caractéristiques

La caractéristique essentielle du trouble est une déficience ou une absence persistante ou répétée de fantaisies imaginatives d’ordre sexuel et de désir d’activité sexuelle (Critère A), à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés relationnelles (Critère B).

Le sujet est peu motivé dans la recherche de stimuli sexuels et éprouve peu de frustration en leur absence. Il ne prend habituellement pas l’initiative d’une activité sexuelle, ou ne s’y livre qu’avec réticence à la demande de son partenaire. La fréquence des rapports peut néanmoins être maintenue sous la pression du partenaire ou pour des besoins non sexuels (bien-être physique, sentiment d’intimité).

Nuance clinique importante : Le diagnostic repose sur un jugement clinique contextuel – il n’existe pas de norme universelle de fréquence ou d’intensité du désir. Une apparente « baisse du désir » chez l’un des partenaires peut en réalité refléter un besoin excessif d’activité sexuelle chez l’autre. Le clinicien peut être amené à examiner les deux partenaires pour trancher.

La baisse du désir peut être globale (concernant toutes formes d’expression sexuelle) ou situationnelle (limitée à un partenaire ou à une activité spécifique, par exemple les rapports mais pas la masturbation).

Sous-types

Dimension Sous-type Caractéristiques
Mode de début De tout temps Présent depuis la puberté, jamais de période de désir adéquat
Acquis Développé après une période d’intérêt sexuel adéquat
Contexte Généralisé Toutes situations, tous partenaires
Situationnel Limité à certains contextes ou partenaires – souvent d’origine relationnelle ou psychologique
Étiologie Facteurs psychologiques Anxiété, dépression, trauma, image corporelle
Combinaison de facteurs Psychologique + organique (hormonal, médicamenteux, dermatologique)

Évolution

Dans la forme de tout temps, l’absence de désir est présente depuis la puberté. Dans la majorité des cas, le trouble apparaît à l’âge adulte, après une période d’intérêt sexuel adéquat, souvent en lien avec un désarroi psychologique, des événements stressants ou des difficultés relationnelles. La perte du désir peut être continue ou épisodique, selon les facteurs psychosociaux ou relationnels en jeu.

Les troubles dépressifs sont fréquemment associés à une diminution du désir – la dépression peut précéder, accompagner ou résulter de la baisse du désir sexuel, créant parfois un cercle vicieux.

Diagnostic différentiel

La baisse du désir doit être distinguée d’une dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale – notamment les anomalies hormonales (hypogonadisme, hyperprolactinémie, hypothyroïdie) qui altèrent spécifiquement le substrat physiologique du désir. Un dosage de testostérone totale, testostérone libre et prolactine est indiqué en cas de suspicion.

Lorsqu’une substance ou un médicament est en cause (antihypertenseurs, ISRS, corticoïdes systémiques, anti-androgènes utilisés en dermatologie contre l’acné ou l’hirsutisme), on parle de dysfonction sexuelle induite par une substance.

Critères diagnostiques DSM

A. Déficience (ou absence) persistante ou répétée de fantaisies imaginatives d’ordre sexuel et de désir d’activité sexuelle. Le clinicien tient compte de l’âge et du contexte existentiel du sujet.

B. La perturbation est à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés interpersonnelles.

C. La dysfonction sexuelle n’est pas mieux expliquée par un autre trouble et n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une substance ou d’une affection médicale générale.

Spécifier : Type de tout temps / Type acquis – Type généralisé / Type situationnel – Facteurs psychologiques / Combinaison de facteurs.

Quand consulter rapidement : une plaque blanche, une fissure qui saigne, une douleur génitale persistante ou une lésion qui ne guérit pas au niveau vulvaire ou du prépuce doivent être examinées sans tarder par un dermatologue, ces signes pouvant évoquer un lichen scléreux ou un lichen plan génital, deux dermatoses à surveiller pour leur retentissement sur la sexualité et, plus rarement, leur potentiel de transformation.

2/ Aversion sexuelle

Définition et critères

La caractéristique essentielle de l’aversion sexuelle est une aversion extrême, persistante ou répétée, et un évitement actif de tout contact génital avec un partenaire (Critère A), à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés interpersonnelles (Critère B), non mieux expliquée par un autre trouble (Critère C).

Le sujet fait part d’une réaction d’anxiété, d’appréhension ou de dégoût quand il est confronté à une occasion de relation sexuelle. L’aversion peut se focaliser sur un aspect particulier (sécrétions génitales, pénétration vaginale) ou concerner l’ensemble des stimuli sexuels, y compris les baisers et les caresses.

L’intensité de la réaction va d’une anxiété modérée et d’une absence de plaisir à une détresse psychologique extrême.

Critères diagnostiques :

A. Aversion extrême, persistante ou répétée, et évitement de tout (ou presque tout) contact génital avec un partenaire sexuel.

B. Souffrance marquée ou difficultés interpersonnelles.

C. Non mieux expliquée par un autre trouble de l’Axe I (sauf une autre dysfonction sexuelle).

Caractéristiques associées

Confrontés à une situation sexuelle, certains patients présentent des attaques de panique : anxiété extrême, sentiment de terreur, nausées, palpitations, vertiges, difficultés respiratoires.

Les patients développent souvent des stratégies d’évitement indirectes : aller se coucher plus tôt, voyager fréquemment, négliger délibérément leur apparence extérieure, surinvestir les activités professionnelles, sociales ou familiales, ou consommer des substances.

Alerte dermato : La négligence délibérée de l’apparence comme stratégie d’évitement sexuel peut prendre des formes cutanées : refus de soins pour des dermatoses visibles, port de vêtements couvrants en toute saison, refus de traitements esthétiques pourtant bénéfiques. Le dermatologue qui observe ce tableau doit y penser et aborder la question de la vie intime du patient avec tact.
Bonne pratique : Dans les maladies cutanées à fort retentissement sur l’image corporelle (psoriasis étendu, vitiligo génital, lichen scléreux vulvaire), l’évaluation systématique de la vie sexuelle et de la qualité de vie est recommandée. Des outils validés comme le DLQI (Dermatology Life Quality Index) incluent des questions sur la vie sexuelle et permettent d’objectiver le retentissement. Une orientation vers un sexologue ou un psychologue est indiquée en cas de trouble avéré.

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Questions fréquentes

Une maladie de peau peut-elle provoquer une baisse du désir sexuel ?

Oui. Les maladies cutanées chroniques visibles (psoriasis, vitiligo, acné sévère, alopécie) altèrent l’image corporelle et génèrent une honte du corps qui est l’une des causes les plus fréquentes de baisse du désir situationnelle. Des études montrent que 40 à 70 % des patients atteints de psoriasis étendu signalent une diminution de l’activité sexuelle. Le traitement efficace de la dermatose améliore souvent le désir en restaurant l’image corporelle.

Le lichen scléreux ou le lichen plan génital peuvent-ils provoquer une aversion sexuelle ?

Oui. Ces dermatoses génitales, souvent douloureuses et défigurantes localement, génèrent fréquemment une aversion sexuelle par douleur anticipée lors des rapports (dyspareunie), honte de l’aspect génital modifié et anxiété de contamination. La prise en charge dermatologique précoce et efficace est essentielle pour prévenir l’installation de ce tableau.

L’isotrétinoïne (Roaccutane®) réduit-elle le désir sexuel ?

Certaines études rapportent une baisse de la libido chez des patients traités par isotrétinoïne, mais le lien causal direct n’est pas établi avec certitude. À l’inverse, en traitant efficacement une acné sévère source de honte corporelle, l’isotrétinoïne peut améliorer l’image corporelle et restaurer le désir. L’évaluation est à individualiser avec le médecin prescripteur.

Comment le dermatologue évalue-t-il le retentissement sexuel d’une maladie de peau ?

Le DLQI (Dermatology Life Quality Index) est l’outil validé le plus utilisé en dermatologie. Il comprend une question directe sur les relations intimes. Un score élevé sur cette dimension oriente vers une évaluation approfondie et une éventuelle orientation sexologique. L’entretien clinique reste indispensable – le dermatologue peut aborder la question de façon naturelle dans le bilan de retentissement global de la maladie.

Quelle est la différence entre baisse du désir et aversion sexuelle ?

La baisse du désir est une diminution ou absence de motivation et de fantaisies sexuelles – le patient ne cherche pas le contact mais ne le redoute pas non plus. L’aversion sexuelle est une réaction active de dégoût, d’anxiété ou d’évitement face aux contacts génitaux, pouvant aller jusqu’à l’attaque de panique. L’aversion est donc plus intense et plus invalidante, et requiert généralement une prise en charge spécialisée en sexologie ou psychothérapie.

À lire aussi – Dermatologie génitale et image corporelle :

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Références

  • Zieneldien T, Ma S, Succaria F, Grant-Kels JM. When Skin Disease Affects Intimacy: The Ethical Duty for Dermatologists to Screen for Sexual Dysfunction. Clin Dermatol. 2026. PMID 42570707
  • Hu Q, Sun K, Liu L, et al. Differential Clinical Signatures of Vulvar Lichen Sclerosus, Lichen Planus, and Chronic Lichen Simplex: A Comparative Study in 1355 Patients. Clin Cosmet Investig Dermatol. 2026;19:570982. PMID 41878554
  • Tan E, Kennedy H, Rademaker M. Exploring the association between isotretinoin and sexual dysfunction: a comprehensive scoping review. Clin Exp Dermatol. 2024;49(11):1396-1404. PMID 38703072
  • Haute Autorité de Santé. Santé sexuelle et reproductive : recommandations de bonnes pratiques, argumentaire. Juillet 2026. has-sante.fr

Dr Ludovic Rousseau est dermatologue-vénérologue, fondateur de Dermatonet.com en 2000, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience, Bordeaux.

Boutons qui grattent sur l’anus : causes et traitement

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Boutons sur l’anus et autour de l’anus : causes et diagnostic
Les boutons sur l’anus – lésions en relief, ponctuelles ou groupées, autour de la région péri-anale – constituent un motif de consultation souvent retardé par la gêne. Ils se distinguent des plaques rouges étendues (voir rougeurs autour de l’anus) et du prurit anal sans lésion visible (voir démangeaisons anales) par leur caractère lésionnel en relief : papule, vésicule, végétation, nodule, pustule. L’anus est situé au fond du sillon interfessier – zone d’occlusion permanente, de macération, de frottements, et exposée aux souillures fécales. Cette anatomie particulière prédispose à un grand nombre de pathologies infectieuses, parasitaires et inflammatoires qui se manifestent par des boutons.

La région péri-anale peut être le siège de nombreuses lésions en relief
En bref : Un bouton sur l’anus a le plus souvent une cause bénigne : hémorroïde externe thrombosée, condylome (HPV), molluscum contagiosum ou folliculite. Toute lésion qui grossit, s’ulcère ou résiste à un traitement bien conduit pendant 4 à 6 semaines doit être biopsiée pour éliminer une cause plus rare.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Mis à jour le 28 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Voir aussi :
Démangeaisons anales
Rougeurs autour de l’anus
Condylomes
Herpès péri-anal
Boutons entre les fesses
À propos du Dr Rousseau

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1. Pourquoi a-t-on des boutons sur l’anus ?

L’anus est situé au fond d’un pli – le sillon interfessier – soumis à une occlusion récurrente, une macération et des frottements permanents, en particulier lors d’une activité sédentaire prolongée. L’occlusion de la peau et des follicules pileux favorise le développement de folliculites, d’abcès, de kystes. La proximité des selles constitue un réservoir bactérien et parasitaire permanent. Enfin, la zone anale est une localisation fréquente des infections sexuellement transmissibles – que les rapports aient été anaux ou non, certaines IST se transmettent par simple contact cutané ou muqueux péri-génital.

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2. Orientation diagnostique selon le type de lésion

Type de lésion Diagnostics à évoquer en priorité Signe distinctif
Végétations molles, rosées, « en crête de coq » Condylomes (HPV) IST – transmission par contact cutanéo-muqueux
Vésicules douloureuses en bouquet, érosions Herpès péri-anal (HSV-2) Douleur intense, récurrence caractéristique
Papules nacrées ombiliquées, indolores Molluscum contagiosum Ombilication centrale, virose
Petits boutons centrés sur un poil, pustuleux Folliculite, furoncle Germe bactérien le plus souvent (staphylocoque)
Nodule rouge-brun saignant facilement au contact Botriomycome (granulome pyogénique) Croissance rapide, saignement abondant
Tuméfaction bleutée douloureuse à la marge anale Hémorroïdes externes thrombosées Douleur intense, consistance ferme
Nodule ferme, récidivant avec fistule péri-anale Kyste pilonidal, maladie de Verneuil Abcès récidivants, cicatrices en corde
Ulcération indurée indolore Syphilis (chancre primaire) Induration, adénopathies inguinales bilatérales

3. Lésions d’origine sexuelle (IST)

Condylomes (HPV)

Les condylomes acuminés sont la cause la plus fréquente de boutons péri-anaux d’origine sexuelle. Ils sont dus aux HPV types 6 et 11 (à bas risque oncogène) et se présentent comme des végétations molles, rosées ou couleur chair, en « crête de coq », indolores. Ils se transmettent par contact cutanéo-muqueux direct, sans nécessité de pénétration anale. Dans la grande majorité des cas ils sont bénins et non cancérigènes. Les HPV types 16 et 18 en revanche, présents parfois dans des lésions associées, sont à haut risque oncogène et peuvent évoluer vers un carcinome épidermoïde in situ ou invasif, surtout en cas d’immunodépression (VIH). Le dépistage régulier s’impose chez les patients immunodéprimés avec condylomes anaux. Les traitements disponibles comprennent podophyllotoxine locale, imiquimod, cryothérapie et laser CO2. La vaccination HPV (Gardasil 9®) réduit significativement le risque d’infection et de condylomes anaux – elle est recommandée jusqu’à 26 ans.

Herpès péri-anal

L’herpès péri-anal (HSV-2 le plus souvent, parfois HSV-1) se manifeste par des vésicules douloureuses en bouquet sur fond érythémateux, évoluant rapidement vers des érosions. C’est la cause de lésions péri-anales la plus douloureuse. Il est récurrent (réactivations périodiques à partir des ganglions sensitifs sacrés), parfois déclenchées par le stress, un traumatisme ou l’immunodépression. Le traitement antiviral (aciclovir, valaciclovir) réduit la durée des poussées et leur fréquence en traitement suppressif (> 6 récurrences/an).

Syphilis péri-anale

Le chancre syphilitique primaire peut siéger au niveau péri-anal sous la forme d’une ulcération indurée, indolore, avec adénopathies inguinales bilatérales. La syphilis secondaire peut donner des syphilides – plaques gonflées, érosives, parfois végétantes – dans la région anale. Sérologie TPHA/VDRL à demander systématiquement devant toute ulcération péri-anale, y compris chez les patients hétérosexuels.

Molluscum contagiosum

Les molluscums contagiosums sont de petites papules nacrées ombiliquées, indolores, dues à un poxvirus. Dans la région anale de l’adulte, ils sont le plus souvent d’acquisition sexuelle. Auto-inoculables. Leur traitement comprend curetage, cryothérapie ou imiquimod.

4. Lésions infectieuses non sexuelles

Folliculite et furoncle péri-anal

La folliculite est une infection des follicules pileux péri-anaux, donnant de petites pustules centrées sur un poil, rouges à leur base. Elle est favorisée par la macération, l’occlusion et l’épilation. Germe habituel : Staphylococcus aureus. Le furoncle est une folliculite profonde avec nécrose centrale – il peut se compliquer d’abcès péri-anal.

Impétigo péri-anal

L’impétigo péri-anal est une infection cutanée superficielle à streptocoque ou staphylocoque, fréquente chez l’enfant, se manifestant par des croûtes jaunâtres melicériques sur fond érythémateux.

Hémorroïdes

Les hémorroïdes externes thrombosées se présentent comme une tuméfaction bleutée, ferme et très douloureuse à la marge anale – parfois confondues avec un furoncle ou un abcès. Les hémorroïdes internes prolabées apparaissent comme une masse violacée prolabée. Elles relèvent d’une prise en charge proctologique.

Maladie de Verneuil et kyste pilonidal

La maladie de Verneuil (hidradénite suppurée) et le kyste pilonidal donnent des nodules inflammatoires profonds récidivants dans le sillon interfessier, souvent avec fistules et cicatrices. Voir l’article dédié : boutons entre les fesses.

5. Autres causes de boutons péri-anaux

Botriomycome (granulome pyogénique)

Nodule rouge vif, saignant facilement au moindre contact, à croissance rapide. Peut survenir sur un ongle incarné, une plaie ou une irritation péri-anale chronique. Traitement : exérèse avec analyse histologique systématique pour éliminer un mélanome amélanotique.

Maladie de Crohn péri-anale

La maladie de Crohn peut se manifester dans la région péri-anale avant même l’apparition de symptômes digestifs : fissures en « coup de couteau », ulcérations profondes, abcès péri-anaux récidivants, fistules complexes. Toute lésion péri-anale atypique chronique doit faire évoquer cette étiologie et déclencher un bilan gastro-entérologique.

Maladies de peau rares

  • Maladie de Hailey-Hailey – dermatose héréditaire rare (autosomique dominante) donnant des vésicules et bulles avec fissures en rhagades parallèles dans les plis. Traitement : assèchement des plis, excision chirurgicale avec greffe cutanée dans les formes sévères
  • Pemphigus végétant – forme rare de pemphigus donnant des rougeurs végétantes et bourgeonnantes dans les grands plis
  • Histiocytose langerhansienne – surélévations croûteuses et purpuriques dans les plis et l’aine

6. Démarche diagnostique

Le médecin envisagera les différents diagnostics en tenant compte de l’aspect exact des lésions, du contexte (âge, rapports sexuels, antécédents de maladies de peau, immunodépression) et de la topographie. Il pourra réaliser :

  • Un prélèvement cutané – écouvillonnage ou ponction indolore du contenu des lésions – pour culture bactériologique, mycologique ou virologique (HSV)
  • Des sérologies selon le contexte : syphilis (TPHA/VDRL), VIH, prélèvement HPV
  • Une dermoscopie – permet de distinguer condylomes (papillomatose dense), molluscums (projection centrale blanche), botriomycome (lacunes rouges)
  • Une biopsie cutanée sous anesthésie locale en cas de doute diagnostique ou de lésion atypique résistante au traitement

Outre le traitement de la cause, certaines règles d’hygiène sont à respecter dans tous les cas : voir l’article démangeaisons anales.

⚠ Consultez sans attendre si :

  • Lésion qui grossit, s’ulcère ou saigne malgré un traitement bien conduit
  • Immunodépression connue (VIH, greffe) avec lésion atypique ou résistante
  • Induration profonde, fixation ou masse ferme à la palpation
  • Fièvre, écoulement purulent ou douleur intense (abcès, furoncle compliqué)
  • Suspicion d’infection sexuellement transmissible – dépistage et information du/des partenaire(s) nécessaires
  • Chez l’enfant, toute lésion d’allure sexuellement transmissible impose une évaluation de protection

Téléchargez un guide complet au format PDF :

Questions fréquentes

Comment distinguer condylomes et hémorroïdes ?

Les condylomes sont des végétations molles rosées, multiples, parfois en « crête de coq », siégeant autour de l’orifice anal et sur la peau péri-anale – ils ne saignent pas spontanément. Les hémorroïdes externes thrombosées sont des tuméfactions bleutées, fermes, douloureuses, strictement situées à la marge anale. Les hémorroïdes internes prolabées sont des masses violacées qui sortent de l’anus lors de la défécation. Le médecin fait la distinction en quelques secondes à l’examen clinique.

Un bouton sur l’anus peut-il être un cancer ?

C’est exceptionnel mais à garder en tête. Les cancers épidermoïdes de la marge anale peuvent se présenter initialement comme une lésion en relief atypique, parfois prise pour un condylome ou un botriomycome. Les HPV types 16 et 18, présents dans certaines lésions anales, ont un potentiel oncogène réel – notamment chez les patients immunodéprimés (VIH). Toute lésion péri-anale qui augmente de taille malgré le traitement, qui saigne, qui durcit, ou qui résiste à un traitement bien conduit pendant 4 à 6 semaines mérite une biopsie.

Les condylomes péri-anaux peuvent-ils se transmettre sans rapport anal ?

Oui – les condylomes (HPV types 6 et 11) se transmettent par simple contact cutanéo-muqueux péri-génital, sans nécessité de pénétration anale. Ils peuvent donc toucher la région anale chez des personnes n’ayant jamais eu de rapport anal. C’est une information importante pour comprendre le risque de transmission et les indications de vaccination.

Que faire si l’hémorroïde externe est très douloureuse ?

Une hémorroïde externe thrombosée douloureuse peut être soulagée rapidement par une thrombolyse (incision et évacuation du caillot sous anesthésie locale), geste simple réalisable en consultation. Elle est plus efficace si elle est réalisée dans les 72 premières heures après l’apparition de la douleur. Au-delà, un traitement médical (anti-inflammatoires, veinotoniques, bain de siège) est généralement préféré en attendant la résorption spontanée.

Les hémorroïdes donnent-elles des boutons autour de l’anus ?

Les hémorroïdes externes thrombosées se présentent comme une boule bleue-violette douloureuse à la marge anale (thrombose hémorroïdaire externe), parfois prise pour un bouton. Les hémorroïdes non compliquées ne donnent pas de boutons mais peuvent provoquer des suintements qui irritent la peau péri-anale, entraînant une dermite de macération prurigineuse. Traitement de la thrombose : AINS locaux et oraux, parfois incision-évacuation du caillot sous anesthésie locale par le proctologue si douleur intense.

Les condylomes péri-anaux sont-ils liés à des pratiques sexuelles spécifiques ?

Les condylomes anaux (HPV 6/11) peuvent toucher toute personne (homme ou femme), indépendamment des pratiques sexuelles : le virus HPV peut se transmettre par contact cutané non pénétratif. Ils sont plus fréquents chez les personnes ayant des rapports ano-génitaux et chez les immunodéprimés (VIH, greffés). Une anuscopie est recommandée pour rechercher des condylomes intra-anaux associés. La vaccination Gardasil 9 protège contre les HPV 6/11 (condylomes) et les HPV oncogènes (cancer anal).

Un eczéma peut-il se manifester autour de l’anus ?

Oui. L’eczéma péri-anal de contact est fréquent, causé par : lingettes humides (méthylisothiazolinone), papier parfumé ou coloré, crèmes hémorroïdaires (lidocaïne, lanoline), latex (préservatifs). Il donne une plaque rouge suintante ou sèche autour de l’anus, très prurigineuse, à bords nets. Patch-tests confirment l’allergène. Traitement : éviction + hydrocortisone 1 % crème × 7 jours. Hygiène : eau claire uniquement, séchage par tamponnement, papier blanc non parfumé, sous-vêtements en coton.

La gale peut-elle toucher la région anale ?

Oui. La gale donne des papules excoriées dans la région périnéale, les fesses, le scrotum (chez l’homme) et les aréoles (chez la femme). Les sillons scabieux sont moins visibles dans les plis car rapidement excoriés. Le prurit nocturne intense dans cette zone, avec d’autres signes caractéristiques (doigts, poignets, ceinture), oriente vers la gale. La dermoscopie d’une zone des fesses ou du périnée peut retrouver le sillon scabieux. Traitement : perméthrine 5 % sur tout le corps (sauf visage et muqueuses).

Des papules péri-anales chez un enfant sont-elles alarmantes ?

Le molluscum contagiosum péri-anal chez l’enfant est fréquent et bénin : papules ombiliquées de 2 à 5 mm, non douloureuses, contagieuses par contact direct (bain partagé, serviettes). Il ne signifie pas forcément un abus sexuel chez l’enfant (contrairement aux condylomes ano-génitaux qui, eux, sont transmis sexuellement et doivent déclencher une évaluation de protection de l’enfant). La varicelle peut donner des lésions vésiculo-pustuleuses péri-anales intenses en phase aiguë.

Comment traiter un furoncle ou une folliculite péri-anale ?

La folliculite péri-anale donne des papules-pustules rouges centrées sur les follicules pileux dans la région entre les fesses. Elle est favorisée par la transpiration, les vêtements serrés et l’épilation. Traitement : antiseptique local (chlorhexidine 0,5 %), lotion clindamycine 1 % × 7 jours. Si furoncle constitué (fluctuant) : incision-drainage par le médecin. Si récidivant : évoquer la maladie de Verneuil (hidradénite suppurée), une dermatose chronique nécessitant un traitement à long terme (antibiotiques, biothérapies anti-TNF).

Les boutons péri-anaux peuvent-ils indiquer une maladie de Crohn ?

Oui. La maladie de Crohn peut se manifester par des lésions ano-périnéales caractéristiques : fissures anales multiples et en position atypique (non à 6 h et 12 h comme les fissures idiopathiques), abcès péri-anaux récidivants, fistules (trajet entre l’intestin et la peau), et des marisques (excroissances cutanées péri-anales, pathognomoniques). Ces lésions peuvent précéder les symptômes digestifs de plusieurs années. Toute fistule péri-anale récidivante chez un adulte jeune doit déclencher un bilan digestif (coloscopie, IRM périnéale).

Pages associées sur les boutons génitaux et anaux

Retrouvez d’autres articles du Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue, sur ce thème.

Références médicales

  • Werner RN, Westfechtel L, Dressler C, Nast A. Anogenital warts and other HPV-associated anogenital lesions in the HIV-positive patient: a systematic review and meta-analysis. Sex Transm Infect. 2017;93(8):543-550. PMID 28637906
  • Greenspon J, Williams SB, Young HA, Orkin BA. Thrombosed external hemorrhoids: outcome after conservative or surgical management. Dis Colon Rectum. 2004;47(9):1493-1498. PMID 15486746
  • Jongen J, Bach S, Stübinger SH, Bock JU. Excision of thrombosed external hemorrhoid under local anesthesia: a retrospective evaluation of 340 patients. Dis Colon Rectum. 2003;46(9):1226-1231. PMID 12972967
  • Haute Autorité de Santé (HAS) – Prise en charge thérapeutique des condylomes ano-génitaux

Dysfonction érectile et peau : lichen scléro-atrophique, Peyronie


Mis à jour le 25 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

La dysfonction érectile (ou trouble de l’érection) est l’incapacité persistante à obtenir ou maintenir une érection suffisante pour un rapport sexuel satisfaisant. Si ses causes les plus connues sont vasculaires, neurologiques ou psychogènes, plusieurs affections cutanées et dermatologiques peuvent en être directement responsables ou y contribuer. Le dermatologue occupe une place centrale dans le diagnostic et le traitement de ces causes souvent méconnues.

En bref : Une dysfonction érectile peut avoir une cause dermatologique méconnue. Le lichen scléro-atrophique du pénis touche environ 1 homme sur 300 à 900 et peut provoquer un rétrécissement douloureux du prépuce, la maladie de La Peyronie (jusqu’à 9 % des hommes) courbe la verge par une plaque fibreuse, et certains hommes traités par finastéride rapportent des troubles sexuels persistants après l’arrêt du traitement. Un examen dermatologique cible souvent la cause.
Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Le point du dermatologue
Trois causes dermatologiques majeures de dysfonction érectile méritent d’être systématiquement recherchées : le lichen scléro-atrophique du pénis, la maladie de La Peyronie (fibrose des corps caverneux) et le syndrome post-finastéride (iatrogénie dermatologique liée au traitement de l’alopécie).

Le lichen scléro-atrophique du pénis : une cause dermatologique fréquente

Le lichen scléro-atrophique (LSA) – aussi appelé balanite xérotique oblitérante (BXO) ou lichen scléreux – est une dermatose inflammatoire chronique de la peau génitale masculine. Il touche principalement le gland et le prépuce, mais peut s’étendre au méat urétral et à l’urètre proximal.

Pour un panorama complet de cette dermatose, voir notre article Lichen scléro-atrophique : causes, symptômes et traitement.

Signes cliniques à reconnaître

Le LSA se manifeste par des plaques blanchâtres, atrophiques et brillantes sur le gland et/ou le prépuce, parfois associées à des fissures, des télangiectasies et une fragilité cutanée. Le prépuce devient progressivement induré et rétréci, aboutissant à un phimosis cicatriciel chez l’adulte. Ce phimosis acquis est la principale cause d’indication de circoncision chez l’adulte en France.

Les conséquences sexuelles sont directes : douleurs au décalottage, douleurs pendant les rapports, dyspareunie et, dans les formes évoluées, dysfonction érectile par retentissement mécanique et psychologique.

Traitement de référence
Le traitement de première intention du lichen scléro-atrophique génital masculin est le propionate de clobétasol 0,05 % (dermocorticoïde classe IV) appliqué une fois par jour pendant 3 mois. L’efficacité est élevée sur les symptômes et peut permettre d’éviter la circoncision si le traitement est débuté précocement. Un suivi dermatologique régulier est indispensable en raison du risque (faible mais réel) de transformation en carcinome épidermoïde.

La maladie de La Peyronie : fibrose sous-cutanée et trouble de l’érection

La maladie de La Peyronie est une fibrose localisée de la tunica albuginea, enveloppe conjonctive des corps caverneux. Elle se manifeste par la formation d’une plaque indurée palpable sous la peau du pénis – le plus souvent sur la face dorsale – entraînant une courbure douloureuse en érection et, dans 20 à 50 % des cas, une dysfonction érectile associée.

Rôle du dermatologue

Le dermatologue peut être le premier médecin consulté pour une induration ou une modification de la peau pénienne. La palpation d’une plaque fibreuse indurée sur un pénis flaccide ou en érection, associée à une courbure douloureuse, oriente immédiatement vers ce diagnostic. La prise en charge est ensuite urologique : injections intra-lésionnelles de collagénase de Clostridium histolyticum (Xiaflex®, traitement non chirurgical de référence en phase stable) ou correction chirurgicale dans les formes sévères.

Le syndrome post-finastéride : une iatrogénie dermatologique à connaître

Le finastéride 1 mg/j (Propecia®, Finasteride Mylan® et génériques) est largement prescrit par les dermatologues pour l’alopécie androgénétique masculine. Il inhibe la 5α-réductase de type II, réduisant la conversion de testostérone en dihydrotestostérone (DHT).

Pour en savoir plus sur ce médicament et ses effets indésirables, consultez notre fiche Finastéride : posologie, effets et précautions.

Effets secondaires sexuels et syndrome post-finastéride

Des effets indésirables sexuels sont rapportés chez 1 à 5 % des patients sous finastéride : dysfonction érectile, diminution de la libido, troubles de l’éjaculation et gynécomastie. Ces effets régressent généralement à l’arrêt. Cependant, chez une minorité de patients, ils persistent après arrêt du traitement – parfois de façon définitive. C’est le syndrome post-finastéride (PFS), entité clinique reconnue, caractérisée par une altération neurologique et endocrinienne persistante malgré la normalisation des taux de DHT.

Information importante avant toute prescription de finastéride
Le dermatologue doit informer le patient du risque de dysfonction érectile et de syndrome post-finastéride avant toute prescription. Ce risque, bien que peu fréquent, peut être persistant. En cas d’apparition de troubles sexuels sous finastéride, une réévaluation du rapport bénéfice-risque est impérative. L’arrêt du traitement doit être discuté avec le patient.

Autres dermatoses génitales altérant la fonction sexuelle

D’autres affections cutanées pénoscrotales peuvent contribuer à une dysfonction érectile ou à des difficultés lors des rapports sexuels :

Le psoriasis génital touche environ 40 % des patients atteints de psoriasis en plaques. Les lésions génitales engendrent douleurs, honte et évitement des rapports. Les biothérapies (dupilumab, secukinumab) offrent aujourd’hui un excellent contrôle des lésions génitales.

Le lichen plan érosif génital est une cause de dyspareunie masculine sévère, avec des érosions douloureuses du gland pouvant rendre tout rapport impossible. Le traitement fait appel aux dermocorticoïdes, au tacrolimus topique et parfois aux immunosuppresseurs systémiques.

Les infections sexuellement transmissibles (IST) comme la syphilis primaire (chancre indolore), la gonorrhée ou l’herpès génital récidivant peuvent également altérer ponctuellement la fonction érectile par douleur ou anxiété associée.

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Tableau récapitulatif : causes cutanées de dysfonction érectile

Cause dermatologique Mécanisme Traitement
Lichen scléro-atrophique Phimosis, douleurs, fibrose Clobétasol 0,05 % · circoncision si échec
Maladie de La Peyronie Courbure, plaque fibreuse Collagénase · chirurgie
Syndrome post-finastéride Iatrogénie (alopécie) Arrêt finastéride · suivi spécialisé
Psoriasis génital Douleur, retentissement psychologique Dermocorticoïdes · biothérapies
Lichen plan érosif Érosions douloureuses Tacrolimus · immunosuppresseurs

Quand consulter un dermatologue pour un trouble de l’érection ?

Consultez un dermatologue si vous présentez, en association avec une dysfonction érectile : des lésions cutanées blanchâtres, des fissures ou un rétrécissement du prépuce ; une courbure douloureuse en érection avec une plaque palpable ; une prise de finastéride pour l’alopécie avec apparition de troubles sexuels. Le dermatologue effectuera un bilan génital complet et vous orientera vers l’urologue si nécessaire. Les causes vasculaires, neurologiques et psychogènes de dysfonction érectile relèvent quant à elles du médecin généraliste, de l’urologue ou du sexologue.

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FAQ – Questions fréquentes

Le lichen scléro-atrophique du pénis peut-il provoquer des troubles de l’érection ?

Oui. En provoquant un phimosis cicatriciel et des douleurs au décalottage, le lichen scléro-atrophique peut rendre les rapports impossibles et entraîner une dysfonction érectile. Le traitement précoce par dermocorticoïdes ultra-forts permet souvent d’éviter la circoncision.

Qu’est-ce que la maladie de La Peyronie ?

C’est une fibrose de l’enveloppe des corps caverneux qui crée une plaque indurée palpable, une courbure douloureuse en érection et une dysfonction érectile dans 20 à 50 % des cas. La prise en charge est urologique.

Le finastéride (Propecia®) pour la chute de cheveux peut-il causer une dysfonction érectile persistante ?

Oui. Le syndrome post-finastéride est une entité clinique reconnue où les troubles sexuels persistent après arrêt du traitement. Le dermatologue doit informer le patient de ce risque avant toute prescription.

Quelles dermatoses génitales peuvent perturber la vie sexuelle ?

Le lichen scléro-atrophique, le lichen plan érosif, le psoriasis génital et les IST (herpès, syphilis) peuvent toutes altérer la fonction sexuelle. Un bilan dermatologique génital est souvent la première étape.

Quand consulter un dermatologue plutôt qu’un urologue pour des troubles de l’érection ?

Consultez le dermatologue en premier si vous avez des lésions cutanées génitales associées (plaques blanches, courbure, fissures), ou si vous prenez du finastéride. Le dermatologue orientera vers l’urologue si une cause non cutanée est suspectée.

Le psoriasis génital peut-il perturber la vie sexuelle ?

Oui, chez environ 40 % des patients atteints de psoriasis. Les biothérapies modernes (dupilumab, secukinumab) offrent un excellent contrôle des lésions génitales et améliorent significativement la qualité de vie sexuelle.

À lire aussi sur la dermatologie génitale masculine

Références scientifiques

  • Jędrzejczyk P, Ząbkowski T, Ratajski J, et al. Persistent Sexual and Psychological Symptoms After Finasteride Discontinuation: A Cross-Sectional Observational Study. J Clin Med. 2026;15(8):2947. PMID 42074750
  • Al-Thakafi S, Al-Hathal N. Peyronie’s disease: a literature review. Avicenna J Med. 2016;6(3):68–76. PMID 27298774
  • Kirtschig G. Lichen Sclerosus – Presentation, Diagnosis and Management. Dtsch Arztebl Int. 2016;113(19):337–343. PMID 27232363
  • HAS – Lichen scléreux de la vulve et du pénis : recommandations. has-sante.fr