MYCOSE DES PIEDS : soigner la mycose (ou champignon) des pieds

Mycose des pieds

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La mycose ou champignon des pieds est une affection dermatologique très courante, notamment en période chaude. Elle est liée à l’infestation sur les plantes des pieds et les espaces situés entre les orteils par un champignon appelé dermatophyte qui se développe souvent à cause de l’humidite ou de la macération des pieds et qui s’attrape souvent en marchant pieds nus dans des salles d’eau, des vestiaires, des piscines… Elle se traite au moyen d’antifongiques en crèmes, poudre, lait etc. prescrits par le médecin

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Mycose de pied

Comment attrape-t-on une mycose des pieds?

La mycose des pieds est le plus souvent due a un champignon de la peau appelé dermatophyte. La contamination par le dermatophyte peut se faire lors de la marche à pieds nus dans les piscines, les salles de sport, la salle de bain familiale… Le champignon est présent sur la peau à l’état de spore et devient pathogène (il se « réveille » et « pousse » en faisant des filaments) le plus souvent au décours d’une macération ou d’une humidité constante au niveau des pieds (transpiration dans les chaussures, pieds constamment mouillées…)

Comment reconnaitre la mycose des pieds ? Symptomes

La mycose des pieds provoque le plus souvent une fissure et des démangeaisons entre les orteils, avec de petites peaux qui se décollent. Elle peut aussi provoquer des sécheresses des pieds et des cloques d’eau.

mycose des pieds
Mycose des pieds à type de « pied d’athlete »

La mycose des pieds la plus fréquente est la mycose située entre les orteils

Mycose entre les orteils

Tout petit orteil : pied d’athlète

La mycose située entre les derniers (les plus petits) orteils porte encore le nom de pied d’athlete, car il est fréquent chez les sportifs, caractérisé par une atteinte du dernier espace interorteil

La mycose entre les orteils forme une fissure rosée ou rouge bordée par une macération donnant à la peau un aspect humide et blanchâtre, qui démange. Elle peut s’étendre ensuite sur le dos du pied ou la plante du pied, macérer, donner des vésicules…

Peau blanche entre les orteils
Peau blanche entre les orteils : pied d’athlete
Peau sèche entre les orteils : mycose débutante
Peau sèche entre les orteils : mycose débutante
Macération au cours d'une mycose
Macération au cours d’une mycose
Fissure et plaie entre les orteils
Fissure et plaie entre les orteils : mycose
Pied d'athlete étendu
Pied d’athlete étendu

Autres orteils

La mycose des pieds peut toucher les autres espaces interorteils par contamination à partir du dernier espace ou initialement dans un des espaces interorteils, il s’agit alors parfois d’une atteinte à candida, plus fréquente chez le diabétique.

La mycose des pieds peut démanger.


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Mycose du pied : la plante est touchée

La mycose peut toucher tout le pied, lui donnant un aspect blanc et farineux (comme si l’on avait marché dans du talc), avec la peau qui desquame par endroits

Mycose du pied
Mycose du pied
Mycose des pieds
Mycose des pieds
Tout le pied est atteint par la mycose : aspect farineux et desquamatif
Tout le pied est atteint par la mycose : aspect farineux et desquamatif

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Complications

La mycose des pieds peut se compliquer d’une

infection bactérienne,

Surinfection des plis

Surinfection à bacteries gram négatif d'une mycose des pieds
Surinfection à bacteries gram négatif d’une mycose des pieds

La surinfection d’une mycose des pieds qui devient brutalement douloureuse, érosive, suintante voire malodorante, avec des croûtes ou des pustules, est le plus souvent due à :

  • Pseudomonas, une bactérie vivant dans la terre humide et les milieux aquatiques : on se contamine lors du jardinage, dans des piscines chauffées, des spas ou simplement par le biais de la macération et de la transpiration dans les chaussures : .
  • D’autres bactéries pathogènes : staphylocoques, streptocoques et bactéries à Gram négatifs (colibacilles). Ces surfinections sont plus fréquents chez les obèses, les diabétiques et les patients à hygiène défectueuse.

Il faut alors sécher les plis avec des antiseptiques locaux doux  : dérivés iodés (Bétadine® solution dermique), chlorexidine aqueuse : Diaseptyl®, et/ou de la sulfadiazine argentique (Flammazine®). Le médecin n’est amené à utiliser des antibiotiques par voie orale que rarement, en cas d’extension de l’infection ou de résistance au traitement, il s’agit le plus souvent de ciprofloxacine (Ciflox®). NB : peroxyde de benzoyle… hors AMM peut bien fonctionner

Erysipele

Erysipèlede la jambe (infection à bactéries)
Erysipèle de la jambe (infection à bactéries)

d’un eczema (disidrose… ),

Cloques qui démangent sur les pieds et les orteils
Cloques qui démangent sur les pieds et les orteils : mycose des pieds et dysidrose

mycose des ongles


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Comment soigner et se débarrasser de la mycose entre les orteils et de la mycose des pieds?

Le traitement de la mycose des pieds repose sur deux piliers :

  1. L’utilisation de crèmes, poudres, laits.. antifongiques prescrits par le médecin ou disponibles sans ordonnance (voir soigner la mycose des pieds sans ordonnance)
  2. L’éviction de la macération et de l’humidité des espaces entre les orteils en séchant bien les pieds après la toilette et notamment les zones situées entre les orteils et en luttant contre la transpiration des pieds

Le traitement du médecin

Le traitement de la mycose des pieds requiert l’emploi de traitement contre les champignons, souvent en creme ou en poudre

Le médecin pourra utiliser par exemple une creme le soir et une poudre le matin, parmi plusieurs produits :

Ils sont appliqués en crème, spray, lait, poudre… en général deux fois par jour pendant 3 semaines

En cas de résistance au traitement, le médecin peut prescrire des antifongiques par voie orale telles la terbinafine ou la grisefuline. On évite généralement le ketoconazole compte tenu de sa toxicité hépatique potentielle.

Soigner la mycose des pieds sans ordonnance

Les délais de rendez-vous chez les dermatologues s’allongent d’année en année.

Cependant, ne vous improvisez surtout pas médecin! Consultez votre médecin traitant avant toute chose. Il faut en effet vous assurer que vous présentez bien une mycose, qu’elle n’a pas de cause (diabete… ), qu’elle n’est pas surinfectée…

En attendant votre rendez-vous chez le médecin et/ou le dermatologue et le diagnostic de mycose des pieds, vous pouvez trouver des produits disponibles sans ordonnance chez votre pharmacien ou dans une pharmacie sur Internet, autorisés en accès direct par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament pour les mycoses des pieds. Il faut être très prudent avant d’utiliser des crèmes et bien demander conseil à son pharmacien (risque d’allergie de peau, d’aggravation de sa maladie de peau, risque en cas de grossesse ou d’allaitement…)

On peut citer parmi ceux-ci la terbinafine, sous deux formes :

  • LAMISILATE 1%, crème

Cette crème est réservée à l’adulte et l’enfant de plus de 12 ans

Elle doit être appliquée en couche mince suivie d’un massage léger après avoir lavé et séché la zone concernée le soir pendant 1 semaine. Un arrêt du traitement trop précoce ou des applications irrégulières peuvent entraîner un échec ou des rechutes.

L’effet bénéfique doit apparaître au bout de quelques jours. En l’absence d’amélioration 1 semaine après la fin des applications ou en cas d’aggravation, de lésions multiples ou de lésions très étendues, un avis médical est nécessaire rapidement.

  • LAMISILATE MONODOSE 1%, solution pour application cutanée

Il s’agit d’un produit réservé à l’adulte (plus de 18 ans), en application unique : il n’existe pas de données cliniques d’administrations répétées avec ce produit. C’est pourquoi une seconde application n’est pas recommandée.

Lamisilate Monodose 1 % doit être appliqué en une seule fois sur les deux pieds, même si un seul pied semble présenter des lésions.

Ainsi, cela permet d’éradiquer les dermatophytes présents sur des lésions non visibles.
La solution devra être appliquée après avoir soigneusement nettoyé et séché les deux pieds et les mains.

Traiter d’abord un pied puis l’autre.
Appliquer une fine couche de solution en commençant par les orteils (espace inter-orteils et zone périphérique), puis appliquer sur l’intégralité de la voûte plantaire ainsi que sur les côtés latéraux du pied jusqu’à une hauteur de 1,5 cm.
Recommencer cette opération sur l’autre pied même s’il ne semble pas atteint.
Puis laisser sécher la solution pendant 1 à 2 minutes jusqu’à formation d’un film. Se laver ensuite les mains.
Ne pas masser la zone traitée.
Pour un meilleur résultat, la zone traitée ne doit pas être lavée pendant 24 heures après l’application. C’est pourquoi, il est recommandé d’appliquer Lamisilate Monodose 1 % juste après la toilette (bain ou douche) et d’attendre 24 heures avant de se laver en douceur à nouveau les pieds. Se sécher ensuite les pieds en tamponnant délicatement.
Une quantité suffisante de produit devra être utilisée pour traiter les 2 pieds selon les instructions précédentes. La quantité de solution restant dans le tube devra être jetée.
Une amélioration des signes de mycoses du pied apparaît habituellement après quelques jours de traitement. En l’absence d’amélioration des symptômes au bout d’une semaine, il faut impérativement donc consulter un médecin.

Comment éviter la mycose des pieds

Le traitement de la mycose des pieds passe aussi par la lutte contre les facteurs favorisants, la prévention de la contamination et de la réinfestation :

  • traitement de tous les foyers d’infection par champignon (plis inguinaux, mycose des ongles… )
  • désinfection des foyers de réinfestation (tapis de bain, chaussures… )
  • lutte contre la macération : séchage attentif des espaces entre les orteils, lutte contre la transpiration des pieds
  • éviter de marcher pieds nus dans les vestiaires, salles d’eau, douches communes, piscines…

 

Mycoses des espaces entre les orteils et des pieds : VRAI /FAUX

Reproduction d’une interview donnée au journal Ouest France :

1 Les mycoses des pieds, aussi appelées « pied d’athlète », se manifestent surtout entre les orteils.
Vrai. On distingue classiquement trois cas de figure : le pied d’athlète est une mycose située dans le dernier espace inter-orteil, ainsi dénommé car il est fréquent chez les sportifs. Il se manifeste par des petites desquamations, une démangeaison voire une fissuration de l’espace. Deuxième cas de figure, les mycoses situées dans les autres espaces inter-orteil, qui sont plus rares. Lorsque ces dernières sont profuses, il est possible que le médecin demande de réaliser un bilan sanguin à la recherche d’un facteur favorisant tel que le diabète. Enfin, on observe parfois une extension de la mycose inter-orteil sur la plante des pieds, leur conférant un aspect farineux, voire fissuré.
L’ensemble de ces mycoses des pieds peut se compliquer de dishidrose, caractérisée par de petites « cloques » qui démangent au pourtour de la mycose. Il s’agit d’une forme d’eczéma.

2 On identifie facilement les mycoses entre les orteils et des pieds : elles provoquent des fissures, des rougeurs, avec des démangeaisons et des picotements puis la peau se met à peler.
Vrai. Il s’agit en effet des symptômes classiques, mais d’autres maladies de peau peuvent avoir des symptômes similaires et mon conseil est de consulter devant toutes ces manifestations pour d’assurer qu’il s’agit bien de mycoses et afin d’obtenir un traitement adéquat

3 Comme les verrues, on attrape la mycose des pieds surtout à la piscine ou dans les salles de sport.
Vrai. Effectivement, la contamination par le biais de squames(cellules mortes qui se détachent de la peau) parasités par le champignon, est fréquente dans les salles de sport, les piscines, les douches communes, sur les tatamis… Mais on peut aussi se contaminer par le biais de linges de toilette, de vêtements ou de chaussures. Enfin, il n’est pas rare de se contaminer dans l’environnement familial, sur le tapis de bain par exemple
Afin de se prémunir de la survenue de mycoses des pieds, il est prudent d’utiliser des “tongs” ou “claquettes” dans les douches publiques, d’éviter le prêt de vêtements ou de chaussures, et de respecter une bonne hygiène des pieds : les laver une fois par jour et après la pratique d’un sport, les sécher soigneusement en insistant sur les espaces inter-orteils et porter si cela est possible des nus-pieds qui limitent la transpiration en aérant les pieds. Lorsqu’on porte des chaussures fermées en coton, il est judicieux de les laver de temps en temps à 60°C si cela est possible.

4 Les mycoses des pieds ne sont pas contagieuses.
Faux. Au contraire, les mycoses des pieds sont contagieuses et les spores (sorte de coquille dans laquelle le champignon se place en conditions extérieures difficiles) sont très résistantes. La contagion inter-humaine est possible comme nous l’avons vu dans les lieux fréquentés à pieds nus, mais elle peut être aussi observée chez un même individu : il n’est pas rare d’observer des mycoses des plis inguinaux (plis de l’aine) chez les personnes ayant des mycoses de pieds et l’on soupçonne dans ce cas la contamination par l’enfilage des sous-vêtements, qui passent par les pieds… De même, une mycose des pieds peut être accompagnée d’une mycose de la main, par grattage des squames avec ses doigts.

5 Les mycoses des pieds disparaissent facilement avec un traitement adapté, par exemple un antiseptique.
Faux. Le traitement n’est pas si aisé et les mycoses ont surtout la fâcheuse tendance de récidiver si le traitement n’est pas suivi jusqu’au bout et s’il n’y a pas de désinfection des sites porteurs de spores (les chaussures par exemple). Les traitements les plus efficaces sont les antifongiques (en poudre, crème, spray… ) prescrits par le médecin. Il est possible que ce dernier prescrive un traitement antifongique par voie orale lorsque la mycose est très profuse ou multifocale. Outre les médicaments, un élément très important du traitement est de lutter contre la macération : bien sécher les espaces inter-orteils et éviter l’humidité par exemple.

6 Dans certains cas, la mycose des pieds nécessite une consultation médicale.
Vrai. Je serais tenté de répondre qu’une consultation médicale s’impose dans tous les cas afin de vérifier qu’il s’agit bien d’une mycose, qu’elle ne touche que les pieds, que les ongles sont indemnes, qu’elle n’est pas compliquée d’une surinfection ou d’une dishidrose, etc. Ou du moins de consulter devant tout symptôme ne cédant pas avec des soins d’hygiène doux et rigoureux. Chez les personnes fragiles telles que les diabétiques, toute plaie des pieds nécessite une consultation sans tarder.

MYCOSE ONGLE : guérir la mycose des ongles (pied, gros orteil…)

Mycose d’ongle (onychomycose) : symptômes, diagnostic et traitement

Cet article en vidéo


Vidéo : mycose d'ongle expliquée par le dermatologue

La mycose d’ongle (ou onychomycose) est une infection très fréquente, le plus souvent due à un champignon appelé dermatophyte, touchant préférentiellement l’ongle du gros orteil. Elle donne un aspect d’ongle friable, blanchi ou jauni, souvent épaissi et décollé de la peau. Attention : plus de la moitié des anomalies d’ongles ne sont pas des mycoses — un avis médical est indispensable. Le traitement repose sur un vernis antifongique si la matrice de l’ongle n’est pas atteinte, ou sur des médicaments par voie orale dans le cas contraire.

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Mycose d'ongle de pied — onychomycose
Mycose d’ongle de pied

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Sommaire :
Qu’est-ce que c’est |
Facteurs favorisants |
Diagnostic |
Types de mycoses |
Prévention |
Traitement |
Ongles verts, candida… |
Questions fréquentes

Qu’est-ce que la mycose des ongles ?

L’onychomycose est une infection des ongles par un champignon, fréquente à partir de 45 ans et très commune chez les personnes âgées : près d’une personne de 70 ans sur deux est atteinte. Les ongles les plus touchés sont ceux du gros et du dernier orteil.

Onychomycose du gros orteil — ongle jauni et épaissi
Onychomycose du gros orteil
Mycose jaune de l'ongle
Mycose jaune de l’ongle

Les champignons les plus fréquemment en cause sont les dermatophytes (80% des cas, principalement Trichophyton rubrum).

📚 Référence scientifique : Épidémiologie des onychomycoses — revue internationale — PubMed

Facteurs favorisant la mycose des ongles

Les facteurs de risque sont les mêmes que pour les mycoses des pieds :

  • Macération et humidité persistante des pieds
  • Prêt de chaussures
  • Fréquentation de lieux collectifs à pieds nus (piscines, vestiaires, douches…)

Les personnes à risque accru sont : les personnes âgées, celles ayant déjà des mycoses des pieds, les diabétiques, les immunodéprimés et les personnes souffrant de transpiration excessive des pieds.

Diagnostic de la mycose des ongles

La forme la plus fréquente est un épaississement de l’ongle qui prend une couleur jaunâtre ou blanchâtre, progressant vers la base de l’ongle. À son extrémité, l’ongle peut devenir friable et se décoller de la peau.

Mycose débutante de l'ongle — tache blanche
Mycose débutante de l’ongle
Tache blanche de mycose débutante sur ongle
Tache blanche de mycose débutante
Mycose des ongles de pied avec atteinte de la matrice
Mycose des ongles avec atteinte de la matrice

Le diagnostic est souvent possible à l’œil nu. En dermatoscopie, on observe des bords déchiquetés, des stries longitudinales, une couleur jaune et des bords effrités — à distinguer de l’onycholyse traumatique dont le bord est linéaire.

Un prélèvement de l’ongle avec examen direct et mise en culture au laboratoire permet de confirmer le diagnostic et d’identifier le champignon responsable — ce qui conditionne le traitement.

⚠️ Attention : plus de la moitié des anomalies d’ongles ne sont PAS des mycoses. Traumatisme, psoriasis unguéal, lichen plan… peuvent donner un aspect similaire. Un avis médical s’impose avant tout traitement.

Types de mycoses d’ongles

Onychomycoses à dermatophytes

Les plus fréquentes, touchant un ou plusieurs orteils, souvent associées à une mycose des pieds (pied d’athlète) ou à des mycoses cutanées. Le champignon le plus fréquent est Trichophyton rubrum (80% des cas).

Onychomycoses à levures (candida)

Moins fréquentes, elles concernent essentiellement les ongles des mains. Elles se manifestent souvent par un périonyxis (pourtour de l’ongle gonflé et rouge) et touchent particulièrement les diabétiques.

Onychomycoses à moisissures

Il s’agit souvent d’une atteinte isolée d’un seul ongle, parfois post-traumatique, réfractaire aux traitements habituels. Les agents en cause sont Fusarium sp., Acremonium sp. et Aspergillus sp. Une moisissure doit être retrouvée au minimum deux fois pour confirmer son rôle pathogène.

Prévenir la mycose des ongles

  • Couper les ongles régulièrement
  • Porter des chaussures ouvertes en été, des chaussettes en coton (fil d’Écosse idéalement) changées tous les jours
  • Laver les pieds une fois par jour et bien sécher les espaces inter-orteils
  • Porter des claquettes dans les lieux collectifs (piscines, douches, vestiaires…)
  • En cas de mycoses récidivantes, des poudres antifongiques (Mycoster®, Econazole®…) peuvent être pulvérisées dans les chaussures

Traitement de la mycose des ongles

Avant tout traitement : enlever le maximum de partie malade (podologie, crème à l’urée) et désinfecter les chaussures.

Si la matrice de l’ongle est atteinte → traitement oral

La matrice est la zone de l’ongle située sous la peau qui le produit. Si elle est atteinte, un traitement par voie orale est nécessaire, le plus souvent la Terbinafine (Lamisil®, Fungster®…).

Le traitement oral est recommandé en cas de :

  • Atteinte de plus de 50% de la tablette unguéale
  • Atteinte matricielle ou tablette de plus de 2 mm d’épaisseur
  • Onychomycose sous-unguéale proximale
  • Plus de trois ongles atteints

Ce traitement nécessite un prélèvement mycologique préalable, une prise de sang et la vérification de l’absence de contre-indications.

📚 Référence scientifique : Recommandations pour le traitement des onychomycoses — PubMed

Si la matrice n’est pas atteinte → traitement local

Un vernis antifongique suffit généralement. Un ongle de pied poussant d’environ 1,5 mm par mois, il faut souvent plus de 6 mois de traitement pour obtenir la guérison complète.

Vernis prescrits sur ordonnance :

Vernis disponibles sans ordonnance (après avis médical ou pharmaceutique)

⚠️ Ne vous improvisez pas médecin ! Consultez votre médecin traitant avant tout traitement. Ces vernis ne peuvent être utilisés que si la mycose ne touche pas plus des 3/4 de l’ongle ni plus de 5 ongles.

AMOROLFINE / LOCÉRYLPRO : 1 à 2 applications par semaine jusqu’à guérison (6 mois pour les mains, 9 mois pour les pieds). Limer la zone atteinte avant la première application. Enlever le vernis précédent avec du dissolvant avant chaque nouvelle application. Ne pas utiliser les mêmes limes sur les ongles sains.

CICLOPIROX / MYCONAIL : 1 application par soir sur l’ongle et les 5 mm de peau bordant l’ongle. Ne pas laver les ongles dans les 6 heures suivant l’application. Ne pas appliquer d’autre vernis à ongles sur les zones traitées. Par temps froid (sous 15°C), réchauffer le flacon entre les mains si le vernis se gèle.

Laser pour les mycoses des ongles

Les lasers Nd:YAG et CO2 fractionnel peuvent être proposés, mais les données sur leur efficacité restent limitées (études majoritairement non contrôlées). La FDA américaine les a approuvés uniquement pour un éclaircissement temporaire de l’ongle, non pour traiter la mycose. Leur utilisation n’est pas recommandée en première intention.

📚 Laser et onychomycoses : revue des données — PubMed

Traitement des mycoses à moisissures

Les moisissures sont peu sensibles aux antifongiques classiques. Les Aspergillus peuvent répondre à la terbinafine ou à l’itraconazole ; les Fusarium seront plutôt traités par itraconazole. L’avulsion chimique (urée : Onyster®, Amycor Onychoset®) ou chirurgicale reste souvent efficace, encadrée par des antifongiques locaux et oraux.

Ongles verts, bleus, marrons — cas particuliers

Ongles verts et bleu-noirs

Souvent liés à une surinfection à Pseudomonas aeruginosa (pyocyanique). Traitement : Bétadine® solution dermique et bains de Dakin®.

Mycose des ongles à Candida

Elle se manifeste par un périonyxis (pourtour de l’ongle gonflé et rouge à Candida albicans), notamment chez le diabétique, évoluant vers une atteinte de l’ongle prenant une teinte irrégulière jaune verdâtre, marron ou noire, surtout dans les zones latérales.

Onychomycose et périonyxis à Candida
Onychomycose et périonyxis à Candida
Candida dans l'ongle
Candida dans l’ongle
Périonyxis à Candida
Périonyxis à Candida

Le traitement associe :

  • Contrôle du diabète si présent
  • Lutte contre l’humidité : séchage soigneux des mains, éviction des détergents et traumatismes mécaniques (manucurie…)
  • Traitement des foyers de candidose associés (muqueuse, digestif, génital)
  • Bains de doigts antiseptiques : Bétadine® dermique, chlorhexidine (Plurexid®, Hibidil®), Hexomédine®
  • Application d’un antifongique local en gel ou lotion plusieurs fois par jour

Ces traitements doivent être poursuivis jusqu’à guérison complète, soit 4 à 6 mois en moyenne. En cas d’échec, un traitement oral peut être envisagé : fluconazole (Triflucan®) ou itraconazole (Sporanox®) avec surveillance hépatique.

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Questions fréquentes sur la mycose des ongles

Comment savoir si c’est bien une mycose et pas autre chose ?

Plus de la moitié des anomalies d’ongles ne sont pas des mycoses. Un ongle épaissi ou jauni peut être dû à un traumatisme, un psoriasis unguéal, un lichen plan… Seul un médecin peut poser le diagnostic, confirmé si nécessaire par un prélèvement mycologique en laboratoire.

Combien de temps dure le traitement ?

Un ongle de pied pousse d’environ 1,5 mm par mois. Il faut généralement 6 à 9 mois de traitement local (vernis) pour obtenir un ongle entièrement sain. Le traitement oral est plus court mais nécessite un suivi médical.

Peut-on traiter une mycose d’ongle sans ordonnance ?

Des vernis à base d’amorolfine (Locéryl Pro®) ou de ciclopirox (Myconail®) sont disponibles en pharmacie sans ordonnance. Mais ils ne doivent être utilisés qu’après avis médical ou pharmaceutique, uniquement si la mycose touche moins des 3/4 de l’ongle et moins de 5 ongles. En cas de doute, consultez votre médecin traitant.

La mycose des ongles est-elle contagieuse ?

Oui. Elle peut se transmettre à d’autres ongles du même pied, aux proches par contact cutané ou partage de chaussures/chaussettes, et dans les lieux collectifs (piscines, vestiaires). Des mesures d’hygiène strictes sont essentielles pendant et après le traitement.

Faut-il traiter une mycose d’ongle qui ne fait pas mal ?

Oui. Même indolore au début, l’onychomycose peut progresser et détruire l’ongle, atteindre d’autres ongles et se transmettre à l’entourage. Un traitement précoce est plus efficace et plus court.

Le laser peut-il guérir une mycose d’ongle ?

Le laser (Nd:YAG, CO2 fractionnel) n’est pas recommandé en première intention : les études disponibles sont insuffisantes pour prouver son efficacité. La FDA l’a approuvé uniquement pour un éclaircissement temporaire de l’ongle, non comme traitement curatif de la mycose.


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MYCOSE DE LA PEAU : roue de Sainte-Catherine et autres champignons

Mycose cutanée (champignon de la peau) : photos, symptômes et traitements

La mycose cutanée, ou champignon de la peau, est une infection fongique très fréquente qui peut toucher toutes les zones du corps : peau glabre, plis, pieds, ongles, cheveux. Elle se manifeste différemment selon l’agent responsable. Voici comment la reconnaître, la distinguer d’autres affections et la traiter efficacement.

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mycose de la peau vésiculeuse champignon cutané photo
Mycose de la peau vésiculeuse

Les 3 types de champignons responsables de mycoses cutanées

Les mycoses de la peau sont causées par trois grandes familles de champignons :

  • Dermatophytes — les plus fréquents sur la peau. Ils n’attaquent que la peau, les poils et les ongles (jamais les muqueuses). Certains sont transmis par l’homme (anthropophiles : vêtements, sols contaminés dans les collectivités), d’autres par les animaux (zoophiles : chat, chien, hamster, cheval). Il existe 4 genres : Trichophyton, Epidermophyton, Microsporum et Nannizzia.
  • Levures du genre Candida — responsables des candidoses, surtout dans les plis et sur les muqueuses
  • Malassezia — levure responsable du pityriasis versicolor et de certaines folliculites du cuir chevelu

Mycose sur peau glabre — l’herpès circiné (roue de Sainte-Catherine)

La mycose à dermatophyte sur peau glabre se présente sous forme de plaque ronde ou ovale bien limitée, avec :

  • Une bordure active légèrement surélevée, squameuse et parfois vésiculeuse
  • Un centre qui se normalise progressivement
  • Une extension centrifuge progressive donnant l’aspect en « roue de Sainte-Catherine »
  • Des démangeaisons variables
mycose de la peau herpès circiné anneau squames dermatophyte photo
Plaque de mycose sur la peau : herpès circiné
mycose jambe anneau dermatophyte photo
Mycose de la peau — atteinte de la jambe
anneau mycose peau roue de sainte catherine photo
Anneau de mycose — roue de Sainte-Catherine
roue de sainte catherine mycose annulaire photo
Roue de Sainte-Catherine — mycose annulaire
roue de sainte catherine mycose cutanée forme typique photo
Roue de Sainte-Catherine — forme typique

Il existe aussi des formes profuses plus difficiles à diagnostiquer, donnant des plaques rouges diffuses qui grattent sur le tronc :

mycose profuse plaques rouges tronc grattent photo
Mycose profuse sur le tronc — plaques rouges qui grattent

Mycose du visage (noter la bordure active et la dépilation du sourcil) :

mycose visage bordure dépilation sourcil dermatophyte photo
Mycose du visage

Forme inflammatoire — le kérion :

kérion forme inflammatoire mycose peau photo
Kérion — forme inflammatoire de mycose

Mycose des mains :

mycose mains dermatophytie cutanée photo
Mycose des mains

Mycose dans les plis

Mycose à dermatophytes dans les plis

La dermatophytie des plis donne des rougeurs sèches et squameuses à centre rosé, le plus souvent bilatérales et symétriques, qui démangent. L’extension est centrifuge, avec une bordure nette, polycyclique, vésiculeuse et squameuse. Principales localisations :

mycose pli interfessier entre fesses dermatophyte photo
Mycose entre les fesses
mycose pied athlète entre orteils tinea pedis photo
Mycose entre les orteils — pied d’athlète

Candidose dans les plis

La candidose des plis se distingue par un aspect rouge vernissé et luisant, humide, parfois fissuré dans le fond du pli. Les limites sont émiettées avec une collerette blanchâtre et des pustules blanches satellites caractéristiques. Elle est favorisée par la macération, l’obésité, le diabète et l’immunodépression.

candidose pli pustules blanches fond rouge luisant mycose candida photo
Candidose du pli — fond rouge luisant avec pustules blanches satellites

Voir aussi : rougeurs entre les cuisses et la candidose.


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Autres localisations

Teigne du cuir chevelu

Les teignes sont des mycoses du cuir chevelu à dermatophytes, surtout chez l’enfant, donnant des plaques alopéciques avec brisure des cheveux.

teigne cuir chevelu mycose cheveux enfant photo
Teigne du cuir chevelu

Mycose des ongles (onychomycose)

Les onychomycoses donnent des ongles épaissis, jaunâtres, friables et décollés du lit unguéal. Elles nécessitent souvent un traitement antifongique oral prolongé.

mycose ongles onychomycose ongles épaissis jaunâtres photo
Mycose des ongles — onychomycose

Tableau comparatif — dermatophyte vs Candida

Dermatophyte Candida (pli)
Aspect Anneau squameux, bordure active, centre normal Rouge luisant et humide, fond blanc crémeux
Signe clé Extension centrifuge (roue de Sainte-Catherine) Pustules blanches satellites en périphérie
Localisation typique Peau glabre, plis secs, pieds, cuir chevelu Grands plis humides, muqueuses
Facteurs favorisants Contact avec personne/animal infecté, collectivités Macération, diabète, immunodépression, antibiotiques

Diagnostic

Toute suspicion de mycose cutanée nécessite une consultation médicale. Un prélèvement mycologique (examen direct + cultures) est recommandé avant tout traitement, sauf pour l’intertrigo inter-orteils typique. Le traitement peut être prescrit dans la foulée.

Le prélèvement est positif si l’examen direct est positif, que les cultures soient positives ou négatives. Si l’examen direct est négatif et que des moisissures se développent en culture, un 2e prélèvement est nécessaire.

💡 Important : une atteinte cutanée impose aussi de rechercher une autre localisation (ongles, plis, cuir chevelu) pour éviter les réinfections croisées. Ne pas confondre avec une plaque rouge de la peau, un psoriasis ou un eczéma.

Traitement de la mycose cutanée

Dermatophytes — traitement local (1re intention)

Antifongiques en crème, spray, lait ou poudre (éconazole, miconazole, ciclopirox, bifonazole), 2 fois/jour pendant 3 semaines, sur ordonnance. En cas de résistance ou de formes étendues : antifongiques oraux (terbinafine ou itraconazole). Le kétoconazole est évité en raison de sa toxicité hépatique.

Sans ordonnance — uniquement pour la mycose inter-orteils et la plante des pieds

LAMISILATE 1% crème — couche mince le soir après lavage et séchage, pendant 1 semaine (adulte et enfant >12 ans). Si pas d’amélioration après 1 semaine, consultez. Demandez conseil à votre pharmacien avant utilisation (risque d’allergie, contre-indications grossesse).

Candidose cutanée — traitement en 3 axes

1/ Facteurs favorisants : sécher soigneusement les plis, éviter les vêtements synthétiques, équilibrer un diabète, traiter une candidose digestive ou génitale associée.

2/ Traitement local : antifongiques en lait, poudre, gel ou lotion (formes non grasses). Savon surgras ou alcalin (Hydralin*) pour la toilette. En cas de suintement ou surinfection : chlorhexidine aqueuse (Diaseptyl*) ou Bétadine* solution dermique avant l’antifongique.

3/ Traitement oral si nécessaire : kétoconazole (Nizoral* — avec surveillance hépatique avant traitement, à J15 puis toutes les 4 semaines jusqu’à fin du traitement) ou fluconazole.

Conseils pour éviter les récidives

  • Se laver quotidiennement et bien sécher les plis et les espaces interorteils
  • Changer de sous-vêtements et de chaussettes tous les jours
  • Ne pas marcher pieds nus dans les vestiaires, piscines et douches collectives
  • Si un animal domestique perd ses poils, le faire examiner par un vétérinaire
  • Traiter simultanément toutes les localisations pour éviter les réinfections croisées

Sources

Questions fréquentes sur la mycose cutanée

Comment reconnaître une mycose de la peau ?

La mycose à dermatophyte sur peau glabre se présente comme un anneau rouge squameux qui s’agrandit progressivement (roue de Sainte-Catherine), avec une bordure active et un centre qui se normalise. Dans les plis, la candidose donne une rougeur luisante avec des pustules blanches en périphérie. Le prélèvement mycologique confirme le diagnostic.

La mycose de la peau est-elle contagieuse ?

Oui, les dermatophytes sont contagieux par contact direct avec une personne ou un animal infecté, ou par le sol (vestiaires, piscines). La candidose des plis est moins contagieuse car elle résulte surtout d’une prolifération de levures déjà présentes sur la peau, favorisée par la macération et certains terrains fragilisants.

Combien de temps faut-il pour guérir une mycose cutanée ?

Avec un traitement local bien conduit, une mycose de la peau glabre guérit en 3 à 4 semaines. La mycose des ongles nécessite plusieurs mois de traitement oral (3 mois pour les mains, 6 mois pour les pieds). Il est essentiel de ne pas arrêter le traitement trop tôt pour éviter les récidives.

Peut-on soigner une mycose de la peau sans ordonnance ?

Uniquement pour la mycose inter-orteils et la plante des pieds : la crème Lamisilate 1% est disponible sans ordonnance. Pour toute autre localisation, une consultation est nécessaire — une plaque rouge peut avoir de nombreuses autres causes, et un mauvais traitement peut aggraver la situation.

Pourquoi ma mycose revient-elle toujours ?

Les récidives s’expliquent souvent par un traitement trop court, une réinfection depuis une autre localisation non traitée (ongles contaminant les pieds), un contact avec un animal ou une personne infectée, ou des facteurs favorisants persistants (macération, diabète non équilibré). Un avis dermatologique permet d’établir un plan de traitement complet.


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SOIGNER LE PITYRIASIS VERSICOLOR : se débarrasser du pityriasis versicolor (lota, ou loto)

Pityriasis versicolor : taches blanches ou brunes, causes et traitement

Le pityriasis versicolor — appelé lota aux Antilles et loto en Afrique — est une mycose de la peau due à Malassezia, une levure naturellement présente sur la peau humaine depuis la naissance. Malassezia est lipophile : elle prolifère dans le sébum (graisse cutanée) et réside en permanence dans les follicules pilo-sébacés. La maladie résulte de la transformation de cette levure inoffensive en une forme filamenteuse pathogène envahissant les couches superficielles de la peau, sous l’effet de facteurs favorisants.

Le pityriasis versicolor n’est pas contagieux : c’est une infection opportuniste qui ne se développe qu’en présence de conditions favorables. Les cas de co-infection au sein d’un couple sont extrêmement rares.

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Pityriasis versicolor — taches brunes et blanches sur le tronc

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Vidéo : pityriasis versicolor — causes, symptômes et traitement

Sommaire :
Facteurs favorisants |
Symptômes |
Diagnostic |
Traitement |
Questions fréquentes

Facteurs favorisants du pityriasis versicolor

Peau grasse (séborrhée)

La séborrhée est le principal facteur favorisant, car Malassezia se nourrit du sébum. C’est pourquoi le pityriasis versicolor sévit surtout entre 18 et 40 ans, période où la production de sébum est maximale sous l’effet des hormones. L’application de cosmétiques gras (huiles de massage, monoï, huile de coco) est également un facteur favorisant reconnu.

Transpiration abondante

Tout ce qui provoque une transpiration abondante ou retient la transpiration sur la peau favorise la prolifération de Malassezia : sauna, hammam, sports intensifs, été, voyage en zone tropicale, ou port de textiles synthétiques ou occlusifs.

Corticostéroïdes et hypercorticisme

Des formes diffuses de pityriasis versicolor sont associées à un hypercorticisme endogène (syndrome de Cushing, grossesse) ou iatrogène (corticothérapie orale prolongée).

Facteur génétique

Des cas familiaux ont été observés chez des membres d’une même famille ne vivant pas ensemble, suggérant une prédisposition génétique possible à la colonisation pathogène par Malassezia.

Symptômes du pityriasis versicolor

Les lésions prédominent dans les zones séborrhéiques et de transpiration : entre les seins, entre les omoplates, sur les épaules, sous les bretelles de soutien-gorge, dans le décolleté, sur le cou et le haut du dos.

Pityriasis versicolor du cou — taches rosées

Taches rosées ou brun clair (forme initiale)

La lésion élémentaire est une tache arrondie, de teinte variant du rose chamois au brun clair « café au lait », à limites nettes, de quelques millimètres de diamètre, débutant le plus souvent autour d’un follicule pileux (le « réservoir » de Malassezia) et s’agrandissant de façon centrifuge. La confluence des taches peut donner un aspect en « gouttes » ou de grandes nappes à contours polycycliques.

Taches roses en gouttes du dos — pityriasis versicolor

Pityriasis versicolor en nappes polycycliques sur les épaules

Taches blanches (forme secondaire)

Après quelques semaines d’évolution, ou lors d’une exposition solaire, les taches rosées deviennent blanches : elles ne se pigmentent pas au soleil et deviennent particulièrement visibles sur peau bronzée ou noire. C’est souvent à ce stade que les patients consultent, pensant à un vitiligo.

Taches blanches du dos — pityriasis versicolor

Taches blanches de pityriasis versicolor après soleil

Taches blanches de pityriasis après exposition solaire

Si on regarde les lésions de près ou qu’on les gratte doucement, elles présentent de fines squames farineuses (squames furfuracées) caractéristiques.

Plaques de pityriasis versicolor entre les seins

Diagnostic du pityriasis versicolor

Le diagnostic est clinique dans la majorité des cas. Deux examens complémentaires permettent de le confirmer. À la lampe de Wood (lumière UV), les lésions présentent une fluorescence jaune dorée caractéristique. Le scotch-test (prélèvement des squames par un ruban adhésif) permet un examen direct au microscope pour mettre en évidence de courts filaments mycéliens et de petits amas de levures ovalaires (Malassezia) — aspect caractéristique dit « spaghettis et boulettes ».

📚 Pityriasis versicolor : épidémiologie, diagnostic et traitement — revue PubMed

Traitement du pityriasis versicolor

💡 Important : les taches blanches persistent plusieurs semaines à plusieurs mois après guérison mycologique. La disparition des squames et la négativation du scotch-test confirment la guérison, pas la normalisation de la couleur. La recoloration prend du temps.

Étape 1 — Supprimer les facteurs favorisants

La suppression des facteurs favorisants est indispensable et conditionne l’efficacité du traitement : arrêt des cosmétiques huileux (huiles, monoï), port exclusif de vêtements en coton sur la peau (surtout lors des activités sportives), éviter les textiles synthétiques et occlusifs.

Traitement local — formes peu étendues

Kétoconazole 2% (Kétoderm® gel unidose, Kétoconazole® lotion) : appliquer une seule fois de la tête aux pieds (sauf le visage) sur peau et cuir chevelu préalablement mouillés, en insistant sur les zones atteintes, faire mousser, laisser en contact 10 minutes puis rincer soigneusement. Le traitement peut être répété une seconde fois une semaine après. Il permet de traiter le cuir chevelu (réservoir principal) et tout le corps simultanément.

Sulfure de sélénium (Selsun®, non remboursé) : précéder l’application d’une toilette générale du corps, puis appliquer la lotion à l’aide d’un gant sur toute la surface corporelle après séchage. Laisser en contact 15 minutes puis rincer abondamment. Renouveler 2 fois par semaine pendant 2 semaines.

Traitement des formes étendues ou récidivantes

Le taux de récidive est élevé : 60 % la première année, 80 % après deux ans, avec risque d’évolution chronique. En cas de récidives fréquentes, deux stratégies d’entretien local sont possibles : une ou deux applications hebdomadaires de kétoconazole 2% pendant plusieurs mois, ou une cure de kétoconazole 2% réalisée avant ou au début de la saison estivale.

En cas de résistance au traitement local, un traitement antifongique oral est indiqué. Le fluconazole peut être prescrit à la dose de 50 mg/jour pendant 1 mois, ou 150 mg une fois par semaine pendant 1 mois.

En cas de récidives régulières, l’itraconazole (Sporanox®) est l’option de référence : 200 mg/jour pendant 5 à 7 jours, ou 400 mg une fois par mois pendant 6 mois en cas de récidives très fréquentes. Son utilisation doit être évitée en cas de troubles hépatiques ; ses interactions médicamenteuses doivent être vérifiées. Le kétoconazole oral (Nizoral®) peut aussi être utilisé à 400 mg une fois par mois ou 200 mg/jour pendant 3 jours consécutifs une fois par mois — avec surveillance du bilan hépatique (avant traitement, à J15, puis toutes les 4 semaines).

⚠️ La terbinafine est inefficace dans le pityriasis versicolor — elle n’est pas excrétée dans la sueur et n’atteint donc pas la zone de vie de Malassezia. Ne pas l’utiliser.

📚 Traitement antifongique du pityriasis versicolor : essais comparatifs — PubMed

📚 Récidives de pityriasis versicolor : stratégies préventives — PubMed

Questions fréquentes sur le pityriasis versicolor

Les taches blanches du pityriasis versicolor vont-elles disparaître après traitement ?
Oui, mais la recoloration prend du temps. Le traitement antifongique élimine le champignon en quelques semaines, mais les taches blanches persistent plusieurs mois car la peau doit reconstituer ses mélanocytes fonctionnels. L’exposition solaire progressive (avec protection SPF 50+) accélère la repigmentation. Ne pas confondre persistance des taches avec échec du traitement — la guérison se confirme par la disparition des squames et la négativation du scotch-test.

Le pityriasis versicolor est-il contagieux ?
Non. Malassezia est présente sur la peau de pratiquement tous les êtres humains depuis la naissance. La maladie n’est pas transmise d’une personne à l’autre mais résulte d’une transformation du champignon due à des conditions locales favorables (chaleur, sébum, transpiration). Il n’est donc pas nécessaire de traiter le partenaire ou la famille.

Comment distinguer pityriasis versicolor et vitiligo ?
Les deux donnent des taches blanches, mais leur nature est très différente. Le pityriasis versicolor est une infection fongique : les taches sont finement squameuses (farineuses au grattage), apparaissent après l’été, et sont associées à des taches rosées ou brunâtres. Le vitiligo est une maladie auto-immune : les taches sont parfaitement lisses, bien délimitées, sans squames, et souvent symétriques. La lampe de Wood et le scotch-test ainsi que la dermoscopie permettent de confirmer le pityriasis versicolor en consultation.

Peut-on aller au soleil avec un pityriasis versicolor ?
L’exposition solaire n’aggrave pas l’infection, mais rend les taches blanches encore plus visibles en bronzant la peau saine autour. Pendant le traitement, une protection SPF 50+ est recommandée pour limiter ce contraste. Après guérison, une exposition solaire progressive aide à la repigmentation des zones traitées.

Faut-il traiter le cuir chevelu même s’il n’est pas atteint ?
Oui. Le cuir chevelu est le principal réservoir de Malassezia, même en l’absence de lésions visibles à ce niveau. C’est pourquoi le kétoconazole 2% doit être appliqué sur le cuir chevelu mouillé lors de chaque traitement — négliger cette zone explique beaucoup de récidives précoces.

Combien de temps dure le traitement ?
Le traitement local d’attaque (kétoconazole ou sulfure de sélénium) est court : une à deux applications. En cas de formes récidivantes, un traitement d’entretien local (1 à 2 fois par semaine pendant plusieurs mois) ou une cure prophylactique annuelle avant l’été est recommandée. Le traitement oral (fluconazole ou itraconazole) dure généralement 1 mois.


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MYCOSE : causes, symptomes, traitement

Mycose : causes, symptômes et traitements des champignons de la peau

La mycose est une infection de la peau, des ongles ou des muqueuses par un champignon. Très fréquente, elle peut toucher la peau, les pieds, les ongles, la bouche, le vagin, le sexe… Les symptômes varient selon la localisation et le champignon en cause (dermatophyte, candida, malassezia). Le traitement repose sur des antifongiques locaux ou généraux prescrits après diagnostic médical.

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Mycose cutanée — champignon de la peau

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Vidéo : mycose de la peau expliquée par le dermatologue

Sommaire :
Causes |
Les 3 familles de champignons |
Mycoses à Candida |
Mycoses à dermatophytes |
Mycoses à Malassezia |
Facteurs favorisants |
Traitement |
Pages spécialisées |
Questions fréquentes

Causes des mycoses

Les champignons responsables sont des organismes ubiquitaires, présents en permanence dans l’environnement et sur la peau à l’état saprophyte (non pathogène). Leur multiplication pathologique résulte d’une rupture de l’équilibre cutané.

Origine Facteurs
Causes externes Macération, humidité persistante, irritation cutanée, traumatisme, contact avec un sujet ou un animal infecté
Causes internes Immunodépression, diabète, traitement par antibiotiques ou corticoïdes au long cours, grossesse, carence nutritionnelle
Transmission Interhumaine (contact direct, linge partagé), par les animaux (chats, chiens, bovins — teignes très inflammatoires), tellurique (sol)

⚠️ Une mycose profuse ou récidivante doit systématiquement faire rechercher un facteur favorisant interne : diabète, immunodépression (VIH, hémopathie, traitement immunosuppresseur). Un bilan médical est indispensable.

📚 Épidémiologie des mycoses cutanées en Europe — PubMed

Les trois grandes familles de champignons pathogènes

Famille Localisations préférentielles Exemples
Dermatophytes Peau, poils, ongles — jamais les muqueuses Trichophyton, Microsporum, Epidermophyton
Levures
(Candida, Malassezia)
Candida : muqueuses, plis. Malassezia : zones sébacées (cuir chevelu, tronc) Candida albicans, Malassezia furfur
Moisissures Ongles résistants (formes rares) Fusarium, Aspergillus

Mycoses à Candida (candidoses)

Candida albicans fait partie de la flore commensale digestive et génitale. Il devient pathogène en cas de déséquilibre local (antibiotiques, immunodépression, diabète, grossesse, macération).

Forme Aspect clinique Page dédiée
Muguet (candidose buccale) Dépôts blanchâtres crémeux sur la muqueuse buccale, facilement décollables. Fréquent chez le nourrisson, la personne âgée et l’immunodéprimé. → Mycose de la bouche
Candidose génitale 1re cause de balanite infectieuse chez l’homme et de vulvovaginite chez la femme (80 % des mycoses vaginales). → Mycose du sexe
→ Mycose vaginale
Candidose des plis Intertrigo dans les grands plis (inguinal, sous-mammaire, axillaire) : plaques érythémateuses suintantes avec pustules satellites et collerette desquamative. Favorisé par obésité, diabète, macération.

Muguet — candidose buccale

📚 Candidoses cutanéo-muqueuses : diagnostic et traitement — PubMed

Mycoses à dermatophytes (dermatophyties)

Les dermatophytes (Trichophyton, Microsporum, Epidermophyton) digèrent la kératine et n’infectent jamais les muqueuses.

Forme Aspect clinique Page dédiée
Mycose de la peau glabre Plaques annulaires rosées prurigineuses, à bordure active squameuse et centre plus clair — le classique « rond de sorcière ». → Mycose de la peau
Mycose des pieds (pied d’athlète, tinea pedis) Fissures et macération entre les orteils (surtout 4e espace), prurit, desquamation plantaire diffuse aspect farineux. Très contagieuse (piscines, vestiaires). → Mycose des pieds
Mycose des ongles (onychomycose) Ongle jauni, épaissi, friable, décollé. Touche préférentiellement le gros orteil. Plus d’une personne de 70 ans sur deux est atteinte. Traitement long (6–12 mois). → Mycose des ongles

Dermatophytie de la jambe — mycose annulaire
Anneau de mycose cutanée à dermatophyte
Pied d'athlète — mycose des pieds entre les orteils
Mycose plantaire diffuse — aspect farineux et desquamatif
Mycose plantaire diffuse : aspect farineux et desquamatif
Onychomycose du gros orteil — champignon de l'ongle

📚 Épidémiologie des dermatophyties et onychomycoses — PubMed

Mycoses à Malassezia

Malassezia furfur est une levure lipophile de la flore cutanée normale, pathogène en cas de séborrhée ou d’humidité excessive.

Forme Aspect clinique Page dédiée
Dermite séborrhéique Plaques rouges squameuses et grasses sur zones sébacées : sillons nasogéniens, sourcils, cuir chevelu (pellicules), conduits auditifs, poitrine. Évolution chronique et récidivante. → Dermite séborrhéique
Pityriasis versicolor Taches hypo- ou hyperpigmentées, finement squameuses, prédominant sur le tronc et les épaules, plus visibles après le soleil. Bénin et récidivant. → Pityriasis versicolor

Dermite séborrhéique du visage — mycose à Malassezia
Dermite séborrhéique des côtés du nez et de la bouche
Pityriasis versicolor — taches brunes et blanches sur le tronc

Facteurs favorisants à corriger

Le traitement des facteurs favorisants est aussi important que le traitement antifongique lui-même. Sans leur correction, les récidives sont inévitables.

Facteur Correction
Macération Sous-vêtements et vêtements en coton ; éviter les matières synthétiques serrées
Humidité Sécher soigneusement les plis et espaces inter-orteils après la toilette ; ne pas remettre des chaussures humides
Irritation cutanée Éviter les savons antiseptiques agressifs et les produits irritants
Lieux collectifs Porter des claquettes dans les piscines, vestiaires, douches communes
Facteurs internes Équilibrer un diabète ; adapter un traitement immunosuppresseur si possible

Traitement des mycoses

Traitement Indication / molécules Durée indicative
Antifongique local (topique)
Crèmes, gels, lotions, poudres, vernis
Mycoses superficielles. Imidazolés (éconazole, kétoconazole, bifonazole), ciclopirox, terbinafine 2–4 semaines (peau glabre, plis)
Antifongique oral Mycoses étendues, profondes, récidivantes ou avec atteinte de la matrice unguéale. Terbinafine (Lamisil®), itraconazole (Sporanox®), fluconazole (Triflucan®) 3–6 mois (pieds), 6–12 mois (ongles)

💡 Le diagnostic médical est indispensable avant tout traitement antifongique. De nombreuses dermatoses (eczéma, psoriasis, pityriasis rosé…) peuvent mimer une mycose et ne répondront pas aux antifongiques. Un antifongique inefficace après 3 semaines doit faire reconsidérer le diagnostic.

→ Voir l’article complet sur les médicaments antifongiques.

Mycose résistante, récidivante ou diagnostic incertain ?
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Pages spécialisées du cluster mycose

Mycoses par localisation
Mycose des pieds (pied d’athlète) — traitement, prévention
Mycose des ongles (onychomycose) — vernis, terbinafine
Mycose de la peau glabre — rondes, annulaires
Mycose de la bouche (muguet)
Mycose vaginale — candidose, traitement
Mycose du sexe (balanite candidosique)

Mycoses à Malassezia et traitements
Dermite séborrhéique — visage, cuir chevelu
Pityriasis versicolor — taches, traitement
Antifongiques — guide des médicaments
Téléconsultation dermatologue

Références scientifiques

Questions fréquentes sur les mycoses

Comment savoir si c’est une mycose ou autre chose ?

Seul un médecin peut poser le diagnostic avec certitude. Un prélèvement mycologique (examen direct + culture) permet d’identifier le champignon. De nombreuses dermatoses imitent une mycose : eczéma nummulaire, psoriasis, pityriasis rosé, lichen… Un antifongique inefficace après 3 semaines doit faire reconsidérer le diagnostic.

Les mycoses sont-elles contagieuses ?

Oui, la plupart des dermatophyties sont contagieuses par contact direct ou indirect (linge, chaussures, sols collectifs). Les candidoses et mycoses à Malassezia sont moins contagieuses car elles résultent plutôt d’un déséquilibre de la flore commensale. Les partenaires sexuels doivent être traités en cas de candidose génitale récidivante.

Pourquoi les mycoses récidivent-elles ?

Les récidives sont dues à un traitement insuffisamment long, à la persistance de facteurs favorisants non corrigés (macération, diabète, immunodépression), à une recontamination (chaussures, tapis de bain), ou à une résistance au traitement. Une mycose récidivante justifie un bilan médical.

Peut-on se traiter seul contre une mycose sans ordonnance ?

Certains antifongiques locaux sont disponibles sans ordonnance (éconazole, bifonazole…). Un avis médical est cependant recommandé pour confirmer le diagnostic — de nombreuses autres affections peuvent ressembler à une mycose et un traitement inapproprié retarderait le bon diagnostic.

Combien de temps dure le traitement d’une mycose ?

Quelques semaines pour une mycose de peau glabre ou des plis, 3 à 6 mois pour une mycose des pieds, 6 à 12 mois pour une mycose des ongles. Un traitement trop court est la principale cause de récidive.

Voir aussi :
Mycose des pieds |
Mycose des ongles |
Mycose vaginale |
Dermite séborrhéique |
Pityriasis versicolor |
Téléconsultation dermatologue


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TEIGNE : la teigne, cause (mycose du cuir chevelu), symptomes, traitement

Teigne du cuir chevelu : symptômes, photos et traitement

La teigne est une mycose du cuir chevelu causée par des champignons appelés dermatophytes. Elle touche principalement les enfants et se manifeste par des plaques de cheveux cassés avec des squames. Contagieuse, elle nécessite un traitement antifongique par voie orale pendant plusieurs semaines. Voici tout ce qu’il faut savoir pour la reconnaître et la traiter.

Plaque sans cheveux ou cuir chevelu qui ne guérit pas malgré un traitement local ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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teigne cuir chevelu plaque alopécie squames photo
Teigne trichophytique — plaque de cheveux cassés

Qu’est-ce que la teigne ?

La teigne est une mycose du cuir chevelu due à des champignons filamenteux appelés dermatophytes. Ces champignons envahissent la tige pilaire et le follicule, provoquant la cassure des cheveux et une inflammation locale. Elle est contagieuse — par contact direct ou indirect (chapeaux, bonnets, oreillers, animaux).

Au début, la teigne ressemble souvent à une simple rougeur qui démange, résistant aux crèmes antifongiques locales prescrites en première intention. C’est ce signe — la résistance aux traitements locaux — qui doit alerter et conduire à une consultation spécialisée.

Symptômes — comment reconnaître une teigne ?

La teigne se manifeste par :

  • Une ou plusieurs plaques d’alopécie (zones sans cheveux) sur le cuir chevelu
  • Des cheveux cassés à ras ou à environ 1 cm du cuir chevelu selon le type
  • Des squames (débris de peau) engluant les cheveux cassés
  • Des démangeaisons du cuir chevelu
  • Parfois une inflammation locale (rougeur, gonflement)
teigne cuir chevelu squames plaque photo
Teigne avec squames et cheveux cassés
teigne pustules inflammatoires cuir chevelu photo
Pustules inflammatoires sur teigne

Les types de teigne — photos et caractéristiques

Teigne trichophytique

La teigne trichophytique est la plus fréquente en France. Elle est causée par des dermatophytes anthropophiles (transmis d’humain à humain). Elle se présente sous forme de nombreuses petites plaques de quelques millimètres de diamètre, avec des cheveux cassés à ras. La peau est souvent peu inflammatoire.

teigne trichophytique multiples petites plaques photo
Teigne trichophytique — multiples petites plaques
teigne trichophytique cuir chevelu cheveux cassés photo
Teigne trichophytique

Teigne microsporique

La teigne microsporique est causée par Microsporum canis, transmis principalement par le chat. Elle présente 1 à 2 grandes plaques avec des cheveux cassés à environ 1 cm du cuir chevelu. Signe caractéristique : les plaques sont fluorescentes en lampe de Wood (lumière ultraviolette). En dermatoscopie, la présence de motifs en code-barres et zigzags est évocatrice. Elle nécessite des traitements plus longs et des doses plus élevées que la forme trichophytique.

teigne microsporique grande plaque fluorescente lampe Wood photo
Teigne microsporique — grande plaque unique
teigne Microsporum canis chat photo
Teigne à Microsporum canis (transmise par le chat)

Le kérion — forme inflammatoire sévère

Le kérion est une forme inflammatoire grave de teigne, formant une plaque rouge, gonflée, douloureuse et suppurante sur le cuir chevelu. Il peut être confondu avec un abcès bactérien. Un traitement antifongique oral doit être instauré rapidement — sans quoi il peut laisser des cicatrices d’alopécie définitive.

kérion teigne inflammatoire barbe plaque suppurante photo
Kérion — forme inflammatoire suppurante

Teigne favique

Forme rare en France, la teigne favique (Trichophyton schoenleinii) est caractérisée par des godets faviques — croûtes jaunâtres en forme de soucoupe — et peut laisser une alopécie cicatricielle définitive si non traitée.

teigne favique godets faviques photo
Teigne favique

Causes et modes de transmission

Type de dermatophyte Source de contamination Champignons principaux Type de teigne
Zoophile Chat (+++), chien, hamster, cobaye Microsporum canis Microsporique
Anthropophile Humain (direct ou indirect : chapeau, bonnet, oreiller, brosse) T. soudanense, T. violaceum, M. langeronii Trichophytique
Géophile Sol (très rare en France) Microsporum gypseum Rare

Diagnostic

Le diagnostic repose sur :

  • Examen clinique — aspect des plaques, type de cassure des cheveux
  • Lampe de Wood — fluorescence verte caractéristique des teignes microsporiques à M. canis
  • Dermatoscopie — motifs en code-barres et zigzags évocateurs de teigne microsporique
  • Examen mycologique (indispensable) — prélèvement de squames et de cheveux pour examen direct au microscope et mise en culture. Indolore. Permet d’identifier le champignon et d’adapter le traitement
teigne diagnostic difficile cuir chevelu photo
Teigne de diagnostic difficile

⚠️ Toute plaque sans cheveux chez un enfant doit être montrée à un médecin — la teigne est souvent diagnostiquée tardivement car elle est confondue avec une dermite séborrhéique ou un eczéma résistant. Seul l’examen mycologique permet de confirmer le diagnostic et d’identifier le champignon pour adapter le traitement.

Traitement de la teigne

La teigne ne peut pas être traitée par des antifongiques locaux seuls — un traitement antifongique par voie orale est indispensable. La griséofulvine, utilisée pendant des décennies, n’est plus commercialisée en France depuis 2021.

Traitement chez l’enfant de plus de 10 kg

En cas de teigne trichophytique (documentée, probable ou en attente des résultats) :

  • Terbinafine per os — 4 semaines (1 fois par jour, au repas)
  • 10 à 20 kg : 62,5 mg/j
  • 21 à 40 kg : 125 mg/j
  • > 40 kg : 250 mg/j

En cas de teigne microsporique (chat, fluorescence en lampe de Wood positive) :

  • Itraconazole per os — 6 semaines (gel/solution orale, 1 fois par jour, en dehors des repas)
  • 10 à 20 kg : 50 mg/j
  • ≥ 20 kg : 100 mg/j

Dans les deux cas : traitement local antifongique (ciclopiroxolamine) 2 fois par jour en complément.

⚠️ Enfant de moins de 10 kg : la terbinafine est contre-indiquée. L’enfant doit être adressé en milieu hospitalier pour une prise en charge adaptée.

Contrôle à 4 semaines

Un contrôle clinique est recommandé après 4 semaines, avec le résultat de la culture mycologique :

  • Si Trichophyton confirmé → arrêt de la terbinafine
  • Si Microsporum confirmé → poursuite 2 semaines supplémentaires de terbinafine OU switch vers itraconazole 2 semaines

Éviction scolaire

Il n’y a plus d’éviction scolaire obligatoire à condition de présenter un certificat médical attestant que l’enfant est sous traitement antifongique. L’enfant peut retourner à l’école dès le début du traitement.

Mesures associées

  • Ne pas partager brosses, peignes, chapeaux, bonnets, serviettes ou oreillers
  • En cas de teigne anthropophile, examiner et traiter les membres de la famille symptomatiques
  • En cas de teigne à M. canis, faire examiner et traiter l’animal (chat ou chien) par un vétérinaire
  • Laver draps, taies d’oreiller et chapeaux à 60°C

Sources

Questions fréquentes sur la teigne

La teigne est-elle contagieuse à l’école ?

Oui, la teigne est contagieuse — surtout les formes anthropophiles transmises d’enfant à enfant par contact direct ou via des objets partagés (brosses, chapeaux, oreillers). Cependant, depuis la mise à jour des recommandations, l’éviction scolaire n’est plus obligatoire si l’enfant est sous traitement et peut présenter un certificat médical. Il peut reprendre l’école dès le début du traitement.

Comment savoir si c’est une teigne ou de l’eczéma ?

La teigne se distingue de l’eczéma par la présence de cheveux cassés à ras dans la plaque, une résistance aux traitements locaux habituels, et la confirmation par l’examen mycologique. L’eczéma ne provoque pas de cassure des cheveux. Seul un médecin avec prélèvement mycologique peut établir le diagnostic avec certitude.

Mon enfant a une teigne — faut-il traiter le chat ?

Si la teigne est causée par Microsporum canis (teigne microsporique, transmise par le chat ou le chien), il est indispensable de faire examiner et traiter l’animal par un vétérinaire. Sans traitement de l’animal, les récidives sont fréquentes. Les autres membres de la famille en contact avec l’animal doivent également être examinés.

Combien de temps dure le traitement de la teigne ?

Le traitement dure 4 semaines pour la teigne trichophytique (terbinafine) et 6 semaines pour la teigne microsporique (itraconazole). Un contrôle clinique et mycologique à 4 semaines permet d’ajuster la durée selon les résultats. Il est essentiel de ne pas interrompre le traitement prématurément — même si les cheveux repoussent, le champignon peut persister.

Les cheveux repoussent-ils après une teigne ?

Oui, dans la grande majorité des cas, les cheveux repoussent complètement après guérison mycologique. La repousse est généralement visible à partir de 4 à 6 semaines de traitement. En cas de kérion non traité rapidement, des cicatrices d’alopécie définitive sont possibles — d’où l’importance d’un traitement précoce.


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CANDIDOSE : les candidoses

Candidoses : causes, formes cliniques, diagnostic et traitement

Les candidoses sont des mycoses de la peau et des muqueuses dues à des levures du genre Candida. Omniprésent dans notre flore naturelle, le Candida albicans devient pathogène lorsque l’équilibre du terrain est rompu — par un diabète, une antibiothérapie, une immunodépression ou une simple macération. Il peut toucher la bouche, le vagin, les plis cutanés, les ongles et les organes génitaux masculins. Reconnaître la forme clinique est indispensable pour adapter le traitement.

Candidose récidivante ou résistante au traitement ?
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Sommaire :
Mécanisme — quand Candida devient pathogène |
Facteurs favorisants |
Formes cliniques |
Diagnostic |
Résistances aux antifongiques |
Traitement |
Tableau récapitulatif |
Questions fréquentes

Quand Candida albicans devient pathogène

Candida albicans au microscope - blastospores et filaments pathogènes
Candida albicans au microscope — blastospores et filaments pathogènes

Candida albicans vit normalement (commensal) dans le tube digestif et la muqueuse vaginale sous forme de blastospores unicellulaires, en équilibre avec la flore locale. Il n’est jamais saprophyte de la peau saine.

Son passage à l’état pathogène se fait en deux étapes :

1. Colonisation ou multiplication

Le Candida se multiplie sous forme de blastospores car les conditions locales le lui permettent (macération, antibiothérapie, diabète…). À ce stade, c’est le terrain qu’il faut corriger en priorité — traiter le facteur favorisant suffit souvent à enrayer la prolifération.

2. Candidose à proprement parler

La levure passe à l’état filamenteux — elle adhère et envahit les muqueuses et la peau. Les symptômes apparaissent : rougeur, brûlures, démangeaisons. Il faut alors traiter simultanément la candidose et le facteur favorisant.

Facteurs favorisant les candidoses

Les candidoses sont des infections opportunistes — elles surviennent presque toujours sur un terrain fragilisé. Le médecin recherche systématiquement :

  • Diabète — premier facteur de risque à éliminer, surtout en cas de candidose profuse ou récidivante. Un bilan glycémique est indispensable.
  • Macération — notamment dans les plis (aine, interfessier, sous les seins, espaces interdigitaux)
  • Antibiothérapie à large spectre — déséquilibre la flore naturelle des muqueuses et permet au Candida de « prendre la place »
  • Irritation des muqueuses — rapports sexuels répétés, sécheresse buccale induite par les neuroleptiques
  • Immunodépression — corticothérapie prolongée, immunosuppresseurs, VIH, chimiothérapie, déficit en polynucléaires neutrophiles

Les différentes formes de candidoses

Candidose buccale

La candidose buccale regroupe plusieurs tableaux cliniques :

  • Muguet — enduit blanc crémeux sur la muqueuse buccale, fréquent chez le nourrisson et l’immunodéprimé
Muguet buccal - candidose du nourrisson
Muguet
Candidose de la bouche de l'adulte
Candidose de la bouche de l’adulte
  • Langue rouge (glossite) ou langue blanche — atteinte du dos de la langue
Glossite médiane - langue rouge candidose
Glossite médiane — langue rouge
Langue blanche candidose
Langue blanche
Langue noire villeuse candidose
Langue noire villeuse
Perlèche - fissure au coin des lèvres candidose
Perlèche

La candidose buccale peut s’étendre au plan pharyngé et digestif : œsophagite, gastro-entérite, colite, anite.

Candidose génitale

Deux localisations distinctes :

Candidose ou mycose vaginale - rougeur vernissée
Candidose ou mycose vaginale
Candidose de l'homme - balanite à Candida
Candidose du sexe de l’homme (balanite)
  • Vulvite et candidose vaginale — rougeur vernissée, pertes blanches caillebotées, démangeaisons intenses. Voir l’article dédié.
  • Balanite et méatite (mycose du sexe de l’homme) — rougeur du gland, parfois enduit blanchâtre. Voir l’article dédié.

Candidose cutanée

La candidose cutanée touche préférentiellement les zones de macération :

Candidose du pli - pustules blanches sur fond rouge et luisant
Candidose du pli — pustules blanches sur fond rouge luisant
Candidose du siège de bébé - érythème fessier
Candidose du siège de bébé
  • Fissures entre les doigts — surtout les 3e et 4e espaces interdigitaux, fréquentes chez les personnes travaillant les mains dans l’eau
Candidose interdigitale - fissures entre les doigts
Candidose interdigitale

Candidose des ongles (onychomycose à Candida)

Débute par un périonyxis — rougeur et gonflement douloureux du bourrelet unguéal — puis atteinte secondaire de l’ongle lui-même (mycose de l’ongle). Favorisée par les traumatismes locaux : manucurie agressive, détergents, mains constamment dans l’eau.

Candida dans l'ongle - onychomycose à Candida
Onychomycose à Candida
Périonyxis à Candida - rougeur et gonflement du bourrelet unguéal
Périonyxis à Candida

Diagnostic

Le diagnostic de candidose nécessite souvent un prélèvement mycologique — grattage cutané, écouvillon muqueux ou prélèvement unguéal — permettant d’isoler le Candida sous forme filamenteuse (signe de pathogénicité) et de l’identifier. Un simple prélèvement positif en blastospores sans filaments peut correspondre à un portage saprophyte non pathogène.

Le bilan minimal comprend également une glycémie à jeun pour éliminer un diabète méconnu, surtout en cas de candidose profuse ou récidivante.

⚠️ Résistances aux antifongiques — une préoccupation croissante

Les résistances aux antifongiques, notamment au fluconazole, sont en augmentation significative. Deux espèces sont particulièrement préoccupantes :

  • Candida auris — surtout présente en milieu hospitalier, hautement résistante aux antifongiques usuels et facilement transmissible
  • Candida parapsilosis — plus fréquent en dehors des hôpitaux, présente une résistance croissante au fluconazole

Ces résistances justifient un prélèvement mycologique avec antifongigramme en cas de candidose récidivante ou ne répondant pas au traitement habituel, avant de modifier le traitement.

Candidose résistante ou récidivante malgré le traitement ? Un prélèvement et un avis spécialisé s’imposent :
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Traitement des candidoses

1. Corriger les facteurs favorisants — priorité absolue

Sans correction du terrain, tout traitement antifongique sera insuffisant ou temporaire :

  • Candidose bucco-digestive : lutter contre la sécheresse buccale, les anti-acides, le diabète. Bains de bouche alcalinisants (½ cuillère à café de bicarbonate de sodium dans un verre d’eau).
  • Candidose génitale : réduire l’acidité des muqueuses chez la femme, limiter les irritations locales chez l’homme, équilibrer un diabète.
  • Candidose cutanée : lutter contre l’humidité, la macération, les traumatismes. Séchage soigneux des plis, sous-vêtements en coton.
  • Candidose unguéale : éviter la manucurie agressive et les détergents, protéger les mains au contact de l’eau.

2. Traitement local

Les antifongiques locaux sont la base du traitement. La forme galénique est choisie selon la localisation :

  • Crème — plis cutanés, zones sèches
  • Poudre — zones de macération (plis, pieds)
  • Ovule ou crème vaginale — candidose génitale féminine
  • Solution buccale, gel — candidose buccale

En cas de lésions suintantes ou surinfectées, des antiseptiques doux peuvent être associés en première intention : dérivés iodés (Bétadine®), chlorhexidine aqueuse.

Les savons surgras ou alcalins (Hydralin®) et la désacidification de l’eau par le bicarbonate de sodium ont un effet apaisant complémentaire.

3. Traitement systémique oral

Réservé aux formes étendues, récidivantes ou résistantes au traitement local :

  • Fluconazole (Triflucan®) — traitement de référence des candidoses génitales et cutanées récidivantes
  • Kétoconazole (Nizoral®) — candidoses bucco-digestives, vaginales, cutanées et unguéales. Surveillance hépatique obligatoire : bilan avant traitement, à J15, puis toutes les 4 semaines.

4. Traitement selon la localisation

Tableau récapitulatif — formes cliniques et traitement

Localisation Aspect clinique Facteur favorisant principal Traitement de première intention
Bouche (muguet) Enduit blanc crémeux Nourrisson, immunodépression, antibiotiques Antifongique local (gel, solution) + bains de bouche alcalins
Vagin / vulve Rougeur vernissée, pertes caillebotées Antibiotiques, grossesse, diabète Ovule antifongique ± Fluconazole oral
Sexe de l’homme Rougeur du gland, enduit blanc Partenaire infectée, diabète Crème antifongique locale
Plis cutanés Fond rouge luisant, pustules périphériques Macération, diabète, obésité Antifongique crème/poudre + séchage
Interdigital Fissures blanchâtres entre les doigts Mains dans l’eau, travail humide Antifongique local + protection
Ongles Périonyxis puis ongle atteint Manucurie, détergents, eau Antifongique local longue durée ± oral

Questions fréquentes

Comment savoir si j’ai une candidose ou une autre mycose ?
Le Candida donne des lésions caractéristiques : fond rouge luisant avec des pustules satellites en périphérie pour les plis, pertes blanches caillebotées pour le vagin, enduit blanc crémeux pour la bouche. Mais seul un prélèvement mycologique permet une confirmation formelle et d’éliminer une autre espèce fongique ou une résistance au traitement habituel.

Ma candidose revient sans cesse malgré le traitement — pourquoi ?
Une candidose récidivante doit faire rechercher systématiquement un diabète méconnu, une immunodépression, un foyer persistant (stérilet ancien, candidose digestive associée) ou une résistance au fluconazole — de plus en plus fréquente avec Candida parapsilosis. Un prélèvement avec antifongigramme est indispensable avant de modifier le traitement.

La candidose est-elle contagieuse ?
La candidose n’est pas une infection sexuellement transmissible à proprement parler, mais le Candida peut se transmettre lors des rapports sexuels. Le traitement du partenaire n’est indiqué que s’il présente lui-même des signes cliniques. La transmission peut aussi se faire par contact direct avec d’autres foyers (bouche, tube digestif, plis).

Peut-on traiter une candidose sans ordonnance ?
Certains antifongiques locaux sont disponibles sans ordonnance pour les formes vaginales ou cutanées bien identifiées. Mais une candidose récidivante, profuse, ou ne répondant pas au premier traitement nécessite une consultation pour confirmer le diagnostic, rechercher un facteur favorisant (diabète notamment) et adapter le traitement.

La cortisone peut-elle aggraver une candidose ?
Oui — c’est l’une des erreurs les plus fréquentes. Appliquer de la cortisone sur une candidose cutanée ou vulvaire supprime la rougeur en surface tout en favorisant la prolifération profonde et l’extension du Candida. La candidose remaniée par les corticoïdes est souvent plus étendue et plus difficile à traiter. Ne jamais appliquer de cortisone sur une rougeur des plis ou de la vulve sans diagnostic établi.


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Mycose vaginale | → Mycose du sexe de l’homme | → Candidose buccale | → Mycose des ongles | → Antifongiques


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ROUGEURS QUI GRATTENT DANS L’AINE : plaques rouges démangent entre les cuisses

Plaques rouges entre les cuisses, dans l’aine ou sur les testicules : causes et traitements

Les rougeurs qui démangent entre les cuisses, dans les plis de l’aine ou sur les testicules sont fréquentes et souvent angoissantes. La zone inguinale présente un environnement favorable à la macération, à la chaleur et au frottement — conditions qui favorisent aussi bien les mycoses que les irritations ou certaines maladies de peau. Un diagnostic précis est indispensable car les traitements sont radicalement différents selon la cause.

Rougeurs persistantes ou qui reviennent malgré le traitement ?
Un examen dermatologique — y compris en téléconsultation avec photos — permet d’identifier la cause exacte et d’éviter les récidives.
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Sommaire :
Démarche diagnostique |
Mycose à dermatophytes |
Candidose cutanée |
Eczéma de contact |
Psoriasis |
Irritations |
Maladies rares et autres causes |
Pages liées |
Questions fréquentes

Démarche diagnostique

Le médecin analyse plusieurs éléments cliniques pour orienter le diagnostic :

Élément examiné Ce que cela oriente
Aspect de la surface — sèche et squameuse / luisante et humide / végétante Dermatophyte (sec) vs candidose (luisant humide) vs maladie de Paget / pemphigus (végétant)
Bordure — nette et polycyclique / émiettée / diffuse Bordure nette → dermatophyte ; bordure émiettée → candidose ; diffuse → eczéma ou irritation
Pustules — blanches périphériques Candidose (pustules blanches caractéristiques)
Symétrie — bilatérale et symétrique vs unilatérale Mycose à dermatophytes souvent bilatérale et symétrique
Lampe de Wood (UV) Fluorescence caractéristique pour certaines mycoses et érythrasme bactérien
Prélèvement mycologique et/ou bactériologique Confirmation du champignon (dermatophyte vs Candida) ou de la bactérie
Biopsie cutanée Indispensable si suspicion de maladie de Paget ou d’une dermatose rare
⚠️ Ne pas s’automédiquer sans diagnostic : appliquer une crème antifongique sur un eczéma, ou une cortisone sur une mycose, aggrave souvent la situation. Le diagnostic précis est la première étape indispensable.

1. Mycose à dermatophytes (tinea cruris)

C’est la cause la plus fréquente de rougeurs prurigineuses dans les plis de l’aine. Pour le détail des mycoses cutanées, voir la page mycoses de la peau.

Dermatophytie (mycose) entre les cuisses et sur les bourses
Dermatophytie (mycose) entre les cuisses et sur les bourses
Bordure caractéristique de la mycose de l'aine à dermatophytes
Bordure caractéristique de la mycose de l’aine à dermatophytes
Mycose entre les fesses
Mycose entre les fesses
Caractéristique Description
Aspect typique Rougeurs sèches et squameuses, centre rosé — bilatérales et symétriques — démangeaisons
Bordure Nette, polycyclique, vésiculeuse et squameuse — zone d’extension centrifuge active du champignon
Extension possible Fesses, face interne des cuisses, parfois périnée
Facteur de récidive fréquent Contamination depuis une mycose des pieds non traitée — lors de l’enfilage des sous-vêtements

Traitement

Mesure Détail
Facteurs favorisants Éviter sous-vêtements synthétiques et serrés — sécher soigneusement les plis après la toilette — traiter la mycose des pieds simultanément
Antifongiques locaux Antifongiques en crème, spray ou poudre — 2 fois par jour pendant 3 semaines — sur ordonnance
Antifongiques oraux En cas de résistance : terbinafine ou griséofulvine — le kétoconazole est évité en raison de sa toxicité hépatique
💡 Piège classique des récidives : traiter la mycose de l’aine sans traiter simultanément la mycose des pieds aboutit systématiquement à la récidive — la contamination se fait lors de l’enfilage des sous-vêtements qui passent sur les pieds infectés.

2. Candidose cutanée des plis

Caractéristique Description
Aspect typique Rouge vernissé, luisant, humide — parfois fissuré dans le fond du pli — parfois enduit blanc crémeux
Bordure Émiettée avec collerette blanchâtre — pustules blanches périphériques caractéristiques
Facteurs favorisants Obésité, diabète, grossesse, immunodépression, antibiotiques, corticothérapie générale
Pustules blanches dispersées sur fond rouge et luisant, évocateur de candidose du pli
Pustules blanches dispersées sur fond rouge et luisant, évocateur de candidose du pli

Traitement

Étape Mesure
Facteurs favorisants Lutte contre humidité et macération — traitement du diabète — soins d’une candidose muqueuse ou digestive associée
Toilette adaptée Savon surgras ou alcalin (Hydralin®) — désacidification par bicarbonate si lésions acides — effet apaisant
Lésions suintantes ou surinfectées Antiseptiques doux : dérivés iodés (Bétadine® solution dermique), chlorhexidine aqueuse
Antifongiques locaux Antifongiques en formes non occlusives (lait, poudre, lotion) — 2 fois par jour pendant 3 semaines
Traitement oral Kétoconazole (Nizoral®) possible — surveillance hépatique obligatoire (bilan avant, J15, puis mensuel)


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3. Eczéma de contact

Des eczémas allergiques de contact peuvent survenir dans les plis de l’aine par exposition à différents allergènes.

Voie de contact Allergènes fréquents
Contact direct Matière des sous-vêtements (élastiques, colorants), produits de lavage, antiseptiques, antifongiques, latex des préservatifs
Contact indirect — portage manuel Produits chimiques, vernis à ongles, cosmétiques transférés par les mains
Contact indirect — rapports sexuels Lubrifiants intimes, spermicides, produits cosmétiques du partenaire
💡 Le diagnostic de l’eczéma de contact est confirmé par des patch tests (tests épicutanés) qui identifient l’allergène en cause. Le traitement repose sur les crèmes à la cortisone et l’éviction stricte de l’allergène identifié.

4. Psoriasis inversé

Le psoriasis peut toucher les plis de l’aine et la région inter-fessière, donnant des plaques rouges bien délimitées, peu squameuses dans les plis (car l’humidité de la zone atténue les squames habituelles). Il est souvent associé à d’autres localisations psoriasiques (coudes, genoux, cuir chevelu, ongles).

5. Irritations et traumatismes

Cause Aspect clinique
Toilette excessive, antiseptiques irritants (Dakin®), frottements répétés, bains de mer, cosmétiques Rouge brillant, aspect fripé — parfois vésicules ou plaies superficielles — sensation de brûlure prédominant sur le prurit
Contact accidentel avec une substance caustique (eau de Javel…) Brûlure chimique localisée — traitement par rinçage abondant et cicatrisant

6. Autres causes et maladies rares

Cause Points clés
Maladie de Paget Adénocarcinome in situ de l’épiderme — peut évoluer en carcinome invasif — associé dans ¼ des cas à un cancer sous-jacent (urinaire…) — biopsie indispensable
Érythème pigmenté fixe Plaque rouge ou brunâtre récidivant exactement au même endroit à chaque prise du médicament responsable
Maladie de Hailey-Hailey Dermatose héréditaire rare autosomique dominante — vésicules et bulles récidivantes dans les plis — fissures en rhagades parallèles caractéristiques — traitement : assèchement des plis, excision chirurgicale avec greffe en cas de formes sévères
Pemphigus végétant Forme rare de pemphigus — rougeurs végétantes et bourgeonnantes dans les grands plis
Syphilis secondaire Syphilides — plaques multiples, gonflées, érosives, parfois végétantes dans les plis — sérologie TPHA-VDRL indispensable
Maladie de Crohn Fissures, ulcérations linéaires profondes « en coup de couteau », abcès et fistules entre les fesses et dans l’aine — peuvent précéder les manifestations digestives de plusieurs mois
Histiocytose langerhansienne Accumulation de cellules de Langerhans — surélévations croûteuses et purpuriques — derrière les oreilles, fesses, aine
Érythème nécrolytique migrateur Atteinte cutanée liée au glucagonome (tumeur maligne du pancréas) — plaques rouges d’extension centrifuge à bordure croûteuse ou érosive
Pustulose sous-cornée de Sneddon-Wilkinson Dermatose neutrophilique — pustules ou bulles flasques avec niveau liquidien (pustule à hypopion) — tronc, racine des membres, aine
⚠️ Maladie de Paget : toute plaque rouge de l’aine ou de la région génitale résistant au traitement antifongique ou à la cortisone doit faire évoquer une maladie de Paget et justifie une biopsie cutanée urgente.

Pages liées

Mycoses et infections cutanées
Mycoses de la peau
Mycose des pieds
Antifongiques
Terbinafine

Questions fréquentes

Comment distinguer une mycose d’une candidose dans l’aine ?

Les deux sont des mycoses mais dues à des champignons différents. La mycose à dermatophytes (la plus fréquente) donne des rougeurs sèches et squameuses avec une bordure nette, polycyclique, en extension centrifuge — souvent bilatérale et symétrique. La candidose donne des rougeurs luisantes, humides, à bordure émiettée avec des pustules blanches périphériques caractéristiques — et survient plutôt chez les personnes diabétiques, obèses ou sous antibiotiques. Le traitement antifongique est similaire mais la prise en charge des facteurs favorisants diffère.

Pourquoi la mycose de l’aine récidive-t-elle sans cesse ?

La cause de récidive la plus fréquente est une mycose des pieds non traitée simultanément. Lors de l’enfilage des sous-vêtements, ceux-ci passent sur les pieds contaminés et transportent les dermatophytes vers l’aine. Sans traitement des pieds, la récidive est inévitable. Les autres facteurs de récidive sont le maintien de la macération (sous-vêtements synthétiques, séchage insuffisant) et l’interruption prématurée du traitement antifongique.

Peut-on appliquer de la cortisone sur une rougeur entre les cuisses ?

Seulement si la cause est un eczéma ou un psoriasis — et après confirmation médicale. Appliquer de la cortisone sur une mycose non diagnostiquée supprime temporairement les démangeaisons mais aggrave l’infection fongique en inhibant les défenses locales — on parle de « tinea incognita ». Ce tableau trompeur est difficile à diagnostiquer ensuite. Un avis médical avant toute application de cortisone sur les plis est indispensable.

Une rougeur de l’aine qui ne guérit pas peut-elle être un cancer ?

Oui — la maladie de Paget est un adénocarcinome in situ qui se présente comme une plaque rouge persistante de l’aine ou des organes génitaux, résistant aux traitements habituels. C’est rare mais à ne pas manquer. Toute plaque qui ne répond pas au traitement antifongique ou antiinflammatoire après 4 à 6 semaines doit faire l’objet d’une biopsie cutanée pour éliminer ce diagnostic.

Les rougeurs entre les cuisses peuvent-elles être liées à la maladie de Crohn ?

Oui — la maladie de Crohn peut se manifester par des fissures, des ulcérations profondes « en coup de couteau » et des abcès fistuleux entre les fesses et dans l’aine. Ces manifestations cutanées peuvent précéder les symptômes digestifs de plusieurs mois — elles doivent alerter vers une consultation gastroentérologique.

Voir aussi :
Mycoses de la peau |
Mycose des pieds |
Eczéma |
Psoriasis |
Maladie de Paget |
Syphilis


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INFECTION DE LA PEAU : les infections de la peau

Infection de la peau

On entend généralement par infection une atteinte bactérienne de la peau glabre ou des poils. Cependant la peau peut aussi être contaminée par des virus, des parasites…

Infection bactérienne de la peau

Une bactérie est un organisme vivant unicellulaire qui existait sur terre bien avant l’apparition de l’Homme.

Stérile à la naissance, la peau se recouvre ensuite de bactéries  » normales  » dites saprophytes (jusqu’à un million de germes par cm², beaucoup moins cependant que la bouche, le tube digestif ou le vagin).

Comme la Terre, la peau est recouverte de niches écologiques très diverses (type et nombre de bactéries très divers), avec des régions comparables à des forêts tropicales (orifices, aisselles) et d’autres à des déserts (avant-bras, dos).

Cette flore appelée microbiote cutané se modifie tout au long de l’existence, sous l’influence du lieu de vie (Tropiques, montagne, mer… ), de la prise de médicaments (immunosuppresseurs, antibiotiques… ) ou de l’utilisation de cremes cortisonées, antibiotiques… , de changements
hormonaux (puberté, grossesse… ) ou de maladies (diabète, insuffisance
rénale, SIDA… ).

Certaines de ces bactéries peuvent se reproduire en trop grand nombre et donner une infection.

D’autres ne sont pas  » normalement  » présentes sur la peau sauf en certains endroits (autour du nez ou périnée) et peuvent la coloniser pour diverses raisons (présence dune plaie par exemple…) et provoquer une infection.

C’est le cas par exemple du staphylocoque doré ou de certains streptocoques qui sont la cause de la majorité des infections cutanées bactériennes.

Peau glabre

L’infection de la peau glabre est le plus souvent responsable d’impetigo, de panaris, d’érysipèle

Poils

L’infection des poils provoque folliculite, furoncle, abcès

Infection virale de la peau

On peut citer l’herpes, les verrues, les condylomes, les molluscum contagiosum

Mycose de la peau

voir mycose de la peau

Parasites sur la peau

Poux, gale, punaises de lit

ROUGEURS SOUS LES SEINS : irritation sous la poitrine

Irritation sous la poitrine : causes, photos et traitements

Une irritation sous la poitrine — rougeur, boutons, démangeaisons ou suintement sous les seins — est un problème fréquent. La zone sous-mammaire est particulièrement exposée à la macération, la chaleur et les frottements, ce qui favorise les infections et les irritations. Voici comment identifier la cause et trouver le bon traitement.

Rougeur persistante ou qui s’étend ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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Pourquoi la zone sous la poitrine est-elle si sensible ?

Le pli sous-mammaire cumule plusieurs facteurs favorisant les irritations et les infections :

  • Macération — la transpiration stagne dans le pli, surtout par chaleur
  • Frottements — les baleines du soutien-gorge irritent répétitivement la peau
  • Chaleur et humidité — terrain idéal pour la prolifération fongique et bactérienne
  • pH acide des plis — favorise le développement des levures (Candida)

Ces facteurs expliquent pourquoi une même zone peut présenter plusieurs problèmes superposés. Le diagnostic précis oriente le traitement.

Les causes les plus fréquentes

1. Candidose sous les seins (mycose à Candida) — la cause n°1

candidose sous les seins rougeur pustules blanches irritation poitrine
Candidose sous les seins — fond rouge luisant avec pustules blanches en périphérie

La candidose est la cause la plus fréquente d’irritation sous la poitrine. Elle se reconnaît à :

  • Rougeur souvent suintante, à fond blanc crémeux
  • Pustules satellites en périphérie de la rougeur — signe très évocateur
  • Limites nettes, parfois avec une collerette squameuse
  • Démangeaisons et sensation de brûlure

Facteurs favorisants : surpoids, diabète, grossesse, immunodépression, traitement par antibiotiques ou corticoïdes, chaleur.

Traitement :

  • Lutter contre la macération : sécher soigneusement le pli après la toilette, éviter les sous-vêtements synthétiques serrés
  • Antifongiques locaux (éconazole, miconazole, ciclopirox) en crème, lait ou poudre — 2 fois/jour pendant 3 semaines, sur ordonnance
  • En cas de suintement : antiseptique doux (chlorhexidine aqueuse) avant l’antifongique
  • En cas d’échec ou de formes étendues : antifongique oral (fluconazole)

2. Dermatophytose (mycose à dermatophytes)

Moins fréquente que la candidose sous les seins. Elle donne des plaques sèches à extension centrifuge progressive, avec une bordure active légèrement surélevée et un centre qui se normalise. Elle est souvent associée à une mycose du tronc ou des bras environnants.

Traitement : antifongiques locaux (terbinafine, éconazole) pendant 3 semaines. En cas d’échec : terbinafine orale.

3. Irritation mécanique et de contact

L’irritation pure se reconnaît à une rougeur brillante, fripée, parfois avec de petites vésicules et une sensation de brûlure (plus que de démangeaison). Elle est souvent due à :

  • Frottements répétés des baleines ou du tissu du soutien-gorge
  • Toilette trop méticuleuse avec des antiseptiques irritants (Dakin*, eau de Javel)
  • Cosmétiques, crèmes parfumées
  • Bains de mer répétés (irritation par le sel)
  • Présence de kératoses séborrhéiques sous les seins qui accentuent les frottements

Traitement : suppression du facteur irritant, crème émolliente douce, éventuellement dermocorticoïde léger de courte durée.

4. Eczéma de contact allergique

L’eczéma allergique sous les seins résulte d’une sensibilisation à un allergène — le plus souvent les parfums, conservateurs des crèmes de soins, ou les composants du soutien-gorge (nickel des agrafes, élastiques, teintures). Il se distingue par des vésicules prurigineuses et une évolution qui récidive à chaque contact avec l’allergène.

Traitement : identification et éviction de l’allergène (bilan allergologique avec patch-tests), dermocorticoïdes locaux.

5. Psoriasis inversé

Le psoriasis dans les plis (psoriasis inversé) se présente différemment du psoriasis classique : les plaques sont rouges, lisses et brillantes, sans les squames habituelles (éliminées par la macération). Il peut être isolé aux plis ou s’associer à des plaques typiques ailleurs sur le corps.

Traitement : dermocorticoïdes, inhibiteurs de la calcineurine (tacrolimus), antifongiques si surinfection associée.

6. Dermite séborrhéique

La dermite séborrhéique peut toucher les grands plis. Elle donne des plaques rouges légèrement squameuses. Souvent associée à des pellicules et une dermite du visage.

7. Maladies plus rares sous les seins

Dans de rares cas, une rougeur persistante sous les seins peut révéler :

  • Maladie de Hailey-Hailey — dermatose héréditaire avec vésicules et fissures en rhagades caractéristiques. Traitement : assèchement des plis, parfois chirurgie
  • Pemphigus végétant — rougeurs végétantes et bourgeonnantes dans les grands plis
  • Syphilis secondaire — plaques érosives végétantes dans les plis (syphilides) à évoquer devant une IST
  • Pustulose sous-cornée de Sneddon-Wilkinson — pustules en arcs ou anneaux sur le tronc et les plis
  • Impétigo, herpès — voir articles dédiés

Comment distinguer les causes ? Le tableau récapitulatif

Cause Aspect caractéristique Signe clé
Candidose Rouge luisant, fond blanc crémeux Pustules satellites en périphérie
Dermatophytose Plaque sèche, bordure active Extension centrifuge, centre qui se normalise
Irritation Rouge brillant, fripé Brûlure > démangeaison, cause évidente
Eczéma allergique Vésicules prurigineuses Récidive au contact du même produit
Psoriasis inversé Rouge lisse et brillant, sans squames Antécédents de psoriasis, plaques ailleurs

Conseils pratiques pour prévenir l’irritation sous la poitrine

  • Séchez soigneusement le pli sous-mammaire après la douche, sans frotter
  • Préférez les soutiens-gorge en coton, sans baleine ou avec baleines souples
  • Évitez les sous-vêtements synthétiques serrés qui favorisent la macération
  • En cas de transpiration excessive, une légère couche de poudre de talc peut aider à absorber l’humidité
  • Évitez les savons parfumés et les antiseptiques sur cette zone
  • En cas de surpoids, perdre du poids réduit significativement la macération des plis

Quand consulter en urgence ?

🚨 Consultez rapidement si :

— La rougeur s’étend rapidement ou s’accompagne de fièvre

— Des plaies ouvertes ou des décollements cutanés apparaissent

— La rougeur est unilatérale (sous un seul sein) et ne disparaît pas — à ne pas confondre avec une mastite ou une pathologie mammaire

— Aucune amélioration après 2 semaines de traitement bien conduit

Sources

Questions fréquentes sur l’irritation sous la poitrine

Comment savoir si j’ai une mycose ou une irritation sous les seins ?

La mycose à Candida se distingue par des pustules blanches en périphérie de la rougeur et un fond blanc crémeux. L’irritation simple donne une rougeur brillante sans pustules avec une sensation de brûlure. Un prélèvement mycologique réalisé par le médecin confirme le diagnostic en cas de doute.

Que mettre sous les seins pour soulager rapidement l’irritation ?

En attendant la consultation : séchez bien le pli, appliquez une crème émolliente douce sans parfum ou une crème cicatrisante au zinc. Évitez les antiseptiques irritants comme le Dakin. Si vous suspectez une mycose, une crème antifongique comme l’éconazole (disponible sans ordonnance) peut être essayée, mais un avis médical reste préférable pour adapter le traitement à la cause exacte.

L’irritation sous les seins peut-elle revenir souvent ?

Oui, les récidives sont fréquentes, surtout en cas de candidose, car les facteurs favorisants (chaleur, humidité, surpoids) persistent. Un traitement d’entretien et des mesures d’hygiène adaptées réduisent significativement les rechutes. Si les récidives sont très fréquentes, un bilan (diabète, immunodépression) est recommandé.

Une rougeur sous un seul sein est-elle inquiétante ?

Une rougeur unilatérale (sous un seul sein) mérite une attention particulière car elle peut correspondre à une cause locale spécifique, mais aussi plus rarement à une mastite ou une pathologie mammaire. Consultez un médecin si la rougeur unilatérale persiste plus de 10 jours malgré un traitement.

Peut-on prévenir les mycoses sous les seins en été ?

Oui. En été ou lors d’activités sportives, privilégiez les soutiens-gorge en coton respirant, séchez soigneusement le pli après la transpiration, et évitez de rester dans des vêtements humides. Une poudre antifongique préventive peut être utilisée en période à risque sur avis médical.


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ROUGEUR AISSELLE : rougeurs et boutons rouges sous les aisselles

Rougeur et boutons des aisselles

Cet article en vidéo :


La rougeur des aisselles et l’apparition de boutons rouge qui démangent dans l’aisselle (sous les bras) est fréquente

Allergie au déodorant sous les aisselles
Allergie au déodorant sous les aisselles

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La zone située sous les bras comporte un risque de macération, de frottement et de chaleur qui favorisant les irritations et la pullulation microbienne qu’elle soit mycosique ou bactérienne.

En cas de rougeur des aisselles, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue

Symptomes

L’aisselle est rouge, peut démanger, être douloureuse , suinter… Le médecin va s’orienter vers une ou plusieurs causes en fonction des symptomes : rougeur bilatérale et symétrique ou unilatérale, présence d’une sécheresse ou au contraire d’un suintement, extension centrifuge, limites nettes ou contours émiettés, présence de vésicules, de pustules, fissuration au fond du pli…

Il fait parfois réaliser un prélèvement mycologique (pour examen direct et mise en culture) voire bactériologique et parfois une biopsie cutanée (il prend un petit bout de peau sous anesthésie locale pour analyse au microscope).

Besoin de l’avis d’un spécialiste ? d’un traitement ? Délais de rdv trop longs ? Vous pouvez effectuer une téléconsultation avec le dermatologue

Ce médecin évoquera les causes possibles de rougeur sous les bras et dans les aisselles :

Causes

Mycose

Dermatophytes

La dermatophytie forme des plaques sèches à extension progressive. Elle est assez rare dans l’aisselle, sauf si elle est associée à une mycose de la peau avoisinante (tronc, bras…)

Traitement de la mycose à dermatophytes des aisselles
Lutter contre les facteurs favorisants

Le traitement des facteurs locaux favorisants de la mycose est prépondérant. Les facteurs locaux favorisants de la mycose sont entre autres :

  • la macération (éviter le port de sous vetements synthetiques et de vetements serrés)
  • l’humidité (sécher soigneusement les aisselles apres la toilette… )
  • l’irritation de la peau (traiter les symptomes irritatifs de la peau car ils peuvent constituer un facteur de développement de la mycose)
Antifongiques

Le médecin utilise des antifongiques disponibles sur ordonnance

Ils sont appliqués en crème, spray, lait, poudre… en général deux fois par jour pendant 3 semaines

En cas de résistance au traitement, le médecin peut prescrire des antifongiques par voie orale telles la terbinafine ou la grisefuline. On évite généralement le ketoconazole compte tenu de sa toxicité hépatique potentielle.

Candida : candidose de l’aisselle

L’acidité des plis, l’obésité, les déficits immunitaires, la grossesse, le diabète et certains médicaments (corticothérapie générale, antibiotiques) favorisent les candidoses des plis.

La candidose des aisselles donne une rougeur souvent suintante, rouge à fond blanc crémeux.

Candidose des aisselles
Candidose des aisselles

On observe souvent des pustules en périphérie de la rougeur

Pustules blanches dispersées sur fond rouge et luisant, évocateur de candidose du pli
Pustules blanches dispersées sur fond rouge et luisant, évocateur de candidose du pli
Traitement de la candidose de l’aisselle
A/ Lutter contre les facteurs favorisants et le terrain

Lutte contre l’humidité, la macération, les traumatismes chimiques ou mécaniques, traitement d’un diabete et soins d’une candidose muqueuse, digestive ou génitale associée.

B/ Traitement local
Savons appropriés

Les savons surgras ou alcalins (savon Hydralin®), la désacidification de l’eau (par le bicarbonate de sodium, sachets d’Hydralin®) utilisés pour la toilette de la peau ou des muqueuses ont un effet apaisant.

En cas de surinfection bactérienne ou de suintement

Si les lésions sont suintantes ou surinfectées, des antiseptiques locaux doux peuvent être utilisés : dérivés iodés (Bétadine® solution dermique), chlorexidine aqueuse…

Antifongiques

On utilise des antifongiques locaux dont les formes (lait, poudre, gel, lotion…) ne favorisent pas la macération. Il sont appliqués deux fois par j pendant 3 semaines

C/ Traitement par voie orale

Le kétoconazole (Nizoral®) peut être prescrit dans les candidoses cutanées ; il existe sous forme de gélules et de suspension orale.

La surveillance du traitement par Nizoral® comporte une surveillance régulière du bilan hépatique, en pratique avant traitement, au 15e jour, puis toutes les 4 semaines jusqu’à la fin du traitement.

Pour plus d’informations, voir l’article candidose

Eczema des aisselles

L’eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema, le plus souvent des déodorants, antitranspirants, cremes, crèmes dépilatoires, mousses à raser, parfums…

Voir l’article eczema des aisselles

Irritation

Elle est souvent le fait d’une toilette trop méticuleuse, de l’application d’antiseptiques irritants (Dakin*…), de frottements, de bains de mer répétés, de cosmétiques ou par le contact accidentel avec une substance caustique (eau de Javel…). L’irritation est souvent rouge brillant, fripé avec parfois des vésicules voire des plaies et accompagné d’ une sensation de brulure

Autres diagnostics plus rares dans les aisselles :

dermite séborrhéique

psoriasis

herpes

impetigo

Maladie de Verneuil ou hidradenite

Maladie de peau rares

La maladie de Hailey-Hailey

est une dermatose héréditaire rare autosomique dominante, provoquant de façon récurrente des vésicules voire de bulles sur le cou, les creux axillaires et l’aine groupées en placards bien limités, parcourus de fissures en rhagades parallèles très caractéristiques. Le traitement passe par unassèchement des plis pour limiter les poussées et le risque d’infections bactériennes, mycosiques et virales. L’excision chirurgicale des plis atteints suivie de greffe de peau est souvent le seul traitement efficace.

Le pemphigus végétant

forme rare de pemphigus touchant les grands plis, y donnant des rougeurs végétantes et bourgeonnantes.

Syphilis

La syphilis dans sa phase secondaire peut donner des plaques multiples, gonflées et érosives, parfois végétantes dans les plis, les syphilides.

Histiocytose langerhansienne

maladie liée à une accumulation dans la peau de cellules de Langerhans. Elle donne des surélévations de peau croûteuses et purpuriques, prédominant derrière les oreilles, voire de fesses et de l’aine.

Erythème nécrolytique migrateur

atteinte cutanée due au glucagonome, une tumeur maligne du pancréas. Il donne des plaques rouges surélevées et squameuses d’extension centrifuge dont la bordure est croûteuse ou érosive et laissant une cicatrice pigmentée.

pustulose sous cornée de Sneddon Wilkinson

est une dermatose neutrophilique, caractérisée par la présence de globules blancs appelés polynucléaires neutrophiles dans la peau. Elle donne des pustules ou des bulles superficielles, flasques pouvant comporter un niveau liquidien caractéristique appelé pustule à hypopion. Les pustules et bulles sont groupées en dessinant des arcs ou des anneaux ou circinés principalement sur le tronc, à la racine des membres et dans les aisselles, l’aine…

 

etc.


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ROUGEUR VULVE : rougeurs et démangeaisons de la vulve (vagin)

Rougeurs et démangeaisons de la vulve : causes et traitements

Démangeaisons et rougeurs de la vulve
Rougeurs et démangeaisons vulvaires — diagnostic différentiel

Les rougeurs et démangeaisons de la vulve (prurit vulvaire) sont un motif de consultation très fréquent en dermatologie et gynécologie. La vulve désigne les organes génitaux externes féminins — grandes lèvres, petites lèvres, clitoris, vestibule. Derrière ce symptôme commun se cachent des causes très variées : infection, allergie, maladie dermatologique chronique, voire lésion précancéreuse.

Cet article se concentre sur les rougeurs et démangeaisons — érythème diffus, plaques planes, prurit. Pour les boutons, vésicules ou ulcères, voir : lésions et boutons sur le sexe.

Démangeaisons persistantes ? Rougeur résistant au traitement ?
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Sommaire :
Que fait le médecin ? |
Orientation rapide |
Infections |
Eczéma et allergie |
Maladies chroniques |
Lésions précancéreuses |
Ménopause et atrophie |
Pages associées |
Questions fréquentes

Rougeurs vulvaires : que recherche le médecin ?

Lors de la consultation, le médecin recueille l’anamnèse orientée :

Question clé Ce qu’elle oriente
Démangeaisons intenses, surtout la nuit ? Candidose, lichen scléreux, gale
Pertes vaginales ? Quelle couleur, quelle odeur ? Blanches grumeleuses → mycose ; grises malodorantes → vaginose ; jaunes purulentes → IST
Brûlures à la miction ? Trichomonas, candidose, cystite
Rougeur apparue après un nouveau produit (savon, protège-slip, lubrifiant) ? Eczéma allergique de contact
Antécédents de psoriasis, eczéma atopique ? Psoriasis génital, eczéma constitutionnel
Prise récente d’antibiotiques ? Candidose post-antibiotique
Ménopause ? Sécheresse vaginale ? Vaginite atrophique
Rapports douloureux (dyspareunie) ? Lichen scléreux, candidose, vaginite atrophique
Rougeur résistant à tous les traitements depuis > 3 semaines ? Lésion précancéreuse — biopsie indispensable
💡 Ne pas appliquer d’antifongique ou de dermocorticoïde en automédication prolongée sans diagnostic posé — ces traitements peuvent masquer une lésion plus grave (cancer in situ) ou entretenir une irritation de contact iatrogène.

Tableau d’orientation selon les symptômes

Symptômes associés Diagnostic probable Urgence
Rougeur + pertes blanches grumeleuses + prurit intense Candidose vulvo-vaginale 🟡 Antifongique
Rougeur légère + pertes grises malodorantes (odeur poisson) sans prurit majeur Vaginose bactérienne 🟡 Métronidazole
Rougeur érosive + pertes purulentes + brûlures miction Trichomonas vaginalis 🟡 Métronidazole dose unique
Rougeur des versants externes + peau sèche fripée + bords émiettés Eczéma allergique de contact vulvaire 🟡 Patch tests + DC
Plaques rouges bien délimitées + antécédents de psoriasis Psoriasis génital 🟡 DC faible puissance
Plaques blanches nacrées + prurit chronique + dyspareunie Lichen scléreux vulvaire 🟡 Clobétasol — suivi à vie
Érosions douloureuses + papules blanches + atteinte buccale Lichen plan érosif 🟡 Biopsie
Sécheresse, brûlures, dyspareunie, femme ménopausée Vaginite atrophique 🟡 Œstrogènes locaux
Rougeur post-rapport disparaissant en 24–48 h Irritation mécanique ou allergie au latex/lubrifiant 🟢 Éviction
Tache rouge lisse, luisante, persistante > 3 semaines, résistant aux traitements VIN, maladie de Paget, Bowen vulvaire 🔴 Biopsie urgente

Infections responsables de rougeurs et démangeaisons vulvaires

Candidose vulvo-vaginale (mycose)

La candidose est la première cause de prurit vulvaire — elle touche 75 % des femmes au moins une fois dans leur vie. Elle est due à Candida albicans (90 % des cas), champignon saprophyte du vagin qui prolifère en conditions favorables.

Caractéristiques Détail
Symptômes typiques Prurit vulvaire intense, brûlures, rougeur diffuse de la vulve et du vestibule, pertes blanches grumeleuses (aspect « lait caillé »), dyspareunie
Facteurs favorisants Antibiotiques (détruisent la flore lactobacillaire protectrice), diabète, grossesse, immunodépression, contraceptifs oraux, vêtements synthétiques
Diagnostic Clinique ± prélèvement mycologique si résistance au traitement ou récidives fréquentes
Traitement Antifongique azolé topique (éconazole, clotrimazole) ± ovule vaginal. Dose unique fluconazole oral si forme sévère. Traitement du partenaire si récidives.
Forme récidivante ≥ 4 épisodes/an — bilan diabète, immunodépression, culture pour identification de l’espèce (C. glabrata résistant au fluconazole). Traitement d’entretien hebdomadaire.

Candidose vaginale — rougeurs et pertes blanches
Candidose vaginale

→ Voir notre article détaillé : Mycose vaginale — candidose

Vaginose bactérienne

La vaginose bactérienne n’est pas une IST à proprement parler mais un déséquilibre de la flore vaginale : les Lactobacillus protecteurs sont remplacés par des anaérobies (dont Gardnerella vaginalis). Elle est souvent asymptomatique ou se manifeste par :

  • Pertes grises ou grisâtres, fluides, odeur de poisson caractéristique (accentuée après les rapports sexuels)
  • Légère rougeur vulvaire — le prurit est en général modéré voire absent
  • Critères de Amsel : pH vaginal > 4,5, test à la potasse positif (odeur de poisson), clue cells à l’examen direct

Traitement : métronidazole 500 mg × 2/j pendant 7 jours ou gel vaginal de métronidazole. → Vaginose bactérienne — pertes malodorantes sans rougeurs

Trichomonas vaginalis

Parasite sexuellement transmissible responsable de rougeurs profuses et érosives du col et du vagin, avec pertes jaunes ou verdâtres d’odeur nauséabonde, prurit intense et brûlures à la miction. Parfois asymptomatique chez l’homme. Traitement : métronidazole 2 g en prise unique — les deux partenaires simultanément.

Herpès génital

L’herpès génital (HSV-2) peut se manifester par une rougeur diffuse de la vulve lors de la primo-infection — avant l’apparition des vésicules caractéristiques. Si vous observez des vésicules douloureuses, érosions en bouquet ou ulcérations, consultez : herpès génital.

Herpès vulvaire — érosions en bouquet
Herpès génital — les vésicules précèdent les érosions

Eczéma et allergie de contact vulvaire

L’eczéma de la vulve est souvent sous-diagnostiqué. Les premières causes d’allergie de contact vulvaire sont les topiques médicamenteux (crèmes antibiotiques, antifongiques en automédication) et les produits d’hygiène intime.

Allergènes fréquents

Catégorie Exemples d’allergènes
Topiques médicamenteux Antifongiques (éconazole, miconazole), crèmes antibiotiques (néomycine), anesthésiques locaux (benzocaïne), antiseptiques
Hygiène intime Savons parfumés, gels lavants, déodorants intimes, serviettes hygiéniques, protège-slips (parfums et adhésifs)
Vêtements et matières Lycra (spandex), élastiques, colorants textiles des sous-vêtements
Rapports sexuels Latex (préservatifs), lubrifiants intimes (parabènes, propylèneglycol), spermicides, sperme (rarissime)
Portage indirect Vernis à ongles (résines époxy), produits chimiques professionnels portés par les mains

Aspect clinique de l’eczéma vulvaire

L’eczéma de la vulve forme des placards rouges secs sur les versants externes — pubis, grandes lèvres externes, racine des cuisses — avec respect des plis et de la muqueuse vaginale (pas de pertes vaginales). La peau est fripée, parfois parsemée de petites vésicules excoriées, à bords émiettés et mal limités.

💡 Pièges diagnostiques : l’eczéma de la vulve est souvent aggravé par les antifongiques et antiseptiques appliqués en automédication — qui sont eux-mêmes allergisants. Un eczéma qui s’aggrave sous traitement antifongique doit faire évoquer une allergie de contact au produit lui-même.

Traitement : identification et éviction de l’allergène (patch tests indispensables) + dermocorticoïde classe II-III selon la sévérité. Limiter l’eau et le savon — aggravent la macération et l’irritation. Voir : eczéma — causes et traitement.

Dermatoses chroniques de la vulve

Lichen scléreux vulvaire

Dermatose auto-immune chronique — l’une des causes les plus importantes de prurit vulvaire chronique chez la femme après la ménopause, mais pouvant survenir à tout âge, y compris chez la petite fille.

Stade évolutif Aspect clinique
Début Plaques blanches nacrées, légèrement atrophiques, prurigineuses — grandes lèvres, clitoris, périnée. Aspect en « sablier » entourant la vulve et la région anale
Évolution Fissures spontanées, saignements, plaques ivoire brillantes, rétrécissement progressif de l’orifice vaginal (synéchies des petites lèvres), enfouissement du clitoris
Stade avancé Dyspareunie sévère, destruction de l’architecture vulvaire, cicatrices irréversibles, risque de carcinome épidermoïde
⚠️ 80 % des carcinomes épidermoïdes vulvaires se développent sur un lichen scléreux non ou mal traité. Un traitement précoce par propionate de clobétasol et un suivi dermatologique annuel réduisent significativement ce risque.

Traitement : propionate de clobétasol 0,05 % (Dermoval®) — application quotidienne 1 mois, puis décroissance progressive, puis entretien 2 fois/semaine à vie. Surveillance biopsique de toute zone épaissie ou résistante.

Lichen plan érosif vulvaire

Dermatose inflammatoire auto-immune médiée par les lymphocytes T. La forme érosive vulvo-vaginale est la plus douloureuse — érosions rouge vif, brillantes, entourées d’une bordure blanche dentelle-like, avec dyspareunie sévère et possibilité de sténose vaginale à terme.

Rechercher systématiquement une atteinte buccale associée (stries de Wickham). Des associations avec les hépatites B et C ont été rapportées — bilan hépatique au diagnostic. La biopsie est souvent nécessaire pour distinguer lichen plan érosif, pemphigoïde cicatricielle et lupus. Voir : lichen plan.

Psoriasis vulvaire

Le psoriasis touche les organes génitaux féminins chez 60 % des patientes psoriasiques. Sur la vulve, les squames habituelles sont absentes (peau fine) : on observe des plaques rouges vives, bien délimitées, symétriques, parfois prurigineuses, pouvant s’étendre aux plis inguinaux et interfessiers. Le caractère suintant évoque une surinfection bactérienne.

Traitement : dermocorticoïdes de faible puissance (classe I-II). En cas de résistance, consultation dermatologique — le psoriasis génital peut bénéficier des mêmes biothérapies que les formes cutanées sévères. Voir : psoriasis.

Dermatite atopique vulvaire

Chez les femmes atopiques, l’eczéma atopique peut toucher la région génitale — prurit chronique, peau sèche, parfois lichénification par grattage répété. Le traitement repose sur émollients, dermocorticoïdes et tacrolimus topique pour les zones sensibles. Voir : eczéma atopique.

Lésions précancéreuses et cancers vulvaires

⚠️ Toute rougeur vulvaire persistant plus de 3 semaines malgré un traitement antifongique ou dermocorticoïde bien conduit doit faire l’objet d’une biopsie.
Lésion Aspect typique Facteur de risque Conduite à tenir
VIN (néoplasie intra-épithéliale vulvaire) HPV-induite Plaques rouges ou blanches, verruqueuses, parfois prurigineuses — femme jeune HPV oncogènes 16, 18 — tabagisme Biopsie. Traitement : imiquimod, laser, excision
VIN différencié (non HPV) Plaques leucoplasiques des parties internes, ulcération persistante — femme plus âgée Lichen scléreux non traité Biopsie urgente. Pronostic plus sévère que VIN HPV-induite
Maladie de Paget extramammaire Plaque érythémateuse bien délimitée, prurigineuse, ressemblant à un eczéma chronique résistant — vulve, périnée Peut être associée à un cancer viscéral sous-jacent (urinaire, colorectal) dans 25 % des cas Biopsie + bilan d’extension obligatoire
Maladie de Bowen vulvaire Tache rouge vif ou brunâtre, lisse, luisante, indolore, bien limitée HPV oncogènes, immunodépression Biopsie. Laser, imiquimod ou excision selon localisation
Carcinome épidermoïde vulvaire Plaque infiltrée saignotante sur lichen scléreux, ou zone épaissie sur fond érythémateux, ulcération persistante Lichen scléreux (80 %) ou VIN HPV-induite (20 %) Biopsie urgente — chirurgie ± radiothérapie

Ménopause et syndrome génito-urinaire

La carence en œstrogènes à la ménopause entraîne un syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGM) — anciennement appelé vaginite atrophique — qui touche 50 à 60 % des femmes ménopausées.

Symptôme Mécanisme
Rougeur et atrophie de la vulve et du vagin Réduction de l’épaisseur et de la vascularisation de la muqueuse
Sécheresse, brûlures, prurit Disparition de la lubrification et acidité vaginale (pH alcalin → candidoses récidivantes)
Dyspareunie (rapports douloureux) Atrophie et sténose progressive
Infections urinaires récidivantes Perte de l’effet barrière des Lactobacillus

Traitement : œstrogènes locaux (promestriène, estriol) en crème ou ovule vaginal — action locale sans effet systémique significatif, utilisables même avec antécédent de cancer du sein dans les formes légères (à discuter avec l’oncologue). Hydratants vaginaux non hormonaux en complément. Le traitement hormonal substitutif systémique relève de la décision gynécologique.

💡 Le SGM est souvent non diagnostiqué car les femmes n’en parlent pas spontanément. Il est traitable efficacement et ne doit pas être accepté comme une fatalité du vieillissement.

Pages associées — cluster génital féminin

Questions fréquentes

Comment distinguer une mycose vaginale d’une vaginose bactérienne ?

La mycose donne un prurit intense avec des pertes blanches grumeleuses (aspect « fromage blanc ») et une rougeur diffuse. La vaginose bactérienne donne des pertes grises fluides avec une odeur de poisson caractéristique, un prurit modéré et peu de rougeurs. En cas de doute, un prélèvement vaginal tranche le diagnostic.

Pourquoi mes démangeaisons vulvaires reviennent-elles toujours ?

Des candidoses récidivantes (≥ 4 épisodes/an) imposent un bilan : diabète, immunodépression, culture pour identifier l’espèce (Candida non-albicans résistant au fluconazole), allergie de contact aux antifongiques eux-mêmes. Un lichen scléreux débutant peut aussi mimer une mycose chronique — le diagnostic est histologique.

Le lichen scléreux peut-il guérir ?

Non, c’est une maladie chronique. Mais un traitement bien conduit par propionate de clobétasol permet un contrôle excellent, prévient les complications (synéchies, carcinome) et améliore très significativement la qualité de vie. L’arrêt du traitement entraîne quasi systématiquement une rechute.

Quand consulter en urgence pour une rougeur vulvaire ?

Consultez sans délai si : rougeur s’étendant rapidement avec fièvre (fasciite nécrosante possible — rare mais gravissime), ulcération indolore persistante (syphilis, carcinome), rougeur associée à des douleurs pelviennes et fièvre (salpingite), ou toute lésion résistant à tous les traitements habituels depuis plus de 3 semaines.

Les rougeurs vulvaires sont-elles contagieuses ?

Cela dépend de la cause. La candidose, la vaginose bactérienne et les irritations de contact ne sont pas contagieuses au sens strict. Le Trichomonas, l’herpès génital, les condylomes HPV et la syphilis se transmettent sexuellement — un bilan IST et le traitement du partenaire sont indispensables.

Peut-on consulter en téléconsultation pour des rougeurs vulvaires ?

Oui, une photo des lésions et un interrogatoire précis permettent le plus souvent d’orienter le diagnostic et d’obtenir une ordonnance rapidement. Certains examens (prélèvement vaginal, biopsie, patch tests) nécessitent une consultation en cabinet.

Références scientifiques

Voir aussi :
Mycose vaginale |
Vaginose bactérienne |
Lichen plan |
Boutons sur le sexe |
Téléconsultation dermatologue


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MYCOSE VAGINALE : soigner la mycose vaginale et vulvaire

Mycose vaginale : causes, symptômes, traitement et prévention

La mycose vaginale — ou candidose vulvovaginale — est l’une des infections génitales les plus fréquentes chez la femme : 3 femmes sur 4 en feront au moins un épisode au cours de leur vie. Elle est due à un champignon naturellement présent dans la flore vaginale, le Candida albicans, qui prolifère anormalement lorsque l’équilibre de la muqueuse est rompu. Démangeaisons intenses, rougeurs, pertes blanches caillebotées — ses symptômes sont caractéristiques, mais d’autres affections peuvent les mimer. Un diagnostic médical est indispensable avant tout traitement.

Suspicion de mycose vaginale — délais de rendez-vous trop longs ?
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Sommaire :
Causes et facteurs favorisants |
Symptômes |
Signes d’alerte |
Pourquoi éviter la cortisone |
Mycose récidivante |
Traitement |
Prévention |
Tableau récapitulatif |
Questions fréquentes

Pourquoi a-t-on une mycose vaginale ?

Candidose ou mycose vaginale - aspect rouge vernissé de la vulve
Candidose ou mycose vaginale

Le Candida albicans est un champignon naturellement présent dans la flore vaginale, en équilibre avec la muqueuse vulvovaginale. C’est la rupture de cet équilibre qui le rend pathogène et provoque la mycose. Les principaux facteurs déclenchants sont :

  • Prise d’antibiotiques — détruit la flore protectrice lactobacillaire
  • Grossesse — modifications hormonales et immunitaires
  • Diabète mal équilibré — le glucose favorise la prolifération du Candida
  • Immunodépression — corticothérapie prolongée, VIH, chimiothérapie
  • Macération et chaleur — sous-vêtements synthétiques, vêtements serrés, été
  • Microtraumatismes de la muqueuse — rapports sexuels répétés, tampons internes
  • Douches vaginales — détruisent le microbiome protecteur
  • Cycle menstruel — les récidives surviennent souvent avant ou pendant les règles

Le même champignon est responsable de la mycose buccale et de la mycose du sexe chez l’homme.

Symptômes de la mycose vaginale

Le tableau clinique classique associe :

  • Un aspect rouge vernissé et luisant de la vulve — rougeur intense, parfois œdémateuse
  • Un enduit blanc et des pertes vaginales blanches dites « caillebotées » (aspect de fromage blanc grumeleux), inodores
  • Des démangeaisons vulvaires intenses — voir démangeaisons du sexe
  • Des sensations de brûlure, notamment lors des rapports sexuels et à la miction
  • Une rougeur du sexe — voir les autres causes de rougeur du sexe

Les symptômes peuvent fluctuer avec le cycle menstruel, avec une recrudescence fréquente avant ou pendant les règles, parfois accompagnée d’une sensation d’œdème des petites lèvres ou du vestibule.

Signes d’alerte — consulter sans tarder

Un avis médical est toujours nécessaire en cas de suspicion de mycose vaginale. Consulter en urgence si les symptômes s’accompagnent de l’un des signes suivants :

  • 🌡️ Fièvre, nausées, vomissements
  • 🔴 Douleurs abdominales basses
  • 🔴 Douleurs au dos ou aux épaules
  • 🔴 Sécrétions vaginales malodorantes — évoquer une vaginose bactérienne ou une IST
  • 🔴 Hémorragie vaginale en dehors des règles

Ces signes ne sont pas compatibles avec une simple mycose vaginale et peuvent indiquer une infection ascendante ou une autre pathologie nécessitant une prise en charge urgente.

⚠️ Pourquoi la cortisone est dangereuse dans la mycose vaginale

Une candidose vaginale traitée par erreur avec de la cortisone s’aggrave silencieusement. C’est l’une des erreurs les plus fréquentes — la rougeur peut sembler s’améliorer en surface alors que l’infection s’étend en profondeur et en superficie.

Les conséquences d’une corticothérapie locale sur une mycose vaginale sont :

  • La vulvite s’étend vers la marge anale, le périnée et les plis inguinaux
  • Une collerette desquamative périphérique et des érosions punctiformes (pustules à Candida) persistent
  • À long terme, la cortisone peut supprimer la rougeur centrale et provoquer une atrophie cutanée — masquant l’infection tout en l’aggravant
  • Les démangeaisons typiques sont souvent remplacées par des sensations de brûlure

Ne jamais appliquer de cortisone sur une rougeur vulvaire sans diagnostic établi. En cas de doute, consultez avant tout traitement :
📅 Téléconsultation avec le dermatologue

Mycose vaginale récidivante — quand la candidose devient chronique

Environ 10 % des femmes ayant fait un épisode de mycose vaginale présentent des récidives régulières. On parle de candidose vulvovaginale récidivante au-delà de 4 épisodes par an.

Les récidives sont souvent rythmées par :

  • Une antibiothérapie récente
  • Le cycle menstruel — recrudescence avant ou pendant les règles
  • Les rapports sexuels
  • La période estivale (chaleur, macération, maillot de bain)

Lorsque les poussées deviennent subintrantes (quasiment constantes), la présentation clinique évolue : la rougeur devient moins intense, la sécheresse prédomine dans la région postérieure et des fissures douloureuses apparaissent. C’est la candidose chronique.

À l’examen, il persiste toujours à la périphérie une fine collerette desquamative et des érosions de pustules à Candida — ce qui distingue la mycose d’un psoriasis (pas de desquamation blanche des zones cutanées externes) ou d’un lichen plan érosif (pas d’atrophie centrale).

Traitement de la mycose vaginale

Règles d’hygiène indispensables

  • Savon alcalin (Hydralin®) ou eau bicarbonatée (1 cuillère à soupe par cuvette) — éviter les savons à pH acide qui favorisent la multiplication du Candida
  • Pas de douches vaginales — elles détruisent la flore protectrice
  • Éviter pendant le traitement : tampons internes, spermicides, préservatifs ou diaphragmes (risque de rupture)
  • Abstinence ou rapports protégés pendant le traitement pour éviter la transmission au partenaire
  • Sous-vêtements en coton — éviter les textiles synthétiques et les vêtements serrés
  • Séchage soigneux de la vulve après la toilette — lutter contre la macération

Traitement médical de première intention

Le traitement antifongique est prescrit par le médecin. Il repose sur :

  • Antifongiques locaux (crème vaginale, ovule, capsule) en première intention chez la femme non enceinte — il est souvent utile de répéter le traitement à la fin des règles suivantes
  • Chez la femme enceinte : ovules de Fazol G®, Gyno-Daktarin®, Gyno-Pevaryl® ou Monazol® — jamais de traitement systémique
  • Antifongique local topique en crème ou poudre + émollient alcalin à raison d’1 à 2 applications par jour pendant 2 à 4 semaines

Traitement des mycoses récidivantes

Au-delà de 4 récidives par an, le traitement local est complété par un traitement systémique oral (sauf grossesse) :

  • Triflucan® (fluconazole) 150 mg en prise unique, éventuellement répétée une semaine plus tard
  • En cas de récidives très fréquentes : administration d’un ovule antifongique et/ou de Triflucan® pendant 2 à 6 mois puis diminution progressive, en ciblant le jour du cycle à risque (généralement vers le 19e jour)
  • Si la patiente porte un stérilet de plus de 2 ans : le changer — il peut constituer un réservoir à Candida
  • Probiotiques — peuvent aider à restaurer la flore vaginale protectrice
  • Kinésithérapie périnéale spécialisée — améliore la qualité des rapports et réduit les microtraumatismes favorisants
  • Traitement du partenaire uniquement s’il présente une candidose du sexe prouvée

Traitements disponibles sans ordonnance

Consultez votre médecin traitant avant toute automédication — il faut s’assurer que les symptômes correspondent bien à une mycose et non à une autre cause de rougeur du sexe. En attendant le rendez-vous, votre pharmacien peut vous orienter vers :

  • MYCOHYDRALIN crème (Clotrimazole) — application locale matin et soir après toilette, pendant 1 semaine
  • MYCOHYDRALIN 200 mg comprimé vaginal — 1 comprimé au fond du vagin 3 soirs consécutifs. Si les symptômes persistent au-delà de 7 jours, consultation médicale obligatoire
  • MYCOHYDRALIN 500 mg comprimé vaginal — 1 comprimé en prise unique le soir au coucher. Un second comprimé peut être administré si les symptômes persistent au-delà de 3 jours. Au-delà de 7 jours sans amélioration, consulter

⚠️ Ces produits peuvent provoquer des réactions allergiques (urticaire, démangeaisons, brûlures, œdème). Demandez toujours conseil à votre pharmacien, notamment en cas de grossesse, d’allaitement ou d’antécédent d’allergie cutanée.

⚠️ En cas de sécheresse vaginale, le comprimé peut ne pas se dissoudre correctement — introduire profondément en position allongée sur le dos, genoux repliés et écartés.

Prévenir les mycoses vaginales

La prévention passe par la lutte systématique contre les facteurs favorisants :

  • Traiter tous les foyers d’infection fongique associés (plis inguinaux, mycose buccale…)
  • Éviter les microtraumatismes de la muqueuse — sous-vêtements trop serrés, rapports sexuels trop fréquents ou sans lubrification suffisante
  • Lutter contre la macération — séchage soigneux après toilette avec un savon d’hygiène intime adapté
  • Informer et si nécessaire examiner le ou les partenaires — même si la candidose n’est pas une IST à proprement parler, elle peut provoquer des rougeurs du sexe chez le partenaire
  • En cas de traitement antibiotique : prendre des probiotiques vaginaux en prévention

Tableau récapitulatif — mycose vaginale

Situation Traitement recommandé Précautions
Premier épisode Antifongique local (ovule ou crème vaginale) Confirmer le diagnostic avant traitement
Femme enceinte Ovules Fazol G®, Gyno-Daktarin®, Gyno-Pevaryl®, Monazol® Jamais de traitement systémique oral
Récidives (< 4/an) Local + Triflucan® 150 mg prise unique Répéter à J8 si nécessaire
Récidives (≥ 4/an) Triflucan® 150 mg sur 2 à 6 mois + probiotiques Changer le stérilet si > 2 ans — éliminer diabète
Sans ordonnance Mycohydralin crème ou comprimé vaginal Consulter si pas d’amélioration à J7

Questions fréquentes

Comment savoir si j’ai une mycose vaginale ou une autre infection ?
Les pertes blanches caillebotées inodores, la rougeur vernissée de la vulve et les démangeaisons intenses sont très évocatrices. Mais une vaginose bactérienne (pertes grises malodorantes), une IST ou un eczéma de contact peuvent mimer certains symptômes. Seul un examen médical — et parfois un prélèvement vaginal — permet de confirmer le diagnostic. Ne traitez pas sans consulter, surtout si c’est un premier épisode.

Ma mycose vaginale revient à chaque prise d’antibiotiques — que faire ?
C’est une situation très fréquente. Les antibiotiques détruisent la flore lactobacillaire protectrice et permettent au Candida de proliférer. La solution préventive est de prendre des probiotiques vaginaux dès le début de chaque antibiothérapie. En cas de récidives très fréquentes, votre médecin peut prescrire un traitement antifongique préventif à prendre systématiquement lors de chaque cure d’antibiotiques.

Mon partenaire doit-il être traité ?
Pas systématiquement. Le partenaire ne doit être traité que s’il présente lui-même des signes de candidose (rougeurs du sexe, démangeaisons). Pendant le traitement, les rapports sexuels sont déconseillés pour éviter les microtraumatismes et réduire le risque de transmission. Si les récidives sont déclenchées à chaque rapport, un examen du partenaire s’impose.

Puis-je utiliser un ovule vaginal pendant mes règles ?
Il vaut mieux éviter le traitement par ovule pendant les règles — les pertes menstruelles réduisent son efficacité. Il est souvent conseillé de débuter ou de répéter le traitement à la fin des règles. En cas de mycose chronique récidivante, le traitement préventif est souvent ciblé vers le 19e jour du cycle, avant la recrudescence habituelle.

Une mycose vaginale peut-elle se traiter seule avec des remèdes naturels ?
Non. Les remèdes maison (yaourt, huile de coco, bicarbonate…) n’ont pas d’efficacité prouvée sur la candidose vaginale et peuvent aggraver l’irritation. Seuls les antifongiques — locaux ou systémiques — ont une efficacité démontrée. Les probiotiques peuvent compléter le traitement médical mais ne le remplacent pas.


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MYCOSE SEXE (Candidose) : soins et traitement de la mycose du sexe

Mycose du sexe

La mycose du sexe, encore appelée candidose, est une affection tres frequente chez l’homme et la femme

Candidose du sexe de l'homme
Candidose du sexe de l’homme

Pourquoi a t on une mycose du sexe ou candidose ?

La mycose du sexe est le plus souvent due a un champignon de la peau appelé candida, responsable notamment de la mycose de la bouche

Le champignon Candida Albicans, le plus fréquent des candida provoquant la mycose du sexe, vit  » normalement  » en bon équilibre avec l’organisme dans le tube digestif et les muqueuses génitales.

Sous l’influence de facteurs provoquant une rupture de cet équilibre entre le champignon et la muqueuse du sexe (macération, irritation de la muqueuse sexuelle, diminution de l’immunité locale ou générale, diabète…), le candida devient alors « pathogene » et peut se développer, provoquant la mycose du sexe.

Les muqueuses génitales de l’homme et de la femme constituent des plis sujets à la macération et donc aux irritations. Le gland chez l’homme est une semi-muqueuse faiblement kératinisée notamment chez l’homme non circoncis, donc fragile.

La proximité des muqueuses génitales de la zone anale prédispose à une colonisation bactérienne.
L’absence de séchage après la toilette est source d’humidité, favorisant la prolifération des micro-organismes.

Chez l’homme, la mycose du sexe est favorisée par l’absence de circoncision et la présence d’un prépuce long (prépuce qui recouvre le gland et le dépasse)

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les toilettes parcimonieuses sont des facteurs de risque de mycose du sexe chez l’homme et la femme par rupture de l’équilibre écologique des germes normaux et irritation de la muqueuse.

Le diabète et les autres troubles de l’immunité sont aussi des facteurs de risque. La prise d’antibiotique fait partie des causes par rupture de l’équilibre écologique avec les germes banaux.

Enfin, le port de sous vetement en synthétiques et de vetements serrés sont un facteur de risque de mycose du sexe.


Comment reconnaitre la mycose du sexe ?

La mycose du sexe se manifeste le plus souvent chez l’homme comme la femme par un aspect rouge vernissé et luisant de la muqueuse, accompagné d’un enduit blanc chez l’homme et de pertes blanches chez la femme (voir mycose vaginale)

La mycose du sexe peut provoquer des sensations de brulure et frequemment des demangeaisons du sexe.

Mycose du sexe de l’homme :

la mycose du sexe de l’homme commence le plus souvent pres du frein et du sillon situé entre le gland et le prépuce, sous la forme d’une rougeur du sexe. Cette rougeur est souvent d’aspect lisse et suintant. La mycose du sexe de l’homme s’étend ensuite au gland et au prépuce, donnant de petites pustulettes, en « tetes d’épingles » donnant un aspect de petits points blancs sur un fond rouge. Un autre élément évocateur est la desquamation en périphérie des plaques rouges

Candidose du sexe de l'homme
Candidose du sexe de l’homme
Candidose du gland
Candidose du gland
Candidose du penis
Candidose du penis
Candidose de l’homme

Mycose du sexe de la femme :

la mycose du sexe de la femme peut etre rythmée par le cycle menstruel. La vulve est rouge, suintante et il existe des pertes blanches.

Candidose vaginale
Candidose vaginale

La suspicion d’une mycose du sexe doit engendrer de la part du médecin deux recherches complémentaires :

  • prélèvement myco-bactériologique : présence de filaments mycéliens à l’examen direct et Candida albicans en culture
  • recherche de diabète

Soins et traitement de la mycose du sexe

Chez l’homme

Il comprend la toilette avec savon Hydralin®, un savon surgras ou avec de l’eau bicarbonatée et un antifongique local. Le traitement de la partenaire sera institué en cas de candidose prouvée, et la stérilisation du tube digestif se fera en cas de candidose digestive associée.

Crèmes antifongiques

Le traitement de la mycose du sexe requiert l’emploi de traitement contre les champignons, souvent en creme (à appliquer deux fois par jour sur la muqueuse) voire en poudre ou laits (et d’ovules pour la femme partenaire en cas de mycose vaginale

Le traitement de la mycose du sexe est efficace dans 90% des cas. Dans 10 % des cas, on observe des échecs liés à la présence d’un diabète ou des réinfestations par absence de traitement du ou des partenaires et l’absence de prise en compte des facteurs favorisants exposés ci après :

  • traitement de tous les foyers d’infection par candida:

mycose de l’aine et entre les cuisses, mycose de l’anus, mycose buccale, candidose digestive…

  • éviter les microtraumatismes de la muqueuse sexuelle :

vetements et sous vetements trop serrés, sous vetements synthétiques, actes sexuels ou masturbation répétés…

  • Equilibre d’un diabète

  • lutte contre la macération :

Utiliser un savon doux, spécifique de l’hygiene intime type Hydralin® ou un savon doux surgras et ne faire qu’ une seule toilette quotidienne avec décalottage en prenant soin de bien sécher est suffisante. Les antiseptiques doivent être évités car ils déséquilibrent la flore et sont irritants et source potentielle d’allergie.

  • Le(s) partenaire(s) sexuel(s)

La découverte d’une mycose du sexe nécessite l’examen voire le traitement du (des) partenaire(s), même si la candidose n’est pas à proprement parler une maladie sexuellement transmissible, elle peut se transmettre lors des rapports et n’est pas rare de voir apparaître une candidose du sexe après un rapport sexuel avec une femme n’ayant parfois aucun symptomes de candidose vaginale ou juste quelques pertes vaginales. On estime que la présence de Candida Albicans pathogènes chez la femme est fréquente et que lors des rapports, les hommes se contaminent et expriment parfois une candidose du sexe. Il vaut donc mieux traiter l’ensemble des partenaires.

Chez la femme

Voir mycose vaginale

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Points clés:

    • La candidose du sexe n’est pas une infection sexuellement transmissible (même si elle peut se transmettre sexuellement).

    • La candidose de l’homme est très rare chez le circoncis.

  • La candidose du sexe doit faire rechercher systématiquement un diabète.

ANTIFONGIQUE : les antifongiques ou anti champignon

QUELQUES ANTIFONGIQUES LOCAUX UTILISES EN DERMATOLOGIE

Antifongiques locaux

Les antifongiques locaux spécifiques sont de plusieurs types :

  • polyènes : amphotéricine B (Fungizone®), nystatine (Mycostatine®) ;
  • Ciclopirox olamine (Mycoster® Onytec ® Sebiprox ®)
  • imidazolés : bifonazole (Amycor®), miconazole (Daktarin®, Britane®, Gyno-Daktarin®), isoconazole (Fazol G®, Fazol®), omoconazole (Fongamil®, Fongarex®), oxiconazole (Fonx®), butoconazole (Gynomyk®), kétoconazole (Kétoderm®, Ketoconazole ®), fenticonazole (Lomexin®, Terlomexin®), sertaconazole (Monazol®), sulconazole (Myk®), éconazole (Dermazol GE®, Econazole ® GNR®, Fongéryl®, Pevaryl®, Gyno-Pevaryl®).
  • Terbinafine : Lamisil ® creme
  • Amorolfine : Loceryl ®, Curanail ®

Médicaments antifongiques

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TERBINAFINE : la terbinafine

Terbinafine

Terbinafine, qu’est-ce que c’est ?

La terbinafine est un antifongique à large spectre, appartenant à la classe des allylamines.

La terbinafine est active sur les affections dues à des dermatophytes tels que trichophyton (Trichophyton rubrum, Trichophyton mentagrophytes, Trichophyton verrucosum, Trichophyton violaceum), Microsporum canis et Epidermophyton floccosum.

Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement des mycoses (mycose de la peau / mycose des pieds / mycose des ongles… ). Terbinafine se présente sous la forme de comprimés à 250 mg, à prendre généralement une fois par jour au cours d’un repas

Quelles sont les contre indications de Terbinafine ?

  • Allergie au produit ou à l’un de ses constituants
  • Eviter la terbinafine durant la grossesse et l’allaitement
  • Insuffisance hépatique ou rénale

Conseils d’utilisation de Terbinafine ®

  • Prendre le comprimé quotidien au cours d’un repas
  • Il se peut que votre médecin vous ait prescrit un traitement pulse : 250 mg par jour pendant une semaine tous les 2 ou 3 mois jusqu’à guérison, ou 250 ou 500 mg par jour 1 semaine par mois pendant 3 mois, aussi efficace que la prise quotidienne prolongée
  • Il est probable que votre médecin vous demande de réaliser un bilan sanguin avant et pendant le traitement afin de vérifier sa bonne tolérance
  • En cas de symptome inhabituel (perte du gout, de l’appétit, nausées, douleurs abdominales, maux de tête… ), re-consultez votre médecin rapidement

PEVARYL : le Pevaryl ®

 

Pevaryl ® :

  • Qu’est-ce que c’est ?

Pevaryl ® contient de l’econazole. L’econazole contenu est un antifongique. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement des mycoses (mycose de la peau / mycose des pieds / mycose des ongles /mycose du sexe / mycose vaginale… ). Pevaryl se présente sous la forme de crèmes, de solutions, de poudre…

 

  • Quelles sont les contre indications?

    • Allergie au produit ou à l’un de ses constituants
  • Conseils d’utilisation

    • La poudre est généralement utilisée pour les plis, en raison de son pouvoir absorbant et asséchant. Appliquez la poudre sur une peau ou une muqueuse sèche et propre
    • Pevaryl ® peut provoquer une irritation de la peau. En cas d’irritation persistante, il faut interrompre le traitement et re-consulter.

 

SEBIPROX : le Sebiprox ® shampoing

 

Sebiprox ® :

  • Sebiprox ®, qu’est-ce que c’est ?

Sebiprox ® contient du ciclopirox olamine. Le ciclopirox olamine contenu  est un antifongique. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement des mycoses et notamment la dermite seborrheique du cuir chevelu (pellicules). Sebiprox se présente sous la forme d’un shampoing à utiliser deux à trois fois par semaine

 

  • Quelles sont les contre indications?

    • Allergie au produit ou à l’un de ses constituants
  • Conseils d’utilisation

    • Mouillez les cheveux et appliquez une quantité suffisante de shampooing et massez vigoureusement le cuir chevelu et les zones adjacentes du bout des doigts afin d’obtenir une mousse abondante. Ensuite, rincez les cheveux et répétez l’opération en laissant le shampooing agir sur le cuir chevelu pendant 3 à 5 minutes.
    • Utilisez le shampoing deux à trois fois par semaine (si vous vous lavez les cheveux plus souvent, utilisez un shampoing doux pour lavage fréquent entre les shampoings) pendant 4 semaines et re-consultez en l’absence d’amélioration.
    • En cas de contact avec les yeux, rincez abondamment à l’eau
    • Sebiprox ® peut provoquer une irritation de la peau du cuir chevelu. En cas d’irritation persistante, il faut interrompre le traitement et re-consulter.

 

ONYTEC : l’Onytec ® vernis

 

Onytec ® :

  • Qu’est-ce que c’est ?

Onytec ® contient du ciclopirox. Le ciclopirox contenu est un antifongique. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement des mycoses et notamment la mycose des ongles sans atteinte de la matrice (la zone sous cutanée où l’ongle est « fabriqué »). Onytec se présente sous la forme d’un vernis à appliquer sur les ongles atteints de mycose une fois par jour

 

  • Quelles sont les contre indications?

    • Allergie au produit ou à l’un de ses constituants
    • Eviter ce produit en cas de grossesse ou d’allaitement
  • Conseils d’utilisation

    • Appliquer le vernis à ongle Onytec ® en couche fine, une fois par jour, le soir au coucher, sur le ou les ongles atteints, après lavage et séchage, sur la totalité de la tablette unguéale, sur les 5 mm de peau environnante et sous le bord libre de l’ongle (séchage en 30 secondes).
    • Ne pas laver les ongles traités pendant 6 heures au moins car cela enlèverait le vernis.
    • Découpez si possible régulièrement le bord libre de l’ongle et toute partie malade d’ongle avec un coupe-ongle.
    • Le traitement doit être effectué sans interruption jusqu’à repousse complète d’un ongle sain (en général 6 mois pour les mains et 9 mois pour les pieds).

 

MYCOSTER : le Mycoster ® vernis a 8%

 

Mycoster ® :

  • Mycoster ®, qu’est-ce que c’est ?

Mycoster ® contient du ciclopirox. Le ciclopirox contenu dans Mycoster ® est un antifongique. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement des mycoses et notamment la mycose des ongles sans atteinte de la matrice (la zone sous cutanée où l’ongle est « fabriqué »). Mycoster se présente sous la forme d’un vernis à appliquer sur les ongles atteints de mycose une fois par jour

 

  • Quelles sont les contre indications de Mycoster ®?

    • Allergie au produit ou à l’un de ses constituants de Mycoster ®
    • Eviter ce produit en cas de grossesse ou d’allaitement
  • Conseils d’utilisation de Mycoster ®

    • Chaque semaine, enlever la couche de vernis à l’aide d’un dissolvant
    • Le traitement doit être effectué sans interruption jusqu’à repousse complète d’un ongle sain (en général 3 mois pour les mains et 6 mois pour les pieds). En l’absence d’amélioration après 3 mois d’application du vernis, une consultation médicale est nécessaire

 

LAMISIL : le Lamisil ®

Lamisil ®

Lamisil ®, qu’est-ce que c’est ?

Lamisil ® contient de la terbinafine.

La terbinafine est un antifongique à large spectre, appartenant à la classe des allylamines.

La terbinafine est active sur les affections dues à des dermatophytes tels que trichophyton (Trichophyton rubrum, Trichophyton mentagrophytes, Trichophyton verrucosum, Trichophyton violaceum), Microsporum canis et Epidermophyton floccosum.

Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement des mycoses (mycose de la peau / mycose des pieds / mycose des ongles… ). Terbinafine se présente sous la forme de comprimés à 250 mg, à prendre généralement une fois par jour au cours d’un repas

 

Quelles sont les contre indications de Lamisil ®?

  • Allergie au produit ou à l’un de ses constituants de Lamisil ®
  • Eviter la terbinafine durant la grossesse et l’allaitement
  • Insuffisance hépatique ou rénale

Conseils d’utilisation de Lamisil ®

  • Prendre le comprimé quotidien au cours d’un repas
  • Il se peut que votre médecin vous ait prescrit un traitement pulse : 250 mg par jour pendant une semaine tous les 2 ou 3 mois jusqu’à guérison, ou 250 ou 500 mg par jour 1 semaine par mois pendant 3 mois, aussi efficace que la prise quotidienne prolongée
  • Il est probable que votre médecin vous demande de réaliser un bilan sanguin avant et pendant le traitement afin de vérifier sa bonne tolérance
  • En cas de symptome inhabituel (perte du gout, de l’appétit, nausées, douleurs abdominales, maux de tête… ), re-consultez votre médecin rapidement

LOCERYL : le Loceryl ®

 

Loceryl ® :

  • Loceryl ®, qu’est-ce que c’est ?

Loceryl ® contient de l’amorolfine. L’amorolfine contenu est un antifongique. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement des mycoses et notamment la mycose des ongles sans atteinte de la matrice (la zone sous cutanée où l’ongle est « fabriqué »). Loceryl se présente sous la forme d’un vernis à appliquer sur les ongles atteints de mycose une à deux fois par semaine

 

  • Quelles sont les contre indications

    • Allergie au produit ou à l’un de ses constituants
    • Eviter ce produit en cas de grossesse ou d’allaitement
  • Conseils d’utilisation

    • Avant la première application de Loceryl, nettoyer soigneusement les ongles, puis limer la zone atteinte de l’ongle (en particulier la surface de l’ongle). Attention de ne pas utiliser sur les ongles sains les limes à ongle ayant servi à limer les ongles malades
    • Avant chaque application de Loceryl, enlever la couche précédente de vernis à l’aide d’un dissolvant.
    • Appliquer le vernis à l’aide de la spatule fournie sur la totalité de l’ongle atteint.
    • Evitez de contaminer le flacon en nettoyant la spatule entre chaque passage d’un ongle à l’autre puis après les applications avec du dissolvant et évitez d’essuyer la spatule sur le bord du flacon entre les applications.
    • Le traitement doit être effectué sans interruption jusqu’à repousse complète d’un ongle sain (en général 6 mois pour les mains et 9 mois pour les pieds).
    • En cas de manipulation de produits dissolvants (white spirit, diluants… ), mettez des gants imperméables afin de protéger la couche de vernis Locéryl sur les ongles.

 

KETODERM : le Ketoderm ®

Ketoderm® (kétoconazole) : utilisation, posologie et conseils

Ketoderm® est un médicament antifongique contenant du kétoconazole, prescrit en dermatologie pour traiter les mycoses cutanées et la dermite séborrhéique. Disponible sous plusieurs formes (crème, gel unidose, shampooing en sachets-dose), il s’applique localement sur la peau ou le cuir chevelu. Voici tout ce qu’il faut savoir sur son utilisation, sa posologie et ses précautions d’emploi.

Mycose persistante ou dermite séborrhéique résistante ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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Qu’est-ce que Ketoderm® ?

Ketoderm® contient du kétoconazole, un antifongique de la famille des azolés. Il agit en inhibant la synthèse de l’ergostérol, un composant essentiel de la membrane des champignons — ce qui les détruit ou bloque leur multiplication. Il est actif contre :

  • Les dermatophytes (champignons responsables de la teigne, mycose des pieds, de l’aine)
  • Les levures Candida (candidoses cutanées, mycose du sexe, mycose vaginale)
  • La levure Malassezia (responsable de la dermite séborrhéique et du pityriasis versicolor)

Ketoderm® est disponible en France uniquement sur ordonnance.

Indications — pour quelles maladies ?

Indication Forme utilisée Durée habituelle
Dermite séborrhéique (pellicules, cuir chevelu) Sachets-dose shampooing 4 semaines (2-3x/semaine)
Pityriasis versicolor Gel unidose (récipient dose unique) Application unique sur tout le corps
Mycose cutanée (peau glabre, plis) Crème 2 à 4 semaines
Mycose des pieds (pied d’athlète) Crème ou poudre 4 semaines
Mycose génitale / vaginale Crème 2 à 4 semaines
Mycose des plis (intertrigo) Poudre ou crème 2 à 4 semaines

Posologie et mode d’utilisation selon la forme

Ketoderm® shampooing — sachets-dose (dermite séborrhéique, pellicules)

  1. Mouillez les cheveux
  2. Appliquez le contenu d’un sachet et massez vigoureusement le cuir chevelu et les zones adjacentes du bout des doigts jusqu’à obtenir une mousse abondante
  3. Laissez agir 3 à 5 minutes
  4. Rincez abondamment
  5. Appliquez 2 à 3 fois par semaine pendant 4 semaines
  6. Entre les séances, utilisez un shampoing doux pour lavage fréquent
  7. En cas de contact avec les yeux, rincez immédiatement à l’eau

Ketoderm® gel unidose — récipient dose unique (pityriasis versicolor)

  1. Appliquez la totalité du tube sur toute la surface du corps y compris le cuir chevelu, éventuellement à l’aide d’un gant humide
  2. Évitez le contact avec les yeux
  3. Faites mousser le gel en insistant sur les zones atteintes
  4. Laissez en place minimum 5 minutes
  5. Rincez soigneusement
  6. Il s’agit d’une application unique — une seule dose suffit dans la plupart des cas

Ketoderm® crème (mycoses cutanées)

  1. Appliquez une fine couche de crème sur la zone atteinte et quelques centimètres autour
  2. 1 application par jour, de préférence le soir
  3. Durée : 2 à 4 semaines selon la localisation
  4. Poursuivez le traitement 1 semaine après la disparition des symptômes pour éviter la rechute

Ketoderm® poudre (plis, mycose des pieds)

  1. Appliquez sur une peau sèche et propre
  2. La poudre est préférée dans les zones de frottement (plis, espaces interdigitaux) en raison de son pouvoir absorbant et asséchant
  3. Elle réduit l’humidité locale qui favorise la prolifération fongique

Contre-indications

  • Allergie au kétoconazole ou à l’un des excipients de Ketoderm®
  • Grossesse — à éviter, sauf avis médical explicite
  • Enfants de moins de 12 ans — interdit sans prescription adaptée
  • Muqueuses oculaires — ne jamais appliquer dans les yeux

Effets secondaires possibles

Ketoderm® est généralement bien toléré en application locale. Les effets indésirables les plus fréquents sont :

  • Irritation cutanée locale — rougeur, sensation de brûlure, légère desquamation au point d’application
  • Prurit (démangeaisons) transitoire à l’application
  • Sécheresse cutanée avec la poudre
  • Réaction allergique de contact (rare) — urticaire, eczéma de contact

⚠️ En cas d’irritation persistante ou d’aggravation des lésions, interrompez le traitement et consultez votre médecin ou dermatologue. Une allergie de contact au kétoconazole est possible.

Ketoderm® vs autres antifongiques — différences

Médicament Principe actif Points forts Limites
Ketoderm® Kétoconazole Efficace sur Malassezia (dermite séborrhéique, pityriasis versicolor) + Candida + dermatophytes Ordonnance obligatoire
Lamisil® Terbinafine Très efficace sur les dermatophytes (mycose des pieds, ongles) Moins actif sur Candida et Malassezia
Lomexin® Fenticonazole Efficace mycoses génitales, disponible sans ordonnance Spectre plus étroit
Mycoster® Ciclopirox Actif sur les ongles (vernis), mycoses cutanées
Pevaryl® Éconazole Large spectre, bien toléré, disponible sans ordonnance Moins spécifique sur Malassezia

💡 Ketoderm® est particulièrement indiqué quand la levure Malassezia est en cause : dermite séborrhéique (pellicules épaisses, plaques rouges du visage) et pityriasis versicolor (taches blanches ou marron du tronc). Pour une mycose des pieds à dermatophytes, la terbinafine (Lamisil®) est souvent préférée.

Conseils pour éviter les récidives

  • Poursuivez le traitement 1 semaine après la disparition des symptômes — les champignons peuvent persister sans signes visibles
  • Pour la dermite séborrhéique : un entretien mensuel avec le shampooing kétoconazole (1 à 2 fois/mois) peut être recommandé par votre dermatologue
  • Pour la mycose des pieds : séchez bien entre les orteils après la douche, changez de chaussettes quotidiennement, évitez la marche pieds nus dans les lieux humides collectifs (piscine, vestiaires)
  • Pour le pityriasis versicolor : une rechute est possible l’été suivant — une application préventive annuelle peut être conseillée
  • Ne partagez pas vos serviettes, chaussures ou linge de bain

Sources

Questions fréquentes sur Ketoderm®

Ketoderm® est-il disponible sans ordonnance ?

Non. Ketoderm® est un médicament soumis à prescription médicale obligatoire en France. Il ne peut pas être acheté directement en pharmacie sans ordonnance. Pour l’obtenir, une consultation médicale — y compris en téléconsultation — est nécessaire.

Combien de temps faut-il utiliser Ketoderm® shampooing ?

Le traitement standard pour la dermite séborrhéique est de 2 à 3 applications par semaine pendant 4 semaines. Si aucune amélioration n’est observée après 4 semaines, consultez à nouveau votre médecin. Un traitement d’entretien mensuel peut ensuite être prescrit pour prévenir les rechutes.

Peut-on utiliser Ketoderm® pendant la grossesse ?

Non, Ketoderm® est déconseillé pendant la grossesse. En cas de mycose ou de dermite séborrhéique pendant la grossesse, consultez votre médecin ou dermatologue qui vous proposera une alternative mieux adaptée.

Ketoderm® est-il efficace contre les mycoses des ongles ?

Ketoderm® en crème ou poudre a une activité limitée sur les mycoses des ongles (onychomycoses), car la concentration de principe actif ne pénètre pas suffisamment la kératine de l’ongle. Pour traiter une mycose des ongles, d’autres antifongiques (vernis, voire traitement oral) sont généralement préférés. Consultez un dermatologue pour un traitement adapté.

Que faire si Ketoderm® irrite la peau ?

Une légère irritation transitoire à l’application est possible et généralement bénigne. Si l’irritation est persistante, s’accompagne de rougeur étendue, de démangeaisons intenses ou de vésicules, arrêtez le traitement et consultez votre médecin. Il peut s’agir d’une allergie de contact au kétoconazole ou à un excipient du produit.

Ketoderm® peut-il être utilisé chez l’enfant ?

Ketoderm® est contre-indiqué chez les enfants de moins de 12 ans sous ses formes habituelles. Pour les enfants, d’autres antifongiques adaptés à la pédiatrie existent — consultez votre médecin ou dermatologue.


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FUNGSTER : le Fungster ®

Fungster ®

Fungster ®, qu’est-ce que c’est ?

Fungster ® contient de la terbinafine.

La terbinafine est un antifongique à large spectre, appartenant à la classe des allylamines.

La terbinafine est active sur les affections dues à des dermatophytes tels que trichophyton (Trichophyton rubrum, Trichophyton mentagrophytes, Trichophyton verrucosum, Trichophyton violaceum), Microsporum canis et Epidermophyton floccosum.

Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement des mycoses (mycose de la peau / mycose des pieds / mycose des ongles… ). Terbinafine se présente sous la forme de comprimés à 250 mg, à prendre généralement une fois par jour au cours d’un repas

 

Quelles sont les contre indications de Fungster ®?

  • Allergie au produit ou à l’un de ses constituants de Fungster ®
  • Eviter la terbinafine durant la grossesse et l’allaitement
  • Insuffisance hépatique ou rénale

Conseils d’utilisation de Fungster ®

  • Prendre le comprimé quotidien au cours d’un repas
  • Il se peut que votre médecin vous ait prescrit un traitement pulse : 250 mg par jour pendant une semaine tous les 2 ou 3 mois jusqu’à guérison, ou 250 ou 500 mg par jour 1 semaine par mois pendant 3 mois, aussi efficace que la prise quotidienne prolongée
  • Il est probable que votre médecin vous demande de réaliser un bilan sanguin avant et pendant le traitement afin de vérifier sa bonne tolérance
  • En cas de symptome inhabituel (perte du gout, de l’appétit, nausées, douleurs abdominales, maux de tête… ), re-consultez votre médecin rapidement

KETOCONAZOLE : le Ketoconazole ®

Ketoconazole ® :

  • Ketoconazole ®, qu’est-ce que c’est ?

Ketoconazole ® contient du ketoconazole. Le ketoconazole contenu est un antifongique. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement des mycoses (mycose de la peau / mycose des pieds / mycose des ongles /mycose du sexe / mycose vaginale / dermite seborrheique / pityriasis versicolor… ). Ketoconazole se présente sous la forme de crèmes, de solutions, de poudre, de sachets-doses…

Le ketoconazole fait partie de la famille des imidazolés et son activité antifongique s’exerce sur les agents responsables de mycoses suivants :

  • dermatophytes (Trichophyton, Epidermophyton, Microsporum),
  • Candida et autres levures, dont Malassezzia (agent des pellicules et du Pityriasis Versicolor),
  • moisissures.
  • Quelles sont les contre indications

    • Allergie au produit ou à l’un de ses constituants
    • Eviter le ketoconazole durant la grossesse
  • Conseils d’utilisation de Ketoconazole ®

    • La poudre est généralement utilisée pour les plis, en raison de son pouvoir absorbant et asséchant. Appliquez la poudre sur une peau ou une muqueuse sèche et propre
    • Ketoconazole ® peut provoquer une irritation de la peau. En cas d’irritation persistante, il faut interrompre le traitement et re-consulter.
    • Pour la forme en sachets-dose : mouillez les cheveux et appliquez la quantité du sachet et massez vigoureusement le cuir chevelu et les zones adjacentes du bout des doigts afin d’obtenir une mousse abondante. Laissez agir le produit sur le cuir chevelu pendant 3 à 5 minutes. Utilisez le produit deux à trois fois par semaine (si vous vous lavez les cheveux plus souvent, utilisez un shampoing doux pour lavage fréquent entre les shampoings avec le ketoconazole) pendant 4 semaines et re-consultez en l’absence d’amélioration. En cas de contact avec les yeux, rincez abondamment à l’eau
    • Pour la forme en récipient unidose (traitement du pityriasis versicolor): appliquez la totalité du contenu d’un tube de gel sur toute la surface du corps y compris le cuir chevelu, éventuellement à l’aide d’un gant humide. Éviter le contact avec les yeux. Faites mousser le gel, en insistant sur les zones atteintes. Laissez en place 5 minutes minimum. Rincez soigneusement

CURANAIL : le Curanail ®

 

Curanail ® :

  • Qu’est-ce que c’est ?

Curanail ® contient de l’amorolfine. L’amorolfine contenu est un antifongique. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement des mycoses et notamment la mycose des ongles sans atteinte de la matrice (la zone sous cutanée où l’ongle est « fabriqué »). Curanail se présente sous la forme d’un vernis à appliquer sur les ongles atteints de mycose une à deux fois par semaine

 

  • Quelles sont les contre indications

    • Allergie au produit ou à l’un de ses constituants
    • Eviter ce produit en cas de grossesse ou d’allaitement
  • Conseils d’utilisation

    • Avant la première application de Curanail, nettoyer soigneusement les ongles, puis limer la zone atteinte de l’ongle (en particulier la surface de l’ongle). Attention de ne pas utiliser sur les ongles sains les limes à ongle ayant servi à limer les ongles malades
    • Avant chaque application de Curanail, enlever la couche précédente de vernis à l’aide de la lingette fournie
    • Appliquer le vernis à l’aide de la spatule fournie sur la totalité de l’ongle atteint.
    • Evitez de contaminer le flacon en nettoyant la spatule entre chaque passage d’un ongle à l’autre puis après les applications avec la lingette fournie et évitez d’essuyer la spatule sur le bord du flacon entre les applications.
    • Le traitement doit être effectué sans interruption jusqu’à repousse complète d’un ongle sain (en général 6 mois pour les mains et 9 mois pour les pieds). En l’absence d’amélioration après 3 mois d’application du vernis, une consultation médicale est nécessaire
    • Lavez vos mains après chaque utilisation du produit

 

ECONAZOLE : l’Econazole ®

Econazole ® :

Qu’est-ce que c’est ?

Econazole ® contient de l’econazole. L’econazole contenu est un antifongique. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement des mycoses (mycose de la peau / mycose des pieds / mycose des ongles /mycose du sexe / mycose vaginale… ). Econazole se présente sous la forme de crèmes, de solutions, de poudre…

Il fait partie de la famille des imidazolés et son activité antifongique s’exerce sur les agents responsables de mycoses suivants :

  • dermatophytes (Trichophyton, Epidermophyton, Microsporum),
  • Candida et autres levures, (dont Malassezzia (agent des pellicules et du Pityriasis Versicolor),
  • moisissures.

 

  • Quelles sont les contre indications?

Allergie au produit ou à l’un de ses constituants

  • Conseils d’utilisation

    • La poudre est généralement utilisée pour les plis, en raison de son pouvoir absorbant et asséchant. Appliquez la poudre sur une peau ou une muqueuse sèche et propre
    • Econazole ® peut provoquer une irritation de la peau. En cas d’irritation persistante, il faut interrompre le traitement et re-consulter.

 

CICLOPIROX : le Ciclopirox ®

 

Ciclopirox ® :

  • Qu’est-ce que c’est ?

Ciclopirox ® contient du ciclopirox. Le ciclopirox contenu est un antifongique. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement des mycoses et notamment la mycose des ongles sans atteinte de la matrice (la zone sous cutanée où l’ongle est « fabriqué »). Ciclopirox se présente sous la forme d’un vernis à appliquer sur les ongles atteints de mycose une fois par jour

 

  • Quelles sont les contre indications

    • Allergie au produit ou à l’un de ses constituants
    • Eviter ce produit en cas de grossesse ou d’allaitement
  • Conseils d’utilisation

    • Chaque semaine, enlever la couche de vernis à l’aide d’un dissolvant
    • Le traitement doit être effectué sans interruption jusqu’à repousse complète d’un ongle sain (en général 3 mois pour les mains et 6 mois pour les pieds). En l’absence d’amélioration après 3 mois d’application du vernis, une consultation médicale est nécessaire

 

 

FOLLICULITE : soigner et se débarrasser de la folliculite

Folliculite : causes, symptômes et traitement

Une folliculite est une inflammation du follicule pileux — la structure cutanée qui produit le poil. Le plus souvent infectieuse, elle est causée par des bactéries (Staphylococcus aureus, Pseudomonas aeruginosa) ou des champignons. Elle se manifeste par des petites pustules rouges centrées sur un poil, parfois douloureuses. Elle peut toucher toutes les zones poilues du corps : visage (barbe), paupières, cou, cuisses, cuir chevelu, dos, fesses. Elle a tendance à récidiver en cas de facteurs favorisants non corrigés (rasage, épilation, macération, frottement).

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Vidéo : folliculite — causes, symptômes et traitement

Folliculite — pustules centrées sur les poils

Sommaire :
Symptômes |
Formes particulières |
Causes |
Traitement |
Prévention |
Questions fréquentes

Symptômes de la folliculite

La folliculite typique se manifeste par des pustules jaune-verdâtre centrées sur un poil, entourées d’un halo rouge inflammatoire. Elles peuvent être isolées ou multiples, regroupées sur une zone ou dispersées.

Boutons de folliculite — pustules inflammatoires centrées sur les poils

La pustule évolue en 5 à 7 jours vers une croûte qui tombe sans laisser de cicatrice — sauf en cas de manipulation, qui peut transformer la folliculite superficielle en folliculite profonde (voir notre article sur le furoncle).

⚠️ Ne jamais manipuler ni percer les lésions de folliculite. La majorité des complications graves (furoncle, abcès, lymphangite) surviennent après manipulation. En cas de lésion douloureuse, chaude, qui grossit, ou de fièvre associée, consultez sans délai.

Formes particulières de folliculite

Folliculite du cuir chevelu

Folliculite du cuir chevelu — boutons et pustules

Pustules et croûtes douloureuses sur le cuir chevelu, provoquant des boutons dans le cuir chevelu. En cas de folliculite profonde (folliculite décalvante), une alopécie cicatricielle définitive peut survenir — une prise en charge spécialisée rapide est indispensable.

Folliculite de la barbe (sycosis)

Forme très fréquente, favorisée et aggravée par le rasage mécanique répété. Les pustules se regroupent en plaques dans la zone de barbe. Il est recommandé de passer à la tondeuse électrique (sans raser à ras) et d’utiliser des mousses à raser antiseptiques. Voir nos articles sur les rougeurs de la barbe et les boutons après rasage.

Folliculite de la barbe (sycosis) — pustules et inflammation

Folliculite des fesses

Forme fréquente siégeant sur la convexité des fesses, sous les sous-vêtements, favorisée par la macération et les frottements. Voir notre article dédié aux boutons et folliculites des fesses.

Folliculite du jacuzzi (Pseudomonas aeruginosa)

Forme épidémique observée après utilisation de jacuzzis, piscines contaminées ou combinaisons de surf/plongée mal entretenues. Se manifeste par de grosses pustules disséminées sur le dos et le tronc, apparaissant 8 à 48 heures après exposition. Les formes légères régressent souvent spontanément ; les formes étendues nécessitent des antibiotiques actifs contre Pseudomonas (ciprofloxacine).

Causes de la folliculite

Folliculite bactérienne

Les bactéries constituent la cause la plus fréquente. Le follicule pileux est un microenvironnement riche en sébum et pauvre en oxygène, très favorable au développement du Staphylococcus aureus (staphylocoque doré), responsable de la majorité des folliculites bactériennes. Elles sont souvent associées à d’autres infections staphylococciques : impétigo, panaris, perlèche. Les pansements occlusifs et la macération sont des facteurs favorisants reconnus.

Folliculite mycosique (champignons)

Trois types de champignons peuvent infecter le follicule. Les dermatophytes provoquent des folliculites de la barbe en plaques mal limitées, notamment après contact avec des bovins — un traitement antifongique oral est indispensable. Malassezia (pityrosporon) est responsable de folliculites prurigineuses du dos des hommes jeunes ou des jambes des femmes qui s’épilent (voir boutons après épilation). Enfin, Candida provoque des folliculites douloureuses, notamment du cuir chevelu, chez les sujets immunodéprimés — voir notre article sur les candidoses.

Folliculite aseptique (non infectieuse)

La folliculite à éosinophiles (maladie de Ofuji) est rare. Elle survient chez les patients immunodéprimés (VIH notamment), se manifeste par des papulopustules chroniques et récidivantes du visage et du tronc, et nécessite une prise en charge spécialisée.

📚 Folliculites bactériennes et mycosiques : diagnostic différentiel et traitement — PubMed

Traitement de la folliculite

Le traitement dépend de la cause identifiée par le dermatologue après examen clinique, et si nécessaire après prélèvement bactériologique ou mycologique.

Folliculite bactérienne à staphylocoque

Dans les formes peu étendues : antiseptiques locaux (chlorhexidine, hexamidine) en 2 à 4 applications quotidiennes pendant 10 jours. Dans les formes étendues ou récidivantes : antibiotiques oraux (pristinamycine, clindamycine selon l’antibiogramme). Pour les porteurs chroniques, voir comment soigner le staphylocoque doré.

Folliculite mycosique

Antifongiques locaux (kétoconazole, ciclopirox) ou oraux (itraconazole, terbinafine) selon l’agent et l’étendue. Un prélèvement mycologique préalable est recommandé pour confirmer le diagnostic et guider le traitement — voir notre article sur les mycoses.

💡 Ne jamais appliquer de corticoïdes (cortisone) ni d’anti-inflammatoires non stéroïdiens sur une folliculite infectieuse. Ces médicaments masquent les signes d’aggravation et permettent à l’infection de s’étendre en profondeur silencieusement.

📚 Prise en charge des infections cutanées bactériennes : recommandations — PubMed

Prévention des folliculites récidivantes

Le traitement des facteurs favorisants est aussi important que le traitement médicamenteux lui-même. Sans leur correction, les récidives sont inévitables.

  • Il convient de limiter la macération en portant des sous-vêtements en coton et en évitant les textiles synthétiques serrés, de sécher soigneusement les plis et les espaces inter-orteils après la douche.
  • Concernant le rasage et l’épilation, il faut raser dans le sens du poil, éviter de raser trop ras, exfolier avant l’épilation et utiliser des lames propres — voir notre article sur la prévention des poils incarnés. Les instruments (rasoirs, épilateurs, pinces) doivent être nettoyés et désinfectés régulièrement.
  • Pour les utilisateurs de jacuzzis, il est essentiel de vérifier régulièrement le taux de chlore et le pH pour prévenir la contamination à Pseudomonas.
  • Enfin, il ne faut jamais manipuler ni exprimer les lésions — la majorité des complications surviennent après manipulation. Voir aussi les infections des poils.
  • Penser à être à jour pour le vaccin antitétanique, car une plaie cutanée peut être la porte d’entrée du tétanos.
  • Le médecin peut prescrire en cas de folliculite à staphylocoque une « désinfection des gites de portage » par application d’une crème antibiotique dans le nez, lavage du corps et des mains à la solution antiseptique…

📚 Folliculite récidivante : facteurs de risque et stratégies préventives — PubMed

Questions fréquentes sur la folliculite

Comment distinguer une folliculite d’un bouton d’acné ?
Les deux donnent des pustules, mais la folliculite est centrée sur un poil visible et survient sur des zones poilues après rasage, épilation ou macération. L’acné touche préférentiellement le visage, le décolleté et le dos, comprend des comédons (points noirs/blancs) absents dans la folliculite, et survient indépendamment du rasage. Un dermatologue confirme le diagnostic.

La folliculite est-elle contagieuse ?
La folliculite à staphylocoque peut se transmettre par contact direct avec les lésions ou par des objets contaminés (serviettes, rasoirs partagés). Les folliculites mycosiques sont moins contagieuses. La folliculite du jacuzzi se transmet par l’eau contaminée — tout le groupe exposé peut être atteint simultanément.

Quand faut-il consulter un médecin ?
En cas de lésion douloureuse, chaude et qui grossit (furoncle en formation), de fièvre, de traînée rouge remontant depuis la lésion (lymphangite), de lésions multiples qui s’étendent rapidement, ou d’absence d’amélioration après 10 jours d’antiseptiques locaux. Une folliculite du visage, du cou ou du cuir chevelu justifie toujours une consultation rapide.

Peut-on soigner une folliculite sans antibiotiques ?
Oui, dans la majorité des cas. Les folliculites superficielles peu étendues guérissent avec des antiseptiques locaux (chlorhexidine, hexamidine) en 7 à 10 jours, sans antibiotiques. Ces derniers sont réservés aux formes étendues, profondes, récidivantes ou survenant chez les immunodéprimés.

Pourquoi ma folliculite récidive-t-elle ?
Les récidives sont souvent dues à des facteurs favorisants non corrigés (rasage traumatique, macération, textiles synthétiques), à un portage chronique de staphylocoque au niveau du nez, de la gorge ou de l’aine, ou à un terrain favorisant (diabète, immunodépression). Un bilan médical permettra d’identifier la cause. La recherche d’un portage de Staphylococcus aureus par prélèvements nasaux et une décontamination ciblée sont parfois nécessaires.

La folliculite peut-elle laisser des cicatrices ?
La folliculite superficielle non manipulée guérit sans séquelles. En revanche, les folliculites profondes (furoncle, folliculite décalvante) peuvent laisser des cicatrices déprimées, voire une alopécie cicatricielle définitive au niveau du cuir chevelu. C’est pourquoi il ne faut jamais manipuler les lésions.


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DERMITE VISAGE : la dermite seborrheique (rougeurs sèches autour du nez)

Dermite séborrhéique : causes, symptômes et traitement

La dermite séborrhéique est une inflammation cutanée chronique liée à la prolifération d’une levure naturellement présente sur la peau, Malassezia. Elle provoque des rougeurs et des squames sur les zones grasses du visage (ailes du nez, sourcils, sillons naso-géniens), le cuir chevelu (pellicules) et parfois le torse. Elle touche 1 à 3 % de la population, principalement les hommes adultes, et évolue par poussées souvent déclenchées par le stress ou la fatigue.

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Dermite séborrhéique

Cet article en vidéo

Sommaire :
Causes et facteurs favorisants |
Symptômes — visage et cuir chevelu |
Traitement |
Pages spécialisées |
Questions fréquentes

Causes et facteurs favorisants

La dermite séborrhéique est due à Malassezia, une levure lipophile vivant naturellement sur la peau depuis la naissance. Elle prolifère dans le sébum excrété par les glandes sébacées, ce qui explique sa prédilection pour les zones grasses. La dermite s’améliore au soleil et rechute volontiers en hiver.

Facteur favorisant Mécanisme / remarque
Peau grasse Facteur favorisant majeur — sébum = substrat de prolifération de Malassezia
Stress et fatigue Déclencheurs fréquents de poussées
Psoriasis Les deux pathologies sont souvent associées — formes frontières fréquentes (« sébopsoriasis »)
Déficit immunitaire (VIH notamment) À rechercher systématiquement en cas de forme sévère ou profuse
Maladie de Parkinson et syndromes extrapyramidaux Association fréquente — mécanisme neurologique
Alcoolisme chronique Facteur aggravant
Cancer des voies aérodigestives supérieures Association décrite — bilan médical si forme sévère inexpliquée

Reconnaître la dermite séborrhéique

C’est une dermatose chronique évoluant par poussées, donnant des plaques rouges avec desquamation dans les zones séborrhéiques. Les patients confondent souvent ces squames avec une simple sécheresse cutanée ou des dartres — c’est une erreur fréquente.

Sur le visage

Zone Aspect clinique
Ailes du nez et sillons naso-géniens Plaques rouges squameuses, finement desquamatives, prurigineuses ou avec sensation de brûlure
Sourcils et zone inter-sourcilière Squames blanches ou grasses, érythème sous-jacent
Lisière du cuir chevelu Squames adhérentes débordant sur le front
Oreille externe et conduit auditif Desquamation, prurit — parfois confondu avec otite externe
Gouttière sternale Atteinte du tronc dans les formes étendues
dermite séborrhéique côtés nez bouche sillons naso-géniens
Dermite séborrhéique des côtés du nez et de la bouche

La dermite peut démanger, piquer ou provoquer des sensations de brûlure. Elle peut donner un aspect de rougeurs du visage avec de petites peaux sèches ou grasses.

Sur le cuir chevelu (pellicules)

Type de pellicules Aspect Page dédiée
Pellicules sèches Fines, cuir chevelu non rouge, démangeaisons légères → Pellicules et démangeaisons du cuir chevelu
Pellicules grasses Accompagnées de croûtes, démangeaisons plus intenses

💡 Chez le bébé, la dermite du cuir chevelu prend le nom de « croûtes de lait ». Elle peut s’accompagner d’une atteinte du siège et régresse spontanément vers 4 mois. → Voir notre article sur les croûtes de lait du bébé et sur les croûtes sur le cuir chevelu.

Traitement de la dermite séborrhéique

Le traitement est souvent suspensif — son effet tend à s’estomper à l’arrêt. L’objectif est de contrôler les poussées, pas de guérir définitivement.

Traitement Localisation Modalités
Antifongiques topiques
(kétoconazole, ciclopirox)
Visage et cuir chevelu Traitement de référence — limitent la prolifération de Malassezia. Crème sur le visage, shampooing sur le cuir chevelu (laisser poser 3 min).
Gluconate de lithium gel (Lithioderm®) Visage Alternative efficace aux antifongiques — action anti-inflammatoire et antifongique
Shampooing antipelliculaire Cuir chevelu 2 fois par semaine en poussée. En dehors des poussées : shampooing doux pour lavage fréquent (quotidien possible). Ne pas utiliser un antipelliculaire au long cours.
Rinçage à l’eau vinaigrée Cuir chevelu Assainit le cuir chevelu entre les poussées

Mesures générales

Mesure Détail
Éviter les facteurs déclenchants Stress, manque de sommeil, alcool, eau chaude, expositions thermiques
Toilette du visage le matin Eau froide sans savon
Toilette du visage le soir Savon surgras ou gel nettoyant sans savon
Cosmétiques Éviter les produits agressifs et parfumés — préférer les formules hypoallergéniques sans alcool

⚠️ Les dermocorticoïdes sont à éviter dans la dermite séborrhéique. Leur effet anti-inflammatoire est rapide mais très court, entraînant un effet rebond et une dépendance progressive. Utilisés au long cours, ils peuvent provoquer une acné cortisonique difficile à traiter.

Interview du Dr Catherine Oliveres Ghouti, dermatologue à Paris

« Je traite la dermite séborrhéique du visage avec des traitements topiques non agressifs et je n’utilise jamais de corticoïdes locaux. Nous voyons trop de patients qui deviennent dépendants de leur crème à la cortisone et finissent par développer une acné cortisonique difficile à traiter. »

Son conseil aux patients : éviter les cosmétiques agressifs, ne pas écouter les « remèdes miracles » de l’entourage (souvent des corticoïdes), et consulter un dermatologue.

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Pages spécialisées — dermite séborrhéique

Cuir chevelu — pellicules et croûtes
Pellicules et démangeaisons du cuir chevelu — causes, shampooings
Croûtes sur le cuir chevelu — dermite, psoriasis, différences
Croûtes de lait du bébé — traitement et soins

Visage et diagnostics différentiels
Rougeurs du visage — causes et traitements
Psoriasis du visage — différence avec la dermite séborrhéique
Rosacée — diagnostic différentiel
Antifongiques — guide des médicaments
Téléconsultation dermatologue

Références scientifiques

Questions fréquentes sur la dermite séborrhéique

La dermite séborrhéique peut-elle guérir définitivement ?

Non, la dermite séborrhéique est une pathologie chronique qui évolue par poussées tout au long de la vie. Les traitements contrôlent efficacement les poussées mais leur effet s’estompe à l’arrêt. Une routine d’entretien régulière permet d’espacer les rechutes.

Quelle est la différence entre dermite séborrhéique et psoriasis du visage ?

Les deux pathologies sont proches et souvent associées — on parle parfois de « sébopsoriasis ». La dermite séborrhéique prédomine sur les zones grasses (ailes du nez, sillons naso-géniens) avec des squames fines et grasses, tandis que le psoriasis donne des plaques plus épaisses avec des squames blanches nacrées. Voir psoriasis du visage.

Peut-on se maquiller avec une dermite séborrhéique ?

Oui, mais avec des produits hypoallergéniques, sans parfum ni alcool. Évitez tout produit nouveau en période de poussée. Démaquillez soigneusement le soir avec un produit doux sans savon.

La dermite séborrhéique est-elle contagieuse ?

Non. La levure Malassezia est naturellement présente sur la peau de tout le monde — c’est sa prolifération excessive qui pose problème, pas sa transmission. La dermite séborrhéique ne se transmet pas par contact.

Les pellicules sont-elles toujours une dermite séborrhéique ?

Pas forcément. Les pellicules peuvent aussi être liées à un psoriasis du cuir chevelu ou à une simple sécheresse cutanée. En cas de pellicules abondantes, de plaques épaisses ou de démangeaisons intenses résistant aux shampooings antipelliculaires, consultez un dermatologue. → Voir notre article sur les pellicules et démangeaisons du cuir chevelu.

Voir aussi :
Pellicules |
Croûtes cuir chevelu |
Croûtes de lait bébé |
Psoriasis du visage |
Rosacée |
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CANDIDOSE BUCCALE : la mycose de la bouche

Candidose de la bouche

Cet article en vidéo :

Candidose profuse de la bouche et des levres

Les candidoses sont le plus souvent dues à Candida Albicans, levure vivant  » normalement  » en bon équilibre avec l’’organisme dans le tube digestif et les muqueuses génitales.

La mycose de la bouche prend généralement deux formes : une forme de mycose située à l’extérieur de la bouche, au coin des lèvres (la perlèche) et une forme de mycose située dans la bouche, le muguet

Formes de candidoses de la bouche

Le muguet

Le muguet est une mycose de l’interieur de la bouche caractérisée par une rougeur de la muqueuse de la bouche, recouverte de lésions blanchâtres dans la bouche, semblables a du lait caillé. Le muguet peut s’accompagner de brulures, de perte de gout, d’un gout de fer dans la bouche

Muguet
Muguet

Voir la fiche sur le muguet

La perlèche

Voir l’article fissure du coin des lèvres

Perleche : peau sèche au coin des lèvres
Perleche : peau sèche au coin des lèvres

Forme grave, la candidose buccale de l’adulte ou muguet de l’adulte

Souvent liée à une immunodépression, une candidose digestive…

Candidose de la bouche
Candidose de la bouche

Langue noire

Voir l’article langue noire

Langue noire
Langue noire

Langue rouge

Langue rouge

Langue blanche

Langue blanche, candidose

 

Traitement de la candidose buccale

Lutte contre les facteurs favorisants

Lutte contre la sécheresse buccale, une dyskinésie œsophagienne, une inflammation chronique des muqueuses, une colopathie, un diabète, un traitement par anti-acides

Bains de bouche avec une demi cuilleree a cafe de bicarbonate de sodium dans un petit verre d’eau pour désacidifier la bouche

Traitement chez l’adulte immunocompétent

Antifongiques locaux durant 1 à 3 semaines :

  • nystatine (Mycostatine®) comprimés gynécologiques à 100 000 UI à sucer, 4 à 6 cp/j ; ne pas avaler
  • amphotéricine B (Fungizone®) suspension orale, quatre cuillères à café en 2 à 3 prises (1,5 à 2 g/j) ; ne pas avaler
  • miconazole (Daktarin®), gel buccal, deux cuillères-mesure quatre fois par jour. Ne pas avaler

Dans tous les cas, les antifongiques doivent être pris à distance des repas et des boissons et maintenus le plus longtemps possible en contact avec la muqueuse (quelques minutes au moins) avant d’être avalés.

La prise simultanée de laxatifs, d’huile de paraffine ou d’accélérateurs du transit est contre-indiquée.

Leur tolérance est bonne à part quelques troubles digestifs (1% des cas) et sensation de brûlure ou de troubles du gout avec le miconazole (Daktarin®). La prise d’anticoagulants anti-vitamine K ou de sulfamides hypoglycémiants est déconseillée avec le Daktarin® qui peut en potentialiser les effets.

Leur principal inconvénient est leur mauvais goût…

Traitement oral

Il a pour but de désinfecter le tube digestif :

  • Mycostatine® (8 à 12 cp/j en 3 à 4 prises),
  • Fungizone® (6 à 8 capsules en 3 à 4 prises),
  • Daktarin® (8 cp/j en 3 à 4 prises).

Traitement de l’adulte immunodéprimé

On associe alors un traitement par comprimés au traitement local et il est souvent nécessaire d’effectuer des traitements préventifs des récidives, au moyen de médicaments tels que Nizoral®, Triflucan® ou Sporanox®

Traitement du bébé et de l’enfant (muguet)

Chez l’enfant et le bébé, le traitement peut être :

  • Mycostatine® suspension buvable, 5 à 30 doses par jour pour les bébés et 10 à 40 doses par jour pour les enfants, réparties en quatre prises par jour ;
  • Fungizone® suspension, 1 cuillère à café/10 kg/24 h en 2 à 3 prises (50 mg/kg/j) ;
  • Daktarin® gel buccal, 1 cuillère mesure (2,5 ml) quatre fois par jour.

Perlèche

Voir l’article fissure au coin des lèvres

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Autres candidoses distinctes de la candidose de la bouche :


Les atteintes génitales, chez l’’homme comme la femme sur les muqueuses, elles sont généralement rouges et avec un enduit blanc et brûlent ou démangent. Leur découverte nécessite un traitement du (des) partenaire(s). Voir mycose du sexe et mycose vaginale

L’’atteinte des plis, qui sont rouges vernissés et luisants rougeurs entre les cuisses

Atteinte des ongles, donnant souvent en plus de l’’atteinte de l’ongle proprement dit, une irritation sur son pourtour. Voir mycose des ongles