INCENDIE GIRONDE : UN DRAME AU PIRE MOMENT DE LA SAISON ESTIVALE
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🔥 La Conserverie des Pins, l'entreprise familiale de Marine et Frédéric Bruyère a échappé aux flammes... mais pas à leurs conséquences.
Le 24 juillet 2026, l'incendie de Gironde a encerclé Lège-Cap Ferret. Grâce aux pompiers, agriculteurs et bénévoles, la Conserverie des Pins a été sauvée in extremis : le feu était sur leur parking.
Mais la fermeture administrative de 12 jours, imposée en pleine saison de pêche du thon, a stoppé net leur production. Résultat : 3 semaines de retard sur une campagne qui ne dure que 3 mois, au moment précis où l'activité touristique estivale devait financer leur stock pour toute l'année.
Sans un vrai coup de main, ce temps perdu ne se rattrapera pas.
Ici, pas de surgélation ni de stockage : que du poisson frais des criées de l'Atlantique, transformé à la main, dans le respect d'un savoir-faire artisanal

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Ils ont sauvé l'atelier des flammes. Aidons-les à sauver la saison.
Mis à jour le 11 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
Depuis l’avènement de Snapchat, Instagram et TikTok, une nouvelle pathologie s’est invitée dans les cabinets de dermatologie esthétique : la Snapchat dysmorphia, ou dysmorphie numérique. Des patients viennent consulter non plus pour ressembler à une célébrité, mais pour ressembler à leur propre image filtrée – cette version lissée, symétrisée et idéalisée qu’ils voient chaque jour dans leur téléphone. En tant que dermatologue, j’observe cette évolution avec une vigilance particulière : entre demande esthétique légitime et trouble dysmorphique corporel (TDC), la frontière est souvent mince.
• 79 % des chirurgiens plasticiens américains rapportent des patients souhaitant ressembler à leurs selfies filtrés (AAFPRS 2022)
• 70 % des jeunes femmes et 60 % des jeunes hommes actifs sur les réseaux présentent une insatisfaction corporelle associée à leur usage (méta-analyse 2024, 13 731 participants)
• L’utilisation d’applications de retouche photo est un facteur indépendant d’augmentation du désir d’actes esthétiques

Analyse d’une standardisation esthétique mondiale pilotée par les réseaux sociaux.
Qu’est-ce que l’Instagram Face et le face tuning ?
L’expression Instagram Face a été popularisée par la journaliste Jia Tolentino dans le New Yorker (2019) pour décrire un idéal esthétique standardisé et mondialisé : peau parfaitement lisse et sans pores apparents, lèvres pulpeuses, pommettes hautes et saillantes, yeux grands aux cils fournis, nez fin et retroussé, mâchoire dessinée. Cet idéal n’appartient à aucune ethnicité particulière – il est le produit des algorithmes et des filtres, une créature numérique.
Le face tuning désigne l’ensemble des outils de retouche numérique permettant d’approcher cet idéal en quelques secondes : filtres intégrés aux applications (Snapchat, Instagram, BeautyPlus), applications dédiées (Facetune, FaceApp, Perfect365) et, plus récemment, l’intelligence artificielle générative. Ces outils lissent le teint, effacent les cicatrices d’acné, agrandissent les yeux, réduisent le nez, gonflent les lèvres – en temps réel, dans le miroir numérique de l’appareil photo frontal.
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La Snapchat dysmorphia : une entité clinique reconnue
En 2018, des médecins du Boston Medical Center ont publié dans JAMA Facial Plastic Surgery un article décrivant un nouveau phénomène : des patients demandant une chirurgie pour ressembler à leur propre image filtrée, et non à un modèle extérieur. Ils ont nommé ce phénomène Snapchat dysmorphia.
Cette dysmorphie numérique est une forme ou un facteur déclenchant du trouble dysmorphique corporel (TDC) – appelé anciennement dysmorphophobie. Le TDC est caractérisé par une préoccupation obsessionnelle pour un défaut de l’apparence perçu comme honteux, qui occupe plus d’une heure par jour la pensée du patient et entraîne une souffrance significative ou une altération du fonctionnement social.
Le TDC est une contre-indication aux actes esthétiques. Les patients atteints sont généralement insatisfaits même après une procédure techniquement réussie, et déplacent leur obsession vers un autre défaut perçu. Opérer ou injecter un patient porteur d’un TDC non diagnostiqué est un acte non éthique et potentiellement délétère pour le patient.
Mécanismes psychologiques : comment les filtres altèrent l’image de soi
L’exposition répétée à des images filtrées agit sur l’image corporelle selon trois mécanismes principaux. Premièrement, la comparaison sociale ascendante : le cerveau compare automatiquement l’apparence réelle à l’apparence filtrée idéalisée, générant une insatisfaction. Deuxièmement, la norme déplacée : à force de voir des peaux parfaitement lisses et des proportions irréelles, le cerveau les intègre comme normes de référence – des caractéristiques biologiquement normales (pores, asymétrie, taches de rousseur) deviennent des « défauts ». Troisièmement, le biais de confirmation algorithmique : l’algorithme propose toujours plus de contenu correspondant aux goûts observés, enfermant l’utilisateur dans une chambre d’écho esthétique.
Impact sur les demandes en dermatologie esthétique
Le dermatologue est souvent le premier professionnel consulté pour des actes esthétiques liés à la culture Instagram. Les demandes les plus fréquentes sont :
Les injections de toxine botulinique pour les rides du front, de la glabelle et des pattes d’oie – afin d’obtenir le teint « figé » caractéristique de l’Instagram Face. Les fillers à l’acide hyaluronique pour le volume des lèvres (lip filler), les pommettes et les sillons nasogéniens. Les traitements du teint (laser, peeling, lumière pulsée) pour obtenir la peau « pore-less » des filtres. Les demandes de rhinoplastie médicale (injection d’acide hyaluronique ou de toxine sur le nez) pour corriger une asymétrie ou un dos bosselé perçu.
Le rôle éthique du dermatologue
Face à ces demandes, le dermatologue doit adopter une démarche structurée. L’évaluation psychologique préalable est indispensable : une demande motivée par la ressemblance à un filtre ou à une image sur-retouchée doit alerter. Des outils simples comme le Body Dysmorphic Disorder Questionnaire – Dermatology Version (BDDQ-DV) permettent un dépistage rapide.
Le refus éthique – associé à une orientation vers un psychiatre ou un psychologue – est parfois la décision la plus appropriée. Accepter de traiter un patient porteur d’un TDC non reconnu expose à l’insatisfaction systématique, aux réclamations et à un préjudice pour le patient.
Enfin, le dermatologue peut jouer un rôle de médecin éducateur : expliquer que la peau normale comporte des pores, des variations de couleur et des légères asymétries, et que ces caractéristiques ne sont pas des défauts à corriger mais des marqueurs d’une peau vivante et saine.
Si vous consultez un dermatologue pour ressembler à votre selfie filtré, parlez-en ouvertement. Un bon praticien saura distinguer une demande esthétique raisonnée d’une souffrance liée à l’image de soi qui nécessite un accompagnement psychologique plutôt qu’une injection. La médecine esthétique ne peut – et ne doit – pas reproduire les effets d’un filtre numérique.
Les adolescents : une population particulièrement vulnérable
L’impact des filtres est particulièrement préoccupant chez les adolescents dont l’identité et l’image de soi sont encore en construction. Dès l’âge de 13 ans, 80 % des jeunes filles manipulent leur apparence en ligne via des filtres ou des applications de retouche. Les dermatologues voient de plus en plus de jeunes patients consultant pour une acné bénigne ou des pores visibles, sources d’une souffrance disproportionnée entretenue par la comparaison avec des peaux filtrées.
Le rôle des parents et de l’éducation numérique est fondamental : apprendre à identifier un contenu retouché, limiter le temps d’exposition aux plateformes à contenu très filtré et valoriser la diversité des apparences réelles.
Tableau récapitulatif : demande esthétique légitime vs dysmorphie numérique
| Critère | Demande esthétique légitime | Dysmorphie numérique (TDC possible) |
|---|---|---|
| Motivation | Améliorer un détail précis, confiance en soi | Ressembler à un filtre, à une image retouchée |
| Défaut perçu | Visible objectivement, proportionné | Minime ou invisible pour l’entourage |
| Temps de préoccupation | Ponctuel, non envahissant | > 1 h/jour, envahissant |
| Attente du résultat | Réaliste, amélioration partielle acceptée | Perfection attendue, déception probable |
| Conduite à tenir | Évaluer et traiter si indiqué | Refuser et orienter vers un psychiatre/psychologue |
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FAQ – Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’Instagram Face ou le face tuning ?
L’Instagram Face est un idéal esthétique standardisé et numérique (peau parfaite, lèvres pulpeuses, symétrie extrême) propagé par les filtres des réseaux sociaux. Le face tuning est la retouche numérique permettant d’approcher cet idéal. Cet idéal est biologiquement inaccessible sans transformation numérique.
Qu’est-ce que la Snapchat dysmorphia ?
C’est un terme clinique décrivant des patients qui consultent pour ressembler à leur propre image filtrée. C’est une forme de trouble dysmorphique corporel (dysmorphophobie) induit ou amplifié par l’exposition aux filtres. Le dermatologue doit la dépister avant tout acte esthétique.
Les filtres Instagram peuvent-ils vraiment causer une dysmorphophobie ?
Oui. Une méta-analyse de 2024 portant sur 13 731 participants montre que l’usage des réseaux sociaux image-led est associé à une insatisfaction corporelle chez 70 % des jeunes femmes et 60 % des jeunes hommes, conduisant à des demandes d’actes esthétiques.
Que doit faire le dermatologue face à un patient voulant ressembler à son filtre ?
Évaluer la présence d’un trouble dysmorphique corporel (questionnaire BDDQ-DV). Si le TDC est suspecté, refuser l’acte esthétique et orienter vers un psychiatre ou psychologue. C’est la décision la plus éthique et protectrice pour le patient.
Quels actes esthétiques sont les plus demandés suite aux filtres ?
Injections de toxine botulinique, fillers à l’acide hyaluronique (lèvres, pommettes), lasers et peelings pour le teint, rhinoplastie médicale. Le dermatologue est souvent le premier consulté pour ces demandes.
Comment protéger son image de soi face aux filtres ?
Réduire l’exposition aux plateformes très filtrées, désactiver les filtres beauté, suivre des comptes valorisant la diversité des apparences, et consulter un professionnel de santé mentale si l’insatisfaction corporelle devient persistante ou envahissante.
Références scientifiques
- Rajanala S et al. Selfies – Living in the Era of Filtered Photographs (Snapchat Dysmorphia). JAMA Facial Plast Surg. 2018;20(6):443–444. PMID 29732270
- Sadati MS et al. « Filter dysmorphia »: An emerging phenomenon in cosmetic dermatology. J Cosmet Dermatol. 2023;22(1):7–8. PMID 36342894
- AlSubhi SA et al. Social Media Influence on Body Image and Cosmetic Surgery Considerations: A Systematic Review. Cureus. 2024;16(8):e67349. PMID 39205749
- Dey JK et al. Screening body dysmorphic disorder in aesthetic clinical settings. Plast Reconstr Surg. 2023;152(1):123e–133e. PMID 36847707
- HAS – Trouble dysmorphique corporel : repérage et prise en charge. has-sante.fr



