Acrochordon (excroissance de chair), causes

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Dernière mise à jour : 6 juin 2026

Mis à jour le 6 juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Les acrochordons (ou molluscum pendulum) touchent 50 à 60 % des adultes au cours de leur vie. Ce sont des excroissances cutanées bénignes, sans aucun risque de dégénérescence maligne. Présents sur le cou, les aisselles, les plis inguinaux ou les paupières, ils n’imposent aucun traitement médical — leur ablation reste purement esthétique ou fonctionnelle, et se réalise en quelques minutes au cabinet dermatologique.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Qu’est-ce qu’un acrochordon ?

L’acrochordon est une tumeur conjonctive bénigne — une sorte de « hernie » du tissu sous-cutané qui se forme sous la peau et s’y accroche par une base étroite appelée pédicule. Il se présente comme une petite boule souple, de couleur chair à rosée, parfois marron, suspendue à la peau comme une petite tétine. Le terme médical molluscum pendulum décrit précisément cet aspect pendant caractéristique.

On les retrouve principalement dans les zones de frottement et les plis cutanés :

  • Cou — localisation la plus fréquente (72 % des cas selon les séries)
  • Aisselles
  • Aine et haut des cuisses
  • Sous les seins
  • Paupières
acrochordon molluscum pendulum paupière excroissance chair
Gros acrochordon de la paupière
molluscum pendulum tétines de peau acrochordons rosés
Petites tétines de peau rosées — acrochordons

Ils peuvent aussi être marrons et être confondus avec des grains de beauté — d’où l’intérêt d’une consultation pour confirmer le diagnostic.

acrochordon marron cou aisselle tétine de peau
Acrochordons marrons sur le cou

Cas particulier : la dermatosis papulosa nigra

Chez les personnes à peau noire ou mate, les acrochordons peuvent être très nombreux sur le visage — on parle alors de dermatosis papulosa nigra. Cette forme est particulièrement fréquente chez les personnes d’origine africaine ou afro-caribéenne, avec une prévalence pouvant dépasser 30 % dans certaines populations. C’est une variante bénigne, sans aucune gravité, mais qui peut représenter une gêne esthétique importante et justifie un traitement adapté aux phototypes foncés (voir notre article sur les soins des peaux noires et métisses).

dermatosis papulosa nigra peau noire acrochordons visage
Dermatosis papulosa nigra

Pourquoi apparaissent-ils ? Les causes des acrochordons

La formation des acrochordons résulte d’une combinaison de facteurs mécaniques, métaboliques et génétiques. Plusieurs éléments favorisants sont bien documentés :

Facteur Mécanisme / Précision
Âge Prévalence de 46 % après 50 ans, 59 % après 70 ans — liée au vieillissement du tissu conjonctif
Surpoids / Obésité Frottements répétés dans les plis, insulinorésistance, stimulation des fibroblastes par l’IGF-1
Diabète de type 2 Association bien établie ; des acrochordons multiples peuvent signaler une insulinorésistance sous-jacente
Grossesse Élévation de l’œstrogène et de la progestérone, prise de poids — souvent résolutifs après l’accouchement
Hérédité Prédisposition familiale reconnue — plusieurs membres de la même famille souvent touchés
Frottements répétés Cols de vêtements, bijoux (colliers), transpiration — zones de contact chronique
À noter : Le papillomavirus (HPV) a été détecté dans certains acrochordons par des techniques de biologie moléculaire. Son rôle causal reste débattu dans la communauté scientifique — il s’agit le plus souvent d’une co-présence plutôt que d’une cause directe.

Comment évoluent les acrochordons ?

Les acrochordons sont bénins et n’évoluent pas vers un cancer. Leur histoire naturelle peut prendre deux formes :

  • Thrombose spontanée : après un traumatisme (frottement d’un collier, d’un col de chemise), l’acrochordon peut devenir rouge et douloureux, puis noircir (nécrose) et tomber seul en quelques jours. Ce phénomène est sans danger.
  • Persistance indéfinie : la grande majorité des acrochordons reste stable des années, avec une augmentation progressive du nombre avec l’âge.
Attention : Consultez un dermatologue si une lésion change d’aspect rapidement, saigne spontanément, présente des bords irréguliers ou une coloration hétérogène — pour éliminer formellement un autre diagnostic (nævus atypique, mélanome de la paupière, molluscum contagiosum en cas de lésion ombiliquée).

Acrochordon ou grain de beauté : comment faire la différence ?

L’acrochordon peut être confondu avec plusieurs autres lésions cutanées. Le tableau ci-dessous résume les distinctions cliniques essentielles :

Lésion Aspect caractéristique Différence clé
Acrochordon Mou, pendant, pédiculé, chair ou marron clair Souple à la palpation, mobile sur son axe
Nævus (grain de beauté) Plat ou légèrement saillant, adhérent à la peau Pigmentation homogène, bords réguliers
Molluscum contagiosum Petite papule nacrée avec ombilic central Contagieux, fréquent chez l’enfant
Kératose séborrhéique Surface verruqueuse, rugueuse, couleur brun-jaune Aspect « collé sur » la peau, non pédiculé

En cas de doute clinique, une dermatoscopie permet de lever toute ambiguïté sans geste invasif.

Acrochordons et syndrome métabolique : un signal à ne pas ignorer

Le lien entre les acrochordons multiples et le syndrome métabolique est aujourd’hui bien documenté dans la littérature dermatologique. Des études récentes montrent que la présence de nombreux acrochordons — particulièrement dans les plis — peut constituer un signe cutané d’insulinorésistance ou de diabète de type 2 non diagnostiqué.

Le mécanisme impliqué passe par l’IGF-1 (insulin-like growth factor 1), dont les récepteurs sont surexprimés dans le tissu des acrochordons par rapport à la peau saine. L’hyperinsulinisme chronique stimulerait ainsi la prolifération des fibroblastes cutanés, favorisant la formation de ces lésions dans les zones de frottement.

Conseil pratique : Chez un patient qui développe de nombreux acrochordons sans surpoids évident, il peut être pertinent de contrôler la glycémie à jeun et l’hémoglobine glyquée (HbA1c). Ce n’est pas systématique, mais c’est une démarche raisonnable lorsque les lésions sont multiples et progressives.

Comment traiter et éliminer les acrochordons ?

L’abstention est tout à fait légitime — les acrochordons sont bénins et ne nécessitent aucun traitement médical obligatoire. Le traitement est indiqué uniquement en cas de gêne esthétique ou fonctionnelle (frottement douloureux, accrochage vestimentaire). Plusieurs techniques sont disponibles en cabinet de dermatologie :

Cryothérapie à l’azote liquide
Application de froid intense (-196 °C) pendant 5 à 10 secondes. La lésion forme une petite cloque, noircit et tombe en 5 à 10 jours. 1 à 2 séances suffisent en général. Méthode rapide, accessible en cabinet, sans anesthésie préalable.
Électrocoagulation
Utilisation d’un courant électrique de haute fréquence pour brûler et nécroser l’acrochordon. Très précise, avec une légère croûte transitoire (5 à 7 jours). Indiquée pour les lésions pédiculées fines, notamment sur le visage ou les paupières.
Exérèse aux ciseaux chirurgicaux
Section du pédicule au ciseau fin ou au bistouri, sous anesthésie locale (crème EMLA ou injection). Résultat immédiat. Méthode de choix pour les lésions volumineuses ou à pédicule épais.
Et les kits vendus en pharmacie ? Des dispositifs de cryothérapie à usage domestique (azote à température moins extrême) et des solutions à base d’acide trichloracétique existent. Ils peuvent fonctionner sur de petites lésions, mais sont moins précis qu’un geste médical et comportent un risque de cicatrice ou de brûlure par application incorrecte. Ils ne remplacent pas une consultation pour écarter un autre diagnostic.
À ne jamais faire : Ne tentez pas de ligaturer, couper ou arracher un acrochordon vous-même avec un fil ou des ciseaux non stériles. Les risques sont réels : infection bactérienne locale, saignement difficile à contrôler si le pédicule est épais, nécrose douloureuse, et surtout erreur de diagnostic si la lésion n’est pas un acrochordon.
Consultez en urgence ou rapidement si :

  • Une lésion supposée être un acrochordon saigne spontanément ou de manière répétée
  • Elle grossit rapidement en quelques semaines
  • Elle présente des bords irréguliers, une surface ulcérée ou une pigmentation hétérogène
  • Elle est située sur la paupière et gêne la vision
  • L’acrochordon se tord sur son pédicule et provoque une douleur intense et persistante (torsion/thrombose nécessitant un geste rapide)

Ces signes peuvent indiquer une autre pathologie (nævus atypique, carcinome basocellulaire, mélanome nodulaire) et nécessitent un avis dermatologique sans délai.

Téléchargez un guide complet au format PDF :

Questions fréquentes sur les acrochordons

Qu’est-ce qu’un acrochordon et est-ce dangereux ?

Un acrochordon (molluscum pendulum, grain de peau, petite excroissance molle) est une petite tumeur bénigne cutanée composée de tissu fibreux lâche recouvert d’un épiderme normal. Il ne dégénère pas en cancer et n’évolue pas vers une forme maligne. Il peut être simplement inesthétique ou gênant mécaniquement. On en compte parfois des dizaines sur une même personne sans signification pathologique grave. Environ 50 à 60 % des adultes en développent au moins un au cours de leur vie.

Pourquoi apparaissent des acrochordons ?

Les facteurs favorisants identifiés sont : l’âge (prévalence de 46 % après 50 ans, 59 % après 70 ans) ; le surpoids et l’obésité (friction dans les plis, insulinorésistance) ; le diabète de type 2 ; la grossesse (modifications hormonales) ; et la prédisposition génétique. Le papillomavirus (HPV) a été détecté dans certains acrochordons mais son rôle causal reste discuté dans la littérature médicale.

Comment traiter les acrochordons ?

Le traitement n’est nécessaire que s’ils sont gênants ou inesthétiques. Les options efficaces en cabinet sont : la cryothérapie à l’azote liquide (1 à 2 séances — méthode rapide) ; l’électrocoagulation (très précise, avec peu de cicatrice) ; l’excision au ciseau fin ou au bistouri sous anesthésie locale. Des dispositifs en vente libre (cryothérapie douce, acide trichloracétique) existent mais sont moins précis qu’un geste médical. La ligature à domicile est à proscrire (risque d’infection et de nécrose).

Peut-on enlever un acrochordon soi-même ?

Il est déconseillé de tenter l’ablation soi-même par ligature (fil) ou coupure. Les risques sont : infection bactérienne, saignement difficile à contrôler si le pédoncule est épais, nécrose douloureuse, et surtout erreur de diagnostic si la lésion n’est pas un acrochordon. Seul un médecin peut confirmer le diagnostic et réaliser le geste correctement. En cabinet, c’est une procédure rapide (quelques minutes) et quasi indolore avec anesthésie locale.

Les acrochordons sont-ils contagieux ?

Non, les acrochordons ne sont pas contagieux. Ce sont des tumeurs bénignes d’origine fibroblastique, non infectieuses, qui ne se transmettent pas par contact. La présence de HPV dans certains acrochordons est un phénomène de co-présence et non de contagiosité directe. Une personne avec de nombreux acrochordons n’est pas plus à même d’en « transmettre » à son entourage qu’une personne qui a des taches de rousseur.

Acrochordons et diabète : quel lien ?

Des études établissent une association entre les acrochordons multiples et le syndrome métabolique (insulinorésistance, diabète de type 2). Ce lien serait médié par l’IGF-1 (insulin-like growth factor 1), dont les récepteurs sont surexprimés dans le tissu des acrochordons et qui stimule la prolifération des fibroblastes cutanés en situation d’hyperinsulinisme chronique. Chez un patient présentant de très nombreux acrochordons, un dosage de glycémie à jeun peut être proposé.

Les acrochordons récidivent-ils après traitement ?

L’ablation d’un acrochordon est définitive pour la lésion traitée. Cependant, de nouveaux acrochordons peuvent apparaître à d’autres endroits si les facteurs favorisants persistent (surpoids, âge avancé). Il n’existe pas de prévention totalement efficace en dehors de la réduction des facteurs de risque modifiables (perte de poids, contrôle glycémique, limitation des frottements vestimentaires).

Le traitement des acrochordons est-il remboursé ?

L’ablation des acrochordons n’est en général pas prise en charge par l’Assurance Maladie, car il s’agit d’un acte à visée esthétique ou de confort. En revanche, si une biopsie s’avère nécessaire pour analyser une lésion atypique et écarter un diagnostic différentiel (nævus, carcinome), l’acte anatomopathologique peut être remboursé. Il est recommandé de se renseigner auprès du cabinet dermatologique avant la consultation.

Références scientifiques

  1. Pandey A, Saleh H. Skin Tag (Acrochordon). StatPearls [Internet]. StatPearls Publishing. 2024. PMID 31613504
  2. Belgam Syed SY, Lipoff JB, Chatterjee K. Acrochordon. StatPearls [Internet]. StatPearls Publishing. 2023. PMID 28846244
  3. Köseoğlu HG, Bozca BC, Başsorgun CI, Sarı R, Akbaş SH, Karakaş AA. The role of insulin-like growth factor in acrochordon etiopathology. BMC Dermatol. 2020;20:14. PMID 33143702

Source institutionnelle : HAS — Recommandations en dermatologie

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25 réflexions sur « Acrochordon (excroissance de chair), causes »

  1. Bonjour, j ‘ai une excroissance (acrochordon) qui était rosée, puis est devenue rouge en quelques jours, et depuis 2 jours elle devient de plus en plus foncée (presque noire) et semble reliée au cou par une petite tige. J’ai l’impression qu’elle va tomber car elle semble avoir séché en changeant de couleur. C’est la 1ère fois que cela m’arrive. Mon entourage m’inquiète en me disant que cela peut-être grave, surtout si elle saigne (ce qui n’est pas le cas) moi je pense qu’elle tombera toute seule, et que dans qq jours on ne m’en parlera plus. Pourriez-vous me donner votre avis de spécialiste? Merci.

  2. S’il s’agit bien d’un acrochordon (à vous faire confirmer par un médecin), cette évolution est classique : rougeur puis nécrose et chute de l’excroissance de chair

  3. Bonjour, j’ai lu que l’on pouvait faire tomber les acrochordons en utilisant du vinaigre de cidre ou des huiles essentielles. Qu’en pensez-vous ? Merci

  4. Je ne peux me fier qu’aux traitements ayant fait la preuve scientifique de leur efficacité. Avant toute chose il faut s’assurer que ce sont bien des acrochordons et pas des grains de beauté pendulaires ou d’autres lésions cutanées; Mieux vaut donc consulter un dermatologue pour cela

  5. Le gros problème , c’est qu’il faut en général 6 à 8 mois pour avoir un rv avec un dermatologue. ….donc les gens se débrouillent tout seul

  6. Plutôt qu’à une chirurgie souvent disproportionnée, pourquoi ne pas procéder lorsque l’excroissance est bien dégagée et que sa taille et son état le permettent, comme je l’ai appris de ma mère, en empêchant sa vascularisation au moyen d’un fil noué serré à sa base ? L’excroissance se dessèche alors et tombe d’elle-même au bout de quelques jours, sans la moindre douleur.
    Je recommande, pour agir ainsi, le fil utilisé pour enfiler des perles ; fin, particulièrement résistant et élastique, il suffit d’en faire une boucle encerclant la base de l’excroissance. Le nœud se bloque de lui-même au serrage.

  7. Bonjour,
    cela fait 2 fois que je fais retirer un acrochordon à l’aine, de taille imposante dons inesthétique. Il a repoussé à chaque fois et il grossit. Ma dermatologue a utilisé un bistouri éléctrique (j’ai posé ma main sur une plaque).
    Elle est surprise qu’il repousse mais propose de recommencer en « creusant » plus mais la seconde fois j’ai mis plus d’un mois à cicatriser et c’était douloureux.
    Est-ce normal qu’il repousse?
    Merci de votre réponse

  8. Bonjour. Depuis que j ai accouché y a 1 an, j en ai plein le cou et ça me démange, que puis-je faire, merci de vos réponses

  9. Non les acrochordons n’ont pas pour origine le papillomavirus. Concernant les traitements « naturels » (vinaigre, oignon…) je n’ai pas trouvé d’études scientifiques prouvant leur efficacité

  10. Bonjour j’ai couper la mienne qui était dans le cou avec une lame de rasoir désinfectée à l’alcool 90, je risque quelque chose ?

  11. bonjour je suis enceinte de 4 mois j ai un acrochordon dans le dos depuis longtemps. depuis ce matin il est tout gonflé et douloureux. est ce un signe de thrombose ?

  12. Bonjour
    J’ai accouché il y a 2 mois et pendant ma grossesse il met sortie plein d’acrochordon sur le cou et épaule
    Ils sont tout petit et noir (il n’ont jamais était rouge ou d’autre couleur ) et en forte quantité.
    Ils me démange voire picote depuis 2 3 jours dois-je m’inquiéter ? A savoir que le premier rdv que j’ai trouvée de dispo est fin novembre (ce qui en passant est abusé)
    Merci pour votre réponse.
    Laura

  13. mon conjoint a une tétine et y a une douleur et est devenue mauve est ce que faut consulter

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