Ce que les dermatologues vous disent rarement (faute de temps). Un dermatologue ayant +25 ans d'expérience vous livre ses secrets
Collection "Secrets de dermatologue"
Plus de 60 ebooks pratiques à télécharger sur les grandes pathologies (acné, eczéma, psoriasis...) et sujets (microbiome, protection solaire, ingrédients cosmétiques actifs, peau et sport...) dermatologiques
Pour chaque pathologie vous découvrirez :
Les erreurs du quotidien qui aggravent les symptômes sans qu'on le sache
Les routines recommandées par les spécialistes
Les facteurs de vie quotidienne à améliorer (alimentation, stress, sommeil, soleil…)
Les mécanismes, les causes, les traitements, et j'espère les réponses à toutes les questions que vous vous posez et que parfois vous n'osez pas poser au médecin
Des guides pratiques, directs, et accessibles — pour reprendre le contrôle sur votre problème dermatologique
Dernière mise à jour : 12 avril 2026
Démodécidose : rougeur du visage due au démodex
Rougeurs du visage résistant aux traitements habituels ? La démodécidose est souvent sous-diagnostiquée. Le Dr Rousseau vous reçoit à Bordeaux pour un bilan complet.
Qu’est-ce que la démodécidose ?

La démodécidose (ou démodécie) est une rougeur du visage provoquée par la prolifération pathologique d’un ectoparasite microscopique : le démodex. Elle est fréquemment sous-diagnostiquée, car elle imite d’autres dermatoses faciales communes.
L’adage dermatologique résume bien le piège diagnostique : « une rosacée qui ne guérit pas sous cyclines doit faire évoquer une démodécidose ». Par rapport à la rosacée, elle se distingue par son caractère asymétrique, sa topographie péri-orificielle (pourtour des yeux, de la bouche, des oreilles), son peu d’inconfort (flushes, brûlures, démangeaisons rares) et l’absence ou quasi-absence d’érythrocouperose.
La démodécidose peut se surajouter à une rosacée, une dermatite séborrhéique ou une dermatite péri-orale préexistante — et non simplement les mimer. Dans ces cas, la dermatose sous-jacente ne guérit pas complètement tant que l’infestation à démodex n’est pas traitée.
Cause : le démodex
Les follicules pilo-sébacés sont infestés par le démodex, le seul ectoparasite présent à l’état normal sur la peau humaine. Il vit dans les follicules pilo-sébacés, principalement au niveau de la tête, ainsi que dans les glandes de Meibomius à la base des cils. Le portage cutané en démodex augmente avec l’âge, atteignant près de 100 % des individus après 70 ans.
Il existe deux espèces :
- Demodex folliculorum : localisé dans l’infundibulum folliculaire (« dans le poil »)
- Demodex brevis : vit dans les glandes sébacées et les glandes de Meibomius (cils)
Le démodex devient pathogène lorsqu’il prolifère au-delà d’un certain seuil (> 5 démodex/cm²) et pénètre dans le derme, déclenchant une réaction inflammatoire. Normalement, le système immunitaire contient cette prolifération. C’est pourquoi la démodécidose est nettement plus fréquente chez les patients immunodéprimés (infection VIH, leucémie, corticothérapie prolongée, immunosuppresseurs).
La démodécidose est souvent confondue avec : rosacée, dermatite séborrhéique, dermatite péri-orale, folliculite. Elle peut aussi parasiter ces dermatoses et s’y surajouter, rendant leur traitement habituel insuffisant.
Symptômes et critères diagnostiques
Les critères diagnostiques de la démodécidose primaire isolée sont au nombre de quatre :
- Absence certaine de dermatose préexistante (rosacée, dermatite péri-orale, folliculite)
- Densité accrue de démodex dans les lésions (> 5 démodex/cm²)
- Guérison uniquement sous traitement acaricide (local ou systémique)
- Résistance aux cyclines et aux macrolides — clé du diagnostic en pratique courante
La démodécidose touche principalement le visage, avec prédilection pour les zones péri-orificielles :
- Péri-orale
- Péri-orbitaire (peut atteindre l’intérieur des paupières → blépharite chronique, chalazions récidivants)
- Péri-auriculaire (peut concerner le conduit auditif externe)
- Rarement : zones de calvitie du cuir chevelu
Les lésions sont mal limitées, irrégulières et de distribution asymétrique. L’inconfort subjectif (brûlures, démangeaisons, flushes) est peu marqué, ce qui contraste avec la rosacée.
Classification des démodécidoses
Pityriasis folliculorum
Il touche principalement les femmes utilisant régulièrement des crèmes grasses et des fonds de teint occlusifs.

Il se présente sous forme de rougeurs folliculaires centrées par des squames folliculaires fines, donnant un aspect de papier de verre ou givré, notamment sur les joues. Une légère sensation de brûlure peut être présente.
Démodécidose rosacée-like
Rougeur faciale avec papulo-pustules superficielles évoquant une rosacée, mais sans antécédent familial, sans flushes ni érythrocouperose. Les lésions sont plus superficielles que dans la rosacée, avec une desquamation folliculaire superficielle et des papulo-vésicules caractéristiques.

À la biopsie : infiltrat inflammatoire mononucléé périfolliculaire et périvasculaire avec de nombreux démodex visibles. Elle peut évoluer — ou se présenter d’emblée — sous forme de démodécidose gravis (rosacée granulomateuse-like) avec lésions papulo-pustuleuses plus profondes et douloureuses, ou de démodécidose nodulo-kystique (abcès à démodex), conséquence d’une réaction inflammatoire intense.
Démodécidose croûteuse
Forme rare, observée principalement chez l’immunodéprimé (VIH, hémopathies) et parfois chez l’enfant immunocompétent. Elle se présente sous forme de croûtes jaunâtres sèches et chroniques, notamment du nez et de son pourtour, évocatrices d’impétigo par la couleur mais s’en distinguant par leur caractère chronique et non résolutif sous antiseptiques.
Une démodécidose sévère, extensive ou croûteuse doit faire rechercher une immunodépression sous-jacente (VIH, hémopathie, corticothérapie prolongée). Un bilan immunologique est recommandé dans ces formes atypiques.
Examens complémentaires
Dermoscopie
La dermoscopie est l’examen clé en pratique courante. Elle montre deux signes caractéristiques :
- Fil gélatineux blanchâtre au niveau de l’infundibulum, de 1 à 3 mm de long : signe spécifique révélant la présence du parasite dans l’ostium folliculaire (surtout dans le pityriasis folliculorum)
- Orifices folliculaires rouges et dilatés avec bouchons grisâtres
Microscopie confocale
Technique non invasive de haute résolution : les démodex apparaissent sous la forme de structures lumineuses arrondies avec un aspect en cône, localisées dans les follicules.
Histologie
La biopsie cutanée (prélèvement sous anesthésie locale, analyse anatomopathologique) permet de visualiser directement Demodex folliculorum dans les poils et les glandes sébacées, associé à un infiltrat inflammatoire périfolliculaire. Elle est réservée aux formes atypiques ou aux doutes diagnostiques avec une sarcoïdose, un lupus tuberculeux ou une histiocytose.
Traitement
Le traitement repose sur des agents acaricides — seuls efficaces contre le démodex, confirmant a posteriori le diagnostic si la réponse est favorable.
| Traitement | Modalités | Indications préférentielles |
|---|---|---|
| Crotamiton (Eurax®) | Crème locale, 2 applications/j, pendant 4 mois | Formes légères à modérées, pityriasis folliculorum |
| Ivermectine crème (Soolantra®) | 1 application/j le soir, en cure | Démodécidose rosacée-like, formes papulo-pustuleuses |
| Ivermectine orale | Prise unique (dose selon poids) | Formes sévères, immunodéprimés, formes croûteuses |
Des mesures complémentaires sont recommandées : éviter les crèmes occlusives grasses, nettoyer soigneusement le bord des paupières en cas d’atteinte ciliaire, et adapter les cosmétiques.
La guérison sous traitement acaricide seul confirme le diagnostic de démodécidose primaire. En cas de réponse partielle, une dermatose associée (rosacée, dermatite séborrhéique) doit être recherchée et traitée en parallèle.
Rougeurs faciales chroniques résistant aux antibiotiques ? Ne laissez pas une démodécidose passer inaperçue. Consultez le Dr Rousseau à Bordeaux.
Questions fréquentes (FAQ)
Comment distinguer démodécidose et rosacée ?
Plusieurs indices orientent vers la démodécidose : rougeurs asymétriques, localisation préférentielle autour des yeux, de la bouche et des oreilles, peu ou pas de flushes, absence d’érythrocouperose, et surtout résistance aux cyclines après plusieurs semaines de traitement bien conduit. Seul un dermatologue peut affirmer le diagnostic, notamment par dermoscopie.
Le démodex est-il contagieux ?
Le démodex est un parasite normal de la peau humaine présent chez pratiquement tout le monde. Sa transmission interhumaine par contact direct existe mais est limitée : ce n’est pas sa présence qui est pathologique, c’est sa prolifération excessive. Une décontamination de l’entourage n’est généralement pas nécessaire.
Les crèmes grasses et le maquillage favorisent-ils la démodécidose ?
Oui, notamment dans le pityriasis folliculorum. Les fonds de teint occlusifs et les crèmes riches créent un environnement favorable à la prolifération du démodex dans les follicules. En cas de démodécidose, simplifier les soins cosmétiques et éviter les produits gras sur le visage fait partie des recommandations.
Combien de temps dure le traitement de la démodécidose ?
Le traitement par crotamiton local dure typiquement 4 mois. L’ivermectine crème peut être utilisée en cures répétées selon l’évolution. L’ivermectine orale est réservée aux formes sévères en prise unique. Un suivi dermatologique est nécessaire pour évaluer la réponse.
La démodécidose peut-elle toucher les yeux ?
Oui. Demodex brevis infeste les glandes de Meibomius à la base des cils et peut provoquer une blépharite chronique et des chalazions récidivants. En cas de paupières inflammatoires chroniques résistant aux traitements habituels, une démodécidose ciliaire doit être évoquée et traitée par nettoyage soigneux des bords ciliaires et ivermectine.
La démodécidose guérit-elle définitivement ?
Un traitement acaricide bien conduit permet d’obtenir la guérison ou une rémission prolongée. Des rechutes sont possibles, surtout en cas de facteur favorisant persistant (immunodépression, cosmétiques occlusifs). Une surveillance dermatologique est conseillée chez les patients à terrain prédisposant.
Voir aussi : La démodécidose illustre l’importance d’un examen dermatologique spécialisé face à toute rougeur faciale chronique résistant aux traitements habituels. La dermoscopie permet souvent de visualiser directement le parasite sans recourir à la biopsie. Ne concluez pas à une simple rosacée sans avoir éliminé une démodécidose — les traitements sont radicalement différents.
Références scientifiques
- Lacey N, Kavanagh K, Tseng SC. Under the lash: Demodex mites in human diseases. Biochem (Lond). 2009;31(4):2-6. PMID 20664819
- Forton FM. Papulopustular rosacea, skin immunity and Demodex: pityriasis folliculorum as a missing link. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2012;26(1):19-28. PMID 21388456
- Sattler EC, Maier T, Hoffmann VS, et al. Noninvasive in vivo detection and quantification of Demodex mites by confocal laser scanning microscopy. Br J Dermatol. 2012;167(5):1042-1047. PMID 22725701
- Tatu AL, Ionescu MA, Clatici VG, Cristea VC. Bacillus oleronius strain isolated from Demodex folliculorum and facial erythema of rosacea and demodicosis patients. An Bras Dermatol. 2016;91(4):546-548. PMID 27579759
Rougeurs faciales chroniques ou blépharite récidivante malgré les traitements ? Pensez à la démodécidose. Consultez le Dr Rousseau, dermatologue à Bordeaux.
Mis à jour le 11 avril 2025 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.
Ce que les dermatologues vous disent rarement (faute de temps). Un dermatologue ayant +25 ans d'expérience vous livre ses secrets
Collection "Secrets de dermatologue"
Plus de 60 ebooks pratiques à télécharger sur les grandes pathologies (acné, eczéma, psoriasis...) et sujets (microbiome, protection solaire, ingrédients cosmétiques actifs, peau et sport...) dermatologiques
Pour chaque pathologie vous découvrirez :
Les erreurs du quotidien qui aggravent les symptômes sans qu'on le sache
Les routines recommandées par les spécialistes
Les facteurs de vie quotidienne à améliorer (alimentation, stress, sommeil, soleil…)
Les mécanismes, les causes, les traitements, et j'espère les réponses à toutes les questions que vous vous posez et que parfois vous n'osez pas poser au médecin
Des guides pratiques, directs, et accessibles — pour reprendre le contrôle sur votre problème dermatologique


j’ai depuis 2 mois des boutons entre le nez et la bouche (dans la ride ) le dermatologue m’a prescrit soolantra 10mg creme pendant 2 mois, pour traiter un parasite (demodex ) ainsi qu’un traitement de 45 ours de tetracycline que je n’ai pas pris !cela va mieux puis je continuer le soolantra pendant 4 mois ?
La durée maximale d’utilisation de Soolantra est de 4 mois
Bonjour docteur,
Je suis atteint de rosacée papulo-pustuleuse depuis 2 ans et demie. Lors d’une première poussée, les cyclines dosées à 100mg pendant 3 mois ont été efficaces combinées au peroxyde de benzoyle.
A l’arrêt du TT les pustules étaient de retour. Retour donc aux cyclines dosées cette fois-ci à 50 mg + Crème au metronidazole . Échec du traitement.
Passage par la case CURACNE durant 11 mois avec une dose cumulée de 140MG/KG . 8 Jours après la fin du TT retours des pustules.
Ma rosacée est-elle du principalement aux demodex selon vous ?
Merci de votre Retour
On distingue classiquement la démodécidose de la rosacée par la résistance aux cyclines à 100mg, ce qui apparemment n’a pas été le cas chez vous puisque les cyclines à cette dose ont été efficaces. Il faudrait voir avec votre dermatologue s’il est opportun de les réessayer à cette dose?
Bonjour docteur,
J’ai des boutons sur le visage et le medecin m’a dit que j’ai une rosacée. Ce que j’ai remarqué c’est que ma peau n’est rouge que dans les parties de mon visage ou j’ai régulièrement des poussés de boutons (pas de flushs ou de rougeurs persistantes). Pensez-vous que c’est plutôt une démodécidose dont je souffre ? Est-ce que les medecins pensent automatiquement a la démodécidose ou il faut leur en parler ?
Merci pour votre retour.
Les deux se ressemblent mais la demodecidose résiste aux antibiotiques, c’est ce qui y fait penser secondairement
Bonjour
Depuis le mois de mars j’ai vu apparaître des rougeurs sur le menton accompagnées d’une sécheresse de la peau de la même zone.
J’ai vu une dermatologue en mai qui m’a prescrit soolantra 10mg. Ça fait donc 15jours que j’utilise cette crème mais je ne vois aucune amélioration.
Est ce normal ?
Bonjour, je vous conseille de recontacter votre dermatologue