Granulome annulaire

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Granulome annulaire : causes, symptômes et traitements

Le granulome annulaire est une dermatose inflammatoire bénigne de cause inconnue, caractérisée par des papules groupées en anneaux, fermes et indolores, siégeant préférentiellement sur le dos des mains, des pieds et les faces latérales des doigts.
Touchant principalement les enfants, les adolescents et les femmes jeunes, il est dans la majorité des cas localisé et bénin, avec une tendance à la régression spontanée en quelques mois à quelques années.
Sa principale ressemblance avec d’autres dermatoses (teigne, eczéma nummulaire, sarcoïdose, lichen plan) en fait un diagnostic souvent tardif, confirmé par la biopsie cutanée.
Dans ses formes étendues ou profuses, une pathologie sous-jacente doit être systématiquement recherchée.

Granulome annulaire du dos de la main
Granulome annulaire du dos de la main : papules en anneau caractéristiques

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Mis à jour le 8 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Le granulome annulaire est une dermatose bénigne et non contagieuse, formant des anneaux de petites papules fermes sur les mains ou les pieds. Dans sa forme localisée, la plus fréquente, il régresse spontanément dans environ 50 % des cas en 2 ans, sans traitement obligatoire. Dans les formes généralisées, plus rares, un bilan (diabète, bilan lipidique) est recommandé. Le diagnostic est clinique, confirmé par biopsie en cas de doute.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Consultez votre dermatologue si :

  • les anneaux se multiplient rapidement sur tout le corps (forme généralisée)
  • une lésion devient douloureuse, chaude ou se met à suinter
  • les lésions persistent plus de 2 ans sans aucune régression
  • un bilan glycémique et lipidique n’a jamais été fait en cas de forme généralisée
  • le diagnostic reste incertain (confusion possible avec teigne, lichen plan ou sarcoïdose)

Mécanisme et causes

La cause exacte du granulome annulaire reste inconnue à ce jour.
Il s’agit histologiquement d’un granulome palisadique : des macrophages activés s’organisent en palissade autour d’une zone centrale de nécrose du collagène dermique (nécrobiose), entourée d’un infiltrat lymphocytaire.
Ce processus évoque une réaction immunitaire cellulaire de type hypersensibilité retardée dirigée contre des composants du derme (collagène, élastine, mucine), dont l’antigène déclenchant demeure indéterminé.

Facteurs déclenchants ou associés documentés :
Traumatismes cutanés : piqûres d’insectes, abrasions, injections – des cas ont été décrits après vaccination contre l’hépatite B,
Infection par le VIH : formes profuses et extensives, souvent révélatrices d’une immunodépression,
Médicaments : allopurinol, diclofénac (et autres AINS), inhibiteurs de l’enzyme de conversion, statines – décrits comme déclencheurs dans certains cas,
Association au diabète sucré : le lien entre diabète (surtout de type 2) et granulome annulaire généralisé est documenté dans la littérature, bien que non systématique. Une glycémie à jeun est recommandée dans les formes étendues,
Hémopathies et cancers : lymphomes, leucémies, adénocarcinomes – association rapportée dans les formes profuses de l’adulte, justifiant un bilan dans ce contexte,
Formes familiales : rares, suggérant une prédisposition génétique dans certains cas.

Symptômes et formes cliniques

Forme localisée classique (forme la plus fréquente)

La forme localisée est caractéristique et permet souvent un diagnostic clinique :
papules fermes, bien délimitées, de quelques millimètres, recouvertes d’une peau lisse, de couleur normale, rosée ou légèrement violacée,
– groupées en anneaux de 1 à 5 cm de diamètre, à extension centrifuge lente (le centre de l’anneau s’efface progressivement pendant que la bordure s’étend),
indolores et non prurigineuses : caractère essentiel distinguant le granulome annulaire de l’eczéma nummulaire et de la teigne,
– localisées préférentiellement sur les faces dorsales et latérales des doigts, le dos des mains et des pieds, les saillies articulaires des membres, les oreilles, la nuque.

Évolution naturelle de la forme localisée :
La régression spontanée survient dans 50 % des cas en 2 ans, souvent sans séquelle. Des récidives sont cependant possibles dans 40 % des cas.

Forme généralisée (granulome annulaire disséminé)

Touche plusieurs zones simultanément, avec des centaines de papules disséminées sur le tronc, les membres et parfois le visage.
Évolution plus chronique, moins tendance à la régression spontanée.
Association au diabète, aux hémopathies et aux infections VIH plus fréquente dans cette forme : un bilan est systématiquement recommandé.

Granulome annulaire profond (sous-cutané)

Surtout chez l’enfant jeune (< 6 ans). Nodules profonds, indurés, sous-cutanés, de 0,5 à 4 cm, situés sur le cuir chevelu, le front, les paupières, les membres inférieurs (pré-tibial). Peut être confondu avec un kyste, un lipome ou un ganglion. La biopsie permet le diagnostic.

Granulome annulaire actinique (photosensible)

Forme survenant sur les zones photo-exposées (visage, décolleté, mains) chez des sujets à peau claire, aggravée par l’exposition solaire. Évolution chronique.

Grandes plaques pigmentées avec atrophie cutanée

Formes moins fréquentes pouvant entraîner un amincissement et une dépression de la peau au centre des lésions, mimant parfois un lichen plan ou une sarcoïdose.

Formes éruptives associées au VIH ou aux lymphomes

Apparition soudaine et profuse de nombreuses papules, souvent sans la disposition annulaire caractéristique. Révèlent parfois une immunodépression ou une hémopathie sous-jacente non connue.

Diagnostic différentiel : avec quoi ne pas confondre ?

Le granulome annulaire est fréquemment confondu avec d’autres dermatoses annulaires ou nodulaires :

Teigne (tinea corporis) : anneaux érythémateux squameux prurigineux avec bordure vésiculeuse active, contagieux, traitement antifongique – le granulome annulaire n’est ni squameux ni prurigineux,
Eczéma nummulaire : plaques rondes suintantes, prurigineuses, crouteuses, répondant aux dermocorticoïdes,
Lichen plan annulaire : papules violacées à surface aplatie avec stries de Wickham,
Sarcoïdose cutanée : plaques brunâtres infiltrées, associées à une atteinte systémique (pulmonaire, ganglionnaire),
Erythema migrans (maladie de Lyme) : anneau érythémateux extensible après piqûre de tique, sans papules palpables,
Nécrobiose lipoïdique : plaques jaunâtres atrophiques, souvent associées au diabète, siégeant préférentiellement sur les tibias.

⚠️ En cas de doute diagnostique, seule la biopsie cutanée permet la confirmation histologique.

Examens complémentaires

Biopsie cutanée :
Indiquée en cas de doute diagnostique ou de forme atypique. L’examen histologique montre le granulome palisadique caractéristique avec histiocytes en palissade autour d’une zone de nécrobiose du collagène et dépôts de mucine dermique.
Particularité remarquable : dans certains cas, la biopsie elle-même déclenche la régression de la lésion biopsiée – phénomène non complètement élucidé, probablement lié à la rupture du granulome et à la réponse immune locale.

Bilan recommandé dans les formes étendues ou profuses :
Glycémie à jeun et HbA1c : recherche d’un diabète associé,
NFS-plaquettes : recherche d’une hémopathie (lymphome, leucémie),
Sérologie VIH-1 et 2 avec l’accord du patient,
– en cas de suspicion d’adénocarcinome selon le contexte clinique : radiographie pulmonaire, mammographie, coloscopie.

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Traitement du granulome annulaire

Forme localisée et récente : abstention thérapeutique en première intention

En raison de la forte probabilité de régression spontanée de la forme localisée, l’abstention thérapeutique avec surveillance est l’attitude recommandée en première intention.
Le patient doit être informé du caractère bénin de la lésion et de la probabilité de disparition spontanée en quelques mois à 2 ans.

Si le patient souhaite un traitement pour des raisons esthétiques ou fonctionnelles :
Dermocorticoïdes de classe I (propionate de clobétasol) en application biquotidienne sous occlusion (film plastique alimentaire) pendant 4 à 8 semaines : améliore la régression dans les formes localisées,
Injections intradermiques de corticoïdes (acétonide de triamcinolone dilué) : traitement de référence des lésions isolées persistantes chez l’adulte,
Cryothérapie à l’azote liquide : destruction des lésions, résultats variables, risque de séquelles pigmentaires sur peaux foncées.

Forme étendue ou d’évolution prolongée

Disulone® (dapsone) 100 mg/j pendant 3 à 4 mois : traitement de référence des formes généralisées résistantes. Mécanisme anti-inflammatoire via l’inhibition des polynucléaires neutrophiles. Bilan préalable : G6PD (risque d’anémie hémolytique chez les patients déficitaires), NFS, bilan hépatique.
PUVAthérapie : photothérapie combinant psoralène et UVA, pour les formes généralisées étendues ne répondant pas à la dapsone.
Hydroxychloroquine (Plaquenil®) 200 à 400 mg/j : antipaludéen de synthèse utilisé hors AMM avec des résultats variables dans les formes généralisées réfractaires.
Photothérapie UVA1 : utilisée dans certains centres spécialisés avec des résultats encourageants.
Méthotrexate à faible dose et ciclosporine : envisagés dans les formes sévères très résistantes, hors AMM.
Isotrétinoïne orale : quelques cas de régression sous isotrétinoïne rapportés dans la littérature.

Granulome annulaire et diabète : quel lien ?

L’association entre granulome annulaire généralisé et diabète sucré est documentée depuis les années 1960. Plusieurs études montrent une prévalence du diabète (principalement de type 2) significativement plus élevée chez les patients atteints de granulome annulaire généralisé que dans la population générale.
Le mécanisme n’est pas élucidé : des modifications du métabolisme du collagène et des glycosaminoglycanes liées à l’hyperglycémie chronique pourraient favoriser la formation du granulome.
Cette association justifie la réalisation d’une glycémie à jeun et d’une HbA1c chez tout adulte présentant un granulome annulaire généralisé, même en l’absence de symptômes évocateurs de diabète.
En revanche, le traitement du diabète n’entraîne pas systématiquement la régression du granulome.

Questions fréquentes sur le granulome annulaire

Quels traitements existent contre le granulome annulaire ?

Pour les formes localisées : dermocorticoïdes de classe I sous occlusion, injections intradermiques de corticoïdes ou cryothérapie à l’azote liquide. Pour les formes étendues résistantes : dapsone (Disulone®) 100 mg/j pendant 3 à 4 mois, sous surveillance biologique.

Le granulome annulaire touche-t-il aussi les enfants ?

Oui, il touche principalement les enfants, les adolescents et les femmes jeunes. La forme profonde sous-cutanée, avec des nodules fermes, survient surtout chez l’enfant de moins de 6 ans, sur le cuir chevelu ou les membres.

Faut-il faire un bilan sanguin systématique ?

Non, pas dans la forme localisée typique de l’enfant ou de l’adulte jeune. Un bilan (glycémie, bilan lipidique, parfois sérologies) est en revanche recommandé dans les formes généralisées, plus souvent associées au diabète.

Le granulome annulaire est-il contagieux ?

Non. Le granulome annulaire n’est pas une infection et n’est pas contagieux. Il ne se transmet pas par contact, par les vêtements ni par les objets. Il peut sans aucun risque cohabiter avec d’autres personnes, y compris les enfants en collectivité.

Combien de temps dure un granulome annulaire ?

La forme localisée régresse spontanément dans environ 50 % des cas en 2 ans. Certaines lésions persistent plus longtemps (3 à 5 ans) avant de disparaître. Les formes généralisées ont une évolution plus chronique. Des récidives surviennent dans 40 % des cas après régression, souvent au même endroit ou sur de nouvelles zones.

Faut-il avoir peur d’un granulome annulaire ?

Dans sa forme localisée classique chez l’enfant ou l’adulte jeune, le granulome annulaire est une lésion bénigne sans risque de transformation maligne. Aucune inquiétude n’est justifiée. En revanche, dans les formes généralisées chez l’adulte, un bilan médical est recommandé pour éliminer une pathologie associée (diabète, hémopathie). Consulter un dermatologue pour confirmation diagnostique et orientation thérapeutique.

La biopsie est-elle douloureuse et obligatoire ?

La biopsie cutanée est réalisée sous anesthésie locale (crème EMLA® puis injection de xylocaïne) et est indolore pendant le geste. Elle laisse une petite cicatrice de quelques millimètres. Elle n’est pas systématiquement obligatoire dans les formes typiques chez l’enfant, mais est recommandée en cas de doute diagnostique, de forme atypique ou de lésion persistante chez l’adulte.

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Références

Joshi TP, Duvic M., Am J Clin Dermatol, 2021, PMID 34495491 — Granuloma Annulare: An Updated Review of Epidemiology, Pathogenesis, and Treatment Options.
Keimig EL., Dermatol Clin, 2015, PMID 26143416 — Granuloma Annulare : associations systémiques et prise en charge thérapeutique.
Lukács J et al., J Eur Acad Dermatol Venereol, 2015, PMID 25651003 — Treatment of generalized granuloma annulare : revue systématique.
Haute Autorité de Santé (HAS), Parcours de soins du patient adulte vivant avec un diabète de type 2 — bilan recommandé en cas de granulome annulaire généralisé, consulté en 2026.

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Auteur/autrice : Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

Dr Ludovic Rousseau — Dermatologue & Vénérologue Docteur en médecine depuis 1999, le Dr Ludovic Rousseau est spécialiste en Dermatologie et Vénéréologie (Diplôme d'État de Spécialiste, thèse soutenue avec la mention Très Honorable). Depuis plus de 25 ans, il exerce avec la conviction que chaque patient mérite une prise en charge claire, bienveillante et fondée sur les données actuelles de la science. Auteur et fondateur de Dermatonet.com depuis 2000, il met son expertise au service du grand public à travers des articles médicaux rigoureux sur les maladies de peau, les traitements et les avancées en dermatologie. Il intervient régulièrement lors de congrès et journées de formation médicale, et a publié dans des revues scientifiques spécialisées dont les Annales de Dermatologie et Vénéréologie. Convaincu que l'accès aux soins dermatologiques doit être simplifié, le Dr Rousseau propose des consultations en cabinet lors de ses remplacements ainsi que des téléconsultations, permettant à chacun d'obtenir un avis médical spécialisé rapidement, où qu'il se trouve.