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Orivelle et la mycose de l’ongle : que disent les preuves scientifiques ?
Vous avez vu passer des publicités pour Orivelle, ce stylo présenté comme une solution contre la mycose des ongles, et vous voulez savoir s’il tient ses promesses avant de l’acheter. Voici ce qu’on peut dire, factuellement, sur ce type de produit.
Mis à jour le 24 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : Orivelle est un stylo-sérum à base d’extraits végétaux vendu en ligne pour la mycose de l’ongle (onychomycose). Il est commercialisé comme un cosmétique, pas comme un antifongique pharmaceutique : aucune étude clinique publiée ne démontre son efficacité contre le champignon responsable de l’onychomycose, contrairement à l’amorolfine ou au ciclopirox, dont l’efficacité comparable a été établie par des essais cliniques. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Ce qu’est Orivelle, factuellement : un stylo applicateur contenant un sérum présenté comme composé de 17 extraits végétaux, à appliquer sur l’ongle atteint, vendu exclusivement en ligne. Il est positionné comme un soin cosmétique des ongles abîmés, pas comme un médicament antifongique.
Onychomycose : pourquoi c’est une infection, pas juste un ongle « abîmé »
La mycose de l’ongle (onychomycose) est une infection provoquée le plus souvent par des dermatophytes, parfois par des levures ou des moisissures. Ce n’est pas un simple problème esthétique : le champignon colonise la kératine de l’ongle, ce qui explique pourquoi un simple soin hydratant ou fortifiant, même naturel, ne suffit pas à l’éliminer. Un diagnostic de certitude (prélèvement mycologique) est recommandé avant tout traitement prolongé, car d’autres causes (psoriasis unguéal, traumatisme) peuvent imiter une mycose (Falotico JM, Lipner SR, Clin Cosmet Investig Dermatol, 2022, PMID 36133401).
À retenir : comme tout produit cosmétique, Orivelle ne peut légalement revendiquer d’action curative sur une infection fongique. L’ANSM rappelle qu’un produit qui revendiquerait une action thérapeutique changerait de statut réglementaire et devrait apporter les preuves cliniques exigées d’un médicament.
Ce que disent les études sur les traitements antifongiques validés
Les vernis antifongiques à base d’amorolfine 5 % ou de ciclopirox 8 %, déjà couverts sur ce site (Loceryl®, Curanail®, Mycoster®, Onytec®), ont fait l’objet d’essais cliniques comparatifs montrant une efficacité comparable entre eux sur les dermatophytes et les levures responsables de l’onychomycose (Tabara K et al., Postepy Dermatol Alergol, 2015, PMID 25821426). Dans les formes étendues ou résistantes, un traitement antifongique oral (terbinafine) reste souvent nécessaire en complément.
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Mon conseil de dermatologue : si vos ongles sont épaissis, jaunis ou friables depuis plusieurs semaines, la première étape utile n’est pas de choisir entre deux produits vendus en ligne, mais d’obtenir un diagnostic. Un prélèvement mycologique confirme (ou infirme) la mycose et évite des mois de traitement sur la mauvaise cible.
Téléchargez un guide complet au format PDF :
Questions fréquentes sur Orivelle
Orivelle est-il efficace contre la mycose de l’ongle ?
Aucune étude clinique publiée ne permet de le confirmer à ce jour (août 2026). Le produit est enregistré comme cosmétique, pas comme antifongique pharmaceutique évalué contre l’onychomycose.
Quelle est la différence entre Orivelle et un vernis antifongique comme Loceryl® ou Curanail® ?
Les vernis antifongiques pharmaceutiques contiennent une molécule à activité antifongique démontrée (amorolfine, ciclopirox) et ont fait l’objet d’essais cliniques. Un sérum cosmétique à base d’extraits végétaux n’a pas ce niveau de preuve, même si certains de ses composants peuvent avoir des propriétés intéressantes en laboratoire.
Puis-je utiliser Orivelle en complément d’un traitement antifongique prescrit ?
Cela n’est a priori pas dangereux pour un soin cosmétique appliqué localement, mais cela ne doit jamais remplacer le traitement antifongique prescrit ni retarder une consultation si l’atteinte s’étend.
Comment savoir si j’ai vraiment une mycose de l’ongle ?
Seul un prélèvement mycologique (réalisé par un dermatologue ou en laboratoire) confirme le diagnostic avec certitude. Un ongle épaissi peut aussi être un psoriasis unguéal ou une séquelle de traumatisme, deux situations qui ne se traitent pas de la même façon.
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Falotico JM, Lipner SR. Updated Perspectives on the Diagnosis and Management of Onychomycosis. Clin Cosmet Investig Dermatol. 2022. PMID 36133401
Tabara K, et al. Amorolfine vs. ciclopirox – lacquers for the treatment of onychomycosis. Postepy Dermatol Alergol. 2015. PMID 25821426
Jaiswal A, et al. Étude comparative terbinafine orale seule ou associée à un antifongique topique dans l’onychomycose. Indian J Dermatol Venereol Leprol. 2007. PMID 18032857
ANSM. Recommandations pour les produits cosmétiques (statut réglementaire, interdiction des allégations thérapeutiques). ansm.sante.fr
Mis à jour le 9 juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
En bref : Eczéma et mycose de la peau provoquent tous deux des plaques rouges qui démangent – et ils sont confondus dans plus de 30 % des cas en médecine générale. Pourtant, leur mécanisme est radicalement différent : l’un est une inflammation d’origine immunologique, l’autre une infection fongique contagieuse. Appliquer de la cortisone sur une mycose non diagnostiquée aggrave l’infection et masque le tableau clinique – c’est le piège du tinea incognito. Cinq critères simples permettent de les distinguer sans examens complémentaires dans la majorité des cas. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Pourquoi confond-on si souvent eczéma et mycose ?
La confusion est compréhensible, et elle arrive à tout le monde – patients comme médecins. Les deux affections partagent un tableau d’entrée très similaire : une plaque rouge, squameuse, qui démange, qui peut se localiser sur n’importe quelle zone du corps, et qui récidive volontiers. Aucun signe pathognomonique absolu ne permet à l’œil nu, dans tous les cas, de trancher avec certitude.
Ce qui aggrave la confusion, c’est la variabilité des deux pathologies. Un eczéma annulaire – en plaques rondes comme des pièces de monnaie – ressemble presque trait pour trait à une dermatophytose (champignon de la peau en forme de cercle). À l’inverse, une mycose ancienne, ou une mycose traitée partiellement avec une crème corticoïde, peut perdre sa morphologie annulaire caractéristique et devenir indiscernable d’un eczéma irritatif ou allergique.
À savoir : Une étude clinique sur le tinea incognito a montré que dans une cohorte de 90 patients atteints de mycose modifiée par les corticoïdes, 67 % avaient reçu le diagnostic initial d’eczéma, 18 % d’intertrigo et 15 % de psoriasis. La mycose était passée totalement inaperçue dans les trois quarts des cas.
Le problème est loin d’être anodin. Traiter une mycose avec un dermocorticoïde, c’est nourrir l’infection : les corticoïdes suppriment la réponse immunitaire locale, permettant au champignon de s’étendre sans résistance. La plaque s’agrandit, perd son bord actif caractéristique, et le tableau devient celui d’un tinea incognito – une mycose déguisée, souvent pendant des semaines ou des mois, au prix d’un traitement plus long et plus complexe.
Les 5 critères cliniques pour distinguer eczéma et mycose
Cinq éléments d’examen permettent dans la grande majorité des cas de s’orienter dans le bon sens, sans prélèvement ni analyse. Ils ne se substituent pas à l’avis médical, mais ils donnent des repères concrets pour guider la décision de consulter et orienter le médecin.
Critère
Eczéma
Mycose (dermatophytose)
Forme de la plaque
Contours flous, irréguliers, parfois confluents
Bord net, annulaire ou en arc, centre plus pâle
Progression
Stable ou fluctuante selon les poussées
Extension centrifuge progressive (la plaque grandit)
Vésicules
Petites vésicules prurigineuses, souvent en nappe
Squames sèches sur le bord actif, rarement vésiculaire
Peau environnante
Sèche, rugueuse, souvent lichénifiée à terme
Peau saine autour de la lésion
Réponse à la cortisone
Amélioration nette en 3–5 jours
Soulagement temporaire, puis aggravation ou extension
L’eczéma annulaire : la forme qui piège le plus souvent
Parmi les différentes formes d’eczéma, la forme annulaire – appelée aussi eczéma discoïde – est celle qui ressemble le plus à une mycose cutanée. Elle se présente sous forme de plaques rondes ou ovales, bien délimitées, de 1 à 10 cm de diamètre, souvent localisées sur les membres. La confusion avec un champignon de la peau de type tinea corporis (herpès circiné, ou roue de sainte-Catherine) est quasi systématique à l’examen clinique rapide.
Pourtant, quelques détails permettent de les distinguer. L’eczéma nummulaire est uniformément squameux sur toute la surface de la plaque, souvent associé à une peau globalement sèche sur l’ensemble du corps. La mycose, elle, présente un bord périphérique plus actif – plus rouge, plus squameux, plus prurigineux – tandis que le centre de la lésion tend à s’éclaircir au fil des semaines, signe de cicatrisation centripète.
Attention : L’eczéma annulaire est fréquemment associé à une allergie de contact. Si les plaques récidivent malgré un traitement bien conduit, des patch-tests sont recommandés pour identifier un allergène de contact (nickel, parfums, conservateurs). Cette démarche change complètement la stratégie thérapeutique.
Le tinea incognito : quand la cortisone fait disparaître les indices
Le tinea incognito est l’une des erreurs diagnostiques les plus fréquentes en dermatologie. Le scénario est toujours le même : une plaque rouge suspecte apparaît, le patient – ou son médecin – l’identifie comme un eczéma et applique une crème corticoïde. Dans un premier temps, les démangeaisons diminuent et la plaque semble s’améliorer. Mais quelques jours plus tard, la lésion s’étend, déborde, perd sa forme initiale, et résiste aux traitements habituels.
Ce phénomène a une explication simple : les corticoïdes topiques suppriment la réaction inflammatoire locale qui constitue précisément la défense naturelle contre le champignon. Le dermatophyte, libéré de cette pression immunitaire, se développe librement. La plaque peut alors atteindre des dimensions inhabituelles, toucher plusieurs zones, et simuler des tableaux évocateurs de lupus, de psoriasis ou de granulome annulaire.
Conseil pratique : Si une plaque s’améliore au début avec la cortisone puis reprend de plus belle à l’arrêt, ou si elle continue à s’étendre malgré le traitement, il faut systématiquement évoquer une mycose sous-jacente. Ce signal doit conduire à une consultation dermatologique – et surtout à stopper immédiatement le corticoïde avant que la situation ne se complique davantage.
Mycose et eczéma : quand les deux se superposent
Les deux pathologies ne s’excluent pas mutuellement – bien au contraire. Chez certains patients, notamment ceux qui souffrent d’eczéma atopique, une mycose peut venir aggraver ou entretenir les poussées. Le mécanisme est double.
D’une part, la barrière cutanée altérée de l’eczémateux favorise la colonisation fongique. D’autre part, certains champignons – notamment Malassezia, levure naturellement présente sur la peau – peuvent sensibiliser le système immunitaire et déclencher des réactions inflammatoires qui ressemblent à de l’eczéma atopique, en particulier sur le visage, le cou et le haut du tronc voire une allergie à Malassezia donnant un véritable eczema de la tête et du cou (Head and Neck Dermatitis).
La relation entre mycose des pieds et dysidrose est encore plus directe. Une tinea pedis – mycose interdigitale des orteils – peut provoquer une réaction immunologique à distance appelée réaction « id » : des vésicules prurigineuses apparaissent sur les bords des doigts ou des orteils, constituant un tableau de dysidrose. Dans ce cas, traiter uniquement l’eczéma avec des dermocorticoïdes ne résout rien : c’est la mycose des pieds qu’il faut éradiquer en premier.
Les localisations qui orientent le diagnostic
La localisation de la lésion est un élément d’orientation très précieux. Certaines zones du corps sont clairement plus à risque de mycose, d’autres sont plutôt le terrain de l’eczéma.
Comment confirmer le diagnostic ? Le rôle du prélèvement mycologique
Quand le doute clinique persiste – et il persiste souvent – le prélèvement mycologique reste l’examen de référence. En consultation, ou au laboratoire, on gratte le bord actif de la plaque à l’aide d’un vaccinostyle ou du bord d’une lame, recueille quelques squames, et les examine directement au microscope après éclaircissement à l’hydroxyde de potassium (KOH). En moins de cinq minutes, la présence ou l’absence de filaments fongiques est visible.
La culture mycologique, plus sensible, permet d’identifier précisément l’espèce en cause, mais nécessite 3 à 4 semaines d’incubation. Elle est indispensable avant de prescrire un traitement antifongique systémique prolongé, et utile en cas de récidive ou de résistance aux antifongiques habituels.
À savoir : Si un traitement antifongique local bien conduit (2 applications par jour pendant 3 semaines complètes) ne donne aucun résultat, le diagnostic de mycose doit être remis en question. Un eczéma annulaire traité à tort comme une mycose pendant plusieurs semaines aggrave la sécheresse cutanée et peut conduire à une lichénification des plaques, rendant le traitement ultérieur plus difficile.
Traitements : les différences fondamentales
L’enjeu diagnostique est avant tout thérapeutique : les traitements sont non seulement différents, mais potentiellement délétères si on les applique à la mauvaise affection. Un antifongique appliqué sur un eczéma n’a aucun effet. Un dermocorticoïde appliqué sur une mycose l’aggrave.
Pour l’eczéma, le traitement de référence en poussée est le dermocorticoïde topique, associé à une émollience quotidienne intensive. En cas d’eczéma de contact, l’identification et l’éviction de l’allergène sont indispensables. Les formes modérées à sévères peuvent bénéficier de traitements systémiques (ciclosporine, dupilumab, inhibiteurs de JAK) selon les recommandations 2025 de la Société française de dermatologie.
Pour la mycose cutanée, les antifongiques locaux (éconazole, terbinafine, ciclopirox) constituent le traitement de première intention pendant 3 semaines minimum. Les formes étendues, résistantes ou avec atteinte des ongles et des cheveux nécessitent un antifongique par voie orale (terbinafine, fluconazole, itraconazole), avec surveillance hépatique préalable pour les traitements prolongés.
Conseil : En cas de mycose des plis ou des pieds, l’antifongique seul ne suffit pas. La lutte contre les facteurs favorisants est indissociable du traitement : séchage soigneux des espaces interdigitaux après la toilette, chaussettes en coton, chaussures aérées, éviction des sols de piscine pieds nus. Sans ces mesures, la récidive est quasi inévitable dans les mois suivants.
Consultez en urgence si :
La plaque s’étend rapidement sur plusieurs zones du corps en quelques jours
Des signes infectieux apparaissent : fièvre, douleur, pus, croûtes jaunâtres
La lésion touche le visage, surtout le pourtour des yeux ou du nez
Vous êtes sous traitement immunosuppresseur, corticothérapie prolongée, ou diabétique : une mycose peut devenir sévère rapidement
Un eczéma préalablement connu se modifie brutalement : vésicules ombiliquées, érosions confluentes (risque d’eczéma herpéticum)
Tout traitement bien conduit depuis plus de 3 semaines reste sans effet
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Questions fréquentes sur l’eczéma et la mycose
Pourquoi ma peau pèle entre les orteils ?
C’est le plus souvent le signe d’une mycose interdigitale (pied d’athlète), favorisée par la chaleur et l’humidité des chaussures fermées : la peau blanchit, se fissure et pèle, parfois avec des démangeaisons. Un eczéma peut donner un tableau proche, mais il touche alors souvent d’autres zones du corps. Un prélèvement mycologique permet de trancher en cas de doute.
Comment savoir si c’est une mycose ou un eczéma ?
La mycose forme typiquement une plaque annulaire à bord actif et centre plus clair, qui s’étend progressivement. L’eczéma donne des plaques diffuses, symétriques, avec de petites vésicules et une peau sèche autour. Si la plaque s’aggrave avec une crème à la cortisone, pensez à une mycose ignorée. Un dermatologue peut confirmer le diagnostic par un prélèvement mycologique en quelques minutes.
Peut-on avoir une mycose et un eczéma en même temps ?
Oui, cette association est fréquente, notamment au niveau des pieds. Une mycose des pieds peut déclencher une réaction eczémateuse à distance – la dysidrose – sous forme de vésicules prurigineuses sur les paumes ou les plantes. Traiter la mycose suffit alors à faire disparaître l’eczéma secondaire. Le dermatologue recherche systématiquement cette association quand un eczéma des pieds résiste aux traitements habituels.
La cortisone aggrave-t-elle une mycose ?
Oui, appliquer une crème corticoïde sur une mycose non diagnostiquée aggrave l’infection fongique et efface les signes cliniques caractéristiques. On parle de tinea incognito : la plaque perd son bord actif, s’élargit et devient encore plus difficile à diagnostiquer. C’est l’un des pièges les plus fréquents en dermatologie de ville, identifié depuis 1968 comme source majeure d’errance diagnostique.
L’eczéma nummulaire ressemble-t-il à une mycose ?
Très souvent, oui. L’eczéma nummulaire – en pièces de monnaie – est la forme d’eczéma la plus souvent confondue avec un champignon de peau. Les deux donnent des plaques rondes, rouges et squameuses. La différence clé : la mycose a un bord plus actif et une tendance à s’agrandir progressivement en cercle, alors que l’eczéma nummulaire reste stable et s’accompagne d’une peau globalement sèche.
Comment traiter une mycose de peau sans ordonnance ?
Les antifongiques locaux disponibles sans ordonnance (éconazole, miconazole, clotrimazole) sont efficaces sur les formes limitées. Appliquer 2 fois par jour pendant 3 semaines minimum. Si aucune amélioration après 3 semaines de traitement bien conduit, consultez : le diagnostic est peut-être erroné, ou une forme résistante nécessite un antifongique oral prescrit par le médecin.
La mycose est-elle contagieuse contrairement à l’eczéma ?
Oui, c’est une différence fondamentale. Les dermatophytoses se transmettent par contact direct ou indirect – linge partagé, sols de piscine, animaux domestiques. L’eczéma, en revanche, n’est pas contagieux : c’est une maladie inflammatoire d’origine génétique et immunologique. Cette distinction oriente aussi l’entourage : pas besoin d’éviction sociale pour un eczéma, mesures d’hygiène renforcées pour une mycose afin d’éviter la contamination familiale.
Un prélèvement est-il nécessaire pour confirmer une mycose ?
Pas toujours, mais c’est le seul moyen de certitude. Le dermatologue gratte le bord actif de la plaque et examine les squames au microscope. L’examen direct donne un résultat immédiat. La culture, plus sensible, prend 3 à 4 semaines mais identifie l’espèce fongique précisément. Ce geste simple évite des semaines de traitement inadapté, notamment avant de prescrire des corticoïdes topiques.
L’eczéma au niveau des pieds peut-il être causé par une mycose ?
Oui, et c’est très fréquent. Une mycose des pieds – tinea pedis – peut provoquer une dysidrose par réaction immunologique à distance : vésicules prurigineuses sur les bords des orteils, la plante ou les paumes. Si l’eczéma des pieds résiste aux dermocorticoïdes, il faut systématiquement chercher une mycose associée des pieds et des ongles avant de modifier le traitement.
Quels sont les signaux d’alarme qui imposent de consulter rapidement ?
Consultez sans attendre si la plaque s’aggrave malgré un traitement bien conduit, si elle touche le visage, si elle est douloureuse ou surinfectée (croûtes jaunâtres, pus), ou si vous êtes sous traitement immunosuppresseur. Une plaque qui ne guérit pas après 3 semaines de traitement adapté doit toujours être montrée à un dermatologue – l’errance diagnostique prolongée complique inutilement la prise en charge.
Références scientifiques
Leung AKC, Lam JM, Leong KF, Leung AAM, Wong AHC, Hon KL. Nummular Eczema: An Updated Review. Recent Pat Inflamm Allergy Drug Discov. 2020;14(2):146-155. PMID 32778043
Lim SS, Shin K, Mun JH. Dermoscopy for cutaneous fungal infections: A brief review. Health Sci Rep. 2022 Jan 6;5(1):e464. PMID 35024456
Nowowiejska J, Baran A, Flisiak I. Tinea Incognito: Challenges in Diagnosis and Management. J Clin Med. 2024 May;13(11):3267. PMID 38892976
Mis à jour le 13 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
En bref : L’éconazole est un antifongique imidazolé à large spectre, actif sur les dermatophytes, les levures Candida et le Malassezia responsable du pityriasis versicolor. Une méta-analyse portant sur 14 antifongiques topiques n’a retrouvé aucune différence significative de taux de guérison mycologique entre les molécules de cette classe en fin de traitement. En France, Pevaryl® et ses génériques à 1% sont remboursés à 30% sur prescription. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Éconazole (Pevaryl®) : antifongique topique, indications et posologie
Si votre médecin ou votre pharmacien vous a prescrit ou conseillé de l’éconazole, c’est probablement parce qu’une mycose cutanée a été diagnostiquée ou suspectée : démangeaisons entre les orteils, plaque rouge qui s’étend, taches qui ne bronzent pas, ou irritation persistante dans un pli de peau. Cette fiche reprend tout ce qu’il faut savoir pour utiliser ce traitement efficacement et éviter l’erreur la plus fréquente, à savoir l’arrêt trop précoce.
L’éconazole appartient à la famille des antifongiques imidazolés à usage local. Il agit en perturbant la synthèse de l’ergostérol, un constituant essentiel de la membrane des champignons et levures, ce qui finit par les détruire. Cette molécule est commercialisée en France depuis plusieurs décennies sous de nombreuses formes galéniques, adaptées à chaque localisation et chaque type de peau.
Marques disponibles en France : Pevaryl® (crème, poudre, solution, émulsion fluide, ovule gynécologique) et ses nombreux génériques remboursés à 30% sur prescription. Des spécialités à base d’éconazole sont également disponibles sans ordonnance en pharmacie sous d’autres noms commerciaux, mais ne bénéficient alors d’aucun remboursement.
Dans quels cas utiliser l’éconazole ?
L’éconazole topique est indiqué dans le traitement de plusieurs familles d’infections fongiques superficielles. Son spectre large en fait l’un des antifongiques les plus polyvalents de sa classe.
Dermatophytoses cutanées : pied d’athlète (tinea pedis), intertrigo des plis (aines, orteils), herpès circiné (ringworm), teigne du cuir chevelu en complément d’un traitement par voie orale
Candidoses cutanéo-muqueuses : intertrigo candidosique des plis (sous les seins, aisselles, aine), candidose génitale chez l’homme et la femme
Pityriasis versicolor : taches squameuses dues à la levure Malassezia, fréquentes après l’été
Candidose vaginale : sous forme d’ovule à libération prolongée (Gyno-Pevaryl®)
Une mycose cutanée mal identifiée peut faire perdre un temps précieux : une candidose et une dermatophytose ne se traitent pas toujours de la même durée, et certaines rougeurs des plis ne sont pas d’origine fongique. En cas de doute, un avis médical permet de confirmer le diagnostic avant tout traitement, surtout si les lésions sont étendues ou récidivantes.
Quelle forme choisir selon la localisation ?
Le choix de la galénique n’est pas anodin : une zone humide et plissée tolère mal une crème trop occlusive, tandis qu’une peau sèche et squameuse a besoin d’un produit plus hydratant.
Forme
Indication privilégiée
Posologie usuelle
Crème 1%
Peau sèche, plis, candidose génitale
1 à 2 applications/jour, 2 à 4 semaines
Poudre 1%
Espaces interdigitaux, chaussures, zones humides
1 à 2 applications/jour, en relais ou complément de la crème
Solution/émulsion 1%
Cuir chevelu, zones pileuses, grandes surfaces (pityriasis versicolor)
1 à 2 applications/jour
Ovule 150 mg
Candidose vaginale
1 ovule en dose unique, le soir au coucher
Bon à savoir : le spectre de l’éconazole couvre aussi bien les dermatophytes que les levures du genre Candida et le Malassezia du pityriasis versicolor, ce qui en fait un traitement de première intention même lorsque le diagnostic mycologique précis n’est pas encore confirmé par culture.
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Comment bien appliquer l’éconazole pour éviter une rechute ?
L’efficacité d’un antifongique local dépend autant de la bonne observance que de la molécule elle-même. Une étude comparative multicentrique portant sur plus de 650 patients a établi qu’une crème imidazolée bien appliquée obtenait une efficacité clinique de l’ordre de 75 à 76% sur les dermatophytoses, avec un taux d’effets indésirables inférieur à 1%, le plus souvent locaux et transitoires.
Nettoyer et bien sécher la zone avant chaque application, en particulier les espaces interdigitaux
Appliquer en couche fine, en débordant légèrement sur la peau saine autour de la lésion
Respecter la fréquence prescrite (1 à 2 fois par jour) sans interruption
Poursuivre le traitement quelques jours après la disparition visible des symptômes
Laver le linge et la literie en contact avec la zone infectée pendant le traitement
L’erreur la plus fréquente : arrêter le traitement dès que les démangeaisons cessent. Les champignons disparaissent visiblement avant d’être totalement éradiqués en profondeur. Un arrêt trop précoce explique la majorité des rechutes observées en consultation, surtout au niveau des pieds et des plis.
Éconazole ou autre antifongique : que dit la science ?
Il existe de nombreuses molécules imidazolées (éconazole, miconazole, clotrimazole, kétoconazole) ainsi que d’autres classes comme la terbinafine. Une méta-analyse en réseau ayant comparé 14 traitements antifongiques topiques n’a pas retrouvé de différence significative de guérison mycologique en fin de traitement entre la plupart des molécules de cette classe ; seules certaines, comme la terbinafine, ont montré un avantage sur le maintien de la guérison à distance. Concernant spécifiquement la candidose vaginale, une étude comparative en double aveugle a conclu à une efficacité équivalente entre éconazole et clotrimazole, l’éconazole étant toutefois jugé légèrement moins bien accepté par les patientes sur le plan du confort d’application.
En pratique, le choix entre ces molécules repose moins sur une supériorité d’efficacité que sur la galénique disponible, la localisation à traiter et les préférences du patient. C’est pourquoi le kétoconazole est souvent privilégié pour le cuir chevelu et la dermite séborrhéique, tandis que l’éconazole reste un choix de référence pour les plis et les muqueuses.
Consultez rapidement si : la lésion s’étend malgré 2 semaines de traitement bien conduit, une fièvre ou des frissons apparaissent, la peau se fissure profondément ou suinte abondamment, des signes d’allergie de contact surviennent (gonflement, cloques, aggravation des rougeurs après application), ou si les symptômes récidivent fréquemment, ce qui peut faire rechercher un facteur favorisant comme le diabète.
Téléchargez un guide complet au format PDF :
Questions fréquentes sur l’éconazole
L’éconazole (Pevaryl) est-il remboursé par la Sécurité sociale ?
Oui, Pevaryl et ses génériques à base d’éconazole 1% sont remboursés à 30% sur prescription médicale. Les formes vendues sans ordonnance en pharmacie, sous d’autres marques, ne sont pas remboursées.
Combien de temps faut-il appliquer l’éconazole pour traiter une mycose ?
En moyenne 2 à 4 semaines selon la localisation. Le pied d’athlète demande souvent 4 semaines complètes. Il faut continuer le traitement quelques jours après la disparition des symptômes, car l’arrêt prématuré est la première cause de rechute.
Peut-on utiliser l’éconazole sur les muqueuses génitales ?
Oui. La crème s’applique sur la vulve et le gland en cas de candidose, et l’ovule vaginal Gyno-Pevaryl 150 mg traite la candidose vaginale en dose unique. En cas de symptômes récidivants ou pendant la grossesse, l’avis d’un médecin est recommandé avant traitement.
Quels sont les effets indésirables de l’éconazole ?
L’éconazole topique est généralement bien toléré. Une sensation de brûlure transitoire ou une rougeur légère peuvent apparaître à l’application. Une véritable allergie de contact reste rare mais justifie l’arrêt du produit si une réaction s’aggrave.
L’éconazole est-il efficace contre toutes les mycoses de la peau ?
L’éconazole couvre un large spectre : dermatophytes (pied d’athlète, teigne, herpès circiné), levures Candida et Malassezia (pityriasis versicolor). Il n’agit pas sur les mycoses des ongles en profondeur, qui nécessitent souvent un traitement spécifique plus prolongé.
Peut-on appliquer l’éconazole sur le visage ?
Oui pour une mycose confirmée du visage, en couche fine et en évitant le contour des yeux. En cas de doute diagnostique sur une rougeur du visage, mieux vaut consulter avant traitement, car d’autres affections cutanées miment parfois une mycose.
Que faire si la mycose ne s’améliore pas après le traitement ?
Si aucune amélioration n’est visible après 2 semaines d’application régulière et bien conduite, une consultation s’impose. Le diagnostic doit être reconfirmé et un prélèvement mycologique peut être utile pour adapter le traitement.
L’éconazole peut-il être utilisé pendant la grossesse ?
L’éconazole topique est habituellement considéré comme une option envisageable pendant la grossesse, notamment pour la candidose vaginale, mais toute utilisation doit être validée par le médecin ou la sage-femme suivant la grossesse, en particulier au premier trimestre.
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Références scientifiques
Repiso Montero T, López S, Rodríguez C, et al. Eberconazole 1% cream is an effective and safe alternative for dermatophytosis treatment: multicenter, randomized, double-blind, comparative trial with miconazole 2% cream. Int J Dermatol. 2006;45(5):600-604. PMID 16700802
Rotta I, Sanchez A, Gonçalves PR, et al. Efficacy of topical antifungals in the treatment of dermatophytosis: a mixed-treatment comparison meta-analysis involving 14 treatments. JAMA Dermatol. 2013;149(3):341-349. PMID 23553036
Wijesinghe NMH, et al. Econazole and clotrimazole in the treatment of vaginal candidiasis: a double blind comparative study.PMID 7820892
Manca ML, et al. Econazole nitrate-loaded MCM-41 for an antifungal topical powder formulation. J Mater Sci Mater Med. 2010. PMID 20845470
Mis à jour le 13 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
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⚠️ Le kétoconazole oral ne traite plus les mycoses : en raison d’un risque d’hépatotoxicité sévère, l’ANSM a suspendu l’indication antifongique du kétoconazole par voie orale en juin 2011, suspension étendue à toute l’Union européenne par l’EMA en 2013. Le Kétoconazole Esteve® 200 mg reste commercialisé mais uniquement pour le syndrome de Cushing, prescrit par un endocrinologue. Pour une mycose cutanée sévère résistante au traitement local, le dermatologue prescrit un autre antifongique oral comme la terbinafine (Lamisil®).
En bref : Le kétoconazole topique (Ketoderm® 2%) traite les mycoses cutanées, la dermite séborrhéique et le pityriasis versicolor, avec un taux de guérison 31 % supérieur au placebo à 4 semaines. La forme orale, elle, n’est plus autorisée pour les mycoses depuis 2011 en raison d’un risque hépatique. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Le kétoconazole est un antifongique imidazolé. En dermatologie, il s’utilise exclusivement par voie topique (Ketoderm® 2% crème ou gel et génériques), remboursée à 30 % sur prescription médicale (liste 1). La forme orale (Kétoconazole Esteve® 200 mg) existe toujours en France, mais n’est plus indiquée dans les mycoses cutanées depuis 2011 : son autorisation a été restreinte au traitement du syndrome de Cushing, sous surveillance stricte d’un spécialiste.
Indications du kétoconazole en dermatologie
Mycoses cutanées à dermatophytes et levures (intertrigo, pied d’athlète)
Pellicules récidivantes (usage du shampooing au kétoconazole)
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Formes disponibles et posologie
Forme
Marque
Posologie
Crème 2%
Ketoderm®, génériques
1×/j, 2 à 4 semaines
Gel 2% (sachet)
Ketoderm®, génériques
1 application unique (pityriasis versicolor)
💡 Conseil : Pour la dermite séborrhéique du cuir chevelu, le gel de kétoconazole s’applique en cure courte. En entretien, d’autres shampooings antifongiques peuvent être utilisés.
Questions fréquentes sur le kétoconazole
Le kétoconazole (Ketoderm®) est-il remboursé par la Sécurité sociale ?
Oui, Ketoderm® 2% crème et gel et leurs génériques sont remboursés à 30 % sur prescription médicale (liste 1). La forme orale (Kétoconazole Esteve® 200 mg) reste remboursée à 65 %, mais uniquement dans l’indication syndrome de Cushing : elle n’est plus utilisable pour les mycoses cutanées depuis 2011.
Quelle est la différence entre Ketoderm® crème et gel ?
La crème s’utilise quotidiennement sur la peau pour traiter les mycoses et la dermite séborrhéique. Le gel en sachet est conçu pour une application unique sur le cuir chevelu et le corps dans le traitement du pityriasis versicolor.
Peut-on utiliser le kétoconazole topique sur le visage ?
Oui, la crème à 2% peut être appliquée sur le visage pour traiter la dermite séborrhéique, en évitant le contour des yeux. L’application doit être limitée aux zones concernées et validée par un dermatologue.
Le kétoconazole oral est-il dangereux pour le foie ?
Oui : en raison d’un risque d’hépatotoxicité sévère, l’ANSM a suspendu l’indication antifongique du kétoconazole oral dès juin 2011, suspension confirmée dans toute l’Union européenne par l’EMA en 2013. Le Kétoconazole Esteve® 200 mg reste commercialisé, mais uniquement pour le syndrome de Cushing, sous surveillance hépatique stricte d’un endocrinologue. Pour une mycose cutanée résistante au traitement topique, le dermatologue prescrit un autre antifongique oral (terbinafine, itraconazole).
Okokon EO, Verbeek JH, Ruotsalainen JH, Ojo OA, Bakhoya VN. Topical antifungals for seborrhoeic dermatitis. Cochrane Database Syst Rev. 2015. PMID 25933684.
Choi FD, Juhasz MLW, Atanaskova Mesinkovska N. Topical ketoconazole: a systematic review of current dermatological applications and future developments. J Dermatolog Treat. 2019. PMID 30668185.
Elewski BE, et al. A novel foam formulation of ketoconazole 2% for the treatment of seborrheic dermatitis on multiple body regions. J Drugs Dermatol. 2007. PMID 17966177.
Source institutionnelle : ANSM — Lettre aux professionnels de santé, kétoconazole oral et risque d’hépatotoxicité.
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Mis à jour le 12 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : La candidose cutanée est une infection fongique due au Candida albicans. Elle touche préférentiellement les zones chaudes et humides (plis inguinaux, aisselles, seins). Le traitement repose sur des antifongiques locaux (imidazolés) appliqués 2 à 4 semaines. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Candidoses : causes, formes cliniques, diagnostic et traitement
Les candidoses sont des mycoses de la peau et des muqueuses dues à des levures du genre Candida. Omniprésent dans notre flore naturelle, le Candida albicans devient pathogène lorsque l’équilibre du terrain est rompu – par un diabète, une antibiothérapie, une immunodépression ou une simple macération. Il peut toucher la bouche, le vagin, les plis cutanés, les ongles et les organes génitaux masculins. Reconnaître la forme clinique est indispensable pour adapter le traitement.
Quand Candida albicans devient pathogène : le passage blastospore → filament
Candida albicans au microscope – blastospores et filaments pathogènes
Candida albicans vit normalement (commensal) dans le tube digestif et la muqueuse vaginale sous forme de blastospores unicellulaires, en équilibre avec la flore locale. Il n’est jamais saprophyte de la peau saine. Son passage à l’état pathogène est conditionné par une transition morphologique réversible – des blastospores vers la forme filamenteuse – qui est requise pour sa virulence.
Étape
Ce qui se passe
Ce qu’il faut faire
1. Colonisation / multiplication
Le Candida se multiplie en blastospores car les conditions locales le permettent (macération, antibiotiques, diabète…)
Corriger le terrain en priorité – traiter le facteur favorisant suffit souvent
2. Candidose à proprement parler
La levure passe à l’état filamenteux (hyphes ou pseudohyphes) – elle adhère et envahit les muqueuses et la peau – les symptômes apparaissent : rougeur, brûlures, démangeaisons
Traiter simultanément la candidose ET le facteur favorisant
Les candidoses sont des infections opportunistes – elles surviennent presque toujours sur un terrain fragilisé. Le médecin recherche systématiquement :
Facteur favorisant
Mécanisme
Diabète
Premier facteur à éliminer – glycémie élevée favorise la prolifération de Candida – bilan glycémique indispensable en cas de candidose profuse ou récidivante
Macération
Plis (aine, interfessier, sous les seins), espaces interdigitaux – humidité chronique favorisant la prolifération
Antibiothérapie à large spectre
Dysbiose de la flore locale – le Candida prend la place des bactéries éliminées
Irritation des muqueuses
Rapports sexuels répétés, sécheresse buccale induite par les neuroleptiques, savons irritants
Immunodépression
Corticothérapie prolongée, immunosuppresseurs, VIH, chimiothérapie, déficit en polynucléaires neutrophiles
Débute par un périonyxis – rougeur et gonflement douloureux du bourrelet unguéal – puis atteinte secondaire de l’ongle lui-même (mycose de l’ongle). Favorisée par les traumatismes locaux : manucurie agressive, détergents, mains constamment dans l’eau.
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Diagnostic
Le diagnostic de candidose nécessite souvent un prélèvement mycologique – grattage cutané, écouvillon muqueux ou prélèvement unguéal – permettant d’isoler le Candida sous forme filamenteuse (signe de pathogénicité). Un simple prélèvement positif en blastospores sans filaments peut correspondre à un portage saprophyte non pathogène. Le bilan minimal comprend également une glycémie à jeun pour éliminer un diabète méconnu.
Résistances aux antifongiques – une préoccupation croissante
Espèce
Particularité
Contexte
Candida auris
Hautement résistante aux antifongiques usuels – facilement transmissible – émergence mondiale
Surtout en milieu hospitalier – infections nosocomiales
Candida parapsilosis
Résistance croissante au fluconazole – première ligne d’azolés parfois inefficace
Plus fréquent en ambulatoire – candidoses récidivantes
📚 Référence résistance : Zhu Q, Guo Y. Front Microbiol. 2026. PMID 42221489
Traitement des candidoses
1. Corriger les facteurs favorisants – priorité absolue
Localisation
Mesures de terrain
Bucco-digestive
Lutter contre la sécheresse buccale et les anti-acides – traiter le diabète – bains de bouche alcalinisants (½ cuillère à café de bicarbonate de sodium dans un verre d’eau)
Génitale
Réduire l’acidité muqueuse chez la femme – limiter les irritations locales – équilibrer un diabète – traiter le(s) partenaire(s) si symptomatique(s)
Cutanée (plis)
Lutter contre l’humidité et la macération – séchage soigneux des plis – sous-vêtements en coton
Unguéale
Éviter la manucurie agressive et les détergents – protéger les mains au contact de l’eau
2. Traitement local
Les antifongiques locaux sont la base du traitement. La forme galénique est choisie selon la localisation : crème (plis cutanés), poudre (zones de macération), ovule ou crème vaginale, solution buccale ou gel. En cas de lésions suintantes ou surinfectées, des antiseptiques doux peuvent être associés : dérivés iodés (Bétadine®), chlorhexidine aqueuse. Les savons surgras ou alcalins (Hydralin®) ont un effet apaisant complémentaire.
3. Traitement systémique oral
Médicament
Indication
Surveillance
Fluconazole (Triflucan®)
Traitement de référence des candidoses génitales et cutanées récidivantes – demi-vie longue (30 h) permettant des prises espacées
Adapter la dose à la fonction rénale – interactions médicamenteuses (CYP3A4)
Kétoconazole (Nizoral®)
Candidoses bucco-digestives, vaginales, cutanées et unguéales étendues
Surveillance hépatique obligatoire : bilan avant traitement, J15, puis toutes les 4 semaines
Tableau récapitulatif – formes cliniques et traitement
Localisation
Aspect clinique
Facteur favorisant principal
Traitement de 1re intention
Bouche (muguet)
Enduit blanc crémeux
Nourrisson, immunodépression, antibiotiques
Antifongique local (gel, solution) + bains de bouche alcalins
Vagin / vulve
Rougeur vernissée, pertes caillebotées
Antibiotiques, grossesse, diabète
Ovule antifongique ± fluconazole oral
Sexe de l’homme
Rougeur du gland, enduit blanc, pustulettes
Partenaire infectée, diabète, prépuce long
Crème antifongique locale
Plis cutanés
Fond rouge luisant, pustules périphériques
Macération, diabète, obésité
Antifongique crème/poudre + séchage
Interdigital
Fissures blanchâtres entre les doigts
Mains dans l’eau, travail humide
Antifongique local + protection
Ongles
Périonyxis puis ongle atteint
Manucurie, détergents, eau
Antifongique local longue durée ± oral
⚠ Consultez rapidement si :
candidose récidivante malgré un traitement bien conduit – chercher un diabète ou une immunodépression
candidose oesophagienne : douleurs à la déglutition, fièvre – urgence en immunodéprimé
candidose génitale sévère ou résistante au traitement habituel
atteinte généralisée ou fièvre associée à des lésions cutanées étendues
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Questions fréquentes
Comment savoir si j’ai une candidose ou une autre mycose ?
Le Candida donne des lésions caractéristiques : fond rouge luisant avec des pustules satellites en périphérie pour les plis, pertes blanches caillebotées pour le vagin, enduit blanc crémeux pour la bouche. Mais seul un prélèvement mycologique avec identification de la forme filamenteuse permet une confirmation formelle et d’éliminer une résistance au traitement habituel.
Ma candidose revient sans cesse malgré le traitement – pourquoi ?
Une candidose récidivante doit faire rechercher un diabète méconnu, une immunodépression, un foyer persistant (candidose digestive associée, partenaire non traité) ou une résistance au fluconazole – de plus en plus fréquente avec Candida parapsilosis. Un prélèvement avec antifongigramme est indispensable avant de modifier le traitement.
La candidose est-elle contagieuse ?
La candidose n’est pas une infection sexuellement transmissible à proprement parler, mais le Candida peut se transmettre lors des rapports sexuels. Le traitement du partenaire n’est indiqué que s’il présente lui-même des signes cliniques. La transmission peut aussi se faire par contact direct avec d’autres foyers (bouche, tube digestif, plis).
La cortisone peut-elle aggraver une candidose ?
Oui – c’est l’une des erreurs les plus fréquentes. Appliquer de la cortisone sur une candidose cutanée ou vulvaire supprime la rougeur en surface tout en favorisant la prolifération profonde du Candida. La candidose remaniée par les corticoïdes est souvent plus étendue et plus difficile à traiter. Ne jamais appliquer de cortisone sur une rougeur des plis ou de la vulve sans diagnostic établi.
Peut-on traiter une candidose sans ordonnance ?
Certains antifongiques locaux sont disponibles sans ordonnance pour les formes vaginales ou cutanées bien identifiées. Mais une candidose récidivante, profuse, ou ne répondant pas au premier traitement nécessite une consultation pour confirmer le diagnostic, rechercher un facteur favorisant (diabète notamment) et adapter le traitement selon l’antifongigramme si nécessaire.
La candidose cutanée se manifeste par un intertrigo érythémateux des plis : rougeur intense avec macération, bords décollés blanchâtres, lésions satellites (pustules périphériques caractéristiques), et parfois prurit ou brûlures. Les zones les plus touchées sont les plis inguinaux, les aisselles, les plis sous-mammaires, l’espace inter-fessier et les espaces inter-orteils. L’aspect squameux et les pustules satellites orientent vers Candida plutôt qu’un eczéma.
Quelle est la différence entre une mycose et une candidose ?
Les mycoses cutanées sont causées par des dermatophytes (Trichophyton, Microsporum) ou des levures comme Candida. La candidose est spécifiquement due à Candida albicans et prédomine dans les plis humides. Les dermatophyties touchent plutôt les zones sèches (espace inter-orteils pour le pied d’athlète, cuir chevelu pour la teigne, ongles pour l’onychomycose). Le traitement antifongique est similaire mais la candidose répond aussi aux azolés topiques simples.
Quels sont les facteurs favorisant les candidoses récidivantes ?
Les principaux facteurs favorisants sont : diabète (Candida prolifère dans les environnements sucrés), antibiothérapie large spectre (détruit la flore concurrente), grossesse (changements hormonaux et pH vaginal), corticothérapie systémique ou inhalée (candidose buccale chez les asthmatiques), immunodépression (VIH, chimiothérapie), surpoids et macération des plis. Des candidoses récidivantes sans facteur identifiable justifient un bilan (glycémie, NFS, sérologie VIH).
Comment traiter une candidose cutanée des plis ?
Traitement de première ligne : éconazole 1 % crème ou miconazole 2 % crème, 2 applications/jour pendant 2 à 4 semaines. Association à une poudre antifongique (Mycoster poudre) utile dans les plis. Mesures hygiéniques essentielles : sécher soigneusement les plis après la douche, éviter les vêtements synthétiques, utiliser du talc antifongique. En cas d’échec ou de candidose étendue : fluconazole 150 mg oral en dose unique ou 50 mg/j pendant 7 à 14 jours.
La candidose vaginale se traite-t-elle seule ou faut-il consulter ?
Une première candidose vaginale mérite toujours une consultation pour confirmer le diagnostic (exclure une IST). Les récidives espacées peuvent être traitées par automédication (ovule de clotrimazole 500 mg dose unique ou crème imidazolée). Une candidose récidivante (≥ 4 épisodes/an) nécessite une prise en charge spécialisée : fluconazole 150 mg hebdomadaire pendant 6 mois (traitement suppresseur), identification et correction des facteurs favorisants.
Les probiotiques peuvent-ils prévenir les candidoses vaginales récidivantes ?
Oui, des méta-analyses suggèrent que la supplémentation en Lactobacillus rhamnosus GR-1 et Lactobacillus reuteri RC-14 réduit le risque de récidive de candidose vaginale de 40 à 60 % chez les femmes à risque. Ces souches spécifiques colonisent le vagin et créent un environnement hostile à Candida par acidification et production de substances antimicrobiennes. Elles sont disponibles en pharmacie (Florgynal, Gynoflor).
Peut-on attraper une candidose buccale en embrassant quelqu’un ?
La transmission de Candida par baisers est théoriquement possible mais rare chez les personnes immunocompétentes, car Candida est déjà présent naturellement dans 80 % des bouches saines. La candidose buccale (muguet) survient quand les défenses locales sont affaiblies : corticoïdes inhalés (asthme), xérostomie (sécheresse buccale), antibiothérapie, prothèses dentaires mal entretenues. Un baiser ne cause pas de muguet chez une personne en bonne santé.
Pages liées
Pour aller plus loin sur les mycoses et infections à Candida, consultez ces articles du Dr Rousseau :
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Références médicales
Talapko J, Juzbašić M, Matijević T, et al. Candida albicans-The Virulence Factors and Clinical Manifestations of Infection. J Fungi (Basel). 2021;7(2):79. PMID 33499276
Lopes JP, Lionakis MS. Pathogenesis and virulence of Candida albicans. Virulence. 2022;13(1):89-121. PMID 34964702
Zhu Q, Guo Y. Advances in vulvovaginal candidiasis research: pathogenesis, resistance mechanisms and probiotic intervention strategies. Front Microbiol. 2026. PMID 42221489
Irritation sous la poitrine : causes, photos et traitements
Une irritation sous la poitrine – rougeur, boutons, démangeaisons ou suintement sous les seins – est un problème fréquent. La zone sous-mammaire est particulièrement exposée à la macération, la chaleur et les frottements, ce qui favorise les infections et les irritations. Voici comment identifier la cause et trouver le bon traitement.
Mis à jour le 21 juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
En bref : Les rougeurs sous les seins touchent environ 10 % des femmes – jusqu’à 30 % en cas de surpoids. La cause la plus fréquente est l’intertrigo : une irritation par macération et frottements, souvent compliquée par une mycose à Candida. Le traitement associe sèchage rigoureux du pli, antifongique topique et mesures anti-friction. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénéréologue
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Pourquoi la zone sous la poitrine est-elle si sensible ?
Le pli sous-mammaire cumule plusieurs facteurs favorisant les irritations et les infections :
Macération – la transpiration stagne dans le pli, surtout par chaleur
Frottements – les baleines du soutien-gorge irritent répétitivement la peau
Chaleur et humidité – terrain idéal pour la prolifération fongique et bactérienne
pH acide des plis – favorise le développement des levures (Candida)
Ces facteurs expliquent pourquoi une même zone peut présenter plusieurs problèmes superposés. Le diagnostic précis oriente le traitement.
Les causes les plus fréquentes
1. Candidose sous les seins (mycose à Candida) – la cause n°1
Candidose sous les seins – fond rouge luisant avec pustules blanches en périphérie
La candidose est la cause la plus fréquente d’irritation sous la poitrine. Elle se reconnaît à :
Rougeur souvent suintante, à fond blanc crémeux
Pustules satellites en périphérie de la rougeur – signe très évocateur
Limites nettes, parfois avec une collerette squameuse
Démangeaisons et sensation de brûlure
Facteurs favorisants : surpoids, diabète, grossesse, immunodépression, traitement par antibiotiques ou corticoïdes, chaleur.
Traitement :
Lutter contre la macération : sécher soigneusement le pli après la toilette, éviter les sous-vêtements synthétiques serrés
Antifongiques locaux (éconazole, miconazole, ciclopirox) en crème, lait ou poudre – 2 fois/jour pendant 3 semaines, sur ordonnance
En cas de suintement : antiseptique doux (chlorhexidine aqueuse) avant l’antifongique
En cas d’échec ou de formes étendues : antifongique oral (fluconazole)
2. Dermatophytose (mycose à dermatophytes)
Moins fréquente que la candidose sous les seins. Elle donne des plaques sèches à extension centrifuge progressive, avec une bordure active légèrement surélevée et un centre qui se normalise. Elle est souvent associée à une mycose du tronc ou des bras environnants.
Traitement : antifongiques locaux (terbinafine, éconazole) pendant 3 semaines. En cas d’échec : terbinafine orale.
3. Irritation mécanique et de contact
L’irritation pure se reconnaît à une rougeur brillante, fripée, parfois avec de petites vésicules et une sensation de brûlure (plus que de démangeaison). Elle est souvent due à :
Frottements répétés des baleines ou du tissu du soutien-gorge
Toilette trop méticuleuse avec des antiseptiques irritants (Dakin*, eau de Javel)
Traitement : suppression du facteur irritant, crème émolliente douce, éventuellement dermocorticoïde léger de courte durée.
4. Eczéma de contact allergique
L’eczéma allergique sous les seins résulte d’une sensibilisation à un allergène – le plus souvent les parfums, conservateurs des crèmes de soins, ou les composants du soutien-gorge (nickel des agrafes, élastiques, teintures). Il se distingue par des vésicules prurigineuses et une évolution qui récidive à chaque contact avec l’allergène.
Traitement : identification et éviction de l’allergène (bilan allergologique avec patch-tests), dermocorticoïdes locaux.
5. Psoriasis inversé
Le psoriasis dans les plis (psoriasis inversé) se présente différemment du psoriasis classique : les plaques sont rouges, lisses et brillantes, sans les squames habituelles (éliminées par la macération). Il peut être isolé aux plis ou s’associer à des plaques typiques ailleurs sur le corps.
Traitement : dermocorticoïdes, inhibiteurs de la calcineurine (tacrolimus), antifongiques si surinfection associée.
6. Dermite séborrhéique
La dermite séborrhéique peut toucher les grands plis. Elle donne des plaques rouges légèrement squameuses. Souvent associée à des pellicules et une dermite du visage.
7. Maladies plus rares sous les seins
Dans de rares cas, une rougeur persistante sous les seins peut révéler :
Maladie de Hailey-Hailey – dermatose héréditaire avec vésicules et fissures en rhagades caractéristiques. Traitement : assèchement des plis, parfois chirurgie
Pemphigus végétant – rougeurs végétantes et bourgeonnantes dans les grands plis
Syphilis secondaire – plaques érosives végétantes dans les plis (syphilides) à évoquer devant une IST
Pustulose sous-cornée de Sneddon-Wilkinson – pustules en arcs ou anneaux sur le tronc et les plis
Impétigo, herpès – voir articles dédiés
Comment distinguer les causes ? Le tableau récapitulatif
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Cause
Aspect caractéristique
Signe clé
Candidose
Rouge luisant, fond blanc crémeux
Pustules satellites en périphérie
Dermatophytose
Plaque sèche, bordure active
Extension centrifuge, centre qui se normalise
Irritation
Rouge brillant, fripé
Brûlure > démangeaison, cause évidente
Eczéma allergique
Vésicules prurigineuses
Récidive au contact du même produit
Psoriasis inversé
Rouge lisse et brillant, sans squames
Antécédents de psoriasis, plaques ailleurs
Conseils pratiques pour prévenir l’irritation sous la poitrine
Séchez soigneusement le pli sous-mammaire après la douche, sans frotter
Préférez les soutiens-gorge en coton, sans baleine ou avec baleines souples
Évitez les sous-vêtements synthétiques serrés qui favorisent la macération
En cas de transpiration excessive, une légère couche de poudre de talc peut aider à absorber l’humidité
Évitez les savons parfumés et les antiseptiques sur cette zone
En cas de surpoids, perdre du poids réduit significativement la macération des plis
Quand consulter en urgence ?
🚨 Consultez rapidement si :
– La rougeur s’étend rapidement ou s’accompagne de fièvre
– Des plaies ouvertes ou des décollements cutanés apparaissent
– La rougeur est unilatérale (sous un seul sein) et ne disparaît pas – à ne pas confondre avec une mastite ou une pathologie mammaire
– Aucune amélioration après 2 semaines de traitement bien conduit
Questions fréquentes sur l’irritation sous la poitrine
À quoi ressemble une mycose sous la poitrine ou un intertrigo sous la poitrine en photo ?
Les deux termes désignent souvent la même chose : l’intertrigo est le nom médical général d’une rougeur de pli cutané, et la mycose à Candida en est la cause la plus fréquente sous les seins. Sur une photo, l’aspect typique associe une rougeur vernissée du fond du pli, des bords qui s’effritent (collerette desquamative) et de petites pustules blanches satellites en dehors de la zone rouge principale. Sans ces pustules périphériques ni cette bordure qui pèle, il s’agit plus probablement d’une irritation simple ou d’un intertrigo bactérien, qui ne se traite pas de la même façon.
Comment savoir si j’ai une mycose ou une irritation sous les seins ?
La mycose à Candida se distingue par des pustules blanches en périphérie de la rougeur et un fond blanc crémeux. L’irritation simple donne une rougeur brillante sans pustules avec une sensation de brûlure. Un prélèvement mycologique réalisé par le médecin confirme le diagnostic en cas de doute.
Que mettre sous les seins pour soulager rapidement l’irritation ?
En attendant la consultation : séchez bien le pli, appliquez une crème émolliente douce sans parfum ou une crème cicatrisante au zinc. Évitez les antiseptiques irritants comme le Dakin. Si vous suspectez une mycose, une crème antifongique comme l’éconazole (disponible sans ordonnance) peut être essayée, mais un avis médical reste préférable pour adapter le traitement à la cause exacte.
L’irritation sous les seins peut-elle revenir souvent ?
Oui, les récidives sont fréquentes, surtout en cas de candidose, car les facteurs favorisants (chaleur, humidité, surpoids) persistent. Un traitement d’entretien et des mesures d’hygiène adaptées réduisent significativement les rechutes. Si les récidives sont très fréquentes, un bilan (diabète, immunodépression) est recommandé.
Une rougeur sous un seul sein est-elle inquiétante ?
Une rougeur unilatérale (sous un seul sein) mérite une attention particulière car elle peut correspondre à une cause locale spécifique, mais aussi plus rarement à une mastite ou une pathologie mammaire. Consultez un médecin si la rougeur unilatérale persiste plus de 10 jours malgré un traitement.
Peut-on prévenir les mycoses sous les seins en été ?
Oui. En été ou lors d’activités sportives, privilégiez les soutiens-gorge en coton respirant, séchez soigneusement le pli après la transpiration, et évitez de rester dans des vêtements humides. Une poudre antifongique préventive peut être utilisée en période à risque sur avis médical.
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Mis à jour le 6 juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).-vénéréologue.
En bref : Le pityriasis versicolor est une mycose bénigne très fréquente, due à Malassezia, une levure naturellement présente sur la peau humaine. Elle provoque des taches blanches ou marron sur le tronc, les épaules et le dos, particulièrement visibles après le soleil. La maladie n’est pas contagieuse et répond bien aux antifongiques locaux. Elle récidive chez 60 à 80 % des patients sans prévention. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénéréologue
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Qu’est-ce que le pityriasis versicolor ?
Le pityriasis versicolor – appelé lota aux Antilles et loto en Afrique – est une infection fongique superficielle de la peau causée par Malassezia, un genre de levures lipophiles qui colonisent la peau humaine dès la naissance. Cette levure est une composante normale du microbiome cutané ; elle ne devient pathogène que lorsque des conditions locales favorisent son passage d’une forme levurique saprophyte à une forme filamenteuse invasive dans les couches superficielles de l’épiderme.
Il s’agit de l’une des mycoses cutanées les plus fréquentes au monde, avec une prévalence particulièrement élevée dans les régions tropicales et subtropicales. En France tempérée, elle touche surtout les jeunes adultes entre 18 et 40 ans, période de séborrhée maximale sous influence hormonale.
La transformation de Malassezia d’hôte inoffensif en agent infectant est conditionnée par des facteurs locaux et généraux qui modifient l’équilibre du microbiome cutané.
Peau grasse et séborrhée
La levure est strictement lipophile : elle se nourrit des acides gras du sébum. Une hyperséborrhée – qu’elle soit hormonale, constitutionnelle ou induite par des cosmétiques gras (huile de coco, monoï, crèmes corps riches) – crée les conditions idéales à sa prolifération. C’est la raison pour laquelle la maladie prédomine à l’adolescence et chez le jeune adulte, et régresse souvent après 40 ans.
Transpiration et chaleur
Tout ce qui favorise la macération et l’humidité cutanée prolongée peut déclencher une poussée : port de textiles synthétiques ou occlusifs, activité sportive intense, sauna, hammam, voyages en zone tropicale, été chaud et humide. Le pityriasis versicolor est par excellence une maladie estivale dans les pays tempérés.
Corticothérapie et états d’hypercorticisme
Des formes diffuses et particulièrement étendues sont classiquement associées à un excès de cortisol, qu’il soit endogène (syndrome de Cushing, grossesse) ou iatrogène (corticothérapie orale prolongée). La cortisone favorise la séborrhée et modifie la réponse immunitaire cutanée, créant un terrain permissif pour Malassezia.
Facteur génétique : Des cas familiaux sans cohabitation commune ont été rapportés, suggérant l’existence d’une prédisposition génétique à la colonisation pathogène par Malassezia. Si plusieurs membres de votre famille font des pityriasis versicolor, un traitement préventif saisonnier est particulièrement justifié.
Symptômes : à quoi ressemblent les taches ?
Le pityriasis versicolor se présente sous deux aspects principaux qui peuvent coexister chez le même patient. Les lésions siègent préférentiellement dans les zones séborrhéiques : entre les seins, entre les omoplates, sur les épaules, le cou, le haut du dos et les bras.
Phase initiale : taches rosées ou marron clair
La lésion élémentaire est une tache arrondie, à bords nets, de quelques millimètres à 1 cm, de teinte variant du rose chamois au brun café-au-lait. Elle naît autour d’un follicule pilo-sébacé (le réservoir naturel de Malassezia) et s’étend de façon centrifuge. La confluence de nombreuses taches donne soit un aspect en « gouttes » éparpillées, soit de grandes nappes à contours polycycliques couvrant de larges zones du tronc.
Après exposition solaire : taches blanches caractéristiques
C’est souvent le signe qui pousse à consulter. Après quelques semaines d’évolution ou suite à une exposition solaire, les taches deviennent blanches : elles ne pigmentent pas parce que Malassezia produit de l’acide azélaïque, qui inhibe la tyrosinase et bloque la fabrication de mélanine. Sur une peau bronzée, ces taches blanches sont particulièrement visibles et souvent sources d’inquiétude.
Si l’on gratte délicatement la surface des lésions, elles se révèlent finement squameuses (on parle de « squames furfuracées », comme du son fin). C’est un signe clinique utile pour orienter le diagnostic.
Diagnostic : comment confirmer un pityriasis versicolor ?
Dans la grande majorité des cas, le diagnostic est clinique : l’aspect des lésions, leur topographie, la notion d’exposition solaire récente et l’interrogatoire sur les facteurs favorisants suffisent à un dermatologue expérimenté. Deux examens complémentaires permettent de confirmer en cas de doute :
Lampe de Wood : sous lumière ultraviolette, les lésions de pityriasis versicolor émettent une fluorescence jaune-verdâtre caractéristique, permettant de délimiter précisément l’étendue des zones atteintes – très utile avant de prescrire un traitement sur une grande surface.Scotch-test : on applique un ruban adhésif transparent sur la lésion pour recueillir des squames, puis on les examine directement au microscope. On observe des filaments mycéliens courts et ramifiés et des amas de levures ovalaires (Malassezia) – aspect classiquement comparé à des « spaghettis et boulettes ».
Point important : les taches blanches persistent plusieurs semaines à plusieurs mois après guérison mycologique. La disparition des squames et la négativation du scotch-test confirment la guérison, pas la normalisation de la couleur. La recoloration prend du temps – ne pas retraiter trop tôt.
Mesures générales : contrôler les facteurs favorisants
Quelle que soit la forme clinique, la maîtrise des facteurs déclenchants est indispensable – sans elle, les récidives sont quasi certaines. Concrètement : porter uniquement des sous-vêtements et vêtements en coton au contact de la peau, éviter les cosmétiques corps gras (huiles, beurres, monoï), rincer la peau après une transpiration abondante, ne pas laisser un maillot de bain mouillé en contact prolongé.
Traitement local (formes peu étendues)
C’est le traitement de première intention, efficace dans la grande majorité des cas.
Kétoconazole 2 % lotion (Kétoderm® unidose) – protocole :
Appliquer sur la peau et le cuir chevelu préalablement mouillés, masser pour faire mousser, insister sur les zones atteintes. Laisser 10 minutes en contact puis rincer soigneusement. Ce traitement unique permet de traiter tout le corps et le cuir chevelu simultanément. Il peut être répété une seconde fois une semaine plus tard.
Le sulfure de sélénium (Selsun®), non remboursé par la Sécurité sociale, constitue une alternative efficace : appliquer sur tout le corps après une douche, laisser 15 minutes puis rincer abondamment. Renouveler 2 fois par semaine pendant 2 semaines. Une étude randomisée en double aveugle publiée en 2022 a confirmé que l’efficacité mycologique du sulfure de sélénium 1,8 % est comparable à celle du kétoconazole 2 % (94 % vs 86 %, différence non significative).
Traitement systémique (formes étendues ou récidivantes)
Environ 60 % des patients récidivent la première année après un traitement local, et jusqu’à 80 % à deux ans. Pour ces formes récurrentes ou très étendues, un traitement par voie orale est justifié :
Médicament
Posologie
Indication
Fluconazole
150 mg 1×/semaine × 4 semaines
Résistance au traitement local
Itraconazole (Sporanox®)
200 mg/j × 5–7 jours
Formes étendues ou récidivantes
Itraconazole préventif
400 mg 1 fois/mois × 6 mois
Récidives très fréquentes
Kétoconazole (Nizoral®)
400 mg 1 fois/mois
Prévention des rechutes (surveillance hépatique obligatoire)
Important : La terbinafine par voie orale est inefficace dans le pityriasis versicolor, contrairement aux dermatophyties. Si elle vous a été prescrite, reconsultez votre médecin – il est possible qu’une autre mycose coexiste. Le kétoconazole oral (Nizoral®) nécessite une surveillance hépatique régulière (bilan à J0, J15, puis toutes les 4 semaines).
Traitement local d’entretien (prévention des récidives)
Deux protocoles sont validés en pratique :
Une ou deux applications hebdomadaires de kétoconazole 2 % lotion pendant plusieurs mois.
Un traitement préventif systématique chaque année avant l’été (lotion kétoconazole, traitement unique renouvelé une fois).
Rappel : la terbinafine est inefficace dans le pityriasis versicolor – elle n’est pas excrétée dans la sueur et n’atteint donc pas la zone de vie de Malassezia. En cas de doute sur le diagnostic ou l’efficacité du traitement, consultez un dermatologue.
Repigmentation : pourquoi les taches restent-elles après guérison ?
C’est la question la plus fréquente en consultation. La guérison mycologique (disparition de Malassezia en forme pathogène) survient en quelques semaines, mais la repigmentation des taches blanches est un processus bien plus lent. Les mélanocytes inhibés doivent reconstituer leur production de mélanine et la transférer aux kératinocytes : ce processus prend 1 à 3 mois, parfois plus selon le phototype et l’intensité de l’exposition solaire.
La lumière solaire accélère la repigmentation. Un traitement réussi cliniquement et mycologiquement ne signifie donc pas que les taches ont disparu immédiatement : c’est une source fréquente de découragement et de demandes de retraitement injustifiées.
Pour les patients à taches blanches persistantes malgré une guérison confirmée, une consultation dermatologique permet d’éliminer un vitiligo associé, dont la prise en charge est très différente.
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Consultez un dermatologue si :
Les taches persistent après 4 semaines de traitement bien conduit
Les lésions s’étendent malgré le traitement (envisager une résistance antifongique)
Le diagnostic n’est pas certain et les taches sont très étendues ou atypiques
Vous présentez des formes récidivantes malgré la prévention (recherche d’un déficit immunitaire ou d’un hypercorticisme)
Vous êtes enceinte ou immunodéprimé avant tout traitement systémique
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Questions fréquentes sur le pityriasis versicolor
Le pityriasis versicolor est-il contagieux ?
Non. Malassezia est présente sur la peau de toute personne en bonne santé depuis la naissance. Ce n’est pas une maladie qui se transmet d’une personne à l’autre – les cas de co-infection dans un couple ou une famille sont très rares et relèvent de la même prédisposition individuelle aux facteurs favorisants, pas d’une contagion.
Pourquoi les taches de pityriasis ne bronzent-elles pas au soleil ?
Malassezia produit de l’acide azélaïque, qui inhibe la tyrosinase, enzyme indispensable à la fabrication de mélanine par les mélanocytes. Les zones infectées ne se pigmentent donc pas sous les UV, créant des taches blanches très visibles sur peau bronzée. Cette hypopigmentation persiste plusieurs semaines après la guérison mycologique, le temps que les mélanocytes reconstituent leur activité.
Quel est le meilleur traitement local du pityriasis versicolor ?
Le kétoconazole 2 % en lotion moussante (Kétoderm® unidose) est le traitement local de référence, avec avis favorable de la HAS au remboursement. Application unique sur tout le corps mouillé, contact de 10 minutes, rinçage. Peut être répété une semaine plus tard. Le sulfure de sélénium (Selsun®) est une alternative efficace mais non remboursée. Ces traitements locaux guérissent la majorité des cas peu étendus.
La terbinafine orale est-elle efficace contre le pityriasis versicolor ?
Non. La terbinafine par voie orale est inefficace dans le pityriasis versicolor car elle ne se diffuse pas dans la transpiration, qui est la voie par laquelle les antifongiques atteignent les couches superficielles de l’épiderme où réside Malassezia. Si votre traitement ne fonctionne pas, vérifiez qu’il ne s’agit pas d’une confusion de diagnostic.
Combien de temps les taches mettent-elles à disparaître après traitement ?
La mycose est éradiquée en quelques semaines, mais la repigmentation des taches blanches prend 1 à 3 mois. Les taches disparaissent plus vite sous exposition solaire modérée. Il ne faut pas retraiter sur la seule persistance des taches si le traitement a été bien conduit – attendre la repigmentation naturelle.
Comment prévenir les récidives de pityriasis versicolor ?
Éliminer les facteurs favorisants est la mesure la plus efficace : coton au contact de la peau, pas d’huiles corps grasses, douche après transpiration importante. Un traitement préventif annuel avant l’été (lotion kétoconazole, une application renouvelée à une semaine) est recommandé chez les patients à récidives fréquentes. 60 % des patients récidivent la première année sans prévention.
Le pityriasis versicolor peut-il toucher le visage ?
En Europe, l’atteinte faciale est rare chez l’adulte et presque exclusivement observée dans les pays tropicaux. Elle est plus fréquente chez l’enfant (front, joues). En France, des taches blanches ou marron sur le visage doivent d’abord faire évoquer un vitiligo, une dermite séborrhéique, un pityriasis alba ou un mélasma – un avis dermatologique est recommandé.
La lampe de Wood est-elle utile pour le diagnostic ?
Oui. Sous lumière ultraviolette (lampe de Wood), les lésions de pityriasis versicolor émettent une fluorescence jaune-verdâtre caractéristique, permettant d’en délimiter précisément l’étendue. C’est un examen indolore, réalisé en quelques secondes en cabinet. Le scotch-test avec examen direct au microscope confirme la présence de Malassezia sous forme filamenteuse.
Le pityriasis versicolor peut-il devenir chronique ?
Oui. Certains patients font des poussées répétées sur des années, surtout à chaque été ou retour de voyage tropical. Cette évolution chronique est favorisée par une hyperséborrhée constitutionnelle, une tendance à transpirer abondamment ou une corticothérapie au long cours. Un traitement d’entretien mensuel et la suppression des facteurs favorisants permettent généralement de contrôler la maladie.
Références scientifiques
Łabędź N, Navarrete-Dechent C, Kubisiak-Rzepczyk H, Bowszyc-Dmochowska M, Pogorzelska-Antkowiak A, Pietkiewicz P. Pityriasis Versicolor – A Narrative Review on the Diagnosis and Management. Life (Basel). 2023 Oct 22;13(10):2097. PMID 37895478
Lusiana, Surachmiati L, Saldi SRF, Lusianingtyas T, Bramono K. The Mycological Efficacy and Safety of Selenium Sulfide 1.8% versus Ketoconazole 2% Shampoo in Pityriasis Versicolor: A Double-Blind Randomized Controlled Trial. Dermatol Ther (Heidelb). 2022;12(4):991-1001. PMID 38021181
Faergemann J, Gupta AK, Al Mofadi A, Abanami A, Shareaah AA, Marynissen G. Efficacy of itraconazole in the prophylactic treatment of pityriasis (tinea) versicolor. Arch Dermatol. 2002;138(1):69-73. PMID 11790167
Mycose : causes, symptômes et traitements des infections fongiques de la peau
La mycose est une infection de la peau, des ongles ou des muqueuses causée par un champignon microscopique. Extrêmement répandue, elle peut toucher la peau glabre, les pieds, les ongles, la bouche, le vagin ou le gland. Les symptômes varient selon la localisation et le type de champignon en cause (dermatophyte, Candida, Malassezia). Le traitement repose sur des antifongiques locaux ou généraux, toujours prescrits après confirmation diagnostique médicale.e
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En bref : Mycoses cutanées : causes et traitements – une affection cutanée fréquente. Le diagnostic repose sur l’examen clinique par un dermatologue. Une prise en charge adaptée permet dans la grande majorité des cas une amélioration significative. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Les champignons responsables des mycoses sont des organismes ubiquitaires, présents en permanence dans l’environnement et sur la peau à l’état saprophyte (non pathogène). Leur prolifération pathologique résulte d’une rupture de l’équilibre cutané ou immunitaire.
Origine
Facteurs principaux
Causes externes
Macération, humidité persistante, irritation cutanée, traumatisme, contact avec un sujet ou un animal infecté, sols collectifs (piscines, vestiaires)
Causes internes
Immunodépression (VIH, hémopathies, corticothérapie au long cours), diabète, antibiotiques à large spectre, grossesse, carences nutritionnelles
⚠️ Une mycose profuse ou récidivante doit systématiquement faire rechercher un facteur favorisant interne : diabète, immunodépression (VIH, hémopathie, traitement immunosuppresseur). Un bilan médical est indispensable avant de se contenter d’un simple traitement antifongique.
Candida albicans fait partie de la flore commensale digestive et génitale normale. Il devient pathogène lorsqu’un déséquilibre local survient : antibiothérapie à large spectre, immunodépression, diabète déséquilibré, grossesse ou macération prolongée.
Forme clinique
Aspect et terrain
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Muguet (candidose buccale)
Dépôts blanchâtres crémeux sur la muqueuse buccale, facilement décollables, laissant une muqueuse érythémateuse. Fréquent chez le nourrisson, la personne âgée et l’immunodéprimé.
Première cause de balanite infectieuse chez l’homme (gland rouge, prurigineux, avec dépôts blanchâtres) et de vulvovaginite chez la femme (pertes blanches grumeleuses, prurit, brûlures). Représente 80 % des mycoses vaginales.
Intertrigo dans les plis inguinaux, sous-mammaires ou axillaires : plaques érythémateuses suintantes, avec pustules satellites caractéristiques et collerette desquamative en périphérie. Favorisé par l’obésité, le diabète et la macération.
–
Onyxis candidosique
Atteinte unguéale par Candida, surtout aux mains chez les personnes en contact prolongé avec l’eau (ongle décollé, périonyxis douloureux). Différent de l’onychomycose à dermatophytes.
Les dermatophytes (Trichophyton, Microsporum, Epidermophyton) sont des champignons kératinophiles qui digèrent la kératine de la peau, des poils et des ongles. Ils n’infectent jamais les muqueuses. Leur transmission est interhumaine, zoophile ou tellurique.
Forme clinique
Aspect caractéristique
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Mycose de la peau glabre
(teigne du corps, tinea corporis)
Plaques annulaires rosées prurigineuses, à bordure active squameuse bien délimitée et centre plus clair – le classique « rond de sorcière ou de Sainte Catherine». Extension centrifuge progressive. Par fois difficle à distinguer de l’eczema, voir l’article eczema ou mycoses? faire la différence
Fissures et macération dans les espaces inter-orteils (surtout 4e espace), prurit intense, desquamation plantaire diffuse à aspect farineux. Très contagieuse via les piscines et vestiaires collectifs.
Plaques érythémato-squameuses prurigineuses dans les plis inguinaux, à extension vers l’intérieur des cuisses, avec bordure active nette. Plus fréquente chez l’homme sportif.
–
Mycose des ongles
(onychomycose)
Ongle jauni, épaissi, friable, décollé du lit unguéal (onycholyse). Touche préférentiellement le gros orteil. Prévalence de plus de 50 % après 70 ans. Traitement prolongé (6–12 mois).
Surtout chez l’enfant. Plaques alopéciantes squameuses avec cheveux cassés courts, ou placards inflammatoires suppurés (kérion) en cas de transmission zoophile. Traitement systémique obligatoire.
–
Mycose plantaire diffuse : aspect farineux et desquamatif caractéristique
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Mycoses à Malassezia
Malassezia furfur (et M. globosa) est une levure lipophile naturellement présente sur la peau, particulièrement dans les zones riches en glandes sébacées. Elle devient pathogène en cas de séborrhée excessive, d’humidité ou de terrain immunodéprimé.
Forme clinique
Aspect caractéristique
Page dédiée
Dermite séborrhéique
Plaques rouges squameuses et grasses sur zones sébacées : sillons nasogéniens, sourcils, cuir chevelu (pellicules abondantes), conduits auditifs, poitrine, entre les omoplates. Évolution chronique et récidivante, non guérissable de façon définitive.
Taches hypo- ou hyperpigmentées finement squameuses, prédominant sur le tronc et les épaules, plus visibles après exposition solaire (les zones atteintes ne bronzent pas). Bénin, non contagieux, mais très récidivant en été.
Papulo-pustules folliculaires prurigineuses sur le tronc et les épaules, parfois confondues avec de l’acné. Survient surtout après antibiothérapie prolongée ou chez les sportifs (transpiration). Répond aux antifongiques et non aux antibiotiques.
–
Dermite séborrhéique des sillons nasogéniens et du pourtour de la bouche
Facteurs favorisants à identifier et corriger
Le traitement des facteurs favorisants est aussi important que l’antifongique lui-même. Sans leur correction, les récidives sont inévitables, quelle que soit la durée du traitement.
Facteur favorisant
Mesure corrective
Macération cutanée
Sous-vêtements et vêtements en coton ; éviter les matières synthétiques serrées non respirantes
Humidité excessive
Sécher soigneusement les plis, espaces inter-orteils et aines après la toilette ; ne pas remettre des chaussures humides
Irritation et savons agressifs
Utiliser un savon surgras ou un pain dermatologique ; éviter les antiseptiques cutanés répétés qui déséquilibrent le microbiome
Lieux collectifs
Porter des claquettes dans les piscines, vestiaires, douches communes et spa
Diabète
Optimiser l’équilibre glycémique ; une HbA1c élevée multiplie le risque de candidose et d’onychomycose
Antibiotiques
Ne pas prendre d’antibiotiques sans indication médicale ; en cas de traitement prolongé, un antifongique préventif peut être discuté avec le médecin
Immunodépression
Adapter si possible le traitement immunosuppresseur ; signaler toute mycose récidivante au médecin traitant
Diagnostic : comment confirmer une mycose ?
Le diagnostic clinique peut être trompeur, car de nombreuses dermatoses imitent parfaitement une mycose. La confirmation biologique reste le standard de référence.
Examen
Ce qu’il permet
Délai
Examen direct mycologique
Visualisation des filaments fongiques ou des levures au microscope après prélèvement des squames ou de l’ongle. Résultat rapide (quelques heures).
Jour même
Culture mycologique
Identification précise du champignon et de l’espèce. Indispensable en cas de teigne, d’onychomycose difficile ou de résistance au traitement.
3–4 semaines
Lampe de Wood
Fluorescence verte des teignes à Microsporum (non systématique avec Trichophyton). Utile en consultation rapide.
Immédiat
Dermoscopie
Aide au diagnostic des onychomycoses (aspect en ruine, spicules) et au diagnostic différentiel avec psoriasis unguéal ou lichen plan.
Immédiat
💡 Le diagnostic médical est indispensable avant tout traitement antifongique. Eczéma nummulaire, psoriasis, pityriasis rosé et lichen peuvent mimer parfaitement une mycose. Un antifongique inefficace après 3 semaines de traitement bien conduit doit faire reconsidérer le diagnostic.
3–6 mois (pieds), 6–12 mois (ongles), 6–8 semaines (teignes)
Mesures d’hygiène associées
Traitement simultané des chaussures (poudres antifongiques), remplacement du linge de bain, traitement des partenaires en cas de candidose génitale récidivante
Comment savoir si c’est une mycose ou une autre maladie de peau ?
Seul un médecin peut poser le diagnostic avec certitude. Un prélèvement mycologique (examen direct + culture) permet d’identifier le champignon. De nombreuses dermatoses imitent parfaitement une mycose : eczéma nummulaire, psoriasis, pityriasis rosé, lichen, érythrasme… Un antifongique inefficace après 3 semaines de traitement correctement conduit doit faire reconsidérer le diagnostic.
Les mycoses sont-elles contagieuses ?
Oui, la plupart des dermatophyties (peau glabre, pieds, ongles, teignes) sont contagieuses par contact direct ou indirect – linge, chaussures, sols de piscine ou de vestiaire. Les candidoses et les mycoses à Malassezia sont moins contagieuses, car elles résultent principalement d’un déséquilibre de la flore commensale propre au patient. Les partenaires sexuels doivent toutefois être traités en cas de candidose génitale récidivante.
Pourquoi les mycoses récidivent-elles malgré le traitement ?
Les principales causes de récidive sont : un traitement trop court (la cause la plus fréquente), la persistance de facteurs favorisants non corrigés (macération, diabète, immunodépression), une recontamination par les chaussures ou le tapis de bain non traités, ou une résistance au traitement. Une mycose récidivante après traitement bien conduit justifie un bilan médical complet.
Peut-on se traiter seul contre une mycose sans ordonnance ?
Certains antifongiques locaux (éconazole, bifonazole, clotrimazole) sont disponibles sans ordonnance en pharmacie. Un avis médical reste cependant recommandé pour confirmer le diagnostic, car de nombreuses autres affections cutanées peuvent ressembler à une mycose. Traiter un eczéma ou un psoriasis avec un antifongique retarde le bon diagnostic et peut aggraver les symptômes.
Combien de temps dure le traitement d’une mycose ?
Quelques semaines pour une mycose de peau glabre ou des plis ; 3 à 6 mois pour une mycose des pieds étendue ; 6 à 12 mois (voire plus) pour une mycose des ongles des orteils. Un traitement trop court est la principale cause de récidive. Le traitement des teignes du cuir chevelu nécessite toujours un antifongique oral pendant 6 à 8 semaines.
Peut-on consulter un dermatologue par téléconsultation pour une mycose ?
Oui. La téléconsultation dermatologique est parfaitement adaptée au diagnostic et au traitement de la grande majorité des mycoses cutanées, qui se diagnostiquent à l’inspection visuelle. Le Dr Rousseau peut, lors d’une téléconsultation vidéo, confirmer ou infirmer le diagnostic, prescrire un antifongique local ou oral, demander un prélèvement mycologique si nécessaire, et assurer le suivi du traitement.
⚠️ Consultez sans attendre si :
Les symptômes s’aggravent rapidement ou s’étendent sur une large zone
Apparition de fièvre, frissons ou altération de l’état général
Lésions très douloureuses ou qui ne cèdent pas au traitement en 48 h
Doute sur une cause sérieuse : infection, allergie grave, lésion suspecte
Questions fréquentes
Quand consulter un dermatologue pour mycoses cutanées : causes et traitements ?
Consultez rapidement si les symptômes persistent plus de 2 semaines, s’aggravent ou s’accompagnent de fièvre. Une consultation précoce permet un diagnostic précis et un traitement adapté, limitant les complications potentielles.
Peut-on traiter mycoses cutanées : causes et traitements sans ordonnance ?
Certaines formes légères peuvent être soulagées avec des produits en pharmacie. Cependant, un diagnostic médical est nécessaire pour éliminer les causes sérieuses et éviter les erreurs de traitement.
Combien de temps dure le traitement ?
La durée varie selon la forme clinique et la sévérité : de 1 à 4 semaines pour un traitement local, parfois plusieurs mois pour les formes chroniques. Le suivi est adapté à votre réponse au traitement.
Y a-t-il des facteurs aggravants à éviter ?
Oui, selon la pathologie : le stress, certains aliments, les frottements, l’exposition solaire sans protection ou les produits irritants peuvent aggraver les symptômes. Votre dermatologue identifiera vos facteurs déclenchants.
La téléconsultation est-elle possible ?
Oui. Le Dr Rousseau propose des téléconsultations avec prescription si nécessaire. Des photos nettes de la zone concernée permettent un avis fiable à distance, via Consulib.
Article rédigé par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue à Bordeaux – dermatonet.com. Publié le JJ/MM/AAAA. Dernière révision : JJ/MM/AAAA.
Mis à jour le 4 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
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⚠️ Surveillance hépatique : la terbinafine orale expose à un risque rare mais sévère d’atteinte hépatique. Un bilan hépatique est recommandé avant traitement en cas de facteur de risque, et le traitement doit être arrêté sans délai en cas de symptômes évocateurs (fatigue inhabituelle, nausées persistantes, urines foncées, jaunisse).
En bref : Lamisil® (terbinafine) traite les mycoses cutanées en crème/spray (1 à 2 semaines) et l’onychomycose en comprimés (6 semaines aux mains, 12 semaines aux pieds), avec une surveillance hépatique recommandée pour la forme orale. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Lamisil® est un antifongique à base de terbinafine disponible en trois formes : crème 1%, solution pour pulvérisation cutanée 1% et comprimés sécables 250 mg. Classé liste 2, il est remboursé à 30% (formes topiques) et 65% (comprimés) sur prescription médicale.
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Questions fréquentes sur Lamisil® (terbinafine)
Lamisil® crème est-il remboursé sans ordonnance ?
Non, Lamisil® est classé liste 2 et nécessite une prescription médicale pour être remboursé. Il peut être acheté sans ordonnance en pharmacie mais ne sera pas remboursé dans ce cas. Pour bénéficier du remboursement à 30%, une ordonnance est indispensable.
Combien de temps faut-il prendre Lamisil® comprimés pour guérir un ongle mycosé ?
Le traitement par comprimés est de 6 semaines pour les ongles des mains et de 12 semaines pour les ongles des pieds. La disparition clinique de la mycose est visible plusieurs mois après la fin du traitement, lors de la repousse de l’ongle sain.
Quelle est la différence entre Lamisil® et Fungster® ?
Lamisil® et Fungster® contiennent tous deux de la terbinafine 250 mg et ont la même efficacité. Lamisil® est la marque d’origine ; Fungster® est un générique. Lamisil® propose en plus des formes topiques (crème et spray) que Fungster® ne propose pas.
Quels sont les effets secondaires de Lamisil® ?
Les effets les plus fréquents sont : troubles digestifs (nausées, diarrhées), perturbations du goût et éruptions cutanées. Des atteintes hépatiques rares mais sévères ont été rapportées avec la forme orale, nécessitant une surveillance hépatique.
Gupta AK, Polla Ravi S, Talukder M, Mann A. Effectiveness and safety of oral terbinafine for dermatophyte distal subungual onychomycosis. Expert Opin Pharmacother. 2024. PMID 38221907.
Ferguson JE, Prouty M. Terbinafine used safely in autoimmune hepatitis for treatment of tinea corporis. BMJ Case Rep. 2021. PMID 34035031.
Gupta AK, Studholme C. Novel therapies for onychomycosis: role of terbinafine and comparative efficacy. Mycopathologia. 2016. PMID 27502503.
Source institutionnelle : Base de données publique des médicaments (BDPM) — Lamisil® 250 mg.
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La rougeur des aisselles et l’apparition de boutons rouge qui démangent dans l’aisselle (sous les bras) est fréquente
Mis à jour le 17 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : Une rougeur des aisselles a le plus souvent trois origines : une mycose (dermatophyte ou candida, à bordure nette et parfois suintante), un eczéma de contact (déodorant, épilation) aux limites moins nettes et très prurigineuses, ou une simple irritation mécanique. Un dermatologue distingue ces causes en quelques minutes ; en cas de doute, mieux vaut consulter avant d’appliquer une crème à la cortisone, qui peut masquer une mycose et la faire empirer. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Allergie au déodorant sous les aisselles
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La zone située sous les bras comporte un risque de macération, de frottement et de chaleur qui favorisant les irritations et la pullulation microbienne qu’elle soit mycosique ou bactérienne.
En cas de rougeur des aisselles, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue
Symptomes
L’aisselle est rouge, peut démanger, être douloureuse , suinter… Le médecin va s’orienter vers une ou plusieurs causes en fonction des symptomes : rougeur bilatérale et symétrique ou unilatérale, présence d’une sécheresse ou au contraire d’un suintement, extension centrifuge, limites nettes ou contours émiettés, présence de vésicules, de pustules, fissuration au fond du pli…
Il fait parfois réaliser un prélèvement mycologique (pour examen direct et mise en culture) voire bactériologique et parfois une biopsie cutanée (il prend un petit bout de peau sous anesthésie locale pour analyse au microscope).
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Ce médecin évoquera les causes possibles de rougeur sous les bras et dans les aisselles :
Causes
Mycose
Dermatophytes
La dermatophytie forme des plaques sèches à extension progressive. Elle est assez rare dans l’aisselle, sauf si elle est associée à une mycose de la peau avoisinante (tronc, bras…)
Traitement de la mycose à dermatophytes des aisselles
Lutter contre les facteurs favorisants
Le traitement des facteurs locaux favorisants de la mycose est prépondérant. Les facteurs locaux favorisants de la mycose sont entre autres :
la macération (éviter le port de sous vetements synthetiques et de vetements serrés)
l’humidité (sécher soigneusement les aisselles apres la toilette… )
l’irritation de la peau (traiter les symptomes irritatifs de la peau car ils peuvent constituer un facteur de développement de la mycose)
Antifongiques
Le médecin utilise des antifongiques disponibles sur ordonnance
Ils sont appliqués en crème, spray, lait, poudre… en général deux fois par jour pendant 3 semaines
En cas de résistance au traitement, le médecin peut prescrire des antifongiques par voie orale telles la terbinafine ou la grisefuline. On évite généralement le ketoconazole compte tenu de sa toxicité hépatique potentielle.
Candida : candidose de l’aisselle
L’acidité des plis, l’obésité, les déficits immunitaires, la grossesse, le diabète et certains médicaments (corticothérapie générale, antibiotiques) favorisent les candidoses des plis.
La candidose des aisselles donne une rougeur souvent suintante, rouge à fond blanc crémeux.
Candidose des aisselles
On observe souvent des pustules en périphérie de la rougeur
Pustules blanches dispersées sur fond rouge et luisant, évocateur de candidose du pli
Traitement de la candidose de l’aisselle
A/ Lutter contre les facteurs favorisants et le terrain
Lutte contre l’humidité, la macération, les traumatismes chimiques ou mécaniques, traitement d’un diabete et soins d’une candidose muqueuse, digestive ou génitale associée.
B/ Traitement local
Savons appropriés
Les savons surgras ou alcalins (savon Hydralin®), la désacidification de l’eau (par le bicarbonate de sodium, sachets d’Hydralin®) utilisés pour la toilette de la peau ou des muqueuses ont un effet apaisant.
En cas de surinfection bactérienne ou de suintement
Si les lésions sont suintantes ou surinfectées, des antiseptiques locaux doux peuvent être utilisés : dérivés iodés (Bétadine® solution dermique), chlorexidine aqueuse…
Antifongiques
On utilise des antifongiques locaux dont les formes (lait, poudre, gel, lotion…) ne favorisent pas la macération. Il sont appliqués deux fois par j pendant 3 semaines
C/ Traitement par voie orale
Le kétoconazole (Nizoral®) peut être prescrit dans les candidoses cutanées ; il existe sous forme de gélules et de suspension orale.
La surveillance du traitement par Nizoral® comporte une surveillance régulière du bilan hépatique, en pratique avant traitement, au 15e jour, puis toutes les 4 semaines jusqu’à la fin du traitement.
Pour plus d’informations, voir l’article candidose
Eczema des aisselles
L’eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema, le plus souvent des déodorants, antitranspirants, cremes, crèmes dépilatoires, mousses à raser, parfums…
Elle est souvent le fait d’une toilette trop méticuleuse, de l’application d’antiseptiques irritants (Dakin*…), de frottements, de bains de mer répétés, de cosmétiques ou par le contact accidentel avec une substance caustique (eau de Javel…). L’irritation est souvent rouge brillant, fripé avec parfois des vésicules voire des plaies et accompagné d’ une sensation de brulure
Consultez rapidement votre médecin ou un dermatologue si :
la rougeur des aisselles ne s’améliore pas après quelques jours de toilette adaptée, ou s’aggrave malgré un traitement en vente libre ;
des nodules douloureux et récidivants apparaissent sous l’aisselle, évoquant une maladie de Verneuil (hidradénite suppurée) ;
la peau devient très suintante, fissurée, ou s’accompagne de fièvre, de ganglions ou d’une altération de l’état général ;
vous avez déjà appliqué une crème à la cortisone sans amélioration : elle peut modifier l’aspect d’une mycose et retarder le diagnostic.
N’appliquez jamais de dermocorticoïde sur une rougeur des aisselles non diagnostiquée : un usage inapproprié de corticoïdes locaux peut masquer et aggraver une mycose sous-jacente (dermatophytose dite « modifiée par les stéroïdes »), retardant le diagnostic et compliquant le traitement.
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Autres diagnostics plus rares dans les aisselles :
est une dermatose héréditaire rare autosomique dominante, provoquant de façon récurrente des vésicules voire de bulles sur le cou, les creux axillaires et l’aine groupées en placards bien limités, parcourus de fissures en rhagades parallèles très caractéristiques. Le traitement passe par unassèchement des plis pour limiter les poussées et le risque d’infections bactériennes, mycosiques et virales. L’excision chirurgicale des plis atteints suivie de greffe de peau est souvent le seul traitement efficace.
Le pemphigus végétant
forme rare de pemphigus touchant les grands plis, y donnant des rougeurs végétantes et bourgeonnantes.
Syphilis
La syphilis dans sa phase secondaire peut donner des plaques multiples, gonflées et érosives, parfois végétantes dans les plis, les syphilides.
Histiocytose langerhansienne
maladie liée à une accumulation dans la peau de cellules de Langerhans. Elle donne des surélévations de peau croûteuses et purpuriques, prédominant derrière les oreilles, voire de fesses et de l’aine.
Erythème nécrolytique migrateur
atteinte cutanée due au glucagonome, une tumeur maligne du pancréas. Il donne des plaques rouges surélevées et squameuses d’extension centrifuge dont la bordure est croûteuse ou érosive et laissant une cicatrice pigmentée.
pustulose sous cornée de Sneddon Wilkinson
est une dermatose neutrophilique, caractérisée par la présence de globules blancs appelés polynucléaires neutrophiles dans la peau. Elle donne des pustules ou des bulles superficielles, flasques pouvant comporter un niveau liquidien caractéristique appelé pustule à hypopion. Les pustules et bulles sont groupées en dessinant des arcs ou des anneaux ou circinés principalement sur le tronc, à la racine des membres et dans les aisselles, l’aine…
etc.
Questions fréquentes sur la rougeur des aisselles
Comment savoir si une rougeur des aisselles est une mycose, un eczéma ou une irritation ?
La mycose (dermatophyte ou candida) donne une rougeur à bordure nette, parfois annulaire, qui s’étend et peut suinter ou se couvrir de pustules. L’eczéma de contact, le plus souvent lié à un déodorant ou une crème, a des limites plus floues et démange fortement. L’irritation mécanique donne une peau rouge, brillante et fripée après un frottement, un rasage ou un cosmétique agressif. En cas de doute, un dermatologue peut réaliser un prélèvement mycologique en quelques secondes.
Faut-il arrêter le déodorant en cas de rougeur des aisselles ?
Oui, en cas de suspicion d’eczéma de contact : arrêtez le déodorant, l’antitranspirant ou la crème dépilatoire en cause et privilégiez un produit sans parfum ni conservateur pendant quelques semaines. Si la rougeur ne s’améliore pas malgré cet arrêt, une autre cause doit être recherchée par un médecin.
Comment traite-t-on une mycose des aisselles ?
Le traitement repose sur un antifongique local (crème, lait, poudre) appliqué deux fois par jour pendant environ trois semaines, associé à la lutte contre l’humidité et la macération. En cas de résistance, un traitement antifongique par voie orale (terbinafine, griséofulvine) peut être prescrit ; le kétoconazole oral est généralement évité en raison de sa toxicité hépatique potentielle.
Une rougeur des aisselles qui revient peut-elle être une maladie de Verneuil ?
Oui, si la rougeur s’accompagne de nodules douloureux, de boules sous la peau ou d’abcès qui reviennent régulièrement au même endroit : c’est l’hidradénite suppurée, aussi appelée maladie de Verneuil. Elle nécessite une prise en charge dermatologique spécifique et prolongée, différente d’une simple mycose ou irritation.
Peut-on mettre de la cortisone sur une rougeur des aisselles ?
Non, pas sans avis médical. Appliquée sur une mycose non diagnostiquée, la cortisone peut calmer temporairement les démangeaisons tout en aggravant l’infection fongique et en modifiant son aspect typique, ce qui retarde le diagnostic et complique le traitement. Seul un médecin peut déterminer si un dermocorticoïde est adapté.
Mycose cutanée (champignon de la peau) : photos, symptômes et traitements
La mycose cutanée, ou champignon de la peau, est une infection fongique très fréquente qui peut toucher toutes les zones du corps : peau glabre, plis, pieds, ongles, cheveux. Elle se manifeste différemment selon l’agent responsable. Voici comment la reconnaître, la distinguer d’autres affections et la traiter efficacement.
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Cet article en vidéo
Mycose de la peau vésiculeuse
Les 3 types de champignons responsables de mycoses cutanées
Les mycoses de la peau sont causées par trois grandes familles de champignons :
Dermatophytes – les plus fréquents sur la peau. Ils n’attaquent que la peau, les poils et les ongles (jamais les muqueuses). Certains sont transmis par l’homme (anthropophiles : vêtements, sols contaminés dans les collectivités), d’autres par les animaux (zoophiles : chat, chien, hamster, cheval). Il existe 4 genres : Trichophyton, Epidermophyton, Microsporum et Nannizzia.
Levures du genre Candida – responsables des candidoses, surtout dans les plis et sur les muqueuses
Malassezia – levure responsable du pityriasis versicolor et de certaines folliculites du cuir chevelu
Mycose sur peau glabre – l’herpès circiné (roue de Sainte-Catherine)
La mycose à dermatophyte sur peau glabre se présente sous forme de plaque ronde ou ovale bien limitée, avec :
Une bordure active légèrement surélevée, squameuse et parfois vésiculeuse
Un centre qui se normalise progressivement
Une extension centrifuge progressive donnant l’aspect en « roue de Sainte-Catherine »
Il existe aussi des formes profuses plus difficiles à diagnostiquer, donnant des plaques rouges diffuses qui grattent sur le tronc :
Mycose profuse sur le tronc – plaques rouges qui grattent
Mycose du visage (noter la bordure active et la dépilation du sourcil) :
Mycose du visage
Forme inflammatoire – le kérion :
Kérion – forme inflammatoire de mycose
Mycose des mains :
Mycose des mains
Mycose dans les plis
Mycose à dermatophytes dans les plis
La dermatophytie des plis donne des rougeurs sèches et squameuses à centre rosé, le plus souvent bilatérales et symétriques, qui démangent. L’extension est centrifuge, avec une bordure nette, polycyclique, vésiculeuse et squameuse. Principales localisations :
La candidose des plis se distingue par un aspect rouge vernissé et luisant, humide, parfois fissuré dans le fond du pli. Les limites sont émiettées avec une collerette blanchâtre et des pustules blanches satellites caractéristiques. Elle est favorisée par la macération, l’obésité, le diabète et l’immunodépression.
Candidose du pli – fond rouge luisant avec pustules blanches satellites
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Autres localisations
Teigne du cuir chevelu
Les teignes sont des mycoses du cuir chevelu à dermatophytes, surtout chez l’enfant, donnant des plaques alopéciques avec brisure des cheveux.
Teigne du cuir chevelu
Mycose des ongles (onychomycose)
Les onychomycoses donnent des ongles épaissis, jaunâtres, friables et décollés du lit unguéal. Elles nécessitent souvent un traitement antifongique oral prolongé.
Mycose des ongles – onychomycose
Tableau comparatif – dermatophyte vs Candida
Dermatophyte
Candida (pli)
Aspect
Anneau squameux, bordure active, centre normal
Rouge luisant et humide, fond blanc crémeux
Signe clé
Extension centrifuge (roue de Sainte-Catherine)
Pustules blanches satellites en périphérie
Localisation typique
Peau glabre, plis secs, pieds, cuir chevelu
Grands plis humides, muqueuses
Facteurs favorisants
Contact avec personne/animal infecté, collectivités
Toute suspicion de mycose cutanée nécessite une consultation médicale. Un prélèvement mycologique (examen direct + cultures) est recommandé avant tout traitement, sauf pour l’intertrigo inter-orteils typique. Le traitement peut être prescrit dans la foulée.
Le prélèvement est positif si l’examen direct est positif, que les cultures soient positives ou négatives. Si l’examen direct est négatif et que des moisissures se développent en culture, un 2e prélèvement est nécessaire.
💡 Important : une atteinte cutanée impose aussi de rechercher une autre localisation (ongles, plis, cuir chevelu) pour éviter les réinfections croisées. Ne pas confondre avec une plaque rouge de la peau, un psoriasis ou un eczéma.
⚠ Consultez sans attendre si : la mycose ne régresse pas après 4 semaines de traitement local correct, si elle atteint le cuir chevelu avec plaques dépilatrices (teigne), si vous êtes diabétique ou immunodéprimé, ou si des plaques très inflammatoires avec fièvre apparaissent (kérion).
En bref : Les mycoses cutanées touchent 20 à 25 % de la population mondiale et représentent 10 % des consultations dermatologiques. Elles se manifestent par des plaques rondes qui grattent avec une bordure active. Un antifongique local (éconazole, terbinafine) en crème, appliqué 2 à 4 semaines, guérit la grande majorité des cas. La contagion est fréquente par contact direct ou sol mouillé. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Traitement de la mycose cutanée
Dermatophytes – traitement local (1re intention)
Antifongiques en crème, spray, lait ou poudre (éconazole, miconazole, ciclopirox, bifonazole), 2 fois/jour pendant 3 semaines, sur ordonnance. En cas de résistance ou de formes étendues : antifongiques oraux (terbinafine ou itraconazole). Le kétoconazole est évité en raison de sa toxicité hépatique.
Sans ordonnance – uniquement pour la mycose inter-orteils et la plante des pieds
LAMISILATE 1% crème – couche mince le soir après lavage et séchage, pendant 1 semaine (adulte et enfant >12 ans). Si pas d’amélioration après 1 semaine, consultez. Demandez conseil à votre pharmacien avant utilisation (risque d’allergie, contre-indications grossesse).
Candidose cutanée – traitement en 3 axes
1/ Facteurs favorisants : sécher soigneusement les plis, éviter les vêtements synthétiques, équilibrer un diabète, traiter une candidose digestive ou génitale associée.
2/ Traitement local : antifongiques en lait, poudre, gel ou lotion (formes non grasses). Savon surgras ou alcalin (Hydralin*) pour la toilette. En cas de suintement ou surinfection : chlorhexidine aqueuse (Diaseptyl*) ou Bétadine* solution dermique avant l’antifongique.
3/ Traitement oral si nécessaire : kétoconazole (Nizoral* – avec surveillance hépatique avant traitement, à J15 puis toutes les 4 semaines jusqu’à fin du traitement) ou fluconazole.
Conseils pour éviter les récidives
Se laver quotidiennement et bien sécher les plis et les espaces interorteils
Changer de sous-vêtements et de chaussettes tous les jours
Ne pas marcher pieds nus dans les vestiaires, piscines et douches collectives
Si un animal domestique perd ses poils, le faire examiner par un vétérinaire
Traiter simultanément toutes les localisations pour éviter les réinfections croisées
La mycose cutanée typique forme une plaque ronde bien délimitée avec une bordure active rouge et squameuse, et un centre qui tend à se normaliser (extension centrifuge). Elle démange notamment à la chaleur. Les plis (pieds, aine, sous-seins) sont les zones les plus touchées. Un prélèvement mycologique permet la confirmation.
Quelle crème antifongique choisir sans ordonnance ?
L’éconazole (Pévaryl®) et la terbinafine (Lamisil® 1 %) sont disponibles sans ordonnance et efficaces sur dermatophytes et levures. Appliquez 1 à 2 fois par jour pendant 2 à 4 semaines. En cas d’échec au bout de 3 semaines de traitement bien conduit, consultez un dermatologue pour prélèvement mycologique.
Combien de temps dure une mycose cutanée ?
Avec un antifongique adapté, une mycose non compliquée guérit en 2 à 4 semaines. Sans traitement, elle peut persister des mois et s’étendre. Les onychomycoses nécessitent 3 à 6 mois (mains) ou 6 à 12 mois (pieds). Ne jamais arrêter le traitement à la disparition des symptômes – finir la cure complète pour éviter les récidives.
La mycose cutanée est-elle contagieuse ?
Oui : par contact direct (peau à peau) ou indirect (serviettes, chaussures, sols mouillés de piscine). La transmission par l’animal domestique est possible pour certaines teignes. Pendant le traitement, ne partagez pas vos affaires de toilette et séchez soigneusement les plis après la douche.
Comment éviter les récidives de mycose ?
Séchez bien les plis après la douche, portez des fibres naturelles, changez chaussettes et sous-vêtements chaque jour. Traitez simultanément les mycoses des ongles (réservoir de réinfection). En piscine ou vestiaire, portez des sandales. Une prophylaxie antifongique ponctuelle peut être recommandée après l’été chez les sujets à récidives fréquentes.
Mycose ou eczéma : comment ne pas confondre ?
L’eczéma a des bords moins nets, s’accompagne souvent de terrain atopique et ne répond pas aux antifongiques. La mycose a une bordure active bien définie, une extension centrifuge et un centre qui se normalise. En cas de doute, un prélèvement mycologique (gratage des squames et examen direct + culture) permet de trancher avec certitude.
Quand un antifongique oral est-il nécessaire ?
Un traitement par voie orale (griséofulvine, terbinafine, fluconazole) est requis en cas de mycose profuse ou résistante au traitement local, de teigne du cuir chevelu, d’onychomycose étendue ou de patient immunodéprimé. Il se prescrit sur ordonnance après confirmation mycologique. Un bilan hépatique est recommandé avant terbinafine orale.
Mis à jour le 10 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).