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Dernière mise à jour : 7 avril 2026
Carcinome basocellulaire : diagnostic, formes et traitement
Le carcinome basocellulaire (ou « baso ») est le cancer humain le plus fréquent — 70 nouveaux cas pour 100 000 habitants en France chaque année. Sa mortalité est très faible car il ne donne presque jamais de métastases. Son risque évolutif est principalement local : augmentation de taille (il double environ tous les ans), ulcération, destruction des tissus environnants. Plus il est pris en charge tôt, plus le traitement est simple.
Lésion suspecte, plaie qui ne cicatrise pas ou bouton translucide sur le visage ?
Ne tardez pas — le diagnostic précoce change radicalement la prise en charge.
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« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Cet article en vidéo

Sommaire :
Causes et facteurs de risque |
Formes cliniques |
Diagnostic |
Traitement |
Pages spécialisées |
Questions fréquentes
Causes et facteurs de risque
| Facteur | Détail |
|---|---|
| Exposition solaire (principal) | 80 % des basocellulaires surviennent sur les zones exposées au soleil (tête, cou). Plus fréquent sur les peaux claires et dans les régions très ensoleillées (400 cas/100 000 en Australie). Les expositions intermittentes semblent plus impliquées que l’exposition chronique. |
| Naevus de Jadassohn | Hamartome véruco-sébacé pouvant évoluer en basocellulaire. |
| Xeroderma pigmentosum | Déficit autosomique récessif de la réparation de l’ADN — prédisposition majeure. |
| Syndrome de Gorlin (naevomatose basocellulaire) | Mutations de la voie de signalisation Sonic Hedgehog — basocellulaires multiples dès le jeune âge. |
| Radiothérapie ancienne | Concentration de basocellulaires sur d’anciennes zones de radiodermite. |

→ Voir : effets du soleil sur la peau
Formes cliniques du carcinome basocellulaire
Le basocellulaire survient en général sur peau saine, le plus souvent sur le visage et le cou. Il peut être difficile à diagnostiquer en début d’évolution.



| Forme | Aspect clinique | Localisation typique |
|---|---|---|
| Nodulaire | Perle translucide et rougeâtre posée sur la peau, vaisseaux arborescents | Visage, nez |
| Plan cicatriciel | Groupement de petites perles autour d’une zone centrale blanchâtre atrophique avec télangiectasies | Visage |
| Ulcéreux (ulcus rodens) | Ulcération chronique ne cicatrisant pas, entourée d’un bourrelet de perles | Visage, nez |
| Pigmenté (« tatoué ») | Contient du pigment mélanique — aspect brun ou noir pouvant ressembler au mélanome | Visage, cou |
| Sclérodermiforme | Plaque indurée, parfois peu visible — forme infiltrante à risque élevé de récidive | Visage |
| Superficiel | Plaque rougeâtre progressivement extensive | Tronc surtout |








⚠️ Consultez devant l’apparition de toute tache ou bouton sur la peau, a fortiori s’ils se modifient. Une petite plaie du visage qui ne cicatrise pas en 3 semaines doit être montrée à un médecin.
Diagnostic du carcinome basocellulaire
Le diagnostic est un acte médical nécessitant une consultation. Le dermatologue utilisera la dermatoscopie pour objectiver son impression clinique, puis pratiquera une biopsie sous anesthésie locale.
| Forme | Critères dermatoscopiques |
|---|---|
| Nodulaire / sclérodermiforme | Vaisseaux arborescents — très évocateurs de basocellulaire |
| Superficiel | Micro-vaisseaux arborescents dans un « désert » rouge-blanc brillant, multiples petites érosions |
| Pigmenté | Absence de signes de mélanocytes. Présence de : clods bleus, nids ovoïdes, structures en feuilles d’érable, vaisseaux arborescents |


La biopsie est essentielle : elle prouve qu’il s’agit bien d’un basocellulaire (et non d’un trichoblastome bénin, d’une maladie de Bowen ou d’un spinocellulaire) et détermine le type histologique — ce qui oriente directement le traitement.
Un bouton translucide, une perle sur la peau, une plaie qui ne guérit pas ?
La biopsie se réalise facilement en consultation — la téléconsultation permet une première évaluation et l’orientation vers le bon niveau de prise en charge.
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Traitement du carcinome basocellulaire
Il est important de traiter rapidement — un basocellulaire évolué devient térébrant et destructeur.


| Traitement | Indication principale |
|---|---|
| Chirurgie d’exérèse | Traitement de référence pour la majorité des formes — marges adaptées au type histologique |
| Chirurgie de Mohs | Formes sclérodermiformes, récidivantes ou localisations à risque (nez, oreilles, paupières) |
| Imiquimod (Aldara®) topique | Basocellulaires superficiels uniquement — application locale 5 jours/7 |
| Photothérapie dynamique (PDT) | Basocellulaires superficiels minces — alternative à l’imiquimod |
| Radiothérapie | Patients âgés, contre-indication à la chirurgie ou formes inopérables |
| Vismodégib (Erivedge®) Inhibiteur de la voie Hedgehog |
Formes localement avancées inopérables ou métastatiques (exceptionnelles) |
→ Voir la fiche consacrée au traitement du carcinome basocellulaire
En savoir plus sur le traitement des cancers de la peau
Pages spécialisées — cancers cutanés
Carcinome basocellulaire
→ Traitement du carcinome basocellulaire — chirurgie, imiquimod, PDT
→ Dermatoscopie — lecture des lésions pigmentées
→ Effets du soleil sur la peau — prévention
Autres cancers cutanés et diagnostics différentiels
→ Mélanome — diagnostic, stades, traitement
→ Maladie de Bowen — carcinome in situ
→ Kératose séborrhéique — diagnostic différentiel
→ Téléconsultation dermatologue
Questions fréquentes sur le carcinome basocellulaire
Le carcinome basocellulaire est-il mortel ?
La mortalité du basocellulaire est très faible — il ne donne quasiment jamais de métastases. Son danger est local : augmentation de taille, ulcération, destruction des structures anatomiques adjacentes (nez, paupière, oreille). Diagnostiqué tôt, il se traite simplement par chirurgie.
Comment reconnaître un basocellulaire ?
Les signes d’alerte : un bouton translucide ou nacré sur le visage, une petite plaie qui ne cicatrise pas en 3 semaines, une plaque rougeâtre qui s’étend lentement. Aucun signe n’est spécifique — seule la dermatoscopie et la biopsie permettent le diagnostic certain.
Le basocellulaire peut-il récidiver après traitement ?
Oui, surtout les formes sclérodermiformes et les basocellulaires récidivants. Une surveillance dermatologique annuelle est recommandée après traitement. La chirurgie de Mohs offre les meilleurs taux de guérison pour les formes à risque.
Faut-il arrêter le soleil après un basocellulaire ?
Il n’est pas nécessaire d’arrêter toute exposition, mais une photoprotection rigoureuse (SPF 50+, vêtements couvrants, éviction des heures chaudes) est indispensable à vie pour prévenir les récidives et l’apparition de nouveaux cancers cutanés. Les patients ayant eu un basocellulaire ont un risque accru d’en développer d’autres.
Quelle est la différence entre basocellulaire et mélanome ?
Le basocellulaire est le plus fréquent et le moins dangereux — il ne métastase quasiment jamais. Le mélanome est plus rare mais nettement plus grave car il peut métastaser. Certains basocellulaires pigmentés peuvent ressembler à un mélanome — seule la dermatoscopie et la biopsie permettent de trancher.
Voir aussi :
Traitement du baso |
Mélanome |
Maladie de Bowen |
Dermatoscopie |
Soleil et peau |
Téléconsultation dermatologue
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Depuis quelque temps j’ai comme un gros bouton situé derrière la cuisse comme une grosse boule de graisse bien sur il n’y a aucune douleur mais il commence a devenir gênant c’est quelle maladie y a t’il un médicament hormis l’opération est il possible d’avoir une prise en charge dermatologique a domicile
Montrer le à votre médecin qui s’il a un doute sur sa nature pour vous prescrire une échographie
bonjour,
j’ai un cbc nodulaire de 9cm sur la joue droite( certains évènements de la vie courante ne m’ont pas fait agir avant pour le soigner)
dans un premier temps je devais subir une operation mais le service dermatologique prefere au prealable reduire la tumeur par le biais d un traitement : erivedge (vismodegib)
ma question est est ce que ce traitement est vraiment efficace, car ce que je lis au niveau des effets secondaires me fait peur.
je precise que j’ai 40 ans,
merci
Vous trouverez des informations sur ce nouveau traitement indiqué exceptionnellement en vue de réduire le volume tumoral avant chirurgie dans l’article consacré au traitement du basocellulaire. Il a permeis une réduction des lésions dans 43% des cas de l’étude princeps. Ses effets secondaires principaux étaient des spasmes musculaires, une alopecie, une perte du gout et d’appétit et de la fatigue : on est dans le cadre d’un traitement anti cancéreux pour lequel on possède peu de recul. Je ne peux vous influencer dans votre choix, juste vous aider à faire le point sur votre situation : basocellulaire de bon pronostic puisqu’il est de taille inférieure à 1 cm sur une zone à risque intermédiaire (joue). Attention, ceci n’est vrai que s’il s’agit d’un basocellulaire nodulaire, pas une autre forme
Soit vous vous décidez pour une chirurgie seule (ablation de la lésion + une marge de peau saine d’au moins 5 mm, ce qui fait une perte de substance importante) avec reconstruction par lambeau probablement : avez-vous abordé avec le chirurgien la technique de reconstruction qu’il compte utiliser, quel est le risque de séquelles esthétiques? Il ne faut pas hésiter à en discuter avec lui, dessin à l’appui
Soit vous essayez ce traitement qui vous a été préconisé en Réunion de Consultation Pluridisciplinaire, en acceptant du coup de prendre les risques des effets secondaires et en espérant une réduction de volume tumoral, rendant alors la chirurgie possiblement moins lourde
En médecine on est toujours obligé de peser les bénéfices et les risques d’un traitement : on est dans une situation sérieuse (basocellulaire nodulaire de mauvais pronostic car supérieur à 2cms sur la joue), il faut actionner la balance bénéfice-risques pour prendre une décision considérant le risque de récidive en cas d’exerese insuffisante et le risque esthetique.
J’espere vous avoir apporté tous les éléments dont je dispose pour décider. Cependant, les meilleurs interlocuteurs sont les spécialistes hospitaliers qui traitent des cancers de la peau toute la journée : n’hésitez pas à redemander des informations aux dermatologues, oncologues et chirurgiens qui ont statué sur votre cas, car ils sont bien plus spécialisés que moi et pourront vous donner tous les éléments pour vous décider en toute connaissance
J ai bien abordé le sujet avec le chirurgien, il n etait pas contre l intervention mais la tumeur est tout de meme grande(plus de 9 centimètres)
dans mon cas l erivedge peut effectivement reduire la taille et ainsi favoriser l operation d ici 3a 6mois,
c est bien un cbc nodulaire une cartographie biopsie a ete effectuée,
je me suis tournée vers vous car un avis neutre et toujours bon à prendre,et croyais moi des questions au service dermatologie j’en pose,
sur le fond c est effectivement le peu de recul que l’on a sur ce traitement qui m a fait hesiter,mais le coté esthetique et les risques liés a l operation sans au prealable prendre ce traitement son esthétiquement trop important,
ma decision est prise je vais le tenter ce traitement tant pis pour les effets secondaires….
dans tous les cas merci beaucoup pour les informations données et la prise de temps,
Bonjour, quels sont les risques de développer un autre cancer de la peau après diagnostic d’un baso cellulaire superficiel?
La survenue d’un basoccellulaire (qui est le cancer humain le plus fréquent) est le signe d’une insolation trop importante et il s’agit par conséquent d’un marqueur de risque de cancer de la peau. Je n’ai pas la connaissance de chiffres publiés donnant un pourcentage de risque, mais quoi qu’il en soit vous pouvez faire baisser ce risque en vous protégeant du soleil et en vous faisant examiner régulièrement par un dermatologue
j’ai été opéré d’un carcinome baso-cellulaire de la pointe du nez qui s’est bien cicatrisé après une recontruction de la peau du nez
Bonjour
Ma mère, 83 ans, a eu plusieurs exérèses de carcinomes basocellualaires et refuse désormais toute intervention… quel est le rythme de croissance de ces cancers ?
Merci d’avance.
Question délicate… La lassitude que peut ressentir votre mère est assez courante. À 83 ans, après plusieurs interventions, il est naturel de saturer face au parcours de soins chirurgical.
Je vais essayer de vous apporter une vision équilibrée mais cela ne constitue en aucun cas un conseil médical personnalisé : le carcinome basocellulaire (CBC) est un cancer, certes, mais son comportement est très particulier.
Voici les éléments médicaux pour éclairer votre réflexion et celle de votre mère :
1. Le rythme de croissance : une évolution « en escargot »
Le CBC est réputé pour sa croissance lente, généralement de 1 à 5 millimètres par an et dans la très grande majorité des cas sans métastases.
2. Le risque est donc surtout local. S’il n’est pas traité, il continue de s’étendre en surface et en profondeur. Donc:
* Si la lésion est sur une zone « plane » (le dos, le bras), l’enjeu est faible.
* Si la lésion est proche d’un orifice (œil, nez, oreille), elle peut, à long terme, devenir délabrante en s’attaquant aux tissus nobles (l’oeil…) ou profonds (cartilage, os) rendant son traitement ultérieur très hasardeux et encore plus douloureux.
Cette localisation entre d’ailleurs en ligne de compte majeure dans le classement de gravité du basocellulaire et en fonction de ce classement, il est recommandé de passer ou non en Réunion de Consultation Pluridisciplinaire pour établir le meilleur traitement et voir s’il existe des alternatives à la chirurgie : il existe souvent des options moins invasives, surtout pour des formes superficielles mais cette décision soit être prise avec le ou les praticiens qui s’occupent d’elle en fonction de ce risque de délabrement lié au creusement de la tumeur, plutôt que de faire « l’autruche ». Il n’est d’ailleurs pas rare qu’à 83 ans, selon la localisation de la lésion et l’état de santé général, on décide de « ne rien faire », c’est-à-dire de surveiller, ou de proposer des traitements conservateurs, mais encore une fois, il faut en discuter avec le ou les praticiens qui s’occupent d’elle