Cohérence cardiaque : guide complet — physiologie, méthode 365 et exercices pratiques pour la peau

Dermatologue fonctionnel et micronutrition

Respirer à 6 cycles par minute pendant 5 minutes — trois fois par jour. En apparence, rien de plus simple. En réalité, derrière cette instruction se cache l’un des leviers les mieux documentés de la médecine psychophysiologique moderne : la cohérence cardiaque. Pourquoi un dermatologue fait-il un article sur la cohérence cardiaque? Quel rapport avec la peau? Réponse : réduction mesurable du cortisol, amélioration de la variabilité cardiaque, baisse de la pression artérielle, renforcement immunitaire, régulation émotionnelle durable, et donc… impact sur la santé de la peau, dont l’origine embryologique est la même que le système nerveux — les données scientifiques s’accumulent depuis deux décennies. Ce guide, le plus complet en français, vous explique tout : les mécanismes, les preuves, la pratique, les erreurs à éviter et les exercices avancés.


1. Qu’est-ce que la cohérence cardiaque ? Définition précise

Le cœur ne bat pas comme un métronome. Entre deux battements, l’intervalle varie constamment — de quelques millisecondes à plusieurs dizaines de millisecondes. Cette fluctuation s’appelle la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC, ou HRV en anglais pour Heart Rate Variability). Elle est le reflet direct de l’équilibre entre le système nerveux sympathique (accélérateur) et le système nerveux parasympathique (frein), via le nerf vague.

Dans la vie ordinaire, cette variabilité est erratique, chaotique — des pics et des creux irréguliers qui traduisent les sollicitations permanentes de l’environnement sur notre système nerveux. La cohérence cardiaque est l’état dans lequel cette variabilité devient régulière et sinusoïdale : les intervalles entre les battements augmentent et diminuent de façon ordonnée, à un rythme stable, calqué sur la respiration.

Concrètement, cet état se produit lorsque la respiration est lente et régulière à environ 0,1 Hz — soit 6 cycles par minute. À cette fréquence précise, le cœur, les poumons et le système nerveux entrent en résonance cardiovasculaire, un phénomène physique de couplage qui maximise l’amplitude de la VFC et l’efficacité de la régulation autonome.

Cohérence cardiaque ≠ relaxation
La cohérence cardiaque n’est pas simplement une technique de relaxation. C’est un état physiologique mesurable et précis, défini par un pic de puissance à 0,1 Hz dans l’analyse spectrale de la VFC. Elle peut être obtenue sans détente musculaire particulière — par exemple pendant une marche lente ou en pleine activité professionnelle.

Le terme a été popularisé en France par le Dr David Servan-Schreiber dans son ouvrage Guérir (2003), puis formalisé par le Dr David O’Hare avec la méthode 365. Il trouve ses racines dans les travaux de l’Institut HeartMath (Californie) fondé en 1991, et dans les recherches de Luciano Bernardi sur la respiration lente.

2. Physiologie : nerf vague, VFC et arrhythmie sinusale respiratoire

Le système nerveux autonome et ses deux branches

Le système nerveux autonome (SNA) régule toutes les fonctions viscérales sans intervention consciente : rythme cardiaque, pression artérielle, digestion, respiration, réponse immunitaire. Il se divise en deux branches antagonistes et complémentaires :

Système sympathique Système parasympathique
Mode « action » — réponse au stress Mode « repos et récupération »
Accélère le cœur, dilate les bronches Ralentit le cœur via le nerf vague
Libère cortisol et adrénaline Favorise la digestion, la régénération
Réduit la VFC Augmente la VFC
Activé par le stress, la peur, la douleur Activé par la respiration lente, le calme

Le nerf vague : le fil conducteur de la cohérence

Le nerf vague (10e nerf crânien) est la voie principale du système parasympathique. Il relie le tronc cérébral au cœur, aux poumons, à l’intestin et à de nombreux organes viscéraux. Il est bidirectionnel : 80 % de ses fibres sont afférentes (du corps vers le cerveau), ce qui en fait le principal « informateur » du cerveau sur l’état interne de l’organisme.

Le tonus vagal — l’activité de base du nerf vague — est le principal déterminant de la VFC. Un tonus vagal élevé est associé à une meilleure santé cardiovasculaire, une résistance accrue au stress, une meilleure régulation émotionnelle et une réponse immunitaire plus adaptée. La cohérence cardiaque est précisément un entraînement du tonus vagal.

L’arrhythmie sinusale respiratoire (ASR)

À chaque inspiration, le diaphragme descend et crée une légère pression thoracique négative qui tire mécaniquement sur les oreillettes cardiaques. Cette traction inhibe transitoirement le nerf vague, ce qui accélère légèrement le cœur. À l’expiration, l’effet inverse se produit : le nerf vague reprend le dessus et ralentit le cœur. Ce phénomène s’appelle l’arrhythmie sinusale respiratoire (ASR).

L’ASR est une oscillation normale, physiologique, de la fréquence cardiaque synchronisée avec la respiration. Plus l’amplitude de cette oscillation est grande, plus le tonus vagal est élevé — et plus la capacité de régulation du système nerveux est optimale. La cohérence cardiaque maximise l’ASR en synchronisant la respiration exactement avec la fréquence de résonance du système cardio-respiratoire.

Le baroréflexe et la résonance à 0,1 Hz

Le baroréflexe est un mécanisme réflexe de régulation de la pression artérielle : des barorécepteurs dans l’aorte et les carotides détectent les variations de pression et envoient des signaux au cerveau pour ajuster le rythme cardiaque. Ce boucle de rétroaction a une fréquence naturelle propre d’environ 0,1 Hz.

Quand la respiration se synchronise sur cette même fréquence (6 cycles/min), le système entre en résonance : les oscillations de la pression artérielle, du rythme cardiaque et de la respiration s’amplifient mutuellement. L’amplitude de la VFC atteint son maximum. C’est la raison précise pour laquelle 6 respirations/minute n’est pas une convention arbitraire — c’est une fréquence physiologique de résonance déterminée par la biologie individuelle (légèrement variable selon les personnes : entre 4,5 et 7 cycles/min).


3. Effets documentés par la recherche : cortisol, DHEA, tension, immunité, effet sur la peau

La cohérence cardiaque est l’une des rares techniques psychophysiologiques dont les effets biologiques sont mesurables objectivement. Voici ce que la recherche a établi avec un niveau de preuve suffisant :

Effet Magnitude observée Délai d’apparition Niveau de preuve
Réduction du cortisol salivaire −23 % en moyenne après 4 semaines Dès 1 semaine de pratique régulière Modéré à fort
Augmentation du DHEA +100 % en 30 jours (HeartMath, 1998) 3 à 4 semaines Modéré (1 étude de référence)
Baisse de la pression artérielle systolique −6 à −10,6 mmHg en 6 semaines 3 à 6 semaines Fort (plusieurs essais)
Augmentation de la VFC (RMSSD, SDNN) Significative après quelques jours Immédiat pendant la session ; cumulatif Fort
Réduction de l’anxiété et du stress perçu Amélioration significative sur échelles validées 1 à 2 semaines Fort (méta-analyses)
Amélioration de la qualité du sommeil Endormissement plus rapide, activité vagale nocturne accrue 1 à 2 semaines Modéré
Augmentation des IgA salivaires Marqueur immunitaire amélioré 3 à 4 semaines Modéré
Amélioration cognition (mémoire, attention) Corrélée à l’augmentation des ondes alpha Variable Préliminaire à modéré
Oxytocine (hormone du lien social) Augmentation rapportée Aigu (pendant la session) Préliminaire

Sur la durée des effets
Une session de 5 minutes de cohérence cardiaque produit des effets physiologiques qui persistent 4 à 6 heures. Pratiquer 3 fois par jour — matin, midi et soir — permet donc de couvrir l’ensemble des heures d’éveil. Les effets cumulatifs (remodelage du tonus vagal basal, diminution durable du cortisol) s’observent après 3 à 4 semaines de pratique régulière.

Effets sur la santé mentale

Une méta-analyse sur le biofeedback de VFC (dont la cohérence cardiaque est la principale modalité) a montré des améliorations significatives sur la pression artérielle systolique (SMD = −0,45), sur les mesures RMSSD et SDNN. Les effets sur l’anxiété généralisée, le burn-out et le stress post-traumatique sont documentés dans des études contrôlées. L’Inserm répertorie près de 2 000 essais cliniques portant sur la VFC dans diverses pathologies enregistrés sur ClinicalTrials.gov.

Effets sur la peau

Voici un extrait de mon livre « La peau de l’intérieur » qui se focalise sur les méthodes naturelles pour soigner la peau :

« Le stress et le manque de sommeil aggravent ou déclenchent virtuellement toutes les maladies de peau — acné, eczéma, psoriasis, rosacée, chute de cheveux, vieillissement accéléré … Ce n’est pas de la psychosomatique au sens vague du terme — c’est de la neuro-immuno-dermatologie avec des mécanismes biologiques précis et des études cliniques solides.

Ce que dit la médecine

L’axe neuro-immun-cutané : la biologie du stress sur la peau

La peau n’est pas qu’un organe passif — elle est un organe neuro-immun actif. Elle est innervée par des fibres C et Aδ qui libèrent des neuropeptides (substance P, CGRP, VIP) directement dans le derme. Ces neuropeptides activent les mastocytes, les kératinocytes et les cellules dendritiques — déclenchant une cascade inflammatoire locale. C’est le mécanisme central de la neuro-dermatologie : le cerveau parle à la peau via le système nerveux périphérique, pas seulement via les hormones.

Le cortisol : ennemi silencieux de la peau

Le stress chronique active l’axe HPA (hypothalamo-hypophyso-surrénalien) et maintient le cortisol élevé en permanence. Mais la peau aussi peut produire du cortisol à partir du cholestérol, notamment sous l’effet du stress ou des UV, elle se comporte comme un organe neuro-endocrine périphérique autonome. Cette augmentation du cortisol chronique inhibe la synthèse de collagène, active les métalloprotéinases qui le dégradent, diminue la synthèse de céramides (composants de la barrière cutanée), augmente la perméabilité intestinale, supprime l’immunité anti-infectieuse tout en amplifiant l’immunité pro-inflammatoire. La peau est à la fois moins protégée et plus inflammatoire.

Axe cerveau-peau

L’axe HPA → cortisol → inflammation cutanée : le stress déclenche de l’acné, des poussées d’eczéma et de psoriasis via des voies neuro-immunes documentées.

La substance P libérée par les fibres nerveuses cutanées lors du stress active directement les mastocytes dermiques — provoquant rougeurs, prurit et inflammation dans les 30 minutes.

Les études de psycho-dermatologie montrent que 30 à 40% des patients dermatologiques ont un trouble anxieux ou dépressif associé — qui aggrave et pérennise la maladie de peau.

L’axe cerveau-intestin-peau est une boucle : le stress perturbe le microbiote intestinal (via le nerf vague), qui aggrave la perméabilité intestinale, qui amplifie l’inflammation cutanée. Trois cibles en une. […]

La règle naturelle

Cohérence cardiaque — 3-6-5 : 3 fois par jour (matin, midi, soir), pendant 5 minutes, pratiquer 6 respirations par minute ( = une inspiration de 4 à 5 secondes et une expiration de 5 à 6 secondes, sans apnée entre les 2). Cette méthode dite 365 doit idéalement être réalisée 365 jours par an, elle réduit le cortisol de 15 à 20% en quelques semaines. Applications gratuites sur votre smartphone si besoin.

La respiration « d’urgence » : abdominale — 4-7-8 : inspirez par le nez 4 secondes, retenez 7 secondes, expirez lentement par la bouche 8 secondes. Répétez 4 fois. Active le système nerveux parasympathique et réduit le cortisol en quelques minutes. Particulièrement utile lors des crises de prurit intense.

Technique STOP-RESPIRE-POSE : en cas de poussée de prurit, poser les mains à plat, 3 respirations profondes avant de céder à la tentation de se gratter — interrompt le cycle neuro-immun en 60 secondes.

La méditation de pleine conscience : 10 à 20 minutes par jour réduisent significativement les marqueurs biologiques du stress. Des études spécifiques sur l’eczéma montrent une réduction de 30 à 40% de la sévérité des poussées chez les patients pratiquant régulièrement. Applications gratuites sur votre smartphone si besoin.

Les 3 règles d’or du chapitre

Le stress cutané se manifeste avec 4 à 8 jours (parfois semaines!) de décalage — apprenez à lire votre peau comme un journal de bord.

Cohérence cardiaque 3×5 min/jour = le geste anti-inflammatoire neuro-immun le plus puissant et le moins cher.

7 à 9 heures de sommeil sur horaires réguliers = traitement anti-âge et anti-inflammatoire prouvé — et la fenêtre de nuit optimise vos actifs de soin. »

Si vous voulez en savoir plus sur les techniques de soins de la peau de l’intérieur, lisez mon livre « La peau de l’intérieur » qui se focalise sur les méthodes naturelles pour soigner la peau

4. La fréquence de résonance : pourquoi exactement 6 respirations par minute ?

La fréquence de 6 cycles/minute (soit un cycle complet inspiration+expiration toutes les 10 secondes) n’est pas un chiffre arbitraire. Elle correspond à la fréquence de résonance cardiovasculaire de la majorité des adultes — c’est-à-dire la fréquence respiratoire à laquelle le couplage entre le baroréflexe, la VFC et la respiration produit la plus grande amplitude oscillatoire.

Cette fréquence varie légèrement d’un individu à l’autre (entre 4,5 et 7 cycles/min selon la taille, l’âge et la condition physique). Les personnes de grande taille ont souvent une fréquence de résonance légèrement plus basse ; les enfants ont une fréquence plus élevée. Pour la grande majorité des adultes, 6 cycles/min est une excellente approximation.

Comparatif des rythmes respiratoires populaires

Technique Rythme Cycles/min Activation vagale Usage idéal
Cohérence cardiaque 5-5 5 s IN / 5 s EX 6 Forte Usage universel, débutants
Cohérence cardiaque 4-6 4 s IN / 6 s EX 6 Maximale (étude Marchant 2025) Anxiété, stress aigu
Respiration carrée (4-4-4-4) 4 s IN / 4 s retenue / 4 s EX / 4 s retenue ~3,75 Modérée Concentration, préparation mentale
Respiration 4-7-8 4 s IN / 7 s retenue / 8 s EX ~3,2 Modérée Endormissement
Respiration diaphragmatique simple Variable, ~4 s IN / 6 s EX Variable Modérée à forte Détente générale

Une étude universitaire récente (Marchant, 2025) a comparé ces différentes techniques et confirmé que le rythme 4-6 (inspiration 4 secondes, expiration 6 secondes) produit la plus forte activation vagale mesurée en HRV, légèrement supérieure au classique 5-5. L’expiration allongée stimule davantage le nerf vague car c’est principalement à l’expiration que le tonus parasympathique est renforcé.


5. La méthode 365 : principe, timing et pourquoi ça marche

La méthode 365, formalisée par le Dr David O’Hare, est l’approche la plus connue et la plus pratiquée en France. Son nom résume la prescription :

3 fois par jour  ·  6 respirations par minute  ·  5 minutes par session =

365 jours par an!

Les 3 moments clés de la journée

Le timing des sessions n’est pas anodin. O’Hare recommande :

  • Le matin au réveil (ou avant le petit-déjeuner) : pour réguler le pic de cortisol matinal — naturellement le plus élevé de la journée — et installer un état de calme avant de commencer les activités.
  • Avant le déjeuner : pour réduire la réponse au stress de la matinée et améliorer la qualité de la digestion (l’état parasympathique favorise la motilité intestinale).
  • En fin d’après-midi (vers 17-18 h) : pour amorcer la descente physiologique vers le soir, améliorer la transition veille-sommeil et réduire les ruminations nocturnes.

Pourquoi 5 minutes suffisent ?

Cinq minutes à 6 cycles/min représentent 30 cycles respiratoires complets. Des études ont montré qu’après 3 à 5 minutes à la fréquence de résonance, le système nerveux autonome bascule vers une prédominance parasympathique mesurable. L’effet sur la VFC est maximal dans les premières minutes et se maintient sur une durée de 4 à 6 heures post-session. Des sessions de 15 à 20 minutes prolongent cet effet et induisent un ralentissement spontané de la respiration au repos — signe d’une activation vagale durable.

6. Exercice de base pas à pas : 5 minutes de cohérence cardiaque

Préparation (1 minute)

  • Position : assis, dos droit (pas appuyé sur le dossier), pieds à plat sur le sol, jambes décroisées. Ne pas s’allonger pour les sessions diurnes — la position allongée réduit légèrement l’amplitude de la VFC.
  • Mains : posées sur les cuisses, paumes ouvertes vers le haut ou vers le bas selon votre préférence.
  • Yeux : fermés ou regard doux vers le bas à 45°.
  • Corps : relâchez délibérément les épaules, la mâchoire, les mains. Prenez deux respirations libres pour vous installer.

La respiration (5 minutes)

Le cycle complet :
Inspirez par le nez, lentement, pendant 5 secondes (ou 4 s pour la variante 4-6). Sentez le ventre se gonfler en premier, puis la cage thoracique s’élever.
Expirez par le nez (ou la bouche entrouverte), lentement, pendant 5 secondes (ou 6 s). Laissez le ventre se dégonfler naturellement, puis la cage thoracique descendre.
Pas d’apnée entre l’inspiration et l’expiration. Le passage doit être fluide, comme une vague.
→ Répétez 30 fois (= 5 minutes à 6 cycles/min).

L’ancrage émotionnel (facultatif mais puissant)

L’Institut HeartMath a montré que combiner la respiration cohérente avec une activation d’un sentiment positif (gratitude, bienveillance, souvenir agréable) amplifie significativement les effets sur la VFC et les marqueurs hormonaux. Pendant l’inspiration, portez votre attention sur la région du cœur. Pendant l’expiration, imaginez émettre une chaleur douce depuis cette région. Cette technique — appelée Quick Coherence ou Heart-focused breathing — est la plus étayée scientifiquement.

La fin de session

Ne reprenez pas immédiatement une activité stressante. Laissez 30 à 60 secondes de transition : ouvrez lentement les yeux, bougez doucement les mains, respirez librement deux ou trois fois avant de reprendre vos activités.


7. Variantes avancées : 4-6, cohérence émotionnelle, respiration en marchant

Variante 4-6 : pour maximiser l’activation vagale

L’inspiration est réduite à 4 secondes, l’expiration prolongée à 6 secondes. La fréquence reste à 6 cycles/min mais l’asymétrie inspiration/expiration renforce davantage le parasympathique à chaque cycle. Idéale avant une situation stressante (prise de parole, entretien, examen). La validation par l’étude Marchant (2025) en fait actuellement la variante la plus recommandée pour l’effet anxiolytique immédiat.

Cohérence cardiaque émotionnelle (méthode HeartMath)

Cette variante ajoute une dimension psycho-émotionnelle à la respiration :

  1. Focus cardiaque : portez votre attention dans la région du cœur (centre de la poitrine).
  2. Respiration cardiaque : imaginez respirer à travers votre cœur — l’air entre et sort directement par cette zone.
  3. Sentiment actif : évoquez délibérément un souvenir de gratitude, d’amour ou d’appréciation sincère. Maintenez ce sentiment pendant toute la session.

Cette technique a démontré les plus grandes amplitudes de VFC dans les études HeartMath et les réductions les plus marquées de cortisol. Elle est plus difficile à apprendre mais plus puissante à long terme.

Cohérence cardiaque en marchant

Possible dès que la technique de base est bien maîtrisée (2 à 3 semaines de pratique). Marchez à allure lente et régulière, synchronisez vos pas avec votre respiration : par exemple, 3 pas à l’inspiration, 4 à 5 pas à l’expiration. L’activité physique légère augmente l’amplitude de la VFC et renforce l’effet de la cohérence. Idéal pour une session de 10 à 15 minutes en plein air.

Session longue (15 à 20 minutes)

Des sessions plus longues ont montré un effet dose-dépendant : plus la session est longue, plus les effets sur le SNA sont prolongés. Après 15 à 20 minutes de respiration cohérente, on observe un ralentissement spontané de la fréquence respiratoire de repos — signe d’une adaptation du tonus vagal basal. À pratiquer une fois par jour si l’objectif est une amélioration structurelle de la VFC (personnes souffrant de stress chronique, d’anxiété persistante, de fatigue chronique).

8. Les 7 erreurs les plus fréquentes

Erreur n° 1 : respirer trop fort (hyperventilation)
Gonfler excessivement les poumons à chaque inspiration peut provoquer une hyperventilation légère, avec sensations de vertiges ou de fourmillements. La respiration de cohérence cardiaque doit être ample mais douce — jamais forcée. L’air doit entrer naturellement, sans effort musculaire excessif.

Erreur n° 2 : apnée entre l’inspiration et l’expiration. Une pause, même brève, rompt la sinusoïde de la VFC. Le passage doit être continu, comme une vague qui monte et descend sans s’arrêter au sommet.

Erreur n° 3 : compter mentalement de façon anxieuse. Compter « 1, 2, 3, 4, 5 » de façon crispée génère une activation cognitive qui contrebalance l’effet parasympathique. Utilisez plutôt un guide audio, une application, ou une image mentale (vague, balancement).

Erreur n° 4 : pratiquer uniquement en situation de crise. La cohérence cardiaque fonctionne comme un entraînement athlétique — les bénéfices structurels s’accumulent avec la régularité. La pratiquer seulement quand on est stressé revient à ne se muscler que pendant les blessures.

Erreur n° 5 : s’allonger pour les sessions diurnes. La position allongée est acceptable pour la session du soir avant le sommeil, mais elle réduit l’amplitude de la VFC par rapport à la position assise. Pour les sessions du matin et du midi, restez assis.

Erreur n° 6 : négliger la respiration abdominale. Si vous respirez uniquement avec la cage thoracique, vous activez moins efficacement le nerf vague. La respiration doit mobiliser prioritairement le diaphragme : le ventre gonfle à l’inspiration, se dégonfle à l’expiration. Ce n’est que secondairement que la cage thoracique s’élève.

Erreur n° 7 : s’attendre à des effets immédiats spectaculaires. Les premières sessions peuvent sembler banales. L’architecture neurophysiologique de la cohérence cardiaque se construit dans le temps. La plupart des pratiquants constatent les premiers effets subjectifs durables après 7 à 10 jours de pratique régulière 3 fois/jour.


9. Intégration quotidienne : quand, où, comment ?

Moment Objectif principal Durée recommandée Notes pratiques
Réveil (avant de se lever) Réguler le pic de cortisol matinal 5 min Assis sur le bord du lit ou au sol
Avant le déjeuner Décompresser la matinée, améliorer la digestion 5 min Au bureau, dans les transports, à l’extérieur
Fin d’après-midi (16-18 h) Transition vers le soir, prévenir les ruminations 5 min Avant de rentrer chez soi ou à la sortie du travail
Avant une situation stressante Inhibition de la réponse sympathique 3 à 5 min (rythme 4-6) En coulisses, dans les toilettes, dans la voiture
Avant le coucher Améliorer l’endormissement, activité vagale nocturne 5 à 10 min Allongé acceptable ; variante 4-7-8 possible
Pendant une marche Renforcement du tonus vagal + bénéfices de l’activité physique 10 à 20 min Après maîtrise de la technique (2-3 semaines)

La cohérence cardiaque se pratique partout. Pas besoin d’obscurité, de silence ou de position particulière. Dans les transports, au bureau, dans la salle d’attente d’un médecin — personne ne verra que vous respirez à 6 cycles/min. C’est l’une de ses forces majeures par rapport à d’autres techniques de régulation du SNA.

10. Mesurer sa cohérence cardiaque : outils et interprétation

Il n’est pas indispensable de mesurer sa VFC pour bénéficier de la cohérence cardiaque. Mais le biofeedback — c’est-à-dire voir en temps réel sa courbe de VFC sur un écran — accélère l’apprentissage et renforce la motivation.

Applications mobiles

  • Respirelax / Respirelax+ : l’application française de référence, simple, efficace, avec guide visuel et sonore. Sans capteur.
  • Elite HRV : mesure la VFC via la caméra du smartphone (photopléthysmographie). Gratuit, précision correcte pour un suivi quotidien.
  • HeartRate+ Coherence (iOS) : affiche la courbe de VFC et le score de cohérence en temps réel.
  • Inner Balance (HeartMath) : capteur auriculaire dédié + application — la référence clinique pour le biofeedback de cohérence.

Montres et capteurs connectés

Les montres Polar (H10), Garmin et Withings ScanWatch disposent d’une mesure HRV de qualité. La ScanWatch intègre même une fonction « Breathe » guidée. Les montres Apple Watch et Samsung Galaxy Watch mesurent la VFC mais avec une précision moindre pour le biofeedback en temps réel.

Interpréter son score de VFC

Paramètre Ce qu’il mesure Valeur de référence adulte
RMSSD Activité vagale à court terme (parasympathique) 20–50 ms (plus c’est élevé, mieux c’est)
SDNN Variabilité globale sur 24 h 50–100 ms sur 24 h
LF/HF ratio Équilibre sympathique/parasympathique Diminue avec la cohérence cardiaque
Score de cohérence (HeartMath) Pourcentage du temps en état de résonance Objectif : > 60 % en session

La VFC baisse naturellement avec l’âge, le manque de sommeil, le stress chronique, l’alcool, la sédentarité et les maladies cardiovasculaires. Elle augmente avec l’exercice physique régulier, la cohérence cardiaque, le sommeil de qualité et une bonne hygiène de vie. Comparer votre VFC à des normes de population est moins utile que de suivre son évolution personnelle dans le temps.


11. Limites et nuances scientifiques : ce que la cohérence cardiaque ne fait pas

Ce que la cohérence cardiaque n’est pas
Ce n’est pas un traitement médical. Elle ne remplace pas les médicaments antihypertenseurs, les anxiolytiques ou les antidépresseurs. Elle ne guérit pas les troubles anxieux sévères, les dépressions caractérisées, les arythmies cardiaques pathologiques ni les maladies cardiovasculaires structurelles. Toujours en parler à son médecin avant de modifier un traitement en cours.

Sur la DHEA : L’augmentation de 100 % de la DHEA citée dans les études HeartMath (McCraty et al., 1998) repose sur un échantillon de 30 participants sans groupe contrôle randomisé. Ce chiffre doit être interprété avec prudence. Des études de meilleure méthodologie ont confirmé une augmentation, mais moins spectaculaire.

Sur l’individualité de la fréquence de résonance : 6 cycles/min n’est pas optimal pour tous. Les personnes dont la fréquence de résonance se situe à 5 ou 7 cycles/min obtiendront de meilleurs résultats en personnalisant leur rythme — ce qui nécessite un biofeedback de VFC.

Sur le terme « cohérence » lui-même : il n’existe pas de définition universellement consensuelle en physiologie. Le terme est largement utilisé dans la littérature HeartMath, mais la communauté scientifique mainstream parle plus volontiers de « respiration lente » ou de « biofeedback HRV ». Les mécanismes sont identiques, la sémantique diffère.

Sur les affirmations parfois excessives : certaines sources attribuent à la cohérence cardiaque des effets sur le poids, la « synchronisation cœur-cerveau globale » ou la « communication quantique » — affirmations non soutenues par des données solides. Ses effets bien documentés (VFC, cortisol, tension artérielle, anxiété) sont déjà remarquables sans avoir besoin d’amplification.

Mais quoi qu’il en soit, même si cette technique semble parfois nimbée de « magie », elle ne peut pas faire de mal et fait même probablement du bien à votre peau et à tout votre organisme


FAQ — Questions fréquentes sur la cohérence cardiaque

Combien de temps dure l’effet d’une session de cohérence cardiaque ?

Les effets physiologiques mesurables (VFC, tonus vagal, cortisol) persistent 4 à 6 heures après une session de 5 minutes. La méthode 365 (3 fois/jour) permet de couvrir l’intégralité des heures d’éveil. Les effets cumulatifs — remodelage durable du tonus vagal et baisse structurelle du cortisol — s’observent après 3 à 4 semaines de pratique régulière.

Quelle est la meilleure fréquence respiratoire pour la cohérence cardiaque ?

Pour la majorité des adultes, 6 cycles/minute (5 s IN / 5 s EX) est la fréquence de résonance optimale. La variante 4-6 (4 s IN / 6 s EX) produit une activation vagale légèrement supérieure et est particulièrement recommandée en situation de stress aigu. Votre fréquence de résonance personnelle peut être déterminée précisément avec un biofeedback HRV.

La cohérence cardiaque remplace-t-elle un traitement médical ?

Non. Elle est une technique complémentaire, non un traitement médical. Elle peut être pratiquée en parallèle d’un traitement médical avec l’accord du médecin. Ne jamais modifier ou arrêter un traitement en cours sans avis médical.

Peut-on pratiquer allongé ?

Pour les sessions diurnes, la position assise est préférable : elle donne une amplitude de VFC légèrement supérieure. La position allongée est parfaitement acceptable pour la session du soir avant l’endormissement.

Y a-t-il des contre-indications ?

Il n’existe pas de contre-indication absolue connue pour des personnes en bonne santé. Chez les patients porteurs d’un pacemaker, d’arythmies sévères (FA, BAV) ou en état hypotensif, un avis cardiologique préalable est recommandé. La respiration lente peut légèrement baisser la tension artérielle — cela est généralement bénéfique, mais doit être surveillé chez les patients déjà hypotendus.

Combien de semaines avant de voir des résultats durables ?

Les premières améliorations subjectives (sensation de calme, meilleur sommeil) apparaissent généralement dès la première semaine. Les effets mesurables objectivement (cortisol, pression artérielle, VFC au repos) s’observent après 3 à 4 semaines de pratique régulière 3 fois/jour. Les bénéfices maximaux (remodelage du tonus vagal basal) nécessitent 2 à 3 mois de pratique assidue.


Références scientifiques

  1. McCraty R et al. The Impact of a New Emotional Self-Management Program on Stress, Emotions, Heart Rate Variability, DHEA and Cortisol. Integr Physiol Behav Sci. 1998;33(2):151–170. HeartMath.org
  2. McCraty R, Shaffer F. Heart Rate Variability: New Perspectives on Physiological Mechanisms, Assessment of Self-regulatory Capacity, and Health Risk. Glob Adv Health Med. 2015;4(1):46–61. PubMed 25694852
  3. Lehrer PM, Gevirtz R. Heart rate variability biofeedback: how and why does it work? Front Psychol. 2014;5:756. PubMed 25101026
  4. Gitler A et al. Harnessing non-invasive vagal neuromodulation: HRV biofeedback and SSP for cardiovascular and autonomic regulation. Med Int. 2025;5(4):37. PMC12082064
  5. Laborde S et al. Slow-Paced Breathing and Sleep Quality. J Clin Med. 2019. PubMed.
  6. Marchant J. Comparing the Effects of Square, 4-7-8, and 6 Breaths-per-Minute Breathing Conditions on HRV. 2025. (Étude universitaire préimpression.)
  7. You Z et al. Dose-dependent effects of slow breathing on autonomic modulation. 2021. PubMed.
  8. Bernardi L et al. Slow breathing reduces chemoreflex response to hypoxia and hypercapnia, and increases baroreflex sensitivity. J Hypertens. 2001;19(12):2221–9. PubMed 11725173
  9. Alabdulgader A. Coherence: a novel nonpharmacological modality for lowering blood pressure in hypertensive patients. Glob Adv Health Med. 2012. PubMed.
  10. Thayer JF, Åhs F, Fredrikson M et al. A meta-analysis of heart rate variability and neuroimaging studies: Implications for heart rate variability as a marker of stress and health. Neurosci Biobehav Rev. 2012;36(2):747–756. PubMed 22178086

Pour approfondir :
O’Hare D. Cohérence cardiaque 365 (Thierry Souccar Éditions) —
Servan-Schreiber D. Guérir (Robert Laffont, 2003) —
Lehrer P, Vaschillo E. Resonant frequency biofeedback training to increase cardiac variability. Appl Psychophysiol Biofeedback. 2000.


Article rédigé le 7 avril 2026. Les informations médicales contenues dans cet article sont données à titre informatif et ne constituent pas un avis médical. Pour tout problème de santé, consultez un professionnel.

URTICAIRE AU STRESS : le stress peut-il déclencher une urticaire?

Urticaire et stress : mécanismes, diagnostic et traitement

L’urticaire est souvent mise sur le compte du stress — mais la réalité est plus précise et plus utile que cette étiquette générale. Le stress est un facteur aggravant réel et documenté de l’urticaire, mais rarement la cause unique. Comprendre pourquoi — et dans quels types d’urticaire — permet de mieux cibler le traitement.

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Sommaire :
Stress et urticaire — le mécanisme |
Formes cliniques |
Bilan d’urticaire chronique |
Facteurs aggravants |
Traitement |
Questions fréquentes

Démangeaisons urticaire

Comment le stress déclenche-t-il l’urticaire ?

L’urticaire résulte de la dégranulation des mastocytes dermiques — des cellules qui libèrent de l’histamine, provoquant la dilatation aiguë des vaisseaux cutanés et le gonflement caractéristique des papules.

Habituellement, cette dégranulation est déclenchée par un allergène via les IgE. Mais les mastocytes possèdent aussi des récepteurs directs à plusieurs médiateurs du stress :

Médiateur du stress Effet sur les mastocytes Conséquence cutanée
Substance P (fibres nerveuses C) Dégranulation directe sans IgE Urticaire neurogène, prurit
CRH cutané (hormone du stress local) Activation mastocytaire directe Poussée sans allergène identifiable
Noradrénaline (système nerveux sympathique) Abaisse le seuil de dégranulation Urticaire sur déclencheur mineur habituellement toléré
Cortisol chronique Désensibilise les récepteurs anti-inflammatoires des mastocytes Perte du frein glucocorticoïde → poussées plus fréquentes

Résultat : sous stress, un aliment ou un médicament habituellement toléré peut déclencher une urticaire. Le stress abaisse le seuil de réactivité mastocytaire — il ne crée pas l’urticaire seul, mais facilite et amplifie toutes ses formes.

💡 Urticaire et stress : une relation bidirectionnelle. L’urticaire chronique perturbe significativement la qualité de vie — démangeaisons nocturnes, aspect visible des lésions, imprévisibilité. Elle génère elle-même anxiété et symptômes dépressifs, qui aggravent à leur tour les poussées. Briser ce cercle est un objectif thérapeutique à part entière. Voir aussi stress et peau — axe neuro-immun.

Formes cliniques de l’urticaire

Papules d'urticaire ressemblant à des piqûres d'ortie

Le terme « urticaire » désigne un syndrome — un signe cutané pouvant avoir de nombreuses causes — et non une maladie unique. Les papules ressemblent à des piqûres d’ortie (du latin urtica) : rondes, surélevées, fugaces, mobiles, prurigineuses.

Forme Durée Cause fréquente Rôle du stress
Urticaire aiguë < 6 semaines — régresse souvent seule Médicament, aliment, piqûre d’insecte — identifiable à l’interrogatoire Facteur aggravant et abaisse le seuil de déclenchement
Urticaire chronique spontanée (UCS) > 6 semaines — dure en moyenne 3 à 5 ans Cause identifiée dans seulement 20–30 % des cas après bilan complet Facteur déclencheur et d’entretien — mécanisme mastocytaire direct
Urticaires physiques Variable selon le déclencheur physique Pression, froid, chaleur, soleil, eau, effort Amplifie la réactivité physique — seuil abaissé sous stress
Œdème de Quincke (angio-œdème) Episodes — voir œdème de Quincke Héréditaire (déficit C1-inhibiteur) ou médicamenteux (IEC) Peut précipiter les crises

⚠️ Signes d’anaphylaxie — urgence médicale : si l’urticaire s’accompagne de difficultés respiratoires, tachycardie, hypotension, gonflement de la gorge ou troubles digestifs intenses → appeler le 15 immédiatement. Les urticaires se compliquant d’anaphylaxie débutent souvent par le cuir chevelu, les paumes ou les plantes.

Si l’urticaire dure plus de 6 mois, 40 % des patients en ont encore 10 ans plus tard et 20 % à 20 ans. Une investigation rigoureuse est indispensable. Voir les causes de l’urticaire.

Bilan d’urticaire chronique — que recherche-t-on ?

Le stress n’est retenu comme facteur principal qu’après élimination des autres causes par bilan. Ce bilan est recommandé par la conférence de consensus française.

Bilan sanguin standard

Examen Ce que l’on cherche
Hémogramme (NFS) Éosinophilie (allergie, parasitose), anomalie hématologique
VS, CRP Syndrome inflammatoire (vascularite, infection chronique)
Transaminases, GGT Atteinte hépatique (hépatite, stéatose)
TSH, anticorps anti-TPO, anti-thyroglobuline Thyroïdite auto-immune — association fréquente avec UCS
Anticorps antinucléaires, C3, C4, CH50 Maladies auto-immunes (lupus, vascularite urticarienne)
Sérologie toxocarose Parasitose (transmission chien-chat fréquente)

Bilans complémentaires selon le contexte

Urticaire au froid : cryoglobulines, cryofibrinogène, agglutinines froides, électrophorèse des protéines. Prévenir les patients du risque d’anaphylaxie lors d’une immersion en eau froide ou de la consommation d’aliments glacés.

Symptômes digestifs hauts : fibroscopie avec recherche d’Helicobacter pylori — traitement éradicateur si positif.

Angio-œdème facial récidivant : dosage de l’inhibiteur de la C1 estérase. Bilan dentaire et ORL à la recherche d’un foyer infectieux.

Suspicion de vascularite urticarienne (lésions fixes > 24 h, peu prurigineuses, purpura) : bilan de vascularite et biopsie cutanée.

Prick tests : réalisés en cas de suspicion d’allergie de contact ou alimentaire vraie — piqûres superficielles dans l’avant-bras avec les allergènes suspectés.

Prick tests — test allergologique urticaire

Facteurs aggravants à éviter

Aliments histaminolibérateurs

Ces aliments ne provoquent pas une allergie vraie mais libèrent directement de l’histamine ou stimulent les mastocytes à le faire. Leur éviction est recommandée en première intention dans l’urticaire chronique d’origine alimentaire suspectée :

Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, œufs de poisson, conserves, poissons fumés ou surgelés
Charcuterie : saucisson, viande bovine, foie de porc, gibier, charcuterie emballée
Fromages fermentés : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère, cheddar
Légumes : épinards, tomate, choux, choucroute, concombre
Fruits : fraise, banane, raisin, agrumes, noix, noisette
Autres : blanc d’œuf, chocolat et cacao, bière, vin

Médicaments aggravants

Aspirine et AINS — aggravent ou déclenchent un tiers à la moitié des urticaires, toutes formes confondues
Inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) — peuvent induire des angio-œdèmes de la face et du cou. Tout antécédent d’angio-œdème est une contre-indication formelle aux IEC
Bêtabloquants — rendent difficile la prise en charge d’une anaphylaxie

⚠️ Cortisone à éviter en dehors des urgences : les corticoïdes par voie générale ne sont pas indiqués dans le traitement de fond de l’urticaire — ils exposent à un rebond à l’arrêt qui aggrave souvent la situation. En cas de signes de gravité uniquement, voir le traitement de l’urticaire avec signes de gravité.

Traitement de l’urticaire

Urticaire aiguë

Les antihistaminiques de 2e génération (non sédatifs) sont le traitement de référence. Ils font régresser la crise en quelques jours à quelques semaines dans la majorité des cas :

Aerius®Clarityne®Kestin®Telfast®Virlix®Xyzall®Zyrtec®
Antihistaminiques de 1re génération (sédatifs, utiles le soir) : Atarax®Polaramine®Primalan®

Certains antihistaminiques de 1re génération provoquent somnolence, sécheresse buccale et troubles visuels — précautions requises pour la conduite automobile.

Urticaire chronique — stratégie par paliers

Ligne thérapeutique Traitement Modalité
1re ligne Antihistaminique H1 de 2e génération 1 comprimé/jour en continu — réévaluation à 6 semaines
2e ligne Montée en dose antihistaminique Jusqu’à 4× la dose normale, sous contrôle médical
3e ligne Omalizumab (Xolair®) — anticorps anti-IgE Injection sous-cutanée mensuelle — voir piqûres contre l’urticaire

En cas de rémission complète et durable sous antihistaminiques, un arrêt progressif est proposé. En l’absence de rémission : association d’un antihistaminique de 2e génération le matin et d’un antihistaminique sédatif (1re génération) le soir.

Prise en charge du stress dans l’urticaire chronique

Les guidelines européennes (EAACI 2022) reconnaissent la prise en charge psychologique comme composante du traitement de l’urticaire chronique spontanée. Les interventions à efficacité documentée :

Thérapies cognitivo-comportementales (TCC) — réduction du cycle anxiété-prurit-poussées
MBSR (Mindfulness-Based Stress Reduction) — réduction du score d’activité UAS7
Relaxation et biofeedback — réduction de l’activité sympathique cutanée
Prise en charge du sommeil — la privation de sommeil augmente la réactivité mastocytaire en moins de 48 heures

Urticaires physiques spécifiques

Urticaire au froid : protection vestimentaire, antihistaminiques. Désensibilisation progressive : exposition quotidienne à une surface cutanée croissante à 8–15 °C pendant 5 minutes, jusqu’à tolérance aux épaules à 15 °C. Entretien par deux douches à 15 °C par jour.

Urticaire cholinergique : voir urticaire cholinergique.

Urticaire solaire : voir allergie au soleil.

Urticaire aquagénique : crème hydratante avant les bains, douches brèves, bicarbonate dans l’eau du bain, antihistaminiques.

Questions fréquentes

L’urticaire est-elle une maladie psychosomatique ?

Non — l’urticaire est une maladie d’origine multifactorielle (allergique, physique, auto-immune, médicamenteuse, infectieuse…). Le stress est un facteur aggravant réel via un mécanisme biologique précis (activation mastocytaire par la substance P et le CRH cutané) — mais rarement la cause unique. Le qualifier de « psychosomatique » sous-estime sa complexité et retarde souvent un bilan qui permettrait d’identifier une cause traitable.

Pourquoi mon urticaire s’aggrave-t-elle quand je suis stressé alors qu’il n’y a pas d’allergie ?

Le stress abaisse le seuil de dégranulation des mastocytes — ces cellules cutanées libèrent de l’histamine sous l’effet direct des neuropeptides du stress (substance P, CRH cutané), sans nécessiter d’allergène ni d’IgE. Un aliment ou une situation habituellement tolérés peuvent dès lors déclencher une poussée. Ce n’est pas une allergie nouvelle — c’est une réactivité mastocytaire augmentée.

Combien de temps dure une urticaire chronique ?

La durée moyenne est de 3 à 5 ans. Si l’urticaire persiste plus de 6 mois, 40 % des patients en ont encore 10 ans plus tard et 20 % à 20 ans. Ces chiffres ne doivent pas décourager — les traitements disponibles (antihistaminiques, omalizumab) permettent dans la grande majorité des cas un contrôle satisfaisant des poussées, même en l’absence de cause identifiée.

L’omalizumab (Xolair®) fonctionne-t-il sur l’urticaire liée au stress ?

Oui — l’omalizumab est efficace dans l’urticaire chronique spontanée indépendamment de la cause identifiée, y compris dans les formes où le stress est un facteur déclenchant majeur. Son mécanisme d’action (anticorps anti-IgE libre) réduit la sensibilité des mastocytes à tous les stimuli, y compris les neuropeptides du stress. Il est réservé aux formes résistantes aux antihistaminiques à doses optimales.

Voir aussi :
Urticaire — présentation complète /
Causes de l’urticaire /
Xolair® contre l’urticaire /
Œdème de Quincke /
Stress et peau — axe neuro-immun


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URTICAIRE GEANT : traitement de l’urticaire géante

Urticaire géant

L’urticaire est donc une sorte d’ allergie de la peau : l’aspect gonflé des papules d’urticaire (enflures de la peau) est due à une dilatation aiguë des vaisseaux de la peau, secondaire à la libération d’histamine par les mastocytes.


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Atteinte du visage dans une urticaire géante
Atteinte du visage dans une urticaire géante

La crise d’ urticaire géant

Boutons d’urticaire

Le mot urticaire provient du latin « urtica » qui signifie ortie.

Atteinte d'une grande partie du corps : urticaire géant
Atteinte d’une grande partie du corps : urticaire géant

Elle a generalement l’aspect de boutons monomorphes ressemblant à des piqûres d’ortie qui très souvent démangent (démangeaisons), fugaces et évolutifs.

Monomorphes, la lésion élémentaire est une papule oedémateuse (gonflée) rouge ou rosée (comme des piqures d’orties), isolée ou confluant en des plaques bien délimitées.

Plaque d'urtcaire
Plaque d’urtcaire

Démangeaisons : elle démange constamment sauf en cas d’urticaire systémique ou profonde, parfois féroce. Elle donne donc des plaques qui grattent.

Fugaces, les lésions persistent quelques minutes ou quelques heures avant de disparaître sans laisser de traces.

Evolutifs, l’urticaire est faite d’éléments qui disparaissent, alors que d’autres apparaissent ailleurs, donnant une illusion de mobilité.

boutons d'urticaire
Boutons d’urticaire, la peau est comme gonflée

La peau est donc gonflée par endroit (en cas d’urticaire physique, sur la zone où s’est produit le contact physique, par exemple les zones de grattage en cas de dermographisme, la zone récemment exposée au soleil en cas d’urticaire solaire… ).

Les papules peuvent prendre un aspect en anneaux.

Urticaire en anneaux
Urticaire en anneaux
ronds sur la peau qui grattent
Urticaire formant des anneaux ou des ronds sur la peau (urticaire annulaire)
Urticaire geant annulaire
Urticaire geant annulaire

L’urticaire peut auss etre assez rouge

Urticaire rouge
Urticaire rouge

On distingue deux cas de figure:

  • La crise isolée ou aigue,

qui régresse souvent spontanément en quelques heures, jours ou semaines, est le plus souvent allergique.

On trouve parfois une cause à l’interrogatoire puisqu’elle survient souvent quelques minutes à quelques heures après celle-ci (prise d’un médicament, d’un aliment inhabituel, piqûre d’insecte… …).

On ne pratique habituellement pas de bilan sanguin à la recherche d’une cause sauf en cas d’urticaire grave.

Cette crise d’urticaire géante touche une grande partie du corps

  • L’urticaire chronique,

durant plus 6 semaines, elle peut durer plusieurs années, en moyenne 3 à 5 ans.

Il faut savoir que si l’urticaire dure plus de 6 mois, 40% des patients en ont encore 10 ans plus tard, et 20 % 20 ans plus tard

Une enquête détaillée est donc nécessaire ainsi qu’un bilan complet (voir plus loin).

Il faut cependant noter que ce bilan n’aboutit à la découverte dune cause que dans 20 à 30% des cas

En cas d’urticaire géante, chercher des signes de gravité

L’oedeme de Quincke ou angio oedème ou urticaire profonde

Il s’agit d’une atteinte cutanéomuqueuse profonde donnant un gonglement de la lèvre, de la langue…

Voir l’article oedeme de Quincke

 Anaphylaxie

Une autre complication de l’urticaire peut être le choc anaphylactique

La crise d’urticaire est associée à des troubles hémodynamiques (tachycardie et hypotension jusqu’au choc), respiratoires (toux, difficulté à respirer et sifflements) ou digestifs (douleurs abdominales, nausées et vomissements, diarrhée).

Classiquement, les urticaires se compliquant d’anaphylaxie débutent par le cuir chevelu, les paumes ou les plantes.

Causes de l’urticaire géante

Les causes sont très nombreuses, voir l’article causes de l’urticaire

Bilan d’une urticaire géante chronique (durant plus de 6 semaines)

Le bilan sanguin recommandé par la conférence de consensus : prise en charge de l’urticaire chronique

Bilan standard d’urticaire chronique

Hemogramme : etude des globules rouges, blancs, plaquettes…

VS (vitesse de sédimentation), CRP (C Réactive Protéine) : recherche d’une inflammation

Transaminases, Gamma GT : bilan hépatique

Anticorps anti thyroperoxydase (anticorps tournés contre la thyroide), TSH (Thyreo Stimulating Hormon) : bilan thyroidien

Anticorps anti nucleaires, Complément : C3, C4, CH50 (marqueurs de maladies auto immunes)

Sérologie de la toxocarose (parasitose souvent transmise par les chiens) Monomorphes

En cas de symptomes digestifs hauts (douleurs digestives hautes) :

fibroscopie

Urticaire au froid :

cryoglobulines, cryofibrinogène, agglutinines froides, électrophorèse et immunoélectrophorèse des protéines

Angio­œdème :

Voir oedeme de Quincke

Urticaire chronique de contact :

pricktests ; éviction de l’allergène.

Urticaire solaire :

phototests.

Urticaire chronique d’origine alimentaire :

aucun examen complémentaire spécifique n’est nécessaire.

Urticaire médicamenteuse :

aucun examen complémentaire spécifique n’est nécessaire.

Signes évocateurs de vascularite urticarienne

fixité des lésions, absence ou faible démangeaison, purpura, nodules, livedo suspendu… :

bilan de vascularite et biopsie de peau

Prick tests

Le médecin peut proposer de réaliser des piqures dans l’avant bras après y avoir disposé des gouttes de différents allergenes afin de les faire pénétrer dans la couche superficielle de la peau et déclencher une papule d’urticaire en cas d’allergie

prick tests
Piqures dans l’avant bras en cas d’urticaire : prick tests

Traitement de l’urticaire géant

Nous avons vu dans l’article consacré à l’urticaire, qu’il existait des facteurs aggravants ou favorisants

Eviter les facteurs favorisant l’urticaire

Les facteurs aggravant l’urticaire doivent être évités :

aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs :

  • Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, oeufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
  • Charcuterie : viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie
    emballée, gibier
  • Blanc d’oeuf
  • Fromages : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère,
    cheddar
  • Légumes : epinards, tomate, choux, choucroute, concombre
  • Fruits :fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
  • Boissons alcoolisées : bière, vin
  • Chocolat et cacao

aspirine ou anti-inflammatoires non stéroïdiens

Certains antihypertenseurs :

Inhibiteurs de l’enzyme de conversion

pouvant engendrer des angioedemes et

bétabloquants

pouvant rendre difficile la prise en charge d’une anaphylaxie

Eviter la cortisone s’il n’y a pas de signes de gravité (anaphylaxie… )

Les corticoïdes par voie générale ne sont pas indiqués dans le traitement de l’urticaire car ils exposent à un risque de rebond à l’arret.

Traitement de l’urticaire avec signes de gravité

En cas de détresse respiratoire, de malaise avec tachycardie
et hypotension… il repose sur l’adrénaline administrée
par voie intramusculaire à une dose de 0,3 à 0,5 mg, associée
dès que possible à une oxygénothérapie, à de la cortisone et la pose d’une voie veineuse pour remplissage vasculaire.

Ces formes graves d’urticaire sont parfois précédées de signes prémonitoires : une voix nasonnée, gêne à la déglutition, sensation d’oppression thoracique voire une difficulté à respirer, des
nausées et des douleurs abdominales, une diarrhée. Ces signes
nécessitent un traitement immédiat par un antihistaminique et cortisone, une hospitalisation en urgence et une surveillance de
24 heures.

Le médecin délivrera une trousse d’urgence contenant un kit d’adrénaline auto-injectable aux personnes à risque de réaction anaphylactique grave et une conduite à tenir en cas de survenue de crise évocatrice :

1/ Prendre immédiatement dès le début de la réaction allergique (notamment démangeaisons, urticaire) 2 comprimés d’antihistaminique type desloratadine (Aerius*)

et

tenir prête la seringue d’adrénaline en autoinjecteur

2/ En cas de symptômes allergiques sévères (ceux­ ci surviennent en règle générale en l’espace de quelques minutes à 1 heure et se manifestent par une forte gêne respiratoire, des troubles digestifs, une transpiration abondante, des vertiges, une sensation de faiblesse, un serrement dans la poitrine, plus rarement une perte de connaissance), appliquer sur la cuisse la seringue d’adrénaline prête à l’emploi et faire une injection d’adrénaline en face antérolatérale de la cuisse, rester allongé les jambes surélevées jusqu’à l’arrivée du médecin (appeler un médecin dès que possible ou appeler le 15).

3/ Si vous vous trouvez dans un endroit isolé, prendre par précaution un corticoïde (1 mg/kg équivalent Prednisolone : si poids 60kgs, prendre 3 cp de Solupred* 20 orodispersible). Ce médicament n’agit qu’après 2 heures environ, mais il protège d’une récidive durant 24 heures.

NB : conditions de conservation de l’adrénaline en seringue auto injectable :

Ne pas mettre au réfrigérateur. Ne pas congeler.

Vérifier périodiquement que l’aspect de la solution est toujours limpide et incolore dans la fenêtre de contrôle du stylo. Jeter ou remplacer l’auto­injecteur si la solution a changé de couleur ou contient un précipité, et au plus tard à la date de péremption.

Soigner l’urticaire géante aigue sans signes de gravité (crise depuis moins de 6 semaines)

Le traitement de l’urticaire non compliquée requiert généralement des antihistaminiques (traitement de l’allergie).

Certains d’entre eux provoquent une somnolence et nécessitent des précautions, en particulier déviter la conduite automobile.

Exemples de médicaments de l’allergie :
Aerius ®
Atarax ®
Clarityne ®
Kestin ®
Polaramine ®
Primalan ®
Telfast ®
Tinset ®
Virlix ®
Xyzall ®
Zyrtec ®

Traitement de l’urticaire géante chronique (urticaire durant plus de 6 semaines)

Le traitement de l’urticaire chronique nécessite souvent un traitement de l’allergie par antihistaminiques au long cours, de plusieurs mois.

1/Recherche et éviction de la cause de l’urticaire chronique

Il est toujours recommandé de détecter et d’éviter le facteur déclencheur de l’urticaire :

  • Angio-œoedème :

dosage de l’inhibiteur de la C1 estérase. Administration d’inhibiteur de la C1 esterase en voie veineuse, acide transexamique…

En cas d’angio-œoedème facial, localisé et inexpliqué :

bilan dentaire et ORL à la recherche d’un foyer infectieux => traitement du foyer infectieux

En cas d’angio-œdème du visage récidivant chez l’enfant :

pricktests cutanés à la recherche d’une allergie alimentaire vraie et éviction de l’aliment suspect pendant 3 semaines.

En cas d’amélioration : réalisation d’un test de provocation orale, qui s’il est positif entraine une éviction de l’aliment et de ceux contenant le même allergène ou suspects d’allergies croisées.

  • Urticaires physiques :

éviction de certaines situations déclenchantes associée à un traitement antihistaminique non anticholinergique

Urticaire à la pression

Eviter les facteurs déclenchants (port de charges, agenouillement prolongé… ). Anti histaminiques

Urticaire cholinergique

Voir urticaire cholinergique

Urticaire au froid

Rechercher cryoglobulines, cryofibrinogène, agglutinines froides, électrophorèse et immunoélectrophorèse des protéines.

Prévenir les patients du risque qu’ils courent lors d’une immersion en eau froide (anaphylaxie) ou de la consommation d’aliments glacés (oedeme laryngé).

Protection vestimentaire contre le froid

Antihistaminiques
Désensibilisation au froid? : exposer jour après jour une surface cutanée croissante pendant 5 minutes par jour à une eau de 8 à 15 °C. La désensibilisation est obtenue lorsqu’on supporte l’exposition jusqu’aux épaules à une eau à 15 °C sans urticaire. L’entretien de la désensibilisation se fait en prenant deux douches par jour à 15 °C, de 5 minutes chacune.

Urticaire solaire

Voir l’allergie au soleil

Urticaire aquagénique

Son diagnostic repose sur la positivité du test réalisé avec une compresse humide mais parfois il faut, sous stricte surveillance hospitalière, immerger un membre ou d’une partie plus importante du corps durant plus de 15 minutes.

Prendre des douches de durée brève, de ne jamais se baigner sans surveillance.

Anti histaminiques et creme hydratante avant les bains et douches

Une pincée de bicarbonate dans l’eau du bain

  • Urticaire de contact :

pricktests et éviction de l’allergène. Antihistaminique

  • Urticaire alimentaire :

aucun examen complémentaire spécifique n’est nécessaire.

Il s’agit en effet le plus souvent de fausse allergie alimentaire par consommation d’aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs (fraises, crustacés… ), ainsi, on recommande dans un premier temps l’éviction des aliments riches en amines biogènes :

  • Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, oeufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
  • Charcuterie : viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie
    emballée, gibier
  • Blanc d’oeuf
  • Fromages : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère,
    cheddar
  • Légumes : epinards, tomate, choux, choucroute, concombre
  • Fruits :fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
  • Boissons alcoolisées : bière, vin
  • Chocolat et cacao

En l’absence d’amélioration de ce régime, ou en cas de doute d’une allergie alimentaire vraie (l’urticaire alimentaire est alors parfois précédée par des démangeaisons ou des picotements voire un gonflement des lèvres et de la muqueuse dans la bouche rapidement après la prise alimentaire (poissons et les crustacés, l’arachide, le soja, les céréales, l’oeuf, le lait de vache, des fruits exotiques… ) et elle peut être associée à des douleurs digestives. On peut alors doser les IgE spécifiques alimentaires dans le sang, voire réaliser prudemment des prick tests

  • Urticaire médicamenteuse :

aucun examen complémentaire spécifique n’est nécessaire.

En fait un tiers à la moitié environ des urticaires de tous types seraient aggravées, voire déclenchées, par l’aspirine ou les Anti inflammatoires non stéroidiens. De même, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (anti hypertenseurs) peuvent entraîner des angioœdèmes de la face et du coup, tout antécédent d’angio-œdème est une contre-indication aux Inhibiteurs de l’Enzyme de Conversion.

  • Signes évocateurs de vascularite urticarienne

fixité des lésions, absence ou faible démangeaison, purpura, nodules, livedo suspendu… :

bilan de vascularite et biopsie de peau

  • Doutes sur la fonction thyroidienne :

la fréquence des thyroïdites auto-immunes est augmentée chez les sujets présentant une Urticaire chronique : bilan thyroidien et recherche d’Anticorps anti thyroglobuline et thyroperoxydase.

  • Doute d’ulcere gastroduodenal :

réalisation d’une fibroscopie avec recherche d’Helicobacter pylori. Le cas échéant, traitement par inhibiteurs de pompe à proton + antibiothérapie

2/Psychologie

L’urticaire chronique ayant souvent un substrat psychologique (stress… ) et un fort retentissement sur la qualité de vie (insomnie… ), une prise en charge psychologique peut être proposée (relaxation, thérapies cognitivo-comportementales… ).

3/ les médicaments contre l’urticaire géante chronique

3.1/ Anti histaminiques

Traitement de 1ère ligne

On privilégie l’utilisation d’anti-Histaminiques non anticholinergiques (dits de 2e génération), qui entraînent moins d’effets secondaires (somnolence, glaucome, troubles urinaires en cas d’hypertrophie de la prostate.

En cas de rémission complète et durable, un arrêt progressif du traitement est proposé, sinon, on utilise alors une association d’un anti-H1 non anticholinergique (dit de 2e génération) le matin et un anti-H1 anticholinergique (dit de 1re génération) sédatif le soir.

En l’absence d’amélioration avec les antihistaminiques à dose normale, le médecin peut choisir de passer à la

Seconde ligne thérapeutique

Le médecin peut décider de monter les doses des antihistaminiques jusqu’à 4 fois la dose normale pour voir si cela permet une rémission, sous controle médical et en l’absence de contre indication

3.2/ Des piqures contre l’urticaire chronique : XOLAIR*

Voir l’article sur les piqures contre l’urticaire


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URTICAIRE CHOLINERGIQUE : l’urticaire colinergique (sport, chaleur)

Urticaire cholinergique

L’urticaire cholinergique est provoquée par une élévation de la température de la peau, par exemple lors d’un sauna, de bains ou de douches chaudes, d’un effort physique…


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– Les routines quotidiennes
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– Les causes
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Urticaire cholinergique
Urticaire cholinergique

Symptomes

Elle est généralement composée de lésions d’urticaire de petite taille, en « tetes d’epingles« , le plus souvent à la partie supérieure du tronc (zone qui a transpiré) ou sur la zone qui a été chauffée (bas du corps en cas de jacuzzi par exemple)

Ptites papules en tetes d'epingles qui démangent : urticaire colinergique
Ptites papules en tetes d’epingles qui démangent : urticaire colinergique

Cette urticaire démange le plus souvent

Traitement de l’urticaire cholinergique

Eviter les facteurs favorisant l’urticaire

Les facteurs aggravant l’urticaire doivent être évités :

aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs :

  • Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, oeufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
  • Charcuterie : viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie
    emballée, gibier
  • Blanc d’oeuf
  • Fromages : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère,
    cheddar
  • Légumes : epinards, tomate, choux, choucroute, concombre
  • Fruits :fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
  • Boissons alcoolisées : bière, vin
  • Chocolat et cacao

aspirine ou anti-inflammatoires non stéroïdiens

Certains antihypertenseurs :

Inhibiteurs de l’enzyme de conversion

pouvant engendrer des angioedemes

Eviter la cortisone s’il n’y a pas de signes de gravité (anaphylaxie… )

Les corticoïdes par voie générale ne sont pas indiqués dans le traitement de l’urticaire car ils exposent à un risque de rebond à l’arret.

Traitement de l’urticaire cholinergique avec signes de gravité

En cas de détresse respiratoire, de malaise avec tachycardie
et hypotension… il repose sur l’adrénaline administrée
par voie intramusculaire à une dose de 0,3 à 0,5 mg, associée
dès que possible à une oxygénothérapie, à de la cortisone et la pose d’une voie veineuse pour remplissage vasculaire.

Ces formes graves d’urticaire sont parfois précédées de signes prémonitoires : une voix nasonnée, gêne à la déglutition, sensation d’oppression thoracique voire une difficulté à respirer, des
nausées et des douleurs abdominales, une diarrhée. Ces signes
nécessitent un traitement immédiat par un antihistaminique et cortisone, une hospitalisation en urgence et une surveillance de
24 heures.

Le médecin délivrera une trousse d’urgence contenant un kit d’adrénaline auto-injectable aux personnes à risque de réaction anaphylactique grave et une conduite à tenir en cas de survenue de crise évocatrice :

1/ Prendre immédiatement dès le début de la réaction allergique (notamment démangeaisons, urticaire) 2 comprimés d’antihistaminique type desloratadine (Aerius*)

et

tenir prête la seringue d’adrénaline en autoinjecteur

2/ En cas de symptômes allergiques sévères (ceux­ ci surviennent en règle générale en l’espace de quelques minutes à 1 heure et se manifestent par une forte gêne respiratoire, des troubles digestifs, une transpiration abondante, des vertiges, une sensation de faiblesse, un serrement dans la poitrine, plus rarement une perte de connaissance), appliquer sur la cuisse la seringue d’adrénaline prête à l’emploi et faire une injection d’adrénaline en face antérolatérale de la cuisse, rester allongé les jambes surélevées jusqu’à l’arrivée du médecin (appeler un médecin dès que possible ou appeler le 15).

3/ Si vous vous trouvez dans un endroit isolé, prendre par précaution un corticoïde (1 mg/kg équivalent Prednisolone : si poids 60kgs, prendre 3 cp de Solupred* 20 orodispersible). Ce médicament n’agit qu’après 2 heures environ, mais il protège d’une récidive durant 24 heures.

NB : conditions de conservation de l’adrénaline en seringue auto injectable :

Ne pas mettre au réfrigérateur. Ne pas congeler.

Vérifier périodiquement que l’aspect de la solution est toujours limpide et incolore dans la fenêtre de contrôle du stylo. Jeter ou remplacer l’auto­injecteur si la solution a changé de couleur ou contient un précipité, et au plus tard à la date de péremption.

Soigner l’urticaire cholinergique aigue sans signe de gravité

Le traitement de l’urticaire non compliquée requiert généralement des antihistaminiques (traitement de l’allergie).

Certains d’entre eux provoquent une somnolence et nécessitent des précautions, en particulier déviter la conduite automobile.

Exemples de médicaments de l’allergie :
Aerius ®
Atarax ®
Clarityne ®
Kestin ®
Polaramine ®
Primalan ®
Telfast ®
Tinset ®
Virlix ®
Xyzall ®
Zyrtec ®

Traitement de l’urticaire cholinergique chronique (cises depuis plus de 6 semaines)

Le traitement de l’urticaire chronique nécessite souvent un traitement de l’allergie par antihistaminiques au long cours, de plusieurs mois.

1/Recherche et éviction de la cause de l’urticaire cholinergique

Il est toujours recommandé de détecter et d’éviter le facteur déclencheur de l’urticaire

Eviter l’augmentation de la température centrale du corps (après un exercice physique ou bain chaud par exemple).

Un antihistaminique peut être proposée avant la pratique du sport.

Bêta-bloquants ?

 

2/Psychologie

L’urticaire chronique ayant souvent un substrat psychologique (stress… ) et un fort retentissement sur la qualité de vie (insomnie… ), une prise en charge psychologique peut être proposée (relaxation, thérapies cognitivo-comportementales… ).

3/ les médicaments contre l’urticaire cholinergique

3.1/ Anti histaminiques

Traitement de 1ère ligne

On privilégie l’utilisation d’anti-Histaminiques non anticholinergiques (dits de 2e génération), qui entraînent moins d’effets secondaires (somnolence, glaucome, troubles urinaires en cas d’hypertrophie de la prostate.

En cas de rémission complète et durable, un arrêt progressif du traitement est proposé, sinon, on utilise alors une association d’un anti-H1 non anticholinergique (dit de 2e génération) le matin et un anti-H1 anticholinergique (dit de 1re génération) sédatif le soir.

En l’absence d’amélioration avec les antihistaminiques à dose normale, le médecin peut choisir de passer à la

Seconde ligne thérapeutique

Le médecin peut décider de monter les doses des antihistaminiques jusqu’à 4 fois la dose normale pour voir si cela permet une rémission, sous controle médical et en l’absence de contre indication


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URTICAIRE VIRAL : l’urticaire virale

Urticaire viral

Urticaire viral (plus fréquent chez l'enfant)
Urticaire viral (plus fréquent chez l’enfant)

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Le mot urticaire provient du latin « urtica » qui signifie ortie.

Elle a generalement l’aspect de boutons monomorphes ressemblant à des piqûres d’ortie qui très souvent démangent (démangeaisons), fugaces et évolutifs.

Les causes de l’urticaire sont nombreuses et parmi celles ci l’urticaire virale est assez peu fréquente, sauf chez l’enfant

Urticaire viral de l’enfant

De nombreuses infections virales peuvent provoquer une urticaire aigue, notamment chez l’enfant. On les suspecte notamment en cas de fièvre, de rhinopharyngite…

Urticaire viral de l’adulte

Chez l’adulte, les virus les plus fréquemment en cause sont ceux de l’hépatite (exemple : triade de Caroli (urticaire, arthralgies, maux de tete) prémonitoire d’une hépatite B), mais l’hépatite donne plutot des aspects d’urticaires de type systémique ou d’une urticaire au froid par cryoglobulinemie. (voir ces types d’urticaire)

Traitement de l’urticaire viral

Recherche de la cause

Le médecin va chercher la cause de l’urticaire et notamment la cause virale, surtout si l’urticaire dure plus de 6 semaines, par des sérologies sanguines

Eviter les facteurs favorisant l’urticaire

Les facteurs aggravant l’urticaire doivent être évités :

aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs :

  • Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, oeufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
  • Charcuterie : viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie
    emballée, gibier
  • Blanc d’oeuf
  • Fromages : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère,
    cheddar
  • Légumes : epinards, tomate, choux, choucroute, concombre
  • Fruits :fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
  • Boissons alcoolisées : bière, vin
  • Chocolat et cacao

aspirine ou anti-inflammatoires non stéroïdiens

Certains antihypertenseurs :

Inhibiteurs de l’enzyme de conversion

pouvant engendrer des angioedemes et

bétabloquants

pouvant rendre difficile la prise en charge d’une anaphylaxie

Eviter la cortisone s’il n’y a pas de signes de gravité (anaphylaxie… )

Les corticoïdes par voie générale ne sont pas indiqués dans le traitement de l’urticaire car ils exposent à un risque de rebond à l’arret.

Soigner l’urticaire virale aigue (crise depuis moins de 6 semaines)

Le traitement de l’urticaire non compliquée requiert généralement des antihistaminiques (traitement de l’allergie).

Certains d’entre eux provoquent une somnolence et nécessitent des précautions, en particulier déviter la conduite automobile.

Exemples de médicaments de l’allergie :
Aerius ®
Atarax ®
Clarityne ®
Kestin ®
Polaramine ®
Primalan ®
Telfast ®
Tinset ®
Virlix ®
Xyzall ®
Zyrtec ®


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OEDEME DE QUINCKE : l’angio edeme de Quinck (quick)

Œdème de Quincke (angio-œdème) : symptômes, traitement, urgence

Il faut savoir reconnaître l’œdème de Quincke (souvent appelé à tort œdème de Quick), qui peut être une complication d’une poussée d’urticaire. Il s’agit de son extension à la muqueuse buccale et ORL, d’où un risque d’asphyxie par gonflement de ces muqueuses : une dysphonie (difficulté à parler) ou des troubles de la déglutition peuvent en effet précéder une détresse respiratoire.

L’urticaire profonde touche les zones où le tissu sous-cutané est lâche : région génitale, extrémités et surtout le visage (paupières et lèvres).

🚨 URGENCE — Toute crise qui se complique d’un gonflement de la lèvre, de la langue ou des paupières et/ou de picotements et démangeaisons de la gorge doit amener à consulter en urgence (appeler le 15 ou se rendre aux urgences) pour une injection de cortisone voire d’adrénaline.
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📅 Téléconsultation avec le dermatologue

Sommaire :
Symptômes |
Traitement d’urgence |
Facteurs déclenchants à éviter |
Relais par antihistaminiques |
Bilan et éviction de la cause |
Angio-œdème héréditaire |
Pages associées |
Questions fréquentes

Symptômes de l’œdème de Quincke

oedeme de Quinck
Gonflement des lèvres, voire des paupières, picotements dans la bouche… attention à l’œdème de Quincke
Oedeme de Quincke
Gonflement des lèvres : attention à l’angio-œdème ou œdème de Quincke !
Angioedeme
La langue peut gonfler dans l’œdème de Quincke, engendrant un risque d’asphyxie
Le risque majeur de l’angio-œdème : un gonflement des cordes vocales (vues ici en endoscopie), provoquant une asphyxie
Signe clinique Signification Urgence
Gonflement des lèvres ou des paupières Angio-œdème cutané superficiel 🟡 Consulter rapidement
Gonflement de la langue Extension à la cavité buccale — risque d’obstruction 🔴 Urgences immédiates
Picotements ou démangeaisons de la gorge Extension ORL — précède souvent la détresse respiratoire 🔴 Urgences immédiates — appeler le 15
Dysphonie (voix rauque, difficulté à parler) Œdème laryngé débutant 🔴 Urgences immédiates — appeler le 15
Troubles de la déglutition Extension pharyngée 🔴 Urgences immédiates — appeler le 15
Détresse respiratoire, stridor Œdème des cordes vocales — risque d’asphyxie 🔴🔴 SAMU — adrénaline en urgence
⚠️ Toute crise d’urticaire doit amener à consulter son médecin sans tarder — même sans signe d’extension ORL, pour évaluer le risque et adapter le traitement de fond.

Traitement de l’œdème de Quincke

La prise en charge de l’œdème de Quincke est une urgence hospitalière ou de clinique (service d’urgences).

Traitement Indications Voie
Cortisone intraveineuse Traitement de première intention — réduit l’inflammation et limite l’extension Perfusion IV — urgences
Adrénaline (épinéphrine) Signes inquiétants : dysphonie, stridor, détresse respiratoire, choc anaphylactique IM (cuisse) ou IV selon gravité
Antihistaminiques IV En complément de la corticothérapie pour réduire le prurit et l’urticaire associée IV ou IM

Facteurs déclenchants à éviter

Aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs

Catégorie Aliments à éviter
Poissons et crustacés Thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, œufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
Charcuterie et viandes Viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie emballée, gibier
Œuf Blanc d’œuf
Fromages Camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère, cheddar
Légumes Épinards, tomate, choux, choucroute, concombre
Fruits Fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
Boissons Bière, vin et boissons alcoolisées
Autres Chocolat et cacao

Médicaments déclenchants

Médicament Mécanisme Conduite à tenir
Aspirine et AINS Inhibition des prostaglandines → dégranulation mastocytaire Contre-indiqués en cas d’urticaire/angio-œdème — utiliser paracétamol
Inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) — ex. énalapril, ramipril Accumulation de bradykinine → angio-œdème sans urticaire Tout angio-œdème contre-indique la prise ultérieure d’IEC — signaler à tout médecin prescripteur
Bêtabloquants Bloquent l’action de l’adrénaline en cas d’anaphylaxie → rendent difficile la prise en charge À signaler au médecin urgentiste — peuvent nécessiter du glucagon IV

Relais par antihistaminiques

Lorsque le patient a dégonflé, les médecins prescrivent des antihistaminiques (traitement de l’allergie). Certains d’entre eux provoquent une somnolence et nécessitent des précautions, en particulier d’éviter la conduite automobile.

Exemples de médicaments de l’allergie :
Aerius®
Atarax®
Clarityne®
Kestin®
Polaramine®
Primalan®
Telfast®
Tinset®
Virlix®
Xyzall®
Zyrtec®

Recherche et éviction de la cause

Il est toujours recommandé de détecter et d’éviter le facteur déclencheur de l’angio-œdème. En l’absence d’urticaire associée, le bilan comprend :

💡 Dosage de l’inhibiteur de la C1 estérase — son déficit (ou plus rarement son augmentation en cas de trouble fonctionnel) est responsable de l’œdème angioneurotique héréditaire ou acquis.

Angio-œdème héréditaire (déficit en C1 inhibiteur)

Héréditaire Acquis
Fréquence Rare — transmission autosomique dominante, ~30 % de mutations spontanées Beaucoup plus rare
Début Habituellement durant l’enfance À tout âge
Déclencheurs Traumatisme, émotions, règles, œstrogènes, IEC Cancer, infection
Localisation Prédominance sur les extrémités + risque d’œdème laryngé + douleurs abdominales sévères Variable
Traitement de crise sévère Concentré d’inhibiteur de la C1 estérase IV (dérivé du sang) ; icatibant si déficit confirmé (non trouble fonctionnel) Selon la cause
Traitement des crises modérées Antifibrinolytiques (acide tranexamique)
Traitement préventif Si poussées fréquentes ou graves : stéroïde anabolisant (danazol) ou acide tranexamique

Bilan selon la présentation clinique

Présentation Bilan à réaliser
Angio-œdème facial localisé et inexpliqué (non médicamenteux) Bilan stomatologique et ORL à la recherche d’un foyer infectieux
Angio-œdème du visage récidivant chez l’enfant Tests cutanés à la recherche d’une allergie alimentaire vraie + éviction de l’aliment suspect 3 semaines → test de provocation orale → si positif : éviction définitive de l’aliment et de ceux contenant le même allergène

Pages associées

Démangeaisons et réactions cutanées
Calmer les démangeaisons
Eczéma atopique
Dr Ludovic Rousseau — dermatologue

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre urticaire et œdème de Quincke ?

L’urticaire classique atteint le derme superficiel : plaques rouges et gonflées qui démangent, disparaissant en moins de 24 heures. L’œdème de Quincke (angio-œdème) atteint le derme profond et l’hypoderme : gonflement ferme, peu prurigineux, prédominant sur les lèvres, paupières, langue et organes génitaux. Les deux peuvent coexister. Seul l’angio-œdème fait courir un risque d’asphyxie lorsqu’il touche les voies aériennes supérieures.

Les médicaments contre la tension peuvent-ils provoquer un œdème de Quincke ?

Oui. Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC — ex. ramipril, énalapril, périndopril) provoquent des angio-œdèmes par accumulation de bradykinine, souvent sans urticaire associée. Ces angio-œdèmes peuvent survenir des mois ou années après le début du traitement. Tout angio-œdème contre-indique définitivement la prise ultérieure d’IEC — les sartans (autre classe d’antihypertenseurs) sont généralement proposés en remplacement mais peuvent aussi, dans de rares cas, provoquer le même effet.

Faut-il avoir une seringue d’adrénaline à domicile après un œdème de Quincke ?

Cette décision appartient au médecin spécialiste (allergologue, dermatologue) selon la cause et la gravité de l’épisode. Un stylo auto-injecteur d’adrénaline (Anapen®, EpiPen®) est prescrit en cas de risque d’anaphylaxie avéré — allergie alimentaire grave, venin d’hyménoptères. Il est accompagné d’une formation du patient et de l’entourage à son utilisation.

L’œdème de Quincke héréditaire est-il différent de l’urticaire habituelle ?

Oui. L’angio-œdème héréditaire (déficit en C1 inhibiteur) est une maladie génétique rare, distincte de l’urticaire allergique. Il survient sans urticaire, ne répond pas aux antihistaminiques ni aux corticoïdes habituels, et nécessite des traitements spécifiques (concentré de C1 inhibiteur, icatibant, acide tranexamique). Son diagnostic repose sur le dosage du C1 inhibiteur et du complément C4.

Voir aussi :
Urticaire |
Antihistaminiques |
Calmer les démangeaisons |
Téléconsultation dermatologue

URTICAIRE CAUSES : quelle sont les causes de l’urticaire?

Causes de l’urticaire

Les causes de l’urticaire sont très nombreuses, on distingue les urticaires liées à des agents physiques (froid, pression du la peau… ), des médicaments, une allergie alimentaire, une infection, le contact de la peau avec une substance urticante ou allergisante…


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Urticaire physique

L’urticaire physique est lié à une action physique sur la peau engendrant une hyperréactivité de celle-ci (voir le mécanisme de l’urticaire)

  • Dermographisme

Le dermographisme est généralement caractérisé par l’apparition d’une urticaire sur une zone de la peau qui a ete légèrement traumatisée (tenue du volant sur les mains, grattage de la peau, meme le frottement minime d’un vetement parfois!). Ainsi, l’eruption peut prend la forme du tracé effectué par l’objet ou l’ongle sur la peau en cas de grattage.

dermographisme
Le dermographisme : on peut écrire ou dessiner sur la peau, provoquant une urticaire figurée
  • Urticaire retardée à la pression

Il s’agit d’une forme souvent sensible ou douloureuse qui apparait apres une pression forte et prolongée (épaules apres le port d’un sac à dos… ). L’urticaire retardee a la pression peut etre accompagnee d’autres signes : maux de tete, douleurs articulaires, malaises, fatigue,…

Urticaire retardé à la pression
Urticaire retardé à la pression
  • Urticaire vibratoire

Urticaire puis oedème après une stimulation vibratoire (rasoir, perceuse, sport sur terrain irrégulier… )

  • Urticaire cholinergique

Voir urticaire cholinergique

  • Urticaire de contact au froid

L’urticaire de contact au froid apparaît sur les zones de la peau ayant ete mises en contact avec le froid, que ce soit un objet froid, l’air froid, l’eau froide… ). Elle doit amener a consulter un medecin car elle peut etre associee a des anomalies sanguines (cryoglobulines, maladie des agglutinines froides, présence d’anticorps antinucleaires dans le sang… )

On prouve l’urticaire eu froid par un test au glaçon

Test au glaçon dans l'urticaire au froid
Test au glaçon dans l’urticaire au froid
  • Urticaire aquagénique (urticaire à l’eau)

L’urticaire aquagénique (urticaire a l’eau) apparait apres un contact avec l’eau (douche, bain ou meme eau de mer… ). Il est tres important de consulter en cas d’urticaire aquagenique car l’urticaire a l’eau peut se compliquer d’un choc anaphylactique.

Elle necessite donc imperativement la consultation d’un medecin.

On recommande generalement l’application de cremes hydratantes avant les bains voire l’ajout de bicarbonate de sodium dans l’eau du bain dans l’urticaire a l’eau.

  • Urticaire solaire (urticaire au soleil)

Urticaire solaire
Urticaire solaire

Voir l’article consacré à l’urticaire au soleil

Urticaire médicamenteuse

Allergie au médicament ou à un excipient

Quasiment tous les médicaments sont susceptibles d’etre impliques dans la crise d’urticaire (allergie au médicament). Les médicaments les plus incrimines dans l’urticaire sont les antibiotiques (penicilline… ) les produits de contraste iodés hyperosmolaires, les anesthésiques généraux, les antipyrétiques, les sérums, les vaccins et les antalgiques (aspirine… )

Parfois l’urticaire medicamenteuse n’est pas due a la molécule de medicament mais a un conservateur (sulfites) ou a un excipient.

Dans tous les cas une consultation chez un medecin est indispensable afin d’etre sur qu’une urticaire est liee a un medicament (ce qui permettra son eviction ulterieure) et d’obtenir un traitement adequat.

Le médecin se basera sur le délai de survenue de l’urticaire pour établir s’il s’agit d’une allergie immédiate vraie :

  • en faveur d’une hypersensibilité immédiate à IgE : rapidité de survenue de l’urticaire, dans les minutes qui suivent la prise du médicament, et association à d’autres manifestations d’anaphylaxie en plus de l’urticaire
  • dans une urticaire médicamenteuse sans allergie immédiate à IgE, délai de survenue plus long de quelques heures à 10 jours après la prise médicamenteuse

Aggravation de l’urticaire par un médicament

25 à 55 % des urticaires chroniques seraient aggravées, voire déclenchées, par l’aspirine ou les anti inflammatoires par un mécanisme pharmacologique non allergique.

Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (anti hypertenseurs) peuvent entraîner des angio­œdèmes de la face, sans lésion urticarienne.

Tout antécédent d’angio­œdème est une contre ­indication aux inhibiteurs de l’enzyme de conversion (anti hypertenseurs).

Urticaire alimentaire

Voir l’allergie alimentaire

Urticaire infectieuse

Urticaire virale

Voir urticaire viral

Parasites

De nombreuses infections parasitaires ont une phase d’invasion

dans les tissus cutanéomuqueux, provoquant une urticaire souvent associée à une éosinophilie sanguine.

  • En cas de voyage tropical, on recherche une infestation de type anguillulose, ankylostomiase, filariose, bilharziose…
  • Si la personne n’a pas quitté la Metropole, on recherche plutot une ascaridiose, une toxocarose (toxocara canis), une distomatose ou une trichinose.

Bactérie

Helicobacter pylori, bactérie infestant l’estomac et incriminée dans le déclenchement d’ulcère gastrique, pourrait jouer un role dans certains urticaires chroniques.

Un simple infection urinaire basse (cystite) peut aussi être à l’origine d’urticaire aigue

Urticaire de contact

  • Il s’agit d’une urticaire localisée à une zone de contact avec une substance, survenant rapidement après le contact. Les lésions d’urticaire peuvent rester localisées à la zone de contact, ou s’étendre à distance et se généraliser. Elles sont parfois associées à des manifestations d’anaphylaxie.

Ces urticaires sont regroupées en deux catégories, en

fonction de leur mécanisme :

Les urticaires de contact immunologiques :

Elles semblent plus fréquentes chez les atopiques car ces personnes ont une peau sèche et préalablement irritée qui facilite la pénétration des allergènes et sont souvent professionnelles : personnel

de santé, professions de l’agroalimentaire… par allergie (elles requièrent une sensibilisation préalable (1er contact avec l’allergène sans réaction urticarienne)) à

  • latex: concernerait 1 à 2% de la population / plutot atopiques, les professionnels de santé et les sujets multiopérés(spina bifida) / Gants, matériel médical, préservatif, bonnet de bain… /L’utilisation de gants en latex poudrés, souventd’amidon de maïs, augmente le risque car l’amidon favorise ladispersion aérienne des protéines allergisantes du latex / + possibilité d’allergie croisée avec kiwi, banane, avocat, mangue, fruit de la passion, châtaigne…
  • fruits et légumes
  • Poissons et crustacés
  • Produits capillaires : persulfate d’ammonium, para-phénylènediamine
  • Cosmétiques : hydrolysats de protéines de blé, amidon de blé, sésame,menthol, parabens, benzophénones…
  • Médicaments : chlorhexidine, polyvidone iodée (Betadine*), antibiotiques (pénicillines, céphalosporines, aminosides, etc.), lidocaïne…
  • Animaux : chats, rongeurs (souris, rats), asticots…
  • Viandes

    Les urticaires de contact non immunologiques

Elles peuvent se produire chez la plupart des sujets exposés, sans sensibilisation préalable car elles sont le fait de substances urticantes auxquelles la plupart des gens réagissent :

  • végétaux (orties),
  • animaux (fourmis, coraux, méduses, chenilles processionnaires, papillons exotiques… )
  • substances chimiques (formaldéhyde, acide sorbique,acide benzoïque, baume du Pérou, alcool, aldéhyde et acide cinnamique, benzaldéhyde, eugénol et géraniol).

En l’absence de cause d’urticaire chronique retrouvée (70% des cas)

On parle alors d’urticaire chronique spontanée

L’urticaire chronique est une urticaire durant depuis plus de 6 semaines.

Le médecin effectue alors des recherches (examen clinique, bilans sanguins… ) à la recherche d’une cause mais n’en trouve pas dans 70 à 80% des cas.

Il traite son patient par antihistaminiques dont il peut augmenter les doses mais cela peut ne pas aboutir à une rémission

En cas de résistance aux anti histaminiques à forte dose (traitement de seconde ligne) et n’ayant pas trouvé de cause traitable à l’urticaire, le médecin diagnostiquera alors peut être cette urticaire sous l’item « urticaire chronique spontanée » et il peut demander l’avis d’un confrère hospitalier. Ce dernier pourra s’il ne juge utile prescrire des piqures contre l’urticaire en plus des anti histaminiques


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URTICAIRE SOLAIRE : l’urticaire au soleil

Urticaire solaire

L’urticaire solaire provoque une éruption de boutons gonflés rosés qui démangent (urticaire) dès les premières minutes (dans la demi heure) qui suit une exposition au soleil, contrairement à la lucite qui survient généralement dans les 12 à 78 heures après le soleil


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Urticaire au soleil
Urticaire au soleil

L’urticaire est donc une allergie de la peau : l’aspect gonflé des papules d’urticaire (enflures de la peau) est due à une dilatation aiguë des vaisseaux de la peau, secondaire à la libération d’histamine par les mastocytes.


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PROTECTION SOLAIRE / SPF
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– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


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Causes

La cause de l’urticaire au soleil est mal connue.

Elle touche 3 femmes pour un homme avec un pic entre 30 et 50 ans
On note parfois des antécédents d’eczema atopique personnel ou dans la famille, voire de lupus, lucite… certains médicaments dont les cyclines, antibiotiques utilisés dans l’acné, peuvent avoir été pris avant l’éruption

Symptomes

L’éruption débute dans les 30 minutes qui suivent l’exposition au soleil. Elle dure entre 1 heure et une journée.

Boutons d’urticaire

Le mot urticaire provient du latin « urtica » qui signifie ortie.

L’urticaire a generalement l’aspect de boutons monomorphes ressemblant à des piqûres d’ortie qui très souvent démangent (démangeaisons), fugaces et évolutifs.

Monomorphes, l’urticaire a pour lésion élémentaire une papule oedémateuse (gonflée) rouge ou rosée (comme des piqures d’orties), isolée ou confluant en des plaques bien délimitées.

Démangeaisons : l’urticaire démange constamment sauf en cas d’urticaire systémique ou profonde, parfois féroce. L’urticaire donne donc des plaques qui grattent.

Fugaces, les lésions d’urticaire persistent quelques minutes ou quelques heures avant de disparaître sans laisser de traces.

Sur une zone exposée au soleil

L’urticaire solaire apparaît le plus souvent quelques minutes apres une exposition au soleil, notamment sur les zones qui etaient protegees du soleil et ont ete recemment exposees.

Urticaire sur une zone exposée au soleil

Il peut s’étendre ensuite sur les zones couvertes

 

L’urticaire au soleil est habituellement suivie d’une période réfractaire de 24 à 48 h succédant à une poussée d’urticaire solaire au cours de laquelle une nouvelle exposition ne déclenche pas de lésion

Le diagnostic de l’urticaire au soleil passe le plus souvent par la réalisation de phototests.

Formes atypiques

L’éruption urticariforme typique peut manquer et on peut observer des formes tronquées d’urticaire solaire telles que :

  • Simple rougeur qui démange dans les 30 minutes après exposition solaire
  • Eruption localisée sur quelques zones exposées seulement (« fixed solar urticaria »)
  • Importance des manifestations générales associées : maux de tête, malaise, palpitations (risque de choc anaphylactique)…

Soigner l’urticaire solaire

Le traitement de l’urticaire solaire est souvent difficile et requiert notamment une

  • protection solaire stricte par vetements, recherche de l’ombre et écrans solaires chimiques à large spectre + gélules solaires
  • l’utilisation d’antihistaminiques à forte dose et de plusieurs types avant les expositions
  • une UVA-thérapie et/ou UVB TL01
  • Voire des Gamma globulines IV, de la Ciclosporine, une Plasmaphérèse…

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TRAITEMENT URTICAIRE : comment soigner et guérir l’urticaire

Traitement de l’urticaire : comment soigner l’urticaire


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Nous avons vu dans l’article consacré à l’urticaire, qu’il existait des facteurs aggravants ou favorisants

Eviter les facteurs favorisant l’urticaire

Les facteurs aggravant l’urticaire doivent être évités :

aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs :

  • Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, oeufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
  • Charcuterie : viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie
    emballée, gibier
  • Blanc d’oeuf
  • Fromages : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère,
    cheddar
  • Légumes : epinards, tomate, choux, choucroute, concombre
  • Fruits :fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
  • Boissons alcoolisées : bière, vin
  • Chocolat et cacao

aspirine ou anti-inflammatoires non stéroïdiens

Certains antihypertenseurs :

Inhibiteurs de l’enzyme de conversion

pouvant engendrer des angioedemes et

bétabloquants

pouvant rendre difficile la prise en charge d’une anaphylaxie

Eviter la cortisone s’il n’y a pas de signes de gravité (anaphylaxie… )

Les corticoïdes par voie générale ne sont pas indiqués dans le traitement de l’urticaire car ils exposent à un risque de rebond à l’arret.

Soigner l’urticaire aigue (crise depuis moins de 6 semaines)

Le traitement de l’urticaire non compliquée requiert généralement des antihistaminiques (traitement de l’allergie).

Certains d’entre eux provoquent une somnolence et nécessitent des précautions, en particulier déviter la conduite automobile.

Exemples de médicaments de l’allergie :
Aerius ®
Atarax ®
Clarityne ®
Kestin ®
Polaramine ®
Primalan ®
Telfast ®
Tinset ®
Virlix ®
Xyzall ®
Zyrtec ®

Traitement de l’urticaire chronique (urticaire durant plus de 6 semaines)

Le traitement de l’urticaire chronique nécessite souvent un traitement de l’allergie par antihistaminiques au long cours, de plusieurs mois.

1/Recherche et éviction de la cause de l’urticaire chronique

Il est toujours recommandé de détecter et d’éviter le facteur déclencheur de l’urticaire :

  • Angio-œoedème :

dosage de l’inhibiteur de la C1 estérase. Administration d’inhibiteur de la C1 esterase en voie veineuse, acide transexamique…

En cas d’angio-œoedème facial, localisé et inexpliqué :

bilan dentaire et ORL à la recherche d’un foyer infectieux => traitement du foyer infectieux

En cas d’angio-œdème du visage récidivant chez l’enfant :

pricktests cutanés à la recherche d’une allergie alimentaire vraie et éviction de l’aliment suspect pendant 3 semaines.

En cas d’amélioration : réalisation d’un test de provocation orale, qui s’il est positif entraine une éviction de l’aliment et de ceux contenant le même allergène ou suspects d’allergies croisées.

  • Urticaires physiques :

éviction de certaines situations déclenchantes associée à un traitement antihistaminique non anticholinergique

Urticaire à la pression

Eviter les facteurs déclenchants (port de charges, agenouillement prolongé… ). Anti histaminiques

Urticaire cholinergique

Eviter l’augmentation de la température centrale du corps (après un exercice physique ou bain chaud par exemple).

Un antihistaminique peut être proposée avant la pratique du sport.

Bêta-bloquants ?

Urticaire au froid

Rechercher cryoglobulines, cryofibrinogène, agglutinines froides, électrophorèse et immunoélectrophorèse des protéines.

Prévenir les patients du risque qu’ils courent lors d’une immersion en eau froide (anaphylaxie) ou de la consommation d’aliments glacés (oedeme laryngé).

Protection vestimentaire contre le froid

Antihistaminiques
Désensibilisation au froid? : exposer jour après jour une surface cutanée croissante pendant 5 minutes par jour à une eau de 8 à 15 °C. La désensibilisation est obtenue lorsqu’on supporte l’exposition jusqu’aux épaules à une eau à 15 °C sans urticaire. L’entretien de la désensibilisation se fait en prenant deux douches par jour à 15 °C, de 5 minutes chacune.

Urticaire solaire

Voir l’allergie au soleil

Urticaire aquagénique

Son diagnostic repose sur la positivité du test réalisé avec une compresse humide mais parfois il faut, sous stricte surveillance hospitalière, immerger un membre ou d’une partie plus importante du corps durant plus de 15 minutes.

Prendre des douches de durée brève, de ne jamais se baigner sans surveillance.

Anti histaminiques et creme hydratante avant les bains et douches

Une pincée de bicarbonate dans l’eau du bain

  • Urticaire de contact :

pricktests et éviction de l’allergène. Antihistaminique

  • Urticaire alimentaire :

aucun examen complémentaire spécifique n’est nécessaire.

Il s’agit en effet le plus souvent de fausse allergie alimentaire par consommation d’aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs (fraises, crustacés… ), ainsi, on recommande dans un premier temps l’éviction des aliments riches en amines biogènes :

  • Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, oeufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
  • Charcuterie : viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie
    emballée, gibier
  • Blanc d’oeuf
  • Fromages : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère,
    cheddar
  • Légumes : epinards, tomate, choux, choucroute, concombre
  • Fruits :fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
  • Boissons alcoolisées : bière, vin
  • Chocolat et cacao

En l’absence d’amélioration de ce régime, ou en cas de doute d’une allergie alimentaire vraie (l’urticaire alimentaire est alors parfois précédée par des démangeaisons ou des picotements voire un gonflement des lèvres et de la muqueuse dans la bouche rapidement après la prise alimentaire (poissons et les crustacés, l’arachide, le soja, les céréales, l’oeuf, le lait de vache, des fruits exotiques… ) et elle peut être associée à des douleurs digestives. On peut alors doser les IgE spécifiques alimentaires dans le sang, voire réaliser prudemment des prick tests

  • Urticaire médicamenteuse :

aucun examen complémentaire spécifique n’est nécessaire.

En fait un tiers à la moitié environ des urticaires de tous types seraient aggravées, voire déclenchées, par l’aspirine ou les Anti inflammatoires non stéroidiens. De même, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (anti hypertenseurs) peuvent entraîner des angioœdèmes de la face et du coup, tout antécédent d’angio-œdème est une contre-indication aux Inhibiteurs de l’Enzyme de Conversion.

  • Signes évocateurs de vascularite urticarienne

fixité des lésions, absence ou faible démangeaison, purpura, nodules, livedo suspendu… :

bilan de vascularite et biopsie de peau

  • Doutes sur la fonction thyroidienne :

la fréquence des thyroïdites auto-immunes est augmentée chez les sujets présentant une Urticaire chronique : bilan thyroidien et recherche d’Anticorps anti thyroglobuline et thyroperoxydase.

  • Doute d’ulcere gastroduodenal :

réalisation d’une fibroscopie avec recherche d’Helicobacter pylori. Le cas échéant, traitement par inhibiteurs de pompe à proton + antibiothérapie

2/Psychologie

L’urticaire chronique ayant souvent un substrat psychologique (stress… ) et un fort retentissement sur la qualité de vie (insomnie… ), une prise en charge psychologique peut être proposée (relaxation, thérapies cognitivo-comportementales… ).

3/ les médicaments contre l’urticaire chronique

3.1/ Anti histaminiques

Traitement de 1ère ligne

On privilégie l’utilisation d’anti-Histaminiques non anticholinergiques (dits de 2e génération), qui entraînent moins d’effets secondaires (somnolence, glaucome, troubles urinaires en cas d’hypertrophie de la prostate.

En cas de rémission complète et durable, un arrêt progressif du traitement est proposé, sinon, on utilise alors une association d’un anti-H1 non anticholinergique (dit de 2e génération) le matin et un anti-H1 anticholinergique (dit de 1re génération) sédatif le soir.

En l’absence d’amélioration avec les antihistaminiques à dose normale, le médecin peut choisir de passer à la

Seconde ligne thérapeutique

Le médecin peut décider de monter les doses des antihistaminiques jusqu’à 4 fois la dose normale pour voir si cela permet une rémission, sous controle médical et en l’absence de contre indication

3.2/ Des piqures contre l’urticaire chronique : XOLAIR*

Voir l’article sur les piqures contre l’urticaire

Traitement de l’urticaire avec signes de gravité

En cas de détresse respiratoire, de malaise avec tachycardie
et hypotension… il repose sur l’adrénaline administrée
par voie intramusculaire à une dose de 0,3 à 0,5 mg, associée
dès que possible à une oxygénothérapie, à de la cortisone et la pose d’une voie veineuse pour remplissage vasculaire.

Ces formes graves d’urticaire sont parfois précédées de signes prémonitoires : une voix nasonnée, gêne à la déglutition, sensation d’oppression thoracique voire une difficulté à respirer, des
nausées et des douleurs abdominales, une diarrhée. Ces signes
nécessitent un traitement immédiat par un antihistaminique et cortisone, une hospitalisation en urgence et une surveillance de
24 heures.

Le médecin délivrera une trousse d’urgence contenant un kit d’adrénaline auto-injectable aux personnes à risque de réaction anaphylactique grave et une conduite à tenir en cas de survenue de crise évocatrice :

1/ Prendre immédiatement dès le début de la réaction allergique (notamment démangeaisons, urticaire) 2 comprimés d’antihistaminique type desloratadine (Aerius*)

et

tenir prête la seringue d’adrénaline en autoinjecteur

2/ En cas de symptômes allergiques sévères (ceux­ ci surviennent en règle générale en l’espace de quelques minutes à 1 heure et se manifestent par une forte gêne respiratoire, des troubles digestifs, une transpiration abondante, des vertiges, une sensation de faiblesse, un serrement dans la poitrine, plus rarement une perte de connaissance), appliquer sur la cuisse la seringue d’adrénaline prête à l’emploi et faire une injection d’adrénaline en face antérolatérale de la cuisse, rester allongé les jambes surélevées jusqu’à l’arrivée du médecin (appeler un médecin dès que possible ou appeler le 15).

3/ Si vous vous trouvez dans un endroit isolé, prendre par précaution un corticoïde (1 mg/kg équivalent Prednisolone : si poids 60kgs, prendre 3 cp de Solupred* 20 orodispersible). Ce médicament n’agit qu’après 2 heures environ, mais il protège d’une récidive durant 24 heures.

NB : conditions de conservation de l’adrénaline en seringue auto injectable :

Ne pas mettre au réfrigérateur. Ne pas congeler.

Vérifier périodiquement que l’aspect de la solution est toujours limpide et incolore dans la fenêtre de contrôle du stylo. Jeter ou remplacer l’auto­injecteur si la solution a changé de couleur ou contient un précipité, et au plus tard à la date de péremption.

Les conseils du dermatologue en cas d’urticaire

  • En plus du traitement par voie orale, il peut être utile en cas de démangeaisons importantes de s’appliquer du talc officinal sur les lésions. Ceci ne diminue cependant pas l’urticaire.
  • En cas d’inefficacité du traitement antihistaminique, il ne faut pas hésiter à reconsulter car un simple changement de médicament antihistaminique peut parfois se révéler utile.
  • Le traitement d’une première crise doit être effectué durant 15 j au moins car il existe un risque de récidive lors d’un arrêt trop précoce.
  • En cas d’allergie aux piqûres d’hymenoptères (abeilles, guêpes…) ou de risque d’anaphylaxie, il est souvent utile d’avoir sur soi un kit dadrénaline auto-injectable prescrit par le médecin (voir plus haut).

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URTICAIRE : symptomes et comment calmer les boutons d’urticaire

Urticaire : causes, symptômes et traitement

L’urticaire provoque des plaques gonflées et très prurigineuses sur la peau, ressemblant à des piqûres d’ortie. C’est l’une des maladies dermatologiques les plus fréquentes : elle touche 1 personne sur 5 au moins une fois dans sa vie. Sa cause est parfois évidente (médicament, aliment, infection) mais reste introuvable dans 70 à 80 % des formes chroniques.

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Urticaire — plaques gonflées qui démangent

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Sommaire :
Qu’est-ce que l’urticaire |
Symptômes |
Aiguë vs chronique |
Formes particulières |
Causes |
Bilan |
Traitement |
Pages spécialisées |
Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’urticaire ?

L’urticaire est une réaction déclenchée par la libération d’histamine par les mastocytes de la peau. Cette histamine provoque une dilatation aiguë des vaisseaux cutanés, d’où l’aspect gonflé et rouge des plaques. C’est une forme d’allergie de la peau. Elle représente 1 à 2 % des consultations en dermatologie et allergologie.

Symptômes : comment reconnaître une urticaire ?

Les plaques d’urticaire ont 4 caractéristiques typiques :

Caractéristique Description
Monomorphes Toutes les lésions ont le même aspect — papules œdémateuses roses ou rouges, comme des piqûres d’ortie
Prurigineuses Démangeaisons intenses, parfois féroces
Fugaces Chaque plaque disparaît en quelques minutes à quelques heures sans laisser de trace
Évolutives Des lésions disparaissent pendant que d’autres apparaissent ailleurs — aspect de mobilité

À la vitropression (pression du doigt), les plaques blanchissent. Leur bordure est surélevée et bien délimitée par rapport à la peau saine.

papules urticaire piqûres ortie boutons
Papules d’urticaire
plaque urticaire bordure surélevée
Plaque d’urticaire à bordure surélevée
urticaire annulaire anneaux ronds peau
Urticaire en anneaux
urticaire rouge plaques
Urticaire rouge

Urticaire aiguë vs urticaire chronique

Urticaire aiguë Urticaire chronique
Durée Moins de 6 semaines Plus de 6 semaines
Cause retrouvée Souvent identifiable (médicament, aliment, piqûre) Introuvable dans 70–80 % des cas
Évolution Régression spontanée en jours à semaines Durée moyenne 3 à 5 ans. Si > 6 mois : 40 % persistent encore 10 ans plus tard
Bilan sanguin Non nécessaire sauf forme grave Indispensable — bilan complet orienté
Traitement de base Antihistaminiques au moins 15 jours Antihistaminiques ± doses augmentées ± omalizumab

Les formes particulières d’urticaire

Forme Caractéristiques Page dédiée
Urticaire géante Grande surface corporelle atteinte. Risque accru d’œdème de Quincke et d’anaphylaxie. → Urticaire géante
Œdème de Quincke Gonflement profond du visage, lèvres, langue ou larynx. Urgence médicale si atteinte laryngée — appeler le 15. → Œdème de Quincke
Anaphylaxie Urticaire + troubles hémodynamiques (hypotension, choc), respiratoires ou digestifs. Débute classiquement par le cuir chevelu, les paumes ou les plantes. Appeler le 15 immédiatement
Urticaire cholinergique Petites papules punctiformes déclenchées par la chaleur, l’effort ou le stress. Mécanisme neurologique. → Urticaire cholinergique
Dermographisme Plaques sur les zones de grattage ou frottement. Forme d’urticaire physique.
Urticaire au froid Contact avec surface froide ou eau froide.
Urticaire solaire Exposition aux UV. → Urticaire solaire
Urticaire de pression Pression prolongée (bretelles, ceinture).
Urticaire aquagénique Contact avec l’eau quelle que soit sa température.
Vascularite urticarienne Origine auto-immune. Lésions relativement fixes, aspect purpurique, peu prurigineuses. Fièvre et douleurs articulaires possibles. Nécessite biopsie et bilan de vascularite.
Urticaire pigmentaire (mastocytose) Lésions brun-rouges fixes. Frottement → gonflement local (signe de Darier). Dosage tryptase sanguine : < 5 ng/ml normal, 5–20 mastocytose cutanée, > 20 mastocytose systémique.

⚠️ Signes d’anaphylaxie — appeler le 15 immédiatement : urticaire + difficultés à respirer, sifflements, gonflement de la gorge, hypotension, malaise. Ne pas attendre.

Causes de l’urticaire

Les causes sont très nombreuses. Voir l’article détaillé : causes de l’urticaire.

Catégorie Exemples
Médicaments Antibiotiques (pénicillines), AINS, aspirine, IEC, opiacés
Aliments Arachides, fruits de mer, œufs, lait, fruits rouges, additifs alimentaires
Infections Virales (hépatites, EBV), parasitaires (toxocarose)
Maladies auto-immunes Thyroïdite auto-immune, lupus
Piqûres d’hyménoptères Abeilles, guêpes
Stress Facteur déclenchant ou aggravant — voir urticaire et stress
Idiopathique Sans cause retrouvée dans 70–80 % des formes chroniques

Bilan de l’urticaire chronique

Recommandé par la conférence de consensus :

Bilan Examens
Standard (systématique) NFS-plaquettes, VS, CRP, transaminases, gamma-GT, anticorps anti-TPO, TSH, anticorps antinucléaires, complément (C3, C4, CH50), sérologie toxocarose
Symptômes digestifs hauts Fibroscopie gastrique
Urticaire au froid Cryoglobulines, cryofibrinogène, agglutinines froides, électrophorèse des protéines
Suspicion de vascularite Bilan de vascularite + biopsie cutanée
Urticaire de contact Prick tests, éviction de l’allergène
Urticaire solaire Phototests
prick tests urticaire allergène avant-bras
Prick tests pour identifier l’allergène

Traitement de l’urticaire

Voir l’article complet : traitement de l’urticaire.

Traitement Indication / utilisation
Antihistaminiques H1 2e génération
(cétirizine, loratadine, bilastine)
1re ligne — à poursuivre au moins 15 jours pour éviter les récidives
Antihistaminiques à doses augmentées Jusqu’à 4× la dose standard en cas d’inefficacité, avant de changer de molécule
Omalizumab (Xolair®) Biothérapie anti-IgE — urticaire chronique spontanée résistante aux antihistaminiques. Remboursé en France depuis 2015 dans cette indication.
Adrénaline auto-injectable (EpiPen®) À avoir sur soi en cas d’antécédent d’anaphylaxie ou d’allergie aux hyménoptères
Talc officinal Sur les lésions en cas de démangeaisons intenses — soulagement local, ne diminue pas l’éruption

Urticaire qui résiste aux antihistaminiques ?
L’omalizumab (Xolair®) est remboursé et très efficace dans les formes chroniques résistantes. Une téléconsultation permet d’évaluer rapidement l’indication.
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Pages spécialisées du cluster urticaire

Formes particulières
Traitement de l’urticaire — guide complet
Causes de l’urticaire — médicaments, aliments, infections
Urticaire chronique — bilan, évolution, omalizumab
Urticaire géante — prise en charge
Œdème de Quincke — urgence, traitement

Formes déclenchées par des facteurs spécifiques
Urticaire cholinergique — effort, chaleur, stress
Urticaire solaire — UV et peau
Urticaire et stress — mécanismes et gestion
Allergies cutanées — panorama général
Antihistaminiques — comment ça marche ?

Sources

Questions fréquentes sur l’urticaire

Quelle est la différence entre urticaire aiguë et urticaire chronique ?

L’urticaire aiguë dure moins de 6 semaines et régresse souvent spontanément — elle est fréquemment liée à un facteur déclencheur identifiable. L’urticaire chronique dure plus de 6 semaines, peut persister plusieurs années et reste sans cause retrouvée dans 70 à 80 % des cas malgré un bilan complet.

L’urticaire est-elle dangereuse ?

L’urticaire simple est bénigne. Certaines formes peuvent se compliquer d’un œdème de Quincke (gonflement du larynx) ou d’une anaphylaxie — urgences nécessitant d’appeler le 15 immédiatement. Consultez dès la première crise pour évaluer ce risque.

Mon traitement antihistaminique ne marche pas — que faire ?

Reconsultez sans attendre. Un changement de molécule ou l’augmentation jusqu’à 4× la dose standard peut suffire. En cas d’échec, l’omalizumab (Xolair®), biothérapie remboursée, est très efficace dans l’urticaire chronique résistante.

L’urticaire peut-elle être liée au stress ?

Oui — le stress peut déclencher ou aggraver une urticaire, notamment l’urticaire cholinergique et l’urticaire chronique idiopathique. Il agit comme facteur favorisant sur un terrain prédisposé. Voir notre article urticaire et stress.

Peut-on avoir de l’urticaire tous les jours pendant des années ?

Oui. Si l’urticaire chronique dure plus de 6 mois, 40 % des patients en souffrent encore 10 ans plus tard. Les biothérapies comme l’omalizumab ont transformé la prise en charge de ces formes sévères et permettent une rémission prolongée dans la majorité des cas.

Voir aussi :
Traitement urticaire |
Causes de l’urticaire |
Urticaire cholinergique |
Urticaire et stress |
Œdème de Quincke |
Téléconsultation dermatologue


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