Odeur de transpiration des aisselles : mauvaise odeur axillaire

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Odeur de transpiration des aisselles (bromhidrose) : causes et traitements en 2026

En bref : Les mauvaises odeurs des aisselles (bromhidrose) résultent de la dégradation des sécrétions apocrines par les bactéries cutanées – principalement Corynebacterium et Staphylococcus hominis. Elles s’intensifient avec la chaleur, le stress, certains aliments et la présence de poils axillaires. Déodorants, antitranspirants à l’aluminium et, dans les cas résistants, l’injection de toxine botulique constituent les solutions les plus efficaces.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Mis à jour le 13 juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Pourquoi les aisselles sentent-elles mauvais ? Comprendre la bromhidrose

La bromhidrose axillaire (ou osmidrosis) désigne une odeur corporelle persistante et désagréable au niveau des aisselles. Elle est distincte de l’hyperhidrose (excès de sueur), bien que les deux coexistent fréquemment. Pour comprendre ses mécanismes, il faut distinguer les deux types de glandes sudoripares présentes dans les aisselles :

  • Glandes eccrines : produisent une sueur aqueuse, inodore à l’état pur, dont le rôle est thermorégulateur.
  • Glandes apocrines : actives dès la puberté, sécrètent un liquide visqueux riche en lipides et protéines. C’est la dégradation de ce sécrétat par les bactéries cutanées qui génère les acides gras à courte chaîne et les stéroïdes responsables des odeurs caractéristiques.

Les bactéries en cause sont principalement Corynebacterium (environ 20 % de la flore axillaire) et Staphylococcus hominis. La densité en glandes apocrines, le microbiome cutané individuel, les variations hormonales et l’alimentation influencent l’intensité des odeurs.

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Facteurs aggravants : alimentation, poils, stress et transpiration

Plusieurs facteurs amplifient la bromhidrose au quotidien. Certains aliments modifient la composition de la sueur : l’ail, l’oignon, les épices fortes et l’alcool libèrent des composés soufrés ou aromatiques qui s’excrètent en partie par la voie sudorale pendant 24 à 48 heures. Les poils axillaires augmentent la surface de contact entre sueur et bactéries, et retiennent les sécrétions – leur élimination réduit significativement la colonisation bactérienne. Le stress émotionnel stimule les glandes apocrines par voie sympathique, aggravant les odeurs indépendamment de toute chaleur.

Chez les personnes présentant une hyperhidrose axillaire, l’excès de sueur eccrine crée un milieu constamment humide qui favorise la prolifération bactérienne et aggrave considérablement la bromhidrose. Traiter l’hyperhidrose améliore donc indirectement les odeurs.

ℹ️ Bromhidrose et hyperhidrose : deux entités liées mais distinctes
L’hyperhidrose est une production excessive de sueur eccrine (inodore en elle-même). La bromhidrose naît de la dégradation de la sueur apocrine par les bactéries. Les deux peuvent coexister – et se renforcer mutuellement – mais leurs mécanismes et leurs traitements diffèrent en partie. Il est possible d’avoir des odeurs sans transpiration excessive, et vice versa.

Solutions et traitements de la bromhidrose axillaire

Solution Mécanisme principal Durée d’action Indications
Hygiène + épilation Réduction bactérienne Quotidien Toutes formes
Déodorant Neutralise les odeurs 24–48 h Formes légères
Antitranspirant (sels Al) Réduit la sueur eccrine 24–72 h Bromhidrose + hyperhidrose
Injections botox Bloque glandes sudoripares 4–8 mois Formes modérées–sévères
Laser / miraDry® Destruction glandes apocrines Pluriannuelle Formes sévères résistantes

Déodorant ou antitranspirant : lequel choisir contre les odeurs ?

La distinction est fondamentale et souvent mal comprise. Le déodorant agit sur les odeurs en neutralisant les acides gras volatils (alcool, bicarbonate, zinc) ou en masquant les odeurs par des parfums. Il ne réduit pas la transpiration. L’antitranspirant contient des sels d’aluminium qui obstruent temporairement les canaux sudoripares eccrines : en réduisant la quantité de sueur, il diminue indirectement l’humidité axillaire et donc la prolifération bactérienne.

Pour une bromhidrose isolée sans transpiration excessive, un déodorant antibactérien peut suffire. Lorsque les odeurs s’accompagnent d’une transpiration abondante, un antitranspirant à forte concentration (20–25 % d’aluminium) appliqué le soir sur peau sèche est plus adapté. Les produits sans sels d’aluminium sont moins efficaces contre l’hyperhidrose, même si des alternatives à base d’alun ou d’hydroxyapatite existent pour les peaux sensibles.

Pour un guide détaillé sur le choix des produits, voir : antitranspirants et soins anti-transpiration.

Botox et traitements médicaux de la bromhidrose sévère

Lorsque les mesures hygiéniques et les antitranspirants sont insuffisants, les injections de toxine botulique constituent une solution de référence. En bloquant la transmission cholinergique vers les glandes eccrines, elles réduisent la transpiration de 82 à 95 %, créant un environnement axillaire défavorable à la prolifération bactérienne et réduisant ainsi les odeurs. L’effet dure 4 à 8 mois. Ce traitement est remboursé par l’Assurance maladie (code CCAM QCLB222) en cas d’hyperhidrose sévère associée, après échec des antitranspirants.

💡 Conseil du Dr Rousseau
Pour une efficacité optimale, appliquez l’antitranspirant le soir sur peau sèche – pas le matin après la douche. Rasez ou épilez les aisselles régulièrement. En cas de persistance des odeurs malgré ces mesures, une consultation dermatologique permet d’envisager des traitements plus ciblés, dont les injections de toxine botulique remboursées sous conditions. Ne vous résignez pas : des solutions efficaces existent pour presque toutes les formes de bromhidrose.

Traitements définitifs : miraDry®, laser et chirurgie

Pour les formes sévères résistant aux traitements médicaux, plusieurs options permettent une réduction durable ou définitive. La technologie miraDry® utilise des micro-ondes pour détruire simultanément les glandes apocrines et eccrines axillaires, avec une réduction de 70 à 80 % des odeurs et de la transpiration à 1 an. Le laser Nd:YAG sous-dermique cible spécifiquement les glandes apocrines en sous-cutané. La liposuccion axillaire ciblée emporte mécaniquement le tissu glandulaire apocrine. Ces procédures ne sont pas remboursées, coûtent entre 1 500 et 3 000 €, et se discutent lors d’une consultation spécialisée.

Pour les personnes souffrant également d’une transpiration excessive des mains ou des pieds, voir les pages spécifiques : mains moites et ionophorèse contre la transpiration.

Quand consulter rapidement un médecin ?
Une odeur axillaire brutalement modifiée, une bromhidrose qui s’aggrave sans raison évidente, ou des odeurs accompagnées de rougeur, douleur ou sécrétions purulentes doivent motiver une consultation sans délai : elles peuvent signaler une infection bactérienne (folliculite, hidradénite), un abcès ou une maladie métabolique rare. La bromhidrose progressive aggravée par une transpiration nocturne nouvelle nécessite un bilan pour écarter une pathologie systémique.

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Questions fréquentes sur les odeurs des aisselles

Pourquoi les aisselles sentent-elles mauvais ?

Les mauvaises odeurs des aisselles (bromhidrose) proviennent de la dégradation de la sueur apocrine par les bactéries cutanées – principalement Corynebacterium et Staphylococcus hominis. Ce sont ces bactéries qui produisent les acides gras volatils malodorants, et non la sueur elle-même. L’hygiène quotidienne, l’épilation et les antitranspirants réduisent significativement ce phénomène en agissant sur la flore bactérienne et l’humidité axillaire.

Déodorant ou antitranspirant : quelle différence contre les odeurs ?

Le déodorant masque ou neutralise les odeurs sans réduire la transpiration. L’antitranspirant contient des sels d’aluminium qui obstruent temporairement les glandes sudoripares eccrines et diminuent la quantité de sueur. En réduisant l’humidité axillaire, il limite la prolifération bactérienne et donc les odeurs. Pour une transpiration excessive, l’antitranspirant à forte concentration (20–25 % d’aluminium) est plus efficace.

Le botox est-il efficace contre les odeurs des aisselles ?

Oui. Les injections de toxine botulique bloquent la transmission nerveuse vers les glandes sudoripares eccrines et réduisent la transpiration de 82 à 95 % pendant 4 à 8 mois. En diminuant l’humidité axillaire, elles réduisent indirectement la bromhidrose. Ce traitement est indiqué en cas d’hyperhidrose associée, et peut être remboursé par l’Assurance maladie sous conditions après échec des antitranspirants.

L’alimentation aggrave-t-elle les odeurs des aisselles ?

Oui. L’ail, l’oignon, les épices fortes et l’alcool libèrent des composés qui s’excrètent en partie par les glandes sudoripares et modifient l’odeur corporelle pendant 24 à 48 heures. Réduire leur consommation améliore la bromhidrose légère. La viande rouge en excès peut aussi intensifier les odeurs en modifiant la composition de la flore cutanée.

L’épilation des aisselles réduit-elle les mauvaises odeurs ?

Oui, de façon significative. Les poils axillaires augmentent la surface de contact entre sueur et bactéries et retiennent les sécrétions. L’épilation – rasage, épilation à la cire ou définitive au laser – réduit la colonisation bactérienne et limite la dégradation odorante. Elle est recommandée en complément des antitranspirants dans la prise en charge de la bromhidrose.

Existe-t-il un traitement définitif contre les odeurs des aisselles ?

Oui. La technologie miraDry® utilise des micro-ondes pour détruire définitivement les glandes apocrines et sudoripares axillaires, avec une réduction durable des odeurs et de la transpiration. Le laser Nd:YAG sous-dermique et la liposuccion axillaire ciblant les glandes apocrines sont d’autres options. Ces traitements ne sont pas remboursés et se discutent lors d’une consultation spécialisée.

La bromhidrose est-elle liée à l’hyperhidrose ?

Les deux peuvent coexister mais sont distinctes. L’hyperhidrose est une production excessive de sueur eccrine (inodore en elle-même). La bromhidrose naît de la dégradation de la sueur apocrine. L’excès de sueur eccrine crée un milieu humide qui favorise la prolifération bactérienne et aggrave les odeurs. Pour tout savoir sur la transpiration excessive des aisselles, consultez notre page hyperhidrose axillaire.

Quand faut-il consulter un dermatologue pour des odeurs des aisselles ?

Une consultation s’impose si les odeurs persistent malgré une hygiène soigneuse et l’utilisation d’antitranspirants efficaces, si elles s’aggravent brutalement, ou si elles s’accompagnent d’une transpiration très importante. Le dermatologue peut proposer des traitements ciblés (antitranspirants dosés, injections de botox, ablation laser) et écarter une cause infectieuse ou métabolique.

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Références scientifiques

  1. Bang YH, Kim JH, Paik SW, Park SH, Jackson IT, Lebeda R. Histopathology of apocrine bromhidrosis. Plast Reconstr Surg. 1996;98(2):288-292. PMID 8764717
  2. Nawrocki S, Cha J. The etiology, diagnosis, and management of hyperhidrosis: A comprehensive review. J Am Acad Dermatol. 2019;81(3):657-666. PMID 30710604
  3. Grove GL, Togsverd-Bo K, Zachariae C, Haedersdal M. Botulinum toxin A versus microwave thermolysis for primary axillary hyperhidrosis: A randomized controlled trial. J Am Acad Dermatol. 2024. PMID 38495540

Source institutionnelle : HAS – Recommandations en dermatologie – Haute Autorité de Santé.

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Auteur/autrice : Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

Dr Ludovic Rousseau — Dermatologue & Vénérologue Docteur en médecine depuis 1999, le Dr Ludovic Rousseau est spécialiste en Dermatologie et Vénéréologie (Diplôme d'État de Spécialiste, thèse soutenue avec la mention Très Honorable). Depuis plus de 25 ans, il exerce avec la conviction que chaque patient mérite une prise en charge claire, bienveillante et fondée sur les données actuelles de la science. Auteur et fondateur de Dermatonet.com depuis 2000, il met son expertise au service du grand public à travers des articles médicaux rigoureux sur les maladies de peau, les traitements et les avancées en dermatologie. Il intervient régulièrement lors de congrès et journées de formation médicale, et a publié dans des revues scientifiques spécialisées dont les Annales de Dermatologie et Vénéréologie. Convaincu que l'accès aux soins dermatologiques doit être simplifié, le Dr Rousseau propose des consultations en cabinet lors de ses remplacements ainsi que des téléconsultations, permettant à chacun d'obtenir un avis médical spécialisé rapidement, où qu'il se trouve.