Verrue autour de l’ongle ou sous l’ongle

Verrues autour de l’ongle et sous l’ongle (verrues péri-unguéales) : causes, traitements et signaux d’alarme

Mis à jour le 29 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Les verrues péri-unguéales – autour ou sous l’ongle – sont les verrues les plus difficiles à traiter. Dues aux HPV 1, 2 et 4, elles touchent surtout les enfants et les personnes qui se rongent les ongles. Leur taux de récidive après traitement atteint 20 à 30 %. Un traitement agressif trop proche de la matrice risque une dystrophie unguéale permanente. Et toute verrue péri-unguéale résistante doit faire écarter un carcinome épidermoïde lié à HPV 16 ou 18.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue, Bordeaux

Les verrues autour des ongles, appelées verrues péri-unguéales, représentent une forme particulièrement tenace des verrues des mains et des doigts. Situées dans les replis latéraux, sous le bord libre de l’ongle ou dans le repli proximal, elles bénéficient d’un environnement défavorable aux traitements topiques : peau épaisse, mauvaise pénétration, risque de lésion matricielle. Leur prise en charge mérite une approche rigoureuse et progressive, très différente de celle d’une verrue vulgaire du dos de la main.

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Verrues autour de l'ongle - aspect clinique typique
Verrues péri-unguéales : aspect clinique typique autour du repli latéral de l’ongle
Verrue sous l'ongle, forme subunguéale difficile à traiter
Verrue subunguéale (sous l’ongle) – la localisation la plus difficile à traiter

Sommaire :
Causes et facteurs de risque |
Aspect clinique et dermoscopie |
Diagnostic différentiel |
Traitements |
Algorithme thérapeutique |
Signaux d’alarme |
Questions fréquentes

Causes et facteurs de risque des verrues péri-unguéales

Les verrues péri-unguéales sont dues aux papillomavirus humains (HPV) de types 1, 2 et 4, identiques à ceux responsables des verrues vulgaires du dos de la main. Le virus pénètre par des micro-effractions cutanées dans les replis de l’ongle – une zone particulièrement exposée aux petites plaies et à la macération.

Onychophagie : le principal facteur de risque

Se ronger les ongles (onychophagie) est le facteur de risque le plus directement impliqué. Cette habitude crée continuellement des microlésions dans le repli périunguéal qui constituent des portes d’entrée privilégiées pour le HPV. Tirer les petites peaux autour des ongles (envies) produit le même effet. La contamination est ensuite souvent auto-inoculatoire : la verrue d’un doigt se propage aux autres doigts par contact direct lors des gestes de rongeage ou de manipulation.

Autres facteurs favorisants

Facteur Mécanisme
Onychophagie / envies Microlésions chroniques = porte d’entrée HPV – facteur principal chez l’enfant
Macération / travail à l’eau Fragilisation de la barrière cutanée péri-unguéale – coiffeurs, cuisiniers, soignants
Traumatismes répétés Activités manuelles intenses – mécaniciens, jardiniers, musiciens
Immunodépression Verrues multiples, étendues, résistantes aux traitements habituels – 40 % des patients greffés développent des verrues
Âge Pic d’incidence entre 12 et 16 ans – régression plus fréquente chez l’enfant que chez l’adulte

Aspect clinique et dermoscopie

Présentation clinique

Les verrues péri-unguéales se présentent comme des papules hyperkératosiques, végétantes, à surface irrégulière et rugueuse, siégeant dans les replis latéraux, sous le bord libre de l’ongle ou dans le repli proximal. Elles peuvent être uniques ou multiples, discrètes ou confluentes en plaques. Leur couleur va du blanc-grisâtre au brun selon le degré de kératinisation.

Trois localisations méritent d’être distinguées car elles n’ont pas le même pronostic thérapeutique :

Localisation Description Difficulté thérapeutique
Péri-unguéale stricte Replis latéraux et proximal autour de l’ongle Modérée – accessible aux topiques et à la cryothérapie
Subunguéale Sous le bord libre de l’ongle – soulève la tablette Élevée – topiques peu pénétrants, cryothérapie difficile
Proximale / matricielle Très proche de la zone de croissance de l’ongle Très élevée – risque de dystrophie unguéale permanente si traitement agressif

Deux signes cliniques associés doivent toujours être recherchés : une onycholyse (décollement de l’ongle de son lit, signe d’extension subunguéale) et une dystrophie unguéale (déformation de l’ongle, signe d’atteinte matricielle).

Dermoscopie des verrues péri-unguéales

La dermoscopie est un outil diagnostique précieux pour les verrues de l’appareil unguéal. Elle révèle une surface papillomateuse avec des vaisseaux punctiformes rouges ou noirs (capillaires thrombosés) disposés de façon régulière. Ces points noirs ou rouges sont caractéristiques des verrues et permettent de les distinguer de :

  • Un cor ou durillon (hyperkératose sans vaisseaux)
  • Un fibrome péri-unguéal (vaisseaux linéaires, non punctiformes)
  • Un carcinome épidermoïde (vaisseaux irréguliers, atypiques – biopsie indispensable)
Ce que révèle la dermoscopie : les petits points noirs visibles au centre d’une verrue péri-unguéale correspondent à des capillaires thrombosés (vaisseaux sanguins bouchés). Ils signent l’origine HPV de la lésion. S’ils disparaissent après traitement et que la surface reprend un aspect normal avec des dermatoglyphes (lignes cutanées), c’est un signe de guérison.

Diagnostic différentiel : ce qu’il ne faut pas confondre

Diagnostic Arguments cliniques distinctifs Conduite à tenir
Cor / durillon sous-unguéal Lisse, translucide, douloureux à la pression verticale, sans points noirs – pas d’HPV Traitement mécanique (lime, kératolytiques)
Onychomycose (mycose de l’ongle) Onycholyse distale, ongle jaune-brun épaissi, friable – peut ressembler à une verrue subunguéale Prélèvement mycologique – antifongique si positif
Fibrome péri-unguéal (maladie de Koenen) Nodule ferme rose émergeant du repli proximal – peut orienter vers une sclérose tubéreuse Avis dermatologique systématique
Carcinome épidermoïde péri-unguéal Signal d’alarme majeur – lésion chronique, résistante, qui ne régresse pas, saigne, détruit progressivement l’ongle – HPV 16/18 Biopsie obligatoire – ne jamais traiter indéfiniment une verrue récidivante sans biopsie
Kyste mucoïde péri-unguéal Tuméfaction translucide molle dans le repli proximal – contenu gélatineux Avis dermatologique – pas de traitement en automédication
Point crucial sur le carcinome épidermoïde péri-unguéal : c’est la complication la plus grave à ne pas manquer. Ce cancer lié aux HPV à haut risque (16, 18) peut mimer une verrue banale pendant des mois ou des années. Les signaux d’alarme sont : absence de régression malgré des traitements répétés bien conduits, croissance progressive, saignement spontané, déformation ou destruction de l’ongle, ulcération. Tout doute impose une biopsie.

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Traitements des verrues péri-unguéales

Aucun traitement ne garantit la guérison à 100 %. L’objectif est d’obtenir la disparition complète de la lésion avec un minimum de risque pour l’appareil unguéal. Le choix du traitement dépend du nombre de verrues, de leur localisation précise par rapport à la matrice, de l’âge du patient et des traitements déjà essayés.

Traitement de 1re intention : kératolytiques (acide salicylique)

L’acide salicylique concentré (15 à 25 %, parfois jusqu’à 50 % en préparation magistrale) reste le traitement de référence en première intention. Son application quotidienne après abrasion mécanique de la kératine permet une destruction progressive de la verrue sans risque pour la matrice. Les préparations disponibles sans ordonnance (Wartner®, Basiron® ou préparations magistrales à l’acide salicylique) sont efficaces pour les verrues récentes de taille modeste.

Technique d’application optimale : après un bain de mains de 5 minutes (ramollissement), abraser soigneusement la surface de la verrue avec une lime à ongles en carton à usage unique. Appliquer le produit kératolytique sur la verrue en protégeant la peau saine avec du vernis incolore (Verlim3®) ou du sparadrap. Renouveler chaque jour. Poursuivre jusqu’à la réapparition des dermatoglyphes (lignes cutanées normales) – soit en général 4 à 8 semaines.

Cryothérapie à l’azote liquide – précautions autour de l’ongle

La cryothérapie à l’azote liquide (−196 °C) est le traitement de référence réalisé en cabinet. Elle détruit la verrue par congélation. Autour de l’ongle, elle exige une précaution particulière : un temps de contact excessif ou répété proche du repli proximal risque d’endommager la matrice de l’ongle et d’entraîner une dystrophie unguéale permanente (onychodystrophie). Le dermatologue adapte le temps d’application en conséquence.

La cryothérapie se réalise en plusieurs séances espacées de 2 à 3 semaines. Elle est efficace dans 60 à 70 % des cas selon les études sur les verrues vulgaires ; le taux est généralement moins favorable pour les verrues péri-unguéales en raison de leur épaisseur et de leur localisation difficile d’accès.

Bléomycine intralésionnelle – option pour les formes résistantes

La bléomycine intralésionnelle est une option de choix pour les verrues péri-unguéales résistantes aux traitements topiques et à la cryothérapie répétée. Il s’agit d’une injection directement dans la verrue d’un agent cytotoxique (bléomycine à 1 U/mL) réalisée par le dermatologue sous anesthésie locale. Son mode d’action repose sur la destruction spécifique des cellules infectées par le HPV.

Les données publiées sur les verrues palmo-plantaires et péri-unguéales résistantes montrent un taux de réponse complète supérieur à 80 % avec la bléomycine intralésionnelle. C’est l’une des options les mieux documentées pour les formes difficiles. La principale complication est une douleur post-injection intense et la formation transitoire d’une bulle hémorragique – sans risque systémique aux doses utilisées en dermatologie.

5-Fluorouracile (5-FU) topique

Le 5-FU en crème (disponible en préparation magistrale) est une alternative aux kératolytiques pour les verrues récidivantes ou multiples. Son application sous occlusion nocturne améliore la pénétration. Il est parfois associé à la cryothérapie pour une action synergique. Son utilisation est hors AMM dans cette indication.

Autres options disponibles

Traitement Indication / Particularité Statut
Imiquimod 5 % (Aldara®) Immunomodulateur – utile dans les formes récidivantes ou chez l’immunodéprimé Hors AMM dans cette indication
Laser CO₂ Vaporisation précise – efficace pour les verrues multiples – réservé aux formes résistantes Acte dermatologique, séances 1 à 3
Électrocoagulation / curetage Efficace mais risque cicatriciel – utilisé pour les lésions volumineuses isolées Acte dermatologique – anesthésie locale requise
Injection d’antigène (candidine, vaccin MMR) Immunothérapie intralésionnelle – efficace dans les formes multiples et récidivantes Hors AMM – données favorables dans les revues récentes

Algorithme thérapeutique selon la forme clinique

L’approche thérapeutique se structure en fonction du nombre de lésions et des traitements déjà essayés – une logique progressive qui limite le risque de dystrophie unguéale tout en maximisant les chances de guérison :

Situation clinique 1re intention 2e intention (si échec à 8 semaines)
1 à 4 verrues péri-unguéales récentes Acide salicylique 15–25 % quotidien + abrasion Cryothérapie professionnelle (séances toutes les 2–3 semaines)
Plus de 4 verrues ou forme étendue Cryothérapie + acide salicylique en inter-séances Bléomycine intralésionnelle ou laser CO₂
Verrue subunguéale isolée Cryothérapie prudente ± acide salicylique Bléomycine intralésionnelle – consultation dermatologique impérative
Forme résistante (≥ 2 traitements bien conduits) Bléomycine intralésionnelle Laser CO₂, 5-FU, immunothérapie – biopsie si doute diagnostique
Patient immunodéprimé Avis dermatologique d’emblée – formes souvent multiples et récidivantes Imiquimod, bléomycine, laser – prise en charge spécialisée
Règle d’or : toute verrue péri-unguéale en cours de traitement doit être revue à 8 semaines. Si elle n’a pas diminué de taille de façon significative, il faut passer à l’option suivante de l’algorithme – et non multiplier indéfiniment le même traitement inefficace.

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Consultez un dermatologue sans attendre si :

  • La lésion péri-unguéale ne régresse pas malgré 2 traitements bien conduits de 8 semaines chacun – risque de carcinome épidermoïde HPV 16/18 à écarter par biopsie
  • L’ongle se déforme progressivement, se décolle ou présente une destruction partielle
  • La lésion saigne spontanément ou est ulcérée – signe d’alarme majeur
  • Apparition de verrues multiples et extensives sur plusieurs doigts – peut révéler une immunodépression (bilan immunologique indiqué)
  • Douleur au repos, non liée au traitement en cours

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Questions fréquentes sur les verrues de l’ongle

Pourquoi les verrues autour des ongles sont-elles si difficiles à traiter ?

Les verrues péri-unguéales sont situées dans une zone mal vascularisée, difficile d’accès pour les traitements topiques, avec un épiderme épais. L’extension sous le bord de l’ongle (forme subunguéale) complique encore le traitement. Le taux de récidive est plus élevé qu’ailleurs : 20 à 30 % après un premier traitement bien conduit, contre environ 15 % pour les verrues vulgaires du dos de la main.

Les verrues de l’ongle peuvent-elles endommager l’ongle définitivement ?

Oui, dans deux situations. Premièrement, si la verrue atteint la matrice (zone de croissance sous le repli proximal), elle peut provoquer une dystrophie unguéale permanente. Deuxièmement, un traitement trop agressif – notamment une cryothérapie prolongée appliquée trop près de la matrice – peut lui-même causer cette dystrophie. C’est une raison importante pour confier les verrues proches de la matrice à un dermatologue.

Comment reconnaître une verrue péri-unguéale en dermoscopie ?

En dermoscopie, les verrues péri-unguéales montrent une surface papillomateuse avec des vaisseaux en points rouges ou noirs (capillaires thrombosés) disposés régulièrement. Ces points noirs, caractéristiques des verrues, permettent de les distinguer d’un cor ou d’une hyperkératose réactionnelle, qui n’en présentent pas. La disparition de ces points après traitement est un signe de guérison en cours.

Quel traitement pour une verrue sous l’ongle ?

La verrue subunguéale est la localisation la plus difficile. Les options sont l’acide salicylique concentré appliqué après abrasion, la cryothérapie prudente, ou la bléomycine intralésionnelle (injection réalisée par le dermatologue). La bléomycine montre un taux de réponse supérieur à 80 % dans les formes résistantes selon les études publiées. Un avis dermatologique est indispensable pour les verrues subunguéales.

Une verrue autour de l’ongle peut-elle devenir un cancer ?

C’est exceptionnel mais documenté et à ne pas manquer. Un carcinome épidermoïde péri-unguéal lié aux HPV 16 ou 18 peut mimer une verrue banale résistante pendant des mois. Il ne régresse pas, grossit, saigne parfois spontanément, et peut détruire progressivement l’ongle. Toute lésion verruqueuse péri-unguéale chronique qui résiste à deux traitements bien conduits doit être biopsiée.

Les verrues autour des ongles sont-elles liées à l’onychophagie ?

Oui, directement. L’onychophagie crée des micro-lésions cutanées autour du repli unguéal qui constituent des portes d’entrée pour le papillomavirus HPV. Les patients qui se rongent les ongles ont un risque significativement plus élevé de développer des verrues péri-unguéales et de les voir récidiver. Arrêter cette habitude est une mesure de prévention essentielle, en parallèle du traitement.

Acide salicylique ou azote liquide pour les verrues péri-unguéales ?

Pour 1 à 4 verrues péri-unguéales récentes, l’acide salicylique concentré (15–25 %) est la première intention, moins risqué pour l’ongle. Au-delà de 4 lésions, ou après échec à 8 semaines, la cryothérapie professionnelle ou la bléomycine intralésionnelle sont préférées. La cryothérapie doit être réalisée avec prudence à proximité de la matrice unguéale pour éviter une dystrophie définitive.

Comment ne pas confondre une verrue sous l’ongle avec une mycose ?

L’onychomycose (mycose de l’ongle) se distingue en général par un ongle jaune-brun, épaissi, friable, avec une onycholyse débutant par le bord libre – et sans excroissance hyperkératosique visible sur les replis. La verrue subunguéale soulève plutôt la tablette unguéale par une masse ferme. En cas de doute, un prélèvement mycologique et une dermoscopie permettent de trancher. Ne jamais traiter indéfiniment sans diagnostic certain.

Voir aussi :
Verrues : vue d’ensemble |
Verrues des mains et des doigts |
Traitements des verrues |
Traitements naturels des verrues |
Verrues et condylomes |
Se ronger les ongles

Références scientifiques

  1. Tosti A, Piraccini BM. Warts of the nail unit: surgical and nonsurgical approaches. Dermatol Surg. 2001;27(3):235-239. PMID 11277888
  2. Marahatta S, Khadka DK, Agrawal S, Rijal A. Intralesional bleomycin for the treatment of resistant palmoplantar and periungual warts. Dermatol Res Pract. 2021;2021:8655004. PMID 34707655
  3. Mullen SA, Myers EL, Brenner RL, et al. Systematic review of intralesional therapies for cutaneous warts. JID Innov. 2024;4(3):100264. PMID 38585192

Source : HAS – Verrues cutanées : recommandations de la Haute Autorité de Santé

Mononucléose infectieuse : symptômes, traitement, éruption, complications

Mononucléose infectieuse et éruption cutanée : reconnaître le rash EBV en 2026

La mononucléose infectieuse (MNI) provoque une éruption cutanée dans 5 à 20 % des cas sans traitement – et jusqu’à 80–100 % des cas si de l’amoxicilline est prescrite pendant la phase aiguë. Ce rash maculopapuleux, non allergique, touche principalement le tronc et les membres. Un purpura palatin est quasi-pathognomonique. Reconnaître ces lésions évite un diagnostic erroné d’allergie médicamenteuse et un bilan allergologique inutile.

En un coup d’œil – orientation clinique

  • Rash maculopapuleux spontané → 5–20 % des MNI, tronc et membres, non prurigineux, dure ~7 jours
  • Rash après amoxicilline → 80–100 % des MNI sous aminopénicillines – ce n’est pas une allergie
  • Purpura palatin → très évocateur de MNI, voile du palais, premiers jours
  • Syndrome de Gianotti-Crosti → chez l’enfant, acrolocalisé, papules symétriues
  • Bilan → NFS + MNI-test ± sérologie EBV (IgM anti-VCA)

Sommaire : EBV et la peau · Éruption spontanée · Rash à l’amoxicilline · Purpura palatin · Gianotti-Crosti · Diagnostic biologique · Diagnostics différentiels · Prise en charge · FAQ

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Virus Epstein-Barr et peau : comment l’EBV provoque-t-il des lésions cutanées ?

La mononucléose infectieuse est la traduction symptomatique de la primo-infection par le virus Epstein-Barr (EBV), un herpèsvirus ubiquitaire. Environ 90 % des adultes dans le monde sont porteurs du virus à l’état latent, le plus souvent après une infection contractée dans l’enfance ou à l’adolescence.

Après une incubation de 4 à 8 semaines, le virus infecte les lymphocytes B circulants. La réponse immunitaire cytotoxique des lymphocytes T, massivement activée, est responsable de la quasi-totalité des symptômes – y compris des manifestations cutanées. Ces lésions dermatologiques ne sont donc pas liées à un effet cytopathique direct du virus sur la peau, mais à la réponse inflammatoire systémique.

La triade classique associe :

  • Fièvre à 38–40 °C, asthénie profonde, myalgies
  • Angine érythémato-pultacée ou pseudo-membraneuse, odynophagie intense
  • Adénopathies cervicales postérieures bilatérales, fermes et sensibles

Les manifestations cutanées (exanthème, purpura palatin, oedème palpébral) s’y ajoutent dans une proportion variable selon la forme clinique et les traitements reçus.

L’exanthème spontané de la mononucléose : aspect clinique

En l’absence de toute antibiothérapie, une éruption cutanée est observée chez 5 à 20 % des patients atteints de mononucléose infectieuse. Les données récentes suggèrent que ce chiffre pourrait être sous-estimé dans les formes peu symptomatiques.

Morphologie et topographie

L’exanthème spontané de la MNI est de type maculopapuleux polymorphe, composé de macules érythémateuses planes (pouvant coalescer en plaques) et de papules légèrement en relief. Il débute habituellement sur le tronc et les membres supérieurs, parfois le visage, avant de s’étendre aux avant-bras quelques jours plus tard. Le rash est rarement prurigineux.

Évolution

L’éruption dure en général 5 à 7 jours et régresse spontanément sans traitement dermatologique. Elle peut être discrète et passer inaperçue, ou plus marquée avec de vastes plaques confluentes. Des formes morbiliforme (ressemblant à la rougeole), scarlatiniforme ou papulovésiculeuse sont décrites plus rarement.

⚠ À ne pas confondre : une éruption maculopapuleuse fébrile chez un adolescent ayant pris de l’amoxicilline pour une « angine » doit d’abord faire évoquer une mononucléose – et non une allergie aux pénicillines. Un bilan biologique simple (NFS, MNI-test) permet d’orienter le diagnostic.

Le rash à l’amoxicilline dans la mononucléose : mécanisme, aspect et conduite à tenir

C’est la manifestation cutanée la plus connue et la plus fréquente de la mononucléose infectieuse. Lorsque des aminopénicillines (amoxicilline, ampicilline) sont prescrites à un patient en phase aiguë d’infection EBV – situation classique devant une angine diagnostiquée à tort comme bactérienne – une éruption cutanée survient dans 80 à 100 % des cas.

Ce n’est pas une allergie vraie

Ce point est fondamental en pratique clinique. Le rash à l’amoxicilline dans la mononucléose n’est pas une hypersensibilité vraie à la pénicilline. Il ne traduit pas une sensibilisation immunologique définitive. Le mécanisme précis reste débattu : il implique vraisemblablement une interaction directe entre l’amoxicilline et les lymphocytes B infectés par l’EBV, favorisant la réplication virale et une réponse inflammatoire cutanée exacerbée.

La conséquence pratique est importante : ce rash n’est en général pas une contre-indication définitive à l’utilisation future de l’amoxicilline, à distance de l’épisode de mononucléose. Un avis allergologique reste conseillé si la réaction a été sévère ou si le doute diagnostique persiste.

Aspect clinique du rash à l’amoxicilline

L’éruption apparaît 5 à 10 jours après le début du traitement. Elle est de type maculopapuleux ou morbilliforme, diffuse, touchant préférentiellement les surfaces extenseurs des membres et les zones de pression. Elle peut être intensément érythémateuse et s’étend rapidement en quelques heures. Elle est plus marquée et plus étendue que le rash spontané de la MNI.

Tableau comparatif : rash spontané vs rash à l’amoxicilline

Caractéristique Rash spontané MNI Rash à l’amoxicilline (MNI)
Fréquence 5–20 % des MNI 80–100 % des MNI sous aminopénicillines
Morphologie Maculopapuleux discret, polymorphe Maculopapuleux diffus, morbilliforme, plus confluent
Topographie Tronc, membres supérieurs, visage Surfaces extenseurs, zones de pression, diffus
Prurit Absent ou discret Variable, parfois modéré
Délai d’apparition Phase aiguë de la MNI 5–10 jours après introduction de l’antibiotique
Durée ~5–7 jours 7–14 jours après arrêt de l’antibiotique
Allergie vraie ? Non applicable Non – pas de contre-indication définitive à l’amoxicilline
Traitement Symptomatique (antihistaminique si prurit) Arrêt de l’antibiotique + symptomatique
✔ Conduite à tenir validée : devant tout rash maculopapuleux fébrile sous amoxicilline chez un adolescent ou jeune adulte, réaliser systématiquement NFS + MNI-test avant de conclure à une allergie aux pénicillines. Une allergie étiquetée à tort peut pénaliser le patient pour des années.

Purpura palatin : le signe cutanéo-muqueux quasi-pathognomonique

Moins connu du grand public mais très familier des cliniciens expérimentés, le purpura pétéchial du voile du palais est un signe très évocateur, voire quasi-pathognomonique, de mononucléose infectieuse. Il s’agit de petites pétéchies (points rouges ne blanchissant pas à la pression), groupées à la jonction du palais dur et du palais mou.

Ce purpura palatin s’observe dans les premiers jours de la maladie, souvent associé à un œdème de la luette et à une angine érythémato-pultacée. Sa présence oriente fortement vers la MNI et doit faire interrompre toute prescription d’aminopénicillines avant la confirmation biologique.

Une thrombopénie modérée est fréquente dans la MNI (plaquettes à 100–150 G/L) et contribue à ce purpura. Elle est en règle bénigne et se résout spontanément. Une thrombopénie sévère (<50 G/L) est rare et justifie une surveillance.

Syndrome de Gianotti-Crosti associé à l’EBV chez l’enfant

Chez l’enfant en bas âge, la primo-infection EBV peut se manifester par un syndrome de Gianotti-Crosti (acrodermatite papuleuse infantile), une éruption cutanée distinctive différente du rash classique de l’adulte.

Présentation clinique

L’éruption est constituée de papules ou papulovésicules érythémateuses, monomorphes, symétriques, localisées préférentiellement sur le visage (joues), les fesses, et les membres (distribution acrale). Le tronc est typiquement respecté. Cette localisation particulière contraste avec les exanthèmes viraux classiques.

Le tableau est complété par des adénopathies superficielles et une hépatomégalie modérée. L’éruption se résout spontanément en 2 à 8 semaines sans traitement spécifique.

EBV parmi les causes du Gianotti-Crosti

L’EBV est l’une des principales causes infectieuses du syndrome de Gianotti-Crosti, aux côtés du virus de l’hépatite B, du cytomégalovirus (CMV), du virus Coxsackie et d’autres herpèsvirus. Des cas liés à une réactivation EBV (et non une primo-infection) ont été décrits, la réactivation pouvant déclencher le même tableau clinique que la primo-infection.

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Diagnostic biologique de la mononucléose infectieuse

Le diagnostic repose sur l’association de données cliniques, biologiques et sérologiques.

Numération formule sanguine (NFS)

La NFS montre un syndrome mononucléosique : hyperlymphocytose avec plus de 10 % de grands lymphocytes atypiques (lymphocytes T activés, au cytoplasme hyperbasophile). Une thrombopénie modérée est fréquente. Une cytolyse hépatique (ASAT/ALAT élevées) est présente dans la majorité des cas.

MNI-test (test de Paul-Bunnel-Davidsohn)

Ce test rapide de détection d’agglutinines hétérophiles est positif dès la 1re semaine dans environ 75 % des cas. Il est simple, peu coûteux et réalisable en cabinet. Sa sensibilité est bonne chez l’adulte mais plus faible chez l’enfant de moins de 4 ans. Un résultat négatif n’exclut pas la MNI.

Sérologie EBV

En cas de MNI-test négatif avec forte suspicion clinique, la sérologie EBV est réalisée :

  • IgM anti-VCA (anti-viral capsid antigen) : positives dans les 3 premiers mois de la primo-infection → signe de primo-infection récente
  • IgG anti-EBNA (anti-Epstein Barr nuclear antigen) : négatives dans les 3 premiers mois → leur présence d’emblée oriente vers une infection ancienne
  • IgG anti-VCA : persistantes toute la vie, marqueur d’infection ancienne ou récente

Marqueur Primo-infection récente Infection ancienne Réactivation
IgM anti-VCA Positives Négatives Parfois positives
IgG anti-VCA Positives (en hausse) Positives (stables) Positives (en hausse)
IgG anti-EBNA Négatives (<3 mois) Positives Positives
MNI-test Positif (75 % à S1) Négatif Variable

Diagnostics différentiels des éruptions de la mononucléose

Plusieurs pathologies peuvent mimer le rash de la mononucléose et doivent être évoquées selon le contexte :

Pathologie Arguments en faveur Arguments contre MNI
Herpès disséminé Vésicules, érosions muqueuses, contexte immunodépression Pas d’adénopathies cervicales massives
Rougeole Signe de Köplik, toux, conjonctivite, non vacciné Pas d’angine pultacée, pas de syndrome mononucléosique
Rubéole Rash débutant au visage, adénopathies occipitales Fièvre modérée, pas d’angine sévère
Toxidermie allergique vraie Prurit intense, urticaire, pas de fièvre ou fièvre modérée Pas de syndrome mononucléosique biologique
Primo-infection VIH Syndrome mononucléosique, rash, ulcérations muqueuses Sérologie EBV négative, sérologie VIH positive
Primo-infection CMV Syndrome mononucléosique, adénopathies, asthénie Angine moins sévère, MNI-test négatif, sérologie CMV positive
Mégalérythème épidémique (Parvovirus B19) Joues soufflées, enfant, rash réticulé membres Pas d’angine, pas d’adénopathies massives
DRESS (toxidermie grave) Fièvre élevée, érythrodermie, hyperéosinophilie, atteinte viscérale Tableau plus sévère, éosinophilie marquée
🔴 Signe d’alarme : toute éruption bulleuse, avec décollements cutanés, érosions muqueuses diffuses ou syndrome de Stevens-Johnson doit faire rechercher une autre étiologie (DRESS, TEN) et imposer une prise en charge spécialisée urgente. Ces formes graves ne sont pas caractéristiques de la MNI non compliquée.

Prise en charge dermatologique : traitement du rash de mononucléose

Traitement symptomatique de l’éruption

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique recommandé dans les formes non compliquées de mononucléose. La prise en charge de l’éruption cutanée est symptomatique :

  • Arrêt immédiat de l’amoxicilline ou de l’ampicilline si elles ont été prescrites
  • Antihistaminiques oraux si prurit marqué
  • Émollients doux si xérose cutanée associée
  • Pas de corticothérapie topique ni systémique pour le rash seul

Antibiotiques : que prescrire en cas de surinfection bactérienne ?

Si une surinfection streptococcique de l’angine est confirmée, les aminopénicillines sont à éviter. On privilégie d’autres antibiotiques selon l’antibiogramme : macrolides, céphalosporines de 1re génération (en sachant que les céphalosporines peuvent également induire un rash dans ce contexte, quoique plus rarement).

Quand les corticoïdes systémiques sont-ils indiqués ?

Les corticoïdes systémiques (prednisone 5–10 jours) sont réservés aux formes sévères avec risque d’obstruction des voies aériennes supérieures, hépatite grave, thrombopénie sévère ou complications neurologiques. Ils ne sont pas indiqués pour le seul rash cutané.

Sport et activité physique

L’arrêt du sport doit être strict pendant au moins 4 à 6 semaines en cas de splénomégalie confirmée, en raison du risque – rare mais potentiellement grave – de rupture splénique. Un contrôle médical est nécessaire avant la reprise des activités.

Risques à long terme de l’infection EBV : ce que les études montrent

Dans l’immense majorité des cas, la mononucléose infectieuse guérit sans séquelle. Mais le virus Epstein-Barr, une fois installé à l’état latent dans les lymphocytes B, ne disparaît jamais complètement. Des décennies de recherche épidémiologique ont établi des associations significatives entre l’EBV et plusieurs pathologies à long terme – oncologiques, auto-immunes et neurologiques.

Point de méthode : les statistiques ci-dessous reflètent des risques relatifs populationnels, pas des probabilités individuelles. La grande majorité des porteurs d’EBV ne développeront aucune de ces complications. Ces données s’adressent à des patients qui souhaitent comprendre – non à générer une inquiétude disproportionnée.

Lymphomes associés à l’EBV

L’EBV est détecté dans les cellules tumorales d’environ 30 à 50 % des lymphomes de Hodgkin (maladie de Hodgkin) selon les séries, avec une variabilité géographique importante. La fraction attribuable à l’EBV est plus élevée dans les formes à cellularité mixte et chez les patients plus âgés ou immunodéprimés. Le risque absolu reste faible : une cohorte suédoise portant sur plus de 38 000 cas de MNI (Hjalgrim et al., N Engl J Med, 2003) a montré un risque multiplié par 3 à 4 de développer un lymphome de Hodgkin dans les 5 ans suivant la MNI.

Le lymphome de Burkitt est positivement associé à l’EBV dans sa forme endémique africaine (> 95 % des cas EBV+), et dans une moindre mesure dans les formes sporadiques (15–30 %). Le lymphome diffus à grandes cellules B (DLBCL) est EBV-positif dans environ 5 à 10 % des cas dans les pays occidentaux.

Carcinome du nasopharynx

L’EBV est un co-facteur majeur du carcinome du nasopharynx (CNP), notamment de type indifférencié (OMS type III). Dans les zones d’endémie (Asie du Sud-Est, Maghreb), plus de 95 % des CNP sont EBV-positifs. En Europe occidentale, cette association est moins systématique mais reste documentée. Le mécanisme implique l’expression de protéines de latence virale (LMP1, LMP2A) qui activent des voies oncogènes comme NF-κB.

Maladies auto-immunes

L’hypothèse d’un rôle de l’EBV dans le déclenchement de maladies auto-immunes est ancienne, mais elle a été considérablement renforcée par une étude de grande envergure publiée en 2022 dans Science (Bjornevik et al.) portant sur 10 millions de militaires américains suivis sur 20 ans. Cette étude a montré que la sclérose en plaques (SEP) était précédée dans 100 % des cas d’une séroconversion EBV, et que le risque de SEP était multiplié par 32 après une MNI symptomatique. L’EBV n’est pas la seule cause de la SEP, mais il semble en être un facteur déclenchant nécessaire chez des sujets génétiquement prédisposés.

D’autres maladies auto-immunes sont associées à des titres élevés d’anticorps anti-EBV ou à une réactivation virale fréquente :

Pathologie auto-immune Données épidémiologiques Niveau de preuve
Sclérose en plaques (SEP) Risque × 32 après MNI symptomatique (Bjornevik, Science 2022) Élevé (cohorte prospective)
Lupus érythémateux systémique (LES) Titres IgA et IgG anti-VCA significativement plus élevés chez les patients lupiques ; EBV détecté dans les cellules B des patients LES Modéré (études cas-témoins)
Polyarthrite rhumatoïde (PR) Prévalence accrue d’anticorps anti-EBNA dans les PR ; réactivation EBV fréquente sous immunosuppresseurs Modéré
Thyroïdite de Hashimoto EBV détecté dans les cellules folliculaires thyroïdiennes dans certaines séries ; association sérologique documentée Faible à modéré
Syndrome de Sjögren primitif Réactivation EBV documentée dans les glandes salivaires ; rôle possible dans l’entretien de l’inflammation Faible à modéré

Syndrome de fatigue chronique post-MNI

Un sous-groupe de patients (estimé à 10–15 % dans les cohortes les mieux documentées) présente une asthénie prolongée de plus de 6 mois après une MNI aiguë. Ce tableau, parfois qualifié de « mononucléose chronique » ou de syndrome de fatigue post-infectieuse, est distinct du syndrome de fatigue chronique (SFC/EM) au sens strict, bien que l’EBV soit l’un des agents infectieux les plus fréquemment impliqués dans le déclenchement d’un SFC. Les mécanismes évoqués incluent une dysrégulation immunitaire persistante et une réactivation virale à bas bruit.

Manifestations cutanées tardives liées à l’EBV

Chez des patients immunodéprimés (transplantés, VIH, traitements biologiques), l’EBV peut se réactiver et donner des manifestations cutanées spécifiques :

  • Leucoplasie chevelue de la langue : plaques blanchâtres verruqueuses des bords de la langue, pathognomoniques d’une réplication active de l’EBV, classiquement observées en contexte d’infection VIH avancée
  • Lymphoproliférations cutanées EBV+ : rares, survenant principalement chez les transplantés sous immunosuppression lourde (syndrome lymphoprolifératif post-transplantation, PTLD)
  • Hydroa vacciniforme-like lymphoproliferative disorder : entité rare, principalement décrite en Asie et en Amérique latine chez l’enfant, associée à une réactivation EBV dans un contexte d’hypersensibilité aux piqûres de moustiques
⚠ Perspective clinique : ces associations statistiques ne doivent pas être présentées aux patients comme des fatalités. Le risque absolu individuel reste faible pour la grande majorité des personnes ayant eu une MNI. En revanche, elles justifient pleinement une consultation médicale rapide devant toute adénopathie persistante, tout signe neurologique ou toute asthénie inexpliquée survenant dans les mois ou années suivant un épisode de mononucléose documenté.

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Questions fréquentes sur la mononucléose et la peau

Est-ce que la mononucléose donne toujours une éruption cutanée ?

Non. En l’absence d’antibiothérapie, seulement 5 à 20 % des patients développent un exanthème spontané. Ce rash survient le plus souvent sur le tronc et les membres supérieurs, dure environ une semaine et disparaît sans traitement.

Pourquoi l’amoxicilline provoque-t-elle une éruption dans la mononucléose ?

Le mécanisme exact reste mal compris. Il ne s’agit pas d’une allergie vraie à la pénicilline mais d’une réaction liée à l’interaction entre l’amoxicilline et le virus EBV actif. Cette éruption survient dans 80 à 100 % des cas chez les patients sous aminopénicillines pendant la phase aiguë, et n’autorise généralement pas une contre-indication définitive à l’amoxicilline.

Comment distinguer le rash de la mononucléose d’une allergie à l’amoxicilline ?

Le rash mononucléosique lié à l’amoxicilline est maculopapuleux, diffus, non prurigineux ou peu prurigineux, et survient 5 à 10 jours après le début du traitement. L’allergie vraie est souvent urticarienne, très prurigineuse et peut survenir dès la première prise. Une sérologie EBV positive confirme l’origine infectieuse du rash.

La mononucléose peut-elle donner un purpura ?

Oui. Un purpura pétéchial du voile du palais est classique et très évocateur de mononucléose infectieuse. Il s’observe à la jonction du palais dur et du palais mou dans les premiers jours. Une thrombopénie modérée est fréquente et peut contribuer à ces lésions hémorragiques.

Qu’est-ce que le syndrome de Gianotti-Crosti lié à l’EBV ?

C’est une éruption papuleuse ou papulovésiculeuse symétrique touchant préférentiellement le visage, les fesses et les membres de l’enfant (acrodermatite papuleuse infantile). Elle est associée à une adénopathie et une hépatomégalie. Elle peut survenir lors d’une primo-infection EBV ou d’une réactivation, et se résout spontanément en quelques semaines.

Faut-il consulter un dermatologue pour une éruption de mononucléose ?

Si le diagnostic de mononucléose est confirmé et que l’éruption est maculopapuleuse sans signe de gravité (pas de décollements cutanés, pas d’érosions muqueuses, pas de bulles), une consultation de médecine générale suffit. La téléconsultation dermatologique est utile pour éliminer un diagnostic différentiel ou si l’éruption est atypique.

Peut-on reprendre l’amoxicilline après une mononucléose ?

Dans la majorité des cas, oui. Le rash lié à l’amoxicilline dans la mononucléose n’est pas une allergie vraie et ne contre-indique généralement pas la reprise de l’amoxicilline à distance de l’épisode infectieux. Un avis allergologique reste conseillé en cas de doute ou de réaction sévère.

Combien de temps dure l’éruption cutanée de la mononucléose ?

L’éruption spontanée de la mononucléose dure en général 5 à 7 jours et régresse spontanément. Le rash induit par l’amoxicilline peut être plus étendu et plus durable, mais se résout également sans traitement spécifique, souvent en 1 à 2 semaines après l’arrêt de l’antibiotique.

Sources scientifiques

  • Mergoum AM. Amoxicillin rash in infectious mononucleosis. N Engl J Med. 2021;385(11):1033. PMID 34496183
  • Kimura H et al. Gianotti-Crosti syndrome associated with EBV reactivation. Pediatr Dermatol. 2003. PMID 12835554
  • Collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales. Syndrome mononucléosique. ECN Pilly 2023.
  • RecoMédicales. Mononucléose infectieuse (MNI). Mis à jour mars 2026. recomedicales.fr
  • Karrer U, Nadal D. Virus d’Epstein-Barr et mononucléose infectieuse. Forum Med Suisse. 2014;14(11):226-232.
  • Case report : Amoxicillin-Clavulanic Acid-Induced Rash in EBV Infection. PMC. 2025. PMC12398297

Mis à jour mai 2026 – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.

 

Feu sauvage : cause, symptomes, traitement

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Mis à jour le 6 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Au Québec, le « feu sauvage » désigne le bouton de fièvre, c’est-à-dire l’herpès labial causé par le virus Herpes Simplex type 1 (HSV-1). Il touche 67 % des adultes séropositifs au HSV-1 en Amérique du Nord. Le traitement antiviral (valaciclovir) dès les premiers picotements réduit la durée de l’épisode de moitié. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Au Québec francophone, on appelle feu sauvage ce que l’on nomme « bouton de fièvre » en France hexagonale ou « herpès labial » dans le vocabulaire médical. C’est la même infection virale : le virus Herpes Simplex de type 1 (HSV-1), contracté le plus souvent dans l’enfance lors d’un bisou d’un adulte porteur.

Une fois contracté, le virus ne disparaît jamais – il reste latent dans les ganglions trigéminaux et se réactive à l’occasion de facteurs déclenchants (soleil, stress, fièvre, fatigue). En moyenne, les personnes touchées connaissent 2 à 4 récidives par an, soit l’apparition d’un « nouveau feu sauvage ».

Stade du feu sauvage Durée Que faire ?
1. Prodromes (picotements) 1–2 jours Prendre valaciclovir immédiatement
2. Vésicules en bouquet 2–3 jours Ne pas percer, éviter contacts
3. Ulcération 2–3 jours Antiviraux topiques, hygiène
4. Croûte et guérison 2–3 jours Crème cicatrisante, SPF lèvres
⚠️ Quand consulter en urgence :
Consultez d’urgence si : feu sauvage avec atteinte de l’œil (douleur, rougeur oculaire, vision floue – kératite herpétique), feu sauvage chez un nouveau-né (< 4 semaines), feu sauvage étendu chez une personne immunodéprimée, ou si vous avez de la fièvre et des maux de tête intenses (encéphalite herpétique rare mais grave). Ces situations nécessitent un traitement antiviral IV en urgence.

Questions fréquentes

Pourquoi dit-on « feu sauvage » au Québec ?

L’expression « feu sauvage » est utilisée au Québec, en Acadie et dans certaines régions de la francophonie canadienne pour désigner l’herpès labial – appelé « bouton de fièvre » en France ou « fièvre des lèvres » en Belgique. L’origine du terme évoque la sensation de brûlure intense et la façon dont les vésicules se propagent rapidement sur la lèvre, comme un feu qui se propage. C’est exactement la même infection à HSV-1.

Est-ce que le feu sauvage guérit tout seul ?

Oui, un épisode de feu sauvage guérit spontanément en 7 à 10 jours sans traitement. Cependant, le traitement antiviral (valaciclovir 2 g × 2 en une journée, ou aciclovir crème) pris dès les premiers picotements réduit la durée à 4 à 5 jours et atténue l’intensité des symptômes. Sans traitement, le virus reste latent et provoquera de nouvelles récidives. Il n’existe pas de traitement qui élimine définitivement le virus.

Le feu sauvage est-il très contagieux ?

Oui. HSV-1 se transmet par contact direct avec les lésions ou la salive : baisers, partage de verres ou couverts, contacts oro-génitaux. L’excrétion virale sans lésion visible (excrétion asymptomatique) survient 5 à 10 % du temps et peut contaminer un partenaire. Pendant la phase active (vésicules, ulcérations), éviter tout contact buccal, ne pas partager d’effets personnels, et se laver les mains fréquemment.

Quoi mettre sur un feu sauvage pour qu’il guérisse plus vite ?

Le traitement le plus efficace est le valaciclovir oral (en ordonnance) pris dès les prodromes. En vente libre : aciclovir crème 5 % appliquée 5 fois/jour dès les picotements, penciclovir 1 % crème (légèrement supérieur). Pour soulager : compresses froides, gel d’aloe vera pur, crème à la lysine. Éviter de toucher les lésions avec les doigts nus (risque d’inoculation oculaire ou génitale). Ne pas utiliser de cortisone sur un feu sauvage – elle aggrave l’infection.

Peut-on prévenir les récidives du feu sauvage ?

Oui, plusieurs stratégies réduisent les récidives : protection solaire SPF 50+ sur les lèvres (le soleil est un déclencheur majeur), gestion du stress, sommeil suffisant, renforcement immunitaire. En cas de récidives fréquentes (≥ 6/an), un traitement suppresseur par valaciclovir 500 mg/jour pris en continu réduit les récidives de 70 à 80 %. Ce traitement peut être maintenu 1 à 2 ans sous supervision médicale.

Le feu sauvage peut-il se transmettre aux parties génitales ?

Oui, par contact oro-génital. HSV-1 cause désormais 40 à 50 % des nouveaux cas d’herpès génital en Amérique du Nord. Lors d’un épisode actif de feu sauvage, les pratiques oro-génitales doivent être évitées. La transmission est possible même en l’absence de lésion visible. Informer son partenaire est important, surtout si ce dernier n’a jamais eu d’herpès.

Y a-t-il des remèdes naturels efficaces contre le feu sauvage ?

Certains remèdes populaires québécois montrent une efficacité modeste en études cliniques : la lysine (L-lysine 3000 mg/j) réduit la durée et la fréquence des récidives dans quelques essais randomisés. L’extrait de mélisse (Melissa officinalis) en crème topique a une légère activité antivirale. L’aloe vera soulage les brûlures. Ces approches sont complémentaires mais ne remplacent pas les antiviraux lors des poussées importantes.

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Sources et références médicales

Articles liés : Herpès labial (article complet), Herpès génital, Boutons autour de la bouche

Zona intercostal : douleurs du ventre et du dos, traitement

Zona intercostal, du dos et du ventre (zona des côtes)

En bref : Le zona intercostal représente environ 50 % des zonas et touche une ou plusieurs racines nerveuses des côtes (nerfs intercostaux), provoquant des douleurs intenses en ceinture – souvent avant l’éruption visible. Un traitement antiviral (valaciclovir) doit être débuté dans les 72 heures pour réduire le risque de douleurs post-zostériennes, complication présente chez 10 à 30 % des patients.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Vidéo : zona intercostal - Dr Rousseau, dermatologue Bordeaux

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Qu’est-ce que le zona intercostal ?

Le zona intercostal est la forme la plus fréquente de zona, représentant environ 50 % des cas. Il correspond à la réactivation du Virus Varicelle-Zona (VZV) au niveau d’un nerf intercostal – le nerf sensitif qui chemine entre deux côtes, de la colonne vertébrale jusqu’à la face antérieure du thorax ou de l’abdomen.

Comme toutes les formes de zona, il évolue en deux phases successives caractéristiques : une phase douloureuse précédant l’éruption, puis une phase éruptive cutanée. Ce décalage temporel entre douleur et éruption est un élément clé du diagnostic. Les symptômes restent strictement unilatéraux, confinés au territoire innervé par le nerf atteint.

💡 Signe diagnostique essentiel
Douleur thoracique ou abdominale unilatérale apparaissant 3 à 4 jours avant toute éruption cutanée visible → penser au zona intercostal. Ce tableau peut mimer une douleur cardiaque, pleurale ou abdominale et conduire à des explorations inutiles si le diagnostic n’est pas évoqué.


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Phase douloureuse

Le zona intercostal débute par une douleur thoracique unilatérale, pendant 3 à 4 jours avant l’apparition de toute lésion cutanée. Cette douleur est typiquement décrite comme :

  • Une brûlure ou sensation de cuisson le long d’une bande du thorax ou de l’abdomen
  • Des douleurs fulgurantes ou lancinantes, exacerbées au contact des vêtements
  • Parfois une simple hypersensibilité cutanée (allodynie) dans le territoire concerné

Des adénopathies axillaires (ganglions dans l’aisselle) peuvent être palpées du côté atteint. À ce stade sans éruption visible, le diagnostic est difficile et souvent évoqué à tort comme une douleur musculaire, une pleurite ou une pathologie cardiovasculaire.

Phase d’éruption du zona intercostal

L’éruption apparaît 3 à 4 jours après le début des douleurs. Elle est unilatérale, en bande, s’étendant en hémiceinture depuis la colonne vertébrale vers l’abdomen ou le thorax antérieur, en suivant le trajet du nerf intercostal concerné. Elle s’arrête strictement à la ligne médiane.

Zona intercostal
Zona intercostal

L’évolution des lésions suit une séquence caractéristique :

  1. Plaques érythémateuses (rougeurs) sur fond légèrement œdémateux
  2. Vésicules en bouquet sur fond rouge, pouvant confluer en bulles
  3. Trouble et flétrissement des vésicules en 2 à 3 jours
  4. Croûtes qui tombent en 10 à 15 jours

Quelques lésions satellites peuvent exceptionnellement apparaître du côté opposé, sans remettre en cause le caractère unilatéral dominant du tableau.

Zona sur le ventre
Zona sur le ventre
Zona du dos
Zona du dos

Évolution et cicatrisation

La guérison survient en 2 à 4 semaines. Elle laisse parfois des cicatrices séquellaires dans le territoire concerné :

  • Hyposensibilité (zone engoourdie, insensible au toucher)
  • Hypersensibilité persistante, pouvant évoluer vers des douleurs post-zostériennes (névralgie post-zostérienne)
🚨 Névralgie post-zostérienne
C’est la complication la plus redoutée du zona intercostal : des douleurs persistantes au-delà de 3 mois après la guérison cutanée, parfois très invalidantes. Elle survient surtout chez les patients de plus de 50 ans. Le traitement antiviral précoce (dans les 72 h) en réduit significativement le risque.

Soins locaux du zona intercostal

Les soins locaux visent principalement à prévenir la surinfection bactérienne des lésions vésiculeuses et bulleuses, qui pourrait retarder la cicatrisation et aggraver les douleurs.

  • Douche quotidienne avec un savon dermatologique doux (sans frotter les lésions)
  • Application d’un antiseptique local doux (chlorhexidine aqueuse de préférence) sur les vésicules
  • En cas de doute de surinfection bactérienne (lésions purulentes, croûtes mélicériques), sur moins de 2 % de la surface corporelle : application d’une crème antibiotique locale (Fucidine®) 3 fois par jour pendant une semaine
⚠ Surinfection étendue
En cas de surinfection bactérienne touchant plus de 2 % de la surface corporelle, ou d’extension rapide des signes infectieux (rougeur, chaleur, œdème progressifs), des antibiotiques par voie orale sont nécessaires. Consultez rapidement.

Soins généraux : antalgiques et antiviraux

Le zona typique guérit spontanément en quelques semaines. Le traitement systémique a pour objectif principal de réduire la durée et l’intensité des douleurs, et surtout de prévenir la névralgie post-zostérienne. Il doit impérativement être débuté dans les 72 premières heures suivant l’éruption.

Antalgiques

Des antalgiques par voie orale sont prescrits dès la phase douloureuse pour contrôler la douleur aiguë. Selon l’intensité, ils vont du paracétamol aux antalgiques de palier 2 ou 3. Des traitements adjuvants (antiépileptiques, antidépresseurs) peuvent être ajoutés d’emblée chez les patients à haut risque de névralgie post-zostérienne.

Antiviraux par voie orale

Les antiviraux (aciclovir, valaciclovir, famciclovir) réduisent la réplication virale, accélèrent la cicatrisation et diminuent le risque de névralgie post-zostérienne. La voie orale est la règle en ambulatoire ; la voie intraveineuse est réservée aux patients immunodéprimés et aux formes graves.

Situation Molécule Posologie Durée
Plus de 50 ans
(prévention névralgie post-zostérienne)
Valaciclovir 1 g × 3/j 7 jours
Famciclovir 500 mg × 3/j 7 jours
Aciclovir 800 mg × 5/j 7 jours
Moins de 50 ans
(si facteurs prédictifs de névralgie)
Valaciclovir 1 g × 3/j 7 jours
Famciclovir 500 mg × 3/j 7 jours
🚨 Fenêtre thérapeutique critique
L’efficacité des antiviraux est maximale lorsqu’ils sont débutés dans les 72 heures suivant l’apparition des premières vésicules. Au-delà, le bénéfice sur la prévention de la névralgie post-zostérienne diminue fortement. Ne tardez pas à consulter.

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⚠️ Consultez sans attendre si :

  • La douleur est très intense et vous empêche de dormir
  • Des vésicules apparaissent sur la poitrine, le dos ou le ventre
  • Vous avez plus de 50 ans ou un système immunitaire fragilisé
  • Vous n’avez pas reçu de traitement antiviral dans les 72 h après l’éruption
  • Les douleurs persistent plus de 3 mois après cicatrisation (névralgie post-zostérienne)

Questions fréquentes (FAQ)

Comment reconnaître un zona intercostal avant l’éruption ?

Une douleur thoracique ou abdominale unilatérale à type de brûlure, sans cause cardiaque ou pulmonaire identifiée, doit faire évoquer un zona intercostal débutant. L’éruption cutanée n’apparaissant que 3 à 4 jours après la douleur, le diagnostic précoce repose sur la clinique. Consultez rapidement pour ne pas manquer la fenêtre thérapeutique antivirale.

Le zona intercostal peut-il être confondu avec une crise cardiaque ?

Oui, notamment lorsqu’il touche le côté gauche du thorax. La douleur unilatérale et brûlante du zona peut mimer une douleur angineuse. L’absence de modification électrocardiographique et l’apparition secondaire d’une éruption cutanée en bande permettent de redresser le diagnostic.

Le zona intercostal est-il dangereux ?

Dans la grande majorité des cas, il guérit sans séquelles en 2 à 4 semaines. Le principal risque est la névralgie post-zostérienne, douleur chronique persistant au-delà de 3 mois, surtout après 50 ans. Un traitement antiviral précoce en réduit significativement l’incidence.

Peut-on travailler quand on a un zona intercostal ?

Cela dépend de l’intensité des douleurs et de la nature du travail. Un arrêt de travail est souvent justifié en phase aiguë. Les lésions cutanées vésiculeuses pouvant être contagieuses pour les personnes non immunisées contre la varicelle, évitez tout contact étroit avec des personnes à risque (femmes enceintes non immunisées, nourrissons, immunodéprimés).

Faut-il couvrir les lésions de zona ?

Oui, couvrir les lésions vésiculeuses avec un pansement non adhésif propre réduit le risque de transmission du VZV à l’entourage et protège les lésions d’une irritation mécanique par les vêtements. Évitez les pansements occlusifs qui macèrent.

Combien de temps dure la phase douloureuse du zona intercostal ?

La douleur aiguë cède généralement avec la disparition des lésions en 2 à 4 semaines. Lorsqu’elle persiste au-delà de 3 mois, on parle de névralgie post-zostérienne, qui nécessite une prise en charge spécifique (antiépileptiques, antidépresseurs tricycliques, patch de lidocaïne).


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Voir aussi : Le zona intercostal est une urgence thérapeutique relative : le traitement antiviral n’est efficace que s’il est débuté dans les 72 premières heures. En cas de douleur thoracique ou abdominale unilatérale inexpliquée, pensez au zona avant même l’apparition de l’éruption et consultez sans attendre.

Références scientifiques

  • Gnann JW Jr, Whitley RJ. Herpes zoster. N Engl J Med. 2002;347(5):340-346. PMID 12151472
  • Dworkin RH, Johnson RW, Breuer J, et al. Recommendations for the management of herpes zoster. Clin Infect Dis. 2007;44(Suppl 1):S1-26. PMID 17143845
  • Tyring SK, Beutner KR, Tucker BA, et al. Antiviral therapy for herpes zoster: randomized, controlled clinical trial of valacyclovir and famciclovir therapy in immunocompetent patients 50 years and older. Arch Fam Med. 2000;9(9):863-869. PMID 11031393
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Recommandations professionnelles – Prise en charge de la douleur post-zostérienne. has-sante.fr.
  • Société Française de Dermatologie (SFD). Recommandations de prise en charge du zona. sfdermato.org

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Avis Dr Rousseau dermatologue téléconsultation

Mis à jour le 11 avril 2025 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS)., Bordeaux.



Douleurs post zona : les douleurs post zostériennes

Dernière mise à jour : 4 mai 2026

Mis à jour le 6 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Les douleurs post-zostériennes (DPZ) touchent 10 à 15 % des patients après un zona, mais jusqu’à 30 % des plus de 60 ans. Elles persistent au moins 3 mois après la guérison des lésions cutanées et peuvent durer des années. Le traitement précoce du zona par antiviraux réduit le risque de DPZ de 50 %. La vaccination anti-zona réduit ce risque de 66 à 90 %. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Douleurs post zona
Il s’agit de douleurs persistant plus d’un mois après l’épisode de zona.

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Il s’agit de douleurs continues et/ou survenant par poussées, souvent
intolérables, ayant un retentissement important sur la qualité de vie.
Les douleurs postzostériennes favorisent l’apparition de dépression. Les douleurs post zona sont plus fréquentes chez les sujets âgés. En effet, 50 % des cas surviennent à 50 ans et 70 % des cas au-delà de 70 ans

Les douleurs seraient liées à des séquelles sur les nerfs (démyélinisation et fibrose cicatricielle au niveau des axones).

Facteurs de risque de douleurs post zona

  • Un âge du patient supérieur à 50 ans
  • Des douleurs intenses avant et lors de l’éruption de zona
  • Des lésions graves de zona lors de l’éruption (lésions nécrotiques, étendues… )
  • Le zona ophtalmique
  • La mise en place tardive du traitement du zona (après 72 h d’éruption)

Prevention des douleurs post zona

On prescrit le plus souvent des molécules antivirales par voie orale (la voie intraveineuse est le plus souvent réservée au patient immunodéprimé et aux formes graves de zona), telles que l’aciclovir ou le valaciclovir. Le traitement par voie orale doit idéalement être débuté dans les 72 premières heures après l’éruption du zona, et il est pris en géréral pendant une semaine à 10 j.

Le traitement zona par voie orale est indiqué notamment dans ces situations pour éviter les douleurs post zona :

  • Patient de plus de 50 ans en prévention des algies post-zostériennes :
    – soit valaciclovir, 1 g trois fois par jour per os pendant 7 jours
    – soit famciclovir, 500 mg trois fois par jour pendant 7 jours
    – soit aciclovir, 800 mg cinq fois par jour per os pendant 7 jours
  • Patient de moins de 50 ans s’il existe des facteurs prédictifs d’algies post-zostériennes :
    – soit valaciclovir, 1 g trois fois par jour per os pendant 7 jours
    – soit famciclovir, 500 mg trois fois par jour pendant 7 jours

Traitement des douleurs post zona


Lorsque les douleurs post zona sont diagnostiquées, elles sont le plus souvent traitées par des molécules telles que l’amitriptyline ou la gabapentine. Le médecin peut aussi prescrire en première intention des préparations locales à base de capsaicine ou des emplatres de lidocaine (Versatis®).

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⚠ Consultez rapidement si :

  • douleurs intenses (EVA ≥ 7) résistant aux antalgiques de palier 2
  • dépression ou impact sévère sur le sommeil et la qualité de vie
  • zona ophtalmique avec douleurs faciales persistantes
  • zona sur fond d’immunodépression non diagnostiquée

Questions fréquentes

Pourquoi le zona laisse-t-il des douleurs persistantes ?

Le zona résulte de la réactivation du virus varicelle-zona (VZV) dans les ganglions nerveux sensoriels. L’inflammation virale lèse les fibres nerveuses, provoquant une sensibilisation centrale et périphérique. Chez certains patients, cette lésion nerveuse persiste après la guérison cutanée, entraînant des douleurs neuropathiques chroniques (allodynie, brûlures, chocs électriques). L’âge avancé et la sévérité du zona aigu augmentent ce risque.

Combien de temps durent les douleurs après un zona ?

Par définition, les DPZ persistent plus de 3 mois après la guérison des lésions. Chez 50 % des patients, elles s’améliorent spontanément dans l’année. Chez 25 %, elles persistent 1 à 5 ans. Chez les patients de plus de 70 ans, elles peuvent durer indéfiniment. Sans traitement, la douleur tend à diminuer très lentement. Un traitement adapté améliore significativement la qualité de vie.

Quels médicaments traitent les douleurs post-zostériennes ?

Le traitement de première ligne combine : gabapentine (300 à 1800 mg/j) ou prégabaline (75 à 300 mg/j) pour la composante brûlante et les chocs électriques ; amitriptyline (25 à 75 mg/j, soir) pour la douleur nocturne ; lidocaïne 5 % patch (Versatis) appliqué sur la zone douloureuse (meilleure tolérance locale). En 2ème ligne : opioïdes faibles (tramadol), capsaïcine 8 % patch (Qutenza, 1 application/3 mois, très efficace sur douleur locale).

Les anti-douleurs classiques (ibuprofène, paracétamol) soulagent-ils les DPZ ?

Non, les antalgiques classiques (paracétamol, AINS) sont peu ou pas efficaces sur les douleurs neuropathiques post-zostériennes. Ces douleurs résultent d’une lésion nerveuse et non d’une inflammation tissulaire ordinaire. Elles nécessitent des médicaments spécifiques aux neuropathies : anticonvulsivants (gabapentine, prégabaline), antidépresseurs tricycliques ou IRSN (duloxétine).

Le vaccin contre le zona prévient-il les douleurs post-zostériennes ?

Oui, le vaccin Shingrix (zona recombinant adjuvanté, 2 doses) réduit le risque de zona de 90 % et le risque de DPZ de 88 à 91 % chez les plus de 50 ans, selon les essais cliniques de phase III. Il est recommandé et remboursé en France depuis 2024 pour les personnes de plus de 65 ans et les immunodéprimés dès 18 ans. Il est plus efficace que l’ancien vaccin Zostavax.

La kinésithérapie et l’acupuncture aident-elles pour les DPZ ?

La neurostimulation transcutanée (TENS) soulage 40 à 50 % des patients souffrant de DPZ dans des études randomisées. L’acupuncture montre des résultats positifs dans certaines méta-analyses (réduction de la douleur de 30 à 40 %). Ces approches non médicamenteuses peuvent être intéressantes en complément du traitement pharmacologique, en particulier chez les patients âgés qui tolèrent mal les médicaments neuropathiques.

Quelles sont les complications psychologiques des douleurs post-zostériennes ?

Les DPZ sévères entraînent dans 40 à 60 % des cas une dépression réactionnelle, des troubles du sommeil, un isolement social et une réduction des activités quotidiennes. L’impact sur la qualité de vie est comparable à celui d’une insuffisance cardiaque congestive. Une prise en charge psychologique (TCC de la douleur chronique, psychothérapie de soutien) améliore significativement les résultats globaux en association au traitement médicamenteux.

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Références médicales

Urticaire virale chez l’enfant : causes, évolution et prise en charge


Urticaire viral

Urticaire viral (plus fréquent chez l'enfant)
Urticaire viral (plus fréquent chez l’enfant)

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Le mot urticaire provient du latin « urtica » qui signifie ortie.

Elle a generalement l’aspect de boutons monomorphes ressemblant à des piqûres d’ortie qui très souvent démangent (démangeaisons), fugaces et évolutifs.

Les causes de l’urticaire sont nombreuses et parmi celles ci l’urticaire virale est assez peu fréquente, sauf chez l’enfant

Mis à jour le 18 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : L’urticaire virale représente environ 40 % des urticaires aiguës chez l’enfant de moins de 5 ans. Elle se manifeste par des plaques rouges fugaces (chaque lésion disparaît en moins de 24 h) dans les suites d’une infection virale banale (rhume, gastro). L’évolution est bénigne en 1 à 2 semaines ; le traitement repose sur les antihistaminiques H1 adaptés à l’âge.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Urticaire viral de l’enfant

De nombreuses infections virales peuvent provoquer une urticaire aigue, notamment chez l’enfant. On les suspecte notamment en cas de fièvre, de rhinopharyngite…

Urticaire viral de l’adulte

Chez l’adulte, les virus les plus fréquemment en cause sont ceux de l’hépatite (exemple : triade de Caroli (urticaire, arthralgies, maux de tete) prémonitoire d’une hépatite B), mais l’hépatite donne plutot des aspects d’urticaires de type systémique ou d’une urticaire au froid par cryoglobulinemie. (voir ces types d’urticaire)

Traitement de l’urticaire viral

Recherche de la cause

Le médecin va chercher la cause de l’urticaire et notamment la cause virale, surtout si l’urticaire dure plus de 6 semaines, par des sérologies sanguines

Eviter les facteurs favorisant l’urticaire

Les facteurs aggravant l’urticaire doivent être évités :

aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs :

  • Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, oeufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
  • Charcuterie : viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie
    emballée, gibier
  • Blanc d’oeuf
  • Fromages : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère,
    cheddar
  • Légumes : epinards, tomate, choux, choucroute, concombre
  • Fruits :fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
  • Boissons alcoolisées : bière, vin
  • Chocolat et cacao

aspirine ou anti-inflammatoires non stéroïdiens

Certains antihypertenseurs :

Inhibiteurs de l’enzyme de conversion

pouvant engendrer des angioedemes et

bétabloquants

pouvant rendre difficile la prise en charge d’une anaphylaxie

Eviter la cortisone s’il n’y a pas de signes de gravité (anaphylaxie… )

Les corticoïdes par voie générale ne sont pas indiqués dans le traitement de l’urticaire car ils exposent à un risque de rebond à l’arret.

Quand consulter en urgence ? Gonflement des lèvres, de la langue ou de la gorge, difficulté à respirer ou à avaler, pâleur intense, somnolence = signes d’anaphylaxie → appeler le 15 immédiatement. Ces signes peuvent évoluer très rapidement chez l’enfant.

Soigner l’urticaire virale aigue (crise depuis moins de 6 semaines)

Le traitement de l’urticaire non compliquée requiert généralement des antihistaminiques (traitement de l’allergie).

Certains d’entre eux provoquent une somnolence et nécessitent des précautions, en particulier déviter la conduite automobile.

Exemples de médicaments de l’allergie :
Aerius ®
Atarax ®
Clarityne ®
Kestin ®
Polaramine ®
Primalan ®
Telfast ®
Tinset ®
Virlix ®
Xyzall ®
Zyrtec ®

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Références

  • Sackesen C, et al. Etiology of different forms of urticaria in childhood. Pediatr Dermatol. 2004;21(2):102-8. PMID 15078352
  • Caffarelli C, et al. Urticaria in children. Pediatr Allergy Immunol. 2010;21:e123-e129. PMID 19594878
  • Zuberbier T, et al. EAACI/GA2LEN/EuroGuiDerm urticaria guideline 2022. Allergy. 2022;77(3):734-766. PMID 35080267
  • Haute Autorité de Santé. Urticaire – Recommandations HAS

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Zika : symptômes cutanés

Zika

Le moustique tigre transmet le Zika

Le virus Zika est présent en Amérique (Sud, Centrale et un peu au Nord), aux Antilles (Guadeloupe, Martinique, Saint Martin, Saint Barth… ) et en Polynésie (Tahiti).

Le virus Zyka est un arbovirus, qui fait partie du même groupe de virus que la dengue et le chikungunya. Il tire son nom de la forêt Zika en Ouganda.

Il est transmis par le moustique tigre (le « moustique de l’apéro » qui pique surtout en fin de journée)

Les signes cutanés sont souvent présents (90% des cas).

Symptomes

Symptomes du Zika

Fièvre avec maux de tête, douleurs articulaires et musculaires

Eruption de plaques et boutons rouges qui démangent le plus souvent, survenant au début au visage puis sur le reste du corps. Elles sont souvent groupées en paquets de plaques et boutons

Eruption au début sur le visage et le haut du tronc
Eruption de Zika

Yeux rouges dans environ la moitié des cas

Gonflement distal dans 20% des cas

Le Zyka guérit le plus souvent en une semaine

Traitement

Symptomatique à base de paracétamol (éviter l’aspirine par risque hémorragique et les anti inflammatoires)

Le virus est présent dans toutes les sécrétions, notamment sexuelles, ce qui conduit à recommander l’usage du préservatif pour les personnes
infectées (cas de transmission par le sperme) durant 3 mois.

Un cas décrit de transmission du Zyka chez une personne ayant rendu visite à un malade, donc y penser aussi chez des personnes n’ayant pas fait de voyage dans les zones d’endémie

En cas de Zika pendant la grossesse, le risque de microcéphalie du bébé est de 1%

Microcéphalie du nouveau-né en cas de Zika durant la grossesse

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Verrues chez l’enfant : traitements adaptés et conseils pour les parents

En bref : Les verrues sont très fréquentes chez l'enfant - elles concernent jusqu'à 20 % des enfants d'âge scolaire. Dues au papillomavirus humain (HPV), elles guérissent spontanément dans 65 % des cas en 2 ans sans traitement. Lorsqu'un traitement est nécessaire, l'acide salicylique en application quotidienne est le traitement de première intention, bien toléré et efficace à domicile. La cryothérapie reste une option, mais peut être douloureuse avant 6–7 ans.
- Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Sommaire :
Épidémiologie |
Formes cliniques |
Verrues et collectivité |
Traiter ou attendre ? |
Traitements adaptés à l’enfant |
Terrains particuliers |
Tableau récapitulatif |
Questions fréquentes

Pourquoi les verrues sont-elles si fréquentes chez l’enfant ?

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Les verrues touchent 10 à 20 % des enfants en âge scolaire, contre 5 à 10 % de la population générale. Cette surreprésentation s’explique par plusieurs facteurs combinés :

  • Un système immunitaire encore immature, moins efficace pour éliminer le HPV avant qu’il ne s’exprime
  • Une vie en collectivité intense (piscine scolaire, vestiaires, sports collectifs) favorisant la contamination indirecte
  • Des microtraumatismes cutanés fréquents (genoux, pieds, mains) qui facilitent la pénétration du virus
  • Des comportements à risque : se ronger les ongles, gratter ses lésions, marcher pieds nus dans les vestiaires

Le pic de fréquence se situe entre 5 et 15 ans. Avant 2 ans, une verrue est exceptionnelle et doit faire évoquer un déficit immunitaire.

Formes cliniques les plus fréquentes chez l’enfant

Toutes les formes de verrues peuvent survenir chez l’enfant, mais certaines sont nettement prédominantes. Pour une description complète de chaque type, voir l’article général sur les verrues.

Verrues plantaires - la plainte principale

Verrues plantaires chez un enfant
Verrues plantaires

Les verrues plantaires représentent la cause la plus fréquente de consultation pour verrue chez l’enfant - surtout après la rentrée scolaire et la reprise de la piscine. La myrmécie (HPV1, profonde et douloureuse) est celle qui motive le plus souvent la consultation, pouvant gêner la marche et la pratique sportive. Les verrues en mosaïque (HPV2), moins douloureuses, sont parfois découvertes fortuitement.

Chez l’enfant, la verrue plantaire doit être distinguée d’un cor ou durillon : la verrue saigne au curetage (points noirs = capillaires thrombosés) et interrompt les dermatoglyphes, contrairement au cor.

Verrues des mains et des doigts - dissémination par morsure

Récidive de verrues des doigts en couronne chez un enfant après traitement
Récidive en couronne après traitement - fréquente chez l’enfant

Les verrues vulgaires des mains sont très fréquentes, avec une particularité pédiatrique importante : l’onychophagie (se ronger les ongles) favorise une dissémination massive autour des ongles et sur les lèvres. Les verrues péri-unguéales sont souvent multiples, récidivantes, et peuvent déformer la tablette unguéale. Il est impératif d’expliquer à l’enfant - et aux parents - que gratter ou mordre les verrues est le principal facteur d’aggravation.

Verrues du genou - liées aux chutes

Verrues du genou chez un enfant liées aux microtraumatismes
Verrues du genou chez un enfant - favorisées par les chutes et microtraumatismes

Les verrues du genou sont quasi-exclusives à l’enfant. Elles sont directement liées aux microtraumatismes répétés lors des chutes et jeux. Souvent multiples et groupées, elles régressent fréquemment d’elles-mêmes dès que les chutes deviennent moins fréquentes avec l’âge.

Verrues planes du visage - souvent méconnues

Verrues planes visage enfant
Verrues planes du visage chez l’enfant – une prise en charge délicate
Verrues planes du visage chez un enfant disséminées le long d'une ligne de grattage
Verrues planes disséminées par manuportage le long d’une strie de grattage
Verrues planes de la jambe chez une jeune fille après épilation
Verrues planes de la jambe - dissémination fréquente à l’adolescence par épilation

Les verrues planes du visage sont fréquemment non diagnostiquées chez l’enfant car très discrètes - petites papules chamois-brun à peine surélevées, souvent confondues avec de l’eczéma ou de simples taches. Elles se disséminent facilement le long des lignes de grattage ou de frottement. Leur traitement est délicat sur le visage : la cryothérapie doit être prudente pour éviter les cicatrices, et les acides sont contre-indiqués sur cette zone.

Papillomes verruqueux - attention au rasage chez l’adolescent

Papillome verruqueux de la paupière chez un enfant
Papillome verruqueux de la paupière - se dissémine par le rasage chez l’adolescent quand il est sur la barbe

Les papillomes verruqueux filiformes apparaissent surtout sur le visage et le cou. Chez l’adolescent qui commence à se raser, ils représentent un risque majeur de dissémination en plaques sur toute la zone rasée - il faut impérativement les traiter avant la première utilisation du rasoir.

Verrues et collectivité - que faire à l’école, à la piscine ?

Les verrues ne justifient aucune éviction scolaire. En revanche, certaines précautions limitent la contagion :

  • Piscine : port de chaussons de bain obligatoire dans les vestiaires et sur les plages. La piscine n’est pas contre-indiquée, mais la verrue doit être recouverte d’un pansement waterproof.
  • Sport : pas de contre-indication. Éviter les pieds nus dans les vestiaires collectifs.
  • À la maison : ne pas partager serviettes, chaussettes ni chaussures avec la fratrie. Prévoir une sortie de bain personnelle.
  • Comportement : expliquer à l’enfant de ne pas toucher, gratter ni mordre ses verrues - c’est le principal vecteur d’auto-contamination.

Traiter ou attendre ? La question clé chez l’enfant

Chez l’enfant, la question se pose différemment que chez l’adulte. La guérison spontanée est plus fréquente et plus rapide que chez l’adulte - environ 65 % des verrues disparaissent en 2 ans, et jusqu’à 80 % en 4 ans. L’immunité de l’enfant finit le plus souvent par reconnaître et éliminer le virus.

Le traitement est cependant indiqué dans les situations suivantes :

  • Verrue plantaire douloureuse gênant la marche ou le sport
  • Verrues multiples en extension rapide malgré les mesures d’hygiène
  • Verrue péri-unguéale menaçant de déformer l’ongle
  • Papillome verruqueux chez un adolescent avant la première utilisation du rasoir
  • Retentissement psychologique significatif (moqueries, refus d’aller à la piscine)
  • Enfant immunodéprimé - ne pas attendre la guérison spontanée

À l’inverse, l’abstention thérapeutique est raisonnable pour une verrue unique, non douloureuse, non évolutive chez un jeune enfant bien immunocompétent - à condition de surveiller son évolution.

Hésitation entre traiter et attendre ? Le Dr Rousseau peut vous orienter en téléconsultation :

Traitements adaptés à l’enfant

Les mêmes traitements que chez l’adulte sont disponibles, mais leur utilisation doit tenir compte de la tolérance de l’enfant à la douleur et des zones à risque cicatriciel. Pour le détail complet des traitements, voir l’article sur le traitement des verrues.

Acide salicylique - première intention

Traitement de première intention chez l’enfant, indolore, applicable à domicile. Efficace sur les verrues vulgaires et plantaires non trop profondes. Nécessite une application quotidienne et régulière sur plusieurs semaines. À éviter sur le visage chez l’enfant. Le dermatologue prescrit des préparations magistrales souvent très efficaces chez l’enfant

Cryothérapie à l’azote liquide - efficace mais douloureuse

Très efficace mais douloureuse - souvent mal tolérée avant 6-7 ans. Une anesthésie topique (crème EMLA) peut être appliquée 1h avant la séance pour améliorer le confort. Nécessite plusieurs séances. À manier avec précaution sur le visage pour éviter les cicatrices hypopigmentées.

Laser CO₂ - pour les cas résistants

Réservé aux verrues multiples ou résistantes aux autres traitements. Réalisé sous anesthésie locale ou générale selon l’âge et le nombre de lésions. Résultats durables mais récidives possibles.

Dermatoscopie de contrôle

Contrôle dermatoscopique d'une verrue chez l'enfant après traitement
Contrôle dermatoscopique après traitement - permet de confirmer la guérison

La dermatoscopie est utile non seulement pour le diagnostic initial mais aussi pour confirmer la guérison après traitement - la disparition des capillaires thrombosés (points noirs) et la réapparition des dermatoglyphes signent l’éradication de la verrue.

Terrains particuliers

Enfant atopique

Les enfants souffrant de dermatite atopique présentent un risque accru de verrues multiples et disséminées - la barrière cutanée altérée facilite la pénétration du HPV. Les verrues planes y sont particulièrement fréquentes. Le traitement doit être coordonné avec la prise en charge de l’eczéma.

Enfant immunodéprimé

Chez l’enfant sous immunosuppresseurs (greffé, traitement corticoïde prolongé, chimiothérapie), les verrues peuvent être massives, résistantes et très étendues. La guérison spontanée ne doit pas être attendue. Une prise en charge dermatologique spécialisée est indispensable, en lien avec l’équipe médicale suivant l’immunodépression.

Adolescent - attention à la dissémination par rasage

L’adolescent qui commence à se raser présente un risque spécifique : un papillome verruqueux ou des verrues planes passés inaperçus peuvent se disséminer massivement en quelques semaines sur toute la zone de rasage. Un examen dermatologique avant le premier rasage est conseillé en cas de lésions suspectes sur le visage.

Tableau récapitulatif - verrues de l’enfant

Type Particularité pédiatrique Traiter ou attendre ? Traitement de choix
Plantaire (myrmécie) Douloureuse, gêne sportive Traiter si douloureuse Acide salicylique + cryothérapie
Plantaire (mosaïque) Souvent asymptomatique Attendre possible Acide salicylique
Mains / doigts Aggravée par onychophagie Traiter si multiples Acide salicylique + cryothérapie
Genou Quasi-exclusive à l’enfant Attendre souvent suffisant Acide salicylique
Planes du visage Souvent méconnues, grattage Attendre - traitement délicat Cryothérapie prudente
Papillome verruqueux Risque dissémination rasage Traiter avant premier rasage Cryothérapie / laser

Questions fréquentes

Mon enfant a une verrue plantaire douloureuse - doit-on traiter ou attendre ?
Une verrue plantaire qui gêne la marche ou la pratique sportive doit être traitée sans attendre. L’association acide salicylique à domicile et cryothérapie chez le dermatologue est le traitement de référence. Si la douleur lors de la cryothérapie est un frein, une crème anesthésiante (EMLA) appliquée 1h avant améliore nettement le confort de l’enfant.

Mon enfant se ronge les ongles et a des verrues partout autour - que faire ?
L’onychophagie est le principal facteur d’aggravation des verrues péri-unguéales. Il faut traiter les verrues existantes ET travailler sur l’arrêt de l’onychophagie (vernis amer, accompagnement comportemental). Sans cela, le traitement des verrues sera un combat sans fin - les récidives seront systématiques.

Mon enfant peut-il aller à la piscine avec ses verrues ?
Oui - les verrues ne sont pas une contre-indication à la piscine. Il faut couvrir la verrue d’un pansement waterproof, porter des chaussons de bain dans les vestiaires et sur les plages, et ne pas partager serviettes ni chaussures. Aucune éviction n’est recommandée.

À quel âge les verrues apparaissent-elles chez l’enfant ?
Le pic de fréquence se situe entre 5 et 15 ans, coïncidant avec l’entrée en collectivité et la pratique de la piscine. Une verrue avant 2 ans est exceptionnelle et doit faire évoquer un déficit immunitaire - consultez un dermatologue.

Les verrues de mon enfant peuvent-elles contaminer toute la famille ?
Oui, le risque existe - surtout pour les enfants en bas âge et les personnes immunodéprimées au sein du foyer. Les mesures simples suffisent dans la grande majorité des cas : ne pas partager serviettes et chaussettes, prévoir une sortie de bain personnelle, et expliquer à l’enfant de ne pas gratter ses verrues.

Article général sur les verrues | → Verrues sous ou autour des ongles| → Traitement des verrues

Télécharger un guide complet au format PDF :

Consultez un dermatologue si : les verrues de votre enfant sont très nombreuses, résistantes après 3 mois de traitement bien conduit, douloureuses, ou si votre enfant est immunodéprimé. Un enfant immunocompétent avec une verrue unique non douloureuse peut être surveillé sans traitement immédiat.

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Comment reconnaître une verrue chez l'enfant ?

La verrue vulgaire se présente comme une papule ferme, rugueuse, d'aspect 'chou-fleur', de couleur chair ou légèrement grisâtre, siégeant principalement sur les mains, les doigts et les pieds. La verrue plantaire (myrmécie ou en mosaïque) est aplatie par la pression et peut être douloureuse à la marche. La verrue plane est petite, lisse, légèrement surélevée, souvent multiple sur le visage et les avant-bras.

Faut-il absolument traiter les verrues d'un enfant ?

Pas nécessairement. 65 % des verrues de l'enfant guérissent spontanément dans les 2 ans (30 % en 6 mois selon des études). La décision de traiter dépend de : la gêne fonctionnelle (douleur à la marche pour une verrue plantaire), l'aspect inesthétique (visage), le risque de propagation (verrues multiples), et la motivation de l'enfant à un traitement souvent long. L'abstention est une option valide pour les verrues non gênantes.

Quel est le traitement le plus efficace contre les verrues chez l'enfant ?

Le traitement de première ligne à domicile est l'acide salicylique 15 à 50 % (Duofilm, Verrugon) : application quotidienne après ponçage à la lime à verrue, sous occlusion (sparadrap). Efficacité : 60 à 70 % de guérison après 3 mois d'utilisation régulière. En cabinet : cryothérapie à l'azote liquide (-196°C), 1 séance toutes les 2 à 4 semaines, efficacité 70 à 80 %. La combinaison des deux est plus efficace que chaque méthode seule.

La verrue plantaire est-elle contagieuse à la piscine ?

Oui, le papillomavirus se transmet par contact direct avec la verrue et indirectement via les surfaces humides (vestiaires, bords de piscine, sol des douches). Porter des tongs dans les lieux collectifs humides réduit significativement le risque. L'infection ne survient que si la barrière cutanée est altérée (petite coupure, peau macérée). Un enfant porteur de verrues peut fréquenter la piscine avec ses verrues couvertes d'un sparadrap imperméable.

La cryothérapie à l'azote est-elle douloureuse chez l'enfant ?

La cryothérapie est douloureuse, surtout sur les verrues plantaires (brûlure froide pendant la séance et douleur pulsatile les heures suivantes). Chez les jeunes enfants (< 6 ans), elle peut être difficile à tolérer. Une crème anesthésiante EMLA appliquée 1 heure avant atténue la douleur. Pour les enfants anxieux, l'acide salicylique à domicile peut être préféré car il est indolore. Le laser CO₂ est une alternative efficace pour les verrues résistantes ou multiples.

Les verrues sont-elles toujours des HPV ? Peut-on les confondre avec autre chose ?

Les verrues cutanées sont quasi-exclusivement dues à HPV. Elles peuvent être confondues avec : un molluscum contagiosum (papule nacrée ombiliquée, plus molle), un cor ou durillon (pas de points noirs ni de saignement au rasage), un mélanome achromique ou un kératoacanthome (chez l'adulte). Le 'signe des petits points noirs' (capillaires thrombosés visibles dans la verrue) confirme le diagnostic de verrue HPV.

Peut-on prévenir les verrues chez l'enfant ?

La prévention passe par : éviter les blessures cutanées (protection des plaies), ne pas partager les serviettes et coupe-ongles, porter des tongs dans les piscines et vestiaires, éviter de gratter ou mordre les verrues existantes (auto-inoculation). Le vaccin anti-HPV (Gardasil 9, proposé en France dès 11 ans) protège contre les souches HPV 6 et 11 (verrues génitales) mais peu contre les HPV 1, 2, 4 (verrues communes). Une hygiène cutanée soignée reste la meilleure prévention.

Références scientifiques

Kwok CS, Gibbs S, Bennett C, et al. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev. 2012. PMID 22972107

Sterling JC, Gibbs S, Haque Hussain SS, et al. British Association of Dermatologists' guidelines for the management of cutaneous warts 2014. Br J Dermatol. 2014. PMID 24749441

Lipke MM. An armamentarium of wart treatments. Clin Med Res. 2006. PMID 17262054

Haute Autorité de Santé (HAS) - Verrues : prise en charge

Verrues : tous les traitements pour les éliminer efficacement

Mis à jour le 29 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Traitement de verrue : comment enlever ou soigner une verrue ?

Les verrues sont des tumeurs bénignes d’origine virale (papillomavirus HPV) qui régressent le plus souvent spontanément en quelques années, sans traitement. La décision de traiter dépend de la localisation, du nombre, de l’évolution et de la gêne occasionnée. Deux traitements font référence dans les études scientifiques : la cryothérapie à l’azote liquide et l’application d’acide salicylique, souvent associés.

En bref : Les verrues se traitent efficacement par kératolytiques (acide salicylique à 17–40 %), cryothérapie à l’azote liquide (-196 °C) ou laser CO₂. L’acide salicylique en application quotidienne est le traitement de première intention recommandé : il détruit progressivement la kératine infectée. Sans traitement, 65 % des verrues guérissent spontanément en 2 ans. Le choix du traitement dépend du type de verrue, de sa localisation et de son épaisseur.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Sommaire :
Faut-il toujours traiter ? |
Cryothérapie (azote liquide) |
Acide salicylique |
Autres traitements médicaux |
Traitement sans ordonnance |
Traitements naturels |
Questions fréquentes

Faut-il toujours traiter une verrue ?

Non. Le traitement n’est pas systématique. Les verrues communes guérissent spontanément dans 65 % des cas en 2 ans et dans 78 % des cas en 3 ans chez l’enfant. Chez l’adulte, la régression spontanée est plus lente mais reste possible.

Le traitement est indiqué lorsque :

  • la verrue est douloureuse (verrue plantaire en zone d’appui)
  • elle grossit ou se multiplie rapidement
  • sa localisation est gênante (visage, zone visible)
  • le patient est immunodéprimé (les verrues sont souvent plus résistantes dans ce cas)
  • elle est source de contagion pour l’entourage proche
💡 Un constat clinique important : la diversité des traitements tentés pour les verrues est en elle-même révélatrice de la difficulté à les éliminer définitivement. Aucun traitement n’est efficace à 100 % et les récidives sont fréquentes. L’association cryothérapie + acide salicylique reste le traitement de référence selon les données scientifiques disponibles.
Situation clinique Attitude recommandée
Verrue unique, asymptomatique, enfant Abstention thérapeutique envisageable (régression spontanée fréquente)
Verrue plantaire douloureuse en zone d’appui Traitement recommandé : acide salicylique ± cryothérapie
Verrues multiples, récidivantes Bilan immunologique, traitement combiné ou immunostimulant
Patient immunodéprimé Prise en charge spécialisée en dermatologie
Verrue résistante après 2 mois de traitement bien conduit Consultation dermatologique – réévaluation diagnostique et thérapeutique

Cryothérapie à l’azote liquide

La cryothérapie par application d’azote liquide (-196 °C) ou de neige carbonique (-79 °C) consiste à congeler la verrue pour provoquer une brûlure du second degré, avec formation d’une bulle emportant la partie superficielle infectée. L’objectif est de détruire progressivement les cellules kératinocytaires infectées par le HPV.

Déroulement de la séance : le dermatologue décape d’abord les verrues épaisses (plantaires notamment) au bistouri pour en réduire le relief. L’azote est appliqué avec un coton-tige trempé dans un gobelet à usage unique – jamais directement dans le container – ou au cryojet, pendant 5 à 30 secondes selon la taille, jusqu’à obtenir un halo de givrage de 1 à 2 mm autour de la lésion.

Rythme : séances répétées toutes les 2 à 3 semaines, en général 3 à 6 séances selon la réponse.

Précautions particulières selon la localisation :

  • Verrues du visage – application prudente, risque de cicatrices sur peau fine
  • Verrues péri-unguéales (doigts, orteils) – risque de dystrophie unguéale définitive si la matrice est atteinte
  • Enfants – traitement souvent difficile (douloureux) ; les crèmes anesthésiantes (EMLA®) ont peu d’efficacité sur la sensation de froid

Produits kératolytiques à l’acide salicylique

Les préparations concentrées à base d’acide salicylique (10 à 100 %), associées ou non à de l’acide lactique, sont appliquées quotidiennement sur la verrue après grattage avec une lime à ongles en carton jetable (à usage unique pour éviter la contagion).

Protocole d’application :

  1. Protéger la peau saine environnante avec du vernis incolore ou un sparadrap découpé autour de la lésion
  2. Gratter légèrement la surface de la verrue avec la lime jetable
  3. Appliquer le produit uniquement sur la verrue, sans déborder
  4. Poursuivre jusqu’à disparition complète – la réapparition des dermatoglyphes (empreintes digitales) sur les verrues des mains et des pieds signe la guérison
  5. Durée moyenne : 4 à 8 semaines pour les petites verrues, jusqu’à 3–4 mois pour les verrues plantaires épaisses
Conseil pratique : en cas d’irritation ou de brûlure de la peau saine environnante, interrompre 2 à 3 jours. Un blanchiment de la zone traitée est normal et attendu. D’autres kératolytiques peuvent compléter : crayon de nitrate d’argent, trétinoïne topique, acide trichloroacétique, acide glycolique.

Autres traitements médicaux des verrues

Excision chirurgicale

Au bistouri, bistouri électrique ou curette, sous anesthésie locale. Ce geste peut être douloureux pendant et après l’intervention, avec un délai de cicatrisation de plusieurs semaines et un taux de récidive non négligeable. Il est en général réservé aux verrues résistantes à tous les autres traitements.

Laser CO₂

Deux techniques sont utilisées : la vaporisation (ablation avec une marge de 5 mm de peau saine, sous anesthésie locale – efficace mais cicatrisation longue, environ 30 % de récidives) et la création de puits dans la verrue pour améliorer la pénétration ultérieure des kératolytiques (moins douloureuse, sans cicatrice).

Laser vasculaire (laser à colorant pulsé, PDL)

Les verrues comportent une composante vasculaire visible sous forme de points noirs (vaisseaux thrombosés). Le laser vasculaire coagule ces vaisseaux et « asphyxie » progressivement la verrue. Les taux de succès rapportés dans la littérature varient entre 48 % et 95 % selon le type de verrue et la localisation, avec des récidives documentées dans 0 à 15 % des cas à 4 mois. Le PDL présente un profil de tolérance excellent, sans cicatrice dans la majorité des cas.

Laser Nd:YAG 1064 nm

Sa pénétration cutanée profonde en fait un outil pertinent pour les verrues épaisses et palmoplantaires rebelles. Ce laser présente moins de risque de séquelle pigmentaire sur les peaux foncées que le laser CO₂. Son efficacité dans les verrues résistantes est documentée dans plusieurs études comparatives avec le PDL.

Micro-ondes (SWIFT®)

Les micro-ondes appliquées localement chauffent les tissus par excitation des molécules d’eau, induisant une nécrose thermique ciblée de la verrue. Le mécanisme proposé est une stimulation de la présentation des antigènes HPV aux lymphocytes T CD8+, générant une immunité anti-HPV locale. Dans une étude portant sur 54 verrues récalcitrantes, 76 % avaient disparu complètement après traitement.

Chimiothérapies locales

La podophyllotoxine et le 5-fluoro-uracile (5-FU) peuvent être appliqués directement sur la verrue. Ces substances cytotoxiques sont prescrites et surveillées par le médecin, particulièrement pour les verrues planes résistantes ou les condylomes.

Injections intralésionnelles de bléomycine

La bléomycine, agent cytostatique, peut être injectée directement dans la verrue par un médecin expérimenté. Efficace notamment sur les verrues plantaires et péri-unguéales rebelles, elle comporte un risque de nécrose cutanée et doit être utilisée avec précaution. Des protocoles de diffusion par micro-aiguilles ont récemment montré des résultats intéressants avec une meilleure tolérance.

Immunothérapie topique (imiquimod)

L’imiquimod est un immunomodulateur topique qui stimule l’immunité innée et adaptative anti-HPV. Prescrit hors AMM pour les verrues communes résistantes, il peut être utile en complément des traitements destructeurs, notamment chez les patients immunodéprimés. Son usage est davantage établi pour les condylomes.

Traitement des verrues sans ordonnance

⚠️ Consultez un médecin avant tout autotraitement. Une verrue peut être confondue avec un durillon, un cor, ou – plus grave – un mélanome achromique (mélanome sans pigmentation). Le diagnostic médical est indispensable avant d’appliquer tout verrucide sur une lésion du pied ou à croissance rapide.

Sprays de cryothérapie sans ordonnance (diméthyléther propane, -57 °C) : disponibles en pharmacie, leur température est nettement moins basse que l’azote liquide médical (-196 °C), ce qui limite leur efficacité sur les verrues profondes ou épaisses. Ils peuvent convenir aux petites verrues superficielles récentes.

Verrucides à base d’acide salicylique disponibles en pharmacie sans ordonnance – exemples non exhaustifs :

Composition Spécialités (exemples)
Acide salicylique seul Coricide le Diable, Pommade M.O. Cochon, Transvercid, Sanitos
Acide salicylique + acide lactique Duofilm, Kerafilm, Verrufilm
Acide salicylique + acide lactique + thuya Verrupan

Ces produits sont moins concentrés que les préparations médicales et conviennent plutôt aux petites verrues superficielles. Un blanchiment de la zone traitée est normal ; en cas d’irritation importante de la peau saine environnante, interrompre 2 à 3 jours avant de reprendre.

Traitements naturels des verrues

Plusieurs remèdes traditionnels sont couramment utilisés : sparadrap occlusif, suc de chélidoine (Chelidonium majus), lait de figue, suc de pissenlit, huile essentielle de tea tree. Notre article dédié au traitement naturel de la verrue détaille ce que la dermatologie sait réellement de leur efficacité. En résumé : leur innocuité est en général satisfaisante, mais aucune étude rigoureuse ne démontre une efficacité supérieure au placebo pour la majorité d’entre eux. Ils peuvent accompagner un traitement médical mais ne le remplacent pas.

Consultez un dermatologue si :

  • la verrue ne répond pas à 2 mois de traitement bien conduit
  • elle saigne, grossit rapidement ou change d’aspect
  • vous êtes immunodéprimé (corticothérapie au long cours, VIH, transplantation)
  • la lésion se situe sur la plante du pied et présente un aspect atypique – toute lésion pigmentée du pied doit faire exclure un mélanome achromique
  • les verrues se multiplient malgré le traitement

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Questions fréquentes sur le traitement des verrues

Faut-il toujours traiter une verrue ?

Non, le traitement n’est pas systématique. Chez l’enfant, 65 % des verrues régressent spontanément en 2 ans et 78 % en 3 ans. L’abstention est une option légitime pour les verrues asymptomatiques, peu nombreuses et non gênantes. Le traitement s’impose en cas de douleur, de multiplication rapide, de localisation problématique (plante du pied en zone d’appui, visage) ou d’immunodépression.

Combien de temps faut-il pour guérir une verrue avec de l’acide salicylique ?

En application quotidienne bien conduite, comptez 4 à 8 semaines pour les petites verrues superficielles des mains. Les verrues plantaires épaisses peuvent nécessiter 3 à 4 mois de traitement régulier. Le signal de guérison est la réapparition des dermatoglyphes – les empreintes digitales – sur la zone traitée. L’arrêt prématuré du traitement est la principale cause d’échec.

La cryothérapie à l’azote liquide est-elle douloureuse ?

Oui, la cryothérapie est douloureuse pendant l’application et dans les heures suivantes, sous forme de brûlure puis d’élancement. Chez l’enfant, la séance est souvent difficile à conduire. Les crèmes anesthésiantes (EMLA®) ont peu d’effet sur la sensation de froid. Pour les verrues très douloureuses, une anesthésie locale par injection peut précéder la cryothérapie.

Une verrue peut-elle disparaître sans traitement ?

Oui, fréquemment. 65 % des verrues de l’enfant régressent spontanément en 2 ans, 78 % en 3 ans. Chez l’adulte, la guérison naturelle est plus lente mais reste possible. L’abstention thérapeutique est donc une option légitime pour les verrues asymptomatiques non gênantes, sous réserve d’une surveillance régulière de la lésion.

Pourquoi les verrues récidivent-elles après traitement ?

Parce que les traitements destructeurs éliminent la lésion visible sans toujours neutraliser le virus HPV, qui peut persister dans les kératinocytes environnants ou dans la « racine » de la verrue. Une récidive ne signifie pas un échec définitif – elle justifie de reprendre le protocole ou de passer à un traitement de deuxième ligne. Les approches immunostimulantes (imiquimod, bléomycine intralésionnelle, micro-ondes SWIFT®) visent précisément à renforcer l’immunité locale anti-HPV pour réduire ce risque.

Quelle différence entre un spray cryogène en pharmacie et l’azote liquide chez le dermatologue ?

Le spray vendu en pharmacie sans ordonnance atteint environ -57 °C, contre -196 °C pour l’azote liquide médical. Cette différence de température limite significativement l’efficacité sur les verrues épaisses ou profondes. Les sprays OTC conviennent aux petites verrues superficielles récentes, mais ne remplacent pas la cryothérapie médicale pour les lésions résistantes ou multiples.

Comment éviter de contaminer son entourage avec une verrue ?

Ne pas partager serviettes, chaussures ou accessoires de pédicurie. Porter des claquettes dans les vestiaires et piscines. Couvrir la verrue avec un pansement occlusif. Ne jamais utiliser la même lime à ongles pour la verrue et pour les ongles sains (privilégier une lime en carton jetable). Se laver les mains après avoir touché la lésion.

Les verrues génitales (condylomes) se traitent-elles comme les verrues communes ?

Non. Les condylomes sont dus à des HPV spécifiques (types 6, 11, 16, 18) transmis par voie sexuelle. Leur prise en charge inclut un bilan IST, un traitement par imiquimod, podophyllotoxine, cryothérapie ou laser, et une surveillance gynécologique ou urologique si des types oncogènes sont en cause. Un avis dermatologique spécialisé est indispensable. Voir notre article sur les condylomes.

Verrues : à lire aussi sur dermatonet.com

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Références scientifiques

  1. Kwok CS, Gibbs S, Bennett C, Holland R, Abbott R. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev. 2012;9:CD001781. PMID 22972052
  2. Robson KJ, Cunningham NM, Kruzan KL, Patel DS, Kreiter CD, O’Donnell MJ, Arpey CJ. Pulsed-dye laser versus conventional therapy in the treatment of warts: a prospective randomized trial. J Am Acad Dermatol. 2000;43(2 Pt 1):275–80. PMID 10906651
  3. Stern P, Levine N. Controlled localized heat therapy in cutaneous warts. Arch Dermatol. 1992;128(7):945–8. PMID 1626962

Source : HAS – Verrues : prise en charge

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Verrue : quel traitement ? Cryothérapie, laser 2026

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Quand consulter un dermatologue ?
Consultez rapidement si votre verrue : saigne spontanément, grossit rapidement, change de couleur (brun foncé, noirâtre), présente un aspect irrégulier ou ulcéré. Ces signes peuvent rarement évoquer un carcinome basocellulaire ou un mélanome amélanotique qu’il faut impérativement différencier d’une verrue commune.

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Mis à jour le 21 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Les verrues touchent 7 à 10 % de la population et sont dues au papillomavirus humain (HPV). Elles guérissent spontanément dans 65–70 % des cas chez l’enfant en 2 ans. La cryothérapie à l’azote liquide reste le traitement de référence chez le dermatologue.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Les verrues sont des tumeurs bénignes d’origine virale causées par les papillomavirus humains (HPV). Elles touchent 5 à  10 % de la population, surtout les enfants et les jeunes adultes. On distingue les verrues plantaires (profondes et douloureuses), les verrues vulgaires des mains et des doigts, les verrues planes du visage et des jambes, et les condylomes (verrues génitales). 80 % guérissent spontanément en 2 à  4 ans. Le traitement – cryothérapie à  l’azote liquide, acide salicylique, ou laser CO2 – est proposé selon le type et la localisation pour limiter la contagiosité et les douleurs.

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Quel type de verrue ai-je ? Trouver ma page en 30 secondes

Localisation / aspect Type de verrue Page dédiée
Sous la plante du pied, douloureuse à  la marche Verrue plantaire (myrmécie ou mosaïque) – Verrue plantaire
Sur les mains, les doigts, autour des ongles Verrue vulgaire – Verrue main / doigt
Sur le visage, le nez, la paupière, le menton Verrue plane ou papillome filiforme – Verrue du visage
Chez un enfant de moins de 15 ans Verrues de l’enfant – prise en charge spécifique – Verrues de l’enfant
Sur les organes génitaux ou la zone anale Condylomes (IST – HPV 6/11) – Condylomes
Traitement naturel à  essayer chez soi Acide salicylique, bandes occlusives, remèdes – Traitement naturel
Tous les traitements anti-verrues comparés Cryothérapie, acides, laser, imiquimod – Comparatif traitements

Télécharger un guide complet au format PDF :

Pourquoi a-t-on des verrues ?

Les verrues sont causées par les papillomavirus humains (HPV), une famille de virus comptant environ 150 sous-types. Ces virus pénètrent dans la peau via de petites lésions ou microtraumatismes, et stimulent la production excessive de kératinocytes, formant la masse cornée caractéristique. L’immunité joue un role décisif : les sujets immunodéprimés (greffés, VIH) développent des verrues multiples et résistantes.

Transmission et facteurs de risque

La transmission se fait principalement par contact indirect. Les HPV peuvent survivre jusqu’à  une semaine à  l’air libre – d’ou la facilité de contamination dans les piscines, douches communes et salles de sport. L’auto-contamination par grattage (manuportage) est fréquente et explique la dissémination.

Population à  risque Particularité
Enfants et adolescents Tranche d’âge la plus touchée – immunité anti-HPV non encore acquise
Greffés du rein Jusqu’à  40 % concernés ; formes multiples liées à  l’immunosuppression
Bouchers, poissonniers Microtraumatismes répétés. Type spécifique HPV7 transmis par les animaux
VIH+, immunosupprimés Verrues multiples, extensives, très résistantes aux traitements conventionnels

Les différents types de verrues

Verrues vulgaires

Les plus courantes. élevures rugueuses et kératosiques localisées sur les mains, les doigts et verrues autour des ongles. Les verrues péri-unguéales peuvent provoquer une déformation de l’ongle.

Verrues plantaires

Très fréquentes, localisées sous la plante du pied. Deux formes : la myrmécie (HPV1, profonde, très douloureuse) et la verrue en mosaïque (HPV2, plaques superficielles). La douleur à  la marche est le signe clé.

Verrues planes

Dues aux HPV 3, 10, 28. Petites élevures lisses, souvent multiples et groupées. Fréquentes sur le visage et les jambes, ou elles se disséminent lors du rasage ou de l’épilation.

Condylomes (verrues génitales)

Constituant l’IST la plus répandue, causés par HPV 6 et 11. Nécessitent un dépistage du partenaire et une prise en charge spécialisée. – Page dédiée aux condylomes

Évolution naturelle des verrues

La majorité (80 %) des verrues guérissent spontanément en 2 à  4 ans. À 2 ans, environ 65 % des verrues de l’adulte ont disparu. Le traitement reste conseillé pour limiter la contagiosité, soulager les douleurs (plantaires) et prévenir la dispémination.

Aucune méthode ne permet l’éradication complète du virus HPV – ce qui explique la fréquence des récidives après traitement.

Traitement des verrues

Type de verrue Traitement de 1re intention Alternative
Verrue vulgaire Acide salicylique ± cryothérapie Laser CO2
Verrue plantaire Cryothérapie à  l’azote liquide (2–4 séances) Laser CO2 (myrmécie résistante)
Verrue plane Rétinoïdes locaux (trétinoïne), acide salicylique doux Cryothérapie légère
Papillome filiforme (visage) Exérèse aux ciseaux ou laser CO2 Cryothérapie ponctuelle
Condylomes Imiquimod crème (Aldara) ou cryothérapie Laser CO2, podophyllotoxine

Voir le comparatif complet : tous les traitements anti-verrues.

Sources scientifiques

1. Bruggink SC et al., BMJ, 2010, PMID 20926523 – Cryothérapie vs acide salicylique dans les verrues.

2. Kwok CS et al., British Journal of Dermatology, 2012, PMID 22175266 – Traitements topiques des verrues : revue systématique.

3. Sterling JC et al., British Journal of Dermatology, 2014, PMID 25239491 – Guidelines BAD pour la prise en charge des verrues cutanées.

Source institutionnelle : Haute Autorité de Santé – Verrues

  • Bruggink SC et al. Cryotherapy with liquid nitrogen versus topical salicylic acid application for cutaneous warts in primary care. CMAJ. 2010;182(15):1624-30. PMID 20819840
  • Sterling JC et al. British Association of Dermatologists’ guidelines for the management of cutaneous warts 2014. Br J Dermatol. 2014;171(4):696-712. PMID 25149238
  • Kwok CS et al. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev. 2012;(9):CD001781. PMID 22972052

Questions fréquentes sur les verrues

Comment savoir si c’est une verrue ou un cor ?

Le cor est une callosité sans points noirs centraux (thromboses capillaires), centrée sur une zone de pression, et douloureuse à  la pression directe. La verrue plantaire présente des petits points noirs au centre (capillaires thrombosés), est douloureuse à  la pression latérale, et efface les dermatoglyphes (empreintes). En cas de doute, le dermatologue tranche immédiatement.

Est-ce qu’une verrue peut disparaître seule ?

Oui, 80 % des verrues disparaissent spontanément en 2 à  4 ans grâce au système immunitaire. Chez l’enfant, la guérison spontanée est plus rapide. Le traitement est conseillé pour raccourcir la durée, limiter la contagion et soulager les douleurs (verrues plantaires).

La cryothérapie fait-elle mal ?

La cryothérapie à  l’azote liquide provoque une brulure à  froid intense pendant 10 à  30 secondes, suivie d’une douleur sourde pendant quelques heures. L’effet sur la verrue (phlyctène, chute) survient en 48–72 heures. Pour les verrues plantaires, une crème anesthésiante peut etre appliquée avant la séance.

Combien de séances de cryothérapie faut-il ?

En moyenne 2 à  6 séances espacées de 2 à  3 semaines sont nécessaires pour les verrues plantaires. Les verrues du visage et des mains peuvent nécessiter moins de séances. Les verrues en mosaïque ou les verrues très anciennes sont souvent plus résistantes.

Peut-on éviter de contaminer son entourage ?

Oui : éviter de partager serviettes, chaussettes et chaussures, ne pas gratter ni couper les verrues (risque de dissémination), couvrir la verrue en piscine ou salle de sport, et se laver les mains après contact avec la lésion.

Un enfant vacciné contre le HPV peut-il encore avoir des verrues ?

Les vaccins HPV (Gardasil 9) protègent contre les souches à  haut risque oncogène (HPV 16, 18) et contre les condylomes (HPV 6, 11). Ils ne protègent pas contre les HPV responsables des verrues cutanées communes (HPV 1, 2, 3, 4, 27), qui sont différentes souches.

Quand faut-il consulter un dermatologue pour une verrue ?

Il faut consulter si : la verrue est douloureuse (plantaire), si elle grossit rapidement, si le diagnostic est incertain (une lésion pigmentée peut être confondue avec un mélanome acral), si les traitements en pharmacie ont échoué après 3 mois, ou si la verrue est sur le visage ou les parties génitales.

Mis à  jour le 4 mai 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Verrue plantaire

Verrues plantaires : reconnaître, différencier et traiter – Guide complet du dermatologue
Télécharger un guide complet au format PDF :

La verrue plantaire est l’une des dermatoses les plus fréquentes en consultation, tout âge confondu. Si son origine virale est bien connue, elle mérite pourtant qu’on s’y arrête : le diagnostic peut être trompeur, les formes cliniques sont variées, et le traitement – loin d’être anodin – doit être choisi avec soin en fonction du type de verrue, de sa localisation et du profil du patient. Cette page est le guide de référence dédié exclusivement à la verrue plantaire. Pour les verrues de la main et du doigt, du visage, les verrues génitales (condylomes), ou le traitement des verrues en général, consultez les pages dédiées du site.

En bref : Les verrues plantaires sont causées par le virus HPV et touchent environ 10 % de la population. La myrmécie (verrue unique et profonde) et la verrue mosaïque (nappes superficielles) nécessitent des traitements différents – cryothérapie, laser CO₂ ou acide salicylique selon le type. Sans traitement, 65 % guérissent spontanément en 2 ans chez l’enfant, mais la récidive est fréquente en l’absence de prévention.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Sommaire

Pourquoi a-t-on des verrues plantaires ? Le rôle des HPV

Les verrues sont dues à une infection par les papillomavirus humains (HPV), une famille de virus à ADN double brin dont on dénombre plus de 200 génotypes. Toutes les verrues ne sont pas causées par les mêmes types viraux, ce qui explique leurs différences d’aspect, de comportement clinique et de réponse au traitement.

Les verrues plantaires sont principalement causées par :

Type HPV Forme clinique induite Caractéristiques
HPV 1 Myrmécie Verrue profonde, solitaire, très douloureuse, à croissance verticale
HPV 2 Verrue en mosaïque Verrues superficielles multiples, à croissance horizontale, peu douloureuses
HPV 4 Myrmécie ou mosaïque Formes cliniques variées, parfois pédiculées
HPV 63, 65 Verrues pigmentées Rares, aspect noirâtre, parfois confondues avec un mélanome achromique

Le virus pénètre dans l’épiderme par de micro-lésions cutanées, favorisées par la macération (piscines, douches collectives, vestiaires) ou le port de chaussures étroites générant des microtraumatismes. La contagiosité est directe (contact peau à peau) ou indirecte (surfaces contaminées). Le délai entre la contamination et l’apparition de la verrue est de 1 à 6 mois.

ℹ Qui est à risque ?
Les enfants d’âge scolaire et les sportifs (natation, arts martiaux, sports de salle) sont les plus exposés. Les personnes immunodéprimées (VIH, transplantation, traitements immunosuppresseurs) développent des verrues plus nombreuses, plus résistantes, pouvant se transformer en carcinome épidermoïde à long terme – une surveillance dermatologique rapprochée est indispensable dans ce contexte.

Les deux grandes formes cliniques

La myrmécie (verrue solitaire profonde)

La myrmécie est la forme la plus douloureuse. Elle doit son nom à la fourmi (myrmex en grec), en raison de la douleur cuisante et profonde qu’elle provoque à la marche – comme une piqûre. Elle se développe verticalement en profondeur, ce qui explique pourquoi elle peut être volumineuse tout en restant discrète en surface. Elle siège volontiers sur les zones d’appui de l’avant-pied (têtes des métatarses, talon), là où la pression est maximale.

À l’examen, la surface de la myrmécie montre, après décapage doux, de petits points noirs caractéristiques – ce sont des capillaires thrombosés (vaisseaux de la verrue) qui permettent de la distinguer d’un durillon ou d’un cor. Les dermatoglyphes (lignes de la peau) sont interrompus au niveau de la verrue.

Verrues des orteils et du pied
Verrues des orteils et du pied
Grosse myrmécie plantaire
Grosse myrmécie plantaire
Verrue plantaire : les points noirs sont des vaisseaux, et ils permettent de la distinguer d'un durillon
Verrue plantaire : les points noirs sont des vaisseaux, et ils permettent de la distinguer d’un durillon
Myrmécie de l'avant pied
Myrmécie de l’avant pied
Verrue plantaire
Verrue plantaire

La verrue en mosaïque

Les verrues en mosaïque sont dues principalement à HPV 2. Elles se développent horizontalement en superficie et coalescent progressivement pour former un aspect caractéristique de « dallage » ou de mosaïque, couvrant parfois une surface importante du talon ou de l’avant-pied. Chaque verrue individuelle est peu profonde, moins douloureuse qu’une myrmécie, mais la surface atteinte rend l’ensemble très difficile à traiter – les récidives sont la règle.

Verrues en mosaique
Verrues en mosaique

Diagnostic clinique et dermatoscopique

Le diagnostic d’une verrue plantaire est le plus souvent clinique. Les deux signes cardinaux sont :

  • La présence de points noirs (capillaires thrombosés) après décapage superficiel au bistouri ou à la curette, signe pathognomonique absent dans le cor et le durillon ;
  • L’interruption des dermatoglyphes au niveau de la lésion – les lignes cutanées « sautent » la verrue, alors qu’elles la traversent dans le cor.

En cas de doute, la dermatoscopie apporte des éléments précieux. La verrue plantaire présente un aspect dermatoscopique caractéristique :

  • Vaisseaux en points rouges monomorphes de distribution régulière, entourés d’un halo blanc ;
  • Vaisseaux en épingles à cheveux dilatés, hypertrophiques, exubérants sur fond chair sans structure ;
  • Absence de structures pigmentées en réseau (ce qui permet d’écarter un mélanome achromique).
Verrue plantaire au dermatoscope
Verrue au dermatoscope

Diagnostic différentiel : ne pas confondre avec un cor ou un durillon

C’est le piège diagnostique le plus fréquent. La confusion entre verrue plantaire et cor ou durillon est source de traitements inutiles ou inadaptés. Voici les critères cliniques qui permettent de les distinguer :

Critère Verrue plantaire Cor / durillon
Points noirs après décapage Présents (capillaires thrombosés) Absents
Dermatoglyphes Interrompus au niveau de la lésion Traversent la lésion sans interruption
Douleur à la pression latérale Très douloureuse (pince) Douleur à la pression directe (axiale)
Centre de la lésion Mou, kératosique blanc nacré Noyau central translucide, dur (nucleus)
Bords Irréguliers, déchiquetés Bien définis, réguliers
Contagiosité Oui (virale) Non (mécanique)
Localisation préférentielle Partout sur la plante Zones d’appui directes (5e orteil, interdigital)

⚠ Mélanome achromique – ne pas le manquer
Une lésion plantaire noirâtre, indolore, à bords irréguliers, sans points noirs de capillaires ni interruption nette des dermatoglyphes, doit faire évoquer un mélanome achromique. Toute lésion atypique de la plante du pied nécessite une consultation dermatologique – la dermatoscopie lève le doute dans la grande majorité des cas.

Évolution naturelle : faut-il toujours traiter ?

La majorité des verrues plantaires régressent spontanément en 2 à 4 ans chez le sujet immunocompétent. À 2 ans, environ 65 % des verrues ont disparu sans traitement. Environ 10 % des verrues sont dites « rebelles » et persistent au-delà. Cette réalité biologique doit toujours entrer dans la réflexion thérapeutique, d’autant qu’aucun traitement ne garantit l’éradication complète du virus – ce qui explique la fréquence des récidives.

Cela dit, le traitement est généralement recommandé pour les raisons suivantes :

  • Limiter la contagion vis-à-vis de l’entourage et l’auto-inoculation (dissémination sur d’autres zones).
  • Soulager la douleur, notamment pour les myrmécies en zone d’appui qui peuvent gêner significativement la marche.
  • Éviter l’extension en mosaïque, plus difficile à traiter ensuite.
  • Prévenir les complications chez les sujets immunodéprimés.

En revanche, l’abstention est raisonnable pour une verrue unique, non douloureuse, non évolutive, chez un jeune enfant bien portant – à condition de surveiller son évolution.

Prévention : comment éviter d’attraper des verrues plantaires ?

Les mesures préventives visent à réduire le contact avec le virus dans les environnements à risque :

  • Porter des claquettes ou sandales dans les piscines, douches collectives, vestiaires et hammams ;
  • Ne pas partager chaussettes, chaussures, serviettes, limes ou pierres ponces ;
  • Sécher soigneusement les pieds après chaque bain ou douche, notamment les espaces interdigitaux ;
  • Traiter rapidement toute microplaie du pied (porte d’entrée virale) ;
  • En cas de verrue active, utiliser une paire de chaussettes propre à chaque séance de sport et éviter d’aller pieds nus dans les zones partagées.

Traitements des verrues plantaires : tableau comparatif

Il n’existe pas de traitement idéal universel pour les verrues plantaires. Le choix dépend du type clinique (myrmécie vs mosaïque), de la localisation (zone d’appui ou non), de l’âge du patient, du nombre de verrues, et des traitements déjà essayés. Pour la description détaillée de chaque méthode, voir notre article complet : traitement des verrues.

Traitement Mécanisme Indications préférentielles Durée / séances Inconvénients
Préparations kératolytiques (acide salicylique ± lactique) Destruction chimique de la kératine infectée 1re intention toutes verrues, mosaïques Application quotidienne, 4–12 semaines Observance rigoureuse requise, irritation possible
Cryothérapie (azote liquide) Nécrose cellulaire par congélation Myrmécies, verrues résistantes aux kératolytiques 1 séance / 2–3 semaines, 3–10 séances Douloureuse, risque de phlyctène, cicatrice hypopigmentée
Laser CO2 Vaporisation tissulaire Verrues profondes résistantes, sous anesthésie locale 1–2 séances Coût, cicatrice possible, récidives
Décapage chirurgical Exérèse mécanique sous AL Myrmécies volumineuses en zone non portante 1 séance Douleur post-opératoire, risque cicatriciel en zone d’appui
Bléomycine intralésionnelle Chimiothérapie locale (cytotoxique) Verrues plantaires résistantes à 2 lignes 1–3 injections Douloureuse, nécrose tissulaire possible, réservée au spécialiste
Immunothérapie locale (diphenylcyclopropenone, candida) Stimulation immunitaire locale Verrues multiples ou rebelles Variable Eczéma de contact, réservée au dermatologue
Podophyllotoxine / 5-FU topique Cytotoxique topique Verrues plantaires superficielles multiples Protocoles variables Prescription médicale obligatoire, irritation

📌 Stratégie recommandée selon le type
Myrmécie isolée : acide salicylique en 1re intention (préparation magistrale à 40–60 % sous occlusion), puis cryothérapie en 2e intention.
Verrues en mosaïque : acide salicylique en application large, séances de cryothérapie prudentes (risque de nécrose sur grande surface), patience requise.
Formes résistantes : bléomycine, immunothérapie locale ou laser CO2 sous anesthésie locale – à discuter avec le dermatologue.
Dans tous les cas : ne jamais traiter en zone d’appui direct par des méthodes destructrices agressives sans prendre en compte le risque de cicatrice douloureuse et permanente.

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Verrues plantaires résistantes et récidivantes

Environ 10 % des verrues plantaires sont rebelles aux traitements conventionnels bien conduits. Avant de parler de résistance, il faut s’assurer que le traitement a été correctement réalisé (durée suffisante, décapage régulier, concentration adéquate). Les causes les plus fréquentes d’échec sont l’observance insuffisante avec les kératolytiques, des séances de cryothérapie trop courtes ou trop espacées, et une verrue en zone d’appui favorisant la kératinisation rebelle.

En cas de résistance avérée, les options sont :

  • Association acide salicylique + cryothérapie : c’est la stratégie de référence dans les méta-analyses ;
  • Bléomycine intralésionnelle : très efficace sur les myrmécies rebelles, mais réservée au dermatologue en raison des effets secondaires locaux possibles (nécrose) ;
  • Immunothérapie topique par diphénylcyclopropénone (DPCP) : induit une réponse immunitaire locale de type retardé ; particulièrement intéressante pour les formes multiples ;
  • Injections de candida intralésionnel : stimulation immunitaire non spécifique, efficacité documentée dans plusieurs séries ;
  • Laser CO2 pulsé sous anesthésie locale : vaporisation des tissus infectés ; récidives possibles.

La récidive en couronne après traitement (verrue périphérique autour du site traité) est fréquente : elle traduit une contamination de la peau péri-lésionnelle lors du traitement, et non un échec du traitement de la verrue initiale.

Cas particulier : verrues plantaires chez l’enfant

La prise en charge des verrues chez l’enfant obéit à des règles spécifiques, notamment pour la tolérance aux traitements douloureux. Pour une information complète, consultez notre article dédié : verrues chez l’enfant. En résumé :

  • L’abstention surveillée est plus souvent justifiée que chez l’adulte pour les verrues uniques non douloureuses ;
  • Les kératolytiques sont le traitement de 1re intention, indolores et efficaces à domicile ;
  • La cryothérapie est souvent mal tolérée avant 6–7 ans ; une crème EMLA 1h avant améliore le confort ;
  • Le traitement chirurgical ou au laser peut nécessiter une anesthésie générale chez le jeune enfant pour les formes multiples.

Articles liés – Pour aller plus loin

📌 Traitement et diagnostic différentiel

Consultez un dermatologue si : la verrue grossit rapidement, saigne, est douloureuse au repos, ou si vous êtes diabétique ou immunodéprimé. Chez l’enfant, toute verrue persistant plus de 3 mois mérite un avis médical pour éviter la dissémination.

FAQ – Questions fréquentes sur les verrues plantaires

Comment distinguer une verrue plantaire d’un cor ou d’un durillon ?

La verrue saigne au décapage (points noirs = capillaires thrombosés) et interrompt les dermatoglyphes. Le cor ou durillon ne saigne pas et ses lignes cutanées le traversent sans interruption. La douleur est aussi différente : la verrue est très douloureuse à la pression latérale (en pince), tandis que le cor est douloureux à la pression directe (axiale).

Faut-il absolument traiter une verrue plantaire qui ne fait pas mal ?

Pas nécessairement. Si la verrue est unique, non évolutive et non douloureuse, une surveillance attentive est raisonnable, notamment chez l’enfant. En revanche, le traitement est préférable pour éviter l’extension et la contagion à l’entourage. Un avis dermatologique permet de peser les bénéfices et les contraintes du traitement au cas par cas.

Combien de temps dure le traitement d’une verrue plantaire ?

La durée varie selon la méthode et la réponse individuelle. Avec un verrucide kératolytique quotidien, comptez 4 à 12 semaines pour une verrue superficielle. Pour une myrmécie épaisse traitée par cryothérapie bimensuelle, plusieurs mois sont souvent nécessaires. La patience est indispensable : l’arrêt prématuré est la première cause d’échec.

Peut-on aller à la piscine ou au sport avec une verrue plantaire ?

Oui, mais avec des précautions pour éviter la contagion : port de claquettes dans les espaces collectifs, chaussettes propres à chaque séance, protection de la verrue avec un pansement occlusif étanche si possible. La verrue en elle-même ne contre-indique pas la baignade.

Pourquoi ma verrue revient-elle après traitement ?

La récidive s’explique par le fait qu’aucun traitement actuel n’élimine complètement le virus HPV dans les tissus adjacents. Si la verrue réapparaît exactement au même endroit, le traitement n’a probablement pas été assez profond. Si elle apparaît en couronne autour de la zone traitée, c’est une contamination périphérique lors du traitement. Une consultation dermatologique permet d’adapter la stratégie.

Voir aussi :
Traitement des verrues
Cors et durillons
Verrues génitales
Verrues chez l’enfant
Traitements naturels
Mélanome
Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

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Références scientifiques (PubMed)

  • Kwok CS, Gibbs S, Bennett C, et al. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev. 2012. PMID 22972107
  • Witchey DJ, Witchey NB, Roth-Kauffman MM, Kauffman MK. Plantar Warts: Epidemiology, Pathophysiology, and Clinical Management. J Am Osteopath Assoc. 2018. PMID 29309477
  • Sterling JC, Gibbs S, Haque Hussain SS, et al. British Association of Dermatologists’ guidelines for the management of cutaneous warts 2014. Br J Dermatol. 2014. PMID 24749441
  • Bruggink SC, Gussekloo J, Berger MY, et al. Cryotherapy with liquid nitrogen versus topical salicylic acid application for cutaneous warts in primary care. CMAJ. 2010. PMID 20682736
  • Lipke MM. An armamentarium of wart treatments. Clin Med Res. 2006. PMID 17262054

Mis à jour le 22 mai 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

Haute Autorité de Santé (HAS) – Verrues : prise en charge


Traitement naturel des verrues


Traitement naturel de verrue

En bref : Les traitements naturels des verrues peuvent compléter les soins médicaux, mais aucun n’a prouvé une efficacité supérieure à l’acide salicylique. L’huile essentielle de tea tree, le vinaigre de cidre et l’ail ont des propriétés antivirales documentées in vitro, mais les preuves cliniques restent limitées. Ils peuvent être essayés en première intention pour les verrues peu évolutives, sous surveillance médicale.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Avoir une verrue est souvent vécu comme une contamination, on se sent sale et on veut en guérir vite. Il y a donc plusieurs traitements de verrues. Mais les verrues guérissent-elles parfois toutes seules?

 

Soigner une verrue du doigt
Soigner une verrue du doigt avec un verrucide

Mis à jour le 18 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

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Faut-il soigner les verrues pour en guérir?

Les verrues sont des tumeurs bénignes d’origine virale, dues à des virus appelés papillomavirus.

Le traitement des verrues n’est pas systématique car les verrues sont des tumeurs bénignes régressant le plus souvent spontanément en quelques années.

Il n’est donc pas étonnant de voir disparaître spontanément une verrue.

De nombreux traitements naturels consistent à pratiquer de l’auto suggestion :

  • penser à la verrue et lui intimer l’ordre de partir
  • faire dessiner la verrue à un enfant et détruire le dessin,
  • et toutes sortes de procédés « magiques » plus ou moins originaux (frotter la verrue avec un bout de lard qu’on enterre à la pleine Lune, tenir un marron dans la main gauche en serrant plusieurs minutes…)

La décision de traitement des verrues est prise entre le patient et le médecin en fonction de différents facteurs :

  • localisation de la verrue

une verrue du visage est plus genante et affichante qu’une verrue plantaire, mais pas question d’y appliquer le moindre traitement même naturel, au risque de vous faire une cicatrice.

soigner les verrues du visage
Papillome verruqueux de la paupière : le genre de verrues qu’on doit soigner
    • le nombre de verrues,

Guerir les verrues
Nombreuses verrues plantaires, il faut les soigner

Devant d’aussi nombreuses verrues, de grandes tailles, il est peu probable qu’un traitement naturel soit efficace

  • l’évolution des verrues

deviennent-elles douloureuses au niveau des zones d’appui du pied (verrues plantaires)? grossissent-elles ou se multiplient-elles… ? il y a alors une indication claire à les soigner. Dans ce cas, mieux vaut éviter de risquer de perdre du temps avec un traitement naturel et se faire traiter par le médecin

Comment le médecin soigne-t-il les verrues?

La diversité des traitements qui ont été essayés pour enlever les verrues est à elle seule un constat d’échec.

Dans les etudes scientifiques concernant le traitement des verrues, deux traitements semblent plus efficaces : la cryothérapie par application d’azote liquide voire de neige carbonique et l’application de préparations à base d’’acide salicylique voire d’acide lactique.


Ces deux traitements des verrues sont souvent associés. Leur principe est le même : décaper et détruire la verrue jusqu’à la base, pour essayer d’enlever toutes les cellules infectées par le papillomavirus.

Le médecin peut aussi utiliser du laser, un décapage sous anesthésie locale, des crèmes…

Pour en savoir plus, voir l’article traitement des verrues

 

Traitement naturel des verrues

Les délais de rendez-vous chez les dermatologues s’allongent d’année en année.

Cependant, ne vous improvisez surtout pas médecin! Consultez votre médecin traitant avant toute chose. Il faut en effet vous assurer que la lésion que vous constatez est bien une verrue. Cela peut etre un durillon, voire un terrible melanome achromique. Enfin, ne traitez pas seul des verrues mal localisées, sur une peau fragile (paupière, dos de la main, cou, verrues génitales…)

Il faut être très prudent avant d’utiliser des produits même naturels et bien demander conseil à son pharmacien seulement apres avoir consulté un médecin pour s’assurer du diagnostic de verrue.

Consulter un médecin avant tout

La consultation du médecin pour diagnostiquer le type de verrue et le traitement approprié

RDV RAPIDE EN VISIO AVEC LE DERMATOLOGUE : prenez rdv de

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Sparadrap

Souvent les traitements médicaux consistent en l’application de produits kératolytiques sous un pansement, notamment pour augmenter le taux de pénétration transcutanée du produit. Il semble que le fait de recouvrir constamment la verrue joue aussi un rôle, provoquant une macération de la verrue (elle devient blanche et plus molle), ce qui peut permettre de freiner sa croissance, voire de la faire tomber.

On ne peut pas dire que le sparadrap ou le scotch soient des substances naturelles, mais ils font partie des remedes des verrues de petite taille, notamment sur les doigts.

L’opération consiste à  recouvrir la verrue d’un bout de sparadrap ou mieux si possible de l’enrouler (par exemple pour une petite verrue du doigt) autour de la verrue et de laisser le sparadrap 24h/24 pendant au moins une semaine.

Dans la même logique d’application de substance occlusive, on peut appliquer sur la verrue du doigt de la colle, de l’aloe vera, du beurre de karité…

Les sèves de plantes contre les verrues

Certaines plantes comportent probablement une sève caustique, capable de bloquer la croissance, voire de décaper progressivement les petites verrues, il s’agit de

  • La chélidoine

    Chelidoine dont la sève peut être utilisée pour traiter les verrues

    La chélidoine ou grande Eclaire est une  « mauvaise herbe » qui pousse à l’état sauvage, souvent le long des murs. On la reconnaît à sa fleur jaune et ses feuilles dentelées. Lorsqu’on casse sa tige en deux, un suc jaune-orangé apparaît et peut être appliqué directement sur la petite verrue du doigt par exemple, et uniquement sur elle sans déborder, puis on la recouvre d’un sparadrap, tous les jours sauf si une irritation apparait. Il faut alors suspendre les applications jusqu’au retour d’une peau normale, non irritée.

Ce suc contiendrait un alcaloïde, la coptisine, ayant des propriétés antimitotiques (il bloque la réplication du virus papillomavirus responsable des verrues)

  • Le pissenlit

    Pissenlit, dont on utilise la sève blanche pour les verrues

    Là encore on utilise le lait blanc qui s’écoule lorsqu’on casse la tige du pissenlit (voir chelidoine)

  • Le lait de figue

    Figuier, dont on utilise la sève blanche

On utilise la sève blanche qui s’écoule des petites tiges de l’arbuste, comme pour la chélidoine et le pissenlit.

Teinture mère de thuya

Thuya contre les verrues

On applique sur la verrue à l’aide d’un coton tige une goutte de teinture mère de Thuya une fois par jour.

Aliments contre les verrues

De nombreux aliments, notamment en raison probablement de leur effet rubéfiant et irritant, peuvent être utilisés dans le traitement des verrues

  • Ecorce de citron macérée dans du vinaigre blanc

    Ecorce de citron contre les verrues

    On applique la décoction ail-vinaigre sur la verrue avec un coton tige et on peut recouvrir d’un sparadrap

Certains utilisent uniquement du jus de citron appliqué au coton tige sur la verrue.

  • peau de banane

    Peau de banane contre les verrues

    on découpe une petite pastille de la taille de la verrue dans la partie blanche interne de la peau de banane et on l’applique sous un sparadrap sur la verrue

  • ail ou oignon cru

avec lesquels on frotte doucement les verrues

Ail contre les verrues

Certains les utilisent aussi en purée appliquée sous un pansement mais ceci est très agressif pour la peau alentour qu’il faut protéger avec un pansement percé tel que ceux qu’on utilise pour les cors aux pieds ou du vernis. Mieux vaut éviter cette technique au risque de se bruler la peau

On peut aussi citer la chair d’aubergine appliquée sous un pansement ou la pomme de terre dont on frotte la chair sur la verrue…

Faut-il gratter les verrues ?

Mieux vaut ne pas gratter les verrues. En effet, les irritations tendent parfois à stimuler la réplication du virus et à provoquer la croissance de la verrue. De plus on risque de faire saigner la verrue et il y a alors un risque d’infection bactérienne de la verrue et d’autocontamination par le sang qui transporte des papillomavirus sur la peau.

Ne pas traiter soi-même si : la lésion saigne spontanément, change rapidement d’aspect ou de couleur, est irrégulière ou douloureuse sans raison, ou si vous n’êtes pas certain qu’il s’agit d’une verrue. Consultez un dermatologue : certaines lésions peuvent mimer une verrue tout en étant un mélanome acral ou un carcinome débutant.

Et si ça ne fonctionne pas?

En cas de verrue résistante au traitement bien conduit plus de 15 jours, il faut consulter son médecin.

Télécharger un guide complet au format PDF :

Références

  • Kwok CS, et al. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev. 2012. PMID 22336830
  • Bruggink SC, et al. Cryotherapy with liquid nitrogen versus salicylic acid for cutaneous warts. CMAJ. 2010;182(15):1624-30. PMID 20837698
  • Sterling JC, et al. Guidelines for the management of cutaneous warts. Br J Dermatol. 2014;171(4):696-712. PMID 25196223
  • Haute Autorité de Santé. Verrues cutanées – Recommandations HAS

Verrue de la main ou du doigt : comment l’enlever efficacement

Mis à jour le 18 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Les verrues des mains et des doigts sont dues au papillomavirus humain (HPV). Très fréquentes – elles touchent environ 10 % de la population générale -, elles se traitent efficacement par acide salicylique, cryothérapie à l’azote liquide ou laser CO₂. Sans traitement, 65 % disparaissent spontanément en 2 ans. L’auto-inoculation reste le principal risque : une verrue grattée ou mordue peut se disséminer rapidement sur d’autres doigts ou sur l’entourage.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Verrue de la main

Il est fréquent d’observer l’apparition d’une verrue sur la main ou le doigt, souvent au niveau des zones exposées à de petits traumatismes répétés. Bien qu’elles soient bénignes, ces lésions peuvent être gênantes, douloureuses et socialement embarrassantes – raison pour laquelle leur prise en charge mérite d’être bien comprise.

À quoi sont dues les verrues des mains ?

Les verrues sont causées par une infection par les papillomavirus humains (HPV, pour Human Papillomavirus). Cette famille virale compte plus de 200 génotypes, mais les verrues communes des mains sont le plus souvent dues aux types HPV 1, 2 et 4. Le virus pénètre dans l’épiderme par des micro-lésions cutanées : une égratignure, une peau crevassée ou un ongle rongé suffisent.

À savoir : Le papillomavirus des verrues cutanées est distinct des souches HPV responsables des condylomes génitaux ou du cancer du col. Les verrues des mains ne présentent aucun risque de transformation maligne et ne nécessitent pas de dépistage oncologique.

La transmission est directe (contact peau à peau avec une verrue) ou indirecte (surfaces humides, linge partagé, bords de piscine). L’incubation peut durer de 1 à 6 mois, ce qui rend souvent difficile l’identification du moment de contamination.

Comment reconnaître une verrue de la main ou du doigt ?

Il existe plusieurs types de verrues, dont les présentations cliniques varient selon la localisation et la profondeur de l’infection.

Type de verrue Aspect clinique Localisation préférentielle
Verrue vulgaire Excroissance rugueuse, points noirs, 2-10 mm Dos des doigts, zones péri-unguéales
Myrmécie Profonde, kératosique, très douloureuse à la pression Paume, pulpe des doigts
Verrue plane Petite, superficielle, couleur chair, peu saillante Dos de la main, poignets
Verrue péri-unguéale Autour ou sous l’ongle, souvent multiple Replis latéraux et sous-unguéaux

Verrues autour des ongles

Ce sont des verrues particulièrement difficiles et douloureuses à traiter. Elles sont souvent favorisées par l’onychophagie (habitude de ronger les ongles) ou l’arrachage des petites peaux autour des ongles, qui créent des micro-portes d’entrée pour le HPV. Leur situation péri-unguéale les rend difficiles d’accès pour les traitements locaux et plus récidivantes.

Verrues autour de l'ongle
Verrues autour de l’ongle
Verrue sous l'ongle, difficile à traiter
Verrue sous l’ongle, difficile à traiter
Verrues du doigt
Verrues du doigt

Voir l’article dédié : verrue sous l’ongle ou autour de l’ongle

Verrues planes

Ces verrues sont superficielles, peu saillantes, de couleur chair ou légèrement rosée. Elles passent souvent inaperçues et peuvent être multiples, groupées en plaques sur le dos de la main ou des poignet. Elles répondent généralement bien aux rétinoïdes locaux ou aux préparations kératolytiques légères.

Verrues planes de la main
Verrues planes de la main

Verrue à type de myrmécie

La myrmécie (du grec myrmex, fourmi) est une verrue profonde, enkystée dans le derme, souvent douloureuse à la pression verticale – à la différence des verrues vulgaires qui sont plutôt sensibles à la pression latérale. Elle siège typiquement à la paume ou à la pulpe des doigts et nécessite souvent plusieurs séances de cryothérapie ou un traitement laser.

Grosse verrue de la paume de la main
Grosse verrue de la paume de la main

Verrue ou cor de la main : comment les différencier ?

La confusion entre verrue et cor (hyperkératose) est fréquente, car les deux forment des épaississements cutanés durs. Quelques critères permettent de les distinguer :

Attention : La verrue présente des points noirs en son centre (thromboses capillaires) et est douloureuse à la pression latérale. Le cor est lisse, translucide, douloureux à la pression verticale, sans points noirs, et apparaît sur des zones de frottement chronique (paume, bords des doigts). En cas de doute, un examen dermatologique lève l’ambiguïté en quelques secondes.

Évolution naturelle des verrues des mains

La grande majorité des verrues cutanées régressent spontanément sans traitement. Des études épidémiologiques montrent que 65 % des verrues des mains disparaissent en 2 ans, et environ 80 % en 4 ans. Cette guérison spontanée est liée à l’immunité cellulaire : le système immunitaire finit par reconnaître le HPV et éliminer les cellules infectées.

Cependant, attendre la guérison spontanée n’est pas toujours souhaitable. La verrue peut grossir, se multiplier par auto-inoculation, devenir douloureuse (myrmécie) ou contaminer l’entourage – notamment les enfants, plus vulnérables. Un traitement précoce réduit la durée de la maladie et le risque de dissémination.

Comment éviter d’avoir des verrues des mains ?

La prévention repose sur la réduction des portes d’entrée du virus et la limitation du contact avec des sources de contamination :

Conseils préventifs :

  • Éviter de se ronger les ongles et d’arracher les petites peaux autour des ongles
  • Soigner rapidement les petites plaies, crevasses et érosions cutanées des mains
  • Porter des gants lors d’activités à risque (boucher, mécanicien, jardinière, soins aux enfants)
  • Ne pas partager serviettes, limes à ongles ou gants
  • Se laver les mains après tout contact avec une verrue (la sienne ou celle d’autrui)

Traitements des verrues des mains et des doigts

Le choix du traitement dépend du type de verrue, de sa localisation, de son ancienneté, du nombre de lésions et du terrain du patient. Aucun traitement n’est universellement efficace : les taux de guérison à une séance restent modestes, et la plupart des protocoles nécessitent plusieurs applications ou séances.

Acide salicylique – traitement de première intention en automédication

L’acide salicylique (15 à 26 % selon les formulations) est le traitement kératolytique de référence disponible sans ordonnance. Il agit en macérant et en détachant progressivement le tissu verruqueux. Son efficacité est améliorée par un ponçage régulier de la surface kératosique avant chaque application. Les méta-analyses évaluent son taux de guérison à 50-70 % après 12 semaines d’utilisation régulière.

Cryothérapie à l’azote liquide – traitement de référence en cabinet

La cryothérapie à l’azote liquide (−196 °C) est le traitement le plus utilisé en dermatologie. Elle provoque une nécrose ischémique des cellules infectées par HPV. Appliquée en cabinet, elle est plus puissante que les stylos grand public (qui n’atteignent que −57 °C). Son efficacité est de 60 à 70 % en 2 à 4 séances espacées de 3 semaines. Elle peut être douloureuse, surtout sur les myrmécies et les zones péri-unguéales.

Les stylos de cryothérapie grand public (diméthyléther-propane) offrent une alternative pratique pour les verrues superficielles récentes, avec un profil d’efficacité inférieur à l’azote liquide professionnel.

Laser CO₂ et autres traitements de recours

En cas d’échec ou de verrues récidivantes multiples, le dermatologue peut proposer :

  • Laser CO₂ : vaporisation précise du tissu verruqueux, indiquée pour les verrues périunguéales, palaires ou en mosaïque
  • Imiquimod (Aldara®) : immunomodulateur topique, efficace surtout sur les verrues planes et les condylomes
  • 5-fluorouracile topique : antimitotique en crème, utilisé seul ou en association
  • Curetage : exérèse mécanique sous anesthésie locale, rapide mais avec risque de cicatrice

Pour une vue d’ensemble des options, voir l’article dédié : traitements des verrues.

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Consultez un dermatologue si :

  • La verrue grossit rapidement, saigne spontanément ou change d’aspect (couleur, bords irréguliers)
  • Vous êtes immunodéprimé (greffe d’organe, VIH, traitement immunosuppresseur) : les verrues peuvent devenir extensives et résistantes
  • La verrue est périunguéale et provoque une déformation ou une douleur de l’ongle
  • Deux mois de traitement bien conduit (acide salicylique ou cryothérapie grand public) n’ont produit aucune amélioration
  • Le diagnostic est incertain : certaines tumeurs bénignes (kératose séborrhéique) ou malignes (carcinome épidermoïde) peuvent mimer une verrue

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Questions fréquentes sur les verrues des mains et des doigts

Comment reconnaître une verrue de la main ?

Une verrue de la main se présente comme une petite excroissance ferme, rugueuse, à surface irrégulière, de couleur chair à grisâtre. Elle mesure de 1 à 10 mm et présente souvent de petits points noirs en son centre, correspondant à des thromboses capillaires. Contrairement à un cor, elle est douloureuse à la pression latérale et non à la pression verticale. En cas de doute, un dermatologue pose le diagnostic en quelques secondes.

Quel est le meilleur traitement pour une verrue de la main ?

La cryothérapie à l’azote liquide appliquée en cabinet dermatologique est le traitement de référence, efficace dans 60 à 70 % des cas en 2 à 4 séances. En automédication, l’acide salicylique à 15-26 % appliqué quotidiennement après ponçage constitue la meilleure alternative pour les verrues superficielles. Les deux méthodes peuvent être combinées pour améliorer les résultats, notamment sur les verrues résistantes.

Combien de temps faut-il pour éliminer une verrue de la main ?

Le délai de guérison varie de 4 semaines pour une petite verrue récente traitée par cryothérapie professionnelle à plusieurs mois pour une verrue ancienne ou multiple. Sans traitement, 65 % des verrues disparaissent spontanément en 2 ans. Avec un traitement bien conduit, la guérison est obtenue en 4 à 12 semaines dans la majorité des cas. La réapparition des dermatoglyphes (lignes de la peau) signe la guérison complète.

Les verrues des mains sont-elles contagieuses ?

Oui, les verrues sont dues au papillomavirus humain (HPV), très contagieux par contact direct peau à peau ou indirect via des surfaces humides ou du linge partagé. La transmission nécessite des micro-lésions cutanées. Pour limiter le risque de contagion : ne pas toucher sa verrue, se laver les mains après contact, et ne pas partager serviettes ou limes à ongles avec l’entourage.

Peut-on enlever une verrue de la main soi-même, sans ordonnance ?

Oui, pour les verrues récentes et superficielles : les stylos de cryothérapie grand public ou les patchs à l’acide salicylique sont disponibles en pharmacie sans ordonnance. Leur efficacité est réelle mais inférieure aux traitements professionnels. Les verrues récidivantes, multiples, périunguéales ou résistantes après 2 mois nécessitent une consultation dermatologique pour un traitement plus puissant (azote liquide professionnel, laser CO₂).

Comment éviter les récidives après traitement ?

Pour prévenir les récidives, il faut traiter jusqu’à la disparition totale de la verrue avec réapparition des dermatoglyphes, éviter de se ronger les ongles (principale porte d’entrée du HPV), et se laver régulièrement les mains. Le système immunitaire joue un rôle clé : une immunodépression (traitement immunosuppresseur, VIH) favorise nettement les récidives et nécessite une prise en charge dermatologique spécialisée.

Verrue ou cor de la main : comment les différencier ?

La verrue est rugueuse, présente des points noirs centraux (thromboses capillaires), est douloureuse à la pression latérale et saigne si on la gratte. Le cor est lisse, translucide, douloureux à la pression verticale, sans points noirs, localisé sur les zones de frottement répété. La verrue est d’origine virale (HPV) ; le cor est une réaction mécanique de protection. En cas d’hésitation, une consultation permet de trancher sans ambiguïté.

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Pour une vue d’ensemble des verrues (causes, formes cliniques, HPV) et de toutes les localisations possibles, consultez notre article de référence sur les verrues. Les verrues peuvent aussi toucher le pourtour ou le dessous de l’ongle, avec des précautions de traitement spécifiques.

Références scientifiques

  1. Bruggink SC, et al. Cryotherapy with liquid nitrogen versus salicylic acid for cutaneous warts. CMAJ. 2010;182(15):1624-30. PMID 20837698
  2. Kwok CS, et al. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev. 2012;(9):CD001781. PMID 22336830
  3. Dall’Oglio F, et al. Treatment of cutaneous warts: an evidence-based review. Am J Clin Dermatol. 2012;13(2):73-96. PMID 22175474

Source : HAS – Verrues cutanées : recommandations de prise en charge

Causes du zona

Causes du zona
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Le zona est du à la réactivation du virus de la varicelle (Virus Varicelle Zona ou VZV) que 90% des adultes dans le monde ont eu : 20% des personnes ayant eu la varicelle font un zona.

Cependant le zona n’est pas seulement du à la primo-infection unique de varicelle (dont le zona est une réactivation) car il existe au moins 4 génotypes de VZV.

En effet, l’analyse génétique des virus présents chez les individus atteints de varicelle ou de zona montrent que les cas de réinfection par un autre VZV ne sont pas rares (1 patient sur 8 aux USA), notamment chez les personnes qui ont eu la primo-infection varicelle avant l’âge d’un an et notamment lorsque cette primo-infection a été peu symptomatique (petite varicelle)

Le zona peut donc etre du aussi à une infection par un autre génotype de VZV

Par ailleurs il existe peut-être aussi des facteurs génétiques prédisposants au zona.

Il semblerait par contre que la réinfection par le VZV, même asymptomatique, aiderait à prévenir la survenue d’un zona.

Les causes du zona sont donc nombreuses et encore mal connues.

Plusieurs facteurs favorisent le zona :

L’âge

Le zona est plus fréquent après 50 ans et sa fréquence de survenue augmente avec l’âge : son incidence (nombre de nouveaux cas) est maximale après 75 ans : elle est de 2 pour 1 000
et par an entre 20 et 50 ans, de 5 pour 1 000 et par an entre 51 et
79 ans et de 10 pour 1 000 et par an au-delà de 80 ans

Une immunodépression

Une immunodépression favorise la survenue de zona, mais on observe souvent le zona chez un sujet immunocompétent.

Le zona en cas d’immunodépression (SIDA, cancer évolué… ) est souvent de forme grave (avec une nécrose de la peau, une atteinte diffuse sur plusieurs zones nerveuses, des ulcérations de la peau… ) et compliquées d’atteintes viscérales (entre 3 et 15 % des zonas de l’immunodéprimé ont des atteintes viscérales).

L’immunodépression favorise la réactivation et la dissémination du virus: le risque de dissémination cutanée (zona étendu) est supérieur à 40 % et 10 % de ces formes étendues ont un risque de complications viscérales
(pulmonaire, hépatique, neurologique).

Les personnes dont l’immunodépression expose à un zona grave sont principalement ceux atteints de leucémie aiguë, de lymphome ou cancer en traitement par chimiothérapie, de lupus érythémateux traité à la cortisone, les greffes d’organes, et les patients VIH positifs.

La survenue d’un zona chez un adulte âgé de moins de 45 ans peut ainsi être révélateur d’une séropositivité pour le virus VIH.

De même, un zona ne guérissant pas au bout de quelques semaines, récidivant en alternant des phases d’extension et de régression sans guérison complète.

Ainsi, en cas de zona chez l’adulte jeune, une sérologie VIH (SIDA) est proposée.

Zona du jeune enfant

Avant 4 ans, le zona est rare et il ne présente pas de caractère de gravité. Il est en général indolore et de courte durée.

Seuls 3 % des zonas de l’enfant sont associés à une immunodépression
La contamination foetale dans le ventre de la maman ou une varicelle dans les premiers mois de vie peuvent tout simplement être responsables d’un zona dans les premières années de vie.

La période de latence entre le zona et la varicelle est d’autant plus courte que la varicelle a été contractée précocement au cours de la vie.

Zona chez un bébé
Zona chez un bébé
Zona facial chez un enfant
Zona facial chez un enfant

>>Suite : le traitement du zona

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Soigner et se debarrasser de l’herpes

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Comment soigner l’herpes

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Malgré l’importance de l’information sur l’herpès, sa contagiosité fait que l’herpes augmente encore dans la population. Le traitement de l’herpès fait partie des stratégies pour l’éliminer et essayer de s’en débarrasser. En effet, la mise au point d’un vaccin anti herpes reste hautement peu probable avant plusieurs années.

Mis à jour le 4 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : L’herpès (labial ou génital) ne se guérit pas définitivement, mais se traite efficacement par antiviraux (aciclovir, valaciclovir) qui réduisent la durée des poussées de 1 à 2 jours s’ils sont pris tôt. Le HSV-2 touche environ 15 % des adultes en France. Les formes sévères ou chez l’immunodéprimé nécessitent une prise en charge spécialisée.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Quand consulter en urgence ?
Chez l’enfant atteint d’eczéma atopique, une poussée d’herpès profuse (syndrome de Kaposi-Juliusberg) est une urgence dermatologique. Un herpès touchant l’œil (kératite herpétique), une atteinte étendue chez un patient immunodéprimé, ou une fièvre associée à des lésions génitales doivent aussi faire consulter sans attendre.

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Herpes de la lèvre chez l'enfant
Herpes de la lèvre chez l’enfant

Quel herpès soigner?

L’herpes est une maladie liée à l’infection par Herpes Simplex Virus 1 et 2 (HSV)

L’herpes buccal ou bouton de fievre est dû généralement à HSV1 et il fait généralement suite a une transmission du virus dans l’enfance

En cas d’herpes buccal, il faut éviter d’embrasser son ou ses partenaires et ses enfants (notamment en cas de dermatite atopique)

Soigner l'herpes de la lèvre
Soigner l’herpes labial ou bouton de fièvre

 

L’herpès génital, est du généralement dû à HSV2 et il est considéré comme une maladie sexuellement transmissible. En cas d’herpes genital, il faut informer son ou ses partenaires, consulter un médecin et eviter davoir des relations sexuelles génitales ou orales et attendre la guérison complète avant d’en envisager

herpes vaginal
Herpes génital

Comment soigner l’herpes

Soins d’hygiène de l’herpes

Sur le plan de l’hygiène locale, il faut garder les lésions propres et seches et eviter de les toucher avec les doigts car l’herpes peut se transmettre ailleurs sur le corps par manuportage
Sur le plan des traitements, on distingue le traitement de la primo infection de l’herpes, le traitement des récurrences de l’herpès et le traitement préventif de l’herpes


Traitement de la primo infection de l’herpes

Primo infection à l'herpes
Primo infection à l’herpes
Lésions des gencives et lèvres lors de la primo infection à l'herpes
Lésions des gencives et lèvres lors de la primo infection à l’herpes

Le traitement de la primo-infection de l’herpes, qu’il s’agisse d’un herpes buccal ou génital, est generalement effectué au moyen de medicaments antiviraux : Aciclovir et Valaciclovir

Lorsque la voie orale est impossible ou que la poussee de primoinfection d’herpes est trop importante, on peut recourir à des perfusions d’aciclovir.
L’evolution de la primoinfection d’herpes est generalement améliorée rapidement apres le debut du traitement de l’herpes par comprimes ou perfusions

Traitement de la recurrence d’herpes

Traitements prescrits par le médecin

Pour le traitement des recurrences d’herpes, on distingue l’herpes buccal de l’herpes genital

– herpes labial

Si les episodes d’herpes labial sont peu importants et peu genants, on recourt generalement a des cremes contenant des antiviraux (aciclovir creme (Zovirax®), ibacitabine (Cuterpès®), vidarabine phosphate (Vira-MP® gel) … ) à raison de plusieurs applications par jour
Les traitements oraux par comprimes d’aciclovir et de valaciclovir sont le plus souvent reserves aux poussees importantes ou frequentes

 

Herpes labial au stade crouteux
Herpes labial au stade crouteux

Ensuite au stade de croute, on applique des pommades antibiotiques (Fucidine, Mupiderm… ) pour faire tomber les croutes et éviter leur surinfection par le staphylocoque

– herpes genital

Le traitement de l’herpes génital par voie orale (par comprimes d’aciclovir et de valaciclovir) est le plus souvent reserve aux poussees importantes et genantes d’herpes genital, ou en cas de risque de contagion

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Soigner l’herpes AVEC UNE CREME sans ordonnance

Les délais de rendez-vous chez les dermatologues s’allongent d’année en année.

Cependant, ne vous improvisez surtout pas médecin! Consultez votre médecin traitant avant toute chose.

En attendant votre rendez-vous chez le médecin et/ou le dermatologue et le diagnostic précis de votre herpès, vous pouvez tenter de soulager les récurrences de votre herpes de différentes manières et avec des produits disponibles sans ordonnance chez votre pharmacien ou dans une pharmacie sur Internet. Il faut être très prudent avant d’utiliser des crèmes et bien demander conseil à son pharmacien (risque d’allergie de peau, d’aggravation de sa maladie de peau, risque en cas de grossesse ou d’allaitement… )

Parmi ceux-ci on peut citer :

ACICLOVIR 5% crème, HERPESEDERMYL 5%, crème, HERPEVIR 5%, crème, KENDIX 5 POUR CENT, crème, REMEX 5%, crème (Aciclovir)

CONTRE-INDICATIONS
  • Antécédents d’hypersensibilité à l’aciclovir ou au propylèneglycol.
  • Application oculaire, intrabuccale ou intravaginale
EFFETS SECONDAIRES
  • Peu fréquent : des sensations de picotements ou de brûlures transitoires pouvant suivre l’application de la crème, sécheresse cutanée, prurit.
  • Rare : érythème, eczéma de contact.
  • Très rare : cas d’urticaire et d’œdème de Quincke

 

Traitement preventif de l’herpes : se débarrasser de l’herpès?

Il n’est pas possible de se débarrasser de l’herpes. Cependant, en cas de poussees frequentes d’herpes (plus de 6 poussees d’herpes par an), l’aciclovir ou le valaciclovir peuvent etre proposes par le medecin a titre preventif. Le traitement est reevalue en terme d’efficacite au bout de 6 mois.

Précautions à prendre en cas d’herpès

Herpes labial

Toujours prévenir son médecin qu’on a de l’herpès, notamment le dermatologue en cas de soins de peau (dermabrasion, injections dans les rides, laser de la peau, resurfaçage du visage… )

Eviter de contaminer les enfants en les embrassant si on a de l’herpes labial

On risque en cas de contamination d’enfants atteints d’eczema atopique car ils risquent une poussée profuse appelée syndrome de Kaposi Juliusberg

Kaposi Juliusberg chez un enfant atopique
Kaposi Juliusberg chez un enfant atopique

Herpes génital

Il faut toujours prévenir ses partenaires qu’on a eu de l’herpes car il est contagieux même en l’absence de symptomes

En cas d’herpes génital après un rapport non protégé, il faut faire un bilan de MST aupres de son médecin

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Questions fréquentes

L’herpès se guérit-il définitivement ?

Non, le virus reste latent dans les ganglions nerveux à vie après la primo-infection. Les traitements antiviraux réduisent la fréquence, la durée et l’intensité des poussées, mais ne l’éliminent pas de l’organisme.

Combien de temps dure une poussée d’herpès traitée ?

Prise dès les premiers picotements, la valaciclovir ou l’aciclovir raccourcit une poussée de 1 à 2 jours en moyenne par rapport à l’évolution naturelle de 7 à 10 jours.

L’herpès labial est-il contagieux même sans bouton visible ?

Oui. Une excrétion virale asymptomatique existe, en particulier pour l’herpès génital, ce qui explique une part importante des transmissions même en l’absence de lésion visible.

Peut-on soigner un herpès sans ordonnance ?

Les crèmes disponibles sans ordonnance peuvent soulager les formes légères, mais un avis médical reste recommandé pour confirmer le diagnostic et écarter une complication, en particulier lors d’un premier épisode.

Que faire en cas d’herpès génital après un rapport non protégé ?

Il faut consulter un médecin pour réaliser un bilan complet des infections sexuellement transmissibles et informer son ou ses partenaires, car la contagiosité persiste même sans symptôme apparent.

L’herpès est-il dangereux chez un enfant ayant de l’eczéma ?

Oui, un enfant atteint de dermatite atopique risque une poussée herpétique profuse appelée syndrome de Kaposi-Juliusberg, qui constitue une urgence dermatologique nécessitant une prise en charge rapide.

Existe-t-il un vaccin contre l’herpès ?

Non, à ce jour aucun vaccin contre l’herpès simplex n’est disponible en pratique courante malgré des recherches menées depuis plusieurs années.

À lire aussi sur l’herpès

Références scientifiques

Traitement du zona

Traitement du zona

Traitement zona

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Le zona typique guérissant spontanément en quelques semaines, le traitement du zona a pour objectif principal d’éviter les complications

Il comporte des soins locaux et parfois des traitements par voie orale qui doivent être donnés dans les 3 1ers jours de l’éruption

On distingue dans le traitement du zona les soins locaux et généraux :

Les soins locaux du zona

ils sont surtout pour but d’éviter la surinfection bactérienne des lésions.

On recommande généralement

  • une douche quotidienne avec savon dermatologique,
  • l’application d’antiseptiques locaux doux,
  • voire l’application d’une crème antibiotique telle que Fucidine ® 3 fois par jour pendant une semaine lorsqu’il existe un doute de surinfection cutanée bactérienne des lésions de zona de moins de 2% de la surface corporelle (en cas de surinfection > à 2% de la surf corporelle, ou d’extension rapide de l’infection bactérienne, on utilise alors des antibiotiques par voie orale)

    Les soins généraux du zona

  • Soins contre la douleur lors de la poussée : antalgiques par voie orale

  • Traitements antiviraux :

on prescrit le plus souvent des molécules antivirales par voie orale (la voie intraveineuse est le plus souvent réservée au patient immunodéprimé et aux formes graves de zona), telles que l’aciclovir ou le valaciclovir. Le traitement par voie orale doit idéalement être débuté dans les 72 premières heures après l’éruption du zona, et il est pris en géréral pendant une semaine à 10 j.

Le traitement zona par voie orale est indiqué notamment dans ces situations :

  • zona ophtalmologique, quel que soit l’âge du patient, voir zona opthalmique
  • En prévention des douleurs post zona, notamment de façon systématique apres 50 ans. Voir les douleurs post zona
  • patient immunodéprimé (en intraveineuse)

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Valaciclovir (Zelitrex®) : herpès et zona, posologie et effets


Valaciclovir (Zélitrex®) : indications, posologie et effets secondaires

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Le valaciclovir (Zélitrex®) est le traitement antiviral de référence contre l’herpès – labial, génital et zona. Prodrogued de l’aciclovir, il offre une meilleure biodisponibilité et une posologie simplifiée (2 prises par jour au lieu de 5). Voici le guide complet de son utilisation.

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Qu’est-ce que le valaciclovir ?

Le valaciclovir est une prodrogue de l’aciclovir – après ingestion, il est rapidement converti dans le tube digestif et le foie en aciclovir actif. Cette conversion explique sa supériorité pharmacologique :

Valaciclovir (Zélitrex®) Aciclovir comprimés
Biodisponibilité orale 54–55% 15–20%
Prises par jour 2 prises 5 prises
Voie d’administration Orale uniquement Orale ou IV
Diffusion Excellente – salive, sécrétions vaginales, LCR Bonne par voie IV
Élimination Urinaire – adaptation si insuffisance rénale Urinaire

Indications et posologies

Indication Posologie Durée
Herpès labial (bouton de fièvre) – récurrence 2 g × 2/j (matin et soir) 1 jour (débuté dès les prodromes)
Herpès génital – premier épisode 500 mg × 2/j 10 jours
Herpès génital – récurrences 500 mg × 2/j ou 1 g × 1/j 5 jours
Herpès génital – prévention (> 6 récurrences/an) 500 mg × 1/j Continu, réévalué à 6 mois
Zona (sujet immunocompétent) 1 g × 3/j 7 jours – débuté dans les 72h de l’éruption
Bouton de fièvre – prévention (> 6/an, hors AMM) 500 mg × 1/j Continu, réévalué à 6 mois

💡 Conseil pratique : boire abondamment de l’eau pendant le traitement pour faciliter l’élimination rénale de l’aciclovir. En cas d’insuffisance rénale, une adaptation des doses est obligatoire – consultez votre médecin.

Effets secondaires

La tolérance du valaciclovir est globalement excellente. Les effets secondaires rapportés sont :

  • Fréquents : troubles gastro-intestinaux (nausées, diarrhée légère), maux de tête
  • Rares : éruptions cutanées
  • Très rares : manifestations neurologiques (confusion, hallucinations) – surtout en cas d’insuffisance rénale non prise en compte

Grossesse et allaitement

L’aciclovir (forme active du valaciclovir) passe dans le lait maternel et traverse le placenta. Les données disponibles sur le valaciclovir pendant la grossesse sont rassurantes – il est utilisé sans signalement d’effets tératogènes – mais son utilisation doit être discutée avec un médecin, notamment pour le premier trimestre. Il n’est pas contre-indiqué formellement mais doit être prescrit uniquement si le bénéfice justifie le risque. Voir Valaciclovir Grossesse et Valaciclovir allaitement

Sources

Questions fréquentes sur le valaciclovir

Quelle est la différence entre valaciclovir et aciclovir ?

Le valaciclovir est une prodrogue de l’aciclovir – il se transforme en aciclovir actif après ingestion. Sa biodisponibilité est 3 à 5 fois supérieure, ce qui permet de réduire les prises à 2 par jour au lieu de 5 pour l’aciclovir. En pratique, le valaciclovir est plus efficace par voie orale et beaucoup plus pratique à utiliser au quotidien.

Peut-on prendre du valaciclovir enceinte ?

Les données disponibles sont rassurantes – aucun effet tératogène n’a été signalé – mais l’utilisation pendant la grossesse doit être discutée au cas par cas avec un médecin. L’aciclovir, sa forme active, est le mieux documenté pendant la grossesse et reste la référence en cas de nécessité absolue. Ne prenez jamais ce médicament pendant la grossesse sans avis médical préalable.

Le valaciclovir guérit-il définitivement l’herpès ?

Non. Le valaciclovir traite et prévient les poussées d’herpès mais ne peut pas éliminer le virus HSV de l’organisme – il reste latent à vie dans les ganglions nerveux. Le traitement préventif continu réduit significativement la fréquence des récurrences et le risque de transmission, mais à l’arrêt du traitement, les poussées peuvent reprendre.

Faut-il une ordonnance pour acheter du valaciclovir ?

Oui, le valaciclovir (Zélitrex®) est un médicament sur ordonnance – il n’est pas disponible sans prescription. En revanche, les crèmes à l’aciclovir 5% pour l’herpès labial sont disponibles sans ordonnance en pharmacie. Pour les formes orales de traitement ou de prévention, consultez votre médecin traitant ou un dermatologue.

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Zona : comment se transmet-il et quelles précautions prendre ?

Contagion et transmission du zona

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Zona et VZV : mécanisme de la récurrence

Le zona n’est pas à proprement parler une maladie contagieuse. Il s’agit de la manifestation clinique de la récurrence du virus de la varicelle, le Virus Varicelle-Zona (VZV), qui appartient à la famille des herpèsvirus.

Après une primo-infection par la varicelle (en général dans l’enfance), le VZV ne disparaît pas de l’organisme : il se réfugie dans les ganglions nerveux sensitifs (ganglions rachidiens ou crâniens) où il reste en état de latence pendant des années, voire des décennies. Lorsque les défenses immunitaires s’affaiblissent – avec l’âge, un stress, une maladie ou un traitement immunosuppresseur – le virus peut se réactiver et migrer le long d’un nerf sensitif jusqu’à la peau, provoquant le zona.

Environ 90 % des adultes dans le monde ont fait la varicelle et portent donc le VZV en latence. Parmi eux, environ 20 % développeront un zona au cours de leur vie.

💡 À retenir
On ne « contracte » pas le zona : on le développe à partir du virus que l’on porte déjà en soi depuis la varicelle. C’est pourquoi le zona ne se transmet pas d’une personne ayant un zona à une autre personne déjà immunisée contre la varicelle.


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Peut-on attraper le zona par contagion ?

On n’attrape pas le zona au contact d’une personne qui a un zona. Cependant, il existe une situation particulière : une personne n’ayant jamais fait la varicelle peut, en contact avec les lésions vésiculeuses d’un patient ayant un zona, être contaminée par le VZV et développer… une varicelle (primo-infection), et non un zona.

De même, une nouvelle exposition exogène au VZV – en côtoyant une personne faisant la varicelle ou le zona – peut théoriquement contribuer à une réactivation chez une personne déjà porteuse du virus en latence, bien que ce mécanisme soit considéré comme marginal.

📋 Schéma de transmission simplifié
Contact avec zona ou varicelle → si jamais vacciné ni immunisé → risque de varicelle (pas de zona direct)
Contact avec zona ou varicelle → si déjà immunisé → aucun risque de zona par contagion

Le zona est-il contagieux pour l’entourage ?

Oui, dans une mesure limitée. Un patient présentant un zona peut transmettre le VZV à une personne non immunisée contre la varicelle (environ 10 % des adultes n’ont pas d’immunité contre la varicelle). Cette transmission provoque alors une varicelle chez le contact, et non un zona.

La contagiosité du zona est nettement inférieure à celle de la varicelle :

Caractéristique Varicelle Zona
Mode de transmission Aérienne + contact direct Contact direct avec lésions vésiculeuses uniquement
Période de contagiosité 2 jours avant l’éruption jusqu’à croûtes complètes Environ 2 jours (phase vésiculeuse active)
Ce que le contact risque Varicelle (si non immunisé) Varicelle (si non immunisé) – jamais de zona direct
Contagiosité relative Très élevée Faible (lésions localisées, pas de transmission aérienne)

La contagiosité cesse dès que toutes les vésicules sont croûtées. Un zona couvert par un pansement occlusif est peu contagieux.

Précautions pratiques

Si vous n’avez pas eu la varicelle (ou si vous n’êtes pas certain de votre statut immunitaire) et que vous êtes en contact avec une personne ayant un zona :

  • Lavez-vous soigneusement les mains après tout contact avec la personne malade ou son environnement
  • Évitez le contact direct avec les lésions vésiculeuses (ne pas toucher les plaques de zona)
  • Consultez votre médecin si vous pensez ne pas être immunisé : une sérologie VZV peut confirmer votre statut
  • En cas de doute après exposition, une prophylaxie post-exposition (immunoglobulines spécifiques ou antiviraux) peut être envisagée chez les sujets immunodéprimés ou les femmes enceintes non immunisées
⚠ Personnes à risque particulier
Les nourrissons de moins de 1 mois, les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes non immunisées sont les populations les plus vulnérables en cas d’exposition au VZV. Une consultation médicale urgente s’impose dans ces situations.

Zona et grossesse

Si vous êtes enceinte et non immunisée contre la varicelle, évitez tout contact avec une personne présentant un zona ou une varicelle. La varicelle contractée pendant la grossesse peut entraîner des complications sévères : pneumonie varicelleuse maternelle, varicelle congénitale (avant 20 semaines d’aménorrhée) ou varicelle néonatale (en fin de grossesse). Ces situations nécessitent une prise en charge spécialisée en urgence.

Si vous avez déjà eu la varicelle, vous êtes immunisée : le contact avec un patient ayant un zona ne présente aucun risque pour votre grossesse.

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Vaccination : prévenir le zona

Le vaccin Shingrix® (vaccin recombinant sous-unitaire adjuvanté) est recommandé en France depuis 2023 pour les personnes de 65 ans et plus, et dès 50 ans pour les patients immunodéprimés. Administré en deux doses, il réduit le risque de zona d’environ 90 % et diminue significativement le risque de névralgie post-zostérienne, la complication la plus invalidante du zona.

La vaccination contre la varicelle (Varivax®, Varilrix®) est quant à elle recommandée chez les adultes séronégatifs non immunisés, notamment avant une grossesse ou une immunosuppression programmée.

Questions fréquentes (FAQ)

Mon enfant peut-il attraper la varicelle en côtoyant une personne qui a le zona ?

Oui, si votre enfant n’a pas encore eu la varicelle et n’est pas vacciné. Le contact direct avec les lésions vésiculeuses d’un zona peut transmettre le VZV et provoquer une varicelle. Évitez ce contact et consultez un médecin si une exposition a eu lieu.

Combien de temps le zona est-il contagieux ?

La période de contagiosité est courte, d’environ 2 jours, correspondant à la phase de vésicules actives. Dès que toutes les lésions sont croûtées, le risque de transmission disparaît.

Peut-on faire deux fois le zona ?

Oui, bien que moins fréquent qu’un premier épisode. Les récidives touchent surtout les personnes immunodéprimées. La vaccination par Shingrix® réduit également le risque de récidive chez les personnes ayant déjà eu un zona.

Si j’ai eu la varicelle, puis-je attraper le zona de quelqu’un d’autre ?

Non, pas par contagion directe. Si vous portez déjà le VZV en latence, le contact avec un zona ne vous fera pas développer un nouveau zona. Votre propre zona, si vous en faites un, sera une réactivation du virus que vous portez en vous depuis votre varicelle.

Le zona se transmet-il par la salive ou l’air ?

Non. Contrairement à la varicelle, le zona ne se transmet pas par voie aérienne. La transmission nécessite un contact direct avec le liquide des vésicules. Un zona bien couvert (pansement occlusif) est pratiquement non contagieux.

Que faire si je suis immunodéprimé et exposé au zona ?

Consultez votre médecin en urgence. Une prophylaxie post-exposition par immunoglobulines anti-VZV ou par antiviraux (aciclovir, valaciclovir) peut être envisagée pour prévenir une infection grave.

»»» Suite : le traitement du zona


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Voir aussi : Le zona est une maladie de la réactivation, pas de la contagion. La meilleure protection reste la vaccination : Shingrix® dès 65 ans (ou 50 ans en cas d’immunodépression) réduit d’environ 90 % le risque de zona et de ses complications douloureuses (névralgie post-zostérienne). N’attendez pas un premier épisode pour vous renseigner auprès de votre médecin.

Références scientifiques

  • Gnann JW Jr, Whitley RJ. Herpes zoster. N Engl J Med. 2002;347(5):340-346. PMID 12151472
  • Oxman MN, Levin MJ, Johnson GR, et al. A vaccine to prevent herpes zoster and postherpetic neuralgia in older adults. N Engl J Med. 2005;352(22):2271-2284. PMID 15930418
  • Lal H, Cunningham AL, Godeaux O, et al. Efficacy of an adjuvanted herpes zoster subunit vaccine in older adults. N Engl J Med. 2015;372(22):2087-2096. PMID 25916341
  • Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP). Recommandations vaccinales contre le zona – mise à jour 2023. hcsp.fr

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Mis à jour le 11 avril 2025 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS)., Bordeaux.



Herpes viridae : les virus herpes viridae : symptomes

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Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Les Herpesviridae forment une grande famille de virus à ADN responsables de nombreuses infections humaines. Huit membres pathogènes pour l’homme ont été identifiés. En dermatologie, les plus importants sont l’herpès simplex virus (HSV-1 et HSV-2), le virus varicelle-zona (VZV), le virus d’Epstein-Barr (EBV) et le cytomégalovirus (CMV). Tous partagent une caractéristique commune : après la primo-infection, le virus reste latent dans l’organisme et peut se réactiver tout au long de la vie.

ℹ️ Point clé
Les herpèsvirus ne sont jamais éliminés définitivement par l’organisme. Ils établissent une latence dans les ganglions nerveux sensitifs et peuvent se réactiver à l’occasion d’un affaiblissement immunitaire, d’un stress ou d’une fièvre.
En bref : Les virus Herpesvirus humains (HSV-1, HSV-2, VZV, CMV, EBV, HHV-6/7/8) infectent plus de 90 % de la population mondiale. L’herpès labial touche 67 % des adultes, le zona survient chez 1 personne sur 3 au cours de la vie. Ces virus restent latents à vie dans les ganglions nerveux et se réactivent lors d’un affaiblissement immunitaire. Les traitements antiviraux (aciclovir, valaciclovir) réduisent la durée et la sévérité des poussées.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Les 8 herpèsvirus humains et leurs manifestations cutanées

Virus Abréviation Manifestations principales Traitement antiviral
Herpès simplex virus 1 HSV-1 Herpès labial, kératite herpétique, encéphalite Aciclovir, valacyclovir
Herpès simplex virus 2 HSV-2 Herpès génital, herpès néonatal Aciclovir, valacyclovir
Virus varicelle-zona VZV (HHV-3) Varicelle (primo-infection), zona (réactivation) Valacyclovir, aciclovir IV
Virus d’Epstein-Barr EBV (HHV-4) Mononucléose infectieuse, exanthème maculopapuleux Symptomatique (pas d’antiviral spécifique)
Cytomégalovirus CMV (HHV-5) Syndrome mononucléosique, rétinite, ulcères cutanés (immunodéprimés) Ganciclovir, valganciclovir
HHV-6 HHV-6A/B Roséole infantile (exanthème subit) Symptomatique
HHV-7 HHV-7 Roséole (formes récidivantes) Symptomatique
HHV-8 (KSHV) HHV-8 Sarcome de Kaposi Antirétroviraux, chimiothérapie

Herpès labial et génital (HSV-1 et HSV-2)

Primo-infection et récidives

La primo-infection herpétique peut être asymptomatique ou se manifester par une gingivostomatite herpétique (HSV-1) ou une vulvo-vaginite herpétique (HSV-2) avec fièvre, adénopathies et lésions vésiculeuses douloureuses. Après guérison clinique, le virus s’installe en latence dans les ganglions nerveux sensitifs (ganglion de Gasser pour HSV-1, ganglions sacrés pour HSV-2) et peut se réactiver.

Les récidives se caractérisent par :

  • Des prodromes : picotements, brûlures, démangeaisons locales (12 à 24 h avant l’éruption)
  • L’apparition de vésicules groupées sur base érythémateuse, rapidement érosives
  • Une cicatrisation spontanée en 7 à 10 jours
⚠️ Herpès néonatal
L’herpès néonatal est une urgence médicale grave. En cas d’herpès génital actif en fin de grossesse, une césarienne est généralement recommandée. Tout nouveau-né présentant des vésicules, une fièvre ou des convulsions dans les 3 premières semaines de vie doit être hospitalisé en urgence.

Traitement de l’herpès (HSV-1 et HSV-2)

  • Épisodique : valacyclovir 500 mg × 2/jour pendant 5 jours, débuté dès les prodromes
  • Suppressif (récidives fréquentes > 6/an) : valacyclovir 500 mg/jour en continu
  • Herpès sévère/immunodéprimé : aciclovir IV 5 mg/kg toutes les 8 h

Le zona (VZV réactivé)

Le zona résulte de la réactivation du virus varicelle-zona (VZV) dans un ganglion sensitif. Il survient le plus souvent après 50 ans ou en cas d’immunodépression. Il se manifeste par une éruption vésiculeuse unilatérale, suivant un dermatome, précédée de douleurs neuropathiques intenses.

Complications du zona

  • Douleurs post-zostériennes : complication la plus fréquente après 60 ans, pouvant durer des mois à des années
  • Zona ophtalmique : atteinte de la branche ophtalmique du trijumeau, avec risque de kératite zostérienne
  • Zona du pavillon (syndrome de Ramsay Hunt) : paralysie faciale périphérique + vésicules auriculaires

Traitement et vaccination contre le zona

Traitement : valacyclovir 1 g × 3/jour pendant 7 jours, à débuter dans les 72 h après l’éruption. Une antalgie adaptée (palier 2 ou 3) est souvent nécessaire.

Vaccination : le vaccin Shingrix (recombinant, non vivant) est recommandé dès 65 ans et dès 50 ans chez les immunodéprimés. Efficacité supérieure à 90 % sur 4 ans.

💡 Conseil
Consultez rapidement si vous suspectez un zona : le traitement antiviral est d’autant plus efficace qu’il est débuté tôt (dans les 72 premières heures). En cas de zona ophtalmique, une consultation ophtalmologique urgente est nécessaire.
⚠ Urgences herpèsvirus – consultez SANS ATTENDRE si : zona ophtalmique (œil rouge, douleur autour de l’œil) ; herpès génital première crise avec fièvre ; bouton de fièvre chez un nouveau-né ; encéphalite herpétique (confusion, convulsions, fièvre) ; immunodépression connue avec poussée herpétique.

Mononucléose infectieuse (EBV)

La mononucléose infectieuse (MNI) touche principalement les adolescents et jeunes adultes. Elle se manifeste par une triade classique : fièvre, angine avec enduit blanchâtre, et adénopathies cervicales. Sur le plan cutané, on observe dans 5 à 10 % des cas un exanthème maculopapuleux qui devient quasi-systématique (90 %) en cas de prise d’aminopénicilline (amoxicilline). Ce rash ne correspond pas à une allergie vraie à l’antibiotique.

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FAQ – Questions fréquentes sur les herpèsvirus

Quelle est la différence entre l’herpès labial et l’herpès génital ?

L’herpès labial est le plus souvent causé par HSV-1, l’herpès génital principalement par HSV-2. Les deux virus peuvent cependant toucher les deux zones par contacts oro-génitaux. Dans les deux cas, le virus reste latent dans les ganglions nerveux et peut se réactiver tout au long de la vie.

Le zona est-il contagieux ?

Le zona peut transmettre le VZV à une personne non immunisée (jamais eu la varicelle, non vaccinée), mais il est moins contagieux que la varicelle. La contagiosité cesse lorsque les vésicules sont toutes croûtées. Évitez les femmes enceintes, nourrissons et immunodéprimés pendant la phase éruptive.

Quel traitement pour l’herpès labial récidivant ?

Pour les récidives fréquentes (> 6/an), un traitement suppressif par valacyclovir 500 mg/jour au long cours est recommandé. En traitement épisodique, le valacyclovir doit être débuté dès les premiers prodromes pour être efficace.

Peut-on se faire vacciner contre le zona ?

Oui, le vaccin Shingrix est recommandé dès 65 ans (et 50 ans chez les immunodéprimés). Il réduit le risque de zona de plus de 90 % et est pris en charge par l’Assurance maladie pour les personnes éligibles.

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Comment savoir si on a l’herpès ou le zona ?

L’herpès (HSV-1 ou HSV-2) provoque des vésicules douloureuses groupées en bouquet, récidivantes, autour de la bouche (herpès labial) ou des organes génitaux. Le zona (VZV) est unilatéral, suit un trajet nerveux (dermatome), survient une seule fois en règle générale et s’accompagne souvent de douleurs précédant les boutons. Un avis médical confirme le diagnostic en cas de doute.

L’herpès se guérit-il définitivement ?

Non. Une fois contracté, le virus HSV reste latent à vie dans les ganglions sensitifs. Il se réactive périodiquement (stress, fatigue, soleil, menstruations). Les antiviraux – aciclovir, valaciclovir – ne l’éradiquent pas mais réduisent la fréquence et la durée des poussées. Un traitement suppressif au long cours est possible en cas de récidives fréquentes (≥6/an).

Le zona est-il contagieux ?

Le zona lui-même ne se transmet pas, mais les vésicules contiennent le VZV vivant. Une personne non immunisée (n’ayant jamais eu la varicelle ni le vaccin) peut donc contracter la varicelle au contact des lésions. Évitez tout contact avec femmes enceintes non immunisées, nouveau-nés et immunodéprimés pendant la phase vésiculeuse. Le risque de transmission est nul une fois les croûtes sèches.

Quand faut-il prendre un antiviral pour l’herpès labial ?

Le traitement est le plus efficace dans les premières 48–72 h suivant l’apparition des picotements ou brûlures (phase prodromique), avant l’apparition des vésicules. Valaciclovir 2 g × 2 en prise unique (schéma court) ou aciclovir crème (Zovirax®) 5 applications/j pendant 4 jours. Au-delà de 72 h, le traitement reste utile pour accélérer la cicatrisation.

Peut-on avoir un herpès génital sans le savoir ?

Oui. Environ 70–80 % des personnes ayant l’herpès génital ignorent leur infection car les symptômes sont absents ou très discrets (légère irritation, microfissures). L’excrétion asymptomatique du virus est possible : transmission sans lésion visible. Un test sérologique HSV-2 peut confirmer l’infection. L’utilisation du préservatif réduit (sans éliminer) le risque de transmission.

Faut-il se faire vacciner contre le zona ?

Oui, pour les personnes de 65 ans et plus. Le vaccin Shingrix® (recombinant non vivant, 2 doses) réduit le risque de zona de 90 % et les douleurs post-zostériennes de 89 %. Il est remboursé en France depuis 2024 pour les 65–74 ans et les immunodéprimés dès 18 ans. Le vaccin Zostavax® (vivant atténué) est moins efficace et déconseillé chez les immunodéprimés.

Quelle est la différence entre l’herpès et l’impétigo ?

Les deux donnent des croûtes meliceuses autour de la bouche chez l’enfant, ce qui prête à confusion. L’herpès forme d’abord des vésicules transparentes groupées sur fond érythémateux, douloureuses, évoluant en croûtes jaunâtres. L’impétigo (infection bactérienne à staphylocoque ou streptocoque) forme directement des croûtes couleur miel, moins douloureuses, plus superficielles, non groupées en bouquet. L’herpès récidive, l’impétigo non.

Références scientifiques

  • Whitley RJ et al. « Herpes simplex viruses. » Clin Infect Dis. 1998. PMID : 9606098
  • Gnann JW, Whitley RJ. « Herpes zoster. » N Engl J Med. 2002. PMID : 12136170
  • Oxman MN et al. « A vaccine to prevent herpes zoster and postherpetic neuralgia in older adults. » N Engl J Med. 2005. PMID : 15930418
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Vaccination contre le zona – Recommandations. 2023. PMID 25608816
  • Cohen JI. Herpes zoster. N Engl J Med. 2013;369(3):255–263. PMID 23863052
  • Oxman MN et al. A vaccine to prevent herpes zoster and postherpetic neuralgia in older adults. N Engl J Med. 2005;352(22):2271–2284. PMID 15899170
  • /www.has-sante.fr »>has-sante.fr


Virus et peau : HPV, VZV, HSV et molluscum – les virus dermatologiques

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Télécharger un guide complet au format PDF :

Références scientifiques
  1. Wollenberg A et al., J Eur Acad Dermatol Venereol, 2022. PMID 35582793
  2. Silverberg JI et al., JAMA Dermatol, 2021. PMID 33656519
  3. Bieber T et al., N Engl J Med, 2021. PMID 34496175

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La peau est une cible fréquente pour de nombreux virus. Certains y provoquent des lésions directement (verrues, herpès, molluscum), d’autres s’y manifestent lors de maladies systémiques (exanthèmes viraux, rash de mononucléose). Ce guide fait le point sur les principales infections virales cutanées rencontrées en dermatologie : HPV, HSV, VZV et molluscum contagiosum.

ℹ️ Les 4 grands virus dermatologiques
En pratique quotidienne, quatre groupes de virus dominent la dermatologie : le papillomavirus humain (HPV) responsable des verrues et condylomes, l’herpès simplex (HSV) provoquant le bouton de fièvre et l’herpès génital, le virus varicelle-zona (VZV) causant varicelle et zona, et le Molluscipoxvirus responsable du molluscum contagiosum.
⚠️ Quand consulter sans attendre ?

  • Lésions qui s’étendent rapidement ou changent d’aspect
  • Douleur intense, fièvre ou signes d’infection cutanée
  • Impact sévère sur la qualité de vie ou le sommeil
  • Échec des traitements depuis plus de 4 semaines

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Le papillomavirus humain (HPV) : verrues et condylomes

Les verrues cutanées

Les verrues sont des proliférations épidermiques bénignes causées par des HPV à bas risque (principalement types 1, 2, 4). Très contagieuses par contact direct, elles touchent surtout les enfants et les adolescents. On distingue :

  • Verrues vulgaires : papules kératosiques rugueuses, surtout sur les doigts et les mains
  • Verrues plantaires (myrmécies) : douloureuses à la pression, profondément enchâssées dans la plante du pied
  • Verrues planes : petites papules légèrement surélevées, couleur chair, sur le visage et le dos des mains
  • Condylomes acuminés (verrues génitales) : végétations en zone ano-génitale, dues aux HPV 6 et 11
Type de lésion HPV Génotypes Localisation Traitement principal
Verrue vulgaire HPV 1, 2, 4 Mains, doigts, genoux Cryothérapie, acide salicylique
Verrue plantaire HPV 1 Plante des pieds Cryothérapie, laser CO2
Verrue plane HPV 3, 10 Visage, dos des mains Rétinoïdes locaux, cryothérapie
Condylome acuminé HPV 6, 11 Zones génitales/anales Imiquimod, cryothérapie, laser
Dysplasie/carcinome HPV 16, 18 Col, vulve, anus, oropharynx Exérèse chirurgicale, laser

La vaccination anti-HPV

Le vaccin Gardasil 9 protège contre 9 génotypes de HPV (6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58). Il est recommandé en France pour toutes les filles et les garçons de 11 à 14 ans (2 doses), avec un rattrapage possible jusqu’à 19 ans (3 doses). La vaccination prévient plus de 90 % des cancers du col de l’utérus et la grande majorité des condylomes.

💡 Verrues : patience ou traitement ?
Chez l’enfant immunocompétent, 60 à 70 % des verrues disparaissent spontanément en 2 ans. Un traitement est justifié en cas de douleur, de verrues étendues, de transmission répétée à l’entourage ou de localisation gênante (plante du pied, visage).

L’herpès cutané (HSV-1 et HSV-2)

Les virus herpès simplex de type 1 et 2 sont responsables d’infections cutanéo-muqueuses récurrentes. Après la primo-infection, le virus s’installe en latence dans les ganglions sensitifs et se réactive périodiquement.

Manifestations cutanées de l’herpès

  • Herpès labial (HSV-1) : vésicules groupées, douloureuses, sur la lèvre ou la commissure labiale, précédées de picotements
  • Herpès génital (HSV-2) : érosions douloureuses sur les organes génitaux, parfois accompagnées de fièvre et d’adénopathies lors de la primo-infection
  • Panaris herpétique : atteinte des doigts, souvent professionnelle (soignants)
  • Eczéma herpéticum : dissémination herpétique sur une peau eczémateuse – urgence dermatologique
⚠️ Urgence : eczéma herpéticum
La survenue de vésicules érosives disséminées sur une peau atopique eczémateuse doit faire évoquer un eczéma herpéticum (syndrome de Kaposi-Juliusberg). C’est une urgence nécessitant une hospitalisation et un traitement par aciclovir IV. Ne pas confondre avec une poussée d’eczéma.

Le zona (VZV) : réactivation de la varicelle

Le virus varicelle-zona (VZV), après la primo-infection varicelleuse, reste latent dans les ganglions dorsaux spinaux. Sa réactivation survient surtout après 50 ans ou en cas d’immunodépression et réalise le tableau clinique du zona : éruption vésiculeuse unilatérale douloureuse suivant un dermatome.

Signes cutanés du zona

  • Phase prodromique : douleurs neuropathiques intenses dans le territoire concerné (1 à 5 jours avant l’éruption)
  • Phase éruptive : plaques érythémateuses, puis vésicules groupées en bouquet, unilatérales, suivant strictement un dermatome
  • Phase de cicatrisation : croûtes en 10 à 15 jours, parfois dépigmentation ou cicatrices résiduelles

Traitement : valacyclovir 1 g × 3/jour pendant 7 jours, à débuter impérativement dans les 72 h. La vaccination Shingrix (2 doses) est recommandée dès 65 ans.

Le molluscum contagiosum

Causé par le Molluscipoxvirus (famille des Poxviridae), le molluscum contagiosum est une infection bénigne et très contagieuse touchant surtout les enfants de 2 à 10 ans. Cliniquement, il se présente sous forme de petites papules perlées (2 à 5 mm), de couleur chair, avec une dépression centrale (ombilication) caractéristique.

Deux contextes différents

  • Chez l’enfant immunocompétent : régression spontanée habituelle en 6 à 18 mois – abstention thérapeutique souvent recommandée sauf si lésions nombreuses ou zones sensibles
  • Chez l’adulte ou l’immunodéprimé : lésions souvent génitales (IST), nombreuses, résistantes nécessitant un traitement actif

Traitements : curetage (geste rapide en cabinet), cryothérapie, imiquimod 5 % (crème immunomodulatrice), acide trichloroacétique.

En bref : Virus et peau est une affection cutanée dont le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, des examens complémentaires. La prise en charge dépend de la forme et de la sévérité. Consultez votre dermatologue pour un diagnostic précis et un traitement adapté.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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FAQ – Questions fréquentes sur les virus et la peau

Comment traiter les verrues causées par le HPV ?

La cryothérapie à l’azote liquide est le traitement de référence en cabinet. Les préparations kératolytiques à l’acide salicylique sont efficaces en application quotidienne à domicile. Chez l’enfant, la disparition spontanée en 2 ans survient dans 60 à 70 % des cas.

Qu’est-ce que le molluscum contagiosum et comment le traiter ?

C’est une infection bénigne par le Molluscipoxvirus, présentant de petites papules perlées ombiliquées. Chez l’enfant immunocompétent, la régression est spontanée en 6 à 18 mois. Le curetage, la cryothérapie ou l’imiquimod sont utilisés en cas de lésions nombreuses.

Le papillomavirus (HPV) peut-il provoquer un cancer de la peau ?

Les HPV à haut risque (16, 18) sont responsables des cancers du col de l’utérus, de l’anus et de l’oropharynx, et favorisent les carcinomes épidermoïdes cutanés chez les immunodéprimés. La vaccination Gardasil 9 protège contre les génotypes les plus oncogènes.

La varicelle est-elle dangereuse chez l’adulte ?

Oui, plus que chez l’enfant. L’adulte non immunisé risque une pneumonie varicelleuse, une encéphalite ou une dissémination hépatique. Un traitement antiviral précoce (valacyclovir) est recommandé. Le virus reste ensuite latent et peut se réactiver sous forme de zona.

Références scientifiques

  • Bzhalava D et al. « Diversity of human papillomaviruses in skin lesions. » Virology. 2013. PMID : 23578373
  • Leung AK et al. « Molluscum contagiosum: an update. » Recent Pat Inflamm Allergy Drug Discov. 2020. PMID : 32342822
  • Gnann JW, Whitley RJ. « Herpes zoster. » N Engl J Med. 2002. PMID : 12136170
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Vaccination contre les infections à HPV – Recommandations vaccinales. 2023. has-sante.fr


Zona : traitement antiviral précoce, soulagement et vaccination

Mis à jour le 20 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Le zona résulte de la réactivation du virus varicelle-zona (VZV) latent dans les ganglions nerveux. Il touche environ 30 % des individus au cours de leur vie, principalement après 50 ans ou en cas d’immunodépression. Le vaccin réduit le risque de zona et de douleurs post-zostériennes de 50 à 90 %.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Dernière mise à jour : 4 mai 2026

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Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

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Zona : causes, symptômes, traitement et vaccin

Le zona est une maladie de peau très fréquente, touchant 20 % de la population. Il est dû à la réactivation du virus varicelle-zona (VZV), qui reste latent dans les ganglions nerveux après la varicelle. L’éruption est caractérisée par des vésicules douloureuses suivant le trajet d’un nerf, sur une seule moitié du corps. Le traitement antiviral doit être institué dans les 72 premières heures pour réduire le risque de douleurs post-zostériennes.

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Zona - éruption vésiculeuse unilatérale suivant un trajet nerveux
Zona thoracique typique

Sommaire :
Causes |
Facteurs déclenchants |
Symptômes |
Évolution |
Complications |
Vaccin |
Traitement |
Pages spécialisées |
Questions fréquentes

Causes du zona

Le zona est la manifestation clinique de la réactivation du VZV (Varicella zoster virus). Environ 90 % des adultes ont fait la varicelle dans l’enfance et sont porteurs du VZV à l’état latent. Environ 20 % d’entre eux feront un zona au cours de leur vie ; 1 % en fera plusieurs épisodes.

Après la varicelle, le virus reste latent dans les ganglions sensitifs des racines dorsales. Des années plus tard, il peut migrer le long du nerf jusqu’à la peau – d’où un zona toujours unilatéral et limité à un dermatome. Il existe au moins 4 génotypes de VZV, ce qui explique les possibilités de récidive.

→ Voir : causes du zona | contagion du zona

📚 Biologie du virus varicelle-zona et réactivation – PubMed

Facteurs déclenchants

Facteur Détail
Âge avancé Incidence annuelle : 2/1 000 entre 20–50 ans → 5/1 000 entre 51–79 ans → 10/1 000 après 80 ans. Diminution physiologique de l’immunité cellulaire anti-VZV avec l’âge.
Immunodépression VIH, hémopathies malignes, traitement immunosuppresseur, corticothérapie prolongée, chimiothérapie, stress intense, fatigue sévère, maladie intercurrente grave.

⚠️ Un zona récidivant ou survenant chez un adulte jeune sans facteur déclenchant identifié doit faire rechercher une immunodépression sous-jacente – notamment une infection VIH ou une hémopathie.

Symptômes du zona

Le zona évolue en deux phases caractéristiques :

Phase Durée Manifestations
Phase prodromique 2 à 4 jours avant l’éruption Douleurs unilatérales dans la zone qui sera atteinte : brûlures, décharges électriques, hyperesthésie cutanée. Pour le zona intercostal : douleurs en hémiceinture pouvant mimer une pathologie cardiaque, pleurale ou abdominale.
Phase éruptive 2 à 4 semaines Plaques érythémateuses → vésicules claires groupées en bouquets → troubles en 3–4 jours → croûtes s’éliminant en 2–3 semaines. Éruption strictement unilatérale suivant le trajet d’un nerf sensitif (dermatome).

Zona de la nuque et du cou - éruption vésiculeuse unilatérale
Zona de la nuque et du cou

→ Voir l’article détaillé : symptômes du zona

Évolution

L’éruption dure en moyenne 2 à 4 semaines. Les douleurs de la phase éruptive s’atténuent généralement avec la cicatrisation, mais peuvent persister plusieurs mois à plusieurs années sous forme de douleurs post-zostériennes – principale complication du zona. Il est rare de refaire un zona dans les années qui suivent, sauf en cas d’immunodépression sévère.

Complications du zona

Complication Fréquence / gravité Page dédiée
Douleurs post-zostériennes 10–20 % des patients, surtout après 60 ans. Brûlures continues, allodynie, hyperalgésie. Peuvent durer des années. → Douleurs post-zostériennes
Zona ophtalmique Atteinte branche V1 du trijumeau. Urgence médicale – kératite, uvéite, séquelles visuelles définitives possibles. → Zona ophtalmique
Surinfection bactérienne Staphylococcus aureus ou Streptococcus pyogenes. Cicatrices pigmentées ou dépigmentées possibles.
Complications neurologiques Paralysie radiculaire, troubles urinaires (zona sacré), ophtalmoplégie, paralysie faciale, méningite lymphocytaire. Encéphalite et myélite exceptionnelles.
Formes graves (immunodéprimé) Zona hémorragique, étendu, avec complications viscérales (pulmonaires, hépatiques) potentiellement mortelles.

Cicatrices pigmentées après zona
Cicatrices pigmentées après zona

Zona hémorragique - forme grave chez l'immunodéprimé
Zona hémorragique

⚠️ Zona ophtalmique – urgence absolue : tout zona touchant le front, le nez ou la paupière doit être consulté en urgence. Le risque de séquelles visuelles définitives justifie un traitement hospitalier sans délai.

📚 Complications du zona et facteurs de risque – PubMed

Vaccin contre le zona

Zostavax® (vivant atténué) Shingrix® (recombinant adjuvanté) ⭐
Âge recommandé ≥ 65 ans ≥ 50 ans
Schéma 1 injection 2 injections espacées de 2 à 6 mois
Efficacité Réduction du risque de zona de 50 %. Réduction des douleurs post-zostériennes de 66 %. Réduction du risque de zona de 97 % pendant au moins 3 ans, y compris après 70 ans.
Remboursement France 30 % En cours d’évaluation
Tolérance Bonne Plus d’effets locaux et généraux – surtout après la 2e injection
Co-administration grippe Possible Possible

Contre-indications communes : hypersensibilité aux composants (dont néomycine), immunodéficience primaire ou acquise, traitement immunosuppresseur incluant fortes doses de corticoïdes, tuberculose active non traitée, grossesse.

📚 Efficacité du vaccin Shingrix chez les plus de 70 ans – NEJM/PubMed

Traitement du zona

Le zona typique guérit spontanément, mais le traitement vise à accélérer la cicatrisation, limiter les douleurs et prévenir les douleurs post-zostériennes.

Traitement Modalités / indication
Antiviraux oraux
(valaciclovir, aciclovir, famciclovir)
Dans les 72 premières heures idéalement. Indiqués chez les > 50 ans, en cas de zona ophtalmique ou de facteurs de risque de complications. Efficacité réduite au-delà de 72 h.
Soins locaux Antisepsie douce des lésions, pansements non occlusifs, prévention de la surinfection bactérienne.
Antalgiques Paracétamol en 1re intention. Opioïdes si douleurs sévères. Antiépileptiques (gabapentine, prégabaline) ou antidépresseurs tricycliques pour les douleurs neuropathiques post-zostériennes.

💡 Les « coupeurs de feu » sont parfois consultés pour soulager les douleurs du zona. À ce jour, aucune étude scientifique rigoureuse n’étaye leur efficacité comparée à un traitement médical ou à un placebo. Cependant, en pratique, cela semble fonctionner.

→ Voir l’article complet : traitement du zona

72 heures – c’est la fenêtre thérapeutique du zona.
Ne tardez pas : une téléconsultation permet d’obtenir une ordonnance antivirale rapidement, même le week-end.

Pages spécialisées du cluster zona

Symptômes, causes et contagion
Symptômes du zona – éruption, prodromes, localisation
Causes du zona – VZV, réactivation, immunité
Contagion du zona – varicelle, précautions
Zona intercostal – douleurs thoraciques et abdominales

Complications et traitement
Traitement du zona – antiviraux, antalgiques, soins locaux
Douleurs post-zostériennes – prévention et prise en charge
Zona ophtalmique – urgence, risque visuel

Points clés

À retenir
Le zona est la réactivation du VZV, latent depuis la varicelle dans les ganglions nerveux sensitifs
Il touche 20 % de la population – incidence croissante avec l’âge et l’immunodépression
L’éruption est toujours unilatérale, précédée de prodromes douloureux, suivant un dermatome précis
Le traitement antiviral doit être débuté dans les 72 premières heures pour prévenir les douleurs post-zostériennes
Le zona ophtalmique est une urgence médicale – consulter immédiatement
Le vaccin Shingrix® offre une protection de 97 % chez les plus de 50 ans

⚠ Consultez rapidement si :

  • zona ophtalmique : vésicules sur le front ou le nez, baisse d’acuité visuelle – urgence ophtalmo
  • zona chez un immunodéprimé ou un patient de moins de 40 ans sans facteur déclenchant
  • douleurs intenses résistant aux antalgiques courants
  • extension des lésions malgré 72h de traitement antiviral

Questions fréquentes

Quels sont les premiers signes d’un zona ?

Le zona débute par une phase prodromique de 2 à 4 jours : douleurs vives, brûlures ou décharges électriques unilatérales dans un territoire précis (dermatome), sans lésion cutanée visible. Puis apparaissent des rougeurs et des vésicules groupées en bouquet, strictement unilatérales, suivant le trajet d’un nerf. La localisation la plus fréquente est le thorax (intercostal, 50 %), suivi du visage (trigéminal, 20 %) et des membres.

Le zona est-il contagieux ?

Oui, mais uniquement pour les personnes qui n’ont pas eu la varicelle (ou pas été vaccinées). Le contact avec les vésicules du zona peut transmettre la varicelle (pas le zona) à un individu naïf. La contagiosité existe du stade des vésicules jusqu’à leur croûtement complet (7 à 10 jours). Les vésicules séchées et croûtées ne sont plus contagieuses. Les personnes ayant eu la varicelle sont immunisées.

Quel traitement pour le zona en 2026 ?

Traitement antiviral : valaciclovir 1000 mg × 3/j pendant 7 jours, à débuter dans les 72 heures suivant l’apparition des vésicules. Il réduit la durée de l’éruption de 2 à 3 jours et le risque de douleurs post-zostériennes de 50 %. Antalgie : paracétamol ou tramadol pour la douleur aiguë ; gabapentine ou prégabaline si douleurs neuropathiques intenses. Les corticoïdes sont controversés et ne sont plus systématiquement recommandés.

Le zona peut-il récidiver ?

Oui, contrairement à une idée reçue, le zona peut récidiver dans 1 à 6 % des cas, surtout chez les immunodéprimés. La récidive survient généralement dans le même dermatome. La vaccination par Shingrix après un premier épisode de zona réduit le risque de récidive et de douleurs post-zostériennes. Un zona récidivant multiple doit faire rechercher une immunodépression sous-jacente (VIH, hémopathie, traitement immunosuppresseur).

Le vaccin contre le zona est-il efficace et remboursé ?

Le vaccin Shingrix (recombinant adjuvanté, 2 doses) est efficace à 90 % contre le zona et à 91 % contre les douleurs post-zostériennes chez les plus de 50 ans. En France, il est recommandé et remboursé depuis 2024 pour les personnes de 65 ans et plus et les immunodéprimés dès 18 ans. Il est plus efficace que l’ancien vaccin Zostavax (50 % d’efficacité). Les deux doses doivent être espacées de 2 à 6 mois.

Qu’est-ce que le zona ophtalmique et pourquoi est-ce une urgence ?

Le zona ophtalmique survient quand VZV réactive dans le nerf trijumeau (branche ophtalmique V1). Il se manifeste par une éruption vésiculaire sur le front, le pourtour de l’œil et parfois la pointe du nez (signe de Hutchinson – prédictif d’atteinte cornéenne). Sans traitement antiviral urgent (valaciclovir + consultation ophtalmologique), il peut provoquer une kératite, une uvéite ou une nécrose rétinienne pouvant entraîner la cécité.

Peut-on faire du sport avec un zona ?

En dehors du zona ophtalmique ou des formes sévères, une activité physique légère à modérée est possible si la douleur le permet. Éviter les piscines et vestiaires collectifs pendant la phase vésiculaire (contagiosité). La fatigue liée au zona peut décourager l’effort physique intense, et c’est souvent bénéfique : le repos favorise la guérison immunitaire. Reprendre progressivement l’activité après disparition des vésicules et des douleurs aiguës.

Références scientifiques

Comment éviter les douleurs post-zostériennes ?

Le meilleur moyen est de prendre le traitement antiviral dans les 72 premières heures suivant l’éruption. Au-delà, l’efficacité diminue significativement. La vaccination préventive (Shingrix®) réduit également le risque de douleurs séquellaires de deux tiers. Voir : douleurs post-zostériennes.

Quand consulter en urgence pour un zona ?

En urgence si : zona touchant le front, le nez ou la paupière (zona ophtalmique – risque de cécité) ; zona chez un immunodéprimé ; fièvre élevée ou altération de l’état général ; lésions hémorragiques ou nécrotiques ; suspicion d’atteinte neurologique.

Le zona est-il contagieux ?

Le zona lui-même ne se transmet pas d’une personne à l’autre. En revanche, les vésicules contiennent du VZV vivant qui peut transmettre la varicelle (et non le zona) à une personne non immunisée – notamment les femmes enceintes et les immunodéprimés. Voir : contagion du zona.

Peut-on avoir le zona plusieurs fois ?

Oui, mais c’est peu fréquent (environ 1 % de la population). Le risque de récidive est nettement plus élevé en cas d’immunodépression. Un zona récidivant doit faire rechercher une pathologie sous-jacente.

Que révèle un zona sur l’état de santé général ?

Un premier zona après 50 ans est souvent simplement lié au vieillissement physiologique de l’immunité. Un zona survenant avant 50 ans, récidivant ou particulièrement sévère doit faire rechercher une immunodépression (VIH, hémopathie, traitement immunosuppresseur). Un bilan médical est recommandé.

Le zona peut-il toucher les enfants ?

Oui, bien que rare. Il peut survenir chez un enfant ayant fait la varicelle, surtout si celle-ci a eu lieu in utero ou dans les premiers mois de vie. La vaccination contre la varicelle, recommandée dans le calendrier vaccinal français, devrait réduire à terme l’incidence du zona chez les jeunes adultes.

Voir aussi :
Symptômes du zona |
Traitement du zona |
Douleurs post-zostériennes |
Zona ophtalmique |
Zona intercostal |
Téléconsultation dermatologue

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Herpès labial (bouton de fièvre) : traitement et prévention

Mis à jour le 20 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : L’herpès labial (bouton de fièvre) est dû au virus HSV-1, présent chez 67 % de la population mondiale. Les récurrences surviennent lors de stress, fièvre ou exposition solaire. Le traitement antiviral précoce (aciclovir, valaciclovir) réduit la durée et l’intensité des poussées.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Dernière mise à jour : 4 mai 2026

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Bouton de fièvre (herpès labial) : symptômes, contagion et traitement

herpès labial enfant lèvre bouton de fièvre photo
Herpès de la lèvre chez l’enfant

Le bouton de fièvre est une récurrence de l’herpès labial, due au virus Herpes Simplex de type 1 (HSV-1). Très fréquent – environ 70 % des adultes français sont porteurs du virus – il se manifeste par des vésicules douloureuses sur le bord des lèvres, évoluant en croûtes en 8 à 10 jours. Il ne guérit pas définitivement mais se traite efficacement par antiviraux.

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Sommaire :
Vidéo |
Qu’est-ce que le bouton de fièvre |
Transmission |
Primo-infection |
Stades d’évolution |
Facteurs déclenchants |
Quand consulter |
Traitement |
Pages spécialisées |
Questions fréquentes

Cet article en vidéo

Qu’est-ce que le bouton de fièvre ?

Le bouton de fièvre est dû au virus HSV-1 (Herpes Simplex Virus type 1). En France, environ 70 % des adultes ont été en contact avec HSV-1 – mais seulement 30 % développent des symptômes (poussées). Une fois contracté dans l’enfance, le virus reste à vie dans les ganglions nerveux et peut se réactiver à tout moment.

Transmission – ce qu’il faut savoir

Mode de transmission Détail
Pendant les poussées Risque maximal tant que les lésions sont humides et suintantes (vésicules). Transmission par baiser, couverts partagés, serviettes.
Sans symptôme visible Le portage asymptomatique permet la transmission par la salive (baiser, pratiques oro-génitales). HSV-1 est responsable d’environ 20 % des cas d’herpès génital.
Auto-contamination Se lécher les doigts ou gratter les lésions peut provoquer un herpès cutané (narine, pourtour du nez), une conjonctivite herpétique ou d’autres localisations.

⚠️ Enfants atopiques : ne jamais embrasser un enfant atteint d’eczéma atopique si vous avez un bouton de fièvre – risque de syndrome de Kaposi-Juliusberg, urgence dermatologique pédiatrique.

Primo-infection herpétique

La primo-infection (premier contact avec HSV-1) est asymptomatique dans 90 % des cas et survient habituellement dans l’enfance. Quand elle est symptomatique, elle provoque une gingivostomatite herpétique :

Caractéristique Détail
Symptômes Inflammation diffuse de la bouche – rougeurs, érosions, parfois hémorragies. Fièvre à 39°C, ganglions cervicaux.
Incubation 2 à 12 jours
Évolution Guérison en 10 à 15 jours
Risque chez le nourrisson Refus d’alimentation → déshydratation pouvant nécessiter une hospitalisation
primo-infection herpétique enfant gingivostomatite photo
Primo-infection herpétique chez l’enfant
lésions gencives lèvres primo-infection herpès photo
Lésions des gencives et lèvres lors de la primo-infection

Évolution du bouton de fièvre – stades

Stade Durée Aspect Contagiosité
Prodrome 12–24 h avant Picotements, brûlures, démangeaisons sur le bord de la lèvre Déjà contagieux
Vésicules J1–J3 Rougeur gonflée puis vésicules groupées en bouquet remplies de liquide clair Maximum – éviter tout contact
Érosion J3–J5 Vésicules qui se rompent, plaie à vif douloureuse Élevée
Croûtes J5–J10 Croûtes jaunâtres sur le bord de la lèvre Faible mais possible
Cicatrisation J8–J10 Guérison sans cicatrice Nulle
Herpès labial – stade vésiculaire
herpès labial lèvre photo bouton fièvre
Herpès labial
herpès labial stade crouteux lèvre photo
Herpès labial au stade crouteux

Facteurs déclenchants des récurrences

Catégorie Facteurs
Immunodépression Fatigue, maladie infectieuse, fièvre, prise de cortisone, immunosuppresseurs, VIH
Facteurs physiques Exposition solaire, froid intense, traumatisme local (chirurgie, acte esthétique, laser, dermabrasion, injections)
Facteurs hormonaux Règles, grossesse
Facteurs psychologiques Stress, anxiété, dépression, chocs émotionnels
Autres Rapports sexuels, alimentation déséquilibrée

Quand consulter un médecin ?

⚠️ Consultez en urgence ophtalmologique si vous suspectez une conjonctivite herpétique – œil rouge, douloureux, sensible à la lumière après un bouton de fièvre. Le virus herpès peut provoquer une kératite pouvant menacer la vision.

Situation Conduite à tenir
Bouton de fièvre ne guérissant pas en 1 à 2 semaines Consultation médicale
Fièvre ou symptômes très intenses Consultation médicale
Récurrences fréquentes (> 6 par an) Consultation – traitement préventif à discuter
Déficit immunitaire connu ou immunosuppresseurs Consultation – traitement antiviral oral indiqué
Herpès chez un nourrisson ou un enfant atopique Consultation urgente – risque de Kaposi-Juliusberg
Œil rouge, douloureux, photophobie Urgence ophtalmologique

Traitement du bouton de fièvre

Traitements locaux (sans ordonnance)

Les crèmes antivirales à base d’aciclovir 5 % sont disponibles sans ordonnance. Efficaces si appliquées dès les premiers symptômes (stade prodromique – picotements), avant l’apparition des vésicules.

Information Détail
Noms commerciaux Aciclovir 5 % crème, Herpesedermyl 5 %, Herpevir 5 %, Kendix 5 %, Remex 5 %
Posologie 4 à 6 applications par jour pendant 5 jours
Contre-indications Hypersensibilité à l’aciclovir ou au propylèneglycol – ne pas appliquer sur les yeux, dans la bouche ou sur les muqueuses génitales
Effets secondaires Picotements transitoires, sécheresse cutanée, prurit – rarement érythème ou eczéma de contact

💡 Conseil : demandez toujours conseil au pharmacien avant utilisation – risque d’allergie, contre-indications pendant la grossesse ou l’allaitement.

Traitements oraux (sur ordonnance)

Médicament Indication Remarque
Aciclovir comprimés Poussées importantes ou immunodépression 5 prises/j pendant 5 jours
Valaciclovir (Zelitrex®) Poussées importantes – meilleure biodisponibilité 2 prises/j – plus pratique

Traitement préventif

En cas de récurrences fréquentes (> 6 poussées par an), un traitement préventif continu par aciclovir ou valaciclovir peut être proposé (une seule prise par jour). Réévaluation à 6 mois.

Plus de 6 boutons de fièvre par an ?
Un traitement préventif continu existe et est très efficace. Une téléconsultation suffit pour obtenir une ordonnance et un suivi adapté.

Pages spécialisées du cluster herpès

Herpès – formes et localisations
Herpès – page générale HSV-1 et HSV-2
Herpès génital (HSV-2) – symptômes, traitement, prévention
Aciclovir – crème et comprimés, mode d’emploi
Valaciclovir (Zelitrex®) – guide d’utilisation

Maladies virales cutanées associées
Zona – réactivation VZV, traitement, vaccin
Verrues – HPV, traitements
Eczéma atopique de l’enfant
Téléconsultation dermatologue

⚠ Consultez rapidement si :

  • lésions extensives ou récurrences très fréquentes (plus de 6 par an)
  • herpès oculaire : douleur, rougeur, photophobie – urgence ophtalmologique
  • herpès chez un nouveau-né ou un patient immunodéprimé
  • fièvre, confusion ou céphalées intenses associées aux lésions (herpès encéphalique)

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’herpès labial et pourquoi récidive-t-il ?

L’herpès labial est une infection par le virus Herpes Simplex de type 1 (HSV-1), contractée dans 80 % des cas avant l’âge de 5 ans. Après la primo-infection, le virus migre dans les ganglions trigéminaux où il reste latent à vie. Des facteurs déclenchants (soleil, stress, fièvre, traumatisme, menstruations, immunodépression) le réactivent périodiquement, provoquant les récidives appelées ’boutons de fièvre’ ou ‘feux sauvages’.

Combien de temps dure un bouton de fièvre sans traitement ?

Sans traitement, un épisode d’herpès labial évolue en 4 phases sur 7 à 10 jours : phase prodromique (picotements, 1 à 2 j) → vésicules groupées en bouquet (2 à 3 j) → ulcération (2 à 3 j) → croûte et guérison (2 à 3 j). Avec valaciclovir 2 g deux fois en une journée dès les prodromes, la durée est réduite à 4 à 5 jours en moyenne.

Quel est le meilleur traitement pour un bouton de fièvre ?

La clé est la précocité : dès les premiers picotements (avant les vésicules). Traitement curatif recommandé : valaciclovir 2 g × 2 en une journée (monodose) ou 500 mg × 2/j pendant 5 jours. La crème d’aciclovir 5 % est moins efficace que le traitement oral mais peut être utilisée 5 fois/j dès les prodromes. La penciclovir 1 % crème est une alternative topique légèrement supérieure. La lysine 3000 mg/j peut réduire la durée et la fréquence des récidives.

L’herpès labial est-il très contagieux ?

Oui. HSV-1 se transmet par contact direct avec les lésions ou la salive d’une personne ayant un herpès actif : baisers, partage d’ustensiles, contacts oro-génitaux. L’excrétion virale asymptomatique (sans lésion visible) existe dans 5 à 10 % du temps et contribue à la transmission. Pendant la poussée, éviter tout contact buccal, ne pas partager verres ou couverts, et se laver les mains après tout contact avec les lésions.

Comment réduire la fréquence des récidives d’herpès labial ?

Identifier et éviter les facteurs déclenchants personnels (soleil → SPF 50 sur les lèvres, stress → gestion du stress, immunodépression → traitement de fond). En cas de récidives fréquentes (≥ 6/an), un traitement suppresseur continu par valaciclovir 500 mg/j réduit les récidives de 70 à 80 % selon plusieurs essais cliniques. Ce traitement peut être poursuivi 1 à 2 ans sous surveillance médicale.

L’herpès labial peut-il se transmettre aux parties génitales ?

Oui, par contact oro-génital, HSV-1 peut provoquer un herpès génital. HSV-1 représente désormais 50 % des nouveaux cas d’herpès génital dans les pays développés. En cas de lésion labiale active, les pratiques oro-génitales doivent être évitées. La primo-infection génitale à HSV-1 est souvent plus sévère que la primo-infection à HSV-2 et peut nécessiter un traitement antiviral prolongé.

Peut-on guérir définitivement de l’herpès labial ?

Non, il n’existe pas de traitement curatif. Une fois contracté, HSV-1 reste latent à vie dans les ganglions nerveux. Les antiviraux (aciclovir, valaciclovir, famciclovir) contrôlent la réplication virale mais n’éliminent pas le virus. Des vaccins thérapeutiques sont en cours de développement (essais de phase II/III en 2024-2025) mais aucun n’est encore commercialisé en France.

Le bouton de fièvre est-il contagieux même sans lésion visible ?

Oui. Le virus HSV-1 peut être transmis par la salive même en l’absence de bouton visible – c’est le portage asymptomatique. Le risque est cependant nettement plus élevé pendant les poussées, notamment au stade vésiculaire. Évitez les baisers et le partage de couverts pendant toute la durée de la poussée.

Comment stopper un bouton de fièvre au stade des picotements ?

C’est le moment le plus efficace pour agir. Dès les premiers picotements ou brûlures sur le bord de la lèvre, appliquez immédiatement une crème antivirale à l’aciclovir 5 % (disponible sans ordonnance). Appliquée à ce stade prodromique, elle peut réduire significativement la durée et l’intensité de la poussée, voire l’empêcher de se développer complètement. Évitez de toucher la zone et de vous frotter les yeux.

Le bouton de fièvre peut-il se propager aux yeux ?

Oui – c’est une complication sérieuse mais évitable. En se touchant le bouton puis en se frottant les yeux (auto-contamination), le virus peut provoquer une kératite ou conjonctivite herpétique pouvant menacer la vision. Symptômes : œil rouge, douloureux, larmoiement, sensibilité à la lumière. Consultez en urgence ophtalmologique si ces symptômes apparaissent pendant ou après une poussée.

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Sources

Voir aussi :
Herpès HSV-1/HSV-2 |
Herpès génital |
Aciclovir |
Valaciclovir (Zelitrex®) |
Zona |
Téléconsultation dermatologue

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
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Herpes genital : l’herpès génitale de l’homme et de la femme

En bref : L'herpès génital, dû à HSV-2 (ou HSV-1), touche environ 500 millions de personnes dans le monde. La grande majorité des porteurs ignorent leur statut. Le traitement antiviral réduit la fréquence et la durée des récurrences et le risque de transmission.
- Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).


Herpès génital : symptômes, contagion, traitement et grossesse

herpès génital homme lésions vésicules photo dermatologue
Herpès génital de l’homme

L’herpès génital est une infection sexuellement transmissible (IST) due au virus Herpes Simplex, le plus souvent de type 2 (HSV-2). Il touche environ 20% de la population sexuellement active - et 80% des personnes infectées ne savent pas qu’elles le sont, ce qui en fait l’une des IST les plus méconnues. Il ne guérit pas définitivement mais se contrôle efficacement par antiviraux.

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Causes et épidémiologie

L’herpès génital est causé par HSV-2 dans 60 à 80% des cas, et par HSV-1 dans 20 à 40% des cas - ce dernier transmis par voie oro-génitale (pratiques bucco-génitales). En France :

  • À 50 ans, 60% de la population est séropositive pour HSV-1 et 15% pour HSV-2
  • 20% des personnes sexuellement actives sont infectées par HSV génital
  • 80% des personnes infectées ne savent pas qu’elles le sont - et peuvent transmettre le virus

💡 Point important : l’apparition d’un herpès génital au sein d’un couple n’est pas forcément le signe d’une infidélité récente - le virus peut rester en sommeil pendant des années avant de se réactiver.

Comment se transmet l’herpès génital ?

  • Par contact direct peau à peau ou muqueuse à muqueuse lors de rapports sexuels vaginaux, anaux ou oro-génitaux
  • Le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque - des particules virales présentes sur le pubis ou les muqueuses adjacentes peuvent être transmises
  • La transmission est possible sans lésion visible - par excrétion virale asymptomatique, qui représente en réalité la majorité des transmissions
  • Le virus est fragile hors du corps humain - le risque de contamination via une cuvette de toilettes ou un linge est quasi nul

Les 3 phases de l’infection herpétique

Phase Description Contagiosité
Primo-infection Premier contact avec HSV - asymptomatique dans 90% des cas. Quand symptomatique : vésicules douloureuses, ganglions de l’aine, fièvre possible. Incubation 2 à 12 jours Élevée
Infection initiale Premier contact avec HSV-1 ou HSV-2 chez une personne déjà infectée par l’autre type. Symptômes souvent moins sévères Élevée
Réactivation (récurrence) Le virus se « réveille » dans le ganglion sacré et migre vers la peau. Lésions souvent moins intenses que la primo-infection. Peut être asymptomatique (excrétion virale silencieuse) Possible même sans lésion

Symptômes de l’herpès génital

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Herpès génital de la femme
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Herpès génital - vésicules

Les symptômes de la primo-infection (quand elle est symptomatique) :

  • Vésicules sensibles ou douloureuses sur fond rouge gonflé, apparaissant 5 à 10 jours après le rapport contaminant
  • Les vésicules se rompent et forment des érosions (exulcérations) très douloureuses - guérison en environ une semaine
  • Ganglions de l’aine
  • Chez la femme : gonflement vulvaire important, brûlures lors de la miction

Les récurrences sont généralement moins intenses - précédées de prodromes (picotements, brûlures) puis vésicules groupées en bouquet dans la même zone que la primo-infection.

Facteurs déclenchants des récurrences : stress psychologique ou physique, fatigue, infection (grippe), règles, chirurgie, immunodépression.

Diagnostic de l’herpès génital

En cas de doute diagnostique, le médecin peut :

  • Prélèvement de cellules au niveau des lésions - mise en culture ou PCR (recherche de l’ADN viral) - résultat en 48h
  • Sérologie herpétique (prise de sang) - confirme le contact avec HSV mais ne localise pas les lésions. Peu utilisée seule car le taux de positivité est très élevé dans la population générale
  • Bilan IST complet systématiquement recommandé - sérologie VIH, syphilis, recherche de Chlamydia trachomatis

Traitement de l’herpès génital

Situation Traitement Durée
Primo-infection Valaciclovir 500 mg × 2/j ou Aciclovir 200 mg × 5/j 10 jours
Récurrences Valaciclovir 500 mg × 2/j ou 1 g × 1/j 5 jours
Prévention (> 6 récurrences/an) Valaciclovir 500 mg × 1/j Continu - réévalué à 6 mois
Crème locale (récurrences légères) Aciclovir 5% crème - 4 à 6 applications/j 5 jours - ⚠️ ne pas appliquer sur muqueuses

Soins locaux : nettoyer la zone génitale une fois par jour avec un produit doux, sans frotter, bien sécher.

⚠️ Herpès génital et grossesse - risque néonatal

⚠️ Mentionnez toujours vos antécédents d’herpès génital à votre obstétricien. Si le virus est actif sur les muqueuses vaginales lors de l’accouchement, il peut être transmis au nouveau-né et provoquer une encéphalopathie herpétique néonatale - risque de cécité, retard psychomoteur, voire décès.

  • Contamination avant la grossesse : risque faible - la mère transmet ses anticorps au fœtus
  • Contamination pendant la grossesse (notamment en fin de grossesse) : risque élevé - pas encore d’anticorps protecteurs, virus potentiellement actif à l’accouchement
  • Mesures préventives : traitement antiviral en fin de grossesse (valaciclovir), voire césarienne en cas de primo-infection en fin de grossesse ou de récurrence lors de l’accouchement

Précautions à prendre

  • Informer ses partenaires - l’herpès est contagieux même sans symptômes
  • Utiliser un préservatif - réduit le risque sans l’éliminer totalement
  • En cas d’herpès génital après un rapport non protégé : bilan IST complet chez le médecin
  • Éviter tout rapport sexuel pendant les poussées et jusqu’à cicatrisation complète

⚠ Consultez rapidement si :

  • première poussée sévère avec fièvre, ganglions et difficultés urinaires
  • herpès génital pendant la grossesse - risque d'herpès néonatal grave
  • récurrences très fréquentes (plus de 6 par an) impactant la qualité de vie
  • signes de complications : rétention urinaire, méningite aseptique

Sources

Articles liés : démangeaisons de la peau, eczéma, psoriasis.

Questions fréquentes sur l’herpès génital

Peut-on transmettre l’herpès génital sans avoir de lésions visibles ?

Oui - c’est même la principale voie de transmission. L’excrétion virale asymptomatique est possible à tout moment, même en l’absence de vésicules ou de lésions. On estime que la majorité des contaminations se font ainsi, par des personnes qui ne savent pas qu’elles sont infectées. C’est pourquoi 80% des personnes porteuses du virus HSV-2 l’ignorent.

L’herpès génital dans un couple signifie-t-il une infidélité ?

Pas nécessairement. Le virus HSV peut rester en sommeil dans les ganglions nerveux pendant des années, voire des décennies, avant de se réactiver. Une première poussée d’herpès génital peut survenir longtemps après la contamination initiale. Ce n’est donc pas automatiquement le signe d’une contamination récente - sauf en cas de primo-infection symptomatique clairement identifiable.

Le préservatif protège-t-il contre l’herpès génital ?

Le préservatif réduit significativement le risque de transmission mais ne l’élimine pas complètement. Des particules virales peuvent être présentes sur des zones non couvertes (pubis, lèvres, peau environnante) et se transmettre par contact peau à peau. La transmission est possible même sans pénétration.

Herpès génital et grossesse - que faire ?

Informez systématiquement votre gynécologue ou obstétricien de tout antécédent d’herpès génital. Si vous avez contracté l’herpès avant la grossesse, le risque pour le bébé est faible (anticorps protecteurs transmis). Si la contamination survient en cours de grossesse - surtout en fin - le risque est plus élevé et nécessite une prise en charge spécifique : traitement antiviral préventif et surveillance obstétricale renforcée.

Comment savoir si on a de l’herpès génital sans symptômes ?

Un test sérologique dans le sang peut détecter les anticorps anti-HSV-1 et HSV-2 - confirmant un contact passé avec le virus. Cependant ce test est peu prescrit en routine car sa positivité est très répandue dans la population et ne prédit pas l’apparition de symptômes. En cas de doute ou de comportement à risque, parlez-en à votre médecin qui pourra décider d’un bilan IST adapté.

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Références médicales

Verrue du visage : traitement adapté selon la localisation et la zone


Verrue sur le visage : types, photos et traitements
Une verrue sur le visage – sur le nez, le menton, le front, la paupière ou dans la barbe – est fréquente et bénigne. Elle est due au papillomavirus humain (HPV) et peut être traitée de plusieurs façons selon son type et sa localisation. Voici comment la reconnaître et s’en débarrasser efficacement.

En bref : Les verrues du visage sont causées par le papillomavirus humain (HPV) et peuvent toucher le nez, les paupières, le menton ou le front. Elles nécessitent un traitement adapté à la localisation – jamais d’acide fort sur le visage – et guérissent le plus souvent par cryothérapie légère ou laser. Un diagnostic précis est indispensable pour éviter de confondre une verrue avec un molluscum, un grain de milium ou un papillome.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Cet article en vidéo

Qu’est-ce qu’une verrue du visage ?

Les verrues sont dues à une infection de la peau par les papillomavirus humains (HPV). Le virus pénètre par de petites lésions cutanées et provoque une prolifération locale des cellules de la peau. Le visage est une zone fréquemment touchée car le grattage, le rasage et le contact main-visage favorisent la contamination.

Les verrues du visage sont bénignes et non dangereuses. La majorité régressent spontanément en 2 à 4 ans, mais un traitement est recommandé pour éviter leur multiplication et leur transmission à l’entourage.

Les 3 types de verrues du visage

1. Les papillomes verruqueux – verrues en tétine

Ce sont les verrues les plus reconnaissables sur le visage : elles se présentent comme de petites excroissances en relief, en forme de « tétine » ou de chou-fleur. Elles siègent le plus souvent sur le nez et les paupières.

verrue nez papillome verruqueux visage photo
Papillomes verruqueux du nez
verrue paupière papillome verruqueux photo
Papillome verruqueux de la paupière

💡 Verrue sur la paupière : la proximité de l’œil contre-indique les traitements chimiques agressifs (acide, azote liquide à fort dosage). Seule une prise en charge par le dermatologue est recommandée pour cette localisation.

2. Les verrues planes

Les verrues planes sont superficielles, souvent de couleur chair ou légèrement rosée, à peine surélevées. Elles peuvent être nombreuses et difficiles à voir à l’œil nu. Elles prédominent sur le front et le menton et se disséminent facilement par le grattage.

verrues planes menton visage photo
Verrues planes du menton
verrues planes front visage photo
Verrues planes du front
verrues planes visage multiples photo
Verrues planes multiples du visage

3. Les verrues de la barbe chez l’homme

Chez l’homme, les verrues peuvent se disséminer dans la zone de rasage (joues, cou, menton) en raison du microcoupures créées par le rasoir qui propagent le HPV d’une zone à l’autre. Elles sont particulièrement difficiles à traiter car très nombreuses. Il est recommandé d’arrêter temporairement le rasage mécanique et de passer à un rasoir électrique ou à la dépilatory le temps du traitement.

Comment distinguer une verrue d’autre chose sur le visage ?

Certaines lésions peuvent ressembler à une verrue du visage sans en être une :

Lésion Aspect Différence clé
Verrue Excroissance rugueuse ou plaque plane Surface irrégulière, points noirs visibles
Molluscum contagiosum Petite papule nacrée ombiliquée Centre creux caractéristique, souple
Kératose séborrhéique Plaque marron-beige collée Aspect « posé sur la peau », non virale
Grain de milium Petit kyste blanc dur Sous la paupière, blanc nacré
Carcinome basocellulaire Papule perlée ou ulcérée Ne régresse pas, bord perlé – consultez

⚠️ Toute lésion qui saigne, s’ulcère ou ne régresse pas en plusieurs mois doit être montrée à un dermatologue pour éliminer une lésion précancéreuse ou cancéreuse.

Traitements des verrues du visage

Le traitement dépend du type de verrue et de sa localisation. Sur le visage, les zones à risque cicatriciel (nez, paupières) imposent une prudence particulière. Tous les traitements sont réalisés ou prescrits par un médecin ou dermatologue.

Azote liquide (cryothérapie)

Le traitement de référence pour les papillomes verruqueux. Le dermatologue applique de l’azote liquide (-196°C) sur la verrue, provoquant sa nécrose. Plusieurs séances sont souvent nécessaires (toutes les 2 à 3 semaines). Sur le visage, les dosages sont adaptés pour limiter le risque de cicatrice hypopigmentée.

Trétinoïne locale (pour les verrues planes)

La crème à la trétinoïne (rétinoïde) est le traitement de choix pour les verrues planes du visage. Elle exerce une action kératolytique progressive et est bien tolérée sur peau du visage. Le traitement dure plusieurs semaines à plusieurs mois.

Laser CO₂ ou Er:YAG

Le laser est indiqué pour les verrues résistantes ou multiples, notamment dans la zone de la barbe. Il permet une destruction précise avec un risque cicatriciel maîtrisé entre les mains d’un dermatologue expérimenté.

Électrocoagulation

Utilisée pour les papillomes verruqueux isolés. Le dermatologue détruit la verrue par courant électrique sous anesthésie locale. Résultats rapides mais risque de petite cicatrice.

Imiquimod (Aldara*)

Crème immunomodulatrice qui stimule les défenses locales contre le HPV. Utilisée principalement pour les verrues planes résistantes. Peut provoquer une réaction inflammatoire locale (rougeur, croûtes) qui fait partie du mécanisme d’action.

Comment éviter de propager les verrues sur le visage ?

  • Éviter de toucher ou de gratter les verrues (les points noirs sont du virus)
  • Ne pas se mettre les doigts dans le nez ni manipuler les boutons du visage
  • Chez l’homme : passer au rasoir électrique pendant la durée du traitement pour éviter la dissémination
  • Ne pas partager les serviettes, rasoirs ou pinceaux de maquillage
  • Se laver les mains après avoir touché une verrue

Pour comprendre l’ensemble des verrues (HPV, formes cliniques, autres localisations), consultez notre article de référence sur les verrues. Chez l’enfant, les verrues du visage sont souvent associées à d’autres verrues chez l’enfant, qu’il est utile de dépister également.

Sources

Consultez un dermatologue si : la verrue est sur la paupière (risque oculaire), si elle saigne, s’ulcère, ou si vous avez le moindre doute sur la nature de la lésion. Sur le visage, toute lésion atypique doit être examinée – un carcinome basocellulaire peut ressembler à une verrue.

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Questions fréquentes sur les verrues du visage

Comment enlever une verrue sur le visage soi-même ?

Les traitements en vente libre (acide salicylique, stylos à l’azote) ne sont pas recommandés sur le visage en raison du risque de cicatrice, surtout près des yeux et du nez. Seul un dermatologue peut choisir le traitement adapté (azote liquide dosé précisément, trétinoïne, laser) à la localisation et au type de verrue.

Combien de temps faut-il pour qu’une verrue du visage disparaisse ?

Sans traitement, la majorité des verrues régressent spontanément en 2 à 4 ans. Avec un traitement bien conduit (azote liquide, trétinoïne), la guérison peut intervenir en quelques semaines à quelques mois selon le type et le nombre de verrues. Les verrues de la barbe chez l’homme sont les plus longues à traiter.

Les verrues planes du visage sont-elles contagieuses ?

Oui, toutes les verrues sont contagieuses car dues au HPV. Les verrues planes sont particulièrement faciles à disséminer par le grattage. Évitez de les toucher et ne partagez pas serviettes ou rasoirs. Le risque de transmission à l’entourage est réel mais limité si les mesures d’hygiène sont respectées.

Peut-on se faire rembourser le traitement d’une verrue du visage ?

La cryothérapie réalisée en cabinet par le dermatologue est remboursée par l’Assurance Maladie. La consultation elle-même est prise en charge selon le tarif conventionné. Les crèmes comme la trétinoïne et l’imiquimod sont prescrites sur ordonnance mais leur remboursement varie selon l’indication.

Une verrue sur le visage peut-elle être un signe de cancer ?

Les verrues communes dues au HPV sont bénignes. Cependant, toute lésion du visage qui ne régresse pas, qui saigne spontanément, qui s’ulcère ou qui a un bord perlé doit être montrée à un dermatologue – il peut s’agir d’un carcinome basocellulaire ou d’une autre lésion précancéreuse qui n’a rien à voir avec une verrue virale.

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Herpes : l’herpès, cause, symptomes, contamination


Herpès : causes, contamination, types et traitement – guide complet
Herpès - lésions cutanées herpétiques

L’herpès est une infection virale par le virus Herpes Simplex (HSV) qui touche la peau et les muqueuses. C’est l’une des infections virales humaines les plus fréquentes au monde – en France, environ 70 % de la population est porteuse de HSV1 à l’âge adulte. Une fois contracté, le virus ne disparaît jamais : il reste latent dans les ganglions sensitifs et se réactive périodiquement, provoquant des poussées récurrentes. Des traitements efficaces permettent de réduire la durée et la fréquence des crises, et de prévenir les récidives.

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Sommaire :
Les virus HSV1 et HSV2 |
Contamination et latence |
Types d’infections |
Les différentes formes d’herpès |
Formes graves et urgences |
Traitement |
Qualité de vie |
Questions fréquentes

En bref : L’herpès cutanéo-muqueux est causé par deux virus : HSV1 (labial, 67 % de la population mondiale) et HSV2 (génital, 11 % des 15–49 ans). Le virus reste latent à vie dans les ganglions nerveux et peut se réactiver à tout moment. Il n’existe pas de traitement éradicateur, mais les antiviraux (aciclovir, valaciclovir) réduisent la durée et la fréquence des poussées.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Mis à jour le 19 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Les virus HSV1 et HSV2 – épidémiologie

Herpès labial - bouton de fièvre sur la lèvre

L’herpès est causé par deux virus de la famille Herpesviridae : HSV1 (Herpes Simplex Virus de type 1) et HSV2. Ces virus sont strictement humains – non transmissibles à l’animal.

HSV1 est le virus le plus répandu : il infecte environ 70 % de la population française et est responsable de la grande majorité des herpès labiaux (boutons de fièvre). HSV2 est classiquement associé à l’herpès génital et concerne environ 20 % de la population. À l’âge de 50 ans, environ 60 % de la population est séropositive pour HSV1 et 15 % pour HSV2.

La distinction HSV1/HSV2 n’est toutefois pas absolue : 20 à 40 % des herpès génitaux sont dus à HSV1 par transmission oro-génitale (pratiques bucco-génitales). Et HSV1 peut provoquer un herpès génital cliniquement identique à un herpès à HSV2.

Contamination, latence et réactivation

Les virus HSV se transmettent par contact direct avec la peau ou les muqueuses infectées – même en l’absence de lésion visible. C’est le point le plus important à comprendre sur la contagiosité de l’herpès : une personne peut transmettre le virus sans avoir de bouton apparent, par excrétion virale asymptomatique dans la salive ou les sécrétions génitales.

L’incubation dure entre 2 et 12 jours après la contamination. Lors de la primo-infection, le virus pénètre dans la peau ou la muqueuse et « remonte » le long des nerfs sensitifs pour se réfugier dans les ganglions sensitifs – le ganglion trigéminé pour l’herpès labial, le ganglion sacré pour l’herpès génital. Une fois dans les ganglions, le virus est hors d’atteinte du système immunitaire et des antiviraux.

La réactivation survient lors de situations favorisantes : fatigue, fièvre, stress, règles, exposition solaire, immunodépression, prise de cortisone, rapport sexuel, chirurgie, actes dermo-esthétiques (injections de filler, laser cutané, dermabrasion). Les particules virales « descendent » alors le long des nerfs et se répliquent sur la peau, toujours au même endroit d’une poussée à l’autre.

Les trois types d’infections herpétiques

Primo-infection : premier contact infectant avec HSV1 ou HSV2. Elle peut être totalement asymptomatique (60 à 70 % des cas) ou, au contraire, très sévère – gingivostomatite herpétique fébrile avec lésions buccales douloureuses chez l’enfant, vulvovaginite herpétique chez la femme.

Primo-infection herpétique chez l'enfant - gingivostomatite
Lésions des gencives et lèvres lors de la primo-infection herpétique

Infection initiale : premier contact infectant avec HSV1 ou HSV2 chez une personne déjà infectée par l’autre sérotype. Les symptômes sont souvent moins sévères que lors d’une primo-infection vraie, car l’immunité croisée partielle entre les deux types modère la réponse.

Réactivation (récurrence) : réplication virale après latence. Elle peut être clinique (éruption visible) ou asymptomatique (excrétion virale sans lésion – la personne est contagieuse sans le savoir). C’est pourquoi chacune des phases peut n’avoir aucun signe clinique apparent.

Les différentes formes d’herpès

Herpès labial – bouton de fièvre

Herpès labial bouton de fièvre - vésicules groupées sur la lèvre
Herpès labial au stade croûteux
Herpès de la lèvre chez l'enfant

L’herpès labial est dû à HSV1 dans la grande majorité des cas. La primo-infection survient souvent dans l’enfance (baiser d’un proche porteur). Les récurrences se manifestent par des vésicules groupées en bouquet, précédées de picotements ou de brûlures caractéristiques, toujours au même endroit (coin de la lèvre, vermillon). Évolution en 5 à 7 jours : vésicules → pustules → croûtes → cicatrisation. Déclencheurs classiques : soleil, fièvre, fatigue, stress.

Herpès génital

Herpès génital de l'homme - ulcérations herpétiques
Herpès génital de la femme

L’herpès génital est une infection sexuellement transmissible (IST) – un bilan IST complet est recommandé lors du diagnostic. Il est dû à HSV2 dans 60-80 % des cas, mais HSV1 représente 20 à 40 % des herpès génitaux par transmission oro-génitale. La primo-infection génitale peut être très sévère (ulcérations douloureuses, fièvre, adénopathies inguinales). Les récurrences sont souvent moins sévères. La transmission est possible même sans lésion visible – le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque.

Herpès cutané – vésicules en bouquet

Vésicules en bouquet évocatrices d'herpès de la fesse

L’herpès peut surgir sur d’autres zones cutanées initialement contaminées – fesses, dos, cuisses – sous forme de vésicules groupées en bouquet érythémateux, récurrentes toujours au même endroit. À distinguer du zona qui est strictement unilatéral et ne récidive quasiment jamais.

Panaris herpétique

Herpès du doigt - panaris herpétique

Le panaris herpétique est une infection herpétique du doigt – souvent une primo-contamination par contact avec une lésion herpétique active (professionnel de santé, enfant se suçant le pouce porteur d’herpès buccal). Vésicules douloureuses péri-unguéales, pouvant mimer un panaris bactérien. Ne jamais inciser – la lésion est virale et non bactérienne.

Formes graves et situations d’urgence

Urgences herpétiques : Consultez sans délai en cas de rougeur ou douleur oculaire (kératite herpétique – urgence ophtalmologique), de signes méningés (herpès cérébral), d’éruption herpétique étendue chez un nourrisson ou chez une personne immunodéprimée, ou si un patient atteint d’eczéma développe une éruption herpétique généralisée (eczéma herpeticum).

Herpès oculaire – urgence ophtalmologique

Herpès oculaire - œil rouge et douloureux

L’herpès oculaire (kératite herpétique) donne un œil rouge, douloureux et flouurgence ophtalmologique. Non traité, il peut provoquer des séquelles cornéennes irréversibles. Le traitement repose sur les antiviraux locaux : ganciclovir gel ophtalmique 0,15 % (Virgan®), idoxuridine (Iduviran® collyre), trifluridine 1 % (Triherpine®, Virophta® collyre), en association ou non avec l’aciclovir oral. Ne jamais utiliser de collyre cortisoné seul sur un œil rouge sans diagnostic ophtalmologique.

Syndrome de Kaposi-Juliusberg – urgence pédiatrique

Syndrome de Kaposi-Juliusberg chez un enfant atopique - herpès disséminé

Chez les enfants atteints d’eczéma atopique, le contact avec le virus herpétique peut déclencher une poussée herpétique disséminée – le syndrome de Kaposi-Juliusberg (ou eczéma herpéticum). Vésicules et érosions disséminées sur tout le corps, fièvre élevée, altération de l’état général. C’est une urgence pédiatrique nécessitant une hospitalisation et un traitement par aciclovir IV. Les parents d’enfants atopiques doivent être informés de ne pas embrasser leur enfant lors d’une poussée d’herpès labial actif.

Herpès et grossesse

L’herpès néonatal – contamination du nouveau-né lors de l’accouchement par une mère excrétant le virus – est une urgence médicale grave (mortalité élevée sans traitement, séquelles neurologiques). Une femme enceinte avec antécédent d’herpès génital doit en informer son obstétricien. Un traitement suppressif par valaciclovir est souvent prescrit à partir de 36 semaines d’aménorrhée pour prévenir une récurrence à l’accouchement. Une lésion herpétique génitale active au moment du travail peut conduire à une césarienne.

Traitement de l’herpès

Il n’existe pas de traitement éradicateur – le virus reste à vie dans les ganglions. Les antiviraux disponibles réduisent la durée et la sévérité des poussées et peuvent prévenir les récidives.

Traitement de la crise (curatif) : aciclovir topique (crème 5 %) appliqué dès les premiers picotements – raccourcit la durée si débuté précocement. Pour les formes modérées à sévères ou l’herpès génital : valaciclovir oral (500 mg × 2/j pendant 5 jours pour l’herpès labial, 1 g × 2/j pour l’herpès génital). L’efficacité est maximale si le traitement est débuté dans les 24 à 48 heures suivant l’apparition des symptômes – idéalement dès les prodromes (picotements).

Traitement suppressif (préventif) : pour les patients avec récurrences fréquentes (plus de 6 épisodes par an) ou herpès génital avec retentissement important – valaciclovir 500 mg/j en continu pendant 6 à 12 mois. Réduit la fréquence des poussées de 70 à 80 % et diminue (sans éliminer) le risque de transmission au partenaire. À discuter avec le médecin.

Voir l’article complet : Traitement de l’herpès – aciclovir, valaciclovir, prophylaxie.

Retentissement sur la qualité de vie

L’herpès a un impact psychologique souvent sous-estimé. L’herpès labial affecte l’image de soi et les interactions sociales lors des poussées. L’herpès génital perturbe plus profondément la sexualité et les relations intimes – la crainte de la transmission au partenaire, la stigmatisation associée aux IST et l’annonce au partenaire sont des sources d’anxiété importantes. Le traitement suppressif, en réduisant la fréquence des poussées, améliore significativement la qualité de vie et diminue l’anxiété liée à la transmission.

Questions fréquentes

Comment éviter de transmettre l’herpès labial ?

Éviter tout contact buccal (baisers, partage d’ustensiles) pendant les poussées. L’excrétion virale asymptomatique étant fréquente, l’utilisation d’antiviraux au long cours (valaciclovir 500 mg/j) réduit de 50 % la transmission. Éviter d’embrasser les nourrissons et les personnes immunodéprimées même en dehors des poussées visibles.

Combien de temps dure une poussée d’herpès ?

Une poussée non traitée dure 7 à 10 jours. Avec un traitement antiviral précoce (dès les prodromes : brûlures, picotements), la durée est réduite à 3–5 jours. La fréquence des récidives varie de 1 à 10 fois par an selon les patients et le type de virus (HSV2 récidive plus que HSV1).

J’ai un bouton de fièvre dès que je suis fatigué – est-ce normal ?
Oui, c’est le mécanisme classique de l’herpès labial. Le virus HSV1 reste latent dans le ganglion trigéminé et se réactive lors de situations qui fragilisent l’immunité locale – fatigue, stress, fièvre, exposition solaire, règles. Il n’est pas possible d’éradiquer le virus. En revanche, appliquer de l’aciclovir crème dès les premiers picotements raccourcit la durée de la poussée. En cas de poussées fréquentes (plus de 6/an), un traitement préventif oral par valaciclovir peut être prescrit par le médecin.

Peut-on transmettre l’herpès sans avoir de bouton visible ?
Oui – c’est le point le plus important sur la contagiosité de l’herpès. L’excrétion virale asymptomatique dans la salive ou les sécrétions génitales est responsable de la majorité des transmissions. Une personne porteuse d’HSV1 peut contaminer un partenaire par un baiser même en l’absence total de lésion visible. Pour l’herpès génital, le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque de transmission asymptomatique.

L’herpès génital et l’herpès labial sont-ils le même virus ?
Non exactement – HSV1 cause classiquement l’herpès labial et HSV2 l’herpès génital, mais cette distinction n’est pas absolue. HSV1 représente 20 à 40 % des herpès génitaux, transmis par voie oro-génitale. Un herpès génital à HSV1 récidive généralement moins fréquemment qu’un herpès génital à HSV2.

L’herpès peut-il affecter les yeux ?
Oui – l’herpès oculaire (kératite herpétique) est une urgence ophtalmologique. Tout œil rouge et douloureux chez un porteur d’herpès doit être examiné en urgence par un ophtalmologue. Ne jamais utiliser de collyre cortisoné sans diagnostic précis – les corticoïdes aggravent massivement l’herpès oculaire.

Mon enfant a de l’eczéma – quel risque avec l’herpès ?
Risque important : les enfants atopiques peuvent développer un eczéma herpéticum (syndrome de Kaposi-Juliusberg) – herpès disséminé grave nécessitant une hospitalisation. Ne jamais embrasser un enfant atopique lors d’une poussée d’herpès labial actif. Informer tous les proches porteurs d’herpès labial de cette précaution.

Recherche bibliographique : PubMed – Herpes simplex | Articles : Herpès labial | Herpès génital | Traitement de l’herpès

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Zona : symptômes, contagion, durée et traitements antiviraux – guide du dermatologue

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Symptomes du zona

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Le zona évolue généralement en deux phases : la douleur puis l’éruption secondaire à l’apparition de la douleur. Ce signe est très important pour diagnostiquer le zona. Son diagnostic et son traitement nécessitent un avis médical

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Autre signe très important, ces douleurs et éruptions sont cantonnées à un territoire bien précis de la peau, correspondant à l’innervation du nerf concerné (voir l’article sur le zona)

Deux phases caractéristiques du zona

On observe donc deux phases :

La phase douloureuse du zona

Il s’agit de douleurs voire de brûlures localisées dans une région du corps. Elle correspond à la zone innervée par le nerfs dans lequel les virus de zona migrent vers la peau. Cette phase des prodromes est associée en général à une hypoesthésie (baisse de la sensibilité) ou une anesthésie dans la zone atteinte.

La phase éruptive du zona

Apparaissent après quelques jours dans la zone douloureuse des rougeurs voire des plaques surélevées rouges qui se couvrent au bout de 24h de vésicules (comme des gouttelettes d’eau dans la peau), groupées en
bouquet, confluant parfois en bulles.

Vésicules en bouquet
Vésicules en bouquet
Zona
Zona

Ces vésicules vont se troubler vers le 5e jour puis former des croûtes brunâtres vers le 7e jour. Ces croûtes tomberont vers le 10e jour et laisseront place à des cicatrices dépigmentées le plus souvent indélébiles.

Cicatrices pigmentées après zona
Cicatrices pigmentées après zona

L’élément caractéristique de cette éruption est sa topographie unilatérale et sa localisation à une zone d’innervation nerveuse, pouvant déborder sur les nerfs contigus. Cet élément topographique permet de poser le diagnostic vers le zona dès le début de la maladie meme avec une éruption discrète ou absente

Simplement quelques rougeurs mais une douleur caractéristique au début du zona
Simplement quelques rougeurs mais une douleur caractéristique au début du zona

Le zona typique est donc une maladie de peau éruptive marquée par des éruptions localisées le plus souvent à une zone du corps et à un coté du corps ;

On voit bien ici la distribution des lesions le long du nerf sciatique
On voit bien ici la distribution des lesions le long du nerf sciatique

L’éruption est douloureuse avec des poussées accompagnées de troubles de la sensibilité.

Il n’y a généralement pas de fièvre et d’altération de l’état général. Il arrive qu’il y ait un ganglion dans la zone de drainage.

Un second épisode de zona est rare, il concerne environ 1% des cas. En effet, on acquiert une immunité à médiation cellulaire persistant plusieurs années.

Formes typiques de zona

Les formes typiques de zona sont :

– le zona intercostal

en hémi-ceinture thoracique. Voir l’article sur le zona intercostal

– le zona ophtalmique

touchant la première branche (ou branche ophtalmique) du nerf Trijumeau, qui innerve la face. Le zona ophtalmique expose au risque de lésions ophtalmologiques, notamment lorsqu’il existe une éruption de l’aile du nez et de la narine.

Voir l’article sur le zona ophtalmique

Autres formes de zona

Il existe beaucoup de formes de zona et de complications ; les plus fréquentes sont :

Le zona trigéminé

il s’agit d’un zona touchant le nerf VII bis. L’éruption du zona touche l’ oreille et peut être associée à une atteinte de la langue du même côté, voire d’une paralysie faciale (généralement régressive)

Zona trigeminé de l'oreille
Zona trigeminé de l’oreille

Formes graves de zona

On peut observer des formes graves de zona, notamment chez les personnes immunodéprimées :

zona généralisé

c’est à dire touchant de nombreux nerfs. Il s’agit alors le plus souvent d’une éruption de zona très profuse, hémorragique et nécrotique. Le zona généralisé encore appelé zona-varicelle est donc caractérisé par :

  1. la présence de plus de 20 vésicules à distance de l’éruption linéaire de zona
  2. une atteinte des organes profonds (poumons, foie, cerveau) avec de possibles complications
  3. un terrain fragile : le zona varicelle survient le plus souvent sur un terrain immunodéprimé, un cancer sous jacent…

    zona viscéral

dans lequel il existe une atteinte d’organes profonds tels que les poumons, le foie, le cerveau…

Les douleurs post zostériennes (douleurs persistantes après zona)

Il s’agit de douleurs persistant un mois apres le zona

Voir l’article sur les douleurs post zona

>>Suite : le traitement du zona

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Zona ophtalmique : urgence oculaire – symptômes, complications et traitement

Zona ophtalmique
Il s’agit d’un zona touchant la première branche (ou branche ophtalmique) du nerf Trijumeau, qui innerve la face.
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Zona ophtalmique crouteux
Zona ophtalmique crouteux

Le zona ophtalmique expose au risque de lésions ophtalmologiques, notamment lorsqu’il existe une éruption de l’aile du nez et de la narine.

Tout zona ophtalmique nécessite donc une consultation médicale urgente et la mise en place d’un traitement par voie orale sans tarder.

Avis ophtalmologique

Le médecin pourra demander une consultation ophtalmologique en urgence s’il existe des signes ou des doutes d’atteinte ophtalmologique :

  • si le zona intéresse l’aile du nez,
Atteinte de l'aile du nez : attention au zona ophtalmique
Zona ophtalmique
  • en cas d’œoedème des paupières gênant l’ouverture de l’oeil,
  • en cas de baisse de l’acuité visuelle,
  • en cas d’oeil rouge
  • et systématiquement chez l’immunodéprimé (en Intra veineuse)

    Les complications ophtalmologiques du zona ophtalmique:

Le zona ophtalmique expose à des risques d’atteinte de l’oeil (sclérite, kératite, rétinite… ) ou de la paupière pouvant donner des séquelles telles que des des rétractions ou une paralysie de la paupière supérieure (appelée « ptosis »). Tout zona ophtalmique, notamment s’il est accompagné d’atteinte de l’aile du nez et de la narine nécessite un avis ophtalmologique urgent.

Traitement du zona ophtalmique

Les soins locaux du zona

ils sont surtout pour but d’éviter la surinfection bactérienne des lésions.

On recommande généralement

  • une toilette quotidienne avec savon dermatologique,
  • l’application d’antiseptiques locaux doux, en évitant d’en mettre dans les yeux
  • voire l’application d’une crème antibiotique telle que Fucidine ® 3 fois par jour pendant une semaine lorsqu’il existe un doute de surinfection cutanée bactérienne des lésions de zona de moins de 2% de la surface corporelle (en cas de surinfection > à 2% de la surf corporelle, ou d’extension rapide de l’infection bactérienne, on utilise alors des antibiotiques par voie orale)

    Les soins généraux du zona ophtalmique

  • Soins contre la douleur lors de la poussée : antalgiques par voie orale

  • Traitements antiviraux :

on prescrit le plus souvent des molécules antivirales par voie orale (la voie intraveineuse est le plus souvent réservée au patient immunodéprimé et aux formes graves de zona), telles que l’aciclovir ou le valaciclovir. Le traitement par voie orale doit idéalement être débuté dans les 72 premières heures après l’éruption du zona, et il est pris en géréral pendant une semaine à 10 j.

Le traitement zona par voie orale est indiqué dans le zona ophtalmologique, quel que soit l’âge :

– soit aciclovir, 800 mg cinq fois par jour per os pendant 7 jours
– soit valaciclovir, 1 g trois fois par jour per os pendant 7 jours
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