NOUVEAU! 🩺 Téléchargez le livre "La peau de l'intérieur" : règles d'or pour une approche médicale et naturelle / soigner sa peau de l'intérieur (intestin-peau, cerveau-peau...)
Téléchargez →
On sait que la peau doit être protégée du Soleil (voir comment protéger sa peau du soleil) par la recherche de l’ombre, le port de vêtements couvrants et l’application d’écrans solaires pour diminuer le risque de mélanome et de cancers kératinocytaires (carcinomes épidermoïde et basocellulaire) ainsi que pour limiter le vieillissement cutané. Cependant les UV cancérigènes (surtout les B de 290 à 320 nm) sont aussi ceux qui induisent la photosynthèse de la vitamine D ayant un rôle dans l’ostéogénèse. Protéger sa peau du Soleil donne-t-il de l’ostéoporose?
Que sont les « rayons du soleil » ?
Le soleil est une énorme (on pourrait mettre 1 million de Terres dedans) usine thermonucléaire qui émet des rayons.
Certains rayons sont visibles, c’est la lumière.
D’autres sont invisibles : les Ultra-violets et les Infra-rouges.
Quelle est l’influence du soleil sur la peau ?
Le rayonnement ayant le plus d’effet sur la peau est le rayonnement Ultra-Violet (UV).
On distingue trois type d’UV dans l’ordre croissant de leur » force » : les UVA, B et C. Les UVC sont arrêtés par l’atmosphère et nous recevons surtout des UVA et B, même par temps nuageux (un voile nuageux d’altitude ne bloque que 10% des UV).
Effets négatifs des UV émis par le soleil sur la peau
Mais les UV délivrés par le soleil abîment aussi la peau et la font vieillir prématurément.
Les UV pénètrent dans les cellules de notre peau et y créent des dégâts (mutations génétiques sur l’ADN notamment)
Nous avons des systèmes de défense luttant contre ces effets néfastes, mais ils sont débordés par une exposition trop intense ou fréquente.
On voit ainsi augmenter les rides et les risques de cancers de la peau
Il faut donc savoir modérer ses expositions solaires et savoir que la vie courante (travailler, faire des courses ) dans un pays ensoleillé est déjà considérée comme une forte exposition.
Il ne faut en effet jamais oublier que la lumière voyage à 300 000 kms/seconde : le fait de bouger, faire du vélo, des courses… ne nous protège donc pas du tout même si la sensation de chaleur n’est pas présente
Effets positifs du soleil sur la peau
Les UV peuvent avoir des effets positifs sur la peau à faible dose comme par exemple
l’action antidépressive chez certaines personnes
Cet effet semble être plus lié à la lumière visible qu’aux UV
guérir certaines maladies de la peau (psoriasis… ).
Là encore il suffit de très peu d’UV (quelques minutes d’exposition qutotidienne à 17h en été suffisent pour avoir un effet bénéfique sur certaines maladies de peau en quelques jours ou semaines)
la production de vitamine D (action antirachitique)
C’est ce qui va nous intéresser le plus ici. La vitamine D aide a fixer le calcium dans les os. Diminuer ses expositions solaires diminue-t-il significativement la production de vitamine D au point de favoriser l’ostéoporose?
Une meta analyse de la littérature effectuée en 2019 a conclu que l’utilisation quotidienne d’écrans solaires pour une protection solaire ne compromettait pas la synthèse de vitamine D. En effet, il suffit de prendre un café en terrasse pendant quelques minutes avant bras nus en période estivale pour avoir synthétisé son stock quotidien de vitamine D ! Le reste des expositions est superflu et produit des dommages dans les cellules de la peau, engendrant cancers de la peau, vieillissement prématuré, taches solaires…
Cependant, il restait à préciser les effets potentiels de ces mesures protectrices solaires vis-à-vis des complications d’un manque de vitamine D telles qu’une diminution de la densité minérale osseuse (DMO) et un risque de fracture ostéoporotique accru. Ceci a été étudié dans un article de décembre 2021 prenant en compte l’attitude face au soleil de plus de 3000 personnes (rester dans l’ombre, porter des manches longues, et utiliser des crèmes écrans solaires) : aucune association n’a été retrouvée entre ces comportements de protection et une diminution du score de DMO déterminée par absorptiomètrie biphotonique. Se mettre modérément à fréquemment à l’ombre est même au contraire associé à une baisse du risque de fracture vertébrale!
Ainsi, adopter des mesures de protection vis-à-vis du soleil ne semble pas compromettre la DMO ni augmenter le risque de fracture ostéoporotique.
Il existe de nombreuses réactions possibles de la peau au soleil, appelées couramment « allergie au soleil ». Elles sont souvent caractéristiques par la disposition des boutons, plaques, rougeurs… dans les zones exposées au soleil
Allergie au soleil
Lucites
Il s’agit d’éruptions assez fréquentes, notamment la lucite estivale
Lucite estivale bénigne :
Lucite estivale benigne
eruption siégeant surtout sur le haut du torse survenant aux premiers soleils intenses de l’année (printemps), et guérissant dès l’obtention d’un hâle protecteur, voir la lucite
Caractéristique par l’aspect des boutons d’urticaire ressemblant à des piqures d’ortie, fugace, apparaissant le plus souvent quelques minutes apres une exposition au soleil, notamment sur les zones qui etaient protegees du soleil et ont ete recemment exposees.
Si vous prenez des médicaments ou que l’allergie au soleil que vous présentez siège sur des zones que vous avez recouvertes de crème, voir l’article sur la photosensibilisation
Fausses allergies au soleil
Certains ont la peau qui chauffe et qui rougit au soleil sur le visage et le décolleté notamment et pensent avoir une allergie au soleil
En fait il s’agit parfois simplement de rougeurs liées à la couperose, qui s’accentuent lors du contact avec la chaleur : voir l’article consacré aux autres rougeurs du visage
Couperose, rougissant au soleil et souvent prise pour une allergie solaire
Parfois il s’agit simplement d’un léger coup de soleil, pouvant passer pour une allergie au soleil car il est peu douloureux
Dermite printanière juvénile
Eruption sur les oreilles chez un jeune apres les premiers soleils du printemps
Dermite printanniere juvenile
Coup de soleil
Le coup de soleil est une brulure de la peau, qui est souvent sensible voire douloureuse
Traitement
Les traitements contre les allergies au soleil dépendent de la cause sous-jacente. Il est prescrit par un médecin
Le lupus est une maladie auto immune (dans laquelle des cellules et anticorps du système immunitaire sensé nous protéger, se tournent contre nos propres cellules) pouvant toucher la peau et les cheveux (lupus cutané), donnant des plaques, notamment sur les zones exposées au soleil, des zones sans cheveux… et les organes profonds (lupus systémique) : coeur, reins, articulations…
L’aspect classique est en masque de loup (rougeur des joues et du nez), d’où le nom de « lupus » mais il existe de nombreuses autres manifestations cutanées
Le légendaire lupus du Dr House…
Symptomes
Il y a donc plusieurs types de lupus :
1/ L aigu, encore appelé l erythemateux systemique
Il peut être grave car il concerne les organes internes (les reins notamment). C’est alors l’atteinte des organes (reins++) en dehors de la peau qui peut être préoccupante voire grave dans le lupus systémique.
Il prend la forme du classique d’une rougeur des joues parfois gonflée, épargnant les ailes du nez et la lèvre cutanée supérieure, ainsi que les zones photo-protégées. Il ne laisse pas de séquelles cicatricielles sur la peau.
Lupus aigu
2/ L cutané
Il s’agit d’ une forme le plus souvent isolée à la peau, donc n’ayant pas de manifestations systémiques, notamment lorsqu’il comporte peu de lésions cutanées.
Alopécie de lupus
Il est parfois associé à un lupus systémique mais dans ce cas il existe souvent plusieurs plaques et il est alors le plus souvent évolutif (apparition de nouvelles plaques) même si l’évolution du lupus cutané est généralement dissociée des poussées de lupus systémique.
Lupus du dos
Le lupus cutané revêt deux formes classiques,
2.1/ L subaigu
Forme rarement associée à un lupus systémique sévère ( moins de 10% des cas) donnant des plaques eruptives en relief le plus souvent sur les zones exposées au soleil du haut du corps : décolleté, haut du dos, bras…
On distingue deux formes cliniques :
annulaire: en anneaux
psoriasiforme, ayant la forme de plaques parfois sèches sur le dessus
Lupus subaigu
Il peut exister une atteinte du visage plus infiltrée que dans le lupus aigu et touchant souvent les ailes du nez. Cette forme doit faire rechercher un facteur déclenchant : un médicament (terbinafine, anti acides gastriques de type Inhibiteur de la Pompe à Protons, anti-TNFα, antihypertenseur, hypolipémiant, vaccin.. voir les médicaments pouvant provoquer un lupus), une radiothérapie, un cancer…
Lupus
Le lupus subaigu est généralement de bon pronostic
Le lupus subaigu de la femme enceinte peut être transmis à l’enfant et il faut alors chercher une atteinte cardiaque, rénale ou hépatique.
2.2/ L cutané chronique
Forme donnant des plaques stables le plus souvent sur les zones exposées au soleil du visage. Elles on un aspect discoide associant trois lésions élémentaires :
– bordure rouge et gonflée, parcourue de fines télangiectasies ;
– squames plus ou moins épaisses s’enfonçant en clou dans les orifices folliculaires pouvant donner un aspect de piqueté blanc, râpeux au toucher ;
– atrophie cicatricielle surtout au centre des lésions, souvent dépigmenté, parfois tatoué de télangiectasies et de tâches pigmentées.
Lupus débutant du nezLupus
Les plaques ont donc tendance à laisser des cicatrices claires ou pigmentées
Il est très rarement associé à une atteinte systémique (moins de 10% des cas) mais comme il expose au risque de cicatrices, il doit être pris en charge tôt.
2.3/ Formes rares de l cutanés
L tumidus
Il donne des placards principalement localisées au visage, et sur la partie supérieure du tronc avec une distribution prédominante sur les zones photoexposées, témoignant d’une grande photosensibilité. Ces placards sont gonflés, arrondis ou ovalaires, violacés, à bords nets comme tracés au compas, sans croute centrale. Certaines lésions peuvent prendre un aspect annulaire. Elles disparaissent habituellement sans cicatrice.
Lupus tumidus
L engelure
Il ressemble cliniquement à des engelures mais elle prédominent sur la face dorsale des mains, elles ne s’améliorent pas en été et avec le réchauffement et en cas de biopsie on met en évidence une histologie de type lupus. Contrairement aux lésions de lupus discoïde des extrémités, le lupus engelure ne s’accompagne pas de déformations des doigts ni d’atteinte unguéale.
Il ne faut pas les confondre avec une vascularite du doigt du à un lupus
Panniculite lupique
La panniculite lupique ou L érythémateux profond se manifeste par des nodules ou des plaques gonflées en profondeur, parfois douloureuses, des bras (face postéro-interne), des joues ou des cuisses. La peau en regard est normale ou rouge, parfois le siège de lésions de lupus chronique de type discoïde. Les plaque s’ulcèrent dans 30% des cas et peuvent se calcifier.
3/ Dermatoses neutrophiliques associées
Elles sont souvent méconnues et ont des signes peu classiques de L, mais peuvent être mélangées à d’authentiques lésions de lupus, les faisont passer « inaperçues ». Il peut s’agir par exemple de plaques rouges du décolleté. La biopsie permet le diagnostic en montrant un infiltrat dermique riche en neutrophiles. Il ne faut donc pas hésiter à biopsier des lésions moins typiques de lupus
Diagnostic biologique
Bilan standard :
Numération Formule Sanguine, Plaquettes, ionogramme, urée, créatininémie, bilan hépatique, bilan lipidique
Recherche de protéinurie de 24h et de cylindres hématiques urinaires
Bilan auto-immun :
Anticorps antinucléaires et Anticorps anti DNA natifs
Complément (CH50, C3 C4)
Recherche d’antiphospholipides.
En cas de suspicion d’anémie hémolytique (normocytaire)
Réticulocytes
Haptoglobine
Bilirubine libre
LDH
G6PD
En l’absence d’atteinte particulière, une surveillance annuelle est classique.
Traitement
1/ Règles hygiéno diététiques
1.1/ Protection solaire
Le L est déclenché par les UV dans la plupart des cas au plan cutané. Il faut donc se protéger du soleil et porter un indice 50+ sur les zones exposées
En raison de cette photoprotection, il peut etre utile de réaliser une supplémentation vitamino-calcique (vitamine D et calcium)
1.2/ Pas de tabac
Le tabac est un cofacteur de risque cardiovasculaire
Il existe un plus grand pourcentage de fumeurs chez les patients atteints de lupus cutané notamment en cas de lupus discoïde (plus de 80% de ces patients sont fumeurs!).
Enfin, les L cutanés des patients fumeurs sont moins sensibles à tous les traitements médicamenteux
L’effet de l’arrêt du tabac sur le L cutané est très variable d’un malade à l’autre mais on peut parfois observer une nette amélioration des lésions à l’arrêt du tabac avec même récidive du lupus cutané lors de la reprise du tabac
1.3/ Contrôle des facteurs de risque cardio-vasculaires
Lutte contre l’hypertension artérielle, régime méditerranéen, lutte contre les troubles métaboliques, activité physique
Le L expose en effet à un risque accru de maladie cardiovasculaire, notamment en cas de
rougeur réticulée des extrémités des pulpes des doigts ou des orteils (à risque de vasculopathie thrombosante),
Vasculite du doigt due a un lupus
livedo racemosa (risque d’AVC et d’épilepsie),
atrophie blanche et papules atrophiques au pourtour érythémateux (« Degos-like »)
anétodermie.
Ces signes doivent faire redouter une atteinte artérielle associée à risque thrombo-embolique qui serait la première cause de décès dans le lupus (26% à 5 ans). Cela justifie alors la mise en route d’un traitement anti-plaquettaire (aspirine…).
1.4/ Mise à jour des vaccins (notamment contre le papillomavirus)
Il faut noter que la pilule contraceptive oestro-progestative n’est pas contre-indiquée comme on l’a longtemps cru, en l’absence d’antécédent de thrombose ou de syndrome des antiphospholipides.
1.5/ Arrêt d’un médicament potentiellement en cause si cela est possible
Inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine : Captopril, Cilazalapril
Béta-bloquants : Oxprénolol, Acébutolol
Antiacides
Ranitidine, Omeprazole…
Anti-inflammatoires non stéroïdiens
Naproxène, Piroxicam…
Hypolipémiants
Pravastatine, Simvastatine…
Antimycosiques
Griséofulvine, Terbinafine
Antihistaminiques
Cinnarazine/triéthylpérazine
Chimiothérapie
Docetaxel (Taxotère)
Autres
Antiepileptiques, Interféron alpha, Procainamide, D-Pénicillamine, Anti-TNF, Tiotropium en inhalation, Insecticides…
2/ Médicaments
2.1/ Anti paludéens de synthèse
Les antipaludéens de synthèse sont la pierre angulaire de la prise en charge du L : Plaquenil* 200mg x2 par jour, pendant le repas sans attendre la consultation ophtalmologique de vision des couleurs (en l’absence d’antécédent ophtalmologique bien sûr)
Ce traitement nécessite un bilan annuel avec ECG et controle ophtalmologique.
En absence de réponse à 4-6 mois, il faut doser le Plaquenil* sinon augmenter la posologie.
Il y a la possibilité d’ajouter de la quinacrine (100-200mg/j) ou alors de changer pour la Nivaquine* (100mg x 2-3 fois par jour).
2.2/ Autres traitements
En absence de réponse des antipaludéens de synthèse, les alternatives sont : dapsone, méthotrexate, thalidomide (hors AMM), Ig IV, corticoïdes, belimumab.
En cas de dermatose neutrophilique associée, le traitement repose sur la dapsone ou la colchicine.
En savoir plus
Faire une recherche au sujet de cette pathologie sur Pubmed
La lucite polymorphe est une allergie au soleil (sensibilité aux UV) sans cause connue. Elle touche des adultes jeunes sans prédominance de sexe et apparaît le lendemain d’une exposition solaire modérée et elle perdure généralement du début du printemps jusqu’à l’automne, contrairement à la lucite estivale bénigne qui guérit durant l’été.
Symptomes
Les lesions apparaissent un à deux jours après une exposition solaire, même faible et même à travers des vitres de voiture. Elle est en effet due aux UVB qui passent à travers les vitres (alors que ce sont les UVA pour la lucite estivale bénigne).
On ne note pas d’amélioration des lésions au fil des expositions comme c’est le cas dans la lucite estivale bénigne.
La lucite polymorphe récidive à chaque periode ensoleillée, et tend meme à s’aggraver progressivement.
Le terme polymorphe provient du fait que coexistent de nombreux types de lésions : ressemblant au lupus à l’eczema au soleil ou au lichen plan, cocardes ressemblant à l’erythème polymorphe, aspect d’urticaire solaire, nodules de prurigo…
Examens complémentaires diagnostiques
Phototest polychromatique, permettant de reproduire des lésions
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope) : aspécifique, IFD négative (diagnostic différentiel du lupus).
Biologie : AcAN negatifs éliminant un lupus
Traitement
Eviter la lucite
Il faut éviter les expositions intenses sur peau non bronzée, il faut donc appliquer les règles de protection du soleil :
Protection solaire externe
Chercher l’ombre, s’exposer progressivement jour après jour, éviter le soleil entre 12 et 16 h, porter des vêtements protecteurs et appliquer toutes les deux heures des produits solaires 50+ sur les zones exposées,
Photoprotection interne (ANTIPALUDEENS)
On peut associer à la protection externe des antipaludéens de synthèse (Nivaquine®, Plaquenil®) débutés 10-15 jours avant le début de l’exposition et poursuivis pendant la durée de la photosensibilité soit généralement d’avril à septembre sous contrôle ophtalmologique (car cette molécule tend à se déposer au bout de 3 mois dans la rétine et peut du coup y gêner la vision des couleurs).
Photothérapie
En cas d’échec des traitements photoprotecteurs, le médecin peut réaliser des séances 2 à 3 fois par semaine, d’ultraviolets A (car les UVB sont pourvoyeurs de poussées) au cabinet durant les deux mois précédant la date de début des expositions. Cette photothérapie progressive a pour but de tenter de « désensibiliser » la peau
Traitement de la poussée de lucite
En cas de crise de lucite, le médecin prescrit des cremes à la cortisone et des antihistaminiques, le plus souvent du Zyrtec* à la dose de 2/j
En savoir plus
Faire une recherche au sujet de cette pathologie sur Pubmed
Le carcinome spinocellulaire ou épidermoïde représente environ 1/3 des carcinomes cutanés.
Carcinome épidermoide débutant
Téléchargez le guide complet
CARCINOMES CUTANES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Pourquoi ai-je un carcinome épidermoide ou spinocellulaire?
Le soleil pris de façon régulière
Le cancer spinocellulaire ou epidermoide survient surtout sur les zones exposées au soleil car il résulte le plus souvent d’une irradiation solaire chronique, on l’observe donc préférentiellement sur les zones photo-exposées (visage, bras, jambes… ), chez les personnes de plus de 60 ans et dans certaines professions particulièrement exposées (agriculteurs, marins ouvriers du bâtiment…).
Les peaux claires
Les personnes ayant la peau claire (blonds, roux, yeux bleux… ) sont plus sensibles au soleil et ont donc plus de risque de développer un spino
Le papillomavirus dans certains cas
Les papillomavirus, responsables notamment des verrues génitales ou condylomes sont retrouvés dans la plupart des carcinomes epidermoides ano-génitaux et dans quelques carcinomes cutanés (du doigt en particulier), notamment chez la personne immunodéprimée
Qu’est-ce qu’un carcinome épidermoide ou spino?
Le spino peut prendre de nombreuses formes que seul un médecin pourra diagnostiquer
Il » pousse » et peut augmenter de taille, se creuser mais aussi il peut donner des métastases (localisations du cancer à distance dans les ganglions surtout, mais aussi parfois les organes… ). Ce risque métastatique est évalué à environ 0,5 à 10 % pour les carcinomes spinocellulaires classiques des zones photoexposées. La survie à 5 ans de ces formes métastatiques n’est que de 30%.
Il faut donc consulter devant toute apparition de tache ou bouton, a fortiori s’il se modifie.
Forme classique de spinocellulaire
Sa localisation en zone photo-exposée (visage, bras… ) et très souvent sur une lésion pré-existante en particulier une kératose solaire , Maladie de Bowen (ou carcinome épidermoide in situ), les cicatrices de brûlure, les radiodermites, les ulcères chroniques… et sur un fond de vieillissement de la peau sont évocateurs.
Le spinocellulaire a le plus souvent un aspect ulcéro-bourgeonnant : tumeur dure, avec aspect bourgonneant et souvent ulcéré sur le dessus.
Keratoacanthome, une forme de cancer spinocellulaire bien différenciéCarcinome epidermoide de l’oreilleCarcinome épidermoide débutant de la tempe
Formes plus rares
Corne cutanée
Corne cutanée : à considérer comme un carcinome épidermoide
Carcinome VERRUQUEUX
Il s’agit d’une forme en choux-fleur, siégeant le plus souvent sur les parties génitales ou les membres inférieurs (il est alors appelé carcinome cunniculatum et survient souvent sur des plaies chroniques de la jambe (ulcère) ou du pied.
Carcinomes épidermoides PÉRI-UNGUÉAUX
Il est souvent lié à la présence d’un papillomavirus oncogène (généralement de type HPV16), qui évoque une possible transmission sexuelle dans cette localisation. On recherche donc une localisation ano-génitale (vulve, pénis, col, anus) à type de carcinome epidermoide, de papulose bowenoide ou de maladie de Bowen.
Il ressemble le plus souvent à une verrue du doigt qui ne guérit pas sous traitement.
Formes muqueuses
Le cancer spinocellulaire peut survenir sur une muqueuse
bouche, lèvre :
souvent précédé d’une leucoplasie ou d’une kératose actinique de la lèvre
Carcinome épidermoide sur lichen scléreux chronique
Diagnostic du spinocellulaire
Le diagnostic du spinocellulaire est un acte médical qui nécessite donc impérativement une consultation médicale
Le médecin va avoir des éléments cliniques, topographiques, d’évolution évoquant un basocellulaire et le dermatologue utilisera très probablement un dermatoscope pour objectiver son impression clinique, il va regarder la lésion à travers cette sorte de loupe pour voir s’il existe des signes évocateurs de spinocellulaire :
Vaisseaux polymorphes (en points, glomérulaires, épingles à cheveux, linéaires irréguliers…) sur fond blanchâtre, avec des squames ou des croûtes de kératine vers le centre
Dermatoscope
Le médecin pratiquera ensuite une biopsie de peau : il prélève un bout du basocellulaire sous anesthésie locale et l’envoie en analyse.
Cette étape est essentielle car elle permet de prouver qu’il s’agit bien d’un spinocellulaire, pas une autre tumeur, qu’elle soit bénigne ou maligne et de quel type de spino il s’agit. Ceci déterminera la conduite à tenir pour le traitement
Traitement du cancer épidermoide
Il faut donc traiter rapidement un cancer spinocellulaire.
Faire une recherche au sujet de cette pathologie sur Pubmed
En savoir plus sur le traitement des cancers de la peau
Téléchargez le guide complet
CARCINOMES CUTANES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Kératose actinique (kératose solaire) : causes, symptômes et traitements
La kératose actinique, également appelée kératose solaire, est une lésion cutanée précancéreuse directement causée par l’accumulation des rayonnements UV sur la peau au fil des années.
Elle se présente comme une tache rosée à brunâtre, rugueuse au toucher, sur les zones photo-exposées : visage, crâne dégarni, mains, avant-bras.
Il s’agit de la forme la plus précoce du carcinome épidermoïde (cancer cutané) : sans traitement, environ 10 % des kératoses actiniques multiples évoluent vers un cancer invasif, et 70 % des carcinomes épidermoïdes ont débuté sous la forme d’une kératose actinique.
La bonne nouvelle : traitée à temps, la kératose actinique se guérit dans la grande majorité des cas. L’enjeu est donc de la reconnaître tôt et de consulter sans attendre.
Kératoses actiniques de la main : taches rugueuses persistantes
La cause principale est l’accumulation des expositions solaires aux UV tout au long de la vie, en particulier chez les sujets à peau claire.
Données épidémiologiques :
– 60 % des patients de plus de 40 ans ayant eu des expositions solaires intenses avec une peau claire présentent des kératoses actiniques,
– 90 % des cas surviennent chez des patients de plus de 50 ans,
– les hommes sont plus touchés que les femmes (ratio 1,35 homme pour 1 femme en France),
– prévalence considérablement plus élevée dans les pays très ensoleillés : 1 adulte sur 4 dans l’hémisphère Nord contre 1 adulte sur 2 en Australie,
– en France : environ 754 cas pour 100 000 habitants.
Facteurs de risque principaux :
– Phototype clair (phototypes I et II) : peau ivoire ou claire, taches de rousseur, yeux bleus ou verts, cheveux blonds ou roux,
– expositions solaires professionnelles cumulées (agriculteurs, marins, travailleurs du BTP, moniteurs de ski),
– exposition aux cabines UV (bronzage artificiel),
– immunodépression (transplantés d’organes, patients sous immunosuppresseurs, infection VIH) : risque multiplié par 50 à 100,
– expositions répétées aux rayonnements ionisants,
– tabagisme actif (cofacteur pour la chéilite actinique de la lèvre).
Reconnaître une kératose actinique
Localisation
Les kératoses actiniques siègent exclusivement sur les zones photo-exposées :
– Visage : nez, joues, front, tempes, oreilles (hélix et lobe) — 70 % des cas,
– Crâne dégarni (calvitie) : croûtes sur le cuir chevelu chauve,
– Mains et avant-bras : face dorsale,
– Lèvre inférieure (chéilite actinique) : la plus exposée au soleil.
Phase initiale :
Tache rosée de quelques millimètres, lisse et bien limitée, parfois à peine visible à l’œil nu. Le diagnostic se fait alors à la palpation : un aspect rugueux au toucher, « comme du papier de verre », sur une zone photo-exposée chez un sujet âgé est très évocateur.
Certaines lésions sont douloureuses ou sensibles à l’effleurement avant d’être visibles.
Kératose actinique débutante : simple tache rosée à peine rugueuse
Phase constituée :
La tache s’épaissit progressivement, devient rugueuse, squameuse, crouteuse, et peut prendre une teinte rosée, rouge vif ou brune.
Kératose actinique du nez constituée
Forme hyperkératosique (corne cutanée) :
Dans certains cas, la kératine s’accumule en une saillie dure et cornée. Toute corne cutanée doit être considérée comme un carcinome épidermoïde jusqu’à preuve du contraire et nécessite une biopsie.
Corne cutanée : biopsiée systématiquement
Chéilite actinique :
Atteinte de la lèvre inférieure, se manifestant par une lèvre sèche, squameuse, dépigmentée, parfois érosive. Risque de dégénérescence en carcinome épidermoïde plus élevé qu’au niveau cutané.
Chéilite actinique de la lèvre inférieure
Atteinte du crâne dégarni :
Kératoses actiniques du crâne dégarni : croûtes récidivantes
Trois évolutions possibles
Sans traitement, une kératose actinique peut évoluer selon trois scénarios :
– Régression spontanée : rare, survenant surtout en cas d’arrêt total des expositions solaires,
– Persistance en l’état avec extension progressive,
– Évolution vers un carcinome épidermoïde invasif : risque d’environ 10 % en présence de plus de 8 kératoses actiniques. 70 % des carcinomes épidermoïdes invasifs ont débuté sur une kératose actinique.
⚠️ Signes devant faire suspecter une transformation en carcinome épidermoïde invasif :
– inflammation et rougeur périlésionnelle,
– induration (durcissement palpable) : signe le plus important,
– diamètre > 1 cm,
– croissance rapide en quelques semaines,
– saignement au contact,
– ulcération (perte de substance).
Tout signe d’induration ou d’ulcération impose une consultation dermatologique urgente et une biopsie.
Diagnostic : dermoscopie et histologie
Dermoscopie :
La dermoscopie est l’outil de référence du dermatologue pour évaluer les kératoses actiniques.
Au niveau du visage, l’aspect dermatoscopique caractéristique est celui d’une « fraise » : vaisseaux et rougeurs distribués en pseudo-réseau autour d’ostiums folliculaires kératinisés jaunâtres.
Aspect « fraise » en dermoscopie : réseau vasculaire rouge autour des ostiums folliculaires kératinisésKératose actinique en dermoscopieKératose actinique du nez : vue clinique et dermoscopiqueDermoscopie : squames blanches et nappe rouge constellée de points chair-jaune
Biopsie cutanée :
Indiquée en cas de doute diagnostique, de forme hyperkératosique, d’induration ou de suspicion de transformation. Le dermatologue prélève un petit fragment de peau sous anesthésie locale, adressé à l’anatomopathologiste pour examen histologique.
Traitement des kératoses actiniques
L’objectif du traitement est double : éliminer les lésions existantes et traiter le champ de cancérisation — l’ensemble de la zone photo-endommagée susceptible de développer de nouvelles kératoses.
Cryothérapie à l’azote liquide
C’est le traitement de référence pour les lésions isolées ou peu nombreuses, réalisé au cabinet du dermatologue.
L’azote liquide (-196 °C) est appliqué directement sur chaque kératose, provoquant la destruction cellulaire par formation de cristaux de glace.
Cryothérapie d’une kératose actinique
– Séance de 1 à 2 minutes par lésion,
– formation d’une cloque dans les 24 heures, cicatrisation en 1 à 3 semaines,
– efficacité : 70 à 90 % selon la profondeur de la lésion,
– effets secondaires : douleur, cloque, croûte, risque de tache blanche (hypopigmentation) sur peaux foncées.
Traitements topiques locaux (crèmes prescrites sur ordonnance)
Ces traitements sont appliqués par le patient à domicile sur prescription médicale. Ils sont particulièrement adaptés aux lésions multiples ou aux champs de cancérisation étendus. Ils sont réservés aux kératoses non hyperkératosiques (non induréees).
5-Fluorouracile crème (Efudix® 5 %) :
Agent cytostatique inhibant la synthèse de l’ADN des cellules tumorales. Application quotidienne pendant 3 à 4 semaines. Réaction inflammatoire locale intense (rougeur, croûtes, érosions) pendant le traitement, signe d’efficacité. Plusieurs études récentes (dont une publiée dans le NEJM) montrent une efficacité supérieure à l’imiquimod dans la prévention des récidives à court terme.
Imiquimod crème (Aldara® 5 %, Zyclara® 3,75 %) :
Immunomodulateur topique stimulant la production d’interférons et de cytokines anti-tumorales par les cellules immunitaires cutanées. Application 3 fois par semaine pendant 4 semaines (Aldara®) ou quotidienne pendant 2 cycles de 2 semaines (Zyclara®). Réaction inflammatoire locale fréquente.
Diclofénac gel (Solaraze® 3 %) :
Anti-inflammatoire non stéroïdien topique à action antitumorale via l’inhibition des cyclo-oxygénases. Application biquotidienne pendant 60 à 90 jours. Tolérance locale meilleure que les autres topiques. Traitement de choix pour les patients ne supportant pas l’irritation des autres crèmes.
Ingenol mébutate (Picato®) :
Traitement très court (2 à 3 jours) à base d’un extrait de plante (Euphorbia peplus). À noter : ce traitement est suspendu en Europe depuis 2020 en raison d’un signal de pharmacovigilance concernant un risque potentiel de carcinome épidermoïde cutané — son utilisation n’est plus recommandée dans l’attente de données complémentaires.
Photothérapie dynamique (PTD)
La photothérapie dynamique consiste à appliquer un produit photosensibilisant (acide aminolévulinique, méthylaminolévulinate) sur les kératoses, qui s’accumule sélectivement dans les cellules tumorales, puis à irradier la zone par une source lumineuse (lumière rouge ou soleil artificiel) activant la destruction photo-oxydative des cellules cibles.
Indications privilégiées :
– Kératoses actiniques multiples sur des zones étendues (visage entier, cuir chevelu),
– formes peu hyperkératosiques,
– patients pour lesquels la cryothérapie ou les crèmes entraîneraient trop de contraintes (grand nombre de lésions, zones sensibles).
Avantages : traitement de champ, résultat esthétique souvent très satisfaisant (amélioration globale de l’aspect du visage photovieilli), possible en ambulatoire ou avec la lumière du jour (PTD-lumière du jour).
Inconvénients : douleur pendant la séance, réaction locale inflammatoire post-traitement pendant quelques jours.
Nouveaux traitements : tirbanibuline (Klisyri®)
La tirbanibuline crème à 1 % (Klisyri®) est un inhibiteur de la tubuline et de la tyrosine kinase Src, dont l’AMM européenne a été obtenue en 2021 pour le traitement des kératoses actiniques non hyperkératosiques du visage et du cuir chevelu.
Application quotidienne pendant 5 jours seulement — durée de traitement significativement plus courte que les autres topiques.
Efficacité à 1 mois : clearance complète des lésions chez 44 % des patients dans les études de phase III, avec un profil de tolérance favorable (réaction locale modérée).
Choisir le bon traitement selon la situation
– 1 à 3 kératoses isolées : cryothérapie à l’azote liquide au cabinet — traitement rapide et efficace.
– Kératoses multiples (> 5-8 lésions) sur une zone étendue : traitement de champ par crème (5-FU, imiquimod, diclofénac) ou photothérapie dynamique.
– Patient ne tolérant pas l’irritation des crèmes classiques : diclofénac gel (tolérance locale meilleure) ou tirbanibuline (durée de traitement courte).
– Forme hyperkératosique ou corne cutanée : biopsie systématique d’abord, puis traitement adapté au résultat histologique.
– Chéilite actinique : prise en charge spécialisée (dermatologue ou chirurgien maxillo-facial) en raison du risque de dégénérescence.
Surveillance après traitement
La surveillance régulière après traitement est indispensable pour trois raisons :
– de nouvelles kératoses apparaissent fréquemment dans la même zone (champ de cancérisation persistant),
– une récidive locale après traitement est possible,
– un carcinome épidermoïde peut survenir sur une lésion insuffisamment traitée ou adjacente.
Rythme de surveillance recommandé :
Consultation dermatologique tous les 6 à 12 mois selon le nombre de lésions traitées et les facteurs de risque individuels.
Protection solaire permanente :
La photoprotection solaire quotidienne (SPF 50+ large spectre) est indispensable à vie pour tous les patients ayant eu des kératoses actiniques :
– elle réduit l’apparition de nouvelles lésions,
– elle ralentit l’évolution du champ de cancérisation,
– des études montrent qu’une photoprotection régulière pendant 2 ans peut induire une régression spontanée de lésions existantes.
Questions fréquentes sur les kératoses actiniques
Une kératose actinique est-elle un cancer ?
La kératose actinique est considérée comme la forme la plus précoce du carcinome épidermoïde — certains auteurs la classent directement comme un carcinome épidermoïde in situ (non invasif). Elle n’est pas encore un cancer invasif dans la plupart des cas, mais son potentiel de transformation justifie un traitement systématique, surtout lorsque les lésions sont multiples ou de longue date.
Comment distinguer une kératose actinique d’une tache de vieillesse ?
Les taches solaires (lentigos) sont des taches brunes, plates et lisses au toucher, sans rugosité.
Les kératoses actiniques sont rosées à brunâtres et rugueuses au toucher — c’est cette rugosité perçue à la palpation qui fait la différence. En cas de doute, consulter un dermatologue.
La cryothérapie est-elle douloureuse ?
La cryothérapie provoque une sensation de brûlure froide intense pendant quelques secondes à une minute. La douleur est généralement supportable sans anesthésie. Dans les 24 à 48 heures suivantes, une cloque peut se former, suivie d’une croûte qui tombe en 1 à 3 semaines. Un traitement antalgique simple (paracétamol) peut être pris si nécessaire.
Peut-on prévenir les kératoses actiniques ?
Oui, partiellement. Les kératoses actiniques résultent de l’accumulation de mutations UV sur de nombreuses années. Commencer une photoprotection rigoureuse (SPF 50+, vêtements couvrants, évitement des heures de forte insolation) réduit significativement le risque d’apparition de nouvelles lésions, même après 50 ans. Il n’est jamais trop tard pour commencer à se protéger du soleil.
Il s’agit d’une éruption cutanée transitoire secondaire à l’exposition aux Ultra Violets, faite de boutons qui démangent sur les zones exposées au soleil.
On distingue en France deux types de lucites regroupées sous le terme anglo-saxon ‘polymorphous light eruption’ : la lucite estivale bénigne, touchant 20% de la population, dont nous allons parler ici, et la lucite polymorphe, plus rare.
Causes
Les causes de la lucite sont mal connues, on suspecte le rôle d’un chromophore interne qui reste non identifié
On sait qu’il existe plusieurs pistes :
Immunologique
La lucite est une réaction d’hypersensibilité retardée dont l’antigène est inconnu
Génétique?
On note de rares cas familiaux chez des jumeaux
Lucite estivale bénigne
La lucite estivale bénigne est une allergie au soleil qui concerne 20% de la population!
Elle touche notamment les femmes jeunes (25-35 ans).
Elle est plus fréquente en pays tempéré qu’en zone tropicale
Elle touche tous les phototypes
Elle serait associée mais cela reste controversé avec le lupus? la maladie de Jessner et Kanof ? des maladies auto immunes (thyroïdite, vitiligo, etc.)?
Symptomes
Lucite bénigne
Elle apparait entre moins de 12h jusqu’ au 2e ou 3e jour de la première exposition solaire intense et prolongée de l’année, d’où son nom d’estivale, mais on peut l’observer aussi lors des premiers beaux week-ends (avril à juin…), mais aussi vacances hivernales sous les Tropiques, séance d’UVA en cabine de bronzage… sur une peau n’ayant pas vu le soleil depuis plusieurs mois.
La lucite estivale est en effet due aux UVA (alors que ce sont les UVB pour la lucite polymorphe).
L’eruption est limitée aux zones exposées au soleil notamment sur le haut du tronc (décolleté, bras, haut du dos, avant bras, épaules, face antérieure des cuisses, dos des pieds…), sans toucher le visage, composée de boutons rouges-rosés qui démangent beaucoup : les zones atteintes sont
Les boutons de lucite sont rouge-rosés, souvent petits et surélevés (micropapuleux). Ils démangent beaucoup et s’atténuent avec l’acquisition du bronzage (hâle protecteur)
Atteinte des bras dans une lucite
Ainsi, elle guérit le plus souvent spontanément en une à deux semaines.
Cependant, la lucite tend à récidiver les années suivantes lors des expositions solaires, souvent en s’aggravant :
elle apparaît de plus en plus tôt dans la saison,
elle apparait pour des expositions de plus en plus modérées,
elle guérit moins vite durant l’été
et elle concerne des surfaces de peau de plus en plus importantes, dépassant le décolleté, les bras et les épaules.
Diagnostic
Si le diagnostic clinique n’est pas évident le dermatologue peut réaliser des tests photobiologiques en irradiant la peau avec des UV :
La Dose Erythémateuse Minimale (DEM) est normale
Le Phototest itératif localisé (5DEM) est habituellement négatif
Alors que le Phototest itératif UVA (3 x 20 J/cm²) est positif ainsi que le Phototest corps total
Traitement de la lucite
Eviter la lucite
Il faut éviter les expositions intenses sur peau non bronzée, il faut donc appliquer les règles de protection du soleil :
Protection solaire externe
Chercher l’ombre, s’exposer progressivement jour après jour, éviter le soleil entre 12 et 16 h, porter des vêtements protecteurs et appliquer toutes les deux heures des produits solaires 50+ sur les zones exposées, de coefficient protecteur élevé en UVA (le sigle UVA est entouré)
Creme solaire affichant le sigle UVA conforme aux normes européennes
On peut associer à la protection externe des produits photoprotecteurs internes, pris par voie orale, voir gélules pour le soleil
Ces photoprotecteurs internes, le plus souvent à base de caroténoides, sont pris environ 1 mois soit 15j avant et 15j après le début des expositions.
Leur efficacité est de 66% contre placebo
Photothérapie
En cas d’échec des traitements photoprotecteurs, le médecin peut réaliser des séances 2 à 3 fois par semaine, d’ultraviolets B (car les UVA sont pourvoyeurs de poussées) au cabinet durant les deux mois précédant la date de début des expositions. Cette photothérapie progressive a pour but de tenter de « désensibiliser » la peau
Traitement de la poussée de lucite
En cas de crise de lucite, le médecin prescrit des cremes à la cortisone et des antihistaminiques, le plus souvent du Zyrtec* à la dose de 2/j
Le coup de soleil est une véritable brûlure de la peau provoquée par une exposition excessive aux rayonnements ultraviolets (UVA et UVB). Il se manifeste par une rougeur douloureuse strictement délimitée aux zones exposées sans protection.
Un ciel voilé laisse passer 80 % des UV : on se fait souvent surprendre par temps couvert, en présence d’un vent frais, en bateau ou en altitude, situations dans lesquelles la chaleur ressentie ne reflète pas l’intensité de l’irradiation réelle. Voir l’article sur le soleil et la peau.
Chaque coup de soleil génère des mutations génétiques sur les cellules cutanées pouvant s’accumuler et contribuer au développement d’un cancer de la peau. Il n’existe pas de coup de soleil anodin sur le plan biologique.
Cet article en vidéo
Coup de soleil : une brûlure réelle de la peau
1. Évaluer la gravité du coup de soleil
Classification par degré de brûlure
Le degré de brûlure reflète la profondeur de destruction du tissu cutané :
1er degré : rougeur simple
La peau est rouge, chaude, douloureuse au toucher, sans décollement ni cloque. C’est la forme la plus fréquente du coup de soleil, localisée au visage, au haut du dos ou aux épaules. Elle peut être prise en charge à domicile si les conditions ci-dessous sont réunies.
2e degré : gonflement, cloques ou bulles
La peau gonfle, des cloques ou bulles apparaissent par décollement de l’épiderme. Toute cloque ou bulle impose une consultation médicale. Ne jamais percer les cloques à domicile : elles constituent une barrière naturelle contre l’infection.
Signes de gravité imposant une consultation médicale en urgence
Consulter sans attendre en présence d’un seul des signes suivants :
– grande surface de peau atteinte,
– survenue chez un enfant, une personne âgée ou fragilisée (maladie chronique, immunodépression),
– maux de tête, vertiges,
– fièvre, frissons ou malaise général (risque d’insolation associée),
– nausées ou vomissements,
– absence d’amélioration après 12 à 24 heures de soins à domicile.
2. Soigner un coup de soleil bénin à domicile
Le seul coup de soleil pouvant être soigné à domicile est un coup de soleil du 1er degré, peu étendu, survenant chez un adulte en bonne santé, sans retentissement général.
Mettre la peau à l’abri du soleil
Éviter toute exposition solaire jusqu’à disparition complète des lésions, soit au moins 3 à 8 jours. Une peau brûlée exposée à nouveau au soleil aggrave les lésions et majore le risque de séquelles pigmentaires (lentigos solaires, taches brunes persistantes).
Refroidir la peau
Le coup de soleil est une accumulation de chaleur dans les tissus cutanés. Il faut la dissiper rapidement :
– prendre une douche ou un bain tiède (le plus frais supportable) pour apaiser la peau et éliminer le sable, le chlore et le sel, irritants supplémentaires,
– en cas de coup de soleil localisé (visage, épaules), appliquer des linges mouillés froids ou des compresses d’eau fraîche pendant 15 à 20 minutes,
– ne jamais appliquer de glace directement sur la peau brûlée : risque de brûlure par le froid.
Combattre la déshydratation
Toute brûlure entraîne une fuite liquidienne : le coup de soleil déshydrate à la fois la peau et l’organisme entier.
Hydrater l’organisme :
– boire davantage d’eau que d’habitude,
– consommer des fruits riches en eau (pastèque, concombre, melon) qui apportent également des antioxydants aidant la peau à réparer les dommages cellulaires induits par les UV.
Hydrater la peau :
– appliquer plusieurs fois par jour une crème hydratante douce, de préférence sans parfum, pour restaurer la barrière cutanée et accélérer le renouvellement cellulaire,
– les crèmes après-soleil enrichies en vitamines (C, E) et en antioxydants sont particulièrement adaptées : elles soutiennent la réparation cellulaire tout en apaisant l’inconfort,
– le gel d’aloe vera (extrait des feuilles fraîches ou en tube) est une option naturelle efficace : il forme un film apaisant sur la peau, apporte des acides aminés favorisant la régénération cellulaire et contient des enzymes anti-inflammatoires. Appliquer deux à trois fois par jour sur les zones brûlées.
Soulager la douleur
– Le paracétamol est l’antalgique de première intention pour calmer la douleur et faire baisser une fièvre modérée.
– Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène) peuvent réduire l’inflammation mais sont à éviter chez l’enfant sans avis médical et en cas d’antécédents digestifs.
– Éviter les vêtements synthétiques ou serrés sur les zones atteintes ; préférer des textiles amples en coton.
3. En l’absence d’amélioration après 12 à 24 heures
Consulter un médecin : il évaluera la profondeur et l’étendue des lésions et pourra prescrire des crèmes à base de cortisone pour accélérer la résolution de l’inflammation cutanée.
Séquelles possibles d’un coup de soleil
Un coup de soleil, même bénin en apparence, peut laisser des traces durables :
– Taches brunes (lentigos solaires) : hyperpigmentation post-inflammatoire favorisée par une réexposition solaire précoce des zones brûlées,
– Vieillissement cutané accéléré : les UV dégradent le collagène et l’élastine dermiques,
– Mutations génétiques cumulatives : chaque coup de soleil contribue au capital mutagène des cellules cutanées, augmentant le risque de cancer de la peau (mélanome, carcinome basocellulaire, carcinome épidermoïde) sur le long terme.
Lentigos solaires : séquelles fréquentes des coups de soleil répétés
La meilleure stratégie reste la prévention : consulter l’article protection solaire avant toute exposition.
La crème solaire protège-t-elle du cancer de la peau?
Il faut appliquer de grandes quantités de creme solaire pour se protéger du cancer de la peau
L’interrogation d’un patient m’a interpelé : « dites docteur, c’est vrai que la creme solaire augmente le risque de cancer de la peau? ». J’ai décidé de me pencher sur le sujet…
Soleil et cancer de la peau
La peau est constituée de cellules (kératinocytes, mélanocytes… ), ayant toutes un rôle précis.
Ces cellules se renouvellent, se différencient harmonieusement mais ce processus peut les rendre plus sensible à des modifications de leur ADN (mutations), sous l’effet notamment des rayons solaires.
Habituellement, ces mutations sont réparées par l’organisme (processus de réparation de l’ADN par exemple). Lorsque la cellule cutanée devient cancéreuse, elle perd ses capacités de réparation. Elle se met alors à se multiplier de façon anarchique et à aboutir à une masse de cellules appelée tumeur maligne.
Pour faire simple, les kératinocytes donnent le carcinome, les mélanocytes le mélanome
Il y a de nombreuses causes possibles au développement du cancer de la peau, mais il faut connaitre le role du soleil (en particulier pour le cancer spinocellulaire et le melanome). La majorité des cancers de la peau surviennent d’ailleurs sur les zones exposées au soleil (visage, cou).
Les cancers spinocellulaires se développent généralement chez les personnes qui ont été exposées au soleil de faéon chronique et prolongée tout au long de leur vie (personnes travaillant à l’extérieuré).
Les carcinomes basocellulaires, se développent quant à eux plutot en cas d’ expositions solaires brutales et répétées, notamment dans l’enfance (voyages dans des pays chauds… )
La protection solaire est donc le meilleur moyen de prévenir les cancers de la peau. Les mélanomes quant à eux ont une relation avec les expositions solaires plus complexe mais globalement il semble que le facteur solaire soit surtout constitué comme pour le cancer basocellulaire par les expositions intermittentes et brutales (vacances et coups de soleil).
Le risque de mélanome est 10 fois moins important chez un noir que chez un blanc. Et au sein des blancs, les roux-bloncs sont le plus à risque.
La protection solaire est donc un des seuls éléments préventifs efficaces contre le cancer de la peau.
Epidémiologie des cancers de la peau
Le vieillissement de la population et les habitudes solaires excessives sont autant de facteurs entrant en ligne de compte dans l’augmentation du nombre de cancer de la peau depuis plusieurs années.
Le nombre de nouveaux cas de cancers de la peau a triplé entre 1980 et 2012.
Parmi ceux ci les plus fréquents sont les carcinomes (90% des cancers de la peau) avec en tête le basocellulaire qui est le cancer humain le plus fréquentchez l’homme, tous types de cancers et tous organes confondus : on estime que sont dépistés en France environ 80 nouveaux cas / 100 000 habitants / an, soit environ 50000 nouveaux cancers basocellulaires/an en France
Le mélanome est redoutable par son risque métastatique supérieur aux carcinomes. C’est l’un un des cancers dont l’incidence comme la mortalité ont significativement augmenté sur la période 1980-2012 (source : Les cancers en France, avril 2016).
On note donc une augmentation notable des cancers de la peau depuis plusieurs décennies, probablement à cause des expositions solaires accrues notamment
Les crèmes solaires et le cancer de la peau
On dispose de crèmes, gels, sprays… solaires d’indice plus ou moins important et fonctionnant sur le modèle de la réflexion des UV (filtres minéraux) ou de leur absorption (filtres chimiques). Elles ne sont pas dénuées d’effets sur l’environnement notamment.
Les seules études sur l’application régulière de crème solaire et leur protection vis-à-vis du cancer de la peau sont australiennes, montrant une diminution significative du risque de carcinome épidermoide et de mélanome à la condition de les appliquer quotidiennement à la dose de 2mg/cm² de peau, soit les quantités appliquées par les fabriquants pour mesurer leur indice de protection
Or, ce n’est jamais fait dans la vraie vie : la quantité moyenne appliquée à la plage est de 0,5mg/cm² soit 4 fois moins que les doses recommandées. Autant dire qu’une crème solaire ayant un indice inférieur à 30 (« protection haute ») protège très peu la peau du soleil en conditions d’utilisation « normales ».
Pire, l’application d’une crème solaire tend à désinhiber les personnes qui, ne prenant plus de coup de soleil, s’exposent plus et plus longtemps au soleil!
Au total, l’utilisation de crème solaire seule, à la dose couramment utilisée, a des effets pervers
Conclusion
Nous avons vu que le nombre de cancers de la peau augmentait depuis plusieurs décennies et que la protection solaire était le meilleur moyen de les éviter
Or l’utilisation de crème solaire n’a d’effet protecteur qu’à des doses 4 fois supérieures à celles appliquées couramment par les usagers et à la condition de les utiliser tous les jours
On ne répétera donc jamais assez que dans la stratégie de protection solaire, les cremes solaires arrivent en derniere position, derriere la recherche de l’ombre, l’absence d’exposition entre 11H et 16h l’été et le port de vetements couvrants, et qu’il n’est pas recommandé d’utiliser uniquement les cremes solaires pour se protéger du soleil, en dehors des zones non couvertes par les vetements (voir un article sur la protection solaire)
Les cremes solaires n’ont vraiment d’interet que lorsqu’on respecte les autres règles de protection solaire
Revue systematique de la littérature : pas de confirmation que la crème solaire protège du cancer de la peau Protection solaire = dans l'ordre 1. Eviter le soleil notam. entre 11h et 16h 2. Vêtements couvrants 3. Crème solaire sur les zones découvertes https://t.co/vjJoWaOABA
"Bien que les données actuelles ne suggèrent aucun risque accru de cancer de la peau lié à l'utilisation d'écrans solaires, cet examen systématique ne confirme pas les bienfaits protecteurs attendus des écrans solaires contre le cancer de la peau dans la population générale"
Le capital soleil est une notion un peu abstraite qui tente d’imager la quantité de rayons ultra-violets que la peau peut recevoir sans trop de dégâts (vieillissement prématuré, cancer de la peau… ).
Elle correspond globalement aux capacités de réparation de la peau (réparation de l’ADN des cellules cutanées lors des mutations engendrées par les ultra-violets).
Capital soleil variable
La notion de capital soleil est très variable d’un individu à l’autre en fonction de
son type de peau
peau claire ou mate: les peaux claires sont plus sensibles au soleil et ont donc un « capital soleil » beaucoup plus bas
de ses habitudes solaires
protection solaire, expositions aux heures les plus chaudes, dans des pays tropicaux… )
et de ses antécédents
coups de soleil ou exposition durant l’enfance, antécédents familiaux ou personnels de cancers de la peau…
Quelle quantité de soleil?
On ne peut aujourd’hui quantifier ce capital précisément pour un individu, mais on peut prévenir les patients à peau claire, par exemple, qu’ils ont un capital beaucoup plus faible qu’un patient à peau noire, ou un patient ayant de nombreux grains de beauté, voire un antécédent familial de mélanome (cancer de la peau) que son capital soleil est extrêmement faible.
Avoir dépassé son capital soleil?
Malheureusement, aujourd’hui, on en est réduit le plus souvent à constater après coup qu’un patient a considérablement entamé ou dépassé son « capital soleil » car apparaissent sur sa peau des taches brunes ou des taches blanches, voire des précancers ou de véritables cancers de la peau. Et l’on constate souvent cela de plus en plus tôt dans la vie!
Préserver son capital soleil
Il est donc essentiel d’exposer le moins possible les enfants et de se protéger des ultra-violets à tout âge en évitant les expositions entre 11 et 16h, en cherchant l’ombre, en portant des vêtements couvrants et en appliquant une crème solaire d’indice au moins égal à 30 une demi heure avant le début de l’exposition puis toutes les deux heures.
Le bronzage est une réaction de défense de la peau
Nous avons dans la peau des cellules pigmentaires appelées mélanocytes, chargées de déposer de la mélanine dans la peau pour la protéger, explications :
Lorsque vous regardez un objet noir, il vous apparait noir car il absorbe la lumière alors que l’objet blanc la reflète dans votre oeil
Le noir absorbe donc la lumière et c’est pour cela qu’il chauffe au soleil plus que le blanc car il absorbe les infrarouges
La peau mate ou noire comporte à sa superficie une fine couche de pigment plus ou moins foncée qui absorbe les UV et protège les couches profondes de la peau
Au début de l’évolution de l’espèce humaine, tous les hominidés étaient noirs et venaient d’Afrique. Lors des migrations dans l’hémisphère Nord, les hominidés à peau plus claire se sont retrouvés favorisés car ils avaient notamment besoin de moins de soleil pour synthétiser la vitamine D (voir l’article Soleil et peau). Les premiers hommes à peau noire ont donc progressivement disparu de l’hémisphère Nord au fil de l’évolution, plus sujets notamment au rachitisme (carence en vitamine D).
Les peaux mates ou noires ayant la couche de pigment qui empêche la pénétration des UV, ils ont très rarement des coups de soleil (brulures de la peau) contrairement aux peaux claires qui brulent car elles laissent passer les UV dans la peau.
Ainsi, la peau tend à se pigmenter lorsqu’elle est confrontée aux rayons du soleil pour tenter d’absorber le plus de rayons en superficie et les empêcher de faire des dégâts dans les couches profondes
Est-ce que tout le monde peut bronzer?
Plus la peau est riche en mélanocytes, plus elle va pouvoir se pigmenter au soleil
Ainsi, les peaux mates, riches en mélanocytes, bronzent vite et beaucoup, alors qu’à l’autre extrême les peaux claires (roux ou blonds aux yeux clairs), ayant moins de mélanocytes, ne sont pas équipés pour affronter le soleil et bronzer. Ils obtiendront péniblement un petit hâle au prix de rougeurs voire de coups de soleil
Si vous avez la peau claire donc, fuyez le soleil et ne tentez pas de bronzer, vous bruleriez
Comment préparer sa peau au bronzage ?
Il est donc important pour permettre à la peau d’être plus à même de se protéger du soleil par un bronzage doux, sans coups de soleil :
avoir une peau bien hydratée
avant le début des expositions solaires, car la barrière cutanée protège un peu du soleil et une peau sèche ou lésée y est plus sensible
mettre des crèmes solaires efficaces (minimum indice 30 contre les UVB, et protégeant aussi contre les UVA)
20 minutes avant le début de l’exposition puis toutes les deux heures et après les bains, sur tout le corps.
les UV en cabine ne sont pas recommandés
pour préparer la peau car ils ne font qu’ajouter des UV artificiels aux UV naturels que l’ont prendra après.
Un cancer sur trois dans le monde est un cancer de la peau et le nombre de cancers de la peau est en augmentation depuis 30 ans, à tel point que l’Organisation Mondiale de la Santé a recommandé récemment d’éviter les UV artificiels, arguant que « l’utilisation croissante des lits de bronzage associée au désir d’être bronzé parce que c’est à la mode seraient les principales raisons de cette augmentation rapide du nombre de cancers cutanés ». De plus, deux études récentes ont mis en évidence une augmentation de 25 à 30% du risque de mélanome chez les personnes ayant reçu des UV en cabine !
les photoprotecteurs internes (carotène… )
sont quant à eux assez peu protecteurs et ils tendent généralement à s’exposer plus car on se croit protégé. Les dermatologues ne les recommandent donc généralement pas à cause de ce mésusage.
il faut surtout éviter le coup de soleil et s’exposer très progressivement. Il convient aussi d’éviter le soleil entre 11 et 16h, de favoriser une protection vestimentaire et de chercher l’ombre (en savoir plus sur la protection solaire)
Il faut donc savoir modérer ses expositions solaires et savoir que la vie courante (travailler, faire des courses ) dans un pays ensoleillé est déjà considérée comme une forte exposition.
Il ne faut en effet jamais oublier que la lumière voyage à 300 000 kms/seconde : le fait de bouger, faire du vélo, des courses… ne nous protège donc pas du tout même si la sensation de chaleur n’est pas présente
Peut-on bronzer avec une crème solaire?
Tout dépend de votre type de peau: les peaux mates, riches en mélanocytes, bronzent vite et beaucoup, alors qu’à l’autre extrême les peaux claires (roux ou blonds aux yeux clairs), ayant moins de mélanocytes, ne sont pas équipés pour affronter le soleil et bronzer. Ils obtiendront péniblement un petit hâle au prix de rougeurs voire de coups de soleil
Mais ceci dépend peu de la présence ou non de crème solaire : les peaux mates bronzeront vite même avec une creme solaire et les peaux claires bronzeront de toute façon lentement ou très peu mais la crème évitera surtout les coups de soleil
Il faut donc mettre des crèmes solaires efficaces (minimum indice 30 contre les UVB, et protégeant aussi contre les UVA)
20 minutes avant le début de l’exposition puis toutes les deux heures et après les bains, sur tout le corps.
Peut-on bronzer sous un parasol?
Absolument ! Le parasol filtre une partie seulement des rayons ultra-violets (UV) émis par le soleil. De plus, vous recevez sous le parasol une quantité non négligeable d’UV réfléchis par l’eau ou le sable. On estime en effet que l’eau réfléchit 5 % des UV et le sable 20 % !
Vous bronzerez donc sous le parasol, et vous obtiendrez même un bronzage progressif sans subir de coup de soleil, que l’on redoute tant pour la peau.
Faire tenir le bronzage : comment garder son bronzage?
Quelques mesures permettent de tenir un meilleur bronzage
Ne pas vouloir bronzer trop vite
Il faut avoir à tout prix éviter les coups de soleil et avoir suivi les conseils de protection solaire :
Un bronzage acquis trop brutalement ou rapidement est souvent de mauvaise qualité car associé à des dégats cutanés responsables de desquamation qui le font partir
Les dermatologues ne le répèteront jamais assez : il faut se protéger du soleil en évitant les expositions entre 11 et 17 h, les expositions longues du type « bain de soleil » et les UV en cabine. N’hésitez pas à prendre l’habitude de porter une protection vestimentaire : T-Shirt à ou chemise légère à manches longues, chapeau avec bords larges, pantalon léger… et appliquez des crèmes solaires efficaces (minimum indice 30 contre les UVB, et protégeant aussi contre les UVA), toutes les deux heures et après les bains.
Un bronzage progressif et lent respectera plus votre peau et tiendra plus longtemps.
Prendre soin de sa peau pour tenir son bronzage
La peau se renouvelle et les couches superficielles de la peau sont progressivement éliminées par le phénomène de desquamation.
Plusieurs facteurs peuvent donc ralentir la disparition du bronzage.
Après l’été, évitez les activités qui vont accélérer l’élimination des cellules superficielles
utilisation d’un gant de crin, de produits de gommage…
Hydratez régulièrement votre peau
au moyen d’un crème hydratante, car ceci renforcera l’adhésion des cellules superficielles.
Une conclusion sur le désir d’être bronzé
Quoi de plus agréable que de rentrer de vacances en ayant bonne mine? N’oubliez cependant jamais que le bronzage n’est qu’une réaction de défense de votre peau et que le soleil est un pourvoyeur de cancers et un accélérateur du vieillissement cutané… Il suffit de comparer la peau de lait d’une sœur qui sort rarement de son couvent et la peau flétrie et ridée d’une personne du même âge qui s’expose pour s’en convaincre… : la protection solaire est la meilleure prévention du vieillissement cutané.
Questions fréquentes
Je pars quinze jours en vacances et je voudrais savoir combien de temps mon bronzage perdurera ensuite ?
Le bronzage est un mécanisme de défense de la peau, qui se charge de pigment (la mélanine) en particulier dans les couches superficielles afin d’absorber les rayons du soleil qui lui sont nocifs, et de les empêcher autant que faire ce peut, de pénétrer au sein des cellules des couches profondes. Lorsque vous bronzez, il s’agit donc de la partie la plus superficielle de votre peau qui se colore. Or, la peau se renouvelle et les couches superficielles de la peau sont progressivement éliminées par le phénomène de desquamation. Plusieurs facteurs peuvent donc ralentir la disparition du bronzage. Tout d’abord, il ne faut pas chercher à bronzer trop rapidement car ceci engendrerait de dégâts importants dans les couches de la peau (irritation des cellules cutanées, voir coup de soleil qui correspond à une véritable brûlure de la peau) et un renouvellement plus important (on se met à « peler »), donc un « débronzage » plus rapide. Il est donc très important, et pas seulement pour protéger sa peau, de respecter les mesures de photo-protection : éviter les expositions entre 11h et 16h, porter des vêtements couvrants et appliquer une crème solaire de protection forte. Un bronzage progressif et lent respectera plus votre peau et tiendra plus longtemps. Après l’été, évitez les activités qui vont accélérer l’élimination des cellules superficielles : utilisation d’un gant de crin, de produits de gommage… Enfin, hydratez régulièrement votre peau au moyen d’un crème hydratante, car ceci renforcera l’adhésion des cellules superficielles. Mais n’oubliez jamais que le bronzage n’est qu’une réaction de défense de votre peau et que le soleil est un pourvoyeur de cancers et un accélérateur du vieillissement cutané… Il suffit de comparer la peau de lait d’une sœur qui sort rarement de son couvent et la peau flétrie et ridée d’une personne du même âge qui s’expose pour s’en convaincre… : la protection solaire est la meilleure prévention du vieillissement cutané.
Il s’agit d’une réaction entre le parfum et le soleil, provoquant après exposition, l’apparition de vastes nappes brunes sur toute la surface d’application du parfum sur la peau.
Ces nappes brunes peuvent être difficiles à faire disparaître et rester longtemps sur la peau.
Il est donc préférable d’éviter d’appliquer votre parfum sur les zones exposées au soleil (cou, décolleté…) au risque de voir apparaître de vastes plages brunes.
Cette dermite pigmentogène n’est pas l’apanage du parfum ou de l’eau de toilette, mais elle peut aussi se voir avec les cosmétiques parfumés (crèmes solaires notamment).
Il est donc recommandé d’éviter d’appliquer des cosmétiques parfumés sur les zones exposées au soleil et d’éviter les crèmes solaires parfumées, même si elles sont agréables.
Questions fréquentes
J’aime être parfumée même sous le soleil. Qu’est-ce que je risque?
Le parfum peut provoquer une dermite pigmentogène lors de son exposition au soleil. Il s’agit d’une réaction entre le parfum et le soleil, provoquant après exposition, l’apparition de vastes nappes brunes sur toute la surface d’application du parfum sur la peau. Ces nappes brunes peuvent être difficiles à faire disparaître et rester longtemps sur la peau. Il est donc préférable d’éviter d’appliquer votre parfum sur les zones exposées au soleil (cou, décolleté…) au risque de voir apparaître de vastes plages brunes. Cette dermite pigmentogène n’est pas l’apanage du parfum ou de l’eau de toilette, mais elle peut aussi se voir avec les cosmétiques parfumés (crèmes solaires notamment). Il est donc recommandé d’éviter d’appliquer des cosmétiques parfumés sur les zones exposées au soleil et d’éviter les crèmes solaires parfumées, même si elles sont agréables.
Attention à l’apparition de vastes tâches brunes sur votre peau exposée au soleil à l’endroit où vous avez appliqué votre parfum.
Les compléments alimentaires destinés à protéger la peau du soleil contiennent le plus souvent des pigments d’origine végétale et des anti-oxydants.
Des pigments
Les pigments sont des molécules capables d’absorber une partie des rayons ultra-violets émis par le soleil. Il s’agit le plus souvent de caroténoides et en particulier du béta carotène qui comme son nom l’indique est contenu en grande quantité dans les carottes et leur confère leur couleur orange.
Mais les caroténoides sont aussi présents dans de nombreux fruits (abricot, mangue, melon…) et légumes (persil, épinards, laitue, cresson, brocoli…).
Des anti oxydants
Les anti oxydants sont des molécules qui s’opposent au phénomène d’oxydation des cellules, un mécanisme biologique qui joue un rôle dans le vieillissement et le risque de cancérisation des cellules. Les anti oxydants généralement utilisés dans les compléments alimentaires sont des vitamines (vitamine C qu’on trouve en grande quantité dans les agrumes ou les kiwis, vitamine E contenue dans l’huile de tournesol ou d’olive…) et des flavonoides contenus dans le soja, le thé vert, le raisin, le glutathion, les dérivés de la cystéine, le sélénium, ou le zinc…
Effet protecteur vis-à-vis des dégats liés au soleil?
Les antioxydants (vitamines E et C, le glutathion, les dérivés
de la cystéine, le sélénium, ou le zinc) peuvent prévenir le coup de soleil et les cancers de la peau induits par les UV dans les études précliniques chez l’animal
Cependant, cet effet préventif sur les cancers n’a jamais été démontré chez l’homme et les antioxydants pourraient protéger un peu des coups de soleil, mais de manière bien moins efficace qu’une crème solaire
Dans l’étude nutritionnelle de grande ampleur Su.Vi.Max, l’apport d’antioxydants a diminué la fréquence de l’ensemble des cancers chez l’homme, mais cet apport a légèrement augmenté la fréquence des cancers de la peau chez les femmes, avec un retour à la normal à l’arrêt de
la supplémentation
De même, un excès d’antioxydants pourrait favoriser la prolifération cellulaire chez les personnes ayant des lésions précancéreuses (ce qui a été
démontré par exemple avec l’apport de vitamine C chez les fumeurs).
Régime méditerranéen versus compléments alimentaires
Une alimentation riche en fruits et légumes (plus d’un demi kilogramme par jour) apporte beaucoup de ces molécules mais aussi, et contrairement aux gélules, les fruits et légumes apportent d’autres substances bénéfiques pour l’organisme telles que fibres ou oligo éléments.
L’utilisation de compléments alimentaires a donc beaucoup moins d’utilité si le régime est déjà riche en fruits et légumes.
D’autres sont invisibles : les Ultra-violets et les Infra-rouges.
Le rayonnement ayant le plus d’effet sur la peau est le rayonnement Ultra-Violet (UV), même par temps nuageux (un voile nuageux d’altitude ne bloque que 10% des UV).
Les UV peuvent avoir des effets positifs sur la peau à faible dose comme par exemple l’action antidépressive chez certaines personnes. Cet effet semble être plus lié à la lumière visible qu’aux UV. Il permet deguérir certaines maladies de la peau (psoriasis… ). Là encore il suffit de très peu d’UV (quelques minutes d’exposition qutotidienne à 17h en été suffisent pour avoir un effet bénéfique sur certaines maladies de peau en quelques jours ou semaines). Enfin, il permet la production de vitamine D (action antirachitique) mais il faut là encore très peu de soleil pour en bénéficier : il suffit de prendre un café en terrasse pendant quelques minutes avant bras nus en période estivale pour avoir synthétisé son stock quotidien de vitamine D !
Il est donc important pour permettre à la peau d’étre plus à même de se protéger du soleil :
d’avoir une peau bien hydratée
avant le début des expositions solaires, car la barrière cutanée protège un peu du soleil et une peau sèche ou lésée y est plus sensible
mettre des crèmes solaires efficaces (minimum indice 30 contre les UVB, et protégeant aussi contre les UVA)
20 minutes avant le début de l’exposition puis toutes les deux heures et après les bains, sur tout le corps.
les UV en cabine ne sont pas recommandés
pour préparer la peau car ils ne font qu’ajouter des UV artificiels aux UV naturels que l’ont prendra après.
les photoprotecteurs internes (carotène… )
sont quant à eux assez peu protecteurs et ils tendent généralement à s’exposer plus car on se croit protégé. Les dermatologues ne les recommandent donc généralement pas à cause de ce mésusage.
il faut surtout éviter le coup de soleil et s’exposer très progressivement. Il convient aussi d’éviter le soleil entre 11 et 16h, de favoriser une protection vestimentaire et de chercher l’ombre (en savoir plus sur la protection solaire)
Il faut donc savoir modérer ses expositions solaires et savoir que la vie courante (travailler, faire des courses ) dans un pays ensoleillé est déjà considérée comme une forte exposition.
Il ne faut en effet jamais oublier que la lumière voyage à 300 000 kms/seconde : le fait de bouger, faire du vélo, des courses… ne nous protège donc pas du tout même si la sensation de chaleur n’est pas présente
L’urticaire solaire provoque une éruption de boutons gonflés rosés qui démangent (urticaire) dès les premières minutes (dans la demi heure) qui suit une exposition au soleil, contrairement à la lucite qui survient généralement dans les 12 à 78 heures après le soleil
Téléchargez le guide complet
URTICAIRE
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
L’urticaire est donc une allergie de la peau : l’aspect gonflé des papules d’urticaire (enflures de la peau) est due à une dilatation aiguë des vaisseaux de la peau, secondaire à la libération d’histamine par les mastocytes.
Causes
La cause de l’urticaire au soleil est mal connue.
Elle touche 3 femmes pour un homme avec un pic entre 30 et 50 ans
On note parfois des antécédents d’eczema atopique personnel ou dans la famille, voire de lupus, lucite… certains médicaments dont les cyclines, antibiotiques utilisés dans l’acné, peuvent avoir été pris avant l’éruption
Symptomes
L’éruption débute dans les 30 minutes qui suivent l’exposition au soleil. Elle dure entre 1 heure et une journée.
Boutons d’urticaire
Le mot urticaire provient du latin « urtica » qui signifie ortie.
L’urticaire a generalement l’aspect de boutons monomorphes ressemblant à des piqûres d’ortie qui très souvent démangent (démangeaisons), fugaces et évolutifs.
Monomorphes, l’urticaire a pour lésion élémentaire une papule oedémateuse (gonflée) rouge ou rosée (comme des piqures d’orties), isolée ou confluant en des plaques bien délimitées.
Démangeaisons : l’urticaire démange constamment sauf en cas d’urticaire systémique ou profonde, parfois féroce. L’urticaire donne donc des plaques qui grattent.
Fugaces, les lésions d’urticaire persistent quelques minutes ou quelques heures avant de disparaître sans laisser de traces.
Sur une zone exposée au soleil
L’urticaire solaire apparaît le plus souvent quelques minutes apres une exposition au soleil, notamment sur les zones qui etaient protegees du soleil et ont ete recemment exposees.
Urticaire sur une zone exposée au soleil
Il peut s’étendre ensuite sur les zones couvertes
L’urticaire au soleil est habituellement suivie d’une période réfractaire de 24 à 48 h succédant à une poussée d’urticaire solaire au cours de laquelle une nouvelle exposition ne déclenche pas de lésion
Le diagnostic de l’urticaire au soleil passe le plus souvent par la réalisation de phototests.
Formes atypiques
L’éruption urticariforme typique peut manquer et on peut observer des formes tronquées d’urticaire solaire telles que :
Simple rougeur qui démange dans les 30 minutes après exposition solaire
Eruption localisée sur quelques zones exposées seulement (« fixed solar urticaria »)
Importance des manifestations générales associées : maux de tête, malaise, palpitations (risque de choc anaphylactique)…
Soigner l’urticaire solaire
Le traitement de l’urticaire solaire est souvent difficile et requiert notamment une
l’utilisation d’antihistaminiques à forte dose et de plusieurs types avant les expositions
une UVA-thérapie et/ou UVB TL01
Voire des Gamma globulines IV, de la Ciclosporine, une Plasmaphérèse…
Téléchargez le guide complet
URTICAIRE
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Photosensibilisation = produit photosensibilisant + soleil
Allergie solaire due a un medicament
La photosensibilisation résulte de la conjonction d’une substance photosensibilisante (par application sur la peau = photosensibilisation externe ou par ingestion par voie orale = photosensibilisation interne) et du soleil
Comment reconnaitre la photosensibilisation
L’éruption apparait après les expositions solaires et les boutons tendent à disparaitre en hiver
En cas de photosensibilisation interne, les boutons siégent électivement sur les zones exposées au soleil, et sont souvent délimités par les vêtements.
Ainsi, habituellement, seuls le visage, le décolleté, la nuque, le dos des mains et les avant-bras sont atteints sauf en cas d’exposition à la plage par exemple
En cas de photosensibilisation de contact externe, les boutons sont localisés là où a été appliquée la substance photosensibilisante. Ainsi, une photosensibilisation à une crème de jour va se manifester uniquement par des lésions du visage, une photosensibilisation à une crème anti-inflammatoire va entraîner des boutons au niveau de l’articulation traitée etc.
Attention en cas d’allergie à la creme solaire, la photosensibilisation peut mimer une photosensibilisation interne si la creme a été mise sur toutes les zones photoexposées
Reconnaitre le type de photosensibilité
Les réactions phototoxiques
Ce ne sont pas à proprement parler des allergies, mais des réactions pouvant survenir chez tout le monde, sans hypersensibilité, à la simple condition que la personne ait dans la peau le photosensibilisant et soit exposée de façon assez intense aux UV.
Elle se manifeste par une rougeur intense de la peau, parfois avec décollements bulleux, évoquant un coup de soleil mais anormal pour un temps d’exposition minime.
Elle peut laisser des taches brunes, notamment avec les parfums ou les plantes.
Les réactions photoallergiques ne surviennent que chez des personnes préalablement sensibilisés à l’allergène. Il s’agit donc à proprement parler d’allergies, provoquant le plus souvent un eczema au soleil
Il peut survenir après une exposition même minime au soleil (derrière les vitres d’une voiture, ciel voilé… )
Au début, l’eczema est localisé aux zones exposées au soleil puis il peut s’étendre aux zones protégées.
Quelle est la substance photosensibilisante en cause?
On distingue les agents externes (contact avec la peau) et internes (aliments, médicaments… )
photosensibilisation externe :
En cas de photosensibilisation externe par contact, l’identification de la substance responsable se trouve au sein tous les produits utilisés sur la peau : médicaments par voies locale, cosmétiques, végétaux, parfums…
Si l’interrogatoire ne permet pas d’identifier formellement le produit responsable de la photosensibilisation, il faut avoir recours à des photo patch-tests. Cette technique d’exploration photobiologique va être pertinente en cas de photo-allergie. En revanche, n’importe quelle substance phototoxique irradiée avec des UV peut induire un photopatch-test positif. Dès lors, la simple découverte d’un photopatch-test positif n’est pas suffisante pour affirmer la responsabilité d’un produit, il faut de plus que le test positif soit pertinent par rapport à l’histoire clinique : ce produit a été appliqué 24h environ avant l’allergie au soleil.
Exemple : baume du Pérou, colorants des rouges (éosine, fluorescéine, rose de Bengale), formaldéhyde, furocoumarines et huiles essentielles (bergamote, cèdre, citron vert, lavande, vanille), mousse de chêne, musk ambrette, PPD, filtres solaires ( Eusolex 232 (acide phénylbenzimidazole sulfonique) Eusolex 6300 3 (4-méthylbenzidylène camphre), Parsol MCX (octylméthoxycinnamate), Eusolex 4360 (oxybenzone),
Parsol 1789 (butylméthoxydibenzoylméthane), ketoprofene…
En cas de photosensibilisation systémique, l’identification de la substance responsable est beaucoup plus difficile. Il faut repérer les médicaments potentiellement photosensibilisants
Exemple : anti-inflammatoires non stéroïdiens, cyclines, amiodarone, chlorpromazine, dacarbazine, 5 FU, psoralenes, quinolones, phénothiazines…
On peut avoir recours aux photo patch-tests mais il y a beaucoup de faux négatifs et de faux positifs (molécule phototoxique comme pour les sensibilisation externes).
Peut-on faire une photosensibilisation après avoir ingéré des aliments? Certains aliments contenant une grande proportion de psoralènes (céleri, persil), les boissons contenant de la quinine (Gini®, Schweppes®), des additifs alimentaires (métabisulfite de sodium) et les édulcorants de synthèse à base de cyclamate peuvent engendrer une photosensibilisation systémique. Cependant, la quantité de substance photosensibilisante est probablement insuffisante pour que ces aliments provoquent à eux seuls une réaction de photosensibilisation. En revanche, leur absorption chez un patient prenant déjà un médicament photosensibilisant risque de déclencher une photosensibilisation…
Un produit photosensibilisant rend la peau plus sensible au soleil, provoquant sur la peau exposée au soleil des rougeurs, boutons, démangeaisons… : l’éruption apparaît après les expositions solaires et les boutons tendent à disparaître en hiver.
On distingue les photosensibilisants internes et externes :
– Le photosensibilisant interne est pris par exemple par voie orale. Il rend donc toute la peau sensible au soleil : les boutons siègent électivement sur les zones exposées au soleil, et sont souvent délimités par les vêtements. Ainsi, habituellement, seuls le visage, le décolleté, la nuque, le dos des mains et les avant-bras sont atteints, sauf en cas d’exposition à la plage par exemple. Les plus fréquents sont des médicaments photosensibilisants
– Le photosensibilisant de contact externe provoque une éruption là où il est appliqué et si cette zone est exposée au soleil. Ainsi, une photosensibilisation à une crème de jour va se manifester uniquement par des lésions du visage, une photosensibilisation à une crème anti-inflammatoire va entraîner des boutons au niveau de l’articulation traitée puis exposée au soleil, etc.
Un médicament photosensibilisant rend la peau plus sensible au soleil, provoquant sur la peau exposée au soleil des rougeurs, boutons, démangeaisons… : l’éruption apparaît après les expositions solaires et les boutons tendent à disparaître en hiver. Ainsi, habituellement, seuls le visage, le décolleté, la nuque, le dos des mains et les avant-bras sont atteints, sauf en cas d’exposition à la plage par exemple.
Le photosensibilisant de contact externe provoque une éruption là où il est appliqué et si cette zone est exposée au soleil. Ainsi, une photosensibilisation à une crème de jour va se manifester uniquement par des lésions du visage, une photosensibilisation à une crème anti-inflammatoire va entraîner des boutons au niveau de l’articulation traitée puis exposée au soleil, etc.
Les médicaments topiques les plus fréquemment en cause sont exposés dans l’article produit photosensibilisant
Il faut noter qu’en cas d’allergie à la creme solaire (filtres Eusolex 232 (acide phénylbenzimidazole sulfonique) Eusolex 6300 3 (4-méthylbenzidylène camphre), Parsol MCX (octylméthoxycinnamate), Eusolex 4360 (oxybenzone), Parsol 1789 (butylméthoxydibenzoylméthane)), la photosensibilisation peut mimer une photosensibilisation interne si la creme a été mise sur toutes les zones photoexposées
Dangers et risques des crèmes solaires : ce que dit vraiment la science en 2026
Les crèmes solaires font régulièrement l’objet de polémiques : elles provoqueraient des allergies, agiraient comme perturbateurs endocriniens, feraient pénétrer des substances nocives dans l’organisme, bloqueraient la synthèse de vitamine D, voire favoriseraient le cancer de la peau en incitant à s’exposer davantage. Ces accusations se multiplient sur les réseaux sociaux, souvent sans distinction entre données de laboratoire, études animales et preuves cliniques chez l’homme.
En face, un fait demeure solide : il est prouvé que l’utilisation régulière de crème solaire réduit le risque de cancers cutanés, notamment de mélanomes et de carcinomes épidermoïdes, ainsi que le risque de vieillissement cutané accéléré. L’enjeu de cet article est de démêler le vrai du faux, avec les données scientifiques actualisées, pour vous aider à faire des choix éclairés — sans renoncer à la protection solaire.
Y a-t-il un danger réel à utiliser les crèmes solaires ? La science répond.
1. Filtres chimiques et filtres minéraux : deux mécanismes, deux profils de risque
Toute crème solaire contient un ou plusieurs filtres UV, qui peuvent être de deux natures :
Les filtres chimiques (organiques) sont des molécules carbonées qui absorbent les rayons UV et les convertissent en chaleur par des réactions moléculaires. Les plus courants en France et en Europe sont l’avobenzone, l’octocrylène, l’oxybenzone (benzophénone-3), l’octinoxate (méthoxycinnamate), le Mexoryl® SX et XL, les Tinosorb® S et M. Ces filtres sont généralement bien tolérés cosmétiquement (texture légère, pas d’effet blanchissant) mais soulèvent des questions de sécurité.
Les filtres minéraux (physiques) sont des poudres micronisées de dioxyde de titane (TiO₂) et d’oxyde de zinc (ZnO) qui réfléchissent et diffusent les UV. La FDA américaine les classe depuis 2019 comme les deux seuls filtres considérés comme sûrs et efficaces (GRASE — Generally Recognized As Safe and Effective) parmi les 16 filtres évalués. Leur principal inconvénient historique était l’effet blanchissant, largement atténué par les formulations modernes.
Critère
Filtres chimiques
Filtres minéraux (TiO₂, ZnO)
Mécanisme d’action
Absorption des UV → chaleur
Réflexion et diffusion des UV
Texture / cosmétique
Légère, transparente, agréable
Souvent blanchissante (améliorée en nano)
Absorption cutanée
Variable selon le filtre (oxybenzone +++)
Très faible (agrégats trop gros)
Statut FDA 2021
Non-GRASE (données insuffisantes) pour 10 filtres
GRASE (seuls considérés sûrs)
Allergie de contact
Possible (octocrylène +++, oxybenzone)
Très rare
Perturbateur endocrinien suspecté
Oui (oxybenzone, homosolate, en études)
Non documenté
Impact environnemental
Oxybenzone et octinoxate toxiques pour les coraux
Minimal à ce jour
Recommandation pédiatrique
À éviter avant 2 ans
Préférés chez l’enfant et nourrisson
2. Allergies aux filtres chimiques des crèmes solaires
Les allergies aux filtres chimiques existent et sont cliniquement documentées. Elles prennent trois formes principales :
L’eczéma de contact allergique
Il s’agit d’une allergie de contact classique de type hypersensibilité retardée (type IV), survenant 24 à 72 heures après l’application d’un filtre chimique sur les zones traitées. L’octocrylène est le principal filtre incriminé, suivi de la benzophénone-3 (oxybenzone) et de quelques cinnamamtes. Le diagnostic est confirmé par des patch-tests en milieu spécialisé.
L’eczéma photoallergique et photoaggravé
Certains filtres nécessitent l’exposition solaire pour déclencher la réaction allergique (photoallergie). La lésion apparaît sur les zones photo-exposées enduites de crème solaire, parfois en quelques heures. L’octocrylène et la benzophénone-3 sont les principaux responsables. L’arrêt du filtre en cause est indispensable — la photoallergie peut persister longtemps après l’éviction car les photoproduits de dégradation du filtre persistent dans la peau.
Les réactions croisées octocrylène / kétoprofène
La réaction croisée entre l’octocrylène (filtre photostable présent dans de nombreuses crèmes solaires et cosmétiques anti-âge) et le kétoprofène (Ketum® gel anti-inflammatoire) est une des associations les plus documentées en dermato-allergologie. Les patients qui se sont sensibilisés au kétoprofène cutané développent fréquemment une photoallergie à l’octocrylène — et vice versa. Cette sensibilisation croisée peut également concerner d’autres substances comme la benzophénone.
En pratique : tout patient ayant déjà eu une réaction cutanée au kétoprofène gel doit éviter les crèmes solaires contenant de l’octocrylène, et inversement.
Il est également recommandé d’éviter autant que possible les filtres chimiques chez les jeunes enfants, dont la peau plus fine et plus perméable augmente les risques d’absorption et de sensibilisation.
Référence PubMed : Uter W et al. Contact sensitization to common sunscreen agents: a multicentre study of the IVDK. Contact Dermatitis. 2014;71(3):162-169. Lire sur PubMed →
3. Absorption systémique des filtres chimiques : ce que les études FDA ont montré
C’est sur ce point que la science a le plus avancé depuis 2019, et que la polémique est la plus vive. Les faits sont les suivants.
Les études MUsT de la FDA (2019-2020)
La FDA a mené deux essais cliniques randomisés dits Maximum Usage Trials (MUsT), en conditions d’utilisation maximale (2 mg/cm² appliqués 4 fois par jour sur 75 % de la surface corporelle pendant 4 jours) :
Étude 2019 (JAMA) : 4 filtres testés (avobenzone, oxybenzone, octocrylène, écamsule) — les 4 ont atteint des concentrations plasmatiques supérieures à 0,5 ng/mL dès le premier jour, seuil au-dessus duquel la FDA exige des études toxicologiques complémentaires.
Étude 2020 (JAMA) : 6 filtres testés (avobenzone, oxybenzone, octocrylène, homosolate, octisalate, octinoxate) — les 6 ont dépassé le seuil. L’oxybenzone atteignait des concentrations plasmatiques de 85 à 94 ng/mL, soit plus de 40 fois le seuil. Certains filtres étaient encore détectables dans le sang 21 jours après la dernière application.
Filtre chimique
Absorption plasmatique maximale mesurée
Statut FDA 2021
Remarques
Oxybenzone (benzophénone-3)
85-94 ng/mL (170× le seuil)
Non-GRASE (données insuffisantes)
Détecté dans lait maternel, urine, sang de cordon ombilical, liquide amniotique
Homosolate
Supérieure au seuil, persistante à 21j
Non-GRASE
SCCS européen : non sûr aux concentrations actuelles (max recommandé 0,5 %)
Avobenzone
4,3 ng/mL après une seule application
Non-GRASE
Instable sans photostabilisateur ; se dégrade en radicaux libres
Octocrylène
~14× le seuil en usage maximal
Non-GRASE
Se dégrade en benzophénone (cancérogène suspecté) avec le temps
Octinoxate
Supérieure au seuil
Non-GRASE
Banni à Hawaï et Key West pour toxicité corallienne
Octisalate
Supérieure au seuil
Non-GRASE
Parmi les filtres les mieux tolérés
TiO₂ (titane) et ZnO (zinc)
Absorption cutanée négligeable
GRASE (sûrs et efficaces)
Seuls filtres approuvés sans réserve par la FDA
Mais que signifie concrètement dépasser le seuil de 0,5 ng/mL ?
Ce seuil ne signifie pas que le filtre est dangereux — il signifie que la FDA considère que ce niveau d’absorption nécessite des études toxicologiques complémentaires pour évaluer les risques éventuels à long terme. Comme le précise Harvard Health : aucun effet indésirable grave lié à l’absorption systémique des filtres chimiques n’a été rapporté en pratique clinique. La FDA n’a pas demandé aux consommateurs d’arrêter leur crème solaire.
Il faut également souligner que ces études ont été conduites en conditions d’utilisation maximale (4 applications sur 75 % du corps par jour), bien au-delà de ce que la plupart des gens appliquent réellement. Les résultats ne reflètent pas directement le risque d’une utilisation quotidienne normale.
Référence PubMed : Matta MK et al. Effect of Sunscreen Application on Plasma Concentration of Sunscreen Active Ingredients: A Randomized Clinical Trial. JAMA. 2020;323(3):256-267. Lire sur PubMed →
La dégradation de l’octocrylène en benzophénone
Un signal de pharmacovigilance supplémentaire a été décrit en 2021 : l’octocrylène se dégrade au fil du temps (dans le tube de crème solaire) en benzophénone, substance classée cancérogène suspecté par l’Agence californienne de protection de l’environnement. Des études ont retrouvé de la benzophénone dans 9 produits européens et 8 produits américains contenant de l’octocrylène — et sa concentration augmente avec le vieillissement du produit. Ce phénomène plaide pour respecter les dates de péremption et ne pas conserver les crèmes solaires d’une année sur l’autre.
4. Filtres chimiques et perturbateurs endocriniens : où en est la science ?
Le sujet du perturbateur endocrinien est celui qui génère le plus d’inquiétude, parfois hors de proportion avec les preuves disponibles chez l’homme.
Ce qui est établi chez l’animal
Des effets œstrogéniques ont été démontrés chez la souris, notamment avec le 4-méthylbenzylidène camphre (4-MBC) et le 3-benzylidène camphre (3-BC) — deux filtres peu utilisés en Europe — administrés par voie orale à fortes doses pendant des périodes prolongées (gestation, lactation). Ces effets comprennent une augmentation du poids utérin et des modifications du comportement sexuel. Ces résultats ne correspondent pas à la réalité d’une application cutanée quotidienne, compte tenu des taux d’absorption très inférieurs.
Ce qui est suspecté chez l’homme
En 2021, le Comité scientifique européen sur la sécurité des consommateurs (SCCS) a conclu que l’oxybenzone et l’homosolate ne sont pas sûrs aux concentrations actuellement utilisées en Europe et a abaissé leurs limites autorisées (oxybenzone : max 2,2 % vs 6 % aux USA ; homosolate : max 0,5 % vs 15 % aux USA). L’avobenzone est soupçonnée de bloquer les effets de la testostérone à faibles doses dans des études cellulaires.
L’oxybenzone a été retrouvée dans des échantillons de lait maternel, d’urine, de sang de cordon ombilical et de liquide amniotique — ce qui justifie la recommandation de prudence particulière pendant la grossesse et l’allaitement, et de préférence pour les filtres minéraux dans ces situations.
Ce que l’on sait sur l’absorption et les doses
Entre 0,1 % et 5 % des filtres chimiques sont absorbés à travers la peau — taux qui augmente en cas de peau lésée (coup de soleil, eczéma) et chez l’enfant (× 1,7) et le nourrisson (× 2,7). Cependant, les filtres chimiques ont un pouvoir œstrogénique très inférieur à celui des phyto-œstrogènes naturels (soja), et les doses systémiques résultant d’une utilisation cutanée normale restent très inférieures aux doses actives observées dans les études animales.
Des filtres chimiques — principalement le 4-MBC — ont été retrouvés dans 75 % des échantillons de lait maternel testés dans une étude suisse (20 % de 4-MBC). Fait notable : ces taux étaient identiques été comme hiver, suggérant que leur source principale est moins les crèmes solaires que les cosmétiques courants (crèmes anti-âge, lotions, laques, shampoings contenant des filtres UV comme conservateurs ou anti-photodégradation).
Le bilan actuel : un rôle perturbateur endocrinien cliniquement significatif des crèmes solaires chez l’homme n’est pas établi à ce jour dans les conditions normales d’utilisation. Mais l’absence de preuve n’est pas une preuve d’absence — des études de long terme manquent encore. La prudence est recommandée, notamment pour l’oxybenzone, chez la femme enceinte et l’enfant.
Référence PubMed : Ghazipura M et al. Exposure to benzophenone-3 and reproductive toxicity: a systematic review of human and animal studies. Reprod Toxicol. 2017;73:175-183. Lire sur PubMed →
5. Nanoparticules de filtres minéraux : danger ou fantasme ?
Les filtres minéraux modernes sont souvent formulés sous forme de nanoparticules pour améliorer leur texture et réduire l’effet blanchissant. Cette micro-division soulève une question légitime : des particules aussi petites peuvent-elles traverser la peau et atteindre des cellules vivantes ?
Les données actuelles sur la pénétration cutanée
Les études disponibles convergent vers une réponse rassurante sur ce point : les nanoparticules de ZnO et TiO₂ ne pénètrent pas la peau intacte. Elles forment des agrégats dans les plis cutanés et à la surface de l’épiderme, mais aucune pénétration ni toxicité cellulaire n’a été détectée dans les couches vivantes. Seule une légère augmentation de la concentration en ions zinc a été observée dans l’épiderme dans certaines études — sans toxicité démontrée.
Le risque des sprays et poudres à base de TiO₂
En revanche, deux situations méritent une vigilance réelle :
Les sprays et poudres contenant du dioxyde de titane : l’IARC (Centre international de recherche sur le cancer) classe le TiO₂ comme peut-être cancérogène pour l’homme par inhalation (groupe 2B). L’inhalation de nanoparticules de TiO₂ peut provoquer des lésions inflammatoires chroniques pulmonaires. Les sprays solaires ne doivent pas être inhalés et ne doivent pas être vaporisés sur le visage des enfants.
L’application sur peau lésée : le dioxyde de titane peut induire des dommages photo-oxydatifs à l’ADN via la production de radicaux libres (peroxyde d’hydrogène) sur une peau dont la barrière est altérée. Il est donc déconseillé d’appliquer une crème solaire contenant du TiO₂ sur un coup de soleil.
Référence PubMed : Lewicka ZA et al. Toxicity of nanosized and bulk ZnO, CuO and TiO₂ to human keratinocytes. Nanotoxicology. 2013;7(8):1178-1187. Lire sur PubMed →
6. Crèmes solaires et vitamine D : y a-t-il un vrai risque de carence ?
L’argument est fréquemment avancé : les crèmes solaires bloqueraient la synthèse de vitamine D en empêchant les UV d’atteindre la peau. La réalité est plus nuancée.
La synthèse cutanée de vitamine D3 est déclenchée par les UVB (290-315 nm). Une exposition des mains et du visage de 30 minutes à 2 heures par semaine (selon la latitude, la saison et le phototype) suffit pour une synthèse normale de vitamine D. Cette exposition minimale se produit naturellement au quotidien — en marchant, en ouvrant une fenêtre, en sortant du bureau — sans application de crème solaire.
Par ailleurs, les études cliniques mesurant les taux de 25-OH-vitamine D chez des utilisateurs réguliers de crème solaire versus non-utilisateurs ne montrent pas de différence significative. Deux raisons expliquent ce résultat : d’abord, la plupart des gens n’appliquent pas leur crème solaire de façon assez uniforme et épaisse pour bloquer tous les UVB ; ensuite, les expositions non protégées du quotidien suffisent à maintenir des niveaux adéquats dans la population générale.
L’usage des crèmes solaires ne diminue probablement pas les taux de vitamine D dans la population générale. Les personnes à risque de carence (personnes âgées, à peau foncée, peu exposées) relèvent d’une supplémentation médicalement guidée, indépendamment de la crème solaire.
7. La crème solaire : source d’un faux sentiment de sécurité ?
Ce reproche-là est en revanche bien fondé. L’usage de la crème solaire a souvent pour objectif de bronzer plus longtemps sans coup de soleil. Ce comportement est trompeur pour deux raisons :
D’abord, les filtres solaires réduisent les UVB responsables des coups de soleil beaucoup plus efficacement que les UVA responsables du vieillissement et impliqués dans le risque de mélanome. Une personne qui ne ressent pas de coup de soleil reste exposée aux UVA pénétrants.
Ensuite, la crème solaire est souvent mal appliquée : quantité insuffisante (le SPF affiché suppose 2 mg/cm², soit une couche épaisse), zones oubliées (oreilles, nuque, pieds, lèvres), et non-renouvelée toutes les 2 heures et après chaque baignade.
Les crèmes solaires ont pour but de réduire le risque de cancer de la peau et de vieillissement cutané accéléré — pas de permettre de s’exposer plus longtemps.
Dans la stratégie globale de protection solaire, les crèmes solaires arrivent en dernière position, après : la recherche de l’ombre, l’évitement de l’exposition entre 11h et 16h en été, et le port de vêtements couvrants et d’un chapeau à larges bords. Elles ne protègent efficacement que les zones non couvertes par les vêtements.
8. Impact environnemental des filtres chimiques
L’oxybenzone et l’octinoxate ont des effets toxiques documentés sur les coraux et les écosystèmes marins, notamment en induisant une perturbation hormonale chez les larves de corail et en facilitant le blanchissement corallien. Ces deux filtres ont été interdits à Hawaï et Key West (Floride) depuis 2021.
L’octocrylène est également associé à une toxicité marine et à une perturbation potentielle de la santé des récifs. Les filtres minéraux (TiO₂ et ZnO) ont un impact environnemental beaucoup plus limité selon les données disponibles.
Pour les activités nautiques (plongée, snorkeling, baignade en récif), les filtres minéraux sont donc préférables aux filtres chimiques, indépendamment des questions de sécurité humaine.
9. Conclusion : que faut-il utiliser en 2026 ?
La crème solaire, même invisible, rend la peau opaque aux UV — son efficacité est prouvée
Le tableau ci-dessous résume les recommandations pratiques issues de l’état des connaissances en 2026 :
Situation
Recommandation
Filtre préféré
Adulte en bonne santé, usage quotidien
SPF 30 (hiver, peau mate) à 50+ large spectre, renouvellement /2h
Minéral ou mixte selon tolérance
Femme enceinte ou allaitante
Éviter oxybenzone et filtres à fort potentiel d’absorption
Filtres minéraux (TiO₂ + ZnO) recommandés
Enfant de moins de 2 ans
Éviction solaire prioritaire ; si nécessaire, filtre minéral uniquement
Minéral exclusivement
Enfant de 2 à 12 ans
SPF 50+ large spectre ; limiter les filtres chimiques
Minéral de préférence
Peau lésée (coup de soleil, eczéma)
Augmentation de l’absorption ; éviter TiO₂ sur zones lésées
ZnO seul sur peau altérée
Allergie à l’octocrylène ou kétoprofène
Éviction stricte de l’octocrylène et de la benzophénone-3
Filtres minéraux uniquement
Activités nautiques (récif, plongée)
Filtres chimiques à éviter pour l’environnement marin
Minéral exclusivement
Application en spray
Ne pas inhaler ; éviter les sprays à base de TiO₂
Lotion ou crème préférées
La conclusion essentielle : les doutes sur l’innocuité de certains filtres chimiques sont réels et scientifiquement documentés — mais ils ne remettent pas en question l’intérêt de la protection solaire, dont les bénéfices (réduction du risque de cancers cutanés, de mélanome, de photovieillissement) sont prouvés et considérables. Il est en revanche raisonnable de privilégier les filtres minéraux, en particulier pour les populations vulnérables.
FAQ — Questions fréquentes sur les dangers des crèmes solaires
La crème solaire est-elle vraiment dangereuse ?
Certains filtres chimiques soulèvent des questions légitimes — absorption systémique documentée par la FDA, suspicion de perturbation endocrinienne, allergie possible. Ces données justifient la prudence, notamment chez les femmes enceintes et les enfants. Mais aucun effet indésirable grave lié à l’absorption systémique n’a été rapporté en pratique clinique, et les bénéfices de la protection solaire (réduction des cancers cutanés, du mélanome, du photovieillissement) restent prouvés et très supérieurs aux risques hypothétiques pour la population générale adulte.
Quelle est la différence entre filtre chimique et filtre minéral ?
Les filtres chimiques absorbent les UV et les convertissent en chaleur. Les filtres minéraux (dioxyde de titane TiO₂ et oxyde de zinc ZnO) réfléchissent et diffusent les UV. La FDA considère les filtres minéraux comme les seuls filtres sûrs et efficaces sans réserve (GRASE) parmi les 16 évalués. Les filtres minéraux sont donc à privilégier en cas de doute, chez les enfants, les femmes enceintes et lors des activités nautiques.
C’est le filtre chimique qui fait l’objet du plus grand nombre d’alertes. Il est absorbé en grande quantité dans le sang, retrouvé dans le lait maternel, l’urine et le liquide amniotique. Le SCCS européen l’a jugé non sûr aux concentrations utilisées en Europe en 2021. Il est banni dans certaines zones maritimes pour toxicité corallienne. La prudence s’impose, notamment pendant la grossesse et l’allaitement, et chez l’enfant : préférer les filtres minéraux dans ces situations. Chez l’adulte en bonne santé, l’usage occasionnel ne constitue pas un risque établi.
Les crèmes solaires empêchent-elles la synthèse de vitamine D ?
En pratique, non. Les études cliniques ne montrent pas de différence significative des taux de vitamine D entre les utilisateurs réguliers et les non-utilisateurs de crème solaire. Les expositions quotidiennes non protégées (quelques minutes par jour sur le visage et les mains) suffisent à maintenir des niveaux adéquats. Les personnes réellement à risque de carence relèvent d’une supplémentation médicamenteuse, indépendamment de la crème solaire.
Que doit-on mettre sur la peau d’un enfant en bas âge au soleil ?
Avant 6 mois, toute exposition directe au soleil est déconseillée (protection par vêtements, chapeau, ombre). Entre 6 mois et 2 ans, si exposition inévitable, seuls les filtres minéraux (TiO₂ + ZnO) sont recommandés — les filtres chimiques sont à éviter en raison de la perméabilité cutanée accrue et du risque d’absorption majorée. À partir de 2 ans, les crèmes solaires SPF 50+ à base de filtres minéraux restent la référence. En toutes circonstances : pas de spray inhalable sur un enfant.
Protéger les enfants du soleil : comment et pourquoi?
Introduction :
Nous avons vu les effets néfastes du soleil sur la peau dans la fiche consacrée aux effets du soleil sur la peau.
La peau des enfants est particulièrement sensible au soleil et la peau des enfants « garde en mémoire » les expositions solaires et les coups de soleils reçus pendant l’enfance.
Il est donc impératif de protéger les enfants du soleil.
Certains parents pensent que le soleil est bon pour leur enfant et qu’il fait synthétiser de la vitamine D, nécessaire au développement staturo-pondéral de leur enfant.
S’il est vrai que le soleil fait synthétiser de la vitamine D, en revanche, l’enfant n’a pas besoin du soleil pour assurer ses stocks de vitamine D : l’alimentation et la supplémentation en vitamine D effectuée par les médecins y suffisent
Protéger les enfants du soleil
Les conseils de protection solaire classiques sont bien évidemment recommandés pour les enfants, mais il est important de renforcer la protection solaire des enfants par rapport aux adultes :
Eviter l’exposition directe de la peau des enfants et des bébés au soleil
Il est important d’éviter autant que possible toute exposition au soleil pour les enfants et pour les bébés. La peau d’un bébé n’a jamais vu le soleil et elle devrait le voir le pus tard possible! La peau de l’enfant est particulièrement fragile au soleil et il convient donc de l’exposer le moins possible, notamment entre 11 et 16h l’été
Cherchez l’ombre !
Essayez de privilégier les zones ombragées pour laisser jouer les enfants et placez votre bébé à l’ombre. Il faut savoir que l’ombre d’un mur protège mieux que l’ombre d’un arbre ou d’un parasol. Il existe dorénavant des tentes constituées de tissu « anti-UV » ayant un indice de protection SPF 50 +
Méfiez-vous des nuages !
Un ciel voilé laisse passer environ 80% des UV! Il ne faut donc pas se fier aux nuages et se protéger autant sous un ciel voilé, un ciel de cumulus… que lorsque le ciel est tout bleu
Méfiez-vous de la réverbération
La réverbération est la retransmission des rayons solaires par une surface claire (eau, sable, neige… ). Les rayons UV atteignent donc les enfants à l’ombre ! Il faut savoir que la réverbération du sable est d’environ 20% des UV et que la neige réverbère environ 80% des UV
Protégez les enfants avec des vêtements
Même à l’ombre, faites porter
des vêtements couvrants aux enfants. Il existe dorénavant des vêtements en textile « anti-UV », pratiques pour les jeux d’eau notamment car ils sont en fibres textiles séchant facilement et s’écartant peu lorsqu’elles sont mouillées. Un T-Shirt classique en coton voit ses mailles s’élargir lorsqu’il est mouillé et protège beaucoup moins du soleil) chapeau à large bord lunettes de soleil adaptées aux enfants…
Quelle crème solaire pour les enfants ?
La crème solaire doit être appliquée une demi heure avant l’exposition et renouvelée :
une demi heure apres le début de l’exposition – après chaque bain ou séchage à la serviette
Reproduction d’une interview donnée à la société Fedjoa, fabricant de vetements anti-UV :
I/ On dit que le soleil fait synthétiser de la vitamine D, nécessaire à la croissance des enfants, pourquoi cependant est-il important de les protéger du soleil?
La peau des enfants est particulièrement sensible au soleil et elle « garde en mémoire » les expositions solaires et les coups de soleils reçus pendant l’enfance. Ainsi, la plupart des effets néfastes du soleil de l’adulte jeune (cancer de la peau, premières rides précoces du visage, taches brunes… ) sont dues a des expositions solaires et des coups de soleil dans l’enfance.
On sait que le risque demelanome (cancer de la peau pouvant être extrêmement agressif, se présentant le plus souvent sous la forme d’une tache foncée) du sujet jeune est directement corrélé avec la fréquence et la sévérité des coups de soleils avant 20 ans.
Il est vrai que le soleil fait synthétiser de la vitamine D, en revanche, l’enfant n’a pas besoin du soleil pour assurer ses stocks de vitamine D : l’alimentation et la supplémentation en vitamine D effectuée par les médecins y suffisent amplement.
II/ Comment peut-on protéger au mieux ses enfants, afin de leur éviter des désagréments plus tard?
Tout d’abord, il ne faudrait pas exposer directement au soleil les enfants de moins de 3 ans : la peau d’un bébé n’a jamais vu le soleil et elle devrait le voir le plus tard possible!
Quoiqu’il en soit, pour tous les enfants, il est impératif de suivre les conseils de photoprotection à la lettre, tenant en 3 points dans l’ordre de leur importance :
1/ Pas de sortie au soleil estival entre 11h et 16h,
2/ Privilégier la photoprotection externe par des moyens physiques : chercher l’ombre (mur, parasol ou tente anti UV, arbre à feuillage épais… ) et même à l’ombre (le sable et l’eau réverbèrent les rayons du soleil!), faites-leur porter des vêtements anti UV (combinaison ou T-shirt+short, lunettes de soleil de très bonne facture, chapeau à large bord).
3/ Concernant les crèmes, on recommande généralement de privilégier les crèmes minérales (sans filtres chimiques) avant 7 ans car la peau des enfants a un taux de pénétration plus important et le risque d’allergie aux filtres notamment, est plus important.
III/ Vous suggérez de couvrir les enfants de vêtements anti-UV, mais encore faut-il qu’ils l’acceptent! Et puis n’est-il pas moins onéreux de leur faire porter des vêtements de tous les jours?
Tout est une question d’éducation dès le plus jeune âge
Si vous avez habitué vos enfants à aller à la plage avec des vêtements anti-UV, des lunettes, un chapeau… ils trouveront cela normal S’ils n’en ont pas encore l’habitude, il suffit de leur expliquer que le soleil est méchant pour leur peau et la brûle
Je fais partie d’une génération d’enfants qui a couru nu sur les plages à toute heure de la journée en plein été. Mais mes parents ne savaient pas. Aujourd’hui nous savons que le soleil est néfaste pour la peau fine de nos enfants et nous récoltons les pots cassés chez les adultes : l’incidence du mélanome (nombre de nouveaux cas) a doublé tous les 10 ans ces dernières décénnies! Pourrons-nous nous justifier auprès de nos enfants devenus adultes alors que nous savions?
On commence à voir de plus en plus d’enfants couverts sur les plages; mais il faut savoir que le coton est un mauvais protecteur : ses mailles se distendent lorsqu’il est mouillé. Qui plus est, on recommande les coloris foncés, or les parents souhaitant que leurs enfant n’aient pas trop chaud, leurs mettent souvent du blanc. Connaissez-vous l’indice de protection d’un T Shirt en coton blanc, même pas mouillé? Il a un indice 4!
Les maillots anti-UV sont à base de textiles aux mailles serrées, même mouillées, séchant vite et parfois limitant même l’adhérence du sable!
J’ai bon espoir, quand je vois les petits anglo-saxons qui pour la plupart ont des combinaisons anti UV sur les plages, que les choses vont se généraliser en France d’ici peu car nous avons toujours du retard.
Voici plusieurs années que j’achète chaque année des vêtements anti-UV et je suis favorablement impressionné par les améliorations progressives que l’on observe d’année en année. Avant, on ne trouvait que des vêtements anti UV mal coupés, dont les motifs manquaient d’originalité et dont le tissu se distendait après quelques lavages. On trouve dorénavant de jolis vêtements de bonne facture, testés 50+, que les enfants ont envie de porter et qui supportent les lavages.
IV/ Soit, mais ne serait-il pas plus simple de les couvrir de crème solaire de la tête aux pieds?
La crème solaire n’est pas la panacée, loin de là, notamment chez l’enfant :
– les indices de protection affichés sont calculés avec une quantité de 2mg/cm² de peau. Or, en pratique, on applique en général 0,5 à 0,7mg/cm² : vous pouvez donc diviser les indices par 3 en pratique! C’est pour cela qu’on recommande un indice de protection minimum de 30 dans nos contrées
– comme je l’ai déjà dit, on recommande des crèmes minérales avant 7 ans, or ces dernières sont blanches et épaisses. Pour les plus grands, on fait maintenant de bons produits solaires avec des filtres efficaces, une galénique agréable etc. Or on recommande d’appliquer de la crème 20 minutes avant le début de l’exposition, 20 minutes après le début puis toutes les 2h et après chaque bain. Calculez le budget que cela représente pour une famille! Le port de vêtements anti-UV permet de n’appliquer de crème que sur les zones découvertes
– enfin, il y a de nombreuses controverses sur l’innocuité des crèmes solaires (allergies aux filtres chimiques, présence de nano-particules, contamination de la biosphère, pénétration transcutanée chez l’enfant… )
V/ Bon, mais ils vont bronzer quand même? Et une fois bronzés, on peut les protéger moins?
Le bronzage est une réaction de défense de la peau, qui produit un pigment afin de tenter d’absorber les UV dans les couches superficielles de la peau et de les empêcher de pénétrer dans les couches profondes. Mais ce mécanisme de défense est très imparfait et il se fait parfois au dépens d’un coup de soleil, notamment chez les peaux claires.
Les enfants prennent quand même un teint halé avec une photoprotection efficace, mais sans coup de soleil. Une fois halés, il ne faut pas les protéger moins car comme je le disais précédemment, leur peau garde en mémoire les mutations cellulaires provoquées par les UV.
Dernier conseil, méfiez-vous des nuages : un ciel voilé laisse passer environ 80% des UV!
Photosensibilisation par mécanisme phototoxique liée aux bergaptènes contenus dans les végétaux.
Deux jours environ après le contact
Herbes + peau mouillée (transpiration) + soleil
Eruption dessinant parfois la forme des feuilles ou des herbes, pouvant etre bulleuse, puis pigmentation séquellaire
Dermite des prés
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
Pour choisir une creme solaire, il faut controler plusieurs points importants qui vont déterminer la capacité de protection solaire de la crème et notamment :
IP ou SPF pour Sun Protection Factor : l’indice de protection de la creme solaire, au moins 30
L’indice de protection solaire doit etre de préférence supérieur à 30 (« protection haute »).
En effet, les tests effectués en laboratoire pour déterminer l’indice de protection d’une creme solaire, sont effectués avec des quantités de produit en général tres importantes (2mg/cm² de peau), en tout cas beaucoup plus importantes que celles que l’on s’applique habituellement sur la peau ! : on peut en pratique diviser l’indice de protection par 3 ou 4 en utilisation courante !!
Autant dire qu’une crème solaire ayant un indice inférieur à 30 (« protection haute ») protège très peu la peau du soleil en conditions d’utilisation « normales ».
Ne pas oublier les UVA
Il faut aussi savoir que cet indice de protection (IP ou SPF) concerne en général uniquement les Ultraviolets de type B (UVB), c’est-à-dire les UV qui sont responsables du coup de soleil. Or on sait que les UVA sont eux aussi néfastes pour la peau et qu’il faut aussi s’en protéger. Les UVA longs (pénétrant plus dans la peau) seraient responsables d’un tiers descancer de la peau
Vérifiez donc que la creme solaire protege aussi contre les UVA. L’idéal est que le sigle UVA soit entouré car il signifie alors que la protection UVA est conforme aux normes européennes
Creme solaire affichant le sigle UVA conforme aux normes européennes
Faites-vous plaisir!
Il existe dorénavant de nombreuse galéniques de produits solaires agréables à appliquer même dans les poils pour les hommes, non gras, ne donnant pas un aspect blanc et blafard… On peut citer parmi ceux ci les sprays, brumes sèches, laits, crèmes fluides, émulsions…
Une crème solaire quasiment invisible (photo de gauche enlumiere visible) peut quand même rendre opaque aux UV (photo de droite en ultra violet)
Attention à l’eau
Veillez à avoir un produit résistant à l’eau si vous vous baignez. Et n’omettez quand même pas d’en remettre apres chaque bain et toutes les deux heures
Il est judicieux pour les zones exposées car non protégées par les vêtements et l’ombre, de choisir des cremes solaires pour enfants car elles sont souvent moins riches en filtres chimiques et plus riches en filtres minéraux. De même, elles sont souvent exemptes de parfums pour éviter les allergies au parfum
On recommande parfois d’utiliser préférentiellement des crèmes minérales uniquement chez les enfants dans les premières années de vie pour limiter le risque d’allergie aux filtres chimiques notamment.
Il y a cependant de nombreuses controverses à ce sujet et la meilleure protection de l’enfant reste l’ombre et les vêtements couvrants. De plus un bébé de moins de 3 ans ne devrait jamais être exposé directement au soleil
Interview du Dr Christelle COMTE, dermatologue , Paris
On ne repetera jamais assez que les produits solaires ne devraient apparaître qu’en troisieme position dans les conseils de photoprotection, apres l’absence d’exposition entre 11h et 16h et la photoprotection externe (chercher l’ombre, porter des vêtements amples et couvrants… ). Quels conseils pouvez-vous donner pour le choix d’un produit solaire, en fonction du type d’exposition, du type de peau, du phototype…
J’aurais tendance à dire qu’il faut simplifier cette question des indices, afin que la photoprotection soit mieux respectée par tous. (La législation est d’ailleurs en train de changer cela, en instaurant, à la place des indices de protection, 4 grandes catégories: très haute protection, haute protection, protection moyenne, faible protection.) Pour simplifier, et compte-tenu de la quantité réellement appliquée par les patients (nettement inférieure à celle utilisée pour calculer les indices), ainsi que de leur rythme dapplication (rarement renouvelé), je préfère toujours recommander un indice maximal (SPF 50) pour tout le monde, en dehors des phototypes foncés (que l’on pourrait qualifier de « méditerranéen » et plus) qui peuvent se contenter de faibles indices de protection. En effet, le but du dermatologue n’est pas d’aider le public à se constituer un beau bronzage, mais à limiter au maximum l’irradiation solaire. Il n’y a jamais aucun inconvénient à appliquer un indice trop fort (à l’exception d’une personne d’origine africaine qui se mettrait un écran total toute l’année et qui pourrait être déficitaire en vitamine D… )
Pour les expositions extrêmes (marins, séjours en bateau, sports d’eau), et surtout chez les hommes, une photoprotection par voie interne peut être associée. La seule association de vitamines qui a fait la preuve de son efficacité (modérée) dans une étude publiée dans une revue scientifique est l’Oenobiol° solaire (NB: pas de conflit d’intérêt). Chez les femmes, il est préférable de déconseiller cette supplémentation orale de manière prolongée en raison d’un risque augmenté de développer un mélanome (HR = 4) (1)
On recommande le plus souvent l’utilisation de filtres minéraux chez les enfants. Quelles en sont les raisons? A partir de quel age peut-on utiliser des filtres chimiques ? Ces produits pénètrent-ils dans l’organisme? Quel est leur inocuité?
Ces « filtres » minéraux sont de manière plus précise appelés « écrans minéraux », pour la raison qu’ils ne transforment ou n’absorbent pas de rayonnement, mais se contentent de le réfléchir, à la manière de petits miroirs si vous préférez. Des miroirs dont le diamètre est de l’ordre du micron. Ils sont totalement inertes (ce sont des minéraux: du titane, du zinc… ), ce qui explique leur excellente tolérance et leur utilisation chez les enfants, et évite de les sensibiliser à une molécule chimique (filtre) potentiellement allergisante. Revers de la médaille: leur côté blanc, qui limite leur utilisation chez l’adulte.
Contrairement à ces écrans qui sont des bloqueurs physiques, qui protègent aussi bien des UVA que des UVB, et ne pénètrent pas dans la peau (tant qu’ils ne sont pas trop micronisés), il y a les absorbeurs chimiques (les filtres), qui sont des molécules absorbant spécifiquement dans une longueur d’onde donnée (UVA ou UVB), et qu’il faut souvent associer pour couvrir l’intégralité du spectre solaire. Les filtres chimiques sont des cosmétiques, et à ce titre peuvent s’utiliser à tout âge, et même chez la femme enceinte a priori. Toutefois, certaines questionnements se sont faits jour (en même temps que pour certains autres composants chimiques tels que les parabènes) concernant leur passage transcutané et leur inocuité. Le primum movens en a peut-être été l’observation d’une féminisation de certains poissons par conséquence de l’effet estrogénique de certains filtres solaires qui avaient contaminé leau. Chez l’homme, Il a été montré que la plupart de ces filtres ne passent pas la barrière cutanée, à l’exception de la benzophénone-3, que l’on a pu retrouver dans les urines (2). L’absorption dépend également du vecteur utilisé (les solutions alcooliques entrainent une absorption plus importante), et du site sur lequel le produit est appliqué (absorption plus importante sur le visage) (3) .
La relation melanome-crème solaire a fait l’objet de publications diverses. Que sait-on de cette relation aujourd’hui?
Il y a eu beaucoup d’études, mais certaines comportaient des biais évidents qui ont conduit à brouiller les pistes et complexifier un sujet déjà délicat.
En résumé, la suppression, par l’usage de crèmes solaires, du coup de soleil comme « sonnette d’alarme » d’une exposition trop importante, et comme facteur limitant l’exposition ultérieure, a pu être considérée comme une mauvaise chose. Cette constatation a engendré les nouvelles normes imposant un ratio entre les protections UVA et B dans les crèmes solaires : si on protège beaucoup des UVB (coup de soleil), alors il est indispensable de protéger aussi de manière puissante contre les UVA (cancérigènes à forte dose cumulée).
La conclusion de Diffey dans une méta-analyse récente (4) résume assez bien la situation à mon sens: bien que l’on n’ait pas réussi à démontrer que l’usage de crèmes solaires protège du mélanome, il serait irresponsable de ne pas encourager leur utilisation, associée au reste de l’arsenal de photoprotection, pour combattre l’augmentation croissante de l’incidence du mélanome.
De plus en plus de patients recourent aux produits solaires bio. Y a-t-il des études fiables concernant leur efficacité?
Il y a un vrai problème là-dessus, car elles n’ont effectivement pas fait la preuve de leur efficacité. Fabriquer une crème solaire est complexe et technique: il faut trouver des filtres qui couvrent l’ensemble du spectre, y compris les UVA les plus longs, il faut qu’ils soient photostables, rémanents, résistants à l’eau, compatibles ensemble et avec le vecteur, bien tolérés… et il faut que la formulation qui en résulte soit confortable, facilement étalable, transparente… C’est souvent un vrai casse-tête pour les industriels spécialistes de ces questions. Alors quand on voit par exemple une crème solaire bio se revendiquant « très haute protection » et « adaptée aux enfants », en se vantant de ne contenir que des algues, de la myrtille, de l’huile de riz et de l’amande douce, il y a de quoi bondir !!!
Meme question pour les produits solaires qui auraient une efficacité durant toute la journée?
Le seul filtre solaire à revendiquer cette propriété est le Daylong, du laboratoire SPIRIG. Là par contre, une étude sérieuse et prospective leur permet de revendiquer leur efficacité (5). J’ai pu par ailleurs constater dans mon expérience sa fiabilité chez plusieurs de mes patients lupiques ou photosensibles qui l’ont utilisé sans poussée au rythme prescrit (NB : pas de conflit d’intérêt).
Références :
1.Hercberg S et al, Antioxidant supplementation increases the risk of skin cancers in women but not in men, J Nutr. 2007 ;137:2098-105
2.Sarveiya V, Risk S, Benson HA Liquid chromatographic assay for common sunscreen agents: application to in vivo assessment of skin penetration and systemic absorption in human volunteers.J Chromatogr B Analyt Technol Biomed Life Sci. 2004 Apr 25;803(2):225-31
3.(Benson HA, Sarveiya V, Risk S, Roberts MS, Influence of anatomical site and topical formulation on skin penetration of sunscreens.Ther Clin Risk Manag. 2005 Sep;1(3):209-18
4.(Diffey BL, Sunscreens as a preventative measure in melanoma: an evidence-based approach or the precautionary principle?Br J Dermatol. 2009 Nov;161 Suppl 3:25-7.)
5.Ulrich C, Jürgensen JS, Degen A, Hackethal M, Ulrich M, Patel MJ, Eberle J, Terhorst D, Sterry W, Stockfleth E.Prevention of non-melanoma skin cancer in organ transplant patients by regular use of a sunscreen: a 24 months, prospective, case-control study. Br J Dermatol. 2009 Nov;161 Suppl 3:78-84.2010/1/13 )
Comment se protéger du soleil : les bons gestes pour protéger sa peau
Il suffit de très peu de soleil pour en tirer des bénéfices — synthèse de vitamine D, régulation de l’humeur — mais tout le reste des expositions est délétère pour la peau. Les effets du soleil sur la peau s’accumulent tout au long de la vie : vieillissement prématuré, taches, et surtout risque de cancer cutané dont le mélanome. La bonne nouvelle : une protection solaire bien conduite réduit drastiquement ces risques — à condition de connaître les pièges à éviter et les gestes qui protègent vraiment.
Tout le monde est concerné par la protection solaire, mais certains profils nécessitent une vigilance particulièrement stricte :
Les enfants et les adolescents
L’exposition au soleil avant 20-30 ans — et a fortiori les coups de soleil durant cette période — est l’un des facteurs de risque majeurs de cancer de la peau, y compris le mélanome qui peut survenir des décennies plus tard. La peau de l’enfant est plus fine et ses mécanismes de défense immatures. La protection doit être maximale et systématique dès le plus jeune âge. → Voir les conseils spécifiques pour protéger les enfants du soleil.
Les phototypes clairs
Les personnes à peau claire, cheveux roux ou blonds, yeux clairs, et qui font facilement des coups de soleil sans bronzer (phototypes I et II) disposent de moins de mélanine protectrice. Leur risque de mélanome et de cancers cutanés est significativement plus élevé — leur protection doit être particulièrement rigoureuse toute l’année.
Les porteurs de grains de beauté
Les personnes ayant de nombreux grains de beauté, ou des naevus atypiques, présentent un risque accru de mélanome. La protection solaire doit être très stricte sur l’ensemble du corps, et un suivi dermatologique annuel est indispensable.
Les pièges à éviter — idées reçues dangereuses
« Les nuages protègent du soleil »
Faux. Un ciel voilé laisse passer environ 80 % des UV. Les ultraviolets traversent les nuages, la brume et le voile atmosphérique. Il ne faut pas se fier à l’absence de soleil visible et se protéger autant par temps couvert que par grand soleil.
« Ce n’est pas chaud, donc ce n’est pas dangereux »
Faux. Ce ne sont pas les infrarouges (chaleur) qui brûlent la peau, mais bien les UV — présents même par temps froid, venteux ou lors d’activités en mouvement (vélo, randonnée, ski). En altitude, les UV sont encore plus intenses car filtrés sur une moindre épaisseur d’atmosphère.
« La réverbération, c’est surtout à la mer »
La réverbération — retransmission des UV par les surfaces claires — est significative dans de nombreux environnements :
Neige : réverbère jusqu’à 80 % des UV — risque de brûlure intense en montagne, même par ciel couvert
Sable : réverbère environ 20 % des UV
Eau : réverbération variable mais significative
Rester à l’ombre sous un parasol à la plage ne suffit pas — la réverbération du sable expose les zones non couvertes.
« L’ombre d’un arbre protège bien »
Insuffisamment. L’ombre d’un mur plein protège nettement mieux que l’ombre d’un arbre ou d’un parasol, qui filtrent incomplètement les UV directs et ne bloquent pas la réverbération.
Les bons gestes de protection solaire
Éviter l’exposition directe aux heures critiques
Éviter autant que possible toute exposition directe au soleil entre 11h et 16h l’été — la période où les UV sont les plus intenses. En dehors de ces heures, l’exposition reste à doser avec précaution.
Chercher l’ombre stratégique
Privilégier les zones ombragées pour toutes les activités de plein air. L’ombre d’un mur ou d’un bâtiment reste la meilleure protection physique contre les UV directs — supérieure à l’ombre végétale ou au parasol.
Les vêtements — première ligne de défense
Les vêtements constituent la protection solaire la plus efficace et la plus fiable. Quelques règles :
Chapeau à large bord — protège le visage, les oreilles, le cou et la nuque. Supérieur à la casquette qui ne couvre pas les côtés.
Vêtements amples et couvrants à manches longues — préférer le pantalon au short
Textiles anti-UV (UPF 50+) — particulièrement recommandés pour les activités de plein air prolongées et les sports nautiques
À la plage : lycra anti-UV SPF 50 — un t-shirt classique en coton mouillé voit ses mailles s’élargir et protège beaucoup moins
Protéger les yeux
Les yeux sont aussi vulnérables aux UV que la peau — cataracte, dégénérescence maculaire et cancers de la conjonctive sont liés aux expositions cumulatives. Porter des lunettes de soleil de classe de protection ≥ 3, enveloppantes pour protéger également les côtés.
La crème solaire — un complément, pas une solution unique
La crème solaire doit être considérée comme un complément aux protections physiques (vêtements, ombre, comportement) — et non comme une autorisation de s’exposer davantage. Elle ne couvre que les zones que les vêtements ne peuvent pas protéger.
Efficacité de la crème solaire en ultraviolet — la peau est opaque aux UV
Comment bien appliquer la crème solaire
Application 30 minutes avant l’exposition — pour laisser le temps aux filtres de se fixer sur la peau
Renouveler 30 minutes après le début de l’exposition — la première application est souvent insuffisante
Renouveler après chaque bain ou séchage à la serviette
Renouveler toutes les 2 heures en cas d’exposition prolongée
Ne pas oublier les zones souvent oubliées : oreilles, nuque, pieds, dessus des mains, lèvres
Protection physique la plus fiable — chapeau à larges bords
Textile anti-UV UPF 50+
⭐⭐⭐⭐⭐
Indispensable à la plage et sports nautiques
Ombre (mur)
⭐⭐⭐⭐
Supérieure à l’ombre d’un arbre ou parasol
Lunettes solaires classe ≥ 3
⭐⭐⭐⭐
Protection oculaire obligatoire
Crème solaire SPF 50+
⭐⭐⭐
Complément aux protections physiques — renouveler toutes les 2h
Questions fréquentes
Doit-on se protéger du soleil même en hiver ou par temps nuageux ?
Oui. Un ciel voilé laisse passer environ 80 % des UV — les ultraviolets sont présents toute l’année, indépendamment de la chaleur ressentie. En montagne enneigée, la réverbération de la neige (80 % des UV) associée à l’altitude rend le risque de brûlure encore plus élevé qu’à la plage. La protection solaire quotidienne sur le visage est recommandée toute l’année pour les phototypes clairs.
La crème solaire SPF 50 protège-t-elle vraiment à 100 % ?
Non. Un SPF 50 bloque environ 98 % des UVB — mais aucune crème ne bloque la totalité des UV, et son efficacité dépend d’une application correcte (quantité suffisante, renouvellement régulier). La crème solaire est un complément aux protections physiques, pas une autorisation de s’exposer davantage. Une fausse sécurité liée à la crème solaire est l’une des principales causes de surexposition.
À partir de quel âge les enfants peuvent-ils s’exposer au soleil ?
Les nourrissons de moins de 6 mois ne doivent pas être exposés directement au soleil. Pour les enfants plus grands, l’exposition doit rester courte, en dehors des heures critiques, avec protection vestimentaire maximale et crème solaire SPF 50+ sur les zones découvertes. Les coups de soleil dans l’enfance sont des facteurs de risque majeurs de mélanome à l’âge adulte.
Le bronzage est-il une protection contre le soleil ?
Très partielle. Le bronzage correspond à une réponse de défense de la peau face aux UV — mais il n’offre qu’une protection équivalente à un SPF 2 à 4, très insuffisant. De plus, le bronzage lui-même témoigne d’une agression UV déjà reçue. Il n’existe pas de bronzage « sain ».
Les cabines UV sont-elles moins dangereuses que le soleil naturel ?
Non — elles sont au moins aussi dangereuses. L’Organisation Mondiale de la Santé classe les cabines de bronzage dans le groupe 1 des cancérogènes certains pour l’homme. Leur utilisation avant 35 ans augmente le risque de mélanome de 59 %. Elles n’ont aucune indication médicale en dermatologie courante.
Carcinome basocellulaire : diagnostic, formes et traitement
Le carcinome basocellulaire (ou « baso ») est le cancer humain le plus fréquent — 70 nouveaux cas pour 100 000 habitants en France chaque année. Sa mortalité est très faible car il ne donne presque jamais de métastases. Son risque évolutif est principalement local : augmentation de taille (il double environ tous les ans), ulcération, destruction des tissus environnants. Plus il est pris en charge tôt, plus le traitement est simple.
Lésion suspecte, plaie qui ne cicatrise pas ou bouton translucide sur le visage ?
Ne tardez pas — le diagnostic précoce change radicalement la prise en charge. 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Téléchargez le guide complet
CARCINOMES CUTANES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
80 % des basocellulaires surviennent sur les zones exposées au soleil (tête, cou). Plus fréquent sur les peaux claires et dans les régions très ensoleillées (400 cas/100 000 en Australie). Les expositions intermittentes semblent plus impliquées que l’exposition chronique.
Naevus de Jadassohn
Hamartome véruco-sébacé pouvant évoluer en basocellulaire.
Xeroderma pigmentosum
Déficit autosomique récessif de la réparation de l’ADN — prédisposition majeure.
Syndrome de Gorlin (naevomatose basocellulaire)
Mutations de la voie de signalisation Sonic Hedgehog — basocellulaires multiples dès le jeune âge.
Radiothérapie ancienne
Concentration de basocellulaires sur d’anciennes zones de radiodermite.
Le basocellulaire survient en général sur peau saine, le plus souvent sur le visage et le cou. Il peut être difficile à diagnostiquer en début d’évolution.
Basocellulaire débutantBasocellulaire débutant : petite plaie du nez qui ne cicatrise pasBasocellulaire débutant : petit bouton translucide
Forme
Aspect clinique
Localisation typique
Nodulaire
Perle translucide et rougeâtre posée sur la peau, vaisseaux arborescents
Visage, nez
Plan cicatriciel
Groupement de petites perles autour d’une zone centrale blanchâtre atrophique avec télangiectasies
Visage
Ulcéreux (ulcus rodens)
Ulcération chronique ne cicatrisant pas, entourée d’un bourrelet de perles
Visage, nez
Pigmenté (« tatoué »)
Contient du pigment mélanique — aspect brun ou noir pouvant ressembler au mélanome
Visage, cou
Sclérodermiforme
Plaque indurée, parfois peu visible — forme infiltrante à risque élevé de récidive
Visage
Superficiel
Plaque rougeâtre progressivement extensive
Tronc surtout
Baso nodulaire du nezBasocellulaire nodulaire typiqueCarcinome basocellulaire ulcéreux térébrant du nezBaso ulcéré — ulcus rodensBaso pigmenté ou tatouéBasocellulaire pigmentéBasocellulaire sclérodermiformeBaso superficielBasocellulaire superficielBaso superficiel au stade de l’exulcération
⚠️ Consultez devant l’apparition de toute tache ou bouton sur la peau, a fortiori s’ils se modifient. Une petite plaie du visage qui ne cicatrise pas en 3 semaines doit être montrée à un médecin.
Diagnostic du carcinome basocellulaire
Le diagnostic est un acte médical nécessitant une consultation. Le dermatologue utilisera la dermatoscopie pour objectiver son impression clinique, puis pratiquera une biopsie sous anesthésie locale.
Forme
Critères dermatoscopiques
Nodulaire / sclérodermiforme
Vaisseaux arborescents — très évocateurs de basocellulaire
Superficiel
Micro-vaisseaux arborescents dans un « désert » rouge-blanc brillant, multiples petites érosions
Pigmenté
Absence de signes de mélanocytes. Présence de : clods bleus, nids ovoïdes, structures en feuilles d’érable, vaisseaux arborescents
DermatoscopeVaisseaux arborescents — basocellulaireStructures bleues dans un basocellulaire pigmentéClods bleus — basocellulaire
La biopsie est essentielle : elle prouve qu’il s’agit bien d’un basocellulaire (et non d’un trichoblastome bénin, d’une maladie de Bowen ou d’un spinocellulaire) et détermine le type histologique — ce qui oriente directement le traitement.
Un bouton translucide, une perle sur la peau, une plaie qui ne guérit pas ?
La biopsie se réalise facilement en consultation — la téléconsultation permet une première évaluation et l’orientation vers le bon niveau de prise en charge. 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Traitement du carcinome basocellulaire
Il est important de traiter rapidement — un basocellulaire évolué devient térébrant et destructeur.
Carcinome basocellulaire évolué du nezDestruction du nez par un basocellulaire — forme négligée
Traitement
Indication principale
Chirurgie d’exérèse
Traitement de référence pour la majorité des formes — marges adaptées au type histologique
Chirurgie de Mohs
Formes sclérodermiformes, récidivantes ou localisations à risque (nez, oreilles, paupières)
Questions fréquentes sur le carcinome basocellulaire
Le carcinome basocellulaire est-il mortel ?
La mortalité du basocellulaire est très faible — il ne donne quasiment jamais de métastases. Son danger est local : augmentation de taille, ulcération, destruction des structures anatomiques adjacentes (nez, paupière, oreille). Diagnostiqué tôt, il se traite simplement par chirurgie.
Comment reconnaître un basocellulaire ?
Les signes d’alerte : un bouton translucide ou nacré sur le visage, une petite plaie qui ne cicatrise pas en 3 semaines, une plaque rougeâtre qui s’étend lentement. Aucun signe n’est spécifique — seule la dermatoscopie et la biopsie permettent le diagnostic certain.
Le basocellulaire peut-il récidiver après traitement ?
Oui, surtout les formes sclérodermiformes et les basocellulaires récidivants. Une surveillance dermatologique annuelle est recommandée après traitement. La chirurgie de Mohs offre les meilleurs taux de guérison pour les formes à risque.
Faut-il arrêter le soleil après un basocellulaire ?
Il n’est pas nécessaire d’arrêter toute exposition, mais une photoprotection rigoureuse (SPF 50+, vêtements couvrants, éviction des heures chaudes) est indispensable à vie pour prévenir les récidives et l’apparition de nouveaux cancers cutanés. Les patients ayant eu un basocellulaire ont un risque accru d’en développer d’autres.
Quelle est la différence entre basocellulaire et mélanome ?
Le basocellulaire est le plus fréquent et le moins dangereux — il ne métastase quasiment jamais. Le mélanome est plus rare mais nettement plus grave car il peut métastaser. Certains basocellulaires pigmentés peuvent ressembler à un mélanome — seule la dermatoscopie et la biopsie permettent de trancher.
Téléchargez le guide complet
CARCINOMES CUTANES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Cancer de la peau : types, symptômes, photos et traitement
Le cancer de la peau est le cancer humain le plus fréquent. Il en existe plusieurs types — les carcinomes (issus des kératinocytes) et les mélanomes (issus des mélanocytes) — dont la gravité, les symptômes et les traitements diffèrent. Détecté tôt, le cancer de la peau est dans la grande majorité des cas guérissable. La prévention solaire reste le meilleur moyen de s’en protéger.
La peau est constituée de cellules — kératinocytes, mélanocytes, cellules de Merkel — qui se renouvellent en permanence. Ce renouvellement les expose à des mutations de l’ADN, provoquées notamment par les rayons ultraviolets. Habituellement, l’organisme répare ces mutations. Lorsqu’une cellule devient cancéreuse, elle perd cette capacité de réparation et se multiplie de façon anarchique, formant une tumeur maligne.
Les principaux types de cancer de la peau
Type
Cellule d’origine
Fréquence
Agressivité
Carcinome basocellulaire
Kératinocytes basaux
50 000 cas/an en France
Locale — métastases exceptionnelles
Carcinome spinocellulaire
Kératinocytes supérieurs
Fréquent
Peut métastaser — risque ganglionnaire
Mélanome
Mélanocytes
10 000 cas/an en France
Élevée — métastases possibles
Le carcinome basocellulaire — le plus fréquent
Carcinome basocellulaire du nez
Le carcinome basocellulaire est le cancer le plus fréquent chez l’homme, tous cancers et tous organes confondus — environ 50 000 nouveaux cas par an en France. Il est issu des kératinocytes de la base de l’épiderme. Sa malignité est essentiellement locale : il ne donne quasiment jamais de métastases. Il se présente souvent comme une petite papule perlée à bord en bourrelet, qui grossit lentement, parfois ulcérée au centre.
Les zones à risque de récidive après traitement sont les zones periorificielles (nez, oreilles, lèvres, yeux).
Kératoacanthome — forme de carcinome spinocellulaire bien différencié
Le carcinome spinocellulaire est issu des couches superficielles de l’épiderme. Il est plus agressif que le basocellulaire — il peut envahir les ganglions régionaux et métastaser à distance. Il peut avoir pour précurseur la kératose actinique, considérée comme un pré-cancer cutané. Une induration (infiltration) de la base d’une kératose actinique, ou une érosion, sont des signes d’évolution vers un carcinome invasif — une biopsie s’impose alors.
Il touche surtout les personnes exposées chroniquement au soleil (travailleurs en extérieur, agriculteurs, marins).
Le mélanome — le plus grave
Le mélanome est issu des mélanocytes. Bien que moins fréquent que les carcinomes (10 000 cas/an), c’est le plus dangereux car il peut métastaser rapidement. Il ressemble souvent à un grain de beauté et se repère grâce à la règle ABCDE (Asymétrie, Bords irréguliers, Couleurs multiples, Diamètre > 6 mm, Évolution). 20 000 personnes meurent chaque année d’un mélanome en Europe.
Il existe d’autres cancers de la peau (carcinome neuro-endocrine, sarcome, lymphome cutané…) que nous n’abordons pas ici
Causes et facteurs de risque du cancer de la peau
Le soleil — cause principale
La majorité des cancers de la peau surviennent sur les zones exposées au soleil (visage, cou, mains, avant-bras). Les UV provoquent des mutations de l’ADN dans les cellules cutanées. Chaque type de cancer a une relation différente avec l’exposition solaire :
Carcinome spinocellulaire — lié à une exposition chronique et prolongée tout au long de la vie (travailleurs en extérieur)
Carcinome basocellulaire — lié plutôt aux expositions intermittentes et brutales, notamment dans l’enfance (coups de soleil, voyages en pays chauds)
Mélanome — lié aux expositions intermittentes et coups de soleil, surtout avant 20 ans
⚠️ Cabines de bronzage : l’OMS recommande d’éviter les UV artificiels. Ils augmentent le risque de mélanome de 25 à 30% et ne font que s’ajouter aux UV naturels déjà reçus.
Autres facteurs de risque
Phototype clair — peau claire, yeux clairs, cheveux roux ou blonds, tendance aux coups de soleil : risque nettement augmenté. Le risque de mélanome est 10 fois moins élevé chez les personnes à peau noire que chez les personnes à peau claire
Grains de beauté nombreux — plus de 50 nævus augmente significativement le risque de mélanome
Antécédents personnels ou familiaux de cancer de la peau — environ 10 % des mélanomes sont liés à une prédisposition génétique
Immunodépression — les patients transplantés ou sous immunosuppresseurs ont un risque accru de carcinomes
Pronostic selon le type de cancer
La gravité d’un cancer de la peau dépend de trois éléments principaux :
La nature — le carcinome basocellulaire est le moins agressif (malignité locale uniquement). Le mélanome est le plus pourvoyeur de métastases
Le stade au diagnostic — plus le cancer est diagnostiqué tôt, meilleur est le pronostic. Le mélanome détecté à moins de 1 mm d’épaisseur a un taux de survie à 5 ans supérieur à 90 %. En cas de métastases, ce taux tombe à 20 %
La localisation — certaines zones sont plus difficiles à opérer et plus à risque de récidive : nez, oreilles, zones periorificielles
Traitement du cancer de la peau
Le traitement de référence est l’ablation chirurgicale, réalisée sous anesthésie locale avec des marges de sécurité adaptées au type et à l’épaisseur de la tumeur. Selon le stade et le type, des traitements complémentaires peuvent être proposés :
Cryothérapie, laser ou photothérapie dynamique — pour les kératoses actiniques et carcinomes basocellulaires superficiels
Imiquimod, 5-fluoro-uracile — traitements topiques pour certains carcinomes superficiels
Radiothérapie — pour les carcinomes inopérables ou en complément
Immunothérapie (anti-PD1) et thérapies ciblées (anti-BRAF) — pour les mélanomes avancés ou métastatiques
Prévention du cancer de la peau
La protection solaire est le seul moyen préventif efficace contre la majorité des cancers cutanés :
Appliquer une crème solaire SPF 30 minimum sur les zones exposées, 30 minutes avant l’exposition, puis toutes les 2 heures et après chaque bain
Éviter l’exposition entre 12h et 16h en été
Porter chapeau à larges bords, vêtements couvrants et lunettes UV
Ne jamais utiliser de cabines de bronzage
Protéger particulièrement les enfants — la peau « garde en mémoire » les coups de soleil reçus dans l’enfance. Un T-shirt mouillé ne protège quasiment plus du soleil
Pratiquer l’auto-examen cutané tous les 3 mois
💡 Vitamine D et soleil : 5 à 10 minutes d’ensoleillement en milieu de journée suffisent à synthétiser le stock quotidien de vitamine D. Les enfants n’ont pas besoin de s’exposer au soleil pour leurs apports en vitamine D — l’alimentation et la supplémentation médicale suffisent.
Quand consulter un dermatologue ?
🚨 Consultez sans attendre si :
— Une lésion cutanée apparaît et grossit progressivement : tout bouton qui ne guérit pas et ne part pas spontanément doit être montré au médecin
— Un grain de beauté change de taille, de forme ou de couleur
— Une lésion saigne, croûte ou s’ulcère sans traumatisme
— Vous avez un antécédent personnel ou familial de cancer de la peau
— Vous appartenez à un groupe à risque (phototype clair, nombreux grains de beauté)
Quels sont les premiers signes d’un cancer de la peau ?
Les signes d’alerte varient selon le type. Le carcinome basocellulaire se présente souvent comme une petite papule perlée qui grossit lentement, parfois ulcérée au centre. Le mélanome ressemble à un grain de beauté irrégulier qui change (règle ABCDE). Le carcinome spinocellulaire apparaît souvent comme une plaque épaisse, rouge, croûteuse qui ne guérit pas. La règle générale : toute lésion qui apparaît, grossit ou évolue doit être montrée à un dermatologue.
Le cancer de la peau se guérit-il ?
Oui, dans la grande majorité des cas quand il est détecté tôt. Le carcinome basocellulaire est guérissable dans plus de 95 % des cas par chirurgie. Le mélanome de stade I a un taux de survie à 5 ans supérieur à 90 %. C’est pourquoi le dépistage précoce est l’enjeu essentiel — un cancer de la peau détecté à un stade avancé est beaucoup plus difficile à traiter.
Le soleil provoque-t-il vraiment le cancer de la peau ?
Oui, c’est la cause principale de la majorité des cancers cutanés. Les UV du soleil provoquent des mutations de l’ADN dans les cellules de la peau. Ces mutations s’accumulent tout au long de la vie — c’est pourquoi les cancers de la peau apparaissent souvent après 50 ans, mais résultent d’expositions accumulées depuis l’enfance. Un seul coup de soleil sévère dans l’enfance double le risque de mélanome à l’âge adulte.
Comment protéger les enfants du soleil ?
Évitez toute exposition directe entre 11h et 16h. Privilégiez l’ombre (un mur ombragé protège mieux qu’un parasol). Utilisez des vêtements anti-UV, un chapeau à larges bords et des lunettes de soleil adaptées. Appliquez une crème SPF 50+ sur les zones découvertes. Un T-shirt classique mouillé perd la majorité de sa protection solaire. Les enfants n’ont pas besoin du soleil pour synthétiser leur vitamine D — l’alimentation et la supplémentation suffisent.
Quelle est la différence entre un grain de beauté et un mélanome ?
Un grain de beauté bénin est symétrique, à bords réguliers, d’une couleur homogène et stable dans le temps. Un mélanome est asymétrique, à bords irréguliers, de plusieurs couleurs, et évolue en taille ou en forme. La règle ABCDE aide à s’orienter, mais seul un dermatologue avec dermatoscope peut établir un diagnostic certain. En cas de doute, consultez sans attendre.
Faut-il éviter totalement le soleil pour prévenir le cancer de la peau ?
Non — une exposition raisonnable et protégée est possible. Il suffit d’éviter les coups de soleil et les expositions prolongées sans protection, surtout entre 12h et 16h. Une crème SPF 30 (en hiver), 50+ en été en Métropole, appliquée correctement (toutes les 2 heures, après chaque bain) protège efficacement. L’objectif n’est pas d’éviter le soleil mais de l’exposer intelligemment — en préservant son « capital soleil ».
Le soleil et la peau : effets des UV, risques et protection
Peau abîmée par le soleil — taches et vieillissement
Le soleil est indispensable à la vie — mais ses rayons ultraviolets (UV) sont aussi la première cause de cancer de la peau et de vieillissement cutané prématuré. Comprendre leur mécanisme d’action permet d’adopter une protection efficace sans se priver des bénéfices d’une exposition raisonnée.
Grain de beauté suspect après exposition solaire ? Taches apparues ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Les rayons du soleil : UV, lumière visible, infrarouge
Le soleil émet un spectre de rayonnements. Seule une partie est visible — la lumière. Les autres sont invisibles : les ultraviolets (UV) et les infrarouges. Ce sont les UV qui ont le plus d’impact sur la peau.
💡 Un voile nuageux d’altitude ne bloque que 10% des UV. On peut prendre des coups de soleil par temps couvert. De même, faire du vélo ou marcher ne réduit pas l’exposition aux UV — la lumière voyage à 300 000 km/s.
UVA vs UVB — quelles différences ?
UVA (320–400 nm)
UVB (280–320 nm)
UVC (< 280 nm)
Filtrage atmosphérique
Non filtré — arrive en totalité
Partiellement filtré
✅ Totalement filtré par l’ozone
Pénétration dans la peau
Profonde — atteint le derme
Superficielle — épiderme
Stoppé avant la peau (sauf sous le trou de la couche d’ozone…)
Coup de soleil
Non (pas de rougeur immédiate)
Oui — responsable du coup de soleil
—
Bronzage
Bronzage immédiat (fugace)
Bronzage retardé (durable)
—
Cancer de la peau
Oui — mutations ADN profondes
Oui — mutations ADN épidermiques
—
Vieillissement cutané
Principal responsable (rides, relâchement)
Rôle secondaire
—
Vitamine D
Non
Oui — synthèse via UVB
—
Traversent les vitres ?
Oui — attention en voiture
Non — bloqués par le verre ordinaire
—
Effets positifs du soleil sur la peau
Vitamine D — quelle dose d’exposition suffit ?
Les UVB permettent la synthèse cutanée de vitamine D — indispensable à la santé osseuse et immunitaire. Quelques minutes d’exposition suffisent : exposer les avant-bras nus pendant 10 à 15 minutes en milieu de journée en été couvre le stock quotidien. Au-delà, l’exposition supplémentaire ne produit pas davantage de vitamine D mais accumule des dommages sur l’ADN cutané.
Effet bénéfique sur certaines maladies de peau
Une exposition modérée améliore le psoriasis, certains eczémas et le vitiligo — c’est le principe de la photothérapie médicale (UVB à spectre étroit). Quelques minutes d’exposition quotidienne à 17h en été suffisent pour observer un bénéfice en quelques semaines.
Effet antidépresseur
L’effet bénéfique du soleil sur l’humeur est plus lié à la lumière visible qu’aux UV — c’est pourquoi les lampes de luminothérapie sans UV sont efficaces contre la dépression saisonnière.
Effets négatifs des UV — les dommages sur la peau
Les UV pénètrent dans les cellules de la peau et créent des mutations génétiques sur l’ADN. Nos mécanismes de réparation sont efficaces à faible dose mais débordés par une exposition intense ou répétée. Les conséquences à long terme :
⚠️ Phototypes V et VI : un risque faible n’est pas un risque nul. Les mélanomes sur peaux noires sont souvent diagnostiqués plus tardivement car moins recherchés — avec un pronostic plus sévère. La surveillance des grains de beauté est recommandée pour tous les phototypes.
Les UVA (320–400 nm) pénètrent profondément dans le derme, sont responsables du vieillissement cutané prématuré (rides, taches) et traversent les vitres. Ils arrivent en totalité sans être filtrés par l’atmosphère. Les UVB (280–320 nm) n’atteignent que l’épiderme, provoquent les coups de soleil et la synthèse de vitamine D, mais sont partiellement filtrés par l’atmosphère et bloqués par le verre ordinaire. Les deux types contribuent au risque de cancer de la peau.
Peut-on prendre des UV à travers une vitre ?
Les UVB sont bloqués par le verre ordinaire — vous ne bronzez pas et ne prenez pas de coups de soleil derrière une vitre. En revanche, les UVA traversent le verre sans difficulté. Conduire régulièrement sans protection peut donc provoquer un vieillissement asymétrique du visage du côté de la vitre conducteur — un phénomène bien documenté en dermatologie.
Combien de temps d’exposition solaire faut-il pour synthétiser la vitamine D ?
10 à 15 minutes d’exposition des avant-bras nus en milieu de journée en été suffisent pour couvrir le stock quotidien de vitamine D. Au-delà de cette durée, l’exposition n’augmente pas la production de vitamine D mais accumule des dommages sur l’ADN. En hiver, aux latitudes françaises, les UVB sont insuffisants pour permettre cette synthèse — une supplémentation orale peut être nécessaire.
Les coups de soleil dans l’enfance augmentent-ils le risque de mélanome ?
Oui — c’est l’un des facteurs de risque les mieux établis du mélanome. Un seul coup de soleil bulleux dans l’enfance double le risque de développer un mélanome à l’âge adulte. La protection solaire des enfants (phototypes I et II en particulier) est une priorité de santé publique, bien plus importante que chez l’adulte.