CANCER DE LA PEAU : les cancers de la peau

Cancer de la peau : types, symptômes, photos et traitement

Le cancer de la peau est le cancer humain le plus fréquent. Il en existe plusieurs types — les carcinomes (issus des kératinocytes) et les mélanomes (issus des mélanocytes) — dont la gravité, les symptômes et les traitements diffèrent. Détecté tôt, le cancer de la peau est dans la grande majorité des cas guérissable. La prévention solaire reste le meilleur moyen de s’en protéger.

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Cancer de la peau

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Comment se développe un cancer de la peau ?

La peau est constituée de cellules — kératinocytes, mélanocytes, cellules de Merkel — qui se renouvellent en permanence. Ce renouvellement les expose à des mutations de l’ADN, provoquées notamment par les rayons ultraviolets. Habituellement, l’organisme répare ces mutations. Lorsqu’une cellule devient cancéreuse, elle perd cette capacité de réparation et se multiplie de façon anarchique, formant une tumeur maligne.

Les principaux types de cancer de la peau

Type Cellule d’origine Fréquence Agressivité
Carcinome basocellulaire Kératinocytes basaux 50 000 cas/an en France Locale — métastases exceptionnelles
Carcinome spinocellulaire Kératinocytes supérieurs Fréquent Peut métastaser — risque ganglionnaire
Mélanome Mélanocytes 10 000 cas/an en France Élevée — métastases possibles

Le carcinome basocellulaire — le plus fréquent

carcinome basocellulaire nez photo cancer peau
Carcinome basocellulaire du nez

Le carcinome basocellulaire est le cancer le plus fréquent chez l’homme, tous cancers et tous organes confondus — environ 50 000 nouveaux cas par an en France. Il est issu des kératinocytes de la base de l’épiderme. Sa malignité est essentiellement locale : il ne donne quasiment jamais de métastases. Il se présente souvent comme une petite papule perlée à bord en bourrelet, qui grossit lentement, parfois ulcérée au centre.

Les zones à risque de récidive après traitement sont les zones periorificielles (nez, oreilles, lèvres, yeux).

Voir l’article détaillé : carcinome basocellulaire.

Le carcinome spinocellulaire (épidermoïde)

kératoacanthome carcinome spinocellulaire cancer peau photo
Kératoacanthome — forme de carcinome spinocellulaire bien différencié

Le carcinome spinocellulaire est issu des couches superficielles de l’épiderme. Il est plus agressif que le basocellulaire — il peut envahir les ganglions régionaux et métastaser à distance. Il peut avoir pour précurseur la kératose actinique, considérée comme un pré-cancer cutané. Une induration (infiltration) de la base d’une kératose actinique, ou une érosion, sont des signes d’évolution vers un carcinome invasif — une biopsie s’impose alors.

Il touche surtout les personnes exposées chroniquement au soleil (travailleurs en extérieur, agriculteurs, marins).

Le mélanome — le plus grave

mélanome peau tache marron irrégulière SSM photo

Le mélanome est issu des mélanocytes. Bien que moins fréquent que les carcinomes (10 000 cas/an), c’est le plus dangereux car il peut métastaser rapidement. Il ressemble souvent à un grain de beauté et se repère grâce à la règle ABCDE (Asymétrie, Bords irréguliers, Couleurs multiples, Diamètre > 6 mm, Évolution). 20 000 personnes meurent chaque année d’un mélanome en Europe.

Voir l’article détaillé : mélanome.

Il existe d’autres cancers de la peau (carcinome neuro-endocrine, sarcome, lymphome cutané…) que nous n’abordons pas ici

Causes et facteurs de risque du cancer de la peau

Le soleil — cause principale

La majorité des cancers de la peau surviennent sur les zones exposées au soleil (visage, cou, mains, avant-bras). Les UV provoquent des mutations de l’ADN dans les cellules cutanées. Chaque type de cancer a une relation différente avec l’exposition solaire :

  • Carcinome spinocellulaire — lié à une exposition chronique et prolongée tout au long de la vie (travailleurs en extérieur)
  • Carcinome basocellulaire — lié plutôt aux expositions intermittentes et brutales, notamment dans l’enfance (coups de soleil, voyages en pays chauds)
  • Mélanome — lié aux expositions intermittentes et coups de soleil, surtout avant 20 ans

⚠️ Cabines de bronzage : l’OMS recommande d’éviter les UV artificiels. Ils augmentent le risque de mélanome de 25 à 30% et ne font que s’ajouter aux UV naturels déjà reçus.

Autres facteurs de risque

  • Phototype clair — peau claire, yeux clairs, cheveux roux ou blonds, tendance aux coups de soleil : risque nettement augmenté. Le risque de mélanome est 10 fois moins élevé chez les personnes à peau noire que chez les personnes à peau claire
  • Grains de beauté nombreux — plus de 50 nævus augmente significativement le risque de mélanome
  • Antécédents personnels ou familiaux de cancer de la peau — environ 10 % des mélanomes sont liés à une prédisposition génétique
  • Immunodépression — les patients transplantés ou sous immunosuppresseurs ont un risque accru de carcinomes

Pronostic selon le type de cancer

La gravité d’un cancer de la peau dépend de trois éléments principaux :

  • La nature — le carcinome basocellulaire est le moins agressif (malignité locale uniquement). Le mélanome est le plus pourvoyeur de métastases
  • Le stade au diagnostic — plus le cancer est diagnostiqué tôt, meilleur est le pronostic. Le mélanome détecté à moins de 1 mm d’épaisseur a un taux de survie à 5 ans supérieur à 90 %. En cas de métastases, ce taux tombe à 20 %
  • La localisation — certaines zones sont plus difficiles à opérer et plus à risque de récidive : nez, oreilles, zones periorificielles

Traitement du cancer de la peau

Le traitement de référence est l’ablation chirurgicale, réalisée sous anesthésie locale avec des marges de sécurité adaptées au type et à l’épaisseur de la tumeur. Selon le stade et le type, des traitements complémentaires peuvent être proposés :

  • Cryothérapie, laser ou photothérapie dynamique — pour les kératoses actiniques et carcinomes basocellulaires superficiels
  • Imiquimod, 5-fluoro-uracile — traitements topiques pour certains carcinomes superficiels
  • Radiothérapie — pour les carcinomes inopérables ou en complément
  • Immunothérapie (anti-PD1) et thérapies ciblées (anti-BRAF) — pour les mélanomes avancés ou métastatiques

Prévention du cancer de la peau

La protection solaire est le seul moyen préventif efficace contre la majorité des cancers cutanés :

  • Appliquer une crème solaire SPF 30 minimum sur les zones exposées, 30 minutes avant l’exposition, puis toutes les 2 heures et après chaque bain
  • Éviter l’exposition entre 12h et 16h en été
  • Porter chapeau à larges bords, vêtements couvrants et lunettes UV
  • Ne jamais utiliser de cabines de bronzage
  • Protéger particulièrement les enfants — la peau « garde en mémoire » les coups de soleil reçus dans l’enfance. Un T-shirt mouillé ne protège quasiment plus du soleil
  • Pratiquer l’auto-examen cutané tous les 3 mois

💡 Vitamine D et soleil : 5 à 10 minutes d’ensoleillement en milieu de journée suffisent à synthétiser le stock quotidien de vitamine D. Les enfants n’ont pas besoin de s’exposer au soleil pour leurs apports en vitamine D — l’alimentation et la supplémentation médicale suffisent.

Quand consulter un dermatologue ?

🚨 Consultez sans attendre si :

— Une lésion cutanée apparaît et grossit progressivement : tout bouton qui ne guérit pas et ne part pas spontanément doit être montré au médecin
— Un grain de beauté change de taille, de forme ou de couleur
— Une lésion saigne, croûte ou s’ulcère sans traumatisme
— Vous avez un antécédent personnel ou familial de cancer de la peau
— Vous appartenez à un groupe à risque (phototype clair, nombreux grains de beauté)

Sources

Questions fréquentes sur le cancer de la peau

Quels sont les premiers signes d’un cancer de la peau ?

Les signes d’alerte varient selon le type. Le carcinome basocellulaire se présente souvent comme une petite papule perlée qui grossit lentement, parfois ulcérée au centre. Le mélanome ressemble à un grain de beauté irrégulier qui change (règle ABCDE). Le carcinome spinocellulaire apparaît souvent comme une plaque épaisse, rouge, croûteuse qui ne guérit pas. La règle générale : toute lésion qui apparaît, grossit ou évolue doit être montrée à un dermatologue.

Le cancer de la peau se guérit-il ?

Oui, dans la grande majorité des cas quand il est détecté tôt. Le carcinome basocellulaire est guérissable dans plus de 95 % des cas par chirurgie. Le mélanome de stade I a un taux de survie à 5 ans supérieur à 90 %. C’est pourquoi le dépistage précoce est l’enjeu essentiel — un cancer de la peau détecté à un stade avancé est beaucoup plus difficile à traiter.

Le soleil provoque-t-il vraiment le cancer de la peau ?

Oui, c’est la cause principale de la majorité des cancers cutanés. Les UV du soleil provoquent des mutations de l’ADN dans les cellules de la peau. Ces mutations s’accumulent tout au long de la vie — c’est pourquoi les cancers de la peau apparaissent souvent après 50 ans, mais résultent d’expositions accumulées depuis l’enfance. Un seul coup de soleil sévère dans l’enfance double le risque de mélanome à l’âge adulte.

Comment protéger les enfants du soleil ?

Évitez toute exposition directe entre 11h et 16h. Privilégiez l’ombre (un mur ombragé protège mieux qu’un parasol). Utilisez des vêtements anti-UV, un chapeau à larges bords et des lunettes de soleil adaptées. Appliquez une crème SPF 50+ sur les zones découvertes. Un T-shirt classique mouillé perd la majorité de sa protection solaire. Les enfants n’ont pas besoin du soleil pour synthétiser leur vitamine D — l’alimentation et la supplémentation suffisent.

Quelle est la différence entre un grain de beauté et un mélanome ?

Un grain de beauté bénin est symétrique, à bords réguliers, d’une couleur homogène et stable dans le temps. Un mélanome est asymétrique, à bords irréguliers, de plusieurs couleurs, et évolue en taille ou en forme. La règle ABCDE aide à s’orienter, mais seul un dermatologue avec dermatoscope peut établir un diagnostic certain. En cas de doute, consultez sans attendre.

Faut-il éviter totalement le soleil pour prévenir le cancer de la peau ?

Non — une exposition raisonnable et protégée est possible. Il suffit d’éviter les coups de soleil et les expositions prolongées sans protection, surtout entre 12h et 16h. Une crème SPF 30 (en hiver), 50+ en été en Métropole, appliquée correctement (toutes les 2 heures, après chaque bain) protège efficacement. L’objectif n’est pas d’éviter le soleil mais de l’exposer intelligemment — en préservant son « capital soleil ».


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MELANOME MALIN : le mélanome malin

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Plan de l’article sur le melanome : Le mélanome / Risques de mélanome / Types de mélanome / Melanome malin / Traitement mélanome /Soins du melanome

Tout d’abord, il faut savoir que l’augmentation du nombre de mélanomes malins a été spectaculaire durant ces 30 dernières années dans les populations blanches.

Ceci s’explique au moins en partie lorsqu’on connaît les facteurs augmentant le risque de mélanome malin:

Attention en cas d’antécédents familiaux

Les antécédents personnels ou familiaux de mélanome malin (un antécédent chez un parent au 1er degré augmente le risque de 2 à 3)

Un antécédent de mélanome malin dans une famille doit amener l’ensemble des membres de la famille à se faire surveiller

Attention en cas de grains de beauté

Le fait d’avoir des grains de beauté, a fortiori sils sont nombreux augmente le risque de melanome malin

Les expositions solaires (et aux UV en général) en particulier dans l’enfance et les antécédents de coup de soleil constituent un facteur de mélanome malin

Autant dire que le risque de melanome malin touche une très grande partie de la population, puisque les habitudes solaires ont été beaucoup plus importantes (vacances ou enfance au soleil, mode du bronzage…) quelles ne létaient auparavant.

IL FAUT DONC CONSULTER DEVANT L’APPARITION DE TOUTE TACHE MARRON OU TOUT BOUTON QUI GROSSIT

Changement de grain de beauté : danger de mélanome!

Les personnes ayant des grains de beauté doivent les montrer et les faire surveiller régulièrement.

Se protéger du soleil

La meilleure prévention consiste à diminuer lexposition aux UV de trois manières, dans lordre d’efficacité :

  • Ne pas aller au soleil entre 11 et 17 h. Effectuez une exposition progressive les premiers jours de soleil. Evitez les expositions longues type  » bain de soleil « . Les UV en cabine ne sont pas recommandés.
  • Porter des protections vestimentaires : T-Shirt à manches longues, chapeau avec bords larges, pantalon…
  • Mettre des crèmes solaires efficaces (minimum indice 20 contre les UVB, et protégeant aussi contre les UVA), toutes les deux heures et après les bains, sur tout le corps.

Il est entendu quil ne faut pas  » vivre dans une cave  » et que le soleil est agréable et utile. Cest son abus et l’absence de respect des règles énoncées ci-dessus qui est mauvais.

En savoir plus sur le traitement des cancers de la peau


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LE SOLEIL SUR LA PEAU : quels sont les effets du soleil sur la peau?

Le soleil et la peau : effets des UV, risques et protection

peau abîmée soleil taches solaires vieillissement photo
Peau abîmée par le soleil — taches et vieillissement

Le soleil est indispensable à la vie — mais ses rayons ultraviolets (UV) sont aussi la première cause de cancer de la peau et de vieillissement cutané prématuré. Comprendre leur mécanisme d’action permet d’adopter une protection efficace sans se priver des bénéfices d’une exposition raisonnée.

Grain de beauté suspect après exposition solaire ? Taches apparues ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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Les rayons du soleil : UV, lumière visible, infrarouge

Le soleil émet un spectre de rayonnements. Seule une partie est visible — la lumière. Les autres sont invisibles : les ultraviolets (UV) et les infrarouges. Ce sont les UV qui ont le plus d’impact sur la peau.

💡 Un voile nuageux d’altitude ne bloque que 10% des UV. On peut prendre des coups de soleil par temps couvert. De même, faire du vélo ou marcher ne réduit pas l’exposition aux UV — la lumière voyage à 300 000 km/s.

UVA vs UVB — quelles différences ?

UVA (320–400 nm) UVB (280–320 nm) UVC (< 280 nm)
Filtrage atmosphérique Non filtré — arrive en totalité Partiellement filtré ✅ Totalement filtré par l’ozone
Pénétration dans la peau Profonde — atteint le derme Superficielle — épiderme Stoppé avant la peau (sauf sous le trou de la couche d’ozone…)
Coup de soleil Non (pas de rougeur immédiate) Oui — responsable du coup de soleil
Bronzage Bronzage immédiat (fugace) Bronzage retardé (durable)
Cancer de la peau Oui — mutations ADN profondes Oui — mutations ADN épidermiques
Vieillissement cutané Principal responsable (rides, relâchement) Rôle secondaire
Vitamine D Non Oui — synthèse via UVB
Traversent les vitres ? Oui — attention en voiture Non — bloqués par le verre ordinaire

Effets positifs du soleil sur la peau

Vitamine D — quelle dose d’exposition suffit ?

Les UVB permettent la synthèse cutanée de vitamine D — indispensable à la santé osseuse et immunitaire. Quelques minutes d’exposition suffisent : exposer les avant-bras nus pendant 10 à 15 minutes en milieu de journée en été couvre le stock quotidien. Au-delà, l’exposition supplémentaire ne produit pas davantage de vitamine D mais accumule des dommages sur l’ADN cutané.

Effet bénéfique sur certaines maladies de peau

Une exposition modérée améliore le psoriasis, certains eczémas et le vitiligo — c’est le principe de la photothérapie médicale (UVB à spectre étroit). Quelques minutes d’exposition quotidienne à 17h en été suffisent pour observer un bénéfice en quelques semaines.

Effet antidépresseur

L’effet bénéfique du soleil sur l’humeur est plus lié à la lumière visible qu’aux UV — c’est pourquoi les lampes de luminothérapie sans UV sont efficaces contre la dépression saisonnière.

Effets négatifs des UV — les dommages sur la peau

Les UV pénètrent dans les cellules de la peau et créent des mutations génétiques sur l’ADN. Nos mécanismes de réparation sont efficaces à faible dose mais débordés par une exposition intense ou répétée. Les conséquences à long terme :

Effet UV responsable Délai d’apparition
Coup de soleil (érythème actinique) UVB Quelques heures
Taches solaires (lentigos) UVA + UVB Années
Vieillissement cutané (rides, relâchement) UVA principalement Années à décennies
Kératose actinique (précancéreux) UVB Décennies
Carcinome basocellulaire UVA + UVB cumulés Décennies
Carcinome épidermoïde UVB principalement Décennies
Mélanome UVA + UVB — coups de soleil enfance Décennies
Couperose / rosacée UVA Années

Les phototypes — qui est le plus à risque ?

Phototype Carnation / cheveux Réaction au soleil Risque cancer
I Très claire, roux, yeux bleus Brûle toujours, ne bronze jamais Très élevé
II Claire, blond, yeux clairs Brûle souvent, bronze peu Élevé
III Intermédiaire, châtain Brûle parfois, bronze bien Modéré
IV Mate, brun, yeux foncés Brûle rarement, bronze facilement Faible à modéré
V–VI Foncée à noire Ne brûle pratiquement jamais Faible (mais pas nul)

⚠️ Phototypes V et VI : un risque faible n’est pas un risque nul. Les mélanomes sur peaux noires sont souvent diagnostiqués plus tardivement car moins recherchés — avec un pronostic plus sévère. La surveillance des grains de beauté est recommandée pour tous les phototypes.

Pour aller plus loin

>>> Suite : Comment se protéger du soleil ?

Liens utiles : Grain de beauté / Naevus / Contrôler ses grains de beauté / Mauvais grain de beauté / Choisir sa crème solaire / Protéger les enfants du soleil / Taches brunes / Traitement taches brunes

Sources

Questions fréquentes sur le soleil et la peau

Quelle est la différence entre UVA et UVB ?

Les UVA (320–400 nm) pénètrent profondément dans le derme, sont responsables du vieillissement cutané prématuré (rides, taches) et traversent les vitres. Ils arrivent en totalité sans être filtrés par l’atmosphère. Les UVB (280–320 nm) n’atteignent que l’épiderme, provoquent les coups de soleil et la synthèse de vitamine D, mais sont partiellement filtrés par l’atmosphère et bloqués par le verre ordinaire. Les deux types contribuent au risque de cancer de la peau.

Peut-on prendre des UV à travers une vitre ?

Les UVB sont bloqués par le verre ordinaire — vous ne bronzez pas et ne prenez pas de coups de soleil derrière une vitre. En revanche, les UVA traversent le verre sans difficulté. Conduire régulièrement sans protection peut donc provoquer un vieillissement asymétrique du visage du côté de la vitre conducteur — un phénomène bien documenté en dermatologie.

Combien de temps d’exposition solaire faut-il pour synthétiser la vitamine D ?

10 à 15 minutes d’exposition des avant-bras nus en milieu de journée en été suffisent pour couvrir le stock quotidien de vitamine D. Au-delà de cette durée, l’exposition n’augmente pas la production de vitamine D mais accumule des dommages sur l’ADN. En hiver, aux latitudes françaises, les UVB sont insuffisants pour permettre cette synthèse — une supplémentation orale peut être nécessaire.

Les coups de soleil dans l’enfance augmentent-ils le risque de mélanome ?

Oui — c’est l’un des facteurs de risque les mieux établis du mélanome. Un seul coup de soleil bulleux dans l’enfance double le risque de développer un mélanome à l’âge adulte. La protection solaire des enfants (phototypes I et II en particulier) est une priorité de santé publique, bien plus importante que chez l’adulte.


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HISTIO-CYTO-FIBROME : histiocytofibrome

Histiocytofibrome

L’histiocytofibrome ou fibrome de la peau est une tumeur bénigne

Eléments arrondis, durs, parfois saillants, parfois pigmentés.

Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)

Abstention ou exerese

KERATOSE SEBORRHEIQUE : les keratoses ou « verrues » seborrheiques

Kératose séborrhéique : plaques brunes bénignes — diagnostic et traitement

Les kératoses séborrhéiques (verrues séborrhéiques) sont parmi les tumeurs cutanées bénignes les plus fréquentes, notamment après 40 ans. Leur aspect caractéristique — plaque brune « posée sur la peau » — et leur nature bénigne les distinguent des lésions mélanocytaires. Elles ne dégénèrent pas, mais certaines formes d’apparition rapide peuvent être le signe d’une maladie interne grave.

Tache brune d’aspect inhabituel ou apparition rapide de nombreuses lésions ?
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Sommaire :
Symptômes |
Signe de Leser-Trélat |
Diagnostic et dermoscopie |
Diagnostics différentiels |
Traitement |
Questions fréquentes

Symptômes et présentation

Kératoses séborrhéiques — plaques brunes sur le dos

La kératose séborrhéique se présente comme une plaque surélevée, à bords nets et abrupts, d’aspect « collé » ou « posé » sur la peau — comme si on pouvait la décoller avec un ongle. Initialement plane et beige, elle évolue vers une surface verruqueuse, squamo-kératosique et grasse, de couleur marron à noire. La taille varie de quelques millimètres à plusieurs centimètres.

Localisations préférentielles : zones grasses du corps — visage, cuir chevelu, décolleté, dos (parfois disposées en « sapin de Noël »), poitrine. Respecte les paumes, les plantes et les muqueuses.

Apparition : le plus souvent à partir de 30–40 ans, en nombre croissant avec l’âge.

Variante sur peau noire et mate — dermatosis papulosa nigra : petites kératoses séborrhéiques multiples siégeant principalement sur le visage, très fréquentes chez les personnes à phototype foncé. Bénignes, souvent nombreuses dès le jeune âge adulte.

Dermatosis papulosa nigra — kératoses multiples sur peau noire

Kératoses inflammatoires : certaines kératoses situées dans des zones de frottement (sous les seins, plis du tronc) peuvent devenir inflammatoires et provoquer des rougeurs et plaques sous les seins.

Signe de Leser-Trélat — quand consulter en urgence

⚠️ Apparition soudaine et rapide de nombreuses kératoses séborrhéiques en quelques semaines à mois, prurigineuses, en disposition « sapin de Noël » dans le dos : c’est le signe de Leser-Trélat, un marqueur paranéoplasique associé à un cancer viscéral sous-jacent. Cancers principalement concernés : adénocarcinome gastrique, adénocarcinome colique, lymphome, cancer du sein. Consultation urgente et bilan digestif requis.

La kératose séborrhéique isolée et progressive ne fait pas partie de ce tableau — le signe de Leser-Trélat se caractérise par son apparition rapide, son caractère éruptif et le prurit associé.

Diagnostic — dermoscopie

Le diagnostic est clinique dans la grande majorité des cas. La dermoscopie apporte une confirmation non invasive et permet d’éliminer formellement un mélanome.

Critères dermoscopiques caractéristiques :

Signe dermoscopique Description Signification
Pseudokystes cornés (clods blancs) Structures rondes blanches ou jaunâtres Invaginations kératosiques — signe spécifique
Pseudo-comédons (clods marron-orange) Bouchons brun-jaune à brun-noir dans les orifices folliculaires Kératine dans les follicules dilatés — signe spécifique
Courbes cérébriformes Lignes épaisses en réseau sinueux Surface verruqueuse kératosique
Bordure abrupte Délimitation nette sur toute la périphérie Typique — contraste avec les bords flous du mélanome
Vaisseaux en épingles à cheveu Vaisseaux homogènes en U Vascularisation superficielle bénigne
Absence de réseau mélanocytaire Pas de réseau pigmenté, pas de clods bleu-gris Élimine le mélanome

Courbes cérébriformes à la dermoscopie — kératose séborrhéique
Pseudo-comédons (clods marrons) à la dermoscopie — kératose séborrhéique

Biopsie : indiquée uniquement en cas de doute diagnostique persistant après dermoscopie, de croissance rapide, d’aspect atypique ou de lésion pigmentée non concluante.

Diagnostics différentiels

Lésion Différence clé
Mélanome Réseau mélanocytaire, bords irréguliers, critères ABCDE — biopsie si doute
Nævus pigmenté Réseau dermoscopique mélanocytaire, surface plus lisse
Stucco kératose Blanche/grise, friable au grattage, chevilles et membres — pas de surface grasse
Carcinome basocellulaire pigmenté Bords perlés, vaisseaux arborescents à la dermoscopie, ne se détache pas
Lentigo solaire Macule plane, pas de relief, bords moins nets, pas de surface kératosique

Traitement

La kératose séborrhéique ne nécessite aucun traitement obligatoire — elle est bénigne et ne dégénère pas. Le traitement est proposé pour des raisons esthétiques ou en cas d’inflammation par frottement.

Abstention surveillée : option valide pour les lésions stables, asymptomatiques et au diagnostic certain.

Cryothérapie à l’azote liquide : traitement de choix en cabinet — application de quelques secondes, chute de la lésion en 2–3 semaines. Risque de dépigmentation séquellaire sur peau foncée.

Curetage : ablation mécanique rapide sous anesthésie locale ou sans, pour les lésions épaisses et bien délimitées.

Exérèse chirurgicale : indiquée en cas de doute diagnostique avec un mélanome, de croissance rapide, d’aspect atypique ou de lésion non concluante en dermoscopie — avec envoi de la pièce en anatomopathologie.

Questions fréquentes

La kératose séborrhéique peut-elle devenir un mélanome ?

Non — la kératose séborrhéique est une lésion épidermique sans mélanocytes et sans potentiel de transformation maligne documenté. Elle ne dégénère pas. En revanche, un mélanome peut avoir un aspect clinique proche et tromper un œil non entraîné — d’où l’importance de la dermoscopie pour toute lésion pigmentée atypique.

Pourquoi autant de kératoses séborrhéiques apparaissent-elles avec l’âge ?

Leur multiplication avec l’âge est liée au vieillissement cutané et à l’accumulation des expositions solaires. Elles peuvent apparaître en dizaines voire en centaines chez les personnes âgées — c’est normal et sans signification pathologique tant que l’apparition reste progressive et non éruptive.

Peut-on enlever une kératose séborrhéique soi-même ?

Non recommandé. Les tentatives de grattage ou d’ablation domestique exposent à un saignement, une infection et surtout au risque de méconnaître une lésion mélanocytaire sous-jacente. La cryothérapie ou le curetage en cabinet prennent 30 secondes et sont sans danger. La règle de base : toute lésion pigmentée enlevée sans examen préalable est une lésion non diagnostiquée.

Faut-il s’inquiéter si les kératoses démangent ?

Une kératose isolée qui se gratte légèrement à cause d’un frottement vestimentaire n’est pas inquiétante. En revanche, l’apparition rapide de nombreuses kératoses prurigineuses en quelques semaines constitue le signe de Leser-Trélat — un signal d’alarme paranéoplasique qui nécessite une consultation urgente et un bilan digestif.

Voir aussi :
Mélanome |
Stucco kératose |
Dermoscopie |
Études PubMed


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Adenome sebace ou hyperplasie sébacée

Adénome sébacé

L’adenome sebace est une tumeur benigne de la peau

Adénome sébacé

Signes de la maladie

Fréquent sur le visage séborrhéique du sujet agé.
Petite tumeur jaunâtre plus ou moins bombée avec ombilication centrale.

Examens complémentaires diagnostiques

Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)

Traitement

Chirurgie, electrocoagulation, abstention

Acanthome à cellules claires

Acanthome à cellules claires

Signes de la maladie

Jambes++
Aspect de dôme aplati erythemateux souvent recouvert de fines squames, parfois suintant légèrement.

Dermoscopie : vaisseaux en point comme des perles enfilées sur un collier

 

Examens complémentaires diagnostiques

Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope) : epaississement de la couche spineuse de Malpighi

Traitement

Abstention ou exérèse

Abrikossof

Tumeur d’Abrikossoff

Signes de la maladie:

Schwannome à cellules granuleuses.
Petite tumeur bénigne, dure, ressemblant à un histiocytofibrome, pouvant siéger sur l’ensemble du tégument
Fréquente sur la langue (1/3 cas)

 

Examens complémentaires diagnostiques
Histologie par biopsie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope) : cellules avec cytoplasme granuleux

 

Traitement

Abstention ou exérèse