REGIME SANS NICKEL : l’allergie au nickel, comment l’éviter dans l’alimentation…

Intolérance au nickel et alimentation : régime pauvre en nickel, aliments à éviter

Chez certains patients allergiques au nickel, l’ingestion d’aliments riches en nickel peut déclencher ou entretenir un eczéma — même sans contact cutané direct avec un objet métallique. Ce syndrome, appelé SNAS (Systemic Nickel Allergy Syndrome) ou dermatite systémique au nickel, est sous-diagnostiqué mais peut expliquer des eczémas des mains récidivants résistants aux traitements habituels. Un régime pauvre en nickel peut alors apporter une amélioration significative.

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Nickel alimentaire — comment ça fonctionne ?

Le nickel est un métal trace naturellement présent dans les sols, absorbé par les plantes en quantités variables. Nous ingérons quotidiennement entre 100 et 300 µg de nickel par jour via l’alimentation. Chez la majorité des personnes, ce nickel alimentaire est absorbé (2 à 10%), puis éliminé sans effet notable.

Chez les personnes présentant une sensibilisation cutanée au nickel — surtout si elle est ancienne et importante — une partie de ce nickel alimentaire peut être absorbée, passer dans la circulation sanguine et atteindre la peau, déclenchant une réaction immunitaire identique à celle du contact cutané direct. C’est le SNAS.

💡 Qui est concerné ? Le SNAS ne touche qu’une minorité des personnes allergiques au nickel — estimée à 10 à 30% selon les études. Il se manifeste typiquement par un eczéma chronique des mains (dyshidrose), parfois associé à des symptômes digestifs (ballonnements, douleurs abdominales) et un eczéma du visage en « papillon » (vespertilio). Le diagnostic repose sur un patch test nickel positif + amélioration franche sous régime d’éviction.

Symptômes du SNAS — quand penser à l’intolérance systémique au nickel

  • Eczéma chronique des mains résistant aux dermocorticoïdes, récidivant malgré l’éviction des bijoux et objets en nickel
  • Dyshidrose (vésicules prurigineuses sur les paumes et les bords des doigts)
  • Eczéma du visage en zone péri-oculaire ou péri-buccale, parfois en « papillon »
  • Eczéma des fesses et des faces internes des cuisses
  • Symptômes digestifs associés : ballonnements, douleurs abdominales, nausées, troubles du transit
  • Aggravation des symptômes après consommation d’aliments très riches en nickel (chocolat, noix, légumineuses)

Aliments riches en nickel — à limiter ou éviter

Catégorie Aliments très riches en nickel (>500 µg/kg) — à éviter Aliments modérément riches (100–500 µg/kg) — à limiter
Légumineuses Lentilles, pois chiches, haricots secs, soja et produits dérivés (tofu, lait de soja, miso) Petits pois, fèves fraîches
Oléagineux Noix de cajou, noix (toutes variétés), amandes, cacahuètes, noisettes, graines de tournesol, graines de lin Pistaches, noix de macadamia
Céréales Son d’avoine, avoine (flocons, porridge), blé complet, muesli, germe de blé Pain complet, pâtes complètes, riz complet
Chocolat et cacao Chocolat noir, chocolat au lait, cacao en poudre, pâte à tartiner au chocolat Chocolat blanc (moins de cacao)
Fruits de mer et poissons Huîtres, moules, palourdes, fruits de mer en général Crustacés (crevettes, homard)
Légumes Épinards, asperges, brocoli Tomates (surtout concentré), choux, poireaux, oignons
Divers Levure de bière, poudre de cacao, graines de sésame (tahini), graines de chia Figues sèches, abricots secs, pruneaux

Aliments pauvres en nickel — à privilégier

Catégorie Aliments pauvres en nickel ✅
Viandes et œufs Poulet, dinde, bœuf, porc, agneau, œufs — tous naturellement pauvres en nickel
Produits laitiers Lait de vache, yaourts, fromages, beurre
Poissons Poissons de mer et d’eau douce (sauf fruits de mer) — saumon, cabillaud, sole, truite
Céréales raffinées Riz blanc, pain blanc, pâtes blanches, farine blanche, semoule blanche
Légumes Carottes, pommes de terre, salade verte, concombre, courgette, haricots verts frais, betterave
Fruits Pomme, poire, pêche, abricot frais, banane, raisin, agrumes (orange, citron, pamplemousse)
Matières grasses Huile d’olive, beurre — pauvres en nickel
Boissons Eau (verre ou bouteille plastique — éviter les canalisations métalliques qui peuvent libérer du nickel), thé blanc, tisanes légères

Facteurs qui augmentent l’absorption du nickel alimentaire

  • La carence en fer — le nickel emprunte partiellement le transporteur du fer (DMT1) dans l’intestin. Une carence en fer augmente l’expression de ce transporteur et donc l’absorption du nickel. Traiter une carence en fer peut réduire l’absorption du nickel alimentaire
  • La vitamine C — consommée en même temps que des aliments riches en nickel, elle augmente légèrement son absorption. Éviter les grandes quantités de vitamine C (jus d’orange, compléments) pendant les repas riches en nickel si SNAS avéré
  • L’alimentation à jeun — l’absorption du nickel est plus élevée à jeun qu’au cours d’un repas. Manger régulièrement réduit les pics d’absorption
  • Les ustensiles de cuisine en acier inoxydable — la cuisson prolongée dans des casseroles en inox peut libérer du nickel dans les aliments acides (tomates, sauces). Préférer les ustensiles en fonte émaillée, verre ou céramique

Protocole du régime pauvre en nickel

⚠️ Ce régime doit être prescrit et supervisé par un médecin. Il comporte un risque de carences nutritionnelles (fibres, fer végétal, magnésium, protéines végétales) si mal conduit. Ne pas l’initier seul sans bilan préalable.

Phase d’éviction stricte (4 à 6 semaines)

Suppression de tous les aliments très riches en nickel. Objectif : évaluer si l’eczéma s’améliore significativement. Une amélioration nette à 4–6 semaines confirme la participation du nickel alimentaire.

Phase de réintroduction progressive

Réintroduction un à un des aliments évincés, à 3–5 jours d’intervalle, en observant la réaction cutanée. Permet d’identifier la dose seuil personnelle et les aliments les plus triggeurs.

Régime d’entretien individualisé

À long terme, le régime n’est pas « zéro nickel » mais adapté au seuil de tolérance individuel identifié lors de la réintroduction. La plupart des patients peuvent consommer des quantités modérées des aliments les plus riches, en limitant la fréquence.

Compléments nutritionnels et nickel

Certains compléments alimentaires populaires sont très riches en nickel et peuvent aggraver le SNAS :

  • Spiruline et chlorelle — algues très riches en nickel — à éviter en cas de SNAS
  • Levure de bière — riche en nickel — à éviter
  • Compléments à base de noix / oléagineux
  • Protéines végétales en poudre (pois, soja, chanvre) — riches en nickel
  • Probiotiques à base de soja fermenté (miso, tempeh)

Sources

Questions fréquentes sur le régime pauvre en nickel

Comment savoir si mon eczéma des mains est lié au nickel alimentaire ?

Trois éléments orientent vers un SNAS : un patch test nickel positif confirmé, un eczéma des mains chronique ou récidivant malgré une bonne éviction cutanée du nickel, et une aggravation identifiable après certains repas (chocolat, légumineuses, noix). La confirmation repose sur l’amélioration franche sous régime d’éviction strict pendant 4 à 6 semaines. Si l’eczéma ne s’améliore pas malgré un régime bien conduit, le nickel alimentaire n’est probablement pas le facteur dominant.

Peut-on manger des légumineuses quand on est allergique au nickel ?

En cas de simple allergie de contact au nickel sans SNAS, la consommation de légumineuses ne pose pas de problème — l’eczéma n’est déclenché que par le contact cutané. En cas de SNAS avéré, les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs, soja) font partie des aliments les plus riches en nickel et doivent être strictement évitées pendant la phase d’éviction, puis réintroduites progressivement pour identifier le seuil de tolérance individuel.

Les ustensiles de cuisine en inox sont-ils dangereux pour les personnes allergiques au nickel ?

La cuisson prolongée d’aliments acides dans des casseroles en acier inoxydable peut effectivement libérer de petites quantités de nickel dans les aliments — les tomates, le vinaigre, les sauces citronnées étant les plus extractantes. Pour les patients présentant un SNAS, il est recommandé de privilégier les ustensiles en verre, céramique ou fonte émaillée pour la cuisson. L’impact est généralement modeste comparé aux aliments naturellement riches en nickel, mais peut contribuer à la charge totale chez les patients très sensibles.

Le régime pauvre en nickel est-il compatible avec un régime végétarien ou végétalien ?

C’est le défi principal du régime pauvre en nickel pour les végétariens et végétaliens : les légumineuses, oléagineux et céréales complètes — qui constituent la base des protéines végétales — sont précisément les aliments les plus riches en nickel. Une alimentation végétalienne stricte pauvre en nickel est très difficile à équilibrer sans risque de carences (protéines, fer, zinc). Un suivi par une diététicienne spécialisée est indispensable. Les œufs et les produits laitiers (pour les lacto-ovogétariens) sont des alternatives pauvres en nickel.

Voir aussi : Allergie au nickel — diagnostic et traitement / Eczéma de contact allergique / Eczéma des mains / Dermatite atopique


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STRESS ET PEAU : un stress peut-il causer des problèmes de peau?

Stress et peau : comment le cerveau déclenche les poussées cutanées

Psoriasis après un deuil, eczéma qui s’emballe avant un examen, pelade qui apparaît lors d’un burn-out, urticaire chronique sans allergène identifiable — ces observations cliniques quotidiennes ont longtemps été reléguées au rang d’anecdote psychosomatique. La biologie moléculaire des vingt dernières années les a réhabilitées. La peau est un organe neuro-immun à part entière : elle produit des neuropeptides, exprime des récepteurs aux hormones du stress, héberge des mastocytes sensibles aux signaux nerveux, et dialogue en temps réel avec le système nerveux central. Comprendre cet axe permet d’aborder les dermatoses inflammatoires dans leur globalité.

Dermatose chronique aggravée par le stress ?
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Sommaire :
Mécanismes biologiques |
Axe HPA et cortisol |
Mastocytes et neuropeptides |
Psoriasis et stress |
Eczéma et stress |
Pelade et stress |
Urticaire chronique |
Microbiome intestin-peau-cerveau |
Prise en charge |
Questions fréquentes

La peau comme organe neuro-immun

La peau n’est pas une simple enveloppe passive. Elle est innervée par un réseau dense de fibres nerveuses C et Aδ qui libèrent des neuropeptides directement dans le derme. Elle exprime des récepteurs aux catécholamines, au CRH (hormone de libération du cortisol) et aux glucocorticoïdes. Ses mastocytes, cellules dendritiques et kératinocytes reçoivent et transmettent des signaux nerveux.

La communication est bidirectionnelle : le cerveau influence la peau via le système nerveux autonome et l’axe HPA, et la peau influence le cerveau via les cytokines inflammatoires circulantes et les signaux nociceptifs. C’est ce que l’on appelle l’axe cerveau-peau (brain-skin axis).

Signal de stress Médiateur cutané activé Effet sur la peau
Stress aigu (SNS) Noradrénaline, adrénaline Vasoconstriction, activation mastocytes, démangeaison
Stress chronique (axe HPA) Cortisol, CRH cutané Immunosuppression locale paradoxale → poussées
Stress neurогène (fibres C) Substance P, CGRP, VIP Neurогène inflammation, vasodilatation, prurit
Activation CRH cutané CRH → mastocytes dermiques Dégranulation mastocytaire sans allergène
Perturbation sommeil (stress) ↓ mélatonine, ↑ IL-6, ↑ TNF-α Réduction réparation nocturne, aggravation barrière

L’axe HPA et le paradoxe du cortisol

L’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA) est la voie centrale de la réponse au stress. Le stress déclenche la libération de CRH hypothalamique → ACTH hypophysaire → cortisol surrénalien. Le cortisol est un anti-inflammatoire systémique puissant — c’est d’ailleurs la base des dermocorticoïdes utilisés en dermatologie.

Comment le cortisol peut-il à la fois calmer l’inflammation et provoquer des poussées cutanées ? Le paradoxe s’explique par plusieurs mécanismes :

1. Résistance aux glucocorticoïdes : en situation de stress chronique, les récepteurs aux glucocorticoïdes se désensibilisent — le cortisol perd son effet anti-inflammatoire sur les cellules immunitaires cutanées. L’inflammation n’est plus freinée malgré des taux de cortisol élevés.

2. CRH cutané autonome : la peau synthétise son propre CRH local, indépendamment de l’axe HPA systémique. Ce CRH cutané active directement les mastocytes dermiques et les cellules de Langerhans — déclenchant une inflammation locale sans passer par la circulation sanguine.

3. Effet rebond post-stress : à l’arrêt du stress aigu, la chute rapide du cortisol lève le frein glucocorticoïde sur l’inflammation — un rebond inflammatoire peut survenir dans les jours qui suivent l’événement stressant. C’est pourquoi les poussées de psoriasis ou de pelade apparaissent souvent 2 à 4 semaines après l’événement stressant, et non pendant.

4. Altération de la barrière cutanée : le cortisol chronique réduit la synthèse de céramides et de lipides lamellaires — la barrière cutanée devient perméable aux irritants et aux allergènes, abaissant le seuil de déclenchement des poussées.

Mastocytes et neuropeptides — le déclencheur cellulaire

Les mastocytes dermiques sont les cellules-charnières de l’axe neuro-immun cutané. Ils sont situés à proximité immédiate des fibres nerveuses C et expriment des récepteurs à :

Substance P (SP) — neuropeptide libéré par les fibres nerveuses en réponse au stress → déclenche la dégranulation mastocytaire → libération d’histamine, tryptase, prostaglandines, cytokines pro-inflammatoires
CGRP (Calcitonin Gene-Related Peptide) → vasodilatation et inflammation neurogène
CRH → dégranulation directe sans allergène
NGF (Nerve Growth Factor) → survie et sensibilisation des fibres C → amplification du prurit
VIP (Vasoactive Intestinal Peptide) → immunomodulation

La dégranulation mastocytaire induite par le stress est morphologiquement identique à la dégranulation allergique — elle produit les mêmes médiateurs (histamine, leucotriènes, cytokines) mais sans nécessiter d’allergène ni d’IgE. C’est le mécanisme de l’urticaire chronique et des poussées de dermatite atopique induites par le stress en l’absence de tout déclencheur allergique identifiable.

💡 Substance P et prurit : la substance P est un prurigène puissant — elle active directement les fibres nerveuses de la démangeaison et abaisse leur seuil d’activation. Le cycle prurit-grattage des dermatites atopiques aggravées par le stress repose en grande partie sur cette boucle SP → mastocytes → histamine → prurit → stress → SP.

Psoriasis et stress — données et mécanismes

Le psoriasis est la dermatose pour laquelle le lien avec le stress est le mieux documenté cliniquement et biologiquement.

Données épidémiologiques : 40 à 80 % des patients psoriasiques rapportent un événement stressant dans les 4 semaines précédant leur première poussée ou une poussée majeure. Les études prospectives montrent une corrélation entre score de stress et PASI (score de sévérité du psoriasis) avec un délai de 2 à 4 semaines.

Mécanismes spécifiques au psoriasis :

— Activation des cellules dendritiques plasmacytoïdes cutanées par le stress → production d’IFN-α → activation des lymphocytes T psoriasiques
— Augmentation de la substance P cutanée → activation des mastocytes → libération de TNF-α et IL-23, qui entretiennent la cascade Th17 psoriasique
— NGF élevé dans les plaques psoriasiques en période de stress → hyperinnervation cutanée locale (observation histologique documentée)
— Le stress réduit l’efficacité des traitements biologiques (anti-IL-17, anti-IL-23) en maintenant une activation immunitaire de fond

Phénomène de Koebner et stress : le grattage lié au stress (comportement gratter-frotter inconscient) peut déclencher le phénomène de Koebner — apparition de nouvelles plaques psoriasiques sur les zones frottées. Voir phénomène de Koebner.

Eczéma (dermatite atopique) et stress

La dermatite atopique est médiée par un déséquilibre Th2 (IL-4, IL-13, IL-31) — et le stress amplifie précisément cette voie inflammatoire.

Mécanismes :
— Le stress augmente la production d’IL-4 et IL-13 par les mastocytes et les lymphocytes Th2 — aggravant directement l’inflammation de type DA
— La substance P stimule les kératinocytes à produire de la TSLP (Thymic Stromal Lymphopoietin) — la cytokine de départ de la cascade Th2 atopique
— Le cortisol chronique réduit la synthèse des protéines de barrière (filaggrine, involucrine) → augmentation de la perméabilité aux allergènes
— Le cycle prurit-grattage est amplifié par le stress via la substance P et l’histamine mastocytaire
— La perturbation du sommeil induite par le stress réduit la fenêtre de réparation nocturne de la barrière cutanée

Données cliniques : plusieurs essais contrôlés montrent que les interventions psychologiques (thérapies cognitivo-comportementales, MBSR — Mindfulness-Based Stress Reduction) réduisent la sévérité de la DA mesurée par SCORAD, indépendamment des traitements topiques. Cet effet n’est pas uniquement comportemental (moins de grattage) — il est partiellement médié par une réduction des biomarqueurs inflammatoires sériques (IL-31, IgE).

Pelade et stress — une auto-immunité déclenchée

La pelade est une maladie auto-immune médiée par les lymphocytes CD8+ qui détruisent les follicules pileux après perte de leur « privilège immunitaire ». Le stress est régulièrement cité comme déclencheur — mais quel est le mécanisme ?

Perte du privilège immunitaire folliculaire sous stress : en conditions normales, les follicules pileux expriment peu de CMH de classe I et produisent des facteurs immunosuppresseurs locaux (TGF-β, α-MSH) qui les protègent de l’attaque lymphocytaire. Le stress — via le CRH cutané et le cortisol — perturbe cette immunosuppression locale, rendant les follicules visibles au système immunitaire.

IL-15 et stress : l’IL-15 est la cytokine centrale de la pelade — elle active les lymphocytes NKG2D+ CD8+ qui attaquent les follicules. Le stress chronique augmente la production d’IL-15 dans la peau du cuir chevelu, abaissant le seuil de déclenchement de la réaction auto-immune chez les individus génétiquement prédisposés.

Délai caractéristique : la pelade survient typiquement 4 à 12 semaines après l’événement stressant — délai correspondant au temps nécessaire à l’activation, l’expansion clonale et le recrutement des lymphocytes T auto-réactifs au niveau folliculaire. Ce délai explique pourquoi les patients ne font souvent pas le lien avec l’événement déclenchant.

Données cliniques : une étude de 2020 sur 1000 patients atteints de pelade montre que 63 % rapportaient un stress émotionnel majeur dans les 6 mois précédant l’épisode, contre 31 % dans le groupe contrôle. Le risque relatif de déclenchement d’une pelade dans les 3 mois suivant un événement de vie stressant est multiplié par 2,5 dans les études cas-témoins.

Urticaire chronique spontanée et stress

L’urticaire chronique spontanée (UCS) — papules et plaques urticariennes sans déclencheur allergique identifiable, pendant plus de 6 semaines — est la dermatose pour laquelle le lien mastocytes-stress est le plus direct.

Mécanisme : dans l’UCS, les mastocytes dermiques sont hypersensibles à la substance P et au CRH cutané — leur seuil de dégranulation est abaissé. Un stress modéré suffit à déclencher une libération d’histamine et de médiateurs qui provoquerait à peine une réaction chez un individu non-atteint.

Données biologiques : les patients souffrant d’UCS présentent des taux de substance P plasmatique plus élevés en période de poussée, et une corrélation entre score de stress perçu et score d’activité de l’urticaire (UAS7) est retrouvée dans plusieurs études prospectives.

Cercle vicieux UCS-stress : l’urticaire chronique génère elle-même un niveau élevé d’anxiété et de stress (démangeaisons nocturnes, imprévisibilité, impact social) qui entretient et amplifie la maladie. La prise en charge psychologique est reconnue comme composante du traitement de l’UCS dans les guidelines européennes (EAACI 2022), en association avec les antihistaminiques et l’omalizumab.

L’axe cerveau-intestin-peau : le microbiome comme intermédiaire

Le stress chronique perturbe le microbiome intestinal (dysbiose) — augmentation des bactéries pro-inflammatoires (Enterobacteriaceae), réduction des espèces productrices de butyrate (Faecalibacterium prausnitzii, Akkermansia muciniphila). Cette dysbiose intestinale a des conséquences cutanées directes :

— Augmentation de la perméabilité intestinale (« leaky gut ») → translocation de LPS bactériens dans la circulation → inflammation systémique de bas grade → aggravation des dermatoses inflammatoires
— Réduction des acides gras courts (butyrate, propionate) → moins d’inhibition du facteur NF-κB → amplification de l’inflammation cutanée
— Modification du tryptophane intestinal (métabolisé en sérotonine vs kynurénine selon le microbiote) → impact sur l’humeur et la perception du stress → boucle cerveau-intestin-peau

Ce lien explique pourquoi les patients atteints de psoriasis, de DA sévère et de pelade présentent une prévalence accrue de maladies inflammatoires intestinales (MICI), et pourquoi certains probiotiques oraux montrent des effets bénéfiques sur la sévérité des dermatoses inflammatoires dans les études cliniques.

Prise en charge — intégrer le stress dans le traitement

💡 Principe : la prise en charge du stress ne remplace pas les traitements dermatologiques — elle les optimise. Les études montrent que les patients dont le stress est pris en charge répondent mieux aux traitements conventionnels et rechutent moins souvent.

Interventions psychologiques à efficacité documentée

Intervention Dermatose Niveau de preuve
MBSR (Mindfulness-Based Stress Reduction) Psoriasis, DA, urticaire Essais randomisés — réduction PASI/SCORAD significative
TCC (Thérapies Cognitivo-Comportementales) DA, psoriasis, urticaire chronique Méta-analyses favorables — réduction prurit et sévérité
Biofeedback Psoriasis, urticaire Études contrôlées — réduction activité sympathique cutanée
Hypnose médicale DA, psoriasis, urticaire Études pilotes positives — amélioration prurit et sommeil
Activité physique régulière Toutes dermatoses inflammatoires Anti-inflammatoire systémique (↓ IL-6, ↑ IL-10), amélioration microbiome

Prise en charge médicamenteuse du stress associé

Certains antidépresseurs (notamment les ISRS) ont démontré des effets bénéfiques sur la sévérité de l’urticaire chronique et de la DA, indépendamment de leur effet sur l’humeur — via un effet direct sur la substance P et les mastocytes. La doxépine (antidépresseur tricyclique antihistaminique) a une indication spécifique dans l’urticaire chronique réfractaire. Ces traitements doivent être discutés avec un médecin dans le cadre d’une évaluation globale.

Hygiène de vie — leviers directs sur l’axe neuro-immun

Sommeil : la privation de sommeil augmente IL-6, TNF-α et la substance P cutanée en moins de 48 heures. 7 à 9 heures de sommeil par nuit est la mesure unique la plus efficace sur l’inflammation cutanée.
Alimentation : régime méditerranéen anti-inflammatoire, réduction des sucres rapides (qui augmentent le cortisol), oméga-3 (réduction IL-1β, TNF-α).
Probiotiques oraux : Lactobacillus rhamnosus GG et L. acidophilus montrent des effets bénéfiques sur la DA dans des essais randomisés — via restauration du microbiome intestinal et réduction des LPS circulants.

Questions fréquentes

Pourquoi les poussées de psoriasis ou de pelade arrivent-elles après le stress, pas pendant ?

Le délai de 2 à 6 semaines entre l’événement stressant et la poussée est biologique, pas psychologique. Pendant le stress aigu, le cortisol exerce un frein anti-inflammatoire. C’est à la levée de ce frein — et après le temps nécessaire à l’activation et l’expansion des lymphocytes T auto-réactifs — que la poussée éclate. C’est pourquoi les patients font souvent le lien avec le mauvais événement, ou ne font pas de lien du tout.

Le stress peut-il déclencher une maladie de peau chez quelqu’un qui n’en a jamais eu ?

Le stress seul ne crée pas une maladie ex nihilo — il agit sur un terrain génétiquement prédisposé. Une personne sans prédisposition au psoriasis ne développera pas de psoriasis sous l’effet du stress. En revanche, chez une personne porteuse des gènes de susceptibilité, le stress peut être le facteur environnemental qui fait « basculer » la maladie du stade latent au stade clinique. Le stress est un déclencheur, pas une cause première.

Peut-on guérir d’une dermatose chronique en gérant mieux son stress ?

Non — la gestion du stress améliore le contrôle de la maladie et l’efficacité des traitements, mais ne guérit pas une dermatose chronique auto-immune ou inflammatoire. Les essais sur la MBSR dans le psoriasis montrent des réductions de PASI de l’ordre de 30 à 40 % supplémentaires par rapport au traitement seul — un effet cliniquement significatif. Mais l’arrêt des traitements dermatologiques reste contre-indiqué même chez les patients dont le stress est parfaitement géré.

Mon dermatologue devrait-il s’intéresser à mon niveau de stress ?

Oui — les guidelines actuelles pour le psoriasis, la DA sévère, la pelade et l’urticaire chronique recommandent une évaluation du retentissement psychologique et du niveau de stress dans le bilan initial. Certains dermatologues proposent une prise en charge intégrée incluant une orientation vers une psychothérapie ou une consultation psychiatrique. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez en parler spontanément — c’est une information médicalement pertinente.

Voir aussi :
Psoriasis |
Dermatite atopique |
Pelade |
Alopécie |
Régime et psoriasis |
Pollution et vieillissement cutané


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Tralokinumab (Adtralza®) : nouvelle biothérapie de la dermatite atopique, alternative au dupilumab

Tralokinumab (Adtralza®) : biothérapie de la dermatite atopique sévère

Le tralokinumab (nom commercial Adtralza®) est un anticorps monoclonal ciblant spécifiquement l’interleukine-13 (IL-13), l’une des cytokines centrales de l’inflammation de la dermatite atopique. Approuvé en Europe en 2021 et disponible en France, il constitue une alternative au dupilumab pour les patients adultes dont l’eczéma sévère ne répond pas aux traitements conventionnels.

Dermatite atopique sévère ou résistante aux traitements habituels ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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Mécanisme d’action — pourquoi cibler l’IL-13 ?

La dermatite atopique est une maladie inflammatoire chronique de la peau dans laquelle la voie Th2 est hyperactivée. Les deux cytokines principales de cette voie sont l’IL-4 et l’IL-13. Ces interleukines provoquent :

  • La rupture de la barrière cutanée (réduction de la filaggrine et des céramides)
  • Le prurit intense par activation des neurones sensitifs cutanés
  • La réponse IgE et la sensibilisation allergique
  • L’inflammation et la lichenification cutanée chronique

Le tralokinumab est un anticorps monoclonal IgG4 qui se fixe spécifiquement sur l’IL-13 et bloque sa liaison à ses récepteurs (IL-13Rα1 et IL-13Rα2), neutralisant ainsi l’inflammation Th2. Contrairement au dupilumab qui bloque à la fois l’IL-4 et l’IL-13 (via le récepteur partagé IL-4Rα), le tralokinumab cible exclusivement l’IL-13.

💡 Pourquoi l’IL-13 spécifiquement ? Des études ont montré que l’IL-13 est la cytokine dominante dans la phase chronique et lichenifiée de la dermatite atopique — là où le prurit et l’épaississement cutané sont les plus marqués. Cibler l’IL-13 seule permettrait de neutraliser ce mécanisme spécifique avec potentiellement moins d’effets sur d’autres voies immunologiques.

Tralokinumab vs dupilumab — comparatif

Tralokinumab (Adtralza®) Dupilumab (Dupixent®)
Cible IL-13 seule Récepteur IL-4Rα (bloque IL-4 + IL-13)
Efficacité globale IGA 0/1 à S16 : 25–38% (études ECZTRA)
EASI-75 à S16 : 35–40%
IGA 0/1 à S16 : 36–39% (études SOLO)
EASI-75 à S16 : 44–51%
Effet sur le prurit Réduction rapide — NRS prurit ≥4 points à S16 dans ~50% des cas Réduction rapide et marquée — légèrement supérieure en moyenne
Conjonctivite ~7% (études ECZTRA) — moins fréquente que dupilumab ~10–20% — effet secondaire caractéristique
Injection 600 mg (J0 + S2) puis 300 mg toutes les 2 semaines
Possible toutes les 4 semaines chez les patients bien contrôlés
600 mg (J0) puis 300 mg toutes les 2 semaines
AMM Europe Adultes ≥18 ans (2021). Extension adolescents 12–17 ans en cours Adultes, adolescents 12+ ans, enfants 6+ ans
Compatibilité vaccins vivants Déconseillée pendant le traitement Déconseillée pendant le traitement

💡 En pratique : les méta-analyses directes et indirectes suggèrent que le dupilumab a une efficacité légèrement supérieure en termes de clearance cutanée globale, mais le tralokinumab présente un avantage notable sur la conjonctivite — l’effet secondaire le plus gênant du dupilumab. Pour les patients qui ont arrêté le dupilumab en raison d’une conjonctivite sévère, le tralokinumab est une alternative de premier choix.


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Indications et critères de prescription en France

Le tralokinumab est indiqué chez les adultes atteints de dermatite atopique modérée à sévère dont la maladie n’est pas suffisamment contrôlée par :

  • Les dermocorticoïdes et immunosuppresseurs topiques (tacrolimus, pimécrolimus)
  • Au moins un traitement systémique conventionnel (ciclosporine, méthotrexate) ou en cas de contre-indication à ces traitements

Il est prescrit en initiation par un dermatologue (ou médecin spécialisé), avec réévaluation à 16 semaines. La poursuite est recommandée si une amélioration cliniquement significative est obtenue (IGA ≤ 2 ou EASI-50).

Protocole d’injection

Phase Dose Rythme
Dose de charge 600 mg (4 injections de 150 mg) J0 (2 injections) + S2 (2 injections)
Dose d’entretien standard 300 mg (2 injections de 150 mg) Toutes les 2 semaines
Espace­ment possible 300 mg Toutes les 4 semaines — chez les patients bien contrôlés après 16 semaines

Les injections sont réalisées en sous-cutané — abdomen, cuisse ou bras. Après formation, le patient peut se les administrer lui-même à domicile avec le stylo auto-injecteur. Le médicament se conserve au réfrigérateur (2–8°C) et peut être sorti 30 minutes avant l’injection pour être à température ambiante.

Effets secondaires

Effet secondaire Fréquence Conduite à tenir
Réactions au site d’injection Très fréquent (~18%) — rougeur, douleur, prurit locaux Régressent spontanément, alterner les sites
Infections des voies aériennes supérieures Fréquent (~22%) Traitement habituel — pas d’arrêt du tralokinumab sauf infection grave
Conjonctivite ~7% — moins fréquente que dupilumab Larmes artificielles, avis ophtalmologique si persistante
Conjonctivite allergique Peu fréquent Collyres antihistaminiques
Réaction allergique sévère Rare Arrêt immédiat, appel 15

💡 Avantage notable sur la conjonctivite : dans les études ECZTRA, la conjonctivite était rapportée dans ~7% des cas sous tralokinumab, contre 10 à 20% sous dupilumab dans les études SOLO. Pour les patients présentant des yeux secs ou une kératoconjonctivite atopique préexistante, le tralokinumab peut être préférable.

Remboursement en France

Le tralokinumab (Adtralza®) est remboursé par l’Assurance maladie en France pour les adultes atteints de dermatite atopique modérée à sévère en échec aux traitements conventionnels. La prescription initiale est réservée aux dermatologues, dans le cadre d’une autorisation de mise sur le marché et des recommandations de la HAS.

Sources

Questions fréquentes sur le tralokinumab

Quelle différence entre tralokinumab et dupilumab pour l’eczéma ?

Les deux sont des biothérapies anti-Th2 pour la dermatite atopique sévère, mais leurs cibles diffèrent. Le dupilumab bloque le récepteur IL-4Rα, neutralisant à la fois l’IL-4 et l’IL-13. Le tralokinumab cible uniquement l’IL-13. En pratique, les efficacités globales sont comparables, avec un léger avantage du dupilumab sur la clearance cutanée dans les méta-analyses indirectes. L’avantage du tralokinumab est la moindre fréquence de conjonctivite (~7% vs 10–20%) — ce qui en fait le choix préférentiel chez les patients avec atteinte oculaire ou ayant arrêté le dupilumab pour ce motif.

Peut-on espacer les injections de tralokinumab à une fois par mois ?

Oui — c’est un avantage notable d’Adtralza®. Chez les patients qui ont atteint un bon contrôle de leur dermatite atopique après 16 semaines de traitement, le dermatologue peut envisager de passer à une injection de 300 mg toutes les 4 semaines au lieu de 2. Ce schéma allégé améliore la qualité de vie et réduit les contraintes du traitement. Si la maladie se réactive, on revient au rythme bihebdomadaire.

Peut-on utiliser les dermocorticoïdes en même temps que le tralokinumab ?

Oui — l’association est fréquente et recommandée, notamment en début de traitement ou lors des poussées résiduelles. Le tralokinumab ne remplace pas immédiatement les dermocorticoïdes — il faut 4 à 16 semaines pour atteindre l’efficacité maximale. Pendant cette période, les dermocorticoïdes assurent un contrôle de confort. À long terme, l’objectif est de réduire progressivement leur usage.

Le tralokinumab est-il compatible avec la grossesse ?

Les données chez la femme enceinte sont insuffisantes pour établir la sécurité du tralokinumab pendant la grossesse. Par précaution, il est recommandé d’éviter le traitement pendant la grossesse et d’utiliser une contraception efficace pendant le traitement et pendant au moins 16 semaines après la dernière injection. En cas de grossesse survenant sous traitement, contacter immédiatement le dermatologue prescripteur.

Voir aussi : Dermatite atopique / Traitements de l’eczéma / Dermocorticoïdes


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DERMATITE ALLERGIQUE DE CONTACT COSMETIQUES : eczema allergique de contact aux cosmétiques

Dermatite de contact aux cosmétiques : allergies aux parfums, conservateurs et filtres UV

Les cosmétiques sont la première cause d’eczéma allergique de contact chez la femme et la deuxième cause globale après le nickel.
Crèmes hydratantes, fonds de teint, shampooings, déodorants, crèmes solaires : chacun de ces produits contient des dizaines d’ingrédients potentiellement allergisants.
Paradoxalement, les produits appliqués sur une peau fragilisée ou lésée — crèmes apaisantes, baumes cicatrisants, émollients pour eczéma — sont parmi les plus à risque de sensibilisation.
La dermatite de contact aux cosmétiques est une réalité médicale sous-diagnostiquée : beaucoup de patients persistent à utiliser le produit responsable, faute d’avoir identifié l’allergène en cause.
Ce guide fait le point sur les allergènes cosmétiques les plus fréquents — parfums, conservateurs, filtres UV — les signes permettant de suspecter une allergie à un cosmétique, et la démarche diagnostique et thérapeutique.

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Mécanisme de l’allergie aux cosmétiques

La dermatite de contact aux cosmétiques est une allergie retardée de type IV (hypersensibilité à médiation cellulaire), identique dans son mécanisme à l’eczéma allergique de contact classique.

Phase de sensibilisation (silencieuse) :
Les molécules allergisantes des cosmétiques — souvent de petite taille (haptènes) — pénètrent l’épiderme, se lient aux protéines cutanées et forment des complexes haptène-protéine reconnus comme étrangers par les cellules de Langerhans.
Ces dernières migrent vers les ganglions lymphatiques et présentent l’allergène aux lymphocytes T, qui se multiplient et constituent une mémoire immunologique spécifique.
Cette phase est cliniquement silencieuse et peut durer de quelques semaines à plusieurs années d’utilisation sans problème.

Phase de révélation (éruption) :
Lors d’une nouvelle application du produit contenant l’allergène, les lymphocytes T mémoires sont activés en quelques heures, libèrent des cytokines pro-inflammatoires et déclenchent l’eczéma cutané caractéristique.
L’éruption apparaît 24 à 72 heures après l’application — ce délai est la signature diagnostique de l’allergie de contact, à distinguer de l’irritation immédiate.

Particularité des cosmétiques : produits leave-on vs rinse-off
Le risque de sensibilisation est plus élevé avec les produits laissés sur la peau (leave-on) — crèmes, fonds de teint, déodorants, parfums — qu’avec les produits rincés (rinse-off) comme les shampooings ou gels douche, en raison du contact prolongé avec la peau.

Facteurs aggravant le risque de sensibilisation :
– Application sur peau lésée (eczéma atopique, plaie, ulcère) : absorption accrue des allergènes,
– occlusion (pansement, gant) : augmente la pénétration,
– application sur les muqueuses (lèvres, contour des yeux) : barrière plus perméable,
– exposition solaire après application de certains produits : photoallergie,
– fréquence et ancienneté d’utilisation : plus le contact est prolongé, plus le risque de sensibilisation augmente.

Comment suspecter une allergie à un cosmétique ?

Signes cutanés évocateurs d’une allergie à un cosmétique :
Eczéma localisé aux zones d’application du produit suspecté : paupières, cou, mains, cuir chevelu, visage,
– apparition ou aggravation des lésions quelques jours après l’introduction d’un nouveau produit,
– persistance malgré un traitement dermocorticoïde bien conduit,
– récidive systématique lors de la réutilisation d’un produit,
– amélioration lors des vacances ou des arrêts d’utilisation (week-ends sans maquillage).

Pièges diagnostiques fréquents :
– L’allergène peut être présent dans plusieurs produits utilisés simultanément (parfum dans la crème ET le déodorant ET le maquillage),
– l’eczéma des paupières peut être dû à un vernis à ongles (transfert par frottement des yeux),
– l’eczéma du cou peut être causé par un shampoing (rinçage insuffisant) ou un parfum,
– la localisation des lésions peut être distante de la zone d’application (allergènes aéroportés),
– un produit utilisé depuis des années peut devenir allergisant à tout moment (changement de formule, sensibilisation progressive).

Les parfums : première cause d’allergie cosmétique

Les parfums constituent la première cause d’allergie de contact aux cosmétiques dans la population générale, touchant environ 1 à 2 % de la population européenne.
Un parfum n’est pas une molécule unique mais un mélange complexe de centaines de substances odorantes — naturelles (extraits de plantes, huiles essentielles) ou synthétiques — dont chacune peut potentiellement sensibiliser.

Les allergènes parfumants les plus fréquents (batteries de patch tests standardisées) :

Fragrance Mix I (mélange de 8 parfums : cinnamal, cinnamyl alcool, eugénol, isoeugénol, géraniol, hydroxycitronellal, lyral, oakmoss absolu) : détecte environ 70 à 80 % des allergies aux parfums,
Fragrance Mix II (mélange de 6 nouveaux parfums : lyral, citral, farnesol, coumarine, citronellol, alpha-hexylcinnaméaldéhyde) : complémentaire au FM I,
Baume du Pérou (Myroxylon pereirae) : marqueur d’allergie aux parfums naturels et aux résines. Réactions croisées avec les agrumes (pelures), la vanille, les clous de girofle, le curry,
Hydroxyisohexyl 3-cyclohexène carboxaldéhyde (HICC ou Lyral®) : l’un des parfums les plus allergisants, interdit dans les cosmétiques en Europe depuis 2019,
Limonène oxydé et linalool oxydé : terpènes présents dans de nombreuses huiles essentielles (lavande, citrus), devenus allergisants lors de leur oxydation au contact de l’air. Désormais inclus dans la réglementation européenne cosmétique avec obligation de mention à partir de 0,01 %,
Oakmoss absolu et treemoss absolu : lichens très allergisants, utilisés en parfumerie de luxe, réglementés strictement par l’IFRA.

Huiles essentielles et cosmétiques naturels :
Contrairement à une idée reçue répandue, les cosmétiques naturels et bio ne sont pas moins allergisants que les conventionnels — parfois davantage.
Les huiles essentielles (tea tree, lavande, ylang-ylang, bergamote, camomille) sont parmi les sources les plus concentrées d’allergènes parfumants. L’oxydation de l’huile de tea tree génère des allergènes particulièrement puissants.
Les labels Ecocert, Cosmos et bio n’excluent pas la présence de parfums naturels allergisants.

Réglementation européenne sur les parfums :
Le règlement cosmétique européen (CE 1223/2009) impose la mention obligatoire sur l’étiquette de 26 substances parfumantes allergisantes (dont le cinnamal, l’eugénol, le géraniol, le citral, le limonène) lorsque leur concentration dépasse 0,01 % dans les produits rincés et 0,001 % dans les produits non rincés.
Une révision élargie à plus de 80 substances est en cours d’adoption par la Commission européenne.

Comment repérer les parfums sur les étiquettes INCI :
– Mention générique « Parfum » ou « Fragrance » : indication qu’un mélange odorant est présent, sans précision de composition,
– noms spécifiques des 26 allergènes réglementés : cinnamal, cinnamyl alcohol, citral, citronellol, coumarin, eugenol, geraniol, hydroxycitronellal, isoeugenol, limonene, linalool, etc.,
– huiles essentielles mentionnées par leur nom latin : Lavandula angustifolia, Melaleuca alternifolia (tea tree), Citrus bergamia, etc.

Les conservateurs : deuxième cause d’allergie cosmétique

Les conservateurs sont indispensables pour prévenir la contamination microbienne des cosmétiques et prolonger leur durée de vie. Mais plusieurs d’entre eux sont des allergènes cutanés puissants.

Isothiazolinones : l’épidémie allergique des années 2010-2020

Les isothiazolinones constituent aujourd’hui l’une des causes les plus fréquentes d’allergie aux cosmétiques et aux produits ménagers en Europe.

Méthylchloroisothiazolinone / méthylisothiazolinone (MCI/MI, Kathon CG®) : mélange conservateur utilisé depuis les années 1980. Autorisé jusqu’à 0,0015 % dans les produits rincés, interdit depuis 2016 dans les produits non rincés en Europe en raison du nombre très élevé de sensibilisations. Présent dans certains shampooings, gels douche, lingettes humides, peintures et produits d’entretien.
Méthylisothiazolinone seule (MI) : utilisée comme alternative après les restrictions sur MCI/MI, elle s’est révélée tout aussi allergisante. Désormais soumise à des restrictions similaires.

Particularité clinique :
L’allergie aux isothiazolinones peut provoquer un eczéma des mains par contact avec les produits ménagers et les peintures, un eczéma du visage et du cou par les cosmétiques, et même un eczéma systémique (generalized eczema) par la présence ubiquitaire de ces substances.

Formaldéhyde et libérateurs de formaldéhyde

Le formaldéhyde lui-même est rarement présent directement dans les cosmétiques modernes, mais de nombreux conservateurs le libèrent progressivement en contact avec la peau :
DMDM hydantoïne (présent dans les shampooings et conditionneurs),
Quaternium-15 : l’un des libérateurs de formaldéhyde les plus allergisants,
Imidazolidinyl urée et diazolidinyl urée (Germall® Plus),
2-bromo-2-nitropropane-1,3-diol (Bronopol®).

La reconnaissance d’une allergie au formaldéhyde impose d’éviter tous les libérateurs et de vérifier les produits de soin capillaire (shampooings, lissages brésiliens qui contiennent parfois des concentrations élevées de formaldéhyde).

Parabens

Les parabens (méthylparaben, éthylparaben, propylparaben, butylparaben) sont des conservateurs largement utilisés depuis des décennies. Leur fréquence comme allergène de contact est relativement faible (< 1 % des patients testés en routine) comparée à leur utilisation massive. Cependant, certains parabens à chaîne longue (butylparaben, isobutylparaben) sont des perturbateurs endocriniens reconnus, ce qui a conduit à leur restriction pour les nourrissons et à leur éviction progressive des cosmétiques. Phénomène de tolérance inversée (paraben paradox) :
Les parabens appliqués sur une peau saine sont rarement allergisants. En revanche, appliqués sur une peau lésée (ulcère de jambe, eczéma), ils peuvent sensibiliser. Les patients porteurs d’un eczéma des jambes traité par crèmes cicatrisantes contenant des parabens sont particulièrement à risque.

Acide sorbique et sorbate de potassium

Conservateurs naturels présents dans les cosmétiques naturels et bio, pouvant provoquer des réactions d’irritation et plus rarement des allergies vraies.

Phénoxyéthanol

Conservateur très répandu dans les cosmétiques modernes (substitut des parabens), considéré comme mieux toléré mais dont les allergies de contact, bien que rares, sont documentées. Réglementé à 1 % maximum dans les formulations cosmétiques.

Chlorhexidine

Antiseptique présent dans de nombreux produits d’hygiène buccale (bains de bouche, dentifrices) et certains cosmétiques déodorants. Peut provoquer des réactions allergiques allant de l’urticaire de contact à des réactions anaphylactiques graves — en particulier lors d’une utilisation médicale (produits de soin des plaies, cathéters enduits).

Les filtres UV : allergènes émergents des crèmes solaires

Les filtres UV sont des molécules ajoutées aux crèmes solaires et aux cosmétiques de jour pour absorber ou réfléchir les rayonnements UV. Ils constituent une cause croissante d’allergie et de photoallergie cosmétique.

Deux types de filtres UV :
Filtres organiques (chimiques) : absorbent les UV et les convertissent en chaleur. Principales causes d’allergie et de photoallergie.
Filtres minéraux (physiques) : dioxyde de titane (TiO₂) et oxyde de zinc (ZnO). Reflètent les UV sans pénétration dans la peau. Rarement allergisants — représentent l’alternative de référence chez les patients allergiques aux filtres organiques.

Filtres UV organiques allergisants

Benzophénones (benzophénone-3 / oxybenzone) :
L’un des filtres UV les plus utilisés dans les crèmes solaires, les produits anti-âge de jour et les cosmétiques teintés. C’est également la principale cause de photoallergie aux cosmétiques en Europe.
La photoallergie à la benzophénone-3 se manifeste par un eczéma uniquement sur les zones exposées au soleil après application — signe diagnostique caractéristique.
Elle nécessite des photo-patch tests pour être confirmée.
Présente dans de nombreux produits : crèmes de jour, fonds de teint, rouges à lèvres teintés, vernis à ongles, produits capillaires protecteurs UV.

Octocrylène :
Filtre UV de plus en plus utilisé depuis les restrictions sur certaines benzophénones. Allergène et photoallergène croissant, avec une réaction croisée fréquente avec le kétoprofène (anti-inflammatoire topique) : un patient ayant développé une photoallergie au kétoprofène gel (Ketum®, Bi-profenid® gel) sera souvent co-sensibilisé à l’octocrylène des crèmes solaires.

Cinnamates (octylméthoxycinnamate / cinoxate) :
Filtres UVB fréquemment utilisés. Allergènes de contact documentés avec des réactions croisées possibles avec le cinnamal (allergène parfumant) et le baume du Pérou.

Avobenzone (butyl méthoxydibenzoylméthane) :
Filtre UVA de référence dans de nombreuses formulations SPF. Peut provoquer des allergies de contact et des photoallergies.

PABA (acide para-aminobenzoïque) et dérivés :
Les premiers filtres UV synthétiques, désormais très peu utilisés en raison de leur fort potentiel allergisant et de leur réaction croisée avec le PPD (paraphénylènediamine des teintures capillaires) et les anesthésiques locaux (benzocaïne).

Filtres UV et perturbation endocrinienne

Certains filtres UV organiques (benzophénone-3, octocrylène, homosalate) sont détectés dans le sang, le lait maternel et les urines après application cutanée, ce qui a soulevé des inquiétudes sur leur effet perturbateur endocrinien. La FDA américaine a demandé des études complémentaires sur leur sécurité systémique depuis 2019. En Europe, leur utilisation reste autorisée dans les limites réglementaires actuelles.

Autres allergènes cosmétiques importants

Propylène glycol :
Solvant humectant très répandu dans les crèmes, gels, déodorants et médicaments topiques. Peut provoquer une irritation (à hautes concentrations) et plus rarement une allergie vraie. Fréquemment retrouvé dans les crèmes pour eczéma et les émollients, où il peut paradoxalement aggraver les lésions chez les patients sensibilisés.

Lanoline et dérivés :
Graisse de laine de mouton et ses dérivés (alcools de lanoline, lanolate de sodium) présents dans les crèmes cicatrisantes, les crèmes pour mamelons, les produits bébé et les cosmétiques riches. Allergène classique, souvent découvert chez les patients traités par crèmes pour ulcères ou eczéma.

Résines acrylates :
Présentes dans les ongles en gel, les ongles en acrylique et certains adhésifs de pansements. Cause croissante de dermatite de contact professionnelle chez les techniciennes ongulaires et leurs clientes. Les allergènes : hydroxyéthyl méthacrylate (HEMA), éthylène glycol diméthacrylate (EGDMA).

Tocophérol (vitamine E) :
Antioxydant omniprésent dans les cosmétiques anti-âge et cicatrisants. Allergène rare mais documenté, à évoquer devant un eczéma aux crèmes anti-cicatrices ou aux huiles de massage.

Aloe vera :
Allergène végétal en augmentation, présent dans les cosmétiques naturels, les après-soleil et les produits apaisants. À évoquer devant un eczéma après application d’un gel apaisant.

Méthylisothiazolinone dans les lingettes humides :
Cause particulièrement fréquente d’eczéma périnéal et des fesses chez les nourrissons et adultes utilisant des lingettes humides. Vérifier systématiquement la composition des lingettes en cas d’eczéma de la région anogénitale ou des mains.

Diagnostic : les patch tests cosmétiques

Le diagnostic de certitude repose sur les patch tests épicutanés, réalisés par le dermatologue.

Batteries de tests standardisées pour les cosmétiques :
– Batterie standard européenne (incluant Fragrance Mix I et II, baume du Pérou, parabens, formaldéhyde, MCI/MI, MI, propylène glycol, lanoline, quaternium-15),
– batterie parfums et conservateurs,
– batterie crèmes solaires et filtres UV,
– batterie cosmétiques complémentaire,
– tests avec les propres produits du patient (open test, repeated open application test = ROAT) : le patient applique son propre cosmétique sur une zone test dans le pli du coude 2 fois par jour pendant 1 semaine.

Le ROAT (Repeated Open Application Test) :
En cas de suspicion d’allergie à un produit cosmétique spécifique et de patch test standardisé négatif, le ROAT consiste à appliquer le produit suspect sur une zone cutanée standardisée (face interne du coude) deux fois par jour pendant 7 jours. C’est un test de provocation utile pour les produits leave-on.

Photo-patch tests :
Indispensables en cas de suspicion de photoallergie (eczéma limité aux zones ensoleillées après utilisation de crème solaire). La zone des allergènes testés est irradiée aux UVA après 24 à 48 heures d’application. Une réaction sur la zone irradiée uniquement confirme la photoallergie.

Positivations tardives :
Comme pour tous les patch tests, des positivations peuvent survenir jusqu’à 7 jours après la pose, notamment pour les corticoïdes (budesonide, tixocortol-21-pivalate) et certains conservateurs. Une relecture tardive est nécessaire en cas de forte suspicion clinique.

Traitement et éviction des cosmétiques allergisants

Éviction : la seule solution curative

L’identification et l’éviction totale et durable de l’allergène est le seul traitement curatif de la dermatite de contact aux cosmétiques.
Cette éviction nécessite une lecture attentive et systématique des listes INCI de tous les produits utilisés.

Conseils pratiques pour l’éviction :
– Conserver la liste des allergènes identifiés par les patch tests pour la présenter lors de l’achat de nouveaux produits,
– photographier systématiquement la liste INCI des produits avant achat,
– utiliser les applications smartphones de scan d’ingrédients cosmétiques (INCI Beauty, Yuka cosmétiques) qui signalent les allergènes connus,
– préférer les produits sans parfum (unscented) — à distinguer des produits non parfumés (unscented masqué) qui peuvent contenir des parfums masquants,
– opter pour des formulations courtes avec peu d’ingrédients (fewer ingredients = fewer risks),
– en cas d’allergie aux filtres UV organiques : utiliser exclusivement des crèmes solaires à filtres minéraux (TiO₂ + ZnO) labellisées sans filtres chimiques.

Traitement symptomatique de la poussée

Dermocorticoïdes adaptés à la zone et à la sévérité : traitement anti-inflammatoire de référence de la poussée d’eczéma,
Antihistaminiques oraux (cétirizine, loratadine) pour le prurit,
– émollients sans allergènes sur les zones sèches (formules hypoallergéniques, sans parfum, sans conservateurs sensibilisants).

Choisir des cosmétiques adaptés après le diagnostic

– Gammes dermatologiques formulées pour les peaux allergiques (Avène, La Roche-Posay, Bioderma, Uriage) : formules épurées, sans parfum, avec liste restreinte de conservateurs,
– certifier l’absence des allergènes identifiés en lisant la liste INCI complète et non le résumé marketing,
– introduire les nouveaux produits un par un pour identifier rapidement tout nouveau produit responsable en cas de rechute.

Cas particuliers de dermatite cosmétique

Eczéma des paupières :
Zone très sensible, les paupières concentrent les allergènes par application directe (mascara, fard, crème contour des yeux) et par transfert (vernis à ongles appliqué lors du frottement des yeux, shampoing lors du rinçage). Voir l’eczéma des paupières.

Chéilite de contact :
Eczéma des lèvres lié aux produits labiaux (rouge à lèvres, baume labial, gloss), dentifrices (parfums, conservateurs, triclosan), aliments ou boissons. Les filtres UV et les parfums des baumes à lèvres SPF sont une cause croissante.

Eczéma du cuir chevelu et alopécie de contact :
Les teintures oxydatives (PPD), les permanentes (thioglycolate), les shampooings (isothiazolinones, parfums) et les produits coiffants peuvent provoquer un eczéma du cuir chevelu avec parfois une alopécie inflammatoire réactionnelle.

Dermatite de contact aux ongles en gel et acrylique :
Les acrylates (HEMA principalement) des ongles en gel sont une cause croissante de dermatite de contact chez les clientes et les techniciennes ongulaires. L’eczéma touche les doigts, les paupières (transfert) et parfois s’étend. Une fois sensibilisée aux acrylates, la personne ne peut plus porter d’ongles en gel ni recevoir certaines colles chirurgicales ou certains dispositifs médicaux contenant des acrylates.

Questions fréquentes sur la dermatite de contact aux cosmétiques

Comment savoir si je suis allergique à ma crème solaire ou simplement irritée ?

L’irritation est immédiate (brûlure, picotements dans les minutes suivant l’application), disparaît rapidement après rinçage et ne s’aggrave pas à chaque application.
L’allergie est retardée (eczéma apparaissant 24 à 72 heures après), s’aggrave à chaque réutilisation et peut s’étendre au-delà de la zone d’application.
La photoallergie se distingue par une localisation strictement limitée aux zones exposées au soleil.
En cas de doute, une consultation dermatologique avec patch tests et/ou photo-patch tests s’impose.

Les cosmétiques naturels et bio sont-ils moins allergisants ?

Non, et parfois l’inverse. Les cosmétiques naturels contiennent des huiles essentielles, des extraits de plantes et des résines végétales qui sont parmi les allergènes parfumants les plus puissants (tea tree, lavande, camomille, arnica). Les labels bio et naturel ne garantissent pas l’absence d’allergènes — ils certifient l’origine naturelle des ingrédients, pas leur innocuité immunologique.

Peut-on devenir allergique à un produit utilisé depuis des années sans problème ?

Oui, c’est même la situation la plus fréquente. La sensibilisation peut prendre des années d’utilisation répétée avant d’atteindre le seuil de déclenchement d’une réponse immunitaire. La stabilisation du microbiome cutané, les changements hormonaux, une fragilisation de la barrière cutanée ou un changement de formule du produit peuvent déclencher une sensibilisation après des années d’utilisation sans problème.

Que faire si on est allergique à l’octocrylène mais qu’on doit se protéger du soleil ?

Se protéger du soleil reste impératif, y compris en cas d’allergie aux filtres UV organiques.
La solution est d’utiliser des crèmes solaires à filtres minéraux exclusifs (dioxyde de titane + oxyde de zinc), qui ne contiennent pas d’octocrylène ni d’autres filtres organiques allergisants. Ces formulations sont disponibles dans les gammes dermatologiques spécialisées. Vérifier la liste INCI complète : certains produits se disant « minéraux » contiennent encore de petites quantités de filtres organiques en complément.

Besoin de l’avis d’un spécialiste ? Délais de rendez-vous trop longs ? Vous pouvez effectuer une téléconsultation avec le dermatologue.

En savoir plus sur l’eczéma allergique de contact,
l’eczéma des paupières,
l’eczéma du visage,
l’eczéma des mains,
l’eczéma des lèvres,
l’eczéma du cuir chevelu,
les dermocorticoïdes,
l’allergie au soleil et photoallergie
et les antihistaminiques.


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BOUTON SUR LE CORPS QUI GRATTE : un bouton du corps qui démange

Petit bouton sur le corps qui gratte : causes et que faire ?

Un ou plusieurs petits boutons sur le corps qui grattent peuvent avoir de nombreuses causes — certaines bénignes et passagères, d’autres nécessitant un traitement rapide. La localisation, l’aspect et le contexte orientent fortement le diagnostic. Voici un guide pour identifier la cause et savoir quand consulter.

Boutons qui persistent ou qui se propagent ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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Première question : les boutons sont-ils isolés ou multiples ?

Avant d’identifier la cause, deux questions orientent immédiatement le diagnostic :

  • Combien de boutons ? Un bouton isolé n’a pas les mêmes causes que des dizaines de boutons diffus
  • Où sont-ils ? La localisation est souvent la clé du diagnostic — mains et poignets, tronc, jambes, zones de frottement…
  • Est-ce que d’autres personnes autour de vous se grattent aussi ? Si oui, pensez immédiatement à la gale

Les causes les plus fréquentes de petits boutons rouges qui grattent

1. La gale — à éliminer en priorité

boutons de gale petits boutons rouges qui grattent corps
Boutons de gale — petits boutons rouges prurigineux

La gale est la première cause à évoquer face à des petits boutons rouges qui grattent, surtout si l’entourage est également atteint. La gale dite « des gens propres » peut ne donner que quelques boutons discrets, localisés aux zones caractéristiques : espaces entre les doigts, poignets, ventre, fesses, seins et organes génitaux. Les démangeaisons sont typiquement nocturnes.

Voir : la gale au début de son évolution.

2. L’urticaire

urticaire petits boutons rouges qui grattent corps photo
Urticaire — boutons rouges fugaces qui grattent intensément

L’urticaire donne des boutons rouges ou rosés en relief, en forme de plaques ou de papules, qui ressemblent à des piqûres d’ortie. Ils déplacent et disparaissent en moins de 24h pour réapparaître ailleurs — c’est le signe clé. Les démangeaisons peuvent être intenses. L’urticaire peut être déclenchée par un allergène, un médicament, une infection ou le stress.

3. L’eczéma

eczéma boutons rouges qui grattent corps photo
Eczéma — vésicules et plaques rouges prurigineuses

L’eczéma peut donner de petits boutons (vésicules) rouges qui grattent sur tout le corps : jambes, mains, dos, cuisses. La dermatite atopique touche surtout les enfants et jeunes adultes, avec des lésions préférentiellement aux plis des coudes et derrière les genoux. La peau est souvent sèche et sensible.

eczéma atopique coudes boutons rouges qui grattent
Eczéma atopique des coudes

4. La mycose cutanée

mycose peau boutons rouges qui grattent anneau dermatophyte
Mycose de la peau — anneau de boutons rouges squameux (herpès circiné)

La mycose de la peau donne des boutons rouges qui s’étendent progressivement en formant un anneau (roue de Sainte-Catherine), avec une bordure active squameuse et un centre qui se normalise. Elle peut se propager sur le tronc, les jambes ou les bras.

5. Le prurigo

Le prurigo donne de gros boutons rouges isolés, très prurigineux, qui s’excorient (le grattage laisse des croûtes). Il touche préférentiellement les jambes, le dos et le haut des bras. Les boutons persistent longtemps et laissent souvent des traces.

6. La gale — forme profuse (poussée de boutons soudaine)

Face à une poussée soudaine de petits boutons rouges sur le corps qui grattent, plusieurs causes sont possibles :

7. Le pityriasis rosé de Gibert

pityriasis rosé gibert boutons rouges corps qui grattent photo
Pityriasis rosé de Gibert — médaillon initial puis efflorescence de boutons

Le pityriasis rosé de Gibert débute par une grande plaque initiale (« médaillon ») puis donne en 1 à 2 semaines une efflorescence de petits boutons ovales rosés sur le tronc, qui peuvent gratter légèrement. Il régresse spontanément en 6 à 8 semaines.

8. Le lichen plan

lichen plan papules violacées boutons qui grattent poignets jambes
Lichen plan — papules violacées prurigineuses

Le lichen plan donne des petites papules violacées brillantes, très prurigineuses, localisées préférentiellement aux poignets et aux jambes. L’aspect violacé est très caractéristique.

9. Le psoriasis

psoriasis boutons plaques rouges squameuses corps qui grattent
Psoriasis — plaques rouges squameuses

Le psoriasis peut se présenter sous forme de petits boutons rouges squameux (psoriasis en gouttes), surtout après une angine, ou de plaques épaisses recouvertes de squames blanches. Il peut démanger, surtout lors des poussées.

10. La pemphigoïde bulleuse

La pemphigoïde bulleuse touche surtout les personnes âgées. Elle débute par des petits boutons rouges prurigineux qui précèdent l’apparition de grosses bulles. Toute éruption inexpliquée chez un sujet âgé doit faire évoquer ce diagnostic.

Tableau récapitulatif — identifier la cause selon les signes

Cause Aspect boutons Localisation typique Signe clé
Gale Petits boutons rouges discrets Doigts, poignets, ventre, fesses Entourage atteint, prurit nocturne
Urticaire Papules rouges en relief fugaces Tout le corps Disparaît en <24h, migre
Eczéma Vésicules, peau sèche Plis, mains, visage Récidive, terrain atopique
Mycose Anneau squameux qui s’étend Tronc, plis, pieds Extension centrifuge (roue de Sainte-Catherine)
Prurigo Gros boutons excoriés Jambes, dos, bras Boutons persistants, croûtes de grattage
Pityriasis rosé Petits boutons ovales rosés Tronc Médaillon initial, régression spontanée
Lichen plan Papules violacées brillantes Poignets, jambes Couleur violacée caractéristique
Psoriasis Boutons ou plaques squameux Coudes, genoux, cuir chevelu Squames blanches épaisses, récidives

Boutons qui se propagent — quand s’inquiéter ?

🚨 Consultez rapidement si :

— Les boutons se propagent rapidement sur tout le corps en quelques heures ou jours

— Les boutons s’accompagnent de fièvre, ganglions ou fatigue intense

— Des bulles ou des décollements de peau apparaissent

— Vous avez pris un nouveau médicament récemment — risque de toxidermie

— Les boutons touchent les muqueuses (bouche, yeux, organes génitaux)

— L’éruption apparaît chez un sujet âgé sans cause évidente

Autres articles utiles sur les boutons qui grattent

Sources

Questions fréquentes sur les boutons du corps qui grattent

Pourquoi ai-je des petits boutons sur le corps qui grattent ?

Les causes les plus fréquentes sont l’urticaire, l’eczéma, la gale (surtout si l’entourage se gratte aussi), une mycose cutanée ou le pityriasis rosé de Gibert. La localisation et l’aspect des boutons orientent fortement le diagnostic. Si les boutons persistent plus de 2 semaines, consultez un dermatologue.

Comment savoir si mes boutons qui grattent sont de la gale ?

La gale se distingue par des démangeaisons nocturnes intenses touchant aussi d’autres personnes de votre entourage, localisées aux espaces entre les doigts, poignets, ventre et fesses. Un dermatologue peut confirmer le diagnostic à l’examen clinique ou au dermatoscope.

Des petits boutons rouges qui grattent peuvent-ils être contagieux ?

Oui, certaines causes sont contagieuses : la gale (très contagieuse par contact direct), les mycoses à dermatophytes (contact ou sol contaminé), la varicelle (vésicules très prurigineuses). L’eczéma, l’urticaire et le psoriasis ne sont pas contagieux.

Que mettre sur des boutons rouges qui grattent en attendant la consultation ?

Évitez de vous gratter (ongles courts, antihistaminique en vente libre pour calmer le prurit). N’appliquez pas de corticoïdes sans diagnostic — ils aggravent une gale ou une mycose non traitée. Une crème émolliente douce peut soulager temporairement en cas de peau sèche. Consultez si les boutons persistent ou se propagent.

Les boutons rouges qui grattent disparaissent-ils seuls ?

Certains oui — l’urticaire aiguë et le pityriasis rosé de Gibert régressent souvent spontanément. Mais la gale, l’eczéma, la mycose et le lichen plan nécessitent un traitement spécifique. Sans traitement adapté, ces affections peuvent s’aggraver ou se propager.


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POUSSEE SOUDAINE BOUTONS QUI GRATTENT : éruption de boutons qui démangent

Poussée de boutons soudaine sur le corps qui gratte : causes et traitements

Une poussée soudaine de boutons sur le corps qui gratte peut être impressionnante mais elle est souvent bénigne. Dans la majorité des cas, la cause est identifiable : allergie, infection virale, médicament, parasite. L’essentiel est de reconnaître les signes qui nécessitent une consultation urgente — et ceux qui peuvent attendre.

Poussée de boutons inexpliquée ou qui s’étend rapidement ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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Les questions clés à se poser face à une poussée de boutons

Avant de chercher la cause, quelques questions permettent d’orienter rapidement le diagnostic :

  • Est-ce apparu en quelques minutes ou quelques heures ? → plutôt allergie ou urticaire
  • Est-ce apparu progressivement en quelques jours ? → plutôt infection virale, gale ou eczéma
  • Avez-vous pris un nouveau médicament récemment ? → allergie médicamenteuse
  • Les boutons grattent-ils surtout la nuit ? → penser à la gale
  • D’autres personnes dans votre entourage ont-elles les mêmes boutons ? → gale, parasitose ou infection contagieuse
  • Avez-vous de la fièvre ? → infection virale ou bactérienne
  • Avez-vous voyagé récemment ? → parasitose tropicale

Boutons localisés à une zone ? Consultez nos articles dédiés

Les démangeaisons localisées siègent le plus souvent sur des plaques rouges qui grattent — le diagnostic dépend fortement de la zone atteinte. Consultez nos articles par localisation : bras, jambes, ventre, dos, visage, cuir chevelu, anus, pubis.

Les causes les plus fréquentes d’une poussée soudaine de boutons qui grattent sur tout le corps

1. L’urticaire aiguë — la cause n°1

urticaire poussée boutons soudaine corps gratte
Urticaire — poussée soudaine de boutons qui grattent

L’urticaire est la cause numéro un d’une poussée de boutons soudaine qui gratte. Elle apparaît en quelques minutes à quelques heures sous forme de plaques gonflées rosées ressemblant à des piqûres d’ortie, très prurigineuses et fugaces (chaque plaque disparaît en moins de 24h). Les causes les plus fréquentes :

  • Un médicament pris récemment (antibiotiques, AINS, aspirine)
  • Un aliment (fruits de mer, arachides, fruits rouges, œufs)
  • Une piqûre d’insecte
  • Une infection virale récente
  • Sans cause identifiable dans de nombreux cas

⚠️ Si l’urticaire s’accompagne d’un gonflement du visage, des lèvres ou d’une difficulté à respirer → urgence médicale, appelez le 15 (risque d’œdème de Quincke ou d’anaphylaxie).

Traitement : antihistaminiques oraux (cétirizine, loratadine) en 1re intention. Corticoïdes oraux sur avis médical pour les formes sévères.

2. La gale — à ne pas manquer

gale boutons qui grattent nuit poignets mains
Boutons de gale — démangeaisons nocturnes caractéristiques

La gale provoque une poussée de boutons qui grattent, particulièrement la nuit. Les boutons siègent préférentiellement sur les mains, les poignets, les espaces interdigitaux, le sexe chez l’homme, les seins chez la femme. Un signe clé : d’autres personnes dans l’entourage grattent également.

Traitement : perméthrine crème (Ascabiol*, Sprégal*) ou ivermectine orale (Stromectol*). Traitement simultané de tout l’entourage + désinfection du linge à 60°C.

3. L’allergie médicamenteuse (toxidermie)

Une allergie médicamenteuse peut provoquer une éruption diffuse apparaissant quelques jours après le début d’un nouveau traitement. L’éruption est souvent symétrique, débutant sur le tronc et s’étendant aux membres. Les médicaments les plus fréquemment en cause : pénicillines, céphalosporines, sulfamides, AINS, antiépileptiques. À noter aussi : un changement de générique (changement d’excipient) peut suffire à déclencher une réaction.

⚠️ Certaines réactions graves (syndrome de Stevens-Johnson, DRESS) peuvent mettre en jeu le pronostic vital — consultez en urgence si l’éruption s’accompagne de fièvre élevée, de décollements cutanés ou d’une atteinte des muqueuses.

4. L’eczéma en poussée (dermatite atopique)

eczéma poussée plaques rouges qui grattent diffus
Poussée d’eczéma diffus

La dermatite atopique peut se manifester par des poussées soudaines de plaques rouges squameuses très prurigineuses, touchant parfois tout le corps. Les facteurs déclenchants sont nombreux : stress, changement de savon ou de lessive, air sec, infection.

Traitement : dermocorticoïdes locaux et émollients.

5. Le pityriasis rosé de Gibert

pityriasis rosé de Gibert éruption corps sapin de Noël
Pityriasis rosé de Gibert — éruption en sapin de Noël

Le pityriasis rosé de Gibert débute par une plaque initiale isolée (médaillon) sur le tronc, suivie quelques jours plus tard d’une efflorescence de plaques ovales dont l’orientation suit les lignes de tension cutanée (aspect en « sapin de Noël » dans le dos). Les démangeaisons sont modérées. Guérison spontanée en 6 à 8 semaines sans traitement.

6. La varicelle — chez l’enfant et l’adulte non immunisé

La varicelle provoque une poussée de boutons successifs en plusieurs vagues, évoluant de la macule rosée à la vésicule prurigineuse puis à la croûte. La présence de lésions à tous les stades simultanément est caractéristique. Bénigne chez l’enfant, elle peut être grave chez l’adulte et l’immunodéprimé (antiviraux indiqués).

7. Le lichen plan

lichen plan papules violacées poignets qui grattent
Lichen plan — papules violacées

Le lichen plan se manifeste par des papules violacées plates et brillantes, très prurigineuses, prédominant sur les poignets et les jambes. Son origine est auto-immune.

Traitement : dermocorticoïdes locaux.

8. Les parasitoses après voyage tropical

Après un voyage en zone tropicale, une poussée de boutons qui grattent peut révéler une larva migrans cutanée (ankylostome), une onchocercose, une bilharziose ou une dermite des nageurs. Ces parasitoses nécessitent un traitement spécifique et un bilan parasitologique.

9. La pemphigoïde bulleuse — à évoquer chez la personne âgée

La pemphigoïde bulleuse peut débuter par une phase pré-bulleuse avec des plaques rouges très prurigineuses avant l’apparition des bulles caractéristiques. Elle touche principalement les personnes de plus de 70 ans. C’est une urgence dermatologique.

Causes d’une poussée de boutons soudaine SANS démangeaison

Quand les boutons ne grattent pas, d’autres diagnostics sont à envisager selon l’aspect des lésions :

Boutons contenant du liquide (vésicules, bulles, pustules)

  • Herpès et zona — vésicules groupées douloureuses unilatérales. Voir herpès et zona
  • Impétigo bulleux — bulles superficielles et croûtes jaunâtres melicerides, très contagieux. Voir impétigo
  • Pemphigus — bulles intra-épidermiques fragiles, signe de Nikolsky positif
  • Psoriasis pustuleux — pustules non folliculaires sur fond érythémateux

Boutons plats colorés (macules, exanthème fébrile)

  • Rougeole — fièvre élevée, éruption débutant au visage et descendant sur le corps. Voir rougeole
  • Rubéole — boutons roses discrets avec ganglions cervicaux. Voir rubéole
  • Mégalérythème (parvovirus B19) — joues rouges soufflées + éruption en résille. Voir mégalérythème
  • Scarlatine — éruption rouge en papier de verre + fièvre élevée + angine
  • Méningococcémie — purpura (taches violettes ne s’effaçant pas) = URGENCE VITALE

Éruptions en anneaux ou figurées

  • Mycose annulaire — anneau squameux à extension centrifuge. Voir mycose de la peau
  • Maladie de Lyme — érythème chronique migrant autour d’une piqûre de tique
  • Érythème polymorphe — lésions en cocarde ou « cible », souvent après un herpès. Voir érythème polymorphe

Tableau récapitulatif des principales causes

Cause Gratte ? Fièvre ? Signe clé
Urticaire Oui, intense Non Disparaît en <24h, migre
Gale Oui, nocturne Non Entourage atteint, doigts/poignets
Allergie médicamenteuse Variable Parfois Médicament récent, éruption symétrique
Eczéma Oui, intense Non Terrain atopique, plis
Pityriasis rosé Légèrement Non Médaillon initial, aspect sapin de Noël
Varicelle Oui, intense Oui Vésicules à tous les stades
Lichen plan Oui, intense Non Papules violacées, poignets/jambes
Parasitose tropicale Oui Parfois Voyage récent en zone tropicale
Pemphigoïde bulleuse Oui, intense Non Sujet âgé, évolue vers des bulles

Quand consulter en urgence ?

🚨 Appelez le 15 ou rendez-vous aux urgences si la poussée de boutons s’accompagne de :

— Gonflement du visage, des lèvres, de la langue ou du cou
— Difficulté à respirer ou à avaler
— Fièvre élevée avec décollements cutanés ou atteinte des muqueuses
— Taches violacées qui ne blanchissent pas à la pression (purpura)
— État général très altéré (fatigue intense, confusion)

Sources

Questions fréquentes

Pourquoi ai-je une poussée de boutons soudaine qui gratte partout ?

Les causes les plus fréquentes sont l’urticaire aiguë (allergie à un aliment ou médicament), une infection virale, la gale ou une réaction médicamenteuse. Si les boutons sont apparus en quelques heures et ressemblent à des piqûres d’ortie, il s’agit probablement d’une urticaire. Si ça gratte surtout la nuit et que votre entourage est aussi atteint, pensez à la gale.

Une poussée de boutons qui gratte peut-elle être contagieuse ?

Cela dépend de la cause. La gale est très contagieuse et nécessite le traitement simultané de tout l’entourage. La varicelle l’est également. En revanche, l’urticaire, l’eczéma et le lichen plan ne sont pas contagieux.

Que faire en attendant la consultation pour une poussée de boutons qui gratte ?

Évitez de gratter (cela aggrave et risque de surinfecter). Appliquez une crème apaisante sans parfum. Un antihistaminique en vente libre peut soulager temporairement. Notez les médicaments récemment pris, les aliments ingérés et si d’autres personnes de votre entourage ont les mêmes symptômes — ces informations seront précieuses pour le médecin.

La poussée de boutons peut-elle être due au stress ?

Oui. Le stress peut déclencher ou aggraver une urticaire, une poussée d’eczéma ou de psoriasis. Il agit comme facteur favorisant en perturbant le système immunitaire cutané. Cependant, le stress seul ne suffit généralement pas — il révèle le plus souvent un terrain prédisposé.

Comment traiter une poussée de boutons soudaine chez l’adulte ?

Le traitement dépend entièrement de la cause. L’urticaire se traite par antihistaminiques. La gale nécessite un antiparasitaire (perméthrine ou ivermectine) pour tout le foyer. L’eczéma répond aux dermocorticoïdes. Une toxidermie exige l’arrêt du médicament responsable. Sans diagnostic précis, n’appliquez pas de traitement à l’aveugle — certains (corticoïdes seuls) peuvent aggraver une gale ou une infection.


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DEMANGEAISONS DE LA PEAU PARTOUT SANS BOUTONS : ça gratte sans boutons

Ça me gratte partout sans bouton : causes et que faire ?

Démangeaisons de la peau sans boutons, possible consultation dermatologique à distance.

Vous vous grattez partout mais votre peau semble parfaitement normale, sans bouton ni plaque rouge visible ? Ce phénomène de démangeaisons— appelé prurit sine materia en médecine — est plus fréquent qu’on ne le croit et peut avoir des causes très variées, parfois bénignes, parfois nécessitant un bilan médical approfondi. Voici comment l’identifier et quand consulter.

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– Les routines quotidiennes
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Qu’est-ce que le prurit sine materia ?

Le prurit sine materia (littéralement « démangeaison sans matière ») désigne des démangeaisons généralisées sans aucune lésion cutanée visible — pas de bouton, pas de plaque, pas de rougeur. La peau paraît normale à l’œil nu, mais les démangeaisons peuvent être intenses, voire insupportables, et perturber le sommeil.

C’est un symptôme important à prendre au sérieux car il peut révéler une maladie interne. Un bilan médical est indispensable si les démangeaisons persistent plus de 2 semaines sans cause évidente.

Les causes les plus fréquentes

1. La sécheresse cutanée (xérose)

C’est la cause la plus banale et la plus fréquente. Une peau très sèche démange sans présenter de lésion visible. Elle touche particulièrement les personnes âgées (prurit sénile), les peaux atopiques ou originaires de pays chauds exposées au froid, au chauffage et aux douches trop chaudes. La solution : une crème hydratante appliquée quotidiennement, surtout après la douche.

2. La gale au début de son évolution

Au tout début de la gale, les lésions peuvent être très discrètes ou absentes, et seules les démangeaisons — notamment nocturnes (et démangeaisons à l’entrée dans le lit)— sont présentes. Si plusieurs personnes de votre entourage se grattent aussi, pensez à la gale. Voir la gale au début de son évolution.

3. Une réaction allergique ou médicamenteuse

Certains médicaments provoquent des démangeaisons généralisées sans éruption cutanée visible : aspirine, amiodarone, antibiotiques (pénicillines, rifampicine), captopril, chloroquine, morphiniques, isotrétinoïne (Roaccutane®, Curacne®) … Si les démangeaisons ont débuté après la prise d’un nouveau médicament, signalez-le à votre médecin.

4. L’insuffisance rénale chronique

Le prurit urémique est une complication fréquente de l’insuffisance rénale. Il est souvent généralisé, sans lésion cutanée initiale, et s’aggrave pendant les séances d’hémodialyse. Il nécessite une prise en charge spécialisée difficile : cholestyramine, photothérapie UVB📚 Prurit urémique : revue et nouvelles thérapies — PubMed

5. La cholestase hépatique

Une rétention de bile dans le foie (cirrhose biliaire primitive, hépatite, obstruction des voies biliaires, cancer du pancréas) peut provoquer des démangeaisons intenses sans bouton. Le prurit est souvent plus marqué aux paumes et aux plantes des pieds.

6. Les maladies du sang (hémopathies)

Plusieurs maladies hématologiques peuvent se manifester par des démangeaisons généralisées sans lésion cutanée :

  • Maladie de Hodgkin et lymphomes — les démangeaisons peuvent précéder l’apparition des ganglions de plusieurs mois
  • Maladie de Vaquez (polyglobulie) — prurit aquagénique typique : démangeaisons au contact de l’eau chaude
  • Myélome, maladie de Waldenström
  • Carence en fer (anémie ferriprive) — une simple carence martiale peut suffire à provoquer des démangeaisons

7. Les maladies endocrinologiques

  • Hyperthyroïdie (maladie de Basedow) : démangeaisons associées à une perte de poids, palpitations, nervosité
  • Hypothyroïdie : peau sèche et démangeaisons dans un contexte de fatigue et de frilosité
  • Diabète : les démangeaisons peuvent être un signe d’appel
  • Dermatite auto-immune à la progestérone ou aux œstrogènes
  • Syndrome carcinoïde (tumeur digestive libérant de l’histamine)

8. Les cancers solides

Un prurit généralisé persistant peut révéler un cancer du côlon, de l’estomac, de la prostate ou du poumon. C’est rare mais important à ne pas manquer — d’où l’intérêt d’un bilan médical complet en cas de démangeaisons inexpliquées persistantes.

📚Prurit et cancers : ne pas oublier les causes malignes — PubMed

9. La grossesse

Le prurit gravidique sine materia survient surtout au 3e trimestre, prédominant aux paumes et aux plantes des pieds. Il peut être lié à une cholestase hépatique gravidique et nécessite une prise en charge urgente car il peut affecter le fœtus.

10. Maladies parasitaires

Notamment la ciguatera, certaines parasitoses digestives notamment en cas de voyage en zone tropicale

11. Le stress et l’anxiété

Les facteurs psychologiques peuvent amplifier la perception des démangeaisons et parfois en être la cause principale. Ce diagnostic ne doit être retenu qu’après élimination de toute cause organique.

Quel bilan médical en cas de prurit sans bouton ?

Si vous vous grattez partout sans bouton depuis plus de 2 jours sans cause évidente, votre médecin prescrira un bilan incluant généralement :

  • Numération formule sanguine (NFS)
  • Bilan hépatique et rénal (urée, créatinine, transaminases, bilirubine)
  • Glycémie à jeun
  • Ferritine (carence en fer)
  • TSH (thyroïde)
  • LDH, électrophorèse des protéines
  • Sérologies VIH, hépatites B et C
  • Parasitologie des selles
  • Radiographie thoracique et échographie abdominale

Le dermatologue pourra vous proposer une biopsie cutanéeavec immunofluorescence directe

Pour en savoir plus sur toutes les causes de démangeaisons (avec ou sans bouton), consultez notre article complet : peau qui gratte : causes et traitements.

Comment soulager les démangeaisons en attendant le diagnostic ?

  • Appliquez une crème hydratante sur tout le corps après la douche
  • Prenez des douches à eau tiède (pas chaude) et évitez les savons irritants
  • Portez des vêtements en coton — évitez la laine et les synthétiques
  • Réduisez le chauffage et humidifiez l’air de votre chambre
  • Un antihistaminique (en vente libre) peut soulager temporairement
  • Gardez les ongles courts pour limiter les lésions de grattage

Voir notre article complet : comment calmer les démangeaisons.

Sources

Questions fréquentes

Pourquoi est-ce que je me gratte partout sans avoir de boutons ?

Des démangeaisons généralisées sans lésion visible peuvent avoir de nombreuses causes : sécheresse cutanée, médicaments, maladies internes (foie, reins, sang, thyroïde) ou début de gale. Si elles persistent plus de 2 jours, consultez un médecin pour un bilan.

Le stress peut-il provoquer des démangeaisons sans bouton ?

Oui, l’anxiété et le stress peuvent amplifier ou déclencher des démangeaisons sans lésion cutanée. Mais ce diagnostic ne doit être retenu qu’après élimination de toute cause organique par un bilan médical.

Les démangeaisons sans bouton peuvent-elles être graves ?

Parfois oui. Un prurit généralisé sans lésion persistant peut révéler un lymphome, un cancer solide, une insuffisance rénale ou hépatique. C’est pourquoi un bilan médical complet est indispensable en cas de démangeaisons inexpliquées qui durent.

Quand faut-il consulter en urgence pour des démangeaisons sans bouton ?

Consultez rapidement si les démangeaisons s’accompagnent d’une jaunisse, d’une fatigue intense, d’une perte de poids inexpliquée, de ganglions, ou si vous êtes enceinte. Ces signes associés peuvent indiquer une cause nécessitant une prise en charge urgente. Dans tous les cas, il faut consulter si les démangeaisons durent plus de 48h


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– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
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DEMANGEAISONS NOCTURNES : ma peau gratte la nuit au lit sans bouton

Démangeaisons la nuit au lit sans bouton : causes et solutions

Vous vous grattez partout dès que vous vous couchez, mais vous n’avez aucun bouton visible sur la peau ? Cette situation, très inconfortable, peut avoir de nombreuses causes. Voici un guide complet pour identifier l’origine de vos démangeaisons nocturnes sans bouton et savoir quand consulter.

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Démangeaison de la peau — prurit
Démangeaison cutanée — un symptôme très pénible

Pourquoi les démangeaisons s’aggravent-elles la nuit dans le lit ?

Plusieurs mécanismes expliquent pourquoi les démangeaisons s’intensifient le soir et la nuit :

  • La chaleur du lit dilate les vaisseaux cutanés et active certains parasites comme le sarcopte de la gale
  • La sudation nocturne peut irriter une peau déjà sensible
  • L’absence de distractions rend la sensation de prurit plus perceptible
  • Le rythme circadien : certaines substances inflammatoires (cytokines) sont naturellement plus élevées la nuit
  • La literie peut contenir des acariens, des fibres irritantes ou des résidus de lessive allergisants

 

Peau qui gratte — symptôme pénible
La peau qui gratte, un symptôme très pénible

Pour mieux comprendre les mécanismes : voir notre article pourquoi la peau gratte.

Les questions à se poser en cas de démangeaisons

L’origine des démangeaisons varie selon plusieurs facteurs :

L’heure de survenue

  • Démangeaisons après un repas → évoquant une allergie alimentaire
  • Démangeaisons le soir et la nuit → nous allons le voir, attention à la gale

Les facteurs déclencheurs ou aggravants

La présence ou non de plaques et boutons

Voir notre article sur les plaques qui grattent.

Les principales causes de démangeaisons nocturnes sans bouton

1. La gale — à éliminer en priorité

La gale est la première cause à évoquer face à des démangeaisons qui s’intensifient la nuit dans le lit. Le sarcopte creuse des galeries sous la peau, activé par la chaleur des draps. Au début, les lésions peuvent être très discrètes et passer inaperçues (démangeaisons sans boutons la nuit). Les zones caractéristiques sont les espaces entre les doigts, les poignets, le ventre et les fesses. Voir la gale au début de son évolution.

 

Boutons de gale
Boutons de gale

2. Les acariens de la literie

Les acariens sont des micro-organismes invisibles à l’œil nu qui prolifèrent dans les matelas, oreillers et couettes. Leurs déjections sont allergisantes et peuvent provoquer des démangeaisons nocturnes intenses sans bouton apparent, souvent accompagnées de rhinite ou d’éternuements. Solutions : housses anti-acariens, lavage régulier de la literie à 60°C, aération quotidienne.

3. La dermatite atopique (eczéma)

L’eczéma provoque des démangeaisons typiquement nocturnes, parfois sans lésion visible au moment du grattage. La peau est sèche, réactive, et la chaleur du lit aggrave le prurit. Un traitement par émollients et dermocorticoïdes peut soulager rapidement.

Eczéma diffus prurigineux

 

4. La sécheresse cutanée (xérose)

Une peau très sèche démange, surtout la nuit. C’est particulièrement fréquent en hiver (chauffage, air sec) et après 60 ans (prurit sénile). Aucun bouton n’est visible — juste une peau qui tire et qui gratte. Un soin hydratant appliqué le soir avant le coucher suffit souvent à résoudre le problème.

5. La réaction aux produits de la literie

La lessive, l’adoucissant ou les sprays désodorisants utilisés pour laver draps et taies d’oreiller peuvent contenir des allergènes ou des irritants. Si vos démangeaisons ont commencé après un changement de produit, c’est une piste sérieuse. Essayez une lessive hypoallergénique sans parfum et rincez en double cycle.

6. L’urticaire cholinergique

L’urticaire cholinergique se déclenche à la chaleur — y compris la chaleur du lit. Elle provoque des démangeaisons et parfois de petites papules fugaces qui disparaissent rapidement. Les antihistaminiques sont le traitement de première intention.

Urticaire : aspect de piqûres d’orties, très prurigineux → voir urticaire

Urticaire — plaques qui démangent
Urticaire

7. Le prurit sine materia

Le prurit sine materia désigne des démangeaisons sans aucune lésion cutanée visible. Il peut être le signe d’une cause interne : insuffisance rénale, cholestase hépatique, carence en fer, lymphome, hyperthyroïdie ou diabète. Si les démangeaisons nocturnes persistent sans explication cutanée, un bilan sanguin est indispensable.

Quand les démangeaisons surviennent sans aucune lésion cutanée visible, on parle de prurit sine materia. Ce type de prurit doit faire rechercher une cause interne :

  • Insuffisance rénale chronique : mécanisme mal connu (rôle de l’hémodialyse, peau sèche, anomalies phosphocalciques…). Traitement difficile : cholestyramine, photothérapie UVB📚 Prurit urémique : revue et nouvelles thérapies — PubMed
  • Rétention biliaire (cholestase) : cirrhose biliaire primitive, hépatite, médicament, cancer des voies biliaires ou du pancréas. Traitement : cholestyramine, phénobarbital
  • Causes hématologiques :
    • Maladie de Vaquez → prurit aquagénique (démangeaisons au contact de l’eau chaude)
    • Maladie de Hodgkin et autres lymphomes → les démangeaisons peuvent précéder les ganglions
    • Dysglobulinémies monoclonales (myélome, Waldenström)
    • Carence martiale (manque de fer)

    📚 Prurit et cancers : ne pas oublier les causes malignes — PubMed

  • Parasitoses : notamment la ciguatera
  • Grossesse : prurit gravidique sine materia lié à une cholestase, surtout au 3e trimestre, prédominant aux paumes et plantes. Traitement : cholestyramine ou acide ursodéoxycholique
  • Causes endocrinologiques :
    • Hyperthyroïdie (maladie de Basedow) ou hypothyroïdie
    • Dermatite auto-immune à la progestérone ou aux œstrogènes
    • Syndrome carcinoïde (tumeur digestive libérant de l’histamine)
  • Cancers : côlon, estomac, prostate, poumon…
  • Médicaments : amiodarone, aspirine, antibiotiques (pénicillines, vancomycine, rifampicine…), captopril, chloroquine, isotrétinoïne (Roaccutane®, Curacne®…), phénothiazines, morphiniques…
  • Prurit sénile (sujet âgé) : diagnostic d’élimination, souvent dans un contexte de peau sèche

⚠️ Le bilan classique d’un prurit sine materia comprend : biopsie cutanée avec immunofluorescence directe (sujet âgé), NFS, VS, CRP, urée, créatinine, bilan hépatique, LDH, glycémie, ferritine, TSH, électrophorèse des protéines, sérologies VIH/VHA/VHB/VHC, examen parasitologique des selles, radiographie thoracique et échographie abdominale.

8. Les piqûres de punaises de lit

Les punaises de lit piquent la nuit et leurs piqûres peuvent ne laisser que de légères marques dans un premier temps, voire aucune réaction visible chez certaines personnes. Vérifiez la présence de petites taches de sang sur les draps ou de minuscules insectes bruns dans les coutures du matelas.

Facteurs aggravant les démangeaisons

Certains facteurs aggravent les démangeaisons et doivent être évités :

  • Agents irritants : savon, eau chaude, toilette trop fréquente, vêtements en laine
  • Chauffage excessif et air sec

Calmer les démangeaisons

Voir notre article complet : calmer les démangeaisons et soigner la peau qui gratte.

Comment s’orienter pour essayer de connaître la cause de vos démangeaisons nocturnes ?

Voici un tableau récapitulatif mais non exhaustif pour vous orienter :

Cause Signes associés Qui est touché ?
Gale Entourage atteint, zones caractéristiques Tout âge
Acariens Rhinite, éternuements, pire le matin Terrain allergique
Eczéma atopique Peau sèche, antécédents allergiques Enfants, adultes
Sécheresse cutanée Peau qui tire, pas de lésion Seniors, hiver
Prurit interne Fatigue, amaigrissement, pas de lésion Adultes, seniors
Punaises de lit Taches sur draps, traces dans matelas Tout âge

Que faire en premier pour soulager les démangeaisons nocturnes ?

  • Lavez votre literie à 60°C avec une lessive hypoallergénique
  • Aérez votre chambre et baissez la température (idéalement 18-19°C)
  • Appliquez une crème hydratante sur tout le corps avant le coucher
  • Évitez les vêtements de nuit en laine ou synthétique — préférez le coton
  • Prenez une douche tiède (pas chaude) avant de dormir
  • En cas de démangeaisons très intenses, un antihistaminique en vente libre peut aider ponctuellement

Si les démangeaisons persistent plus de 2 jours malgré ces mesures, consultez un médecin et si possible dermatologue pour identifier la cause précise et recevoir un traitement adapté.

Questions fréquentes sur les démangeaisons nocturnes

Pourquoi est-ce que je me gratte partout quand je suis dans mon lit ?

Plusieurs causes peuvent expliquer des démangeaisons au lit : la gale (à éliminer en priorité), les acariens de la literie, l’eczéma, la sécheresse cutanée ou encore des piqures de punaises de lit. La chaleur du lit aggrave souvent ces démangeaisons en activant l’inflammation cutanée ou les parasites.

Comment savoir si mes démangeaisons nocturnes sont dues à la gale ?

La gale se distingue par des démangeaisons qui touchent le plus souvent aussi d’autres personnes du foyer, et qui sont localisées aux espaces entre les doigts, poignets, ventre et fesses. Si vous êtes seul à vous gratter et sans contact suspect récent, d’autres causes sont plus probables. Voir l’article gale au début

Les acariens peuvent-ils provoquer des démangeaisons nocturnes sans bouton ?

Oui, les acariens de la literie provoquent des démangeaisons par réaction allergique, souvent sans lésion cutanée visible. Elles sont typiquement plus intenses le matin au réveil. Des housses anti-acariens et un lavage régulier de la literie à 60°C sont les solutions principales.

Que faire si je me gratte la nuit sans raison apparente ?

Si aucune cause cutanée évidente n’est retrouvée (peau normale, pas de gale, pas d’allergie connue), il faut consulter pour réaliser un bilan sanguin et éliminer une cause interne (foie, reins, thyroïde, sang). Un dermatologue peut orienter le bilan.

 


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– Les erreurs à éviter
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– Les causes
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RED SKIN SYNDROME ou syndrome de la peau rouge

Red Skin Syndrome

Le syndrome de la peau rouge est une dermatose dont l’entité est controversée, lié à une utilisation anormale des cremes à la cortisone de façon abusive ou inappropriée. On l’appelle aussi  « syndrome de la peau brûlante » ou de la « peau en feu » et de « dermatite due à la cortisone ». Il touche surtout les femmes et il est observé à l’arrêt des dermocorticoïdes appliqués sur une très longue période (plusieurs mois d’utilisation quotidienne).

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Symptomes

Les symptômes les plus fréquents du syndrome de la peau rouge sont :

  • Comme son nom l’indique, une rougeur…
  • des papules dans cette nappe rouge (« boutons dans la plaque rouge»)
  • sensations de brûlures, de picotements, de démangeaisons voire de douleurs…
  • épisodes de gonflements de la plaque rouge
  • peau sèche

Un syndrome controversé

argile

Le syndrome de la peau rouge ressemble à l’eczéma craquelé et fissuraire. On l’observe surtout chez les femmes (jusqu’à 80% des cas décrits sont des femmes).  Sur un fond rouge, la peau est fissurée.

Il ressemble aussi sur le visage à la rosacée, dont la peau est irritable et brûle. Or la rosacée est parfois aggravée par l’application de dermocorticoides, le Red Skin Syndrome est donc controversé, certains pensent qu’il s’agit d’une forme proche de la rosacée sur le visage

Par ailleurs on connait la propension des dermocorticoides à créer des rougeurs au long cours et on connait depuis longtemps leur effet rebond à l’arrêt.

Ainsi, ce syndrome d’arrêt des dermocorticoïdes après application abusive et inappropriée ne fait pas encore consensus dans la communauté scientifique. S’agit-il d’une entité à part entiere ou d’une forme de rosacée agravée par les dermocorticoides? D’un rebond ou de rougeurs secondaires à une utilisation trop prolongée de dermocorticoides?

Les causes

Si son individualité est contestée (s’agit-il de rougeurs post corticoides, d’une forme de rosacée, d’eczema sec, de rebond à l’arret…), on connait bien sa cause. Il résulte d’une utilisation anormale des dermocorticoides :

  • Abusive : trop de dermocorticoides et/ ou trop souvent
  • Inappropriée : utilisation trop longue (plusieurs mois quotidiennement) et/ou sur d’autres dermatoses inflammatoires comme l’acné ou la rosacée

Que faire?

Il faut consulter un dermatologue, qui tentera un sevrage progressif des dermocorticoides et utilisera des traitements spécifiques des pathologies associées (tacrolimus en cas d’eczema, metronidazole en cas de rosacée…)

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PROBLEME AVEC UN TATOUAGE : tatouage rouge, infecté, qui coule, croutes, allergie au tatouage…

Problème sur tatouage : infection, allergie, granulome — que faire ?

Environ 6 % des personnes tatouées rencontrent une complication — rougeur persistante, croûtes suintantes, boutons sur la couleur, épaississement de la peau ou réaction apparaissant des mois après le tatouage. Ces problèmes ont des causes très différentes (infection bactérienne, allergie aux pigments, granulome, maladie de peau révélée) et des traitements radicalement distincts. Ce guide détaille chaque situation pour aider à identifier la complication et savoir quand consulter.

Réaction sur un tatouage, complication ou doute sur le diagnostic ?
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Sommaire :
Signes d’alarme |
Problèmes durant la cicatrisation |
Infections |
Allergies aux pigments |
Granulomes |
Maladies de peau révélées |
Tableau comparatif |
Questions fréquentes

Signes d’alarme : consulter rapidement

⚠️ Consulter sans délai si :
— Rougeur qui s’étend au-delà du tatouage en quelques heures ou jours
Fièvre ou frissons associés à une réaction cutanée
Suintement purulent (pus) sur le tatouage
Douleur croissante plutôt que décroissante après J3
— Croûtes jaunâtres confluentes évoquant un impétigo
— Tuméfaction douloureuse avec chaleur locale

Ces signes peuvent indiquer une infection cutanée nécessitant des antibiotiques, voire une prise en charge hospitalière en urgence.

Problèmes durant la phase de cicatrisation (1er mois)

Rougeur et boutons sur tatouage : infection ou allergie ?

Un tatouage cicatrise normalement en 3 à 4 semaines : les croûtelles tombent seules, la rougeur s’estompe progressivement, aucune nouvelle lésion n’apparaît. Toute évolution contraire doit faire consulter rapidement.

Rougeur ou douleur persistante au-delà de 72 h : une inflammation modérée dans les 48-72 premières heures est normale. Une rougeur qui persiste ou s’intensifie après ce délai, accompagnée d’une douleur croissante, est anormale.

Tatouage qui suinte plus de 5 jours : un léger suintement clair dans les premiers jours est physiologique (plasma). Un suintement prolongé, coloré ou purulent signe une infection ou une réaction allergique de contact.

Croûtes jaunâtres ou croûtes dorées confluentes : aspect d’impétigo (surinfection bactérienne superficielle) — traitement antibiotique local ou général selon l’étendue.

Deux causes principales sont à évoquer devant ces signes précoces :

Allergie de contact aux produits appliqués : antiseptique, crème cicatrisante, film occlusif. L’eczéma allergique de contact se manifeste par des vésicules, un suintement et des démangeaisons intenses sur la zone traitée. Il faut identifier et supprimer le produit responsable.

Surinfection à mycobactéries environnementales : liée à une dilution de l’encre avec de l’eau non stérile lors du tatouage. Caractéristique : pustules localisées préférentiellement sur les zones grises et claires du tatouage, avec respect des zones noires intenses. Nécessite une antibiothérapie adaptée (macrolides ou quinolones) sur plusieurs semaines.

Infections bactériennes sur tatouage

Les infections cutanées bactériennes post-tatouage sont dues le plus souvent à Staphylococcus aureus ou Streptococcus pyogenes — germes opportunistes qui colonisent la plaie cutanée quand les soins d’hygiène ne sont pas respectés ou quand le matériel n’était pas stérile.

Signes cliniques : rougeur chaude et douloureuse autour du tatouage, placard érythémateux avec chaleur locale, parfois pustules, peau brillante et tendue, adénopathies satellite (ganglions douloureux dans le creux du bras ou l’aine selon la localisation). Fièvre dans les formes étendues.

Risques infectieux systémiques : un tatouage réalisé avec du matériel non stérile ou des aiguilles réutilisées expose à des risques infectieux graves — hépatites B et C, VIH. Ce risque est aujourd’hui quasi nul chez les professionnels agréés utilisant du matériel à usage unique, mais persiste pour les tatouages réalisés hors structures professionnelles (voyage, amateur).

Prise en charge : antibiothérapie locale (mupirocine) pour les formes superficielles limitées, antibiothérapie générale (pénicillines M, clindamycine) pour les formes étendues ou fébriles. Ne pas inciser soi-même une collection — risque de dissémination.

Allergies aux pigments de tatouage

L’allergie aux pigments de tatouage est la complication tardive la plus fréquente. Les pigments et colorants sont des corps étrangers potentiellement allergisants pour l’organisme. La réaction peut survenir immédiatement après le tatouage ou plusieurs années plus tard — y compris sur un tatouage anciennement cicatrisé et jusque-là bien toléré.

Aspect clinique : eczéma de contact, démangeaisons intenses, épaississement et induration strictement limités à la couleur en cause. Seule la teinte allergisante réagit, les autres couleurs restant saines — signe pathognomonique permettant d’orienter le diagnostic.

Composition des pigments et traçabilité : le fabricant doit indiquer la composition exacte des colorants pour permettre au tatoueur d’informer son client en cas de réaction. Cette composition est indispensable au dermatologue pour identifier l’allergène et envisager un éventuel détatouage au laser. Attention : certains tatoueurs mélangent les encres entre elles ou ajoutent des liants (glycérine, résines synthétiques), et le marquage des flacons n’est pas toujours fiable. Certains pigments de synthèse ont une composition proche des peintures automobiles.

Allergies par couleur :

Couleur Substance(s) allergisante(s) Particularités
Rouge / rose / violet +++ Alazirine, mercure sulfuré, cadmium Allergie la plus fréquente — atrophie cutanée possible, réaction chronique difficile à traiter. Le rouge répond mal au laser de détatouage.
Vert Dérivés du chrome Allergie de contact classique, eczéma localisé à la couleur verte
Violet / jaune Cadmium Souvent déclenchée par l’exposition solaire (photosensibilisation) — réaction qui apparaît en été
Henné noir PPD (paraphénylènediamine) Allergie très fréquente — voir tatouage au henné

Traitement des allergies aux pigments : dermocorticoïdes topiques en cure courte, parfois immunosuppresseurs pour les formes sévères. Dans les cas réfractaires ou pour supprimer l’allergène définitivement : détatouage au laser — mais certains pigments contenant des métalloïdes sont difficiles à éliminer par laser. Toute allergie aux pigments nécessite une consultation dermatologique.

Granulomes à corps étranger

Les granulomes à corps étranger sont des réactions inflammatoires chroniques liées à la présence des pigments dans le derme. L’organisme tente d’encapsuler les particules de pigment qu’il reconnaît comme corps étrangers — ce processus aboutit à la formation de nodules inflammatoires fermes et parfois prurigineux.

Présentation clinique : nodules fermes, légèrement surélevés, de la couleur du pigment en cause, apparaissant plusieurs semaines à plusieurs années après le tatouage. Peuvent être uniques ou multiples, localisés à une seule couleur ou diffus sur l’ensemble du tatouage. Évolution chronique sans tendance à la guérison spontanée.

Particularité : certains granulomes sur tatouage sont en réalité la manifestation cutanée d’une sarcoïdose systémique — une biopsie est souvent nécessaire pour éliminer ce diagnostic. En cas de granulomes sur tatouage, un bilan général est recommandé (radiographie thoracique, enzyme de conversion de l’angiotensine).

Traitement : dermocorticoïdes topiques puissants ou en injection intralésionnelle (triamcinolone). Hydroxychloroquine ou méthotrexate dans les formes récalcitrantes. Le détatouage au laser peut être envisagé pour supprimer le substrat antigénique.

Maladies de peau révélées par le tatouage

Certaines maladies dermatologiques se développent ou s’aggravent au site d’un traumatisme cutané — c’est le phénomène de Koebner. Le tatouage, qui constitue un traumatisme cutané délibéré et répété, peut donc déclencher ou révéler ces affections chez des sujets prédisposés.

Psoriasis sur tatouage : des plaques de psoriasis peuvent apparaître strictement sur le tracé du tatouage chez un patient psoriasique ou à risque — le tatouage peut ainsi révéler un psoriasis méconnu.

Lichen plan sur tatouage : le lichen plan peut se développer sur le site du tatouage par phénomène de Koebner — papules violacées prurigineuses sur le tracé.

Sarcoïdose : les granulomes sarcoïdosiques peuvent coloniser le tatouage et mimer une simple réaction aux pigments. C’est pourquoi une biopsie est souvent nécessaire devant des granulomes sur tatouage — une sarcoïdose systémique sous-jacente doit être activement recherchée.

Kératoacanthomes éruptifs : des kératoacanthomes (tumeurs épidermiques à évolution rapide, habituellement bénignes) peuvent apparaître de manière éruptive sur le site d’un tatouage — phénomène rare mais documenté, nécessitant une exérèse et une analyse histologique.

Ces maladies peuvent toutes se voir sur un tatouage récent ou ancien. La consultation dermatologique avec biopsie cutanée est souvent indispensable pour établir le bon diagnostic et ne pas traiter à tort une simple réaction allergique.

Tableau comparatif des complications du tatouage

Complication Délai d’apparition Aspect Couleur(s) concernée(s) Traitement
Infection bactérienne 1–10 jours Rougeur chaude, douloureuse, parfois pus Tout le tatouage Antibiotiques locaux ou généraux
Allergie de contact (crème) Quelques jours Vésicules, suintement, démangeaisons Tout le tatouage Éviction produit, dermocorticoïdes
Mycobactéries 2–8 semaines Pustules sur zones claires/grises, épargne le noir Zones grises / diluées Antibiothérapie prolongée
Allergie pigment Semaines à années Eczéma, épaississement, prurit intense Une seule couleur (rouge +++) Corticoïdes, laser détatouage
Granulome à corps étranger Mois à années Nodules fermes, couleur du pigment Variable, souvent rouge ou noir Corticoïdes injectés, laser
Psoriasis / lichen (Koebner) Semaines à mois Plaques squameuses ou papules violacées sur tracé Suit le tracé du tatouage Selon la maladie sous-jacente
Sarcoïdose Mois à années Nodules brunâtres fermes, biopsie nécessaire Variable Bilan systémique, traitement spécifique

Questions fréquentes

Mon tatouage est rouge et douloureux 4 jours après — est-ce grave ?

Une rougeur modérée et un léger gonflement dans les 48–72 h suivant le tatouage sont normaux. Au-delà de ce délai, une rougeur qui s’étend, une douleur croissante ou un suintement coloré doivent faire consulter rapidement — il peut s’agir d’une infection bactérienne nécessitant des antibiotiques. Si une fièvre est associée, consultez le jour même.

Mon tatouage gratte et est épais seulement sur le rouge — c’est une allergie ?

Très probablement oui. L’allergie aux pigments de tatouage se manifeste typiquement sur une seule couleur — le rouge est la couleur la plus allergisante, souvent en raison de sa composition (alazirine, mercure). Cette allergie peut apparaître des années après le tatouage. Elle peut persister tant que le pigment est présent dans la peau. Un dermatologue peut confirmer le diagnostic et proposer un traitement (dermocorticoïdes) ou un détatouage au laser pour éliminer le pigment responsable.

Il y a des petits boutons sur les zones grises de mon tatouage mais pas sur le noir — pourquoi ?

Ce tableau très caractéristique — pustules sur les zones grises et diluées, avec respect des zones noires intenses — est évocateur d’une infection à mycobactéries environnementales. Elle survient quand l’encre a été diluée avec de l’eau non stérile lors du tatouage. Ce n’est pas une allergie. Le traitement est une antibiothérapie spécifique (macrolides, quinolones) pendant plusieurs semaines — consulter rapidement un dermatologue pour les examens bactériologiques.

Des boules sont apparues sous mon tatouage plusieurs mois après — que faire ?

Des nodules fermes apparaissant tardivement sous un tatouage évoquent des granulomes à corps étranger — réaction inflammatoire chronique aux pigments. Une biopsie cutanée est indispensable car certains granulomes sur tatouage sont en réalité la manifestation d’une sarcoïdose systémique, qui nécessite un bilan complémentaire (radiographie thoracique, prise de sang). Le traitement fait appel aux dermocorticoïdes injectés ou aux immunosuppresseurs selon la cause.

Peut-on enlever un tatouage qui provoque des réactions allergiques chroniques ?

Oui — le détatouage au laser est la meilleure option pour supprimer définitivement le pigment allergisant. Cependant, certains pigments (notamment le rouge contenant des métalloïdes) répondent moins bien au laser et peuvent nécessiter de nombreuses séances. Il est important d’informer le dermatologue de la composition exacte des encres utilisées si elle est connue, pour adapter la longueur d’onde du laser. En cas d’allergie sévère, un test préalable sur une petite zone est recommandé avant de traiter l’ensemble du tatouage.

Voir aussi :
Tatouage — guide complet |
Risques du tatouage |
Soins du tatouage |
Détatouage au laser |
Précautions avant de se faire tatouer


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PRURIGO : le prurigo et son traitement

Prurigo : symptômes, causes et traitements (dont dupilumab)

Le prurigo est une dermatose prurigineuse caractérisée par des papules rouges qui démangent intensément. Il fonctionne selon un cercle vicieux : plus on gratte, plus la peau s’épaissit et démange. Il existe trois formes selon l’évolution — aiguë, subaiguë et chronique — avec des causes et des traitements différents. Depuis 2023, de nouvelles biothérapies ont transformé la prise en charge des formes sévères.

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Cet article en vidéo

prurigo papules rouges démangeaisons
Prurigo — papules rouges infiltrées

Symptômes du prurigo

Le prurigo se manifeste par des papules infiltrées (zones épaissies et surélevées), rouges à violacées sur les jambes, de quelques millimètres, caractérisées par des démangeaisons intenses. Les lésions peuvent être vésiculeuses ou suintantes à leur sommet.

papules prurigo nodulaire
Papules de prurigo

À force de grattage, les lésions deviennent croûteuses avec des excoriations. Elles peuvent se surinfecter au Staphylocoque doré, prenant un aspect de croûtes mellicériques ou pustuleux.

prurigo surinfecté staphylocoque croûtes
Prurigo surinfecté

Les 3 formes de prurigo

1. Prurigo aigu

Forme d’apparition rapide, souvent spontanément régressive sous traitement.

Prurigo strophulus (forme la plus fréquente)

Survient principalement chez l’enfant de maternelle ou de début de primaire ayant des antécédents d’eczéma atopique. Les lésions siègent sur les jambes et les zones de frottement sous les vêtements. Causé par une hypersensibilité aux :

  • Piqûres d’insectes : puces de chats et chiens, aoûtats en été
  • Acariens des poussières de maison
prurigo aigu allergie médicamenteuse
Prurigo aigu lié à une allergie médicamenteuse

Autres prurigos aigus

Peuvent être liés à des allergies médicamenteuses, des lymphomes ou une infection VIH.

2. Prurigo subaigu

prurigo subaigu dos excoriations
Prurigo subaigu

Les boutons sont petits et vésiculeux mais si prurigineux qu’ils sont rapidement excoriés et se transforment en croûtes. Il touche les régions accessibles au grattage : haut du dos, cou, cuir chevelu, bas du dos, fesses. Il survient plus souvent chez la femme de la cinquantaine en contexte de stress ou de difficultés émotionnelles, sans être considéré comme une pathologie purement psychosomatique.

3. Prurigo nodulaire chronique

prurigo nodulaire chronique nodules épaissis jambes
Prurigo nodulaire chronique

Forme chronique évoluant pendant des années, dans laquelle les papules prennent un aspect nodulaire épaissi (lichénifié) de 1 à 3 cm de diamètre, laissant des cicatrices pigmentées et dépigmentées. Il prédomine sur les avant-bras, bras, haut du dos, fesses et jambes.

Il se manifeste dans près des deux tiers des cas après 50 ans. Seuls 20% des patients sont de terrain atopique.

Le mécanisme repose sur un cercle vicieux neuro-immun : les cytokines de la voie Th2 (interleukines 4, 13 et 31) propagent l’inflammation et activent les prurirécepteurs indépendamment de l’histamine. La démangeaison s’autonomise progressivement et finit par altérer fortement la qualité de vie.

Critères diagnostiques du prurigo nodulaire :

  • Multiples lésions nodulaires
  • Signes de grattage répété : excoriations, croûtes, cicatrices
  • Évolution depuis au moins 6 semaines

💡 Signe du papillon : dans le dos, une zone en forme de papillon est souvent épargnée car elle est difficile d’accès au grattage — signe évocateur du diagnostic.

prurigo vésicules bulles
Prurigo avec vésicules

Bilan complémentaire

En l’absence de prurigo strophulus évident, un bilan est nécessaire pour rechercher une cause :

  • NFS, plaquettes
  • Bilan hépatique et rénal
  • IgE spécifiques
  • Glycémie à jeun
  • Sérologies VIH, hépatite B et C
  • Radiographie pulmonaire et échographie abdominale
  • Scanner thoraco-abdomino-pelvien en cas de suspicion de néoplasie ou lymphome

Traitement du prurigo

Traitements locaux

  • Émollients — hydratation de base indispensable
  • Dermocorticoïdes puissants sous pansements occlusifs — pour rompre le cercle vicieux
  • Préparations à la capsaïcine, vitamine D topique, tacrolimus, Daivobet* — pour les formes subaiguës et chroniques
  • Pansements cicatrisants — limitent le grattage et favorisent la cicatrisation

Traitements généraux

  • Antihistaminiques
  • Injections de corticoïdes intralésionnels
  • Cryothérapie
  • Photothérapie (UVB)
  • Méthotrexate hors AMM 10-20 mg/semaine — efficacité documentée (étude 2018)
  • Ciclosporine, naltrexone, prégabaline, gabapentine selon les cas

⚠️ Plus de la moitié des patients (57%) ne sont pas améliorés par les traitements conventionnels, selon une étude européenne sur 396 patients (EADV). L’émergence des biothérapies a changé la donne.

Biothérapies — nouvelles options depuis 2023

Dupilumab (Dupixent*)

En 2023, le dupilumab a obtenu l’AMM et un avis favorable au remboursement pour le prurigo nodulaire modéré à sévère résistant à un traitement local bien conduit. Posologie : 600 mg en dose initiale puis 300 mg toutes les 2 semaines. L’amélioration du prurit débute dès la 3e-4e semaine, est franche à 3 mois et continue de progresser jusqu’à 6 mois.

Némolizumab

Anticorps monoclonal dirigé contre le récepteur de l’IL-31, il a obtenu son AMM pour le prurigo nodulaire. Dès la première semaine, les patients présentent une réduction significative des démangeaisons. À 12 semaines, 44% des patients ont vu 75% de leurs lésions guéries contre 8,4% dans le groupe placebo.

Biothérapies en cours d’étude

Vixarelimab (anti-OSMRβ), nalbuphine (agoniste kappa opioïde, composante neurogène), serlopitant (antagoniste NK1R à la substance P).

Sources

Questions fréquentes sur le prurigo

Quelle est la différence entre prurigo et eczéma ?

L’eczéma est souvent une cause du prurigo — le grattage répété des plaques d’eczéma peut faire évoluer les lésions vers un prurigo. Le prurigo se distingue par des papules nodulaires bien individualisées, épaisses, résultant du cercle vicieux grattage-épaississement. Il peut aussi survenir sans eczéma sous-jacent.

Le prurigo nodulaire chronique peut-il guérir ?

La guérison complète est difficile à obtenir avec les traitements conventionnels. Depuis 2023, le dupilumab et le némolizumab ont transformé la prise en charge des formes modérées à sévères avec des taux de réponse significatifs. Une rémission prolongée est possible sous biothérapie.

Comment rompre le cercle vicieux du prurigo ?

L’application de dermocorticoïdes puissants sous pansements occlusifs bloque le cycle grattage-inflammation. Les pansements empêchent mécaniquement le grattage nocturne. Le traitement de la cause sous-jacente (eczéma, allergie, cause interne) est indispensable pour éviter les rechutes.

Le prurigo est-il contagieux ?

Non, le prurigo n’est pas contagieux. Cependant, si sa cause est une gale ou des piqûres de puces, ces parasites peuvent se transmettre à l’entourage. La cause doit toujours être identifiée et traitée.


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BOUTONS SOUS LE MASQUE : boutons et rougeurs, maskné, dermatite…

Boutons et rougeurs sous le masque

Le coronavirus SARS Cov2 responsable de la covid19, apparu en Chine en 2019 a provoqué la généralisation du port du masque. Beaucoup de personnes se plaignent de l’apparition de boutons sous le masque de protection, de rougeurs du visage, d’irritations… comment les identifier,  essayer de les éviter et les soigner

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Pourquoi le visage tolère mal le masque?

La peau du visage, habituée à être en plein air, réagit beaucoup aux frottements et à la macération. Or le masque provoque ces deux agressions, la première fragilisant la barrière cutanée, la seconde favorisant la pullulation microbienne.

Quels problèmes de peau sous le masque?

Il est n’est pas rare de voir survenir des boutons et des rougeurs sous le masque alors qu’on n’avait pas de problème de peau auparavant, ou de voir s’aggraver des pathologie préexistantes. Nous allons détailler ici les pathologies les plus fréquentes, il vous suffit de cliquer sur leur lien pour connaitre leurs symptomes et leur traitement. Il peut s’agir notamment :

Acné

maskne
Acné sous le masque ou « maskné »

Appelée « maskné« , l’acné due au masque est devenue fréquente. Elle siège sous le masque (menton, joues, nez) et peut prendre une forme rétentionnelle (kystes, points noirs…), inflammatoire (boutons rouges) ou les deux

Cette acné est surtout due à la séborrhée réactionnelle liée à la macération (accumulation de la chaleur, transpiration et humidité liée à la vapeur d’eau expirée dans le masque).

Une étude de février 2021 évoque que les masques faciaux semblent constituer un déclencheur des poussées d’acné.

Infections de la peau du visage

Le pH de la peau du visage est légèrement acide. Sous l’effet de la chaleur confinée dans le masque, il devient plus alcalin. Ce déséquilibre favorise la prolifération de bactéries pathogènes telles le staphylocoque doré

On peut donc voir apparaitre des abcès, des furoncles… du visage, voire un impétigo sous le masque

impetigo
impetigo

Dermite séborrhéique

La dermite séborrhéique est caractérisée par des rougeurs et desquamations liées à une irritation de la peau survenant sur les zones séborrhéiques du visage (zone T incluant le pourtour du nez, les sourcils et la lisière du cuir chevelu), y provoquant des rougeurs et des squames sur les ailes du nez, le pourtour du nez

La dermite séborrhéique est pour certains une manifestation de psoriasis du visage

Dermatite péri orale

La dermite péri orale prédomine chez la femme entre 15 et 45 ans avec souvent un terrain de dermatite atopique modérée.

Il s’agit comme son nom l’indique de rougeurs et de boutons de localisation péri-orale mais une atteinte péri-nasale ou péri-oculaire est possible et souvent associée

Rosacée

rosacee
Rosacée du visage

La rosacée du visage est une maladie vasculaire du massif facial sensible aux frottements répétés du masque et à la macération  (chaleur, transpiration et humidité par expiration d’eau). Elle provoque des rougeurs (couperose) et des boutons inflammatoires (rosacée)

Dermatite atopique

eczema visage
Eczema aigu du visage

La dermatite atopique est une sensibilité cutanée souvent présente depuis l’enfance, souvent responsable d’eczéma du visage sous le masque, en raison notamment du frottement. Les peaux atopiquess ont en effet souvent sèches et sensibles aux frottements. Elles hyper réagissent à leur environnement

Folliculite de la barbe

Le risque de voir apparaitre une folliculite de la barbe sous un masque est aggravée par le frottement du masque sur les poils de la barbe et la macération. Elle est plus fréquente sur les poils épais et les peaux noires

Taches noires

Les peaux mates ont tendance à faire des taches pigmentaires post inflammatoires ou taches noires sous le masque.

Quel masque choisir ?

Tout d’abord il faut choisir un masque dans lequel on se sent bien et éviter les masques en Néoprène et les matières synthétiques, trop occlusifs. De même les masques FFP2 (« canard ») sont plutot réservés aux professionnels de la santé et sont trop hermétiques et difficiles à supporter longtemps.

L’idéal est donc le masque en matière naturelle (coton, papier…), de surface douce et peu rugueuse. Les masques en papier doux sont souvent mieux supportés que ce qui ont un gros grain et sont rapeux sous le doigt.

Comment mieux supporter le masque

On peut conseiller, outre une toilette quotidienne avec un produit de soin doux, voire à pH légèrement acide (nous avons vu que le pH baissait sous le masque) de :

  • Se rafraîchir le visage une à deux fois par jour avec un brumisateur d’eau thermale
  • Enlever le masque dès que possible et notamment pour la pratique d’une activité sportive s’il n’y a plus de monde autour de soi et qu’on est en plein air.
  • Changer de masque toutes les 2 à 4h
  • Ne pas se maquiller sous le masque et éviter les produits cosmétiques parfumés.
  • Tailler la barbe à 1 mm ou raser la barbe avec un rasoir à une seule lame (voir conseils de rasage en cas de boutons de la barbe)
  • En cas de peau sèche, appliquer quotidienneemnt une crème hydratante

CORONAVIRUS : se protéger de la covid19 et protéger ses mains

Coronavirus, l’éviter et protéger ses mains

Le coronavirus SARS Cov2 responsable de la covid19 est apparu en Chine en 2019. Il a provoqué une pandémie mondiale et la covid19  a une forme grave dans 15% des cas. La mortalité peut atteindre 10-15% notamment chez les plus de 70 ans.

On sait que la désinfection est un geste essentiel pour limiter la transmission du coronavirus SARS Cov2, tant la désinfection des objets que des mains. Elle est peut etre meme plus importante que le port du masque, dont l’intéret semble réisder surtout en cas d’atmosphère confinée, de pièce fermée ou de « bain de foule ». Le manuportage du virus semble en effet être son mode de transmission privilégié. La désinfection des mains peut être la source de désagréments pour le patient, et provoquer notamment un eczema des mains. Comment limiter l’irritation liée aux Solutions Hydro Alcooliques et au lavage des mains?

Mains abimées : eczema?
Eczema des mains

Quels sont les symptômes de la covid19 ?

De nombreuses personnes ne ressentent aucun symptôme ou très peu,  notamment les enfants, souvent porteurs sains.

Les symptômes de la covid19 sont proches de la grippe mais avec moins souvent de courbatures :

Les 3 symptomes clés

  • toux (avec (33,4%) ou sans glaires (67,7%)),
  • fièvre (87,9%),
  • difficulté à respirer (essouflement (18,6%)).

Ces trois symptômes majeurs sont les plus fréquents, mais certains malades n’ont pas de fièvre, ou toussent plusieurs jours avant qu’elle n’apparaisse.

Les autres symptomes

  • courbatures, douleurs articulaires (14,8%)
  • fatigue (38,1%),
  • mal de gorge ( 13,9%),
  • maux de tête (13,6%),
  • rhume,
  • manque d’appétit,
  • douleurs du ventre voire diarrhée.

Signes cutanés de la Covid19

Les dermatologues décrivent des signes cutanés variés lors de la Covid19

1 – Engelures

Engelures

Les engelures, taches violacées et douloureuses des doigts, peuvent comporter des cloques sur les mains et les pieds. Mais elles sont bien à distinguer de la dishidrose.

Les engelures, avec ou sans cloques sur les mains et les pieds, peuvent être un signe de COVID19

En savoir plus sur les engelures

2 – Eruptions

  • Eruptions maculopapuleuses, notamment du tronc chez l’adulte, pouvant ressembler à un pityriasis rosé,
pityriasis rose de gibert
Pityriasis rosé

et du visage chez l’enfant, assez semblabe à l’érythème souffleté des joues du mégalérythème épidémique

Joues rouges et fièvre chez l'enfant : mégalérythème épidémique?
Erythème souffleté des joues du mégalérythème épidémique, donnant l’impression que l’enfant vient de recevoir une gifle
  • urticaire notamment des membres inférieurs
Urticaire, dont le mot a la même origine que « ortie »
  • pseudo-varicelle avec des vésicules sur le tronc.
varicelle
Vésicule de varicelle, comme une goutte de rosée sur une zone de peau rouge

Incubation du coronavirus

La période d’incubation du Sars Cov2 est très variable. Ce délai pourrait varier de 0 à 28 jours, on parle généralement de 5 à 14 j en moyenne.

Traitement de la covid19 chez soi (sans essouflement)

Le traitement comporte

  • le repos,
  • les boissons chaudes pour la toux : eau chaude + citron + miel +/- gingembre,
  • le paracétamol pour les courbatures et la fièvre. Il ne faut pas utiliser d’anti-inflammatoires non stéroïdien (non dérivés de la cortisone) comme l’ibuprofène ou l’aspirine à forte dose

Contamination par le coronavirus

Les deux modes de contamination classiques sont l’inhalation de gouttelettes d’eau ou aérosols, émises par la toux des malades (contamination aérienne), et la contamination par contact, qui semble être de loin la plus importante : en dehors des espaces confinés, la contamination par inhalation semble nettement plus rare que celle par contact.

Il n’existe aucune preuve de transmission par les animaux de compagnie (chien, chats, oiseaux etc.)

Contamination aérienne

A moins qu’un malade tousse dans votre direction, la transmission est peu probable par voie aérienne : on ne peut par exemple pas être contaminé en respirant dans la rue (sauf si elle est bondée). Les gouttelettes d’eau porteuses du virus sont trop peu nombreuses car diluées dans l’air, et surtout elles retombent rapidement au sol. Cependant, on considère qu’il faut se méfier des endroits fermés (magasin, ascenceur…) où l’air est peu renouvelé et peut contenir des aérosols de virus.

Les masques ont donc surtout pour but de protéger les gens qui soignent les malades ou les personnes en contact étroit avec le public (commerçants…). De même, il est recommandé de porter un masque lorsqu’on fait ses courses, qu’on rentre dans un immeuble etc.

Il est aussi recommandé de garder un distance d’un mètre et de s’éloigner des gens qui toussent pour éviter la contamination par voie respiratoire.

Contamination par contact

La contamination par contact peut être

  • directe, entre un malade et un sujet sain (poignéee de mains…)
  • et surtout indirecte, pas l’intermédiaire d’un objet contaminé : poignée de porte, monnaie, carte de crédit, barre de métro, courrier, colis, denrée alimentaire, clavier d’odinateur, téléphone portable etc. : le virus peut survivre plusieurs heures sur un objet, et d’autant plus longtemps que le support est humide.

Le virus ne traverse pas la peau, mais l’infection par le coronavirus survient lorsque la main contaminée est mise au contact des zones du corps qui permettent sa pénétration dans l’organisme : la bouche, le nez ou les yeux.

Pour la désinfection du mobilier, télécommandes, interrupteurs, téléphones portables, poignées de portes… l’alcool ménager et les détergents courants permettent de tuer le virus.

Voici les objets les plus à risque de transmission du virus, qu’il faut nettoyer régulièrement :

1. Les interrupteurs.

2. Les poignées de portes.

3. Les clefs de voiture et de maison.

4. Le téléphone.

5. Les écouteurs.

6. La poignée du réfrigérateur.

7. Le bouton des toilettes.

8. La brosse à dents.

9. Le clavier.

10. Le volant.

La survie du virus sur différentes surfaces, à 21°C et 40% d’humidité (situation actuelle en intérieur) varie en fonction des supports :

  • Inox, acier (boîte de conserve, poignée de porte) : présence très faible du virus (probablement non contaminante) après 24 heures, disparition en 48 heures.
  • Carton, emballages cartonnés, papier : présence très faible après 8h, disparition en 24h
  • Plastiques : présence très faible après 48h, disparition en 72h.

Cependant, ces durées de vie du virus obtenues en laboratoire sont probablement peu utilisables dans la vie courante car il faut une grande charge virale pour infecter une personne, probablement pas quelques virus sur une poignée de porte. En pratique on considère qu’il suffit de 4 h pour que cette charge virale soit trop faible pour infecter quelqu’un , ainsi, il suffirait de ne pas toucher ses courses ou tout objet acheté à l’extérieur pendant 4 heures pour considérer que le nombre de virus à leur surface devient peu infectant.

Les mains sont les principales responsables de la contamination par contact , elles doivent être protégées et désinfectées régulièrement, notamment après contact avec une personne ou un objet potentiellement contaminé.

Désinfection des mains

Deux méthodes sont efficaces :

  • Le lavage à l’eau et au savon

  • La friction avec de l’alcool (éthanol) entre 70 et 85°

L’alcool étant agressif pour la peau, on lui ajoute une petite quantité de glycérine (glycérol), il s’agit de la SHA (Solution Hydro Alcoolique).

En cas de pénurie, on peut acheter du bio-éthanol à 96° : diluer 1 litre d’alcool à 96° avec 200 ml d’eau pauvre en calcaire (Volvic*, eau déminéralisée) pui ajouter ensuite 50 ml de glycérine.

Avec tout cela on peut avoir de l’ eczema des main

L’eczema est une dermatose ayant le plus souvent une origine allergique

Certaines personnes ont constitutionnellement une peau seche et ont donc plus facilement tendance a avoir un exema des mains sèches

Enfin, de nombreux produits irritants ainsi que le froid, l’eau et l’air sec aggravent la tendance a avoir la peau seche

L’eczema des mains lié à la désinfection des mains peut se présenter sous la forme de fissures des mains et un épaississement de la peau des mains

  • la dermatose hyperkératosique des mains

Il s’agit d’une forme d’eczema des mains touchant généralement les hommes entre 40 et 60 ans, formée de plaques rouges et épaisses qui démangent et se fissurent au centre des paumes. Elle est généralement de cause multiple : allergie de contact + irritation et traumatismes chroniques (bricolage…)

Elle est parfois difficile à distinguer d’un psoriasis des mains.

En dermatoscopie, la plaque d’eczema chronique ou lichenifié des mains comporte des éléments évocateurs:

  • vaisseaux en points, le plus souvent regroupés en groupes et fond assez rouge
  • squames jaunes
Plaque d’eczema : vaisseaux en points et squames jaunes
  • la pulpite fissuraire :

fissures de la pulpe des doigts

Pulpite
Pulpite

Voir l’article fissures des mains

Le traitement de l’eczéma des mains requiert généralement des crèmes cortisonées voire des antihistaminiques (traitement de l’allergie).
Il convient par ailleurs d’éviter le contact avec la substance allergisante en cause ou de s’en protéger (port de gants en coton)
Enfin, on recommande souvent l’application d’une creme hydratante plusieurs fois par jours sur les mains

Ainsi, après désinfection des mains, on peut appliquer une creme hyratante pour mieux la tolérer

ALLERGIE AU SOLEIL : allergie de peau et boutons au soleil (visage, bras, décolleté… )

Allergie de la peau au soleil

Il existe de nombreuses réactions possibles de la peau au soleil, appelées couramment « allergie au soleil ». Elles sont souvent caractéristiques par la disposition des boutons, plaques, rougeurs… dans les zones exposées au soleil

Allergie au soleil
Allergie au soleil

Lucites

Il s’agit d’éruptions assez fréquentes, notamment la lucite estivale

  • Lucite estivale bénigne :

Lucite estivale benigne
Lucite estivale benigne

eruption siégeant surtout sur le haut du torse survenant aux premiers soleils intenses de l’année (printemps), et guérissant dès l’obtention d’un hâle protecteur, voir la lucite

  • Lucite polymorphe

elle ne guérit pas au fil de l’été, voir la lucite polymorphe

Urticaire solaire

Caractéristique par l’aspect des boutons d’urticaire ressemblant à des piqures d’ortie, fugace, apparaissant le plus souvent quelques minutes apres une exposition au soleil, notamment sur les zones qui etaient protegees du soleil et ont ete recemment exposees.

Urticaire sur une zone exposée au soleil

Voir l’article urticaire solaire

Dermatoses révélées par le soleil

Elles sont nombreuses, on peut citer parmi celles ci

  • Lupus

    Maladie auto immune dans laquelle le soleil joue souvent un role déclencheur des poussées cutanées, voir l’article sur le lupus

 

  • Dermatomyosite

    Photosensibilité du visage (erytheme des paupières) et du dos des mains (papules de Gottron), douleurs musculaire, voir dermatomyosite

 

  • Maladie de Darier

    éruption siégeant souvent sur le tronc après le soleil ou la chaleur. Maladie génétique. Voir maladie de Darier

Photosensibilisation

Il s’agit de la conjonction d’une

  • substance photosensibilisante

photosensibilisation externe:

par application sur la peau de creme, lotion… et autres substances photosensibilisantes

photosensibilisation interne

par ingestion par voie orale : le plus souvent il s’agit de médicaments photosensibilisants

Photo allergie due a un medicament
Photo allergie due a un medicament
  • et du soleil

Mécanisme de photosensibilisation

Le mécanisme de la photosensibilisation peut être

phototoxique

ou

allergique

Eczema au soleil
Eczema au soleil

C’est l’eczema au soleil

Si vous prenez des médicaments ou que l’allergie au soleil que vous présentez siège sur des zones que vous avez recouvertes de crème, voir l’article sur la photosensibilisation

Fausses allergies au soleil

Certains ont la peau qui chauffe et qui rougit au soleil sur le visage et le décolleté notamment et pensent avoir une allergie au soleil

En fait il s’agit parfois simplement de rougeurs liées à la couperose, qui s’accentuent lors du contact avec la chaleur : voir l’article consacré aux autres rougeurs du visage

Couperose, rougissant au soleil et souvent prise pour une allergie solaire

Parfois il s’agit simplement d’un léger coup de soleil, pouvant passer pour une allergie au soleil car il est peu douloureux

 

Dermite printanière juvénile

Eruption sur les oreilles chez un jeune apres les premiers soleils du printemps

Dermite printanniere juvenile
Dermite printanniere juvenile

Coup de soleil

Le coup de soleil est une brulure de la peau, qui est souvent sensible voire douloureuse

Traitement

Les traitements contre les allergies au soleil dépendent de la cause sous-jacente.  Il est prescrit par un médecin

Besoin de l’avis d’un spécialiste ? d’un traitement ? Délais de rdv trop longs ? Vous pouvez effectuer une téléconsultation avec le dermatologue

Il peut être utile d’utiliser des produits doux pour la toilette et une creme hydratante en attendant de voir le médecin

ECZEMA DU PIED : soigner l’exema des pieds

Eczema des pieds

Cloques qui démangent sur les pieds et les orteils
Cloques qui démangent sur les pieds et les orteils

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– Les causes
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Pourquoi a t on un eczema du pied ?

L’eczema est une dermatose ayant le plus souvent une origine allergique

Mais il existe aussi au niveau des pieds une dermatose fréquemment pourvoyeuse d’ecezma : la mycose des pieds

Comment reconnaitre l’eczema de pied ?

L’’eczéma des pieds peut se presenter sous plusieurs formes

il s’agit de petites « cloques », un peu comme des gouttes de rosée

C’est cette forme d’eczema qui est souvent liée à la mycose des pieds

  • pulpite fissuraire :

fissures de la pulpe des orteils, assez rare

  • eczema profus des pieds,

lors de l’eczema aux chaussures notamment

A quoi je suis allergique?

En cas de poussées répétées, le médecin vous proposera alors parfois de réaliser des tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.

Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.

Soigner l’eczema des pieds

Le traitement de l’’eczéma des pieds requiert généralement des crèmes cortisonées voire des antihistaminiques (traitement de l’allergie).

Ils sont prescrits par le médecin après confirmation du diagnostic

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Il faut éviter l’allergène éventuellement identifié en cas d’allergie

Si elle existe, la mycose des pieds doit être traitée


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Eczema du bébé et du nourrisson

L’eczema du bébé et du nourrisson

L’eczema du bebe ou eczema atopique, comment le reconnaître ?


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1/ Diagnostic

La forme typique de dermatite atopique débute vers 3 mois.

Dans 50 à 70% des cas, un parent au 1er degré est atopique (antécédents d’eczéma atopique chez le papa par exemple)

La première manifestation d’eczema atopique du bébé est souvent la sécheresse cutanée. Ensuite surviennent un ecéma des convexités du visage (joues notamment) et des membres.

Environ un eczema atopique du bébé sur deux guérit vers 2 ans.

 

2/ Quelles sont les causes de l’eczema du bébé et du nourrisson ?

3/ Soins et traitement de l’eczema de l’enfant et du nourrisson

4/ Quand faire des tests allergologiques (tests à la recherche d’une allergie) dans l’eczema de l’enfant et du nourrisson ?


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TRAITEMENT ECZEMA ATOPIQUE : traitement de la dermatite atopique

Traitement de l’eczéma atopique : dermocorticoïdes, biothérapies et recommandations 2025

Le traitement de la dermatite atopique dépend de la sévérité des poussées et de l’âge du patient. Il repose sur plusieurs niveaux : soins de la peau sèche, dermocorticoïdes pour les poussées, et pour les formes sévères, des biothérapies ou inhibiteurs de JAK. Voici le point complet incluant les recommandations françaises 2025-2026.

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Vue d’ensemble — paliers de traitement

Sévérité Traitement de référence Dès quel âge
Légère Émollients + dermocorticoïdes en cure courte Tous âges
Modérée Dermocorticoïdes + tacrolimus (Protopic®) en relais ≥ 2 ans
Sévère — 1re ligne Ciclosporine (adulte ≥ 16 ans) ≥ 16 ans
Sévère — 2e ligne Biothérapies (dupilumab, tralokinumab, lébrikizumab, némolizumab) ≥ 6 mois (dupilumab)
Sévère — 2e ligne Inhibiteurs de JAK (baricitinib, abrocitinib, upadacitinib) ≥ 2 ans (baricitinib), ≥ 12 ans (autres)

1. Lutter contre la peau sèche — traitement de fond

La sécheresse cutanée est le terrain de l’eczéma atopique — la corriger réduit la fréquence et la sévérité des poussées.

  • Bain ou douche à l’eau tiède, pas chaude, avec une huile bain ou syndet doux — pas plus de 10 minutes
  • Sécher en tamponnant (ne pas frotter) puis appliquer l’émollient sur peau encore légèrement humide
  • Émollient quotidien sur tout le corps, même en dehors des poussées
  • Vêtements en coton — éviter laine et fibres synthétiques
  • Cosmétiques sans parfum
  • Ongles coupés courts pour limiter les lésions de grattage
  • Éviter la chaleur excessive, la transpiration et le froid intense

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PEAU SECHE
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2. Dermocorticoïdes — traitement des poussées

Les crèmes à la cortisone sont le traitement de référence des poussées d’eczéma. Les parents craignent souvent leur utilisation — cette crainte est compréhensible mais ne doit pas conduire à sous-traiter : un enfant qui se gratte la nuit souffre, et les lésions de grattage favorisent les surinfections.

Comment bien les utiliser :

  • Appliquer uniquement sur les zones d’eczéma, sur peau propre
  • Dermocorticoïde de force adaptée à l’âge et à la localisation (faible sur visage et plis, modéré sur corps)
  • Durée : 4 à 7 jours par poussée, puis décroissance progressive
  • Quantité indicative : 1 tube (30g) par poussée pour un enfant de 4-5 ans — au-delà, reconsulter
  • Antihistaminiques en complément pour réduire le grattage nocturne

3. Tacrolimus (Protopic®) — alternative aux dermocorticoïdes

Le tacrolimus est un immunosuppresseur local indiqué quand les dermocorticoïdes sont insuffisants ou contre-indiqués (visage, paupières, plis). Il réduit l’activité des lymphocytes T et inhibe la libération des médiateurs inflammatoires.

  • Protopic® 0,03% — enfant de 2 à 15 ans
  • Protopic® 0,1% — adulte et adolescent ≥ 16 ans
  • Application en couche mince sur toutes les zones atteintes, y compris visage et plis — éviter les muqueuses

4. Probiotiques

Des altérations du microbiote intestinal ont été observées chez les enfants atopiques. Des souches comme Bifidobacterium lactis, B. longum et Lactobacillus casei semblent réduire la sévérité de la dermatite atopique et le recours aux dermocorticoïdes chez les enfants de plus d’un an. Les données restent préliminaires mais le rapport bénéfice/risque est favorable.

5. Formes sévères — recommandations françaises 2025-2026

💡 Ces recommandations sont issues des groupes de travail GREAT (Groupe de Recherche sur l’Eczéma ATopique) et de la HAS 2025. Tout traitement systémique nécessite une prescription initiale hospitalière et un suivi spécialisé.

1re ligne — Ciclosporine (≥ 16 ans)

La ciclosporine reste le traitement systémique de première intention selon la HAS pour l’adulte. Elle agit rapidement et peut être utilisée pendant la grossesse et l’allaitement.

  • Dose : 4 à 5 mg/kg/j
  • Durée idéale : moins de 12 mois (cure courte)
  • Le groupe GREAT estime qu’un accès remboursé en première ligne aux biothérapies serait souhaitable compte tenu du rapport bénéfice/risque

2e ligne — Biothérapies

⚠️ Vaccins vivants contre-indiqués pendant le traitement par biothérapies. Mettre à jour le calendrier vaccinal avant d’initier le traitement.

Biothérapie Cible Âge minimum Posologie adulte
Dupilumab (Dupixent®) Anti-IL4/IL13 ≥ 6 mois 600 mg puis 300 mg/14j SC
Tralokinumab (Adtralza®) Anti-IL13 ≥ 12 ans 600 mg puis 300 mg/14j SC
Lébrikizumab (Ebglyss®) Anti-IL13 ≥ 12 ans 500 mg S0+S2 puis 250 mg/14j SC
Némolizumab Anti-récepteur IL31 Adulte Selon AMM — aussi indiqué dans le prurigo nodulaire

💡 Effet secondaire notable du dupilumab : une « head and neck dermatitis » (dermatite atopique tête et cou) est observée chez environ 10% des patients — probablement liée à des IgE anti-Malassezia élevées. Signaler au dermatologue si elle apparaît.


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DUPILUMAB ET BIOTHERAPIES
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2e ligne — Inhibiteurs de JAK (JAKi)

⚠️ Populations à risque : selon les recommandations ANSM 2023, les JAKi doivent être utilisés avec prudence chez les patients ≥ 65 ans, fumeurs, ou présentant des facteurs de risque cardiovasculaire ou de tumeur maligne. Bilan préthérapeutique obligatoire.

JAKi Cible Âge minimum Posologie
Baricitinib Anti-JAK1/2 ≥ 2 ans (non remb. enfant) 4 mg/j ou 2 mg/j (populations à risque)
Abrocitinib Anti-JAK1 ≥ 12 ans 200 mg/j ou 100 mg/j
Upadacitinib Anti-JAK1 ≥ 12 ans 30 mg/j ou 15 mg/j

6. Situations particulières

Eczéma chronique des mains

  • Alitrétinoïne — AMM uniquement chez l’adulte pour les formes sévères prédominant sur les mains
  • Delgocitinib topique (inhibiteur pan-JAK topique) — disponible en accès direct en pharmacie hospitalière pour l’eczéma chronique des mains modéré à sévère chez l’adulte (2 applications/jour)

Femme enceinte

  • Autorisés : ciclosporine, photothérapie UVB à spectre étroit
  • À discuter au cas par cas : dupilumab (peu de données)
  • Contre-indiqués : inhibiteurs de JAK (nécessitent une contraception efficace jusqu’à 1 mois après l’arrêt)

Allègement thérapeutique en cas de rémission (recommandations 2025)

Traitement Modalité d’allègement Délai avant allègement
Ciclosporine Réduction progressive des doses Dès rémission, max 12 mois
Méthotrexate Réduction par paliers Après 6 mois de rémission
Dupilumab Espacement des injections Après 6 mois de rémission complète
Lébrikizumab / Tralokinumab Espacement à 1 injection/4 semaines Après 16 semaines de traitement efficace
JAKi Réduction à dose minimale efficace Après 6 mois de rémission

Sources

Questions fréquentes sur le traitement de l’eczéma

Les crèmes à la cortisone sont-elles dangereuses pour un enfant ?

Non, utilisées correctement, elles sont sûres et indispensables. Le risque d’effets secondaires (atrophie cutanée, vergetures) n’existe qu’en cas d’utilisation prolongée, excessive ou sur des zones inappropriées. Appliquées en cure courte (4-7 jours) sur les zones enflammées, à la concentration adaptée à l’âge, elles ne présentent pas de risque. Sous-traiter une poussée est souvent plus dommageable pour l’enfant que de traiter correctement.

Quelle est la différence entre dupilumab et les inhibiteurs de JAK ?

Le dupilumab est une biothérapie injectable (anticorps monoclonal) qui cible deux cytokines spécifiques (IL-4 et IL-13). Les inhibiteurs de JAK sont des médicaments oraux qui bloquent une voie de signalisation inflammatoire plus large. Les deux sont efficaces dans les formes sévères, mais les JAKi nécessitent plus de précautions (bilan préthérapeutique, contre-indications cardiovasculaires) et sont soumis à des restrictions chez certaines populations à risque.

Le dupilumab peut-il être utilisé chez un nourrisson ?

Oui. Depuis l’avis ANSM de 2022 et son extension d’AMM, le dupilumab (Dupixent®) est autorisé dès 6 mois pour les formes sévères de dermatite atopique nécessitant un traitement systémique. C’est la seule biothérapie disponible pour cette tranche d’âge en France.

Peut-on arrêter le dupilumab quand l’eczéma est guéri ?

L’eczéma atopique sévère est une maladie chronique — le dupilumab contrôle la maladie mais ne la guérit pas définitivement. En cas de rémission prolongée (6 mois), les recommandations 2025 suggèrent d’espacer les injections plutôt que d’arrêter brutalement. L’arrêt complet doit être discuté avec le dermatologue car les rechutes sont fréquentes.

La photothérapie peut-elle traiter l’eczéma sévère ?

Oui. La photothérapie UVB à spectre étroit est une alternative aux traitements systémiques pour les formes modérées à sévères. Elle est réalisée en séances de 2-3 fois par semaine en milieu hospitalier ou dermatologique. Elle est autorisée pendant la grossesse. Son efficacité est bien établie mais elle est moins pratique que les traitements injectables ou oraux.


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Allergies dans l’eczema de l’enfant

Allergies dans l’eczema atopique

Quand faire des tests allergologiques (tests à la recherche d’une allergie) dans l’eczema de l’enfant et du nourrisson ?


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A/ Quand est-il utile de réaliser des tests allergologiques dans l’eczema de l’enfant et du bébé ?

Trois cas de figures indiquent de réaliser des tests à la recherche d’une allergie dans l’eczema de l’enfant :

– En cas de résistance de l’eczema de l’enfant à un traitement bien conduit, ou de récidives rapprochées.

– en cas de retard de croissance et de cassure des courbes staturo-pondérales

– en cas de manifestations autres que l’eczema de l’enfant : déclenchement de rougeurs autour de la bouche lors de l’ingestion de certains aliments (syndrome oral), d’urticaire ou d’angio oedeme, d’asthme, de rhino conjonctivite…

B/ Quels tests allergologiques peuvent être proposés dans l’eczema de l’enfant et du bébé ?

Les recherches d’allergie dans l’eczema de l’enfant et du bébé sont prescrites par le médecin qui s’orientera en fonction des doutes cliniques d’allergie. Il peut proposer de doser dans le sang :

  • Les IgE Totales (Anticorps responsables de l’allergie) et spécifiques

  • des tests aux pneumallergènes (allergies « respiratoires ») et trophallergènes (allergies « alimentaires »)

  • des tests cutanés

  • voire un test de provocation orale, en milieu hospitalier


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Dartre (pityriasis alba) : taches blanches des joues et des bras — causes, traitement et prévention

Votre enfant présente des taches blanchâtres sur les joues, parfois un peu rugueuses, qui réapparaissent chaque été ? Ou vous découvrez sur vos propres bras ces plaques claires aux bords flous qui tranchent franchement avec le reste du bronzage ? Il s’agit très probablement de dartres — le terme populaire pour désigner ce que les dermatologues appellent pityriasis alba ou eczématides achromiantes. C’est une affection bénigne, fréquente, bien identifiée, mais souvent source d’inquiétude parce qu’elle ressemble à première vue au vitiligo. Cet article vous explique ce qu’elle est réellement, pourquoi elle survient, et ce que l’on peut faire pour en atténuer les manifestations.

Dartres joue
Dartre

Taches blanches sur le visage de votre enfant ?
Le diagnostic différentiel entre dartres, vitiligo et pityriasis versicolor est parfois difficile à établir seul. Une téléconsultation avec le Dr Rousseau permet d’obtenir un avis médical rapide sans attendre plusieurs mois. Consulter le Dr Rousseau en visio →

Dartres
Dartres

1. Qu’est-ce qu’une dartre ? Pityriasis alba : définition et épidémiologie

Le terme dartre est un mot populaire ancien, emprunté au vocabulaire courant pour désigner des taches cutanées claires et desquamantes. En médecine, on lui préfère le terme de pityriasis alba (du latin pityriasis = desquamation farineuse, et alba = blanche) ou d’eczématides achromiantes — une appellation qui souligne la nature inflammatoire discrète de la lésion et son caractère hypopigmenté.

Le pityriasis alba est une affection fréquente, bénigne et spontanément résolutive. Il touche essentiellement :

  • Les enfants entre 3 et 16 ans, avec un pic entre 6 et 12 ans
  • De façon préférentielle les phototypes foncés (peaux mates, noires, méditerranéennes) — non pas parce que la maladie est plus fréquente, mais parce que le contraste de pigmentation la rend bien plus visible
  • Les deux sexes de façon équivalente, avec une légère prédominance masculine selon certaines études
  • L’adulte jeune, dans une proportion plus faible

Données épidémiologiques
Le pityriasis alba concernerait entre 1,9 % et 5 % des enfants dans les populations étudiées, avec une prévalence plus élevée dans les zones à fort ensoleillement et chez les enfants atopiques. Des études récentes ont mis en évidence des corrélations directes entre l’incidence du pityriasis alba et le terrain atopique, l’exposition solaire, l’absence de protection solaire et la fréquence des bains — des facteurs qui, tous ensemble, contribuent à assécher et fragiliser la couche cornée. Source : Jadotte et Janniger, Cutis 2011, PMID 21416771.

2. Symptômes : comment évolue une dartre en deux phases

La dartre évolue classiquement en deux phases successives, que l’on retrouve souvent coexistantes chez un même enfant — à des stades différents selon les lésions.

Phase 1 : la tache rosée (phase érythémateuse)

Au début, la lésion est une petite plaque rosée ou légèrement rouge, de contours mal définis, de taille variable (en général 0,5 à 2 cm de diamètre). Sa surface est finement squameuse — légèrement rugueuse au toucher, comme une peau qui se dessèche localement. Elle peut parfois démanger modérément. Cette phase passe souvent inaperçue.

Phase 2 : la tache blanche (phase hypopigmentée)

Après quelques semaines à quelques mois, la lésion se dépigmente : elle devient blanche ou nettement plus claire que la peau environnante, avec des bords flous. La surface est lisse ou finement squameuse. C’est à ce stade que les parents et les patients consultent, car la tache devient très visible — surtout en été ou sur les peaux foncées, où le contraste avec la peau bronzée voisine est frappant.

Dartres joue
Dartre — tache blanche sur la joue d’un enfant

Localisation et évolution

Chez l’enfant, les dartres prédominent sur les joues et le pourtour de la bouche. Chez l’adolescent et l’adulte, elles apparaissent plus volontiers sur les racines des bras, les épaules, le haut des cuisses. Les lésions sont multiples, asymétriques, et l’on observe souvent une coexistence des deux phases sur des zones différentes chez le même enfant.

L’évolution naturelle est spontanément favorable : la grande majorité des cas se résolvent en quelques mois à quelques années, le plus souvent avant ou à la puberté. La repigmentation normale de la peau est le mode d’évolution habituel, même sans traitement, mais elle peut prendre du temps — plusieurs mois dans les cas habituels, parfois plus d’un an.

Dartres
Dartres : taches blanches sur le visage d’un enfant
Dartres de joues
Dartres bilatérales des joues chez un enfant

3. Causes et facteurs de risque : peau sèche, atopie, soleil

Le pityriasis alba reste une affection dont la physiopathologie n’est pas encore totalement élucidée. Plusieurs mécanismes sont impliqués de façon intriquée :

Le mécanisme central : une hypopigmentation post-inflammatoire discrète

La dartre résulte d’une inflammation cutanée légère, qui perturbe transitoirement la fonction des mélanocytes — les cellules productrices de pigment. Ceux-ci, fragilisés, produisent moins de mélanine dans les zones touchées. La desquamation de la couche superficielle de l’épiderme aggrave l’aspect, car c’est dans cette couche que réside une grande partie du bronzage : en la perdant, la zone perd localement sa pigmentation, d’où l’aspect de tache blanche.

Facteurs favorisants identifiés

Facteur Mécanisme Niveau de preuve
Terrain atopique (eczéma, asthme, rhinite allergique) Barrière cutanée fragilisée, inflammation chronique de bas grade, xérose Fort — association bien établie
Peau sèche (xérose) Altération de la fonction barrière → inflammation → hypopigmentation Fort
Exposition solaire excessive sans protection Agression UV → desquamation accélérée → accentuation du contraste avec peau bronzée Fort
Bains fréquents et longs (piscine, mer) Détergents, chlore, eau salée → asséchement de la couche cornée Modéré
Phototype foncé (III à VI de Fitzpatrick) Contraste plus visible entre zones hypo- et normopigmentées Fort (visibilité, pas fréquence)
Carence en émollients Couche cornée déshydratée, renouvellement cutané accéléré Modéré

Il faut insister sur un point souvent mal compris : le pityriasis alba n’est pas une maladie infectieuse, pas un champignon, pas une allergie alimentaire, et pas contagieux. Il n’est pas non plus causé par un manque d’hygiène. Ce n’est pas du vitiligo — le mécanisme est totalement différent. Les enfants non atopiques peuvent également en présenter, ce qui souligne que le terrain sec suffit.

4. Diagnostic différentiel : ne pas confondre dartres, vitiligo et pityriasis versicolor

C’est souvent la question qui provoque le plus d’angoisse : « Est-ce du vitiligo ? » La réponse est dans la quasi-totalité des cas non — mais le diagnostic différentiel mérite d’être posé clairement.

Critère Dartre (pityriasis alba) Vitiligo Pityriasis versicolor
Âge typique 3–16 ans Tout âge, souvent adulte Adolescent, adulte
Couleur de la tache Blanc-grisâtre, flou, incomplet Blanc pur, nacré, total Blanc ou beige, après été
Bords Flous, mal définis Nets, bien délimités Flous, polycycliques
Surface Finement squameuse, rugueuse Lisse, luisante Squames fines (farineuse au grattage)
Localisation typique Joues, bras, épaules Genoux, poignets, tour des yeux, mains Tronc, épaules, nuque
Lampe de Wood Discret renforcement Blanc brillant, fluorescent Fluorescence jaune-dorée
Évolution Régression spontanée Extension progressive (sans traitement) Traitable, récidives fréquentes
Prurit Possible en phase érythémateuse Absent (sauf si dermite associée) Léger, variable

Quand consulter en urgence relative ?
Si les taches sont d’un blanc pur et nacré, parfaitement lisses, aux bords nets et géométriques, s’étendent progressivement ou apparaissent en symétrie sur les deux mains, les genoux ou autour des yeux — consultez un dermatologue sans attendre. Ces signes sont plus évocateurs d’un vitiligo que de simples dartres. La page sur le vitiligo et la page sur les taches blanches vous aideront à orienter votre réflexion.

Le pityriasis versicolor est un champignon (Malassezia) qui donne des taches blanches squameuses, souvent dans le dos et sur le tronc, après l’été. Le diagnostic se confirme à la lampe de Wood (fluorescence jaune-dorée) ou au grattage (squames farineuses). Voir notre article dédié : pityriasis versicolor.

5. Traitements : de l’émollient au tacrolimus

Il n’existe pas de traitement médicamenteux qui fasse disparaître instantanément les dartres. L’approche est progressive et combinée, avec pour objectif de calmer l’inflammation discrète, de restaurer la barrière cutanée, et de faciliter la repigmentation naturelle.

Les émollients : traitement de base incontournable

L’application quotidienne d’une crème hydratante grasse (émollient) est le geste le plus important. Les émollients doux — vaseline, crèmes à base de céramides, beurres végétaux — peuvent efficacement réduire la desquamation et contribuent à restaurer la barrière cutanée. Ils s’appliquent matin et soir sur toutes les zones sèches, pas seulement sur les dartres visibles. Les crèmes recommandées pour peaux atopiques (Dexeryl, Atoderm, Lipikar) sont parfaitement adaptées.

Les dermocorticoïdes de faible puissance : en phase inflammatoire

Lorsque la dartre est encore dans sa phase rose et prurigineuse (phase érythémateuse), un dermocorticoïde de faible puissance — typiquement l’hydrocortisone 1 % ou la désonide — peut être appliqué sur les lésions actives pendant 1 à 2 semaines. Il réduit l’inflammation et accélère la transition vers la guérison. Il ne faut pas l’utiliser sur les taches déjà blanches, car les dermocorticoïdes ne font pas repigmenter.

Attention à l’usage prolongé des dermocorticoïdes
Les émollients et les stéroïdes topiques de faible puissance sont le pilier du traitement, mais comportent un risque potentiel d’atrophie cutanée et d’hypopigmentation en cas d’usage prolongé. Ils doivent donc être utilisés sur courte durée (10 à 15 jours maximum), et ne jamais être appliqués sur les taches blanches déjà établies ni en traitement de fond au long cours. La prescription doit être médicale.

Les inhibiteurs de la calcineurine (tacrolimus, pimécrolimus) : l’alternative moderne

Pour les cas persistants ou récidivants, surtout sur le visage — où les dermocorticoïdes posent problème à long terme — les inhibiteurs topiques de la calcineurine représentent une alternative de choix validée par la recherche clinique.

Dans un essai randomisé et contrôlé, le tacrolimus 0,1 % en pommade, appliqué deux fois par jour pendant 9 semaines, a montré une amélioration statistiquement significative de l’hypopigmentation, du prurit et de la desquamation. La repigmentation complète était obtenue à 9 semaines chez tous les patients du groupe tacrolimus, contre seulement 50 % du groupe émollient seul. La tolérance était bonne, avec seulement 11,5 % de sensations de brûlures transitoires mineures.

Une étude prospective sur 80 patients comparant calcipotriol, tacrolimus 0,03 %, dermocorticoïde (clobétasone 0,05 %) et placebo a confirmé que les trois traitements actifs étaient supérieurs au placebo, avec une amélioration de la desquamation et de l’érythème dès la 3e semaine et de l’hypopigmentation à la 8e semaine. Le tacrolimus 0,03 % présentait une légère supériorité sur la repigmentation, mais c’est le dermocorticoïde qui obtenait le meilleur taux de satisfaction patient.

Le pimécrolimus 1 % crème (Elidel), pharmacologiquement proche, a également démontré son efficacité dans le pityriasis alba dans plusieurs études ouvertes. Ces traitements ont l’avantage de ne pas induire d’atrophie cutanée — ce qui les rend particulièrement adaptés au visage de l’enfant.

Traitements des formes étendues

Pour les formes extensives ou réfractaires, les traitements de recours incluent la photothérapie PUVA (psoralènes + UVA) et la photothérapie ciblée au laser excimer 308 nm, qui peuvent faciliter la repigmentation. Ces options restent exceptionnelles pour une affection bénigne et sont réservées aux cas les plus invalidants sur le plan esthétique.

Traitement Indication Efficacité Durée / Précautions
Émollient quotidien Tous les cas, traitement de base Bonne sur la desquamation Au long cours, 2 fois/jour
Dermocorticoïde faible puissance (hydrocortisone 1 %) Phase érythémateuse, prurit Bonne sur l’inflammation 10–15 jours max, sur avis médical
Tacrolimus 0,03–0,1 % (Protopic®) Formes persistantes, visage Très bonne sur la repigmentation 9 semaines, sur prescription
Pimécrolimus 1 % (Elidel®) Visage, alternative tacrolimus Bonne Sur prescription
Calcitriol 0,0003 % Alternative inhibiteurs calcineurine Comparable au tacrolimus Sur prescription, moins disponible
PUVA / Laser excimer 308 nm Formes extensives ou réfractaires Bonne sur la repigmentation En centre spécialisé, exceptionnellement

Sources : Rigopoulos et al., Br J Dermatol 2006 (PMID 16792767) ; Abdel-Wahab et al., J Dermatolog Treat 2022 (PMID 34289784) ; Revue StatPearls 2024 (PMID 26477326).

Les dartres ne disparaissent pas avec la crème solaire seule
La tache blanche déjà formée ne disparaîtra pas avec la protection solaire. La photoprotection empêche le contraste de s’aggraver, mais pour faire repigmenter la zone, il faut favoriser un bronzage progressif et doux une fois l’inflammation traitée — tout en évitant les expositions brutales qui aggravent la desquamation. Un avis médical permet d’adapter le traitement à chaque situation. Prendre rendez-vous avec le Dr Rousseau →

6. Prévention : comment éviter les dartres en été

La prévention est la meilleure approche, en particulier chez les enfants à peau sèche ou atopiques qui récidivent chaque été. Elle repose sur deux axes complémentaires :

Protéger la peau du soleil

  • Éviter l’exposition solaire aux heures les plus intenses (11 h–16 h)
  • Appliquer une crème solaire SPF 50+ sur toutes les zones exposées, matin et après chaque baignade — y compris sur les zones de dartres habituelles (joues, épaules, bras)
  • Porter des vêtements couvrants et un chapeau à la plage
  • Ne pas oublier de protéger les zones à risque même les jours nuageux

Prendre soin de la barrière cutanée

  • Appliquer des émollients quotidiennement dès le printemps, avant l’apparition des dartres — c’est là que réside le geste le plus efficace
  • Rincer la peau à l’eau fraîche après les baignades (mer, piscine) pour éliminer le sel et le chlore
  • Utiliser un savon surgras ou un pain sans savon pour la toilette quotidienne, plutôt que des produits desséchants
  • Privilégier des bains/douches à température modérée et pas trop longs

Ces gestes simples peuvent considérablement réduire la fréquence et l’intensité des récidives. Voir notre article sur la protection solaire pour les recommandations complètes en matière de photoprotection.

Pour aller plus loin

Un doute entre dartres et vitiligo ?
Ne laissez pas l’inquiétude s’installer. Un seul regard clinique d’un dermatologue suffit généralement à trancher le diagnostic. Le Dr Rousseau propose des téléconsultations rapides, disponibles le plus souvent dès le lendemain — largement plus vite qu’un rendez-vous en cabinet. Prendre rendez-vous →

FAQ — Questions fréquentes sur les dartres

Est-ce que les dartres sont contagieuses ?

Non, absolument pas. Le pityriasis alba n’est ni infectieux ni contagieux. Ce n’est pas un champignon, pas une bactérie, pas un virus. C’est une perturbation transitoire de la pigmentation cutanée liée à une peau sèche et à une légère inflammation locale. Votre enfant peut aller à la piscine, partager sa serviette, se faire embrasser — sans aucun risque de transmission.

Comment différencier une dartre du vitiligo chez mon enfant ?

Les dartres sont des taches aux bords flous, de couleur blanc-grisâtre (jamais d’un blanc nacré pur), légèrement rugueuses, localisées sur les joues et les bras, qui disparaissent spontanément et surviennent chez un enfant en bonne santé. Le vitiligo donne des taches d’un blanc pur et brillant, aux bords nets et géométriques, souvent symétriques, qui s’étendent progressivement. En cas de doute, la lampe de Wood en consultation dermatologique permet de trancher facilement.

Les dartres disparaissent-elles d’elles-mêmes ?

Oui. Le pityriasis alba est spontanément résolutif dans la grande majorité des cas, en quelques mois à quelques années. La repigmentation naturelle se fait progressivement. Les traitements (émollients, dermocorticoïdes courts, tacrolimus) permettent d’accélérer ce processus et de réduire les récidives, mais ne sont pas indispensables si les lésions sont peu gênantes et que le diagnostic est certain.

Peut-on exposer un enfant qui a des dartres au soleil ?

Avec précautions, oui. Le soleil ne fait pas disparaître les dartres — il peut même aggraver le contraste en bronzant la peau saine autour des taches blanches, les rendant plus visibles. En revanche, un bronzage très progressif et bien protégé peut à terme aider à uniformiser la pigmentation. La règle est simple : crème SPF 50+ appliquée partout (y compris sur les zones touchées), éviter les heures de pleine intensité, rincer après chaque baignade et hydrater systématiquement.

Faut-il arrêter la piscine et la mer pendant les dartres ?

Non, il n’y a aucune contre-indication. La piscine et la mer n’aggravent pas les dartres en tant que telles. Ce qui les entretient, c’est le dessèchement de la peau — donc il suffit de rincer soigneusement à l’eau claire après chaque baignade, de bien sécher la peau, d’appliquer un émollient et de protéger du soleil avant de ressortir. Ces gestes simples suffisent dans la grande majorité des cas.

Voir aussi :
Taches blanches : toutes les causes
Vitiligo
Pityriasis versicolor
Eczéma atopique de l’enfant
Protection solaire
À propos du Dr Rousseau

Mis à jour le 25 mars 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

DESLORATADINE : le médicament desloratidine en comprimés

Desloratadine : principe actif antihistaminique non sédatif

demangeaisons
La peau qui gratte, un symptôme très pénible…

La desloratadine est la molécule active (principe actif) de l’Aerius®. C’est un antihistaminique de 2e génération non sédatif indiqué dans le traitement de l’allergie de peau, des démangeaisons de la peau et de l’urticaire. Elle est le métabolite actif de la loratadine (Clarityne®).

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Mode d’action — ce qui différencie la desloratadine

La desloratadine possède un double mécanisme d’action qui la distingue des antihistaminiques plus anciens :

Mécanisme Conséquence clinique
Antagoniste sélectif des récepteurs H1 périphériques — ne diffuse pas dans le système nerveux central Pas de sédation, pas d’effet anticholinergique — conduite automobile autorisée
Inhibition des cytokines pro-inflammatoires (IL-4, IL-6, IL-8, IL-13) par les mastocytes et basophiles Action anti-inflammatoire au-delà du simple blocage H1 — utile dans l’urticaire chronique
💡 Cette inhibition des cytokines est un avantage pharmacologique de la desloratadine par rapport à la loratadine (molécule mère) — elle explique son efficacité dans l’urticaire chronique au-delà du simple prurit aigu. Pour les informations pratiques (posologie, conseils d’utilisation, contre-indications), voir la page Aerius®.

Contre-indications et conseils d’utilisation

La contre-indication principale est l’allergie à la desloratadine ou à l’un des composants. Desloratadine n’est pas recommandée en cas de grossesse ou d’allaitement — consulter le médecin. En cas d’aggravation de l’éruption ou d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, nausées, palpitations…), consulter un médecin.

→ Pour le détail complet : posologie, précautions, interactions, populations particulières : voir Aerius® (desloratadine) — guide pratique complet.

Pages associées

Voir aussi :
Aerius® |
Clarityne® |
Antihistaminiques |
Urticaire

LORATADINE : médicament loratidine en comprimés

Loratadine : principe actif antihistaminique non sédatif

demangeaisons
La peau qui gratte, un symptôme très pénible…

La loratadine est le principe actif de Clarityne® et de ses génériques. C’est un antihistaminique de 2e génération non sédatif indiqué dans le traitement de l’allergie de peau, des démangeaisons de la peau et de l’urticaire. Elle est disponible en pharmacie sans ordonnance sur les conseils du pharmacien (voir calmer les démangeaisons sans ordonnance). Dans l’organisme, la loratadine est transformée en son métabolite actif, la desloratadine (Aerius®).

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Mode d’action et comparatif loratadine / desloratadine

La loratadine inhibe les récepteurs H1 périphériques et limite la dégranulation des mastocytes. Elle ne diffuse pas dans le système nerveux central — d’où l’absence de sédation.

Loratadine (Clarityne®) Desloratadine (Aerius®)
Nature Molécule mère — prodrogue Métabolite actif de la loratadine
Mécanisme Blocage H1 périphérique + limitation dégranulation mastocytes Blocage H1 + inhibition cytokines IL-4, IL-6, IL-8, IL-13
Sédation Non sédatif Non sédatif
Délivrance Sans ordonnance Sur ordonnance
Générique disponible Oui — loratadine générique Oui — desloratadine générique
💡 Pour les informations pratiques sur le médicament (posologie, grossesse, précautions), voir la page Clarityne® (loratadine) — guide pratique.

Contre-indications et conseils d’utilisation

La contre-indication principale est l’allergie à la loratadine ou à l’un des composants. Loratadine n’est pas recommandée en cas de grossesse ou d’allaitement — consulter le médecin. En cas d’aggravation de l’éruption ou d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, nausées, palpitations…), consulter un médecin.

→ Pour le détail complet : Clarityne® — guide pratique complet.

Pages associées

Voir aussi :
Clarityne® |
Desloratadine |
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Urticaire

CAUSES ECZEMA : cause de l’eczema

Causes d’eczéma : comprendre pourquoi on en a et quel type on a — Guide complet du dermatologue

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ECZÉMA
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– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…

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« Pourquoi j’ai de l’eczéma ? » — c’est la question que posent presque tous les patients lors de leur première consultation. Et c’est une excellente question, parce qu’en dermatologie, l’eczéma n’est pas une maladie unique mais un syndrome cutané inflammatoire pouvant avoir des causes très différentes. Confondre un eczéma atopique et un eczéma de contact, c’est risquer de traiter la conséquence sans jamais s’attaquer à la cause — et de voir les poussées se répéter indéfiniment.

Cette page vous donne une vue d’ensemble structurée de tous les types d’eczéma, de leurs mécanismes, de leurs aspects distinctifs et des clés pour les identifier. Pour le traitement de l’eczéma, consultez notre article dédié : traitement de l’eczéma.

Vous avez de l’eczéma et vous ne savez pas d’où il vient ?
Identifier la cause est la première étape du traitement. Le Dr Rousseau vous reçoit en téléconsultation, oriente le diagnostic et prescrit les explorations allergologiques si nécessaires.

📍 Téléconsultation — Dr Rousseau, dermatologue

Sommaire

L’eczéma, un syndrome et non une maladie unique

Le mot « eczéma » vient du grec ekzema, qui signifie « sortir en bouillonnant » — une image évocatrice des vésicules qui caractérisent les poussées aiguës. En dermatologie, l’eczéma désigne un pattern inflammatoire de la peau — caractérisé histologiquement par une spongiose (accumulation de liquide entre les kératinocytes) — qui peut résulter de mécanismes très différents.

C’est pourquoi on dit qu’il n’y a pas un eczéma mais des eczémas. Chaque type a sa cause propre, son profil de patient, sa topographie préférentielle, son évolution et son traitement de fond spécifique. Un dermocorticoïde soulage la poussée de tous les types d’eczéma — mais seule l’identification de la cause permet d’éviter la récidive.

ℹ Ce que tous les eczémas ont en commun
Quelle qu’en soit la cause, tous les eczémas partagent les mêmes lésions élémentaires : érythème (rougeur), œdème, vésicules (petites cloques), suintement en phase aiguë, puis croûtes, desquamation et lichénification (épaississement de la peau) en cas de grattage chronique. Ce point commun histologique et clinique explique que les dermocorticoïdes soient efficaces dans tous les types — mais il ne faut pas s’y limiter.

Tableau comparatif de tous les types d’eczéma

Type d’eczéma Mécanisme principal Profil typique Localisation préférentielle Patch-tests
Atopique Dysfonction barrière cutanée + inflammation Th2 Enfant / adulte jeune, terrain atopique Visage, plis des coudes et genoux Négatifs (pas d’allergie de contact)
Contact allergique Hypersensibilité retardée de type IV Tout âge, contact répété avec allergène Zone de contact avec l’allergène Positifs à l’allergène en cause
Contact irritatif Agression physico-chimique de la barrière Mains exposées à l’eau, détergents, solvants Mains, avant-bras Négatifs
Nummulaire Mal connue — possible rôle bactérien Adulte, souvent homme d’âge moyen Jambes, dos des mains, tronc Le plus souvent négatifs
Microbien Pullulation bactérienne (staphylocoque doré) Tout âge, zones de macération Plis, orifices naturels, péri-lésionnel Négatifs
Stase (variqueux) Hyperpression veineuse chronique Adulte, insuffisance veineuse Jambes, chevilles À réaliser (souvent sensibilisé)
Craquelé (astéatotique) Xérose cutanée sévère Personne âgée, hiver Jambes (tibias), membres Non indiqués
Dyshidrose Multifactoriel — stress, mycose à distance, atopie Adulte jeune, souvent atopique Paumes, bords des doigts, plantes Si allergie au nickel suspectée
Séborrhéique Malassezia + séborrhée Adulte, homme souvent Cuir chevelu, sillon naso-génien, sternum Non indiqués
Induit par médicament Toxique direct ou immunologique Patient sous biothérapie, inhibiteur de checkpoints Variable, souvent diffus Selon contexte

Eczéma atopique (dermatite atopique)

La dermatite atopique est la cause la plus fréquente d’eczéma, touchant 10 à 20 % des enfants et 2 à 3 % des adultes dans les pays industrialisés. C’est une maladie chronique inflammatoire qui débute le plus souvent dans la petite enfance (avant 2 ans dans 60 % des cas) et évolue par poussées entrecoupées de rémissions.

Mécanisme : la dermatite atopique résulte de deux anomalies intriquées — une dysfonction de la barrière cutanée (liée notamment à des mutations du gène de la filaggrine, protéine essentielle à l’intégrité de la couche cornée) et une réponse immunitaire aberrante de type Th2 avec production excessive d’IL-4, IL-13 et IgE. Cette barrière défectueuse laisse pénétrer les allergènes environnementaux et les agents infectieux, déclenchant l’inflammation. La colonisation par Staphylococcus aureus aggrave les poussées en libérant des superantigènes.

Aspect clinique : en phase aiguë, plaques érythémateuses vésiculeuses suintantes ; en phase chronique, plaques sèches, rugueuses, lichénifiées. La topographie varie avec l’âge : joues et convexités chez le nourrisson, plis des coudes et genoux chez l’enfant, visage et cou chez l’adolescent et l’adulte. Le prurit est intense et souvent nocturne.

Pour aller plus loin : eczéma atopique — fiche complète.

Eczéma de contact allergique

L’eczéma de contact allergique est la deuxième grande cause d’eczéma. Il résulte d’une hypersensibilité retardée de type IV (ou réaction immunologique à médiation cellulaire) à un allergène appliqué sur la peau. Contrairement à l’allergie immédiate de type I (urticaire, anaphylaxie), la réaction n’est pas immédiate : elle survient 24 à 72 heures après le contact avec l’allergène, chez une personne préalablement sensibilisée.

La sensibilisation est une étape silencieuse qui peut prendre des mois ou des années — ce qui explique pourquoi on peut développer une allergie à un produit utilisé depuis des années sans problème. Une fois sensibilisé, le moindre contact suffit à déclencher la réaction.

Les allergènes les plus fréquents en France :

Catégorie d’allergène Exemples Localisation typique de l’eczéma
Métaux Nickel (boutons de jean, bijoux), chrome (ciment, cuir), cobalt Nombril, oreilles, poignets (nickel) ; mains (chrome)
Parfums Fragrance mix I et II, huile de mousse de chêne, baume du Pérou Visage, cou, mains, aisselles
Conservateurs Méthylisothiazolinone (MI/MCI), formaldéhyde, chlorphénésine Visage, mains — partout où des cosmétiques sont appliqués
Caoutchouc / latex Thiurames, carbamates, mercaptobenzothiazole Mains (gants), pieds (chaussures), visage (masques)
Produits capillaires PPD (paraphénylènediamine des teintures), thioglycolates (permanentes) Cuir chevelu, nuque, visage, mains des coiffeurs
Végétaux Colophane, lactones sesquiterpéniques, primevère Mains et avant-bras chez les jardiniers, fleuristes
Médicaments topiques Néomycine, lanoline, corticoïdes topiques eux-mêmes Zone d’application
Pansements et dispositifs médicaux Acrylates (capteurs de glycémie, prothèses), colophane des sparadraps Allergie au pansement

Diagnostic : les patch-tests (tests épicutanés) sont indispensables pour identifier l’allergène en cause. Ils consistent à appliquer dans le dos des chambres contenant des allergènes standardisés, à les retirer à 48 h et à lire la réaction à 48 et 96 h. Un eczéma localisé à la chambre témoigne d’une allergie à la substance correspondante. Pour en savoir plus sur l’eczéma de contact selon la localisation : eczéma des mains, eczéma du visage, eczéma des paupières.

Allergie de contact au pansement
Allergie de contact au pansement

Eczéma de contact irritatif

L’eczéma irritatif n’est pas une allergie — il ne met pas en jeu le système immunitaire adaptatif. C’est une réaction directe de la peau à des agents qui altèrent physiquement ou chimiquement la barrière cutanée : eau répétée (mains lavées de nombreuses fois par jour), détergents, solvants, acides ou bases, air froid et sec, frottements mécaniques. Il n’existe pas de période de sensibilisation préalable — n’importe qui peut en développer si l’exposition est suffisamment intense ou prolongée.

Les mains des professionnels exposés (coiffeurs, soignants, cuisiniers, mécaniciens) sont la localisation de prédilection. Le tableau clinique est variable selon l’agent et la durée d’exposition : rougeur et desquamation des paumes dans les formes chroniques, vésicules et suintement dans les formes aiguës. Il se distingue de l’eczéma allergique par l’absence de positivité aux patch-tests — bien que les deux puissent coexister, l’irritation facilitant la sensibilisation.

Eczéma nummulaire (discoïde)

La numismatique est la collection des pièces de monnaie — c’est de là que vient le nom de cet eczéma. L’eczéma nummulaire se caractérise par des plaques d’eczéma rondes ou ovalaires, bien délimitées, de 2 à 5 cm de diamètre, ressemblant à des pièces de monnaie. C’est une forme clinique bien reconnaissable mais dont la cause reste imparfaitement élucidée.

L’eczéma nummulaire commence le plus souvent sur les jambes puis s’étend sur le dos des mains et des pieds, voire le tronc. Il s’épaissit et se lichénifie à force de grattage. Le prurit est souvent intense. Les tests allergologiques épicutanés sont le plus souvent négatifs, ce qui oriente vers une cause endogène.

Des pistes causales sont évoquées dans la littérature :

  • Un foyer infectieux à distance (infectieux dentaire, ORL, amygdales) — hypothèse ancienne mais non formellement prouvée, qui justifie néanmoins un bilan de recherche de foyer infectieux ;
  • La xérose cutanée (peau sèche) comme facteur favorisant, surtout en hiver ;
  • L’alcool et le tabac comme facteurs aggravants possibles ;
  • Une sensibilité métallique sous-jacente, parfois révélée par des patch-tests étendus.

En dermatoscopie, la plaque d’eczéma nummulaire présente des éléments évocateurs :

  • Vaisseaux en points, le plus souvent regroupés en amas, sur fond rouge ;
  • Squames jaunes.
Eczema nummulaire 'en pièces de monnaie'
Eczema nummulaire en pièces de monnaie
Eczema nummulaire chronique
Eczema nummulaire chronique
Dermatoscopie de l'eczema nummulaire
Plaque d’eczema : vaisseaux en points et squames jaunes

Eczéma microbien

L’eczéma dit « microbien » est provoqué ou entretenu par une pullulation bactérienne locale, principalement à Staphylococcus aureus. Il siège donc préférentiellement dans les zones de macération et de pullulation bactérienne : les plis (inguinaux, axillaires, sous-mammaires, interdigitaux), les orifices naturels (conduit auditif externe, narines, région anale), et au pourtour de plaies chroniques (ulcère de jambe, stomies, fistules). Il peut aussi se développer en péri-ombilical ou dans la zone péri-génitale.

L’eczéma microbien est souvent suintant, macéré, parfois croûteux. La macération aggrave elle-même l’eczéma en altérant la barrière cutanée — un cercle vicieux qu’il faut absolument rompre. Le traitement nécessite donc en parallèle :

  • Un traitement antibactérien local (antiseptiques, antibiotiques topiques) ou parfois systémique ;
  • Des mesures asséchantes : pâtes à l’eau, lotions asséchantes, soins de drainage des zones macérées ;
  • Les dermocorticoïdes pour contrôler l’inflammation — mais seulement après assainissement bactériologique.

Eczéma de stase (eczéma variqueux)

L’eczéma de stase (ou eczéma variqueux) résulte d’une insuffisance veineuse chronique des membres inférieurs : l’hyperpression veineuse locale provoque une extravasation de liquide et d’hémosidérine dans le derme, un œdème chronique, et une inflammation cutanée qui aboutit à l’eczéma. Il siège sur les jambes et les chevilles, souvent dans un contexte de varices, de syndrome post-thrombotique ou d’œdème chronique.

L’eczéma de stase se distingue des autres types par son contexte vasculaire, la présence fréquente d’une dermite ocre (pigmentation brune par les dépôts d’hémosidérine), et son association avec un risque d’ulcère de jambe. Il constitue également un facteur de risque de sensibilisation aux topiques appliqués sur les jambes (antibiotiques, antiseptiques, pansements) — d’où l’importance de réaliser des patch-tests chez ces patients.

Eczéma craquelé (astéatotique)

L’eczéma craquelé — aussi appelé eczéma astéatotique ou winter eczema — est un eczéma sec, fissuré, en réseau caractéristique comparé à une « porcelaine fissurée » ou à un « lit de rivière asséché ». Il survient sur fond de xérose cutanée sévère (peau très sèche), principalement sur les faces antérieures des jambes (tibias), et touche surtout les personnes âgées en hiver.

Eczema craquelé de la jambe
Eczema craquelé de la jambe

Plusieurs facteurs peuvent favoriser ou déclencher un eczéma craquelé :

  • La xérose sénile — la peau des personnes âgées produit moins de sébum et retient moins bien l’eau ;
  • Des médicaments : diurétiques (aggravent la xérose), hypolipémiants (statines, fibrates — altèrent la synthèse des lipides épidermiques), cimétidine (action antiandrogénique et sébostatique), isotrétinoïne (peut induire un eczéma craquelé nummulaire) ;
  • Les bains chauds fréquents et les savons détergents agressifs ;
  • Les vêtements en laine irritants au contact direct de la peau.

Le traitement est avant tout la correction de la xérose : produits de toilette doux ou sans rinçage, émollients riches appliqués sur peau humide, préférence pour le coton, température du logement modérée. Les dermocorticoïdes sont utiles en poussée mais ne suffisent pas sans hydratation de fond.

Dyshidrose (eczéma vésiculeux des mains et des pieds)

La dyshidrose est une forme d’eczéma très caractéristique, reconnaissable à ses vésicules profondes, prurigineuses, siégeant sur les bords des doigts, les paumes et les plantes. Les vésicules ne s’ouvrent pas spontanément — elles restent intactes plusieurs jours puis se dessèchent et desquament. La douleur à la pression peut être vive.

La dyshidrose est multifactorielle — plusieurs mécanismes peuvent y contribuer :

  • Le stress : les poussées de dyshidrose surviennent souvent dans des périodes de tension émotionnelle ;
  • Une mycose à distance (tinea pedis, onychomycose) : la réaction « ide » aux antigènes fongiques peut déclencher des vésicules aux mains ;
  • Une allergie au nickel ou à d’autres métaux chez les sujets sensibilisés ;
  • Le terrain atopique : la dyshidrose est plus fréquente chez les atopiques ;
  • La chaleur et la transpiration : fréquemment des poussées au printemps et en été.

Pour en savoir plus sur l’eczéma des mains incluant la dyshidrose : eczéma des mains.

Dermatite séborrhéique : un eczéma à part entière

La dermatite séborrhéique est souvent présentée séparément de l’eczéma, mais ses lésions — plaques érythémateuses recouvertes de squames grasses jaunâtres, prurigineuses — appartiennent bien au spectre des dermatoses eczématiformes. Elle résulte d’une réaction inflammatoire à la levure Malassezia (anciennement Pityrosporum), naturellement présente sur les zones riches en glandes sébacées.

Elle touche préférentiellement le cuir chevelu, les sourcils, les sillons naso-géniens, la zone pré-sternale et les plis. Elle est plus fréquente chez les hommes, les patients immunodéprimés (surtout VIH) et dans certaines maladies neurologiques (maladie de Parkinson). Son traitement repose sur les antifongiques azolés en topique, et non sur les seuls dermocorticoïdes.

Eczéma induit par un médicament ou une biothérapie

Avec l’essor des biothérapies en oncologie (inhibiteurs de checkpoints immunitaires — pembrolizumab, nivolumab, ipilimumab) et en dermatologie (inhibiteurs de JAK), une catégorie croissante d’eczémas iatrogènes est observée. Les inhibiteurs de checkpoints en particulier peuvent déclencher des dermatites eczématiformes diffuses sévères, classées parmi les effets indésirables immuno-médiés (irAE).

D’autres médicaments systémiques peuvent induire ou aggraver un eczéma :

  • Bêtabloquants : peuvent déclencher ou aggraver une dermatite atopique et un psoriasis ;
  • Inhibiteurs de l’ECA : parfois associés à des éruptions eczématiformes ;
  • Statines : eczéma craquelé par altération des lipides cutanés (voir ci-dessus) ;
  • Or injectable, pénicillines : allergie médicamenteuse de type eczéma.

⚠ Toujours informer le dermatologue de ses traitements en cours
Certains médicaments peuvent déclencher ou aggraver un eczéma, parfois des mois après le début du traitement. Informez systématiquement votre dermatologue de tous vos médicaments (ordonnance, automédication, phytothérapie, compléments alimentaires) lors de la consultation.

Comment s’orienter vers la bonne cause ?

Face à un eczéma dont la cause est incertaine, le dermatologue procède méthodiquement en s’appuyant sur plusieurs éléments :

Question clé Orientation
L’eczéma a-t-il débuté dans l’enfance avec des antécédents d’asthme ou de rhinite ? Terrain atopique — dermatite atopique
L’eczéma est-il apparu après le contact avec un nouveau produit (cosmétique, professionnel) ? Eczéma de contact allergique — patch-tests indiqués
Les mains sont-elles exposées à l’eau, aux détergents ou aux solvants au travail ? Eczéma irritatif des mains
Les lésions sont-elles rondes, bien délimitées, sur les jambes ? Eczéma nummulaire — chercher foyer infectieux
L’eczéma est-il localisé aux plis avec macération ? Eczéma microbien — traitement asséchant + antibactérien
Y a-t-il des varices, un œdème chronique des jambes, une pigmentation ocre ? Eczéma de stase — bilan veineux
L’eczéma est-il sec, craquelé, chez une personne âgée en hiver ? Eczéma craquelé — xérose — vérifier les médicaments
Des vésicules profondes sur les bords des doigts, prurigineuses, récidivantes ? Dyshidrose — bilan allergologique + recherche mycose
Squames grasses sur cuir chevelu, sillons naso-géniens, zone pré-sternale ? Dermatite séborrhéique — traitement antifongique

Un eczéma qui résiste ou récidive ?
Un eczéma qui ne répond pas aux dermocorticoïdes, qui récidive dès l’arrêt du traitement, ou dont la cause reste inexpliquée mérite un bilan spécialisé. Le Dr Rousseau vous reçoit en téléconsultation, peut prescrire des patch-tests et coordonner la prise en charge au long cours.

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Articles liés — Pour aller plus loin

FAQ — Questions fréquentes sur les causes de l’eczéma

Comment savoir si mon eczéma est allergique ou atopique ?

La distinction repose sur l’interrogatoire et les patch-tests. Un eczéma atopique débute dans l’enfance, est associé à un terrain familial d’atopie (asthme, rhinite, conjonctivite), et n’est pas déclenché par un produit particulier. Un eczéma de contact allergique apparaît après le contact avec un allergène spécifique, souvent nouveau, et les patch-tests identifient la substance en cause. Les deux peuvent coexister : un atopique a une barrière cutanée fragilisée qui le rend plus susceptible de se sensibiliser aux allergènes de contact.

Est-ce que le stress peut provoquer de l’eczéma ?

Le stress ne provoque pas l’eczéma au sens strict — il ne suffit pas à lui seul à déclencher la maladie. En revanche, il est un facteur aggravant ou déclenchant reconnu dans plusieurs types d’eczéma : dermatite atopique, dyshidrose, eczéma nummulaire. Le stress agit via l’axe neuroendocrinien en modifiant la réponse immunitaire cutanée et en aggravant la dysfonction de la barrière. Une prise en charge globale incluant la gestion du stress (techniques de relaxation, psychothérapie si nécessaire) fait partie des recommandations pour les formes récidivantes.

Peut-on développer une allergie à un produit utilisé depuis des années ?

Oui — c’est même une caractéristique essentielle de l’eczéma de contact allergique qui déroute souvent les patients. La sensibilisation est un processus progressif, parfois silencieux pendant des années. Une fois le seuil de sensibilisation atteint, le moindre contact suffit à déclencher la réaction en 24 à 72 heures. C’est pourquoi l’absence d’allergie passée à un produit ne garantit pas qu’on ne peut pas y devenir allergique.

Mon eczéma peut-il être dû à mon alimentation ?

La relation entre alimentation et eczéma est nuancée. Dans la dermatite atopique du nourrisson, certains aliments (lait de vache, œuf, arachide) peuvent effectivement aggraver l’eczéma chez les bébés ayant une allergie alimentaire IgE-médiée associée. Chez l’adulte, l’implication des aliments dans la dermatite atopique est beaucoup plus limitée et souvent surestimée. Pour la dyshidrose, une alimentation pauvre en nickel peut bénéficier aux patients ayant une sensibilisation au nickel démontrée aux patch-tests. En dehors de ces cas précis, les régimes d’éviction alimentaire non guidés ne sont pas recommandés et peuvent être délétères.

Quand faire des patch-tests pour chercher la cause de mon eczéma ?

Les patch-tests sont indiqués lorsqu’un eczéma de contact allergique est suspecté — c’est-à-dire si l’eczéma est localisé dans une zone de contact avec des produits (mains, visage, cuir chevelu, zone péri-ombilicale), s’il coïncide avec l’introduction d’un nouveau produit, ou s’il résiste malgré un traitement bien conduit. Ils sont réalisés à distance de la poussée, en dehors de tout dermocorticoïde systémique, et sont interprétés par un dermatologue allergologue. En cas de doute, n’hésitez pas à consulter.

Voir aussi :
Eczéma — fiche générale
Dermatite atopique
Eczéma de contact
Traitement de l’eczéma
Allergies de peau
Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

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Références scientifiques (PubMed)

  • Weidinger S, Beck LA, Bieber T, Kabashima K, Irvine AD. Atopic dermatitis. Nat Rev Dis Primers. 2018;4(1):1. PMID 30091301
  • Fonacier L, Bernstein DI, Pacheco K, et al. Contact Dermatitis: A Practice Parameter — Update 2015. J Allergy Clin Immunol Pract. 2015;3(3 Suppl):S1–39. PMID 25965874
  • Drucker AM, Wang AR, Li WQ, et al. The Burden of Atopic Dermatitis: Summary of a Report for the National Eczema Association. J Invest Dermatol. 2017;137(1):26–30. PMID 27417014
  • Bonamonte D, Foti C, Vestita M, Ranieri LD, Angelini G. Nummular eczema and contact allergy: a retrospective study. Dermatitis. 2012;23(4):153–157. PMID 22653070
  • Molin S, Diepgen TL, Ruzicka T, Prinz JC. Diagnosing chronic hand eczema by an algorithm: a tool for classification in clinical practice. Clin Exp Dermatol. 2011;36(6):595–601. PMID 21707720

Mis à jour le 26 mars 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

URTICAIRE AU STRESS : le stress peut-il déclencher une urticaire?

Urticaire et stress : mécanismes, diagnostic et traitement

L’urticaire est souvent mise sur le compte du stress — mais la réalité est plus précise et plus utile que cette étiquette générale. Le stress est un facteur aggravant réel et documenté de l’urticaire, mais rarement la cause unique. Comprendre pourquoi — et dans quels types d’urticaire — permet de mieux cibler le traitement.

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Sommaire :
Stress et urticaire — le mécanisme |
Formes cliniques |
Bilan d’urticaire chronique |
Facteurs aggravants |
Traitement |
Questions fréquentes

Démangeaisons urticaire

Comment le stress déclenche-t-il l’urticaire ?

L’urticaire résulte de la dégranulation des mastocytes dermiques — des cellules qui libèrent de l’histamine, provoquant la dilatation aiguë des vaisseaux cutanés et le gonflement caractéristique des papules.

Habituellement, cette dégranulation est déclenchée par un allergène via les IgE. Mais les mastocytes possèdent aussi des récepteurs directs à plusieurs médiateurs du stress :

Médiateur du stress Effet sur les mastocytes Conséquence cutanée
Substance P (fibres nerveuses C) Dégranulation directe sans IgE Urticaire neurogène, prurit
CRH cutané (hormone du stress local) Activation mastocytaire directe Poussée sans allergène identifiable
Noradrénaline (système nerveux sympathique) Abaisse le seuil de dégranulation Urticaire sur déclencheur mineur habituellement toléré
Cortisol chronique Désensibilise les récepteurs anti-inflammatoires des mastocytes Perte du frein glucocorticoïde → poussées plus fréquentes

Résultat : sous stress, un aliment ou un médicament habituellement toléré peut déclencher une urticaire. Le stress abaisse le seuil de réactivité mastocytaire — il ne crée pas l’urticaire seul, mais facilite et amplifie toutes ses formes.

💡 Urticaire et stress : une relation bidirectionnelle. L’urticaire chronique perturbe significativement la qualité de vie — démangeaisons nocturnes, aspect visible des lésions, imprévisibilité. Elle génère elle-même anxiété et symptômes dépressifs, qui aggravent à leur tour les poussées. Briser ce cercle est un objectif thérapeutique à part entière. Voir aussi stress et peau — axe neuro-immun.

Formes cliniques de l’urticaire

Papules d'urticaire ressemblant à des piqûres d'ortie

Le terme « urticaire » désigne un syndrome — un signe cutané pouvant avoir de nombreuses causes — et non une maladie unique. Les papules ressemblent à des piqûres d’ortie (du latin urtica) : rondes, surélevées, fugaces, mobiles, prurigineuses.

Forme Durée Cause fréquente Rôle du stress
Urticaire aiguë < 6 semaines — régresse souvent seule Médicament, aliment, piqûre d’insecte — identifiable à l’interrogatoire Facteur aggravant et abaisse le seuil de déclenchement
Urticaire chronique spontanée (UCS) > 6 semaines — dure en moyenne 3 à 5 ans Cause identifiée dans seulement 20–30 % des cas après bilan complet Facteur déclencheur et d’entretien — mécanisme mastocytaire direct
Urticaires physiques Variable selon le déclencheur physique Pression, froid, chaleur, soleil, eau, effort Amplifie la réactivité physique — seuil abaissé sous stress
Œdème de Quincke (angio-œdème) Episodes — voir œdème de Quincke Héréditaire (déficit C1-inhibiteur) ou médicamenteux (IEC) Peut précipiter les crises

⚠️ Signes d’anaphylaxie — urgence médicale : si l’urticaire s’accompagne de difficultés respiratoires, tachycardie, hypotension, gonflement de la gorge ou troubles digestifs intenses → appeler le 15 immédiatement. Les urticaires se compliquant d’anaphylaxie débutent souvent par le cuir chevelu, les paumes ou les plantes.

Si l’urticaire dure plus de 6 mois, 40 % des patients en ont encore 10 ans plus tard et 20 % à 20 ans. Une investigation rigoureuse est indispensable. Voir les causes de l’urticaire.

Bilan d’urticaire chronique — que recherche-t-on ?

Le stress n’est retenu comme facteur principal qu’après élimination des autres causes par bilan. Ce bilan est recommandé par la conférence de consensus française.

Bilan sanguin standard

Examen Ce que l’on cherche
Hémogramme (NFS) Éosinophilie (allergie, parasitose), anomalie hématologique
VS, CRP Syndrome inflammatoire (vascularite, infection chronique)
Transaminases, GGT Atteinte hépatique (hépatite, stéatose)
TSH, anticorps anti-TPO, anti-thyroglobuline Thyroïdite auto-immune — association fréquente avec UCS
Anticorps antinucléaires, C3, C4, CH50 Maladies auto-immunes (lupus, vascularite urticarienne)
Sérologie toxocarose Parasitose (transmission chien-chat fréquente)

Bilans complémentaires selon le contexte

Urticaire au froid : cryoglobulines, cryofibrinogène, agglutinines froides, électrophorèse des protéines. Prévenir les patients du risque d’anaphylaxie lors d’une immersion en eau froide ou de la consommation d’aliments glacés.

Symptômes digestifs hauts : fibroscopie avec recherche d’Helicobacter pylori — traitement éradicateur si positif.

Angio-œdème facial récidivant : dosage de l’inhibiteur de la C1 estérase. Bilan dentaire et ORL à la recherche d’un foyer infectieux.

Suspicion de vascularite urticarienne (lésions fixes > 24 h, peu prurigineuses, purpura) : bilan de vascularite et biopsie cutanée.

Prick tests : réalisés en cas de suspicion d’allergie de contact ou alimentaire vraie — piqûres superficielles dans l’avant-bras avec les allergènes suspectés.

Prick tests — test allergologique urticaire

Facteurs aggravants à éviter

Aliments histaminolibérateurs

Ces aliments ne provoquent pas une allergie vraie mais libèrent directement de l’histamine ou stimulent les mastocytes à le faire. Leur éviction est recommandée en première intention dans l’urticaire chronique d’origine alimentaire suspectée :

Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, œufs de poisson, conserves, poissons fumés ou surgelés
Charcuterie : saucisson, viande bovine, foie de porc, gibier, charcuterie emballée
Fromages fermentés : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère, cheddar
Légumes : épinards, tomate, choux, choucroute, concombre
Fruits : fraise, banane, raisin, agrumes, noix, noisette
Autres : blanc d’œuf, chocolat et cacao, bière, vin

Médicaments aggravants

Aspirine et AINS — aggravent ou déclenchent un tiers à la moitié des urticaires, toutes formes confondues
Inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) — peuvent induire des angio-œdèmes de la face et du cou. Tout antécédent d’angio-œdème est une contre-indication formelle aux IEC
Bêtabloquants — rendent difficile la prise en charge d’une anaphylaxie

⚠️ Cortisone à éviter en dehors des urgences : les corticoïdes par voie générale ne sont pas indiqués dans le traitement de fond de l’urticaire — ils exposent à un rebond à l’arrêt qui aggrave souvent la situation. En cas de signes de gravité uniquement, voir le traitement de l’urticaire avec signes de gravité.

Traitement de l’urticaire

Urticaire aiguë

Les antihistaminiques de 2e génération (non sédatifs) sont le traitement de référence. Ils font régresser la crise en quelques jours à quelques semaines dans la majorité des cas :

Aerius®Clarityne®Kestin®Telfast®Virlix®Xyzall®Zyrtec®
Antihistaminiques de 1re génération (sédatifs, utiles le soir) : Atarax®Polaramine®Primalan®

Certains antihistaminiques de 1re génération provoquent somnolence, sécheresse buccale et troubles visuels — précautions requises pour la conduite automobile.

Urticaire chronique — stratégie par paliers

Ligne thérapeutique Traitement Modalité
1re ligne Antihistaminique H1 de 2e génération 1 comprimé/jour en continu — réévaluation à 6 semaines
2e ligne Montée en dose antihistaminique Jusqu’à 4× la dose normale, sous contrôle médical
3e ligne Omalizumab (Xolair®) — anticorps anti-IgE Injection sous-cutanée mensuelle — voir piqûres contre l’urticaire

En cas de rémission complète et durable sous antihistaminiques, un arrêt progressif est proposé. En l’absence de rémission : association d’un antihistaminique de 2e génération le matin et d’un antihistaminique sédatif (1re génération) le soir.

Prise en charge du stress dans l’urticaire chronique

Les guidelines européennes (EAACI 2022) reconnaissent la prise en charge psychologique comme composante du traitement de l’urticaire chronique spontanée. Les interventions à efficacité documentée :

Thérapies cognitivo-comportementales (TCC) — réduction du cycle anxiété-prurit-poussées
MBSR (Mindfulness-Based Stress Reduction) — réduction du score d’activité UAS7
Relaxation et biofeedback — réduction de l’activité sympathique cutanée
Prise en charge du sommeil — la privation de sommeil augmente la réactivité mastocytaire en moins de 48 heures

Urticaires physiques spécifiques

Urticaire au froid : protection vestimentaire, antihistaminiques. Désensibilisation progressive : exposition quotidienne à une surface cutanée croissante à 8–15 °C pendant 5 minutes, jusqu’à tolérance aux épaules à 15 °C. Entretien par deux douches à 15 °C par jour.

Urticaire cholinergique : voir urticaire cholinergique.

Urticaire solaire : voir allergie au soleil.

Urticaire aquagénique : crème hydratante avant les bains, douches brèves, bicarbonate dans l’eau du bain, antihistaminiques.

Questions fréquentes

L’urticaire est-elle une maladie psychosomatique ?

Non — l’urticaire est une maladie d’origine multifactorielle (allergique, physique, auto-immune, médicamenteuse, infectieuse…). Le stress est un facteur aggravant réel via un mécanisme biologique précis (activation mastocytaire par la substance P et le CRH cutané) — mais rarement la cause unique. Le qualifier de « psychosomatique » sous-estime sa complexité et retarde souvent un bilan qui permettrait d’identifier une cause traitable.

Pourquoi mon urticaire s’aggrave-t-elle quand je suis stressé alors qu’il n’y a pas d’allergie ?

Le stress abaisse le seuil de dégranulation des mastocytes — ces cellules cutanées libèrent de l’histamine sous l’effet direct des neuropeptides du stress (substance P, CRH cutané), sans nécessiter d’allergène ni d’IgE. Un aliment ou une situation habituellement tolérés peuvent dès lors déclencher une poussée. Ce n’est pas une allergie nouvelle — c’est une réactivité mastocytaire augmentée.

Combien de temps dure une urticaire chronique ?

La durée moyenne est de 3 à 5 ans. Si l’urticaire persiste plus de 6 mois, 40 % des patients en ont encore 10 ans plus tard et 20 % à 20 ans. Ces chiffres ne doivent pas décourager — les traitements disponibles (antihistaminiques, omalizumab) permettent dans la grande majorité des cas un contrôle satisfaisant des poussées, même en l’absence de cause identifiée.

L’omalizumab (Xolair®) fonctionne-t-il sur l’urticaire liée au stress ?

Oui — l’omalizumab est efficace dans l’urticaire chronique spontanée indépendamment de la cause identifiée, y compris dans les formes où le stress est un facteur déclenchant majeur. Son mécanisme d’action (anticorps anti-IgE libre) réduit la sensibilité des mastocytes à tous les stimuli, y compris les neuropeptides du stress. Il est réservé aux formes résistantes aux antihistaminiques à doses optimales.

Voir aussi :
Urticaire — présentation complète /
Causes de l’urticaire /
Xolair® contre l’urticaire /
Œdème de Quincke /
Stress et peau — axe neuro-immun


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URTICAIRE GEANT : traitement de l’urticaire géante

Urticaire géant

L’urticaire est donc une sorte d’ allergie de la peau : l’aspect gonflé des papules d’urticaire (enflures de la peau) est due à une dilatation aiguë des vaisseaux de la peau, secondaire à la libération d’histamine par les mastocytes.


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Atteinte du visage dans une urticaire géante
Atteinte du visage dans une urticaire géante

La crise d’ urticaire géant

Boutons d’urticaire

Le mot urticaire provient du latin « urtica » qui signifie ortie.

Atteinte d'une grande partie du corps : urticaire géant
Atteinte d’une grande partie du corps : urticaire géant

Elle a generalement l’aspect de boutons monomorphes ressemblant à des piqûres d’ortie qui très souvent démangent (démangeaisons), fugaces et évolutifs.

Monomorphes, la lésion élémentaire est une papule oedémateuse (gonflée) rouge ou rosée (comme des piqures d’orties), isolée ou confluant en des plaques bien délimitées.

Plaque d'urtcaire
Plaque d’urtcaire

Démangeaisons : elle démange constamment sauf en cas d’urticaire systémique ou profonde, parfois féroce. Elle donne donc des plaques qui grattent.

Fugaces, les lésions persistent quelques minutes ou quelques heures avant de disparaître sans laisser de traces.

Evolutifs, l’urticaire est faite d’éléments qui disparaissent, alors que d’autres apparaissent ailleurs, donnant une illusion de mobilité.

boutons d'urticaire
Boutons d’urticaire, la peau est comme gonflée

La peau est donc gonflée par endroit (en cas d’urticaire physique, sur la zone où s’est produit le contact physique, par exemple les zones de grattage en cas de dermographisme, la zone récemment exposée au soleil en cas d’urticaire solaire… ).

Les papules peuvent prendre un aspect en anneaux.

Urticaire en anneaux
Urticaire en anneaux
ronds sur la peau qui grattent
Urticaire formant des anneaux ou des ronds sur la peau (urticaire annulaire)
Urticaire geant annulaire
Urticaire geant annulaire

L’urticaire peut auss etre assez rouge

Urticaire rouge
Urticaire rouge

On distingue deux cas de figure:

  • La crise isolée ou aigue,

qui régresse souvent spontanément en quelques heures, jours ou semaines, est le plus souvent allergique.

On trouve parfois une cause à l’interrogatoire puisqu’elle survient souvent quelques minutes à quelques heures après celle-ci (prise d’un médicament, d’un aliment inhabituel, piqûre d’insecte… …).

On ne pratique habituellement pas de bilan sanguin à la recherche d’une cause sauf en cas d’urticaire grave.

Cette crise d’urticaire géante touche une grande partie du corps

  • L’urticaire chronique,

durant plus 6 semaines, elle peut durer plusieurs années, en moyenne 3 à 5 ans.

Il faut savoir que si l’urticaire dure plus de 6 mois, 40% des patients en ont encore 10 ans plus tard, et 20 % 20 ans plus tard

Une enquête détaillée est donc nécessaire ainsi qu’un bilan complet (voir plus loin).

Il faut cependant noter que ce bilan n’aboutit à la découverte dune cause que dans 20 à 30% des cas

En cas d’urticaire géante, chercher des signes de gravité

L’oedeme de Quincke ou angio oedème ou urticaire profonde

Il s’agit d’une atteinte cutanéomuqueuse profonde donnant un gonglement de la lèvre, de la langue…

Voir l’article oedeme de Quincke

 Anaphylaxie

Une autre complication de l’urticaire peut être le choc anaphylactique

La crise d’urticaire est associée à des troubles hémodynamiques (tachycardie et hypotension jusqu’au choc), respiratoires (toux, difficulté à respirer et sifflements) ou digestifs (douleurs abdominales, nausées et vomissements, diarrhée).

Classiquement, les urticaires se compliquant d’anaphylaxie débutent par le cuir chevelu, les paumes ou les plantes.

Causes de l’urticaire géante

Les causes sont très nombreuses, voir l’article causes de l’urticaire

Bilan d’une urticaire géante chronique (durant plus de 6 semaines)

Le bilan sanguin recommandé par la conférence de consensus : prise en charge de l’urticaire chronique

Bilan standard d’urticaire chronique

Hemogramme : etude des globules rouges, blancs, plaquettes…

VS (vitesse de sédimentation), CRP (C Réactive Protéine) : recherche d’une inflammation

Transaminases, Gamma GT : bilan hépatique

Anticorps anti thyroperoxydase (anticorps tournés contre la thyroide), TSH (Thyreo Stimulating Hormon) : bilan thyroidien

Anticorps anti nucleaires, Complément : C3, C4, CH50 (marqueurs de maladies auto immunes)

Sérologie de la toxocarose (parasitose souvent transmise par les chiens) Monomorphes

En cas de symptomes digestifs hauts (douleurs digestives hautes) :

fibroscopie

Urticaire au froid :

cryoglobulines, cryofibrinogène, agglutinines froides, électrophorèse et immunoélectrophorèse des protéines

Angio­œdème :

Voir oedeme de Quincke

Urticaire chronique de contact :

pricktests ; éviction de l’allergène.

Urticaire solaire :

phototests.

Urticaire chronique d’origine alimentaire :

aucun examen complémentaire spécifique n’est nécessaire.

Urticaire médicamenteuse :

aucun examen complémentaire spécifique n’est nécessaire.

Signes évocateurs de vascularite urticarienne

fixité des lésions, absence ou faible démangeaison, purpura, nodules, livedo suspendu… :

bilan de vascularite et biopsie de peau

Prick tests

Le médecin peut proposer de réaliser des piqures dans l’avant bras après y avoir disposé des gouttes de différents allergenes afin de les faire pénétrer dans la couche superficielle de la peau et déclencher une papule d’urticaire en cas d’allergie

prick tests
Piqures dans l’avant bras en cas d’urticaire : prick tests

Traitement de l’urticaire géant

Nous avons vu dans l’article consacré à l’urticaire, qu’il existait des facteurs aggravants ou favorisants

Eviter les facteurs favorisant l’urticaire

Les facteurs aggravant l’urticaire doivent être évités :

aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs :

  • Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, oeufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
  • Charcuterie : viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie
    emballée, gibier
  • Blanc d’oeuf
  • Fromages : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère,
    cheddar
  • Légumes : epinards, tomate, choux, choucroute, concombre
  • Fruits :fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
  • Boissons alcoolisées : bière, vin
  • Chocolat et cacao

aspirine ou anti-inflammatoires non stéroïdiens

Certains antihypertenseurs :

Inhibiteurs de l’enzyme de conversion

pouvant engendrer des angioedemes et

bétabloquants

pouvant rendre difficile la prise en charge d’une anaphylaxie

Eviter la cortisone s’il n’y a pas de signes de gravité (anaphylaxie… )

Les corticoïdes par voie générale ne sont pas indiqués dans le traitement de l’urticaire car ils exposent à un risque de rebond à l’arret.

Traitement de l’urticaire avec signes de gravité

En cas de détresse respiratoire, de malaise avec tachycardie
et hypotension… il repose sur l’adrénaline administrée
par voie intramusculaire à une dose de 0,3 à 0,5 mg, associée
dès que possible à une oxygénothérapie, à de la cortisone et la pose d’une voie veineuse pour remplissage vasculaire.

Ces formes graves d’urticaire sont parfois précédées de signes prémonitoires : une voix nasonnée, gêne à la déglutition, sensation d’oppression thoracique voire une difficulté à respirer, des
nausées et des douleurs abdominales, une diarrhée. Ces signes
nécessitent un traitement immédiat par un antihistaminique et cortisone, une hospitalisation en urgence et une surveillance de
24 heures.

Le médecin délivrera une trousse d’urgence contenant un kit d’adrénaline auto-injectable aux personnes à risque de réaction anaphylactique grave et une conduite à tenir en cas de survenue de crise évocatrice :

1/ Prendre immédiatement dès le début de la réaction allergique (notamment démangeaisons, urticaire) 2 comprimés d’antihistaminique type desloratadine (Aerius*)

et

tenir prête la seringue d’adrénaline en autoinjecteur

2/ En cas de symptômes allergiques sévères (ceux­ ci surviennent en règle générale en l’espace de quelques minutes à 1 heure et se manifestent par une forte gêne respiratoire, des troubles digestifs, une transpiration abondante, des vertiges, une sensation de faiblesse, un serrement dans la poitrine, plus rarement une perte de connaissance), appliquer sur la cuisse la seringue d’adrénaline prête à l’emploi et faire une injection d’adrénaline en face antérolatérale de la cuisse, rester allongé les jambes surélevées jusqu’à l’arrivée du médecin (appeler un médecin dès que possible ou appeler le 15).

3/ Si vous vous trouvez dans un endroit isolé, prendre par précaution un corticoïde (1 mg/kg équivalent Prednisolone : si poids 60kgs, prendre 3 cp de Solupred* 20 orodispersible). Ce médicament n’agit qu’après 2 heures environ, mais il protège d’une récidive durant 24 heures.

NB : conditions de conservation de l’adrénaline en seringue auto injectable :

Ne pas mettre au réfrigérateur. Ne pas congeler.

Vérifier périodiquement que l’aspect de la solution est toujours limpide et incolore dans la fenêtre de contrôle du stylo. Jeter ou remplacer l’auto­injecteur si la solution a changé de couleur ou contient un précipité, et au plus tard à la date de péremption.

Soigner l’urticaire géante aigue sans signes de gravité (crise depuis moins de 6 semaines)

Le traitement de l’urticaire non compliquée requiert généralement des antihistaminiques (traitement de l’allergie).

Certains d’entre eux provoquent une somnolence et nécessitent des précautions, en particulier déviter la conduite automobile.

Exemples de médicaments de l’allergie :
Aerius ®
Atarax ®
Clarityne ®
Kestin ®
Polaramine ®
Primalan ®
Telfast ®
Tinset ®
Virlix ®
Xyzall ®
Zyrtec ®

Traitement de l’urticaire géante chronique (urticaire durant plus de 6 semaines)

Le traitement de l’urticaire chronique nécessite souvent un traitement de l’allergie par antihistaminiques au long cours, de plusieurs mois.

1/Recherche et éviction de la cause de l’urticaire chronique

Il est toujours recommandé de détecter et d’éviter le facteur déclencheur de l’urticaire :

  • Angio-œoedème :

dosage de l’inhibiteur de la C1 estérase. Administration d’inhibiteur de la C1 esterase en voie veineuse, acide transexamique…

En cas d’angio-œoedème facial, localisé et inexpliqué :

bilan dentaire et ORL à la recherche d’un foyer infectieux => traitement du foyer infectieux

En cas d’angio-œdème du visage récidivant chez l’enfant :

pricktests cutanés à la recherche d’une allergie alimentaire vraie et éviction de l’aliment suspect pendant 3 semaines.

En cas d’amélioration : réalisation d’un test de provocation orale, qui s’il est positif entraine une éviction de l’aliment et de ceux contenant le même allergène ou suspects d’allergies croisées.

  • Urticaires physiques :

éviction de certaines situations déclenchantes associée à un traitement antihistaminique non anticholinergique

Urticaire à la pression

Eviter les facteurs déclenchants (port de charges, agenouillement prolongé… ). Anti histaminiques

Urticaire cholinergique

Voir urticaire cholinergique

Urticaire au froid

Rechercher cryoglobulines, cryofibrinogène, agglutinines froides, électrophorèse et immunoélectrophorèse des protéines.

Prévenir les patients du risque qu’ils courent lors d’une immersion en eau froide (anaphylaxie) ou de la consommation d’aliments glacés (oedeme laryngé).

Protection vestimentaire contre le froid

Antihistaminiques
Désensibilisation au froid? : exposer jour après jour une surface cutanée croissante pendant 5 minutes par jour à une eau de 8 à 15 °C. La désensibilisation est obtenue lorsqu’on supporte l’exposition jusqu’aux épaules à une eau à 15 °C sans urticaire. L’entretien de la désensibilisation se fait en prenant deux douches par jour à 15 °C, de 5 minutes chacune.

Urticaire solaire

Voir l’allergie au soleil

Urticaire aquagénique

Son diagnostic repose sur la positivité du test réalisé avec une compresse humide mais parfois il faut, sous stricte surveillance hospitalière, immerger un membre ou d’une partie plus importante du corps durant plus de 15 minutes.

Prendre des douches de durée brève, de ne jamais se baigner sans surveillance.

Anti histaminiques et creme hydratante avant les bains et douches

Une pincée de bicarbonate dans l’eau du bain

  • Urticaire de contact :

pricktests et éviction de l’allergène. Antihistaminique

  • Urticaire alimentaire :

aucun examen complémentaire spécifique n’est nécessaire.

Il s’agit en effet le plus souvent de fausse allergie alimentaire par consommation d’aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs (fraises, crustacés… ), ainsi, on recommande dans un premier temps l’éviction des aliments riches en amines biogènes :

  • Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, oeufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
  • Charcuterie : viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie
    emballée, gibier
  • Blanc d’oeuf
  • Fromages : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère,
    cheddar
  • Légumes : epinards, tomate, choux, choucroute, concombre
  • Fruits :fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
  • Boissons alcoolisées : bière, vin
  • Chocolat et cacao

En l’absence d’amélioration de ce régime, ou en cas de doute d’une allergie alimentaire vraie (l’urticaire alimentaire est alors parfois précédée par des démangeaisons ou des picotements voire un gonflement des lèvres et de la muqueuse dans la bouche rapidement après la prise alimentaire (poissons et les crustacés, l’arachide, le soja, les céréales, l’oeuf, le lait de vache, des fruits exotiques… ) et elle peut être associée à des douleurs digestives. On peut alors doser les IgE spécifiques alimentaires dans le sang, voire réaliser prudemment des prick tests

  • Urticaire médicamenteuse :

aucun examen complémentaire spécifique n’est nécessaire.

En fait un tiers à la moitié environ des urticaires de tous types seraient aggravées, voire déclenchées, par l’aspirine ou les Anti inflammatoires non stéroidiens. De même, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (anti hypertenseurs) peuvent entraîner des angioœdèmes de la face et du coup, tout antécédent d’angio-œdème est une contre-indication aux Inhibiteurs de l’Enzyme de Conversion.

  • Signes évocateurs de vascularite urticarienne

fixité des lésions, absence ou faible démangeaison, purpura, nodules, livedo suspendu… :

bilan de vascularite et biopsie de peau

  • Doutes sur la fonction thyroidienne :

la fréquence des thyroïdites auto-immunes est augmentée chez les sujets présentant une Urticaire chronique : bilan thyroidien et recherche d’Anticorps anti thyroglobuline et thyroperoxydase.

  • Doute d’ulcere gastroduodenal :

réalisation d’une fibroscopie avec recherche d’Helicobacter pylori. Le cas échéant, traitement par inhibiteurs de pompe à proton + antibiothérapie

2/Psychologie

L’urticaire chronique ayant souvent un substrat psychologique (stress… ) et un fort retentissement sur la qualité de vie (insomnie… ), une prise en charge psychologique peut être proposée (relaxation, thérapies cognitivo-comportementales… ).

3/ les médicaments contre l’urticaire géante chronique

3.1/ Anti histaminiques

Traitement de 1ère ligne

On privilégie l’utilisation d’anti-Histaminiques non anticholinergiques (dits de 2e génération), qui entraînent moins d’effets secondaires (somnolence, glaucome, troubles urinaires en cas d’hypertrophie de la prostate.

En cas de rémission complète et durable, un arrêt progressif du traitement est proposé, sinon, on utilise alors une association d’un anti-H1 non anticholinergique (dit de 2e génération) le matin et un anti-H1 anticholinergique (dit de 1re génération) sédatif le soir.

En l’absence d’amélioration avec les antihistaminiques à dose normale, le médecin peut choisir de passer à la

Seconde ligne thérapeutique

Le médecin peut décider de monter les doses des antihistaminiques jusqu’à 4 fois la dose normale pour voir si cela permet une rémission, sous controle médical et en l’absence de contre indication

3.2/ Des piqures contre l’urticaire chronique : XOLAIR*

Voir l’article sur les piqures contre l’urticaire


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– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


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URTICAIRE CHOLINERGIQUE : l’urticaire colinergique (sport, chaleur)

Urticaire cholinergique

L’urticaire cholinergique est provoquée par une élévation de la température de la peau, par exemple lors d’un sauna, de bains ou de douches chaudes, d’un effort physique…


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Urticaire cholinergique
Urticaire cholinergique

Symptomes

Elle est généralement composée de lésions d’urticaire de petite taille, en « tetes d’epingles« , le plus souvent à la partie supérieure du tronc (zone qui a transpiré) ou sur la zone qui a été chauffée (bas du corps en cas de jacuzzi par exemple)

Ptites papules en tetes d'epingles qui démangent : urticaire colinergique
Ptites papules en tetes d’epingles qui démangent : urticaire colinergique

Cette urticaire démange le plus souvent

Traitement de l’urticaire cholinergique

Eviter les facteurs favorisant l’urticaire

Les facteurs aggravant l’urticaire doivent être évités :

aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs :

  • Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, oeufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
  • Charcuterie : viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie
    emballée, gibier
  • Blanc d’oeuf
  • Fromages : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère,
    cheddar
  • Légumes : epinards, tomate, choux, choucroute, concombre
  • Fruits :fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
  • Boissons alcoolisées : bière, vin
  • Chocolat et cacao

aspirine ou anti-inflammatoires non stéroïdiens

Certains antihypertenseurs :

Inhibiteurs de l’enzyme de conversion

pouvant engendrer des angioedemes

Eviter la cortisone s’il n’y a pas de signes de gravité (anaphylaxie… )

Les corticoïdes par voie générale ne sont pas indiqués dans le traitement de l’urticaire car ils exposent à un risque de rebond à l’arret.

Traitement de l’urticaire cholinergique avec signes de gravité

En cas de détresse respiratoire, de malaise avec tachycardie
et hypotension… il repose sur l’adrénaline administrée
par voie intramusculaire à une dose de 0,3 à 0,5 mg, associée
dès que possible à une oxygénothérapie, à de la cortisone et la pose d’une voie veineuse pour remplissage vasculaire.

Ces formes graves d’urticaire sont parfois précédées de signes prémonitoires : une voix nasonnée, gêne à la déglutition, sensation d’oppression thoracique voire une difficulté à respirer, des
nausées et des douleurs abdominales, une diarrhée. Ces signes
nécessitent un traitement immédiat par un antihistaminique et cortisone, une hospitalisation en urgence et une surveillance de
24 heures.

Le médecin délivrera une trousse d’urgence contenant un kit d’adrénaline auto-injectable aux personnes à risque de réaction anaphylactique grave et une conduite à tenir en cas de survenue de crise évocatrice :

1/ Prendre immédiatement dès le début de la réaction allergique (notamment démangeaisons, urticaire) 2 comprimés d’antihistaminique type desloratadine (Aerius*)

et

tenir prête la seringue d’adrénaline en autoinjecteur

2/ En cas de symptômes allergiques sévères (ceux­ ci surviennent en règle générale en l’espace de quelques minutes à 1 heure et se manifestent par une forte gêne respiratoire, des troubles digestifs, une transpiration abondante, des vertiges, une sensation de faiblesse, un serrement dans la poitrine, plus rarement une perte de connaissance), appliquer sur la cuisse la seringue d’adrénaline prête à l’emploi et faire une injection d’adrénaline en face antérolatérale de la cuisse, rester allongé les jambes surélevées jusqu’à l’arrivée du médecin (appeler un médecin dès que possible ou appeler le 15).

3/ Si vous vous trouvez dans un endroit isolé, prendre par précaution un corticoïde (1 mg/kg équivalent Prednisolone : si poids 60kgs, prendre 3 cp de Solupred* 20 orodispersible). Ce médicament n’agit qu’après 2 heures environ, mais il protège d’une récidive durant 24 heures.

NB : conditions de conservation de l’adrénaline en seringue auto injectable :

Ne pas mettre au réfrigérateur. Ne pas congeler.

Vérifier périodiquement que l’aspect de la solution est toujours limpide et incolore dans la fenêtre de contrôle du stylo. Jeter ou remplacer l’auto­injecteur si la solution a changé de couleur ou contient un précipité, et au plus tard à la date de péremption.

Soigner l’urticaire cholinergique aigue sans signe de gravité

Le traitement de l’urticaire non compliquée requiert généralement des antihistaminiques (traitement de l’allergie).

Certains d’entre eux provoquent une somnolence et nécessitent des précautions, en particulier déviter la conduite automobile.

Exemples de médicaments de l’allergie :
Aerius ®
Atarax ®
Clarityne ®
Kestin ®
Polaramine ®
Primalan ®
Telfast ®
Tinset ®
Virlix ®
Xyzall ®
Zyrtec ®

Traitement de l’urticaire cholinergique chronique (cises depuis plus de 6 semaines)

Le traitement de l’urticaire chronique nécessite souvent un traitement de l’allergie par antihistaminiques au long cours, de plusieurs mois.

1/Recherche et éviction de la cause de l’urticaire cholinergique

Il est toujours recommandé de détecter et d’éviter le facteur déclencheur de l’urticaire

Eviter l’augmentation de la température centrale du corps (après un exercice physique ou bain chaud par exemple).

Un antihistaminique peut être proposée avant la pratique du sport.

Bêta-bloquants ?

 

2/Psychologie

L’urticaire chronique ayant souvent un substrat psychologique (stress… ) et un fort retentissement sur la qualité de vie (insomnie… ), une prise en charge psychologique peut être proposée (relaxation, thérapies cognitivo-comportementales… ).

3/ les médicaments contre l’urticaire cholinergique

3.1/ Anti histaminiques

Traitement de 1ère ligne

On privilégie l’utilisation d’anti-Histaminiques non anticholinergiques (dits de 2e génération), qui entraînent moins d’effets secondaires (somnolence, glaucome, troubles urinaires en cas d’hypertrophie de la prostate.

En cas de rémission complète et durable, un arrêt progressif du traitement est proposé, sinon, on utilise alors une association d’un anti-H1 non anticholinergique (dit de 2e génération) le matin et un anti-H1 anticholinergique (dit de 1re génération) sédatif le soir.

En l’absence d’amélioration avec les antihistaminiques à dose normale, le médecin peut choisir de passer à la

Seconde ligne thérapeutique

Le médecin peut décider de monter les doses des antihistaminiques jusqu’à 4 fois la dose normale pour voir si cela permet une rémission, sous controle médical et en l’absence de contre indication


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URTICAIRE VIRAL : l’urticaire virale

Urticaire viral

Urticaire viral (plus fréquent chez l'enfant)
Urticaire viral (plus fréquent chez l’enfant)

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Le mot urticaire provient du latin « urtica » qui signifie ortie.

Elle a generalement l’aspect de boutons monomorphes ressemblant à des piqûres d’ortie qui très souvent démangent (démangeaisons), fugaces et évolutifs.

Les causes de l’urticaire sont nombreuses et parmi celles ci l’urticaire virale est assez peu fréquente, sauf chez l’enfant

Urticaire viral de l’enfant

De nombreuses infections virales peuvent provoquer une urticaire aigue, notamment chez l’enfant. On les suspecte notamment en cas de fièvre, de rhinopharyngite…

Urticaire viral de l’adulte

Chez l’adulte, les virus les plus fréquemment en cause sont ceux de l’hépatite (exemple : triade de Caroli (urticaire, arthralgies, maux de tete) prémonitoire d’une hépatite B), mais l’hépatite donne plutot des aspects d’urticaires de type systémique ou d’une urticaire au froid par cryoglobulinemie. (voir ces types d’urticaire)

Traitement de l’urticaire viral

Recherche de la cause

Le médecin va chercher la cause de l’urticaire et notamment la cause virale, surtout si l’urticaire dure plus de 6 semaines, par des sérologies sanguines

Eviter les facteurs favorisant l’urticaire

Les facteurs aggravant l’urticaire doivent être évités :

aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs :

  • Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, oeufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
  • Charcuterie : viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie
    emballée, gibier
  • Blanc d’oeuf
  • Fromages : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère,
    cheddar
  • Légumes : epinards, tomate, choux, choucroute, concombre
  • Fruits :fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
  • Boissons alcoolisées : bière, vin
  • Chocolat et cacao

aspirine ou anti-inflammatoires non stéroïdiens

Certains antihypertenseurs :

Inhibiteurs de l’enzyme de conversion

pouvant engendrer des angioedemes et

bétabloquants

pouvant rendre difficile la prise en charge d’une anaphylaxie

Eviter la cortisone s’il n’y a pas de signes de gravité (anaphylaxie… )

Les corticoïdes par voie générale ne sont pas indiqués dans le traitement de l’urticaire car ils exposent à un risque de rebond à l’arret.

Soigner l’urticaire virale aigue (crise depuis moins de 6 semaines)

Le traitement de l’urticaire non compliquée requiert généralement des antihistaminiques (traitement de l’allergie).

Certains d’entre eux provoquent une somnolence et nécessitent des précautions, en particulier déviter la conduite automobile.

Exemples de médicaments de l’allergie :
Aerius ®
Atarax ®
Clarityne ®
Kestin ®
Polaramine ®
Primalan ®
Telfast ®
Tinset ®
Virlix ®
Xyzall ®
Zyrtec ®


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« Secrets de dermatologue » :

– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
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OEDEME DE QUINCKE : l’angio edeme de Quinck (quick)

Œdème de Quincke (angio-œdème) : symptômes, traitement, urgence

Il faut savoir reconnaître l’œdème de Quincke (souvent appelé à tort œdème de Quick), qui peut être une complication d’une poussée d’urticaire. Il s’agit de son extension à la muqueuse buccale et ORL, d’où un risque d’asphyxie par gonflement de ces muqueuses : une dysphonie (difficulté à parler) ou des troubles de la déglutition peuvent en effet précéder une détresse respiratoire.

L’urticaire profonde touche les zones où le tissu sous-cutané est lâche : région génitale, extrémités et surtout le visage (paupières et lèvres).

🚨 URGENCE — Toute crise qui se complique d’un gonflement de la lèvre, de la langue ou des paupières et/ou de picotements et démangeaisons de la gorge doit amener à consulter en urgence (appeler le 15 ou se rendre aux urgences) pour une injection de cortisone voire d’adrénaline.
Besoin de l’avis d’un spécialiste ? Délais de rdv trop longs ?
📅 Téléconsultation avec le dermatologue

Sommaire :
Symptômes |
Traitement d’urgence |
Facteurs déclenchants à éviter |
Relais par antihistaminiques |
Bilan et éviction de la cause |
Angio-œdème héréditaire |
Pages associées |
Questions fréquentes

Symptômes de l’œdème de Quincke

oedeme de Quinck
Gonflement des lèvres, voire des paupières, picotements dans la bouche… attention à l’œdème de Quincke
Oedeme de Quincke
Gonflement des lèvres : attention à l’angio-œdème ou œdème de Quincke !
Angioedeme
La langue peut gonfler dans l’œdème de Quincke, engendrant un risque d’asphyxie
Le risque majeur de l’angio-œdème : un gonflement des cordes vocales (vues ici en endoscopie), provoquant une asphyxie
Signe clinique Signification Urgence
Gonflement des lèvres ou des paupières Angio-œdème cutané superficiel 🟡 Consulter rapidement
Gonflement de la langue Extension à la cavité buccale — risque d’obstruction 🔴 Urgences immédiates
Picotements ou démangeaisons de la gorge Extension ORL — précède souvent la détresse respiratoire 🔴 Urgences immédiates — appeler le 15
Dysphonie (voix rauque, difficulté à parler) Œdème laryngé débutant 🔴 Urgences immédiates — appeler le 15
Troubles de la déglutition Extension pharyngée 🔴 Urgences immédiates — appeler le 15
Détresse respiratoire, stridor Œdème des cordes vocales — risque d’asphyxie 🔴🔴 SAMU — adrénaline en urgence
⚠️ Toute crise d’urticaire doit amener à consulter son médecin sans tarder — même sans signe d’extension ORL, pour évaluer le risque et adapter le traitement de fond.

Traitement de l’œdème de Quincke

La prise en charge de l’œdème de Quincke est une urgence hospitalière ou de clinique (service d’urgences).

Traitement Indications Voie
Cortisone intraveineuse Traitement de première intention — réduit l’inflammation et limite l’extension Perfusion IV — urgences
Adrénaline (épinéphrine) Signes inquiétants : dysphonie, stridor, détresse respiratoire, choc anaphylactique IM (cuisse) ou IV selon gravité
Antihistaminiques IV En complément de la corticothérapie pour réduire le prurit et l’urticaire associée IV ou IM

Facteurs déclenchants à éviter

Aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs

Catégorie Aliments à éviter
Poissons et crustacés Thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, œufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
Charcuterie et viandes Viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie emballée, gibier
Œuf Blanc d’œuf
Fromages Camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère, cheddar
Légumes Épinards, tomate, choux, choucroute, concombre
Fruits Fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
Boissons Bière, vin et boissons alcoolisées
Autres Chocolat et cacao

Médicaments déclenchants

Médicament Mécanisme Conduite à tenir
Aspirine et AINS Inhibition des prostaglandines → dégranulation mastocytaire Contre-indiqués en cas d’urticaire/angio-œdème — utiliser paracétamol
Inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) — ex. énalapril, ramipril Accumulation de bradykinine → angio-œdème sans urticaire Tout angio-œdème contre-indique la prise ultérieure d’IEC — signaler à tout médecin prescripteur
Bêtabloquants Bloquent l’action de l’adrénaline en cas d’anaphylaxie → rendent difficile la prise en charge À signaler au médecin urgentiste — peuvent nécessiter du glucagon IV

Relais par antihistaminiques

Lorsque le patient a dégonflé, les médecins prescrivent des antihistaminiques (traitement de l’allergie). Certains d’entre eux provoquent une somnolence et nécessitent des précautions, en particulier d’éviter la conduite automobile.

Exemples de médicaments de l’allergie :
Aerius®
Atarax®
Clarityne®
Kestin®
Polaramine®
Primalan®
Telfast®
Tinset®
Virlix®
Xyzall®
Zyrtec®

Recherche et éviction de la cause

Il est toujours recommandé de détecter et d’éviter le facteur déclencheur de l’angio-œdème. En l’absence d’urticaire associée, le bilan comprend :

💡 Dosage de l’inhibiteur de la C1 estérase — son déficit (ou plus rarement son augmentation en cas de trouble fonctionnel) est responsable de l’œdème angioneurotique héréditaire ou acquis.

Angio-œdème héréditaire (déficit en C1 inhibiteur)

Héréditaire Acquis
Fréquence Rare — transmission autosomique dominante, ~30 % de mutations spontanées Beaucoup plus rare
Début Habituellement durant l’enfance À tout âge
Déclencheurs Traumatisme, émotions, règles, œstrogènes, IEC Cancer, infection
Localisation Prédominance sur les extrémités + risque d’œdème laryngé + douleurs abdominales sévères Variable
Traitement de crise sévère Concentré d’inhibiteur de la C1 estérase IV (dérivé du sang) ; icatibant si déficit confirmé (non trouble fonctionnel) Selon la cause
Traitement des crises modérées Antifibrinolytiques (acide tranexamique)
Traitement préventif Si poussées fréquentes ou graves : stéroïde anabolisant (danazol) ou acide tranexamique

Bilan selon la présentation clinique

Présentation Bilan à réaliser
Angio-œdème facial localisé et inexpliqué (non médicamenteux) Bilan stomatologique et ORL à la recherche d’un foyer infectieux
Angio-œdème du visage récidivant chez l’enfant Tests cutanés à la recherche d’une allergie alimentaire vraie + éviction de l’aliment suspect 3 semaines → test de provocation orale → si positif : éviction définitive de l’aliment et de ceux contenant le même allergène

Pages associées

Démangeaisons et réactions cutanées
Calmer les démangeaisons
Eczéma atopique
Dr Ludovic Rousseau — dermatologue

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre urticaire et œdème de Quincke ?

L’urticaire classique atteint le derme superficiel : plaques rouges et gonflées qui démangent, disparaissant en moins de 24 heures. L’œdème de Quincke (angio-œdème) atteint le derme profond et l’hypoderme : gonflement ferme, peu prurigineux, prédominant sur les lèvres, paupières, langue et organes génitaux. Les deux peuvent coexister. Seul l’angio-œdème fait courir un risque d’asphyxie lorsqu’il touche les voies aériennes supérieures.

Les médicaments contre la tension peuvent-ils provoquer un œdème de Quincke ?

Oui. Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC — ex. ramipril, énalapril, périndopril) provoquent des angio-œdèmes par accumulation de bradykinine, souvent sans urticaire associée. Ces angio-œdèmes peuvent survenir des mois ou années après le début du traitement. Tout angio-œdème contre-indique définitivement la prise ultérieure d’IEC — les sartans (autre classe d’antihypertenseurs) sont généralement proposés en remplacement mais peuvent aussi, dans de rares cas, provoquer le même effet.

Faut-il avoir une seringue d’adrénaline à domicile après un œdème de Quincke ?

Cette décision appartient au médecin spécialiste (allergologue, dermatologue) selon la cause et la gravité de l’épisode. Un stylo auto-injecteur d’adrénaline (Anapen®, EpiPen®) est prescrit en cas de risque d’anaphylaxie avéré — allergie alimentaire grave, venin d’hyménoptères. Il est accompagné d’une formation du patient et de l’entourage à son utilisation.

L’œdème de Quincke héréditaire est-il différent de l’urticaire habituelle ?

Oui. L’angio-œdème héréditaire (déficit en C1 inhibiteur) est une maladie génétique rare, distincte de l’urticaire allergique. Il survient sans urticaire, ne répond pas aux antihistaminiques ni aux corticoïdes habituels, et nécessite des traitements spécifiques (concentré de C1 inhibiteur, icatibant, acide tranexamique). Son diagnostic repose sur le dosage du C1 inhibiteur et du complément C4.

Voir aussi :
Urticaire |
Antihistaminiques |
Calmer les démangeaisons |
Téléconsultation dermatologue

URTICAIRE CAUSES : quelle sont les causes de l’urticaire?

Causes de l’urticaire

Les causes de l’urticaire sont très nombreuses, on distingue les urticaires liées à des agents physiques (froid, pression du la peau… ), des médicaments, une allergie alimentaire, une infection, le contact de la peau avec une substance urticante ou allergisante…


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Urticaire physique

L’urticaire physique est lié à une action physique sur la peau engendrant une hyperréactivité de celle-ci (voir le mécanisme de l’urticaire)

  • Dermographisme

Le dermographisme est généralement caractérisé par l’apparition d’une urticaire sur une zone de la peau qui a ete légèrement traumatisée (tenue du volant sur les mains, grattage de la peau, meme le frottement minime d’un vetement parfois!). Ainsi, l’eruption peut prend la forme du tracé effectué par l’objet ou l’ongle sur la peau en cas de grattage.

dermographisme
Le dermographisme : on peut écrire ou dessiner sur la peau, provoquant une urticaire figurée
  • Urticaire retardée à la pression

Il s’agit d’une forme souvent sensible ou douloureuse qui apparait apres une pression forte et prolongée (épaules apres le port d’un sac à dos… ). L’urticaire retardee a la pression peut etre accompagnee d’autres signes : maux de tete, douleurs articulaires, malaises, fatigue,…

Urticaire retardé à la pression
Urticaire retardé à la pression
  • Urticaire vibratoire

Urticaire puis oedème après une stimulation vibratoire (rasoir, perceuse, sport sur terrain irrégulier… )

  • Urticaire cholinergique

Voir urticaire cholinergique

  • Urticaire de contact au froid

L’urticaire de contact au froid apparaît sur les zones de la peau ayant ete mises en contact avec le froid, que ce soit un objet froid, l’air froid, l’eau froide… ). Elle doit amener a consulter un medecin car elle peut etre associee a des anomalies sanguines (cryoglobulines, maladie des agglutinines froides, présence d’anticorps antinucleaires dans le sang… )

On prouve l’urticaire eu froid par un test au glaçon

Test au glaçon dans l'urticaire au froid
Test au glaçon dans l’urticaire au froid
  • Urticaire aquagénique (urticaire à l’eau)

L’urticaire aquagénique (urticaire a l’eau) apparait apres un contact avec l’eau (douche, bain ou meme eau de mer… ). Il est tres important de consulter en cas d’urticaire aquagenique car l’urticaire a l’eau peut se compliquer d’un choc anaphylactique.

Elle necessite donc imperativement la consultation d’un medecin.

On recommande generalement l’application de cremes hydratantes avant les bains voire l’ajout de bicarbonate de sodium dans l’eau du bain dans l’urticaire a l’eau.

  • Urticaire solaire (urticaire au soleil)

Urticaire solaire
Urticaire solaire

Voir l’article consacré à l’urticaire au soleil

Urticaire médicamenteuse

Allergie au médicament ou à un excipient

Quasiment tous les médicaments sont susceptibles d’etre impliques dans la crise d’urticaire (allergie au médicament). Les médicaments les plus incrimines dans l’urticaire sont les antibiotiques (penicilline… ) les produits de contraste iodés hyperosmolaires, les anesthésiques généraux, les antipyrétiques, les sérums, les vaccins et les antalgiques (aspirine… )

Parfois l’urticaire medicamenteuse n’est pas due a la molécule de medicament mais a un conservateur (sulfites) ou a un excipient.

Dans tous les cas une consultation chez un medecin est indispensable afin d’etre sur qu’une urticaire est liee a un medicament (ce qui permettra son eviction ulterieure) et d’obtenir un traitement adequat.

Le médecin se basera sur le délai de survenue de l’urticaire pour établir s’il s’agit d’une allergie immédiate vraie :

  • en faveur d’une hypersensibilité immédiate à IgE : rapidité de survenue de l’urticaire, dans les minutes qui suivent la prise du médicament, et association à d’autres manifestations d’anaphylaxie en plus de l’urticaire
  • dans une urticaire médicamenteuse sans allergie immédiate à IgE, délai de survenue plus long de quelques heures à 10 jours après la prise médicamenteuse

Aggravation de l’urticaire par un médicament

25 à 55 % des urticaires chroniques seraient aggravées, voire déclenchées, par l’aspirine ou les anti inflammatoires par un mécanisme pharmacologique non allergique.

Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (anti hypertenseurs) peuvent entraîner des angio­œdèmes de la face, sans lésion urticarienne.

Tout antécédent d’angio­œdème est une contre ­indication aux inhibiteurs de l’enzyme de conversion (anti hypertenseurs).

Urticaire alimentaire

Voir l’allergie alimentaire

Urticaire infectieuse

Urticaire virale

Voir urticaire viral

Parasites

De nombreuses infections parasitaires ont une phase d’invasion

dans les tissus cutanéomuqueux, provoquant une urticaire souvent associée à une éosinophilie sanguine.

  • En cas de voyage tropical, on recherche une infestation de type anguillulose, ankylostomiase, filariose, bilharziose…
  • Si la personne n’a pas quitté la Metropole, on recherche plutot une ascaridiose, une toxocarose (toxocara canis), une distomatose ou une trichinose.

Bactérie

Helicobacter pylori, bactérie infestant l’estomac et incriminée dans le déclenchement d’ulcère gastrique, pourrait jouer un role dans certains urticaires chroniques.

Un simple infection urinaire basse (cystite) peut aussi être à l’origine d’urticaire aigue

Urticaire de contact

  • Il s’agit d’une urticaire localisée à une zone de contact avec une substance, survenant rapidement après le contact. Les lésions d’urticaire peuvent rester localisées à la zone de contact, ou s’étendre à distance et se généraliser. Elles sont parfois associées à des manifestations d’anaphylaxie.

Ces urticaires sont regroupées en deux catégories, en

fonction de leur mécanisme :

Les urticaires de contact immunologiques :

Elles semblent plus fréquentes chez les atopiques car ces personnes ont une peau sèche et préalablement irritée qui facilite la pénétration des allergènes et sont souvent professionnelles : personnel

de santé, professions de l’agroalimentaire… par allergie (elles requièrent une sensibilisation préalable (1er contact avec l’allergène sans réaction urticarienne)) à

  • latex: concernerait 1 à 2% de la population / plutot atopiques, les professionnels de santé et les sujets multiopérés(spina bifida) / Gants, matériel médical, préservatif, bonnet de bain… /L’utilisation de gants en latex poudrés, souventd’amidon de maïs, augmente le risque car l’amidon favorise ladispersion aérienne des protéines allergisantes du latex / + possibilité d’allergie croisée avec kiwi, banane, avocat, mangue, fruit de la passion, châtaigne…
  • fruits et légumes
  • Poissons et crustacés
  • Produits capillaires : persulfate d’ammonium, para-phénylènediamine
  • Cosmétiques : hydrolysats de protéines de blé, amidon de blé, sésame,menthol, parabens, benzophénones…
  • Médicaments : chlorhexidine, polyvidone iodée (Betadine*), antibiotiques (pénicillines, céphalosporines, aminosides, etc.), lidocaïne…
  • Animaux : chats, rongeurs (souris, rats), asticots…
  • Viandes

    Les urticaires de contact non immunologiques

Elles peuvent se produire chez la plupart des sujets exposés, sans sensibilisation préalable car elles sont le fait de substances urticantes auxquelles la plupart des gens réagissent :

  • végétaux (orties),
  • animaux (fourmis, coraux, méduses, chenilles processionnaires, papillons exotiques… )
  • substances chimiques (formaldéhyde, acide sorbique,acide benzoïque, baume du Pérou, alcool, aldéhyde et acide cinnamique, benzaldéhyde, eugénol et géraniol).

En l’absence de cause d’urticaire chronique retrouvée (70% des cas)

On parle alors d’urticaire chronique spontanée

L’urticaire chronique est une urticaire durant depuis plus de 6 semaines.

Le médecin effectue alors des recherches (examen clinique, bilans sanguins… ) à la recherche d’une cause mais n’en trouve pas dans 70 à 80% des cas.

Il traite son patient par antihistaminiques dont il peut augmenter les doses mais cela peut ne pas aboutir à une rémission

En cas de résistance aux anti histaminiques à forte dose (traitement de seconde ligne) et n’ayant pas trouvé de cause traitable à l’urticaire, le médecin diagnostiquera alors peut être cette urticaire sous l’item « urticaire chronique spontanée » et il peut demander l’avis d’un confrère hospitalier. Ce dernier pourra s’il ne juge utile prescrire des piqures contre l’urticaire en plus des anti histaminiques


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URTICAIRE SOLAIRE : l’urticaire au soleil

Urticaire solaire

L’urticaire solaire provoque une éruption de boutons gonflés rosés qui démangent (urticaire) dès les premières minutes (dans la demi heure) qui suit une exposition au soleil, contrairement à la lucite qui survient généralement dans les 12 à 78 heures après le soleil


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Urticaire au soleil
Urticaire au soleil

L’urticaire est donc une allergie de la peau : l’aspect gonflé des papules d’urticaire (enflures de la peau) est due à une dilatation aiguë des vaisseaux de la peau, secondaire à la libération d’histamine par les mastocytes.

Causes

La cause de l’urticaire au soleil est mal connue.

Elle touche 3 femmes pour un homme avec un pic entre 30 et 50 ans
On note parfois des antécédents d’eczema atopique personnel ou dans la famille, voire de lupus, lucite… certains médicaments dont les cyclines, antibiotiques utilisés dans l’acné, peuvent avoir été pris avant l’éruption

Symptomes

L’éruption débute dans les 30 minutes qui suivent l’exposition au soleil. Elle dure entre 1 heure et une journée.

Boutons d’urticaire

Le mot urticaire provient du latin « urtica » qui signifie ortie.

L’urticaire a generalement l’aspect de boutons monomorphes ressemblant à des piqûres d’ortie qui très souvent démangent (démangeaisons), fugaces et évolutifs.

Monomorphes, l’urticaire a pour lésion élémentaire une papule oedémateuse (gonflée) rouge ou rosée (comme des piqures d’orties), isolée ou confluant en des plaques bien délimitées.

Démangeaisons : l’urticaire démange constamment sauf en cas d’urticaire systémique ou profonde, parfois féroce. L’urticaire donne donc des plaques qui grattent.

Fugaces, les lésions d’urticaire persistent quelques minutes ou quelques heures avant de disparaître sans laisser de traces.

Sur une zone exposée au soleil

L’urticaire solaire apparaît le plus souvent quelques minutes apres une exposition au soleil, notamment sur les zones qui etaient protegees du soleil et ont ete recemment exposees.

Urticaire sur une zone exposée au soleil

Il peut s’étendre ensuite sur les zones couvertes

 

L’urticaire au soleil est habituellement suivie d’une période réfractaire de 24 à 48 h succédant à une poussée d’urticaire solaire au cours de laquelle une nouvelle exposition ne déclenche pas de lésion

Le diagnostic de l’urticaire au soleil passe le plus souvent par la réalisation de phototests.

Formes atypiques

L’éruption urticariforme typique peut manquer et on peut observer des formes tronquées d’urticaire solaire telles que :

  • Simple rougeur qui démange dans les 30 minutes après exposition solaire
  • Eruption localisée sur quelques zones exposées seulement (« fixed solar urticaria »)
  • Importance des manifestations générales associées : maux de tête, malaise, palpitations (risque de choc anaphylactique)…

Soigner l’urticaire solaire

Le traitement de l’urticaire solaire est souvent difficile et requiert notamment une

  • protection solaire stricte par vetements, recherche de l’ombre et écrans solaires chimiques à large spectre + gélules solaires
  • l’utilisation d’antihistaminiques à forte dose et de plusieurs types avant les expositions
  • une UVA-thérapie et/ou UVB TL01
  • Voire des Gamma globulines IV, de la Ciclosporine, une Plasmaphérèse…

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PHOTOSENSIBILISANT : produits photosensibilisants de contact avec la peau

Photosensibilisants de contact

Allergie solaire à un médicament
Allergie solaire à un photosensibilisant

Un produit photosensibilisant rend la peau plus sensible au soleil, provoquant sur la peau exposée au soleil des rougeurs, boutons, démangeaisons… : l’éruption apparaît après les expositions solaires et les boutons tendent à disparaître en hiver.

On distingue les photosensibilisants internes et externes :

– Le photosensibilisant interne est pris par exemple par voie orale. Il rend donc toute la peau sensible au soleil : les boutons siègent électivement sur les zones exposées au soleil, et sont souvent délimités par les vêtements. Ainsi, habituellement, seuls le visage, le décolleté, la nuque, le dos des mains et les avant-bras sont atteints, sauf en cas d’exposition à la plage par exemple. Les plus fréquents sont des médicaments photosensibilisants

– Le photosensibilisant de contact externe provoque une éruption là où il est appliqué et si cette zone est exposée au soleil. Ainsi, une photosensibilisation à une crème de jour va se manifester uniquement par des lésions du visage, une photosensibilisation à une crème anti-inflammatoire va entraîner des boutons au niveau de l’articulation traitée puis exposée au soleil, etc.

Médicaments topiques (cremes…)

Aminolévulinate de méthyle (Metvixia®)
Chlortétracycline (Auréomycine®)
Diclofénac (Solaraze®)
Diphénhydramine (Butix®)
Fluorouracil (Efudix®)
Kétoprofène (Kétum®)
Peroxyde de benzole (Cutacnyl®)
Piroxicam (Geldène®)
Prométhazine (Phénergan®)
Sulfadiazine (Flammazine®)

Antiseptiques

Bithionol (savons)
Fentichlor (antifongique)
Triclocarban (Solubacter®)
Triclosan (déodorants)

Cosmétiques

Acide para-aminobenzoïque, cinnamates, octocrylène, benzophénones, dibenzoylméthane, benzylidène camphre (filtres solaires)
Baume du Pérou
Eosine
Essence de bergamote
Mousse du chêne, 6-métylcoumarine (parfums)
Paraphénylènediamine (teintures capillaires)

Végétaux

Furocoumarines (angélique, céleri, citron, figue, panais, persil)
Lactones sesquiterpéniques (artichaut, chrysanthème, dahlia, frullania, laitue, lichens, pissenlit)

Crèmes solaires

En cas d’allergie à la creme solaire

  • Eusolex 232 (acide phénylbenzimidazole sulfonique)
  • Eusolex 6300 3 (4-méthylbenzidylène camphre),
  • Parsol MCX (octylméthoxycinnamate),
  • Eusolex 4360 (oxybenzone),
  • Parsol 1789 (butylméthoxydibenzoylméthane),

la photosensibilisation peut mimer une photosensibilisation interne si la creme a été mise sur toutes les zones photoexposées

 

PIQURES CONTRE L’URTICAIRE : des piqûres pour soigner l’urticaire Xolair *

Piqures contre l’urticaire chronique spontanée : Xolair *

Qu’est ce que l’urticaire chronique spontanée?

L’urticaire est une réaction cutanée provoquant des plaques qui démangent sur la peau, ressemblant à des piqures d’orties


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L’urticaire chronique est une urticaire durant depuis plus de 6 semaines.

Le médecin effectue alors des recherches (examen clinique, bilans sanguins… ) à la recherche d’une cause mais n’en trouve pas dans 70 à 80% des cas.

Il traite son patient par antihistaminiques dont il peut augmenter les doses mais cela peut ne pas aboutir à une rémission

En cas de résistance aux anti histaminiques à forte dose (traitement de seconde ligne) et n’ayant pas trouvé de cause traitable à l’urticaire, le médecin diagnostiquera alors peut être cette urticaire sous l’item « urticaire chronique spontanée » et il peut demander l’avis d’un confrère hospitalier. Ce dernier pourra s’il ne juge utile prescrire des piqures en plus des anti histaminiques

Le traitement par piqures, Xolair *

Il s’agit d’une biothérapie composée d’anticorps se fixant aux IgE (d’autres anticorps, jouant un role dans la libération d’histamine par les mastocytes, elle même en grande partie responsable des symptomes de l’urticaire)

Elle est de prescription hospitalière

Son indication est :

en traitement additionnel des antihistaminiques, dans le traitement de l’urticaire chronique spontanée chez les adultes et adolescents (à partir de 12 ans) présentant une réponse insuffisante aux traitements antihistaminiques

Posologie :

Deux injections de 150mg en sous cutané (une dans chaque épaule, au dessus du muscle deltoide) toutes les 4 semaines

Contre indications

Allergie au produit ou à ses excipients

Prudence chez les patients

  • atteints de maladies auto-immunes ou à complexes immuns
  • présentant une insuffisance rénale ou hépatique

Effets secondaires

On peut citer parmi ceux ci :

  • Sinusites et infections ORL et respiratoires supérieures
  • Réactions au site d’injection
  • Maux de tête
  • Douleurs articulaires

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ALLERGIE ALIMENTAIRE : les allergies de peau aux aliments

Allergie alimentaire

Allergie de peau
Allergies de peau aux aliments

L’allergie est une réaction anormale de l’organisme à des substances de l’environnement, appelée allergènes

Presque 5% de la population pédiatrique et 2% de la population générale présente des allergies alimentaires

On note de plus en plus d’allergies alimentaires depuis quelques années, peut-être en raison

  • de l’internationalisation des aliments qui sont mangés sur toute la planète alors qu’ils étaient réservés à quelques pays il y a quelques décennies (kiwis, sésame…)
  • de l’alimentation à base d’aliments préparés par l’industrie agro alimentaire : contamination des alliments par des allergènes lors du stockage ou de la préparation des aliments / présence de conservateurs et de nombreux additifs / présence de nombreux ingrédients alors qu’une préparation à la maison utilise moins d’ingrédients

En fait la plupart des allergies alimentaires n’en sont pas! Il s’agit en fait de fausses allergies ou intolérances alimentaires

Symptomes

L’allergie alimentaire peut s’exprimer sur la peau, mais aussi dans le tube digestif, les voies respiratoires…

Allergie de peau

Le symptome le plus fréquent est l’urticaire alimentaire, mais aussi l’oedeme de Quincke. Parfois on note l’exacerbation d’une dermatite atopique

Allergie du tube digestif

L’allergie alimentaire prend alors la forme de nausées, de vomissements, de maux de ventre, de diarrhée, voire de constipation

Allergie respiratoire

On note une rhinite, des crises d’asthme…

Causes

Dans le cas de l’allergie alimentaire, l’allergène peut être transmis

  • le plus fréquemment en l’ingérant+++
  • en l’inspirant (par exemple, allergie aux crevettes, la fumée de cuisson des crevettes peut déclencher une toux, rhinite, asthme…)
  • par contact cutané avec l’aliment ou un objet souillé par l’aliment

Allergie alimentaire de l’enfant

Les allergènes les plus fréquents sont

  • le lait de vache (10% des cas)
  • oeuf 10% des cas
  • kiwi 10% des cas
  • arachide (8%)
  • poisson (8%)
  • fruits à coque : noisette++ (8%)
  • crevettes…

Allergie alimentaire de l’adulte

On regroupe généralement les allergènes en 5 groupes :

  • groupe « latex » (14% des cas) : avocat, kiwi, banane, châtaigne
  • groupe « rosacées » (13% des cas) :abricot, pêche, framboise, cerise, pomme, poire, prune..
  • groupe « noix » (10% des cas) :amande, noisette, noix, noix de pécan et de cajou, pignon, pistache…
  • groupe « ombellifères » (10% des cas) :aneth, carotte, céleri, coriandre, fenouil, anis, persil…
  • Blanc d’oeuf et arachide, sésame, lupin, lait de brebis…

Allergies croisées

Entre aliment et autre allergène

Lorsqu’on est allergique à un aliment, on peut être allergique à des substances non alimentaires (pollens…) : on peut être allergique au pollen de bouleau et faire une allergie alimentaire à la pomme, car els deux ont en commun une molécule (la profiline)

Entre aliments

D’une même famille

En cas d’allergie à

  • Cacahuete, on peut être allergique aux aliments de la même famille : pois, soja, fèves, haricots, lentilles, lupin, pois chiche
  • Ail, on peut être allergique aux aliments de la même famille :oignon, ciboulette, poireau, asperge…
  • Tomate, on peut être allergique aux aliments de la même famille : pomme de terre, poivron, piments, paprika,  aubergine…
  • Orange, on peut être allergique aux aliments de la même famille :agrumes
  • Moutarde, on peut être allergique aux aliments de la même famille : choux, radis, navet, raifort, colza, rutabaga…
  • Noix, on peut être allergique aux aliments de la même famille : noisettes, noix du brésil, de cajou…
  • Blé, on peut être allergique aux aliments de la même famille : orge, seigle…
  • Crevettes, on peut être allergique aux aliments de la même famille : crabe, homard…
De familles différentes

Les allergies croisées entre aliments de familles différentes sont fréquentes. En cas d’allergie :

  • au lait de vache, on peut être allergique à la viande de boeuf, au lait de chèvre, de brebis…
  • au pollen (bouleau, ambroisie…), on peut être allergique à des fruits et légumes (pomme, pêche, melon…)
  • à la pêche, on peut être allergique aux autres rosacées : abricot, framboise, cerise, pomme, poire, prune..
  • au latex : on peut être allergique à des fruits : kiwi, banane, avocat…

Allergies alimentaires sur la peau

La réaction alimentaire la plus fréquente est :

L’urticaire alimentaire (urticaire à un aliment).

Le diagnostic d’urticaire alimentaire peut etre difficile et necessite donc une consultation medicale.

Il existe en effet de nombreux cas de figure:

Après un aliment dont on n’a pas l’habitude

Elle peut survenir notamment lors de l’ingestion d’aliments dont on n’a pas l’habitude (dîner au restaurant chinois… )

Il suffit alors d’éviter l’aliment en cause et de traiter par antihistaminiques

Urticaire alimentaire à un aliment courant

Plus rarement, l’urticaire peut être liée à une véritable allergie alimentaire, souvent chez des personnes atopiques.
L’urticaire alimentaire est alors parfois précédée par des démangeaisons ou des picotements voire un gonflement des lèvres et de la muqueuse dans la bouche rapidement après la prise alimentaire et elle peut être associée
à des douleurs digestives. Les aliments habituellement responsables d’allergie alimentaire sont les poissons et les crustacés, l’arachide, le soja, les céréales, l’oeuf, le lait de vache, des fruits exotiques…

Le médecin pourra recourrir à des prick tests prudents ou une prise de sang à la recherche d’IgE spécifiques de certains aliments

Le traitement passe par l’éviction de l’aliment ou du groupe d’aliments en cause et les antihistaminiques

Anaphylaxie alimentaire d’effort

L’anaphylaxie alimentaire à l’effort est une rareté mais elle peut être grave. Il s’agit d’une réaction anaphylactique déclenchée par un effort prolongée comme la course à pied et induite par un aliment consommé 2 à 5 heures avant (céréales, fruits, arachide… ).
L’effort sans prise alimentaire, ou la prise alimentaire sans effort
n’entraînent habituellement aucun probleme

Fausses allergies alimentaire

Cependant, la fausse allergie alimentaire par surconsommation d’aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs est la cause la plus fréquente d’urticaire alimentaire : poissons, les crustacés, la charcuterie,
les fromages fermentés, les boissons alcoolisées, le chocolat,
des fruits et légumes

L’éviction des aliments riches en amines biogènes est recommandée :

  • Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, oeufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
  • Charcuterie : viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie
    emballée, gibier
  • Blanc d’oeuf
  • Fromages : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère,
    cheddar
  • Légumes : epinards, tomate, choux, choucroute, concombre
  • Fruits :fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
  • Boissons alcoolisées : bière, vin
  • Chocolat et cacao

Un cas particulier :

Scombrotoxisme

Il s’agit d’une réaction d’anaphylaxie avec hypotension artérielle après ingestion de poisson « à chair bleue » : thon, bonite, maquereau et sardine, anchois, marlin… avec rupture de la chaine du froid (tout poisson ayant un goût métallique, poivré ou piquant est à éviter). d’où

  • la présence de bactéries (Achromobacter histamineum, Proteus morganii, Proteus vulgaris) dans le tube digestif de l’animal
  • un taux élevé d’histamine dans la chair du poisson

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une urticaire ni d’une allergie alimentaire vraie (le poisson sans rupture de la chaine du froid peut être mangé à nouveau), mais plutot d’une réaction d’anaphylaxie avec maux de tete, hypotension…

Suspicion d’allergie alimentaire, que faire?

Consulter un médecin

Il faut consulter un médecin qui par le biais de l’interrogatoire otamment pourra souvent distinguer une vraie allergie d’une fausse allergie alimentaire

Besoin de l’avis d’un spécialiste ? d’un traitement ? Délais de rdv trop longs ? Vous pouvez effectuer une téléconsultation avec le dermatologue

Il pourra demander des tests sanguins, voire réaliser de façon prudente des tests épicutanés appelés prick tests: il s’agit de piqures dans l’avant bras après y avoir disposé des gouttes de différents allergenes afin de les faire pénétrer dans la couche superficielle de la peau et déclencher une papule urticarienne en cas d’allergie

prick tests
Piqures dans l’avant bras en cas d’urticaire : prick tests

Le plus souvent en milieu hospitalier, il peut aussi faire des tests de provocation labiale ou orale avec l’aliment.

Eviter l’allergène

Le médecin prescrit un régime d’éviction de l’allergène et de sa famille et allergènes croisés. A l’école, on peut mettre en place un Projet d’Accueil Individualisé.

Il faut souvent guêter les emballages à la recherche des allergènes…

Avoir un traitement « au cas où »

Le médecin prescrit des antihistaminiques, voire de l’adrénaline en cas de risque d’anaphylaxie alimentaire :

1/ Prendre immédiatement dès le début de la réaction allergique (notamment démangeaisons, urticaire) 2 comprimés d’antihistaminique type desloratadine (Aerius*)

et

tenir prête la seringue d’adrénaline en autoinjecteur

2/ En cas de symptômes allergiques sévères (ceux­ ci surviennent en règle générale en l’espace de quelques minutes à 1 heure et se manifestent par une forte gêne respiratoire, des troubles digestifs, une transpiration abondante, des vertiges, une sensation de faiblesse, un serrement dans la poitrine, plus rarement une perte de connaissance), appliquer sur la cuisse la seringue d’adrénaline prête à l’emploi et faire une injection d’adrénaline en face antérolatérale de la cuisse, rester allongé les jambes surélevées jusqu’à l’arrivée du médecin (appeler un médecin dès que possible ou appeler le 15).

3/ Si vous vous trouvez dans un endroit isolé, prendre par précaution un corticoïde (1 mg/kg équivalent Prednisolone : si poids 60kgs, prendre 3 cp de Solupred* 20 orodispersible). Ce médicament n’agit qu’après 2 heures environ, mais il protège d’une récidive durant 24 heures.

NB : conditions de conservation de l’adrénaline en seringue auto injectable :

Ne pas mettre au réfrigérateur. Ne pas congeler.

Vérifier périodiquement que l’aspect de la solution est toujours limpide et incolore dans la fenêtre de contrôle du stylo. Jeter ou remplacer l’auto­injecteur si la solution a changé de couleur ou contient un précipité, et au plus tard à la date de péremption.

ALLERGIE A UN MEDICAMENT : les allergies de peau aux médicaments

Allergies de la peau aux médicaments

Les réactions cutanées au médicaments sont encore appelées toxidermies.

Allergie médicamenteuse
Allergie médicamenteuse

Deux types d’allergies aux médicaments

Ces réactions font le plus souvent intervenir les réactions allergiques classiques de la peau :

  • L’allergie immédiate

(type I de la classification de Gell et Combs, à médiation immunologique par anticorps) est une réaction survenant dans les premières minutes à premières heures qui suivent le contact avec le médicament (pénicilline, anesthésiques… ); la principale allergie immédiate est l’urticaire médicamenteuse (et sa composante profonde, l’angio oedeme ou oedeme de Quincke, voire l’anaphylaxie).

  • L’allergie retardée

(type IV de la classification de Gell et combs, à médiation immunitaire cellulaire) est une allergie qui survient un ou plusieurs jours après le contact avec le médicament (la premiere eruption prend souvent deux semaines apres le premier contact avec le médicament, alors que les éruptions suivantes, lors des réintroductions, prennent le plus souvent 48h).

C’est la réaction médicamenteuse la plus fréquente, provoquant des éruptions à type de

  • rougeurs plus ou moins gonflées (90 % des cas)

Rougeurs ou plaques rouges ébutant souvent aux coudes, aux genoux et au tronc, et s’étendant progressivement en quelques jours. On peut observer une fièvre et des démangeaisons.

Ils régressent souvent spontanément en une semaine.
Les médicaments le plus souvent en cause dans ces eruptions d’origine médicamenteuse sont les

  • antibiotiques (aminopénicillines = 1ère cause d’accidents allergiques médicamenteux, soit environ 1/3 des réactions allergiques médicamenteuses, sulfamides antibactériens, céphalosporines, antituberculeux),
  • les antiepileptiques (carbamazépine, barbituriques),
  • l’allopurinol (produit contre la goutte),
  • les produits de contraste iodés utilisés lors des examens d’imagerie médicale,
  • le captopril (anti hypertenseur)
  • et les anti inflammatoires non stéroïdiens et l’aspirine (5% des consultations pour allergie médicamenteuse).
  • les éruptions lichénoïdes

se présentent sous forme de petites plaques violines, comme dans le lichen plan

  • l’érythème pigmenté fixe,

une rougeur récurrente de quelques centimetres, apparaissant le plus souvent quelques heures apres la prise du médicament, génitale ou cutanée, qui brule ou démange et qui finit par guérir en laissant une tache pigmentee.

Les principaux médicaments en cause sont les analgésiques pyrazolés, les barbituriques, les sulfamides, les cyclines et la carbamazépine.

voir l’article sur l’erytheme pigmenté fixe

  • syndrome de Stevens-Johnson

  • le syndrome de Lyell.

Autres réactions de la peau aux medicaments

D‘autres mécanismes de réactions cutanées aux médicaments sont possibles, ce sont des mécanismes non immunologiques sur lesquels nous ne nous attarderons pas car il ne s’agit pas là de véritables « allergies de peau » aux médicaments :

thesaurismoses ou accumulation de médicaments tels que l’argyrie,

les pigmentations aux cyclines ou aux antipaludéens,

la perte de cheveux due aux médicaments,

l’acné aux médicaments

Certaines allergies aux médicaments nécessitent le soleil

Voir l’article consacré à l’allergie solaire

Que faire quand on suspecte un médicament de déclencher une éruption de la peau?

Lors d’une éruption cutanée dans laquelle un médicament est suspecté, le médecin tente d’évaluer la reponsabilité potentielle du médicament, encore appelée imputabilité

Il dispose de tests aux médicaments plus ou moins dangereux :

– sans danger : prise de sang

lors de réactions de type immédiat, à la recherche d’anticorps spécifiques

– plus dangereux : tests de mise en contact

avec le médicament (tests épicutanés, intradermoréactions et prick-tests) ou de reprise du médicament (le plus souvent en milieu hospitalier car on craint des reactions plus graves qu’initialement.

Traitement de l’allergie au médicament

Il passe par l’éviction du médicament en cause, l’application de cremes a la cortisone et la prise d’antihistaminiques

ECZEMA ALLERGIQUE DE CONTACT : l’exema ou dermite allergique de contact

Eczéma allergique de contact : causes, allergènes, patch tests et traitements

L’eczéma allergique de contact est une réaction inflammatoire cutanée à médiation immunitaire cellulaire, déclenchée par le contact répété avec une substance devenue allergène pour l’organisme.
Contrairement à l’eczéma atopique lié à un terrain génétique, l’eczéma de contact est une allergie acquise : on peut devenir allergique à une substance que l’on utilisait sans problème depuis des années.
Il s’agit d’une allergie retardée (type IV de la classification de Gell et Coombs), survenant 24 à 72 heures après le contact avec l’allergène — ce délai est une caractéristique clé qui aide au diagnostic.
L’identification précise de l’allergène responsable, grâce aux patch tests (tests épicutanés), est indispensable : sans éviction de la substance en cause, aucun traitement ne permet la guérison durable.

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Mécanisme de l’eczéma de contact : pourquoi devient-on allergique ?

L’eczéma de contact se développe en deux phases distinctes :

Phase de sensibilisation (silencieuse) :
Lors d’un premier contact avec la substance, les cellules de Langerhans épidermiques captent la molécule (souvent trop petite pour être immunogène seule : on parle alors d’haptène), la transportent vers les ganglions lymphatiques drainants et la présentent aux lymphocytes T.
Ces lymphocytes T spécifiques se multiplient et restent en mémoire immunologique : c’est la sensibilisation. Elle est silencieuse — aucune lésion cutanée n’apparaît à ce stade.
Cette phase peut durer de quelques semaines à plusieurs années.

Phase de révélation (éruption) :
Lors d’un nouveau contact avec la même substance, les lymphocytes T mémoires sont activés rapidement, libèrent des cytokines pro-inflammatoires (IFN-γ, TNF-α, IL-1β) et déclenchent la cascade inflammatoire cutanée caractéristique de l’eczéma.
L’éruption apparaît 24 à 72 heures après le contact, parfois jusqu’à 7 jours plus tard pour certains allergènes.

Pourquoi devient-on allergique ?
La cause de la sensibilisation initiale reste souvent inconnue. Certains facteurs favorisants sont identifiés :
– altération préexistante de la barrière cutanée (eczéma atopique, dermite irritative chronique),
– exposition prolongée ou répétée à la substance (exposition professionnelle),
– application sur peau lésée ou en occlusion (pansement, gant),
– facteurs génétiques de susceptibilité immunologique.

Les principaux allergènes responsables d’eczéma de contact

De nombreuses substances peuvent devenir des allergènes. Les plus fréquemment en cause sont :

Nickel :
L’allergène de contact le plus fréquent en Europe, touchant principalement les femmes. Présent dans les bijoux (boucles d’oreilles, bracelets, montres), les fermetures éclair, les boutons de jean, certains appareils électroniques. Voir l’article sur l’allergie au nickel.

Paraphénylènediamine (PPD) :
Présente dans les teintures capillaires oxydatives et les tatouages temporaires au henné noir. L’allergie au PPD peut provoquer des réactions sévères, parfois œdémateuses et bulleuses. La sensibilisation lors d’un tatouage au henné noir expose à des réactions graves lors de toute teinture capillaire ultérieure.

Parfums :
Les mélanges de parfums (Fragrance Mix I et II) et le baume du Pérou constituent les allergènes parfumés les plus testés. L’allergie aux parfums oblige à éviter tous les produits parfumés (cosmétiques, produits ménagers, certains aliments : agrumes, vanille, clous de girofle, curry).

Baume du Pérou (Myroxylon pereirae) :
Substance extraite d’un arbre d’Amérique du Sud, présente dans certains produits d’entretien, cosmétiques et médicaments. En cas d’allergie, des réactions croisées sont fréquentes avec les agrumes (pelures d’orange, citron), la vanille, les clous de girofle, le curry — provoquant une dyshidrose des mains lors de leur consommation orale.

Caoutchouc (Thiuram Mix, Carba Mix, MBT) :
Les accélérateurs de vulcanisation du caoutchouc (thiurams, carbamates, mercaptobenzothiazole) sont responsables d’eczéma aux gants en latex, chaussures, élastiques et préservatifs.

Chrome (ciment, cuir) :
Le dichromate de potassium est l’allergène principal de la « gale du ciment », touchant les professionnels du bâtiment. Présent également dans le cuir tanné.

Lanoline :
Graisse de laine de mouton présente dans de nombreuses crèmes cosmétiques et pharmaceutiques (crèmes pour bébé, crèmes hydratantes, crèmes pour mamelons allaitants). Allergie à évoquer devant un eczéma aux produits de soin.

Résines époxy :
Utilisées dans les peintures, vernis, colles bi-composants et plastiques. Allergie professionnelle fréquente chez les peintres, carrossiers et électriciens.

Conservateurs cosmétiques :
Isothiazolinones (méthylisothiazolinone, méthylchloroisothiazolinone) : conservateurs très allergisants, présents dans les cosmétiques rince-off (shampooings, gels douche), les peintures et les lingettes humides. Allergie en forte augmentation depuis 2010.
Parabens : conservateurs présents dans de nombreux produits de beauté et pharmaceutiques. Allergie moins fréquente que les isothiazolinones.
Formaldéhyde et libérateurs de formaldéhyde (DMDM hydantoïne, quaternium-15) : conservateurs allergisants, présents dans certains cosmétiques et produits d’entretien.

Plantes et extraits végétaux :
Lactones sesquiterpéniques (Compositae Mix) dans les plantes ornementales (chrysanthèmes, arnica, calendula). À évoquer devant un eczéma des mains chez les jardiniers.

Pansements et sparadraps :
Voir l’article sur l’allergie aux pansements. Allergènes en cause : résines acryliques des adhésifs, conservateurs.

Médicaments topiques :
Néomycine (antibiotique topique), budesonide, tixocortol-21-pivalate (marqueurs d’allergie aux corticoïdes), benzocaïne (anesthésiques locaux), antihistaminiques topiques.

Eczéma de contact photoallergique

Une forme particulière d’eczéma de contact implique l’activation de l’allergène par les rayonnements UV : c’est l’eczéma de contact photoallergique.
Les photoallergènes les plus fréquents sont les filtres UV des crèmes solaires (benzophénone-3, octocrylène), certains médicaments topiques (kétoprofène) et les parfums.
Les lésions sont limitées aux zones exposées au soleil et respectent les zones couvertes.
Voir l’article sur l’allergie au soleil.

Diagnostic : les patch tests (tests épicutanés)

Le diagnostic étiologique de l’eczéma de contact repose sur les patch tests (tests allergologiques épicutanés), réalisés par le dermatologue.

Principe :
Des sparadraps contenant des petites quantités standardisées d’allergènes sont appliqués dans le dos du patient. Les tests sont retirés à 48 heures et les résultats sont lus à 48 heures puis à 72 à 96 heures.
Certains allergènes (corticoïdes, néomycine) peuvent donner des positivations tardives jusqu’à 7 jours après la pose : une relecture tardive est nécessaire en cas de suspicion clinique forte et de test initialement négatif.

Patch tests pour le diagnostic de l'eczéma de contact
Patch tests : application dans le dos des sparadraps contenant les allergènes

Lecture des résultats :
– Réaction négative : pas d’eczéma,
– réaction douteuse (+/-) : érythème sans infiltration,
– réaction positive faible (+) : érythème et papules,
– réaction positive modérée (++) : érythème, papules et vésicules,
– réaction positive forte (+++) : vésicules confluentes et bulles.

Photo-patch tests :
Pour suspecter une photoallergie, on irradie avec des UV la zone des tests après 24 à 48 heures d’application. Une réaction sur la zone irradiée uniquement confirme la photoallergie.

Quand réaliser les patch tests ?
Les tests doivent être réalisés à distance de la poussée (au moins 4 semaines après la résolution des lésions) et en dehors de tout traitement immunosuppresseur systémique ou dermocorticoïde en application dans le dos.

Formes cliniques selon la localisation

La localisation des lésions oriente souvent vers les allergènes en cause :

Cuir chevelu et oreilles :
Produits capillaires (teintures, permanentes, shampooings), parfums. Voir l’eczéma du cuir chevelu et l’eczéma des oreilles. Pour les oreilles, évoquer l’allergie aux boucles d’oreilles (nickel) et les prothèses auditives.

Visage :
Cosmétiques, crèmes, masques, parfums, allergènes aéroportés (plantes, colles), photoallergènes. Voir l’eczéma du visage, l’eczéma des paupières (collyres, vernis à ongles par transfert) et l’eczéma des lèvres (lipstick, dentifrice, instruments de musique).

Cou :
Parfums, produits capillaires, nickel (bijoux), textiles, allergènes aéroportés. Voir l’eczéma du cou.

Mains :
Allergènes professionnels (caoutchouc des gants, ciment, résines, désinfectants, métaux), cosmétiques, vernis à ongles et ongles artificiels. Voir l’eczéma des mains. Peut se présenter sous forme de dyshidrose (vésicules des paumes et bords des doigts).

Tronc :
Textiles (élastiques, teintures), déodorants (isothiazolinones), bijoux (nickel des fermetures). Voir l’eczéma du ventre et l’eczéma des aisselles.

Organes génitaux :
Caoutchouc (préservatifs, sous-vêtements élastiques), antifongiques et médicaments topiques, conservateurs des crèmes. Voir l’eczéma génital et l’eczéma anal.

Jambes et pieds :
Médicaments topiques des ulcères de jambe (néomycine, lanoline, antiseptiques), caoutchouc des chaussures. Voir l’eczéma allergique de jambe, l’eczéma variqueux et l’eczéma des pieds.

Traitement de l’eczéma de contact

Étape indispensable : l’éviction de l’allergène

L’éviction de la substance allergisante est le seul traitement curatif de l’eczéma de contact.
Sans éviction, les traitements symptomatiques soulagent mais ne guérissent pas : l’eczéma récidive à chaque nouveau contact.
Selon l’allergène identifié, l’éviction peut nécessiter :
– un changement de produits cosmétiques et d’hygiène,
– le port de gants de protection (nitrile plutôt que latex en cas d’allergie au caoutchouc),
– un changement de bijoux (bijoux en or 18 carats, titane ou acier chirurgical pour l’allergie au nickel),
– un reclassement professionnel dans les cas sévères (eczéma professionnel au ciment, aux résines époxy).

Dermocorticoïdes

Les dermocorticoïdes sont le traitement anti-inflammatoire de référence de la poussée d’eczéma de contact. La puissance est choisie selon la zone et la sévérité :

Classe I (très puissants) : propionate de clobétasol (Dermoval®, Diprolène®) — pour les paumes, plantes, cuir chevelu.
Classe II (puissants) : bétaméthasone (Betneval®, Diprosone®), difluprednate (Nerisone®) — pour le tronc et les membres.
Classe III (modérément puissants) : désonide (Tridesonit®), prédnicarbate (Locapred®) — pour le visage et les plis.
Classe IV (faibles) : hydrocortisone 1 % (Hydracort®) — pour les nourrissons et les zones très sensibles.

Précautions d’emploi des dermocorticoïdes :
– Ne pas appliquer sur le visage sans avis médical,
– ne pas traiter de grandes surfaces cutanées,
– ne pas appliquer sous pansement occlusif (augmente l’absorption),
– ne pas prolonger sans réévaluation médicale.

Effets indésirables d’un usage prolongé :
atrophie cutanée, télangiectasies, vergetures, dermite péri-orale, aggravation d’une rosacée, infections secondaires.

Antihistaminiques oraux

Les antihistaminiques sont utiles pour réduire le prurit, notamment nocturne, mais n’agissent pas directement sur l’inflammation cellulaire de l’eczéma de contact (mécanisme non histaminique).

Antihistaminiques non sédatifs (préférés en journée) :
Cétirizine (Zyrtec®) : 10 mg/j — contre-indiqué en cas d’insuffisance rénale et chez l’enfant < 2 ans. Risque de somnolence résiduelle. – Loratadine (Clarityne®) : 10 mg/j — bonne tolérance, déconseillé pendant la grossesse et l’allaitement.
– Desloratadine (Aerius®), fexofénadine (Telfast®), ébastine (Kestin®), lévocétirizine (Xyzall®).

Antihistaminiques sédatifs (utiles la nuit pour le prurit intense) :
– Hydroxyzine (Atarax®) : sédatif, utilisé en cure courte pour les poussées très prurigineuses.
– Dexchlorphéniramine (Polaramine®), méquitazine (Primalan®).

Soins locaux et mesures de soulagement sans ordonnance

En attendant la consultation médicale, en cas de poussée d’eczéma de contact déjà diagnostiqué :

Calmer les démangeaisons :
– Bains tièdes courts avec huile de bain apaisante (Avène Trixera®, Mustela Stelatopia®, Lipikar La Roche-Posay®),
– application d’une crème hydratante émolliente sur les zones non suintantes,
– talc officinal sur les zones suintantes pour absorber l’exsudat.

Crèmes à l’hydrocortisone 0,5 % (accès direct en pharmacie) :
Aphilan Démangeaisons®, Calmicort®, Cortapaisyl®, Cortisedermyl®, Dermofénac Démangeaisons®.
Ces produits sont en accès direct mais nécessitent une vigilance particulière :
– ne pas utiliser sans diagnostic médical préalable,
– ne pas appliquer sur le visage, les zones infectées, les plaies ni en cas d’acné ou de rosacée,
– demander conseil au pharmacien avant utilisation.

Eczéma de contact professionnel : une réalité médicale et sociale

L’eczéma de contact professionnel représente l’une des maladies professionnelles les plus fréquentes, principalement dans les métiers exposés aux allergènes cutanés : coiffeurs (PPD, persulfates), professionnels de santé (latex, antiseptiques, médicaments), travailleurs du bâtiment (ciment, résines époxy), métallurgistes (nickel, cobalt, chrome), personnels de nettoyage (isothiazolinones, désinfectants).

La reconnaissance en maladie professionnelle (tableaux 65 et 66 du régime général) ouvre droit à une prise en charge spécifique et, si nécessaire, à un reclassement professionnel.

Questions fréquentes sur l’eczéma de contact

Peut-on guérir définitivement d’un eczéma de contact ?

L’allergie de contact est en principe définitive : une fois sensibilisé à un allergène, on le reste toute sa vie. Cependant, l’éviction stricte et prolongée de l’allergène peut conduire à une tolérance relative permettant de supporter des expositions minimes. La guérison clinique complète est possible si l’éviction est totale et maintenue.

Peut-on être allergique à sa propre crème hydratante ?

Oui. Les crèmes hydratantes et émollientes contiennent de nombreux excipients potentiellement allergisants : conservateurs (isothiazolinones, parabens), parfums, lanoline, propylène glycol. En cas d’eczéma récidivant dans les zones d’application d’une crème, un patch test est indiqué pour identifier un éventuel allergène dans le produit.

Comment distinguer eczéma atopique et eczéma de contact ?

Les deux formes peuvent coexister (terrain atopique facilitant la sensibilisation de contact). Quelques éléments d’orientation : l’eczéma atopique débute généralement dans l’enfance, suit une distribution caractéristique (plis, visage de l’enfant) et est lié à un terrain allergique (rhinite, asthme). L’eczéma de contact peut débuter à tout âge, sa localisation correspond aux zones de contact avec l’allergène et les patch tests permettent d’identifier la substance responsable.

Quel médecin consulter pour des patch tests ?

Les patch tests sont réalisés par le dermatologue, parfois en collaboration avec un allergologue. Certains centres hospitaliers disposent d’unités spécialisées en dermato-allergologie proposant des batteries de tests étendues (batteries professionnelles, cosmétiques, médicaments).

Besoin de l’avis d’un spécialiste ? Délais de rendez-vous trop longs ? Vous pouvez effectuer une téléconsultation avec le dermatologue.

En savoir plus sur l’eczéma atopique,
l’allergie au nickel,
l’eczéma des mains,
la dyshidrose,
les dermocorticoïdes,
les antihistaminiques
et l’eczéma au ciment.


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ECZEMA DES JAMBES : soigner l’exema de jambe

Eczema de jambe

L’eczema de jambe est une des causes de plaques rouges qui grattent et de boutons qui démangent sur les jambes

En cas d’eczema de jambe, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue


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Il y a de nombreuses formes d’eczema de jambe :

Eczema allergique de jambe

Cet eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema.

Les allergènes les plus fréquemment mis en cause dans l’eczema de jambe sont :

les cosmétiques appliqués depuis quelques jours sur la jambe

cremes, parfums…

les crèmes et pansements appliquées autour des plaies de jambes

les photoallergènes,

substances provoquant un eczema avec le soleil en cas d’exposition solaire

textiles, bottes, protège tibias… en contact avec le ventre

Comment savoir à quoi je suis allergique sur la jambe

Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.

Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.

patch tests
Patch tests en cas d’exema

Pour en savoir plus, voir l’article consacré à l’eczema allergique de contact

Eczema nummulaire

L’eczema nummulaire est un eczema de pieces rondes commençant souvent aux jambes (voir l’article sur l’eczema)

Eczema fissuraire ou sec

L’eczema fissuraire est un eczema craquelé et sec commençant souvent aux jambes (voir l’article sur l’eczema)

Eczema variqueux ou eczema de stase

Dans un contexte de varices ou varicosités : voir l’article eczema variqueux


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ECZEMA DE L’ANUS : soigner l’exema entre les fesses

Eczema de l’anus

L’eczema de l’anus est une des causes de plaques rouges qui grattent sur l’anus

Rougeur de l’anus qui gratte

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En cas d’eczema de l’anus, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue

Nous n’envisagerons ici qu’une forme d’eczema de l’anus :

Eczema allergique de l’anus

Cet eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema.

Les allergènes les plus fréquemment mis en cause dans l’eczema de l’anus sont :

les cosmétiques appliqués depuis quelques jours sur le sexe

cremes, crèmes dépilatoires, mousses à raser, parfums, lingettes…

préservatifs et lubrifiants

Comment savoir à quoi je suis allergique sur l’anus

Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.

Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.

patch tests
Patch tests en cas d’exema

Voir l’article consacré à l’eczema allergique de contact

Soigner l’eczema sur l’anus

Tout d’abord il faut consulter un médecin pour déterminer la cause de l’éczema et vérifier qu’il s’agit bien d’un eczema (exemple il peut d’agir d’une mycose du sexe contre indiquant tout corticoide)

Il faut se laver une fois par jour avec un produit doux et bien sécher apres la toilette

En cas d’eczema confirmé par le médecin, il faut éviter l’allergène en cause (creme, lingette, lubrifiant, preservatif… ) et le médecin prescrit souvent de la cortisone en creme


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ECZEMA SUR LE SEXE : comment soigner l’exema du sexe

Eczema du sexe

L’eczema du sexe est une des causes de plaques rouges qui grattent et de boutons du sexe qui démangent


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Nous n’envisagerons ici qu’une forme d’eczema du sexe :

Eczema allergique du sexe

Cet eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema.

Les allergènes les plus fréquemment mis en cause dans l’eczema du sexe sont :

les cosmétiques appliqués depuis quelques jours sur le sexe

cremes, crèmes dépilatoires, mousses à raser, parfums…

préservatifs et lubrifiants

Comment savoir à quoi je suis allergique sur le sexe

Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.

Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.

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Patch tests en cas d’exema

Voir l’article consacré à l’eczema allergique de contact

Soigner l’eczema sur le sexe

Tout d’abord il faut consulter un médecin pour déterminer la cause de l’éczema et vérifier qu’il s’agit bien d’un eczema (exemple il peut d’agir d’une mycose du sexe contre indiquant tout corticoide)

Il faut se laver une fois par jour avec un produit doux et bien sécher apres la toilette

En cas d’eczema confirmé par le médecin, il faut éviter l’allergène en cause (lubrifiant, preservatif… ) et le médecin prescrit souvent de la cortisone en creme


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ECZEMA DES AISSELLES : comment soigner l’eczema sous les bras

Eczema des aisselles

L’eczema des aisselles est une des causes de rougeur des aisselles et de boutons qui démangent sous les aisselles

Allergie au déodorant sous les aisselles
Allergie au déodorant sous les aisselles

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Nous n’envisagerons ici qu’une forme d’eczema des aisselles :

Eczema allergique des aisselles

Cet eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema.

Les allergènes les plus fréquemment mis en cause dans l’eczema des aisselles sont :

les cosmétiques appliqués depuis quelques jours sur les aisselles

déodorants, antitranspirants, cremes, crèmes dépilatoires, mousses à raser, parfums…

textiles en contact avec les aissselles

Comment savoir à quoi je suis allergique sur les aisselles

Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.

Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.

patch tests
Patch tests en cas d’exema

Voir l’article consacré à l’eczema allergique de contact

Attention, toute aisselle rouge n’est pas eczema

On peut par exemple avoir une mycose : candidose des aisselles

Candidose des aisselles
Candidose des aisselles

Il faut donc consulter devant toute rougeur des aisselles

Soigner l’eczema sous les bras (aisselles)

Tout d’abord il faut consulter un médecin pour déterminer la cause de l’éczema et vérifier qu’il s’agit bien d’un eczema (exemple il peut d’agir d’une mycose de la peau contre indiquant tout corticoide)

Il faut se laver une fois par jour avec un produit doux et bien sécher apres la toilette

En cas d’eczema confirmé par le médecin, il faut éviter l’allergène en cause (déodorant… ) et le médecin prescrit souvent de la cortisone en creme


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ECZEMA SUR LE VENTRE: soigner l’exema du ventre

Eczema du ventre

L’eczema du ventre est une des causes de plaques rouges qui grattent et de boutons qui démangent sur le ventre

Allergie au nickel du bouton de jean's


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En cas d’eczema du ventre, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue

Nous n’envisagerons ici qu’une forme d’eczema du ventre :

Eczema allergique du ventre

Cet eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema.

Les allergènes les plus fréquemment mis en cause dans l’eczema du ventre sont :

les cosmétiques appliqués depuis quelques jours sur le ventre

cremes, parfums…

le Nickel : eczema à l’endroit du bouton de jean’s voir allergie au nickel

les photoallergènes,

substances provoquant un eczema avec le soleil en cas d’exposition solaire

textiles en contact avec le ventre

Allergènes d’origine conjugale, par frottement lors des rapports sexuels notamment

Comment savoir à quoi je suis allergique sur le ventre

Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.

Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.

patch tests
Patch tests en cas d’exema

Voir l’article consacré à l’eczema allergique de contact

Soigner l’eczema du ventre

Tout d’abord il faut éviter de gratter car ceci intensifie et lichénifie (épaissit) l’eczema, le rendant chronique

On peut se laver le ventre avec un savon sans savon, un savon surgras…

Le traitement de l’eczéma du ventre requiert généralement des cremes cortisonées voire des antihistaminiques (traitement de l’allergie).

Il convient par ailleurs d’éviter le contact avec la substance allergisante en cause ou de s’en protéger (produits cosmétiques, bouton de jean’s… )


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ECZEMA DU COU : soigner l’exema dans le cou

Eczéma du cou : causes, symptômes et traitement

L’eczéma du cou provoque des plaques rouges qui grattent et des boutons qui démangent dans une zone particulièrement sensible. La peau du cou est fine, très réactive, et peut gonfler rapidement en cas de poussée. Plusieurs causes sont possibles — identifier la bonne est indispensable car les traitements diffèrent.

Eczéma du cou persistant ou qui s’aggrave ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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Cet article en vidéo

eczéma du cou plaques rouges qui grattent
Eczéma du cou — plaques rouges

Les différentes formes d’eczéma du cou

1. L’eczéma atopique du cou

La dermatite atopique touche fréquemment le cou, notamment chez l’adolescent et l’adulte jeune. Elle se manifeste par des plaques rouges sèches, squameuses et très prurigineuses, souvent associées à d’autres localisations (plis du coude, derrière les genoux, visage). Elle s’inscrit dans un terrain atopique (asthme, rhinite allergique). Le cou est particulièrement atteint dans les formes sévères.

2. L’eczéma allergique de contact du cou

C’est la forme la plus fréquente d’eczéma du cou chez l’adulte. Il résulte d’un contact avec un allergène appliqué directement ou indirectement sur le cou. Les allergènes les plus fréquemment en cause :

  • Cosmétiques et parfums appliqués sur le cou ou les cheveux depuis quelques jours (crèmes, eaux de toilette, déodorants, produits capillaires)
  • Vernis à ongles — par contact indirect lors qu’on se frotte le cou
  • Nickel — colliers, pendentifs, fermoirs de soutien-gorge (voir allergie au nickel)
  • Textiles — écharpes, cols de vêtements (colorants, apprêts, fibres synthétiques)
  • Allergènes aéroportés — substances en suspension dans l’air (pollens, poussières)
  • Photoallergènes — substances provoquant un eczéma uniquement en association avec le soleil

Comment identifier l’allergène responsable ? Le médecin utilise les patch tests (tests épicutanés) : des sparadraps contenant différents allergènes sont appliqués dans le dos pendant 48h. La lecture se fait à 48h — mais une positivation tardive est possible jusqu’à 7 jours, nécessitant une deuxième consultation.

patch tests eczéma allergique cou
Patch tests pour identifier l’allergène responsable

Voir l’article sur l’eczéma allergique de contact.

3. La dermite séborrhéique du cou

La dermite séborrhéique peut s’étendre depuis la lisière du cuir chevelu jusqu’au cou, provoquant des plaques rouges squameuses dans ce territoire. Elle est liée à la prolifération d’une levure (Malassezia) et se traite différemment de l’eczéma classique — les antifongiques sont ici indispensables, pas les corticoïdes.

Voir l’article sur la dermite séborrhéique.

4. L’eczéma de contact irritatif du cou

Provoqué par une irritation directe sans mécanisme allergique : frottement d’un col, d’une écharpe (en laine notamment), transpiration, produits nettoyants agressifs, eau calcaire. La peau devient rouge, sèche et réactive. Fréquent chez les personnes portant des cols roulés ou des écharpes synthétiques.

5. Le lichen simplex chronique du cou

Forme particulière d’eczéma chronique du cou liée au grattage répété : la peau s’épaissit progressivement (lichénification) formant une plaque bien délimitée, grisâtre ou brunâtre. Très fréquent à la nuque, il est entretenu par le cercle vicieux grattage-démangeaison. Traitement : dermocorticoïdes puissants sous occlusion.

Symptômes de l’eczéma du cou

Selon la cause et le stade, l’eczéma du cou se présente comme :

  • Des plaques rouges sèches et squameuses prurigineuses
  • Des vésicules (petites cloques) pouvant suinter
  • Un gonflement du cou — la peau du cou est fine et réagit vite à l’inflammation
  • Une peau épaissie et lichénifiée en cas d’eczéma chronique gratté
  • Des croûtes après suintement

⚠️ L’eczéma du cou peut ressembler à d’autres pathologies : dermite séborrhéique, psoriasis du cou, dermatophytose (teigne). Un dermatologue peut poser le diagnostic précis.

Traitement de l’eczéma du cou

Les mesures générales

  • Ne pas gratter — le grattage épaissit et lichénifie l’eczéma, le rendant chronique
  • Toilette à l’eau froide ou tiède sans savon le matin
  • Le soir : savon surgras ou démaquillant doux sans parfum
  • Éviter les parfums et cosmétiques dans la zone concernée le temps du bilan
  • Préférer des vêtements en coton au contact du cou

Les traitements médicaux

  • Dermocorticoïdes (crèmes cortisonées) — traitement de référence, à utiliser avec précaution sur le cou car la peau y est fine
  • Inhibiteurs de la calcineurine (tacrolimus, pimécrolimus) — alternative aux corticoïdes sur le cou
  • Antihistaminiques — pour soulager les démangeaisons, voir traitement antihistaminique
  • Éviction de l’allergène identifié par les patch tests

Sources

Questions fréquentes sur l’eczéma du cou

Pourquoi l’eczéma du cou gonfle-t-il plus que sur d’autres zones ?

La peau du cou est particulièrement fine et lâche, avec un réseau lymphatique dense. En cas d’inflammation, le liquide s’accumule facilement dans les tissus sous-cutanés, provoquant un gonflement (œdème) plus visible qu’ailleurs. C’est une réaction normale mais qui nécessite un traitement rapide pour éviter l’aggravation.

Mon eczéma du cou peut-il être causé par mon parfum ?

Oui, c’est une cause très fréquente. Les parfums contiennent des dizaines de molécules potentiellement allergisantes (notamment les muscs, les aldéhydes et certains extraits végétaux). La sensibilisation peut apparaître après des années d’utilisation sans problème. Des patch tests permettent de confirmer ou d’infirmer cette hypothèse.

Eczéma du cou ou psoriasis : comment faire la différence ?

L’eczéma du cou donne des plaques rouges mal délimitées, suintantes ou squameuses fines, souvent associées à d’autres zones atopiques. Le psoriasis du cou est plus rare, souvent cantonné à la nuque, démange peu et donne des plaques bien délimitées, épaisses, avec des squames blanches nacrées. Les deux peuvent coexister. Seul un dermatologue peut trancher, parfois avec une biopsie.

Le nickel peut-il provoquer un eczéma du cou ?

Oui — c’est même une cause classique. Les boucles d’oreille type « créoles », les colliers et pendentifs contenant du nickel peuvent provoquer un eczéma de contact allergique exactement à l’endroit de contact avec la peau. L’allergie au nickel est l’une des allergies de contact les plus fréquentes, surtout chez la femme. Les patch tests confirment le diagnostic.


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ECZEMA DES LEVRES : soigner l’eczema des lèvres

Eczema des lèvres

L’eczema des lèvres est une des causes de lèvres sèches et irritées

En cas d’eczema des lèvres, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue

Les levres sont tres particulieres puisque le tissu qui compose le vermillon (la partie rouge des levres) a une texture mixte situee entre celle de la peau et celle d’une muqueuse. Les levres sont la seule zone du visage ayant cette caractéristique, ce qui rend les levres plus sensible aux agressions.

lèvres sèches
Eczema des lèvres

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Pourquoi a-t-on de l’eczema des lèvres?

Il y a plusieurs formes d’eczema des lèvres :

Eczema allergique des lèvres

Cet eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema.

Les allergènes les plus fréquemment mis en cause dans l’eczema des lèvres sont :

les cosmétiques appliqués depuis quelques jours sur les levres

cremes, maquillage (lipstick ou baume à lèvre)…

les allergènes alimentaires,

aliments et boissons et indirectement tabac

dentifrice,

lorsqu’on se frotte les yeux

Instruments de musique…

Comment savoir à quoi je suis allergique sur les levres

Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.

Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.

patch tests
Patch tests en cas d’exema

Voir l’article consacré à l’eczema allergique de contact

Eczema atopique des lèvres

Voir l’article consacré à l’eczema atopique

Soigner l’eczema des lèvres

Tout d’abord il faut s’assurer de ne pas souffrir d’herpes labial (contre indication à la cortisone) et consulter un médecin

Ensuite il faut

lutter contre la sécheresse des lèvres:

Si l’on veut avoir de jolies levres durant l’hiver et éviter les levres seches, il est important

D’hydrater et nourrir régulierement les levres au moyen d’un stick a levres par exemple, avant meme que la secheresse des levres ne se manifeste. On preserve ainsi leur role barriere. On peut aussi appliquer de la vaseline le soir au coucher

De plus, il est tres important des que l’on sent que les levres sont seches, d’eviter de les lecher car ceci aggrave les choses : le tic de lechage des levres rend les levres encore plus seches.

Eviter l’allergène en cause

On évitera les allergènes mis en évidence par le médecin : lipstick, cremes, aliments et boissons, tabac, dentifrices, instruments de musique

Traitement du médecin

Il est le plus souvent à base de cortisone

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ECZEMA PAUPIERES : exema des yeux sur les paupières

Eczéma des paupières : causes, photos et traitement

L’eczéma des paupières est une affection fréquente qui provoque rougeurs, démangeaisons et gonflement sur une peau particulièrement fine et fragile. Identifier la cause — allergique, séborrhéique ou atopique — est essentiel pour choisir le bon traitement et éviter les récidives.

Paupières qui gonflent et grattent depuis plus de 2 semaines ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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Pourquoi les paupières sont-elles si vulnérables ?

La peau des paupières est la plus fine du corps (0,5 mm d’épaisseur). Elle réagit donc de façon amplifiée au moindre contact irritant ou allergique — avec un gonflement souvent impressionnant même pour une réaction modérée. C’est aussi une zone très exposée aux allergènes : cosmétiques, air ambiant, gestes inconscients (se frotter les yeux avec les mains).

eczéma des paupières rougeur gonflement photo
Eczéma des paupières — rougeur et gonflement
eczéma aigu paupière photo dermatologue
Eczéma aigu de la paupière

Les 3 formes d’eczéma des paupières

1. Eczéma de contact allergique — la cause la plus fréquente

eczéma aigu visage paupières contact allergique photo
Eczéma aigu du visage avec atteinte des paupières

L’eczéma allergique de contact résulte d’une sensibilisation à un allergène qui, lors d’un contact ultérieur, déclenche une réaction inflammatoire. La particularité des paupières est que l’allergène n’est pas forcément appliqué directement sur les paupières — il peut y être transporté par les mains ou l’air.

Principaux allergènes en cause :

  • Cosmétiques appliqués sur les paupières — crèmes, fards à paupières, mascara, eye-liner, démaquillants. Le conservateur thimérosal et les parfums sont souvent en cause
  • Vernis à ongles — les résines époxy et formaldéhyde du vernis se transfèrent aux paupières quand on se frotte les yeux
  • Collyres et solutions pour lentilles — certains conservateurs (benzalkonium chloride) sont allergisants
  • Allergènes aéroportés — poussières, pollens, vapeurs de parfum en suspension dans l’air
  • Nickel — via les lunettes ou bijoux portés à proximité
  • Produits capillaires — teintures, shampooings qui ruissellent sur le visage

💡 À noter : un eczéma allergique peut apparaître après des années d’utilisation d’un produit sans problème. La sensibilisation peut survenir à tout moment.

Comment identifier l’allergène responsable ?

Le dermatologue utilise les patch-tests (tests épicutanés) : des sparadraps contenant différents allergènes sont appliqués dans le dos pendant 48h, puis retirés et lus. Une réaction positive (rougeur, vésicules) indique la sensibilisation à l’allergène concerné. Une positivation tardive jusqu’à 7 jours après la pose est possible — une 2e lecture peut être nécessaire.

patch tests eczéma paupières allergènes contact
Patch-tests — identification de l’allergène responsable

2. Dermite séborrhéique des paupières

dermite séborrhéique visage paupières eczéma séborrhéique photo
Dermite séborrhéique du visage — atteinte fréquente des paupières

La dermite séborrhéique (appelée parfois « eczéma séborrhéique ») est une affection chronique due à la levure Malassezia. Elle touche les zones riches en glandes sébacées : ailes du naz, sourcils, lisière du cuir chevelu — et fréquemment les paupières. Elle se présente par des plaques rouges légèrement squameuses, moins prurigineuses que l’eczéma allergique.

Elle se distingue de l’eczéma allergique par son caractère chronique et récidivant, et par les autres localisations associées (sourcils, ailes du nez, cuir chevelu avec pellicules).

Traitement : différent de l’eczéma allergique — antifongiques locaux (kétoconazole) et dermocorticoïdes doux en alternance. Voir dermite séborrhéique du visage.

3. Dermatite atopique des paupières

Chez les personnes atopiques (terrain allergique), les paupières sont une localisation fréquente des poussées d’eczéma. La peau est sèche, avec des rougeurs récidivantes, souvent associées à d’autres manifestations atopiques (eczéma des plis, asthme, rhinite allergique). Le grattage chronique peut entraîner un épaississement de la peau (lichénification).

Tableau récapitulatif — distinguer les 3 formes

Eczéma de contact Dermite séborrhéique Dermatite atopique
Aspect Rougeur vive, vésicules, gonflement Plaques rouges squameuses discrètes Peau sèche, rougeur diffuse
Prurit Intense Modéré Intense, chronique
Localisation associée Isolée aux paupières Nez, sourcils, cuir chevelu Plis du coude, derrière genoux
Cause Allergène identifiable Levure Malassezia Terrain atopique
Traitement spécifique Éviction allergène + dermocorticoïdes Antifongiques + dermocorticoïdes doux Émollients + dermocorticoïdes

Traitement de l’eczéma des paupières

Règles générales — valables pour toutes les formes

  • Ne pas se gratter — le grattage aggrave l’eczéma et peut le chroniciser (lichénification). Les paupières sont si fragiles que le moindre frottement les irrite et les fait gonfler davantage
  • Toilette douce — eau froide sans savon le matin, savon surgras ou démaquillant doux sans parfum le soir / Idéalement soins spécifiques des paupières (Ilast*…)
  • Éviter les cosmétiques suspects pendant la poussée, et ne les réintroduire qu’un par un après guérison

Traitements médicamenteux

Dermocorticoïdes doux (hydrocortisone 1%, désonide) — traitement de 1re intention. La peau des paupières étant très fine, les corticoïdes forts sont contre-indiqués. Les applications se font sur courte durée (7 à 14 jours maximum) pour éviter l’atrophie cutanée et les effets oculaires (glaucome, cataracte avec usage prolongé).

Il n’est pas rare que le dermatologue prescrive aussi un antifongique car il existe souvent une dermite séborrhéique intriquée à l’eczema des paupières

Inhibiteurs de la calcineurine (tacrolimus Protopic* 0,03%) — alternative aux dermocorticoïdes pour les traitements prolongés. Ils n’entraînent pas d’atrophie cutanée et sont particulièrement adaptés aux paupières.

Antihistaminiques oraux (cétirizine, loratadine) — pour calmer les démangeaisons, surtout en cas de prurit intense nocturne.

Éviction de l’allergène — indispensable en cas d’eczéma de contact. Sans éviction, aucun traitement ne sera durablement efficace.

Quand consulter en urgence ?

🚨 Consultez rapidement si :

— Le gonflement des paupières est très important et s’étend rapidement (risque d’œdème de Quincke)
— La vision est floue ou douloureuse — atteinte oculaire possible
— Les paupières présentent des vésicules douloureuses unilatérales — évoquer un zona ophtalmique
— Malgré un traitement bien conduit, aucune amélioration après 3 semaines

Sources

Questions fréquentes sur l’eczéma des paupières

Pourquoi ai-je de l’eczéma sur les paupières ?

Les causes les plus fréquentes sont un eczéma de contact allergique (cosmétiques, vernis à ongles, collyres), une dermite séborrhéique ou une poussée de dermatite atopique. Chez la femme, le maquillage des yeux et le mascara sont les premiers allergènes à suspecter. Le dermatologue peut identifier l’allergène précis par patch-tests.

Comment soigner rapidement l’eczéma des paupières ?

Arrêtez tous les cosmétiques sur les paupières, lavez le visage à l’eau froide, et appliquez une crème dermocorticoïde douce (hydrocortisone 1%) pendant 7 à 10 jours sur avis médical. Évitez les corticoïdes forts sur les paupières. En cas de démangeaisons intenses, un antihistaminique oral peut aider. Si les symptômes persistent, consultez pour identifier un allergène par patch-tests.

Peut-on utiliser des corticoïdes sur les paupières ?

Oui, mais uniquement des dermocorticoïdes de faible puissance (classe I ou II : hydrocortisone 1%, désonide) et sur une courte durée. Les corticoïdes forts sur les paupières peuvent provoquer une atrophie cutanée, et leur absorption oculaire répétée peut favoriser glaucome et cataracte. Pour les traitements prolongés, le dermatologue peut parfois proposer les inhibiteurs de la calcineurine (Protopic* …).

L’eczéma des paupières est-il contagieux ?

Non. L’eczéma, quelle que soit sa forme, n’est pas contagieux. C’est une réaction inflammatoire de la peau qui ne peut pas se transmettre d’une personne à une autre.

Comment différencier un eczéma des paupières d’une conjonctivite ou d’un orgelet ?

L’eczéma des paupières touche la peau des paupières (rougeur, squames, vésicules) sans atteinte de l’œil lui-même. La conjonctivite donne un œil rouge avec larmoiement et sécrétions. L’orgelet est un bouton douloureux sur le bord de la paupière (infection d’une glande). En cas de doute avec une atteinte oculaire, consultez rapidement un ophtalmologue.


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ECZEMA DU VISAGE CHEZ L’ENFANT : soigner l’exema des joues

Eczema du visage chez l’enfant et le bébé

L’eczema du visage est une des causes fréquentes de plaques sur les joues des enfants et des bébés

En cas d’eczema sur le visage chez l’enfant ou le bébé, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue

Il confirmera l’eczema atopique des joues


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Pourquoi mon enfant a-t-il de l’eczema du visage?

Les certitudes dans l’eczema atopique de l’enfant

La génétique

Il existe des facteurs génétiques dans l’eczema de l’enfant et du nourrisson puisque 60% des parents ayant un enfant atopique, ont ou ont eu un signe d’atopie (un eczema atopique par exemple).
On retrouve souvent des antécédents d’allergies dans la famille.

Une hyper réactivité de la peau

Les enfants atopiques sont hyper réactifs à leur environnement

C’est-à-dire que les enfants et les nourrissons ayant de l’eczema réagissent plus facilement de manière allergique aux substances qu’ils rencontrent dans leur vie courante (poussières, poils d’animaux…)

Les enfants ayant de l’eczema ont une peau sèche

Les enfants et les nourrissons ayant de l’eczema ont une peau plus sèche et  » fissurée « , laissant pénétrer les allergènes dans la peau. La peau de l’enfant ou du nourrisson ayant de l’eczema « laisse donc pénétrer » les substances et leur permet de rentrer en contact avec les cellules immunitaires de la peau C’est pourquoi la lutte contre la peau sèche par l’hydratation et le respect de l’équilibre de la peau sont donc prépondérant et font partie intégrante du traitement de l’eczema de l’enfant et du nourrisson

Ce n’est pas rare et de plus en plus fréquent

L’eczema atopique concerne environ 10% des enfants

Il y a de plus en plus d’enfants et de nourrisson ayant de l’eczema depuis plusieurs décennies

Les autres hypothèses

Il y a de nombreuses hypothèses développée ici : causes de l’eczema atopique

Comment soigner l’eczema du visage de l’enfant

Mon enfant a des plaques d’eczema du visage

Le traitement des poussées d’eczema atopique peut faire intervenir principalement des médicaments diminuant le grattage (antihistaminiques), et des produits locaux intensifiant l’hydratation de la peau ainsi que des crèmes à la cortisone.
Les crèmes cortisonées peuvent être utilisées chez l’enfant. Il faut simplement les utiliser uniquement apres diagnostic par le médecin de l’eczema et veiller à les appliquer correctement selon les indications du médecin.
Les parents ont souvent peur dutiliser les crèmes cortisonées. Il faut savoir que ce sont les principales crèmes efficaces contre la poussée d’eczéma. Il vaut mieux un enfant qui s’épanouit avec une peau saine qu’un enfant qui dort mal et se gratte. Il suffit de bien utiliser les crèmes cortisonées (sous prescription médicale)

utiliser plutôt des crèmes à la cortisone de force moyenne,

en appliquer uniquement sur les zones d’eczéma fraîchement nettoyées, jusquà efficacité (environ 4 à 7 j)

et décroître progressivement les applications ensuite.
On considère que les crèmes à la cortisone peuvent être utilisés pour chaque poussée jusqu’à une quantité approximative de 1 tube pour un enfant de 4-5 ans.

Au-delà, il faut savoir reconsulter pour réévaluer le traitement et le bilan allergologique.

Les autres traitements de l’eczema de l’enfant et du bébé

On peut citer parmi les autres traitements les macrolides immunosuppresseurs, la photothérapie après 8 ans, les anti histaminiques, les probiotiques etc.

Comment éviter l’exema des joues du bébé ou de l’enfant?

Les enfants ayant de l’eczema atopique ont une peau sèche qui laisse plus facilement pénétrer les allergènes.

Il faut donc lutter contre cette sécheresse de la peau en appliquant des crèmes hydratantes, en évitant les bains trop chauds et prolongés et en utilisant des savons doux (de type surgras par exemple)


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ECZEMA VISAGE : soigner l’exema du visage

Eczéma du visage : causes, symptômes et traitement

eczéma du visage plaques rouges adulte
Eczéma du visage — plaques rouges qui démangent

L’eczéma du visage est une inflammation cutanée qui provoque des plaques rouges qui grattent et des boutons qui démangent sur le visage. Il peut toucher l’adulte comme l’enfant et prend plusieurs formes selon sa cause. Un diagnostic précis est indispensable car le traitement diffère selon le type d’eczéma.

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L’eczéma du visage est fréquent chez l’enfant — voir notre article dédié : eczéma du visage de l’enfant.

Les différentes formes d’eczéma du visage

1. L’eczéma atopique du visage

La dermatite atopique est la forme la plus fréquente d’eczéma du visage chez l’enfant, mais elle peut persister ou apparaître à l’âge adulte. Elle se manifeste par des plaques rouges sèches, squameuses et très prurigineuses, souvent localisées sur les joues, le front et le contour des yeux. Elle s’inscrit dans un terrain atopique (asthme, rhinite allergique, allergie alimentaire).

Voir notre article complet sur la dermatite atopique.

2. L’eczéma allergique de contact du visage

Cet eczéma résulte d’un contact avec un allergène appliqué sur le visage. Il touche préférentiellement la zone de contact :

  • Eczéma des paupières — allergie à un maquillage, mascara ou fard à paupières
  • Eczéma des lèvres — allergie à un rouge à lèvres ou baume
  • Eczéma des joues — allergie à une crème, un sérum ou un masque
eczéma suintant allergique du visage
Eczéma suintant allergique du visage

Les allergènes les plus fréquents dans l’eczéma du visage :

  • Cosmétiques : crèmes, masques, sérums, parfums appliqués depuis quelques jours
  • Allergènes aéroportés : substances en suspension dans l’air (pollens, poussières)
  • Photoallergènes : substances provoquant un eczéma uniquement au soleil
  • Allergènes d’origine conjugale : lors d’un baiser, le partenaire dépose un cosmétique sur la joue d’une personne qui y est allergique

Comment identifier l’allergène responsable ? Le médecin utilise les patch tests (tests épicutanés) : des sparadraps contenant différents allergènes sont appliqués dans le dos pendant 48h. Une positivation tardive est possible jusqu’à 7 jours après la pose.

patch tests eczéma allergique visage
Patch tests pour identifier l’allergène

Voir l’article sur l’eczéma allergique de contact.

3. La dermite séborrhéique du visage

Souvent appelée « eczéma séborrhéique », la dermite séborrhéique provoque des plaques rouges squameuses caractéristiquement localisées sur les ailes du nez, les sourcils, les plis naso-géniens et la lisière du cuir chevelu. Elle est liée à une prolifération d’une levure (Malassezia) et se traite différemment de l’eczéma classique.

dermite séborrhéique visage ailes du nez
Dermite séborrhéique des côtés du nez et de la bouche

Voir l’article sur la dermite séborrhéique du visage.

4. L’eczéma de contact irritatif du visage

Provoqué non par une allergie mais par une irritation directe de la peau : lavages trop fréquents, produits agressifs, eau calcaire, frottements répétés. La peau devient rouge, sèche et réactive sans mécanisme allergique identifiable.

Symptômes de l’eczéma du visage

Selon la forme et le stade, l’eczéma du visage peut se présenter comme :

  • Des plaques rouges sèches et squameuses qui démangent
  • Des vésicules (petites cloques) qui peuvent suinter
  • Une peau épaissie et lichénifiée en cas d’eczéma chronique gratté
  • Des croûtes après suintement
  • Un gonflement des paupières en cas d’eczéma périoculaire

⚠️ L’eczéma du visage peut ressembler à d’autres affections : rougeurs du visage, rosacée, plaques rouges du visage. Un dermatologue peut faire le diagnostic précis.

Traitement de l’eczéma du visage

Les mesures générales

  • Ne pas gratter — le grattage intensifie et lichénifie l’eczéma, le rendant chronique
  • Se laver le visage à l’eau froide ou tiède sans savon le matin
  • Le soir, utiliser un savon surgras ou un démaquillant doux sans parfum
  • Appliquer une crème hydratante adaptée aux peaux atopiques après le nettoyage
  • Éviter les cosmétiques contenant des parfums, conservateurs ou colorants

Les traitements médicaux

  • Dermocorticoïdes (crèmes cortisonées) — traitement de référence de l’eczéma, à utiliser sous contrôle médical sur le visage car la peau y est fine
  • Inhibiteurs de la calcineurine (tacrolimus, pimécrolimus) — alternative aux corticoïdes sur le visage et les paupières
  • Antihistaminiques — pour soulager les démangeaisons, voir traitement antihistaminique
  • Éviction de l’allergène en cas d’eczéma de contact allergique
  • Antifongiques s’il s’agit d’un « eczema séborrhéique« 

⚠️ Les dermocorticoïdes doivent être utilisés avec précaution sur le visage — leur application prolongée peut provoquer une dermite péri-orale ou une rosacée cortisonique. Consultez toujours un médecin avant de les utiliser sur cette zone.

Sources

Questions fréquentes sur l’eczéma du visage

Comment savoir si j’ai de l’eczéma ou autre chose sur le visage ?

L’eczéma du visage se manifeste par des plaques rouges squameuses qui démangent, parfois accompagnées de vésicules. Il peut ressembler à une rosacée, une dermite séborrhéique ou une allergie de contact. Seul un dermatologue peut poser le diagnostic précis et prescrire le traitement adapté.

Quelle crème utiliser pour l’eczéma du visage ?

Le traitement repose sur des dermocorticoïdes prescrits par un médecin, à utiliser avec précaution sur le visage. En complément, une crème hydratante adaptée aux peaux atopiques (sans parfum ni conservateur) est indispensable. N’appliquez pas de corticoïdes sur le visage sans avis médical.

L’eczéma du visage est-il contagieux ?

Non, l’eczéma n’est pas contagieux. Il s’agit d’une réaction inflammatoire de la peau, d’origine allergique ou atopique, qui ne se transmet pas d’une personne à l’autre.

L’eczéma du visage peut-il guérir définitivement ?

L’eczéma atopique peut s’améliorer spontanément avec l’âge, notamment chez l’enfant. L’eczéma allergique de contact guérit si l’allergène est définitivement évité. La dermite séborrhéique est chronique mais contrôlable avec un traitement d’entretien.

Peut-on se maquiller avec de l’eczéma sur le visage ?

Oui, mais avec précaution. Privilégiez des produits hypoallergéniques, sans parfum ni conservateur, testés sous contrôle dermatologique. Évitez tout produit nouveau en période de poussée. En cas de suspicion d’allergie à un cosmétique, consultez pour réaliser des patch tests.


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PLAQUES ROUGES QUI GRATTENT SUR LES BRAS : plaques rouges qui démangent aux bras

Plaques rouges qui grattent sur le bras

Il est fréquent de voir apparaitre des plaques rouges qui grattent sur la peau.

Lorsque cela apparait chez l’enfant, les parents sont toujours inquiets.

En cas de plaques qui démangent sur le bras : consultez un médecin!

La consultation du médecin est indispensable afin d’obtenir un diagnostic précis.

Le médecin va tout d’abord demander vos antécédents ( les maladies ou interventions chirurgicales que vous avez subies, les traitements que vous prenez).

Ensuite il fera le point avec vous sur les problèmes que vous présentez (date de début, durée de l’éruption, démangeaisons… )

Et il vous examinera, parfois au besoin d’une lampe grossissante. Si vous voyez un dermatologue, ce dernier peut utiliser un dermoscope (sorte de loupe posée à même la peau) et il pourra vous proposer de prendre en photo vos lésions.

Dermatoscope

Le médecin envisagera les différents diagnostics en cas de plaques qui démangent sur le bras

On peut citer parmi ceux-ci :

La kératose pilaire

formant de petits boutons rouges et rapeux derriere les bras

Keratose pilaire
Kératose pilaire du bras

Voir l’article consacré à la kératose pilaire

Les molluscums contagiosum

De petites tuméfactions d’origine virale, souvent posées sur les plaques rouges d’eczema

Molluscum
Mollusca contagiosa : les molluscum contagiosum se présentent comme de petites tuméfactions ombiliquées

Voir l’article consacré aux molluscums contagiosums

L’impetigo

Une infection à streptocoque ou staphylocoque sur la peau, fréquente chez l’enfant

Impetigo
Impetigo croûteux à type de pyodermite

Voir l’article consacré à l’impetigo

Lorsque le diagnostic sera posé, le médecin vous proposera un traitement adapté à suivre attentivement.

ECZEMA OREILLE : soigner l’exema dans les oreilles et derrière l’oreille

Eczema de l’oreille

Il est fréquent d’avoir de l’eczema des oreilles. Essayons d’y voir plus clair…

Eczema de l'oreille
Eczema de l’oreille

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Est-ce bien de l’eczema des oreilles?

On appelle eczema une dermatite allergique de contact.

La dénomination ‘eczema des oreilles’ peut correspondre à cet eczema de contact mais aussi à d’autres dermatoses des oreilles souvent prises pour de l’eczema :

dermite séborrhéique des oreilles (croutes dans les oreilles)

psoriasis des oreilles

etc…

Il faut donc consulter un médecin et si possible un dermatologue pour déterminer la cause de ces éruptions des oreilles

Nous ne nous attarderons ici que sur le véritable eczema des oreilles

Eczema de contact allergique des oreilles

L’eczema de contact des oreilles est le plus souvent lié à une allergie aux

produits capillaires

parfums appliqués sur le cou et la nuque

allergie au nickel des boucles d’oreilles

Allergie à une boucle d'oreille
Allergie à une boucle d’oreille

allergie au sonotone

Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.

Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.

Soigner l’eczema des oreilles

Tout d’abord il faut éviter de gratter car ceci intensifie et lichénifie (épaissit) l’eczema, le rendant chronique

On peut se laver les cheveux et les pavillons des oreilles régulièrement avec un shampoing doux pour lavage fréquent

Le traitement de l’eczéma des oreilles requiert généralement des cremes ou lotions cortisonées voire des antihistaminiques (traitement de l’allergie).

Il convient par ailleurs d’éviter le contact avec la substance allergisante en cause ou de s’en protéger (produits capillaires et parfums, sonotone, allergie aux boucles d’oreilles… )


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ECZEMA CUIR CHEVELU : soigner l’exema dans les cheveux

Eczema du cuir chevelu

Il est fréquent d’avoir de l’eczema du cuir chevelu. Essayons d’y voir plus clair…


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Est-ce bien de l’eczema du cuir chevelu?

On appelle eczema une dermatite allergique de contact.

La dénomination ‘eczema du cuir chevelu’ peut correspondre à cet eczema de contact mais aussi à d’autres dermatoses du cuir chevelu souvent prises pour de l’eczema :

dermite séborrhéique du cuir chevelu (pellicules)

psoriasis du cuir chevelu

etc…

Il faut donc consulter un médecin et si possible un dermatologue pour déterminer la cause de ces éruptions du cuir chevelu

Nous ne nous attarderons ici que sur le véritable eczema du cuir chevelu

Eczema de contact allergique du cuir chevelu

L’eczema de contact du cuir chevelu est le plus souvent lié à une allergie aux

produits capillaires

et parfums appliqués sur le cou et la nuque

Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.

Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.

Soigner l’eczema du cuir chevelu

Tout d’abord il faut éviter de gratter car ceci intensifie et lichénifie (épaissit) l’eczema, le rendant chronique

On peut se laver les cheveux régulièrement avec un shampoing doux pour lavage fréquent

Le traitement de l’eczéma du cuir chevelu requiert généralement des lotions cortisonées voire des antihistaminiques (traitement de l’allergie).

Il convient par ailleurs d’éviter le contact avec la substance allergisante en cause ou de s’en protéger (produits capillaires et parfums)


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ALLERGIE AU NICKEL : l’allergie aux bijoux, bagues, boucles d’oreilles…

Allergie au nickel : eczéma de contact, sources, patch tests et traitement

L’allergie au nickel est la cause la plus fréquente d’eczéma de contact en Europe. Elle touche environ 10 à 20% de la population féminine — la perforation des oreilles étant le principal mode de sensibilisation. Une fois établie, l’allergie est définitive : tout contact avec le nickel peut déclencher un eczéma, même des années après la sensibilisation initiale.

Eczéma sous une boucle d’oreille, un bouton de jean ou une montre ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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Mécanisme — pourquoi devient-on allergique au nickel ?

L’allergie au nickel est une hypersensibilité retardée de type IV (classification de Gell et Coombs), à médiation cellulaire — par opposition aux allergies immédiates comme l’urticaire qui surviennent en quelques minutes. Elle se développe en deux phases :

  • Phase de sensibilisation — lors d’un premier contact prolongé avec le nickel (port de boucles d’oreilles, perçage, bracelet de montre), les ions nickel pénètrent la peau, se lient à des protéines porteuses et sont présentés au système immunitaire. Des lymphocytes T spécifiques du nickel sont générés et mémorisés — sans symptômes apparents
  • Phase de déclenchement — lors d’un contact ultérieur avec le nickel, même en petite quantité, les lymphocytes T sensibilisés s’activent et déclenchent une réaction inflammatoire locale — l’eczéma de contact. Cette réaction apparaît 24 à 72 heures après le contact, parfois jusqu’à 7 jours

💡 On peut devenir allergique au nickel à tout âge, même après des années de port sans réaction. La sensibilisation peut prendre des mois ou des années à s’établir — puis l’allergie devient définitive et s’aggrave souvent avec le temps.

Comment reconnaître l’eczéma au nickel ?

L’eczéma au nickel est caractéristique : il siège exactement sous la zone de contact avec l’objet contenant du nickel.

eczéma allergie nickel boucle d'oreille lobe oreille rouge
Allergie au nickel d’une boucle d’oreille — eczéma du lobe
allergie nickel bouton jean peau rouge ombilicale eczéma contact
Allergie au nickel du bouton de jean — eczéma péri-ombilical

Les signes : peau rouge, suintante, vésiculeuse en phase aiguë, puis squameuse et épaissie en phase chronique. Le prurit est souvent intense.

Sources de nickel — objets et situations à risque

Catégorie Objets contenant du nickel Zone d’eczéma typique
Bijoux et perçages Boucles d’oreilles fantaisie, bagues, bracelets, piercings, colliers, montres (fermoir, bracelet) Lobes, poignets, doigts, cou, zones piercées
Vêtements et accessoires Bouton de jean, fermetures éclair, agrafes de soutien-gorge, boucles de ceinture, pressions métalliques Zone péri-ombilicale, dos, taille
Lunettes Montures métalliques (branches, plaquettes nasales) Tempes, arête du nez, zones de contact
Téléphones portables Certains smartphones contiennent du nickel dans leurs composants extérieurs Joues, oreilles (zone de contact lors des appels)
Pièces de monnaie Pièces d’euro (notamment 1€ et 2€), autres monnaies Mains — contact prolongé
Milieu professionnel Outils métalliques, caisses enregistreuses, instruments de coiffure, certains matériaux de construction Mains, avant-bras

⚠️ L’or blanc peut contenir du nickel. L’or jaune pur (18 carats) ne contient généralement pas de nickel, mais l’or blanc est souvent allié avec du nickel pour obtenir sa couleur — y compris dans la bijouterie de qualité. En cas d’allergie au nickel documentée, préférer les bijoux en or jaune 18 carats, en titane, en acier chirurgical (316L) ou en platine.

Diagnostic — le patch test (test épicutané)

Le patch test (ou test allergologique épicutané) est l’examen de référence pour confirmer l’allergie au nickel et identifier d’éventuels autres allergènes associés. Il est réalisé par un dermatologue allergologue.

Étape Description
Application Des sparadraps contenant différents allergènes (batterie standard européenne de 28 à 80 allergènes selon le contexte) sont appliqués dans le dos
Lecture à J2 Les patchs sont retirés à 48 heures — première lecture des réactions cutanées
Lecture à J4 Deuxième lecture à 96 heures — certaines réactions sont retardées
Lecture tardive possible Des positivations jusqu’à 7 jours après la pose sont possibles — reconsulter si une zone devient rouge après la lecture initiale
Interprétation Une réaction positive (érythème, vésicules sous le patch) confirme l’allergie à l’allergène concerné

Précautions avant le patch test : ne pas appliquer de dermocorticoïdes sur le dos dans les 7 à 10 jours précédents, éviter l’exposition solaire du dos, ne pas prendre de corticoïdes oraux.

Nickel systémique et alimentation

Chez certains patients très sensibilisés, l’ingestion d’aliments riches en nickel peut déclencher une dermatite systémique au nickel — eczéma diffus des mains, vespertilio facial. Les aliments les plus riches en nickel sont :

  • Chocolat et cacao, noix et oléagineux (noix de cajou, noix, amandes)
  • Légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs)
  • Céréales complètes (surtout son d’avoine, blé complet)
  • Fruits de mer (huîtres, moules)
  • Épinards, tomates, asperges

Un régime pauvre en nickel peut être proposé aux patients présentant des formes sévères résistantes — toujours sous supervision médicale.

Traitement

Traitement de la crise

  • Dermocorticoïdes — en application sur les zones eczémateuses, classe adaptée à la zone (classe I sur le visage, classe II-III sur le corps), durée limitée
  • Antihistaminiques — pour contrôler le prurit, surtout la nuit
  • Crème émolliente — plusieurs fois par jour pour restaurer la barrière cutanée et limiter la sécheresse

Traitement de fond — éviction

L’éviction du nickel est le seul traitement de fond efficace. Aucune désensibilisation n’est validée pour l’allergie de contact au nickel.

Situation Alternative recommandée
Bijoux Titane, acier chirurgical 316L, or jaune 18 carats, platine, or 24 carats, résine
Piercings Titane grade 23 (ASTM F136) ou acier chirurgical implanté — jamais de bijoux fantaisie pour la cicatrisation initiale
Bouton de jean Interposer un adhésif, choisir des jeans avec bouton recouvert de tissu ou en plastique, ou couvrir avec un sparadrap
Monture de lunettes Montures en titane, acétate, plastique ou résine
Test d’un bijou suspect Kit de détection du nickel (diméthylglyoxime) — coloration rose en présence de nickel. Disponible en pharmacie.

Réglementation européenne sur le nickel

La directive européenne 94/27/CE, renforcée par le règlement REACH, limite la teneur en nickel des bijoux en contact avec la peau à 0,5 µg/cm²/semaine pour les bijoux portés en permanence (piercings) et à 0,2 µg/cm²/semaine pour les autres bijoux. Ces seuils réduisent mais n’éliminent pas le risque chez les personnes déjà sensibilisées.

Sources

Questions fréquentes sur l’allergie au nickel

Peut-on guérir d’une allergie au nickel ?

Non — l’allergie au nickel est définitive une fois établie. Il n’existe pas de désensibilisation validée pour l’allergie de contact au nickel. Le seul « traitement » est l’éviction stricte du nickel. Cependant, avec une éviction rigoureuse prolongée, certains patients voient leur seuil de réactivité augmenter — ils supportent de très faibles doses sans réaction. Mais la sensibilisation ne disparaît jamais complètement.

L’or est-il sans risque pour les personnes allergiques au nickel ?

Pas toujours. L’or jaune 18 carats (750‰) est généralement sans nickel et bien toléré. En revanche, l’or blanc est presque toujours allié avec du nickel pour obtenir sa couleur — même dans la bijouterie de qualité. Le placage or (doublé or, gold-filled) sur métal de base contient du nickel dans la couche sous-jacente qui s’expose à l’usure. Le titane et le platine sont les métaux les plus sûrs pour les personnes allergiques.

Comment savoir si un bijou contient du nickel avant de le porter ?

Le kit de détection à la diméthylglyoxime (DMG) est une solution pratique : deux gouttes de réactif sur le bijou — une coloration rose ou rouge indique la présence de nickel libérable. Ces kits sont disponibles en pharmacie ou sur internet. Pour les bijoux professionnels, demander un certificat de conformité REACH attestant la conformité aux seuils européens de libération de nickel.

L’allergie au nickel peut-elle déclencher un eczéma des mains sans contact direct ?

Oui — c’est la dermatite systémique au nickel. Chez les patients très sensibilisés, l’ingestion de nickel via l’alimentation (chocolat, légumineuses, céréales complètes) peut déclencher un eczéma des mains, des paupières ou un tableau d’eczéma diffus sans contact cutané direct avec du nickel. Ce mécanisme concerne une minorité de patients très sensibilisés — un régime pauvre en nickel peut être proposé dans ces cas par un dermatologue.

Voir aussi : Eczéma de contact allergique / Dermatite atopique / Allergies cutanées / Piercings et allergies


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ALLERGIE AUX PANSEMENTS : l’eczema au pansement (ou plasta)

Allergie au pansement

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Qu’est-ce que l’eczema au pansement?

Il s’agit d’une allergie de la peau appelée eczema de contact

La personne qui présente un eczema au pansement réagit donc de façon allergique au pansement quelle pouvait  » supporter  » correctement auparavant. On peut donc devenir allergique au pansement dans sa vie alors qu’on ne l’était pas auparavant

Le pansement devient donc pour la peau un allergène.

Pourquoi on devient allergique au pansement?

On ne connait pas précisément la cause du déclenchement d’une allergie de contact au pansement mais on en connait bien le mécanisme

Une allergie de contact retardée

Contrairement aux allergies immédiates (survenant dans les minutes ou heures suivant le contact, telles que l’urticaire), l’eczema de contact au pansement est une allergie retardée, (type IV de la classification de Gell et combs, à médiation immunitaire cellulaire) survenant un ou plusieurs jours après le contact avec le pansement

La sensibilisation :

Pour une raison souvent inconnue, l’organisme se sensibilise au pansement avec lequel il est mis en contact. Le pansement devient un allergène pour l’organisme

L’éruption de l’eczema au pansement

En cas de nouveau contact avec le pansement, on déclenche de l’exema de contact sur la peau
Avant de développer un eczema de contact, il existe donc un contact de la peau avec cet allergène (ou haptène) en général quelques jours avant le début de l’éruption.

Comment on reconnait l’eczema au pansement ?

L’allergie au pansement donne un eczema souvent situé très exactement sous les zones adhésives du pansement : la peau est rouge et suintante sous le pansement. La forme de l’eczema est donc celle du pansement, du moins au début car l’exema tend à s’étendre ensuite.

A quoi je suis allergique?

L’allergene responsable de l’eczema au pansement est une substance appelee Colophane contenue dans la résine naturelle du pin..

Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après application de pansement), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.

Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.

Ces tests confirment l’allergie au collophane

Soigner l’exema au pansement

Le traitement de l’eczéma au pansement requiert généralement des crèmes cortisonées voire des antihistaminiques (traitement de l’allergie).
Il convient par ailleurs d’éviter le contact avec la substance allergisante en cause ou de s’en protéger (arret des pansements adhésifs ou utilisation de bande collante ne contenant pas de colophane ; demandez conseil à votre pharmacien)
Enfin, on recommande souvent l’application d’une creme hydratante plusieurs fois par jours sur la peau pour limiter la peau sèche

J’ai des plaies chroniques, que dois-je faire?

Il faut consulter le médecin et voir avec lui si des pansements non adhésifs sont envisageables

Est-ce qu’on peut faire de l’eczema à d’autres substances que le pansement?

On trouve la colophane dans des produits d’entretien menager, les bottes en caoutchouc, certaines colles de timbres-poste…


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ECZEMA AU CIMENT : l’exema des mains au béton ou « gale du maçon »

Eczema au ciment

eczema mains
Eczema des mains

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Qu’est-ce que l’eczema au ciment?

Il s’agit d’une allergie de la peau appelée eczema de contact

La personne qui présente un eczema au ciment réagit donc de façon allergique au ciment quelle pouvait  » supporter  » correctement auparavant. On peut donc devenir allergique au ciment dans sa vie alors qu’on ne l’était pas auparavant

Le ciment devient donc pour la peau un allergène.

Pourquoi on devient allergique au ciment?

On ne connait pas précisément la cause du déclenchement d’une allergie de contact au ciment mais on en connait bien le mécanisme

Une allergie de contact retardée

Contrairement aux allergies immédiates (survenant dans les minutes ou heures suivant le contact, telles que l’urticaire), l’eczema de contact au ciment est une allergie retardée, (type IV de la classification de Gell et combs, à médiation immunitaire cellulaire) survenant un ou plusieurs jours après le contact avec le ciment

La sensibilisation :

Pour une raison souvent inconnue, l’organisme se sensibilise au ciment avec lequel il est mis en contact. Le ciment devient un allergène pour l’organisme

L’éruption de l’eczema au ciment

En cas de nouveau contact avec le ciment, on déclenche de l’exema de contact sur la peau
Avant de développer un eczema de contact, il existe donc un contact de la peau avec cet allergène (ou haptène) en général quelques jours avant le début de l’éruption.

Comment on reconnait l’eczema au ciment ou gale du ciment?

L’allergie au ciment donne un eczema souvent chronique appele eczema au ciment ou encore « gale du ciment » predominant sur les mains puisqu’elles sont en contact avec le ciment.

Le médecin pratique des tests allergologiques mettant en évidence l’allergie au béton :

A quoi je suis allergique?

L’allergene responsable de l’eczema au ciment ou « gale du ciment » est le bichromate de potassium.

Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation de ciment), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.

Patch tests
Patch tests
Test allergique positif au ciment
Test allergique positif au ciment

Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.

Ces tests confirment l’allergie au bichromate de potassium

Soigner l’exema au ciment (gale du ciment)

Le traitement de l’eczéma des mains au ciment requiert généralement des crèmes cortisonées voire des antihistaminiques (traitement de l’allergie).
Il convient par ailleurs d’éviter le contact avec la substance allergisante en cause ou de sen protéger (port de gants)
Enfin, on recommande souvent l’application d’une creme hydratante plusieurs fois par jours sur les mains pour limiter la peau sèche

Je travaille dans le BTP, que dois-je faire?

Il faut consulter le médecin du travail après avoir fait les tests pour prouver l’allergie au ciment, afin de voir si une solution peut vous être proposée (gants, reclassement… )

Est-ce qu’on peut faire de l’eczema à d’autres substances que le ciment?

On trouve aussi le bichromate de potassium dans les cuirs tannés. Evitez les gants en cuir et portez des chaussettes dans les chaussures en cuir


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– Les facteurs de vie à améliorer
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