INFECTION DE LA PEAU : les infections de la peau

Infection de la peau

On entend généralement par infection une atteinte bactérienne de la peau glabre ou des poils. Cependant la peau peut aussi être contaminée par des virus, des parasites…

Infection bactérienne de la peau

Une bactérie est un organisme vivant unicellulaire qui existait sur terre bien avant l’apparition de l’Homme.

Stérile à la naissance, la peau se recouvre ensuite de bactéries  » normales  » dites saprophytes (jusqu’à un million de germes par cm², beaucoup moins cependant que la bouche, le tube digestif ou le vagin).

Comme la Terre, la peau est recouverte de niches écologiques très diverses (type et nombre de bactéries très divers), avec des régions comparables à des forêts tropicales (orifices, aisselles) et d’autres à des déserts (avant-bras, dos).

Cette flore appelée microbiote cutané se modifie tout au long de l’existence, sous l’influence du lieu de vie (Tropiques, montagne, mer… ), de la prise de médicaments (immunosuppresseurs, antibiotiques… ) ou de l’utilisation de cremes cortisonées, antibiotiques… , de changements
hormonaux (puberté, grossesse… ) ou de maladies (diabète, insuffisance
rénale, SIDA… ).

Certaines de ces bactéries peuvent se reproduire en trop grand nombre et donner une infection.

D’autres ne sont pas  » normalement  » présentes sur la peau sauf en certains endroits (autour du nez ou périnée) et peuvent la coloniser pour diverses raisons (présence dune plaie par exemple…) et provoquer une infection.

C’est le cas par exemple du staphylocoque doré ou de certains streptocoques qui sont la cause de la majorité des infections cutanées bactériennes.

Peau glabre

L’infection de la peau glabre est le plus souvent responsable d’impetigo, de panaris, d’érysipèle

Poils

L’infection des poils provoque folliculite, furoncle, abcès

Infection virale de la peau

On peut citer l’herpes, les verrues, les condylomes, les molluscum contagiosum

Mycose de la peau

voir mycose de la peau

Parasites sur la peau

Poux, gale, punaises de lit

ENLEVER TIQUE : retirer une tique de la peau

Enlever une tique : comment faire et que surveiller ?

La piqûre de tique expose au risque de maladie de Lyme, une infection bactérienne à Borrelia burgdorferi pouvant entraîner des complications cutanées, neurologiques, articulaires et cardiaques si elle n’est pas traitée rapidement.
Quatre points essentiels à retenir :
– le risque de contamination est très faible si la tique est retirée dans les 24 premières heures, mais devient quasi certain au-delà de 72 heures de fixation,
– plus la tique est grosse (tique adulte), plus elle risque d’être infectée par Borrelia,
– l’outil idéal est le tire-tique disponible en pharmacie ; à défaut, une pince à épiler à bouts recourbés tenue au ras de la peau,
– après retrait, désinfecter la plaie et surveiller l’apparition d’une rougeur extensible pendant un mois.

Piqûre de tique sur la peau

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– Les causes
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Comprendre la tique : stades de maturation et niveau de risque

La tique est un acarien hématophage qui se nourrit du sang de son hôte.
Elle se contamine en piquant de petits rongeurs sauvages (mulots, campagnols) porteurs de Borrelia burgdorferi, puis transmet la bactérie à l’homme lors d’une piqûre ultérieure. Toutes les tiques ne sont pas infectées.

Il existe trois stades évolutifs après éclosion des œufs :
– la larve : très petite, quasi invisible, faible risque de transmission,
– la nymphe : point noir de quelques millimètres, risque intermédiaire,
– la tique adulte (mâle ou femelle) : plus volumineuse, ayant piqué davantage de rongeurs au cours de sa vie, donc plus susceptible d’être infectée.

Plus la tique découverte est grosse, plus le risque de contamination est élevé.

Cycle de la tique
Cycle évolutif de la tique : larve, nymphe, adulte
tique sur la peau
Tique fixée sur la peau

La tique peut également transmettre d’autres maladies que la maladie de Lyme : rickettsioses, autres borrélioses responsables de fièvres récurrentes, tularémie, encéphalite à tique (dans certaines régions d’Europe centrale et orientale).

Comment enlever une tique correctement

Le risque de contamination augmentant avec la durée de fixation, il faut retirer la tique le plus rapidement possible, sans précipitation pour éviter de laisser le rostre dans la peau.

Comprendre l’anatomie du rostre

Le rostre est la pièce buccale de la tique enfoncée dans la peau. Il est rainuré comme une mèche de perceuse : tirer la tique perpendiculairement à la peau sans rotation provoque sa rupture et laisse le rostre dans le derme, ce qui peut déclencher une réaction infectieuse ou inflammatoire locale.

tête de tique et rostre
Le rostre de la tique, pièce buccale enfoncée dans la peau

Technique de retrait

– Utiliser de préférence un tire-tique (disponible en pharmacie sans ordonnance) : glisser l’encoche au ras de la peau sous le corps de la tique et effectuer des rotations douces et continues jusqu’au détachement complet.
– À défaut, utiliser une pince à épiler à bouts recourbés : saisir la tique à sa base, au plus près de la peau, et effectuer de doux mouvements de rotation alternés tout en tirant progressivement vers l’extérieur.
– Ne jamais tirer perpendiculairement sans rotation : risque de rupture du rostre.
– Ne jamais écraser, brûler ou étouffer la tique avec de l’éther, de l’alcool, de la vaseline ou en approchant une cigarette : ces méthodes sont inefficaces et peuvent provoquer un stress de la tique entraînant une régurgitation de son contenu, augmentant le risque de transmission bactérienne.

Si le rostre reste dans la peau

Consulter un médecin sans tarder : le rostre devra être retiré sous anesthésie locale, le plus souvent à l’aide d’un bistouri circulaire, pour éliminer tout risque d’infection locale ou de transmission bactérienne résiduelle.

Après le retrait

– Désinfecter la zone de morsure avec un antiseptique doux (chlorhexidine aqueuse).
– Se laver les mains soigneusement.
– Il est possible de tester la tique retirée en pharmacie : des kits de détection de Borrelia burgdorferi sont disponibles sans ordonnance pour déterminer si la tique était porteuse de la bactérie avant même l’apparition de tout symptôme.
Conserver la tique dans un flacon hermétique si un test ou une consultation médicale est envisagé.

Surveillance après piqûre de tique : que guetter pendant un mois ?

Dans les 4 semaines suivant la piqûre, surveiller attentivement l’apparition de :
– une rougeur circulaire extensible partant du point de morsure et s’étendant progressivement (érythème chronique migrant, ECM) : signe caractéristique de la maladie de Lyme,
– une fièvre modérée (≥ 38,5 °C),
– une fatigue inhabituelle,
– des maux de tête, des douleurs musculaires ou articulaires.

érythème migrant de la maladie de Lyme
Érythème migrant : rougeur annulaire extensible signant la maladie de Lyme

Attention : une simple petite rougeur de quelques millimètres autour du point de piqûre, réactionnelle et non extensible, est normale et ne signe pas un érythème chronique migrant.

Rougeur réactionnelle bénigne après morsure de tique

En cas d’apparition d’un érythème migrant, consulter un médecin sans attendre : le diagnostic est clinique et un traitement antibiotique doit être débuté rapidement, sans attendre les résultats d’une sérologie (souvent faussement négative à ce stade précoce).

Prévenir les piqûres de tique

La meilleure protection reste la prévention lors des activités en milieu naturel (forêt, jardinage, randonnée) :
– porter des vêtements couvrants à manches longues et pantalon rentré dans les chaussettes,
– utiliser des répulsifs cutanés anti-tiques adaptés à l’âge (DEET, icaridine),
– inspecter soigneusement tout le corps (cuir chevelu, derrière les oreilles, plis du genou, aisselles, aine) au retour d’une zone à risque,
– examiner également les animaux domestiques.

En savoir plus sur la piqûre de tique et sa prévention
et sur la maladie de Lyme : symptômes, diagnostic et traitement.

Références

Document de l’INPES (2016) sur les piqûres de tiques
Dépliant prévention des piqûres de tique et maladie de Lyme


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BOUTONS CUIR CHEVELU : folliculite dans les cheveux

Bouton sur le cuir chevelu : causes, traitement et quand consulter

Un bouton sur le cuir chevelu est fréquent et peut avoir de nombreuses causes : infection bactérienne, fongique, acariens, ou maladie plus rare. Certains boutons du cuir chevelu sont bénins et passagers, d’autres peuvent faire tomber les cheveux de façon définitive s’ils ne sont pas traités à temps. Voici comment les reconnaître et les traiter.

Boutons persistants ou chute de cheveux associée ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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Cet article en vidéo

boutons cuir chevelu folliculite du cuir chevelu
Folliculite du cuir chevelu

La clé du diagnostic : bouton cicatriciel ou non cicatriciel ?

Face à des boutons sur le cuir chevelu, la première question à se poser est : y a-t-il une perte de cheveux associée ? Et si oui, est-elle réversible ou définitive ?

  • Folliculite non cicatricielle — les cheveux peuvent repousser après traitement. C’est la forme la plus fréquente.
  • Folliculite cicatricielle — les follicules pileux sont détruits progressivement, entraînant une alopécie définitive si non traitée. Consultez rapidement.

Boutons du cuir chevelu sans cicatrice (folliculites non cicatricielles)

Ce sont les plus fréquents. Il s’agit d’infections des follicules pileux qui récidivent parfois depuis plusieurs mois malgré les traitements. Les patients sont souvent des adultes de sexe masculin.

1. Folliculite à Malassezia (levures)

C’est la cause la plus fréquente. La levure Malassezia colonise normalement le cuir chevelu, mais peut proliférer et provoquer des pustules. Elle survient souvent dans le cadre d’une dermite séborrhéique — on observe fréquemment des pellicules associées et une irritation du cuir chevelu. Plus fréquente chez les immunodéprimés.

Traitement : shampooing et crèmes antifongiques (kétoconazole, ciclopirox). Traitement d’entretien souvent nécessaire.

2. Folliculite à Cutibacterium acnes

folliculite cuir chevelu Cutibacterium acnes boutons
Folliculite du cuir chevelu assimilée à de l’acné

C. acnes est la bactérie de l’acné. Cette folliculite touche surtout les personnes acnéiques (visage, dos, thorax) traitées au long cours par cyclines. Les pustules récidivent rapidement à l’arrêt des antibiotiques.

Traitement : peroxyde de benzoyle, antibiotiques locaux et oraux. La solution la plus durable est l’isotrétinoïne à faible dose (5 à 10 mg/j — hors AMM dans cette indication), qui apporte une amélioration plus prolongée.

3. Folliculite à Demodex

Le Demodex est un acarien microscopique normalement présent dans les follicules pileux. Son infestation augmente avec l’âge et peut provoquer des boutons du cuir chevelu. Le traitement est identique à celui de la démodécidose (ivermectine orale ou topique, métronidazole).

4. Folliculite à bactéries Gram négatives

Plus rare. Caractérisée par des pustules récidivantes du cuir chevelu sans atteinte du visage. La bactérie la plus fréquemment en cause est Citrobacter koseri. Le diagnostic nécessite un prélèvement bactériologique.

💡 Diagnostic : face à des boutons persistants du cuir chevelu, le dermatologue réalisera un prélèvement mycologique et bactériologique, voire une biopsie, pour identifier précisément l’agent responsable et adapter le traitement.

Boutons du cuir chevelu avec chute de cheveux définitive (folliculites cicatricielles)

Ces formes sont plus rares mais plus graves — elles détruisent progressivement les follicules pileux. Un diagnostic et un traitement précoces sont essentiels pour limiter la perte de cheveux.

Folliculite décalvante de Quinquaud

Folliculite chronique progressive caractérisée par des pustules folliculaires évoluant vers des croûtes, puis une alopécie cicatricielle. Elle touche principalement les hommes, souvent de race noire, débutant au vertex. La bordure des zones alopéciques est blanc nacré avec des pustules lors des poussées. Un signe évocateur est la folliculite en touffes (polytrichie) : plusieurs poils sortant du même follicule.

Traitement : antibiotiques locaux + doxycycline 100-200 mg/j pendant 6 à 12 mois minimum (effet suspensif). En cas d’échec : rifampicine seule ou en association (avec clindamycine ou acide fusidique), gluconate de zinc, isotrétinoïne, dapsone, anti-TNFα.

Cellulite disséquante du cuir chevelu

Pathologie touchant surtout les hommes de 20 à 40 ans. Elle débute par des nodules fermes qui évoluent vers des abcès intercommunicants douloureux, réalisant un aspect cérébriforme du cuir chevelu. Peut s’associer à une acné conglobata et une hidrosadénite suppurative (triade acnéique).

Traitement : incision et drainage des abcès, antibiotiques antistaphylococciques. Isotrétinoïne 0,5 à 1 mg/kg/j. Infiltrations de corticoïdes, anti-TNFα, laser Nd:YAG dans les formes sévères.

Folliculite fibrosante de la nuque (acné chéloïdienne)

Se développe principalement chez les hommes jeunes de race noire. Voir l’article dédié : acné chéloïdienne de la nuque.

Pustulose érosive du cuir chevelu

Touche surtout les femmes âgées, souvent après un traumatisme local (traitement de kératoses actiniques). Pustules superficielles au vertex évoluant vers des plaques érosives et croûteuses, puis alopécie cicatricielle.

Traitement : dermocorticoïdes de niveau I (Dermoval*) ou II en 1re intention. Isotrétinoïne, dapsone ou gluconate de zinc en 2e intention.

Autres causes de boutons sur le cuir chevelu

Les folliculites ne sont pas les seules causes. D’autres affections peuvent donner des boutons sur le cuir chevelu :

  • Psoriasis du cuir chevelu — plaques rouges squameuses prurigineuses, souvent associées à des plaques sur le corps
  • Dermite séborrhéiquedermite du visage associée, pellicules grasses
  • Teigne (tinea capitis) — chez l’enfant surtout, plaques alopéciques avec brisure des cheveux
  • Zona du cuir chevelu — vésicules douloureuses unilatérales suivant un dermatome
  • Molluscum contagiosum — petites papules ombiliquées, surtout chez l’enfant
  • Kyste épidermoïde — bosse ferme sous-cutanée mobile, sans inflammation initiale, qu’on appelle loupe du cuir chevelu

Quand consulter en urgence ?

🚨 Consultez rapidement un dermatologue si :

— Les boutons persistent malgré un traitement bien conduit depuis plus de 4 semaines

— Vous constatez une perte de cheveux dans la zone des boutons

— Les zones alopéciques s’étendent progressivement

— Les abcès sont douloureux, fluctuants ou accompagnés de fièvre

— Les lésions évoluent vers des cicatrices ou des plaques lisses sans repousse

Sources

Questions fréquentes sur les boutons du cuir chevelu

Pourquoi ai-je des boutons qui grattent sur le cuir chevelu ?

Les causes les plus fréquentes de boutons prurigineux du cuir chevelu sont la folliculite à Malassezia (souvent associée à des pellicules), la dermite séborrhéique, le psoriasis ou une folliculite bactérienne. Si les boutons récidivent régulièrement, un avis dermatologique est recommandé pour identifier l’agent responsable et adapter le traitement.

Les boutons du cuir chevelu peuvent-ils faire tomber les cheveux ?

Oui. Les folliculites cicatricielles (folliculite décalvante, cellulite disséquante) détruisent progressivement les follicules pileux et provoquent une alopécie définitive si elles ne sont pas traitées. À l’inverse, les folliculites non cicatricielles (à Malassezia, à C. acnes) n’entraînent pas de chute définitive une fois traitées.

Comment traiter des boutons sur le cuir chevelu à la maison ?

Un shampooing antifongique (kétoconazole 2% en vente en pharmacie) peut aider en cas de folliculite à Malassezia suspectée. Évitez de percer les boutons. Si les lésions persistent plus de 3 semaines ou s’accompagnent d’une chute de cheveux, consultez un dermatologue — un prélèvement bactériologique peut être nécessaire pour cibler le traitement.

Quelle est la différence entre folliculite décalvante et cellulite disséquante ?

La folliculite décalvante de Quinquaud se manifeste par des pustules folliculaires évoluant vers une alopécie cicatricielle au vertex, et un aspect de cheveux en touffes. La cellulite disséquante donne plutôt des abcès intercommunicants douloureux avec un aspect cérébriforme du cuir chevelu. Les deux nécessitent un traitement antibiotique prolongé et un suivi dermatologique régulier.

Les boutons du cuir chevelu sont-ils contagieux ?

Cela dépend de la cause. La teigne (tinea capitis) est contagieuse. Les folliculites bactériennes et fongiques ne se transmettent généralement pas directement. En revanche, une hygiène rigoureuse du matériel de coiffure (ciseaux, tondeuse) est recommandée pour éviter la dissémination des germes.


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SCARLATINE : la scarlatine, cause, symptomes et traitement

La scarlatine

Qu’est-ce que c’est?

La scarlatine est une pharyngite à streptocoque du groupe A, ayant la
faculté de diffuser dans l’organisme des toxines qui provoquent une éruption cutanée.

La scarlatine s’attrape donc comme une autre pharyngite, par
contact avec des sujets atteints, voire porteurs asymptomatiques du
streptocoque A.

Symptomes

Un des signes précurseurs de l’éruption cutanée caractère
marqué des signes fonctionnels accompagnant la pharyngite : fièvre elevée (39-40°C), vomissements, fatigue, douleurs abdominales…

L’éruption apparaît généralement 24 à 48h après, sous la forme d’une éruption débutant le plus souvent au cou, puis s’étendant rapidement au tronc puis aux membres, ayant pour particularité de desquamer ensuite, disparaissant sans séquelles cutanées.

Traitement

Le médecin prescrit des antibiotiques. Le traitement antibiotique est important car la scarlatine peut se compliquer d’atteintes profondes (cardiaques, rénales… ).

SE DEBARRASSER DU STAPHYLOCOQUE : soigner le staphylocoque doré

Soigner et se débarrasser du staphylocoque doré

Le staphylocoque doré colonise la peau le plus souvent par l’intermédiaire des doigts et des vêtements, à partir d’un gîte souvent périorificiel (narines+++, anus, oreilles… ). Un portage chronique staphylococcique au niveau de ces gîtes est souvent en cause dans les formes récidivantes de pathologies cutanées à satphylocoque. En réduisant le portage chronique narinaire de staphyocoque doré, on dimine le portage chronique sur la peau et donc le nombre d’infections à staphylocoque doré.

La prévention des récurrences nécessite donc un traitement efficace des gîtes.

Traitement des gites de portage du staphylocoque doré

Narines

Le traitement local des narines (premier centimètre) réduit le portage nasal du staphylocoque doré le plus souvent par application intranasale de mupirocine (Mupiderm*) 3 fois par j pendant 5 à 7 jours (ceci supprime le portage nasal chez 70% des gens pour une durée de 3 mois environ). Ainsi le médecin tend à prescrire la mupirocine 5 jours par mois pendant 1 an, mais pas plus par crainte de l’apparition de résistances.

Visage voire corps

Laver soigneusement la peau du visage et du cuir chevelu (shampoing) voire l’ensemble du corps avec une solution antiseptique moussante (Septivon®, Plurexid®, Cyteal® ne pas utiliser de gant de toilette)
Laver tout le corps en faisant mousser (insister au niveau des aisselles, des régions des organes génitaux et du pli inter-fessier)
Laisser agir 3 min
Rincer abondamment

Éviction des facteurs favorisants

Règles d’hygiène :

  • lavage fréquent des mains

afin de prévenir la diffusion et la récidive des lésions, les zones atteintes et les mains seront lavées avec une solution antiseptique moussante (Septivon®, Plurexid®, Cyteal®) et rincées abondamment.

  • Eviter le port de vêtements trop serrés et synthétiques, en particulier sur les zones d’appui (fesses, dos)
  • Eviter la macération (défaut d’hygiène, obésité, plis) et l’hypersudation
  • la coupe des ongles ras
  • lavage fréquent à haute température des vêtements, sous-vêtements (en coton de préférence) et linges de toilette
  • utilisation de linge de toilette personnel
  • changement quotidien des sous-vêtements
  • Parfois le médecin recommande l’utilisation quotidienne de produits antiseptiques moussants

    Cyteal®, Septivon®, Plurexid®… en insistant sur les gîtes de portage (aisselles, périnée, pubis, cicatrices de furoncles) et en rinçant abondamment après la toilette car ces produits peuvent etre irritants

    Contre indication des cremes a la cortisone

Essayer de limiter les facteurs favorisants généraux (obésité, diabète, déficit immunitaire (corticothérapie générale, traitement immunosuppresseur, infection par le VIH)…

 

En cas de folliculite de la barbe,

il faut utiliser une mousse à raser antiseptique (Nobacter®) et changer régulièrement de lames de rasoir. Le mieux est de tondre la barbe

Voir boutons de la barbe apres le rasage

Ne pas manipuler les lésions liées au staphylocoque (folliculite, furoncle… )

Désinfection avec un antiseptique

2 à 4 applications quotidiennes sur les lésions, pendant 10 jours, de chlorhexidine, hexamidine… : DIASEPTYL 0,5 %, solution pour application cutanée (Digluconate de chlorhexidine) / EOSINE COOPER 2 POUR CENT, solution pour application cutanée en récipient unidose (Eosine disodique) / HEXASEPTINE 0,1 %, solution pour application locale en flacon (Hexamidine)/ MERCRYL, solution pour application cutanée ou MERCRYLSPRAY, solution pour application cutanée en flacon pressurisé (Chlorhexidine / Benzalkonium) / SEPTIVONSPRAY 0,05%, solution pour application cutanée en flacon pressurisé (Chlorhexidine)

Infection communautaire (en dehors de l’hôpital)

Le médecin prescrit des antibiotiques par voie orale et/ou en crème le plus souvent au vu de l’antibiogramme réalisé au laboratoire afin de l’adapter aux résistances du Staphylocoque doré

Infection nosocomiale (contractée à l’hopital)

En milieu hospitalier, il faut mettre en place des mesures d’hygiène et d’isolement des patients atteints par le staphylocoque doré afin de limiter la dissémination de ces bactéries souvent multirésistantes. Certaines souches deviennent en effet résistantes à la plupart des antibiotiques…

 

ABCES CUTANE : soigner un abcès de la peau

Abcès

L’abces est un nodule inflammatoire, douloureux, de consistance liquidienne (pus), de taille variable, siégeant inconstamment au sein d’un placard inflammatoire (dermohypodermite) et parfois associé à une fièvre.
Son traitement est mixte, médical et chirurgical.

  • Traitement chirurgical : incision/drainage chirurgical et prélèvement bactériologique du pus de l’abces.
  • Traitement médical : antibiothérapie pendant 5 jours

Besoin de l’avis d’un spécialiste ? d’un traitement ? Délais de rdv trop longs ? Vous pouvez effectuer une téléconsultation avec le dermatologue

abces
Abces de la nuque

Le nombre d’abces cutanés est en augmentation du fait de l’émergence de staphylocoque doré  résistant  à  la  méthicilline

Qu’est-ce qu’un abcès?

L’abcès est une complication de l’infection bactérienne d’un poil (folliculite) ou d’un kyste sébacé.

Une infection est généralement caractérisée par des signes inflammatoires locaux (la chaleur, la rougeur, la douleur de la peau….), voire des signes inflammatoires généraux comme la fièvre.

Ainsi l’abcès se présente sous la forme d’une grosse boule rouge et douloureuse de la peau, souvent centrée par un point blanc

Leur prise en charge a fait l’objet de recommandations en 2019

Abcès

Comment soigner un abcès

Cette prise en charge doit être réalisée par un médecin car il y a des risques de diffusion de l’infection

Il va le plus souvent proposer deux types de traitements en fonction de l’état du kyste inflammatoire

Soit l’abces n’est pas mûr : antibiotiques

Il y a une boule rouge et douloureuse mais l’abces n’est pas collecté : il n’y a pas de tête blanche. Le médecin va alors le plus souvent tenter de calmer l’infection ou de faire murir le kyste avec des antibiotiques par voie orale et en pommades sous des pansements

Les antibiotiques sont donnés durant 5 jours :

Clindamycine per os/IV : 1,8 g/jour en 3 prises et jusqu’à 2,4 g/jour si
poids > 100 kg
Pristinamycine per os : 1 g x 3 /jour
Oxacilline ou cloxacilline IV : 6 à 12 g/jour
Céfazoline IV : 3 à 6 g/ jour

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Soit l’abces est mûr : chirurgie

L’abces est devenu plus mou et comporte à son sommet une tete blanche de pus situé juste sous la peau. Il est alors accessible à un traitement chirurgical

Ce traitement chirurgical consiste en une incision de l’abces, le plus souvent sans anesthésie ou juste une anesthésie du pourtour, suivie d’un lavage au sérum physiologique et parfois de méchage à la mèche iodoformée en l’absence d’antécédents d’allergie à l’iode. La mèche doit alors être changée toutes les 24 à 48 heures par une infirmière jusqu’à détersion complète. Un pansement avec un antiseptique ou un antibiotique en crème ou pommade est ensuite souvent utile pour favoriser le comblement de la cavité par le bourgeonnement des tissus sous cutanés.

Le médecin peut aussi décider d’utiliser les antibiotiques pendant 5 jours comme dans la forme non collectée

Les conseils du dermatologue :

  • Les infections de la peau et les infections des poils peuvent s’’aggraver en l’’absence de traitement adéquat (lymphangite,  » ganglions « , voire septicémie…). Lors de la survenue d’une lésion inflammatoire, il faut donc consulter et ne pas toucher ses lésions : la majorité de ces complications surviennent en effet à cause d’une consultation trop tardive ou de la manipulation des lésions.
  • Ne pas utiliser les anti-inflammatoires (cortisone ou non stéroidiens) pour les infections cutanées car ceux-ci laissent les infections s’’aggraver sans que l’on puisse s’en rendre compte.
  • Il ne faut pas oublier d’être à jour pour le vaccin antitétanique car une plaie cutanée peut être la porte d’’entrée du tetanos

SOIGNER UN FURONCLE : se débarrasser d’un furoncle

Furoncle, quoi faire?

Cet article en vidéo :


Le furoncle est une infection profonde et nécrosante du follicule pilo-sébacé due à Staphylococcus aureus (Staphylocoque doré). Il se caractérise par une lésion papulo-nodulaire très inflammatoire évoluant en 5 à 10 jours vers la nécrose folliculaire avec l’élimination du follicule pileux (bourbillon).

En cas de

  • Furoncle isolé : on ne fait  pas de prélèvement bactériologique ni de traitement antibiotique local ou général, juste des soins locaux.
  • Furoncle compliqué : prélèvement bactériologique du pus avant antibiothérapie.

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Furoncles au début (folliculite)

Qu’est-ce qu’un furoncle?

Le furoncle est une folliculite profonde s’’accompagnant d’’une destruction du poil.

Il commence soit par une folliculite soit par une boule rouge, chaude et douloureuse de 1 à 2 cm de diamètre

Il évolue généralement en donnant une lesion  » à tête blanche  » en quelques jours, qui résulte de la destruction du poil, c’’est le bourbillon, qu’’il faut éliminer ou qui peut se résorber spontanément sans émission de pus.

Furoncle

Consultez un médecin

La consultation du médecin est indispensable pour limiter le risque d’évolution grave du furoncle (anthrax, abcès, septicémie… )

Ce dernier va vous prescrire des antibiotiques par voie orale et/ou en crème le plus souvent au vu de l’antibiogramme réalisé au laboratoire afin de l’adapter aux résistances éventuelles du germe (souvent un Staphylocoque doré)

Le médecin réalise un prélèvement bactériologique en cas de furoncle compliqué ou nombreux à la recherche notamment de staphylocoque doré résistant à la méticilline (SARM, qui sécrètent pour la plupart une toxine appelée leucocidine de Panton et Valentine et sont principalement responsables d’infections cutanées à type de furoncles nécrosants : ils débutent par une boule rouge, chaude et douloureuse, aboutissant en quelques jours à une suppuration éliminant le follicule nécrotique sous forme d’un gros bourbillon jaune et laissant place à une cicatrice déprimée définitive.

Leur prise en charge a fait l’objet de recommandations en 2019

Formes particulières de furoncles

Le furoncle du visage

doivent faire l’’objet d’’une attention toute particulière et ne pas être  » tripotés  » car leur manipulation peut entraîner une staphylococcie maligne de la face.

L’anthrax

c’est un agglomérat de furoncles, réalisant une boule rouge profonde, volumineuse, inflammatoire d’aspect cratériforme, parfois fébrile et pouvant s’accompagner de fusées purulentes qui les rejoignent sous la peau.

La furonculose

C’est la répétition des furoncles, qui doit faire chercher

une immunodépression

diabète, maladies, déficit immunitaire, carence en fer..

un réservoir cutané de staphylocoque doré

chez le patient ou dans son entourage.

Ces furoncles répétées peuvent laisser des cicatrices importantes et avoir un retentissement psychologique important, d’autant qu’ils touchent principalement des adolescents. Dans la majorité des cas, les récurrences cessent après 2 ans

Soigner un furoncle

Furoncle non compliqué, isolé : soins locaux.

● pas de manipulation du furoncle (limite le risque de complications) ;
● soins de toilette quotidiens (lavage à l’eau et au savon) ;
● incision de l’extrémité pour évacuer le bourbillon (furoncle volumineux) ;
● protection de la lésion avec un pansement ;
● pas d’antibiothérapie (locale ou générale).

Furoncle compliqué ou furonculose : antibiotiques oraux pendant 5 jours

Outre le traitement prescrit par le médecin (antibiotiques par voie orale pendant 5 jours : Clindamycine : 1,8 g/jour en 3 prises et jusqu’à 2,4 g/jour si poids > 100 kg ou Pristinamycine : 1 g x 3 /jour ), celui-ci peut procéder à :

  • L’application de compresses humides et tièdes ou de pansements gras pour faire mûrir le furoncle
  • Une fois que le furoncle est mûr, l’incision sur quelques milimètres et le drainage ou l’ablation du bourbillon à la pince sauf au niveau médio-facial en raison des risques de dissémination (staphylococcie maligne de la face, thrombophlébite cérébrale… )

Il ne faut jamais appuyer ou cureter le furoncle après l’ouverture par risque de dissémination de l’infection

Furonculose

Il s’agit de la répétition de furoncles pendant plusieurs mois, voire des années.

Le staphylocoque doré colonise la peau le plus souvent par l’intermédiaire des doigts et des vêtements, à partir d’un gîte souvent périorificiel (narines+++, anus, oreilles… ). Un portage chronique staphylococcique au niveau de ces gîtes est souvent en cause dans les formes récidivantes de pathologies cutanées à staphylocoque. En réduisant le portage chronique narinaire de staphylocoque doré, on dimine le portage chronique sur la peau et donc le nombre d’infections à staphylocoque doré.

La prévention des récurrences nécessite donc un traitement efficace des gîtes.

1/ Prélèvement bactériologique d’un furoncle avant traitement.

2/ Traitement des gites de portage du staphylocoque doré

Le traitement local narines (premier centimètre) réduit le portage nasal du staphylocoque doré le plus souvent par application intranasale de mupirocine (Mupiderm*) 4 fois par j pendant 5 jours (ceci supprime le portage nasal chez 70% des gens pour une durée de 3 mois environ). Ainsi le médecin tend à prescrire la mupirocine 5 jours par mois pendant 1 an, mais pas plus par crainte de l’apparition de résistances.

Le protocole de désinfection est le suivant :

  • Application nasale de pommade de mupirocine deux fois par jour pendant 7 jours.
  • Utilisation une fois par jour pendant 7 jours d’une solution moussante de chlorhexidine comme savon et comme shampoing tels Cyteal®, Septivon®, Plurexid®… en insistant sur les gîtes de portage (aisselles, périnée, pubis, cicatrices de furoncles) et en rinçant abondamment après la toilette car ces produits peuvent etre irritants. Le protocole est généralement des douches antiseptiques avec une solution moussante de chlorhexidine comme savon et comme shampoing (une fois par jour pendant 7 jours).
  • Mesures d’hygiène corporelle, porter des vêtements propres, changer fréquemment le linge de toilette.
  • Mesures d’hygiène de l’environnement (linge, vaisselle, entretien des locaux).
  • Bains de bouche biquotidiens à la chlorhexidine (adulte et enfant à partir de 6 ans).

3/ Antibiotiques par voie orale pendant 7 jours

Le médecin prescrit souvent les mêmes antibiotiques que dans le furoncle mais pendant 7 jours au lieu de 5 :

Clindamycine : 1,8 g/jour en 3 prises et jusqu’à 2,4 g/jour si poids > 100 kg ou Pristinamycine : 1 g x 3 /jour .

4/ Éviction des facteurs favorisants

Règles d’hygiène :

  • lavage fréquent des mains

afin de prévenir la diffusion et la récidive des lésions, les zones atteintes et les mains seront lavées avec une solution antiseptique moussante (Septivon®, Plurexid®, Cyteal®) et rincées abondamment.

  • Eviter le port de vêtements trop serrés et synthétiques, en particulier sur les zones d’appui (fesses, dos)
  • Eviter la macération (défaut d’hygiène, obésité, plis) et l’hypersudation
  • la coupe des ongles ras
  • lavage fréquent à haute température des vêtements, sous-vêtements (en coton de préférence) et linges de toilette
  • utilisation de linge de toilette personnel
  • Contre indication des cremes a la cortisone

Essayer de limiter les facteurs favorisants généraux (obésité, diabète, déficit immunitaire (corticothérapie générale, traitement immunosuppresseur, infection par le VIH)…

Ne pas manipuler les furoncles

Les recouvrir d’un pansement

5/ Après guérison de la poussée

Il faut alors procéder à décolonisation des gîtes bactériens du patient et de son entourage (personnes vivant sous le même toit, et personnes en contact proche).

Les conseils du dermatologue :

  • Les infections de la peau et les infections des poils peuvent s’’aggraver en l’’absence de traitement adéquat (lymphangite,  » ganglions « , voire septicémie…). Lors de la survenue d’une lésion inflammatoire, il faut donc consulter et ne pas toucher ses lésions : la majorité de ces complications surviennent en effet à cause d’une consultation trop tardive ou de la manipulation des lésions.
  • Ne pas utiliser les anti-inflammatoires (cortisone ou non stéroidiens) pour les infections cutanées car ceux-ci laissent les infections s’’aggraver sans que l’on puisse s’en rendre compte.
  • Il ne faut pas oublier d’être à jour pour le vaccin antitétanique car une plaie cutanée peut être la porte d’’entrée du tetanos

STAPHYLOCOQUE DORE : le staphylocoque doré (stafylocoque)

Staphylocoque doré

Le staphylocoque doré est une bactérie.

Une bactérie

Une bactérie est un organisme vivant unicellulaire qui existait sur terre bien avant l’apparition de l’Homme.

Stérile à la naissance, la peau se recouvre ensuite de bactéries  » normales  » dites saprophytes (jusqu’à un million de germes par cm², beaucoup moins cependant que la bouche, le tube digestif ou le vagin).

Comme la Terre, la peau est recouverte de niches écologiques très diverses (type et nombre de bactéries très divers), avec des régions comparables à des forêts tropicales (orifices, aisselles) et d’autres à des déserts (avant-bras, dos).

Cette flore appelée microbiote cutané se modifie tout au long de l’existence, sous l’influence du lieu de vie (Tropiques, montagne, mer… ), de la prise de médicaments (immunosuppresseurs, antibiotiques… ) ou de l’utilisation de cremes cortisonées, antibiotiques… , de changements
hormonaux (puberté, grossesse… ) ou de maladies (diabète, insuffisance
rénale, SIDA… ).

Certaines de ces bactéries peuvent se reproduire en trop grand nombre et donner une infection.

D’autres ne sont pas  » normalement  » présentes sur la peau sauf en certains endroits (autour du nez ou périnée) et peuvent la coloniser pour diverses raison, provoquant des infections :

présence d’une plaie rompant la barrière cutanée

ce qui permet à la bactérie de rentrer dans la peau.

Cette plaie peut être

une blessure,

Infection de plaie

un simple grattage de la peau

Manuportage de l’impetigo, folliculite

une intervention chirurgicale…

la bactérie peut provenir de la propre flore du patient ou plus rarement de l’environnement hospitalier. Elle est amenée par le bistouri dans des organes auquels elle n’a normalement pas accès et elle va y développer son pouvoir pathogène (ostéomyélite pour les os, endocardite dans le coeur, pneumopathie dans les poumons, pyélonéphrite dans les reins…

Baisse des défenses immunitaires

diabète, intervention traumatisante, VIH, traitements immunosuppresseurs, radiothérapie, chimiothérapie, nouveau né…

C’est le cas par exemple du staphylocoque doré ou de certains streptocoques qui sont la cause de la majorité des infections cutanées bactériennes.

Une forme de staphylocoque

Les staphylocoques sont un des premiers agents responsables d’infections, qu’elles soient nosocomiales (infections contractées à l’hopital où ils peuvent être résistants des antibiotiques dans 20 à 50% des cas) ou communautaires (en dehors de l’hopital).

Les Staphylocoques sont classés en fonction de leur capacité à provoquer la coagulation du sang (coagulase-positif ou négatif). Les coagulases positifs dont fait partie le staphylocoque doré sont fréquemment impliqués dans les infections. Les coagulase-négatifs (staphylocoque Epidermidis notamment) sont des pathogènes dits opportunistes qui devront bénéficier à la fois d’un point d’entrée dans l’organisme, généralement au cours d’une intervention profonde (prothèses osseuses ou cardiaques, sondes, cathéters profonds… ) et d’une diminution des défenses immunitaires pour provoquer une infection.

Nous avons vu que les staphylocoques étaient présents à l’état normal sur la peau au sein de la flore saprophyte (30 à 50% de la population est porteur sain du Staphylocoque) et que le staphylocoque doré pouvait être retrouvé à l’état normal autour des orifices de la peau (nez, bouche, oreilles, organes génitaux… ). Les staphylocoques sont aussi présents dans l’environnement (eaux non-traitées, sols, objets sales).

Le staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) est la souche de staphylocoque la plus fréquemment en cause dans les infections de la peau. Accessoirement il est aussi le plus fréquemment responsable d’intoxications alimentaires, le plus souvent par contamination de l’alimentation par des doigts souillés (panaris du doigt par exemple).

Soigner et se débarrasser du staphylocoque doré

Voir soigner le staphylocoque doré

SOIGNER UN KYSTE INFECTE : le kyste enflammé et infecté



Kyste infecté (kyste épidermoïde) : prise en charge et traitements

Cet article en vidéo

Le kyste épidermoïde — improprement appelé kyste sébacé — est l’une des tumeurs bénignes de la peau les plus courantes. Il est constitué d’une poche close tapissée en son intérieur d’un épithélium kératinisant, contenant une substance blanchâtre et malodorante composée principalement de kératine et de sébum. Lorsque cette poche se rompt ou se surinfecte, le kyste peut s’enflammer brutalement et évoluer vers un abcès cutané nécessitant une prise en charge médicale urgente.


Évolution naturelle du kyste cutané

Un kyste épidermoïde de petite taille peut parfois régresser spontanément, notamment chez le sujet jeune. Cependant, dès qu’il atteint environ un centimètre de diamètre, la régression spontanée devient exceptionnelle. À partir de ce stade, plusieurs complications sont possibles :

  • Gêne mécanique sur les zones d’appui (cuir chevelu, dos, nuque, scrotum) ;
  • Épisodes inflammatoires douloureux, liés à la fissuration de la paroi kystique ou à une surinfection bactérienne ;
  • Constitution d’un abcès en cas de surinfection franche.

C’est généralement l’apparition de l’un de ces événements qui amène le patient à consulter en urgence.


Diagnostic d’un kyste infecté : ce que recherche le médecin

La prise en charge d’un kyste inflammatoire doit impérativement être réalisée par un médecin : une infection cutanée non traitée ou mal traitée peut se diffuser aux tissus voisins (cellulite, fasciite) ou, plus rarement, au sang (bactériémie).

À l’examen clinique, le médecin cherche à :

  • Confirmer l’existence d’un kyste préexistant « froid » (antécédent de tuméfaction indolore) ;
  • Identifier un pore obstrué, souvent visible sous la forme d’un point noir (comédon) en surface — signe pathognomonique du kyste épidermoïde ;
  • Évaluer le stade de maturation de l’abcès, qui conditionne directement le choix thérapeutique.

Traitements selon le stade inflammatoire

Stade 1 — Kyste inflammatoire non collecté : antibiothérapie

À ce stade précoce, la tuméfaction est rouge, chaude, douloureuse et ferme, sans fluctuation ni tête blanche visible : le pus n’est pas encore collecté sous la peau et l’abcès n’est pas « mûr ». Une incision serait prématurée et inefficace.

Le médecin prescrit alors :

  • Des antibiotiques par voie orale (le plus souvent une pénicilline M ou une céphalosporine de 1re génération, actives sur les staphylocoques et les streptocoques, germes le plus souvent en cause) ;
  • Un traitement local associant une pommade antibiotique ou antiseptique, appliquée sous un pansement occlusif humide pour favoriser la maturation de l’abcès ;
  • Des antalgiques et anti-inflammatoires pour soulager la douleur, selon le tableau clinique.

L’objectif est soit de faire céder l’inflammation, soit de faire mûrir la collection pour pouvoir l’inciser dans un second temps.

Besoin d’un avis dermatologique rapidement ? Les délais de rendez-vous en cabinet sont parfois longs. Il est possible d’effectuer une téléconsultation avec un dermatologue pour obtenir rapidement une prescription adaptée.

Stade 2 — Kyste collecté (abcès mûr) : incision-drainage

Le kyste est à ce stade fluctuant, plus mou, et présente en son sommet une tête blanche correspondant à du pus collecté juste sous la peau. L’abcès est accessible à un traitement chirurgical ambulatoire.

Le geste se déroule en plusieurs étapes :

  1. Anesthésie locale péri-lésionnelle (anneau anesthésique autour de la lésion) — parfois non nécessaire si la collection est très superficielle ;
  2. Incision franche au bistouri sur la zone de collection maximale pour libérer le pus ;
  3. Évacuation et lavage abondant à la seringue avec du sérum physiologique stérile ;
  4. Méchage de la cavité avec une mèche iodoformée (en l’absence d’allergie à l’iode connue), qui maintient la plaie ouverte, prévient la fermeture prématurée et favorise le drainage ;
  5. Changements de mèche quotidiens ou tous les deux jours par une infirmière, jusqu’à détersion complète de la cavité ;
  6. Relais par des pansements gras antiseptiques ou antibiotiques (tulle gras, crème ou pommade) pour accompagner le bourgeonnement des tissus sous-cutanés et le comblement progressif de la cavité.

La durée totale des soins infirmiers varie selon la taille de l’abcès, de quelques jours à deux ou trois semaines.


Et après ? Exérèse à froid du kyste résiduel

Deux issues sont possibles à l’issue du traitement de l’abcès :

  • Élimination complète du kyste : la poche kystique s’est résorbée avec le drainage. Aucun geste complémentaire n’est nécessaire, mais une surveillance est recommandée car la récidive reste possible.
  • Persistance d’une poche kystique résiduelle : la coque n’a pas été éliminée lors du drainage. Dans ce cas, une exérèse chirurgicale programmée « à froid », réalisée à distance de l’épisode infectieux (au minimum 2 à 3 mois après), est indispensable pour éviter les récidives. Cette intervention est souvent réalisée en période hivernale, où la sudation est moindre, facilitant la cicatrisation.

→ Pour tout savoir sur la technique d’ablation d’un kyste en dehors d’un épisode infectieux : Enlever un kyste épidermoïde : déroulement et suites.


Questions fréquentes sur le kyste infecté

Peut-on percer soi-même un kyste infecté à la maison ?

Non. Une manipulation non stérile du kyste risque d’aggraver l’infection, de diffuser les bactéries dans les tissus voisins et de laisser en place la poche kystique — garantissant la récidive. Seul un médecin doit réaliser ce geste dans des conditions d’asepsie rigoureuses.

Quels germes sont le plus souvent responsables ?

Staphylococcus aureus est le pathogène le plus fréquemment impliqué, suivi de diverses espèces de streptocoques. L’antibiothérapie probabiliste est choisie en conséquence, en attendant les résultats éventuels d’un prélèvement bactériologique.

Le kyste infecté est-il remboursé par l’Assurance maladie ?

L’incision-drainage d’un abcès et les soins infirmiers consécutifs sont pris en charge par l’Assurance maladie sur prescription médicale. L’exérèse chirurgicale à froid du kyste résiduel est également remboursée.

Combien de temps dure la cicatrisation après incision d’un kyste ?

La durée de cicatrisation dépend de la taille de l’abcès. Pour une lésion de petite taille, le comblement de la cavité prend 1 à 3 semaines. Pour un abcès volumineux, plusieurs semaines de soins infirmiers peuvent être nécessaires avant cicatrisation complète.

Lepre

Interview du Dr Pierre BOBIN

1/ Quelle est l’épidémiologie de la lèpre dans le monde ?

Dr Pierre Bobin :

– Au début de l’an 2 000, la situation était la suivante :

Le nombre de cas en traitement spécifique par polychimiothérapie (PCT) enregistrés était de 753 263 ( taux de prévalence: 1.25 pour 10 000 habitants).

Le nombre de nouveaux cas détectés au cours de l’année 1999 a été de 738 284 (taux de détection : 12.3 pour 100 000 habitants).

Le nombre cumulé de malades guéris grâce à la PCT est de 10 759 213. Parmi ces malades « guéris », le nombre de porteurs d’ infirmités liées à la lèpre est de 2 à 3 millions.

L’ OMS estime à 2 500 000 le nombre de cas qui devront être dépistés et soignés entre 2 000 et 2 005

En ce qui concerne la répartition géographique, il faut noter que dans 24 pays la lèpre demeure un problème de Santé publique. Il s’agit de pays ayant plus d’1million d’habitants, plus de 100 cas de lèpre par an et un taux de prévalence lèpre supérieur à 1 pour 10 000 habitants.

Parmi eux, 11 pays ont 89 % de la prévalence mondiale et 92% des nouveaux cas dépistés par an dans le monde

Le taux de prévalence moyenne dans ces 11 pays est de 4.1 pour 10 000 habitants

L’ Inde, à elle seule, représente 67 % de la prévalence mondiale et 73 % des nouveaux cas /an du monde

– Evolution de la situation entre 1985 et 1999.

Prévalence :

La prévalence mondiale a chuté de 86 %

Sur 122 pays d’endémie en 1985, 98 ont atteint l’objectif d' »élimination comme problème de santé publique » selon les critères de l’ OMS c’est-à-dire ayant un taux de prévalence inférieur à 1/10 000

Les raisons de cette diminution sont à mettre au compte de plusieurs facteurs : « nettoyage » des dossiers, durée plus courte de la PCT, taux élevé de guérison, faible taux de rechutes, pas de résistance à la rifampicine, amélioration de la prise en charge des cas

Détection des nouveaux cas : Elle est stable depuis ces 5 dernières années : entre 700 000 et 800 000 nouveaux cas par an

– Commentaires :

Ces chiffres objectivent incontestablement une réussite de la lutte contre la lèpre depuis ces 10 dernières années

Mais leur analyse amène à se poser des questions :

Concernant la Prévalence :

Sa diminution est certes due, en partie, à l’efficacité de la PCT, mais également : au « nettoyage » des registres, au raccourcissement de la durée de la PCT qui fait que les malades ne sont enregistrés comme « cas de lèpre » (définition OMS) que pendant une durée de 6 mois (PB) à 1 an (MB)

Dans certains pays, même avec une prévalence inférieure à 1 / 10 000, la lèpre reste un problème soit au niveau national (sous-dépistage), soit dans les provinces ou états, à l’intérieur d’un pays

Concernant la Détection :

C’est l’inquiétude car la tendance de la détection des nouveaux cas reste stable depuis 6 ans. Certes, cela est du à l’augmentation de la couverture géographique et des activités de programme

Mais, quelles que soient les explications, cela montre l’importance du « réservoir » infectieux

Donc le déclin annoncé de la lèpre n’apparaît pas encore

Le taux de détection, et surtout la tendance de la détection des cas, serait pour beaucoup d’auteurs un meilleur indicateur que celui de la prévalence pour surveiller l’évolution de l’endémie lépreuse. Car, bien qu’il soit influencé par les activités opérationnelles, il permet d’ évaluer l’ incidence et d’ apprécier le niveau de la transmission de la maladie, à partir de l’importance du « réservoir » infectieux (se traduisant par le nombre annuel de nouveaux cas).

Concernant le nombre de malades, ayant déjà des invalidités, lors du dépistage :

la proportion de ces malades permet d’apprécier combien la détection diffère de l’ incidence actuelle

elle permet de juger de la qualité de la lutte contre la lèpre dans un pays et d’apprécier la précocité du diagnostic

Le succès de la lutte contre la lèpre viendra, non seulement de la diminution du nombre de nouveaux cas, mais également, parmi eux, du nombre de ceux ne présentant pas d’atteinte neurologique

Et il faut donc répéter sans cesse que la lèpre est une neuropathie dont le diagnostic précoce est dermatologique

2/ Qu’a-t-on appris de nouveau sur la lèpre durant les dernières années (en dehors des traitements) ?
Dr Pierre Bobin :

Au plan de la recherche, quelques progrès ont été récemment accomplis et d’autres sont attendus dans un avenir proche, pour générer de nouveaux outils nécessaires à l’ amélioration des moyens prophylactiques, diagnostiques et thérapeutiques actuels

Pour mieux connaître Mycobacterium leprae et répondre aux questions concernant la pathogénie de la maladie et les modalités de réponse immunologique de l’ hôte :

le séquençage du génome de M. leprae qui vient d’être terminé grâce aux travaux de Stewart Cole, de l’ Institut Pasteur de Paris, a été une étape essentielle qui permettra d’ identifier de nouvelles cibles antibiotiques, des molécules immunologiquement importantes, des séquences de base utiles pour le typage de souches de M. leprae

l’ étude de la réponse immune à M. leprae permet d’identifier le rôle des cytokines ( TNFa…..) dans les réactions lépreuses, le mécanisme immunopathologique des lésions nerveuses, l’interaction au niveau moléculaire de M. leprae avec le nerf

Pour envisager une prévention de la lèpre et de ses complications, dans le cadre de l’immuno-prophylaxie, différents vaccins ( BCG seul, BCG+ M.leprae tués …..) sont en cours d’ expérimentation ou d’ évaluation ainsi que la corticothérapie systématique en début de PCT pour prévenir les neuropathies

Pour améliorer le diagnostic, de nouveaux outils devraient permettre prochainement la détection de la « lèpre infection » dans une population, par des tests cutanés ( AG de 2ème génération) et le diagnostic précoce de la lèpre, notamment multibacillaire (MB), des réactions et des neuropathies. En ce qui concerne la détection de résistance médicamenteuse, on dispose déjà de tests rapides pour évaluer la résistance à la rifampicine ( énorme progrès par rapport à la technique d’ inoculation à la souris )

3/ Quelles sont les grandes avancées thérapeutiques de ces dernières années et les perspectives d’avenir ?
Dr Pierre Bobin :

La polychimiothérapie anti-lépreuse utilisée depuis 1981 et associant Rifampicine-Dapsone et Clofazimine pendant 2 ans dans les formes multibacillaires (MB) et Rifampicine- Dapsone pendant 6 mois dans les formes paucibacillaires (PB) a fait la preuve de son efficacité car les rechutes sont considérées comme très rares (environ 1 %) et que l’ on n’ a pas noté de cas de résistance à la Rifampicine .

Mais ce traitement est encore trop long et son utilisation dans la plupart des pays en voie de développement pose beaucoup de problèmes au plan logistique .

L’OMS a récemment préconisé de ramener à 12 mois la durée de la PCT de 24 mois dans les formes MB. Cette décision n’a pas fait l’unanimité dans le monde de la léprologie, certains auteurs avançant qu’ il n ‘existe pas de preuve scientifique concernant son efficacité par rapport au schéma classique et que l’on risque de constater dans les 10 ans à venir une augmentation du nombre des rechutes .

Pour raccourcir la durée de la PCT et donc en améliorer la faisabilité, sont actuellement en cours d’évaluation :

de nouveaux antibiotiques à activité bactéricide plus puissante (rifapentine, moxifloxacine…)

de nouveaux protocoles, comme, par exemple, celui associant Rifampicine-Ofloxacine-Minocycline (ROM) ou plus récemment celui associant Rifapentine-Moxifloxacine-Minocycline dont les essais sur la souris se sont montrés particulièrement prometteurs et qui va maintenant être expérimenté chez l’ homme

de nouvelles stratégies opérationnelles pour le traitement de la maladie elle-même et des réactions

En conclusion, on peut noter des progrès depuis ces dernières années dans la lutte contre la lèpre si l’on se base sur le taux de prévalence globale de la maladie et sur les dernières avancées au plan de la recherche et des nouvelles stratégies opérationnelles

Mais l’ optimisme affiché par l’ OMS, qui annonce que l ‘ »élimination de la lèpre comme problème de santé publique » sera réalisée au niveau mondial en 2005, semble à beaucoup d’observateurs totalement injustifié car le taux de nouveaux cas annuels reste inchangé depuis ces 5 dernières années signant ainsi l’importance du « réservoir » infectieux

Le risque d’un tel optimisme est la démobilisation des chercheurs, des personnels de santé et des bailleurs de fond. Il ne faut pas qu’il y ait confusion dans les esprits entre « élimination » selon les critères de l’ OMS et l’éradication, pour le moment encore totalement utopique. La plus grande vigilance reste donc de rigueur

PIQURE DE TIQUE : tache rouge après morsure de tique

Piqûre de tique : que faire ?

La piqûre de tique expose au risque de maladie de Lyme, une infection bactérienne à Borrelia burgdorferi pouvant entraîner des complications sérieuses si elle n’est pas traitée rapidement.

4 points essentiels à retenir dès la découverte d’une tique :

  • Le risque de contamination est très faible si la tique est retirée dans les 24 premières heures, mais devient quasi certain au-delà de 72 heures de fixation
  • Plus la tique est grosse (adulte), plus elle risque d’être infectée
  • L’outil idéal est le tire-tique disponible en pharmacie — doux mouvements de rotation, jamais de traction perpendiculaire
  • Après retrait : désinfecter et surveiller l’apparition d’une rougeur extensible pendant un mois
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– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


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Sommaire :
Qu’est-ce qu’une tique ? |
Symptômes |
Enlever la tique |
Surveillance un mois |
Faut-il faire une prise de sang ? |
Traitement |
Prévention |
Pages associées |
Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une tique et pourquoi est-ce dangereux ?

Piqûre de tique

La tique est un acarien hématophage qui se nourrit du sang de son hôte. L’espèce responsable de la maladie de Lyme en Europe se nomme Ixodes ricinus. L’homme est un hôte accidentel : la tique se contamine en piquant de petits rongeurs sauvages porteurs de Borrelia burgdorferi, puis transmet la bactérie à l’homme lors d’une piqûre ultérieure. Toutes les tiques ne sont pas infectées.

tique sur la peau
Tique fixée sur la peau
Répartition géographique de la tique Ixodes Ricinus
Répartition géographique d’Ixodes ricinus en Europe

En France métropolitaine, quasiment tout le territoire est concerné en période chaude (printemps, été, automne), avec une prévalence plus marquée dans le Centre et l’Est du pays. Les piqûres surviennent lors d’activités en plein air : randonnée en forêt, jardinage, sport en zone boisée ou humide (herbes hautes, fougères, prairies). Les parcs urbains sont également concernés.

💡 Le saviez-vous ? Il n’existe pas de tiques au-delà de 1 500 m d’altitude : pas de risque en haute montagne. Ötzi, la « momie des glaces » découverte dans les Alpes et datant de 5 000 ans, était atteinte de la maladie de Lyme.

La tique peut également transmettre d’autres maladies que la maladie de Lyme : rickettsioses, borrélioses à fièvres récurrentes, tularémie, encéphalite à tique (en Europe centrale et orientale).

Il existe trois stades évolutifs après l’éclosion des œufs : la larve, puis la nymphe, puis la tique adulte mâle ou femelle. Plus la tique est évoluée, plus elle est grosse, et plus elle a piqué de rongeurs, augmentant le risque qu’elle soit infectée.

Cycle de la tique
Cycle évolutif de la tique : larve, nymphe, adulte
Stade Taille Risque de contamination
Larve ~1 mm Faible (peu de repas sanguins infectants)
Nymphe 1–2 mm Modéré — souvent confondue avec un grain de poussière
Adulte 3–5 mm (gorgée : jusqu’à 1 cm) Élevé — a piqué plusieurs hôtes
⚠️ Durée de fixation et risque : en dessous de 24 heures le risque est faible — au-delà de 72 heures il est quasi certain. Plus la tique découverte est grosse, plus le risque de contamination est élevé.

Symptômes : deux situations possibles

Cas 1 : simple rougeur sans tique visible

Une rougeur est présente mais aucune tique n’est visible. Il peut s’agir d’une piqûre d’insecte classique ou d’une piqûre de tique dont le corps a été arraché accidentellement.

Examiner la rougeur à la loupe : la présence d’un point noir central peut signer un rostre de tique resté dans la peau. Dans ce cas, consulter un médecin pour qu’il confirme le diagnostic et retire le rostre si nécessaire.

Cas 2 : tique visible et fixée sur la peau

Déterminer si la tique est adulte (plus grand risque de contamination) ou une nymphe (point noir de quelques millimètres, risque plus faible).

Dans les deux cas : retirer la tique correctement et se surveiller pendant un mois à la recherche d’un érythème migrant et/ou de symptômes grippaux (fièvre, maux de tête, douleurs musculo-articulaires).

L’absence de ces symptômes au bout d’un mois signifie très probablement que la tique n’était pas infectée.

Comment enlever une tique

Retirer la tique le plus rapidement possible. Le risque majeur est de laisser le rostre dans la peau : cette pièce buccale rainurée comme une mèche de perceuse est potentiellement infectée et doit être retirée en effectuant des rotations — jamais en tirant perpendiculairement à la peau, ce qui provoquerait sa rupture.

tête de la tique et rostre
Le rostre de la tique
Méthode Technique À faire / À éviter
Tire-tique ✓ Recommandé Glisser l’encoche au ras de la peau, rotations douces jusqu’au détachement complet ✅ Disponible en pharmacie sans ordonnance
Pince à épiler à bouts recourbés ✓ Alternative Saisir à la base au plus près de la peau, mouvements de rotation alternés + traction progressive ✅ À défaut du tire-tique
Éther, alcool, vaseline, flamme ❌ Stress de la tique → régurgitation bactérienne → risque augmenté
Traction perpendiculaire seule ❌ Rupture du rostre qui reste dans la peau
⚠️ Si le rostre reste dans la peau : consulter un médecin sans tarder pour un retrait sous anesthésie locale au bistouri circulaire.

Après retrait complet, désinfecter avec un antiseptique doux (chlorhexidine aqueuse). Il est possible de tester la tique retirée en pharmacie : des kits de détection de Borrelia permettent de savoir si la tique était infectée avant l’apparition de tout symptôme.

Voir l’article détaillé : comment enlever une tique correctement.

Surveillance pendant un mois après la piqûre

Surveiller attentivement pendant les quatre semaines suivant la piqûre :

Signe à surveiller Délai d’apparition Signification
Érythème chronique migrant — anneau rouge extensible partant du point de morsure 3 à 30 jours 🔴 Signe pathognomonique de maladie de Lyme — consulter immédiatement
Fièvre modérée ≥ 38,5 °C 1 à 4 semaines 🟡 Peut signer une borréliose ou autre co-infection — consulter
Fatigue inhabituelle, maux de tête 1 à 4 semaines 🟡 Symptômes grippaux évocateurs — consulter si persistants
Douleurs musculo-articulaires 1 à 4 semaines 🟡 Arthralgie de Lyme précoce possible
Petite rougeur < 5 mm non extensible au point de piqûre Immédiat à 48 h 🟢 Réaction locale bénigne — pas d’érythème migrant
érythème migrant de la maladie de Lyme
Érythème migrant : rougeur annulaire extensible signant la maladie de Lyme
💡 Attention : une simple rougeur de quelques millimètres autour du point de piqûre, non extensible, est une réaction locale banale qui ne signe pas un érythème chronique migrant.
Rougeur réactionnelle bénigne après morsure de tique

En cas d’érythème migrant, consulter un médecin sans attendre pour débuter le traitement antibiotique : le diagnostic est clinique, aucune sérologie n’est nécessaire à ce stade.

Faut-il faire une prise de sang après une piqûre de tique ?

En présence d’un érythème chronique migrant : non. L’éruption suffit au diagnostic, la sérologie est souvent faussement négative à ce stade précoce.

En l’absence d’érythème migrant mais avec des symptômes persistants : la sérologie de Lyme repose sur une stratégie en deux étapes :

Étape Test Interprétation
1re étape Sérologie EIA/IFA — IgM + IgG si < 30 jours ; IgG seules si > 30 jours Négatif → arrêt des investigations. Positif ou équivoque → étape 2. Les IgM isolées tardives sont des faux positifs (EBV, CMV).
2e étape Western Blot (immuno-blot) Plus spécifique. Le diagnostic biologique est retenu uniquement si les deux tests sont positifs.
⚠️ Les tests non validés en routine (cytométrie de flux, Elispot, PCR LCR, antigènes urinaires, CD57) ne doivent pas être utilisés en dehors d’un cadre spécialisé ou de recherche.

Traitement après piqûre de tique

En présence d’un érythème migrant

Un traitement antibiotique est immédiatement prescrit sans attendre de sérologie. Voir les protocoles détaillés dans l’article maladie de Lyme.

En l’absence d’érythème migrant : antibioprophylaxie

L’antibioprophylaxie n’est pas systématique après toute piqûre de tique. En effet, seuls 5 % des personnes infectées développent une maladie de Lyme avérée dans les 5 ans : on peut être séropositif pour Borrelia burgdorferi sans jamais développer la maladie.

Elle peut être envisagée uniquement si :

  • la tique est restée fixée plus de 36 heures
  • la durée de fixation est inconnue mais la tique est gorgée de sang
  • la personne piquée est une femme enceinte (risque de transmission au fœtus)
Population Antibiotique Posologie
Adulte et enfant > 9 ans Doxycycline 200 mg per os en prise unique
Femme enceinte et enfant < 9 ans Amoxicilline 500 mg × 3/j pendant 10 jours

Prévenir les piqûres de tique

Lors de toute activité en milieu naturel (forêt, jardinage, randonnée, travail en extérieur) :

Mesure préventive Détail pratique
Vêtements couvrants de couleur claire Manches longues, pantalon rentré dans les chaussettes, chapeau — les tiques se repèrent mieux sur fond clair
Répulsif cutané à base de DEET ou d’icaridine Sur toutes les zones exposées — renouveler toutes les 4–5 h et après baignade
Inspection corporelle complète au retour Grands plis : aine, aisselles, derrière les genoux, cuir chevelu, derrière les oreilles. Retirer toute tique dans les 24–48 h.
Inspecter les animaux domestiques Les chiens et chats ramènent des tiques qui peuvent ensuite piquer les humains

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Questions fréquentes

Que faire si la tête de la tique reste dans la peau ?

Si le rostre (pièce buccale) reste dans la peau après retrait, ne pas tenter de l’extraire soi-même avec une aiguille — risque de le fragmenter davantage. Consulter un médecin pour un retrait au bistouri circulaire sous anesthésie locale. Une petite réaction inflammatoire locale peut persister quelques jours même après retrait complet.

Peut-on attraper la maladie de Lyme sans avoir vu de tique ?

Oui. La nymphe de tique mesure 1 à 2 mm et est souvent confondue avec un grain de poussière ou une égratignure. Une grande proportion des patients atteints de maladie de Lyme ne se souviennent d’aucune piqûre. C’est pourquoi tout érythème annulaire extensible après une activité en milieu naturel doit faire évoquer le diagnostic.

La maladie de Lyme se transmet-elle entre humains ?

Non. La maladie de Lyme ne se transmet pas de personne à personne, ni par les animaux domestiques directement. Seule la piqûre d’une tique infectée est un mode de contamination reconnu.

Faut-il garder la tique après l’avoir retirée ?

Oui, si possible. Conserver la tique dans un tube hermétique (tube à essai, flacon). Des kits de test disponibles en pharmacie permettent de détecter la présence de Borrelia dans la tique avant l’apparition de tout symptôme, ce qui aide à décider d’une antibioprophylaxie.

Y a-t-il un vaccin contre la maladie de Lyme ?

Il n’existe actuellement pas de vaccin disponible contre la maladie de Lyme en France. Des vaccins sont en développement clinique avancé (phase III). La seule prévention reste la protection mécanique et les répulsifs lors des activités en milieu naturel.

Références

Document de l’INPES (2016) sur les piqûres de tiques
Dépliant prévention des piqûres de tique et maladie de Lyme
Éviter les piqûres de tique au travail

Voir aussi :
Maladie de Lyme |
Piqûres d’insectes |
Piqûres de moustiques |
Aoutat |
Retour de voyage


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MALADIE DE LYME – TIQUES
« Secrets de dermatologue » :

– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
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PANARIS DU DOIGT OU DU PIED : soigner un panari (doigt ou orteil)

Panaris du doigt ou de l’orteil : symptômes, traitement et urgences

Le panaris (ou « mal blanc ») est une infection bactérienne aiguë du doigt ou de l’orteil, siégeant le plus souvent au pourtour de l’ongle. Très douloureux, il peut se compliquer d’infections profondes graves (ostéo-arthrite, phlegmon des gaines tendineuses…). C’est une urgence médicale nécessitant une consultation dans les 48 heures.

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Cet article en vidéo


Vidéo : panaris du doigt — symptômes et traitement

Panaris du doigt — infection péri-unguéale

Sommaire :
Qu’est-ce qu’un panaris |
Symptômes |
Types de panaris |
Diagnostics différentiels |
Traitement |
Prévention |
Points clés |
Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un panaris ?

Le panaris, également appelé « mal blanc » ou « tourniole », est une infection aiguë du doigt ou de l’orteil, le plus souvent localisée au pourtour de l’ongle (panaris péri-unguéal ou sous-unguéal). Il survient majoritairement après une blessure minime, parfois inaperçue, et touche plus fréquemment les travailleurs manuels.

Panaris ou tourniole — infection du doigt

Symptômes du panaris

Le panaris est dû le plus souvent à Staphylococcus aureus (staphylocoque doré), mais aussi à des entérocoques, streptocoques ou germes anaérobies. Le germe pénètre dans ou sous la peau à l’occasion d’une blessure souvent minime :

  • Arrachage d’une « envie » (petite peau au pourtour de l’ongle)
  • Soins de manucure avec refoulement des cuticules
  • Onychophagie (se ronger les ongles et triturer leur pourtour)
  • Piqûre, épine, écharde

Panaris péri-unguéal débutant

Stade 1 — Panaris débutant (inflammatoire)

2 à 5 jours après la blessure apparaissent les signes inflammatoires classiques : œdème, rougeur, chaleur et douleur s’atténuant la nuit. Pas de fièvre ni de ganglion axillaire à ce stade. Le panaris débutant est souvent réversible avec un traitement médical local.

Panaris péri-unguéal au stade inflammatoire

Stade 2 — Panaris collecté (abcès)

Sans traitement, le panaris peut se collecter : apparition d’une poche de pus avec zone jaunâtre centrale. La douleur devient lancinante, pulsatile et insomniante. Un ganglion douloureux et de la fièvre peuvent apparaître.

⚠️ Le stade collecté est irréversible spontanément et nécessite un traitement chirurgical urgent. Sans intervention, l’infection peut se propager en surface (fistulisation, nécrose) ou en profondeur (ostéo-arthrite, phlegmon des gaines tendineuses, « main en battoir »).

Panaris au stade d'abcès — poche de pus

📚 Infections de la main : prise en charge et complications — PubMed

Types de panaris

Sur le plan anatomique

  • Panaris superficiel ou cutané : l’infection ne dépasse pas le derme. Traitement médical souvent suffisant.
  • Panaris sous-cutané : forme la plus classique, avec collection purulente dans le tissu sous-cutané.
  • Panaris en bouton de chemise : communication entre une poche superficielle et une poche sous-cutanée par un pertuis. La poche profonde peut passer inaperçue et être source de complications graves.

Sur le plan topographique

Le panaris péri- ou sous-unguéal représente 2/3 des cas. Il peut aussi toucher la pulpe, le côté ou le dos du doigt.

Diagnostics différentiels

Plusieurs affections peuvent être confondues avec un panaris bactérien :

Panaris herpétique

Dû au virus Herpes simplex (HSV). Se manifeste par des vésicules douloureuses groupées en bouquet sur le doigt, sans collection purulente franche. Fréquent chez les soignants (contact avec les muqueuses buccales ou génitales des patients). Ne jamais inciser un panaris herpétique — le traitement est antiviral (aciclovir). Voir notre article sur l’herpès.

Herpès du doigt — panaris herpétique

Périonyxis à Candida

Mycose de l’ongle à Candida albicans : pourtour de l’ongle gonflé et rouge, évoluant vers une atteinte de l’ongle. Fréquent chez le diabétique et les personnes ayant les mains souvent dans l’eau. Traitement antifongique local. Voir notre article sur la mycose des ongles.

Onychomycose et périonyxis à Candida

Candida dans l'ongle

Ongle incarné

Pénétration du bord de l’ongle dans le tissu péri-unguéal, provoquant une inflammation douloureuse et parfois surinfection. Voir notre article sur l’ongle incarné.

Ongle incarné — diagnostic différentiel du panaris

Faux panaris d’Osler

Petits nodules érythémateux douloureux des pulpes des doigts, pathognomoniques d’une endocardite infectieuse. Tout « panaris » récidivant ou survenant dans un contexte fébrile avec souffle cardiaque doit faire évoquer ce diagnostic et orienter vers les urgences.

Traitement du panaris

Vérification du statut vaccinal anti-tétanique

Dans tous les cas, le statut anti-tétanique doit être vérifié et mis à jour si nécessaire.

Panaris débutant — traitement médical

Si le panaris est encore au stade inflammatoire (pas de poche de pus, douleur non insomniante, pas de fièvre ni de ganglion), le médecin prescrit :

  • Antibiotiques par voie orale à visée anti-staphylococcique (amoxicilline-acide clavulanique, pristinamycine, clindamycine…)
  • Soins locaux : pansements avec crème antibiotique (Fucidine®, Mupiderm®…) et bains de doigt dans un antiseptique

💡 Si aucune amélioration n’est constatée dans les 48h suivant le début du traitement médical, reconsulter en urgence. Le panaris est en train de se collecter et nécessite probablement une incision chirurgicale.

Panaris collecté — urgence chirurgicale

Lorsque le panaris s’est transformé en abcès (douleur insomniante, zone jaunâtre, fièvre, ganglion), le traitement est chirurgical en urgence :

  • Parage chirurgical sous anesthésie locale : incision et évacuation de la totalité du pus et des tissus nécrosés
  • Mise en culture du pus pour analyse bactériologique et antibiogramme
  • Antibiothérapie adaptée selon les résultats de la culture

📚 Prise en charge chirurgicale des infections de la main — PubMed

Prévention

Prévention personnelle

  • Éviter de ronger les ongles et d’arracher les petites peaux (« envies ») autour des ongles
  • Éviter de refouler les cuticules lors des soins de manucure
  • Porter des gants pour les travaux manuels et le jardinage
  • Nettoyer et désinfecter toute plaie du doigt ou de la main immédiatement, même minime
  • Pour extraire une écharde ou une épine : désinfecter la peau et la pince à épiler avant, écarter la peau plutôt que presser

Ces précautions sont d’autant plus importantes en cas de facteurs de risque : diabète, corticothérapie, immunosuppresseurs, VIH, alcoolisme, toxicomanie.

Prévention vis-à-vis de l’entourage

⚠️ En cas de panaris, évitez de manipuler des aliments : le staphylocoque peut contaminer les préparations culinaires et provoquer une toxi-infection alimentaire. Les professionnels de l’alimentation (cuisiniers, pâtissiers, boulangers…) doivent cesser leur activité jusqu’à guérison complète.

Points clés

  • Le panaris est une infection bactérienne du doigt, le plus souvent péri-unguéale, due à Staphylococcus aureus
  • C’est une urgence : consultation dans les 48h suivant l’apparition des symptômes
  • Au stade collecté (abcès), le traitement est chirurgical — ne jamais percer soi-même
  • Il peut se compliquer d’ostéo-arthrite ou de phlegmon des gaines tendineuses sans traitement rapide
  • Le panaris herpétique et le périonyxis à Candida sont des diagnostics différentiels importants

Questions fréquentes sur le panaris

Peut-on soigner un panaris soi-même à la maison ?
Au stade très débutant (simple rougeur sans pus, douleur modérée), on peut en attendant la consultation réaliser des bains de doigt 3 à 4 fois par jour dans une solution antiseptique (chlorhexidine type Diaseptyl®, Hexaseptine®…), puis poser un pansement avec compresse après avoir appliqué une crème antiseptique. Sur conseil du pharmacien, des antiseptiques doux sont disponibles sans ordonnance. Si aucune amélioration dans les 48h ou en cas d’aggravation, consultation médicale obligatoire.

Comment distinguer un panaris d’un panaris herpétique ?
Le panaris herpétique présente des vésicules groupées en bouquet, sans poche de pus franche, souvent très douloureuses. Il est fréquent chez les soignants. La distinction est cruciale car inciser un panaris herpétique est contre-indiqué (risque de surinfection et de dissémination virale). En cas de doute, consultez un médecin avant tout geste.

Faut-il prendre des antibiotiques pour un panaris ?
Pas systématiquement au stade très débutant. En revanche, dès que l’infection progresse ou ne régresse pas sous soins locaux en 48h, des antibiotiques oraux à visée anti-staphylococcique sont indispensables. Ils sont prescrits par le médecin après évaluation clinique.

Combien de temps dure un panaris traité ?
Un panaris pris en charge précocement (stade inflammatoire) guérit en 5 à 10 jours sous traitement médical. Au stade chirurgical, la cicatrisation dure 2 à 4 semaines selon l’étendue du parage. Sans traitement adapté, le risque de complications graves (phlegmon, ostéo-arthrite) est réel.

Le panaris peut-il récidiver ?
Oui, notamment en cas de facteurs de risque persistants : onychophagie, soins de manucure agressifs, diabète mal équilibré, immunodépression. La correction des facteurs favorisants est indispensable pour éviter les récidives.

Que risque-t-on à ne pas traiter un panaris ?
Sans traitement rapide, un panaris peut évoluer vers un phlegmon des gaines tendineuses (infection des tendons fléchisseurs), une ostéo-arthrite (infection de l’os ou de l’articulation) ou une nécrose. Ces complications nécessitent une chirurgie lourde et peuvent entraîner des séquelles fonctionnelles définitives du doigt.

Vidéo : traitement chirurgical du panaris


Vidéo : traitement chirurgical du panaris

Références scientifiques


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MUPIDERM : Mupiderm ® pommade, mupirocine 2%

Mupiderm® (mupirocine 2 %) : tout ce qu’il faut savoir avant de l’utiliser

La mupirocine est un antibiotique de première importance en dermatologie, avec des indications précises et quelques règles d’utilisation à connaître pour qu’il soit vraiment efficace.

Ce guide fait le point sur tout ce que vous devez savoir sur Mupiderm® : ce que c’est, pourquoi on le prescrit, comment l’appliquer correctement, ce qu’on ne doit jamais faire avec — et pourquoi il ne faut pas l’utiliser à tort pour éviter l’apparition de résistances bactériennes.

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Qu’est-ce que la mupirocine ?

La mupirocine est un antibiotique topique produit naturellement par la bactérie Pseudomonas fluorescens. Elle appartient à une classe antibiotique unique — les acides pseudomoniques — ce qui lui confère une absence totale de résistance croisée avec les autres antibiotiques. Autrement dit, une bactérie résistante à la pénicilline, à l’amoxicilline ou à la doxycycline peut très bien rester sensible à la mupirocine.

Son mécanisme d’action est original : elle bloque spécifiquement l’enzyme isoleucyl-ARNt synthétase bactérienne, indispensable à la synthèse des protéines bactériennes. En inhibant cette enzyme, elle empêche les bactéries de se multiplier (effet bactériostatique) et, à forte concentration locale comme on l’obtient avec une pommade topique, elle les tue directement (effet bactéricide).

Caractéristique Détail
Nom commercial Mupiderm® — pommade à 2%
Principe actif Mupirocine calcique 20 mg/g (2%)
Classe antibiotique Acide pseudomonique — classe unique, pas de résistance croisée
Spectre d’activité principal Staphylocoques (y compris SARM communautaire), Streptocoques du groupe A
Forme galénique Pommade blanche — excipient polyéthylèneglycol (PEG)
Remboursement SS Oui — sur prescription médicale
💡 Un antibiotique topique à spectre étroit et ciblé
La mupirocine est particulièrement efficace contre Staphylococcus aureus — y compris les souches résistantes à la méticilline (SARM) dans leur forme communautaire — et contre Streptococcus pyogenes (streptocoque du groupe A, SGA). Ces deux bactéries sont responsables de la grande majorité des infections cutanées superficielles en dermatologie.


Quand prescrit-on le Mupiderm® ?

Le Mupiderm® a plusieurs indications dermatologiques bien établies. Il est important de les connaître pour comprendre pourquoi votre médecin l’a prescrit — et ne pas l’utiliser à tort dans d’autres situations.

Indication Mécanisme Schéma d’utilisation Efficacité
Impétigo non bulleux localisé (< 5 lésions) Infection à S. aureus et/ou SGA — croûtes mielleuses 3 fois/j × 5 à 7 jours sur les lésions Équivalente à l’antibiothérapie orale pour les formes localisées — évite les antibiotiques systémiques
Impétigo récidivant — décolonisation nasale Portage nasal de S. aureus — source de récidives Application dans chaque narine, 2-3 fois/j × 5 jours — chez tous les porteurs du foyer Supprime le portage nasal dans 70% des cas pour 3 mois
Folliculites superficielles bactériennes Infection folliculaire à S. aureus 2-3 fois/j × 5-7 jours Bonne
Furoncle débutant Infection folliculaire profonde — stade initial Précocement avant fluctuation — en association avec soins locaux Peut éviter l’évolution vers l’abcès
Acné bactérienne surinfectée Surinfection staphylococcique des lésions d’acné Sur les lésions surinfectées uniquement — pas en traitement de fond de l’acné Bonne sur les lésions surinfectées — ne traite pas l’acné elle-même
Herpès labial surinfecté Surinfection bactérienne des croûtes d’herpès Sur les croûtes surinfectées — pas d’effet antiviral Réduit la surinfection et aide à la chute des croûtes
Plaies et abrasions surinfectées Infection bactérienne superficielle Selon l’étendue et la profondeur Bonne sur les infections superficielles
⚠️ Ce que le Mupiderm® ne traite PAS
Le Mupiderm® est sans effet sur les infections fongiques (mycoses, candidoses), les infections virales (herpès, verrues, zona), et les infections à bactéries gram-négatives. L’utiliser dans ces situations n’apportera rien et contribuera à sélectionner des résistances. Un impétigo étendu (plus de 5 lésions), une cellulite, un érysipèle ou un abcès collecté nécessitent une antibiothérapie orale — pas seulement un traitement local.


Portage nasal de staphylocoque : l’usage méconnu du Mupiderm®

C’est l’indication qui surprend souvent les patients : « Mais docteur, j’ai des boutons sur le corps — pourquoi me prescrivez-vous une pommade dans le nez ? »

La réponse est simple : le nez est le principal réservoir de Staphylococcus aureus chez l’être humain. 30 à 40% des individus sont porteurs sains — c’est-à-dire qu’ils hébergent le staphylocoque dans leurs narines sans développer d’infection. Mais ce portage devient problématique quand il entretient des infections cutanées récidivantes : impétigos qui reviennent, furoncles répétés, folliculites chroniques du visage. Le patient se traite, guérit — et se réinfecte quelques semaines plus tard depuis son propre nez, en portant ses doigts à son visage.

💡 Le protocole de décolonisation nasale
En cas d’impétigo ou de folliculites récidivantes, je recommande souvent un prélèvement nasal de toute la famille pour identifier les porteurs asymptomatiques. Les porteurs reçoivent un traitement de décolonisation : application de pommade Mupiderm® dans chaque narine (premier centimètre), 2 à 3 fois par jour pendant 5 jours. Ce traitement supprime le portage dans 70% des cas pour une durée d’environ 3 mois. Il peut être répété 1 fois par mois pendant 1 an dans les situations de récidives fréquentes — en veillant à ne pas dépasser cette fréquence pour limiter le risque de résistance.

Pour en savoir plus sur cette problématique : comment se débarrasser du staphylocoque doré.


Comment bien utiliser le Mupiderm® ?

Sur les lésions cutanées

  1. Nettoyer et sécher les lésions — nettoyer délicatement à l’eau et au savon doux ou avec de la chlorhexidine aqueuse (non alcoolique). Sécher soigneusement.
  2. Appliquer une couche fine de pommade directement sur chaque lésion, en évitant de trop étaler sur la peau saine adjacente.
  3. Fréquence — 2 à 3 applications par jour, de préférence matin, midi et soir.
  4. Durée — 5 à 10 jours selon l’indication. Ne pas prolonger au-delà de 10 jours sans avis médical.
  5. Se laver les mains avant et après chaque application.

Dans les narines (décolonisation)

  1. Prendre une petite quantité de pommade sur le bout du petit doigt ou sur un coton-tige.
  2. Appliquer sur le premier centimètre de chaque narine — ne pas introduire profondément.
  3. Pincer légèrement les narines pendant 1 à 2 minutes pour répartir le produit.
  4. 2 à 3 applications par jour pendant 5 jours.
🔑 Les 4 règles d’efficacité
1. Appliquer sur une peau propre et sèche — jamais sur une lésion humide ou suintante sans nettoyage préalable.
2. Respecter les 3 applications par jour — 2 fois par jour est insuffisant pour maintenir des concentrations bactéricides constantes.
3. Ne pas dépasser 10 jours d’application continue sur la même zone — risque de sélection de résistances.
4. En cas d’impétigo récidivant, traiter tout le foyer simultanément (y compris les porteurs nasaux asymptomatiques) — sinon les récidives sont inévitables.


Contre-indications et précautions importantes

Situation Conduite à tenir Raison
Allergie à la mupirocine ou au polyéthylèneglycol (PEG) Ne pas utiliser — consulter pour une alternative L’excipient PEG peut provoquer des réactions allergiques — et peut être absorbé en cas d’application sur de grandes surfaces ou de peau lésée
Application dans les yeux ou sur les paupières Strictement contre-indiqué Risque d’irritation sévère de la muqueuse oculaire
Application sur les muqueuses (sauf nasale sur prescription) Éviter Absorption systémique accrue — muqueuses plus perméables
Allaitement Ne pas appliquer sur le mamelon ou l’aréole Risque d’ingestion par le nourrisson
Grossesse Utiliser uniquement sur avis médical — probablement sûr à distance des muqueuses Données limitées — l’absorption systémique est très faible en application cutanée
Application sur de grandes surfaces ou peau lésée étendue Éviter ou encadrement médical strict Absorption systémique du PEG — toxicité rénale potentielle à forte dose
Nourrisson de moins de 2 mois Prudence — sous surveillance médicale Données limitées dans cette tranche d’âge
⚠️ Arrêter et consulter si…
• Les lésions s’aggravent ou s’étendent malgré 3 à 4 jours de traitement bien conduit
• Apparition de rougeurs, œdème ou démangeaisons inhabituelles sur les zones traitées (réaction allergique possible)
• Fièvre ou signes généraux associés aux lésions cutanées (infection qui dépasse le stade superficiel)
• Les lésions ne guérissent pas après 10 jours de traitement (évoquer une résistance bactérienne ou un diagnostic différent)


Mupiderm® ou Fucidine® : quelle différence et quand choisir l’un plutôt que l’autre ?

C’est la question que posent souvent les patients — et parfois les médecins eux-mêmes. Les deux sont des antibiotiques topiques anti-staphylococciques, remboursés, disponibles en crème et en pommade. Mais leurs profils diffèrent sur plusieurs points importants.

Critère Mupiderm® (mupirocine 2%) Fucidine® (acide fusidique 2%)
Classe antibiotique Acide pseudomonique — unique Acide fusidique — classe stéroïde
Spectre principal Staphylocoques (SARM ++) + SGA Staphylocoques (moins actif sur SARM) + SGA
Activité sur SARM communautaire Bonne (à faible niveau de résistance) Variable — moins fiable
Résistances acquises En augmentation si utilisation prolongée Plus fréquentes — sélection rapide si traitement > 7-10 jours
Galénique disponible Pommade uniquement Crème ET pommade (+ compresses imprégnées)
Décolonisation nasale Référence absolue Non indiquée dans cette indication
1er choix impétigo localisé Oui — recommandations HAS 2023 Alternative — préférer mupirocine si SARM suspecté
Tolérance locale Bonne — légèrement moins grasse que la pommade Fucidine Très bonne — texture crème appréciée
💡 Mon choix en pratique
Pour un premier épisode d’impétigo localisé sans facteur de risque particulier, les deux sont équivalents. Je préfère la mupirocine (Mupiderm®) dans les situations suivantes : impétigo récidivant dans une famille (décolonisation nasale simultanée), suspicion de SARM communautaire (sportifs, personnes avec contacts répétés en milieu de soins), ou si le patient a déjà été traité par acide fusidique sans succès.


Résistances bactériennes : pourquoi il ne faut pas abuser du Mupiderm®

La mupirocine est un antibiotique précieux — précisément parce qu’il reste actif sur le SARM communautaire quand de nombreux autres antibiotiques ne le sont plus. Ce précieux avantage est menacé par une utilisation excessive ou prolongée.

Deux types de résistances à la mupirocine existent chez S. aureus : une résistance de bas niveau (CMI 8-256 mg/L) — sélectionnée par des traitements courts et répétés, réversible — et une résistance de haut niveau (CMI > 512 mg/L) — conférée par le gène mupA, transmissible entre bactéries, et qui rend la mupirocine complètement inefficace. La résistance de haut niveau est retrouvée dans 1 à 10% des souches de SARM selon les régions et les établissements de soins.

⚠️ Les pratiques qui génèrent des résistances
• Applications prolongées (> 10 jours en continu)
• Utilisation en automédication sans indication validée
• Application préventive sur toute lésion cutanée non infectée
• Décolonisation nasale répétée plus d’une fois par mois
• Prescription par ordonnance ancienne renouvelée sans réévaluation

La mupirocine doit rester un antibiotique de prescription — son utilisation en automédication n’est pas recommandée.

🔬 Impétigo récidivant ? Folliculites qui reviennent ? Le Dr Rousseau peut identifier la cause et mettre en place un protocole de décolonisation adapté.

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Questions fréquentes sur le Mupiderm®

Peut-on utiliser le Mupiderm® sur l’herpès labial ?La mupirocine n’a aucun effet antiviral — elle ne traite pas l’herpès. En revanche, certains dermatologues la prescrivent sur les croûtes d’herpès labial surinfectées par des bactéries (ce qui arrive fréquemment et ralentit la cicatrisation). Dans ce cas précis, elle est utile pour éliminer la surinfection bactérienne et aider à la chute des croûtes. Mais si l’objectif est de traiter l’herpès lui-même, seul l’aciclovir ou le valaciclovir est efficace.

Peut-on mettre du Mupiderm® dans le nez ?Oui — c’est même l’une de ses indications les plus importantes. L’application intra-nasale (premier centimètre des narines) est le traitement de référence pour décoloniser le portage de Staphylococcus aureus, qui entretient les impétigos et folliculites récidivants. Ce traitement est prescrit par le médecin avec un protocole précis — ne pas l’utiliser en automédication dans les narines sans prescription.

Combien de temps faut-il pour que le Mupiderm® agisse sur un impétigo ?Une amélioration visible des lésions (réduction des croûtes, moins d’extension) est généralement observée en 2 à 3 jours de traitement bien conduit. La guérison complète prend 5 à 7 jours. Si aucune amélioration n’est constatée après 3 à 4 jours d’application correcte (3 fois par jour sur lésion nettoyée et sèche), une consultation s’impose — résistance bactérienne ou diagnostic différent à explorer.

Mon enfant est guéri après 3 jours — peut-on arrêter le Mupiderm® ?Non, même si les lésions semblent guéries. Il est important de compléter la durée prescrite (5 à 7 jours en général) pour éliminer toutes les bactéries et éviter les récidives rapides. Arrêter prématurément un antibiotique favorise la sélection de résistances et expose aux rechutes.

Mupiderm® et grossesse : est-ce dangereux ?L’absorption systémique de la mupirocine appliquée sur une surface cutanée limitée est très faible. Les données disponibles sont rassurantes pour les applications locales sur de petites surfaces en dehors des muqueuses. Il convient néanmoins de l’utiliser uniquement sur avis médical pendant la grossesse et l’allaitement — et de ne jamais l’appliquer sur le mamelon en cas d’allaitement.

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Voir aussi :
Impétigo — tout savoir ·
Fucidine® (acide fusidique) ·
Staphylocoque doré ·
Dermatologie de l’enfant

FUCIDINE : Fucidine ® ou acide fusidique creme et pommade 2%

Fucidine® (acide fusidique) : indications, utilisation et précautions

La Fucidine® est un antibiotique topique à base d’acide fusidique, utilisé en dermatologie pour traiter les infections cutanées bactériennes superficielles. Elle est disponible sous deux formes : crème (2 %) et pommade (2 %). C’est l’un des antibiotiques locaux les plus prescrits en dermatologie pour les infections à staphylocoques et streptocoques, notamment l’impétigo. Son utilisation doit cependant être médicalement encadrée pour éviter le développement de résistances bactériennes — problème croissant avec l’acide fusidique en France.

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Qu’est-ce que la Fucidine® ?

L’acide fusidique est un antibiotique de la famille des fucidanes, dérivé du champignon Fusidium coccineum. Il agit en inhibant la synthèse des protéines bactériennes (blocage du facteur d’élongation EF-G), ce qui est bactériostatique à faibles concentrations et bactéricide à concentrations élevées. Son spectre d’action est principalement dirigé contre les bactéries Gram positif, et en particulier Staphylococcus aureus — y compris les souches productrices de pénicillinase — et les streptocoques.

La forme topique (crème et pommade) diffuse bien dans les couches superficielles de la peau et atteint des concentrations locales très supérieures aux concentrations minimales inhibitrices pour les staphylocoques, ce qui en fait un traitement de choix pour les infections cutanées superficielles sans infection profonde ni signes généraux.

Indications — dans quels cas utiliser la Fucidine® crème ou pommade ?

La Fucidine® topique est indiquée dans le traitement des infections cutanées bactériennes superficielles dues aux staphylocoques et streptocoques sensibles. Les principales indications en dermatologie sont l’impétigo (infection cutanée superficielle très fréquente chez l’enfant, avec croûtes dorées caractéristiques), les folliculites superficielles (infection du follicule pileux), les furoncles débutants (avant collecte — une fois l’abcès collecté, le drainage chirurgical est nécessaire), les plaies surinfectées superficielles et les surinfections bactériennes d’une dermatose préexistante (eczéma surinfecté, plaie de grattage surinfectée).

💡 Fucidine® crème ou pommade ? La crème est préférée pour les zones humides et les peaux normales à grasses (texture plus légère, séchage plus rapide). La pommade est plus occlusante et mieux adaptée aux zones sèches, aux plaies croûteuses et aux applications sur les paumes et plantes.

Comment utiliser la Fucidine® topique ?

Appliquer une couche fine de crème ou pommade 2 à 3 fois par jour sur la zone infectée proprement nettoyée et séchée. En cas d’impétigo avec croûtes, ramollir d’abord les croûtes avec de l’eau tiède avant application pour optimiser la pénétration de l’antibiotique. La durée de traitement est habituellement de 7 à 10 jours maximum — ne pas prolonger sans avis médical pour limiter le risque de sélection de résistances. Une couverture par un pansement non occlusif peut être utile en cas de lésion étendue ou de risque de contamination.

Respecter scrupuleusement les prescriptions du médecin. Éviter de l’appliquer sur des zones étendues de la surface corporelle — la Fucidine® est un antibiotique local, pas une crème antiseptique polyvalente.

Contre-indications

La Fucidine® topique est contre-indiquée en cas d’allergie connue à l’acide fusidique ou à l’un des excipients de la formulation. Elle doit être évitée sur le mamelon pendant l’allaitement pour éviter l’ingestion par le nourrisson. Elle ne doit pas être appliquée dans les yeux, sur les paupières ou dans le conduit auditif sans avis médical spécifique.

Précautions d’emploi et effets indésirables

En cas de rougeurs, démangeaisons, aggravation des symptômes ou éruption après application, arrêter immédiatement et consulter un médecin — il peut s’agir d’une allergie de contact à l’acide fusidique ou à un excipient (alcool cétylique dans la crème). La Fucidine® ne doit pas être utilisée en automédication répétée ou prolongée : c’est un antibiotique soumis à prescription médicale dans la plupart des indications.

Résistances bactériennes — une préoccupation croissante

Le développement de résistances à l’acide fusidique chez Staphylococcus aureus est une préoccupation réelle en dermatologie. Les résistances émergent rapidement lors d’utilisations répétées, prolongées ou sur des zones étendues. Les recommandations actuelles insistent sur une durée de traitement courte (7-10 jours maximum), l’absence de renouvellement systématique sans réévaluation, et la réservation de la Fucidine® aux infections bactériennes documentées ou très fortement suspectées — et non à toute plaie ou lésion cutanée « à titre préventif ». En cas d’infection récidivante ou de résistance suspectée, un prélèvement bactériologique avec antibiogramme est recommandé avant de traiter.

⚠️ Ne pas utiliser la Fucidine® en prévention sur une simple égratignure ou plaie propre non infectée. L’utilisation prophylactique favorise la sélection de souches résistantes et expose à un risque d’allergie de contact sans bénéfice démontré.

Fucidine® et impétigo — le cas le plus fréquent

L’impétigo est l’indication principale de la Fucidine® topique chez l’enfant. Les formes localisées (moins de 5 lésions, surface inférieure à 2 % de la surface corporelle) peuvent être traitées par Fucidine® seule pendant 7 jours. Les formes étendues, les formes bulleuses, les impétigos récidivants, les formes avec atteinte de l’état général ou les formes résistantes aux antibiotiques locaux nécessitent un traitement antibiotique oral (amoxicilline-acide clavulanique ou pristinamycine selon les recommandations HAS). L’éviction scolaire n’est plus obligatoire dès lors que les lésions sont correctement couvertes et que le traitement est débuté.

Questions fréquentes sur la Fucidine®

Peut-on utiliser la Fucidine® sur un bouton infecté sans ordonnance ?
La Fucidine® est un médicament à base d’antibiotique — son utilisation répétée en automédication favorise le développement de résistances bactériennes. Même si elle est parfois disponible sans ordonnance, son usage doit rester ponctuel, limité dans le temps et guidé par un médecin. Pour un bouton isolé peu infecté, un antiseptique cutané (chlorhexidine, povidone iodée) est souvent suffisant et moins exposant sur le plan des résistances.

Peut-on mettre de la Fucidine® sous un pansement ?
Oui — couvrir la Fucidine® avec un pansement non occlusif (compresse stérile + sparadrap) est recommandé pour les plaies surinfectées, afin de protéger la lésion et d’éviter la contamination de l’environnement. En revanche, un pansement très occlusif (type Tegaderm hermétique) augmente la macération et peut favoriser la prolifération bactérienne.

La Fucidine® est-elle efficace sur les infections à SARM (staphylocoque doré résistant à la méticilline) ?
Certaines souches de SARM restent sensibles à l’acide fusidique, mais la résistance croisée est fréquente. En cas d’infection suspectée à SARM (antécédents d’hospitalisation, infection récidivante, échec thérapeutique), un prélèvement bactériologique avec antibiogramme est indispensable avant de traiter. Ne pas utiliser la Fucidine® en présomption de SARM sans confirmation microbiologique.

Pendant combien de temps peut-on utiliser la Fucidine® ?
La durée recommandée est de 7 à 10 jours maximum pour un traitement curatif. Au-delà, le risque de sélection de résistances augmente significativement. Si la lésion n’est pas améliorée à 5-7 jours, consulter un médecin pour réévaluation — il peut s’agir d’une bactérie résistante, d’une infection plus profonde, ou d’un diagnostic erroné (mycose ou eczéma surinfecté nécessitant un traitement antifongique ou dermocorticoïde).


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BACTEOMYCINE : Bacteomicine ® dans les infections de la peau

 

Bacteomycine ® :

  • Qu’est-ce que c’est ?

Bacteomycine ® contient de la néomycine. La néomycine est un antibiotique. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement des infections de la peau

 

  • Quelles sont les contre indications ?

    • Allergie au produit ou à l’un de ses constituants
    • Eviter d’appliquer le produit sur le mamelon lors de l’allaitement
  • Conseils d’utilisation

    • Respecter les prescriptions du médecin
    • Eviter d’appliquer cet antibiotique en auto médication
    • Eviter le pourtour de l’oeil, les paupieres…
    • En cas de rougeurs, démangeaisons, aggravation des symptomes… après l’application du produit, arreter les applications et consulter un médecin

 

AUREOMYCINE : Aureomicine ®

 

Aureomycine ® :

  • Qu’est-ce que c’est ?

Aureomycine ® contient un antibiotique de la famille des cyclines. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement des infections de la peau

 

  • Quelles sont les contre indications ?

    • Allergie au produit ou à l’un de ses constituants
    • Eviter d’appliquer le produit sur le mamelon lors de l’allaitement
  • Conseils d’utilisation

    • Respecter les prescriptions du médecin
    • Eviter d’appliquer cet antibiotique en auto médication
    • Eviter le pourtour de l’oeil, les paupieres…
    • En cas de rougeurs, démangeaisons, aggravation des symptomes… après l’application du produit, arreter les applications et consulter un médecin
    • Eviter l’exposition au soleil et aux UV

 

ANTIBIOTIQUE PEAU : traitement de la peau avec des antibiotiques

 

QUELQUES ANTIBIOTIQUES UTILISES EN DERMATOLOGIE

 

 

MALADIE DE LYME : causes, symptomes, prise de sang et traitement du Lyme

Maladie de Lyme : symptômes, diagnostic et traitement

La maladie de Lyme (borréliose de Lyme) est une infection bactérienne à Borrelia burgdorferi, transmise à l’homme principalement par la morsure d’une tique infestée.
Elle se manifeste le plus souvent par une rougeur circulaire caractéristique qui s’étend progressivement autour du point de morsure dans les jours à semaines suivant la piqûre.
Diagnostiquée et traitée précocement par antibiotiques, la guérison est complète dans la grande majorité des cas.
Non traitée, la maladie peut se chroniciser et entraîner des complications sérieuses touchant le cœur, le système nerveux et les articulations.

Érythème migrant de la maladie de Lyme
Érythème migrant : signe caractéristique de la maladie de Lyme

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Comment contracte-t-on la maladie de Lyme ?

La transmission se fait exclusivement par la piqûre d’une tique du genre Ixodes porteuse de Borrelia burgdorferi.
La tique se contamine elle-même en piquant de petits rongeurs sauvages (mulots, campagnols), réservoirs naturels de la bactérie, puis transmet l’infection à l’homme lors d’une nouvelle piqûre.
En France métropolitaine, quasiment tout le territoire est concerné en période chaude (printemps, été, automne), avec une prévalence plus élevée dans l’Est et le Centre du pays.
Les personnes exposées sont celles qui pratiquent des activités en milieu naturel : randonnée, forêt, jardinage, chasse.

Le risque de transmission augmente avec la durée de fixation de la tique :
– en dessous de 24 heures de fixation : risque faible,
– au-delà de 72 heures : risque de contamination quasi certain.

On estime à environ 15 000 nouveaux cas par an en France. La maladie de Lyme n’est pas contagieuse entre humains.
Il existe en pharmacie des tests permettant de tester la tique retirée pour détecter la présence de Borrelia avant même l’apparition de symptômes.

Symptômes et phases de la maladie

Phase primaire : érythème chronique migrant (ECM)

La première manifestation de la maladie de Lyme est l’érythème chronique migrant (ECM) : une rougeur grossièrement circulaire, à extension centrifuge, apparaissant 3 jours à 1 mois après la piqûre, centrée sur le point de morsure.
Cette lésion en « cocarde » est pathognomonique de la maladie de Lyme : sa seule présence suffit à poser le diagnostic sans nécessiter de sérologie (trop de faux négatifs à ce stade précoce en raison d’une séroconversion tardive).

20 % des contaminations ne s’accompagnent pas d’ECM. Dans ce cas, surveiller l’apparition de signes généraux :
– fièvre, frissons,
– altération de l’état général, fatigue inhabituelle,
– céphalées,
– myalgies et arthralgies diffuses.

Érythème migrant de la maladie de Lyme
Aspect typique en cocarde de l’érythème migrant

Phase secondaire : dissémination bactérienne

Survenant quelques semaines à quelques mois après la phase primaire non traitée, cette phase correspond à la dissémination de Borrelia dans les liquides biologiques. Elle peut parfois régresser spontanément, mais expose à des complications :
cutanées : poussées multiples d’ECM, lymphocytome cutané bénin (lobe de l’oreille, aréole mamelonnaire),
neurologiques : méningite lymphocytaire, névrite crânienne, paralysie faciale périphérique, polyradiculonévrite,
rhumatismales : monoarthrite du genou, polyarthrite.

Sans traitement, plus de 50 % des patients développeront une arthrite, environ 10 % une atteinte neurologique et environ 5 % une atteinte cardiaque (bloc auriculo-ventriculaire).

Phase tardive (tertiaire)

Survenant des mois à années après la piqûre initiale non ou insuffisamment traitée :
dermatologique : acrodermatite chronique atrophiante de Pick-Herxheimer (peau fine, violacée, atrophique des membres),
neurologique : encéphalopathie chronique, neuropathie périphérique,
cardiaque : troubles de la conduction, bloc auriculo-ventriculaire.

Syndrome post-Lyme

Chez certains patients, des symptômes persistent plusieurs mois après un traitement bien conduit : fatigue chronique, myalgies, arthralgies, troubles de la mémoire et de la concentration.
Ces symptômes régressent le plus souvent spontanément.
Les données scientifiques actuelles indiquent qu’une antibiothérapie prolongée n’apporte pas de bénéfice supplémentaire par rapport à un traitement standard de 15 jours dans le syndrome post-Lyme (Berende A et coll., N. Engl. J. Med. 2016).
Dans 80 % des cas présentant ce tableau, un autre diagnostic est finalement identifié (stress, troubles du sommeil, détresse émotionnelle, autre infection chronique).

Diagnostic biologique

Quand ne pas faire de sérologie

En présence d’un érythème chronique migrant typique, le diagnostic est clinique : la sérologie est inutile et souvent faussement négative à ce stade (séroconversion tardive).

Tests validés : stratégie en deux étapes

1re étape — Sérologie (EIA ou IFA) :
Dosage des anticorps anti-Borrelia de type IgG et IgM.
– Si les signes datent de moins de 30 jours : doser IgM et IgG.
– Si les signes datent de plus de 30 jours : doser uniquement les IgG (les IgM seules positives après 30 jours sont des faux positifs, liés à des réactions croisées avec EBV, CMV).
– Si le test est négatif : arrêter les investigations. En cas de doute clinique persistant, contrôle sérologique à 1-2 semaines.
– Si le test est positif ou équivoque : passer à la 2e étape.

2e étape — Western Blot (immuno-blot) :
Plus spécifique, il confirme ou infirme un résultat positif ou douteux en sérologie.
Le diagnostic biologique est retenu uniquement si les deux tests sont positifs.
Après 30 jours, seul le Western Blot IgG est interprétable ; les IgM positives isolées en Western Blot à ce stade sont des faux positifs.

Cas particulier — neuroborréliose précoce :
En cas de signes neurologiques dans les 6 semaines suivant la morsure, la sérologie sanguine peut être négative. Il est alors recommandé de rechercher simultanément des anticorps dans le sang et dans le liquide cérébrospinal (ponction lombaire avec ELISA et recherche de synthèse intrathécale).

Tests non validés en pratique courante

Cytométrie de flux (rapport NK57/56) : non spécifique de Lyme.
Test de transformation lymphocytaire / Elispot Borrelia : très sensible, utilisé dans certains laboratoires spécialisés pour les formes chroniques ou précoces, mais non recommandé en routine.
PCR du LCR, biopsie cutanée, mise en culture : réservés à la recherche.
Recherche d’antigènes urinaires, dosage CD57, anticorps dans le liquide synovial : valeur diagnostique insuffisante.

Traitement

Après piqûre de tique sans érythème migrant : antibioprophylaxie

L’antibioprophylaxie n’est pas systématique mais peut être envisagée si :
– la tique est restée fixée plus de 36 heures,
– la durée de fixation est inconnue mais la tique est gorgée de sang,
– la personne piquée est une femme enceinte (risque de transmission au fœtus).

Protocole :
– Adulte et enfant de plus de 9 ans : Doxycycline 200 mg per os en prise unique.
– Femme enceinte et enfant de moins de 9 ans : Amoxicilline 500 mg x 3/j pendant 10 jours.

Phase primaire : érythème migrant constitué

Adulte et enfant de plus de 9 ans :
– Doxycycline per os : 100 mg x 2/j pendant 14 jours (1 à 2 mg/kg x 2/j, maximum 100 mg x 2/j),
– ou Amoxicilline per os : 1 g x 3/j pendant 14 jours.

Enfant de moins de 9 ans :
– Amoxicilline per os : 50 mg/kg/j en 3 prises (maximum 2 g/j) pendant 14 jours,
– ou Céfuroxime-axétil per os : 40 mg/kg/j en 2 prises (maximum 1 g/j) pendant 14 jours.

Polémique et évolution des recommandations en France

La prise en charge de la maladie de Lyme fait l’objet d’un débat médical et associatif important depuis plus de 15 ans en France.
Les associations de patients (France Lyme, Lyme sans frontières) contestent la fiabilité des tests diagnostiques et réclament la reconnaissance d’une forme chronique de la maladie.
En 2018, la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié de nouvelles recommandations reconnaissant l’existence de « symptômes persistants non expliqués » chez certains patients, introduisant la notion de SSPT (Symptomatologie persistante polymorphe après possible piqûre de tique). Ces recommandations ont été vivement critiquées par l’Académie de médecine et plusieurs sociétés savantes.
En mai 2019, 22 sociétés savantes ont publié leurs propres recommandations réfutant l’existence d’une forme chronique de Lyme et déconseillant toute antibiothérapie prolongée, soulignant qu’un autre diagnostic est retrouvé chez 80 % des patients présentant des symptômes persistants.
Ce débat illustre la complexité diagnostique de cette maladie et l’importance d’une prise en charge pluridisciplinaire et individualisée.

Pour aller plus loin

Conférence de consensus : prise en charge de la maladie de Lyme (SPILF)
Haut Conseil de la Santé Publique 2014 : borréliose de Lyme
Éviter la maladie de Lyme
Dépliant prévention piqûres de tique et maladie de Lyme


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FOLLICULITE : soigner et se débarrasser de la folliculite

Folliculite : causes, symptômes et traitement

Une folliculite est une inflammation du follicule pileux — la structure cutanée qui produit le poil. Le plus souvent infectieuse, elle est causée par des bactéries (Staphylococcus aureus, Pseudomonas aeruginosa) ou des champignons. Elle se manifeste par des petites pustules rouges centrées sur un poil, parfois douloureuses. Elle peut toucher toutes les zones poilues du corps : visage (barbe), paupières, cou, cuisses, cuir chevelu, dos, fesses. Elle a tendance à récidiver en cas de facteurs favorisants non corrigés (rasage, épilation, macération, frottement).

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Vidéo : folliculite — causes, symptômes et traitement

Folliculite — pustules centrées sur les poils

Sommaire :
Symptômes |
Formes particulières |
Causes |
Traitement |
Prévention |
Questions fréquentes

Symptômes de la folliculite

La folliculite typique se manifeste par des pustules jaune-verdâtre centrées sur un poil, entourées d’un halo rouge inflammatoire. Elles peuvent être isolées ou multiples, regroupées sur une zone ou dispersées.

Boutons de folliculite — pustules inflammatoires centrées sur les poils

La pustule évolue en 5 à 7 jours vers une croûte qui tombe sans laisser de cicatrice — sauf en cas de manipulation, qui peut transformer la folliculite superficielle en folliculite profonde (voir notre article sur le furoncle).

⚠️ Ne jamais manipuler ni percer les lésions de folliculite. La majorité des complications graves (furoncle, abcès, lymphangite) surviennent après manipulation. En cas de lésion douloureuse, chaude, qui grossit, ou de fièvre associée, consultez sans délai.

Formes particulières de folliculite

Folliculite du cuir chevelu

Folliculite du cuir chevelu — boutons et pustules

Pustules et croûtes douloureuses sur le cuir chevelu, provoquant des boutons dans le cuir chevelu. En cas de folliculite profonde (folliculite décalvante), une alopécie cicatricielle définitive peut survenir — une prise en charge spécialisée rapide est indispensable.

Folliculite de la barbe (sycosis)

Forme très fréquente, favorisée et aggravée par le rasage mécanique répété. Les pustules se regroupent en plaques dans la zone de barbe. Il est recommandé de passer à la tondeuse électrique (sans raser à ras) et d’utiliser des mousses à raser antiseptiques. Voir nos articles sur les rougeurs de la barbe et les boutons après rasage.

Folliculite de la barbe (sycosis) — pustules et inflammation

Folliculite des fesses

Forme fréquente siégeant sur la convexité des fesses, sous les sous-vêtements, favorisée par la macération et les frottements. Voir notre article dédié aux boutons et folliculites des fesses.

Folliculite du jacuzzi (Pseudomonas aeruginosa)

Forme épidémique observée après utilisation de jacuzzis, piscines contaminées ou combinaisons de surf/plongée mal entretenues. Se manifeste par de grosses pustules disséminées sur le dos et le tronc, apparaissant 8 à 48 heures après exposition. Les formes légères régressent souvent spontanément ; les formes étendues nécessitent des antibiotiques actifs contre Pseudomonas (ciprofloxacine).

Causes de la folliculite

Folliculite bactérienne

Les bactéries constituent la cause la plus fréquente. Le follicule pileux est un microenvironnement riche en sébum et pauvre en oxygène, très favorable au développement du Staphylococcus aureus (staphylocoque doré), responsable de la majorité des folliculites bactériennes. Elles sont souvent associées à d’autres infections staphylococciques : impétigo, panaris, perlèche. Les pansements occlusifs et la macération sont des facteurs favorisants reconnus.

Folliculite mycosique (champignons)

Trois types de champignons peuvent infecter le follicule. Les dermatophytes provoquent des folliculites de la barbe en plaques mal limitées, notamment après contact avec des bovins — un traitement antifongique oral est indispensable. Malassezia (pityrosporon) est responsable de folliculites prurigineuses du dos des hommes jeunes ou des jambes des femmes qui s’épilent (voir boutons après épilation). Enfin, Candida provoque des folliculites douloureuses, notamment du cuir chevelu, chez les sujets immunodéprimés — voir notre article sur les candidoses.

Folliculite aseptique (non infectieuse)

La folliculite à éosinophiles (maladie de Ofuji) est rare. Elle survient chez les patients immunodéprimés (VIH notamment), se manifeste par des papulopustules chroniques et récidivantes du visage et du tronc, et nécessite une prise en charge spécialisée.

📚 Folliculites bactériennes et mycosiques : diagnostic différentiel et traitement — PubMed

Traitement de la folliculite

Le traitement dépend de la cause identifiée par le dermatologue après examen clinique, et si nécessaire après prélèvement bactériologique ou mycologique.

Folliculite bactérienne à staphylocoque

Dans les formes peu étendues : antiseptiques locaux (chlorhexidine, hexamidine) en 2 à 4 applications quotidiennes pendant 10 jours. Dans les formes étendues ou récidivantes : antibiotiques oraux (pristinamycine, clindamycine selon l’antibiogramme). Pour les porteurs chroniques, voir comment soigner le staphylocoque doré.

Folliculite mycosique

Antifongiques locaux (kétoconazole, ciclopirox) ou oraux (itraconazole, terbinafine) selon l’agent et l’étendue. Un prélèvement mycologique préalable est recommandé pour confirmer le diagnostic et guider le traitement — voir notre article sur les mycoses.

💡 Ne jamais appliquer de corticoïdes (cortisone) ni d’anti-inflammatoires non stéroïdiens sur une folliculite infectieuse. Ces médicaments masquent les signes d’aggravation et permettent à l’infection de s’étendre en profondeur silencieusement.

📚 Prise en charge des infections cutanées bactériennes : recommandations — PubMed

Prévention des folliculites récidivantes

Le traitement des facteurs favorisants est aussi important que le traitement médicamenteux lui-même. Sans leur correction, les récidives sont inévitables.

  • Il convient de limiter la macération en portant des sous-vêtements en coton et en évitant les textiles synthétiques serrés, de sécher soigneusement les plis et les espaces inter-orteils après la douche.
  • Concernant le rasage et l’épilation, il faut raser dans le sens du poil, éviter de raser trop ras, exfolier avant l’épilation et utiliser des lames propres — voir notre article sur la prévention des poils incarnés. Les instruments (rasoirs, épilateurs, pinces) doivent être nettoyés et désinfectés régulièrement.
  • Pour les utilisateurs de jacuzzis, il est essentiel de vérifier régulièrement le taux de chlore et le pH pour prévenir la contamination à Pseudomonas.
  • Enfin, il ne faut jamais manipuler ni exprimer les lésions — la majorité des complications surviennent après manipulation. Voir aussi les infections des poils.
  • Penser à être à jour pour le vaccin antitétanique, car une plaie cutanée peut être la porte d’entrée du tétanos.
  • Le médecin peut prescrire en cas de folliculite à staphylocoque une « désinfection des gites de portage » par application d’une crème antibiotique dans le nez, lavage du corps et des mains à la solution antiseptique…

📚 Folliculite récidivante : facteurs de risque et stratégies préventives — PubMed

Questions fréquentes sur la folliculite

Comment distinguer une folliculite d’un bouton d’acné ?
Les deux donnent des pustules, mais la folliculite est centrée sur un poil visible et survient sur des zones poilues après rasage, épilation ou macération. L’acné touche préférentiellement le visage, le décolleté et le dos, comprend des comédons (points noirs/blancs) absents dans la folliculite, et survient indépendamment du rasage. Un dermatologue confirme le diagnostic.

La folliculite est-elle contagieuse ?
La folliculite à staphylocoque peut se transmettre par contact direct avec les lésions ou par des objets contaminés (serviettes, rasoirs partagés). Les folliculites mycosiques sont moins contagieuses. La folliculite du jacuzzi se transmet par l’eau contaminée — tout le groupe exposé peut être atteint simultanément.

Quand faut-il consulter un médecin ?
En cas de lésion douloureuse, chaude et qui grossit (furoncle en formation), de fièvre, de traînée rouge remontant depuis la lésion (lymphangite), de lésions multiples qui s’étendent rapidement, ou d’absence d’amélioration après 10 jours d’antiseptiques locaux. Une folliculite du visage, du cou ou du cuir chevelu justifie toujours une consultation rapide.

Peut-on soigner une folliculite sans antibiotiques ?
Oui, dans la majorité des cas. Les folliculites superficielles peu étendues guérissent avec des antiseptiques locaux (chlorhexidine, hexamidine) en 7 à 10 jours, sans antibiotiques. Ces derniers sont réservés aux formes étendues, profondes, récidivantes ou survenant chez les immunodéprimés.

Pourquoi ma folliculite récidive-t-elle ?
Les récidives sont souvent dues à des facteurs favorisants non corrigés (rasage traumatique, macération, textiles synthétiques), à un portage chronique de staphylocoque au niveau du nez, de la gorge ou de l’aine, ou à un terrain favorisant (diabète, immunodépression). Un bilan médical permettra d’identifier la cause. La recherche d’un portage de Staphylococcus aureus par prélèvements nasaux et une décontamination ciblée sont parfois nécessaires.

La folliculite peut-elle laisser des cicatrices ?
La folliculite superficielle non manipulée guérit sans séquelles. En revanche, les folliculites profondes (furoncle, folliculite décalvante) peuvent laisser des cicatrices déprimées, voire une alopécie cicatricielle définitive au niveau du cuir chevelu. C’est pourquoi il ne faut jamais manipuler les lésions.


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ERYTHRASMA : l’erythrasma

Erythrasma

L’erythrasma se rencontre surtout en période chaude dans les plis

Erythrasma de l’aisselle

Plaques chamois ou brunâtres à contours nets des plis (aisselles, aine…)

Erythrasma de l’aine : taches brunes de l’aine


Examens complémentaires diagnostiques

Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)

Traitement

Le traitement habituellement recommandé de l’érythrasma est l’érythromycine,250 mg, 4 fois par jour pendant 14 jours +/- clindamycine topique, 3 fois par jour poursuivi 14 jours après la fin du traitement antibiotique oral + nettoyage quotidien avec un savon antiseptique (Septivon, Cyteal), suivi d’un séchage minutieux, durant toute la période de traitement

port de vêtements larges, traitement du diabète, lutte contre le surpoids…

Autres traitements :

  • clindamycine orale 1 gramme en dose unique
  • tetracycline 250 mg x 4/j pendant 5 à 14 jours
  • acide fusidique topique
  • clindamycine topique

 

 

IMPETIGO : soigner l’impétigo de l’enfant

Impetigo

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L’impetigo est une infection à bactéries de type streptocoque ou staphylocoque au niveau de la peau. Cette bactérie s’introduit dans la peau grâce à « une porte d’entrée » : piqûre d’insecte, eczéma, égratignure… Elle donne une éruption de croutes jaunes un peu comme du miel cristallisé, plus rarement de bulles à contenu jaune purulent, souvent autour de la bouche des enfants car les narines sont une zone de portage du staphylocoque. Lorsque l’enfant se gratte, de nouveaux boutons apparaissent ailleurs : l’impétigo est très contagieux. Il évolue souvent rapidement, donnant de nouvelles lésions chaque jour et dépassant rapidement sa zone de départ. Il est important de traiter l’impetigo non seulement en raison de son caractère évolutif et contagieux pour les autres, mais aussi en raison des complications infectieuses locales et générales. Son traitement requiert l’emploi d’antibiotiques.

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Un impetigo qu’est-ce que c’est / Signes de l’impetigo /
Autres types d’ impetigo / Traitement de l’impetigo /
Points clés / Questions fréquentes / Et pour aller plus loin…

L’impetigo, qu’est-ce que c’est ?

L’impetigo est l’ infection bactérienne de la peau la plus fréquente chez l’enfant. L’impetigo est du au Streptocoque pyogenes ou au Staphylocoque doré et il est très contagieux pour soi même (auto inoculation de lésions ailleurs sur le visage et le corps en les grattant) et les autres. Il est caractérisé par l’apparition généralement rapide sur le visage et/ou le corps de vésicules puis de croûtes jaunâtres, voire de bulles. Il peut survenir sous forme épidémique dans les écoles ou les collectivités d’enfants, notamment en période chaude.

Impetigo autour de la bouche chez l’enfant : début de l’éruption

Symptomes

L’ impetigo est caractérisé par deux formes cliniques :

– l’impetigo croûteux à type de pyodermite

Impetigo
Impetigo croûteux à type de pyodermite

Très fréquent chez l’enfant de moins de 10 ans, c’’est la forme la plus fréquente (70% des impetigos). Sa lésion initiale est une vésicule souvent entourée d’une auréole rouge. La vésicule se rompt ensuite rapidement, suinte et se forme alors une croûte jaunatre dite mélicérique car elle ressemble à du miel cristallisé. Il est fréquent d’observer des ganglions dans la zone de drainage de l’impetigo. L’impetigo peut démanger. L’’affection est habituellement apyrétique.

Il est fréquent sur le visage

impetigo
Impetigo du visage

– l’impetigo bulleux

Plus rare, l’impetigo bulleux est du principalement au staphylocoque doré. Il est caractérisé par l’apparition de bulles à contenu trouble de 1 à 2 cm de diametre qui vont se rompre et laisser des érosions cutanées extensives

impetigo bulles
Impetigo bulleux

 

Il existe une forme rare bulleuse extensive d’impétigo provoquant de vastes décollements de peau en draps avec signe de Nikoslky positif (décollement de la peau avec un simple frottement), nommé épidermolyse staphylococcique aiguë.

Leur prise en charge a fait l’objet de recommandations en 2019

Evolution, autres types d’ impetigo et complications :

L’impetigo guérit le plus souvent spontanément sans traitement. Cependant il n’est pas recommandé de s’abstenir de traitement car il existe des complications :
• Locales : abces, lymphangite, ostéite…
• Générales : pneumonie, septicémie, glomérulonéphrite post streptococcique…

L’impetigo peut aussi évoluer sous la forme

  • d’echtyma, notamment au niveau des membres inférieurs chez les adultes fragilisés (alcooliques, diabetiques, immunodéprimés… ) : la croute devient noiratre et s’étend

  • de pyodermite végétante en cas de macération : les lésions s’infiltrent et deviennent papillomateuses

Les formes graves d’impetigo sont donc :

  • Ecthyma (forme nécrotique creusante).
  • Impétigo avec une surface cutanée atteinte > 2 %
    de la surface corporelle totale
  • Impétigo ayant plus de 6 lésions.
  • Extension rapide des lésions

Ces formes graves d’impétigo requierent un prélèvement bactériologique des lésions d’impétigo actives (pus, liquide de bulle).

Traitement

A/ Soins d’hygiènes et recommandations :

A.1/ Eviction scolaire :

Si lésions non protégeables par pansement : 3 jours d’éviction après le début du traitement

A.2/ Vérifier le statut vaccinal antitétanique

A.3/ Soins d’hygiène :

Lavage quotidien au savon des lésions

Couper les ongles et laver les mains fréquemment

Percer les bulles avec une aiguille stérile

B/ Traitement :

B.1/ IMETIGO SIMPLE : Traitement local

Pas d’antiseptiques locaux

Application deux à trois fois par jour sur les lésions de crèmes antibiotiques telles que Fucidine ®, ou plutot Mupiderm ®… 2 à 3 fois par jour durant 5 jours.

B.2/ IMPETIGO GRAVE : Traitement général

Une antibiothérapie par voie orale, le plus souvent à base de pénicillines, céphalosporines, macrolides… est indiquée notamment en cas d’impetigo extensif, étendu ou sévère, de localisations difficiles à traiter (zones péri orificielles, sous les couches… ), chez les personnes fragiles ou non compliantes, en cas de signes généraux (fièvre… )…

Amoxicilline/acide clavulanique : 80 mg/kg/ jour
Céfadroxil : 100 mg/kg/ jour
À réévaluer en fonction des résultats des prélèvements bactériologiques
En cas d’allergie à la pénicilline : Josamycine : 50 mg/kg/ jour 7 jours

● applications biquotidiennes de vaseline (après les soins de toilette) ;
● pas d’antibiothérapie locale ;
● pas de nécessité de prendre en compte le SARM pour le traitement probabiliste de première intention d’un impétigo (en France, 5 à 10 % de SARM parmi la population de SA communautaires)

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Les conseils du dermatologue :

  • Les infections de la peau et les infections des poils peuvent s’’aggraver en l’’absence de traitement adéquat (lymphangite,  » ganglions « , voire septicémie…). Lors de la survenue d’une lésion inflammatoire, il faut donc consulter et ne pas toucher ses lésions : la majorité de ces complications surviennent en effet à cause d’une consultation trop tardive ou de la manipulation des lésions.
  • Ne pas utiliser les anti-inflammatoires (cortisone ou non stéroidiens) pour les infections cutanées car ceux-ci laissent les infections s’’aggraver sans que l’on puisse s’en rendre compte.
  • Il ne faut pas oublier d’être à jour pour le vaccin antitétanique car une plaie cutanée peut être la porte d’’entrée du tetanos

Quand l’enfant peut-il retourner à la crèche ou à l’école?

Il peut retourner à l’école après 48h de traitement antibiotique par voie orale.

Dans quels cas faut-il reconsulter?

Il faut revoir le médecin immédiatement si :

  • la peau autour des boutons d’impetigo devient rouge, enflée et douloureuse
  • On voit apparaître des bulles de plus de 2cms de diamètre
  • les urines deviennent rouges ou foncées

Il faut revoir le médecin rapidement en l’absence d’amélioration après 48h  de traitement bien conduit.

Points clés :

  • L’impetigo est l’infection cutanée bactérienne la plus fréquente
  • L’impetigo peut se compliquer (abces, lymphangite, ostéo arthrite, pneumonie, septicémie… ) et son traitement est à base d’antibiotiques par voie locale et/ou générale
  • L’impetigo nécessite donc une consultation médicale

Questions fréquentes :

 

– A partir de quel âge en moyenne un bébé peut-il « attraper » un impetigo ?
Theoriquement, l’impetigo peut se voir a tout age, mais il est plus fréquent à partir de l’entrée en collectivité (crèche, école… ) car il résulte d’une contamination se produisant le plus souvent par le biais d’autres enfants, et sa fréquence diminue à partir de l’adolescence car le système immunitaire devient alors plus mature, et les adolescents acquièrent des réflexes hygiéniques dont les enfants sont encore peu conscients. L’éviction de la collectivité est importante pour éviter la transmission.


Et pour aller plus loin :

Vidéo (en anglais) sur l’ impetigo :


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IMPETIGO
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– Les erreurs à éviter
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ERYSIPELE : erysipele ou eresipele

Érysipèle : symptômes, traitement et antibiotiques

L’érysipèle — aussi orthographié érésipèle et appelé médicalement dermo-hypodermite bactérienne non nécrosante (DHBNN) — est une infection profonde de la peau due le plus souvent au streptocoque β-hémolytique du groupe A. Elle se manifeste par une plaque rouge, chaude, douloureuse et fébrile, le plus souvent sur une jambe, succédant à une porte d’entrée cutanée (piqûre, plaie, mycose entre les orteils). Elle survient principalement chez l’adulte mais peut aussi toucher l’enfant, notamment en cas de varicelle surinfectée.

⚠️ L’érysipèle est une urgence médicale. Ne pas prendre d’anti-inflammatoires (ibuprofène, aspirine, cortisone) — ils masquent les signes d’aggravation et favorisent l’évolution vers la fasciite nécrosante. Consultez sans délai.

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Érysipèle de la jambe — plaque rouge chaude et douloureuse

Sommaire :
Symptômes |
Facteurs de risque |
Complications |
Traitement et antibiotiques |
Prévention des récidives |
Questions fréquentes

Symptômes de l’érysipèle

L’érysipèle se présente sous deux formes classiques.

La forme aiguë typique débute brutalement par une plaque rouge, chaude, douloureuse, à limites nettes et bien circonscrites. Ce placard inflammatoire est associé à une fièvre souvent élevée (38,5–40°C) et à des frissons. La surface de la plaque peut être lisse ou présenter des décollements bulleux (phlyctènes). Le médecin délimite au feutre ou photographie les contours du placard pour surveiller l’évolution.

La forme subaiguë est la plus fréquente au niveau des jambes, notamment en cas d’insuffisance veineuse ou d’ulcère de jambe surinfecté. Les manifestations sont moins brutales, la fièvre plus modérée, mais la gravité potentielle est identique.

Dans les deux formes, le médecin recherche systématiquement une porte d’entrée cutanée locorégionale : pied d’athlète (mycose interdigitale), plaie, piqûre, ulcère, fissure.

📚 Érysipèle et dermo-hypodermites bactériennes : diagnostic et prise en charge — PubMed

Facteurs de risque de l’érysipèle

Certains terrains favorisent la survenue et la récidive de l’érysipèle. Les principaux sont le diabète, l’obésité (IMC > 30), l’immunodépression, la malnutrition, l’insuffisance veineuse chronique, l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI), un âge supérieur à 60 ans, la toxicomanie intraveineuse et la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Chez l’enfant, la varicelle représente le facteur favorisant le plus fréquent.

💡 Porte d’entrée la plus fréquente : la mycose interdigitale (pied d’athlète) est responsable de la majorité des érysipèles de jambe. Son traitement systématique est indispensable pour éviter les récidives.

Complications de l’érysipèle

L’érysipèle peut évoluer vers des formes graves nécessitant une hospitalisation en urgence. Les signes d’alarme locaux comprennent une extension rapide en quelques heures, des lividités, des taches cyaniques (bleutées), une crépitation sous-cutanée, une hypo- ou anesthésie locale, une induration dépassant l’érythème, des nécroses ou de larges phlyctènes (érysipèle phlycténulaire). Les signes généraux de gravité sont une altération de l’état général, un sepsis ou un choc toxinique.

La complication la plus redoutée est la fasciite nécrosante — infection nécrosante profonde dépassant le plan de la peau, se manifestant par une plaque inflammatoire grave accompagnée de zones de nécrose et d’hypoesthésie. Elle nécessite un parage chirurgical en urgence et une prise en charge en réanimation.

En dehors de ces formes graves, les principales complications sont la récidive (20 à 30 % des cas), l’abcédation, la décompensation des comorbidités (diabète notamment) et, très rarement, un sepsis ou une bactériémie.

Une hospitalisation secondaire s’impose en cas d’évolution défavorable dans les 24 à 48 heures malgré une antibiothérapie adaptée.

Traitement de l’érysipèle : antibiotiques et mesures associées

La prise en charge de l’érysipèle fait l’objet de recommandations officielles publiées en 2019. Le traitement repose sur une antibiothérapie systémique pendant 7 jours.

Ce qu’il ne faut jamais faire

L’antibiothérapie locale (pommades antibiotiques) est inutile et ne doit pas remplacer le traitement général. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et les corticoïdes sont formellement contre-indiqués — ils masquent les signes d’aggravation et favorisent l’évolution silencieuse vers une fasciite nécrosante. Au mieux, on peut appliquer de la fluorescéine pour assécher les lésions suintantes.

Critères d’hospitalisation en urgence

Une hospitalisation immédiate est indiquée en cas de signes de gravité locaux ou généraux (décrits ci-dessus), de risque de décompensation d’une comorbidité, d’obésité morbide (IMC > 40), d’âge supérieur à 75 ans avec polypathologie, ou d’âge inférieur à 1 an.

Antibiothérapie en cas d’hospitalisation

La référence est la pénicilline G intraveineuse (10 à 20 millions d’unités par jour), réservée aux formes graves hospitalisées. Un relais par voie orale est instauré dès l’obtention d’une apyrexie et d’une amélioration clinique.

Antibiothérapie ambulatoire (forme non grave, sans hospitalisation)

En première intention : amoxicilline orale, 50 mg/kg/jour en 3 prises, maximum 6 g/jour. En cas d’allergie aux pénicillines, on utilise la pristinamycine (1 g × 3/jour) ou la clindamycine (1,8 g/jour en 3 prises, jusqu’à 2,4 g/jour si poids > 100 kg).

Chez l’enfant : amoxicilline-acide clavulanique, 80 mg/kg/jour d’amoxicilline en 3 prises (maximum 3 g/jour). En cas d’allergie aux pénicillines : clindamycine 40 mg/kg/jour en 3 prises (enfants > 6 ans) ou sulfaméthoxazole-triméthoprime 30 mg/kg/jour en 3 prises (enfants < 6 ans, forme suspension buvable).

En cas d’érysipèle après morsure : amoxicilline-acide clavulanique, 50 mg/kg/jour d’amoxicilline (maximum 6 g/jour) et maximum 375 mg/jour d’acide clavulanique.

Mesures d’accompagnement

En cas d’atteinte d’un membre : repos avec surélévation du membre atteint, contention veineuse dès l’amélioration de la douleur. La mise à jour de la vaccination antitétanique est vérifiée. Un traitement anticoagulant sous-cutané peut être prescrit dans les formes graves ou avec immobilisation prolongée. Le traitement de la porte d’entrée est indispensable et souvent négligé : mycose interdigitale, ulcère, fissure.

📚 Antibiothérapie des dermo-hypodermites bactériennes : recommandations et niveaux de preuve — PubMed

Prévention des récidives d’érysipèle

Le risque de récidive est de 20 à 30 %. La prévention repose d’abord sur la prise en charge des facteurs de risque : traitement du lymphœdème, correction de la porte d’entrée (mycose, ulcère), perte de poids en cas d’obésité.

Une antibioprophylaxie (effet suspensif uniquement, chez l’adulte) est indiquée après deux épisodes dans l’année en cas de facteurs de risque non contrôlables. Les options sont la benzathine-benzylpénicilline G (2,4 MUI IM toutes les 2 à 4 semaines), la pénicilline V (1 à 2 millions UI/jour selon le poids en 2 prises), ou en cas d’allergie aux pénicillines : l’azithromycine (250 mg/jour). La durée est adaptée à l’évolution des facteurs de risque.

📚 Antibioprophylaxie des récidives d’érysipèle — méta-analyse PubMed

Questions fréquentes sur l’érysipèle

Comment reconnaître un érysipèle d’une simple rougeur ?
L’érysipèle se distingue par la triade : plaque rouge à bords nets et élevés, chaleur locale intense, et fièvre. Une simple rougeur sans fièvre ni chaleur locale évoque plutôt une dermite de contact, une phlébite superficielle ou une lipodermato-sclérose. L’apparition brutale en quelques heures est caractéristique. En cas de doute, consultez sans attendre — le diagnostic précoce est capital.

Peut-on prendre de l’ibuprofène pour la douleur d’un érysipèle ?
Non — c’est formellement contre-indiqué. Les AINS (ibuprofène, kétoprofène, naproxène) et l’aspirine à dose anti-inflammatoire masquent les signes d’aggravation et peuvent favoriser l’extension silencieuse vers une fasciite nécrosante. Pour la douleur, le paracétamol est l’antalgique de référence.

Faut-il obligatoirement être hospitalisé pour un érysipèle ?
Non, la majorité des érysipèles non compliqués peuvent être traités à domicile par antibiotiques oraux (amoxicilline). L’hospitalisation est réservée aux formes graves, aux terrains à risque (obésité morbide, grand âge, immunodépression) et aux échecs du traitement ambulatoire. Une réévaluation médicale à 48–72 heures est indispensable dans tous les cas.

Combien de temps dure la guérison d’un érysipèle ?
Sous antibiothérapie adaptée, la fièvre cède généralement en 48–72 heures. La rougeur et le gonflement s’améliorent progressivement en 1 à 2 semaines. La durée totale de l’antibiothérapie est de 7 jours selon les recommandations 2019. La persistance ou l’aggravation à 48 heures malgré le traitement impose une réévaluation urgente.

Mon érysipèle a récidivé — est-ce normal ?
Oui, les récidives concernent 20 à 30 % des patients, surtout quand les facteurs favorisants (mycose interdigitale, insuffisance veineuse, lymphœdème, obésité) ne sont pas corrigés. Le traitement de la porte d’entrée est souvent négligé mais essentiel. En cas de deux récidives ou plus dans l’année, une antibioprophylaxie au long cours peut être discutée avec votre médecin.

L’érysipèle est-il contagieux ?
Non. L’érysipèle est une infection de la peau par des bactéries du patient lui-même (notamment le streptocoque présent sur la peau ou les muqueuses) à travers une porte d’entrée. Il ne se transmet pas d’une personne à l’autre par contact direct.


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KYSTE PILONIDAL : le sinus pilonidal, une boule rouge du bas du dos (entre fesses)

Kyste pilonidal

Le kyste pilonidal est une infection causée par un poil incarné de la région sacro-coccygienne (comprenant la peau en regard du coccyx et du sacrum, soit la zone située tout en bas du dos et entre les fesses). On remplace souvent le terme kyste par sinus pilonidal car l’infection du kyste part d’un granulome à corps étranger sur le poil, qui dégénère en kyste secondairement. Le terme « pilonidal » vient du latin pilus, poil et nidus, nid. Le kyste pilonidal touche surtout des hommes jeunes et poilus, le plus souvent blancs. Il atteint 1% de la population masculine et peut concerner beaucoup plus rarement les femmes puisqu’il ne touche que 0,1% de la population féminine.  Il est un véritable problème de santé publique car l’épisode inflammatoire et infecté du début tend à évoluer en surinfections successives responsables de fistules pouvant atteindre le rectum. Le traitement est chirurgical.

Un problème de fesses d’homme

Causes

On a longtemps cru à une origine congénitale mais il est maintenant admis que le kyste pilonidal est lié à la pénétration de poils courts et durs dans les tissus sous-cutanés, entraînant la formation d’un granulome à corps étranger. On retrouve en effet au sein du kyste des poils sectionnés.

Le mécanisme de la formation des kystes pilonidaux provient de l’élargissement des follicules pileux du sillon interfessier lors de l’adolescence et des frottements sectionnant le poil et provoquant sa pénétration dans la peau (poil incarné) qui dégénère en kyste et un granulome à corps étranger. L’ensemble se contamine par des bactéries et un abcès se forme, avec un ou plusieurs orifices de drainage étagés dans le sillon interfessier entre 4 et 8 cm de la marge anale puis d’autres orifices de drainage plus distants peuvent apparaître. Ils forment alors des sortes de tunnels sous la peau

Kyste pilonidal avec orifices de drainage le long du sillon interfessier

Les facteurs de risques sont

  • homme jeune (pic vers 20 ans)
  • poilu
  • obésité
  • position assise régulière (travail de bureau, voiture…)

Symptomes

Les symptomes commencent par une infection : apparition d’une boule rouge sous la peau située sur le haut d’une fesse ou entre les fesses dans le bas du dos chez un homme jeune et poilu avec sensation d’inconfort voire de douleur.

En cas de survenue d’une boule rouge entre les fesses ou sur le haut d’une fesse, il faut toujours consulter sans tarder son médecin : ce dernier envisagera les différents diagnostics possibles.

Il va examiner votre anus et parfois y introduire un instrument pour réaliser une anuscopie.

Cette boule rouge peut en effet évoluer en abces, pouvant couler et laisser s’échapper des sérosités ou plus souvent du pus.

Le médecin cherche des petits orifices sur le sillon interfessier entre 4 et 8 cms de l’anus avec parfois des petites touffes de poils fins ayant tendance à sortir des orifices, qui sont caractéristiques de la maladie pilonidale.

Le médecin va s’attacher à éliminer une fistule anale : le kyste reste le plus souvent extra anal et il n’y a pas de cryptite en anuscopie.

 

Kyste pilonidal avec abcès à distance

Examens complémentaires

En cas de doute de fistule rectale voire cérébrospinale, le médecin peut demander la réalisation d’une fistulographie ou plus souvent d’une IRM

IRM de kyste pilonidal

Traitement

Le traitement radical est une exérèse chirurgicale ; en effet les traitements antibiotiques ne font que temporiser l’évolution de la maladie.

L’anesthésie est le plus souvent générale, plus rarement locale.

Avant l’intervention, il faut raser la zone (et le rasage doit être poursuivi pendant une période de 3 à 6 mois après la fin de la cicatrisation).

Lors de l’infection aigue

Le chirurgien introduit un stylet par l’orifice primaire au sein de la cavité pour en délimiter les contours et les ramifications. Il incise et évacue le pus. Il pratique ensuite un curetage de la cavité, puis un méchage. La cicatrisation est généralement obtenue par des changements de mèches et des pansements quotidiens en un à deux mois. Cette technique permet une guérison dans environ la moitié à 90% des cas selon les études.

En cas d’infections répétées (chronicité)

Plusieurs techniques sont alors possibles :

Excision (technique ouverte)

Le chirurgien réalise une excision en bloc du kyste et des orifices primaires et secondaires en respectant l’aponévrose sacrée puis il laisse cicatriser la perte de substance par des pansements réguliers (douloureux les premiers jours), en 2 mois environ, mais permettant généralement une reprise de l’activité professionnelle après une semaine environ. Le taux de récidive est faible avec cette méthode (seulement 2 à 3%)

Cicatrisation dirigée après ablation d’un kyste pilonidal : faible taux de récidive mais suites douloureuses

Excision (technique fermée) avec suture simple

Après l’excision, le chirurgien réalise une suture permettant une cicatrisation en 2 semaines, mais le taux de récidive est 10 fois supérieur, de 20 à 30% des cas et de nombreuses complications peuvent survenir : lâchage des sutures, surinfection sous la fermeture, douleur…

Suture simple et drainage d’un kyste pilonidal après son ablation

Excision (technique fermée) avec reconstruction

Après excision, le chirugien recouvre la perte de substance par un lambeau de peau qui rend la suture moins tendue donc moins douloureuse, cependant le lambeau peut s’infecter ce qui rend les choses alors très compliquées

Incision-curetage

Le chirurgien repère les orifices fistuleux primaires et secondaires grâce à un stylet. Il réalise une excision moins large que dans l’excision ouverte, emportant quand même l’ensemble des trajets fistuleux et il procède à un curetage des tissus granulomateux. On obtient une cicatrisation en 3 ou 4 semaines et le taux de récidive est faible. C’est donc la technique le plus souvent utilisée en première intention

Les soins post-opératoires

Ils sont le plus souvent réalisée par une infirmière (soins infirmiers) à domicile ou à l’hôpital
La chair reste à vif  pendant plusieurs semaines (plus ou moins longtemps en fonction de la technique employée)  et elle doit se reconstituer. L’infirmière change les mèches s’il y en a, elle applique des pansements et attend l’obtention d’un tissus de granulation

En cas d’infection lors de la phase de cicatrisation, il faut alors reconsulter le médecin pour recevoir des antibiotiques et parfois être réopéré.

Ces soins sont longs et contraignants, obligeant parfois à rester allongé sur le ventre pendant plusieurs jours

Récidive de kyste pilonidal

Nous avons vu que le kyste pilonidal pouvait récidiver dans 2 à 20% des cas selon la technique employée

Il faut alors souvent réopérer avec des techniques plus aggressives…

L’epilation laser : une panacée?

Le problème de départ étant la pilosité, une épilation laser de la zone interfessière permet de prévenir l’apparition d’un kyste pilonidal chez de jeunes adultes ayant des antécédents familiaux et présentant un profil à risque (poilus) et surtout une récidive chez les personnes ayant déja eu un kyste pilonidal

 

Actinomycose

Actinomycose

L’actinomycose n’est pas comme son nom ne l’indique pas une mycose mais une pathologie infectieuse de la bouche. On devrait d’ailleurs parler d’actinobactériose

La confusion vient du fait que l’actinomycose  est due à des bactéries saprophytes de la cavité buccale et du tractus gastro-intestinal appelées  Actinomyces qui deviennent pathogènes sous l’influence de plusieurs facteurs  tels que la mauvaise hygiène bucco-dentaire, l’ immunosuppression, le cancer,le  diabète, l’alcoolo-tabagisme…

Signes de la maladie

Nodule sous-cutané indolore, fluctuant, le plus souvent mandibulaire. Les adénopathies satellites sont rares. En l’absence de traitement, l’évolution peut se faire vers plusieurs nodules voire des placards sous-cutanés collés au plan profond osseux de la face, puis fistulisation à la peau, écoulement sanglant et purulent contenant souvent des grains jaunes caractéristiques. Possibilité d’ extension au périoste et à la mandibule.

 

Examens complémentaires diagnostiques

Prelevement du pus et mise en culture

Traitement

Chirurgie dentaire et ATB (penicilline G)