Nouveau livre du Dr Rousseau
"La peau de l'intérieur"
Les règles d'or pour soigner sa peau de l'intérieur
Ce que votre dermatologue n'a pas le temps de vous dire en consultation — intestin, cerveau, stress, alimentation : les vraies causes de vos problèmes de peau.
- 21 chapitres · acné, eczéma, psoriasis, rosacée, rides…
- Traitements médicaux prouvés + règles naturelles actionnables
- Les 3 règles d'or par chapitre
Dernière mise à jour : 4 mai 2026
Mis à jour le 29 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
La dermatose plantaire juvénile (DPJ) — parfois appelée forefoot dermatosis ou syndrome des pieds luisants — est une affection cutanée bénigne et fréquente chez l’enfant et l’adolescent. Elle se manifeste par des pieds qui pèlent, brillants et parfois fissurés, touchant préférentiellement l’avant-pied et les pulpes des orteils. Son mécanisme combine frottements répétés, transpiration dans des chaussures synthétiques non respirantes, et terrain atopique. Elle est souvent confondue à tort avec une mycose ou un psoriasis, d’où l’importance d’un diagnostic précis.
Épidémiologie
La DPJ touche principalement les enfants entre 3 et 14 ans, avec un pic entre 7 et 12 ans. Elle est rare avant 3 ans et se résout généralement spontanément à l’adolescence, probablement en lien avec la maturation des glandes sudoripares et l’évolution du comportement chaussant. Elle est plus fréquente chez les enfants atopiques (dermatite atopique, asthme, rhinite allergique). Les deux pieds sont presque toujours atteints simultanément.
Physiopathologie
La DPJ résulte de l’interaction de plusieurs facteurs :
- Transpiration excessive (hyperhidrose relative de l’enfant) dans des chaussures non respirantes (synthétiques, en plastique, doublées de matériaux imperméables)
- Frottements répétés sur les zones de pression (avant-pied, pulpes des orteils, gros orteil) lors de la marche et de la pratique sportive
- Cycles alternés humidité-sécheresse : le pied transpire dans la chaussure, puis s’assèche rapidement à l’air libre — ce phénomène de « friction-évaporation » endommage la couche cornée
- Terrain atopique : la barrière cutanée déjà fragilisée chez l’enfant atopique est plus vulnérable à ces agressions mécaniques et hydriques
Manifestations cliniques
Aspect typique
La DPJ se présente par des zones érythémateuses, brillantes et vernissées (aspect laqué caractéristique), avec une desquamation en grandes plaques ou en squames fines sur :
- L’avant-pied (métatarses, têtes métatarsiennes)
- Les pulpes et les faces plantaires des orteils (surtout le gros orteil et les 2e et 3e orteils)
- Plus rarement : le talon, la plante dans sa totalité
Les espaces interdigitaux sont toujours respectés. En cas de fissures, des douleurs à la marche peuvent survenir. Le prurit est généralement absent ou discret — c’est une autre différence avec la mycose, qui est souvent prurigineuse.
Évolution saisonnière
La DPJ est souvent plus marquée en automne-hiver (retour du port de chaussures fermées après l’été) et en période scolaire intensive (sport, chaussures portées toute la journée). Une amélioration spontanée en été — avec le port de sandales permettant une bonne aération — est très évocatrice.
Diagnostic différentiel
| Diagnostic | Éléments distinctifs |
|---|---|
| Teigne plantaire (mycose — pied d’athlète) | Débute dans les espaces interdigitaux, prurit marqué, prélèvement mycologique positif |
| Psoriasis plantaire | Plaques squameuses épaisses à bords nets, souvent bilatérales, antécédents familiaux de psoriasis |
| Eczéma de contact | Distribution en rapport avec le contact (semelle, lanière), patch-tests positifs |
| Kératodermie palmoplantaire héréditaire | Début très précoce (nourrisson), bilatérale et symétrique, antécédents familiaux |
| Hyperhidrose plantaire seule | Transpiration sans desquamation ni érythème — pas de peeling |
Traitement
Mesures de prévention — essentielles
La correction des facteurs causaux est la pierre angulaire du traitement :
- Chaussures en cuir naturel ou tissu respirant — éviter le synthétique, le plastique et les matériaux imperméables
- Chaussettes en coton (ou soie, laine fine) — jamais en polyester ou nylon directement au contact du pied
- Alterner les chaussures — ne pas porter les mêmes deux jours de suite pour permettre le séchage complet
- Sandales ou pieds nus le soir à la maison et l’été
- Sécher soigneusement les pieds après le bain ou la douche, notamment les espaces interdigitaux
- Limiter les séances de sport prolongées avec des chaussures synthétiques non respirantes
Émollients gras — traitement de fond
Application biquotidienne d’émollients à effet kératolytique doux :
- Cérat de Galien ou vaseline pure — émollients gras de première intention, très bien tolérés
- Crème à l’urée 10 % (Eucerin® Urea, Dexeryl®) — action kératolytique douce, améliore l’hydratation de la couche cornée
- Crème à l’acide salicylique 5 % — pour les zones de squamation épaisse et les fissures
- Appliquer de préférence après le bain, sur peau légèrement humide, en insistant sur les zones de peeling
Dermocorticoïdes — pour les poussées inflammatoires
En cas de rougeur franche, de fissures douloureuses ou de résistance aux émollients seuls, une courte cure (7 à 14 jours) de dermocorticoïde de classe II (dipropionate de bétaméthasone crème, mométasone) peut être prescrite, en application biquotidienne, sous occlusion légère (chaussette coton) la nuit pour optimiser l’efficacité.
Fissures douloureuses
Les fissures profondes peuvent être temporairement obturées avec de la colle cyanoacrylate médicale (Dermabond®, ou colle chirurgicale) pour soulager immédiatement la douleur et permettre la cicatrisation. Les pansements hydrocolloïdes sur les zones les plus fissurées sont également efficaces.
Évolution et pronostic
La DPJ est une affection bénigne à évolution favorable. Elle se résout spontanément à l’adolescence dans la très grande majorité des cas, probablement avec la maturation des fonctions sudorales et l’évolution du port de chaussures. Pendant la phase active, les récidives saisonnières sont fréquentes si les mesures préventives (chaussures respirantes, émollients) ne sont pas maintenues. Aucune complication grave n’est attendue — les surinfections bactériennes des fissures sont rares et traitées facilement par antisepsie locale.
Questions fréquentes
Mon enfant doit-il éviter le sport à cause de la dermatose plantaire juvénile ?
Non, il n’est pas nécessaire d’arrêter le sport. Il faut en revanche choisir des chaussures de sport respirantes (maille technique plutôt que synthétique imperméable), changer les chaussettes après chaque séance, et appliquer les émollients après la douche. Certains sports en intérieur avec port de chaussures fermées synthétiques (arts martiaux, danse avec chaussons synthétiques) peuvent aggraver la DPJ — discuter avec l’entraîneur du port de chaussures adaptées.
La dermatose plantaire juvénile peut-elle toucher les mains ?
Oui, dans sa forme plus rare appelée « pulpite sèche » ou « dermatite des doigts », la DPJ peut affecter les pulpes des doigts avec un aspect identique : peau brillante, qui pèle, légèrement érythémateuse. Elle est alors souvent déclenchée par une exposition répétée à l’eau (lavage fréquent des mains, activités aquatiques) ou aux détergents. Le traitement est identique : émollients et réduction des agressions.
Faut-il faire un prélèvement mycologique si les pieds pèlent ?
Un prélèvement mycologique (culture de squames) est indiqué en cas de doute avec une mycose, notamment si les espaces interdigitaux sont atteints, si le prurit est intense, ou si le traitement émollient seul est inefficace. En cas de DPJ typique (espaces interdigitaux respectés, enfant atopique, terrain chaussant inadapté, amélioration estivale), le prélèvement n’est pas indispensable mais peut rassurer parents et prescripteurs.
Références scientifiques
- Ashton RE, et al. Juvenile plantar dermatosis: a 10-year follow-up study. Clin Exp Dermatol. 1985;10(1):68-74. PMID: 3978610.
- Mackie RM. Juvenile plantar dermatosis. Semin Dermatol. 1982;1(1):67-71.
- Tlougan BE, et al. Skin conditions in figure skaters, ice-hockey players and speed skaters. Sports Med. 2011;41(11):967-984. PMID: 21985172.
- Haute Autorité de Santé (HAS). Prise en charge des dermatoses pédiatriques fréquentes. 2023. Disponible sur has-sante.fr
Les pieds de votre enfant pèlent et les conseils habituels sont insuffisants ?
Pieds qui pèlent chez l’enfant
Les pieds de mon enfant pèlent, cela peut être la dermatose plantaire juvénile

Dermatose plantaire juvénile
Il s’agit d’une dermatose bénigne semblant plus fréquente chez les enfants ayant un eczema atopique, notamment entre 3 et 8 ans
L’évolution est souvent chronique ce qui inquiète les parents
Le dermatologue posera le diagnostic apres avoir éliminé un eczema, une mycose des pieds, un psoriasis…
Traitement
Emollients voire dermocorticoides
Besoin de l’avis d’un spécialiste ? d’un traitement ? Délais de rdv trop longs ? Vous pouvez effectuer une téléconsultation avec le dermatologue
Ce que les dermatologues vous disent rarement (faute de temps). Un dermatologue ayant +25 ans d'expérience vous livre ses secrets
Collection "Secrets de dermatologue"
Plus de 60 ebooks pratiques à télécharger sur les grandes pathologies (acné, eczéma, psoriasis...) et sujets (microbiome, protection solaire, ingrédients cosmétiques actifs, peau et sport...) dermatologiques
Pour chaque pathologie vous découvrirez :
Les erreurs du quotidien qui aggravent les symptômes sans qu'on le sache
Les routines recommandées par les spécialistes
Les facteurs de vie quotidienne à améliorer (alimentation, stress, sommeil, soleil…)
Les mécanismes, les causes, les traitements, et j'espère les réponses à toutes les questions que vous vous posez et que parfois vous n'osez pas poser au médecin
Des guides pratiques, directs, et accessibles — pour reprendre le contrôle sur votre problème dermatologique



Bonjour ma fille a de la peau en dessous des pied et entre les orteil
J’ignore c’est du a quoi