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Carcinome basocellulaire : diagnostic, formes et traitement
Mis à jour le 12 juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (PubMed, HAS).
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Sommaire :
Causes et facteurs de risque |
Formes cliniques |
Diagnostic |
Traitement |
Surveillance et prévention |
Signes d’alarme |
Questions fréquentes |
Références
Cet article en vidéo

Causes et facteurs de risque du carcinome basocellulaire
Le carcinome basocellulaire (abrégé « baso » en pratique courante) naît des cellules basales de l’épiderme, la couche profonde de la peau. Il se développe lentement – il double environ de taille chaque année – et n’envahit que les tissus avoisinants. Comprendre pourquoi il apparaît permet de mieux le prévenir.
| Facteur de risque | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Exposition solaire UV (facteur principal) | Présent dans 80 % des cas, surtout sur zones exposées (tête, cou). Les expositions intermittentes et intenses semblent plus impliquées que l’exposition chronique modérée. En Australie, pays très ensoleillé, on recense jusqu’à 400 cas pour 100 000 habitants – soit 6 fois plus qu’en France. |
| Phototype clair | Peau claire, yeux clairs, cheveux blonds ou roux, antécédents de coups de soleil dans l’enfance : le risque est nettement plus élevé que pour les phototypes foncés. |
| Naevus de Jadassohn | Hamartome véruco-sébacé présent dès la naissance, pouvant dégénérer en carcinome basocellulaire à l’âge adulte. Sa surveillance régulière ou son exérèse préventive peut être discutée. |
| Xeroderma pigmentosum | Maladie génétique rare (déficit de la réparation de l’ADN lésé par les UV) : prédisposition majeure à tous les cancers cutanés, dont le basocellulaire, dès l’enfance. |
| Syndrome de Gorlin (naevomatose basocellulaire) | Mutations de la voie de signalisation Sonic Hedgehog : apparition de multiples basocellulaires dès le jeune âge, souvent associés à d’autres anomalies (kystes maxillaires, calcifications cérébrales). C’est la même voie que cible le traitement médicamenteux vismodégib. |
| Radiothérapie ancienne | Les zones ayant été irradiées (pour un cancer ou, autrefois, pour des dermatoses bénignes) peuvent développer des basocellulaires plusieurs décennies plus tard, dans la zone de radiodermite. |
| Immunosuppression | Les greffés d’organe et les patients sous traitement immunosuppresseur au long cours ont un risque multiplié de carcinomes cutanés, dont le basocellulaire. |

→ Voir aussi : effets du soleil sur la peau et protection solaire
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Formes cliniques du carcinome basocellulaire : ce que vous pouvez observer
Le basocellulaire survient en général sur peau saine, le plus souvent sur le visage et le cou. Il peut être difficile à identifier en début d’évolution – certaines formes ressemblent à un simple bouton, une cicatrice ou une plaque bénigne. C’est pourquoi toute lésion persistante non expliquée mérite une consultation dermatologique.



| Forme | Aspect clinique – ce que vous voyez | Localisation typique |
|---|---|---|
| Nodulaire | Petite perle translucide et légèrement rosée, posée sur la peau comme une tête d’épingle. Avec le temps, des petits vaisseaux visibles (arborescents) apparaissent autour ou dessus. | Visage, nez, tempe |
| Plan cicatriciel | Groupement de petites perles entourant une zone centrale blanchâtre, légèrement déprimée, avec des télangiectasies. Peut faire penser à une simple cicatrice. | Visage |
| Ulcéreux (ulcus rodens) | Ulcération chronique – petite plaie qui saigne facilement, qui croûte, qui se referme partiellement, puis se rouvre. Elle ne cicatrise jamais tout à fait. Entourée d’un bourrelet nacré. | Visage, nez, lèvre supérieure |
| Pigmenté (« tatoué ») | Contient du pigment mélanique – couleur brune ou noire pouvant ressembler à un mélanome. Piège diagnostique fréquent, même pour un œil expérimenté – la dermatoscopie est indispensable. | Visage, cou |
| Sclérodermiforme | Plaque indurée, blanc-jaunâtre, aux bords mal définis et infiltrés. Souvent peu visible et longtemps négligée. Forme infiltrante à risque élevé de récidive après traitement. | Visage, surtout nez et joues |
| Superficiel | Plaque rougeâtre, légèrement squameuse, qui s’étend progressivement en superficie. Ressemble parfois à un eczéma ou à un psoriasis localisé. Forme moins agressive mais qui peut devenir volumineuse. | Tronc, épaules, dos |








Comment le dermatologue pose-t-il le diagnostic ?
Le diagnostic est un acte médical – il ne peut pas se faire sur photo seule, ni à domicile. Le dermatologue dispose de deux outils complémentaires : la dermatoscopie et la biopsie cutanée.
La dermatoscopie : un premier niveau d’analyse très précis
La dermatoscopie est un examen non invasif qui consiste à examiner la lésion à l’aide d’un appareil grossissant (dermoscope) permettant de visualiser des structures invisibles à l’œil nu – vaisseaux, pigments, architecture interne. En quelques minutes, elle oriente fortement le diagnostic sans ponction ni biopsie.
| Forme de basocellulaire | Critères dermatoscopiques caractéristiques |
|---|---|
| Nodulaire / sclérodermiforme | Vaisseaux arborescents – signe le plus spécifique du basocellulaire. Aspect d’arbre ramifié sur fond blanc-rosé. |
| Superficiel | Micro-vaisseaux arborescents épars dans un fond rouge-blanc brillant, multiples petites érosions superficielles punctiformes. |
| Pigmenté | Absence de réseau de mélanocytes. Présence de clods bleus-gris, nids ovoïdes, structures en feuilles d’érable, vaisseaux arborescents. Ces critères permettent de le distinguer d’un mélanome. |


La biopsie : l’examen de certitude
Lorsque la dermatoscopie est évocatrice ou en cas de doute, le dermatologue réalise une biopsie sous anesthésie locale. C’est un geste rapide, peu douloureux, qui consiste à prélever un petit fragment de tissu pour analyse histologique. La biopsie est indispensable pour :
- confirmer qu’il s’agit bien d’un basocellulaire (et non d’un trichoblastome bénin, d’une maladie de Bowen ou d’un carcinome spinocellulaire)
- déterminer le type histologique (nodulaire, superficiel, infiltrant, sclérodermiforme…) qui oriente directement le choix thérapeutique
- évaluer la profondeur de l’infiltration
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Traitement du carcinome basocellulaire : quel choix selon la forme ?
Il est important de traiter sans tarder : un basocellulaire négligé devient térébrant et destructeur. Ce qui se règle en 15 minutes sous anesthésie locale au stade d’un petit bouton peut nécessiter une reconstruction chirurgicale complexe 2 ou 3 ans plus tard. Le choix du traitement dépend du type histologique, de la taille, de la localisation et de l’état général du patient.


| Traitement | Indication principale | Commentaire pratique |
|---|---|---|
| Chirurgie d’exérèse | Traitement de référence – majorité des formes nodulaires et infiltrantes | Marges d’exérèse adaptées au type histologique (3 mm pour formes à bas risque, 5 mm ou plus pour formes agressives) |
| Chirurgie de Mohs | Formes sclérodermiformes, récidivantes, localisations à risque (nez, oreilles, paupières, lèvres) | Analyse des marges en temps réel, au bloc opératoire – meilleur taux de guérison pour les formes difficiles |
| Imiquimod (Aldara®) crème | Basocellulaires superficiels uniquement – de préférence hors zones à risque | Application 5 jours sur 7 pendant 6 semaines. Inflammation locale attendue et gage d’efficacité. Résultats esthétiques souvent excellents. |
| Photothérapie dynamique (PDT) | Basocellulaires superficiels minces, lésions multiples, patients sous anticoagulants | Application d’un précurseur photosensibilisant puis illumination par LED. Résultats esthétiques très bons. Alternative à l’imiquimod. |
| Radiothérapie | Patients âgés fragiles, contre-indication à la chirurgie, ou lésions inopérables par leur taille | Efficace mais le suivi à long terme est indispensable – risque de radiodermite et de carcinome secondaire après plusieurs décennies |
| Vismodégib (Erivedge®) – inhibiteur Hedgehog | Formes localement avancées inopérables ou métastatiques (exceptionnelles) ; syndrome de Gorlin | Traitement médicamenteux par voie orale ciblant la voie de signalisation Sonic Hedgehog. Effets secondaires fréquents (crampes, perte de goût, alopécie). Réservé aux situations complexes. |
→ Voir la fiche détaillée : traitement du carcinome basocellulaire – chirurgie, imiquimod, PDT
En savoir plus sur le traitement des cancers de la peau
Surveillance après traitement : ce qu’il faut savoir
Après le traitement d’un premier carcinome basocellulaire, deux risques persistent et justifient une surveillance dermatologique régulière :
- La récidive locale : plus fréquente pour les formes sclérodermiformes, les tumeurs de grande taille et les localisations anatomiques complexes (nez, paupières, oreilles). Une étude de cohorte portant sur 47 358 tumeurs traitées par curetage montre des taux de récidive à long terme variables selon le type histologique et la localisation (Kjeldsen et al., 2026).
- L’apparition de nouveaux basocellulaires : un patient ayant eu un premier basocellulaire a un risque augmenté d’en développer un second, voire plusieurs. Ce risque justifie un examen cutané annuel complet par un dermatologue.
Photoprotection à vie
La photoprotection rigoureuse est indispensable à vie après un basocellulaire : crème solaire indice SPF 50+ sur toutes les zones exposées, port d’un chapeau à larges bords, éviction des expositions entre 12 h et 16 h, et abstention de cabines UV. Il n’est pas nécessaire d’éviter totalement le soleil, mais l’exposition doit être prudente et protégée.
- Une petite plaie ou une croûte du visage ne cicatrise pas depuis plus de 3 semaines
- Un bouton translucide, nacré ou rosé grossit progressivement sur le visage, le nez ou le cou
- Une lésion pigmentée brune ou noire change d’aspect, de taille ou de couleur (risque de mélanome à éliminer)
- Une plaque rougeâtre du tronc s’étend depuis plusieurs semaines sans cause évidente
- Vous présentez un syndrome de Gorlin connu ou un antécédent de xeroderma pigmentosum : suivi spécialisé régulier obligatoire
- Un basocellulaire traité présente des signes de récidive : réapparition d’une zone indurée ou d’une ulcération sur une ancienne cicatrice chirurgicale
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Questions fréquentes sur le carcinome basocellulaire
Le carcinome basocellulaire est-il dangereux ou mortel ?
Le carcinome basocellulaire est rarement mortel, car il ne donne quasiment jamais de métastases – une caractéristique qui le distingue du mélanome. Son danger réel est local : sans traitement, il augmente de taille, s’ulcère et peut détruire des structures importantes (nez, paupière, oreille). Diagnostiqué tôt, il se traite dans la grande majorité des cas par une chirurgie simple sous anesthésie locale en consultation.
Comment reconnaître un carcinome basocellulaire soi-même ?
Les signes qui doivent alerter sont : un bouton translucide ou nacré sur le visage qui ne disparaît pas, une petite plaie qui saigne facilement, croûte, se referme partiellement puis se rouvre sans jamais cicatriser tout à fait, ou une plaque rougeâtre qui s’étend doucement. Aucun de ces signes n’est spécifique – plusieurs affections bénignes peuvent y ressembler. Seule la dermatoscopie couplée à la biopsie permet le diagnostic de certitude.
Quelles zones du corps sont les plus touchées ?
Environ 80 % des carcinomes basocellulaires se développent sur les zones exposées au soleil. Le nez représente à lui seul 25 à 30 % des localisations. Le visage dans son ensemble (tempes, front, joues, nez, lèvre supérieure), le cou et les oreilles sont les zones les plus fréquemment touchées. Les formes superficielles se développent plutôt sur le tronc, les épaules et le dos.
Quel est le traitement du carcinome basocellulaire ?
La chirurgie d’exérèse reste le traitement de référence pour la majorité des formes. Les basocellulaires superficiels peuvent être traités par imiquimod en crème (Aldara®) ou par photothérapie dynamique (PDT). Les formes sclérodermiformes ou situées en zone anatomique difficile relèvent de la chirurgie de Mohs. Les formes inopérables ou avancées peuvent bénéficier du vismodégib (Erivedge®), inhibiteur oral de la voie Hedgehog. Le choix du traitement est toujours discuté au cas par cas avec votre dermatologue.
Le carcinome basocellulaire peut-il récidiver après traitement ?
Oui, une récidive est possible, surtout pour les formes sclérodermiformes, les tumeurs volumineuses et les localisations sur des zones anatomiques complexes. Le risque de récidive est aussi plus élevé pour les basocellulaires récidivants eux-mêmes – chaque rechute aggrave le pronostic local. La chirurgie de Mohs offre les meilleurs taux de contrôle tumoral pour ces formes à risque. Une surveillance dermatologique annuelle à vie est recommandée.
Quelle est la différence entre basocellulaire, mélanome et maladie de Bowen ?
Le basocellulaire est le plus fréquent et le moins agressif – il ne métastase quasiment jamais. Le mélanome est plus rare mais nettement plus grave, car il peut se disséminer à distance dans l’organisme. La maladie de Bowen est un carcinome in situ (situé dans l’épaisseur de l’épiderme sans envahir le derme) à risque intermédiaire. Ces trois diagnostics se ressemblent parfois – seule la biopsie permet de trancher avec certitude.
Faut-il se protéger du soleil après un carcinome basocellulaire ?
La photoprotection est indispensable à vie après un premier basocellulaire : crème SPF 50+ sur les zones exposées, chapeau à larges bords, éviction des heures les plus chaudes (12 h-16 h), et abstention de cabines UV. Les patients ayant eu un basocellulaire ont un risque accru d’en développer d’autres, et un risque légèrement augmenté de mélanome. Il n’est pas nécessaire d’éviter entièrement le soleil, mais chaque exposition doit être protégée.
Le carcinome basocellulaire peut-il toucher des personnes jeunes ?
Le basocellulaire touche surtout les personnes de plus de 50 ans ayant eu une exposition solaire importante dans leur vie. Il peut cependant survenir plus tôt en cas de facteurs génétiques (syndrome de Gorlin, xeroderma pigmentosum), d’exposition solaire intense dans la jeunesse ou d’antécédents de radiothérapie. Chez un adulte jeune présentant plusieurs basocellulaires, un bilan génétique peut être discuté.
Un basocellulaire peut-il être traité sans chirurgie ?
Oui, pour certaines formes. Les basocellulaires superficiels, minces et de petite taille peuvent être traités efficacement par imiquimod en crème (Aldara®, application locale 5 jours sur 7 pendant 6 semaines) ou par photothérapie dynamique (PDT). Ces alternatives non chirurgicales donnent d’excellents résultats esthétiques mais sont réservées à des indications précises. Pour les formes nodulaires, infiltrantes ou sclérodermiformes, la chirurgie reste le traitement de choix car elle permet l’analyse des marges d’exérèse.
Pages spécialisées – cancers cutanés et diagnostics associés
→ Traitement du carcinome basocellulaire – chirurgie, imiquimod, PDT
→ Dermatoscopie – lecture des lésions pigmentées
→ Effets du soleil sur la peau – prévention
→ Imiquimod (Aldara®) – mode d’emploi et effets
→ Mélanome – diagnostic, stades, traitement
→ Maladie de Bowen – carcinome in situ
→ Cancers cutanés – panorama général
→ Téléconsultation dermatologue
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Références scientifiques
- Kjeldsen EW, Kjær SK, Sieborg J, Sølvsten H, Hædersdal M. Long-term Recurrence after Curettage ± Electrodesiccation for Basal Cell Carcinoma: A Nationwide Cohort Study of 47,358 Tumours from Dermatology Practices. Acta Derm Venereol. 2026;106. PMID 42231632
- Altun E, Schwartzman G, Cartron AM, Khachemoune A. Beyond Mohs surgery and excisions: A focused review of treatment options for subtypes of basal cell carcinoma. Dermatol Ther. 2021;34(1):e14476. PMID 33125804
- Revend L, Revend D, Dudde F. Basal cell carcinoma of the head and neck: Surgical management and postoperative strategies – A researcher’s perspective. Oncoscience. 2026;13. PMID 41859192
Source institutionnelle : HAS – Prise en charge diagnostique et thérapeutique du carcinome basocellulaire de l’adulte
Voir aussi :
Traitement du baso |
Mélanome |
Maladie de Bowen |
Dermatoscopie |
Soleil et peau |
Téléconsultation dermatologue
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Depuis quelque temps j’ai comme un gros bouton situé derrière la cuisse comme une grosse boule de graisse bien sur il n’y a aucune douleur mais il commence a devenir gênant c’est quelle maladie y a t’il un médicament hormis l’opération est il possible d’avoir une prise en charge dermatologique a domicile
Montrer le à votre médecin qui s’il a un doute sur sa nature pour vous prescrire une échographie
bonjour,
j’ai un cbc nodulaire de 9cm sur la joue droite( certains évènements de la vie courante ne m’ont pas fait agir avant pour le soigner)
dans un premier temps je devais subir une operation mais le service dermatologique prefere au prealable reduire la tumeur par le biais d un traitement : erivedge (vismodegib)
ma question est est ce que ce traitement est vraiment efficace, car ce que je lis au niveau des effets secondaires me fait peur.
je precise que j’ai 40 ans,
merci
Vous trouverez des informations sur ce nouveau traitement indiqué exceptionnellement en vue de réduire le volume tumoral avant chirurgie dans l’article consacré au traitement du basocellulaire. Il a permeis une réduction des lésions dans 43% des cas de l’étude princeps. Ses effets secondaires principaux étaient des spasmes musculaires, une alopecie, une perte du gout et d’appétit et de la fatigue : on est dans le cadre d’un traitement anti cancéreux pour lequel on possède peu de recul. Je ne peux vous influencer dans votre choix, juste vous aider à faire le point sur votre situation : basocellulaire de bon pronostic puisqu’il est de taille inférieure à 1 cm sur une zone à risque intermédiaire (joue). Attention, ceci n’est vrai que s’il s’agit d’un basocellulaire nodulaire, pas une autre forme
Soit vous vous décidez pour une chirurgie seule (ablation de la lésion + une marge de peau saine d’au moins 5 mm, ce qui fait une perte de substance importante) avec reconstruction par lambeau probablement : avez-vous abordé avec le chirurgien la technique de reconstruction qu’il compte utiliser, quel est le risque de séquelles esthétiques? Il ne faut pas hésiter à en discuter avec lui, dessin à l’appui
Soit vous essayez ce traitement qui vous a été préconisé en Réunion de Consultation Pluridisciplinaire, en acceptant du coup de prendre les risques des effets secondaires et en espérant une réduction de volume tumoral, rendant alors la chirurgie possiblement moins lourde
En médecine on est toujours obligé de peser les bénéfices et les risques d’un traitement : on est dans une situation sérieuse (basocellulaire nodulaire de mauvais pronostic car supérieur à 2cms sur la joue), il faut actionner la balance bénéfice-risques pour prendre une décision considérant le risque de récidive en cas d’exerese insuffisante et le risque esthetique.
J’espere vous avoir apporté tous les éléments dont je dispose pour décider. Cependant, les meilleurs interlocuteurs sont les spécialistes hospitaliers qui traitent des cancers de la peau toute la journée : n’hésitez pas à redemander des informations aux dermatologues, oncologues et chirurgiens qui ont statué sur votre cas, car ils sont bien plus spécialisés que moi et pourront vous donner tous les éléments pour vous décider en toute connaissance
J ai bien abordé le sujet avec le chirurgien, il n etait pas contre l intervention mais la tumeur est tout de meme grande(plus de 9 centimètres)
dans mon cas l erivedge peut effectivement reduire la taille et ainsi favoriser l operation d ici 3a 6mois,
c est bien un cbc nodulaire une cartographie biopsie a ete effectuée,
je me suis tournée vers vous car un avis neutre et toujours bon à prendre,et croyais moi des questions au service dermatologie j’en pose,
sur le fond c est effectivement le peu de recul que l’on a sur ce traitement qui m a fait hesiter,mais le coté esthetique et les risques liés a l operation sans au prealable prendre ce traitement son esthétiquement trop important,
ma decision est prise je vais le tenter ce traitement tant pis pour les effets secondaires….
dans tous les cas merci beaucoup pour les informations données et la prise de temps,
Bonjour, quels sont les risques de développer un autre cancer de la peau après diagnostic d’un baso cellulaire superficiel?
La survenue d’un basoccellulaire (qui est le cancer humain le plus fréquent) est le signe d’une insolation trop importante et il s’agit par conséquent d’un marqueur de risque de cancer de la peau. Je n’ai pas la connaissance de chiffres publiés donnant un pourcentage de risque, mais quoi qu’il en soit vous pouvez faire baisser ce risque en vous protégeant du soleil et en vous faisant examiner régulièrement par un dermatologue
j’ai été opéré d’un carcinome baso-cellulaire de la pointe du nez qui s’est bien cicatrisé après une recontruction de la peau du nez
Bonjour
Ma mère, 83 ans, a eu plusieurs exérèses de carcinomes basocellualaires et refuse désormais toute intervention… quel est le rythme de croissance de ces cancers ?
Merci d’avance.
Question délicate… La lassitude que peut ressentir votre mère est assez courante. À 83 ans, après plusieurs interventions, il est naturel de saturer face au parcours de soins chirurgical.
Je vais essayer de vous apporter une vision équilibrée mais cela ne constitue en aucun cas un conseil médical personnalisé : le carcinome basocellulaire (CBC) est un cancer, certes, mais son comportement est très particulier.
Voici les éléments médicaux pour éclairer votre réflexion et celle de votre mère :
1. Le rythme de croissance : une évolution « en escargot »
Le CBC est réputé pour sa croissance lente, généralement de 1 à 5 millimètres par an et dans la très grande majorité des cas sans métastases.
2. Le risque est donc surtout local. S’il n’est pas traité, il continue de s’étendre en surface et en profondeur. Donc:
* Si la lésion est sur une zone « plane » (le dos, le bras), l’enjeu est faible.
* Si la lésion est proche d’un orifice (œil, nez, oreille), elle peut, à long terme, devenir délabrante en s’attaquant aux tissus nobles (l’oeil…) ou profonds (cartilage, os) rendant son traitement ultérieur très hasardeux et encore plus douloureux.
Cette localisation entre d’ailleurs en ligne de compte majeure dans le classement de gravité du basocellulaire et en fonction de ce classement, il est recommandé de passer ou non en Réunion de Consultation Pluridisciplinaire pour établir le meilleur traitement et voir s’il existe des alternatives à la chirurgie : il existe souvent des options moins invasives, surtout pour des formes superficielles mais cette décision soit être prise avec le ou les praticiens qui s’occupent d’elle en fonction de ce risque de délabrement lié au creusement de la tumeur, plutôt que de faire « l’autruche ». Il n’est d’ailleurs pas rare qu’à 83 ans, selon la localisation de la lésion et l’état de santé général, on décide de « ne rien faire », c’est-à-dire de surveiller, ou de proposer des traitements conservateurs, mais encore une fois, il faut en discuter avec le ou les praticiens qui s’occupent d’elle