NOUVEAU! 📖 Découvrez mon livre "La peau de l'intérieur" : règles d'or pour une approche médicale et naturelle / soigner sa peau de l'intérieur (intestin-cerveau-peau)
Voir sur Amazon →
La mycose ou champignon des pieds est une affection dermatologique très courante, notamment en période chaude. Elle est liée à l’infestation sur les plantes des pieds et les espaces situés entre les orteils par un champignon appelé dermatophyte qui se développe souvent à cause de l’humidite ou de la macération des pieds et qui s’attrape souvent en marchant pieds nus dans des salles d’eau, des vestiaires, des piscines… Elle se traite au moyen d’antifongiques en crèmes, poudre, lait etc. prescrits par le médecin
La mycose des pieds est le plus souvent due a un champignon de la peau appelé dermatophyte. La contamination par le dermatophyte peut se faire lors de la marche à pieds nus dans les piscines, les salles de sport, la salle de bain familiale… Le champignon est présent sur la peau à l’état de spore et devient pathogène (il se « réveille » et « pousse » en faisant des filaments) le plus souvent au décours d’une macération ou d’une humidité constante au niveau des pieds (transpiration dans les chaussures, pieds constamment mouillées…)
Comment reconnaitre la mycose des pieds ? Symptomes
La mycose des pieds provoque le plus souvent une fissure et des démangeaisons entre les orteils, avec de petites peaux qui se décollent. Elle peut aussi provoquer des sécheresses des pieds et des cloques d’eau.
Mycose des pieds à type de « pied d’athlete »
La mycose des pieds la plus fréquente est la mycose située entre les orteils
Mycose entre les orteils
Tout petit orteil : pied d’athlète
La mycose située entre les derniers (les plus petits) orteils porte encore le nom de pied d’athlete, car il est fréquent chez les sportifs, caractérisé par une atteinte du dernier espace interorteil
La mycose entre les orteils forme une fissure rosée ou rouge bordée par une macération donnant à la peau un aspect humide et blanchâtre, qui démange. Elle peut s’étendre ensuite sur le dos du pied ou la plante du pied, macérer, donner des vésicules…
Peau blanche entre les orteils : pied d’athletePeau sèche entre les orteils : mycose débutanteMacération au cours d’une mycoseFissure et plaie entre les orteils : mycosePied d’athlete étendu
Autres orteils
La mycose des pieds peut toucher les autres espaces interorteils par contamination à partir du dernier espace ou initialement dans un des espaces interorteils, il s’agit alors parfois d’une atteinte à candida, plus fréquente chez le diabétique.
La mycose des pieds peut démanger.
Téléchargez le guide complet
INTERTRIGO – ROUGEURS DES PLIS
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
La mycose peut toucher tout le pied, lui donnant un aspect blanc et farineux (comme si l’on avait marché dans du talc), avec la peau qui desquame par endroits
Mycose du piedMycose des piedsTout le pied est atteint par la mycose : aspect farineux et desquamatif
Téléchargez le guide complet
TALONS SECS – PIEDS SECS
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Surinfection à bacteries gram négatif d’une mycose des pieds
La surinfection d’une mycose des pieds qui devient brutalement douloureuse, érosive, suintante voire malodorante, avec des croûtes ou des pustules, est le plus souvent due à :
Pseudomonas, une bactérie vivant dans la terre humide et les milieux aquatiques : on se contamine lors du jardinage, dans des piscines chauffées, des spas ou simplement par le biais de la macération et de la transpiration dans les chaussures : .
D’autres bactéries pathogènes : staphylocoques, streptocoques et bactéries à Gram négatifs (colibacilles). Ces surfinections sont plus fréquents chez les obèses, les diabétiques et les patients à hygiène défectueuse.
Il faut alors sécher les plis avec des antiseptiques locaux doux : dérivés iodés (Bétadine® solution dermique), chlorexidine aqueuse : Diaseptyl®, et/ou de la sulfadiazine argentique (Flammazine®). Le médecin n’est amené à utiliser des antibiotiques par voie orale que rarement, en cas d’extension de l’infection ou de résistance au traitement, il s’agit le plus souvent de ciprofloxacine (Ciflox®). NB : peroxyde de benzoyle… hors AMM peut bien fonctionner
Téléchargez le guide complet
ONYCHOMYCOSE (MYCOSE DES ONGLES)
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
L’éviction de la macération et de l’humidité des espaces entre les orteils en séchant bien les pieds après la toilette et notamment les zones situées entre les orteils et en luttant contre la transpiration des pieds
Ils sont appliqués en crème, spray, lait, poudre… en général deux fois par jour pendant 3 semaines
En cas de résistance au traitement, le médecin peut prescrire des antifongiques par voie orale telles la terbinafine ou la grisefuline. On évite généralement le ketoconazole compte tenu de sa toxicité hépatique potentielle.
Soigner la mycose des pieds sans ordonnance
Les délais de rendez-vous chez les dermatologues s’allongent d’année en année.
Cependant, ne vous improvisez surtout pas médecin! Consultez votre médecin traitant avant toute chose. Il faut en effet vous assurer que vous présentez bien une mycose, qu’elle n’a pas de cause (diabete… ), qu’elle n’est pas surinfectée…
En attendant votre rendez-vous chez le médecin et/ou le dermatologue et le diagnostic de mycose des pieds, vous pouvez trouver des produits disponibles sans ordonnance chez votre pharmacien ou dans une pharmacie sur Internet, autorisés en accès direct par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament pour les mycoses des pieds. Il faut être très prudent avant d’utiliser des crèmes et bien demander conseil à son pharmacien (risque d’allergie de peau, d’aggravation de sa maladie de peau, risque en cas de grossesse ou d’allaitement…)
On peut citer parmi ceux-ci la terbinafine, sous deux formes :
LAMISILATE 1%, crème
Cette crème est réservée à l’adulte et l’enfant de plus de 12 ans
Elle doit être appliquée en couche mince suivie d’un massage léger après avoir lavé et séché la zone concernée le soir pendant 1 semaine. Un arrêt du traitement trop précoce ou des applications irrégulières peuvent entraîner un échec ou des rechutes.
L’effet bénéfique doit apparaître au bout de quelques jours. En l’absence d’amélioration 1 semaine après la fin des applications ou en cas d’aggravation, de lésions multiples ou de lésions très étendues, un avis médical est nécessaire rapidement.
LAMISILATE MONODOSE 1%, solution pour application cutanée
Il s’agit d’un produit réservé à l’adulte (plus de 18 ans), en application unique : il n’existe pas de données cliniques d’administrations répétées avec ce produit. C’est pourquoi une seconde application n’est pas recommandée.
Lamisilate Monodose 1 % doit être appliqué en une seule fois sur les deux pieds, même si un seul pied semble présenter des lésions.
Ainsi, cela permet d’éradiquer les dermatophytes présents sur des lésions non visibles.
La solution devra être appliquée après avoir soigneusement nettoyé et séché les deux pieds et les mains.
Traiter d’abord un pied puis l’autre.
Appliquer une fine couche de solution en commençant par les orteils (espace inter-orteils et zone périphérique), puis appliquer sur l’intégralité de la voûte plantaire ainsi que sur les côtés latéraux du pied jusqu’à une hauteur de 1,5 cm.
Recommencer cette opération sur l’autre pied même s’il ne semble pas atteint.
Puis laisser sécher la solution pendant 1 à 2 minutes jusqu’à formation d’un film. Se laver ensuite les mains.
Ne pas masser la zone traitée.
Pour un meilleur résultat, la zone traitée ne doit pas être lavée pendant 24 heures après l’application. C’est pourquoi, il est recommandé d’appliquer Lamisilate Monodose 1 % juste après la toilette (bain ou douche) et d’attendre 24 heures avant de se laver en douceur à nouveau les pieds. Se sécher ensuite les pieds en tamponnant délicatement.
Une quantité suffisante de produit devra être utilisée pour traiter les 2 pieds selon les instructions précédentes. La quantité de solution restant dans le tube devra être jetée.
Une amélioration des signes de mycoses du pied apparaît habituellement après quelques jours de traitement. En l’absence d’amélioration des symptômes au bout d’une semaine, il faut impérativement donc consulter un médecin.
Comment éviter la mycose des pieds
Le traitement de la mycose des pieds passe aussi par la lutte contre les facteurs favorisants, la prévention de la contamination et de la réinfestation :
traitement de tous les foyers d’infection par champignon (plis inguinaux, mycose des ongles… )
désinfection des foyers de réinfestation (tapis de bain, chaussures… )
lutte contre la macération : séchage attentif des espaces entre les orteils, lutte contre la transpiration des pieds…
éviter de marcher pieds nus dans les vestiaires, salles d’eau, douches communes, piscines…
Mycoses des espaces entre les orteils et des pieds : VRAI /FAUX
Reproduction d’une interview donnée au journal Ouest France :
1 Les mycoses des pieds, aussi appelées « pied d’athlète », se manifestent surtout entre les orteils. Vrai. On distingue classiquement trois cas de figure : le pied d’athlète est une mycose située dans le dernier espace inter-orteil, ainsi dénommé car il est fréquent chez les sportifs. Il se manifeste par des petites desquamations, une démangeaison voire une fissuration de l’espace. Deuxième cas de figure, les mycoses situées dans les autres espaces inter-orteil, qui sont plus rares. Lorsque ces dernières sont profuses, il est possible que le médecin demande de réaliser un bilan sanguin à la recherche d’un facteur favorisant tel que le diabète. Enfin, on observe parfois une extension de la mycose inter-orteil sur la plante des pieds, leur conférant un aspect farineux, voire fissuré.
L’ensemble de ces mycoses des pieds peut se compliquer de dishidrose, caractérisée par de petites « cloques » qui démangent au pourtour de la mycose. Il s’agit d’une forme d’eczéma.
2 On identifie facilement les mycoses entre les orteils et des pieds : elles provoquent des fissures, des rougeurs, avec des démangeaisons et des picotements puis la peau se met à peler. Vrai. Il s’agit en effet des symptômes classiques, mais d’autres maladies de peau peuvent avoir des symptômes similaires et mon conseil est de consulter devant toutes ces manifestations pour d’assurer qu’il s’agit bien de mycoses et afin d’obtenir un traitement adéquat
3 Comme les verrues, on attrape la mycose des pieds surtout à la piscine ou dans les salles de sport. Vrai. Effectivement, la contamination par le biais de squames(cellules mortes qui se détachent de la peau) parasités par le champignon, est fréquente dans les salles de sport, les piscines, les douches communes, sur les tatamis… Mais on peut aussi se contaminer par le biais de linges de toilette, de vêtements ou de chaussures. Enfin, il n’est pas rare de se contaminer dans l’environnement familial, sur le tapis de bain par exemple
Afin de se prémunir de la survenue de mycoses des pieds, il est prudent d’utiliser des tongs ou claquettes dans les douches publiques, d’éviter le prêt de vêtements ou de chaussures, et de respecter une bonne hygiène des pieds : les laver une fois par jour et après la pratique d’un sport, les sécher soigneusement en insistant sur les espaces inter-orteils et porter si cela est possible des nus-pieds qui limitent la transpiration en aérant les pieds. Lorsqu’on porte des chaussures fermées en coton, il est judicieux de les laver de temps en temps à 60°C si cela est possible.
4 Les mycoses des pieds ne sont pas contagieuses. Faux. Au contraire, les mycoses des pieds sont contagieuses et les spores (sorte de coquille dans laquelle le champignon se place en conditions extérieures difficiles) sont très résistantes. La contagion inter-humaine est possible comme nous l’avons vu dans les lieux fréquentés à pieds nus, mais elle peut être aussi observée chez un même individu : il n’est pas rare d’observer des mycoses des plis inguinaux (plis de l’aine) chez les personnes ayant des mycoses de pieds et l’on soupçonne dans ce cas la contamination par l’enfilage des sous-vêtements, qui passent par les pieds… De même, une mycose des pieds peut être accompagnée d’une mycose de la main, par grattage des squames avec ses doigts.
5 Les mycoses des pieds disparaissent facilement avec un traitement adapté, par exemple un antiseptique. Faux. Le traitement n’est pas si aisé et les mycoses ont surtout la fâcheuse tendance de récidiver si le traitement n’est pas suivi jusqu’au bout et s’il n’y a pas de désinfection des sites porteurs de spores (les chaussures par exemple). Les traitements les plus efficaces sont les antifongiques (en poudre, crème, spray… ) prescrits par le médecin. Il est possible que ce dernier prescrive un traitement antifongique par voie orale lorsque la mycose est très profuse ou multifocale. Outre les médicaments, un élément très important du traitement est de lutter contre la macération : bien sécher les espaces inter-orteils et éviter l’humidité par exemple.
6 Dans certains cas, la mycose des pieds nécessite une consultation médicale. Vrai. Je serais tenté de répondre qu’une consultation médicale s’impose dans tous les cas afin de vérifier qu’il s’agit bien d’une mycose, qu’elle ne touche que les pieds, que les ongles sont indemnes, qu’elle n’est pas compliquée d’une surinfection ou d’une dishidrose, etc. Ou du moins de consulter devant tout symptôme ne cédant pas avec des soins d’hygiène doux et rigoureux. Chez les personnes fragiles telles que les diabétiques, toute plaie des pieds nécessite une consultation sans tarder.
La mycose d’ongle (ou onychomycose) est une infection très fréquente, le plus souvent due à un champignon appelé dermatophyte, touchant préférentiellement l’ongle du gros orteil. Elle donne un aspect d’ongle friable, blanchi ou jauni, souvent épaissi et décollé de la peau. Attention : plus de la moitié des anomalies d’ongles ne sont pas des mycoses — un avis médical est indispensable. Le traitement repose sur un vernis antifongique si la matrice de l’ongle n’est pas atteinte, ou sur des médicaments par voie orale dans le cas contraire.
Téléchargez le guide complet
ONYCHOMYCOSE (MYCOSE DES ONGLES)
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
L’onychomycose est une infection des ongles par un champignon, fréquente à partir de 45 ans et très commune chez les personnes âgées : près d’une personne de 70 ans sur deux est atteinte. Les ongles les plus touchés sont ceux du gros et du dernier orteil.
Onychomycose du gros orteilMycose jaune de l’ongle
Les champignons les plus fréquemment en cause sont les dermatophytes (80% des cas, principalement Trichophyton rubrum).
Les facteurs de risque sont les mêmes que pour les mycoses des pieds :
Macération et humidité persistante des pieds
Prêt de chaussures
Fréquentation de lieux collectifs à pieds nus (piscines, vestiaires, douches…)
Les personnes à risque accru sont : les personnes âgées, celles ayant déjà des mycoses des pieds, les diabétiques, les immunodéprimés et les personnes souffrant de transpiration excessive des pieds.
Diagnostic de la mycose des ongles
La forme la plus fréquente est un épaississement de l’ongle qui prend une couleur jaunâtre ou blanchâtre, progressant vers la base de l’ongle. À son extrémité, l’ongle peut devenir friable et se décoller de la peau.
Mycose débutante de l’ongleTache blanche de mycose débutanteMycose des ongles avec atteinte de la matrice
Le diagnostic est souvent possible à l’œil nu. En dermatoscopie, on observe des bords déchiquetés, des stries longitudinales, une couleur jaune et des bords effrités — à distinguer de l’onycholyse traumatique dont le bord est linéaire.
Un prélèvement de l’ongle avec examen direct et mise en culture au laboratoire permet de confirmer le diagnostic et d’identifier le champignon responsable — ce qui conditionne le traitement.
⚠️ Attention : plus de la moitié des anomalies d’ongles ne sont PAS des mycoses. Traumatisme, psoriasis unguéal, lichen plan… peuvent donner un aspect similaire. Un avis médical s’impose avant tout traitement.
Types de mycoses d’ongles
Onychomycoses à dermatophytes
Les plus fréquentes, touchant un ou plusieurs orteils, souvent associées à une mycose des pieds (pied d’athlète) ou à des mycoses cutanées. Le champignon le plus fréquent est Trichophyton rubrum (80% des cas).
Onychomycoses à levures (candida)
Moins fréquentes, elles concernent essentiellement les ongles des mains. Elles se manifestent souvent par un périonyxis (pourtour de l’ongle gonflé et rouge) et touchent particulièrement les diabétiques.
Onychomycoses à moisissures
Il s’agit souvent d’une atteinte isolée d’un seul ongle, parfois post-traumatique, réfractaire aux traitements habituels. Les agents en cause sont Fusarium sp., Acremonium sp. et Aspergillus sp. Une moisissure doit être retrouvée au minimum deux fois pour confirmer son rôle pathogène.
Prévenir la mycose des ongles
Couper les ongles régulièrement
Porter des chaussures ouvertes en été, des chaussettes en coton (fil d’Écosse idéalement) changées tous les jours
Laver les pieds une fois par jour et bien sécher les espaces inter-orteils
Porter des claquettes dans les lieux collectifs (piscines, douches, vestiaires…)
En cas de mycoses récidivantes, des poudres antifongiques (Mycoster®, Econazole®…) peuvent être pulvérisées dans les chaussures
Traitement de la mycose des ongles
Avant tout traitement : enlever le maximum de partie malade (podologie, crème à l’urée) et désinfecter les chaussures.
Si la matrice de l’ongle est atteinte → traitement oral
La matrice est la zone de l’ongle située sous la peau qui le produit. Si elle est atteinte, un traitement par voie orale est nécessaire, le plus souvent la Terbinafine (Lamisil®, Fungster®…).
Le traitement oral est recommandé en cas de :
Atteinte de plus de 50% de la tablette unguéale
Atteinte matricielle ou tablette de plus de 2 mm d’épaisseur
Onychomycose sous-unguéale proximale
Plus de trois ongles atteints
Ce traitement nécessite un prélèvement mycologique préalable, une prise de sang et la vérification de l’absence de contre-indications.
Si la matrice n’est pas atteinte → traitement local
Un vernis antifongique suffit généralement. Un ongle de pied poussant d’environ 1,5 mm par mois, il faut souvent plus de 6 mois de traitement pour obtenir la guérison complète.
Vernis prescrits sur ordonnance :
Amorolfine (Loceryl®, Curanail®…) : 1 à 2 applications par semaine
Vernis disponibles sans ordonnance (après avis médical ou pharmaceutique)
⚠️ Ne vous improvisez pas médecin ! Consultez votre médecin traitant avant tout traitement. Ces vernis ne peuvent être utilisés que si la mycose ne touche pas plus des 3/4 de l’ongle ni plus de 5 ongles.
AMOROLFINE / LOCÉRYLPRO : 1 à 2 applications par semaine jusqu’à guérison (6 mois pour les mains, 9 mois pour les pieds). Limer la zone atteinte avant la première application. Enlever le vernis précédent avec du dissolvant avant chaque nouvelle application. Ne pas utiliser les mêmes limes sur les ongles sains.
CICLOPIROX / MYCONAIL : 1 application par soir sur l’ongle et les 5 mm de peau bordant l’ongle. Ne pas laver les ongles dans les 6 heures suivant l’application. Ne pas appliquer d’autre vernis à ongles sur les zones traitées. Par temps froid (sous 15°C), réchauffer le flacon entre les mains si le vernis se gèle.
Laser pour les mycoses des ongles
Les lasers Nd:YAG et CO2 fractionnel peuvent être proposés, mais les données sur leur efficacité restent limitées (études majoritairement non contrôlées). La FDA américaine les a approuvés uniquement pour un éclaircissement temporaire de l’ongle, non pour traiter la mycose. Leur utilisation n’est pas recommandée en première intention.
Les moisissures sont peu sensibles aux antifongiques classiques. Les Aspergillus peuvent répondre à la terbinafine ou à l’itraconazole ; les Fusarium seront plutôt traités par itraconazole. L’avulsion chimique (urée : Onyster®, Amycor Onychoset®) ou chirurgicale reste souvent efficace, encadrée par des antifongiques locaux et oraux.
Ongles verts, bleus, marrons — cas particuliers
Ongles verts et bleu-noirs
Souvent liés à une surinfection à Pseudomonas aeruginosa (pyocyanique). Traitement : Bétadine® solution dermique et bains de Dakin®.
Mycose des ongles à Candida
Elle se manifeste par un périonyxis (pourtour de l’ongle gonflé et rouge à Candida albicans), notamment chez le diabétique, évoluant vers une atteinte de l’ongle prenant une teinte irrégulière jaune verdâtre, marron ou noire, surtout dans les zones latérales.
Onychomycose et périonyxis à CandidaCandida dans l’onglePérionyxis à Candida
Le traitement associe :
Contrôle du diabète si présent
Lutte contre l’humidité : séchage soigneux des mains, éviction des détergents et traumatismes mécaniques (manucurie…)
Traitement des foyers de candidose associés (muqueuse, digestif, génital)
Ces traitements doivent être poursuivis jusqu’à guérison complète, soit 4 à 6 mois en moyenne. En cas d’échec, un traitement oral peut être envisagé : fluconazole (Triflucan®) ou itraconazole (Sporanox®) avec surveillance hépatique.
Vous pensez avoir une mycose d’ongle ? Un dermatologue peut confirmer le diagnostic et prescrire le traitement adapté en téléconsultation : 📅 Prendre rendez-vous en visio
Questions fréquentes sur la mycose des ongles
Comment savoir si c’est bien une mycose et pas autre chose ?
Plus de la moitié des anomalies d’ongles ne sont pas des mycoses. Un ongle épaissi ou jauni peut être dû à un traumatisme, un psoriasis unguéal, un lichen plan… Seul un médecin peut poser le diagnostic, confirmé si nécessaire par un prélèvement mycologique en laboratoire.
Combien de temps dure le traitement ?
Un ongle de pied pousse d’environ 1,5 mm par mois. Il faut généralement 6 à 9 mois de traitement local (vernis) pour obtenir un ongle entièrement sain. Le traitement oral est plus court mais nécessite un suivi médical.
Peut-on traiter une mycose d’ongle sans ordonnance ?
Des vernis à base d’amorolfine (Locéryl Pro®) ou de ciclopirox (Myconail®) sont disponibles en pharmacie sans ordonnance. Mais ils ne doivent être utilisés qu’après avis médical ou pharmaceutique, uniquement si la mycose touche moins des 3/4 de l’ongle et moins de 5 ongles. En cas de doute, consultez votre médecin traitant.
La mycose des ongles est-elle contagieuse ?
Oui. Elle peut se transmettre à d’autres ongles du même pied, aux proches par contact cutané ou partage de chaussures/chaussettes, et dans les lieux collectifs (piscines, vestiaires). Des mesures d’hygiène strictes sont essentielles pendant et après le traitement.
Faut-il traiter une mycose d’ongle qui ne fait pas mal ?
Oui. Même indolore au début, l’onychomycose peut progresser et détruire l’ongle, atteindre d’autres ongles et se transmettre à l’entourage. Un traitement précoce est plus efficace et plus court.
Le laser peut-il guérir une mycose d’ongle ?
Le laser (Nd:YAG, CO2 fractionnel) n’est pas recommandé en première intention : les études disponibles sont insuffisantes pour prouver son efficacité. La FDA l’a approuvé uniquement pour un éclaircissement temporaire de l’ongle, non comme traitement curatif de la mycose.
Téléchargez le guide complet
ONYCHOMYCOSE (MYCOSE DES ONGLES)
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Tout d’abord il faut bien distinguer les engelures des gelures (brulures douloureuses au froid donnant des bulles, voire des nécroses des doigts (maladie des alpinistes))
Symptomes
Les engelures sont des taches gonflées rouges-violacés des orteils, s’accompagnant de gonflement des orteils et de démangeaisons, survenant lors de l’exposition au froid ou à l’humidité. Elles surviennent uniquement en période humide et froide (automne au printemps) et les engelures disparaissent aux beaux jours
Les engelures surviennent dans la plupart des cas chez le jeune adulte ou durant l’adolescence, surtout chez la femme et elles semblent plus fréquentes chez la femme mince (l’amaigrissement est un facteur de risque) souffrant desyndrome de Raynaud (blanchiment de certains doigts au froid) ou d’acrocyanose (mains facilement violettes) dans 80% des cas
L’ensemble de ces critères sont importants pour diagnostiquer les engelures bénignes qui constituent un simple trouble vasculaire bénin au froid.
Si le tableau n’est pas typique (sur les mains, survenant toute l’année, chez un homme…), le médecin cherchera des signes de maladies associées à ces engelures atypiques :
lupus-engelure localisée notamment sur la face dorsale des mains et persistant en été
syndrome myéloprolifératif (Maladie de Vaquez, leucémie…)
maladie de Buerger (vascularite) chez l’homme jeune fumeur,
embols de cholestérol sur un terrain polypathologique cardiovasculaire notamment chez le sujet âgé
signe de COVID 19 ? L’apparition d’engelures, avec ou sans cloques sur les mains et les pieds, semble s’inscrire dans le cadre de la COVID 19. Les engelures pourraient être le seul signe de la maladie, ou un signe précoce de la maladie. Il s’agirait de manifestations de vascularite en relation avec les perturbations cytokiniques pro-inflammatoires (IL1 ,TNF-alpha)
dans le cadre de la covid19. L’ « orage cytokinique » qu’on peut observer en 3eme phase de la maladie est en effet une complication de la covid19, responsable d’une destruction des alvéoles par phénomène vasculaire.
Engelures dans le cadre de la Covid 19
Faut-il faire un bilan sanguin?
Si les engelures sont atypiques (voir plus haut), le médecin peut demander un bilan sanguin comportant notamment :
NFS plaquettes, bilan hépatique et rénal,
VS, CRP, TP, TCA
C3, C4, CH50
Facteur rhumatoide ou cryoglobulinemie
Agglutines froides si réalisables
D dimères
Anticorps anti nucléaires, ANCA
Anticorps antiphospholipides
Sérologies Parvovirus B19, Coxsackie, EBV, SARSCov2 si réalisable
ECBU
Et chez la femme en âge de procréer, test de grossesse
Traitement
Eviter les frottements
Elles surviennent souvent sur des zones de frottement des pieds, c’est probablement la raison pour laquelle les femmes minces en ont plus car leurs pieds sont plus anguleux et riches en saillies osseuses.
On conseille donc le port de chaussures larges, confortables et chaudes
Le médecin peut prescrire des semelles ou des orthèses de protection des orteils à faire par un podologue lorsque les engelures récidivent toujours sur un orteil ou sur une zone de la plante
Enfin il faut éviter les médicaments vasoconstricteurs (bêta-bloquants par voie orale ou locale (collyres), dérivés de l’ergot de seigle, vasoconstricteurs ORL par voie orale ou nasale (traitement du rhume).
Si ces mesures ne suffisent pas, le médecin peut prescrire des vasodilatateurs : inhibiteurs calciques (nifédipine, diltiazem, vérapamil…) de l’automne jusqu’au printemps, hors AMM.
Traitement
E simples
Compresses et pansements cicatrisants avec des cremes cortisonées sous occlusion
E avec plaies
Inhibiteurs calciques (nifedipine) à plus forte dose qu’en prévention (20mg 3 fois par jour)
L’ampoule est une vésicule ou une bulle remplie de liquide due au décollement de la peau, généralement du pied ou parfois de la main, par le fait de frottements répétés (sport, travaux… ).
Que faire ? comment la soigner?
Le mieux est de l’éviter, mais, en cas d’ampoule, il est judicieux de
la percer
avec une aiguille stérilisée pour évacuer le liquide
bien la désinfecter
avec un désinfectant doux de type chlorhexhidine acqueuse
puis appliquer un pansement hydrocolloïde
il s’agit d’ une « seconde peau » qui reproduit les conditions d’humidité de la peau optimale à l’obtention d’une bonne cicatrisation.
En effet, contrairement à une idée reçue, il ne faut pas sécher une plaie car sa cicatrisation est plus longue.
En savoir plus sur les ampoules en faisant une recherche sur Pubmed et sur les plaies de la peau
Cloques qui démangent sur les pieds et les orteils
Téléchargez le guide complet
ECZEMA
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
il s’agit de petites « cloques », un peu comme des gouttes de rosée
C’est cette forme d’eczema qui est souvent liée à la mycose des pieds
pulpite fissuraire :
fissures de la pulpe des orteils, assez rare
eczema profus des pieds,
lors de l’eczema aux chaussures notamment
A quoi je suis allergique?
En cas de poussées répétées, le médecin vous proposera alors parfois de réaliser des tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.
Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.
Téléchargez le guide complet
ECZEMA
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
La transpiration est l’excrétion de sueur par les glandes sudoripares. La mauvaise odeur des pieds est provoquée par la transpiration et une atmosphère moite propice au développement des champignons (mycoses) et des bactéries.
Les bactéries sont la source de la mauvaise odeur des pieds.
Quels sont les traitements possibles contre les mauvaises odeurs des pieds ? Les traitements luttant contre les mauvaises odeurs des pieds sont des traitements visant à réduire la prolifération bactérienne : ticlosan ou triclocarban, souvent présents dans les savons contre la transpiration et les déodorants. Parfois, la transpiration des pieds se complique de « keratolyse ponctuée », pathologie que seul un médecin peut diagnostiquer et traiter au moyen d’antibiotiques locaux (erythromycine… ). La keratolyse ponctuee est souvent la source d’une odeur nauséabonde Le médecin peut aussi proposer d’utiliser des médicaments antimycosiques lorsqu’il existe une mycose car ces derniers ont aussi la plupart du temps une activité contre quelques bactéries
Que peut on faire contre la transpiration des pieds ?
La transpiration excessive des pieds peut être combattue au moyen de divers traitements parmi lesquels on peut citer :
Cloques qui démangent sur les mains ou les pieds ? Le Dr Rousseau vous reçoit en consultation ou en téléconsultation à Bordeaux pour un diagnostic rapide et un traitement adapté.
Cloques qui démangent sur les pieds et les orteils
La dysidrose (aussi orthographiée disidrose, ou dyshidrose) est une forme d’eczéma des mains et des pieds, caractérisée par l’apparition de cloques d’eau (vésicules) et de boutons qui démangent sur les doigts, les paumes, les orteils et les plantes de pieds. Son nom scientifique est eczéma dyshidrosique ou pompholyx.
Elle est particulièrement fréquente en période chaude et estivale, souvent associée à une transpiration accrue des mains et des pieds. Le prurit peut être intense, précédant ou accompagnant l’éruption. Les boutons blancs, rouges ou marron-bordeaux qui en résultent sont caractéristiques.
Cet article en vidéo
▶ Voir la vidéo sur YouTube — Dysidrose expliquée par le Dr Rousseau
Diagnostic et formes cliniques
Le diagnostic est clinique. Les lésions caractéristiques sont des vésicules de 1 à 3 mm, à paroi épaisse, remplies d’un liquide clair, siégeant sur fond de peau saine ou légèrement érythémateuse.
Cloques d’eau sur les doigts
Les démangeaisons sont souvent intenses et peuvent précéder l’apparition des cloques. L’évolution spontanée suit un cycle : les vésicules se percent et libèrent une sérosité claire, puis se dessèchent en donnant des croûtes marron-bordeaux et une desquamation caractéristique.
Localisation des cloques des pieds
Les lésions siègent préférentiellement sur les orteils et les espaces interdigitaux, dans le creux plantaire, sur les faces latérales des pieds et les talons.
Localisation des cloques des mains
Sur les mains, les vésicules sont fréquentes sur les faces latérales des doigts, les paumes, et jusqu’à la limite du poignet.
Deux formes cliniques
On distingue classiquement deux présentations :
Dysidrose simple : vésicules et boutons des mains et/ou pieds isolés, sans rougeur associée
Eczéma dyshidrosique : vésicules associées à une rougeur (érythème) et/ou une desquamation, réalisant un tableau d’eczéma franc
💡 Évolution par poussées
La dysidrose évolue typiquement par poussées récurrentes, séparées par des intervalles libres. Chaque poussée dure 2 à 4 semaines. Les récidives sont fréquentes, surtout en été ou à l’occasion d’un facteur déclenchant identifiable.
Infection des cloques
Parfois, les cloques de dysidrose se surinfectent : leur contenu devient trouble ou franchement purulent (blanc ou jaunâtre). Des signes d’extension peuvent apparaître : trainée rouge sur le membre (lymphangite), ganglion douloureux dans l’aisselle ou l’aine (adénite). Ces signes imposent une consultation rapide et un traitement antibiotique.
🚨 Signes d’infection : consulter en urgence
Contenu des cloques qui devient trouble ou purulent, trainée rouge remontant vers le bras ou la jambe, fièvre, ganglion douloureux → consultation dermatologique ou médicale urgente. Une lymphangite sur dysidrose surinfectée peut évoluer rapidement.
Causes et facteurs favorisants
La cause exacte de la dysidrose reste mal élucidée. Il s’agit vraisemblablement d’une dermatose multifactorielle. Plusieurs facteurs favorisants sont bien identifiés :
Allergie de contact de la main à type de dysidrose
Allergie à la pelure de citron, au formol, au baume du Pérou, à la paraphénylènediamine (PPD, présente dans certains caoutchoucs et colorants), et à certains métaux : nickel, chrome, cobalt. Les bagues et bijoux en métal sont une source fréquente de sensibilisation au nickel avec dysidrose des doigts.
Dysidrose du doigt
Mycose des pieds ou des mains
Une mycose entre les orteils (dermatophytose) peut déclencher une réaction dysidrosique à distance — notamment sur les mains — par un mécanisme immunologique indirect (réaction « ide »). Le grattage des pieds mycosiques transfère également le champignon vers les mains par manuportage.
Mycose et dishidrose
Hyperhidrose palmo-plantaire
L’augmentation de la transpiration des mains (mains moites) et des pieds est un facteur favorisant classique. C’est pourquoi la dysidrose s’aggrave souvent en été. Le traitement de l’hyperhidrose peut contribuer à réduire les poussées.
Irritation des mains et contact répété avec l’eau
Les produits ménagers irritants et le contact prolongé des mains avec l’eau altèrent la barrière cutanée et prédisposent aux poussées. Le port prolongé de gants crée un milieu chaud et humide qui aggrave paradoxalement la situation s’il n’est pas interrompu régulièrement.
Les professions les plus exposées sont les métiers de bouche et de restauration, les professions de santé, et toutes les activités impliquant les mains ou les pieds en milieu chaud et humide.
Terrain atopique
Des antécédents personnels ou familiaux d’eczéma atopique sont fréquemment retrouvés. La dysidrose peut représenter une localisation palmo-plantaire d’un eczéma constitutionnel.
Tabac
Le tabac est considéré comme un facteur aggravant. L’arrêt du tabac est recommandé — pour cette raison et pour des raisons bien plus importantes (cancers, athérosclérose, maladies cardiovasculaires).
Autres facteurs discutés
Le rôle du nickel alimentaire (présent dans les céréales, légumineuses, chocolat) est parfois évoqué chez les patients allergiques au nickel. L’éviction alimentaire stricte en nickel peut être proposée dans ce contexte après bilan allergologique.
Ne pas confondre avec les engelures
Les engelures sont des taches violacées, douloureuses, localisées sur les doigts ou les orteils, pouvant comporter des cloques. Elles se distinguent de la dysidrose par leur survenue en période froide et humide, leur aspect violacé caractéristique et leur douleur au premier plan (au lieu du prurit dominant dans la dysidrose).
Des engelures atypiques, survenant en dehors de la saison froide, peuvent être un signe cutané de COVID-19 (« orteils COVID »), notamment chez les sujets jeunes.
Traitement
Lutte contre les facteurs favorisants
Éviction de l’allergène identifié lors du bilan d’allergie de contact (patch-tests)
Protection des mains : port de gants lors des activités à risque (vaisselle, produits ménagers), limité dans le temps et interrompu régulièrement pour sécher les mains
Chaussettes absorbantes à changer dès qu’elles sont humides ; chaussures aérées
En cas de mycose des pieds associée, son traitement est indispensable — y compris pour les formes de dysidrose touchant les mains, car la contamination se fait par grattage des pieds. Voir aussi : antifongiques en dermatologie.
Dermocorticoïdes puissants
Les dermocorticoïdes de classe forte (clobétasol, bétaméthasone) sont le traitement de référence des poussées. La peau épaisse des paumes et des plantes justifie l’utilisation de molécules puissantes, sous couvert d’un usage limité dans le temps pour éviter les effets secondaires.
PUVA thérapie locale
La photothérapie PUVA locale (psoralène + UVA sur les mains et les pieds) est proposée dans les formes récidivantes et résistantes aux dermocorticoïdes. Elle est réalisée en milieu hospitalier ou en cabinet spécialisé.
Traitement
Indication
Remarques
Éviction allergène + mesures hygiène
Toutes formes
Indispensable en première intention
Antifongique local/oral
Mycose associée
Traiter les pieds même si la dysidrose est aux mains
Dermocorticoïdes puissants
Poussées aiguës
Classe forte sur prescription ; durée limitée
PUVA thérapie locale
Formes récidivantes résistantes
En milieu spécialisé
Dysidrose récidivante malgré les traitements ? Le Dr Rousseau recherche le facteur déclenchant et adapte la stratégie thérapeutique à Bordeaux.
Non. La dysidrose est un eczéma, une réaction inflammatoire de la peau, et non une infection. Elle ne se transmet pas d’une personne à l’autre. En revanche, si une mycose des pieds est à l’origine des poussées, elle peut se transmettre par contact (sol des piscines, douches collectives).
Pourquoi les cloques reviennent-elles chaque été ?
La chaleur augmente la transpiration des mains et des pieds (hyperhidrose), ce qui altère la barrière cutanée et favorise les poussées. Certains patients ont un facteur déclenchant saisonnier clair. La recherche d’une allergie de contact ou d’une mycose sous-jacente est importante pour réduire la fréquence des récidives.
Faut-il percer les cloques de dysidrose ?
Non. Il ne faut pas percer les vésicules : cela aggrave les douleurs, augmente le risque de surinfection bactérienne et ne raccourcit pas la durée des poussées. Laisser les cloques évoluer naturellement ou appliquer le traitement prescrit par le dermatologue.
Les dermocorticoïdes utilisés sur les mains sont-ils dangereux ?
Les dermocorticoïdes puissants sont sûrs à court terme sur les paumes et les plantes, dont la peau épaisse les justifie. Leur usage prolongé sans surveillance médicale peut provoquer atrophie cutanée et rebond à l’arrêt. Ils doivent être prescrits et suivis par un dermatologue.
Quel régime alimentaire en cas d’allergie au nickel avec dysidrose ?
En cas d’allergie au nickel avérée (patch-test positif), un régime pauvre en nickel peut être proposé en complément de l’éviction cutanée. Les aliments riches en nickel à limiter sont : les céréales complètes, les légumineuses, le chocolat, les noix, les épinards. L’efficacité de ce régime seul reste modeste ; il est toujours associé à l’éviction des bijoux et accessoires en métal.
La dysidrose peut-elle toucher d’autres zones que les mains et les pieds ?
Non, par définition. La dysidrose est strictement palmo-plantaire. Des vésicules prurigineuses sur d’autres zones du corps évoquent un autre diagnostic (eczéma atopique, varicelle, herpès, pemphigoïde bulleuse débutante) qui nécessite un avis dermatologique.
Voir aussi : La dysidrose est souvent sous-traitée faute de diagnostic précis de son facteur déclenchant. Des patch-tests pour allergie de contact, un prélèvement mycologique des pieds et une évaluation de l’hyperhidrose permettent dans la majorité des cas d’identifier une cause actionnable et de réduire durablement les récidives.
Références scientifiques
Veien NK. Acute and recurrent vesicular hand eczema. Dermatol Clin. 2009;27(3):337-353. PMID 19580928
Wollina U. Pompholyx: a review of clinical features, differential diagnosis, and management. Am J Clin Dermatol. 2010;11(5):305-314. PMID 20642334
Cloques récidivantes sur les mains ou les pieds ? Consultez ou téléconsultez le Dr Rousseau, dermatologue à Bordeaux, pour identifier la cause et traiter efficacement.
Durillon, cor au pied, callosité : reconnaître, traiter et prévenir l’hyperkératose plantaire
Les cors, durillons et callosités sont parmi les motifs de consultation podologique et dermatologique les plus fréquents — et pourtant parmi les plus mal soignés, faute d’un traitement de la cause. La peau des pieds est soumise à rude épreuve, qu’elle soit enfermée dans des chaussures ou nue : les pressions chroniques et les frottements répétés stimulent la prolifération de l’épiderme, provoquant un épaississement de la couche cornée — l’hyperkératose. Résultat : callosités, cors et durillons, véritables défenses mécaniques de la peau, qui deviennent douloureux et invalidants lorsque le phénomène s’emballe. Savoir les distinguer — les uns des autres et des verrues plantaires — change radicalement la prise en charge. Et traiter l’hyperkératose sans corriger la cause mécanique conduit systématiquement à la récidive.
Cet article en vidéo :
Cor douloureux, durillon récidivant ou callosité qui fissure ?
Un diagnostic précis et un bilan podologique changent tout — surtout en cas de diabète. Consulter le Dr Rousseau en téléconsultation →
1. Mécanisme de formation — pourquoi la peau s’épaissit
Pieds
La peau réagit aux pressions et frottements répétés par un mécanisme de défense parfaitement logique : elle s’épaissit pour protéger les tissus sous-jacents. Ce processus — l’hyperkératose — est une réponse physiologique normale de la couche cornée (stratum corneum) à un stress mécanique chronique. Les kératinocytes prolifèrent et accumulent de la kératine plus vite qu’ils ne l’éliminent. Le résultat est un épaississement localisé (cor, durillon) ou diffus (callosité) de l’épiderme.
Ce mécanisme est documenté depuis les premières descriptions cliniques et a été formalisé dans une revue de référence publiée dans l’American Family Physician : les cors et callosités sont la conséquence directe d’une hyperkératose physiologique déclenchée par des forces mécaniques excessives ou répétées — Freeman, Am Fam Physician 2002 (PMID 12074526).
La clé du traitement : supprimer la cause mécanique
Un cor ou une callosité décapé sans correction de la cause qui l’a produit — chaussure inadaptée, anomalie posturale, déformation du pied — se reformera inévitablement. C’est la règle absolue de la podologie. Toutes les études randomisées confirment que les traitements locaux seuls (acide salicylique, curretage) ne sont efficaces à long terme que lorsqu’ils s’accompagnent d’une correction de la cause mécanique sous-jacente.
2. Callosité, durillon, cor : comment les distinguer
Callosité
Callosités
Les callosités sont des épaississements diffus de la peau, formant de larges plaques de corne sous les pieds, au niveau des zones d’appui des plantes et des zones de frottement : partie médiane de l’avant-pied (par effondrement de la voûte transverse antérieure), base du gros orteil par aplatissement ou hallux valgus. Leur consistance est dure, de couleur blanc-jaunâtre. Elles sont généralement indolores, juste gênantes, sauf lorsqu’elles provoquent des fissures ou se compliquent de durillons en leur sein.
Durillon
Durillon
Les durillons surviennent souvent au sein des callosités. Ce sont des zones de corne très dure, ponctuelles et enchâssées dans la peau, formant de véritables clous de kératine. Ils sont très douloureux — les patients décrivent souvent la sensation d’avoir un clou dans la plante. La douleur s’explique par la compression des terminaisons nerveuses dermiques par le cône kératinique central.
Cor au pied (clavus)
Les cors aux pieds sont des épaississements localisés au niveau des zones de frottement des orteils ou des zones d’appui des plantes. Ils se présentent comme une petite callosité avec une zone centrale cornée en forme de cône inversé, parfois cratériforme, qui pénètre dans les couches cutanées profondes et provoque la douleur. On distingue deux parties : un pourtour arrondi, dense et blanc-translucide, et ce cône central qui comprime les nerfs sous-jacents.
Type
Localisation typique
Consistance
Douleur
Cor dur
Dessus des orteils (articulations), face latérale du 5e orteil, pulpe du 3e orteil
Dure, kératinique
Douloureux à la marche, surtout en chaussures
Cor mou (œil-de-perdrix)
4e espace interorteil entre 4e et 5e orteils, souvent par paires en vis-à-vis
Blanchâtre, molle et spongieuse (macération)
Douloureux, parfois inflammatoire avec bordure rouge et point central noir
Cors milium
Plante du pied, parfois dans une plaque de callosité
Petits cors groupés
Variable selon la profondeur
Callosité
Zones d’appui de la plante (avant-pied, talon), base du gros orteil
Dure, diffuse, blanc-jaunâtre
Généralement indolore sauf si fissurée ou avec durillon
Durillon
Au sein des callosités plantaires
Très dure, punctiforme, enchâssée
Très douloureux (« clou dans le pied »)
3. Les distinguer de la verrue plantaire et du mélanome achromique
Le diagnostic différentiel le plus important — et potentiellement le plus grave — est la distinction avec la verrue plantaire et le redoutable mélanome achromique. Seul le médecin peut les distinguer — et il dispose de deux outils décisifs :
La pression digitale latérale vs perpendiculaire :
Le cor est douloureux à la pression perpendiculaire (compression du cône sur l’os sous-jacent)
La verrue est douloureuse à la pression latérale (pincement des bords) — signe de Rémy caractéristique
Le cor, la callosité et le durillon conservent les dermatoglyphes (lignes cutanées, empreintes digitales) à leur surface et en périphérie — architecture cutanée normale maintenue
La verrue plantaire se caractérise par l’absence de ces lignes cutanées et la présence de points noirs correspondant à des capillaires thrombosés (signe pathognomonique)
Verrue au dermatoscope
Ne jamais négliger une lésion plantaire pigmentée
Le mélanome achromique plantaire (mélanome sans couleur) peut ressembler cliniquement à un durillon ou une callosité chez un patient âgé. Il est rare mais grave — et son pronostic dépend de la précocité du diagnostic. Toute lésion plantaire qui change, saigne spontanément, présente une irrégularité de couleur ou résiste à tout traitement doit être montrée à un dermatologue sans délai pour dermoscopie et éventuelle biopsie.
4. Causes et facteurs de risque
Anomalies biomécaniques et chaussures inadaptées
La cause fondamentale est toujours un frottement ou une pression chronique anormale, souvent combinés :
Port de chaussures inadaptées : talons hauts, chaussures à bout pointu, chaussures trop étroites ou trop larges
Anomalie posturale à la marche : appui excessif sur l’avant-pied, sur la partie externe de la plante
Déformations du pied : hallux valgus (oignon du gros orteil), orteils en griffe ou en marteau, pieds plats ou creux
Marche pieds nus sur surfaces dures
Personnes à risque
Femmes portant des talons hauts ou chaussures étroites à bout pointu
Sportifs : randonneurs, joggeurs, joueurs de tennis — frottements répétés à haute intensité
Personnes ayant des orteils de grande taille ou des déformations podales
Personnes âgées : amincissement physiologique du coussinet graisseux plantaire avec l’âge
Patients diabétiques — situation à part entière, voir encart ci-dessous
⚠️ Diabète : jamais d’automédication des cors et callosités
Le pied diabétique est une urgence dermatologique silencieuse. La neuropathie périphérique diminue la perception de la douleur — le patient diabétique peut développer un ulcère sous une callosité sans s’en apercevoir. Les concentrations élevées d’acide salicylique (40 %) peuvent provoquer une macération sévère et des ulcérations cutanées chez le diabétique. Tout cor, durillon ou callosité chez un patient diabétique doit être pris en charge exclusivement par un pédicure-podologue ou un médecin — jamais traité en automédication.
5. Complications
Rarement anodines lorsqu’elles sont négligées, ces lésions peuvent engendrer des complications en cascade :
Claudication et report de charge : la douleur provoquée par un cor ou durillon modifie la marche, ce qui peut engendrer de nouvelles callosités à d’autres endroits, mais aussi des troubles ostéo-musculaires à distance (douleurs au genou, à la hanche, au dos)
Retentissement osseux et articulaire : bursite sous-jacente, ostéite dans les cas extrêmes chez le diabétique
Toutes ces situations nécessitent une consultation médicale rapide.
6. Traitement — ce qui marche vraiment
Principe fondamental : traiter la cause avant la lésion
Tout traitement local d’un cor ou d’une callosité sans correction de la cause mécanique est voué à la récidive. C’est le consensus de toutes les études publiées.
Traitements kératolytiques topiques
L’acide salicylique est le kératolytique de référence. Il agit en dissolvant les liaisons entre les kératinocytes, facilitant l’élimination de la couche cornée hyperkératosique. Disponible sous forme de pansements adhésifs (40 %), de solutions (12,6 à 17 %) ou de crèmes (5 à 10 %).
Un essai contrôlé randomisé de référence (202 patients, suivi 12 mois) a comparé les pansements à l’acide salicylique 40 % vs le curetage au scalpel par un podologue : à 3 mois, 34 % de résolution complète dans le groupe acide salicylique vs 21 % dans le groupe scalpel (p = 0,044). Le temps de récidive était également prolongé dans le groupe acide salicylique, avec une meilleure efficacité coût — Farndon et al., J Foot Ankle Res 2013 (PMID 24063387).
Un essai espagnol randomisé (EMEDESCA, 62 patients) confirme une réduction significative de la douleur immédiatement après le curetage au scalpel, mais des résultats comparables à 6 semaines — Gijón-Noguerón et al., J Foot Ankle Res 2017 (PMID 28012190).
Traitement
Mécanisme
Indication
À savoir
Acide salicylique 40 % (pansement)
Kératolytique — dissout les ponts entre kératinocytes
Cors et callosités modérés à épais
Laisser en place 24-48h. Jamais chez le diabétique à cette concentration.
Acide salicylique 12-17 % (solution/crème)
Kératolytique progressif
Entretien, callosités légères
Application quotidienne sur zone sèche, protéger la peau saine environnante
Urée 20-40 % (crème)
Kératolytique, hydratant — ramollit et élimine la couche cornée
Callosités diffuses, pieds très secs
Excellente tolérance, utilisable chez le diabétique à faible concentration
Curetage au scalpel (podologue)
Résection mécanique du noyau kératinique
Cors durs, durillons douloureux
Soulagement immédiat de la douleur. Récidive sans correction posturale.
Orthèses interdigitales (silicone)
Redistribution des pressions et protection mécanique
Cors mous (œil-de-perdrix), cors durs interdigitaux
Efficacité préventive et curative sur les cors de frottement interorteil
Semelles orthopédiques
Correction de la répartition des pressions plantaires
Tout cor ou callosité d’origine posturale
Traitement de la cause — essentiel pour éviter les récidives
Cor récidivant, bilan podologique indiqué ?
Un cor qui revient toujours au même endroit après traitement local mérite un bilan statique du pied chez le pédicure-podologue et éventuellement la réalisation de semelles orthopédiques. Prendre rendez-vous en téléconsultation →
7. Ce qu’on peut faire soi-même — et ce qu’on ne doit pas faire
En cas de cor bénin ou de callosité légère, en attendant le rendez-vous médical :
1. Supprimer la source de friction
Changer de chaussures : porter des modèles souples, amples, sans talon haut (3-4 cm maximum), à bout arrondi
Ne pas marcher pieds nus : la marche pieds nus sur surfaces dures favorise les callosités plantaires, mais aussi les verrues plantaires et les mycoses des pieds
Protéger le cor avec un pansement protecteur ou un anneau de mousse podologique
2. Ramollir et décaper avec précaution
Faire tremper le pied dans de l’eau tiède pendant 10 à 15 minutes pour ramollir la corne
Frotter doucement avec une pierre ponce humide, sans forcer — l’objectif est d’éliminer les couches superficielles mortes, pas de creuser
Ce qu’il ne faut jamais faire
— Ne jamais couper soi-même un cor ou un durillon avec des ciseaux ou un coupe-ongles — risque de plaie, d’infection et de saignement
— Ne jamais appliquer d’acide salicylique 40 % sans avis médical, surtout en cas de diabète ou d’artériopathie
— Ne jamais décaper agressivement : enlever trop de peau expose les couches sensibles du derme, favorisant l’inflammation et l’infection
— Éviter de limer à sec : toujours ramollir le pied d’abord dans l’eau chaude
— Toute automédication est formellement contre-indiquée chez le diabétique
8. Prévention des cors, durillons et callosités
Porter des chaussures larges mais pas trop grandes, confortables et souples (toile ou cuir souple), éviter les talons hauts et les bouts pointus
Éviter si possible les chaussures ne tenant pas le talon (sandales, tongs) qui accentuent les défauts à la marche
Laver les pieds quotidiennement au savon et bien sécher entre les orteils — l’humidité résiduelle favorise la macération, les mycoses des pieds et les surinfections
Hydrater la peau des pieds avec une crème kératolytique douce (urée 10-15 %) après la toilette, particulièrement en hiver
Décaper légèrement et avec prudence les callosités naissantes à la pierre ponce après ramollissement, mais consulter dès la récidive
En cas de défaut postural ou d’anomalie à la marche : bilan chez un pédicure-podologue et réalisation de semelles orthopédiques
Les semelles orthopédiques : souvent plus fines qu’on ne le croit
Beaucoup de patients redoutent les semelles orthopédiques, imaginant des dispositifs encombrants. En réalité, les orthèses plantaires réalisées par un pédicure-podologue sont souvent très fines et conçues pour s’adapter à la plupart des chaussures de ville. Elles constituent le traitement de fond le plus efficace pour corriger les défauts d’appui responsables des cors et callosités récidivants.
J’ai de la corne sous les pieds mais j’ai peur de la gratter et d’en avoir de plus en plus.
Vous avez tout à fait raison d’être prudent. Si vous avez des callosités sous les pieds, elles sont réactionnelles à des frottements répétés liés à la façon dont vous marchez, à la forme de vos pieds et au type de chaussures que vous portez. Les décaper sans corriger ces facteurs ne changera rien — les frottements continueront à produire de nouvelles callosités. Consultez un médecin qui évaluera la nécessité d’un bilan podologique, et éventuellement d’une réalisation de semelles orthopédiques. Celles-ci sont souvent très fines et s’adaptent à la plupart des chaussures du quotidien.
Comment savoir si j’ai un cor ou une verrue plantaire ?
La distinction n’est pas toujours facile à l’œil nu. Le cor est douloureux à la pression perpendiculaire (compression sur l’os), conserve les lignes cutanées en surface et est soulagé par le décapage. La verrue est douloureuse à la pression latérale (pincement), détruit les dermatoglyphes et présente des petits points noirs (capillaires thrombosés) visibles au dermoscope. En cas de doute — et le doute est fréquent — seul un médecin peut trancher, avec la dermoscopie si nécessaire. Un cor traité comme une verrue (ou l’inverse) ne guérira pas et sera inutilement douloureux.
Quel est le traitement le plus efficace pour un cor récidivant ?
Selon les essais randomisés disponibles, les pansements à l’acide salicylique 40 % obtiennent des taux de résolution complète à 3 mois supérieurs au curetage seul (34 % vs 21 %), avec un délai de récidive prolongé. Mais l’efficacité à long terme de tout traitement local dépend de la correction de la cause mécanique sous-jacente. Un cor qui revient toujours au même endroit après traitement local indique systématiquement un défaut postural ou une anomalie du pied nécessitant un bilan podologique et éventuellement des semelles orthopédiques.
Peut-on utiliser de l’acide salicylique pour un cor si on est diabétique ?
Non — c’est formellement contre-indiqué sans avis médical. Les concentrations élevées d’acide salicylique (40 %) peuvent provoquer une macération sévère et des ulcérations cutanées chez le patient diabétique, surtout en cas de neuropathie périphérique associée. Tout cor, durillon ou callosité chez un diabétique doit être pris en charge exclusivement par un professionnel de santé — pédicure-podologue ou médecin — car les complications infectieuses peuvent être graves et engager le pronostic du membre.
Peut-on confondre un cor au pied avec un mélanome ?
Le mélanome achromique (sans couleur apparente) plantaire est rare mais grave — il peut parfois ressembler cliniquement à un durillon ou une callosité. Quelques signaux d’alerte justifient une consultation en urgence : lésion qui saigne spontanément, qui change rapidement d’aspect, qui est irrégulière en relief ou en couleur, ou qui résiste à tout traitement local habituellement efficace. La dermoscopie et la biopsie font le diagnostic. Il vaut toujours mieux montrer une lésion plantaire atypique à un dermatologue — un mélanome diagnostiqué tôt est guérissable.
Mis à jour le 25 mars 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
Durillon, cor au pied, corne sous les pieds…
Cet article en vidéo :
Les pieds sont soumis à rude épreuve, qu’ils soient enfermés dans les chaussures ou nus. Il est donc fréquent de voir apparaitre des crevasses des talons, des fissures ou des zones de corne sous les pieds (callosités, cor au pied, durillon…). En effet, les pressions chroniques et les frottements répétés stimulent la prolifération de l’épiderme, provoquant un épaississement de la couche superficielle de la peau (couche cornée) appelé hyperkératose. Pour les soigner il faut donc souvent limiter les frottements et pressions sur la peau.
Pieds
Symptomes
Pas toujours facile de donner un nom à une petite corne du pied qui fait mal. Avant toute chose, il faut consulter un médecin qui fera le point avec vous sur les problèmes que vous présentez (date de début, durée de l’éruption, douleur provoquée par les callosités, les cors, les durillons)
Il tentera aussi de distinguer le cor au pied des callosités et durillons de la verrue plantaire et du redoutable mélanome achromique.
Comment va-t-il les reconnaitre et les distinguer?
Callosité
Callosités
Les callosités sont des épaississements de la peau (larges plaques de cornes sous les pieds) au niveau des zones d »appui des plantes et les zones de frottement : partie médiane de l’avant pied (par effondrement
de la voûte transverse antérieure), base du gros orteil par applatissement ou sur son rebord interne par hallux valgus…
Leur consistance est dure et de couleur blanc jaunâtre, différent de la couleur normale du reste du pied.
Elles sont généralement indolores, juste gênantes, sauf lorsqu’elles
provoquent des fissures (crevasses des talons) ou des plicatures à la facce interne de l’avant pied
se compliquent de durillons au sein de la plaque
Durillon
Durillon
Les durillons surviennent souvent sur les callosités. Ce sont des zones de corne très dure, ponctuelles, comme enchassées dans la peau formant de véritables clous de kératine très douloureux. Les patients ont d’ailleurs souvent l’impression d’avoir un clou dans la peau.
Cor au pied
Les cors aux pieds sont des épaississements de la peau au niveau des zones de frottements des orteils ou des zones d’appui des plantes. Ils sont douloureux et se présentent comme une petite callosité avec une zone centrale cornée, parfois cratériforme. Ils comprennent donc 2 parties :
– Un pourtour arrondi, dense et blanc-translucide
– Une zone centrale en forme de cône inversé, parfois cratériforme, qui pénètre dans les couches cutanées profondes et provoque la douleur.
Trois types de cors son rencontrés :
Cor au pied dur
Ce sont les cors les plus répandus, ils peuvent entrainer des douleurs gênantes pendant la marche et apparaissent :
sur le dessus des orteils (principalement sur les 4 derniers orteils) au niveau des articulations et entre les phalanges, par frottement sur les chaussures.
sur la face latérale du dernier orteil qui est la zone la plus souvent soumise aux frictions dans les chaussures.
sur la pulpe du 3ème orteil
Cor au pied mou ou oeil-de-perdrix
L’oeil de perdrix est presque exclusivement localisé au niveau du quatrième espace interorteil entre les 4ème et 5ème orteils et ils sont souvent par paire, c’est-à-dire deux yeux de perdrix situés sur les deux orteils se faisant face. Ils ont une couleur blanchâtre et une consistance molle et spongieuse due à la transpiration et la macération entre les orteils.Parfois ils ont une bordure rouge, enflammée et leur centre comporte un point noir d’ou le nom d’œil de perdrix.
Cors milium
Il s’agit d’un groupement de petits cors disposés sur la plante, parfois dans une plaque de callosité, parfois sans callosité.
Les distinguer d’une verrue plantaire
ceci ne peut être fait que par un médecin, qui s’attachera aussi à éliminer un mélanome achromique
Il pourra regarder avec un dermatoscope et verra que
le durillon, le cor au pied, la callosité… se présente sous une forme arrondie, translucide et qu’il conserve à sa surface notamment en périphérie l’architecture habituelle des lignes cutanées, (plis et empreintes digitales ou dermatoglyphes)
la verrue plantaire se caractérise par l’absence de ces lignes cutanées et elle comporte souvent des points noirs (vaisseaux).
Verrue au dermatoscope
Causes
Les pressions chroniques et les frottements répétés stimulent la prolifération de l’épiderme, provoquant un épaississement de la couche superficielle de la peau (couche cornée) appelé hyperkératose. Les cors sont des bosses dures qui se développent donc en réponse à la pression et au frottement. La peau se durcit pour se protéger des frottements liés aux chaussures mal ajustées, à la marche pieds nus…
Des frottements et traumatismes des pieds
Les callosités, cors et durillon sont une sorte de défense de la peau qui s’épaissit pour protéger les tissus sous jacents et les aider à supporter les micro-traumatismes répétés et les frottements.
Ces frottements et traumatismes répétés sont souvent le résultat d »une anomalie posturale lors de la marche (appui trop important sur l »avant-pied ou sur la partie extérieure de la plante par exemple ) et/ou du port de chaussures mal adaptées à une marche intensive (haut-talons et chaussures à bout pointu notamment).
Les personnes à risques
Les cors, callosités et durillons ne se rencontrent que très rarement chez les enfants et les adolescents mais plutot chez les adultes et leur fréquence croit avec l’age
Chez les adultes, certaines personnes sont plus à risque :
Les femmes qui ont des talons hauts et les homme set femmes qui ont des chaussures étroites et effilée
Les sportifs (randonnée, jogging, tennis…)
Les personnes ayant des orteils de grande taille
Les personnes ayant des déformations des pieds (hallux valgus, désaxation du gros orteil, pieds plats ou creux…)
Une mention particulière aux personnes diabétiques (voir pied diabetique) dont les complications peuvent etre graves
Complications
La douleur que les cors et durillons provoquent tend à entrainer une claudication ou un report de charge qui peuvent engendrer d’autres callosités… mais aussi des troubles ostéomusculaires (douleurs au genou, à la hanche, au dos…)
Toutes es situations nécessitent une consultation médicale rapide
Traitement
Le traitement des durillons, cors, callosités… nécessite
d’adapter ses chaussures à ses pieds (chaussures souples, amples, sans talons hauts…) et à ses habitudes (éviter de marcher en escarpins, talons aiguilles…)
des soins de podologie : bilan statique et à la marche et réalisation d’orthèses et/ou de semelles orthopédiques. Le pédicure-podologue peut conseiller aussi :
L’utilisation d’un coussin de rembourrage en silicone (coussinet plantaire) qui se place sous l’avant du pied.
L’utilisation d’un pansement circulaire (manchon, parfois troué autour du cor) placé autour des orteils
L’ablation des cors et callosités au cabinet du pédicure podologue avec des instruments stériles type scalpel, meuleuse, fraise… Ce traitement permet de réduire le volume du cor ou de la callosité et contribue à diminuer les douleurs de la marche en réduisant la pression sur les tissus du pied mais il est toujours associé aux soins précédents, sinon le cor, la callosité ou le durillon se reforment.
Soigner un cor au pied par soi meme
En cas de cor bénin, de callosité, que peut-on faire pour améliorer les choses en attendant le rendez-vous du médecin ou du podologue?
1/ Supprimer la source de friction
1.1/ Changer de chaussures
Éliminer la source de friction est le moyen le plus important (et le plus simple) de se débarrasser d’un cor au pied. Si, par exemple, le frottement d’une paire de chaussures cause des cors, il peut être suffisant de passer à des chaussures qui ne causent pas ce frottement, et de ne plus les porter. Il faut alors porter des chaussures souples et amples
1.2/ Ne pas marcher pieds nus
La marche pieds nus favorise les callosités sur les zones d’appui des plantes, ainsi que les plaies des pieds, les verrues plantaires, les mycoses des pieds…
1.3/ Mettre des pansements
Il suffit bien souvent de mettre un pansement sur le cor au pied pour le voir s’éliminer doucement
2/ Décaper doucement
Les cors sont des couches de peau morte. Par conséquent, limer doucement les couches de peau morte peut aider à éliminer la callosité.
Les soins consistant à se limer ou raper doucement avec une pierre ponce, une lime ou une râpe apres bain de pied dans de l’eau chaude pendant 20 minutes au préalable pour ramollir ne servent pas à grand chose tant qu’on n’a pas éliminé la cause qui est le frottement pathologique. Ils peuvent même constituer un facteur d’inflammation voire d’infection. Mieux vaut donc éviter d’essayer de prendre en charge soit meme ce type de pathologie, et cela est totalement prohibé si l’on est diabétique!
2.1/ Ramollir le cor
D’abord, on peut faire tremper le pied dans de l’eau tiède pendant environ 10 à 15 minutes. Cela aide à ramollir la peau.
2.2/ Décaper doucement le cor
Deuxièmement, on peut gratter les couches de peau morte du cor avec une pierre ponce, une brosse à pieds, des plaques d’émeri, qui sont le matériau rugueux des limes à ongles…
Mais attention de ne pas trop décaper : enlever trop de peau peut mettre à nu les couches sensibles de la peau en dessous, ce qui pourrait causer plus d’irritation, de saignement et d’infection par la suite.
Eviter les cors, durillons, callosités
La prévention des cors, callosités et durillons requiert le plus souvent de :
Porter des chaussures larges mais pas trop grandes, confortables et souples (en toile ou en cuir souple… ) et d’éviter les haut talons (3-4 cms maximum) et les chaussures à bout pointu. Eviter si possible les chaussures ne tenant pas le talon (sandales, tongs…) car elles accentuent les défauts à la marche.
Laver ses pieds quotidiennement au savon et à l’eau et surtout bien les sécher particulièrement entre les orteils pour éviter la macération.
En effet l’humidité résiduelle est un facteur de surinfection et de mycose des pieds
Décaper légèrement et avec prudence au moyen d’une pierre ponce humide les callosités naissantes et les cors débutants lors du bain mais de consulter dès que ceux ci réapparaissent
Hydrater la peau des pieds avec une crème hydratante après la toilette
Porter des pansements médicaux protecteurs et cicatrisants
et s »il existe un défaut d »appui lors de la marche ou une anomalie posturale, le port de semelles orthopédiques ou d’orthèses (sortes de petits embouts de mousse permettant de rééquilibrer les positions des orteils notamment) réalisés par un pédicure podologue
Questions fréquentes
J’ai de la corne sous les pieds mais j’ai peur de la gratter et d’en avoir de plus en plus
Vous avez raison : si vous avez des callosités sous les pieds, celles-ci sont réactionnelles à des frottements répétés (vous appuyez plus sur ces zones), dépendant de la façon dont vous marchez, de la forme de vos pieds, du type de chaussures que vous portez (haut talons notamment)… Si vous les décapez, vous n’arrangerez pas grand-chose car les frottements continueront à produire de nouvelles callosités. Je vous conseille donc de consulter un médecin, qui évaluera le traitement adéquat à apporter à vos callosités, et notamment la nécessité ou non de vous faire réaliser un bilan podologique chez un podologue, qui pourra alors vous fabriquer des semelles orthopédiques à glisser dans les chaussures, afin de rééquilibrer les pressions sur les plantes de vos pieds. Sachez que les semelles orthopédiques sont souvent très fines et aisées à glisser dans les chaussures de tous les jours.
Les pieds sont soumis à rude épreuve, notamment l’été. On marche plus souvent pieds nus ou en sandales et autres tongs. Il est donc fréquent de voir apparaitre des crevasses, des fissures ou des cornes sur les pieds. Comment prendre de soin de ses pieds pour éviter les fissures et crevasses ? que faire lorsqu’elles sont apparues pour les soulager et les faire cicatriser?
Pieds
Téléchargez le guide complet
TALONS SECS – CREVASSES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Il est fréquent d’avoir les talons fissurés ou crevassés en été notamment pour deux raisons :
on marche plus souvent pieds nus ou avec des chaussures sans maintien du talon (tongs, sandales…), ce qui sollicite plus le talon
les pieds sont plus secs car plus souvent à l’air et non protégés par les chaussures, aux prises avec les agressions extérieures (eau de mer, poussière…)
La peau du talon devient donc sèche et elle s’épaissit car elle est plus sollicité. Il en résulte une peau qui finit par se fendiller puis se fissurer voire former des crevasses.
On peut aussi observer ces crevasses sur des callosités de l’avant pied, mais cela est plus rare
Symptomes
La peau du talon est plus sèche, plus blanche et plus épaisse que le reste de la peau du pied.
Au sein de cette hyperkératose apparaissent des fendillements et fissures qui petit à petit deviennent de véritables crevasses pouvant mesurer presque un centimètre de profondeur parfois!
Elles sont très douloureuses
Ces fissures et crevasses finissent par s’infecter et la douleur augmente
Parfois les crevasses du talon s’inscrivent dans le cadre d’un psoriasis des pieds
Eviter les crevasses et fissures
Pour limiter le risque de crevasses et de fissures il faut limiter les deux causes :
La marche pieds nus ou avec des chaussures sans maintien du talon (tongs, sandales…), ce qui sollicite plus le talon
Lutter contre les pieds secs en les protégeant et en les hydratant
Rappelons qu’il faut toujours respecter ses pieds, en évitant de les traumatiser. On recommande donc comme soins de pieds :
Porter des chaussures larges mais pas trop grandes, confortables et souples (en toile ou en cuir souple… ) et d’éviter les haut talons (3-4 cms maximum) et les chaussures à bout pointu. Eviter si possible les chaussures ne tenant pas le talon (sandales, tongs…) et trop plates car elles accentuent les défauts à la marche.
Eviter les sports traumatisants (tennis, jogging, randonnées…)
Laver ses pieds quotidiennement au savon et à l’eau et surtout bien les sécher particulièrement entre les orteils pour éviter la macération.
En effet l’humidité résiduelle est un facteur de surinfection et de mycose des pieds
Utiliser des chaussettes fines en coton (type fil d’écosse) et bien adaptées, éviter les chaussettes synthétiques
Décaper légèrement et avec prudence au moyen d’une pierre ponce humide les callosités naissantes et les cors débutants lors du bain mais de consulter dès que ceux ci réapparaissent
Hydrater la peau des pieds avec une crème hydratante après la toilette
Porter des pansements médicaux protecteurs et cicatrisants
et s’il existe un défaut d’appui lors de la marche ou une anomalie posturale, le port de semelles orthopédiques ou d’orthèses (sortes de petits embouts de mousse permettant de rééquilibrer les positions des orteils notamment) réalisés par un pédicure podologue
Soigner les crevasses des pieds
Si vous marchiez pieds nus ou en chaussures plates ne tenant pas les talons (tongs, sandales…) il faut remettre des chaussures maintenant le talon
Râper avec prudence des crevasses peu profondes
Si les crevasses ne sont pas trop profondes, et en l’absence de diabète,on peut utiliser une râpe ou une pierre ponce pour décaper doucement l’hyperkératose après un bain de 20 minutes dans l’eau chaude. Il faut toujours que ce geste soit doux, réservé à des fissures peu profondes et sans douleur ni irritation de la peau.
En cas de crevasses profondes
Si les crevasses sont douloureuses ou profondes alors il faut consulter un médecin pour avoir des soins appropriés
Soigner les plaies
Toute crevasse ou fissure doit être considérée comme une plaie susceptible de s’infecter. Voir comment soigner une plaie
Favoriser la cicatrisation
Il existe de nombreuses crèmes pour les talons crevassés ou fissurés, la plupart à l’urée (5%), de karité, d’huile d’olive, de glycérine végétale…
Le médecin pourra prescrire des pansements spécifiques des talons, ayant souvent un effet remarquable sur la cicatrisation des fissures et talons
Soigner les infections
Les pieds sont en contact avec le sol et donc susceptibles de s’infecter. Toute plaie doit être soignée pour éviter sa surinfection
L’infection la plus fréquente n’est cependant pas bactérienne mais par champignon : il faut donc connaitre et traiter la mycose des pieds ainsi que la mycose des ongles qui constitue souvent une source de contamination des pieds. La mycose des pieds tend en effet à assécher les pieds en leur donnant un aspect sec et farineux
Lutter contre les pieds secs
La sécheresse de la peau constitue un facteur favorisant de crevasses car elle est propice à l’apparition de fissures. Même avec des crevasses avérées, il faut continuer à s’hydrater les pieds pour éviter de nouvelles fissures. Voir comment lutter contre les pieds secs
Cas particulier du psoriasis des pieds
Si le médecin diagnostique un psoriasis des pieds à type de kératodermie fissuraire des talons, il prescrira des cremes pour le traitement du psoriasis et des pansements spécifiques du talon
Téléchargez le guide complet
TALONS SECS – CREVASSES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Tout d’abord il faut bien distinguer les gelures des engelures (simples taches violacées non douloureuses des pieds)
Les gelures sont de véritables brulures au froid des extrémités (pieds, mains, oreilles, nez…)
La confusion est d’autant plus prégnante que le premier stade de la gelure peut être appelé engelure…
Symptomes
Les gelures surviennent après exposition à un froid inférieur à 0°C. Elles résultent d’une hypovascularisation des tissus, engendrant le plus souvent des nécroses.
Selon la durée d’exposition au froid et son intensité, les lésions sont plus ou moins profondes allant de la peau aux tissus sous cutanés voire l’os.
On observe plusieurs stades :
1/ Les vaisseaux se resserrent
Dans ce premier temps (vasoconstriction), la peau devient plus claire est engourdie, avec des des picotements, mais pas de vraie douleur.
Ces symptômes doivent être considérés comme un avertissement et à arrêter l’exposition au froid si cela est possible, au risque de passer au stade suivant :
2/ Brulure par le froid
Si l’exposition au froid se poursuit, les lésions atteignent les couches profondes de la peau:
la peau devient rouge, enflée, c’est le stade d’engelure mais contrairement aux engelures vraies, les gelures sont douloureuses alors que les engelures démangent;
Puis des bulles peuvent apparaitre, devenant hémorragiques
Gelures bulleuses
Puis apparaissent des plaies et des nécroses
Plaies sur gelures
Traitement des gelures
Eviter les gelures
Il faut autant que possible éviter l’exposition des extrémités au froid intense, ne jamais partir en montagne sans équipement adéquat contre le froid…
En cas de froid intense et de picotement des extrémités, il faut tenter de ramener le sang aux extrémités : faire des mouvements circulaires avec les bras en frappant les omoplates controlatérales, frapper des mains ou piétiner sur place.
Traitement des gelures
Toute suspicion d’engelures même sans plaie nécessite une prise en charge hospitalière aux urgences. En attendant d’y arriver, on peut effectuer des soins simples en attendant les traitements apportés par l’équipe médicale
Soins
Ne surtout pas masser, frotter, frictionner la zone de gelures car cela crée des lésions supplémentaires / Ne pas tenter de réchauffer avec des instruments (poser la main sur un radiateur, utiliser un sèche-cheveux…) / Ne pas boire d’alcool qui dilate plus les autres artères que celles atteintes par les gelures
Réchauffer progressivement la peau touchée, par exemple en mettant la main sous l’aisselle, en l’enveloppant dans une couverture ou si possible un bain tiède (37°C) dont on augmente très progressivement la température jusqu’à un maximum de 42 °C (l’appoint d’un thermomètre est indispensable pour ne pas dépasser cette température) et attendre au maximum 1/2 h que la peau atteinte par les gelures devienne rose-rouge.
Traitement médical
En hospitalisation : aspirine, caisson hyperbare, soins des plaies, vasodilatateur (iloprost), héparine, amputation…
Téléchargez le guide complet
PSORIASIS
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Le psoriasis forme généralement des plaques bien limitées recouvertes de squames sur les mains et les pieds, débordant souvent sur les poignets et les chevilles
En dermatoscopie, le psoriasis de la main comporte des éléments évocateurs:
vaisseaux en points
squames blanches
Plaque de psoriasis : vaisseaux en points et squames blanches
Alors que l’eczema de la main comporte plutot des croutes jaunes
Le psoriasis des paumes et des plantes peut prendre d’autres formes :
etre très profus et squameux, voire former une véritable carapace et de larges crevasses, des talons notamment
provoquer des fissures du bout des doigts (pulpite fissuraire)…
Donner des pustules (pustulose palmoplantaire) :
Atteinte pustuleuse d’un psoriasis du pied
Soigner le psoriasis des mains et des pieds
Psoriasis sec des mains et pieds (croutes blanches, fissures… )
Hydratation cutanée toutes les heures et après chaque lavage de mains avec une crème en tube ou plus pratique, avec stick pour les lèvres contenant si possible du beurre de karité et en mettre le moins possible, pour ne pas être gênés dans la vie quotidienne et pouvoir ainsi faire le traitement avec une réelle efficacité.
Kératolytiques le soir et le matin peuvent être très utiles.
Dermocorticoides de classe 1 sous forme de pommade matin et soir (au début sous occlusion) puis décroissance progessive rapidement car les corticoides empêchent la réparation de la barrière cutanée d’où des rechutes fréquentes en cas de traitement prolongé.
Daivobet* en pommade
Tacrolimus à 0,1%, hors AMM tout en continuant l’hydratation toutes les heures.
UV sur les mains et pieds (photothérapie)
Acitrétine à petites doses (Soriatane*)
Le méthotrexate, la ciclosporine….
Tandis que les anti-TNF peuvent donner des réactions paradoxales, l’apremilast a montré son intérêt de même que le secukinumab semble doté d’une efficacité assez spectaculaire.
Fissures et crevasses des talons
En plus des traitements sus visés, le médecin peut prescrire des pansements pour talons en cas de crevasses de pieds
Pustuloses palmo-plantaires
Arrêt du tabac car il est souvent corrélé avec la pustulose palmo plantaire.
Dermocorticoïdes locaux de classe 1.
Kératolytiques (la vaseline salicylée à 10 ou 15 p. 100, les pommades à l’urée). Ce traitement peut être fait au niveau des pieds sous occlusion, en utilisant les feuilles de plastique alimentaire juste sous les chaussettes ou des sacs plastiques la nuit.
PUVAthérapie mais rechute habituellement très rapidement dès l’arrêt du traitement.
Les rétinoïdes (Soriatane*) peuvent être efficaces en diminuant le nombre de pustules et en améliorant la qualité de vie, mais ne permettent qu’exceptionnellement un blanchiment complet des lésions.
Le méthotrexate peut être partiellement efficace.
La ciclosporine est souvent remarquablement efficace à petites doses, amis elle est non dénuée d’effets secondaires et est-il raisonnable de donner un immunosuppresseur au long cours chez des patients ayant fumé durant de nombreuses années?
Les anti-TNF n’ont pas été étudiés. L’ustékinumab, le guselkumab et secukinumab n’ont été évalués que sur des petites séries avec des réponses variables.
Téléchargez le guide complet
PSORIASIS
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Les personnes ayant du diabète doivent prendre particulièrement soin de leurs pieds
Particularité du diabète et des pieds
Le diabète prédispose à deux pathologies,
la neuropathie
perte de sensibilité du pied par atteinte des nerfs : on a l’impression de marcher sur du coton et on sent moins la douleur
On se rend donc moins compte qu’on a une plaie débutante)
l’artériopopathie
= artères qui se bouchent, favorisant les troubles trophiques (plaies chroniques, apparition de callosités… ).
Dangers du pied dans le diabète
Il faut donc consulter son médecin devant l’apparition de toute plaie pour qu’il en effectue la prise en charge à visée cicatrisante par soins locaux, parfois par l’intermédiaire d’une infirmère.
Une plaie sur un pied diabétique peut en effet dégénérer en mal perforant plantaire, sorte de plaie chronique et indurée, difficile alors à soigner.
Soins du pied du diabétique
On peut citer parmi les soins à apporter au pied du diabétique
port de chaussettes en coton
éviter le synthétique qui favorise la transpiration
chaussures confortables
Eviter les claquettes ou tongs, ainsi que la marche pieds nus.
bonne hygiène des pieds
nettoyage et surtout séchage soigneux après la toilette, notamment entre les orteils afin d’éviter les fissures inter orteils souvent signe de mycose des pieds,
Appliquer sur les pieds une crème hydratante
afin d’éviter les zones sèches ou calleuses, souvent sources de plaies par cisaillement.
En cas de zones calleuses
Ne pas chercher à les raper ou les éliminer avec un objet contondant mais confiez-les au pédicure.
Auto surveillance
Profiter des soins que vous donnerez à vos pieds pour les inspecter tous les 2-3 jours afin de détecter toute plaie, hématome, callosité… et consultez le cas échéant
En cas d’écharde plantée dans le doigt, le pied… il convient tout d’abord de contrôler son statut vaccinal vis-à-vis du tétanos : si la date dudernier vaccin antitétanique date de plus de 10 ans ou est inconnue, aucune hésitation, il faut consulter votre médecin.
Que faire en cas d’écharde?
L’attitude à adopter dépend ensuite de nombreux facteurs parmi lesquels ont peut citer la taille, la localisation et la profondeur de l’enfoncement de l’écharde.
Petite écharde superficielle
Si cette dernière est petite et enfoncée superficiellement dans une structure charnue (paume, pulpe… ), vous pouvez tenter de la faire tremper dans de l’eau chaude avec du savon de Marseille. Ensuite, désinfectez une pince à épiler en la passant quelques secondes sous une flamme et tentez d’extraire l’écharde en tirant dans le sens inverse de sa pénétration, sans forcer. Enfin, désinfectez régulièrement la zone jusqu’à disparition de l’inflammation.
Autres échardes
Si cela ne fonctionne pas, qu’une inflammation persiste ou que l’écharde est grosse, profonde, enfoncée dans une structure non charnue (coté ou dos d’un doigt par exemple)… alors, il faut consulter. Le médecin dispose d’instruments stériles permettant de l’extraire et il préviendra l’infection.
Verrues plantaires : reconnaître, différencier et traiter — Guide complet du dermatologue
Téléchargez le guide complet VERRUES — MAINS PIEDS GÉNITALES… « Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
La verrue plantaire est l’une des dermatoses les plus fréquentes en consultation, tout âge confondu. Si son origine virale est bien connue, elle mérite pourtant qu’on s’y arrête : le diagnostic peut être trompeur, les formes cliniques sont variées, et le traitement — loin d’être anodin — doit être choisi avec soin en fonction du type de verrue, de sa localisation et du profil du patient. Cette page est le guide de référence dédié exclusivement à la verrue plantaire. Pour les verrues de la main et du doigt, du visage, les verrues génitales (condylomes), ou le traitement des verrues en général, consultez les pages dédiées du site.
Pourquoi a-t-on des verrues plantaires ? Le rôle des HPV
Les verrues sont dues à une infection par les papillomavirus humains (HPV), une famille de virus à ADN double brin dont on dénombre plus de 200 génotypes. Toutes les verrues ne sont pas causées par les mêmes types viraux, ce qui explique leurs différences d’aspect, de comportement clinique et de réponse au traitement.
Les verrues plantaires sont principalement causées par :
Type HPV
Forme clinique induite
Caractéristiques
HPV 1
Myrmécie
Verrue profonde, solitaire, très douloureuse, à croissance verticale
HPV 2
Verrue en mosaïque
Verrues superficielles multiples, à croissance horizontale, peu douloureuses
HPV 4
Myrmécie ou mosaïque
Formes cliniques variées, parfois pédiculées
HPV 63, 65
Verrues pigmentées
Rares, aspect noirâtre, parfois confondues avec un mélanome achromique
Le virus pénètre dans l’épiderme par de micro-lésions cutanées, favorisées par la macération (piscines, douches collectives, vestiaires) ou le port de chaussures étroites générant des microtraumatismes. La contagiosité est directe (contact peau à peau) ou indirecte (surfaces contaminées). Le délai entre la contamination et l’apparition de la verrue est de 1 à 6 mois.
ℹ Qui est à risque ?
Les enfants d’âge scolaire et les sportifs (natation, arts martiaux, sports de salle) sont les plus exposés. Les personnes immunodéprimées (VIH, transplantation, traitements immunosuppresseurs) développent des verrues plus nombreuses, plus résistantes, pouvant se transformer en carcinome épidermoïde à long terme — une surveillance dermatologique rapprochée est indispensable dans ce contexte.
Les deux grandes formes cliniques
La myrmécie (verrue solitaire profonde)
La myrmécie est la forme la plus douloureuse. Elle doit son nom à la fourmi (myrmex en grec), en raison de la douleur cuisante et profonde qu’elle provoque à la marche — comme une piqûre. Elle se développe verticalement en profondeur, ce qui explique pourquoi elle peut être volumineuse tout en restant discrète en surface. Elle siège volontiers sur les zones d’appui de l’avant-pied (têtes des métatarses, talon), là où la pression est maximale.
À l’examen, la surface de la myrmécie montre, après décapage doux, de petits points noirs caractéristiques — ce sont des capillaires thrombosés (vaisseaux de la verrue) qui permettent de la distinguer d’un durillon ou d’un cor. Les dermatoglyphes (lignes de la peau) sont interrompus au niveau de la verrue.
Verrues des orteils et du piedGrosse myrmécie plantaireVerrue plantaire : les points noirs sont des vaisseaux, et ils permettent de la distinguer d’un durillonMyrmécie de l’avant piedVerrue plantaire
La verrue en mosaïque
Les verrues en mosaïque sont dues principalement à HPV 2. Elles se développent horizontalement en superficie et coalescent progressivement pour former un aspect caractéristique de « dallage » ou de mosaïque, couvrant parfois une surface importante du talon ou de l’avant-pied. Chaque verrue individuelle est peu profonde, moins douloureuse qu’une myrmécie, mais la surface atteinte rend l’ensemble très difficile à traiter — les récidives sont la règle.
Verrues en mosaique
Diagnostic clinique et dermatoscopique
Le diagnostic d’une verrue plantaire est le plus souvent clinique. Les deux signes cardinaux sont :
La présence de points noirs (capillaires thrombosés) après décapage superficiel au bistouri ou à la curette, signe pathognomonique absent dans le cor et le durillon ;
L’interruption des dermatoglyphes au niveau de la lésion — les lignes cutanées « sautent » la verrue, alors qu’elles la traversent dans le cor.
En cas de doute, la dermatoscopie apporte des éléments précieux. La verrue plantaire présente un aspect dermatoscopique caractéristique :
Vaisseaux en points rouges monomorphes de distribution régulière, entourés d’un halo blanc ;
Vaisseaux en épingles à cheveux dilatés, hypertrophiques, exubérants sur fond chair sans structure ;
Absence de structures pigmentées en réseau (ce qui permet d’écarter un mélanome achromique).
Verrue au dermatoscope
Diagnostic différentiel : ne pas confondre avec un cor ou un durillon
C’est le piège diagnostique le plus fréquent. La confusion entre verrue plantaire et cor ou durillon est source de traitements inutiles ou inadaptés. Voici les critères cliniques qui permettent de les distinguer :
Critère
Verrue plantaire
Cor / durillon
Points noirs après décapage
Présents (capillaires thrombosés)
Absents
Dermatoglyphes
Interrompus au niveau de la lésion
Traversent la lésion sans interruption
Douleur à la pression latérale
Très douloureuse (pince)
Douleur à la pression directe (axiale)
Centre de la lésion
Mou, kératosique blanc nacré
Noyau central translucide, dur (nucleus)
Bords
Irréguliers, déchiquetés
Bien définis, réguliers
Contagiosité
Oui (virale)
Non (mécanique)
Localisation préférentielle
Partout sur la plante
Zones d’appui directes (5e orteil, interdigital)
⚠ Mélanome achromique — ne pas le manquer
Une lésion plantaire noirâtre, indolore, à bords irréguliers, sans points noirs de capillaires ni interruption nette des dermatoglyphes, doit faire évoquer un mélanome achromique. Toute lésion atypique de la plante du pied nécessite une consultation dermatologique — la dermatoscopie lève le doute dans la grande majorité des cas.
Évolution naturelle : faut-il toujours traiter ?
La majorité des verrues plantaires régressent spontanément en 2 à 4 ans chez le sujet immunocompétent. À 2 ans, environ 65 % des verrues ont disparu sans traitement. Environ 10 % des verrues sont dites « rebelles » et persistent au-delà. Cette réalité biologique doit toujours entrer dans la réflexion thérapeutique, d’autant qu’aucun traitement ne garantit l’éradication complète du virus — ce qui explique la fréquence des récidives.
Cela dit, le traitement est généralement recommandé pour les raisons suivantes :
Limiter la contagion vis-à-vis de l’entourage et l’auto-inoculation (dissémination sur d’autres zones).
Soulager la douleur, notamment pour les myrmécies en zone d’appui qui peuvent gêner significativement la marche.
Éviter l’extension en mosaïque, plus difficile à traiter ensuite.
Prévenir les complications chez les sujets immunodéprimés.
En revanche, l’abstention est raisonnable pour une verrue unique, non douloureuse, non évolutive, chez un jeune enfant bien portant — à condition de surveiller son évolution.
Prévention : comment éviter d’attraper des verrues plantaires ?
Les mesures préventives visent à réduire le contact avec le virus dans les environnements à risque :
Porter des claquettes ou sandales dans les piscines, douches collectives, vestiaires et hammams ;
Ne pas partager chaussettes, chaussures, serviettes, limes ou pierres ponces ;
Sécher soigneusement les pieds après chaque bain ou douche, notamment les espaces interdigitaux ;
Traiter rapidement toute microplaie du pied (porte d’entrée virale) ;
En cas de verrue active, utiliser une paire de chaussettes propre à chaque séance de sport et éviter d’aller pieds nus dans les zones partagées.
Traitements des verrues plantaires : tableau comparatif
Il n’existe pas de traitement idéal universel pour les verrues plantaires. Le choix dépend du type clinique (myrmécie vs mosaïque), de la localisation (zone d’appui ou non), de l’âge du patient, du nombre de verrues, et des traitements déjà essayés. Pour la description détaillée de chaque méthode, voir notre article complet : traitement des verrues.
📌 Stratégie recommandée selon le type Myrmécie isolée : acide salicylique en 1re intention (préparation magistrale à 40–60 % sous occlusion), puis cryothérapie en 2e intention. Verrues en mosaïque : acide salicylique en application large, séances de cryothérapie prudentes (risque de nécrose sur grande surface), patience requise. Formes résistantes : bléomycine, immunothérapie locale ou laser CO2 sous anesthésie locale — à discuter avec le dermatologue.
Dans tous les cas : ne jamais traiter en zone d’appui direct par des méthodes destructrices agressives sans prendre en compte le risque de cicatrice douloureuse et permanente.
Délais de consultation trop longs ?
Le Dr Rousseau peut évaluer vos verrues plantaires en téléconsultation, orienter le diagnostic, prescrire les préparations kératolytiques adaptées et décider si une intervention en cabinet est nécessaire.
Environ 10 % des verrues plantaires sont rebelles aux traitements conventionnels bien conduits. Avant de parler de résistance, il faut s’assurer que le traitement a été correctement réalisé (durée suffisante, décapage régulier, concentration adéquate). Les causes les plus fréquentes d’échec sont l’observance insuffisante avec les kératolytiques, des séances de cryothérapie trop courtes ou trop espacées, et une verrue en zone d’appui favorisant la kératinisation rebelle.
En cas de résistance avérée, les options sont :
Association acide salicylique + cryothérapie : c’est la stratégie de référence dans les méta-analyses ;
Bléomycine intralésionnelle : très efficace sur les myrmécies rebelles, mais réservée au dermatologue en raison des effets secondaires locaux possibles (nécrose) ;
Immunothérapie topique par diphénylcyclopropénone (DPCP) : induit une réponse immunitaire locale de type retardé ; particulièrement intéressante pour les formes multiples ;
Injections de candida intralésionnel : stimulation immunitaire non spécifique, efficacité documentée dans plusieurs séries ;
Laser CO2 pulsé sous anesthésie locale : vaporisation des tissus infectés ; récidives possibles.
La récidive en couronne après traitement (verrue périphérique autour du site traité) est fréquente : elle traduit une contamination de la peau péri-lésionnelle lors du traitement, et non un échec du traitement de la verrue initiale.
Cas particulier : verrues plantaires chez l’enfant
La prise en charge des verrues chez l’enfant obéit à des règles spécifiques, notamment pour la tolérance aux traitements douloureux. Pour une information complète, consultez notre article dédié : verrues chez l’enfant. En résumé :
L’abstention surveillée est plus souvent justifiée que chez l’adulte pour les verrues uniques non douloureuses ;
Les kératolytiques sont le traitement de 1re intention, indolores et efficaces à domicile ;
La cryothérapie est souvent mal tolérée avant 6–7 ans ; une crème EMLA 1h avant améliore le confort ;
Le traitement chirurgical ou au laser peut nécessiter une anesthésie générale chez le jeune enfant pour les formes multiples.
FAQ — Questions fréquentes sur les verrues plantaires
Comment distinguer une verrue plantaire d’un cor ou d’un durillon ?
La verrue saigne au décapage (points noirs = capillaires thrombosés) et interrompt les dermatoglyphes. Le cor ou durillon ne saigne pas et ses lignes cutanées le traversent sans interruption. La douleur est aussi différente : la verrue est très douloureuse à la pression latérale (en pince), tandis que le cor est douloureux à la pression directe (axiale).
Faut-il absolument traiter une verrue plantaire qui ne fait pas mal ?
Pas nécessairement. Si la verrue est unique, non évolutive et non douloureuse, une surveillance attentive est raisonnable, notamment chez l’enfant. En revanche, le traitement est préférable pour éviter l’extension et la contagion à l’entourage. Un avis dermatologique permet de peser les bénéfices et les contraintes du traitement au cas par cas.
Combien de temps dure le traitement d’une verrue plantaire ?
La durée varie selon la méthode et la réponse individuelle. Avec un verrucide kératolytique quotidien, comptez 4 à 12 semaines pour une verrue superficielle. Pour une myrmécie épaisse traitée par cryothérapie bimensuelle, plusieurs mois sont souvent nécessaires. La patience est indispensable : l’arrêt prématuré est la première cause d’échec.
Peut-on aller à la piscine ou au sport avec une verrue plantaire ?
Oui, mais avec des précautions pour éviter la contagion : port de claquettes dans les espaces collectifs, chaussettes propres à chaque séance, protection de la verrue avec un pansement occlusif étanche si possible. La verrue en elle-même ne contre-indique pas la baignade.
Pourquoi ma verrue revient-elle après traitement ?
La récidive s’explique par le fait qu’aucun traitement actuel n’élimine complètement le virus HPV dans les tissus adjacents. Si la verrue réapparaît exactement au même endroit, le traitement n’a probablement pas été assez profond. Si elle apparaît en couronne autour de la zone traitée, c’est une contamination périphérique lors du traitement. Une consultation dermatologique permet d’adapter la stratégie.
Téléchargez le guide complet VERRUES — MAINS PIEDS GÉNITALES… « Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Besoin d’un avis spécialisé ?
Verrue résistante, diagnostic incertain, douleur importante ou verrue chez un enfant : le Dr Rousseau évalue votre situation en téléconsultation vidéo, avec ordonnance si nécessaire.
Kwok CS, Gibbs S, Bennett C, et al. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev. 2012. PMID 22972107
Witchey DJ, Witchey NB, Roth-Kauffman MM, Kauffman MK. Plantar Warts: Epidemiology, Pathophysiology, and Clinical Management. J Am Osteopath Assoc. 2018. PMID 29309477
Sterling JC, Gibbs S, Haque Hussain SS, et al. British Association of Dermatologists’ guidelines for the management of cutaneous warts 2014. Br J Dermatol. 2014. PMID 24749441
Bruggink SC, Gussekloo J, Berger MY, et al. Cryotherapy with liquid nitrogen versus topical salicylic acid application for cutaneous warts in primary care. CMAJ. 2010. PMID 20682736
Lipke MM. An armamentarium of wart treatments. Clin Med Res. 2006. PMID 17262054
Mis à jour le 26 mars 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue
Les pieds secs constituent un problème très fréquent
Causes
Les pieds secs peuvent être le signe d’un eczéma, d’un psoriasis, d’une mycose des pieds… et il faut donc consulter devant la découverte de pieds secs
Téléchargez le guide complet
TALONS SECS – CREVASSES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Pour lutter contre les pieds secs, il convient tout d’abord d’éviter de les agresser avec des savons trop « décapants » tels que le savon de Marseille. Il est préférable d’utiliser des savons pour pieds secs de type surgras par exemple ou des « savons sans savon ».
Lorsqu’on a les pieds secs, il faut aussi éviter les bains et les douches très chauds et prolongés.
Enfin, il faut appliquer une crème ou un lait hydratant sur les pieds secs au moins une fois par jour (la meilleure période se situe après la toilette).
Téléchargez le guide complet
TALONS SECS – CREVASSES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Les pieds sont soumis à rude épreuve, qu’ils soient enfermés dans les chaussures ou nus. Il est donc fréquent de voir apparaitre des crevasses, des fissures ou des cornes sur les pieds. Comment prendre de soin de ses pieds pour avoir de jolis pieds?
Pieds
Etre doux avec ses pieds
Il faut respecter ses pieds, en évitant de les traumatiser. On recommande donc de
Porter des chaussures larges mais pas trop grandes, confortables et souples (en toile ou en cuir souple… ) et d’éviter les haut talons (3-4 cms maximum) et les chaussures à bout pointu. Eviter si possible les chaussures ne tenant pas le talon (sandales, tongs…) car elles accentuent les défauts à la marche.
Eviter les sports traumatisants (tennis, jogging, randonnées…)
Laver ses pieds quotidiennement au savon et à l’eau et surtout bien les sécher particulièrement entre les orteils pour éviter la macération.
En effet l’humidité résiduelle est un facteur de surinfection et de mycose des pieds
Utiliser des chaussettes fines en coton (type fil d’écosse) et bien adaptées, éviter les chaussettes synthétiques
Décaper légèrement et avec prudence au moyen d’une pierre ponce humide les callosités naissantes et les cors débutants lors du bain mais de consulter dès que ceux ci réapparaissent
Hydrater la peau des pieds avec une crème hydratante après la toilette
Porter des pansements médicaux protecteurs et cicatrisants
et s’il existe un défaut d’appui lors de la marche ou une anomalie posturale, le port de semelles orthopédiques ou d’orthèses (sortes de petits embouts de mousse permettant de rééquilibrer les positions des orteils notamment) réalisés par un pédicure podologue
Soigner les bobos des pieds
Soigner les infections
Les pieds sont en contact avec le sol et donc susceptibles de s’infecter. Toute plaie doit être soignée pour éviter sa surinfection
L’infection la plus fréquente n’est cependant pas bactérienne mais par champignon : il faut donc connaitre et traiter la mycose des pieds ainsi que la mycose des ongles qui constitue souvent une source de contamination des pieds
Limiter la transpiration
Il faut connaitre les moyens de lutter contre la transpiration des pieds source de macération et de mauvaises odeurs
La sécheresse de la peau est comme si la peau était fissurée et perméable aux germes mais aussi aux allergènes, ce qui constitue souvent une source d’eczema des pieds. Voir comment lutter contre les pieds secs
L’acro cyanose est un trouble vasculaire des extrémités, bénin.
C’est un des acrosyndromes vasculaires les plus fréquents.
Diagostic
Concerne la femme ++ surtout, classiquement maigre
Cyanose (aspect froid et bleu violacé) des extrémités (mains et pieds), plus rarement du nez et des oreilles. Elle est indolore, majorée au froid et sans variation positionnelle. La peau est froide et bleue violacée de manière homogène, et parfois moite (mains moites) un aspect infiltré, oedemateux et « élastique » (aspect « matelassé en coton »), particulièrement à la racine des doigts. Elle peut parfois remonter jusqu’au poignet, où sa limitation est souvent nette. Le temps de recoloration après compression pulpaire est très lent.
En cas de doute : début à un âge tardif, unilatéral, chez un homme, une évolution par poussée ou encore des signes de sclérodermie, de vascularite… il faut faire un bilan à la recherche d’un cause
Traitement
Se protéger contre le froid
Eviter tant le froid ambiant que le contact direct avec le froid (gants, vêtements chauds).
Eviter l’amaigrissement
Un amagrissement récent est souvent un facteur déclencheur
Eviter le tabac
Eviter les traumatismes des doigts
Eviter les médicaments aggravants
Il s’agit notamment des vasoconstricteurs généraux (bêtabloquants, dérivés de l’ergot de seigle), ou locaux (vasoconstricteurs nasaux).